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 « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]

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Mia Hemingway
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MessageSujet: « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]   Dim 25 Déc - 19:34

Elle avait eu fort à faire durant toute la journée. Le temps défilait à une allure folle qu’elle ne maitrisait pas vraiment. Comme tous les matins, en semaine, le rituel de l’école avait commencé, une rengaine dans laquelle, Mia se berçait doucement. La routine. Si parmi le commun des mortels, beaucoup la refusait, faisant en sorte de rendre leur existence extraordinaire, Mia, elle, faisait en sorte de s’y plaire, de ne pas en sortir. Ça la rassurait, elle se sentait sereine sans craindre un quelconque danger. Elle avait fini par se faire à sa nouvelle existence. Loin des coups. Loin de l’humiliation. Loin de Raphaël. Parfois, elle y pensait. Mais l’inverse était bien plus courant. Elle avait toujours à faire, non pas que Derek la surchargeait de travail. Son job était de s’occuper de sa fille, uniquement. En échange, elle avait un toit pour se protéger, un lit pour se reposer et une famille aimante à cajoler. Les jours s’étaient écoulées lentement mais sûrement et finalement, cela faisait désormais des mois qu’elle se trouvait chez les Bullock. Derek et sa fille étaient des êtres merveilleux et à force de les côtoyer chaque jour, elle avait fini par apprendre à les connaître, à découvrir chaque facette de leur personnalité : par la force du temps, elle avait fini par nouer un attachement profond envers ce veuf et sa fille. Et alors que sa tâche aurait dû être de s’occuper uniquement de Lily, Mia se donnait à fond dans l’entretien de la maison, se décarcassant pour aider au mieux le père débordé dont les horaires de boulot – il était infirmier – donnait lieu à un emploi de temps bancal. Ainsi, la jeune femme était toujours avec Lily. Pour l’amener à l’école. Pour aller la chercher. Pour la nourrir, s’occuper d’elle, l’écouter et l’aider à faire ses devoirs. Et surtout, elle était là pour représenter un substitut de mère pour l’enfant. La brune aimait tellement cette gamine… Au fil du temps, elle avait noué un attachement profond, un amour sans faille et sans nuage. C’était viscéral. Ça prenait aux tripes. Elle était capable de tuer pour cette gosse, représentant le parfait tableau de la mère se battant comme une furie pour son enfant. A bien des égards, Mia considérait Lily comme sa famille. Et gare à celui qui oserait lui faire du mal… Elle serait capable de montrer les dents. L’instinct primaire de survie résidait en elle. Il ne partait pas vraiment. Mia avait constamment la trouille bien qu’elle faisait en sorte de ne pas laisser paraître. Les vestiges de sa précédente existence ne partiront jamais. Elle devait vivre avec, faisant en sorte d’en faire une force, d’apprendre à se relever et à continuer son petit bout de chemin. Sa vie lui plaisait. Elle se satisfaisait du peu pour en apprécier l’ensemble. C’était tellement grisant. Elle n’avait plus cette crainte de savoir si elle souffrirait ce soir. Le seul homme rentrant à la maison ne levait jamais la main sur elle, il était doux, patient : et en Derek, Mia retrouvait foi en l’humain, en l’homme et ce qu’il pouvait avoir de bon. Se convainquant que Judith Grimes – son ancienne identité – était définitivement morte, elle apprenait à avancer, à constituer son existence de lendemains parsemés de sourires, de ces petits bras se tendant dans sa direction, de ce petit corps chaud se collant contre le sien, cherchant la sérénité et l’amour. Et puis, elle apprenait à connaître e mieux son patron. Au fil des mois, il était devenu un ami. Et souvent, elle se devait de faire taire les émotions faisant changeant la donne de cet équilibre qu’ils avaient par trouver tous les trois. Ils étaient une famille.

Elle n’avait pas chômé aujourd’hui. Après avoir amené Lily, elle était revenue à la maison. Elle avait laissé Derek dormir encore un peu. Il avait travaillé de nuit et dans ces situations, elle faisait en sorte d’être la plus discrète : elle n’aurait pas voulu le réveiller. Aussi, lui laissait-elle un peu de répit, s’occupant de remettre en ordre la maison. Elle avait fait une lessive, l’avait mise au sèche-linge avant de s’occuper de ranger la chambre de Lily jusqu’à ce que Derek se réveilla. Ils se préparèrent pour aller se promener un peu et profiter du beau temps. Il avait été convenu qu’elle irait, ensuite, chercher Lily à l’école pour l’amener au parc. C’était leur petit rituel à toutes les deux. Lily pouvait se dégourdir les jambes, courir à sa guise. Derek les accompagnait assez souvent mais cette fois-ci, un rendez-vous à la banque l’empêchait d’être là. Ce n’était pas un motif pour annuler. Aussi, la jeune femme et la petite fille se retrouvèrent à la sortie de l’école et se dirigèrent vers le Parc. Il y avait peu de monde malgré le temps magnifique, ça ne la dérangeait pas. Bien au contraire, elle marchait, main dans la main, avec la petite fille. Mia écoutait ses babillages d’enfant au sujet de sa maîtresse, de ce qu’elle avait étudié et d’une camarade pas forcément gentille avec elle. Enfin, ça s’arrêta net lorsque Lily lâcha la main pour se mettre à courir, hurlant à tue-tête « BUUUUUUUUUUCK ! » Elle s’époumonait à l’attention d’un chien qui se mit à galoper dans sa direction. Taylor n’était pas très loin et Mia la repéra assise sur un banc. Pendant que Lily et son nouvel ami se retrouvaient à force de caresses et de léchouilles, elle vint s’asseoir à côté de la propriétaire de l’animal. « Hey.. » La salua-t-elle avec un petit sourire. Elle était contente de la voir. Elles avaient fait connaissance grâce à Lily et Buck et à force de se croiser ici, les deux femmes avaient pris l’habitude de passer du temps, de discuter. Cette présence féminine faisait du bien à Mia. Elle se risquait même à considérer la jeune femme comme une amie, se disant qu’il serait facile de lui accorder sa confiance : son être entier transparaissait ce sentiment. Et à l’heure où Mia reprenait gout à l’humanité, elle se sentait mieux et rassurée. « Comment vas-tu aujourd’hui ? » Ajouta-t-elle en regardant Lily gigoter dans tous les sens, s’amusant des reactions joyeuses du chien.


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Taylor Sullivan Argent
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]   Lun 26 Déc - 12:24


“Turn your wounds into kingdom.”  


La vie n’avait pas été tendre dernièrement. La mort d’un époux. Celui qu’elle avait aimé comme jamais et qu’elle continuerait à aimer comme jamais. On lui avait ravi son amour le plus fort et le plus pur, et avec ça on l’avait privée de la joie d’être mère. Les yeux rivés sur la marre non loin d’elle, Taylor contemplait, impuissante, la joie d’un enfant offrant des morceaux de pain aux canards. Une image toute simple. Si simple. Si pure, si vraie et ancrée dans la réalité. Mais ce n’était pas SA réalité. Étrangement le souvenir remontait. Voilà bien longtemps qu’elle n’avait pas revécu ce souvenir. Un réveil douloureux, par le corps et l’esprit. Un malaise physique. Cette sensation glacée et collante entre ses jambes. La vision d’horreur en découvrant ses draps tintés. Tintés de rouge. Tintés de sang. La brutale compréhension.
Elle avait hurlé. Hurlé à s’en casser la voix. Hurlé de rage et de terreur, de douleur. Il lui avait fallut expulser toute son horreur avant de parvenir à se calmer puis se lever pour enfin se rendre à l’hôpital et obtenir la confirmation de ce qu’elle redoutait. Elle avait ensuite intimé l’ordre aux médecins de se taire, bien décidé, elle, a emporté ce secret dans la tombe. Puis elle avait prit sa douleur, en avait fait son royaume.

Rageusement Taylor battit des cils. Elle était reine en ce lieu. Elle ne laisserait pas sa douleur lui dicter ses actes. -Sois en la Reine- Elle affronterait, espérait-elle, ce second Noël sans lui avec force et courage. Ce second Noël. Sans lui…
Un aboiement la fit sursauter et la sortit ainsi de sa rêverie macabre. Devant elle, un berger malinois lui faisait signe de la patte. « Le bâton, oui je sais le bâton. » Elle ramassa le morceau de bois déjà mâchouillé mille fois puis le lança le plus loin possible. Aussitôt Buck s’élança, rattrapa sa proie et la ramenant en galopant comme un gros benêt. Elle sourit. -Il lui en faut peu pour être heureux toi à celui-là.-
Taylor était fascinée par la capacité du chien à se remettre de la mort de Seth. L’animal était là-bas. Là-bas, quand ça c’était passé. En rentrant au pays il s’était montré anxieux, perturbé, devenant fou en entendant des bruits de pétard, se renfermant sur lui-même comme elle avait pu le faire. Puis un matin il était venu la réveiller en lui apportant sa laisse. Il voulait sortir. Tout bêtement il voulait sortir. Assouvir un besoin. Sortir. Alors elle l’avait sorti. Et dans leur désespoir mutuel une certaine routine avait fini par s’installer. Parc, maison. Maison, parc. Puis s’était ajouté un jour montagne, puis camping. Aujourd’hui, dans ses crises de solitude Taylor trouvait réconfort auprès de son chien. Elle n’était donc jamais vraiment seule, et pouvait partager en silence le souvenir de Seth. « Oooh mais flûte Buck ! T’es pas obligé de baver comme ça ! Beurk t’es dégueulasse. C’est caca !! T’es tout caca ! »

