Vice et Versa
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Naïa Argent
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 513

MessageSujet: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Jeu 5 Jan - 10:45

Je suis super méga motivée, à un point assez inimaginable. Il faut dire que je me suis réveillée aux aurores avec une pêche d’enfer. Si d’ordinaire j’erre comme un zombie dans la maison, je suis une véritable pile électrique. Je m’affaire de tous les côtés pour me préparer, avalant un chocolat chaud et rassemblant toutes les documents dont je pourrai avoir besoin. Cette journée, je considère que c’est la mienne où je prévois de TOUT déchirer. Dans ma chambre, trente-six millions de tenues pas moins sont étalées de partout, sur mon lit, le sol, les fauteuils, les meubles. Et pour ne pas vous mentir… je les ai toutes essayées, sans parvenir à me décider pour autant. Je ne sais pas à quoi j’ai envie de ressembler aujourd’hui, et la pression est énorme. « Laisse-moi deviner, ton audition, c’est aujourd’hui ? » La voix encore toute ensommeillée de Jahia m’était revenue depuis l’entrée de ma chambre. Cette dernière se trouvait encore en pyjama, sûrement en pleine phrase de réveil, et se frottait les yeux avec un demi-sourire. « Ouiiiii. » je réponds avec un ton si suraigu qu’il est difficile de départager l’excitation de la crise de nerf. Je me dirige tout droit vers ma jumelle pour planter un baiser sur sa joue avant de l’attirer dans la pièce avec moi. « Jahia, c’est capital. Tu dois m’aider à trouver une tenue ! Moi, je n’arrive pas à choisir. » Un vrai calvaire depuis des heures, et je dois me féliciter de m’être levée aussi en avance, sinon je serai définitivement en retard. Ma sœur pouffe à côté de moi. « Naïa, c’est pour ta voix que tu vas être auditionnée. Tu ne fais pas un défilé de mode. » Un point pour l’aînée des triplés Argent. Néanmoins, cette réponse ne me satisfaisait pas. Mes épaules s’affaissent. « Peut-être bien, mais je vais auditionner devant THE Gabriel Goldstein. Hors de question que je passe pour une plouc devant lui. » Oui, vous avez bien entendu. Gabriel Goldstein. Le Gabriel Goldstein connu et reconnu pour être l’un des meilleurs pianistes de son temps. Le Gabriel Goldstein, compositeur-interprète. Le Gabriel Goldstein qui va diriger la comédie musicale : Le Moulin Rouge. Un choix terriblement audacieux car il s’agit d’adapter le film, mais c’est un pari à la hauteur de la réputation de cet homme. Cette place dans la comédie musicale, il me la faut. C’est une nécessité pour faire décoller ma carrière. Des comédies musicales, j’en collectionnais quelques-unes, mais rien qui ne m’avait fait partir loin de Los Angeles. J’avais fait des petits concerts indépendants dans des bars, mais rien de bien concluant. Si j’étais prise pour incarner un des personnages de la comédie je vise au moins Satine, je pourrai espérer avoir enfin mon nom en haut de l’affiche et être reconnue dans le métier. Alors cette audition, c’est toute ma viiie ! J’attrape les mains de ma sœur, à demi-désespérée. « Toi ! Tu l’as rencontré. Tu sais comment il est en vrai. Il est gentil ? Dis-moi !! » Après tout, la petite chanceuse travaillait avec lui sur le visuel promotionnel de l’affiche de la comédie musicale. Elle l’avait donc déjà rencontré. Elle pourrait bien m’en parler ! Sa tête se secoue plusieurs fois négativement. « Non non, je ne dis rien, tu le verras bien. » Elle s’approche ensuite de mes amas de vêtements, tire quelques habits et me les tend. Je dénombre un jean simple, un chemisier blanc et… c’est tout. « Tiens, enfile-ça. Sois décontractée, mais classe. De toute manière, c’est un homme. Tu pourrais avoir un sac poubelle sur la tête qu’il ne s’en rendrait même pas compte. » Un nouveau point pour Jahia. Décidément, cette enfant est un pur génie. Je me jette à son cou et claque un baiser sonore sur sa joue pour lui manifester ma reconnaissance éternelle avant de m’habiller devant elle. Oui, je me trimballe en petite culotte depuis le début Une fois le miracle accompli, je me regarde dans le miroir. Je dois admettre que le reflet me plaît assez. Jahia arrive derrière moi, posant ses mains sur mes épaules. « Tu vois ? Décontractée, mais carrément classe. Allez ouste, tu vas être en retard ! »

***

Et je ne me l’étais pas fait dire deux fois. Avisant l’heure, je m’étais rendue compte qu’il était l’heure que je me dépêche. Concernant les auditions, il n’y avait pas vraiment d’heure précise, seulement un créneau horaire que je devais respecter. De ce fait, je m’étais dépêchée d’enfiler des chaussures, de récupérer mon sac et de foncer tout droit vers le théâtre de Los Angeles. Les auditions se déroulaient bien sûr là-bas, sous l’œil inquisiteur et exigeant du grand Gabriel Goldstein. En quittant la maison, j’avais reçu les encouragements de toute ma famille qui était présente à ce moment-là, et des sms de ceux qui étaient déjà partis au travail. J’étais gonflée à bloc, mais une pression terrible m’accablait. Je craignais de mal faire, ou que le choix de ma chanson d’audition ne soit pas la bonne. Pourtant, je m’étais entraînée durant des semaines, des jours et des heures, quitte à en casser les oreilles du reste de ma famille. Au Conservatoire, j’avais demandé à me consacrer à la chanson durant mes derniers cours, plutôt qu’au piano. Je mettais en avant ce qui était primordial.

Rapidement, j’atteins le théâtre de Los Angeles. Consultant mon portable, je suis ravie de me rendre compte que je suis parfaitement à l’heure, voire en avance. Je rentre donc dans le bâtiment, le cœur gonflé d’espoir. Je déambule entre les couloirs, cherchant où se déroule les auditions, mais quand je finis par découvrir une looongue file de femmes de tout âge, je réalise que c’est par ici. Je viens donc me mêler à la foule qui attend devant l’entrée de la salle de théâtre. Je ne peux pas m’empêcher de toutes les étudier. Il y en a de toutes origines, et de tout âge. Je ne sais pas si elles postulent toutes pour le rôle de Satine, mais elles risquent d’être légèrement déçues. Je sursaute brusquement quand la porte s’ouvre, laissant sortir une jeune femme qui vient apparemment tout juste de terminer son audition. Et elle est… littéralement en pleurs. De vraies larmes de crocodile. Là, mes entrailles se nouent. Il se passe quoi là-dedans ?! Il les dévore ? Mais je préfère me rassurer en me disant que cette jeune demoiselle est tout simplement trop émotive et qu’elle a dû rater sa performance. « C’est un moooonstre ! » geint-elle de toutes ses forces avant de partir en courant et surtout en pleurs. Le silence qui s’abat par la suite est un peu gênant. Du moins, visiblement que pour moi parce que le reste de l’attroupement n’a pas l’air plus choqué que ça. Qu’est-ce qui se passe ?! Ce n’est pas la première, c’est ça ?! Tout ceci devient de plus en plus stressant. Et comme je suis terriblement sur les nerfs, je me mets à chanter très fort dans ma tête. Born to be alive, c’est le titre que j’ai dans le crâne à cet instant, et je dois admettre que ça détend pas mal. Suffisamment pour que je ne me rende pas compte que je suis désormais en train de le marmonner à haute voix. « Chuuut ! » La fille devant moi s’est retournée, une lueur meurtrière dans les yeux pour me sommer au silence. Je m’arrête aussitôt, lui adressant un sourire gêné dont elle se fout comme des chaussettes de sa grand-mère. Finalement, la demoiselle en question disparait, et c’est là que je me rends compte que je serai la prochaine à passer après elle. Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! J’estime malgré tout avoir une bonne dizaine de minutes devant moi pour me préparer psychologiquement. Malheureusement, je pense avoir parlé bien trop tôt. Pas plus de cinq minutes plus tard, elle réapparait en défonçant presque la porte. Le visage rouge de colère, elle attrape le premier truc qui lui tombe sous la main –c’est-à-dire un vase- qui se retrouve écrasé sur le sol avant violence. Que… quoi ?! Et tout à coup, je me confronte à cette porte que je dois franchir. JE VEUX PAS Y ALLER ! Malgré tout, je suis coriace et déterminée, ce qui me pousse à franchir cette porte. Cette dernière correspondait à une des sorties latérale de la salle. De ce fait, je m’approche, discernant le bureau du fameux monsieur Goldstein placé devant la scène. Mon cœur rate un battement en devinant sa silhouette. J’oublie absolument tout ce que j’ai pu voir auparavant, me concentrant uniquement sur le fait que je suis une fan de son travail. Alors un sourire niais apparaît sur mes lèvres. Je monte sur la scène lui faisant bientôt face. « Euh… Bonjour monsieur Goldstein, je m’appelle Naïa Argent. » Bon sang, mais il est encore plus canon en vrai !!! « Je crois que vous avez déjà dû rencontrer ma sœur, Jahia Argent d’ailleurs. » Bon Naïa, ce n’est clairement pas le bon moment pour raconter ta life ! Concentre-toi ! « Hmm pour l’audition, je vais chanter All by myself de Céline Dion. » Et là, je reste plantée comme une courge. Je ne sais pas quoi faire. Et même si je ne me vois pas, je crois que je suis en train de regarder béatement cet homme de mes rêves. « Oups, je dois commencer ?! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gabriel Goldstein
Admin pas aimable
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 1026

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Dim 8 Jan - 21:56

Le grand jour était arrivé. Les auditions allaient commencer et il avait hâte. Le projet prenait plus que jamais forme. Anna s'était occupée de recruter les danseurs et une troupe avait été sélectionnée. Elle n'avait pas de renommée, elle tentait de percer dans un milieu où foule de troupe de danseurs essayait de vivre au milieu d'une concurrence se faisant rage. Anna avait été intelligente sur le coup : elle visait l'inconnu en espérant qu'ils donneraient tout. Et c'était le cas, il avait assisté à un numéro et il avait été subjugué. Ne restait plus qu'à trouver les chanteurs et acteurs qui feraient vivre l'histoire qu'ils avaient réécrites. Les chansons prenaient de plus en plus de formes. Ils ne voulaient pas utiliser les mêmes mélodies que dans le film. Ils gardaient seulement les principales en changeant les secondaires, en ajoutant plus d'intensité. Et puis, ça lui plaisir d'écrire tout cela, il jouait un air qu'il enregistrait sur son téléphone. Bien sûr, il répétait au piano mais tout serait mis en musique par un orchestre. Et là, encore, il fallait trouver les musiciens compétents. Gabriel misait tout sur ce spectacle et il espérait que l'engouement créé serait tout autant enthousiaste une fois la première représentation finie. Mais là, il en était pas encore là. Il voulait trouver les chanteurs et là, en l'occurrence, il voulait tomber sur la Satine de ses rêves. Il espérait trouver quelqu'un de passionné, quelqu'un qui saurait le faire chavirer par la voix, par la prestance, par le charisme aussi. Il était très exigeant. Pourtant ses associés lui avaient dit d'y aller mollo, même que durant un temps, Nolan s'était proposé de faire les auditions à sa place. Mais il avait nié en chef. Il ne voulait pas rater ces auditions pour rien au monde. Il avait le sentiment qu'elles seraient particulières, qu'elles le chambouleraient.  Mais il leur avait promis d'essayer d'être gentil. Les deux hommes s'étaient un peu tranquillisés sans réellement note que Gabriel essayerait. Essayer ne voulait pas dire le faire. Pourtant, il était de bonne humeur, il s'était levé avec le sourire, réveillé par sa femme, de bonne humeur. C'était rare. Lorsque son sourire le réveillait, il se sentait heureux, amoureux, retrouvant la femme qu'il avait aimé au début de leur histoire, l'aimant plus que de raison, laissant le langage du corps s'exprimer tendrement. Alors oui, il était de bonne humeur. Mais il ne comptait pas faire de cadeau. Oh que non. Il se montrerait à la hauteur de ce qu’on disait à son sujet : talentueux mais si peu aimable.

