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 « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]

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Héloïse Bennett
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MessageSujet: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Lun 27 Mar - 22:31

Je me suis souvent crue forte, avec une volonté de fer. Je me suis souvent crue invincible, capable de soulever des montagnes. Je me suis souvent peu inquiétée, parce que de toi je n'étais pas capable de douter. Je me suis souvent crue éternelle, parce que dans le fond je ne faisais que lire ce qu'il y avait au fond de ton regard. Le même regard que le mien... Ce regard d'amour, de tendresse.... Ce regard qui aurait pu ne jamais plus briller... Je me suis souvent crue forte mais en réalité j'étais auréolée de cette faiblesse, celle de me dire que tu pouvais t'en aller de façon brutale... sans un au revoir... Avec toi... Je n'étais qu'un magma de peur immense... Il ne devait rien t'arriver si c'était suffisant à ce que ça me maintienne en vie...

***

Ce début d'après-midi-là paraît anodin. Le genre de moment de la journée où la Maison est en effervescence. Le travail est nombreux et c'est un jour où je ne suis pas à l'école. Les vacances de révision ne sont plus qu'un lointain souvenir. A vrai dire, mes examens vont arriver d'ici peu et autant dire que j'ai hâte que tout soit fini, que je puisse enfin être libre de ne plus être étudiante, de pouvoir travailler ici, de vivre ma vie d'adulte et même d'écrire ce fameux livre. Aussi, ne suis-je qu'un enthousiasme débordant. Et mon sourire est éclatant comme à chaque fois. Il m'en faut peu pour être heureuse de toute façon. Il me faut juste mon lapin, mon travail et Matthew. Et ma famille aussi. Mes amis également. Enfin il faut beaucoup de choses mais il n'en demeure pas moins vrai que là, en ce moment même, je suis Joie. Aussi, je suis en train de travailler avec plusieurs autres collègues dans la salle de réunion. On bosse sur une série de livres et l'enjeu demeure important quand même. Pour l'instant, on discute de maquettes et chacun y va de son petit avis. Moi j'écoute d'une oreille. Sourire vague aux lèvres, je me remémore notre dernier week-end avec Matthew. Nous sommes partis de Los Angeles. Il m'a emmené loin d'ici, sans me prévenir, juste en se ramenant un vendredi soir assez tard. On devait aller au théâtre mais non, il avait changé d'avis, préférant qu'on parte dans notre mini-Japon de l'amour, pour être tous les deux, pour se retrouver comme il avait si bien dit. Et de ce fait, je suis encore sur mon nuage, me remémorant les détails de notre escapade, ses sourires, ses regards, ses gestes, son indécence, sa générosité. Mamma mia ! Je suis folle de lui c'est clair. Je suis clairement amoureuse de lui -au cas où, c'était pas déjà assez évident- et surtout, il me fait perdre la tête. Parce que je n'écoute même plus, je suis bien trop occupée à sourire et à dessiner. Bon c'est grotesque, il y a des papillons de partout, des petits cœurs et ce M que j'ai enjolivé. Jusqu'à ce qu’une voix me ramène à la réalité « Héloïse ? » Je fais bien sûr un bon de dix mètres de ma chaise. Avant de reprendre contenance, de voir les visages tournés vers moi. « Quoi !? Oh euh... » Je regarde le tableau où Taissa a écrit un bon nombre de choses. J'ai suivi d'une oreille, il me faut juste le temps d'analyser. « Et bien... Je ... Je pense qu'il vaudrait mieux partir sur un format centré au niveau de la couverture. Le fait de changer la police d'écriture c'est pas terrible. Surtout que les histoires se ressemblent. Les héros sont les mêmes. Mais peut-être pouvons-nous jouer sur les couleurs ? Puisque les couleurs s'assombrissent au fur et à mesure du dénouement final. » Je finis par dire, retenant un murmure approbateur dans la salle de réunion. C'est ce qu'il y a de bien chez moi. Je peux bosser et rêver en même temps. Je n'ai pas perdu une miette. De ce fait, la discussion s'embraye sur ce sujet, jusqu'à ce que mon portable sonne. Un bref coup d'œil et je vois qu'il s'agit de Matthew. « Excusez-moi le boss m'appelle. » Doux Jésus, heureusement que j'ai pas dit mon amoureux hein ! La mine rosie par la joie de l'avoir au téléphone, je ne réponds pas de suite. J'attends de sortir croisant le regard de Maisie, mal à l'aise. « N'empêche, c'est fou qu'elle soit juste stagiaire mais traite avec notre patron ! Avant, les anciennes se contentaient de faire du café ! » Dit Taissa que j'entends derrière moi. A-t-elle dit cela en faisant en sorte que je l'entende. Je préfère continuer mon avancée et ignorer, quand j'entends la voix de Maisie « Peut-être parce que contrairement à d'autres, elle se débrouille bien aussi ! Elle abat plus de travail que d'autres... » Je pivote juste pour lui glisser un sourire sincère. Ça c'est vraiment gentil d'ailleurs. Et je finis par sortir en décrochant. « Oui Monsieur McGregor. » Je déclare d'une voix solennelle. Je referme la porte heureuse d'entendre sa voix. Je marche jusqu'à mon bureau, entendant qu'il est dans sa voiture. Pas besoin d'être devin ou psychopathe, j'entends juste le moteur. Il doit pas rouler à 50 le gougnafier. Il me demande d'annuler tous ses rendez-vous parce qu'il a eu une urgence. « Une urgence ? Comment ça ? » Je finis par demander d'une voix inquiète tout en continuant ma marche vers mon espace. Mais ce n'est rien d'autre que le boulot. « J'entends pas très bien. ça ne capte pas bien... » La voix est lointaine et une fois que je suis dans mon bureau, porte fermée, je peux respirer et lui parler normalement. « Mon amour !? » Je demande comme pour l'inviter à me répéter mais non il me dit simplement qu'il va devoir me laisser, qu'il est bientôt arrivé. Quand soudain... J'entends un énorme bruit. Atroce. Fort. Terrible. J'ai sursauté en poussant un petit cri. Et soudain, le bip retentit. La conversation s'est coupée. « Matt ?! » Je murmure avant de regarder l'écran. Ça a raccroché. Je rappelle mais je tombe directement sur la messagerie. Alors je ressaye. Encore. J'essaye de me dire que c'est le fruit de mon imagination. Il n'y a pas eu de bruit chez lui, ça doit être de mon côté. Sans doute. Pourquoi, j'ai le cœur qui bat furieusement ? Je ressaye. Encore une fois, c'est la voix de sa messagerie qui m'accueille : « Matthew, rappelle-moi s'il te plaît... » J'ai déjà la voix qui tremble pendant que je coupe la messagerie. Peut-être que mon cerveau a déjà enregistré ce que cela pouvait signifier. Il roule toujours si vite... Et pourtant, je me refuse à la croire. Je reprends contenance, retournant à la réunion mais je suis ailleurs. Je n'écoute plus du tout, je passe juste mon temps à regarder mon téléphone pour voir s'il m'a répondu mais rien. Une heure passe et la réunion se finit. J'ai jamais eu aussi peu de nouvelles en l'espace d'un temps infini mais si court... Quand on sort, je rappelle mais rien. Là je flippe franchement. Aussi, je me dirige vers le bureau de son père. « Bonjour Monsieur McGregor, je peux ... ? » - « Mais je vous en prie Héloïse. Tout va bien ? » Me dit-il avec un sourire. Ça me fait toujours bizarre de me dire qu'il ne sait pas que je suis sa belle-fille, envers pratiquement sans l'anneau de mariage en faite.... C'est drôle d'ordinaire mais là, j'ai d'autres préoccupations. « Avez-vous eu votre fils ? J'essaye de le joindre mais il tombe sur la messagerie... » Bien sur, je le vois sourire. Il doit croire que je suis une stagiaire angoissée. « Non je n'ai pas eu de nouvelles. Mais il doit être occupé Héloïse. Il vous rappellera. quand il aura certainement fini son rendez-vous ou je ne sais quoi ! » Et il rit. Il a pas l'air de comprendre que je flippe ma vie là. Aussi, poussant un léger soupir, je permets d'insister consciente que je joue sur la corde raide. « On était au téléphone et la conversation s'est coupée. J'ai entendu un grand choc... » Et là, il rigole franchement face à ma mine dépitée, les yeux brillants de larmes. Je ne l'ai jamais vu vraiment rire. Il a le rire coincé comme le fils. Et c'est limite... effrayant de l'entendre. « Mais voyons mon petit, ne vous inquiétez pas. Il a certainement dû faire tomber son portable. Il a dû le faire tomber au sol et voilà, fin de l'histoire. Il va certainement rentrer d'assez mauvaise humeur d'ailleurs. » Je ne sais pas si je dois continuer ou non. Mais il est dans son monde et refuse de me croire. Je finis par rire faussement avec lui, avant de partir de son bureau. Et je continue d'appeler. L'attente est insoutenable. Et je n'arrive pas à travailler. Forcément, je tourne en rond ne cessant d'appeler et de rappeler. Mais rien. Mon dieu. L'attente est folle. Je voudrais même fondre en larmes. Les pensées vont et viennent. J'en viens même à croire qu'il ne veut plus de moi, que je suis plus digne de lui. Tout est bon pour être une excuse quand la réponse ne vient pas. Et pourtant, je suis tellement angoissée quand le père entre, enfilant sa veste, le visage grave. « Annulez tous mes rendez-vous. Je dois partir. » - « Monsieur McGregor, est-ce que Matthew va bien ? » Je finis par demander en venant vers lui, d'une voix angoissée. A ce stade-là, le besoin de savoir est si dévorant que je m'en fiche de savoir que le secret va être découvert, que j'ai dit Matthew et non pas Monsieur McGregor, que je me suis trop approchée de son père, que je me suis agrippée aux revers de sa veste. Il partira pas tant qu'il m'a pas dit. Le comportement est si indécent pour ce que je dois être à ses yeux. Mais dans nos esprits fou d'angoisses, je crois qu'on oublie tout ce qui est normal... Moi, pour ma part, je veux juste être au courant, juste savoir qu'il est là. « Il a eu un accident de voiture. Il a été transporté aux urgences. »

***
 

J'ai appelé Molly. Je ne peux pas rester ainsi. Son père est parti après m'avoir serré affectueusement l'épaule, me remerciant de m'inquiéter. Et c'est tout. Il est parti me faisant prendre conscience de tout ce que je n'étais pas. Je n'étais pas celle qu'il fallait prévenir. Je n'étais pas celle qui pouvait aller le voir et savoir ce qu'il en était de l'homme que j'aimais. Je n'étais pas celle qui aurait pu être autant réconfortée que cette famille. Je n'étais que celle qui devait désister tous ces interminables rendez-vous. Et pourtant... Je suis vraiment au bord de la crise de nerfs. Heureusement ma sœur est là. Elle est venue immédiatement, quittant ses cours. Elle me fait couler un thé pendant que j'annule les rendez-vous méthodiquement. Heureusement, les gens sont compréhensifs. Quand le dernier est appelé, je m'écroule. Je fonds en larmes et heureusement ma sœur est là pour me câliner, pour arriver à me faire sourire. Et finalement, cette Molly sauvage me déclare que nous devons partir et aller le voir, qu'à ce stade, ce secret n'a plus de raison d'être. Je proteste pour la forme et pourtant, j'en crève d'envie. C'est un besoin allié a ce désespoir m'inondant un peu trop. Ma sœur n'a, alors, pas besoin d'insister beaucoup. Et finalement, je laisse ma voiture ici, montant dans celle de Molly qui nous amène à l'hôpital. Je suis tellement angoissée que je ne dis mot. Je ne sais rien... Et bon sang !!! Ça me rend folle. L'esprit tourmenté ne se maintient que dans une spirale de pensées négatives. C'est si douloureux. C'est si étouffant. J'en ai tellement marre de vivre dans ce secret, je veux que ça se sache, je veux que tout le monde sache qu'on s'aime éperdument, que nous nous aimons au point que la terre s'arrêterait de tourner, où le soleil cesserait sa course folle, où toutes les étoiles perdraient leur intensité si jamais, l'autre cessait d'exister. 

Aussi, quand Molly s'arrête, je me rue hors de la voiture non sans avoir remercier ma sœur. Pour le reste, je me débrouillerais pour rentrer. Mon cœur bat la chamade, je suis fébrile et si prête à fondre en larmes. Mais je tiens bon. Je suis vaillante et mes pas se font précipités alors que je me dirige vers l'accueil. On m'indique l'étage, le numéro de chambre. Déjà, j'ai presque envie de tomber à la renverse. Les hôpitaux ont un tel effet sur moi. C'est affreux. Néanmoins, je tiens bon, montant dans l'ascenseur. Le sang bat contre mes tempes. Je stresse comme une dingue. Que va dire son père en me voyant arriver ? Que va dire sa mère ? J'espère de tout cœur qu'il n'y aura pas Jane. Ça risquerait de me mettre dans des états pas possibles. Sursautant lorsque le ding résonne, je me dirige vers le couloir en question quand soudain... « Héloïse !? » Je fais un bond tel que je manque me prendre quelqu'un, pivotant pour faire face à June. La sœur de Matthew. Elle est dans sa tenue d’interne, surprise de me voir. « Je... Je suis désolée... D'être là... Je sais que je ne devrais pas.. Mais, je ne pouvais pas rester sans savoir... C'était terrible. Désolée vraiment... Désolée... Désolée...Je vais tout foutre en l'air, et il va m'en vouloir !! Je gâche toujours tout !! » Je suis fébrile, mes yeux sont déjà en train de s'emplir de larmes quand les mains rassurantes de June saisissent les miennes. « Il va bien Hélo... Matthew va s'en sortir, c'est pas grave non plus... Viens... » Elle a des gestes très doux envers moi, m'amenant vers une salle... Probablement la salle de repos des infirmières. « Ne t'inquiète pas. Quiconque réagirait pareil. On s’est torturé les méninges avec ma sœur pour essayer de te joindre mais tu étais déjà partie du boulot et personne la-bas avait ton numéro ... Et puis, c'est normal... Il y a mes parents mais, je vais m'en occuper. Reste là je reviens. » Et elle finit par partir tandis que je reste droite comme une pique, occupée à me dévorer le peu d'ongles qui me reste. Je suis au bout de ma vie et le temps me paraît si long. Jusqu'à ce qu'elle revienne. Je l'observe avec une angoisse et une attente me dévorant un peu trop. « J'ai dit à mes parents qu'il devait faire des examens et que les visites étaient finies. Tu peux aller le voir. » Elle a ce sourire si sincère et rien que pour ça, je ne l'en aime que davantage. Alors je la serre dans mes bras. « Merci... » Je murmure avant de pivoter pour me rendre vers la chambre. J'ai si peur d'entrer et pourtant, je frappe avant d’ouvrir doucement la porte. J’ai une trouille monstrueuse lorsque je croise son regard – coucou c’est moi, ta copine – surpris. « J’étais tellement inquiète… » Je gémis d’une voix très aigue, laissant mes larmes dévaler mes joues. Je me rapproche de lui pour venir prendre sa main. Je n’ose même pas venir me nicher au creux de ses bras. J’ai peur de lui faire mal, je vois des bandages de partout, pleins d’appareils qui font des bips. Dieu merci, il n’a pas l’oxygène ou de trachéotomie car je serais tombée directement dans les pommes. Mais c’est suffisant pour que je sois tout autant angoissée. « Comment tu vas… ? » Je murmure d’une petite voix, sortant un mouchoir pour me tamponner mes yeux nimbés de larmes. « Promets-moi que … Tu ne t’achèteras plus jamais de voiture rapide… Genre tu prendras une petite, petite, petite voiture… Avec  peu de puissance… Que dis-je, une voiturette ! Ah j’ai mieux… Un buggy de golf… Ou un scooter… Mais genre un cinquante centimètres cubes … C’est bien ça … Ou alors… un vélo… C’est bien les vélos, ça sauve les arbres… et les oiseaux… Ou marche à pied… J’sais pas moi… Mais un truc qui fera que quand tu m’appelleras, tu n’auras pas d’accident… » Et sinon, ceci était un message de la prévention routière
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Jeu 30 Mar - 20:23

Tout était lointain. Il n’était pas certain de discerner la cacophonie qui résonnait à ses oreilles. Des cris. Des coups de feu. Le hurlement des sirènes. Le vacarme du brasier. Il n’était même pas certain d’être là. C’était comme si un voile s’était posé autour de lui, l’enrobant dans ses bras glacés. Il avait froid malgré la chaleur de la fournaise. Une douleur immense le transperçait de toutes parts avant qu’il n’ouvre les yeux sur un spectacle infernal. Au terme d’un effort phénoménal, il se tourna sur le côté. Son crâne le lança atrocement, lui arrachant une plainte. Il usa malgré tout de toutes ses forces pour se redresser tant bien que mal. Ses membres étaient rompus d’épuisement et de douleur, mais encore et toujours, on veut se relever. Matthew avait toujours cru que dans des circonstances comme celles-ci, penser aux personnes que nous aimions était une utopie. Quand notre vie est menacée, nous pensons uniquement à survivre. Ce jour lui apprit que l’esprit fonctionnait bien différemment. Il dut le reconnaître, il ne pensa pas à sa famille. Il ne pensa pas plus à ses amis. Ni même à ses regrets. A ses remords. Pas plus à sa douce Héloïse. Et pourtant, il fut convaincu d’une seule chose : son inconscient, lui, œuvrait pour chacun d’eux. Il tentait de rester éveillé pour eux. Il tentait de se relever pour eux. Il voulait survivre. Pour eux. Pour elle. Pour qu’Héloïse ne soit pas seule. Pour qu’elle n’ait pas à pleurer seule la perte de celui qu’elle aimait. Pour qu’il puisse revoir son visage encore et encore. Oui, même si leurs visages n’étaient pas imprimés dans son esprit, son âme toute entière se battait au nom de ceux qu’il aimait. Et il lutta pour rester conscient. Il lutta contre la douleur. Il lutta pour se relever.
Il lutta en vain.

***

No I can’t forget tomorrow
When I think of all my sorrow
When I had you there

Il avait froid. Il se sentait froid. Tout l’univers autour de lui était fait comme de fumée. Il devinait, mais il ne voyait pas. Il croyait effleurer, mais il ne sentait pas. Il pensait entendre, mais il n’y avait aucun son. Une main se posa soudain sur son visage. Froide. « Matt ? Matt, tout va bien ? » Le décor apparut d’un coup d’un seul autour de lui. Il était perdu au beau milieu d’une réception, une bonne partie des regards rivés sur lui. Il n’était pas sûr, mais les lieux lui rappelaient en tout point sa grande demeure d’Angleterre. Se pouvait-il qu’il… soit chez lui ? Son expression se décomposa complètement quand son regard croisa celui de Jane, inquiet. Cette main sur sa joue, c’était la sienne. « Oui… ça va. » Non, ça n’allait pas. Cette situation était si étrange, et pourtant, une part de lui trouvait cela normal. Ses yeux se posèrent sur la coupe de champagne qu’il tenait entre ses doigts. Un anneau ornait son annulaire. Etait-il marié ? A Jane ? Il secoua la tête, tenta de se concentrer sur la conversation qui se tenait devant lui, mais c’était comme si le son n’était qu’une cacophonie étrange. Il s’éclipsa, les pensées en ébullition. Il avait épousé Jane. Oui, peut-être s’en souvenait-il. Un peu. Tout ceci était flou. Mais au milieu de ces souvenirs qui semblaient ne pas lui appartenir, quelque chose lui manquait. Il sentait ce vide qui l’absorbait tout entier. Ce froid qui dévorait sa chair. Cette mélancolie qui gangrénait son cœur. Il lui manquait quelque chose. Il lui manquait quelqu’un.
Un éclair.
Fugace.
Une chevelure brune.
Des prunelles claires et limpides.
Son songe se rappela à lui. Il cligna plusieurs fois des paupières, tentant désespéramment de rattraper cette esquisse de visage qui s’enfuyait de ses pensées.
Elle le hantait.
Il ne savait pas s’il l’avait déjà vu, mais il semblait qu’il la connaissait depuis toujours.
Un flash.
Un sourire.
Un regard.
C’était elle.