Alors venu de nulle part et porté par le vent le cri d’un enfant retentit. Tournant la tête Taylor pu apercevoir une petite fille courant le plus vite possible dans sa direction. Enfin… la direction du chien. Ce dernier avait brutalement délaissé son bâton et s’apprêtait à… « Non ! Assis. Non Buck. Pas bouger. Tu attends. » Attente insoutenable pour l’animal, mais son patron l’avait bien éduqué. « Tu attends… Tu attends… » La gamine arrivait toujours plus déterminée, toujours plus proche. « Et… vas-y ! » Buck s’élança. Bientôt la brunette fut rejointe par la nounou de la petite fille. Cette dernière échangeait moules bisous, caresses et rire avec le canidés. Souriant, Taylor regarda Mia s’installer tranquillement. Alors arriva LA question. Celle qui faisait mal peu importe le temps qui passait. Comment ça allait. -Alors ? Tu vas répondre quoi ? Comment ça va aujourd’hui ?- Taylor prit soigneusement le temps de répondre, réfléchissant sincèrement à la question. Instinctivement son pouce s’était remis à titiller son alliance. Une inspiration. Profonde. -Tu as la réponse ?-
« Ça va. » Une grimace pleine de fatalité. « Ça va. Y a eu pire. C’est jamais facile avec les fêtes… » Tout ce bonheur, ces festivités, cette soi-disante magie… Tout cela lui donnait envie de se terrer sous sa couette et pleurer jusqu’à l’assèchement total, ou alors envie de vomir et de fracasser la tête du premier qui lui sourirait en lui parlant d’amour. « Et toi ? La forme ? Alors Lily !! On dit pas bonjour ? Tu en as que pour le poilu hein !! » La petite abandonna aussitôt Buck pour venir déposer un frais bisous sur la joue de Taylor. Cette dernière laissa s’échapper un rire en voyant Buck repartir à l’assaut du bâton.

Baton + enfant = lance, jeu, lance, jeu, lance, jeu…

Et comme Lily ne réagissait pas assez vite, il se mit à aboyer. Taylor éclata de rire. C’était ces brefs instants qui lui faisaient du bien. En fait concrètement elle ne savait pas vraiment ce qu’elle voulait, ou ce dont elle avait besoin. Ce dont elle avait vraiment besoin lui avait été prit et ne reviendrait jamais. Intérieurement la jeune femme espérait que son amie ne s’étendrait pas sur le sujet. Elle ne supportait pas attirer la sympathie ou la pitié des gens. Oh la pauvre petite veuve qui a perdu son petit mari. Ça y est de nouveau envie de vomir… - Calme toi ma grande. Respire. - « Et ben ! Elle est en forme la miss aujourd’hui ! »

“Embrace it and rule. Be the badass queen.”  
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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]   Lun 2 Jan - 22:23

Elle avait créé son nouveau monde autour de Derek et sa fille. Quelle formidable manière de démarrer une nouvelle vie en étant, à chaque seconde, la créatrice de rêves, l’oreille attentive d’une petite fille adorable comme Lily ? Leur attachement avait été instantané. Ça avait fonctionné tel un coup de foudre. Indéniable. Puissant. Un lien s’était créé entre Mia et Lily : la petite l’avait choisie et plusieurs fois, son père le lui en avait fait part. Lors de l’entretien d’embauche, Lily avait été tellement différente, tellement désireuse d’avoir Mia et personne d’autre. Il ne savait rien d’elle et pourtant, il avait cru en cette jeune femme réservée, venue de très loin pour accepter le gîte et le couvert, un salaire dérisoire pour un travail qui demandait du temps, de l’investissement, de ne pas avoir d’autre foyer que celui que les Bullock lui offraient. Mia aurait pu trouver l’offre contraignante. Mais il n’en fut rien : ce job c’était une aubaine. Un moyen de repartir à zéro. De ce croire, encore et encore, que la vie avait encore bien des choses à lui offrir. Car en dehors du fait qu’elle existait, désormais, aux yeux d’une petite fille, le père et la fille lui avaient offert un bien plus précieux, un trésor situé près de la zone du cœur : une famille. Et en cela, elle se sentait tellement différente. Elle évoluait dans un monde que Lily inventait par son imagination d’enfant. Protégée ainsi, Mia se plaisait à plonger dans les tréfonds de son univers, à en oublier Raphaël la journée, à en faire des cauchemars la nuit. L’amnésie concernant Judith Grimes n’était que partielle. Son ancienne vie lui revenait bien trop souvent en tête sans qu’elle ne parvienne à en réellement s’en détacher. Ainsi, elle se contentait d’ignorer le vide lancinant, la douleur sourde dans sa poitrine et l’idée, si infime fut-elle, que son mari pouvait tout autant lui manquer.

Heureusement, il y avait toujours quelque chose ou quelqu’un pour la tirer hors de ces pensées néfastes. La jeune femme faisait en sorte d’être pleinement présente pour la petite, se comportant comme une véritable mère. Elle aimait tellement Lily. La gamine la menait par le bout du nez sans méchanceté aucune : Lily n’avait pas été éduquée dans l’envie et l’irrespect. Derek ne le tolèrerait pas. Mais il savait le penchant de Mia pour dire oui plus que de raison, pour faire en sorte d’être la meilleure partenaire de jeux pour l’enfant. Même si pour l’instant, elle avait été lâchement abandonnée pour un chien. Mais pas n’importe lequel. Et pendant que Lily jouait avec Buck, Mia, elle, discutait avec sa propriétaire : Taylor qu’elle connaissait peu. Taylor qu’elle appréciait malgré tout faisant partie de ces rares humains auquel elle pouvait témoigner un certain attachement. Taylor lui répondant un « ça va » bien trop vague pour clairement répondre à sa question. Mais elle la comprenait : à sa manière, Mia se plaisait à répondre tout autant dans le vague. Donner des précisions sur sa vie ne faisait pas partie de ses coutumes. Il faut dire qu’elle était encore traumatisée de tout ce qu’elle avait subi. Il lui arrivait de, soudain, se tétaniser par la peur, de croire qu’elle avait croisé son mari ou entendu sa voix. Bien sûr, son amie lui retourna la question mais elle lui laissa le temps d’un répit en s’adressant à la petite, s’amusant comme une chiffonnière avec le chien. Lily vint vers Taylor et déposa un baiser sur la joue de la brune. Ses joues étaient déjà rougies par l’effort. « Lily, donne-moi ton gilet. Tu vas avoir chaud sinon. » Lui dit Mia, se mettant à sourire en voyant la petite enlever son vêtement avec une excitation mal contenue avant de se ruer vers le chien, qu’elle attira avec un bâton. La voir faire déclencha un léger rire. « Je crois qu’elle vient de se faire un meilleur ami pour la vie ! » Elle tourna son visage, pour observer celui de Taylor. « Et sinon, ça va aussi. La vie continue, on dira… » Elle comprenait combien la période de Noël devait être dur pour la jeune femme. Elles n’étaient jamais rentrées dans des détails mais Mia savait juste qu’elle était veuve depuis pratiquement deux ans. Ça devait être terrible comme épreuve. Perdre l’amour de sa vie. Elle ne pouvait en dire autant : elle l’avait fui. « J’ai toujours trouvé les fêtes de Noël déprimantes en soi. Tu te dis qu’il y a malgré tout la misère dans le monde pendant que d’autres s’offrent des cadeaux à outrance. » Son regard se porta sur Lily, en plein amusement avec Buck. Il ne cessait d’aboyer ce qui faisait rire aux éclats la petite. « Mais toi, je pense que tu vas fêter Noël avec tes sœurs hein ? Rassure-moi… Tu ne vas pas le faire toute seule ? »

Elle s’inquiétait. Elle s’était prise d’affection pour Taylor. Peut-être qu’elles se ressemblaient. Il y avait chez elle une aura de douleur qu’elle pouvait comprendre, reconnaître. La perte d’un amour. A des degrés différents, elles avaient ressenti cette sensation de vide, le manque de l’être aimé. Mais Mia s’en remettait petit à petit. Elle se cachait moins derrière sa carapace. Elle était prête à s’ouvrir aux autres, comme elle le faisait avec le seul homme en qui elle faisait confiance. Bien sûr, il y avait Emilio aussi mais il avait toujours été depuis le début de son histoire, connaissant véritablement son histoire.  Alors, Mia reprenait gout à la vie. De toute façon, elle n’avait pas le choix. Et si elle ne le faisait pas pour elle, c’était surtout pour Lily. Elle aimait cette gamine comme si c’était la sienne. Et ça suffisait pour s’accrocher, pour croire encore. Le combat n’était pas perdu. Il ne faisait que commencer. Pour le père et sa fille, elle était prête à tout. Elle regarda Lily conservant un silence. Observatrice, elle n’avait d’yeux que pour l’enfant. Elle attirait son sourire sur ses lèvres tel un aimant. Elle apportait la joie. « Je l’aime tellement… » Dit-elle plus pour elle-même que pour Taylor. Elle parlait à voix haute, mais avec le cœur. Elle eut un petit rire gêné. « Mais elle rend chèvre son père quand elle s’y met. » La petite était pourtant un amour, mais son caractère s’affirmait parfois un peu, comme tout enfant de son âge. « La dernière fois, Derek nous a emmené faire du surf. Autant te dire que c’était la première fois pour moi. » Elle sourit légèrement, se rappelant la joie de cette journée sur Venice Beach où ils n’avaient cessé de rire tous les trois, comme une famille, comme trois êtres meurtris et réparant leurs cicatrices ensemble. « Tu en as déjà fait ? ça te dirait de venir avec nous la prochaine fois ? Tu verras c’est très drôle. Et puis, je crois que si je dis à Lily que tu viens avec nous, elle n’en dormira pas de la nuit… Et puis, tu rencontrerais Derek aussi. » Il y avait de ces relations prenant de l’ampleur. D’une simple rencontre dans un parc, le lien gagnait en une intensité nouvelle au fur et à mesure que les plaies se pansaient petit à petit. Elles ne disparaîtraient jamais, certes, mais elles cicatriseraient.

