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 « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥

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Héloïse Bennett
Admin bisounours
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DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 5 Mar - 10:20

Durant une fraction de seconde, une profonde angoisse est venue s’immiscer en moi. Froide et implacable, j’ai bien cru que j’allais me mettre à défaillir, tourner de l’œil pour m’écrouler par terre. Je ne suis clairement pas prête à voir Jane, ici même, dans ce lieu que j’ai toujours considéré comme ma deuxième maison. L’édition Pelletier où dans le jargon de Marion, l'édition de la biscotte beurrée s’est révélée être un refuge, un exutoire quand la peine devenait trop immense. Je me suis toujours sentie à ma place auprès d’Ernest. Aussi, le fait d’être face à la femme de Matthew, me donne cette impression de violation de l’intimité. Je me sens agressée, comme atteinte par la seule présence de cette femme que j’exècre du plus profond de mon cœur. Pourtant, si je conserve le silence, mon regard n’en devient pas moins noir. Que fait-elle ici ? Est-ce parce que durant ces deux jours où nous avons été ensemble, Matthew n’a jamais daigné répondre à ses appels ou à ses messages ? Je l’ai vu de mes propres yeux : son portable n’a cessé de sonner et pourtant, il n’a jamais répondu. Peut-être qu’il avait réalisé le rôle de Jane dans mon départ, la raison d’avoir été le retrouver, de l’épouser dans un mariage où l’amour n’avait jamais eu sa place, où il n’y avait que l’intérêt, un nom usé qu’il fallait astiquer pour en redonner l’éclat. Je conserve le silence lorsqu’elle s’adresse à Matthew. L’anglais utilisé sauve les apparences face à un Ernest un peu à côté de ses pompes. Il ne comprend pas, tandis que mes sourcils se froncent quand Matthew lui répond. Froidement, c’est vrai. Et immédiatement, mon cœur se met à battre plus fort. Je fixe Jane sans réagir si ce n’est pas d’exploser littéralement. La colère arrive si vite et mes poings se serrent. Je serre fort pour ne pas réagir, je préfère ne rien faire face à mon patron, devant Matthew aussi. Il adresse ses excuses à Ernest pour cette présence impromptue avant de s’adresser de nouveau à sa femme. Immobile, tremblante, je suis la spectatrice silencieuse de la joute polie s’ensuivant entre les deux époux, l’un semblant mal contenir l’insatisfaction de la voir, et l’autre, semblant comprendre les choses avec un peu trop de facilité. Son regard malveillant s’ancre dans le sien et j’essaye de rester stoïque, de ne pas laisser passer une quelconque émotion qui lui donnerait le plaisir de croire que sa présence ici, me dérange. Sa remarque au sujet de ce que je suis devenue me fait frémir. L’allusion à mon départ arrive, toutefois, à m’ébranler. Mes lèvres s’entrouvrent laissant filer un infime gémissement de désespoir. Pourquoi éprouve-t-elle ce besoin d’attaquer là où ça fait mal ? Matthew s’emporte légèrement et finalement, il la saisit par le bras afin de l’emmener en dehors de ce bureau où je finis par me retrouver, seule, avec Ernest. « Héloïse, tout va bien ? Vous êtes toute pâle… » Sa voix me ramène à la réalité et durant un instant, mes yeux cherchent la source de la voix, tandis que je reviens sur terre, complètement dépassée par cette soudaine visite. « Hein ? Euh… Ah oui.. Oui, ça va. Désolée. » Je me contente de bredouiller. Mon cœur bat si fort et finalement, le monde se remet à tanguer comme lorsque Matthew avait surgi devant moi. Lorsque les émotions deviennent si fortes, j’ai cette difficulté à les maîtriser. Peut-être en ai-je trop pris dans la figure ? A force, je n’arrive plus à les gérer. Je reste assise, silencieuse et terrorisée. Je n’ai pas le cœur à engager une conversation avec mon patron, mon attention étant ailleurs. Que doivent-ils se dire ? Matthew est-il en train de lui dire qu’il va divorcer, que nous sommes destinés l’un à l’autre, peu importe les souffrances, peu importe la distance et peu importe les années ? « Il… Il est le père d’Ewan. » Je finis par dire, serrant un peu plus mes mains entre elles, fixant le sol sans trop savoir si c’est une bonne idée d’avouer cela à mon patron. Mais après six ans, après avoir été omniprésent dans ma vie et dans celle de mon fils, je ne me sens pas de lui cacher un tel secret, surtout si le partenariat aura pour but de redonner l’envie d’avoir une famille, de pouvoir de nouveau être auprès de l’homme que j’aime, de pouvoir donner à mon fils, la réalité d’avoir son père à ses côtés. « Je vous demande pardon ? Monsieur McGregor et… Mais… » Me dit Ernest semblant être à côté de ses pompes. Je peux le comprendre. A l’époque, je n’avais jamais évoqué le nom de la Maison d’Edition, j’avais préféré taire les identités, je lui avais demandé de me faire confiance tout en respectant ma volonté de ne rien dire. Et Ernest avait accepté, relevant ce défi que je lui avais lancé. Il n’avait jamais su d’où j’avais été formé, encore moins, l’identité du père d’Ewan. L’histoire avait été modifiée afin de ne pas discréditer qui que ce soit. Je voulais garder ce départ secret. Il le fallait. J’avais cette promesse sur mes épaules. « Je… J’ai fait mon stage chez les Mcgregor… Je ne vais pas rentrer dans les détails, Ernest… Je ne suis pas là pour ça… Mais vous savez toute l’affection que je vous porte… Vous avez été bon pour moi et pour Ewan… Et je tenais à ce que vous le sachiez… Ewan est son fils…. Et sa femme me connaît… Elle sait ce que j’ai été pour son père... » Mon patron semble définitivement perdu, faisant sans doute le lien entre l’histoire que j’ai pu lui raconter au moment de la découverte de ma grossesse tardive et le fait de se trouver face à face, maintenant. « Je ne comprends pas tout Héloïse… Mais tout va bien quand même… ? » Son air perdu m’attendrit et je lui souris doucement. « N’ayez crainte mon cher Ernest… Tout ira bien maintenant. Grâce à vous, nous nous sommes retrouvés et on vous en sera éternellement reconnaissant. » Cela semble quand même dur à encaisser pour lui, il a toujours l’air à côté de ses baskets. Mais lorsque Matthew revient, il reprend contenance, accueillant son hôte avec sa gentillesse habituelle, demandant néanmoins s’il va bien. Je reste silencieuse le regardant s’asseoir à côté de moi. Je remarque sa joue rouge et l’envie de la caresser me tenaille atrocement. Mais je ne fais rien, bien que la curiosité me brûle à un point où je dois faire un effort immense pour me centrer sur notre future collaboration. Cependant, c’est difficile pour nous trois. Ernest semble un peu absent, Matthew semble tendu et moi, je suis ailleurs, en train de réfléchir à tout cela, à penser à Ewan, à penser à cet avenir à Los Angeles. Heureusement, la secrétaire arrive bien vite pour informer mon patron d’un appel important. Aussi, ce dernier, qui d’ordinaire préfère ne pas stopper un rendez-vous important, préfère prendre l’appel, nous laissant seuls dès lors que la porte se referme sur nous.

« Je lui ai dit la vérité. » Ma voix rompt le silence « Il sait qu’Ewan est ton fils, maintenant. » J’ajoute en pivotant légèrement pour me trouver face à lui, l’observant tendrement. Quand bien même, j’ai revu Jane, ça n’a rien changé à mes sentiments. J’aime tellement Matthew et je lui fais une totale confiance. Je sais que nous serons bientôt réunis. « Qu’est-ce que tu lui as dit ? » Je finis par demander d’une petite voix. Bien vite, j’apprends ce qu’ils se sont échangés durant l’entretien et sans grande surprise, Matthew me confirme ce que je supposais déjà. Le fait que Jane ait été l’une des pièces maîtresses dans ce plan machiavélique dont nous avons été victimes. Ma main vient se poser tendrement sur celle de mon poète. A ses doigts crispés, aux tendons tendus comme jamais, je devine, sans mal, la colère le tenaillant un peu trop. Je le comprends d’une certaine manière. Six ans après, je remarque combien cette femme est restée la même, à savoir s’incruster dans la vie des gens sans tenir compte de leurs états d’âmes. Et quand bien même, Matthew la sait à l’hôtel, qu’il ira la voir pour discuter, pour aborder la fin de son mariage, et l’officialisation de notre histoire, je n’accepte pas l’idée de le laisser y aller seul. Non pas que je crains pour lui, ou que cela puisse remettre en question notre future. Nous nous aimons à un point tel, que la certitude est notre alliée. Puissant sentiment me poussant à reprendre la parole : « Matt… Je sais que ça va te paraître étrange… Mais j’irais avec toi à l’hôtel… J’ai besoin de lui parler à Jane. Trop souvent, je suis restée silencieuse face à elle il y a six ans… Et désormais, j’ai envie de faire la paix avec ce que j’ai gardé au fond de moi durant tout ce temps. Laisse-moi venir avec toi, je t’en prie. »

***

La journée est passée à une allure folle si ce n’est que le partenariat a finalement été signé. Finalement, Ernest a bien vite retrouvé sa prestance et sa bonté habituelle. Il s’est, peut-être, dit qu’il ne fallait pas chercher à comprendre. Pourtant, il a souvent observé Matthew en silence, comme s’il l’examinait, jugeant de ce qu’il avait été pour moi. Il faut dire que j’ai considéré cet homme comme un ami proche, quelqu’un n’ayant jamais manqué d’appeler Ewan à chaque anniversaire, de le gâter et d’apprécier chacune de ses visites au sein du bureau. Il a pu observer, de ses propres yeux, l’évidence de ce que Matthew et moi ressentions l’un pour l’autre. Un amour pur et véritable, laissant entrevoir que le futur et le partenariat ne seraient qu’une aubaine pour chacun. Et finalement, après un travail intensif, il est l’heure de s’en aller et forcément, c’est en compagnie de Matthew que je me trouve, saluant quelques collègues de boulot. « Hélo ! » La voix me fait me pivoter tandis que Marc arrive vers moi, sourire aux lèvres. « Je viens d’apprendre la nouvelle ! Tu vas gérer le partenariat entre la France et les États-Unis, félicitations ! » Son sourire franc et sincère me fait plaisir. « C’est tellement gentil à toi. Merci… » C’est vrai que tous mes collègues me manqueront, ils ont été si gentils dans le fond. « Faudra fêter ton départ, d’ailleurs ! Tu vas nous manquer. Et puis, j’espère que nous pourrons dîner ensemble comme je t’ai souvent demandé. » Et sinon, dis-le plus fort ? Je crois que Matthew n’a pas bien entendu Ce qui me vaut de m’étrangler légèrement, tandis que je deviens rouge comme une tomate, gênée. « Euh… On verra… Tu sais, je suis … Occupée… Le déménagement. Je ne vais pas avoir une minute à moi. » Et sentant que ça va partir en cacahuète si je reste encore un peu. « Je dois y aller ! A demain ! » Je finis par dire, pivotant et venant glisser mon bras autour de celui de Matthew. Ça me fait de la peine d’agir ainsi, mais je n’ai pas envie de lui créer de faux espoirs et puis, connaissant la nature jalouse du père d’Ewan, je n’ai pas envie, non plus, de créer un conflit. Aussi, nous sortons donc pour nous rendre à l’hôtel où j’espère que Jane y sera. Durant notre trajet, je me sens le besoin de rassurer Matthew sur une chose me paraissant essentielle « Il n’y a jamais eu personne d’autres que toi, hein… Même pour un simple dîner, j’ai toujours préféré dire non. Je n’en avais pas envie.. » Un sourire finit par apparaître sur mon visage « Ça a toujours été toi… Et puis Ewan, aussi, mais lui, il est hors catégorie. » Cependant, si j’essaye de garder contenance, d’avoir le sourire. Ce dernier disparaît bien vite quand nous arrivons à l’hôtel où il résidait. Certes, il a tout récupéré mais il est encore client et forcément, nous montons ayant juste été avisé par la standardiste que sa femme s’y trouve déjà. Voilà déjà une bonne chose. Cependant, je suis stressée, glissant mes doigts entre ceux de Matthew lorsque nous sommes dans l’ascenseur. Plus par besoin que par envie, mes lèvres se posent sur les siennes, pour me donner un courage fuyant un peu trop, pour calmer l’angoisse et surtout, pour lui rappeler que cette fois-ci, nous serons ensemble et invincible. Et quand la porte s’ouvre, la rouquine nous attend, enfin attend son mari car visiblement, elle se renfrogne, laissant ses prunelles claires se poser sur moi. « Dois-je vous présenter mes félicitations ? » Sa voix me fait frémir, néanmoins, je tiens bon, je me focalise sur la paume de Matthew ancré dans la mienne. « Jane. » Je commence à dire, fronçant les sourcils. « Ne soyez pas ridicule. Vous savez très bien pourquoi je suis partie. C’est vil ce que vous avez. » Elle se redresse du fauteuil où elle se trouve, pour me toiser, avec la classe qu’elle possède et cette grâce presque surnaturelle. Malgré la rancoeur, je la trouve plus belle que jamais. « Ce que j’ai fait ? Ce n’est pas moi qui vous ai demandé de vous en aller. Je n’ai fait que reprendre ce qui m’appartenait. » Un sourire mauvais s’étira sur ses lèvres. « Ce n’est pas moi qui ait été la plus faible Héloïse. » Les mots m’atteignent en plein cœur, bien que je ne peux l’imaginer. Faible. Moi ? Comment peut-elle dire que j’ai été faible ? « Faible ?! » Ma voix devient aiguë, tandis que son visage se feint d’une expression victorieuse. Frapper là où ça fait mal. Ils sont décidément très forts dans cette famille. Sauf que je ne suis plus la même d’il y a six ans, j’ai pris de l’assurance, je suis devenue mère et puis surtout, j’ai pris de l’assurance. « Non mais vous vous foutez de ma gueule sérieusement !? » Ma main se détache de Matthew, et je m’approche d’elle, non pas pour la frapper. Je ne lui ferais pas ce cadeau mais juste pour être face à elle. Je suis bien plus petite qu’elle cependant, la faute à être dans des chaussures plates, mais néanmoins, la rage est en moi, mon regard est aussi froid que le sien. « N’assimilez pas du chantage à de la faiblesse, Jane. Où alors, vous seriez encore plus stupide que je ne me l’imagine. Vous n’avez pas même pas conscience du mal que vous avez fait, vous et votre beau-père. Vous n’avez aucune idée du mal que cette séparation a pu faire… » Mon ton se durcit, mes yeux se remplissent de larmes et pourtant, ma voix tremble légèrement mais je tiens bon. Je ne lui laisserais pas la joie de me voir pleurer. Trop de larmes ont coulé depuis mon départ. « Par votre machiavélisme, par votre méchanceté gratuite, par votre égoïsme, vous avez privé un enfant de la présence de son père… Et pour ça, rien que pour ça… Jane, je vous mépriserais jusqu’à la fin… De tout mon cœur… De toute mon âme, tout comme je me rappellerais que six ans après… Vous n’avez rien compris à la vie et qu'aujourd'hui, je me peux vous regarder droit dans les yeux et enfin, vous dire que vous avez perdu, Jane. »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Sam 11 Mar - 20:11

Matthew ne comprenait pas encore quelle folie avait pu le pousser à unir sa vie à celle de Jane. Était-il à ce point désespéré ? Le poète aurait pu se convaincre longuement qu'il avait agi par pur désespoir, mais la chagrin n'avait pas été son unique moteur. Il s'était engagé par ambition et par fierté. De plus, son orgueil n'en tenait plus d'avoir été rejeté de la sorte une seconde fois. L'empire des Dewitt Bukater lui avait permis d'atteindre des objectifs qu'il s'était depuis longtemps fixés. Se marier avec sa première fiancée était comme une revanche sur la vie. Une douleur qu'il affligeait un peu plus à son âme en étant persuadé que cela constituerait son salut. En opérant de la sorte, il avait la sensation d'avoir le contrôle sur toutes choses, d'utiliser la jeune femme alors qu'elle était l'unique à avoir les cartes en mains. Mais il ne pensait qu'aux bénéfices. Il ne songeait qu'à l'heure de son grand triomphe. Il se voyait déjà à la tête d'un empire. La douleur avait balayé tout amour. Il s'était confortablement enrobé dans son orgueil et son ambition, et du haut de sa tour impénétrable, il lui avait semblé qu'il était heureux. Il lui avait semblé que c'était suffisant. Il lui avait semblé que cet amour essentiel et tendre qu’Héloïse lui avait appris n'avait aucun sens. Il lui avait semblé qu'il n'avait pas besoin d'elle. Mais c'était un bien triste mensonge qu'il s'était asséné année après année pour avoir l'illusion d'avoir la vie qu'il avait toujours désirée. Aujourd'hui, il comprenait à quel point il s'était fourvoyé. Il ne pouvait y avoir de vie sans Héloïse. Héloïse était sa vie. Elle l'avait toujours été. Quelquefois, il lui venait même cette sensation étrange qu’ils se connaissaient depuis toujours, que leurs chemins étaient tracés depuis la naissance. Cette pensée, incroyablement poétique, lui semblait toujours si invraisemblable. Se pouvait-il qu’une personne dont on ignorait l’existence une année auparavant, devienne soudainement une partie intégrante de nous ? Une extension de nous-mêmes que nous n’aurions jusqu’alors jamais décelée ? Pouvait-il prétendre connaître Héloïse depuis toujours alors que sa route n’avait croisé celle de sa stagiaire qu’une année auparavant ? Il pouvait pourtant se targuer d’identifier la moindre de ses mimiques, d’apprivoiser le moindre de ses mots, d’interpréter un seul de ses soupirs. Il la connaissait par cœur, et six années n’y avaient rien changé. Mais si Héloïse lui était tant destinée que cela, pourquoi n’avait-il pas poursuivi ses recherches plus assidûment ? Plus encore avec la découverte d’Ewan, il s’en voulait d’avoir abandonné si tôt, démotivé par un cœur déçu et malheureux. Aujourd’hui, il n’en serait sûrement pas là, à être confronté à Jane qui était devenue sa femme. Elle était perfide. Elle était manipulatrice. Elle était ambitieuse. Elle était calculatrice. Elle était profiteuse. Tout ce qui n’était pas Héloïse. Comment avait-il pu unir ses jours aux siens ? Toutefois, qu’est-ce qui les avait différenciés une fois que son âme-sœur l’avait quitté ? Il était devenu froid. Il était devenu opportuniste. Il était devenu despotique. Il était devenu tout aussi ambitieux. Il était devenu sans scrupule. Il était devenu implacable. Il était devenu cynique. Tout ce qu’il n’était pas quand sa vie était encore rythmée par les tendres regards de sa belle. En somme, il était devenu aussi cruel que celle qu’il avait épousée. Ils formaient presque un merveilleux couple. Mais aujourd’hui, Matthew ne pouvait que constater la bêtise de son geste. A cause de sa faiblesse, il se retrouvait face à une épouse qui ne céderait pas si facilement son territoire. Et certainement pas pour une femme d’un rang bien inférieur au sien. Seulement, le poète n’avait que faire de ce genre de considération. Héloïse allait devenir sa nouvelle épouse, qu’elle le veuille ou non. Il ne ferait aucune concession, il ne ferait preuve d’aucune compassion pour cette femme qui lui avait ôté six années de bonheur, et bien plus à celle qu’il aimait plus que tout au monde et à son fils. Matthew n’était pas dupe, il serait confronté à une femme forte et déterminée, mais lui était bien plus à craindre. Il était animé par une colère sourdre et froide, par un esprit de revanche qui serait entièrement au désavantage de Jane. Il saurait obtenir ce qui lui revenait de droit, et depuis toujours.

C’était cette même colère et cette frustration qui se répandait dans ses veines tel un poison quand il regagna le bureau où se trouvait Héloïse et son patron. Il n’était pas satisfait de sa conversation avec Jane, et encore plus aigri d’avoir la joue en feu. Néanmoins, il n’en perdait pas de vu les enjeux de cette journée. C’est pourquoi, il tenta de se montrer le plus professionnel possible. Il discernait sans mal la curiosité brûlante d’Héloïse qui voulait tout savoir de cet échange, mais ils devraient remettre cela à plus tard. Ils mirent tout en œuvre pour que le rendez-vous se passe au mieux, mais aucun des trois n’était dédié à sa tâche. Le patron paraissait tout aussi préoccupé qu’Héloïse dont le regard ne cessait de converger vers l’auteur. Quant à ce dernier, il ne parvenait pas à songer à autre chose qu’à sa conversation avec Jane, à sa future altercation avec elle tout à l’heure. Il était tendu d’impatience à l’idée de mettre un terme à tout cela. Il savait aussi que la revoir ne ferait qu’attiser un peu plus sa colère. Elle aurait eu le temps de songer à de nouveaux arguments qui sauraient le mettre hors de lui.
L’espace de quelques minutes, ils se retrouvèrent seulement tous les deux, Ernest ayant quitté son bureau pour un appel urgent. La porte ne fut pas sitôt fermée qu’Héloïse prit la parole. Matthew se tourna brusquement vers elle quand elle lui avoua lui avoir tout dit. Il sentit un froid l’envahir tout entier, glaçant un instant sa colère. « Et qu’a-t-il dit… ? J’imagine à peine ce qu’il doit penser. » Son poing serré, il n’était plus vraiment lui-même. Il se moquait de ce qu’on pouvait penser de lui, mais il refusait de passer pour un lâche qui avait abandonné femme et enfant pour un parti bien plus riche. Sa fiancée s’enquit ensuite de savoir ce qu’il avait dit à Jane. « Rien de ce qu’elle voulait entendre. Je dois la revoir tout à l’heure. Je l’ai envoyée à l’hôtel. » Dans cette fameuse chambre qui était vide depuis qu’il habitait temporairement chez Héloïse. Il la lui donnait de bonne grâce à condition qu’elle prenne le premier avion demain matin. La colère rejaillit presque aussitôt. « Elle savait tout. Jane a comploté avec mon père et je n’ai été qu’un idiot. Comment ai-je pu me faire avoir de la sorte ? » Il ne savait pas qui il haïssait le plus entre son père, sa femme et lui-même. Sûrement son idiotie. La main d’Héloïse calma légèrement sa rage, mais pas sa culpabilité. Tout à coup, elle lui annonça qu’elle viendrait avec lui à l’hôtel. Cette idée ne lui plaisait guère. Il ne voulait pas qu’Héloïse soit exposée à la cruauté de Jane, mais Matthew fut confronté à un regard qu’il n’avait encore pas apprivoisé chez elle. Un regard qui affichait toute sa détermination et sa volonté de se battre pour ce qu’elle désirait. Il ne pensa même pas à protester. Il se contenta d’hocher la tête, priant pour que le rendez-vous passe rapidement quand l’éditeur français franchit à nouveau la porte de son bureau.

***

Le rendez-vous reprit, mais personne n’était plus à la tâche. Seul Ernest avait su retrouver un aplomb qui avait servi à adoucir légèrement les tensions. Ce fut donc dans la bonne entente que le partenariat fut signé. Evidemment, il fallait régler aussi les questions concernant Héloïse. La jeune femme et Matthew avaient expressément affirmé que le plus tôt serait le mieux, pas uniquement pour le bien de l’entreprise, mais aussi d’un point de vue personnel. Si les deux n’avaient pas formulé les choses ainsi, le français l’avait rapidement compris. Plus que tout au monde, Matthew et Héloïse souhaitaient être réunis, et avec leur enfant. Cette perspective adoucit quelque peu le poète qui jetait parfois des regards encourageants et emplis d’espoir à sa belle. La matinée passa rapidement et le rendez-vous prit fin au grand soulagement de Matthew. Désormais, il souhaitait plus que jamais en découdre avec Jane, mais il se pliait au rythme d’Héloïse. Bien entendu, elle était arrêtée parfois par des collègues de travail qu’elle saluait rapidement, quand une des personnes avec qui elle travaillait se montra un peu plus envahissant. Matthew haussa un sourcil en l’entendant l’appeler « Hélo » Hélo ? Vraiment ? Plongeant ses mains dans ses poches, il tenta de ne pas montrer qu’il était tout particulièrement ennuyé par cette conversation dont il ne perdait pas une miette. Le regard de cet homme, il le connaissait et il ne l’appréciait pas du tout. Encore plus quand il parla d’un éventuel dîner. « Quoi ?! » ne put s’empêcher d’intervenir l’éditeur en américain, en plus. Guère enclin à se montrer magnanime, il était prêt à défendre sa place de fiancé, mais Héloïse eut tôt fait d’écourter la conversation et de partir avec lui. Matthew gérait très mal ses excès de jalousie, mais encore plus aujourd’hui où il était tendu. Sa mâchoire se crispa jusqu’au moment où sa belle se justifia. Ses paroles le rassurèrent, mais en même temps, comment aurait-il pu lui en vouloir ? « Et qu’aurai-je à dire pour ma défense ? Je me suis marié à la pire femme de la création. » Néanmoins, il préférait que les choses soient ainsi. Il préférait être le seul tout comme Héloïse était l’unique dans son cœur. Ce fut évidemment une nouvelle assez bienvenue juste avant de se jeter dans la gueule du loup. Sinon, il n’aurait pas cherché à comprendre. Il serait rentré dans la chambre et il aurait sûrement frappé Jane pour tout le mal qu’elle leur avait fait sans se poser la moindre question.
Ils furent rapidement à l’hôtel. Guère ravi, Matthew ne savait pas ce qu’il résulterait de cette conversation. Naïvement, il pourrait penser qu’il obtiendrait gain de cause, mais ce serait mal connaître son épouse. Jane ne se laisserait pas mettre de côté aussi facilement. Dans l’ascenseur, il se trouvait plus tendu que jamais, jusqu’à ce que tout à coup, les lèvres d’Héloïse se posent sur les siennes. D’abord surpris, il l’attira contre lui. Il aurait souhaité que ce moment ne s’arrête jamais. Et durant tout le temps que suivi leur trajet jusqu’à la fameuse chambre, sa main restait greffée à la sienne. Matthew ouvrit la porte en premier, découvrant une femme au regard déterminé, mais dès qu’elle aperçut Héloïse derrière lui, son expression se durcit. « Dois-je vous présenter mes félicitations ? » Il ne put s’épargner un soupir de lassitude. Avait-elle seulement le droit de se montrer aussi amère ? Héloïse fut celle qui répliqua, apportant plus de sagesse au milieu de la rancune. Matthew se mit soudain à considérer ces six années qu’avaient été celles de sa compagne. Combien de fois avait-elle sûrement souhaité s’adresser à ces personnes qui lui avaient fait autant de mal ? Avait-elle déjà rêvé se retrouver face au père McGregor ou encore à Jane pour les accuser de ce terrible complot ? Combien de paroles et de sentiments muets se cachaient-ils derrière ce regard bon et tendre ? Les répliques de Jane firent bouillir Matthew. « Je ne t’appartenais pas. » Et il ne lui appartenait toujours pas, mais aujourd’hui, l’évidence était bien trop frappante. Plus que jamais, il était hors de lui, mais il comptait sur la présence d’Héloïse pour ne pas s’emporter totalement. C’était même elle qui perdait toute patience, venant affronter physiquement Jane se rapprochant d’elle. Il ne la sentait pas uniquement en colère, mais vibrante d’une douleur sourde. Dans son emportement, elle révéla cette triste vérité à la rouquine. La naissance d’Ewan. Malgré son expression inébranlable, elle ne put masquer la surprise qui s’échoua momentanément sur ses traits. Mais s’avouer vaincue n’était pas encore dans ses plans. Son noir regard dévia vers Matthew. « Un enfant ? Tu es père… ? » Il n’y avait pas seulement de l’hébétude, mais aussi une amertume qui s’expliquait par le fait qu’il n’avait souhaité lui faire d’enfants et qu’il s’y était toujours tenu. « Depuis combien de temps cela dure ? Est-ce que tu savais… ? » Quelle idiote. Ses traits se crispèrent. « Crois bien que si j’avais su pour Héloïse et mon fils, je ne t’aurai jamais épousée. » Il n’aurait jamais dû l’épouser tout court, mais il n’avait pas ce genre de considérations à l’époque. Jane reprit brusquement de sa superbe, elle quitta la proximité d’Héloïse, faisant quelques pas dans la pièce de cette démarche leste et gracieuse. Elle perdait pied malgré ce qu’elle souhaitait montrer. Il le savait. « Peu importe le reste. Matthew, comment peux-tu revenir vers cette moins que rien, vers cette traînée ? Comment peux-tu lui pardonner d’être partie et de t’avoir caché un enfant ?! Jusqu’à quand vas-tu rester aveugle ?! » Son sang ne fit qu’un tour. Il s’approcha d’elle, la jaugeant de toute sa hauteur, mais se retenant de toute violence. « Parce que tu crois qu’elle a eu le choix ?! Tout ceci n’est pas uniquement de la faute de mon père, mais tout autant de la tienne. Crois-tu que je pourrai te pardonner un jour ? Crois-tu que je pourrai continuer de vivre chaque jour avec un tel monstre ? Je t’en prie, Jane. Nous ne sommes même un couple. Nous ne sommes même pas heureux ! » Le ton de profonde haine qui vibrait dans la voix de l’écrivain la décontenança quelque peu. Elle sentait qu’elle perdait la partie et elle se lança dans des assauts désespérés. « Elle ne te mérite même pas. Elle n’est pas de notre monde. Elle n’est pas celle qu’il te faut. Je suis l’épouse parfaite ! Et elle n’est rien ! » Jane s’était subitement approchée d’Héloïse, sûrement pour s’en prendre à elle avec son venin, mais Matthew eut tôt fait d’empoigner son bras et de la rejeter sans ménagement plus loin. Elle se raccrocha à un meuble tandis qu’il faisait rempart entre les deux femmes. « C’est de la folie, Matthew ! Tu peux peut-être la ramener en Amérique avec toi, mais ils ne l’accepteront jamais ! Vous ne serez jamais acceptés. Vous, pas plus que votre bâtard ! » Il était prêt à fondre sur elle pour lui retourner une gifle, mais Héloïse l’arrêta dans son geste. « Assez ! » la somma-t-il sombrement. Elle ne comptait pas s’en arrêter là. Elle s’était redressée, déguisant son orgueil blessé par la prestance qui lui restait. « Comment oses-tu me traiter ainsi ? Après tout ce que j’ai fait pour toi ? Je t’ai relevé, toi qui étais devenu si pathétique ! A cause d’elle, tu aurais continué à dépérir si je n’étais pas arrivée. Je t’ai fait redevenir ce que tu étais depuis toujours ! Tu appartiens à notre rang ! » Un rire cynique passa les lèvres de l’éditeur. Il n’en pouvait plus d’user du moindre argument qui le dégoûtait tant. « Jane, ça suffit. Rien de ce que tu pourras dire ne pourra changer quoi que ce soit. Comme l’a dit Héloïse, tu as perdu. » Un long silence s’ensuivit. Il sentait que le désespoir était en train de balayer l’orgueil. Ses prochaines paroles ne firent que le prouver. « J’ai toujours été là ! J’ai toujours été la femme qu’il fallait. Je ne t’ai jamais fait défaut. Je t’ai permis de regagner ta réputation et une place ! Ose me dire que mon nom ne t’a pas aidé ! » Elle s’était approchée à grandes enjambées de Matthew, comme si une quelconque proximité aurait pu le radoucir. Il vit sa main se tendre vers son visage, mais il lui emprisonna brutalement le poignet. « Et désormais, je n’ai plus besoin de toi. Tu ne me sers plus à rien, Jane. » Il se montrait terriblement cruel. Méchant. Brutal. Mais pour rien au monde, il ne retirerait ce qu’il était en train de dire. Il lui ferait payer par tous les moyens. Son regard féroce s’imbriqua dans celui de Jane. Pour la première fois, elle semblait avoir peur. Peur pour elle. Peur d’être seule. Peur pour sa position. « Aujourd’hui, tu as tout, mais demain, tu n’auras plus rien car je vais récupérer cette vie que tu m’as ôté. Je ne te laisserai absolument rien, hormis une terrible réputation. Tu n’auras plus personne pour te soutenir. Tu n’auras même pas d’argent. Tu seras abandonnée de tous. Voyons voir si tu t’en sors mieux que la victime de votre horrible machination. » Elle vivrait les mêmes tourments qu’Héloïse, mais sans ce courage que sa belle détenait. Il savait qu’elle ne survivrait pas à la honte, mais il s’en moquait éperdument. Elle devait payer pour ce qu’elle avait fait, quitte à payer aussi pour le père. Il la rejeta violement, la laissant s’échouer dans un des fauteuils de la chambre d’hôtel. Désormais, il ne lui offrait plus le choix. « Dès demain, je veux que tu ne sois plus ici. Une fois en Amérique, je ne veux plus jamais entendre parler de toi. » Il était catégorique. Même la rouquine n’eut pas la force ou le courage de protester. Matthew revint auprès d’Héloïse, glissant sa main dans la sienne. « Allons-nous-en. » Ils quittèrent la chambre d’hôtel sans un mot ou même un regard. Le poète était toujours pétri de colère, mais surtout, il n’était pas fier de ce qu’il venait de se passer. Il n’était pas fier de ce qui avait été dit. Ses doigts serraient ceux d’Héloïse tandis qu’ils marchaient maintenant dans les rues de Paris. Sûrement un peu trop fort. Il avait besoin d’elle. De son contact. L’hôtel était situé non loin d’un parc vers lequel l’auteur se dirigea. Ce parc n’était en rien comparable à celui de samedi où il jouait avec son fils. En vérité, ce parc lui paraissait infiniment triste. Dans un excès de rage, son poing frappa dans l'écorce d'un arbre à côté duquel ils passaient. Il s'était fait mal, comme un abruti, mais il se détestait terriblement. « Quel idiot ! Comment ai-je fait pour ne pas m'en rendre compte plus tôt ? Pourquoi ne m'en suis-je pas douté un seul instant ? » Il se frotta légèrement sa main meurtrie. Il était toujours en colère, mais plus contre lui-même que contre quiconque. Comment avait-il pu être aussi aveugle... Matthew s’arrêta un instant, prenant une grande inspiration. Il avait la sensation de ne plus avoir respiré depuis des lustres. « Ce que j’étais… ce que je suis encore un peu… je ne suis guère différent de mon père ou de Jane. Ils font ressortir en moi des traits de ma personnalité si détestables. Je me demande quelquefois comment j’ai fait pour devenir ainsi. A moins que je n'ai toujours été cet homme... Il n'y a que toi qui parvienne à me rendre meilleur... » Matthew se craignait un peu lui-même. Il se tourna vers Héloïse, prenant ses deux mains dans les siennes. « Je suis désolé pour tout ce qu’il s’est passé ou tout ce qu’elle a dit. Elle n’agit que par pur désespoir et par ambition. J’aurai souhaité que tout se passe autrement. Je t'avais promis que tu ne souffrirais plus... » Mais il avait échoué. Il n'était plus à la hauteur pour la protéger.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 12 Mar - 22:35

Il faut tant de courage pour vivre. Tant de courage pour tomber, se relever et croire encore que le plus beau reste à venir. Je suis tombée tellement peu de fois dans mon existence. Et pourtant, le peu a suffi amplement. De mes genoux écorchés, je me suis malgré tout remise debout. De mon âme fragilisée, j’ai appris à combler chaque fissure. De mon cœur ayant, trop de fois, saigné, j’ai su panser les plaies, gommant les imperfections en ressortant. J’aurais pu vivre avec la haine, la colère et le ressenti vis-à-vis de cette famille. Après tout, ils m’avaient enlevé, à l’époque, ma seule raison de vivre, ma seule envie de me lever et mon bonheur au quotidien. J’avais tellement cru en nous et j’avais bien déchanté lorsque la vérité s’était imposée à moi, lorsqu’il avait fallu faire le choix le plus difficile de ma vie. Fuir et ne jamais se retourner. Accepter la vérité et croire encore. Jusqu’à tomber encore. Cette fois-ci, j’avais bien cru que je ne me redresserais jamais. Que je serais destinée à finir mon existence, seule, perdue dans mes larmes et mon désespoir, à penser, à chaque seconde, à chaque minute, à l’amour de ma vie, que j’avais délaissé à Los Angeles. Ô combien de fois avais-je tant souffert de garder cette sinistre vision de notre dernière fois, de ces dernières images que j’avais imprimé en moi… Son air endormi… Cette innocence… Tout ce qu’il était réellement quand il était avec moi. Son rire avait longtemps hanté mes pensées, tout comme chacun de ces instants que nous avions vécu ensemble. Je ne tiendrais pas. C’est ce que je me disais en me confortant dans l’idée qu’il allait, certainement, s’en remettre, qu’il deviendrait fort et heureux. J’avais foi en ce qu’il était capable d’être, de donner, d’aimer… Lui qui pourtant, s’angoissait de ne pas aimer comme il fallait. Et pourtant, jamais, je n’avais souffert de ses propres angoisses. Bien au contraire, de chacune de ses faiblesses, j’en faisais une force. De chacun de ses gestes de tendresse, j’en faisais une arme si belle qu’elle nous avait permis de tenir dans ce secret, de pouvoir évoluer au quotidien. J’avais tellement changé en sa présence. J’étais devenue forte, confiante, si belle et plus que jamais enthousiaste. Je chérissais le futur et le protégeais comme le plus beau des trésors. Je croyais tellement en notre vie future. Je nous y voyais déjà en grande romantique que j’étais. Vêtue de ma robe blanche, face à Dieu, j’étais convaincue de l’engagement que je lui témoignerai. C’était lui. Et ce n’était personne d’autre.

