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 « Nous nous aimions de naissance. » + Héloïse et Matthew ♥

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Matthew McGregor
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DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
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MessageSujet: « Nous nous aimions de naissance. » + Héloïse et Matthew ♥   Lun 2 Jan - 19:13

« Matthew Ewan John McGregor ! » Le ton froid et autoritaire de l’homme n’ébranla nullement le petit garçon qui observa sans broncher son père. Ce dernier semblait bien déterminé à ce que son fils reste auprès de lui comme il le devait toujours, mais l’enfant ne l’entendait pas de la même manière. « Arrête de faire l’enfant. Ce ne sont pas tes jeux qui vont t’aider à devenir un homme. » Un homme, il n’avait pas envie de le devenir. Du moins, pas tout de suite. Même si son père lui inculquait chaque jour ce qu’un futur homme et éditeur devait savoir, Matthew n’en était pas moins constamment attiré par les jeux de ses sœurs, par les montagnes de livre dont regorgeait la bibliothèque. D’ordinaire, il suivait sans rechigner, mais cette fois-ci, il en avait marre d’assister à des réunions où il ne comprenait rien, d’être le grand héritier McGregor et de devoir bien se tenir. Après tout, il était dans la belle capitale française, et il ne pouvait même pas en profiter. « Je ne veux pas être un homme, je veux être écrivain. » Il avait annoncé cela d’une voix assurée qui ne pouvait souffrir aucune réplique. A vouloir faire de lui un homme, il en avait acquis les attitudes et les intonations. Il savait que si les choses étaient dites avec assurance, elles en devenaient presque invincibles. C’était en tout cas l’un des constats que défendait Victor Hugo. Et avoir cette pensée en France n’était pas une coïncidence. Matthew ne voulait pas être homme, il ne voulait pas être un riche héritier, il ne voulait pas non plus être éditeur. Tout ce qu’il désirait en ce monde, c’était pouvoir écrire à sa guise ce qui lui plairait. Il souhaitait écrire pour les autres et faire partager son amour du monde. Mais pour l’heure, son père ne l’entendait pas de cette oreille. Son regard s’était durci à la déclaration de l’enfant qui ne perdait jamais son aplomb. « Ce n’est certainement pas en agissant de la sorte que tu le deviendras. Tu es un McGregor, Matthew et tu ne pourras jamais y renoncer. Il n’y a rien de plus à ajouter. » Il s’avança d’un pas pour prendre le bras de son aîné, mais ce dernier s’y déroba avec l’agilité de l’enfance. Bien que le ton du père McGregor soit généralement un élément assez persuasif, il en fallait bien plus pour démonter la volonté de son fils. Matthew était d’un naturel assez têtu, ce qui caractérisait généralement un bon nombre des membres de cette famille. Toutefois, il fallait lui reconnaître d’être un expert en la matière. Une fois qu’il s’était fourré une idée dans la tête, il était bien rare que quiconque puisse la déloger. Son père ne dérogeait pas à la règle. Il pourrait invoquer toutes les menaces possibles, il n’obtiendrait rien de son fils aujourd’hui. Matthew avait décidé qu’il n’irait pas à cette maudite réunion, et il saurait s’y tenir. Il estimait qu’il se pliait suffisamment aux caprices de son père pour laisser prévaloir le sien aujourd’hui. Mais face à la ténacité de son père, il n’eut pas d’autre choix que de prendre la fuite. Il ne comptait pas se laisser traîner de force à une énième réunion où il n’éprouverait qu’ennui et pression. Il n’attendit pas une seconde de plus pour prendre ses jambes à son cou et quitter en courant le salon de la suite qu’il habitait avec le reste de sa famille. Il entendit les cris de son père qui lui sommait de revenir immédiatement, mais il ne s’exécuta jamais. A la place, il continua de traverser en courant les nombreuses salles de la suite, croisant sa mère qu’il manqua de heurter au passage jusqu’à se retrouver à la porte qu’il ouvrit à la volée. Il longea le couloir tout aussi rapidement, se retournant pour constater que l’un des hommes de son père le suivait. Mais malgré ses petites jambes, il était bien plus rapide, puis il avait avec lui bien plus de motivation. Il emprunta les escaliers du grand hôtel qu’il dévala à toute vitesse avant de débouler dans le grand hall. Il poursuivit son chemin sans plus attendre, bousculant au passage des résidents du luxueux bâtiment. Jetant un regard derrière lui, il constata que l’homme n’avait pas lâché l’affaire mais il était encore bien loin d’être à son niveau. Ce ne fut qu’une fois dehors que le garçon put à loisir distancer son poursuivant. Dans la foule parisienne, il se faufila avec tellement d’aisance que le garçon échappa à la vigilance de l’homme de main. Sa petite taille lui permettait de zigzaguer entre les jambes des gens et l’empêchait de dépasser. Il continua de courir néanmoins tout le long de la grande avenue et ne s’accorda du répit que lorsqu’il bifurqua. Se dissimulant derrière un pan de mur, il observa la rue qu’il venait de quitter pour vérifier si l’homme était toujours à sa poursuite. Mais il ne le vit pas. Un léger sourire de victoire étira ses lèvres. Même s’il savait qu’il allait prendre un savon en rentrant, savoir que cet abruti allait se faire engueuler avant lui était une bonne récompense.

