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 « En attendant ses pas... » + Pyair ♥

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Elinor Goldstein
Admin Mourante
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DATE D'INSCRIPTION : 19/08/2015
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MessageSujet: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Lun 10 Avr - 22:29

Contrairement à ce qu’Elinor aurait pu penser, être la copine d’une star Américaine n’était pas si facile que cela. Bon, elle s’y connaissait malgré tout un peu. Le nom des Goldstein n’était pas inconnu, et plusieurs fois, cela avait éveillé la curiosité des gens. Elle aurait bien aimé que le nom de Goldstein évoque le sien, en référence à l’actrice de théâtre qu’elle était, mais ce n’était que rarement le cas. Les gens faisaient généralement allusion à son frère Gabriel, célèbre auteur, compositeur de comédies musicales, et éminent pianiste de surcroît. Il était doté d’une notoriété assez étonnante. Mais bon, cela n’impliquait pas de se faire harceler à tout-va, d’être constamment arrêté dans la rue, ou photographié à son insu. Non, cela, elle ne connaissait pas.
Toutefois, elle en avait un aperçu assez frappant avec son petit-ami actuel. Pyair Lucky. Si, quelques années auparavant, il était plongé dans l’anonymat le plus complet, ce n’était plus le cas aujourd’hui. Où qu’il aille, il était reconnu. Toutes les demoiselles fantasmaient sur lui, et même à l’international ! Il décrochait des contrats faramineux avec de grosses maisons de production. Il jouait dans les meilleurs films du moment. En somme, il vivait une célébrité toujours plus croissante à mesure que les mois passaient. Elinor aurait pu être jalouse. Elle aurait pu ne pas aimer les regards d’admiration qui se posaient sur lui. Elle aurait pu lui envier cette célébrité qu’elle n’avait pas. Mais c’était tout le contraire. Elle était terriblement heureuse pour lui, sûrement un peu flattée aussi d’avoir pu gagner son cœur et être celle qui rythmait son quotidien en plus de ses tournages. Quant à sa propre notoriété, elle savait que cela viendrait avec le temps. Après tout, ils ne jouaient plus vraiment dans la même cour maintenant. Pyair était taillé pour le cinéma, quand Elinor était façonnée pour déclamer au théâtre. Ils détenaient chacun leurs univers et ils ne fonctionnaient pas de la même manière.
Malgré tout, c’était bien par le biais du théâtre qu’ils s’étaient rencontrés. Elinor n’avait jamais vraiment oublié ce moment où leurs regards s’étaient croisés. Au départ, elle était quelque peu ennuyée par le retard de l’acteur. Elle connaissait Pyair Lucky pour tous les films qu’il faisait, les groupies qui ne cessaient de cancaner à son sujet derrière le rideau. Elinor n’aimait pas les idées préconçues, mais elle avouait avoir craint que ce fameux Monsieur Lucky ne soit qu’un acteur prétentieux qui avait décidé de s’adonner au théâtre plus par amusement que par véritable passion pour la comédie. Après tout, il paraissait à l’aise devant une caméra. Pourquoi venir tenter l’aventure sur les planches ?
Elle avait très vite révisé son jugement quand il était apparu sur la scène. Il s’était excusé auprès d’elle et du reste des comédiens avec une sincérité si touchante qu’elle en avait été charmée. Puis il avait été temps de répéter. Pyair et Elinor étaient les deux acteurs principaux d’une pièce de Musset, un auteur Français très célèbre. On ne badine pas avec l’amour… Elinor avait joué l’innocente et torturée Camille qui se battait entre ses sentiments et ses convictions. Pyair avait incarné Perdican, si plein d’assurance, espiègle, expérimenté, mais aussi désespéramment amoureux de Camille. Dès la première lecture, Elinor avait été séduite par cette pièce si intense et à la morale si limpide. L’amour était une chose précieuse avec laquelle il ne fallait pas jouer. Ce rôle lui avait tout de suite tenu à cœur. Elle ne vivait plus que pour incarner Camille. Il ne lui manquait que son Perdican… Les premières secondes, elle avait douté, avant de l’entendre. Jamais encore, elle n’avait été si ébranlée par une performance. Pyair était un acteur de talent, et il y avait une telle alchimie entre les deux comédiens que la pièce s’était révélée être un franc succès.
Mais la pièce n’avait pas été la seule à être un succès… Cette alchimie si particulière sur scène ne les quittait pas une fois qu’ils descendaient des planches. Bien au contraire. A vrai dire, eux-mêmes ne s’étaient plus quittés depuis cette pièce. Si la romance de Camille et Perdican avait connu une issue tragique, ce ne fut pas leur cas. Depuis plusieurs années maintenant, ils étaient éperdument amoureux l’un de l’autre.

« Tu crois que si je te mets un nez rouge, tu passeras inaperçu ? » demanda-t-elle, une moue mutine sur le visage. Elle laissa échapper un rire avant d’attraper une casquette qu’elle lui enfonça sur la tête. « Bien, les fans ne verront plus ta chevelure flamboyante et soyeuse ainsi ! Elles n'auront pas envie d'y plonger sensuellement leurs doigts. » Elle passa ensuite aux lunettes de soleil qui lui vissa sur le nez. Elle recula légèrement, inspectant son travail. Elle fit mine d’être surprise. « Saint-Antoine ! Qui est donc cet illustre inconnu ?! » A chaque fois qu’ils devaient sortir incognito, c’était le même manège. Elinor s’en amusait grandement, trouvant toujours un déguisement approprié pour que Pyair puisse passer inaperçu après de la foule de Los Angeles. Cela faisait plusieurs semaines que son petit-ami était pris par un grand tournage. Il n’avait donc pas beaucoup de temps à consacrer à Elinor, mais aujourd’hui, elle l’avait pour elle toute seule. Elle comptait bien en profiter pleinement. Une promenade serait la bienvenue pour débuter leurs sorties en amoureux. Elle s’approcha pour ajuster correctement la casquette sur sa tête, lui volant un baiser au passage. Elle resta dans ses bras, profitant de sa proximité tant aimée. « Tu crois qu’on est bon ? »
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Pyair Lucky
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Jeu 13 Avr - 14:03

En attendant ses pas...
Elinor ∞ Pyair
Je ne peux m'empêcher de détacher mon regard du sien. Elle ne fait pas attention, mais moi je mémorise chacune de ses mimiques. Cela fait des années que je fais ça et je suis même pas certaine qu'elle l'ait encore remarqué. Mais c'est comme ça, elle m'attire, elle m'hypnotise au point que, quand elle est dans les parages je n'arrive pas à détacher mon regard du sien. C'est pour ça que quand on s'est rencontrés, j'étais heureux de jouer un rôle qui me permettait de l'observer à ma guise. Parce que dès que je l'ai vu, dès que j'ai commencé à lire mes passages pour la pièce, j'ai su que j'étais foutu.
Je me souviens encore de son air réservé, presque de reproche quand elle m'a vu débarquer dans cette petite troupe alors que j'étais déjà un acteur reconnu. Seulement avant le cinéma, le théâtre a été mon premier amour, et j'en ai fait de nombreuses années avant de me lancer dans le septième art il y a maintenant près de dix ans. Cela a été difficile au début, mais j'ai fini par percer et aujourd'hui, je suis tout simplement l'homme le plus heureux du monde. Non seulement parce que je vis le job de mes rêves, mais aussi parce que je suis amoureux. Et par un complot que je ne m'explique pas, cette femme est aussi amoureuse de moi.
Vous l'aurez deviné, cette femme n'est autre que celle que je dévisage alors qu'elle s’attelle à l'un de ses jeux favoris (du moins je me plais à le croire.) Me déguiser. Parce que la célébrité c'est une chose, mais vouloir sortir quand on est célèbre s'en est une autre. Surtout quand on veut sortir que tous les deux sans être trop dérangé. Parce que bon, il y a les fans adorables à qui je réponds avec un immense plaisir, les fans hystériques, mais il y a surtout les paparazzis qui nous lâchent jamais vraiment. Mais pour le moment je ne veux pas penser à cela. Tout ce qui m’intéresse, c'est ce regard noisette qui tente une nouvelle combine pour déjouer les méchants.
Je repère ce petit éclat quand elle a une idée qui, semble-t-il, va changer du tout au tout ma personne physiquement. Je vois son nez se retrousser quand elle n'est pas satisfaite. J'observe son petit froncement de sourcils quand elle est incertaine et je la regarde tirer légèrement la langue quand elle est grandement concentrée. Je connais ses mimiques par cœur, et si on pourrait s'en lasser, ce n'est pas mon cas. Je suis même persuadé qu'elle ne se rend même pas compte de ses petites mimiques. Mais quelle importance, puisque moi je les ai vu.
- Tu crois que si je te mets un nez rouge, tu passeras inaperçu ?
Je penche la tête sur le côté, fronçant les sourcils, dubitatif.
- Je pense que si tu veux qu'on aille au cirque un jour, le parfait déguisement sera celui d'un clown effectivement, je lui dis amusé.
Je l'entends rire et j'ai envie de poser mes mains sur ses hanches pour la rapprocher de moi. Seulement elle ne me laisse pas faire, bien trop occupée dans sa tâche. Elle le prend bien plus au sérieux que moi mais je pense savoir pourquoi. Je suis sur un gros tournage en ce moment et on se voit si peu souvent que c'est rare nos moments à deux. J'ai enfin une journée pour moi, pour elle aussi et je ne veux pas non plus qu'elle soit gâchée. Elle revient vers moi, posant une casquette sur ma tête. On a de la chance qu'il fasse beau, parce que quelqu'un qui porte une casquette c'est souvent suspect de toute façon.
- Bien, les fans ne verront plus ta chevelure flamboyante et soyeuse ainsi ! Elles n'auront pas envie d'y plonger sensuellement leurs doigts.
- Et si toi tu en as envie ? Je demande taquin.
Elle ne me laisse pas le temps d'en rajouter plus qu'elle me met des lunettes de soleil. Je fronce le nez. Je n'aime pas spécialement en porter, seulement avec un grand soleil mais sinon, enfin moi le trip coloris bleuté c'est pas trop mon délire. Cependant, je la laisse faire, elle sait mieux gérer le changement que moi. J'ai toujours été nul question déguisement incognito. Elle se recule comme pour admirer son œuvre et moi, je me mordille légèrement la lèvre inférieur, nerveux de son avis (ce qui est clairement idiot.)
- Saint-Antoine ! Qui est donc cet illustre inconnu ?! 
Je lève les yeux au ciel avant de rire. Je me lève alors qu'elle revient vers moi. Je l'observe fignoler son travail avec ma casquette alors qu'elle m'embrasse rapidement, trop rapidement, clairement pas assez pour moi.
- Mmh, je peux me présenter à vous, mademoiselle, s'il n'y a que ça.
Je prends sa main dans la mienne doucement et murmure un léger sourire sur le visage :
- Si j'ai profané avec mon indigne main cette châsse sacrée, je suis prêt à une douce pénitence : permettez à mes lèvres, comme à deux pèlerins rougissants, d'effacer ce grossier attouchement par un tendre baiser.
Je ne lui laisse pas le temps de répondre que je pose à mon tour délicatement mes lèvres contre les siennes. Ce baiser est simple, mais il suffit à faire battre mon cœur plus fort. Je me recule finalement et pose ma main libre sur sa joue. Elle m'a tellement manqué et dire que je suis qu'à la moitié du tournage...
- Tu crois qu'on est bon ?
Je lui souris grandement, plein d'assurance.
- Je pense qu'on va passer une belle journée ensemble, rien que toi et moi.
Je lui fais un clin d’œil et récupère sa veste avant de lui tendre.
Nous sortons finalement rapidement et je prends une attitude détachée. C'est quand on est nerveux que cela se voit le plus qu'on a quelque chose à cacher. Or là, ce n'est pas la peine et je n'ai pas envie de stresser pour rien. Naturellement je glisse ma main dans celle d'Elinor. On se dirige ainsi vers le parc, pas la peine de faire dans le grandiose, nous ça, c'est largement suffisant. Dans le fond il faut juste qu'on soit ensemble. Et puis aujourd'hui est une journée spéciale mais pas la peine d'y penser maintenant, je vais paniquer sinon.
- Toi, je sens que tu veux aller nourrir les canards pour être certaine qu'ils ne meurent pas de faim ?, je lui demande amusé.
Il faut dire qu'ils sont tellement gros que je pense qu'ils ont caché le cadavre d'un homme quelque part... C'est vil un canard, sauf dans une assiette cuit à point.
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Elinor Goldstein
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Lun 17 Avr - 12:09

