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 i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek

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Derek Bullock
Admin papa-poule
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DATE D'INSCRIPTION : 08/02/2016
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MessageSujet: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Dim 16 Avr - 21:07


Il parlait peu d'Angie. A qui que ce soit - même avec Lily. Bien sûr, il tenait à ce qu'elle soit capable de parler de sa mère, même à lui, et il ne fermait jamais la porte lorsque la fillette désirait évoquer sa mère. Mais il n'était jamais celui qui amenait le sujet dans la conversation. Il avait fait son deuil - comment pourrait-il vivre une histoire d'amour avec Mia Hemingway sans cela ? - et il tenait à garder intact le souvenir de sa femme décédée bien trop tôt. Il préférait garder ses souvenirs, les garder pour lui, et pour lui seul. Lily, malgré son jeune âge, avait compris cette importance car elle la partageait. Elle parlait peu de sa mère, mais ils avaient juste à se regarder pour comprendre quand ils pensaient à elle. Elle avait été un roc pour leur famille, elle avait été un boule d'énergie, elle avait été un soleil, elle avait été une tempête. Il était difficile de reprendre le flambeau, Derek ne pourrait jamais le nier. Du jour au lendemain, il avait dû prendre son rôle de père - qu'il jouait déjà fort bien - mais également un rôle de mère pour leur unique fille. Il avait dû affronter le chagrin et la douleur que la mort de la femme qu'il aimait avait laissés en les quittant. Il avait dû garder ses larmes pour lui. Il avait dû garder ses reproches pour lui. Il avait dû camoufler énormément de choses en lui - tellement qu'à présent, c'était devenu une habitude. Il avait dû se montrer fort et responsable, pour Lily. Le chagrin, ils l'avaient partagé tous les deux, chacun à leur manière. Et le chagrin ne devait pas faire partie intégrante de la vie de sa fille - il se l'était promis. Aussi avait-il pris ses affaires, avait dit adieu à leurs vies d'avant et avait choisi de lui en offrir une nouvelle. Sur de bonnes bases. Se créer de nouveaux souvenirs. Se construire une nouvelle famille - à eux deux. Être heureux, comme Angie aurait désiré qu'ils le soient. Il n'avait pas du tout prévu de rencontrer quelqu'un. Il n'avait pas du tout prévu de tomber amoureux de nouveau. Il n'avait pas du tout prévu de se faire tirer dessus. Il n'avait pas du tout prévu de "véritablement recommencer sa vie". Ses projets s'arrêtaient tout bonnement à Lily. Il allait au travail chaque matin pour elle. Il rentrait chaque soir pour elle. Il profitait de chaque instant de sa vie pour elle. Il n'était pas certain de ce que le cours de sa vie aurait été sans Lily à ses côtés. Il n'était pas du genre fataliste, et contrairement à ce que son paternel lui avait constamment répété durant toute son enfance, toute son adolescence - et toute sa vie finalement - il n'était pas de nature faible. Mais il abandonnait facilement, parce qu'il avait rarement confiance en lui, en ses capacités. Dieu seul savait comment aurait été sa vie si LIly n'avait pas été là à la mort d'Angie. Et il n'avait pas envie de se poser la question. Il était là. Elle était là. Et Mia les avait rejoints quelques mois plus tôt. Il lui avait parlé d'Angie. Très peu, mais très bien. Il avait eu envie de se dévoiler à la jeune femme. Il avait eu envie qu'elle apprenne à le connaitre - réellement - tout comme il avait trouvé le désir d'apprendre à la connaitre - réellement. Elle avait été si secrète, si discrète, si réservée, si fragile - pourtant, il avait cerné sa force, cette même force qu'elle semblait penser ne pas avoir en elle. Il avait cerné un passé trouble, un passé compliqué mais il avait trouvé la patience d'attendre, d'attendre qu'elle soit prête à s'ouvrir à lui, d'attendre qu'elle se livre enfin. Il ne voulait pas la forcer à quoique ce soit, il voulait qu'elle se sente suffisamment à l'aise, suffisamment chez elle, pour le faire. Il avait malheureusement fallu que la vérité éclate malgré elle.

Les choses s'étaient vite dégradées par la suite. Derek n'avait jamais eu à affronter le mal. Il n'avait jamais eu à affronter la colère d'un mari jaloux - et surtout d'un homme brisé. Il n'avait jamais eu à faire face à une quelconque arme - pas même dans les pires soirées que les urgences pouvaient vous réserver à l'Hôpital. Il n'avait jamais eu à faire face à la haine et à la folie pure. Il avait pensé être capable de protéger Mia - et de protéger Lily - mais les balles qui avaient percé sa peau lui avait fait comprendre qu'il ne s'agissait pas de vouloir, mais de pouvoir. Il avait voulu jouer les héros, et avait échoué. Il n'y avait que dans les films ou dans les livres que ce genre de choses arrivaient, comprenait-il maintenant. Il avait promis, promis, de ne jamais révéler le nom de Raphaël Grimes à la police ou à quiconque. Il avait promis, promis, de ne pas porter plainte et d'oublier ce qui s'était passé. Mais plus le temps passait, plus cela s'avérait compliqué. Il ne dormait pas bien. Les cauchemars se faisaient nombreux, et de plus en plus intenses. Y avait-il une nuit où il ne se réveillait pas en sursaut, en sueur et la panique au ventre ? Mia était là pour l'apaiser, mais elle ne se doutait pas un instant que ces mauvaises nuits pouvaient être dues à son ex-mari. Il ne souhaitait pas lui mentir, mais il ne souhaitait pas l'accabler davantage non plus. Elle n'était en rien responsable des actes ignobles de celui qu'elle avait choisi pour époux un jour. Elle n'était en rien responsable des blessures qu'il avait cherché à obtenir. Il tentait tant bien que mal de se focaliser sur leur futur, leur avenir ensemble : la maison à choisir, la rééducation à poursuivre pour vite reprendre le travail, l'éducation de Lily. Mais il semblait pas capable de cesser de penser à Raphaël Grimes.

Sortir ce soir était une occasion pour lui. L'occasion de s'évader un peu. L'occasion de se retrouver seul avec ses pensées, et dans la possibilité de faire le tri dans ses pensées. Il avait besoin de réfléchir. Il avait besoin de temps pour lui. Et le surf lui étant inaccessible pour un long moment, il avait choisi l'art. Il avait choisi quelque chose qui le rapprocherait d'Angie. Il avait choisi sa passion à elle pour mieux se ressourcer. C'était sa manière à lui de passer du temps avec "elle". Sa manière à lui d'honorer sa mémoire. Sa manière à lui de lui faire savoir que, même s'il était amoureux, elle ne quittait pas son coeur pour autant. Angie avait été une grande amatrice d'art - et elle avait été longtemps désolée et triste de ne pas être capable de retranscrire sur une toile ce qu'elle aimait tant percevoir dans celles des autres. C'était elle qui l'embarquait dans chaque inauguration, dans chaque galerie, dans chaque musée, dans chaque exposition - l'art était une passion qu'elle avait tenté de lui transmettre. Il ne détestait pas. Il n'y comprenait tout simplement pas grand chose. Il n'avait pas l'oeil critique. Il n'avait pas l'oeil sensible, sans doute. Néanmoins, il ne ratait jamais une exposition quand il y en avait une. Pour elle.

" Magnifique, n'est-ce pas ? " entend-il à sa gauche. Un sourire, un bref regard envers l'homme qui l'accoste. " C'est... " commence-t-il, sans pouvoir continuer sur un mensonge facile. " Je suis désolé, je ne suis pas un grand amateur d'art. Je ne dirais rien qui puisse paraitre intelligent ou logique, je suppose, " rit-il mal à l'aise tout de même. " Mais, je suis d'accord. C'est magnifique, " il ne pouvait pas le nier. Il aimait les couleurs. Il aimait l'originalité des oeuvres. Il ne s'agissait pas de simples portraits. Il ne s'agissait pas d'art abstrait. Il n'avait encore jamais vu de tableaux de la sorte - et ça lui plaisait bien. " Oh, vous savez je n'y connais pas grand chose non plus, " que lui dit le vieil homme en riant. " C'est ma femme qui s'y connait surtout, moi je ne fais qu'apprécier les couleurs et les petits fours, " qu'il lui avoue en insérant l'un des dits fours dans sa bouche. Rires. " Le plus impressionnant dans ces toiles, à mon sens, c'est la jeune femme qui les peints. J'aurais donné ma main à couper qu'il s'agissait d'un peintre fort expérimenté - pour pouvoir exprimer tant de choses en si peu de toiles. Mais non, la jeune femme à l'âge d'être ma fille aussi bien que ma petite-fille, " qu'il rit encore avant de s'excuser, sa femme le cherchant apparemment du regard d'un air contrarié.

Derek se contenta de faire un tour toiles après toiles - une dizaine au compteur - en sirotant un verre de champagne. Être seul ne le gênait pas, car il avait la sensation d'être avec sa femme à cet instant. Et cette impression ne put que s'accentuer quand son regard tomba sur "elle". Il en fit tomber sa coupe de champagne, qui explosa en mille morceaux, répandant son poison sur le sol. Il ne le remarqua pas, trop obnubilé par la jeune femme qui lui faisait face. Il n'entendit pas les personnes autour de lui. Il ne sentit pas les mains se poser sur lui, l'écartant légèrement afin de nettoyer son accident. Il dut paraitre légèrement idiot, ou complètement fou, mais la réalité finit par le rattraper quand il comprit qu'elle lui parlait. " Désolé... je suis sincèrement désolé, " se confond-il en excuses, regardant tout autour de lui et surtout à ses pieds - tout avait disparu. " Je paierai pour le verre, " ne trouve-t-il qu'à dire, stupidement. " Vous... pendant un instant, j'ai cru vous reconnaitre, " lui avoue-t-il. Mais c'était tout bonnement impossible. Car Angie n'avait pas de jumelle. Seulement un sosie, apparemment, un sosie très impressionnant car la jeune femme qui lui souriait lui ressemblait comme deux gouttes d'eau.

De quoi réveiller un mort, non ?



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Nekuia Chopin
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DATE D'INSCRIPTION : 27/03/2017
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Lun 17 Avr - 13:08

i didn't know i could finf you in the art world
Derekounet ∞ Nekiki
Deux semaines...
Cela fait déjà deux semaines que nous nous sommes mariés et je ne sais pas trop quoi en penser. Je pense que lui non plus d'ailleurs. En vérité il y a un nombre incalculable d'émotions qui nous traverse chaque jour, chaque heure, chaque minute même. C'est tout simplement un flot qui ne se contrôle pas, nous faisant passer d'une émotion à une autre à une vitesse incroyable. Il y a tout d'abord la peur, car suite à notre mariage nous faisons bien sûr l'objet d'une enquête. Il y a aussi un certain soulagement qui passe par le fait qu'on se connaît par coeur, que nous vivons ensemble depuis près de sept ans et que cela nous facilite la tâche. Je ressens par moments aussi de la tristesse d'avoir ainsi volé (je ne trouve pas d'autre mot) le mari de ma meilleure amie. Je ressens de la gratitude envers cet homme qui me prouve que je ne suis pas seule, car après tout on a tous des amis il me semble, seulement combien aurait été prêt à faire ce qu'il a fait. J'ai déjà la réponse : Personne. Et puis, même si ce nous n'avons pas ce genre de sentiment l'un envers l'autre, je ressens un profond amour pour lui. Un amour qui dépasse l'amitié, il est bel et bien mon meilleur ami, ma joie, ma peine parfois, mais aussi ma richesse de vie. J'aime ce pays et oui, je veux rester, mais je crois que ce qui me retient le plus ici c'est tout simplement lui.
Mickey Swan.
Mais  pourtant, malgré tout cela, il y a un sentiment qui surpasse un peu les autres et qui fait que par moments je me montre distante ces derniers temps. L'égoïsme. Je me sens tout simplement égoïste d'avoir accepté cette idée folle (même si elle ne venait pas de moi). J'ai l'impression d'une certaine manière d'avoir profité de la situation pedant que j'avais quelqu'un qui me proposait de faire cela, même si bien sûr ce n'est pas le cas. Je crois qu'en fait, je m'en veux le plus pour avoir d'une certaine manière volé l'avenir de mon meilleur ami. D'un côté je me dis qu'on pourra divorcer d'ici quelque temps, mais en attendant... En attendant on doit jouer les couples en public, on doit prétendre être mari et femme, s'aimer. Il doit ainsi prétendre qu'il a trouvé une autre femme assez digne pour avoir son coeur suite à Haley. Et j'ai beaucoup de mal avec cela. Parce que je ne suis pas Haley, je n'ai pas sa beauté, je n'ai jamais eu sa force, j'ai plutôt tendance à fuir quand tout se passe mal. Je n'ai pas son ambition, son humour, sa gentillesse, son amour... En vérité je suis qu'un fade tableau de ce qu'elle a pu être. Je sais, je ne devrais pas me comparer et je suis ma propre personne. Seulement Haley est ce genre de personne qu'on admire et qu'on prend comme exemple afin de devenir une personne meilleure. Et chaque jour, je pense à elle quand je me déshabille et que je vois mon tatouage sagement niché sur mes côtes, proche de mon coeur. Mickey n'a jamais vu ce tatouage, je ne sais pas vraiment comment il réagirait, mais je vois déjà le regard de tristesse qui le traverserait, comme à chaque fois qu'il pense à Haley. Il ne le sait probablement pas, mais moi je sais quand il pense à elle. Cela passe par un léger sourire où il doit sûrement se demander ce qu'elle penserait, ou ce qu'elle ferait. Il y a aussi le sourire mélancolique avec ce regard peu sûr de lui selon la date, l'endroit, ce qu'on peut manger même. Et puis, il y a aussi le froncement de sourcils accompagné de ce fameux regard triste... Je le connais par coeur et je crois qu'il ne peut rien me cacher. J'espère en tout cas être plus discrète et lui cacher plus de choses, parce que je n'aimerais pas savoir qu'il connaît autant mes moments de tristesse, de mélancolie envers la France et mon histoire, des faiblesses de mon histoire.  
Deux semaines...
Je me revois encore dans ma robe trop sexy et indécente pour être porté à un véritable mariage. Je me montrais à la hauteur de Las Vegas, la ville de la démesure et de "je fais ce que je veux". Je me souviens de cette folie qui a semblé nous envelopper jusqu'au voyage de retour où la réalité nous est revenu presque comme une claque. Je me souviens de cette panne d'inspiration qui n'a eu de cesse de croître depuis que j'ai reçu cette fameuse lettre d'expulsion, mais ce dont je me souviens le plus c'est de Mickey qui a encore résolu la solution.

