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 « The only thing a man keeps with him is his principles. Everthing else fades away. » Lou ♥

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Raphaël Grimes
Admin alcoolique
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DATE D'INSCRIPTION : 18/08/2015
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MessageSujet: « The only thing a man keeps with him is his principles. Everthing else fades away. » Lou ♥   Mar 4 Avr - 21:31

« Et donc, vous venez de Philadelphie ? » Evidemment, c’est marqué sur mon CV connard ! Raphaël observa l’homme en face de lui, de plus en plus convaincu qu’il n’était qu’un parfait abruti et qu’il risquait de ne pas accepter ce job, même s’il était retenu. Le motard n’était pas en position de refuser la moindre offre d’emploi, toutefois, il avait passé l’âge de travailler avec des connards qui seraient en plus ses supérieurs. Déjà, il n’était guère enchanté à l’idée d’être un simple employé et de ne pas pouvoir refonder sa propre entreprise. Malheureusement, il manquait cruellement d’argent, sa pension d’ancien militaire n’allait pas lui suffire longtemps et il refusait de passer trop de temps à vivre chez sa sœur. Raphaël appréciait trop son indépendance pour partager une colocation, d’autant plus quand il ne se retrouvait entouré que de femmes. Cette situation devait changer au plus vite, et ils s’étaient mis d’accord avec Bucky. D’ailleurs, cette dernière l’avait aidé à réécrire un beau CV tout neuf. Le biker n’était pas d’accord avec les trois quart des trucs que la jeune femme avait écrit pour lui, mais il s’était plié à ses désirs. En plus de lui soumettre de lourds arguments concernant le fait qu’elle connaissait mieux la rédaction d’un CV que lui, elle lui avait fait ce regard enfantin qu’elle lui servait pour le faire plier quand elle n’était encore qu’une enfant. Croyez-le ou non, mais Raphaël n’avait pas pu résister à ça. Il s’était contenté de grogner, de râler dans sa barbe et de jeter un juron avant de la laisser faire. La blondinette n’était pas peu fière d’elle, d’autant plus que cet exercice lui avait permis d’en apprendre un peu plus sur ce qu’avait été la vie de son frère durant de longues années. Rien de bien glorieux, mais au moins, Raphaël avait l’expérience requise pour travailler en tant que mécanicien. C’était ainsi que, depuis quelques semaines, le motard écumait les garages de toute la vie pour trouver un travail. Il aurait pu embarquer à bord de sa moto et prendre le large pour revenir à Philadelphie, mais ce désir s’était évanoui en même temps que son obsession de retrouver sa femme. Il n’y avait pas de Philadelphie sans Judith, pas plus qu’il n’y avait de maison, ou encore d’avenir pour lui là-bas. Il s’était forgé une terrible réputation qu’il n’avait pas le courage de tenir. Dans le fond, partir était encore la meilleure solution. Il avait déjà prévu les démarches pour vendre leur maison et tirer un trait définitif sur son passé. Los Angeles ne l’enchantait guère, mais cette ville avait le mérite de détenir Bucky. Sûrement par peur de la solitude et du vide, Raphaël comptait rester ici. Pour retrouver ses racines. Pour ne plus être seul. Pour trouver un sens à tout cela.

Un grognement s’échappa d’entre les lèvres du quadragénaire. Impatient, il pianotait sur le bureau devant lequel il était assis. Il détestait les entretiens. Il détestait parler de lui. Il détestait se vendre auprès de personnes qu’il jugeait être des trous du cul. Tout ce qu’il voulait, c’était un travail pour avoir un toit sur sa tête, ne pas crever la dalle et pouvoir mettre de l’essence dans sa bécane. L’homme ne demandait pas plus. Il n’avait jamais vécu avec beaucoup de prétentions. L’échange se poursuivit un peu de la même manière. Le patron posait des questions stupides ou évidentes auxquelles Raphaël répondait très laconiquement. Echanger, ce n’était vraiment pas son truc. « Très bien, eh bien j’étudierai votre dossier et je tenterai de vous donner une réponse rapidement. » Pressé que l’entretien prenne fin, le motard retint mal un soupir ennuyé. Il serra à contre cœur la main que l’homme lui tendait avant de se casser du bureau. « Connard. » jura-t-il, à peine arrivé dans la rue. De sa poche, il tira un paquet de clopes. Il s’en alluma une, pris une première bouffée avant de poursuivre son chemin. Le climat de Los Angeles avait ce quelque chose d’étrange qu’il y faisait toujours beau. Il préféra alors marcher, ayant récupéré pleinement de ses précédents affrontements. Quand tout à coup, quelqu’un le heurta de plein fouet. Une créature petite. Pas plus haute que trois pommes. Une enfant. « Putain ! Dégage ! » Sans aucune douceur, ni état d’âme, il repoussa l’enfant qui lui jeta un regard noir. Il ne savait pas trop quel âge elle pouvait avoir. Raphaël n’était pas très fort pour ce genre d’estimation. Au minimum six ans peut-être. Pas une seule seconde, il ne lui vint à l’esprit de se demander où pouvaient se trouver ses parents. Cela ne faisait pas partie de ses considérations. Il jura encore, continuant son chemin sans se préoccuper aucunement de l’enfant. Un coup de pied reçu dans le mollet le fit se retourner, furieux. Mais sûrement pas aussi furieux que la gamine. Ses petits poings étaient serrés sous le poids de la colère. Son regard sauvage lançait des éclairs. Une telle attitude n’ébranla pas plus Raphaël qui se rapprocha d’elle à grandes enjambées. « Non mais qu’est-ce qui te prend, petite co… » - « Tu dis pardon !! » Sa voix portait bien plus qu’il ne l’aurait pensé et quelques personnes se retournaient brièvement vers eux. Raphaël n’aimait pas se donner en spectacle. « Je ne m’excuserai de rien. C’est toi qui m’as foncé dedans. Maintenant, tu dégages. » Il ferait beau voir qu’il s’excuse alors qu’elle s’était jetée contre lui. L’enfant s’approcha à nouveau, revenant lui donner un coup de pied. Elle n’avait pas une force phénoménale, mais ce geste avait pour don de l’irriter un peu trop. « Bordel, mais arrête ! » Il l’empoigna fermement par le bras, plongeant son regard peu amical dans le sien. « S’pèce de petite conne, je t’ai dit de dégager de mon chemin. Va retrouver tes parents et m’emmerde pas ! » Il la relâcha en l’envoyant bouler un peu plus loin. Elle recula de quelques pas, visiblement hautement vexée par ses paroles mais il n’en tint pas compte. Il tourna les talons pour poursuivre son chemin. Il y avait suffisamment de cons en ce monde qui venaient le faire chier pour que les enfants ne viennent pas s’y mettre aussi !

