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 it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK

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Manek Kirschnen
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DATE D'INSCRIPTION : 18/08/2015
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MessageSujet: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mar 11 Avr - 20:07




Manek Kirschnen

❖ Nom Kirschnen ❖ Prénom Manek ❖ Date et lieu de naissance Plein été, 09 août 1980, Berlin et son mur. ❖ Nationalité Germano-américain, le doublé. ❖ Orientation sexuelle Hétérosexuel. ❖ Statut civil Divorcé depuis quelques années. ❖ Profession et/ou études Photographe, expérimenté et renommé dans le monde de la mode où il a excellé durant de longues années; il s'est orienté vers l'aventure, les paysages hors du commun, le vivant, le pur. Pour revenir récemment au point de départ: le surfait, les paillettes. ❖ Décris ton personnage en quelques adjectifs Curieux - Indécis - Passionné - Impulsif - Obstiné -  Perspicace - Cynique - Défaitiste - Attentif - Intuitif - Franc. ❖Avatar Nikolaj Coster-Waldau. ❖ Groupe L'anachorète hypocondriaque. ❖ Crédits tumblr.


L'hémorragie de tes désirs s'est éclipsée sous la joue bleue dérisoire


Si il y a dix ans de ça, Manek n’arrivait plus à se regarder en face, aujourd’hui, ça va mieux. La culpabilité l’a rongé longtemps, longtemps. Elle n’a pas totalement disparu, et il sait au fond de lui qu’elle ne le quittera jamais vraiment. Pourvu de valeurs fondamentales, il a pourtant basculé dans le vice : l’infidélité. C’est arrivé dans un contexte qui l’a petit à petit transformé, lui, et qui a transformé la réalité dans laquelle il vivait. Il s’est perdu en chemin. Malgré tout, il a réussi, en s’éloignant de ce qui avait empoisonné sa nature, à retrouver qui il était. L’évasion a été sa meilleure alliée pour y parvenir. La remise en question, le déni, le dégoût, l’acceptation partielle, totale. Il en a fait du chemin. Littéralement aussi. Manek a renoué avec sa vraie passion pour la photographie. Les corps décharnés ne l’ont jamais inspiré comme les steppes mongoles, les montagnes des Balkans, les renards et loups polaires.
Manek est de ceux qui se posent très peu de questions avant d’agir. La vie est courte, les choix nombreux : on a le droit de se planter, c’est même essentiel. Alors, il a foncé, toute sa vie. Il s’est trompé, souvent, sans jamais avoir envie de faire les choses différemment. Un petit côté fataliste, surement. Il s’est marié, a divorcé. Il est devenu père, sans le vouloir vraiment, et a adoré. Manek est de ceux qui ont redécouvert les plaisirs simples : une bière fraîche après un dur labeur, la chaleur auprès d’un poêle à bois, la beauté des vrais sourires, le plaisir d’entendre des rires sincères. A l’heure actuelle, pour assumer son rôle de père, avoir l’opportunité de voir son fils durant les week-ends où il en a la garde, il a décidé de troquer un peu de sa liberté. De retourner dans le monde des apparences quelques temps. Manek a appris les sacrifices et leur nécessité. Il a grandi et il n’est plus effrayé.

Que penses-tu de la ville de Los Angeles ? Los Angeles n'a absolument aucun charme à ses yeux. Bruyante, pleine à craquer, superficielle. Il vit ici par contrainte, pour des raisons professionnelles et géographiques. Plus Manek vieillit et moins il a envie de côtoyer la foule, les rues trop animées, dénuées de beauté. Il était bien, ailleurs. Là où les parfums de la nature se mêlent, là où l'horizon n'est pas bloqué par du béton, là où on voit la voie lactée s'étaler sur sa couverture noire. Pas à Los Angeles. Concernant ton groupe choisi, pourquoi avoir choisi celui-ci ? Naturellement impulsif, trop passionné pour vivre de façon bridée, il est difficilement raisonnable. Manek n'est pas fait pour rentrer dans les cadres, les standards lui conviennent difficilement. Peu fêtard, le temps où il écumait les boîtes de nuit, est révolu, et à vrai dire, n'a jamais vraiment existé. A l'époque où Ann et lui étaient ensemble, il évitait soigneusement, autant qu'il le pouvait, ces soirées où l'on ne peut pas être vrai, de peur d'être trop lui et se retrouver face à trop de coquilles vides qu'il aurait tout bonnement secouées pour leur faire entendre comme tout sonnait creux à l'intérieur. L'Allemand n'a jamais été une vraie démonstration de la joie de vivre : aujourd'hui, c'est pire que ça, il n'arrive plus vraiment à voir le verre à moitié plein. Quel est ton petit secret ? Manek ne détient pas vraiment de secret au sens strict du terme. Il a des espérances dont il ne parle pas forcément: ce sont ces choses trop personnelles qu'on aborde que rarement en compagnie des, encore plus rares, amis proches. Plus ou moins secrètement, Manek espère le jour où il se sentira pleinement accompli, heureux sur tous les tableaux.


