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 « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]

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Héloïse Bennett
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MessageSujet: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Jeu 27 Avr - 17:20

Vers la fin du mois de Mai...

Dix-huit heures. Je suis chez Matthew et mes yeux sont rivés sur son ordinateur. Il me l'a prêté afin de me permettre d'actualiser la page internet ouverte toutes les dix secondes. La fin de la journée est là. On a bossé comme des dingues quand bien même, nous avons fait un truc assez rare : partir à l'heure. Et pour cause, aujourd'hui est un jour spécial, à marquer d'une croix sur le calendrier. C'est l'annonce des résultats. Et quand bien même avant on devait se rendre sur place pour voir si le nom figure sur la liste des admis, désormais c'est tout à fait autre chose. C'est sur internet et depuis que nous sommes rentrés chez Matthew - il a refusé avec véhémence d'aller chez moi sans que je cherche à comprendre - je n'ai dieu que pour l'écran que je fixe. Mon chéri m'a déjà fait remarquer qu'actualiser la page ne fera pas avancer les choses, mais je ne l'écoute pas. Je suis bien trop stressée, occupée à me repasser l'ensemble des sujets eus durant les épreuves. Je pense de ce fait avoir complètement échoué, presque à deux doigts de fondre en larmes. « Non mais c'est sûr j'ai raté ! Sur la dissertation de droit, j'ai forcément mal interprété la question posée sur le cas pratique ! J'ai tout raté ! J'en suis sûre que je vais tout rater. Je ne pourrais même pas être la première dans les résultats, tout comme je ne serai pas major de ma promo... Tu te rends compte, je ne pourrai pas faire le discours de fin d'année... » Ma mine affiche un air triste « Rhoooo comment je suis triste... » Heureusement il est là, et sur ces monologues dans lequel je me fais mes propres réponses à toutes mes interrogations, je finis par me blottir dans les bras de Matthew, délaissant l'actualisation de la page. Ça fait du bien d'être dans les bras de son chéri. Ça met du baume au coeur d'ailleurs et durant un court instant, j'oublie même ce que je fais ici, préférant me centrer sur l'objet de toutes mes pensées et de mes désirs. Enfin... Durant un court instant, car finalement, le naturel revient bien vite au galop et voilà que je reviens vers l'ordinateur et actualise. Sauf que là... « OH MON DIEUUUUUU ! » Je hurle soudain en constant que tout est affiché. « Oh mon dieu ... mon dieu ... mon dieu... Je fais quoi Matt ? Je regarde ?! Je ne regarde pas !? Oh mon dieu et si j'avais tout raté ? C'est la fin de la vie quoi ! J'ai si peuuuuuuur ! » Heureusement, Matthew est doté d'un calme olympien. Il me rassure bien vite, prenant mon visage aux yeux si brillants et se montre aimant et rassurant. Ça me fait un peu de bien sans pour autant me remettre d'aplomb. Néanmoins, ça suffit à me calmer et c'est d'une main tremblante que je finis par entrer mon numéro de candidat dans la section. Je lance la recherche et je vois mon dossier apparaître sur nos yeux. Le « ADMIS » est écrit en gros, en vert et en dessous il y a mes notes. Des notes excellentes. Voir même sublimes. « Oh mon dieu ... » Je murmure doucement fixant l'écran d'un air hébété. J'ai mon diplôme. J'ai fini mes études. J'ai des bonnes notes. Je vais pouvoir travailler avec Matthew. Tous les jours. Tout le temps. C'est... C'est... « OUIIIIIIIIIIIII!!! » Je braille soudain en me levant d'un bond et commençant à sautiller dans tous les sens. Je finis par bien vite me jeter dans les bras de Matthew, me koalisant à lui et déposant mille baisers tant je suis juste heureuse, soulagée. Bien sûr, je finis par fondre en larmes. Mais finalement, c’est un tel moment de félicité. Je ne souhaite pas retomber de ce nuage. C’est juste… parfait. « Comme je suis heureuse, je n’arrive même pas à réaliser. Ça y est… Mes études sont finies… Et je vais pouvoir touuuuut le temps travailler avec toi… » Caressant sa joue doucement, je finis par rire doucement avant d’ajouter : « Nous allons pouvoir fêter cela dignement ! »

***

Et le temps passe, rythmé par cette joie ne me quittant plus. Mes notes se sont révélées être les meilleures de ma promo. Et forcément, mon université a souhaité que je fasse le discours de fin d’année, celui marquant la fin d’un an d’études et le début des vacances. Enfin pour les autres, pas pour moi. Mon travail m’attend mais cette fois-ci, ça en est finie du contrat d’étudiant, du fait d’être considérée comme la stagiaire. Maintenant, je serais officiellement la salariée de Matthew, un membre à part entière qui aura autant sa place que toute autre personne. L’annonce de ma réussite a été annoncée au bureau et mes collègues se sont révélées être heureuses pour moi, organisant même une toute petite fête histoire de fêter ça. Autant que c’est la liesse et rien d’autre. D’ailleurs, la cérémonie de remise des diplômes arrive bientôt. Et je buche énormément sur le texte que je dirai, organisant les préparatifs en compagnie de ma classe. J’ai l’impression d’être métamorphosée tant le poids de ces études s’est envolée. J’ai eu le temps de fêter tout ça avec Matthew, mes amies et ma famille. Autant dire que lorsque l’on s’est réuni chez mes grands-parents, j’ai pu apprécié ce sentiment si rare et si beau que d’être complètement et totalement heureuse de ma vie. Enfin libérée des études, amoureuse, avec un travail, un chez-moi, j’ai l’impression que ma vie est plus que jamais accomplie. Ah et je suis de nouveau brune aussi #merciMickey.

