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 « Je collectionne les canards wooohooo ! Je collectionne les canards... vivants ! » Nate ♥

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Kimia Turner
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DATE D'INSCRIPTION : 20/08/2015
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MessageSujet: « Je collectionne les canards wooohooo ! Je collectionne les canards... vivants ! » Nate ♥   Ven 4 Nov - 20:00

Je ne parvenais pas y croire vraiment. Dans le fond, tout cela me paraissait irréel. Tous les matins, je me réveillais avec l’angoisse que tout ce qui s’était passé aurait pu être un fantasme de mon esprit. Mais dès que je jetais un coup d’œil à mon portable, que je lisais les messages d’Otto, je me rappelais qu’il m’avait dit qu’il était amoureux de moi. Que nous allions nous enfuir ensemble. Qu’il n’y aurait pas de mariage avec Mike. Toutes les semaines d’obscurité et de douleur s’étaient éclipsés en l’espace d’une seconde lors que nous avions enfin décidé de mettre notre orgueil de côté. Moi en avouant que je ne voulais pas me marier avec Mike, que je l’aimais depuis toujours et qu’il était le seul qui comptait. Il ne suffisait que d’un mot de lui. Et lui, en avouant qu’il ne voulait pas être séparé de moi, qu’il voulait que je parte avec lui et qu’il m’aimait. Je vivais cette situation comme un voile noir qui s’était envolé d’un coup de vent, dévoilant un océan de bonheur. Nous pouvions aujourd’hui être heureux ensemble. Et c’était avec cette douce pensée que je m’étais levée ce matin. Enfin… pas en totalité. Parce qu’en premier lieu, c’était Bouboule aka mon chat majestueusement obèse qui m’avait écrasée en montant sur le lit. « Rhaaaa Boubouuuule ! » je m’exclame, recevant un miaaaou en guise de protestation. Il consentit à bien descendre de ma poitrine et je pus mieux respirer. « Comment tu fais pour être encore aussi gros avec ton régime et tous les exercices que je te fais faire ?! » Ce n’était pas croyable ! Pourtant, je redoublais d’efforts, mais j’avais la sensation que ce chat allait bouffer des cochonneries en douce. Chat fourbe… En plus, Otto ne manquait pas une seule occasion pour se foutre allègrement de ma gueule et dire que Bouboule resterait à jamais un chat obèse. Mon réveil se mit tout à coup à rugir dans toute la chambre, provoquant un miaulement apeuré de la part du chat qui s’enfuit aussi vite que son poids le lui permettait. Ce qui consista à sauter du lit en roulant sur quelques mètres, emporté par sa masse avant qu’il ne batte des pattes pour se remettre sur pied et s’enfuir de la chambre. Je me tournai sur le ventre, tapant dans le réveil afin qu’il se taise enfin. Il faudrait vraiment que je le change… cette machine était une agression de bon matin…

Je m’extirpai de mes draps, me dépêchant d’aller dans la salle de bain. Depuis ma discussion avec Otto, je me réveillai tous les matins avec la patate. Je ne parvenais pas à dissimuler ma joie, ni même mon bonheur. Mon ciel empli de nuage s’était ouvert, lumineux et magnifique. Tout en prenant ma douche, je songeai à la suite des événements. Je m’en voulais parfois un peu de montrer autant d’excitation alors que j’allais anéantir le bonheur de Mike. J’allais annuler notre mariage, le quitter pour un autre et partir loin d’ici. Je ne pouvais faire pire… Mais pour cela, j’attendais qu’il revienne à Los Angeles. Lors d’une dernière dispute, il était parti sous prétexte d’un voyage d’affaire. C’était assez fréquent, je ne m’en étais pas spécialement inquiétée. Il reviendrait quand il reviendrait. Ça ne changeait pas de mon quotidien. Sauf que là, il m’avait appelée quelques jours auparavant pour me dire que ça allait lui prendre bien plus de temps que prévu, et qu’un voyage en Angleterre était même envisagé. Je n’avais jamais compris son métier, en quoi il consistait et je n’avais jamais cherché à comprendre. De ce qu’il disait, il était dans les affaires. Tout tournait autour de l’économie, des contrats et du profit. Rien qui ne me passionnait outre mesure. En somme, il ne serait pas là avant plusieurs semaines. Ce qui ne m’arrangeait guère, il fallait l’avouer… Parce que ça repoussait l’échéance. Par chance, le départ d’Otto pour l’Allemagne n’était pas prévu avant plusieurs mois. Il m’avait expliqué des histoires comme quoi la signature du contrat prendrait du temps, etc, etc. Je lui faisais confiance sur ce point. Nous prenions donc notre mal en patience. D’un autre côté, j’étais soulagée qu’il ne revienne pas tout de suite. J’appréhendais une confrontation avec lui… Parce qu’il était évident que je ne comptais pas m’enfuir comme une voleuse. Je voulais me montrer juste et courageuse pour lui expliquer en face à face que je voulais le quitter. Il méritait au moins des explications… Bref ! Je terminai ma douche, me préparai rapidement avant d’engloutir rapidement mon petit-déjeuner. Je vérifiai l’heure constamment pour m’assurer que je ne serai pas en retard à l’école. Mais j’étais dans les temps et incroyablement efficace. Si bien que j’ai un peu de temps avant de partir pour appeler Otto. Je ne dis pas que je suis devenue mièvre, mais parfois un peu. Dès que je peux, je passe mon temps au téléphone avec lui. Tout un temps que je ne consacre pas à Mike, mais qu’il ne me consacre pas non plus. Les nouvelles qu’il donne se limite à des bouts de phrase qu’il m’envoie. Bien sûr, la date du mariage a été reculée à cause de ses affaires. Bien qu’il n’y aura jamais de mariage…