Du temps qui se passe contre duquel on ne peut rien...


Parce que nous sommes curieuses, forcément, nous allons te demander touuuuut un tas d'informations bien croustillantes à ton sujet. Ton prénom/pseudo Julie. Ton petit âge 26. Ce que tu fais dans la vie à part tuer des gens Killing is my business, and business is good. Enfin, pour l'instant je me remets du décalage horaire. Où as-tu connu le forum? Par hasard ->. Un dernier petit mot Me revoilààà.  



Être ou ne pas être, telle est la question sinusoïdale de l'anachorète hypochondriaque


Code:
[b]Nikolaj Coster-Waldau :[/b][i][url=http://vice-et-versa.forumactif.org/t2577-it-s-just-that-the-moon-is-full-and-you-happened-to-call-manek#64364] Manek Kirschnen[/url][/i]
[b]Manek Kirschnen : [/b][i]Venice Beach[/i]
[b]Manek Kirschnen : [/b][i]Photographe[/i]


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Manek Kirschnen
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MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mar 11 Avr - 20:08


We both know what memories can bring,
They bring diamonds and rust.




C’était une de ces journées, vouée à être tout sauf constructive.
Rattrapé par ses fantômes, seul dans son appartement, il se complait à glisser dans l’ombre de ces années passées, lointaines et pourtant si claires dans son esprit. Un Manek au fond, bon à rien pour les heures à venir. C’est ce coup de fil de l’agence de mannequinat qui l’a mis dans cet état : un K.O. par téléphone. Habillé d’un jean noir élimé, et d’un vieux polo, il erre dans les pièces, tourne en rond, habité par tous ces souvenirs. Il envoie un message à Emma, il aimerait pouvoir appeler ce soir, pour parler à son fils. Ca fait plusieurs jours qu’il n’a pas eu l’occasion d’entendre le son de sa voix, et ça lui manque, terriblement. Manek rumine un long moment devant son mug rempli à moitié d’un thé, maintenant froid. Il a lutté, mais il laisse tomber : foutu pour foutu, autant flinguer complètement sa journée. Et entretenir l’état dans lequel il se trouve. Le blond se rend dans sa chambre, là où se trouve un carton, aux coins usés et rafistolés, rempli d’albums photos bien précis. A l’intérieur de ceux-ci, son histoire, une partie de ses trésors, ses souvenirs imprimés sur papier. Le monde dans lequel il se plonge, et où les regrets et la nostalgie le happent entièrement. Ces précieux albums contiennent les souvenirs qu’il a lui-même immortalisé tout au long de son existence, du moins, à partir du moment où il s’est retrouvé avec un appareil photo entre les mains.

