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 Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky

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Bucky Swan
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DATE D'INSCRIPTION : 29/03/2016
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MessageSujet: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Ven 17 Mar - 14:38

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
Encore une soirée bien chargée, il faut dire que le bar est rempli. Pour un jeudi soir, on fait franchement un super chiffre. C'est Elias qui doit être content. Je ne peux m'empêcher de pouffer de rire en l'imaginant dans son bureau en train de jeter les billets en l'air avant de se rouler dedans. Je sais que ce patron semble tyrannique mais je crois que je l'aime bien. Et pour une raison que j'ignore, j'ai beau lui tenir tête de temps en temps, ba il me vire pas. Je crois qu'il aime bien quand je fais des tours de magie, et puis surtout je suis super douée il faut se l'admettre. Ma façon de faire tourner les bouteilles aussi attire les clients qui consomment plus. C'est fou, ça marche comme en magie, on les embobine et ça marche. Enfin je ne vais certainement pas me plaindre, sans ce boulot je m'en sortirais pas spécialement.
Bon il m'a déjà dit une ou deux fois que j'étais viré, mais je ne l'ai jamais pris au sérieux. Je crois qu'il m'aime trop pour ça. Chaque fois je me repointe le lendemain, il me regarde, je le regarde, il me regarde encore, on se regarde, et puis il grogne avant d'aller dans son bureau. Ouais le grand amour entre nous je crois !
Je suis en train de servir un groupe d'étudiants. Ils commencent à être bien éméchés et plus ils boivent, plus ils parlent fort. Cela a le don de me faire rire pour le moment, bon point.
- Ouais ! Regarde comme elle est bonne celle-là !
- En plus elle sert l'alcool comme une putain de déesse !
Attendez, ils parlent de moi là. Je fronce le nez et fais semblant de ne rien avoir entendu. L'un d'eux agrippe mon poignet quelques secondes, et je ne sais comment je fais pour me retenir de le baffer. Seulement il la retire rapidement ce qui me permet de reprendre une respiration plus ou moins normale.
- Hey poupée, t'es jolie, t'as quelqu'un dans ta vie.
Je le regarde avec méfiance, mes pensées s'envolant directement vers Jahia.
- Ouais, quelqu'un de bien mieux que des pauvres prépubères bourrés.
Il se recule en fronçant le nez, vexé, même ces potes semblent vexés si bien que j'ai l'impression d'avoir foutu un vent à tout le groupe (c'est certainement ça). Enfin j'ai clairement d'autre chose à faire moi, je dois partir de là pour servir une table. Je donne une tape sur l'épaule d'un de mes collègues. Pas besoin de parler, il a entendu l'échange et sait que je lui demande de s'occuper d'eux maintenant.
Je récupère mon plateau, sort du comptoir et me dirige vers la table de filles qui gloussent aussi fortement. Je tente de garder la tête haute, surtout que je dois passer à côté du groupe de jeunes débiles  prépubères et certainement encore puceaux. Je ne fais pas attention à eux, mais je sens leurs regards sur moi. Alors que j'avance, je ne vois pas l'un d'eux tendre son pied. Je tombe sans ménagement, les boissons se renversent, les verres se brisent et moi je me retrouve avec du verre dans la main et sur le bras. Alors que je suis assise par terre, me tenant la main alors que je commence à saigner, l'un d'eux, celui que j'ai rembarré se met à ma hauteur et agrippe mes cheveux.
- Alors ma belle, toujours envie de dire non ? Je peux te soigner moi, je peux même te faire des trucs qui te feront hurler toute la nuit.
J'aimerais me défendre, mais sa façon de faire, sa façon de me regarder, sa façon de parler me ramène une quinzaine d'années en arrière. Je me retrouve soudainement projetée dans ma chambre d'enfance.
- Alors Rebecca, on ne va pas faire de bruit hein, parce que si tu en fais, je vais devoir aller voir ta petite sœur pour te punir...
- Non... Non pas Fiona...
- Alors tu vas rester sage Rebecca et faire tout ce que je te demande...

Le jeune homme tire un peu sur mes cheveux alors que son visage s'approche du mien. Je sens son autre main se mettre autour de ma nuque afin d'approcher mon visage. Il va m'embrasser, je le sais, et si cela peut paraître anodin, nul, quelque chose que tout le monde fait, j'ai tout simplement envie de vomir... Je veux hurler, mais je suis incapable du moindre geste, je le regarde paniquée alors que je sens les larmes me monter aux yeux. Je ne sens même plus la douleur au niveau du bras, je me sens juste tétanisée, incapable de me défendre, une nouvelle fois...
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Lun 17 Avr - 15:00