Reprenant sa marche, il se mit à arpenter les grandes rues de Paris. Son regard s’arrêtait partout, observait tout ce qui se présentait à lui. Il était un spectateur attentif de cette agitation grouillante. Tel George Sand, il se sentait un atome perdu dans la foule, mais il aimait cela plus que tout au monde. Le nez constamment en l’air, il manqua de sursauter quand une main se posa sur son épaule. « Tu es perdu, mon garçon ? » Il ne comprit pas un traître mot de ce que la femme lui dit. Il constata seulement qu’il la trouvait jolie. Les Françaises étaient toujours jolies. Il se contenta de sourire avant de reprendre sa route comme si de rien n’était, faisant fi de l’attention de la femme. Il poursuivit encore son périple jusqu’à aviser un parc non loin de là. L’appel de la nature était toujours si puissant dans l’âme de Matthew qu’il ne put résister plus longtemps. Il se dirigea vers le lieu en question, s’enivrant de la saveur du printemps dans la capitale de l’amour. Il erra, bien heureux, parmi les arbres, les longues allées, évitant les passants, les poussettes, les vélos. Il observait ces foules d’enfants qui jouaient sans crainte, ni culpabilité, sous le regard attendri de leurs parents. Durant un instant, il en fut intensément jaloux. Quelquefois, il se plaisait à espérer à une enfance un peu plus normale et à une existence où le jeu aurait sa place. Du haut de ses neuf ans, il sentait déjà qu’il grandissait trop vite. Embrumé dans ses rêves d’enfant, il ne prêta pas attention au ballon qui vint s’échouer sur son crâne. La balle n’était pas assez lourde pour lui faire vraiment mal, mais il recula de quelques pas. Matthew rêvait d’être un enfant comme les autres, mais il n’en était pas moins orgueilleux. Alors quand un enfant d’à peu près son âge s’approcha pour récupérer son ballon, il ne manqua pas de lui lancer un regard assassin. Et s’il avait pu parler français, il n’aurait certainement pas pesé ses mots. A la place, c’est l’inconnu qui prit la parole, mais il ne comprit rien à son charabia. Digne, il préféra partir, en quête d’un espace plus solitaire et tranquille. Il ne tarda d’ailleurs pas à le trouver. Il découvrit ce havre de paix au cœur des buissons. Il dut se battre avec les branchages, mais le jeu en valait la chandelle. Au sein de la nature se trouvait un espace où il pouvait facilement tenir debout. A la place, il préféra s’allonger dans l’herbe et profiter de son répit. Ses prunelles s’attardèrent sur le ciel qui perçait au travers des branches. Il se mit à songer à ce qu’il ressentait, à la nature et à tout ce qu’elle composait. Doucement, il se mit à rêver, ignorant les remous incohérents de l’existence.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Nous nous aimions de naissance. » + Héloïse et Matthew ♥   Jeu 12 Jan - 22:07

« Héloïse Rose Bennett ! Combien de fois ai-je dis que c’était mal de tirer la langue à sa sœur ? » La voix furieuse, et bien française, de la femme avait retenti tandis qu’elle s’occupait à gronder une petite fille au visage de poupée. Cette dernière avait les bras croisés, le visage contrarié. Elle avait tout l’attirail de ces enfants pris en faute et prêt à se lancer dans la plus adorable des crises de bouderie aigüe dont seuls les enfants avaient le secret. Âgée de cinq ans, elle avait le visage rondouillard qu’une cascade de cheveux, noir de jais, encadrés. Son nez était mutin et ses grands yeux clairs brillaient d’un éclat furieux que la colère alimentait. Pour l’heure, la petite fille n’avait rien de mignon, elle était fâchée contre le monde entier, fâchée contre sa sœur Molly qui ne voulait pas jouer avec elle, fâchée contre sa mère qui la grondait, elle. Quel comble ! Pourtant, ce n’était pas de sa faute. Il aurait été plus simple que Molly joue avec elle, comme elle l’entendait. Mais son ainée n’était pas aussi clémente dehors qu’à la maison. Dehors, dans ce jardin, il y avait ses amis d’école. Et Héloïse ne les aimait pas. Elle trouvait qu’il ne la faisait pas assez participer à leurs jeux. Pire même, elle les trouvait foncièrement méchants. La dernière fois, ils avaient joué à cache-cache avec elle. Trouver une cachette avait été facile, elle avait trouvé un buisson épais où elle avait attendue d’être trouvée. Cependant, elle n’avait jamais été trouvée. Et ils n’avaient jamais essayés de la chercher. Bien au contraire, ils étaient retournés à leurs occupations, ignorant la petite fille qui attendait. Son cœur se serra et elle ressentit une foule d’émotions comme la colère mais également la tristesse. Cependant, elle oublia bien vite tout cela, l’innocence de l’enfance reprenant bien vite sa place. Mais voilà que sa sœur ne voulait pas jouer avec elle. Pourtant, Molly avait invité Héloïse à se joindre à sa troupe. Cependant, cette dernière, traumatisée par le mauvais coup de la dernière fois, ne voulut pas la rejoindre. Elle voulait simplement que sa sœur joue avec elle. Et en découla le tragique tirage de langues qui lui valut une remontrance de la part de sa mère.