Il s’empare du premier recueil d’images, le plus récent. Le photographe va remonter le temps, les étapes d’une vie. Celui-ci est dédié à son fils, Tom, et à sa femme, Emma. Les premiers clichés retracent les débuts de cette relation inattendue, presque inespérée. Leurs chemins s’étaient croisés dans la boutique d’un photographe. Manek était venu récupérer une commande, des objectifs follement attendus pour son reportage à venir. Elle, elle était juste venue chercher un bon appareil photo : son neveu venait de naître, et elle avait décidé d’être la tante parfaite qui allait le prendre en photos sous toutes ses coutures, tout au long de sa vie, jusqu’à ce que ça devienne gênant. Il était maître dans le domaine, elle découvrait la mise au point à travers des données barbares. Manek l’avait vue, perdue devant les modèles que lui avait rapidement proposé le vendeur, avant de la laisser à ses réflexions. Sans réfléchir davantage, l’Allemand s’était porté volontaire pour la conseiller un peu mieux, lui donner son avis sur la question. A peine avait-elle posé les yeux sur lui et croiser son regard qu’il sentit une petite palpitation surgir, alors que tout était éteint de ce côté-là depuis quelques années. Déstabilisé, il l’avait conseillée, elle l’avait écouté et remercié, se fiant à lui, lui offrant un joli sourire. Sous le charme, il s’entendit lui proposer de lui expliquer les quelques rudiments pour bien démarrer dans le domaine, et ne pas se perdre dans les réglages. Il l’avait quittée dans la boutique, sa carte glissée entre ses doigts fins. C’était stupide, Manek n’était en ville que pour quelques jours, avant de décoller pour les Balkans, où un reportage photographique allait être mené.
Le lendemain, elle l’avait appelé pour se retrouver autour d’un café. Elle avait emmené son appareil photo pour paraître plus crédible. Mais il était resté bien au chaud dans sa boîte : Emma s’en foutait complètement de savoir comment régler la sensibilité, l’ouverture… Seul faire apparaître un sourire sur les lèvres de ce grand blond lui importait.
Le surlendemain, Manek passait la porte de son appartement, goûtait à ses lèvres et découvrait son corps. Ca avait duré la semaine entière : ils se retrouvaient en soirée, passaient leur temps à faire l’amour et discuter de qui ils étaient. Juste avant de prendre un avion pour la Serbie. Il était parti pour deux mois, plongé dans cette région, plus connue pour ses guerres que pour la beauté de ses paysages. Il avait pensé oublier. Aucune nouvelle, aucun mail, aucun appel. Et pourtant. Il prit un aller simple pour Chicago, et la première porte à laquelle il frappa, son sac de voyage posé à ses pieds, était celle d’Emma. Elle lui avait très vite fait de la place pour ses affaires et de façon surprenante, Manek avait petit à petit pris ses marques et renoncer à prendre un nouveau billet d’avion. Elle lui posait des questions sur son voyage, curieuse, admirative du travail qu’il exposait. Lorsque quelques mois plus tard, on lui proposa un nouveau reportage, Manek avait pensé à refuser : elle l’encouragea à accepter et vivre sa passion. Emma était ce pilier essentiel qui le poussait toujours un peu plus quand ses vieilles habitudes reprenaient le dessus.
Le blond regarde les photos, des portraits de son ex-femme. Elle ne savait pas jouer avec l’objectif, et ça ne lui importait pas. Aujourd’hui encore, quand il voit ces clichés, il sait ce qui lui a plu chez elle : elle ne ressemblait en rien à son grand amour. Et il pouvait ainsi mettre ses vieux démons au placard. Brune, les yeux noisettes, plus petite que la moyenne, terre à terre. Manek n’avait pas fait exprès, et il avait l’impression de se transformer à ses côtés. Il connaissait la normalité d’une relation, le fait de rentrer « à la maison » après le travail, les disputes qui restaient entre eux. Une relation qui bascula un soir, où il rentrait du Canada, après une dizaine de jours passés loin d’elle. Sur le retour, il rêvait de se retrouver au coin du feu avec elle, un verre de vin à la main, le repas en train de chauffer et libérer sa bonne odeur dans la cuisine. Quand il entra, elle n’était pas à la porte pour l’attendre. Le feu végétait dans la cheminée. Aucune odeur de tarte ne flottait dans l’air. Il l’avait trouvée assise dans la cuisine, le visage coincé entre ses deux mains, un petit objet posé devant elle. Il avait compris tout de suite. Et elle n’avait pas besoin de lui dire quoi que ce soit lorsqu’elle leva son regard sur lui. « Je vais prendre une douche. » C’est tout ce qu’il avait été capable de lui dire, et il était parti se réfugier dans la salle de bains, sans l’avoir embrassée. L’eau brûlante avait coulé longtemps, longtemps, avant qu’il ne refasse surface, la tête bourdonnante, ne sachant pas plus comment ils allaient aborder cette situation. Il n’avait pas prévu ça. Une serviette nouée autour de la taille, les cheveux encore dégoulinants, il s’en était voulu lorsqu’il était réapparu dans la cuisine, là où Emma essuyait les larmes qu’elle s’était permise de laisser couler en étant seule. Sans un mot, il sortit une bouteille de vin, deux verres, il en remplit un du liquide sombre, l’autre d’eau plate, puis il s’assit sur la chaise en face de sa compagne. Elle le regarda avec ce point d’interrogation dans le regard. « Désolé, à partir de maintenant, c’est interdit pour toi. »  Un petit sourire se glissa sur le visage de Manek, alors qu’il poussait le verre d’eau dans sa direction. Emma s’autorisa à pleurer, laissant couler toute son inquiétude amassée dans la journée. Il fit rapidement le tour de la table, et la prit dans ses bras, en la berçant doucement, la rassurant en lui disant que tout allait bien se passer.

