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 i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek

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Derek Bullock
Admin papa-poule
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DATE D'INSCRIPTION : 08/02/2016
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MessageSujet: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Dim 16 Avr - 21:07


Il parlait peu d'Angie. A qui que ce soit - même avec Lily. Bien sûr, il tenait à ce qu'elle soit capable de parler de sa mère, même à lui, et il ne fermait jamais la porte lorsque la fillette désirait évoquer sa mère. Mais il n'était jamais celui qui amenait le sujet dans la conversation. Il avait fait son deuil - comment pourrait-il vivre une histoire d'amour avec Mia Hemingway sans cela ? - et il tenait à garder intact le souvenir de sa femme décédée bien trop tôt. Il préférait garder ses souvenirs, les garder pour lui, et pour lui seul. Lily, malgré son jeune âge, avait compris cette importance car elle la partageait. Elle parlait peu de sa mère, mais ils avaient juste à se regarder pour comprendre quand ils pensaient à elle. Elle avait été un roc pour leur famille, elle avait été un boule d'énergie, elle avait été un soleil, elle avait été une tempête. Il était difficile de reprendre le flambeau, Derek ne pourrait jamais le nier. Du jour au lendemain, il avait dû prendre son rôle de père - qu'il jouait déjà fort bien - mais également un rôle de mère pour leur unique fille. Il avait dû affronter le chagrin et la douleur que la mort de la femme qu'il aimait avait laissés en les quittant. Il avait dû garder ses larmes pour lui. Il avait dû garder ses reproches pour lui. Il avait dû camoufler énormément de choses en lui - tellement qu'à présent, c'était devenu une habitude. Il avait dû se montrer fort et responsable, pour Lily. Le chagrin, ils l'avaient partagé tous les deux, chacun à leur manière. Et le chagrin ne devait pas faire partie intégrante de la vie de sa fille - il se l'était promis. Aussi avait-il pris ses affaires, avait dit adieu à leurs vies d'avant et avait choisi de lui en offrir une nouvelle. Sur de bonnes bases. Se créer de nouveaux souvenirs. Se construire une nouvelle famille - à eux deux. Être heureux, comme Angie aurait désiré qu'ils le soient. Il n'avait pas du tout prévu de rencontrer quelqu'un. Il n'avait pas du tout prévu de tomber amoureux de nouveau. Il n'avait pas du tout prévu de se faire tirer dessus. Il n'avait pas du tout prévu de "véritablement recommencer sa vie". Ses projets s'arrêtaient tout bonnement à Lily. Il allait au travail chaque matin pour elle. Il rentrait chaque soir pour elle. Il profitait de chaque instant de sa vie pour elle. Il n'était pas certain de ce que le cours de sa vie aurait été sans Lily à ses côtés. Il n'était pas du genre fataliste, et contrairement à ce que son paternel lui avait constamment répété durant toute son enfance, toute son adolescence - et toute sa vie finalement - il n'était pas de nature faible. Mais il abandonnait facilement, parce qu'il avait rarement confiance en lui, en ses capacités. Dieu seul savait comment aurait été sa vie si LIly n'avait pas été là à la mort d'Angie. Et il n'avait pas envie de se poser la question. Il était là. Elle était là. Et Mia les avait rejoints quelques mois plus tôt. Il lui avait parlé d'Angie. Très peu, mais très bien. Il avait eu envie de se dévoiler à la jeune femme. Il avait eu envie qu'elle apprenne à le connaitre - réellement - tout comme il avait trouvé le désir d'apprendre à la connaitre - réellement. Elle avait été si secrète, si discrète, si réservée, si fragile - pourtant, il avait cerné sa force, cette même force qu'elle semblait penser ne pas avoir en elle. Il avait cerné un passé trouble, un passé compliqué mais il avait trouvé la patience d'attendre, d'attendre qu'elle soit prête à s'ouvrir à lui, d'attendre qu'elle se livre enfin. Il ne voulait pas la forcer à quoique ce soit, il voulait qu'elle se sente suffisamment à l'aise, suffisamment chez elle, pour le faire. Il avait malheureusement fallu que la vérité éclate malgré elle.

Les choses s'étaient vite dégradées par la suite. Derek n'avait jamais eu à affronter le mal. Il n'avait jamais eu à affronter la colère d'un mari jaloux - et surtout d'un homme brisé. Il n'avait jamais eu à faire face à une quelconque arme - pas même dans les pires soirées que les urgences pouvaient vous réserver à l'Hôpital. Il n'avait jamais eu à faire face à la haine et à la folie pure. Il avait pensé être capable de protéger Mia - et de protéger Lily - mais les balles qui avaient percé sa peau lui avait fait comprendre qu'il ne s'agissait pas de vouloir, mais de pouvoir. Il avait voulu jouer les héros, et avait échoué. Il n'y avait que dans les films ou dans les livres que ce genre de choses arrivaient, comprenait-il maintenant. Il avait promis, promis, de ne jamais révéler le nom de Raphaël Grimes à la police ou à quiconque. Il avait promis, promis, de ne pas porter plainte et d'oublier ce qui s'était passé. Mais plus le temps passait, plus cela s'avérait compliqué. Il ne dormait pas bien. Les cauchemars se faisaient nombreux, et de plus en plus intenses. Y avait-il une nuit où il ne se réveillait pas en sursaut, en sueur et la panique au ventre ? Mia était là pour l'apaiser, mais elle ne se doutait pas un instant que ces mauvaises nuits pouvaient être dues à son ex-mari. Il ne souhaitait pas lui mentir, mais il ne souhaitait pas l'accabler davantage non plus. Elle n'était en rien responsable des actes ignobles de celui qu'elle avait choisi pour époux un jour. Elle n'était en rien responsable des blessures qu'il avait cherché à obtenir. Il tentait tant bien que mal de se focaliser sur leur futur, leur avenir ensemble : la maison à choisir, la rééducation à poursuivre pour vite reprendre le travail, l'éducation de Lily. Mais il semblait pas capable de cesser de penser à Raphaël Grimes.

