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 Way down we go [Raph]

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MessageSujet: Way down we go [Raph]   Lun 6 Mar - 19:29

♦ ♦ ♦ ♦ ♦

« Way down we go. »

Le malheur est un caprice qu'il faut s'accorder de temps en temps.

Comment elle en est arrivée là ? Ann s'emploie à l'oublier, l'enfumer dans les vapeurs âcre du bonheur qu'elle arrache à son joint tout juste roulé. Ses fesses engoncées dans une robe de luxe au bleu nuit, posées à même le trottoir; ses jambes découvertes indécemment relevées de talons vertigineux, étalées devant elle; et ses cheveux en cascade appuyés contre le mur sale de son bar. Le regard noirci perdu dans les volutes de drogue qu'elle souffle devant son visage fardé, madame laisse les vapeurs fumantes lui embrouiller le cerveau, noyer les souvenirs de cette journée qui n'avait pourtant rien d'extraordinaire.
Ce n'est même pas le fait de découvrir les photos que son ex a tiré de son portrait craché quand elle avait vingt ans, ou du portrait craché de la fille avec qui il l'a trompée quand elle en avait vingt sept.
Ce type...
Ce n'est même pas le shooting de l'après midi, les flashs des photographes qui commencent à la rendre aveugle, les odeurs de maquillage qui lui filent la nausée, les regards posées sur elle depuis quinze ans, qu'elle ne supporte plus.
Cet homme...
Pour une fois ce n'est pas le fait de se voir sur un écran d'ordinateur, se contempler en photo comme on regarderait une parfaite étrangère, un fantasme incarné, une image qui nous étouffe depuis quinze putain d'années, une femme à travers laquelle on vit au regard des autres qui qui nous a volé notre vie sans qu'on ne s'en aperçoive.
C'est cet homme.
Pas l'un de ceux qu'elle a rencontrés dans la soirée huppée qu'elle a fait l'erreur d'honorer de sa présence, pas les éternels collants qui ont tenté leur chance, ou d'autres plus corrects qui l'ont ignorée, pas même les dizaine de regards lubriques sur elle pendant ces deux heures à faire semblant de s'amuser.

Tout ça, maintenant, ça la déprime, mais ça ne l'atteint plus. Ca lui donne envie de gerber, mais ça ne la blesse pas. Ca la rend foutrement cynique, mais le cynique n'est pas un être facile à choquer.

C'est cet homme, à la sortie de la soirée. Qui l'a alpaguée sur le chemin de sa voiture, curieux de savoir d'où il la connaissait. Pas la première fois, ni la dernière. Mais ça lui est revenu, à cet homme. Le magasine de sa fille, qui traîne dans ses toilettes depuis une éternité.
C'est cet homme qui s'est permis de lui attraper le bras pour la retenir quand elle a fait mine de partir, parce qu'elle n'était pas d'humeur. Cette goutte d'eau, cet infime mais crucial, franchissement de son espace intime. Et ce n'était pas à cause de l'alcool qu'il avait ingurgité ni même en raison de son incorrection fondamentale - bel et bien parce qu'il s'y croyait autorisé. Que d'une façon ou d'une autre, une façon honteuse et perfide, ce magasine lui avait donné accès à une intimité illusoire entre eux, une familiarité suffisante pour qu'il se permît de la déranger, de lui reprocher son manque d'amabilité. De lui attraper le bras.
Cet homme l'a terrorisée.

