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 Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky

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Bucky Swan
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DATE D'INSCRIPTION : 29/03/2016
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MessageSujet: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Ven 17 Mar - 14:38

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
Encore une soirée bien chargée, il faut dire que le bar est rempli. Pour un jeudi soir, on fait franchement un super chiffre. C'est Elias qui doit être content. Je ne peux m'empêcher de pouffer de rire en l'imaginant dans son bureau en train de jeter les billets en l'air avant de se rouler dedans. Je sais que ce patron semble tyrannique mais je crois que je l'aime bien. Et pour une raison que j'ignore, j'ai beau lui tenir tête de temps en temps, ba il me vire pas. Je crois qu'il aime bien quand je fais des tours de magie, et puis surtout je suis super douée il faut se l'admettre. Ma façon de faire tourner les bouteilles aussi attire les clients qui consomment plus. C'est fou, ça marche comme en magie, on les embobine et ça marche. Enfin je ne vais certainement pas me plaindre, sans ce boulot je m'en sortirais pas spécialement.
Bon il m'a déjà dit une ou deux fois que j'étais viré, mais je ne l'ai jamais pris au sérieux. Je crois qu'il m'aime trop pour ça. Chaque fois je me repointe le lendemain, il me regarde, je le regarde, il me regarde encore, on se regarde, et puis il grogne avant d'aller dans son bureau. Ouais le grand amour entre nous je crois !
Je suis en train de servir un groupe d'étudiants. Ils commencent à être bien éméchés et plus ils boivent, plus ils parlent fort. Cela a le don de me faire rire pour le moment, bon point.
- Ouais ! Regarde comme elle est bonne celle-là !
- En plus elle sert l'alcool comme une putain de déesse !
Attendez, ils parlent de moi là. Je fronce le nez et fais semblant de ne rien avoir entendu. L'un d'eux agrippe mon poignet quelques secondes, et je ne sais comment je fais pour me retenir de le baffer. Seulement il la retire rapidement ce qui me permet de reprendre une respiration plus ou moins normale.
- Hey poupée, t'es jolie, t'as quelqu'un dans ta vie.
Je le regarde avec méfiance, mes pensées s'envolant directement vers Jahia.
- Ouais, quelqu'un de bien mieux que des pauvres prépubères bourrés.
Il se recule en fronçant le nez, vexé, même ces potes semblent vexés si bien que j'ai l'impression d'avoir foutu un vent à tout le groupe (c'est certainement ça). Enfin j'ai clairement d'autre chose à faire moi, je dois partir de là pour servir une table. Je donne une tape sur l'épaule d'un de mes collègues. Pas besoin de parler, il a entendu l'échange et sait que je lui demande de s'occuper d'eux maintenant.
Je récupère mon plateau, sort du comptoir et me dirige vers la table de filles qui gloussent aussi fortement. Je tente de garder la tête haute, surtout que je dois passer à côté du groupe de jeunes débiles  prépubères et certainement encore puceaux. Je ne fais pas attention à eux, mais je sens leurs regards sur moi. Alors que j'avance, je ne vois pas l'un d'eux tendre son pied. Je tombe sans ménagement, les boissons se renversent, les verres se brisent et moi je me retrouve avec du verre dans la main et sur le bras. Alors que je suis assise par terre, me tenant la main alors que je commence à saigner, l'un d'eux, celui que j'ai rembarré se met à ma hauteur et agrippe mes cheveux.
- Alors ma belle, toujours envie de dire non ? Je peux te soigner moi, je peux même te faire des trucs qui te feront hurler toute la nuit.
J'aimerais me défendre, mais sa façon de faire, sa façon de me regarder, sa façon de parler me ramène une quinzaine d'années en arrière. Je me retrouve soudainement projetée dans ma chambre d'enfance.
- Alors Rebecca, on ne va pas faire de bruit hein, parce que si tu en fais, je vais devoir aller voir ta petite sœur pour te punir...
- Non... Non pas Fiona...
- Alors tu vas rester sage Rebecca et faire tout ce que je te demande...

Le jeune homme tire un peu sur mes cheveux alors que son visage s'approche du mien. Je sens son autre main se mettre autour de ma nuque afin d'approcher mon visage. Il va m'embrasser, je le sais, et si cela peut paraître anodin, nul, quelque chose que tout le monde fait, j'ai tout simplement envie de vomir... Je veux hurler, mais je suis incapable du moindre geste, je le regarde paniquée alors que je sens les larmes me monter aux yeux. Je ne sens même plus la douleur au niveau du bras, je me sens juste tétanisée, incapable de me défendre, une nouvelle fois...
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Lun 17 Avr - 15:00


Il n'était pas un grand friand des bars - encore moins des boîtes branchées. Il n'était pas du genre à passer ses soirées à boire un coup avec des potes, rire de leurs blagues stupides ou même drôles. Il n'était pas du genre à sortir la nuit - sa seule extravagance étant d'être le grand organisateur de combats illégaux que beaucoup d'adrénaliens adoraient. Non. Décidément, il n'était pas à sa place ici. Ou ailleurs. Il s'était rarement senti à sa place nulle part à vrai dire. Sauf qu'on fêtait l'anniversaire de Finn. Et que Finn avait 21 ans. Et que Finn était sa nouvelle recrue. Et que Finn bossait bien. Il n'avait pas su dire non à l'invitation, se promettant de boire un verre et de prétexter ouvrir tôt le lendemain. Tout le monde le connaissait plutôt bien depuis le temps, aussi on ne le croirait pas, mais on ne lui en tiendrait pas rigueur. Il était venu et avait fait l'effort de grogner et de souhaiter un petit "happy birthday" au jeune homme. C'était déjà bien plus qu'il n'était capable de faire en temps normal. Qu'on ne s'attende pas à le voir exploser de rire ou participer aux conversations dont il n'avait absolument rien à dire. Alaric n'était pas quelqu'un de sociable, et il considérait avoir peu d'amis. Pourtant, malgré son caractère de merde et d'ours mal luné, eux semblaient l'adorer et le respecter tel un Dieu. Il faisait celui qui s'en moquait en général, mais au fond de lui cette confiance et ce dévouement le touchaient profondément. " Je tenais à te remercier, patron, " que vient lui dire Finn quelques secondes plus tard. " Je sais que je n'avais aucune expérience et vous m'avez donné une chance malgré tout de faire mes preuves... " qu'il continue avant que Ric ne le stoppe net, une main sur son épaule et les yeux dans les siens. " Tu as appris à me connaître gamin, et tu sais ce que je pense des merci en tout genre. T'as gagné ta place, tu ne le dois qu'à toi-même, ok ? Si t'avais glandé et si tu n'avais pas faire l'affaire, crois-moi, on ne serait pas ici à célébrer ta majorité, " qu'il lui rappelle tout en sirotant sa seule et unique bière. Il n'était pas un grand amateur d'alcool mais savait apprécier une bière fraiche quand elle lui était offerte. Se délaissant un instant de ses amis et employés - oui parfois ça allait de paire - son regard s'attarda légèrement vers une bande de jeunes qui semblaient plus éméchés qu'ils ne le devraient à leur âges. Il n'était personne pour juger - encore moins un flic pour faire la morale - mais cela lui rappelait des souvenirs lointains. Quand il passait le plus clair de son temps en compagnie de Lou, qu'il leur arrivait de passer une soirée dans un bar, principalement pour rendre la vie infernale à ses parents. Il aimait la voir se lâcher complètement sous l'effet de l'alcool. Il aimait la voir lâcher prise dans ces moments là - bien plus que le fait qu'elle boive. Cependant, elle n'avait jamais abusé de l'alcool de telle sorte qu'elle fut incapable de marcher, de parler ou d'échapper à la réalité. De là où il se tenait, la joueuse bande semblait malsaine et l'alcool semblait les rendre plus sauvages qu'à l'accoutumée - du moins le percevait-il ainsi.

La jolie blonde qu'ils semblaient reluquer n'avait pas échappé au regard d'Alaric. Elle avait fait quelques tours de magie quelques minutes plus tôt et manipulait les bouteilles d'alcool d'une main de maître qui l'avait surpris et - il devait le reconnaître - impressionné. Elle semblait agacée d'être le point de mire de ces jeunes mal en point et il ne pouvait que la comprendre - il détestait être le centre de l'attention. De loin, il aperçut la scène et - s'il préférait en temps normal rester loin des problèmes en tout genre et surtout de ce qui ne le regardait pas - il ne lui pas deux secondes avant de les rejoindre pour venir en aide à la jeune femme. Elle était assise au sol, le bras et la main légèrement ensanglantés, et l'un des jeunes la tenait par les cheveux. Dire qu'il vit rouge était un euphémisme. Il n'était pas un homme bien, mais il n'était pas un homme friand de ce genre de comportements envers les femmes. Et le pire dans tout ça était que personne ne semblait prêt à lui venir en aide. Certains passaient à côté, avec à peine un regard. D'autres observaient de loin, sans bouger. Il était écœuré par ces couilles-molles qui se prétendaient humains. Il ne lui fallut que quelques secondes pour les rejoindre, attraper le gamin par les cheveux, tout comme il l'avait fait avec elle, et le forcer à se relever pour lui faire face. Il se serait sans doute rebeller face à un autre homme, mais Alaric savait se montrer imposant et intimidant. " C'est pas très gentleman de ta part, ça, " qu'il lui dit sans le lâcher. " T'aime bien que je te tienne par les  cheveux comme ça ? T'aime bien que je te parle aussi près de ta gueule ? " questions auxquelles les réponses se font fortement négatives. " Alors, tu t'excuses auprès de la jolie magicienne. Et tu promets de ne jamais plus l'approcher - elle ou une autre d'ailleurs. On va mettre ça sur le compte de l'alcool et de tes abrutis d'amis, " ajoute-t-il en leur lançant un regard qui les fait tous baisser la tête. " Vous allez rentrer sagement chez vous et repenser à l'énorme erreur que vous vous apprêtiez à commettre. Et la prochaine fois vous réfléchirez à deux fois avant de boire plus que de raison, hum ? " termine-t-il en le relâchant. Il attendit qu'ils aient tous déguerpi avant de se tourner vers la jeune femme et de lui tendre la main. " Ça va aller ? " qu'il lui demande les sourcils froncés le regard sur ses entailles. " Faudrait désinfecter, sans quoi ça risque de ne pas être joli. Et vous devriez faire attention quand vous partirez. Je les ai peut-être fait fuir mais rien ne les empêchent d'attendre dehors que vous terminiez... " il ne le dit pas pour l'effrayer, mais bien pour qu'elle se montre prudente. Il détestait ces endroits également pour ce genre de cas. La plupart des hommes étaient des prédateurs. Se croyant tout permis sous prétexte que le client était roi. Ils en oubliaient les bonnes manières. " Vous finissez dans longtemps ? " qu'il finit par lui demander malgré lui. Simplement parce qu'il serait plus rassuré si elle rentrait saine et sauve.

Il n'était pas un homme bien.