***

« Un whisky. Sans glaçons. » Sa commande rapidement en main, Raphaël partit s’asseoir à l’une des tables du bar. Durant les quelques heures qui s’étaient écoulées, il s’était rendu dans un autre garage, obtenant un entretien qui n’avait pas été plus concluant. La fin de journée était vite arrivée, mais il n’était pas encore prêt à retourner à l’appartement de sa sœur, et se retrouver au milieu de filles. Aller au bar était une bonne alternative. Il but une première gorgée de sa boisson, se détendant au rythme de la musique qui tournait et des conversations. Penser à rien. Il en avait besoin. Soudain, une petite silhouette arriva derrière lui et vint s’asseoir sur la chaise en face de lui. « C’est une blague, qu’est-ce que tu fous là ? » Parce qu’en plus, cette gamine était une psychopathe ?! Elle ne lui répondit pas, se contentant de l’observer sans ciller. « Depuis quand tu me suis ? » Encore aucune réponse. Raphaël lâcha un soupir, buvant son verre tout en essayant de comprendre quelque chose à cette situation à la con. C’était bien sa veine ! « Ne crois pas que c’est comme ça que je vais te payer une grenadine. Tu peux te gratter ! » Mais l’enfant avait décidé de rester muette. Elle l’observait de son regard perçant qui arriva presque à mettre l’ex militaire mal à l’aise. « Pourquoi tu me colles comme ça ? Tu n’auras pas d’excuses juste parce que tu ne regardais pas où tu allais. T’as pas des parents ? » Des parents qui devaient s’inquiéter. Là encore, il jugeait que ça ne le concernait pas, mais une gamine qui restait aussi longtemps seul, ça le taraudait légèrement. Plus encore, seule la nuit. Pourquoi il fallait que ça tombe sur lui ? « T’as décidé d’être muette ? » Toujours pas de réponse. Génial. Il était tombé sur une abrutie en plus du reste. Il aurait pu se contenter de la laisser comme ça. Finir son verre et s’en aller en prenant garde qu’elle ne le suive pas. Quoi que… en vérité, c’est ce qu’il décida de faire. Il avala son verre d’une traite et pointa la gamine du doigt. « T’avise pas de me suivre. » Ce qu’elle fit. Son plaisir de boire un whisky tranquille venait d’être réduit à néant et il préférait encore rentrer. Il n’avait pas sitôt quitté le bar qu’il s’engagea vers sa moto qu’il avait laissé non loin. Là encore, il sentait qu’il n’était pas seul. Il se retourna, tombant nez-à-nez avec cette gamine qui ne cessait de le suivre. C’en fut trop pour lui. « Je t’emmène au commissariat. » Parce qu’il ne pouvait décidément pas la laisser seule à la merci de la nuit. Raphaël était un salaud, mais pas jusqu’à ce point-là. Il l’attrapa par le bras, et c’est ce qui la fit réagir. « Non ! Non ! Pas le commissariat ! Mademoiselle Morland ! » Elle se débattit de toutes ses forces malgré la poigne de Raphaël. Ce dernier fronça les sourcils. « Mademoiselle Morqui ? C’est ta mère ? » Il espérait qu’elle l’était. Ainsi, il n’aurait qu’à la ramener à elle et ne plus jamais revoir cette enfant. Il lui demanda où se trouvait cette fameuse demoiselle Morland, mais elle ne répondit toujours pas. « J’appelle direct les flics si tu continues. » L’enfant paraissait plus qu’ennuyée, mais sûrement pas autant que Raphaël. Apparemment, cette fameuse Morland se trouvait non loin de l’université à Downtown. Le motard n’avait qu’un seul casque qu’il fourra sur la tête de la petite avant de la soulever pour la faire monter sur la bécane. « Tu te tais et tu t’accroches à moi. » Il monta sur sa propre moto, sentant bientôt les bras fins de l’enfant enserrer sa taille. Durant tout le trajet, il espéra qu’il ne lui prenne pas l’envie furieuse de se jeter du véhicule en plein vol, heureusement, elle se montra assez obéissante. Moins d’une heure plus tard, ils se retrouvèrent devant le fameux bâtiment qu’avait mentionné la gamine. Il étudia légèrement l’endroit. Un foyer. Super. Cette nana n’était certainement pas sa mère. Il descendit de la moto en premier, faisant descendre la fillette à qui il reprit le casque. « Bon, maintenant t’y vas et tu te casses plus d’ici» L’enfant lui jeta un regard indéchiffrable, mais Raphaël sut qu’il s’en souviendrait encore longtemps. De la rancune ? Peut-être un peu. Il ne savait pas trop. Il aurait pu partir, mais quelque chose lui dit qu’il fallait qu’il reste. Il observa la gamine s’avancer lentement vers la porte du foyer, traînant des pieds. « Allez, dépêche. On va pas y passer toute la nuit ! » Ça allait bien deux secondes, quoi ! Il la vit gravir les escaliers, lever le poing pour frapper à la porte et rester en suspens avant de prendre ses jambes à son cou et de se barrer dans la direction opposée. « Bordel… » Raphaël détestait beaucoup de choses dans sa vie et les enfants désobéissants en faisaient parties. La gamine crut pouvoir le distancer, mais le motard avait de bien plus grandes jambes et courait bien plus vite. Il fut rapidement à sa hauteur, empoigna son bras pour la ramener à lui. L’enfant se débattit de plus belle, mais il avait trop de force pour des bras si fins. Il la porta finalement sous le bras, comme si elle n’était qu’un vulgaire sac de grain. « Tu l’auras cherché. » Il revint près de la porte du foyer, toquant plusieurs fois d’un geste impatient avant que la porte ne s’ouvre sur une brunette. Une brune magnifique, mais Raphaël était bien trop en colère pour s’en rendre compte tout de suite. « Vous avez perdu un truc, je viens vous le ramener. » Et pas merci. Franchement, est-ce que c’était à lui de faire ça ?! Entre ses bras, la gamine continuait de se débattre. Il la posa par terre. Une fois sur ses deux pieds, elle voulut se jeter sur Raphaël pour le frapper, mais il l’arrêta en posant sa main sur sa tête. La scène était d’ailleurs assez ridicule, soit dit en passant. « Vous savez, ce n’est pas parce que ces mioches n’ont plus de parents que vous êtes dispensée de vous en occuper ! »
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Lou Morland
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MessageSujet: Re: « The only thing a man keeps with him is his principles. Everthing else fades away. » Lou ♥   Jeu 6 Avr - 17:09

Elle se dit qu’elle aurait mieux fait de rester au fond de sa couette aujourd’hui. Il y a des journées avec et des journées sans. Visiblement, aujourd’hui, c’est la journée de merde. Pourtant, elle s’est levée de bonne humeur, avec la ferme intention d’être pleinement heureuse. Seulement, voilà, le destin en a décidé autrement se caractérisant par cinq centimètres d’eau dans la cuisine. De ce fait, en lieu et place de profiter d’un matin tranquille, Lou s’est retrouvée à éponger toute l’eau que le lave-vaisselle avait laissé échapper. Ça lui a pris un temps de dingue entrecoupé par des instants où la rage a été si puissante qu’elle n’a pas pu s’empêcher de donner des coups de pied dans la machine défectueuse. Forcément, nettoyer l’inondation lui a pris un temps fou et elle a fini par être carrément en retard. Pourtant, en tant que directrice du foyer, la brune n’a pas forcément une ligne de conduite et des horaires précis à respecter. Mais par principe, elle le fait. Ce n’est pas parce qu’elle est en haut de l’échelle, qu’elle doit abuser de tout. Et puis, elle doit montrer l’exemple aux salariés, elle n’a pas forcément envie qu’on  vienne colporter dans son dos, stipulant que la fille Morland fait les choses comme bon lui semble. Ce qui est un peu le cas en dehors du foyer, certes. Mais sinon, Lou fait en sorte d’avoir une ligne de conduite irréprochable. Tout d’abord, parce qu’elle aime son travail, et parce qu’elle sait que les enfants l’observent, qu’elle représente le seul substitut de parent pour eux. Alors forcément, elle veille à ce que rien ne lui soit reproché. Sauf ce matin-là. Car une fois arrivée en retard, elle doit faire face à diverses contrariétés. Des choses sans importance mais qui agacent un esprit suffisamment bougon depuis le réveil. Des enfants ayant envie de faire chier… Une douche cassée… Un bruit infernal dans le réfectoire. C’est presque à se demander si elle n’a pas fait gaffe lorsqu’elle a croisé un chat noir la veille. Parce qu’à ce niveau, ça porte un nom plus terrible que de la poisse. Mais le matin se passe sans trop d’encombres et finalement, Lou est assez contente. Elle a hurlé plus que de raison. Elle a collé des punitions à tout va. C’est que les gosses se sont montrés insupportables. La pleine lune semble-t-il. En tout cas, elle est survoltée mais c’est habituel chez elle. Son caractère de feu n’en demeure pas moins bruyant, Lou, on la craint tout autant qu’on l’aime.  