Et effectivement, les auditions commençèrent sans trop tarder. Il avait réservé sa journée pour ce grand jour. Et il y avait une foule assez nombreuse. Des chanteurs ayant déjà passé une pré-audition afin de vérifier qu’ils étaient capable de chanter. Le problème, c’est qu’il en restait encore un paquet. Et qu’il fallait faire un choix. Cependant, Gabriel se montra bien vite fidèle à lui-même dès lors que la première femme se mit à chanter. « Suivante. » s’exclama-t-il alors qu’elle avait commencé à chanter sur une note aigue. « Mais je n’ai pas fini… » Il lui jeta un regard noir, lui répondant : « C’est une chanteuse que je cherche pas une castafiore. Dégagez. » Lui dit-il sans aucune once de sympathie. Et le pire, c’est que ce fut pareil pour pas mal de candidates.

« Mes oreilles… Elles saignent.. »
« Vous venez de chanter ou vous avez essayé d’imiter une ambulance ? »
« Rien à foutre que vous chantez déjà dans un bar, restez-y et servez juste des verres. C’est mieux. »
« Vous vous prenez pour Rihanna? »
« Faudrait vous enlever le poireau que vous avez dans le derrière, vous êtes crispés et votre voix me crispe. »
« Vous avez été voir un docteur? Pour vous déboucher les oreilles. »

Et c’est ainsi que ça se poursuivit, parfois rythmé par des pauses assez longues. Il faut dire que les auditions s’écourtaient vite et il se laissa le temps de boire un café. La dernière était partie après l’avoir copieusement insulté. Elle n’avait pas apprécié qu’il lui conseille de prendre des cours de chants plutôt que d’essayer d’intégrer une comédie musicale. Et il était un peu blasé. Franchement, il n’avait pas eu d’étincelle. Quelques-unes lui semblèrent potables. Il leur proposa de revenir pour une deuxième audition en espérant qu’il ne les prendrait pas. Il attendit donc la suivante, buvant un verre d’eau, observant la nouvelle arrivante. Une petite brune, qui se posa et l’observa avec un sourire digne d’une résidente d’asile psychiatrique. Elle le salua tout en se présentant. « Bonjour. »  lui répond-il d’un signe de tête et elle lui parla de sa sœur qu’il avait rencontré semble-t-il. Fronçant les sourcils, essayant de se rappeler. Argent… Argent… Ah oui, il voyait. « La photographe ? » Il haussa les épaules avant d’ajouter « ça ne vous donnera aucun traitement de faveur. Que chanterez-vous ? » Ce sera une chanson de Céline Dion. All by myself Et déjà, là, il était intrigué. Déjà, c’était une chanson très difficile. Et de surcroit, il était ENFIN heureux qu’il y ait une femme capable de lui chanter autre chose que du Adèle. Sérieusement, les femmes d’aujourd’hui semblaient avoir oublié ce qu’était la musique d’antan. Elle ne voyait que par les chanteurs de maintenant. Et il avait même eu une pensée pour celle ayant osé me chanter du Miley Cyrus. Sincèrement, quand on auditionnait pour une comédie musicale, fallait venir avec quelque chose qui sorte de l’ordinaire, quelque chose qui donnait envie de se projeter dans un futur proche. Aussi, il était impatient de l’entendre chanter.
Seulement, elle reste figée, ne bougeant qu’est- ce qu’elle attendait ?. « Et bien? » Lui dit-il, agacé. Elle avait peut-être du gout en matière de musique mais elle avait l’air un peu cruche. D’ailleurs, elle lui demanda si elle devait commencer. Et il leva  les yeux au ciel, ajoutant d’une voix blasée. « Non, non, ne commencez pas, on va aller se faire un tennis, puis ensuite, je vous emmènerais au restaurant. Ça vous va ? » Il demanda avant de soupirer « Evidemment, chantez. C’est du a capella. » Il ignora bien sûr les états d’âmes de cette perdue de la vie. Il se tassa contre le fauteuil, réfléchissant déjà à ce qu’il pourrait bien pouvoir lui envoyer comme répartie cinglante. Pourtant, son esprit cessa de réfléchir quand sa voix résonna. Il fut surpris. Il ne pensait pas qu’un asticot pareil pouvait avoir un timbre de voix pareil. Il était sur le cul et il la laissa chanter. Elle avait un mélange de force et de douceur. Sa voix lui donna la chair de poule. Et il sentit les poils de ses bras se dresser. Même son cœur s’y mit et s’emballa un peu. Il se racla la gorge discrètement et changea de position sur son siège pour masquer sa gêne. Il fut même mécontent quand elle s’arrêta de chanter. Il lui sembla qu’elle n’avait pas chanté toute la chanson ou alors, qu’il n’avait pas vu le temps passer. Il demeura silencieux, peut-être un peu trop longtemps après qu’elle ait fini. Il l’observa, sans le moindre sourire, avec une tête de tueur en série. Et puis, il finit par reprendre surface, revenant sur Terre et ajouta d’une voix sombre « Pouvez-vous m’en chanter une autre ? N’importe laquelle. Merci. » Il se montrait un peu plus aimable mais pas trop non plus.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Naïa Argent
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 513

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Ven 13 Jan - 23:30

Au lycée, j’avais toujours été raillée pour mon amour de la musique, de la chanson et ma lubie de monter une chorale au sein de l’école. Il ne faut pas croire que ça n’avait eu aucun succès, seulement nous nous faisions vite insulter de ringards. Le décalage avait été rude. C’est à ce moment-là que je me suis rendue compte que l’univers du lycée était cruel. Après tout, la mère Argent avait parfait notre éducation jusqu’à ce que nous allions au lycée. Dans les contrées sauvages et hostiles, mais j’avais tenu bon. J’étais tenace et pleine de motivation, totalement portée par mon amour de la musique que je parvenais à partager avec les autres membres du Conservatoire. Et aujourd’hui, au sein de cette foule d’anonymes, je me sens à ma place. Nous sommes animées de la même flamme musicale, et certainement en admiration devant l’œuvre du Moulin Rouge, ainsi que de l’audace du grand Goldstein. Avec cela, je me sens pousser des ailes et je redoute cette audition autant que j’ai hâte. Tous mes muscles sont tendus, signe d’excitation, mais mes entrailles se tordent d’angoisse. Et s’il n’appréciait pas mon style de voix ? Et s’il n’aimait pas mon choix de chanson ? Et si je n’incarnais pas la Satine dont il rêvait tant ? La pression commençait à être de plus en plus croissante. D’ailleurs, pour cause, je commençais à me ronger les ongles, à chantonner dans ma tête et à me faire tous les scénarios possibles et inimaginables… Néanmoins, je me convaincs avec le fait que tout ira bien. Après tout, il ne peut pas se montrer discourtois. Pas vrai ? D’autant plus que Jahia me l’aurait dit. Elle sait combien je peux me montrer sensible parfois. Elle ne m’aurait pas jetée dans la gueule du loup.

C’est pourquoi, quand je rentre dans la salle d’audition, j’élude totalement les réactions des demoiselles qui sont sorties en pleurs ou furibondes. J’ai la sensation d’être une godiche quand je marche pour atteindre la scène et que je ne peux pas m’empêcher le regarder tout le long avec un sourire de psychopathe. Par chance, il ne regarde pas dans ma direction. A vrai dire, je finis par me demander s’il a pris conscience de ma présence. De ce fait, je ne me démonte pas et je prends la parole pour me présenter. Il relève ses prunelles claires vers moi, accélérant les battements de mon cœur. Bon sang, il a tellement de charisme !!! Je suis au bord de la crise cardiaque, mais je me retiens de tout débordement. A la place, je commence à lui raconter ma vie comme une grosse débile. Apparemment, il se souvient de ma jumelle parce que ça fait tilt dans sa tête. Aussitôt, il répond qu’il ne m’accordera aucun traitement de faveur. Je reste sur le cul, ne m’attendant pas à ce qu’il puisse penser cela de moi. Je voudrais lui répondre, mais je me ravise rapidement. Il paraît légèrement ennuyé, mais je peux mettre ça sur le compte de toutes ces heures qu’il a passé à auditionner des demoiselles plus ou moins talentueuses. Et si son choix était déjà fait parmi les précédentes ? Je me perds dans mes angoisses, quand tout à coup, je réalise le silence qui s’étale. Merde ! Je devrais peut-être commencer ! D’ailleurs, il ne manque pas de me le rappeler fort élégamment. Et là… je déchante. Mais… mais c’est un gros connard !!! Je manque presque d’oublier qu’il faut que je chante tant je suis saisie par l’impolitesse de son ton et la virulence de ses propos. Il pourrait quand même se montrer aimable ! Intérieurement, je me mets à le traiter de tous les noms, mais je me retiens bien de lui faire la moindre remarque. Cette place, j’y tiens trop ! Puis ne sait-on jamais, peut-être est-il dans ses mauvais jours. Oui, je suis naïve et j’y crois encore. De ce fait, je n’ajoute plus rien, n’usant de ma voix que pour chanter. Reprendre la chanson de Céline Dion, c’est un gros challenge. Toute ma famille pourrait témoigner de l’admiration sans borne que je nourrie pour cette femme. Elle a toujours été mon modèle. Je trouve sa voix douce et puissante à la fois. Elle est sans doute l’artiste que j’ai la plus chanté dans ma vie. Par cette chanson, c’est sûrement une manière de lui rendre hommage d’une façon ou d’une autre. Les paroles sortent d’elle-même d’entre mes lèvres. Je connais chaque parole sur le bout des doigts, les moments où je dois envoyer en puissance et redescendre. Et même si j’ai un respect immense pour l’œuvre de Céline, je l’adapte à ma manière, aux trémolos de ma voix. Je lui donne l’intensité qui est la mienne à cet instant, oubliant totalement les propos de Monsieur Goldstein. Je ne me rends même pas compte des secondes qui se sont écoulées. Quand je termine la chanson, je redescends enfin sur la terre. Immédiatement, mes joues deviennent rouges et mon rythme cardiaque s’accélère. Est-ce qu’il aura aimé ? Est-ce que j’ai chanté comme il faut ? Mon sourire a disparu pour passer au crible toutes les expressions de l’interprète afin de déceler une réaction qui pourrait m’aiguiller. Je dois admettre qu’il me reste assez hermétique. Je l’entends se racler la gorge, se trémousser sur sa chaise sans m’accorder le moindre regard. Je prie pour qu’il relève finalement les yeux vers moi. Sauf que lorsque mes prières sont entendues, je regrette presque aussitôt. C’EST QUOI CE REGARD DE SERIAL KILLEUR ?! Je suis à deux doigts de pleurer de frayeur et de m’enfuir en courant quand il me demande d’en chanter une autre. Quoi ?! Sérieusement ? Je m’attendais à une remarque assassine de sa part, ce qui ne m’aurait plus trop étonnée de lui, mais c’est tout l’inverse. A moins qu’il ne pousse la cruauté à me faire chanter encore pour attester un peu plus de mon incompétence ? Bon, calme-toi Naïa. Tu dois trouver une chanson ! Mon esprit se met donc à carburer à toute vitesse pour trouver une chanson adéquate. Je n’avais pas vraiment prévu d’interpréter un deuxième titre et je suis prise de cours. Je me dis qu’il faudrait sûrement que je change de registre. Je mets donc les œuvres de Céline Dion dans un coin et je cherche pour autre chose. Sans doute doit-il trouver que je mets trop de temps, mais je n’ose plus ouvrir la bouche pour dire quoi que ce soit. Je refuse de me faire envoyer bouler comme la dernière fois. Et finalement, je choisis le choix qui me paraît le plus judicieux : du Barbara Streisand. Don’t rain on my parade. Je crois que je prends le plus gros risque de ma vie en faisant ce choix, mais on n’arrive à rien si on reste dans sa zone de confort. Je n’annonce pas vraiment la chanson, mais je sais pertinemment qu’il aura reconnu à la première note. Je suis emportée par la passion de ma chanson, occultant absolument ce qui peut se passer autour de moi. Dès lors que je chante, je ne suis plus vraiment la même personne. Je prends confiance en moi, je ne recherche plus l’approbation dans le regard des gens qui m’observent. Mais à l’instant même où je termine, totalement à bout de souffle, la gêne m’habite de nouveau. Et en même temps, je suis terriblement fière. Raclant ma gorge, je rajuste mon chemisier pour me donner un peu plus de contenance. Bon sang, j’ai chaud ! « Il vous en faut une autre, Monsieur Goldstein ? » TU FAIS MOINS LE MALIN, HEIN ?!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gabriel Goldstein
Admin pas aimable
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 1026

