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 « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]

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Mia Hemingway
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MessageSujet: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Sam 14 Jan - 14:27


Breathe in the light and say goodbye

Elle avait fini par s'endormir. Elle était épuisée, à bout de forces. Son corps n'était qu'une plaie béante. Elle avait l'impression que lorsqu'elle bougeait, ses os protestaient, ses muscles s'insurgeaient du du traitement subi. Et puis, là où les coups avaient été bien plus violents, de gros hématomes apparaissaient, violacés et terribles. Le pire était à la tête, elle avait encore un pansement au niveau de son arcade sourcilière, son front était rouge d'un choc sur le côté. Mia n'était pas encore grande forme physique. Elle donnait l'impression d'avoir été percutée par une voiture ou rouée de coups. Mais elle préférait mentir, déclarer à la police qu'il s'agissait d'une mauvaise chute. Cette dernière l'avait auditionnée. Lorsque les pompiers étaient arrivés, force avait été de constater que le chaos régnait dans la maison. Ils avaient essayé de mener l'enquête mais Derek avait grand besoin d'être pris en charge, d'être soigné. Ses blessures saignaient abondamment. Aussi, Mia avait repoussé les interrogatoires préférant que les secours les emmènent à l'hôpital. Elle avait refusé d'être prise en charge tant qu'elle n'était pas certaine qu'il allait mieux. Elle avait demandé à Emilio de garder Lily. Elle n'était pas encore prête à voir son père dans un tel état. Mia attendit durant un temps indéterminé. Elle eut l'impression que des jours s'étaient écoulées. Elle est fatiguée. Son corps lui faisait mal mais la douleur était moins grande que celle régnant dans son cœur. Elle avait revu Raphaël. Il l'avait kidnappé, il lui avait rappelé ce qu'une vie pouvait être à ses côtés. Une vie de coups et de misère. Et pourtant, son cœur ne cessait de pleurer son absence. Par sa présence, il avait réveillé ce qui fourmillait en elle : cet amour qu'elle avait délibérément ignoré. Raphaël  représentait une grande partie de sa vie. Il avait été sa première grande histoire d'amour, ses premiers émois et son premier mariage. Il avait été beaucoup de choses, un amour malsain tout autant incroyable qu'elle aurait de grandes difficultés à oublier. Elle en était traumatisée. Jamais les cicatrices ne s'effaceraient. Elles seront toujours là, visibles et vilaines à voir. Mia ne pouvait pas faire fi de tout cela. Son âme s'était brisée en des milliards de oh morceaux. Elle en constatait les débris qu'elle ramassait petit à petit. La douleur était bien grande tout autant que le soulagement. Elle se disait que c'était fini, que par ses derniers agissements, son mari avait finalement lâché prise, qu'il était temps pour elle de repartir sur cette nouvelle base prise il y avait quelque mois de cela.

Il suffisait simplement de voir sa main greffée à celle de Derek. Elle avait glissé son fauteuil vers le lit où l'homme dormait, encore alourdi par l'anesthésie générale prodiguée. Elle s'était assise, lui avait pris la main, l'observant en silence. Et petit à petit, la fatigue avait pris le dessus, elle avait posé sa tête sur le matelas, ne lâchant jamais la main de son sauveur. Et ce fut peuplé d'images terribles, qu'elle trouva le sommeil. Il n'était pas bienfaiteur, ni reposant. Il était juste là pour faire passer le temps. Elle était encore bien énervée de ces événements pour ne pas dire choquée. Comment ne pas l'être lorsque les deux hommes auxquels elle tenait, s'étaient battus sous ses yeux, que Raphaël avait lâchement tiré sur Derek. Elle culpabilisait tellement. Elle se disait qu'elle aurait dû s'en aller, ne pas répondre à la supplique de Derek voulait la garder auprès de lui. Elle aurait dû fuir pour ne pas se retrouver face à un mari fou de rage et prêt à en découdre. En ce sens, elle culpabilisait, voulait lui demander pardon. A voir s'il tenait encore à ce qu'elle reste encore avec eux... Elle ne se faisait pas d'illusions. Par sa simple présence, il avait failli mourir, Lily avait failli être orpheline.... Elle avait si mal. Elle était si fatiguée... Pourtant, elle se réveilla en sursaut en sentant les doigts de Derek remuer dans les siens. Elle reprit rapidement ses esprits, relevant le regard et se rendant compte qu'il était en train d'émerger. « Derek... » Murmura-t-elle, le fixant d'un air inquiet. Dieu comme elle avait peur après tout. Que pourrait être sa réaction ? Serait-il en colère contre elle ? À juste titre, c'était compréhensible. Elle avait gâché son existence, il avait failli mourir sous les balles d'un homme autoritaire qui n'était autre que son mari. En venant se cacher chez eux, elle les avait mis en danger, lui et sa fille. Et elle réprima un frisson en songeant qu'au grand bonheur la chance, Lily n'avait pas été présente. Qu'aurait pu dire une petite fille face à la vision de son père, fusillé de sang froid ? La jeune femme n'aurait jamais pu se le pardonner. Elle aurait été dans l'incapacité de se demander si elle avait été dans cette chambre, en cet instant, ou non. Ses doigts se refermèrent sur cette main, tandis qu'elle observa cet homme ouvrir les yeux difficilement. Un sourire triste s'étira sur ses lèvres, douloureux. Mais elle restait contente de le voir. Elle avait été terrifiée à l'idée de le perdre, qu'il puisse mourir. Elle tenait tellement à lui... « Comment est-ce que tu te sens ? » Lui demanda-t-elle, timide et si petite. Elle se sentait mal, culpabilisant un peu trop. Elle rejetait le geste de Raphael sur elle. Son mari était la cause de leurs malheurs mais uniquement parce qu'il avait voulu la récupérer, elle. Si elle n'avait pas quitté le foyer conjugal, rien de tout cela ne serait arrivé. Son pouce caressa doucement sa peau. Geste simple mais tellement empli de tendresse. À sa manière, elle exprimait sa reconnaissance de le voir en vie, « Comment tu vas ...? Attends, je vais glisser un coussin supplémentaire... » Et avec des gestes très doux et minutieux, elle entreprit de l'aider à se redresser en mettant un nouveau coussin, après s'être levée. Elle était inquiète, elle avait peur de lui faire mal à son épaule. Pourtant, les médecins avaient été rassurants, il n'y avait pas eu d'hémorragie, il retrouverait l'usage de sa jambe et de son épaule après quelques bonnes séances de rééducation et de bonnes semaines de repos. Elle resta debout en l'observant. Maintenant qu'il était réveillé, elle n'osait même plus esquisser un geste tendre à son attention. Elle avait même peur qu'il puisse se mettre à colère. C'était tellement compréhensible. Elle était prête à encaisser, une fois de plus. Payer les pots cassés était devenu une habitude bien morbide.
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Dim 15 Jan - 11:50


Il ignorait s'il était mort. Il ignorait où il se trouvait. Tout ce qu'il savait, c'était que la douleur avait fini par disparaitre, pour laisser place à un sentiment de plénitude. La douleur avait pourtant été fulgurante, intense, comme il n'en avait jamais ressentie jusque-là - du moins une douleur physique. Les coups, à bout portant, l'avaient lourdement assommés, l'empêchant de porter secours à Mia. Il n'avait pensé qu'à elle tout au long de cette scène interminable et effrayante. Il avait perçu la folie et la violence dans le regard de Raphaël, aussi assurément qu'il y avait vu de la peine et de la souffrance. Il avait compris qu'il était capable de tout, comme Mia l'avait prévenu, et qu'il n'hésiterait pas à tirer. A tuer. Et, bien que Lily fut toute sa vie et que la laisser orpheline était une chose impensable, il avait choisi de prendre le risque. Parce que mieux valait lui que Mia. Il avait souvent entendu parler des "instincts". De ce que l'on choisissait de faire à l'instant "T". Des décisions prises sous le coup d'une adrénaline - et des jugements des autres par la suite. La vérité était que l'on ne pouvait pas se permettre de juger qui que ce soit dans ce genre de situations, car ce n'était plus l'être humain qui agissait, mais bien l'instinct primaire. Et Derek avait choisi de protéger Mia coûte que coûte. En avait-il perdu la vie ? En avait-il valu la peine ? Était-elle saine et sauve ? Avait-elle pu s'échapper ? Ou était-il mort en vain, la jeune femme prise aux griffes de son bourreau à tout jamais ? " Où suis-je ? " demandait-il dans ses songes, perdu dans un endroit inconnu où une lumière étincelante et puissante rendait harmonieux et chaleureux. Au Paradis ? Pour un homme qui croyait si peu en un Dieu tout Puissant, ç'aurait été comique et ironique. " Derek, " entendit-il une voix longtemps aimée, et longtemps non entendue. Il n'avait jamais pensé revoir sa femme un jour. Il n'avait jamais espéré la revoir un jour. Il aurait tout donné pour la revoir un jour. Et à présent qu'elle se matérialisait devant lui, plus belle et plus réelle que jamais, il savait. Il savait qu'il était mort. " Non, Derek. Tu n'es pas mort, " lui répondit-elle dans un sourire mi-triste, mi-heureuse. Avait-il parlé à voix haute ? " Tu n'as pas besoin de parler pour que je t'entende. Je suis contente de te voir, même si les circonstances sont terribles. Je veux que tu saches que ce n'est pas ta faute. Je sais que tu portes le poids de ma mort sur tes épaules, que tu te sens fautif et que tu t'empêches énormément de choses à cause de ça. Je veux que tu comprennes que rien de tout ça n'est de ta faute, " lui dit-elle calmement, mais précipitamment. " Tu n'as plus beaucoup de temps. Je veux que tu vives, Derek. Je veux que tu sois heureux. Je veux que vous soyez heureux, Lily et toi. Ne laisse jamais rien, ni personne, t'empêcher de vivre comme tu le désires. Promets-le moi, Derek, " lui demandait-elle la voix brisée par l'émotion, comme si elle s'attendait à le voir commettre des erreurs irréparables par la suite. " C'est ce que je fais depuis toujours, " lui répond-il tandis que la douleur semblait revenir, plus intense à chaque seconde. " Non. Tu ne l'as jamais fait jusque-là. Mais maintenant, maintenant tu vas pouvoir le faire, " lui assure-t-elle tandis qu'elle disparaissait, laissant place à d'autres voix et à une douleur terrible qui lui vrillait la jambe et l'épaule. Retour à la réalité.

***

Il lui fallut plusieurs secondes, voire plusieurs minutes, avant que tout se remette en place dans son esprit. Il se sentait légèrement vaseux et perdu. La réalité se mélangeait au rêve qu'il se rappelait avoir eu au sujet d'Angie. Lui avait-il réellement parlé ? L'avait-il réellement vu ? Ou tout ça n'était-il qu'une simple illusion ? Peu importait au fond. Il avait le sentiment que quelque chose s'était apaisée en lui - comme s'il avait enfin pu lui dire au revoir. Sa mort, soudaine et violente, avait été tragique en cela. Il n'avait pas eu la chance de lui dire au revoir, de lui dire qu'il l'aimait et l'aimerait toujours au fond de lui. Il réalisait qu'à l'instant à quel point cela avait été important à ses yeux, à quel point il n'aurait pas pu continuer à vivre pleinement sans cette occasion. Et alors qu'il posait les yeux sur Mia, qui semblait dévastée et avait le visage meurtri - lui rappelant comme un boomerang les derniers évènements - la réalité le rattrapait. Il était heureux et soulagé de la voir près de lui, même blessée. Il était soulagé car elle n'était pas entre les mains de cet homme qui avait bien failli le tuer. Il était soulagé car elle était libre, comme il avait prédit qu'elle le serait. Pourtant, il ressentait un véritable malaise. Pourtant, son soulagement n'était pas complet. Pourtant, il se sentait plus perdu encore qu'il ne l'avait jamais été. Il aimait Mia. Il avait appris à l'aimer chaque jour depuis son arrivée dans leurs vies. Il était incapables d'expliquer réellement pour quelles raisons il l'aimait. Peut-être parce qu'elle était aussi fragile qu'elle était forte. Peut-être parce qu'elle était aussi délicate et patiente avec Lily, qu'elle était passionnée et impulsive quand elle lâchait prise. Peut-être parce qu'elle l'avait ramené à la vie. Pourquoi ressentait-il le besoin de détourner les yeux ? Pourquoi ressentait-il le besoin d'éloigner sa main ? Pourquoi ressentait-il le besoin de la voir quitter la chambre ? " Comment as-tu réussi à lui échapper ? " finit-il par demander d'une voix rauque et tellement basse qu'il doutait qu'elle l'ait entendu. " Est-ce qu'ils l'ont arrêté ? Est-ce que Lily sait que je suis là ? " demanda-t-il plus fort, tentant en vain de se relever comme pour se préparer à sortir du lit pour aller réconforter sa fille. Mais la douleur mêlée aux antalgiques qu'on lui administrait ne lui offraient pas la force nécessaire pour ça. " Je ne t'ai pas cru. Quand tu m'as assuré qu'il irait loin, je ne t'ai pas cru. On n'imagine jamais qu'une personne soit capable d'autant de violences tant qu'on ne le voit pas soi-même, je suppose... Pourquoi es-tu revenue ? " finit-il par lui demander en la regardant. Il avait clairement compris qu'elle aimait son mari, qu'elle l'aimerait sans doute tout comme lui aimerait sa femme pour toujours. Il se sentait pourtant incapable de comprendre comment il lui était possible de l'aimer après tant de souffrance ?


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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Sam 21 Jan - 15:16

Elle le laissait sortir des vapeurs encore lourdes de l’anesthésie. Il avait beaucoup dormi. Ses nerfs devaient être autant à vif que les siens. Sa main restait greffée à la sienne jusqu’à temps qu’il sembla un peu plus lucide. A ce moment-là, elle se leva et avec beaucoup de douceur, s’occupa de le redresser délicatement, de glisser un coussin dans son dos. Elle était heureuse de le voir refaire surface, de savoir qu’il était, à nouveau, dans le monde des vivants. Elle n’aurait pas pu supporter de le perdre, encore plus par sa faute, par le secret inavoué concernant son mari. Certainement, aurait-elle dû en parler depuis longtemps, lui expliquer combien Raphaël était un homme foncièrement dangereux ? Mais elle n’avait pu s’y résoudre. Elle avait trop honte d’elle-même. Et ce sentiment se rejoignait sur tant de facteurs : sur le fait d’avoir été maltraitée et battue pendant des années, d’aimer son bourreau et de l’accepter, sur le fait d’avoir fui son engagement vis à vis de Raph’. Après tout, ils étaient mariés pour le meilleur et le pire. Et ces derniers temps, il n’y avait eu que le pire : elle avait perdu toute confiance en lui, toute affection, toute envie de partager de sa vie. Et pourtant, elle l’aimait. Elle aurait, sans doute, besoin de temps pour exorciser ses démons, pour venir à bout de son passé. Elle avait besoin de beaucoup de choses à vrai dire. Mais surtout, elle avait besoin d’être aimée, de panser ses plaies, de laisser le temps à son pauvre cœur meurtri de se remettre de toutes ces émotions. Et en ce sens, cela justifiait de sa présence dans cette chambre d’hôpital, occupée à s’occuper de cet autre homme qu’elle aimait tout autant, d’une autre manière. Moins destructrice et bien plus salvatrice. Elle ne pouvait pas le quitter. C’était impossible. Pourtant, il sembla surpris de la voir, la questionnant sur la façon dont elle avait échappé à la fureur de son mari. Il semblait ne pas bien réaliser où il se trouvait. Tout en essayant de se relever, il s’enquit de savoir si Raphaël avait été arrêté et si Lily était au courant de sa présence ici. « Derek, tu ne devrais pas te lever… » Dit-elle doucement, toutefois il sembla ne pas avoir la force nécessaire pour le faire. Aussi, resta-t-il dans son lit sans broncher. Elle resta à ses côtés, debout. Son expression n’était que celle d’une tendresse profonde à son égard. Un sourire timide apparut sur ses lèvres. Elle était terriblement mal à l’aise. Mais le plus important était Derek. Ses états d’âme passaient en secondaire. « Lily sait que tu es là. Je ne lui ai pas expliqué pourquoi… Je n’ai pas voulu l’inquiéter. Pour l’instant, elle est chez Emilio. Quand tu iras un peu mieux, j’irais la récupérer et je rentrerais avec elle… À la maison. » Lui dit-elle. « Elle va bien. Elle me dit de te dire qu’elle t’aime très fort. » Ajouta-t-elle en sentant une douce chaleur l’inonder. Parler de Lily, lui faisait toujours du bien. Ça apportait de la joie dans son âme gelée. Elle ne chercha pas à répondre à ses autres interrogations. Elle ne savait quoi lui répondre, elle avait sans doute peur de sa réaction.

Il avait pris conscience de la violence de son mari et il l’évoqua, provoquant une intense brûlure dans ses entrailles. Bien sûr, Raphaël était violent. Et c’était difficile à comprendre. Souvent, elle avait vu des spots à la télé sur la violence conjugale et pour beaucoup, ça semblait être quelque chose de bien trop énorme à croire. Et pourtant, c’était ça. Être battue par l’homme de sa vie, détruisait tellement de choses. Et Mia n’avait jamais su en parler. Il avait fallu attendre le choc fatal, la preuve irréfutable qu’il fallait fuir, qu’elle devait s'en aller et abandonner cette part d’elle-même. Ça ne se payait qu’en partant de zéro. Et au milieu des ruines, du chaos et des larmes, Mia Hemingway était née. Elle s’était accrochée à la vie et à Derek. Forcément, elle était lui, mais il semblait surpris de la voir. Elle soupira doucement, n’osant esquisser un geste tendre envers lui. Elle avait terriblement peur qu’il ne souhaite plus la voir, c’était possible après tout. Rien de tout cela n’aurait pu arriver si elle n’avait fait pas irruption dans sa vie. « C’est évident non… » Sa voix n’était qu’un murmure, elle baissa les yeux, éprise par une vague intense de culpabilité. « Je suis revenue pour toi et Lily… Enfin… Disons qu’il a changé d'avis. Il m’a laissée partir, il m’a fait monter dans sa voiture mais immédiatement après, nous avons eu un accident… » Elle se tut, ravalant difficilement sa salive. « Il était comme devenu fou, il ne faisait plus attention à la route et nous avons percuté un poteau. Et tout s'est figé jusqu'à ce qu'il réagisse … Il m’a dit de partir et je suis revenue aussi vite que j’ai pu… J’ai appelé les secouristes afin qu’ils viennent s’occuper de toi… Tu… Tu perdais du sang. J’avais terriblement peur que tu ne sois plus de ce monde. Je n’aurais pas pu supporter de te perdre définitivement…. » Elle releva la tête pour l’observer, sentant ses joues lui brûler. C’était si différent entre faire le choix de suivre son mari pour le maintenir en vie, ou voir Derek mourir. Elle n’aurait pas pu bien le vivre. Et finalement, elle sentit ses yeux s’embuer de larmes et d’une voix pétrie par l’émotion, elle murmura : « Je voulais te présenter mes excuses Derek… J’aurais dû t’en parler dès le début. J’aurais dû tout te dire. La fausse identité… Raph’… J’aurais dû… » Elle s’échoua sur le fauteuil, le cœur meurtri et la voix étreinte de tant de sanglots. « Ça aurait évité que tu te retrouves dans ce lit… » Elle se risqua à saisir doucement sa main dans les siennes, à les serrer doucement. « Mais tout te dire me faisait si peur… Cela voulait dire prendre le risque que tu me vires, que tu m’éloignes de Lily et … De toi. Et ça, je n’étais pas prête. Et je ne le suis toujours pas. Je ne le serais jamais de toute façon… » Elle posa son front contre la main de l’homme, fermant les yeux et laissant sa peine la subermerger. « Mais si tu ne veux plus de moi… Je le comprendrais tout autant… Vous ne méritiez pas ça. Je suis tellement désolée… »

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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Sam 21 Jan - 18:11