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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Lun 17 Avr - 22:20

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
Qu'est-ce qu'il se passe ?
C'est tout ce qui me traverse l'esprit en cet instant, c'est la seule question cohérente qui tourne dans mon esprit sans pour autant trouver une réponse convenable. J'ai l'impression d'avoir perdu toute notion de temps, de lieu même. Je n'ai qu'une seule impression c'est de redevenir une enfant, ou encore cette adolescente qui n'a rien compris à ce qui lui arrivait au fur et à mesure des années. Avec cela reviennent mes réflexes d'avant, celui de l'incompréhension, celui du regard grand sans que cela ne fasse quoi que ce soit, celui des larmes aux coins des yeux que je réprime le plus afin de ne pas donner satisfaction au monstre qui me fait du mal, celui de la muette, n'hurlant pas, ne gémissant pas, ne suppliant pas. Avec cela, je tente de trouver une échappatoire, quelque chose qui fera que ce moment ne sera pas aussi terrible que ce que j'ai pu vivre. C'est idiot, mais petite je regardais le plafond, et j'imaginais que celui-ci était ouvert et que je pouvais ainsi regarder les étoiles. Par moments je pensais qu'elles se moquaient de moi, qu'elles regardaient le spectacle en se disant que je le méritais, à d'autres je songeais au fait qu'elles éclairaient un passage afin de quitter l'endroit de mon malheur, de ma peur, de ma pathétique existence. Mais les étoiles sont si loin, seul la mort de mon bourreau m'a libéré... Partiellement du moins. Car malgré tout, malgré les années et cette séparation corporelle, je me sens salie, misérable, pathétique, triste, vide, folle, instable, désenchantée, malheureuse, vulnérable, nulle, minable, disjonctée, bouleversée, anxieuse, instable, résignée...
C'est ça, je suis tout simplement résignée à ce qu'il a fait de moi. Avec le temps j'ai travaillé sur cela, je sais que je ne méritais pas ce qui m'est arrivé, que je n'étais pas une méchante petite fille, que je n'étais pas tout cela, que je n'étais pas là que pour satisfaire son bon plaisir. J'ai appris à savoir surtout que je n'étais pas un objet, et ça, ce fut le plus difficile à croire. Il m'arrive encore par moments de douter, de flancher sur cette définition de moi-même. Cela se passe dans des moments comme je peux vivre en cet instant. Je redeviens l'objet qu'on blesse, qu'on manipule, qu'on maltraite, qu'on utilise et qu'on jette comme un vulgaire déchet.
Alors je cherche mon échappatoire afin de me protéger. Mais en cet instant je ne peux pas regarder le plafond du bar. Je ne peux pas regarder autre chose que le visage de cette personne qui est en train de s'approcher, sur le point de m'embrasser, sur le point de me faire un mal inimaginable. Et je redeviens une chose... Une chose qu'on utilise à sa guise afin de satisfaire un besoin luxurieux, une chose qui ne mérite pas grand-chose si ce n'est de servir l'homme afin qu'il se vide. Une chose. Toute petite chose.
Je ne sais plus comment réagir, je ne sais plus comment faire, je ne sais plus parler tout comme je ne sais plus comment me servir de mon corps. Avec le temps j'ai perdu toute l'envie de lutte, j'ai perdu tout espoir de résister, j'ai perdu ma foi en l'être humain et plus particulièrement en l'homme. Toutes mes peurs m'assaillent à nouveau alors que ce jeune homme tire sur mes cheveux. Son regard semble fou, presque aussi fou que pouvais l'être papa, son haleine me dégoûte autant que celle de papa, son touché me donne envie de vomir comme le touché de papa a pu me faire cet effet.
Je finis par fermer les yeux, me disant que c'est fini, qu'il semblerait que la vie, ou le destin me prouve que je ne sois bonne qu'à ça. Je les rouvre surprise quand je sens le poids se défaire de mon corps.
- C'est pas très gentleman de ta part, ça.
Je cligne des yeux rapidement en regardant un homme, grand, si grand, tenir tête au garçon qui voulait m'embrasser.
- T'aime bien que je te tienne par les cheveux comme ça ? T'aime bien que je te parle aussi près de ta gueule ? Alors, tu t'excuses auprès de la jolie magicienne. Et tu promets de ne jamais plus l'approcher - elle ou une autre d'ailleurs. On va mettre ça sur le compte de l'alcool et de tes abrutis d'amis. Vous allez rentrer sagement chez vous et repenser à l'énorme erreur que vous vous apprêtiez à commettre. Et la prochaine fois vous réfléchirez à deux fois avant de boire plus que de raison, hum ?
Son ton me fait frissonner. Il fait peur et même si dans le fond je sais qu'il est en train de me sauver, mon instinct de petite fille ayant pris le dessus fait que je me recule un peu. Je tiens mon bras blessé proche de moi et mon dos finit par buter contre le comptoir.
- Désolé, dis le garçon, la voix tremblante avant de sortir avec sa bande sans plus de discours. Mais je ne suis pas en état de considérer ses excuses, encore moins de comprendre ce qu'il vient réellement de se passer.
Je le vois finalement me tendre la main que j'observe comme la chose la plus effrayante au monde. Je crois qu'il veut que je la prenne, seulement je ne bouge toujours pas.
- Ca va aller ?
Est-ce que ça va aller ? Je me pose moi-même la question. Cela faisait un moment que je n'avais pas fait une crise aussi grosse, c'est fatigant, autant physiquement que psychologiquement. Je finis par poser mon regard sur lui. Par un certain égard, il me rappelle mon frère, Raphaël. Sa force de caractère, cette puissance qu'il dégage, un charisme aussi qu'on ne peut lui retirer. Je n'ai toujours pas parlé qu'il finit par reprendre la parole :
- Faudrait désinfecter, sans quoi ça risque de ne pas être joli.
Je pose mon regard sur mon bras où le sang coule, observant les bouts de verre encore dans ma chair. Pas jolie ? Est-ce que cela importe vraiment ? J'ai des cicatrices bien plus profondes que cela, et celle-là on ne peut pas les guérir, et elles, elles ne sont pas jolies...
- Ce... Ce n'est pas important...
Je finis par poser ma main valide par terre et je me redresse, dos toujours contre le comptoir. Même une fois debout, cet homme fait bien une tête de plus que moi. Je le regarde droit dans les yeux, intimidée d'une certaine manière, sous le choc encore certainement.
- Et vous devriez faire attention quand vous partirez. Je les ai peut-être fait fuir mais rien ne les empêchent d'attendre dehors que vous terminiez...
Je fronce les sourcils. M'attendre dehors ? Il pourrait me faire du mal... Vraiment... Je sens ma respiration se faire plus rapide, je crois que je vais faire une crise de panique et rien ne peut me calmer ici. Il n'y a pas ma peluche, pas ma famille, pas ma maman...
- Vous finissez dans longtemps ?
Je ne l'écoute pas vraiment...
- Elle peut partir maintenant, j'entends murmurer Naïa.
Est-ce qu'elle a vu la scène ? Est-elle aussi choquée que moi ? Vient-elle seulement d'arriver ?
- Je peux fermer le bar toute seule, elle doit rentrer chez elle... Bucky, ca va aller hein ?
Je sens sa main se poser sur mon épaule et je sursaute avant de me tourner vers elle... C'est Naïa, ma collègue, je ne dois pas avoir peur...
- Je... Je vais rentrer oui...
Sans même réfléchir, je marche vers la sortie. Je ne prends même pas ma veste. Est-ce qu'au moins j'ai mes clés sur moi ? Je n'ai pas de voiture en tout cas, je vais devoir rentrer à pied. Une fois dehors je regarde à droite, à gauche pour voir si les autres ne m'attendent pas...
- Je dois rentrer chez moi, je murmure plus pour moi-même que pour quelqu'un.
Je vais rentrer chez moi et certainement sombrer dans une crise que je n'ai pas eu à gérer depuis un brave moment... Cela risque d'être long... Difficile...
Qui a dit qu'on pouvait réparer les choses brisées ?
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Alaric Winchester
Admin Ours Brun
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Sam 29 Avr - 11:47


Il connaissait assez bien le monde de la violence. Il savait repérer les âmes malhonnêtes et sombres, comme il savait repérer les âmes naïves. N’avait-il pas été lui-même l’un de ces mauvais garçons dans le passé ? N’avait-il pas lui-même déjà agressé des personnes plus jeunes ? Des femmes ? N’avait-il pas déjà usé de la violence pour obtenir ce qu’il désirait ? Certes. Cependant, jamais il n’aurait abusé d’une femme. Il lui était arrivé d’en secouer quelques-unes – une en particulier – mais il ne se serait jamais permis de lever la main sur l’une d’elle. Même si Lou l’aurait largement mérité, et que sans nul doute elle lui aurait rendu au centuple. Non. Il abhorrait la violence envers les femmes, quelle qu’elle soit. Il connaissait le monde de la violence, car il la pratiquait toujours la nuit quand les âmes sensibles partaient au royaume des rêves, et que les monstres étaient de sortie. Il connaissait le monde de la violence, car lorsqu’il fermait les portes de son garage aux clients, il les rouvrait à ses participants pour faire couler le sang et faire jouer les poings. Il n’éprouvait aucun plaisir particulier à voir le sang couler – que l’on soit d’accord – mais il éprouvait un énorme soulagement lorsque lui-même usait de ses poings. Il éprouvait une liberté certaine lorsqu’il pouvait boxer, même si c’était rare. Il connaissait le monde de la violence, et bien qu’il lui apporte un réconfort difficile à comprendre, il ne la tolérait pas en-dehors de son garage. Il ne la tolérait pas quand elle était gratuite. Il ne la tolérait pas quand elle était malsaine. Et à ses yeux, la scène était malsaine et intolérante. A ses yeux, ces jeunes pré-pubères ne méritaient pas autre chose qu’une bonne raclée et une bonne leçon – ce dont il aurait été plus que ravi de leur donner. Quelques années plus tôt, il ne se serait d’ailleurs pas gêné et les aurait foutus dehors pour tous leur refaire le portrait – et il y serait parvenu haut la main. Aujourd’hui, il parvenait à tempérer son impulsivité et sa colère, il parvenait à réfléchir avant d’agir. Il espérait presque qu’ils attendraient à l’extérieur comme il les imaginait à cet instant, histoire de se défouler pour la bonne cause. Mais pour l’heure, il semblait plus concerné par l’état psychologique et émotionnel de la jeune fille plutôt que par la rouste que ces blaireaux méritaient. Il ne la connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, et il aurait dû s’en moquer royalement. Il aurait dû tourner les talons une fois qu’ils furent disparus. Il aurait dû retourner près de ses amis et collègues, à profiter de son verre. Bordel, en temps normal c’était d’ailleurs ainsi qu’il réagissait et non pas l’inverse. Pourtant, il reste là, face à elle, incapable de se détourner devant sa détresse et, de toute évidence, sa panique. « Vous saignez, » dit-il simplement. « C’est important, » ajoute-t-il. Le sang perle et le sang coule, bien que beaucoup seraient impressionnés, terrifiés et sans doute blêmes, la jeune femme lui semble habituée à ce genre de blessure – ou est-elle difficilement impressionnable ? « Elle peut partir maintenant, » entend-il d’une petite voix derrière la jeune fille, sans doute sa collègue. Peu importe, le fait est qu’on la libère de ses fonctions et qu’on l’autorise à quitter les lieux pour aller se soigner – et sans doute se remettre de ses émotions. Il en ferait de même avec ses employés et collègues dans une situation similaire, aussi hoche-t-il la tête en direction de la jeune brune, comme pour la remercier d’agir aussi humainement. Ridicule, elle est clairement plus humaine que lui.

