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 « A-t-on vraiment besoin d'un titre pour apprécier ce RP ? » + Lullaby ♥

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Matthew McGregor
Admin prétentieux
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DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
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MessageSujet: « A-t-on vraiment besoin d'un titre pour apprécier ce RP ? » + Lullaby ♥    Jeu 16 Fév - 23:36

Aujourd’hui, Matthew McGregor n’était pas à la maison d’édition, mais dieu sait qu’il aurait souhaité que ce soit ainsi pour plusieurs raisons évidentes. Tout premièrement, parce que s’il n’était pas au sein de l’entreprise, il lui était impossible de voir Héloïse. Piètre excuse, peut-être, mais l’auteur ne se cachait pas du fait qu’il aimait bien être dans le secteur de la brunette. D’autant plus que cette dernière s’était plongée dans des révisions actives depuis quelques jours et que ça empiétait énormément sur les heures où ils pouvaient se retrouver que tous les deux. Toutefois, il se montrait patient. Lui, mieux que personne, comprenait l’importance que ces examens avaient aux yeux d’Héloïse. Néanmoins, elle pourrait avoir un zéro pointé à ces prochains tests, il l’embaucherait malgré tout. Mais comme la demoiselle sombrait dans la dépression dès qu’elle avait une note en-dessus de dix-huit, il se gardait bien de lui proposer. Il tenait à sa vie malgré tout. Il s’agissait là de la première raison qui l’ennuyait de se retrouver au-dehors. La deuxième consistait au fait qu’il était contraint d’avoir des interactions sociales. Avec le charisme, la verve et le charme que Matthew déployait dès qu’il se retrouvait dans le cadre social, on pourrait penser que l’oratoire était son domaine de prédilection, voire sa passion. Grave erreur. L’auteur détestait devoir s’exprimer en public. Pire encore, il avait en sainte horreur de devoir interagir avec le commun des mortels. Son cousin Logan aurait très certainement pu comprendre de quoi il parlait car ils étaient forgés du même métal. Mais c’était ainsi, l’héritier McGregor supportait difficilement de devoir entretenir des conversations avec des gens qui ne l’intéressaient pas de prime abord. Toutefois, aujourd’hui, il n’avait guère le choix de son auditoire et du discours à défendre. Chaque trimestre, il était de son devoir de se munir des prochains titres à être édités par les éditions McGregor et d’en faire la promotion auprès des libraires les plus importants et les plus réticents. L’éditeur devait alors user de toutes ses cartes pour parvenir à les convaincre, à promettre des ventes multiples et aucun retour. Il s’agissait d’une tâche guère facile dont il s’acquittait assez bien. Certainement pas avec plaisir, mais il le faisait malgré tout. Après tout, cela faisait partie de son métier. Le pire restait encore quand il devait se rendre dans des salons du livre, autant en tant qu’éditeur, qu’auteur. Il ne supportait pas de rencontrer des admirateurs qui passaient leur temps à lui raconter presque leur vie, à tenter de trouver un sens beaucoup plus profond, et généralement hors sujet, sur ses œuvres. SI JE DIS QUE LE CIEL EST BLEU, C’EST PARCE QU’IL EST BLEU ! Toutefois, on avait appris à Matthew à être humble face au commun des mortels, et c’était bien en ce sens qu’il œuvrait. Il se montrait toujours courtois et poli parfois et il tentait de faire bonne figure. Après tout, il ne souhaitait pas non plus se créer d’inimitié. Il appréciait trop de renvoyer une bonne image autour de lui. Du moins, en surface. Car au bureau, il avait une réputation affreuse de tortionnaire. Au départ, il aurait très certainement pu s’en formaliser, mais un café qui se retrouve magiquement sur votre bureau en trente secondes chrono, c’est trop beau pour en être privé.

« Je vous remercie tous pour votre participation et votre attention, mesdames, messieurs. Je laisse le reste des exemplaires à votre disposition. » Vous n’aviez pas le choix de toute manière. De plus, il n’avait pas à s’emmerder à emporter de nouveau son carton rempli de bouquins. La belle affaire ! Après avoir serré quelques mains et prétexté qu’il était très pressé, il prit congé de l’attroupement de libraires. Il ne le affectionnait pas vraiment, mais il devait admettre que les libraires de nos jours, ils se prenaient un melon comme pas possible. Il était visiblement possible de se prendre encore plus au sérieux que Matthew McGregor. Un exploit, cela allait sans dire. Il ne tarda donc pas à retourner auprès de sa voiture, consultant son portable où Héloïse lui avait laissé quelques messages. Visiblement, elle se trouvait encore à la maison d’édition en train travailler des dossiers et de potasser en même temps. Une véritable psychopathe du travail. Elle décrétait néanmoins qu’elle n’en avait plus pour très longtemps et qu’il n’avait qu’à l’attendre chez elle. D’ordinaire, Matthew préférait qu’ils aillent dans son appartement, mais depuis ses révisions, elle insistait pour qu’ils se retrouvent chez elle afin qu’elle puisse souffler un peu. Comme il n’y avait rien qu’il ne pouvait lui refuser, il accepta avec l’espoir qu’elle ne mette pas trop de temps à arriver malgré tout. Il fit un léger crochet par chez lui pour récupérer des affaires avant de se rendre chez sa petite amie. Il guetta sa petite coccinelle près de l’immeuble, mais il ne vit rien. Apparemment, sa belle n’était pas encore arrivée. Néanmoins, il fut rapidement devant la porte de l’appartement. Il sonna, sachant que Lullaby présente. Du moins, d’après les dires de sa petite-copine. Il s’étonnait encore que la jeune fille soit la colocataire d’Héloïse. Quelle était la probabilité pour que cette demoiselle qu’il avait croisée durant ce salon soit une amie de sa stagiaire ? Il se félicitait d’avoir rattrapé sa conduite auprès d’elle, sinon, il n’aurait eu guère de crédit aux yeux de sa belle. « Bonsoir Lullaby… Je ne sais pas si Héloïse t’a prévenue que je venais ce soir. » dit-il une fois qu’elle eut ouvert la porte. Il se doutait qu’elle serait sûrement informée. Du moins, il l’espérait. Il rentra dans l’appartement à l’invitation de la rousse. « Merci. Je pense qu’Héloïse ne devrait pas tarder. Elle a dit qu’elle se dépêchait. » Étrangement, il ne se sentait pas très à l’aise, bien qu’il n’en laisse rien paraître. L’apparence, c’était une affaire de famille chez les McGregor. Toutefois, il ne savait pas trop quoi lui dire. « Hmm. Tu vas bien ? » Comment font les humains pour communiquer déjà ?!
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Lullaby W. Marshall
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MessageSujet: Re: « A-t-on vraiment besoin d'un titre pour apprécier ce RP ? » + Lullaby ♥    Sam 25 Fév - 0:15