I can’t live
If living is without you


« Héloïse… » Il l’avait grogné sans que personne ne comprenne ce qu’il venait de dire. Et heureusement, ils ne comprirent jamais. Du moins, pas ce jour-là. Matthew s’était finalement réveillé à l’hôpital, le corps rompu de douleur et de fatigue. Et c’est au moment du réveil qu’on réalise ce qui est vraiment important. Il n’eut désormais plus qu’Héloïse en tête alors qu’il ne cessait de voir défiler les visages de sa famille devant lui. Le regard rassuré de son père. Le visage en pleure de sa mère. Le soulagement de ses sœurs. Ils les aimaient, mais il n’avait d’yeux que pour une seule. L’avait-on prévenu ? Savait-elle qu’il allait bien ? Il n’était malgré tout pas encore assez fort pour demander quoi que ce soit. Il se souvenait de l’accident, du carambolage et des coups de feu. Il se rappelait vaguement une explosion. Tout ceci était bien trop flou dans son esprit. Il s’assoupit de nouveau, trop shooté par les antidouleurs. Il ne reprit connaissance que bien plus tard. Ses parents étaient toujours là auprès de lui. Son père avait sûrement dû annuler tous ses rendez-vous afin d’être prêt de lui. Bien que les deux hommes soient en froid dernièrement, le fils ne pouvait être que touché par ce geste. Cela pouvait paraître normal, mais chez les McGregor, tout était exprimé bien différemment. De plus amples informations sur les raisons du carambolage lui furent apportées. Apparemment, il s’agissait d’une course-poursuite qui s’était bien mal terminée. Il y avait eu de nombreuses victimes, des blessés. Il s’était enquit de l’état d’Isaac, ayant reconnu là l’homme d’affaire, mais il semblait tiré d’affaire lui aussi. Il en fut soulagé. June revint dans la chambre pour lui parler de son état. Visiblement, il n’y avait rien de grave. Quelques plaies superficielles, un gros coup à la tête et surtout, un bras démis à cause de sa chute suite à l’explosion. Désormais son bras gauche était en écharpe. Il aurait pu en râler, mais il était trop content d’être en vie. Il ne lui manquait plus qu’un chose dorénavant… Malheureusement, l’heure des visites était terminée. June était venue y mettre fin et ses parents partirent. Il se retrouva seul avec sa sœur. Il se redressa difficilement sur le lit. « June, il faut que tu préviennes Héloïse. Je ne veux pas qu’elle s’inquiè… » - « Ne t’en fais pas. Je m’occupe de tout. » Un sourire confiant sur les lèvres, elle quitta la chambre. Matthew lui faisait confiance, pourtant, il n’était pas totalement serein. Tout bouillait en lui. Quand tout à coup, la porte s’ouvrit à nouveau. Il s’attendait à voir apparaître une tête blonde, mais ce ne fut pas le cas. « Héloïse ? Qu’est-ce que… comment tu as pu venir ? » Les visites n’étaient-elles pas finies ? Matthew décela une manigance de sa sœur. Il se détendit aussitôt, observant sa belle qui se rapprochait de lui, la mine soucieuse. Déjà, les larmes dévalaient ses joues et son cœur se fendit en deux. « Viens là… » murmura-t-il doucement, tendant sa main valide vers elle. Elle s’approcha de lui, venant saisir cette main offerte. Il esquissa un sourire pour la rassurer. « Je vais bien, Héloïse… je suis plus solide que j’en ai l’air. » Son pouce caressa doucement le dos de sa main. Tendrement. Un mal de tête horrible lui transperçait le crâne mais il ne laissait rien paraître. « Les médecins ont dit que j’étais tiré d’affaire. D’ici quelques jours, il n’y paraîtra plus rien, mon amour…. » Hormis son bras qu’il devrait garder en écharpe pour un moment, mais ce n’était rien. Tout ce qu’il souhaitait, c’était la rassurer. « Je n’ai pas arrêté de penser à toi depuis que je suis réveillé… j’espérais que tu finirais par franchir cette porte. » Il en aurait prié, mais sa bonne étoile l’avait fait venir jusqu’à lui. Il l’écouta ensuite, et contre toute attente, ses paroles provoquèrent un rire franc chez lui. Sa main quitta la sienne pour caresser sa joue, effaçant quelques larmes au passage. « Héloïse, c’est bon, c’est fini. Je suis là et tout va bien. » Son regard s’imbriqua dans le sien pour bien lui faire comprendre que rien ne pourrait les séparer, pas même cet accident, pas même la mort. Il attrapa délicatement sa main, l’attirant à lui. Il arriva à se décaler légèrement sur le lit, de sorte qu’elle puisse s’asseoir dessus auprès de lui. « Ecoute, je suis désolé pour tout ce qu’il s’est passé. Je te promets d’être plus prudent. J’étais juste là au mauvais endroit, au mauvais moment. » Après tout, cet accident était dû au carambolage qui s’était déroulé. Sûrement Héloïse n’était-elle pas au courant. « Viens-là, je ne vais pas me casser. » Il l’incita à prendre place à côté de lui. Il était redressé en position assise et elle vint se blottir contre lui. Il enroula son bras valide autour de ses épaules. Il déposa un baiser sur le sommet de son crâne. « Ne sois plus inquiète… d’accord ? On ne sera pas séparé. Ni aujourd’hui, ni demain. »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Mar 4 Avr - 22:32

Le stress est à son comble et les nerfs ont été mis à rude épreuve. C’est vraiment tombé au pire des moments. Entre les examens finaux, le travail assez soutenu, je suis un peu trop tendue, je m’énerve pour un rien alors que d’ordinaire, je suis plutôt docile. Et surtout, je suis fatiguée : j’en fais trop. Et surtout, comparé à mes camarades de classe, je suis en alternance. Bien sûr, avec les révisions, les cours ont été arrêté mais quand bien même… Je me dois de réviser. Alors, c’est sûr, je me mets la pression toute seule, même Matthew me le dit. Mais j’ai envie de me donner à fond, j’ai envie de briller pour la dernière fois, me dire que j’ai fini mes études sans avoir le regret de ne pas m’être donnée à fond. Bien sûr, il y a des contraintes, le fait que je suis plus exécrable, toujours prête à fondre en larmes. Mais c’est pour la bonne cause. Aussi, l’accident est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le trop face à une coupe trop pleine. Et je craque quand j'entre dans la chambre. Il n’a rien. Je le vois de mes propres yeux. Il n’a pas de machine reliée à lui et permettant de le maintenir en vie, il est conscient, il relève la tête quand je rentre. Et je ne peux m’empêcher, malgré tout, de fondre en larmes. La pression se relâche, autant que ce stress. Malgré tout, la tristesse demeure. J’ai encore en moi le poids de notre secret sur mes épaules, le secret de notre histoire d'histoire d'amour, le secret que j’ai failli révéler face à l’angoisse de ne pas être mise au courant. Ça a été à la limite de partir dans tous les sens. Mais je pense que nous avons une bonne étoile, qu’il y a, quelque part, un ange gardien veillant sur nous. Car fort heureusement, Matthew va bien et notre histoire cachée n’est pas encore révélée au grand jour. J'espère juste que son père ne se rappèlera pas de mon comportement ayant été bizarre, du fait que je me sois agrippée à lui afin d'avoir une nouvelle de l'homme que j'aimais par son propre biais. Mais pour l'heure, les états d'âme du père de Matthew sont relégués à un rang bien inférieur. La seule chose comptant réellement c'est l'âme sœur qui me tend la main tandis que j'avance. Bien sûr je suis déjà en train de pleurer comme un gros bébé. Les nerfs me lâchent, la pression redescend. Et forcément, toute l'inquiétude et le stress s'en vont. Comme je suis heureuse de le revoir... Je suis tellement soulagée. Et pourtant, je pleure comme une madeleine, essayant de m'accrocher aux paroles rassurantes de Matthew. Le fait de savoir qu'il n'a rien, qu'il sera vite remis sur pied dans quelques jours, est déjà beaucoup pour moi. Ses propos m'attendrissent et me touchent tellement. Savoir qu'il attendait que je vienne avec impatience, suffit à faire apparaître un sourire à travers les larmes bien trop nombreuses. « D... Désolée.. C'est simplement les nerfs qui ... lâchent... » Et effectivement, ils sont vraiment en train de lâcher parce que je suis incapable de me taire. Je me sens obligée de lui faire part de mon inquiétude quant à sa conduite, au fait qu'il faut qu'il arrête d'utiliser ce mode de transport. Peut-Être que la solution est d'acheter un engin plus petit. Je n'en sais rien, tout est prétexte à ce que je continue à bredouiller des paroles incohérentes. Et à travers mon monologue, ma main serre avec force la sienne. Il est là. Sa paume est chaude contre la mienne. Il est vivant... C'est aussi simple que ça. C'est aussi bénéfique que ça, et pourtant, je n'arrive pas à m'arrêter. Même quand sa main finit par essuyer mes larmes sur mes joues. Il est si rassurant et je me pose vraiment la question de savoir lequel est le plus mal en point. Parce qu'il aime rassure... Il n'a pas l'air de souffrir en dehors de ces quelques plaies et de ce bras mis en écharpe. A moins qu'il n'ait autre chose de bien plus grave... Pourtant, il aurait été moins alerte. Il n'aurait pas ri non plus parce que visiblement, mon message sur la prévention routière n'a pas l'air de le sensibiliser. Et dire que je suis si sérieuse pourtant...

Je pourrais m'en offusquer ou protester que je suis sérieuse. Je ne veux plus qu'il ait une voiture de sport. Un tank me semble être une solution bien plus sage pour ce fou de l'accélération compulsive. Mais il n'en est rien et alors que mes propos sont emplis de sagesse, je comprends que je peux m'asseoir sur mes inquiétudes. Quelque chose me dit qu'il n'écoutera pas mes conseils. Au lieu de ça, il tire sur mon bras afin que je vienne m'asseoir à côté de lui. Mais j'ose pas et c'est vraiment un bout de fesse droite que je pose sur le lit. Il me semble être fait de verre, à croire que cet homme pourrait se briser au moindre effleurement.  Pourtant, Matthew insiste et finalement, c'est toute intimidée que je finis par me retrouver à côté de lui.« Mais je ne tiens pas à te faire du mal.Imagine... Je te blesse encore plus, je ne pourrais jamais me le pardonner... » Je murmure doucement tandis qu'il enroule son bras autour de mes épaules. Je me sens déjà bien plus rassurée, essuyant mes yeux d'un revers de main. Son corps diffuse une douce chaleur contre le mien et son baiser suffit à tarir le flot des larmes. Néanmoins, si le chagrin est en train de disparaître, je conserve ce malaise affreux d'être dans une chambre d'hôpital. C'est tellement... Lugubre. Quand bien même, je ne suis pas seule, il y a Matthew et sa force rassurante, Matthew et son sourire, Matthew et ses mots qui me vont droit au coeur. Être séparée de lui... Mon dieu. Non... « Je crois que si je devais être séparée de toi, j'en mourrais. » Je finis par dire en me blottissant un peu plus contre lui. Je ramène mes jambes contre moi, profitant de cette douce sensation que d'être dans les bras de l'être que j'aime le plus au monde. « J'ai cru devenir folle quand la conversation s'est coupée. J'ai tellement passé mon temps à tourner en rond, c'était atroce jusqu'au moment où ton père est venu me voir, pour me demander d'annuler des rendez-vous parce qu'il partait... Pour l'hôpital. Enfin, il a fallu que je lui saute dessus pour qu'il me dise qu'il avait enfin eu des nouvelles et qu'on t'avait transporté aux urgences... » Je secoue la tête, la mine n'en demeurant pas moins triste. Être reléguée au simple rang de l'employée a été si difficile à vivre cette fois-ci. À croire que l'idée qu'il soit au courant est devenue encore plus tentante. Je relève un regard triste vers mon amour et finalement, ma main caresse doucement son visage tandis que j'ajoute d'une petite voix triste « Si tu savais comme j'ai hâte... Que ce secret cesse, que nous puissions être libres de nous aimer, que je puisse être celle qui sera informée quand il arrivera une urgence. Des autres, je ne crains plus rien... La peur de te perdre est bien plus forte... » Et pourtant, il est là, son bras m'enlaçant, j'entends le battement de son coeur. « Et puis, raconte-moi ce qu'il t'est arrivé, June m'a parlé d'un carambolage... Ça a dû être tellement affreux... Et puis, est-ce que tu dois rester chez toi ou bien tu peux reprendre le travail ? Je t'aiderai de mon mieux de toute façon surtout si tu as besoin de repos... » Je finis par demander, soucieuse.

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Mer 5 Avr - 13:38

Matthew n’avait jamais été confronté à la mort. Du moins, pas en ce qui le concernait lui. Sa seule expérience avait été sa sœur Rose, qui avait perdu tragiquement son mari et son enfant dans un accident de voiture. Ce jour-là, le poète avait bien cru qu’il allait perdre aussi sa plus jeune sœur. Toutefois, Rose n’avait jamais voulu parler de cet épisode traumatisant de sa vie. Il ne savait donc pas ce que cela pouvait faire de réaliser que notre vie ne pouvait plus tenir qu’à un fil. Car c’était bien ce qu’il s’était passé. L’espace d’un instant, Matthew avait véritablement cru ne jamais pouvoir réchapper à cet accident de voiture, à la panique qui gravitait autour de lui, au chaos ambiant et à l’explosion qui l’avait propulsé un peu plus loin. Il ne s’en était réveillé qu’à l’hôpital, le corps rompu de douleur. Il s’était étonné combien la lutte pour la survie était farouche. Pas uniquement pour sa propre survie, mais aussi pour celle de ceux qu’il aimait. L’auteur n’avait pu se résigner à laisser derrière lui toutes ces personnes qu’il aimait, et encore moins Héloïse. S’il venait à disparaître, que lui laisserait-il alors ? Des souvenirs à chérir. Un secret à garder. Une peine qu’elle ne pourrait jamais épancher complètement. Elle serait cette simple stagiaire qui devrait masquer son chagrin car elle n’était rien de plus pour son employeur. Tout ceci était terriblement faux. Durant les derniers instants avant son inconscience, il n’avait eu de cesse de voir la chevelure brune de sa belle danser devant ses yeux. Dans ses fantasmes étranges, elle l’habitait encore avec son sourire et ses prunelles si claires. Il ne l’oubliait pas. Il ne l’oubliait jamais. Et à son réveil, son unique désir avait été de la voir. Il n’avait que faire du long cortège qui s’était bousculé à son lit. Ses sœurs. Son père. Sa mère. Il savait combien cette réaction était puérile, injuste et égoïste, mais le poète s’en moquait éperdument. Aujourd’hui, il avait frôlé la mort, et toutes ses pensées étaient dirigées vers Héloïse. Savait-elle seulement pour lui ?

Heureusement, ses sœurs s’étaient enquis de faire un sorte que la belle soit mise au courant et qu’elle puisse venir le voir. Matthew ne dissimula pas son soulagement de la voir passer le seuil de la porte. Il en oublia presque la douleur qui envahissait son corps endolori. Tout ce qu’il souhaitait, c’était qu’elle se retrouve près de lui, d’autant plus quand les sanglots vinrent étreindre son corps frêle. Cette vision lui était insupportable. Auprès de lui, il prit ses mains, caressa son doux visage pour la rassurer avec les mots de l’amour. Il n’imaginait même pas ce qu’elle avait pu traverser avant d’arriver là dans cette chambre d’hôpital. D’autant plus qu’il se souvenait qu’elle était la dernière fois qu’il avait eu au téléphone. S’inquiétait-elle depuis tout ce temps ? Il l’incita à venir s’asseoir à ses côtés, mais la brunette était réticente. « Ce n’est pas grave si tu me fais mal. Je veux que tu sois près de moi. » Son regard autant que sa voix tendre étaient intransigeants. Héloïse finit par abdiquer et elle se retrouva contre lui. Matthew masqua une légère grimace. Dans le fond, il n’avait rien de vraiment cassé. Il s’agissait surtout de vilaines ecchymoses qui seraient bien vite oubliées au bout de quelques semaines. Il ne s’angoissait guère pour cela. Ce qui lui importait présentement, c’était de rassurer sa belle. Il n’aimait pas la voir dans des états pareils, d’autant plus qu’il prenait pleinement conscience de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Il se sentait en parti fautif. C’était lui qui avait instauré ses secrets et toutes les règles qu’ils comportaient.
Héloïse exprima une voix de plus sa peur de l’avoir perdu. Il resserra son étreinte autour d’elle, caressant doucement son bras. Il déposa un baiser sur le haut de sa tête. « Tout va bien, je suis là… » Et il le serait toujours. Il se montrerait plus prudent. Il ferait des efforts, mais il rejetait principalement les raisons de cet accident sur le carambolage qui n’était en raison de sa volonté. La brune se mit expliquer le terrible périple de sa journée. Matthew écouta sans sourciller. Il ne cessait de songer à ces questionnements qui tournaient encore et encore dans son esprit. Et s’il était temps de tout dire ? Il avait décidé de se laisser du temps pour y réfléchir, pour saisir la meilleure opportunité. Il refusait que cela se fasse sur un coup de tête où il ne prendrait suffisamment bien en compte tous les risques d’une telle révélation. Il voulait faire les choses biens. Mais avaient-ils finalement autant de temps que cela devant eux ? Aujourd’hui leur prouvait que chaque jour comptait. Héloïse n’en tenait même plus de ce secret. Elle ne rêvait plus que du jour où ils pourraient s’aimer sans craindre d’être surpris. L’auteur partageait ce rêve bien plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer. « Tu as été courageuse… » murmura-t-il tandis qu’elle se lovait tout contre lui. Il faisait fi de la douleur, ne souhaitant que sa belle tout contre lui. Elle lui demanda de raconter ce qu’il s’était passé. Matthew lâcha un long soupir, comme pour invoquer ses souvenirs. « C’était tellement confus, je ne suis même pas sûr d’avoir bien vu tout ce qu’il s’est passé. Je n’ai pas eu le temps d’éviter la voiture qui se trouvait sur mon chemin. Devant moi, ce n’était qu’un amas de voitures. Je crois avoir perdu légèrement connaissance avant d’avoir réussi à sortir de ma voiture. Je me suis approché pour voir ce qu’il s’était passé, peut-être aidé des gens. Je me souviens avoir porté secours à un homme coincé dans son véhicule. Après, c’est légèrement confus. J’ai entendu des coups de feu. J’ai vu des gens à terre, morts ou blessés… je ne savais plus vraiment faire la différence. Je me rappelle m’être avancé pour aider plus de gens. Il y a eu une explosion et puis, c’est le trou noir. » La déflagration l’avait projeté un peu plus loin. Sûrement était-ce à ce moment-là qu’il s’était cogné la tête. Ses peaux étaient aussi douloureuses à cause de la chaleur de la fournaise. Mais contre toute attente, il était bien moins blessé qu’il n’aurait pu l’être. Seule la chute lui avait démis l’épaule. « Et je ne sais pas, les médecins ne se sont pas encore prononcés. Quoi qu’il advienne, je ne pourrai pas rester éternellement ici, ni même en convalescence. Je ne peux pas abandonner le bureau ou tout te laisser à ta charge. Tu as déjà suffisamment à faire. Je trouverai un moyen de bosser malgré tout. » Après tout, il n’était pas à l’article de la mort. Il aurait sûrement du mal à se déplacer convenablement les premiers temps. Son corps le faisait atrocement souffrir. Mais ce qui restait le plus embêtant restait son bras qui ne serait plus valide avant un bon moment. Matthew laissa subitement échapper un grognement, se tenant sa tête qui lui lançait soudain. Il voulut aussitôt rassurer sa dulcinée. « Ne t’en fais pas, ce n’est rien. Ça arrive de temps en temps. J’ai pris méchant coup à la tête. » La douleur finit par s’estomper progressivement. Il prit la main d’Héloïse dans la sienne. « Je suis désolé pour tout ce qu’il s’est passé. Je sais que j’aurai dû être moi-même plus prudent. » Le speech d’Hélo sur la sécurité routière avait été entendu. « Écoute, j’ai pris une décision. Je voudrais que les choses puissent se faire dès maintenant, mais ce ne serait pas prudent. Aujourd’hui, tu aurais pu me perdre, mais le destin vient de nous prouver que nous ne sommes pas nés pour être séparés. Toutefois, je suis fatigué de cette situation. Je te fais la promesse qu’avant la fin de l’été, nous pourrons vivre notre histoire comme nous l’entendrons. Peu importe ce que mes parents diront. Peu importe la réaction du monde entier. Tout ce que je désire, c’est être avec toi. Il n’y a que toi qui compte à mes yeux, Héloïse. » Ses doigts se serrèrent plus fortes entre les siens. Il esquissa un sourire à la brune de son cœur. « Héloïse Bennett, est-ce que tu es bientôt prête à devenir officiellement ma petite amie ? »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Sam 8 Avr - 21:48

Petit à petit, je finis par me sentir mieux. Plus rassurée aussi. Matthew est là, son sourire réchauffe mon petit cœur, et son bras autour de mes épaules me rassure. Ça fait du bien d’être près de lui, de sentir la chaleur de son corps contre moi, de pouvoir épier le rythme paisible de sa respiration. Je n’aurais pas pu supporter de le perdre. Aussi brutalement. De façon tragique. Je crois que la douleur aurait été tel, dans ce pire cas de figure, que j’aurais pu en mourir sur le champ. Le chagrin aurait été si fort face à l’idée de me séparer de celui que je considère comme la partie d’un tout, de mon cœur et mon âme. Et puis, je sens également que je me remets de toute cette peur, cette frustration subie dans les couloirs de la maison d’édition. J’ai vraiment mal vécu d’être reléguée au rang de moins que rien, de ne pas avoir suffisamment d’importance aux yeux du père de Matthew pour être mise au courant. D’ailleurs, c’est encore plus terrible… Parce que d’une certaine manière, je ne peux en vouloir à personne. Pourquoi ? Et de quel droit ? Matthew a voulu vivre notre histoire sans qu’elle soit officielle et je l’ai acceptée en mon âme et conscience. Je ne peux pas, aujourd’hui, le lui balancer à la figure sous couvert de ne pas avoir été mise au courant de son transport vers l’hôpital. Et puis, comme mon amoureux me l’a dit pour me rassurer, c’était moi qu’il voulait voir avant tout, et personne d’autre. Moi… Juste moi… Quant à son père, je ne suis que la stagiaire. Pourquoi devrait-il se soucier de mes états d’âmes ? La question est tellement logique mais la réponse a tant de portes de sorties. Et l’une d’entre elles est plus qu’évidente pour moi. Il faut que ce secret cesse, il faut que tout soit révélé, il faut que Matthew et moi puissions-nous aimer en tout impunité, sans craindre d’être pris sur le fait. C’est de l’amour après tout. Pourquoi devrait-on nous accabler d’éprouver ce sentiment si beau, si noble, si pur ? Pourquoi Matthew devrait-il continuer à se cacher de ce qu’il est redevenu ? Cet homme si bon, si beau et si poétique dans sa façon de faire, dans cet écrit qu’il a redécouvert en même que sa foi en l’amour est revenue. J’ai tellement envie que son père puisse approuver notre histoire. Je rêve qu’il puisse être fier de ce que son fils devient chaque jour. Je rêve tant et dans chacun de mes songes, mon écrivain est toujours là.

Alors le fait qu’il m’ait trouvé courageuse m’arrache un pauvre sourire. L’ai-je été vraiment ? Je n’en sais rien. Je me suis contentée de garder mon sang-froid quand bien même, ça n’a pas été évident. Heureusement, ma sœur est arrivée. « Je n’ai pas été courageuse tu sais… J’étais juste en train de perdre la tête… Et j’ai appelé ma sœur. Molly est arrivée aussitôt et heureusement qu’elle a été là. » Ma sœur et moi, c’est toujours chamaillerie sur chamaillerie mais on ne peut nier que l’on s’aime très fort, que l’on se soutient quoi qu’il arrive. Heureusement que Molly elle, a été courageuse. Matthew l’a été aussi dans cet accident qu’il finit par me raconter à ma demande. Je ne peux m’empêcher de frémir en écoutant cet horrible récit, m’imaginant avec une force déroutante chaque détail, du choc, du bruit, du fracas de la tôle se froissant contre une autre. Et puis… « Des coups de feu ? » Je ne peux m’empêcher de blêmir face à cela. Pourtant, je ne devrais pas m’inquiéter, il n’a pas été atteint par une balle. Mais que font des coups de feu dans un accident de voiture. Néanmoins, je conserve le silence sentant mon rythme cardiaque s’emballer. Mon Matthew… Malgré ses blessures a quand même essayé d’aider des gens et je ne l’en aime que davantage, ayant l’impression d’être face à ce héros de ma vie de tous les jours. Je suis terriblement peu objective c’est vrai. Mais je l’aime tellement, il m’éblouit tant que forcément, tout n’est que prétexte pour m’émerveiller un peu plus. Même si je dois avouer que je suis quand même inquiète. Je ne tiens pas à ce qu’il reprenne une voiture si rapide et puissant comme il avait. Mais nous n’en sommes pas encore là et au contraire, je m’inquiète déjà concernant sa convalescence. Je tiens à ce qu’il se repose. Cependant, il me rétorque le contraire, indiquant qu’il ne peut pas laisser la Maison d’édition seule, sans lui. Fronçant les sourcils, j’ouvre la bouche dans le but de contester tout cela, mais tout à coup, il semble comme épris par la douleur à sa tête, allant jusqu’à se la tenir dans sa main. « Mon cœur !? » Je m’exclame d’une voix inquiète, me redressant d'un bond tout en le fixant d’un air presque effrayé. Cependant, il me rassure déjà me disant que la douleur arrive occasionnellement, qu’il a pris un coup à la tête. « Non mais Matt… Je suis sérieuse. Il faut que tu te reposes. On s’en moque de ta Maison d’Edition, sérieusement… C’est toi qui compte, pas le reste. Alors si le médecin te dit que tu dois te reposer alors tu te reposeras. Tu es humain, tu as le droit à avoir des failles et à te reposer. » Je le fixe sans ciller, la mine sérieuse tout en restant inquiète « Ton père se chargera du reste et votre entreprise ne coulera pas. Vous avez tout un tas de salariés autour de vous… Tu n’es pas seul non plus. » Finalement, un sourire craque mon visage et je me sens obligée d’insister, mais à ma manière « Sinon… Je risquerais de me mettre en colère… » Je crois qu’il m’a vu à travers plusieurs émotions mais la colère, je ne m'en rappelle pas. Pourtant, je suis du genre à tout casser si véritablement je finis par être hors de moi. Même si on en est pas encore là… Néanmoins, je sens que ça ne sera pas simple de le convaincre, surtout quand il est habitué, depuis si longtemps, à faire les choses comme bon lui semble.