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Mer 18 Jan - 23:22

Elle l'avait sciée. Si petite et pourtant, avec un tel timbre de voix. Elle lui avait chanté du Céline Dion. Et ce n'était pas rien après tout. Chanter ses chansons, ce n'était pas seulement avoir de la voix, c'était aussi savoir transmettre les émotions. Beaucoup l'oubliait et il en avait vu des tas dans ce cas-là depuis le début de ses auditions. Il en était même dégoûté. Il ne trouvait pas sa perle rare et il avait l'impression que les gens n'auditionnaient plus que pour la gloire. Il trouvait cela en soi dommage. Participer à une comédie musicale était une expérience bien enrichissante tant pour l'artiste que celui qui créait, par le néant, un univers entier. Bien sûr, il s'inspirait d'une histoire connue, le fil directeur ne changeait pas. Mais par la prestance de ses acteurs, il espérait insuffler suffisamment de magie pour laisser le spectateur sur le derrière. Il voulait que les gens soient médusés, subjugués par le timbre de voix des chanteurs. Il voulait qu'ils soient transportés dans le monde merveilleux de ce siècle de misère. Il voulait trouver, en cet instant  même, qui serait capable de faire chavirer son coeur. Sa Satine. Sa merveilleuse Satine, à la fois merveilleuse, fragile et forte. Il ne voulait pas d'une pâle copie de Nicole Kidman, il voulait vraiment que l'artiste s'approprie le personnage et ne se contenterait pas d'imiter. Oh non, son âme devait vibrer et s'en aller loin dans l'histoire. Et justement, il ressentait cela en entendant cette fille chanter. Elle s'appelait comment déjà? Un bref regard sur sa longue liste et il se rappela qu'elle s'appelait Naïa Argent et qu'elle chantait divinement bien et juste. Il n'y avait pas une seule fausse note, témoignant d'un quelconque cours de chant. Lorsque le silence vint à nouveau, il sembla comme être ramené à la vie, sorti tout droit d'un rêve. Il la regardait sans aucune chaleur, cependant. Il n'était pas là pour faire du social. Il était ici parce qu'il avait une idée et qu'il voulait qu'elle soit mise en scène. Il n'était pas là pour aider les incompétents. Il était là pour travailler avec ceux ayant une motivation bien plus noble que le succès et la célébrité. Il ne se rendait pas compte du prix que cela avait. Sa vie ne pouvait se résumer à quelque chsoe de normal. Et pourtant, il n'était qu'un musicien compositeur. Il n'était pas acteur, ni le chanteur du moment. Cependant, il était amené à croiser des personnes célèbres et il pouvait prendre conscience de ce qu'être connu, impliquait. De la médisance, de la fausse admiration et un inconnu béant.

Il retrouvait cette lueur admirative dans le regard de Naïa dans sa manière de l'observer, pourtant, cela cessa lorsqu'elle se mit à chanter. Et puis, quand il lui demanda une autre chanson. Son coeur battit la chamade une nouvelle fois tant il se sentit transporté par sa voix. Il essaya de rester de marbre au prix d'un effort immense. Il trouvait qu'elle avait une voix magnifique, il essayait de se la visualiser comme sa future Satine, comme celle en qui les gens s'identifieront par la suite. Barbara Streisand était à l'image de ce qu'était Céline Dion. Et elle chantait divinement bien. Pour une fois, depuis ce matin, il était vraiment content. Et encore une fois, il se sentit frustré lorsqu'elle cessa de chanter. Pourquoi, les chansons étaient-elles si courtes. « Vous avez une voix potable. » Dit-il en se levant brusquement de sa chaise. Il avança vers la scène, là où elle se trouvait. Sans un mot, il se dirigea vers elle, puis lui passa se contentant juste de dire« Suivez-moi je vous prie. » venant prendre place sur le tabouret du piano à queue se trouvant non loin. Il joua quelques notes afin de rompre le silence. « Je suis convaincu que si vous êtes ici, alors ... Ce morceau, vous devez le connaître. » Il lui sourit brièvement avant de se mettre à jouer sur son piano. L'air était tellement identifiable pour tout amoureux du Moulin Rouge. « La Lune trop blême... » Commença-t-il à chanter conscient d'avoir un accent français nul à chier. Cependant, il en avait rien à foutre. Il voulait voir ce qu'elle avait dans le ventre, si elle connaissait Moulin Rouge jusqu'au bout des doigts. Et il ne fut pas déçu. Lorsque la voix de la jeune femme retentit, il se tut afin de la laisser prendre le relais qu'elle chanta parfaitement. Si juste et empli d'émotion. Parfois, il se permettait d'unir sa voix à la sienne. Il n'avait pas une voix aussi puissante que la sienne mais elle était suffisante pour des musiques aussi douces que celle-ci, et leurs voix semblèrent s'unir dans la plus parfaite des alchimies. Il ne put s'empêcher de lui sourire tandis qu'il la fixait en train de chanter. Elle s « Les ailes du moulin protègent les amoureux... » Il termina sur quelques notes, laissant sa voix accompagner celle de la jeune fille. Il se tut, l'observant sans rien dire jusqu'à ce que quelques coups frappés contre la porte, résonnèrent. Son associé entra et lui sourit. « Gab' il y a un appel urgent pour toi. » Il redescendit sur Terre, puis il se souvint qu'il était en pleine audition. « Merci. » Dit-il à l'attention de la jeune femme. Et sans un autre mot, il se leva et avança vers son associé qui ajouta d'une voix amusée « Toujours rien? » - « Et bien, je me tâte encore. Et il y en a un paquet à voir encore... » Il la quitta sans aucun mot, pris par le tournis d'un trop plein de personnes à voir. Il y avait tant de choses à faire. Il reprit les auditions qui s'éternisèrent sur pas mal de jour. Quatre jours plus précisément. Il s'aventura très souvent dans le Conservatoire, il n'était pas rare de le voir dans les parages. Il ne trouvait pas sa Satine et il était frustré. Il aurait aimé que les choses se passent autrement, que tout soit plus simple. Il avait l'impression de perdre son temps. Les candidates étaient toutes d'une nullité affligeante. Il ne cessait de leur envoyer des piques parfois méchantes. Il avait vent des rumeurs disant qu'il était un parfait connard mais il s'en moquait. « Putain, mais c'est pas possible de chanter aussi mal! Je deviens sourd! » Aboya-t-il en perdant patience. Bien sûr, il avait sélectionné quelques candidates, non pas pour Satine mais bien pour d'autres rôles. Mais ça me frustrait quand même. Au fond de lui, il fallait qu'il se rende à l'évidence. Sa Satine, il l'avait déjà en tête. Il la voyait, si belle, si pleine de grâce tout en harmonie, figée dans l'espace temps et les délicates mélodies qu'il lui jouerait. Il se leva de sa chaise, et quitta l'auditorium pour aller à l'accueil. Il demanda un renseignement qu'il obtint facilement. Il pivota, allant dans une autre aile du conservatoire: Ses semelles claquaient sur le marbre étincelant des lieux. Il s'arrêta devant une porte, frappa et entra sans plus attendre. Il était trop impatient. Bien sûr, il était en train d'interrompre un cours. Mais il n'en fut nullement perturbé. « Je voudrais voir Mademoiselle Argent. Tout de suite. » Là. Maintenant. Sur le champ. La voix impérieuse suffit à faire lever l'objet de sa demande. Sans plus attendre, il tourna les talons entendant ses pas. Il marcha en silence, jusqu'à son bureau, ouvrant la porte et la laissant entrer. « Asseyez-vous. » Exigea-t-il puis, il prit place en face d'elle, l'observant sans gêne. Au bout d'un temps, un sourire apparut sur son visage « Vous sentez-vous prête à me suivre Mademoiselle Argent et à devenir ma Satine, celle qui fera chavirer bon nombre de cœurs? » Et ô combien ses paroles se révélaient si ... révélatrices.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Naïa Argent
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 513

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Dim 22 Jan - 0:25

J’avais à cœur de lui prouver que je voulais en démordre et que je n’étais pas prête à céder ma place à une autre. Je n’étais pas prétentieuse, mais j’avais des ambitions. Ce rôle était mon ambition. Et même si je plaisantais auprès d’Héloïse sur le fait que je jouerai sûrement le buisson, il était évident que je visais un rôle de premier ordre. Je voulais l’impressionner au point qu’il se dirait qu’il ne pourrait y avoir qu’une seule et unique Satine dans son spectacle : moi. Je voulais que toutes les prestations des autres chanteurs lui paraissent fades. Je comptais bien en découdre et qu’il se retrouve complètement sur ses fesses le Goldstein prétentieux. J’étais d’autant plus déterminée qu’il ne faisait preuve d’aucune sympathie à mon égard. Certes, il devait être épuisé d’une journée entière à passer des auditions avec des candidats plus ou moins talentueux, mais ce n’était pas une raison pour être grincheux. Je prône la gentillesse, moi Monsieur !! Et de ce fait, je mets toute mon énergie dans la chanson que je suis en train d’interpréter. J’avais déjà fait mes preuves avec Céline Dion qui n’est pas un challenge facile. Elle a une voix puissante et entière qui est difficile à reproduire. Sauf que ce n’est pas ce que je tente de faire, et je pense que c’est ce qui fait ma force. Je m’approprie la chanson en jouant avec mon propre timbre de voix et avec l’intensité qui me correspond. Je n’essaye pas d’être quelqu’un d’autre parce que je suis bien trop occupée à être moi-même chaque jour. Mais là, pour ce deuxième essai, je me lance dans du Barbara Streisand. Sûrement est-ce le choix le plus audacieux de toute mon existence. wesh j’suis trop couillue, t’as vu ? Bien entendu, je connais la chanson que j’interprète sur le bout des doigts, mais je me dis que pour le cas, ça passe ou ça casse. Et à ma maigre perspective, il me semble que ça passe. Toutefois, une fois que j’ai fini, je ne peux pas ignorer le fait que je suis déjà essoufflée. Si je suis véritablement prise pour le rôle de Satine, il va falloir que je travaille mon endurance et mon souffle, sinon, ça ne va pas du tout faire l’affaire ! Je me cale cette idée dans un petit coin de ma tête tandis que j’attends le terrible verdict du monstre en face de moi. Il ne paraissait guère impressionné par ma prestation. Je devais m’avouer assez déçue, m’attendant à une réplique bien sentie. Après tout, toutes les filles avant moi étaient parties en pleurant ou en détruisant tout sur leur passage non ? Mes entrailles se tordent d’angoisse. POURQUOI TU NE PARLES PAS ESPÈCE DE POULPE ?! Et brusquement, il parle en se levant de se chaise. Je manque de sursauter, mais ce sont mes paroles qui me heurtent. « Potable ? » je répète tout bas, totalement hébétée. Bien sûr, il ne m’a pas entendu. De même qu’il n’a aucune idée de ce que je suis en train de lui faire vivre dans mon esprit à cet instant même. Je l’ai déjà tué trois fois. Il passe devant moi sans m’accorder un regard, et je me fais violence pour ne pas lui faire un croche-patte, mais ce n’était pas le moment de perdre le contrôle. Sans un mot, je le suis tout près du piano où il prend place. Apparemment, il comptait désormais tester ma culture musicale. J’AUDITIONNE PAS POUR UN BLIND TEST ! Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que je suis dans la même pièce que le grand Gabriel Goldstein et que ce dernier est en train de jouer du piano rien… que… pour… mwa. Je me retiens de l’observer avec admiration et dévotion quand ses mains viennent caresser les touches noires et blanches. Une mélodie du Moulin Rouge résonne dans l’immense salle et je lui rends son sourire. OMG ! Il a souriiiit ! J’ai presque envie de lui dire qu’il devrait le faire plus souvent car il est bien plus beau, mais je préfère me taire. Il commence à chanter, mais je prends aussitôt le relais. Je ne suis pas bête, j’ai bien compris qu’il s’agissait d’une épreuve de plus. Manque de chance pour lui, je la connais sur le bout des doigts. A vrai dire, il n’y a pas un seul des morceaux de ce film que j’ignore. Durant les dernières semaines, je n’ai cessé de les chanter encore et encore, de les jouer au piano. Je m’étais même entraînée pour ne pas avoir un accent trop dégueulasse en français. Pour le coup, c’était Jahia qui m’avait grandement aidée pour cette partie, grâce à ces multiples voyages. Quelquefois, sa voix s’alliait à la mienne dans la plus parfaite des harmonies. J’essayais de ne pas montrer que j’étais excitée comme une puce de me retrouver à chanter avec mon idole qui m’accompagnait aussi au piano. LE. RÊVE. Bon, son accent est tout pourri, mais je m’en moque bien pas mal. J’en viens presque à me dire que je m’en fous si je n’ai pas l’audition. Je pourrai presque mourir heureuse rien qu’en sachant que j’ai vécu un moment aussi inédit.

