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 « Other things may change us, but we start and end with the family » + Gabriel ♥

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Elinor Goldstein
Admin Mourante
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DATE D'INSCRIPTION : 19/08/2015
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MessageSujet: « Other things may change us, but we start and end with the family » + Gabriel ♥   Lun 10 Avr - 22:43

« Ton nom seul est mon ennemi. Tu n’es pas un Montague, tu es toi-même. Qu’est-ce qu’un Montague ? Ce n’est ni une main, ni un pied, ni un bras, ni un visage, ni rien qui fasse partie d’un homme… Oh ! Sois quelque autre nom ! Qu’y a-t-il dans un nom ? Ce que nous appelons une ose embaumerait autant sous un autre nom. Ainsi, quand Roméo ne s’appellerait plus Roméo, il conserverait encore les chères… [i] flûte, c’est quoi la suite ? » Elinor s’arracha à sa tirade pour reporter son regard sur son script. Ses yeux parcoururent rapidement les lignes, retrouvant son vers. « [i]Les chères perfections qu’il possède ! » relut-elle, excédée de sa propre étourderie. Pourtant, ce n’était pas comme si elle récitait ce texte vingt fois par jour ! Son quotidien n’était rythmé que par les répétitions au théâtre en vue de sa représentation pour la pièce Roméo et Juliette de Shakespeare où elle incarnait la fameuse Juliette. Par chance, elle ne répétait pas ce week-end, mais elle s’était levée tôt pour bûcher encore sur ses textes. Les Goldstein étaient une famille de bosseurs. Elle tournait donc en rond dans son vaste salon depuis plusieurs heures, récitant ses lignes avec la ferveur d’une Juliette à proie à beaucoup trop de tourments pour une gamine de quatorze ans. Elinor poursuivit plus rapidement sa lecture, coupant court à toute théâtralité. « Roméo, renonce à ton nom ; et, à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, prends-moi tout entière. Eh bien… elle n’était pas si virginale et innocente que ça, la Juliette ! » Cette constatation la fit sourire tandis qu’elle lisait la suite. Elle balança ensuite le script sur le canapé, prête à poursuivre ses répétitions improvisées quand son regard s’échoua sur l’heure. « Oh merde ! » D’ordinaire, Elinor était d’une ponctualité parfois assez effrayante. A l’image de Gandalf, elle n’arrivait pas en retard, ni même en avance, mais tout juste à l’heure précise. Pour le coup, ce ne serait pas le cas. Elle était attendue chez son frère, ce dernier étant seul à la maison avec sa fille pour la journée. Entre ses propres répétitions pour la pièce, et Gabriel prit par la production de sa comédie musicale, la famille avait le plus grand mal à se voir. Heureusement, ils étaient parvenus à s’aménager un peu plus de temps pour eux. Elinor n’avait pas non plus été déçue que Delilah ne soit pas présente. Si elle adorait l’épouse de son frère et qu’elles étaient toutes les deux de grandes amies et confidentes, la comédienne était très gênée quand elle se trouvait en présence des deux. Il régnait dans le couple une ambiance électrique qui menaçait à tout moment de voler en éclats. Bien sûr, elle savait qu’ils ne feraient jamais d’esclandre devant la petite, mais ces situations la mettaient dans une position inconfortable. Là, juste en présence de sa nièce et de son frère détendu, elle savait qu’elle allait passer un agréable moment.