Comme une image divine, qu'on adore et qu'on adule
Une image de magasine
Sur qui on éjacule

Ann a dû se précipiter dans ce bar par instinct, parce que c'est le dernier endroit où son instinct se sent en sécurité. Vers qui d'autre, de toute façon. Ni ses amis ni ses exs, ne sont au courant de cette part de son âme. Cette vieille partie nécrosée, souillée par les regards et les années, qui se sent sale à désespérer de pouvoir être lavée un jour. Cette âme qu'on a dépouillé de sa vie, dont on a abusé de jeunesse et de naïveté pour lui arracher tout ce qui avait de l'importance, et le remplacer par des futilités - cette âme qui, parfois, dans un caprice de malheur, songe à sortir par la grande porte. Pour une dernière minute, sous les feux des projecteurs, les phares de l'ambulance. Pour reprendre au moins une fois, une toute petite fois possession de son corps, l'arracher à ceux qui le dévorent. Cette chose qui n'existe plus que dans les photos et sous le regard des autres, qu'on a érigée à l'état de fantasme, un fantasme qui a pris trop de rides pour vouloir dire encore quelque chose. Cette vie qui n'a plus de sens. Ni ses amis ni ses exs ne pourraient comprendre. Ses amis n'ont pas la moindre idée de ce qu'elle endure dans ces moments là, quant à ses exs... ils l'ont réduite à ça, autant que tous les autres. Eux, ont cru disposer du fantasme parfait, s'en sont enorgueillis en oubliant qu'il y avait une femme imparfaite derrière. Eux, sans le savoir, l'ont empêchée même d'envisager de faire tomber le masque. Eux, comme ce type, ont disposé de l'image illusoire de son corps, puisque de toute façon il était à la portée de tout le monde.

Comme une prostituée de l'image.

Ann n'a jamais été abusée.
Et ça fait quinze ans qu'elle rêve régulièrement qu'elle se fait violer.
Sous des flash d'un appareil photo.

Sous le strass, y avait le stress
Y avait ma jeunesse.

" Salut, cowboy. Contente de te voir. " Dans un sourire sincère, la belle relève le nez vers l'homme qui vient d'arriver. D'un geste naturel, elle lui tend le joint fumant dans sa main dès qu'il arrive à sa hauteur. Suit son regard sur sa robe inappropriée. Son visage se fend d'un éclat charmant, amusé, au bord d'une cigarette qu'elle allume aussitôt le joint abandonné.  " Comment tu me trouves ? "
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: Way down we go [Raph]   Mar 4 Avr - 21:01

Avec le temps qui défilait, c’était à croire que Raphaël s’était finalement habitué à cette ville. Los Angeles. Cette maudite cité des anges qu’il avait haï du plus profond de son être. Cet endroit représentait le lieu où sa femme s’était réfugiée, avait changé son identité, s’était fondu dans la masse pour ne plus jamais réapparaître. Le motard avait nourri un dégoût farouche pour ce ciel qu’elle devait contempler chaque jour en se pensant libre, pour ces rues qu’elle arpentait sans même avoir le désir de revenir auprès de lui, pour ces façades immenses qui la dissimulaient à son regard. Il s’était pris à haïr les gens qui peuplaient cette ville. Combien d’entre eux avaient pu croiser le regard heureux de sa femme ? Combien s’étaient repaît du corps de son épouse, en l’admirant, en la contemplant en tant que cette femme libre qu’elle était ? Dès que son pied s’était posé dans cette ville, elle s’était métamorphosée en un ennemi fait de briques et de goudron. Une ville bien trop grande qui l’empêchait de retrouver sa femme. Une ville inconnue où toutes les rues lui étaient semblables. Une ville qui abritait l’amour de son épouse pour un autre homme que lui. Durant les semaines qui avaient suivi son arrivée, il n’avait eu d’accélérer ses recherches pour déguerpir le plus rapidement d’ici. Que désirait-il le plus ? Retrouver sa femme ou quitter cette ville ? Dans le fond, les deux allaient de pair et Raphaël s’était acharné jour et nuit à guetter la moindre trace de Judith pour la retrouver, la ramener auprès de lui et faire un sorte qu’elle ne lui échappe plus jamais. Los Angeles aurait alors été jetée dans l’oubli. Une ville au loin, perdue dans la distance. Une ville qui portait un secret terrible que le motard s’efforcerait de bouter hors de sa mémoire pour que sa haine dévorante ne détruise pas leur couple à nouveau. Il réclamait de Judith qu’elle soit cette femme qu’il pensait mériter. Il réclamait cette famille qu’elle ne lui avait pas encore donnée. Il réclamait de ne pas être seul, car sinon, il ne serait rien. Il serait passé sur cette terre sans même y aller sa trace. Un atome perdu dans la foule immense et tourbillonnante. A qui aurait-il manqué alors ? A personne. Raphaël avait cette certitude bien ancrée en lui.