Sauf que le fameux rêve prend rapidement fin. Nous sommes interrompus par un des collaborateurs –semble-t-il- de Monsieur Goldstein. Ce dernier me remercie et je comprends que je dois m’en aller. Je lui accorde un sourire empli de reconnaissance avant de m’éclipser de la salle. Je ne cache pas que je ne sais absolument pas ce que je dois penser du déroulement de cette audition. Je ne pourrai même pas dire si ça s’est bien passé ou non. Je sais juste que… je suis AU BOUT DE MA VIE ! J’envoie mille messages à Jahia pour lui signifier que j’ai vécu un des instants les plus étranges de toute mon existence. Durant les jours qui suivirent, j’alternais entre la fébrilité et le désespoir. Un coup j’étais excitée comme une puce à l’idée qu’il puisse m’accepter. Mais l’instant d’après, je me morigénais en me disant qu’il ne fallait pas que je me fasse trop d’illusions non plus. Ma famille en faisait les frais, mais aussi mon amie Héloïse. Au bout du quatrième jour, j’étais déjà au bout du rouleau. « Il ne me prendra jamais… je vais jouer le buisson. » je marmonne, totalement déprimée en laissant tomber mon front sur le rebord de mon piano. Héloïse est juste à côté de moi sur le tabouret. Nous jouons un morceau à quatre mains, mais elle doit aussi subir mes sursauts de déprime. Aussitôt, elle passe une main dans mon dos. « Mais non, il ne faut pas dire ça. Les auditions prennent du temps et trouver une Satine parfaite, ça ne se fait pas en un jour. » Je souris à ma camarade de classe qui me rassurait avec patience. Je m’apprête à lui répondre quand tout à coup, la porte de la salle de cours s’ouvrit. Je le relève le regard et mon cœur fait un bond dans ma poitrine. « Oh punaise, c’est lui ! C’est Goldstein. » je lui murmure en saisissant son bras de peur. Il ne s’encombre pas vraiment de formule de politesse ou quoi que ce soit. Il donne simplement à Monsieur Hamilton l’objet de sa venue. Moi. Qu’il voulait. Maintenant. Sur le champ. Tout de suite. Je me relève d’un bond, presque comme un automate. Je jette un léger regard à Héloïse qui me glisse un sourire encourageant tandis que je suis l’interprète dans le couloir. Silencieusement, je marche dans ses pas avec mon cœur qui bat à tout rompre. J’ai l’impression d’être une gamine qui s’attend à un blâme. Finalement, nous arrivons dans son bureau et je m’assois comme il me le commande, lissant les pans de ma jupe. Il vient s’asseoir juste en face de moi et je retiens mon souffle. Il garde le silence longtemps. Trop longtemps si bien que je manque de me mettre à hurler tellement cette situation était frustrante, d’autant plus qu’il me détaillait sous toutes les coutures et sans aucune gêne. TA MAMAN T’A JAMAIS APPRIS A NE PAS MATER LES DEMOISELLES ?! Quand tout à coup, un sourire s’affiche sur ses lèvres. « Vous sentez-vous prête à me suivre Mademoiselle Argent et à devenir ma Satine, celle qui fera chavirer bon nombre de cœurs ? » Je le dévisage longuement, n’étant pas sûre d’avoir bien compris. L’information fait plusieurs fois le tour de mon cerveau avant qu’un sourire n’illumine mon visage. « Je… Oh mon dieu ! Je vais interpréter Satine ?! » J’avais envie de me lever et de danser dans toute la pièce mais je me retiens. A la place, je me dandine sur ma chaise en tentant de rester calme. Mais j’admets que j’ai énormément de mal. « Je n’arrive pas à y croire ! C’est le rôle de ma vie. Je rêve de la jouer depuis que je suis toute petite ! Enfin, depuis que le film est sorti et… » Et je recommence à raconter ma vie. Je me tais subitement, reprenant mon calme parce que je ne suis pas non plus chez mémé Giselle. « Je suis prête, Monsieur Goldstein. Vous n’aurez pas à être déçu. Je vous promets de vous offrir la Satine de vos rêves. » Et je le pensais sincèrement. J’allais y mettre toute ma passion et mon énergie pour incarner ce rôle comme il se l’était imaginé. « Vous avez déjà prévu une date pour le début des répétitions ? » Désormais, je n’avais qu’une hâte, c’était de commencer. Oh la la ! Quand je raconterai ça à ma famille et mes amis !!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gabriel Goldstein
Admin pas aimable
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 1026

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Dim 29 Jan - 9:07

Il n’avait plus vraiment la patience. Comme disait sa femme, il n’en avait jamais eu. Il voulait que les choses arrivent tout de suite. Hélas, faire une comédie musicale, c’était se mettre le doigt dans l’œil s’il espérait voir les choses venir rapidement. Oh non… ça prenait un temps de dingue et ça le rendait fou. Gabriel n’avait jamais été connu pour la patience. C’était inexistant chez lui. Il avait eu une éducation de bourgeois mais quand bien même, il avait été pourri gâté. Unique hériter mâle de la famille, entouré de ses deux petites sœurs, il n’avait manqué de rien. Il avait toujours eu ce qu’il voulait sans jamais connaître le mot attendre. Aussi, était-il si impatient que cela s’en ressentait dans l’organisation de la comédie. Il pouvait se montrer exécrable sur le détail, enragé sur le petit point manquant sur le i. Heureusement, il y avait ses deux collègues. Ça lui permettait d’éviter de se faire des ulcères ou de tuer quelqu’un. Il avait souvent cette envie démoniaque. Et parfois, il imaginait la pression de ses mains se refermant autour d’un cou. Bien sûr, elles ne rencontraient que du vide mais combien c’était plaisant ! Il se disait qu’il fallait être masochiste pour organiser un tel événement. Mais dans le fond… ça lui plaisait. Il adorait ça. Il était passionné et cela se voyait, s’en ressentait quand animée par une formidable énergie, il se lançait dans un monologue devant un auditoire attentif, imaginant comment se passerait cette scène. Il imaginait la musique, travaillant d’arrache-pied sur les mélodies qui se distingueraient de celles du film ou de la première version sortie il y a fort longtemps. Il laissait son imagination prendre le dessus, annihilant l’espace-temps, créant une sorte de monde parallèle dans lequel il évoluait avec grâce et candeur, jusqu’à ce que le quotidien ne se rappelle à lui, que sa vie s’offrait à ses yeux par la seule présence de sa femme ou de son enfant. Tel était son quotidien, il ne changeait pas. Il restait le même par son enfant malade, son épouse faisant la gueule. Heureusement, que le Moulin Rouge était là, à ses yeux, cette comédie musicale était son souffle de vie, l’éloignant d’un quotidien l’étouffant petit à petit.

Ainsi, il trépignait d’une excitation tellement grande. Son éducation lui permettait de ne pas gigoter dans tous les sens, il était stoïque, presque dénué d’émotions, convaincu que la jeune femme, en face de lui, allait être à sa disposition. Il s’imaginait déjà de tout ce qu’il pourrait faire. Gabriel n’était pas un sadique, il n’avait aucune pensée perverse. Seule la comédie musicale était dans son esprit, il se voyait simplement lui demander d’exécuter tel ou tel geste, de dire tel ou tel mot. Et la musique… Il avait hâte de pouvoir répéter avec elle. Il faut dire qu’il avait tant d’idées de chanson, ou de mélodies. Mais perfectionniste dans l’âme, il voulait que cela soit parfait, que la musique du piano s’accorde à la voix de Naïa. Il était convaincu qu’elle avait un timbre ne méritant que de belles mélodies, à la fois douces et trépidantes. C’était donc à lui de trouver le parfait alliage pour que tout se confonde dans une parfaite harmonie. Mais si patient était-il, il fallait prendre son mal en patience. Pour l’instant, il se contentait juste de lui annoncer l’incroyable nouvelle. Il avait trouvé sa Satine en sa propre personne. Il se permit de lui sourire d’ailleurs, ce qui était fort rare avec les gens du peuple #condescendant Et forcément, il aima l’idée de la surprendre, de voir son visage se feindre d’une expression de surprise sincère.  « Non, j’déconne en fait. Vous allez jouer le buisson vert… Vos seuls mots à dire seront « fufufu ». » Il leva les yeux au ciel, se retenant de soupirer. « Je ne vous aurais pas fait venir dans mon bureau, cela va de soi, si ça avait concerné un rôle secondaire. » Il se tassa contre sa chaise, liant ses mains ensemble tandis qu’il l’observait d’un œil perçant. « Etant donné que vous serez le rôle phare, vous allez travailler avec moi. On bâtira ensemble une Satine bien plus belle et bouleversante que la précédente…Je ne compte pas vous lâcher d’une semelle… » Ajouta-t-il lui souriant d’un air narquois. Oh que non… Elle allait en chier. Si elle croyait que ça allait être les vacances, elle se fourrait le doigt dans l’œil.

Cependant, elle ne sembla pas affectée. Bien au contraire, elle semblait tenace et tenir à ce rôle. Au moins, elle était motivée et s’enquit déjà de connaître la date des répétitions. Il leva simplement la main pour imposer le silence tel un Chancelier Palpatine en plein conseil. « On se calme. » Il poussa un soupir « Pour l’instant, les répétitions ne peuvent vraiment commencer. Il faut que nous puissions avoir tous les chanteurs réunis. Le texte est encore à l’écriture mais il est pratiquement fini et la musique doit être travaillée pour qu’elle soit en accord avec tout le monde. Notamment vos musiques. » Il ouvrit un tiroir où il en sortit une épaisse liasse de feuilles écrites sur l’ordinateur mais bariolé de ratures où se trouvait toutes les idées qu’il avait pu trouver entre-temps. C’était un fouillis mais le plus grand en ressortait. « Je compte sur votre discrétion pour ne pas montrer ce document, tout comme de le perdre. Il n’en existe qu’un seul exemplaire et il se trouve entre vos mains. Si vous le perdez, je serais obligé de jeter votre cadavre dans le Pacifique, vous comprenez ? » Il se permit même un regard de schizo histoire qu’elle comprenne bien l’importance de ce document. Bien sûr, il avait des copies, il n’était pas con non plus. Mais il ne résistait pas à l’envie de la mettre sous pression. « Vous allez prendre le temps de le lire, de le réviser et de voir ce que nous tenons à faire de la comédie musicale. Et demain matin, je vous retrouve à huit heures pour que l’on puisse commencer le travail. J’ai vu que vous suiviez un cursus assez suivi ici. » Oui, il avait étudié son dossier attentivement, allant jusqu’à chercher des informations à son sujet. Il était hors de question qu’il embauche une délinquante et Naïa était parfaite pour ça. Sans histoires. Sans rien qui ferait jaser la Presse. Dans un sens, c’était assez triste mais quand bien même, il ne voulait pas démarrer la comédie musicale sur des scandales qui altèreraient la qualité de son choix. « Il faudra suspendre tous vos cours ou le faire pendant votre temps libre. Je vous donnerais les cours de piano en même temps que nous répèterons ensemble. Vous pourrez réclamer la présence de votre prof de chant si vous en éprouvez le besoin. Il faut que vous sachiez que si vous devenez ma Satine, alors ça vous donnera de nombreux privilèges que les autres n’auront pas. » Il l’observa durant un instant, sans rien dire d’autre. « Nous pourrons donc nous rejoindre demain, ici, aux alentours de huit heures. Ne soyez pas en retard, je déteste ça. Ah prévoyez de venir avec de quoi faire du sport. Nous allons vous prévoir un programme sportif, il est important d’avoir une hygième de vie parfaite. Car il est évident qu’une fois que la comédie sera lancée, vous allez être prises dans les rouages infernaux des tournées, des concerts un nombre incalculables de fois. Vous allez être épuisée mais c’est sans doute la chance de votre vie et ce serait tellement bête de ne pas la saisir. De toute manière, je serais à vos côtés. » Il ne se voulait pas effrayant, il cherchait juste à prévenir. Ce n’était pas un seul concert,  « Des questions ? »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Naïa Argent
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 513

