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 « I saw the good in all of your bad » ∞ Mia ♥

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Raphaël Grimes
Admin alcoolique
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DATE D'INSCRIPTION : 18/08/2015
MESSAGES : 337

MessageSujet: Re: « I saw the good in all of your bad » ∞ Mia ♥    Jeu 5 Oct - 21:38

Raphaël s’en voulait terriblement. La fureur passée et l’alcool étant redescendu dans son sang, il reprenait peu à peu le contrôle de lui-même. Cette jalousie maladive le rendait fou. Elle lui faisait perdre l’esprit, mais par chance, les paroles de Judith avaient réussi à le calmer. Ainsi que cette frayeur atroce dans son regard. Autrefois, Raphaël était un homme qui s’était bâti sur la patience. Il ne se plaignait pas. Il ne revendiquait rien. Quand il avait dû commencer à travailler tôt, il n’avait rien dit. Il s’était montré patient pour aider à élever ses frères et ses sœurs, même les plus jeunes et les plus turbulents. Autrefois, il ne s’était pas insurgé contre ses professeurs qui lui rabâchaient qu’il ne serait qu’un bon à rien. Il s’en moquait éperdument. Tout ceci n’avait pas d’importance. Il se satisfaisait d’une évidente médiocrité. Il n’y avait qu’avec Mary qu’il se sentait revivre. Qu’il ressentait des choses nouvelles. Pour elle, il aurait été capable de tout. De se retourner contre le reste du monde si elle l’avait voulu. Puis il y avait eu l’armée. Au cœur de l’institution militaire, il avait été un soldat obéissant. Quels que soient les ordres, même les plus répréhensibles. Il ne se posait guère de question, ayant uniquement à l’esprit que sa paie partait directement auprès de sa famille pour les aider. De l’argent en supplément et une bouche de moins à nourrir, c’était une aubaine. Il ne s’était jamais plaint non plus. Ni même insurgé. Pas plus qu’il n’avait perdu son sang-froid ou qu’il s’était retrouvé démuni. Sa patience et son impassibilité avaient été ses meilleures armes. Surtout durant ces longues années de captivité dans un monde étranger au sien. Puis il y avait eu sa dernière acceptation. Celle de partir alors qu’il était redevenu d’entre les morts. De laisser Mary derrière lui, alors qu’il l’aimait encore. De se retourner sans rien revendiquer. A partir de là, sa nature avait véritablement changé. Il n’avait plus été le même homme jusqu’à devenir cet être impulsif, exigeant, coléreux et violent. Il n’était pas né ainsi. La vie avait fait cela de lui. Aujourd’hui, il refuserait de perdre ce qu’il désirait. Son univers ne tournait plus qu’autour de Judith. Elle était son tout. Et elle serait sa femme. Pour toujours, dans les vœux du mariage.

Il se réveilla l’esprit encore embrumé par les vapeurs d’alcool. Il avait senti Judith bouger à côté de lui. Il grogna, se tournant d’un côté et de l’autre avant de s’extraire des draps. Il avait entendu du bruit provenant de la salle de bain. Il songea aux promesses de la veille. Elle était sa fiancée. Celle qui allait devenir sa femme. Un bref sourire s’échoua sur ses lèvres à cette perspective, mais il s’évanouit bien vite en observant le reflet de Judith dans la glace. Il se figea, spectateur du mal qu’il avait causé hier soir. La culpabilité revint le frapper de plein fouet tandis que le visage tuméfié de la jeune femme se décomposait. « Jud… » Il n’eut pas l’occasion de terminer. Elle l’interrompit, venant prendre son visage entre ses mains pour lui offrir des paroles rassurantes. Il effleura ses joues du bout des doigts, comme si elle pouvait se briser à tout instant. « Je suis désolé… » souffla-t-il au cœur des explications qu’elle donnait. Puis elle proposa d’aller à Las Vegas. Là maintenant pour aller se marier. Il la serra dans ses bras à lui en briser les os. « Je t’aime aussi… comme un fou. »