Il n'était pas un grand friand des bars - encore moins des boîtes branchées. Il n'était pas du genre à passer ses soirées à boire un coup avec des potes, rire de leurs blagues stupides ou même drôles. Il n'était pas du genre à sortir la nuit - sa seule extravagance étant d'être le grand organisateur de combats illégaux que beaucoup d'adrénaliens adoraient. Non. Décidément, il n'était pas à sa place ici. Ou ailleurs. Il s'était rarement senti à sa place nulle part à vrai dire. Sauf qu'on fêtait l'anniversaire de Finn. Et que Finn avait 21 ans. Et que Finn était sa nouvelle recrue. Et que Finn bossait bien. Il n'avait pas su dire non à l'invitation, se promettant de boire un verre et de prétexter ouvrir tôt le lendemain. Tout le monde le connaissait plutôt bien depuis le temps, aussi on ne le croirait pas, mais on ne lui en tiendrait pas rigueur. Il était venu et avait fait l'effort de grogner et de souhaiter un petit "happy birthday" au jeune homme. C'était déjà bien plus qu'il n'était capable de faire en temps normal. Qu'on ne s'attende pas à le voir exploser de rire ou participer aux conversations dont il n'avait absolument rien à dire. Alaric n'était pas quelqu'un de sociable, et il considérait avoir peu d'amis. Pourtant, malgré son caractère de merde et d'ours mal luné, eux semblaient l'adorer et le respecter tel un Dieu. Il faisait celui qui s'en moquait en général, mais au fond de lui cette confiance et ce dévouement le touchaient profondément. " Je tenais à te remercier, patron, " que vient lui dire Finn quelques secondes plus tard. " Je sais que je n'avais aucune expérience et vous m'avez donné une chance malgré tout de faire mes preuves... " qu'il continue avant que Ric ne le stoppe net, une main sur son épaule et les yeux dans les siens. " Tu as appris à me connaître gamin, et tu sais ce que je pense des merci en tout genre. T'as gagné ta place, tu ne le dois qu'à toi-même, ok ? Si t'avais glandé et si tu n'avais pas faire l'affaire, crois-moi, on ne serait pas ici à célébrer ta majorité, " qu'il lui rappelle tout en sirotant sa seule et unique bière. Il n'était pas un grand amateur d'alcool mais savait apprécier une bière fraiche quand elle lui était offerte. Se délaissant un instant de ses amis et employés - oui parfois ça allait de paire - son regard s'attarda légèrement vers une bande de jeunes qui semblaient plus éméchés qu'ils ne le devraient à leur âges. Il n'était personne pour juger - encore moins un flic pour faire la morale - mais cela lui rappelait des souvenirs lointains. Quand il passait le plus clair de son temps en compagnie de Lou, qu'il leur arrivait de passer une soirée dans un bar, principalement pour rendre la vie infernale à ses parents. Il aimait la voir se lâcher complètement sous l'effet de l'alcool. Il aimait la voir lâcher prise dans ces moments là - bien plus que le fait qu'elle boive. Cependant, elle n'avait jamais abusé de l'alcool de telle sorte qu'elle fut incapable de marcher, de parler ou d'échapper à la réalité. De là où il se tenait, la joueuse bande semblait malsaine et l'alcool semblait les rendre plus sauvages qu'à l'accoutumée - du moins le percevait-il ainsi.

La jolie blonde qu'ils semblaient reluquer n'avait pas échappé au regard d'Alaric. Elle avait fait quelques tours de magie quelques minutes plus tôt et manipulait les bouteilles d'alcool d'une main de maître qui l'avait surpris et - il devait le reconnaître - impressionné. Elle semblait agacée d'être le point de mire de ces jeunes mal en point et il ne pouvait que la comprendre - il détestait être le centre de l'attention. De loin, il aperçut la scène et - s'il préférait en temps normal rester loin des problèmes en tout genre et surtout de ce qui ne le regardait pas - il ne lui pas deux secondes avant de les rejoindre pour venir en aide à la jeune femme. Elle était assise au sol, le bras et la main légèrement ensanglantés, et l'un des jeunes la tenait par les cheveux. Dire qu'il vit rouge était un euphémisme. Il n'était pas un homme bien, mais il n'était pas un homme friand de ce genre de comportements envers les femmes. Et le pire dans tout ça était que personne ne semblait prêt à lui venir en aide. Certains passaient à côté, avec à peine un regard. D'autres observaient de loin, sans bouger. Il était écœuré par ces couilles-molles qui se prétendaient humains. Il ne lui fallut que quelques secondes pour les rejoindre, attraper le gamin par les cheveux, tout comme il l'avait fait avec elle, et le forcer à se relever pour lui faire face. Il se serait sans doute rebeller face à un autre homme, mais Alaric savait se montrer imposant et intimidant. " C'est pas très gentleman de ta part, ça, " qu'il lui dit sans le lâcher. " T'aime bien que je te tienne par les  cheveux comme ça ? T'aime bien que je te parle aussi près de ta gueule ? " questions auxquelles les réponses se font fortement négatives. " Alors, tu t'excuses auprès de la jolie magicienne. Et tu promets de ne jamais plus l'approcher - elle ou une autre d'ailleurs. On va mettre ça sur le compte de l'alcool et de tes abrutis d'amis, " ajoute-t-il en leur lançant un regard qui les fait tous baisser la tête. " Vous allez rentrer sagement chez vous et repenser à l'énorme erreur que vous vous apprêtiez à commettre. Et la prochaine fois vous réfléchirez à deux fois avant de boire plus que de raison, hum ? " termine-t-il en le relâchant. Il attendit qu'ils aient tous déguerpi avant de se tourner vers la jeune femme et de lui tendre la main. " Ça va aller ? " qu'il lui demande les sourcils froncés le regard sur ses entailles. " Faudrait désinfecter, sans quoi ça risque de ne pas être joli. Et vous devriez faire attention quand vous partirez. Je les ai peut-être fait fuir mais rien ne les empêchent d'attendre dehors que vous terminiez... " il ne le dit pas pour l'effrayer, mais bien pour qu'elle se montre prudente. Il détestait ces endroits également pour ce genre de cas. La plupart des hommes étaient des prédateurs. Se croyant tout permis sous prétexte que le client était roi. Ils en oubliaient les bonnes manières. " Vous finissez dans longtemps ? " qu'il finit par lui demander malgré lui. Simplement parce qu'il serait plus rassuré si elle rentrait saine et sauve.

Il n'était pas un homme bien.