Bucky, qu’il apprend son nom. A partir de cet instant, il se sait incapable de tourner le dos et de faire comme si rien ne s’était passé. A partir de cet instant, il se sait impliqué quoiqu’il choisisse. Parce que s’il connait le monde de la violence, il n’en connait pas moins le monde de la générosité – qu’il l’accepte ou non. Aussi la suit-il lorsqu’elle se relève et se dirige, tel un robot, vers la sortie. « Attendez, » entend-il de nouveau, le forçant à se retourner pour récupérer une veste, des clés et un téléphone portable. « Vous me les donnez à moi ? » demande-t-il les sourcils relevés, surpris d’une telle confiance, aveugle, stupide ou instinctive ? « Vous avez empêché beaucoup de choses ce soir, et vous êtes le seul. Ramenez-la saine et sauve, s’il vous plait ? » qu’elle termine sans réellement poser la question, mais il l’entend néanmoins. Un hochement de tête de nouveau et il rejoint Bucky qui pose à peine le pied dehors. Loin d’être idiot, il sait l’importance de ne pas surprendre les victimes d’agression, aussi ne pose-t-il pas la veste sur les épaules de la jeune femme, mais se poste à côté d’elle en attendant qu’elle perçoit sa présence. Un regard. « Mettez votre veste, vous allez attraper la mort sinon. Je vous ramène chez vous, » dit-il un peu bourru, comme à son habitude. « Vous aviez une voiture ? Quelqu’un peut vous la ramener ? Parce que je vous ramène dans la mienne, » lui explique-t-il simplement, comme s’il n’y avait pas d’autre solution. « J’ai une trousse à pharmacie dans la mienne. Je doute que vous en ayez une dans la vôtre, » ajoute-t-il la voyant immobile et hésitante – elle aurait été bien stupide de ne pas l’être. « Je peux tout aussi bien vous emmener à l’Hôpital, » propose-t-il alors tandis qu’elle ne bouge pas d’un pouce, la forçant à réagir. « cela dit, je suis du genre spécialiste des blessures de ce genre. Je vous laisse décider, » dit-il alors en se dirigeant vers sa propre voiture, à seulement quelques pas, non sans jeter des coups d’œil aux alentours. Au cas où. Et il a raison, car bientôt son champ de vision se modifie. Il a juste le temps de lever le bras pour contrer le coup qu’on lui porte – et malgré la douleur, c’est l’autre qui est surpris et paniqué. Ils sont trois, les trois imbéciles qui ont sans nul doute mal pris le fait de s’être fait virés comme des malpropres en public. Deux sur lui. Un vers elle. « J’espérais un peu que vous nous attendriez, » qu’il murmure, un léger sourire sur les lèvres. Il n’est pas du genre à se vanter, ni même à croire à une bataille gagnante d’entrée, mais l’alcool qui coule dans leurs veines et leur jeune âge ne les avantagent pas du tout. Aussi n’a-t-il que quelques coups à éviter, que quelques poings à leur balancer pour qu’ils se retrouvent à gémir sur le béton. D’un pas précis et fermé, il rejoint celui qui a préféré s’en prendre à Bucky – celui-là même qui lui tenait les cheveux quelques instants plus tôt. « Sérieusement ? T’es sadique au point de vouloir me tester ? Relâche-la, tout de suite, » menace-t-il lentement. « Qu’est-ce que ça peut te foutre, merde ? Je l’ai vu le premier, alors dégage et vas t’en trouver une autre, » qu’il ose lui répondre. Mauvaise réponse. Le gamin n’a pas le temps de faire le moindre geste qu’Alaric est déjà sur lui, lui broyant le bras dans le dos et lui empoignant la nuque pour lui faire plier l’échine.

Décidément. Il détestait la violence envers les femmes.

« Je. Déteste. Me. Répéter. Maintenant, » continue-t-il en broyant plus encore le bras, sa cible gémissant de douleur, « tu rejoins tes deux connards de potes et vous vous tirez d’ici vite fait avant que je ne vous laisse jouer dans la cour des grands. Et crois-moi, » qu’il ajoute plus doucement au creux de son oreille, « tu n’es pas prêt du tout pour la cour des grands, » qu’il lui promet comme une évidence. Il attend quelques secondes, quelques secondes de douleurs supplémentaires histoire que le message soit clair, et le relâche. Il ne faut pas plus de dix secondes pour ces imbéciles et ces enfoirés pour déguerpir.

Décidément. Il adore cette adrénaline qui court dans ses veines.

« Grimpe dans la voiture, » lance-t-il à Bucky, cette fois sans appel. Si à cet instant elle ne lui fait pas confiance, elle ne le fera jamais.


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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Lun 1 Mai - 0:15

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
Je connais le monde de la violence. La violence psychologique, la violence physique qui, si elle n'était pas spécialement visible, se fondait en moi comme la plus belle des pourritures. Cela passait par mes veines, altérant chaque battement de mon cœur, coulant comme un liquide sombre, drainant le peu de bonheur m'habitant, l'innocence, les sourires, la force, la foi, l'espoir. J'ai senti ce qu'on appelle l'intimité pourrir à chaque coup de hanche alors que je ne pouvais rien faire si ce n'est pleurer, garder les cris en moi tout comme cette détresse qui me rongeait de l'intérieur.
Je connais aussi le monde du silence. Celui qu'on partage avec le regard mais que personne n'ose comprendre. Celui qu'on tente de transmettre, un appel au secours qui passe inaperçu. Celui où les mots ne sont plus assez forts pour décrire ce que l'on vit, celui où l'on se bat pour ceux qu'on aime et qu'ils ne le savent même pas. Celui où on se laisse mourir à petit feu en se disant que peut-être, un monde où le silence règne ne peut être qu'un monde de paix.
Je connais le monde de la peur. Celui qui nous tient éveillé le soir quand un petit bruit se fait entendre, ou encore quand on croit avoir vu quelque chose dans le coin sombre là-bas. Celui qui nous fait trembler sous la couverture ou nous donne un frisson quand on entend la porte s'ouvrir alors que tout le monde dort. Je crois que ce monde-là ne m'a jamais vraiment quitté. Il réside dans les cauchemars, dans les souvenirs qui ne me quittent jamais vraiment, comme pour me rappeler qui je fus et pourquoi je suis ainsi aujourd'hui.
Je connais aussi tous ces mondes qui se collisionnent. Un flux de sentiments tellement intense qu'on en oublie qui on est. La violence nous maintient au sol, le silence nous force à oublier, la peur, quant à elle, rends tout ce qui nous entoure plus intense, dans le bon comme dans le mauvais sens.
Ce soir, tout semble aller de travers, tout semble se chercher, se mêler, s'entrelacer pour me faire revivre chaque monde que je pensais avoir quitté plus ou moins. Si je me donne l'image d'une femme forte, je suis tout le contraire, et ils ont tôt fait de s'en rendre compte.
Je viens de sortir du bar et je ne sais même pas où je dois aller.
Si.
Je dois rentrer chez moi.
Mais c'est où chez moi ?
Par là ?
Ou là-bas ?
Non, c'est là en fait ?
- Mettez votre veste, vous allez attraper la mort sinon. Je vous ramène chez vous.
Je sursaute et me tourne vers la voix. Mes yeux sont grands ouverts comme pour analyser tout ce qui m'entoure. J'ai eu tellement peur que ce soit eux, mais quand je vois son visage, le visage de quelqu'un qui a su répondre à mon message de détresse, je me sens un peu mieux...
Un peu...
Il a raison, j'ai froid. Seulement j'ai eu froid tellement d'année que cela n'a pas tant d'importance dans le fond. Car ce n'est pas la température qui me tétanise et me fais frisonner, mais bel et bien un état plus profond.
- Vous aviez une voiture ? Quelqu’un peut vous la ramener ? J’ai une trousse à pharmacie dans la mienne. Je doute que vous en ayez une dans la vôtre.
Je ne le regarde pas directement, réfléchissant sérieusement à sa question. Une voiture ? Une trousse à pharmacie ?
- Je peux tout aussi bien vous emmener à l’Hôpital, cela dit, je suis du genre spécialiste des blessures de ce genre. Je vous laisse décider.
Je le regarde un instant droit dans les yeux. Je vois bien qu'il essaye de m'aider, qu'il veut que je communique, qu'il veut en quelque sorte prendre soin de moi. Seulement je suis dans un état tellement second que j'ai beaucoup de mal à réagir, jusqu'à ce que je m'entende dire :
- Je... Je n'ai pas de voiture je viens à pied...
Je le regarde se diriger vers une voiture d'un pas assuré. Le simple fait de le voir s'éloigner de moi me donne envie de vomir.
Non... Je ne veux pas être seule...
Je cours presque pour aller près de lui quand soudainement je me fige. Un des hommes fonce vers lui et je le vois arrêter le coup. Seulement je ne vois rien de plus qu'un homme me fait soudainement face. Le même que celui dans le bar. Je sens soudainement les larmes couler sur mes joues alors que celui-ci tire à nouveau sur mes cheveux.
- Lâchez... moi...
Ma voix ressemble à un miaulement de chaton, pathétique, incompréhensible même, mais je n'arrive à rien dire de plus en cet instant.
Oui... Je connais bien le monde du silence... Celui où on se laisse mourir à petit feu en se disant que peut-être, un monde où le silence règne ne peut être qu'un monde de paix... Je ferme les yeux, aspirant à rejoindre ce petit havre de paix tandis que tout me guide vers l'enfer.
- Sérieusement ? T’es sadique au point de vouloir me tester ? Relâche-la, tout de suite.
- Qu’est-ce que ça peut te foutre, merde ? Je l’ai vu le premier, alors dégage et vas t’en trouver une autre
Ces mots me donnent envie de vomir. Seulement je n'ai pas le temps de réellement comprendre que la pression se détache à nouveau de moi. Je rouvre à peine les yeux, il s'est éloigné. Il ne m'en faut pas plus pour tomber à genoux et éclater et vomir pour de bon cette fois. Mon estomac ne supporte plus ce qui m'arrive en cet instant, et dire que ce n'est pas fini. J'entends les coups, je n'écoute pas vraiment les dialogues, quelle importance de toute façon...
- Grimpe dans la voiture.
Je redresse la tête. Il s'adresse à moi ? Je tourne mon visage à droite, à gauche, les garçons ne sont plus là. Je ne peux pas rester ici... Je me redresse difficilement, titube presque jusqu'à la voiture et entre dedans sans me faire prier. Et dès que la porte se ferme, j'éclate en sanglots.
Cela fait si longtemps que je n'ai pas eu à gérer ce genre de crise, d'une telle violence, que je suis en train de tout relâcher. Je me recroqueville sur moi-même et tente de reprendre mon souffle alors que les larmes coulent sur mes joues sans que je ne puisse les arrêter. Mon corps tremble alors que mon souffle est saccadé. Je dois ressembler à un monstre, ou une pauvre petite créature en train de mourir de froid, de peur, tétanisée. C'est ça. Je redeviens comme sa petite créature, docile, subissant avant d'éclater, de se briser sans qu'il ne puisse le voir. Me montrer ainsi devant un inconnu me mets mal à l'aise, un peu. Seulement, ce sentiment est submergé par la crise qui ravage tout en moi.
Le sang qui coule sur mon bras ne montre qu'une parcelle de mon cœur qui saigne bien plus que cela. La douleur bien minime comparé à celle qui parcourt absolument tout mon corps. Quant à la peur, celle-ci est plus grande que jamais, revenant au galop tel un cavalier de l'apocalypse, sonnant de sa trompette funeste afin de me rappeler que l'enfer n'est jamais bien loin...
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Lun 29 Mai - 16:50