C'est ainsi que j'ai pu sortir une dizaine de toile pour ce vernissage que j'avais promi à mon ami, Stef. Propriétaire de la galerie je lui avais dit que je lui donnerais un nouveau vernissage en avant-première. J'ai l'impression que mes toiles sont un peu plus fissurées, tristes d'un côté mais aussi colériques. Beaucoup d'émotions qui m'ont traversé en peu de temps il me semble. Et je dois avouer qu'au vu du monde à ce vernissage. J'avais peur que personne ne soit là au rendez-vous. C'est idiot, après tout j'ai une bonne côte dans le marché de l'art mais je crois que ces derniers temps je ne suis pas une grande fan de moi-même en fait... Enfin je me contente de déambuler dans la petite galerie, riant avec les invités, leur expliquant, tout en gardant une touche d'énigme, mes toiles. Je bois aussi pas mal de champagne je crois. J'aurais préféré une bière ou un whisky, mais Stef est du genre ultra rafiné et quand j'ai proposé la bière, j'ai cru qu'il allait me demander de sortir... Mais il ne l'a pas dit avant de rire pensant que je blaguais. C'était pas le cas mais bon. Et puis comme ça je vais voir au bout de combien de flûtes je peux être saoule. En tout cas, je suis déjà à ma troisième et je crois que ça monte déjà.  
Soudainement un bruit de verre se fait un peu plus entendre. Tout le monde pose son regard sur l'homme qui a fait tomber sa coupe de champagne et je lève les yeux au ciel. Ils ont tous l'air tellement choqué de ce petit incident que cela me fait rire. Mais je crois aussi que ce rire était un peu nerveux devant l'insistance du regard de l'homme en question.
- Excusez-moi, je dis auprès des personnes avec qui je conversais.
Je m'avance vers le jeune homme non seulement pour l'aider mais peut-être aussi pour briser cette petite gêne qui semble croître.
- C'est bon allez, tout le monde reprend sa discussion, zouh !
Je fais des signes de la main pour qu'ils reprennent le cours de la soirée.
- Désolé... je suis sincèrement désolé.
Je secoue la tête et m'accroupir au niveau de l'homme qui est en train d'essayer de ramasser les bouts de verre à présent. Je viens finalement poser ma main sur la sienne qui semble tremblante (ou troublée).
- Tout vas bien, quelqu'un va venir nettoyer ne vous en faite pas.
- Je paierai pour le verre.
A sa phrase, je ne peux m'empêcher de rire. Je secoue la tête en le regardant droit dans les yeux, un regard profond qui me touche au plus haut point sans que je ne sache pourquoi.
- Vous pensez vraiment que je n'ai pas les moyens de racheter une coupe de champagne, je lui demande taquine. Ne vous inquiétez pas...
Pourtant j'ai l'impression que ce que je lui dis ne le sort pas spécialement de... De quoi au juste ? Sa torpeur, sa surprise, son émotion ? Comme pour le détendre, je laisse échapper ma flûte de ma main valide alors que l'autre se trouve toujours proche de la sienne. Elle se brise en morceaux et j'hausse mes sourcils, retenant un rire.
- Bon... C'est pas sympa pour celui qui va nettoyer mais vous voyez... Pas besoin de s'excuser, je murmure complice.
- Vous... pendant un instant, j'ai cru vous reconnaitre.
Je penche la tête sur le côté le regardant avec plus d'attention pour savoir si oui ou non nous nous connaissons. Seulement son visage ne me dit rien. Un mec aussi mignon je pense que je m'en souviendrais. Je prends une mine un peu désolée parce que j'ai l'impression que la personne qu'il a cru voir est importante.
- Je... Je suis désolée mais... Je ne vous connais pas...
Je finis par me redresser et l'invite à faire de même.
- Vous savez quoi, ça vous dit de prendre une nouvelle coupe, on peut un peu discuter afin de faire connaissance et la prochaine fois, si vous me dites que vous avez cru me reconnaître je pourrais dire que oui, nous nous sommes déjà rencontré, je lui dis avec un grand sourire.
Je ne le drague pas forcément, maintenant que la nouvelle de mon mariage a fait le tour je fais tout pour me montrer telle une femme conquise et éprise de son homme. Mais rien ne m'interdit de faire de nouvelle connaissance. Je m'éloigne un peu de la scène de crime, attrape deux coupes de champagne et lui en tends une.
- Bonsoir, je m'appelle Nekuia. Je suis heureuse de vous recevoir à ce vernissage. Vous êtes ?..
Je lui fais un léger signe de tête comme pour l'inviter à faire de même. Je ne sais pas pourquoi mais cet homme a l'air gentil, et j'ai un bon pressentiment... En espérant que cette fois il ne me fasse pas faux bond.
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Derek Bullock
Admin papa-poule
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Mar 18 Avr - 17:07


Il n'était pas idiot mais avait l'habitude de passer pour l'un d'entre eux - principalement car il ne savait pas feindre l'indifférence quand on le surprenait malgré lui. Et la jeune femme l'avait surpris. Malgré elle. Qui ne le serait pas à sa place ? Elle ressemblait tellement à Angie que c'en était troublant et déstabilisant. La dernière fois qu'il avait vu son visage, c'était quand elle lui souhaitait une excellente journée à l'hôpital, tandis qu'elle prenait ses clés, sa veste et son téléphone avant de partir bosser de son côté. Il n'avait pas eu l'occasion de ma revoir une dernière fois car l'accident avait été plutôt brutal et violent - il ne l'aurait apparemment pas reconnue. Lily et lui avaient donc dû enterrer la jeune femme sans pouvoir lui dire adieu - pas physiquement du moins. Ce fut extrêmement difficile, mais il ne réalisait qu'à cet instant à quel point ce le fut, tandis que son visage lui apparaissait aussi distinctement. Incroyable. Elle croyait à ce genre d"absurdités, elle croyait à la vie après la mort comme elle croyait aux secondes chances. Elle croyait aux extra-terrestres comme elle croyait au fait que l'on avait plusieurs sosies dans le monde. Derek ne croyait généralement qu'en ce qu'il voyait de ses propres yeux. Pouvait-il nier l'évidence ? Pourrait-il jamais plus lever les yeux au ciel quand il penserait aux divagations de sa femme défunte ? Apparemment non. Elle avait eu raison d'y croire. Et il avait eu tort d'en rire ou d'en sourire. Il attendit un instant que son coeur reprenne un rythme normal, ce n'était pas tous les jours qu'il faisait face au fantôme de sa femme. Il ne reprit la parole qu'une fois qu'il fut certain qu'il ne se rendrait pas ridicule. " J'imagine bien volontiers que vous avez de quoi vous en offrir des milliers, " qu'il sourit en grimaçant néanmoins toujours gêné par l'incident. " Je suis généralement plus attentif et moins maladroit, et je déteste me faire remarquer, " qu'il ajoute en jetant des coups d'oeil alentours en rougissant presque. " Cela dit vous les avez renvoyés à leurs affaires comme une reine, " la complimente-t-il, sincèrement impressionné. Il ne lui avait fallu qu'un regard, un geste anodin et une réplique sans réponse attendue pour que les convives retournent à leur petit train de vie. Il admirait ce genre d'aisance, aisance que la jeune femme partageait avec Angie. Ainsi, plus troublant encore elle lui ressemblerait autant physiquement que sur le plan du caractère. De quoi jouer avec des nerfs et ses émotions. Il aurait finalement dû emmener Mia avec lui ce soir, elle aurait été sa bouée de sauvetage, son épaule et son oreille attentive. Elle l'aurait soutenu et lui aurait évité un malaise gênant. Mais elle n'était pas là et il devrait faire avec. " J'avoue que nettoyer du champagne sur ce genre de sol, parsemé de bouts de verre, ce n'est pas une partie de gâteau. Non pas que je sache de quoi je parle, je n'ai jamais brisé de coupe avant ce soir, mais... j'imagine bien, " qu'il se justifie bêtement tout en se relevant. Il ferait mieux de se taire au lieu de parler pour parler et de se rendre plus ridicule encore qu'il ne l'était. Elle avait beau respirer ma gentillesse et la bonté, quand on était face à un idiot on ne pouvait pas prétendre longtemps le supporter plus de cinq minutes. " Non, nous ne nous connaissons pas, je confirme, " qu'il la rassure doucement en souriant. " Mais vous ressemblez énormément à quelqu'un que j'ai connu il y a longtemps. Ce qui explique ma maladresse et ma surprise, " tempère-t-il en comparaison au tsunami qu'il venait de vivre. " Jusque-là, je ne croyais pas aux sosies mais je dois admettre que c'est... surprenant, " qu'il lui avoue en ne la quittant pas des yeux mais en ne la dévisageant pas non plus. Il ne souhaitait pas l'effrayer plus qu'elle devait déjà l'être. Mais à sa proposition il fut soulagé, car si elle lui proposait une nouvelle coupe et une conversation elle ne pouvait décemment pas avoir peur de lui ou le prendre pour un fou. N'est-ce pas ? " C'est le moins que je puisse faire après tout ça, " qu'il accepte d'un geste désolé mais souriant. Comme si ses demandes étaient des ordres, un serveur apparut pour lui offrir une nouvelle coupe et il le remercia avant de saluer la jeune femme. Nekuia. Quelle originalité. Ce prénom lui allait à ravir. " Enchanté, je m'appelle Derek. Derek Bullock. Je ne suis pas peintre. Ni même un artiste je le crains. Pour dire, ma fille de 9 ans parvient plus facilement à dessiner des maisons que moi... " qu'il sourit à cette pensée. " Je ne suis pas non plus un grand amateur d'art, je dois le reconnaître. Mais ces tableaux sont merveilleux... je sais que mon regard simpliste ne changera pas grand chose car j'imagine qu'il y a plus grands amateurs ce soir, mais c'est un travail incroyable, " qu'il la complimente avec sincérité. " En fait, je viens surtout aux divers vernissages pour ma femme, " lui avoue-t-il alors en baissant le regard sur son verre rempli. " L'art était une passion, même si elle était aussi mauvaise que moi, " qu'il rigole. " Elle est morte il y a un peu plus d'un an et... je ne sais pas, continuer à venir c'est comme lui rendre hommage. C'est idiot, je sais, " qu'il enchaîne mal à l'aise en se passant une main dans les cheveux. Mais elle ne semble pas se moquer de lui. " C'est la première fois que j'assiste à l'un de vos vernissages. Première fois que vous exposez ? " choisit-il d'orienter la conversation sur elle et sur son art. Après tout, ils étaient là pour ça.