« Kimia… Tu es à l’heure ?! » Ca, c’est Jude, ma collègue de travail qui gère une classe du même niveau que la mienne. Mimant à la perfection sa surprise exagérée, elle se raccrocha à la table tandis que je rentrai dans la salle des profs. Je lui tirai la langue, dissimulant difficilement mon hilarité. « Je t’embête Irving ! Je suis en forme en ce moment. Je me réveille avant le réveil ! » Mon amie échangea avec moi un sourire complice. Bien entendu, elle savait. Je lui avais dit. Ou du moins, je n’avais pas pu lui cacher bien longtemps. Le reste de la journée se passa comme un rêve. Les enfants furent sages, ou du moins, j’étais suffisamment de bonne humeur pour ne pas les trouver insupportables. Puis mon entrain devait être énergisant pour eux. Si bien que lorsque je finis l’école en fin d’après-midi, j’avais encore le sourire et un punch d’enfer. Je-suis-au-TOP ! Faisant un crochet par la classe de Jude qui était vide ses petits occupants, je lui souhaitai bonsoir avant de quitter l’école. Les bras chargés des devoirs que je leur avais fait aujourd’hui, je décidai de couper par le parc pour me vivier au sein de la nature. Oui, je suis une putain d’hippie qui privilégie la marche. Sauf que tandis que je traversai le parc, je fus attaquée par une bande de canards. Au départ, il n’y en avait qu’un seul qui me suivait, puis un autre, et encore un autre. « Ecoutez, les amis, vous êtes bien gentils, mais il va falloir me laisser tranquille là… » En amie de la nature, mon esprit se refusa à les envoyer balader comme il le faudrait. Alors je cherchai à les éviter, mais ils sont toujours dans mes pattes. Ils cherchèrent même à attraper mes chevilles avec leur bec. « Non mais ça va pas la tête ! Bande de sauvages ! » je m’écriai en faisant un écart sur le côté. En plus, les canards faisaient en vacarme terrible. « J’ai dit, ça suff… Aaaaaaaah ! » A force de reculer, je n’avais pas vu l’étang d’eau derrière moi et j’y fus précipitée à cause des canards. Je tombai dans l’eau dans un plouf tonitruant. Sur le bord, les canards continuèrent à me hurler dessus tandis que je me débattais pour sortir de l’eau. JE SUIS ATTAQUEE ! « Bande de canaaaards ! » je m’exclamai dans toute ma violence. « Oh non ! Mes feuilles !!! » Les copies de mes élèves. Ces copies que je ne devais pas perdre. Nooooon ! Et je m’agitai dans l’eau pour tenter de les rassembler. Zut. Flûte. Crotte !
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: « Je collectionne les canards wooohooo ! Je collectionne les canards... vivants ! » Nate ♥   Mer 4 Jan - 20:31

Aujourd’hui était une belle journée. Bon, elle avait plutôt mal commencé parce que la sorcière Ellis m'a pris la tête dès le réveil, mais elle a fini par partir bouder dans sa chambre en claquant la porte alors j'avais la paix. Ca m’énerve quand elle fait sa princesse, ca a le don de m’horripiler. La nana, je lui sauve en quelque sorte les miches en la protégeant au péril - s'il le faut - de ma vie, mais à ses yeux, je suis pire qu'une prison. Et elle a beau être trop canon, je reste de marbre. Comme quoi, je suis loin d'être aussi superficiel qu'on ne le croit. J'ai qu'une hâte, que la blonde ne soit plus ma femme et s’éloigne de moi genre à tout jamais. J'en ai parlé à mon cousin, qui gère l'affaire, et il va essayer de mettre en place un transfert. De plus, j'ai rapporté le comportement dangereux d'Ellis avec sa copine insupportable. Je les trouve tout sauf discrètes alors qu'elles devraient plutôt faire profil bas. Elles sont casse-couilles. Alors pourvu que le FBI se magne et l'envoie ailleurs, sous d’autres cieux. On sera tous les deux heureux de ne plus faire partie de la vie de l'autre, étant donné que notre relation s’est détériorée avec le temps. Ce soir, on se fait une sortie « en amoureux ». Je mets des guillemets parce que c’est pour de faux, vous l'aurez compris. Une de ces soirées où je dois puiser au fond de mes forces pour continuer de sourire et d'être parfaitement charmant avec la femme que j'ai juste envie d'étriper. Mais que voulez-vous, il faut bien être crédibles. Et pourtant, je me trouve maladroit dans mes gestes, avouez que c'est quand même super bizarre de devoir embrasser une personne que vous n'aimez pas et qui vous insupporte. Au départ, je me suis dit que ça allait s'arranger avec le temps et que ça finira pas devenir naturel, mais je crois qu'à l'heure actuelle, on peut en conclure que cette situation ne s'arrangera jamais. Aucun des deux n'y met du sien, j’imagine, on attend juste que le temps passe. Douloureusement. Mais ça ne m'empêche pas de voir ailleurs. Au départ, je m'étais dit que je jouerais le jeu à fond, et puis c'est plus simple, car je ne pourrais pas me faire prendre à draguer une autre femme que la mienne. Mais après deux semaines, j'ai vu que la situation n'allait pas être saine pour moi. Et pas plus tard qu'avant-hier, j'ai revu ma déesse Athénaïs, on a aidé une femme à accoucher sur la voie publique, toute une histoire ! Je l'ai rencontrée à la bibliothèque quand j'y étais allé avec ma mère. J'ai pas pu m'empêcher de tenter de la séduire. Alors c'est une affaire à suivre, je pense... En tout cas, je l'invite à dîner dans deux jours, et j'ai hâte !