Elle s’activa donc dans toute la maison pour récupérer son sac, emporter quelques affaires et enfiler sa veste. Elle perdit un temps considérable à chercher ses clefs de voiture de partout avant de se souvenir que son précieux véhicule avait rendu l’âme avant-hier et qu’elle se trouvait au garage d’Alaric. Elle pesta, ennuyée d’être séparée de sa possession, avant de se résigner à emprunter une des voitures de Daniel. Oui, c’est le genre à avoir plusieurs voiture. Elle opta pour la voiture qui se la pétait le moins, mais c’était encore bien trop voyant pour Elinor. Elle appréciait la discrétion. Ce qui se fondait dans la masse. Mais là, elle n’avait pas vraiment le choix. Et puisque son petit-ami se trouvait à l’autre bout du monde en ce moment, elle n’aurait aucune réflexion de sa part. C’est donc dans une voiture empruntée qu’elle prit le chemin de la maison de Gabriel. Par chance, il n’habitait pas bien loin puisqu’il logeait à Beverly Hills. Elle fut rapidement devant leur maison, se garant soigneusement dans l’allée avant d’aller sonner à la porte. Elle consulta rapidement sa montre, pas peu fière de réaliser qu’elle n’avait que dix minutes de retard. De toute manière, il n’y avait certainement qu’elle pour s’angoisser à ce point pour une bête histoire de rendez-vous familiale. « Tataaaa ! » La porte ne fut pas sitôt ouverte que la blondinette s’enfouit dans ses bras. La brune se pencha pour soulever sa nièce, couvrant ses joues de baisers. « Bonjour ma belle princesse ! Dis donc, ce que tu as grandiii ! » Le rire charmant de la petite se fit entendre. A la voir ainsi, rien ne laissait soupçonner qu’une maladie terrible l’affligeait. Une maladie dont elle avait à peine conscience. Les deux filles étaient bien plus similaires qu’elles ne le pensaient.
La brune releva son regard vers son frère, affichant un sourire radieux. « Et bonjour à toi aussi, grand garçon ! » Elle était vraiment ravie de les voir. Il déposa un baiser sur sa joue avant de rentrer dans la main, Mélodie dans ses bras. Une fois dans le salon, elle la redéposa un sol. « Ouuh c’est que tu deviens lourde maintenant ! » En vérité, elle ne l’était pas vraiment, mais Elinor était bien vite essoufflée en ce moment. Sans doute un peu trop. Mais elle mettait cela sur ses répétitions qui terminaient à des heures indues. Elle s’accroupit pour être à la hauteur de la fillette, ouvrant son sac à main. « Tu sais que j’ai une petite surprise pour toi ? » Les yeux de l’enfant s’éveillèrent de curiosité. Mais sage comme une image, elle attendit que sa tante sorte la fameuse surprise de son sac. Elle lui tendit un beau cahier de jeux et de coloriages de princesses qui ravirent l’enfant. Des étoiles pleins les yeux, elle attrapa le cahier comme si c’est un bien précieux. « Merciiii tatiiie ! » Son sourire était sa plus belle récompense. La petite fut rapidement autour de sa table de jeux du salon, attrapant ses crayons de couleur. La brune se redressa, se tournant vers son frère, un grand sourire aux lèvres. Elle revint l’enlacer plus tendrement. « Vous m’aviez manqué ! Quelquefois, je crois bien que ces répétitions ne se termineront jamais ! » s’amusa avant de se détacher de lui pour ôter sa veste et de la déposer sur une chaise. « Et toi, comment vas-tu ? Ton projet avance comme tu le veux ? » Elle lui adressa ensuite un léger clin d’œil. « Tu as enfin trouvé ta Satine ? » Cette Satine dont tout le monde avait entendu parler parce qu’elle connaissait les exigences de son frère. D’ailleurs, le Christian devrait se montrer tout autant performant. A vrai dire, Elinor adorait son frère, mais elle n’était pas sûre de vouloir être amenée à travailler un jour pour lui.
