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 « Bonjour, charmante inconnue ! » + Bucky ♥

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Naïa Argent
Admin bisounours
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DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
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MessageSujet: « Bonjour, charmante inconnue ! » + Bucky ♥   Lun 17 Avr - 12:02

« Naïa ? Naïa ? NAÏA ?! » Je relève brusquement la tête, complètement affolée. Je regarde de tous les côtés sans savoir vraiment où je suis. Quoi ? Que ? Comment ? Donc ? Plaît-il ?! « Présente ! » je m’exclame avec précipitation avant que mon regard ne croise celui de ma collègue Nancy. Son expression oscille entre la colère et l’exaspération. De toute manière, cette nana n’est qu’une vilaine flûte pas jolie. Mais sa simple présence me permet de réaliser que je suis bien loin du Conservatoire et je suis en plein service du samedi soir. OH MON DIEU, QU’EST-CE QUE J’AI FAIIIIT ?! « T’es sérieuse ?! Tu viens de t’endormir ! Allez, bouge-toi les fesses, y’a du monde ce soir. Et je te préviens, si tu recommences, je couvre plus auprès du boss. » Pas merci la gueuse ! Je sais très bien qu’elle ne l’a pas fait par charité chrétienne, mais bien parce qu’il ne traîne pas dans le coin pour l’instant. La mine boudeuse, mais un peu penaude, je me redresse du comptoir contre lequel je me suis assoupie, j’attrape mon calepin et je retourne rapidement dans la salle pour reprendre mon boulot et notamment mes commandes. Depuis quelques temps, j’en reviens pas de m’endormir dans des endroits improbables. Je dois même admettre que c’est limite effrayant. La dernière fois, je me suis endormie contre la porte de frigo. J’y suis restée bien une demi-heure avant que Sam ne me trouve et ne me réveille pour m’obliger à aller me reposer. Je commence sérieusement à me demander si je ne fais pas de la narcolepsie, tout comme le gars de la bande de Christian dans le Moulin Rouge. Mais quand j’ai exposé mon idée à ma jumelle, elle s’était contentée de rire aux éclats avant de quitter la pièce. La vérité était que ma vie était régie par deux tyrans. Le premier s’appelait Gabriel Goldstein et il me faisait vivre un enfer toute la semaine durant. Avec lui, les répétitions ne rimaient pas avec un travail sérieux, mais plutôt avec torture. Il s’était mis en tête de me faire maigrir et d’améliorer mon endurance. Alors tous les jours, je me tapais la course, les abdos, les pompes, et j’en passe ! Rien n’était suffisant pour satisfaire le sadisme de ce monstre. Et lorsque mes pauvres muscles n’en pouvaient plus et lâchaient avant la fin, il me faisait recommencer depuis le début. Je n’étais pas encore bien certaine de ce qui était le pire entre son entraînement intensif et les remarques acerbes qu’il me jetait. Ça en devenait de la torture morale. J’étais toujours pas assez rapide, pas assez motivée, pas assez mince, pas assez endurante. Je ne chantais jamais suffisamment bien, suffisamment longtemps. Tout était bon pour me critiquer et j’en venais à bénir les minutes où la bouche de Gabriel Goldstein ne s’ouvrait pas. Il risquait d’arriver à me faire détester cette comédie musicale, ainsi que le chant. Et les rares fois où j’osais montrer un moment de révolte, il se plaisait à me rappeler qu’il y avait une foule de Satine qui attendait derrière la porte pour prendre ma place. Sauf que s’il courrait après sa Satine parfaite, moi, je courais après ma gloire, ma renommée et ce rôle qui était toute ma vie ! Je ne pouvais pas renoncer aussi facilement. Et quand une semaine était finie et que je pouvais être soulagée d’entamer mon week-end, j’étais persécutée par Elias O’Connor. Cet homme n’était pas uniquement un patron qui aimait l’ordre, c’était un psychopathe qui détaillait le moindre fait et geste de ses employés. S’il m’avait prise en train de dormir un peu plus tôt, je me serai prise une sacrée danse et j’aurai pu dire adieu à mon job. Mais là encore, j’en avais terriblement besoin. Non seulement pour payer la maison que je partageais avec mes sœurs et mon frère, mais aussi pour participer aux courses, payer les cours au Conservatoire, sortir… bref, vivre quoi ! Alors comme le salaire n’était pas trop dégueulasse ici, je faisais de mon mieux pour garder mon poste, bien que chaque fois que j’enfilais ma tenue, je tremblais comme une feuille. D’ordinaire, je le prenais de manière plus cool, mais depuis quelques semaines, mes nerfs sont à vif, je suis à fleur de peau et je pourrai pleurer ou dormir à tout moment. J’arrivais à un point d’usure totale. De plus, il y avait cette fois où ce policier était venu toquer à ma porte et… Et non, je n’en parlerai pas. Je n’ai même pas envie de m’en souvenir. Passons à ce soir !