Alors forcément, ce matin en me levant, je me sens étrange. Le stress est revenu mais pour une autre raison ; Cette fois-ci, c’est la remise des diplômes. Et je suis d’autant plus stressée qu’on m’a chargé de faire le discours de fin d’année. Je l’ai appris par cœur, lu et relu avec la même cadence que mes révisions. Autant dire que le texte est imprimé dans mon cerveau. Quand bien même, il me faut affronter ma timidité et savoir parler devant TOUT le monde. Les élèves comme les accompagnants. Et autant dire que j’ai du monde. Ma famille forcément est là, mes grands-parents, mon père et ma sœur. Mais il y aussi Matthew… Et son père. Ça a été la moindre des choses que l’inviter surtout qu’il a été très content d’apprendre la réussite de mes examens. Il a même décrété que lorsque son emploi du temps sera moins chargé, de m’emmener au restaurant avec son fils pour fêter ça. Autant dire que ça m’a bien fait rire. Surtout que je nous imaginais déjà en train de manger poliment, de faire comme si de rien n’était au nez et à la barbe du patriarche qui, bien évidemment, ne se doute absolument de rien. « HELOOOOO !! » Hurle soudain ma coloc en entrant dans ma chambre et en se jetant dans le lit. Je fais un bond de trois mètres bien sûr, surtout que je suis actuellement en train de me réveiller. « C’est le graaaand jouuuuur ! ça y est tu es prête ?! » Je lui souris, tournant la tête dans sa direction tandis qu’elle s’allonge à côté de moi, la mine malicieuse. « Oh je dormirai bien encore un peu. Je me suis endormie tard hier, j’ai relu mon texte encore un peu… Mais bon, j’ai faim alors je devrais plutôt aller me faire un petit-déjeuner. » - « Si tu as le temps ceci dit… » Et déjà, je suis inquiète. Je me redresse « Comment ça ? » Ma voix inquiète se transmet au visage, et c’est avec un air innocent que je me tétanise sur place quand ma coloc’ emploie quelques mots pour évoquer la venue d’un véritable cauchemar. « Il est midi. » - « Et c’est maintenant que tu viens me le diiiire ? » Je proteste en sortant du lit à la vitesse éclair pour aller vers la salle de bain ou la cuisine. J’en sais rien !! Je ne sais plus !! Me voilà toute paniquée. « Oh mon dieu !! Oh mon dieu !!! Je fais quoi moi ? Je mange ? Je me lave ? Je pleure. ? je me suicide ? » Je tourne un peu en rond ne cessant d’aller d’une pièce à une autre sans trouver de repos à mon âme tourmentée. Midi… Mais c’est l’heure du discours. Et moi, je suis dans mon pyjama Panpan, pas lavée, pas coiffée, ni rien. « Rhooo… Pourquoi ça m’arrive à moi ? » Je bredouille allant directement dans le canapé et m’enveloppant dans le plaid. J’ai tout raté… Et j’ai tellement envie de pleurer. Je vais décevoir tout le monde. On va me détester. Et dans ce comble du désespoir, j’allume la télé tombant sur une chaine d’info « … Vous êtes donc en direction sur notre journal télévisé… L’actualité en direct… Il est huit heures… Bonjour Edward. » Et c’est le blanc… Durant un temps, je ne percute pas. Et puis ça sonne soudain dans mon cerveau. Huit heures…. Huit… Heures… HUIT HEURES… Genre HUIT HEURES ET JE NE SUIS PAS EN RETARD. C’est alors que je pousse le cri le plus strident de toute la terre, m’égosillant « LULLABYYYYYYY !!!! JE VAIS TE TUUUUUUER !! »
Et c’est comme ça que Lullaby W. Marshall est morte. #RIP.

***


Finalement, je ne suis pas en retard Dieu merci ! Mais avec cette peur, l’adrénaline est toujours en moi et je me sens d’humeur énergique. Autant dire que j’ai bien vite pardonné la blague de ma colocataire et qu’elle m’a aidé à me préparer, à m’habiller avec un soin plus que religieux et m’a aidé à me coiffer et me maquiller. C’est qu’il faut être au top d’ailleurs ! Et je trouve son aide, touchante. Sans doute se rattrape-t-elle de la frayeur causée mais grâce à elle, je suis plus que jamais présentable. Et comme je suis d’humeur énergique, forcément, je bouge dans tous les sens, je suis en avance et le temps me semble long. Aussi, tournant en rond dans l’appartement, je me décide finalement à aller voir Matthew. Il doit être chez lui, en train de se préparer certainement, il sera super beau d’ailleurs. Je me l’imagine bien. Et parce que durant la cérémonie, nous devrons observer un comportement plus professionnel que jamais, je m’autorise cette visite. De toute façon, je vais péter un câble si je reste une minute de plus enfermée. Aussi, le trajet me fait du bien et il y a peu de monde sur la route. Tant mieux. Je n’en demeure pas moins angoissée parce que mine de rien, c’est un moment unique dans l’existence d’un étudiant. Il y a ma famille et d’ailleurs, je l’ai bien briefée concernant l’attitude à adopter avec mon petit ami. Point de « Matthew, tu vas bien ? »  par mon père, de « Hello le beauf’ » par ma sœur, ou « Tu es décidément toujours trop maigre » par ma mamie. Mais ça doit être Monsieur McGregor. Et rien d’autre. Non parce qu’il vaut mieux éviter les familiarités durant un jour aussi important, surtout devant le papa de Matthew. D’ailleurs, j’arrive bien vite à l’appartement de ce dernier. Et finalement, c’est avec un grand sourire que je sonne à la porte. Bon, j’aurais pu sortir mes clefs qu’il m’a fait faire. Mais non, c’est une surprise. Et si au début, je reconnais bien vite la première expression caractéristique de celui qui déteste qu’on vienne à l’improviste, elle se transforme bien vite en autre chose. Quelque chose qui me fait fondre comme d’habitude. « Surpriiiiiiiiiseeee ! » Je ris doucement avant de fondre contre lui, ayant plus que jamais besoin de la chaleur de ses bras, de ses sourires aimants et de la douceur de ses lèvres contre les miennes. « Je suis toute stressée et j’avais vraiment besoin de te voir avant la remise des diplômes. En plus, Lulla n’a pas été gentille du tout. Elle m’a fait croire que j’avais oublié de me réveiller, je te raconte pas comment j’étais trop furax. Mais finalement, point de retard ! Me voilà en avance et j’avais troooop envie de voir mon amoureux !!! » Après ce monologue intense, je reprends bien ma respiration le fixant de cette adoration éternelle pour lui et lui seul. « Tu vas bien ? Tu ne dois pas être autant stressé que moi, je suppose… » Venant frotter mon nez contre le sien, j’ajoute tendrement « ça va être un jour tellement merveilleux… »
Et je ne crois pas si bien dire….
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Ven 28 Avr - 21:31