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Ven 17 Fév - 11:58

Oh bon sang… je n’arrive pas à le croire… Je vais jouer Satiiiiiiine dans la comédie musicale mise en scène par THE Gabriel Goldstein. Mon cœur menace d’exploser dans ma poitrine. Je suis à deux doigts de défaillir et en même temps, je me trémousse sur ma chaise, réprimant une soudaine envie de danser. « Non, j’déconne en fait. Vous allez jouer le buisson vert… Vos seuls mots à dire seront « fufufu ». » NON MAIS TU VAS TOUT DE SUITE REDESCENDRE DE TA MARCHE MONSIEUR GOLDSTEIN ?!! D’OU TU ME PARLES COMME A UNE IDIOTE ?! Je me retiens de vraiment bouder ou de lui tirer la langue. De toute manière, mon bonheur est trop complet pour être émoussé par le sarcasme du puissant metteur en scène. J’ai ma place et je compte bien la garder, d’autant plus qu’il confirme que je suis sa sélection principale. L’importance qu’il me donne ne me disant que nous travaillerons ensemble me fait rater un battement de cœur. Pour qu’il attache autant de cœur à ce qu’il supervise mes répétitions depuis le début, ce n’est pas rien… Il désire vraiment créer une Satine qui surpassera les autres et cette Satine-là, ce sera moi. La pression est énorme. Elle me fait presque tourner la tête, mais je suis déterminée à aller au bout des choses. Toutefois, l’aura malsaine de Goldstein refait son apparition quand il dit qu’il ne me lâchera pas d’une semelle. « C’est flippant… » je murmure pour moi-même tandis qu’il est bien trop occupé à s’écouter lui-même. Sauf que tout à coup, c’est le silence le plus total. Est-ce qu’il aurait pu entendre ce que je viens de dire ? Son regard m’étudiait de la manière la plus dérangeante qui soit. Et c’est ce genre de silence où on rêve que notre ventre ne fasse pas de bruits à ce moment-là, qu’une soudaine envie de tousser ne nous prenne pas. Je-ne-suis-pas-bien. J’en viens à demander quand commence les répétitions, mais je suis réduite au silence par Monseigneur qui lève la main. Trop étrange, cet homme… Néanmoins, je reste suspendue à ses lèvres. A mes yeux, il reste le grand manitou, le vieux sage dans les légendes qu’il faut toujours écouter. Manifestement, il reste encore à sélectionner beaucoup de chanteurs. La belle affaire… Puis les textes sont encore à écrire et la musique n’est pas finalisée. Bref, tout est encore à l’état de production mais mon enthousiaste n’en est pas moins éteint. Au contraire, je suis consciente de la chance que j’ai d’arriver au cœur du projet au moment où tout débute. Je ne doute pas que tout sera grandiose. Parce que même si Goldstein est un abruti fini, il n’en reste pas moins un artiste de talent que je continuerai à aduler jusqu’à mon dernier souffle. Intérieurement, je l’aime. Et un sourire béat est difficilement retenu sur mon visage. « Oui, bien sûr. » Je me sens obligée de confirmer ce qu’il dit, bien que je pense qu’il n’ait pas besoin de moi pour savoir ce qu’il dit. Il se lève pour tirer un document de son tiroir qu’il me tend. Il est raturé, bariolé de différentes couleurs, mais je reconnais là les premières partitions. Je ne vous mens pas… j’ai juste l’impression de tenir le saint Graal entre mes doigts. J’en tremble presque. Et sous les menaces de mon nouveau patron, je comprends que je devrai en prendre le plus grand soin. Tous mes patrons sont des psychopathes. « Oui, Monsieur Goldstein. Bien sûr. » JE NE VEUX PAS QUE MON CORPS FINISSE DANS LE PACIFIQUE LES GARS ! De plus, je prends réellement à cœur les enjeux de cette pièce. J’ai presque la sensation d’être en mission secrète. Bien entendu, il me paraît évident que mon rôle en tant que Satine ne sera pas révélé avant un bon bout de temps… Ainsi, j’avais mes devoirs pour la prochaine fois. Je m’y mettrai sûrement dans la semaine. Sauf que… kwa ?! Demain ?! J’ouvre de grands yeux. « Demain… matin ? » Attendez, il ne venait pas de dire que les répétitions n’allaient pas commencer avant trois plombes ? Visiblement pas pour moi. Et comme je réalise que je suis en train de passer pour une cruche, je m’empresse de hocher la tête. « Oui demain, bien sûr. Cela va de soi. » Il va finir par m’étouffer avant la fin de cet entretien. J’en profite pour sagement me la fermer tandis qu’il poursuit. Apparemment, il a lu mon dossier. C’est creepy. Quoi que normal. J’en sais trop rien. Enfin, je m’en fiche. Je n’ai ni à rougir de mes notes, ni même de mon niveau. Je sais que je suis parmi les meilleures du Conservatoire, sans aucune vanité. Il s’étend sur la manière dont va tourner mon quotidien. Je risque de ne plus être une élève aussi assidue que je le voudrais au profit de mes répétitions. Toutefois, je ne rechigne pas. D’autant plus que ma nouvelle situation semble me donner bien plus de privilège que je n’aurai pu le penser. Vers la fin, je suis carrément suspendue à ses lèvres, buvant ses paroles. Je crois bien que je ne réalise pas encore ce qui est en train de se passer. D’autant plus qu’il me parle de ces histoires de représentations, de tournées, de voyage. Ça me fait tourner la tête à tel point que j’en suis déboussolée. Je ne me réveille qu’à sa question. Je secoue énergiquement la tête. « Non. Tout… était limpide. Je serai là demain matin à huit heures. » Y’avait intérêt ! Hors de question que le rôle soit donné à une autre ! Toutefois, ce n’est visiblement pas ce qui est prévu. Je finis par prendre congés, mon précieux document entre les mains et parcourant les couloirs avec les jambes flageolantes. Je ne suis pas encore bien sûre de ce qui vient de m’arriver. Je me dirige vers ma salle de cours où il me faut récupérer mes affaires. Toutefois, je n’ai pas prêté attention à l’heure et le cours est déjà fini. Malgré tout, il reste une personne qui se tient devant la salle, ayant récupérer mes affaires et m’attendant sûrement. « Hiiiilouiiiiiise ! » Oui, depuis que nous sommes copines de beuveries, j’ai le privilège de l’appeler ainsi. Je me jette à moitié sur elle dans le couloir. « Tu ne vas pas me croire… je vais jouer Satiiiiiine ! »

***

Malheureusement, au matin, le réveil pique. Il pique un peu trop. Dès que je suis rentrée à la maison, je me suis empressée de prévenir ma sœur. Sam n’était pas là et Konan non plus. Nous n’étions que toutes les deux pour notre plus grand bonheur de jumelles et la bonne humeur s’en est fait ressentir. Toutefois, je suis à l’heure pour me rendre à ma toute première répétition. Tout en conduisant, j’ai des papillons dans le ventre, à croire que j’oublie à chaque fois que Goldstein est un être abject. Mais là, je suis presque impatiente de le retrouver. Je veux lui prouver qu’il n’a pas fait le mauvais choix et que je serai la nouvelle grande Satine. Il n’y a pas de raisons ! C’est donc muni de mon sac où j’ai fourré toutes mes affaires de sport, ainsi que les précieux documents de Goldstein que j’ai potassé toute la nuit que j’arpente les couloirs du Conservatoire. Je ne suis pas habituée à m’y rendre aussi tôt et c’est comme si personne n’y vivait. Je pourrai hurler, je crois que personne ne m’entendra… Je me dirige malgré tout vers le bureau de mon big boss, toquant plusieurs fois à la porte. Aucune réponse. C’est étrange… Je m’apprête à frapper de nouveau quand je sens une aura maléfique derrière moi. Je me retourne lentement –un peu comme dans les films d’horreur- et je tombe nez-à-nez avec Goldstein. « Kyyyaaah ! » je hurle, n’ayant pas tout de suite réalisé qu’il s’agissait de lui. Mon cœur bat comme un fou furieux et je tiens mon sac contre moi comme un bouclier. Et surtout… je me sens crétine. « Oh mon dieu, Monsieur Goldstein ! Je suis désolée, je pensais que vous étiez dans votre bureau… et il n’y a tellement personne ici que… » Et argument de merde. Je me pousse de devant sa porte pour qu’il puisse accéder à son bureau. « Enfin… je suis prête pour les répétitions ! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gabriel Goldstein
Admin pas aimable
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 1026

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Jeu 9 Mar - 22:10

Il avait souvent eu vent des rumeurs le disant pas très sympathique. Mais il s’en moquait éperdument. Il n’était pas le genre d’homme à s’émouvoir des états d’âmes du commun des mortels. Il n’avait que faire de la peine ou de la joie qu’il pouvait transmettre, tant que ses proches ou lui-même étaient heureux. Quiconque connaissait bien Gabriel Goldstein pouvait clairement dire qu’il n’y avait pas deux poids, deux mesures avec lui. Il aimait ou il détestait. C’était blanc ou c’était noir. Il n’y avait pas d’à moitié, de faux ou d’hypocrisie. Gabriel parlait, le plus souvent, avec son cœur, visant toujours à conserver une certaine part de mystère. Il avait été élevé ainsi, perdu dans une enfance dorée où il avait été l’enfant roi. Son père et sa mère lui avaient autant donné à lui comme à ses sœurs. Il était le premier né, l’hériter d’un empire et cette existence avait été la sienne jusqu’à maintenant. Il méprisait souvent les gens l’entourant et pourtant, il avait appris à mettre de l’eau dans son vin avec Mélodie. Il avait réalisé que le bonheur résidait dans la fatalité, que la richesse ne guérissait pas le cœur d’un enfant malade, qu’il pouvait tout autant se montrer désagréable avec qui que ce soit, le chemin vers la fin était le même. Il avait évolué depuis mais gardait toujours cette incapacité à parler, à dire les choses telles qu’il le pensait. Sinon, pourquoi aurait-il simplement jugé la prestation de Naïa Argent comme « potable ». Il aurait pu admettre qu’elle avait su le faire vibrer jusqu’au tréfond de son âme, que oui, il aurait pu l’entendre chanter indéfiniment. S’il trouvait son visage candide et insupportablement niais, force était d’admettre que dès lors que sa voix se mettait en route, elle dégageait quelque chose. Une force… Une âme ayant vécu, ayant été martyrisée. Il n’était pas capable d’en deviner les motifs, il se contentait juste de ressentir. Et à travers son simple « potable » il avait ressenti la chair de poule, faisant hérisser ses poils sur son bras. Oui, Gabriel Goldstein avait apprécié sa prestation. Il n’avait pas eu les bons mots. Il s’était révélé maladroit mais bon sang, il avait eu l’impression de s’oublier. Il avait eu envie de fermer les yeux et de se laisser embarquer dans l’histoire qu’elle racontait. Oui, Naïa Argent était une chanteuse unique en son genre. Elle était Satine