Toutefois, tout se dégrade l’après-midi. C’est-à-dire que la journée - qui semble déjà être pourrie de base - devient encore pire. Le matin lui semble plus joyeux, plus heureux, vestige d’insouciance et de rire cristallin. Un enfant a disparu Et au début, elle n’ose pas y croire. Elle se dit qu’elle a mal compté. Il faut dire que le mercredi après-midi après l’école, les enfants sont gérés par son équipe. Certains font des sorties. D’autres font des devoirs et pas mal d’entre eux se trouvent dans l’immense cours du foyer. Sauf qu’elle a beau compté et recompté, les chiffres sont les mêmes. Il manque un enfant. C’est quelque chose qui arrive assez souvent. Les enfants ici sont en général des êtres en manque de repère, de parents, recueillis ici parce que personne n’en veut. Pas d’adoption. Pas de famille d’accueil. Rien que le profond sentiment de n’appartenir à personne. Et finalement, elle finit par trouver l’identité du fugueur. Enfin… la fugueuse. « Putain de bordel de chiééééé » Braille-t-elle en se prenant la tête entre ses mains. « Lyraaaaaaaa ! » Le cri de rage remonte du fond de sa gorge tandis qu’elle ne peut s’empêcher de penser que depuis qu’elle est arrivée ici, elle n’a pas cessé de courir derrière cette gamine. A charge pour elle, Lou connaît son histoire, son passé. Elle sait tout ce qu’elle a vécu – mais toi tu ne sais pas encore – aussi, Lou a toujours fait preuve d’une certaine patience à son égard. Cependant, aujourd’hui n’est décidément pas le bon jour. Et la colère est intense. Forcément, elle passe tout le reste de son temps libre à chercher la gamine dans chaque recoin du foyer. Ne sait-on jamais. La petite aurait pu éprouver le besoin de s’isoler. Mais il en est rien. Pire même, les caméras de surveillance la montrent bien en train de s’échapper par la porte d’entrée. Forcément, les recherches se poursuivent dehors. Elle se rend vers les endroits où la petite a déjà été retrouvée. La peur est grande pour la brune. Quand bien même, elle est énervée, elle n’en demeure pas moins inquiète. Après tout, Lyra n’a que huit ans. Et si ses yeux témoignent encore de l’horreur vécue dans sa vie, si elle a déjà un regard d’adulte dans un corps innocent, elle reste une petite fille en qui elle est attachée comme pour le reste de ces loulous partageant son existence.

Mais les recherches sont infructueuses et la mort dans l’âme, Lou finit par rentrer au foyer. Elle sait qu’il faudra appeler la police. Seulement voilà, ça fait déjà plusieurs fois qu’elle l’appelle. Et à force, Lyra finira par être sanctionnée. Lou aura beau tout faire pou l’aider. Il n’en demeure pas moins vrai que le centre de redressement finira par lui pendre au nez. Elle a trop souvent entendu parler de cet endroit semblable au bagne. Elle sait que ce genre d’endroit risquerait d’achever la petite. Si seulement Lyra était capable de lui parler, d’arriver à sortir toutes ces émotions qu’elle contient en elle. Mais la petite parle peu, alliée à un caractère de feu et une violence qu’elle canalise très mal. Lou s’inquiète. Sa bonne étoile finit par revenir car finalement, la fugueuse se manifeste à elle, d’une manière fort étrange. Quand elle ouvre la porte, elle est fort surprise de la découvrir sous le bras d’un homme – assez âgé dirons-nous – en train d’essayer de se débattre, tout en glapissant des grognements de rage. « LYRA ! » S’exclame-t-elle ignorant complètement les paroles de l’homme qui repose l’enfant à terre. Aussitôt, cette dernière se jette sur lui dans le but de le frapper. Mais elle est arrêtée par le bras qui empêche ses petits bras de l’atteindre. Et cette fois-ci, elle entend les paroles de l’homme. Ça fait alors ding dong dans son cerveau. Entre ses paroles de donneur de leçon et la rage de Lyra, les sens se mettent en éveil. La sonnette d’alarme spécial « alerte pédophile » se met en place. « LACHEZ CETTE GAMINE TOUT DE SUITE ! » Hurle-t-elle, ne lui laissant même pas de percuter quoi que ce soit, qu’elle a déjà lancé son pied en direction de sa face, dans une prise digne d’un Jackie Chan survolté en poussant un cri de ninja #ceyclasse. L’homme est repoussé ainsi, permettant à Lou de saisir Lyra par les épaules. « Je me suis tellement fait du souci ma chérie ! Tu vas bien, tu n’as rien ? Il n’a pas fait des trucs bizarres avec toi au moins ? » Et l’enfant, surprise, se contente de hocher vivement la tête, en signe de .. Oui.. de OUIIIII. DE OUIIIIIII IL LUI A FAIT DES TRUCS BIZARRES. Le sang de la brune ne fait qu’un tour et soudain, elle s’enflamme tel un rondoudou qui va barioler le visage de la terre entière. « JE VAIS TE CASSER LES DENTS COCO !!! » S’exclame en venant à grandes enjambées vers lui. Une fois qu’elle se sera défoulée, bien sûr, elle appellera la police. Les caméras de surveillance se trafiquent si bien d’ailleurs.
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: « The only thing a man keeps with him is his principles. Everthing else fades away. » Lou ♥   Jeu 6 Avr - 21:08