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Taylor Sullivan Argent
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]   Dim 15 Jan - 17:08

« WHEN THE SUN HAS SET, NO CANDLE CAN REPLACE IT »


Aussi loin que l’on pourrait se projeter dans le futur, il y aurait toujours cette douleur. Cette terrible douleur. Celle du mensonge et de la trahison. Celle de l’abandon. Il y aurait pour toujours cette éternelle souffrance qui affaiblirait son coeur et son jugement encore et encore. Le souvenir d’un sourire, d’une joie, d’un instant partagé, à jamais effacé et balayé par l’abandon et la peine. Le coeur peut-il se remettre de telles souffrances ? Peut-il croire encore aux matins radieux et paisibles ? Ou bien est-ce que cette illusion appartient-elle aux méandres du passé ?
Depuis des mois elle n’avait aucun plaisir ne ressentait aucune joie. Son cerveau trop obnubilé sur la perte de l’être aimé. Et quand bien même elle parvenait à se changer les idées, son coeur, son pauvre petit coeur lâchement et brutalement abandonné hurlait et criait tout son désespoir. Elle l’entendait en permanence. Il ne cessait jamais. Finirait-il par s’habituer à sa douleur ? À l’absence ?
Elle avait prié, hurlé, et prié encore ! Pour que le Destin cesse de s’acharner sur elle. Pour qu’il lui accore le répit et la victoire sur les affres de la vie. En vain. Il n’y avait aucun Dieu sur cette terre. Aucune victoire. Seulement des larmes et un coeur solitaire, abandonné, qui se mourrait… Et à l’heure de ces lignes, elle était certaine que jamais son coeur ne se remettrait. Le Destin et la Mort s’était fait allié et avait scellé son avenir, anéanti son bonheur.

L’esprit ne peut décemment croire que les choses finiront par s’arranger. Que le coeur finira par aller mieux. Surtout pas quand il est convaincu d’avoir perdu son grand amour. Mais qu’avait-elle pu bien faire à l’Univers pour mériter pareilles douleurs ? Quel genre de pacte fallait-il passer ? Non pas pour qu’il lui revienne. Parce qu’elle savait que jamais il ne lui reviendrait. La Mort n’a pas ce pouvoir. Mais quel genre de pacte fallait-il passer ? Simplement pour que la douleur s’apaise et que les pleurs s’assèchent ?
Elle était fatiguée, si fatiguée, de penser à lui tout le temps. Du matin jusqu’au soir. Fatiguée d’écouter son coeur se lamenter. Fatiguée de pleurer pour un amour perdu à jamais. Quand est-ce que cela cesserait ? Cela cesserait-il jamais ? Comment est-ce que l’esprit pouvait encore se raccrocher à tant de peine ? Connaissant l’issue, l’absence de résultat, de solution, de conclusion. Jamais demeurait jamais. Alors comment est-ce que ce stupide esprit osait continuer à écouter ce stupide coeur ?!  Ne pouvait-il donc pas se faire une raison ? Passer à autre chose ? Taisez-vous. Taisez-vous. Taisez-vous.
Oh oui elle sourit. Oh oui elle continuait de vivre. Mais quelque part en route une partie d’elle-même était morte. On ne se remettait jamais de perdre le grand amour. Le soleil pouvait réchauffer son visage, les rires d’une enfant alléger momentanément son coeur. La nuit rattrapait que trop bien ces instants de paix, et lui rappelait dans sa froideur et sa noirceur l’état de son coeur et le vide qui l’habitait.
Bizarre comme expression n’est-ce pas ?

Comment peut-on être habité par du vide ? Comment est-ce que l’absence d’un être peut-elle autant emplir une vie ? Elle ne comprenait pas. Et elle était fatiguée de vouloir comprendre. Elle n’avait même plus la force d’en vouloir au Ciel ou au Destin. Au fond d’elle même, un petit coeur désolé ne souhaitait qu’une seule chose : qu’on lui rende son grand amour…  Mais cela demeurerait impossible et irréel. Chut petit coeur. Chut. Quel genre d’enfer était-ce là ? Que de croire au bonheur ? Laisser cette croyance s’installer et l’esprit s’alléger pour au final regarder impuissant le destin tout enlever ? Quel genre de diablerie était-ce là ? L’Homme est-il destiné à souffrir toute sa vie ? De l’instant où l’air lui déplit les poumons, jeté aveuglément dans le monde de l’existence, à la perte de son amour, d’un proche, ou quand la mort vient nous prendre. Au final ce n’est qu’à ce dernier instant que le coeur et l’esprit sont en paix. À l’instant du trépas. On commence notre vie avec des pleurs. On la continue avec des pleurs. Une copine méchante en maternelle, un jouet cassé, une mauvaise note après avoir tant révisé, le non du garçon qu’on aime, l’échec d’un examen, la première rupture, les éternelles disputent, la perte d’un parent, d’un enfant, d’un travail… La vie est faite de larmes. Et le moindre petit instant de bonheur est ravi par les larmes…

Mais l’on est humain n’est-ce pas ? Et cela signifie que l’on est plein de ressources. Celle, la première, d’enfiler le masque de la Sérénité. Celle de savoir se munir d’alliés qui embrument l’esprit comme le verre de vin ou de whisky quand les cris du petit coeur sont trop forts. La ressource mécanique du quotidien qui nous oblige à sortir le chien et au moins faire semblant de sentir la chaleur des rayons du soleil, sans se soucier de la froideur qui suivra… Et puis un jour, un papillon, ou quelqu’un, attire le regard ou l’oreille, et l’espace d’une seconde, on n’entend plus les cris du petit coeur.

En bonne fille qu’elle était Taylor avait écouté poliment Mia lui parler. Son masque de sérénité était de plus en plus épais et elle le portait avec de plus en plus d’habileté. Parce qu’avec le temps les gens estiment qu’on n’a plus le droit de porter le deuil. Qu’il faut "s’en remettre maintenant", "avancer", parce que la "vie continue". N'est ce pas ?
Ces gens là n’inspiraient que du dégout à Taylor. Mais par chance, ou bien parce qu’à force de l’entendre pleurer le Destin avait bien voulu faire un petit geste hypocrite de bonne foi, Mia n’était pas de ceux-là. Au contraire, elle se montrait compatissante oui, mais pas à l’excès. Et Taylor avait beau chercher la pitié derrière ses mots elle n’en voyait pas. Malheureusement, elle comprenait que les seules personnes aptes à une telle compréhension de la douleur était celles, qui comme elle, vivait avec au quotidien…

Elle esquissa un léger sourire à l’annonce de ses soeurs et se permit même un rire moqueur. « Oh là ! Non ! Tu connais pas ma famille. Tu es maudis à bruler en enfer si tu ne fête pas Noël convenablement. C’est plus important que les élections, tradition familiale quand on est un total de cinq enfants. »
Et oui. C’était ça un Noël chez les Argent. Et même si Taylor souffrait terriblement de l’absence de Seth, elle emballait sa douleur dans du joli papier cadeau aux couleurs de Noël. Parce que les fêtes de fin d’années dans sa famille c’était un moment magique. Ou chacun se parlait, s’embrassait, se comprenait et aidait l’autre à dire merde à sa douleur. Tu as compris petit coeur ? Il est temps de se taire maintenant.
« Elle doit être excitée comme une malade. Papa Noël a prévu des choses intéressantes ? » Demanda-t-elle avec un clin d’oeil de connivence. Elle ne connaissait pas bien Mia, si ce n’est qu’elle vivait avec la petite dont elle avait la charge et le père de cette dernière. « Tu vas passer les fêtes avec eux ou… tu as de la famille peut-être ? » Son instinct connaissait déjà la réponse, et la phrase qui s’ensuivit le lui confirma. Mia s’était réellement prise d’affection pour la gamine. Machinalement le pouce de Taylor alla faire tourner son alliance. Dès qu’il s’agissait d’amour, les cris retentissaient à nouveau. Elle inspira profondément et remercia secrètement Buck de venir poser sur ses genoux un bâton plein de bave. « Quelle fille ne rend pas son père chèvre à un moment ou à un autre ? » Elle ramassa le bâton et le lança le plus loin possible. « Bien sur ! Ah oui ? » Mia lui parlait de surf. « N’importe quel californien sait surfer. » Elle taquinait bien sur . « C’est normal que tu galères au début. Je suis pas hyper hyper douée mais ça nous arrivait d’y aller avec Seth. Enfin surtout avec mon frère en fait. C’est, je cite : une question d’équilibre… » Oui, tout est une question d’équilibre parait-il… Lorsque Mia mentionna la probable réaction de Lily, Taylor ne manqua pas de rire. Pour sur ! Elle imaginait bien la pile électrique faire nuit blanche. « Alors on ne le lui dira pas de suite. Ça me plairait beaucoup. C’est gentil. Et puis… Je verrais enfin le fameux Derek. » Le sourire qu’elle adressa à Mia était des plus entendus. Mia ne s’en rendait peut-être pas compte, ou ne le réalisait pas, mais Taylor avait compris tout le bien que l’homme lui faisait. Et c’était tant mieux. Car n’importe quel coeur brisé a besoin d’un peu de baume, de calme et de douceur. Avant que la tempête ne revienne.
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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]   Dim 22 Jan - 17:35