« En vrai… C’est surtout que je m’inquiète. » Je finis par dire quand il me prend ma main. Je suis à moitié soulagée de savoir qu’il aurait dû être prudent lors de cet accident. Je n’en crois pas mes oreilles. Est-ce que ça veut dire qu’il va m’écouter et ne pas s’acheter de bolide ? Tout reste encore imprévisible tant que le garage n’est pas rempli de son nouveau joujou. Mais pour l’heure, il n’est pas encore question de tout cela. Et au contraire, mon écrivain finit par me faire part de son intention de tout révéler à son histoire, de dévoiler notre histoire au grand jour. Je l’écoute comme s’il était en train de m’abreuver de paroles sacrées. Le rythme cardiaque s’est déjà emballé et je n’ose y croire. Pourtant, c’est bien vrai. Il est peut-être temps que ce secret cesse. Et je crois bien que dans le fond, nous n’en avons plus envie, autant l’un que l’autre. Peut-être parce que nous avons pris le temps de nous aimer, de nous attacher, de nous rendre indestructible face au monde extérieur. Je n’ai absolument pas peur de ce fameux jour qui viendra avant la fin de l’été. Je n’ai absolument pas peur d’affronter son père. Ma faille, c’est bien mon poète et cette peur viscérale de le perdre un jour. Ça, je ne pourrais jamais me le pardonner. Et lorsqu’il finit par me demander si je suis prête à devenir sa petite amie, je ne peux m’empêcher de rire. « Bien sûr que oui !!! je suis prête depuis ma naissance ! » Et doucement, je viens déposer un tendre sur ses lèvres. Doucement parce que je ne tiens pas à lui faire mal ou à donner de mauvais coups. « Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie… » Je finis par lui murmurer, l’œil tendre et le cœur palpitant. Le plus beau reste à venir.

Enfin, pas tout de suite. Car finalement, on toque à la porte et si au début, je commence à paniquer en voyant la porte s’ouvrir sans plus attendre, je suis, immédiatement, soulagée en constatant qu’il s’agit du docteur, suivie de June. Me raclant la gorge gênée, je me redresse afin de quitter le lit pour me mettre en retrait. J’échange un sourire avec June tandis que le médecin salue Matthew. « Bon Monsieur McGregor, je suis le docteur Stevens et nous avons eu les résultats de vos examens. Alors vous n’avez rien et je pense que vous pouvez rentrer chez vous ce soir si vous le désirez. En revanche, il vous faudra du repos. Votre corps a été soumis à un choc violent alors vous risquez d’avoir des courbatures assez fortes pendant quelques jours. De ce fait, du repos et du calme serait le mieux pour vous. » Il eut un sourire un peu comme le mien quand je me dis qu’il a prononcé des mots prohibés dans la vie d’un être tel que Matthew McGregor. « Quand à votre bras, il faudra revenir d’ici une semaine afin que l’on puisse voir comment ça s’est amélioré. » Il finit par lui prescrire des médicaments, continuant son monologue pendant que je me penche vers June et lui murmure doucement « Tu penses qu’il faudra l’assommer ou l’attacher pour qu’il reste chez lui et se repose ? » Ce qui la fait pouffer de rire « Vaut mieux l’assommer, au moins il ne se débattra pas. » Je dois faire un grand effort pour garder mon sérieux jusqu’à ce que le médecin s’en aille, suivi de June qui, visiblement, doit être en apprentissage avec lui. « Rassure-moi… Tu vas écouter le médecin quand même ? »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Lun 17 Avr - 11:32

Cette journée s’était révélée plus qu’éprouvante. En se levant ce matin, Matthew aurait-il pu se douter que son après-midi serait écourté de la sorte ? Que sa voiture serait emboutie dans une autre et qu’il serait projeté au beau milieu d’un carambolage ? Aurait-il pu se douter qu’il aurait pu définitivement perdre la vie ce jour-là ? Quelques soient les épreuves que l’auteur avait traversées, il avait toujours désespéramment tenu à la vie. Pourtant, ce n’était qu’une vie fade et austère. Mais dans l’esprit du jeune homme, il semblait que cela pourrait lui suffire, qu’il n’avait pas besoin de plus. L’arrivée d’Héloïse dans son existence avait tout changé, tout chamboulé. L’univers entier s’était transformé en de merveilleux paysages. Le soleil ne brillait plus simplement pour lui dans le ciel, mais pour eux deux. Il souriait parce qu’il en avait envie, et non plus parce qu’il s’agissait des usages. Il sentait son cœur battre à tout rompre, alimenté par un sentiment qu’il avait depuis bien longtemps oublié : l’amour. Héloïse n’était pas uniquement un rayon de soleil, elle était son soleil. Celle qui illuminait son existence. Et aujourd’hui, s’il avait eu si peur de mourir, c’était bien car il craignait de ne plus jamais revoir le doux visage d’Héloïse. Dans le fond, il aurait été mort. En quoi aurait-il pu avoir des regrets ? Mais il songeait surtout à ces prunelles étincelantes qui se terniraient par le chagrin. De ce sourire qui n’illuminerait plus aussi gracieusement son visage. De ce bonheur qui n’irradierait plus au moindre de ses éclats de rire. Il avait failli lui offrir un avenir de tristesse et il s’en voulait cruellement. Encore plus en voyant la peur et les larmes qui ravageaient son visage. Mais tout près de lui, il pouvait la serrer dans ses bras, la rassurer en faisant fi de la propre douleur qui se répandait dans son corps. Il pouvait se montrer fort pour elle. Aucun sacrifice ne serait suffisamment grand et c’est ainsi qu’il décida d’agir.
Malgré ses souvenirs confus, il lui raconta avec plus ou moins de détails ce qu’il s’était passé et ce qui avait causé son accident. Il se rappelait en même temps qu’il parlait, évoquant ce carambolage, le désordre, le bruit, la chaleur du feu, l’horreur et ces fameux coups de feu dont il ne connaissait toujours pas l’origine. L’évocation de cet épisode fit frémir Héloïse. Sa main valide vint rejoindre la sienne pour la rassurer. « Oui, mais ne t’en fais pas. J’étais loin de tout cela. » A vrai dire, pas vraiment. Il avait vu ce corps tomber à terre consécutivement à la déflagration, mais il ne souhaitait pas inquiéter sa petite-amie outre mesure. De toute manière, il ne comptait pas rester alité trop longtemps. Un bon nombre d’affaires l’attendait à la maison d’édition, et il était hors de question qu’Héloïse se coltine tout le boulot. Quand bien même, il appréciait tout contrôler et s’enquérir de tout ce qu’il se passait. Ce n’était pas un bête accident qui allait le ralentir, ni même ce bras en écharpe. Toutefois, son corps eut à tort de rétorquer le contraire en lui assénant un violent mal de crâne. Il grimaça, paumant sa main sur sa tête. Cette douleur n’était pas constante, mais elle venait régulièrement. Il tenta de rassurer Héloïse, mais cette fois-ci, ce ne fut pas suffisant. Il reçut un sermon inquiet, n’ayant pas l’occasion de répliquer face au flot de paroles qu’elle lui asséna. Il afficha une mine ennuyée avant qu’un rire ne tranche son visage quand elle parla de se mettre en colère. Il ne l’avait vraiment vue en colère. Agacée, quelquefois mais c’était toujours très adorable. « On verra en fonction de ce que dit le médecin. » Il préférait se reposer sur cela et détourner un instant l’attention d’Héloïse. Lui-même était bien trop têtu pour se plier aux dires d’un docteur.

Néanmoins, il avait autre chose en tête pour l’instant. Toute cette histoire lui avait fait réaliser combien la vie était fragile. Il ne voulait pas continuer à la gâcher en vivant constamment dans l’ombre. Il savait d’Héloïse qu’elle saurait se montrer patiente, mais c’était lui qui ne l’était plus. Il n’était pas idiot pour autant, ni même inconscient. Il saurait attendre la fin de son stage pour révéler leur lourd secret. Annoncer une telle nouvelle ne serait pas facile. Ils allaient rencontrer des obstacles, mais rien ne serait comparable au désastre qui avait failli se produire aujourd’hui. Evidemment, un rire franchit les lèvres d’une Héloïse plus que ravie. Sa réaction lui réchauffa le cœur et apaisa la souffrance à son crâne. Ils lièrent dans un baiser plein de tendresse avant qu’il ne caresse sa joue de son pouce. « Et le plus beau reste à venir, je te le promets… » Et à cette heure, il y croyait profondément. Qui aurait pu envisager l’horreur qui allait se profiler durant les prochains mois ? Personne. Pas même pour un esprit aussi prolifique et créatif que celui du poète. Alors aujourd’hui, il y croyait sincèrement. Il n’était pas assez naïf pour croire que ce serait simple, mais malgré les épreuves, il connaissait déjà l’issu : ils seraient ensemble quoi qu’il advienne.
Mais pour l’heure, ils n’y étaient pas encore. Le médecin ne tarda pas à rentrer dans la chambre d’hôpital, suivi de June. Matthew échangea un regard avec sa sœur, empli de la reconnaissance de s’être occupée d’Héloïse à l’insu de tout le monde. Malgré ce Noël mouvementé et alcoolisé, il ne regrettait pas une seule seconde d’avoir révélé la vérité à ses sœurs. Il se concentra bien vite sur le médecin qui lui adressa le pronostique. Il perdit l’étreinte d’Héloïse qui se rapprocha de Jude tandis que le professionnel affirmait qu’il n’avait rien de grave. Toutes les blessures étaient superficielles et il n’y avait guère que son bras gauche qui nécessiterait un suivi dans les semaines à venir. De fortes douleurs étaient à prévoir par la suite, mais Matthew ne voyait aucune raison de s’arrêter. C’est pourquoi, quand il fut question de prendre du repos, l’éditeur ne l’entendit pas de cette oreille. « Bien, merci Docteur Stevens. » Juste avant, il lui demanda malgré tout s’il pouvait partir maintenant. Le médecin ne paraissait guère enchanté par l’idée, mais ce n’était pas dangereux en soi. Il se permit seulement de préciser qu’il devait être accompagné. Matthew était surtout pressé de le voir partir d’ici pour s’en aller à son tour. Il ne se voyait pas rester couché comme un grand malade trop longtemps. Alors quand le duo hospitalier quitta la chambre, l’anglais se redressa un peu mieux, cherchant à s’extirper des draps. La question d’Héloïse le fit sourire. « Oui, bien sûr. » assura-t-il, un peu trop confiant de lui sûrement. « Tu m’apportes mes vêtements, s’il te plaît ? » De nouveaux vêtements que Rose avait eu la présence d’esprit de lui apporter quand elle était venue le voir en même temps que leurs parents. Avec l’aide de sa petite amie, il fut rapidement vêtu, bien qu’avec un bras en écharpe, ce ne fut pas des plus simples. « Enfin après, il a parlé de repos, non pas d’arrêt de travail. » Ce qui était assez implicite, mais Matthew s’en contrefoutait complètement. Mais pas Héloïse car elle s’insurgea bien vite. L’éditeur leva les yeux au ciel, ennuyé de se faire sermonner comme un enfant de quatre ans. « Ecoute, je sais ce que je fais. Demain, je verrai si je suis suffisamment en forme pour aller au bureau. Si vraiment je ne me sens pas, je n’irai pas. OK, mon cœur ? » Il était évident qu’il n’avait pas besoin d’attendre demain matin pour savoir qu’il irait quoi qu’il advienne. Ses paroles parurent apaiser un instant sa petite-amie avant qu’ils n’aillent régler les dernières formalités administratives concernant le départ de Matthew McGregor de l’hôpital. Enfin, ils purent s’en aller. Le British songea un instant à sa pauvre voiture qui était tragiquement morte aujourd’hui, et il se rendit compte que c’était la toute première fois qu’il monterait dans la Chouquette de sa petite-amie. « C’est étroit, dis donc… » ne put-il s’empêcher de faire remarquer. En même temps, elle se baladait dans une cacahuète. Il se souvenait du jour où elle lui avait montré, s’enorgueillissant que sa voiture passe rapidement en 50km/h en 5 secondes. Le record de fifou ! Cela lui faisait aussi bizarre de ne pas conduire, mais avec la conduite d’Héloïse, ils ne pouvaient pas leur arriver grand-chose. Il découvrit pour la première fois ce qu’était conduire avec prudence. Elle se crut même obligée, au cours du trajet, de vanter les mérites d’une aussi petite voiture. Il l’écouta sans rien objecter, l’observant avec un regard qui en disait bien plus long sur sa manière de penser. Hors de question qu’il s’achète une antiquité pareille. De plus, c’est justement la robustesse de sa voiture qui l’avait sauvé d’un bien plus grave accident. #lasécuritéroutièreparMatthewMcGregor. « Tu viens dormir à la maison ce soir ? » Il s’était légèrement adouci pour qu’elle accepte. Il ne se voyait pas la quitter ainsi, et Héloïse ne voudrait certainement pas le laisser dans cet état. Néanmoins, il insistait sur le fait qu’il ne voulait pas trop aller chez elle. Pas qu’après avoir cru mourir, il n’avait pas vraiment envie de croiser Panpan et Lullaby, mais un peu…
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Lun 17 Avr - 21:27

Devenir officiellement sa petite amie… Ces mots tournent et retournent dans mon esprit. Constamment. Sans arrêt. L’ébullition est là, aussi forte que l’impatience.  Et je sais que Matthew la partage tout autant que moi. D’une certaine manière, l’amour est notre force, l’amour nous a sauvé, l’amour saura être plus fort que tout. La crainte n’est plus. Elle a été balayée en un geste, conscient que la vie, à ce jour, ne tient qu’à un fil. Tout peut s’arrêter. Tout peut prendre fin à partir du moment où le destin en décide. Et l’angoisse est forte dans ces moments-là. Elle nous rappelle combien nous si peu dans ce monde, combien l’humain n’est qu’un amas de chair tendres face à la violence du choc. Et je remercie le Ciel de me le laisser encore. Ici. Avec moi. Certes, le bras en écharpe et le corps encore meurtri du choc, mais bel et bien là, en train de me promettre que la plus belle preuve d’amour saura arriver, que notre histoire franchira une étape fondamentale. Celle d’être reconnue en tant que telle aux yeux de tous et de toutes. Que sera la vie après ça ? Mon esprit fantasque se l’imagine déjà. Dans mes rêves les plus fous, je me vois devenir sa femme, je me vois devenir la mère de ses enfants, je me vois être la compagnie de chacun des instants de Matthew. A vrai dire, dans ces rêves merveilleux, l’idée de devenir écrivain est passé en seconde zone : la seule chose qui compte, c’est son sourire, son rire, ses attentions. Le reste, c’est du détail. Et tout prend une importance bien plus considérable quand la mort nous frôle de si près. Pas moi, mais indirectement, je suis liée à cet homme et je n’aurais pas pu vivre avec le poids du chagrin, la douleur de son absence et tout ce que cela implique de perdre sa moitié d’âme. Je l’aime tellement. A un point que ça me surprend toujours, que je suis capable de tout pour lui, que je ne peux jamais cesser de le contempler comme s’il était la plus belle des choses sur terre. Même quand il fait sa tête de mule. Parce que lorsque le médecin arrive, que je me dirige vers June afin de laisser le corps médical parlait au patient, je suis presque convaincue que tout ce que ce dernier lui dit, Matthew lui, s’en fout royalement. Il faut dire qu’à force de le pratiquer, je finis par connaître ses expressions du visage par cœur et autant dire que cela n’échappe pas à June non plus. Nous échangeons quelques mots, amusées autant l’une que l’autre, jusqu’à ce que je me retrouve seule avec mon écrivain. C’est sans attendre que je souhaite savoir s’il appliquera ce que le médecin lui a dit. A savoir du repos, des examens à refaire pour son bras gauche. Fixant l’homme d’un air interrogateur, je trouve qu’il acquiesce un peu trop vite. Ce n’est presque pas normal d’ailleurs, et mon regard se fronce. Néanmoins, je conserve le silence quand bien même, Matthew souhaite que je lui donne ses vêtements. Le médecin lui a donné le droit de rentrer chez lui et je me suis proposée de le ramener chez lui. Il a accepté et de ce fait, Molly m’a ramenée ma voiture ici. Pendant ce temps, j’essaye d’aider mon poète à enfiler ses vêtements, ce qui n’est pas aisé avec son bras. « Il faudra que tu te reposes… » J’ajoute doucement en l’aidant à enfiler sa veste. Cependant, mes craintes se confirment. Mes mauvais pressentiments aussi. Et forcément, lorsque le Petit Prince commence à jouer sur les mots, décrétant que le repos ne veut pas dire arrêt de travail, je rétorque immédiatement. « Mais Matthew, ne me prends pas pour une cruche. Il t’a dit du repos. Ça veut dire à la maison, ne rien faire. Tu m’expliques comment tu vas te débrouiller avec un bras en écharpe. Tu vas faire comment pour écrire sur l’ordinateur ?! Faut écouter ce qu’il te dit. » Bon. Ok. J’ai conscience que je suis peut-être trop « maman poule » que je devrais le laisser faire comme il l’entend. Après tout, il est majeur, vacciné et chef d’entreprise. Mais quand même ! Ça reste Matthew et sa guérison est tout autant importante pour moi. Mais il n’a pas l’air de cet avis, préférant me confirmer qu’il verra demain, s’il se sent capable. Je voudrais même répliquer à nouveau, mais je conserve le silence. Je dois lui faire confiance. Du moins, c’est ce qu’il doit attendre de moi. « Si tu le dis… » Je finis par dire en haussant les épaules. S’il a décidé de se faire mal, il verra bien par lui-même. Un peu comme lorsque j’ai trop bu, j’ai vite compris que bosser au travail avec la gueule de bois, c’était pire que tout. Alors, j’ose espérer que Matthew saura prendre la décision la plus sage. « On va aller à l’acceuil et puis, je te ramène. J’espère que tu es prêt à rouler à faible allure… » Et alors qu’il y a peu, j’étais sérieuse, je ne peux m’empêcher de laisser ce sourire apparaître sur mon visage. Matthew dans MA voiture, dans MA Chouquette. Je crois que ça va être inoubliable.

***

Sa remarque au sujet de la taille de ma voiture déclenche mon rire amusé. Nous venons de quitter l’hôpital après avoir dû passer par la case secrétariat pour remplir les papiers de décharge, récupérer les factures. J’ai attendu patiemment bien trop heureuse de passer du temps avec Matthew. Il faut dire que les bureaux de l’hôpital ont le mérite d’être moins stressants que ces longs couloirs menant aux chambres. Aussi, suis-je déjà plus détendue, l’angoisse et l’attente n’étant plus que de mauvais souvenirs. Ainsi, nous sommes donc dans la voiture et la première regarde de Matthew concerne l’intérieur qui reste assez cosy et douillet. « Mais on est pas à l’étroit. C’est sûr qu’il y a moins de place que dans ta Porsche pour étendre ses jambes. Mais elle est super résistante. » Et à ses mots, je mets le contact, faisant ronronner le petit moteur. Bon sang, comme j’adore ce son, comme je suis amoureuse de ma voiture. Je la bichonne forcément. Et en plus, papa m’a toujours dit qu’elle possède ses carrosseries ancienne génération. Rien à voir avec tout ce qui se déchire et se fracasse, ma voiture a le mérite de se plier mais pas de mourir au premier choc. Elle en a parcouru du chemin et c’est ce dont j’explique, très sérieusement, à Matthew tandis que nous roulons en direction de son appartement. J’essaye d’ignorer le regard de l’homme se trouvant à côté de moi. « Franchement, cette voiture est un véritable bijou et elle est bien plus résistante que ta voiture. » Un sourire franchit la lisière de mes lèvres et voilà même que je réponds au regard moqueur. « De toute façon, c’est bien connu chez les hommes, tout est question de taille, d’endurance et de performance. » Je me contente de lever les yeux au ciel, toujours aussi dépitée de constater que même celui qui se trouve à côté de moi, ne déroge pas à la règle. Dans un sens, c’est bien. D’un autre côté, ça lui donne un côté bien plus humain, moi qui ne cesse de le mettre sur un piédestal et de l’idolâtrer tel un Dieu vivant. Néanmoins, mon sérieux est de trop courte durée et finalement, je me mets à rire. « Enfin, je suis curieuse de voir ce que tu vas prendre comme voiture de remplacement. » Je lui dirais bien de prendre quelque chose de plus sécurisant. Mais visiblement, il préfère bien vite écourter la conversation au sujet de la voiture, me demandant si je viens dormir chez lui ce soir. J’aurais pu réagir de tant de manières. J’aurais pu me révolter de le voir changer de sujet. J’aurais pu encore plus insister sur le fait de se reposer –oui, je suis un peu chiante sinon, ce soir- mais surtout, je me rends compte que je ne veux qu’une chose : ne pas le quitter. Aussi, si ça veut dire de rester avec lui, qui suis-je pour refuser ça « Si tu veux, je vais m’occuper de toi ! » L’enthousiasme est aussi grand que l’idée de pouvoir être aux petits soins pour lui. Quand bien même, dans mon for intérieur, ce sera aussi une raison valable pour vérifier que demain, il sera prêt à se reposer et donc de pouvoir l’enchaîner au mur avec calme. Ainsi, nous finissons par arriver chez lui et je gare la voiture devant comme à chaque fois. Nous arrivons chez lui et une fois dedans, je suis assaillie par les odeurs habituelles, mon chez-moi quelque part. Je me tourne vers Matthew, un sourire radieux s’affichant sur mes lèvres. « Et si on se commandait du japonais ce soir ? Tu n’auras besoin que d’une main pour tenir les baguettes ! Et puis, si tu galères trop, je pourrais toujours être ta main gauche ! » Et je trouve l’idée excellente quand soudain, Rose arrive de sa chambre, nous saluant avec chaleur et visiblement contente de voir son frère chez lui. Je les laisse échanger un peu préférant aller poser mes affaires dans la chambre de Matthew. Puis, lorsque je reviens, Rose n’est plus là. « Elle ne reste pas ? » Je demande d’une voix curieuse. C’est si rare quand elles sont là d’ailleurs ou alors, ses sœurs veillent toujours à nous laisser une intimité, je n’en sais rien. « Tu veux que je t’aide à t’enlever ta veste ? Tu veux boire ou manger quelque chose en attendant ? Tu veux un câlin ? Dis-moi tout, je suis ton infirmière personnelle ce soir ! »

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Ven 28 Avr - 20:57

Matthew n’était encore jamais rentré dans la Chouquette d’Héloïse et il devait admettre que l’expérience n’était pas des plus édifiantes. A peine fut-il rentré qu’il savait déjà qu’il n’accepterait en aucune façon de détenir une cacahuète pour prochaine voiture. Il trouverait bien un modèle similaire au sien. De plus, depuis qu’il avait acheté sa Porsche, les modèles avaient dû gagner en puissance. Et s’il s’achetait aussi une moto ? Les possibilités fourmillaient dans la tête de Matthew, alimentées par le fait qu’il parvenait difficilement à caler ses jambes dans l’habitacle. Sérieusement, c’était une voiture de Hobbit son truc ?! Il se garda bien de faire la moindre remarque –bien que rouspétant intérieurement- tandis qu’Héloïse débutait son speech sur les mérites d’une telle voiture. Est-ce qu’elle pensait vraiment que son assemblage approximatif de taules pourrait rivaliser avec le bolide qu’il comptait s’acheter ? Il retint encore la moindre remarque, laissant sa petite amie faire l’éloge retentissant de sa Chouquette. Ils étaient déjà en désaccord sur cette histoire de repos, il n’allait pas non plus en rajouter une couche. C’est pourquoi, il conserva le silence, malgré un regard éloquent, jusqu’à ce qu’il ne tique à l’une de ses paroles moqueuses. Un rire s’échappa d’entre ses lèvres, entre sarcasme et outrage. Il lui répondit avec sa suffisance McGregorienne. « Mon amour, je sais bien que tu n’as pas d'éléments de comparaison, mais sérieusement… tu sais tout aussi bien que je n’ai absolument rien à compenser que ce soit en terme de taille, d’endurance ou de performance. » Son honneur de mâle venait de parler à sa place, refusant de s’entendre dire de telles choses. Un léger sourire mutin étira ses lèvres. « Est-ce que tu as déjà eu à te plaindre de quoi que ce soit ? » Question d’honneur, les gars ! Il savait pertinemment qu’en plus de ne pouvoir le comparer à personne, elle ne s’aventurerait pas à remettre en cause ses capacités. Héloïse n’était pas une simulatrice, et il avait suffisamment confiance en lui pour savoir qu’il la satisfaisait à chaque fois, même lorsqu’elle ne demandait rien.
Ayant satisfait son orgueil comme un grand garçon, il se cala plus confortablement dans son siège, bien que son bras en écharpe soit assez encombrant. Héloïse lui demanda alors ce qu’il comptait prendre comme voiture de remplacement. Il haussa les épaules, ne sachant pas encore vers quoi son choix se porterait. Il savait déjà qu’il prendrait un modèle similaire au sien. « Je ne sais pas encore trop ce que je vais prendre. Sûrement un modèle semblable. » dit-il en pleine réflexion tandis qu’il observait le paysage devant lui. Mais en voyant la tête d’Héloïse, il lui apparut que ce n’était certainement pas le bon moment pour parler de tout ça. Il préféra dévier sur un autre sujet, demandant à sa petite-amie si elle restait avec lui ce soir. Il ne fallait pas se mentir, il souhaitait juste qu’elle lui dise oui. Et surtout, qu’elle vienne à son appartement. Il n’était pas d’humeur à supporter un lapin qui voulait le tuer, et qui se ravirait sûrement du fait qu’il avait frôlé la mort aujourd’hui. Hormis dans son assiette, il n’acceptait pas Panpan. Quant à Lullaby, leur relation s’était légèrement améliorée, mais il n’était pas encore prêt à passer trop de temps avec elle. Encore moins avec un mal de crâne atroce. Le fait qu’Héloïse accepte avec autant d’enthousiasme le fit sourire.