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Gabriel Goldstein
Admin pas aimable
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MessageSujet: Re: « Other things may change us, but we start and end with the family » + Gabriel ♥   Sam 29 Avr - 21:30

« Papa, attends ferme les yeux et ne bouge plus… Nooon, bouge plus je te dis. Je te mets un dernier accessoire. Et c’est bon, tu pourra prendre le thé avec moi et Poutou l’ours brun, et Lutin la licorne. » De bonne grâce, il ferma paresseusement les yeux, se laissant faire par les petites mains agiles de sa petite fille. Ils étaient tous les deux aujourd’hui. C’était une journée où il avait décidé de ne pas travailler, de se consacrer à Mélodie. Delilah étaient allées faire un peu de shopping en compagnie de sa sœur Olivia. Quant à la plus jeune, elle devait venir. Mais avec les répétitions, il ne savait pas quand. Il ne s’en formalisait pas trop, bien trop occupé à se détendre avec la prunelle de ses yeux. De toute façon, il valait mieux qu’Eli ne vienne pas pour tout de suite. Pas en l’état actuel de choses. Pas dans la dangereuse position dans laquelle il se trouvait. Pas dans l’accoutrement dont sa fille l’avait affabulé. Parce que oui, le grand, l’unique, le reconnu Gabriel Goldstein avait troqué sa tenue d’homme autoritaire, au profit du papa poule jouant avec sa fille. Et aujourd’hui, il était habillé en robe. Non vous ne lisez pas mal, ce n’est pas la cataracte ou un début de presbytie, Gabriel était habillé en robe. Sa fille lui avait expliqué très sérieusement que pour prendre le thé avec elle, il fallait une tenue correcte exigée, sachant qu’il s’agissait d’un salon de thé pour filles. Aussi, elle l’avait supplié d’enfiler une robe. Elle avait usé de ses charmes d’enfant, lui coulant un regard de biche rappelant trop bien ceux de sa mère. Et lorsqu’il avait dit oui, la petite s’était empressée de disparaître et sans aucune gêne, elle avait amené des vêtements appartenant à Delilah. Une robe, un soutien-gorge et une culotte. Et même les chaussures et le sac à main. Tout cela dans les mains de cette petite fille de cinq ans bien décidée à ce que son père se travestisse en femme. Et s’il était connu pour son caractère de cochon, pour sa manie de terroriser son monde tout en étant acariâtre, avec Mélodie, il n’était qu’un papa au cœur flanchant si facilement. Aussi, il enfila donc le soutien-gorge, enfilé la robe sans utiliser la fermeture éclair. Toutefois, il entendit un craquement bien trop menaçant pour croire que le tissu avait survécu à cet essayage. Quand bien même, Mélodie ne put s’empêcher d’être encore plus heureuse et enhardie par l’idée que son papa accepte tout et n’importe quoi. Il envoya un message avec une photo à sa femme  »J’espère que tu n’y tenais pas trop à cette robe. Ta fille me fait faire n’importe quoi ! » Pourtant il en riait, ne se sentant offusqué. Lui, en robe, voilà que tout devenait fou. Sa fille décrêta qu’il manqua un accessoire et il sentit – lorsqu’il eut fermé les yeux – quelque chose se poser sur sa tête. Ah bah oui, le diadème. Forcément, c’était le détail mais au moins, ils purent jouer ensemble et burent le thé en la compagnie de ces dames fort avisées et pleines de dialogues si ce n’était qu’il parlait à deux peluches. Mais c’était plein de bons sentiments, adorables et puis même, les messages avec Delilah étaient tendres. A croire qu’il n’y avait pas de froideur entre eux. A croire qu’une robe et un diadème suffisaient à rétablir la paix dans le monde.