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Nekuia Chopin
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Dim 23 Avr - 23:32

i didn't know i could finf you in the art world
Derekounet ∞ Nekiki
Je n'ai jamais aimé la gêne. Je crois que plus jeune je ne l'ai jamais vraiment connue. J'ai toujours été du genre autoritaire, si on commençait à se moquer de moi, le simple haussement de sourcils suffisait à faire taire les autres. Je n'ai jamais connu la gêne avant mes 21 ans, dans le salon de ma mère, dans ce que je considérait comme ma maison, quand il m'annonçait qu'il allait épouser celle qui m'a donné la vie. A cet instant je me suis sentie gênée d'être sa fille, gênée d'avoir été sa fiancée, gênée de lui avoir donné de mon temps, donné de mon amour, gênée de lui avoir confié mon cœur. Je me demande même si le mot est correct. Car dans le fond ce que j'ai surtout ressentie, ce que je ressens toujours d'un certain côté, c'est la colère. La colère de m'être fait berné, d'avoir cru en cet homme, en colère de lui avoir dit oui, en colère qu'elle ait dit oui, le regret de ne pas l'avoir castré avant de partir. Et puis dans tout cela reste un fond de tristesse que je cache, car j'ai l'impression de vivre cela comme une faiblesse. Je ressens la tristesse de ne pas avoir été assez pour cet homme, la tristesse de me sentir (doublement) abandonné, la tristesse de ne plus savoir ce qu'est l'amour et d'avoir une trouille monstre d'aimer à nouveau. C'est peut-être ça la gêne dans le fond. Le mélange de sentiments forts qui crées en nous ce pincement au cœur.
Non.
Je n'ai jamais aimé la gêne et c'est pour ça que je la chasse quand celle-ci se glisse à mon vernissage qui est censé être un jour de fête (et puis y'a buffet à volonté). A quoi bon laisser les regards s'attarder, les personnes juger, les paroles se moquer. C'est pour ça que je fais tout pour mettre l'homme qui me fait face à l'aise. Cela passe par mon humour particulier (on dira), mais au moins il est singulier.
- Je suis généralement plus attentif et moins maladroit, et je déteste me faire remarquer.
Cette reflexion me lâche un léger un léger rire.
- C'est râté.
- Cela dit vous les avez renvoyés à leurs affaires comme une reine.
Un nouveau rire alors que je me recoiffe de façon exagérée.
- Et bien merci. Être l'artiste donne des privilèges, mon mauvais caractère passe pour de la torture d'esprit que je reflète dans mes toiles. Cela passe mieux auprès de ces personnes, je lui murmure complice.
Surtout quand on est ce genre de personne à casser sa flûte de champagne exprès pour mettre la personne plus à l'aise. Oui, vraiment  pas cool pour le garçon qui allait nettoyer, mais je me promets intérieurement de lui laisser un joli pourboire.
- J'avoue que nettoyer du champagne sur ce genre de sol, parsemé de bouts de verre, ce n'est pas une partie de gâteau. Non pas que je sache de quoi je parle, je n'ai jamais brisé de coupe avant ce soir, mais... j'imagine bien
- Vraiment ? Pas de vaisselles brisées ? J'ai pris un plaisir monstre à lancer des choses sur mon ex, chance pour moi c'est lui qui a dû nettoyer.
Je crois que je passe pour un monstre, mais dans le fond c'est qui je suis alors autant assumer complètement. Et puis il était assez con...
On finit par se redresser et alors qu'il m'avoue avoir cru me reconnaître, je lui fais part de ma surprise. Non je ne le connais pas, un visage comme le sien ça ne s'oublie pas.Non seulement une beauté qu'il ne faut négliger, il y a quelque chose dans son regard qui m'interpelle, quelque chose que je voudrais presque peindre car il reflète beaucoup de choses, sans pour autant que je puisse le capturer.
- Non, nous ne nous connaissons pas, je confirme. Mais vous ressemblez énormément à quelqu'un que j'ai connu il y a longtemps. Ce qui explique ma maladresse et ma surprise.
Oh... Oh je vois, on m'a déjà dit m'avoir déjà vu, mais en général c'est sur google ou encore dans les articles qui peuvent apparaître de ci et là. Mais il me dit clairement que non alors je suis maintenant curieuse.
- Jusque-là, je ne croyais pas aux sosies mais je dois admettre que c'est... surprenant.
Cette fois je fronce les sourcils.
- Je ressemble tant que cela à cette personne que vous connaissez, je demande curieuse.
Finalement je lui propose de me présenter de la meilleure des façons, de façon officielle. Je lui propose alors un verre cela peut ainsi permettre de bien commencer une rencontre non ? Plutôt que de casser du verre.
- C'est le moins que je puisse faire après tout ça.
Je lui donne alors une coupe et me présente rapidement, attendant qu'il fasse de même.
- Enchanté, je m'appelle Derek. Derek Bullock. Je ne suis pas peintre. Ni même un artiste je le crains. Pour dire, ma fille de 9 ans parvient plus facilement à dessiner des maisons que moi...
J'hoche la tête retenant chaque information.
- Oh, vous avez une fille, elle a quelle âge ?
Et voilà que mon instinct maternel est là. Je viens de me marier, mais avoir un enfant ne fait clairement pas partie de notre avenir. Est-ce que cela fait partie de mon avenir seulement...
- Je ne suis pas non plus un grand amateur d'art, je dois le reconnaître. Mais ces tableaux sont merveilleux... je sais que mon regard simpliste ne changera pas grand chose car j'imagine qu'il y a plus grands amateurs ce soir, mais c'est un travail incroyable.
- Vous savez Derek, il ne faut pas être amateur d'art pour savoir l'apprécier. L'art est là pour faire ressentir des choses, cela passe par le regard, l'ouïe, ou encore le toucher, mais le plus important est que ça passe par là, je lui murmure en posant un doigt sur son cœur. Si j'arrive à vous faire ressentir un frisson, du dégoût, de l'adoration, de la haine ou encore que sais-je de l'admiration, du bonheur, un moment de paix, alors je peux dire que j'ai réussi ma toile. Chaque toile à son histoire, la mienne, celle qu'on me dévoile, mais au final chacun à sa vision de la même toile. C'est ce que je trouve fascinant dans l'art, je lui confis un peu nostalgique, regardant un instant mes toiles. Vous devez simplement laisser parler votre cœur.
- En fait, je viens surtout aux divers vernissages pour ma femme.
S'il a une petite fille, avoir une femme me semble logique.
- En fait, je viens surtout aux divers vernissages pour ma femme. L'art était une passion, même si elle était aussi mauvaise que moi. Elle est morte il y a un peu plus d'un an et... je ne sais pas, continuer à venir c'est comme lui rendre hommage. C'est idiot, je sais.
Je le regarde un instant, désolée. Je pourrais lui donner mes condoléances,mais qu'est-ce qu'il s'en fout d'avoir des condoléances d'une parfaite inconnue. Je me contente alors de secouer la tête à nouveau (je sais je le fais beaucoup).
- Ce n'est pas idiot. Je trouve que c'est une belle preuve d'amour et de fidélité. C'est rare pour les hommes, je grogne presque avant de secouer la tête. Pardonnez-moi... Disons que celui que je pensais être l'homme de ma vie m'a montré la pire facette de l'homme en me trompant...
Je ne sais pas pourquoi je lui dis ça. J'ai l'impression que comme il vient de se confier à moi, je dois faire la même d'une certaine manière.
- C'est la première fois que j'assiste à l'un de vos vernissages. Première fois que vous exposez ?
Je prends une gorgée de ma flûte avant de marcher doucement, passant d'une toile à une autre.
- Non cela fait des années. J'exposais même en France quand j'y étais encore. J'expose dans cette ville depuis plusieurs années maintenant. J'aspire à ouvrir ma propre galerie, non seulement pour exposer mais pour aussi aider les jeunes artistes prometteurs que personne ne veut exposer. Je sais ce que c'est de ne pas être vraiment compris en tant qu'artiste, on a toujours besoin de quelqu'un pour donner sa première chance, je lui confesse.
Je lui parle beaucoup pour quelqu'un que je connais à peine, pourtant j'ai l'impression que je peux tout lui dire et qu'il sera à l'écoute, et je crois que j'en ai besoin en ce moment.
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Mar 2 Mai - 9:10


Il avait déjà rencontré des artistes, en accompagnant sa femme aux divers vernissages dont elle raffolait. Il avait déjà discuté avec certains d'entre eux, ou avait pu les écouter parler pendant de longues minutes - trop longues, tellement qu'il avait eu l'impression qu'ils parlaient pendant des heures. Certains avaient été adorables, drôles et attachants. D'autres avaient été désagréables, hautains et trop fiers pour qu'il puisse les apprécier ou même apprécier leur art - ce qui lui avait paru étrange car ces peintres avaient une renommée certaine. Sa femme disait souvent qu'il était trop sensible et qu'il ne pouvait pas accorder de l'importance aux personnes qui semblaient capables des pires vices dans ce bas-monde. Il ne comprenait pas ce que cela voulait dire, mais elle lui avait assuré que c'était un compliment. Il était entier et vrai, sincère et honnête. Il savait apprécier la valeur des gens, et de ce que leurs actes - à travers les arts ou autres - révélaient à leur sujet. Leur âme. Sombre. Complexe. Douce. Apeurée. Sensible. Mystérieuse. Perturbée. Fière. Orgueilleuse. Généreuse. Honnête. Sincère. Fidèle. Trompeuse. Peu importait qui peignait, il semblait plus empathique avec l'être humain qu'avec son art - aucun doute, il avait choisi le bon métier. Quand il regardait le travail de la jeune femme, il percevait une âme généreuse. Une âme sensible. Pleine de surprises. Et il lui suffisait de la regarder dans les yeux pour savoir que ses œuvres reflétaient entièrement sa personnalité. Il n'était pas flic et n'était pas du genre à jurer que son instinct ne le trompait jamais... mais il le trompait rarement. Un sourire fendit ses lèvres en imaginant la jeune femme lancer des assiettes à travers la pièce. Il avait bien évidemment connu des disputes avec Angie. Plus d'une et parfois des très orageuses. De celles dont on se demande si l'amour peut les vaincre et les anéantir. Mais jamais aucune vaisselle n'avait eu à subir leur colère. " C'était plutôt le silence et la bouderie pour elle, l'indifférence et la patience pour moi, " lui avoue-t-il alors en grimaçant légèrement. Le silence et la bouderie de sa femme lui manquaient parfois. Elle lui manquait souvent. Dernièrement, il aurait tant aimé qu'elle puisse connaître Mia. Aussi étrange et complètement dingue que l'idée paraisse, il savait qu'elles auraient été de grandes amies dans une autre vie. " Cela dit, je ne sais pas encore pour les assiettes. Ça peut toujours arriver je suppose, il ne faut jamais dire jamais à ce qu'il paraît, " dit-il alors en se relevant pour lui faire de nouveau face. Si elle ressemblait à ce point à Angie ? Il aurait été capable de lui montrer une photo sur son téléphone pour le lui prouver - mais il craignait de l'effrayer. Aussi se contenta-t-il d’acquiescer en souriant légèrement. " A quelques détails près, votre ressemblance est plutôt impressionnante. Au point d'en lâcher une coupe de champagne, " conclut-il en acceptant la nouvelle coupe offerte. Parler de Lily lui met du baume au cœur même pour quelques secondes seulement. " Elle a 9 ans. Bientôt 10, qu'elle aime me le rappeler. Un âge où l'on commence à croire que l'indépendance est à portée de mains et qu'on n'a plus besoin de personne pour nous surveiller, " rit-il malgré tout. Lily et lui auraient toujours ce lien spécial et unique et seraient toujours très proches, il n'en doutait pas. Mais il avait conscience que le temps passait et qu'un jour, elle s'envolerait. Mais il n'était pas prêt pour ça. Pas encore. Elle avait encore besoin de lui et aurait encore besoin de lui pendant un long moment - voire même toute sa vie aimait-il à penser. S'il ne considérait plus ses propres parents comme indispensables à sa vie, il comptait bien l'être pour sa fille. Il était même fier de leur relation, fier de ne pas avoir suivi le chemin que ses parents avaient choisi avec lui : l'égoïsme et l'indifférence.