   
   Matthew & Lullaby
   A-t-on vraiment besoin d'un titre pour apprécier ce RP ?

J
e suis super à labour pour rendre ce fichu devoir et je sais déjà que je vais devoir bosser toute la journée et toute la nuit pour avoir le rendu que je voulais au départ. Pourtant, j’avais tout prévu dans les moindres détails lorsque le professeur nous introduisant le thème de « la visualisation musicale » nous a donné le descriptif du projet qu’il comptait nous faire mener à bien durant les quelques heures de cours que nous aurions en sa compagnie. Le projet était super intéressant, il s’agissait de donner une représentation visuelle de la manière dont on voyait la musique et comment elle avait impactée notre vie. Forcément, j’avais des tonnes d’idées et en sortant du cours j’étais allée retrouver rapidement la co animatrice de notre émission de radio et accessoirement meilleure amie pour lui faire part de toutes mes idées. Cependant, même si je m’y étais prise super en avance, je me rendais bien compte que plus la date du rendu de projet approchait et plus j’étais dans la merde. Mon emploi du temps ne m’avait pas permis d’y consacrer le temps nécessaire et je savais que j’allais devoir revoir mes exigences à la baisse. Et voilà où j’en suis. Je dois rendre mon œuvre demain et la présenter devant toute la classe et je n’ai absolument rien fait, rien de rien, nada… Je panique à l’idée de devoir me lever devant tous mes camarades et leurs projets fabuleux en devant avouer que pour ma part je n’ai pas été à la hauteur des exigences de mon enseignant. Alors aujourd’hui, je me suis levée super tôt bien décidée à passer la journée sur ce projet. En plus, dans mon malheur, j’ai la chance d’avoir eu mon seul cours de la journée supprimé car mon professeur est malade. J’ai aussi pris une demi-journée de congé à la radio qu’ils ont eu la gentillesse d’accepter même si c’était un peu de dernière minute. J’ai la meilleure amie du monde. Je vais donc rester enfermée à l’appartement toute la journée. J’envoie un texto à Héloïs,e que je soupçonne de dormir au travail vu que je la vois à peine ces derniers temps, pour la prévenir que je serais là toute la journée et que si elle a besoin de quelque chose, d’une course ou autre, je suis disponible puis je mets mon téléphone en silencieux et me met immédiatement au travail.  Au bout d’une heure, j’ai un modèle de présentation et je file dans la première papèterie que je parviens à googler pour acheter le matériel nécessaire. Je supplie quasiment la vendeuse pour qu’elle me vende un exemplaire d’exposition, argumentant tant bien que mal pour qu’elle capitule. Celle-ci doit finalement penser qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort puisqu’elle me laisse l’emporter sans même me demander de payer. Je dois avoir l’air carrément désespérée et à dire vrai je n’en suis pas très loin. Quelle journée de merde. Si Héloïse n’avait pas autant de boulot, je lui aurais sûrement demandé de m’aider mais voilà, elle n’est pas là en ce moment et je dois me débrouiller par moi-même. Il faut que j’y arrive, je n’ai pas le choix, je ne peux pas rater cette année scolaire ou encore pire, avoir l’air de me foutre de la réussite de mes études, j’en ai trop chié pour obtenir cette place.