Et donc, pour en revenir à nos moutons, je viens de sortir du boulot et je profite de ma liberté avant de rentrer à la maison, antre de l'enfer. J'ai espoir qu'Ellis passe la soirée avec sa pote. Je traverse alors le parc pour prendre un bol d’air pur, ça change de la plage, c’est sympa comme tout. Et au loin, je crois reconnaître une frimousse. Je plisse les yeux et je m’approche d’elle pour vérifier et quelques mètres plus près, j’ai la confirmation : c’est bien elle, Kimia. Un sourire s’affiche sur mon visage, ça me fait plaisir de la voir là. Et puis y a un petit invité surprise qui vient s’immiscer entre nous : un petit canard. Je ralentis le pas immédiatement et j’observe. J’observe d’autres petits canards qui se mettent à suivre Kimia. Et ça me fait rire. Et le pire, c’est quand elle se met à leur parler. Je n’entends pas ce qu’elle leur dit car je suis encore trop loin, mais je vois clairement qu’elle s’adresse à eux, et ça, c’est une perle ! Je saisis tout de suite mon téléphone avec un sourire malicieux. Faut que je montre ça à Otto ! je dis tout haut. Et je me lance à la poursuite de Kimi et de ses canards pour tout filmer. Est-ce que c’est horrible ce que je fais ? Peut-être. Mais alors ça me fait mourir de rire ! Y a un petit canard qui essaie de gniaker cette pauvre Kimi et je l’entends alors distinctement parler au canard. Non mais ça va pas la tête ! Bande de sauvages ! Otto va m’entendre ricaner sur la vidéo et je tourne la caméra vers moi pour lui parler. Ta nana parle aux canards, elle est complètement folle, mec ! Vous allez si bien ensemble ! Et je me marre à nouveau tout en redirigeant la caméra vers Kimi Coin-Coin. J’ai dit, ça suff… Aaaaaaaah ! Oh bordel ! Kimi a sauté dans l’étang ! Enfin elle est tombée dedans ! J’éclate littéralement de rire, fixant toujours la scène avec ma caméra. Bande de canaaaards ! Oh non ! Mes feuilles !!! Je n’arrive pas à m’arrêter de rire, mais là j’ai conscience que je dois aller l’aider, sinon je suis le pire des amis, déjà que… Je retourne la caméra vers moi pour m’adresser à Otto à nouveau. Allez, je vais sauver ta princesse, Winspire ! Mitch Buchannon n’a qu’à bien se tenir ! Je pouffe de rire et je coupe la vidéo, rangeant mon portable dans la poche de ma veste alors que je me penche vers Kimi pour lui tendre le bras. Turner, tu joues à la pêche aux canards ? Tu sais t’es pas censée plonger dans la marre ? Je la vois tenter de rattraper ses feuilles éparpillées autour d’elle. Laisse tomber, on ira les chercher à l’épuisette, sors de là ! Il doit bien y avoir un jardinier ici qui a ça sous la main, dans son matériel.
Je remonte mon amie sur la terre ferme et j’ai encore le sourire aux lèvres. Quel phénomène, cette Kimi. Ne t’inquiète pas, Kimi, j’ai immortalisé ça, c’était grandiose ! je rigole alors que je retire ma veste sèche pour tenter de la réchauffer avec. Content de te revoir ! Les canards à présent dans l’étang ne s’intéressent plus à Kimia mais à ses feuilles flottant sur l’eau. Ca va ? Attends, mets ça, tu vas attraper la mort sinon, et je lui pose ma veste sur les épaules.