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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Lun 17 Avr - 22:20

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
Qu'est-ce qu'il se passe ?
C'est tout ce qui me traverse l'esprit en cet instant, c'est la seule question cohérente qui tourne dans mon esprit sans pour autant trouver une réponse convenable. J'ai l'impression d'avoir perdu toute notion de temps, de lieu même. Je n'ai qu'une seule impression c'est de redevenir une enfant, ou encore cette adolescente qui n'a rien compris à ce qui lui arrivait au fur et à mesure des années. Avec cela reviennent mes réflexes d'avant, celui de l'incompréhension, celui du regard grand sans que cela ne fasse quoi que ce soit, celui des larmes aux coins des yeux que je réprime le plus afin de ne pas donner satisfaction au monstre qui me fait du mal, celui de la muette, n'hurlant pas, ne gémissant pas, ne suppliant pas. Avec cela, je tente de trouver une échappatoire, quelque chose qui fera que ce moment ne sera pas aussi terrible que ce que j'ai pu vivre. C'est idiot, mais petite je regardais le plafond, et j'imaginais que celui-ci était ouvert et que je pouvais ainsi regarder les étoiles. Par moments je pensais qu'elles se moquaient de moi, qu'elles regardaient le spectacle en se disant que je le méritais, à d'autres je songeais au fait qu'elles éclairaient un passage afin de quitter l'endroit de mon malheur, de ma peur, de ma pathétique existence. Mais les étoiles sont si loin, seul la mort de mon bourreau m'a libéré... Partiellement du moins. Car malgré tout, malgré les années et cette séparation corporelle, je me sens salie, misérable, pathétique, triste, vide, folle, instable, désenchantée, malheureuse, vulnérable, nulle, minable, disjonctée, bouleversée, anxieuse, instable, résignée...
C'est ça, je suis tout simplement résignée à ce qu'il a fait de moi. Avec le temps j'ai travaillé sur cela, je sais que je ne méritais pas ce qui m'est arrivé, que je n'étais pas une méchante petite fille, que je n'étais pas tout cela, que je n'étais pas là que pour satisfaire son bon plaisir. J'ai appris à savoir surtout que je n'étais pas un objet, et ça, ce fut le plus difficile à croire. Il m'arrive encore par moments de douter, de flancher sur cette définition de moi-même. Cela se passe dans des moments comme je peux vivre en cet instant. Je redeviens l'objet qu'on blesse, qu'on manipule, qu'on maltraite, qu'on utilise et qu'on jette comme un vulgaire déchet.
Alors je cherche mon échappatoire afin de me protéger. Mais en cet instant je ne peux pas regarder le plafond du bar. Je ne peux pas regarder autre chose que le visage de cette personne qui est en train de s'approcher, sur le point de m'embrasser, sur le point de me faire un mal inimaginable. Et je redeviens une chose... Une chose qu'on utilise à sa guise afin de satisfaire un besoin luxurieux, une chose qui ne mérite pas grand-chose si ce n'est de servir l'homme afin qu'il se vide. Une chose. Toute petite chose.
Je ne sais plus comment réagir, je ne sais plus comment faire, je ne sais plus parler tout comme je ne sais plus comment me servir de mon corps. Avec le temps j'ai perdu toute l'envie de lutte, j'ai perdu tout espoir de résister, j'ai perdu ma foi en l'être humain et plus particulièrement en l'homme. Toutes mes peurs m'assaillent à nouveau alors que ce jeune homme tire sur mes cheveux. Son regard semble fou, presque aussi fou que pouvais l'être papa, son haleine me dégoûte autant que celle de papa, son touché me donne envie de vomir comme le touché de papa a pu me faire cet effet.
Je finis par fermer les yeux, me disant que c'est fini, qu'il semblerait que la vie, ou le destin me prouve que je ne sois bonne qu'à ça. Je les rouvre surprise quand je sens le poids se défaire de mon corps.
- C'est pas très gentleman de ta part, ça.
Je cligne des yeux rapidement en regardant un homme, grand, si grand, tenir tête au garçon qui voulait m'embrasser.
- T'aime bien que je te tienne par les cheveux comme ça ? T'aime bien que je te parle aussi près de ta gueule ? Alors, tu t'excuses auprès de la jolie magicienne. Et tu promets de ne jamais plus l'approcher - elle ou une autre d'ailleurs. On va mettre ça sur le compte de l'alcool et de tes abrutis d'amis. Vous allez rentrer sagement chez vous et repenser à l'énorme erreur que vous vous apprêtiez à commettre. Et la prochaine fois vous réfléchirez à deux fois avant de boire plus que de raison, hum ?
Son ton me fait frissonner. Il fait peur et même si dans le fond je sais qu'il est en train de me sauver, mon instinct de petite fille ayant pris le dessus fait que je me recule un peu. Je tiens mon bras blessé proche de moi et mon dos finit par buter contre le comptoir.
- Désolé, dis le garçon, la voix tremblante avant de sortir avec sa bande sans plus de discours. Mais je ne suis pas en état de considérer ses excuses, encore moins de comprendre ce qu'il vient réellement de se passer.
Je le vois finalement me tendre la main que j'observe comme la chose la plus effrayante au monde. Je crois qu'il veut que je la prenne, seulement je ne bouge toujours pas.
- Ca va aller ?
Est-ce que ça va aller ? Je me pose moi-même la question. Cela faisait un moment que je n'avais pas fait une crise aussi grosse, c'est fatigant, autant physiquement que psychologiquement. Je finis par poser mon regard sur lui. Par un certain égard, il me rappelle mon frère, Raphaël. Sa force de caractère, cette puissance qu'il dégage, un charisme aussi qu'on ne peut lui retirer. Je n'ai toujours pas parlé qu'il finit par reprendre la parole :
- Faudrait désinfecter, sans quoi ça risque de ne pas être joli.
Je pose mon regard sur mon bras où le sang coule, observant les bouts de verre encore dans ma chair. Pas jolie ? Est-ce que cela importe vraiment ? J'ai des cicatrices bien plus profondes que cela, et celle-là on ne peut pas les guérir, et elles, elles ne sont pas jolies...
- Ce... Ce n'est pas important...
Je finis par poser ma main valide par terre et je me redresse, dos toujours contre le comptoir. Même une fois debout, cet homme fait bien une tête de plus que moi. Je le regarde droit dans les yeux, intimidée d'une certaine manière, sous le choc encore certainement.
- Et vous devriez faire attention quand vous partirez. Je les ai peut-être fait fuir mais rien ne les empêchent d'attendre dehors que vous terminiez...
Je fronce les sourcils. M'attendre dehors ? Il pourrait me faire du mal... Vraiment... Je sens ma respiration se faire plus rapide, je crois que je vais faire une crise de panique et rien ne peut me calmer ici. Il n'y a pas ma peluche, pas ma famille, pas ma maman...
- Vous finissez dans longtemps ?
Je ne l'écoute pas vraiment...
- Elle peut partir maintenant, j'entends murmurer Naïa.
Est-ce qu'elle a vu la scène ? Est-elle aussi choquée que moi ? Vient-elle seulement d'arriver ?
- Je peux fermer le bar toute seule, elle doit rentrer chez elle... Bucky, ca va aller hein ?
Je sens sa main se poser sur mon épaule et je sursaute avant de me tourner vers elle... C'est Naïa, ma collègue, je ne dois pas avoir peur...
- Je... Je vais rentrer oui...
Sans même réfléchir, je marche vers la sortie. Je ne prends même pas ma veste. Est-ce qu'au moins j'ai mes clés sur moi ? Je n'ai pas de voiture en tout cas, je vais devoir rentrer à pied. Une fois dehors je regarde à droite, à gauche pour voir si les autres ne m'attendent pas...
- Je dois rentrer chez moi, je murmure plus pour moi-même que pour quelqu'un.
Je vais rentrer chez moi et certainement sombrer dans une crise que je n'ai pas eu à gérer depuis un brave moment... Cela risque d'être long... Difficile...
Qui a dit qu'on pouvait réparer les choses brisées ?
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Alaric Winchester
Admin Ours Brun
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Sam 29 Avr - 11:47