Sortir ce soir était une occasion pour lui. L'occasion de s'évader un peu. L'occasion de se retrouver seul avec ses pensées, et dans la possibilité de faire le tri dans ses pensées. Il avait besoin de réfléchir. Il avait besoin de temps pour lui. Et le surf lui étant inaccessible pour un long moment, il avait choisi l'art. Il avait choisi quelque chose qui le rapprocherait d'Angie. Il avait choisi sa passion à elle pour mieux se ressourcer. C'était sa manière à lui de passer du temps avec "elle". Sa manière à lui d'honorer sa mémoire. Sa manière à lui de lui faire savoir que, même s'il était amoureux, elle ne quittait pas son coeur pour autant. Angie avait été une grande amatrice d'art - et elle avait été longtemps désolée et triste de ne pas être capable de retranscrire sur une toile ce qu'elle aimait tant percevoir dans celles des autres. C'était elle qui l'embarquait dans chaque inauguration, dans chaque galerie, dans chaque musée, dans chaque exposition - l'art était une passion qu'elle avait tenté de lui transmettre. Il ne détestait pas. Il n'y comprenait tout simplement pas grand chose. Il n'avait pas l'oeil critique. Il n'avait pas l'oeil sensible, sans doute. Néanmoins, il ne ratait jamais une exposition quand il y en avait une. Pour elle.

" Magnifique, n'est-ce pas ? " entend-il à sa gauche. Un sourire, un bref regard envers l'homme qui l'accoste. " C'est... " commence-t-il, sans pouvoir continuer sur un mensonge facile. " Je suis désolé, je ne suis pas un grand amateur d'art. Je ne dirais rien qui puisse paraitre intelligent ou logique, je suppose, " rit-il mal à l'aise tout de même. " Mais, je suis d'accord. C'est magnifique, " il ne pouvait pas le nier. Il aimait les couleurs. Il aimait l'originalité des oeuvres. Il ne s'agissait pas de simples portraits. Il ne s'agissait pas d'art abstrait. Il n'avait encore jamais vu de tableaux de la sorte - et ça lui plaisait bien. " Oh, vous savez je n'y connais pas grand chose non plus, " que lui dit le vieil homme en riant. " C'est ma femme qui s'y connait surtout, moi je ne fais qu'apprécier les couleurs et les petits fours, " qu'il lui avoue en insérant l'un des dits fours dans sa bouche. Rires. " Le plus impressionnant dans ces toiles, à mon sens, c'est la jeune femme qui les peints. J'aurais donné ma main à couper qu'il s'agissait d'un peintre fort expérimenté - pour pouvoir exprimer tant de choses en si peu de toiles. Mais non, la jeune femme à l'âge d'être ma fille aussi bien que ma petite-fille, " qu'il rit encore avant de s'excuser, sa femme le cherchant apparemment du regard d'un air contrarié.

Derek se contenta de faire un tour toiles après toiles - une dizaine au compteur - en sirotant un verre de champagne. Être seul ne le gênait pas, car il avait la sensation d'être avec sa femme à cet instant. Et cette impression ne put que s'accentuer quand son regard tomba sur "elle". Il en fit tomber sa coupe de champagne, qui explosa en mille morceaux, répandant son poison sur le sol. Il ne le remarqua pas, trop obnubilé par la jeune femme qui lui faisait face. Il n'entendit pas les personnes autour de lui. Il ne sentit pas les mains se poser sur lui, l'écartant légèrement afin de nettoyer son accident. Il dut paraitre légèrement idiot, ou complètement fou, mais la réalité finit par le rattraper quand il comprit qu'elle lui parlait. " Désolé... je suis sincèrement désolé, " se confond-il en excuses, regardant tout autour de lui et surtout à ses pieds - tout avait disparu. " Je paierai pour le verre, " ne trouve-t-il qu'à dire, stupidement. " Vous... pendant un instant, j'ai cru vous reconnaitre, " lui avoue-t-il. Mais c'était tout bonnement impossible. Car Angie n'avait pas de jumelle. Seulement un sosie, apparemment, un sosie très impressionnant car la jeune femme qui lui souriait lui ressemblait comme deux gouttes d'eau.

De quoi réveiller un mort, non ?



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Nekuia Chopin
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DATE D'INSCRIPTION : 27/03/2017
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Lun 17 Avr - 13:08