Aujourd’hui, Elinor pouvait miraculeusement passer une journée en compagnie de son petit-ami. Et il y avait de quoi parler de miracle étant donné qu’il était un acteur mondialement connu et tout particulièrement en vogue depuis quelques temps. Les réalisateurs ne cessaient de se l’arracher, comme des bêtes sauvages. C’était un fait merveilleux pour sa carrière. Certes, ce n’était pas toujours ainsi et son rythme n’était pas toujours aussi dense, mais la comédienne commençait à compter les jours où elle ne pouvait pas le voir. Plusieurs fois, elle lui avait fait la surprise d’aller chez lui pour qu’il la retrouve dès que sa journée de tournage était terminée. Mais trop de fois, les scènes avaient duré plus que de raisons, et Pyair avait dû retrouver une petite amie déjà endormie sur le canapé. Malgré les récriminations d’Elinor le lendemain matin, l’acteur n’avait jamais eu à cœur de la réveiller malgré tout. Elle prenait donc son mal en patience, profitant du peu de temps qu’il parvenait à lui accorder à chaque fois. Elle ne s’en plaignait pas pour autant. Elle-même vivait dans un milieu artistique et en connaissait les contraintes. Elle n’était donc pas une petite-amie ennuyante, mais bien languissante. Sauf qu’aujourd’hui, ils pouvaient profiter d’une journée complète ensemble. Elinor était aux anges tandis qu’elle s’adonnait à une activité plutôt amusante : déguiser Pyair afin qu’il ne puisse pas être reconnu dans la rue. La contrainte n’était pas seulement les fans qui l’identifiaient rapidement et demandaient continuellement des autographes, mais il s’agissait surtout des paparazzis qui prenaient un malin plaisir à scruter le moindre de ses faits et gestes. S’il sortait découvert, c’était la fin de leur intimité et Elinor y tenait. C’est pourquoi, elle ne se trouva satisfaite qu’une fois qu’il eut une casquette enfoncée sur la tête, des lunettes de soleil et que sa divine chevelure fut adroitement dissimulée. D’ailleurs, ses beaux cheveux furent un sujet de discussion qui l’amusa. « Et si toi tu en as envie ? » D’y plonger ses mains ? La question était plutôt pertinente et la brunette répondit avec le même sourire enjôleur. « Mais moi, j’ai le droit d’en profiter en privé. Je saurai prendre mon mal en patience. »
Une fois son œuvre terminée, elle se recula pour apprécier ce qu’elle avait devant les yeux. Joueuse, elle fit comme si elle ne le reconnaissait même pas. Et malgré ses lunettes solidement vissées sur son nez, elle devinait sans mal qu’il levait les yeux au ciel de ses idioties, faisant redoubler son hilarité. « Mmh, je peux me présenter à vous, mademoiselle, s’il n’y a que ça. » Un sourire s’échappa d’entre ses lèvres tandis qu’il la rapprochait de lui en prenant tendrement ses mains. Les paroles qui suivirent élargirent le sourire de la comédienne qui reconnaissait là les vers de Shakespeare. Elle voulut faire un commentaire, mais ses lèvres furent capturées bien vite. Un baiser tendre qui lui avait grandement manqué. Leurs lèvres se séparèrent, mais Elinor glissa son nez contre le sien. « Je crois que tu as volé ces mots à un certain Roméo… » murmura-t-elle, sourire aux lèvres avant de lui voler un dernier baiser.

Et finalement, ils furent prêts. Le cœur débordant d’amour, la main d’Elinor se joignit à celle de Pyair pour sortir hors de la maison. Il ne lui suffisait que de se retrouver qu’avec lui pour qu’elle soit pleinement satisfaite. La jeune femme n’était pas une personne très complexe à satisfaire. Elle savait s’accommoder de peu, elle se montrait enthousiaste pour beaucoup de choses et elle était généralement toujours de bonne humeur. Son ciel si bleu était démuni de nuages. Et le simple fait d’avoir la main de Pyair dans la sienne sans qu’aucun regard ne se tourne vers lui ou que le tournage ne l’appelle était un merveilleux cadeau. Leurs pas les menèrent rapidement au parc. Le temps était radieux. Le printemps avait pris entièrement sa place, apportant de charmantes fragrances de fleurs dans ses brises légères. Elinor prit une grande inspiration, profitant de cette merveilleuse journée. « Ce qu’il fait beauuu ! » Ils marchèrent un long moment jusqu’à ce qu’ils se retrouvent proches du lac où se trouvaient les canards qui nageaient non loin du bord. Le regard de la brune s’égara de ce côté, s’amusant du ballet de ces créatures. Une attitude qui n’échappa pas à Pyair. « Toi, je sens que tu veux aller nourrir les canards pour être certaine qu’ils ne meurent pas de faim ? » Elinor se tourna vers son petit-ami, affichant une mine innocente. « Non, pas du tout. Regarde, ils ont l’air d’être bien ainsi. » Sauf que son regard ne se détachait pas vraiment d’eux. Tout à coup, elle s’arrêta, affichant une moue exagérément inquiète. « Quoi que tu ne trouves pas qu’ils sont un peu maigres ? On pourrait les nourrir un peu. Juste un peu… » Elle ne lui laissa pas vraiment le choix. Tirant sur sa main, elle s’engagea vers le premier stand de nourriture qui se tenait dans le coin. Après une intense réflexion, elle opta pour un petit sachet de cookies natures. Pas question de les intoxiquer non plus. « Si jamais, pense que c’est pour qu’ils soient plus gras dans ton assiette. » se permit de préciser Elinor en observant la réticence de Pyair concernant leur activité. Elle attrapa un premier cookie qu’elle fourra sans prévenir dans la bouche de son petit-ami en riant avant d’en faire profiter les canards en effritant un autre biscuit dans sa main. Sur leurs petites pattes, les canards s’approchaient d’ailleurs pour récupérer les fameuses miettes. Mais à voir faire Pyair, c’était comme s’ils étaient sur le point d’attaquer. « Ils ne vont pas te manger ! » Elle poursuivit de jeter des miettes lorsqu’un violent vertige la saisit brusquement. Elle lâcha le paquet et sa main la proche de Pyair s’agrippa à sa manche. Cela ne dura que quelques secondes, mais elle ne se sentit pas bien du tout. « On… on peut aller s’asseoir un instant ? Je ne me sens pas très bien… » demanda-t-elle, le souffle court.
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Pyair Lucky
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Dim 23 Avr - 23:08