Ainsi, elle se sentait incomprise de la vie et des êtres l’entourant. Dotée d’une sensibilité et d’une intelligence rare, la petite fille essayait de grandir, un peu trop vite sans doute. Avide de savoir et d’apprendre, elle était une enfant n’aimant pas la solitude. Elle avait besoin constamment de ses parents, de sa sœur. Elle aimait le contact des adultes parce qu’elle appréciait lorsqu’on lui expliquait les choses, lorsqu’on lui apprenait le fonctionnement de la vie. Héloïse comprenait les explications un peu trop vite ce qui pouvait se révéler agaçants, voir perturbants lorsque souvent le seul mot franchissant ses lèvres étaient « pourquoi ? » Ainsi, elle avait toujours l’impression d’être incomprise des autres. Elle était intelligente, si ce n’était douée. Et cela la rendait différente, la plongeant dans un monde de réflexion l’éloignant des autres enfants. Elle était souvent solitaire, à défaut de pouvoir trouver la personne qui la comprendrait au mieux. Ainsi, sa vie se résumait à un ce paradoxe : à détester la solitude tout en y trouvant son repère. Elle était souvent dans la lune, rêveuse perdue dans le monde imaginaire qu’elle créait. Elle dessinait. Elle créait, imaginant à haute voix tout ce qu’elle faisait. Ses parents la laissaient souvent faire, convaincus que l’imagination de l’enfant était un fait rare, à cajoler et à laisser s’exprimer. Mais pour l’heure, elle n’était ni dans sa bulle, ni en pleine créativité, elle était juste en colère contre Molly, contre sa mère et contre le monde entier. Elle ne put répondre à sa mère, parce qu’un simple regard de sa part, et elle sentirait qu’elle franchirait les lignes invisibles. Aussi, se contenta-t-elle de serrer ses petits points et de répondre simplement « Et bien si c’est comme ça, je retourne dans mon monde ! » Oh bien sûr, elle arrivait à faire sourire les adultes, bien sûr, elle ne faisait pas de bêtises folle, se contentant d’aller dans un coin et de bouder. Ça durait l’espace de quelques instants avant que son esprit ne soit, de nouveau, accaparé par le monde l’entourant. En l’occurrence, elle avait bien envie d’aller bouder dans son coin. Aussi, elle se dirigea dans sa fameuse cachette, celle qu’elle avait découvert hier lors de cette partie de cache-cache finalement avortée. Elle alla d’un pas décidé « De toute façon, ils sont tous méchants avec moi ! Et c’est pas grave, parce que moi plus tard, quand je serais grande, je deviendrais comme une princesse super forte. Et tout le monde devra être gentil avec moi ! Et même qu’ils voudront jouer avec moi. Et puis même Molly, elle devrAAAAaarghhhhh !!! » Hurla-t-elle en chutant lourdement, son pied ayant rencontré un obstacle, elle tomba tête la première et sentit son visage s’enfoncer dans le buisson. Ce fut un enchevêtrement de feuilles et de branches tandis qu’elle se dépêtra tant bien que mal, sa dignité s’envolant dans les chaussettes. Elle avait entendu un exclamation, voix d’un garçon et elle pivota, l’œil furibond pour s’apercevoir qu’elle avait trébuché sur un garçon se trouvant dans SON domaine. « Cet endroit est à moi ! » S’exclama-t-elle outrée qu’un intrus ait pu entrer dans son territoire. Elle avait même mis un caillou, nom d’un chien ! Elle avait même gravé un H dessus pour bien stipuler que l’endroit lui appartenait. « Je t’ai pas donné l’autorisation alors du balai ! » Ajouta-t-elle reprenant l’expression que sa mère utilisait souvent lorsque ses filles se chamaillaient dans ses pattes. Bien sûr, devant sa mère, elle ne se permettait pas ce genre d’expression. Maman Bennett ne tolérait pas les grossièretés mais devant les autres enfants, Héloïse prenait un peu trop la confiance.

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Nous nous aimions de naissance. » + Héloïse et Matthew ♥   Jeu 16 Fév - 23:42

Matthew n’était pas plus haut que trois pommes que déjà, il aimait s’extraire de son quotidien familiale. Il fallait dire que sa vie ne se rythmait aucunement autour des jeux, des histoires et des sorties en plein air. Bien au contraire. Il fallait déjà qu’il s’intéresse aux discussions des grands, qu’il comprenne le sens des affaires, le monde de l’édition dans lequel il allait bientôt évoluer et qu’il dégage le même charisme et la même assurance que son père. Pour cela, il lui arrivait parfois de s’enfuir, ce qui lui valait des nombreuses punitions. Lorsqu’il se trouvait en Angleterre, il n’était pas rare qu’il trouve un moyen de se faire la malle de l’immense demeure où ils résidaient pour se perdre dans le domaine qui était le leur et qui s’étendait à perte de vue. Il allait s’égarer aux milieux des arbres, dans les vergers et là où son inspiration le menait. Dès lors que son esprit était l’unique maître de son destin, il se sentait libéré de toutes entraves. Il composait dans son esprit des poèmes à la manière des plus grands musiciens. Son cœur s’envolait au loin pour ne plus jamais redescendre. Il se créait mille chimères et créatures qui peuplaient son univers. Il récitait ces vers qu’il avait appris dans les ouvrages qui tapissaient les murs de la grande bibliothèque du domaine. Durant ces heures de pures libertés, il n’était plus Matthew McGregor, mais uniquement Matthew et cela lui faisait un bien fou. Il n’avait plus besoin d’être un adulte, de bien se tenir en société, de faire attention à la manière dont il tenait ses couverts, la manière dont il s’exprimait ou encore, si sa chemise n’était pas débraillée. Plus rien n’était là pour le détourner de ce qu’il aimait plus que tout au monde : la liberté et la beauté de la nature. Il jalousait cette nature qui se levait au matin avec aucun autre destinée que celle d’admirer le ciel, de s’enivrer des rayons du soleil et de se coucher le soir venu. Toutefois, là n’était pas le destin de Matthew McGregor. Car une fois qu’il franchissait à nouveau les portes de la demeure, des centaines de règles, de codes et d’interdits lui tombaient sur les épaules. Il portait le prestige d’un nom sans même comprendre pourquoi. Il avait droit à des privilèges qu’il ne s’expliquait même pas. Du moins, pas encore et tout ceci le fatiguait.