i didn't know i could finf you in the art world
Derekounet ∞ Nekiki
Deux semaines...
Cela fait déjà deux semaines que nous nous sommes mariés et je ne sais pas trop quoi en penser. Je pense que lui non plus d'ailleurs. En vérité il y a un nombre incalculable d'émotions qui nous traverse chaque jour, chaque heure, chaque minute même. C'est tout simplement un flot qui ne se contrôle pas, nous faisant passer d'une émotion à une autre à une vitesse incroyable. Il y a tout d'abord la peur, car suite à notre mariage nous faisons bien sûr l'objet d'une enquête. Il y a aussi un certain soulagement qui passe par le fait qu'on se connaît par coeur, que nous vivons ensemble depuis près de sept ans et que cela nous facilite la tâche. Je ressens par moments aussi de la tristesse d'avoir ainsi volé (je ne trouve pas d'autre mot) le mari de ma meilleure amie. Je ressens de la gratitude envers cet homme qui me prouve que je ne suis pas seule, car après tout on a tous des amis il me semble, seulement combien aurait été prêt à faire ce qu'il a fait. J'ai déjà la réponse : Personne. Et puis, même si ce nous n'avons pas ce genre de sentiment l'un envers l'autre, je ressens un profond amour pour lui. Un amour qui dépasse l'amitié, il est bel et bien mon meilleur ami, ma joie, ma peine parfois, mais aussi ma richesse de vie. J'aime ce pays et oui, je veux rester, mais je crois que ce qui me retient le plus ici c'est tout simplement lui.
Mickey Swan.
Mais  pourtant, malgré tout cela, il y a un sentiment qui surpasse un peu les autres et qui fait que par moments je me montre distante ces derniers temps. L'égoïsme. Je me sens tout simplement égoïste d'avoir accepté cette idée folle (même si elle ne venait pas de moi). J'ai l'impression d'une certaine manière d'avoir profité de la situation pedant que j'avais quelqu'un qui me proposait de faire cela, même si bien sûr ce n'est pas le cas. Je crois qu'en fait, je m'en veux le plus pour avoir d'une certaine manière volé l'avenir de mon meilleur ami. D'un côté je me dis qu'on pourra divorcer d'ici quelque temps, mais en attendant... En attendant on doit jouer les couples en public, on doit prétendre être mari et femme, s'aimer. Il doit ainsi prétendre qu'il a trouvé une autre femme assez digne pour avoir son coeur suite à Haley. Et j'ai beaucoup de mal avec cela. Parce que je ne suis pas Haley, je n'ai pas sa beauté, je n'ai jamais eu sa force, j'ai plutôt tendance à fuir quand tout se passe mal. Je n'ai pas son ambition, son humour, sa gentillesse, son amour... En vérité je suis qu'un fade tableau de ce qu'elle a pu être. Je sais, je ne devrais pas me comparer et je suis ma propre personne. Seulement Haley est ce genre de personne qu'on admire et qu'on prend comme exemple afin de devenir une personne meilleure. Et chaque jour, je pense à elle quand je me déshabille et que je vois mon tatouage sagement niché sur mes côtes, proche de mon coeur. Mickey n'a jamais vu ce tatouage, je ne sais pas vraiment comment il réagirait, mais je vois déjà le regard de tristesse qui le traverserait, comme à chaque fois qu'il pense à Haley. Il ne le sait probablement pas, mais moi je sais quand il pense à elle. Cela passe par un léger sourire où il doit sûrement se demander ce qu'elle penserait, ou ce qu'elle ferait. Il y a aussi le sourire mélancolique avec ce regard peu sûr de lui selon la date, l'endroit, ce qu'on peut manger même. Et puis, il y a aussi le froncement de sourcils accompagné de ce fameux regard triste... Je le connais par coeur et je crois qu'il ne peut rien me cacher. J'espère en tout cas être plus discrète et lui cacher plus de choses, parce que je n'aimerais pas savoir qu'il connaît autant mes moments de tristesse, de mélancolie envers la France et mon histoire, des faiblesses de mon histoire.  
Deux semaines...
Je me revois encore dans ma robe trop sexy et indécente pour être porté à un véritable mariage. Je me montrais à la hauteur de Las Vegas, la ville de la démesure et de "je fais ce que je veux". Je me souviens de cette folie qui a semblé nous envelopper jusqu'au voyage de retour où la réalité nous est revenu presque comme une claque. Je me souviens de cette panne d'inspiration qui n'a eu de cesse de croître depuis que j'ai reçu cette fameuse lettre d'expulsion, mais ce dont je me souviens le plus c'est de Mickey qui a encore résolu la solution.

C'est ainsi que j'ai pu sortir une dizaine de toile pour ce vernissage que j'avais promi à mon ami, Stef. Propriétaire de la galerie je lui avais dit que je lui donnerais un nouveau vernissage en avant-première. J'ai l'impression que mes toiles sont un peu plus fissurées, tristes d'un côté mais aussi colériques. Beaucoup d'émotions qui m'ont traversé en peu de temps il me semble. Et je dois avouer qu'au vu du monde à ce vernissage. J'avais peur que personne ne soit là au rendez-vous. C'est idiot, après tout j'ai une bonne côte dans le marché de l'art mais je crois que ces derniers temps je ne suis pas une grande fan de moi-même en fait... Enfin je me contente de déambuler dans la petite galerie, riant avec les invités, leur expliquant, tout en gardant une touche d'énigme, mes toiles. Je bois aussi pas mal de champagne je crois. J'aurais préféré une bière ou un whisky, mais Stef est du genre ultra rafiné et quand j'ai proposé la bière, j'ai cru qu'il allait me demander de sortir... Mais il ne l'a pas dit avant de rire pensant que je blaguais. C'était pas le cas mais bon. Et puis comme ça je vais voir au bout de combien de flûtes je peux être saoule. En tout cas, je suis déjà à ma troisième et je crois que ça monte déjà.  
Soudainement un bruit de verre se fait un peu plus entendre. Tout le monde pose son regard sur l'homme qui a fait tomber sa coupe de champagne et je lève les yeux au ciel. Ils ont tous l'air tellement choqué de ce petit incident que cela me fait rire. Mais je crois aussi que ce rire était un peu nerveux devant l'insistance du regard de l'homme en question.
- Excusez-moi, je dis auprès des personnes avec qui je conversais.
Je m'avance vers le jeune homme non seulement pour l'aider mais peut-être aussi pour briser cette petite gêne qui semble croître.
- C'est bon allez, tout le monde reprend sa discussion, zouh !
Je fais des signes de la main pour qu'ils reprennent le cours de la soirée.
- Désolé... je suis sincèrement désolé.
Je secoue la tête et m'accroupir au niveau de l'homme qui est en train d'essayer de ramasser les bouts de verre à présent. Je viens finalement poser ma main sur la sienne qui semble tremblante (ou troublée).
- Tout vas bien, quelqu'un va venir nettoyer ne vous en faite pas.
- Je paierai pour le verre.
A sa phrase, je ne peux m'empêcher de rire. Je secoue la tête en le regardant droit dans les yeux, un regard profond qui me touche au plus haut point sans que je ne sache pourquoi.
- Vous pensez vraiment que je n'ai pas les moyens de racheter une coupe de champagne, je lui demande taquine. Ne vous inquiétez pas...
Pourtant j'ai l'impression que ce que je lui dis ne le sort pas spécialement de... De quoi au juste ? Sa torpeur, sa surprise, son émotion ? Comme pour le détendre, je laisse échapper ma flûte de ma main valide alors que l'autre se trouve toujours proche de la sienne. Elle se brise en morceaux et j'hausse mes sourcils, retenant un rire.
- Bon... C'est pas sympa pour celui qui va nettoyer mais vous voyez... Pas besoin de s'excuser, je murmure complice.
- Vous... pendant un instant, j'ai cru vous reconnaitre.
Je penche la tête sur le côté le regardant avec plus d'attention pour savoir si oui ou non nous nous connaissons. Seulement son visage ne me dit rien. Un mec aussi mignon je pense que je m'en souviendrais. Je prends une mine un peu désolée parce que j'ai l'impression que la personne qu'il a cru voir est importante.
- Je... Je suis désolée mais... Je ne vous connais pas...
Je finis par me redresser et l'invite à faire de même.
- Vous savez quoi, ça vous dit de prendre une nouvelle coupe, on peut un peu discuter afin de faire connaissance et la prochaine fois, si vous me dites que vous avez cru me reconnaître je pourrais dire que oui, nous nous sommes déjà rencontré, je lui dis avec un grand sourire.
Je ne le drague pas forcément, maintenant que la nouvelle de mon mariage a fait le tour je fais tout pour me montrer telle une femme conquise et éprise de son homme. Mais rien ne m'interdit de faire de nouvelle connaissance. Je m'éloigne un peu de la scène de crime, attrape deux coupes de champagne et lui en tends une.
- Bonsoir, je m'appelle Nekuia. Je suis heureuse de vous recevoir à ce vernissage. Vous êtes ?..
Je lui fais un léger signe de tête comme pour l'inviter à faire de même. Je ne sais pas pourquoi mais cet homme a l'air gentil, et j'ai un bon pressentiment... En espérant que cette fois il ne me fasse pas faux bond.
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Derek Bullock
Admin papa-poule
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Mar 18 Avr - 17:07