En temps normal, il ne se formalisait pas du silence. En temps normal, il appréciait même énormément lorsque les gens qu’il côtoyait restaient silencieux et peu bavards. Il détestait devoir supporter les personnes qui parlaient pour parler – et il le supportait qu’avec ses clients, histoire de ne pas les perdre. Mais face au mutisme et à l’absentéisme de la jeune fille, il se sentait démuni et désarmé. Il comprenait qu’elle puisse être en état de choc – peut-être n’était-elle pas tant habituée que ça à être malmenée et secouée par des imbéciles de ce genre. Peut-être n’avait-elle pas spécialement l’occasion de se faire agresser et draguer lourdement par des imbéciles de ce genre. Peut-être n’avait-elle jamais connu pareille humiliation, pareille agression. Cependant, quelque chose lui disait que son silence et son désarroi étaient bien plus profonds que ça. Quelque chose clochait, il ignorait juste quoi. Et même s’il aurait dû s’en foutre royalement, même s’il aurait dû se contenter de la raccompagner et de la laisser se débrouiller pour la suite, il savait par avance qu’il ne penserait qu’à ses grands yeux tourmentés et le fait qu’il lui ait tourné le dos. Alaric se considérait comme un homme sans cœur, sans foi, sans loi et sans âme, mais quiconque le croisait pouvait se rendre compte à quel point il avait tort. La rue l’avait éduqué et l’avait endurci, mais il avait plus de principes et de bonnes intentions que la plupart des habitants de Los Angeles – voire même du monde entier. Aussi, quand elle se mit à pleurer dans sa voiture, à chaudes larmes et sans être capable de s’arrêter, il lui tendit une boîte de mouchoirs qu’il avait toujours dans les parages – le cambouis oblige. Il ne posa aucune question pendant plusieurs minutes, et se contenta de rouler, laissant les sanglots se calmer et s’apaiser. Il avait entendu dire un jour que pleurer faisait du bien. Pleurer vidait l’esprit et apaisait l’âme. Il n’avait jamais exploité cette option, pas parce qu’il trouvait que pleurer était faible – au contraire, selon lui c’était une sacré force – mais parce qu’il n’y était jamais parvenu. Une autre raison pour lui de se sentir sans âme, sans foi, sans loi et sans cœur. Il se passe quelques minutes avant qu’il ne s’arrête sur un parking bien éclairé – non loin de l’Hôpital. Il ne connait pas la jeune femme, mais être proche d’un lieu sûr ne pas que la rassurer. Et si jamais elle préférait être soignée par des professionnels, elle pourrait facilement s’y rendre. Au fond, il lui laissait le choix. « L’Hôpital est à deux pas, comme tu peux le voir. Sinon, promets-moi juste de ne pas me sauter à la gorge lorsque je soulèverais ta manche pour nettoyer ta plaie, » dit-il dans un ton bourru mais non moins humoristique. « Tu as dû perdre pas mal de sang depuis tout à l’heure – je ne suis pas certain que tu n’aies pas besoin d’aller là-bas pour faire quelques analyses – au cas où. Perso’, je n’irais pour rien au monde et j’enverrais chier tout le monde essayant de m’y pousser… Je ne suis pas médecin, après tout. Mais je te le dis quand même, » ajoute-t-il en détachant sa ceinture et en sortant pour récupérer la petite boîte à pharmacie qu’il gardait toujours dans son coffre. Arrivé à sa portière, il attendit quelques secondes, comme s’il demandait son accord, avant d’ouvrir. « Est-ce que tu veux bien me laisser jeter un œil, pour voir exactement ce qu’il en est ? » finit-il par lui demander – comme un père le ferait à sa gosse, comme un grand-frère le ferait à sa sœur. Il ne la touche pas et lui donne l’occasion de faire la moitié du chemin toute seule, sans qu’il ait à la brusquer ou la toucher. Il la sent trop à fleur de peau pour cela, et trop perdue. « Je vais nettoyer en priorité, » conclut-il en analysant la profondeur de la blessure – qui ne lui semble cependant pas chirurgicale non plus, sans quoi elle aurait perdu connaissance à l’heure qu’il était avec autant de perte de sang à ce niveau. « Ça va piquer. Ça va faire mal, » insiste-t-il légèrement pour la prévenir et la préparer psychologiquement, mais elle ne semble pas réagir pour autant. Il tient son bras d’une main, et verse l’alcool sur sa plaie de l’autre. Il compatit, car il connait cette douleur par cœur. Il a appris à l’apprivoiser et à la supporter, mais il se rappelle bien de sa première fois, quand l’alcool rencontre la chair à vif. « Je ne pense pas que tu aies besoin de points de suture… mais j’insiste. Je ne suis pas médecin, » histoire qu’elle ne lui mette pas tout sur le dos si sa blessure devait s’aggraver ou autre. Après tout, il prend de son temps et de son énergie pour l’aider, ce n’est pas pour avoir des problèmes derrière. Après avoir nettoyé la plupart des traces de sang sur sa peau, et après avoir bien désinfecté, il commence à faire le bandage. « Jusqu’à ce soir, je ne pensais pas qu’il soit possible de se blesser comme ça en exerçant ton job, » dit-il en faisant la conversation. « Je me suis fait quasiment la même entaille un jour, mais avec un pied de biche. Je suis mécano’, » lui explique-t-il naturellement. « J’imagine que chaque métier à ses propres risques, » conclut-il en lui adressant un léger sourire, terminant son bandage.


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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Jeu 8 Juin - 14:40

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
J'ai l'impression de n'être que l'ombre de moi-même. Je laisse les larmes couler sur mes joues, je me recroqueville sur moi-même et ne fais pas trop attention au fait que je sois enfermée dans une voiture avec un inconnu. Je sais que si j'y réfléchis trop, je vais me mettre à paniquer encore plus. Hors cet homme vient de me sauver la vie, à deux reprises. Je le remercie par ailleurs de son silence, de son respect pour ma crise, de son respect pour mon intimité. Il ne me bombarde pas de questions, ne cherchent pas à me rassurer non plus. Je crois que ce dont j'ai besoin en ce moment, c'est de ce silence afin de me permettre de relativiser. J'ai été agressée ce soir, deux fois, mais ce qui fait battre mon cœur plus vite remonte à plus loin. Certes, je pense que n'importe qui serait un peu traumatisé par cet instant de violence, moi j'ai l'impression que cet instant ne m'a jamais quitté. Je fais tout pour m'en sortir mais dans le fond, suis-je vraiment prête à vaincre ce monde.
Il s'arrête finalement et je me tourne vers lui, essuyant doucement mes larmes qui se sont taries.
-  L’Hôpital est à deux pas, comme tu peux le voir. Sinon, promets-moi juste de ne pas me sauter à la gorge lorsque je soulèverais ta manche pour nettoyer ta plaie.
Je cligne rapidement des yeux pour essayer d'assimiler ce qu'il me dit. Il vient de m'emmener à l'hôpital. Pendant un instant je sens mon cœur battre un peu plus vite. J'espère qu'il ne va pas aller leur dire que je suis folle. J'ai failli aller dans un endroit parce qu'on me prenait pour une folle, une trop grande traumatisée suite à mon histoire. J'ai eu de la chance que ma mère se batte pour que je puisse rester à la maison auprès des miens.
- Tu as dû perdre pas mal de sang depuis tout à l’heure – je ne suis pas certain que tu n’aies pas besoin d’aller là-bas pour faire quelques analyses – au cas où. Perso’, je n’irais pour rien au monde et j’enverrais chier tout le monde essayant de m’y pousser… Je ne suis pas médecin, après tout. Mais je te le dis quand même.
Je respire presque soulagée de l'entendre me dire qu'il veut seulement me soigner. Je ne sais pas s'il peut lire le soulagement dans mon regard, même si mon ventre se serre toujours un peu quand je repense à toute cette soirée. Je reste sur mon siège alors qu'il sort de la voiture. Quand il se trouve à côté de ma portière, je sens son hésitation. Il est si prévenant que cela me touche. J'hoche la tête et il ouvre la portière. Je me décale afin de sortir mes pieds à l'extérieur, mais je reste assise dans la voiture.
- Tu as dû perdre pas mal de sang depuis tout à l’heure – je ne suis pas certain que tu n’aies pas besoin d’aller là-bas pour faire quelques analyses – au cas où. Perso’, je n’irais pour rien au monde et j’enverrais chier tout le monde essayant de m’y pousser… Je ne suis pas médecin, après tout. Mais je te le dis quand même.
Je le regarde un peu intimidée, me mordillant la lèvre inférieure nerveusement, comme une petite fille venant de se faire gronder.
- Je... Je ne veux pas aller là-bas...
Je ne supporte pas qu'on me touche, sauf quand je suis celle qui fait le premier pas. Pour ce soir, je crois que trop de main m'ont touché et je ne me sens pas la force de me faire ausculter.
- Est-ce que tu veux bien me laisser jeter un œil, pour voir exactement ce qu’il en est ?
À nouveau je plonge mon regard dans le sien, pleine d'appréhension. Je prends le temps de la réflexion avant d'hocher la tête, tendant mon bras qui saigne encore vers lui.
- Je vais nettoyer en priorité. Ça va piquer. Ça va faire mal.
Je ne peux m'empêcher de lâcher un petit rire nerveux.
- Croyez-moi... Ce n'est rien, je murmure.
Je fronce cependant le nez quand je sens l'alcool comme me mordre la peau. C'est douloureux oui, mais je relativise comme je peux. Je détourne le regard, le laissant nettoyer ma plaie sans laisser échapper la moindre plainte. Je ne tente pas de parler non plus, qu'est-ce que je pourrais bien dire de toute façon.
-  Je ne pense pas que tu aies besoin de points de suture… mais j’insiste. Je ne suis pas médecin.
J'hoche la tête.
- Alors pas besoin d'aller à l'hôpital, je lui dis en le regardant de nouveau.
-  Jusqu’à ce soir, je ne pensais pas qu’il soit possible de se blesser comme ça en exerçant ton job. Je me suis fait quasiment la même entaille un jour, mais avec un pied de biche. Je suis mécano’. J’imagine que chaque métier à ses propres risques.
Je l'écoute avec attention. Sa voix grave m'apaise, je ne saurais expliquer pourquoi, mais elle a quelque chose de rassurant. Et puis ses gestes sont doux tout en étant fermes. Il est le genre de force rassurante qui me manque parfois.
- Pas seulement les métiers, je m'entends dire sans vraiment réaliser.
Je ferme rapidement ma bouche comme pour me taire. Il n'a pas à connaître mes problèmes ou encore mon passé. Je n'en parle jamais, je ne vois pas pourquoi soudainement un inconnu connaîtrait mes plus sombres secrets.
- Il vous plait... Votre métier ? Cela doit être intéressant... Je ne suis pas vraiment forte en mécanique... Je n'ai même pas de voiture, je confesse. Je préfère marcher, croiser des gens dans la rue, pouvoir discuter...
Cela va de pair avec mon métier, magicienne de rue (en plus d'être barman). J'aime le fruit de la rencontre, du hasard. J'aime partager ma passion et voir des étoiles dans les yeux des gens. C'est contradictoire avec ce que je viens de vivre, mais cela me permets de ne pas perdre espoir en l'humanité.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Mer 12 Juil - 15:58


Il n'était habituellement pas à l'aise avec les personnes qu'il ne connaissait pas. Encore moins avec les femmes. Bourru et abrupt, il faisait plus fuir qu'il n'attirait en règle générale. Seules les amatrices de sensations fortes er d'interdits lui offraient des sourires et des promesses d'une nuit endiablée et fiévreuse. Parfois, il se laissait tenter. Parfois, il passait son chemin. La violence, il la connaissait par coeur, beaucoup trop même. La violence, elle faisait partie de sa vie. Au quotidien. Comme un vice duquel il ne parvenait pas à s'échapper. Peut-être ne le voulait-il pas non plus. Peut-être n'avait-il connu que cette violence et ne se sentait pas capable de vivre sans elle. Ainsi, son sauveur et père de coeur lui avait offert un avenir serein au garage, mais il n'avait pas réussi à radier les démons de son passé, qui s'accrochaient sans relâche. La violence, il la connaissait et la côtoyait chaque ou chaque soir. La violence envers les femmes cependant, il ne l'acceptait pas. Pourtant, les souvenirs d'une rencontre mouvementée des années auparavant lui revenaient comme un boomerang, souvenir d'une femme qui lui avait fait perdre les pédales et l'avait amené à la malmener. Légèrement. Au final, elle avait été plus agresseuse que victime et il s'était fait avoir à son propre piège. Aujourd'hui, il avait été témoin d'une scène de violence quelque peu anodine quand on connaissait son passé et ses anciennes fréquentations, mais c'était la première fois qu'il venait en aide à l'une de ces victimes d'agression - d'agression sexuelle de toute évidence. Il ne pouvait tout bonnement pas accepter de rester là à rien faire, attendant que le mauvais moment passe. Pourquoi ? Dieu seul le savait. Alaric ne se mêlait jamais de rien, jamais de personne. Bucky avait su réveiller en lui un instinct protecteur qu'il ne se connaissait pas. Et tandis qu'il la conseillait et nettoyait sa plaie, il préférait ne pas se poser de questions inutiles et rageantes. Comme se demander ce qu'elle avait pu connaître de plus terrible que ce soir. Comme se demander quel genre de torture elle avait subi qui puisse rendre cette agression banale. Comprenant parfaitement si elle l'envoyait balader s'il osait poser la question, il se tut.