Et il en était de même ce jour-là à Paris. D’ordinaire, il n’osait s’aventurer plus loin que les murs de l’hôtel quand ils se trouvaient à l’étranger, mais son esprit avait été si échauffé par les propos de son père qu’il n’avait vu d’autres issus que celle de la fuite. Sans peur, il s’était élancé dans les rues de la capitale jusqu’à trouver cette nature qui lui manquait tant. En voyant les autres enfants jouer au ballon, il aurait pu se joindre à leur amusement, mais il avait plus besoin de calme que d’exercices. De plus, il ne pouvait pas se permettre que l’un des hommes de son père ne le retrouve avant qu’il ne se soit calmé, ou qu’il ne l’ait même décidé de son propre chef. Evidemment, il rentrerait chez lui et il recevrait une punition en conséquence, mais il était assez orgueilleux pour choisir quand cela arriverait ! Quitte à être puni, autant l’être pour une bonne raison. Il comptait bien profiter au maximum de son escapade, trop heureux à l’idée de ne pas se rendre à ce rendez-vous avec son père. Il avait défait cette cravate qui le serrait trop et que sa mère s’échinait chaque jour à lui nouer autour du cou. Puis à force de recherche, il avait trouvé une cachette parfaite où il s’engouffra rapidement. Il s’agissait d’un espace suffisamment grand dans les buissons pour que deux enfants de sa taille se tiennent debout. Ce serait amplement suffisant pour la pause qu’il s’accordait. Poussant un soupir, il s’étala dans l’herbe, fermant les yeux et profitant de cette tranquillité bénie. Toutefois, sûrement avait-il parlé trop vite car une voix se rapprochant dangereusement de son sanctuaire se mit soudain à hurler en même temps qu’un pied venait buter contre lui. Il pesta dans ses mots d’enfant, furibond d’avoir été à moitié-écrasé de la sorte. « Tu m’as marché dessus ! » s’exclama-t-il, les joues rouges de colère. Mais la petite fille, beaucoup plus jeune que lui, semblait tout autant encline à défendre son lopin de terre. Elle se mit à parler dans une langue que Matthew ne comprit pas, même s’il se douta qu’il ne pouvait s’agir que du français. Ses mains plantées sur ses hanches, elle tentait de l’impressionner mais cela n’avait guère d’impact sur le petit garçon. A la place, il se redressa et il la surplomba d’une tête. La fillette n’en était pas moins énervée d’être embêtée de la sorte. Elle lui parla encore mais il ne comprit toujours pas, bien que son ton était suffisamment éloquent. « Je ne comprends pas ce que tu dis. » décréta-t-il pour toute réponse dans la langue de Shakespeare. Il croisa les bras sur sa poitrine. « J’ai le droit d’être ici. Cet endroit n’est pas à toi. » Il se rassit par terre pour montrer qu’il ne comptait pas déguerpir d’ici d’aussitôt. « Ceci est une cachette et je me cache. C’est dans l’ordre des choses. » Non mais oh ! Elle se prenait pour qui d’abord ! « Je demande le droit d’asile, tu es obligée de m’aider. » Il n’en avait rien à faire qu’elle puisse comprendre un traître de mot de ce qu’il disait. De toute manière, entre les deux, ce n’est pas lui qui allait partir.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Nous nous aimions de naissance. » + Héloïse et Matthew ♥   Jeu 9 Mar - 20:59

Elle était hors d'elle. Cet endroit était son domaine. Tous les enfants du coin le savaient. Chacun avait son repère et ici, personne ne foulait ce sanctuaire sacré où elle se réfugiait assez souvent. Les trois quarts du temps, elle se contentait de s'allonger et d'observer le ciel et les nuages. Son imaginaire s'amusait à donner des formes et des noms à ce qui se déroulait sous ses yeux. Elle aimait fixer l'immensité du ciel, elle avait parfois l'impression de flotter entre ce vide immense et la profondeur de ce ciel bleu. Mais aujourd'hui, elle ne comptait pas s'allonger, elle comptait bouder dans son coin. Vexée. Énervée. Elle était pleine de mauvaises émotions. Encore plus devant ce petit gourgandin bien décidé à lui casser les pieds ! Il se redressa en feu, la surplombant d'une bonne tête mais ça ne l'empêcha pas de le toiser. Bien sur, elle ne ferait pas le poids. Mais elle était vaillante et tenace : elle n'abandonnait pas facilement. Et qui plus est, un garçon venait de franchir son antre sacré. Et en plus, il ne parlait pas sa langue. Il parlait anglais et elle avait très bien compris. À la maison, c'était en français et en anglais. À l'école aussi. La faute à un père américain et à une mère française. Dans un jour plus heureux, sans doute, aurait-elle pu s'en satisfaire, et lui parler en anglais. Mais ce n'était pas le cas. La colère bouillait en elle et la petite fille repensait à ces enfants. Dieu qu'ils avaient été méchants. Et Molly avec. Ce n'était pas juste. Ça l'attristait dans le fond mais face à sa soeur, elle se gardait bien de le montrer. « Ici, on parle français je te signale ! » Lui dit-elle d'une voix hargneuse, le dévisageant d'un air mauvais, mais s'employant à utiliser sa propre langue. Ils risquaient de ne pas se comprendre : et au final, il risquait de ne pas partir. Aussi prit-elle la fameuse pierre qu'elle lui tendit en montrant le H. « C'est chez moi ici ! » Et il n'avait pas demandé l'autorisation. Enfer et Damnation ! Cependant, il évoqua le fait qu'il s'agissait d'une cachette et que par conséquent, il ne comptait pas en partir. Et pour confirmer ses dires, il reposa ses fesses dans l'herbe. « Oh oui... C'est une super cachette t'as vu ? » Et elle rigola avant de se rendre compte que rire n'était pas la bonne réaction à avoir. Son visage redevint sérieux et elle se reprit bien vite « Mais c'est la mienne ! » Cependant, il ne semblait pas prêt à lui obéir et demanda quelque chose qu'elle ne comprit. Le droit d'asile ? Qu'est ce que c'était ? Etait-ce un mot que sa mère avait omis de lui apprendre ? Oh mon dieu... Et si c'était un gros mot ? Ses parents ne toléraient pas les gros mots. Aussi, ça la motiva à le faire partir. « Tu parles de façon étrange ! » Brailla-t-elle tandis qu'elle vint se place devant lui. De ses petites mains, elle lui agrippa le mollet. Et tira de toute ses forces pour qu'il puisse glisser. Dans son plan ingénieux, Héloïse se voyait tirer sur son pied et le glisser ainsi à travers le buisson et le sortir en dehors de sa cachette. Bien sûr, dans son plan super génial, le garçon ne devait pas opposer de résistance, il devait être aussi léger qu'un papillon. Il ne devait pas se débattre. Or, ce ne fut pas le cas. Ce garçon était décidément bien agaçant. Et elle tira sans le faire bouger d'une once. Au vu de sa posture, il devait appuyer de tout son poids pour ne pas bouger. Et il arrivait plutôt bien : il était plus grand et ça s'expliquait. Mais pour Heloise, ça devait marcher comme dans son plan super fou ! Or là, il ne bougea d'un millimètre. « Mais... Allez... Va t-eeeeeeeen... » Elle tira encore et encore jusqu'à trop donner d'élan dans son bras, elle perdit l'équilibre et tomba à la renverses, allant se planter dans le buisson. Elle sentit ses vêtements s'accrocher légèrement ainsi que ses cheveux bruns aux petites branches mais elle se redressa. Elle était excéder et dégoûtée de ne pas arriver à le faire sortir de là. « Tu es aussi lourd que mon chat Crevette... » Dit-elle évoquant son chat. Il prenait souvent l'habitude de venir s'asseoir sur les genoux de la petite fille. Mais le broyage était intense au bout de quelques minutes, il fallait que son père arrive avec la claquette à la main pour qu'il se lève et libère ses jambes. Et effectivement, le garçon était lourd et ne bougeait pas. Cependant, la chute avait eu le mérite de calmer les ardeurs de la petite fille. Héloïse abandonna et s'assit à côté de lui. Sans un mot. La respiration haletante d'avoir essayé de le tirer. Elle abdiqua et resta silencieuse. Enfin, pendant quelques secondes. Elle était une véritable pipelette quand elle s'y mettait. Parfois, son père lui demandait si elle n'avait pas soif. Mais non, elle avait trop de choses à dire. La vie était intéressante et il fallait qu'elle partage tout ce qu'elle découvrait. Or là, c'était différent. Le garçon parlait anglais en plus. Presque elle se sentait supérieure à lui parce qu'il ne semblait pas comprendre le français. Pourtant, elle n'était pas hautaine. Bien au contraire, sa colère enfantine était retombée devant l'échec pour le faire dégager. « Ça veut dire quoi demander un asile ? » Demanda t-elle dans la langue de Shakespeare. « Et puis pourquoi, te caches-tu ? Est-ce que des méchants te poursuivent comme dans ces grandes histoires ? En plus, je connais plein d'autres cachettes. Mais tu vois, il vaut mieux éviter d'aller dans la cachette de Maxime. Il est pas gentil et il a tendance à taper mais en dehors de lui, tu peux trouver plein d'endroit. Mais je veux bien te prêter la mienne. » En même temps, elle n'avait pas le choix pour ainsi dire. « Tu t'appelles comment ? Tu as quel âge ? Et d'où tu viens-tu ? » La mine curieuse, elle semblait définitivement calmée.
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Nous nous aimions de naissance. » + Héloïse et Matthew ♥   Ven 31 Mar - 0:36