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Kimia Turner
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MessageSujet: Re: « Je collectionne les canards wooohooo ! Je collectionne les canards... vivants ! » Nate ♥   Mer 3 Mai - 19:08

J’ai eu l’occasion de me retrouver dans beaucoup de situations gênantes au cours de ma vie, mais être attaquée par des canards, je dois admettre que c’est plutôt inédit. D’ordinaire, j’aime toutes les créatures qui peuplent cette terre. Après tout, j’ai passé de nombreuses années à parcourir le globe pour défendre la cause animale. Et même si j’ai posé le pied à Los Angeles, mes convictions restent définitivement les mêmes. Alors pourquoi m’attaquent-ils ?! Je vous le demande ! Je tente de leur échapper, mais fatalement, je me retrouve à tremper dans le lac du parc. Mon sac ! Mon portable ! Mes copies ! Je les vois qui prennent le large et je m’échine à leur courir après afin de toutes les rattraper. Dans le fond, je ne pourrai jamais leur rendre dans cet état. J’accuserai mon chat… Mais je refuse de polluer la Mère Nature. Donc complètement trempée, je m’agite sans grâce d’un côté et de l’autre pour récupérer les fameux papiers. Je ne prends absolument pas en compte le reste de l’univers qui m’entoure, et encore moins l’autre idiot qui est en train de rire à mes dépends un peu plus loin. Mais ça, c’est une autre histoire et j’y viendrai plus tard. Malgré tout, ce n’est peut-être pas plus mal que je ne sache pas ce qui est en train de se passer ; autrement, je me serai enfouie sous l’eau, décidant de ne jamais remonter à la surface. Fatalement, je me dis que j’en mourrai sûrement. Même si ma maman m’a souvent dit que j’étais une petite sirène à force de me voir courir vers la plage tous les jours, je doute énormément de pouvoir tenir en apnée pour une durée approximative d’une éternité. La Nature est si mal fichue…

« Turner, tu joues à la pêche aux canards ? Tu sais t’es pas censée plonger dans la marre ? » Turner ? Oui, c’est moi ! Qui me parle ? Je me tourne d’un côté et de l’autre avant de voir la main gracieusement tendue vers moi. « Nate ?! » Je reste interdite, ne m’attendant absolument pas à le voir ici. Comment se fait-il qu’il se trouve dans le même parc que moi, à la même heure ? Le hasard ? Je lorgne un regard sur mes copies qui continuent de nager loin de moi. « Attends, je ne peux pas laisser mes copies s’acoquiner avec les poissons ! » Je fais mine d’y retourner. Fichue pour fichue… « Laisse tomber, on ira les cherche à l’épuisette, sors de là ! » Je reste assez hésitante avant d’attraper la main qui m’est tendue. Il me hisse rapidement sur le bord et je retrouve le froid de l’air sur ma peau mouillée. « Merci… » Je cerne l’hilarité de mon ami, mais je suis plus occupée à constater l’état de mes affaires. Autant dire que ce n’est pas bien glorieux. Je suis persuadée que ma honte sera exposée au grand jour. Je connais Nate principalement par le biais d’Otto, mais j’ai fait suffisamment connaissance pour savoir qu’il n’en rate pas une. Il ne se lassera jamais de raconter cette histoire, même sur mon lit de mort. « Ne t’inquiète pas, Kimi, j’ai immortalisé tout ça, c’était grandiose ! » Je fronce le nez, le regardant sans comprendre. « Comment ça ? Qu’est-ce qu… Non t’as pas fait ça !! » je m’insurge, totalement scandalisée. Le gougnafier a osé prendre une vidéo de moi ?! Et sans m’aider en plus ?! « J’y crois pas ! Moi qui pensais que tu venais gentiment à mon aide, tu as quand même en le temps de me prendre en vidéo ! » Bonjour les amis ! Merci biiiien ! Je me renfrogne, bien que j’accepte sans rechigner la veste qu’il dépose sur mes épaules. Sa veste sera toute mouillée. Bien fait pour lui ! « Tu n’as pas intérêt à la montrer ! » Je lui tire la langue quand il affirme être content de me voir. Dans le fond, je suis contente aussi, mais je suis une femme blessée dans son orgueil, que voulez-vous ! Quand il me demande si ça va, je hausse les épaules. « Tout allait très bien jusqu’à ce que je me fasse attaquer par une armée de canards et qu’ils me mettent à l’eau avec toutes mes affaires… » J’affiche une moue contrite, avant de me rappeler que le soleil était malgré tout radieux. Otto m’aimait. Il me l’avait enfin dit et il refusait que nous puissions être encore séparés plus longtemps. Malgré tout, il nous fallait attendre le retour de mon fiancé de son voyage d’affaires pour mettre un terme à toute cette histoire et que nous n’ayons plus besoin de nous cacher. Je sens mes joues rosir à cette pensée avant de tourner le regard vers Nate, suspicieuse. Est-ce qu’il savait ? Otto et lui étaient très proches, comme des frères. Mais est-ce qu’Otto aurait eu le temps de lui faire part du gros secret qui était en train de se jouer, ni même du fait qu’il n’aurait plus besoin de s’embêter à trouver un costard convenable pour mon mariage. « Et toi, tu vas bien ? Qu’est-ce que tu fais par ici ? » Il se promenait sûrement. Rien d’exceptionnel, en somme. Je m’écarte légèrement de la mare, venant poser mes fesses sur un banc ensoleillé. Autant trouver une bonne manière de sécher. J’en profite aussi pour vérifier le contenu de mon sac. Peu de choses ont survécu, hélas. « Au fait, tu as eu des nouvelles d’Otto récemment ? » je demande le plus innocemment du monde, bien que mes joues s’enflammant d’un seul coup me trahissent. « Enfin, je veux dire… tu es en courant pour l’Allemagne ? » Autrement, la promotion d’Otto. Autant y aller petit à petit afin de savoir ce qu’il sait vraiment.