Plongé dans les multiples dossiers qui jonchaient son bureau, Matthew ne prêta pas attention à la personne qui venait de rentrer. Il fallait dire qu’avec les derniers événements, l’éditeur ne chômait pas. Bien à regret, il avait dû se plier à l’instance d’Héloïse, de ses sœurs et de son père en se ménageant suite à l’accident. Certes, sa stagiaire avait pris en charge ses dossiers les plus importants, mais Matthew n’avait absolument pas apprécié de se retrouver dépossédé de tous ses moyens. Depuis son appartement, il était parvenu à travailler depuis son portable et son ordinateur, mais à part passer des coups de téléphone et répondre aux mails, son champ d’action avait été plutôt restreint. Il n’avait eu de cesse d’appeler Héloïse pour se tenir au courant de ce qui se passait à la maison d’édition. En vérité, il s’était montré insupportable et envahissant, mais ça avait été plus fort que lui. Mais désormais qu’il avait recouvert sa santé et que son bras était à nouveau valide, il s’adonnait à la tâche avec encore plus d’ardeur. De plus, il voyait bien depuis quelques jours que sa petite-amie était principalement obnubilée par les prochains résultats de ses examens. Matthew ne se faisait aucun souci, sachant pertinemment qu’elle allait obtenir son diplôme avec brio, et sûrement en majorant toutes ses matières. Non, le patron était confiant. Il se souvenait de toutes ces journées de sacrifices où il n’avait pu voir Héloïse parce qu’elle lui préférait ses révisions, alors il n’était que justice que les efforts de tous les deux payent enfin. C’est pourquoi, il se retrouvait encore tardivement dans son bureau à traiter des dossiers. « Matthew, ce n’est pas bientôt qu’Héloïse recevra ses résultats ? » Le fils leva le nez de ses papiers pour observer son père qui était rentré sans qu’il ne s’en rende compte. Matthew haussa les épaules, faisant mine de ne pas être préoccupé par ces considérations. « Je ne sais pas trop. Je sais qu’elle a passé ses examens il y a plusieurs semaines. Je pense qu’elle devrait les obtenir bientôt. » Il mentait, bien sûr. Héloïse lui avait suffisamment répété que les résultats étaient le lendemain, à dix-huit heures. D’ici-là, il se doutait que sa brunette serait ingérable, oscillant entre excitation et désespoir. Pour dire vrai, Matthew songeait de plus en plus au fait que sa petite-amie était définitivement devenue bipolaire. « Je suppose qu’elle te tiendra au courant. Tu n’oublieras pas de me le dire, cette petite a bien travaillé. J’ai bien envie de savoir quels auront été ses résultats ! » Matthew poursuivit son même manège, comme s’il n’était pas impliqué dans l’affaire. « C’est vrai qu’elle mérite son diplôme. Je pense qu’elle me le dira. » Les deux hommes étaient toujours un peu en froid, mais ils savaient se montrer terriblement professionnels. Leur relation s’était légèrement apaisée depuis l’accident. Malgré tout, il y avait toujours un sujet sur lequel ils ne rencontraient encore aucun litige : Héloïse. Matthew se redressa un peu mieux sur son fauteuil. « A ce propos, je me disais qu’elle ne méritait pas uniquement un diplôme mais aussi une place au sein de la maison d’édition. Je comptais l’embaucher directement après. » Il ne lui demandait pas vraiment son aval. Matthew avait suffisamment de pouvoir au sein de la maison d’édition pour embaucher qui il souhaitait, toutefois, il avait besoin d’en faire part à son père qui parut enchanté par l’idée. « Très bonne initiative ! Il faut garder d’aussi bons éléments auprès de nous. Elle sera sûrement ravie d’apprendre la nouvelle. » Nouvelle qu’elle savait déjà parce que Matthew lui avait déjà promis un emploi ici bien avant qu’ils ne sortent ensemble. Mais ça, son père n’avait pas besoin de le savoir. Il y avait beaucoup de choses que son père ignorait, mais qui ne seraient plus des secrets pour très longtemps. Chaque chose en son temps…

***

« Héloïse, tu triches, je le vois. Ferme les yeux. » Sa petite-amie gloussa avant de se plier aux ordres de Matthew. Ce dernier sortit de sa nouvelle voiture, faisant la tour de celle-ci pour ouvrir à Héloïse. L’achat de son nouveau joujou avait fait énormément polémique au sein du couple, mais Matthew ne voulait pas en démordre. Il était impossible pour lui de se détacher de ses voitures de course, de la même manière qu’il était impossible de détruire la Chouquette d’Héloïse. Mais pour ce soir, aucune dispute ne les opposait. Il tendit sa main pour attraper celle de la brune anciennement blonde et l’extirper de la voiture. Il verrouilla toutes les portes avant de guider sa petite amie dans la rue, une main dans la sienne et l’autre autour de sa taille. « Pour ce soir, je me suis dit qu’il serait temps de fêter dignement ton diplôme. Juste tous les deux. » Car les occasions de célébrer ses résultats s’étaient multipliées depuis quelques jours. Auprès de ses amis, avec sa famille, si bien qu’ils n’avaient jamais vraiment pu être tous les deux. Certes, ils avaient été ensembles, lors des résultats. Héloïse était tiraillée par l’angoisse, persuadée que sa réussite lui passerait sous le nez. Mais forcé de constater qu’elle ressortait première de sa promotion, ce qui voulait dire qu’elle allait faire un discours. Elle en était encore plus tendue, et Matthew s’était figuré que sa surprise pourrait la détendre un peu. Finalement, il la fit s’arrêter. « Tu es prête ? Tu peux ouvrir les yeux. » La jeune femme s’exécuta, découvrant bien vite l’endroit où Matthew l’avait amenée pour ce soir. Le Victor Hugo. « Il m’a semblé que ce serait une bonne idée de retourner au tout premier restaurant où nous avons mangé ensemble. Puis tu pourras manger ta fameuse… tarte aux maroilles. » prononça-t-il avec un accent français misérable. Héloïse lui sauta au cou, capturant ses lèvres. « Je suis tellement fier de toi, mon amour. Cette réussite, tu l’as méritée. Et ainsi, la boucle sera bouclée. » Son nez glissa tendrement contre le sien. « De quoi nous offrir un nouveau départ. » Un merveilleux commencement où Héloïse serait officiellement sa petite amie, où ils travailleraient ensemble pour de bon, où ils n’auraient plus à se cacher, où ils pourraient s’aimer sans crainte. Matthew avait emmené ce fameux contrat d’embauche qu’il voulait qu’Héloïse signe ce soir. « Je t’aime, Héloïse Bennett. »