La photo qu’il a sous les yeux a été prise environ sept mois plus tard, à quelques jours de l’accouchement : Emma, de profil, le sourire aux lèvres, le ventre extrêmement rond recouvert de ses deux mains aimantes. Les doutes avaient assailli le photographe durant les premières semaines de la grossesse, à savoir, est-ce qu’il était vraiment prêt à devenir père, est-ce qu’il en avait envie ? Et plus tristement, est-ce qu’il avait prévu de vivre ça avec elle ? Mais il n’avait pas eu le cœur à discuter ce soir-là, d’une autre possibilité, de ne pas le garder. C’était arrivé, point. Et il allait assumer. Au fil des mois, lorsqu’il avait vu ce ventre s’arrondir, toutes les questions et les doutes s’étaient envolés. Il s’épanouissait à côté d’elle, si bien qu’ils s’étaient mariés dans la foulée. A trente-et-un ans, Manek était marié et papa.
Tom, âgé d’à peine deux mois, apparaît sous les yeux de son père : une des trop nombreuses photos que Manek a pu prendre depuis la naissance de son fils. Il n’en a sélectionné qu’un petit nombre pour cet album photo un peu particulier. Le reste a bien évidemment été imprimé, mais Emma a quasiment tout emporté il y a presque deux ans de ça, maintenant.
Ce petit bonhomme avait fait déborder leur monde de bonheur, ils avaient construit leur petite famille. Manek continuait à partir en voyage pour ses reportages, pour monter une nouvelle exposition, publier un nouveau livre qui reflétait ses expériences dans des coins reculés. Mais Tom était devenu cette motivation à rentrer le plus tôt possible à la maison : il prenait toute la place dans le cœur de son père. Ca l’avait radicalement changé, fait grandir d’un seul coup. Les responsabilités avaient pris tout leur sens depuis qu’il était venu au monde, Manek avait eu la preuve qu’il était capable de faire quelque chose de beau, humainement parlant. A côté de ce bonheur enivrant, tout doucement, il perdait Emma. Ils s’étaient éloignés, ses absences professionnelles convenaient de moins en moins à sa femme. Leurs retrouvailles étaient celles d’amis, les meilleurs ; ils n’avaient presque plus rien des amants du passé. Un matin, ils en avaient parlé, tranquillement autour d’un petit déjeuner, durant lequel Tom était étrangement calme, avalant les cuillerées de compote sans protester tandis que ses parents venaient de parler de leur prochain divorce. Aujourd'hui, Manek se contente amèrement du droit de garde d'un week-end sur deux. C'est tellement peu...