Et pourtant… On me l’avait arraché à moi. On me l’avait pris mon Matthew… Je m’étais retrouvée, seule, perdue sur une terre que je ne reconnaissais plus. Les yeux bouffis par les larmes et le manque de sommeil, je ne savais pas, par où aller. Je tournais la tête en espérant que par le pur des hasards, j’entendrais sa voix me murmurer tendrement « tu me cherches Héloïse Bennett ? » Et pourtant… je n’ai entendu que le brouhaha autour de moi… Autour de moi, les gens se retrouvaient, s’embrassaient et s’enlaçaient. Et moi… J’étais seule… Seule dans mon malheur…
Je t’ai cherché pendant six ans, Matthew.
Je t’ai attendu…
Et à cause d’eux… Tu n’as jamais entendu son premier cri, tu n’as jamais été émerveillé de son premier sourire, tu n’as pas fondu en larmes devant ses premiers pas… Ses premiers mots..
Tout cela, on me l’a enlevé autant que l’on m’a privée de l’amour de ma vie…


C’est bien en ça que nous sommes différentes avec Jane. A-t-elle vraiment connu le malheur ? C’est ce à quoi je pense alors que nous nous trouvons face à elle. Bien qu’elle semble avoir été désarçonnée par ma présence, elle a bien vite repris contenance, délayant son venin comme si la méchanceté était une nouvelle façon de se défendre. Je n’en sais rien, je ne suis pas vindicative ni offensive. Toutefois, ses mots m’atteignent alors que j’essaye de rester diplomate, de lui faire comprendre que sa présence n’enlève pas le ridicule de ce qu’elle est. Pourquoi s’accrocher ? Pourquoi croire ? Et surtout, comment peut-elle avoir un tel culot ? Comment a-t-elle pu épouser Matthew en sachant très bien ce qu’elle lui avait fait ? Mais il faut croire que le cœur n’est pas bon pour tout le monde. Et forcément, le fait d’évoquer mon fils, et tout ce qu’elle lui a privé en un sens, ne semble aucunement l’affecter. Son visage qui me fixait jusque-là, se tourne vers Matthew. Elle n’a pas l’air de comprendre. Ou alors, c’est l’inverse, elle comprend trop bien mais pose, quand même, ses questions. La froideur régnant dans la voix de Matthew n’en demeure pas moins terrible. Les accents de haine sont si forts que j’en tremble presque. L’adrénaline fait battre mon cœur plus fort pendant qu’elle s’éloigne de moi, si belle mais si dangereuse en un sens. En face de moi, se trouve cette femme ayant été capable de me briser pour mieux atteindre sa propre convoitise. Etait-elle véritablement heureuse ? Arrive-t-elle, encore aujourd’hui, à se regarder dans un miroir et à y voir autre chose qu’un être abject et repoussant ? Parce que c’est tout ce qu’elle est. Et si je garde un calme olympien, mes yeux n’en demeurent pas moins brillants. La tension est si palpable que je ne peux m’empêcher de hausser la voix, vibrante d’une telle douleur lorsqu’elle tenta de se précipiter vers moi, repoussée par un Matthew plus que jamais furieux. Le regard haineux qu’elle me lance est terrible mais je tiens bon. « Cessez de dire vos âneries Jane. Si véritablement vous étiez parfaite, vous auriez épousé Matthew sans le quitter avant de lui dire « oui » !! Pourquoi se voiler la face ?!  » Cependant, elle ne semble pas m’entendre et les mots qu’elle finit par employer, à nouveau, sont encore plus terribles. Il m’atteigne en plein cœur et j’aurais pu m’écrouler à terre et pleurer si je n’avais pas vu Matthew se ruer vers elle. « Matthew !! Non !!!! » Je m'exclame en me rapprochant de lui, posant ma main sur son bras. « Comment osez-vous ? N’avez-vous donc, à ce point, pas de cœur ? » Je bredouille, véritablement blessée par ses mots. Mon fils n’est pas un bâtard. Oh non. C’est tellement cruel de m’atteindre encore et encore. Comme si je n’avais pas assez souffert. Mon point faible, l y a six ans, c’était Matthew et aujourd’hui… Voilà que c’est Ewan. Et si ça attise ma colère, ça a de quoi rendre le père d’Ewan, complètement furieux. Chaque mot qu’il emploie suffit à déclencher tant d’émotions en moi. Ma main a fini par retomber mollement contre moi et j’observe ce couple se déchirer sous mes yeux. Définitivement. Et si on peut appeler cela un couple. Mais quand bien même, il a suffi entre samedi et aujourd’hui, qu’il sache qu’elle était mêlée au plan du père McGregor pour que l’homme que j’aime devienne une créature animée d’une haine farouche, d’une colère que je ne lui ai jamais connu auparavant. Il est bien décidé à faire de Jane, une moins que rien, qu’elle puisse comprendre ce par quoi je suis passée. D’une certaine manière, j’en viens presque à éprouver de la peine pour elle. Si seulement, elle pouvait comprendre que la vie ne se résume pas à un rang, à un nom ou à un compte en banque. Rien n’est plus beau dans la vie que de pouvoir apprécier la tendresse d’un enfant, à savourer le regard aimant et fier. Et savoir que le plus beau des sons, c’est celui d’entendre son petit cœur battre quand il enlace ses mains autour de moi. Je n’ai de mot que ceux que je tais. Mon visage est triste et lorsque Matthew me prend la main afin de quitter la pièce, je n’ai qu’un bref regard pour la rousse avant de tourner la tête pour regarder devant moi.

Le bruit de nos pas résonne contre le bitume tandis que nous nous éloignons de l’hôtel. On marche jusqu’à traverser à un passage piéton. Je ne sais pas où souhaite aller Matthew mais je le suis, en conservant le silence. Les mots de Jane résonnent dans ma tête. Il me faut juste le temps d’encaisser. Il est vrai que j’ai été blessée mais n’était-ce pas le prix pour le bonheur ? Je sais qu’ainsi, mon écrivain a pu mettre les choses au clair avec elle, se disant ainsi que le plus beau reste à venir pour nous. L’arrivée aux États-Unis me semble imminente… Alors, pourquoi ? Pourquoi, j’ai si mal en moi ? Peut-être parce que je ressens la colère de Matthew, que je sens dans sa poigne combien il est tendu, combien il doit avoir mal. Alors, je ne dis mot sur mes doigts broyés, je me contente de lui laisser cette opportunité face au silence bienfaiteur, qu’il sache que, quoi qu’il arrive, je suis là. Je l’ai tant cherché.  Tant attendu aussi. Sans que je m’y attende, il finit par frapper un arbre, pétri d’une rage sourde me faisant sursauter. Je demeure muette, le fixant sans rien dire, le laissant parler, dos à moi. J’observe délicatement chaque contour de son être, de ses cheveux châtains en passant par la courbure de ses traits. J’aime tellement cet homme, c’est même au delà de tout. Et chaque mot prononcé me paraît être une supplique. Comme je comprends sa souffrance, cette impression de connaître des gens et puis finalement, de s’en être trompé… D’avoir laissé le malheur nous accaparé et fait, de nous, des personnes mauvaises. « Ne dis pas ça… » Je murmure d’une voix que l’émotion rend rauque. Les yeux sont toujours si brillants. Il pivote pour me faire face, prenant mes mains au creux des siennes. Et encore, une fois, il s’excuse. Pourquoi, doit-on être les victimes de tout cela… Pourquoi, tous ces gens se sont mis au milieu de notre chemin ? L’incompréhension est grande mais l’amour nous sauvera, j’en suis convaincue. Pour seule réponse, je me contente de me blottir contre lui, de me détacher de ses mains pour l’enlacer et le serrer de toutes mes forces. Les larmes finissent par rouler le long de mes joues. « Je suis là, Matthew… » Je bredouille, le cœur en friche. L’amour est ce qui nous fera renaître parmi les cendres. J’y crois… J’y crois plus que tout. « Je suis là. » Les mots ont une portée si importante. « Je suis là… Et c’est tout ce qui compte… Nous serons ensemble désormais… Je te le promets… » Je me détache de lui, juste pour observer son visage, avec tendresse, laissant mes mains venir caresser doucement cet épiderme que j’affectionne tant. Mon pouce effleure sa peau dans un geste régulier et doux, et je le dévisage avec cette dévotion, cet amour que je n’ai su transmettre rien qu’à lui. « Et désormais… Tout est loin derrière nous… Nous avons éloigné tout ce qui nous faisait obstacle… Pour le reste… Laissons-le temps au temps, nous avons toute la vie devant nous. Et puis, nous allons être une famille, nous allons pouvoir élever notre fils.. Tu vas devenir son père tel que tu aurais dû l’être… Tu seras le compagnon de son âme et de ses jeux… Celui qui protégera ses rêves d’enfants… Celui qui saura lui apporter la sécurité dont il espère tant. » Je secoue la tête doucement, me blottissant contre lui, laissant mon cœur, fou d’amour, battre à l’unisson avec le sien. « N’espère pas de moi que je te rende meilleur… Car tu l’est déjà, mon amour… Sois-juste celui que tu dois être pour Ewan… Il a besoin de toi. Et moi aussi, j’ai besoin de toi. » Ma main vient prendre la sienne, celle qui est rougie par le choc contre l’arbre. J’y dépose mes lèvres dans un geste tendre et protecteur. Et bien que je sois triste, que les larmes roulent sur mes joues, je ne peux m’empêcher de lui sourire, pour qu’il sache que toutes ces épreuves ne feront que nous endurcir, que nous serons intouchables. « Vendredi soir… Tu as dit que nous étions invincibles. Et tu m’as permis d’y croire à nouveau, Matthew. Nous l’avons été et nous le serons, pour lui… Pour notre petit… Et puis, pour nous… »


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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 19 Mar - 22:20

Matthew bouillait d’une rage qu’il n’avait pas envie d’éteindre. Depuis des années, il avait cherché à contenir cette colère qui était autrefois souffrance. Avec le temps, elle s’était transformée en une triste amertume qu’il traînait derrière lui. L’amertume d’avoir perdu un être cher. L’amertume d’avoir encore été un dupe aux jeux de l’amour. L’amertume d’avoir abaissé ses défenses pour les si beaux yeux d’Héloïse. L’amertume de n’avoir pas d’autres choix que d’épouser Jane. L’amertume d’être un pion sur l’échiquier, d’en avoir conscience mais de ne rien pouvoir changer de son destin. Il lui avait été plus facile de se convaincre qu’il y gagnait presque autant que Jane dans cette union qui le débectait viscéralement. Un terrible sentiment d’impuissance l’avait hanté durant des années sans qu’il ne puisse jamais s’en défaire. Il avait préféré devenir un despote plutôt que d’admettre qu’il était une marionnette entre les doigts de son père et de sa femme. Au regard de sa situation actuelle, admettre que ce jeu sournois servait ses intérêts et ses ambitions dévorantes avait été sa meilleure consolation. S’il ne pouvait avoir l’amour de sa vie -cette vie qu’il avait dessinée dans ses doux songes d’autrefois- il pouvait au moins accéder au sommet et réparer cette réputation déchue. Les illusions sont bien moins douloureuses qu’un cœur brisé. L’auteur s’était plu à construire un empire pour oublier qu’il aurait pu bâtir une belle histoire. L’auteur s’était plu à trouver son bonheur dans le regard admirateur de la foule pour oublier que les yeux amoureux d’Héloïse ne seraient plus jamais posés sur lui. L’auteur s’était plu à flatter son orgueil et sa vanité pour oublier qu’il était pétri de rage et de chagrin.

Mais aujourd’hui, Matthew ne voulait plus masquer la rage qui l’animait. Sa colère était précisément dirigée vers son père et vers Jane. Mais si son paternel ne pourrait jamais souffrir de ses foudres, il comptait bien que son épouse soit la cible de sa vengeance. Le poète n’avait jamais été un homme foncièrement mauvais. Pas plus qu’il ne souhaitait se montrer particulièrement cruel, mais la fureur qui était la sienne le poussait dans ses derniers retranchements. Il en venait à découvrir une part de lui-même qu’il ne soupçonnait pas. Était-ce ainsi la douleur qu’on pouvait ressentir face à l’impuissance de ne pas avoir pu sauver la femme qu’on aimait ? Était-ce ainsi la douleur qui était nôtre quand une part de notre vie nous avait été injustement arrachée ? L’écrivain osait à peine y réfléchir. Il sentait juste cette colère qui circulait dans ses veines tel un poison, gagnant chaque partie de son âme. Durant toutes ces années, Jane était au courant du terrible complot qui s’était joué autour de la famille McGregor. Le départ d’Héloïse pour la France à cause d’atroces menaces ne lui était pas étranger. Et pourtant, elle n’avait rien dit. Elle s’était permis de prendre la place d’une autre sans le moindre scrupule. Elle s’était flattée d’être la nouvelle Madame McGregor, de connaître à nouveau une renommée édifiante. Elle s’était vautrée dans le confort et dans le luxe qui était destiné à une autre. Par sa faute, elle avait privé Héloïse de son amour. Elle avait privé Matthew de la femme qu’il aimait. Il avait privé un fils de son père. Combien d’âmes avaient encore dû souffrir à cause de son ambition démesurée et de celle de son père ? L’auteur voulait que Jane paye pour tous ses forfaits, et ceux de McGregor sénior. Elle éprouverait les mêmes souffrances qu’Héloïse, et Matthew s’assurerait qu’elles soient bien pires encore. Il voulait qu’elle éprouve les mêmes manques, les mêmes douleurs, la même misère qui allait s’abattre sur ses épaules pour qu’elle vive ne serait-ce qu’un centième de la souffrance d'Héloïse. Mais là encore, il saurait que la douleur de Jane ne serait jamais comparable à celle qu'il aimait et qui avait dû renoncer à son amour et à un père pour son fils. Là où Héloïse avait perdu l’amour et l’espoir, Jane ne perdrait que son luxe et sa réputation. Pourtant, Matthew était persuadé d’une chose : Jane ne tiendrait pas aussi bien le coup que sa dulcinée. Elle était dépourvue de cette force de caractère et de cette pugnacité qui faisait partie intégrante de son ancienne stagiaire. Cette dernière pouvait traverser la tempête et les orages, tomber parfois, mais elle saurait toujours se relever et continuer son chemin. Elle était ainsi. Une force tranquille. Mais Jane n’aurait jamais la volonté de se relever à la première chute. Elle resterait là, à terre, se morfondant d’un terrible destin. Mais Matthew serait sans pitié. Il saurait se montrer cruel. Il saurait lui faire payer pour réparer le crime qui avait été commis auprès d’Héloïse et d’Ewan. L’auteur avait lu suffisamment de livres pour savoir que la vengeance n’était pas une fin en soi et qu’elle apportait bien plus de douleur que de lâcher prise. Toutefois, il se refusait à ce que Jane s’en tire de la sorte après avoir ôté six ans de vie à Héloïse. Il ne saurait le tolérer et il savait que ni le temps, ni un futur bonheur auprès de sa nouvelle famille ne pourrait endormir sa rancune.

Et plus l’écrivain était convaincu de cet état de faits, plus il réalisait que la personne qu’il haïssait le plus dans cette tragédie, c’était lui-même. La vérité lui avait éclaté au visage dans toute son horreur. Toute cette histoire n’aurait pas eu lieu s’il n’avait pas cru au flot de balivernes qui était inscrit sur la lettre d’Héloïse, s’il n’avait pas baissé les bras si tôt, découragé par son propre chagrin et un énième échec dont il n’avait su se relever. Comment avait-il pu se montrer aussi aveugle ? A la lumière de ce qu’il venait d’apprendre au cours de ces derniers jours, il ne comprenait pas comment il avait pu être aussi dupe. Il se méprisait pour son idiotie. Plus que tout, il s’effrayait de lui-même et de ses propres ambitions. Et si, dans le fond, tout ceci l’avait arrangé de renoncer avant l’heure et de se faire emporter dans cette machination infernale ? Ses pensées le menaient vers des terrains dangereux où il ne se reconnaissait plus lui-même. Qui était-il véritablement ? Cet être froid et austère dans la peau duquel il s'était pavané durant tant d’années ? Ou bien était-il cet homme bon et généreux qu’Héloïse avait réveillé chez lui ? Et dans le fond, l’homme qu’il souhaitait devenir n’était-il pas ce qui comptait le plus ? Cette idée lui vint brusquement quand ses prunelles rencontrèrent celles d’Héloïse. Il retrouvait la tendresse de son regard qui était la plus belle arme en ce monde. Leurs mains se lièrent comme attirées l’une à l’autre jusqu’à ce qu’elle ne se blottisse tout contre lui. Il entoura ses épaules tremblantes de ses bras protecteurs. Il la sentait pleurer tout contre lui et il resserra son étreinte. Il était fatigué de la voir pleurer encore à cause du mal qui lui avait été causé, de sa propre lâcheté. Il ne savait plus que lui faire des promesses qu’il ne tenait pas. Il lui offrait une vie affranchie de toute douleur sans même lui en faire une esquisse. Elle ne méritait pas cela. Pas après toutes ses années. Il voulait être là. Il se devait d’être là. Et pourtant… « Je suis là, Matthew… » N’était-ce pas lui qui aurait dû prononcer ces paroles ? Et malgré tout, provenant dans la bouche d’Héloïse, ces mots détenaient une sonorité toute particulière. Pour la première fois, il se laissait aller à être rassurée par elle, par cette force incroyable et insoupçonnée qu’elle représentait. Oui, elle était là. Ils étaient tous les deux là l’un pour l’autre. Ils avaient été séparés durant six ans, mais combien d’années cela aurait-il pu encore durer si ce voyage à Paris n’avait pas eu lieu ? Pendant encore combien de temps un enfant aurait été privé de son père ? Il préférait ne pas y penser. Le temps guérirait les blessures. L’amour refermerait les cicatrices. L’innocence d’Ewan leur rendrait la leur. Le bonheur d’être réunis les rendrait encore plus confiants. Leurs prunelles se retrouvèrent encore et il essuya ses joues du bout de ses pouces. Il ne se lassait pas de la beauté de ce visage qui lui avait tant manqué. Il l’écouta parler comme un croyant se dévouerait au sermon. Héloïse avait raison. Ils avaient accompli le plus gros. Désormais, plus rien ne pourrait jamais les séparer, pas même Jane, pas même son père. Il ferait fi de tous les ragots et des rumeurs. Il ne songeait plus qu’à leur bonheur. Il serait un mari et un père. Il serait ce que sa dulcinée attendait de lui. La douleur de son cœur faiblit jusqu’à ne plus devenir qu’un mauvais souvenir, une force qui lui rappellerait qu’il devait se battre tous les jours. Il embrassa tendrement les cheveux d’Héloïse, caressant doucement son dos pour la réconforter. Il n’était plus en colère. « Tu as raison… Nous pouvons devenir ce que nous aurions dû être depuis le début. Votre amour me rendra plus fort. Je serai le mari que tu mérites d’avoir et Ewan aura le père qu’il a toujours désiré. Je te le promets. » Il frissonna des lèvres de sa belle qui se déposèrent délicatement sur sa main endolorie. Il l’aimait. Il l’aimait plus que tout au monde. Et il aima encore plus ce sourire qui venait fleurir sur ses lèvres. Elle lui rappela ses propres mots de vendredi soir auxquels il croyait avec tant de ferveur avant de la demander en mariage. Il observait cette même bague qui trônait à son doigt. Sa fiancée. Ses doigts effacèrent à nouveau les larmes qui roulaient le long de ses joues. « Assez de larmes pour aujourd’hui. Nous n’avons plus qu’à penser à notre bonheur. » Ses lèvres se déposèrent doucement sur celles d’Héloïse, lui offrant un baiser empli d’amour. Plus rien ne venait obscurcir ce moment pur. Dire qu’il aurait pu ne plus jamais goûter à la saveur de ses lèvres… Quand le baiser fut rompu, il la conserva encore dans ses bras, caressant sa chevelure sombre. Il consulta sa montre. Il était déjà plus de trois heures de l’après-midi. Entre le rendez-vous à la maison d’édition et le passage avec Jane, le temps était passé plus vite que prévu. « Viens, allons prendre un café. » Matthew n’avait pas véritablement faim, et Héloïse non plus. Les derniers événements leur avaient ôté tout appétit. Ils se rendirent donc rapidement dans un café typiquement parisien. L’auteur aimait assez l’ambiance de ces établissements qui n’étaient en rien semblable à ceux de Los Angeles. Ils burent un café, l’esprit encore un peu assombri. Pourtant, Matthew préféra enchaîner sur leur futur en Amérique. Ewan n’étant pas là pour entendre, il était plus facile de parler de certains sujets pour mettre en place leur venue. Après un café, l’écrivain glissa la main dans celle d’Héloïse. « Tous ces jours loin de vous vont me paraître une éternité. J'ai hâte que nous soyons enfin réunis tous les trois. Promets que nous ferons des skype régulièrement. » Maintenant qu’il avait retrouvé Héloïse et qu’il avait connaissance de son fils, il ne voyait plus sa vie sans eux.

L’heure d’aller chercher Ewan à l’école arriva bientôt et les deux parents se mirent en route. Main dans la main, Matthew profita de pouvoir déambuler dans les rues sans devoir craindre d’être épiés ou reconnus. Il semblait qu’ils reprenaient leur vie après une pause de six ans, mais tout avait changé. Héloïse avait donc raison. Il n’y avait plus aucun obstacle pour les séparer. Et c’est tel un couple normal et libre qu’ils se retrouvèrent devant l’école. Il observa Héloïse se joindre parfois à quelques mamans, étant assez heureux d’être présenté. Il voyait bien les regards qui coulaient vers lui, les soupçons qui germaient dans l’esprit de ces femmes. S’il était le père ? Oui, même s’il aurait aimé que ce soit toujours le cas. Toutefois, ils ne pouvaient encore rien dire. « Maaaaman ! Matthew !! » Ewan débarqua comme un boulet de canon, venant s’agripper aux jambes de sa mère avant de se fourrer dans les bras de son père. Matthew le souleva dans ses bras et Héloïse récupéra son cartable. « J’avais hâte de vous voir ! La journée a été loooongue ! » L’auteur rit de bon cœur. L’enfant se mit à pépier sur ce qu’il avait fait durant sa journée quand la maîtresse s’avança. Du moins, Matthew le comprit rapidement car elle salua Héloïse avant de s’adresser à lui. « Je suppose que vous devez être le fameux Matthew. Ewan n’a pas arrêté d’en parler en classe toute la journée. » Ce qui ne devait pas être très étonnant puisque le garçon ne cessait jamais de parler. Cette remarque provoqua la légère gêne de l’enfant qui attendrit les parents. C’était ça alors d’être parent ? Le bonheur continuel ? « Visiblement… Matthew McGregor, enchanté ! » Il tendit la main pour serrer celle de l’instructrice qui fronça les sourcils tout en lui rendant sa poignée de main. « Matthew McGregor, comme l’auteur ? » L’éditeur hocha la tête. Si d’ordinaire, il n’appréciait pas d’être reconnu, il n’était pas mécontent que cela arrive. La maîtresse se montra tout particulièrement enchantée, presque admirative et ils ne parvinrent à s’en tirer que lorsqu’Ewan se plaignit d’avoir envie de rentrer. Ils se mirent à partir tous les trois, Ewan dans ses bras et son autre main dans celle d’Héloïse. « Mais tu es trop connu alors ! » Matthew sourit, échangeant un regard complice avec Héloïse. Il se souvenait de ces fois où leurs mains avaient dû se lâcher à cause d’un admirateur qui apparaissait subitement. « Un peu. J’ai écrit beaucoup de livres, tu sais. » Le départ d’Héloïse n’avait pas vraiment éteint son inspiration. Certes, l’univers de ses romans était plus noir, mais ses écrits parvenaient à représenter cette petite part d’espoir qui résidait encore en lui. Quoi qu’il advienne, ses ouvrages étaient très populaires, surtout en Amérique. « Et dis-moi, si ta maman est d’accord, que dirais-tu d’un petit goûter ? » Le visage de l’enfant s’éclaira d’un coup. Il se tourna instantanément vers sa mère, avec des yeux de chat Potté. Peut-être n'était-ce pas bon de le gâter ainsi, mais Matthew tenait à rattraper six longues années d'absence. « Ooooh maman, dis oui ! Dis oui ! Dis ouiiii ! » Le père sourit, amusé. Avec un seul regard, cet enfant était capable de mettre l’univers à ses pieds.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Mar 21 Mar - 20:33

Les mots résonnent avec une sincérité touchante. Je suis tellement convaincue que le plus beau reste à venir. Bien sûr, je me prépare à ce futur en m'attendant à ce que rien ne soit évident. Ces six ans ont été difficiles, détruisant mon enthousiasme et me faisant découvrir une nouvelle émotion : le pessimisme. J'ai toujours réussi à ne pas le transmettre à Ewan, mais d'une certaine manière, je dirais qu'il a la chance d'être comme moi, enfin ce que j'étais. Autrefois. Il a ce cœur pur et généreux, croyant en ce monde si beau. Je le protège bien sûr, je tiens à ce qu'il conserve cette âme candide et ce sourire innocent. Et quand bien même, j'ai des craintes, je ne peux m'empêcher de me dire qu'Ewan sera capable de me faire changer d'avis, que par son enthousiasme d'enfant, j'arriverais à me défaire de mes démons, à voir le beau. Et puis, Matthew sera là. Cet être que j'aime depuis si longtemps, à qui je délivre des mots apaisants afin de rassurer cette âme tourmentée. Nous avons été trop blessés par tous ces gens extérieurs. Il est temps que ça change et par de simples mots, j'essaye de lui apporter toute la tendresse que j'éprouve, toute cette force que j'ai gardé en moi. Si j'arrive à être ainsi, c'est bien grâce à Ewan. Mon tout petit cœur qui ne soupçonne pas de ce bien qu'il peut, de ce savoir qu'il transmet en grandissant chaque jour. Et pourtant, Ewan est ce qui nous sauve, nous pousse à devenir forts, de meilleurs parents. Et la volonté d'être une famille nous sauvera. Dans les bras de Matthew, je me sens si bien. Tellement protégée. Parce que désormais, j'ai aussi vu ce dont il était capable pour ceux qu'il aimait. Du pire, de cette colère si grande, de cette rage muette mais violente, je sais qu'il a autant souffert que moi. Et pourtant... la route sera désormais belle. Et il en est autant convaincu que moi. Ses pouces balayant mes larmes d'un geste tendre et je l'observe avec tendresse. « Tu as raison... Il faut penser au futur désormais... » Et à ses mots, nos lèvres se rejoignent dans cette éternelle alchimie des sens et de l'âme. Encore une fois, je redécouvre toutes ces sensations si enivrantes, que j'ai fini par oublier au fil du temps. Je me dis presque que c'est trop beau pour être vrai. Et pourtant, ce n'est que la douce réalité, l'écho d'une tendresse et d'une renouveau. Notre histoire ne s'est pas finie, nous avons juste sauté quelques chapitres.

Nous finissons par prendre un café. Matthew en a émis l'idée, j'ai juste dit oui parce que je ne me voyais pas dire non. Pourtant, le repas de midi a été oublié et je n'ai pas faim. De toute façon, il peut m'emmener où il veut, je le suivrais quoi qu'il arrive. Je ne réalise pas bien sans doute. Et pourtant, lorsque mon regard se porte sur nos doigts entrelacés, je prends conscience de ce qui nous arrive, de cette opportunité qui s'offre enfin à nous, de ce bonheur de pouvoir déambuler sans craindre le regard de qui que ce soit, sans avoir la peur d'être remarquée. C'est tellement bienfaiteur en soi. Ça apaise le tourment et ça réconcilie avec le temps. Je retrouve avec délice le bonheur de savourer ce silence voulant tout dire. Il n'y a pas forcément besoin de bruits entre deux gens qui s'aiment. On finit par entrer dans un petit café, et durant un court moment, le silence est encore là. Je regarde la circulation sans trop y faire attention. Je ne m'ennuie pas le moins du monde et profiter d'un instant de sérénité, c'est appréciable. Je finis, néanmoins, par tourner le regard vers mon fiancé, lui glissant un sourire tendre. « Il me tarde... » Je finis par dire, simplement mais sincèrement. Ça ouvre la conversation sur ce futur que j'attends avec impatience. Et nous ne cessons d'en parler, de pouvoir évoquer chaque détail. On dirait deux gosses capables de s'idéaliser un futur fait de belles choses. Moi plus tard... Quand je serais grande, je t'épouserais ... Nos sourires témoignent de ce bonheur tendre nous tendant ses bras. Et j'y hâte d'y être. J'ai hâte de pouvoir me réveiller aux côtés de Matthew. De pouvoir apprécier la saveur du mot famille, de pouvoir laisser libre cours à ces rêves que tout ce monde a su démolir avec tant de force. J'ai hâte... Et son impatience est semblable à la mienne. Lorsqu'il évoque l'attente avant de s'en aller définitivement, je ne peux m'empêcher de rire légèrement. « C'est une obligation Monsieur le Fiancé ... Il faudra juste tenir compte du décalage horaire mais on pourra se parler le matin et le soir... Ewan va devenir fou ! Il est clair qu'il ne manquera aucun rendez-vous ! » Mon petit garçon... Juste dire son prénom suffit à apporter tant de joies. Heureusement qu'il a été là.

Et bien sûr après ce café, il est l'heure d'aller le chercher à l'école. Ce que nous faisons, toujours dans cette atmosphère chargée d'amour. Nous évoluons dans cette bulle, béats de ce bonheur si beau et si doux. Tout est pareil à un rêve et pourtant, lorsqu'Ewan arrive tel un boulet de canon, il me rappelle que ce songe n'est que la réalité, une si belle vie qui nous attend. Il nous salue tous les deux avec force et tendresse, témoignant cette joie éternelle de nous voir. Mon cœur ne peut s'empêcher de battre un peu plus fort lorsque je le vois être câlin et complice avec Matthew. Ce dernier le prend dans ses bras tandis que je récupère son cartable. Attendrie, je ne peux m'empêcher de rire aux propos de ce petit. « Nous aussi, la journée a été longue, on avait terriblement hâte de te retrouver... » Je souris de plus belle, allant juste repousser, d'un geste doux, ses éternels cheveux en bataille lui tombant devant les yeux. De par son regard perçant, et son visage se trouvant à hauteur de Matthew, je peux y déceler cette similitude entre les deux. Ils se ressemblent tellement. Et je pousse la malice à faire le même geste avec Matthew. « Toi aussi, tes cheveux partent dans tous les sens... » Quand bien même, avec la classe d'un adulte. Et ça lui va si bien. ça fait rire Ewan jusqu'à ce que son institutrice arrive. Je la salue avec un grand sourire, puis, elle se tourne vers mon fils et forcément, son père. Est-ce la ressemblance qui semble en ressortir ? En tout cas, elle est sûre d'elle, lorsqu'elle demande si c'est le fameux Matthew dont Ewan n'a cessé d'évoquer. Attendrie, j'observe le petit rougir - et on se demande de qui il tient - tandis que Matthew confirme ces dires. Il serre la main de maîtresse tout en se présentant. Cette dernière le reconnaît de par les livres qu'il a écrit. Et ce même sentiment de fierté, comme autrefois, m'envahit. Il n'y a jamais de suffisance mais bel et bien une joie sincère. Quand bien même, le regard que nous échangeons rappelle ces instants où être reconnu, voulait dire prendre le risque d'être grillé dans notre histoire secrète. Néanmoins, cette reconnaissance suffit à glisser dans l'esprit de l'enfant ce fait indéniable qu'il est reconnu. La mine ébahie, le regard fier, je laisse mon fils digérer cette nouvelle quand Matthew propose un gouter. Forcément, le droit de veto me revenant, les deux regards clairs convergent vers moi. « Mmmh ... Je sais pas trop... » Je murmure, d'un air taquin. « Vous m'aimez comment ? Genre ... Fort ou fort fort fort ? » Mon rire retentit, alliée à cette bulle de bonheur me faisant irradier d'une joie terrible.
Ces instants-là...
Il a juste fallu six ans...