" Je suis incapable de faire quelque chose qui ne me plait pas. Si je n'avais pas été mécano, j'aurais tenté boxeur. Et toi ? Ça te plait ce que tu fais ? Si tu aimes rencontrer des gens et bavarder avec eux, je suppose que oui. Quand ils ne sont pas cons et pervers comme ces gars-là. Je te fais un bandage classique, mais au risque de me répéter et de te faire rager, " ajoute-t-il avec une pointe d'humour, " je ne suis pas médecin. Il faudrait que tu change ton bandage pendant plusieurs jours histoire d'être sûr qu'il ne s'infecte pas, " conclut-il en serrant le dit-bandage et en se mettant à ranger ses affaires. Qu'est ce qui le poussait à jouer les grands frères avec elle ? Il ne la connaissait ni d'Eve, ni d'Adam. Aucune raison pour se montrer ainsi alors qu'il avait déjà du mal à être aussi protecteur avec les siens. Mais quand elle plantait son regard dans le sien, sans ciller, sans se détourner, il percevait une fragilité qui l'atteignait. N'avait-il pas lui-même connu cette fragilité dans le passé ? N'avait-il jamais eu besoin de réconfort et qu'on lui tende la main pour sortir du gouffre ? Était-ce son moi du passé qu'il avait l'impression de rencontrer ? Peut-être bien. " T'as mangé quelque chose ? Avec le sang que t'as perdu, il faut que tu te goinfre, " qu'il finit par lui dire en refermant la portière et reprenant le volant, décidant par ce geste de la prendre en charge - et ce même s'il ne comprenait pas pourquoi. " Tu peux m'appeler Ric. Je t'appellerai bien Buck, mais... J'ai du mal à pas penser à Harry Potter, " qu'il lui dit en espérant la faire sourire. Un comble. Lui. Faire sourire quelqu'un. Détendre l'atmosphère. " Ça fait longtemps que tu bosses là-bas ? " qu'il lui demande tout en roulant jusqu'au burger café le plus proche. Il failli changer d'avis lorsque cela les mena dans un genre de bar dansant. Mais il se dit tout simplement qu'elle n'aurait pas la tête à danser de toute façon, donc pourquoi pas ? " Tu te sens faiblarde ou ça va aller pour sortir et te débrouiller seule ? J'ai bien compris que tu préférais qu'on évite de te toucher, je demanderai donc à chaque fois si t'as besoin de mon aide, ok ? " lui dit-il devant son silence perplexe. Après tout, quelle femme accepterait d'être approchée par un homme quand au moins 3 d'entre eux avaient osé la malmener ?

Aucune.



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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Lun 17 Juil - 20:05

Now the sound of love is out of tune.
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Après ce qui vient de m'arriver, je ne devrais pas avoir confiance en cet homme.
Depuis ma plus tendre enfance, j'ai connu la violence qu'un homme pouvait porter en lui. J'ai vu son plus laid visage, son regard salace et son touché inquisiteur. Ce soir n'a pas vraiment fait exception, il m'a montré sa violence, son mépris du respect tout comme celui des femmes. J'ai encore vu son visage le plus sombre, le plus triste et le plus dangereux aussi. Il s'en est pris à moi et a voulu me faire du mal, encore. L'homme est la créature la plus dangereuse que je devrais éviter, mais comment faire quand celui-ci représente la moitié de la population. Et puis je refuse de me laisser avoir, je veux me battre, je veux prouver que je ne suis plus une petite fille, que je ne suis pas une femme faible, mais une femme forte, avec des convictions et du courage.
Après ce qui vient de m'arriver, je ne peux que faire confiance en cet homme.
Il m'a suivi à l'extérieur, s'est battu contre plusieurs hommes afin de me protéger, moi qu'il ne connaît absolument pas. Il aurait pu tourner le dos comme l'ont fait tous les autres clients, et pourtant le voilà proche de l'hôpital en train de me dire que je devrais aller me faire soigner. Seulement je ne veux pas, je crois que je ne peux pas après tout ce qu'il vient de se passer. Je pense même que c'est un miracle que je lui accorde une telle confiance, que je reste auprès de lui dans un habitacle aussi petit. Alors qu'il me parle des lourds dans mon métier, je lui demande si son métier à lui lui plaît. C'est important de faire un métier qui nous passionne car c'est pour la vie.
- Je suis incapable de faire quelque chose qui ne me plait pas. Si je n'avais pas été mécano, j'aurais tenté boxeur. Et toi ? Ça te plait ce que tu fais ? Si tu aimes rencontrer des gens et bavarder avec eux, je suppose que oui. Quand ils ne sont pas cons et pervers comme ces gars-là.
Je baisse un peu les yeux et réfléchis à la question avant de répondre le plus sincèrement possible.
- Je ne fais pas ce métier par passion, être barman n'est qu'une étape pour atteindre mon rêve. En vérité je suis magicienne.
Je redresse les yeux, j'ai peur de sa réaction. J'espère juste qu'il ne va pas se moquer de moi parce que je pourrais me mettre or de moi. La magie est ma véritable passion, pourquoi on admire toujours les médecins, les chanteurs ou les mécanos alors que les magiciens sont parfois méprisés.
- Je fais beaucoup de tours dans la rue pour le moment. Oui, j'aime les rencontres, je vais même vers elle afin d'émerveiller et de montrer que le monde n'est pas si noir... A moins que je cherche à me le montrer à moi-même.
- Je ne suis pas médecin. Il faudrait que tu change ton bandage pendant plusieurs jours histoire d'être sûr qu'il ne s'infecte pas.
J'hoche la tête en le regardant faire. Je vois bien qu'il fait tout pour ne pas me faire peur et je me demande s'il a déjà connu des femmes comme moi pour se montrer aussi prévenant. Il est même parfait pour ce genre de situation. Parce que certains voudraient me prendre dans leurs bras, me rassurer seulement, ce n'est pas ce qu'il faut faire. Il serre un peu le bandage et se recule un peu avant de reprendre la parole.
- T'as mangé quelque chose ? Avec le sang que t'as perdu, il faut que tu te goinfre.
Il ne me laisse même pas le temps de dire ouf qu'il démarre la voiture. Il me protège à sa façon et je ne sais pas pourquoi cela me touche beaucoup.
- Non, je n'ai pas mangé...
- Tu peux m'appeler Ric. Je t'appellerai bien Buck, mais... J'ai du mal à pas penser à Harry Potter.
Cette fois, il m'arrache un petit rire, son que je ne pensais pas entendre ce soir.
- Ça fait longtemps que tu bosses là-bas ?
- Ca fait quelques années... La magie n'aide pas toujours à payer les factures, mais ça, il doit probablement le savoir.
On finit par s'arrêter devant un burger et je souris, je me rend compte que j'ai une faim de loup. Il se tourne vers moi et je le regarde droit dans les yeux.
- Tu te sens faiblarde ou ça va aller pour sortir et te débrouiller seule ? J'ai bien compris que tu préférais qu'on évite de te toucher, je demanderai donc à chaque fois si t'as besoin de mon aide, ok ?
Là, j'ai presque envie de lui faire un câlin, cet homme a tout simplement tout compris. C'est comme s'il lisait dans mon esprit, qu'il lisait en moi comme dans un livre ouvert.
- Merci Ric.
Je ne le lâche pas des yeux, je veux qu'il comprenne que ce merci n'est pas seulement pour ce qu'il fait maintenant mais pour ce soir, pour avoir frappé des hommes pour moi, m'avoir fait un bandage sans me forcer à aller à l'hôpital. Je pense que je n'ai pas besoin d'en dire plus. Ne dit-on pas que le regard est la porte de l'âme.
J'ouvre la porte, me sentant prête à marcher jusqu'au restaurant, seulement si c'est l'adrénaline qui me portait jusqu'à maintenant, je dois avouer ressentir comme un frisson, des sueurs froides. Je ne fais pas un pas que je me cramponne à la voiture. Je souffle un peu plus vite mais je crois qu'il a raison, j'ai perdu trop de sang. Je réfléchis un instant me disant que je n'ai aucune raison d'en avoir peur.
- Je veux bien... Je veux bien que tu m'aides pour aller jusqu'au restaurant, je demande un peu intimidée.
Mais je ne suis pas certaine d'y arriver et il a raison, j'ai besoin de manger sinon je pense que je vais tomber.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Jeu 20 Juil - 7:26