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: « Je collectionne les canards wooohooo ! Je collectionne les canards... vivants ! » Nate ♥   Ven 9 Juin - 0:26

Ah non mais la tête qu’elle fait quand je lui annonce que j’ai immortalisé la scène ! Ca aussi j’aurais aimé l’immortaliser. Comment ça ? Qu’est-ce qu… Non t’as pas fait ça !! Je ne peux réfréner mon plus beau sourire malicieux en réponse à sa question. Je finis par hausser les épaules avant de lui dire sur un ton tout à fait innocent Je voudrais pas qu’Otto manque un truc pareil, c’est ça l’amitié, ma chère Kimi. Et j’éclate de rire. Bon sang, j’ai tellement hâte qu’il voie ça ! J’y crois pas ! Moi qui pensais que tu venais gentiment à mon aide, tu as quand même eu le temps de me prendre en vidéo ! Je peux pas m’empêcher de rire quand je vois l’effet que ça lui fait. Et Kimia est si mignonne que même quand elle se met en colère, on trouve ça mignon. Enfin je parle pour moi, parce que je doute qu’Otto soit de mon avis. Ca va, moi je peux me le permettre, je couche pas avec elle. Mais je viens gentiment à ton secours, jolie princesse en détresse ! La vidéo était trop tentante, c’est quand même pas tous les jours qu’on voit quelqu’un parler à des canards… Je reste tout de même gentleman et j’ôte ma veste pour la mettre sur ses épaules. La pauvre, faudrait pas qu’elle attrape un sale rhume, là Otto m’en voudrait. Tu n’as pas intérêt à la montrer ! Je ris à sa menace qui ne fait pas tellement peur et au fait que comme une gamine, elle me tire la langue. Quand je vous dis qu’elle est trop mignonne, j’ai pas raison ? … sinon quoi ? je demande alors, avec un air de défi. Nous nous éloignons de la mare et je vois un vendeur de café un peu plus loin, dans le parc. Bien, ça la réchauffera peut-être. Je lui demande comment elle va, parce que finalement, je suis content de la trouver là. Ca fait un bout de temps que je l’ai pas vue et côtoyer une autre femme que ma supposée épouse, mon fardeau, eh bien ça fait sacrément du bien. Tout allait très bien jusqu’à ce que je me fasse attaquer par une armée de canards et qu’ils me mettent à l’eau avec toutes mes affaires… J’en ris encore rien à revoir les images dans ma tête. Ma pauvre, fallait vraiment que ça tombe sur toi ! Allez, viens, on va s’asseoir et je t’offre un café pour te réchauffer, en plus de ce beau soleil. Une fois assis sur un banc à proximité, Kimia reprend la parole. Et toi, tu vas bien ? Qu’est-ce que tu fais par ici ? Je regarde l’état de mon amie qui est vraiment trempée jusqu’aux os, vêtements, sac, tout. Ca va, je te remercie. Je rentre du boulot là, je prenais l’air frais avant de retourner dans mon enfer quotidien avec l’autre sorcière. Je soupire longuement. C’est tout ce que m’inspire Ellis. Kimi trifouille dans son sac d’un air désolé. J’imagine que peu de choses ont survécu à cette noyade imprévue. Au fait, tu as eu des nouvelles d’Otto récemment ? me demande-t-elle d’un ton que je trouve suspicieux. Et bingo, je la vois rougir, ce qui me fait sourire. J’attends quelques secondes, histoire de la faire poireauter un peu, pour le plaisir. Parce que je sais très bien pourquoi elle pose cette question, et je suis au courant pour elle et lui, et leur projet de m’abandonner pour l’Europe. Mais je n’ai pas le temps de répondre quoi que ce soit qu’elle s’empresse d’ajouter quelque chose, à toute vitesse. Enfin, je veux dire… tu es en courant pour l’Allemagne ? Mais oui bien sûr. Ce qu’elle est naïve. Otto, oui oui, on est allés surfer hier. C’était sympa. Il m’a dit qu’il avait rencontré quelqu’un, c’est cool pour lui. Je me lève du banc pour aller lui chercher son café et pour la laisser cogiter un peu. Je vais te chercher ton café, comme promis, je reviens. Je me hâte et en deux deux, je suis de retour, gobelet à la main, que je lui tends. Je sais plus comment elle s’appelle, je reprends tranquillement en m’asseyant à côté d’elle. Il me l’a dit mais j’ai complètement zappé. Et oui, il m’a dit pour l’Allemagne. Je trouve ça un peu étrange de commencer une relation maintenant alors qu’il va partir, tu trouves pas ? je demande tout aussi innocemment qu’elle il y a deux minutes. Je me demande ce qu’il se passe à ce moment-même dans sa tête. Enfin ça le regarde… je finis par dire, alors que j’ai envie de rire. Je suis quand même un peu deg qu’il parte, parce qu’il va me manquer. Je regarde au loin les canards qui essaient de manger les feuilles de papier qui flottent au milieu de la mare. Bon et toi alors ? Bientôt le grand jour ? Ca va ? Tu te sens comment ? Je sais pertinemment qu’elle ne va pas épouser ce gros nase de Mike, mais ça me fait plaisir de voir jusqu’où elle est prête à me mentir.