***

Devant le poste menant vers l'embarcation, il est temps de se dire au revoir. C'est passé si vite. Trop à mon gout. Et je dois faire un effort immense pour ne pas fondre en larmes. Alliée à la peur immense que tout ce rêve cesse, je ne peux nier cette angoisse qui me dévore. J'ai l'impression qu'en le laissant partir, je vais le perdre, retrouver la solitude et cette sécheresse dans mon coeur. Je ne veux pas qu'il s'en aille, je ne veux pas le quitter. Et je crois qu'Ewan partage cet avis. Pourtant, si mon sourire est faux, ma voix faiblement enjoué, j'essaye de garder bonne figure. Ce qui n'est pas le cas d'Ewan. Sa mine est grave et triste, je reconnais bien ce visage-là. Pourtant, j'arrive à me convaincre que ce n'est qu'un aurevoir, que nous allons très vite nous revoir. « Tu m'appelles quand tu arrives à Los Angeles... Ce n'est pas grave si c'est la nuit à Paris.. Je serais rassurée, au moins... »  Je finis par lui murmurer au creux de l'oreille lorsqu'on s'étreint avec une force inouie. Je sais que c'est temporaire et que nous serons bientôt réunis, pour toujours, mais quand même. La douleur est là. Je me détache délicatement de Matthew pour baisser le regard vers Ewan, blotti contre moi, il est silencieux. « Tu ne dis pas au revoir, Ewan ? » Je demande doucement, caressant sa chevelure. Je connais si bien mon fils. Je sais que ses silences sont parfois le témoin d'une souffrance intérieure qu'il garde pour lui. Et sans un mot, il enfouit sa tête contre ma jambe, sans doute, pour être l'unique spectateur de son chagrin. « Mon petit coeur... » Je finis par dire me penchant pour le prendre dans mes bras. Comme à chaque fois, il enfouit son visage au creux de mon cou et je sens ses larmes se poser sur ma peau. Je souris à Matthew comme les deux seuls témoins de ce chagrin d'amour si bouleversant. « Je ne veux pas qu'il s'en aille, Maman... On est si bien tous les trois... Ensemble... » Finit-il par gémir, d'une voix que la souffrance, sincère mais terrible, rend tremblante
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Mar 4 Avr - 20:38

Matthew était devenu confiant en l’avenir. Au cours de ces derniers jours, ils avaient traversé bien plus d’émotions qu’il n’était possible d’en ressentir en une vie entière. Alors qu’ils croyaient ne plus jamais se retrouver, le destin les avait rassemblés. Ils auraient pu rester dans la douleur et la colère, mais s’enfoncer dans les abysses de sentiments aussi néfastes les aurait menés à leur perte. Certes, cela n’avait pas été facile et Matthew savait que la colère reviendrait parfois. Jamais, mort ou vivant, il ne pourrait pardonner à son père de l’avoir éloigné de la femme qu’il aimait. Comment pouvait-il avoir prétendu l’aimer tout au loin de sa vie si c’était pour lui retirer la personne qui lui était la plus chère en ce monde ? Le priver d’un fils aussi formidable que l’était Ewan ? Bien que l’avenir se montre sous son meilleur, l’auteur n’était pas convaincu qu’il pourrait s’affranchir totalement de cette amertume qui le dévorait dès qu’il venait à songer à son père. A jamais, il resterait l’être qu’il détesterait le plus en ce monde. Même à son âme défunte, il ne montrerait plus aucun signe de respect. Il ne le considérait même plus comme un père. Il serait juste un monstre qui a privé une femme d’un mari et un enfant de son père. Aux yeux du poète, il s’agissait d’un crime impardonnable. Et tout cela pour quoi ? Pour la gloire, la notoriété, la réputation, la fortune. Autant d’objectifs ambitieux qui débectaient Matthew. Six ans auparavant, il aurait été prêt à abandonner sa fortune entière et son titre si cela avait été le prix pour passer le restant de ses jours auprès d’Héloïse. Il n’avait pas peur de vivre dans la misère, à partir du moment où ce n’était pas celle de son âme. La présence de celle qu’il aimait lui aurait permis de tout affronter. Aujourd’hui encore, il serait capable de tirer un trait sur tout ce qu’il était et tout ce qu’il avait bâti pour elle et Ewan. Rien n’était un sacrifice insurmontable si c’était pour eux. Matthew avait toujours su qu’il préférait construire une famille plutôt qu’un empire. Six ans plus tard, la question ne se posait pas. L’éditeur était à la tête de son entreprise, sans aucune raison d’en chuter. Tout ce qui pourrait lui porter préjudice, c’était aux gens de l’aristocratie, mais il n’en avait que faire du jugement de ces arriérés qui ne s’intéressaient qu’à l’apparence et à l’intérêt. Matthew ne se retrouvait pas dans ce genre de personnes. S’en affranchir ne lui coûterait rien. Il en serait même soulagé. Mais quoi qu’il advienne, il comptait ramener Héloïse en Amérique auprès de sa famille, au reste du monde. Il reviendrait parmi les siens, grandi, avec sa future épouse à son bras.
Mais pire que son père, il haïssait Jane. Cette femme qui l’avait manipulé durant tant d’années. Sans scrupules, elle avait pris la place d’une autre. Elle s’était montrée comme étant la femme de Matthew, l’unique qui était encore en mesure de l’épouser malgré son passé. Il ne lui avait suffi que de broder une belle histoire pour convaincre les gens qu’elle revenait auprès de l’auteur par amour. Matthew n’avait eu que faire des différentes versions qu’elle avait pu inventer pour justifier de s’être enfuie lors de leur premier mariage. C’était elle qui était douée pour les mensonges, pour les faux-semblants, pour se faire aimer d’une foule d’hypocrites. Lui, tout ce qu’il désirait, c’était faire prospérer la maison d’édition pour se donner l’impression qu’il avait réussi à accomplir quelque chose dans sa vie, combler un manque à son existence. Il avait travaillé plus que de raison pour oublier qu’Héloïse lui manquait cruellement. Mais aujourd’hui, il avait découvert la terrible supercherie de sa femme. Elle le savait, et toutes ses manœuvres d’auparavant le dégoûtaient au point qu’il aurait été capable des pires actes pour la faire souffrir. Pour la première fois, le mot de vengeance résonnait avec délice dans son esprit. Mais au cœur de ce chaos, il pouvait se rappeler ce qui l’avait sauvé à chaque fois : l’amour d’Héloïse, et désormais, celui d’un fils. Grâce à eux, la colère et la rancœur s’amoindrissaient pour laisser place à des sentiments plus purs. Malgré ces six années de perdues, Matthew savait qu’il était gagnant, car il détenait quelque chose que Jane et son père n’avaient jamais eu : de l’amour. Pour les prochaines années à venir et pour le restant de sa vie, l’auteur ne connaîtrait que cet amour si doux et salvateur. Même si Héloïse avait souffert, il saurait refermer ses plaies et la faire sourire à nouveau. Même si Ewan avait manqué d’un père et qu’il avait raté six années de son existence, il saurait rattraper le temps perdu et se montrer un père présent. Même s’il n’avait pas vécu pleinement sa paternité, il savait qu’Ewan ne serait pas leur seul enfant et qu’il aurait la chance de pouvoir soutenir sa future épouse dans une prochaine grossesse. Cette idée lui enfleurait parfois brièvement l’esprit. Il se demandait d’ailleurs si Héloïse possédait des photos d’elle enceinte. Sûrement était-elle magnifique malgré la douleur qui l’affligeait à cette époque… mais la douleur n’était plus là. Elle n’avait plus sa place.

La douleur n’avait plus sa place quand Matthew tenait son fils dans ses bras. Ni même quand Héloïse se tenait près d’eux, irradiant de bonheur, faisant le parallèle entre le père et son fils dont la chevelure était ébouriffée constamment. Il lui jetait quelques coups d’œil à la dérobée, assez amusé par les remarques de l’institutrice. Il avait encore tout à apprendre et il n’était pas peu fier de réaliser qu’Ewan était un enfant autant apprécié de ses enseignants que de ses camarades. Il deviendrait un merveilleux jeune homme. Mais pour l’heure, il était un enfant qui grandissait et qui s’éveillait de la plus belle des manières. Le père jugea à propos de proposer un goûter. Rien n’était trop beau pour cet enfant qu’il voulait gâter. D’autant plus qu’il savait son départ proche. En y pensant, son cœur se serrait dans sa poitrine, mais il avait plus pour philosophie de profiter de l’instant présent. « On t’aiiiiime grand coooomme çaaaa ! Fooort fooort fooort ! » Et Ewan étira ses petits bras aussi fort qu’il le pouvait, alimentant l’hilarité de ses parents. C’était un enfant magnifique.
Look at what we made…

***

Les adieux étaient souvent déchirants, mais les au revoir ne l’étaient pas moins. Très tôt, Matthew avait dû annoncer à Héloïse qu’il partirait dans les prochains jours. Son départ était prévu mercredi en début d’après-midi. Il avait fait tout son possible pour repousser l’échéance, mais son séjour à Paris ne pouvait s’éterniser plus longtemps. A Los Angeles, sa maison d’édition l’attendait, mais aussi Jane. Il avait pris soin de vérifier que sa femme avait bien embarqué dans le premier vol pour l’Amérique. Ce qu’elle avait fait. Il espérait juste qu’en rentrant, elle serait partie de chez lui. Il ne resterait plus qu’à régler les formalités du divorce. D’ailleurs, l’auteur avait déjà fait appel à son avocat pour enclencher toutes les démarches et préparer les papiers. Si bien qu’à son retour, il ne s’agirait plus que de quelques signatures à faire. Il souhaitait faire d’Héloïse sa fiancée officielle et bientôt son épouse. « Ne t’en fais pas. Tout se passera bien, mon amour. Et je t’appelle dès que j’arrive. » Il tentait de se montrer le plus rassurant possible alors que son cœur se fendait de seconde en seconde. Sa main caressait doucement le visage d’Héloïse, gravant chaque trait dans son esprit. Il ne voulait pas les quitter. Et voir Ewan dans cet état si malheureux lui faisait encore plus de mal. Le pauvre petit était malade de chagrin. Héloïse s’enquit auprès de lui avant de se baisser pour prendre l’enfant dans ses bras. Au tremblement de son petit corps, Matthew devina qu’il pleurait. Il s’accroupit à son tour, entendant les paroles étouffées d’Ewan entre ses sanglots. « Eh bonhomme, regarde-moi… » dit doucement l’auteur en caressant tendrement l’épaule de son fils. Ce dernier ne s’exécuta qu’après avoir effacé bravement de ses petites mains les larmes qui envahissaient ses joues. « On va se revoir, tu sais. Je ne pars pas pour toujours. Bientôt, avec ta maman, vous allez venir me rejoindre en Amérique. Vous allez traverser l’océan et nous nous retrouvons tous les trois, ensemble. Nous ne serons plus jamais séparés, Ewan. Tu comprends ? » Des larmes roulaient toujours le long de ses joues, mais il hocha la tête. Matthew lui prit la main, la serrant doucement dans la sienne. « Tu sais, je suis très triste de vous quitter moi aussi. Ça va me faire drôle d'être tout seul, sans vous. Mais je sais qu’on va se revoir et qu’on sera encore plus heureux qu’avant quand on se reverra. » Les paroles faisaient lentement leur chemin dans l’esprit de l’enfant. Ses sanglots s’interrompirent. « Mais quand est-ce qu’on se revoie ?... » demanda-t-il d’une voix étranglée par ses pleurs. Matthew lui offrit un sourire rassurant. « Bientôt, Ewan. Je te promets que nous nous reverrons bientôt. En entendant, je veux que tu sois fort et que tu prennes soin de ta maman. Tu feras ça pour moi ? » L’enfant hocha vivement la tête, complètement habité par les mots de son père. « Oui ! Je la protégerai. » Rassuré et amusé à la fois, l’auteur quitta la main de son fils pour fouiller dans une des poches de sa veste. Il en tira un petit carnet qu’il tendit à Ewan. Un beau carnet, bien ouvragé, qui comportait des écritures dorées. « Tiens, c’est pour toi. C’est pour que tu puisses écrire ta poésie. N’oublie pas que l’inspiration peut te venir n’importe quand. Même si c’est juste une phrase. Tout bon écrivain possède un carnet sur lui. Et si tu as envie de me dire des choses, tu n’as qu’à l’écrire dans ce carnet. Au fond de mon cœur, je le saurai. » Les yeux émerveillés de l’enfant se posèrent sur le cahier avant qu’il ne se jette à son cou de toutes ses forces. Matthew profita de cette dernière étreinte avant que ce ne soit l’heure de partir. Il étreignit Héloïse avec tout autant d’intensité, échangeant avec elle un baiser tendre. Et tandis qu’il partait vers l’embarquement, il observa sa femme et son fils, se surprenant à avoir une peur viscérale qu’il ne puisse jamais plus les revoir.

***

Rompu de fatigue, Matthew avait posé son premier pied en Amérique. Aussitôt, il s’était empressé d’appeler Héloïse pour la prévenir. Sa voix était pétrie de sommeil, mais au moins, elle était rassurée.
Plusieurs jours assez intenses accueillirent l’auteur avant qu’il n’ait la chance de pouvoir la recontacter à nouveau. A peine sorti de l’aéroport, il était rentré chez lui. Fort heureusement, Jane n’était plus là. La moindre trace de son passage avait disparu, comme si elle n’avait pas vécu là durant si longtemps. Pourtant, cette maison ne parvenait pas encore à lui plaire. Elle regorgeait de six longues années où il n’avait pas vécu avec la bonne personne. Dès le lendemain, l’éditeur avait décidé de s’en débarrasser et de la mettre en vente. Il s’était aussi mis à la recherche d’une nouvelle maison où il pourrait vivre avec Héloïse et Ewan. Ne pouvant faire que des visites que très rarement, il avait engagé un agent immobilier pour sélectionner des maisons selon des critères bien précis. Il souhaitait une grande bibliothèque pour Héloïse, un salon suffisamment grand pour contenir un piano et un jardin grand pour qu’Ewan puisse s’y amuser à loisir. La procédure de divorce avait aussi été enclenchée. Sans beaucoup d’enthousiasme, Matthew participait à des rendez-vous où Jane et lui étaient confrontés. Il devait s’admettre assez surpris que la rouquine ne discute pas plus les termes du contrat. En tout et pour tout, l’auteur ne lui laissait rien et elle s’en acquitta. Le poids de la culpabilité avait-il finalement été très fort ? Il se moquait cependant des états d’âme de celle qui allait être son ex-femme. Mais ce qui lui prenait le plus de temps était la maison d’édition. Immédiatement, et sans s’accorder guère de repos, il avait dû rattraper tout le temps qu’il avait perdu à Paris. Il était parvenu à gérer ses affaires de loin mais ce n’était pas suffisant. Alors, les jours qui suivirent ne furent qu’un incessant ballet de rendez-vous, de réunions, de réceptions, le transfert d’Héloïse qu’il suivait de très près et de formalités administratives. Si bien qu’il ne parvint à trouver un moment pour lui afin de faire un Skype qu’une semaine plus tard. Bien évidemment, il avait régulièrement Héloïse au téléphone.
Miraculeusement, il était parvenu à se libérer à dix-huit heures de son travail. Il était vendredi soir et il savait qu’Ewan n’aurait pas cours le lendemain. Il ne prit pas le temps de s’installer confortablement chez lui qu’il attrapa son ordinateur pour lancer l’appel. Quelques secondes plus tard, les visages d’Héloïse et d’Ewan apparurent sur son écran. « Hey ! Bonsoir tous les deux ! » Il n’eut pas sitôt parlé que son fils monopolisa la parole. L’enfant était excité comme une puce, faisant rire sa mère à côté de lui. Il se sentait heureux et apaisé. « Vous aussi, vous me manquez énormément. J’espère que tu prends soin de ta maman, au moins ! »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Mer 5 Avr - 16:10

Se dire au revoir est incroyablement douloureux. J'essaye de garder un calme olympien, de ne pas laisser surgir mes angoisses mais c'est compliqué. Je sens que mon âme est en train de s'effriter une nouvelle fois. J'ai l'impression de me retrouver six ans en arrière, au moment le plus terrible de mon existence, quand il fallait renoncer à tout ce qui m'était cher. Le sacrifice avait été terribld. Quand bien même, Ewan a fait mon bonheur et le fait encore, je ne peux nier être éprise par toutes ces peurs. J'ai l'impression que si je laisse partir Matthew, je ne le reverrais plus jamais. Le sentiment est atroce. Le temps est trop court à mes yeux. J'ai l'impression que tout se défile envers et contre nous. Pourtant, je tiens bon. Le plus beau reste à venir après tout. Nous allons être une famille. Et ce rêve tant espéré est en train de se réaliser. Et je sais qu’il nous faut être patient. Je sais que tout va se mettre en place. Si à l’époque de ma vie américaine, j’aurais pu être capable de tout plaquer pour vivre mon histoire d’amour. Là, je dois dire que je suis plus sage, plus raisonnable. Avant d’être la fiancée de l’homme que j’aime, je suis une maman. Une maman poule qui fera passer son petit avant tout le monde, qui prendra en compte ses états d’âmes et ses peines. Comme en ce moment, dans l’aéroport, où je suis attendrie par sa tristesse si touchante. Ewan est un enfant empli de bons sentiments, généreux et le cœur sur la main. D’une certaine manière, il n’est que le reflet de Matthew et moi-même, le reflet de ce que notre histoire a été avant qu’on ne nous l’enlève si brutalement. Mon tout petit… Sentir ses larmes se poser sur ma peau, me fait sourire autant que sa tristesse lacère mon cœur. Je sais qu’il souffre et l’entendre me le confirmer est suffisant pour le serrer un peu plus fort contre moi. « Mon petit amour… » Je souffle en caressant doucement sa chevelure. Mon regard suit celui de Matthew lorsqu’il s’accroupit à son tour et prend la parole. Silencieuse, j’observe ce duo se parler et se rassurer quant au fait que cette séparation n’est que temporaire. Ewan boit les paroles de son père, ignorant les larmes continuant à rouler le long de ses petites joues. Matthew a toujours été un grand orateur, il a l’art et la manière d’expliquer les choses. Et pour son fils, il n’est que synonyme de compréhension et d’une douceur qui m’émeut. Le regard est brillant. Le sourire est si innocent tandis que mes yeux alternent entre Ewan et Matthew. Ils sont si magnifiques, que ce soit la confiance aveugle que lui voue le petit à son père et de cette patience que le père a pour son enfant. Le fait que notre loulou affirme qu’il me protégera pendant cette période de séparation m’arrache un rire discret. Mais d’un certain côté, c’est bien qu’il soit là. La séparation me semble être moins douloureuse. Enfin je crois. Pour l’instant, je ne suis que spectatrice attendrie. Et je sens une boule se former dans ma gorge lorsqu’Ewan se voit offrir ce carnet. Il veut tant dire. Il a tant de symbole à mes yeux… En guise de remerciement, le petit se jette alors dans les bras de mon écrivain, le serrant fort à s’en rompre les os.
C’est si cruel les adieux…
Et pourtant, le départ finit par être inévitable. Et Je sens un vent de panique me saisir doucement. Je me rends compte combien je ne suis pas prête à laisser partir Matthew. L’angoisse me cisaille et je dois faire des efforts immenses pour ne pas fondre en larmes. Une fois debout, la main d’Ewan dans la mienne, je serre une dernière fois Matthew avec une force terrible alliée à la douleur de ce départ. « Je t’aime… » Je bredouille au creux de son oreille avant qu’un dernier baiser ne scelle cet adieu. Et c’est le cœur au bord des lèvres que j’observe Matthew s’en aller, fixant cette silhouette que je connais par cœur, malgré le temps qui s’écoule, malgré l’absence et la douleur. Et durant un court instant, l’angoisse est telle que je suis presque à deux doigts de lâcher la main d’Ewan pour me ruer derrière lui, pour le supplier de ne pas s’en aller, pour lui avouer que j’ai terriblement peur de ne jamais le revoir, peur que cette parenthèse de quelques jours, finalement, ne soit qu’un court instant de répit avant de replonger dans notre existence solitaire. J’avance d’un pas, ma main devenant molle face à la prise d’Ewan. Les yeux s’emplissent de larmes et pendant que le cœur livre une bataille féroce à l’esprit, je cherche une bonne raison qui ne me ferait pas rester ici, une bonne raison qui me pousserait à braver les contrôles sans aucun billet, à pousser tout le monde juste pour pouvoir le serrer encore une fois, le supplier de rester, le garder avec moi. « Maman ? » La voix enfantine me ramène bien vite à la réalité, et durant un instant, mes yeux hagards cherchent la source. Jusqu’à voir ce petit être à mes côtés, m’observant la mine interrogatrice. M’essuyant brièvement les yeux, je resserre mes doigts contre les siens. « Ce n’est rien Ewan… Moi aussi, je suis triste de le voir s’en aller… » Je finis par avouer avec un sourire pauvre. La joie ne nous habite pas et pourtant, il faut être fort. Je ne le fais pas pour moi mais je le fais pour lui. « Viens, rentrons à la maison… »

***

Et les jours se succèdent. Le lendemain a été difficile. L’appartement, incroyablement silencieux. Heureusement que l’école et le travail nous a permis de trouver un second souffle, de pouvoir penser à autre chose. La vie a semblé reprendre un cours normal, me donnant parfois l’impression que cette troisième personne n’a pas fait irruption dans nos vies. Et pourtant si, car durant ce temps où l’absence est cruelle, nous ne cessons jamais de nous écrire ou de nous appeler, faisant fi du décalage horaire. Quand le matin fait son apparition chez moi, je sais que la soirée débute à peine pour Matthew. Forcément, neuf heures de décalage, il faut s’adapter. Mais qu’importe, même si son absence me pèse, je suis au moins habitée par la certitude de notre amour, de ce fait indéniable que nous serons bientôt réunis. Et à jamais. Forcément, le temps libre est consacré à toute la paperasse à établir afin de préparer le retour. Les appels aux déménageurs, s’occuper de ce qu’on va garder ou non. Si j’écoutais mon fils, on partirait avec un baluchon sur l’épaule et on laisserait tout ici. D’une certaine manière, je crois que son impatience est semblable à la mienne à la seule différence qu’il ne sait pas la canaliser. Aussi, durant nos appels skype, nos appels téléphonique, Ewan ne cesse de s’accaparer l’attention de Matthew. Il a toujours un truc à lui raconter. Cet enfant a une langue bien pendue mais il n’en demeure pas moins adorable. Le plus attendrissant a été cette fois-là où vers minuit, j’entendais Ewan parler. J’ai appris, en étant mère, que le lien avec l’enfant allait au-delà du lien d’amour et de sang. Ewan est imprimé dans ma chair, dans ma tête. Et cette nuit-là, discrètement je me suis levée trouvant le petit dans le salon, téléphone à l’oreille en train de parler à Matthew. Aurais-je dû le gronder ? Aurais-je dû m’offusquer ? Je n’ai pas pu. J’ai trouvé ce spectacle si beau, si envoutant que finalement, j’ai préféré aller serrer mon petit dans mes bras – tout en lui flanquant la peur de sa vie – et à le laisser continuer dans ce qu’il fait. Nous avons si hâte dans le fond. Et bien sûr, avec Matthew nous ne cessons de nous activer de tout préparer. Forcément, je sais déjà que le divorce est entamé, qu’il est en train de nous chercher notre futur chez-nous, d’évoquer avec une douceur touchante chaque détail des pièces, de sentir mon cœur s’envoler lorsque je lui ai demandé de prévoir une pièce supplémentaire qui serait vide. Face à la voix interrogatrice, je n’ai pu m’empêcher de rire « Et bien… Qui sait… Peut-être qu’un jour, on donnera un petit frère ou une petite sœur à Ewan… Il sera fou de joie… Et moi avec. » Ces instants-là… Et pendant que le temps s’écoule, le manque est là mais il me semble si doux comparé à celui ressenti durant ces six dernières années. Il a un parfum d’impatience et ça me laisse le temps de préparer mon départ, de l’annoncer à tous ceux nous ayant entouré. Le plus difficile reste avec Ernest, je sens que ça sera aussi difficile pour lui que pour moi. Mais avec le partenariat au milieu, je sais aussi qu’on sera amené à se revoir. Et entre tous ces préparatifs, je lui apprends cette vérité que j’estime capitale de lui dire. Ce soir, nous sommes confortablement installés dans un fauteuil. Mon fils est assis sur ses mes genoux, me fixant de ses grands yeux clairs. « Tu sais Ewan… Tu le verras quand tu seras grand. Mais dans la vie… Il faut savoir faire des sacrifices… Savoir renoncer à ce qu’on aime le plus au monde. Je ne t’ai jamais parlé de ton papa… Et ce n’était pas l’envie qui m’en manquait, mais c’était douloureux pour moi, douloureux parce qu’il ne savait même pas que tu existais. Il y a eu, bien avant ta naissance, des gens qui m’ont obligés à venir ici. Et au début… J’étais seule et pourtant, tu es arrivé. Comme par magie ! Alors que je croyais que j’allais devoir être seule, voilà que tu es arrivé comme un boulet de canon ! » Et à ces mots, je chatouille l’enfant, déclenchant ses hurlements de rire. Le temps d’une pause avant de continuer à révéler cette vérité trop longtemps enfouie « Et tu sais, tu m’as rendu très heureuse parce que j’étais si triste…. Tellement triste que je pleurais tous les jours ! Heureusement, tu as toujours su être mon bonheur au quotidien. » L’enfant demeure silencieux me fixant d’un air interrogateur. « Je n’ai pas eu la possibilité de dire à ton papa qu’il avait un enfant merveilleux. Jusqu’à maintenant… Tu sais… j’ai retrouvé ton papa… » - « Ooooh t’as retrouvé mon papa, oh maman t’es trop forte !!! » S’exclame soudain l’enfant, épris d’une joie me semblant sincère. « Et on le rencontre quand ?! » Demande-t-il visiblement impatient. Il est encore si petit que je peux comprendre qu’entre Matthew et ce père dont il rêve tant, l’attention oscille bien vite. Mais je sais que sa surprise saura d’autant plus grande qu’au vu de ses réactions depuis tout à l’heure, il va être plus qu’aux anges. « Mais tu l’as déjà rencontré tu sais… » Ma voix est malicieuse, et le sourire s’étirant, amusé. « Tu lui écris même de la poésie dans ton petit carnet. » Ewan est un être si intelligent et si sensible. Aussi, les rouages semblent se mettre en place très rapidement. Le temps de la surprise et puis soudain, le hurlement de joie. Et le seul prénom capable d’apporter un bonheur sans failles. Matthew…

***
Huit Juin Il a tenu à lui faire la surprise. De venir pour Ewan, pour son anniversaire. Trois semaines avant son sixième anniversaire – parce qu’il a plus six ans que cinq ans selon moi – Ewan a fait la rencontre de son père, moment ayant bouleversé sa vie et son quotidien. Trois semaines à peine. Vingt et un jours ayant suffi à combler une partie de son cœur vide. Forcément, c’est dans le secret le plus total que nous avons programmé la venue de Matthew pour un weekend prolongé le temps qu’il puisse, à défaut des autres, pouvoir participer à cet anniversaire-là. Notre départ n’est plus très loin mais il reste tant à faire. Aussi, à défaut d’être complètement réuni, on savoure ces moments d’amour si simple et si beau. Je suis allée chercher Matthew à l’aéroport et je je me suis sentie tellement heureuse de pouvoir le toucher à nouveau, de l’embrasser, de savourer ces retrouvailles tant attendues. Et finalement, nous sommes allés chercher Ewan à l’école afin lui faire la surprise. C’est un vendredi d’ailleurs. Un soir de sortie d’école ou j’accueille un Ewan tout heureux qui se jette dans mes bras. Je le soulève pendant quelques secondes avant de le reposer sur la terre ferme. « Ta journée s’est bien passée ? » Je demande avec un grand sourire. Forcément, il ouvre grand la bouche prêt à se lancer dans un monologue intense destiné à raconter sa vie si intense, en plus jour d’anniversaire. Mais soudain, c’est attendrie que je vois Matthew arriver discrètement derrière lui et poser ses mains sur les yeux de l’enfant. « Devine qui c’est Ewan… » Je souffle d’une voix amusée, fixant Matthew d’un regard empli d’amour. « C’est mon papa ? » Dit-il, son sourire s’étirant sur ses lèvres, annonciateur de retrouvailles qui seront plus que sincères. Vitales, je dirais.
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Mer 5 Avr - 22:55

La distance était terriblement douloureuse. Matthew en enviait presque Héloïse qui pouvait au moins jouir de la présence d’Ewan. Elle n’était pas seule, larguée de l’autre côté de l’océan à observer les jours qui ne s’écoulaient pas suffisamment vite. Depuis que le poète avait quitté la France, il se sentait terriblement démuni. Il ne cessait de songer à cette famille qui l’attendait à plus de neuf heures de décalage. Il ressentait au vide terrible à ne plus entendre la voix d’Héloïse et le rire de son fils. Il ne pouvait plus tenir dans ses bras la femme qu’il aimait. Heureusement, il s’en acquittait en sachant que tout ceci n’était que temporaire. Six années n’auraient pas besoin de s’écouler à nouveau pour qu’ils soient réunis. Tout n’était plus qu’une question de semaines avant qu’Héloïse et Ewan ne mettent le pied à Los Angeles pour ne plus jamais en partir. Déjà, Matthew avait tout prévu. Cela faisait un moment qu’il visitait des maisons. Malgré son programme chargé, il trouvait les moyens de s’obtenir un créneau durant lesquels il pouvait choisir la future maison de leur rêve. Souvent, au téléphone, l’auteur en parlait à Héloïse. Les deux exposaient leurs critères, à la fois pour leur confort personnel, mais aussi pour celui d’Ewan. La Française poussait même le rêve jusqu’à parler de laisser une chambre vide pour un prochain membre dans la famille. Le sourire de Matthew s’élargissait toujours dans ces moments-là et son cœur se gonflait d’amour. Avec une légère pointe de regret, il s’admettait tout de même fou de joie à l’idée de pouvoir vivre un jour la grossesse d’Héloïse, l’épauler durant ces longs mois où leur bébé grandirait jusqu’à se retrouver dans leurs bras. Il ne voulait rien rater de ce merveilleux voyage qu’il passerait enfin aux côtés de la femme qu’il aimait. Il se montrerait un père présent autant pour Ewan que pour un nouvel enfant à venir ou les prochains. Ces dernières années, Matthew avait tiré un trait sur la possibilité d’avoir des enfants. Il n’en voyait pas l’utilité. Il ne les désirait pas car il savait qu’il ne saurait pas les aimer correctement. Sûrement était-ce un constat bien cruel, mais l’auteur était lucide. Il ne pourrait jamais aimer des enfants qui n’étaient pas le fruit de son amour avec Héloïse. Heureusement, ils allaient enfin pouvoir jouir de cette vie qu’ils auraient dû avoir depuis le début. Ils vivraient ensemble et heureux, ne ratant plus jamais aucun instant de la vie de l’autre.
Matthew se remémorait sans cesse cela à l’esprit pour ne pas céder à l’envie brûlante de prendre le premier avion pour Paris. Quelquefois, le besoin d’être auprès d’eux était bien trop impérieux. Les coups de téléphone n’étaient pas suffisants. Les vidéos non plus. Et encore moins les messages. Toutefois, l’éditeur parvenait à trouver sa force autrement. Il construisait pas à pas ce qui serait leur avenir. De plus, un départ dans ces circonstances ne serait pas le bienvenue. Il avait encore de nombreuses choses à régler à la maison d’édition. Son divorce avec Jane nécessitait sa présence, ainsi que tous les préparatifs pour l’arrivée d’Héloïse et Ewan. Il souhaitait que tout cela soit parfait. Voir le bonheur inscrit sur le visage de ces deux êtres si chers à son cœur quand il les appelait était une motivation suffisante. Il ne souhaitait rien laisser au hasard, quitte à en faire trop. Cela n’avait aucune importance pour lui.