Il connaissait assez bien le monde de la violence. Il savait repérer les âmes malhonnêtes et sombres, comme il savait repérer les âmes naïves. N’avait-il pas été lui-même l’un de ces mauvais garçons dans le passé ? N’avait-il pas lui-même déjà agressé des personnes plus jeunes ? Des femmes ? N’avait-il pas déjà usé de la violence pour obtenir ce qu’il désirait ? Certes. Cependant, jamais il n’aurait abusé d’une femme. Il lui était arrivé d’en secouer quelques-unes – une en particulier – mais il ne se serait jamais permis de lever la main sur l’une d’elle. Même si Lou l’aurait largement mérité, et que sans nul doute elle lui aurait rendu au centuple. Non. Il abhorrait la violence envers les femmes, quelle qu’elle soit. Il connaissait le monde de la violence, car il la pratiquait toujours la nuit quand les âmes sensibles partaient au royaume des rêves, et que les monstres étaient de sortie. Il connaissait le monde de la violence, car lorsqu’il fermait les portes de son garage aux clients, il les rouvrait à ses participants pour faire couler le sang et faire jouer les poings. Il n’éprouvait aucun plaisir particulier à voir le sang couler – que l’on soit d’accord – mais il éprouvait un énorme soulagement lorsque lui-même usait de ses poings. Il éprouvait une liberté certaine lorsqu’il pouvait boxer, même si c’était rare. Il connaissait le monde de la violence, et bien qu’il lui apporte un réconfort difficile à comprendre, il ne la tolérait pas en-dehors de son garage. Il ne la tolérait pas quand elle était gratuite. Il ne la tolérait pas quand elle était malsaine. Et à ses yeux, la scène était malsaine et intolérante. A ses yeux, ces jeunes pré-pubères ne méritaient pas autre chose qu’une bonne raclée et une bonne leçon – ce dont il aurait été plus que ravi de leur donner. Quelques années plus tôt, il ne se serait d’ailleurs pas gêné et les aurait foutus dehors pour tous leur refaire le portrait – et il y serait parvenu haut la main. Aujourd’hui, il parvenait à tempérer son impulsivité et sa colère, il parvenait à réfléchir avant d’agir. Il espérait presque qu’ils attendraient à l’extérieur comme il les imaginait à cet instant, histoire de se défouler pour la bonne cause. Mais pour l’heure, il semblait plus concerné par l’état psychologique et émotionnel de la jeune fille plutôt que par la rouste que ces blaireaux méritaient. Il ne la connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, et il aurait dû s’en moquer royalement. Il aurait dû tourner les talons une fois qu’ils furent disparus. Il aurait dû retourner près de ses amis et collègues, à profiter de son verre. Bordel, en temps normal c’était d’ailleurs ainsi qu’il réagissait et non pas l’inverse. Pourtant, il reste là, face à elle, incapable de se détourner devant sa détresse et, de toute évidence, sa panique. « Vous saignez, » dit-il simplement. « C’est important, » ajoute-t-il. Le sang perle et le sang coule, bien que beaucoup seraient impressionnés, terrifiés et sans doute blêmes, la jeune femme lui semble habituée à ce genre de blessure – ou est-elle difficilement impressionnable ? « Elle peut partir maintenant, » entend-il d’une petite voix derrière la jeune fille, sans doute sa collègue. Peu importe, le fait est qu’on la libère de ses fonctions et qu’on l’autorise à quitter les lieux pour aller se soigner – et sans doute se remettre de ses émotions. Il en ferait de même avec ses employés et collègues dans une situation similaire, aussi hoche-t-il la tête en direction de la jeune brune, comme pour la remercier d’agir aussi humainement. Ridicule, elle est clairement plus humaine que lui.