Il n'était pas un héro. Il n'était pas un gentleman. Il n'était pas homme à venir au secours d'une jeune demoiselle en détresse. Il n'était pas un preux chevalier servant. Pourtant, il n'avait pas hésité une seconde avant d'intervenir et empêcher ce que personne d'autre ne semblait prêt à empêcher. Pourtant, il n'avait pas hésité à user de ses poings pour empêcher ce qui devait arriver. Pourtant, il n'avait pas hésité à lui proposer de l'emmener à l'hôpital, et même à la soigner lui-même - si on considérait cela comme des soins. Alaric ne se voyait jamais comme certains le voyaient. Alaric refusait de se voir comme un homme bien. Comment expliquer que toutes personnes le croisant finissaient par l'abandonner ? A commencer par sa mère. Son père. Ses familles adoptives. Non. Il n'était pas quelqu'un de bien et de fréquentable. Pourtant, ne l'était-il pas plus que ces pervers qui s'apprêtaient à abuser de la jeune femme ? Jamais il n'avait abusé de qui que ce soit. Si tant est que l'on ne considère pas le vol comme un abus. Non. La violence envers les femmes, il était contre. Certes, il l'avait été lui-même une fois dans le passé. Mais Lou n'était en rien une femme comme les autres. Comme à chaque fois, penser à la jeune femme délurée et spontanée qu'il s'était autrefois autorisé à aimer fut à la fois douloureux et rageant. Quel homme ne serait pas en colère et déstabilisé face à l'infidélité ? Et plus particulièrement quand l'infidélité était féminine ? Il n'en connaissait pas. Mais en même temps, il ne parlait jamais de Lou et de cette mauvaise expérience. Mais quand il regardait Bucky, il voyait une âme aussi meurtrie et abîmée que la sienne. Peut-être même plus encore que la sienne. Il avait l'impression de se voir dans un miroir, à quelques détails près. Sans doute ceci expliquait cela. Qui serait-il s'il osait lui tourner le dos ? Vaudrait-il mieux que ceux qui ne lui avaient pas tendu de mains ? Ceux qui l'avaient déçu encore et encore ? Hors de question de se mettre dans le même bateau. " Je ne fais pas ce métier par passion, être barman n'est qu'une étape pour atteindre mon rêve. En vérité je suis magicienne. " Elle n'aurait pas pu le surprendre plus si elle s'était mise à le cogner comme une furie. Il n'avait jamais rencontré de magicien, il avait même du mal à croire que la magie puisse exister, ce qui ne l'empêchait pas être intrigué et impressionné. Après tout, ne fallait-il pas une sacré dose de courage pour oser se lancer dans cette voie ? Et du talent, sans doute. " Quand tu dis que tu es magicienne... " répond-il quelques secondes plus tard, " tu veux dire magicienne avec des tours de magie comme quand on découpe quelqu'un dans une boîte ? Ou magicienne parce que tu as des doigts de fée qui créent des merveilles, comme un merveilleux repas succulent ? " dit-il alors mimi-amusé, mi-intéressé. A vrai dire, il est surtout fasciné et, s'il n'était pas aussi sauvage et aussi mal luné, il pourrait fort bien lui demander de lui faire une démonstration. Peut-être que cela le réconcilierait avec le monde extérieur et les gens en général, le forçant à croire qu'il existe bien plus que la fatalité dans la vie. Jusque-là, ses expériences n'avaient pas été suffisamment bonnes pour qu'il puisse avoir foi en l'humanité. Il ne pouvait que comprendre la jeune femme quand elle se demandait si elle n'essayait pas, au fond, de se convaincre elle-même qu'il existait bien plus qu'un monde malsain et mauvais. Il failli lui dire que peu importait que ça ne paie pas les factures, tant que ça lui plaisait et qu'elle se sentait elle-même en l'exerçant. Mais qui était-il pour lui dire ça, alors qu'il avait volé pour l'argent ? Sur le tas, il avait compris que l'argent ne faisait pas totalement le bonheur - mais quel idiot que celui qui avait un jour dit ceci. Parce que l'argent contribuait forcément au bien-être d'une personne, ne serait-ce que pour avoir un toit au-dessus de sa tête, de quoi manger dans son assiette ou de quoi se mettre sur le dos. " Moi non plus. Et j'ai la dalle, " conclut-il en décidant de l'emmener manger. Il savait que cela le rendait responsable et altruiste, généreux et gentil. Sensible peut-être. Magnanime. Prévenant. Tout ce qu'il n'était pas. Il savait que la jeune femme ne lui devait rien et qu'à l'issue de cette soirée, leurs chemins se sépareraient. Qu'elle n'était sans doute pas plus fiable que ceux qu'il avait connus jadis. Ne finirait-elle pas par l'abandonner aussi ? Comme tous les autres. En attendant, il pouvait l'aider et ça lui donnait le sentiment de racheter le mal qu'il faisait et les erreurs qu'il commettait. Il lui offrit donc sa main pour l'aider à descendre et son bras pour l'accompagner juste qu'à l'établissement. " Techniquement, ce n'est pas tout à fait un restaurant. On va pouvoir manger, bien manger même. Et certains dansent s'ils le veulent, " et il insistait bien sur le verbe. Car danser, très peu pour lui. " Ça rajoute un peu de fantaisie paraît-il. .. Je me suis dit que ça te changerait les idées, " dit-il simplement, sans se rendre compte que c'était vraiment attentionné de sa part. Ils s’installèrent dans un box non loin de la piste de danse où un certain nombre de personnes s'amusaient déjà. Ici, les menus étaient simples et caloriques. Sauf si vous preniez une salade - la bonne blague. " Je vais prendre le double royal pour ma part, " dit-il simplement à la serveuse qui venait de leur apporter la carte. Oui. Il avait faim. " Et un coca bien frais. Et de l'eau bien fraiche, " énumère-t-il avant de regarder une Bucky qui semblait indécise. " Leurs plats sont bien conséquents. Je dis ça parce que tu m'as pas l'air de manger pour 4. Contrairement à moi, " tente-t-il de la taquiner. Il savait qu'il ne fallait jamais de fier aux apparences et que, grignette ou pas, elle pouvait manger comme un ogre aussi bien que comme un moineau.


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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Dim 23 Juil - 19:19

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
Parler de ma passion me met un peu à l'aise. Je dois avouer que dès qu'on parle de magie, j'ai des étoiles qui brillent dans les yeux même lors des moments les plus difficiles. Je vois bien sa surprise, ce qui m'arrache un léger sourire.
- Quand tu dis que tu es magicienne... tu veux dire magicienne avec des tours de magie comme quand on découpe quelqu'un dans une boîte ? Ou magicienne parce que tu as des doigts de fée qui créent des merveilles, comme un merveilleux repas succulent ?
Cette fois, je pouffe un peu de rire. Il peut être fier.
- Effectivement, mais je suis surtout une pro des cartes. Enfin je fais des tours de rue donc le découpage de boîte est difficile, je dis de façon passionnée. Je ne suis pas une grande cuisinière par contre, enfin je me débrouille en suivant la recette.
Finalement, il me demande si j'ai mangé, ce n'est pas le cas et je me rends compte que j'ai faim. Lui aussi, je crois que ça tombe bien. Seulement quand je sors de la voiture afin d'aller dans le restaurant je ne me sens pas bien. Il a raison, j'ai dû perdre bien plus de sang que je ne le pensais. Enfin je pensais surtout que j'aurais au moins la force de marquer jusqu'aux portes, mais même pas. Je sens sa main ainsi que son bras me maintenir afin de ne pas tomber. A ma grande surprise, je ne frissonne pas. Je sais que c'est moi qui lui ai demandé, mais il y a toujours un petit temps d'adaptation quand quelqu'un me touche, surtout un homme. Je me dis alors que je me sens bien plus en sécurité que je ne le pensais avec lui, et cela me fait sourire timidement.
- Techniquement, ce n'est pas tout à fait un restaurant. On va pouvoir manger, bien manger même. Et certains dansent s'ils le veulent. Ça rajoute un peu de fantaisie paraît-il. .. Je me suis dit que ça te changerait les idées.
Je suis un peu surprise dans son initiative, mais de manière positive. Cet homme semble bourru au premier abord, mais le voilà en train de faire tellement attention à moi que je ne cesse d'en être touché. D'une certaine manière, il me rappelle mon frère Raphaël, quelqu'un qui se cache sous des muscles et une certaine mélancolie, cachant un cœur en or. Je fronce tout de même le nez alors qu'on s'installe dans un box.
- J'aime pas vraiment danser, du moins avec autant de monde... Comme tu l'as dit, je n'aime pas quand on me touche sans mon accord... Et pas seulement ce soir, je dis en baissant les yeux.
Rien que de dire ça, je dévoile un peu de mon histoire même s'il n'en possède pas toutes les clés, il peut au moins entrouvrir la porte.
Je regarde rapidement le menu, me disant que je n'ai tout simplement aucune idée de ce que je vais bien pouvoir prendre. Alors que la serveuse arrive, il déballe sa commande directement. Zut, je suis pas prête moi !
- Leurs plats sont bien conséquents. Je dis ça parce que tu m'as pas l'air de manger pour 4. Contrairement à moi.
Je regarde à nouveau la carte et secoue la tête, je n'arrive à rien ce soir.
- La même chose s'il vous plaît.
Alors que la serveuse part, j'hausse mes épaules avec un petit sourire.
- Comme vous l'avez dit, j'ai perdu beaucoup de sang, je pense que j'ai besoin de reprendre des forces... Et puis c'est pas nouveau, les filles se consolent dans la nourriture.
Ce n'est pas mon cas normalement. Enfin si, mais je me console que dans une sorte de nourriture : le Nutella.
Un silence s'installe alors, je ne sais pas vraiment s'il est gêné ou non. Le silence ne me dérange pas, mais face à cet homme, je trouve que ne pas parler après un sauvetage est presque impolie.
- Je ne sais pas vraiment si je suis autorisé ou non à vous demander de me parler de vous... je lâche un léger rire. Pardon, ca fait très rendez-vous comme dans les films, mais si cela peut vous rassurer j'ai quelqu'un dans ma vie.
Soudainement je pense à Jahia...
- Oh bon sang, je devrais peut-être la prévenir non ?
Je sors mon portable de ma poche et remarque que celui-ci est cassé. Sûrement à cause de ma chute dans le bar. Je ferme les yeux quelques secondes, comme pour réfléchir et me concentrer.
- Bon sang... même ça ils ont réussi à le briser, je souffle.
Par chance, la serveuse arrive au moins avec les boissons. Ca tombe bien, je me rends compte seulement maintenant que j'ai la gorge terriblement sèche.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Lun 7 Aoû - 14:32


Il prenait énormément sur lui pour ne pas la brusquer, elle avait vécu suffisamment de moments forts pour la soirée – et sans doute pour le reste de sa vie. Mais l’entendre le vouvoyer comme s’il avait quatre-vingt dix piges lui faisait hérisser le poil. Il comprenait la politesse que cela imposait, mais il ne s’en embarrassait quasiment jamais – surtout quand il venait en aide à une jeune demoiselle en détresse et qu’il nettoyait sa plaie dans un court laps de temps. Parler de ce qui faisait son monde et son univers semblait lui changer les idées. Elle était aussi passionnée et fascinée par la magie qu’il l’était par la boxe – même s’il était moins bavard sur le sujet, surtout quand la personne n’y connaissait rien. « Tu serais capable de me faire un petit tour là, ici ? Ou il te manque du matériel ? Je n’y connais pas grand-chose, mais j’aimerais bien voir ce que tu sais faire… » surtout si cela lui permettait de faire dégager ces larmes et cette tristesse, cette détresse et cette peur qui ne semblaient pas complètement la quitter. « Les seuls tours de magie que j’ai dû exercer dans ma vie ont été de savoir voler d’une main de maître… » lui avoue-t-il aussi naturellement que s’il lui avait avoué avoir avalé une pomme dans la matinée. Il attendit de voir le choc sur son visage, persuadé qu’elle serait offensée de prendre son repas avec un délinquant et un malfrat – il avait déjà eu droit à ce genre d’attitude dans le passé. « C’était il y a bien longtemps. Je te promets de ne pas voler ton sac ou tes fringues, » lui dit-il en souriant légèrement. A l’époque de sa délinquance, il ne volait jamais les personnes dans les rues, il ne volait jamais les jeunes femmes en position de faiblesse et il ne volait jamais s’il n’y était pas forcé. S’il avait continué sur cette voie, peut-être bien aurait-il visé plus haut et plus fort – mais heureusement, sa rencontre avec Dan et avec la boxe avait changé son destin à tout jamais. Il volait parce qu’il y était forcé. Il volait pour se sentir quelqu’un. Il volait pour survivre. Il volait pour manger. Il volait pour exister dans ce monde qui n’avait pas voulu de lui. Et c’était sans doute pour cela qu’aujourd’hui il se montrait magnanime et patient avec les gosses qui venaient lui soudoyer des pièces, de l’argent dans sa caisse ou tout simplement le voler. Il avait été ce gamin-là, quel hypocrite ferait-il s’il osait les dénoncer ou pire, leur fracasser le nez ? « Je ne suis pas un fin danseur non plus. Mais les regarder faire… » lui dit-il en jetant un œil sur la piste, « ça détend bien en général. C’est mieux que d’écouter des personnes chanter faux, mes oreilles ne supportent pas… » qu’il continue sur le ton de la plaisanterie. Tout est bon à prendre pour la voir sourire et effacer ces larmes. Elle parlait si sombrement par moment qu’il lui apparaissait évident que le traumatisme de ce soir n’était rien comparé à ce qu’elle avait dû vivre dans le passé – cette idée le remplit d’une colère qu’il n’attendait pas. Mais il n’avait pas le droit de lui poser de questions. A l’heure actuelle, elle n’était qu’une jeune femme, agressée, et lui son sauveur. Ils n’étaient pas amis. Ils n’étaient pas copains. Ils n’étaient pas ensemble. Ils ne se connaissaient pas. « Ne le prend pas mal, mais tu n’as pas l’air d’être le genre de fille qui se réfugie dans la bouffe, » lui balance-t-il quelques secondes plus tard. Elle devait peser quarante kilos tout mouillé, se disait-il en l’observant. Ou lui paraissait-elle si pâle et si menue à cause de la situation ? Non. Elle n’était pas bien épaisse. « Je paie, » lui annonce-t-il alors. « Alors tu vas tout engloutir, ok ? Peu importe si on doit rester là jusqu’au petit matin ». Il se moquait bien de payer quelque chose qu’elle n’aurait pas la force de terminer, mais il lui faisait comprendre à sa façon qu’il lui fallait reprendre des forces et qu’il y veillerait. Il eut envie d’éclater de rire lorsqu’elle évoqua ce semblant de rendez-vous galant. Il n’avait pas du tout le sentiment ni l’impression d’être avec une potentielle conquête – pas même un instant. Mais à bien y réfléchir, d’autres pourraient le penser. « Si je peux te rassurer sur une chose, tu n’as rien à craindre de moi. Je ne poserai pas la main sur toi. Ne le prend pas mal, » qu’il ajoute tandis que la serveuse apportait leurs repas et qu’il engouffrait déjà une partie de son premier burger en bouche – il n’avait pas à se montrer classe ou faire bonne figure non ? « T’es bien jolie, mais je pourrais être ton père ou presque. Et si j’ai bien compris, on doit avoir les mêmes goûts en matière de femmes, » qu’il continue avec un clin d’œil amical. « Hey, ne t’en fais pas. Envoie-lui un SMS si tu veux ? La rassurer, ou au moins lui dire que tout va bien. Je te ramènerai dès qu’on aura terminé, » pour ne pas dire « dès que tu seras bien remise de tes émotions et que tu auras retrouvé des couleurs ». Elle semblait si désarçonnée et si perdue, il ne comprenait pas pourquoi cela le touchait autant. Il lui tendit naturellement son téléphone. « Y a toujours une solution, Bucky. Demain sera un autre jour, en attendant appelle-la si tu veux – je suis illimité – et mange ton repas. Intégralement. Après, que tu le veuilles ou pas, on ira sur la piste de danse, » lui annonce-t-il sur un ton qui ne tolérerait pas d’objection. « Je déteste danser aussi, je ne sais pas danser. Mais on va le faire, ensemble. Et tu verras, » conclut-il en avalant une gorgée de sa boisson, « Tu te sentiras mieux, » lui promet-il.


