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 « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥

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TEAM DONNA
Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Mar 1 Aoû - 8:21

C'est un peu notre rituel chaque soir, lire chacun de son côté. On savoure quand même la présence de l'autre et c'est tellement suffisant à mes yeux. Rien n'est plus merveilleux que de m'octroyer quelques coups d'œil à la dérobée pour observer Matthew en train de lire, toujours aussi concentré. Et toujours aussi beau. Je ne me lasse jamais de ce spectacle. En général, il finit toujours par le remarquer. Cet homme a un radar dans la tête mais c'est si merveilleux comme sensation, de pouvoir en rire avec lui. Nous avons réussi, c'est tout ce que je me dis dans ces moments-là. Nous sommes enfin chez nous et nous formons une famille. Unie et aimante. Bien sûr, je sais que nous avons pu l'avoir uniquement parce que Matthew possède énormément de moyens, qu'il agit plus facilement que le citoyen lambda. Nous n'en serions pas là sinon. Pas dans notre maison. Pas dans ce lit tandis que je résume mon sentiment de cette journée, complètement gâteuse de mon fils face à sa grand-mère. Matthew ne m'aurait pas pris la main pour y déposer un baiser non sans avoir avoué qu'il a aimé cette journée, qu'il a probablement vu sa mère sous un nouvel angle. Ces mots me font sourire et je ne peux m'empêcher d'émettre l'idée qu'une rencontre avec nos familles respectives soient faites. Mon fiancé sembla aimer l'idée quand bien même je partage ce qu'il sous-entend par « spéciale ». Je ne peux m'empêcher de rire « Non mais tu as raison ! Ça va être une journée où deux mondes différents vont se côtoyer. Mais j'en suis certaine que tout se passera bien. Tant que c'est pour Ewan. » D'ailleurs, en évoquant ce dernier, le voici qui vient muni de sa peluche, la mine toute triste. Le temps qu'il grimpe dans le lit, je m'écarte légèrement pour lui faire de la place. Et là, notre fils laisse éclater son chagrin et le fond de sa peur, celle de repartir en France, et de dire adieu à sa belle vie actuelle. Mon coeur se serre et je l'observe, attendrie, l'enlaçant doucement. Mon tout petit. Je l'aime tellement, il paraît si innocent, si petit. Et pourtant, il a les mêmes peurs que tous les adultes se trouvant dans cette pièce. À croire que le traumatisme réside et qu'Ewan a tellement bien compris les choses, ce que nous avons vécu avec Matthew. Ou alors, ses oreilles traînent de partout. Ce qui ne m'étonne guère... Heureusement, son père est là et se charge de le réconforter en lui rappelant qu'ici, c'est sa maison, et qu'il ne repartira pas en France. Jamais. Il en est hors de question. Sauf pour les vacances. Et ça semble rassurer les doutes de cet enfant qui demande si nous allons rester ensemble pour toujours. Je souris à Matthew tout en essuyant les joues humides d'Ewan. « Pour toujours, on te le promet mon ange... » Je renchéris doucement tandis que le petit s'apaise, s'engouffrant un peu plus dans les couvertures. Et finalement... Nous demande s'il peut dormir avec nous. Nos regards s'échangent avec son père. Et tandis que Matthew le fait rire aux éclats par des chatouilles, j'acquiesce, le coeur ivre d'un bonheur fou. On finir par s'endormir tous les trois. Apaisés. Sereins. Dans un état d'esprit nouveau. Ma vie me convient si bien désormais...

***

Jamais, je n'aurais pensé revoir un jour Naïa. Après mon départ précipité de la France, j'ai coupé les ponts avec tous ceux faisant partie de ma vie d'avant. C'était plus simple à l'époque. Une rupture nette me paraissait plus simple à vivre que de constamment entendre les gens me demander pourquoi j'avais fui. Couper le téléphone. Rendre mon appartement. Prendre un billet simple muni d'un simple sac à bagages. Il avait fallu se reconstruire à partir de la douleur et des larmes. Et Matthew n'avait pas été le seul à qui je faisais mes adieux, mais il y avait eu ma famille, mes amis, tant de choses, des détails dont j'avais eu tant de peines à quitter. Il est vrai qu'au début de mon retour à Los Angeles, je n'ai pas forcément eu le courage de recontacter mes amies. J'ai eu peur de leur réaction, c'est vrai. Et pourtant, Matthew m'a encouragée à entreprendre cette démarche. Il valait échouer en ayant essayer plutôt que de ne rien faire. Mais ça a été plus compliqué. Les choses ont changé pour elle, célèbre et sollicitée, je ne pensais pas qu'elle répondrait et nous avons fini par nous revoir. J'ai pu lui expliquer tout ce qu'il s'est passé, tout ce que j'ai traversé. Et surtout, Ewan... Mon merveilleux petit dont je n'ai cessé de montrer les photos. En six ans, on change et il est loin le temps où l'on se trémoussait à la plage en rêvant au futur.
Cette retrouvaille me fait un bien fou. Et lorsque nous finissons par nous quitter avec la seule promesse de nous revoir, je ne peux m'empêcher d'avoir le cœur léger en retrouvant Matthew et Ewan. Je suis heureuse de les voir et je monte bien vite dans la voiture. Matthew m'a dit qu'on devait retourner à l'école du petit. Pourtant, il m'a semblé qu'on avait déjà tout conclu. Mais je me dis qu'il doit manquer quelque chose, que ce n'est rien de bien grave alors je me doute de rien, fort occupée à raconter mes retrouvailles à mes deux amours. Je suis tellement enthousiaste que je ne fais pas attention à l'endroit où nous roulons, bien trop occupé à me tortiller pour pivoter et voir le visage souriant du petit. « Je te la présenterai un jour mon chéri. Mais tu écoutes déjà sa musique tu sais ? » Forcément, il est désireux de savoir, alors me plongeant dans mon téléphone, je perds le fil du chemin pris, bien trop occupé à chercher l'une des musiques ayant rendu célèbre mon amie. Ewan s'extasie bien vite en reconnaissant l'air du Moulin Rouge. Et moi, je suis aux anges jusqu'à ce que nous finissons par arriver à bon port. Lorsqu'il arrête la voiture, je suis occupée à parler de Naïa, de sa tournée tandis qu'il sort pour détacher notre petit garçon. Ce dernier se rue vers moi et me prend la main, me demandant de me détacher. Je marche en souriant face à l'impatience du petit, me disant qu'il doit avoir tellement hâte. Et seulement là, je remarque que nous ne sommes pas à l'école du petit.
Nous sommes devant une Église.
« Mais ce n'est pas ... »Mon regard est interrogateur et je suis interrompue par un Ewan tout excité, me tirant la main et m'observant d'un air malicieux ? Matthew finit par rompre tout ce mystère en m'avouant que ce n'est pas à l'école que nous allons mais bien dans cette Église. Là où il désire que je sois sa femme, ne pouvant attendre une minute de plus sans que je ne porte son nom de famille. Je suis sans voix, un peu trop calme parce que je ne réalise pas vraiment ce qui est en train de m'arriver. Est-ce un rêve ou la réalité ? La poigne d'Ewan est pourtant chaude et vive. Je suis vraiment en train de vivre dans le réel, l'instant où Matthew me confirme que nos familles sont déjà là, qu'il s'agit d'une petite cérémonie bien loin de ce qui devait être prévu. Mais d'un côté, ça me convient parfaitement. Et lorsqu'il se met à genoux devant moi, et me demande de l'épouser, je peux enfin respirer, sentir l'émotion me gagner et me contenter de hocher vivement la tête parce que je suis incapable de dire quoi que ce soit. Même quand Ewan me somme de dire oui. Lorsque mon fiancé se relève, je me jette à son cou pour le serrer contre moi. « Bien sûr que je le veux.. » Je finis par murmurer au creux de son oreille, trop heureuse et émue de ce qui est en train de se produire. Je me détache bien vite de lui pour venir serrer aussi mon fils « Tu cachais bien ton jeu petit canaillou ! » Je proteste en déposant mille baisers sur son visage rieur. « Papa m'avait dit de ne rien dire alors j'ai gardé le secret ! » Dit-il tout fier de lui tandis que je ris face à son enthousiasme. On sait, au moins, de qui il tient.

La cérémonie doit commencer sans plus tarder. Et l'entrée n'a rien d'une entrée classique. Ce n'est pas au bras de mon père mais bien à celui de Matthew, avec Ewan à son bras. On entre et à l'intérieur, je constate qu'il y a donc le strict minimum, nos deux familles. Et mon sourire ne s'élargit que bien davantage. Et dire que six ans en arrière, je m'imaginais une cérémonie avec tous les codes d'usages en place. Mais désormais, tout me paraît si loin. Ça me convient et je crois que je ne pourrai vouloir d'une autre organisation. C'est juste nous. Et le prêtre se charge bien vite de lire tous les textes sacrés, de nous bénir, nous et les anneaux que Matthew a prévu. Après les échanges des voeux, il ne reste plus qu'à se mettre les alliances aux doigts tout en se promettant de s'aimer jusqu'à la fin. Et c'est ainsi que de Mademoiselle Héloïse Bennett, je deviens Madame Héloïse McGregor. Les yeux sont brillants d'amour pour lui et lorsque nous pouvons échanger un baiser, j'en suis toute rougissante mais néanmoins heureuse. L'embrassant avec tout l'amour dont je suis capable, j'ai l'impression de ne plus rien entendre, rien que le bruit du battement de mon coeur et l'immense satisfaction que ma vie est parfaite en cet instant même. Après avoir tant souffert, le bonheur a décidé de m'accueillir à nouveau.

***

« La première fois où l'on s'est rencontrée, j'ai eu si peur que j'aurais pu avoir une crise cardiaque. Ta mère a cru que j'étais ton père et s'est jetée sur moi. Et tu sais quoi ? Elle m'a serrée à me broyer les os ! » C'est June qui parle à un Ewan buvant les paroles. Assis sur mes genoux, il écoute sa tante raconter des détails du passé, ne pouvant s'empêcher de rire tout en tripotant ma bague comme Matthew le fait tout le temps. « Maman, tu te rends compte ! Tu as failli tuer Tatie June ! » Dit-il tout amusé par la situation. Je ne peux m'empêcher de répondre à son hilarité. « Oui mais à l'époque, je ne savais pas qu'elle finirait aussi tôt le travail ! Mais elle m'a bien vite pardonnée. On a mangé du chocolat ensemble après. » J'échange un regard malicieux avec June, pour se rappeler de ces bons moments passés ensemble avant que tout ne s'écroule. Et pourtant, nous nous trouvons chez la mère de Matthew. Cette dernière a souhaité organiser le petit repas avec nos familles respectives. Et c'est savoureux, copieux. Je suis vraiment contente, Ewan a profité d'un peu de répit avec ses cousins et cousines pour venir se blottir contre moi alors que je suis en train de discuter avec June. Mais c'est de courte durée car finalement, il se remet à courir vers les autres enfants suivi de son chien, Lucky, ne le lâchant jamais. Quant à moi, après quelques paroles échangées, je prends congés de ma belle sœur. Je ne cherche qu'un seul être que je finis bien vite par retrouver un peu plus loin. Comme auparavant et à chaque fois, je me glisse contre son dos, enlaçant sa taille, profitant d'un doux moment rien qu'à nous. Mes mains se posent sur les siennes et je caresse doucement son alliance ayant pris place sur l'annuaire gauche. « Avez-vous un peu de temps à accorder à une certaine Madame McGregor, Monsieur McGregor ? » Je pouffe immédiatement de rire incapable de garder mon sérieux et me déplaçant pour me retrouve face à lui. Mon sourire déborde d'amour. Il m'a vraiment fait une très belle surprise. Je suis aux anges. « Merci pour tout... » Je finis par dire en prenant sa main dans la mienne. « Depuis que nous nous sommes retrouvés, je revis. J'ai l'impression de ne jamais avoir été autant heureuse de toute ma vie.Tu sais... » Je marque une pause, rougissant légèrement « J'ai pris conscience que mon bonheur ne peut dépendre que de toi. Tout comme pour Ewan. Et je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu nous apportes. Je croyais qu'être réunis, un jour, n'appartenait qu'au rang de rêve. Tu m'en as prouvé le contraire. » Le sourire s'élargit et je me blottis contre lui, sereine et protégée dans ce monde gigantesque. « Je t'aime Matthew McGregor ... Et pour toujours ... »
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TEAM HARRY
Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Sam 9 Sep - 19:33