***

Finalement, le grand jour était arrivé, celui de la remise des prix. Matthew savait que ce serait une journée agitée, mais il ne pensait pas que cela démarrerait dès le matin avec une pluie de textos pour incendier sa colocataire et lui annoncer qu’elle n’était pas en retard. Il n’était pas certain d’avoir tout compris, mais il lui avait souhaité bon courage tout en sirotant son café. Forcément, son père et lui avaient été conviés à la fameuse cérémonie. Héloïse y tenait grandement, et Matthew ne se serait pas vu manquer un tel événement. C’est pourquoi, il ne se déplaça pas au bureau ce jour-là. Il travailla directement de chez lui avec son portable et son ordinateur. Pour une matinée, cela serait amplement suffisant. Il s’était habillé pour l’occasion, portant la même tenue chic et décontractée qu’il avait enfilée pour son partenariat avec ses homologues Japonais. L’auteur ne se faisait pas de soucis concernant l’attitude qu’il adopterait lors de la remise des prix. Il se montrerait toujours aussi professionnel et rigoureux, mais il savait que la famille d’Héloïse serait là au grand complet. La brune affirmait les avoir briefés sur l’importance d’adopter un comportement neutre, mais il n’était pas encore bien certain de la manière dont les choses allaient tourner. Il n’était pas le genre d’hommes à manquer de certitudes, mais il voulait que tout se passe correctement, surtout que son père serait présent. Il n’était pas sûr de s’en tirer avec une pirouette en cas d’impair.
Déjà prêt et plongé dans ses dossiers, Matthew s’affairait à traiter un dossier important quand on sonna à la porte. Sa première pensée fut que ce ne pouvait être qu’un emmerdeur. Il se dirigea vers l’entrée dans d’un pas énervé, avant de découvrir la bouille radieuse d’Héloïse. Son expression se métamorphosa d’un coup, trop heureux de l’avoir auprès de lui. Ses bras se resserrèrent autour de ses épaules frêles et ses lèvres rejoignirent les siennes. Elle se mit à débiter tout un flot de paroles, amenant plus de sens à ses sms de ce matin. « Oh, je comprends mieux alors. Mais ne stresse pas, tout va bien se passer. Tu seras parfaite, comme toujours. » Il la tira vers le salon, refermant la porte derrière lui. Elle était dans un état d’excitation qui la faisait parler aussi vite qu’un TGV. « Je vais très bien. J’étais en train de travailler sur le dossier de Madame Parker quand tu es arrivé. Et toi, comment tu gères tout ça ? » Il la fit asseoir sur le canapé. « Et non, je ne stresse pas parce que je sais pertinemment que tout va bien se passer. Je suis certain que tu as répété ton texte plusieurs fois et que tu le connais sur le bout des doigts. Quand bien même, tu as dû en faire une multitude de photocopies, dooonc, tout ira pour le mieux. Le pire qui pourrait arriver, ce soit qu’il pleuve. » plaisanta-t-il en s’asseyant à son tour, mais quand il vit l’expression d’Héloïse se décomposer, il perdit son sourire. « Héloïse, il ne va pas pleuvoir. Nous sommes en mai à Los Angeles. Le temps est magnifique. » La brune reprit rapidement de sa superbe, affirmant que cette journée allait être grandiose. « Bien sûr. En plus, toute ta famille sera là pour te soutenir. » Il vint chercher ses lèvres, échangeant un baiser passionné avec elle. Il quitta ses lèvres à regret. « Au fait, tu ne m’as pas correctement montré comment tu étais aujourd’hui. » Ils se relevèrent tous les deux et Héloïse fit tournoyer sa robe devant lui. « Tu seras la plus magnifique de toutes, comme toujours. » Il n’avait d’yeux que pour Héloïse. La beauté de toutes les autres femmes lui paraissait fade à côté de la sienne. Elle possédait ce charme si particulier qui l’avait frappé lors de leurs premières rencontres. Il agrippa sa taille, venant déposer ses lèvres sur les siennes quand la sonnette retentit à nouveau. Matthew lâcha un soupir avant de se souvenir qu’il s’agissait sûrement du fleuriste à qui il avait commandé des fleurs pour aujourd’hui. Héloïse ne manquerait pas de surprises. Il quitta son étreinte pour ouvrir la porte. S’attendant véritablement à recevoir des fleurs, son expression se décomposa en découvrant la tête rousse face à lui. « Jane ? Qu’est-ce que tu fiches ici ? » Ses sourcils se froncèrent de mécontentement, absolument pas enclin à voir sa tronche aujourd’hui ou un autre. « Je viens prendre des nouvelles de toi puisque tu ne daignes même pas m’en donner ou répondre au téléphone. Je ne peux pas m’empêcher de penser que tu as pris de très mauvaises habitudes en arrivant en Amérique. » Qu’est-ce que ses habitudes pouvaient lui foutre ? Il était prêt à lui sauter la gorge de colère, mais ce n’était pas vraiment la bonne solution. « Eh bien, je vais bien, comme tu peux le constater. Je ne te retiens pas. » Il ne fut malheureusement pas assez rapide face à une Jane qui n’avait aucune envie de partir. Elle se glissa à l’intérieur avant qu’il n’ait eu le temps de réagir. « Je suppose que ton accident t’aura fait réfléchir et que tu auras reconsidéré certaines… » Mais elle ne poursuivit pas tandis que Matthew s’élançait vers elle pour la rattraper. C’était malheureusement trop tard. Jane et Héloïse étaient plantées l’une devant l’autre. « Oh. Je vois. » Il m’aima pas ce ton qu’elle employa, empli d’amertume et déjà nourrissant une vengeance certaine. Elle se tourna vers l’auteur avec cette classe qui la caractérisait. « Je commence à comprendre toutes tes réticences. J’ignorais jusqu’alors que j’avais une rivale. » Venimeuse, elle s’adressa à Héloïse. « Profitez-en tant que vous le pouvez encore, Héloïse. Quant à toi Matthew, je serai ravie de connaître la réaction de ton père. » Aussi rapidement qu’elle était arrivée, elle repartit par la porte d’entrée, mais cette fois-ci, il n’avait plus vraiment l’envie de la jeter dehors. Matthew se mit à lui courir après, la rattrapant dans le couloir et la tirant par le bras. « Quoi que tu t’apprêtes à faire, oublie-le tout de suite. Si tu révèles quoi que ce soit, je te jure que tu le payeras cher. » la menaça-t-il d’un air sombre que personne n’aimait voir chez lui. Son attitude n’ébranla pas Jane qui se dégagea de son emprise. « Tu pourras te débattre autant que tu le voudras Matthew, mais l’issue sera toujours la même. Tu seras à moi. Héloïse n’est qu’un vulgaire insecte face à moi. Et les insectes, je les écrase. » Il ne manqua pas à Matthew l’envie de coller cette gifle à Jane qu’elle méritait depuis longtemps, mais il entendait les pas d’Héloïse qui se rapprochaient dans le couloir. Il n’eut d’autres choix que de laisser la rouquine partir. « Eh merde ! » pesta-t-il en rebroussant chemin, emportant sa petite amie avec lui. Ils s’enfermèrent à nouveau dans l’appartement. « Elle va tout gâcher ! » ragea-t-il encore, contrôlant mal sans angoisse qu’elle puisse s’empresser d’aller tout révéler à son père dans l’heure. Comment se passerait la cérémonie dans ces circonstances ? Il revint vers la brune, prenant ses mains, plus désolé que jamais. « Héloïse, je suis sincèrement désolé. Je vais arranger tout ça. Je ne sais pas comment, mais je trouverai un moyen. »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Dim 30 Avr - 8:50