En attendant ses pas...
Elinor ∞ Pyair
Le bonheur.
Je crois que c'est tout simplement ce que je ressens chaque jour avec Elinor. Quand je pense à elle je souris, quand je me balade, je trouve toujours de quoi lui faire des surprises, quand on sait qu'on a enfin un moment ensemble je fais tout pour lui faire plaisir. C'est niais je le sais, mais je suis comme ça. J'ai envie de la voir sourire et non de me disputer avec elle. Bien sûr un couple c'est fait de compromis, mais le fait est qu'ensemble on sait ce que l'autre attend. Pas besoin de réfléchir, pas besoin de compromis, une entente simple. Bien sûr il y a des disputes, il ne faut pas croire, n'est-ce pas plein de dispute un bonheur ?
Seulement je sais aussi que j'ai besoin d'affection et que par moments je ne me rebelle pas si j'ose dire. Même si je n'en parle pas souvent, l'abandon de ma mère m'a toujours touché. Elle est partie alors que j'avais cinq ans, j'ai vu mon père sombré et c'est à cet instant que j'ai décidé de tout faire pour être présent pour lui. J'ai refoulé mon besoin de câlin ou encore les questions pour savoir où était maman. Après tout, elle non plus ne voulait pas savoir où j'étais, sinon elle aurait envoyé des lettres non ?
Et puis il y a une dizaine d'années j'ai reçu une lettre. Je ne saurais dire comment mais j'ai su que c'était elle. Je crois que ce qui m'a le plus dégoûté, c'est de recevoir ce que j'ai toujours attendu alors que je commençais à être connu. Dix ans sans nouvelles, mon nom commence à se faire connaître et voilà qu'elle réapparaît. Je ne suis pas du genre rancunier mais là... Il ne faut pas trop me prendre pour un con.
Je ne l'ai jamais ouverte.
Elle m'a d'un certain côté façonné. Si bien que la présence d'une femme, de cette femme en particulier m'est presque vitale. Et si jamais un jour elle décidait de partir à son tour. Je crois que je ne m'en remettrais jamais vraiment... Je veux qu'elle reste avec moi, je veux l'aimer chaque jour et lui prouver pour la vie.
Mais là n'est pas le propos non. Pour l'instant, on se contente de profiter de ce genre d'instant que nous avons peu au vu de nos emplois du temps. Acteurs, comédienne, il faut avouer que nous avons de quoi nous occuper. Pourtant nous tenons bon et je trouve que nous nous en sortons bien. Des années qu'on sort ensemble et pourtant on ne se lasse pas l'un l'autre. Au contraire, on se découvre un peu plus chaque jour, on apprend à aimer les défauts de l'autre, et on chérit un peu plus ce qui nous a charmés depuis le début. Comme sa fascination pour les canards... Je sais, c'est étrange dis comme ça, mais alors que nous nous dirigeons vers le parc, je suis certaine que dans sa veste se trouve quelques croûtons de pain afin de nourrir ces animaux. Même si moi je n'aime pas ça, je trouve ça mignon dans le fond qu'elle s'intéresse à eux. C'est comme les pigeons. Y'en a partout, tout le monde des vois, joue avec, les ignore. Mais pas elle. Elle va s'approcher, elle va les nourrir, elle peut même leur parler par moments.
Elle est comme ça, généreuse.
Et même si elle me regarde de cette façon innocente, dans son regard je vois une part de jeu et dans son sourire une moue moqueuse.
- Non, pas du tout. Regarde, ils ont l’air d’être bien ainsi.
Elle observe maintenant les canards, je fais de même quelques secondes avant de revenir à elle. Le voilà, son petit froncement de sourcils qui prouve qu'elle a une idée derrière la tête, qu'elle s'inquiète aussi. Ils ont l'air bien ainsi... Mais entre avoir l'air et être bien, il y a un monde.
- Quoi que tu ne trouves pas qu’ils sont un peu maigres ? On pourrait les nourrir un peu. Juste un peu…
Et voilà, je le savais. Je ne peux m'empêcher de rire un peu avant de serrer sa main tendrement.
- Ils pourraient avoir l'obésité du canard que tu voudrais les nourrir quand même. Je suppose que tu as de quoi subvenir à leurs mines toutes tristes, je demande à moitié sérieux, l'autre moitié moqueur.
Je n'ai pas finalement le temps de dire ouf qu'elle tire sur ma main. Et voilà, je suis bon à nourrir ses trucs qui marchent de façon tellement étrange... Et là, me voilà étonné de la voir m'emmener vers un stand de nourriture. Je suis médisant en fait, elle n'a pas prémédité son coup. Je reste un peu en arrière alors que j'ai l'impression de la voir choisir la prochaine pièce à acheter.
- Tu sais, ce sont des canards, ils n'ont pas besoin de grandes gastronomies[/color], je lui dis avant de rire.
Elle fait son choix, et nous voilà repartie vers les canards. Et bé, ils en ont de la chance d'avoir quelqu'un comme Elinor dans le coin.
- Si jamais, pense que c’est pour qu’ils soient plus gras dans ton assiette.
Je la regarde presque choqué avant d'éclater de rire. Ca j'adore !
- Ca me donne envie d'en manger. Je sais où t'emmener ce soir pour manger, et bien sûr, c'est moi qui invite.
Je suis d'une galanterie presque extrémiste, et franchement, je gagne assez bien ma vie pour me le permettre. Mais alors que je commence à imaginer la soirée, me voilà avec un cookie dans la bouche. J'hausse mes sourcils avant de mâcher.
- Tu cherches à me gaver moi aussi ? Parce que si je dis ça à mon manager, il va certainement vouloir te tuer !
Mais là, je crois que ce sont surtout les canards qui vont la tuer. Elle a des miettes partout autour d'elle et les voilà en train de courir un peu partout, de faire des bruits étranges et de manger comme s'ils étaient en train de mourir. En fait, je suis certains que les zombies ont été inspiré par les canards.
- Ils ne vont pas te manger !
Je lève les yeux au ciel et continue de l'observer faire. Même si ce n'est clairement pas une activité que j'aime faire, le simple fait de la voir sourire me suffit. Vous voyez, c'est tout simplement ça. Perdre dix minutes de notre temps, mais gagner un souvenir joyeux dans le coin de notre petite tête.
Soudainement, je la vois lâcher le paquet de sa main. Les canards se jettent dessus, moi je m'approche d'Elinor inquiet. Elle s'agrippe à moi et je glisse ma main dans le bas de son dos pour être certain qu'elle ne tombe pas.
- Elinor ? Ca va ? je demande inquiet.
- On… on peut aller s’asseoir un instant ? Je ne me sens pas très bien…
J'hoche la tête. Je la conduis sur le banc le plus proche et me mets accroupis afin de la regarder droit dans les yeux.
- T'es pâle... Attends je vais te chercher un truc à boire... Tu restes là hein.
Je me redresse et cours vers le marchand ambulant pour lui prendre une boisson sucrée. Elle fait peut-être une crise d’hypoglycémie. Je reviens aussi vite que je le peux, si bien qu'elle a à peine eu le temps de dire ouf j'en suis certain (j'ai fait tout pour). Je lui tends la boisson et m'assois à côté d'elle.
- Tu veux qu'on rentre ?
Une soirée à la maison c'est très bien aussi, ca ne change pas vraiment les plans de toute façon. Passer une bonne soirée ensemble, et peut-être plus qu'une soirée.
- Je peux appeler un taxi, on rentre, on prend un bain, je te fais un massage, on nourrit les pigeons sur le balcon... Tout ce que tu veux, je lui dis avec un sourire rassurant.
Mais dans le fond je panique un peu. C'est idiot, c'est juste une légère peur je dois me calmer. Respire Pyair, franchement qu'est-ce qui pourrait bien arriver de pire que ce petit malaise ?..
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Elinor Goldstein
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Ven 28 Avr - 21:53

Elinor pouvait objectivement prétendre que tout se déroulait merveilleusement bien dans son existence. Elle avait vécu au sein d’une famille attentionnée et aimante, entourée de son frère et de sa sœur envers qui elle était très proche. Elle avait eu la chance de se découvrir des passions dont elle pouvait aujourd’hui vivre. La danse faisait partie intégrante de sa vie, au même titre que le théâtre. Confucius disait que lorsqu’on trouvait un métier qu’on aimait, c’était comme si on ne travaillait plus. Il n’aurait pu avoir plus raison. Chaque matin, Elinor se levait avec la certitude qu’elle aimait ce qu’elle faisait. Sa passion était devenue son métier, et bien plus encore. Grâce à lui, elle avait rencontré cette personne merveilleuse qui était devenu son petit-ami. Leur amour était né du jeu entre Camille et Perdican, mais l’histoire saurait dire que leur fin avait été bien moins tragique puisqu’ils étaient tombés amoureux l’un de l’autre. La comédienne vivait chaque jour comme si c’était un rêve. Certes, ce n’était pas toujours facile d’être la petite-amie de l’un des acteurs Hollywoodiens le plus populaire de ces dernières années. Il n’était pas souvent là, occupé sur les tournages. Et lorsqu’ils pouvaient se retrouver tous les deux, il fallait user de nombreux stratagèmes afin qu’ils puissent protéger leur intimité. L’art du déguisement avait fini par devenir leur spécialité, et même un jeu. Quoi qu’il advienne, Elinor s’acquittait de cette situation. Elle partait du principe qu’elle ne souhaitait en aucun cas gâcher les rares moments où ils se retrouvaient ensemble. Puis cela était certainement dû au fait qu’ils appartenaient au même monde. Elinor n’avait jamais ressenti le désir d’être derrière les caméras, mais elle comprenait l’amour du cinéma. Pour rien au monde, elle n’aurait voulu être au milieu de la merveilleuse route que Pyair était en train de se tracer. Au contraire, elle voulait parcourir ce chemin avec lui, main dans la main. Ce qui était le cas. Depuis plusieurs années, elle vivait la plus belle histoire d’amour qui soit avec Pyair. Au départ, elle était pourtant emplie de préjugés, mais s’il y avait bien une chose que la pièce de Musset lui avait apprise, c’était qu’il ne fallait pas badiner avec l’amour.