Il referme doucement l’album photo, soupirant longuement, adossé contre le lit. Les souvenirs tournent dans sa tête, à toute vitesse. Son regard se dirige vers le carton qui recèle d’autres précieuses images. Il l’attire vers lui, soulève les albums photos de ses expéditions passées. Ils contiennent des photos qui sont apparues dans des expositions, dans des livres, et d’autres, qui ne sont connues que de lui, secrètes. Manek a eu l’occasion de parcourir le globe, vivre son rêve, voir les endroits reculés du monde, là où l’homme n’a que peu d’impact, n’a pas encore laissé son empreinte. L’Alaska, le Groenland, le Nord profond du Canada, l’Himalaya, la Patagonie. Et d’autres. Il en sort un, le feuillette rapidement, puis le repose. Ses mains s’emparent alors d’un album, tout au fond du carton. Posé sur ses genoux, il le regarde pendant une longue minute avant de l’ouvrir. Cela fait longtemps qu’il n’a pas contemplé ces clichés, vieux au minimum d’une dizaine d’années.

La première photographie apparaît sous ses yeux : le regard félin, les cheveux au vent, le sourire énigmatique. Son grand amour, Annika. Ils s’étaient connus adolescents, étaient rapidement et profondément tomber amoureux. Elle avait fait naître en lui ses premiers émois, son désir, sa possessivité à son égard, son admiration. Tout un tas de sentiments, de sensations que seule elle avait su provoquer chez lui. Il avait rapidement compris que son monde allait tourner autour d’elle, comme la Terre tourne autour du Soleil. Elle était le sien, et réciproquement. Ils avaient grandi ensemble, d’adolescents, ils  étaient devenus adultes. D’anonymes, ils étaient passés à reconnus. Manek avait toujours été transi d’amour pour elle, sa louve. Lorsqu’elle avait été amenée à vivre son rêve, il avait abandonné les siens dans un coin, trop peureux de prendre une direction différente de la sienne, de la perdre par la même occasion. Il l’aimait plus que tout au monde, et il lui laissait savoir.
Les photos qui suivent ne viennent pas des shootings qu’il avait réalisés pour les magazines, où, il le savait, il était le seul à la mettre le plus en valeur, car il la connaissait par cœur, et elle le connaissait. Non, ces photos font partie de cette intimité si précieuse, secrète, où ils se retrouvaient et se barricadaient du monde extérieur qui apparaissait de plus en plus effrayant aux yeux du blond. Manek laisse courir ses yeux sur les images : Annika, à peine recouverte d’un drap, endormie après l’amour, le visage serein, les courbes exquises. Les années ont passé, pourtant Manek ressent toujours les mêmes émotions en voyant ces souvenirs. Il les revit. Il se rappelle de ces moments chéris, lointains. Quel gâchis. Il la voit, assise sur un banc, une gaufre portée à la bouche, le sucre glace lui saupoudrant le bout du nez. Un sourire perce sur le visage du photographe : c’était cette époque où Ann prenait l’opportunité du mannequinat comme une chance, pas comme une vrai carrière professionnelle. Il aurait aimé que tout ne soit qu’éphémère, qu’elle reste cette fille insouciante, qui souriait à tout va, vivait librement. A bien y réfléchir, il ne se souvient plus quand il l’avait vue manger de bon cœur une sucrerie lors de leurs balades en ville. Les dictats de la mode s’étaient progressivement imposés à elle, emportant des facettes d’elle qu’il aimait tant. Il avait fermé les yeux sur tout ça. Il avait arrêté d’imaginer qu’un jour, ils auraient leur petit cocon bien douillet où ils se retrouveraient chaque soir. Manek s’était tu, par amour, par manque de courage, par abnégation.