***

Elle allait bientôt lui appartenir pleinement. En tant que femme et officiellement. Cette institution - qu’il aurait pu juger ridicule – elle le rassurait. Il aimait que les choses soient bien rangées dans des cases. Ils se trouvaient à Los Angeles comme ils l’avaient prévus. Se marier dans cette ville paraissait étrange pour Raphaël, mais il s’était laissé convaincre pour Judith. Rien de farfelu. Juste un mariage sobre où il n’y avait pas besoin de réserver des mois à l’avance. Ils avaient donc réservé une heure, et voilà qu’ils déambulaient dans la chaleur étouffante de cette ville. Judith l’arrêta subitement devant une boutique de bijou. « Ah ouais. » Une bague. Il n’y avait même pas pensé. Il laissa la jeune femme les observer en détail avant qu’il ne semble que son choix se porte sur deux alliances sobres, en acier chromé et qui plaisaient à l’œil de Raphaël. D’ordinaire, une telle dépense aurait fait chier le mécanicien, mais il reconnaissait à l’alliance une propriété assez dissuasive. « J’aime bien. Allons voir à l’intérieur. » dit-il dans un grognement. Il l’embarqua avec lui à l’intérieur de la boutique. Ce qu’il détestait toujours, c’était de se faire alpaguer par une vendeuse ou un vendeur. Ce qui fut le cas, mais il se plia à la contrainte pour pouvoir essayer les bagues. Son jugement fut assez rapide. « Elles me plaisent. On les prend. » Ainsi, ils possédaient leurs alliances. Ils quittèrent la boutique, satisfaits tous les deux. En voyant la bonne humeur de sa fiancée, il sourit. Dans le fond, il était satisfait de sa vie et de la tournure que prenaient les choses. « Viens par-là. » dit-il en la tirant doucement par le bras. Il essayait de faire abstraction que sous sa couche de maquillage se cachait un visage tuméfié. Il se rapprocha d’un revendeur de fleurs. « J’ai entendu dire qu’une mariée avait aussi besoin d’un bouquet. » dit-il, faisant preuve d’un romantisme surprenant qu’il voilait d’un halo de nonchalance. Il la laissa choisir un bouquet avant qu’ils ne repartent vers la chapelle. L’heure du mariage était pour bientôt. Quand ce fut à leur tour, Raphaël se tourna vers Judith, juste avant de diriger vers ce qui faisait office d’autel avant elle. « Prête à devenir Madame Grimes ? » Prête à signer un pacte avec le diable.
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Mia Hemingway
Admin indécise
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DATE D'INSCRIPTION : 02/06/2016
MESSAGES : 558

MessageSujet: Re: « I saw the good in all of your bad » ∞ Mia ♥    Mer 8 Nov - 6:57

C’était insensé. Un geste empli de folie. Et pourtant elle était là. Au milieu de la marée humaine, en compagnie de son amour. Elle y était pour une raison bien précise, pour s’unir à Raphaël comme dans la plus parfaite des évidences. Elle était amoureuse. Elle l’aimait pour tout ce qu’elle n’était pas. Sa fougue. Sa rage. Sa force. Mia avait cette impression fondée qu’il n’était autre que son alter égo, que dans leurs différences, ils puisaient l’essence de l’autre, tel le mourant de soif en plein désert. Bien sûr, ces divergences nécessitaient des sacrifices, des remises en question. Mais avec lui, Mia en éprouvait tout le bien fondé. Elle ne faisait pas ça pour rien. L’amour était là. L’amour prenait toute sa place. L’amour lui faisait perdre la tête. Et alors que bon nombre de femmes aurait aimé avoir le mariage de ses rêves, Mia se pliait encore à ce que Raphaël allait aimer. De toute façon, elle n’y voyait pas d’inconvénient. Elle voulait s’unir à lui. Elle voulait devenir sienne et oublier les écarts. Si infiniment petits mais nombreux. Elle préférait les reléguer au rang de détails sans se douter, qu’un jour ou l’autre, ils deviendraient son quotidien. Elle y croyait tellement. Son sourire était semblable à sa joie de vivre. Son visage portait les stigmates du coup porté malgré la pose du fond de teint. Et pourtant, elle était terriblement heureuse. Se marier. Ainsi le grand jour était là, et choisir une bague ne pouvait qu’accroître son bonheur. Ça rendait l’instant encore plus précieux. Inestimable. Un souvenir indolore pour oublier les affres précédentes. Raphaël changerait. Il ne s’agissait que d’une erreur. L’erreur était portée à l’alcool. Il ne serait rien d’autre que l’unique excuse d’un débordement. Et par ce lien du mariage, la brune se sentait être réconciliée avec le monde entier, choisissant l’anneau qui finirait par devenir lourd. Terriblement lourd. Aussi pesant qu’une chaîne posée sur ses fines chevilles, l’empêchant d’avancer. Tout était si beau. Le monde paraissait tourner d’une façon nouvelle. La simplicité des préparatifs l’étonnaient d’ailleurs. Ainsi, il ne s’agissait que de prendre rendez-vous, d’acheter des anneaux à un prix faible, de se laisser aller à l’achat de quelques fleurs. Instant glorieux qui finirait par se faner comme les délicates fleurs qu’elle tenait au creux de ces mains. Même son sourire finirait par s’effriter, son visage finirait par être vieillie par la douleur, la peur et les pleurs. Par le mal-être mais pour l’instant, c’était doux, c’était appréciable. Elle allait devenir Madame Raphaël Grimes. « Je suis tellement impatiente. » Souffla-t-elle alors qu’ils approchèrent de l’autel. Ça ne ressemblait tellement pas au mariage qu’elle avait connu. Avec des parents aux origines mexicaines, il fallait dire que les mœurs étaient bien précises. Les mariages se faisaient en famille et à l’église. Qu’allaient-ils dire lorsqu’elle leur annoncerait la nouvelle ? Elle n’en avait aucune idée. A vrai dire, elle n’y pensait pas. Elle se contenta de sourire lorsqu’un Elvis s’approcha d’eux. Le costume devait être le même pour chacun. Et c’était amusant. Ça rendait la chose tellement informelle. Mais dans sa tête à elle, Mia avait la sensation de vivre le véritable sacrement du mariage.
Elle était si sotte.
 