Matthew avait pour habitude de gouverner son petit monde, que cela plaise au reste de l’univers ou non. Généralement, les premières victimes de son esprit dirigiste étaient ses sœurs qui lui obéissaient au doigt et à l’œil durant leurs jeux. Rose lui était entièrement dévouée. Quant à June, elle rechignait parfois un peu, levait les yeux au ciel, demandait pourquoi elle devait toujours se plier, mais l’enfant parvenait toujours à bout de ses instants de résistance. Le personnel de maison en faisait aussi parfois les frais. Matthew n’avait pas mauvais fond. Il n’était pas un tortionnaire non plus. Il savait juste ce qu’il voulait, et c’est pourquoi, les gens de la demeure étaient plus attendris qu’exaspérés par les humeurs de l’enfant. Celui qui ne se pliait pas et qui lui tenait tête était son père. Cet état des choses se voulait parfaitement logique, mais ce n’était pas normal pour l’esprit vif et entêté de Matthew. Il refusait qu’on lui dise ce qu’il devait faire et comment. Reprendre les rênes de la maison d’édition ? Hors de question ! Cette idée ne plaisait pas. Il voyait cette profession comme un défilé d’hommes en costards qui paradaient, décidant de prochains titres à éditer, sans même se préoccuper d’en lire un seul. Ils étaient uniquement des hommes d’affaires qui œuvraient dans le but de s’enrichir. Lui, il ne voulait pas cela. Du plus profond de son âme, son cœur lui hurlait qu’il voulait écrire, faire de la poésie, poser des mots sur chaque chose qu’il voyait en ce monde. Les affaires ne l’intéressaient pas. Il préférait contempler la beauté de l’univers qui s’offrait à lui. Les autres n’étaient que des aveugles s’ils ne voyaient rien. Et face à la volonté implacable de son père, c’était sa mère qui venait éteindre ses excès de rage. Elle parlait toujours avec sagesse et discernement. Elle n’était pas d’une grande tendresse, mais elle se montrait présente quand il le fallait. Elle savait trouver les mots justes. Elle parvenait à convaincre son enfant que ses choix étaient légitimes, mais que le temps lui ferait reconsidérer certaines choses. Pour l’heure, Matthew était à mille lieux de penser qu’il serait plus tard un éditeur impliqué. Il était ennuyé de ne pouvoir échapper à ce destin si peu enviable. Matthew était énervé. Contrarié. Excédé.