J’ai travaillé toute la journée, j’ai mal partout, surtout au dos, comme si j’avais couru un marathon. Je me suis accordée une toute petite pause pour commander une pizza quatre fromages que j’ai mangé en bossant, craignant à tout instant qu’une tache de gras vienne ruiner mon œuvre. Je suis très fière de moi. Debout au milieu du salon je regarde fixement l’immense fresque que j’ai suspendue sur le mur du fond à l’aide de quelques morceaux de patafixe. Elle représente mon évolution de l’enfance à l’âge adulte et chaque étape est accompagnée par la musique sous différentes formes. Honnêtement, je trouve ça plutôt réussi. J’ai pris le temps de répondre au texto d’Héloïse m’informant qu’elle allait rentrer tard et que je serais un ange si je voulais bien ouvrir à son petit-ami. En vérité, ça ne m’enchante pas du tout de l’accueillir en tête à tête en attendant que ma colocataire rentre, mais je ne peux rien lui refuser et puis elle a l’air tellement heureuse. Sauf que moi je ne lui fais pas du tout confiance. Connard un jour, connard toujours. Il arrivera un moment où il brisera le cœur de mon amie, j’en suis persuadée. Lorsque la sonnerie à l’entrée retentit, je prends une grande inspiration et fais l’effort de sourire avant d’aller ouvrir la porte. J’ai encore les mains pleines de peintures et mon jean a lui aussi pris un sacré coup, mais tant pis, je serais présentable un autre jour. C’est avec un sourire légèrement crispé que je finis par ouvrir la porte pour faire face à mon interlocuteur. « Bonsoir Lullaby… Je ne sais pas si Héloïse t’a prévenue que je venais ce soir. » Si elle ne l’avait pas fait, je pense que je l’aurais tout simplement égorgée sur place, au moins j’ai eu le temps de me préparer psychologiquement. Et puis, ce sera l’occasion de discuter de ce fameux bouquin dédicacé dont je n’ai pas eu de nouvelles pour le moment. « Bonsoir, elle m’a prévenue tout à l’heure, oui, elle a dit que tu risquais d’arriver avant elle. » le tutoyer m’écorche la bouche mais il a fait l’effort de le faire avec moi, donc je continue sur cette lancée, bien décidée à passer un bon moment en compagnie du jeune homme. Puisque je dois jouer les hôtesses d’accueil, autant faire en sorte que ce ne soit pas un calvaire pour lui comme pour moi. « Merci. Je pense qu’Héloïse ne devrait pas tarder. Elle a dit qu’elle se dépêchait. » Oh oui, pitié Héloïse dépêche-toi… Je ne sais pas quoi lui dire moi, à ton mec. « D’accord. Elle a beaucoup de travail en ce moment. » Il est bien placé pour le savoir, mais je ne savais pas quoi dire d’autre, alors j’ai sorti le premier truc qui me venait à l’esprit. « Hmm. Tu vas bien ? » C’est super bizarre de discuter avec Matthew comme s’il était autre chose qu’un simple étranger. Il doit se sentir obligé d’être un minimum agréable maintenant, pauvre lui. « Ouais, super, et toi ? » Je ne m’étends pas sur ma vie, je me doute que ça l’intéresse très peu. Vraiment, cette situation est trop bizarre. Et encore, le mot est faible. « Tu veux boire un truc ? T’assoir ? » Je lui demande en espérant qu’il ne prenne pas la direction du salon vu qu’il a actuellement l’air d’avoir été ravagé par un tsunami. Cette soirée va être compliquée. S’il te plait Héloïse, bouge tes fesses.
WILDBIRD
 
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « A-t-on vraiment besoin d'un titre pour apprécier ce RP ? » + Lullaby ♥    Jeu 30 Mar - 20:23

Matthew n’était pas très à l’aise en compagnie du commun des mortels, d’autant plus quand il savait qu’il devait faire des efforts. Lullaby n’était en rien une personne qu’il croisait bêtement, sur laquelle il pourrait jeter ses foudres pour ne plus jamais la recroiser. Bien qu’une première rencontre avec elle avait suffi à lui faire comprendre qu’il ne fallait pas chercher la rouquine trop longtemps. Toujours était-il que la jeune femme en face de lui n’était autre que la colocataire de sa petite amie et il souhaitait que les choses se passent au mieux. Il aurait pu se montrer désagréable et faire reposer toute la faute sur les épaules de Lullaby, mais l’auteur n’était pas de cette trempe. Toute premièrement, parce qu’un tel procédé était bien trop fourbe, même pour lui. Et deuxièmement, parce qu’avec la réputation qu’il se traînait, il ne parviendrait jamais à faire prévaloir son témoignage sur celui de sa colocataire. L’amour n’y changerait, monsieur avait un caractère de merde et tout le monde le savait.
Ce soir, il passait néanmoins outre cet état de fait pour se montrer le plus charmant possible. De plus, il appréciait véritablement Lullaby. Elle était une grande admiratrice de son œuvre et elle savait lui poser des questions pertinentes, ce qui n’était pas donné à tout le monde. Mais surtout, elle était celle qui était parvenue à lui tenir tête et à lui faire un peu ouvrir les yeux l’espace de quelques heures. Sur le moment, Matthew n’avait pas apprécié de se faire rabrouer de la sorte, mais après, il avait été forcé d’admettre que son comportement l’avait charmé d’une certaine manière. Ils auraient pu en rester là et être content de se retrouver le jour où ils avaient appris qu’ils avaient Héloïse en commun, mais les choses paraissaient bien plus compliquées que cela. Parce que si sa stagiaire tenait Lullaby parmi ses connaissances, et que de surcroît, elle était sa colocataire, cela voulait dire qu’elle avait dû voir tout le mal que l’éditeur lui avait causé, bien à regret. Au départ, l’écrivain n’y avait pas vraiment pensé, mais c’est en voyant le visage peu ravi de la rouquine qu’il comprit qu’il n’était pas dans ses bonnes grâces. D’ordinaire, Matthew était un total abruti et un handicapé pour décrypter les émotions, mais cette fois-ci, il ne pouvait faire l’impasse sur la mauvaise humeur de la jeune femme, qu’elle tentait ou non de masquer. Il se surprit à espérer qu’Héloïse rapidement, voire même dans les prochaines minutes, pour le faire échapper à ces banalités emplies de sous-entendus. Ni l’un, ni l’autre ne semblait particulièrement heureux de se voir. Matthew était ennuyé par cet échange social de trop dans sa journée, quant à Lullaby, elle paraissait être saisie d’animosité contenue à son égard. Ça va être cool la soirée. Son ton était froid. Son regard sans chaleur. Autant dire que les prochaines minutes à attendre risquaient d’être plus que gênantes pour tous les deux. Ils parvinrent à tenir bon malgré tout.