« Regaaarde ! Je nous ai dessinés en claaasse. Ça, c’est maman, toi et moi ! J’ai même dessiné le carnet que tu m’as offert. Tu sais, j’y marque beaucoup de choses dedans. Parfois, ce n’est pas très bien, alors je réécris autre chose. » Un rire traversa les lèvres du père. Ewan se trouvait devant l’écran, exhibant son dessin que Matthew complimenta. L’ordinateur se trouvait dans la cuisine, et quelquefois, il pouvait voir passer devant la caméra la silhouette gracile d’Héloïse qui préparait le repas du soir. « Ouiiii maman aussi était très fière de moi. Elle a dit que j’avais bien dessiné tes cheveux ! » Malgré la fatigue, Matthew rit encore. Sur le dessin, on pouvait voir sa tignasse qui se soulevait en une masse hirsute au-dessus de son crâne. A s’y méprendre, n’importe qui aurait pu penser que Matthew se coiffait tous les matins à la dynamite. Héloïse passa brièvement dans son champ de vision et lui accorda un clin d’œil complice. « En tout cas, je suis très content que le cahier te serve. Tu as déjà les bons réflexes de l’écrivain. » Le visage de l’enfant s’illumina d’une joie sincère. Il était d’une nature si douce et agréable. Il était possible de lui faire plaisir en un rien de temps. « Oh et tu sais, c’est mon anniversaire dans… » Ewan se mit à compter sur ses doigts, la mine très sérieuse. « Dix jours ! » s’exclama-t-il avec triomphe. « Neuf jours, mon chéri. » rectifia Héloïse en passant derrière lui, ébouriffant sa chevelure châtain. « Et tu sais quel âge j’aurai ? J’aurai six ans ! Je serai grand maintenant ! Même que maman, elle a prévu une fête avec tous mes amis le samediii ! Y’aura touuus mes copains de l’école. Et aussi mon amoureuse. Elle est belle ! Mais pas aussi jolie que maman ! » C’était sûrement bien dur d’être plus belles qu’Héloïse. Le petit adressa un sourire éclatant à sa mère pour l’attendrir encore plus. Amusé, Matthew put enfin prendre la parole. « N’oublie pas de faire de la poésie. Elles aiment toutes ça. » La tête d’Héloïse apparut brusquement dans son champ de vision. « Maaamaaan ! Tu as tiré la langue ! » s’offusqua Ewan, car cela devait sûrement lui être interdit. Sa mère haussa les épaules, assez fière d’elle-même pourtant. « Quand c’est avec Matthew, j’ai le droit. » L’argument imparable. Elle repartit à sa cuisine tandis qu’Ewan faisait l’impasse sur ce qui venait d’être dit. L’enfant continua à babiller concernant son anniversaire, ce qu’il aimerait avoir comme cadeaux, les gens qu’il voulait inviter et la grosseur du gâteau. Un gâteau qui devait être au chocolat et plein de chantilly. Ewan ne transigeait pas sur ce point. « Mais je voudrais que tu soiiiis là ! » Une moue triste s’afficha sur le visage de l’enfant, attendrissant le père. Il paraissait sincèrement attristé que Matthew ne puisse pas être présent le jour de son anniversaire. « Je sais. Je suis désolé bonhomme, malheureusement, j’ai bien trop de travail ici. Promis, je serai là pour tes prochains anniversaires. » Ewan baissa la tête. Le cœur du poète se serra dans sa poitrine. « Ce n’est pas grave… » Mais dans le fond, si. Il savait que c’était grave. Matthew avait raté cinq anniversaires auxquels il aurait dû être présent. Cela comptait pour le petit garçon. « Allez monsieur la pipelette ! C’est l’heure du bain. Après tu manges et c’est le gros dodo ! » Héloïse servit de diversion à la tristesse de l’enfant qui se mit à rouspéter, assurant être en pleine conversation. Toutefois, l’autorité parentale eut raison de lui. Après avoir fait correctement son au revoir à Matthew, l’enfant disparut, courant vers la salle de bain. Héloïse s’assit en face de l’écran. « Tu me manques, mon amour. » - « Tu me manques aussi. J’ai hâte que nous soyons réunis. Le temps semble si long. » Le cri d’Ewan pour appeler sa mère se fit entendre à travers l’appartement. Héloïse pouffa. « Bon, je vais devoir te laisser, sinon il va tout me mettre sans dessus-dessous. » - « D’accord. Mais garde ton portable près de toi. Je crois que nous avons des choses importantes à nous dire. » Le visage de la brune fut piqué de curiosité. Matthew sourit malicieusement en retour. « Va accomplir ton devoir de mère. Je t’envoie un message rapidement. Je t’aime. » Héloïse lui rendit le même regard tendre avant de s’apprête à éteindre l’ordinateur. « Je t’aime aussi. »

***

Et neuf jours plus tard, c’est ainsi qu’il se retrouva en France. Malheureux à l’idée de ne pas pouvoir partager ce premier anniversaire avec son fils, l’éditeur s’était démené pour se libérer l’espace d’un week-end. Il avait briffé ses employés, se montrant assez intransigeant sur le fait qu’il ne souhaitait pas être dérangé, hormis en cas d’extrême urgence. Personne n’était assez hardi pour discuter ses ordres. En secret, Héloïse avait mis en place cette surprise. Ewan n’était au courant de rien et la brunette devait venir chercher Matthew à l’aéroport une fois que son avion atterrirait. L’auteur n’avait sûrement jamais été aussi impatient de toute sa vie. Certes, il allait retrouver sa famille et faire la plus délicieuse des surprises à son enfant, mais il y avait quelque chose que le poète voulait annoncer en face à face à Héloïse. Il profiterait du week-end pour lui expliquer de quoi il en retournait. Il lui avait fallu faire preuve d’un effort manifeste pour ne pas annoncer la grande nouvelle dès l’instant où il l’avait sue. Aujourd’hui, il pourrait en faire part à sa belle.
« Matthew ! » Son regard se tourna vers la foule attroupée dans le hall des arrivées de l’aéroport. Il cherchait la silhouette fine d’Héloïse depuis un bon moment jusqu’à ce qu’il ne la voie arriver comme un boulet de canon vers lui. Il lâcha immédiatement sa valise, la réceptionnant dans ses bras pour l’étreindre avec force. Il la fit tourner plusieurs fois, emporté par son bonheur et son soulagement de la retrouver. « Bon sang, tu m’as tellement manqué ! » Le sourire d’Héloïse se fit grand avant qu’elle ne vienne capturer tendrement ses lèvres pour lui prouver à quel point il lui avait manqué aussi. Pour ces quelques jours, ils n’auraient plus qu’à profiter du bonheur d’être réunis tous les trois. Matthew se moquait éperdument d’être fourbu de fatigue ou de n’avoir rien mangé depuis un petit moment. Il profitait juste de cet amour qui lui avait tant manqué durant six ans.

***

Il était arrivé discrètement derrière l’enfant tandis qu’il s’apprêtait à entamer son flot de paroles pour raconter sa journée à l’école quand il plaça ses mains sur les yeux d’Ewan. Se prêtant au jeu, Héloïse posa la question pour lui. Une question anodine en soi, dont la réponse fut au-delà de toutes ses espérances. « C’est mon papa ? » Le cœur de Matthew fit un bond dans sa poitrine. Il croisa le regard d’Héloïse avant qu’un sourire ne vienne fleurir sur ses lèvres. Un sourire de fierté. Un sourire de bonheur. Un sourire qui montrait à quel point c’était important pour lui. « Décidément, tu es bien trop fort. » Un cri de joie succéda ses paroles avant qu’il ne saute d’excitation, se retournant pour se jeter dans les bras de Matthew. Ce dernier le souleva, ayant bientôt les bras frêles d’Ewan qui vinrent s’enrouler dans de lui. « Je le savais ! Je le savais ! Je le savais !! » Un peu trop perspicace cet enfant. Le rire de Matthew se joignit à celui d’Héloïse alors que l’enfant déblatérait toutes les théories qu’il avait sur sa certitude que l’éditeur trouverait un moyen de revenir. Matthew le redéposa au sol, prenant la sortie de l’école avec le fils et sa mère, chacun tenant la main du petit. Sur le chemin du retour, il ne cessa de parler. « Tu sais, je suis drôlement content que tu sois mon papa. Je n’en aurai pas voulu un autre ! » L’auteur sourit, échangeant un regard tendre avec Héloïse. « Rien n'aurait pu me rendre plus heureux aussi. » Le sourire d’Ewan s’élargit tandis qu’il gambadait en sautillant au bras de son père et de sa mère. « Mais alors, si tu es célèbre et que je suis ton fils, ça veut dire que je suis célèbre aussi ? » Si pour l’instant, ce n’était pas vraiment le cas, il était évident qu’une fois en Amérique, Ewan allait connaître son petit succès. Il était évident qu’en plus d’épouser Héloïse, il ferait reconnaître sa paternité.
Ils arrivèrent à l’appartement à l’heure du goûter et déjà, un petit cadeau attendait l’enfant. Quelques heures plus tôt, à l’aéroport, Héloïse et Matthew avaient récupéré ce fameux cadeau avant de faire un crochet par l’appartement pour l'y déposer. Heureusement, ils ne furent absents qu’une petite demi-heure, car le cadeau était assez spécial. A peine furent-ils rentrés dans l’appartement qu’Ewan sentit la bonne odeur de gaufres que sa mère avait préparées pour le goûter. Il déboula comme un fou furieux dans le salon, éveillant le petit chiot qui dormait tranquillement sur un coussin. « Haaan ! Un chiiien ! Maman vient voiiir ! » Les parents s’avancèrent dans le salon pour découvrir la petite bête qui faisait déjà la fête à l’enfant s’étant jeté auprès de lui. « Oh ce qu’il est beau ! Il est pour moi ?! » C’était un magnifique labrador au pelage clair et au regard vif. Héloïse et lui s’étaient mis d’accord sur ce choix quelques jours auparavant. Voir l’enfant aussi heureux était une belle récompense. « Joyeux anniversaire, Ewan. » Son tout premier anniversaire avec son fils. Il voulait marquer le coup. Si ému par ce spectacle, sa main se serra un peu plus dans celle d’Héloïse. Matthew pouvait offrir les plus beaux cadeaux de la terre à sa famille, Héloïse était celle qui lui avait le plus beau et le plus pur. Elle lui avait offert un fils.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Jeu 6 Avr - 22:49

Je me sens complète en ce moment-même. J'en arrive au point de me dire qu'il ne peut y avoir plus heureux que nous trois. Nous sommes enfin réunis même si ce n'est encore que temporaire. C'est un avant-goût de ce qui nous attend prochainement. Et l'impatience est grande. Que ce soit pour le père comme pour l'enfant, tout comme pour moi. J'ai si hâte et chaque détail de notre futur me donne encore plus envie d'y être. Finalement, nous avons tant souffert et nous savourons un bonheur bien mérité. J'ai toujours eu cette idée en moi de la vie et de son chemin de croix, de ces difficultés que l'humain était amené à rencontrer tout au long de son existence. Ça lui permettait de comprendre que la vie avait un prix. Qu'il fallait s'accrocher. Et désormais, quand je contemple le fruit de cette histoire, le résultat de cet amour, je ne peux qu’en être contente. Je me suis accrochée à tout ce qui était autour de moi. Et maintenant, le résultat est là. Il est si beau mon Ewan, si content, si enthousiaste et tellement innocent. Cet enfant est si plein de vie et il mérite tellement d'être heureux, d'avoir un papa, une vie de famille, des tas de cadeaux pour chacun de ses anniversaires. Il est le fruit de notre union à Matthew et moi. Et rien que pour ça, c'est amplement suffisant pour se convaincre que la vie n'a pas forcément été juste avec nous, mais que désormais, nous la croquerons à pleines dents. Forcément, je suis vraiment impatiente à l'idée de rentrer à la maison pour qu'Ewan découvre son cadeau d'anniversaire. Mais avant ça, il a cette première surprise. Et elle n'est pas des moindres puisqu'il ne le sait pas encore, mais Matthew est là. Et c'est attendrie que je les observe. La question de notre petit étire un sourire confiant sur mes lèvres et j'observe mon amour d'un air flamboyant. Je me contente simplement de hocher la tête afin qu'il comprenne qu'Ewan est au courant qu'il est son père. Et la réponse de Matthew... Mon dieu... Cette réponse. J'aurais pu fondre en larmes tellement je me sens heureuse. Tout est si naturel. Et le lien se met en place de la plus touchante des manières, comme s'il avait toujours été là. Le père et le fils. Le fils et le père. Notre fils ne semble nullement gêné par cette vérité. Tout comme Matthew ne l'est pas. Il n'y a que de la tendresse entre eux et que des futures promesses à venir. Je ne peux m'empêcher de rire en voyant Ewan se jeter dans les bras de son père, le serrant avec force. Il est tellement content de le voir. Et je crois qu'il a vraiment été déçu de savoir, au départ, que Matthew ne pouvait être là pour son anniversaire. Aussi, sa joie est tellement sincère qu'elle en est contagieuse. Tout n'est qu'instant d'amour chargé d'une grâce nouvelle. Des instants comme ça, j’en veux tous les jours. Et je sais que, fort heureusement, ça deviendra notre quotidien.
Ainsi, c’est dans ce bonheur béat que nous rentrons chez nous, Ewan tenant chacune de nos mains. Il est intarissable, ravi de pouvoir échanger avec Matthew concernant cette vérité qu’il connaît désormais. Les propos sont touchants et emplis d’une tendresse nouvelle. Quant à moi, je reste silencieuse les observant se parler tous les deux. Et je ne peux m’empêcher de rire en entendant Ewan évoquer sa célébrité. D’où il pense à ça celui-là ? « Tiens, ça me rappelle quelqu’un… » Je finis par dire d’une voix énigmatique, me rappelant à des souvenirs bien anciens. A l’époque où j’avais affaire à un maître de stage autoritaire qui se croyait un peu au-dessus des autres. « Ah bon ?! De qui tu parles Maman ? » Me demande Ewan d’une voix interrogatrice. Forcément, je ris de plus belle. « Quand j’étais plus jeune, j’ai rencontré quelqu’un qui était du genre à se prendre pour la septième merveille du monde ! » Me penchant vers Ewan j’en profite pour le chatouiller, pendant qu’il essaye de s’échapper en se rapprochant de Matthew. « Ne fais pas pareil ou sinon, tes chevilles vont enfler ! » Je regarde alors le père, d’un air amusé tandis qu’il se défend comme il peut, ayant très bien compris de qui je voulais parler. « Je ne vois pas du tout de qui il s’agit ? » Dit-il d’un air faussement innocent, que son sourire atténue on va dire. « Mais j’en suis sûr qu’il doit être quelqu’un de fantastique ! » Mon rire résonne parmi nous, avant d’ajouter doucement, avec ce regard qui veut parfois tout dire « Tu n’as pas idée… »

***

Quand nous finissons par arriver à la maison, je suis vraiment fébrile et réellement impatiente à l’idée qu’Ewan découvre son cadeau d’anniversaire. Voilà un moment qu’il me réclamait un animal. Mais je ne sais pas… Je ne me voyais pas avec un chien ou un chat à la maison. Sans doute avais-je trop souffert lorsque mon lapin avait rendu son dernier soupir. Et pourtant, dans ce futur que nous dessinions avec Matthew, l’idée d’un chien avait été mise sur le tapis. C’est que parfois, lorsque l’attente nous semblait longue, lorsque le délai ne semblait pas se raccourcir et que nous étions en manque l’un de l’autre, alors on se plaisait à imaginer ce futur proche, à voir dans le moindre détail, à rêver un peu avant de toucher la réalité. Aussi, le chiot est désormais parmi nous. Petite partie de cette vie future. L’offrir à Ewan nous tient à cœur. Et il est tellement mignon. Endormi, il a été réveillé par le cri de notre fils, qui s’est précipité vers lui pour déjà le caresser et déposer des baisers sur son museau. Au milieu des jappements et des cris de joie, j’en profite pour me rapprocher de Matthew, venant me blottir contre lui sans jamais lâcher sa main. « Oui, joyeux anniversaire de nous deux.. » Je finis par murmurer doucement, sourire aux lèvres. Le petit se redresse légèrement à moitié recouvert par le bébé chien, lui bardant le visage de léchouilles affectueuses. « C’est vraiment le plus bel anniversaire que j’ai jamais connuuu ! » S’exclame-t-il entre deux hoquets de rire. Fort occupé à dorloter son nouvel ami, il en oublie même de gouter, fort occupé à jouer avec le chiot. Ce dernier ne cesse de le suivre de partout, remuant la queue à profusion. Quand à Matthew et moi, assis dans le canapé, on mange les gaufres et surtout, on contemple Ewan perdu dans sa joie de vivre, dans ce bonheur d’être chez lui, d’avoir ses parents autour de lui et juste ça, ça n’a pas de prix.
Le reste de la soirée se passe sur un nuage. Bien sûr, je me dois d’insister plusieurs fois auprès d’Ewan pour qu’il lâche le chiot, parce qu’il ne cesse de l’étouffer par sa présence bruyante. Non pas que le chien soit traumatisé, mais notre fils est si enthousiaste que l’animal est surexcité. Pourtant, comme j’explique à un petit – un peu vexé et boudeur après avoir été réprimandé – c’est un bébé et il a besoin de dormir. Ça a suffi pour qu’il comprenne et qu’il le laisse se reposer et finalement, nous avons passé une bonne soirée tous les trois autour d’un petit repas concocté par mes soins. Demain aura lieu son anniversaire avec tous ses copains d’école. Et autant dire que ça va être une journée tout autant intense. Mais en attendant, nous terminons ce vendredi sur une note bien plus calme ou finalement, le petit finit par être mis au lit de bonne heure. Le chien est déjà en train de dormir dans son coussin. « C’est vrai qu’il a une bouille adorable… » Je murmure en fixant la boule de poils au pelage clair. J’ai l’impression que tout est si silencieux que ça en est presque effrayant. Quand bien même, je finis par venir blottir dans les bras de Matthew. « Tu m’as tellement manqué… » Je souffle doucement, fermant les yeux, l’âme enfin complète. Je profite de ce moment où Matthew n’est rien qu’à moi, où je peux l’avoir pour moi toute seule, dans cette intimité que nous savons si bien créer. Et finalement, je me décolle mon visage de son torse juste pour lui sourire, effleurer son visage tendrement. Et alors que nos souffles ne cessent de s’effleurer mutuellement, nos lèvres se rejoignent dans ce besoin, dans cet empressement caractéristique de ce désir que nous avons l’un pour l’autre. L’éloignement cultive le manque de l’autre et forcément, les retrouvailles sont tout autant bénéfiques pour le cœur que pour le corps. « Tu sais ce que je veux… ? » Je lui murmure, mon regard lové dans le sien, entre deux baisers plus que jamais enflammés. « Toi… » Et je me mets à rire, sans arriver à terminer ma phrase. Elle rappelle des souvenirs heureux, le souvenir de cette fois-là quand je n’étais encore qu’une simple étudiante et que nous apprenions à découvrir ensemble le véritable amour, celui qui nous lierai à jamais. Le même qui brûle en nous.
Après tout ce temps.
Après toute cette distance et ce silence.
Et à jamais.
Le doigt trace un sillon léger sur le torse dans un geste tendre mais répétitif. Délicatement. Sensuellement. Et blottie contre Matthew, on savoure ces instants de silence, où le monde n’appartient qu’à nous, où le seul bruit rompant le silence est celui de nos respirations paisibles ayant repris, depuis quelques minutes, un rythme normal. La main de Matthew caresse doucement ma chevelure et je me sens tellement sereine en cet instant. C’est fou combien il est facile d’être heureux tout en étant libéré de toutes ces barrières, de toutes ces chaînes. J’ai toujours su, au fond de moi, que je n’avais besoin que de l’amour de Matthew pour subsister. Et puis, il y a aussi Ewan désormais. Mais Matt… C’est au-delà de tout. C’est mon confident. C’est mon meilleur ami. C’est le capitaine de mon âme. C’est celui qui me soutient. Mon amant. Mon amour et tant d’autres encore. Doucement, je relève le visage et pose mon menton sur son torse, l’observant avec un sourire tendre. « T’es beau, tu le sais ça ? » Mes lèvres se posent délicatement sur sa peau à la saveur si particulière, dans une profusion de baisers tendres. Je ne pourrais jamais me lasser de l’embrasser, jamais me lasser d’être dans ses bras, de me laisser envahir par la fièvre ardente de la passion que nous savons si bien nous partager. Même si pour l’instant, je me cantonne à la simple tendresse de cette nuit d’amour. Et puis, je finis par remarquer le regard de Matthew, tendre. Et je le connais si bien, par cœur même, que doucement j’ajoute : « Toi… Tu as quelque chose à me dire… »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Ven 7 Avr - 14:26

Matthew pouvait s’estimer être le plus heureux des hommes. Si les dernières années qui s’étaient écoulées s’étaient révélées être un véritable désert aride, aujourd’hui ne se déclinait plus que sous un beau jour. Après avoir tu ses sentiments durant si longtemps, il réalisait à quel point il avait pu être malheureux pendant tout ce temps. Jamais un acte de tendresse. Jamais une douce parole. Jamais un moment qui le rendait véritablement heureux. Oh bien sûr, il avait connu des moments réjouissants. Ses sœurs avaient eu la chance de trouver l’amour et de ses marier. Même s’il n’était pas toujours bien d’accord sur le choix des partenaires, il s’était résigné en constatant qu’elles étaient pleinement heureuses. Ce qu’il n’était pas. Il connaissait les ombrages d’un mauvais mariage. Il ne souhaitait pas faire subir cela à Rose ou à June. Puis il y avait eu les succès dans sa carrière et qu’il devait à lui-même. L’expansion de la maison d’édition, le rachat d’autres entreprises éditoriales afin d’agrandir le groupe et surtout, la création de leur propre réseau de diffusion et distribution. Cela faisait longtemps que l’éditeur bataillait auprès de son père pour que ce système soit mis en place. C’était bien plus économique, surtout pour une maison d’édition aussi grande. Il avait finalement obtenu gain de cause. Ainsi, Matthew avait connu plusieurs succès professionnels, nourrissant ses ambitions dévorantes.
Mais est-ce qu’une seule de ces nouvelles était comparable au bonheur d’avoir retrouvé Héloïse ? Certainement pas. Il serait même capable d’effacer ces six années de dur labeur pour revenir dans le temps et empêcher sa bien-aimée de s’enfuir un beau matin. Il ferait tout pour la retenir. Il abandonnerait tout ce qu’il possédait pour ses si beaux yeux, pour cette femme qui portait alors le fruit de leur amour. Rien n’était non plus comparable à la bénédiction de posséder un enfant. Ewan, qui était le petit garçon le plus admirable que la terre ait pu porter. Certainement Matthew n’était pas très objectif, mais il n’en avait que faire du reste. Son fils avait été élevé par la meilleure mère qui soit et il était le fruit d’un amour véritable. Cela se voyait dans sa bonté, sa gentillesse, sa joie de vivre, sa sagacité… Il était une pure merveille.
Et pour cet enfant aussi, il était aujourd’hui capable de tout. Même de se libérer durant un week-end pour traverser la moitié du globe et se retrouver auprès de lui pour son sixième anniversaire. Héloïse et lui avaient tout savamment orchestré pour qu’Ewan ne se doute de rien, que ce soit concernant l’arrivée surprise de Matthew, ou encore le cadeau qui était prévu pour lui. Les deux parents en avaient longtemps discuté avant de se mettre d’accord sur le choix d’un chiot. Ils étaient tous les deux d’accord sur le fait qu’une bête était bien mieux en maison qu’en appartement, et c’est justement parce qu’il y aurait un prochain déménagement qu’ils se le permettaient. L’auteur aurait pu suggérer un lapin, mais il savait que Panpan resterait éternel. De plus, il avait tiré un trait sur ces bestioles de l’enfer. Plus jamais, il ne voulait être confronté à ces monstres aux dents acérées et au regard meurtrier. Un chien, c’était parfait. D’autant plus qu’Ewan pourrait jouer avec lui, avoir un meilleur ami et ils grandiraient ensemble. Un chien était intéressant, fidèle et les labradors étaient tout particulièrement joueurs et affectueux. Puis il n’y avait qu’à voir le bonheur sur le visage de son fils pour comprendre qu’ils avaient fait le bon choix. Ewan était fou de joie. « Je trouve qu’on s’est plutôt bien débrouillé… » murmura Matthew à l’oreille d’Héloïse en déposant un baiser sur sa tempe. Le bonheur, le pur, le véritable, c’était celui-là.

Le reste de la soirée passa si rapidement que c'en fut presque effrayant. Matthew craignait que ce séjour de quelques jours ne s’écoule trop vite pour véritablement en profiter. Il se rassurait simplement à l’idée que ce serait purement temporaire. Quand il devrait repartir à Los Angeles, il savait que plus beaucoup de temps ne s’écoulerait avant qu’ils soient réunis dans la maison que Matthew avait achetée.
Pour l’heure, il profitait de cette vie de famille qui lui était offerte. Ewan ne cessait de courir dans tous les sens, s’amusant avec le chien, venant parfois prendre une part de gaufre avant d’aller jouer de plus belle. Il s’en allait même quelquefois jusqu’à sa chambre pour aller chercher des objets qu’il souhaitait montrer à Matthew. Le nom de papa n’arrêtait pas de résonner dans l’appartement. C’était aussi étrange que grisant mais le poète n’aurait pu en être plus ravi. Il était amoureux de cette nouvelle vie qui était la sienne.
La soirée se termina par un succulent repas d’Héloïse. Matthew se souvenait des premières fois où la jeune étudiante s’était essayée à la cuisine. Les résultats n’avaient pas toujours été très concluants, mais Matthew –qui servait principalement de cobaye- avait toujours mangé sans broncher. Hormis la fois où elle avait confondu le sel avec le sucre. Il devait admettre qu’avec les années, elle avait fait des progrès phénoménaux. C’était terriblement bon. Et c’est le ventre bien rempli qu’ils allèrent coucher Ewan. Une longue journée l’attendait demain où ses camarades seraient là pour fêter son anniversaire. Moins d’une demi-heure plus tard, Héloïse et Matthew profitaient du calme dans le salon, sa bien-aimée lovée tout contre lui sur le canapé. Même le chien avait décidé de se laisser gagner par le sommeil. « Oui, il est adorable. Et ils pourront encore mieux jouer dans la maison. » Cette fameuse maison dont il avait fait l’acquisition. Bien qu’Héloïse lui ait fait totalement confiance sur le choix de leur futur foyer, Matthew avait toujours pris d’innombrables photos durant ses visites pour les soumettre à la brunette. Ensemble, ils avaient pu s’arrêter sur le choix d’une demeure qui répondait à tous les critères. La maison était à eux. Il ne manquait plus que leurs habitants… « Tu m’as terriblement manqué aussi. » Ses lèvres appelèrent les siennes. A ses yeux, elle restait toujours sa jolie stagiaire ingénue. A mesure que le temps passait, il retrouvait chez elle cet éclat d’autrefois qu’il aimait tant et qu’elle semblait avoir perdu. Il la retrouvait entièrement. Il ne l’aimait que plus encore. Leurs lèvres se détachèrent pour qu’Héloïse puisse exprimer ses pensées. Ses mots firent sourire le poète. Dans la vie, il y a des choses qui ne s’oubliaient pas. Des paroles. Des gestes. Il n’avait pu oublier aucun des mots d’amour de sa belle. « Tes désirs sont des ordres… » souffla-t-il avant d’aller capturer ses lèvres pour ne jamais plus s’en déceler. La tenir à nouveau dans ses bras était un miracle. Pouvoir lui faire à nouveau l’amour était inespéré. Il ne retrouvait pas seulement la femme qu’il aimait. Il retrouvait la partie d’un tout, une part de lui-même trop longtemps oubliée. Il pouvait vivre à nouveau dans ses bras de velours.

Ses mains caressaient sa douce chevelure. Rien ne venait perturber le calme de cette nuit d’amour. Ni Héloïse, ni lui n’avaient encore envie de s’abandonner aux bras de Morphée. Ils souhaitaient profiter de l’un et l’autre, de ces moments d’intimité qui leur avaient été ôtés avec tout le reste. Il s’enivrait de la respiration paisible d’Héloïse, de la douceur de sa peau de pêche, de son parfum discret mais subtil, de la chaleur de son corps contre le sien… Ses yeux retrouvèrent bientôt le contact des prunelles claires d’Héloïse. Son regard était si empreint d’amour, si flamboyant au cœur de ce lumière tamisée. Un sourire taquin envahit les lèvres de Matthew quand elle lui dit qu’il était beau. « Oui, il paraît. » affirma-t-il en feignant la prétentieux. Il ne garda pas son sérieux bien longtemps, riant en voyant la mine offusquée d’Héloïse et en recevant une légère tape sur le torse. « Je plaisante. » Sa main caressa tendrement sa joue, la contemplant d’un amour ardent. Il n’avait même pas besoin de lui dire à quel point elle était sublime. Son regard parlait pour lui, comme s’il était en train d’observer la chose la plus précieuse en ce monde. Mais elle n’était pas seulement que cela… Bientôt, elle serait bien plus encore. D’ailleurs, ce fut comme si elle lisait dans ses pensées. Un sourire s’étendit sur ses lèvres quand elle lui demanda de lui dire ce qu’il avait en tête. « Tu me connais trop bien, ça devient dangereux. » Il se redressa légèrement, l’emportant dans son mouvement pour qu’ils soient bien en face l’un de l’autre. Sa main vint prendre la sienne. « Héloïse… ça fait déjà quelques jours, mais je voulais te l’annoncer en personne. » Il marqua une pause. Il avait pensé à différente manière de lui annoncer, mais il les avait toutes oubliées. Peu importe, le résultat serait le même. « Je suis divorcé, Héloïse. Je suis enfin désuni de Jane. Ce qui veut dire que… tu es officiellement ma fiancée, Mademoiselle Bennett. » Future McGregor… Son pouce s’égara sur la bague qu’elle portait à son annulaire. Ses prunelles fixèrent ce signe de leur lien. Une promesse faite il y a si longtemps et qu’il pouvait désormais tenir. Son regard se perdit dans le sien. « On va enfin pouvoir se marier. » Fous de bonheur, ils échangèrent un baiser passionné. Depuis le temps qu'ils en rêvaient... « Je t’aime… »

***

« Debouuuuuuuut ! Debout ! Debout ! Debout ! » Matthew et Héloïse s’éveillèrent subitement, non plus uniquement à cause des cris, mais parce que le petit venait de sauter sur le lit. Ewan s’était jeté au beau milieu des draps où les deux parents bougonnaient un peu. L’auteur jeta un coup d’œil à l’heure pour voir qu’il n’était pas encore huit heures. Sauf que leur garçon, lui, était déjà en pleine forme. Il se mit à sautiller à côté d’eux tandis qu’ils étaient lovés l’un contre l’autre. Tout à coup, avec des gestes rapides mais précis, Matthew attrapa le gamin par la taille et le força à se coucher entre eux deux. Lui bloquant momentanément ses mouvements, il lui ébouriffa ses cheveux en bataille. Le garçon éclata de rire dans la chambre, se tortillant de tous les côtés. « Tu ne vas pas t’en tirer comme ça, petit chenapan ! » - « Papa arrête ! » s’écria-t-il entre deux hoquets de rire. Et voilà maintenant que le chiot venait de se précipiter dans la chambre, jappant au pied du lit. « Haaan le chiiiien ! » Matthew le libéra de son emprise, permettant à l’enfant de sauter du lit pour retrouver l’adorable bête. L’auteur profita de ce léger moment de répit pour embrasser Héloïse. « Bonjour, mon amour. » murmura-t-il au milieu des exclamations de l’enfant et du chiot. Les parents se redressèrent tous les deux sur le lit pour observer leur fils. « Tu as pensé à un nom, alors ? » Ewan se mit à réfléchir intensément. « Non… mais je demanderai à mes amis de m’aider cet après-midi !! » Une bonne idée. Mais l’attention de l’enfant fut rapidement détournée par l’appel de son ventre. « Maaamaaan, j’ai faiiiim ! » Et papa aussi.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Ven 7 Avr - 21:48

Je savoure chaque seconde, chaque minute de ce weekend. J’ai l’impression de revivre, de redevenir la Héloïse d’antan, celle qui ne pouvait s’empêcher de rougir face au regard enjôleur de son patron, qui était si maladroite mais si innocente et enthousiaste. J’ai l’impression de redevenir cette personne-là, de comprendre encore mieux les réactions de mon fils. Je suis pleinement heureuse et auréolée de cette certitude qui m’avait tant habitée durant le temps où j’avais vécu sous le regard amoureux de Matthew, à Los Angeles. Désormais, c’est sous le ciel parisien que tout se passe, et nous évoluons dans notre petite bulle où rien ne peut nous atteindre. Je me sens invincible. Tout est si beau désormais, à croire que mon cœur a fini par se faire une raison, par admettre que non, rien n’était voué à la noirceur et à l’oubli. Il suffisait juste d’être patient, juste d’y croire et de ne jamais cesser de cultiver le souvenir. De toute manière, il m’aurait été impossible d’oublier Matthew. Quand je le vois évoluer dans l’appartement, quand je l’observe être en pleine conversation avec son fils, en train de froncer les sourcils parce qu’il s’investit dans ce qu’il fait, quand je le regarde dormir, rire, parler de cette voix que j’ai tant chéri, je me convaincs encore plus de cette vérité. Si pure. Si belle. Immuable. Je ne pourrai pas oublier Matthew. Il aura été le seul homme que j’ai aimé et qui m’aura aimé en retour. C’est aussi simple que ça. C’est si puissant comme émotion. C’est tellement intense d’ailleurs. Et pourtant, c’est mon présent et mon futur. Je vais évoluer au côté de Matthew. On poursuivra notre route, ensemble, main dans la main. On verra notre enfant grandir. On pourra en avoir d’autres. On pourra enfin avoir droit à ce rêve tant chéri, ce songe que j’ai trop souvent caressé du bout des doigts sans jamais y gouter. Tout va changer. C’est plus fort que la certitude. C’est la vie même. Et perdue dans les bras de Matthew, je laisse mon esprit divaguer dans ces doux rêves, songeant à tout ce qui se prépare, à cette maison qui nous attend, au fait de pouvoir travailler avec Matthew à nouveau. J’ai tellement hâte de pouvoir partager la passion de notre travail à nouveau, j’ai tellement hâte de pouvoir débouler dans son bureau parce que je voudrais voir tel ou tel dossier avec lui. J’ai hâte du moindre détail à ses côtés. Même si pour l’instant, je me contente de savourer la délicate sensation d’être dans ses bras, les yeux mi-clos, le corps rompu par le plaisir. Outre le fait de pouvoir de nouveau être aimée par Matthew, je savoure de nouveau la passion de nos ébats amoureux, la synergie qui nous transporte lorsque nos corps fusionnent ensemble, qu’il y a plus qu’une seule et même entité agrémentée de deux cœurs battant à l’unisson ensemble. Je ne pourrais jamais me lasser de tout ce que nous vivons au jour le jour. Et au creux de ses bras, j’y suis si bien. Forcément, le contempler fait partie de ma ligne de conduite et jamais, je ne pourrais décrocher le regard de cet être merveilleux. Quand bien même, je me permets de lui donner une tape gentiment lorsqu’il se prend à nouveau pour la septième merveille du monde. « Prétentieux… » Je souffle en riant légèrement avant de laisser le silence bien vite revenir entre nous. De ces silences où les regards nous trahissent. De ces silences où les mots sont en trop. De ces silences qui veulent parfois tout dire. Je finis par avoir l’impression que Matthew brûle de me dire quelque chose. Je ne sais pas, son regard change, il a l’air plus impatient. Je n’en sais rien. Et puis, je ressens ses émotions, je le connais si bien que forcément, je lis en lui. Et finalement, il finit par me dire ce qu’il en est. Je suis d’ailleurs bien loin de m’attendre à une telle nouvelle. D’abord, il attise ma curiosité comme pas permis. Je l’observe d’un air innocent avant que mon regard ne s’écarquille face à la nouvelle. Il est divorcé… Je contemple ces prunelles claires si sérieuses, sans trop réaliser. « Tu es… » Je me tais, l’annonce faisant son petit bout de chemin dans ma tête. Et finalement, un sourire tendre s’étire sur mes lèvres. Comme il le dit si bien… Je suis officiellement sa fiancée. Nous allons pouvoir nous marier. Je ne peux alors contenir ce petit cri de joie s’échappant d’entre mes lippes « Oh mon dieu !!! Je suis tellement heureuse !!! » Et à ses mots, je me jette sur ses lèvres pour échanger un long baiser passionné. A bout de souffle, je me détache, le contemplant avec tendresse, caressant doucement sa joue où trône cette bague faisant office de tellement de choses… Une rencontre… Une promesse… Un Noël perdu sur une colline… Et maintenant, un mariage. « Je t’aime aussi mon amour… » Je ris à nouveau, sans doute que la joie est bien trop intense pour moi. « Et j’ai tellement hâte de pouvoir devenir Madame McGregor… Nous allons être si heureux tous les trois… Et puis un jour, on sera quatre ou même cinq… On sera entouré de mini-McGregor… Que des petits bouts de nous... J'ai terriblement hâte... » Me blotissant contre lui, je le serre doucement contre moi, laissant la nouvelle s’imprégner dans mon âme. On va se marier… Et le rêve sera mon quotidien.