Et la petite fille qui se trouvait devant lui ne dérogerait pas à la règle. Tout premièrement, parce que tout le monde devait lui obéir. Deuxièmement, parce qu’il lui semblait dans son bon droit de se trouver caché à cet endroit. Pourquoi voulait-elle qu’il déguerpisse de la sorte ? Décidément, les Français étaient si mal-polis ! Il l’écoutait s’évertuer à le chasser de cette cachette de fortune, prétextant qu’elle lui appartenait à elle. Du moins, c’est ce qu’il crut comprendre car elle s’exprimait dans la langue de Molière. Il se rassit, décidé à rester et l’étudia plus longtemps. Elle était petite. Très petite même. Elle était sûrement bien plus jeune que lui, mais déjà, brillait dans son regard clair un éclat qu’il appréciait. Ses cheveux étaient d’un brun profond, encadrant un visage poupon, mais d’un blanc gracieux. Ce même blanc qui était gâché par ses joues rougies de colère. Son regard dévia sur la pierre que l’enfant lui montrait du doigt. Il vit effectivement un H gravé. Sûrement était-ce là la première initiale de son prénom ? Il reporta son attention sur la brunette, haussant les épaules avec indifférences. « Ça ne change rien. » s’évertua-t-il en anglais. « Je ne veux pas partir d’ici. » Il se cachait. Il avait bien le droit de se trouver là. Il demanda tout bonnement le droit d’asile, croisant ses bras sur sa poitrine. Elle ne pourrait plus rien lui refuser désormais. Enfin… les petites mains de la fillette agrippèrent son mollet pour le tirer hors de la cachette. Matthew l’observa faire sans ciller, conscient qu’elle n’aurait jamais la force nécessaire pour la traîner ce serait-ce que d’un pouce. Il fit un sorte d’appliquer tout son poids sur le carré de terre où il se trouvait afin de ne pas bouger. Ce qui fut le cas. L’enfant s’échina longtemps, usant de toutes ses forces, sans aucun succès. « Je ne partirai pas ! » Sa détermination eut raison de la fillette qui lâcha brusquement, allant s’empêtrer dans les buissons. Bien fait pour elle ! La mine boudeuse, il croisa les bras sur sa poitrine ou se campant un peu plus dans sa position. Tant qu’il n’aurait pas décidé de partir, ses fesses resteraient collées ici. A regret, la fillette dut abdiquer et elle vint se laisser tomber à côté de lui. Durant de longues minutes, ils restèrent ainsi sans décrocher un mot. De toute manière, si elle s’entêtait à parler uniquement français, ils risquaient d’avoir du mal à communiquer. C’est pourquoi, quand elle se mit soudain à parler anglais, elle attira complètement son attention. Elle n’avait pas compris cette demande de droit d’asile. Matthew se fit étonnement patient pour lui expliquer. « Quand quelqu’un est en danger dans un endroit, il peut demander le droit d’asile dans un autre endroit. Si sa demande d’asile est acceptée, il demeure intouchable et il le droit de se cacher là-bas. Tu comprends ? » Il lui avait demandé sûrement de manière un peu condescendante, mais après tout, il ne connaissait pas son niveau d’anglais. Il fut pourtant rapidement au courant quand elle se mit à pépier sans jamais discontinuer pour lui poser plein de questions, à évoquer les différentes cachettes qui existent et celles où il ne fallait pas aller. Apparemment, elle avait la gentillesse de lui prêter la sienne. « Tu parles trop. » Il lâcha un léger soupir. Pourtant, il n’était pas ennuyé plus que cela de la présence de la petite fille. Elle était une bonne distraction et elle l’intriguait assez. Comment se pouvait-il qu’elle parle les deux langues ? « Je me cache de mon père, mais tu ne peux pas comprendre, parce que toi, tu es pauvre ! » Elle n’était sûrement pas pauvre, mais elle n’était pas riche non plus. Cela se voyait à ses vêtements, ou au simple fait qu’elle avait le droit d’aller au parc s’amuser avec ses amis. Une enfance qu’il rêvait d’avoir. « Il refusait que j’aille jouer, tout ça pour travailler avec lui. » Ou du moins, voir le travail qu’il faisait afin d’être formé très jeune. « Mais je veux pas. Ça me plaît pas. Les gens avec qui il travaille sont des idiots ! » Personne ne pourrait le démentir véritablement sur ce point. Disons qu’ils venaient d’un autre univers où les préoccupations littéraires n’étaient pas les leurs. Ils ne comprenaient rien à la poésie des textes. Ils cherchaient juste à savoir si ça allait se vendre. « Je m’appelle Matthew et j’ai neuf ans. Et tu connais l’Angleterre ? Je viens de là. La grosse île de l’autre côté de la mer. » Parler de son père l’avait légèrement échauffé. Une de ses mains malmenait l’herbe qu’il arrachait en petites touffes. Il conserva le silence quelques secondes avant de se tourner vers elle. « Et toi, tu t’appelles comment ? Y’a pas beaucoup de prénoms en H… Hélène ? » Il aimait bien deviner les choses par lui-même, étant toujours plus fier de l’effet qu’il provoquait de que de son succès. « Et pourquoi tu parles l’anglais et le français ? Tu n’es pas Française non plus ? » Ce qui n’était pas logique, étant donné qu’elle avait parlé de ses nombreux camarades. A moins qu’elle ne vienne ici souvent ? « Tu te caches aussi ? En tout cas, puisque tu acceptes de me cacher, je te protégerai si Maxime veut te taper. » Il lui devait bien ça. Et contrairement à ce que l’on pouvait penser, Matthew n’était pas le dernier à sortir les poings quand il le fallait, surtout quand il fallait venir à aide à quelqu’un d’autre.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Nous nous aimions de naissance. » + Héloïse et Matthew ♥   Lun 10 Avr - 16:23