Bucky, qu’il apprend son nom. A partir de cet instant, il se sait incapable de tourner le dos et de faire comme si rien ne s’était passé. A partir de cet instant, il se sait impliqué quoiqu’il choisisse. Parce que s’il connait le monde de la violence, il n’en connait pas moins le monde de la générosité – qu’il l’accepte ou non. Aussi la suit-il lorsqu’elle se relève et se dirige, tel un robot, vers la sortie. « Attendez, » entend-il de nouveau, le forçant à se retourner pour récupérer une veste, des clés et un téléphone portable. « Vous me les donnez à moi ? » demande-t-il les sourcils relevés, surpris d’une telle confiance, aveugle, stupide ou instinctive ? « Vous avez empêché beaucoup de choses ce soir, et vous êtes le seul. Ramenez-la saine et sauve, s’il vous plait ? » qu’elle termine sans réellement poser la question, mais il l’entend néanmoins. Un hochement de tête de nouveau et il rejoint Bucky qui pose à peine le pied dehors. Loin d’être idiot, il sait l’importance de ne pas surprendre les victimes d’agression, aussi ne pose-t-il pas la veste sur les épaules de la jeune femme, mais se poste à côté d’elle en attendant qu’elle perçoit sa présence. Un regard. « Mettez votre veste, vous allez attraper la mort sinon. Je vous ramène chez vous, » dit-il un peu bourru, comme à son habitude. « Vous aviez une voiture ? Quelqu’un peut vous la ramener ? Parce que je vous ramène dans la mienne, » lui explique-t-il simplement, comme s’il n’y avait pas d’autre solution. « J’ai une trousse à pharmacie dans la mienne. Je doute que vous en ayez une dans la vôtre, » ajoute-t-il la voyant immobile et hésitante – elle aurait été bien stupide de ne pas l’être. « Je peux tout aussi bien vous emmener à l’Hôpital, » propose-t-il alors tandis qu’elle ne bouge pas d’un pouce, la forçant à réagir. « cela dit, je suis du genre spécialiste des blessures de ce genre. Je vous laisse décider, » dit-il alors en se dirigeant vers sa propre voiture, à seulement quelques pas, non sans jeter des coups d’œil aux alentours. Au cas où. Et il a raison, car bientôt son champ de vision se modifie. Il a juste le temps de lever le bras pour contrer le coup qu’on lui porte – et malgré la douleur, c’est l’autre qui est surpris et paniqué. Ils sont trois, les trois imbéciles qui ont sans nul doute mal pris le fait de s’être fait virés comme des malpropres en public. Deux sur lui. Un vers elle. « J’espérais un peu que vous nous attendriez, » qu’il murmure, un léger sourire sur les lèvres. Il n’est pas du genre à se vanter, ni même à croire à une bataille gagnante d’entrée, mais l’alcool qui coule dans leurs veines et leur jeune âge ne les avantagent pas du tout. Aussi n’a-t-il que quelques coups à éviter, que quelques poings à leur balancer pour qu’ils se retrouvent à gémir sur le béton. D’un pas précis et fermé, il rejoint celui qui a préféré s’en prendre à Bucky – celui-là même qui lui tenait les cheveux quelques instants plus tôt. « Sérieusement ? T’es sadique au point de vouloir me tester ? Relâche-la, tout de suite, » menace-t-il lentement. « Qu’est-ce que ça peut te foutre, merde ? Je l’ai vu le premier, alors dégage et vas t’en trouver une autre, » qu’il ose lui répondre. Mauvaise réponse. Le gamin n’a pas le temps de faire le moindre geste qu’Alaric est déjà sur lui, lui broyant le bras dans le dos et lui empoignant la nuque pour lui faire plier l’échine.

Décidément. Il détestait la violence envers les femmes.

« Je. Déteste. Me. Répéter. Maintenant, » continue-t-il en broyant plus encore le bras, sa cible gémissant de douleur, « tu rejoins tes deux connards de potes et vous vous tirez d’ici vite fait avant que je ne vous laisse jouer dans la cour des grands. Et crois-moi, » qu’il ajoute plus doucement au creux de son oreille, « tu n’es pas prêt du tout pour la cour des grands, » qu’il lui promet comme une évidence. Il attend quelques secondes, quelques secondes de douleurs supplémentaires histoire que le message soit clair, et le relâche. Il ne faut pas plus de dix secondes pour ces imbéciles et ces enfoirés pour déguerpir.

Décidément. Il adore cette adrénaline qui court dans ses veines.

« Grimpe dans la voiture, » lance-t-il à Bucky, cette fois sans appel. Si à cet instant elle ne lui fait pas confiance, elle ne le fera jamais.


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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Lun 1 Mai - 0:15