« Bonsoir ! Vous avez fait votre choix ? » Malgré ma mine fatiguée, mon sourire est flamboyant. Je reste toujours de bonne humeur. Après tout, ces pauvres clients ne sont pas responsables de mon état non plus. « Trois bières, un monaco et un mojito. » - « Tout de suite ! » Je récupère les cartes que je dépose sur le meuble à cet effet un peu plus loin avant de partir vers le bar pour communiquer les fameuses commandes au barman. Je m’apprête à repartir pour me charger d’une nouvelle table quand le Nick, le barman, me retient. « Attends Naïa. J’ai plus de citrons pour le mojito. Tu vas m’en charger à la réserve ? » Je hoche la tête, prenant aussitôt la direction de la réserve. Une fois en bas, je tape le code pour entrer. Une vrai forteresse ce truc ! Je pénètre dans la réserve, partant à la recherche de la caisse où sont les citrons. Je m’accroupis, commençant à remplir le plateau que Nick m’avait donné avant de soudain piquer du nez. Je m’endors tout à coup comme un gros hérisson jusqu’à être réveillée brusquement par un bruit fort. « C’est pas vrai ! Ce n’est pas moi ! » je m’écrie en me redressant, en panique. Sauf qu’il n’y a personne autour de moi. Je regarde bien, mais il n’y a que moi dans cette pièce fermée. Attendez… FERMÉE ?! Je me précipite vers la porte de la réserve, poussant pour l’ouvrir, mais c’est peine perdue. « Noooon ! » je gémis en appliquant encore plus de force sur la poignée et sur la porte. « Noooon ! J’veuuux pas mourir ici !! » Je tiens à ma vie ! Je veux jouer Satine ! Je veux être célèbre ! Je veux voir ma nièce grandir ! Je veux voir la tête de la copine de Jahia ! Huhu bientôt Je me mets à tambouriner de toutes mes forces. « Eeeh ! A l’aiiide ! Sortez-moi de lààà ! » je braille, mais je pourrai gueuler dans le cul d’un poney que ce serait la même. Dépitée, je me laisse tomber le long de la porte. « Je vais mourir ici… et je n’aurai jamais pu dire à Goldstein combien je le détestais… » Je reconnais être un poil catastrophiste, mais je ne passais pas la meilleure semaine de ma vie. Tout à coup, dans un regain d’énergie, je me lève et je vais vers les citrons. J’en attrape plusieurs avant de me mettre à canarder la porte. « Ouuuuuvre-toi, pétard de Zeuuus ! »
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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: « Bonjour, charmante inconnue ! » + Bucky ♥   Lun 24 Avr - 19:24

« Bonjour, charmante inconnue ! »
Naïa ∞ Bucky
La soirée est sympa je trouve. Il a fait beau toute la journée et quand viennent les beaux jours, et ba vient les gens dans la rue. Bon ils sont obligés de sorti même en hiver, mais là ils sont plus à même de s'arrêter pour regarder mes tours de magie. Aujourd'hui se fut fabuleux. Les enfants n'arrêtaient pas de rire aux éclats, de me regarder avec émerveillement. Et puis voir les parents aussi comblés me donne le sourire. C'est dans ce genre de moments que je sais que j'ai bien fait de ne pas abandonner, que j'ai bien fait de travailler dur pour pouvoir me perfectionner un peu plus chaque jour. C'est ce genre de moment que j'aime par-dessus tout parce que je sais, j'ai la certitude même que j'ai choisit le bon métier.
Mais bon, ce métier ne paye pas encore les factures c'est donc pour cela que je travaille au bar presque tous les soirs. Presque, parce que les jours de repos c'est la vie quand même. Mais ce soir je suis bel et bien derrière le comptoir en train de préparer mes cocktails. Je fais tourner les bouteilles, je m'amuse en préparant les cocktails. Je fais mon petit spectacle même par ici et je crois que cela plaît aussi. J'ai toujours de meilleurs pourboire quand je m'amuse avec les bouteilles que quand je les prépare simplement. Et puis j'aime bien être derrière le comptoir aussi. Il y a deux sortes de serveurs, celui qui tient le comptoir, celui qui sert à table. On fait tous un peu des deux mais je suis plus souvent au comptoir qu'autre chose. Et puis cela me fait rire d'observer mes collègues tourner autour des tables, venir me demander des cocktails ou encore passer la barrière afin de venir les préparer tout seul. C'est idiot, j'ai l'impression d'avoir un petit pouvoir et j'aime bien ça, et je peux aussi veiller sur eux d'une certaine manière.
C'est ainsi que je regarde Naïa qui semble courir partout. Elle travaille beaucoup et je l'admire tellement. Je sais aussi qu'elle a un autre boulot, elle est une artiste aussi et je crois que c'est ce qui nous rapproche. On a deux rêves, difficile, peu gratifiant si on ne sort pas du lot, ce qui fait qu'on doit travailler plus que les autres pour payer notre loyer.
Oui, je l'admire. Je vois bien qu'elle est épuisée, non seulement elle est pâle, il y a les cernes qu'elle tente de cacher mais aussi sa démarche presque gauche et j'ai juste envie de lui faire un gros câlin. Je la vois à nouveau passer à côté de nous alors que mon collègue Stef lui demander d'aller chercher du citron. C'est une bonne idée ça, c'est vrai qu'il nous en manque !
Je continue de servir les gens, il y en a beaucoup ce soir et j'ai l'impression de ne pas avoir une seconde à moi. Je fronce le nez alors que j'entends Stef grogner aussi.
- Putain ils sont où les citrons ?!
C'est vrai ça, Naïa a dû oublier la pauvre, elle est tellement fatiguée. Mais je sens que Stef commence à bouillonner et je n'aime pas trop ça. Je m'approche de lui et pose une main délicate sur son bras.
- Ne t'énerve pas, je vais les chercher. Tu peux me préparer deux sex on the beach pour moi, tu serais un amour.
Un sourire, et le voilà qui sourit à son tour. Voilà, il ne faut pas se mettre en colère tout vas bien. Mais c'est vrai que ca fait un petit moment que je n'ai pas vu Naïa. Tellement de monde que je dois pas la voir passer, elle doit gambader partout... J'arrive dans la réserve et ouvre la porte, bon sang, elle est tellement lourde que souvent elle se ferme toute seule. Seulement, alors que celui-ci devrait être vide, il y a quelqu'un. J'hurle en sursautant avant de poser ma main sur mon cœur.
- Merde ! Naïa !
Je tente de remettre mes idées en place avant de cligner des yeux. Elle a été enfermé ?! Ca serait logique, non seulement pour les non citrons mais aussi pour sa non présence. Et puis, elle s'est pas faufilé derrière moi, accroupis pour passer à côté de moi afin de me surprendre dans ce placard. OH BON SANG MAIS OUI ELLE A ETE ENFERME !!!! Cela me frappe de plein fouet à nouveau.
- Oh ma belle !
Sans lui laisser le temps je la prends dans mes bras et commence à caresser ses cheveux afin de la calmer.
- Je suis désolée, on t'a pas entendu... Stef commençait à râler et... Il voulait ses citrons mais... Oh aller viens tu vas t'asseoir t'as l'air juste épuisée ! Attends...
Je la fais sortir de la réserve, me penche pour attraper les citrons et glisse finalement mon bras sous le sien. On arrive derrière le comptoir, je donne les citrons à Stef.
- Ca te dérange si on prend la pause maintenant ?
Je lui montre de la tête Naïa et je pense qu'en voyant sa tête il comprend qu'elle en a bien besoin. Ca va lui faire du bien de prendre une petite pause. S'asseoir, ou alors prendre l'air, enfin au moins se libérer l'esprit. Je m'impose un peu à elle mais là je n'ai plus trop envie de la laisser toute seule.
- Aller, si tu veux parler aussi, je suis là. Tu peux tout me dire, te libérer et gronder cette fichue porte !
Si cela peut lui faire du bien, je suis tout ouïe.