Contrairement à toutes les idées reçues, Raphaël ne détestait pas les enfants. Avec tous les frères et sœurs dont il avait dû s’occuper, cela aurait été un comble. Plusieurs années durant, il s’était assuré qu’aucun ne manquent de rien, qu’ils soient élevés correctement. Il était difficile d’imaginer l’ancien militaire avoir ce genre de responsabilités, mais c’était bien ainsi que les choses s’étaient déroulées avant qu’il ne prenne soudainement le large. Toutefois, il haïssait du plus profond de son être les enfants désobéissants et insolents. Devant lui, il détenait le parfait prototype de la peste qu’il aimerait bien envoyer valser contre un mur. Néanmoins, aussi violent était-il, il ne le faisait pas. Raphaël n’était pas un enfant de chœur, toutefois, il condamnait la violence faite aux enfants. A ses yeux, cela était impardonnable. Le motard avait beaucoup de principes plutôt obscurs, mais celui-là n’en faisait pas partie. Et même s’il ne montrait qu’ennui et colère face à cette situation, il ne se serait pas vu abandonner cette fillette à son propre sort. Manifestement, elle n’avait aucune intention de revenir d’où elle venait, et elle le suivait comme son ombre. Raphaël n’avait que faire de s’occuper d’une gamine. Il se faisait donc un plaisir de la renvoyer à l’expéditeur.
D’autant plus que cette enfant n’avait rien de mignon. Sa chevelure brune et totalement négligée laissait transparaître qu’elle devait passer son temps à courir de tous les côtés, peut-être à se bagarrer ou sauter de partout. Un mioche qui bougeait constamment, c’était trop pour Raphaël. Elle détenait aussi ce regard farouche qui apparaissait comme une véritable mise au défi. Dans le fond, il se demandait juste ce qu’elle avait bien pu vivre pour afficher une mine sauvage constamment. Elle ne se retrouvait pas en foyer par hasard. De plus, elle semblait vraiment petite, malgré ses airs plus matures. Son âme avait vieilli avant elle. Le motard ne pouvait s’empêcher de faire le parallèle entre la gamine et ses sœurs. Le constat frappant était qu’elles étaient diamétralement opposées. Elles avaient toujours été d’un tempérament calme et posé, bien que de nature espiègle. Notamment Becca qui n’avait de cesse d’user de ses charmes enfantins sur son aîné pour le faire plier. Malgré tout, Raphaël était respecté. Aucun des gamins, pas même ses frères, n’auraient osé un jour lui envoyer un coup de pied. Ni un deuxième. Ni discuter ses ordres. Et encore moins prendre la poudre d’escampette alors qu’il lui avait fait clairement comprendre qu’il était temps qu’elle sonne à cette porte et qu’elle retourne dans ce foyer. Certes, ce n’était peut-être pas la joie, mais au moins, elle avait un toit sur sa tête, un lit pour dormir, et même de quoi manger dans son assiette. A moins que ce ne soit pas le cas ? Ce qui pourrait expliquer la fuite de l’enfant et son désir de mettre les voiles dès qu’elle le pouvait. Cette gamine était impossible. Vivement qu’il s’en débarrasse !

Mais ce ne serait sûrement pas sans son intervention. Dans le fond, il aurait pu la laisser partir. En quoi tout cela était son problème ? Sa vie était un tel champ de ruines en ce moment qu’il avait autre chose à foutre que de courir après une sale morveuse. Et pourtant, c’est ce qu’il fit. Il ne lui laissa pas le choix. Parce qu’inconsciemment, dans cette enfant abandonnée, il y voyait son propre reflet. Une âme sauvage et violente. Une âme qui ne cessait jamais de s’enfuir. Mais pour fuir quoi au juste ? Lui-même n’en avait pas la moindre idée.
Ce fut donc à lui de frapper plusieurs fois à cette porte, espérant qu’elle s’ouvrirait suffisamment vite pour y décharger son fardeau. Une fois en sécurité, il allait se casser. Peut-être boire encore un coup. A moins qu’il ne rentre directement chez sa sœur. La porte s’ouvrit sur une jeune femme brune. Raphaël ne chercha pas à savoir qui elle était, si c’était la femme de ménage ou la directrice. Il lui déversa ses paroles acerbes, mais elle s’en cognait visiblement. Elle préféra gueuler un prénom. Lyra. Tiens, ça lui faisait une belle jambe ! Il leva les yeux au ciel, excédé. Il déposa la gamine au sol, mais cette dernière ripostait déjà. Bon sang… il en avait vraiment marre de cette journée de merde. Quand tout à coup, il manque de se prendre un coup de pied dans la gueule. Raphaël n’aurait pas conservé ses réflexes de militaire qu’il se le serait pris en pleine gueule. La chaussure eut tout juste le temps de le frôler qu’il recula instinctivement. « Putain, non mais vous êtes malade ! » s’écria-t-il, ivre de colère. Il lui ramenait la gamine sans appeler les flics, et en guise de récompense, il se prenait un pied dans la gueule ?! Je t’en foutrai de la charité ! Il observa, complètement choqué et en colère, le visage de furie de cette brune. Une malade mentale ! Une amazone en puissance ! Raphaël ne l’aimait pas. Il le savait déjà. Enfin par chance, elle se désintéressa de lui pour s’assurer que la petite n’avait rien. Cette réaction eut pour don de le foutre plus en rogne. Il se prenait des taquets depuis le début de la journée dans tous les sens, et on osait plaindre cette morveuse ?! Non mais c’était le monde à l’envers !! Il entendait les questions de la fameuse Morland, complètement scandalisé. « Quoi ?! Non mais vous vous imaginez quand même pas que je suis un pervers ! » D’où elle osait poser ce genre de questions ?! Sauf qu’elle semblait bravement n’en avoir rien à foutre. Les gestes de l’enfant furent paroles d’évangiles et elle fonça sur Raphaël tel un buffle enragé. Sauf que la karaté kid, elle n’allait pas l’emmerder bien longtemps !! Il vit son poing foncer tout droit vers son visage. Avec une rapidité et une agilité assez déconcertante, Raphaël agrippa son poignet à temps, le retourna de telle manière qu’elle fut obligée de suivre le moment si elle ne voulait pas briser le poignet. Il immobilisa son bras derrière son dos avant de la plaquer face la première contre un battant de la porte. FAUT PAS LE FAIRE CHIER ! « Non mais vous êtes complètement cintrée ! Je vous ramène c’te gamine, et en plus, je m’en prends une ?! » La nana s’excitait comme une folle pour échapper à son emprise, mais il détenait bien plus de force qu’en apparence. En même temps, ce n’était qu’une brindille. Il poussa soudain un cri, mêlé de rage et de douleur quand des dents s’enfoncèrent dans sa chair. Il lâcha la brune, se retournant pour constater que l’autre folle venait de le mordre. « Non mais elle est malade cette mioche ! C’est quoi cet établissement de dégénérés ?! » Il s’écarta légèrement, suffisamment pour ne pas se reprendre un pied de la part de la brune en furie. « Je l’ai pas touchée, la gamine ! C’est elle qui m’a couru après tout l’après-midi ! Dis-lui toi au lieu de faire la gueule ! » Il s’était adressé à la petite qui affichait une mine farouche. Un peu comme Laura dans Logan. A tout moment, il s’attendait à voir des griffes sortir de ses phalanges. « Mais vue tous les efforts qu’elle a fait pour ne jamais revenir ici, je commence à me demander si elle n’aurait pas mieux compte de se casser tout court ! » Est-ce qu’elle frappait les enfants elle aussi ? Le premier qui ne voulait pas manger sa purée, vlaaan ! Un coup de pied dans la gueule et privé de dessert. « Un simple merci aurait suffi ! » On n’avait jamais vraiment dit merci à Raphaël. En même temps, il ne faisait généralement pas grand-chose pour les gens. Il s’agissait d’un événement inédit, sachez-le.
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Lou Morland
Admin Karaté Kid
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MessageSujet: Re: « The only thing a man keeps with him is his principles. Everthing else fades away. » Lou ♥   Lun 17 Avr - 19:04