Elle ne put s’empêcher de sourire quand Taylor évoqua les fêtes de fin d’année dans sa famille nombreuse. « Ça doit être bien bruyant et animé. » Dit-elle, amusée et s’imaginant une réunion avec bien du monde. Noël avait une saveur différente cette année. Pour la première fois, depuis des années, elle ne serait pas avec Raphaël comme il faisait toujours. L’année dernière, son Noël, elle l’avait passée toute seule, chez eux. Il venait d’entrer en tôle alors que d’ordinaire, ils en profitaient toujours pour vadrouiller à droite à gauche, tous deux confortablement installés sur la moto. Et ils roulaient toujours sans savoir où aller, sans connaître la destination finale. Ils s’arrêtaient quand l’un d’eux le réclamait, bien que Raph’ décidait pour eux les trois-quarts du temps. Et l’année dernière, tout avait pris une singulière tournure. Elle s’était retrouvée seule au monde, perdue dans leur appartement, le cœur en miettes, l’âme en friche. Elle avait ressenti tant de colère. Elle n’avait cessé de tourner en rond jusqu’à finalement, se coucher sans avoir mangé. Il était à peine vingt heures et pendant que bon nombre de familles se retrouvait, Mia était seule, seule dans sa souffrance, seule dans son mal-être, seule parce que malgré la colère, son mari lui manquait terriblement. Aussi, cette année, Noël était, à bien des égards, différents. Avec Lily et Derek, ils avaient joliment décoré la maison. Autant de l’intérieur que de l’extérieur. Le résultat était bluffant et Lily n’avait cessé d’être très enthousiaste à l’approche du jour couchant et ce, dans le seul but de pouvoir actionner le bouton « on » pour éclairer leur maisonnée. L’ambiance était à la fête et il devait fêter le réveillon tous les trois. Elle n’avait jamais si c’était parce qu’elle était là ou non, mais Derek ne semblait pas avoir de famille avec qui passer une jolie fête de Noël. Il avait des cousins dont elle avait vaguement entendu parler, mais sans plus, de façon si peu marquante qu’elle n’avait même pas retenu les prénoms. « Je le fête avec Derek et Lily. Je n’ai pas de famille. Du moins, j’en avais une mais c’était il y a longtemps… Je ne sais même pas s’ils sont encore en vie. » L’amertume résonna dans sa voix et elle remercia, au fond d’elle, Taylor de la question au sujet des cadeaux qu’ils offriraient à la petite. Une échappatoire dans laquelle, elle s’engouffra avec une rapidité effrayante. « Elle devrait avoir cette espèce de planche à deux roues. Tu sais, tu te penches un peu et ça avance tout seul. Je ne sais même pas le nom de ce machin… Derek m’a parlé de ça. Et j’ai accepté de participer avec lui. Apparemment, c’est le nouveau jeu à la mode chez les enfants. » Elle ne pouvait s’empêcher de sourire, se doutant de la joie que ce cadeau procurerait à la petite. Elle avait hâte. Ils avaient déjà établi le menu de leur repas et bien sûr, tout le monde mettrait la main à la pâte. D’une certaine manière, elle avait hâte.

La conversation s’orienta vers le surf. « C’est quoi ce racisme contre les non-californiens ? » Dit-elle en se mettant à rire franchement. « Je suis originaire de la Louisiane, alors autant dire que le surf, c’est un peu… inexistant. » Et pourtant, elle en avait fait il y a peu et elle avait adoré la journée, certes crevante. Elle n’avait cessé de rire en compagnie de Derek et de Lily. Pourtant, c’était la première fois qu’elle avait essayé, elle s’était plus cassée la figure qu’autre chose, arrachant les rires de Lily. « C’est super dur de trouver son équilibre, je trouve. J’ai fini par me convaincre que j’avais vraiment une oreille interne merdique. » répondit-elle dissimulant un rire franc avec ses doigts. La journée avait été tellement riche en émotions. En un mot, elle avait été inoubliable à bien des manières. Notamment, le soir-même, où elle avait échangé un fougueux baiser avec Derek. Ils s’étaient lancés, tous les trois, dans une partie de cache-cache et le père de Lily avait fini par la retrouver. Cependant, rien ne s’était passée comme prévu. Dans un sens, elle estimait que ce geste était une erreur. Il ne pouvait rien y avoir de plus que ce qu’ils bâtissaient ensemble, construisant un foyer bien étrange pour Lily. Mia l’aimait comme si c’était sa fille, elle la mettait sur un piédestal s’inquiétant de ses états d’âmes, de ce qu’elle pouvait penser constamment. Elle l’aimait tellement. C’était une évidence ; il ne suffisait que d’observer la fugitive, cet air attendri qu’elle avait sur son visage en observant la poupée au visage de porcelaine. En tout cas, elle était heureuse que Taylor puisse accepter sa proposition. Néanmoins, la fin de sa phrase apporta un peu de couleur aux joues de la jeune femme. Elle se sentit gênée. « Oui… « le fameux » Derek. Tu verras, il est vraiment gentil. A vrai dire.. Lily est à son image d’une certaine manière. » Ajouta-t-elle sentant ses joues la brûler intensément. Ce n’était pas une réaction normale, elle savait. Et au fond d’elle, la jeune femme se disait que Taylor n’était pas dupe, qu’elle se rendrait forcément compte de son trouble. Elle aimait bien la jeune femme, simple et humble. Sa présence restait rassurante et elle ne pouvait s’empêcher d’apprécier le projet de passer une journée avec elle, à surfer, à se rétamer et à sourire, à concrétiser ce qu’elle façonnait. Une amitié… C’était un tel mot, inconnu à son répertoire. Mia n’avait pas d’amis. Non pas qu’elle en voulait mais avec Raph’, elle avait fini par perdre ses repères, par perdre sa famille et ses amis. Elle avait tout donné pour cet homme et finalement, elle s’était complètement perdue. Aussi, elle appréciait l’idée de se dire que Taylor n’était pas seulement « la fille avec le gros chien » elle était plus que ça. Elle était une amie, une nouveauté de plus dans la vie de Mia Hemingway, à l’inverse de celle qu’elle avait été autrefois. Judith Grimes n’était plus qu’un souvenir. « Il m’a embrassée… Derek… » Déclara-t-elle d’un ton abrupt, inspirant bruyamment. Comme c’était difficile à dire. Et en même temps, c’était une délivrance. Le dire à quelqu’un. C’était si intime et délicat. Elle ne savait pas si c’était une bonne idée de le révéler, mais dans le fond, elle en éprouvait le besoin. « Je n’arrive même pas à me décider si c’était une bonne ou une mauvaise chose. Je sais juste, qu’à l’instant présent, quand ça s’est produit… Je n’ai pas pu le repouser... Je ne le voulais pas non plus.  » Finit-elle par dire en fronçant les sourcils. Après tout, elle était mariée. Elle était liée à Raphaël bien qu’elle le fuyait. Et puis, il y avait Lily, son job. Tout lui semblait si nouveau.

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Taylor Sullivan Argent
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]   Sam 4 Fév - 17:18

« DON'T BE AFRAID TO SPREAD YOUR WINGS.
SOMETIMES THE ONLY PERSON STOPPING YOU IS YOURSELF »


La vie nous réserve parfois de drôle de surprises. On s’obstine à croire qu’elle s’acharne sur nous. Que le but de la vie c’est de souffrir tout son saoul, encaissé au maximum et passer son temps à la subir, elle, ou ses aléas. On se dit que c’est chaque fois que tout va bien, ou que le soleil approche à l’horizon que soudain un nuage en profite pour nous boucher la vue. Comme s’il était là depuis toujours, à attendre patiemment qu’on baisse la garde. Alors dès que le moment est venu il surgit avec joie, assombrit de nouveau notre quotidien, déverse son malheur et nous balaye de ses flots. Ces nuages, ils sont légions. Et ça… il parait que c’est la vie. Taylor était comme tout le monde, persuadée que la Vie s’acharnait sur elle, que le Destin lui en voulait personnellement.
Mais il y avait aussi une autre façon de penser. Et quand les affres de la douleurs et du désespoir s’atténuent, on arrive parfois à la voir, cette autre façon de penser. Oui la Vie est une pétasse. Et oui son but est de nous faire chier. Mais hey ! Si on se fait balayer par les flots, chahuter par l’orage, on a qu’à apprendre à nager. On a qu’à faire comme Noé et construire un putain de bateau. Les premières tentatives échoueront indéniablement, mais avec un peu de bonne volonté et une grosse dose de courage on arrivera à fabriquer un canot plus solide que ce crétin de Titanic. Et si on est assez futé et optimiste, on évitera même les icebergs…