Il avait souvent entendu dire que, lorsque la mort vous approchait et tentait de s'emparer de vous, toute votre vie défilait à travers vos yeux. Cette idée lui avait toujours semblé improbable, voire irréelle, et pourtant il en avait fait l'expérience quelques jours plus tôt. Même si le premier tir de Raphaël avait été si rapide, si soudain et tellement inattendu qu'il n'avait tout d'abord rien ressenti. Cette première balle n'avait été qu'une surprise, alors que la seconde - attendue et effrayante - avait eu le goût d'un destin que l'on scelle. Et il avait compris le sens de ces mots qui lui paraissait irréels auparavant. Il avait eu le temps de penser à ses parents. A son enfance. A Angie. A Logan et Olivia, et leurs rencontres enfantines. A Lily - son premier cri, ses premiers pas, son premier "papa", ses premiers "je t'aime", ses premiers sourires et son rire qui le remplissait de joie. A Mia - au danger auquel il l'abandonnait, à la vie qu'il aurait pu lui offrir, cette vie qu'il n'aspirait qu'à lui offrir, et le fait qu'il ait échoué à la sauver. Il avait eu le temps d'éprouver la douleur physique, et les regrets éternels. A présent qu'il était réveillé, sain et sauf, et que Mia ne semblait plus courir aucun danger - du moins l'espérait-il - il se sentait plus ridicule. Il se sentait plus faible. Il se sentait plus coupable. Qu'avait-il réussi à faire, excepté frôler la mort ? Qu'était-il parvenu à prouver, excepté qu'il était un idiot ? Avait-il réussi à sauver la jeune femme malgré lui ? Avait-il réussi à protéger Lily ? Avait-il réussi à éloigner Raphaël ? Tout ce qu'il savait à l'instant "T", c'était qu'il était cloué sur un lit d'hôpital avec des mois de rééducation qui l'attendaient. Tout ce qu'il savait à l'instant "T", c'était qu'il était vivant et que Mia était là. Cela aurait dû être suffisant pour l'aider à se détendre et pour le soulager - pourtant, il ne parvenait pas à trouver la paix et le réconfort. " Tu as eu raison, " répond-il simplement lorsqu'elle lui signala où était sa fille et sa décision quant à lui cacher les raisons qui l'avaient amené ici. " Je préfère qu'elle me voit réveillé plutôt que dans le coma. Je lui expliquerai plus tard ce qu'il s'est passé, " dit-il avant de poser son regard dans celui de la jeune femme. " Je n'ai jamais pu mentir à Lily... et je n'ai pas envie de le faire. Mais je n'ai pas non plus envie de lui dire cette vérité, " confie-t-il à la jeune femme pour qu'elle comprenne le dilemme auquel il était confronté. Il avait toujours établi un lien de confiance entre sa fille et lui, mais lui révéler qu'elle avait failli perdre son père à cause du mari de Mia - celle qu'elle aimait plus que tout mis à part lui - lui apparaissait comme insurmontable. Tout comme l'idée qu'elle ait pu lui revenir lui apparaissait comme surprenante et impossible. Elle avait tenté tant bien que mal d'échapper à son ex-mari, au point de changer de nom, de ville et de vie. Et Derek avait bien pu voir à quel point ce dernier était déterminé à la récupérer, coûte que coûte - bon sang, il avait failli perdre la vie pour ça ! Qu'il ait décidé de la laisser repartir lui semblait d'autant plus incompréhensible. Mais devait-il essayer de comprendre une mentalité comme celle d'un homme tel que Raphaël Grimes ? Il en doutait. " Ne va pas croire que je ne suis pas content que tu sois là, que tu lui aies échappée... " commence-t-il, percevant clairement l'émotion dans la voix de Mia. Son regard embué et son sourire hésitant étaient également présents pour lui rappeler que son amour n'était pas feint, n'était pas faux, et c'était d'autant plus déstabilisant. Il l'aimait, il n'avait aucun doute là-dessus tout simplement parce qu'il ne parvenait pas à s'expliquer pourquoi ni comment. Il aimait la voir chaque matin quand il se réveillait. Il aimait la voir chaque soir avant d'aller se coucher. Il aimait son rire et s'était donné pour mission de la faire rire autant que possible. Il aimait la complicité qui existait entre sa fille et elle. Il aimait sa façon de danser, même si ce n'était pas en rythme. Il aimait sa façon de cuisiner, même si elle cuisinait des choses dont il ne raffolait pas. Il aimait sa maladresse. Il aimait la découvrir. Il n'avait pas besoin de plus de temps, ni plus de raisons pour l'aimer d'une façon incommensurable. Cela suffirait-il ? Cela balaierait-il les douleurs du passé ? Raphaël autant qu'Angie disparaitraient-ils de leurs vies à tous deux ? Auraient-ils la chance et l'occasion de vivre pleinement leur histoire sans cette épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes ? Son esprit romantique et optimiste lui criait que oui. Les derniers évènements le faisaient douter. Il détestait la voir si fragile, si hésitante et si désarmée face à ce qu'ils venaient de vivre. Il détestait la voir douter de lui, de son amour - et il se détestait encore plus car il était conscient d'en être la cause. Et force de réfléchir et de cogiter, il comprit le pourquoi du comment.

" Ne sois pas désolée, Mia. Je ne veux pas que tu sois désolée, tu n'as pas à l'être. Tu ne pouvais pas savoir ni préméditer ce qui arriverait. Tu ne pouvais pas savoir qu'il te retrouverait. Tu ne pouvais pas savoir que tu nous rencontrerais et que... que l'on prendrait autant de place dans ta vie. Moi-même je n'aurais jamais pensé que tu existais, je n'aurais jamais espéré que tu puisses exister, " commença-t-il à lui expliquer. " J'ai aimé ma femme, de tout mon coeur, et je n'ai jamais qu'elle. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir aimer de nouveau. Jusqu'à ce que tu débarques dans nos vies. Et même si je ne peux pas comprendre, même si je ne comprendrais sans doute jamais... je veux que tu saches que je ne te juges pas de l'aimer malgré tout. " Et c'était vrai. " Je ne t'en veux pas. Je m'en veux à moi-même... j'ai manqué à ma parole et je t'ai laissé tomber en agissant comme le parfait crétin que je suis. Je n'aurais jamais dû le provoquer, " continua-t-il d'une voix légèrement plus ferme, l'empêchant de le contredire. Il savait qu'il avait foiré, il était inutile de le nier. " Ce n'est pas ta faute s'il m'a tiré dessus, mais entièrement la mienne. Il me faut juste le temps de... de l'accepter, je suppose. " Fierté masculine mal placée, sans nul doute. Il lui était difficile de reconnaitre ses torts, mais il le faisait chaque fois qu'il était dans le faux. Il lui était difficile d'admettre qu'il avait affronté plus fort que lui, mais il fallait bien le reconnaitre : il était dans ce lit quand Raphaël était ailleurs. " S'il te plait, Mia... " dit-il en serrant sa main pour la première fois depuis qu'il était réveillé. Il ne se sentait pas le droit de la toucher et d'être aimé par elle. " S'il te plait, ne me parle pas de nous quitter. Je ne le supporterai pas. Si tu veux partir, ce sera de ton plein gré et parce que tu le veux. Ne t'attends pas à ce que je te demande de le faire, parce que ça n'arrivera pas, " et ce même s'il ne se sentait pas digne d'elle et de son amour - égoïstement, il ne pouvait pas la laisser partir.

Il resta encore plusieurs jours à l'hôpital, entre les soins dont il avait besoin et la force qu'il devait récupérer pour pouvoir être autonome chez lui. Lily put lui rendre visite au bout de trois jours après qu'il eut été réveillé - et c'est en larmes qu'ils se serrèrent dans les bras l'un de l'autre - peu importait sa douleur. Mia l'emmenait chaque jour après l'école pour qu'ils passent du temps ensemble, et la ramenait chaque jour chez Emilio avant de retourner à l'hôpital et tenir compagnie à Derek ou de retourner à leur maison, histoire de ranger le bazar qui y régnait. " J'ai bien réfléchi. Je ne pense pas pouvoir rester dans cette maison... " lui annonça-t-il après qu'elle lui eut raconté sa dernière journée.



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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Dim 29 Jan - 22:25

Elle était au bout de sa vie. Elle avait l'impression que tout son monde était suspendu à la décision que prendrait Derek à son égard. D'une certaine manière, Mia se tenait prête à la pire des sentences : accepter qu'il ne veuille plus d'elle. Comprendre que l'éloignement était la meilleure des solutions. Se faire à l'idée de vivre loin de Lily et de lui. Elle ne pensait pas à ce qu’il adviendrait d’elle, dès lors qu’elle se retrouverait dehors. Avant les Bullock, elle avait vécu dans sa voiture, crevant la dalle et grelottant de froid. Elle pouvait tout aussi bien recommencer. Sa voiture se trouvait toujours garée dans les mauvais quartiers de Los Angeles. Du moins, elle l’espérait, peut-être que depuis, on le lui avait enlevé. Elle ne savait pas trop, elle ne se posait pas la question parce qu’elle était consciente que si elle venait à perdre le père et la fille, alors il ne lui resterait plus rien de ce en quoi elle tenait. À la culpabilité se mélangeait des regrets, elle se disait qu'elle aurait dû se montrer plus expansive en la présence de l'infirmier, elle aurait dû être capable d'être forte pour lui faire part de ce qu'elle ressentait. Elle n'avait jamais eu le courage de lui dire les choses telles qu’elle les avait ressenties. C’était con dans le fond et mais Mia était ainsi. Elle avait peur. Un peu trop sans doute. Elle s’était donnée entièrement à un seul homme et elle en payait le prix fort désormais. Ce dernier était ancré dans sa chair, dans son âme, il ne partirait pas. Il serait un souvenir impérissable, cet anneau de mariage qu’elle ne jetterait jamais. Cela lui était tout bonnement impossible. Le cœur avait ses raisons, il lui dictait des pensées contraires à la raison. Pourtant, Raphaël l’avait tellement malmenée. Et pourtant, elle l’aimait. Elle l’aimerait même toujours. Le temps ferait son œuvre. Sans aucun doute. Mais pour l’instant, ils en manquaient cruellement. Elle avait l’impression que tout était figé dans la probabilité qu’elle se fasse virée. Et ce qui lui faisait le plus mal, c’était de se dire qu’elle pourrait être vue autrement par Derek. Elle ne pouvait le supporter, son corps tendu essayant de se formaliser au pire.

Pourtant, les mots qu’il employa suffit à apporter du baume au cœur. D’une certaine, il la comprenait et il culpabilisait tout autant qu’elle. Cependant, si elle acceptait qu’elle comprenne, Mia ne pouvait le laisser penser qu’il était coupable. D’une manière ou d’une autre, Raphaël avait fait du mal et la jeune femme ne souhaitait pas qu’il se torture bien plus que cela. Déjà qu’il avait été atrocement blessé. Et elle s’en voulait terriblement, elle s’en voulait à la place d’un autre. « Ne dis pas ça… » Elle se contenta de dire d’une voix faible, tenant toujours dans sa main celle de Derek. Il n’y avait qu’aucune pression de sa part, sa main restait comme inerte et pourtant, elle s’accrochait jusqu’à être en pleurs, jusqu’à ce qu’elle fasse ressentir combien partir était la dernière des choses qu’elle voulait. Elle colla son front contre la main de l’homme, sentant pour la première, une pression de sa part tandis qu’il prenait de nouveau la parole. Elle releva la tête, les yeux emplis de larmes, ne prononçant plus un mot. Il ne voulait pas qu’elle puisse s’en aller, du moins, il ne comptait pas la virer. Elle resta silencieuse, sentant son cœur battre plus fort. Elle l’observa d’un air proche de la dévotion. Elle n’avait d’yeux que pour cet humain, si bon et si généreux. Si ouvert d’esprit et si compréhensible. Si beau dans sa souffrance et à la fois, loyal. Il ne l’avait jamais abandonné. Pas une seconde. Il avait toujours été là. Il l’avait prise telle qu’elle était, tel l’animal apeuré se laissant apprivoiser. Elle avait su se laisser amadouer par le père et sa fille, ouvrant son cœur qu’elle s’était, pourtant, jurée de garder hermétiquement fermé. « Je tiens tellement à Lily… » bredouilla t-elle, ses doigts se serrant un peu plus fort dans les siens. « Et je tiens tellement à toi aussi… » Ajouta t-elle, le visage rougissant légèrement. Derek avait été le seul capable à avoir su percer sa carapace. « Si tu veux de moi… Alors je resterais. Je n’ai tellement pas envie de vous quitter. Vous êtes ma famille désormais. Les deux seuls êtres que je veux chérir du plus profond de mon cœur. » Elle ne put empêcher ce sourire d’apparaître sur son visage, tendre et aimant, la douleur s’atténuant : tout semblait être moins morose, comme si cette vérité pure et belle serait capable d’être le futur, ce quotidien brillant qui les attendait de pied ferme. Alors, elle se releva de son fauteuil, comme mue par un instinct de protection. Elle en avait terriblement besoin. Et alors qu’elle n’était pas vraiment tactile avec cet homme. Qu’elle évitait, au maximum, tout contact physique avec qui que ce soit en dehors de Lily, elle posa ses lèvres sur celle de l’homme, prenant son visage en coupe délicatement. Le cœur au bord des lèvres, elle se laissait aller à un besoin, une pulsion, se confortant dans cette idée qu’ils n’étaient pas prêts à faire route à part. Ils resteraient ensemble, pour longtemps.
C’est ce qu’elle souhaitait.

***

Le quotidien avait repris sa place, à la différence qu’elle passait ses journées à l’hôpital. Du début jusqu’à la fin des visites, elle était là, n’oubliant pas de s’occuper de Lily. Avec la voiture de Derek, elle allait récupérer la petite, l’emmenant voir son père et la ramenant chez Emilio. Il avait accepté de les héberger et c’était tellement louable de sa part. Cependant, Mia avait terriblement envie de rentrer dans leur maison, elle avait besoin de retrouver son quotidien. Mais elle avait énormément de choses à faire, il fallait remettre en état, ranger le bazar. Mais entre les journées à l’hôpital, Lily, elle avançait lentement mais elle avançait. Elle savait que lorsque Derek rentrerait chez lui, la maison serait propre. Il avait besoin de pas mal de temps de récupération et de convalescence. Mia comptait être là pour lui, au maximum. Elle ne voulait pas qu’il puisse se sentir mal ou inutile. Elle ferait de son mieux pour l’aider. Et puis, elle avait aussi terriblement besoin de son intimité. Elle ne se sentait pas en sécurité à l’hôpital. Pourtant, la police avait laissé Derek en paix et attendait probablement sa sortie pour l’interroger. Elle ne lui avait même pas parlé de sa volonté de ne pas dénoncer Raph’. Pourtant, il faudrait forcément qu’elle s’y colle un jour. Derek ne serait, sans doute, pas content ou l’accepterait-il, elle n’en savait rien. Elle savait juste qu’elle ne pouvait pas dénoncer Raph’. Il était son mari, son premier amour, beaucoup de choses pour une seule personne et elle ne voulait l’accabler plus. Elle savait pourquoi, elle connaissait sa vie malgré les coups et les injures reçus, elle comprenait d’une certaine manière. Cependant, elle préférait repousser l’échéance comme éprise par la peur qu’il puisse être déçu d’elle. Aussi, elle sautait sur tout ce que Derek pouvait dire. Y compris, lorsqu’il annonça qu’il ne pouvait rester dans leur maison. Elle avait fini de raconter sa journée, annonçant que la maison était rangée, que Lily avait été emmené à un anniversaire par la mère d’Emilio. Pour l’instant, ils n’étaient que tous les deux et elle releva un regard interrogateur. Il s’était décalé pour la laisser s’allonger à côté de lui, du côté où l’épaule était valide. C’était un contact simple mais une proximité dont elle avait terriblement besoin. D’une certaine manière, elle pouvait le comprendre. Il s’était passé tant de choses dans cette maison. Même Mia ne pouvait s’empêcher de frissonner quand elle s’y rendait pour nettoyer, récupérer le courrier, vérifier qu’il n’y avait rien de grave. « C’est compréhensible… » Elle lui sourit avec tendresse. « Parfois, changer de décor peut faire du bien pour mieux apprécier un nouveau départ… » Et elle pensait sincèrement que ça pouvait être une bonne idée. Elle-même l’avait fait et peut-être que cela pouvait être une bonne idée pour repartir de zéro. Mia voulait vraiment que tout puisse marcher. Y compris pour eux deux. Pour l’instant, il ne s’agissait que de contours flous clairement pas définis. Les mots lui venaient parfois en tête. Couple. ça lui semblait tellement étranger. Et pourtant, il était sans doute temps de s’y faire, de laisser le destin leur permettre de s’octroyer ce nouveau livre à écrire. « Et si on .. venait à changer, est-ce que tu accepterais que je t’aide ? » Elle se sentit rosir, mais ne baissa pas les yeux, le fixant d’un air déterminé. « Je pourrais essayer de trouver un job… Même à mi-temps. Histoire que je puisse m’occuper de Lily et de la maison. Je veux vraiment t’aider Derek. » Dit-elle d’une voix solennelle. Elle avait tellement du mal à se projeter, à employer des mots qui les ne définissaient clairement pas comme l’employeur et l’employée. C’était au-delà de ça. C’était plus fort. C’était de l’amour, elle en était certaine, il lui fallait juste prendre le temps d’en assimiler l’idée.

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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Jeu 9 Fév - 18:20


Pour un homme qui aimait et avait besoin de se dépenser, c'était extrêmement difficile de rester alité dans un lit d'hôpital sans rien pouvoir faire d'autre qu'attendre. Attendre que la douleur passe et disparaisse au fil du temps. Attendre que les plaies cicatrisent - laissant un souvenir cuisant de cette rencontre malheureuse. Attendre de pouvoir remarcher. Attendre de pouvoir faire de la kinésithérapie - il avait vu tellement d'hommes dans ce même état, et déprimé à l'idée de ne pouvoir contrôler leurs corps et leurs muscles. Il n'aurait jamais pensé subir le même sort, le même chemin. Et s'il se laissait emporter dans ses pensées moroses, il finirait par déprimer. Aussi profitait-il des instants qu'il avait avec Lily, sa bonne humeur et sa jolie frimousse étant le meilleur des remèdes. Il la laissait lui parler de ses aventures à l'école, de ses camarades, de ses copines autant que ceux et celles qui l'agaçaient, de ce qu'elle faisait avec Lio et plus encore avec Mia. Le lien qui existait déjà entre elles n'avait fait que se renforcer, lui réchauffant le coeur bien plus que les couvertures qu'on ne cessait de lui apporter pour pas qu'il attrape froid par-dessus le marché. " Je suis blessé, Lidsy. Pas handicapé, " avait-il soupiré de frustration lorsque l'une de ses collègues était venue le chouchouter sans le laisser la repousser. " C'est comme si tu l'étais, mon grand, " lui avait répondu la doyenne de l'équipe - la maman de tous et toutes - non sans un regard brillant d'émotions. " Laisse-moi faire mon job, Derek, sinon je te le jure sur la tête de mes petits-enfants... je ferai de ta vie un véritable enfer, " lui avait-elle promis et il n'était pas totalement idiot pour avoir osé tenter le diable. Lidsy était la plus adorable des femmes, mais elle pouvait être la plus exécrable quand elle le décidait. " Chouchoute-moi tant que tu veux, mais je t'en supplie. Je meurs de chaud, " avait-il capitulé en ôtant malgré lui une des couvertures qui lui donnaient des sueurs. La chambre était remplie de fleurs, de chocolats et d'autres friandises en tout genre - il y avait même quelques gadgets dont il ignorait encore la fonction et n'était pas certain de vouloir la connaitre... c'était ce qui arrivait quand on se retrouvait hospitalisé dans l'hôpital dans lequel on bossait et connaissait quasiment tout le monde... Il avait eu quelques appels de sa mère - mais aucun de son père, sans surprise. Sa mère assurait qu'elle appelait pour lui, mais Derek avait depuis bien longtemps accepté l'idée que son père l'avait renié dès l'instant où il lui avait fait front. " Ne t'embête pas à venir, maman. Je vais bien. Plus de peur que de mal, je t'assure. La preuve, je te parle et j'ai toute ma tête, non ? Vous devez avoir beaucoup de choses à faire et à gérer, ne t'inquiète pas pour moi, " avait-il convaincu sa mère de ne pas débarquer à LA. Il n'avait pas envie, ni besoin, de lui parler de ce qui s'était passé, de comment ça s'était passé, du pourquoi c'était arrivé. Il n'avait pas envie de présenter Mia à sa mère. Pas comme ça. " Je suis ta mère, Derek. Je me dois d'être là, j'ai besoin d'être là, " avait-elle insisté, les larmes dans la voix. Il ne pouvait pas y être insensible. Pourtant. " Je préfère que tu attendes que je sois rentré, installé et en meilleur forme. S'il te plait. J'ai besoin d'être seul avec Lily... " et Mia. Sauf que sa mère ne connaissait pas encore l'existence de Mia - ou que trop peu, le peu que Lily avait pu lui dire au téléphone. Elle avait fini par abdiqué, pour l'instant, et il avait bien l'intention de profiter de ce laps de temps pour discuter avec la jeune femme. Car s'ils s'aimaient, s'ils se l'étaient dit - ou peut-être pas finalement ? - ils avaient énormément de choses à se dire. Il leur faudrait parler de Raphaël et des dispositions à prendre le concernant. Il leur faudrait parler de l'avenir - ensemble l'espérait-il du fond du coeur. Elle avait exprimé clairement son désir de faire partie de leur vie, son désir d'être avec eux, aussi espérait-il que cela ne serait pas trop soudain, trop rapide et trop précipité à ses yeux que de trouver une maison adéquate pour eux trois. Lui-même se demandait parfois s'il ne précipitait pas un peu trop les choses, s'il ne devait pas prendre quelques minutes de réflexion avant de se lancer dans cette nouvelle aventure. Après tout, ne lui avait-elle pas menti pendant des mois ? Ne lui avait-elle pas caché des vérités qu'il aurait dû savoir bien plus tôt ? Qui était-il pour lui en vouloir d'avoir eu besoin de se protéger ? D'avoir eu besoin d'apprendre à le connaitre pour lui faire confiance ? Les choses arrivaient car elles devaient arriver, et il avait fini par le comprendre. " J'espère bien que tu vas nous aider, Mia. Je veux que ce soit autant ta maison que la mienne. Quant à trouver un autre boulot... j'allais t'en parler, " dit-il en se redressant sur son oreiller, grimaçant légèrement. " Je sais que Lily et toi, vous vous adorez. Tu as été merveilleuse pour elle, et je t'en serais éternellement reconnaissant. Mais ça ne peut pas continuer, " lui dit-il très sérieux. " Tu ne peux plus être sa nounou, " continue-t-il, impartial. " Je ne peux plus te payer pour la garder, ce n'est pas... sain. Ce n'est pas dans l'ordre des choses. Ce que je veux... " dit-il en prenant sa main, froide et légèrement tremblante et il s'en voulut d'avoir joué avec ses nerfs et ses émotions, " c'est que tu fasses partie intégrante de notre vie. Je veux notre "chez nous". Je veux que Lily sache qu'elle peut compter sur toi n'importe quoi, n'importe où comme elle peut compter sur moi n'importe quand, n'importe où. Je veux que tu sois plus qu'une nounou pour elle, Mia. Sans dire que tu sois une mère pour elle, hein, je te demanderai jamais une chose pareille, je ne pourrais jamais t'imposer une chose pareille, bien sûr, " se perd-il dans des explications maladroites et gênantes. " Ce que j'essaie de dire, c'est que tu n'es plus mon employée depuis un moment déjà. Et que je ne veux plus que tu le sois, " dit-il en caressant sa main délicatement. Elle avait manqué de douceur, de délicatesse et de tendresse dans son passé, et il comptait bien lui offrir tout ce dont elle avait manqué - il en avait à revendre. " Et ça sonnait beaucoup plus romantique et sympa dans ma tête, j'avoue, " rit-il en la rapprochant de lui, ne pouvant pas encore se relever ou se redresser comme il le voudrait. " Mia Hemingway... " dit-il doucement, l'appelant exprès par son nom d'emprunt devenu pour lui le sien pleinement, proche de ses lèvres. " Veux-tu emménager avec nous ? " finit-il par lui demander, non sans un sourire, parfaitement conscience du "ridicule" de la situation. Mais s'en moquant royalement.