Venir voir Matthew avant la remise de diplôme est une bonne idée. Je ne peux m’empêcher de sentir mon cœur s’envoler en voyant son visage si beau et souriant. Forcément, il enlève le stress et toute l’angoisse rien qu’en me permettant de fondre dans ses bras et de le serrer tendrement. J’ai tellement besoin de son contact, de son sourire, de la chaleur de ses bras. Parce qu’on ne dirait pas, mais si le sourire est là, je me sens bien trop fébrile et surexcitée. C’est un jour tellement important et je suis touchée de savoir que ma famille sera présente pour cet événement. Bien sûr, je n’en garde pas moins toute la peur que j’ai de ne pas savoir parler devant tout le monde, de me casser la figure dans l’escalier ou de me tromper de personnes à qui tendre la main afin de récupérer le précieux Graal après tant de labeurs. Si ce n’est dire, qu’une nuit où je dormais avec Matthew, j’ai même rêvé que je n’avais pas eu mon diplôme, qu’on me l’avait annoncé au moment où je me trouvais sur l’estrade et que j’allais commencer le discours. Je n’ai jamais ressenti une telle humiliation et il a fallu un bon moment avant que je ne me calme et que je me rendorme. Mais là, tout semble être bon. Voir Matthew avant la remise est un petit plus. Mais ça fait tellement de bien. Forcément, la fébrilité me fait parler toute seule et rapidement, quand bien même, je me laisse guider par un petit ami tout sourire, me répondant que tout se passera bien, qu’il était en train de bosser sur un dossier. J’acquiesce rapidement à chacune de ses paroles tandis qu’il me rassure quant au fait que je ne dois pas m’inquiéter. Bien sûr que je l’ai relu le texte, je l’ai même appris par cœur. Alors, autant dire que les mots sont imprimés en moi. Quand bien même, je ne pourrais cesser de stresser autant que je le fais maintenant, surtout quand Matthew énonce l’idée qu’il pleuve. Déjà mon visage se décompose tandis qu’un milliard de questions me vient en tête. Il pleut ? IL PLEUT ? Est-ce que le maquillage que j’ai est waterproof ? Est-ce qu’ils vont installer une bâche pour nous protéger ? Ou bien une tente assez grande pour prononcer un discours en toute sérénité ? Ou un parapluie ? Oh mon dieu, et si l’installation électrique prenait l’eau et qu’à ce moment-là, tout flambe et brûle au moment où je suis en train de parler ? Oh mon dieu.. Oh mon dieu.. Fort heureusement, la voix de Matthew m’extirpe bien vite de ces pensées néfastes. Il me rassure en précisant qu’il ne pleuvra, il y aura même un soleil magnifique. « Ouf, j’ai tellement eu peur… » Je ris en posant ma main sur mon cœur. « Ça va être tellement bien, grandiose même !  » Et puis comme mon chéri le dit si bien, ma famille sera là pour me soutenir. « Je suis déjà avec une partie de ma famille… » Je finis par chuchoter contre ses lèvres avant de répondre à son baiser passionné. Fort heureusement, il finit par stopper ce moment tendre – oui, parce que sinon, ça risquait de partir dans autre chose que de la préparation anti-stress spécial « remise de diplôme » - me demandant de lui montrer ma tenue toute nouvelle pour l’occasion. Je me lève afin de lui montrer la jolie robe claire que j’ai acheté. « Je l’adore aussi ! Même si personne ne la verra parce qu’on aura tous la toge et le petit chapeau ! » Je réponds tout en prenant ses mains pour qu’il se lève et vienne à moi. Forcément, sa réponse me fait rougir, comme toujours. J’ai toujours cette gêne de me faire entendre dire que je suis belle. Je devrai m’y habituer mais non, le rouge aux joues monte toujours. Pourtant, le regard aimant de Matthew parle lui. Nos doigts s’entrelacent doucement dans une douce caresse et je murmure « Je serai toujours magnifique pour toi, alors… Toujours… » Et je me laisse être attirée contre lui, prête à échanger un baiser d’amour comme on sait si bien partager mais la sonnette nous interrompt.