Ainsi, ils prirent la direction de l’appartement que Matthew partageait avec ses deux sœurs. Il ne fut pas mécontent de quitter la voiture de sa petite-amie, retrouvant l’espace dont il avait besoin pour vivre dans ce monde si restreint pour un homme tel que lui. Il fut encore plus soulagé de se retrouver tranquillement chez lui. Il n’aurait pas supporté de passer une nuit à l’hôpital. Rester alité était incroyablement frustrant et irritant. Cela le postait dans une position de faiblesse qu’il refusait d’avoir. Rayonnant de sa bonne humeur habituelle, Héloïse proposa de manger japonais ce soir. « Très bonne idée, mon cœur. » Cela lui évitait d’avoir l’air ridicule à devoir tenir une fourchette et un couteau en même temps. Il lui déroba un baiser avant qu’elle ne s’enfuit vers la chambre de Matthew. Ce dernier se dirigea vers la cuisine pour déposer le sachet de médicaments qui lui avait été donné à sa sortie quand il croisa Rose. « Matthew ! » Elle l’avait déjà vu à l’hôpital mais elle se jeta dans ses bras malgré tout. L’auteur grimaça de cette étreinte un peu trop forte. « Ouh pardon. Comment ça se fait que tu sois sorti si vite ? » Il lui expliqua rapidement sa discussion avec le médecin, transformant le récit en sa faveur pour bien prouver qu’il avait toutes les raisons de sortir de l’hôpital et de reprendre le travail dès demain. Elle agita un doigt devant son nez, connaissant trop bien son frère. « T’as intérêt à vraiment te reposer, hein ! Enfin bon, Héloïse est là. Moi, je dois y aller. Je dois retrouver des copines et je dormirai chez l’une d’elles. Bonne soirée ! » Elle ne put s’empêcher de l’étreindre une nouvelle fois, crispant Matthew dont le corps était encore rompu de multiples douleurs. Finalement, quand Héloïse revint, ils n’étaient plus que tous les deux. « Non, elle a dit qu’elle sortait. Il n’y a que nous. » minauda-t-il en l’attirant par la taille de sa seule main valide. Il fut bientôt assailli par un flot de questions qui le firent rire. « Vraiment, infirmière personnelle ? C’est alléchant tout ça. » Il n’en était pas moins étonné de l’initiative d’Héloïse, mais quand il vit son regard brillant de petite fille de quatre ans, il comprit que ses intentions étaient des plus pures. Pas les siennes. Il la rapprocha un peu plus d’elle, laissant sa main jouer dans son dos à travers le tissu de son chemisier et son visage se rapprocher du sien. « Est-ce que tu crois que mon infirmière pourraïïïeh ! » Une vive douleur à son crâne le transperça subitement, comme pour lui rappeler qu’il y avait un temps pour toute chose ; et surtout un temps pour penser avec autre chose que ce qu'il avait entre les jambes. Il se résigna sous l’inquiétude d’Héloïse qui le conduisit dans le salon et le fit asseoir sur le canapé. « Tu ne voudrais pas me servir un whisky ? » S’il fallait savoir une chose sur Matthew McGregor, c’était qu’il était très rarement malade et il s’en félicitait généralement. Mais dès lors qu’il l’était, il devenait un terrible patient, n’écoutant absolument pas les conseils du médecin, ni ne suivant les prescriptions. Le jeune homme croyait en sa propre médecine : le whisky. Toutefois, si d’ordinaire, il n’y avait personne pour le dissuader complètement, ce n’était pas la même chanson ce soir. Héloïse partit dans un long discours sur le fait qu’il ne fallait pas coupler les médicaments et l’alcool, que c’était très mauvais pour la santé. Il se laissa tomber en arrière sur le canapé, soupirant. « Peu importe, je ne compte pas prendre les médicaments. Je ne suis pas à l’article de la mort non plus ! » protesta-t-il sans succès. Son objection n’avait eu aucun effet, et il se retrouva bientôt avec un verre d’eau en face de lui et ses médicaments dans sa main droite. « Tu es vraiment impossible. » maugréa-t-il en prenant malgré tout ses médicaments sous la surveillance d’Héloïse. Il s’agissait surtout d’anti-douleurs et d’anti-inflammatoires. Le poète n’était pas particulièrement content, sachant pertinemment que cela allait le shooter avant la fin de la soirée. Mais le regard d’Héloïse l’infirmière était assez dissuasif. « J’aurai engagé une autre infirmière si j’avais su. » dit-il sur un ton faussement boudeur avant d’éclater de rire devant l’expression offusquée d’Héloïse. Il l’attira à lui sur le canapé, glissant sa main autour de sa tête pour qu’elle se repose contre lui. Il déposa un baiser sur le sommet de sa tête. « Je plaisante, mon amour. Tu t’occupes très bien de moi. » Même un peu trop. Surtout qu’il n’était pas le patient le plus discipliné qui soit. « Au fait, tu ne m’avais pas parlé d’un japonais ce soir ? » Aussitôt, Héloïse se chargea de récupérer l’ordinateur. Ensemble, ils prirent la commande. Matthew ne laissa pas le choix à sa petite-amie et paya. Il ne leur fallait plus qu’attendre. « Je meurs de faim, j’espère que ce ne sera pas trop long. » Ils allumèrent la télé pour faire passer le temps, mais quand ils virent que toutes les chaînes transmettaient des images du terrible accident d’aujourd’hui ainsi que le visage des victimes Héloïse réclama d’éteindre le poste. Sa main attrapa celle de sa petite-amie, jouant pensivement avec la bague qui était autour de son doigt comme il le faisait si souvent. « Dis-moi, tu as déjà fait de la moto ? Cela fait longtemps que je dois m’en racheter une. Ce pourrait être l’occasion, qu’est-ce que tu en dis ? J’aurai bien envie de refaire de la moto. Je suis certain que tu pourrais adorer. » Après lui avoir broyé quelques côtes et s’être évanouie plusieurs fois.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Sam 6 Mai - 17:51

Franchement, il y a des moments où Matthew redevient humain, et je cesse alors de le contempler comme s'il était un dieu vivant. Car en l'occurrence, nous abordons le sujet de la voiture que ce soit la mienne ou sa future. Parce que visiblement, malgré mon message 100% écologie et prévention, il n'a pas l'air décidé à m'écouter et à n'en faire qu'à sa tête. À vrai dire, je sais qu'il est aussi têtu que je le suis. Mais là, j'ai l'impression de voir un petit prince réclamant une quarantaine de cadeaux pour son anniversaire. Pourquoi se contenter de plus quand on peut avoir le strict nécessaire ? Et en bien qui plus est ! Parce que je suis vraiment fière de ma voiture. Je trouve qu'elle roule super bien, qu'elle ne consomme pas trop. Et en plus, elle a trop la classe mais ce n'est pas du goût de sa Seigneurie. Ce n'est pas son style et de ce fait, je ne peux m'empêcher de gentiment l'attaquer sur cette manie des hommes à vouloir toujours la plus belle, la plus chère et la plus performante. Bien sûr la comparaison est peu flatteuse, mais elle me fait sourire tandis qu'il se défend, rappelant que sur ce point-là, je ne peux vraiment rien dire n'ayant pas de possibilité de comparer. D'ailleurs, sa réponse suivante me fait glousser parce que c'est vrai que sur ce coup là, je n'ai pas à me plaindre. Son expérience a compensé mon ignorance flagrante dans ce domaine. « Non c'est vrai... Je n'ai pas à me plaindre, tu es doué ... Mais il est vrai que vous, les hommes, attachez beaucoup d'importance sur tout ces critères alors que bon, parfois quand c'est petit... Ça marche bien, non pas que je suis en train de dire que chez toi, c'est... Euh enfin... » Je commence à rougir fortement ne sachant plus très bien de quoi on parle, de la voiture ou de lui. De ce fait, je suis morte de honte préférant enchaîner sur la fameuse question qui tue : que va-t-il prendre ? Je me le demande bien et d'ailleurs, il me répond bien vite, semblant s'être décidé sur un modèle similaire. Arrêtés à un feu rouge, je peux l'observer d'un air désapprobateur, forcément je ne suis pas d'accord. Cet engin est trop rapide, trop puissant et bien trop dangereux. Je me dis que je vais devoir prendre sur moi ou arriver à le faire changer d'avis. Je découvre alors une chose nouvelle chez Matthew : il est capricieux et lorsque nous arrivons chez lui, je lui propose bien vite de m'occuper de lui. Cependant, dans mon esprit innocent, l'infirmière c'est un peu comme infirmière Joëlle dans Pokémon. Mais dans la tête de Matthew, ça s'apparente à un regard enjôleur, à une main baladeuse. Cependant, il est en convalescence et ses douleurs se manifestent bien vite à lui. « Matthew !! Qu'est ce qu'il y a ?!! »Je demande d'une voix paniquée quand il s'exclame dans un cri de douleur. Forcément, vu l'état de stress dans lequel je me mets, je suis la pire des infirmières. « Mon amour, assieds-toi, je vais aller regarder les médicaments que tu veux prendre. » Et je prends le sac de la pharmacie quand soudain, il me demande de lui servir un whisky. Je me retourne lentement pour le voir et visiblement, il est sérieux. « Un whisky !? » Je m'exclame, choquée. « Alors que tu es convalescent !? » Non mais cet homme est fou. « C'est non. » Et j'ai de bonnes raisons de croire cela, c'est pourquoi tout en préparant les médicaments à prendre, je me lance dans un monologue « Tu sais, il a toujours été dit que les médicaments et l'alcool ne font pas bon ménage. N'as-tu jamais entendu parler de l'histoire de Marilyn Monroe ? Elle est morte à cause de ça. En plus, ça doit créer des effets secondaires monstrueux. » Bon d'accord, les médicaments de base possèdent des effets secondaires sympathiques mais bon, tant que ça peut lui éviter d'avoir mal. Cependant, alors que je me retourne pour l'observer, je le vois me dire qu'il ne prendra pas les cachets. Mais ça ne suffit pas à m'ébranler. Levant les yeux au ciel, je me dirige vers la cuisine où je prends un verre d'eau. De là, je reviens dans le salon lui tendant son verre et ses cachets. « Matthew. Tu bois. » Je déclare d'un ton sans appel. Il les prend, les avale mais je ne suis pas encore convaincue « Ouvre la bouche que je sache si tu as les as bien pris et pas coincé dans tes dents. » Je souris doucement, amusée par la situation. Je suis avec un petit garçon, ce n'est pas possible. Pourtant, ce dernier me fait bien vite perdre mon sourire « Une autre infirmière ?! » Mais… Mais c’est horrible de dire ça ! Déjà, mon regard se voile d’une tristesse sans nom. Heureusement, il m'attire bien vite à lui, me confirmant qu'il s'agit d'une blague.« Mais t'es trop un vilain toi... » Je proteste me laissant être blottie dans ses bras, profitant de la chaleur qu'il dégage. Et effectivement, Matthew a raison lorsqu’il reprend la parole, on devait manger du japonais. Alors c'est toute enthousiaste que je prends son ordinateur portable, l'allume et passons commande. Une fois que c'est fait, il n'y a plus qu'à attendre patiemment. « J'ai faim moi aussi.... On regarde la télé pour passer le temps ? » Mais je suis bien vite démotivée quand les images du carambolage apparaissent à l'écran, c'est horrible d'ailleurs et bien vite l'écran redevient noir. Je reste blottie contre Matthew, jusqu'à ce qu'il prenne la parole. Au début, je l'écoute d'un air innocent qui se décompose en une expression terrifiée. « Une moto !? J'ai failli te perdre dans un accident de voiture et toi tu me parles d'acheter une moto !? » Les motos m'ont toujours parues effrayantes. Je n'en ai jamais fait. À part du vélo mais je ne pense pas que Matthew tienne compte de ce point de comparaison. « Enfin, c'est une moto rapide que tu veux prendre ? » Non parce que s'il prend quelque chose avec un petit moteur, à la rigueur, ça passe. Mais là, c'est un peu difficile à avaler. Surtout après avoir vu les images de l'accident. Je me demande s'il le fait exprès ou alors, les cachets sont en train de le rendre stone. Cette pensée finit par me faire sourire et finalement, j'ajoute « Tu sais, je veux être ta petite amie officielle pas ta veuve hein... » Enfin je dis ça, je dis rien.  Le japonais arrive bien vite et je me charge d'aller le récupérer. Matthew a déjà réglé aussi je me contente de récupérer le sac que je pose sur la table à manger. J'installe tout et finalement, on peut manger. Heureusement qu'il a la main droite de libre parce que ça doit être galère quand même. Le pauvre. Il me fait de la peine et je veille toujours à ce que son verre soit rempli (d'eau bien sûr), qu'il est assez de sauce soja dans sa coupe. On se régale ainsi et heureusement que c'est du japonais. Aussi tout est vite expédié à la poubelle et je me charge du peu de vaisselle incombant. « J'ai trop mangé... » Je murmure en m'étirant et sortant de la cuisine où je le rejoins dans son salon. Bizarrement, je me sens crevée. Est-ce le contrecoup de cet accident, de l'angoisse causée ? Je n'en sais rien, mais je crois que ma mine est aussi fatiguée que celle de Matthew. « Est-ce que tu veux que je te fasse couler un bain !? Ça fait du bien et ça détend les muscles. » Je me mets à rougir. « Je peux le prendre avec toi si tu veux... » Malheur, c'est si érotique ce genre de choses mais je le dis surtout pour ne pas qu'il me dise non. Je suis réellement convaincue que c'est une bonne idée. Alors quand il dit oui, je m'occupe du bain retrouvant la fameuse baignoire. Je l'allume y découvrant des options méconnues... Oh il y a même des remous. Oh il y a aussi de la musique.... Oh on peut même baisser la lumière.... Salle de bain de riches Je jette des produits moussants dans l'eau qui doivent certainement appartenir à Rose ou à June. Et quand la baignoire est bien remplie d'une eau fumante, j'appelle Matthew « Mon chéri, maman a préparé ton bain. » Forcément, ça me fait pouffer de rire et je l'aide à s'enlever son haut surtout qu'avec l'épaule, il faut faire doucement. Mais j'ai des gestes doux pour lui veillant à ne pas me montrer trop imposante. Ce n'est pas non plus une super sensation que de dépendre complètement de quelqu'un d'autre. Et je sais qu'il a sa fierté. Et finalement, nous finissons dans le bain, non sans l’avoir obligé à fermer les yeux quand je suis entrée dans l’eau #pudique. Je me suis assise contre le rebord prévu pour s’asseoir – sérieusement, c’est quoi cette baignoire gigantesque avec des sièges construits dans la porcelaine - et Matthew s'est posé contre moi, son dos collé contre ma poitrine. Enroulant mes bras autour de ses épaules, j'embrasse son oreille. « Et maintenant tu te détends mon amour. L'eau chaude va te faire du bien... » Et doucement, je prends du gel douche entre mes mains et je frotte doucement ses épaules, ses bras faisant attention au gauche, surtout. Ce n'est pas le moment de l'abîmer un peu plus. « Tu me dis si je te fais mal hein... ? » Je n'en demeure pas moins inquiète et je fais super attention. Néanmoins, je profite de cette sensation merveilleuse que d'être avec lui, de pouvoir sentir sa peau chaude et vivante contre la paume de mes mains. Et c'est tellement important pour moi.

***

On s'est endormi complètement fracassé. Et finalement, le réveil ce matin a sonné. Je me suis redressée doucement afin de pouvoir déposer des baisers sur la joue de mon chéri. Le sentant se réveiller, je lui ai doucement murmuré « Mon amour comment te sens-tu ? » Les antidouleurs ont certainement cessé d'agir parce qu'il n'a pas l'air en grande forme. Son visage est tiré et je caresse doucement son front le fixant avec une mine compatissante « Tu vas devoir rester ici et te reposer, tu n'es pas en état d'aller travailler. » Je fronce les sourcils et ajoute d'une voix sévère « Il va falloir écouter les médecins mon amour. » Et moi aussi, sinon je sens que je vais me fâcher, pourtant je reste encore calme, me contentant de me lever. « Ne bouge pas, je vais aller te préparer ton café et je te l’amène. » Et sur ces mots, je me redresse filant vers la cuisine où je rencontre June rentrant probablement de sa nuit. Elle a la mine fatiguée mais me salue avec un sourire « Comment tu vas Héloïse ? Et mon frère. » - « Ça va beaucoup mieux qu’hier ça s’est sûr. Et puis Matthew, il a l’air d’avoir mal. Mais je sens que ça va être la croix et la bannière pour le convaincre de rester ici… » Je soupire, déjà blasée de ce pugilat à venir, ce qui ne manque pas d’arracher à la blonde un rire discret. « Bon courage alors ! Moi je vais aller me coucher, je suis crevée de ma garde. » On finit par se quitter et c’est avec le café en main, et le verre d’eau dans l’autre que je retourne dans la chambre. Posant le café sur la table de chevet, je lui tends le verre d’eau « D’abord tes médicaments. » Je déclare en lui tendant les cachets à prendre. « Tu devrais vraiment te reposer Matthew. Si tu ne le fais pas, tu finiras avec des douleurs qui ne partiront jamais, de l’arthrose et des opérations tous les jours durant tes vieux jours. » Je souris doucement, amusée par la situation « Tu sais quoi ? Tu vas te reposer et je viendrais te voir entre midi et deux, et puis ce soir je reviens, ça te va ? Comme ça je serai avec toi pour t’aider, te parler du travail. Mais s’il te plait… Il faut vraiment que tu te reposes. Je me débrouillerai avec tes dossiers et dans le pire des cas, je t’appellerai sur ton téléphone, d’accord ? » En plus, nous sommes vendredi et demain, ce sera le weekend. J’ai une foule de choses à faire mais ce n’est pas grave, je reporterai tout pour rester avec lui. Sauf le coiffeur, lui je ne peux absolument pas le rater !





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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Sam 6 Mai - 21:46

Matthew n’aimait pas obtempérer aussi facilement. C’est pourquoi, il se montrait aussi têtu en toutes circonstances, persuadé d’avoir raison. Et comme il était toujours convaincu d’avoir raison, les discussions avec lui pouvaient être tout particulièrement houleuses. Il se moquait donc des prescriptions du médecin et de ses recommandations. Il ne prêtait pas non plus au discours moralisateur d’Héloïse quant aux vertus d’avoir une voiture petite et peu puissante. Sérieusement, est-ce qu’elle s’imaginait que le célèbre et charismatique Matthew McGregor allait arpenter les rues de Los Angeles avec une cacahuète en guise de voiture ? Autant lui demander de faire de la trottinette et ça en revenait au même. Il n’osait même pas l’imaginer, se scandalisant déjà tout seul des paroles de sa petite amie. Hors de question qu’il se retrouve avec un bas de gamme ou la voiture de mémé. Il s’y refusait catégoriquement. Le sujet des voitures était donc clos, mais ce ne serait pas le seul point de litiges entre les deux amoureux. Il n’appréciait déjà pas beaucoup que son corps lui fasse violence, mais il fut encore plus mécontent de se voir refuser son verre d’alcool. Quoi ?! Il avait passé une journée suffisamment éprouvante. Il méritait ce verre ! « Je me moque de Marilyn Monroe. J’ai toujours fait ça, il ne m’est jamais rien arrivé ! » Mais sous l’indignation de sa belle et son ton catégorique, ses arguments ne firent pas le poids. Elle n’était pas très effrayante, mais il ne l’avait jamais connue aussi ferme. C’est pourquoi, il se contenta d’un lourd soupir de lassitude et un regard désapprobateur en guise de récrimination. Toutefois, les médicaments furent rapidement avalés. Il leva les yeux au ciel quand elle lui demanda d’ouvrir la bouche pour vérifier qu’il s’était plié à ses directives. Ainsi, elle put attester de sa bonne foi. « Je ne suis pas un gamin non plus. » rechigna-t-il en croisant les bras. Il en venait presque à espérer une autre infirmière. Ce commentaire piqua Héloïse, ce qui amusa l’éditeur. Il retira ses paroles malheureuses, venant l’enlacer avec tendresse. Bien évidemment qu’il ne pouvait pas souhaiter une autre infirmière qu’elle. D’ailleurs, elle se chargea de commander à manger, tandis qu’ils attendaient leurs sushis, il se mit à songer à un nouveau véhicule. Peut-être pourrait-il aussi opter pour une moto en attendant de jeter son dévolu sur une voiture. Héloïse ne parut pas du même avis. Il lui accorda un regard désabusé, ne répondant même pas. De toute manière, le livreur venait d’arriver. La brune se chargea d’aller chercher leur nourriture et ils se mirent bientôt à manger, affamés. Il nota toutes les petites attentions d’Héloïse tout au cours du repas. Il aurait pu s’en formaliser, n’appréciant généralement pas d’être un assisté, mais venant d’elle, cela était uniquement terriblement mignon. Le ventre bien rempli, ils finirent leur repas. De sa main valide, Matthew fourra les emballages et tout ce qui était à jeter dans le sac tandis que sa petite amie faisait un brin de vaisselle. Ils furent bientôt à nouveau tous les deux dans le salon. Il ne fut pas sitôt assis qu’il se sentit piquer du nez. Les médicaments et le surmenage de la journée le rendaient totalement K.O. Héloïse ne paraissait pas plus en forme, néanmoins, la proposition d’un bain fut assez attrayante pour qu’il accepte. Enfin, sûrement n’aurait-il pas accepté si elle n’avait pas dit qu’elle viendrait avoir lui. « Cela me parait être une idée parfaite. » conclut-il pour ne pas la mettre plus dans l’embarras. Elle s’empressa d’aller dans la salle de bain tandis qu’il prenait son portable pour vérifier les nombreux messages qu’il avait. Il s’occupa de rassurer tout ce beau monde avant de répondre à l’appel d’Héloïse. Quand il la rejoignit dans la salle de bain, il ne put s’empêcher de lui pincer la hanche. « Ne dis jamais plus maman. C’est hyper malsain, mon amour. Mais merci. » Il se trouva à nouveau admiratif des attentions de sa petite amie. Avec son aide, il se retrouva rapidement dans son bain. En voyant la pudeur d’Héloïse, il se mit à rire. « Sérieusement ? Au risque de te choquer, je t’ai déjà vu nue. » Il obtempéra malgré tout, fermant les yeux quand elle se glissa dans l’eau chaude. Il vint automatiquement chercher son contact, et cette fois, ce fut sans arrière-pensée. Il se savait trop fatigué pour ce genre de choses. Il se laissa cueillir par ce bain bienfaisant, sa chaleur qui amoindrissait ses blessures et le contact d’Héloïse. Les mains de sa petite amie glissèrent sa peau avec douceur. « Tu ne me fais jamais mal. » souffla-t-il en venant voler un baiser sur ses lèvres, souhaitant chasser l’inquiétude sur son visage. Non, elle était parfaite. Comme toujours.