Il contemple maintenant les quelques photos qu’il prenait discrètement d’elle, depuis l’encadrement de la porte d’une salle de bains, parfois celui de la chambre, quand elle était trop concentrée à se maquiller, ou s’observait dans le miroir après avoir enfilé une de ces magnifiques robes. Ces moments où il la voyait se transformer en véritable déesse, sur laquelle se posaient tous les regards dans chacune de ces soirées, galas, dans lesquels ils étaient invités. Il se souvient, lorsqu’elle le voyait, la contempler, l’ayant préalablement photographiée, et qu’elle lui lançait ce regard. Le regard qui demandait toujours ce qu’il y avait. A chaque fois, il lui répétait la même chose. « Tu es sublime. » A chaque fois, elle semblait à peine y croire. Elle le rendait fou de désir, d’amour, fou tout court. Il attendait toujours impatiemment que ces soirées se terminent, pour prendre un taxi, lui murmurer tout ce qu’il avait envie de lui faire, la faisant rougir dans l’obscurité. Rentrer dans cette chambre d’hôtel anonyme, lui ôter veste, robe et chaussures, et ériger un véritable autel de l’amour et du plaisir.
Les souvenirs l’emportent loin, et Manek se perd dans leur contemplation. Tout ça, c’est si loin. Pourtant, tout est tellement vif, clair, dans son esprit. Dix ans sans elle dans sa vie. Elle lui a manqué. Mais elle lui manquait bien avant qu’ils ne se séparent dramatiquement. En parcourant la suite de l’album photos, le blond s’aperçoit directement de ce qui a changé, juste à travers les photos. Annika, qui, sur les précédents clichés pouvait apparaître au naturel, sans maquillage ni artifice, ne se dévoilait alors plus sans une couche protectrice de poudre et mascara. Sa carrière prenait le pas sur tout. Manek continuait à suivre, leurs professions étant au sommet. Mais il commençait à ne plus supporter tout ça. Il avait envie d’appuyer sur le bouton « stop », arrêter là, prendre la main d’Ann, et partir loin de tout ça. Construire une cabane dans les bois, s’y réfugier, et oublier tout ça. Se retrouver tous les deux, rien qu’eux et leurs sentiments. Il ne s’épanouissait plus, et allait à contre-courant dans ce monde. Frustré de cette vie qui ne correspondait en rien à ses aspirations, il devenait irritable, et s’en prenait à Ann, à la moindre remarque. Les disputes entre eux avaient commencé à éclater, et il ne comprenait pas ce qui se passait entre eux. Ce n’était pas eux, ça ne devait pas leur arriver. Tout empira. D’abord suite à cette journée, où envoyer à l’autre bout du pays pour un shooting, il avait trompé son grand amour. Il avait chassé la traînée de son lit, lui hurlant des insultes, comme si tout était de sa faute à elle. Et il avait chialé comme un môme toute la soirée, repoussant au lendemain, son retour auprès de son grand amour. Les photographies qu’il a sous les yeux ne mentent pas. Leur relation était vraie, leurs sentiments étaient toujours là, bien réels. Manek perdait pied, fou amoureux d’Ann, mais démuni face à la situation. Elle ne voyait pas dans quel état il se trouvait et lui, ne savait plus comment aborder le sujet. Il avait peur de la perdre, alors petit à petit, il s’était fait à l’idée qu’il fallait que ce soit elle qui quitte le navire. L’acte final fut certainement le pire moment de sa vie. A vivre et à revivre, en y pensant. Il n’avait jamais imaginé pouvoir lui faire ça, aller jusque là. Pourtant, le désespoir et le malheur l’avaient poussé à commettre l’irréparable, l’ignoble geste.
Il referme d’un coup sec l’album photo, trop touché encore pour vivre avec ces souvenirs atroces.