« Bonsoir, elle m’a prévenue tout à l’heure, oui, elle a dit que tu risquais d’arriver avant elle. » Oui, bien malheureusement. Matthew s’abstint de ce commentaire pour rebondir sur ce qu’elle disait en affirmant que sa stagiaire avait dit qu’elle se dépêchait. Mais pour lui, elle ne se dépêcherait jamais assez vite. Il prit son mal en patience jusqu’à ce que Lullaby renchérisse. Oui, Héloïse avait beaucoup de travail. Un peu comme tout le monde dans cette maison d’édition. Il n’aurait su dire s’il s’agissait d’un reproche ou non dans la bouche de la rousse. Il n’en tint pas compte, se contentant d’hausser les épaules en enfouissant ses mains dans ses poches. Et là, il sortit le truc le plus bateau du monde. Il lui demanda si elle allait bien. Sans conviction. Sans véritable envie de le savoir. Est-ce que ça s’était senti ? Il n’était pas un monstre indifférent, mais il sentait que cet échange était bien trop calculé, sans aucune once de spontanéité. Il était même à deux doigts de lui proposer d’aller attendre devant la porte de l’appartement. Tant pis s’il ressemblerait à un gros clochard. Cela lui demanderait bien moins d’efforts. « Ouais, super, et toi ? » Et lui ? Il avait envie d’être ailleurs. D’être loin. De ne pas être confronté à ce genre de situation. Généralement, il s’en allait dès que quelque chose lui déplaisait. Là, il ne pouvait pas. Pour Héloïse, il ne pouvait bien. « Oui, plutôt bien aussi. Le travail. La routine. » Et une petite copine qui mettait trop de temps à arriver ! Il n’avait pas plus envie de s’étendre que Lullaby. Non pas par pudeur, mais parce que l’un comme l’autre devait se moquer de leur quotidien respectif. Elle lui demanda ensuite s’il désirait boire quelque chose et s’asseoir. Pour le coup, l’auteur ne disait pas non. Il avait passé presque l’intégralité de sa journée à se vendre auprès de libraires pour faire la promotion des différents ouvrages de sa maison d’édition à paraître dans les prochains mois. D’ordinaire, c’était au diffuseur de faire ce genre de démarche, mais les éditions McGregor avaient cette chance d’être auto-diffusées et auto-distribuées. « Un verre d’eau ne serait pas de refus, merci. » Quant à s’asseoir, il ne disait pas non. D’instinct, il se dirigea vers le salon avec la rousse. Ils n’allaient pas rester non plus dans l’entrée comme deux idiots ! Il découvrit alors le bazar qui régnait dans le salon. Cela le fit légèrement sourire. « Je comprends pourquoi Héloïse et toi, vous vous entendez si bien. » Aucune critique derrière ses mots, juste un peu d’amusement. Héloïse était bordélique, d’autant plus quand elle se mettait à travailler. Elle s’étalait, occupant l’espace autour d’elle. Il n’y avait qu’à voir l’état de son bureau au travail. « Tu as des révisions ? Ou des projets, toi aussi ? » Pour le coup, il était véritablement intéressé. Il se tourna vers la rouquine qui revenait dans le salon avec un verre d’eau à la main. Avant de prendre le verre, il retira sa veste qu’il déposa sur le dossier d’un fauteuil. De toute manière, c’était déjà le bordel. Un peu plus, un peu moins… Il récupéra le verre en remerciant Lullaby avant d’en boire quelque gorgées tout en se faisant de la place sur le canapé en poussant quelques feuilles. « Cela concerne ta musique ? » Non, il n’avait pas oublié pour les études de la jeune fille, ni ses passions. Et Héloïse ne lui avait rien soufflé à l’oreille. Il s’en souvenait juste car ils en avaient parlé durant leur fameuse rencontre. « Au fait, si cela peut t’intéresser, je pense que tu auras de la lecture avant le début de l’année prochaine. » Il parlait bien évidemment de son livre qu’il lui avait promis dédicacé. Contrairement aux apparences, il n’avait pas oublié non plus. Il espérait aussi que ces sujets de conversations pourraient légèrement améliorer l’ambiance. Qui sait…
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Lullaby W. Marshall
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MessageSujet: Re: « A-t-on vraiment besoin d'un titre pour apprécier ce RP ? » + Lullaby ♥    Sam 8 Avr - 17:59



   
   Matthew & Lullaby
   A-t-on vraiment besoin d'un titre pour apprécier ce RP ?

C
ette deuxième rencontre se passe presque aussi mal que la première alors que ça ne fait que quelques secondes que Matthew se trouve devant moi. La température vient de passer soudainement dans les négatifs alors qu’il fait plutôt chaud dans mon appartement en temps normal. C’est mauvais signe, très mauvais signe et je sais que l’arrivée d’Héloïse n’est pas prévue pour tout de suite donc c’est vraiment la merde. En plus, je sais que je dois accorder une deuxième chance au jeune homme, même après tout ce qu’il a fait subir à ma colocataire et tout ce qu’il m’a fait subir à moi lors de notre première rencontre. Après tout, si Héloïse a réussi à passer au-dessus alors qu’il lui a fait sacrément du mal, je dois pouvoir y arriver aussi. Sauf qu’il y a toujours cette petite voix dans ma tête qui m’a dit qu’elle lui a tout passé parce que l’amour l’y poussait et non pas sa raison. Bref, ça craint carrément, je n’ai pas envie d’être agréable mais je me force à l’être pour faire plaisir à ma colocataire. Je suis nulle pour dissimuler mes émotions et je suis sûre que mon inimitié à son égard n’échappe pas une seule seconde à l’écrivain mais bon à la limite c’est de bonne guerre vu la manière dont il m’a reçue la dernière fois. Je sais malgré tout qu’il va falloir que je passe au-dessus de tout ça et vite sinon cette soirée va être la pire de toute notre existence. « Oui, plutôt bien aussi. Le travail. La routine. » Génial. Super. Il a l’air d’avoir autant envie que moi d’entretenir cette discussion ce qui promet pour la suite. Je suis dans le mal, si je n’arrive pas à relancer la conversation, on va très vite tourner en rond. A moins que je puisse compter sur Matthew pour combler le silence mais je n’ai pas trop confiance, autant être honnête. Ce garçon est nul lorsqu’il s’agit de bien se comporter en société. « C’est marrant je ne pensais pas qu’un écrivain pouvait avoir une routine. » Et bim, rien de tel qu’un bon petit préjugé pour redonner le sourire à tout le monde. J’essaye de ponctuer cette fin de phrase par un sourire mais la crispation de ce dernier ne risquait pas de les mettre en joie ni d’améliorer le côté chaleureux de leur conversation. Je tente tout de même de faire bonne figure, jouant les hôtesses pour éviter d’avoir à réfléchir au prochain sujet de conversation. « Un verre d’eau ne serait pas de refus, merci. » Je ne sais pas s’il a accepté pour me voir fuir dans la cuisine ou s’il cherche simplement à avoir de quoi s’occuper les mains mais je suis soulagée qu’il ne souhaite pas camper sur le palier suite à l’accueil un peu désastreux que je lui ai réservé. Malheureusement pour moi, je le vois immédiatement se diriger vers le salon alors que j’avais cru échapper à la découverte du bordel qui y règne actuellement. Quelle quiche. J’avais oublié qu’il connaissait les lieux par cœur et franchement j’ai carrément honte de lui réserver une telle scène.