Si Lou avait été une dans une tragédie grecque, elle aurait certainement poussé de grands gémissements de douleur telle une Phèdre en mal de son beau-fiston. Sans doute, aurait-elle poussé un cri en se renversant en arrière, se faisant rattraper par son Hippolyte pour ne pas faillir. Mais là, elle n'est pas dans ça. C'est plutôt la cour des enragés. D'ailleurs, lequel est le plus furax en ce moment ? C'est à se poser la question entre l’homme, la femme et la gamine. Il n’y a que de la fureur. Cependant, Lou ne peut nier qu’elle est soulagée de voir Lyra ici et vivante. Quand bien même, cette gamine passe son temps à fuguer, elle ne peut nier l’attachement profond qu’elle lui voue. De toute façon, la jeune femme est aux petits soins pour chacun des enfants se trouvant ici. Elle a de la patience, quand bien même elle gronde et punit facilement, et sait répondre à leurs demandes d’affection quand ils le réclament. Cependant, avec Lyra c’est plus compliqué. Elle est sauvage et distante face à tout rapport humain. C’est une lionne ayant horreur d’être approchée. Les premières fois avec Lou ont été une horreur mais la jeune femme a réussi à l’apprivoiser, à l’approcher. Cependant, le constat n’en demeure pas moins flagrant. Les fuites sont trop nombreuses et à force, elle ne sait plus quoi faire. Elle tient bon, la Lou. Elle tient parce qu’elle sait que le foyer est le dernier rempart la protégeant du monde extérieur, elle sait que sans ce foyer, Lyra se retrouvera livrée à elle-même, dans la rue. Et qui sait ce qui pourrait lui arriver ? Ce qu’elle pourrait devenir ? La jeune femme préfère ne pas y penser. Quand bien même, elle a l’exemple en face d’elle, de ce pédophile osant lui ramener la gosse sur l’épaule comme si c’était un sac à patates. Et Lou ne peut s’empêcher de devenir une furie lorsque la gamine hoche la tête confirmant que oui, cet homme a fait des choses bizarres avec elle. Elle ne réfléchit plus. Elle est juste dominée par l’envie de lui casser les dents. Elle est ceinture noire bordel de dieu ! Cette fois-ci, point de coup de pied, parce qu’il avait trop bien esquivé tout à l’heure, mais juste un poing en plein pif. Elle allait lui apprendre la vie à celui-là. Cependant, elle ravale bien vite sa fierté lorsqu’il saisit le poing tendu, avec une agilité déconcertante, lui tordant le bras de manière à la plaquer contre le mur.
 
« Lâche-moi, triple bouse de fumier !!!! » Hurle-t-elle en sentant la douleur émerger dans son bras. Non mais c’est qu’il fait mal ce connard en plus. Elle se démène comme elle peut, toutefois, elle connaît cette prise, elle sait qu’à trop forcer elle peut se briser le bras comme un cruche. « Et tu vas t’en prendre une autre si tu ne me lâches pas TOUT DE SUITE ! » Rugit-elle avec fureur. On traite pas une Morland comme ça. Pour qui il s’est pris celui-là d’ailleurs ? C’est sans compter Lyra qui vient à se défense. Lorsqu’elle entend le gars pousser un cri, la lâchant, elle se dégage ayant juste le temps d’observer Lyra : elle l’a mordu. Le gars s’emporte déjà, tandis que Lyra vient se blottir contre Lou. La brune l’observe d’un regard noir tandis qu’il s’excite, allant jusqu’à demander à la gamine de revenir sur ses faits. « Dis donc, l’établissement de dégénérés t’emmerde ok ? Et d’abord, si elle dit la vérité, je la crois !!! » Et sur ces mots, Lyra feule comme un chat sauvage, restant néanmoins en retrait de cet homme sauvage. « Et puis, ta gueule d’abord ! » Rétorque-t-elle lorsqu’il ose critiquer la gestion de cet établissement. « Tu ne sais pas absolument pas de quoi tu parles crétin ! » Oh comme elle est bien chaude pour lui mettre une châtaigne dans la tronche. Mais Lou n’est pas dupe, cet homme sait se battre. Il a des réflexes d’autodéfense et ça l’emmerde vachement à vrai dire. Surtout lorsqu’il insiste sur le « merci » qu’il aurait dû obtenir. « Ta mère. » Répondit poliment Lou d’une voix grondante. Elle sent la petite main de Lyra se greffer à la sienne, et ça lui donne encore plus de courage pour renchérir. « Maintenant, casse toi d’ici où j’appelle les flics et je te dénonce pour attouchement sur mineur ! Franchement, tu devrais avoir honte ! » Forcément, elle ignore la suite de ses propos, se contentant de le laisser s’en aller, amenant l’enfant vers l’intérieur, avisant le réfectoire vide. Elle s’accroupit pour observer la petite. « Lyra, mon petit cœur, tu vas bien ? Il a été méchant… Je sais… » Et à sa grande surprise, la gamine secoue la tête négativement. « Comment ça non ? » Mais pile à ce moment-là, l’un des surveillants arrivent, vraisemblablement en panique. « Lou, on a besoin de toi. Il y a une urgence aux cuisines ! » Comme à chaque fois, la brune observe le visage de la petite, si fermée et déçue. « Je reviens vite petit cœur, attends-moi ! » Une vague caresse sur la joue et voilà que Lou est partie vers d’autres cieux.

***

Forcément, entre l’urgence prenante, le temps s’écoulant, elle n’a pas eu le temps de s’occuper de Lyra. Lorsqu’elle a eu la possibilité de le faire, il était l’heure pour les enfants de se préparer à aller au lit et elle, de s’en aller. Ce qu’elle a fait. Complètement explosée d’ailleurs. Mais avec la perspective de ne pas bosser le lendemain, aussi ni une, ni deux, elle s’est décidée à se rendre dans son bar favori. Il y a de la bonne musique rock, de la bière, de la bonne ambiance. Et c’est ainsi qu’elle s’y est rendue histoire de boire un verre dans le seul but de se remettre de ses émotions. Avec la fugue de Lyra et la découverte de ce mec chelou, autant dire qu’elle a encore les nerfs en pelote. Aussi, boire lui fera du bien. C’est ainsi qu’elle entre. « Helloooooo la compagnie ! » Déclare-t-elle avec un grand sourire, faisant des high five à des serveurs, la bise à des habitués du lieu. Elle connaît du monde Lou. Elle sort souvent à vrai dire. Trop sans doute quand tout autour d’elle, les filles de son âge se marient, ont des enfances. Alors qu’elle, sa liberté est si importante qu’elle préfère bien mieux aller boire un verre en solitaire. C’est d’ailleurs tranquillement qu’elle prend place sur un tabouret, contre le comptoir, qu’elle salue le barman d’un signe de tête. « Une bière blonde s’il te plait, Joey. » Et pendant qu’elle attend son verre, Lou tourne la tête voyant qui est là, c’est là qu’elle capte qui se trouve à ses côtés. Et elle sent un plomb lui couler dans l’estomac tandis qu’elle s’insurge soudain : « PÉDOBEAR !!! QU’EST-CE QUE TU FICHES ICI ?! » Non mais sérieusement. Faut aussi qu’elle se tape sa gueule de con dans son bar favori ?! C’est le monde à l’envers !!