Il n'était pas idiot mais avait l'habitude de passer pour l'un d'entre eux - principalement car il ne savait pas feindre l'indifférence quand on le surprenait malgré lui. Et la jeune femme l'avait surpris. Malgré elle. Qui ne le serait pas à sa place ? Elle ressemblait tellement à Angie que c'en était troublant et déstabilisant. La dernière fois qu'il avait vu son visage, c'était quand elle lui souhaitait une excellente journée à l'hôpital, tandis qu'elle prenait ses clés, sa veste et son téléphone avant de partir bosser de son côté. Il n'avait pas eu l'occasion de ma revoir une dernière fois car l'accident avait été plutôt brutal et violent - il ne l'aurait apparemment pas reconnue. Lily et lui avaient donc dû enterrer la jeune femme sans pouvoir lui dire adieu - pas physiquement du moins. Ce fut extrêmement difficile, mais il ne réalisait qu'à cet instant à quel point ce le fut, tandis que son visage lui apparaissait aussi distinctement. Incroyable. Elle croyait à ce genre d"absurdités, elle croyait à la vie après la mort comme elle croyait aux secondes chances. Elle croyait aux extra-terrestres comme elle croyait au fait que l'on avait plusieurs sosies dans le monde. Derek ne croyait généralement qu'en ce qu'il voyait de ses propres yeux. Pouvait-il nier l'évidence ? Pourrait-il jamais plus lever les yeux au ciel quand il penserait aux divagations de sa femme défunte ? Apparemment non. Elle avait eu raison d'y croire. Et il avait eu tort d'en rire ou d'en sourire. Il attendit un instant que son coeur reprenne un rythme normal, ce n'était pas tous les jours qu'il faisait face au fantôme de sa femme. Il ne reprit la parole qu'une fois qu'il fut certain qu'il ne se rendrait pas ridicule. " J'imagine bien volontiers que vous avez de quoi vous en offrir des milliers, " qu'il sourit en grimaçant néanmoins toujours gêné par l'incident. " Je suis généralement plus attentif et moins maladroit, et je déteste me faire remarquer, " qu'il ajoute en jetant des coups d'oeil alentours en rougissant presque. " Cela dit vous les avez renvoyés à leurs affaires comme une reine, " la complimente-t-il, sincèrement impressionné. Il ne lui avait fallu qu'un regard, un geste anodin et une réplique sans réponse attendue pour que les convives retournent à leur petit train de vie. Il admirait ce genre d'aisance, aisance que la jeune femme partageait avec Angie. Ainsi, plus troublant encore elle lui ressemblerait autant physiquement que sur le plan du caractère. De quoi jouer avec des nerfs et ses émotions. Il aurait finalement dû emmener Mia avec lui ce soir, elle aurait été sa bouée de sauvetage, son épaule et son oreille attentive. Elle l'aurait soutenu et lui aurait évité un malaise gênant. Mais elle n'était pas là et il devrait faire avec. " J'avoue que nettoyer du champagne sur ce genre de sol, parsemé de bouts de verre, ce n'est pas une partie de gâteau. Non pas que je sache de quoi je parle, je n'ai jamais brisé de coupe avant ce soir, mais... j'imagine bien, " qu'il se justifie bêtement tout en se relevant. Il ferait mieux de se taire au lieu de parler pour parler et de se rendre plus ridicule encore qu'il ne l'était. Elle avait beau respirer ma gentillesse et la bonté, quand on était face à un idiot on ne pouvait pas prétendre longtemps le supporter plus de cinq minutes. " Non, nous ne nous connaissons pas, je confirme, " qu'il la rassure doucement en souriant. " Mais vous ressemblez énormément à quelqu'un que j'ai connu il y a longtemps. Ce qui explique ma maladresse et ma surprise, " tempère-t-il en comparaison au tsunami qu'il venait de vivre. " Jusque-là, je ne croyais pas aux sosies mais je dois admettre que c'est... surprenant, " qu'il lui avoue en ne la quittant pas des yeux mais en ne la dévisageant pas non plus. Il ne souhaitait pas l'effrayer plus qu'elle devait déjà l'être. Mais à sa proposition il fut soulagé, car si elle lui proposait une nouvelle coupe et une conversation elle ne pouvait décemment pas avoir peur de lui ou le prendre pour un fou. N'est-ce pas ? " C'est le moins que je puisse faire après tout ça, " qu'il accepte d'un geste désolé mais souriant. Comme si ses demandes étaient des ordres, un serveur apparut pour lui offrir une nouvelle coupe et il le remercia avant de saluer la jeune femme. Nekuia. Quelle originalité. Ce prénom lui allait à ravir. " Enchanté, je m'appelle Derek. Derek Bullock. Je ne suis pas peintre. Ni même un artiste je le crains. Pour dire, ma fille de 9 ans parvient plus facilement à dessiner des maisons que moi... " qu'il sourit à cette pensée. " Je ne suis pas non plus un grand amateur d'art, je dois le reconnaître. Mais ces tableaux sont merveilleux... je sais que mon regard simpliste ne changera pas grand chose car j'imagine qu'il y a plus grands amateurs ce soir, mais c'est un travail incroyable, " qu'il la complimente avec sincérité. " En fait, je viens surtout aux divers vernissages pour ma femme, " lui avoue-t-il alors en baissant le regard sur son verre rempli. " L'art était une passion, même si elle était aussi mauvaise que moi, " qu'il rigole. " Elle est morte il y a un peu plus d'un an et... je ne sais pas, continuer à venir c'est comme lui rendre hommage. C'est idiot, je sais, " qu'il enchaîne mal à l'aise en se passant une main dans les cheveux. Mais elle ne semble pas se moquer de lui. " C'est la première fois que j'assiste à l'un de vos vernissages. Première fois que vous exposez ? " choisit-il d'orienter la conversation sur elle et sur son art. Après tout, ils étaient là pour ça.