« Je comprends pourquoi Héloïse et toi, vous vous entendez si bien. » Je ne m’attendais vraiment pas à une réaction aussi « positive » si je puis dire, d’autant plus que je ne vois pas en quoi le désastre du salon me fait ressembler à Héloïse sachant que ma colocataire est la fille la plus sérieuse et ordonnée que je connaisse. Enfin, ordonnée, peut-être pas, mais c’est parce qu’elle sait tellement de choses que c’est constamment le bazar dans sa tête. Enfin, c’est comme ça que j’ai toujours analysé le comportement d’Héloïse, mais j’imagine qu’il la connait mieux que moi désormais et cette idée ne me plait pas des masses, je suis devenue carrément possessive avec ma copine. Pourtant, en ce moment, on ne se croise pas beaucoup. « Ah oui ? J’ai toujours eu l’impression que nous étions comme le jour et la nuit, elle et moi. » D’ailleurs, j’en suis persuadée et comme Matthew ne me connait pas du tout, il y a des chances que j’ai raison. Toutefois, c’est sympa de sa part d’avoir glissé que j’étais totalement bordélique avec une pointe d’humour, parce que franchement pour le coup je n’ai aucune excuse. « Je suis désolée pour le bordel, j’ai bossé toute la journée. » Et sur ces bonnes paroles, je file dans la cuisine lui chercher son fameux verre d’eau que je lui remets en main propre avant de reculer de deux pas comme si je craignais d’être contaminée par son caractère de merde. Sympa. Heureusement, j’ai la chance d’avoir un invité plus agréable que je l’imaginais qui fait en sorte de s’intéresser à moi et de relancer la conversation qui risquait de couler rapidement. « Tu as des révisions ? Ou des projets, toi aussi ? » Des révisions pas trop encore, mais des projets ça, c’est sûr. Je ne pensais pas que faire des études de musique me forerait à sortir mes crayons de couleur, ma peinture et tout le bazar mais après tout, pourquoi pas, je ne vais pas pleurnicher sur mon sort qui me parait tout de même nettement plus enviable que celui d’Héloïse pour le coup. Je ne sais sérieusement pas comment elle fait pour ne pas saturer à force de passer sa vie dans ses bouquins. « Cela concerne ta musique ? » Il s’en est souvenu ?! Trop cool et surtout trop étonnant. Pour le coup, je suis agréablement surprise, ce garçon commence très doucement à marquer quelques points et autant dire que ça n’avait rien d’évident, il part de loin. « J’ai un truc à rendre demain oui et je m’y suis pris un peu au dernier moment… Je devais représenter de manière artistique ma vision de la musique et je me suis laissée un peu embarquer dans le truc… C’est qu’un petit projet, l’enjeu n’est pas énorme, mais je voulais bien faire. » Et je ne suis pas sûre d’avoir très bien réussi mais j’imagine qu’en commençant le dernier jour quelque chose que j’aurais dû faire il y a déjà bien longtemps, je ne pouvais pas espérer sortir quelque chose de sensationnel, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même si je ne me suis pas donnée autant que je l’aurais voulu. « Au fait, si cela peut t’intéresser, je pense que tu auras de la lecture avant le début de l’année prochaine. » Génial ! Je lui offre un sourire nettement plus sincère cette fois-ci, contente que son projet avance. « Ah oui ? Dois-je en conclure que la rédaction avance ? Tu as trouvé tes idées maintenant ? » Je me souviens vaguement qu’il n’était pas encore très sûr de ce qu’il voulait faire, ou en tout cas qu’il n’était pas en phase de finalisation du projet. Il a l’air d’avoir bien décollé maintenant donc c’est cool. « J’ai droit à un avant-goût ? » Bah ouais, je suis curieuse, il ne peut pas me dire ça sans que je veuille en entendre parler davantage, c’est normal.
WILDBIRD
 
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « A-t-on vraiment besoin d'un titre pour apprécier ce RP ? » + Lullaby ♥    Lun 17 Avr - 11:39