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
Je connais le monde de la violence. La violence psychologique, la violence physique qui, si elle n'était pas spécialement visible, se fondait en moi comme la plus belle des pourritures. Cela passait par mes veines, altérant chaque battement de mon cœur, coulant comme un liquide sombre, drainant le peu de bonheur m'habitant, l'innocence, les sourires, la force, la foi, l'espoir. J'ai senti ce qu'on appelle l'intimité pourrir à chaque coup de hanche alors que je ne pouvais rien faire si ce n'est pleurer, garder les cris en moi tout comme cette détresse qui me rongeait de l'intérieur.
Je connais aussi le monde du silence. Celui qu'on partage avec le regard mais que personne n'ose comprendre. Celui qu'on tente de transmettre, un appel au secours qui passe inaperçu. Celui où les mots ne sont plus assez forts pour décrire ce que l'on vit, celui où l'on se bat pour ceux qu'on aime et qu'ils ne le savent même pas. Celui où on se laisse mourir à petit feu en se disant que peut-être, un monde où le silence règne ne peut être qu'un monde de paix.
Je connais le monde de la peur. Celui qui nous tient éveillé le soir quand un petit bruit se fait entendre, ou encore quand on croit avoir vu quelque chose dans le coin sombre là-bas. Celui qui nous fait trembler sous la couverture ou nous donne un frisson quand on entend la porte s'ouvrir alors que tout le monde dort. Je crois que ce monde-là ne m'a jamais vraiment quitté. Il réside dans les cauchemars, dans les souvenirs qui ne me quittent jamais vraiment, comme pour me rappeler qui je fus et pourquoi je suis ainsi aujourd'hui.
Je connais aussi tous ces mondes qui se collisionnent. Un flux de sentiments tellement intense qu'on en oublie qui on est. La violence nous maintient au sol, le silence nous force à oublier, la peur, quant à elle, rends tout ce qui nous entoure plus intense, dans le bon comme dans le mauvais sens.
Ce soir, tout semble aller de travers, tout semble se chercher, se mêler, s'entrelacer pour me faire revivre chaque monde que je pensais avoir quitté plus ou moins. Si je me donne l'image d'une femme forte, je suis tout le contraire, et ils ont tôt fait de s'en rendre compte.
Je viens de sortir du bar et je ne sais même pas où je dois aller.
Si.
Je dois rentrer chez moi.
Mais c'est où chez moi ?
Par là ?
Ou là-bas ?
Non, c'est là en fait ?
- Mettez votre veste, vous allez attraper la mort sinon. Je vous ramène chez vous.
Je sursaute et me tourne vers la voix. Mes yeux sont grands ouverts comme pour analyser tout ce qui m'entoure. J'ai eu tellement peur que ce soit eux, mais quand je vois son visage, le visage de quelqu'un qui a su répondre à mon message de détresse, je me sens un peu mieux...
Un peu...
Il a raison, j'ai froid. Seulement j'ai eu froid tellement d'année que cela n'a pas tant d'importance dans le fond. Car ce n'est pas la température qui me tétanise et me fais frisonner, mais bel et bien un état plus profond.
- Vous aviez une voiture ? Quelqu’un peut vous la ramener ? J’ai une trousse à pharmacie dans la mienne. Je doute que vous en ayez une dans la vôtre.
Je ne le regarde pas directement, réfléchissant sérieusement à sa question. Une voiture ? Une trousse à pharmacie ?
- Je peux tout aussi bien vous emmener à l’Hôpital, cela dit, je suis du genre spécialiste des blessures de ce genre. Je vous laisse décider.
Je le regarde un instant droit dans les yeux. Je vois bien qu'il essaye de m'aider, qu'il veut que je communique, qu'il veut en quelque sorte prendre soin de moi. Seulement je suis dans un état tellement second que j'ai beaucoup de mal à réagir, jusqu'à ce que je m'entende dire :
- Je... Je n'ai pas de voiture je viens à pied...
Je le regarde se diriger vers une voiture d'un pas assuré. Le simple fait de le voir s'éloigner de moi me donne envie de vomir.
Non... Je ne veux pas être seule...
Je cours presque pour aller près de lui quand soudainement je me fige. Un des hommes fonce vers lui et je le vois arrêter le coup. Seulement je ne vois rien de plus qu'un homme me fait soudainement face. Le même que celui dans le bar. Je sens soudainement les larmes couler sur mes joues alors que celui-ci tire à nouveau sur mes cheveux.
- Lâchez... moi...
Ma voix ressemble à un miaulement de chaton, pathétique, incompréhensible même, mais je n'arrive à rien dire de plus en cet instant.
Oui... Je connais bien le monde du silence... Celui où on se laisse mourir à petit feu en se disant que peut-être, un monde où le silence règne ne peut être qu'un monde de paix... Je ferme les yeux, aspirant à rejoindre ce petit havre de paix tandis que tout me guide vers l'enfer.
- Sérieusement ? T’es sadique au point de vouloir me tester ? Relâche-la, tout de suite.
- Qu’est-ce que ça peut te foutre, merde ? Je l’ai vu le premier, alors dégage et vas t’en trouver une autre
Ces mots me donnent envie de vomir. Seulement je n'ai pas le temps de réellement comprendre que la pression se détache à nouveau de moi. Je rouvre à peine les yeux, il s'est éloigné. Il ne m'en faut pas plus pour tomber à genoux et éclater et vomir pour de bon cette fois. Mon estomac ne supporte plus ce qui m'arrive en cet instant, et dire que ce n'est pas fini. J'entends les coups, je n'écoute pas vraiment les dialogues, quelle importance de toute façon...
- Grimpe dans la voiture.
Je redresse la tête. Il s'adresse à moi ? Je tourne mon visage à droite, à gauche, les garçons ne sont plus là. Je ne peux pas rester ici... Je me redresse difficilement, titube presque jusqu'à la voiture et entre dedans sans me faire prier. Et dès que la porte se ferme, j'éclate en sanglots.
Cela fait si longtemps que je n'ai pas eu à gérer ce genre de crise, d'une telle violence, que je suis en train de tout relâcher. Je me recroqueville sur moi-même et tente de reprendre mon souffle alors que les larmes coulent sur mes joues sans que je ne puisse les arrêter. Mon corps tremble alors que mon souffle est saccadé. Je dois ressembler à un monstre, ou une pauvre petite créature en train de mourir de froid, de peur, tétanisée. C'est ça. Je redeviens comme sa petite créature, docile, subissant avant d'éclater, de se briser sans qu'il ne puisse le voir. Me montrer ainsi devant un inconnu me mets mal à l'aise, un peu. Seulement, ce sentiment est submergé par la crise qui ravage tout en moi.
Le sang qui coule sur mon bras ne montre qu'une parcelle de mon cœur qui saigne bien plus que cela. La douleur bien minime comparé à celle qui parcourt absolument tout mon corps. Quant à la peur, celle-ci est plus grande que jamais, revenant au galop tel un cavalier de l'apocalypse, sonnant de sa trompette funeste afin de me rappeler que l'enfer n'est jamais bien loin...
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Lun 29 Mai - 16:50