Et pourtant, cette ville voyait naître un nouveau Raphaël. Pas moins cynique. Pas moins désabusé. Pas moins rustre. Pas moins alcoolique. Pas moins douloureux. Il s’était uniquement résigné à ce que sa vie soit bien différente que celle qu’il désirait. Jeune, l’ex militaire avait pris une décision. Celle de ne jamais laisser le destin lui ôter quoi que ce soit. Tout ce qu’il posséderait, il ne pourrait que se féliciter lui-même de l’avoir obtenu. Il s’échinerait à le garder quoi qu’il advienne. La douleur de la perte était bien trop insoutenable pour lui. Raphaël n’était pas brutal parce qu’il était ainsi. Il était devenu brutal par peur. Toute son existence n’était qu’un rapport de force avec la vie. Aujourd’hui, il en était sûrement fatigué. Il avait laissé partir sa femme vers un autre, parce qu’il la préférait encore heureuse dans les bras d’un autre, plutôt que brisée dans les siens. Raphaël se connaissait. Cet amour obsessionnel allait finir par la tuer. Il allait finir par la tuer. Raphaël était beaucoup de choses, mais certainement pas un meurtrier. Il ne l’était plus, du moins. Los Angeles aurait pu n’être que cette ville de passage, mais sans le vouloir, il y avait trouvé bien plus. Sa sœur. Et une partie de sa famille. Comment aurait-il pu y croire ? Le motard avait, depuis longtemps, coupé les ponts avec sa famille. Il avait besoin d’être ailleurs et d’avancer. Quand il se retrouvait au milieu des siens, il avait la sensation de ne pas être à sa place. Son avenir appartenait à l’horizon. Et un matin, il était parti avec sa moto et un sac. Plus personne ne l’avait jamais revu. Désormais, il récoltait les erreurs d’un départ sans explication, ni justifications. Bucky avait désespéramment besoin de lui. Il ne savait pas pourquoi. Il ne cherchait pas vraiment à le savoir non plus. La vérité, éclatant à son visage avec force, alimenterait une culpabilité qu’il souhaitait s’épargner. Car d’une certaine manière, il serait la responsable des malheurs de cette sœur qu’il adorait tant. Il était parti par lâcheté. Il était parti sans regarder derrière lui. Il était parti par égoïsme. Il était parti sans raison.
Aujourd’hui, il n’allait plus partir. Il l’avait promis. Il l’avait dit.
Et surtout, il le désirait.