Matthew n’était pas très à l’aise en ce qui concernait les rapports humains. Certes, il était amené à en avoir régulièrement dans sa vie de tous les jours, mais ils étaient plutôt normés. Quand il s’agissait de son travail, c’étaient des rapports professionnels. Il savait où s’en tenir, c’est-à-dire, au strict minimum. L’éditeur n’était pas habitué à faire des ronds de jambe et il allait généralement vite au but. Quand il était question des grandes réceptions organisées par ses parents ou des grands notables de la ville, il se pliait aux conventions qu’exigeait une soirée bien guindée. Matthew savait se montrer hypocrite et même sirupeux. Il n’aimait pas particulièrement le personnage qu’il était au cours de ces soirées mondaines, mais il n’avait pas vraiment le choix. Il était obligé d’en faire de même, et parfois, il trouvait qu’il se prêtait un peu trop au jeu. Mais tous ces types de relations étaient bien étiquetés, codifiés à tel point que Matthew avait perdu l’habitude du naturel. Cela était idiot à dire, mais l’auteur avait le plus grand mal à entretenir des relations humaines à peu près normales. D’autant plus quand une pression pesait sur ses épaules. Il aurait pu se contenter de ne faire aucun effort, mais il ne pouvait pas se le permettre. Lullaby était l’amie d’Héloïse, et sa colocataire de surcroît. La malchance s’abattant sur sa petite tête, il avait fallu que ce soit la même rouquine avec qui il s’était pris le bec au début de l’année. Par chance, il était parvenu à arranger la situation en même temps qu’il avait arrangé sa propre humeur. La suite logique aurait pu être que Lulla soit ravie de le voir franchir le seuil de sa porte, mais ce n’était définitivement par le cas. En l’espace de quelques mois, Matthew s’était forgé une solide réputation de goujat –restons polis- auprès de la jeune femme. Et même s’il avait fait amende honorable auprès de sa petite-amie et qu’il avait réparé ses erreurs, les amies d’Héloïse n’avaient pas oublié la souffrance de cette dernière. Matthew aurait pu fermer les yeux sur cela, mais l’inimitié de la rouquine se voyait bien trop, ce qui le forçait à prier fortement pour que sa brune à lui ne mette pas trop de temps à rappliquer. Le froid qui résidait en ce moment entre eux aurait pu arrêter le réchauffement climatique d’un coup, d’un seul. Il essayait de se montrer courtois, ce qu’il était, mais cela manquait cruellement de spontanéité. « C’est marrant je ne pensais pas qu’un écrivain pouvait avoir une routine. » Il haussa un sourcil. Elle venait de le provoquer là ?! Il fit mine de ne pas prendre la mouche, même si c’était clairement le cas. Cette rouquine était maléfique ! « Je ne suis pas seulement auteur, mais éditeur. Je passe plus de temps à potasser les manuscrits des autres que les miens. » Et toc, tu l’auras pas volé, sorcière ! En vérité, il n’avait pas vraiment envie que ce soit la guerre entre eux et qu’Héloïse rentre pour se retrouver au beau milieu d’un champ de bataille, mais Lullaby cherchait la merde. Et quand on cherchait Matthew McGregor, on le trouvait !

Lullaby s’éclipsa un moment dans la cuisine, allant lui chercher un verre d’eau qu’elle avait proposé. Il en profita pour détailler un instant le salon. Le léger désordre qui y régnait le faisait sourire, lui rappelant Héloïse. Cette dernière était ordonnée, mais quand il s’agissait de son travail, elle éparpillait des papiers de partout et envahissait tout l’espace, comme s’il n’avait pas assez de place pour contenir toute son imagination. C’est pourquoi, quand la rousse revint, il ne put s’empêcher de faire vraiment la remarque, déridant un peu l’un et l’autre. Il la remercia pour le verre d’eau, buvant une gorgée tandis qu’elle répondait, dubitative concernant ce qu’il avançait. « Hmm oui, vous êtes très différentes. Mais pour ce qui est du travail, vous avez la même manière de fonctionner. » Il est vrai que sinon, elles ne se ressemblaient pas vraiment. Pour preuve, Héloïse ne lui aurait jamais éclaté un scandale comme Lullaby l’avait fait. Son tempérament était un peu plus trempé, quand celui d’Héloïse était réservé. Elles possédaient malgré tout cette force similaire et cette volonté d’en démordre. Toutefois, le poète se gardait bien de le mentionner. A la place, il haussa les épaules quand elle s’excusa du bordel. « Ce n’est rien. Mon bureau n’est pas mieux rangé quand je travaille sur un ouvrage. » Ou son bureau tout court à la maison d’édition. Il lui accorda un sourire pour appuyer ses propos. Un semblant de sympathie. Il s’intéressa même à ce qu’elle faisait, demandant s’il s’agissait de ses études de musique. Il n’avait pas oublié cette fois où ils en avaient parlé et qu’il s’était montré vivement intéressé par le sujet. Elle-même paraissait agréablement surprise qu’il se souvienne. Et pour être honnête, il était tout aussi surpris bien qu’il n’en montre rien. Venant s’asseoir dans un des fauteuils du salon, il l’écouta avec attention parler de ce travail qu’elle devait rendre demain parlant de son rapport à la musique. « Ça a l’air plutôt bien comme travail. C’est intéressant. » Et cela devait tout autant l’être à rédiger. En parlant de chose à écrire, il ne fut pas peu fier d’annoncer à Lullaby que son roman allait sûrement paraître avant la fin d’année. Un peu avant les fêtes. Les questions de la rouquine le firent sourire. « Oui, elle avance très bien. Je peux même dire qu’elle est presque achevée. Le reste de mon travail relève surtout de la retouche de certains passages et de la correction. Je suis assez perfectionniste de ce côté-là. » Il ne voulait pas qu’une seule ligne puisse jurer avec l’ensemble de son écrit. « Et des fois, il faut arrêter de chercher les idées et attendre qu’elles viennent à nous. » dit-il d’un air assez énigmatique. Toutefois, il n’était pas enclin à beaucoup de secrets. « Depuis l’arrivée d’Héloïse, cela a été plutôt simple. » Il n’en parlait jamais, mais sa brunette était devenue sa muse, son inspiration constante. Il ne cessait de noircir des pages d’encre depuis qu’elle avait débarqué dans sa vie. Sans prévenir. Juste comme ça. « Mais je ne peux pas en dire plus, ni même laisser un avant-goût. Je ne voudrais pas gâcher le plaisir de la lecture. » Puis Matthew se connaissait. S’il commençait à se lancer dans une quelconque explication, il allait tout dire. Il préférait lui laisser la découverte à la lecture. Un sourire mutin fendit son visage. « Enfin si jamais le livre évoque à un moment une furie rousse, tu auras le droit de revendiquer ta part. » la taquina-t-il évidement. Il ne savait pas trop si elle allait réagir au quart de tour ou rire avec lui, mais il appréciait sa propre plaisanterie. Matthew était son meilleur public concernant son humour un peu étrange. « Mais je n’oublie pas non plus la dédicace et l’ouvrage fraîchement sorti de l’imprimerie qui te sera dédié. » Chose promise, chose due. Matthew faisait rarement des promesses en l’air. Un silence suivit les paroles de Lullaby. Et maintenant que l’ambiance s’était radoucie, il crut bon d’aborder le sujet. « Je sais que ce n’est pas vraiment le moment, mais je voulais te parler assez sérieusement. Concernant Héloïse, je tenais à ce que tu saches que je n’ai jamais voulu lui faire le moindre mal et que toutes ses souffrances ont aussi été les miennes. Les choses n’étaient et ne sont malheureusement pas aussi simples que nous le voudrions… » Il avait repris un ton bien sérieux, emprisonnant le regard de Lullaby dans le sien. « Mais pour le bien d’Héloïse, je pense que ce serait bien d’enterrer la hache de guerre… Tu en dis quoi ? »
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Lullaby W. Marshall
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MessageSujet: Re: « A-t-on vraiment besoin d'un titre pour apprécier ce RP ? » + Lullaby ♥    Jeu 22 Juin - 21:55