En temps normal, il ne se formalisait pas du silence. En temps normal, il appréciait même énormément lorsque les gens qu’il côtoyait restaient silencieux et peu bavards. Il détestait devoir supporter les personnes qui parlaient pour parler – et il le supportait qu’avec ses clients, histoire de ne pas les perdre. Mais face au mutisme et à l’absentéisme de la jeune fille, il se sentait démuni et désarmé. Il comprenait qu’elle puisse être en état de choc – peut-être n’était-elle pas tant habituée que ça à être malmenée et secouée par des imbéciles de ce genre. Peut-être n’avait-elle pas spécialement l’occasion de se faire agresser et draguer lourdement par des imbéciles de ce genre. Peut-être n’avait-elle jamais connu pareille humiliation, pareille agression. Cependant, quelque chose lui disait que son silence et son désarroi étaient bien plus profonds que ça. Quelque chose clochait, il ignorait juste quoi. Et même s’il aurait dû s’en foutre royalement, même s’il aurait dû se contenter de la raccompagner et de la laisser se débrouiller pour la suite, il savait par avance qu’il ne penserait qu’à ses grands yeux tourmentés et le fait qu’il lui ait tourné le dos. Alaric se considérait comme un homme sans cœur, sans foi, sans loi et sans âme, mais quiconque le croisait pouvait se rendre compte à quel point il avait tort. La rue l’avait éduqué et l’avait endurci, mais il avait plus de principes et de bonnes intentions que la plupart des habitants de Los Angeles – voire même du monde entier. Aussi, quand elle se mit à pleurer dans sa voiture, à chaudes larmes et sans être capable de s’arrêter, il lui tendit une boîte de mouchoirs qu’il avait toujours dans les parages – le cambouis oblige. Il ne posa aucune question pendant plusieurs minutes, et se contenta de rouler, laissant les sanglots se calmer et s’apaiser. Il avait entendu dire un jour que pleurer faisait du bien. Pleurer vidait l’esprit et apaisait l’âme. Il n’avait jamais exploité cette option, pas parce qu’il trouvait que pleurer était faible – au contraire, selon lui c’était une sacré force – mais parce qu’il n’y était jamais parvenu. Une autre raison pour lui de se sentir sans âme, sans foi, sans loi et sans cœur. Il se passe quelques minutes avant qu’il ne s’arrête sur un parking bien éclairé – non loin de l’Hôpital. Il ne connait pas la jeune femme, mais être proche d’un lieu sûr ne pas que la rassurer. Et si jamais elle préférait être soignée par des professionnels, elle pourrait facilement s’y rendre. Au fond, il lui laissait le choix. « L’Hôpital est à deux pas, comme tu peux le voir. Sinon, promets-moi juste de ne pas me sauter à la gorge lorsque je soulèverais ta manche pour nettoyer ta plaie, » dit-il dans un ton bourru mais non moins humoristique. « Tu as dû perdre pas mal de sang depuis tout à l’heure – je ne suis pas certain que tu n’aies pas besoin d’aller là-bas pour faire quelques analyses – au cas où. Perso’, je n’irais pour rien au monde et j’enverrais chier tout le monde essayant de m’y pousser… Je ne suis pas médecin, après tout. Mais je te le dis quand même, » ajoute-t-il en détachant sa ceinture et en sortant pour récupérer la petite boîte à pharmacie qu’il gardait toujours dans son coffre. Arrivé à sa portière, il attendit quelques secondes, comme s’il demandait son accord, avant d’ouvrir. « Est-ce que tu veux bien me laisser jeter un œil, pour voir exactement ce qu’il en est ? » finit-il par lui demander – comme un père le ferait à sa gosse, comme un grand-frère le ferait à sa sœur. Il ne la touche pas et lui donne l’occasion de faire la moitié du chemin toute seule, sans qu’il ait à la brusquer ou la toucher. Il la sent trop à fleur de peau pour cela, et trop perdue. « Je vais nettoyer en priorité, » conclut-il en analysant la profondeur de la blessure – qui ne lui semble cependant pas chirurgicale non plus, sans quoi elle aurait perdu connaissance à l’heure qu’il était avec autant de perte de sang à ce niveau. « Ça va piquer. Ça va faire mal, » insiste-t-il légèrement pour la prévenir et la préparer psychologiquement, mais elle ne semble pas réagir pour autant. Il tient son bras d’une main, et verse l’alcool sur sa plaie de l’autre. Il compatit, car il connait cette douleur par cœur. Il a appris à l’apprivoiser et à la supporter, mais il se rappelle bien de sa première fois, quand l’alcool rencontre la chair à vif. « Je ne pense pas que tu aies besoin de points de suture… mais j’insiste. Je ne suis pas médecin, » histoire qu’elle ne lui mette pas tout sur le dos si sa blessure devait s’aggraver ou autre. Après tout, il prend de son temps et de son énergie pour l’aider, ce n’est pas pour avoir des problèmes derrière. Après avoir nettoyé la plupart des traces de sang sur sa peau, et après avoir bien désinfecté, il commence à faire le bandage. « Jusqu’à ce soir, je ne pensais pas qu’il soit possible de se blesser comme ça en exerçant ton job, » dit-il en faisant la conversation. « Je me suis fait quasiment la même entaille un jour, mais avec un pied de biche. Je suis mécano’, » lui explique-t-il naturellement. « J’imagine que chaque métier à ses propres risques, » conclut-il en lui adressant un léger sourire, terminant son bandage.