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « Bonjour, charmante inconnue ! » + Bucky ♥   Mer 3 Mai - 20:07

JE VAIS MOURIR DANS UNE RÉSERVE ! Bon OK, je ne vais peut-être pas mourir. Du moins pas tout de suite. Le principe de la réserve, c’est qu’elle déborde de trucs à manger pour rester en vie suffisamment longtemps, et surtout, à boiiiire ! J’en ai besoin en ce moment Je pourrai toujours parvenir à rester en vie quelques jours jusqu’à ce qu’on vienne me délivrer. Je n’imagine même pas ma famille qui va se demander ce que je suis devenue, si mon patron ne m’a pas tuée, si je ne suis pas morte sur un bord de route, si j’ai bien mis mes lunettes pour conduire ou si je n’ai pas été kidnappée par un quelconque psychopathe. Quoi que… non mais qu’est-ce que je raconte ! Il va forcément y avoir quelqu’un qui aura la jugeote nécessaire pour me tirer de ce mauvais pas ! Ne serait-ce que Stef qui va s’énerver de ne pas trouver ses précieux citrons, qui se dira en rouspétant qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, et il me trouvera ici, en pauvre serveuse en détresse pour venir me délivrer. Dans ce scénario, je crains aussi qu’il ne me laisse ici de dépit et de colère, mais je préfère ne pas y penser. Au pire, je peux toujours prévoir un plan pour me faufiler dès lors que la porte sera entrouverte. Ainsi, je m’extirpe, aprèèèès j’aurai le droit de me faire enguirlander de toutes les manières possibles et inimaginables. De toute manière, je risque sûrement de m’endormir avant la fin de son speech, alors pourquoi pas, après tout. Mais comme je n’ai aucun désir de passer le reste de ma soirée enfermée dans cette maudite réserve, je décide de prendre mes responsabilités. Et en enfant responsable et mature que je suis, j’attrape les citrons qui me tombent sous la main, me mettant à assassiner la porte de la réserve à coup de mes projectiles tout en gueulant de me faire sortir de là. Je refuse de mourir sans avoir dit à Goldstein que je le trouvais bien trop sadique et que s’il trouvait que ma voix était potable, c’est qu’il avait de la merde dans les oreilles ! Je refuse de mourir sans avoir bien dit à toute ma famille combien je les aimais, même si je me plaisais à leur rappeler tous les jours parce que je suis la bisounours nunuche de la famille. Je refuse de mourir sans avoir eu la chance de voir ma petite nièce grandir correctement ! Je refuse de mourir sans avoir rencontrée la nana qui fait battre le cœur de ma Jaja. Je refuse de mourir sans avoir pu accomplir mes rêves et devenir célèbre. Et je refuse de mourir sans avoir pu passer une dernière nuit dans mon lit douillet ! Alors je fracasse comme une sauvage la porte de la réserve telle une Grecque qui veut forcer les murailles troyennes.

« Merde ! Naïa ! » Quoi ? Hein ? Oui, c’est moi ! Je m’arrête subitement de violenter la porte, ayant reconnu une voix féminine de l’autre côté de la porte. « Haaan faut que je sooorte d’iciiii ! » je braille de manière désespérée. A vrai dire, ça ressemble plus à couinement. Et la porte s’ouvre finalement pour dévoiler une Bucky sauveuse. « Tu m’as sauvé la viiie ! » je geins en me collant contre elle, comme si elle venait de me tirer d’un volcan en éruption. Je me laisse doucement bercer, manquant de m’endormir dans ses bras. Sa voix m’empêche de sombrer totalement. « Je suis désolée, on t’a pas entendu… Stef commençait à râler et… Il voulait ses citrons mais… Oh aller viens tu vas t’asseoir t’as l’air juste épuisée ! Attends… » Je grimace en entendant que Stef râle et n’est pas forcément content. En plus de ma fatigue, je n’ai pas vraiment envie de me prendre une rincée. Il est très sympa, mais dès que cela concerne le cadre professionnel, il devient un autre homme. Dans le fond, c’est une bonne chose parce qu’il est d’une rigueur folle, mais là… je vais juste m’en prendre une dans la tête.
Bucky récupère malgré tout les citrons et nous remontons toutes les deux au bar. J’ai l’impression d’avoir fait la troisième guerre mondiale et je m’attends à être mitraillée par Stef. Heureusement, ma collègue prend les choses en main et j’écope uniquement d’une peine d’une pause. Je dois l’admettre, je ne rechigne pas sur le coup. Je suis donc la belle blonde dehors où l’air frais me fait un bien fou. Déjà, ça me réveille, et en même temps, j’en oublie ma mini-crise de claustrophobie. Je souffle un grand coup, profitant du calme de la nuit et allant m’asseoir sur un banc en compagnie de Bucky. « Merci beaucoup pour tout à l’heure ! J’ai cru que j’allais rester enfermée là-bas toute ma vie ! » Et j’exagère à peine. Enfin, presque pas on va dire. Mais je suis bien contente d’être tombée sur Bucky. A quelques années près, nous avons presque le même âge et elle fait partie de mes collègues préférés. Elle est douce, gentille, et elle nous fait même des tours de magie durant les pauses parfois. « Aller, si tu veux parler aussi, je suis là. Tu peux tout me dire, te libérer et gronder cette fichue porte ! » Je secoue la tête, comme si une idée stupide venait d’être évoquée. « Non, c’est juste une porte… » Je tente de dédramatiser, mais je crois le naturel revient au galop. Je ne peux pas m’empêcher d’ajouter. « Enfin… juste une putain porte qui s’est refermée derrière moi ! Sérieusement, pourquoi est-ce qu’elle est aussi lourde ? C’est une porte blindée, c’est ça ? Monsieur O’Connor a peur de se faire voler ses précieux citrons ou qu’on cambriole son stock de menthe ?! Puis l’autre idiot qui s’énerve ! Il n’a qu’à aller les chercher tout seul ses citrons s’il n’est pas content ! Je ne suis pas sa bonniche ! Les mecs sont tous des cons ! » je râle en m’emportant plus que je ne le devrai. Mais là, j’en ai marre. J’arrive totalement à bout. Je suis stressée, fatiguée et je n’ai pas du tout le moral en ce moment. Je voudrais faire comme si la visite de ce flic n’avait pas compté, mais ce n’est pas le cas. Je vais des cauchemars où je revis les scènes d’autrefois. Et ça me frustre de ne pas pouvoir bouger, d’être impuissante et que la scène se rejoue encore et encore. C’est comme être enfermée dans son propre corps. « J’en ai marre de bosser pour des psychopathes ! Toute la semaine, je me démène pour un gars qui sait tout juste me dire que je chante à peu