   
   Matthew & Lullaby
   A-t-on vraiment besoin d'un titre pour apprécier ce RP ?

L
a situation aurait difficilement pu être plus étrange qu’à ce moment précis et je ne me sentais pas forcément dans mon élément. Pourtant, je suis dans mon propre appartement ce qui n’est pas le cas de mon invité surprise, alors j’imagine sans mal qu’il doit se sentir encore moins bien que moi et je ne peux que lui accorder toute ma compassion, à défaut de réussir à lui rendre la tâche plus facile. Je pourrais être agréable et accueillante, ça lui aurait largement facilité les choses mais après tout ce que j’ai entendu à son sujet, je ne peux tout simplement pas me permettre d’être une telle hypocrite, même si j’adore ma copine et que la voir heureuse me fait évidemment très plaisir. J’aurais préféré qu’elle soit heureuse avec autre chose qu’un con, mais ça, ce n’est pas à moi de le lui faire remarquer, elle s’en rendra malheureusement compte par elle-même en temps voulu. « Je ne suis pas seulement auteur, mais éditeur. Je passe plus de temps à potasser les manuscrits des autres que les miens. » Il me répond comme si je l’avais insulté alors que je m’étais contentée de plaisanter bêtement sur situation professionnelle. Je note : Humour à proscrire en compagnie d’un homme à l’ego surdimensionné, dans un coin de ma tête. Cette constatation pourrait m’être utile. « Et qu’est-ce qui est le plus intéressant ? Potasser ses propres manuscrits ou ceux des autres ? » Je le vois gros comme une maison me répondre que ma question est stupide parce que la réponse est affreusement évidente mais elle ne l’est pas pour moi. Il doit évidemment être agréable de pouvoir rendre ses propres écrits mais la pression du travail d’auteur ne doit pas être simple à porter alors qu’avoir le pouvoir de décision sur le travail des autres ne met probablement pas la même pression. Enfin, je dis ça mais en vérité je n’en sais trop rien.

« Hmm oui, vous êtes très différentes. Mais pour ce qui est du travail, vous avez la même manière de fonctionner. » Je ne suis pas d’accord, mais je me garde bien de le lui faire remarquer. « Sûrement. » Je rétorque avec un léger sourire alors qu’au fond, je pense tout le contraire. Héloïse a peut-être tendance à être bordélique dans la vie de tous les jours mais j’ai l’impression qu’elle ne vit que pour son travail et qu’elle est capable d’être organisée quelles que soient les circonstances. Ce n’est clairement pas mon cas, je suis adepte de la procrastination et du travail dans l’urgence, c’est super chiant. Je me dis constamment que je dois changer et que je vais changer mais rien à faire, ça ne fonctionne pas. « Ce n’est rien. Mon bureau n’est pas mieux rangé quand je travaille sur un ouvrage. » Pauvre petit bureau alors, il doit être dans un sale état. En tout cas, Matthew vient de nous trouver un point commun, sans doute sans le vouloir. Peut-être est-ce le début d’une grande amitié… Ou pas, ce mec, je ne le sens pas. « Ça a l’air plutôt bien comme travail. C’est intéressant. » Honnêtement, j’ai pris plaisir à lui expliquer ce que je faisais et j’ai apprécié qu’il s’y intéresse ou au moins qu’il fasse semblant d’avoir l’air intéressé. Je ne peux pas mentir, j’ai bien souvent l’impression d’être transparente dans la vie de tous les jours parce que ma vie est sans doute trop lisse et plate pour qu’elle soit susceptible de donner envie d’en savoir plus à tout être normalement constitué alors ça me fait plaisir de pouvoir un peu raconter ce que je fais. Enfin, je sais que j’ai tort de penser un truc pareil, si on ne me pose pas trop de questions, c’est parce que j’ai tendance à éluder les sujets un peu trop personnels et donc à montrer aux gens que je ne suis pas du tout la personne la plus ouverte au monde, ça doit en refroidir plus d’un. « J’aurais aimé avoir le temps de produire quelque chose de plus sophistiqué mais je pense que ça fera l’affaire. » Je crois qu’Héloïse déteint sur moi, je deviens carrément perfectionniste.