***

Le poète fut réveillé sans douceur par toutes les douleurs qui transperçaient son corps. Les anti-douleurs avaient manifestement arrêté de faire leur effet, et il se retrouvait avec chaque membre rompu de douleur. Surtout son crâne lui faisait un mal de chien. Il laissa échapper une plainte, faisant se réveiller Héloïse à ses côtés. « J’ai connu mieux. » grimaça-t-il en se redressant. Néanmoins, il ne comptait pas se laisser abattre si vite. Il était déjà prêt à se préparer quand Héloïse se rapprocha pour caresser son visage. Elle lui indiquait le calme et le repos. « Quoi ? Allons, je ne suis pas à l’article de la mort ! » se défendit-il. Mais sa petite amie avait plus d’arguments dans son sac. Il dut abdiquer temporairement jusqu’à ce qu’elle parte dans la cuisine pour préparer du café. Il profita de sa brève liberté pour s’habiller rapidement et non sans mal. Héloïse revint rapidement dans la chambre avec le café fumant et des médicaments. Dans un soupir d’ennui, il prit ses cachets. Elle fut ensuite pleine de paroles moralisatrices. Après son discours, il prit enfin la parole. « Je ne compte pas rester ici, Héloïse. Je n’ai déjà pas pu être là tout hier après-midi, je ne vais pas m’amuser à louper une journée. En plus, je suis persuadé que si je ne me pointe pas, le reste de la maison d’édition va croire que je suis mort. Pas besoin d’un deuil pour les dissuader de bosser. » Il se montrait catégorique, n’appréciant pas d’être mis sur le banc de touche. Il quitta la chambre pour continuer de se préparer, grimaçant plus que de raison. Mais Héloïse le suivait déjà dans le couloir, lui assénant plein de paroles plus sensées les unes que les autres au final. « Bon sang, Héloïse ! Pourquoi es-tu si têtue ?! » C’était l’hôpital qui se foutait de la charité, mais il s’en moquait éperdument. C’est alors que June surgit brusquement de sa chambre. « Y’en a qui essaye de dormir, je vous le rappelle. Et Matthew, Héloïse a raison. Alors aujourd’hui, je ne veux pas te voir quitter cet appartement. Si j’apprends que tu as été au bureau, j’appellerai mes potes ambulanciers pour qu’ils viennent te chercher. Compris ? » Le pire, c’était qu’elle était sûrement capable de le faire. Surtout en étant fatigué. Elle retourna dans sa chambre et ils se retrouvèrent comme deux flans dans le couloir. Ils s’en allèrent vers la cuisine pour discuter plus tranquillement. « Bon c’est d’accord, je resterai ici aujourd’hui. » Cela ne l’enchantait pas, mais il savait parfois se montrer raisonnable. « Mais dès qu’il y a un problème, tu m’appelles. Même si c’est pour une connerie. » Il s’approcha ensuite d’elle, déposant un tendre baiser sur son front pour marquer leur trêve. « Et si tu viens à midi et ce soir, ça me va aussi. J’aime t’avoir avec moi. » Dans son périmètre. Ayant enfin abdiqué, il put boire son café plus tranquillement en compagnie de sa petite amie. Finalement, quand elle dut partir pour le bureau, il reconnut être assez soulagé de ne pas la suivre. Malgré les médicaments, son corps entier lui faisait un mal de chien. Il passa une journée d’une longueur infinie. Il voulut tout d’abord travailler à distance depuis son ordinateur, mais son crâne lui disait le contraire. Il ne parvenait pas à se concentrer deux secondes sans que son cerveau ne le fasse souffrir. Il s’était résigné à lire paresseusement quelques bouquins, parfois préoccupé par les SMS d’Héloïse. Comme elle l’avait dit, elle revint entre midi et deux, au plus grand soulagement du jeune homme. Ils prirent un repas leur repas tous les trois avec June avant que sa petite amie ne doive reprendre le large. L’après-midi fut tout aussi longue, mais au moins, il détenait la compagnie de sa sœur. Enfin… avant qu’elle ne fasse une sieste. Il se retrouva seul et son unique animation de l’après-midi fut l’appel d’Héloïse. Il ne retrouva le sourire que le soir en compagnie de sa belle. « Encore une journée comme ça, et je meurs. Lundi, je viens au bureau. » Cette fois, il était catégorique. Rien, ni personne ne pourrait le faire changer d’avis. Heureusement, il avait encore tout le weekend pour en profiter et Héloïse serait avec lui. Ils passèrent ainsi une nouvelle soirée ensemble, profitant de se réveiller dans les bras l’un de l’autre au matin. Ses douleurs persistaient, mais moins vives. Le réveil venait à peine de sonner que la brune s’agitait dans tous les sens. « Tu es vraiment obligée d’aller chez le coiffeur ? Tes cheveux sont parfaits comme ça. » murmura l’éditeur en souhaitant l’attirer à nouveau dans la chaleur des draps, mais elle paraissait campée sur ses positions. Elle s’envola donc de l’appartement pour sa séance de coiffure après une petit-déjeuner partagé à deux. Matthew en profita pour prendre son temps pour se préparer et poursuivre la lecture de son bouquin. La fin de matinée approchait, quand Héloïse rentra à l’appartement. Elle rentra dans le salon, capuche sur la tête et la mine basse. « Qu’est-ce qu’il t’arrive ? » demanda le jeune homme en fronçant les sourcils. Il se redressa. « Il t’a coupé tes pointes d’un millimètre trop court ? » plaisanta-t-il, quand tout à coup, elle vira sa capuche. « Whooo putain ! » Il ne put retenir sa surprise, lâchant par la même occasion le bouquin qu’il tenait. Il posa sa main sur sa bouche. « C’est euh… c’est ce que tu avais demandé ? » se hasarda-t-il. Il ne savait pas trop quelle réaction il devait avoir ou non. En vérité, il voulait juste exploser de rire. Cela devait sûrement se voir, mais à la tête d’Héloïse, il s’abstint. « Je trouve que ça te va plutôt bien… ça fait ressortir tes yeux. » La vie de Matthew aura été courte, mais intense.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Dim 14 Mai - 10:04

Matthew est juste… Chiant. Je crois qu’il n’y a pas d’autres mots pour le décrire ce matin. Pourtant, je fais tout pour me montrer compréhensive, pour être aux petits soins, observant son visage dans le moindre détail. Il est clairement évident qu’il a mal même si Monsieur semble me faire croire que tout est anodin et qu’il va pouvoir travailler. Je lui fais prendre son médicament mais le voilà qui se lève, me disant qu’il ne peut pas rester ici, qu’il ne tient pas à louper une journée de travail. « Mais écoute-moi ! Tu n’es pas en état d’aller travailler et on s’en fiche du travail ! Ta santé est importante après tout ! Quand bien même… Les gens ne seront pas assez stupides pour croire que tu es mort. » Je lève les yeux au ciel avant d’accélérer pour me planter devant lui et de ce fait, stopper sa marche vers je-ne sais-où. « On peut très bien dire que tu es en rendez-vous d’affaires, un peu comme quand on a été au Japon ! Mais dans tous les cas, tu restes iciiii ! » Ma voix se termine sur une note aigue parce que je tiens à ce qu’il m’écoute. J’ai beau être sa stagiaire, là, c’est sa petite amie qui parle. Je m’inquiète pour lui et son visage semble tiré par la douleur. Il semble douiller quand bien même, il ne veut rien me dire. Est-ce par fierté ou pour ne pas m’inquiéter ? Je n’en sais rien. Les deux solutions semblent possibles après tout. Néanmoins, je sens bien ma patience qui s’émousse lorsqu’il s’énerve me disant que je suis têtue. « C’est moi qui suis têtue ?! » Je m’exclame d’un ton indigné. Non mais alors, je crois rêver ! Si on l’écoute, je suis le problème et tout va bien pour lui. Je suis même d’ailleurs prête à répliquer mais la porte, devant laquelle nous parlons de nos voix fortes, s’ouvre sur une June échevelée. Cette dernière s’adresse directement à son frère le menaçant de faire venir des ambulanciers à la Maison d’Édition, s’il tentait de quitter l’appartement. Sur le coup, la menace me semble tellement étrange et je me mords les lèvres pour ne pas sourire. Imaginer Matthew se faire kidnapper par des brancardiers serait quelque chose d’assez cocasse. Même si j’imagine qu’il le prendrait assez mal. June referme bien vite la porte et je fixe Matthew d’un air amusé. « Viens allons dans la cuisine. » Je finis par dire avant de tourner les talons, suivie de mon chéri. Une fois dans la pièce, la conversation est plus douce, les esprits moins échauffés après tout. Je me laisse être embrassée sur le front tandis qu’il me confirme abdiquer et rester ici. Ah bah enfin ! Je me rends compte que June a vraiment réussi à retourner la situation, tandis que j’acquiesce à chacune de ses requêtes. « Ne t’inquiète pas, je m’occupe de tout, et puis, si vraiment, je ne m’en sors pas, je pourrai demander à ton père. » Et puis, je verrai Matthew le midi, alors je ne m’inquiète pas trop. Aussi, nous finissons par boire notre café tranquillement et finalement, il est l’heure de partir. « Je t’aime et à tout à l’heure. » Je me hisse sur la pointe des pieds afin de déposer un baiser avant d’ajouter d’une voix faussement menaçante. « Et sois sage ! »

Finalement, la matinée se passe plutôt bien. Prise par le travail, je n’ai pas trop le temps de répondre aux questions des employés, me contenant de dire que le patron est en déplacements. Je vois d’ailleurs son père qui semble avoir oublié combien j’étais en panique hier. Je me contente simplement de demander si son fils va bien, histoire de sauvegarder les apparences, prenant un ton tout à fait détaché. Cependant, ce n’est qu’une façade et dès lors qu’il est l’heure de partir, je pars rejoindre Matthew chez lui où je le retrouve avec un bonheur immense. La pause déjeuner passe trop vite d’ailleurs car bien vite, je dois repartir non sans l’avoir rassuré quant au fait que tout se passe bien au bureau, qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Je veille à ce qu’il prenne bien ses médicaments et quand l’heure vient, je repars aussitôt bosser jusqu’à ce que ce soit la fin de journée. C’est vrai que le boulot est immense et que Matthew est constamment demandé. En permanence. Je ne sais pas comment il fait pour gérer son self-control parce qu’à sa place, je péterai bien vite un câble. Pourtant, j’avance au maximum, préparant tout bien au cas où il viendrait lundi. Le connaissant et l’ayant vu faire, je ne pense pas qu’il restera une journée de plus à la maison. Et mes craintes se confirment lorsque j’arrive chez lui, toute fatiguée de la journée. « On verra dans quel état tu seras lundi. » Je lui réponds affichant une mine réprobatrice bien vite remplacée par un sourire tendre tandis que je dépose un baiser sur ses lèvres « Mais on s’en fiche ce soir. C’est le weekend et c’est juste toi et moi.. » Je finis par murmurer contre ses lèvres. On finit donc par profiter de notre soirée tranquillement. Et puis bien vite, on s’endort, épuisés. J’ai reporté tout ce que j’avais prévu pour ce weekend hormis le coiffeur mais étant tôt le matin, je pourrai rester avec Matthew pendant le reste du temps. J’en profiterai pour réviser aussi mes oraux mais pour le reste, tout sera consacré à mon chéri. D’ailleurs, le matin c’est dur de devoir se lever alors qu’on est sous si bien sous la couette. « J’aimerais rester mais je ne peux pas lui poser un lapin quand même.. » En plus quand c’est le colocataire de ma cousine. Aussi, on prend un petit déjeuner ensemble et une fois prête, je pars chez Mickey. Si au début, je suis très enthousiaste, je finis bien vite par déchanter quand je constate les dégâts causés. C’est que je deviens blonde ! Je suis blonde ! Alors que j’ai demandé un éclaircissement de la couleur pas d’être blonde. Je vis cela très mal. Je faisais confiance au coiffeur. Encore une fois, je me suis laissée aveugler par ma gentillesse et ma bonté. J’ai donc pris ma veste, rabattu la capuche sur mes cheveux et suis donc reparti chez Matthew avec une terrible envie de pleurer. Durant le trajet, je roule trop doucement car bien trop déprimée. Je ne sais que penser, si ce n’est que cette semaine j’ai des oraux importants. Ils vont dire quoi les examinateurs ? Oh mon dieu… C’est vraiment terrible. Je déteste Mickey. Je déteste tous les coiffeurs du monde. Et c’est honteuse que j’arrive chez Matthew, ouvrant la porte, venant me poser sur le canapé à une certaine distance de lui, la mine dépitée et fuyante. Forcément, mon chéri s’inquiète et me questionne. Ce n’est que lorsqu’il plaisante que je me décide à lui montrer, virant ma capuche « Je suis blonde. » Je déclare d’une voix calme. Trop calme. Surtout quand j’entends l’exclamation de Matthew ainsi que le bruit de la chute de son livre. Forcément, il me demande si c’est ce que je voulais. « Non !!!! » Je m’exclame, indignée. « Je n’ai absolument pas une tête à porter du blond ! Je suis hideuse. » Je déclare d’une voix s’éraillant petit à petit. L’entendre me dire que ça met mes yeux en valeur achèvent de rebooster mon indignation « Mais arrête ! ça ne me va pas du tout ! On dirait une espèce de je ne sais quoi. Une séductrice ou quelqu’un de bête !! Le blond ne me va absolument pas ! » Je me tasse un peu plus dans le canapé et j’ajoute alors « Rhooo… Et dire que j’ai mes oraux cette semaine. Bien sûr, je ne connais pas les examinateurs mais quand même… Que vont-ils dire ? Ils vont peut-être croire que je me suis teint les cheveux dans l’espoir d’avoir quelques points en plus. Et maintenant, les gens vont croire que je cherche à me faire remarquer… » Un petite moue triste apparaît sur mon visage tandis que j’ajoute « Ma vie est trop nulle. Je veux mourir. Je n’ai plus de raisons de vivre. Je vais rater tous mes examens et devenir la femme de ménage des Editions McGregor. Peut-être même que je n’aurai pas assez d’argent pour m’acheter une télé et je ne pourrai pas regarder la saison quatre de Jane The Virgin. Je ne saurai jamais si Roguelio a réussi à faire sa demande en mariage… » Rabattant ma capuche sur ma tête, je me mets en PLS, et attends que la foudre veuille bien s’abattre sur moi, tandis que je bredouille dans un sanglot : « Je suis hideuse…. »
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Mer 24 Mai - 18:48

Plus que tout au monde, Matthew détestait être vulnérable et impuissant. Il ne supportait de ne pas être maître d’une situation et c’était exactement ce qui était en train de se dérouler ces jours-ci. Suite à son accident, le repos avait été préconisé. L’éditeur avait bien compris qu’il devrait se ménager, mais de là à prendre des jours de repos, c’était hors de question ! Malheureusement pour lui, le reste de son entourage ne l’entendait pas de cette manière. Héloïse avait insisté comme jamais pour qu’il reste se reposer le lendemain. L’éditeur n’en voyait pas l’intérêt. Il avait eu assez de la nuit pour se reposer. Certes, le reste de son corps et de ses muscles lui hurlaient le contraire. Sa tête lui faisait un mal de chien ainsi que tous ses membres. La morphine de la veille ne faisait plus aucun effet. Toutefois, il ne l’entendait pas de cette oreille et le jeune homme pouvait se montrer désespéramment têtu. Sacrifier une journée de travail à cause de quelques douleurs ne lui plaisait pas du tout, mais son entêtement risquait de lui causer bien plus de tort qu’il ne l’envisageait. Pour l’instant, il ne le voyait pas ainsi. Il avait fait fi de la douleur, se levant malgré les réprimandes de sa petite amie qui ne prônait que le repos. Ils en étaient presque à se disputer comme deux poux, l’un n’étant pas prêt à céder du terrain à l’autre jusqu’à ce que June intervienne. Ses paroles parvinrent à le faire abdiquer car il savait que sa sœur serait capable de mettre ses menaces à exécution. De plus, la douleur s’accrut et il vint à bout de son entêtement. Ainsi, il se radoucit légèrement, et avant qu’Héloïse ne prenne son envol pour la maison d’édition, il lui fit promettre de le tenir au courant de tout, de l’appeler en cas de problème et de venir prendre sa pause de midi ici. Il la vit partir à regret, grandement frustré de ne pas pouvoir la suivre et d’être cantonné au rôle de grand malade. Il prit donc un peu plus son temps pour se préparer ce matin, profitant de la chaleur de sa douche pour endormir ses douleurs. Quand bien même, les médicaments commençaient à faire effet. Matthew ne les aurait certainement pas pris si Héloïse ne s’était pas à nouveau montrée aussi insistante. Parfois, elle pouvait se montrer encore plus intransigeante que lui. Il devait malgré tout admettre que cela lui faisait du bien.

Profitant ainsi d’une journée pleinement à lui comme il n’avait pu en avoir depuis longtemps, il eut plus de mal qu’il ne l’aurait cru à trouver une occupation. Invalide d’un bras, il ne pouvait plus non plus faire ce qu’il désirait. Aussi, lorsqu’il s’attela à travailler à distance depuis son ordinateur, il finit par rapidement abandonner. Avec une main, il désespérait d’écrire quoi que ce soit. Il songea ensuite à poursuivre l’écriture de son roman, mais il ne pouvait produire quoi que ce soit à cause de la frustration qui engourdissait ses membres. Il se résigna à lire une foule de romans qu’il avait en attente, faisant parfois une pause pour farfouiller les voitures sur internet. Il faudrait bien qu’il s’en trouve une nouvelle. Héloïse ne pourrait pas toujours faire le taxi, et sa Chouquette était bien trop étroite, quoi qu’elle en dise. Il en profita même pour regarder les motos, le désir d’en avoir une nouvelle revenant. En Angleterre, il en possédait une. Il ne savait plus trop pourquoi, mais il ne l’avait pas emportée avec lui en arrivant en Amérique. Désormais, il voulait retrouver cette sensation d’être sur un deux roues. Enfin pour cela, il devrait aussi attendre de pouvoir réutiliser son bras gauche. Heureusement sa journée ennuyeuse avait été coupée en deux par la présence d’Héloïse. Et le lendemain, ce fut le même cirque. Il aurait bien aimé qu’elle reste auprès de lui, mais apparemment, elle avait un rendez-vous chez le coiffeur qu’elle ne souhaitait pas reporter. Elle quitta l’appartement, le laissant à nouveau désœuvré. Il se montra toutefois moins têtu à prendre ses cachets quand Héloïse le lui commanda avant de partir. Après s’être préparé, il se cala confortablement dans le canapé, poursuivant la lecture de son roman de la veille. Le temps passa bien plus vite qu’hier et il fut heureux que sa petite amie revienne si vite. Sauf que lorsqu’il la vit avec une capuche sur la tête, il ne fut pas bien certain de comprendre. Elle voulait lui faire une surprise ? Mais à sa tête dépitée, il n’était pas convaincu que la jeune femme soit enchantée de quoi que ce soit. Elle retira finalement sa capuche, dévoilant sa blondeur qui fit s’exclamer Matthew. Sous le coup de la surprise, il en lâcha son bouquin. Il ne savait plus qu’en penser. Est-ce que c’était ce qu’elle désirait ? Mais Héloïse se défendit bien vite en affirmant avec force que ce n’était pas ce qu’elle désirait. Il fallait bien s’y attendre… Un changement aussi drastique ne ressemblait pas à sa petite amie. Malgré tout, il ne pouvait empêcher l’hilarité de le gagner. Il dut faire des efforts colossaux pour ne pas exploser de rire au nez de la brun… enfin de la blonde. A l’entendre affirmer qu’elle était hideuse, il crut bon de renverser la tendance en déclarant que cela mettait ses yeux en valeur. Ce qui était vrai d’ailleurs. Et en l’observant plus attentivement, il en convenait même que cette couleur lui allait bien. Cela changeait légèrement de d’habitude, mais c’était loin d’être hideux. Voir et entendre l’indignation d’Héloïse le fit pouffer de rire. Il la laissa déblatérer tout ce qu’elle avait sur le cœur, partant dans des délires surréalistes. Manifestement, il n’avait pas cerné toutes les proportions gigantesques d’une telle teinture. « Tu serais sexy en femme de ménage. » la taquina-t-il gentiment afin de lui redonner un peu le sourire. Cela n’eut pas tout à fait l’effet escompté et il changea de tactique. La tirant de sa position fœtale, il l’attrapa par les épaules de son bras valide pour la redresser et venir la coller contre lui. Quitte à se rouler en boule, autant que ce soit dans ses bras. Il se mit à lui frotter le dos pour la réconforter. « Qu’est-ce que tu peux débiter comme idioties à la minute. Franchement, il n’y a que toi pour penser à des choses pareilles. » la morigéna-t-il d’une voix tendre. « Tes examinateurs ne te connaîtront pas. Comment voudrais-tu qu’il sache que tu étais brune à la base ? Et je t’assure que ce blond n’a rien d’hideux et que tu ne passes pas non plus pour une séductrice. Tu es juste une… Héloïse blonde. Et ce n’est pas grave d’être blond. Deux de mes sœurs le sont et cela ne fait pas d’elles des allumeuses. » Du moins, il l’espérait. Pour Ellana, il en était certain. Elle vivait tranquillement en Angleterre avec son mari. Pour June, il en était moins sûr depuis son mariage à Vegas avec un médecin, mais c’était encore une autre histoire. Il l’attrapa doucement par les épaules pour la tourner vers lui. Il effaça ses larmes de ses pouces avant de lui retirer sa capuche malgré ses réticences évidentes. « Blonde, brune, rousse, ou même avec les cheveux rose, tu es magnifique Héloïse Bennett. Et tu le seras toujours à mes yeux. » Il lui vola un tendre baiser. « Tes examinateurs s’en moqueront bien car ils seront éblouis par ton oral. Tu vas leur présenter ton projet comme étant la huitième merveilleuse du monde et ils vont y croire. » Sa main glissa sous son menton pour relever son regard et qu’il croise le sien. « Tout comme je crois en toi. »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Dim 11 Juin - 10:23