près bien. Mais moi, la musique et le chant, c’est toute ma vie ! Je ne me casse pas les fesses tous les jours pour m’entendre dire que ma voix est juste potable. Tu te rends compte ?! En plus, tous les matins, c’est la torture ! Je me coltine toujours plus de pompes, d’abdos et j’en passe ! Je dois courir toujours plus vite et toujours plus longtemps. C’est une comédie musicale, merde ! Je n’ai pas auditionné pour les jeux Olympiques ! Soi-disant que c’est pour me rendre plus endurante, pour que je tienne mieux le rythme des futures tournées. Mais moi, j’ai bien compris qu’il me trouvait trop grosse pour jouer Satine. Oui, je n’ai pas le corps de Nicole Kidman, et alors ?! Ma voix est bien plus puissante qu’elle, flûte !! MERCI BIEN GABRIEL GOLDSTEIN !!! MONSTRE ! » Je suis totalement en train de péter un câble. Je serai capable de m’énerver pour un bouton qui se casse de ma chemise de boulot. « Et je finis toujours super tard. J’ai toujours plus de morceaux à répéter. Des danses à apprendre par cœur, mais j’ai déjà plein de courbatures, alors j’ai encore plus mal ! Genre danser comme ça ! » Je me lève brusquement de mon banc pour déhancher mon popotin dans la rue afin d’illustrer mes propos, imitant mes répétitions, mais j’ai surtout l’air d’un gros cachalot dans l’état où je suis. Quand j’ai terminé de me donner en spectacle, je repose mes fesses à côté de Bucky. « Même la nuit, je n’arrive même plus à dormir. Et quand je peux me reposer le weekend, et bien non, je bosse ! Et là encore, je me prends tout le stress. Les abrutis qui se pointent au bar, O’Connor le psychopathe et cette putain de porte !! » Et maintenant que la colère retombe comme un soufflé, j’explose en sanglots. Je me sens tellement idiote. « J’en peux plus… je suis fatiguée. »
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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: « Bonjour, charmante inconnue ! » + Bucky ♥   Mer 3 Mai - 23:41

« Bonjour, charmante inconnue ! »
Naïa ∞ Bucky
Sortir du bar ne peut que faire du bien. L'air glisse sur mon visage changeant de l'ambiance étouffante du bar, les étoiles nous accueillent à bras ouverts et je sens que Naïa en a besoin. Je vois bien qu'elle semble nerveuse, fatiguée et j'ai tout simplement l'impression qu'elle va tomber à tout moment. Elle a besoin d'hurler, elle a besoin de tout dire pour mettre cartes sur table. C'est ce que j'ai appris à faire avec mon psychologue. Au début je ne parlais pas, j'avais honte. Puis, au lieu de me faire parler, elle m'a fait monter sur le toit, et elle m'a demandé d'hurler. Je me souviens l'avoir regardé étrangement, mais elle m'a encouragé. C'est alors que j'ai pu hurler au monde tout ce que j'avais sur le cœur. Que je ne méritais pas ce qui m'était arrivé, que j'étais jeune et innocente, que je n'étais pas un objet, que je ne me sentais plus humaine aussi... Des choses difficile à entendre, difficile à dire aussi... Pourtant une fois hurlé, j'ai eu l'impression qu'un poids se levait de mes épaules. Comme si en l'hurlant, les mots et la douleur s'envolait en même temps que l'écho de ma voix. Comme si aussi, d'une certaine manière je lui disais à lui, je lui montrais que, même si j'étais détruite, je travaillais sur moi afin de redevenir quelqu'un et non plus quelque chose.
Bon, la situation n'est pas la même, le traumatisme aussi mais l'exercice peut se trouver fort intéressant malgré tout. Même si c'est juste pour gueuler à propos d'une porte et que cela semble idiot, je suis certaine que cela va lui faire du bien.
- Non, c’est juste une porte…
Je sais bien que ce n'est pas juste une porte, c'est une situation qui se cumule avec sa fatigue évidente. Je le sens, elle est à bout de nerfs et je pense qu'il vaut mieux qu'elle se lâche maintenant que devant les clients ou quelqu'un qu'elle ne voudrait pas mettre en colère. Je lève un sourcil et bouge mes mains afin de lui dire de continuer, parce que bon, si elle me dit que cela on ne va pas aller loin.
- Enfin… juste une putain porte qui s’est refermée derrière moi ! Sérieusement, pourquoi est-ce qu’elle est aussi lourde ? C’est une porte blindée, c’est ça ? Monsieur O’Connor a peur de se faire voler ses précieux citrons ou qu’on cambriole son stock de menthe ?! Puis l’autre idiot qui s’énerve ! Il n’a qu’à aller les chercher tout seul ses citrons s’il n’est pas content ! Je ne suis pas sa bonniche ! Les mecs sont tous des cons !
Ah ca, je ne peux pas la contredire. A la place je la regarde faire sans rien dire. La couper maintenant serait idiot, maintenant qu'elle est lancée, il ne faut plus l'arrêter sinon elle va se retrouver frustrée et tout ceci n'aurait servi à rien. Et je suis bien contente qu'elle ne gueule pas sur Stef, il l'aurait vraiment mal pris et la soirée se serait mal terminée.
- J’en ai marre de bosser pour des psychopathes ! Toute la semaine, je me démène pour un gars qui sait tout juste me dire que je chante à peu près bien. Mais moi, la musique et le chant, c’est toute ma vie ! Je ne me casse pas les fesses tous les jours pour m’entendre dire que ma voix est juste potable. Tu te rends compte ?!
C'est vrai, je sais qu'elle travaille beaucoup. C'est une artiste elle aussi et si on ne travaille pas tous les soirs, ce n'est pas pour autant qu'on profite de nos jours de "repos". Au contraire c'est dans ce genre de moment qu'on peut profiter afin de s'adonner à notre art. Elle c'est le chant, moi la magie. Je dois avouer que j'aimerais beaucoup la voir sur scène, je n'ai pas encore eu cette chance mais je sais qu'elle travaille sur une grande comédie musicale. J'espère qu'elle m'invitera à sa première, j'en serais tellement honorée.
- En plus, tous les matins, c’est la torture ! Je me coltine toujours plus de pompes, d’abdos et j’en passe ! Je dois courir toujours plus vite et toujours plus longtemps. C’est une comédie musicale, merde ! Je n’ai pas auditionné pour les jeux Olympiques ! Soi-disant que c’est pour me rendre plus endurante, pour que je tienne mieux le rythme des futures tournées. Mais moi, j’ai bien compris qu’il me trouvait trop grosse pour jouer Satine. Oui, je n’ai pas le corps de Nicole Kidman, et alors ?! Ma voix est bien plus puissante qu’elle, flûte !! MERCI BIEN GABRIEL GOLDSTEIN !!! MONSTRE !