Le mariage n’avait jamais été une notion très heureuse pour Matthew McGregor. Sa première tentative d’engagement s’était soldée par un échec cuisant puisque la mariée s’était enfuie au bras du témoin. Une terrible réputation et une honte sans nom l’avait suivi jusqu’alors, jetant l’opprobre sur son nom. Il était devenu un ennemi du mariage, et pourtant, cette idée devenue étrangère lui était revenue lors de sa rencontre avec Héloïse. A nouveau, il pouvait faire confiance, il pouvait s’autoriser à aimer, chérir, partager et protéger quelqu’un sans aucune forme de restriction. Des espoirs qui s’étaient vite perdus dans la douleur suite au départ précipité de celle qu’il aimait tant. Celle qui aurait pu être sa femme. Elle était juste la dernière qu’il avait aimée. Matthew avait été abandonné deux fois dans sa vie. La première fois l’avait blessé. La deuxième l’avait complètement détruit. A ce jour, ce n’était même plus le mariage qui ne lui était plus devenu envisageable, mais d’aimer tout simplement. Car la faiblesse du poète durant toutes ces années avait été de détester Héloïse autant qu’il ne l’aimait. Elle n’était pas uniquement une ombre douloureuse de son passé, mais bien une blessure lancinante. La souffrance était toujours présente, mais moins vive. Il savait déjà qu’il ne pourrait jamais se remettre d’une telle perte. Matthew s’était convaincu de mille façons au cours des dernières années qu’il avait tourné la page, s’enveloppant d’un écran de froideur et de cruauté, mais il se leurrait. Il se mentait si mal à lui-même. Héloïse était une part de lui. Où qu’elle puisse être, elle serait toujours présente dans son cœur et dans son âme. En partant, elle avait toujours emporté de lui.
Puis il y avait eu Jane dont il n’avait rien attendu. Pas d’espoir. Pas d’amour. Pas de rêve. Pas d’ambition. Comment aurait-il pu être déçu ? Comment aurait-il pu souffrir plus qu’il ne souffrait déjà ? Son âme asséchée ne souffrait plus. Son cœur avait été brisé trop de fois pour que l’espoir ne s’y reloge à nouveau une place au fond de lui. Et pourtant, il n’avait suffi que d’un regard et de quelques mots pour qu’il appartienne une fois encore à Héloïse. Si autrefois Jane l’avait quitté pour un autre, il pouvait se consoler avec l’idée que sa Française l’avait quitté par amour. Pas pour les bonnes raisons. Non sans injustice. Non sans souffrance. Non sans un silence insoutenable et terrible. Non sans que la vie d’innocents ne soit gâchée par la cruauté d’un seul qui reposait aujourd’hui six pieds sous terre. Car il n’y avait pas eu qu’Héloïse. Il y avait aussi eu sa famille qui en avait pâti. Et plus que tout, leur fils. Ewan. Depuis qu’il avait appris son existence, Ewan était devenu un combat de tous les instants pour Matthew. Un combat pour gagner son cœur, sa confiance, pour s’établir une place en tant que père alors qu’il s’en sentait si peu digne. Héloïse lui avait donné la force et la chance de rattraper une partie du temps perdu, ou au moins, de faire au mieux. Heureusement, le petit garçon n’était pas un enfant difficile. Il était à l’image de sa mère : quelqu’un au grand cœur où Matthew n’avait pas eu de mal à y trouver sa place. Désormais en Amérique, sa lutte ne s’arrêtait pas là. Il voulait le meilleur pour son fils, et pour sa fiancée. Ce mariage, il le voyait comme une consécration. Le point final à apposer à toutes leurs souffrances pour terminer ce chapitre de leur existence et en démarrer un nouveau. Plus beau et plus puissant. Cela passait par un mariage qu’il désirait tant avec Héloïse. Voilà trop longtemps qu’elle parcourait le monde sans lui à ses côtés, sans porter son nom. Sans qu’il ne lui accorde cet engagement pour la vie. Ils n’avaient peut-être pas besoin de ça pour s’aimer et pour s’assurer qu’il en fallait plus pour les dessouder, mais c’était une manière de prouver à l’univers entier qu’il avait perdu. Que rien, ni personne ne pourrait jamais les séparer. Qu’ils avaient été plus forts que le temps et la douleur. Que leur histoire d’amour ne s’était pas arrêtée à une lettre et un oreiller vide. Ainsi, Matthew se tenait là aujourd’hui, demandant solennellement la main d’Héloïse sous le regard émerveillé de leur fils. Ce mariage était prévu depuis longtemps, mais Matthew ne pouvait pas attendre une seconde plus. Il souhaitait qu’elle porte son nom, qu’ils portent tous les deux leurs alliances, qu’ils soient unis pour l’éternité. Il avait prévu cette cérémonie dans ce but. Il n’y aurait que leur famille respective pour être témoin dans cet engagement d’amour devant Dieu. L’intimité était ce qui leur correspondait encore le mieux. Son sourire devint plus grand en voyant la mine émue d’Héloïse. Incapable de parler pour l’instant, elle se contenta de hocher la tête jusqu’à ce qu’elle puisse prononcer les mots qui scellait cette promesse. Oui, elle le voulait. Elle voulait devenir sa femme maintenant. Il vint la prendre dans ses bras avec tendresse et émotions, partageant cet amour si profond. L’enchantement de leur fils était sans égal aussi, et notamment sa fierté d’avoir réussi à tenir sa promesse sans faillir. Quelques minutes plus tard, ils entrèrent tous les trois dans l’église. Tout ceci n’avait rien de traditionnel. Les futurs mariés rentraient ensembles, leur fils dans les bras. A l’intérieur, les dames McGregor attendaient avec le reste de la famille Bennett. De cette manière, il n’aurait pu rêver mieux. Cette union s’opposait radicalement avec celle qu’il avait pu avoir avec Jane. Il ne ressentait qu’un immense sentiment de plénitude, de bonheur et d’amour. Tout le long où la messe était dite, il ne pouvait s’empêcher de dévorer Héloïse des yeux. Sa future femme… la mère de son fils. Et voilà qu’elle devenait Héloïse McGregor. Il n’aurait jamais pu se sentir plus fier qu’en cet instant, à pouvoir embrasser pour la première fois celle qui était désormais son épouse. Et tout en l’embrassant, il se rendit compte que finalement, malgré la douleur et le déchirement, il ne regrettait rien de sa vie. Car le bonheur, il n’était pas si difficile à trouver. Il était simplement niché dans le regard de l’être aimé.

***

Matthew eut un sourire amusé en voyant le petit James se mettre à courir après Lucky, à l’exemple de ses cousins et cousines. Un peu plus loin dans la grande salle, Ewan était sur les genoux de sa mère, en grande conversation avec sa tante June. Sa mère avait tenu à ce que la réception se déroule dans sa propre maison. Il estimait qu’il était temps qu’elle accomplisse sa propre part concernant ce mariage, et surtout, qu’elle offre sa chance à la famille Bennett. Elle ne le disait pas, mais elle voyait les actes de son mari comme une honte terrible qu’il lui avait infligé. Elle devait se laver de ce déshonneur et offrir une véritable place à la famille de sa belle-fille. A ce titre, elle se débrouillait très bien et Matthew avait pris soin de la remercier pour cet amour de mère qu’elle savait prodiguer, même parfois pudiquement. « Tu as une bien belle famille désormais… » murmura doucement Ellana en arrivant tout près de lui. Il l’avait à peine entendue arriver, contemplant cette famille qui était la sienne. Héloïse qui était devenue sa femme, son fils qui était pleinement avec lui et qui porterait son nom aussi. Il se mit à sourire. « Oui, c’est vrai… Je crois qu’il était temps. Nous avons vécu loin l’un de l’autre pendant trop longtemps. » La main de sa cadette vint se poser sur sa joue et la caressa doucement. « Je suis tellement heureuse pour toi… Pour vous. Depuis le début, je savais qu’elle était celle qui devait devenir Madame McGregor. » Elle lui accorda un sourire complice qu’il lui rendit. Il était vrai qu’Ellana avait été la première à entendre parler d’Héloïse et des penchants de son frère pour sa jeune stagiaire. Si Matthew était pudique, il l’était étrangement moins avec Ellana. Cette dernière dut se dérober bien vite quand son fils James l’appela à plein poumons. Il ne resta pas seul bien longtemps cependant, car deux bras vinrent l’enlacer par-derrière. Il reconnut la douceur d’Héloïse. « Monsieur McGregor a toujours du temps pour son épouse. » Son épouse… c’était vrai désormais. Ce n’était pas uniquement simulé, comme en France où ils avaient dû se faire passer pour un couple marié. Non, là, c’était vrai. La bague à son doigt le prouvait. Il laissa son pouce caresser le bijou quand ses mains furent dans les siennes. Il l’écouta sans l’interrompre, voyant briller l’éclat de la reconnaissance dans ses yeux. Ses bras enrobèrent ses frêles épaules quand elle vint se blottir contre lui. Il déposa un baiser sur sa tempe et vint murmurer à son oreille. « Je t’aime aussi, Héloïse McGregor… » De la musique se faisait entendre tout le long de la réception, mais elle devint un peu plus forte, et surtout, un musique de slow. La mère McGregor s’approcha. « Les mariés nous feront-ils l’honneur d’une danse ? » En guise de réponse, Matthew offrit sa main à Héloïse, la guidant vers l’espace qui avait été réservé pour danser plus tard. Ils se mirent en position. Une de ses mains vint se poser sur sa taille. Leurs doigts s’entrelacèrent. Leurs prunelles s’épousèrent et ils se mirent à danser. Un souvenir jaillit dans la mémoire de Matthew et il brisa le silence quelques instants plus tard. « Cela me rappelle le premier soir où je t’avais amenée à cette remise de prix. Nous avions dansé et pour la première fois, tu m’avais appelé par mon prénom. » Il s’en souvenait assez bien parce que cela l’avait ébranlé d’une certaine manière. Parce qu’il avait aimé l’entendre prononcer son prénom d’une voix si douce. « Je crois que je suis tombé amoureux de toi ce soir-là. » lui avoua-t-il tendrement. Pour la première fois, il l’avait regardée et considérée comme un véritable être humain, et non comme sa stagiaire. Ou du moins, il s’était rendu compte qu’il était sûrement déjà amoureux d’elle. La tête d’Héloïse vint se nicher dans le creux de son cou et il murmura à son oreille. « Merci Héloïse… tu fais de moi le plus heureux des hommes. »

***

« MAMAAAAN ! PAPA ! » Ewan hurla à plein poumons en déboulant dans la chambre de ses parents. Si Héloïse avait sursauté, déjà aux aguets, Matthew se mit à grogner. Dans le fond, c’était tous les matins le même cinéma. Il sauta prestement sur le lit, suivi de près par son chien qui resta au sol mais se mit à japper avec conviction. Il vint secouer ses parents avec énergie. « Allez allez !! Il faut se dépêcher !! On va être en retard. » Héloïse, grande naïve qu’elle était, demanda en retard pour quoi. L’enfant la dévisagea comme si elle sortait une énormité. « Eh bien… pour la rentrée ! » En chœur, les deux parents lâchèrent un soupir de découragement. A croire que tout ce qu’ils disaient rentrait par une oreille pour ressortir par l’autre. Matthew se redressa et attrapa délicatement mais fermement les épaules de son fils pour le forcer à s’asseoir. « Ewan, combien de fois faudra-t-il te le répéter ? La rentrée, c’est dans plus d’un mois. Il faut que tu arrêtes de venir nous réveiller tous les matins. » Il jeta un coup d’œil à réveil et retint une mine outrée. « Il n’est même pas six heures en plus ! » Les épaules du garçon retombèrent mollement, accablées de déception. Ce fut à son tour de lâcher un soupir de désespoir. « Mais c’est quand que je rentre ? C’est loooong d’attendre ! » Héloïse lui rappela doucement le jour de la rentrée, qui était bien loin de la date prévue. Une idée vint soudain dans l’esprit du petit. « Et pourquoi papa il a le droit d’aller à l’école et pas moi ?! » - « Parce que papa, il ne va pas à l’école. Il travaille. Profite des vacances, tu seras bien malheureux quand tu n’en auras plus. » Voilà qu’il parlait comme un vieux. Mon dieu, ce qu’il ne disait pas ! Pour le coup, il aurait bien échangé sa place pour avoir plus de temps avec sa famille, mais ce n’était pas le cas. Et même si le prochain mariage ne devait pas être une grande cérémonie pompeuse, elle nécessitait d’y mettre le nez dedans. Héloïse pouvait s’en charger pour l’instant, mais il aimait bien suivre le projet malgré tout. Ewan se jeta dans les bras de son père. « Je veux pas que tu y ailles aujourd’hui ! Reste à la maison avec nous ! » Il faudrait savoir, décidément. Néanmoins, il ne put que rire, attendri. « Je n’ai pas vraiment le choix bonhomme. Mais je serai là ce soir. » - « Ce soir, c’est trop long. Je peux venir avec toi ? » Là encore, Matthew dut secouer la tête à regret. Il était aussi pugnace que sa mère le petit et continua à insister, malheureusement, son père ne pouvait que dire non. De désespoir, Ewan se laissa tomber sur le lit entre ses parents. « C’est le piiiire jour de ma vie… » bouda-t-il, comme chaque matin.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 17 Sep - 21:09

28. Ton personnage s'habille en soubrette comme un minion pour faire le ménage chez lui J'ai tellement honte d'avoir dépravé ma Héloïse dans ce Rp, j'ai l'impression qu'il est souillé à jamais Arrow

Je suis tout simplement sur un nuage. Il me semble que ma vie parisienne est désormais lointaine. Tout va si bien et jamais je n'aurais pu croire qu'en ce onze Juillet, je deviendrai Madame McGregor. Et pourtant, c'est le cas : mon alliance trône fièrement sur mon annuaire gauche. Et je suis euphorique, enjouée, souriant au monde entier de cet instant de vie si précieux. Et puis, Matthew est si beau aujourd'hui. Son bonheur est égal au mien et j'aime voir ce sourire trôner sur ce visage. Lui aussi a changé. Et le temps me paraît si loin depuis que nous nous sommes retrouvés en face l'un de l'autre après six ans d'absence. Ces six ans qui règnent encore, véhiculant le besoin fou de rattraper le temps perdu, de se promettre l'éternité parce qu'il est évident que désormais, je ne peux le quitter encore une fois. De toute façon, je suis son épouse et je sais que plus rien ne pourra nous séparer. Nous sommes des âmes sœurs, des gens faits l'un pour l'autre. Et quoi qu'il arrive, je sais que nous sommes une famille, qu'Ewan nous lie et nous amène dans un univers de tendresse. Et quand bien même, il y a mon fils, j'ai toujours ce besoin de proximité avec son père, j'ai besoin de le serrer contre moi, de relever un regard vers lui et d'y voir ce même amour luire dans ses prunelles d'acier. D'entendre sa voix, aimer quand il évoque le fait que nous sommes mariés, que nous ne faisons plus qu'un par le nom. Et c'est le cœur gorgé d'amour que je lui offre tous ces mots témoins de ma reconnaissance et de mon amour infini pour lui. Et c'est encore plus beau de l'entendre qu'il m'aime. Ça m'a tant manqué durant six ans, le son de sa voix, ses intonations douces et la chaleur de ses bras quand je me blottis contre lui. Tout ceci m'a tant manqué durant ce temps où il m'a été si injustement enlevé. Désormais, le temps nous appartient. Un temps où sa famille à fini par m'accepter, où sa mère vient nous informer qu'il est temps pour nous de laisser place à la première danse. J'ai grandi depuis et je suis ravie de constater que je n'ai plus aucune appréhension à me diriger sur la piste en la présence de mon mari. Enlacée contre lui, je lui souris lorsque nous sommes en place et que nous pouvons nous mouvoir devant notre famille. J'ai l'impression qu'il n'y a plus que nous pourtant et la délicate musique pour nous accompagner. J'en viens même à frissonner lorsqu'il me rappelle à l'oreille cette fois où nous avons été à ce bal. Je m'en souviens bien parce qu'il a tant signifié pour moi. J'ai tellement eu peur de tout, de ne pas être à la hauteur. Et pourtant, j'ai vécu un moment parfait me rappelant, non sans me mettre à rire discrètement, que je l'avais appelé par son prénom. « Je me souviens... Je perdais la tête tellement j'étais stressée à l'idée de faire un faux pas. » Je relève la tête légèrement pour lui faire face, souriant « Tu me paraissais si grand... Je me sentais si petite. » Et plus de six ans après, nous partageons une nouvelle danse mais celle-ci, est pour notre mariage. Quand j'y pense... Notre mariage mon dieu. Je suis sienne autant qu'il est mien, qu'il est mon unique amour, le seul homme qu'il m'ait été possible d'aimer autant. Venant me nicher au creux de son cou, je me sens si bien. Sereine et protégée. Tandis que nous nous mouvons encore avec grâce l'écoutant me dire qu'il était tombé amoureux de moi ce soir-là. « Nous en avons parcouru du chemin mon amour... » Je finis par murmurer, laissant les souvenirs revenir, passant de ce voyage au Japon, de ce premier noël ensemble, de cette première nuit, de ces instants à deux, de nos rendez-vous secrets au bureau, de ces voyages de deux jours au-delà de Los Angeles, de cette fois où j'ai trop bu, de son accident, de ma blondeur, de la remise des diplômes en passant par nos merveilleuses vacances en France. Je me rappelle d'ailleurs de Didier et Mauricette. Et l'envie de lui proposer d'y retourner est forte mais pour l'instant, je me contente de savourer d'être collée à lui et de danser comme si nous n'étions plus que deux dans ce monde. 