Par bonheur, quand on se retrouve dans ce fameux Titanic, en train de couler sous notre tristesse, la Vie nous envoie parfois de petits canots de sauvetage… Mia était un petit canot de sauvetage. Si au départ Taylor s’était sentie vide et déprimée à l’approche des fêtes de Noël, sa conversation avec la jeune femme lui réchauffait doucement le coeur. Surtout quand elle se défendit d’être une pas douée du surf tout ça parce qu’elle était originaire de Louisiane. La brune éclata de rire. « Oui j’imagine ! Toi t’es plus balèze en chasse au crocodile. J’admets qu’à ce niveau là… je suis pas sure de savoir faire la différence avec l’alligator… »  Taylor avait toujours été une reine de la réplique et de la taquinerie. En même temps grandir dans une famille de cinq enfants les joutes verbales étaient un sport quotidien… Taylor continua de rire. Elle s’imaginait Mia sur une planche de surf et l’image était… assez amusante si on tenait compte des commentaires de la jeune femme. « Ça finira par venir t’inquiète. La clé c’est de… sentir la vague… » Elle reprenait une phrase que son frère ne cessait de répéter et qu’elle n’avait jamais vraiment compris. « Personnellement si je la sens je trouve pas que ça a une odeur si géniale que ça, et je vois pas exactement le rapport avec le fait de tenir debout et puis… je m’en fous plein les sinus alors bon… je préfère aller courir. »

Buck revenait à la charge avec son bâton et instinctivement, pour se débarrasser des miettes de bois qu’il lui mettait sur le jogging elle se leva, invitant ainsi son amie à une petite marche. Le regard de Mia se perdit un moment comme plongée dans un souvenir savoureux. Taylor eu un petit sourire triste. Elle connaissait ce genre de regard, elle les faisait elle-même quand elle se rappelait certains événements avec Seth. Le fameux Derek. Il était gentil le fameux Derek. Vue la tête de son amie elle n’en doutait pas. Lorsqu’elle affirma que Lily était à l’image de son père Taylor observa la petite fille qui attendait impatiemment que Buck lui court après. Elle aussi aurait aimé un bébé à l’image de Seth. Elle avait bien failli l’avoir avant que lui aussi, tout comme Seth, ne l’abandonne. Une bile amère se répandit dans sa bouche et Taylor serra les dents pour se reprendre. C’est avec un temps de retard qu’elle comprit ce que Mia venait de dire. Derek l’avait embrassée. Oh !!! SCOOP ALERT !!! Réagit ma brune ! « Hein ? What ? » Taylor s’arrêta et se tourna vers sa copine. Son visage s’éclaira progressivement en un large sourire. Très large sourire. Tout en se retenant de rire elle écouta Mia se plaindre. Peut-être pas forcément une bonne chose. Se faire embrasser par l’homme pour lequel on a des sentiments. A chaque mot Taylor approuvait de la tête.
« Oui. Je comprends. C’est vrai que c’est tellement tragique d’être embrassée par un homme aussi… incroyable que ce fameux Derek. Et puis c’est ton patron. Tu pourrais porter plainte pour harcèlement sexuel. Comme ça il va en prison. Mais avant fais lui quand même signer un papier d’abandon d’enfant. Comme ça tu récupères la gamine au passage. » Elle haussa les épaule et se détourna de son amie. « Quel enfoiré quand même… t’embrasser... Une fille comme toi. Et toi ? Tu t’es laissée faire… » De nouveau elle tourna la tête vers Mia en prenant un air des plus choqués. Finalement elle se mit à sourire et lâcha un long soupire. Elle saisit alors Mia par les bras et la regarda droit dans les yeux. « Mia ! Tu a des sentiments pour un homme et cet homme t’as embrassée. Qu’est-ce que tu veux de plus ? » Elle marqua une pause. « Mon mari est mort Mia. Parti, disparu. Et je le pleurs tous les jours. Tu sais ce que je donnerai pour un baiser de lui ? Alors pourquoi te compliquer les choses et te prendre la tête ? FOOOONCE !!!! » Elle offrit son plus beau sourire. « Mais avant… je veux tout savoir !! » Gossip girl en action…
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]   Lun 20 Fév - 22:36

La perspective d’un projet avec Taylor lui faisait du bien. Elle s’imaginait déjà. D’une certaine manière, Mia revivait. Elle avait l’impression de se revoir à l’époque où elle venait d’avoir dix-huit ans, le lycée était finie, elle avait déménagé dans un petit appartement, étudiant et travaillant en même temps afin de payer son loyer. Elle était libre, heureuse et enjouée. Elle passait son temps à sortir et à profiter. Faire la fête était son mode de vie. Combien de fois avait-elle été en cours avec la gueule de bois, arrivant à peine à écrire son prénom. Elle s’en sortait quand même. Mia n’était pas la meilleure élève, ni la pire. Elle n’était pas médiocre mais pas volontaire. En réalité, elle se fondait dans la masse de ces élèves que l’on oubliait facilement. Elle s’était lancée dans l’immobilier comme on choisissait une marque de farine, sans volonté propre, sans motivation. Il fallait choisir et Mia ignorait tout de son avenir. A l’époque, elle était si jeune, si innocente. Mais elle avait des amies, des copines en qui elle pouvait raconter ses peurs, ses rêves et rire à outrance. Raphaël, en débarquant dans sa vie, lui avait tout ôté. Il n’avait pas aimé ses amies et la réciproque avait été ressentie. Il avait fallu faire des choix que son homme lui avait imposé. Elle avait choisi l’amour, elle avait choisi de l’épouser, de se perdre, tel le serpent se mordant la queue, dans un cercle infernal. Et pourtant, elle en était sortie et elle redécouvrait la joie d’avoir une amie, d’avoir quelqu’un en qui parlait. Parce que c’était ce dont elle manquait le plus : une oreille attentive, une épaule où se poser. Bien sûr, Derek était là avec ses sourires apaisants, avec sa voix réconfortante, capable de se mettre en quatre pour la rendre heureuse. Et il y avait Lily. Mais en ce qui concernait les affres du cœur, la fugitive ne se voyait ni en parler au patron, ni en parler à la fille du patron. Surtout quand ledit problème concernait le patron en lui-même. Et ce baiser… Ce baiser enflammé qu’ils avaient échangé. Elle culpabilisait tellement vis à vis de son mari. C’était compréhensible et le besoin d’en parler fut trop fort.

Lorsque les mots se bousculèrent à la frontière de ses lèvres, Mia ne put s’empêcher d’être soulagée. Ça faisait du bien de dire les choses. Néanmoins, elle en restait gênée, les joues rouges plus que de raison. De toute façon, elle était toujours ainsi dès lorsqu’il fallait parler de Derek. Elle ne s’en rendait même pas compte. Mais lorsqu’elle évoquait le père, l’homme, l’ami à l’inverse de parler du patron, la jeune femme se sentait perdre pied. Son cœur battait étrangement plus fort. Pourtant, le fait d’être lié à un autre engagement altérait cette réalité qu’elle refusait d’admettre, cette réalité que Taylor lui remettait en pleine face. D’une certaine manière, c’était bien pour cela qu’elle appréciait la jeune femme. Elle était franche pour beaucoup de choses. Et elle l’était avec elle, tout ce dont Mia avait besoin en cet instant. Elle releva un regard vers elle lorsqu’elle prit la parole. Peu sotte, elle releva l’ironie de ses propos et n’empêcha pas un sourire de s’étirer sur ses lèvres. Elle garda néanmoins le silence la laissant continuer dans son monologue. Taylor avait raison. Ce n’était pas du tragique qu’elle racontait. Derek n’était pas un bourreau. Et elle gardait l’enfant la plus merveilleuse du monde. Et pourtant… Ses mains enfouies dans les poches de son gilet, le pouce gauche vint caresser son annuaire vide de la présence de son alliance. Depuis son arrivée, elle ne la portait mais ne pouvait s’empêcher d’en ressentir le poids comme si elle était toujours là. Immédiatement, tout se ramenait vers celui ayant brisé sa vie, celui dont Taylor ignorait l’existence, croyant dur comme fer que la jeune femme marchant avec elle s’appelait bien Mia Hemingway. La vérité était autre, dissimulée sous le poids de la souffrance et de la honte. Il fallait coute que coute s’attacher au futur et oublier son passé. Mia le devait, elle ne pouvait pas continuer ainsi. La vie lui semblait être sur un fil, un équilibre précaire et pourtant, les choses avançaient, les évènements se poursuivaient et l’attachement prenait racine dans son cœur. Elle aimait l’homme et la fille. Ils étaient vitals à son existence. Et visiblement, Taylor l’avait bien compris et lorsqu’elle posa ses mains sur ses bras, lui faisant face, Mia sut qu’elle ne pouvait nier l’évidence pendant encore longtemps. Ce n’était juste pas possible. Et son cœur se serra aux mots employés par son amie. Elle était ingrate d’une certaine façon, à faire part de ses états d’âmes pour un homme qui existait quand le sien n’était plus. « Tu as sans doute raison, Tay’.. » Dit-elle, lui souriant avec douceur. « C’est juste que.. » Elle se tut, ravalant une boule dans sa gorge. Son amie voulait savoir. S’attendait-elle à ce qu’elle évoque une histoire à l’eau de rose, une attirance mutuelle ? Oui c’était ça d’une certaine manière. Mais il y avait aussi Raphaël et ça justifiait tout autant qu’elle ait du mal à embrayer la deuxième avec Derek. « Je suis mariée. » Déclara t-elle d’un ton abrupt, détournant le regard pour observer Lily jouant au loin avec Buck. Le visage n’exprimait qu’une intense souffrance. « Et je le fuis…Enfin, je veux dire, je fuis mon mari. Derek n’est absolument pas au courant… Personne d’ailleurs… A part toi. » Elle tourna son visage afin de plonger son regard dans celui de son amie. « Tu es la première personne à qui j’ose dire ça. J’ai fui mon mari, Tay’… je l’ai fui, non pas par égoïsme, non pas par une envie soudaine idiote. Mais j’ai fui… J’ai fui pour rester en vie. » Les larmes jaillirent soudain entre ses paupières et elle fit un effort manifeste pour ne pas les laisser couler. « Mon mari me battait… Et la dernière fois, il a tellement frappé que j’ai cru que j’allais y rester… Et ça m’a motivée à le quitter, à m’enfuir et à venir ici… J’ai pris ce job chez Derek parce que je voulais un toit, un foyer où me cacher. Mais jamais, je n’aurais pu croire que que… J’aurais pu avoir des sentiments pour … pour lui, de m’attacher autant à Lily… Et … » Les larmes roulèrent sur ses joues, tandis qu’elle continua de bredouiller « Je me hais tellement, Tay’… Tu ne peux pas savoir combien je me hais… Je me déteste, je me trouve pathétique. J’ai l’impression que ce bonheur avec Derek… je ne le mérite pas. Parce que…. Quand bien même, j’ai des sentiments pour lui… » Elle se tut, passant sa manche sur ses yeux, brièvement « .. Je ne peux m’empêcher de ressentir un manque terrible en moi… Il me manque » Il lui manquait terriblement, son mari, son bourreau, l’homme ayant fait tellement de mal qu’elle avait cru en la possibilité de la mort et d’un renouveau bien plus doux. Mais elle s’était accrochée. Elle y croyait encore parce qu’elle avait encore de se battre et son cœur, meurtri, lui, avait encore la force d’aimer. Malgré tout.
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Taylor Sullivan Argent
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]   Ven 3 Mar - 22:52