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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Jeu 16 Fév - 22:42

Elle trouvait sa volonté tout à fait légitime. Vouloir déménager. Aller ailleurs. Repartir de zéro. Les désirs étaient si compréhensibles. Dans cette maison, il y régnait une atmosphère froide, une atmosphère de mort. Elle avait toujours l'impression, en y entrant, de sentir une odeur métallique rappelant l'odeur du canon, et du sang. Pourtant, elle avait tout nettoyé, astiquant plus que de raison. Malgré cela, la sensation ne partait pas. Elle demeurait toujours là, sans disparaître. Les souvenirs ne cessaient d'être là. Trop nombreux et perturbants. Elle ne pouvait faire fi de ce qui s'était produit. De même qu'elle ne pouvait oublier que Raphaël s'était introduit dans ce foyer qu'elle affectionnait tant. L'irréparable avait failli être produit et Mia tenait réellement à ce qu'elle n'y pense plus. Elle avait ce besoin impérieux de tirer un trait sur son passé. Comme depuis plusieurs mois déjà, elle voulait que Judith Grimes ne soit plus qu'un souvenir, que Mia fasse partie intégrante de sa nouvelle existence. Elle y tenait. Plus que tout au monde. Aussi, ne comprenait-elle que trop bien la démarche de l'infirmier. Dire qu'elle tenait à lui était un doux euphémisme, il faisait partie intégrante de son univers. Et Mia Hemigway ne pouvait décemment vivre sans Derek Bullock. Elle avait besoin de lui comme on avait besoin d'air. D'une certaine manière, il lui apportait une protection suffisante pour qu'elle puisse se sentir en sécurité, tout comme elle sentait qu'elle dépendait de lui. Entièrement et sans secrets. Elle n'en voulait plus. Pas avec Derek. Elle  s'en faisait la promesse, celle d'être honnête, de ne plus rien lui cacher. Dans le fond, elle se disait que Raphaël ne reviendrait pas. Naïve, elle y croyait tellement. Ainsi, elle se plaisait à croire à un nouvel avenir, un souffle nouveau lui permettant de s'imaginer avoir un nouveau travail, une maison où elle pourrait aider Derek en faisant de son mieux. Cependant, les intentions de l'homme étaient bien plus nobles. Bien au contraire, il souhaitait bien plus que ça. Il ne voyait plus en elle la nounou, il ne voulait plus qu'elle le soit. Fut le temps de quelques secondes où Mia crut au pire. Peut-être en avait-il assez ? Mais pourquoi aurait-il dit toutes ces choses belles auparavant ? Elle faisait fausse route et en dévisageant cet homme, elle comprit que jamais elle ne le quitterait. Raphaël lui avait appris les notions d'amour brut, sans artifices, de possession alors que l'infirmier, lui, démontrait que l'amour prenait parfois des formes bien plus douces, plus symboliques, plus tendres aussi. Elle ravala une boule se formant dans sa gorge, ne cessant de le dévisager tant elle était attendrie. Son cœur battait la chamade parce qu'elle comprenait où il voulait en venir. Elle ne pouvait pas se contenter d'être employée, d'être payée à jouer un rôle qu'elle avait imprimé en elle, dans ses chairs, dans son âme. Ce rôle d'amour d'abord artificiel, pour devenir bien plus grand, plus beau et plus intense. Elle savait qu'elle ne remplacerait pas la maman de Lily, mais elle avait su se faire une place dans le cœur de l'enfant, lui montrer que malgré qu'elle n'était pas celle l'ayant mise au monde, elle pourrait compter sur elle. Pour toujours. Mia était un être fidèle, sans volonté propre que de suivre. Dans le fond, tout ce qu'elle désirait, c'était avoir de l'amour, vivre sereinement et simplement. Et les Bullock avaient su ouvrir leurs bras pour l'accueillir. Par ses mots, Derek lui offrait la possibilité d'une nouvelle vie, de pouvoir croire à ce mot « famille » ayant disparu de son vocabulaire depuis ces derniers temps, des derniers mois, voir ces dernières années. Elle manquait tant d'affection. Emménager avec eux lui semblait être la meilleure des manières pour repartir sur des bases saines. Elle pourrait alors trouver un travail, voir travailler dans l'immobilier comme elle faisait auparavant, partager leur vie qui serait tout autant la sienne. Elle y croyait tant... Elle chérissait ces projets et sa main que Derek avait prise, se crispa tendrement entre ses doigts. Son regard ne décrocha pas de celui de l'infirmier. Elle était si sérieuse, si petite, si jeune, son visage auréolé de ces grands yeux sombres. Malgré les affres de la tristesse, elle n'en gardait pas moins l'innocence même d’une âme pure ayant mené durant trop longtemps, un terrible combat pour garder foi en l’humain. « C'est oui. » Dit-elle d'une voix solennelle, laissant un sourire s'étirer sur ses lèvres. Un sourire sincère. Un sourire véritable. La vie lui souriait-elle enfin ? Il fallait croire que oui. « Je veux emménager avec Lily et toi... Je le désire plus que tout au monde. » Ajouta-t-elle, sa main se détachant de celle de l'homme dont elle caressa doucement le visage. Son sourire était si beau à ce moment-là. Et délicatement, elle vint poser ses lèvres contre les siennes. Cette fois-ci, il n'y avait aucune peur, ni arrière-pensée. Au contraire, ils avaient le temps. Et elle croyait dur comme fer que Raph’ était désormais loin d’eux. 

***


Les jours passèrent et finalement, Derek put enfin rentrer à la maison. Ils n'avaient pas encore déménagé, ils n'avaient pas pris le temps de chercher. Mia tenait à faire les choses à ses côtés. Elle était désireuse de vivre chaque détail de sa nouvelle vie, de ne plus laisser quiconque lui dicter ses choix de vie. Elle ne le voulait pas. Elle voulait être maître de ses propres décisions et le souvenir de Raph' restait vif, telle une plaie qui ne guérirait jamais. Elle avait déjà commencé à chercher des offres d'emploi mais elle préférait attendre que Derek soit de nouveau opérationnel seul pour se lancer clairement. Elle voulait rester présente pour lui en attendant qu'il puisse se débrouiller seul. Pourtant, il évitait de demander de l’aide, il laissait entrevoir la volonté farouche de montrer qu'il ne dépendait de personne. D’une certaine manière, il laissait entrevoir une partie de sa personnalité qu’elle n’avait pas vraiment vu, il n’en demeurait pas moins touchant et attentionné. Mia ne cessait d'être aux petits soins pour lui. Elle avait toujours peur qu'il puisse tomber ou se faire mal. On lui avait retiré les points de suture mais la blessure restait vive. Il devait faire attention. La reprise du travail n'était pas pour maintenant de toute manière. Il pouvait, cependant, se déplacer et c'est déjà plus simple pour lui. Elle alla le chercher et le ramena chez eux, un jour où Lily était encore à l’école. A vrai dire, ils avaient décidé de lui faire la surprise. Mia avait déjà prévu le coup en lui faisant croire qu’elles devaient passer récupérer des affaires pour se rendre chez Daeron, encore une fois. Elle avait terriblement hâte mais pour l’heure, elle était occupée à aider Derek à s’asseoir sur le canapé. La maison était étincelante. Elle avait astiqué le tout à fond, veillant à ce qu’il n’y ait plus aucun débris, aucune tâche de sang ni rien. Rien ne laissait entrevoir l’horreur d’un geste si ce n’était que ça demeurait apparent dans les esprits. Pourtant, Mia essayait de faire fi de tout ça. Elle voulait rendre son retour jovial, l’idée même de partir sur de nouvelles bases. Elle amena des rafraîchissements qu’elle dépose sur la table basse, se mettant à parler « Elle ne tiendra pas en place la petite Princesse. On parie combien qu’elle va pousser un véritable hurlement de joie. » Dit-elle d’une voix malicieuse « Il me semble encore l’entendre me dire qu’elle s’ennuyait de toi. Elle sera plus qu’heureuse. » Elle lui tendit un verre rempli avant de prendre place à côté de lui, veillant à ce que les coussins soient bien mis. Elle n’avait jamais été mère, Raph’ ne lui avait pas appris la tendresse. Mais avec Lily, la jeune femme avait découvert que l’on pouvait avoir des gestes doux et transmettre tout un tas de belles émotions. Être ainsi avec Derek était inédit. Mais ça ne lui déplaisait pas. « On pourra d’ailleurs commencer à chercher un nouvel endroit. Pourtant, je me dis que le déménagement ne se fera que lorsque tu seras complètement sur pied, non ? A moins que … Tu ne comptes faire porter les armoires à Lily. » Elle pouffa brièvement de rire, secouant la tête. « Tu as des idées de ce que tu aimeras avoir, pour changer ? » Lui demanda-t-elle timidement. A vrai dire, elle ne savait pas trop comment cela fonctionnait. Elle avait eu son appartement étudiant et pourtant, c’était bien plus simple. Elle se disait que cela changeait par la suite. Et elle n’avait jamais connu cela, elle s’était contentée de vivre chez Raphaël, de payer à deux un loyer qu’il assumait tout seul. Elle s’en était accommodée. Elle s’était sentie tellement heureuse à vrai dire. Mais là, les choses lui semblaient différentes. « Un jardin… » Finit-elle par murmurer doucement. « Je veux un jardin… De toute façon, tout me plaira d’une manière d’une autre. J’affronte tellement l’avenir de façon sereine… Il y a juste que… »  Elle se racla la gorge, levant ses grands yeux en amande vers ceux de l’infirmier et reprit d’une voix hésitante « Lorsque la police viendra pour prendre ta déposition… Est-ce qu’il… » Elle se tut, ravalant une boule dans sa gorge. « Est-ce qu’il te sera possible de leur mentir et de ne pas vendre Raph’… Aussi horrible soit-il… Je ne tiens pas à ce qu’il aille en prison… Pourtant, je ne cautionne pas ses actes, je lui en veux et je ne lui pardonnerais jamais. Tout comme je ne veux plus le voir. Mais… Je ne tiens pas à ce qu’il aille en prison… »

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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Mer 22 Fév - 16:44


Non, il n'oubliait pas Raphaël Grimes. Non, il n'avait pas l'intention d'oublier Raphaël Grimes. S'ils évitaient tous le sujet depuis son entrée à l'hôpital, Raphaël Grimes planait telle une ombre au-dessus d'eux, attendant le bon moment pour refaire surface. Les policiers étaient déjà venus interroger Derek plusieurs fois - au tout début avec très peu de questions, obligés de le laisser reprendre des forces, se reposer et attendre qu'il se rétablisse complètement pour pouvoir faire avancer l'enquête. Derek n'avait que trop peu parlé - hésitant sur les mots à dire, les paroles à choisir. Il n'avait aucune envie de protéger l'homme qui l'avait handicapé pendant plusieurs semaines, voire mois, et qui hantait ses cauchemars depuis quelques semaines maintenant. Il mentirait s'il osait dire qu'il ne souhaitait pas qu'il aille pourrir en prison - il en rêvait même. Pourtant, il n'avait pas prononcé son nom aux flics. Il n'avait pas évoqué le terrible nom de Raphaël Grimes lorsqu'on lui avait demandé s'il avait une idée de qui était l'homme qui lui avait tiré dessus à bout portant. Deux fois. Il avait prétexté être dans les choux, avoir l'esprit trop brumeux et d'être trop fatigué pour se rappeler quoique ce soit - ce que les médecins avaient confirmé, principalement pour permettre à Derek de se reposer comme il le voulait. Il n'ignorait pas que très bientôt, ils auraient droit à une autre visite de la police - et que cette fois ni la fatigue, ni la douleur et les blessures importantes qu'il avait pu avoir ne le sauveraient d'un interrogatoire non désiré. Il avait beaucoup réfléchi à ce qu'il raconterait. Non, il n'avait pas envie de protéger l'homme qui avait bien failli rendre sa fille orpheline, et faire de son esclave la femme dont il était tombé amoureux. Pourtant, il ne pouvait pas évoquer Raphaël Grimes sans évoquer Judith Grimes - aka Mia Hemingway. Il ne pouvait pas expliquer le pourquoi de ses blessures sans dénoncer la double identité de la jeune femme. Etait-il destiné à mentir pour la protéger, quitte à laisser en liberté un homme capable d'une telle violence ? Il avait beau y penser, y re-penser, il ne parvenait pas à trouver de véritable solution - aucune qui ne le satisfasse en tout cas. Alors, il se contentait d'attendre, de patienter sagement jusqu'à ce que le sujet ne soit plus possible d'être esquivé. Il profitait des visites de Lily, l'écoutant parler de ses déboires ou ses aventures qui lui rappelaient à quel point elle grandissait vite. Bientôt, elle voudrait porter des vêtements plus moulants et désirerait sans doute un peu de maquillage - et il était préparé à refuser absolument TOUT qui puisse la rendre plus âgée qu'elle ne l'était, voire la placer dans des situations compliquées. Combien de jeunes filles avait-il vues passer aux urgences après une agression - minimes ou pas ? Hors de question que Lily subisse la même chose - oui, il savait aussi qu'il deviendrait sans doute un peu paranoïaque et surprotecteur. Il assumait pleinement. Pour l'instant, elle restait encore jeune et innocente, se satisfaisant pleinement de son père et de Mia. Il fut néanmoins content de se retrouver seul avec la jeune femme, Lily étant encore à l'école à l'heure où il put enfin rentrer chez lui... Il ne se sentait plus réellement chez lui à présent, quelque chose s'étant brisé, mais il était tout de même soulagé de ne plus avoir à rester allongé dans ce lit d'hôpital.

" J'avoue que je suis plutôt heureux de rentrer moi aussi - pas seulement pour ne plus avoir à rester enfermé entre quatre murs, mais aussi et surtout pour pouvoir profiter de vous deux pleinement... " lui dit-il avec un sourire chaleureux. " J'ai l'impression que - depuis que l'on s'est avoués nos sentiments, nous n'avons pas eu de réel moment à nous. Je suis désolé, " ajoute-t-il avec une moue mi-triste, mi-désolé. Il aurait aimé pouvoir l'emmener au restaurant, la courtiser comme elle le méritait, la faire danser ou en tout cas lui faire vivre quelque chose d'inhabituel. Il avait conscience que ce serait sans doute plus simple qu'il n'y paraissait car - à sa connaissance - la jeune femme semblait n'avoir connu que chaos et douleurs avec son ex-mari. " Daeron semble s'être habitué à Lily, si j'osais abuser je lui demanderai bien de veiller sur elle un de ces soirs, le temps que je t'invite à dîner, et pourquoi pas à aller voir un film ? Ou une pièce de théâtre ? Ou un concert, d'ailleurs - ce que tu préfères. Ca fait une éternité que je n'ai pas fait ça, je suis en train de me ridiculiser, pas vrai ? " rit-il légèrement gêné. A l’époque où il avait connu Angie, ils étaient jeunes et faisaient partie de la même bande d’amis – les rencarts n’avaient jamais été un problème entre eux. Il réalisait alors qu’il n’avait jamais réellement invité une femme à dîner. Il la remerciait intérieurement de dévier le sujet sur quelque chose qui leur appartenait, quelque chose qui leur tenait à cœur et qui méritait réflexion. " Je vais déjà beaucoup mieux, même s’ils m’ont interdit de faire des gros efforts – crois-moi, je sais ce que je peux faire et ne pas faire, je te promets de ne pas dépasser mes limites, mais je dois dire que plus vite on déménagera, mieux ce sera. Ce n’est pas seulement ce qui s’est passé, Mia… cette maison a déjà pas mal de souvenirs pour Lily et moi, mais elle ne nous a jamais représentés. Je l’ai choisie car elle était libre à l’époque, sans regarder plus loin. On n’a pas investi dans la décoration, on n’a investi dans très peu de choses d’ailleurs, " fronce-t-il les sourcils en en prenant conscience. " J’ai envie d’un endroit qui nous représente, nous trois. Un endroit où l’on se sente bien. Où l’on se sente chez nous. Un endroit que tu pourras décorer comme tu l’entends, " sourit-il car il n’ignorait pas que c’était typiquement féminin, particulièrement pour un agent immobilier. " Je suis quasi-sûr que tu as déjà feuilleté les annonces, " lui dit-il avec un léger sourire. " Visitons d’abord, choisissons ensuite – au coup de cœur – et après on pourra envisager le déménagement, et tout ce que ça implique, en particulier le côté physique. Et j’adhère pour le jardin, je n’en ai jamais eu et je ne te promets pas d’avoir la main verte, mais… l’idée me plait, " la rassure-t-il en lui caressant le dos de la main comme il le faisait si souvent depuis quelques jours. Il était parfois étrange de penser à quel point il tenait à cette femme, à quel point il l’aimait, à quel point même il la désirait alors qu’ils n’avaient échangé en tout et pour tout comme signes d’affection que quelques baisers chastes. La question cela dit ne se posait pas – il était physiquement limité actuellement, et bien qu’elle fût sûre d’elle, de ses choix et plus ouverte avec lui, ils ne pouvaient se précipiter dans les bras l’un de l’autre tant qu’elle ne serait pas prête.

Il sut qu’elle évoquerait le sujet Raphaël Grimes au moment où elle hésita. " Est-ce qu’il te sera possible de leur mentir et de ne pas vendre Raph’… Aussi horrible soit-il… Je ne tiens pas à ce qu’il aille en prison… Pourtant, je ne cautionne pas ses actes, je lui en veux et je ne lui pardonnerais jamais. Tout comme je ne veux plus le voir. Mais… Je ne tiens pas à ce qu’il aille en prison… " Il ne sut s'il devait se sentir soulagé - soulagé de ne pas à avoir à choisir, soulagé de ne pas avoir à évoquer son nom et à pouvoir la protéger - ou s'il devait se sentir blessé et déçu par le fait qu'elle veuille malgré tout le protéger. Il essaya tant bien que mal de se mettre à sa place, mais il ne pouvait réellement y parvenir, il en avait conscience. Il soupira légèrement, ne lâchant pas sa main pour autant. " Je me demandais quand on en parlerait, j'avoue avoir évité le sujet pour des raisons égoïstes et un peu lâches... J'ignorais jusqu'à présent ce que je devais faire. Pas pour le protéger, " insista-t-il bien en la regardant droit dans les yeux. " Si je le pouvais, je n'hésiterai pas à le laisser aller en prison, Mia. Pas une seconde. Pas après ce qu'il t'a fait - et ce qu'il m'a fait. Mais le dénoncer, c'est aussi te dénoncer. C'est te mettre dans une position délicate et j'ai beau y réfléchir, et crois-moi je le fais depuis que je suis capable de penser de nouveau depuis mon réveil, je ne sais pas comment t'épargner si j'ose évoquer son nom. Pour ça, et rien que pour ça, " insista-t-il bien encore sur ces mots, " je ne parlerai pas de lui. Je ne sais pas s'il est capable de revenir. Je ne sais pas pourquoi il t'a laissé repartir, je ne sais pas ce qui peut se passer dans sa tête, mais Mia... s'il revenait et s'il tentait de nouveau quelque chose, " et cette éventualité était fort possible, ils devaient en avoir conscience, " j'ai beau t'aimer, je n'hésiterai pas, " conclut-il tout simplement, n'ayant pas besoin d'évoquer le fait qu'il se défendrait cette fois sans craindre d'ôter une vie s'il le fallait - si cela signifiait protéger les deux femmes de sa vie. Il espérait qu'elle comprendrait - aussi assurément qu'il essayait de comprendre ses sentiments.