Un coup de fil un peu plus tôt dans la journée lui a rappelé que la semaine prochaine, Ann Traur se trouvera devant son objectif, pour une nouvelle campagne. Il n’avait pas réalisé à quel point il serait tétanisé à l’idée de se trouver à nouveau devant elle, et elle devant lui. Mais il avait accepté. Aujourd’hui, il ne regrette pas, quelque part, il est content de recroiser son chemin. Seulement, il aurait préféré que ce soit pour une autre occasion. Des retrouvailles dans un monde qui l’a fait la fuir des années auparavant... Quelle ironie.





❖ ❖ ❖
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Matthew McGregor
Admin prétentieux
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DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
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MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mar 11 Avr - 20:22

Haaan que tu es sexyyy omg

Je t'aiiime cute Très bon choix de scénario huhu
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Invité
Invité
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MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mar 11 Avr - 20:22

JE VALIDE ! amour

... Trop tôt ?

Hiiiiiiii et aaaaaaaaah et re hiiiiiiiiiii, et re aaaaaaaaaah. Je te sors toute mon éloquence la plus poétique, tellement je suis ravie ravie ravie que tu prennes ce personnage en main **
A nouveau mille mercis, et avec tous les teasings auxquels j'ai eu droit, je salive de pouvoir en lire plus ! - mais, no pressure, hein What a Face

mouton Dancing Langue coeur ouuuuuuuuh
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Layce E. Hamilton
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MESSAGES : 734

MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mar 11 Avr - 20:27

Re-bienvenue parmi nous & bon courage pour ta fichette. Hâte de voir ce que tu vas en faire. Exciting coeur
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Héloïse Bennett
Admin bisounours
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MESSAGES : 3146

MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mar 11 Avr - 20:39

Je t'aime ma Juju cute Ouaaaaaah amour I love you
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Orane O'Mallay
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DATE D'INSCRIPTION : 08/04/2017
MESSAGES : 126

MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mar 11 Avr - 20:41

Re bienvenue !

Bon courage pour la fiche cute
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Caitlin Brennan
Admin Wonderwoman
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MESSAGES : 504

MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mar 11 Avr - 20:42

Tu vas être un merveilleux Manek hug
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Manek Kirschnen
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MESSAGES : 815

MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mar 11 Avr - 22:09

Merciii pour cette re-bienvenue ! coeur
Aaah je vous aime aussi les filles cute

Ann, non non, PAS DU TOUT, je ne ressens aucune pression.. What a Face Sinon j'ai bien hâte de m'atteler sérieusement à la fiche -comprendre : taper sur mon clavier comme une hystérique toutes ces lignes écrites dans mon cahier- et ainsi te laisser découvrir davantage ce que j'ai fait de ton beau monsieur omg
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Josh McCarthy
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MESSAGES : 1374

MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mar 11 Avr - 22:55

Mamamia ce choix de scénario ! amour

Rebienvenue parmi nous mon cher & fighting pour ta fiche. fight coeur
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Isaac S. Rothschild
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DATE D'INSCRIPTION : 18/08/2015
MESSAGES : 1806

MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mer 12 Avr - 1:56

Re-bienvenue !!!!

Je crois que tu es revenue du pays des Hobbits donc. (J'ai vu cela dans la section absence je crois.) amour

Courage pour cette histoire et amuses-toi bien avec ce personnage !!! mouton
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Bucky Swan
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DATE D'INSCRIPTION : 29/03/2016
MESSAGES : 831

MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mer 12 Avr - 9:18

Super choix cute
Comme je disais dans le flood on avait un lien avec Pyair
Et puis re bienvenue ici jai trop hate de lire ton histoire cute
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Anne-Evangeline Baker
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DATE D'INSCRIPTION : 07/03/2017
MESSAGES : 418

MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mer 12 Avr - 10:06

(Re)bienvenue à toi et bon courage pour la fiche Very Happy

Et Nikolaj, tulututut ! omg amour
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Manek Kirschnen
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DATE D'INSCRIPTION : 18/08/2015
MESSAGES : 815

MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mer 12 Avr - 11:18

Merciii I love you

Oui oui Isaac, je suis rentrée tout juste hier
Et pas de souci, il faudra qu'on discute d'un lien avec Pyair alors omg Tu me rediras tout ça coeur
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Delilah Goldstein
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MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mer 12 Avr - 16:30

Excellent choix de scénario, y'a rien à dire amen
Puis me lancer même pas sur Nikolaj... bave

Bonne rédaction, je trépigne d'impatience Exciting huhu
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MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mer 12 Avr - 17:46

Annouille et New-Delhi, suffit de lui baver dessus, maintenant, z'allez tout me le tremper grrrrrr

*met Manek sous clé, voualà mouais
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Delilah Goldstein
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MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Mer 12 Avr - 23:29

Je me serais presque battue pour voler la clef... MAIS le surnom New-Delhi m'a fait beaucoup trop rire Razz fall coeur
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Elijah Fordham
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MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Jeu 13 Avr - 22:41

Re bienvenue Smile
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Manek Kirschnen
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MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Ven 14 Avr - 17:17

Merci, merci I love you

Déjà sous clef ? huhu
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK   Ven 14 Avr - 17:53

Je pense que c'est un détail mais on va attendre quand même notre jolie Ann pour valider hug
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it's just that the moon is full and you happened to call - MANEK
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