***


Et la vie se poursuit paisiblement après notre mariage. Il n'y a pas eu de voyages de noces mais ce n'est pas grave, ce n'est que le début d'un long préparatif sur le gros mariage. Ainsi, je peux me centrer sur la préparation, organiser en passant par le plus infime détail, aidé par un Ewan prêt à organiser le plus grand événement de toute la planète et à inviter six milliards d'humain. Cet enfant est terriblement enthousiaste et touchant, si ce n'est qu'il a choisi de nous réveiller tous les jours avant six heures croyant que c'est la rentrée des classes. Il est désormais trop impatient, les premières appréhensions ont été effacées. Il fonce dans le tas et nous l'encourageons le plus souvent. Sauf quand il nous réveille alors que je suis blottie contre Matthew, que je dors paisiblement, faisant un bond dans le lit. J'ai toujours peur qu'il lui arrive quelque chose. Mais quand je vois sa mine réjouie, je sais de quoi il en retourne. Mon fils est matinal comme toujours. Et si j'ai l'habitude, mon mari, moins. Je demande en quoi nous sommes en retard parce que je suis encore endormie avant qu'Ewan me rappelle que c'est bientôt la rentrée. Poussant un soupir, je laisse Matthew répondre que ce n'est pas encore le jour j. Néanmoins, j'observe attendrie l'échange se faisant entre le père et le fils. C'est important qu'il se fasse sa propre autorité sur ce petit, prêt à tout pour arriver à ses fins. Cet enfant veut trop de choses. Aller à l'école, aller au travail avec Matthew et je trouve ça juste que son père lui refuse de venir avec lui. Forcément, Ewan paraît être au bout de sa vie. Ce qui m'arrache un rire. « Ne t'inquiète pas, tu ne vas pas voir la journée passer, j'ai prévu plein de choses. » Je murmure avec malice attisant la curiosité de l'enfant qui se redresse pour chercher la vérité absolue dans mon regard. « C'est quoi Maman ? Je veux savoir !!! » Dit-il en fronçant les sourcils, me rappelant un peu trop son père, avec le petit air autoritaire. « C'est un secret... » Et avant que l'enfant puisse protester, je pose un doigt sur sa bouche « Mais si tu es sage et que tu vas te recoucher pour dormir encore un peu, je te donnerai un indice. Un peu ... comme une devinette ! » Ce qui lui plait tandis qu'il finit par acquiescer et finalement, se dirige vers sa chambre suivi de Lucky. Je peux alors plonger un peu plus dans le lit, venant me blottir contre Matthew. « Comment renvoyer un enfant dans sa chambre en deux leçons. Admire la classe française à l’état pur, merveilleux époux de mon cœur. » Je finis par dire en pouffant de rire et laissant un peu le sommeil reprendre sa place après une nuit écourtée par un petit garçon trop impatient.

***


Quand j’entends la voiture arriver vers dix-neuf heures, je sais qu’il est temps pour moi de me mettre en place. Prenant vite place dans le salon, je m’installe dans l’imposant sofa prenant une pose assez inhabituelle pour moi quand j’entends alors la porte d’entrée claquer tandis que je sens comme une montée d’adrénaline. Oh mon dieu, mais que va t-il dire ? Non parce que je crois que Matthew va avoir une crise cardiaque quand il trouvera son épouse assise de façon sexy sur ce fauteuil, habillée en tenue de soubrette ultra courte et sexy. D’ailleurs, je souris déjà quand il entre dans le salon. « Bonsoir Monsieur McGregor, je vous attendais… » Bon dieu, heureusement que j’ai trente ans désormais et plus d’assurances que lorsque je l’ai rencontré. Jamais je n’aurais osé faire une telle chose. Et pourtant si, j’ai fait cette surprise afin de nous octroyer un peu de temps à tous les deux, laissant ainsi Ewan chez Ellana pour la nuit. Nous pouvons alors profiter de notre soirée en tête à tête. Pour l’occasion, j’ai préparé un repas et surtout, j’ai trouvé cette tenue de soubrette. Ce qui a été cocasse surtout, c’est qu’à la base, j’ai mis la tenue deux heures avant que Matthew arrive, histoire de l’essayer. Cependant, je n’ai jamais réussi à l’enlever. De ce fait, je me suis retrouvée à devoir faire le ménage en véritable tenue de soubrette sexy. Et maintenant, je peux enfin rentrer dans mon rôle de femme mariée faisant plaisir à son mari. Même que je parle d’une voix terriblement sensuelle. « Voilà quelques heures que j’ai fini de nettoyer toute cette poussière et pourtant, j’espérais vous voir. Il me restait juste un détail à régler avant de prendre congé de vous.. » Je me lève alors, venant dans sa direction, avec un sourire en coin. « Vous m’avez bien trop manqué. » Et mes lèvres viennent alors trouver les siennes, mon  cœur s’enflammant tandis que la passion s’immisce déjà entre nous. Il faut dire qu’avec Ewan, tout ce genre de choses est secondaire. Nous vivons pour notre fils, aussi, de pouvoir s’accorder un moment pour nous, c’est rare mais ça se savoure. Et ce moment d’amour partagé avec lui demeure toujours aussi fort, aussi intense alors que nous nous trouvons dans notre chambre, enlacés l’un contre l’autre dans notre lit, la respiration encore bien désordonnée de ces ébats. « Je trouve que c’est une excellente idée d’abandonner Ewan chez ta sœur… » Je finis par murmurer d’une voix amusée à l’idée de devenir, ce soir, une mère plus préoccupée par le papa que par l’enfant. Cependant, je sais qu’Ewan est heureux avec James. Et nous aussi. « On a si peu d’occasions pour se retrouver que tous les deux d’ailleurs. » Relevant la tête et posant mon menton sur son torse, je finis par ajouter d’une voix amusée. « On devrait être des parents indignes bien plus souvent. »

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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 1 Oct - 13:29

Avec six années de retard, Matthew découvrait les joies d’être père, avec les bons et les mauvais côtés. Dans cette dernière catégorie, il pouvait sans problème cataloguer le fait d’être réveillé bien trop tôt pour son fils qui trépignait d’excitation d’aller à l’école. Avec un mois d’avance, notons-le. Sa mère avait beau avoir relevé le fait que le père et le fils se ressemblaient étrangement au même âge, l’auteur ne se souvenait pas s’être montré un jour si impatient d’aller à l’école. C’était même tout l’inverse. Elève curieux et studieux, il n’en était pas moins le premier à sortir de cours dès que la cloche se mettait à sonner. Comme un enfant normal quoi. Mais Ewan n’était définitivement pas dans la norme, et c’est ce que Matthew apprenait au fur et à mesure. Il était un enfant plein de surprise et toujours plus déconcertant par ses réactions si particulières. D’ordinaire, le père en était impressionné, mais ce matin, il aurait bien apprécié que son fils soit comme tous les autres petits garçons de son âge et qu’il reste sagement dans son lit. Il faut alors parlementer pour expliquer que la rentrée ne serait pas avant un petit moment et qu’il devrait prendre son mal en patience sans venir tomber la porte de ses parents tous les matins. Argumenter avec les enfants, il n’avait pas bien l’habitude. Il côtoyait les enfants d’Ellana et de June, mais en tant qu’oncle, ce n’était pas à lui de parlementer concernant quoi que ce soit. Il ne s’en était jamais vraiment donné la peine, malgré toute la tendresse qu’il pouvait nourrir pour eux. Avec Ewan, c’était autrement différent. Il s’en sentait le devoir, et Héloïse l’incitait à prendre pleinement en main son rôle de père. C’est pourquoi, très régulièrement, elle le laissait gérer des situations plus délicates avec le petit. Notamment quand il se mit à réclamer de partir au travail avec son père. Au-delà de l’admiration sans borne qu’il vouait à Matthew, Ewan paraissait véritablement s’intéresser à l’univers de l’édition et était bien plus encore passionné par l’écriture. Sans même qu’ils ne se connaissent, le père et le fils suivaient exactement le même chemin et la même destinée. Il aurait pu songer qu’Héloïse était derrière tout cela, mais il connaissait trop l’attachement qu’elle avait à ce qu’Ewan se forge son propre caractère et développe ses propres passions. Le destin ou la génétique ? Il n’en savait strictement rien mais il sentait des bouffées de fierté l’envahir quand son petit courrait dans ses bras sitôt qu’il avait passé la porte de l’entrée le soir pour qu’il lui raconte en détail toute sa journée de travail. Durant tout le long que durait la conversation, il pouvait voir luire des étoiles dans les yeux d’Ewan. A le voir, c’était presque à croire que son père était en train de lui conter une histoire faite de magie et d’enchantement. Hélas, ce matin, il ne verrait pas un tel regard puisqu’il devait lui dire non à sa demande. Même s’il le voulait, il ne pouvait pas amener son fils au travail. Il était débordé en ce moment et Ewan ne voudrait pas le quitter d’une semelle. Il ne pourrait pas prendre le temps de lui expliquer correctement le fonctionnement même de la maison d’édition, son travail, etc. De plus, il pourrait trop facilement distraire les employés qu’il savait si bien séduire avec son petit minois. A la rigueur, la présence d’Héloïse l’aurait plus arrangé pour l’aider à prendre de l’avance sur son travail. La jeune femme était d’une aide précieuse, et il ne doutait pas qu’elle avait acquis de nombreuses compétences durant ces six dernières années. Pas uniquement professionnellement, mais aussi en gestion d’enfant, car elle ne lui suffit que de quelques paroles et d’un stratagème ingénieux pour faire revivre un sourire sur les lèvres d’Ewan et qu’il reparte se coucher. Bouche-bée, Matthew dévisagea sa femme. « Comment t’as fait ça ? C’est de la sorcellerie ! » Ou de la très bonne manipulation. Un sourire mutin sur les lèvres, elle lui enseigna cette noble leçon pour renvoyer leur fils au lit. « Tu sais que je t’aime, Madame McGregor ? » dit-il en venant capturer un baiser sur ses lèvres avant de se laisser de nouveau aller au sommeil.

***

Vendredi soir, la fin de semaine. Complètement fourbu, Matthew arriva chez lui avec l’unique ambition de balancer ses affaires dans un coin et de profiter tranquillement de sa famille. Il se félicitait effectivement de ne pas avoir permis à Ewan d’être présent aujourd’hui au travail. Il n’avait plus su où donner de la tête tant il avait des choses à faire. Il avait couru à droite, à gauche, s’encombrant d’un millier d’affaires à gérer. Vivement qu’Héloïse soit là ! « Je suis rentré ! » dit-il dès qu’il eut passé le seuil de la porte. Il fut légèrement étonné de ne pas avoir un boulet de canon qui fonçait dans ses bras ce soir. Et où était Héloïse ? Il poursuivit son investigation jusqu’au salon et… Au départ, il était presque prêt à jeter la personne étalée sur son canapé dehors, avant de réaliser pleinement qu’il s’agissait de sa femme. Il écarquilla les yeux, pas moins intéressé par cette vision plus qu’agréable. Héloïse en soubrette, lascivement posée sur le sofa ? C’était plus qu’il n’aurait pu en rêver dans toute une vie. « Bonsoir… » répondit-il sur un ton tout aussi chargé de désir. « Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait à ma femme ? » Il n’en gardait pas moins un ton mutin, tandis qu’il posait son sac dans un coin et qu’il retirait sa veste. Héloïse fut bientôt à son niveau et il entoura sa taille de ses mains, se délectant du spectacle. Jouant le jeu, elle se prit au rôle de la soubrette. « Oh non, ça aurait été trop dommage que vous partiez si tôt… J’avais encore quelques mots à vous dire. » Le jeu ne dura pourtant pas bien longtemps, car cette vision était bien suffisante pour exciter notre directeur d’entreprise. Matthew n’attendit pas pour prendre possession de ses lèvres, de ses courbes, de son corps. Il était vrai qu’avec la présence d’Ewan, il était dur de jouir d’une parfaite intimité. De ce fait, Matthew appliqua d’autant plus d’intensité, de passion et de tendresse dans cet amour qui les unit ce soir-là. Haletant l’un contre l’autre, Matthew rit de la remarque de sa femme. « Je trouve même qu’on devrait le faire plus souvent. Cette soubrette avait une personnalité bien attachante. » Il vint prendre possession tendrement de ses lèvres, heureux et épanoui de n’avoir sa femme rien que pour lui ce soir. « Rho ne t’en fais pas. On n’a rien d’indigne. Je suis sûr qu’Ewan s’amuse comme un petit fou avec sa tante et son cousin. » Il était tellement heureux d’avoir retrouvé une vraie famille lui aussi, qu’il en profitait plus que jamais. Avec son cousin, ils étaient inséparables, presque du même âge tous les deux. Mais ce soir, ce n’était qu’à Madame McGregor qu’il pensait. « Mais quitte à être indignes, comme tu le dis… autant y aller jusqu’au bout. » Ses lèvres s’emparèrent des siennes avec fougue, tandis que ses mains repartaient à l’exploration de son corps pour de nouveaux ébats passionnés.

***

Un mois s’était écoulé. Un mois où Héloïse était sa femme, pour le meilleur et pour le pire, et qu’ils jouissaient ensembles de ce bonheur d’être réunis, de porter le même nom et d’être enfin une famille. Un nouveau mois où Ewan était un fils toujours plus exceptionnel. Sauf qu’à mesure que les semaines s’étaient écoulées, son excitation s’était peu à peu éteinte. La crainte finissait par prendre possession de lui à tel point qu’au petit déjeuner de ce matin, il n’avait pas encore dit un mot. Ce n’était pas uniquement la rentrée d’Ewan, mais aussi le premier jour de boulot pour Héloïse. Beaucoup de changements pour celle nouvelle année ! « Ewan, mange tes céréales. On va être en retard sinon. » l’avertit Matthew tandis que le petit faisait tourner pensivement sa cuillère dedans depuis dix minutes. Finalement, il posa son couvert sur la table, plongeant ses prunelles dans celles de son père, puis de sa mère. « Papa, maman, j’ai pris une grande décision. Je ne vais pas aller à l’école. Après tout, je peux très bien apprendre à la maison ! » L’auteur haussa un sourcil. Qu’est-ce qu’il avait encore inventé cette fois ? « Et je peux savoir comment tu vas apprendre tout seul ? » - « Je ne vais pas apprendre tout seul. Maman restera avec moi et elle m’apprendra ! » dit-il comme une évidence parfaite. Apparemment, il travaillait son plan depuis un petit moment. « Ta maman, elle a déjà un travail. » - « Mais elle fait le même que toi. Vous ne pouvez pas faire le même travail, c’est bizarre. Elle sera ma maîtresse ! Pas vrai, maman ? » Et voilà qu’il fit des yeux de biche à sa mère, lui offrant l’un de ses plus beaux sourires. Mon dieu, ce gamin…
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Jeu 19 Oct - 22:05