Blonde… je suis blonde… Je n’en reviens pas. Je suis toujours autant bouleversée et le fait d’avoir dû me rendre chez Matthew ainsi, a été une véritablement épreuve. Je le vis assez mal d’autant plus qu’il a eu une réaction tout à fait logique. Surpris, ça c’est sûr. Il en a même fait tomber son livre et ça en a été trop pour moi. Déjà que je ne fais que me retenir de pleurer, autant dire que là, les chutes du Niagara sont assurées. Après avoir résumé ce qui allait se passer si je gardais cette couleur blonde, je ne trouve rien de mieux que de me blottir à côté de Matthew en position fœtale tellement je me sens au bout de ma vie et incroyablement déprimée. Et dire que cette journée a si bien commencé. Je me sentais si heureuse d’aller chez le coiffeur, de créer la surprise en modifiant la couleur. Jamais je n’aurais cru ressembler à cela. Et de ce fait, c’est un concert de lamentations qui s’échappent d’entre mes lèvres, jusqu’à finalement rendre les armes. Je suis hideuse désormais. Et lorsque mon petit ami avoue que je serais sexy en femme de ménage, je laisse échapper un gémissement de souffrance. « Mais on ne travaillerait pas aux mêmes horaires… » Et c’est vrai, la femme de ménage ne vient que lorsque les bureaux sont vides et non pas quand ils sont emplis de monde. Et que diront les employée ? C’est sûr, elles vont se moquer de moi. Ce triste constat achève de redoubler mon envie de suicider en me pendant avec du papier toilettes. Toutefois, Matthew ne semble pas de cet avis et déjà, son premier geste est de me faire me relever et de venir me blottir contre lui. Déjà, je me sens un peu mieux, quoi que, encore bouleversée. Néanmoins, le fait qu’il me prenne dans ses bras me convainc qu’il ne va pas me quitter sur le champ parce que je ressemble à quelque chose n’ayant rien à voir avec Héloïse Bennett.  Toutefois ses paroles sont rassurantes, me rappelant que non, les examinateurs ne me connaissent pas en brune. Ni en blonde d’ailleurs. Je ne serais que l’illustre inconnue qui devra présenter son projet. Et puis, comme il le dit si bien, deux de ses sœurs sont blondes et sa remarque me fait réagir. « Attends ! Je n’ai pas dit que tes sœurs étaient des allumeuses, hein ! Je dis juste que moi, ça ne me va pas du tout. Ça me donne une tête bizarre. J’en suis sûre que si je me mets une tenue aguichante, du maquillage à outrance, je serai comparée à une allumeuse ! » Heureusement, tout ceci n’est pas moi. Dans mon malheur et pour ma survie, je porte un haut assez mignon, et tout cute. Et je ne porte pas de maquillage violent. Ça doit conserver un peu d’innocence. Du moins, je l’espère. Néanmoins, je conserve le silence me laisse être pivotée pour voir le visage aimant de mon chéri. Heureusement qu’il est là. Pourtant, j’ai peur qu’il m’annonce que c’est fini, qu’il ne peut pas sortir avec une blonde. Après tout, tout peut arriver et peut-être que ça ne lui plaira pas. Je conserve le silence jusqu’à ce qu’il m’enlève la capuche bien que je proteste. Dès lors que la blondeur apparaît un peu plus, je me tais prise par un sentiment de honte. « Je suis horrible… » Je me contente juste de dire avant de redevenir muette. Pourtant, j’ai de la chance. Beaucoup de chance d’avoir un petit-ami aussi compréhensif que Matthew. Après tout, ses mots me font du bien, me mettent du baume au cœur tandis que je le fixe d’un air de chien battu, acquiesçant comme un enfant se faisant réconforter par un parent après un chagrin intense. Ses paroles sont réconfortantes et me donne encore plus envie de me donner à fond. Et bien que je ne crois pas en moi, du moins pas en ce moment, je peux m’accrocher à la confiance que lui me porte. « Alors, tu ne vas pas me quitter parce que je suis blonde ? » Lui dis-je, innocemment, d’une voix éraillée par les sanglots. Mais fort heureusement, je ne vais pas me retrouver célibataire pour cause d’une coloration ayant mal tournée. Ne trouvant rien d’autre à dire, j’enroule mes bras autour de sa taille et enfouis mon visage dans son torse. « Heureusement que tu es là… Tu as toujours les mots qu’il faut… »Et sa seule présence suffit à m’apaiser, à me sentir un peu mieux. Si ce n’est que le chagrin est pleinement rétabli, il en faudra du temps certainement. Et une nouvelle coloration aussi. Et il faudra que je retourne voir mon coiffeur aussi. Dans ma hâte et ma peine, je suis partie sans même lui dire au revoir: il doit me détester à coup sûr. « En plus, il faudra absolument que je retourne le payer. J’étais tellement retournée que je suis partie comme une voleuse… Il va me prendre pour une gourgandine… Mon dieu… J’ai si honte. » Heureusement que je peux noyer mon chagrin et ma honte dans le seul bras valide de Matthew. Et ça fait du bien quelque part. Ça soulage. Ça apaise le cœur. Ça fait du bien. Et au bout d’un temps à rester ainsi, à respirer sa fragrance enivrante, je finis par me sentir calmée, un peu plus apaisée bien que pas entièrement rassurée. Tous ces évènements me rappellent qu’il va y avoir mes oraux et je ne tiens pas à échouer. J’ai trop envie de réussir. Si ce n’est que la fin des examens marquera la fin de mon année scolaire aussi. Ne préférant pas trop penser à ce qui m’attend pour la semaine à venir, je préfère alors me centrer sur mon petit-ami, me détachant légèrement de lui pour m’essuyer les yeux et pouvoir le fixer d’un pauvre air contrit. « Et toi, ça va ? Tu t’es reposé pendant mon absence ? Comment va ton bras ? T’as pris tes antidouleurs ? » Jetant un œil sur le livre qu’il était sûrement en train de lire, j’ajoute avec un petit sourire « Il est bien d’ailleurs ? Faudra que tu me le passes quand tu l’auras fini. » Dans toutes ces inquiétudes, je suis sûre au moins d’une chose, c’est que Matthew ne compte pas me quitter parce que je suis blonde. Et déjà, cela suffit à ce que je ne me sente pas trop au bout de ma vie. Ça aurait été la goutte d’eau faisant déborder le vase et j’aurais, très probablement, tué le coiffeur. « Tu voudras qu’on aille se balader après ? Avec ma nouvelle couleur, personne ne pourra penser qu’il s’agit de la stagiaire. Je mettrai une casquette et des lunettes de soleil pour éviter les paparazzis. » Et surtout, ça me fera du bien. Ça me permettra de décompresser, de penser à autre chose, de pouvoir un peu profiter de Matthew et d’oublier ma couleur. Bien sûr, je m’attends déjà demain à avoir une crise de panique en me voyant dans le miroir. Et pour l’instant, je préfère ne pas anticiper mes réactions futures et penser à l’instant présent.


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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Ven 30 Juin - 12:01

Héloïse était blonde et Matthew faisait un effort de dément pour ne pas se mettre à rire. Tout premièrement, pour que la mine dépitée de sa petite amie ne se transforme pas en un torrent de larmes. Il aurait été malheureux de la voir pleurer par sa faute, outre le fait qu’elle était surtout blonde. Et notamment parce qu’il ne voulait pas qu’elle soit prise d’un brusque élan de colère et qu’elle ne le frappe. Il ne craignait pas vraiment sa force de mouche, mais son accident de voiture ne datait que de l’avant-veille et il ne souhaitait pas s’éprouver davantage. Toutefois, elle paraissait plus anéantie que furieuse. Il la cueillit dans ses bras sur le canapé, la rassurant de tendres caresses dans son dos et dans ses cheveux. Elle se trouvait hideuse. Bien que la couleur soit inattendue, elle ne l’enlaidissait pas aux yeux du poète. Il chercha à tourner la situation en dérision face au tableau catastrophique que sa petite amie lui dressait. A la croire, cette teinture lui ferait louper ses épreuves, perdre son job, son petit ami et sa vie serait gâchée sur tous les plans. Elle finirait en vulgaire femme de ménage et Matthew s’en amusa en prétendant qu’elle serait sexy malgré tout. Héloïse objecta en disant qu’ils ne travailleraient même pas aux mêmes heures. « Je pourrai toujours faire des heures supplémentaires le soir. » avança-t-il sur un ton malicieux qui eut du mal à la faire rire. Visiblement, la situation de crise exigeait plus de solennité. Il regagna rapidement son sérieux, la rapprochant de lui pour la serrer tout contre son cœur. Quitte à ce qu’elle soit prostrée, au moins que ce soit dans ses bras. Il la fit relativiser calmement si la condition d’être une blonde. Après tout, presque toute sa famille était blonde. Ses deux sœurs Ellana et June, ainsi que leur mère. Elles n’en étaient pas sottes pour autant. Héloïse s’anima d’un coup pour ne pas qu’il puisse penser qu’elle faisait une généralité sur les blondes allumeuses. La voir se défendre vivement le fit sourire. « N’importe qui mettant une tenue aguichante et du maquillage à outrance, comme tu dis, serait comparée à une allumeuse. Ça n’a rien à voir avec ta couleur. Et on sait tous les deux que tu ne sortirais jamais comme ça. Et que je ne te laisserai jamais sortir comme ça aussi. » Surtout lui en fait. Il admettait légèrement qu’il était de nature jalouse, bien qu’il n’aimait pas qu’on le lui rappelle. Sur un ton plus détaché, il ajouta. « De toute manière, on n’a pas de souci à se faire. Ta garde-robe est le contraire du sex… Enfin disons que tu es très bien comme tu es. » se reprit-il aussitôt, réalisant combien ses propos pourraient être mal interprétés. Il ne faudrait pas qu’en plus Héloïse se mette dans la tête qu’elle n’était pas séduisante. C’était tout le contraire. Il était fou d’elle, et s’il s’écoutait, il lui ferait l’amour du soir au matin. Mais il était vrai que ces tenues n’avaient rien d’aguichant. Surtout pas ses pulls lapin… Il s’en moquait bien. Il l’aimait ainsi. De toute façon, Matthew n’avait jamais aimé les beautés tapageuses et les filles de mauvais genre. Oui, même pour les coups d’un soir d’autrefois, il demandait un haut standing.

Héloïse poursuivit ses lamentations, allant jusqu’à douter de l’amour que Matthew pourrait lui porter. Il aurait pu s’en offusquer, mais il ne parvenait qu’à rire des attitudes exagérées de sa petite amie. Quelquefois, elle pétait complètement un câble, mais il l’aimait malgré tout. Bien que son amusement soit manifeste, il crut de bon ton d’énoncer un beau discours dont il avait l’habitude pour la rassurer pleinement et entièrement. Au regard qu’elle releva sur lui, il comprit qu’il venait de faire mouche. Les joues rougies par les larmes, son visage devenait plus serein. « Evidemment que non, je ne vais pas te quitter, idiote. » le morigéna-t-il tendrement en donnant une pichenette sur son front. Qu’est-ce qui pouvait bien lui passer par la tête parfois ? C’était un véritable mystère. Il continua de la rassurer et ses paroles firent leur chemin jusqu’à l’esprit d’Héloïse. Finalement soulagée, elle se détendit dans les bras de son écrivain et l’enlaça tendrement. Il se mit à caresser de sa main valide ses cheveux incroyablement soyeux, se troublant malgré tout de cette blondeur peu familière. Il haussa les sourcils quand elle expliqua qu’elle était partie sans payer. « T’as fait quoi ? » D’abord surpris, il partit d’un grand éclat de rire, n’ayant aucun mal à imaginer la scène. Elle avait dû se mettre à paniquer, pleurant peut-être avant de partir en courant. « Si tu veux, je peux y aller pour toi. Ou au moins t’accompagner. » Question qu’elle ne traverse pas l’épreuve de la honte toute seule. Puis il ne voulait pas non plus que le coiffeur lui fasse des problèmes et il serait là pour s’interposer au moindre souci. Hors de questions qu’Héloïse se fasse engueuler par-dessus le marché alors qu’il avait mal fait son boulot. La conversation dévia abruptement vers son état. Il se serait bien passé de ses questions dignes de la Gestapo. Il leva les yeux au ciel. « Oui, je vais bien. Tu le vois bien que je ne suis pas à l’article de la mort ? » Certes, il avait encore terriblement mal, mais son orgueil s’interdisait de l’afficher trop et il s’était contraint à prendre ses antidouleurs. « Puis je te rappelle que de nous deux, ce n’est pas moi qui pleure. » se moqua-t-il gentiment avant qu’elle ne demande si le livre qu’il avait entre les mains lui plaisait bien. Il lisait le dernier roman récompensé par le prix John Wood Campbell Memorial qui récompense la science-fiction, écrit par Lavie Tidhar. « Il est plutôt pas mal. Je te le filerai quand je l’aurai fini. » A vrai dire, il était plus que bien mais l’auteur était généralement avare de compliments. Héloïse devait sûrement suffisamment bien connaître Matthew pour savoir que s’il poursuivait sa lecture, c’était que le roman avait suscité son intérêt. Au bout d’un moment, sa stagiaire proposa qu’ils aillent se promener un peu. Il rit des bêtises qu’elle proféra. « Des fois, je me demande si tu ne me confonds pas avec Brad Pitt. » Comme si lui devait mettre des lunettes de soleil et une casquette pour sortir tranquillement. Certes, ce n’était pas rare qu’on le reconnaisse, mais il n’était pas non plus harcelé comme de grandes stars du cinéma, bien qu’il soit amené à travailler avec eux parfois.

Malgré les récriminations de Matthew, Héloïse insista pour porter une casquette et des lunettes de soleil. L’auteur abdiqua en levant les yeux au ciel. Ainsi, main dans la main, ils purent se balader un peu plus tard dans les rues de Los Angeles sans être inquiétés par qui que ce soit. Ils en eurent presque la douce impression que le poids du secret ne pesait plus sur leurs épaules, taquinant l’impatience du jeune homme de rendre un jour leur relation publique. Heureusement, l’année touchait presque à sa fin de telle sorte que, une fois le diplôme d’Héloïse obtenu, ils n’auraient plus aucune raison de garder le silence. Il leur faudrait faire preuve encore d’un peu de patience. Mais le temps passa plus vite que prévu. Malgré le mécontentement d’Héloïse et des sœurs de Matthew, il fut hors de question pour l’éditeur de ne pas réintégrer rapidement la maison d’édition. Le lundi matin, il était déjà présent dans les locaux, reprenant en mains les affaires qu’il n’avait pu toucher durant plus de quatre jours. Contraint par son bras et une tête toujours douloureuse, il se déplaçait en taxi, ou bien Héloïse s’occupait de l’amener quand elle dormait chez lui ou inversement. Connaissant le caractère capricieux du patron, aucun employé ne trouva rien à redire. A mesure que les jours s’écoulaient, Matthew reprenait progressivement de sa superbe, si bien qu’il ne lui resta plus que son bras qui lui faisait défaut. Néanmoins, il avait toujours les discours inquiets d’Héloïse qui l’attendaient plusieurs fois par jour. Il les balayait d’un revers de moi en prétendant qu’elle ferait mieux de se focaliser sur ses prochaines épreuves. L’incident de sa couleur était légèrement passé, bien que les premiers jours, elle avait rasé les murs à la maison d’édition et qu’elle venait régulièrement se plaindre des remarques de certains employés dans le bureau de son patron. Lui était plus amusé qu’autre chose face à la mine dépitée et irritée de sa petite amie. Mais avec les examens qui approchaient, le stress prenait le pas sur elle, et le moindre qui lui faisait une remarque se faisait remballer. Certes, il s’agit de la répartie d’Héloïse, donc ce n’était pas d’une violence extrême, mais tout de même. Les semaines s’écoulèrent ainsi. Le travail terminé, Matthew aidait parfois la demoiselle dans ses révisions, bien qu’elle préférait être au calme pour tout ça et qu’il avait trop tendance à la distraire. Alors quand elle était plongée dans ses fiches bristols, il s’intéressait à son projet d’acheter une nouvelle voiture. D’ici quelques jours, il aurait le droit de retirer son attelle, et sa rééducation ne prendrait que quelques courtes séances puisque rien n’avait été cassé ou sectionné.
Deux semaines s’écoulèrent et ce fut le moment des examens. Héloïse était dans tous ses états, mais bien décidée à en découdre sous les encouragements de son petit ami. De son côté, Matthew avait repris pleinement l’usage de son bras et il n’avait pas attendu pour s’acheter une nouvelle voiture. Sa belle ne le savait pas encore et il comptait justement lui faire la surprise. Il connaissait le planning de l’étudiante par cœur, pour l’avoir entendu bien trop de fois. Il savait donc que sa dernière épreuve s’achèverait en fin d’après-midi. Après le travail, il fut donc devant l’établissement de sa belle s’étant pris du temps, accoudé fièrement à son nouveau bijou. Une voiture puissante et qui se la pétait, à l’image de ce qu’il adorait. Il n’était peut-être pas très prudent d’aller l’attendre directement ici. Cela pourrait faire jaser, mais il s’en moquait. Il restait peu de temps avant que le secret n’éclate, et quelques rumeurs circulant à leur sujet ne pourrait que préparer le terrain pour annoncer tout cela à son père. Matthew était confiant. Il savait que sa dernière épreuve était l’oral de son projet qu’elle devait présenter devant un jury. Cet oral la stressait plus que tout au monde et il souhaitait être là pour la récupérer si jamais quelque chose s’était mal passé. Puis aussi, pour fêter la fin de ses examens. Il avait respecté la décision d’Héloïse qui était de ne pas le voir durant toute la semaine que durait ses épreuves. Il n’avait pas été enchanté, mais il comprenait. Sa présence lui avait manqué et ça l’avait décidé à faire cette surprise. Sa tête blonde apparut finalement et un sourire parut sur ses lèvres. Il s’approcha légèrement pour qu’elle puisse se rendre compte de sa présence. Dès qu’il fut près d’elle, il ne s’embarrassa pas pour la gratifier d’un baiser en guise de bonjour. Elle lui avait manqué, merde ! « Salut ma blonde. » dit-il sur un ton légèrement taquin, récupérant une partie des dossiers qui débordaient des bras de sa belle. « Alors, comment se sont passées tes épreuves ? » Certes, il avait eu droit à des sms pour être tenu au courant, mais il n’avait pas eu le récit complet. Trop fier pour attendre, il se tourna vers sa voiture, avançant vers elle, ne serait-ce que pour déposer les dossiers. « Au fait, tu en dis quoi ? Elle est pas mal, hein ? » demanda-t-il, goguenard.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Mar 18 Juil - 8:09

Matthew semble se retenir de rire. À vrai dire, je connais ses façons de sourire. Il a différentes manières d'agir et là, j'ai l'impression que s'il le pouvait, il se mettrait tout simplement à exploser face à mon désarroi. En temps normal, je pourrais m'en offusquer mais étant au bout de ma vie, je n'arrive pas à être en colère. Je suis triste surtout et j'ai l'impression d'avoir vécu une trahison de la part de mon coiffeur. Pire même, je me retrouve affublée d'une coiffure ne me seyant guère. Ça ne me ressemble pas. Et la détresse me fait englober toutes les blondes du monde dans une généralité d'allumeuses qui aguichent. Y compris ma soeur, je sais... C'est horrible. Je crois qu'avec ces examens, je finis tout bonnement par péter un câble. Je travaille trop. Je révise trop. Et surtout, je stresse trop. J'ai l'impression que je vais me tuer à la tâche à force. Aussi, je me laisse être rassurée tandis qu'il m'explique que peu importe la couleur de cheveux, une femme n'est une allumeuse que par sa façon de s'habiller ou de se coiffer. Je suis d'accord jusqu'à ce qu'il finisse par se reprendre au moment où il parle de moi. J'ai beau avoir avec les yeux bouffis, la lèvre inférieure tremblante et les larmes coulantes, j'ai clairement l'impression qu'il me fait comprendre qu'avec ma garde-robe, je n'ai absolument pas l'air d'une allumeuse. Pire même, serait-il en train de dire que je ne suis pas sexy ? Bon d'un certain côté, je reconnais ne pas l'être. Je n'aime pas ça. J'ai toujours été habituée à un look classique, voir maison d'église comme dit ma soeur. Mais ce n'est pas de ma faute si je n'aime pas quand c'est trop plongeant ou trop court. Je fronce alors les sourcils mais Matthew se montre si persuasif dans ses propos apaisants que je finis par me convaincre que je me suis faite des films. A moins qu'il ne faudra qu'un jour, je ne m'habille de façon sexy pour lui. Mais mon dieu.. Ce serait si osé. Je sais que ce sera dans une maison fermée à clef, des volets baissés Et Matthew devra fermer les yeux tellement il faudra que je sois assez courageuse pour faire quelque chose d'aussi fou et osé. Mais suffisamment pour faire comprendre à mon petit ami, que oui je suis habillée classique, mais que je peux être sexy ! Enfin... Je crois. De toute façon, je ne cherche pas à en savoir plus, étant fatiguée d'avance d'un tel défi et me laissant réconforter par mon chéri qui se montre si compatissant et prévoyant. Finalement, je sens que les larmes s'assèchent et que je suis un peu plus en forme. Déjà, il me confirme qu'il n'est pas prêt de me quitter. Et je finis d'ailleurs par avouer l'odieux crime que j'ai commis en quittant le coiffeur sans même le payer. C'est affreux vraiment. Matthew lui, se propose alors de venir avec moi pour aller réparer mes bêtises.  « Oh il faudra bien que j'y retourne seule. En plus, c'est le coloc de ma cousine donc d'une manière ou d'une autre, il faut que je sorte de cet enfer dans lequel je m'enfonce. Je serai forte ! » Et j'y crois quand bien même, je ne mesure par les difficultés. De toute façon, je suis bien décidée à aller de l'avant, prête à me remettre de ma blondeur. Je questionne donc Matthew concernant son état, soucieuse de savoir comment il va suite à son accident. Et comme il le dit si bien, il n'est pas à l'article de la mort. C'est déjà ça. Sa mine semble être meilleure qu'hier et c'est une bonne chose. Lui proposer une promenade est donc une idée me venant bien vite en tête. Que je propose et qu'il accepte. Cependant, j'émets mes réserves en voulant absolument mettre une casquette et des lunettes de soleil. Je n'ai pas envie qu'on reconnaisse Matthew avec moi, et surtout, il y a une autre raison. J'ai terriblement honte de ma nouvelle couleur et il me semble impossible de sortir sans couvre-chef. La remarque de Matthew achève de me faire sourire.  « Tu es bien plus beau que Brad Pitt mon amour. » Mon amour énamouré le confirme. Il n'y a que Matthew dans ma vie.  « C'est surtout que je n'ai pas envie de me promener avec cette nouvelle couleur. J'ai juste hâte de m'en débarrasser. Je n'aime pas du tout ! » Je finis par dire en secouant la tête. Je n'en démords pas d'ailleurs et finalement, nous finissons par sortir ainsi parés. À ce moment-là aussi, je suis convaincue que le lundi suivant, je serai redevenue brune. 