« Tu sais, ce sont des canards, ils n’ont pas besoin de grandes gastronomies. » Elinor se tourna vers Pyair, lui tirant la langue pour lui signifier qu’elle ne tiendrait pas compte de ses paroles. De toute manière, il se moquait d’elle mais elle savait pertinemment qu’il allait l’aider malgré tout. Afin de le motiver, elle lui précisa qu’il s’agissait d’une stratégie pour engraisser ces pauvres canards afin qu’ils soient plus consistants dans l’assiette. Cela sembla être une raison suffisante pour l’acteur qui s’imaginait déjà son repas du soir. La brunette le fit taire en lui enfournant un biscuit dans la bouche. « Tu cherches à me gaver moi aussi ? Parce que si je dis ça à mon manager, il va certainement vouloir te tuer ! » Elinor se mit à rire, en imaginant la tête de son manager qui s’arracherait les cheveux en apprenant que sa précieuse star aurait pu prendre du poids. Elle lui donna un léger coup de hanche. « Ne t’en fais pas pour ça. On fera plus de sport pour compenser. » dit-elle sur un ton taquin qui laissait clairement transparaître le fond de ses pensées. Elle savait que de tels propos feraient sûrement mouche auprès du jeune homme. Mais avant qu’elle n’ait pu entendre sa réponse, elle sentit ses jambes flageoler. Le paysage se mit à tourner autour d’elle et sa main s’accrocha à la veste de Pyair pour ne pas flancher complètement. Heureusement, il la retint à temps, la soutenant contre lui. Elle prit appuie sur lui, sentant son équilibre terriblement précaire. Sa tête continuait à tourner. Elle demanda à aller s’asseoir et Pyair l’accompagna au banc le plus proche. Elle s’assit, non sans un soupir de soulagement tandis qu’il s’accroupissait face à elle. « T’es pâle… Attends je vais te chercher un truc à boire… Tu restes là hein. » Avant qu’elle n’ait pu protester, le voilà qui était déjà parti vers le marchand ambulant. Elle en profita pour fermer les yeux et reprendre pleinement conscience. Elle ne s’expliquait pas vraiment ce vertige. Elle avait pourtant mangé et dormi correctement. Elle n’était pas particulièrement fatiguée en ce moment, ni même soucieuse.
Pyair revint vite avec un soda et elle lui accorda un sourire. « Merci. » Elle n’était pas vraiment sûre que ce soit la solution miracle, mais elle ouvrit malgré tout la bouteille pour prendre quelques gorgées. « Tu veux qu’on rentre ? Je peux appeler un taxi, on rentre, on prend un bain, je te fais un massage, on nourrit les pigeons sur le balcon… Tout ce que tu veux. » Elinor pouffa, reprenant des couleurs à vue d’œil. Elle posa sa tête sur l’épaule de Pyair. « Ne t’en fais pas, on rentrera un peu après. On est bien ici. » Le bras de son petit-ami passa autour de ses épaules et elle vint se lover contre lui. Sentant ses muscles tendus, elle attrapa sa main qu’elle sera fort dans la sienne. « Tu paniques, Pyair. Il ne faut pas. » dit-elle, plus amusée par les préoccupations de l’acteur qu’autre chose. Elle se redressa légèrement pour lui faire face, caressant doucement sa joue. « Je vais bien. » murmura-t-elle en venant lui voler un baiser tendrement.

Et après une bonne demi-heure passée sur le banc, ils décidèrent finalement d’appeler un taxi. Elinor avait insisté pour poursuivre un peu la balade, mais elle n’était pas aussi têtue que Pyair. Quand il avait une idée en tête, il était difficile de la déloger, c’est pourquoi, ils se retrouvèrent sur le chemin du retour. Elle dut admettre qu’elle n’était pas mécontente de rentrer. La promenade avait été courte, mais dès qu’ils se retrouvèrent tous les deux à la maison, l’entrain d’Elinor était revenu. Après avoir retiré sa propre veste, elle vint ôter les lunettes de Pyair, avant de s’attaquer à sa casquette. Sa main plongea dans ses cheveux. « Aaah je peux faire ça maintenant. » plaisanta-t-elle en triturant sa chevelure dans tous les sens de telle manière que ça ne ressembla bientôt plus à rien du tout. Ses bras passèrent autour de son cou et son nez se frotta tendrement contre le sien. « Dis-moi, tu ne m’aurais pas fait miroiter un bain et un massage, par hasard ? » Un sourire mutin étira ses lèvres. « Mademoiselle Goldstein désirerait bien les deux. »
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Pyair Lucky
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Lun 1 Mai - 0:34

En attendant ses pas...
Elinor ∞ Pyair

Elle m'a dit de ne pas paniquer, qu'elle allait bien, seulement je dois avouer que j'ai été soulagé quand j'ai pu enfin la ramener à la maison. C'est difficile de me demander cela, surtout qu'elle ne s'est pas vu. Étrange dit comme ça je vous le concède, seulement je l'ai vu pâlir, perdre de l'éclat. J'ai vu son corps défaillir sous ses pas et ses doigts si frêles m'agripper sans trop de succès. Je me demande comme cela se serait passé si je n'avais pas été présent, si je n'avais pas été là pour la maintenir contre moi, pour lui donner un semblant de force afin de tenir debout. C'est peut-être exagéré finalement, seulement pendant l'espace de quelques secondes, c'est comme si je l'avais totalement perdue. Une sensation étrange qui ne quitte pas vraiment mon cœur.
Rentrer à la maison ne peut que nous faire du bien, et encore j'ai dû me battre afin qu'on prenne un taxi. Je sais qu'elle ne me le dira pas, mais je vois bien à son visage que cela la soulage finalement. Je ne sais pas vraiment ce qui lui est arrivé, mais je m'inquiète. Je crois que c'est normal non, quand on tient à quelqu'un ? Si cette personne se sent mal, si on voit qu'elle semble faible et qu'on est auprès d'elle, on est inquiet. Surtout quand cette personne est la femme qu'on aime et qu'on se jure de tout faire pour qu'il ne lui arrive jamais rien. Bien sûr je ne peux pas toujours être là pour la protéger et elle me dit elle-même qu'elle doit faire des erreurs afin de s'améliorer et d'apprendre ce qu'est la vie. Mais voilà, la voir pâle moi j'aime pas ça. Je préfère la voir sourire, les yeux pétillants et tout ce qui va avec. Mais je crois que j'ai bien agi car une fois dans l'appartement elle semble avoir retrouvé de l'éclat. Est-ce mauvais de se dire que c'est bien d'être rentré finalement ? J'aime être dans notre cocon, juste tous les deux, ne pas penser aux paparazzis ou aux fans. On est ensemble et c'est tout ce qui compte.
Je retire mes chaussures, ma veste et me tourne vers elle alors qu'elle s'approche. Je pose mes mains sur ses hanches alors qu'elle retire mes lunettes ainsi que ma casquette. J'aime ce genre de moment. J'arrête de devenir ce genre de clown déguisé et je deviens moi auprès d'elle. C'est comme si elle me mettait à nu. Quand ses doigts glissent dans mes cheveux je ferme les yeux un instant comme pour m'imprégner de cette douce sensation.
- Aaah je peux faire ça maintenant.
Je les rouvre et ne peux m'empêcher de rire.
- Elinor... Sur moi tu as tous les droits... je murmure en plongeant mon regard dans le sien.
Parce que c'est vrai et je ne sais pas si elle le sait. C'est certainement trop, mais c'est elle qui a mon cœur, et moi je me laisse happer par ce doux sentiment qu'est l'amour. Je lève finalement les yeux au ciel alors qu'elle me décoiffe (et elle est fière d'elle en plus.) Je glisse mes mains dans son dos finalement alors qu'elle s'accroche à mon cou. Son nez contre le mien, je fais de léger mouvement de tête afin que ceux-ci se frôlent.
- Dis-moi, tu ne m’aurais pas fait miroiter un bain et un massage, par hasard ?
J'hausse mes sourcils, sourire naissant sur le visage.
- Mademoiselle Goldstein désirerait bien les deux.
- Ce que mademoiselle Goldstein désire, mademoiselle Goldstein aura !
Je me penche à peine en riant, glisse mes mains sous ses cuisses et la soulève. Je l'embrasse alors que je commence à marcher dans notre appartement. Je lui prépare son bain, m'occupe d'elle comme une véritable princesse. Je tiens toutes mes promesses et fais tout ce qu'elle me demande. Je trouve franchement que je suis un bon petit ami quand même. Une fois sortie du bain, je retourne dans le salon.
- Commander à manger je me dois de faire, quelque chose de sympa, avec du canard dedans, te tente cela ? Le canard nous donnera la force, et la force se doit d'être avec nous !, je dis en riant.
Elle va croire que je suis clairement en train de péter un câble. Je crois surtout que j'ai envie de la faire sourire, que j'ai besoin de l'entendre rire. Et si cela doit se faire en passant pour un pseudo maître Yoda raté, et bien j'assume totalement. Et puis, pour une fois qu'on a enfin une soirée pour nous deux, je veux vraiment faire les choses en grand. Parce que j'ai envie que cette soirée soit spéciale, de m'en souvenir encore dans un mois, deux, huit, un an, dix, cinquante...
- Bien sûr, c'est moi qui offre, je dis en m'approchant d'elle.
J'embrasse son front naturellement et caresse sa joue.
- Tu as l'air d'aller mieux... Tu m'as vraiment fait peur tout à l'heure... Je m'en voudrais s'il t'arrivait quelque chose... Surtout en ma présence...
Je sais que je peux me montrer parfois surprotecteur, un peu chiant sur les bords, mais je crois que cette partie de moi l'a séduite. Elle me connaît depuis des années maintenant, je crois que plus rien ne peut vraiment la surprendre de ma part. Du moins presque...
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Elinor Goldstein
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Sam 6 Mai - 22:18