Je laisse Matthew répondre, lissant délicatement ma robe. J’en profite même pour prendre mon portable dans mon sac à main, regardant les messages ainsi que l’heure surtout. Faudrait pas que je sois en retard, alors que je suis en avance. Mon sourire bienheureux demeure sur mon visage et ne partant pas. Je suis si sereine, si enthousiaste et je ne fais pas attention à ce que Matthew dit… Enfin jusqu’à ce qu’il semble élever la voix. Fronçant les sourcils, je regarde par l’ouverture du salon mais ne voyant rien arriver, je me contente d’avancer doucement afin de reconnaître les voix. Il ne faudrait pas que je tombe nez-à-nez avec son père qui pourrait se demander ce que je fais là, chez mon patron en ce jour particulier. Cependant, j’ai la désagréable surprise de tomber sur Jane. « Vous !!! » Je m’exclame d’une voix blasée. Non mais qu’est-ce qu’elle fiche ici ? Mon regard alterne entre le sien et celui de Matthew, jusqu’à ce qu’elle prenne la parole, énonçant l’idée d’avoir une rivale. A croire qu’elle a compris bien des choses. D’ailleurs, je suis prête à rétorquer que je suis là pour travailler un peu avant ma remise des diplômes mais l’intuition féminine est plus forte que tout. Jane comprend si vite, comme moi j’ai pu comprendre qu’elle avait été proche de Matthew le soir de cette fameuse rencontre. D’ailleurs, la rousse s’empresse bien vite de me conseiller de profiter tant qu’il est encore temps. Un froid immonde me traverse la colonne vertébrale tandis qu’elle énonce l’idée affreuse de tout révéler au père de Matthew. Et sans demander son reste, là voilà qui tourne les talons, quittant l’appartement tandis que nous ne sommes alors plus qu’un seul et même cœur battant à tout rompre, tordu par l’angoisse et réagissant de façon identique. « Non !!! Ne dites rien !!! » Je m’exclame tandis que Matthew s’élance à sa poursuite dans le couloir, suivi de ma petite personne. Ce dernier lui saisit alors le bras sans aucun ménagement. Les menaces proférées ne semblent pas avoir d’issue sur elle et ses paroles me font l’effet d’un venin. Le visage tordu par l’incompréhension, je l’observe être si sûre d’elle, croyant fermement à l’idée que Matthew lui appartiendra, que je ne serai rien de plus qu’un insecte qu’elle écrasera. Mes sourcils se froncent et j’apprécie peu l’idée d’être comparée à un insecte. Et puis quoi encore ? Elle se prend pour qui d’ailleurs ?! Je voudrai parler, rétorquer, mais je n’ai droit qu’à un regard froid de sa part tandis qu’elle pivote pour s’en aller, ses talons claquant les dalles de marbre dans un bruit sinistre, le glas d’un secret prenant fin. Instantanément, je marche en direction de mon petit ami se retournant. Il semble vraiment en colère et je conserve le silence tandis qu’il me ramène à l’appart. Il semble comme fou, pris par l’incertitude et l’impression de ne plus savoir quoi faire. Moi je conserve toujours un silence, les paroles de Jane tournant et retournant dans ma tête. Un insecte… Vraiment ? Matthew, lui semble à côté de ses pompes, comme perdu par cette visite surprise. La seule certitude qu’il a, c’est d’être désolé. « Matthew, le temps que tu trouves une solution, Jane aura déjà tout dit à ton père ! » Je secoue la tête, un peu excédée. Enervée aussi. « Et pourquoi, il faut toujours qu’elle soit au milieu celle-là, en plus aujourd’hui ! Elle n’aurait pas pu venir demain ?! Non aujourd’hui ! » Je finis par lâcher les mains de Matthew, à vrai dire je crois que c’est la goutte d’eau. Elle aurait pu venir tous les autres jours, oui. Mais pas aujourd’hui. L’adrénaline est en moi depuis si longtemps. Je demeure fébrile, et qui plus est, maintenant, je suis en colère. Parce que je ne comprends pas qu’une femme puisse croire en autant de pouvoir, puisse briser un couple sans aucun scrupule. « Les insectes, c’est certes facile à écraser mais ça pique, ça a du venin et je vais lui montrer qu’on ne prend pas une Bennett pour une imbécile ! » Et sur ces mots, je pivote d’un pas énergique, ouvrant la porte d’entrée et me mettant à courir de toute mes forces, descendant les escaliers et allant à la rencontre de Jane. Je l’aperçois de dos, marchant d’une allure de diva. Et ça en est trop pour moi. Je ne lui laisse pas le temps que je fonce vers elle, et la seule réaction que j’ai –certes puérile – est de la pousser avec force. « L’insecte, il t’emmerde espèce de pouffiasse !!!! » Je hurle soudain quand elle pivote pour m’observer avec surprise mais reprenant bien vite contenance. « Non mais ça va pas la tête ?! Vous êtes folle de me pousser ainsi ! » - « Je m’en fiiiiche !!! » Je braille me rapprochant un peu plus d’elle « Qu’est-ce que vous croyez qu’il se passera hein ?! Quand vous allez tout dire ?! Croyez-vous que ça suffira pour que Matthew me largue et revienne dans vos bras !? » Je m’approche encore plus d’elle, prise par une fureur sans nom que la jeunesse maintient, que le stress et l’angoisse augmentent d’une force inimaginable. « Cessez-donc vos enfantillages Jane !! Croyez-vous que ce soit une forme d’amour !? Croyez-vous que tout révéler suffira à nous empêcher de nous aimer !? Vous avez tout faux, Jane ! Vous êtes pitoyable. Et vous savez quoi ? Je préfère tellement être un insecte à écraser mais d’avoir la certitude d’être sincèrement aimée que d’être imposante comme vous mais d’avoir tant de vide autour… Vous êtes tellement ridicule… » - « On verra bien Héloïse, vous faites beaucoup de bruit aussi, vous hurlez mais dans le fond, ce n’est qu’une façade pour masquer ce fait indéniable que vous-même n’êtes pas certaine de l’issue de cette histoire. » Je l’observe sans rien dire tandis qu’un sourire fin étire ses lèvres sanguines « Si vraiment il y avait cette « certitude », son père… » Et elle relève le regard derrière moi pour observer Matthew sans doute « … Serait déjà au courant. »- « Allez au diable ! » Je préfère rétorquer avant de pivoter les talons, de me trouver face à Matthew. Prise par cette fureur qui m’habite, je pointe un doigt accusateur sur son torse et je m’exclame alors « Et toi, il serait temps que tu sois un homme !! J’en ai tellement marre de toutes vos foutaises ! J’en ai marre de subir vos histoires de riches ! » Je jette un dernier regard noir à Jane et de hurler « VOUS M’AVEZ TOUS SOULÉ ! » Et sur ces mots, je repars vers l’appartement de Matthew, bien décidée à prendre mes affaires et à m’en aller à ma remise des diplômes. Je suis tellement énervée que mes doigts tremblent et que je dois me reprendre à plusieurs reprises avant de pouvoir mettre mon téléphone, et prendre mes clefs de voiture.