Je fronce les sourcils soudainement. Elle a bien dit Goldstein... Gabriel Goldstein... MAIS OUI ! C'est logique soudainement. Gabriel est un artiste de talent, bon sang comment j'ai fait pour ne pas faire le rapprochement. Pour le connaître, ce qu'elle me dit ne m'étonne pas, je connais son perfectionnisme surtout quand on parle de musique. Cela me fait presque rire du coup, connaissant maintenant sur qui elle est en train de râler, de l'entendre dire toute ces choses.
- Et je finis toujours super tard. J’ai toujours plus de morceaux à répéter. Des danses à apprendre par cœur, mais j’ai déjà plein de courbatures, alors j’ai encore plus mal ! Genre danser comme ça !
Je la regarde bouger et ne peux m'empêcher de rire. Je ne devrais pas, je vais me faire gueuler dessus mais franchement, elle est trop drôle à se dandiner dans la rue tout en hurlant tout ce qu'elle a sur le cœur. Elle se rassoit auprès de moi et je ne la lâche pas des yeux. Je sens qu'elle en avait besoin.
- Même la nuit, je n’arrive même plus à dormir. Et quand je peux me reposer le weekend, et bien non, je bosse ! Et là encore, je me prends tout le stress. Les abrutis qui se pointent au bar, O’Connor le psychopathe et cette putain de porte !!
Voilà... Elle éclate en sanglots... C'est triste à voir, ça pince le cœur, seulement elle avait besoin de cela. Ouais c'est une thérapie difficile mais une fois que cela sera passé, elle ira mieux et je sais déjà qu'elle va passer une bonne nuit.
- J’en peux plus… je suis fatiguée.
Je pose ma main sur son épaule afin de l'approcher de moi. Je la serre doucement contre moi et caresse ses cheveux dans un geste tendre. Je ne sais pas combien de temps on reste dans cette position, mais je lui prouve que je suis là, qu'elle peut pleurer. Je ne la juge pas bien au contraire. Je finis par reprendre la parole doucement, comme une confidence qu'on se fait entre nous.
- Je connais Monsieur Goldstein... Je sais qu'il n'est pas quelqu'un de facile. Cependant c'est un homme doué, très doué dans son domaine. Si tu dois savoir une chose sur lui, c'est qu'il ne choisit pas les gens au hasard. Si tu es devenue Satine, s'il t'a choisi pour le premier rôle, c'est que tu chantes bien plus qu'"à peu près bien". Il joue sur le mental, il te fait travailler dur parce que tu sais quoi ? Il voit ton potentiel. C'est difficile, je n'ose imaginer ton entraînement, mais il te pousse vers le haut, et en tenant bon tu lui prouves qu'il ne s'est pas trompé.
Je souris en continuant mes petites caresses pour la calmer.
- Je vais aussi te raconter quelque chose sur lui qui va sûrement te paraître invraisemblable, mais c'est pourtant vrai. Il m'aide... beaucoup pour ma carrière de magicienne. Il n'a pas à le faire, pourtant il m'a présenté à quelqu'un d'important de la ville qui a semblé apprécier ma magie. J'attends son coup de fil, il m'a assuré qu'il allait m'appeler parce qu'il m'avait adoré... Et après il m'a invité à un brunch, je dis avant de rire. Il n'est pas un homme facile, mais je pense surtout qu'il est un homme habité par son art. Nous connaissons cela à notre manière. Sauf que nous, c'est différent. Je veux dire par là que lui doit compter sur beaucoup de personnes afin que son art arrive au sommet. Tu peux imaginer son stress, sa volonté de perfection... Cela passe par des cris, beaucoup de travail, mais je suis certaine que pendant la tournée, même s'il ne le dira pas, il sera admiratif et reconnaissant, car ce sera grâce à vous, grâce à toi qu'il va voir ce qu'il avait en tête se réaliser. Son chef-d'oeuvre.
Je me redresse un peu afin de la regarder droit dans les yeux. J'encadre son visage de mes mains afin d'essuyer ses larmes alors que je garde mon sourire.
- Si tu as besoin de craquer, n'hésite jamais, tu peux m'appeler, venir à la maison, n'importe quand. Mais promet moi de lui prouver qu'il n'a pas eu tort, car tu es Satine, tu as le premier rôle et tu es sa star même s'il ne te le dit pas.
J'en suis certaine. Je commence à bien le connaître, j'ai l'impression qu'il s'ouvre à moi un peu plus que les autres. Ce n'est pas pour me vanter ou quoi, mais je pense pouvoir dire que nous avons plus qu'un lien boss/employée, mais une certaine amitié. Je pense que mon amour pour la petite Mélodie aide à cela aussi, mais je sens qu'il a besoin de quelqu'un avec qui partager ce genre de chose lui aussi, car il garde beaucoup dans son cœur. Peut-être que la prochaine fois que je le verrais, je pourrais le soumettre au même exercice...