Elinor mentirait si elle affirmait qu’elle n’était pas soulagée de pouvoir rentrer à la maison. Son vertige s’était estompé, toutefois, elle ne se sentait pas en pleine forme. Le cadre douillet de leur appartement lui avait manqué et elle le retrouvait avec bonheur. D’ailleurs, son entrain était revenu, faisant flotter un sourire apaisé sur ses lèvres. Elle s’empressa d’ôter les lunettes du visage de Pyair pour pouvoir contempler à nouveau ce regard qu’elle aimait tant. Ce regard qui savait lui dire je t’aime sans les mots. Puis ce fut au tour de la casquette de déchoir de sa tête. Elle plongea tendrement ses mains dans sa chevelure, s’amusant d’être l’une des seules à pouvoir faire cela. Car elle ne n’était pas dupe, elle savait bien que les actrices qui bossaient avec lui s’en donnaient à cœur joie durant les tournages. Ou ne serait-ce que sa coiffeuse. Ce qui paraissait assez logique, soi-dit en passant. Par chance, la brune n’était pas d’un naturel jaloux et elle faisait suffisamment confiance à Pyair. De toute manière, ils s’étaient trouvés. Ils étaient la part d’un tout que rien, ni personne ne pouvait séparer. Indissociable. Quelquefois, elle se perdait dans ses rêveries, imaginant un futur où ils pourraient se marier, où ils auraient des enfants. Elle se disait constamment que jongler entre la vie d’acteur et la vie de famille ne serait pas une chose aisée, mais qu’ils parviendraient malgré tout à affronter tout cela. Elle ne s’inquiétait que rarement pour l’avenir et ce que le futur pourrait leur réserver. A ses yeux, le monde était un lieu radieux où le destin les avait fait se rencontrer. Et si des épreuves se présentaient devant eux, ils s’aimaient suffisamment pour combattre tout cela. L’acteur avait une place si spéciale dans son cœur. « Elinor… Sur moi tu as tous les droits… » Un sourire tendre étira les lèvres d’Elinor tandis qu’elle venait voler un baiser à l’homme de ses rêves. Une bouffée d’amour l’envahit. Elle l’aimait tant. C’était une évidence. Dès lors qu’elle l’avait vu aux répétitions, qu’il s’était maladroitement excusé pour son retard et que leurs regards s’étaient croisés. Liés pas un regard, liés par une passion, liés par une complicité, et liés par l’amour.

Pendue à son cou, Elinor crut bon de rappeler à Pyair le merveilleux bain qu’il lui avait promis, ainsi qu’un massage maison. Bien qu’elle se sente mieux, elle n’était pas contre un petit peu de détente. Elle s’attendrit de la réaction de son petit ami qui ne se fit pas attendre. Si bien que lorsqu’elle arriva dans la salle de bain après s’être rendue rapidement dans sa chambre pour retirer quelques affaires, tout était prêt. « Je ne savais pas que Camille était une princesse. » plaisanta-t-elle tout en rentrant dans son bain. Et la suite ne fut que plus merveilleuse. Pyair s’occupa d’elle avec grands soins, comme si elle était la créature la plus précieuse en ce monde. Malgré tout, elle nota une légère pointe d’inquiétude dans ses attentions. Elle voulut lui faire remarquer, mais il ne servait à rien d’évoquer l’événement de l’après-midi. Il ne s’agissait que d’un bête vertige sans incidence. Elle y croyait dur comme fer, et ce fut beaucoup plus détendue qu’elle profita de son massage. Quand il prit finalement fin, elle s’enroula dans une serviette et suivit Pyair dans le salon puisqu’il ne s’arrêtait pas de parler. Elle se mit à rire, ébouriffant ses cheveux. « Tu te mets à parler comme Yoda maintenant ? » Cet homme était totalement fou ! Mais elle était aussi folle amoureuse de lui. Elle lui pinça néanmoins le nez. « Et pas de canard pour moi, gros vilain ! Prends du poulet. » Elle s’approcha du canapé, venant s’asseoir à côté de lui tandis qu’il ouvrait l’ordinateur. « Bien sûr, c’est moi qui offre. » Elle prit immédiatement une mine offusquée. « Pyair, c’est toujours toi qui offre. Pourquoi est-ce que je ne peux pas… » Mais elle n’eut pas vraiment la possibilité de répliquer face à lui. Monsieur était tendre, mais têtu. Pour faire bonne mesure, elle lui lança malgré tout un regard qui voulait dire qu’elle n’était pas totalement d’accord, mais que ça passait pour cette fois. Elle accepta donc son baiser plein de tendresse. Elle se blottie tout contre lui, venant chercher un peu de sa chaleur. Toutefois, elle sentit à nouveau chez lui une pointe d’angoisse. Ses paroles lui prouvèrent qu’elle avait raison. « Tu as l’air d’aller mieux… Tu m’as vraiment fait peur tout à l’heure… Je m’en voudrais s’il t’arrivait quelque chose… Surtout en ma présence… » La main d’Elinor s’échoua tendrement sur la joue de Pyair, la caressant doucement. Leurs prunelles se retrouvèrent et la comédienne put en cerner toute la crainte. « Voyons Pyair, il ne va rien m’arriver. Je vais bien ! Tout ceci, ce ne devait être que la fatigue, ou bien la faim. Ou même la chaleur, que sais-je ! Personne n’est encore jamais mort d’un bête vertige. » Elle vint cueillir un baiser sur ses lèvres afin d’achever de le rassurer. « Il ne m’arriva rien, parce que je sais que tu veilles sur moi, mon Perdican. » sourit-elle avant de se redresser. « Et maintenant, je vais aller m’habiller, parce que même si je vois les yeux doux que tu me fais, je ne compte pas rester en serviette tout le reste de la soirée. Je pourrai m’enrhumer, et là, tu paniquerais. » Elle se moquait gentiment, mais elle cherchait plus que tout à dédramatiser la situation. « Et n’oublie pas que je veux poulet ! » Elle prit donc la direction de leur chambre. Elle troqua sa serviette de bain contre un pantalon et un tee-shirt avant d’aller rapidement se brosser les cheveux. De l’autre bout de l’appartement, elle entendit Pyair. « J’arrive, j’arrive ! » Mais tandis qu’elle quittait la salle de bain pour revenir dans la chambre, elle sentit à nouveau cette sensation étrange l’envahir toute entière. Elle reprit son équilibre en s’accrochant à la commode de leur chambre. Elle sentit soudain un goût âcre dans sa bouche et un liquide couler entre ses lèvres. Elle porta la main à son visage avant de comprendre dans le brouillard de son vertige que son nez saignait. Sa bouche s’ouvrit pour appeler Pyair, mais son cri mourut sur ses lèvres. L’instant d’après, elle perdit connaissance. Tout devint noir, jusqu’à qu’elle ne tombe contre le sol de la chambre, totalement inconsciente.
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Pyair Lucky
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Dim 7 Mai - 0:09

En attendant ses pas...
Elinor ∞ Pyair
On se demande toujours ce qu'il se passe quand la peur nous envahit. Je crois qu'on connaît tous la réponse à un certain degré. Car après tout, qui ne connaît pas la peur ? Elle commence dès notre plus jeune âge, on ne s'en souvient pas, mais cette peur de l'inconnue quand on nous demande de respirer seul pour la première fois. La peur de voir la lumière du soleil, de marcher sans se casser la figure, de ne pas avoir maman auprès de nous pour nous chanter une berceuse.
Et puis il y a la peur de ne pas se faire d'ami à l'école, que la maîtresse ne nous aime pas. La peur d'oublier notre poésie qu'on a pourtant apprise par cœur. La peur de ramener des mauvaises notes. La peur de l'orage quand celui-ci frappe au cœur de l'été. La peur de notre première demande pour sortir avec cette fille qui nous plaît tant. La peur à chaque représentation d'une pièce de théâtre. La peur d'être choisi le dernier au cours de sport. La peur de ne pas être compris. La peur lors des premières. La peur des cérémonies. La peur qu'elle ne soit pas amoureuse de nous. La peur de tomber encore et encore. La peur de ne pas se relever. La peur de ne pas avoir assez pour payer le loyer. La peur de ne pas être habillé assez bien pour le reste du monde. La peur du regard des autres. La peur de son regard sur nous...
Toutes sortes de peurs que nous expérimentons chacun plus ou moins. Chacune de ses peurs provoque quelque chose de différent en nous. Un mal de ventre, un fou rire incontrôlable, un arrêt sur image ou encore des larmes. En vérité on ne sait pas vraiment ce qu'il se passe quand la peur nous envahit, parce que la peur est clairement le sentiment le plus incontrôlable au monde tout en étant l'un des plus naturels.
Je me souviens l'avoir appelé pour venir manger avec moi. Je me souviens l'avoir entendu me dire qu'elle arrivait, avoir attendu un peu le temps qu'elle puisse me rejoindre. Et puis j'ai froncé les sourcils en me demandant ce qu'elle pouvait bien faire. Je suis allé la retrouver pour finalement la voir sur le sol.
Inconsciente.
Elle a dû encore une fois avoir un malaise et je n'étais pas là pour pouvoir la retenir... Aussitôt j'ai tenté de la réveiller mais cela n'a servi à rien. Alors j'ai décidé de la prendre dans mes bras et de faire la seule chose qui compte en cet instant. Je l'ai porté jusqu'à ma voiture, suis sorti en trombe et j'ai conduit comme un fou jusqu'à l'hôpital.
Peut-être qu'elle a raison, peut-être que ce n'est rien ? Mais suis-je totalement fou de m'inquiéter quand je vois celle-ci toujours inconsciente sur le fauteuil passager. Je serre sa main dans la mienne, lui parlant dans la voiture, lui disant qu'elle n'a pas le droit de se moquer de moi, que j'ai peur pour elle en cet instant, mais surtout qu'elle doit se réveiller.
Je finis par rentrer dans l'hôpital, on me l'enlève et on me demande d'attendre...
C'est dans ce genre de moment je crois que l'on pense le plus non ? Ca et avant de s'endormir (aller savoir pourquoi). On pense à tout un tas de trucs qui auraient pu changer si on avait fait tel truc, ou encore ça avant. Je repense à son malaise dans le parc. Oui cela aurait pu être une crise d’hypoglycémie ou le soleil comme elle dit. Je pense au fait que si j'avais été présent durant son malaise, peut-être qu'en la mettant sur le lit elle ne serait pas tombé dans les pommes. Seulement ce nouveau malaise me laisse un goût amer dans la bouche. Comme avant-coureur de quelque chose de bien plus grave. S'il le faut je me fais des films, et j'espère vraiment que c'est le cas... Elle a peut-être raison, rien ne lui arrivera tant que je veillerais sur elle... Et pourtant s'il lui arriverait quelque chose ? Comment je peux faire moi si je ne suis même pas capable de la protéger.
Je suis penché, les mains dans mes cheveux alors que je tente de me calmer. Cela doit faire deux heures que je suis arrivé et on ne me dit toujours rien. Elle a dû se réveiller depuis le temps non ? Est-ce qu'on lui fait des examens ? On peut pas au moins me mettre au courant de ça au lieu de me faire poireauter en train d'imaginer le pire ?!
Finalement un médecin vient me voir.
- Monsieur Lucky ? Vous pouvez me suivre à mon bureau s'il vous plaît.
J'hoche la tête et me redresse rapidement pour le suivre. Son ton est trop grave, son regard trop sévère pour que les choses se passent aussi bien qu'on puisse l'espérer. Je commence à songer au pire et cela m'effraie.
Quand j'entre dans le bureau, je vois Elinor, réveillée. Je fonce presque vers elle et la prends dans mes bras avec force.
- Oh bon sang Elinor... Tu m'as fait tellement peur...
Je me recule, encadre mon visage de mes mains avant de l'embrasser rapidement. Je finis par plonger mon regard dans le sien comme pour être certain qu'elle va bien. Pour lui dire aussi que je suis là et que je ne compte aller nulle part où elle n'est pas.
- Asseyez-vous Monsieur je vous prie.
Il peut pas nous laisser un peu qu'on se retrouve cet imbécile... C'est avec regret que je me redresse et m'installe sur le fauteuil à côté d'Elinor.
- Nous avons fait plusieurs examens afin de comprendre la situation de Mademoiselle Goldstein. Suite à cela... Nous avons trouvé quelque chose...
Comment ça trouvé quelque chose... C'est donc ce quelque chose qui provoque ces vertiges ?! Et pourquoi sa façon de finir sa phrase prouve que ce truc n'est pas un truc qu'on veut avoir...
- Vous avez une leucémie myéloïde chronique.
Je cligne un instant des yeux... Leucémie... Elinor a un cancer... J'ai l'impression que tout s'effondre autour de moi... Ma main va trouver celle d'Elinor et la serrer pour lui montrer que je suis présent. Elle n'est pas toute seule.
On se demande toujours ce qu'il se passe quand la peur nous envahit. Moi ce que je ressens en cet instant, c'est une lente et longue chute... La femme que j'aime est malade, et tout ce qui m'inquiète soudainement est de savoir combien de temps je vais encore pouvoir passer avec elle...
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Elinor Goldstein
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Dim 7 Mai - 18:23