Il appréciait sa façon de voir les choses et de défendre la critique comme l'appréciation de son public. Il était entièrement d'accord avec elle. Chacun interprétait comme il le souhaitait la beauté d'un tableau, d'une chanson ou d'un roman. Il pouvait percevoir la beauté des couleurs, la beauté des reflets et ressentir ce qu'il avait envie de ressentir face à une toile - ce n'était pas bien grave si d'autres en avaient une autre vision. Il s'était toujours tu et n'avait jamais exprimé ce qu'il ressentait lors de ces vernissages avec Angie, car il craignait principalement qu'elle ne rit de lui ou qu'elle lui rappelle qu'il n'y connaissait rien. " Vous savez que vous n'êtes pas nombreux à penser ainsi, " lui dit-il en souriant. " J'ai rencontré quelques-uns de vos collègues pendant quelques années, et beaucoup étaient susceptibles ou grincheux quand il s'agissait de leur travail. Ce que je peux comprendre, c'est toujours un peu délicat que d'exposer au monde quelque chose que l'on a créé et qui fait partie de nous finalement. Je ne me connais aucun don d'artiste - excepté de surfer des vagues, " ajoute-t-il en riant légèrement, modeste. " Mais ces toiles ont quelque chose d'incroyable. Qu'est-ce qui vous inspire ? Qui vous inspire plutôt, car il y beaucoup de portraits j'ai l'impression, " qu'il demande curieux et sincèrement intéressé par la réponse. " On dit souvent que l'amour, et les peines de cœur surtout, sont source d'inspiration des plus grandes œuvres. Je suis désolé que vous ayez dû vivre ce genre de déceptions, cela dit. L'amour peut être compliqué parfois, " et si les choses avaient été plutôt simples et translucides entre sa femme et lui, il était fortement au courant de la complexité de l'amour aujourd'hui en étant amoureux d'une femme mariée à un homme violent, un homme qui lui avait tiré dessus. Deux fois. Un homme qui vivait parmi eux sans craindre la venue de la police car il avait choisi de se taire pour protéger celle qu'il aimait. Oh que oui, il savait que l'amour pouvait être compliqué. " Je ne crois pas avoir été à l'un de vos vernissages alors, ce qui me surprends mais je suis infirmier et je ne choisis pas toujours mes horaires, " grimace-t-il l'air désolé et faussement fataliste. " C'est une réussite en tout cas. Pour la première fois en près de 10 ans, j'ai même l'envie d'investir et d'acheter un tableau... " avoue-t-il les yeux fixés sur la toile représentant une femme de dos, les cheveux au vent et respirant la liberté mais également comme un poids sur les épaules. Elle lui rappelait Mia. " Premier tableau acheté, ma femme serait estomaquée. Et ravie. Grâce à vous, je peux même nettement la visualiser, " qu'il ajoute en la regardant de longues secondes avant de détourner les yeux. " Je suis désolé, je ne voudrais pas vous mettre mal à l'aise ou même vous retenir plus longtemps. Vous devez avoir pas mal de monde à saluer. Comment doit-on procéder du coup ? J'achète maintenant, je récupère plus tard ? " finit-il par demander en passant une main dans des cheveux sauvages.


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Nekuia Chopin
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Mer 3 Mai - 20:35

i didn't know i could finf you in the art world
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C'est assez amusant de parler de vaisselle cassée lors d'un vernissage. Pas mal de personnes connaissent mon caractère bien trempé, mais je sais me montrer agréable et gentille quand la situation s'y prête. Comme en cet instant. Je suis venue en aide auprès de cet homme et parler avec lui est agréable. Même si c'est pour dire que j'ai déjà lancé de la vaisselle sur l'un de mes ex, ce que je ne dis pas c'est que ça m'a fait un bien fou. Cette vaisselle était d'un laid en plus, j'ai fait une pierre deux coups.
- C'était plutôt le silence et la bouderie pour elle, l'indifférence et la patience pour moi, cela dit, je ne sais pas encore pour les assiettes. Ça peut toujours arriver je suppose, il ne faut jamais dire jamais à ce qu'il paraît.
Je pouffe de rire en hochant la tête.
- Je ne vous le souhaite pas tout de même. C'est agréable sur le coup, mais c'est parce qu'on est très en colère contre l'autre... Je ne souhaite pas vivre cela avec mon... mari, je murmure ne me faisant pas encore à ce titre pour Mickey.
Je lui demande finalement si je ressemble tant à la personne qu'il connaît.
- A quelques détails près, votre ressemblance est plutôt impressionnante. Au point d'en lâcher une coupe de champagne.
Je penche la tête sur le côté, c'est quand même troublant effectivement. Je lui parle finalement de sa fille. C'est ainsi, si j'ai presque fait un trait sur le fait d'avoir un enfant, je ne peux m'empêcher de sentir mon instinct maternel se réveiller.
- Elle a 9 ans. Bientôt 10, qu'elle aime me le rappeler. Un âge où l'on commence à croire que l'indépendance est à portée de mains et qu'on n'a plus besoin de personne pour nous surveiller.
Je ne peux m'empêcher de rire. Quel enfant n'a jamais connu ça. Ma grand-mère avait pour habitude de me dire à mes 9 ans que j'allais avoir un âge à deux chiffres, un âge de grand par conséquent. C'est vrai que c'est le moment où on peut aller à l'avant de la voiture, où on entre au collège, ce genre de chose... C'est un sentiment quand même de liberté, même s'il a raison sur un point, on croit qu'on n'a plus besoin, mais c'est à cet instant qu'on a besoin le plus.
Nous en venons à parler de l'art ensemble. Il est vrai que je ne connais pas cet homme depuis longtemps, mais je peux le dire clairement, je crois que je l'apprécie beaucoup. Il a une façon innocente de dire les choses, il semble amusant et plus que ça, il semble simple. Je ne dis pas ça dans un sens péjoratif, mais bel et bien dans le sens où la vie ets ainsi et qu'il ne faut pas aller chercher plus loin pour être heureux. Je dois avouer que notre conversation me plaît. Souvent, dans ce genre de vernissage s'y trouvent des personnes pompeuses qui viennent parler d'art comme s'ils étaient l'artiste. Il y a aussi les septiques qui ne comprennent pas et remettent tout en question. Et puis il y a ceux qui savent ouvrir les yeux.
Dans l'art de toute façon, pour beaucoup il y a deux catégories : Le beau et le laid, le chef-d'oeuvre et la merde.
Moi je pense qu'il faut voir au-delà de cela et tenter de comprendre pourquoi cette toile nous touche et pourquoi celle-là nous fait juste nous dire "oulala on croirait un gros caca" "Moi aussi je suis capable de faire ça" BA FAIT LE (sujet sensible). Seulement ce genre de réflexion ne marche que sur très peu d'individus, ce qui rend certainement l'art plus beau car plus rare à comprendre. Car après tout, l'art se regarde certes avec les yeux, mais il se vit avec le cœur.
- Vous savez que vous n'êtes pas nombreux à penser ainsi.
Je ris en hochant la tête.
- Je sais oui, et c'est bien malheureux...
- J'ai rencontré quelques-uns de vos collègues pendant quelques années, et beaucoup étaient susceptibles ou grincheux quand il s'agissait de leur travail. Ce que je peux comprendre, c'est toujours un peu délicat que d'exposer au monde quelque chose que l'on a créé et qui fait partie de nous finalement. Je ne me connais aucun don d'artiste - excepté de surfer des vagues.
Wow, il sait surfer. Alors là j'admire, parce que moi, bon je n'ai jamais essayé, mais je suis presque certaine que je tomberais bien trop souvent.
- Mais ces toiles ont quelque chose d'incroyable. Qu'est-ce qui vous inspire ? Qui vous inspire plutôt, car il y beaucoup de portraits j'ai l'impression. On dit souvent que l'amour, et les peines de cœur surtout, sont sources d'inspiration des plus grandes œuvres. Je suis désolé que vous ayez dû vivre ce genre de déceptions, cela dit. L'amour peut être compliqué parfois
- Je veux représenter la vie et quoi de mieux que de représenter la vie elle-même dans ces conditions. Ce sont des portraits de personnes qui m'ont raconté l'histoire, de personnes vues dans la rue, il y en a de moi aussi, et de mon mari par moments. Je dois vous avouer que j'étais en panne d'inspiration pour ce vernissage. Mais mon mari est passé par-là, et pour cette fois, je parle beaucoup de notre histoire. Vous avez raison, l'amour peut-être compliqué parfois, mais il peut aussi se montrer sous de beaux jours et nous prouver que nous ne sommes pas aussi seuls que nous voulons le croire, je lui murmure complice.
Car ce qu'a fait Mickey pour moi, je ne l'oublierai jamais, et je ne sais toujours pas comment le remercier assez pour cela. Je ne sais pas si je pourrais par ailleurs le faire un jour.
Je parle finalement de mes expositions précédentes à sa demande. Il est vrai que je commence à en avoir fait un petit paquet, mais ce n'est pas pour cela qu'il faut se reposer sur ses lauriers.
- Je ne crois pas avoir été à l'un de vos vernissages alors, ce qui me surprends mais je suis infirmier et je ne choisis pas toujours mes horaires. C'est une réussite en tout cas. Pour la première fois en près de 10 ans, j'ai même l'envie d'investir et d'acheter un tableau...
J'hausse mes sourcils avant de prendre une gorgée.
- Et bien, je peux dire alors que ce vernissage est une réussite Monsieur ?
C'est vrai ça, je ne sais même pas comment il s'appelle ! Mais je sais qu'il a un super métier, bien plus important que le mien, une petite fille, une femme qu'il aimait et qu'il n'est pas adepte du jeté de vaisselle sur les gens.
Je suis son regard finalement vers un tableau qui me fait sourire timidement. C'est moi, libre de pouvoir rester ici, mais portant le poids de ce mariage ainsi que la liberté de Mickey. Je m'en veux encore, et je pense que je m'en voudrais toujours un peu. J'ai toujours cette sensation d'avoir trahi Haley, mais aussi Mickey d'une certaine manière (même si, il faut le dire, c'était son idée). La voix de mon interlocuteur me ramène à la réalité :
- Premier tableau acheté, ma femme serait estomaquée. Et ravie. Grâce à vous, je peux même nettement la visualiser.
Je souris grandement avant de cligner un peu des yeux. Est-ce que cette femme à laquelle je ressemblerais serait sa femme. Oh bon sang... C'est tellement triste, tragique aussi... Je me sens presque désolée de lui ressembler, désolée de l'avoir rencontré pour rouvrir une plaie dans son cœur. Son regard reste sur moi et je comprends que j'ai vu juste. Je me sens un peu rougir, son regard est un peu insistant et en sachant cela, je ne sais plus vraiment comment me tenir.
- Je suis désolé, je ne voudrais pas vous mettre mal à l'aise ou même vous retenir plus longtemps. Vous devez avoir pas mal de monde à saluer. Comment doit-on procéder du coup ? J'achète maintenant, je récupère plus tard ?
Je secoue la tête.
- Vous ne me dérangez pas. En fait, vous payez le tableau ce soir, et vous le récupérerez la veille de mon prochain vernissage où j'espère vous revoir par ailleurs.
C'est sincère. Les rencontres sont parfois trompeuses, mais celle-ci est plutôt intéressante, amusante et puis j'aime bien discuter avec cet homme. Je crois que j'aimerais bien le revoir afin que l'on puisse discuter plus amplement.
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Ven 14 Juil - 14:00


Depuis qu'il était devenu père - et certains s'amuseraient à dire depuis toujours - Derek se montrait toujours raisonnable. Organisé. Droit. Rationnel. Il n'était pas du genre frivole. Il n'était pas de ceux qui se montraient instables et incapables de respecter ses positions et d'assumer ses responsabilités. S'il faisait un choix, il le faisait jusqu'au bout, sans regret. S'il prenait une décision, il s'y tenait - que ce soit juste ou pas. En règle générale, il considérait toujours l'opinion de sa fille comme étant vitale et nécessaire. Il lui demandait toujours son avis, que ce soit pour le boulot, pour leur lieu de vie, pour leurs vacances, pour le cinéma, pour la musique. Et si Lily n'avait pas été à l'aise avec Mia aussi naturellement, il ignore comment il s'en serait sorti. Il préférait d'ailleurs ne pas y penser. Sa fille et la femme qu'il aimait s'adoraient et partageaient un lien unique. Qu'aurait-il pu demander de plus ? Alors qu'il imaginait sa vie brisée à la suite de la mort d'Angie, il avait été bouleversé par la venue de Mia dans la leur. Était-ce de la folie ? Était-ce absurde ? Était-ce mal et inapproprié ? Aurait-il dû attendre plus longtemps encore avant de succomber et d'offrir son coeur ? Était-ce précipité ? Pourquoi se posait-il toutes ces questions maintenant, des semaines après avoir été grièvement blessé par l'homme qui la martyrisait et après avoir réalisé à quel point il avait besoin d'elle ? Pourquoi ces doutes ? Pourquoi ces remises en question ? A cause d'elle. Parce qu'en une fraction de seconde, il l'avait revue. Parce qu'il n'aurait jamais cru la revoir un jour. Parce que son visage le hantait. Parce qu'il ne pensait qu'à elle. Angie. Bien sûr, il pensait souvent à elle. Bien sûr, il penserait toujours à elle. Elle était la mère de sa fille, son premier amour et sa plus grande perte. Elle était sa meilleure amie et sa confidente. Et il retrouverait toujours de sa femme en Lily. Mais avoir pu la voir à cette exposition l'avait bouleversé plus qu'il ne le pensait et ne l'aurait dû. Sur le coup, il avait été surpris, choqué et perdu avant de retrouver ses esprits. Depuis, il se surprenait souvent à penser à elle. Angie. Non. Nekuia. Parfois, il réalisait l'absurdité de ses réflexions. Parfois, il savait qu'il délirait et que son obsession n'était rien d'autre qu'une obsession. Inappropriée. Malsaine. Et inconvenante. La jeune artiste ne semblait pas éprouver la réciproque par-dessus le marché, et lui-même savait au fond de lui que cette obsession n'était pas réelle. Angie était morte et ne reviendrait pas. Jamais. Angie les avait quittés. L'avait quitté.