« Judith Miller, souhaitez-vous prendre pour époux, Monsieur Raphaël Grimes ici présent ? » Rien à voir avec le mariage à l’église. Pourtant le sourire de Mia était béat. Elle était si heureuse en cet instant que plus rien ne comptait. Peu importait si les vœux n’étaient pas semblables à ceux prononcés lors du sacrement devant Dieu. Peu important si le Elvis avait l’équilibre flanchait et l’haleine imbibée. Rien d’autre ne comptait que l’homme en face d’elle. La brune l’aimait plus que tout. C’était au delà de tenir à sa propre vie. C’était beau, pur et véritable. « Oui. » Les mots furent soufflés avec ce sourire tendre et le regard brillant. Et elle ne cessa de contempler l’homme tandis qu’Elvis posait la même question. Qu’elle entendit la même réponse. « Je vous déclare mari et femme. Embrassez-vous ! » Déclara l’organisateur en esquissant quelques pas de danse à la Presley. Tout était si faussé et pourtant, la joie de Mia paraissait si sincère. Elle se jeta dans les bras de Raphaël l’embrassant avec fougue. L’émotion la tenaillait et les larmes perlèrent au coin de ses paupières. « Madame Grimes t’aime tellement... » Elle murmura ces paroles doucement qui furent entrecoupés par Elvis revenant vers eux, sans aucune gêne « En revanche, pas plus de une minute les embrassades. Un autre couple attend derrière vous. » C’était si peu romantique tout à coup. Et pourtant, ils déguerpirent bien vite de la chapelle, constatant que beaucoup de couples se mariaient ce soir. « Ils n’ont pas l’air aussi amoureux que nous... » Constata la jeune femme en secouant la tête, attristée devant ces couples bizarrement accoutré. C’est sûr que le mariage paraissait plus que jamais étrange. A quoi bon se marier avec amour lorsque tout semblait être un acte anodin. Rien qui ne paraissait être une cérémonie ordinaire. « Oh nous avons oublié d’échanger nos alliances ! » C’est vrai qu’on ne leur avait rien dit. L’oubli fut vite réparée et ce fut avec joie qu’elle glissa la bague à son doigt, contemplant l’anneau d’acier, plus heureuse que jamais. Le monde paraissait si beau à ses yeux. Elle n’avait qu’une hâte : celle de profiter de sa nouvelle existence de femme mariée. « On pourrait aller manger un morceau quelque part histoire de fêter tout ça dignement, on devrait arriver à se trouver un resto qu’est ce que tu en dis... On a toute la nuit devant nous d’ailleurs... » La voix enjôleuse s’allia à l’attitude de la jeune femme. Ils avaient toute la vie désormais mais elle comptait profiter de son existence de femme mariée, à compter de ce soir, alors qu’elle était Madame Grimes, heureuse d’être enchaînée dans cette prison dorée dans lequel elle se disait être rayonnante de joie.

C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent dans ce petit restaurant italien. Assis l’un en face de l’autre. Monsieur et Madame Grimes. Mia était heureuse et ne cessait de contempler la bague trônant sur la main de Raph. Son mari, voilà ce qu’elle se disait, béate d’amour et d’admiration pour cet homme admirable. Elle crevait d’amour pour lui, c’était une évidence. Et il lui fallut du temps pour décrocher son regard du sien, surtout lorsque le serveur vint prendre leur commande. « Je voudrais une bière pour commencer. Et puis, je pense que je prendrais des spaghetti à la bolognaise aussi. » Il fallait bien fêter une telle union ! Et lorsque son mari donna sa commande et que le serveur partit, Mia eut alors tout le loisir de pouvoir lui parler à nouveau. « Olala, Raph… Si on m’avait dit que je me retrouverais être Madame Grimes ce soir… J’aurais ri au nez de la personne. Et pourtant, une nouvelle vie nous attend. J’ai hâte de vieillir à tes côtés… » L’expression devint vague et la brune se perdit dans la spirale des souvenirs. « Je me souviendrai toujours de notre première rencontre, on ne se connaissait pas. Et pourtant, ça a toujours été l’évidence que cela ne pouvait être que toi l’homme de ma vie. Jamais, je n’ai aimé quelqu’un d’aussi fort. Jamais, je n’aurais pu être aussi heureuse. » Son œil la lança à ce moment-là comme la plus triste des fatalités, comme la sonnette d’alarme qu’elle ignora encore une fois. « Tu ne m’as jamais raconté d’ailleurs… Ai-je été la seule femme avec qui tu projetais de te marier ? » Dans son for intérieur, elle espérait qu’il répondrait par l’affirmative, qu’elle puisse être la première d’une initiative nouvelle. Elle en avait égoïstement besoin. D’une certaine manière, ça lui permettait de se convaincre qu’elle était bien plus qu’une autre, de lui apporter une certaine confiance tout en se disant que le coup porté à son visage ne serait qu’une erreur. Une unique erreur.

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