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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Mar 8 Aoû - 19:20

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
Alors qu'on est installé dans ce restaurant dansant si j'ose dire, Alaric me demande si je suis capable de lui faire un tour de magie. Je suis peut-être en manque de matériel, mais je peux facilement faire un tour de magie. J'hoche la tête, sortant de ma poche un paquet de cartes. Je ne m'en sépare jamais vraiment de celui-là, c'est bien l'accessoire qu'il faut toujours avoir. Enfin cela dépend la spécialité des personnes, et les cartes font partie des miennes. Je commence à mélanger, à tendre les cartes.
- Prenez une carte, sans me la montrer bien sûr et mémorise là.
Une fois cela fait, je lui demande de la remettre dans le tas et de mélanger. Je récupère le tas, mélange de nouveau sans vraiment y réfléchir, un peu à la manière du poker.
- La magie a toujours été une échappatoire pour moi, quelque chose qui émerveillait les gens et qui faisait que je n'étais pas cette petite fille si étrange et... Vivant des choses trop vite, je murmure en pensant à ma grossesse à l'âge de 11 ans.
- Les seuls tours de magie que j’ai dû exercer dans ma vie ont été de savoir voler d’une main de maître…
Je redresse la tête un peu surprise, mais je ne veux pas le juger. Je ne peux pas après ce qu'il a fait ce soir.
- C’était il y a bien longtemps. Je te promets de ne pas voler ton sac ou tes fringues.
Cela me fait rire.
- En parlant de vol, que diriez-vous si on voyait la capacité de ces cartes.
Je me redresse, jette les cartes sur la table. Je lui demande alors de récupérer les cartes, laissant finalement apparaître une carte coincé entre la table et le verre qui la recouvre. Impossible de la récupérer, elle est scellée dans cette table.
- C'est votre carte ? Je demande, sachant pertinemment que c'est bien sa carte.
C'est un tour simple mais qui fait toujours son effet.
- Le vol ressemble un peu à de la magie. C'est de l'art de la manipulation et une certaine agilité. Je ne le préconise pas vraiment, mais il faut au moins saluer ça.
On parle ensuite de la danse, chose qu'on ne semble pas aimer. Si lui c'est parce qu'il n'aime pas ça, moi c'est plutôt par rapport au contact des gens. Je pense qu'il le comprend et cela me soulage un peu. Tout comme je me sens presque soulagée de voir la serveuse arrivée. Une fois les commande faite, je me rends compte que je commence à avoir vraiment faim. Je ne sais pas si c'est la perte du sang, l'adrénaline qui retombe, mais je me sens presque faiblir tout d'un coup.
- Ne le prend pas mal, mais tu n’as pas l’air d’être le genre de fille qui se réfugie dans la bouffe.
J'hausse les épaules.
- J'ai un organisme très favorable il faut l'admettre. Mon péché est le nutella... Je pourrais manger un pot entier en un jour si vraiment je suis pas bien...
La serveuse arrive et Alaric annonce qu'il paye. Cela me gêne un peu mais je ne me sens pas vraiment la force de me battre contre lui. Si je le bats en magie, face à ses muscles je ne peux vraiment rien. J'observe l'immense hamburger, c'est vrai qu'il est assez imposant... J'aurais peut-être pas dû le suivre finalement, mais je n'avais pas vraiment la tête à faire des choix.
- Alors tu vas tout engloutir, ok ? Peu importe si on doit rester là jusqu’au petit matin.
Je me mordille la lèvre inférieure pour ne pas rire trop fort.
- Je crois que je n'ai pas de temps à perdre, je dis avant de prendre la première bouchée.
Cela me fait un bien fou directement. La sensation de la nourriture, je peux même la sentir descendre jusqu'à mon estomac. Je m'entends même lâcher un léger gémissement de contentement. Mais ce silence me gêne presque un peu si bien que je lui demande s'il veut parler de lui. Ca ressemble presque à un mauvais plan drague et je le rassure en lui disant que j'ai quelqu'un. Soudainement je pense à Jahia, je devrais la prévenir non ? Je prends tout de suite mon portable mais celui-ci est cassé. Cela me déprime tout de suite.
- Si je peux te rassurer sur une chose, tu n’as rien à craindre de moi. Je ne poserai pas la main sur toi. Ne le prend pas mal. T’es bien jolie, mais je pourrais être ton père ou presque. Et si j’ai bien compris, on doit avoir les mêmes goûts en matière de femmes.
Une nouvelle fois il arrive à me faire rire.
- Je ne le prends pas mal... Je n'ai jamais vraiment su ce que je préférais dans le fond et puis elle est arrivée... Peu importe l'orientation des gens tant qu'il y a de l'amour n'est-ce pas ?
Je ne peux pas lui dire qu'elle est tout simplement la première car je n'ai laissé personne m'approcher. Je n'y arrivais pas à cause de mon passé.
- Hey, ne t’en fais pas. Envoie-lui un SMS si tu veux ? La rassurer, ou au moins lui dire que tout va bien. Je te ramènerai dès qu’on aura terminé.
Je regarde le téléphone ne sachant pas trop quoi faire.
- Vous croyez que je dois lui envoyer quelque chose... Je vais plus l'inquiéter qu'autre chose... Je pourrais lui envoyer un message demain matin comme ça elle pourra venir me voir directement...
Mais j'ai peur qu'elle m'en veuille de ne pas lui avoir envoyé un petit mot...
- Y a toujours une solution, Bucky. Demain sera un autre jour, en attendant appelle-la si tu veux – je suis illimité – et mange ton repas. Intégralement. Après, que tu le veuilles ou pas, on ira sur la piste de danse. Je déteste danser aussi, je ne sais pas danser. Mais on va le faire, ensemble. Et tu verras, tu te sentiras mieux.
Finalement je tape son numéro et écrit un petit message.

Coucou ma belle, c'est Bucky. Mon portable est cassé et je voulais te dire que j'allais bien. J'aimerais beaucoup que tu passes me voir demain matin s'il te plaît, j'ai envie de te voir et d'avoir des câlins.
Bisous, à demain j'espère.


Je l'envoie et rends le portable à Alaric.
- Merci beaucoup.
Je regarde finalement la piste de danse et fronce le nez.
- Vous voulez vraiment aller danser ? Vous aimez pas ça, moi non plus, pourquoi se faire du mal ? Je demande en souriant, mais inquiète.
Seulement je vois bien qu'il est on ne peut plus sérieux.
- J'aurais dû prendre de l'alcool, je grogne avant de prendre une gorgée. Mais on fait ça vite... J'ai faim et ce burger est vraiment bon...
Et puis un burger froid c'est moche et cela me permet de me dire que la danse ne sera pas trop longue.
Je me redresse alors, inquiète alors qu'on se rapproche de la piste de danse. Je regarde les gens danser et je me tends un peu. Je crois qu'il ne se rend vraiment pas compte de ce que je suis en train de faire là. Il dit que je vais me sentir mieux ? Je n'en suis vraiment pas certaine...
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Ven 11 Aoû - 19:20


Il existait peu de choses qui ravissaient Alaric – au point de pouvoir dire qu’il en avait les étoiles pleins les yeux. A vrai dire, il n’était pas certain que l’on puisse les percevoir car il était passé maître dans la matière de camoufler ses émotions – aussi bien positives que négatives. Mais s’il avait pu, comme Bucky à cet instant, avoir les étoiles pleins les yeux sans doute aurait-il pu les avoir devant un combat de boxe. Lors d’une course automobile, pourquoi pas. Lorsqu’on lui apportait son repas favori – ou n’importe quel repas d’ailleurs – sur la table. Lorsqu’il prenait une bonne douche après une dure journée de travail et qu’il pouvait enfin se poser avec une bonne bière bien fraîche. Ou lorsqu’on lui annoncerait que la maladie de Dan avait disparu – mais ça, c’était une autre histoire, un autre rêve. Mais les étoiles qu’il pouvait clairement voir dans le regard de Bucky quand le monde de la magie, son monde, entra en jeu était quelque chose de fascinant. « D’accord, tu me fais ce coup-là maintenant, mais tu m’en feras un plus recherché après, ok ? Parce que ce tour-là, tout le monde le connait même si je suis incapable de le faire, » la taquine-t-il légèrement, décidé à rester sur le ton de la bonne humeur et de la plaisanterie. Il choisit une carte. Roi de Pique. Cette idée le fit sourire. Il était un homme – loin d’être un Roi, mais pourquoi pas après tout – et le pique pour la mauvaise graine, pensa-t-il amèrement. Sans afficher la moindre émotion, il la repose dans le tas comme elle le lui a demandé et ne la quitte pas des yeux – peut-être pour être sûr qu’elle ne triche pas. « La magie a toujours été une échappatoire pour moi, quelque chose qui émerveillait les gens et qui faisait que je n'étais pas cette petite fille si étrange et... Vivant des choses trop vite », ajoute-t-elle plus lentement à la fin de sa tirade. Cela accentue le malaise et la sensation désagréable que la jeune fille a connu des choses qu’elle n’aurait pas dû connaitre à un âge trop jeune. Mais cela lui donnait-il l’autorisation de poser les questions ? Avait-il le droit de savoir ? Avait-il le droit de sonder son âme ? Se sentir proche d’elle et avoir l’impression de la connaitre, ou en tout cas d’avoir plus de points communs avec elle qu’avec n’importe qui d’autre, ne lui donnaient aucune autorisation sur elle. Alors il ronge son frein. Alors, il serre les dents. Alors, il serre les poings. Alors, il attend. « Hum, je vois ce que tu veux dire. La boxe a eu le même effet sur moi, » partage-t-il. Pour la première fois avec quelqu’un. Parfois, il arrivait que l’on se confie et que l’on avoue des choses à des étrangers. Et parfois, il arrivait que ça soulage et que ça libère. Peut-être est-ce aussi pour cela qu’il évoque son passé de voleur résolu. Peut-être qu’il est extrêmement simple de se laisser avec elle, tout simplement parce qu’il existe un feeling qu’il n’a jamais trouvé avec quiconque auparavant. Et peut-être que c’est une excellente actrice, une espionne qui pourrait fort bien le nuire ou foutre sa vie en l’air s’il osait en dévoiler trop – mais là, son côté paranoïaque et méfiant ressortait trop. Elle en revient à son tour de magie, et il doit admettre qu’elle le bluffe quand la carte semble scellée sous le verre de la table. « Je ne crois pas que je pourrais jamais comparer ce que tu viens de faire avec ce que j’ai pu faire dans le passé. Voler était un moyen comme un autre d’exister pour moi – et de survivre. Mais jamais un hobbie. Jamais une passion. Jamais un univers qui faisait rêver. Ce que tu fais, et quand tu le fais… c’est réel, c’est puissant et c’est grandiose. Je ne sais pas, moi ça m’impressionne en tout cas, » ajoute-t-il en haussant les épaules, légèrement gêné de sortir tant de compliments en une seule phrase – lui qui n’en sort habituellement jamais. Dans ces cas-là, c’était toujours mieux de changer de conversation et d’écarter le malaise, bien qu’il ne soit pas non plus insurmontable. « Est-ce que tu as la moindre idée du nombre de femmes qui seraient prêtes à t’arracher les cheveux pour ce que tu viens de dire ? Bouffer du nutella à toi toute seule en une journée, on aura tout entendu. Je suis capable de manger deux kebab, une pizza, deux burgers avec leurs frites et d’accepter une invitation au resto’ pour un seul et même repas – quand tu sauras faire ça, on en reparle, » qu’il lui sort en croquant dans son énorme burger avec joie et exagération. « Tu l’as dit, je te défie de finir avant moi – mais je vais être gentleman et ne rien parier parce que c’est probablement impossible. Un jour peut-être – après quelques années d’expérience et de préparation, » qu’il sourit en sachant que ça ne pourrait jamais arriver. Il était imbattable quand il s’agissait de la bouffe. Ou presque. On pouvait facilement le comparer à Joey Tribiani – et on lui avait même sorti qu’il était pire. Il s’était d’ailleurs offusqué. Il partage volontiers son repas, LUI !