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Nekuia Chopin
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Dim 23 Avr - 23:32

i didn't know i could finf you in the art world
Derekounet ∞ Nekiki
Je n'ai jamais aimé la gêne. Je crois que plus jeune je ne l'ai jamais vraiment connue. J'ai toujours été du genre autoritaire, si on commençait à se moquer de moi, le simple haussement de sourcils suffisait à faire taire les autres. Je n'ai jamais connu la gêne avant mes 21 ans, dans le salon de ma mère, dans ce que je considérait comme ma maison, quand il m'annonçait qu'il allait épouser celle qui m'a donné la vie. A cet instant je me suis sentie gênée d'être sa fille, gênée d'avoir été sa fiancée, gênée de lui avoir donné de mon temps, donné de mon amour, gênée de lui avoir confié mon cœur. Je me demande même si le mot est correct. Car dans le fond ce que j'ai surtout ressentie, ce que je ressens toujours d'un certain côté, c'est la colère. La colère de m'être fait berné, d'avoir cru en cet homme, en colère de lui avoir dit oui, en colère qu'elle ait dit oui, le regret de ne pas l'avoir castré avant de partir. Et puis dans tout cela reste un fond de tristesse que je cache, car j'ai l'impression de vivre cela comme une faiblesse. Je ressens la tristesse de ne pas avoir été assez pour cet homme, la tristesse de me sentir (doublement) abandonné, la tristesse de ne plus savoir ce qu'est l'amour et d'avoir une trouille monstre d'aimer à nouveau. C'est peut-être ça la gêne dans le fond. Le mélange de sentiments forts qui crées en nous ce pincement au cœur.
Non.
Je n'ai jamais aimé la gêne et c'est pour ça que je la chasse quand celle-ci se glisse à mon vernissage qui est censé être un jour de fête (et puis y'a buffet à volonté). A quoi bon laisser les regards s'attarder, les personnes juger, les paroles se moquer. C'est pour ça que je fais tout pour mettre l'homme qui me fait face à l'aise. Cela passe par mon humour particulier (on dira), mais au moins il est singulier.
- Je suis généralement plus attentif et moins maladroit, et je déteste me faire remarquer.
Cette reflexion me lâche un léger un léger rire.
- C'est râté.
- Cela dit vous les avez renvoyés à leurs affaires comme une reine.
Un nouveau rire alors que je me recoiffe de façon exagérée.
- Et bien merci. Être l'artiste donne des privilèges, mon mauvais caractère passe pour de la torture d'esprit que je reflète dans mes toiles. Cela passe mieux auprès de ces personnes, je lui murmure complice.
Surtout quand on est ce genre de personne à casser sa flûte de champagne exprès pour mettre la personne plus à l'aise. Oui, vraiment  pas cool pour le garçon qui allait nettoyer, mais je me promets intérieurement de lui laisser un joli pourboire.
- J'avoue que nettoyer du champagne sur ce genre de sol, parsemé de bouts de verre, ce n'est pas une partie de gâteau. Non pas que je sache de quoi je parle, je n'ai jamais brisé de coupe avant ce soir, mais... j'imagine bien
- Vraiment ? Pas de vaisselles brisées ? J'ai pris un plaisir monstre à lancer des choses sur mon ex, chance pour moi c'est lui qui a dû nettoyer.
Je crois que je passe pour un monstre, mais dans le fond c'est qui je suis alors autant assumer complètement. Et puis il était assez con...
On finit par se redresser et alors qu'il m'avoue avoir cru me reconnaître, je lui fais part de ma surprise. Non je ne le connais pas, un visage comme le sien ça ne s'oublie pas.Non seulement une beauté qu'il ne faut négliger, il y a quelque chose dans son regard qui m'interpelle, quelque chose que je voudrais presque peindre car il reflète beaucoup de choses, sans pour autant que je puisse le capturer.
- Non, nous ne nous connaissons pas, je confirme. Mais vous ressemblez énormément à quelqu'un que j'ai connu il y a longtemps. Ce qui explique ma maladresse et ma surprise.
Oh... Oh je vois, on m'a déjà dit m'avoir déjà vu, mais en général c'est sur google ou encore dans les articles qui peuvent apparaître de ci et là. Mais il me dit clairement que non alors je suis maintenant curieuse.
- Jusque-là, je ne croyais pas aux sosies mais je dois admettre que c'est... surprenant.
Cette fois je fronce les sourcils.
- Je ressemble tant que cela à cette personne que vous connaissez, je demande curieuse.
Finalement je lui propose de me présenter de la meilleure des façons, de façon officielle. Je lui propose alors un verre cela peut ainsi permettre de bien commencer une rencontre non ? Plutôt que de casser du verre.
- C'est le moins que je puisse faire après tout ça.
Je lui donne alors une coupe et me présente rapidement, attendant qu'il fasse de même.
- Enchanté, je m'appelle Derek. Derek Bullock. Je ne suis pas peintre. Ni même un artiste je le crains. Pour dire, ma fille de 9 ans parvient plus facilement à dessiner des maisons que moi...
J'hoche la tête retenant chaque information.
- Oh, vous avez une fille, elle a quelle âge ?
Et voilà que mon instinct maternel est là. Je viens de me marier, mais avoir un enfant ne fait clairement pas partie de notre avenir. Est-ce que cela fait partie de mon avenir seulement...
- Je ne suis pas non plus un grand amateur d'art, je dois le reconnaître. Mais ces tableaux sont merveilleux... je sais que mon regard simpliste ne changera pas grand chose car j'imagine qu'il y a plus grands amateurs ce soir, mais c'est un travail incroyable.
- Vous savez Derek, il ne faut pas être amateur d'art pour savoir l'apprécier. L'art est là pour faire ressentir des choses, cela passe par le regard, l'ouïe, ou encore le toucher, mais le plus important est que ça passe par là, je lui murmure en posant un doigt sur son cœur. Si j'arrive à vous faire ressentir un frisson, du dégoût, de l'adoration, de la haine ou encore que sais-je de l'admiration, du bonheur, un moment de paix, alors je peux dire que j'ai réussi ma toile. Chaque toile à son histoire, la mienne, celle qu'on me dévoile, mais au final chacun à sa vision de la même toile. C'est ce que je trouve fascinant dans l'art, je lui confis un peu nostalgique, regardant un instant mes toiles. Vous devez simplement laisser parler votre cœur.
- En fait, je viens surtout aux divers vernissages pour ma femme.
S'il a une petite fille, avoir une femme me semble logique.
- En fait, je viens surtout aux divers vernissages pour ma femme. L'art était une passion, même si elle était aussi mauvaise que moi. Elle est morte il y a un peu plus d'un an et... je ne sais pas, continuer à venir c'est comme lui rendre hommage. C'est idiot, je sais.
Je le regarde un instant, désolée. Je pourrais lui donner mes condoléances,mais qu'est-ce qu'il s'en fout d'avoir des condoléances d'une parfaite inconnue. Je me contente alors de secouer la tête à nouveau (je sais je le fais beaucoup).
- Ce n'est pas idiot. Je trouve que c'est une belle preuve d'amour et de fidélité. C'est rare pour les hommes, je grogne presque avant de secouer la tête. Pardonnez-moi... Disons que celui que je pensais être l'homme de ma vie m'a montré la pire facette de l'homme en me trompant...
Je ne sais pas pourquoi je lui dis ça. J'ai l'impression que comme il vient de se confier à moi, je dois faire la même d'une certaine manière.
- C'est la première fois que j'assiste à l'un de vos vernissages. Première fois que vous exposez ?
Je prends une gorgée de ma flûte avant de marcher doucement, passant d'une toile à une autre.
- Non cela fait des années. J'exposais même en France quand j'y étais encore. J'expose dans cette ville depuis plusieurs années maintenant. J'aspire à ouvrir ma propre galerie, non seulement pour exposer mais pour aussi aider les jeunes artistes prometteurs que personne ne veut exposer. Je sais ce que c'est de ne pas être vraiment compris en tant qu'artiste, on a toujours besoin de quelqu'un pour donner sa première chance, je lui confesse.
Je lui parle beaucoup pour quelqu'un que je connais à peine, pourtant j'ai l'impression que je peux tout lui dire et qu'il sera à l'écoute, et je crois que j'en ai besoin en ce moment.
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Mar 2 Mai - 9:10