« Pyair… » Dans le brouillard opaque qui l’enrobait, Elinor n’était parvenue qu’à prononcer ce nom. Comme un appel désespéré. Un besoin d’être auprès de la seule personne qui pourrait la rassurer. Son esprit ne parvenait pas à comprendre où elle était. Il y avait seulement des bruits étranges. Une lumière trop forte autour d’elle. Des voix lointaines et inconnues. Du mouvement qu’elle ne parvenait pas à cerner. L’inconscience revenait la happer l’instant d’après, ne laissant que ce nom au bord de ses lèvres. Elle se rappelait légèrement la douleur et le monde qui tournait autour de son être avant l’éclipse totale. Mais surtout, il y avait cette peur viscérale qui lui tordait les entrailles dès lors qu’elle était tirée un instant de l’inconscience. La peur face à un environnement qu’elle ne reconnaissait pas. La peur de se retrouver seule au milieu d’une foule agitée. La peur parce qu’elle ne se souvenait pas de ce qu’il s’était passé, où elle se trouvait et pourquoi personne n’était là pour elle. Ses rêves furent moins agités que la réalité et elle s’y enfonça sans aucun moyen de défense. Ses songes n’étaient peuplés que de chutes immenses qui l’engloutissaient toute entière. Elle ne cessait de tomber, sans aucun moyen de se rattraper. Ni même encore de crier. Ou de bouger. Elle se retrouvait entièrement prisonnière de son propre corps. Elle discernait parfois une ombre massive qui menaçait de s’abattre sur elle, de la ramener dans ses filets. Elle avait beau courir, elle ne pouvait lui échapper complètement. Elle se retrouvait happée dans les bras indolents de cette monstruosité qui la lovait dans un cocon doucereux. Mais à chaque réveil, elle avait un peu plus froid. Elle avait un peu plus mal.

Jusqu’à ce qu’elle ne se réveille complètement. Elle papillonna plusieurs fois des yeux. Elle se redressa brusquement, pris d’un vif sentiment d’insécurité, mais un vertige la tint en respect. D’une voix étouffée, elle demanda de l’aide. Une présence. Elle réclama Pyair. Mais ce fut uniquement une infirmière qui se présenta à elle. Elle dut admettre qu’elle se trouvait dans un hôpital. Il lui fallut plusieurs secondes avant de se souvenir de ce qu’il s’était passé auparavant. Elle se trouvait tranquillement avec son petit ami à leur appartement, quand tout à coup, elle avait été prise de vertige avant que le noir total ne se fasse en elle. Malgré son inconscience, elle se souvenait encore de l’écho de la voix anxieuse et paniquée de Pyair. Elle demanda à le voir, mais cette présence lui fut bien vite refusée. Elle devait encore passer des tests pour comprendre l’origine de son mal. Elinor n’était pas une personne inquiète de nature, mais pour la première fois, elle sentit son cœur battre à une vitesse démesurée, son estomac se contracter et son pouls s’accélérer. Elle aurait souhaité ne pas être seule durant ces longues heures où elle n’avait aucune emprise sur les choses. Ce ne fut qu’un défilé de machine, de tests et de prises de sang sans que quiconque lui indique ce qui était en train de se passer. La jeune femme nageait dans le flou à tel point qu’elle se surprit à pleurer silencieusement. La fatigue l’assommait comme un marteau. Plusieurs fois, elle voulait céder à l’attrait de retourner dans ses rêves, mais elle craignait de ne pas se réveiller. Cette intuition malsaine et dévorante que la suite ne pourrait qu’empirer. Elle se souvenait des discours qu’elle avait pu faire à Pyair, et elle s’en voulait presque.

« Vous pouvez vous rhabiller. » Elle eut besoin d’un peu d’aide. Elle se sentait terriblement fébrile, et durant tout le temps où elle parcourut les couloirs de l’hôpital en suivant l’infirmière, un poids terrible pesait sur sa poitrine. Elle se retrouva dans le bureau du médecin, désespéramment seule et démunie. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit de nouveau sur un visage inconnu et Pyair. Elle n’eut même pas à esquisser un geste qu’elle se retrouva dans ses bras. Elle se blottit contre lui de toutes ses forces, rassurée par sa simple présence. « Je vais bien… » murmura-t-elle doucement. Non, elle n’allait pas bien, mais dans les bras de celui qu’elle aimait, elle se sentait déjà mieux. Suivant les instructions du médecin, ils prirent place en face du bureau. Elinor se mit soudain à songer à toutes les possibilités qui auraient pu les conduire à se retrouver dans une telle situation. Quelque chose de bénin ? Une possible grossesse ? La chose ne serait pas si étonnante après tout. Et elle se mit à espérer que ce puisse être cela, parce que dans son for intérieur, tout lui indiquait le contraire. Son inconscient eut malheureusement raison. « Vous avez une leucémie myéloïde chronique. » Les mots tournèrent longtemps dans son esprit sans qu’elle n’ait aucun impact sur eux. Ils s’agitaient dans son esprit à lui en donner le tournis. Elle sentit à peine la main de Pyair qui vint se greffer à la sienne. Son regard était lointain. Elle aurait souhaité poser des questions, mais les mots se mouraient sur ses lèvres. « Pour l’instant, la tumeur ne s’est pas encore développée. Nous pouvons la contenir avec un traitement adapté. » Cela apparaissait presque comme une bonne nouvelle, mais l’expression sur le visage du médecin indiquait le contraire. « Toutefois, nous ne pouvons pas savoir pour combien de temps. Des semaines. Peut-être même des années. Le traitement pourrait ne même pas fonctionner du tout. Tout ce que vous pourrez espérer alors, c’est une chimiothérapie et une greffe de moelle osseuse. » Le bilan n’était en rien glorieux, et son pronostic peu encourageant. « Vous savez... ce n'est pas une situation simple dans laquelle vous vous trouvez. Il faut en parler autour de vous. Et surtout ne pas rester seule. » Elinor ne parvenait pas à formuler une phrase. C’est à peine si elle l’écoutait. « Je vais vous laisser seuls quelques instants. » Il se leva de son siège, quittant la pièce avec sa nouvelle funeste. Les premières secondes, elle ne sut pas si Pyair lui parlait. Elle n’entendait rien, enfermée dans cette bulle douloureuse. Tout à coup, elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Elle se tourna vers Pyair. « Qu’est-ce qu’on va faire ? Pourquoi.. pourquoi nous ? » demanda-t-elle d’une voix éraillée par les sanglots qui la menaçaient. Personne ne souhaite jamais vraiment mourir. Elle parlait avec cette peur qui le saisissait toute entière. Elle lâcha subitement la main de son petit ami, se redressant. Elle avait besoin de bouger un peu, d’empêcher son corps de trembler comme il était en train de le faire. Elle éclata subitement en sanglots. « Je ne veux pas mourir, Pyair… J'ai peur. »
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Pyair Lucky
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Lun 8 Mai - 23:35