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Lun 1 Mai - 13:31

Matthew éprouvait une excitation bien plus modérée que sa petite amie, mais malgré tout, il était impatient de se retrouver à la remise de prix. Il ne faisait pas l’ombre d’un doute chez l’auteur qu’Héloïse allait merveilleusement bien s’en sortir. Après tout, elle était parvenue à transformer l’homme le plus prétentieux et froid de la Terre en un homme heureux et amoureux. Que ne pouvait-elle pas accomplir alors ? Elle avait déjà relevé le plus beau défi ; et le supporter lui n’était pas une mince affaire non plus. Malgré tout, il ne pouvait pas lui en vouloir d’être angoissée et tendue. A vrai dire, il ne la trouvait que plus touchante. Héloïse était la représentation même de tout ce qu’un être humain normal devait ressentir au cours de sa vie. Ce qui l’avait ému en premier, c’était son authenticité. Matthew ne se souvenait pas vraiment avoir été angoissé tout particulièrement à la fin de ses études. En Angleterre, le système était bien différent, et recevoir un diplôme ne nécessitait qu’une cérémonie pompeuse, mais certainement pas un discours. Cela n’aurait pas vraiment gêné Matthew de discourir en tant que major de sa promotion, et il n’était pas certain qu’il aurait été tendu si cela avait été le cas. Pourtant, logiquement, il aurait dû être tendu. Qu’est-ce qui clochait chez lui ? Mais il en oubliait vite toutes ces considérations en voyant son visage radieux et en l’observant dans cette robe si jolie. Bien que s’il s’était écouté, la robe ne serait pas longtemps restée sur ses épaules. Il mettait ses désirs de côté, sachant pertinemment que sa petite amie ne serait pas d’humeur. Ce soir, peut-être. Il se satisfaisait bien volontiers d’un baiser tendre et des douces paroles d’Héloïse. Il aurait bien goûté à ses lèvres plus longtemps, mais la sonnette venait de retentir.