Elle avait abdiqué. Il était décidément trop fort et elle savait qu’elle ne faisait pas le poids face à un garçon plus grand qu’elle. Qui plus est, il était têtu et peu décidé à quitter sa cachette de fortune. A sa décharge, il n’était pas d’ici, il parlait anglais. Aussi, ne connaissait-il pas la règle d’or des buissons dans ce jardin. Elle était absolue et inviolable. Personne n’avait le droit d’aller dans la cachette d’un autre. Et Héloïse y tenait, elle était si fière de sa cachette. Lorsque c’était l’après-midi et que le soleil était là, alors il était facile de laisser ce dernier lui caresser le visage. Elle adorait cela. Quand bien même, aujourd’hui ce n’était pas possible. Et pour cause, sa place était occupée. Pourtant, l’enfant n’était pas de nature mauvaise. Au contraire elle était curieuse de tout et surtout très bavarde. Forcément, après lui avoir expliqué ce que c’était une demande d’asile – qui eut le don de l’émerveiller parce qu’il se disait en danger et que cela voulait forcément impliquer de nouvelles aventures – elle s’enquit de lui poser tout un tas de questions. Lorsqu’il lui indiqua qu’elle parlait trop, la petite fille ne s’en offusqua nullement. « Maman me le dit tout le temps ! Mais je m’entretiens les cordes vocales comme ça ! » Elle se mit à rire parce que c’était strictement faux, qu’en général, lorsqu’on lui disait cela, c’était surtout pour lui faire comprendre qu’il valait mieux se taire. C’était bien le silence après tout. Mais là, avec ce garçon qui était là, qui semblait ne pas vouloir la martyriser, il trouvait grâce à ses yeux. Et puis, quand bien même, il répondit à ses questions. Il se cachait de son père, mais selon lui, il estimait qu’elle ne pouvait pas le comprendre uniquement parce qu’elle était pauvre. « Mais je ne suis pas pauvre ! » S’exclama-t-elle sans comprendre. Est-ce qu’il était en train d’insinuer qu’elle dormait dehors comme les pauvres hommes qu’elle voyait parfois ? Sa mère lui disait qu’il avait eu une vie triste et qu’il fallait alors les aider. Parfois, elle donnait une pièce pour que ses filles aillent le lui donner. « Et puis d’abord, on habite à côté de la Tour Eiffel ! J’ai une maison ! » Dit-elle en hochant hâtivement la tête. Et ouais, elle n’était pas pauvre et encore moins prétentieuse. Néanmoins, le reste de ses paroles la firent réfléchir quant au fait d’échapper à son père voulant le faire travailler, qui plus est avec des gens idiots. « Mais maman m’a dit que les grands n’avaient pas le droit de faire travailler les enfants ! Tu devrais aller voir la police pour qu’ils punissent ton père ! » Elle semblait drôlement sérieuse en disant cela, scandalisée que ce pauvre soit obligé de travailler alors qu’il y avait tant à faire dans la vie d’un enfant. Comme jouer ou dégager les intrus de sa cachette !

Il se présenta finalement. Et effectivement, il était bien plus grand qu’elle. Il habitait en Angleterre et effectivement, ce fut la raison expliquant l’usage de l’anglais. Elle hocha la tête en guise d’affirmation. Ses parents les emmenaient parfois du côté de Londres. Elle aimait bien parce que ça lui rappelait Paris. Mais c’est vrai qu’elle préférait le charme de la France. « Je ne m’appelle pas Hélène mais Héloïse ! » dit-elle afin de répondre à la question de Matthew. Une interrogation en amenant une autre, forcément, il s’interrogea sur ce qu’elle était. Anglais ou française. Forcément, elle parlait les deux langues. Ça attisait la curiosité. Et pourtant, elle était bel et bien française. « Je vis ici. A Paris. Mais mon papa lui vient d’un lointain pays qui s’appelle l’Amérique. Il a rencontré Maman ici et il a déjà de tomber amoureux d’elle. » Elle plaqua ses mains sur sa bouche et pouffa de rire. « En même temps, si tu voyais ma maman, c’est vraiment la plus belle du monde ! » Forcément, comme chaque enfant. C’était toujours la plus belle maman, le plus beau papa. Héloïse ne dérogeait pas à la règle. Mais son cœur n’en demeurait pas moins pur et elle restait bienveillante. Cependant, à l’inverse de Matthew, elle ne se cachait pas. « Ah non, pas du tout. Je ne me cache pas. C’est mon repère. J’aime bien aller là. Je m’allonge – à l’endroit où tu as piqué ma place – et je regarde le ciel. J’aime bien. Des fois, j’ai l’impression j’ai l’impression que je suis en train de tomber dedans ! Dis, ton papa il veut que tu fasses quoi comme travail ? Tu tisses des tapis comme les enfants en Inde ? » Elle le fixait d’un œil interrogateur. Les filles Bennett étaient élevées dans cette atmosphère d’amour et de rire. Chez eux, les enfants ne travaillaient pas. « En tout cas c’est gentil de me protéger Maxime ! C’est un vrai filou ! Il fait mal avec ses brûlures indiennes ! J’aime pas parce que la peau de vient rouge après ! Mais maman veut jamais le gronder… Dis tu veux regarder le ciel avec moi ? » Finit-elle par demander avec un grand sourire. Elle leva le nez en l’air « Il y a plein de nuages ! On verra si vous les anglais avaient le sens de l’observation. »


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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Nous nous aimions de naissance. » + Héloïse et Matthew ♥   Mer 24 Mai - 18:50