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Kimia Turner
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MessageSujet: Re: « Je collectionne les canards wooohooo ! Je collectionne les canards... vivants ! » Nate ♥   Ven 30 Juin - 13:09

Des canards. J’avais été attaquée par des canards. Comment était-ce possible ? Aujourd’hui, je prenais la pleine mesure des choses quand mes amis me disaient : « ça n’arrive bien qu’à toi ces choses-là ! » Je ne pouvais que leur donner raison. La situation était improbable et j’étais prête à créer un comité post-traumatique pour toutes les personnes victimes d’attaques de ce genre. Une chose était sûre : nous serions peu nombreux. Mon honneur aurait pu malgré tout rester sauf auprès de mes connaissances si le rire vibrant de Nate ne s’était pas fait entendre tout près de moi. Si je pouvais le remercier de m’être venue en aide, je ne pouvais pas vraiment lui prouver ma reconnaissance de se foutre allègrement de ma gueule. D’autant plus que le sagouin venait de me prendre injustement en vidéo. Merci bien les amis ! Evidemment, il ne manquerait pas de la montrer à Otto sitôt qu’il le verrait. Je les imaginais déjà rire comme des abrutis en se tenant par les épaules et en se tapant les cuisses. Les mecs, tous des abrutis ! « Et ton amitié pour moi, alors ! » je m’écriai tandis qu’il brandissait la carte de son amitié avec Otto. Je m’étais fait avoir ! Dire que je pensais qu’il me venait gracieusement en aide. C’était tout le contraire. Je fis mine de bouder mais le vilain pompier ne se marre que de plus belle. Je lui jette un regard noir pour appuyer mon mécontentement. Et par-dessus le marché, bon nombre de mes copies sont perdues. Certes, ce sont des devoirs de primaires, mais tout de même ! Tant pis, il manquera une note sur leur bulletin ou j’en inventerai… Je m’animai de nouveau quand il déclara ouvertement qu’il montrerait cette vidéo. « … sinon quoi ? » Très bonne question. Je restai comme une gourde, mon doigt sensé mimer la menace pointé en l’air et ma bouche ouverte comme un poisson maintenu hors de l’eau trop longtemps. Sinon quoi ? « Sinon… je le dirai à Otto. » L’argument n’ébranlerait sûrement pas Nate. Aussi bien que moi, il devait savoir qu’Otto ne saurait que rire de cette vidéo et se moquer de moi de concert avec son meilleur ami. En soi, c’était le mauvais plan. Je décidai de mettre ma fierté de côté. Heureusement, j’étais aidée par un orgueil qui savait souffrir de nombreuses humiliations. Ma vie de maladroite m’avait appris à être humble.

Ainsi, je le contais rapidement ma mésaventure et ce qui m’avait conduite à me retrouver dans cet étang. Rien de bien glorieux, hélas. « Ma pauvre, fallait vraiment que ça tombe sur toi ! Allez, viens, on va s’asseoir et je t’offre un café pour te réchauffer, en plus de ce beau soleil. » - « Aaah tu me deviens plus sympathique ! » Dans ma mansuétude, j’étais prête à tout lui pardonner pour un beau café et un brin de soleil. Quelques secondes plus tard, nous étions assis sur un banc. Je me laissais exposer au soleil tout en questionnant Nate sur sa vie actuelle. Apparemment, tout se passait bien de son côté hormis sa chère Ellis. Je lui jetai un regard faussement courroucé. Je n’étais pas étrangère au tempérament d’Ellis qui était un peu… spécial. Toutefois, elle restait mon ancienne belle-sœur et je l’aimais grandement. Je savais ce qu’il en était de ce qui la liait à Nate par les confidences qu’elle avait faites à mon frère Ryan. Bref, les histoires de famille… « T’as qu’à lui offrir tous les jours des chaussures et elle sera contente. » je me permis de dire en plaisantant, me moquant de la nature un peu « fille » de la blonde. Même si nous nous entendions bien, nous étions en tout point opposées. Elle criait à la douleur quand je considérais qu’il ne s’agissait que d’une méchante égratignure. Elle s’écartait en présence d’un animal quand j’allais à sa rencontre. Elle se dégoûtait de beaucoup de choses que je n’avais aucune hésitation à faire. Et surtout, elle aimait ce shopping que j’avais en horreur. Il fallait toujours qu’elle soit bien habillée, coiffée, maquillée et parfumée pour sortir. Quelquefois, il m’arrivait de sortir les cheveux en bataille et le tee-shirt à l’envers quand j’étais en retard. Il était vrai que ce genre de femme était mal assorti à Nate. Je déviais vers un sujet qui me plaisait plus. Otto. Il ne m’avait pas dit s’il avait informé ses amis de notre future fuite en Allemagne grâce à sa promotion. Ce qui incluait de faire éclater mon mariage et qu’Otto s’était finalement décidé à avouer ses sentiments. Je tentai de paraître neutre, mais j’avais énormément de mal. J’aurai aimé savoir d’office s’il était au courant de quelque chose. De moi-même, je ne pouvais pas me permettre de lui dire. Otto voudrait le faire en personne, ce qui était normal. Je tâtais donc le terrain, un peu maladroitement. J’appris donc que Nate était au courant pour son départ en Allemagne. Je sursautais