Et tandis qu'il était persuadé d'avoir fait le deuil de sa défunte femme, il prenait conscience qu'il en était encore bien loin. Bien sûr, il aimait Mia. Il avait reçu deux balles dans le corps pour la protéger, par amour. Il avait hâte de partager sa vie officiellement, de trouver leur foyer et pourquoi pas d'agrandir leur famille... Mais penser à la jeune artiste au visage d'Angie le troublait et l’inquiétait quelque peu. A ses yeux, ce n'était pas normal et ce n'était pas anodin. Cela voulait forcément dire quelque chose, mais quoi ? Qu'il se trompait sur ses sentiments ? Que Mia n'était pas celle avec qui il devait envisager sa vie ? Que le destin avait placé Nekuia sur son chemin pour le tester ? Pour le tenter ? Pour lui faire comprendre que jamais il ne parviendrait à oublier Angie, à refaire sa vie ? Des jours qu'il pensait trop. Des jours qu'il se posait trop de questions existentielles. Et on osait dire que les femmes se prenaient plus la tête que les hommes ? Foutaises. Il pouvait leur arriver de se prendre la tête eux aussi. Malheureusement. Et Derek, aussi intelligent et adorable qu'il pouvait être, n'échappait pas à la règle. Du mieux qu'il le put, il évitai d'en parler à Mia - encore moins à Lily. Sa rééducation lui prenait beaucoup de temps, la douleur et la fatigue le gagnaient souvent et il lui était plus facile de se cacher derrière ces tracas plutôt que d'assumer ses interrogations et le trouble qui l'habitait depuis qu'il avait rencontré Nekuia Chopin. Artiste, quand sa femme aurait adoré en être une. Cela faisait beaucoup de similitudes, le perturbant plus encore. Oh non. Il n'avait rien dit à Mia. De convainquant comme il le pouvait que tout ça finirait par passer. Mais plus les jours passaient, plus le doute et l'obsession s'installaient. Vicieusement. Indéniablement. Jusqu'à ce qu'il aille chercher l’œuvre qu'il avait choisi de se procurer pour leur nouvelle maison. Pour leur futur commun. Un nouveau départ. Une nouvelle vie. Et dieu savait à quel point il s'en voulait de douter autant de ce futur pourtant désiré. C'est donc le coeur lourd et le ventre crispé de culpabilité qu'il se rend à la galerie pour récupérer son dernier achat. Il n'en avait pas parlé à Mia non plus. Il souhaitait lui faire une surprise. Goujat. Valait-il mieux qu'un Raphaël Grimes ? A cet instant, il en doutait. A cet instant, il lui aurait même demandé de me flinguer encore une fois - histoire de le secouer et de le sortir de sa torpeur. Nul doute qu'il en aurait été ravi... " Bonjour, je m'appelle Derek Bullock, j'étais au vernissage il y a une semaine et j'ai... " Boom. De nouveau. Elle apparaît et son monde explose en mille morceaux. Elle apparaît et son coeur se serre. Il lui sourit pourtant quand elle avance vers lui, elle-même souriante et charmante. " Bonjour, " répète-t-il alors à la jeune femme, délaissant la vendeuse. " Je venais pour mon tableau. Je m excuse de ne pas avoir ou venir plus tôt, j'ai eu peu de temps libre ces derniers jours, " entre chercher une maison, éduquer une petite fille, faire sa rééducation comme il se doit et aimer une femme qui n'a jamais vraiment su ce qu'aimer voulait dire. " Vous avez l'air en forme. De nouveau inspirée ? " lui demande-t-il en la regardant de ses habits plus softs et parsemés de peinture. Elle était superbe. Et il ne réalisait pas que l'amour et la passion ne l'habitaient pas en la regardant, ne pensant qu'au fait qu'elle lui rappelait tellement sa femme.




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Nekuia Chopin
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Mer 19 Juil - 21:29

i didn't know i could finf you in the art world
Derekounet ∞ Nekiki
Je vais souvent à la galerie, non seulement pour préparer une exposition mais aussi voir les ventes que j'ai faites. On pourrait dire que je suis une femme d'affaires d'une certaine manière, même si je comprends pas toujours ce que je dois faire. Au moins une chose est certaine, c'est que je fais le métier que j'aime par-dessus tout. Ma peinture ne se comprend pas toujours, ou alors les interprétations sont plus farfelues les unes que les autres, mais je vis de ma peinture, et ca c'est plus fort que tout.
Aujourd'hui je suis de nouveau dans la galerie, nous discutons du nombre de toiles que je dois faire d'ici le mois prochain. En général, il me donne un nombre et je dois l'avoisiner le plus possible. Le directeur sait que je suis une âme libre et parfois rebelle, que j'en fais principalement à ma tête. J'ai de la chance, il sait que ce n'est pas dû à un manque de travail de ma part. Et alors qu'on discute, Mickey tourne autour de moi comme un pauvre chien affamé... Ouais je sais j'exagère, mais il a vraiment super faim, je lui ai promis de manger avec lui ce midi et du coup le voilà en train de m'attendre. Et alors que je termine de parler avec le directeur le voilà qui joue les mari parfait. C'est perturbant à certains moments, mais aussi agréable je dois l'admettre... Depuis combien de temps je n'ai pas connu cette tendresse et cette sensation d'être la seule aux yeux d'un homme... Mais merde je dois me ressaisir ça va pas la tête... Mais quand il enlace ses bras autour de mon ventre, embrassant ma tempe je crois que je suis en train de fondre. Bon sang Nekuia, il va falloir que tu aies une bonne discussion avec toi-même, comme par exemple que Mickey est ton meilleur ami ! Il a beau sentir bon, être beau et... Bon sang il me câline... FAIBLE NEKUIA !
Je lève les yeux au ciel, grogne et me retourne vers lui. Il m'imite sans aucune classe et je grogne à nouveau.
- Nekiki, t'es pas un ours et moi, j'ai une faim de loup !
Je me pince les lèvres, il se croit drôle c'est presque mignon... PRESQUE.
- Minikiki, tu as besoin de plus que manger pour faire grossir tout ca, je dis en laissant ma main glisser de ses pectoraux, suivant la ligne très dangereuse que j'aimerais bien griffer pendant qu'il est nu au-dessus de m... OK, on se calme tout de suite.
- Bonjour, je m'appelle Derek Bullock, j'étais au vernissage il y a une semaine et j'ai...
Je me tourne alors que je reconnais le jeune homme. J'ai l'impression que c'est un signe de Dieu, de quoi me calmer avant notre repas.
- Tu sais quoi, tu vas nous réserver une table et j'arrive d'ici quinze, vingt minutes ok ?! C'est moi qui paye !
Je crois que cet argument lui permet de ne pas trop râler.
- File chéri au sexe petit, je dis avant de me mettre sur la pointe des pieds et l'embrasser rapidement.
Je ne devrais pas je sais... Mais vous avez vu ses lèvres, elles appellent à les embrasser c'est pas ma faute ! Et puis on joue un rôle là ! Je ne m'attarde pas sur sa réaction, non seulement sur le surnom qui a dû l'outrer mais aussi sur le baiser, et me dirige vers Dereck.
- Bonjour !
- Bonjour. Je venais pour mon tableau. Je m excuse de ne pas avoir ou venir plus tôt, j'ai eu peu de temps libre ces derniers jours.
Je secoue la tête comme pour le rassurer.
- Oh ne vous excusez pas, vous l'avez payé ce tableau est à vous, je dis en souriant.
- Vous avez l'air en forme. De nouveau inspirée ?
Je me tourne rapidement, à temps pour voir Mickey sortir de la galerie.
- Je crois que j'ai trouvé ma source d'inspiration...
Merde, je ressemble à l'une de ses filles fleurs bleues... Je me fais pitié moi-même c'est terrible !
- Et vous, comment allez-vous ? Vous avez trouvé de la place pour le tableau, je demande en riant.
Il est vrai qu'en général il l'accroche, ou alors... Non je sais même pas quoi dire d'autre, je ne veux pas y penser je pense.
- En tout cas je suis contente de vous recroiser.
Et c'est sincère, il a été le seul à être sincère ce soir-là, ne jouant pas aux faux-semblants et c'est ce que j'ai adoré chez cet homme que je connais à peine.
- Vous voulez peut-être de l'aide pour le tableau ?
Après tout, il est grand et puis, peut-être qu'on se sentira un peu plus à l'aise car c'est toujours difficile quand on se connaît à peine.
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Mar 1 Aoû - 16:29


Pourquoi était-ce si compliqué ? Pourquoi s’infligeait-il tout ce mal ? Pourquoi se posait-il toutes ces questions, sans qu’aucune réponse ne puisse convenir ? Pourquoi se sentait-il coupable de revenir ici ? Pourquoi se sentait-il coupable de penser à la jeune peintre ? Pourquoi se sentait-il si perdu ? Pourquoi était-il si bouleversé, à tel point de se montrer distant envers celle qu’il aimait ? Derek n’avait jamais été homme à se poser des questions existentielles, encore moins à se prendre la tête là où les problèmes n’avaient pas lieu. Pourtant, depuis qu’il avait rencontré Nekuia Chopin quelques jours plus tôt, il ne se reconnaissait plus. Certes, la jeune femme ressemblait fortement à Angie. Certes, cette vision l’avait troublé et l’avait ramené dans un passé qu’il avait tenté d’oublier depuis plusieurs mois maintenant. Mais cela ne justifiait absolument pas son comportement et ces diverses émotions qui l’assaillaient depuis. Mia ne comprenait pas. Mia ne pouvait pas comprendre. Lui-même ne comprenait pas. Lui-même était incapable de poser des mots sur ce qu’il ressentait. Peut-être avait-il besoin de temps ? Peut-être avait-il besoin de solitude ? Peut-être avait-il besoin de faire le deuil – officiellement et concrètement. Car tous ces souvenirs qui revenaient en vrac dans sa tête et dans son cœur, tous ces souvenirs lui faisaient comprendre qu’il n’avait jamais réellement eu l’occasion de faire le deuil de sa femme. Elle était morte, et on avait attendu de lui qu’il soit un roc. Pour lui, mais encore plus pour Lily. A présent, il était confronté à un chagrin qu’il ne parvenait pas à contenir. Un chagrin qui le submergeait. Un chagrin qui prenait trop de place, trop d’un coup. Et revoir la jeune peintre, c’était comme revoir Angie encore une fois. Il avait savoir que c’était mal, malsain et malhonnête envers Mia – qu’il aimait vraiment profondément – il ne pouvait pas se contrôler. Pas encore. Il remettait toujours au lendemain sa bonne conduite et sa bonne conscience. Demain. Demain, il ne penserait plus à elle. Demain, il aurait accepté la perte définitive de sa femme. Demain, il reprendrait ses esprits. Demain, il oublierait Nekuia et sa ressemblance troublante avec Angie. Demain. Mais il ne pouvait pas ignorer le léger coup de poignard qu’il perçut lorsque la jeune femme embrassa un autre homme. C’était ridicule, il le pensa très fort. Ridicule. Il ne pouvait pas être jaloux. Il ne devait pas être jaloux. Nekuia n’était pas Angie. Cette vérité le frappait de plein fouet, et l’accabla d’autant plus. Le poids des remords et de la peine sur le cœur et sur les épaules, il trouva tout de même le courage et la force de sourire et de cacher les apparences. « Je ne pensais pas tomber sur vous, » qu’il ment honteusement. Il espérait bien tomber sur elle. « Vous peignez ET vous vendez ? Ou j’ai énormément de chance ? » qu’il plaisante en se raclant la gorge. « L’amour est une excellente inspiration, c’est certain, » qu’il murmure plus pour lui-même en regardant dans le vague, derrière la porte de laquelle le jeune homme berçant les nuits du sosie d’Angie était sorti. La jeune peintre le sortit de sa torpeur, lui demandant s’il avait trouvé de la place pour le tableau. Il n’osa pas lui dire qu’il n’en avait pas parlé à sa compagne – quelle honte ! – et préféra contourner la vérité. « Nous sommes en pleine recherche de maison… du coup, je dirais que c’est en attente. Mais je compte bien choisir une maison où je pourrais l’exposer comme je le veux, » ajoute-t-il avec un sourire sincère. Qu’elle soit le sosie ou pas de sa femme défunte, qu’elle le perturbe ou qu’elle le hante, cela ne changeait rien à son talent et au fait qu’il appréciait sincèrement ses œuvres. Touché qu’elle soit si heureuse – oui, d’accord, le mot est peut-être un peu fort – de le recroiser lui mit du baume au cœur. Il souhaitait prolonger ce moment, prolonger cette absurdité, prolonger ce rêve, prolonger l’illusion. « Plaisir partagé, » qu’il ne trouve qu’à répondre. « Je suis garé juste devant, je pense que ça devrait aller. Merci de proposer, » qu’il lui dit tout en l’observant comme la première fois qu’il l’avait vue. Voyant un léger malaise dans son regard, il secoue la tête et sourit comme pour s’excuser. « Je suis désolé, j’ai recommencé. Je ne veux pas vous effrayer, » qu’il commence à lui dire tout en prenant le dit-tableau sous le bras – emballé et bien protégé. « Je suis incapable de l’expliquer, mais croyez-moi… je ne suis pas un fou, et encore moins un déjanté qui vous harcèle, » tient-il à la rassurer avant qu’elle ne s’imagine avoir affaire à un fan psychopathe. Peut-être bien que le seul moyen de passer à autre chose et de se libérer de cette emprise était de tout lui raconter ? « Écoutez... est-ce que vous seriez libre pour boire un verre ? Un café ? » lui propose-t-il soudainement, décidé à mettre un terme à son fardeau et ce chaos émotionnel.