« IN LOVE'S SERVICE,
ONLY WOUNDED SOLDIERS CAN SERVE. »



Si en rencontrant son amie lors de la balade quotidienne de Buck, Taylor s’était attendue à ça ! Elle aurait aisément revu sa mélancolie à la baisse. En effet, en ce jour, la jeune femme avait dans un premier temps passé une partie de l’après midi assise sur son banc à ruminer combien elle était seule et malheureuse à l’approche des fêtes de Noël. La disparition de Seth lui pesait chaque jour. Elle ne parvenait pas à faire face à sa perte. Impossible de faire face au quotidien quand chaque chose nous rappelle l’amour perdu. Elle le connaissait depuis si longtemps que l’idée même qu’il ne fasse plus partie de son existence lui paraissait absurde. Il avait été le meilleur des amis. Le meilleur des adversaires. Vous savez ce type insupportable qui se croit toujours plus malin que les autres et qui tape indéniablement sur les nerfs. Oui ça avait été Lui. Puis le plus doux des amants, le plus attentionné des copains, et le plus incroyable des maris. Seth et son sourire, son humour, sa joie, ses commentaires, ses idées farfelues et ses longues balades en moto. Seth et son désir d’agir, de faire le bien, d’être utile. Seth et son hélicoptère abattu en plein vol.

Voilà comment avait commencé l’après midi de Taylor. Alors lorsque Mia était apparue en compagnie de la mini Lily elle avait fait bonne figure. Elle s’était forcée à sourire et à faire bondir son coeur, à éprouver de la joie et l’espace d’un moment oublier son malheur et le malheur en général. Et puis, puisqu’en parlant d’amour… Mia avait largué la bombe ! Un baiser ! Un doux baiser entre elle et son patron, le fameux Derek.

Mais quelle bombe !

Car si l’impact avait été surprenant, la déflagration n’en était que plus brutale ! Et tu oses faire la leçon de moral ? T’es sérieuse ? En effet, en lâchant son « Je veux tout savoir ! » Taylor voulait simplement dire : « Je veux tout savoir sur ce baiser ! Comment ça s’est passé ? » Enfin truc de filles quoi… Vous voyez… Mais non !
Non, non, non. À la place de ça, à la place d’un discours merveilleux tinté de romantisme mielleux et savoureux : la chute.
« Je suis mariée. »

Comme la chute d’une mauvaise blague.
Taylor se figea. Seigneur si tu voyais ta tête ! Par chance son amie tourna la tête à ce moment là, comme fuyant son regard, -chose compréhensible- ce qui permit à la veuve de se refaire une contenance. Elle ouvrit grand la bouche de surprise, prête à exprimer son incompréhension puis se ravisa tandis que Mia continuait. Au fur et à mesure que les informations arrivaient le visage de Taylor se fermait. Sourcils froncés elle écoutait attentivement et prenait en considération toute l’ampleur de la situation. Mia fuyait son mari. Enfin Mia… si c’était son vrai nom, parce qu’en général quand on est en fuite… Elle avait fuit pour rester en vie. Un frisson d’horreur la parcourue. Cette ordure la battait et elle avait faillit y rester… Rien que l’idée mettait Taylor dans une colère folle. Féministe à souhait, fille de militaire voulant suivre la carrière paternelle, la jeune femme s’était toujours sentie à l’égal des hommes. L’idée que l’un d’entre eux puisse se permettre de lever la main sur une femme la mettait hors d’elle. Elle avait lu des articles sur les femmes battues et les hommes qui battaient. Soit-disant, ceux-ci n’avaient pas réellement conscience du mal qu’ils faisaient. Ils aimaient leur femme. D’un amour sincère. Et c’était pour certains, même une marque d’amour que de briser la mâchoire de sa dulcinée. Taylor imaginait très mal sa mère dans ce rôle là. Le colonel aurait eu à courir vite, très vite… Étrangement la jeune femme se sentait meurtrie, salie, pour son amie. Elle n’osait imaginer la peine et la douleur, mais surtout la détresse. Mia n’en avait jamais parlé à personne. Ceci lui alla droit au coeur et elle déglutit. À son tour elle détourna le regard pour regarder où se trouvait la gamine. En compagnie du chien. Soupirant elle remarqua alors les larmes de son amie. La colère refit surface. Se haïr ? Se détester ? Pathétique ? PARDON ?! Elle lui saisit alors brutalement les poignets et planta son regard dans le sien.

« Hey ! Non ! Je refuse de t’entendre dire ça ! »
Nouvelle douche froide. La victime se languissait du bourreau. Aussi soudainement qu’elle lui avait saisit les poignets, Taylor attira Mia à elle et la prit dans ses bras. Là, elle la serra fort. Simplement une façon de lui faire comprendre qu’elle était là pour elle. Mia pouvait lui faire confiance. Elle avait quelqu’un sur qui s’appuyer. Sans un mot, sans aucune critique, juste : là. Taylor la maintint fort contre elle, essayant de déverser en son amie toute la force qu’elle possédait. Parce que c’est ce qu’était Taylor, et ce qu’elle avait toujours été. Un pilier. Une force de la nature. Capable de se tenir droite et fière dans n’importe quelle tempête. Et même quand l’ouragan du deuil s’était pointé, quand la perte de son bébé était survenue, elle avait trouvé la force de se lever le matin. Peut-être pas pour elle, mais pour Buck. Elle avait trouvé une raison. Et aujourd’hui Mia aussi avait sa raison aussi. Il fallait juste qu’elle le comprenne.

Doucement elle lâcha son amie et la regarda tout en lui passant doucement une main sur la joue. Dans un regard de connivence elle l’emmena s’asseoir sur un banc. C’est ce moment précis que choisit Lily pour surgir, Buck sur ses talons. La pauvre bête tirait une langue de trois pieds de longs. En enfant charitable et pleine de joie elle s’exclama sur le câlin des deux filles. Taylor éclata de rire, puis sortit un billet de sa poche.

« Tiens Lily. Va nous chercher 3 barbe à papa. Ou non ! Deux barbe à papa et des marrons chaud pour moi. Et fais bien attention à ce que Buck ne pique rien ! Sinon après il est malade… »

Tendant le billet à la gamine, elle s’estimait fière de sa diversion. Vue la queue au marchand de friandises, la petite en aurait bien pour un quart d’heure. Une fois Lily repartie, sans le chien cette fois, lequel préféra se coucher un moment aux pieds de sa patronne, Taylor se tourna vers Mia. Elle soupira.