J’ai beau dire que je n’apprécie pas le nouveau petit-ami d’Héloïse, je ne peux m’empêcher de partager son enthousiasme lorsqu’il raconte l’évolution de son bouquin. Il a l’air vraiment heureux d’avoir avancé et je le suis pour lui pour une raison qui m’échappe totalement. J’ai l’impression qu’il en parle avec beaucoup plus de légèreté que la dernière fois que nous nous sommes croisés et ça me prouve qu’il devait vraiment ressentir une pression folle. C’est bien qu’il ait réussi à s’en tirer. « Oui, elle avance très bien. Je peux même dire qu’elle est presque achevée. Le reste de mon travail relève surtout de la retouche de certains passages et de la correction. Je suis assez perfectionniste de ce côté-là. » C’est plutôt bien d’être perfectionniste dans le cas présent. Le livre va être imprimé dans des centaines de milliers d’exemplaires et la reproduction d’une seule petite faute prendra forcément des proportions dingues. Mais évidemment, inutile de le stresser encore plus en lui donnant mon point de vue sur le sujet. « Je suis certaine que ce sera parfait. » Je veux y croire, d’autant plus que je vais avoir le privilège d’obtenir une version dédicacée donc ça a plutôt intérêt à être un chef d’œuvre, comme ça si jamais Héloïse se fait briser le cœur, je le vends sur internet et je file tout l’argent pour qu’elle puisse se payer des vacances au soleil. Le top. « Et des fois, il faut arrêter de chercher les idées et attendre qu’elles viennent à nous. » Oui, enfin, scolairement parlant ça ne marche pas toujours comme raisonnement, ce n’est pas en arrêtant de chercher que je vais trouver mais peut-être que dans la vie de tous les jours, ce conseil serait applicable. Il faudrait que j’essaie de me trouver un mec avec cette technique-là. « Depuis l’arrivée d’Héloïse, cela a été plutôt simple. » Mon Dieu, il va me parler de ces histoires débiles de muse, j’en suis sûre ! Je suis désolée mais tout ça c’est des conneries et j’y crois pas une seule seconde, d’ailleurs s’il continue sur sa lancée, il est possible que je lui vomisse dessus. « Mais je ne peux pas en dire plus, ni même laisser un avant-goût. Je ne voudrais pas gâcher le plaisir de la lecture. » Heureusement pour moi, il a changé de discours mais je suis un peu déçue de son refus, j’aurais aimé avoir un bref aperçu de ce qu’il m’attend. « Tu n’es pas très doué pour vendre ton travail, j’espère que tes affiches publicitaires seront hallucinantes. » Il aurait au moins pu essayer de me donner envie de le lire, non ? Bon, en vrai il a un peu réussi parce que tout ce mystère suscite mon intérêt, mais je ne m’abaisserais pas à le reconnaitre. « Enfin si jamais le livre évoque à un moment une furie rousse, tu auras le droit de revendiquer ta part. » Une furie rousse ? Aurait-il vraiment fait ça ? « Je retire ce que j’ai dit, maintenant j’ai super envie de lire ton livre. » Je pense qu’il se fout de ma gueule mais rien que pour voir si c’est réel ou si c’est une simple plaisanterie, j’ai hâte de dévorer son bouquin. Je suis sûre que s’il avait dû écrire sur moi, il aurait précisé que je suis une grosse garce sans cœur ce qui n’est pas super gentil mais bon, il a peut-être raison. « Mais je n’oublie pas non plus la dédicace et l’ouvrage fraîchement sorti de l’imprimerie qui te sera dédié. » Je souris de plus belle, ravie de ce privilège durement gagné et encore plus ravie de réaliser qu’il n’a pas oublié sa promesse. Je sais qu’il la tiendra. En tout cas, tant qu’Héloïse sera à ses côtés, il est envisageable qu’il ne se comporte plus comme un odieux connard avec moi.

Je commence presque à me détendre et à me dire que l’attente ne va pas être si terrible que ça. Certes, la tension entre nous est parfois palpable mais nous nous en sortons super bien pour deux individus pour qui les premiers instants en communs n’ont pas été tout roses. J’aurais aimé que les choses continuent ainsi mais c’est ce moment précis que choisit l’écrivain pour balancer une bombe dans la pièce, bombe qui me laissa forcément un peu sous le choc. « Je sais que ce n’est pas vraiment le moment, mais je voulais te parler assez sérieusement. Concernant Héloïse, je tenais à ce que tu saches que je n’ai jamais voulu lui faire le moindre mal et que toutes ses souffrances ont aussi été les miennes. Les choses n’étaient et ne sont malheureusement pas aussi simples que nous le voudrions… Mais pour le bien d’Héloïse, je pense que ce serait bien d’enterrer la hache de guerre… Tu en dis quoi ? » Je reste bêtement plantée là sans rien dire pendant quelques secondes, j’ai besoin de temps pour digérer ses paroles, je ne suis pas sûre de tout comprendre. En vérité, je m’en fous pas mal qu’il veuille que je sache quoi que ce soit, moi je ne veux rien savoir, ce sont leurs histoires, ça ne me regarde pas. Et puis en plus, j’ai l’impression qu’il veut me faire comprendre qu’avoir fait du mal à mon amie lui a limite brisé le cœur. Qu’est-ce qu’il veut ? Ma compassion ? Il peut crever pour l’avoir, je ne lui donnerais jamais. « Ecoute, je ne sais pas de quelle hache tu parles, mais de mon côté il n’y en a jamais eu. J’estime que nous sommes repartis de zéro depuis la dernière fois et quand bien même ce ne serait pas le cas, ce n’est pas pour autant que nous serions en guerre. C’est votre vie, votre histoire, pas la mienne, je n’ai pas l’intention de donner mon avis sur quoi que ce soit à moins qu’Héloïse vienne me demander conseil. Dans le cas où ça arriverait, je lui dirais objectivement ce que j’en pense, comme je l’ai toujours fait depuis le début. » Il est vrai que je ne l’apprécie pas, il a fait du mal à ma copine et en plus il ose dire qu’il ne l’a pas fait exprès alors qu’il était plus évident que ses actions avaient des conséquences désastreuses sur Héloïse. Toutefois, je ne vais pas constamment mettre en garde mon amie au sujet de ce mec, je l’ai fait au moment où elle était au plus mal et où elle en avait besoin et maintenant que je la vois heureuse et épanouie, je partage son bonheur même si je sais qu’un jour où l’autre elle aura besoin que je tende les bras pour la récupérer lorsqu’elle tombera de son nuage rose. Je suis un peu déçue de réaliser que Matthew me croit capable d’interférer dans leur relation, ce n’est pas mon genre. J’espère en tout cas que mes arguments suffiront à le convaincre.
WILDBIRD
 
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