légèrement quand il dit qu’Otto avait parlé d’une fille. « Quoi ?! » je m’insurgeai brusquement, comprenant sitôt que la fille en question devait sûrement être moi. Pourquoi Otto faisait-il autant de mystère ? Nate était quelqu’un sur qui on pouvait compter malgré son caractère taquin. « Ah euh… oui, il en a vaguement parlé. » je fais mine de me souvenir alors qu’il m’abandonne un instant pour aller me chercher un café. Je n’eus pas le temps de réfléchir bien longtemps à la manière d’agir de mon petit-ami. Nate revint avec un café fumant. « Merci beaucoup. » dis-je en souriant. Je me tus pour l’écouter parler de cette inconnue qu’Otto avait décidé d’embarquer avec lui. Effectivement, ça pouvait paraître étrange. « Hmm oui c’est vrai, mais il s’agit d’Otto. Il a toujours des idées farfelues. » J’eus un rire un peu trop gêné que je cachais en buvant une gorgée. « Enfin on ne connait pas la fille en question. Si ça se trouve, c’est très logique… » Comme le fait de finalement se mettre en couple avec sa meilleure amie qui est amoureuse de lui depuis l’adolescence ? Il fallait plus qu’un voyage en Allemagne pour rattraper le temps perdu, mais cela me suffisait amplement. Je restais évasive, bien que mes réactions à cette nouvelle devaient paraître étranges et peu naturelles. « Bon et toi alors ? Bientôt le grand jour ? Ça va ? Tu te sens comment ? » Je m’étouffai brusquement dans mon café. Mon dieu, il me parlait du mariage avec Mike ? Il ne devait définitivement pas savoir ! Je me mis à balbutier pathétiquement. « Bah… eh bien… euh, oui ! » Oui à quoi ? Je n’aurai su le dire. Je rassemblai mes forces pour reprendre de la contenance. « Enfin je veux dire… je ne sais pas trop. Mike n’est pas vraiment là. Ça repousse un peu la date. Puis bon… un mariage en été… pfff, quelle mauvaise idée. » Soudainement, j’eus l’envie irrésistible d’être ces feuilles de papier qui nageaient sur l’eau, dévorées par les canards. Mon rire devenait de plus en plus gêné, presque hystérique. Je devais faire peur. « Et moi… bah euh… ça va. Je crois. Enfin… on verra bien et puis… Ah attention ! » Voyant une tâche noire se déplacer sur la joue de Nate, je reconnus une araignée. D’ordinaire, je protégeais la faune et la flore. Sauf les araignées. Je poussai un hurlement. Dans un geste inconsidéré, ma main s’échoua sur la joue de Nate en une claque retentissante. La bête n’était plus mais je poussais un cri de honte. « Oh mon dieu ! Je suis désolée, je ne t’ai pas trop fait mal ?! Pardon pardon. Tu avais une araignée sur la joue et… tu ne le diras pas à Otto hein ? Sinon il va encore se moquer de moi et je devrais subir ses moqueries jusqu’en Allemagne. » Mes joues devinrent carmin plus rapidement que la vérité me monta au cerveau. Je venais de me vendre ! Quelle abrutie ! « Enfin, je veux dire… l’Allemagne parce que… on a promis de faire des Skype hein. Comme des potos. Des bons gros potos. » J’en devenais ridicule à masquer une vérité devenue évidente. « T’imagine, si c’était moi la nana avec qui il partait ? Ce serait complètement fou ! » je partis de nouveau d’un rire très gêné et gênant. Bon sang… pourquoi étais-je moi ?!
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: « Je collectionne les canards wooohooo ! Je collectionne les canards... vivants ! » Nate ♥   Jeu 3 Aoû - 23:37

… sinon quoi ? je demande à Kimia avec un air de défi alors qu’elle me menace au cas où je divulgue la fameuse vidéo hilarante d’elle en train de parler aux canards et sa chute dans la mare. Non, franchement, il faut que Otto la voie ! Sinon… je le dirai à Otto. J’observe Kimia qui a l’air tout à fait sérieux, son doigt pointé en l’air en signe de menace, et après quelques secondes de « rien », j’éclate de rire. T’es vraiment trop adorable, toi ! je lui réponds aussi vite. Je sais qu’elle se rend compte que sa réponse est un peu stupide, mais je trouve ça adorable. C’est du Kimi tout craché.

Nous partons nous asseoir sur un banc pour qu’elle se repose de toutes ces émotions. Kimia me demande gentiment des nouvelles. Et comme elle est au courant de ma situation avec Ellis, je peux être moi-même et dire ce que j’ai vraiment sur le cœur à son sujet, à savoir je vis un enfer auprès de la sorcière blonde. La réponse de Kimia me fait rouler des yeux. T’as qu’à lui offrir tous les jours des chaussures et elle sera contente. Mais bien sûr… Et puis quoi encore ? Elle en a bien suffisamment, crois-moi. Je suis envahi de trucs de filles à la maison, c’est l’horreur. Elle est bordélique, en plus de ça, c’est agaçant. Bref, tout m’agace chez elle. Rien que l’évocation de son nom arrive aujourd’hui à me hérisser le poil. J’aurais préféré tomber sur une folle qui parle aux canards et plonge dans les mares avec eux, je poursuis en plaisantant, donnant un coup d’épaule amical à la jolie brunette. C’est plus attachant. Mais je dois me contenter d’une blonde superficielle au possible qui ne tient même pas compte de moi, ou alors si, juste pour m’énerver encore un peu plus.