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « Bonjour, charmante inconnue ! » + Bucky ♥   Sam 6 Mai - 22:43

La fatigue m’empêche complètement de tenir un discours sensé ou d’être maîtresse de moi-même. Je me laisse submerger par toutes les émotions qui me traversent, totalement au bout du rouleau. Certes, j’ai déjà vu la fatigue par le passé. Les longues nuits à réviser pour mes études ou pour le Conservatoire. Lors de mes années lycée, je devais jongler entre les deux, et ce n’était pas toujours évident, je devais l’admettre. Mais depuis quelques semaines, ce n’est plus du tout la même chanson. Certes, je n’étais plus au lycée. Mes heures à étudier le piano et le chant au conservatoire s’étaient aussi incroyablement raccourcies. J’en pleure d’ailleurs de ne plus voir Héloïse aussi souvent que je le voudrais, mais c’est pas grave, on s’envoie des textos de l’amour. Bref, tout cela avait été remplacé par un travail que j’effectuais tous les week-ends auprès de Bucky. Evidemment, comme c’était dans un bar, le travail était principalement la nuit. Il fallait donc tenir le rush du soir, encaisser parfois les conneries des clients bourrés ou simplement faire un sorte de ne jamais se faire réprimander par le big boss s’il se trouvait dans le coin. Et le restant de la semaine, je m’adonnais pleinement à ma passion. Je devais m’admettre chanceuse de pouvoir vivre de ma passion du chant et d’être suffisamment talentueuse pour avoir obtenu le rôle de Satine dans la comédie musicale du grand Gabriel Goldstein. Je n’avais pas à me plaindre. Et pourtant, j’étais à bout de ces séances de sport que je trouvais bien trop excessives, de ces répétitions qui n’en finissaient plus où il se montrait toujours de plus en plus exigeant. Travailler dur ne me dérangeait pas. M’entraîner toute la nuit s’il le fallait n’était pas non plus un problème. Encore moins de devoir sauter des repos. Même si cela devait sûrement influer sur mon moral, je n’en tenais pas compte, bien trop habitée par ma passion, par l’amour de cette comédie musicale et ma volonté de bien faire. Goldstein m’avait dépeint sa Satine parfaite et je voulais coller à la représentation qu’il se faisait d’elle coûte que coûte. Peu importe les heures que je devrais y passer et l’énergie que j’allais y mettre. Mais ce qui me minait le plus le moral, c’était cette absence de gratitude en retour. Je ne m’attendais pas à une pluie de compliments ou même à ce qu’on me déroule le tapis rouge, mais quelques fois, des encouragements ne faisaient pas de mal. Ou juste de me dire que je faisais les choses bien. Je savais prendre la critique, mais il fallait aussi que cette dernière soit contrebalancée par des remarques positives. De ce fait, je passe chaque journée à m’épuiser pour un homme terriblement laconique, et dès que je dois rentrer chez moi, je me sens insatisfaite de moi-même. J’ai toujours la sensation de ne pas avoir fait suffisamment bien. De ne pas y avoir mis suffisamment de cœur. C’était horriblement frustrant. Bien sûr, j’ai le soutien indéfectible de ma famille, mais je crois bien que cela ne fait pas tout. Dans un monde dans lequel je rêve de percer, j’ai besoin aussi du retour des professionnels qui en font parti. Goldstein était –jusqu’à il n’y a pas longtemps- ma grande idole dans le monde de la musique et une référence merveilleuse. Je suis d’ailleurs toujours persuadée de son génie, mais je ne peux pas m’empêcher de songer qu’il n’est qu’un gros mufle insensible et perfectionniste. Et moi, ça m’épuise à la longue. J’ai la sensation de ne rien faire de bien. Et la dernière visite de ce flic à la maison n’a rien arrangé. Sûrement est-ce cette partie-là de ma vie qui fait que je craque complètement, mais je suis encore incapable de l’admettre. Durant plus de sept ans, j’ai fait taire ce souvenir horrible de ma mémoire. Je ne parviens pas à supporter qu’il resurgisse brusquement.

Alors me voilà, ce soir, à gueuler en plein milieu de la rue après une porte, un patron trop exigeant, un Stef pas compréhensif du tout, un Goldstein idiot et même pour les clients chiants. Je serai capable de crier après tout le monde ce soir. Bucky est la spectatrice de ce désolant spectacle où je m’excite après tout et rien jusqu’à ce que je repose mon derrière sur le banc froid et que je me mette à pleurer comme une gamine. Sans protester, je me laisse prendre dans ses bras. Je me blottis contre elle, ayant trouvé une alliée dans ma triste nuit. Quand tout à coup… « Je connais Monsieur Goldstein… » Je me redresse lentement, m’écartant légèrement d’elle en la dévisageant. J’ouvre des yeux énormes. Mon cœur se met à battre à cent à l’heure. « Oh mon dieu… non. Ne me dis pas que tu es genre sa sœur, ou sa fille, ou sa cousine, ou quoi que ce soit qui est trop proche de lui. » Non mais la soirée ne pouvait pas être pire ?! Il faut en plus que je parle à une partisane de l’alliance Goldstein ?! Je la laisse poursuivre tandis qu’elle me parle de lui. Bon, nous nous accordons sur le fait qu’il n’est pas toujours tendre, mais qu’il reste un génie. Je suis pleinement d’accord avec elle, jusqu’à que le reste de ses paroles me rassérènent un peu plus. Dans le fond, tout ce qu’elle disait, je le savais un peu. Il était évident que Goldstein n’allait jamais se satisfaire d’un « à peu près » pour jouer sa précieuse Satine. Mais moi, j’avais besoin de me l’entendre dire. Un « potable » ne me suffisait pas. Je souris légèrement à ses mots, réconfortée dans mon petit cœur. Mes larmes s’arrêtent de couler et je passe maladroitement mes mains sur mes joues pour les chasser. Bucky poursuit, me dévoilant une nouvelle facette de Goldstein que je ne connaissais pas. Pour tout dire, je reste totalement sidérée par ce qu’elle m’apprend. Lui… faire un brunch ?! Puis, aider quelqu’un ? Je n’en croyais pas mes oreilles, dévisageant ma collègue qui en parlait avec admiration et tendresse. Et surtout, je prenais conscience que je n’étais sûrement pas la seule à stresser dans cette histoire. Gabriel Goldstein avait une réputation à tenir. Les critiques ne seraient pas forcément tendre avec lui, et j’étais la pièce principale de sa pièce. Forcément qu’ils se montreraient terriblement exigeant. Son chef-d’œuvre… Les mots tournent longtemps en moi tandis que je m’habitue à cette nouvelle réalité. « Si tu es besoin de craquer, n’hésite jamais, tu peux m’appeler, venir à la maison, n’importe quand. Mais promet moi de lui prouver qu’il n’a pas eu tort, car tu es Satine, tu as le premier rôle et tu es sa star même s’il ne te le dit pas. » Là, je souris franchement, venant prendre la main de Bucky. « Merci… c’est vraiment super gentil à toi. Et merci d’être là et de m’avoir écoutée aussi. Je crois que je pète juste un câble… » Je débloque même carrément, mais heureusement, c’était plus ou moins fini. Pour le reste de l’histoire, je n’étais plus seule. J’avais ma jumelle qui savait tout désormais et qui me soutenait. Je passe ma main dans mes cheveux, prenant une grande inspiration. « Mais Goldstein… whaaa… Je n’aurai jamais cru ça de lui ! Vraiment, il n’est pas l’homme qu’il montre au quotidien. Enfin, il n’est pas l’homme qu’il est avec moi. Je ne le pensais si… généreux ? » Oui, c’était sûrement le mot. Je serre ma main dans celle de Bucky. « Enfin tu sais, tu le mérites qu’il t’aide, hein ! Ce que tu fais avec ta magie… c’est merveilleux ! A chaque fois, je retombe en enfance. » je dis en souriant tendrement. De toute manière, je m’émerveillais de tout. Mais il fallait admettre que ma collègue avait du talent. Je me redresse un peu mieux. « En tout cas, je saurai lui montrer qu’il ne s’est pas montré en me choisissant. Je serai la Satine dont il a toujours rêvé. » J’y croyais dur comme fer. « La chanson, c’est toute ma vie. Et puis cette comédie musicale… le Moulin Rouge quoi ! C’est un de mes films préféré. Il est merveilleux, t’es pas d’accord ? Et incarner Satine… c’est comme un rêve ! » Je me retrouve à nouveau sur mon petit nuage, à imaginer une future célébrité. « En plus, c’est ma Jaja qui va prendre les photos pour les affiches. Je bosse en exclu avec ma sœurette. Elle a tellement de talent, si tu savais ! » Oui, elle le savait. Mais toutes les deux, nous l’ignorions. Tout à coup, je repense aux paroles de Bucky, extrêmement songeuse. « Mais franchement… Goldstein qui fait un brunch ? » je mets à rire comme une pintade, contrastant avec mon état précédent. « Je payerai cher pour voir ça. T’as pas d’autres trucs à me raconter le concernant ? Question que je dédramatise en le voyant. »
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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: « Bonjour, charmante inconnue ! » + Bucky ♥   Lun 8 Mai - 23:22

« Bonjour, charmante inconnue ! »
Naïa ∞ Bucky
Je connais Monsieur Goldstein.