Il avait déjà rencontré des artistes, en accompagnant sa femme aux divers vernissages dont elle raffolait. Il avait déjà discuté avec certains d'entre eux, ou avait pu les écouter parler pendant de longues minutes - trop longues, tellement qu'il avait eu l'impression qu'ils parlaient pendant des heures. Certains avaient été adorables, drôles et attachants. D'autres avaient été désagréables, hautains et trop fiers pour qu'il puisse les apprécier ou même apprécier leur art - ce qui lui avait paru étrange car ces peintres avaient une renommée certaine. Sa femme disait souvent qu'il était trop sensible et qu'il ne pouvait pas accorder de l'importance aux personnes qui semblaient capables des pires vices dans ce bas-monde. Il ne comprenait pas ce que cela voulait dire, mais elle lui avait assuré que c'était un compliment. Il était entier et vrai, sincère et honnête. Il savait apprécier la valeur des gens, et de ce que leurs actes - à travers les arts ou autres - révélaient à leur sujet. Leur âme. Sombre. Complexe. Douce. Apeurée. Sensible. Mystérieuse. Perturbée. Fière. Orgueilleuse. Généreuse. Honnête. Sincère. Fidèle. Trompeuse. Peu importait qui peignait, il semblait plus empathique avec l'être humain qu'avec son art - aucun doute, il avait choisi le bon métier. Quand il regardait le travail de la jeune femme, il percevait une âme généreuse. Une âme sensible. Pleine de surprises. Et il lui suffisait de la regarder dans les yeux pour savoir que ses œuvres reflétaient entièrement sa personnalité. Il n'était pas flic et n'était pas du genre à jurer que son instinct ne le trompait jamais... mais il le trompait rarement. Un sourire fendit ses lèvres en imaginant la jeune femme lancer des assiettes à travers la pièce. Il avait bien évidemment connu des disputes avec Angie. Plus d'une et parfois des très orageuses. De celles dont on se demande si l'amour peut les vaincre et les anéantir. Mais jamais aucune vaisselle n'avait eu à subir leur colère. " C'était plutôt le silence et la bouderie pour elle, l'indifférence et la patience pour moi, " lui avoue-t-il alors en grimaçant légèrement. Le silence et la bouderie de sa femme lui manquaient parfois. Elle lui manquait souvent. Dernièrement, il aurait tant aimé qu'elle puisse connaître Mia. Aussi étrange et complètement dingue que l'idée paraisse, il savait qu'elles auraient été de grandes amies dans une autre vie. " Cela dit, je ne sais pas encore pour les assiettes. Ça peut toujours arriver je suppose, il ne faut jamais dire jamais à ce qu'il paraît, " dit-il alors en se relevant pour lui faire de nouveau face. Si elle ressemblait à ce point à Angie ? Il aurait été capable de lui montrer une photo sur son téléphone pour le lui prouver - mais il craignait de l'effrayer. Aussi se contenta-t-il d’acquiescer en souriant légèrement. " A quelques détails près, votre ressemblance est plutôt impressionnante. Au point d'en lâcher une coupe de champagne, " conclut-il en acceptant la nouvelle coupe offerte. Parler de Lily lui met du baume au cœur même pour quelques secondes seulement. " Elle a 9 ans. Bientôt 10, qu'elle aime me le rappeler. Un âge où l'on commence à croire que l'indépendance est à portée de mains et qu'on n'a plus besoin de personne pour nous surveiller, " rit-il malgré tout. Lily et lui auraient toujours ce lien spécial et unique et seraient toujours très proches, il n'en doutait pas. Mais il avait conscience que le temps passait et qu'un jour, elle s'envolerait. Mais il n'était pas prêt pour ça. Pas encore. Elle avait encore besoin de lui et aurait encore besoin de lui pendant un long moment - voire même toute sa vie aimait-il à penser. S'il ne considérait plus ses propres parents comme indispensables à sa vie, il comptait bien l'être pour sa fille. Il était même fier de leur relation, fier de ne pas avoir suivi le chemin que ses parents avaient choisi avec lui : l'égoïsme et l'indifférence.