Il s’approcha du bar de cette démarche décontracté qui le caractérisait. Son regard engloba la foule bruyante attroupée avant de repérer la blonde. Ann. Il se surprit presque à sourire quand il la vit, mais dans ce bar, il n’était pas rare qu’il la retrouve. Presque tout le temps en fait. Le début d’une habitude. « Salut, princesse. » Ses doigts agrippèrent le joint, le portant à ses lèvres pour qu’il en tire quelques bouffées. La substance gagna doucement ses veines, achevant de le détendre. Il lorgna un long regard sur la silhouette svelte de la blondinette. Raphaël détenait des idées assez arrêtées sur ce que devait être une femme au regard de la société. Elle ne devait pas choquer. Elle ne devait pas aguicher. Elle ne devait pas provoquer. Elle ne devait pas s’exhiber en objet de désir. Mais parfois, certaines rencontres ébranlent des convictions bien ancrées. Ou du moins, il s’en acquittait. Il lui était plaisant d’admirer ses courbes qu’il avait parcourues il n’y a encore pas si longtemps. Le spectacle était des plus charmants. La blonde lui plaisait énormément, mais leur relation était d’une autre nature. Comme s’ils avaient commis une erreur juste pour savoir qu’ils ne la referaient plus. « Trop court. » Il fut assez laconique bien qu’un sourire s’étende sur ses lèvres. Lui, les strass et les paillettes, ce n’était pas son truc. Trop de faux semblants. Trop d’artifices par peur de voir ce qu’il y avait en dessous. Leur vie n’était pas moins désolée que la sienne.
Il récupéra le joint des mains de la belle, laissant la fumée envahir ses poumons avant de l’écraser au sol. « Viens, j’ai soif. » Sa main s’attarda à la naissance de ses reins pour la faire rentrer dans le bar. Il s’approcha du comptoir, se commandant un whisky avant de se tourner vers Ann. « Tu veux quoi ? » Il demanda la fameuse boisson au barman, balançant un billet sur le comptoir. Leurs consommations en main, il n’attendit pas plus pour entamer la sienne. Il avait un grand désir de boire. Il s’accouda contre le comptoir, considérant la blonde qui se trouvait à côté de lui dans toute sa charmante globalité. « T’as encore posé pour des connards aujourd’hui ? » Raphaël ne comprenait pas vraiment ce métier. Il ne comprenait pas cette fascination malsaine juste pour un corps, juste pour un visage qui alimentait les fantasmes de tous. Et surtout, il ne comprenait pas pourquoi certaines femmes s’y enchaînaient.

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MessageSujet: Re: Way down we go [Raph]   Sam 15 Avr - 14:01

On ne me la fait pas à moi, Cowboy. Je suis sûre que si tu étais une femme, tu ne cracherais pas sur l'idée de provoquer de temps à autre.

Raphaël... Raphaël. Pilier improbable encore debout, dans un monde qui s'écroule. Probablement la fréquentation la moins constante, la moins stable dont Ann puisse se vanter. Alors ce soir que la terre tourne à l'envers, il n'est pas si aberrant qu'il lui apparaisse comme la dernière chose solide en ce bas monde. La belle voit son visage et déjà, elle sent une bouffée de sérénité agitée l'envahir, le genre qu'on ressent avant un saut redouté, le calme imparable des gens qui s'apprêtent à faire une connerie. Elle croise son regard, entend le vibrato grave de sa voix, devine ou imagine l'ombre d'un sourire sur son visage résolument sombre, et c'est l'indifférence au monde extérieur qui la contamine. La seule chose dont elle a besoin ce soir, à cette heure, cette minute, cette seconde. Pas des derniers potins du coin ou des nouvelles récentes de la petite famille, pas d'un débat sur stérile à propos du pays lointain où se trouver le bonheur et comment y parvenir, pas même d'une discussion constructive. Juste une âme pour comprendre le concept d'absurdité et s'y adonner avec elle. Résolue dans un cynisme malveillant dont le protège la tendresse ardente qu'elle peut avoir pour lui, Ann se met en marche dans l'ombre d'un sourire caustique, soufflant à sa remarque du bout des lèvres, un murmure aussi exagérément doucereux que volontairement acide, sur la nuque qu'elle suit de près entre les silhouette et les tables.

" Flatteur. "