***

La voix survoltée d’Ewan nous tire de notre profond sommeil. Lovée dans les bras de Matthew, je ne peux m’empêcher de sursauter, sentant un poids affaisser le matelas. Forcément, sa bonne humeur est contagieuse et alors que je rigole doucement tout en me réveillant, Matthew lui riposte face à l’enfant sautillant. Il l’attrape et le cale entre nous, l’immobilisant. Le rire d’Ewan résonne et je me redresse tout à fait pour aider le père dans sa tâche. Il va nous le payer celui-là. Enfin, ça c’est jusqu’à ce que le chien se manifeste en jappant gaiement. Et là, nous n’existons plus aux yeux de l’enfant qui finalement se dégage de notre étreinte pour aller s’occuper de son nouvel ami. C’est une tornade. Un raz de marée. J’ai l’impression d’avoir couru un marathon. Et durant un court instant, le calme semble revenir face au regard d’adoration de mon écrivain. « Bonjour Monsieur McGregor… » Je murmure doucement, avant qu’Ewan ne se manifeste à nous, suivi de son compagnon à quatre pattes. Matthew l’interroge concernant le nom à donner au chien mais le petit n’en a pas encore la moindre idée. Il préfère le choisir cet après-midi avec tous ces amis. Ou peut-être que l’appel du ventre est bien plus fort que nommer son toutou. Je n’en sais rien, ça me fait rire. Et finalement, je m’extirpe du lit et en me rendant dans la cuisine, suivi d’un Ewan marchant avec le chien. Il est drôle d’ailleurs, il ne cesse de suivre l’enfant de partout où il va. Notre fils demande des gaufres d’ailleurs et ça me donne une bonne occasion de montrer à Matthew comment on fait. Pendant que le petit regarde la télé dans le salon, moi je suis occupée à expliquer à mon poète comment faire de la magie culinaire avec des œufs, de la farine et du sucre. Ainsi qu’un peu de lait. « Il faut que tu casses les œufs et tu les mets dans la farine avec le sucre et le lait. Et ensuite, il faut que tu mélanges sans faire de grumeaux. » J’explique à Matthew tout en lui tendant le fouet. Cependant, voir ce chef d’entreprise faire de la cuisine a quelque chose d’assez surnaturel. Sa façon de faire toute pataude m’arrache un rire. « On dirait vraiment que tu n’as jamais tenu un fouet de cuisine dans tes mains. Tu es trop drôle mon amour. » Néanmoins, il est attentif à ce que je lui explique et finalement, les gaufres sont en prêtes. On peut alors savourer notre petit déjeuner tous les trois campés dans cette bulle. Ewan est surexcité par cette journée. Il sait qu’à midi, tous ses copains viendront fêter son anniversaire. Alors, il est intarissable. Pendant qu’il dévore son petit déjeuner, moi je prends le bébé chien dans mes bras et ne cesse de lui faire des papouilles et des bisous. « ça me rappelle quand j’avais Panpan… » Je murmure doucement, me souvenant de mon petit lapin d’amour. « Oh ouiiii ! J’étais trop triste de sa mort ! » - « Tu sais que Panpan et ton père étaient les pires enemis du monde ? Il n’arrêtait pas de le mordre ! » Et je ris doucement me souvenant de cette guerre farouche que se sont livrés ces deux êtres. Ça me faisait tellement rire à l’époque.

***

Une fois le petit déjeuner englouti, on s’est préparé, prenant nos douches, nous habillant. J’ai pas mal délégué à Matthew en ce qui concerne Ewan, lui laissant tout le loisir de profiter de son rôle de papa. Je lui fais confiance. Je sais qu’il se débrouille bien. Et pendant ce temps, je termine les derniers préparatifs du pique-nique. Avec la venue de Matthew, je n’ai pas trop eu le temps de faire la cuisine. Aussi, ai-je commandé chez un traiteur qui amènera de quoi ravir les papilles de tout le monde. Et c’est tous les trois, suivi du toutou sans nom en laisse, qu’on se rend au Champ de Mars. Le petit est adorable avec le chien et incroyablement fier. Il marche devant nous, et je peux alors glisser ma main dans celle de Matthew. « Il faudra qu’on lui dise qu’on va se marier ! » Je déclare sur le ton de la confidence. Je suis tellement heureuse d’en parler que je pourrais presque me mettre à chanter et à danser sur place. Mais je reste maître de moi-même. Et je préfère aborder des petits détails de ce jour qui sera si particulier à nos yeux. « Tu le verrais comment notre mariage ? Quelque chose de pompeux ou bien quelque chose de sobre… C’est vrai qu’avec tout ce qu’on a vécu, un mariage dans l’intimité pourrait être tout aussi bien. Enfin, de toute façon… Peu importe comment se déroulera notre mariage, l’issue sera la même… Je te dirais oui. » Et à ses mots, je dépose un baiser sur sa joue. Le reste du trajet se passe et finalement, nous arrivons sur place rejoint par le traiteur qui nous aide à mettre la petite table avec les feuilletés, les pizzas, les bonbons, de quoi régaler un nombre d’enfants. Ces derniers finissent par arriver et finalement, tout devient bien vite bruyant entre les enfants qui se parlent entre eux et puis les adultes venant nous saluer. Beaucoup me connaissent de l’école mais ignorent qui est cet homme se tenant à côté de moi. « Je vous présente mon fiancé Matthew, c’est le papa d’Ewan… » Si les regards semblent surpris, les parents demeurent polis. Il faut dire que ça doit leur sembler tout drôle. D’ordinaire, ils m’ont toujours vu, moi ou Audrey. Mais pas de Matthew. Quand bien même, je doute qu’Ewan n’ait abordé ce sujet avec ses copains. Et quand on parle du loup d’ailleurs… Le voilà qu’il vient se coller contre son père déclarant à une ribambelle de gamins « Et lui c’est mon papa ! Et aux Etats-Unis, il est trooooop célèbre. Et il écrit des livres !!! Je suis célèbre moi aussi du coup ! » Il tourne la tête vers moi, me glissant un sourire rayonnant avant d’alterner vers Matthew et de déclarer très sérieusement « On est tombé d’accord sur le choix du nom pour le chien. On va l’appeler Obiwan-Kenobi ! »

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Lun 10 Avr - 2:02

L’espace d’un court instant, Matthew eut peur de se réveiller au beau milieu de ses draps à Los Angeles. Il craignit que cette journée parfaite qu’il avait passée en compagnie de sa fiancée et de son fils ne soit qu’un doux mirage, motivé par son impatience et ses manques. Il se serait retrouvé seul au cœur de ce lit bien trop grand, éveillé par un réveil cruel. Il se serait préparé avec la monotonie de la solitude, vivant le même quotidien avec lassitude, mais impatient dès qu’il recevait un message d’Héloïse, que son fils l’appelait à l’insu de sa mère ou qu’ils faisaient des skype avec eux. Ces moments-là illuminaient ses journées, lui apportant un bonheur sans égal.
Mais ce matin, l’auteur n’eut pas à se réveiller seul. D’abord, ce furent les cris de son fils qui lui prouvèrent qu’il n’était plus perdu à Los Angeles. Puis la chaleur du corps d’Héloïse contre le sien lui rappela qu’elle était bien présente, qu’il l’avait retrouvée et qu’elle était enfin sa fiancée. Les souvenirs de leur discussion d’hier revinrent à lui. Son divorce avec Jane avait été officiellement prononcé. Certes, cela pouvait paraître trop rapide, toutefois, personne ne pouvait reprocher à Matthew de ne pas avoir pris ses précautions lors de son mariage avec Jane. Il s’était assuré d’un contrat qui le protégerait et lui restituerait l’intégralité de ses biens en cas d’une désunion. De plus, il s’était muni du meilleur avocat qui soit pour traiter cette affaire. Son nom avait aussi énormément joué dans la rapidité de la procédure, d’autant plus que Jane n’en avait –curieusement- négocié aucun des termes. Il ne sut pas si c’était grâce à un fulgurant éclair de génie de la part de son ex-femme ou bien si c’était la culpabilité qui l’avait rendu si résignée, mais il s’en était accommodé sans mal. Elle ne représentait plus rien à ses yeux. Le cœur de l’éditeur était plus tenté de la haïr, mais Héloïse avait eu raison de sa colère en lui conseillant l’indifférence. Instaurer une guerre entre eux serait entretenir un lien qu’il ne désirait plus avec elle. Elle ne serait jamais assez importante pour cela. Ainsi, une fois que les papiers furent signés, Matthew coupa définitivement les ponts avec Jane. Une page de sa vie venait de se tourner aujourd’hui, s’ouvrant sur un chapitre bien plus radieux. La bague qui trônait au doigt de la brunette exprimait véritablement leur engagement concernant le mariage. Il ne s’agissait plus seulement d’une promesse faite en haut d’une colline le soir de Noël. Désormais, c’était du concret. Un rêve qui devenait réalité. Il avait seulement fallu six ans… Six ans pour mieux se retrouver dans les bras l’un de l’autre, l’esprit empli de rêves et de projets. Une maison, une vie à Los Angeles, Ewan, une collaboration, une famille qui ne cesserait de grandir… Matthew en avait le cœur prêt à exploser de bonheur. Mais il savait combien il était important de profiter de chaque instant que l’existence leur offrait. Alors il profita de ce matin où il était éveillé par la voix de son fils et le doux regard d’Héloïse, de cette chaleur qui régnait dans cet appartement et qui lui avait manqué durant si longtemps. Matthew revivait. Il renaissait. Il était heureux.

« Comment tu voudrais que j’arrive à ne pas faire de grumeaux ? Ta farine sans gluten est une véritable horreur ! » Pas qu’il en avait testé beaucoup d’autres, mais cela lui donnait une raison de râler. Héloïse avait souvent évoqué la difficulté de cuisiner de la farine sans gluten. Cette dernière n’était pas très docile et les grumeaux étaient souvent inévitables. Pour une première fois, Matthew se montra pataud en apprenant à faire ces fameuses gaufres que son fils aimait tant. Pourtant, sous l’œil expert et attentif de sa fiancée, il parvint à un résultat à peu près acceptable. Ce fut moins le cas pour sa dignité qui en avait pris un sacré coup. Attendrie ou prise de pitié –au choix-, Héloïse se moquait doucement de lui, s’amusant de la manière dont il tenait son fouet de cuisine. Il n’osa pas lui avouer que c’était effectivement l’une des premières fois qu’il tenait un fouet dans sa main. Il ne cuisinait jamais. Au travail, il déjeunait très rapidement que ce soit un sandwich, ou un repas rapidement englouti à la cafeteria. Et chez lui, si ses sœurs n’avaient pas cuisiné auparavant, il préférait se commander quelque chose. Cuisiner, ce n’était vraiment pas son truc. Mais pour sa future famille, il s’était dit que ce serait sûrement un bel effort. « Ne te moque pas trop. J’aimerais bien te revoir à nouveau sur ma moto. » Sa fameuse moto. Durant leur relation, Matthew avait fini par craquer, s’achetant une moto. Cela faisait longtemps qu’il en désirait une, et qu’il avait passé le permis. Si Héloïse n’était jamais rassurée en voiture avec lui au volant, ce fut bien pire sur la moto. Elle monta une fois pour lui faire plaisir, mais quand elle retira son casque à l’arrivée et qu’il vit son visage baigné de larmes et traumatisé, il s’était dit que ce n’était pas l’expérience à refaire. Elle n’était plus jamais remontée sur sa moto. Matthew n’en avait pas été vraiment déçu. Lors du trajet, il exagérait à peine quand il affirmait qu’elle avait manqué de lui briser plusieurs côtes par sa force. Aujourd’hui, profitant d’un petit-déjeuner avec Héloïse et Ewan, ce souvenir lui semblait bien lointain, mais ça ne lui manquait pas non plus. Le présent était bien plus prometteur…

***

Contrairement à ce qu’il laissait paraître, Matthew était quelque peu tendu. Tout le reste de la matinée, il s’était laissé prendre par les préparatifs de l’anniversaire d’Ewan. Héloïse l’avait suffisamment tenu au courant pour savoir comment allaient se dérouler les choses. Étant donné que beaucoup d’enfants étaient conviés à la fête, l’anniversaire se déroulerait au Champ de Mars où une petite table serait dressée pour régaler tout le monde, et une autre pour disposer tous les cadeaux. L’éditeur avait trouvé l’idée génial, et il avait d’autant plus adoré que cela se passe dans ce parc si particulier où Ewan lui avait foncé dans les bras quelques semaines plus tôt.
Mais désormais que tout était en place et qu’il ne manquait plus que la ribambelle d’enfants et de parents, le poète n’était plus si sûr de lui. Il ne mentait pas en affirmant qu’il s’était toujours fondamentalement moqué de l’avis des autres ou de leur jugement. Cette fois, c’était différent. Il s’agissait de ce que l’on pourrait penser de lui en tant que fiancé. En tant que père. Les gens se diraient-ils qu’il avait manqué à son devoir durant trop longtemps ? Qu’il n’était qu’un lâche revenu un beau matin ? Il ne se risquerait jamais à évoquer la vérité sur la tristesse de leur séparation et la naissance presque tragique d’Ewan. Le sourire d’Héloïse fut sa plus belle arme. Elle lui donnait la force de ne craindre rien, ni personne. Jamais encore, elle n’avait paru si rayonnante. Et elle n’était plus seulement sa stagiaire et cette petite-amie qu’il cachait. Elle était désormais la femme qui allait partager sa vie, sa fiancée, sa future femme, la mère de son enfant et de ses futurs enfants à venir. Elle était son tout sur terre.
Tandis qu’ils achèvent les préparatifs, Héloïse évoqua ce fameux mariage, déclarant qu’il faudrait en parler à Ewan. « Je suis sûr qu’il sera presque plus heureux que nous. » Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’il observait son fils qui jouait avec le chiot, riant aux éclats. « Je pense que ce mariage devrait être à notre image. Quelque chose d’intime et uniquement avec les personnes qui comptent. La famille et les amis. Je refuse que tous ceux qui ont forcé notre séparation assistent à notre mariage. Je veux te dire oui devant des gens que nous aimons et qui nous aiment en retour. » Matthew avait connu le mariage en grande pompe où tout le beau Los Angeles se trouvait présent, en plus des gens d’Angleterre. Artificieux. Impersonnel. Grandiloquent. Insipide. Ce n’était pas ce qu’il désirait pour son mariage avec Héloïse. Ce dernier serait intimiste, tendre, beau, spécial… la preuve véritable de leur amour. Et suite à toutes ces considérations qui affirmèrent un peu plus leur décision, les enfants finirent par arriver. Tout devint plus bruyant, plus agité et Matthew s’en trouvait moins confiant quand les parents s’approchèrent. Pourtant, il n’eut même pas le temps de se poser la question qu’Héloïse fièrement comme étant son fiancé et le père d’Ewan. Des regards surpris accueillirent ses paroles, mais ils se montrèrent polis malgré tout. Matthew décida alors d’user de ses charmes pour la parlote afin de séduire son petit public. Il fallait admettre qu’avec son accent anglais en parlant français, ça marchait à tous les coups. Ils furent bientôt interrompus par Ewan qui fonçait comme un fou vers eux avec toute sa petite cour. Avec bien moins de délicatesse que sa mère, il présenta Matthew, appuyant sur le fait qu’il était un célèbre écrivant et que, par extension, il l’était lui aussi. L’éditeur ne put pas s’empêcher de rire, son verre à la main c’est du champomy, faut pas déconner en cernant l’admiration des gamins et l’excitation de son fils. Finalement, il embraya sur le nom du chien. Obi-Wan Kenobi. Les adultes autour rirent d’amusement. « C’est un super nom pour un chien ! » Même le chien semblait approuver son choix, sautillant de tous les côtés en aboyant. Néanmoins, l’annonce de sa célébrité avait intrigué quelques parents qui s’empressèrent de demander ses œuvres et son nom d’auteur. Il ne put conserver son anonymat bien longtemps, se retrouvant devant une poignée de parents qui avaient déjà lu ses livres. Devant cette conversation Ewan était en extase. Il se tourna vers ses camarades de jeu. « Et même que mon papa, il fait de la poésie ! Moi, je pense que la poésie ça fait tomber amoureux. Et papa, il est d’accord. Il a dit que c’était comme ça qu’il avait eu maman ! » Matthew faillit s’étouffer dans sa gorgée. Malheureusement, il parlait bien trop fort pour ne pas être entendu. Sous les rires contenus des parents, il ébouriffa les cheveux de son fils. « Oui, bon, pas besoin de tous les détails. Va jouer avec tes copains ! » Au cas où ça redeviendrait encore gênant. Merci bien pour l’image de marque pour les présentations. Ewan lui tira sur la manche. « Nooon attends, je veux te montrer un truuuc ! » Matthew s’accroupit pour être à la hauteur de l’enfant qui vint chuchoter à son oreille. « Il faut que tu voies mon amoureuse. Elle s’appelle Emiliiiie et elle est trop joliiiie ! » De sa discrétion d’enfant, il montra un peu plus loin une fillette à la chevelure châtain qui s’amusait avec d’autres des camarades d’Ewan. Ses yeux pétillaient de vie et elle ne cessait de courir en tous sens en riant. « C’est vrai qu’elle est très belle. » Ewan opina vivement du chef. « Oh oui ! Elle sent bon en plus. Puis en classe, c'est elle qui dessine le mieux ! Et même que quand elle colorie, elle ne dépasse pas ! Tu crois que je devrais lui faire de la poésie ? » - « Pourquoi pas ? » Un regard complice s’échangea entre le père et le fils avant que le petit garçon ne prenne son envol plus loin, allant se joindre au reste du groupe. Derrière lui, Obi-Wan Kenobi venait à sa suite. Il s’absorba à la contemplation de cet amusement pur qu’était celui des enfants avant de revenir vers le groupe des adultes. Parler en tant que parents n’était pas un exercice que Matthew maîtrisait, mais cela se révélait plus facile qu’il le l’imaginait. Ils discutèrent surtout de leur projet pour l’avenir. Héloïse évoqua son futur départ pour l’Amérique et le mariage avec Matthew. Cela dura un long moment avant que les enfants ne viennent réclamer en chœur le gâteau et les cadeaux. D’ailleurs, le gâteau –acheté chez un traiteur- était magnifique. A la hauteur d’un dernier anniversaire à la capitale française. Mais avant tout, il fallait ouvrir les cadeaux. Tandis que tout le monde était rassemblé, Héloïse aidait son fils à ouvrir les nombreux paquets alors que Matthew prenait en vidéo les cris de joie de son fils. Il ne voulait en rater aucune miette. Le petit garçon fut merveilleusement gâté. C’était à se demander comment ils pourraient transporter tout ça de l’autre côté du continent. Mais l’éditeur s’assurerait que tout arrive à bon port.
Bientôt, tous les cadeaux furent ouverts. Le gâteau coupé en multiples parts et les verres servis pour tout le monde. Les enfants profitaient presque à peine de ce qu’ils avaient dans leurs assiettes, préférant s’amuser avec leurs jouets. Tout à coup, le portable de Matthew se mit à sonner. Il aurait bien aimé que ce soit un appel banal qu’il aurait pu ignorer, mais il s’agissait de la maison d’édition. Il s’éclipsa momentanément, s’éloignant du groupe pour répondre. Il avait bien spécifié ne devoir être contacté qu’en cas d’extrême urgence. Il se mit à prier qu’il ne soit pas obligé de revenir d’urgence à Los Angeles. Heureusement pour lui, ce ne fut pas le cas. A vrai dire, il aurait pu passer au savon à ses assistants pour l’avoir contacté pour un motif aussi absurde où ils auraient pu clairement se passer de lui, mais il n’avait pas le cœur à engueuler qui que ce soit. Il s’apprêtait à revenir auprès du groupe quand deux bras minces s’enroulèrent autour de sa taille derrière lui. Il reconnut le parfum enivrant d’Héloïse. Il caressa ses mains si douces avant de se retourner pour lui voler un baiser. « Je crois que c’est une fête plutôt réussie. Félicitations à la maman ! » Matthew ne se lassait pas de ces petits moments d’intimité rien qu’à eux. Un sourire étira ses lèvres. Un souvenir venait de lui traverser l’esprit. « Tu vas trouver ça idiot, mais je crois que je suis déjà venu ici. Quand j’étais tout petit. Il me semble que je m’étais enfui parce que mon père voulait encore que j’assiste à une réunion pénible. Je m’étais réfugié dans ce parc et je suis tombé sur l’enfant la plus insupportable de tout Paris. Si je me souviens bien, elle était presque aussi têtue que toi. » D’ailleurs, elle lui rappelait pas certain aspect. Il ne se souvenait pas très bien de son visage. Encore moins de son prénom. Il savait juste qu’elle l’appelait le singe. La mémoire est si étrange parfois…
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Jeu 13 Avr - 21:03

Après une matinée plus que parfaite, à évoquer nos souvenirs communs sous l'oreille attentive de notre fils, je constate que la journée se passe tout aussi bien. Elle est parfaite si ce n'est dire. Et même si c'est bruyant parce qu'il y a tous ces enfants parmi nous, je ne peux que profiter également, l'air serein et le cœur léger. Voir mon fils heureux, est ma seule préoccupation. Je veux que son anniversaire soit une réussite, je souhaite ardemment qu'il en est un souvenir impérissable d'autant plus que son père est là. Pour la première fois de sa vie. Et ça a tout autant son importance, pour moi comme pour Ewan. L'enfant semble comme métamorphosé, perdu dans une aura de bonheur déconcertante. Je n'ai jamais mon petit aussi fou de joie, aussi fier de la présence de cet homme dans sa vie. C'est le début d'un nouveau chapitre. Et cette fois-ci, ce n'est pas à deux que nous l'écrivons mais bien à trois. Je réalise petit à petit de ce qui se trame sous mon nez. Je prends pleinement conscience que de jour en jour, le temps me rapproche un peu des Etats-Unis. Je suis impatiente de revoir ma famille et je suis plus que surexcitée a l'idée de pouvoir partager mon quotidien avec Matthew. J'ai déjà hâte de chacun des détails que mon esprit romantique imagine. Notre mariage est venu sur le tapis et je dois dire que l'idée d'une union intime m'a convenue, ce dont j'ai fait part à Matthew. Je veux simplement lui dire oui, je veux devenir sa Madame. Je veux lui appartenir corps et âmes. Et je veux le chérir jusqu'à la mort, lui donner des enfants, tout l'amour dont je suis capable. Je l'aime tellement... Comme au premier jour. Et comme je lui avais si bien dit, un jour où je croyais ma vie s'arrêter, je l'aimerai jusqu'à la fin. C'est l'évidence. La certitude. Ce rendez-vous que nous avons eu et que nous aurons toujours. C'est pourquoi le présenter comme le père et la fiancé ne me semble être nullement gênant. À vrai dire, je n'en ai que faire de l'avis des autres. Je l'ai déjà perdu une fois par l'avis de son père et je ne tiens pas à recommencer. Je veux savourer chaque seconde de mon existence à ses côtés, quand bien même il y aura toujours un éternel insatisfait pour critiquer. Mais six ans après mon dernier acte de faiblesse, je me sens bien plus forte aujourd'hui. Sous le regard tendre de mon poète, l'évidence est là. Je désire qu'il soit ce père pour Ewan et le compagnon de mon âme pour moi. Il ne peut en être autrement. Aussi, face au regard interrogateur des parents, je brille par mon assurance de lui donner ce statut de père et de fiancé, ne laissant ainsi le choix à personne. De toute façon, ceci est confirmé par Ewan transformé en boulet de canon pour ce jour. Et sans aucune gêne annonça sa célébrité du fait d'un père connu. « Monsieur Ewan, il va falloir que je raccourcisse tout vos pantalons parce qu'à ce rythme là, vos chevilles vont enfler de façon effrayante ! Vous allez tout me déchirer... » Et je ne peux m'empêcher de rire parce qu'il est tellement attachant. Son visage n'est qu'une innocence d'enfant adorable. Un peu moins quand il m'avoue le nom du chien. Sérieusement !? « Tu n'as pas trouvé quelque chose de moins exotique !? » Je demande en levant un sourcil. Forcément, les parents se mettent à rire parce que visiblement, ils ont tous eu l'air d'avoir vécu l'épisode du nom d'animal bizarre. Aussi, je me penche vers Matthew afin de lui murmurer à l'oreille « Mon amour... Je sais que tu gardes encore les stigmates profondes d'avoir connu mon lapin. Mais quand même... Tu te vois courir derrière le chien en hurlant Obi-Wan Kenobi pour qu'il t'obéisse ? » Mon regard est plein de malice, mais néanmoins tendre envers l'homme que j'aime. « Il va falloir que je t'apprenne quelques notions d'autorité parentale... » Non parce que Star Wars merci bien quoi. Je sais qu'Ewan en est fou mais quand même. Déjà il n'a pas vu les films car je les juge trop violent. Mais quand même, pauvre chien !

Les parents s'intéressent à Matthew le questionnant au niveau des livres qu'il a pu écrire. L'intérêt est sincère et finalement, il semble avoir été adopté. En même temps, il a une telle prestance quand il parle, c'est juste merveilleux. Je me laisse bien vite avoir par le timbre de sa voix, l'écoutant, silencieuse. Je sais qu'il a sorti d'autres livres durant le temps de silence, je n'avais pu me résoudre à les éditer en français. C'était bien trop douloureux. Aussi, je préférais laisser la tâche a un autre. Je ne voulais pas subir cette peine en m'enivrant de l'essence de ses mots, à pouvoir m'imaginer dans une douleur si intense qu'elle n'était pas imaginable. Maintenant, tout est du passé et j'ai bien hâte de lire ses romans. Cependant entre le travail, Ewan et le départ, je n'ai pas une minute à moi. Aussi, ne suis-je qu'impatiente. Notre fils finit par s'incruster dans la conversation afin d'ajouter son grain de sel. Sa phrase déclenche les rires des parents autour de nous pendant que moi, j'observe le poète d'un air amusé « Really ? » Non parce que je ne me souviens avoir initialement entendu de la poésie pour tomber amoureuse de lui ! Ou alors, c'était une autre. La gêne de Matthew ne semble nullement ébranler Ewan qui non sans avoir réussi à troubler son père se l'accapare pour une séance de secret intense entre père et fils. Je les observe faire avant d'être prise par la question d'une maman au sujet de notre départ imminent. Le reste de l'après midi se poursuit et finalement, le gâteau est servi et Ewan peut alors ouvrir ses cadeaux. Je suis heureuse de voir qu'il a été gâté et finalement, les enfants finissent par repartir jouer dans leur coin. Nous les parents, nous nous sommes installés sur des chaises se trouvant autour de la table, occupés à discuter et à rire de tout. Quand soudain, le téléphone de Matthew sonne. Il se lève afin de répondre à l'appel. Pour ma part, je continue à grignoter un bout du gâteau chocolat que j'ai fait faire sans gluten pour l'occasion. Il a été très apprécié d'ailleurs et j'en suis contente. Cependant, je finis par reposer l'assiette préférant venir me glisser contre Matthew, me collant contre son dos dans la tendresse la plus évidente. Mon sourire est grand lorsqu'il me complimente au sujet de l'anniversaire. « C'est du sport être parent mais ... C'est un bonheur. Et il le rend si bien... » Je souffle avec un petit sourire ravi de me retrouver dans ses bras. D'ailleurs, je me souviens alors dans un détail « D'ailleurs... Je ne savais pas que tu me lisais de la poésie en observant mes fesses le premier jour où on s'est rencontré. Je me souviens surtout que j'avais dit n'importe quoi... Tu étais bien trop intimidant... » Et j'étais tellement stressée ce jour là face à son regard intimidant, à cette froideur que finalement, j'ai su aimer. Et dire que maintenant, nous sommes les parents d'un petit garçon, que nous allons nous marier. L'avenir nous appartient. Matthew finit par aborder des souvenirs bien plus anciens. Le concernant lui. Aussi, suis-je silencieuse en apprenant qu'il était déjà venu ici dans ce parc. Ses propos m'arrachent un rire franc « Comment ça je suis insupportable ? C'est faux, je suis un ange! » Je fais semblant de m'offusquer mais bien sûr je plaisante. « Je venais souvent ici. C'était notre petite habitude. On avait des copains, des règles bien strictes. Je me souviens que chaque enfant avait son buisson avec sa cachette à lui. On avait tous marqué l'endroit avec une pierre ou les initiales étaient gravées. Hey ! Peut-être que nous avons joué ensemble une fois ! Tu as certainement dû me martyriser. Je te vois bien faire ton grand seigneur...  » Et je ne crois pas si bien dire. Si seulement, j'avais pu comprendre que mes souvenirs étaient si clairs, si limpides, que nous nous étions vraiment connus en étant enfants. Mais les souvenirs s'accumulent et la place pour les garder n'est pas aussi grande. J'ai préféré conserver l'essentiel. « D'ailleurs... » Ma voix se charge de malice tandis que je tire sur son haut en me dégageant de son étreinte. « D'ailleurs, je remets le sujet sur le tapis... Mais puis-je savoir quelle poésie tu m'as lu au temps de nos débuts... J'étais peut-être sourde mais je me souviens surtout que tu étais juste autoritaire... À moins que ça ne soit une forme de poésie... » Je me mets franchement à rire, fondant sur ses lèvres. « Je crois que tu n'as pas dit toute la vérité à notre fils. » Quand bien même, ça n'a pas d'importance. Je taquine. Je m'enivre de tous ces instants. C’est si bénéfique pour l’âme et le cœur.

***

« Et bah dis donc… Ewan n’a pas fait un pli. A peine, j’ai éteint la lumière, il s’est endormi. » Je finis par dire, une fois que la journée s’est finie, que nous avons pu éreinté. Le regard brillant mais la mine fatiguée. Surtout Ewan. Le pauvre a été incroyablement silencieux durant le repas, piquant généreusement du nez. Et finalement, le mettre au lit a été la meilleure solution. C’est vrai que c’est tout calme depuis que nous sommes rentrés. Même bébé chien dort de tout son long. Il n’y a plus que Matthew et moi. « Heureusement que ce n’est pas tous les jours que l’on fête ses six ans. Quand bien même, je suis vraiment contente. Cet anniversaire aura été inoubliable en tout point de vue. » Je ris doucement venant me nicher contre lui. « Je ne te dirai pas merci d’avoir été là… » A quoi bon d’ailleurs ? C’était bel et bien sa place ici. Avec son fils, à l’observer souffler ses bougies, devenir un petit garçon, le contempler grandir et s’émerveiller de tout. De ce fait, je sais que nos places sont définies depuis toujours, dans cette famille que nous formons désormais. « En revanche, j’ai un cadeau pour toi… Enfin, ça n’en est pas vraiment. Mais tu peux le considérer comme tel. Disons que si nos chemins ne s’étaient pas croisés il y a quelques semaines en arrière, je n’aurais pas eu l’envie de te l’offrir… » Et pour ne pas faire durer le suspens plus longtemps, je me lève du canapé où je me trouve, allant dans la chambre à coucher, afin d’aller ledit cadeau. Je le prends avant de revenir dans le salon où je lui tends un livre à la couverture épaisse et les pages remplies. Le fameux livre des aventures offerts il y a très longtemps un soir de Noël. « Tu te rappelles ? » Je demande doucement en le laissant le prendre, le regardant ouvrir les pages. Les premières ne sont consacrées qu’à nous, les photos du Japon, les photos à Los Angeles et en dehors, nos instants chéris ensemble. Ça fait bizarre de se revoir en photo. J’ai toujours préféré ne pas regarder ces instants figés, témoin d’un bonheur que je jugeais avorté et ancien. Désormais, tout a changé et je redécouvre la joie de découvrir nos visages heureux de l’époque. « On était plus joufflu à l’époque, mon dieu… Regarde celle-là, on dirait que j’avais quatorze ans… » Je rigole doucement, en laissant Matthew tourner les pages, observant avec lui. J’ai l’impression que les souvenirs affluent en nous, nous enfermant dans une bulle où j’ai des flashs dans ma tête, revivant ces instants. J’ai même gardé les mots doux qu’on s’envoyait au travail, des petits bouts de papier perdus dans des ouvrages, tout comme il y a des annotations de nous sur les premières photos quand remplir ce livre était juste le bonheur à l’état pur. La main de mon fiancé s’apprête à tourner la page suivante mais je l’arrête tendrement « Les photos d’après ne nous concernent plus après… Je me suis arrêtée là. » Je lui souris doucement. « Après, c’est une toute autre histoire d’amour que j’ai écrite. Ne sois pas trop jaloux… » Et je le laisse voir qu’il s’agit d’Ewan, de ses simples débuts en tant que photo d’échographie, le nez reconnaissable du visage de l’enfant encore moi. Et puis, les rares photos de moi enceinte. Je ne suis pas vaniteuse, je n’ai pas vraiment aimé être prise en photo, surtout que j’étais triste. Mais Molly avait tenu à en prendre, à les imprimer et à les coller sur ce livre. D’ailleurs, on peut y voir son écriture. Et chaque page n’est que l’avancement de la vie d’Ewan, ses instants poupons, ses premiers sourires, ses premiers regards interrogateurs, sa première position assise, ses premiers pas et bien d’autre. J’ai tout conservé, pour moi, pour notre fils.
Et maintenant, pour Matthew.