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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: « The only thing a man keeps with him is his principles. Everthing else fades away. » Lou ♥   Dim 7 Mai - 18:52

Raphaël pouvait être taxé de beaucoup de choses, mais certainement pas de pédophile. Il s’en défendait catégoriquement, et il refusait d’être catalogué en tant que tel. Cette nana était tout simplement une furie ! Le sujet était d’autant plus délicat depuis qu’il avait récemment appris ce qui était arrivé à Becca durant presque l’intégralité de son enfance. Alors tenir ce genre de propos devant lui aurait valu à cette jeune femme de se prendre son pied dans la gueule avant qu’il ne lui arrache sa langue bien pendue de sa bouche par la tranchée. A la Kal Drogo dans GOT. En vérité, il ne sut pas ce qui le retenait de faire ça. Sûrement parce que c’était illégal de tuer quelqu’un. Surtout devant une petite fille. Raphaël n’était pas vraiment un homme de principe. Il n’en avait pas beaucoup, ce qui lui avait valu de se faire taxer de brute de nombreuses fois. Il voulait bien l’admettre, mais pas en ce qui concernait les enfants. Etait-ce parce qu’il avait dû s’occuper de ses frères et de ses sœurs durant de longues années ? Sûrement, bien que cet état de fait l’ait un peu gavé avec le temps. Pour être honnête, il n’avait pas vraiment eu le choix, mais il n’avait pas non plus rechigné à le faire. Cela faisait partie de l’ordre des choses. Mais se faire tabasser par une nana d’1m50 parce qu’il avait ramené une fugueuse au foyer ? Cela ne faisait pas partie de l’ordre des choses. La charité, il leur foutait bien profondément dans le cul. D’autant plus qu’il se faisait mordre. IL SE FAISAIT MORDRE BORDEL ! Il aurait bien foutu une trempe à la gamine, mais il se retint à la dernière minute. OK, il ne frapperait quand même pas une enfant. Même si cette dernière avait une expression de folle furieuse sur le visage. A tout moment, on pouvait s’attendre à ce que des griffes lui sortent des phalanges pour venir éviscérer le premier qui passe. A s’y méprendre, Raphaël aurait même pu penser que la jeune femme et l’enfant étaient reliées. Elles possédaient le même regard de tueuse qui gardait leurs victimes durant des semaines dans la cave, leur arrachant un membre jour après jour. Il en aurait presque eu des frissons dans le dos, mais le motard n’était pas une tapette. « Qui est le con qui a dit un jour que la vérité sortait de la bouche des enfants ? Cette gamine ment, putain !! » enragea-t-il tandis que la directrice du foyer s’évertuait à croire la version de la gosse. Sérieusement, pourquoi on ne lui avait pas foutu la paix aujourd’hui ? Pourquoi s’était-il trouvé avec les deux plus grosses chieuses de l’univers ?! Son karma était dégueulasse. Qu’est-ce que ça pouvait lui foutre de parler de la gestion de cet établissement ? Mais il ne pouvait démentir que voir la brune devenir écarlate était un spectacle assez plaisant. Ça la faisait crier plus fort. Et plus elle criait fort, plus il hurlait à son tour. C’était bon pour ses nerfs. Ça le purifiait. En tout cas, les merci, il pouvait visiblement aussi se les foutre au cul. Il se mit à pester dans un langage peu châtié, constatant qu’il ne parviendrait jamais à obtenir gain de cause. De toute manière, il s’en foutait complètement. Il n’avait pas fait ça pour être remercié ou être honoré. Il souhaitait juste avoir la conscience tranquille. Cela n’était pas dans son genre, mais apparemment, il n’y avait que les cons qui ne changeaient pas d’avis. Et Raphaël ne se décrivait pas comme étant un con. Débattre avec cette connasse n’était pas possible. Il se contenta juste de lui adresser un respectueux doigt d’honneur avant de se barrer. Pas la peine d’appeler la police. Il avait réchappé à suffisamment de merde ces derniers temps. Il s’était attendu à ce que cette histoire avec Judith ne l’amène tout droit en prison, mais aucune plainte n’avait été déposée, ce qui le motivait d’autant plus à retrouver finalement la brune. Mais cela, c’était une autre histoire. Il enfourcha sa moto et sans un regard en arrière, il se barra aussi rapidement qu’il était venu. Désormais, le prochain gamin qu’il croiserait, il pourrait bien aller se faire foutre avant qu’il ne lève le petit doigt pour l’aider. Même si un camion plein à craquer venait à lui foncer dessus. La charité, ce n’était définitivement pas payant.

***

Il n’était pas encore d’humeur à rentrer chez Bucky. Premièrement, parce qu’il n’était pas pressé de se retrouver au milieu d’une colocation féminine et d’un lapin débile. Deuxièmement, parce que la soirée n’était pas encore terminée. Et troisièmement, parce qu’il méritait de prendre un coup à boire pour toutes les merde qui lui étaient arrivé. Se reposer ne lui ferait sûrement pas de mal pour calmer un peu ses nerfs. Il jeta donc son dévolu sur le premier bar à la gueule potable. Il commanda un whisky, une première rasade le calmant progressivement. La musique rock et l’ambiance chaleureuse de l’endroit l’enroba au fur et à mesure. Il en oublia presque cette gamine chiante. Cette folle furieuse. Le visage de sa femme. Les refus qu’il essuyait lors de ses entretiens. Un peu de repos, merde ! Hélas… « PÉDOBEAR !!! QU’EST-CE QUE TU FICHES ICI ?! » Il se tourna, le regard vers noir, vers cette brune qu’il aurait souhaité n’avoir à croiser qu’une seule fois dans sa bordel. « Bordel mais c’est quoi ton problème la mongolo ?! Tu me suis maintenant ? La Terre n’est pas suffisamment grande pour que tu viennes me faire chier ici ?! » s’emporta-t-il, totalement hors de lui. Cette nana avait le don de lui taper sur le système. Il se leva ensuite, profitant de sa hauteur pour l’impressionner un peu. Il s’approcha d’elle, menaçant. « Et si tu m’appelles pédobear encore une seule fois, je prends ta tête et je l’éclate contre le comptoir à tel point que ta mère croira que t’es ton père ! » Sauf que ce dont il ne se doutait pas, c’était que la nana avait toute une armada avec elle. En vérité, il se trouvait son territoire. Une main se retrouva sur son épaule, le bousculant pour qu’il puisse faire face à un des gars du bar. « Eh tu la laisses tranquille, OK ? » Le monde n’était pas sérieux. Il hallucinait complètement. Il ne se laissa pas démonter pour autant. « C’est cette pétasse qui vient chercher la merde ! » Ses défenses ne plurent pas vraiment au reste de l’assemblée. Raphaël était têtu, mais il n’était pas un abruti complet non plus. « Vous m’avez tous pété les couilles. » enragea-t-il en prenant le chemin de la sortie. Le téléphone de la brune sonna, donnant à Raph la possibilité de sortir une ultime attaque. « Et surtout, ne loupe pas cet appel. Ça pourrait être l’hôpital psychiatrique qui t’annonce qu’ils vont augmenter ton traitement, s’pèce de garce ! » Il n’avait jamais été aussi hors de lui-même. Il ne fit pas plus de cérémonies pour se barrer, se dirigeant vers sa moto. Ras-le-cul des connards !
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Lou Morland
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MessageSujet: Re: « The only thing a man keeps with him is his principles. Everthing else fades away. » Lou ♥   Mer 24 Mai - 9:02