« Excusez-moi, Monsieur. Mademoiselle Goldstein a annoncé sa venue au Portail. Je tenais à vous prévenir. » Et dieu merci qu’elle n’était pas entrée dans la pièce. Il aurait eu l’air chouette habillé ainsi. La petite se mit à taper dans ses mains. « C’est trop bien Papaaaaa ! Tata est là !! » Elle était contente la petite. Et Gabriel s’empressa bien vite d’enlever tout ce qui le rendait un peu trop féminin. Il oublia le petit diadème bien trop léger. Mélodie elle, avait déjà pris la poudre d’escampette, descendant les escaliers et allant à la rencontre de sa tante. Il se contenta de prendre les vêtements de Delilah et les posa dans la chambre parentale. Et puis, il descendit les escaliers arrivant sur le gigantesque hall d’entrée. La petite fille avait déjà trouvé refuge dans les bras d’Elinor. Il déposa un baiser sur la joue de sa sœur : « Bonjour ma sœur ! ça fait plaisir de te voir ! » Il eut un regard tendre pour sa petite fille tandis qu’ils allèrent dans le salon tous les trois. Forcément, la petite reçut un cadeau de sa tante. C’était toujours ainsi de toute manière, elles gâtaient trop leur nièce mais cette dernière le méritait tellement après tout. Elle était adorable, obéissante et elle était l’enfant adulée de cette grande famille. Forcément, on lui disait oui à tout. Et sa joie était contagieuse. Elle fut ravie du cadeau et alla sagement se poser près de la table basse tandis que le frère et la sœur en profitèrent pour s’étreindre. La tendresse était constante entre eux. Gabriel tenait terriblement à ses sœurs. Il ne fallait pas qu’on les touche ou qu’on leur fasse du mal. « Toi tu nous avais manqué. Elle te réclamait souvent ! » Dit-il en parlant de la petite. Sa sœur s’enquit de son état, lui demandant alors comment il allait, le questionnant au sujet de la comédie musicale et de la fameuse Satine. Ils prirent place dans l’immense canapé d’angle tandis qu’une employée de maison déposa un plateau chargé de thé et de biscuits à dévorer. « Et bien ça va pour l’instant. J’ai pas mal bossé cette semaine et ça m’a permis de m’octroyer un peu de temps en amoureux avec la princesse. Bien évidemment tu la connais, j’ai fini avec une robe. » Argua-t-il amusé de cette situation. Le raconter était un fait, qu’il soit vu avec, c’était tout à fait autre chose. « Et puis, la comédie musicale se porte bien. Tout avance bien. J’ai trouvé ma Satine. Et on a commencé les répétitions. Même si pour l’instant, c’est encore un peu individuel. Je dois former une jeune fille à devenir une star. Alors autant dire qu’elle en bave à mort… » Un rictus apparut sur ses lèvres tandis qu’il évoquait le cas Naïa Argent. « Mais elle est tenace, elle tient bon. Je crois qu’elle a définitivement compris qu’elle allait souffrir pour atteindre le sommet. » Il laissa l’employée servir les tasses et leur tendre, tandis qu’il mit un peu de sucre qu’il prit dans le sucrier et qu’il fit tournoyer discrètement. « Enfin, et toi ma Eli, que racontes-tu de beau ? Tu parlais des répétitions mais tu répètes pour quelle pièce de théâtre mais avec cette comédie musicale, j’oublie tellement de choses, je fais un piètre frère. » Et il se mit à rire nullement convaincu par ce qu’il se disait. Il savait le plus important pour ses sœurs, le reste n’était que du détail. Il préféra observer le visage de sa petite sœur, il la trouvait un peu crevée… Peut-être était-ce les cernes ? « Tu as l’air un peu fatiguée tu sais… Tu te reposes au moins ? J’espère que tu n’es pas surmenée de travail, sinon je serais obligée d’aller voir le metteur en scène. » Bien sûr, il plaisantait quand bien même, il se savait capable d’une telle chose. « Tu as des cernes, on dirait que tu manques d’heures de sommeil. Ne me dis pas que c’est l’Autre qui te crée du souci ? » L’autre, c’était ce copain qu’elle avait, auquel il n’avait jamais accroché réellement, leurs relations avaient toujours été platoniques et c’était mieux ainsi à vrai dire. S’il devait le détester pour quelque chose, ce serait pour le jour où il ferait souffrir sa petite sœur.