***

Et finalement, le weekend se finit avec la promesse d'un avenir bien meilleur. Je n'avais pas peur de lui dire au revoir parce que cette fois ci, je savais que c'était pour bientôt. Le départ était imminent. Les cartons avaient été faits et bon nombre de choses avaient déjà été envoyés par avion. Le reste nous devions le prendre avec nous. On avait convenu que je prenne l'avion avec Ewan, Matthew ne pouvait pas venir faire l’aller-retour, pris par ses obligations professionnelles. Ça n’a pas été un souci pour moi et puis, j’ai eu fort à faire avec un enfant surexcité et le chien avec. Autant dire que lorsque le petit s’est endormi durant le trajet, je n’ai pas pu m’empêcher de savourer le calme. Et finalement, le vol s’est passé sans encombre. Forcément, le petit s’est lié d’amitié avec les hôtesses. Elles ont été aux petits soins pour nous. Matthew a tenu à ce que nous voyagions dans le plus grand des conforts, me rappelant les fois où j’ai pris l’avion en compagnie de Matthew. Je suis plus qu’impatiente de le retrouver, de pouvoir être sur le territoire américain, revoir ma famille. Les adieux en France ont été difficiles, c’est vrai. Mais qu’importe, le plus beau reste à venir. Et forcément, onze heures de vol c’est long. Vers la fin, je ne sais pas qui est le plus impatient. Moi ou Ewan, à la différence que j’arrive à canaliser mon excitation. Et finalement, au bout d’un temps, nous arrivons, nous finissons par sortir de l’avion, récupérant une partie de nos bagages et lorsque nous franchissons la porte de sortie de la zone de récupération des bagages, mes yeux cherchent Matthew. « Papaaaaaaaaa ! » Hurle soudain Ewan lâche ma main pour courir vers son père qu’il a retrouvé. Merci sale gosse pour ta valise ! Mais qu’importe le sourire est grand tandis que j’observe le duo s’étreindre, attendrie. Prenant la valise du petit, j’avance vers mes deux hommes et finalement, le cœur se sent entier lorsque je peux enlacer Matthew, l’embrasser avec force. « Bonjour Monsieur McGregor… » Je murmure doucement en le fixant avec dévotion tandis qu’Ewan est déjà lancé pour parler de son premier grand voyage. Mais je n’écoute pas… Mon regard est attiré par autre chose, par un groupe de personne. Ils sont cinq. Ils sont comme dans mes souvenirs, en ayant les cheveux plus grisonnants. Et pourtant, ce sont bien eux. Je me détache de Matthew pour les observer avec la sensation de voir des fantômes. « Maman, pourquoi tu pleures ? » Demande Ewan, mais sa voix me semble si loin et finalement, mes pas se précipitent, voilà que je me mets à courir vers leur direction. C’est sans aucun mot que je serre fort ma grand-mère et mon grand-père dans mes bras. Il y a mon père, Molly et Owen. Mais eux… Je les ai souvent vus de par leurs visites en France. Alors que mes grands-parents, l’attente a été longue. Six ans avant de pouvoir les serrer dans mes bras. Les appels skype n’ont jamais pu remplacer leur affection et leur amour. Aussi, suis-je bouleversée de les revoir. J’en pleure toutes les larmes de mon corps. « Je suis désolée… Pardon… » Ce mot que je murmure en boucle sans arriver à m’arrêter. L’émotion est trop forte pour moi. Et pourtant… Je finis par réaliser pleinement.
Six ans après, je suis à la maison…

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Lun 17 Avr - 11:24

Un mois plus tôt, aurait-il pu penser qu’il se retrouverait en ce 8 juin, dans un parc parisien pullulant d’enfants qui criaient et jouaient, afin de fêter l’anniversaire de son fils ? Il en aurait peut-être ri si quiconque lui avait suggéré l’idée ; bien que Matthew n’était pas homme à rire de beaucoup de choses depuis de nombreuses années. Il se serait sûrement énervé et il aurait répondu de sa froide sévérité. La pauvre personne n’aurait eu aucune chance. Mais aujourd’hui lui prouvait le contraire. Matthew avait un fils ; Ewan. Ce même petit garçon qu’Héloïse portait dans son ventre quand elle avait été chassée d’Amérique. Elle ne le savait pas encore, hélas. Et ce fut le début de nombreux anniversaires manqués pour l’éditeur. Il n’avait pas pu profiter de sa première bougie sur le gâteau, ni même des autres après cela. Et ce, durant six longues années. Aujourd’hui, il avait la chance de pouvoir partager un événement aussi important avec lui. Il se rendait compte du précieux de cette journée. Ce n’était pas seulement le sixième anniversaire d’Ewan, mais c’était aussi un des premiers souvenirs heureux qu’ils allaient partager ensemble. Le premier d’une très longue série. Matthew avait peut-être raté le début, mais il comptait bien profiter de tout ce qui allait suivre, pas à pas. Il serait présent le premier jour où Ewan rentrerait dans son école en Amérique. Il serait là quand sa petite famille allait découvrir leur nouveau foyer. Il serait là pour lui apprendre à parler américain et l’accompagner à chaque moment de sa vie. Plus que jamais, il voulait être ce père exemplaire dont l’enfant avait tant besoin. Ewan le méritait tellement. Il donnait tant d’amour, de douceur, d’enthousiasme et de générosité. En retour, il se devait d’en recevoir tout autant.
Cette fête d’anniversaire lui permettait de voir à quel point son fils était apprécié par ses camarades. Et mieux encore, Matthew découvrait qu’il s’imposait comme étant le leader de cette petite bande. L’éditeur devait l’admettre, il était assez fier de cela, mais ce n’était que par pur orgueil. Il n’en oubliait pas pour autant l’ambition dévorante qu’il nourrissait pour sa progéniture. Par chance, Héloïse serait sûrement là pour calmer parfois ses excès d’excellence. Pour l’heure, il ne songeait pas à cela. Un verre dans la main, il discutait avec les parents des autres enfants présents, réalisant qu’Ewan détenait des admirateurs parmi les adultes. En effet, ils ne cessaient de souligner sa sagacité, sa bonne humeur et sa pertinence. Plus encore, la poitrine de l’auteur se gonflait de fierté. Pas forcément pour lui-même, mais bien pour Héloïse qui avait admirablement bien éduqué Ewan et qui lui avait prodigué l’amour nécessaire pour qu’il soit ce qu’il était aujourd’hui. Elle était une merveilleuse maman, et c’étaient les yeux emplis d’amour qu’il l’admirait parfois à la dérobée ou quand elle prenait la parole. A mesure que les semaines s’étaient écoulées, elle avait repris ce timbre de voix si doux à entendre, comme une symphonie. Son sourire s’était élargi, illuminant la radieuse perfection de ses traits. Ses prunelles s’exprimaient plus qu’un amour infini, un soulagement et une excitation sans borne. Matthew peinait lui aussi à prendre son mal en patience. S’il s’écoutait, il enlèverait Héloïse et Ewan pour les mettre dans un avion avec lui, direction Los Angeles ! Toutefois, il savait que ce ne pouvait être réalisable. Il fallait encore terminer des cartons, faire des papiers, et surtout, Héloïse méritait de faire des adieux décents aux personnages qui avaient comptées lors de ces six dernières années. Matthew n’était pas forcément ravi que son chemin puisse recroiser celui de Marc. Il contenait mal sa jalousie, mais il n’en montrait rien. Après tout, elle lui avait toujours été fidèle et il la croyait. Ce qui n’avait pas été son cas de son côté. Enfin, mieux valait qu’il ne pense pas à cela tout de suite. Il profitait pour l’instant cette journée radieuse au parc. D’ailleurs, Ewan venait d’annoncer le prénom du chien et Matthew n’avait pas su dire autre chose que oui. Aurait-il pu dire autre chose à cette bouille d’ange ? De plus, il s’agissait du chien de son fils, mais ce fut sans compter sur Héloïse qui chuchota quelques mots à son oreille. En effet, courir après un chien en hurlant Obi-Wan Kenobi ne serait pas bien glorieux pour lui. Ou alors un diminutif… Obi ? Il était vrai que l’autorité parentale n’était pas vraiment son fort en ce moment. Bien qu’il soit reconnu comme étant officiellement le père d’Ewan, il n’était pas certain de la place qu’il devait occuper, des décisions qu’il devait prendre et si ses attitudes étaient en adéquations avec l’éducation d’Héloïse. Depuis quelques semaines, il y allait simplement avec naturel et ça semblait convenir, néanmoins, il était parfois hésitant sur certain point. La suite le prouva quand son fils se mit à parler. A parler un peu trop d’ailleurs. Le rire des parents fut une jolie diversion pour ébouriffer les cheveux d’Ewan et l’astreindre au silence. Malheureusement, Héloïse avait déjà tout entendu et s’en offusquait. Le poète se tourna vers sa fiancée, un grand sourire aux lèvres. Ce genre de sourire qui est censé éteindre le moindre courroux. Et durant quelques secondes, ce fut comme si c’était le sourire d’Ewan qui était greffé sur les lèvres de son père. Ou l’inverse. Disons qu’ils se ressemblaient énormément. Une échappatoire s’offrit à lui quand son téléphone sonna. Il s’excusa auprès du groupe, prenant cet appel qui était censé être urgent. Il s’empêcha de rager auprès de ses employés qui l’avaient appelé pour rien, trop heureux de ne pas être obligé de quitter la France en catastrophe. Il allait revenir au cœur de la fête quand deux bras encerclèrent tendrement sa taille. Ces moments d’intimité et de douceur, Matthew les chérissait avec une ferveur nouvelle. Depuis qu’il avait cru perdre sa dulcinée pour toujours, il savait combien chaque geste, aussi discret soit-il, était précieux. Les paroles d’Héloïse, remettant parfaitement en cause ses soi-disant premières approches poétiques, le firent rire. Leur première rencontre paraissait si loin, comme parvenue d’une toute autre réalité, mais l’auteur s’en rappelait chaque détail à la perfection. « Et je te prenais pour une sombre idiote. Une sombre idiote avec un beau derrière malgré tout. Mais ne t’en fais pas, j’ai aussi pris le temps d’étudier le reste de tes courbes ce jour-là. » Un sourire taquin sur les lèvres, il s’amusait à parler en goujat. Dans le fond, c’était ce qu’il était à l’époque. Il se souvenait de cet entretien, mais aussi de la rudesse avec laquelle il l’avait traitée, bien qu’elle avait rapidement éveillé son intérêt et son amusement. Evidemment, il ne s’en doutait pas une seule seconde, et même aujourd’hui, Héloïse en doutait encore quand il évoquait cette partie de l’histoire. Dès le premier jour, une certitude s’était ancrée en lui sans qu’il ne s’en rende véritablement compte : mais cette brunette allait changer sa vie. Et ce fut le cas. Elle l’avait métamorphosé à un point que Matthew ne reconnaissait plus sa vie d’antan. La regrettait-il ? Pour rien au monde. Il n’aurait pu être plus heureux qu’en cet instant. Le passé lui semblait bien fade. Mais il était bien présent car ce parc lui rappelait sensiblement un souvenir d’enfance où sa route avait croisé celle d’une jeune Française au caractère bien trempé quand il fuyait son père. Une fillette qui lui évoquait Héloïse. Il s’amusa d’ailleurs que sa fiancé se prenne au jeu et extrapole jusqu’à suggérer qu’ils avaient pu se rencontrer et jouer ensemble. « Je ne martyrise jamais personne. » Mais en voyant le regard sans équivoque d’Héloïse, il se reprit. « Du moins, pas enfant. J’étais juste comme on m’avait éduqué ! » Ce qui ne réfutait en rien la théorie du petit prince, mais Matthew appréciait difficilement qu’on l’expose en petit prince. Il oublia le reste quand elle évoqua de nouveau leurs débuts ensemble. Visiblement, elle s’amusait du fait que Matthew avait prétendu à son fils que la poésie lui avait permis de séduire sa mère. Entièrement faux. Du moins, pas au début. A vrai dire, il se demandait parfois ce qui avait bien pu rendre Héloïse si attirée au départ alors qu’il n’était qu’un idiot prétentieux. Mais il savait combien l’amour ne s’expliquait pas. « Evidemment que je ne lui ai pas dit la vérité ! Imagine que je lui raconte et qu’il pense qu’être froid, cynique et prétentieux fonctionne mieux sur les filles que de lire des vers de Rimbaud, il arrêterait le moindre effort. Je protège les futures filles sur qui il jettera son dévolu ! » C’était à moitié vrai, bien qu’il imaginait difficilement son fils devenir un goujat. Il était bien trop entouré d’amour et d’humilité pour que son caractère change aussi brusquement. Un sourire fendit ses lèvres avant qu’il ne vienne capturer ses lèvres. « Mais je te rappelle que je t’ai fait de la poésie malgré tout. Tu n’as jamais eu à t’en plaindre… » Ou encore cette chanson qu’il avait composée spécialement pour elle. Rien n’avait été trop beau pour lui signifier l’étendue de son amour. C’était avec la poésie qu’il lui avait enfin montré son vrai visage. Le visage d’un homme qui savait aimer malgré tout…

***

Un grand soupir s’échappa des lèvres de Matthew quand il s’écrasa sur le canapé du salon. Héloïse ne tarda pas à le rejoindre, tout aussi éreintée que lui. Être parent n’était pas un job de tout repos, notamment quand il faut préparer un anniversaire avec autant d’enfants. L’éditeur n’était pas habitué à ce genre d’événements, mais il devait admettre que cela lui avait plu. « Oui, c’était un très beau anniversaire. Mais je ne languis pas encore l’année prochaine. » Il fallait admettre que c’était du sport. Puis tout aurait changé d’ici-là. Ils seraient en Amérique, Ewan aurait d’autres amis. Mais cette fois-ci, sûrement la fête pourrait-elle plutôt se dérouler dans leur maison. Après tout, elle était si grande. Matthew haussa un sourcil quand sa fiancée quitta la chaleur de ses bras, prétendant avoir un cadeau. « En quel honneur ? » En guide de réponse, il obtint un sourire malicieux de la part d’Héloïse. Elle revint rapidement, un ouvrage entre les mains. Il fallut peu de temps à Matthew pour le reconnaître. Le voir lui fit un léger pincement au cœur. Malgré tout, il sourit. « Je me doutais bien que c’était toi qui l’avait récupéré… » Ce fameux livre qui avait disparu en même temps qu’Héloïse et tous ses souvenirs. Il n’avait plus rien à chérir… Mais tout cela changeait désormais, et c’est avec nostalgie plus qu’avec amertume que ses doigts caressèrent la surface rugueuse de la couverture. L’avoir de nouveau entre ses mains était surréaliste. Cet ouvrage était le cadeau d’Héloïse pour leur tout premier Noël. Il regroupait toutes les étapes de leur histoire, des souvenirs heureux inscrits sur le papier. Le secret de leur histoire était confessé entre les pages de ce livre. S’y replonger après autant d’années amena une vague de tendresse. Tous les deux, ils profitèrent de ces souvenirs si chers et si précieux. « C’est vrai que tu n’avais même pas vingt-deux ans… Ou tout juste. Tu étais presque une gamine. » Face à lui qui était bien plus vieux. Elle étudiait même encore alors qu’il avait dit adieu à l’université depuis un moment. Désormais, ils avaient tous les deux bien grandis. Ils étaient de véritables adultes. Quand sa fiancée évoqua une autre histoire d’amour, une légère pointe de jalousie assaillit Matthew avant qu’il ne se doute de ce qui allait suivre. Ewan. Silencieusement, il se plongea dans ces souvenirs qui n’étaient pas les siens et qui lui avait été arrachés. Sur chaque photo, il s’imaginait qu’il aurait pu y être. Présent lors de l’accouchement. A ses côtés à la maternité. Sur la photo lors de ses premiers pas, de ses premiers mots, de ses premiers sourires. Tout était douloureux à voir, mais il était enveloppé de la tendresse d’Héloïse pour surmonter cela. L’histoire avait continué de s’écrire, mais uniquement à deux. Entre Ewan et Héloïse.
Désormais, l’histoire s’écrirait à trois.

***

« Héloïse aura besoin de vous… » C’était avec ces mots que Matthew avait trouvé le courage de s’adresser au reste de la famille Bennett. Il lui avait fallu beaucoup de bravoure pour oser se représenter à eux de la sorte, après six années où, par sa faute, ils avaient été séparés d’Héloïse. Il ne savait pas bien ce qu’elle leur avait raconté au sujet de son départ précipité vers la France, de la manière dont ils avaient pris la chose ou encore de la responsabilité qu’ils faisaient échoir sur les épaules de l’auteur. L’anglais comptait se plier sans mal à la culpabilité qui serait la sienne, mais ce fut sans amertume qu’il avait été reçu. Avec un certain soupçon d’émotions… Cet accueil moins catastrophique qu’il n’aurait pu le penser, il le devait en partie à Molly. Certainement parce que c’était elle qui comprenait le mieux toute cette histoire… Toujours était-il que l’éditeur savait combien Héloïse aurait besoin de la présence de toute sa famille. Ses grands-parents, son père, sa sœur, Owen… Il avait souhaité qu’ils soient tous là lorsqu’ils débarqueraient en Amérique. Et ils avaient répondu à l’appel.
Voilà un long moment que Matthew avait dû rentrer à Los Angeles pour des raisons professionnelles. De toute manière, malgré le chagrin de sa fiancée et d’Ewan, il savait que cela n’aurait pu durer plus d’un week-end. Depuis, il s’occupait l’esprit en travaillant plus que de raison, en préparant soigneusement leur arrivée et en traitant la paperasse administrative qu’Héloïse ne pouvait pas faire, perdue au milieu de ses cartons et de ses au revoirs. Désormais, il n’avait plus qu’une hâte ; qu’ils atterrissent.
Ils étaient tous étrangement fébriles à l’aéroport. Molly et Matthew laissaient clairement transparaître leur impatience, mais ce n’était pas le cas du reste de la famille. Notamment chez la grand-mère d’Héloïse où il décelait une légère pointe d’émotions. L’éditeur lui avait brièvement pris la main avec tendresse. « Tout va bien se passer… » Et durant les minutes qui suivirent, ce fut un long silence avant qu’un cri de joie ne se fasse entendre. Matthew ne se lasserait jamais d’entendre son fils hurler papa à tout bout de champ. Un large sourire sur les lèvres, il s’accroupit pour réceptionner l’enfant dans ses bras qui s’y jeta comme un boulet de canon. Il se greffa à son cou comme un koala. « Tu m’as manqué, bonhomme. » Il avait envie de hurler de bonheur, complètement heureux qu’Héloïse et son fils le rejoignent enfin en Amérique pour ne plus jamais partir. Plus d’avion à prendre. Plus de rendez-vous à manquer. Juste une famille qui se retrouvait. Matthew quitta un instant les bras de son fils pour retrouver ceux plein de tendresse de sa fiancée. « Bonjour Madame McGregor… » murmura-t-il avec la même émotion, capturant ses lèvres. « Héloïse… je ne suis pas venu seul aujourd’hui. » Mais déjà, le regard de sa belle déviait pour remarquer l’attroupement derrière l’éditeur. Ils étaient tous là, le cœur pétri d’émotions à contempler cette fille revenue enfin parmi les siens. Il sentit Héloïse perdue dans ce qu’elle ressentait à présent, dans ses souvenirs heureux. La voix d’Ewan se fit entendre, soucieux de voir sa mère pleurer. Matthew le souleva dans ses bras, parlant tout bas pour lui. « Ce n’est rien, Ewan. Elle pleure parce qu’elle est heureuse. Ces gens que tu voies, c’est sa famille. Et c’est aussi la tienne. » Buvant les paroles de son père, Ewan parut comprendre et il se serra un peu plus près de Matthew tandis qu’ils observaient tous les deux le spectacle de ces retrouvailles. « Alors petit bout de chou, on ne dit plus bonjour à sa tatie préférée ? » Molly s’était approchée, les poings sur les hanches avec un air faussement courroucé. Pour la tatie préférée, elle devrait tout de même affronter June et Rose qui risquaient de ne pas se laisser faire après avoir rencontré Ewan. D’ailleurs, il avait hésité à convier ses sœurs et sa mère aux réjouissances, mais il se disait chaque chose en son temps. Pour l’heure, Héloïse avait besoin de revoir sa véritable famille. Ils auraient bien assez de temps pour renouer auprès du reste des McGregor. Ewan fila dans les bras de sa tante tandis que Matthew s’approchait d’Héloïse qui s’était détaché de ses grands-parents et de son père, mais pleurait toujours d’émotions. Il déposa un baiser sur sa tempe. « Bienvenue à la maison… »

***

Ils n’étaient pas rentrés directement à la maison. A vrai dire, Matthew aurait aimé que le repas se déroule dans la maison qu’il avait achetée pour son fils et sa fiancée, mais la grand-mère Bennett avait tant insisté pour s’occuper de tout qu’il n’avait pas eu la force de résister. Six ans plus tard, Héloïse s’apprêtait ainsi à franchir de nouveau sa maison de famille. Matthew s’était occupé de charger les valises dans sa voiture avant d’aller chercher le chien qui avait voyagé autrement. Ewan avait eu du mal à se concentrer sur autre chose que cette boule de poil qui sautait dans tous les sens. Héloïse avait installé le petit dans la voiture car Matthew avait pris soin d’acheter un rehausseur pour Ewan. Ainsi, à deux voitures, ils arrivèrent à cette maison qu’ils connaissaient tous les deux très bien. Même pour l’éditeur, elle possédait une valeur particulière. C’était là qu’il avait fêté l’un de ses Noël les plus heureux, qu’il avait appris le sens du mot famille et qu’il avait retrouvé Héloïse avec délice un nombre incalculable de fois. Sa main avait tenu fermement celle de sa fiancée tandis qu’elle traversait avec appréhension le jardin pour finalement retrouver la deuxième maison de son enfance. Rien ne paraissait y avoir changé. Même la chambre d’Héloïse était toujours là, intacte. Matthew avait suivi sa fiancée tout le long où elle détaillait à Ewan chaque aspect de cette maison, ses souvenirs, n’omettant pas le rôle crucial de Panpan dans cette grande vie de famille.
Midi étant largement passé, il fut l’heure de se mettre à table. La grand-mère d’Héloïse avait tout prévu, et même un peu trop. Une vraie mamie en somme qui ne cessait de couvrir son petit-fils d’attention. D’ailleurs, il fut l’une des plus grandes attractions de ce repas. Il ne cessait d’agrémenter les discussions de ses anecdotes et de son enthousiasme débordant, obligeant tout le monde à se plier au français. Et quand ce n’était pas lui qui parlait, il s’agissait d’Héloïse et Matthew qui répondaient aux multiples questions sur leur avenir, sur la manière dont allaient s’organiser les choses dans le temps. Ils y répondaient avec une quiétude déconcertante. Sa fiancée elle-même n’arrêtait pas de poser mille questions pour s’enquérir de l’état de tout le monde, pour prendre des nouvelles de vive-voix. Matthew ne l’avait jamais vue aussi excitée et radieuse. Sa main se glissa un instant dans la sienne. Même après le repas fini, il n’osa jamais donner le top du départ. Il souhaitait que ce soit de l’initiative de sa fiancée, ne voulant pas l’extraire à sa famille trop vite. Ils restèrent donc une bonne partie de la journée à la maison des Bennett. L’après-midi, Owen et Matthew profitèrent du beau temps et du grand jardin pour entraîner Ewan dehors afin de jouer avec le chien, ou encore au ballon sous le regard attentif du reste de la famille. Héloïse ne sembla se décider qu’en fin d’après-midi pour qu’ils rentrent chez eux afin de se reposer du voyage, assurant de leur prochaine visite. Il fut donc l’heure de dire au revoir à tout le monde. Avec surprise, la grand-mère de sa fiancée l’étreignit avec une intensité émue qu’il ne lui connaissait pas encore. « Merci. Merci pour tout. » Il ne savait pas bien à quoi il devait ces remerciements. Au fait de l’avoir ramenée ici ? Il avait du mal à s’imposer en héros dans cette histoire. Il s’imaginait plutôt être le fautif, mais durant un instant, dans les bras de cette vieille femme, la culpabilité s’envola pour lui faire réaliser qu’il était autant victime qu’Héloïse. Cela lui fit du bien. Bien plus que de bien qu’il n’aurait pu le penser. Le cœur plus léger, ils se retrouvèrent tous les trois dans la voiture et il prit le chemin de leur nouvelle maison. Prenant la main de sa fiancée dans la sienne, il échangea un regard empli d’amour avec elle. « Tu es prête à découvrir ta nouvelle vie ? » Une nouvelle maison. Une nouvelle vie. Un nouveau départ tous ensemble.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Lun 24 Avr - 17:28

Ce livre a suivi toute ma vie depuis ce départ. En passant par ces débuts si timides et emplis de terreur. Je me revois à chaque fois, débouler dans ce bureau, complètement mal à l'aise et à côté de mes pompes. Une semaine que j'attendais que le fils McGregor daigne se ramener et moi, j'étais dans son bureau comme une cruche, ne sachant pas si je devais m'énerver ou bien me mettre à pleurer. La rencontre a été marquée par la chute de ma boucle d'oreille. Et comme l'a toujours dit Matthew, il a d'abord fait connaissance avec mon derrière. Pourtant, il n'y a jamais eu de photos de ce qu'il a d'abord été. Cet être froid et prétentieux : il se prenait un peu trop pour la huitième merveille du monde. Et je me souviens encore de tous ces mauvais ressentis éprouvés à son égard. De la colère. De l'amertume. Et surtout une incroyable attirance derrière laquelle j'ai préféré me dissimuler vers de fausses idées en essayant de me l'imaginer gay. Mais quand bien même, c'était impossible. Je sentais que je luttais en vain. Et il était trop facile de se perdre dans la contemplation de son visage parfait, d'apprendre ses expressions, l'observer à la dérobée, être dos à moi. Admirer son corps aussi Mais de façon fort peu lubrique Heureusement qu'il était assez salaud pour me rappeler que je devais, SURTOUT, le détester. Mais c'était difficile. Je ne l'aimais pas, autant que j'en étais folle. Il était si parfait, si merveilleux et si autoritaire. Quand bien même, je ne cessais de lui montrer que j'en avais dans la tête, que le cran se dissimulait sous la muraille de la timidité, que je pouvais avoir une tonne de boulot, je remplirais ma part du travail. J'allais lui montrer que chez les Bennett, on était surtout tenace. Il ne fallait pas abandonner. Non... Pas face à cet être imbu de sa personne, si beau mais si stupide. Mais ça pour être beau... Il peuplait mes rêves et mes songes les plus secrets. J'étais folle amoureuse de mon patron. Et petit à petit.... Tout avait pris une tournure singulière. L'espoir avait fait son irruption, me rappelant que je pouvais encore y croire. À quoi ? À l'idée étrange que cet homme pouvait ressentir quelque chose pour moi ? Il était si doux pourtant, plus souriant. Derrière le masque de froideur, je découvrais quelqu'un de passionné, prêt à vouloir me garder et surtout, qui me faisait entièrement confiance quand j'en manquais cruellement pour moi. Et le bal confirma que cet amour brûlait trop fort en moi. Et pourtant, je me laissais être sa compagne, je me laissais prendre à la compassion face à un être que le suicide de sa soeur avait démuni. Et ce baiser... Notre baiser. Le début de tout. Les instants de doute après le bonheur fugace d'avoir goûté à la saveur si particulière de ses lèvres. Et finalement, la peur avait été trop immense. Malgré tout, l'amour triompha. Et vivre cet amour était si enivrant et libérateur pour l'âme jusqu'à la chute, l'issue vers le néant. J'étais si mal sans lui, j'avais l'impression de ne plus être moi-même. Le départ avait tout détruit, ces rêves de vie commune où nous aurions été ensemble pour toujours. J'avais tout détruit en n'ayant pas eu la force d'affronter mon père. Peut-être n'avais-je pas cru en la force de Matthew. Pourtant, si j'avais douté de moi, l'amour nous sauva encore une fois. Et aujourd'hui, nous en sommes les spectateurs tout en étant les acteurs de ce bonheur si pur et si simple. Même si ça a pris six ans. Je suis émue de lui remettre ce livre et de partager ces souvenirs avec lui. Ces souvenirs qui ne sont pas les siens et pourtant, qui lui appartiennent tout autant. C'est son fils. « J'ai hâte de le continuer avec toi. » Je finis par dire doucement. « Nous allons avoir des tas de choses à écrire. » Des tas et des tas. J'y tiens. Avec Matthew. Avec Ewan. Le futur nous appartient. 

***

Et ce futur se manifeste finalement. Le départ arrive finalement et tout est bouclé. J'ai pris le temps de faire mes adieux à la France avec Ewan. Il a été gâté, tout content de raconter à qui l'écoute qu'en Amérique, il a un père « trop cool » qui l'attend. Nous sommes un peu tristes de quitter Ernest : il a été si bon avec nous. Et puis, il y a les parents d'Audrey ainsi que cette dernière. Ça a été difficile de leur dire au revoir tout en sachant que la perte aura été une merveilleuse grande sœur pour mon fils. Je ne sais si nous les reverrons bientôt mais j'y crois. Plus que jamais. Néanmoins, l'envie de partir et de retrouver Matthew est plus forte que tout. Y compris ma famille. Et quelle n'est mon émotion lorsque je finis par tous les revoir. Forcément, mes pleurs ne peuvent être retenus alors que je m'effondre dans les bras de mes grands-parents. Ces derniers me serrent tendrement dans leurs bras et j'entends ma grand-mère me murmurer tendrement: « Ne le sois pas ma chérie. J'en suis certaine que tu avais de bonnes raisons d'agir ainsi. Tu es là, c'est le plus important. » Ces mots ne suffisent pas à combler la peine immense mais la joie est là et je finis par me détacher d'eux pour retrouver Matthew. Ses mots m'arrachent un sourire tandis que je m'essuie les yeux furtivement. « Comme ça fait du bien de rentrer et de te retrouver. » Je finis par dire doucement, souriant à ma soeur, Ewan dans ses bras. Il rencontre en vrai ses grands parents pour la toute première fois. Forcément c'est le chamboulement pour lui. Pourtant, ce n'est que le début d'une vie heureuse. De l'aéroport, nous finissons par arriver chez mes grands-parents. ça a changé en six ans ou alors je n'ai plus l'habitude. Pourtant, je me sens comme un poisson dans l'eau tandis que j'entre dans ce qui fut ma demeure durant un long moment. Les odeurs de cuisine sont là. Cependant avant de passer à table. Je souhaite montrer à Ewan ce que fut ma vie autrefois accompagnée de Matthew et de Molly. C'est comme avant. Tout ce qui fait que j'ai été une étudiante rêveuse un beau jour. J'ai pu montrer plein de choses à un Ewan curieux. Néanmoins, je n'ai pu m'empêcher de fusiller du regard ma soeur et mon fiancé lorsque ces derniers échangèrent quelques paroles sarcastiques au sujet de Panpan. « Dans le fond, vous l'adorez mais vous n'arrivez pas à l'assumer ! » Je rétorque d'une voix faussement boudeuse que le sourire contredit. On continue ainsi jusqu'à ce qu'il soit temps de passer à table. J'avais presque oublié tout cela mais qu'importe, c'est si agréable. Ewan est au centre de toutes les attentions, fort occupé à raconter les moindres détails de son existence avec mon grand père attendri et amusé du bagout de l'enfant. Le reste n'est que profusion d'amour où je pose des questions sur la famille, sur les gens nous entourant. Les choses changent tellement en six ans. Mais l'amour est le même et les regards n'en demeurent pas moins tendres. Owen et Matthew finissent par jouer au ballon avec Ewan et le chien. Ce dernier n'est que cri de joie et grandes exclamations. « C'est là un spectacle bien envoûtant. » Me dit ma grand mère tandis que nous sommes installées sur le jardin d'été, regardant l'enfant avec une tendresse plus qu'évidente. « Je suis vraiment heureuse que le destin vous ait réuni à nouveau. Ils ont l'air de si bien s'entendre tous les deux. » - « Je suis d'accord avec toi mamie. Et puis, je pense que ce lien existe entre eux depuis toujours. Quand ils se sont rencontrés la première fois, c'était l'évidence même. » Et je songe à ce matin où je les ai retrouvé dans cette cuisine en train de se découvrir. Ewan est simple, il aimé tout le monde mais je sais aussi que Matthew aura eu une place plus importante dès le départ. Le début d'une tendre complicité qui m'émeut, que je contemple tandis que le père et le fils sont déjà en train de se liguer contre Owen pour gagner. On ne peut s'empêcher de rire face au spectacle attendrissant. Ce n'est que lorsque je vois Ewan bailler à profusion que je me dis qu'il serait temps de partir. Forcément, les adieux ont un soupçon de douleur mais on se promet de se revoir vite. De toute façon, tout sera mieux par la suite. Et finalement, nous finissons par nous en aller, Ewan installé. On démarre dans le silence évocateur de ce bonheur muet mais touchant. La main de Matthew se trouve dans la mienne. Et lorsqu'il me demande si je suis prête à ma nouvelle vie, je ne peux que lui renvoyer un sourire éclatant : « J'ai tellement hâte si tu savais... » Je prends à parti un Ewan bien silencieux « Et toi petit coeur ? » Mais je n'ai que pour unique réponse que le silence, tandis que je tourne la tête l'observant en train de dormir à poings fermés. « Et bien je crois que le décalage horaire et cette journée l'ont achevé. » Je ris doucement avant de me recentrer sur la route me rendant compte que nous sommes dans le quartier de Beverly Hills. Je tourne la tête de tous les côtés essayant d'obtenir de Matthew des indices mais il ne laisse rien échapper, bien trop désireux de me laisser avoir la surprise jusqu'au bout. Finalement, on arrive et j'observe toute émerveillée la maison toute belle nous attendant. Je sors en compagnie du chiot venant vers Matthew pour me jeter dans ses bras. « Elle me plaît beaucoup déjà !! » Je l'embrasse avec tendresse avant qu'on ne sorte Ewan pour le prendre dans nos bras. Il ouvre un œil mais le renferme aussi vite. Je crois que le voyage, l'après midi l'a rendu ko. Qui plus est dans l'avion, il n'a pas dormi une seule fois bien occupé à charmer les hôtesses. Nous entrons et mon cœur bat fort si ce n'est que je tombe amoureuse de la maison. Elle est décorée avec goût, elle nous attend. Le salon est grand et je suis toute émerveillée de voir une bibliothèque immense et le piano. Cet homme a pense à tout. Vraiment tout. Je dépose Ewan dans le grand canapé et c'est avec Matthew que nous finissons par visiter les autres pièces en passant par la cuisine et les chambres à l'étage. Le jardin est grand et j'ai déjà hâte d'y voir notre fils grandir et évoluer. Sur la terrasse, je souris à Matthew « C'est magnifique et tu es fou. » Je rose doucement. « Complètement fou ! Mais j'adore ! Vraiment ... C'est notre  chez-nous. Elle est à notre image. » Et à ses mots, pour confirmer mes dires, je l'embrasse tendrement entouré de cet amour que nous savons si bien transmettre. 
C'est le départ d'un tout et la continuité de ce rendez-vous. 