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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Ven 3 Mar - 20:53

Derek était si gentil. Tout le contraire de ce que Raph avait finit par devenir. Elle ne pouvait s'empêcher de rougir quand il évoquait leur couple. Elle n'était pas habituée mais ça n'en demeurait pas moins agréable à entendre. Il était plein d'attentions, plein de gentillesses et prêt à tout pour la rendre heureuse. C'est vrai qu'à l'hôpital, ils avaient eu que très peu de moments à eux. Et pourtant, ils s'étaient avoués leurs sentiments. Mia s'en était accommodée sans broncher. De toute façon, elle était heureuse et quand Derek évoqua l'idée de l'inviter, elle se sentit redevenir l'étudiante timide et gauche, prête à attendre avec impatience le premier rendez vous. Elle avait le sentiment qu'avec l'infirmier, tout sera bien différent. Quand bien même, il s'estimait ridicule. « Derek... » Murmura t-elle d'un ton espiègle. « Tu ne crois pas que Daeron souhaite souffler un peu ? On pourra confier Lily à mon amie Taylor. Elle adore la princesse et si tu voyais Lily avec le chien de Tay' ... Elle est hystérique! » Dit-elle en riant de bon cœur. « Mais je veux bien de ce rendez-vous avec toi... C'est quelque chose que je n'ai jamais fait avec... Enfin... Je veux dire, aller au théâtre. Ça me plairait beaucoup de » Dit-elle mal à l'aise. Il était évident que les souvenirs de son ancienne vie ne disparaîtrait pas immédiatement. Il fallait du temps. Et pourtant, c'était tout ce qui s'offrait à eux. Elle s’imaginait déjà. Souvent, quand elle se couchait, le soir, elle se représentait ce futur. Elle voyait leur maison, elle voyait les chambres, le salon, la salle à manger, tout en s’imaginant la décoration. Elle avait déjà une idée précise de ce qu’elle voulait comme meuble, de quelle couleur il faudra repeindre les murs, comment elle devait choisir l’exposition de la maison vis-à-vis du soleil. Oui, elle s’y voyait déjà avec l’innocence d’un enfant et l’impatience d’une princesse. Elle avait l’impression que l’avenir lui tendant les bras, se révélant être meilleur désormais. Elle était heureuse désormais. Elle avait l'impression de se trouver sur une plaine verdoyante, immense, et de ressentir la brise caresser son visage. Il était loin le temps où la peur dominait. Mia avait l'impression que tout changeait, que Raphael ne lui ferait plus de mal. Elle en était convaincue, elle y croyait dur comme fer. Et surtout, elle croyait en sa nouvelle histoire avec Derek. Bien sûr, depuis le début de son hospitalisation, il leur était difficile de se comporter comme des gens amoureux. La jeune femme restait toujours sur la réserve lorsque des gens venaient. Elle n'osait pas se présenter, elle n'osait pas parler tant qu'il ne s'agissait pas de l'ami du couple. Elle se murait derrière le muraille de la méfiance, observant le monde tel l'animal sauvage prêt à grogner si les gens s'en approchaient trop. Et pourtant, quand elle se trouvait seule avec l'infirmier, elle redevenait rendre, elle était la Mia destinée pour lui, la seule, l'unique créée de toute part par un esprit malade de peur et d'angoisse.Finalement, elle avait créé une nouvelle Judith capable s'effacer l'ancienne, capable de croire en un avenir meilleur. « Bon c'est vrai... J'ai déjà commencé à regarder. » Dit-elle en pouffant de rire. C'est vrai qu'elle avait été agent immobilier. Et pourtant, elle avait galéré à trouver. Elle s'était sentie intimidée de faire quand elle n'avait jamais eu le loisir de le faire. Pourtant c'était son métier mais à force, elle avait cessé d'exercer. Les horaires ne convenaient plus à Raphael. Il râlait tout le temps quand les compromis se signaient après 18h, que les visites se faisaient après le travail des susceptibles acheteurs. Oui ça demandait des horaires peu adéquates mais ça ne convenait plus au mécanicien. Et si auparavant, il se contentait de pester, elle avait vite arrêté lorsque les coups s'étaient mis à pleuvoir. Alors elle avait changé, prête à prendre n'importe quoi, toujours plus loin, à quitter son job quand un bleu s'étalait sur son visage. Le premier passait pour l'accident, le deuxième pour de la maladresse mais le troisième allié au regard suspicieux laissait apparaître des questions. Il fallait fuir. Il fallait protéger Raphael coûte que coûte. Elle l'aime et ne voulait que son bonheur. Alors, les horaires devenaient compliqués, la route avec, plus longue et elle rentrait toujours aussi tard. C'était un cercle infernal qui cessa lorsqu'il fut en prison. Une délivrance. Une aubaine. Et maintenant, tout changeait et c'était encore mieux. Derek était tellement adorable, il était prêt à tout et elle n'en l'aima que d'avantage.

« J'en ai vu des très jolies avec un petit jardin. Alors je n'ai pas la main verte non plus... Mais je me dis que j'essaierais avec Lily.Ça lui plaira de pouvoir cultiver son potager. » Elle se surprit à sourire comme une bécasse. Cette simple idée, ce rêve suffisait amplement à son bonheur. Mia n'était pas de ces femmes à rêver de grandeur, se contentant de peu. Elle n'était pas de ce genre à vouloir plus quand l'essentiel se dévoilait sous ses yeux. Elle voulait d'une existence sereine avec le père et la fille. C'était tout ce qui comptait. « On trouvera bien notre bonheur ! » Son ton était optimiste. Elle croyait en l'avenir. Toutefois, les pieds furent ramenés sur terre quand elle évoqua son ex mari. C'était un sujet brûlant, elle le savait. Mia se sentait mal à l'aise de lui faire subir cela, de lui imposer sa volonté. Non elle y tenait : elle ne voulait pas envoyer Raphael en prison. Elle connaissait l'homme et d'une certaine manière, sans même craindre qu'elle puisse être pénalisée par un quelconque procès, elle pensait surtout à l'humain, elle ne voulait pas l'accabler plus. Elle se disait qu'il l'aimait et que par amour, il avait su la laisser partir, comprendre que leur mariage était gâche, qu'il avait été bien trop maladroit. Mais tirer sur un homme ne pouvait être considéré comme de la maladresse. C'était de la folie alliée à un désespoir qu'elle comprenait. Aussi, elle s'en voulait d'être prise entre les deux. De croire en l'avenir avec Derek quand elle avait réduit celui de Raph à néant. Il n'y aurait pas petit Grimes. Il n'y aurait pas de vie en Louisiane. Tout cela c'était fini. Elle ne voulait que l'infirmer et son regard doux, et sa compréhension du monde l'entourant, elle voulait sa fille, elle voulait l'amour et la tendresse des deux. Elle était égoïste mais elle se disait qu'elle en avait suffisamment bavé pour prétendre à cette envie : elle avait cruellement besoin et sans cette famille, elle aurait certainement renoncé. Qui sait ce qu'elle aurait été alors ? Peut-être un nom devenu poussière ? Un cadavre desséché ? Elle était tellement désespérée à ce moment-là. Pourtant, Derek comprenait et respectait son choix. « Tu es si bon Derek... » Murmura-t-elle doucement. « C'est comme ça que tu m'as réconcilié avec le monde entier. Tu es généreux et tu as un cœur immense... » Elle se tut, consciente que le brosser dans le sens du poil n'était pas ce qu'elle désirait. Tout ça, il le savait déjà. Elle ne voulait pas se contenter de le complimenter. Le penser était une chose, le dire, une autre « Ce que je veux dire par là... C'est que tu m'as donné envie d'espérer à nouveau, de croire en l'homme. Je ne connaissais que le coup et l'insulte et toi... Tu as réussi tant de choses... E tu continues à encore à me surprendre. Je sais que ce je te demande n'est pas juste. Apres tout, tu aurais pu y passer. Mais il ne reviendra pas. » Elle observa la table basse, les verres remplis, le soleil diffusait une lueur apaisante dans ce salon ayant connu le carnage. « Il a accepté l'idée que sa femme n'est plus de ce monde. Je refuserais de toute façon de le redevenir. Il y a trop de mauvais souvenirs. Je n'étais pas la personne qu'il lui fallait... » Elle se tut, sentant la culpabilité revenir au galop, et au bout d'un instant de silence, elle osa relever le regard vers le visage de l'homme assis à côté d'elle. « Enfin, je ne souhaite plus parler de lui... Je voulais simplement te demander cela. Et tu l'acceptes, je t'en remercie... » Sa main vint se poser sur la sienne, tendre et délicate. Elle serra doucement. « Maintenant, la vie est à nous Derek. » Elle vint se nicher contre lui, assise du côté où son épaule n'avait pas été blessée. Elle avait terriblement besoin de son soutien, de sa tendresse. L'apprentissage des autres était à continuer, Mia avait tant à faire pour se réconcilier avec ses convictions que son mari avait démoli. Et doucement, elle releva le regard pour se trouver à proximité de l'homme. Elle l'observa avec tendresse, de ses yeux sombres reflétant un amour brûlant. Il lui fallut du courage, ignorer le cœur battant comme un fou. « Je t'aime Derek et désormais, mon cœur t'appartient. » Lui dit-elle, les joues rougissant légèrement. Sa main vint caresser la joue râpeuse de l'homme, avant de se redresser pour l'embrasser. D'abord doucement, puis laissant une passion nouvelle l'envahir. Oui tout irait bien par la suite. Elle aimait Derek et il saurait lui faire oublier son passé ravagé. Sa main se rangea derrière sa nuque et l'attira un peu plus contre elle, éprise d'un désir soudain et sincère. Ce fut sans compter la troisième personne s'immisçant discrètement dans la maison. Elle ne l'avait pas entendue. « Papa? » La voix résonna et dès lors qu'elle l'entendit, elle se détacha des lèvres de Derek pour pivoter et faire face à une Lily dont l'expression était indéchiffrable. La panique surgit sans crier garder. Elle n'était pas prête encore.
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Jeu 9 Mar - 17:51


Angie avait été une femme de caractère, une femme qui savait imposer ses idées et ses envies. Angie avait été une femme qui aimait prendre les choses en mains et qui, sans avoir besoin de forcer ou de crier, savait prendre chaque décision dans leurs vies. Il avait été si facile de la laisser endosser le rôle du meneur. Il n’en avait pas spécialement souffert, tout simplement parce qu’elle le faisait avec le sourire, avec tact et avec assurance, aussi supposait-il qu’elle devait avoir raison et qu’il n’aurait pas pu mieux gérer leur vie de couple et leur vie de famille qu’elle. Qu’avait-il d’autre à faire que de suivre le mouvement ? Leur vie lui avait convenu le temps qu’elle avait duré, et il n’avait jamais eu l’impression d’être manipulé ou d’être mis au pied du mur. A sa disparition, il avait dû prendre lui-même les choses en mains pour continuer à vivre, pour continuer à avancer. Et s’il avait craint aux diverses difficultés que cela provoquerait, il avait rapidement réalisé qu’il n’en serait jamais rien. Il était parfaitement capable de gérer sa vie comme il l’entendait, tout simplement parce que cette vie avec Angie lui avait convenu à la perfection. A présent, il était habitué à être le meneur. Il était habitué à prendre les choses en mains, autant pour lui que pour Lily. Il était habitué à prendre les décisions adéquates, que cela leur plaise ou pas. Quand il regardait Mia, il ne pensait pas à une femme faible. Quand il regardait Mia, il ne la comparait pas avec Angie. Quand il regardait Mia, il percevait un avenir. Quand il regardait Mia, il croyait au possible. Quand il regardait Mia, il ne doutait plus de rien. Si elle était différente d’Angie, elle n’en était pas moins une femme remarquable et admirable – même s’il lui semblait difficile de l’imaginer et de le croire à l’heure actuelle. Car si elle avait passé un cap concernant sa vie d’avant et son mariage d’antan, les souvenirs et les douleurs ne partiraient pas en un claquement de doigts, il en avait conscience. Elle se croyait faible, car son mari lui avait longuement répété qu’elle l’était. Derek savait parfaitement qu’il n’en était rien – il suffisait pour cela de la regarder et de voir ce qu’elle avait accompli par elle-même en quelques mois. Elle avait pris des décisions pour elle-même, sans avoir recours à son violent de mari. Elle avait choisi de le quitter, envers et contre tout et même son amour pour lui. Elle avait choisi de se battre, sans plier l’échine. Elle ne le réalisait pas encore, mais ses actes et ses choix reflétaient sa force et son courage – et il se jurait de le lui rappeler aussi souvent que possible. Mia était différente d’Angie, car elle lui accordait une confiance aveugle et entière. Elle n’avait pas besoin d’exprimer ce qu’elle désirait plus que tout au monde –que ce soit de leur future maison, de leur futur ensemble – car elle estimait que tant qu’ils étaient tous les trois, elle était heureuse. Mia était différente d’Angie, car elle avait connu des difficultés que jamais sa femme n’avait connues – et si Mia en avait eu honte un jour, il percevait cela comme une véritable force. « Tu as raison, je devrais peut-être le laisser un peu tranquille, il a déjà été tellement patient et adorable de vous héberger tous ces jours… Et je ne sais pas pourquoi, mais je sens la demande venir à des kilomètres, » ajoute-t-il en fermant les yeux, mi-tragique et mi-souriant. « Elle va vouloir un chien, pas vrai ? » Et même si l’idée était plaisante, car il adorait les animaux, il devait reconnaitre que cela comportait quelques inconvénients à prendre en compte. « Je lui ai déjà expliqué que c’était du boulot, un chien. Il faut le sortir, il faut le nourrir, il faut le cajoler, il faut… » mais plus il énumérait les faits, plus il percevait le regard de Mia qui l’écoutait mais souriait – comme si elle savait déjà que Derek craquerait au final. Il soupira, vaincu. « Je vais me contenter d’attendre qu’elle ose m’en parler, d’accord ? Occupons-nous d’abord de nous trouver une maison, » lui suggéra-t-il finalement, sachant d’avance qu’il n’aurait jamais le dernier mot sur le sujet. « Et si ton amie Taylor est d’accord pour baby-sitter, et qu’en plus elles s’adorent… je te demanderai presque de lui poser la question pour ce soir, » sourit-il bien que ses blessures ne soient pas encore totalement remises. « Tu sais, je n’ai pas plus l’habitude que toi. Avec ma femme, je n’ai jamais eu l’occasion de l’emmener où que ce soit, comme on s’est rencontrés au collège. C’est peut-être étrange, mais je suis plutôt content que ce soit une première fois pour nous deux – je veux dire, autant pour toi que pour moi, » ajoute-t-il maladroitement. « Je te propose de m’occuper de cette soirée de A à Z, et tu n’as qu’à demander à ton amie quand est-ce qu’elle serait libre pour garder Lily une soirée ? » finit-il par lui demander tout simplement. Il espérait secrètement que son amie pourrait même garder Lily une nuit entière, histoire qu’ils puissent réellement profiter de la soirée sans avoir à penser à l’heure tardive, et à apprendre à se connaitre encore mieux. Bon, il le reconnaissait un peu aussi, il espérait fortement approfondir leur relation sur un autre terrain – mais il ne souhaitait pas la brusquer. Il l’écouta parler des diverses maisons qu’elle avait déjà observé, imaginant un jardin qu’elle cultiverait avec Lily, main verte ou pas, et de ressentir et voir l’excitation dans sa voix, dans ses yeux lui suffisait amplement pour l’instant. Ils n’avaient pas forcément besoin d’évoluer sur le plan physique après tout, n’est-ce pas ? C’était se mentir à lui-même que de le prétendre, car ils étaient des êtres sexuels et leur attirance était palpable. Les occasions n’avaient juste pas eu le temps de se présenter. A présent que l’obstacle que représentait son mari – bientôt ex-mari espérait-il – ils pourraient se concentrer sur eux et sur leur relation. « Je ne sais pas si je suis gentil, ou juste naïf. Peu importe comme les gens le perçoivent de toute façon. Ce que je sais, et ce que j’essaie d’instruire à ma fille, c’est qu’il faut faire ce que l’on croit juste dans la vie. Quand tu es entrée dans nos vies, je n’imaginais pas une seconde éprouver de tels sentiments de nouveau un jour. Quand tu as franchi le pas de cette porte, je ne m’attendais pas à retomber amoureux. Pourtant, tu es là et tu as tout bouleversé dans ma vie, Mia. Comme jamais personne auparavant. C’est tout ce que je sais, et pour ça je me dois de faire les choix que j’estime justes pour toi, pour nous. Même s’il faut enfreindre quelques règles, » dit-il simplement en évoquant le fait qu’il mentirait à la police et qu’il protégerait malgré lui un homme qui avait plus que mérité son séjour en prison. « On a chacun un passé, lourd de différentes manières, et il ne nous quittera jamais réellement, » lui dit-il finalement. « Mais j’ai confiance en toi, en nous. Parce que, quand on est ensemble j’ai le sentiment que tout est possible. Que tout est naturel. Que tout est simple. Que tout est évident, » lui dit-il simplement. N’était-ce pas ça le véritable amour ? Quand il pensait à ses amis, qui se posaient tout un tas de questions quand ils rencontraient des femmes ou des hommes, qui se prenaient la tête pour quelques broutilles ou qui se demandaient si cette fois, c’était le bon ou la bonne. Il n’avait pas à se poser la question avec Mia. Il savait.
Il laissa la jeune femme prendre les choses en mains, gérant à son rythme le baiser qu’elle souhaitait lui offrir. C’était bien sûr sans compter sur le désir qu’il avait d’elle depuis des semaines, inassouvi et menaçant de le rendre fou. Pourtant, il réussit à rester calme et à ne pas la brusquer. Peut-être que ses blessures l’aidaient à ne pas s’emporter aussi, pensa-t-il. Mais il ressenti son propre désir à elle, et cela attisa le sien, le forçant à poser ses mains sur ses hanches, relevant légèrement son t-shirt pour enfin toucher sa peau. « Papa ? » entendit-il alors et un froid l’envahit tandis que Mia reculait précipitamment – trop vite à son goût – pour faire face à une Lily perturbée. Il dut faire d’énormes efforts pour retrouver un semblant de respiration normale et passer d’une excitation suprême à un contrôle hors du commun. « Ça va ma chérie ? » lui demande-t-il alors en lui souriant. « Je suis content que tu sois là, on avait besoin de toi pour trouver notre future maison, » lui lance-t-il comme si de rien n’était – comme si elle n’avait pas été sur le point de surprendre son père en pleins ébats avec Mia, sa nounou. NORMAL QUOI. Lily semblait hésiter entre sourire et fuir, les joues rosies et s’approcha à petits pas vers eux. « On va déménager tous les trois ? Ensemble ? » demande-t-elle alors, innocente qu’elle était. Il avait toujours penser que Lily serait plus que ravie que Mia vive avec eux, qu’elle serait plus qu’enthousiaste à l’idée de l’avoir avec elle pour toujours. Avait-il vu trop grand ? Avait-il cru à tort ? Il jeta un œil à Mia, qui semblait légèrement bouleversée. « Ensemble, oui. On est une famille, et on a besoin d’une autre maison, » lui explique-t-il alors, amenant un large sourire à Lily. « J’avais peur que Mia parte, » avoue-t-elle dans un soupire, les surprenant tous deux. « Pourquoi partirait-elle ? » demande-t-il, ce à quoi elle hausse les épaules en s’asseyant entre eux deux. « A cause du Monsieur qui est venu l’autre jour. Il la cherchait. Et il avait pas l’air content, » leur raconte-t-elle naturellement, de toute son innocence. Il ressenti un frisson d’horreur à l’idée que sa fille ait pu croiser la route de Grimes. Et il espérait fortement que cette rencontre avait eu lieu bien avant leur altercation, bien avant qu’il n’ait décidé que sa femme était mieux lotie sans lui. Il serra la main de Lily dans la sienne et tout en regardant Mia lui répondit : « Tu n’as pas à t’en faire, ma chérie. Mia n’est pas prête de partir. Et elle a déjà décidé que vous auriez un jardin à cultiver ensemble, » lui avoue-t-il alors et, dans une moue fataliste mais trop heureux de rendre heureuse sa fille, « et peut-être même que tu auras droit d’avoir un chien à toi, » termine-t-il, incapable d'attendre qu'elle le lui demande d'elle-même.


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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Mar 21 Mar - 20:25

Cette vie nouvelle lui tendait les bras. Elle se disait que tout ceci était, certainement, trop beau pour être vrai. Elle contemplait tout cela avec une timidité touchante, des yeux d'enfants innocents attendant que le plus grand lui assure toute la protection dont elle avait besoin. Ça, et la tendresse. Ça, et l'amour. Ça, et cette famille dont elle avait terriblement manqué. De par ce que Derek lui apportait, Mia se sentait inondée par tous ces sentiments de bien-être. Contre lui, la jeune femme se sentait si bien. Elle rêvait de cette quiétude. Cette dernière lui tendait les bras pour qu'elle puisse s'y réfugier. Et Mia avait tellement hâte d'avoir leur chez-eux, de pouvoir savourer chaque détail d'un quotidien qui ne changerait pas, certes. Ses tâches seraient la même. Mais ce qui changerait, serait la façon dont elle serait perçue. Elle n'était plus la baby-sitter. Elle était la compagne, celle qui chérirait Derek et Lily, à un degré bien plus intense et intelligemment. Elle n'aurait jamais la prétention de prendre la place de qui que ce soit. Mia n'était pas ainsi. Elle n'avait rien de celles qui s'immisçaient de façon outrageuse, balayant tous les souvenirs d'un simple geste de la main. Elle respecterait le passé de Derek autant qu'il en ferait de même. C'était le deal. C'était ce qui les rendrait heureux par la suite. Et tout ne semblait être qu'une suite logique et heureuse. Elle ne pouvait que rire face à un homme convaincu que sa fille lui demanderait un chien. Lily n'avait pourtant rien dit à ce sujet. Et puis, cette perspective de se comporter en un couple... Ça la faisait rougir, son petit cœur meurtri battait plus fort mais elle avait hâte. Elle avait hâte de ne pas craindre de proposer quoi que ce soit, de ne pas s'entendre dire que c'était nul par un Raph' bien brut... Et tellement différent de l'infirmier. Ils étaient, à tous point de vue, complètement aux opposés, rien ne les liaient si ce n'était qu'ils avaient des sentiments pour elle. Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir cette éternelle culpabilité, d'entendre encore l'écho de la voix de Raph lui murmurait de partir, dans un souffle meurtri, témoin d'une véritable souffrance. Pourtant, elle devait tirer un trait. « Je vois ça avec Taylor dans ce cas là. J'ai hâte de voir ce que tu vas nous concocter. » Et le sourire était grand et sincère. C'était si évident entre eux. Tout était parti de rien, d'une graine ayant pris racine, s'élevant contre vents et marées. Et aujourd'hui, tout avait éclos dans un aura de douceur et d'amour. Mia en avait terriblement besoin. Elle se sentait si heureuse. Et forcément, aux belles paroles se joignirent les gestes tendres et des baisers enflammés. Elle sentait ce désir, celui qu'ils partageaient tous deux. La flamme était là, elle brûlait avec une telle intense. C'était si émouvant pour elle.