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Elinor Goldstein
Admin Mourante
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MessageSujet: Re: « Other things may change us, but we start and end with the family » + Gabriel ♥   Sam 27 Mai - 17:42

La famille était une pilier important dans la vie d’Elinor. Elle aimait inconditionnellement ses parents, sa sœur et son frère avec la famille qu’il composait lui-même. Depuis quelques années, c’était à peu près tout ce qu’il lui restait. Après sa rupture brutale avec Pyair, elle avait réduit le cercle de ses amis et elle s’était interdit d’avoir d’autres amitiés trop profondes. Toutes ses relations n’étaient que des relations de surface. Même avec David. Surtout avec David à vrai dire, lui qui ne vivait que pour le paraître. Dans son métier aussi, elle se devait de faire semblant constamment. Elle était une comédienne, habituée à tout jouer, à tout mimer. Sa famille était l’unique chose où elle ne faisait pas semblant, où elle n’avait pas besoin de prétendre. Tout y était vrai, authentique et fort. Certes, elle cachait sa maladie, mais au fond d’elle, elle savait que c’était pour leur bien. Ils souffraient déjà suffisamment tous des maux de Mélodie. Sa famille était son havre, et elle ne pouvait dissimuler toute sa joie de les revoir. La rencontre était en comité réduit, avec Gabriel et sa fille, mais cela lui convenait parfaitement. Il fallait dire que, depuis quelques temps désormais, une tension évidente était palpable entre le couple. Bien qu’ils tenaient toujours à conserver les apparences, Elinor n’appréciait pas de se retrouver mêlée à ces rixes silencieuses. Elle les aimait trop tous les deux pour supporter de les voir ainsi. Elle privilégiait donc les moments où elle se retrouvait seule avec soit Gabriel, soit Delilah. Pour aujourd’hui, il s’agirait de son frère et de sa nièce. Le bonheur de les revoir était toujours le même. Une douceur intacte qui les poussait à se prendre dans les bras l’un de l’autre. Mélodie fut la première à trouver refuge dans les bras de la jeune femme. Elinor la tint contre elle le temps de la serrer dans ses bras avant de la reposer à terre, n’ayant pas la force de la porter plus longtemps. Ce fut l’occasion pour donner le cadeau à la petite qui s’émerveilla de son présent et partit directement l’étrenner. Le frère et la sœur tranquilles, ils purent s’enlacer à leur tour. « Oui, j’aurai voulu venir plus tôt, mais tu sais comment sont les rythmes de répétition. » Gabriel était bien placé pour le savoir car il était metteur en scène, ce qui n’était pas rien. Il connaissait toutes les ficelles du métier. Ils avaient évolué dans la même branche, mais pas du même côté. Gabriel était l’artiste de génie qui produisait, tandis qu’Elinor était taillée pour les planches et représentait les idées du scénariste.

Ils prirent place sur le canapé tandis qu’une employée venait déposer du thé et des biscuits. Elinor ne put s’empêcher d’en piquer un tandis qu’elle demandait à son frère où il en était de sa comédie musicale et de ses recherches. Apparemment, le boulot était colossal. Cela n’étonnait en rien la brune, d’autant plus qu’elle savait combien Gabriel était un perfectionniste dans l’âme. Elle rit en imaginant son frère en robe. « Je suis persuadée que la robe t’allait à merveille ! » se moqua-t-elle gentiment. « Je n’imagine même pas la tête de tes comédiens s’ils apprenaient que le sévère Gabriel Goldstein enfile des robes à la maison pour faire plaisir à sa fille. » A coup sûr, ils n’oseraient pas y croire, même en le voyant. Elinor aimait son frère plus que tout, mais elle connaissait aussi la réputation qu’il traînait dans le métier. Un véritable bourreau. D’ailleurs, elle en eut l’illustration parfaite quand il se mit à parler de sa chère Satine. Vraisemblablement, il avait trouvé la perle rare, mais elle était aussi une novice. Avec Gabriel, elle en mordait la poussière. Pauvrette. Elle savait combien son aîné pouvait être cruel quand il s’agissait d’obtenir l’excellence. « Je suis contente pour toi que tu aies finalement trouvé ta Satine ! Mais essaye de ne pas la tuer avant la représentation. » dit-elle avec un léger sourire avant de boire une gorgée de son thé chaud. « Enfin je suis persuadée que sous ta direction, elle atteindra le sommet avant même de s’en rendre compte. » Gabriel avait ce don de dénicher les talents les plus inattendus, et surtout, ceux que personne n’avait