La vie se poursuit dans un bonheur sans nuages. Chaque matin, je réalise pleinement ce qui m’arrive lorsque je me réveille, secouée par mon fils, débordant d’enthousiasme et de joie de vivre, usant de ces mots « maman » sachant m’inonder d’une douce joie manifeste. Mais si celle-ci fait du bien au corps et à l’âme, je dois admettre que l’entendre dire « papa » est une source de bonheur bien plus important. Mon regard, alors, ne converge plus que vers cette autre personne, mon âme sœur qui se trouve à mes côtés, qui, finalement, contre vents et marées, est devenu mon époux. Et avec qui, ensemble, nous sommes désormais une merveilleuse famille. Je me sens revivre, je me sens être métamorphosée par tout ce qui nous arrive. Comme si, six ans venaient de s’effacer. Comme si ce bonheur était enfin là, après tant d’années d’errance et de souffrance. Il est là, et je ne compte pas le perdre de sitôt. Je ne tiens pas à revivre toutes années de misère loin de ma famille. Parce qu’il est là mon foyer, à Los Angeles, comme cela a été le cas avant de fuir. Et petit à petit, il devient également celui de mon fils, où je le vois rire, grandir, découvrir la vie sous un nouvel angle. Et surtout, que je puisse être auprès de Matthew, tous les matins, tous les soirs. De pouvoir vivre avec lui tout en étant désormais sa femme. Je sais que ce mariage, d’une certaine façon, nous lie plus que jamais, que désormais, rien ne peut entacher ce que nous vivons. Et aussi, les jours passent et ne se ressemblent pas. Aussi, entre les jours passés auprès des miens, les soirées en amoureux et en tenue de soubrette (je tiens à préciser que ça n’est arrivé qu’une fois quand même et que j’en suis encore toute éprouvée), le mois d’aout passe à une telle allure que finalement, Septembre arrive bien vite. Trop vite d’ailleurs. Parce qu’au fil du temps restant, je vois Ewan devenir plus hésitant quant à retourner à l’école. Forcément, il va côtoyer un univers complètement différent de celui de la France. Il maîtrise bien l’anglais à force de patience et de travail mais ce n’est pas encore ça. Et si au début de l’été, il ne cessait de nous réveiller à cinq heures du matin pour que nous l’emmenions voir sa classe, le mois d’aout s’est révélé être l’inverse avec un Ewan n’hésitant pas à rester plus au lit, à ne plus se lever d’ailleurs. Voir… à carrément nous informer, le jour j, qu’il n’ira tout simplement pas à l’école. Lorsqu’il nous informe de ça, je suis en train de préparer le petit déjeuner pour Matthew et moi, faisant couler les cafés et beurrant des tartines de pain. Aussi, j’hausse un sourcil lorsqu’il fait sa petite annonce, l’air grave. Je laisse Matthew parler, bien trop occupé à continuer ma besogne jusqu’à apprendre qu’Ewan a déjà tout prévu. Il n’ira pas à l’école, il restera ici et je lui ferai les cours à domicile. Pourtant, comme le dit si bien Matthew, j’ai un travail et c’est d’être au côté de mon mari, non pas à faire la préceptrice pour un enfant estimant que lui seul décide. « Ewan, la réponse est non. » Je finis par déclarer sans me retourner. « Comme le dit ton père, un travail m’attend et je ne compte pas te faire l’école à la maison. En France, tu étais très content de retrouver tes copains tous les matins ! » Je me retourne pour l’observer avec un sourire malicieux, amusée de voir le sourire angélique du petit disparaître très vite. « Mais Maman, je ne connais personne ici. Et puis, ils vont se moquer de moi parce que je ne parle pas bien anglais. » Je soupire, forcément, ses inquiétudes sont fondées. Pourtant, il n’a rien à craindre. Aussi, je viens m’asseoir à la table, déposant les tasses et les tartines. Mais avant de commencer le repas, je préfère alors rassurer le mini McGregor bien décidé à me faire changer d’avis. «  Et puis, si je n’arrive pas bien à parler anglais ? Comment pourrais-je avoir des bonnes notes ? » - « On en a parlé plein de fois, mon ange… » Je jette un regard à Matthew et continue «  Tu sais très bien qu’avec Papa, nous ne te laissons pas dans une école où les gens ne parlent qu’anglais. On te l’a déjà dit. C’est une école française et tu sais quoi, les autres élèves ils voudront tous jouer avec toi. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu viendras d’un pays dans lequel tu parles couramment la langue qu’eux apprennent. C’est une formidable manière d’échanger ce que vous savez déjà ! » Buvant une gorgée de café, je finis par dire « Et puis tu sais bien que je dois travailler avec Papa, je ferai le même travail qu’avec Ernest tu te souviens ? » Cependant, il est difficile d’ignorer l’air penaud de l’enfant. Un peu triste aussi, je pense qu’il doit énormément stresser. « Et puis d’ailleurs, si nous ne travaillons pas. Comment on nourrirait Lucky ? » Je demande en jetant un coup d’œil au chiot jappant pour manifester sa présence. « Mais je travaillerai moi avec papa ! Et tu me feras l’école comme je disais ! Lucky ne va pas mourir de faim. » Il est vraiment têtu je dois admettre. C’est vrai que je n’avais jamais réalisé combien le caractère combiné de Matthew ainsi que le mien, peut donner quelque chose de plus tenace que nous-même. « Ewan, la réponse est non. Tu finis tes céréales et on t’emmène à l’école. Tu verras que ce soir, tu seras très heureux de nous avoir écouté. »

***


« J’ai bien cru qu’il ne rentrerait jamais dans la salle de classe. » Je finis par dire en soupirant un peu tandis que nous roulons vers les bureaux. Forcément, on a pris qu’une seule voiture pour l’occasion. Aujourd’hui, étant un jour un peu spécial, on ira aussi chercher ensemble Ewan à son école. Pour un premier jour, on tient à ce que cela soit fait dans les règles de l’art, qui plus est, c’est la première rentrée que vit Matthew en tant que père. Ma main vient tendrement se greffer à la sienne et je demande avec un doux sourire. « Alors, qu’est-ce que ça fait de vivre sa première rentrée des classes en tant que parent ? » Tant de choses s’apprennent ainsi. Mais c’est beau : ça nous rappelle que l’existence humaine est un perpétuel apprentissage. « Je te rassure d’ailleurs… Ewan a souvent rechigné à aller à l’école le premier jour. Et puis à chaque fois, il s’est accommodé et tout est rentré dans l’ordre. » J’ose même évoquer sa toute première rentrée, me rappelant avec émotion que mon petit avait tellement hurlé en me voyant m’en aller, que je ne sais pas qui avait le plus pleuré de la mère ou de l’enfant. « Mais il va bien s’adapter et puis, franchement, cette école française est merveilleuse. Je ne sais pas comment tu connais cet endroit. Mais je crois que tu as vraiment choisi le mieux pour notre petit loup. » Et nul doute qu’il va aimer l’endroit autant que je l’ai aimé quand nous l’avons choisi ensemble. « Maintenant, c’est notre rentrée à nous. » Je me mets à rire, ajoutant d’une voix malicieuse. « Tu dirais quoi si je te disais de travailler à la maison rien que toi et moi, Monsieur McGregor ? » Le clin d’œil à Ewan est plus subtil que le sous-entendu évoqué avec cette voix charmeuse. Il est loin le temps où j’étais cette jeune fille timide et hésitante. Aujourd’hui, l’assurance et les années sont là. Et surtout, celui se trouvant à mes côtés me permet, aujourd’hui, d’être cette femme-là. Même si entre nous, je crois que si l’on devait travailler à la maison, on ne serait pas très productif… Quoi qu’il en soit, nous finissons par arriver bien vite à la Maison d’Edition et je suis toute émue de franchir le perron en étant bien plus qu’il y a six ans. Cette fois, en étant mariée, en étant la mère d’un petit garçon, en ayant grandi après tout. Tout est si différent désormais, néanmoins, je constate que je n’ai pas perdu le rythme après ces mois d’oisiveté. Et la matinée passe à une allure monstrueuse durant laquelle, je suis ravie de revoir des visages familiers. Six ans et pourtant les souvenirs demeurent encore. Je ne peux cependant nier les regards curieux et les expressions étonnées de ces gens se demandant comment d’une simple stagiaire, j’ai pu revenir en étant Héloïse McGregor. En réalité, ceci se confirme lorsqu’à un moment donné, je surprends alors une conversation entre deux salariés « Mais oui… Souviens-toi. Il y avait des rumeurs à ce sujet comme la stagiaire se tapait le patron. Et puis du jour au lendemain, plus rien. Et quelques temps après, il est arrivé avec cette rouquine. » - « Tu crois vraiment qu’elle a fait capoter un mariage ? Ce n’est pas son genre… » - « C’est trop étrange quand même ! Elle revient ici, un beau matin, la bague au doigt… Moi, je te dis que cette fille est juste… » Mais je ne sais pas ce qui se dit ensuite, parce qu’alors que j’ai toujours la main sur la poignée, je suis hélée par une voix que je chéris plus que tout. Alors, il me faut inspirer bien profondément et adopter un grand sourire sur mon visage. « Je n’ai pas vu le temps passer et je meurs de faim, tu veux qu’on déjeune ensemble ? »
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Lun 27 Nov - 21:12

Pour le descendant McGregor, son premier jour d’école en Amérique devenait une grande histoire. Durant plus d’un mois, il n’avait eu de cesse de rabattre les oreilles de ses parents avec sa future venue dans une nouvelle école. Son excitation était telle que Matthew ne comptait plus les fois où il leur avait demandé combien de jours les séparaient de la rentrée des classes ; ou encore les fois où il s’était immiscé tôt dans la chambre de ses parents, clamant qu’il s’agissait du grand jour. Aussi, en ce fameux jour qui arrivait enfin, l’éditeur était persuadé que son fils serait dévoré par l’impatience et l’excitation. D’ordinaire, sa bouche ne s’arrêtait pas de déverser un flot important de paroles, d’informations plus ou moins intéressantes malgré un esprit vif. Cependant, il était étrangement silencieux depuis son réveil. Il aurait pu s’en satisfaire et profiter d’un petit-déjeuner silencieux qu’il aimait tant devant un café bien chaud, mais cela l’intriguait trop. D’autant plus que le petit prenait du temps à faire chaque chose, comme pour retarder le moment fatidique. Enfin, les parents McGregor surent le fin mot de l’histoire. Ewan ne voulait plus aller à l’école. Il considérait qu’il n’avait aucun besoin de suivre des cours puisque sa mère était suffisamment érudite pour les lui prodiguer à domicile. En soi, cela n’était pas faux. Mais ce qu’il semblait oublier et que Matthew lui rappela, c’était que sa mère avait déjà un travail. Le même que lui d’ailleurs, ce que l’enfant utilisa comme excuse pour mettre en lumière qu’ils n’avaient pas besoin de pratiquer la même profession. Cela aurait pu paraître logique, mais non. L’éditeur débattit un long moment avec Ewan avant qu’Héloïse ne prenne le relais. Visiblement, toutes les peurs de l’enfant étaient fondées sur le fait qu’il craignait de ne pas pouvoir parler français, étudier correctement et de se faire des amis. Des angoisses plus que légitimes, mais Matthew et Héloïse ne pouvaient céder à son caprice. Il devait comprendre qu’il n’avait rien à craindre, et sa mère se fit une figure rassurante. Sauf que le garçon était têtu. Héloïse dut se durcir et Matthew ajouta : « Oui, écoute ta mère. » Merci papa.

***

Ils finirent par déposer Ewan devant sa nouvelle école. Il avait été compliqué de lui faire lâcher prise et de l’inciter à rejoindre ses camarades. Toutefois, il s’exécuta à force de paroles rassurantes de ses parents. Tous les deux dans la voiture, ils prenaient la direction de la maison d’édition. Cela lui rappelait l’époque où ils étaient au début de leur couple officialisé et qu’ils faisaient les trajets ensembles. « Je dois admettre que ce n’est pas forcément évident, mais ça le deviendra avec le temps. Je crois que le plus dur, c’est de devoir le laisser là en se disant qu’on ne le reverra pas avant le soir. J’espère vraiment que ça va bien se passer… » Il s’entraînait à jouer la figure du père autoritaire mais juste, toutefois, il en avait eu le cœur serré en le voyant partir. Est-ce qu’il allait passer une bonne journée ? Comme si Héloïse lisait dans ses pensées, elle le rassura. « Oui, c’est une très bonne école. J’ai surtout fait appel à des contacts pour la trouver. Je n’ai jamais été très investi par la question des écoles auparavant. Celle-ci était apparemment la meilleure. J’ai hâte d’être à ce soir pour voir s’il en est content. » Il avait passé du temps à fureter toutes les écoles, ne demandant que l’excellence. Il avait fait jouer de ses relations pour obtenir une place de choix et monter un dossier rapidement. Normalement, dans ce genre d’établissements, il fallait presque s’inscrire un an à l’avance. Heureusement, Matthew ne faisait pas partie du bas peuple. « Et toi, tu es prête pour ta rentrée ? » la taquina-t-il. Après tout, il s’agissait de son premier jour à elle aussi. Il répondit d’un regard enflammé à l’invitation d’Héloïse. « Ma chère épouse, ne me tente pas trop. » Il ne pourrait pas lui résister. Ces six années l’avaient rendue plus entreprenante. La Héloïse discrète avait laissée place à une femme plus sûre d’elle à laquelle il savait rarement dire non. Bien à regret, il prit le chemin de la maison d’édition. Très professionnels, ils prirent leur fonction chacun de leur côté. Il la connaissait en parfaite autonomie. De plus, une réunion à la première heure avec l’équipe lui avait permis de se tenir au courant du travail en cours, des dossiers à traiter et des missions à exécuter. Une étrange impression l’habitait en la voyant entre ces murs qui recelaient tellement de souvenirs. S’il s’en donnait la peine, il pouvait s’imaginer que six ans ne s’étaient pas écoulés. Que c’était encore hier qu’elle était sa petite stagiaire. Le travail le rattrapa. Il s’y plongea complètement jusqu’à ce que la faim ne se rappelle à lui. Il chercha sa femme qu’il trouva devant son bureau. Il eut un sourire taquin. « C’est pour un entretien ? » Il évoqua ce premier jour où ils s’étaient rencontrés. Elle qui s’était retrouvée dans une situation gênante, et lui qui n’avait pu s’empêcher de se moquer. « Qu’est-ce que tu dirais d’aller déjeuner dehors ? Il y a un merveilleux restaurant de sushis qui a ouvert dans la rue d’à-côté il y a quelques mois. Ça nous rappellera un certain voyage au Japon. » Il lui adressa un clin d’œil, avant d’aller l’embrasser. Il cernait les quelques regards qui se tournaient vers eux. Parfois jugeant ou simplement interloqués, mais l’éditeur s’était toujours moqué de ce que ses employés pensaient de lui. Héloïse peut-être un peu moins. « Ne les écoute jamais. Ils sont uniquement jaloux. » lui glissa-t-il discrètement. Et ils ont une existence vide qui les oblige à se repaître du moindre ragot. C’était triste et pathétique. Quand ils furent seuls dans la rue, il lui prit la main. « Alors, qu’est-ce que ça t’a fait de revenir dans la maison d’édition après autant d’années ? Pas mal de choses ont changé, mais tout est resté plutôt pareil. Tu as dû t’en rendre compte. » Surtout depuis la mort de son père. Matthew avait fait bouger beaucoup de choses dans les éditions McGregor. Des projets qu’il nourrissait depuis bien longtemps, mais son père le freinait dans ses idées. « J’espère que tu n’as pas été trop perdue pour ce premier jour. Je suis plutôt débordé, mais tu sais que tu peux me demander de l’aide si jamais. » Il eut aussi une petite pensée pour son fils qui avait déjà passé sa première matinée dans son école. Est-ce qu’il allait bien ? « Tu crois qu’Ewan va bien ? » demanda-t-il subitement, arborant la mine angoissée du papa.
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Ven 22 Déc - 10:28