***

Et la vie américaine reprend ses droits. C'est d'autant plus différent que je me sens encore plus heureuse qu'en France. J'ai l'impression de revivre. Le quotidien avec Matthew s'instaure naturellement. À croire que nous avons toujours vécu ensemble ou que nous étions faits pour l’être. C'est si simple pourtant. Et les jours se succèdent dans un bonheur qui m’émeut tellement. Je suis le jour et la nuit avec celle que j’ai pu être en France, redevenant celle que l’enthousiasme domine chaque jour. J’observe mon quotidien dans un silence attendri surtout quand c’est mon fils avec son père, ce spectacle si beau, si rare et pourtant qui est notre vie à nous. Tous les trois, ensemble. Ewan s’est fait à sa nouvelle vie. Ça n’est pas toujours évident. Il y a des moments où il a le cafard, où il me réclame Audrey pour jouer avec, où il est un peu perdu face aux gens parlant cette langue qu’il ne maîtrise pas. Mais quand bien même, il n’en demeure pas moins tenace, arrivant à tourner son monde quand bien même, les gens ne le comprennent pas toujours. Nous sommes là, avec lui. Nous le lâchons pas d’une semelle et veillons à ne jamais le lancer dans l’incompréhension. C’est tellement primordial pour nous qu’il puisse s’adapter. La reprise du travail n’est pas immédiate. Pour l’instant, je préfère être avec Ewan pour bien lui laisser le temps de s’habituer à tous ces changements. Ensuite, il ira dans cette école française que Matthew lui a dégoté. Mais ce sera à la rentrée car pour l’instant, les vacances d’été sont là. Quand bien même, nous bougeons beaucoup quand Matthew est au travail. Il passe ainsi beaucoup de temps avec ma famille, il a fait connaissance de June et Rose qui, forcément, sont tombées amoureuse de ce neveu si adorablement mignon. Forcément, face à mes belles-sœurs, Ewan a usé encore et toujours de ses charmes d’enfant dont lui seul a le secret. Et la vie me semble si belle. C’est d’ailleurs ce jour-là, où je me décide à lui montrer l’endroit où travaille son père. Une surprise en soi. Mais notre quotidien l’est toujours. Rythmé par l’envie de faire plaisir à l’autre, de voir l’enfant être heureux tout en veillant à ne jamais franchir les limites qui pourraient le rendre gâteux, nous profitons tout simplement. Ainsi, c’est le cœur battant un peu fort que je franchis les portes de ce qui fut le début de beaucoup de choses. L’émotion est là et je suis toute surprise de voir la réceptionniste me reconnaître immédiatement. S’ensuit un échange de banalités où la main d’Ewan reste greffée à la mienne. Nous avons laissé Lucky à la maison pour l’occasion. Et pendant que je suis occupée à rester polie tout en échangeant quelques mots, Ewan finit par attirer mon attention de son regard interrogateur. « Maman. Il travaille dans quel bureau, papa ? » C’est ce qui pousse la réceptionniste Maddie à me questionner quant à l’objet de ma visite « Et pourquoi, viens-tu Héloïse, souhaitais-tu voir quelque chose en particulier ? » Ce à quoi, je lui réponds : « Et bien, je viens voir Matthew.. Enfin, Monsieur McGregor. » Je finis par dire d’une voix mal assurée, non pas que je me sens gênée de l’appeler par son prénom. Mais je me souviens qu’à l’époque, je n’étais que la stagiaire, je n’étais rien d’autre et que l'usage voulait que ce soit Monsieur McGregor, Matthew n'était que l'utilisation évocatrice de notre intimité. « Attends, je vais voir s’il est disponible. » Elle sourit et ajoute dans la confidence « Tu te souviens de cette époque hein… Il ne supporte toujours pas les visites à l’improviste. » - « J’ai quelques souvenirs, en effet. » Un sourire craque mon visage et je la laisse me traiter comme la plus ordinaire des arrivantes. « Monsieur McGregor, je suis infiniment désolée de vous déranger mais j’ai mademoiselle Bennett qui est là et souhaite vous voir. Vous vous souvenez de cette petite stagiaire ? Et bien, elle est là. Et elle a bien grandi.. » Je ne peux m’empêcher de rire. Quiconque se serait sans doute offusqué. Mais Maddie a toujours été gentille avec moi et forcément, elle n’est au courant de rien. Pas même que je vais travailler ici à nouveau. « Et sinon, que deviens-tu ? Tu vis toujours ici ? Et c’est ton fils ? Comment s’appelle ce petit bout de chou ? » Me demande-t-elle avant de se tourner vers Ewan qui ne la comprend pas. Je me penche vers lui pour traduire le tout à son oreille jusqu’à ce que le visage du petit s’éclaire et qu’il s’empresse de répondre : « Oh moi c’est Ewan Bennett. J’ai six ans et je parle uniquement le français. Ma maman c’est la plus jolie et mon amoureuse c’est Emilie mais elle est restée en France, mais Maman va lui envoyer toutes les poèmes que je lui écrirai. » Je crois que Maddie n’a pas compris un brin de ce boulet de canon venant de parler à la vitesse d'une météorite. C’est alors qu’il se met soudain à hurler « PAPAAAAAAAAAAAA ! » En se mettant à courir en direction de Matthew arrivant vers nous, perdant ainsi par la même occasion une Maddie qui semble ne plus rien comprendre de la vie comme les salariés qui se trouvent là. Moi, je me contente de sourire tendrement à ce si beau duo tandis qu’Ewan fait son petit McGregor « Faut que tu dises à la Madame là que moi je ne comprends pas l’anglais encore. Heureusement que Maman me traduit. Mais quand même. » Il finit par coller son petit visage contre la joue de son père et ajoute « Tu me manquais trop. »

 
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Lun 1 Mai - 16:44

Matthew découvrait le bonheur d’être enfin réuni avec les personnes qui comptaient le plus pour lui ; à savoir sa fiancée et son fils. Désormais qu’Ewan et Héloïse avaient posé le pied en Amérique, il détenait cette certitude qu’ils ne pourraient plus être séparés. Ses obligations professionnelles ne seraient plus obligées de l’arracher à sa famille puisqu’ils étaient venus vivre avec lui. L’existence n’aurait pu être plus douce et pleine de promesses. Il en craignait presque de devoir s’endormir ce soir, se réveillant au petit matin en réalisant que tout cela n’avait été qu’un doux rêve. Mais l’émotion de sa fiancée en retrouvant sa famille n’était pas une création de son esprit. Ni même les sourires flamboyants de la famille Bennett. Et encore le rire de son fils qui fusait en tout instant. Et tandis qu’il était en train de jouer au ballon avec Ewan et Owen, il ne cessait de songer à l’instant où il pourrait enfin montrer la maison de leur rêve à sa famille. Il avait passé de longues semaines à trouver un foyer pour eux. Pour la première fois, il ne pensait plus pour lui-même, mais pour les autres. A une maison sécurisante et chaleureuse pour Héloïse, et à un grand terrain de jeu pour Ewan, où il grandirait, évoluerait jusqu’à la considérer comme la véritable maison de son enfance. Et dans ses douces rêveries, Matthew pensait à un quatrième être qui pourrait peupler cette grande maison. Une pièce déjà toute prête à accueillir une nouvelle vie dont l’auteur ne manquerait pas la naissance, ni même les premiers sourires, les premiers mots, les premiers pas… Il serait ce père qu’il n’avait pas pu complètement être pour Ewan. Mais pour l’heure, il concentrait encore toute son attention sur son fils unique, se délectant de ses rires, de son agitation et de ce bonheur dont il irradiait de se retrouver avec sa famille au grand complet. Désormais, leur quotidien ne serait plus rythmé que par ce bonheur constant, cette vie de famille qui réchauffait le cœur de Matthew et lui redonnait goût à la vie. Durant trop longtemps, il avait arpenté la longue route de la vie avec une âme asséchée et sans saveur. Rien ne le détournait de ses rêves d’ambition, l’unique moteur de son existence. Aujourd’hui, il reprenait goût en toutes ces choses qu’Héloïse lui avait apprises par le passé, comme s’il ne pouvait ouvrir les yeux sans que la jeune femme soit là à ses côtés. Il s’émerveillait de toutes ces choses qu’il aimait autrefois tant. Il parvenait à voir la bonté où il avait arrêté de la voir. Il remarquait à nouveau les plus infimes détails comme étant des trésors si précieux. Il ne voyait plus l’autre comme son ennemi, ni comme un enfer. Il n’avait plus peur d’évoluer dans ce monde, à devoir se protéger constamment. Le bonheur avait frappé à sa porte pour l’extirper de trop nombreuses années d’obscurité et de pauvreté d’âme. Il pouvait respirer à nouveau.

Et c’est le cœur gonflé d’amour qu’il avait embarqué dans la voiture avec Héloïse et Ewan pour qu’ils découvrent enfin leur nouveau foyer. Matthew était terriblement tendu d’excitation, bien qu’il ne montre uniquement cette assurance dont il se parait à chaque fois. L’impatience de sa fiancée le fit sourire tendrement tandis qu’il prenait le chemin vers Beverly Hills. L’auteur avait aussi songé à l’environnement autour de leur maison. Ce quartier était calme et serein, parfait pour permettre à son fils d’évoluer correctement. D’ailleurs, ce dernier dormait à point fermé. « Oui, en même temps, c’est rassurant de voir qu’il y a des moments où il s’arrête. » s’amusa-t-il en songeant à son excitation constante, tout le temps qu’il passait à parler, à s’exprimer sur ce qu’il ressentait, ou simplement à parler de ce qu’il voyait, sans compter le fait qu’il ne ratait jamais une occasion de jouer et de s’amuser. Et enfin, ils parvinrent devant la fameuse maison. Matthew sortit en même temps qu’Héloïse, étudiant les expressions de son visage avec attention. Combien de fois avait-il cru perdre cet éclat dans ses yeux ? Trop de fois. Et il se promettait que chaque jour, il œuvrerait pour ne jamais perdre cet émerveillement qui habillait ses prunelles sombres. Son cœur se serra de bonheur à la voir si heureuse et sous le charme, venant se lover dans ses bras. Il l’étreignit contre lui tendrement, prenant garde au chiot qui se trouvait dans ses bras. « Je l’ai choisi à notre image. » souffla-t-il tandis que ses lèvres se posaient sur les siennes. L’instant d’après, Héloïse prenait un Ewan endormi dans ses bras. Matthew s’occupa d’extraire les valises du coffre sous l’œil attentif du chiot avant de rejoindre Héloïse à la porte d’entrée. Il sortit les clefs de sa poche, laissant à Héloïse le plaisir de découvrir leur foyer. Il se contenter de laisser les valises dans le salon pour l’instant, s’affairant à allumer les lumières alors que la nuit était tombée sur la ville. Il rejoignit Héloïse qui, les mains libres après avoir déposé Ewan sur le canapé, s’adonnait à sa visite. Il ne rata aucune de ses expressions, ayant bien cerné toute son attention qui s’était portée sur le piano et l’immense bibliothèque. Il savait que ce détail éveillerait son émerveillement. Elle inspecta toutes les pièces de la maison sans exception, charmée de tout ce qu’elle voyait. Matthew n’aurait pu en être plus fier, désireux que son fils découvre la maison avec le enthousiasme dès demain matin. Néanmoins, même si Matthew avait pris soin de tout décorer, quelques cartons traînaient çà et là afin de montrer à sa moitié qu’il voulait construire ce foyer avec elle et jamais sans son aval. Leur visite se termina sur la terrasse. « Je suis heureux qu’elle te plaise autant. J’espère que ce sera aussi le cas pour Ewan. » Mais il ne doutait pas qu’il serait content. Il se serait sûrement satisfait d’un mouchoir de poche. Ses mains se posèrent sur ses hanches, la rapprochant de lui. « Désormais, il n’y aura plus d’aéroports, plus de départs. Nous sommes enfin réunis. » De ce chez-eux qui leur ressemblait tant. Ses lèvres se lièrent avec les siennes dans la plus parfaite des évidentes. Il aimait la vie désormais. Il aimait cette vie-là.

***

Il ne pensait pas que ce quotidien s’instaurerait aussi naturellement. Chaque jour était ponctué par cette bonne humeur qui irradiait de bon matin d’Ewan ou d’Héloïse. Matthew n’avait qu’un seul regret : devoir se rendre au travail et les quitter pour le restant de la journée. Leur fils profitait pleinement de ses vacances d’été pour s’approprier la maison, déballer ses cartons et faire de sa chambre son antre. Il nageait désormais comme un poisson dans l’eau, passant le plus clair de son temps dans le jardin avec ce chien qui n’avait pas encore de nom. Malgré tout, il arrivait parfois que le petit garçon se retrouve perdu dans un environnement où personne ne parlait sa langue. L’Amérique était bien différente de la France, et il lui manquait certain repère. C’était surtout Héloïse qui s’en rendait compte et qui en parlait le soir à Matthew. Alors lorsque l’éditeur était présent auprès de sa famille, il faisait tout son possible pour être présent pour Ewan, l’aider à s’adapter et lui enseigner l’américain. Il était un petit garçon intelligent. Il saurait apprendre vite. En tout cas, il était entouré de l’amour de ses parents. Mais aussi du reste de sa famille. Héloïse passait beaucoup de temps avec son fils chez ses grands-parents où elle avait la chance de pouvoir profiter d’eux. Ewan découvrait aussi ce que cela voulait dire d’avoir une véritable famille soudée et aimante. Les attentions de sa mamie savaient toujours lui réchauffer le cœur, et dès que Matthew rentrait le soir à la maison, son fils s’empressait de courir dans ses bras pour lui raconter ce qu’il avait appris la journée et lui montrer les cadeaux dont ses mamies le couvrait. Toutefois, Ewan n’avait pas seulement eu affaire auprès de la famille Bennett. Cela faisait un petit moment que Matthew était venu voir June et Rose pour leur expliquer la situation, leur parler de Jane et surtout, expliquer sa paternité et sa future union avec Héloïse. Bien que la nouvelle avait été choquante, elles s’étaient montrées compréhensives et tendres, accueillant avec amour ce nouveau membre de la famille. Les deux sœurs McGregor n’avaient pas non plus caché leur plaisir de revoir Héloïse qu’elles préféraient nettement à la perfide Jane. D’ailleurs, l’auteur n’avait plus eu aucune nouvelle d’elle depuis leur divorce, et il s’en enchantait. Rien ne venait faire ombrage à leur existence. A ceci près que l’éditeur n’avait pas encore trouvé le courage et l’occasion d’aller parler à sa mère. Il ne savait pas comment entreprendre une telle conversation, ni même présenter un tableau aussi peu flatteur de son père. Malgré tout, il voulait un jour lui présenter Ewan et l’importance de cette nouvelle famille qui était la sienne. De toute manière, avec le mariage, il serait bien obligé de lui expliquer la situation, déjà qu’elle s’était montrée forte surprise, bien qu’étonnement soulagée d’apprendre son divorce avec Jane.
Puis il y avait Héloïse. Héloïse qu’il sentait renaître en Amérique, au sein de sa famille et au cœur de cette maison. Durant les semaines qui suivirent, Matthew s’était amusé de rentrer à la maison tous les soirs pour y découvrir des éléments qui changeaient et qui prouvaient la présence d’Héloïse dans ce foyer. Elle modifiait légèrement la décoration, étoffait les rayons de la bibliothèque de nombreux ouvrages, notamment français, ajoutait sa patte et enveloppait de son parfum subtil chaque pièce de la maison. Le poète était heureux de rentrer chaque soir dans ce foyer qui portait son empreinte et lui prouvait qu’il ne rêvait pas. Il la trouvait changée, et à la fois, fidèlement elle-même. Elle retrouvait cet éclat insouciant et heureux qu’elle possédait quand elle n’était encore que sa stagiaire. Ses traits n’étaient plus aussi soucieux. Ses lèvres s’étiraient pour de longs sourires et son rire clair résonnait souvent, enveloppant le cœur de Matthew de tendresse. Il la retrouvait, pareille à elle-même, mais avec la force et l’assurance que lui conférait son rôle de mère et de maîtresse du cœur de Matthew. Chaque jour, elle embellissait. Chaque jour, elle était plus belle. Chaque jour, il remerciait le ciel de lui avoir rendu cet être si pur et parfait. Chaque jour, il réalisait que six ans n’était pas grand-chose face à une vie emplie de ses sourires, de ses mots, de ses caresses et de son amour.

Matthew était une fois de plus allé travailler aujourd’hui. Il avait quitté la chaleur des draps où Héloïse dormait encore, une expression paisible sur le visage. Opérant avec la même discrétion tous les matins, il avait inspecté la chambre de son fils, voyant que le sommeil l’étreignait encore. Il n’y eut que la présence de Lucky qui fut sa compagne quand il descendit de l’étage. Ce petit chiot avait enfin un nom suite à un long débat animé que la famille avait eu un soir. Et il se trouvait désormais au bureau, se plongeant dans sa masse de travail afin de ne pas se laisser complètement dévorer par son impatience de rentrer le soir retrouver sa famille. Il languissait qu’Héloïse vienne de nouveau travailler avec lui à la maison d’édition. Ils se souvenaient de leur complicité au travail et il souhaitait retrouver cela désormais. Alors quel ne fut pas sa surprise quand, dans l’après-midi, il entendit Maddie annoncer l’arrivée de sa fiancée. Il avait d’abord froncé les sourcils avant qu’un sourire ne pare ses lèvres. Il s’amusa que sa secrétaire s’adresse à lui comme s’il ne se souvenait plus bien d’Héloïse. Effectivement, elle avait bien grandi. Et aujourd’hui, elle peuplait son quotidien. Il remercia Maisie, quittant son bureau en laissant tout en plan pour se diriger vers l’accueil de la maison d’édition. Il ne fut pas sitôt dans le champ de vision d’Ewan que ce dernier se jeta comme un boulet de canon vers lui en hurlant « papa ». Il souleva son fils dans ses bras, ne prêtant aucunement attention à tous les regards de ses employés qui se tournaient vers lui, perdus et choqués. Il rit aux paroles de son fils, se laissant ensuite envahir par sa tendresse. « Tu me manquais aussi bonhomme. » Il s’approcha d’Héloïse, se penchant pour venir l’embrasser sous les yeux écarquillés de Maisie. Matthew s’adressa ensuite à elle. « Merci de m’avoir prévenue Maisie. Il ne faut pas en vouloir à mon fils, il ne parle pas encore anglais. » - « Votre… fils ? » Son expression décomposée le fit encore plus rire. Depuis quelques temps, les ragots tournaient autour de son divorce, désormais, ce serait son fils. Il glissa sa main derrière la taille d’Héloïse pour la rapprocher de lui. « Et je suppose que je n’ai pas à présenter Héloïse, la future Madame McGregor. » Elle secoua la tête, sans trop savoir quoi dire. Sûrement cela faisait-il un peu trop d’informations à la fois. Il lui demanda ensuite de lui annuler tous ses rendez-vous de l’après-midi. Il ne se souvenait pas en avoir foule, et quand bien même, ils n’étaient pas d’une importance primordiale en concurrence avec la visite de sa famille. Il remonta dans son bureau, son fils dans les bras et Héloïse à ses côtés. « Tu te lances dans les surprises maintenant ? » lança-t-il à la brune, utilisant le français pour ne pas dérouter Ewan. Il déposa d’ailleurs ce dernier à terre une fois qu’il fut dans le bureau. Il se mit à vagabonder de partout. « C’est ton bureau, papa ? Ce qu’il est graaand ! » Tout émerveillé, il s’amusait à explorer chaque recoin tandis que Matthew se rapprocha d’Héloïse. « Tu crois que Maisie s’en remettra ? » La pauvre était une gentille employée, mais elle était un peu simple. D’ordinaire au courant des derniers ragots, elle venait d’être terrassée par le scoop. Ewan revint se coller dans les jambes de son père. « Dis papa, c’est toi le chef de tous ici ? » Pas peu fier, il hocha la tête. « Oui. Je suis le grand patron. » - « Alors ça veut dire que je le suis aussi ? » s’émerveilla l’enfant. Cela fit pouffer le père qui dut décevoir. « Pas vraiment. Un jour, peut-être. » Il ne pouvait pas s’empêcher de voir son fils comme pouvant être le digne héritier des éditions McGregor, mais il savait qu’Héloïse pourrait voir ça d’un autre œil. Il se tourna d’ailleurs vers cette dernière. « Je suppose que tu veux voir comme les choses ont changé ici ? Je pourrai te montrer ton bureau. Et… sans vouloir te choquer, sache que la machine à café n’est plus la même depuis ton départ. » Cette fameuse machine où tout le monde s’attroupe tous les jours. Ewan parut enchanté par la perspective de faire le tour de l’entreprise, sautillant de partout. Toutefois, avant de partir à l’exploration, Matthew dut prendre un appel quand le téléphone sonna. Il parla durant quelques minutes avec l’un de ses imprimeurs sous l’œil attentif de son fils qui n’y comprenait malheureusement pas grand-chose, mais qui était subjugué par ce père en pleine action. Il raccrocha enfin. « Je suis tout à vous. » Ils sortirent tous les trois du bureau, faisant taire des discussions qui fusaient un peu de partout. L’éditeur se doutait qu’ils s’interrogeaient tous concernant l’arrivée de ce fils et de la jolie brune à ses côtés, mais pour la première fois, les rumeurs ne le dérangeaient pas. Il en était même fier. Ce fut donc pleinement épanoui qu’il présenta à Héloïse les changements de la maison d’édition, et qu’il fit découvrir à Ewan son univers. Et tout aussi étonnant que cela puisse paraître, il parvint à charmer les demoiselles travaillant ici juste avec son petit minois, et sans avoir besoin de parler. Plusieurs fois, Matthew dut leur expliquer qu’il ne parlait la langue encore, et ça ne faisait que les attendrir un peu plus. Et même de son côté, il se sentait bien moins effrayant pour ses employés. Il échangea un sourire complice avec Héloïse quand leur visite les mena à la salle des archives. Les deux parents y avaient autrefois vécu des moments intenses et secrets. Peut-être même qu’elle retrouverait son ancien usage. Il se pencha à l’oreille d’Héloïse. « Il faudra sûrement l’inaugurer une nouvelle fois. » dit-il en anglais sur un ton taquin, s’amusant de la tape que sa fiancée lui donna sur le bras. La visite se termina par le futur bureau d’Héloïse. En vérité, il s’agissait de celui qu’elle avait en tant que stagiaire. Matthew avait tenu à ce que ce soit le même. D’ailleurs, la brune fut enchantée d’expliquer à Ewan qu’elle avait travaillé de longs mois ici, sous la coupe du terrible Matthew McGregor. « Bon, que diriez-vous d’aller prendre une glace ? » proposa l’éditeur, une fois l’explication de la mère terminée. Il était un peu plus de seize heures, et il ne se voyait pas rester travailler à la maison d’édition si Ewan et Héloïse étaient présents. Ewan sauta de joie, enthousiaste à cette idée. Matthew récupéra donc ses affaires, régla deux-trois points avec sa secrétaire avant de pouvoir s’éclipser avec sa famille sous les regards estomaqués des employés. Un quart d’heure plus tard, ils étaient attablés à la terrasse d’un café. Le nez sur la carte, Ewan écouta attentivement les traductions que lui faisait son père afin de faire le meilleur choix possible. « Je veux une glace au chocolaaaat ! Avec des copeaux de chocolaaaat ! Et du coulis de chocolaaaat ! Et de la chantillyyyyyy ! » Un serveur vint finalement pour prendre commande. Une fois chose faite, le petit garçon se mit à expliquer à son père tout ce qu’il avait fait avec sa mère durant la matinée, et il ne cessa de parler que dès lors que la glace fut entre ses mains. En quelques secondes, il eut le contour de la bouche tartiné de chocolat, mais c’était assez drôle à voir. Prenant une gorgée de sa boisson, la main de l’éditeur saisit celle d’Héloïse. Il lui parla en anglais, sachant qu’Ewan était bien trop absorbé par sa dégustation pour protester. « Je voudrais qu’il rencontre ma mère. Je pense qu’il serait peut-être temps. » Héloïse n’était pas sans savoir qu’elle était la dernière de la famille à ne pas être au courant pour elle et Ewan. Il porta sa main à ses lèvres, l’embrassant avec tendresse. « Et pour qu’elle puisse aussi rencontrer la merveilleuse femme que je vais épouser. »
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 14 Mai - 10:14

Tout a complètement changé. Et dire qu’il y a quelques mois encore j’étais encore seule avec mon fils, dans cet appartement parisien, le cœur en friche et me disant qu’il était peut-être temps de passer à autre chose, qu’il fallait oublier une histoire d’amour éphémère vieille d’il y a six ans. Une histoire dont je n’avais pu tirer un trait. Une histoire dont je ne m’étais jamais remise. Une histoire dont la continuité avait subsisté au travers du regard d’Ewan. Comment aurais-je pu oublier le père quand le fils n’était autre que son portrait craché ? Que je retrouvais dans ses regards, dans ses expressions la preuve formelle et irréfutable qu’il était bien le fils de Matthew. Le seul homme que j’avais aimé. Le seul homme qui avait su tant m’apporter, que j’avais probablement détruit en agissant par lâcheté et par peur. Et pourtant, le hasard faisait bien les choses, ça valait le coup de souffrir pendant six longues années. Car désormais il est là, ce tendre bonheur aux ailes si fragile. Je redécouvre la douce sensation d’être aimée par cet homme, d’être si unique et spéciale à ses yeux. L’amour est le même, j’ai parfois l’impression de ne pas avoir été séparée de lui. Tout est si simple entre nous comme autrefois. Je ne me lasse jamais de la chaleur de ses bras, de la saveur de ses lèvres contre les miennes. Chaque jour, je l’aime bien plus encore. L’amour que j’ai pour lui est grand et infini. Aussi, lorsqu’Ewan est couché, je sais qu’il n’y a plus que Matthew dans mon univers. Lui et lui seul dans cet espace, dans cette bulle d’amour que nous savons si bien façonner. A travers ces beaux instants, je découvre alors la sensation délicate d’avoir une famille. De ne plus être seule avec mon fils, de pouvoir, à nouveau, être entourée. C’est que toute ma famille se trouve à Los Angeles alors forcément, les retrouvailles sont tendres et les instants pour profiter l’un de l’autre sont si courts. Tout passe à une allure folle. Et pourtant, je m’y fais avec une douceur tendre et un enthousiasme que je partage avec notre petit. Il est ma priorité et je veille à ce que tout se passe bien pour lui, tout comme Matthew est aux petits soins pour lui. Tout reste à apprendre, la route est longue. Mais les vacances d’été nous permettent de pouvoir profiter, de prendre notre temps. Et aller voir Matthew à son travail me semble une bonne idée. Je ne crains pas de le déranger car c’est bien la première fois que nous lui faisons une telle surprise. Forcément, Ewan est fou de joie en grand curieux qu’il est et son bonheur est immense lorsqu’il voit son père arriver au loin. Restant près de Matthew, je lui souris doucement le laissant venir vers nous, son fils dans ses bras. Il m’embrasse devant Maisie et je me sens presque rougir de ce geste tendre devant tout ceux m’ayant vu arriver, un beau jour, toute timide et discrète, vêtue de mes pulls avec Panpan dessus, si innocente et ne se doutant pas de ce qu’il se passerait par la suite. Or là, je suis présentée comme la fiancée officielle face à une Maisie ne comprenant pas trop bien. Certainement, doit-elle se dire qu’il y a peu, il était mariée, que sa femme venait le voir. Mais qu’elle n’était pas brune mais bien rousse.  Je me contente de sourire à la standardiste. Et finalement, Matthew nous amène à son bureau. Je dois que tout a changé. Du temps de son père, c’était un peu plus classique. Or là, tout est moderne. Mais j’aime bien, ça change. On sent que c’est plus l’âme de Matthew dans cette Maison d’Edition et non plus celle de son père. « On avait trop envie de te voir, en particulier ton fils. » Le sourire est tendre tandis que je lui réponds lorsque nous arrivons dans son bureau. Nous sommes passés dans ce qui fut, autrefois, mon bureau mais la porte est fermée. Peut-être quelqu’un est en train de travailler dedans. Ewan s’occupe déjà d’explorer chaque recoin tandis que mon fiancé me questionne au sujet de Maisie. « Elle sera forte. » Je suis amusée parce qu’effectivement, elle n’a rien dû comprendre la pauvre à ce qu’il lui est arrivé. « De toute façon, ils devront s’habituer… » J’ajoute avec un petit sourire en coin. J’ai hâte de revenir ici, les odeurs du papier m’assaillent et il me tarde de pouvoir retrouver cette passion que nous partageons pour notre métier. Mais avant ça, il y a Ewan qui vient d’ailleurs se réfugier près de Matthew prêt à lui poser une série de questions. Le dialogue me fait sourire jusqu’à me faire rire quand le petit s’autoproclame chef de ce lieu. Heureusement, Matthew le ramène gentiment à la réalité. « D’abord, travaille bien à l’école, ensuite on verra ce que tu veux faire plus tard.. » Je passe ma main dans la chevelure châtain. Mon fiance propose alors une visite des lieux qu’on accepte, Ewan parce qu’il aime beaucoup, moi parce que je meurs d’envie de revoir chaque recoin que j’ai connu pendant ces temps où cet endroit fut mon lieu de travail. Le temps que Matthew passe un appel, on entame la visite où notre fils a son petit succès. D’ailleurs, je suis surprise de revoir Maddie, celle qui nous avait surpris du temps où notre histoire était secrète. La surprise est aussi grande d’un côté comme de l’autre. On est malgré tout contente de se revoir et puis la visite se poursuit. Lorsque nous atteignons la salle des archives, je ne peux m’empêcher glousser par le commentaire du fiancé, en anglais bien entendu. « Dis donc toi… » Je murmure en lui donnant une petite tape par principe. Quand bien même, lorsque nous marchons pour aller vers ce qui doit être mon bureau, Ewan en tête de marche, je me colle contre Matthew lui murmurant à l’oreille « Mais ce sera avec grand plaisir. » On finit par s’arrêter devant le fameux bureau à côté du sien, celui où il y a la porte fermée. « Oh… C’est ici… » Je murmure avec un grand sourire tandis que nous y entrons. Il est beau, spacieux comme autrefois. Seul le mobilier a changé. De ce fait, c’est avec émotion que j’entreprends d’expliquer à mon fils que j’ai travaillé dans ce bureau-là, que Matthew était mon patron et qu’il m’a tout appris. Le travail. Aimer. Vivre. Il m’a éveillé sur tant de choses.