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Nekuia Chopin
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Dim 6 Aoû - 17:47

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Je dois avouer que je ne sais vraiment comment agir face à cet homme. Si je n'ai aucune gêne, le fait de savoir que je ressemble à sa femme me fait parfois rougir. Je n'ose imaginer ce qu'il ressent quand il me voit, encore plus lorsque je viens d'embrasser celui qui est censé être mon mari. Je vois bien qu'il fait en sorte de le cacher, mais je le connais ce regard de jalousie. J'ai eu le même envers mon ex-fiancé avec ma mère. Malgré le fait que je le haïssais, mon cœur me trahissait toujours. Il battait pour cet homme qui l'avait pourtant écrasé.
Je fais comme si je n'avais rien vu, je ne veux pas le mettre mal à l'aise et m'avance vers lui.
- Je ne pensais pas tomber sur vous.
C'est certain que je ne reviens pas souvent dans les galeries, disons que les chances de tomber sur moi hors expositions est de 1 sur 10, 10% quoi (Captain Obvious).
- Vous peignez ET vous vendez ? Ou j’ai énormément de chance ?
Je ris en secouant la tête.
- Vous avez beaucoup de chance, mis à part lors des expositions je reviens pas très souvent ici.
Il me demande alors si j'ai retrouvé l'inspiration et je ne peux m'empêcher de tourner la tête vers Mickey. Je ne devrais peut-être pas, pourtant c'est comme un réflexe lorsqu'on me parle d'inspiration. Parce que, même s'il ne s'en rend pas compte, il est ma source principale d'inspiration, ma muse. Je crois que je lui dirais jamais.
- L’amour est une excellente inspiration, c’est certain.
Je me tourne rapidement vers lui avec une immense envie de rire. L'amour ?! Mais je me retiens, me souvenant qu'on est censé jouer un couple. Mais est-ce vraiment de l'amour... Tous les peintres ne tombaient pas amoureux de leurs muses... Mais elles finissaient souvent dans le lit... Merde...
Avant de me sentir devenir encore plus rouge qu'une tomate, je lui demande comment il va et parle du tableau et de sa future place au sein de sa maison.
- Nous sommes en pleine recherche de maison… du coup, je dirais que c’est en attente. Mais je compte bien choisir une maison où je pourrais l’exposer comme je le veux.
- Et bien, je suis honorée que ce tableau fasse partie de votre nouvelle vie alors.
D'usage, et aussi parce que c'est vrai, je lui dis que je suis heureuse de le revoir. Malgré une certaine gêne dûe au fantôme qui semble flotter autour de nous. Je propose même de l'aider pour ce qui est du tableau mais il décline. C'est vrai qu'il est juste grand, mais dans le fond pas lourd (ou juste à la longue). Je ne me montre pas aussi polie avec les gens, au contraire je suis plutôt bourru, mais avec lui c'est différent. On ne se connaît pas beaucoup, et pourtant j'ai presque l'impression de le connaître depuis des années. C'est peut-être une certaine familiarité qui règne entre nous, passant par sa défunte femme ? Bon sang, c'est d'un compliqué les relations humaines. Encore plus quand son regard s'attarde sur moi de manière trop familière certainement. J'imagine ce qu'il pense et me mordille un peu la lèvre inférieure.
- Je suis désolé, j’ai recommencé. Je ne veux pas vous effrayer.
Le fait qu'il s'en rende compte me fait rire un peu.
- C'est vrai que c'est spécial, mais... je ne peux pas imaginer ce que vous ressentez en me voyant... J'en serais presque désolée mais... Je déteste dire ce mot, je dis en fronçant le nez, un peu taquine.
- Je suis incapable de l’expliquer, mais croyez-moi… je ne suis pas un fou, et encore moins un déjanté qui vous harcèle.
Je lui souris sincèrement en hochant la tête.
- Je vous crois, sinon je peux autant vous dire que je sais parfaitement viser l'entre-jambe, je dis riant à nouveau.
Il va me prendre pour une folle lui par contre.
- Écoutez... est-ce que vous seriez libre pour boire un verre ? Un café ?
Je cligne rapidement des yeux prise au dépourvu. Prendre un café... Je suis en train de penser au fait que j'avais dit à Mickey qu'on mangeait ensemble ce midi. Je ne sais pas pourquoi mais je ressens tout de même l'envie de prendre un café avec lui, certainement parce que ça le rendrait triste que je lui dise non. Bon sang, depuis quand je retrouve des émotions comme ça ! Où est passé la reine des glaces qui envoie chier les gens. Enfin bon le pauvre il a rien fait... mais je pourrais lui dire de prendre un café un autre jour... Mais en même temps, je me dis que si j'accepte pas maintenant, je risque de le perdre... Trop de réflexion ! Tout ceci en quelques secondes avant que je ne lève un doigt devant moi, signifiant ma réflexion.
- Je dois passer un coup de fil... Et après on pourrait se manger un p'tit truc ?
Je m'éloigne finalement et appelle Mickey qui grogne en entendant que je suis encore dans la galerie.
- Écoute, je t'avais promis ce midi qu'on mangeait ensemble mais j'ai un imprévu.
- Oh Nekiki tu crains !
- Ouais, mais promis, je t'invite la prochaine fois, on va où tu veux, tu prends tout ce que tu veux.
- Même si je prends double menu.
Je lève les yeux au ciel.
- Je sais que tu lèves les yeux au ciel.
Et je recommence.
- Ouais, double, même triple menu.
- Deal !
Je raccroche alors, satisfaite. Je sais que la note sera salée mais bon, au moins il me fait pas la gueule. Je reviens alors vers Dereck.
- Et bien, je suis prête !
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Mar 8 Aoû - 13:52


« Pourquoi je ne peux pas venir avec toi ? Pourquoi on ne peut pas venir avec toi ? » lui avait-elle demandé de ses grands yeux noisettes. Du haut de ses presque 10 ans, Lily était une petite fille vive et très intelligente – non seulement on le lui répétait sans cesse quand il allait la récupérer à l’école, mais comme tout parent qui se respecte, Derek la considérait comme la plus incroyable des petites filles. Elle avait toujours eu l’esprit vif. Elle avait toujours su quoi dire, quoi faire dans n’importe quelle circonstance. Elle avait surmonté la perte de sa maman comme si elle avait toujours su faire, et c’était sans doute grâce à elle qu’il avait réussi de son côté à faire le deuil de sa femme. « Parce que c’est un soir d’école, ma chérie. Et que ce n’est pas aussi merveilleux que tu ne l’imagines. Il n’y a pas de confiseries, de glace ou de boissons pour enfants dans ce genre d’endroit, » lui mentit-il légèrement pour lui couper l’envie de sortir. Bien sûr, cela ne fonctionnerait pas et il détestait l’idée de lui mentir ainsi, mais il détestait encore plus l’idée de la laisser triste. L’art était quelque chose qu’ils avaient partagé avec Angie, et c’était quelque chose tout aussi important aux yeux de Lily. « Tu sais, papa, je n’y comprends pas grand-chose non plus. Mais ça me rappelle un peu maman… » l’amadouait-elle d’une main de maître. Il ne put que lui adresser un sourire attendri en fermant les yeux. « Je te promets de t’emmener la prochaine fois, mon cœur. Pour ce soir, c’est trop tard – je n’ai qu’une seule entrée. Et je te promets de ne plus y aller seul, » et il tiendrait promesse car elle venait de lui briser le cœur en mille morceaux. Maintenant, il se sentait coupable. Coupable de ne pas la laisser partager ce souvenir avec lui. Coupable de ne pas partager ce souvenir avec elle. Coupable de vivre ce moment seul, sans elle. Coupable. Coupable. Coupable. « Je te rappellerai ta promesse, compte sur moi, » qu’elle en rajouta une couche en se mettant au lit. Il ne put que rire, car il ne doutait pas un instant qu’elle saurait le lui rappeler mot à mot. Il sorti de sa chambre pour laisser place à Mia qui continuait à lui lire une histoire chaque soir avant d’aller se coucher. « Je ne rentrerai pas tard, promis, » adressa-t-il à la jeune femme avant de la prendre dans ses bras et de lui adresser un léger baiser. Un sourire. Une caresse sur la joue. Un moment tendre. Un moment unique. Un moment qu’il ne pensait pas revivre un jour. Et il descendit pour prendre la route et aller à ce vernissage qu’Angie aurait sans doute adorer. Mia comprenait son besoin d’y aller seul. Elle comprenait son besoin de se retrouver « avec sa femme ».

Mais comprendrait-elle qu’il ait besoin de revoir Nekuia ? Comprendrait-elle qu’il lui cache cette terrible vérité ? Réalité ? Lui-même ne comprenait pas son attitude. Lui-même savait parfaitement que son comportement n’était pas normal, ni anodin. Lui-même avait compris que reconstruire sa vie n’était pas aussi simple qu’il l’aurait tout d’abord pensé. « C’est assez incompréhensible pour moi aussi, je vous assure. Mais malgré tout, je n’ai pas à vous dévisager de la sorte et je n’ai pas à vous… inviter, » se perdait-il dans ses excuses. L’inviter à boire un verre, un café ou même un repas – il n’avait pas à le faire. Non seulement parce qu’elle n’était pas « libre », mais surtout parce que lui non plus ne l’était pas. Pire encore, il omettait la vérité à Mia. Il ne lui mentait pas, non. Il en était incapable. Mais il contournait la vérité, pour ne pas avoir à parler de ses doutes et de ses interrogations. « Ça me rassure quelque peu que vous sauriez vous défendre si jamais je devais dépasser une limite – mais à part vous regarder sans penser à elle, je vous promets que je ne suis pas un danger public, » se sent-il obligé de la rassurer de nouveau. Il savait encore se contenir, fort heureusement. Il la laissa passer son coup de téléphone et en profita pour emporter le tableau dans son coffre, sa voiture garée juste devant l’entrée. Il eut le temps de s’éclaircir les idées et de se secouer un peu intérieurement. « Je vous remercie d’avoir accepté mon invitation, surtout si vous aviez d’autres projets. Je vous promets de ne pas vous retenir plus que nécessaire… » commençait-il à dire tout en se ravisant quant à la suite de sa phrase. Il aurait tout le temps de mieux s’expliquer pendant le repas après tout. « Est-ce que vous avez une envie particulière ? Italien ? Chinois ? Japonais ? Indien ? » lui demanda-t-il tout en marchant le long du trottoir. Ce qu’il y avait de bien à Los Angeles, c’était que l’on pouvait choisir son menu comme on le désirait sans avoir à utiliser forcément la voiture – surtout en plein centre-ville.

Une fois le restaurant choisi et la commande passée, Derek put enfin poser les mots sur ce qu’il avait besoin de dire. « Je n’ai pas l’habitude d’inviter des femmes à manger un morceau, même en tout bien tout honneur, » plaisante-t-il bêtement. « J’ai le sentiment que je vous dois une explication. Ou je crois que j’ai besoin de m’expliquer, de poser des mots sur ce que je ressens… et il n’y a qu’à vous que je peux les dire, » car il n’avait rien dit à la femme de sa vie, rien dit à la femme qui partageait sa vie, son lit et son monde. « Comme je vous l’ai dit, j’ai perdu ma femme il y a presque deux ans. Et jusqu’au vernissage, j’étais persuadé d’avoir fait mon deuil. D’avoir tourné la page. D’avoir accepté sa disparition, » commença-t-il doucement. Les mots sortaient plus facilement qu’il ne l’aurait cru. Il espérait que la suite serait tout aussi simple. « Depuis que je vous ai rencontrée, je pense beaucoup à elle. Trop à elle. Et je crois que… je crois que le deuil est plus complexe que je ne l’aurais cru, » rit-il légèrement malgré lui.