39. Ton personnage se met à frotter une vieille lampe avec espoir et énergie mais ...rien ne se passe.

A quoi aurais-je dû m’attendre ? A un retour en fanfare sans que quiconque ne se pose une question ? Ma nature candide a encore frappé et visiblement, j’ai eu faux sur toute la ligne. Mon retour dans ce milieu est une aubaine pour moi, un véritable bonheur mais finalement, les autres ne voient que le mauvais. Après tout, je ne suis pas revenue aux Etats-Unis pour tirer profit d’une situation plus avantageuse qu’en France. Bien au contraire, je me suis simplement contentée de rentrer à la maison, de mettre fin à un long voyage ayant duré six ans. Six ans d’exil. Six ans de malheur. Six ans de souffrance. Bien sûr, il y a eu Ewan pour me permettre de ne pas perdre la tête, de ne pas chuter dans le néant sans jamais trouver la force de me relever. Mais pour le reste, l’absence des miens, de Matthew a été si terrible à vivre. Je n’ai eu la vie sauve et les idées claires que par la présence de mon fils. Aussi, je prends très mal ce que j’entends, me disant que non, je n’ai pas enduré tout ce chagrin pour me cantonner au simple rôle de celle qui s’est attirée un McGregor dans la poche, au point de l’avoir épousé et d’avoir hérité de son prestigieux nom de famille. Avec Matthew, c’est plus fort que ça, c’est cet amour qui n’a jamais cessé de battre dans ma poitrine et qui bat encore avec tellement de puissance, s’enivrant de sa présence chaque jour, sans discontinuer. Aussi, je suis presque prête à me lancer dans une guerre contre les ragots, à faire taire la quelconque rumeur faisant de moins celle qui brise les mariages. Ce qui est fou, quand même. Après tout, Jane n’a eu aucun scrupule à faire capoter mon histoire avec mon écrivain, tout comme le père de ce dernier. Alors je trouve injuste que l’on puisse me faire passer pour la briseuse de ménages. A vrai dire, je n’ai rien voulu de tout cela. Normalement, si tout le monde nous avait laissé tranquille, nous aurions été heureux il y a bien longtemps de cela, Matthew aurait alors connu chaque étape importante de l’évolution de son fils sans se retrouver à endosser un rôle aujourd’hui, dans lequel il manque tant de d’étapes jamais franchies. Heureusement, sa voix me permet de m’éloigner de ces démons et aussitôt, je ne peux m’empêcher de lui sourire tandis qu’il me demande si je suis là pour un entretien.  « Je suis intolérante au gluten ! » Je déclare sur un ton défensif, un rire franchissant mes lèvres. Ma réponse n’a ni queue, ni tête mais elle rappelle ces débuts défaillants, les mots manquants et les réactions complètement à côté de la plaque. Surtout, quand je me rappelle que sa première vision de moi aura été celle de mon arrière train ! Heureusement, les choses ont bien changé depuis, et je lui propose de partager le déjeuner, histoire que l’on puisse se retrouver après une matinée plus que chargée. Ce n’est plus comme avant. Six ans après, et l’on sent ce vent de modernité en ces murs. Matthew a su apporter une dynamique nouvelle au sein de la maison d’édition. Et c’est plus qu’appréciable. Même les restaurants autour ont changé et je salive déjà à l’idée de manger dans un restaurant à sushis. « Tu sais comment me prendre par les sentiments toi… » Finis-je par dire, néanmoins surprise lorsqu’il m’embrasse au nez et à la barbe de tout le monde. Gênée, je ne dis rien cependant, essayant de faire fi des regards observateurs se trouvant autour de nous. Matthew lui, n’a pas l’air d’être plus dérangé que cela, me confirmant de ne pas faire attention à ceux nous entourant. Sans doute est-ce un exercice auquel il est habitué.

Une fois dehors, je dois avouer que la pression redescend aussi vite. Je me laisser aller à la joie de sentir sa main se glisser dans la mienne tandis que nous nous rendons au restaurant. « C’était une matinée très instructive, » Je réponds à mon mari me questionnant au sujet de mes impressions concernant ce matin. « J’aime ce que tu as apporté comme modernité au sein de la maison d’édition. C’est une vision jeune. Et puis, il y a bien plus de travail qu’avant, aussi. Tu as su reprendre les rênes avec brio. » Lui souriant avec tendresse, je me permets même d’ajouter « Je suis fière de toi mon Amour. » Parce que du fond de mes souvenirs, lorsque je n’étais que la simple stagiaire, je me souvenais combien il était animé d’idées novatrices mais qu’elles ne plaisaient pas forcément à son père. Aussi, je suis vraiment heureuse qu’il ait pu mener ses ambitions à bien. Il le mérite tellement. Nous continuons à marcher d’un bon pas, animé par la conversation au sujet du boulot quand Matthew finit par me questionner au sujet d’Ewan, s’inquiétant que tout puisse mal se passer pour lui. Sa crainte est légitime, cependant, je ne peux m’empêcher de rire. « Tout se passe bien, personne ne nous a appelé pour nous dire qu’il fallait venir le chercher. » Me rappelant d’un détail, j’entreprends de lui rappeler une anecdote « La première fois qu’il est entré à l’école, c’était en maternelle. Et autant dire que j’étais angoissée parce que je devais le laisser, qu’il fallait que j’aille au travail. J’avais terriblement peur qu’il ne veuille pas y aller ou qu’il ne m’aime plus parce qu’il devait obligatoirement aller à l’école. Et tu sais quoi ? De nous deux, c’est moi qui ait le plus pleuré ! Impossible de m’arrêter, c’était Ewan qui me réconfortait ! » Je ris de plus belle me souvenant que je n’en menais pas large. Le petit avait même fini par me tapoter la tête en me disant qu’il était temps pour moi de m’en aller et d’aller travailler. « J’en suis sûre qu’il va apprécier sa journée ! »

***

« Allez Maman !! Faut que tu frottes plus fort que ça ! » S’exclame Ewan avec impatience tandis que nous nous trouvons dans le salon tous les trois. Moi j’astique une vieille lampe qu’Ewan a eu de James, elle est tirée du Disney Aladdin. Et le petit s’est mis en tête qu’il allait en sortir un génie de la lampe. Aussi, ne cesse-t-il de nous la faire passer entre Matthew et moi, quand ses mains le fatiguent. Et cette fois, c’est mon tour tandis que je frotte avec entrain. Ewan est occupé à nous raconter sa journée pour la cinquantième fois. Il aime bien rabâcher lorsqu’il est enchanté de quelque chose. « Et ils sont tous très gentils ! Mais mon préféré, c’est Robbie ! On est devenu copain ! D’ailleurs, il m’a dit qu’un jour, je pourrais venir dormir chez lui. Il a une grande maison, il m’a dit. Il a une piscine mais il a pas de chien, lui. » J’écoute, amusée, ce petit prince ayant bien pris gout à la vie de richou, se vantant que son père a une voiture bien plus puissante que celle d’un autre. Il faut dire que cette école privée est assez huppée et j’ai été assez effarée de voir qu’il y a pas mal de Porsche comme Matthew et que, attention c’est terrible ce que je vais dire, mais ils emmènent leurs enfants dans ce genre de bolide très dangereux. « Enfin, en tout cas, je trouve que cette école est beaucoup mieux que celle en France. On mange bien mieux ! Et puis tout le monde m’aide à bien parler anglais ! Franchement, j’adore ! » Continue Ewan en me fixant faire, jusqu’à se tourner vers son père et ajoute de ce petit ton impérieux à la McGregor « Papa, tu devrais aider maman s’il te plait, parce qu’elle a du mal à faire sortir le génie de sa lampe ! »



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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 11 Fév - 16:58

Être parent était un apprentissage constant. Il ne suffisait pas d’avoir un enfant, d’être père et mère pour comprendre les véritables enjeux de s’occuper d’un petit être qui ne comptait que sur nous. Matthew en faisait l’expérience tous les jours. Bien qu’il montrait de l’assurance, il n’était pas si confiant que cela. Lorsqu’il observait Héloïse faire, il décelait aisément cette expérience qu’elle maîtrisait depuis plusieurs années, son instinct maternel qui prenait les devants. Elle avait vu Ewan naître, grandir et se construire. Elle le connaissait sur le bout des doigts. En cela, l’éditeur se sentait en retard. Pourtant, il n’aurait pas pu rêver plus tendre que cet enfant. Il avait accueilli Matthew dans sa vie sans se poser de questions, avec amour et besoin d’une figure paternelle. L’homme avait endossé ce rôle, sentant qu’il avait beaucoup de temps à rattraper. Mais même s’il était entouré d’Héloïse et qu’Ewan était le petit garçon le plus adorable de toute la terre, il peinait à être pleinement confiant. Il savait que le temps finirait par faire son œuvre et que le costume de père ne lui paraîtrait plus aussi effrayant ; mais pour l’heure, il doutait. Assis à table, il ne pouvait s’empêcher de s’angoisser pour le premier jour d’école de son fils face à une Héloïse sereine. Autrefois, il était cette personne qui rassurait la jeune femme. Il lui donnait cette force et cette confiance qu’il possédait alors. Il se la rappelait timide, incertaine, hésitante… Elle ne prenait pas la pleine capacité de ses compétences et de son potentiel. Il la découvrait désormais en femme assurée, forte et affirmée. Il ne l’en aimait que plus, et au fond de lui, il savait que c’était Ewan qui lui avait prodigué cette force si précieuse. Lui-même s’étonnait de voir à quel point la vie changeait à l’arrivée d’un être si spécial. L’existence ne tournait plus qu’autour de lui. Et il s’étonnait de voir force et faiblesse se confronter dans un si beau mélange.

S’il avait écouté d’une oreille distraite Héloïse lui conter sa journée et vanter les changements qu’il avait pu effectuer dans la maison d’édition depuis la mort de son père, il se montrait plus attentif quand elle le rassura sur le premier jour d’école de leur fils. D’ailleurs, il fut amusé à l’anecdote qu’elle lui offrit. Il retrouvait là sa Héloïse émotive et incertaine. D’un certain côté, cela le rassurait de constater qu’elle avait eu aussi ses moments de peur et d’appréhension. Ce n’était jamais simple de laisser son enfant aux mains d’inconnus, même si c’était dans le cadre de l’école. Puis là, il était projeté dans un monde tout à fait nouveau. Matthew attrapa la main de sa femme et la serra tendrement dans la sienne. « Oui, tu as raison. Et puis si Ewan est une fougère sauvage comme sa mère, il est évident qu’il saura s’adapter partout où il ira. » Il la gratifia d’un clin d’œil. Après tout, Héloïse avait bien enduré, supporté et contré le caractère terrible du fils McGregor. Rien n’était véritablement impossible pour un Bennett.

***

Sourire sur les lèvres, Matthew observait Héloïse et Ewan s’agiter à vouloir faire sortir un génie d’une lampe qui était la réplique exacte de celle du Disney Aladdin. Il fallait admettre que la scène était drôle et attendrissante à voir. Sa femme s’abîmait les doigts dessus, sous les directives de leur fils qui était persuadé qu’il découvrait le fameux génie dans peu de temps. Au milieu de cette activité, le babillage de l’enfant se faisait entendre. Depuis qu’il était rentré dans la voiture avec eux, il n’avait de cesse de raconter sa journée à l’école dans les moindres détails, répétant encore et encore des passages qui avaient pu le marquer dans sa journée. En somme : l’école était géniale, les enfants étaient gentils, les professeurs aussi, et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Tout ceci avait suffi à rassurer Matthew qui s’attendrissait de l’enthousiasme de son fils. Il était d’autant plus ravi de constater qu’il avait choisi la bonne école pour son fils, là où il pouvait s’épanouir comme il le souhaitait. Cela n’était peut-être pas grand-chose, mais il s’agissait d’une grande victoire dans sa vie de père et d’une assurance de plus. C’est alors qu’il fut sollicité par son enfant pour s’activer à sortir ce génie malgré les efforts d’Héloïse. « C’est étrange. Elle y arrive toujours très bien d’habitude. » Il glissa un sourire mutin à sa compagne, sachant qu’il allait se prendre un regard outré. Il ne parlait pas tout à fait du même génie. Ouuuh le coquin ! Il vint s’asseoir à côté d’Héloïse. Jouant des épaules pour se mimer d’une musculature plus imposante qu’il ne l’était, il attrapa la fameuse lampe. « Laisse donc femme. Ceci est un travail d’homme. » Forcé de constater que le moindre de ses efforts pouvait difficilement changer les choses. Après plusieurs minutes d’efforts infructueux, Ewan poussa un long soupir de découragement. « Papa, maman, vous êtes trop nuls. » Il se pencha vers la lampe, tourna le sommet du capuchon et dans un cliquetis léger, un petit génie de plastique jaillit brusquement de la lampe. Surpris, les deux parents sursautèrent avant de se dévisager, incrédules, et d’exploser de rire face au ridicule de la situation.

***

Des cris d’enfant se faisaient entendre dans l’immense jardin de la maison familiale McGregor. Depuis que le père n’était plus, une atmosphère plus douce régnait en ces lieux, et aucun des enfants ne rechignaient à aller rendre visite à leur mère. Ellana était présent avec son fils James, et son compagnon Thomas avec qui elle avait eu une merveilleuse petite fille dans les derniers mois qui s’étaient écoulés, Angeles. June, le ventre de plus en plus gros, était venue avec Josh. Depuis le temps, les rapports s’étaient apaisés entre les deux hommes. De même avec Thomas d’ailleurs. Il n’était guère simple de se faire apprécier de Matthew McGregor quand il s’agissait de toucher à ses sœurs. Et puis, il y avait eux ; Héloïse, Ewan, Matthew, et Lucky ! Les deux cousins jouaient comme deux fous dans le jardin avec le chien qui avait sacrément grandi, s’inventant des histoires de chevalerie, de capes et d’épées. Angeles dormait tranquillement dans les bras de sa grand-mère, tandis que le reste de la fratrie profitait d’un déjeuner chaleureux. Les conversations tournaient principalement autour du sujet des enfants. Notamment celui de June qui ne tarderait pas à arriver. D’après les échographies, il s’agirait d’un petit garçon. « J’espère que je serai de nouveau le parrain. » lâcha Matthew sur le ton de la plaisanterie. Il l’était déjà pour le petit James. Autant continuer sur sa bonne lancée. Du mouvement du côté d’Héloïse lui fit tourner la tête. « Tu vas bien ? » Cela faisait quelques temps qu’il ne la trouvait pas véritablement dans son assiette. Elle paraissait plus fatiguée, plus nerveuse et soucieuse aussi. Il se demandait si cela pouvait être le travail. Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis qu’elle était de retour à la maison d’édition. Elle avait rapidement repris ses marques, bien que Matthew avait dû intervenir une fois ou deux concernant les commérages qui allaient bon train dans la maison d’édition. Toutefois, cela le touchait moins que sa femme. Est-ce qu’il y avait pu y avoir des complications ? Elle s’excusa et se leva pour quitter momentanément la table avec un sourire rassurant. Les conversations reprirent naturellement, mais après quelques minutes, Matthew vint la rejoindre. Il la trouva dans la salle de bain où elle s’était réfugiée. « Héloïse, tout va bien ? » s’enquit-il, posant sa main sur son visage pour attester de son état.
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Mer 7 Mar - 6:03