Cependant, Lily se manifesta à eux. D'abord surprise, les fixant comme si elle venait de les surprendre en flagrant délit d'un horrible crime. Du moins, c'est ce que Mia se dit. Elle en était tétanisée par une peur monstrueuse. Et si Lily ne l'acceptait pas ? Du moins pas autrement que sa nounou ? Elle connaissait la petite. Par cœur et dans la moindre de ses réactions, elle était une copie de Derek. Avec ce cœur bon et cette âme si généreuse. Néanmoins, l'idée de ne pas être acceptée, la torturait sans qu'elle puisse se convaincre du contraire. Le silence demeura sa porte de sortie. Pour ne pas s'effondrer par la peur : Mia laissa Derek converser avec sa fille. Et les intentions de l'enfant se révélèrent si nobles. Elle était véritablement heureuse que Mia reste, qu'il puisse avoir une autre maison. Un sourire se greffa sur le visage de la brune lorsque la petite prit place entre eux, laissant la passion s'évanouir, ne laissant de traces que celle d'une rougeur sur les jours de Mia. Lily leur sourit à tous deux, visiblement heureuse de ne pas la voir partir, et déjà, elle sentit un poids s'envoler. Le temps d'un court instant, cela dit... La suite de ses paroles la firent tressaillir lorsqu'elle évoqua Raphaël. Le fait qu'il ait pu approcher l'enfant la combla d'horreur. Ça aurait pu tellement devenir grave... La colère de son mari n'avait eu aucune limite. Il n'avait hésité de rien du tout. Aurait-il pu l'être avec Lily ? Il n'avait reculé devant rien et ça la terrorisait. Néanmoins, elle tenait bon. Elle le faisait pour la petite, pour ne pas qu'elle puisse s'inquiéter, bien qu'elle avait senti une tension semblable à la sienne du côté Derek. Elle conserva le silence, laissant son père être plus rassurant. L'avenir serait plus radieux. Ils allaient avoir une nouvelle maison, un jardin... Et un chien ?! Elle haussa un sourcil en fixant le père. « Tu ne devais pas attendre qu'elle t'en parle ? » Lui dit-elle d'une voix malicieuse mais sa voix fut couverte par les hurlements de joie de Lily. Elle sauta du canapé et se mit à sautiller dans tous les sens. « Ouiiiiii, ouiiiiiii ! On va avoir un chien et une nouvelle maison ! Rholalala, je suis trop conteeeeente ! J'espère que ce sera un gros chien comme Buck !! » Elle éclata de rire, tellement envahie d'une joie contagieuse. Mia se mit à rire, la laissant ensuite venir à elle lorsque Lily se jeta dans ses bras, tendre et aimante. A l'image de son père. « Je suis tellement contente de te savoir parmi nous, Mia... Vraiment. » Les paroles l'émurent plus que de raison. Elle encercla les épaules de la petite, tendrement, enfouissant son nez dans la chevelure de l'enfant. Ce petit coeur battait déjà contre le sien, pétri d'un amour qui ne connaîtrait jamais de fin. « Je suis tellement heureuse aussi ma Lily... Je ne vous abandonnerais jamais, je vous le promets! » Les mots résonnèrent avec tellement de conviction. Et Mia releva le regard pour croiser celui de Derek, lui sourire.
Tout allait bien désormais...

***

Elle était intimidée. Elle avait l'impression d'être quelqu'un qui ne lui ressemblait pas. Et pourtant, ce n'était pas son premier rendez-vous depuis le début de sa vie. Elle en avait déjà eu mais pas des comme ça. Le jour était arrivé plus vite qu'elle ne le croyait, l'empressement sans doute. L'impatience, aussi. Elle avait hâte de retrouver Derek en étant seule. Les premiers échanges amoureux avaient eu raison d'elle. Et pourtant, lorsque Lily était là, Mia faisait preuve d'une discrétion étonnante. Elle n'était pas câline, elle n'était pas tendre et constamment collée à l'homme. Bien au contraire, elle se contentait de lui sourire, d'avoir des gestes affectueux et discrets. Ce n'était pas son genre d'être la fille exubérante. Elle était protectrice avec Lily. Mais là, encore, c'était un tout autre domaine. Et puis, il y avait tellement à faire comme... chercher une maison en compagnie de Derek. Autant dire que les journées passaient à une allure folle. Et que ce soir, c'était enfin leur soirée. Elle avait remis Lily à Taylor. Et la petite avait été plus que ravie à l'idée de passer la soirée en compagnie de l'organisatrice d'évènements et Buck. Mia avait eu le temps de prévoir la tenue en compagnie de la petite et de son amie. Et le choix s'était portée sur une robe noire, discrète mais incroyablement féminine pour une femme qui ne s'assumait pas. Elle était gênée mais pas moins ravie du résultat. Mia n'était pas de ces beautés tapageuses. Elle était naturelle et authentique, elle n'aimait pas le paraître. Elle préférait tellement transmettre ce qu'elle avait de bon et de beau, de par sa personnalité. Et ce soir, elle espérait que tout se passe comme sur des roulettes. Elle en avait besoin. Aussi, se passant un dernier coup de brosse sur ses cheveux noirs - et ondulés pour la soirée - elle inspira un grand coup et finalement, sortit de sa chambre. Elle descendit les escaliers pour retrouver Derek. « C'est une grande première pour moi... » Dit-elle, avec une gêne qu'elle traduisit par un rire étouffé. « D'ordinaire, les robes et moi, nous ne sommes pas amis... En revanche, toi... Tu es très élégant. » Elégant. Beau comme un dieu. Ce regard brillant. Mon dieu... Si elle n'avait pas eu cette soirée ce soir, elle lui aurait déjà sauté dessus, motivée par la perspective que la maison leur appartenait à tous deux, ce soir. « Je brûle de savoir ce que tu as organisé... » Dit-elle venant déposer un baiser sur sa joue. Bref mais tendre. Tout restait à bâtir, y compris savoir vivre avec l'autre et non pas le subir.
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Jeu 30 Mar - 17:53


Il avait envie de croire à une nouvelle vie qui s'ouvrait à eux. Il avait envie de croire que le meilleur restait à venir. Il avait envie de croire en un avenir radieux - rempli de hauts et de bas bien sûr, car la perfection n'existait pas et qu'il ne la recherchait pas. Il avait envie de croire que le pire était derrière eux et, qu'à présent qu'il connaissait la vérité, plus rien ne pouvait venir gâcher ce bonheur que de s'être trouvés. Il avait envie de croire que la jeune femme n'aimait plus son mari et qu'elle ne pourrait jamais plus retourner auprès de lui. Il avait envie de croire qu'il pouvait continuer à vivre sans avoir à lui faire payer ses actes. Il avait envie de croire en une possible rédemption pour Raphaël. Il avait envie de croire que plus jamais il n'approcherait sa fille. Il avait envie de croire que plus jamais, jamais, ils ne risqueraient de se retrouver face à une arme et à la violence dont était capable cet homme. Il avait envie de croire en beaucoup de choses, mais il semblait que son corps et son âme aient du mal à se mettre d'accord. Cependant, il préférait de loin garder ses doutes, ses craintes et ses idées noires pour lui - il refusait catégoriquement d'inquiéter les deux femmes de sa vie. L'idée que Raphaël ait pu approcher Lily, seul, lui hérissait le poil et lui donnait d'autant plus envie de retrouver l'homme pour lui faire payer le mal qu'il lui avait déjà fait. Qu'il lui ait tiré dessus était une chose, qu'il ait osé parler et menacer sa fille, c'en était une autre. En attendant de pouvoir mettre au clair ses pensées perturbantes et d'en comprendre les fondements, il parvint tant bien que mal à calmer son coeur et à sourire à la petite fille - son enthousiasme et sa joie étaient bien trop communiquant pour qu'il se laisse aller à ses pensées moroses. Et le sourire, et les promesses de Mia étaient bien trop tentant pour qu'il ne se laisse pas aller à y croire. Ainsi, ils allèrent chacun se coucher ce soir-là avec des idées bien précises quant à la maison de leurs rêves et au chien qu'il avait promis d'offrir à Lily - promesse dite, promesse tenue.

***

Derek n'était pas un homme qui prévoyait grand. Il n'était pas un homme qui prévoyait gros. Il n'était pas un homme qui accordait de l'importance aux détails d'une soirée parfaite en compagnie de celle qui avait capturé son coeur - à ses yeux, ce qui comptait le plus était qu'ils soient ensemble, qu'ils profitent de chaque instant et qu'ils passent une agréable soirée. Aussi espérait-il qu'elle ne serait pas déçu quant à la soirée qu'il avait prévu de lui offrir. S'il avait choisi la simplicité, il ne s'en était pas moins bougé les fesses pour parvenir à ses fins et s'assurer que tout se passerait comme il le désirait. C'était la première soirée qu'ils auraient à eux deux, seulement eux deux. Première soirée qu'ils passeraient en tant que couple, et non en tant que "parents" et amoureux novices. Elle méritait une soirée digne de ce nom, une soirée à être traitée comme une reine, une soirée à être aimée, désirée et se sentir importante aux yeux de quelqu'un. A ses yeux, à lui. Il n'était pas du style à porter un costume - il laissait cela pour les évènements tels que les mariages, les baptêmes, voire les enterrements. Il avait cependant opté pour un jean habillé noir et une chemise bleue marine, laquelle il avait retroussé les manches et déboutonné le haut du col - il avait envie d'être décontracté, à l'aise et surtout ne pas paraitre trop guindé. C'était bête, mais il se sentait comme un adolescent à son premier rendez-vous, et bien que cela le rendait nerveux - il était plutôt content d'éprouver cette sensation. Quand il l'aperçut, élégante, féminine et juste magnifique, il en eut le souffle coupé et crut qu'il ne pourrait pas aligner deux mots. Fort heureusement, il savait garder un certain contrôle sur ses émotions. " Les robes et toi, vous devriez être plus souvent amies alors. Tu es juste magnifique, " la complimente-t-il en lui souriant et en lui prenant la main. Ce geste était devenu spontané et naturel. " Et si je te disais que ce que j'ai prévu, c'est tout simplement un dîner romantique ici, juste nous deux, avec une musique de fond et la nuit devant nous, serais-tu déçue ? " lui demande-t-il en paniquant légèrement quant à l'idée qu'elle puisse s'attendre à un rendez-vous spectaculaire. Il avait réservé dans un restaurant italien - un restaurant très recommandé et où il était extrêmement difficile d'obtenir une table certes, mais un restaurant plutôt accessible. Il avait longuement hésité entre l'emmener au cinéma ou au théâtre avant de s'installer pour manger, mais pour un premier véritable rendez-vous, il avait opté pour le dîner et une balade près du port ainsi qu'un tour nocturne en bateau pour profiter de la ville illuminée et de l'air marin. Au cinéma ou au théâtre, ils n'auraient pas pu parler comme ils devaient le faire. Après tout, il l'aimait et elle l'aimait, mais ils avaient encore tant de choses à apprendre l'un sur l'autre - cette idée était étrange. " Je ne te promets pas de grandes choses extraordinaires, mais je te promets de moments simples et mémorables, " finit-il par lui dire, réalisant que c'était quoiqu'il arrive ce qui leur convenait à tous les deux. Elle ne cherchait pas des feux d'artifices, mais un homme qui sache la comprendre, l'accepter et l'aimer telle qu'elle était. Après un moment d'hésitation, il se pencha pour déposer un léger baiser sur ses lèvres - qu'il n'avait que trop peu d'occasion de goûter malheureusement, mais il comprenait la retenue de la jeune femme. Lèvres contre lèvres, mains dans les mains et souffle contre souffle, il lui fut difficile de reculer. " Je te propose d'y aller, avant que je ne perde le contrôle et que je t'emmène directement là-haut, " lui dit-il doucement mais souriant. Il sentait fort bien qu'elle le désirait tout autant, aussi se laissait-il plus facilement aller à évoquer cette étape de leur vie de couple. Il leur fallait bien l'évoquer tôt ou tard de toute façon. Il attrapa sa veste et attendit qu'elle ne se retourne légèrement pour la lui déposer sur ses épaules délicates - mais fortes. " Après vous, Mademoiselle Hemingway, " lui dit-il en ouvrant la porte, galant.

" J'ai hésité à te poser la question, mais je me suis dit que tu devrais aimer la cuisine italienne - car généralement, tout le monde aime. Dis-moi, maintenant que nous sommes là, que je ne me suis pas trompé, " lui demande-t-il en riant légèrement tandis qu'on leur apportait la carte des vins. Elle avait tenté tant bien que mal de deviner où il l'emmenait mais il avait tenu bon jusqu'à ce qu'ils arrivent devant le restaurant déjà bien rempli. Le Napolitain était réputé pour sa nourriture raffinée et délicieuse - le chef, pur italien à l'accent fortement prononcé, ne passait jamais inaperçu et cela animait le restaurant paraitrait-il. " J'ai pensé que l'on pourrait offrir un petit quelque chose à Taylor, qu'elle puisse garder Lily - même avec plaisir - aussi facilement, c'est très gentil de sa part. Tu as des idées quant à ce qui pourrait lui plaire ? " lui demande-t-il après avoir choisi leur meilleur cru. " Tu m'as dit que tu avais peut-être trouvé ce dans quoi tu souhaiterais te lancer, j'ai hâte que tu m'en dise plus, " lui dit-il par la suite, désireux de connaitre ses projets. Car s'il en faisait partie, son bonheur et son épanouissement personnel autant que professionnel lui importait d'autant plus.


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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Mar 4 Avr - 22:50

Tout était à refaire. La jeune femme avait l'impression d'être en plein apprentissage. Elle avait l'impression de découvrir le monde, d'être en plein éveil, de s'émerveiller pour des petites choses, de se faire à l'idée que son coeur était en paix, de ne plus sursauter au moindre bruit fort, de rire plus qu'elle ne pouvait pleurer. Mia redécouvrait la sensation de vivre. Tout simplement. Et ce soir, sa relation avec Derek était mise en avant, plus que d'ordinaire. C'était leur soir à eux, la première fois où ils n'étaient plus les parents mais bien l'homme et la femme. Ces deux êtres-là s'aimaient terriblement. Ça se voyait dans leur façon de se regarder, de se parler, d'échanger un sourire ou quelques paroles discrètes. Mais si les gestes étaient infimes, ils n'en demeuraient pas moins touchants. Elle avait vraiment l'impression d'être redevenue une lycéenne. Elle se croyait a un bal de promo en compagnie de son cavalier. Ce dernier lui disait la trouver belle. Et la brune était si contente alors... Il suffisait d'un rien après tout. Et elle se revoyait à cette époque. Elle était bien plus vive, plus enjouée. Elle vivait sa jeunesse et croquait la vie à pleines dents. Et Raphael avait fini par tout briser. De l'être si plein de vie, il en avait fait un animal sauvage apeuré qui existait difficilement aux yeux du monde, qui ne se laissait plus approcher. Mais Derek lui, avait réussi à l'apprivoiser. Il avait réussi à gagner sa confiance et ce soir, Mia le suivait les yeux fermés, avec cette envie dévorante de savoir la suite, avec cette excitation qu'elle contenait. Elle vivait à nouveau. Et les paroles de l'infirmier la firent sourire. « Tu aurais pu dire que ce soir c'était plateau télé devant un film d'action en guise de soirée romantique... Ça m'aurait tout autant convenu... » Un léger rire franchit ses lèvres. Mia n'était pas de ces filles qui demandaient la lune. Elle n'était rien de celles qui voulaient plus. Elle se contentait de l'essentiel parce qu'elle en connaissait le prix. Et si Derek n'avait eu d'idée que de rester ici et d'un repas en amoureux, elle s'en serait contentée. « Je suis déjà comblée rien que par le fait de passer la soirée, seule... Avec toi... » La rougeur apparut sur ses lèvres. Ça restait difficile à dire dans le fond. Elle était intimidée. La main de Derek s'était glissée dans la sienne et ce contact lui faisait du bien. Il était si rassurant et si merveilleux. Elle avait l'impression que chaque jour, elle l'en aimait davantage. Il lui laissait le temps de tout. Il la comprenait. Il savait qu'elle était Mia désormais et qu'elle ne serait plus Judith. Avec Derek, tout était synonyme de nouveau départ, de nouveaux moments à chérir aussi... Simples et mémorables Il avait tellement raison et sur ce point, elle ne pouvait qu'acquiescer. « C'est tout ce que je désire, tu sais... Je préfère vivre une vie ordinaire en étant juste une personne extraordinaire vivant avec d'autres personnes tout autant géniales. » Dit-elle doucement en s'approchant de lui. Ils s'embrassèrent doucement dans un baiser délivrant de douces sensations en elle. Elle sentit battre son cœur battre plus fort, ses sens s'électrisant petit à petit. Jusqu'à ce que Derek ne cessa le charme. Sa remarque declencha les rires de Mia. « Ça serait tragique... » Lui dit-elle en se moquant gentiment. Qu'ils aillent au resto ou qu'ils restent ici, ça n'avait pas d'importance. Tant qu'elle était avec lui...

Et pourtant, elle était enchantée de sortir. Il avait réservé dans un restaurant italien. L'endroit était accueillant, il avait son charme. Mia aima l'endroit rapidement. Derek avait conservé la surprise de l'endroit jusqu'au moment d'arriver devant. Elle avait eu beau lui demandé, il avait maintenu le suspens. « J'aime beaucoup. » Et ça avait son charme. L'endroit était bondé mais l'atmosphère était bonne vivante. Il y avait le chef avec son accent napolitain. Ça amusa beaucoup la jeune femme lorsque Derek commanda le vin. Elle regardait la carte de ce qu'elle pouvait bien prendre. Elle hésitait. Les pâtes avaient l'air succulentes. Elle était concentrée et ne leva le regard que lorsque Derek évoqua son amie Taylor qui gardait la petite ce soir. Il tenait à lui offrir quelque chose. « C'est tellement une bonne idée. » Son visage exprima une expression de profonde réflexion. « Mmmmh... Peut-être on pourrait lui offrir un cadeau pour prendre soin d'elle. Mais je ne sais pas si ça lui plairait. Tu sais, elle est très ... Enfin, elle est très naturelle. » Elle continua à réfléchir pendant un temps. « Je vais continuer à me poser la question. Mais si tu le souhaites... On pourrait tout simplement l'inviter... Chez nous. » Elle sentit ses joues la brûler. .Chez lui. Chez elle. Chez eux. C'était si beau dans le fond qu'elle sentait déjà une boule se former au fond de sa gorge. Mais elle ignora bien vite lorsque la bouteille de vin fut amenée. Derek fut mis à contribution afin d'en vérifier le goût. Et finalement, les verres furent remplis. La jeune femme leva son verre en direction de l'homme, lui souriant tendrement. Elle était rayonnante de bonheur ce soir. Elle était métamorphosée. « A nous... » Souffla-t-elle doucement tandis qu'ils trinquèrent doucement. Elle but une gorgée de vin, qu'elle trouva fort bon. « Il est délicieux. On va finir dans un bel état ! » Dit-elle en se mettant franchement à rire. Elle n'avait pas peur cette fois-ci. L'alcool n'apparaissait pas comme le traitre qui allait transformait l'agneau en loup enragé. Oh non... Ce soir, il serait le simple accompagnateur de leur soirée. Peut-être qu'il ferait éclater des barrières ce soir. Elle n'en savait rien, Mia se posait peu de questions. Elle était en confiance. Et il était si facile de discuter avec Derek. Il était si beau ce soir, si attentionné aussi lorsqu'il interrogea sur ses projets professionnels. Elle y avait réfléchi. Elle avait pris sa décision : partir de zéro impliquait de tirer un trait définitivement sur sa vie passée. Ça incluait le divorce mais ça, c'était encore une autre étape. Pour l'instant, il s'agissait surtout de son avenir professionnel. Mia ne voulait plus continuer dans l'immobilier. C'était allié à de trop mauvais souvenirs. « Et bien... Je... Tu vas trouver ça étrange ... Mais, le fait d'avoir travaillé comme nounou m'a donné l'envie de travailler avec des enfants. J'aime passer du temps avec eux, leur accorder mon attention et mon temps. Je ne sais pas si je veux être une nounou à part entière ou si je veux travailler dans une école ou autre. À vrai dire, je ne sais pas encore si je dois faire des études ou autre... Je n'en sais rien... Vraiment. Je sais juste que je veux travailler avec des enfants. Ça me tient à coeur... J'y ai pris goût avec Lily. » Elle lui sourit tendrement. « Qu'est-ce que tu en penses ? Tu trouves que c'est une bonne idée ? » Dit-elle attendant manifestement son aval. Les échos de sa vie passée étaient encore là. Mia n'était pas encore capable de se débrouiller seul, l'aval de Derek lui était tellement primordial. Juste avant qu'il ne puisse lui répondre, le serveur vint prendre sa commande « Je vais prendre des Linguines aux asperges s'il vous plaît. » Elle observa Derek communiquer son choix et quand le serveur s'en alla, elle contempla son compagnon, le regard brillant d'une confiance et d'un amour sans limites. « Je suis heureuse avec toi, tu sais... Jamais, je ne me suis sentie aussi bien qu'en cet instant. Et avec toi. » Les joues rosirent légèrement mais jamais l'éclat du regard ne changea. Il était synonyme de sûreté, d'amour et d'adoration. Il l'avait sauvée de toutes les façons possibles lui donnant une valeur si inestimable à ses yeux.