Et elle était, aussi, incroyablement conne. Stupide. Nunuche. Les mots lui venaient en tête tandis qu’il levait les yeux au ciel lorsqu’elle hurla. Pourtant, il était venu vers elle, d’un bon pas la voyant être devant son bureau, il lui avait dit « bonjour » mais ne s’était pas attendu à une telle réaction « Ah ouais quand même… » Dit-il, d’un air ébahi. Elle ne l’avait pas vu, visiblement et sembla tout autant gênée. « Faudrait voir de hurler pour autre chose… » Lui glissa-t-il sur un ton sournois. Bien entendu, il n’avait qu’en tête le chant, mais cette jeune femme semblait si facilement perdre pied. A croire qu’il prenait un malin plaisir à la tourmenter. C’était délectable d’une certaine manière. Il avait pleinement conscience de tenir le rêve de cette artiste au creux de ses mains. Il se demandait même si elle était capable de se mettre à genoux, s’il venait à lui demander. Toutefois, un tel degré de soumission lui aurait fait peur. Et Gabriel était, certes, inquiétant mais il n’était pas non plus un psychopathe. Il savait se tenir et il avait une réputation à conserver. Il pouvait se gargariser de ne pas être aimable mais quand bien même, il n’était pas humiliant. Enfin du moins, pas pour l’instant. « Enfin bonjour Naïa. Je suis heureux de vous voir à l’heure. » Lui dit-il, il n’aimait pas les retards bien qu’il était peu souvent à l’heure. Mais il fallait savoir que le proverbe « ne fait pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse » s’appliquait aux autres et non pas à lui. Il ne tolérait pas les retards du monde extérieur. Mais pour lui, c’était autre chose. En attendant, il se contenta de jauger du regard la jeune femme qui reprit contenance, confirmant être prête pour les répétitions. « J’y compte bien. » Ajouta-t-il avant de vérifier sa tenue. « Les vestiaires sont par là, mais vous le savez déjà. Changez-vous et nous pourrons commencer l’échauffement. Pour faire une comédie musicale, il faut de l’endurance. » Et pour avoir fait des concerts, il le savait fort bien. Il y avait une hygiène de vie à respecter, alliée, pourtant, à des horaires désordonnés. Et encore, lui, il était assis sur un piano. Alors que Naïa allait danser, chanter, faire rêver. Et pour l’instant, ça passait par l’endurance, par une forme physique du tonnerre. Il était évident qu’à la simple constatation de son visage joufflu, il allait falloir quitter les bonbons, les barres chocolatées et toutes autres substances qui allaient forcément altérer sa forme physique. Elle allait en chier, mais c’était pour son bien. Et le sien aussi. Aussi, lorsqu’elle fut prête après un temps d’attente où il prit le temps de se boire un café, il la retrouva bien vite. Ensemble, ils traversèrent le lieu désert pour se diriger vers la cour arrière. Le domaine était immense et connu pour son immense terrain. Il y avait de la verdure, des arbres et l’été, l’endroit était bien vite transformé en air de concert classique où il faisait bon d’écouter de la musique tout en étant à l’air frais. Aujourd’hui, cet endroit allait devenir  le terrain de torture de Naïa Argent. Et ils se mirent à courir. Il se cala à son rythme de tortue, compatissant mentalement pour ses petites jambes. Pourquoi cette Satine était-elle si petite et si frêle ? Il se posait la question sans jamais s’inquiéter sur sa partenaire. Il réfléchissait. Il pensait à des milliards de choses et notamment la taille de sa protégée. Oui, elle était semblable à un hobbit hurlant mais quand bien même, sa voix décoiffait les chauves. « ça va ou dois-je bientôt appeler les pompes funèbres ? » Finit-il par dire en tournant le regard vers la jeune femme. De toute évidence, elle devait être de ce genre à procrastiner plus qu’à se bouger le cul. Il s’arrêta de courir finalement, la fixant d’un air de psychopathe et finalement, ajouta d’une voix sans appel « Et maintenant…. Cinquante pompes. » Il allait l’achever.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Naïa Argent
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 513

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Mar 4 Avr - 22:21

OH MON DIEU ! JE N’ÉTAIS PAS PRÊTE ! Un Goldstein sauvage venait d’apparaître derrière moi et je n’avais eu pour autre réaction que de hurler. Certes, c’était sûrement un comportement un peu disproportionné, mais il fallait admettre que je n’avais rien pour être rassurée. Tout premièrement, je m’étais pointée si tôt au Conservatoire qu’il n’y avait pas un seul chat dans les couloirs. Et le matin, quand le soleil est à peine levé et que les néons ne s’éclairent que pour moi, je dois admettre que ça fout les miquettes. Je ne suis en rien rassurée, d’autant plus que cette première journée de répétition me fout un trac monstrueux. Toute la nuit, je me suis attelée à lire les précieux papiers qu’il m’avait donné. Les premiers textes. Les premières compositions. Ses ébauches. Bref, le Graal en somme. Je m’étais déjà mise en train pour les mémoriser, tenter d’appréhender ces mélodies qui changeaient de l’original. Juste avec ces papiers, j’avais pu cerner la volonté de Goldstein de faire quelque chose de totalement inédit pour oublier les spectateurs. Cela ne pouvait que forcer mon admiration. Il était désespéramment talentueux et visionnaire. Et même s’il me fichait une trouille monstre, je l’admirais pour ce qu’il était : un pur génie.
Sauf que voilà… il m’effrayait autant qu’il ne m’enchantait. Et dans un cadre aussi flippant qu’un conservatoire vide, me retrouver nez-à-nez avec lui m’a fichu une trouille monstre. Ce mec a une tête de psychopathe terrible ! J’ai juste envie de m’écrouler par terre et de mourir d’une crise cardiaque. En vérité, il m’avait juste dit bonjour. Et face à un compositeur désabusé, je me sens comme la dernière des idiotes. Je rougis plus que de raisons. Et encore plus quand il m’annonce qu’il faudrait que je crie pour autre chose. Quoi ? Que ? Comment donc ? Je sens mes entrailles se tordre. Attendez… il compte me faire quoi pour ces répétitions ?! Me torturer ? Me fouetter ? Me maltraiter jusqu’à ce que je sorte la bonne note ?! Je déglutis très difficilement, sentant des frissons me parcourir de partout tandis qu’il décrète être heureux de me voir à l’heure. Pour le coup, s’il y a bien une chose qu’on ne peut pas me reprocher, c’est la ponctualité. « Vous aviez dit huit heures… » Comme si ça paraissait du coup naturel. Ce qui était normal en soit. Mais bon, je voulais juste lui signifier qu’il s’agissait de quelque chose de naturel. D’ailleurs, j’étais fin prête pour les répétitions. Dans mon regard, il pourrait très certainement discerner la motivation qui me tenaillait depuis qu’il m’avait annoncé que je serai sa précieuse Satine. Il m’indique où se trouvent les vestiaires pour me changer. Je suis pas des plus ravies d’apprendre que nous allons faire du sport, mais je ne suis pas non plus très étonnée. Hier, il avait annoncé la couleur. « Je me dépêche ! »

Je m’empresse d’atterrir dans les vestiaires. Une fois à l’intérieur, je me débarrasse de mes vêtements avant d’enfiler ma tenue de sport. Brièvement, je consulte mon portable où j’ai un message de ma sœur Jahia qui m’encourage pour aujourd’hui. Immédiatement, cette attention me met du baume au cœur, et c’est pleine d’entrain que je rejoins Goldstein dans son bureau. Il se permet de boire un café le gredin ! Et pas même il m’en propose ! Visiblement, c’est l’heure de l’échauffement avant tout. Et durant tout le trajet qui nous amène à l’arrière du bâtiment, je me demande ce qu’il va bien pouvoir me faire faire. Courir peut-être ? Ne serait-ce que pour travailler la respiration. J’avais effectivement vu juste pour le premier exercice. Il m’annonce qu’il faut courir. D’ailleurs, je suis assez rassurée de constater qu’il se met à courir à mes côtés. JE COURS AVEC GOLDSTEIN BON SANG ! Après tout, j’aurai eu l’air d’une abrutie à faire des tours de terrain pendant qu’il me regarderait une tasse de café à la main. Mais je regrette bien vite qu’il coure avec moi, car ce grand dadet possède les jambes les plus longues du monde !!! Je tente plusieurs fois d’accélérer l’allure, mais c’est lui qui est obligé de se caler au mien. Sauf qu’au fur et à mesure de l’entraînement, ce psychopathe ne fait plus attention à mon rythme et il accélère. Je me mets à courir comme une dératée pour le suivre. A croire qu’une armée d’orques est à mes trousses ! Toujours est-il que lorsque nous finissons, je suis déjà au bout de ma vie et qu’il est à peine essoufflé. POURQUOI ?! Je me courbe, tentant de me reprendre ma respiration, mais on a l’impression que j’ai couru un marathon de 10 000 kilomètres. Je me raccroche à l’une des parois du mur, complètement hors de moi-même. C’est quoi cet entraînement de malade ?! En plus, il se permet de se foutre de ma gueule !! J’attrape ma bouteille d’eau, buvant une gorgée avant de reprendre contenance. « Non… ça va ! J’ai juste plus l’habitude. » Pour être honnête, je ne l’avais jamais eue. C’était Jahia la grande sportive de la famille. « Et maintenant, on peut aller chanter ? » D’ici, je peux entendre le rire diabolique qui résonne dans la tête de Goldstein. Il n’en a manifestement pas fini avec moi, parce qu’il m’achève en m’ordonnant cinquante pompes pour la suite. Etant en train de boire, je recrache complètement ma gorgée. « Quoi ?! Cinquante pompes ?! C’est une blague ! » Sauf que ce n’en est pas une et je ne suis pas de taille à polémiquer avec le grand patron. D’autant plus que je refuse de perdre mon rôle. Après tout, je savais que j’allais en chier… enfin, sûrement pas ainsi.
Déjà déprimée à l’idée de faire des pompes, je me fous par terre et je commence l’exercice. Oh putain… c’est duuuur ! Et en plus, j’ai Goldstein au-dessus de moi qui critique mes pompes. Il me dit que je les fais mal, m’explique avec son amabilité habituelle et il pousse même le vice à me montrer comme si j’étais une demeurée. Je ne trouve de refuge que dans mes rêveries où je me convaincs que je fais tout ça pour obtenir la célébrité que je désire. Après tout, j’ai déjà entendu le témoignage de certaines stars qui avaient affirmé en avoir chié à mort avant d’être en haut de l’affiche. C’est ainsi que je poursuis mes pompes. J’en suis à plus de la moitié quand tout à coup, je m’écroule au sol. « J’en peuuux pluuuus ! » je geins, morte de fatigue. Mon corps me hurle qu’il a mal. Mes muscles me disent que j’en fais trop. Et mon âme menace de s’échapper de moi. « Je vais mourir… » J’aurai certainement pu rester au sol telle une loque humaine, attendant que mon corps se liquéfie en intégralité. Mais c’était sans attendre les paroles de Goldstein. Je crois que, de toute ma vie, on ne m’a jamais aussi mal parlé. Cet homme n’est pas un humain, c’est un monstre. Un tortionnaire. Un connard. Mais un connard qui détient les clefs de mon succès, de ma carrière. En m’offrant le rôle, je lui ai donné en échange mon futur et il comptait bien me le rappeler chaque jour un peu plus. Ses paroles me piquent au vif et je me redresse subitement. Je ne suis pas plus haute que trois pommes, mais une fois debout, je le défis du regard, vraiment pas contente. Je suis à deux doigts de pleurer. A deux doigts de tout envoyer chier. A deux doigts de l’insulter de toutes mes forces parce que cet homme est le mal incarné. Et je pense qu’il le sent dans mon regard.
Pourtant, je fais sûrement la chose la plus inattendue en ne répliquant pas. Après un dernier regard noir, je me contente de reprendre mes pompes. Cet abruti se permet d’ailleurs de reprendre le compte du début. Mais je suis tellement enragée que je lui fais ces cinquante pompes en intégralité. J’en chie ma vie. Je suis presque morte. J’ai mal de partout, mais je m’en fous. Mon orgueil est trop blessé ! « Et maintenant ? » Je demande, farouche, avec l’envie évidente d’en démorde. C’est moi ta Satine, et je le resterai !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gabriel Goldstein
Admin pas aimable
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 1026

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Lun 17 Avr - 18:11

Il était connu pour être un tortionnaire. Les gens ne le décrivaient pas comme quelqu’un de gentil. La bienveillance ne faisait pas partie de son vocabulaire. Ce qui était encore pire, c’est qu’il restait stoïque. Il n’était pas celui qui torturait dans des hurlements. Bien au contraire, il était sournois, prenant les gens par surprise, alliant le sourire et le charisme à la véritable volonté de terroriser et de mener son monde à la baguette. Il avait une réputation à la hauteur de sa froideur. Et en général, les gens n’avaient jamais pris le risque de le défier. Il valait mieux ne pas s’y frotter, car s’attirait la colère du pianiste n’était pas synonyme de jours meilleurs. Bien au contraire, c’était le début de la fin. Il était têtu et obstiné, il lâchaît peu souvent prise. Et encore plus dans des conflits, il était une véritable tête de mule. A vrai dire, tous ces défauts n’empêchaient pas d’être un homme épris de passion pour sa famille, pour l’art qu’il pratiquait. Les gens disaient de lui qu’il était un génie, qu'il savait ce qu’il voulait. Et un enseignement à la Goldstein ne pouvait être que synonyme de réussite. A la seule condition de ne pas lui tenir tête. Une seule personne avait eu l’affront d’un tel sacrilège. La lutte avait été violente, acharnée. Et finalement, il avait fini par l’épouser, par la voir devenir mère. Ça faisait dix ans. Et aujourd’hui, ils en riaient encore –quand ils ne se faisaient pas la gueule- mais Delilah restait la seule exception. Aux autres, il ne leur faisait pas de cadeau. Il n’était pas une association pour la lutte des handicapés, il n’était pas gentil, il n’était pas là pour de l’humanitaire. Il était là parce qu’il s’était donné un défi et qu’il comptait bien à ce que tout se passe bien. Il y avait tant de boulot. Et ça passait par des étapes qu’il jugeait primordial.