Les jours se sont écoulés, sont devenus des mois durant lesquels j’ai observé les changements de saison, l’intégration d’Ewan dans sa nouvelle vie. Et dire qu’au départ, il avait peur d’aller dans sa nouvelle école, d’être dans un pays où il ne parlait pas la langue. Désormais, il s’est adapté comme un petit chef, appréciant le confort de sa nouvelle vie, appréciant plus que jamais les moments avec sa famille. Notre vie à tous deux a pris un nouveau tournant. Tout est un bonheur infini durant lequel je ne peux qu’être heureuse lorsqu’au réveil, j’ai Matthew à mes côtés, Ewan venant sauter dans notre lit en compagnie de Lucky. Tous ces moments, je les imprime dans ma tête, leur accordant une place de souvenirs inestimables, anéantissant ainsi toutes traces d’inquiétudes quant au fait que ce rêve peut prendre fin. Au contraire, nous avons tout fait pour que désormais plus rien ne puisse nous séparer. Nous nous sommes mariés. Nous travaillons ensemble. Nous sommes chez nous. Et cette fois ci, plus personne ne peut se mettre en travers de notre chemin. Nous sommes tellement heureux désormais quand bien même, ce n’est pas évident. La jalousie demeure et souvent au travail, je dois faire face aux rumeurs, aux ragots, aux questions un peu trop curieuses à laquelle, en bonne poire que je suis, je suis incapable de répondre sans bégayer ou me mettre à rougir. Il faut dire que pour beaucoup, je demeure Héloïse la stagiaire d’autrefois. Peu de gens arrivent à assimiler que je sois devenue l’épouse du patron. Je comprends qu’il puisse croire à un mariage d’intérêt pour ma part. Mais s’ils pensent cela, à vrai dire, je m’en moque un peu. Je ne me laisse pas atteindre par ce genre d’ineptie car je sais ce qu’il en est. Et puis souvent, Matthew me dit être intervenu pour remettre des curieux ayant un trop grand besoin d’information. Ça me conforte en me disant que je ne suis pas seule dans ce combat. De même que ma seule priorité reste de préserver mon fils. Et surtout de vivre simplement dans cette bulle d’amour que nous construisons. Tous les trois. Avec ma famille et puis celle de Matthew. Car tout a changé depuis. Les repas de familles sont nombreux et nous apprécions d’être tous réunis, voyant les uns et les autres évoluer petit à petit. Quel sentiment magnifique ! Qu’est-ce que je peux me sentir heureuse, laissant mon rire résonner parmi ceux des gens que j’aime. Qu’est-ce que je peux apprécier de voir Ewan s’amuser avec James dans une insouciance d’enfant. J’aimerais que ces instants ne s’arrêtent jamais, que ce bonheur sans failles ne cesse pas. Mais hélas, le seul adversaire se retrouve être moi-même, créant ma propre difficulté lorsque je finis par découvrir que je suis à nouveau enceinte.

Ce qui est étrange, c’est ma réaction première lorsque je finis par me poser des questions en constatant que mes règles n’arrivent toujours pas. Au départ, j’ai cru à un dérèglement hormonal car je prends ma pilule pourtant. Et puis, je n’ai pas osé dire quoi que ce soit. La peur est arrivée au galop, me ramenant à presque sept ans en arrière lorsqu’il m’a fallu quitter les Etats-Unis en catastrophe. Je ne me savais pas enceinte encore. Mais j’ai vécu ma grossesse seule, j’ai mis au monde un enfant élevé sans la présence d’un père. Alors forcément, le traumatisme est encore là. Il ne partira pas de sitôt. C’est étrange comme je peux me replier sur moi, avoir la crainte d’être à nouveau coupée du reste du monde. Pourtant, nous sommes mariés désormais, le seul obstacle est décédé. Mais hélas, c’est plus fort que moi. Je m’isole. J’essaye de faire bonne figure devant Ewan et Matthew mais quand la nuit arrive, quand je peux être seule, mon esprit cogite. Qu’est-ce que je peux bien faire ? Le garder et prendre le risque de tout perdre. Ou y renoncer. Cette deuxième solution me remplit d’effroi. Il est une part de Matthew, je ne peux pas oublier ce que ce bébé représente. Mais la peur de voir mon monde s’écrouler est plus forte que jamais. Je me tais, laissant les symptômes de ma grossesse prendre place. La fatigue s’ajoutant aux nausées, je dois admettre qu’il m’est difficile de dissimuler cela, de faire semblant. Pourtant je tiens bon que ce soit au boulot, à la maison ou même lorsque nous sommes en plein repas de familles. Tandis que tout le monde se prélasse sur les transats observant les enfants jouer, moi je me retrouve à aller à la salle de bain afin de me rafraîchir un peu le visage, les nausées m’assaillant un peu plus. Dans la glace, j’observe mon visage aux traits tirés par le manque de sommeil, les cernes ornant mes yeux. Sursautant lorsque Matthew arrive, je ne peux nier qu’il est inquiet me demandant si je vais bien. « Oui, ça va. Je crois que j’ai dû me prendre un coup de chaud avec ce soleil ! » Je lui souris en venant immédiatement me blottir contre lui. La chaleur de son corps contre le mien m’apaise, balayant temporairement mes inquiétudes. C’est encore trop tôt pour lui dire mais j’ai conscience aussi que je ne pourrais pas garder ce secret indéfiniment. Cependant, la peur de tout perdre est là. Elle me tétanise, alors je m’accroche à ce que j’ai. Cet amour que je ne tiens pas à perdre. « Je t’aimerai jusqu’à la fin de ma vie, tu le sais ? » Je finis par dire en écartant légèrement ma tête pour venir l’embrasser doucement. Je ne veux pas que ce bonheur puisse cesser, qu’on puisse m’arracher tout ce que j’ai. Je le refuse…

Hélas, je dois bien avouer qu’aujourd’hui, les nausées ont eu raison de moi. Toute la journée. Plus fortes. A croire que tout est fait pour que mon secret soit percé à jour, que je ne puisse plus avoir le choix que de devoir avouer. Pourtant, je tiens bon, laissant ma patience s’effriter ce soir. Je ne suis pas patiente avec Ewan, ne cessant de faire le fou, excité par une journée entière avec son cousin. Je l’envoie se coucher en étant puni. Les nerfs sont à fleur de peau et lorsque je peux enfin me poser dans le lit, j’ai juste envie de m’endormir. Mais un violent haut le cœur me prend et je me redresse pour foncer vers la salle de bain jouxtant notre chambre, vomissant mes entrailles. Mon dieu, ça me met dans un tel état… ça m’épuise, moralement, physiquement. Et quand je me sens un peu mieux, je me rafraîchis au lavabo, me rinçant la bouche aussi. Mes mains tremblent doucement et je ne sais quelle attitude adopter. J’ai juste envie de pleurer, que toutes ces peurs cessent. C’est idiot parce que j’ai conscience que révéler ce qu’il y a à Matthew est la solution. Mais j’ai si peur. Ce sentiment se conforte un peu plus quand je croise le regard de ce dernier dans le reflet du miroir se trouvant au-dessus du lavabo. Il se rend compte que quelque chose ne va pas. Et l’expression de son visage me brise le cœur. Me retournant pour lui faire face, je sais alors que je ne peux garder mon secret plus longtemps. « Matthew… Je suis désolée… » Je murmure doucement en le contemplant d’un air malheureux. « J’ai… J’ai tellement peur de ce qu’il m’arrive. Je ne sais pas comment réagir… Je ne sais pas quoi faire. » Alors qu’il s’agit pourtant de quelque chose de beau, de merveilleux, je me retrouve à être dévoré par les démons du passé. « Je suis enceinte… » Secouant la tête doucement, je ne peux m’empêcher d’avoir cette boule au fond de ma gorge, les larmes perlant aux coins de mes paupières. « Mais l’idée de revivre encore une grossesse m’effraie tellement. J’ai si peur… Peur de la vivre seule… Peur que ça ne se passe pas bien comme autrefois… Peur que tu ne puisses plus vouloir de moi… » Enfouissant mon visage dans mes mains tremblantes, je ne peux m’empêcher de me mettre à pleurer. « C’est tellement absurde… » Et pourtant ma peur est là, bien fondée et sincère.

Hj : en vérité Héloïse a la gastro, Cordialement fuck
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TEAM HARRY
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Mar 10 Juil - 22:18

Matthew n’aurait pas pu imaginer une seule seconde que sa vie reprendrait un cours si normal. Un an s’était à peine écoulé qu’il pouvait déjà admettre que sa vie avait radicalement changé. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, il y avait ce vide immense qui rongeait ses entrailles, cette sensation d’être terriblement seul au milieu d’une foule indifférente à ses cris. Sa vie se résumait exclusivement à sa maison d’édition, l’apogée vers laquelle il pourrait la mener, la recherche de nouveaux manuscrits, trouver des stratégies innovantes, se battre pour racheter des droits, offrir un contrat plus attrayant à un auteur très en vogue. L’éditeur était l’un des plus gros requins parmi tout le paysage éditorial américain. Il ne vivait que pour son ambition personnelle, s’abandonnant corps et âme dans cette danse de l’excellence, afin d’oublier combien son existence n’avait plus aucun sens. A quelques heures où il se consacrait à sa vie personnelle, il y avait Jane, sa femme. Une relation aussi vide de sens et artificielle que s’il avait épousé la première inconnue. Son unique consolation était qu’elle s’accommodait parfaitement de cette situation. Jane était une femme indépendante, vive, intriguante et ambitieuse. Matthew ne se faisait aucune illusion du temps de leur union : elle n’était pas plus amoureuse de lui qu’il n’était amoureux d’elle ; toutefois, elle fournissait les efforts nécessaires pour que leur cohabitation se déroule au mieux et pour le garder auprès de lui, autant pour sa richesse que son pouvoir. Quelquefois, quand Matthew songeait à cet état des choses, il se demandait comment il avait pu se montrer aussi résigné, comment il avait pu accepter une situation pareille sans ne trouver rien à redire. Le chagrin, l’incompréhension et la douleur avaient abaissé ses défenses à l’heure où Héloïse avait disparu de son existence. Elle lui avait repris son amour, son soleil, sa tendresse et ses espoirs. De lui, il ne restait plus qu’une carcasse malheureuse qui n’avait pas trouvé la force de s’opposer au piège immense que Jane et son père lui tendaient. Il ne pensait pas qu’il pouvait y avoir pire qu’une vie absente de la présence d’Héloïse. Chaque jour, il avait tenté de se reconstruire. Il s’était donné l’illusion qu’il allait bien, s’emmurant sous une cape de froideur, d’orgueil et d’impartialité. Il aurait pu avoir la force de se rebeller et de déchirer les filets dans lesquels il était emprisonné. Mais la lassitude des jours l’avait happé, plus encore que tous les complots du monde. Il n’avait rien changé par lâcheté et abandon. Il n’y avait qu’une seule personne pour lui donner l’impulsion et le courage nécessaire pour reprendre pleinement le contrôle de sa vie.
Il l’avait retrouvée. Au hasard d’une soirée. Plus radieuse que jamais.
Héloïse faisait à nouveau parti de son univers.
Il lui avait fallu si peu de temps pour lui pardonner. Encore moins pour comprendre qu’il l’aimait, qu’il ne pourrait plus exister sans elle. Et il lui fallut tout aussi peu de temps pour accepter d’être père et devenir amoureux de ce petit garçon qui était leur fils. Matthew aurait pu continuer à lui en vouloir. Il aurait pu s’insurger, mais une voix –plus forte que toutes les autres- hurlait dans son esprit qu’ils avaient déjà perdu suffisamment de temps comme cela. Comme s’il s’était affranchi d’un cauchemar, sa vie était redevenue telle qu’elle aurait dû être plus de six ans de cela. Une vie avec Héloïse qui se réveillait chaque jour à son côté, un avenir à deux, un fils à élever et une entreprise à mener de concert. A cette heure, pris dans le tourbillon d’une existence paisible et doucereuse auprès de sa véritable famille, il ne songeait pas qu’il pourrait être plus heureux. Peut-être un peu trop…

Matthew n’était pas un superstitieux. Pas plus qu’il croyait en des forces occultes. Pour un homme à l’imagination débordante quand il s’agissait d’écrire un ouvrage, il n’en était pas moins d’un pragmatisme inébranlable. Cependant, de manière absurde, il lui arrivait de songer qu’une force plus grande –peut-être le destin- pourrait leur reprendre ce bonheur qu’ils s’étaient forgés si patiemment, comme s’ils ne le méritaient pas. Il n’en parlait pas à Héloïse, mais à quelques instants où ses angoisses rejaillissaient, il craignait qu’elle ne lui échappe à nouveau, que tout ceci ne soit qu’un rêve fou où il s’était imaginé femme et enfant.
Alors quand il contempla le visage d’Héloïse, d’une dramatique beauté dans la glace de la salle de bain, ses entrailles se nouèrent. Ce n’était pas uniquement à cause de cette sensation désagréable de sentir qu’elle lui dissimulait quelque chose. Il y avait une douleur plus sourde, plus muette dans les non-dits d’Héloïse qu’il se mit à craindre le pire. Il n’osa s’exprimer, son regard rencontrant celui de sa femme dans le miroir. Ce ne peut pas être la chaleur. Ni même une raison inoffensive. Une gravité inquiétante habitait les traits de sa compagne. Toutes les peurs muettes de Matthew affluèrent durant ce face-à-face douloureux. Héloïse regrettait-elle cette existence ? D’avoir quitté la France pour lui ? D’avoir repris le cours de leur histoire ? Et si elle regrettait ? S’il n’était pas à la hauteur de ce qu’elle attendait ? Et si elle se rendait compte qu’elle ne l’aimait plus ? La gorge sèche, Matthew ne put prononcer une seule parole quand elle s’excuse piteusement. Quelques paroles de plus, et une peur en chassa une autre. Peur de ce qu’il lui arrivait ? Qu’il avait été idiot ! Et si tout ceci n’était que les stigmates d’une maladie plus profonde ? Son cœur se serra dans sa poitrine, plus désireux que jamais d’avoir tort dans ses suppositions. « Parle-moi. » parvint-il tout juste à lui demander, osant à peine se rapprocher d’un pas. Jusqu'à ce que… « Je suis enceinte… » Ce fut comme un coup en plein cœur, en plein corps. Matthew s’immobilisa, incapable de réagir, de bouger, ou même d’adopter une expression particulière. Il demeurait sous le choc, dans un état second. Avait-il seulement bien entendu ? Il s’était attendu à beaucoup de choses, sauf à cela. C’était pourtant si évident… Et lui, il avait la sensation qu’une cascade d’eau s’abattait en plein sur la tête.
Son unique déclic fut les larmes d’Héloïse, cette voix si douloureuse qui exprimait des peurs si insensées et si légitimes à la fois. Dans cette pièce, ce n’était pas lui qui avait le plus peur. Elle était terrifiée. Plus maladroit que jamais, il s’approcha d’elle, venant la prendre dans ses bras. Il la serra tout contre lui, enfouissant son visage contre lui. Les premiers instants, il la laissa pleurer contre sa poitrine, caressant son dos, embrassant sa chevelure. Dans ces gestes tendres et naturelles, il réfléchissait lui-même, prenait conscience de la situation. Un bref instant, un sourire fendit son visage. « Petite idiotes, comment peux-tu croire une seule instant que je ne pourrai plus vouloir de toi ? » Il ne pouvait pas s’empêcher de l’houspiller d’une voix tendre. Il la serra un peu plus contre lui. « Je ne t’ai pas retrouvée pour te perdre à nouveau. Je ne le permettrai pas. » C’était presque douloureux d’un parler à nouveau, si bien qu’une ferveur particulière animait ses propos. Il l’éloigna légèrement de lui, de manière à pouvoir embrasser son front. « Tu me rends l’homme le plus heureux du monde chaque jour. » lui confessa-t-il avant de prendre son visage entre ses mains, de sécher délicatement ses larmes et de venir voler un baiser sur ses lèvres humides de ses pleurs. « Tu ne seras plus jamais seule. Je suis là, maintenant. » Chaque phrase était comme une promesse. Une promesse que personne ne pourrait lui faire briser.