Bosser avec des gosses demeure épuisant. Lou rentre souvent claquée de sa journée. Elle aime bien alors savourer la joie d'être chez elle, dans son appartement luxueux, avec cette jolie vue, ces pièces spacieuses et un frigo rempli de pizza et de vins. La vie d'une jeune fille célibataire quand bien même, sa mère la tanne pour qu'elle se case avec quelqu'un. Mais elle n'en a pas envie. Après tout, elle est bien comme ça, libre comme l'air et sans avoir de soucis à se faire, sans prise de tête ou de fidélité à retenir. Elle peut ainsi vivre comme elle l'entend et faire ce qui lui plait quand ça l'enchante. Comme ce soir, d'ailleurs. Se retrouver dans son bar favori est extrêmement satisfaisant. Elle retrouve le barman, ses potes de comptoir et tout est parti pour que ce soit une bonne soirée. Parce que bon, elle a hâte d'oublier cette journée. Elle a été longue, chiante et peuplée d'emmerdes. Malheureusement pour elle, ses rêves ne restent que des songes avortés. Car elle a la mauvaise surprise de se retrouver face à l'une des emmerdes de ce jour. Notamment ce gars qui se bat comme un diable - et même mieux qu'elle mais il ne faut pas le dire #susceptible - Et qui a osé s'en prendre à Lyra. Enfin qui a supposément osé s'en prendre à la petite. Parce que finalement, elle a eu deux histoires différentes. La petite a finalement nié ne pas avoir été touchée par cet homme. Alors quel a été son but ? Véritablement ramener la gamine ? Sans doute. Une personne normalement constituée aurait certainement présenté ses excuses, vu l'intention louable de l'homme, l'aurait même remercié d'ailleurs. Mais Lou est Lou. Elle n'est pas gentille. Elle n'est pas aimable. Et encore moins polie. Sa seule façon d'agir c'est l'attaque. Elle grogne. Elle aboie comme un vilain roquet. Mais attention, un roquet qui sait faire mal. Elle protège ses enfants comme une mère lionne et si Lyra a dit avoir été touchée alors elle croira la petite. Sauf que voilà... Voilà voilà même. Il semble que l'adorable princesse aux yeux noisettes ait raconté un peu de la merde. Quand bien même, Lou défendra sa gamine. De ce fait, attaquer l'homme ne lui fait pas peur. Même qu'elle y va un peu fort. Mais qu'importe, ça l'agace autant que ça l'amuse, enfin ça la fait surtout chier. C'est une petite rigolote quand elle s'y met. Mais lui n'a pas envie de rire. Voilà qu'il bondit comme un fou furieux face à ses propos tandis qu'elle lève les yeux au ciel et s'exclame d'une voix forte : « Et tu descends de ta chaise connard ! J'te signale que je suis fort peu enchantée de voir ta gueule d'Hamster bouffi par la Heineken, ok ?!. »  Elle croise les bras l'observant tandis qu'il la menace de représailles assez violentes concernant sa tête et le bar, et un autoportrait assez peu flatteur d'elle. L'allusion à ses parents la fait sourire. Quand bien même, elle bout de l'intérieur. D'où il ose parler de papa Morland !? « Et d'abord, je resterai toujours plus belle que toi d'abord ! Et fais gaffe que ça ne soit pas ta tête qui vienne refaire la décoration du comptoir. » Dit-elle en secouant sa longue chevelure brune. « Trou du cul. » Dit-il avec un reniflement méprisant tandis que forcément Pédobear se fait accoster par nombre de ses potes. Forcément, il a peut-être un peu exagéré dans ces allusions imagées de lui faire la peau. Forcément, il se défend mais c'est peine perdue.« Pétasse toi-même !!! » Braille-t-elle jusqu'à ce qu'il finisse par se casser du bar.

Lou se sent triomphante. Victorieuse. Cependant, dans un coin de sa tête, elle ne peut s'empêcher de se dire que la victoire n'a pas été acquise en totalité. À vrai dire, ce n'est pas elle qui a vaincu l'homme. Mais bien ses copains, trop nombreux et prêts à la défendre. Ils sont trop choupinoux mais elle a sa fierté. Elle a l'impression que Jackie Chan doit être sûrement déçue d'elle, qu'elle n'ait pas vaincu le démon en utilisant ses poings et ses pieds. Et puis, il y a aussi Lyra. Lyra qu'elle voit en train de lui dire non. Lyra qui secoue la tête quand elle demande si elle a été touchée par l'homme. Franchement, cette gosse... Elle pourrait s'en énerver. Ou alors, elle pourrait en rester là. En plus, il a été suffisamment menaçant pour lui faire peur et ne pas donner envie de revenir lui chercher des noises. En plus, il sait se battre comme un diable - et elle espère d'ailleurs que Lyra ne vendra pas que Mademoiselle Morland s'est faire latter par un homme - parce que c'est trop la honte après tout. Elle n'y tient pas du tout. Mais alors pas du tout. Ça suffit à gonfler un peu plus son égo surdimensionné. Jean-Claude Vandamme n'accepterait pas qu'elle se limite à cette simple défaite et Jackie lui, dirait qu'elle aurait pu adopter une attitude un peu plus sage. Plus paisible. La bataille fait rage et finalement, l'esprit vindicatif, elle finit par opter pour la mission suicide. « Les amis, je reviens. » Dit-elle avant de tourner les talons et de sortir. De là, c'est les cheveux s'envolant au gré de la douce brise qu'elle cherche le chevelu pas aimable. Elle l'aperçoit au loin marchant d'un pas énergique. Sans doute est-il encore enragé. Un sourire étire ses lèvres. Cette fois-ci, aucune rage réside en elle. Au contraire. C'est d'un bond agile qu'elle s'élance courant vers le gars. Le pas est si léger qu'il ne s'entend pas : la récompense de nombreuses années de méditation. Jackie Chan médite toujours ok !? De ce fait, une fois qu'elle est derrière, Lou agit plus par stupidité que par intelligence. L'envie de voir son courroux est trop forte. « Hey Pédobeaaaar !!! » Braille-t-elle tout en se prenant pour un footballeur et lui décrochant un violent croche-patte destiné à ce qu'il se casse la gueule ou trébuche. L'attaque par derrière a le mérite de fonctionner à défaut de par devant. Et Lou est toute ravie d'avoir atteint sa cible. Elle n'attend pas qu'il sorte de ses gonds ou qu'il se retourne pour qu'elle lui lance « Lyra a finalement dit que tu ne l'avais pas touché. Alors désolée pour elle. Les enfants disent parfois des bêtises et nous les adultes, on croit parce que nous sommes leur seul repère dans ce monde de merde. » Dit-elle d'une voix détachée en croisant les bras. Il a pas intérêt à lever la main sur elle parce qu'elle se défendra quoi qu'il arrive. Des années d'entraînement intensif et elle ne va pas se faire avoir un type ressemblant fort étrangement à Daryl Dixon dans Walking Dead. « Elle est où ton arbalète ? Non parce que t'as trop la tronche de ce biker dans cette série de zombie. Sauf qu'à lui, on lui fait des câlins même s'il s'est pas douché depuis cent sept ans alors que toi ... » Ajoute-t-elle en fronçant les sourcils et très sérieusement. Il va la prendre pour une tarée mais depuis trop d'années, elle a toujours été dans sa bulle, ne se confortant par ce qu'elle pense en ignorant l'avis des autres. C'est Lou. D'abord c'est elle. Après ce sont les autres. En dehors de ses enfants. Mais ça, c'est autre chose. C'est le seul amour qu'elle peut leur donner à défaut qu'ils puissent avoir des enfants. « Enfin bref, tout ça pour te dire que nous sommes désolées. Et que tu te bats bien... Pour un vieux. » Boooon oooook, c'est gratuit. Mais elle ne peut pas s'en empêcher. Lou n'a pas vraiment peur, encore moins de ce gars même s'il a une tête et une force susceptibles de la latter assez facilement. Quand bien même, elle se fout du danger, elle fonce tête la première. Là, c'est plus l'envie de faire chier qu'autre chose. Ça elle s'y faire. C'est même la championne !
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: « The only thing a man keeps with him is his principles. Everthing else fades away. » Lou ♥   Dim 18 Juin - 0:19