Je me lève pour aller chercher un café chaud à Kimia pour qu’elle puisse se réconforter après son petit plongeon improvisé, mais juste avant de partir, je parle du fait que Otto s’est trouvé une nana. Evidemment, je sais qu’il s’agit de Kimia, mais elle ne sait pas que je sais. Et je joue à fond là-dessus parce que c’est terriblement tentant de la taquiner un peu. Sa réaction de surprise mêlée à de la panique me satisfait complètement, mais je fais mine de l’ignorer. Alors elle se reprend comme elle peut. Ah euh… oui, il en a vaguement parlé. Un signe de tête satisfait est ma seule réponse avant de m’éclipser vers le vendeur de café ambulant pas très loin de notre banc. Je donnerais cher pour entendre ses pensées à l’heure actuelle. J’imagine que ça doit cogiter, quelque chose du genre « mince, qu’est-ce que je suis censée dire ? » et ça me fait sourire le temps de retourner jusqu’à elle, deux gobelets en carton remplis de café fumant à la main. Nous continuons de parler d’Otto (quoi d’autre ?) et je joue le jeu de l’ignare. Hmm oui c’est vrai, mais il s’agit d’Otto. Il a toujours des idées farfelues. Enfin on ne connait pas la fille en question. Si ça se trouve, c’est très logique… Je me mords l’intérieur des joues pour éviter de rire, parce que franchement, elle me fait rire, Kimi. Et c’est qu’elle y met du sien ! Je fais alors les dubitatifs. Mouais, je sais pas. Je vois pas en quoi ce serait logique. Ca aurait été toi, je comprendrais, mais comme c’est pas le cas, la nana sort de nulle part. Otto n’a jamais voulu se caser et c’est pile avant de partir qu’il fait ça. Je garde le silence quelques secondes avant de reprendre. Si ça se trouve elle vient de Berlin ? Et c’est lui qui la suit car elle va rentrer dans son pays ? Je fais mine de réfléchir. Pourtant il ne me semble pas que son prénom sonnait allemand, ça m’aurait marqué. Tu te rappelles pas son nom, toi ? Je me demande jusqu’où elle est prête à aller. Inventer un prénom ? Allemand pour que ça paraisse plus logique ? Je dérive la conversation sur elle, à présent, et son mariage qui ne se fera pas puisqu’elle est avec Otto mais je suis censé l’ignorer. Bon et toi alors ? Bientôt le grand jour ? Ça va ? Tu te sens comment ? Et devinez quoi ! Elle manque de s’étouffer avec son café, en avalant de travers. Bah… eh bien… euh, oui ! Mais encore ? Allez Kimia, tu peux faire mieux ! Enfin je veux dire… je ne sais pas trop. Mike n’est pas vraiment là. Ça repousse un peu la date. Puis bon… un mariage en été… pfff, quelle mauvaise idée. Ben voilà, c’est mieux ! Oui, en effet, la date est bien repoussée, là. Je rigole, mais pas à sa remarque sur le mariage en été, mais parce que je trouve qu’elle joue pas mal son rôle, la petite Kimi.  Il n’est toujours pas revenu ? Mais il fait quoi au juste comme boulot pour vivre loin aussi longtemps ? Ouais, je fais genre que je m’intéresse à ce pauvre abruti, mais je sais bien qu’il est très loin de mériter la douce Kimia. Je vois même pas ce qu’elle a pu lui trouver, vu comment Otto me le décrit. Bon, je n’ai qu’une version de l’histoire, mais je fais confiance à Otto. Et moi… bah euh… ça va. Je crois. Enfin… on verra bien et puis… Ah attention ! Et là, sorti de nulle part, je ressens une vive douleur sur ma joue après un claquement retentissant. Kimia m’a donné une baffe ! J’hallucine ! Ca va pas bien dans sa tête ou quoi ? Attention à quoi ? C’est une tentative de distraction ? Je comprends plus rien et je suis tellement surpris que j’ai du mal à relier les idées les unes avec les autres. Oh mon dieu ! Je suis désolée, je ne t’ai pas trop fait mal ?! Pardon pardon. Tu avais une araignée sur la joue et… tu ne le diras pas à Otto hein ? Sinon il va encore se moquer de moi et je devrais subir ses moqueries jusqu’en Allemagne. Je me tiens toujours la joue à la fin de sa tirade et je grimace à cause de la douleur. Elle vient de se vendre, mais je continue d’ignorer, pour voir si elle est assez futée pour comprendre que je la fais marcher courir depuis le début. Enfin, je veux dire… l’Allemagne parce que… on a promis de faire des Skype hein. Comme des potos. Des bons gros potos. Là j’ai une image d’Otto et elle qui se tiennent bras dessus bras dessous comme de « bons gros potos », comme elle dit, et ça me parait vraiment impossible. T’imagines, si c’était moi la nana avec qui il partait ? Ce serait complètement fou ! Je la regarde, et là je rigole franchement. Elle a du culot, la petite, j’aime bien. Alors je rentre toujours dans son jeu et je réponds. T’aurais bien aimé, avoue. Même moi j’aurais bien aimé. Ca doit être cool Berlin. J’observe la réaction de Kimia et en réalité, je suis vraiment content qu’ils aient réussi à se dire la vérité et à passer à l’action. Ils sont faits l’un pour l’autre, il n’y a pas de doute. En tout cas, dis donc, faut pas t’embêter, toi ! Pauvre araignée, je doute qu’elle ait survécu après cette gifle monumentale ! Tu devrais te mettre à la boxe, ça te réussirait, tu as déjà un joli crochet de fillette ! Je me frotte la joue et retire la main de celle-ci toujours brûlante. Otto va surtout se foutre de moi de me faire gifler par sa protégée, alors promis, je ne dirai rien. Je lui lance un clin d’œil entendu. Je repense alors à leur futur voyage tous les deux. Je pense qu’Otto sera vraiment hyper bien là-bas. Faire ce qu’il aime, avec la fille qu’il aime. Je tourne le regard vers la brunette. Il a l’air totalement accro à cette fille, en tout cas, comment il me l’a décrite, c’était… mignon. J’aime pas trop utiliser ce mot, ça fait fifille, mais leur histoire était digne d’un film romantique que les filles aiment tant. Je la sens bien, je pense qu’il est serein avec elle, enfin. Et qu’elle le rendra heureux pour un moment. Je souris, amusé. Tu sais, j’ai toujours pensé que vous finiriez ensemble, vous deux. C’était qu’une question de timing. Comprend-elle que je sais ?
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« Je collectionne les canards wooohooo ! Je collectionne les canards... vivants ! » Nate ♥
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