Il la sentit tremblante dans ses bras. Sa main se joignit à la sienne et ils quittèrent la salle de bain pour rejoindre la chambre. Il la fit asseoir sur le rebord du lui, s’agenouillant en face d’elle. Ses mains prirent les siennes. Il conserva un long silence, incertain. Une excitation jaillissait au creux de sa poitrine. Un bébé… un bébé rien qu’à eux, dont il pourrait suivre son évolution, la grossesse, l’accouchement. Un bébé qui lui permettrait de se rattraper de toutes ces années où il n’avait pas pu être présent pour Héloïse et Ewan. Était-ce trop tôt ? Il s’en moquait. Néanmoins, il demeurait un unique détail qui l’empêchait de se réjouir comme il l’aurait souhaité et d’envisager autrement leur avenir. « Cet enfant… tu le veux, au moins ? » Si Matthew pouvait lui promettre d’être présent et faire taire toutes les peurs qui l’habitaient, s’il pouvait lui rappeler chaque jour qu’il serait ce père absent pour Ewan, il le ferait. Inlassablement. Pour toujours. Mais s’il y avait une chose à laquelle il se refusait, c’était forcer la main à Héloïse si elle ne voulait pas de ce bébé, aussi rongé de chagrin serait-il.
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Ven 20 Juil - 21:21

Un bébé ... Ça me semble fou. Je ne réalise pas bien et en même temps, je suis terrifiée par ce qui se passe. Pourquoi un enfant ? Pourquoi maintenant ? Jamais, je n’aurais cru que ça arriverait si vite. Bien sûr, j’ai toujours voulu un autre enfant de Matthew. Nous en avons suffisamment parlé, chérissant l’idée qu’il puisse profiter de la grossesse, qu’il assiste à chaque événement, chose qu’il n’a pu faire avec Ewan. Et je m’en veux terriblement. La culpabilité est là. Et même si Matthew est très proche de son fils, que leur lien paraît exister comme s’il avait toujours été là, je n’oublie pas que six ans d’absence ça se voit, il n’a jamais vu ses premiers pas, entendu ses premiers mots. Il n’a pas été là durant les toutes premières secondes de vie de son fils. Forcément, me savoir enceinte crée un chaos sans nom dans mon esprit. Entre culpabilité, les hormones, et la peur, je n’arrive même pas à lui en parler. Pourtant, je ne devrais pas être terrifiée ainsi. Mais c’est plus fort que moi. J’ai vécu six ans de ma vie, seule. J’ai appris à m’endurcir au milieu de mes larmes et de mes regrets. J’ai vécu en élevant mon fils, seule. Et le destin en a décidé autrement, me remettant Matthew sur mon chemin. Cette si belle coïncidence. Jamais je n’aurais cru le revoir... Jamais je n’aurais pu penser qu’il m’aimait toujours malgré le temps infini, malgré le mal que j’avais pu lui faire. La certitude a toujours été là : nous avons toujours été destiné l’un à l’autre. Nous sommes deux âmes-sœur.

Nous avons toujours eu rendez-vous. 

Mais cette fois-ci, j’ai l’impression que tout change, tout s’effondre. Si je n’étais pas autant apeurée, je pourrais me rendre compte qu’il s’agit simplement d’un nouveau rendez-vous. Si beau. Si pur. Si véritable. Je l’aime tellement que je ne souhaite pas le perdre. Nous avons rebâti notre histoire sur des ruines à l’effigie de notre amour. Et le voir s’en aller serait la pire des choses, je ne le supporterais pas. Mais je n’abandonne pas les bras. Au contraire, au lieu de fuir comme il y a six ans, je me force à lui parler, annonçant la nouvelle au milieu des larmes. Cette annonce n’a rien d’heureuse, elle se fait au milieu du chagrin, de la peur. Pourtant, ses bras autour de mes épaules, rassurants et protecteurs. Il me conforte dans sa volonté de ne pas me quitter. Nous nous aimons tellement. C’est si fort entre nous et je pourrais en mourir de devoir être séparée de lui. Je me laisser bercer par ses mots délicats : ils font du bien au moral et au cœur. Mais ils n’atténuent pas l’appréhension que je possède à l’idée de ma grossesse. Même quand il m’emplit de certitude quand à l’amour qu’il éprouve pour moi. « Je t’aime tellement...  » Je bredouille la voix hachée par mes pleurs. Matthew finit par me saisir la main, m’amenant vers notre chambre où il me fait asseoir sur notre lit tandis qu’il s’agenouille face à lui. J’en profite pour balayer mes joues des larmes ne cessant de s’agglutiner. Jusqu’à ce qu’il me pose cette question que je redoute. Si je veux ce bébé ou non. « Bien sûr ! Quelle question ! » Je rétorque avec véhémence. Secouant la tête, je sens le poids du chagrin revenir à la surface. Toutes ces angoisses qui sont là, c’est difficile. « C’est juste que je suis terrifiée à l’idée d’avoir ce bébé, Matthew. Tu ne peux pas savoir combien ça a été difficile d’affronter cette grossesse toute seule. Quand il fallait aller chez le gynécologue et qu’il n’y avait pas personne pour s’extasier avec moi devant l’échographie. C’est... C’est ... Tellement horrible de se rappeler de tout ça. L’accouchement où tu n’étais pas là… Alors que tu étais à mille lieux de te douter de ce qui se tramait, toi qui pensait que j’avais fui sans aucune raison… J’étais seule… Et je ne sais pas… Peut-être ce sont les hormones ou la fatigue d’avoir tant de nausées… Mais j’ai peur Matthew… J’ai peur parce que je me noie dans mes souvenirs… Et je ne devrais pas… » Mon visage demeure baigné de larmes et je viens caresser doucement sa joue, l’observant d’un air malheureux. « Bien sûr, je ne dirais jamais non à un autre enfant de toi… J’aimerais que nous soyons une famille nombreuse… Mais je tiens à ce que ce soit comme tu l’entends… Après tout, c’est aussi à toi d’avoir le choix, si tu veux profiter encore d’Ewan ou de nous… Mais si tu veux ce bébé, alors je le voudrais autant que toi… Parce que tout comme ton fils, il sera un bout de toi… Mais… » Je me frotte les yeux doucement, essayant de me calmer, même si l’émotion est là. Forte ; elle ne m’aide pas du tout. Ça et toutes les émotions qui se mélangent entre elles. « Promets-moi que tu seras avec toi à chaque étape de son évolution… Que nous irons ensemble aux échographies, que tu seras cette main qui me tiendra la mienne quand il s’agira de le mettre au monde… J’ai tant de certitudes te concernant, Matthew. Mais j’ai besoin de te l’entendre dire… Juste pour oublier ces démons, ces mauvais souvenirs qui m’enveloppent encore et toujours… »





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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 22 Juil - 20:04

L'espace d'un instant, horriblement atroce et long, Matthew crut qu'Héloïse était gravement malade. Tous les signes le poussaient dans cette direction. A commencer par l'attitude légèrement distante de sa compagne alors qu'ils étaient parvenus à retrouver une existence stable et sereine, puis cette inquiétude qui marquait si imperceptiblement son visage, cette gravité dans la douceur de ses traits, ce malaise qu'il ressentait sans jamais pouvoir l'exprimer. Idiotement, il en était venu à s'interroger sur le bonheur véritable de sa femme. Est-ce qu'elle était heureuse de se retrouver en Amérique après tant d'années ? Avait-elle le mal de la France ? Tout ceci était-il allé trop vite ? Lui avait-il imposé trop de choses entre son déménagement, le mariage et sa réintégration aux éditions McGregor qu'elle en éprouvait du regret ? Et si ce n'était pas la vie dont elle avait rêvé avec Matthew ? Ce dernier avait tant écrit sur la complexité de l'âme, sur l'insatisfaction maladive du cœur, qu'il ne pouvait s'empêcher d'y songer un peu. Mais toutes ces inquiétudes-là furent balayées par de nouvelles, plus sournoises et cruelles encore alors qu'il venait de la surprendre une nouvelle fois, malade et tremblante. La solution s'imposa à lui comme un poids trop lourd qui brisa son cœur au sol en un millier de petits morceaux. Un frisson d'effroi le parcourut tout entier alors qu'il n'osait s'avouer la vérité. Et si Héloïse était gravement malade ? Et si, en dépit de tout leur amour et de tous leurs efforts, ils ne méritaient pas d'être heureux ? Et s'il venait à la perdre ? Matthew sentit chaque fibre de son être et de son âme s'ébranler à cette perspective atroce. Un cri atroce était coincé dans sa poitrine, attendant les mots de son épouse pour affronter la réalité.
Mais elle fut toute autre…

Matthew eut un imperceptible haut-le-corps, comme si la nouvelle l'avait frappé physiquement. Enceinte. Héloïse était enceinte. Matthew voulut se frapper d'avoir été si aveugle, si puéril dans ses déductions alors que cela aurait dû être si évident. Ses malaises, sa fatigue, ses inquiétudes… elle portait la vie ! Une partie d'eux qui ferait d'eux un tout. Incapable de réagir ou de poser des mots sur ce qu'il ressentait, il demeurait pétrifié face à Héloïse. Ce furent ses pleurs et ses excuses qui le poussèrent à réagir. Il la prit aussitôt dans ses bras, la rassura, chercha à apaiser ses angoisses jusqu'à la mener dans leur chambre où il l'assit sur le rebord du lit. Ils avaient besoin de discuter pour que l'esprit de la jeune femme se tranquillise. En même temps qu'il parlait, il réalisait cette évidence simple : il était fou de joie de cette nouvelle, prêt à vivre cette grande aventure de la paternité qui lui avait été refusée avec Ewan, prêt à accueillir cet enfant dans la famille et à lui donner tout l'amour du monde. Il n'avait pas peur. Mais soudain, il comprit qu'il ne pourrait pas exprimer tous ces sentiments sans une certitude essentielle : voulait-elle le garder ? L'angoisse vient à nouveau se poser sur son cœur quand il formula cette question redoutée. Elle fut rapidement éclipsée par l'exclamation de son épouse. Elle refusait de perdre cet enfant. Le soulagement qui enfla dans les veines de l'éditeur lui arracha un sourire heureux. Il ne put contenir son geste, agrippant le visage d'Héloïse pour déposer ses lèvres sur les siennes. Toutefois, cette vérité ne balayait pas les peurs et le chagrin. Matthew prit les mains de sa compagne dans les siennes, les serrant avec tendresse tandis qu'elle lui exposait ses angoisses. Il savait que la grossesse d'Ewan avait été une épreuve difficile à cause de son absence. La colère qu'il nourrissait à l'égard de son père se rappela à lui. Lui qui leur avait ôté six ans de bonheur, qui avait fait vivre un calvaire immense à la femme qu'il aimait plus que tout au monde, qui l'avait empêché de connaître son fils avant l'heure. Il lui en voulut de créer encore une telle douleur dans l'âme d'Héloïse. Mais il l'écouta patiemment, sans la presser. Il comprenait ses douleurs, ses démons et ses peurs. Il ne leur laisserait seulement pas prendre toute la place. Ses mains encadrèrent son visage avec tendresse, chassant ses larmes de ses pouces. « Évidemment que je voudrais de cet enfant. Il n'y a rien que je ne voudrais plus au monde. C'est un nouveau bout de nous. Une preuve que nous pouvons rattraper le temps perdu. » Il ne détenait aucun doute, même pas l'ombre d'une hésitation. Cet enfant, même s'il n'était pas le fruit d'une décision préméditée, demeurait une bénédiction et une nouvelle réjouissante. Il faudrait se faire à l'idée mais Matthew était prêt à faire tous les efforts du monde, à lui rappeler chaque jour qu'il serait présent, qu'il ne l'abandonnerait pas et que le scénario ne se produirait pas encore. « Héloïse… » Sa main caressa tendrement sa joue, éprouva la douceur de sa peau. Ses prunelles se plongèrent dans les siennes, les épousèrent avec l'intensité d'un amour inconditionnel et immuable. « Durant toutes ces années de séparation, tu n'as même pas conscience du nombre de fois où je me suis surpris à rêver que tu n'étais jamais partie, que tu étais restée à mes côtés et que, ensembles, nous étions parvenus à vaincre la volonté de mon père, à légitimer notre amour aux regards du monde, même si cela signifiait tout quitter. » Il eut un sourire d'une égale tendresse en évoquant cette possible réalité. Ses mains attrapèrent les siennes et les serrèrent avec ferveur. « Je t'ai tant rêvée, Héloïse. Et plus les années passaient, plus je nous réinventais. Je te voyais en compagne, en épouse, en mère… celle qui partagerait toute mon existence. Toutes ces fantaisies secrètes et dérisoires qui m'empêchaient de devenir fou, mais qui me faisait haïr un peu plus mon quotidien. » Son regard clair devint d'une ferveur nouvelle. C'était désormais une promesse qu'il lui faisait. « Et maintenant que mon rêve inespéré s'est réalisé, tu crois que je vais le laisser disparaître ? Tu crois que je pourrai vous abandonner ? Mon monde, désormais, c'est vous. C'est Ewan, c'est toi, c'est ce bébé qui va naître. Et je ne serai là, chaque jour, chaque heure, chaque seconde auprès de toi pour t'aimer, te soutenir, te protéger, te rappeler combien je vous aime, que je ne vous quitterai pas. Et je te le redirai encore et encore s'il le faut, à te rendre ivre de mes mots. Juste pour te rassurer, juste pour que tu n'aies plus peur. » Son front vint se poser sur le sien. Il embrassa son front avec tendresse, fou d'amour pour ce petit bout femme qui portait la vie. « Tu es mon rêve devenu réalité. »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Ven 10 Aoû - 12:23