Mais non ! Que nenni. Nada. Je crois que je n'ai pas bien mesuré mon implication dans mes révisions et le travail m'attendant. Car dès lors que j'arrive au bureau, je suis prise par le travail. Bien sûr, je n'oublie pas pour autant ma nouvelle couleur, essayant d'avoir un air détaché quand je suis arrivée au bureau. Je n'ai pas pu ignorer les regards surpris, les remarques mais aussi les compliments de mes collègues. Certains semblent aimer bien que je ne sois pas fan du tout de cet accident capillaire. D'autant plus que je finis bien vite par ne plus en tenir compte, me centrant sur mes études et mon travail. C'est que mes examens me prennent du temps et je dois absolument travailler mes oraux. C'est d'autant plus contraignant que lorsque je suis avec Matthew, je suis moins concentrée, je me laisse très vite distraire et finalement, lorsque je suis dans la dernière ligne droite, je préfère ne voir personne y compris mon chéri. C'est dur. Très dur pour moi car j'ai besoin de son soutien. De sa présence mais c'est pour une durée temporaire et je sais que nous serons bien vite réunis, il suffit d'être patient. Finalement, le jour tant redouté finit par arriver, vecteur d'un stress abominable où je suis à deux doigts d'aller acquérir une perruque ou un chapeau. Heureusement, je ne le fais pas. Et mon examen se passe où je m'en sors pas trop mal quand bien même, j'ai une terrible envie de pleurer. Peut-être parce que je me dis que ça y est, c'est la fin. Qu'une étape de ma vie s'arrête pour laisser place à une nouvelle. D'autant plus, un futur bien plus beau s'annonce pour moi et c'est là où je me dis que je suis devenue une adulte, qu'il est finie le temps d'être étudiante. Maintenant je serai complètement indépendante. Et avec Matthew. Enfin ça... est ce que je serai avec lui après l'avoir étranglé ? Non parce que je crois halluciner quand je le vois. Je dois avouer que je pensais le voir mais seul. Pas accompagné de cette voiture. Au départ, je suis encore perdue dans mes fiches d'examens et lorsque je relève la tête, mon coeur s'emballe et se comble de joie en le voyant. Je suis décidée cependant à adopter la technique de la joie polie en voyant le patron mais ce dernier m'embrasse à pleine bouche devant les quelques badauds se trouvant autour du lieu d'examen. Ça ne me déplaît pas pour autant. Au contraire, je trouve cela agréable et mon cœur s'emballe un peu plus. Je ne peux m’empêcher de pouffer lorsqu’il fait allusion à ma couleur de cheveux. « Demain, je redeviendrai brune et tu ne pourras plus jamais user du mot « blonde » devant moi ! » Je pépie doucement avec un sourire en coin. Et d’ailleurs, je vais même à la plage avec Naïa mais ça, je ne lui ai pas encore dit. Je sens déjà qu’il va protester en trouvant des excuses de maillot de bain échancré, de garçons et de yeux volages. J’ai un petit-ami jaloux n’aimant pas que je sois dehors, loin de lui. Enfin, de toute façon, l’idée de lui dire quoi que ce soit disparaît bien vite lorsqu’il me demande de mes épreuves mais – car il me semble tout à coup impatient – ne me laisse pas l’opportunité de répondre puisqu’il s’écarte alors pour laisser mon champ de vision s’habituait à… une voiture. « C’est…  » Je relève le regard vers Matthew, assez fier de lui. « Une voiture. » J’échoue lamentablement dans toute tentative de lui partager une quelconque expression de joie. A vrai dire, mon cerveau est encore occupé à débriefer mon épreuve et en même temps, à comprendre. Que cette voiture est donc la sienne. Qu’elle m’a l’air similaire à l’ancienne avec laquelle, il a failli se tuer. Qu’elle doit – et même sans aucun doute – être puissante. Trop même. Je n’aime pas les voitures de sport. Et ni, la vitesse. « Mais tu… Elle… Enfin… Je ne sais pas quoi te dire. » Il faut que je me reprenne très vite. Je suis partagée entre l’envie d’aller me pendre, de pleurer ou d’aller me rouler en boule devant le capot avant histoire qu’il ne puisse plus rouler. « Matthew, tu as failli te tuer avec ta précédente voiture. J’ai eu la peur de ma vie, à l’idée de te perdre. Et toi, tu… Tu viens la bouche en cœur en me présentant ça. Elle est où la Smart deux places qui ne roule pas vite ? » Oui, elle est où d’ailleurs ? Je ne pensais pas qu’il s’achèterait un truc pareil. En plus, rien qu’en voyant le logo de la marque sur le capot avant, je sens comme des nausées, me disant que c’est trop rapide. Trop violent. Il va se tuer un jour. Mais vraiment bien comme il faut. « Mais comment peux-tu être aussi stupide !? » Finis-je par dire, laissant le flot de mes pensées prendre la direction de mes lèvres. Et je le réalise trop tard. Plaquant ma main sur ma bouche, je retiens un hoquet d’horreur. « Oh mon dieu !! Je ne voulais pas dire ça ! Désolée, désolée, désolée... » Parce que bien qu’il soit mon petit-ami et que je l’aime de tout mon cœur, mon chéri a son caractère bien à lui et qu’il risquerait de se vexer. Déjà qu’il ne supporte pas qu’on se moque de lui ou qu’on le regarde un peu trop fixement, alors là, il va me défoncer c’est clair. Alors, je perds mes moyens et je finis par franchement paniquer. Dans une vaine tentative de me rattraper, je finis par dire « Pourquoi t’as pris une voiture comme ça ? Tu veux qu’on meurt ensemble comme Roméo et Juliette ? » Bon d’accord, comme tentative de se rattraper, il y a mieux. Je pourrais utiliser ce que Naïa m’a expliqué et qui a déjà fait ses preuves mais là, on est un peu dehors et je suis un peu dans la mouïse totale.

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Lun 24 Juil - 14:03

Il y avait très peu de choses en ce monde qui empêchait Matthew McGregor de faire ce qu’il désirait quand il en avait envie ou quand il l’avait décidé. Et ce n’était certainement pas un bête accident de voiture qui allait l’empêcher de se payer un nouveau bolide flambant neuf et bien plus puissant que le précédent. Perdre sa si belle voiture avait été un crève-cœur et pour se relever d’un tel chagrin, il n’avait trouvé d’autres solutions que de viser la gamme au-dessus. Même les récriminations de sa petite amie ne pourraient rien y faire. Il avait pour défense le fait qu’il n’était pas en cause dans l’accident qui s’était produit, ni même que sa vitesse de conduite ait pu jouer quoi que ce soit dans ce qui s’était produit. Le carambolage était déjà là quand il s’était embouti dans les autres véhicules, et il n’avait rien créé du tout. Il lui paraissait donc bien légitime de remplacer la précédente avec un merveilleux modèle, et pas de se balader en trottinette comme le désirait Héloïse. Il n’était pas une tapette, non plus. Hors de questions qu’il se montre sur un engin à deux roues ou privé de moteur. Il n’accepterait qu’une moto. D’ailleurs, il faisait déjà des recherches à ce sujet. Toutefois, il partait du principe qu’il fallait faire une chose à la fois. D’autant plus qu’il n’était pas encore bien certain de la réaction de la brunette. Certes, elle ne serait pas ravie, mais elle accepterait la chose. Elle était suffisamment intelligente pour comprendre et elle n’avait pas le choix quoi qu’il advienne. Néanmoins, s’il devait présenter à la fois la voiture et la moto, il risquait de se retrouver seul pour un bon moment. Mademoiselle était un peu sur les nerfs en ce moment.

Il s’agissait de la dernière année d’études pour Héloïse, et les examens qu’elle passait en ce moment seraient décisifs concernant la suite de sa vie professionnelle. Malgré les angoisses de la jeune femme, Matthew était persuadé qu’elle aurait son diplôme sans problème. Quand bien même, il s’engageait à truquer les résultats s’il le fallait. Bien entendu, il savait qu’il n’en avait pas besoin. Elle était brillante, et elle avait majoré toutes ses matières cette année. Néanmoins, la brune ne l’entendait pas ainsi, et les fiches bristols défilaient depuis des semaines devant ses yeux, au détriment de la compagnie de son petit ami. Soit-disant qu’il la déconcertait. Il avait rangé son orgueil, octroyant l’espace dont Héloïse avait besoin pour poursuivre ses révisions. Elle visait l’excellence, et l’excellence exigeait une rigueur proche de la pathologie. Pour Matthew qui n’avait jamais levé le petit doigt de toute sa vie, même pour ses études, il lui paraissait inconcevable de s’acharner autant dans ses révisions. Mais il n’osait aucun commentaire à ce sujet. Depuis qu’Elsa ne s’était pas gênée pour lui faire remarquer qu’il n’était pas pertinent d’exposer ses facilités d’apprentissage à des filles bourreaux du travail, il ne s’aventurait plus dans ces terrains minés. A la place, il s’était plongé avec délice dans la recherche approfondie d’une nouvelle voiture. Finis les taxis ou les moments où il était dépendant d’Héloïse. Il retrouvait cette autonomie qui lui avait fait tant défaut. Et pour fêter l’achat de son nouveau bijou, il s’était rendu à la faculté de sa petite amie. Il avait dû se faire violence pour attendre le dernier jour de ses épreuves avant de se présenter. Très attentif aux besoins de sa belle, il ne s’était pas montré afin de ne pas la perturber de sa présence. Mais désormais, ils allaient pouvoir reprendre leur relation telle qu’elle était. Ainsi, il l’attendait impatiemment à la sortie de son école. Cela faisait un bon moment que l’épreuve était terminée et qu’il voyait sortir une foule d’étudiants. Il se doutait que la jeune fille ne serait pas dans le peloton de tête. En effet, elle était de cette catégorie de personnes qui grattait leur copie jusqu’à la dernière seconde, usant de tout le temps qui était à leur disposition. Là encore, Matthew concevait mal cette manière de faire, mais il ne faisait pas le moindre commentaire. Il n’était pas fou.
Finalement, la tête blonde de sa petite amie finit par apparaître. Il avait encore un peu de mal à s’y habituer, mais Héloïse était bien déterminée à changer sa couleur de cheveux aussitôt qu’elle le pourrait. Le brun reviendrait envahir sa chevelure comme si de rien n’était. Un sourire para les lèvres de l’éditeur et il vint à la rencontre de sa belle. Il ne s’embarrassa pas d’une quelconque mise en scène et l’embrassa comme si leur secret n’était plus de rigueur. A ses yeux, plus l’échéance s’approchait, moins il se montrait prudent. Peu importe si des rumeurs circulaient, elles seraient bientôt rendues officielles car Matthew comptait bien que leur relation éclate au grand jour avant la fin de l’été. Il ne manquait que les résultats des examens d’Héloïse et la signature de son contrat une bonne fois pour toute. Le jeune homme demanda ce qu’il en était de la semaine d’examens de sa petite amie, mais il paraissait plus enthousiaste à l’idée de présenter sa nouvelle voiture à Héloïse. Si bien qu’il n’en tint plus. Il ne lui laissa pas l’occasion de répondre et lui montra son nouveau bijou. Il s’en approcha pour y déposer les affaires qu’il avait pris des mains de sa petite amie. Il ne savait pas trop ce à quoi il s’attendait concernant la réaction de la brune, mais certainement à un peu plus d’entrain. Il fronça les sourcils, pas très sûr de ce qui était en train de passer la tête de la jeune femme. « Oui, bien sûr que c’est une voiture. Tes neurones ont grillé durant la semaine, Bennett ? » Pourquoi affichait-elle une mine si dégoûtée ? Il la détaillait, alternant entre elle et la voiture. Ce fut au bout d’un moment qu’elle lui avoua qu’elle ne savait pas quoi lui dire. Il était encore perdu. « Tu n’as pas grand-chose à dire. Dis seulement si elle te plaît. Je sais qu’on ne dirait pas comme ça, mais elle a un moteur bien plus puissant que… » Il ne put continuer. Héloïse venait de prendre une grande inspiration, signe qu’elle allait se mettre à parler pour balancer plus qu’une phrase. Et ce fut le cas. Il ouvrit de grands yeux effarés. « Une Smart ?! Non mais ça ne va pas la tête ! Jamais de ma vie tu ne me verras conduire un engin pareil. » Plutôt crever dans un nouvel accident de voiture. Il n’était pas né pour conduire de la merde. « Mais comment peux-tu être aussi stupide !? » - « Stupide ?! » répéta Matthew, l’orgueil piqué à vif. Il ne fallut pas une seconde de plus pour que sa petite amie se rende compte de son erreur, mais le mal était déjà fait. Personne ne traitait Matthew d’abruti ! Devant un tel affront, l’Anglais n’était pas seulement vexé, il était profondément blessé dans son honneur. Ce n’était pas tant l’insulte qui le rendait amer, mais plutôt la personne qui l’avait proférée. La douceur dont Héloïse usa pour contrebalancer son propos n’eut aucun effet pour calmer la colère qui montait chez le jeune homme. « Stupide ? J’ai acheté une nouvelle voiture parce que la dernière était morte. Tu m’expliques en quoi c’est stupide ?! Tu ne croyais quand même pas que j’allais passer ma vie en taxi ! » Putain, attendre une semaine sans la voir pour se retrouver avec un flot de reproches dans les dents, il l'avait mauvaise. « Tu t’attendais à quoi au juste ? Que j’achèterai un joli tandem et qu’on pédalerait ensemble dans tout Los Angeles en chantant des Disney ?! Puis on aurait accroché un panier devant pour y mettre Panpan tant qu’on y est ! » Rha pourquoi avait-il parlé de Panpan ? Rien que d'évoquer de cette créature du mal, il était encore plus en colère. Tout à son énervement, il attrapa le sac d’Héloïse qu’il balança dans la voiture à défaut de la balancer elle juste pour avoir le plaisir de pouvoir claquer la porte de sa bagnole après avec rage. « Puis je te rappelle que cet accident n’avait rien à voir avec moi ou ma voiture. Et que si je suis encore en face de toi aujourd’hui, c’est bien parce que j’achète des voitures qui savent tenir le choc en cas de collision. Donc la moindre des choses, ce serait d’être contente ! Avec ta Smart pourrie, j’aurai fini dans une boîte de conserve. » Bon, peut-être pas, mais le Lord avait une aversion toute particulière pour les voitures quelconques. Qui oserait le foutre dans une voiture de ville ? Lui ?! Le grand Matthew McGregor ? C’était inconcevable. « Bon, tu préfères rentrer à pied ou tu me feras le grand honneur de rentrer dans cette voiture ? » Il se montrait terriblement cassant, touché plus qu’il ne devrait. Sûrement un peu trop d’ailleurs…
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Mer 2 Aoû - 16:06

Je suis à fleur de peau. Il est certain que Matthew n'a pas choisi le bon jour pour exhiber son nouvel achat. J'ai l'impression que du plomb me coule dans l'estomac et que je ne sais pas quoi dire. Que pourrais-je dire de toute façon ? Beaucoup de choses qui ne lui plairont pas à vrai dire. Et je ne sais pas s'il va bien le prendre. Il est clair que cette voiture ne présage rien de bon, rien d'optimiste, rien qui donne envie de danser, de chanter que la vie n'est qu'un lot de bonheur et d'amour. Non là, c'est juste horrible. C'est un peu comme s'il me disait qu'il avait acheté son cercueil. Ça doit être tellement puissant ! Vous l'aurez compris, les voitures n'ont aucun intérêt si ce n'est que c'est une boite motorisée qui m'emmènera d'un point A à un point B. Le reste... Tout ce qui est carrosserie, siège en cuir, clim, ne sont que des options. C'est bien pour cela que je me sens si à l'aise dans ma vieille voiture. Elle est parfaite pour le rôle qu'elle doit tenir. Aussi, malgré tous les efforts du monde, je ne peux cacher mon manque d'enthousiaste avec cette machination issue tout droit de l'Enfer. Matthew ne semble pas comprendre mon désarroi, me demandant si mes neurones n'ont pas grillées durant ma semaine d'examen. Fronçant les sourcils, je ne peux m'empêcher d'avouer qu'aucune réponse ne me vient en dehors de lui dire que c'est un inconscient. Mais ma réserve habituelle m'en empêche. Cependant, en étant tendue, fatiguée de mes examens, je suis moins patiente que d'habitude. J'essaye d'avoir une réaction, de donner mon point de vue tel que je le conçois. Matthew a fait une erreur en achetant une voiture pareille. Je l'aurais bien vu en smart d'ailleurs. C'est une petite voiture fiable, sûre et peu puissante. Il roulerait moins vite avec. Cependant, j'oublie bien vite que j'ai face à moi un homme qui ne se refuse jamais rien et qui d'ailleurs, semble prendre l'allusion de cette Smart comme la pire des insultes. Forcément, sa réponse me braque autant que je le braque et à trop essayer de ne pas se vexer mutuellement, les mots sortent de ma bouche et déjà, je le regrette. L'impulsivité liée à la fatigue a frappé. Je viens de, calmement, le traiter de stupide. Et sa réaction ne se fait pas attendre. Immédiatement, j'ai l'impression que je me ratatine sur place tandis qu'il s'insurge de mes propos. C'est sur qu'il ne pouvait rester en taxi indéfiniment mais quand même ! Ce n'était pas un achat raisonnable ! Et selon moi, il y avait moins puissant que ça. Cependant, je n'ose pas répondre. Il me paraît si intimidant alors et c'est comme si le lien de subordination, existant entre nous, me frappe au visage. Je ne sais même pas si à ce moment là, c'est mon copain ou mon patron qui s'exprime. Je ne dis plus rien sentant mon rythme cardiaque s'emballer un peu plus jusqu'à ce qu'il évoque l'idée ridicule d'acheter un tandem pour deux, et de prévoir un panier pour y mettre un lapin. L'allusion me semble cruelle et me voilà en train de froncer les sourcils et de croiser les bras. Petit à petit, je sens la colère bouillir en moi et je ne sais pas trop si j'ai envie de répondre ou de le laisser en plan sur place. Je suis vexée également parce que je n'y peux rien si j'ai eu peur de le perdre dans cet accident.

« Cette idée est ridicule ... » Je finis par simplement dire faisant allusion à ce vélo pour deux, avec mon lapin en prime. Cependant, Matthew semble hors de lui et je ne peux m'empêcher de sursauter quand il claque la porte après y avoir mis mes affaires dedans. Tandis qu'il évoque cet accident et le fait que selon lui, la smart ne l'aurait pas sauvé dans ce terrible accident. Que puis-je y répondre ? Il a l'air bien décidé à croire que sa voiture est la meilleure du monde, que tout le reste ne vaut rien. Je continuer à serrer les dents jusqu'à ce qu'il finisse par prononcer les paroles de trop. Rentrer à pied ou lui faire l'honneur de monter ? Je fixe son visage comme si je le découvrais pour la première fois. Qu'est-ce qu'il peut se révéler être bien plus qu'hautain... Prétentieux surtout ! « Je suis désolée d'avoir heurté ta sensibilité si précieuse. » Je finis par dire d'une voix froide. Mais à l'inverse de lui, je reste assez calme. Essayant de ne pas laisser apparaître un quelconque tremblement dans ma voix. « Mais de ce que tu as vécu de cet accident, je n'ai pas eu la même perception que toi ... Mais ça, tu ne peux, sans aucun doute, pas le comprendre. Mon dieu, ce serait si honteux de se retrouver dans une voiture de pauvre ! On rira tellement de toi, c'est connu ... Matthew McGregor, la risée de l'édition aperçu en trottinette ! » Je laisse glisser un rire sans joie. « Mais moi... Moi, j'ai eu terriblement peur de te perdre. Mais ça tu ne peux pas le comprendre, pas vrai ? Il faut juste que tu fasses ton caprice, hein ? Et moi, si j'ai eu peur, ce n'est pas grave, on s'en fiche de ce que peut penser la gentille Héloïse, elle doit se taire gentiment et dire amen à tout, c'est ça ? Je dois mentir et dire que cette chose me plait alors qu'il y a même pas un mois de cela, t'as failli te tuer dedans. C'est un peu comme si tu avais eu un accident de parachute, et qu'une semaine après, tu sautes à nouveau ? » Je me rapproche d'un pas, la voix tremblant un peu plus face à la colère que je canalise si mal. Elle fait même apparaître des larmes de fureur au coin des yeux quand bien même, elles ne coulent pas. Heureusement. Je me sens d'humeur rebelle. Il vient me chercher des noises à la fin de mes examens ! Est-ce ainsi que je vais fêter la fin de mes études ? C'est trop injuste et pourtant c'est le cas. Et je ne me laisse pas démonter. Hors de question. Surtout avec ce ton condescendant employé. Alors, je me dirige vers la voiture, j'ouvre la porte. « Je te ferai surtout l'honneur... » Prenant mes affaires, je finis par claquer la porte, étant presque attaquée par l'odeur du cuir neuf régnant à l'intérieur. C'est si agressif mon dieu ! « De te laisser seul et d'aller fêter, seule aussi, la fin de mes examens. Demain, j'irai à la plage avec mon amie Naïa. Et il est hors de question que je monte dans un cercueil. La marche c'est bon pour le coeur et l'humilité ! » Me plantant devant lui, je le fixe d'un air froid avant d'ajouter « Tu m'énerves, sache-le ! Alors, au revoir. » Booooon ok. Niveau répartie, je suis à un faible niveau. Je ne sais pas faire. En général, je perds très vite mon calme et je me mets à crier. Mais là, c'est pas n'importe qui, et je pourrais presque mordre mon doigt tellement je me sens frustrée de contenir ma colère. Et sur ces mots, je tourne les talons pour rentrer à l'appartement. Je ne sais même pas comment je vais rentrer. Je sais que ce lieu d'examen est à l'opposé de où j'habite. Il faudra que je regarde sur mon téléphone l'itinéraire avec le métro et les bus. Je sens que je vais avoir des tas de correspondances à prendre mais c'est tant pis pour moi. Je refuse de monter dans cette voiture et encore plus, d'avoir un Matthew énervé qui me parle sur un ton peu aimable. Alors pendant que je marche d'un bon pas, je regarde déjà quel itinéraire prendre.
Trois lignes de métro. Un bus et une autre ligne et quelques minutes à pied.
Bon ok.
Tout va bien. Je vais mettre trois mois à rentrer chez moi.
On reste calme et on ne pleure pas. Ça ne sert à rien. Mais je me sens terriblement triste et je dois faire tous les efforts du monde pour ne pas craquer. C'est bien la première fois que je me dispute avec Matthew... Enfin d'ordinaire, on se chamaille mais pas comme ça, pas de cette façon à ce que je tourne les talons pour le laisser en plan. Le pauvre en plus, il est venu me chercher, il croyait bien faire. Et voilà que je culpabilise déjà oubliant presque qu'il n'a pas été tendre avec moi, qu'il ne m'a pas ménagée, qu'il n'a pas été content que je ne sois pas en accord avec ce qu'il jugeait bien. Je ne sais pas rester en colère comme je ne sais pas m'énerver. De base, je suis une pacifiste et je hais le conflit. Mais là, je pense que la fatigue, le relâchement des nerfs, et puis la peur de l'accident, ont eu raison de mon caractère docile.
Finalement, je suis rentrée chez moi après un bon moment passé dans les transports en commun. C'était horrible. J'avais presque oublié cela depuis que j'ai la voiture. Mais il y avait des gens bizarres et finalement, je suis bien contente d'avoir atteint mon appartement ou j'ai pris une bonne douche, en étant toujours remontée. J'ai vidé le frigo pour compenser ma frustration, finissant devant la télé avec un pot de glace. Mais, ça n'a pas suffi. Je me sens toujours aussi énervée. Comme si, je n'avais pas fini de dire ce que j'avais sur le coeur. Comme si cette situation à s'ignorer me rendait vulnérable. Alors, je finis par fermer mon bouquin d'un geste rageur, décidant de prendre mon téléphone, resté silencieux et décide lui envoyer un sms bien cinglant  « Tu m'énerves espèce de riche !! » Faut pas pousser mémé dans les orties !  « Et si tu détestes mon lapin, moi je déteste ta voiture ! Un jour, elle va te tuer et je ferais quoi sans toi ? Mais ça, tu t'en fiches !»