Il appréciait sa façon de voir les choses et de défendre la critique comme l'appréciation de son public. Il était entièrement d'accord avec elle. Chacun interprétait comme il le souhaitait la beauté d'un tableau, d'une chanson ou d'un roman. Il pouvait percevoir la beauté des couleurs, la beauté des reflets et ressentir ce qu'il avait envie de ressentir face à une toile - ce n'était pas bien grave si d'autres en avaient une autre vision. Il s'était toujours tu et n'avait jamais exprimé ce qu'il ressentait lors de ces vernissages avec Angie, car il craignait principalement qu'elle ne rit de lui ou qu'elle lui rappelle qu'il n'y connaissait rien. " Vous savez que vous n'êtes pas nombreux à penser ainsi, " lui dit-il en souriant. " J'ai rencontré quelques-uns de vos collègues pendant quelques années, et beaucoup étaient susceptibles ou grincheux quand il s'agissait de leur travail. Ce que je peux comprendre, c'est toujours un peu délicat que d'exposer au monde quelque chose que l'on a créé et qui fait partie de nous finalement. Je ne me connais aucun don d'artiste - excepté de surfer des vagues, " ajoute-t-il en riant légèrement, modeste. " Mais ces toiles ont quelque chose d'incroyable. Qu'est-ce qui vous inspire ? Qui vous inspire plutôt, car il y beaucoup de portraits j'ai l'impression, " qu'il demande curieux et sincèrement intéressé par la réponse. " On dit souvent que l'amour, et les peines de cœur surtout, sont source d'inspiration des plus grandes œuvres. Je suis désolé que vous ayez dû vivre ce genre de déceptions, cela dit. L'amour peut être compliqué parfois, " et si les choses avaient été plutôt simples et translucides entre sa femme et lui, il était fortement au courant de la complexité de l'amour aujourd'hui en étant amoureux d'une femme mariée à un homme violent, un homme qui lui avait tiré dessus. Deux fois. Un homme qui vivait parmi eux sans craindre la venue de la police car il avait choisi de se taire pour protéger celle qu'il aimait. Oh que oui, il savait que l'amour pouvait être compliqué. " Je ne crois pas avoir été à l'un de vos vernissages alors, ce qui me surprends mais je suis infirmier et je ne choisis pas toujours mes horaires, " grimace-t-il l'air désolé et faussement fataliste. " C'est une réussite en tout cas. Pour la première fois en près de 10 ans, j'ai même l'envie d'investir et d'acheter un tableau... " avoue-t-il les yeux fixés sur la toile représentant une femme de dos, les cheveux au vent et respirant la liberté mais également comme un poids sur les épaules. Elle lui rappelait Mia. " Premier tableau acheté, ma femme serait estomaquée. Et ravie. Grâce à vous, je peux même nettement la visualiser, " qu'il ajoute en la regardant de longues secondes avant de détourner les yeux. " Je suis désolé, je ne voudrais pas vous mettre mal à l'aise ou même vous retenir plus longtemps. Vous devez avoir pas mal de monde à saluer. Comment doit-on procéder du coup ? J'achète maintenant, je récupère plus tard ? " finit-il par demander en passant une main dans des cheveux sauvages.


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Nekuia Chopin
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MessageSujet: Re: i didn't know i could find you in the art world - nekuia & derek   Mer 3 Mai - 20:35