Par exemple, avec la nouvelle Satine, la première étape concernaient la mise à mort du patient. Il allait l’achever. Il le remarquait bien tandis qu’il courait en sa compagnie, augmentant la cadence petit à petit. Mais elle tint bon. Jusqu’à ce qu’il s’arrêta, lui laissant le temps de reprendre son souffle ou de décéder un peu plus. De toute façon, il allait l’achever. Il allait lui montrer que ce rôle, elle devait le mériter, elle devait ne jamais faillir. Parce qu’il allait avoir, plus que jamais, besoin d’elle, qu’elle allait subir un rythme soutenu durant les prochains mois. Quand bien même, ce fut dans cette idée qu’il lui intima l’ordre –mais dit poliment- de faire cinquante pompes. Ce fut d’ailleurs amusant de voir son visage se décomposer sous l’effet de la nouvelle. Elle ne s’était pas attendue à cela. Que croyait-elle ? Que ça allait être comme dans les films, qu’elle allait fouler les planches de la scène, qu’elle se pavanerait comme la pièce maîtresse du show ? Absurdité ! Pour l’instant, il était la pièce maîtresse. Et, il lui glissa un sourire lui faisant comprendre qu’elle n’avait pas le choix. Et pendant qu’elle souffrait et mourrait petit à petit, lui buvait tranquillement sa bouteille d’eau. Il comptait le nombre qu’elle faisait. Quand bien même, il se savait tout simplement horrible. « Celle-là est juste horrible. Je la compte pour moitié… Donc onze et demi. » Il n’allait pas l’épargner. Cependant, elle capitula à la moitié, s’écroulant à même le sol. « Bah alors ? Déjà ? » Se contenta-t-il de dire d’une voix amusée. Il l’observa faire, sans doute, ça devait remuer dans sa petite tête. Il ne disait rien se contentant de la dévisager avec ce sourire en coin. Ce fut suffisant pour déclencher une réaction. Elle le fusilla du regard mais reprit ses pompes. Avec plus de hargne. Plus de rage. Avait-il touché un point sensible ? Sans doute. Et finalement, elle fit ses pompes, se relevant et l’observant avec une lueur de défi. Et maintenant… Bonne question. « Faut vous dire, Naïa, que cet échauffement, cet effort fourni aujourd’hui sera encore plus intense par la suite. Je vous montrerais le calendrier de la tournée prévue. Mais ça va être long. Les représentations vont s’enchaîner, vous ne vous reposerez jamais. Vous allez souvent être fatiguée. » Néanmoins, le sourire était moins effrayant, plus tendre aussi. « Mais vous ne serez pas seule. Je serais avec vous et vous allez pouvoir compter sur les autres membres de la troupe aussi. Mais vous… Vous aurez le plus grand rôle. Vous serez celle que l’on regarderez alors forcément, l’enjeu sera tout aussi grand. » Il but une nouvelle gorgée et ajouta : « Maintenant, je pense qu’on peut aller prendre une bonne douche et attaquer notre travail. Vous sentez mauvais. » Déclara-t-il avec un sourire en coin. Bon sang comme il aimait la faire mousser. Ça le détendait pas mal. « Et puis, la semaine prochaine, on recommencera cette séance de sport. Vous allez être surprise de vous-même. » Et d’un point de vue général, surprise d’apprendre qu’il ne demanderait plus cinquante pompes mais soixante quinze. Ouuuuh, comme il avait hâte.

Mais pour l’heure, il avait pris sa douche dans ses espaces privés. Il ne prenait pas sa douche dans les vestiaires prévus. Ce n’était pas un pauvre non plus. Il jouissait de certains privilèges. Et une fois qu’il fut propre, habillé, il se rendit à la salle de représentation où Naïa devait le rejoindre. Elle n’était pas encore arrivée. Mais ce n’était pas grave. Il avait l’habitude du temps de préparation féminin. Avec Delilah, c’était toujours la même rengaine de toute façon, elle mettait toujours un temps fou à se préparer, à se torturer les méninges sur la choix des boucles d’oreilles alliées à la robe et la pochette. Tout ce qu’il ne comprenait pas. Mais ça ne le dérangeait pas. Il avait baigné dans l’attente de ces soirées mondaines et combien de fois, avait-il pris l’habitude de l’observer se préparer avec sa fille dans ses bras. C’était leur rituel. Un peu moins ces temps-ci. Mais étrangement, ce souvenir lui apportait du réconfort. Il joua un peu de piano le temps de réviser quelques accords sur certaines musiques quand Naïa arriva. « Bien, passons aux choses sérieuses… » Il lui glissa un sourire neutre. « Avez-vous pris le temps de lire le manuscrit remis hier ? Est-ce que vous avez des questions ? Des choses à revoir en particulier ? Qu’en avez-vous pensé ? » Il lui demandait son avis parce qu’il estimait qu’elle avait l’importance pour cela. Après tout, il souhaitait que tout se passe à merveille et cela commençait par le fait d’être imprégnée dans son rôle, espérant que cette Satine si différente de Nicole Kidman saurait en imposer.  D’un certain côté, il était sûr de lui, Naïa Argent lui réservait bien des surprises. En attendant, elle avait été bien brave et docile pendant l'échauffement, alors il se permit de lui faire une fleur -oui, ça lui arrivait aussi- et il prit place sur son piano sortant le manuscrit ainsi que les notes comportant toutes les partitions. « Vous avez été forte pendant l'échauffement alors vous avez mérité de choisir. Sur quelle chanson, souhaitez-vous que l'on travaille ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Naïa Argent
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 513

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Mer 3 Mai - 20:39

Moi qui pensais que les répétitions allaient rimer avec plaisir, je me fourre le doigt dans l’œil bien profond. Visiblement, Monsieur Goldstein avait prévu des séances de torture dès l’aube où j’allais en chier ma race bien comme il faut. Et tandis que je suis en train de faire des pompes, je me demande sincèrement si je n’aurai pas mieux fait d’accepter cet autre rôle du robot dans la comédie musicale de Dorothée. Peut-être que je n’aurai pu connu le même prestige, mais j’en aurai moins chié ma vie et j’y aurai sûrement pris plus de plaisir. Oui, en fait, je vais démissionner et accepter ce rôle. Très bonne idée. Naïa valide ! Quoi que… non mais qu’est-ce que je raconte ! Je viens d’obtenir le rôle de Satine ! Je vais jouer Satine dans la comédie musicale du Moulin Rouge. Et qui s’occupe de moi durant les répétitions ? Le grand Gabriel Goldstein ! De quoi osais-je me plaindre ? Bon, il est grand temps que je me prenne par la main et que je devienne une grande fille. Je vais en chier ? Apparemment. Est-ce que je vais pleurer ? Sûrement. Beaucoup ? Peut-être bien. Est-ce que ça va être dur ? J’en suis persuadée. Est-ce que je vais le regretter ? Carrément pas ! Passer les auditions n’était pas l’épreuve la plus compliquée. Il s’agissait du début de l’aventure, et ce n’était certainement pas le plus compliqué. Malgré tout, je voulais tenir bon et me montrer suffisamment courageuse. Je ne voulais pas passer pour une mauviette, ou même qu’il soit déçu, pensant qu’il aurait pu prendre une mauvaise décision. Je refusais qu’une autre Satine puisse prendre ma place d’une manière ou d’une autre. Je voyais venir les moments de découragement, mais il s’agissait de mes efforts pour atteindre la célébrité, la reconnaissance de Goldstein, un nom dans le monde de la musique et être reconnue pour mon talent. Depuis que Gabriel m’avait annoncé la nouvelle, je ne réalisais pas vraiment. Je pense que je n’avais pas encore compris ce qui était en train de m’arriver. Et maintenant que je suis en train de faire ces pompes, suant sang et os, j’ai toute la rage qui m’habite. Je ne supporte pas qu’on me sous-estime. Je ne supporte pas qu’on me rabaisse. Je ne supporte pas qu’on puisse penser que je ne suis qu’une moins que rien. Ou pire encore, que je n’étais pas digne du rôle de Satine. J’avais travaillé trop dur pour me voir voler une telle opportunité juste parce que je ne parvenais pas à effectuer le nombre de pompes suffisants. Alors je m’y acharne avec rage. Si bien que lorsque je me relève, complètement au bout de ma vie et essoufflée, je défie du regard le grand Goldstein. Si un jour on m’avait dit que je jetterai un tel regard à l’un des grands héros de ma vie, je n’y aurai pas cru. Et durant une seconde, j’ai la sensation de voir l’ombre d’un sourire jusqu’à ce qu’il se lance dans un long discours. Tout deviendra de plus en plus dur, de plus en plus intense. Si je commence à baisser les bras aujourd’hui, il vaut mieux que je passe mon tour. Sauf que ce n’est certainement pas mon intention. Et je me battrai jusqu’au bout. Je l’écoute sans ciller m’expliquer ce que sera la suite de l’aventure. Dans le fond, j’apprécie le fait qu’il ne me cache aucune des difficultés de la comédie musicale, de la tournée et de ce qui nous attend. Je devais me montrer à la hauteur de ce cadeau qui m’était fait d’être Satine. Et face à ce discours teinté d’une tendresse presque imperceptible, je me détends légèrement. Mon regard s’adoucit et je me retrouve juste à l’écouter avec attention, buvant la moindre de ses paroles, hochant la tête pour lui signifier que je comprends parfaitement. Et alors qu’il était parvenu à remonter dans mon estime, voilà qu’il en redescend aussitôt en me disant que je sens mauvais. Parce que tu sens bon peut-être ?!! L’honnêteté ça va bien, mais cinq minutes hein ! Toutefois, je ne cache pas mon soulagement alors qu’il ne parle d’une séance de sport qu’à partir de la semaine prochaine. Une semaine de répit. Sauf que je sais aussi que je vais mourir à cause de mes courbatures et qu’une semaine sera tout juste suffisante pour m’en remettre.