En attendant ses pas...
Elinor ∞ Pyair
Comment expliquer ce que l'on peut ressentir quand on nous annonce une telle nouvelle. Cela ne me concerne pas personnellement et pourtant je le vis comme tel. Ma main dans celle d'Elinor, je ne cesse de fixer le docteur dans l'espoir qu'il se mette à rire pour finalement nous dire que c'est une blague (pourrie, merdique même, mais une blague...) Cependant rien ne vient si ce n'est les explications de ce qui va suivre. Elle va prendre des médicaments pour pouvoir calmer la maladie mais à aucun moment je ne l'entends dire que cela va pouvoir la soigner, lui sauver la vie. Cela peut lui épargner la chimiothérapie pour le moment, mais pour combien de temps.
J'ai l'impression de sentir tout s'effondrer sous mes jambes. Nous étions trop bien c'est ça ? Alors que nous sommes heureux, nous avons un boulot que nous aimons plus que tout et qui nous permet de vivre aisément, nous vivons ensemble et plus que tout nous nous aimons... Alors pourquoi cette ombre vient se mettre au tableau soudainement, nous rappelant la fragilité de la vie, mais aussi pointant une tristesse dans notre couple.
- Je vais vous laisser seuls quelques instants.
Je cligne des yeux un instant sans trop comprendre ce qu'il dit. Mais je le vois finalement quitter la pièce et nous voilà enfin tous les deux. Seulement aucun mot ne nous viens... Je crois en fait qu'il n'y a rien à dire en cet instant, rien à ajouter. Je devrais pourtant trouver les mots, la rassurer mais je n'arrive même pas à la regarder en cet instant, fixant toujours ce point où se trouvait le médecin il y a quelques minutes.
- Qu’est-ce qu’on va faire ? Pourquoi.. pourquoi nous ?
Elle se redresse soudainement et je ne bouge toujours pas.
- Je ne veux pas mourir, Pyair… J'ai peur.
C'est ces mots, sa détresse alors qu'elle éclate en sanglots et c'est ce qui me fait sortir de ma torpeur. Je me redresse vivement avant de me mettre une gifle intérieure pour réagir au plus vite. Je vais la prendre dans mes bras et la serre contre moi afin de lui donner de ma force.
- C'est normal d'avoir peur... J'ai peur aussi... Mais nous allons combattre ceci... Ensemble... Parce que je vais aller nulle part Elinor tu m'entends... Je vais veiller sur toi...
Je ne peux pas lui promettre qu'elle ne va pas mourir parce que je n'en sais rien. Cela me tue littéralement mais impossible de lui faire de telle promesse et de ne pas les tenir. Mais il y a une chose que je peux lui promettre, c'est de rester auprès d'elle du début jusqu'à la fin, que ce soit celle de la maladie, ou celle de ma bien-aimé.
Je glisse mon visage dans ses cheveux et murmure à son oreille afin qu'elle imprègne cela dans sa petite tête.
- Tu n'es pas seule Elinor...

1 mois plus tard

Cela fait un mois que nous avons appris la nouvelle, un mois que nous vivons avec cela. Un mois où elle m'a avoué qu'elle avait peur de mourir et moi aussi je meurs de trouille. Mais ça je ne lui dis pas. Chaque fois je me montre courageux à ma manière, pas autant qu'elle en tout cas. Je fais tout pour garder le sourire, si j'ai besoin de craquer je ne le fais pas en sa présence. Nous ne sommes qu'au début au final et cela se passe plutôt bien si l'on peut dire. Cependant j'y pense beaucoup, si bien que je ne dors plus très bien. Je me réveille par moments en sursaut en faisant un cauchemar : moi au-dessus de sa tombe. Je la regarde alors dormir, je lui murmure que je suis là et que je vais la protéger... Mais puis-je vraiment le faire contre cette maladie ? Je ne préfère pas trop y penser car c'est elle qui doit vivre le pire moment... Comment fait-elle pour se montrer aussi courageuse, aussi forte alors que j'ai l'impression de tomber en lambeaux.
Je lui ai fait part d'une décision importante, je songe arrêter ma carrière d'acteur pour le moment afin de veiller sur elle. Je pourrais toujours revenir à mon premier amour qu'est le théâtre. Cela pourrait me permettre d'être présent à la maison et non je ne sais où pour les tournages. Comme ça si elle fait un nouveau malaise je peux la retrouver le plus rapidement possible à l'hôpital. J'ai bien vu qu'elle n'aimait pas ce que je lui proposais, seulement je ne lui laisse pas vraiment le choix. C'est la seule manière possible afin de pouvoir être présent pour elle dans cette maladie si difficile... Ma décision est prise.
Nous voilà à nouveau à l'hôpital afin de faire son premier examen de routine si on peut dire. Car chaque mois elle va devoir revenir à l'hôpital pour être certain que tout vas bien, de vérifier si les médicaments fonctionnent ou alors si elle va devoir commencer la chimiothérapie. En salle d'attente je suis presque aussi nerveux que lorsque je l'ai emmené la dernière fois. Je ne cesse de taper du pied jusqu'à ce qu'on vienne finalement nous chercher pour aller dans son bureau. Revenir dans cet endroit me donne presque la nausée en repensant à la dernière fois.
Nous nous installons comme la dernière fois et nous sommes à nouveau pendu aux lèvres de ce fichu médecin. Et je prie pour que cette fois les nouvelles soit bonnes...
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Elinor Goldstein
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Sam 27 Mai - 17:26

Un mois s’était écoulé, mais il lui semblait que c’était encore hier. Les mots vibraient en elle à chaque heure avec une clarté terrifiante. Elle entendait le ton du médecin, partagé entre compassion et désolation, qui ne résonnait que pour lui annoncer cette lugubre nouvelle, jusqu’aux paroles rassurantes de Pyair, voilées d’une torpeur contenue. Il n’était pas parvenu à cacher pleinement cette frayeur qui engourdissait l’esprit d’Elinor. Lui aussi craignait pour cette vie devenue si fragile. Lui aussi ne pouvait décemment rester courageux et fort. La mort est effrayante, quelque-soit sa forme, quelque-soit la manière dont elle nous touche. Elinor éloignait les mots néfastes pour ne retenir que les encouragements de Pyair, pour les imprimer dans son esprit et qu’ils soient les maîtres de sa pensée. Ils se battraient contre la maladie. Ils n’avaient pas à avoir peur. Elle n’était pas seule. Mais cette idée la terrorisait toujours plus à chaque jour qui s’écoulait. Elle n’avait plus voulu en reparler. Elle avait préféré contourner le sujet dès lors que son petit ami évoquait ces tristes circonstances. Elle ne pouvait pas plus l’entendre dire qu’il sacrifierait sa carrière pour elle. Elinor refusait que l’ombre de la maladie l’enrobe totalement pour la jeter dans le vide, sans moyen de s’en libérer. Lui-même l’avait compris et il s’était fait une raison de se taire, de prendre cela comme un sujet tabou. Mais il ne pouvait dissimuler ses regards. Il ne pouvait changer sa manière d’être. Il ne pouvait bannir cette inquiétude qui tirait plus légèrement ses traits depuis ces dernières semaines. Il ne pouvait masquer le fait qu’il avait désespéramment peur de la perdre. Et elle luttait parfois pour ne pas croiser son regard. Pour ne pas y lire cette terreur qu’ils étouffaient tous les deux. Elle-même ne pouvait contenir ses démons. Elle rêvait souvent que, la maladie –telle un monstre affreux- venait s’emparer d’elle pour la serrer contre ses bras, lui aspirant tout ce qu’il lui restait de vitalité dans cette étreinte doucereuse et perverse, jusqu’à ce qu’elle ne meure étouffée contre son cœur. Elle se réveillait en sursaut, prise de ces excès d’angoisse terribles. La chaleur des bras de Pyair la recueillait. Elle se calmait au son bas de sa voix. Elle se rassurait à cette peau vibrante de vie contre la sienne, si différente de la sienne. Elle récupérait les lambeaux de sa vie morceaux par morceaux, les ramenant jalousement contre sa poitrine pour ne plus avoir la sensation que son existence glissait entre ses doigts.