i didn't know i could finf you in the art world
Derekounet ∞ Nekiki
C'est assez amusant de parler de vaisselle cassée lors d'un vernissage. Pas mal de personnes connaissent mon caractère bien trempé, mais je sais me montrer agréable et gentille quand la situation s'y prête. Comme en cet instant. Je suis venue en aide auprès de cet homme et parler avec lui est agréable. Même si c'est pour dire que j'ai déjà lancé de la vaisselle sur l'un de mes ex, ce que je ne dis pas c'est que ça m'a fait un bien fou. Cette vaisselle était d'un laid en plus, j'ai fait une pierre deux coups.
- C'était plutôt le silence et la bouderie pour elle, l'indifférence et la patience pour moi, cela dit, je ne sais pas encore pour les assiettes. Ça peut toujours arriver je suppose, il ne faut jamais dire jamais à ce qu'il paraît.
Je pouffe de rire en hochant la tête.
- Je ne vous le souhaite pas tout de même. C'est agréable sur le coup, mais c'est parce qu'on est très en colère contre l'autre... Je ne souhaite pas vivre cela avec mon... mari, je murmure ne me faisant pas encore à ce titre pour Mickey.
Je lui demande finalement si je ressemble tant à la personne qu'il connaît.
- A quelques détails près, votre ressemblance est plutôt impressionnante. Au point d'en lâcher une coupe de champagne.
Je penche la tête sur le côté, c'est quand même troublant effectivement. Je lui parle finalement de sa fille. C'est ainsi, si j'ai presque fait un trait sur le fait d'avoir un enfant, je ne peux m'empêcher de sentir mon instinct maternel se réveiller.
- Elle a 9 ans. Bientôt 10, qu'elle aime me le rappeler. Un âge où l'on commence à croire que l'indépendance est à portée de mains et qu'on n'a plus besoin de personne pour nous surveiller.
Je ne peux m'empêcher de rire. Quel enfant n'a jamais connu ça. Ma grand-mère avait pour habitude de me dire à mes 9 ans que j'allais avoir un âge à deux chiffres, un âge de grand par conséquent. C'est vrai que c'est le moment où on peut aller à l'avant de la voiture, où on entre au collège, ce genre de chose... C'est un sentiment quand même de liberté, même s'il a raison sur un point, on croit qu'on n'a plus besoin, mais c'est à cet instant qu'on a besoin le plus.
Nous en venons à parler de l'art ensemble. Il est vrai que je ne connais pas cet homme depuis longtemps, mais je peux le dire clairement, je crois que je l'apprécie beaucoup. Il a une façon innocente de dire les choses, il semble amusant et plus que ça, il semble simple. Je ne dis pas ça dans un sens péjoratif, mais bel et bien dans le sens où la vie ets ainsi et qu'il ne faut pas aller chercher plus loin pour être heureux. Je dois avouer que notre conversation me plaît. Souvent, dans ce genre de vernissage s'y trouvent des personnes pompeuses qui viennent parler d'art comme s'ils étaient l'artiste. Il y a aussi les septiques qui ne comprennent pas et remettent tout en question. Et puis il y a ceux qui savent ouvrir les yeux.
Dans l'art de toute façon, pour beaucoup il y a deux catégories : Le beau et le laid, le chef-d'oeuvre et la merde.
Moi je pense qu'il faut voir au-delà de cela et tenter de comprendre pourquoi cette toile nous touche et pourquoi celle-là nous fait juste nous dire "oulala on croirait un gros caca" "Moi aussi je suis capable de faire ça" BA FAIT LE (sujet sensible). Seulement ce genre de réflexion ne marche que sur très peu d'individus, ce qui rend certainement l'art plus beau car plus rare à comprendre. Car après tout, l'art se regarde certes avec les yeux, mais il se vit avec le cœur.
- Vous savez que vous n'êtes pas nombreux à penser ainsi.
Je ris en hochant la tête.
- Je sais oui, et c'est bien malheureux...
- J'ai rencontré quelques-uns de vos collègues pendant quelques années, et beaucoup étaient susceptibles ou grincheux quand il s'agissait de leur travail. Ce que je peux comprendre, c'est toujours un peu délicat que d'exposer au monde quelque chose que l'on a créé et qui fait partie de nous finalement. Je ne me connais aucun don d'artiste - excepté de surfer des vagues.
Wow, il sait surfer. Alors là j'admire, parce que moi, bon je n'ai jamais essayé, mais je suis presque certaine que je tomberais bien trop souvent.
- Mais ces toiles ont quelque chose d'incroyable. Qu'est-ce qui vous inspire ? Qui vous inspire plutôt, car il y beaucoup de portraits j'ai l'impression. On dit souvent que l'amour, et les peines de cœur surtout, sont sources d'inspiration des plus grandes œuvres. Je suis désolé que vous ayez dû vivre ce genre de déceptions, cela dit. L'amour peut être compliqué parfois
- Je veux représenter la vie et quoi de mieux que de représenter la vie elle-même dans ces conditions. Ce sont des portraits de personnes qui m'ont raconté l'histoire, de personnes vues dans la rue, il y en a de moi aussi, et de mon mari par moments. Je dois vous avouer que j'étais en panne d'inspiration pour ce vernissage. Mais mon mari est passé par-là, et pour cette fois, je parle beaucoup de notre histoire. Vous avez raison, l'amour peut-être compliqué parfois, mais il peut aussi se montrer sous de beaux jours et nous prouver que nous ne sommes pas aussi seuls que nous voulons le croire, je lui murmure complice.
Car ce qu'a fait Mickey pour moi, je ne l'oublierai jamais, et je ne sais toujours pas comment le remercier assez pour cela. Je ne sais pas si je pourrais par ailleurs le faire un jour.
Je parle finalement de mes expositions précédentes à sa demande. Il est vrai que je commence à en avoir fait un petit paquet, mais ce n'est pas pour cela qu'il faut se reposer sur ses lauriers.
- Je ne crois pas avoir été à l'un de vos vernissages alors, ce qui me surprends mais je suis infirmier et je ne choisis pas toujours mes horaires. C'est une réussite en tout cas. Pour la première fois en près de 10 ans, j'ai même l'envie d'investir et d'acheter un tableau...
J'hausse mes sourcils avant de prendre une gorgée.
- Et bien, je peux dire alors que ce vernissage est une réussite Monsieur ?
C'est vrai ça, je ne sais même pas comment il s'appelle ! Mais je sais qu'il a un super métier, bien plus important que le mien, une petite fille, une femme qu'il aimait et qu'il n'est pas adepte du jeté de vaisselle sur les gens.
Je suis son regard finalement vers un tableau qui me fait sourire timidement. C'est moi, libre de pouvoir rester ici, mais portant le poids de ce mariage ainsi que la liberté de Mickey. Je m'en veux encore, et je pense que je m'en voudrais toujours un peu. J'ai toujours cette sensation d'avoir trahi Haley, mais aussi Mickey d'une certaine manière (même si, il faut le dire, c'était son idée). La voix de mon interlocuteur me ramène à la réalité :
- Premier tableau acheté, ma femme serait estomaquée. Et ravie. Grâce à vous, je peux même nettement la visualiser.
Je souris grandement avant de cligner un peu des yeux. Est-ce que cette femme à laquelle je ressemblerais serait sa femme. Oh bon sang... C'est tellement triste, tragique aussi... Je me sens presque désolée de lui ressembler, désolée de l'avoir rencontré pour rouvrir une plaie dans son cœur. Son regard reste sur moi et je comprends que j'ai vu juste. Je me sens un peu rougir, son regard est un peu insistant et en sachant cela, je ne sais plus vraiment comment me tenir.
- Je suis désolé, je ne voudrais pas vous mettre mal à l'aise ou même vous retenir plus longtemps. Vous devez avoir pas mal de monde à saluer. Comment doit-on procéder du coup ? J'achète maintenant, je récupère plus tard ?
Je secoue la tête.
- Vous ne me dérangez pas. En fait, vous payez le tableau ce soir, et vous le récupérerez la veille de mon prochain vernissage où j'espère vous revoir par ailleurs.
C'est sincère. Les rencontres sont parfois trompeuses, mais celle-ci est plutôt intéressante, amusante et puis j'aime bien discuter avec cet homme. Je crois que j'aimerais bien le revoir afin que l'on puisse discuter plus amplement.
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