Me voilà donc partie du côté des vestiaires. Je n’avais encore jamais utilisé les douches au Conservatoire. Forcément, elles étaient plutôt utilisées pour les sections plus sportives, comme la danse. Mais je ne suis pas mécontente de pouvoir me plonger sous l’eau chaude. Je m’y laisserai bien mourir, toutefois, je n’ai pas envie qu’il puisse penser que je lambine. Je me lave donc en troisième vitesse, et tandis que je me sèche, j’en profite aussi pour envoyer un message à Jahia et à Héloïse pour leur dire que Goldstein est un gros psychopathe et que si jamais elles ne me voyaient plus, c’est que je serai morte d’épuisement. Et après ces messages envoyés sans aucune exagération, je m’habille rapidement et je commence à vouloir regagner la salle des répétitions. Sauf qu’en chemin, je me rends compte comme une abrutie que j’ai oublié les partitions qu’il m’avait confiées la veille. Je rebrousse chemin, pressant le pas sur le retour afin de ne pas me faire fatalement enguirlander. Je passe par l’entrée des artistes, et quand j’arrive proche de la scène en venant des coulisses, j’entends une mélodie légère qui revient à mes oreilles. Goldstein est en train de jouer du piano, et je ne peux pas m’empêcher de me nicher dans un coin où je peux l’observer sans qu’il ne prête attention à moi. Il est peut-être un sale psychopathe, mais il joue divinement. Je l’étudie à dérobée, trouvant chez lui une expression bien plus profonde, plus émouvante. Je ne sais pas trop si c’est à cause de la mélodie qui m’enrobe, mais j’en viens à être touchée par cet homme qui paraît bien plus complexe qu’il n’en a l’air. Malgré tout, je finis par reprendre mes esprits, m’approchant avec le cœur qui bat la chamade. Je n’aime pas l’entendre arrêter de jouer à mon approche. Je pose la musique sur le piano afin qu’il voie bien que je l’ai étudiée. Ainsi, il m’assomme de quelques questions. C’est incroyablement intimidant. « Eh bien… c’est assez différent de l’original, et en même temps très similaire. C’est très étrange, mais c’est beau. » Je lui dis vraiment les mots comme ils me viennent. J’aurai pu prévoir de beaux discours, mais avec l’entraînement, mon cerveau est en compote. Je m’exprime seulement avec mes émotions. « C’est une interprétation très personnelle. Elle me plaît beaucoup. » Comme toujours en vérité. Il n’y avait rien de lui que je détestais de tout son travail. Il était pour moi un génie. Un idiot, mais un génie. Mes yeux parcourent les lignes des partitions, n’ayant pas trop encore le cran de faire une quelconque remarque. Peut-être un peu plus tard. Quand il m’offre soudain de choisir la chanson à interpréter. Immédiatement, je me redresse et un sourire étire mes lèvres. « Vraiment ? » De plus, son commentaire était accompagné d’un compliment. Est-ce qu’il jouait au méchant ? Peut-être bien. Je ravale vite ma question, sachant qu’il n’aime pas les paroles idiotes. « J’aimerais énormément travailler sur Fly away. » J’aurai aimé interpréter Come what may question de lui montrer ce que je pouvais avoir dans le ventre. Sauf que cette chanson pouvait être autant casse-gueule. Je n’avais aucune envie de décevoir Gabriel dès la première répétition, d’autant plus qu’il avait effectué beaucoup de modifications sur celle-ci. Je ne voulais pas être à côté de la plaque. Ce choix paraît convenir à Goldstein qui récupère les partitions au piano correspondantes. Mon cœur se serre dans ma poitrine tandis que j’inspire un grand coup. Il donne la mesure, et tandis que les premières notes se font entendre, je ferme les yeux. « I follow the night, can’t stand the light… When will I begin, to live again ? One day I’ll fly away, leave all this to yesterday » Je suis une fille maladroite. Je suis une fille un peu étrange. Je suis une fille qui parle beaucoup. Je suis une fille à la fois introvertie et extravertie. Je suis une fille sans beaucoup de logique. Je suis une fille qu’on pourrait trouver un peu idiote parfois. Mais dès lors qu’il était question de musique, je me métamorphosais complètement. Et tandis que je reprends ce titre si bien interprété par Nicole Kidman, j’y mets toute mon âme et toutes mes tripes. Ces paroles comptent tellement pour moi. Elles ont un sens tout particulier. Depuis toujours, je souhaitais être comme ma jumelle, être un électron libre qui vogue de partout sans savoir de quoi sera fait son lendemain. Moi, je ne suis pas ainsi. J’ai toujours résidé à Los Angeles, je n’ai pas beaucoup voyagé depuis le Mali, et j’ai peur de l’avenir. Mais quand je chante, je l’oublie, comprenant que ce je désire depuis toujours m’attend bien plus loin. Et quand la dernière note s’abandonne dans la salle des répétitions, je reprends corps avec la réalité. C’est toujours très étrange ces instants où je n’ai plus vraiment la sensation d’être moi-même. Je n’ose pas vraiment demander comment il a trouvé ma prestation. C’est véritablement intimidant, et je ne suis pas prête à recevoir un autre « portable. » Néanmoins, je me hasarde un peu. « Comment est-ce que vous imaginez votre Satine ? Je me doute que je ne pourrai pas vraiment rivaliser avec Nicole Kidman et que ce n’est pas forcément dans votre intention non plus. » J’ai la sensation d’être une gamine face à lui. J’ose malgré tout relever le regard vers lui. « Dites-le moi. Comment faut-il que je sois ? Comment imaginez-vous votre Satine parfaite ? Je peux le devenir. J’en suis sûre. » Et à cet instant, je n’ai que cette idée en tête. Je veux montrer de quoi je suis capable. Je veux montrer que je peux travailler très dur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gabriel Goldstein
Admin pas aimable
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
MESSAGES : 1026

MessageSujet: Re: « The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥   Mar 30 Mai - 20:50

Il avait toujours été autoritaire. Animé par la passion, il aimait la transmettre sans jamais perdre son temps. Ça l'horripilait en quelque sorte et il savait que son succès n'était dû qu'à son travail constant, cette énergie qu'il mettait dans ces doigts jouant toutes ces mélodies. Il ne faisait pas semblant, était sincère à la limite de l'être un peu trop. Mais c'était ainsi qu'il brillait. En dehors de sa vie privée, il se savait complètement différent au travail. Bien plus passionné et fort intransigeant. Après tout, c'était la clé pour beaucoup de choses. Il misait beaucoup sur sa comédie musicale et ne souhaitait pas qu'elle soit un échec. Il risquait de mal le vivre sans aucun doute. Sa colère serait à la hauteur de la honte qu'il pourrait ressentir. C'était un peu cette dernière chance de briller un peu, de pouvoir accéder à cette gloire qu'il avait tant cherché, qu'il avait effleuré du bout des doigts avant de tourner les talons et préférer une vie de famille. Il ne regrettait pas parce qu'il aimait sa femme et sa fille, sans aucun doute d'ailleurs. Mais il tenait à cette comédie musicale. Le projet ne cessait de prendre une ampleur à ses yeux au fur et à mesure que tout avançait. Il tenait à ce que tout fonctionne et soit un franc succès. Les rumeurs circulant à ce sujet étaient bonnes. Il appréciait les entendre quand bien même ça mettait un peu plus de pression. Il préférait la transmettre a sa troupe histoire de leur faire comprendre que cette chance était autant la leur que la sienne. Il suffisait de la saisir et de ne pas l'oublier. De ce fait, il n'avait aucun scrupule à se montrer horrible avec Naïa. Non pas qu'il ressentait de mauvaises choses à son égard. Bon bien sûr, il la trouvait un peu nunuche mais en dehors de cela, elle avait toutes les qualités pour être cette Satine qu'il avait tant cherché. Il aimait la martyriser parce qu'elle en avait dans le ventre. Elle était tenace et il voulait qu'elle puisse en tenir compte, en prendre conscience pour s'en servir comme force et aller de l'avant. Le chemin jusqu'à la représentation était encore long et semé d'embûches. De ce fait, lorsqu'elle arriva toute fraîche et pimpante, il n'attendit pas plus pour se mettre au travail immédiatement. Tout d'abord, il la questionna au sujet du script remis comprenant les partitions, les chansons et un peu ce qui se dirait entre chaque musique. Après tout, ce n'était pas totalement chanté, il y avait tant de choses à mettre en place. Ce qui différait du film au cinéma ou du théâtre. La difficulté était plus grande. Il fallait ne pas oublier son texte, chanter juste et se rappeler des nombreux pas de danse. Ah tiens, lui avait-il dit qu'elle aurait des séances de danse. Elle paraissait être un peu raide et ça ne lui ferait pas de mal. Quand bien même, elle en aurait besoin. Les danses du film étaient toutes si belles les unes des autres, compliquées notamment pour celle de Roxanne. Du tango argentin. Ça demandait du temps et de l'entraînement mais il y croyait. Sans plus tarder, il s'empressa de demander à la jeune femme ce qu'elle en avait pensé du script lu. Il était désireux de savoir ce qu'elle en avait ressorti. Après tout, elle était le rôle principal avec le Poète. Aussi jugeait-il important de savoir. Un sourire étira ses lèvres lorsqu'il appris qu'elle avait aimé, qu'elle trouvait que c'était original et bien différent du film. « Je suis content. » Dit-il passant une main derrière sa nuque, un poil gêné malgré tout. « C'etait le but d'ailleurs. D'être en dehors du film, d'éviter la comparaison douteuse. Je suis donc content que vous aimez ma version. C'est déjà un bon début. » Pour le reste, elle n'avait pas de question et sans doute, avait-elle tout compris. Ou alors, elle avait peur mais n'osait pas le dire. Il se savait intimidant et il ne faisait pas d'efforts non plus. Quand bien même, il passa bien vite dans le vif du sujet, lui offrant la possibilité de pouvoir s'entraîner sur la musique de son choix. Bien sûr, il aurait pu lui donner de chanter toutes les chansons. Mais sans doute, en demandait-il trop, d'autant plus qu'elle avait déjà subi l'entraînement drastique de ce matin. Il ne tenait pas à l'assommer ou à la tuer. Après tout, Satine ne mourrait qu'à la fin. Ainsi, Naïa Argent aurait cette possibilité mais seulement après la fin de la tournée. Pour l'instant, il gardait encore pour lui.

Car elle avait un don. C'était indéniable. Elle choisit de chanter sur Fly Away. Et il acquiesça d'un simple hochement de tête. Il commença à jouer la mélodie et automatiquement, la voix de Naïa emplit la pièce où ils se trouvaient. Si grande et pourtant, tellement petite face à son timbre de voix. Elle était quelqu'un d'autre. Si gracieuse et bien loin de ce manque d'assurance qu'elle possédait. Il l'observait chanter à la dérobée, connaissant suffisamment ses touches pour ne plus regarder ce qu'il faisait. À vrai dire, il préférait regarder cette Naïa et se convaincre qu'elle ferait une Satine bien merveilleuse. Elle allait briller. Il avait plus foi en elle sur ce qu'elle ferait sur scène que dans son nombre de pompes fait pendant l'entraînement. Le reste n'était que futilité tant il se laissait transporter par la douce voix comme dans cet ancien temps où il se plaisait à jouer avec Delilah. Il l'avait tellement aimé pour cela, capable de temps en si peu de geste et de mots. La musique libérait l'âme et alliée à là délicieuse voix de la brune, Gabriel se sentait être ailleurs. Si bien. Si loin. Il ne déplora qu'une chose : la musique cessa. À son grand désespoir. Et pourtant, il resta stoïque laissant les touches vibrer une dernière fois avant de se taire, de redescendre sur terre et de retrouver la jeune femme hésitante et gauche. « C'etait vraiment bien. Même très bien. Bien sûr il y a du travail encore. J'ai prévu de vous inscrire à des cours de chants ne serait-ce que pour apprendre à bien gérer votre voix, à entraîner vos cordes vocales histoire d'être prête pour le grand jour. Mais déjà maintenant... Je suis satisfait. » Un sourire apparut sur son visage et il se tut laissant Naïa poser ses questions. Elle l'interrogeait sur la façon dont il voyait Satine, s'il y avait des choses à modifier ou non. C'était légitime mais il connaissait deja la réponse. Il n'attendit pas pour lui répondre : « Et bien je n'aurai qu'une seule chose à dire. Soyez la Satine telle que vous la ressentez, Naïa. Après tout, votre prestation de maintenant n'en est que la preuve évidente. Vous êtes une nouvelle Satine bien différente de Kidman. Et c'est bien pour cela que je vous ai choisi. Votre voix singulière et votre aspect bien différente de Nicole vont apporter l'intérêt, susciter la curiosité et forcément, les gens vont vouloir vous voir et vous comparer. Mais ce qu'ils verront, sera tellement différent, tellement mieux d'ailleurs. Ils vont vous adorer. Le Moulin Rouge de maintenant ne sera pas le même d'il y a quinze ans. » Il se pencha sur la table pour saisir son portable qu'il avait mis en silencieux. Farfouillant son agenda, il regarda ses rendez-vous avant de relever le regard vers Naïa. « Dans une semaine, j'aurais une conférence de presse à donner. Bien plus importante que les autres. Tout le gratin sera là. Les journalistes. Les fouineurs et les colporteurs. Désirez-vous venir avec moi ? Je vous présenterai comme la nouvelle Satine. Bien sûr, nous demanderons à Damien de venir avec nous, histoire d'avoir Satine et Christian à mes côtés. Qu'en dites-vous ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
« The hills are alive with the sound of music. » + Gabriel ♥
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [UPTOBOX] Dead or Alive [DVDRiP]
» [UPTOBOX] Les Allumés de Beverly Hills [DVDRiP]
» DOA : Dead or Alive /!\
» Oriane Ω stay alive. (finiiiiiiii)
» Everything that kills me, makes me feel alive. [Morgan]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vice et Versa :: Où allons nous? :: Hollywood :: Conservatoire de Los Angeles-