Je porte la vie et pourtant je suis en train de pleurer. Je devrais être contente, au contraire. Depuis que nous nous sommes mariés, j’ai souvent rêvé à la perspective de voir notre famille s’agrandir. On est tellement heureux, perdu dans notre bulle d’amour. Ce bonheur nous a paru si lointain, si compliqué à atteindre que nous ne laissons rien nous atteindre. Nous sommes comme avant : invincibles. Et notre quotidien se meuble de joie, de rires, de mots tendres. Je ne peux qu’être heureuse de me réveiller à ses côtés, j’aime quand il s’agit de le réveiller avec des baisers tendres, des mots d’amour. J’ai l’impression que je ne lui dis jamais assez que je l’aime, qu’il est capital pour moi, en un mot essentiel. Je ne peux vivre sans lui. Plus maintenant, désormais qu’il est devenu l’époux de mon coeur, et un père formidable pour Ewan... Et puis qu’il sera ce père pour ce bébé. Le coeur battant, je m’abreuve de ses mots si rassurants. Ça fait du bien de les entendre. Ça apaise les tourments, et toutes ces questions que je me pose avec un peu trop d’insistance. La peur formate le tout, elle m’entoure et c’est terrible. Parce qu’au delà de ça, je pourrais être capable de voir combien nous sommes prêts à voir notre famille s’agrandir, que Matthew sera là. Qu’il ne me quittera jamais, ses mots faisant l’effet d’un baume apaisant sur une plaie qui s’est difficilement refermée. « Je réalise que s’il n’y avait pas eu Ewan, j’aurais perdu goût à la vie définitivement... Une vie sans un McGregor ne vaut pas la peine d’être vécu... Tu m’es essentiel, je t’aime. » Mes bras s’enroulent autour de son cou et je le serre contre moi, même si je suis penchée vers lui, alors qu’il est agenouillé devant moi. Ce câlin fait du bien, ça réconforte tout à fait et je sens le flot des larmes se tarir. Ce n’est plus de la peur, mais bien de l’émotion pour tout ce qu’il me dit. « Tu un seras un papa aussi fantastique que tu l’es avec Ewan... Avec toi, désormais je le sais, tout se passera bien. Je n’ai rien à craindre... Et je vais adorer vivre cela avec toi. » Je l’embrasse doucement, venant ensuite frotter mon nez contre le sien. Puis je pose mon front contre le sien, l’observant avec tendresse. Les effets du temps n’ont pas d’emprise sur lui. J’ai l’impression qu’il est le même. Toujours aussi beau et merveilleux. Toujours cet être ayant su me faire chavirer le coeur. Tout a commencé par cet entretien dans ce bureau. Et depuis, nous en avons gravi des montagnes, bravé des océans et arpenté le ciel dans une volonté d’être toujours le sillage l’un de l’autre. « Tu ne m’auras jamais quitté de toute façon... » Je souris, le coeur moins lourd, réconfortée par les paroles de cet être si spécial. Matthew a une telle emprise sur moi que je sens que je vais mieux en si peu de mots. Quand on est doté d’une telle certitude, on s’abreuve du nécessaire. Parce qu’il est vrai et entier. « On va avoir un autre bébé... » Ces mots se murmurent dans un souffle empli de solennité, d’amour aussi. Je finis par rire doucement, secouant la tête envahie par tant d’émotions. « J’espère que ce sera un petit Ewan numéro deux. Je suis tellement amoureuse de ces garçons au visage d’ange qui peuvent te ressembler. » Et puis chaque jour passant, Ewan prend un peu plus les mimiques de son père, sa manière de faire, ses expressions. C’est son portrait craché. Alors l’idée d’avoir une fille ne m’effleure pas. Je ne rêve que d’un garçon McGregor qui sera aussi beau et gentil que son père, le coeur tendre et l’âme d’un poète.

***

On a fait le choix de ne pas le dire, tout de suite, à Ewan. Non pas que je ne veuille pas le lui dire, mais il y a la toute première échographie à faire et celle ci, nous dira ce qu’il en est, si le bébé est bien placé, si son coeur bat. Aussi, on profite de savourer ce secret rien qu’à nous deux. Aujourd’hui d’ailleurs, alors qu’Ewan est à l’école et que nous travaillons, on a prévu de partir un peu plus tôt pour aller chez le gynécologue. Avec Matthew, c’est assez catégorique, il a exigé que ce soit la meilleure et la plus prisée, que j’accoucherais dans une clinique où ma sœur m’a dit que les stars donnaient la vie. Autant vous dire que je suis assez intimidée. J’ai toujours du mal à réaliser que cette existence tellement douce, sans souci réel, une vie, où l’argent ne manque, est la mienne. Aussi, suis-je toujours étonnée et gênée de ce qu’on peut avoir. Comme cette doctoresse, j’ai bondi au plafond quand j’ai su le montant de ses honoraires. Au début j’ai dit en rigolant que ça devait inclure toutes les visites ainsi que l’accouchement. Mais non, c’était juste la première consultation. Mais il m’a été impossible de faire changer d’avis Matthew à ce sujet. Ce sera elle et personne d’autre. Dans un sens, c’est assez adorable, il est hyper investi dans son rôle futur et j’ai vraiment hâte d’emprunter ce chemin avec lui, de pouvoir nous émerveiller sur notre bébé à venir. Pour l’instant, en dehors des nausées matinales, rien ne laisse croire qu’un petit être grandit en moi. Même au travail, je bosse toujours autant, je bouge beaucoup et doit souvent rassurer un époux inquiet à ce que je puisse un peu trop me démener au lieu de rester calme. Si je devais écouter mon cher et tendre, j’aurais déjà arrêté de travailler depuis belle lurette. « Monsieur McGregor ? » Je toque à la porte de son bureau, sourire aux lèvres. Comme à chaque fois que son regard se pose sur moi, je sens un frisson me parcourir la colonne vertébrale. Plus que d’ordinaire, il paraît que ce sont les hormones. « Je viens vous voir parce qu’il me semble, sauf erreur de ma part, que vous avez rendez-vous avec moi... et ... » Je caresse doucement mon ventre encore bien plat, riant de mes bêtises. « Et cette petite chose. » Je viens avec lui, sourires aux lèvres, l’amour dans les yeux et tout doucement, je tends à main pour qu’il la saisisse, puis je l’attire avec moi. « J’ai trop hâte de partager ça avec toi. » Lui dis-je en venant capturer ses lèvres.

Une fois qu’on est partis, nous sommes tous deux dans sa voiture. « C’est parce que je suis enceinte que tu roules aussi doucement ? » Je le questionne d’une voix taquine, riant légèrement. C’est sûr qu’il vaut mieux éviter d’avoir un accident mais quand même ! Ma main vient se poser sur la sienne. Je n’ai d’yeux que pour lui, ne fixant même pas la route. « Ewan a demandé si on partait un peu pour ses prochains vacances scolaires. Je lui ai dit que je n’en avais aucune idée. Mais ce serait bien de souffler un peu, qu’est-ce que tu en penses ? Je n’ai aucune idée de la destination mais peut-être quelque chose de chaud. Ou alors la France, je crois qu’il serait fou de joie. Mais bon... » J’esquisse une moue. « Il y a rien à lui faire découvrir qu’il ne sait déjà... Ou alors ... » Mon visage s’éclaire. « Le Japon ! » Ce serait une bonne idée et je nous imagine déjà en train d parcourir ces terres déjà foulées en compagnie de Matthew, alors que nous n’étions encore rien l’un pour l’autre... Enfin juste des mirages, une illusion que l’on croyait perdue.
On a parcouru du chemin....
Come what may...
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TEAM HARRY
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Mer 15 Aoû - 14:07

Il l’avait rêvée cette paternité, autrefois. Il y a plus de sept ans, leur histoire ne vivait encore que dans l’écrin des premiers jours, qu’il possédait déjà cette certitude puissante qu'Héloïse serait la femme de sa vie, celle qu’il épouserait et qui lui ferait des enfants. Pourquoi elle plus qu’une autre ? Il n’y avait rien de raisonné dans leur histoire. Tout n’était qu’instinct immuable, qu’amour évident, à croire que leur route était déjà toute tracée et que leurs âmes n’attendaient plus que de se retrouver pour l’emprunter, main dans la main. A cette époque, Matthew pensait qu’il avait le temps. Le temps de s’aimer à deux avant d’être plus, le temps de vivre tant de voyages, de bonheurs, de souvenirs avant de toucher à une joie supplémentaire, le temps de se battre contre tout ce qui les opposait pour, un jour, apparaître au grand jour auprès de la foule. Oui, Matthew pensait qu’il avait le temps de profiter de la présence d’Héloïse avant qu’elle ne soit cette mère qu’il souhaitait. Hélas, un bout jour, elle avait disparu de son existence, emportant tout avec elle, comme une tempête ravageant son univers. Dans ses bagages, elle avait pris son cœur, sa raison d’être, son âme, sa chaleur, la moindre parcelle de vie qui vibrait dans ses veines. Il n’était plus qu’un corps nu et décharné, privé de son oxygène, de son lumière, de la beauté de ses mots. Il s’était enfermé dans cette existence, érigeant des murs de glace, une forteresse épaisse et solide autour de son cœur. Quant au projet d’être père, même en se mariant avec Jane, il l’avait complètement abandonné. En dépit de la colère qu’il ressentait à la fuite d’Héloïse, de toute cette rancune tenace envers l’objet de sa passion, il ne pouvait concevoir de donner naissance à un être qui n’aurait pas son regard clair et scintillant, qui n’aurait pas ses mimiques, la rougeur à ses joues, la grâce de sa posture, la courbe délicate de ses lèvres. Il se torturait tout seul à rêver parfois qu’elle reviendrait auprès de lui, qu’ils reprendraient leur histoire là où elle s’était égarée. Il rêvait que rien ne s’était passé et qu’ils étaient amants, époux, parents. Il rêvait tant d’eux… Et aujourd’hui, il trouvait une partie de ce rêve en Ewan. Il n’avait pu assumer sa paternité dès le premier instant, mais il concentrait tous ses efforts pour rattraper le temps perdu. Il voulait être cette figure paternelle essentielle dans le regard de son fils. Par chance, il possédait le petit garçon le plus mignon, le plus intelligent et le plus tendre du monde. Comme si ce dernier savait que Matthew était ce père qu’il attendait depuis toujours, il n’avait pas été difficile de conquérir son cœur et d’y trouver sa place à côté d’Héloïse. C’était une douce réalité… Et si cette vie à trois était idyllique, il ne craignait pas d’y voir apparaître un nouvel être. Il voulait tout vivre dans chaque détail. Il soutiendrait Héloïse, il effacerait ses peurs, il la protégerait, il l’épaulerait à chaque seconde. C’était une promesse. « Oui, on va avoir un bébé… » répondit Matthew dans un même soupir de bonheur insensé. Il attrapa le visage d’Héloïse dans le sien pour déposer ses lèvres sur les siennes. Il n’avait pas peur, il se sentait invincible. « Et moi, j’espère que ce sera une petite Héloïse… aussi têtue et déterminée que sa mère. Une petite fougère sauvage. » Cet enfant, il l’imaginait déjà. Il le voyait avec les yeux de sa mère, sa douceur, sa belle frimousse. Il en était déjà fou amoureux. « Ce sera une merveilleuse aventure, mon amour… » La plus belle qu’il soit.

***

Matthew avait les yeux rivés sur son ordinateur quand Héloïse toqua à la porte de son bureau. Immédiatement, il releva le regard, un sourire épanoui sur les lèvres. Mais ce qu’il faisait n’avait rien à voir avec la maison d’édition. A vrai dire, il lui était très difficile de se concentrer depuis l’annonce de la grossesse de son épouse. Pour l’heure, ils avaient décidé de garder cela que pour eux. Ils voulaient se laisser du temps, au moins pour s’assurer que le bébé était en bonne santé. Et justement, au lieu de s’occuper de la montagne de projets qui l’attendait, Matthew ne pouvait s’empêcher de se renseigner sur internet sur les conditions d’une grossesse, les problèmes, tout ce qui entourait cet univers inconnu. Il se faisait un devoir de prendre soin d’Héloïse et il lui semblait primordial de se renseigner. Pour l’instant, elle ne souffrait que de nausées matinales, mais Matthew déployait des efforts monumentaux pour la ménager. Que ce soit le matin où il la laissait dormir plus longtemps et qu’il s’occupait d’Ewan, ainsi que du petit-déjeuner ; en passant par le boulot où il avait considérablement réduit sa dose de travail. Il prenait également garde à ce qu’elle mangeait et il avait laissé des directives très strictes à Juliet –leur boniche- quand elle devait faire les courses. En soi, rien n’était laissé au hasard. Inquiet, il l’était, sûrement un peu trop d’ailleurs.

Sa poitrine s’embrasa d’un amour immense lorsqu’Héloïse évoqua la petite chose. C’était ainsi qu’ils en parlaient entre eux pour ne pas éveiller les soupçons, et surtout pas la curiosité débordante de leur fils. Il se redressa, attrapa cette main tendue vers lui pour la rapprocher de lui. Il l’enlaça tendrement, fou d’amour pour cet être qui portait la vie. « Et Monsieur McGregor n’aurait oublié ce rendez-vous pour rien au monde. » Enfin, ils allaient découvrir la petite chose nichée dans son ventre. Ses lèvres se joignirent aux siennes. C’était tant de bonheur qu’il craignait que cela puisse s’arrêter un jour. Finalement, ils quittèrent le bureau main dans la main. Pour Matthew, c’était étrange de se sentir aussi serein et angoissé à la fois. Il entrevoyait leur avenir avec tranquillité, et pourtant, il prenait garde aux moindres détails, si bien qu’il conduisait presque lentement. Un comble pour ce McGregor fou de vitesse. Héloïse sembla le remarquer, amusée. Matthew haussa les épaules, feignant une assurance qu’il n’avait pas vraiment. « Je préfère être prudent, c’est tout. » Un sourire para ses lèvres à cette main tant aimée qui se posa sur la sienne. Yeux sur la route, il la porta sur ses lèvres pour y déposer un baiser furtif. « Oui, cela pourrait être une idée ! » Se détendre un peu, surtout pour Ewan, cela ne serait pas mal. Car, en dépit de son enthousiasme, l’école le fatiguait quelque peu. Il était brillant, mais jongler entre le français et l’anglais l’épuisait. Mais lorsqu’elle évoqua des voyages plus longs, que ce soit la France ou le Japon, il ne parvint pas à partager son enthousiasme. En soi, les idées étaient géniales, mais il grimaça quand même. « Et prendre l’avion dans ton état ? Tu es sûre que c’est raisonnable, mon cœur ? » Dans son esprit, à partir du moment où une femme était enceinte –surtout la sienne-, elle ne pouvait plus rien faire. Il faudrait qu’Héloïse le raisonne quelque peu. De plus, le Japon serait une destination idéale. Là où leur amour était né. Il constata que son manque d’entrain avait touché Héloïse. « Pardon. Je m’inquiète sûrement un peu trop. » Ils auraient tout le temps d’en rediscuter à un autre moment. Ils venaient d’arriver au cabinet du médecin pour la première échographie. Pour cette grossesse, Matthew avait insisté pour que ce soit le meilleur médecin qui s’occupe d’Héloïse. Aussi, le cadre demeurait-il assez luxueux. C’était d’ailleurs la même personne qui s’était occupé de la grossesse de ses sœurs. Aujourd’hui, c’était à son tour de profiter de ce moment de bonheur. Tout le long et jusqu’au moment où ils furent dans la salle d’échographie, la main de Matthew resta vissée dans celle d’Héloïse. Et ce n’était pas tant pour lui donner du courage que pour en recevoir en retour. Il était plus tendu que jamais. Il s’assit à côté de sa femme, déposant un baiser sur son front tandis que le médecin allumait la machine et déposait le gels sur le ventre nu d'Héloïse. « Ne t’en fais pas, je suis là. » la rassura-t-il avec un sourire confiant et heureux. Il lui avait fait cette promesse. Il la tiendrait, en dépit de la propre angoisse qui ne tenaillait.
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MessageSujet: Re: « Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥    

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« Please… Give me your mercy » ♥ Matthew & Héloïse ♥
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