« Mademoiselle Goldstein ? C’est à vous. » La brune releva le nez pour observer l’infirmière qui venait de s’adresser à elle. Elle lui sourit en retour, quittant la main de Pyair à regret pour la suivre dans le dédale des couloirs. Elle jeta un dernier regard encourageant à son petit-ami avant d’être perdue dans le service hospitalier. Elle écoutait à peine quand l’infirmière l’informait des différentes procédures qui seraient mises en place. Les premiers examens allaient débuter dès aujourd’hui, ainsi que la suite du traitement. Un tas de soins très compliqués. Des visites à faire tous les mois. Tandis qu’Elinor prenait place sur le fauteuil de la salle de soins, elle écoutait d’une oreille distraite les mises en garde qui lui étaient prodiguées. Il lui faudrait être toujours plus prudente. Appeler dès qu’elle sentait que quelque chose n’allait pas, et ne surtout pas attendre la prochaine visite médicale. A force, elle n’en écoutait même plus. Le médecin de la dernière fois finit par faire son apparition à son tour, annonçant les mêmes conseils et expliquant les mêmes procédures. Le traitement se voulait lourd et contraignant. Il ne faudrait pas s’alarmer de quelques effets secondaires, mais Elinor savait déjà à quoi s’en tenir. Les soins commencèrent et la comédienne s’y plia sans protester. « Docteur, jusqu’à combien de temps le traitement pourrait-il contenir la leucémie ? » demanda-t-elle d’une voix étrangement calme. L’homme mit sans doute un peu trop de temps à répondre. « Nous l’ignorons malheureusement. Cela peut arriver n’importe quand. Mais certains patients ont pu tenir de longues années grâce à ce traitement. » - « Mais la leucémie finit toujours par se manifester, pas vrai ? » Le médecin ne répondit que par un hochement de tête avant de planter l’aiguille dans son bras. Elinor grimaça à peine. « Et quand la chimiothérapie est nécessaire, quelles sont les chances qu'elle fonctionne ? » L’homme retint un soupir gêné. « La chimiothérapie n’est qu’un moyen. Mais la greffe est la solution. Autrement… » - « C'est peine perdu... » Elinor pouvait faire la conclusion elle-même. Emportée dans son propre raisonnement, elle poursuivit. « Et dans le cas où une greffe est possible grâce à un donneur, est-ce que c’est terminé ? » - « Il a malheureusement des possibilités de complications. Un rejet, par exemple. » Elinor se pinça les lèvres. Malgré tout, elle parvenait à conserver un calme étrange. « Ainsi, il faut compter sur le traitement. Et si le traitement ne fonctionne plus, la chimio et une greffe. Et si la greffe elle-même ne fonctionne pas… » La main du médecin se posa sur son bras, la tirant de son explication. « Des gens survivent, Mademoiselle Goldstein. La leucémie n’est pas toujours une fatalité. C’est un combat à mener. » Mais ses mots l’atteignirent à peine. L’effleurant tout juste. Ils eurent malgré tout pour effet de l’interrompre dans ses multiples raisonnements. A l’intérieur d’elle, tout cela bouillait et se mélangeait dans un magma contenu. « Veuillez nous suivre. » Elle se redressa du fauteuil, quittant la salle sur les talons de l’infirmière. Elles longèrent un long couloir pour atteindre une nouvelle salle d’examens. Le regard d’Elinor se perdait dans chaque salle qu’elles dépassaient. Une profusion de chambres habitées par des cancéreux. La triste vision de ce qu’elle allait devenir, de son futur, et peut-être même de sa fin. Elle ne put empêcher ses jambes de s’arrêter quand elle vit un jeune couple dans une chambre. Elle, alitée et pâle comme la mort. Tout juste consciente. Et lui qui lui tenait la main, les yeux rougis par les larmes et l’épuisement. Par le chagrin et le renoncement. Elle ne put s’arracher à cette vision atroce d’un homme perdant l’amour de sa vie et même l’espoir. Jusqu’à même perdre un bout de lui-même. Et perdu dans cette vision déchirante, il ne put s'empêcher de voir Pyair à la place de cet homme.

***

« Les examens ne relèvent rien d’inquiétant. Bien entendu, il faudra se montrer vigilant, mais soyez rassurés. Le traitement fonctionne. » Les paroles du médecin se voulaient encourageantes, mais Elinor ne goûtait pas à cette bonne nouvelle. Celui qui vivait vraiment ce soulagement était Pyair, assis à côté d’elle dans ce même bureau où, un mois plus tôt, on leur annonçait la nouvelle de sa maladie. La comédienne était ailleurs, perdue dans ses pensées, dans ses questionnements et dans ses considérations. Elle entendit à peine la suite de tout ce qui venait de se dire et ne reprit pied avec la réalité que lorsqu’ils prirent congés. Elinor et Pyair quittèrent l’hôpital. Sur le trajet du retour, elle ne parla que très peu. Répondant parfois par des sourires, un mot ou deux, guère loquace. Finalement, ils arrivèrent à leur appartement. Elle était en train de déposer sa veste sur une chaise du salon quand elle prit la parole. Tout paraissait clair dans sa tête, toutefois, elle sentait ce soupçon de perdition s'emparer d'elle. « Pyair, je crois que… je pense tout ça n’est pas bien. » dit-elle d’une voix blanche. Elle releva un regard étrange vers lui. Il lui semblait que l’univers entier était en train de se dérober sous ses pieds. « On ne peut pas continuer comme ça. Vraiment pas… » Les larmes qui vinrent border la lisière de ses paupières ne purent être retenues. Elle papillonna des yeux pour ne pas qu’elles dévalent le long de ses joues. Chaque mot lui déchirait le cœur sans que cette souffrance n’apparaisse sur son visage. C'était comme si elle n'était pas vraiment là. Elle fit mine de partir vers la chambre. « Je ferai mieux de prendre mes affaires… »
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Pyair Lucky
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MessageSujet: Re: « En attendant ses pas... » + Pyair ♥   Lun 29 Mai - 10:43

En attendant ses pas...
Elinor ∞ Pyair
Quand on rentre de la visite médicale, je me sens presque soulagé de ce qui nous arrive. Le médecin nous a rassuré en nous disant qu'il n'y avait rien d'inquiétant pour le moment. Les médicaments marchent bien pour l'instant et c'est une incroyable nouvelle. Seulement, je vois bien qu'alors que j'ai presque envie de sautiller de joie, elle semble pensive. Il est vrai que je ne porte pas la maladie, que je ne porte pas cette épée Damoclès aussi-dessus de moi, seulement je ne peux m'empêcher de penser que nous formons un tout. Je me montre présent pour elle, je lui montre que je suis là à n'importe quel moment. Le soir, quand elle se réveille en sursaut je garde mon calme. Je ne lui parle pas au début, la serrant contre moi avant de lui murmurer des mots doux, apaisants afin qu'elle se rendorme plus paisiblement. Nous avons une nouvelle routine qui s'est mise en place suite à cette nouvelle. Je me montre plus prévenant, je guette le moindre signe de faiblesse de sa part, je me montre plus prévenant qu'à l'accoutumer et j'ai réduit mes temps de tournage. Car je suis sur un film, le dernier car je vais arrêter ma carrière afin d'être pleinement présent pour elle.
Elle n'a pas parlé durant notre rencontre avec le médecin, elle n'a pas parlé non plus dans la voiture. Je me suis demandé si ce n'était pas la surprise de savoir que cela a marché, de savoir que le traitement fonctionne alors qu'elle a dû s'imaginer que cela aurait très bien pu ne pas marcher. Je ne force pas trop le dialogue, me disant qu'elle a besoin de temps avant de diriger la nouvelle. C'est certes quelque chose de positif, mais il faut le temps qu'elle comprenne pleinement et qu'elle puisse apprécier la nouvelle par la suite. Oui, je suis d'une humeur optimiste suite aux nouvelles du médecin si bien que j'ai envie de commander des sushis avec du bon vin. Je suis certain que cela fera plaisir et comme ça on pourra peut-être discuter de l'avenir de façon plus enjouée. J'ai remarqué que chaque fois que nous parlions du futur ensemble elle se braque. Par moments cela a le don de m'agacer, mais je prends mon mal en patience. Mais ce soir je sens que c'est un bon moment afin de parler de ma fin de carrière d'acteur afin de reprendre le théâtre, pourquoi pas faire un voyage afin de changer d'air. Cela lui ferait du bien je crois de voir un autre paysage que cet appartement qui semble bien trop familier maintenant.
Une fois dans l'appartement je retire ma veste, mes chaussures et me dirige presque naturellement vers le frigo afin de récupérer le numéro du livreur japonais.
- Pyair, je crois que… je pense tout ça n’est pas bien.
Je prends la carte sur le frigo, récupère le fixe et l'observe.
- Quoi tu veux pas du japonais ? Tu préfères peut-être qu'on commande chinois, italien, ou peut-être français ?
Zut, moi qui voulais lui faire plaisir voilà qu'elle me dit que c'est pas bien de commander des sushis...
- On ne peut pas continuer comme ça. Vraiment pas…
Cette fois je suis dans l'incompréhension la plus totale. On ne peut pas continuer quoi ? Ca veut dire quoi ce « ça » ? Est-ce sa maladie, l'appartement, le fait de vivre dans un luxe qui ne nous est peut-être moins permis ? Je reste muet sans cesser de la fixer. Tout un tas de questions se posent dans ma tête, mais le pire est certainement que pour le moment, je ne tiens aucune réponse. Seulement quand je vois les larmes monter à ses yeux je m'approche d'elle. Je voudrais la prendre dans mes bras mais voilà qu'elle se dérobe pour se diriger vers notre chambre.
- Je ferai mieux de prendre mes affaires…
Quoi ?!
J'attrape son poignet afin de la retenir, refusant qu'elle parte comme ça pour la chambre.
- Prendre tes affaires ? Pourquoi faire ?
Je sens la panique en moi alors que ce qui se déroule est en train de monter à mon cerveau. Pourtant mon cœur fait tout pour ne pas comprendre ce qui est en train de se produire. Je suis en plein déni car je n'ai pas toutes les réponses.
- Pourquoi on ne peut pas continuer comme ça ? Qu'est-ce qui ne te convient pas dans ce qu'on a ? Tu sais on peut en parler ensemble et arranger les choses. On a toujours fait comme cela.
Pourquoi réagit-elle comme cela ? Je pensais pourtant qu'on repartait sur une base positive et voilà qu'elle me semble froide, triste, distante avec moi.
- Le docteur a dit que le traitement marchait... Alors pourquoi tu fuis... Pourquoi tu me fuis...
Une nouvelle vague de panique m'assaille quand je me rends compte que c'est certainement de cela qu'il s'agit. Elle me fuit pour je ne sais quelle raison. Elle veut prendre ses affaires, partir mais... combien de temps, où, pourquoi ? C'est certainement cette dernière question qui me taraude le plus. Qu'est-ce qui a fait qu'elle se mette ça dans la tête ? Je pensais qu'encore ce matin tout allait pour le mieux si on ne comptait pas le stress des examens. Et pourtant quelque chose a bien dû se produire non ? Quelque chose qui fait qu'on en est à ce moment précis, en train de vivre cet instant.
Je ne lâche pas son poignet, je ne veux pas perdre le contact avec elle alors que j'ai pourtant l'impression de la perdre. Un sentiment terrible m'assaille, une peur que je n'avais pas connue depuis bien longtemps et une chose est certaine, je ne suis pas un friand de cette peur...
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