« Si je peux te rassurer sur une chose, tu n’as rien à craindre de moi. Je ne poserai pas la main sur toi. Ne le prend pas mal. T’es bien jolie, mais je pourrais être ton père ou presque. Et si j’ai bien compris, on doit avoir les mêmes goûts en matière de femmes. » Et il est le dernier à juger qui que ce soit sur son orientation sexuelle, sa couleur de peau ou ses croyances religieuses. Il faisait partie de ces gens qui se MOQUAIENT royalement de ce que les autres pensaient, faisaient ou ce en quoi ils pouvaient croire, tant que ça ne changeait rien à sa vie et qu’on lui foutait la paix. Untel pour épouser untel – qu’est-ce qu’il en avait à carrer ? « Je ne le prends pas mal... Je n'ai jamais vraiment su ce que je préférais dans le fond et puis elle est arrivée... Peu importe l'orientation des gens tant qu'il y a de l'amour n'est-ce pas ? » La bouche pleine, il ne peut répondre mais ce n’est pas plus mal. Il se contente de grogner vaguement un « bien sûr ». L’amour, ce n’est vraiment son domaine. L’amour, c’est vraiment pas un sujet qu’il maîtrise. Et l’amour, c’est pour les autres mais certainement pas pour lui. Et il ne pensait pas du tout à elle quand le sujet débarquait sur le tapis comme à cet instant. Absolument pas. Du tout. Il ne la connaissait pas de façon. Il ignorait beaucoup trop de choses sur elle. Alors l’aimer ? Attirer, sans doute – il restait un homme, non ? – mais après ça, macache-walou comme on disait en France. « Je ne suis pas la meilleure personne pour te conseiller là-dessus, Bucky. Je suis un éternel célibataire, endurci et les divers protocoles d’un couple – comment dire – me sont totalement inconnus. Je dirais juste qu’un message, ça peut faire plaisir – je suppose, » ajoute-t-il en pensant justement que les peu de messages qu’Elinor lui avait envoyés lui avaient actuellement fait plaisir… alors quand on était amoureux ? Oui, sans doute. Définitivement. « Je t’ai surtout dit de manger d’abord, de prendre des forces et après… oui. Nous irons danser, » la retint-il quand elle se décide à le suivre malgré son terrible manque d’envie flagrant. Il aurait presque pu en rire, tellement il avait l’impression de l’envoyer au bagne. Mais il se contente de la retenir doucement par le bras, avant de la relâcher pour ne pas l’effrayer. « Bucky, je ne suis pas ton père, je ne suis pas ton frère, je ne suis personne. Jamais je ne te forcerai à faire quelque chose qui te mette mal à l’aise – juste à manger ton repas, » dit-il en lui faisant signe de s’assoir. « Faut que tu saches que je ne suis pas un bavard. Si, vraiment. Je ne parle pas beaucoup, je grogne. Je ne plaisante pas souvent, je suis sarcastique. Je ne suis pas le genre à faire la charité pour avoir bonne conscience, je le fais car ça fait partie de moi. Et je ne suis pas le genre à me forcer à faire quelque chose pour faire plaisir – danser ? Je déteste ça. Mais si ça peut te faire oublier ces enfoirés et ce qui s’est passé ce soir, si ça peut te faire sourire et si ça peut soulager ta peine… je suis prêt à le faire. Parce que c’est ce que je suis, » qu’il se justifie finalement en haussant de nouveau les épaules. Il ne s’était jamais autant révélé à qui que ce soit. Jamais. Pas même à Dan. Et, légèrement mal à l’aise d’avoir osé le faire, il lui adresse un léger sourire, se lève et recule sans la quitter des yeux. Il s’immobilise une fois sur la piste, et sans la quitter des yeux encore une fois, il commence à bouger légèrement, à la Will Smith dans « Hitch » - oui il se rappelle vaguement de ses cours à la con.

Juste pour la voir sourire. Juste pour la voir rire.



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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Mar 15 Aoû - 20:50

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
Je dois avouer que ces compliments me font rougir. J'ai confiance en mon talent, je donne tout à la magie, mais je ne sais pas pourquoi quand cela vient de cet homme cela prend un autre sens, quelque chose de plus précieux. Je ne le connais pas depuis longtemps, seulement j'ai l'impression de le connaître depuis toujours. Vous savez cette sensation d'avoir une personne, après un simple bonjour on sait qu'il va être quelqu'un d'important. Même si on n'a pas vécu la même chose, je peux voir dans son regard qu'il a vécu des choses difficiles, qui forgent un homme dans le bon comme le mauvais sens. Ses mots semblent plus précieux que ceux que peuvent dire les autres personnes, parce que lorsqu'il dit quelque chose, il est plus que sincère. C'est ce qui rend ses compliments plus précieux. Même lorsqu'il me dit que les femmes jalousent ma ligne je le prend comme un compliment. Je le pense aussi, je me sais chanceuse pour le coup parce que si j'avais une morphologie normale, je serais en surpoids sans le moindre doute. La nourriture, le Nutella en particulier a toujours été là lorsque moi je n'allais pas bien. Autant dire que dans mon  enfance et adolescence, il a souvent été présent. Et franchement, en cet instant ce burger est la meilleure consolation par rapport à cette soirée traumatisante que je viens de vivre.
- Tu l’as dit, je te défie de finir avant moi – mais je vais être gentleman et ne rien parier parce que c’est probablement impossible. Un jour peut-être – après quelques années d’expérience et de préparation.
Je ne peux m'empêcher de sourire grandement. A sa façon de le dire la chose cela semble naturel. Il parle d'années de préparation avant de parier, ce qui laisse sous-entendre que nous allons refaire cela et que cette soirée n'est que le début d'une grande amitié. Je ne peux m'empêcher de sourire même en mangeant demandant conseil sur ce que je dois faire avec ma petite amie... Lui envoyer un sms, l'appeler ? Je ne sais même pas quoi faire car je n'ai jamais connu cela auparavant.
- Je ne suis pas la meilleure personne pour te conseiller là-dessus, Bucky. Je suis un éternel célibataire, endurci et les divers protocoles d’un couple – comment dire – me sont totalement inconnus. Je dirais juste qu’un message, ça peut faire plaisir – je suppose.
J'écris alors un sms avant de lui rendre son téléphone. Je lui demande alors s'il souhaite vraiment danser parce qu'il semblait très sérieux il y a quelques minutes. Je ne sais vraiment pas en quoi ça peut aider, je ne le fais jamais parce que je déteste le contact avec les gens et pourtant, il me permet de me lever un peu plus haut. Je me prépare alors à y aller, prenant mon courage à deux mains mais il me stop en me touchant le bras. Si j'avais pu sursauter, ce n'est pas le cas avec lui. Sa pression est douce, certainement aussi dû au fait que j'ai ce bandage qui cache mes coupures.
- Je t’ai surtout dit de manger d’abord, de prendre des forces et après… oui. Nous irons danser.
Je le regarde droit dans les yeux et me mordille la lèvre inférieure, reprenant doucement mon repas.
- Bucky, je ne suis pas ton père, je me sens pâlir un peu et faire une légère grimace en entendant le mot "père" c'est toujours comme ça, je ne suis pas ton frère, je ne suis personne. Jamais je ne te forcerai à faire quelque chose qui te mette mal à l’aise – juste à manger ton repas.
Je m'assois et continue de l'écouter avec attention.
- Faut que tu saches que je ne suis pas un bavard. Si, vraiment. Je ne parle pas beaucoup, je grogne. Je ne plaisante pas souvent, je suis sarcastique. Je ne suis pas le genre à faire la charité pour avoir bonne conscience, je le fais car ça fait partie de moi. Et je ne suis pas le genre à me forcer à faire quelque chose pour faire plaisir – danser ? Je déteste ça. Mais si ça peut te faire oublier ces enfoirés et ce qui s’est passé ce soir, si ça peut te faire sourire et si ça peut soulager ta peine… je suis prêt à le faire. Parce que c’est ce que je suis.
Je cligne des yeux rapidement. Cet homme s'ouvre à moi sans me connaître. Ressent-il aussi cette attraction. Ce n'est pas amoureux, ni sexuel, mais véritablement un coup de foudre amical (si cela existe). Pour quelqu'un qui n'est pas bavard, il vient d'en dire des choses.
- Je ne vous connais pas... Si peu mais vous avez déjà fait tellement pour moi... Je vais arrêter de vouvoyer aussi pour parler sincèrement. Je ne fais pas confiance aux gens, même ceux qui doivent être les plus importants peuvent être les plus... dangereux et te faire perdre tout. En quelques heures, tu as su me montrer que tu étais l'une des personnes les plus fiables que je connaisse. Traite moi de folle si tu veux, mais j'ai une confiance absolue en toi... Tu as une force que je n'ai jamais eu...
Il va me prendre pour une folle c'est certain, à parler de cette amitié alors qu'il va peut-être me laisser devant chez moi après pour ne plus jamais revenir dans ma vie. Je dois avouer que cette pensée me pince un peu le cœur. Soudainement, il se redresse et je fronce les sourcils, intriguée. Est-il en train de me fuir ? Seulement, quand je le vois s'éloigner en moon walk, je me pince les lèvres pour ne pas rire. Et le voilà sur la piste de danse et là je ne tiens plus. Il semble aussi à l'aise qu'un pingouin au milieu de la savane et j'éclate tout simplement de rire. Bon sang cet homme est fou, mais je le sens en cet instant, tellement précieux... Je ne suis plus hésitante et me redresse avant de le rejoindre. Ne montrant aucune honte, je commence la danse des canards et rigole.
- C'est la seule danse que je connais !
Et nous voilà, dansant comme des imbéciles, forgeant une amitié peu commune, unique même. Ce genre d'amitié que nous avons qu'une seule fois dans notre vie. Sans que je ne m'en rende vraiment compte, je viens de rencontrer celui qui va devenir, sans nul doute, mon meilleur ami.
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