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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Sam 5 Aoû - 12:00

Un bon McGregor qui se respecte se caractérise par sa capacité à ne jamais fléchir, et certainement pas dans une situation où il est entièrement persuadé d’avoir raison. Ce qui est assez récurrent, pour ne pas dire systématique. Matthew se sentait dans son bon droit en se dirigeant à la concession automobile cette semaine pour s’acheter son nouveau joujou. Et comme un petit garçon à qui on aurait offert des cartes Pokémons, il fallait qu’il exhibe l’objet de sa fierté : sa nouvelle voiture. Un petit bijou de technologie qui passait de 50 km/h à 130 km/h en même pas quelques secondes sans même se sentir accélérer. Un freinage aussi doux que la peau d’un nouveau né. Tout cela était bien loin des performances de la Chouquette d’Héloïse. C’était aussi sans compter sur l’apparence sophistiquée du véhicule. L’éditeur appréciait le noir pour la classe qu’elle dégageait. Tout était en courbe et en finesse. Une vraie voiture d’homme de qualité et de goût mais qui dégageait son taux de testostérones. Autant dire une chose : Matthew était fier de lui presque autant que lorsqu’il avait sorti son premier roman. La sensation était semblable. Le sentiment d’avoir accompli quelque chose de grand, de beau, d’important pour l’univers. La poitrine qui se gonfle d’orgueil à l’idée d’être vu au volant d’une telle voiture et d’être envié. L’auteur n’était ni modeste, ni simple. Il possédait son orgueil qu’il laissait se déverser parfois violement quand quelque chose allait à l’encontre de sa volonté. Un peu comme maintenant en voyant la mine dépitée d’Héloïse. Voilà trop de temps qu’il respectait le bon vouloir de sa petite amie en restant le plus loin possible d’elle. Il ne lui en voulait pas, bien sûr. Il comprenait son besoin d’étudier sans être perturbée, bien qu’il n’avait jamais fonctionné ainsi. Il s’était forcé à attendre que la jeune femme ait terminé sa semaine de partiels pour venir la voir et lui faire la surprise d’être présent à la fin de ses examens. Que récoltait-il ? Des reproches ! Il ne s’était d’abord douté de rien, notant tout juste une grimace de la blonde, avant d’être frappé par son manque évident d’enthousiasme. D’ordinaire, elle se montrait plus réservée à exprimer ce qui la chiffonnait, mais un rythme aussi dense de révisions ne lui avait pas fait que du bien. Matthew aurait pu se montrer fin psychologue et comprendre que sa petite amie n’avait pas besoin de subir une pression de plus, mais le simple fait de s’être fait traité d’idiot le mettait hors de lui. De sa vie, il ne se souvenait pas que quiconque ait osé un tel sacrilège. A moins qu’il n’y prêtait pas attention, ce qui était tout à fait possible. Mais là… se faire traiter d’idiot par Héloïse ? Il se mit à délirer comme un abruti, sortant des énormités toutes plus grosses les unes que les autres face à une blonde atterrée. Et là encore, il se sentait terriblement dans son bon droit. Il lui fallait défendre son honneur, éponger le déception d’obtenir une telle réaction de la jeune femme, se défendre de pouvoir changer un jour de voiture.

Mais alors qu’il s’énervait après elle, et qu’il songeait que le ton de sa voix la ferait se ratatiner, il se confronta à une Héloïse avec bien plus de caractère. Elle répondit d’une voix froide qui n’éteignit pourtant pas la colère de Matthew. Au contraire, il s’en trouvait d’autant plus vexé. D’où lui parlait-elle comme à un enfant ? Son expression se ferma tandis qu’elle rentrait dans un monologue qui ne connaissait pas de fin. Il oscillait entre deux émotions tout en l’écoutant. A la fois, il était touché d’apprendre à quel point elle était toujours chamboulée par l’accident qu’il avait subi. Mais de l’autre côté, son esprit pragmatique se liguait contre sa sensibilité. Juste pour un accident de voiture, il n’allait pas changer ses habitudes. D’autant plus que cet accident n’était pas dû à sa vitesse ou la qualité de sa voiture. « Mais voyons, écoute-toi ! Si je n’avais pas eu cet accident, tu continuerais à monter dans ma voiture sans faire d’histoire. » Son ton était moins agressif, mais toujours froid. Ce qu’il disait n’était pas complètement vrai puisqu’à plusieurs reprises, Héloïse lui avait sorti des excuses toutes plus ridicules les unes que les autres pour qu’il limite sa vitesse. Sauf qu’il ne voudrait pas le reconnaître. « Je comprends que tu aies pu avoir peur, mais c’est bon, je suis vivant. Sois raisonnable, il me fallait bien une nouvelle voiture. Je ne vais pas passer ma vie en taxi. » C’était impensable. Mais Héloïse n’écoutait déjà plus. Elle récupéra ses affaires dans la voiture et lui déblatéra un chapelet d’idioties. Il se mordit la joue pour s’empêcher de lâcher quoi que ce soit d’acerbe qui n’aurait fait qu’envenimer plus les choses. « Eh bien très bien ! Marche, alors. » lâcha-t-il très digne et amer. Quelle ingrate ! Dire qu’il était venu exprès pour elle et pour la féliciter de son travail, et voilà comment elle l’accueillait ? Avec des reproches ! Il n’en tenait pas d’être traité de la sorte. Il n’était certainement pas sorti avec des flèches autrefois, mais aucune n’avait eu l’impudence de s’opposer à lui ou à ses choix. A moins qu’il y prêtait moins d’importance à l’époque ? Non, c’était forcément de la faute d’Héloïse.
Fou de rage, il monta dans sa nouvelle voiture en claquant furieusement la porte. Il fit crisser les pneus comme un Brian rebelle de FF juste pour l’emmerder et dépassa Héloïse en ne lui accordant même pas un regard. Il était déçu de son attitude, déçu de sa réaction, déçu que cette dispute se soit envenimée. D’ordinaire, la jeune femme était l’élément le plus intelligent du couple. Elle savait calmer le jeu, mais pas cette fois. Et quoi qu’il advienne, elle savait éteindre les prétentions de Matthew. « Putain, mais quel con ! » ragea brusquement l’auteur contre lui-même en tapant sur son klaxon. Au même moment, il passait malheureusement à côté d’une vieille dame qui sursauta et manqua de frôler la crise cardiaque. La peur lui fit perdre l'équilibre mais elle s'écrasa heureusement sur un banc posé miraculeusement derrière elle. Dès qu’il put, il fit demi-tour pour retrouver Héloïse sur le chemin et s’expliquer plus calmement. Quel imbécile, mais quel imbécile ! Sauf qu’il eut beau appuyer sur le champignon pour revenir à sa hauteur, il ne la trouva nulle part. En désespoir de cause, il se dit qu’il ne pourrait sûrement la trouver que chez elle. Il hésita en se demandant si elle n’aurait pas trouvé refuge auprès de sa famille. Après tout, il l’avait déjà vue agir sous le coup de la colère. Ça durait quelques temps avant qu’elle ne réalise ce qu’elle venait de faire et qu’elle s’effondre en pleurs comme une madeleine. Qui sait si elle n’était pas déjà en train de déverser toutes les larmes de son corps ? Et étonnement, il en éprouva plus du regret à se dire que c’était de sa faute. Il bouillonnait encore en lui, n’ayant pas changé ses positions, mais il ne supportait pas de s’être querellé avec la jeune femme.
Finalement, il se décida à se rendre directement à son appartement. Elle était sensible, mais digne. Il était fort possible qu’elle ait préféré se retrouver seule dans une telle situation. Il dut malheureusement faire un crochet par son appartement pour récupérer le double des clefs de la porte d’Héloïse. Il se doutait qu’elle risquait de ne pas lui ouvrir. Enfin… à tout hasard. Il repartit aussitôt, avant d’être momentanément interrompu par June. « Tu repars déjà ? T’étais pas censé retrouver Héloïse ? » - « Ça te regarde ?! » asséna-t-il avec colère en claquant la porte derrière lui. Fallait pas trop le faire chier non plus ! Puis merde, il aurait tout le temps de s’excuser en rentrant. Il prit le chemin de l’appartement d’Héloïse sans se poser plus de questions. Devant sa porte, il hésita à frapper, mais soudain, son portable se mit à vibrer dans sa poche. Il vit rouge dès qu’il lut le premier message. Il n’attendit pas pour ouvrir la porte et débarqua dans le salon où la blonde était assise sur son canapé avec une glace. « Tu sais ce qu’il te dit le riche ?! » l’agressa-t-il en arrivant brusquement. Dire qu’il était venu pour faire la paix. Merci bien quoi ! Sauf qu’un second message s’afficha à la suite de l’autre. Il le lut brièvement, mais les quelques mots –qui d’abord le mirent en colère- eurent pour effet d’éteindre sa fureur. Ses épaules s’affaissèrent et il poussa un long soupir d’impuissance. « Je ne m’en fiche pas, Héloïse. » dit-il bien plus calmement. « Et tu ne me perdras pas, c’est ridicule. » Il ne pouvait pas s’empêcher de la morigéner doucement. Il vint s’asseoir à côté d’elle, posant son portable à côté de lui. Plus besoin désormais puisqu’il voulait s’attaquer à des choses plus sérieuses. Il se tritura les mains pour les occuper le temps de réfléchir. « Ecoute, je comprends qu’avec cette histoire d’accident, tu puisses avoir peur maintenant. Mais ce n’est pas en combattant mes voitures que ça va changer quelque chose. Je pourrai tout aussi bien mourir en traversant la route. La mort, elle est là. Elle est omniprésente, et c’est bien ce qui nous rend vivant, ce qui nous permet de profiter de ce que nous avons chaque jour. Du fait que je t’ai toi. » Il se sentait plus vivant que jamais à son contact. Plus que tout, depuis qu’il la connaissait, c’était une renaissance. « Seulement, si ça peut t’aider à te sentir mieux, si ça peut te soulager, je la rendrai cette voiture. Et on ira en acheter une autre. Et on la choisira. Ensemble. » Il faisait un effort surhumain pour dire cela, et en même temps, il ne le regrettait pas vraiment. L’amour, c’était ainsi. Des concessions. « En revanche, je te préviens tout de suite, hors de question que tu me refourgues une Smart ou une Chouquette bis. Et si on choisit ensemble ma voiture que tu détestes, alors j’ai le droit de choisir comment on cuisine Panpan. » Il n’eut pas à attendre la réaction offusquée d’Héloïse qui le fit rire. Il leva les mains, comme s’il était pris en joug par un homme armé. « Je plaisante, je plaisante. » précisa-t-il avant de signer son arrêt de mort. Il baissa les bras. « Tu marches vite, n’empêche. J’ai essayé de revenir à ta rencontre mais t’étais déjà plus là. » A moins qu’elle ne se soit perdue dans un endroit improbable. Tellement possible…
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Lun 7 Aoû - 18:00

C'est bien la première fois que j'ose dire le fond de mes pensées à Matthew. La première fois que je le vois s'énerver sur moi. Et autant dire que c'est douloureux, ça fait mal au coeur et à l'âme. Qui plus est, nous nous disputons pour des raisons stupides n'en valant pas la peine. Hélas, si seulement ça s'était passé autrement. Mais je crois que nous avons été drapés dans nos dignités respectives. Et moi, je désirais simplement un peu de répit à la fin de mes examens. Aussi, voir Matthew exhiber une nouvelle voiture de course, ça rappelle des mauvais souvenirs, son accident, l'angoisse, l'attente mais tout cela, il ne le comprend pas. Il se vexe un peu plus. Et finalement, préfère m'envoyer bouler en me disant d'aller marcher. Ce que je fais. Partant la tête haute et digne. Fière de tenir sans vaciller alors que j'ai une monstrueuse envie de fondre en larmes. Et dire que je viens à peine de finir mes examens. Voilà que l'on se dispute. Et qu'il me faut rentrer en transport en commun. À l'autre bout de la ville. Ce n'est pas le petit patelin du coin, Los Angeles. C'est grand. Trop grand. Et je m'en rends bien compte. C'est l'horreur sur terre et entre le métro, le bus, la marche à pied sous cette chaleur. Je suis au bout de ma vie et plus d'une fois, j'ai presque envie de l'appeler, de lui dire que je suis désolée. Mais à chaque fois, je me dis que non, qu'il doit comprendre que j'ai le droit de ne pas être d'accord avec lui. Ça doit être l'effet examen ou alors ma nouvelle couleur de cheveux mais je prends la confiance et je suis bien décidée à ne pas plier. Il est hors de question. Alors, quand j'arrive chez moi, je me rue dans la douche. L'eau me fait du bien. Je me sens bien mieux dans mon pyjama panpan pour l'été. Et j'entreprends de vider le frigo finissant par un pot de glace entier. Quand bien même, la colère est là. Et je me sens d'humeur contrariée. Alors plutôt que d'enterrer la machine de guerre, je préfère envoyer un message bien salé pour qu'il comprenne que je ne suis pas contente. Le message un est envoyé, suivi du deux aussitôt. Sauf que je ne pensais pas du tout - mais genre, pas du tout - que la réponse viendrait si vite. Et de vive voix lorsque Matthew déboule dans le salon. Face à cette venue soudaine, je me mets alors à hurler comme une demeurée balançant mon téléphone qui vole je ne sais où. Heureusement je n'ai pas fait cela avec le pot de glace. Je me contente de fixer, médusée, le nouvel arrivant juste au moment où SON portable vibre par l'arrivée de MON message. « Ne lis... » Mais je me tais, de toute façon, c'est foutu, il est déjà en train de lire. Et je sens que je ne vais pas rester en vie pendant très longtemps. Le fixant d'un air apeuré, je me demande ce qu'il va bien me faire. Il faut dire que je ne suis pas une friande des disputes en face à face. C'est vrai que c'est plus facile par message. Et face à moi, il me paraît si imposant. Et terriblement séduisant. Je ne sais pas si je dois prendre la fuite ou autre, alors je reste plantée là avec mon pot de glace. Et finalement, Matthew finit par dire qu'il ne s'en fiche pas de moi, qu'il ne me perdra pas. Mais déjà dans le ton de sa voix, je me dis qu'il y a moins de colère.... Et quand il vient prendre place à côté de moi, je finis par boire ses paroles, comprenant qu'il est en train de revenir sur cet accès de colère tout à l'heure. Il a raison dans ce qu'il dit, c'est vrai. Et je suis touchée par sa volonté de vouloir arranger les choses, de me proposer de rendre la voiture pour qu'on en choisisse une, ensemble. [strike]Un tank blindé ou une deux cv[strike] mais visiblement, non. Il ne veut ni de Smart, ni de Chouquette bis. Et d'ailleurs, si je dois choisir avec lui, alors il choisira comment cuisiner Panpan. « Quoi !? »Je glapis en le fixant d'un air horrifié. Mais je me détends bien vite lorsqu'il me dit qu'il s'agit d'une blague. « J'ai eu peur... Tu en serais tellement capable. » Et je jette un œil à mon lapinou, occupé à dormir. Il est tellement mignon dans ces moments là. « Regarde comment il paraît si innocent ? Le cuisiner ? Quelle idée ! »

Panpan disparaît bien vite de mon esprit lorsque Matthew finit par avouer qu'il est revenu sur le lieu de notre dispute mais que je n'y étais, déjà, plus. Je marche vite en effet. « J’ai cavalé pendant quelques minutes avant de trouver un arrêt de métro. Alors, je me suis retrouvée confrontée aux transports en commun de Los Angeles. » Un sourire s’étire sur mes lèvres tandis que je finis par ajouter d’une voix penaude. « En plus, je n’avais plus de réseau sous terre alors je me suis perdue. » J’ose même dire la vérité. « Plusieurs fois. » Mais heureusement, je suis arrivée en vie. Et que nous pouvons parler calmement. C’est fou comme un peu de recul fait du bien, et quand l’un se décide à faire une concession, et bien l’autre suit. « Écoute Matthew, je n’ai pas voulu qu’on se dispute ainsi. Je suis désolée de ne pas avoir été patiente avec toi. J’étais fatiguée de ma journée d’examen, je me disais que rien ne me faisait plus plaisir au monde que de te voir et de passer la soirée avec toi. Je ne pensais qu’il y aurait cette voiture. Ça m’a rappelé ce en quoi j’avais terriblement peur. » Je me tais, essayant de chercher les mots. Mon regard se lève timidement vers lui. L’effet « patron autoritaire » réside toujours. « Tu peux garder ta voiture, Matthew. Je ne vais pas te priver de ce qui te fait plaisir. Bien sûr, j’aurais aimé que tu prennes une Smart. Parce que ces voitures ont vraiment une classe de dingue comme citadine. Mais les gouts et le couleurs ne se discutent pas… » Ma main se lève et mes doigts viennent effleurer doucement les siens. « Ce qui te rendra heureux, me rendra heureuse. Alors, il n’y a pas besoin que l’on choisisse de voitures ensemble ou que tu ouvres de livres de cuisine pour savoir comment cuisiner Panpan. »

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « And I'm running with you as fast as I can, singing to myself I wanna hold your hand » [Héloïse & Matthew]   Ven 29 Sep - 13:32

La vie de couple, cela aurait dû être son truc. Avec Jane, même si l’issue n’avait pas été heureuse, il pouvait estimer avoir été irréprochable dans une certaine mesure. Il fallait dire que les deux, provenant du même milieu, étaient sur la même longueur d’onde et fonctionnaient relativement pareil concernant certain point. Bon, il fallait aussi voir où ça l’avait mené… mais sur le papier, leur relation présentait bien. Avec Héloïse, c’était autrement différent. Bien qu’il n’aurait jamais substitué son couple à n’importe quel autre, il reconnaissait qu’il s’agissait d’une relation pleine de compromis, de concession, de réflexion et d’adaptation. Malgré l’amour qui les liait, Héloïse et Matthew étaient diamétralement opposés. Là où la brune était discrète, lui n’avait pas peur de briller. Là où elle s’écrasait, il était celui qui dominait et qui faisait valoir sa loi. Là où elle était naturelle, il était superficiel. Là où elle s’extasiait, il se montrait impassible. Là où elle s’émerveillait, il ne voyait que de l’ombre. Là où elle était maladroite, il était dans le contrôle total. Il était le patron et elle était la stagiaire. Il était richissime et elle était d’une classe plus modeste. Tellement de choses les séparaient, mais c’étaient dans leurs différences qu’ils parvenaient à trouver leur force. Matthew lui-même découvrait l’exigence de son amour quand il réalisait tous les efforts qu’il pouvait faire pour elle. Depuis qu’il était avec elle, il avait considérablement changé. Au terme du caractère, mais dans ses attitudes vis-à-vis des femmes. Il passait de l’homme volage et goujat au personnage fidèle et terriblement amoureux. A cette seule différence que Matthew ne changeait pas pour être aimé d’Héloïse. Il n’avait que besoin de redevenir lui-même. Elle ne s’en rendait sûrement pas bien compte, mais elle l’arrachait à une vie morne, triste et sans saveur. Une existence où il n’aurait pas été fidèle à lui-même. Où il aurait joué le rôle d’un autre. Elle était sa sauveuse quoi que puissent en dire les gens. Néanmoins, leurs trop imposantes différences de valeurs les poussaient parfois à ne pas s’entendre, et à carrément être dans le conflit. Pour Matthew, il lui semblait tout à fait normal de remplacer son ancienne voiture par une neuve. Une aussi belle que l’ancienne, et même mieux afin de se guérir de son deuil d’automobile. Cela, la brune ne paraissait absolument pas le comprendre. De même qu’il la trouvait bien ingrate de l’avoir envoyée sur les roses alors qu’il avait attendu le dernier jour de ses examens pour venir la voir. Il savait combien c’était important pour elle qu’elle conserve toute sa concentration jusqu’à la fin. Il avait respecté son choix, combattant ses désirs d’aller la retrouver. Une semaine de séparation, nom d’une pipe !!! Et voilà qu’elle n’avait aucune estime pour son geste.

« Ne lis… » Si, il lisait. Il avait lu. Et tandis qu’il avait calmé sa colère, il avait juste envie de shooter dans un ballon qui atterrirait sur la gueule de la première vieille en déambulateur pour l'envoyer en enfer. Il dut mettre son orgueil de côté pour conserver son calme et s’empêcher de balancer une nouvelle parole malheureuse. Dans le feu de l’énervement, il n’avait pas compris le mal premier d’Héloïse : sa peur de le perdre. Elle rejaillissait soudain, transformant ses réactions pour les rendre incohérentes. Mais dans le fond, quand l’éditeur y songeait véritablement, il réalisait combien il était dans le faux. Combien toute cette dispute était ridicule puisqu’elle lui montrait juste qu’elle l’aimait par sa réaction. Cette voiture, il était donc prêt à la rendre si cela devait la rassurer. Bien entendu, il ne la troquerait pas contre un modèle de tapette. Il saurait trouver une voiture standard qui conviendrait aux exigences McGregoriennes et qui conserverait toute sa classe naturelle. Ayant été trop habitué à vivre seul depuis de nombreuses années, sans avoir besoin de faire des efforts pour quiconque, le jeune homme s’était déshabitué du moindre soupçon de concession. Aujourd’hui, il comprenait à quel point c’était primordial. Et plus que tout, il comprenait aussi qu’il était capable d’en faire pour Héloïse. Juste pour qu’elle aille mieux et qu’elle soit rassurée. Qu’elle n’ait pas cette boule au ventre à chaque fois qu’il devrait prendre le volant de sa voiture.
Il laissa échapper un rire quand elle évoqua toutes ces galères pour parvenir à rentrer chez elle. Il avait eu beau la chercher, il ne l’avait pas trouvée. Il aurait bien aimé lui épargner une telle misère, mais elle était partie trop rapidement dans les méandres du métro. La tension s’était totalement relâchée et Matthew profitait pleinement de ce moment de répit. La grande trêve ! D’ailleurs, Héloïse prit plus de rondeur dans son discours en expliquant clairement les raisons de son emportement. Il avait vu juste. C’était uniquement sa peur qui s’était manifestée à elle, cumulée à la fatigue et au stress. Bien mauvais mélange. Il lui accorda un sourire tendre quand elle releva un regard timide vers lui. Il ne parvenait plus à lui en vouloir. Ses raisons étaient trop légitimes pour qu’il puisse s’en formaliser. Il haussa néanmoins un sourcil quand elle évoqua la Smart. Sérieusement ? Néanmoins, elle comprenait qu’elle pourrait difficilement parier dessus. « Je te promets que je ne cuisinerai pas ton Panpan. Dans le fond, je ne lui veux pas de mal. » rit-il quand elle eut fini de parler. Il lui prit les mains, faisant jouer machinalement son doigt sur sa bague. « Et je te promets aussi d’être plus prudent. De respecter toutes les consignes de sécurité et de ne pas appeler au volant. Si tu fais ce sacrifice pour moi, alors je ferai un sacrifice pour toi. Je mettrai… le limitateur de vitesse. Juste pour toi. Et ta coiffure. » dit-il en évoquant la fois où elle lui avait demandé de ne pas rouler trop vite pour épargner ses cheveux. Excuse de merde qui le faisait sourire aujourd’hui. Cela lui serait cependant un peu le cœur de devoir mettre une limitation à son compteur, mais il le faisait pour Héloïse. C’était comme aller à McDo et prendre une salade. Aller dans un gastro et demander une bière. Être dans un restaurant italien et demander à ce que l'on fasse moins de bruit. Totalement inconcevable ! S’enfonçant plus confortablement dans le canapé, il l’attira contre lui, sa petite tête blonde reposant sur son épaule. « Bon allez ma belle blonde, finis la dispute. Dis-moi maintenant si tes examens se sont bien passés ! Ta soutenance de projet, tu as géré ? » Ouais, parce qu’à la base, il était quand même venu la voir pour ça !
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