Quand j'avoue cela à Naïa je la vois me regarder comme si je venais de lui avouer un meurtre.
- Oh mon dieu… non. Ne me dis pas que tu es genre sa sœur, ou sa fille, ou sa cousine, ou quoi que ce soit qui est trop proche de lui.
Cela me fait rire à nouveau avant de secouer la tête. Je ne suis rien de tout cela et je lui explique un peu plus en quoi notre relation n'est en rien familiale. C'est professionnel. Je ne lui parle pas de Melodie, je ne sais pas si j'en ai le droit dans le fond, mais je lui dis ce que je peux lui dire (il me semble).
Je crois qu'elle a besoin d'entendre du bien de Monsieur Goldstein, de Gabriel. Je n'ose imaginer le genre de semaine qu'elle doit vivre. Je tente de vivre de mon art aussi mais je n'ai personne au-dessus de moi dans la hiérarchie (du moins pas encore). J'attends toujours l'appel de cet homme que Gabriel m'a fait rencontrer. Cela ne fait pas longtemps et j'ai encore un peu d'espoir car j'aimerais vraiment faire plus de choses. Je suis bien heureuse de pouvoir vivre de ma magie dans la rue seulement j'ai aussi de voir plus grand.
Naïa a cette chance de pouvoir voir plus grand. Cela passe par le théâtre, les décors, le chant. Tout cela orchestré par un seul homme qu'elle semble méprisée en cet instant car il la rend faible d'une certaine manière. J'ai presque envie d'en sourire car je vois clair dans son jeu. Il fait tout cela pour qu'elle se donne au maximum, permettant ainsi d'avoir son chef-d’œuvre.
Cela doit être tellement difficile de commander ainsi tellement de manette afin de permettre à un tout de devenir parfait. Je n'ose imaginer sa pression, son courage aussi d'une certaine manière. Je sais que parfois il se montre dur et méchant, mais je sais aussi qu'il fait cela pour le bien de l'art. Je pense qu'elle le sait aussi dans le fond et c'est important de ne pas perdre cela de vu. Alors oui, elle peut craquer, oui elle a le droit d'hurler, de pleurer, de crier à quel point elle le hait mais je pense que le mieux n'est pas de le faire en sa présence non, mais de le faire avec moi, juste moi. Je me sens presque privilégiée de lui demander cela, mais c'est important de faire ainsi confiance et j'apprécie beaucoup Naïa. J'espère qu'en faisant cela elle va le voir et le comprendre. C'est ma manière à moi de lui montrer. Mais, même si elle me remercie de cette délicatesse, je vois bien qu'elle est surprise par mes révélations sur son boss. Il est vrai que je sais qu'il est gentil avec moi, bien plus qu'avec certaine personne. Je ne saurais vraiment dire pourquoi mais une chose est certaine, je ne vais pas m'en plaindre.
- Je ne le pensais si… généreux ?
Je lui souris tendrement.
- Il l'est, vraiment...
- Enfin tu sais, tu le mérites qu’il t’aide, hein ! Ce que tu fais avec ta magie… c’est merveilleux ! A chaque fois, je retombe en enfance.
Je ne peux m'empêcher de pouffer de rire. Elle ne me vexe pas, nullement. Et puis sa façon de parler de ma magie me fait sourire de plus belle.
- Merci beaucoup Naïa... Il est généreux et je suis certaine que tu t'en rendras compte avec le temps.
Je le sais déjà mais elle comprendra certainement sa générosité plus tard, lors de la tournée par exemple.
- En tout cas, je saurai lui montrer qu’il ne s’est pas montré en me choisissant. Je serai la Satine dont il a toujours rêvé. La chanson, c’est toute ma vie. Et puis cette comédie musicale… le Moulin Rouge quoi ! C’est un de mes films préféré. Il est merveilleux, t’es pas d’accord ? Et incarner Satine… c’est comme un rêve !
Je l'écoute sagement sans la couper, c'est important ce qu'elle me dit et j'aime bien en apprendre un peu plus sur elle.
- En plus, c’est ma Jaja qui va prendre les photos pour les affiches. Je bosse en exclu avec ma sœurette. Elle a tellement de talent, si tu savais !
Je ne savais pas qu'elle avait une sœur.
- J'ai aussi plusieurs sœurs, aucune photographe par contre, je dis en riant. En fait tu as une famille d'artiste c'est ça ? [/color]
L'art est quelque chose de tellement important que cela me fait plaisir d'en parler avec quelqu'un d'aussi passionné que moi. Peut-être qu'un jour elle me présentera sa sœur et qu'on aura une grande discussion (et que je tomberais amoureuse wesh)
- Mais franchement… Goldstein qui fait un brunch ? Je payerai cher pour voir ça. T’as pas d’autres trucs à me raconter le concernant ? Question que je dédramatise en le voyant. 
Et là j'éclate de rire en me tournant vers elle.