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Nekuia Chopin
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Mar 8 Aoû - 19:26

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Derekounet ∞ Nekiki
J'ai de la chance que Mickey ne m'en veuille pas, en même temps en lui proposant de payer la prochaine fois, il va pas me lâcher avant d'avoir eu son dû. Je sais que je ne dois rien à cet homme seulement d'une certaine manière son histoire me touche. Ce n'est pas de sa faute si je ressemble à sa femme (ce n'est pas ma faute non plus.) Je n'imagine même pas ce qu'il doit ressentir en me voyant et puis, je me sens presque coupable d'avoir été aussi proche de Mickey alors qu'il nous regardait. Enfin après je sais que je dois vivre et je pense qu'inconsciemment je voulais lui rappeler que je n'étais pas sa femme et que j'ai une vie moi aussi. Je crois que j'ai aussi accepté parce que dans son regard j'ai senti qu'il en avait presque besoin. Je ne suis pas une sainte, je suis plutôt du genre à envoyer chier les gens mais cet homme a quelque chose de différent.
- Je vous remercie d’avoir accepté mon invitation, surtout si vous aviez d’autres projets. Je vous promets de ne pas vous retenir plus que nécessaire…
Je lui souris amusée. Maintenant que j'ai annulé au contraire, autant abuser de ma présence je pense.
- Est-ce que vous avez une envie particulière ? Italien ? Chinois ? Japonais ? Indien ?
Je réfléchis un instant, concentré. Il ne le sait pas mais la nourriture c'est sacré pour moi. On marche sur le trottoir et je regarde partout autour de nous. En même temps, il y a beaucoup de restaurant dans cette rue pleine de vie.
- J'ai bien envie de manger Italien, je dis pleine d'entrain en montrant du doigt la devanture du restaurant.
C'est presque en sautillant que je m'y dirige. Il va sûrement me prendre pour une folle mais bon, je n'ai pas à me cacher avec lui ou a prétendre être une autre. S'il veut apprendre à me connaître, autant lui montrer ma folie tout de suite. Après tout, je suis une artiste, tout le monde sait que les artistes sont tarés.
On nous installe, on choisit nos plats et nous voilà en tête à tête. C'est presque intimidant et je dois avouer que je ne sais pas vraiment quoi dire. Par chance, il prend la parole le premier et cela me rassure.
- Je n’ai pas l’habitude d’inviter des femmes à manger un morceau, même en tout bien tout honneur, j’ai le sentiment que je vous dois une explication. Ou je crois que j’ai besoin de m’expliquer, de poser des mots sur ce que je ressens… et il n’y a qu’à vous que je peux les dire.
Cela me fait sourire et m'attendrit à nouveau, tout comme cela me rend presque triste.
- Vous n'avez pas à vous excuser. Je ne suis pas certaine non plus que vous me devez des explications mais, si cela peut vous soulager d'une certaine manière n'hésitez pas, je suis là, je dis en souriant.
Je ne sais pas si ce que je dis peut le rassurer, je ne suis pas vraiment une psychologue et je suis nulle pour écouter les gens, mais parfois cela me permet de ressentir de nouvelle chose si j'ose dire. Cela peut même m'inspirer dans mes peintures, même si cela passe plutôt par le regard que la parole.
- Comme je vous l’ai dit, j’ai perdu ma femme il y a presque deux ans. Et jusqu’au vernissage, j’étais persuadé d’avoir fait mon deuil. D’avoir tourné la page. D’avoir accepté sa disparition. Depuis que je vous ai rencontrée, je pense beaucoup à elle. Trop à elle. Et je crois que… je crois que le deuil est plus complexe que je ne l’aurais cru.
Je me mordille la lèvre inférieure un peu gênée. C'est quand même beaucoup de pression ce genre de chose. Je réfléchis un peu à ce que je pourrais dire qui pourrait lui permettre de se sentir en paix avec cette situation. Je décide alors de laisser parler mon cœur.
- Je pense qu'on ne peut jamais vraiment faire le deuil d'une personne aimée. On vit avec, on apprend à avancer chaque jour avec l'absence de cette personne. J'ai l'impression que quand vous parlez de ce deuil vous trouvez que c'est une mauvaise chose. Je trouve au contraire cela presque poétique. Vous savez, je connais quelqu'un qui a perdu sa femme, une histoire d'amour tellement belle que j'ai toujours rêvé de vivre cela...
J'allais dire que c'était mon ami mais je fais bien d'en parler de façon évasée puisque je parle en fait de mon "mari".
- Cela fait bientôt huit ans qu'elle nous a quitté et il n'y a pas un jour où il ne pense pas à elle. Je le soupçonne de lui raconter chaque soir sa journée. Vous avez raison sur un point, le deuil est très complexe et je crois qu'on ne le fais jamais réellement. Peut-être aussi que notre rencontre est due au destin d'une certaine manière. Vous avez moins pensé à elle et elle a voulu vous rappeler qu'elle veillait toujours sur vous et votre famille , je dis en souriant.
Un peu tiré par les cheveux, mais peut-être que cela peut l'apaiser sur le fait qu'elle veille sur lui et que penser à elle n'est pas un crime, bien au contraire.
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Sam 12 Aoû - 17:46


« Je pense qu'on ne peut jamais vraiment faire le deuil d'une personne aimée. » Non. C’était une évidence. Il le savait. Mais il espérait qu’avec le temps, les choses seraient plus faciles. Il avait cru que les choses seraient plus simples. « On vit avec, on apprend à avancer chaque jour avec l'absence de cette personne, » continuait-elle sur sa lancée. Plus elle parlait, plus il l’écoutait. Plus elle parlait, plus il la regardait. Plus elle parlait, plus il voyait Nekuia, et moins il percevait Angie sous ses traits. « J'ai l'impression que quand vous parlez de ce deuil vous trouvez que c'est une mauvaise chose ». Peut-être bien. Bon sang, peut-être bien. Il avait le sentiment que penser à Angie et leur passé, c’était comme tromper et faire du mal à Mia. Il avait l’impression qu’il n’avait plus le droit d’aimer sa femme, parce qu’il devait à présenter en aimer une autre. Peut-être était-ce également pour cela qu’il se montrait plus distant et hésitant avec la jeune femme. « Je trouve au contraire cela presque poétique. Vous savez, je connais quelqu'un qui a perdu sa femme, une histoire d'amour tellement belle que j'ai toujours rêvé de vivre cela... » qu’elle continue de lui raconter et lui de boire ses paroles, parce qu’elles l’apaisent et le soulagent. Parce qu’elle a le don de voir à travers lui et de comprendre ce que lui ne semble pas capable de comprendre depuis quelques temps. « Cela fait bientôt huit ans qu'elle nous a quitté et il n'y a pas un jour où il ne pense pas à elle ». L’idée que le temps n’efface pas les souvenirs le rassure et l’effraie en même temps. Peut-être était-ce normal, finalement. Peut-être était-il destiné à aimer deux femmes à la fois ? Lui qui imaginait cela impensable. « Je le soupçonne de lui raconter chaque soir sa journée ». Elle avait sans doute raison. Il lui arrivait de raconter sa journée à Angie avant – avant Mia, après Mia. Il lui arrivait souvent de lui demander conseil – dans sa tête, à voix haute. Il lui arrivait souvent de se demander ce que ferait Angie, ce que penserait ou conseillerait Angie. C’était plutôt logique quand on savait que sa femme avait tendance à tout gérer, tout manipuler, tout prendre en charge. « Vous avez raison sur un point, le deuil est très complexe et je crois qu'on ne le fait jamais réellement. Peut-être aussi que notre rencontre est due au destin d'une certaine manière, » qu’elle finit par conclure. Le destin, c’était sans doute le mot juste. Le destin avait une drôle de façon de vous tester. De vous défier. « Vous avez moins pensé à elle et elle a voulu vous rappelez qu'elle veillait toujours sur vous et votre famille, » qu’elle aime à imaginer et cela le fait sourire. Oui, l’idée était attrayante et intéressante. L’idée était plus que plaisante même. Savoir que sa femme ne serait jamais loin d’eux, ni de lui, ni de Lily, était une chose à laquelle il pensait souvent. Une chose qu’il répétait souvent à sa fille – au début, c’était surtout pour apaiser la peine de Lily, pour la rassurer et lui dire que sa maman ne la quitterait jamais. N’était-ce pas ce que tout père responsable devait faire ? Mais le pensait-il réellement quand il le lui disait ? Il n’y avait jamais vraiment réfléchi jusque-là. Aujourd’hui, peut-être bien y croyait-il lui aussi. Peut-être avait-il besoin d’y croire. C’était assez déstabilisant d’y croire, de se dire que les personnes que l’on a aimées et qui nous ont quittées sont toujours là, quelque part, à veiller sur nous. A rire de nos bêtises. A pleurer nos erreurs. « Merci, » lui dit-il alors après plusieurs secondes, voire même minutes, de réflexion et d’un silence apaisant. « Ces derniers jours, j’ai été incapable de penser correctement. De mettre de l’ordre dans mes idées. En quelques phrases, vous êtes parvenue à mettre des mots quand moi je n’y arrivais pas, » rit-il d’un rire léger et gêné. « Angie est la première personne que je perds, » lui explique-t-il alors. « Je veux dire, je n’ai pas connu mes grands-parents, ils étaient déjà décédés quand je suis né. C’est… ma première perte. Et mes parents ont été incapables de me soutenir comme ils auraient dû, incapables de m’expliquer comment on devait surmonter une telle perte. Du coup, je me suis toujours dit que c’était dur. Insoutenable. Mais que le temps apaisait le chagrin. Et qu’on finissait par oublier la douleur, » qu’il essaie de mettre des mots sur ce qu’il n’a pas su dire depuis quasiment deux ans. « Je pensais sincèrement y être parvenu, surtout grâce à ma fille – il me fallait être fort pour elle, non ? Puis, j’ai rencontré Mia et les choses ont été si faciles. Si simples. Si… naturelles ? » qu’il essaie de faire comprendre malgré lui. « Alors quand je vous ai vue et… » il imite le geste d’une bombe qui explose comme pour signifier que ce jour-là, son univers a basculé et tout a été bouleversé. « J’ai réalisé que rien n’était jamais aussi simple. Que ça ne le serait jamais. Et je crois que je n’y étais pas du tout préparé, » qu’il conclut finalement en terminant son verre. Mia l’était-elle, elle ? Préparée ? Etait-il possible qu’elle puisse aimer deux hommes à la fois, finalement ? Pouvait-il l’accepter ? La différence était que son mari était toujours vivant et en pleine santé – façon de parler. Mais pouvait-il se permettre de juger ? La réponse était évidente. Non. « Vous dites que vous rêveriez de connaitre ce genre d’amour, éternel… n’êtes-vous pas amoureuse en ce moment ? Je veux dire… les étoiles dans vos yeux sont difficiles à louper, » qu’il décide d’orienter la conversation sur elle. Il estimait avoir suffisamment parlé de lui et de ses problèmes existentiels. Elle en avait sans aucun doute suffisamment entendu. « Le lion que je vous ai acheté… vous l’avez imaginé, ou vous l’avez peint tout en lui faisant face ? Parce que je le trouve fascinant… quasiment réel, » lui demande-t-il alors.