Inconvenance, outrage, vulgarité même, Ann s'en fiche et le revendique. Quinze ans à apprendre les ficelles pour flirter avec les limites de la décence sans perdre de sa superbe dans la bagarre, si ça doit être son seul accomplissement en ce bas monde, alors on l'enterrera avec. Ses coudes rejoignent ceux de Raphaël sur le bar, dans une cambrure innée, travaillée comme on taille dans la pierre, sur laquelle elle n'a pas l'hypocrisie d'ignorer les regards. Un whisky sans glace vient s'égarer dans sa paume, elle en achève un bon tiers d'une traite. La brûlure du liquide d'ambre vient attiser les fibres de sa gorges, asséchées par le cannabis. Le petit cocktail se mélange paisiblement entre son estomac et ses vaisseaux, pour cheminer lentement mais sûrement entre les rigoles de son cerveau, où il fera son office savamment maîtrisé sur les prémices déjà bien ancré d'un instinct d'auto destruction éphémère. Ann sait comment et avec quelle quantité obtenir gain de cause. Le privilège de l'âge.
A la question sans détour de son acolyte, elle tourne ses billes bleues vers lui pour plonger dans leurs jumelles de bois noir, arrêtant la course sur son corps dans son regard. Un sourire flirte encore avec la courbe de ses lèvres, quoiqu'il se fasse plus dure, quand elle souffle sans se démonter, dans un rire bref.

" C'est la fête des jugements arbitraires, aujourd'hui, ma parole. "

Elle ne s'attarde pas sur cette remarque, coupe court à toute volonté d'obtenir une réponse plus détaillée, dans un silence brusque et sans appel. Quelques secondes, les yeux d'Ann dérivent et se fixent dans l'hémisphère droit du bar, en tout point semblable au gauche auquel elle fait dos. Des tables en bois un peu collante, des silhouettes assez inélégantes entre elles et derrière elles. Des rires renforcés par l'éthanol, des gestes un peu ralentis, incertains, parfois tout à fait grotesques. Il règne l'odeur de tabac que certains se permettent de fumer impunément et les relents de mauvais alcool collés en couches successives, immuables, sur le bois déjà bien animés. Parfois, une boule de billard rentre dans un trou et suit les rigoles jusqu'au fond de la table par dessus la rumeur des conversations. Un monde limité, assez peu varié, qui a le mérite de vivre en autarcie loin de tous les autres.

" Que veux-tu, on est pas tous des espadons dans un tiroir.  " elle souffle dans un murmure pensif, avant de revenir à son camarade, dans un sourire un peu radouci, trop désireux de s'éloigner des réalités terrestres pour s'en offenser encore. Elle contemple son espadon dans son tiroir de longues secondes, cet homme qu'elle admire parce qu'il a accepté beaucoup trop tôt de ne rentrer dans aucune case, ne sait plus faire semblant de savoir nager mais s'obstine encore à progresser au milieu des normes bien rangées avec l'insolence d'un doigt d'honneur.  " La plupart des gens n'en a pas les tripes. On a besoin d'un moule dans lequel rentrer.  " elle ajoute, son verre flirtant sur la courbe de ses lèvres avec indolence, avant qu'une nouvelle rasade ne glisse dans sa gorge, beaucoup plus convaincue que les premières qu'il l'a vue boire le soir de leur rencontre.  " Alors tant que les connards auront des yeux pour regarder... "

Dans un haussement d'épaules, Ann tourne à nouveau les yeux devant elle, sur le comptoir crasseux, où des tas de pied de verres ont laissé une trace blanche dans le bois mal entretenu. Fluide, elle glisse une cigarette entre ses lèvres pour l'allumer, finit par avouer dans un souffle de reddition opaque, temporairement cachée par la fumée derrière laquelle elle se protège. Ca ou autre chose, chaque fois qu'il est temps d'avouer une chose qui fâche, quelles que soient les oreilles qui reçoivent la confession.

" C'était assez malsain, oui. " Elle s'arrache la gorge sur une deuxième bouffée, presque immédiate, dans la superbe grossière et puante d'une décadence brute. " Du coup, moi j'ai déjà lâché la barre, t'es officiellement capitaine de soirée. "
Elle lâche un sourire. Aérien, le coude d'Ann vient se reposer sur la table. Et le menton sur ses doigts repliés. Défiante, provocatrice, Ann se paye le luxe d'un regard sur lui autant qu'il s'est fait le plaisir de la regarder elle, et ajoute, résolument en roue libre, pour les heures à venir.
" Raconte-moi une histoire. "
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