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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Jeu 6 Avr - 15:45


Le soulagement qu'il ressentit lorsqu'elle lui assura que, quoiqu'il ait choisi de lui préparer comme soirée, elle aurait été plus que ravie et comblée, le fit sourire et se sentir légèrement idiot. Il la connaissait suffisamment à présent pour savoir qu'il n'avait pas besoin de feux d'artifice, de bijoux ou d'extravagance pour pouvoir la rendre heureuse et la charmer. Il la connaissait suffisamment à présent pour savoir que le simple fait d'être là, en vie, avec eux, avec lui, la comblait entièrement et complètement - tout comme le fait qu'elle soit là, avec eux, avec lui plutôt qu'auprès de son mari le comblait entièrement et complètement. Mais ce soir, il n'était pas question d'évoquer le nom de Raphaël Grimes. Ce soir, il n'était pas question de mentionner les terribles jours qui avaient précédé et succédé leur agression et la mort à laquelle il avait difficilement réchappé. Ce soir, il n'était pas question d'entacher leur moment par des souvenirs qu'ils préféraient oublier, ou mettre entre parenthèse le temps d'un instant. Ce soir, il voulait qu'elle se sente heureuse. Ce soir, il voulait qu'elle se sente libre. Ce soir, il voulait qu'elle se sente femme. Ce soir, il voulait qu'elle se sente aimée. Ce soir, il voulait qu'elle se sente désirée. Il ignorait totalement ce que pouvait éprouver une femme qui avait subi les coups de son mari durant tant d'années. Il ignorait totalement ce que pouvait éprouver une femme qui avait perdu beaucoup d'estime et de confiance en elle-même à cause d'un homme qu'elle avait aimé. Il ne pouvait qu'imaginer et supposer, voire deviner, mais il ne pouvait pas concrètement savoir. Il espérait, du plus profond de son coeur, que jamais - JAMAIS - elle ne se sentirait perdue, seule, indésirable et inutile auprès de lui. Il espérait, du plus profond de son coeur, que jamais - JAMAIS - elle ne se sentirait mal à l'aise et craintive à ses côtés. Il n'était pas idiot, et il percevait bien que son regard était rempli d'une confiance certaine. Il percevait bien qu'elle acceptait la vie qu'il lui offrait, à bras ouverts. Il percevait bien qu'elle était là où elle désirait être, et qu'elle s'y sentait bien. Mais n'était-ce pas normal que de craindre de dire ou faire le geste de trop qui la ferait fuir ? Il n'était pas parfait. Il avait des défauts - beaucoup - et certains qu'elle ne connaissait pas encore, qu'elle découvrirait au fil du temps. Il était humain. Il commettait parfois des erreurs, certaines même plusieurs fois avant de comprendre la leçon. Quand on avait été blessés et malmenés comme elle l'avait été toutes ces années, il avait conscience de la patience dont il devait faire preuve - et heureusement pour eux deux, il était armé d'une patience d'ange et sans limite. Sans cela, comment aurait-il pu supporter de la voir chaque jour, sans la toucher ? Sans cela, comment aurait-il pu supporter de lui tenir la main, de toucher sa peau, sans lui dévorer les lèvres ? Sans cela, comment aurait-il pu contenir ce désir, si intense et si réel, qui parcourait ses veines ? Sans cela, comment aurait-il pu l'embrasser tendrement, sans perdre la raison ni le contrôle ? Certes, Derek n'était pas un homme qui percevait le sexe comme acquis et comme un besoin vital - il n'avait connu personne d'autre que sa femme, et si certains trouvaient cela louche et triste, d'autres ne l'en respectaient que davantage. Mais Derek était un homme, tout ce qu'il y avait de plus normal. Un homme qui redécouvrait l'amour, sous un autre jour, sous une autre forme, mais tout aussi intense et bouleversant que celui qu'il avait pu éprouver un jour pour Angie. Derek était un homme qui se surprenait à éprouver le désir d'une femme de nouveau, un désir puissant et inconditionnel, tellement qu'il se demandait s'il avait déjà éprouvé pareil désir pour quelqu'un avant Mia. Mais peut-être n'était-ce dû qu'au fait qu'il avait connu l'abstinence pendant trop longtemps. Mais peut-être n'était-ce dû qu'au fait qu'ils étaient "amoureux" depuis quelques semaines, voire mois maintenant, sans qu'ils n'aient eu l'occasion guère plus que quelques baisers volés. Ils paraissaient si chastes et si inexpérimentés, finalement, que l'on aurait presque du mal à saisir cette attirance pourtant palpable. Il s'efforçait, tant bien que mal - mais plutôt bien puisqu'elle ne semblait pas offusquée et encore moins paniquée face à lui - à contenir ses ardeurs et ses envies, tout simplement parce qu'elle le méritait. Elle méritait une soirée romantique. Elle méritait d'être traitée comme une reine. Elle méritait d'être courtisée. Elle méritait de l'attention. « Ne me tente pas, » lui dit-il en souriant mais la frustration s'entendant clairement dans sa gorge, tandis qu'elle le charriait gentiment quant à l'idée de monter directement dans la chambre et d'enfin laisser s'exprimer ces émotions et ces sentiments si longuement retenus.

Non. Il leur fallait être raisonnables.

Mia n'était pas une femme d'artifice non plus. Mia n'était pas une femme d'illusions. Mia était une femme vraie, authentique et incapable de mentir une fois qu'elle se confiait et qu'elle se livrait à quelqu'un. Il l'avait compris, car au tout début elle se montrait réservée, distante et ne parlait que s'il y en avait une réelle utilité. A présent, elle était détendue, ouverte, spontanée et confiante. Ainsi, il pouvait voir et lire la vérité dans son regard – quand elle disait aimer l’endroit, elle aimait l’endroit, quand elle disait se sentir bien, elle se sentait bien. C’était aussi simple et naturel que ça. Il ignorait ce qu’il offrirait pour son amie à qui il devait – ils devaient – beaucoup, mais il savait qu’il trouverait forcément quelque chose. Les femmes n’étaient jamais trop difficiles en domaine de cadeaux. « Il n’y a absolument aucun problème à l’inviter chez nous, mais je tiens tout de même à faire un petit geste. Je ne sais pas pourquoi, sans doute parce que j’ai été habitué et élevé de cette manière – ma mère ne laissait jamais rien faire gratuitement, quand on lui rendait service, elle trouvait toujours quelque chose à rendre en retour. Cependant, elle comptait bien à ce qu’on lui rende la pareille, » ajoute-t-il les sourcils froncés, mais gardant le sourire. « Je tiens à préciser que je ne suis pas du tout le fils de ma mère, » rit-il légèrement. Il n’attendait jamais rien en retour, pas même de personnes qu’il ne connaissait pas spécialement. Il était le genre de personne qui profitait de ce que la vie avait à lui offrir, de plus beau – comme de plus laid malheureusement – et d’en apprécier chaque instant. Il aimait que Mia soit présente dans sa vie pour ces moments. Il aimait qu’elle lui sourie. Il aimait qu’elle se sente à l’aise avec lui. Suffisamment pour apprécier un bon verre – ou une bouteille – de vin. Il aimait qu’elle trinque à eux. A l’avenir. Il aimait la voir les joues rosies, le sourire aux lèvres et les yeux brillants. Il aimait la regarder, tout simplement. « Je te promets de te ramener saine et sauve quoiqu’il arrive, » lui assure-t-il. Ils étaient venus en taxi, ils rentreraient en taxi. Il ne comptait pas la laisser boire jusqu’à plus soif, ni boire jusqu’à ne plus être totalement elle-même – quel intérêt ? – car il désirait plus que tout qu’elle soit maîtresse d’elle-même, capable de choisir ses mots, ses actes et ses choix. Et à vrai dire, il tenait à ce qu’elle prenne toutes ses décisions avec attention, avec confiance, avec respect, et surtout avec certitude. « Tu es extraordinaire avec Lily, tu ne peux être qu’extraordinaire avec les autres. La première fois que je t’ai vue avec elle, je me suis dit que tu avais fait ça toute ta vie – ce qui explique ma surprise quand tu m’as avoué que c’était la première fois que tu te lançais, » ajoute-t-il en riant légèrement à ce souvenir, tout en sirotant son verre. « Je suis touché que tu me poses la question, que mon avis compte pour toi, » commence-t-il à lui dire, réellement et sincèrement touché par ce simple élan de confiance et d’importance. « L’important, pour moi comme pour toi, c’est que tu te sentes bien quoique tu fasses. Si tu voulais te relancer dans l’immobilier, je te soutiendrais. Si tu voulais te lancer dans la pâtisserie, je te soutiendrais encore plus, » dit-il en riant. « Et si travailler auprès d’enfants est ce qui te rend heureuse, ce qui te plait le plus, alors fonce. Que tu doives reprendre des études ou pas, que tu en aies besoin ou pas pour y parvenir, il ne faut pas que tu hésites. J’ai hésité pendant trop longtemps dans ma vie pour prendre des décisions et faire des choix qui m’auraient plu à une époque. Aujourd’hui, je sais que lorsque tu hésites pour quelque chose, c’est qu’il faut le faire, » dit-il simplement. Il ne fallait jamais réfléchir à deux fois avant de se lancer – bien sûr, tout dépendant des circonstances et du sujet, mais l’idée était là. La vie était bien trop courte pour les regrets et les doutes. « Je vais prendre les penne à la carbonara, » passe-t-il commande après Mia, en demandant par la même occasion une bouteille d’eau. Lorsqu’il tourna de nouveau le regard vers Mia, la jeune femme l’observait, attendrie et lui déclara n’avoir jamais été aussi heureuse et aussi bien qu’avec lui. De quoi lui remplir le cœur de joie et le rassurer – car même quand on savait, on avait constamment besoin d’être rassuré, n’est-ce pas ? Il prit sa main dans la sienne, et lui caressa la paume. « Je suis heureux avec toi, moi aussi. Et je ne me suis jamais senti autant à ma place qu’avec toi, » lui avoue-t-il à son tour. « J’ai bien conscience de la folie que tout ça représente, que l’on a encore beaucoup de choses à apprendre l’un de l’autre. Je sais que tu vas découvrir des aspects de ma personnalité qui te dérangeront sans doute. Je sais que je vais moi-même découvrir des aspects de ta personnalité qui me surprendront sans doute. Et je ne sais pas comment, mais je sais aussi que ça ne changera jamais rien, » exprime-t-il aussi naturellement que s’ils discutaient films ou livres. C’était ce qui le surprenait le plus, cette simplicité et ce naturel entre eux. Il ne se posait pas de questions. Il ne se demandait pas si c’était normal, si c’était trop beau pour être vrai, s’il commettait une erreur. Il ne se demandait pas s’il avait mal boutonné sa chemise, ce qu’elle en penserait et si cela pouvait gâcher leur soirée. Car rien, rien ne pouvait venir gâcher leur soirée. Ils parlèrent de tout, de rien. De films, de séries – elle était indétrônable et il était surpris, car il se pensait bien plus fort que n’importe qui sur le sujet – de livres, de voyages et évoquèrent même la possibilité de partir ensemble une fois qu’il serait totalement rétabli, avant la reprise de son job. Ils rirent. Ils sourirent. Ils mangèrent à leur faim, et ce fut délicieux car ils finirent leurs assiettes sans même avoir à y réfléchir. Ils terminèrent la bouteille de vin, ainsi que la bouteille d’eau – et la soirée ayant duré de longues heures, ils ne ressentirent pas les effets néfastes de l’alcool, juste son aspect libérateur et galvanisant. Derek alla régler la note lorsque Mia s’absenta pour aller aux toilettes, et en bon gentleman qu’il était l’attendit près de leur table pour lui proposer de rentrer enfin chez eux. Chez eux. C’était un concept qu’il aimait beaucoup et qui ne l’effrayait absolument pas – contrairement à la première fois qu’il avait emménagé avec Angie. Tout au long du retour, il ne lui lâcha pas la main et ne cessa pas de l’écouter parler de Lily, de Taylor, de leur avenir et des idées qu’elle avait pour leur future « maison ».

Ce ne fut que lorsqu’ils se retrouvèrent dans le hall de l’entrée qu’ils réalisèrent qu’ils étaient enfin seuls. Enfin chez eux. Enfin homme. Enfin femme. Étrangement, alors que plus tôt lorsqu’il se préparait dans la salle de bains, il ne ressentait aucun stress et aucune anxiété à l’idée de commettre une erreur ou de l’effrayer. C’est avec assurance qu’il s’approcha d’elle. C’est avec douceur qu’il toucha sa joue de sa main encore légèrement fraiche. Et avec tendresse qu’il planta son regard dans le sien. Il ne trouvait pas les mots, mais il espérait qu’elle comprendrait qu’il ne lui fallait pas hésiter à lui dire non, à le repousser – qu’elle l’aime ou non – si elle ne se sentait pas prête. Bien sûr, il espérait FORTEMENT que la peur ne serait pas au rendez-vous et que seul le désir l’envahirait. Il attendit plusieurs secondes, voire des minutes il n’était pas certain, avant de se pencher légèrement vers elle. Lentement. Assurément. Quelques secondes interminables, comme s’il lui laissait encore le choix et l’occasion de lui dire « bonne nuit, c’était d’enfer ce soir, merci beaucoup et fais de beaux rêves », d’une voix enjouée et sans se douter un instant dans quelle frustration elle le laisserait. Mais elle ne recule pas. Mais elle ne le repousse pas. Mais c’est elle qui s’élève jusqu’à ses lèvres. Mais c’est elle qui émet un soupire de contentement quand enfin elles se touchent. Mais c’est elle qui pose ses mains autour de son visage. Alors il n’hésite plus. Sans quitter ses lèvres, le cœur battant comme jamais, il fait descendre sa veste de ses épaules au sol. Sans quitter ses lèvres, le cœur battant comme jamais, ses mains se posent sur ses hanches pour la rapprocher de lui plus encore. Sans quitter ses lèvres, il avance dans le noir et heurte un mur. Sans quitter ses lèvres, même pour sourire ou pour rire entre deux baisers, il caresse ses bras nus de ses mains. Il n’est que douceur, que son cœur explose d’un désir trop violent, et ne la brusque pas. Pas un seul instant. Au bout de plusieurs secondes, minutes, interminables et impossible de se détacher d’elle, il finit par reculer légèrement et par lui sourire. « Là, tout de suite, je te prendrais bien dans mes bras pour t’emmener dans la chambre, » dit-il dans un souffle avant de sourire. « Mais j’ai un peu peur de te lâcher sous l’effet de la douleur, » ajoute-t-il avec humour en évoquant ses blessures encore quelque peu sensibles tout de même. Rien de mieux qu’un peu d’humour et de naturel quand on s’apprête à vivre un moment extraordinaire.

N’est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Jeu 13 Avr - 21:14

Tout était si différent. Derek ne ressemblait en rien à Raphaël. Ils n'avaient rien de commun que ce soit physiquement ou moralement. Ils différaient en tout point de vue, y compris au niveau du caractère où la différence était la plus flagrante. Raphaël était bien plus brut, gauche dans sa manière de faire, sa maladresse pouvait être touchante autant qu'elle était brutale. Et Mia en avait souvent fait les frais, ayant été trop de fois déçue. Combien de fois, avait-elle attendu l'attention, le geste tendre de la part du mécanicien ? Combien de fois avait-elle senti son cœur se briser lorsqu'un cadeau n'obtenait pas l'effet escompté, lorsque l'effort était réduit à néant. Elle avait tout essayé, elle avait eu l'impression de ne jamais être à la hauteur pour le satisfaire, pour qu'il soit heureux et fier de sa femme. A chaque fois qu'elle essayait d'avoir confiance en elle, son mari n'avait jamais cessé de la rabrouer, de la pousser dans ses retranchements au point de l'avoir brisé. Mia avait été brisée par les mains de son époux. Les chairs s'étaient endolories par les coups. Et son âme s'était détruite un bon nombre de fois. La violence avait été son train de vie durant un bon nombre d'années. Il fallait du temps pour se relever et croire encore. Espérer à nouveau. Et aimer. En compagnie de Derek, la brune redécouvrait tout cela. Elle avait l’impression de revivre, de se sentir libre. Elle aimait toutes ces sensations découlant en elle. Ce son palpitant dans sa cage thoracique lui semblait, plus que jamais, apaisé. Elle était plus paisible, se ressourçant à travers l’affection que lui portait l’homme et l’enfant. Le mot « famille » lui revenait toujours en tête et plus que jamais, Mia se sentait en paix et complète. Elle avait trouvé son équilibre, une raison de vivre. Et quelle raison ! Si ce n’était que vivre en aimant tout en étant aimée en retour. Et finalement, tout ce dont Raphaël lui avait privé durant ces années, elle le retrouvait avec Derek. Encore plus, en étant seule avec lui. Elle avait été intimidée mais désormais, elle se rendait compte combient tout était si simple en sa présence. La conversation venait d’emblée, les mots n’étaient pas coincés dans sa gorge. Et surtout… Mia n’avait pas peur de mal faire ou de dire une mauvaise parole. C’était un sentiment presque devenu étranger. Elle se sentait être une autre. Elle se sentait femme. Et c’était important pour elle : à vivre auprès de Raph’, la brune avait fini par se perdre. Elle avait renié tant de choses en elle. Et au travers des yeux de Derek, elle se sentait renaître. Plus que jamais. Aussi, se laissait-elle envahir par l'ivresse de la soirée, se délectant de ce choix de plats devant elle, goûtant à la saveur raffinée du vin de ce soir et de cette conversation si importante pour elle. « Alors on lui trouvera quelque chose à lui offrir en plus. » Dit-elle, en souriant, évoquant le cadeau pour Taylor. « Je vais y réfléchir. » Et elle était sûre d'elle. Peut-être que ce week-end, elle prendrait Lily avec elle et elles iraient faire du shopping dans l'espoir de trouver le cadeau parfait. Toutes ces choses-là... Elle les redécouvrait. Et c'était si important. Tout comme d'aborder son futur. Elle se sentit un peu gênée mais en même temps, elle était contente. Travailler avec des enfants lui semblait être une bonne idée tout comme d'en parler à Derek. C'était important pour elle. Et son homme sembla touché de cette attention, rappelant sa surprise lorsqu'il avait appris qu'elle n'avait jamais eu d'expériences avec les enfants. Mia avait appris la vie dans le tas, se dictant une seule ligne de conduite en venant ici : ne pas faire souffrir les gens, ne pas se comporter comme Raphaël et elle s'y était tenue, vivant discrètement mais simplement, s'enivrant d'amour autant qu'elle pouvait en donner. Et d'une certaine manière, ça lui avait réussi. Elle avait ce soir, en face d'elle, un homme magnifique qui ne la regardait qu'elle, le regard aimant, la confiance brillant dans le regard, pret à lui faire confiance sur tout. Il trouvait que c'était une bonne idée. Et cette réponse lui mit du baume au coeur. Il la soutiendrait quoi qu'il arrive. « Alors je me renseignerais sur les formations disponibles. Et c'est normal de te demander ton avis après tout. Tu es mon amoureux... » Elle se mit à rire discrètement de ces rires de femmes qui voulaient tout dire. C'était aussi la première fois qu'elle donnait un nom à ce qu'ils étaient. Officiellement et non pas dans les non-dits. Des amoureux. Des gens qui s'aimaient au simple regard. Discrètement mais passionnément. Ils firent leur choix auprès du serveur et Mia crut bon, une fois le serveur parti, de remercier Derek, de lui dire combien elle était heureuse ce soir. Elle fut d'ailleurs presque tentée de sursauter lorsqu'il vint prendre sa main. Elle n'était pas prête et surtout elle avait un problème avec les mains qui se tendaient dans sa direction. Et pourtant, c'était juste pour prendre la sienne, pour la serrer doucement, tendrement. Et elle se détendit autant qu'elle l'écouta attentivement. Ils était si similaires, Derek ressentait la même chose que Mia. « Nous sommes sur la même longueur d'ondes alors.... » Un sourire s'étira sur ses lèvres. Fin et délicat. Mais si beau et tendre. Ça la bouleversait. Elle sentait que son cœur battait bien plus fort. « On a tout le temps pour se découvrir... Je ne prévois pas de partir... » Et Dieu qu'elle était sincère. Partir ? Quitter Lily ? Non ce n'était pas possible. Sa vie était ici. Pas ailleurs. Pas avec un autre. Et plus avec Raphaël. Plus jamais.