***

Vu comment le chocolat entoure sa bouche, j’en déduis qu’Ewan se régale tandis que nous sommes attablés à la terrasse d’un café. Le temps est radieux et c’est parfait pour profiter d’une pause avec Matthew. Ce dernier tient ma main dans la sienne et nous observons le petit se régaler. « On ne peut pas dire qu’il n’apprécie pas sa glace.. » Je déclare amusée quand mon fiancé attire mon attention en me parlant en anglais. Je tourne la tête pour l’observer, déclarant qu’il souhaite présenter Ewan à sa mère, tout comme il aimerait me présenter en tant que sa fiancée. Observant le visage de l’être aimé, je sens mon cœur battre un peu plus fort dans ma poitrine. Quand bien même, il s’agit de la mère de Matthew, mais aussi la femme de l’homme ayant brisé ma vie et m’ayant éloigné de l’être que j’aimais plus que tout au monde à l’époque. Pourtant, je ne ressens ni haine, ni colère en cet instant. Au contraire, je comprends ce que Matthew souhaite. Et quand je vois la vie de famille que nous avons, j’ai tout autant envie que sa famille en fasse partie. Bien sûr, il y a Rose et June et Ewan les adore. Mais il a une mamie unique sur cette terre. Et je trouverai ça terriblement injuste de l’en priver. « Alors fixe une date avec elle et on ira la voir… » Je finis par dire en guise d’acquiescement. « Si tu souhaites qu’Ewan la rencontre, alors je te suivrai Matthew. Je serai toujours d’accord avec toi de toute façon. Et puis, il aura une mamie. » Un sourire s’étire sur mes lèvres et de ma main libre, je me tourne tout à fait pour caresser le visage parfait de Matthew. « Je trouve que c’est une bonne idée. Nous serions tous réunis et je crois que c’est tout ce dont nous méritons. Etre heureux. » C’est par ces mots que nous nous accordons quant à une rencontre à organiser avec la mère de Matthew. La date est bien fixée et nous lui avons donné rendez-vous chez nous. Peut-être que c’est mieux, qu’il y a moins de souvenir lié à au père de Matthew. On a convenu de prendre le thé. C’est un dimanche encore ensoleillé, un jour où nous profitons en famille d’un peu de repos. Pour l’occasion, Ewan est habillé d’un polo et d’un pantalon un peu comme son père. Depuis qu’il vit avec son papa, j’ai remarqué que mon fils tend à imiter Matthew dans ce qu’il fait, dans sa façon de se vêtir, demandant des vêtements un peu plus classe. Il est drôle et puis comment ne pas fondre de ce regard qu’il a pour son père, ces yeux grands yeux émerveillés et fascinés. Aussi, la ressemblance entre les deux est plus que flagrante. Mais c’est tellement adorable. Je ne m’en lasse jamais de les observer faire et être ensemble. Quand la sonnette retentit, je me sens un peu plus stressée, Ewan vient prendre ma main et la serre tout en se rapprochant de moi. La mère de Matthew entre, se débarrasse de sa veste. C’est là qu’elle nous remarque, je lui souris doucement, « Bonjour Madame McGregor, je suis ravie de vous voir. Je suis Héloïse Bennett. » Mon regard dévie vers le petit. « Et voici… Notre fils… Ewan. » A cet instant, je lis la surprise de voir un petit garçon être aussi grand. Mais Matthew s’est occupé de lui expliquer avant d’organiser la rencontre. La surprise aurait été bien trop forte et je ne tenais pas tellement à ce qu’Ewan puisse penser du mal de son grand-père. Aussi, je m’accroupis pour être au niveau du petit, pour lui expliquer les choses, doucement et à ma manière. « Tu vois mon chéri, cette dame c’est la maman de papa. Elle est de famille aussi. » - « Un peu comme mes taties Rose et June ? » Me demande-t-il d’une voix interrogatrice « Oui, c’est ça. Mais étant la maman de ton papa, elle est ta grand-mère. » Peut-être parce qu’elle est un peu âgée, Ewan est un peu intimidé, pourtant il avance doucement vers la mère de Matthew, lui tendant la main. « Bonjour, tu peux m’appeler Ewan si tu veux. » Ses propos me font rire discrètement, et puis je prends la main de Matthew pour leur laisser l’intimité de cette découverte si touchante. Nous, on doit préparer le thé quand bien même, les biscuits sont déjà prêts et sortis du four depuis peu. « C’est un magicien celui-là. Il a une telle manière d’envouter les gens. J’espère que ça va bien se passer… » Quand bien même, je n’ai jamais été aussi peu sûre de moi. Autant avec ma famille, je savais que les choses se passeraient bien tout comme avec les sœurs de Matthew. Mais là, avec sa mère. C’est tout à fait autre chose. « Et puis au moins, il saura ce que c’est d’avoir une grand-mère. » Je finis par dire avec un petit sourire, posant la bouilloire remplie d’eau sur la gazinière. Puis, venant doucement me blottir dans les bras de Matthew, je l’embrasse doucement. « Si tu savais comme je l’aime ma vie avec toi désormais. Je me sens tellement heureuse depuis qu’on s’est retrouvé. » Souriant contre ses lèvres, j’ajoute doucement « Et puis, nous avons un merveilleux petit, une grande famille. Que demander plus ? » Oui, c’est vrai. Cet équilibre est parfait et je ne souhaite rien d’autre. Si ce n’est que j’espère qu’Ewan s’attachera à sa grand-mère. « Tu devrais aller voir, je m’occupe du thé. Et j’amène le tout. »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 28 Mai - 20:36

Matthew observait avec une tendresse paternel son fils engouffrer sa glace avec gourmandise. Il se rappelait, quelques mois auparavant, quand il était tombé par hasard sur Ewan au matin. L’enfant s’était vite laissé amadouer, de même que le père. Il le revoyait lui demander un petit déjeuner que l’auteur était incapable de lui fournir. De toute son existence, il n’avait jamais fait de gaufres. Il ne s’était d’ailleurs retrouvé que rarement derrière des fourneaux ; pour ne pas dire jamais. Par chance, les céréales au miel qui croustillent étaient parvenues à lui sauver la mise auprès de son fils. Il dégustait chaque bouchée avec délice, n’ayant de cesse de parler en même temps. Tout comme aujourd’hui, sauf que les choses avaient bien changé depuis. Ils se retrouvaient en Amérique, vivant enfin ensemble sans avoir pour projet de se quitter. Bien au contraire. Leur avenir s’écrivait à trois. Ewan savait désormais que Matthew était son père et il le considérait en tant que tel. De la même manière que Matthew se comportait en père pour le petit garçon, ayant à cœur de rattraper autant d’années d’absence. Il avait finalement divorcé de Jane pour demander la main d’Héloïse. Tout était radieux. Tout était parfait. Hormis un dernier détail qui chagrinait encore Matthew. Depuis la mort de son père, il s’employait à ménager sa mère, devenue plus fragile. Une mélancolie s’était emparée d’elle, emportant un bout d’elle dans la tombe. L’auteur ne souhaitait pas la brusquer, et même s’il n’avait aucun égard pour la réputation de son père, il n’était pas encore prêt à lui révéler les horribles complots de son père pour priver Matthew de la femme qu’il aimait. Ses sœurs étaient les seules dans la confidence, et elles-mêmes s’étaient accordées à dire qu’elles n’étaient pas certaines de la réaction de leur mère. Surtout qu’il ne faudrait pas uniquement encaisser cette nouvelle, mais aussi d’apprendre qu’elle était grand-mère. Matthew aimait et respectait sa mère. Même si leur relation était sans doute bien différente de celle qu’un fils et une mère doivent entretenir, il résidait une certaine tendresse. Malgré ses imperfections, elle avait su être une bonne mère et il voulait qu’elle se découvre désormais en grand-mère attentionnée pour Ewan, puisque ce dernier en était privé du côté d’Héloïse. Heureusement, sa mère lui offrait la présence d’un grand-père qui était hautement préférable à celle de feu McGregor.
Matthew fit part de ses désirs à sa fiancée. Au fond de son cœur, il savait qu’elle ne pourrait que comprendre et qu’elle saurait faire la part des choses. Même lui savait que sa mère ne pouvait être liée aux complots fomentés par son père et Jane. Elle se montra infiniment compréhensive, apportant tout son soutien comme d’accoutumé. Il joignit sa main à la sienne qui venait se poser sur sa joue. Lui offrant un sourire reconnaissant, son cœur se gonfla d’amour pour cette femme parfaite qui avait accepté de devenir son épouse. Comme il languissait de pouvoir l’appeler Madame McGregor et de la présenter comme étant sa femme. Il agrippa doucement sa main pour venir u déposer un baiser. « Oui, tu as raison. Je vais m’en charger au plus vite. »

***

Un silence de mort accueillit les paroles de Matthew. A mesure que son discours évoluait, il avait nettement pu cerner l’affliction qui assombrissait la mine de sa mère. Ses traits se tordaient sous une forme de colère sourde, mais aussi de honte qu’elle savait si bien contenir. Elle se leva brusquement, allant faire quelques pas dans le grand salon. Matthew connaissait trop les attitudes de sa mère pour ne pas comprendre qu’elle mettait ses idées en ordre et qu’elle cherchait un moyen de combattre tous les sentiments qui bataillaient en elle avec fureur. Elle n’était pas de ces personnes qui laissaient exploser ses émotions aux regards des autres, pas même de son fils. « Tu dis qu’elle a été contrainte de passer tout ce temps seule en France ? » L’écrivain hocha la tête puisque sa mère le regardait. « Ce n’est pas tout... Quand Héloïse est partie, elle n’était pas vraiment seule. » L’expression de sa mère marqua son incompréhension, avant que ses sourcils ne se froncent. Matthew écarta toute ambiguïté. « Héloïse était enceinte quand elle est partie. Elle ne le savait pas encore. » La veuve McGregor se décomposa. Un sourire, entre regret et tendresse, gagna les lèvres de Matthew. « Il s’appelle Ewan. Il a six ans. Il est… tellement intelligent. Et drôle aussi. Très curieux et joueur. Il a la douceur et bonté de sa mère. C’est un enfant magnifique. » Il en était tellement fier. Ses propos eurent pour don de détendre sa mère. Elle revint s’asseoir auprès de son fils, posant sa main sur sa joue. « Tu dois être un père merveilleux. » - « J’essaye. » Contrairement à ce qu’il pouvait montrer, il n’était jamais sûr de lui concernant l’éducation d’Ewan. Il se calait énormément sur la manière de faire d’Héloïse, bien qu’il comprenait qu’il avait un rôle autrement différent à tenir auprès de l’enfant. Il voyait bien que le petit garçon lui vouait une admiration sans borne et qu’il le prenait pour modèle. Alors il tentait de faire de son mieux. « Matthew, je voudrais les rencontrer… »

***

Etrangement, Matthew était extrêmement tendu. Pourtant, il ne doutait pas que l’enfant saurait charmer sa grand-mère. De surcroît, elle était désireuse de le rencontrer, ainsi que de retrouver Héloïse. Malgré tout, il appréhendait cette rencontre. Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis qu’il était venu voir sa mère pour tout lui raconter. Elle avait eu le temps d’encaisser et de se remettre de toutes ces révélations. « Tout va bien se passer. » murmura-t-il tendrement à l’oreille de sa fiancée en déposant un baiser sur sa tempe. Il la sentait aussi tendue que lui. D’une certaine manière, cela le rassurait un peu aussi. Quand la sonnette retentit, c’est l’écrivain qui prend les devants pour aller ouvrir à sa mère. « Bonjour, maman. » Il la débarrassa de sa veste tandis qu’elle entrait de la maison. Si d’ordinaire, elle aurait pu s’attarder sur la décoration, son attention fut pleinement absorbée par la vision de la mère et de son fils. La gorge sèche, l’auteur fut soulagé que sa fiancée prenne la parole pour tout expliquer au petit garçon. Il ne trouva rien à dire, saisi par l’émotion de l’instant jusqu’à ce que la main d’Héloïse ne se greffe à la sienne pour l’emmener dans la cuisine. Il reprit contenance. « Cette scène est tellement invraisemblable… » souffla Matthew avec un demi sourire tandis qu’il disposait des tasses et des assiettes sur un plateau. « Mais je ne doute pas qu’il parviendra à la charmer. Elle avait tellement envie de le voir de toute façon. » Il s’approcha pour venir déposer un baiser tendre sur les lèvres d’Héloïse avant qu’ils ne se remettent l’un et l’autre à leur ouvrage. Sa fiancée ne tarda pas à se retrouver à nouveau dans ses bras. Il la serra tout contre lui, profitant de sa chaleur. « Oui, notre vie est parfaite désormais. Nous avons réussi… » Ce bonheur qu’ils souhaitaient tant, ils l’avaient enfin. Il vint frotter son nez contre le sien. « Il ne manque plus qu’une certaine mademoiselle Bennett devienne une McGregor. » Il lui vola un baiser avant de repartir pour le salon sous la directive de la brune. Il retrouva l’enfant et sa grand-mère en grande discussion dans le salon. Tous les deux assis sur le canapé, Ewan babillait comme à son habitude dans un anglais approximatif entrecoupé de nombreux mots en français sous l’oreille attentive de la dame. « Il ne parle pas encore très bien l’anglais mais il fait des progrès vraiment impressionnants. » informa-t-il à sa mère. Le petit se retourna vers son père, poings sur les hanches. « Papa, je parle ! » s’insurgea-t-il comme à son habitude dès que quelqu’un s’immisçait dans ses déclarations. Héloïse ne tarda pas à faire son entrée dans le salon, portant le plateau dans ses mains. Matthew l’aida à verser les tasses de thé. « Il te ressemble tellement. Pas seulement physiquement, mais aussi de caractère. Il me rappelle toi au même âge. » s’attendrit sa mère. L’auteur fronça les sourcils. « Ah bon ? Je ne me souviens pas que je parlais autant. » La lady but une gorgée de son thé avec délicatesse sous l’œil admiratif d’Ewan. « Pourtant si. Tu étais un véritable moulin à paroles. A toujours parler de ce que tu voyais et de ce que tu lisais. A t’entendre, c’était comme si tu voulais refaire le monde. » Matthew esquissa un sourire, n’ayant pas souvenirs de cela. Les choses avaient bien changé depuis. Il échangea d’ailleurs un regard complice avec Héloïse. Ewan profita de ce moment de flottement pour reprendre la parole. Il se mit à énumérer toutes les choses qu’il trouvait étrange en Amérique et qui étaient si différentes de sa vie en France. Il passa un long moment à illustrer sa visite à la maison d’édition qui l’avait grandement marqué. Lady McGregor ponctuait en demandant aux parents ce qu’il en serait de son éducation. Ils expliquèrent l’un et l’autre qu’ils avaient trouvé une école française qui serait parfaite pour lui. Il démarrerait à la rentrée. Bien qu’il soit tendu, Ewan s’avouait impatient de se faire de nouveaux amis et d’apprendre de nouvelles choses. Par chance, cet enfant s’accommodait de toutes les situations. « Et qu’en est-il de vous ? » demanda la mère, curieuse. Elle fit ce regard que Matthew ne connaissait que trop bien. Sa main serra tendrement celle de sa fiancée. « Héloïse et moi avons prévu de nous marier. » Cette nouvelle parut enchantée la mère, bien que toute proportion gardée des élans d’enthousiasme qu’elle s’accordait. « C’est une merveilleuse nouvelle. Sans doute pourrai-je vous aider ! Avec la maison d’édition, vous risquez d’être très occupés. Puis la liste d’invités promet d’être tellement longue... ! » Matthew réprima une légère grimace. « Eh bien justement… pas tant que cela. Avec Héloïse, nous aimerions un mariage plus intime. Rien qui ne ressemble à ce qui a pu être fait. » Soit son précédent mariage. Sa mère haussa les sourcils d’étonnement. « Allons, vous ne pouvez pas y penser. Que diront les… » - « Je me moque de ce que les gens pensent. Cela fait bien longtemps que le jugement de quiconque m’importe peu et qu'il n'a été que source de problèmes. » la coupa-t-il, sans brusquement mais fermement. Sa mère eut l’intelligence d’abdiquer avant. « Oui, vous avez sûrement raison. » Au regard des récents événements, il faudrait qu’elle comprenne et qu’elle mette de côté l’étiquette et les conventions. Il voyait bien que cela la chagrinait mais elle n’y pourrait rien. Le thé se poursuivit jusqu’à ce qu’Ewan ne tienne plus vraiment en place. Il partit s’amuser avec Lucky, ayant l’accord de ses parents. Ils se mirent à débarrasser le plateau et se retrouvèrent tous les trois dans la cuisine. Après un léger silence, sa mère prit la parole, s’adressant directement à sa belle-fille. « Héloïse… je voulais que vous soyez bien certaine si j’avais seulement eu vent des agissements de mon mari ou le moindre soupçon, je n’aurai jamais permis qu’une telle chose se produise. » Venant de sa propre mère, ces propos le rendirent interdit. Il laissa la scène se poursuivre avec hébétude. Elle posa sa main sur le bras d’Héloïse. « Matthew avait raison. Ewan est un enfant merveilleux. Et je suis heureuse que ce fils qu’il a eu, ce soit vous qui lui ayez donné. » Un sourire sincère, bien que teinté d’une certaine pudeur étira les lèvres de la lady. « Vous n’avez pas seulement manqué à Matthew. En le quittant, vous avez manqué à tous. Il ne pouvait y avoir que vous. »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 2 Juil - 21:24

Bien sûr, je ne peux m'empêcher de me sentir un peu stressée. J'espère de tout coeur que la rencontre se passera bien, qu'Ewan pourra accepter sa grand-mère. Tout comme pour elle. Quelques jours avant, Matthew est allé la voir et lui a expliqué. Mon départ. Les agissements de son mari envers son propre fils. Et Ewan qui s'est trouvé mêlé à cette histoire, alors qu'il n'était pas encore né. Naturellement elle a été surprise. C'est tellement compréhensible. S'apercevoir alors que le mari n'est pas le père que l'on croyait, se rendre compte qu'il a saccagé la vie de son propre enfant. Heureusement Matthew a su se montrer plus fort. Et puis, maintenant, nous sommes réunis, prêts à accomplir ce rêve que nous chérissons depuis toujours, d'être unis, d'être une famille telle que nous l'avons toujours désiré, du temps où l'insouciance régnait dans nos cœurs, que le chagrin ne nous envahissait pas. Tout change. Et je dois dire qu'Ewan y est pour beaucoup. Il a cette faculté de comprendre les choses, de se les attribuer et d'en faire un bon usage. A sa façon, il distribue l'amour comme si c'était la seule chose qu'il peut donner. Et avec sa grand-mère, il est intimidé mais reprend bien vite de son aisance habituelle, se présentant et la saluant. C'est tellement adorable que dès lors qu'il a ouvert la bouche pour se mettre à parler, je sais qu'il aura réussi à attirer l'attention de la mère de mon fiancé, à véhiculer ce sentiment d'amour tel qu'il le fait. Il est incroyable. Et lorsque je me retrouve avec son père dans la cuisine à préparer le thé, je ne peux m'empêcher de le penser à voix haute, chose que Matthew partage avec moi. Je ne peux m'empêcher de sourire, retrouvant la chaleur de ses bras et avouant que tout me semble parfait, que j'ai tout ce que je désire. Mais comme le dit si bien Matthew, il ne manque qu'un dernier point. Celui de nous marier. « Ça arrivera, et j'ai si hâte aussi, de pouvoir être ta femme et de me dire que plus rien ne pourra nous atteindre. » J'ai parfois le sentiment qu'une fois que j'aurais délaissé le nom de Bennett au profit de McGregor, alors je serai presque invincible, que nous ne risquerons plus rien. Plus personne ne pourra s'opposer à cette union en dehors de nous-mêmes. Trop souvent encore, la nuit, je me réveille avec cette angoisse et cette crainte de voir que je suis à Paris, que rien de tout cela n'est arrivé. Que tout est une illusion formée par mon esprit malade de chagrin d'être si loin de tout, de Matthew, des miens. Dans ces moments-là, il me faut le temps de m'adapter à la pénombre de la pièce où je me trouve, de voir que tout est différent, que le lit me paraît plus grand et qu'il est occupé par quelqu'un d'autre. Quand le visage de Matthew apparaît dans mon champ de vision, ça m'apaise me, je me sens bien détendue, sentant l'angoisse s'en aller. Je me dis que tout va bien maintenant, que plus rien ne va nous atteindre. C'est dans ce réconfort que je finis par me rendormir, apaisée. Aussi, le mariage m'apparaît comme ce qui pourra clôturer toutes ces peurs. Se dire que tout est désormais fini. Que tout ira bien enfin... 

J'envoie Matthew rejoindre sa mère et son fils, tandis que je finis de préparer le plateau. Et bien vite après, je finis par arriver également dans le salon où je retrouvé Ewan en plein déballage intense de sa vie. Fort occupé à raconter les moindres détails, il semble n'avoir d'yeux que pour cette nouvelle personne à qui il compte bien raconter le moindre détail de son existence nouvelle. Pour ma part, je me contente de servir le thé, aidée par mon fiancé, avant de finalement prendre place à côté de Matthew. Un sourire tendre lui est donné avant de me recentrer sur ce duo se découvrant. D'ailleurs, la Lady finit par admettre qu'Ewan parle beaucoup, que ce détail lui rappelle son fils au même âge. Tiens ! Je tourne le regard vers le concerné, le fixant d'un air amusé. Visiblement, il était un véritable moulin à paroles, petit. Ça m'amuse parce que désormais, il n'est plus ainsi. Il a changé et je suis ravie d'apprendre ce détail. « Je crois que l'adage Tel père, tel fils, n'a jamais autant trouvé son sens.. » Échangeant un sourire complice avec la mère de Matthew, nous laissons Ewan reprendre la parole bien décidé à continuer à raconter sa vie. Je sirote mon thé l'observant, attendrie. Jusqu'à ce que la conversation change de sujet et concerne notre avenir à Matthew et moi, de ce que nous devenons désormais. Laissant la main être prise par mon fiancé, je l'écoute, non sans une certaine émotion, expliquer que nous envisageons de nous marier. Ce qui enchante sa mère, se proposant de nous aider dans les préparatifs. Si au début, je trouve son investissement touchant, je sens néanmoins un plomb me couler dans l'estomac lorsqu'elle évoque une liste d'invités assez longue. Je n'ose pas lui dire que ce n'est pas dans nos projets. De toute façon, Matthew finit par le dire et j'admire comment il ne faiblit pas, même lorsqu'elle proteste concernant les ragots qui en découleront très certainement. Je sais qu'il sera difficile pour Matthew de replonger dans de douloureux souvenirs lui rappelant la fuite de Jane devant une foule de monde. Quant à moi... « Vous savez, si nous souhaitons un mariage intime, c'est bien parce qu'être au milieu du feu des projecteurs ne nous a pas forcément fait du bien. Après tout ce que nous avons vécu, nous ne désirons qu’une seule chose… Pouvoir vivre en harmonie et rattraper le temps perdu… Six ans dans une vie, c’est si long. » Et je pense surtout à Ewan. Quand bien même, notre petit s’est accommodé à sa nouvelle vie, j’ai parfois des craintes concernant l’avenir, me disant qu’un jour, il grandira suffisamment pour s’opposer à son père, pour peut-être lui reprocher de ne jamais avoir été là. C’est pourquoi, je ne tiens pas à mener une existence mondaine. Je veux juste que tout soit bien pour le petit, qu’il se sente chez lui et en sécurité. Son avenir est la seule chose qui compte réellement. Ça et ce futur que nous entrevoyons avec son père. Pourtant, la mère de Matthew finit par comprendre, coupant ainsi toute idée de mariage pompeux. Et la conversation reprend naturellement, animée par l’énergie inépuisable du petit garçon. Pourtant, celle-ci finit bien vite par s’altérer, bien plus motivé par l’idée de jouer avec le chien ayant fini de faire sa sieste. Aussi, c’est à la cuisine que nous finissons, tous les trois. Je suis intimidée de me retrouver face à la Lady et pourtant, elle a été si douce et si compréhensive. Mais là, encore, elle finit par me faire comprendre qu’elle est bien au delà de son mari. Et ses mots m’atteignent en plein cœur. Emue par la sincérité, je ne peux que poser ma main libre sur la sienne, la serrant doucement. « Nous le savons…  » je finis par dire, sachant qu’elle n’avait jamais été dotée des mauvaises intentions de son mari. « Maintenant, nous allons être une seule et unique grande famille. Il est fini le temps d’être chacun de son côté. Je pense que nous pouvons savourer la douce joie de nous dire que nous serons au complet pour lui… Pour Ewan… Il est celui qui mérite tellement d’avoir tant de gens pouvant l’aimer et l’écouter quand il en aura besoin. » Je finis par sourire, les yeux brillants et ajoute doucement « Sachez que la porte vous sera toujours ouverte et que vous serez la bienvenue chez nous. Avec Matthew, nous y tenons sincèrement. » Et je finis par me taire, jetant un regard empli d’amour pour cet être auquel je tiens tant. A qui je donnerai ma vie, mon âme et mon cœur.

Ce même être que je finis par retrouver, le soir quand la mère de Matthew est repartie, quand Ewan est déjà au lit et perdu dans le monde des rêves. Tous les deux, dans le lit avec un bouquin dans les mains. Comme au bon vieux temps. Parce que le livre a fait partie de notre vie, que nous nous sommes connus grâce à lui, qu’il est cette part de nous. Lunettes sur le nez, je lis mais suis toute autant occupée à donner mon ressenti de cette journée. « Ta mère est vraiment quelqu’un de fantastique. Je regrette de ne pas avoir eu le temps de bien la connaître quand on se fréquentait au tout début. » Bien sûr, j’étais loin de me douter que son père agirait de la sorte. Si j’avais su que j’avais une alliée œuvrant dans l’ombre. Hélas, on ne peut revenir en arrière et de toute façon, cette journée m’a permis de me réconcilier un peu avec la famille de mon fiancé. « Et je suis contente qu’Ewan se soit bien entendu avec elle. Quand je lui donnais le bain, il m’a demandé quand est-ce qu’on la reverrait, je crois qu’il l’adore ! » Je finis par rire, complètement gâteuse de notre fils. S’il le fallait, je décrocherais la lune pour lui… C’est alors qu’une autre idée me vient en tête, que j’expose par la suite « On devrait l’inviter chez mes grands-parents un de ces jours, avec tes sœurs. On pourrait avoir toute la famille au complet. Qu’est-ce que tu en dis mon amour ? » Famille… ce mot qui revient sans arrêt désormais. C’est si beau et si bon pour l’âme et le cœur. Je suis tellement comblée désormais. Rien ne peut nous détruire. « Maman… » Mon regard se relève automatiquement vers la petite silhouette, venant vers nous, pétrie de sommeil, tenant sa peluche dans sa main et se frottant dans les yeux. Il s’approche, escaladant le lit pour venir se caler contre nous et gémis doucement « J’ai fait un terrible cauchemar… J'ai rêvé qu'on devait rentrer en France… Mais je ne veux pas repartir moi... » Finit-il par dire avant d'éclater en sanglots.


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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Mar 11 Juil - 20:08

Même dans ses rêves les plus fous, Matthew n’aurait jamais pu croire qu’un jour, sa mère, Héloïse et son enfant seraient réunis dans la même pièce. Que sa mère se déplacerait pour rencontrer son petit-fils pour la première fois, alors âgé de six ans. Une fois encore, il ne pouvait s’empêcher de ressentir un sentiment d’injustice qui le dévorait depuis qu’il avait retrouvé la femme qu’il aimait. Toutefois, il se trouvait happé malgré tout par la magie de cet instant. Ewan avait ce don naturel pour charmer les gens, pour qu’ils l’aiment dès la première seconde. Le charme opéra aussitôt sur sa grand-mère qui dévorait ses paroles d’enfant. Il était improbable et réconfortant de voir le petit garçon parler avec autant d’aisance jusqu’à s’attirer la tendresse d’une voix aussi froide et austère que Madame McGregor. Certes, elle aimait ses enfants et elle savait se montrer présente dès qu’il le fallait ; néanmoins, elle n’avait jamais fait preuve d’une tendresse maternelle quelconque. De manière inédite, Matthew sentait qu’elle débordait d’amour pour cet enfant qui était la chair de sa chair.
Depuis la cuisine, il contemplait cette scène tendre et réconfortante avec Héloïse. Les deux parents parvenaient difficilement à y croire, mais ce qu’ils avaient devant les yeux ne pouvait être un écran de fumée. La timidité d’Ewan avait laissé place à son bagou habituel. L’éditeur ne craignait pas pour son avenir, ni même pour ses capacités à s’intégrer à ce nouveau monde qui était le sien. Il avait découvert un univers nouveau et inquiétant en Amérique, mais il n’était plus aussi seul qu’en France. Ici, toute sa famille était présente et saurait l’entourer du même amour qu’il dispensait autour de lui. Héloïse et Matthew étaient parvenus à tenir le pari fou d’être une véritable famille. Il ne manquait guère que leur mariage. Le nom de McGregor qui leur offrirait une immunité complète. Toutefois, désormais que l’éditeur les avait retrouvés, il se faisait la promesse que l’avenir ne soit que teinté de bonheur. « Plus rien ne nous atteindra jamais. Je te le promets Héloïse. » Il déposa un baiser au sommet de son crâne, débordant d’amour pour la fine silhouette qu’il tenait contre lui. Les années avaient beau être passées, il l’aimait comme au premier jour. Pourtant, il n’était plus cet éditeur de vingt-huit ans, pas plus qu’elle n’était cette stagiaire ingénue d’il y a six ans. Ils n’étaient plus les mêmes, et pourtant, rien ne changeait entre eux. La magie était intacte. Aux yeux de l’auteur, il s’agissait de l’amour véritable. Il ne pouvait y avoir qu’Héloïse dans son existence. L’avenir portait son doux nom…

Il finit par rejoindre sa mère et son fils dans le salon, Héloïse sur ses talons. Evidemment, sa mère embraya sur la question du mariage. Matthew savait qu’elle serait ravie d’une telle perspective, néanmoins, il savait aussi que le sujet se révèlerait être délicat. Leurs visions du mariage seraient bien différentes et pourraient provoquer des désaccords. Il ne voulait cependant pas en démordre et il resterait campé sur ses positions. Héloïse en avait discuté longuement et il était hors de questions que les choses puissent changer d’une façon ou d’une autre. Il connaissait sa mère. Elle n’était pas comme son père, et elle saurait entendre raison. Effectivement, sous les explications de son fils et de sa belle-fille, elle dut abdiquer. Elle reconnaissait avec une pointe de retenue qu’un grand mariage ne serait sûrement pas la bonne solution. La main de Matthew se joignit à celle d’Héloïse alors qu’elle exprimait son propre point de vue. Ensemble, ils étaient plus forts que tout. La conversation put reprendre normalement son cours. Lassé d’être tout le temps assis, Ewan finit par quitter la douceur du canapé pour aller s’amuser avec le chien. Matthew se leva avec sa fiancée pour débarrasser. Une fois dans la cuisine, sa mère les rejoignit mais ce ne fut pas vers lui qu’elle se dirigea. Elle s’approcha d’Héloïse, lui confiant des paroles d’une tendresse et d’une reconnaissance qu’il n’avait jamais connu chez elle. Il s’admit touché plus qu’il ne l’aurait dû. Il n’avait jamais eu la prétention de vouloir que ses parents approuvent son amour pour Héloïse pour qu’il en soit ainsi, mais obtenir la bénédiction de sa mère l’emplit d’un sentiment étrange. Bien plus quand il remarqua le lien qui était en train de se nouer entre les deux femmes. La Lady préférait sans aucun doute Héloïse à Jane. Car la Lady n’avait jamais souhaité que le bonheur de ses enfants et que la Française était l’unique à faire de sa vie un rêve.

La journée prit fin et le soir pointa le bout de son nez. Madame McGregor était partie, laissant la petite famille en paix. Héloïse et Matthew avaient pu remettre de l’ordre dans la maison avant de se charger d’Ewan. Il fallait le faire manger, le doucher et l’envoyer au lit. Quand tout cela fut fait, ils retrouvèrent la quiétude de leur lit, plongés l’un et l’autre dans un bouquin. Sa fiancée fut la première à parler. « Oui, c’est vrai. Je dois admettre que je la découvre sous un nouveau jour. Ewan n’est pas le seul à avoir gagné son affection. » Il attrapa la main d’Héloïse pour y déposer un tendre baiser. Il fut ravi d’apprendre que son fils avait autant aimé sa grand-mère qu’elle ne l’avait aimé. Il sourit. « Alors il va falloir s’attendre à ce qu’il soit plus que gâté. Entre ses tantes et ses grands-parents… » Surtout qu’il avait pu voir la profusion de cadeaux que sa mère pouvait faire pour les enfants de ses trois filles. Héloïse fut alors la proposition de faire se rencontrer les Bennett et les McGregor. « Ce serait une journée un peu spéciale, mais j’aime beaucoup l’idée. » Le vrai choc des cultures, mais maintenant que son père n’était plus là, il ne doutait pas que cela se passerait pour le mieux. Le son d’une voix coupa court à ses pensées. Ewan venait de se risquer dans la chambre, la mine ensommeillée et triste. Sa peluche blottie contre lui, il se frottait les yeux. « Viens-là, p'tit bonhomme. » lui enjoignit Matthew. Le petit garçon escalada le lit et se trouva une place entre ses parents. « Qu’est-ce qu’il t’arrive ? » Ewan ne fut pas long à s’empêcher. Un cauchemar l’avait éveillé. Un cauchemar où il se voyait contraint de rentrer en France. Il en éclata de sanglots. Matthew se sentit désarmé face à tant de chagrin. Les enfants voyaient la réalité si différemment. Il enroula ses bras autour des frêles épaules du garçon, de même qu’Héloïse. Ainsi, ils l’enlaçaient tous les deux. « Allons mon bonhomme, tu sais bien que ce n’est pas vrai. On vit ici désormais, tous les trois. C’est ta nouvelle maison. Et puis il y a toute ta famille. Tu n’as aucune raison de rentrer en France. » Et Matthew ne laisserait s’en produire aucune. Son regard accrocha un instant celui d’Héloïse à qui il faisait cette même promesse tacite. « Et si nous devons retourner en France, ce sera tous les trois, mais uniquement pour des vacances. Sois tranquille. » Après quelques sanglots étouffés, Ewan reprit de son calme. « Alors on va toujours vivre ici maintenant ? » Matthew déposa un baiser sur le front de son fils. « Oui, toujours. Je te le promets. » Apaisé, l’enfant se détendit complètement. Un silence serein suivit où il était blotti dans les bras de ses parents qui caressaient tendrement son dos. « Dites… papa… maman… je peux dormir avec vous ? » Le père consulta Héloïse du regard, mais visiblement, ni l’un, ni l’autre n’avait le cœur à lui dire non. Dans un sourire, ils prirent leur décision. Matthew chatouilla son fils juste pour le bonheur de l’entendre rire tandis qu’Héloïse lui confirmait qu’il pouvait rester. Ils s’endormirent ensembles et paisibles, telle la nouvelle famille qu’ils étaient.

***

« Bon, tu as bien compris que c’était une surprise ? Maman ne doit rien savoir. » dit Matthew tandis qu’il attachait Ewan à son siège auto. Le petit gloussa avant de faire mimer sa bouche qui se cousait. « Motus et bouche cousue. » Satisfait, Matthew déposa un baiser sur son front avant de se mettre au volant de sa voiture. Sur la banquette arrière Lucky s’amusait avec Ewan tandis qu’il conduisait vers le lieu de rendez-vous avec Héloïse. Aujourd’hui, elle avait souhaité rencontrer des vieilles amies qu’elle avait du temps où elle vivait ici. Se souvenant parfaitement du mauvais souvenir qu’elles détenaient de lui, il ne s’était pas risqué à l’accompagner. De toute manière, il avait bien d’autres plans. Il avait proposé à Héloïse de venir la chercher. Elle devait passer la matinée avec elles, puis manger avec elles. Elle aurait sûrement préféré passer la journée avec elle mais Matthew avait prétexté quelque chose de très important à faire concernant les inscriptions à l’école d’Ewan. Elle se devait d’être là et elle n’avait bien entendu pas refusé. A l’heure du rendez-vous, il retrouva sa fiancée qui attendait. « Mamaaaan ! » s’écria Ewan quand Héloïse fut à leur hauteur. Elle rentra dans la voiture, embrassant ses deux hommes avec effusion. « Bon, en route, on risque d’être en retard. » pressa Matthew. Il s’embarqua dans les rues de Los Angeles. Aidée par les questions curieuses d’Ewan, Héloïse expliqua avec détails sa matinée. Plus enthousiaste que jamais d’avoir retrouvé ses amies, elle ne prit pas garde au chemin qu’ils suivaient. Du moins, elle n’en donna pas la sensation. Finalement, quand ils furent non loin du lieu prévu, Matthew se gara. Il continuait d’écouter sa fiancée avec attention tandis qu’il détachait Ewan qui bondit de la voiture. Il attrapa la main de sa mère et tira dessus. « Allez viiite mamaaan ! » Sûrement devait-elle le croire très enthousiaste à l’idée de se rendre dans son école. Mais dès qu’ils tournèrent à l’angle de la rue, ce ne fut pas une école qui était là. A la place se dressait une belle église. Matthew attrapa les mains de sa fiancée. « Bon, je sais que ce n’était pas du tout prévu, mais je crois que je ne peux pas attendre plus longtemps que tu sois ma femme. Tu me diras sûrement que je suis trop impatient, que je suis têtu et qu'il s'agit d'une décision McGregorienne comme tu sais si bien le dire, qu'après tout, nous avons bien attendu six ans… mais un jour de plus sans que tu ne portes mon nom me rend fou. » Il se tourna vers l'église pour que le regard d'Héloïse suive. Ils devaient déjà tous être là... « Il n’y a que les gens qui comptent vraiment. Ta famille et la mienne. Ce sera une petite cérémonie, rien de grand… quelque chose qui nous ressemble. Je te promets qu’on refera une vraie cérémonie plus tard. Avec la robe, le gâteau, les invités et tout ce qu’on a prévu… » dit-il dans un rire. Il mit un genou à terre, tenant toujours fébrilement la main de celle qu’il aimait dans la sienne. « Aujourd’hui, Héloïse Bennett, veux-tu m’épouser une première fois et devenir ma femme jusqu'à la fin de nos jours ? » demanda-t-il solennellement. Totalement agité, Ewan se mit à sautiller à côté d’eux. « Dis oui, maman !! Dis oui, dis oui dis ouiii ! »

11 juillet 2023...

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« Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥
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