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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Now the sound of love is out of tune ❅ Alaric&Bucky   Jeu 8 Juin - 14:40

Now the sound of love is out of tune.
Alaric ∞ Bucky
J'ai l'impression de n'être que l'ombre de moi-même. Je laisse les larmes couler sur mes joues, je me recroqueville sur moi-même et ne fais pas trop attention au fait que je sois enfermée dans une voiture avec un inconnu. Je sais que si j'y réfléchis trop, je vais me mettre à paniquer encore plus. Hors cet homme vient de me sauver la vie, à deux reprises. Je le remercie par ailleurs de son silence, de son respect pour ma crise, de son respect pour mon intimité. Il ne me bombarde pas de questions, ne cherchent pas à me rassurer non plus. Je crois que ce dont j'ai besoin en ce moment, c'est de ce silence afin de me permettre de relativiser. J'ai été agressée ce soir, deux fois, mais ce qui fait battre mon cœur plus vite remonte à plus loin. Certes, je pense que n'importe qui serait un peu traumatisé par cet instant de violence, moi j'ai l'impression que cet instant ne m'a jamais quitté. Je fais tout pour m'en sortir mais dans le fond, suis-je vraiment prête à vaincre ce monde.
Il s'arrête finalement et je me tourne vers lui, essuyant doucement mes larmes qui se sont taries.
-  L’Hôpital est à deux pas, comme tu peux le voir. Sinon, promets-moi juste de ne pas me sauter à la gorge lorsque je soulèverais ta manche pour nettoyer ta plaie.
Je cligne rapidement des yeux pour essayer d'assimiler ce qu'il me dit. Il vient de m'emmener à l'hôpital. Pendant un instant je sens mon cœur battre un peu plus vite. J'espère qu'il ne va pas aller leur dire que je suis folle. J'ai failli aller dans un endroit parce qu'on me prenait pour une folle, une trop grande traumatisée suite à mon histoire. J'ai eu de la chance que ma mère se batte pour que je puisse rester à la maison auprès des miens.
- Tu as dû perdre pas mal de sang depuis tout à l’heure – je ne suis pas certain que tu n’aies pas besoin d’aller là-bas pour faire quelques analyses – au cas où. Perso’, je n’irais pour rien au monde et j’enverrais chier tout le monde essayant de m’y pousser… Je ne suis pas médecin, après tout. Mais je te le dis quand même.
Je respire presque soulagée de l'entendre me dire qu'il veut seulement me soigner. Je ne sais pas s'il peut lire le soulagement dans mon regard, même si mon ventre se serre toujours un peu quand je repense à toute cette soirée. Je reste sur mon siège alors qu'il sort de la voiture. Quand il se trouve à côté de ma portière, je sens son hésitation. Il est si prévenant que cela me touche. J'hoche la tête et il ouvre la portière. Je me décale afin de sortir mes pieds à l'extérieur, mais je reste assise dans la voiture.
- Tu as dû perdre pas mal de sang depuis tout à l’heure – je ne suis pas certain que tu n’aies pas besoin d’aller là-bas pour faire quelques analyses – au cas où. Perso’, je n’irais pour rien au monde et j’enverrais chier tout le monde essayant de m’y pousser… Je ne suis pas médecin, après tout. Mais je te le dis quand même.
Je le regarde un peu intimidée, me mordillant la lèvre inférieure nerveusement, comme une petite fille venant de se faire gronder.
- Je... Je ne veux pas aller là-bas...
Je ne supporte pas qu'on me touche, sauf quand je suis celle qui fait le premier pas. Pour ce soir, je crois que trop de main m'ont touché et je ne me sens pas la force de me faire ausculter.
- Est-ce que tu veux bien me laisser jeter un œil, pour voir exactement ce qu’il en est ?
À nouveau je plonge mon regard dans le sien, pleine d'appréhension. Je prends le temps de la réflexion avant d'hocher la tête, tendant mon bras qui saigne encore vers lui.
- Je vais nettoyer en priorité. Ça va piquer. Ça va faire mal.
Je ne peux m'empêcher de lâcher un petit rire nerveux.
- Croyez-moi... Ce n'est rien, je murmure.
Je fronce cependant le nez quand je sens l'alcool comme me mordre la peau. C'est douloureux oui, mais je relativise comme je peux. Je détourne le regard, le laissant nettoyer ma plaie sans laisser échapper la moindre plainte. Je ne tente pas de parler non plus, qu'est-ce que je pourrais bien dire de toute façon.
-  Je ne pense pas que tu aies besoin de points de suture… mais j’insiste. Je ne suis pas médecin.
J'hoche la tête.
- Alors pas besoin d'aller à l'hôpital, je lui dis en le regardant de nouveau.
-  Jusqu’à ce soir, je ne pensais pas qu’il soit possible de se blesser comme ça en exerçant ton job. Je me suis fait quasiment la même entaille un jour, mais avec un pied de biche. Je suis mécano’. J’imagine que chaque métier à ses propres risques.
Je l'écoute avec attention. Sa voix grave m'apaise, je ne saurais expliquer pourquoi, mais elle a quelque chose de rassurant. Et puis ses gestes sont doux tout en étant fermes. Il est le genre de force rassurante qui me manque parfois.
- Pas seulement les métiers, je m'entends dire sans vraiment réaliser.
Je ferme rapidement ma bouche comme pour me taire. Il n'a pas à connaître mes problèmes ou encore mon passé. Je n'en parle jamais, je ne vois pas pourquoi soudainement un inconnu connaîtrait mes plus sombres secrets.
- Il vous plait... Votre métier ? Cela doit être intéressant... Je ne suis pas vraiment forte en mécanique... Je n'ai même pas de voiture, je confesse. Je préfère marcher, croiser des gens dans la rue, pouvoir discuter...
Cela va de pair avec mon métier, magicienne de rue (en plus d'être barman). J'aime le fruit de la rencontre, du hasard. J'aime partager ma passion et voir des étoiles dans les yeux des gens. C'est contradictoire avec ce que je viens de vivre, mais cela me permets de ne pas perdre espoir en l'humanité.
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