Le reste du repas se poursuivit. Les plats furent amenés. Et Mia trouva le tout succulent. Elle n'en laissa pas une miette, se surprenant à parler de tout et de rien en compagnie de Derek. Chez les Bullock, elle avait découvert Netflix et quand elle n'avait rien à faire, elle regardait souvent des films, des séries, elle avait fini par se faire une collection qu'elle partagea avec l'infirmier. Le vin se remplissait dans les verres au fur et à mesure que les assiettes se vidaient. Et le temps passait à une allure qu'elle ne remarqua pas. Elle parlait. Elle riait. Elle souriait. Mia était métamorphosée, elle était une autre personne que la Terre découvrait. Ce soir, elle se plaisait à être la petite amie de Derek, et de sortir avec lui. Ce soir, elle lâchait prise tout simplement. Et une fois que le repas fut englouti, la bouteille finie et l'estomac plein, ils décidèrent de partir, de rentrer chez eux. Elle prit le temps d'aller aux toilettes avant. Et face au miroir, elle se contempla sans aucune once de vanité. Elle avait l'impression de voir quelqu'un d'autre. La jeune femme dans le reflet ne ressemblait en rien à celle qu'elle avait laissé en Louisiane. Là, c'était un aura de féminité, de bonheur. Le fantôme de son sourire résidait. Ses joues étaient rosies par le bonheur. Et doucement, elle passa sa main dans ses cheveux afin de faire un peu bouffer ses cheveux ondulés pour l'occasion. Elle voulait être belle pour Derek. Et finalement, elle retrouva l'infirmier et ensemble, ils quittèrent le restaurant, rentrèrent chez eux et durant tout le trajet, leurs mains restèrent liées. Jusqu'à arriver dans cette maison, vide de toute présence. Le calme régnait et c'était rassurant. Tel un aimant, elle tourna un regard vers Derek qui s'était approchée d'elle. Il l'observait d'un air empli de tendresse et de désir. Sa main se leva doucement et vint se poser sur la joue de la fugitive. Il y eut forcément un moment où le cœur eut un raté mais ses yeux étaient greffés aux siens. Elle n'avait plus de souffle, plus d'air. Rien que le sentiment que son palpitant s'emballait trop, que l'attraction terrestre la maintenait debout, qu'elle était véritablement amoureuse de Derek. Qu'il était le sauveur de son existence, le gardien de son âme et le protecteur contre ses cauchemars. Il était un tout. Et sans un mot, elle s'approcha de lui, venant poser ses lèvres contre les siennes. De l'amour. De l'envie. Du désir. Tout se transmettait dans la force de ce baiser. Elle laissa ses mains se poser autour du visage de l'homme, venant se glisser dans sa nuque pour l'attirer un peu plus contre elle. Ils n'étaient que deux corps se cherchant et elle ne regarda pas où il la mena. En l'occurrence, ce mur qu'elle heurta. Mais elle n'y prit guère attention, elle était bien trop occupée à se laisser submerger par ces sensations jusqu'à ce qu'elle reprit son souffle, quittant les lèvres de Derek. Ses paroles déclenchèrent ses rires. « Ne prenons pas de risque alors... » Souffla-t-elle contre ses lèvres, avant de laisser sa main descendre le long du bras musclé de Derek, laissant ses doigts s'entrelacer aux siens. Et doucement, elle monta les escaliers en sa compagnie. Quelqu'un avait dit un jour que le meilleur moment dans l'amour, c'était quand il fallait monter les escaliers, là où les esprits s'échauffaient, là où le désir atteignait son paroxysme, là où les cœurs battants s'alliaient aux respirations haletantes. Au moment survenant avant la fusion du corps, de l'âme. Et cette fois-ci, elle se rendit dans la chambre de l'homme, dans cette chambre qu'elle n'avait arpenté que peu souvent. Voir jamais. En dehors de passer un coup d'aspirateur. Elle ne s'était jamais attardée sur les photographies, sur la couleur des meubles, comme de celle de la couette. Et ce soir, ses prunelles dorées englobèrent la pièce avant de pivoter pour observer l'infirmier. Pour lui sourire doucement. Elle aurait pu l'embrasser. Elle aurait pu laisser ses doigts arracher sa chemise par l'impatience. Elle aurait pu se laisser pousser contre le lit, laissant ce corps épouser le sien. Mais Mia désirait aussi faire la paix avec elle-même avec ses peurs et ses angoisses. « Assieds-toi... » Dit-elle en se hissant sur la pointe des pieds pour le lui murmurer à l'oreille. Tendrement. Quand bien même, ils étaient seuls. Elle voulait être sensuelle. Elle voulait être une femme aux yeux de Derek. Et quand il fut assis sur le rebord du lit, Mia s'approcha de lui. Avec une lenteur chargée d'une sensualité nouvelle. Les volets ouverts permettaient à la lune de créer une pénombre où elle voyait chaque détail de son visage, ses traits si beaux et ce regard... Si brillant. Si beau. Les doigts tremblants de la brune vinrent caresser le visage de l'homme, effleurant ses joues râpeuses, venant caresser l'arête de son nez, glissant délicatement sur les lèvres charnues encore roses des assauts de ses baisers. Et ses doigts continuèrent leur chemin, descendant vers cette nuque, cette toison de barbe si douces avant de descendre, effleurant le début de torse que la chemise entrouverte offrait. Et sans dire mot, elle prit la main de Derek. Elle l'observa sans rien dire. Cette main à la paume si douce qu'elle effleura, les lignes s'entrecoupaient. Elles étaient belles, viriles. Elles ne la frapperaient pas. Pas avec un homme tel que Derek. Et toujours dans un silence, Mia porta la main du brun à ses lèvres. Sur la paume, ses lippes tracèrent un parcours précis, s'enivrant de la chaleur en découlant, allant jusqu'à se poser sur chacun des doigts. Doucement. Tendrement. Elle leva le regard vers l'homme et elle lui sourit. Elle n'avait pas peur. Elle savait qu'il ne lèverait jamais la main sur elle. La fugitive en avait terriblement besoin. C'était une manière bien à elle de s'en rassurer. « Maintenant je suis sûre de moi... J'ai confiance en toi... Je sais que quoi qu'il arrive...Je n'ai rien à craindre de cette main... » Souffla-t-elle laissant ses doigts rejoindre les siens, tandis qu'elle fut attirée à lui, laissant leurs bouches se rejoindre dans un baiser tendre. « Je t'aime de tout mon coeur. » Souffla-t-elle contre lui au moment où le corps basculait contre le matelas. Le reste ne fut qu'un instant de grâce chargé d'amour. Elle avait l'impression de renaître. Entre les bras protecteurs de Derek, Mia avait l'impression d'être femme, d'être elle-même. Plus que jamais. La certitude était telle qu'elle n'eut jamais peur. Pas une seule seconde. Les mains restaient liées entre elles. La violence n'avait pas sa place. Il n'y avait que de l'amour.
Rien que de l'amour.
Rien d'autre.
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Dim 16 Avr - 22:31


Il avait compris. Il avait compris sans même qu'elle ait à prononcer les mots. Il avait compris son besoin d'assimiler les choses. Il avait compris son besoin d'être sûre. Il avait compris son besoin de répit. Aussi n'avait-il pas bougé et s'était-il contenté de l'observer, calmement et patiemment. Il avait besoin qu'elle comprenne par elle-même qu'il n'était pas son mari. Il avait besoin qu'elle comprenne par elle-même que jamais, JAMAIS, il ne lui ferait de mal. Et même s'il brûlait d'envie de lui enlever cette robe, même s'il brûlait d'envie d'embrasser sa peau, même s'il brûlait d'envie de toucher son corps, il ne fut pas difficile de résister à la tentation. Elle avait trop souffert. Elle avait trop supporté. Elle avait trop craint. Il n'était pas idiot et savait parfaitement que la peur ne la quitterait pas en un claquement de doigts, sous prétexte qu'il était lui. Il avait parfaitement conscience que ce soir, plus encore pour elle, tout serait décuplé. Tout serait important. Chaque geste. Chaque parole. Chaque attention. Chaque caresse. Chaque baiser. Chaque souffle. Tout, absolument tout resterait gravé dans leurs mémoires - et plus encore car elle lui offrait quelque chose qui, quelques semaines à peine encore auparavant, elle n'aurait pas été capable de lui offrir. Sa confiance. Son amour. Son âme. Son coeur. Son corps. Il ne lui en offrirait pas moins. Le coeur battant, le sang bouillonnant dans ses veines, et le souffle coupé, il ne pouvait que la contempler tandis qu'elle prenait sa main dans la sienne et caressait sa paume, en embrassait chaque parcelle. Par ce geste, elle s'abandonnait à lui. Par ce geste, elle s'autorisait le bonheur. Par ce geste, elle lui accordait sa confiance - entièrement. L'émotion le submergea sans qu'il n'y puisse rien, et c'est la gorge nouée mais le coeur rempli de joie qu'il l'emporta avec lui sur le matelas trop froid. S'il avait connu autant d'abstinence qu'elle - par choix - ce ne sont pas des mains maladroites et tremblantes qui la déshabillèrent. Ce ne sont pas des mains hésitantes qui touchèrent enfin sa peau, caressèrent ses joues, ses cheveux. Ce ne sont pas des lèvres timides qui se joignirent aux siennes. Ce ne sont pas des baisers chastes qu'il lui offrit. Car s'ils s'étaient tous deux perdus sur le chemin de la vie, ils s'étaient trouvés et avaient compris qu'ils étaient là où ils devaient être : l'un près de l'autre. Il n'oublierait jamais ses soupirs. Il n'oublierait jamais ses sourires. Il n'oublierait jamais son rire. Il n'oublierait jamais ses frissons. Il n'oublierait jamais cet abandon d'elle-même, et de lui-même. Il n'oublierait jamais ses regards. Il n'oublierait jamais cette nuit.

Allongés l'un en face de l'autre, ils se contemplaient depuis plusieurs minutes. Il n'y avait sans doute pas de mots assez forts pour exprimer ce qu'ils ressentaient, mais pour Derek les mots n'étaient pas nécessaires. " Tu es magnifique, " ose-t-il lui dire cependant d'une voix rauque d'avoir attendu un long moment avant de briser ce silence apaisant et reposant. " Je ne crois pas te l'avoir déjà dit... mais tu es belle, " continue-t-il. Il ne l'avait jamais dit à Angie, pas assez souvent du moins. Il n'avait jamais eu à lui dire, mais il regrettait de ne pas l'avoir fait. Il avait compris beaucoup de choses en perdant sa femme. Il avait compris qu'il ne fallait jamais, JAMAIS, garder les choses pour soi. Il avait compris qu'il ne fallait jamais, JAMAIS, faire semblant et prétendre que tout allait bien quand tout allait mal. Il avait compris l'importance des mots, à dire et à ne pas dire. De ses doigts, il traçait les traits du visage de Mia, comme s'il cherchait à en graver chaque centimètres. Il n'avait pas envie de poser les questions stupides qui lui traversaient la tête, telle que " est-ce que ça va ? ", " je ne t'ai pas fait mal ? ", " est-ce que... ça t'a plu ? ". Le silence pouvait révéler beaucoup, comme il pouvait ne rien révéler du tout. " A quoi penses-tu ? " finit-il par lui demander d'une voix douce. " Personnellement, je suis dans ma phase "bon sang, pourquoi avoir attendu si longtemps ?!", " se lance-t-il les yeux rieurs.

***

Il ne réalisait pas qu'il rêvait. Il ne réalisait pas qu'ils s'étaient endormis dans les bras l'un de l'autre. Il ne réalisait pas qu'il était allongé sur le dos, dans son lit. Il ne réalisait pas que Mia se trouvait à ses côtés, le visage enfoui dans son cou, une main sur son coeur. Il ne réalisait pas qu'il n'était pas dans la cuisine. Il ne réalisait pas qu'il n'était pas face à Raphaël Grimes. Il ne réalisait pas qu'il n'était pas menacé d'une arme. Il ne réalisait pas qu'il n'avait pas à avoir peur. Il ne réalisait pas qu'il était secoué de légers spasmes. Il ne réalisait pas qu'il marmonnait dans son sommeil. Il ne réalisait pas qu'il était secoué par Mia. Il ne réalisait pas qu'il était en plein cauchemar. En sursaut, et plutôt brusquement, il se réveilla en sueur et le coeur battant la chamade - comme s'il avait parcouru des kilomètres. Il lui fallu plusieurs secondes, voire plusieurs minutes, avant de retrouver ses esprits et un semblant de calme. Mia lui caressait le bras, la nuque, tout ce qu'elle pouvait pour l'apaiser. " Je suis désolé... je ne voulais pas te réveiller, " lui dit-il simplement en se tournant vers elle. Cela faisait plusieurs semaines qu'il était sujet à des nuits agitées. Il n'avait parlé de ses cauchemars à personne, car il espérait fortement qu'ils cesseraient d'eux-mêmes. Derek n'était pas le genre de personne qui cauchemardait facilement. Il dormait généralement plutôt bien. Il se souvenait même très rarement de ses rêves - voire jamais. Pourtant, Grimes avait réussi l'impossible. " Ce n'était qu'un mauvais rêve, " la rassure-t-il en lui caressant le visage. " Rendors-toi, je vais prendre une petite douche et je reviens au plus vite, d'accord ? " lui propose-t-il en se levant, nullement gêné de sa nudité face à elle. Il ne souhaitait pas lui parler de ses cauchemars. Il ne souhaitait pas lui mentir non plus. Cette contradiction était plus qu'exténuante - mais quoiqu'il en soit, il n'avait pas envie d'en parler. Pas ce soir. L'eau chaude lui fit du bien, et il était perdu dans ses pensées, la tête sous l'eau, quand il sentit les bras de la jeune femme l'entourer. Un sourire lui échappa. Tout comme un léger frisson. " J'ai été si long que ça ? " la taquine-t-il avant de se retourner lentement vers elle. " Quoique je suis plutôt content que tu m'aies rejoint, " admet-il, appréciant son visage comblé et ses courbes tentatrices. Courbes qu'il n'hésitait plus à toucher, à caresser, à considérer comme siennes. Lèvres qu'il n'hésitait plus à goûter, à mordre, à aimer. " Ne t'en fais pas, " lui dit-il cependant, car il avait tout aussi bien perçu l'inquiétude dans son regard. " Tout va merveilleusement bien, " la rassure-t-il encore, tandis qu'elle effleure sa blessure à l'épaule. " Bon, d'accord, ça fait plutôt mal, " lui sourit-il. " Mais... Mia, " continue-t-il en lui soulevant le visage afin de planter son regard dans le sien. " Je ne pourrais pas être plus heureux que ce soir. " Et il ne pouvait être plus sincère.


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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Mer 26 Avr - 21:58

Dans un sens, c'était un peu une première fois pour elle. L'après Raphaël marquant le début d'une nouvelle histoire. Celle qu'elle construisait avec Derek. Tout était différent. Même la profondeur de son regard. La façon tendre de se mouvoir, d'effleurer chaque centimètre de peau s'embrassant sous la caresse lancinante. Mia avait besoin de cette tendresse, elle qui avait perdu foi en tellement de choses. Cet homme était un véritable remède. Le sien Il lui apportait tant. Et ce soir, elle le découvrait sous un nouvel angle, dans le plus simple appareil et la plus enivrante des beautés. Elle n'avait pas peur. Elle n'était pas effrayée ou dans la crainte d'une quelconque violence. Il n'était pas son mari. Et pas une seule fois, elle ne pensa à ce dernier. La culpabilité de son bonheur  s'était envolée. Elle ne craignait plus rien. Elle ne voyait pas ce visage qu'elle avait tant aimé, pétri de cette douleur alors qu'il lui disait de s'en aller. Oh non... Il n'y avait que Derek qui la serrait contre lui, qui l'embrassait, qui n'était qu'une âme si belle en comparaison de la sienne.... Tellement ravagée... Tellement meurtrie et brisée un bon nombre de fois. Ce soir, il réparait ses plaies. Qu'importe, ça lui faisait du bien et elle apprécia l'après qui s'ensuivit. Elle n'avait pas envie de dormir. Elle n'avait pas de se laisser aller au sommeil alors qu'elle pouvait admirer Derek, perdu dans l'immensité de ses bras protecteurs. Elle sentait encore son souffle se mélangeant au sien. Blottie contre lui, elle ne cessait de le dévisager, se surprenant à sourire plus qu'à rougir quand il déclara la trouver belle. « Je suis heureuse tu sais... Ça rend les gens beaux le bonheur... » Elle avait arrêté de se fixer dans un miroir depuis si longtemps. Les humiliations avaient eu raison d'elle. Se contempler ne suffisait plus qu'à se passer du fond de teint afin de dissimuler les bleus. Le trompe couillon. La seule façon de dissimuler ce qu'elle avait été, cette âme tellement meurtrier, s'étant brisée en des milliards de morceaux. Et pourtant, Derek en avait ramassé chaque morceau, méthodiquement, petit à petit. Et les avait recollé avec une tendresse et une douceur qu'elle ne connaissait plus. Et ce soir, elle revivait. Elle était émue, chamboulée et amoureuse. « Toi aussi, tu es beau... Je pourrais te contempler sans m'arrêter... » Elle sourit doucement, tandis qu'il caressait son visage. Si doux. Si patient. Si merveilleux. Il s'ensuit des pensées affluant dans son esprit. « Tu es bien curieux Derek Bullock... » Et ce rire rare et discret retentit dans la chambre, dans cette atmosphère chargée d'amour et de tendresse. C'était si beau de l'entendre encore plus quand elle ne se sentait qu'être en accord avec ce qu'il lui disait. « Parce que l'attente permet de mieux savourer l'instant présent ? » Elle posa la question sans être convaincue. Maintenant, elle était d'accord avec lui. L'attente avait été nécessaire mais maintenant... La question se posait également. « C'etait vraiment bien... J'ai adoré. » Dit-elle avec cet éternel sourire. Elle n'avait même pas envie de dormir. Elle se sentait si bien.

Et pourtant, le sommeil les gagna. Ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre, perdus dans l'innocence et l'amour qui régnait entre ces murs. Il y avait eu tant de violence et pourtant, les sentiments si beaux et si simples avaient su triomphé. Les mots de tendresse oubliaient ceux d'insulte et de menace. Tout était si différent. Malgré tout, l'esprit n'oubliait pas. Il était silencieux dans le traumatisme qui, pourtant, se manifesta par Derek qui rêvait de façon un peu trop bruyante. Il marmonnait dans son sommeil et le ton de sa voix finit par réveiller la jeune femme. Elle sembla chercher ses repères jusqu'à comprendre, voyant le visage de l'infirmier recouvert de sueur et froncé. « Derek... » Dit-elle dans un murmure tendre en posant sa main sur sa joue chaude. Cependant, il ne se réveillait pas et elle dût se montrer plus insistante quand il finit par ouvrir les yeux. « Tout va bien... » Pour repondre à son réveil brutal. Elle s'en voulait un peu mais c'était nécessaire, sa voix s'était échauffée dans ces paroles incohérentes prononcées. Il s'excusa de l'avoir réveillé. « Ne t'excuse pas... J'ai le sommeil léger. » Et c'était vrai. Pourtant, elle s'en moquait d'elle-même. Rien d'autre ne comptait que l'homme dont elle essayait d'apaiser en caressant sa tête, passant sa main dans sa nuque, dans sa chevelure trempée. « Ça va ? » S'enquit-elle tandis qu'il confirmait avoir fait un mauvais rêve. La curiosité la brûla et durant un temps, elle fut tentée de le questionner. Était-ce les mêmes que les siens ? Toujours cette éternelle scène. Celle de ces coups de feu tirés sur cet homme. Pourtant, elle garda le silence en âme solitaire qu'elle était. Discrète et silencieuse. Elle s'inquiétait par les seuls regards témoignant de l'appréhension ressentie. Pourtant, Derek était là. Chaud et rassurant. Il lui conseilla de se rendormir décrétant aller prendre une douche. Et sur ce, il la laissa. Pourtant, Mia n'avait pas sommeil. Elle entendait le bruit qu'il faisait jusqu'à entendre l'eau coulant. C'est ce qui la fit se décider. Elle se sentait seule et elle avait terriblement besoin de lui. Et de tout ce qu'il était pour elle. Alors elle se leva, sans aucune once de gêne face à sa nudité, se dirigeant vers la pièce éclairée et sans un mot, elle vint dans la douche se laissant mouiller par l'eau, enlaçant l'homme. « Tu n'as pas idée... Tu me manques déjà... » Elle sourit en le voyant se retourner. Elle se sentit rougir se sachant plus que jamais découverte et visible face à la lumière. Pourtant, son attention était portée vers l'homme tandis qu'elle l'observait comme pour y déceler une quelconque vérité. Sans doute l'avait-il remarqué et il se voulut rassurant. Tendre. Les baisers échangés surent la convaincre. Elle acquiesça comme convaincue, se contentant de prendre le gel douche pour le savonner. C'était doux, sensuel et emplie de cette timidité touchante. Elle passa vers sa blessure passant autour délicatement. Ce n'était qu'une cicatrice mais c'était impressionnant. Et douloureux pour lui. « Est-ce que je t'ai fait mal ? » S'enquit-elle de cette petite voix, mais visiblement non. Il était heureux. « Je le suis tout autant. J'ai eu l'impression que c'était ma première fois. Mais tout est parfait. Ce n'est que la continuité de cette soirée parfaite. »

***

Et le reste de la nuit se passa sans encombres. Elle s'éveilla la première sentant les rayons percer, des bras l'entourant et elle sentait la chaleur du corps. Durant un temps, elle se perdit dans le temps, dans le passé et elle crut que c'était Raph'. Le geste la déstabilisa autant qu'elle sentit son coeur s'emballer. Un mélange d'espoir et de chagrin qu elle ne comprenait pas. Pourtant, lorsque les esprits furent repris, que le regard chercha l'inévitable vérité, elle fut soulagée de voir Derek. Il était si beau. Détendu, perdu dans le sommeil qu'elle ne voulut rompre. Au contraire. Elle se défit de son emprise délicatement, sortant du lit. Elle récupéra de quoi couvrir sa nudité et descendit à l'étage du bas, allant vers la cuisine. Elle avait envie de continuer sur cette suite de sans faute. Un petit déjeuner. Quoi de plus romantique ? Elle avait le sourire aux lèvres lorsqu'elle se dirigea vers la pièce en question. Elle mit un peu de musique afin de ne pas rester dans le silence et s'attela à préparer un petit déjeuner de champion pour lui. Les joues étaient roses de ce bonheur silencieux et le regard brillait doucement. Les pancakes cuisaient doucement et elle avait déjà battu les œufs pour en faire une omelette. Etait-ce trop ? D'ordinaire, Lily se laissait tenter par des déjeuners d'enfant. Mais là, il n'y avait point d'enfant. D'ailleurs, c'est ce dont elle songea pendant qu'elle pressait des oranges. Un enfant. Le sien... Celui de Derek. Avec Raph', la question avait été parfois posée mais au fil des années, la jeune femme avait réfuté l'idée. Elle ne voulait pas d'un enfant avec un père avec la main trop agile en termes de baffe. C'était terrible. Mais si Mia estimait qu'elle aimait, a l'époque, assez le mécanicien pour tout supporter. Pas un enfant. Elle n'aurait pas pu le tolérer. Et pourtant, elle avait déjà connu la joie de tomber enceinte. Mais il n'était pas de Raph'. Il était à la prison à l'époque et elle faisait n'importe quoi, se perdant dans des bras inconnus. Elle guérissait son petit coeur, paniquant face à la vérité de cette venue. Que ferait-elle ? il allait la tuer c'était sur et certain. Et l'idée de la fuite vint à elle. Oh oui, elle était prête à tout pour son enfant. Malheureusement, il ne vit jamais le jour. Raph' la frappa si fort. Tellement fort... Mais c'était du passé. Perdue dans la cuisine de Derek, elle se sentait en sécurité. Deux mains l'enlacèrent et elle se sentit sourit en reconnaissant le parfum de Derek. « Bonjour... » Dit-elle posant les deux moitiés d'orange qu'elle venait de couper pour mieux se retourner et entourant le cou de l'infirmier de ses deux bras frêles veillant à ne pas poser ses mains collantes de l'orange sur lui. « Comment tu vas ? » Dit-elle en venant l'embrasser tendrement. Elle ne se lassait pas de ce contact. Si enivrant. Si grisant. Si doux. « J'espère que tu as la dalle parce que j'ai préparé un petit déjeuner pour quinze personnes. » Et aussitôt, elle se mit à rire, cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était sentie aussi légère.
Elle était heureuse.