« Mia… Je ne te juge pas. Ce que tu as vécu est terrible et… je crois que personne… personne n’ayant vécu ça peut réellement comprendre. Et je suis désolée… Tellement désolée. » Mia avait fuit et rien qu’en cela Taylor était impressionnée. Combien de femmes mouraient-elles sous les coups de leur époux ? « Mais en aucun cas tu n’as à te blâmer. Je le refuse. Tu as le droit au bonheur. On a tous droit au bonheur. À un moment de paix et d’amour dans nos vies. Cet homme… Ton… mari… » Seigneur, appeler ce type mari allait à l’encontre même de sa conception du mariage et de l’amour. « … t’a privé de ça. Et le fuir est certainement la chose la plus incroyablement courageuse que j’ai jamais vu. Et tu as bien fait. Tu ne peux décemment pas languir de te prendre des baignes. Non ? »
Taylor était inquiète. Elle ne parvenait pas à discerner de quelles façons Mia pouvait être en manque de son mari. Était-ce une sorte de syndrome de Stockholm ? Une sorte de dépendance affective malsaine ? « Quel que soit ton passé… Ne te prive pas de la chance d’être heureuse. T’y as droit. Ne culpabilise pas de ça. »
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]   Mer 15 Mar - 13:22

Elle se haïssait tellement. La haine se mêlait à un sentiment d’amertume tenace. Alliée au dégout ressenti, l’émotion était si forte. Parfois, elle en était tétanisée. Et souvent, lorsqu’elle se trouvait seule dans la maison, lorsque Derek était au travail, et Lily à l’école, elle fouillait au fond de son sac, cherchant dans cette poche fermée, les vestiges d’un mariage foutu. L’alliance et cette unique photo. Elle avait tout laissé en Louisiane, dans cet appartement qui avait été le leur, dans ce lieu de vie qui aurait pu prendre l’apparence d’un tombeau. Elle avait failli en mourir. Et souvent, les parties de son corps meurtries, se réveillaient, déclenchant cette infime douleur alliée à la souffrance de son cœur. Elle était un objet fissuré, un miroir ébréché dans lequel, Mia ne s’y retrouvait plus. C’était si terrible et malgré cela, Raphaël lui manquait. C’est qu’elle avait appris à l’aimer pour ce qu’il était. Mia l’avait connu tel quel et de par sa nature innocente, jamais elle n’avait cherché à l’aimer pour autre chose. Oh non, elle n’était de pas de ces femmes qui aimaient un homme dans l’espoir qu’il devienne un objet modelé à leur guise. Mia n’avait pas été de cette trempe-là. Bien au contraire, elle avait subi mais elle avait, tout autant, aimé à la folie, aimé au point de rester éveillée pour le regarder dormir, lui et son absence de tendresse, lui et son manque de tact, lui et sa force rassurante. Elle s’était sentie en sécurité au creux de ses bras, elle s’était sentie spéciale jusqu’à temps que la peur ne soit apparue sous une autre forme. De la peur des autres, cette dernière avait mué en quelque chose de bien plus terrible. C’est de Raph’ dont elle avait fini par avoir peur. De cette paume qui s’était tant de fois posée sur sa peau laiteuse dans un frôlement sensuel et indécent, elle avait fini par la craindre. Elle connaissait la force avec laquelle le coup partait. Froid. Impitoyable. Douloureux. Comme elle avait voulu mourir dans ces instants-là... Ses insultes avaient fini par se faire une place dans son esprit, lui faisant croire que le coup porté était mérité. Elle n’était peut-être pas si bien pour lui. Elle n’était pas faite pour le rendre heureux. Et le doute, si odieux soit-il, s’était infiltré dans son esprit. Jusqu’à temps que le coup de grâce fut porté, que la Mort fut tellement près d’elle, que Mia comprit, ce jour-là, qu’il fallait fuir, qu’il fallait sortir de cette merde terrible.  

Et aujourd'hui, elle était vivante. Toutes les armes étaient au creux de ses mains pour pouvoir avancer. Mais le passé était là, il l’embourbait trop, la tenaillant d’une force dépassant l’entendement. Elle se sentait misérable et encore plus honteuse de l’avouer. C’était si difficile, personne n’était au courant. Pas même Derek. C’était impossible et pourtant, à côté de son amie, Mia se découvrait une franchise nouvelle. La réaction de la veuve ne se fit pas entendre. Les paroles résonnèrent, la faisant tourner le regard afin d'observer l'autre brune. Et soudain, dans un instant figé qui deviendrait sûrement un souvenir inoubliable, Taylor pris la fugitive dans ses bras. Tendres et protecteurs. Depuis quand n’avait-elle pas vécu un tel contact ? Depuis fort longtemps, certainement. Bien sûr, elle avait souvent Lily contre elle mais ce n’était pas pareil. Là, ce simple contact suffisait à lui apporter un peu de réconfort, la rassurant comme si dans un geste silencieux, son amie était en train de lui dire qu’elle n’était pas seule, que tout irait bien par la suite. Les pleurs redoublèrent, renforçant le manque de l’autre, la douleur d’une fuite. Elle avait tant serré les dents depuis son départ précipité. Et Taylor lui redonnait une confiance nouvelle, la possibilité de croire en l’humain. Peut-être comme Derek et Lily, il y avait des exceptions. Les deux jeunes femmes restèrent ainsi jusqu'à ce que motivée par Taylor, elles prirent place sur un banc jusqu'à être rapidement rejointe par l'enfant et le chien. Mia ne put s’empêcher de détourner le regard, pour camoufler les yeux rougis par les pleurs. Elle ne tenait pas à ce que la petite la voit dans cet état, elle qui était si innocente et si merveilleuse. Heureusement, Taylor s’en chargea et l’envoya prendre de quoi manger vers le petit vendeur au loin. Et puis, le silence survint quand Lily repartit accompagnée de Buck. La nourrice ne se faisait pas de souci, elle savait que le chien veillait et puis, malgré sa peine, malgré ses yeux brouillés par les larmes, elle veillait sur l’enfant. Derek comptait sur elle. Pourtant, les paroles de Taylor l’éloignèrent de sa mission. Durant ce laps de temps, Mia se sentit gênée de se trouver au milieu, d’avoir une oreille attentive et des mots réconfortants. Car c’était ce que son amie lui disait : elle n’avait pas à s’en vouloir. Pas après tout ce qu’elle avait vécu. Elle avait, tout autant, le droit d’être heureuse. D’une certaine manière, si ce n’était pas avec Raphaël, est-ce que ce serait avec Derek ? « Tu dois me prendre pour une folle… » Se contenta-t-elle de murmurer, essuyant sa joue de nouvelles larmes ayant tombées. « Et tu as tellement raison, mon dieu… Tes paroles sont tellement criantes de vérité. Je me dis que je suis tellement stupide pour m’embourber dans le passé quand l’avenir, si beau et si rassurant, me tend les bras. » Elle se tut, reprenant contenance et essayant de retrouver une respiration paisible. « Mais c’est une sensation si étrange, vois-tu… Je ressens en moi ce manque cruel… Parce que j’ai aimé Raphaël… Non, j’aime … mon… mon mari. Je l’aime pour ce qu’il était, avec ce côté brut. Et pourtant, je ne pensais pas qu’un jour, il s’en prendrait à moi. Je suis rentrée dans une spirale infernale… Parfois, il frappait si fort que je me disais qu’il valait mieux mourir. Et pourtant, je n’arrivais jamais à lui en vouloir… Parce que tu vois, je l’avais aimé pour ce qu’il était, sans chercher à ce qu’il change… Je crois juste que je ne le connaissais pas bien non plus. Enfin tout ça pour dire, qu’aujourd’hui, je fais de mon mieux pour me relever. Et ce n’est jamais évident… » Elle se mordilla la lèvre inférieure, prise par cette vague de douleur morale ne cessant de venir. Telle une vague incessante, elle s’échouait sur le rivage de sa culpabilité « Alors… Je me sens perdue avec Derek. J’ai fini par prétendre que c’était une erreur… Mais dans le fond, je m’en veux…. Je m’en veux de ne pas savoir ce que je veux… De me dire qu’il y a un homme gentil et généreux qui est là, tous les jours, pour moi… Et pourtant, je ne cesse de me dire que je ne mérite pas tout ça… Parce que j’ai abandonné Raph’… » Elle poussa un soupir, levant les yeux au ciel comme pour reprendre une certaine contenance. Elle culpabilisait d’envahir Taylor avec ses problèmes. Elle avait tant souffert pourtant. Avait-elle seulement le droit de lui imposer ses histoires de cœur quand le sien s’était certainement brisé avec la perte de l’amour de sa vie. ? Non… Non… Et elle s’en voulait. « Je suis désolée, finalement… Je te bassine avec mes problèmes et mes états d’âmes. Tu as traversé bien pire, pourtant. Et je t’admire tellement tu sais... » Elle tourna le regard pour observer la brune au regard si flamboyant. « ça passera avec le temps… Laisse le temps au temps, ma mère me disait toujours ça. Et je crois que finalement, c’est aussi la meilleure des solutions. Ça, et le fait d’avoir, aujourd’hui, une amie en qui on peut se confier… » Un pauvre sourire s’étira sur ses lèvres, tendre pour celle qui se trouvait à ses côtés. A avoir vécu une longue traversée du désert, Mia finissait par apprécier la saveur d’une amitié, la saveur d’avoir une famille en qui croire et espérer. Et en Derek, savourer, à nouveau, l’envie d’aimer. Ce fut alors le cœur plus léger que cet instant chargé de grâce et de certitude, que Mia finit par accueillir une Lily plus enthousiaste que jamais, les bras chargés et le sourire plus que rayonnant. C’était de ça dont elle avait terriblement besoin. De constance et d’amour. De sourire et de confiance. De douceur, éloignée de la violence d’un mariage ne tenant que sur des ruines flageolantes.
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Taylor Sullivan Argent
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MessageSujet: Re: « There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]   Mer 19 Avr - 17:02

« 'CAUSE DEEP DOWN LIFE ONLY TEACHES US
HOW TO GROW UP. »