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Nekuia Chopin
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Dim 20 Aoû - 22:08

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Derekounet ∞ Nekiki
Parler avec cet homme me rappelle des souvenirs que j'ai pu vivre. Cela passe par le fait d'avoir été plaqué par mon fiancé... ou du moins d'avoir plaqué mon fiancé qui me trompait avec ma mère. Mais cela passe aussi par l'histoire de Mickey et d'Haley. Cette histoire si belle, si pure. Dès que je les ai rencontré, je les ai détesté d'être aussi beau... Et j'ai fini par les aimer de s'aimer autant. Ils m'ont tout simplement prouvé que tous n'étaient pas comme Jason et que l'amour véritable existait. Jusqu'à la fin, Haley n'a cessé de me dire que je trouverais quelqu'un, que je ne devais pas perdre espoir. Et me voilà maintenant marié à son mari pour rester dans ce pays... Vous parlez d'une histoire d'amour...
Je lui ouvre un peu mon cœur, lui avouant sans vraiment me rendre compte que j'ai toujours rêvé de vivre ce qu'ils ont vécu, de trouver cette personne qui fait que la vie vaut d'être vécu, cette personne même qui nous fait pousser des ailes et pour laquelle on se dit qu'on donnerait absolument tout... Techniquement, avec Mickey cela marche, mais il y a une différence... Nous ne sommes pas amoureux... Du moins, je me rends compte qu'en ce moment cela reste assez ambigu mais au fond de moi je me dis que je n'ai pas le droit de faire cela... Et puis je ne vais pas me mettre à penser à cela maintenant parce que sinon je risque de me taper la tête contre la table et de faire peur (très peur) à Derek.
Je lui parle alors du destin, de ce destin si drôle, ironique même, de nous faire nous rencontrer à un moment où il pensait avoir tourné la page. C'est pas très sympa, mais peut-être une manière subtile de lui rappeler que jamais il ne pourra réellement tourner la page, et qu'il n'a pas vraiment à le faire. Tout comme son enfant. Personne ne peut oublier une personne aussi importante qu'une femme et une maman. Et ce n'est pas parce qu'il va de l'avant qu'il doit se sentir coupable, au contraire. Je pense que sa femme est fière de lui et qu'elle est heureuse de le voir heureux, tout simplement.
Une fois que j'ai fini ce long monologue (bon sang, je parle trop), il me remercie et je me dis alors que j'ai bien fait. Il avait besoin d'entendre ce genre de chose que personne ne semblait lui dire. Il est parfois difficile de mettre des paroles sur des situations aussi compliquées. Il me l'explique bien assez par la suite, j'ai mis des mots alors qu'il n'y arrivait pas. C'est normal je pense. Quand on est aux premières loges comme il a pu l'être, comme il l'est encore, il est tellement difficile de tout prendre en compte, de tout comprendre aussi. Je suis une étrangère et, allez savoir pourquoi, on arrive toujours à cerner des petits trucs qui échappent à la personne. Comme se rendre compte que le deuil ne part jamais.
- Angie est la première personne que je perds. Je veux dire, je n’ai pas connu mes grands-parents, ils étaient déjà décédés quand je suis né. C’est… ma première perte. Et mes parents ont été incapables de me soutenir comme ils auraient dû, incapables de m’expliquer comment on devait surmonter une telle perte. Du coup, je me suis toujours dit que c’était dur. Insoutenable. Mais que le temps apaisait le chagrin. Et qu’on finissait par oublier la douleur.
Je l'écoute sans l'interrompre, me sentant désolé devant cette détresse que je ressens. Surtout envers cette famille qui n'a su le soutenir. Parfois on se sent tellement impuissant face à une douleur si grande. J'ai pu le comprendre quand Haley nous a quitté. J'étais présente pour Mickey mais au début c'est comme s'il ne me voyait pas. Et puis j'ai fini par me taire est juste être là. C'est tout ce qu'il lui fallait, savoir qu'il n'était pas seul.
- Je pensais sincèrement y être parvenu, surtout grâce à ma fille – il me fallait être fort pour elle, non ? Puis, j’ai rencontré Mia et les choses ont été si faciles. Si simples. Si… naturelles ? » qu’il essaie de faire comprendre malgré lui. « Alors quand je vous ai vue et… J’ai réalisé que rien n’était jamais aussi simple. Que ça ne le serait jamais. Et je crois que je n’y étais pas du tout préparé.
J'hoche la tête en signe de sympathie.
- Je n'ose imaginer ce que vous avez ressenti... Je crois aussi qu'on n'est jamais assez prêt pour ce genre de situation, mais le fait est que vous vous deviez de vivre ça tôt ou tard je pense. Ne prenez pas ça comme une malédiction, chérissez plutôt son souvenir et ne l'oubliez jamais. Si votre cœur se serre, c'est normal, si les larmes vous montent aux yeux parfois, laissez les couler car c'est que votre cœur déborde un peu et qu'il a besoin de place à nouveau.
Je ne me pensais pas aussi romantique et fin psychologue. A croire que lui aussi fait ressortir quelque chose de bien en moi.
- Vous dites que vous rêveriez de connaitre ce genre d’amour, éternel… n’êtes-vous pas amoureuse en ce moment ? Je veux dire… les étoiles dans vos yeux sont difficiles à louper.
Je cligne des yeux rapidement sans comprendre. Bien sûr il doit parler de mon « mari » mais... Des étoiles dans les yeux, vraiment ?! Et puis au vu de sa question je me rends compte de ma bourde. J'ai parlé comme Nekuia Chopin, et non comme Nekuia Chopin marié Swan. Je décide alors de laisser parler mon cœur, sans même vraiment savoir ce qu'il va en ressortir.
- Vous savez cet homme dont je vous ai parlé qui a perdu sa femme... Et bien c'est mon mari... Je sais que je ne devrais peut-être pas penser ainsi mais je les ai vu, je les ai aimé ensemble... Quand elle est morte il a perdu la femme de sa vie... Je ne suis pas elle... Je ne le serais jamais tout comme je ne serais jamais cette personne spéciale dans son cœur... Certes, bien sûr que j'ai une place mais... Je ne serais jamais la femme de sa vie, juste une fille qu'il a aimé un peu plus que les autres, mais jamais plus qu'elle...
Je me surprends à détourner un peu le regard, surprise de dire ce genre de chose et le pensant réellement. Il a aimé Haley d'une telle force. Je ne suis pas le genre de femme qu'on aime à ce point-là. Je suis celle qu'on épouse parce que sinon elle quitte le pays, celle qui fait rire ou qui fait chier... Mais je ne suis pas celle qu'on aime d'un amour inconditionnel... Je le sais, et je crois que j'ai fait le deuil d'une belle histoire d'amour comme la leur...
- Le lion que je vous ai acheté… vous l’avez imaginé, ou vous l’avez peint tout en lui faisant face ? Parce que je le trouve fascinant… quasiment réel.
Je souris à nouveau à sa question en secouant la tête.
- Disons que j'ai travaillé sur l'anatomie du lion, une fois la chose maîtrisée, j'en ai fait ce que je voulais. Une créature magnifique mais déstructurée, passant du dominateur au roi se souciant de sa famille, au roi tout simplement. Merci du compliment en tout cas, je réponds en souriant sincèrement.
C'est plaisant de discuter avec lui, je me rends compte qu'à part avec Mickey, je me livre difficilement à ce point-là. Le pouvoir de parler à un étranger certainement...
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Hier à 9:28


« Je n'ose imaginer ce que vous avez ressenti... Je crois aussi qu'on n'est jamais assez prêt pour ce genre de situation, mais le fait est que vous vous deviez de vivre ça tôt ou tard je pense, » qu’elle l’apaise et le réconforte. Il avait pourtant déjà bien conscience de cet état de fait, mais il avait besoin de l’entendre de la bouche de quelqu’un d’autre. Pourquoi pas de celle qu’il aimait ? Pourquoi pas de ceux qui l’entouraient ? Il l’ignorait. Il avait bien trop honte sans doute pour oser en parler à ses proches. Trop peut d’être jugé. Trop peur de faire de la peine. Au final, il se faisait du mal à lui tout seul, comme un grand. « Ne prenez pas ça comme une malédiction, chérissez plutôt son souvenir et ne l'oubliez jamais, » qu’elle continue de l’apaiser, de le réconforter. Ces paroles lui font du bien. Ses conseils lui font du bien. Ses mots le réveillent d’une rêverie sans fin. Ils sonnent comme un coup de fouet en plein cœur. « Si votre cœur se serre, c'est normal, si les larmes vous montent aux yeux parfois, laissez les couler car c'est que votre cœur déborde un peu et qu'il a besoin de place à nouveau. » C’était beau. C’était vrai. C’était sincère. C’était réel. Il avait les larmes au bord des yeux, c’était un fait. Il avait le cœur qui se serrait, c’était un fait. Il avait parfois mal dans la poitrine, d’une douleur si intense qu’il avait envie de hurler. Mais il se retenait depuis si longtemps. Ce n’était pas forcément simple de se laisser aller, surtout pas en présence d’une charmante inconnue qui semblait si bien le comprendre. Aussi les larmes restèrent silencieuses et aveugles à tous – à tous, sauf elle. « Se laisser aller. Exprimer ce que l’on ressent réellement. Je ne suis pas tant habitué à ce genre de choses, j’avoue. J’ai du mal à me livrer, surtout quand ça fait mal et que ça peut blesser d’autres personnes. Mais… j’entends ce que vous dites. Je sais que vous avez raison, » qu’il lui dit alors en souriant, comme pour la remercier de si bien le comprendre et de si bien l’aider. « Vous savez cet homme dont je vous ai parlé qui a perdu sa femme... » enchaîne-t-elle à son tour, prête à se livrer tout comme il s’était livré. Il y avait quelque chose d’étrange et pourtant de rassurant dans le fait de poser des mots sur des vérités cachées à un inconnu. « Et bien c'est mon mari... » avoue-t-elle dans un souffle. « Je sais que je ne devrais peut-être pas penser ainsi mais je les ai vu, je les ai aimé ensemble... Quand elle est morte il a perdu la femme de sa vie... Je ne suis pas elle... Je ne le serais jamais tout comme je ne serais jamais cette personne spéciale dans son cœur... » qu’elle accepte de révéler même si ça fait mal. Et il ressent cette peine, cette souffrance, cette dure réalité qu’elle a acceptée. Pourtant, est-ce si simple ? Est-ce si catégorique ? Il avait aimé Angie. Passionnément. Profondément. Il l’avait aimée, et il l’aimerait sans aucun doute encore aujourd’hui. Il l’aimait encore aujourd’hui. Mais aimait-il moins Mia ? L’aimerait-il moins pour autant ? Ne pouvait-il pas aimer aussi passionnément et aussi profondément une autre personne que sa femme défunte ? Ne pouvait-elle vraiment pas croire que son mari puisse l’aimer tout autant – bien que différemment ? « Certes, bien sûr que j'ai une place mais... Je ne serais jamais la femme de sa vie, juste une fille qu'il a aimé un peu plus que les autres, mais jamais plus qu'elle... » Vraiment ? Était-ce possible ? Dans son esprit, Derek ne pouvait le vraiment le concevoir. Il ne saurait dire s’il aimait plus l’une que l’autre. Il savait qu’il les aimait. D’une manière différente, mais tout aussi intense et forte. Il pince alors légèrement les lèvres, comme pour exprimer sa désolation quant à cette constatation de sa part. « Vous en êtes certaine ? Je ne crois pas que l’on ai qu’un seul véritable amour… une seule véritable âme sœur. Je n’aurais jamais pensé pouvoir aimer quelqu’un d’autre que ma femme, moi non plus. On a toujours été complices. On a toujours été sur la même longueur d’ondes. Je n’ai jamais imaginé ma vie sans elle, et pourtant… il a bien fallu. Et je n’aurais jamais cru possible de retomber amoureux. D’aimer plus encore. D’aimer différemment. Mia n’est pas Angie, mais elle a une place tout aussi importante, si ce n’est plus grande encore dans mon cœur, » qu’il essaie d’expliquer à la jeune femme tout en réalisant lui-même la vérité de ses paroles. Mia était LA femme. Mia était SON miracle. Mia était inattendue, mais tellement la bienvenue. Et il avait été distant ces derniers temps. Quel goujat faisait-il ! « On ne peut jamais dire que l’on aime plus une personne qu’une autre. On aime différemment. Mais on aime tout autant, si ce n’est plus, » qu’il conclut sans la quitter des yeux. Il n’essaie pas de la rassurer ni de la convaincre, il ne connaît pas son mari et ignore ce qu’il ressent réellement. Pourtant, il a envie de croire pour elle. Il a envie de croire au possible. Après tout… Mia était réelle. Mia était présente. Mia était avec Lui.

« Disons que j'ai travaillé sur l'anatomie du lion, une fois la chose maîtrisée, j'en ai fait ce que je voulais. Une créature magnifique mais déstructurée, passant du dominateur au roi se souciant de sa famille, au roi tout simplement. Merci du compliment en tout cas, » qu’elle rougit à son compliment. « C’est l’animal préféré de ma fille, c’est ce qui m’a poussée à l’acheter. Elle m’en voulait de ne pas l’avoir amenée avec moi au vernissage… je voulais me racheter auprès d’elle, et j’espère qu’elle l’adorera autant que moi, » même si cette peinture était plus sombre que ce qu’il aimait habituellement. Cette peinture ne définissait pas ses goûts, mais avait été un électrochoc pour lui. Sans doute en lien avec son état mental actuel… Ce qui en disait long. Cela n’enlevait rien à la beauté de l’œuvre et au talent de l’artiste. « Vous avez toujours su que vous vouliez être peintre ? Vos parents étaient d’accord avec ça ? » qu’il demande, intrigué. Il ne voulait pas lui faire perdre de temps, ni même se montrer inquisiteur dans sa vie. Mais il sentait un lien indescriptible entre eux, un lien qui leur permettait d’apprendre à se connaître. A devenir amis, peut-être ?

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