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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Mer 10 Mai - 13:54


Avant de rencontrer Mia, il n'aurait jamais pensé qu'une nouvelle relation amoureuse pouvait être aussi simple que son mariage avec Angie. Il n'aurait jamais cru possible de connaître une confiance aussi naturelle. Il n'aurait jamais pu imaginer se sentir aussi vivant et aussi heureux de nouveau. Et pourtant. Pourtant, il l'était. Pourtant, il se sentait bien à ses côtés. Pourtant, il se sentait à sa juste place. Bien sûr, rien n'était jamais simple ni parfait, mais en ce qui le concernait tout s'y rapprochait fortement. Il lui fallait à présent vaincre ses démons, ses peurs et ses doutes. Il aurait aimé lui en parler. Il aurait aimer partager avec elle ses cauchemars, pour qu'elle le rassure autant qu'elle le connaisse entièrement. Mais il refusait en son âme et conscience de lui infliger de nouveaux tourments. La voir aussi heureuse et épanouie grâce à lui, grâce à eux, lui suffisait pour se taire. Elle avait amplement souffert dans sa vie et il était hors de question qu'il rajoute de la peine et de la culpabilité dans son coeur. Égoïstement, il ne désirait lui inspirer que de l'amour et de la confiance. Elle n'était pas responsable de ce que Raphaël lui avait infligé - tant à elle qu'à lui. Elle n'avait pas à en porter le fardeau. Il devait trouver la solution seul, et vite, afin de retrouver un sommeil de plomb et de se sentir suffisamment en sécurité - ainsi que Lily et Mia - sinon il n'était pas certain de pouvoir garder ses démons pour lui seul éternellement. Aussi songeait-il sérieusement à tenter de retrouver son agresseur afin d'en terminer une bonne fois pour toute. Oh non. Il ne lui tirerait pas dessus comme lui. Il n'était pas un lâche, encore moins un homme violent. Il avait le sentiment qu'il lui fallait affronter son démon face à face pour pouvoir avancer. Et si Grimes avait eu le courage et la force de laisser sa femme partir malgré sa folie meurtrière, peut-être existait-il une chance pour sa rédemption. Peut-être existait-il une possibilité minime qu'il change. Derek n'y croyait pas vraiment. Et Derek ne lui pardonnerait sans doute jamais cette mort frôlée et cette menace pour Lily. Mais il lui fallait être sûr qu'ils ne risquaient plus rien du tout de cet homme.

Il s'en voulait d'avoir osé penser à Raphaël Grimes cette nuit. Cette nuit avait été parfaite aux côtés de Mia. Cette nuit avait été leur nuit, tant attendue et tant redoutée. Rien n'aurait dû venir entacher ce souvenir. Mais ses blessures et ses peurs ne lui avaient pas laissé le choix. Et malgré ce bonheur certain et nouveau, il ne pouvait nier cette boule au creux de son ventre qui criait vengeance. Bien sûr, il n'était pas le genre de personne à se venger. Il était plutôt passif et pardonnant. Mais pouvait-on vraiment lui en vouloir pour de telles pensées ? N'avait-il pas failli mourir sous les balles de Raphaël ? N'avait-il pas risqué pour sa vie, celle de Mia et pire encore, celle de sa fille ? Plus il y songeait, plus il estimait légitime d'avoir envie de le lui faire payer. Cela ne voulait pas dire qu'il le ferait. L'idée le titillait tout simplement. Mais ce n'est pas à Raphaël à qui il pense lorsque ses yeux s'ouvrent et qu'il se retrouve seul dans son lit en tenue d'Adam. Mais bien à elle. Le vide qu'elle a laissé le chagrine et, bien malgré lui, un léger vent de panique l'envahit. Il sait qu'il n'y a aucune raison, qu'elle n'a pas pu partir et que son mari n'a aucune véritable raison de revenir les martyriser. C'est pourtant le coeur serré et battant plus fort qu'il se relève et enfile un boxer rapidement avant de descendre les escaliers, les sens en alerte. Ses blessures sont certes bien refermées mais la douleur le rappelle systématiquement à l'ordre. Sans compter qu'il les a légèrement négligées la nuit dernière... Il lui suffit cependant de sentir une alléchante odeur émanant de la cuisine pour imaginer Mia aux fourneaux. Un sourire lui échappe et il se détend instantanément.

Elle était un véritable cordon bleu- autant pour le dîner du soir que pour les petits déjeuners du matin. Lily ne tardait jamais à se lever d'ailleurs, et n'était plus en retard pour se préparer grâce à ce petit déjeuner du tonnerre que la jeune femme leur préparait. Avant cela, réveiller la petite et la motiver était un véritable parcours du combattant. Aujourd'hui, Lily manquerait le petit déjeuner, mais il ne comptait pas se faire prier. Il avait une faim de loup, ce qui était plutôt surprenant car il avait mangé plus que de raison la veille. Vêtu d'un simple boxer, il n'était plus la peine de se couvrir et d'être pudique après la nuit qu'ils venaient de passer, elle lui tournait le dos, trop occupée à découper des oranges. Elle ne portait qu'un tshirt large - le sien lui sembla-t-il ce qui lui plut. La musique semblait l'avoir emmenée loin dans ses pensées, et elle se dandinait légèrement sur un air qu'il ne connaissait pas. Elle était radieuse. Magnifique. Et il ne pouvait s'empêcher d'être comblé et quelque peu fier d'en être la cause. Avant, il aurait fait en sorte qu'elle sache qu'il était là afin de ne pas l'effrayer. A présent, elle était suffisamment apaisée et consciente de sa présence pour ne plus sursauter et être apeurée. C'était cela aussi un grand bonheur pour lui. Il avait bien cru ne jamais parvenir à briser ce mur qu'elle s'était forgée au fil des années, bien qu'il eut compris plus tard les raisons qui l'avait poussées à le bâtir. Non, ce matin il se permit de l'enlacer sans qu'elle ne s'y attende. Il se permit de poser ses lèvres dans le creux de son cou dans un geste aussi intime que tendre. Il se permit de humer son odeur, qu'il adorait, et il se permit de sourire devant son évidente satisfaction. " Bonjour, " lui rend-il la voix légèrement rauque. " Merveilleusement bien, " lui répond-il après avoir réfléchi aux mots qui conviendraient le plus. L'embrasser, c'était nouveau et c'était grisant. Pouvoir la tenir dans ses bras aussi facilement et aussi naturellement, c'était nouveau et c'était grandiose. " C'est cette odeur alléchante qui m'a attiré. Ça, et... " continue-t-il en l'embrassant encore. " Ton absence. Mais maintenant que l'on est ici et qu'il y a tout ça à manger... compte sur moi pour te faire honneur, " lui sourit-il, affamé et surtout peu désireux de lui confier que c'était la peur qui l'avait envahi en premier lieu. " J'ai droit à un repas de roi. Je te préviens, je risque fortement de m'habituer à ce petit déjeuner - tu sais que c'est mon repas préféré. Quand je vais dire à Lily ce qu'elle a manqué, elle va me maudire et te harceler jusqu'à ce que tu cèdes, " qu'il lui fait savoir l'air malicieux. Lily pouvait de montrer assez déterminée quand quelque chose lui tenait à coeur. Il suffisait de voir à quel point elle harcelait son père pour qu'ils aillent récupérer le chien de ses rêves. Derek avait cédé, comme souvent, et il savait que bientôt il n'aurait plus d'autre choix que de l'emmener dans une animalerie. A vrai dire, il était tout aussi impatient. Et à vrai dire, il appréhendait un peu cette visite car il savait qu'il ne supporterait pas de voir tous ces animaux "abandonnés" et attendant qu'une famille ne les adopte. La vérité était qu'il n'avait pas d'animal à la maison car il se savait fort capable d'en avoir une ribambelle. " Je pense que je vais l'emmener ce week-end pour adopter ce chien dont elle rêve tant. Tu sais celui dont elle ne cesse de parler depuis des jours, " qu'il lui dit en souriant, tout en s’asseyant près d'elle. " On n'en a pas vraiment discuté... " dit-il tout à coup en fronçant les sourcils, " j'ai tellement l'habitude de prendre les décisions avec Lily, je suis désolé. Je ne t'ai pas demandé si tu était d'accord que l'on adopte un chien. J'aurais dû... " et il se sent réellement penaud et gêné. Ils sont une famille à présent. " Pour me faire pardonner, je te promets de m'occuper des courses le concernant et que Lily et moi le dresserons à la perfection, " qu'il lui dit avec une moue adorable d'un homme qui souhaite obtenir ce qu'il désire. Cependant, il avait la véritable intention d'apprendre les bonnes responsabilités à Lily. Si elle désirait un chiot à ses côtés, elle devra s'en montrer digne et l'éduquer comme il se doit. Ils en avaient longuement discuté quelques jours plus tôt, et la gamine avait été parfaitement claire : elle ferait tout sans aucun problème. " Est-ce que tu as déjà eu des animaux ? " qu'il lui demande dans la foulée. Peut-être était-ce quelque chose qui lui rappellerait de bons souvenirs et non des mauvais. " Je n'en ai jamais eu pour ma part. Mon père était "allergique". Je pense surtout qu'il ne voulait pas s'embêter. Surtout pas pour moi. Tout ce dont j'ai toujours désiré, il me l'a toujours refusé, " qu'il lui confie mais le sourire aux lèvres néanmoins. Il ne se plaignait pas. Il avait fait la paix avec son père et son manque d'affection depuis longtemps. " Et ma mère n'aurait jamais rien fait pour le perturber. Je ne suis pas sûr que tu les rencontres un jour, mais... au cas où je préférais te parler un peu d'eux. Et toi ? " finit-il par lui demander après avoir avaler deux morceaux des merveilleux pancakes de la jeune femme. Il ne peut retenir un soupir de contentement. " Tu es la plus merveilleuse des cuisinières. Si tu ne souhaitais pas te lancer dans la puériculture, je te conseillerai fortement de te lancer dans la cuisine, " qu'il lui dit nonchalant et souriant. Mais tant qu'il pouvait bénéficier et profiter de ses talents, ça lui convenait plutôt bien. Égoïste. " C'est drôle... Je suis totalement amoureux de toi, Mia, " qu'il lui dit naturellement. " Je n'aurais jamais cru possible d'aimer une personne sans la connaître entièrement. Pourtant, j'ai encore tellement de choses à apprendre de toi. Et ça me plait. Ça me plait beaucoup, " qu'il lui confie tout aussi naturellement. Il n'avait pas peur de ce qu'il pouvait découvrir d'elle. Tout simplement parce qu'il avait déjà appris le plus dur et que cela n'avait en rien entaché ses sentiments pour elle. Au contraire. Il ne l'en avait aimé que davantage.


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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: « Breathe in the light , I’ll stay here in the shadows » [Mia & Derek]   Sam 17 Juin - 9:45

Chaque détail conférait à l’instant une dimension importante et à la fois, merveilleuse. Mia se sentait être une autre personne. Bien plus enthousiaste et ouverte au dialogue, généreuse dans les gestes et sourires. Elle avait l’impression de revivre dans les bras de Derek tout comme ce sentiment d’avoir trouvé sa place ne la quittait plus. Loin des gifles de Raphaël, loin de ses humiliations et insultes quotidiennes, la jeune femme avait fini par trouver une véritable raison d’exister, de se lever le matin, sans crainte et sans aucune peur. Désormais, l’éveil lui semblait si doux. Il n’était plus à comment éviter le mari braillard pour ne pas se manger un coup dans la figure mais bien à se donner en quatre pour ne décrocher rien d’autre qu’un simple sourire. Celui de Derek. Il valait tant à ses yeux. Il paraissait illuminer la pièce entière, réchauffant ce cœur trop souvent malmené. Préparer le petit-déjeuner était une nouveauté pour elle dans le sens où cette fois-ci, c’est leur moment à tous les deux. Il n’y avait pas Lily pour remplir la maison de doux bruits d’enfants, elle n’était pas là pour raconter le moindre de ses rêves, partageant un moment à trois. Désormais, Mia se sentait être une femme. Plus que jamais. Et c’était suffisant pour qu’elle se sente bien. Rien ne pouvait gâcher cette douce joie si ce n’était qu’elle savourait encore, et encore, la douce étreinte des bras de l’homme venu se coller contre elle. Son contact était apaisant et ses mots la contentèrent d’une douce joie. « Je crois qu’avec tout ce qu’il y a à manger, tu n’auras pas faim avant midi, si ce n’est plus. » Lui dit-elle avant de laisser ses lèvres fondre sur les siennes. De nouveau, elle sentait ce courant électrique parcourir sa colonne vertébrale. Et il avait raison, c’était un vrai repas de roi. De même, elle n’avait pas vraiment mesuré les quantités. Et la suite de ses paroles déclencha ses rires. « Tu serais un monstre de rendre une petite fille innocente jalouse. Mais je te l’accorde, elle en voudra un, c’est sûr. Je vous en ferais d’autres avec plaisir. » Parce que Lily n’avait rien d’innocent. C’était une enfant intelligente sachant pertinement ce qu’elle faisait. Avec Lily, il n’était pas question de prendre des vessies pour des lanternes. Elle était adorable mais elle savait ce qu’elle voulait.

Et ce trait de caractère si propre à la jeune Bullock se manifesta lorsque Derek évoqua le chien. Ce fameux chient dont il avait eu la malchance d’évoquer. Sûrement pour combler la gêne d’avoir été pris sur le fait par Lily. Elle resta silencieuse tandis qu’il prit place, lui amenant une tasse de café fumante devant lui. Ensuite, elle posa le reste, les œufs, le bacon. Ils allaient pouvoir manger. Cependant, elle se contenta de poser un coude sur la table, de poser sa joue contre sa main pour dévisager l’homme se perdant dans son propre trouble. C’était assez drôle d’ailleurs. Mia ne pouvait s’empêcher de sourire de plus belle tandis qu’il s’enfonçait un peu plus, gêné de ne pas lui avoir demandé son avis auparavant. « Hey… » Finit-elle par dire en posant sa main sur son avant-bras, le visage souriant. « Tu n’as pas à te justifier de quoi que ce soit, hein ? Je veux dire… Tu prends les décisions te semblant être les plus justes pour ta fille. Et je comprends. Je te fais confiance et je suivrais toujours quoi qu’il arrive. Je ne compte pas rouspéter parce que tu ne m’as pas demandé mon avis. » Mia souriait, attendrie par la situation. Derek était vraiment un homme en or et elle se considérait comme vraiment chanceuse de l’avoir à ses côtés, d’être sa compagne, de se dire qu’ils avaient enfin pouvoir vivre leur vie de couple, prendre leur maison et être un modèle de famille pour Lily. « Et puis, un chien ça me va tout à fait. » Finit-elle par dire. D’ailleurs, il lui demanda si elle avait eu des animaux. « Quand j’étais jeune, nous avions un chien mais il est mort de vieillesse. Ça faisait tellement longtemps qu’il était parmi nous, que sa mort nous avait lacéré le cœur et mes parents n’ont plus jamais voulu en reprendre un. » Quant à Raphaël, un chien sur une moto n’était pas envisageable. De même, Mia n’aurait pas aimé le voir maltraiter une bête. De ce fait, la question avait vite été réglée. Mais elle n’aborda pas ce détail, se contentant d’écouter Derek parlant de ses parents. Apparemment, elle ne risquait pas de les rencontrer et pourtant, il n’apporta pas plus de détails. Elle ne savait de quoi il en retournait. Sa curiosité la piquait un peu trop. « Vous n’avez plus de contact ? Ou ils vivent loin ? » Demanda-t-elle d’une vois innocente après avoir bu une gorgée de café. « Avec mes parents, nous n’avons plus de contact depuis quelques années déjà… Depuis mon mariage à vrai dire. » Finit-elle par dire franchement. Ses parents n’avaient jamais accepté Raph et avec du recul, elle comprenait mieux. Mais à l’époque, elle était jeune, elle était amoureuse, elle était convaincue qu’il était un homme bien, qu’il cesserait forcément de la frapper. Elle n’avait jamais eu aussi peu raison. Sur ce coup-là, elle s’était complètement fourvoyé. « Enfin, on s’habitue à vivre sans parents finalement. » Finit-elle par dire d’un ton plus léger, bien décidé à ne pas rentrer dans une conversation déprimante. Fort heureusement, Derek embraya sur le petit déjeuner confirmant que c’était délicieux. Et d’ailleurs, l’idée de se lancer dans la cuisine la fit rire aux éclats. « Mais c’est une bonne idée, je pourrais devenir blogueuse culinaire si seulement… J’avais le crain de parler à la caméra ! » Ce qui n’était pas gagné. Mia ne souhaitait pas briller aux yeux des autres mais bien d’un seul homme et c’était amplement suffisant. Ses mots la firent rougir doucement. En guise de réponse, sa main vint chercher la sienne et elle la serra doucement, émue par la douce certitude d’être pleinement aimée par cet homme si bon, si généreux. Et il avait raison. Ce gout d’inconnu allié à ce sentiment de sécurité était vraiment appréciable. Elle s’y sentait bien. « N’ayons pas crainte du futur mon Derek… Je crois que tout ira mieux désormais. Je partage tout ce que tu ressens. Et chaque jour où je te découvre, je ne t’aime davantage.  » Dit-elle doucement, avec un sourire tendre. Elle posa ses lèvres sur la main virile qu’elle tenait toujours. Et ce fut dans cet atmosphère douce, emplie de ce bonheur béat, qu’ils continuèrent le petit-déjeuner.

***

Dans ce refuge, il y avait des animaux de partout. Voilà quelques jours qui s’étaient écoulés depuis leur soirée. Depuis cet instant d’amour et l’évocation de cette fameuse promesse faite à Lily. Celle d’adopter un chien. Forcément, la petite ne tenait plus en plus, allant vers l’un, vers l’autre sans trop savoir lequel choisir. Devait-il être vieux, jeune, grand, petit ? Tant questions qui méritaient une réflexion intense. Mais l’enfant ne savait plus où donner de la tête. Ce qui amusait grandement Mia. Elle la regardait faire, se tenant à côté de Derek dont elle avait entrelacé ses doigts avec ceux de l’infirmier. « On parie combien qu’elle va te faire les yeux doux pour plusieurs chiens ? A la voir faire, il est clair qu’elle n’arrivera jamais à se décider. » Elle ne pouvait s’empêcher de rire face à la mine rayonnante de Lily. « Et regarde celui-là Lily ? » Dit-elle en désignant un golden retriever. Le chien avait un beau poil mais il y en avait tant d’autres aussi. Il y avait le border collie non loin. Et puis même, le labrador noir. Il y avait trop de choix. Ça allait être une tâche ardue.

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