- Oui il m'a invité en bord de plage avec sa petite fille, Mélodie. Cette petite m'adore et maintenant je dois lui chanter des berceuses souvent. Il est très gentil aussi, on a pu discuter à plusieurs reprises et quand il me parle de son art j'ai l'impression de me reconnaître. J'imagine qu'il ne te montre pas trop ce genre de facette parce que c'est quelqu'un de perfectionniste... Mais ce que je peux dire c'est que vous avez un point commun... Chaque fois que je fais de la magie je vois ce retour en enfance se faire... Et j'en suis fière... Vous croyez en l'art et ça, c'est certainement ce qui vous rapproche le plus...
Je lui souris tendrement, voulant lui faire comprendre que dans le fond ils ne sont pas des ennemies, mais bel et bien des alliés dans cet art noble qu'est la musique, dans le montage de cette comédie musical qu'est le Moulin Rouge.
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « Bonjour, charmante inconnue ! » + Bucky ♥   Sam 27 Mai - 19:42

Oh bon sang, elle connait Monsieur Goldstein. Tout à coup, il me vient une bouffée d’angoisse qui me fait imaginer le pire des scénarios. A tous les coups, elle est de la même famille que lui. Une sœur ? Une cousine ? Sa femme ? Bon, je dis de la merde. Sa femme ne travaillerait sûrement pas dans un bar miteux comme celui-là alors que son mari gagnait plus que de raison. Mais quand même ! Je l’imagine déjà raconter tout ce que je venais de dire à mon producteur. Forcément, piqué dans son orgueil et sa dignité, je me prendrai le pire savon de tous les temps. Il allait me renvoyer, prendre une nouvelle Satine à ma place et faire passer le mot parmi tous les producteurs de comédie musicale que Naïa Argent était la pire de toutes et que je n’avais aucun talent. Il allait me calomnier pour écraser ma carrière entre ses doigts par pure vengeance. Et entre le moment où je demande à Bucky si elle fait partie de sa famille et le moment où elle secoue négativement la tête en riant, j’ai le temps de m’imaginer déprimer face à mon rêve détruit, à ne plus savoir que faire de ma vie, à terminer à la rue sans le sou et désenchantée, jusqu’à ce que je sois récupérée pour faire de la prostitution. Fort heureusement, ce futur abominable et irréaliste s’efface très rapidement. Totalement soulagée, je l’écoute attentivement me parler de mon actuel patron et… attendez, on parle bien du même ? De celui qui m’inflige des heures de torture et qui semble apprécier de me voir souffrir chaque matin ? Qui est si avare de compliments à mon égard ? Vraiment ?! Monsieur fait visiblement des brunchs et il lance des carrières. Celle de Bucky notamment. Et puis la mienne au passage, parce qu’il ne miserait pas sur moi s’il ne pensait pas que j’étais un bijou rare. Désormais, il ne cherchait qu’à me perfectionner, à me façonner comme si j’étais un diamant brute pour que je suis la véritable vision qu’il se fait de Satine. Wha… la pression, damned !
Malgré tout, son discours me permet de relativiser grandement sur ma manière de considérer mon producteur. Il n’est plus tout à fait le monstre qui je m’imagine depuis que je l’ai rencontré. Bien qu’il le cache très jalousement, une part de générosité réside au fond de lui. Evidemment, je le considère comme étant un homme pudique, mais là, il faut admettre que ça va très loin. Je préfère tout de même cela à un homme dénué de toute profondeur et de cœur. Pour être parfaitement honnête, il remonte grandement dans mon estime et je pourrai même l’admirer encore. Enfin, je n’ai jamais cessé de l’admirer. En tant qu’artiste, en tant que musicien, en tant que légende dans l’art. C’est uniquement dans ses valeurs humaines que j’ai été déçue. Mais voilà que je l’observe sous un nouvel angle. Les paroles de Bucky ont eu pour don de me redonner la patate et que je suis plus que déterminée à montrer que je suis l’unique Satine valable en ce monde. Moi, et rien que moi ! Je dévie même sur ma sœur qui prend les photos pour la promotion. Je dois l’avouer, j’ai de la chance. « Pas vraiment. Il y a juste ma jumelle et moi qui faisons des métiers artistiques. Sinon, mes sœurs et mon frère ne sont pas trop plongés dans le truc. Et les tiens ? T’as une grande famille aussi ? » je demande après que la blonde m’ait interrogée sur ma propre famille. C’est vrai qu’on travaille ensemble, mais on ne connait rien l’une de l’autre.

« Mais franchement… Goldstein qui fait un brunch ? Je payerai cher pour voir ça. T’as pas d’autres trucs à me raconter le concernant ? Question que je dédramatise en le voyant. » En soi, ce n’est pas terrible de faire un brunch. C’est juste que je n’imagine pas Goldstein avoir… une vie normale. D’humain normal. Je reste persuadé qu’il ne mange pas, qu’il ne dort pas et qu’il ne va même pas aux toilettes. Il ne doit pas rire non plus, ni dire des trucs gentils à quiconque et il n’est pas très familier avec le concept de jouer. En somme, c’est un robot programmé sur la tyrannie. Mais ma collègue m’offre une toute nouvelle perceptive de cet homme que je diabolise sûrement trop. J’apprends qu’il a une adorable petite fille qui aime les berceuses, qu’il apprécie tout autant la magie que moi et qu’il a aussi eu une enfance Oui, le truc de dingue ! Soudain, je me sens un peu plus proche de lui. « Oh, il a une petite fille ? Je ne savais pas. C’est trop adorable ! Je savais qu’il était marié, mais j’ignorais pour sa fille. En même temps, il est tellement discret. » Il fallait pourtant se rendre à l’évidence. Je pose ma main sur celle de Bucky. « Bon, tu m’as entièrement convaincue. Goldstein n’est peut-être pas le monstre sans cœur que je pensais… » Il ne l’était pas du tout d’ailleurs, mais j’ai une certaine tendance à tout exagérer. « Merci en tout cas… de m’avoir écoutée et de m’avoir consolée. Ce n’est pas toujours évident en ce moment et parfois, je craque. » Ou je m’endors, ça dépend du contexte. « Et tu sais que tu peux aussi compter sur moi dans le cas inverse, hein. » Au même moment, Stef jaillit du bar. « La pause est finie là. Le service va pas se faire tout seul ! » Il repart aussi vite qu’il est venu. On se dépêche de se relever, échangeant une grimace amusée. Je serre sa main un peu plus fort avec un sourire reconnaissant avant de la lâcher complètement et de repartir au boulot. Je ne suis pas moins fatiguée, mais le moral est de nouveau là.
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