révélé auparavant. Il n’avait jamais peur de proposer de la nouveauté et c’était sûrement ce qui faisait aussi sa force. « Oh tu me connais, je suis enterrée dans mes classiques. Je t’annonce que tu as l’honneur d’avoir Juliette Capulet devant toi. » Elle mima une légère courbette avec amusement. Il ne fallut pas longtemps à son aîné pour qu’il ne remarque sa mine plus fatiguée que d’ordinaire. Son propre état l’inquiétait aussi. Elle avait fait de nouvelles analyses et elle attendait encore les résultats. Demain, elle avait rendez-vous avec le médecin. « Tu connais mieux que moi le rythme des répétitions. La première est pour dans quelques semaines et ça nous pousse à répéter plus souvent. Mais ne t’en fais pas pour moi, j’arrive à trouver du temps pour me reposer. » Elle n’aimait pas lui mentir avec autant d’aplomb. Dans le fond, elle savait que le moment venu, il lui reprocherait d’avoir gardé le silence si longtemps. Elle n’était pas suffisamment idiote pour ne pas savoir qu’un beau jour, le traitement ne fonctionnerait plus. Pourrait-elle cacher une chimiothérapie aussi aisément que son traitement actuel ? Elle espérait que oui, sans guère d’illusions. Pour l’heure, ses qualités d’actrice penchaient en sa faveur. Elle lui adressa un regard qui se voulait courroucé quand il évoqua David comme étant l’Autre. Elle ne parvenait pas à être complètement fâchée pour autant. Certainement parce qu’elle aimait indéniablement plus son frère que son compagnon actuel. Depuis le début, Gabriel avait marqué une inimitié visible envers David. Ce dernier n’était en rien le genre d’Elinor, et surtout, il paraissait plus préoccupé par sa carrière que par le reste. Par chance, son petit ami ne se montrait guère disponible et son frère et lui ne se rencontraient que rarement. « Pour cette fois, tu ne peux rien lui reprocher. Il est en voyage d’affaires depuis plusieurs semaines et il ne rentre que demain. » Un voyage qui avait été prolongé par David pour profiter plus longuement d’une paire de seins, mais Elinor se gardait bien d’afficher les détails. « Il est très occupé en ce moment. » Donc il n’avait pas le temps de lui causer le moindre souci. « Mais j’avoue avoir passé une nuit très courte avant-hier. Tu ne devineras jamais ce qu’il m’est arrivé. Je rentrais tard de mes répétitions, et en passant dans les mauvais quartiers, il a fallu que ma voiture me lâche. Un vrai désastre ! » Il était de notoriété publique que sa voiture était un véritable tacot. Elle se faisait entendre de partout qu’elle devait en changer, mais elle restait têtue et elle voulait la garder malgré tout. « Heureusement, quelqu’un qui passait par là s’est arrêté pour m’aider. Un mécanicien en plus, tu imagines la coïncidence ? Enfin il m’a aidée à rentrer chez moi et ma voiture est au garage. » Une mésaventure qu’elle se serait bien épargnée, mais elle s’estimait heureuse d’être rentrée en un seul morceau. « Je devrais la récupérer bientôt, je pense. Peut-être demain. Pour l’instant, je me débrouille avec la voiture de David. » Une de ses nombreuses voitures. Elle n’aimait d’ailleurs pas conduire ces engins. « Oh et j’oublie de te dire que tu as un fan. Monsieur Winchester, le garagiste, est un grand admirateur de ta musique. » annonça-t-elle avec un sourire à la fois mutin et fier. Elle était toujours très heureuse de la réputation du génie artistique de son frère. Mélodie bondit soudain auprès pour leur exhiber un dessin qu’elle venait de faire. « Il est magnifique, ma puce ! Ce que tu coloris bien, tu ne dépasses presque plus des lignes ! » - « Oui, c’est maman qui m’a bien tout montré ! » s’enorgueillit la gamine avant de repartir à de nouveaux dessins. Le silence retomba un léger moment entre la frère et la sœur. « Delilah n’était pas là aujourd’hui ? » demanda-t-elle, curieuse de savoir où elle pouvait se trouver. « Elle va bien ? Comment ça se passe en ce moment ? » Le sujet était un peu délicat à aborder, mais Gabriel et Elinor avaient une relation suffisamment forte. Très brièvement, il s’était parfois un peu confié à ce sujet. Il restait malgré tout très pudique. « Enfin, je veux dire… toutes ces histoires avec la petite et toutes les répétitions, vous tenez le coup ? » Elle n’ignorait pas non plus que son frère savait s’enfermer dans le travail quand il avait besoin de souffler. Une manière comme une autre de se protéger de ce que la vie réservait…
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