Matthew était un enfant capricieux. Il l’avait toujours été, et hormis aux autres, cela n’avait jamais causé de problèmes. Il appréciait faire sa loi et suivre ses propres envies, ce qui ne le rendait pas tyrannique pour autant. Il souhaitait juste être libre du moindre de ses mouvements et de la moindre de ses pensées. Les préceptes inculqués par son père ne faisaient pas toujours raison dans son esprit jeune. Sûrement apprendrait-il à être plus sage avec le temps. Mais pour l’heure, il lui plaisait de faire ce qu’il voulait. Et de faire régner sa propre justice, notamment pour ses sœurs quand il voyait que son père voulait les faire grandir presque aussi vite que lui. Il en avait donc pris la poudre d’escampette. Et s’il refusait de recevoir le moindre ordre de son père, ce n’était pas pour en recevoir d’une fillette pas plus haute que trois pommes. Il devait admettre qu’elle avait du courage et de la ténacité, mais cela ne serait rien en comparaison de l’entêtement du petit garçon. Il restait campé sur ses positions, n’ayant aucun désir de sortir de cette cachette pour aller s’en trouver une nouvelle. Il se moquait bien que la brunette ait pu décréter qu’il s’agissait de la sienne. Quand bien même, il en invoquait le droit d’asile. Sa ténacité eut raison de la petite fille qui abdiqua. Elle vint se poser à côté de lui, l’assommant d’une foule de questions et de propos sur sa vie. Il en était déjà ennuyé et agacé, mais cela valait bien mieux que de se retrouver à devoir trouver une autre cachette ou même d’être contraint de rentrer auprès de son père. Il savait déjà que toute une armada devait être à sa recherche dans les rues de Paris pour le retrouver. Quitte à prendre sa liberté pour quelques heures, autant que ce soit le plus long possible. Ainsi, il acceptait de s’entretenir avec la pauvresse qui parlait bien trop à son goût. Mais cela ne parut pas l’ébranler outre mesure de se l’entendre dire. Elle décréta même que cela était bon pour ses cordes vocales, au grand malheur des oreilles de l’aristocrate. Il l’écouta se récrier qu’elle était tout sauf pauvre, affirmant habiter à côté de la Tour Eiffel. Mais quoi qu’il advienne, elle ne pourrait jamais vraiment le comprendre et être du même rang qu’elle. Pour sûr, elle ne devait pas avoir autant de responsabilités qui pesaient sur ses épaules, à l’inverse du garçon. D’ailleurs, la fillette sembla s’en indigner alors que Matthew se contenta de hausser les épaules. « Non, ce n’est pas pareil. Il m’apprend à être un homme. » Ce qui n’était pas vraiment travailler en soi. Il se contentait de regarder comment il devrait devenir et apprendre tout ce qu’il aurait à gérer le moment venu. Il espérait que ce serait le plus tard possible.

Finalement, il se trouva assez intéressé de savoir qui était la gamine à côté de lui. Avec le fameux H gravé sur la pierre, il tenta plusieurs prénoms avant qu’il n’apprenne qu’elle s’appelait Héloïse. Sur le coup, il trouva le nom plutôt étrange, bien que les sonorités soient belles et gracieuses. Sa maîtrise de l’anglais l’étonnait aussi. Il apprit donc qu’elle était de la double nationalité française et américaine par ses deux parents. Ses parents s’étaient rencontrés ici-même en France et son père avait décidé de rester là pour l’épouser. Soi-disant sa maman était la plus belle. Il ne trouva pas d’objection à porter. Il ne connaissait pas la mère de la fillette après tout. De plus, Matthew n’avait pas été élevé dans cette tendresse maternelle qui l’incitait à porter la beauté de sa mère en avant. « Tu ne connais pas toutes les femmes du monde. Tu ne peux pas savoir. » objecta Matthew, fronçant les sourcils aux paroles étranges de la petite brune. Comment pouvait-elle avancer de tels propos ? Mais il fut plus curieux de savoir pourquoi elle devait se cacher. Ce qui n’était d’ailleurs pas le cas. Il s’agissait plus d’un repère secret. Un peu comme quand Matthew s’exilait au loin dans le grand domaine des McGregor pour obtenir la liberté dont il avait tant besoin. Il l’écoutait attentivement avec cette sensation soudaine qu’elle pouvait comprendre ce qu’il ressentait lui aussi. Observer le ciel jusqu’à s’y perdre dedans. N’avoir plus aucune notion du temps hormis celle du passage des nuages. Il tiqua plus quand elle parla de tisser des tapis. « Je ne suis pas un vendeur de tapis ! » s’insurgea l’enfant. « Mon papa fait des livres. Tout plein et il veut que j’apprenne à faire pareil. » Il n’allait pas se laisser dans un grand cours sur l’édition. Lui-même n’était pas encore sûr de tout comprendre. L’univers était si complexe. Mais il n’était certainement pas en train de tisser des tapis dans une cave insalubre ! Il fronça les sourcils en entendant parler des brûlures indiennes. « Qu’est-ce que c’est que ça ? Ça a l’air incroyablement barbare. » Une peau qui devenait toute rouge et qui faisait mal ? Qui osait faire ça ? Ce Maxime était décidément une brute. Il s’étala dans l’herbe à côté d’Héloïse pour regarder les nuages, répondant à son invitation. De toute manière, ils n’avaient pas grand-chose de mieux à faire. « Pourquoi nous n’aurions pas le sens de l’observation ? Nous avons le même ciel. » s’offusqua très légèrement le garçon tout en inspectant attentivement les nuages. Hors de question de se laisser faire par une fillette. Il tendit le doigt vers un nuage qui passait là. « Là, regarde. On dirait un dragon qui déploie de grandes ailes. » Il tourna la tête vers elle. « Tu aimes les dragons ? Apparemment, dans d’autres pays, les dragons ressemblent à de grands serpents qui se déplacent sur quatre pattes. C’est plutôt étrange non ? Et ils ne crachent pas de feu comme chez nous. Ils sont signe de sagesse et ce sont des divinités. Je les aime bien les dragons. Je ne comprends pas pourquoi ils sont les méchants dans les histoires. » Il ne savait pas tout à coup pourquoi il devenait aussi bavard. Dans le fond, cette gamine risquait de lui parler deux fois plus à la lancer sur de tels sujets. Sans doute avait-il besoin de parler un peu lui aussi. « Quelquefois, je m’invente des histoires quand je suis seul. De grandes aventures et les dragons sont souvent mes alliés. Toi aussi tu t’inventes des histoires ? » Il reporta son regard sur le ciel où les nuages défilaient paresseusement. « Tu vois quoi toi ? »
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