Si Raphaël devait choisir entre la connerie des adultes et celle des enfants, il choisirait sans hésiter la connerie des enfants parce qu’il considérait qu’ils avaient une excuse. Leur cerveau n’était pas tout à fait fini. Puis c’étaient des gosses quoi. Toutefois, entre la connerie de cette directrice de foyer qui s’était prise pour une ninja de karaté et la gamine qui s’était prise pour la fille de Wolverine en le faisant accuser d’être un pédophile, il ne savait que choisir. S’il avait pu, il aurait tabassé les deux avant de les enfermer dans des sacs poubelles. Un pour la broyeuse, et le deuxième dans un lac. Terminé les abrutis ! Il en avait suffisamment sucré. Tranquille dans son bar, Raphaël ruminait encore de ce qu’il s’était passé durant son après-midi. Il était en colère de cette injustice qui s’était abattu sur lui et qu’il –pour la première fois- ne méritait pas. Et l’idée même de ne pas parvenir à s’ôter ces deux furies de la tête le mettait encore plus en rogne. Et il était encore plus en rogne d’être en rogne. Un cercle sans fin que l’arrivée soudain de la brune n’arrangea en rien. Il faillit s’étouffer dans son verre en l’entendant hurler dans tout le bar. S’il n’avait pas été dans un pays à peu près civilisé et en présence de trop de monde, il lui aurait chopé la tête pour l’éclater contre les comptoirs. Toutefois, en plus d’avoir une grande gueule, elle paraissait avoir peu trop d’amis par ici. Il préférait ne pas s’y frotter, ayant déjà été à l’origine de trop de bagarres depuis son arrivée à Los Angeles. A noter aussi que le motard se faisait tout petit depuis son accident avec Judith. Il ne savait pas encore quelle serait leur décision, mais s’il venait à être dénoncé, il ne tenait pas à aggraver sa peine. La prison ne le dérangeait pas en soi, mais désormais, il avait une famille qui comptait sur lui. Il préférait se dire qu’il craignait la cage, mais en vérité, il ne supportait plus de les laisser de côté malgré ce qu’il prétendait et montrait. Les aveux de Becca l’avaient énormément secoué, alors de se faire appeler pédobear, il aurait pu faire un massacre. D’ailleurs, c’est ce qu’il menaça de faire en bondissant de sa chaise. Sérieusement, elle n’aurait pas pu choisir un autre bar ? Los Angeles paraissait grand pourtant ! Il avait tellement galéré à retrouver sa femme qu’il trouvait presque ironique que les abrutis soient si facile à débaucher. « Si t’es pas enchantée de me voir, fallait fermer ta gueule de grosse truie et m’ignorer bien gentiment ! » Mais ça, elle était bien trop conne pour le faire, bien sûr ! Il en ruminait d’autant plus. Hors de question qu’il soit encore affublé d’un surnom de pédophile. Il s’emballa d’autant plus, jusqu’à éveiller la vigilance des gros bras de la demoiselle. Putain, qu’elle était emmerdeuse celle-là avec ses grands airs et sa gueule enfarinée ! Face à tant de conneries, il finit par rendre les armes. Sous un océan d’insultes qu’il déversa auprès de la brune puisque qu’il n’y avait plus d’enfants dans le périmètre il quitta le bar plus furieux que jamais. Elle allait finir par le dégoûter de sortir dans les bars le soir. Désormais, il allait devoir se déguiser pour aller boire un coup tranquille. C’était insensé !

D’un pas qui illustrait toute sa colère et son indignation, il se dirigea vers sa moto garée non loin du bar. Occupé à pester plus que de raison, il n’entendit pas les pas qui se rapprochaient de lui jusqu’à ce qu’il n’entende ce cri caractéristique : le crie de la timbrée. « P’tain ! J’t’ai dit que… Bordel ! » Il n’eut pas le temps de finir qu’il se prit un croche-patte dans les pieds et jura encore plus fort. Il ne tomba pas mais il perdit momentanément l’équilibre. Il foudroya la brune, prêt à lui mettre un taquet dans sa tronche quand elle désamorça sa fureur en parlant de la petite. Apparemment, la fameuse Lyra était revenue sur ses propos et Raph était innocenté. Elle s’excusa au nom de la gamine et lui fit presque tirer la larme. « Touchant. Arrête, j’vais chialer. » rumina-t-elle avec hargne en continuant son chemin. Il n’en avait rien à branler. A la rigueur, il était satisfait que la vérité soit rétablie. Mais la demoiselle ne comptait pas le laisser s’échapper aussi facilement. Elle revint lui faire face, se campant sur ses pieds pour l’empêcher d’aller plus loin. Il s’arrêta, levant les yeux au ciel et poussant un long soupir d’exaspération. « Tu veux quoi encore ?! » s’énerva-t-il. Encore une pensée philosophique sur la vie ? L’existence c’est de la merde ? Waaah ! Quelle grande nouvelle !! Elle avait trouvé la réponse dans un paquet de céréales ou quoi ? A la place, elle se mit à lui raconter de la merde sur une série qu’il ne connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. « T’es jamais fatiguée de raconter de la merde ? » lâcha-t-il avec lassitude, fourrant ses mains dans ses poches. « Et t’as beau avoir une gueule de top model, tu ne me donnes pas envie de te prendre dans mes bras. » D’où il se mettait à lui faire un pseudo-compliment ? Il devenait complètement con en vieillissant. Il la contourna pour rejoindre sa bécane. Il récupéra son casque, enfourcha sa moto, prêt à enfiler son casque pour partir, mais elle n’avait pas fini de parler. Un vrai moulin à paroles. Pour cette fois, elle s’excusait aussi, se cachant derrière un « nous » subtil. Il eut un bref rire quand elle lui dit qu’il se battait bien pour un vieux. Totalement conne cette nana, mais amusante. « Tu te défends pas trop mal aussi. Même si la morveuse de bat mieux que toi. » la piqua-t-il juste pour la faire chier. Il remit la cale de sa moto en place et posa son casque sur le guidon, prêt à discuter plus sérieusement. « Ça lui arrive souvent de fuguer comme ça ? Elle n’avait pas l’air sacrément effrayé d’être seule en ville. Ni même d’être enchantée de revenir dans ce foyer. L’prenez pas mal. J’constate. » Pour cette fois, il ne remettait pas en cause l’attitude de la directrice. Plusieurs fois, Lyra était venue se fourrer dans ses bras. Comme elle n’a pas l’air d’être du genre à chercher les câlins, il en déduisait que la brune devait bien lui plaire. Il repensa à cette animosité. A ses attitudes de bête blessée et furieuse. Il se surprit à songer à Becca et à ce qu’elle avait pu endurer étant enfant. « Pourquoi elle s’est retrouvée en foyer, au juste ? Elle n’était pas bien où elle était ? » Il n’était pas sûr d’apprécier la réponse ou autre. A vrai dire, il n’était pas sûr de vouloir la savoir où non. Si la vie avait dû lui apprendre quelque chose, c’était que l’abomination de l’âme humaine n’avait aucune limite.
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