Jurer amour et fidélité. Jurer devant Dieu de prendre soin l’un de l’autre, quoiqu’il arrive, et jusqu'à ce que la mort nous sépare. Il y avait des gens qui semblaient ne pas vraiment avoir assimiler l’idée ou le profond sens de cette promesse. Comment un homme pouvait un jour se révéler violent envers l’être qu’il aimait ? Au point que cette personne ait peur de lui. Au point qu’elle choisisse la fuite ou la mort ? Comment pouvait-on être aussi tordu et malsain pour faire ce genre de chose ? Mauvais…

Jusqu’à ce que la mort nous sépare…

Taylor avait fait ce genre de promesse, et la Mort lui avait permit de s’en absoudre. Mais pour Mia… Cette promesse… Son mari l’avait bafouée. L’avait meurtrie. Sans le connaitre elle le haïssait pour l’individu qu’il était. Oh elle ne mettait pas en cause l’amour que Mia avait pour son mari et certainement inversement, mais ce n’était pas sain. L’amour ne devait pas faire mal. L’amour devait transporter, éclairer, adoucir, apaiser. Pas le contraire. Se sentir aimée ce devait être se sentir en sécurité, en paix avec soit, avec l’être aimé, avec le monde.
Mais Mia semblait avoir été privée de tout ça. Alors pour sauver sa vie elle avait fuit. Et par chance la vie lui avait accordé une seconde chance et lui avait placé le bonheur à portée de main. Mais elle culpabilisait.
Taylor se sentait désemparée. Elle comprenait. Elle comprenait parfaitement. Déjà parce qu’elle était humaine, et du genre ouverte, compréhensive, empathie. Avoir quatre frères et soeurs ça éduquait un max en psychologie. Et puis elle était curieuse, elle avait lu des trucs, entendu des choses. Mais se retrouver devant le fait accompli. devant quelqu’un qui avait subit ce genre de détresse, c’était… déroutant. Alors elle n’avait pas vu et éprouvé d’autres options que de réconforter son amie. Être là pour elle. être juste là, quoiqu’il arrive. Une simple présence, même dans le silence, pouvait tout changer, tout. Et Taylor était bien placée pour savoir ça.
Tenant son amie contre elle, elle la laissait pleurer.
Les sanglots redoublèrent et Taylor laissa son amie s’épancher. Ça faisait du bien des fois. Expulser simplement toute cette douleur, cette frustration ou cette tension. C’était un moyen de se nettoyer l’âme et le coeur…

Lorsqu’elles tuent rejoint le banc et envoyé la petite à la chasse aux barbes à papa, Taylor avait prit la parole et dit tout haut ce qu’elle pensait. Quel que fut le passé de Mia, elle ne pouvait pas s’interdire le bonheur. Elle ne pouvait pas se permettre de repousser la main qui lui était tendue, la chance que la Vie lui offrait. Alors, acquiesçant, Mia lui dit quelle devait passer pour une folle. Choupette…
Puis elle se laissa aller à la confidence, et comme il se devait Taylor écouta attentivement. Purée c’était dingue quand même !!! Taylor venait de comprendre le terme de « dépendance affective ». Un peu comme ce qu’éprouve un chien lorsqu’on le bat, encore et encore et qu’il ne demande qu’à être aimé, et faire plaisir à son patron. C’était insensé et tellement… douloureux. Le coeur de la jeune femme se serrait. Mais apparemment ses mots avaient eu de l’effet. Son amie réalisait qu’il fallait qu’elle se concentre sur l’avenir. Taylor esquissa un petit sourire. Même si ces paroles étaient vraies, son coeur lui n’y était pas. Se concentrer sur l’avenir, si beau, si cajoleur. Pour Mia c’était si vrai, et il fallait réellement qu’elle s’y accroche de toutes ses forces. Mais malgré la sagesse de ces pensées, Taylor s’y refusait. Son avenir à elle, il allait se faire sans Lui. Son avenir à elle, s’annonçait donc sombre, solitaire et froid. Il n’y avait que dans l’étude de vieux parchemins qu’elle en oubliait sa peine. Se plonger dans le passé pour oublier l’avenir. Tout le contraire de quelqu’un de censé.

Soudain le sang de la jeune femme se glaça lorsqu’elle entendit Mia lui parler des coups qu’elle recevait. Elle comprenait le manque, elle pouvait le comprendre. Dépendance affective on te dit ! Mais qu’un individu frappe sa femme si fort qu’elle en souhaitait mourir… c’était terrifiant. Incroyablement terrifiant. Et pourtant… Fronçant les sourcils, la jeune femme se voulait apaisante, compatissante, mais il fallait aussi être rationnelle et encourageante. Taylor avait grand mal à réaliser quelle genre de femme était son amie. Jamais elle ne s’était doutée. Jamais elle n’aurait pu imaginer. Quel courage ! Mais quel courage !!

« Tu fais peut-être de ton mieux mais je trouve que tu t’en sors à merveille. Ce n’est pas évident de se sortir d’une situation pareille et seigneur… Mia… Si tu savais à quoi t’attendre en épousant cet homme t’y aurais peut-être réfléchi à deux fois non ? Bien des femmes se sauveraient avant si elles savaient à quoi s’attendre. Toi tu as eu le courage de fuir quand même et c’est… Bon sang c’est incroyable ! »

Taylor était sur les fesses. Elle se sentait si fière pour son amie. Son amie si courageuse, à la fois si fragile mais qui au final possédait une force extraordinaire. Quel courage fallait-il pour oser prendre la fuite ! Mais en même temps elle était aussi choquée d’apprendre tout ça. Oui, elle voyait son amie sous un nouveau jour. Bien plus forte et puissante qu’elle ne l’avait crue jusque là. Et l’idée même de ce qu’avait pu vivre son amie la laissait interdite…

Soudain, et doucement la colère fit place au reste. Interdite oui, offusquée oui !! D’un mouvement sec de la tête elle se redressa et posa une main ferme sur la main de son amie.

« Attend. Tu culpabilises de l’avoir abandonné ? » Elle marqua une pause. « Mia, je ne mets pas en doute l’amour que tu as pour cet homme et j’imagine à quel point ce peut-être compliqué sur le plan émotionnel. Mais tu n’as pas à culpabiliser d’avoir sauvé ta peau !!! Je regrette ! Tu  ne l’as pas tué, tu ne l’as pas volé, quoique ça encore lui prendre son fric aurait été une bonne idée… Tu t’es juste enfuie pour sauver TA VIE ! » Purée ce que ça lui paraissait dingue de dire ça ! « Tu n’as pas à t’en vouloir de ça. Sauver ta vie. Éviter de mourir sous les coups d’un homme qui prétend t’aimer mais qui surtout a apparemment de gros problèmes de contrôle de soi. C’est normal ET logique ! Tu as le droit de vouloir rester vivante et de vouloir t’épanouir et être heureuse. Il n’y a absolument aucun mal à ça. »
Taylor dans toute sa logique et son pragmatisme. Un et un font… ? Deux. fuck

Puis ce fut la douche froide. Sans s’en rendre compte Mia venait d’inverser la situation. Elle était admirative du courage de Taylor. Pour quoi au juste ? Être restée là à encaisser la situation et n’avoir pas d’autres choix que de la subir ? Comment peut-on contrer la mort ? Au moins un mari violent on peut un jour se réveiller et prendre la fuite. Mais face à ça.. Que pouvait-elle faire lorsque chaque réveil rappelait l’étendue de la douleur et du vide qu’elle ressentait ? La jeune femme détourna la tête et regarda au loin, refoulant violemment les larmes qui insistaient pour monter. Le temps arrangeait tout. Oui, il parait. Ce temps, ce fameux temps qui guérit toutes les blessures. Ce temps qui n’allait que lui permettre de supporter un peu plus chaque jour la perte de Seth. Mais elle ne voulait pas aller mieux !!! Elle voulait se complaire dans sa douleur, et y rester vautrée dedans jusqu’à la fin des temps. Une manière d’accepter que elle, était vivante alors que lui, était mort. Une façon de ne jamais l’oublier. Elle ne voulait pas qu’il termine en matricule quelconque dans une bouquin poussiéreux. Une amie sur qui compter. C’était adorable, Taylor le savait. Mais elle n’avait pas besoin d’amie, elle n’avait pas besoin de famille, pour s’inquiéter sans cesse pour elle. Elle le savait, elle le voyait, ils étaient tous au petit soin pour elle, là que les fêtes de Noël approchaient. Ils faisaient tous attention à ce qu’ils disaient ou faisaient. Ils retenaient leur bonheur sachant que celui de Taylor avait disparu dans une explosion d’hélicoptère. D’un coté elle les en remerciait mais d’un autre coté elle les haïssait pour ça !
C’est dans un soupire salvateur qu’elle accueillit la bousculade de Buck. Celui-ci précédait Lily qui arrivait chargée de ses trois barbes à papa. Taylor sourit et attrapa la sienne tout en remerciant la petite fille. Buck, fatigué de ses courses incessante, se vautra aux pieds de sa propriétaire.

Pendant un temps, le silence s’installa, laissant aux jeunes femmes le loisir de réfléchir à cette avalanche d’aveux, et à Taylor de songer à autre chose qu’à l’absence de son mari. Puis soudain la question germa…

« Tu as déjà songé à apprendre à te défendre ? »

Oui parce que demander si elle avait songé à porter plainte, la réponse était : certainement. Mais entre y penser et le faire… Alors que pour le coups, apprendre à se défendre, à rendre coups pour coups, permettait à bien des victimes à justement se "dévictimiser".
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« There's a grief that can't be spoken, There's a pain goes on and on. » [Mia & Taylor]
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