Aurait-il pu se douter une seule seconde que Jane se trouverait derrière sa porte ? Qu’elle s’inviterait aussi chez lui sans aucune autre forme de procès, découvrant Héloïse et faisant éclater la supercherie au grand jour. Si Matthew n’avait rien ressenti de particulier lors de la remise de son diplôme, il sentait désormais ses entrailles se tordent d’angoisse. Face à Maisie, il n’avait pas éprouvé d’inquiétude. Il savait qu’il parviendrait à obtenir son silence et à arranger la situation. Mais Jane n’était pas Maisie. Elle était une femme aux plans à la fois si évidents, et en même temps très mystérieux. Elle leur voudrait forcément du mal et ils ne s’en tireraient pas ainsi. C’est pourquoi il lui courut après. C’est pourquoi il la menaça. Mais aucune de ses paroles ne parut ébranler la rousse si sûre d’elle-même et de ses convictions. Comment pouvait-elle se figurer qu’une telle chose puisse être vraie ? En aucun cas, Matthew ne céderait aux ambitions dévorantes de son ex-fiancée ou de son père. Héloïse était tout ce qu’il avait de plus précieux en ce monde. Il saurait se battre pour ne jamais la perdre. Mais lorsqu’il vit Jane partir, la panique ne le quitta pas. Il songeait à cette journée qui venait d’être gâchée en une fraction de seconde, avec un père qui risquait d’intervenir, ou même de ne jamais être là. Il ne savait pas trop ce qu’il désirait pour l’heure. Revenant dans l’appartement, il ne put s’empêcher de pester. Il promit néanmoins de trouver une solution, ce qui n’apaisa pas l’esprit d’Héloïse. En cet instant, elle paraissait plus dominée par la colère que ses angoisses précédentes. Il n’aima pas qu’elle se détache de lui aussi brusquement. « Héloïse… » souffla-t-il pour la ramener à la raison, mais sûrement était-ce trop pour aujourd’hui. Il n’eut pas le temps de la retenir quand elle s’élança dehors. Elle fut si rapide qu’une fois arrivé dans le couloir, il ne la voyait déjà plus. Il dévala les escaliers, s’élançant à la trace de ces deux femmes si remontées l’une contre l’autre. Quand il les trouva dans le hall d’entrée, elles s’affrontaient toutes les deux du regard. Jane, de sa froide supériorité. Héloïse, de cette colère qu’il ne lui connaissait pas. Il s’immobilisa, assistant impuissant à cette joute. C’était la première fois qu’il entendait sa petite amie parler de la sorte. Toutes ces paroles ne le laissèrent pas indifférent, et encore moins celles de Jane qui pointaient du doigt les doutes du jeune homme et sa constante résistance à tout avouer à son père. Héloïse en connaissait les raisons, mais elle ignorait peut-être à quel point ses silences étaient motivés par la peur. Finalement, la brune explosa de rage. Envers Jane. Envers Matthew. Sa mâchoire se crispa à l’entendre lui parler de la sorte. A lui accorder un regard qu’il ne pensait pas mériter. A pointer ce doigt accusateur sur lui. N’avait-il pas fait tout cela pour la protéger ?! Et la voilà qui partait dans un grand éclat, laissant Jane et Matthew seuls dans ce grand hall. Son ex-fiancée croisa ses bras de satisfaction autour de sa poitrine. « Tu es idiot si tu penses que ce sont les autres qui vont vous séparer. Si tu n’étais pas aussi aveugle, tu réaliserais que votre amour ne pourra rien face à l’importance de vos différences. Elle n’est qu’une douce parenthèse, mais quoi qu’il advienne, on revient toujours à ce qui nous ressemble et vers nos semblables. » Matthew lui jeta un regard noir, et pour la première fois, cela eut pour don de la faire taire. « Tu n’es pas mon semblable. Tu n'es rien. » Il ne la laissa pas répliquer. Il remonta à son appartement aussi vite qu’il en était descendu. Il y entendait déjà Héloïse qui s’activait à rassembler ses affaires. « Héloïse, calme-toi s’il te plaît. » Il voulut poser sa main sur son épaule mais il fut repoussé sans ménagement. « Bon sang, Héloïse, arrête ! Ce n’est pas contre moi que tu es en colère, mais contre elle ! » s’indigna-t-il, lui bloquant le passage quand elle voulut s’engager vers la sortie. Il l’attrapa par les épaules. « Tu es stressée aujourd’hui, mais c’est inutile de réagir comme ça. Tu lui donnes raison en faisant ça ! » Il ne réalisait pas à quel point il était énervé lui-même. Contre le reste du monde. Contre l’être imparfait qu’il était. « Ne crois pas un mot de tout ce qu’elle raconte. » Mais la brune ne semblait avoir aucun désir de l’écouter. Il raffermit légèrement sa prise. « Bon sang, écoute-moi ! » explosa-t-il. Il croisa alors son regard qui le désarma comme jamais et lui ôta toutes paroles. Plusieurs secondes s’étirèrent où il fut paralysé par ses yeux avant qu’il ne la lâche et qu’il la laisse bêtement partir sans un mot de plus. Et tout à coup, ce fut comme s’il reprenait la maîtrise de ses mouvements. « Merde ! » s’écria-t-il en plantant son poing dans le mur, fou de rage.

***

En voyant l’attitude qu’adopta Héloïse lorsqu’ils se retrouvèrent tous à la cérémonie, Matthew se dit que parmi les choses qu’elle avait pu apprendre de lui, c’était de savoir parfaitement cacher ses émotions. Lorsqu’il arriva sur les lieux, il avait retrouvé rapidement son père qui avait tenu à rencontrer la famille de sa stagiaire. Il fut soulagé de constater que son père ne savait encore rien de ce qui était en train de se tramer. Jane n’avait manifestement pas eu encre l’occasion de faire le moindre dégât. Faisant mine de ne les connaître que peu, Matthew s’était mêlé aux Bennett qui avaient leur rôle à la perfection. Son regard croisa plusieurs fois celui de sa petite amie, mais elle détournait toujours son attention ailleurs. La mâchoire de l’auteur se crispa de colère et de frustration. « Héloïse, je suppose que vous êtes prête pour votre discours ! J'ai hâte de l'écouter. Je ne doute pas qu’il sera très bon. Matthew a souvent vanté votre plume. » L’écrivain aurait préféré que cette discussion n’ait pas lieu. Ni même ce moment ridicule où tout le monde jouait la comédie hormis son père. Ce fut presque comme une bénédiction quand les organisateurs de la cérémonie appelèrent tous les étudiants à se rassembler pour la remise des prix. Héloïse s’éclipsa, sa famille prit place et Matthew en fit de même avec son père. Il ne prêta pas une grande attention à la remise des diplômes, décernés un par un aux étudiants, ne s’éveillant que lorsque le prénom d’Héloïse fut cité. Tout le reste de la cérémonie, il se montra extrêmement songeur, perdu dans les événements de ces dernières semaines, de ce matin. N’était-il pas grand temps, en effet, de mettre un terme à tout cela ? Son cœur se serra dans sa poitrine quand Héloïse fut appelée pour faire le fameux discours octroyé au premier de la promotion. Toute son attention fut focalisée sur ce petit bout de femme qui montrait bien plus de courage que lui. Il en était terriblement fier et il la trouvait belle. Confiante. Authentique. « C’est regrettable que tu ne puisses pas faire de discours. » murmura son père en se penchant près de lui. « Si je devais dire quelque chose, je dirai sûrement qu’elle a fait des miracles. » Et ça le frappa tout à coup en même temps qu’un tonnerre d’applaudissements se levait pour saluer le discours d’Héloïse Bennett. « Oui, ça l’est. » Oui, c’était regrettable. Et c’est ce qui poussa Matthew McGregor à se lever, à se faufiler hors de son rang, profitant de l’agitation de la foule pour s’approcher de l’estrade. Il monta les marches, arrivant au niveau d’une des organisateurs de la cérémonie. « Pourrai-je dire quelques mots ? » La femme se mit à rougir violement, hochant la tête. « Oui, bien sûr, Monsieur McGregor. Nous serions ravis ! » Il n’en fallut pas plus pour que l’éditeur s’approche du pupitre, la tête fourmillant de mille pensées sans savoir quelle serait l’issue de tout cela. Au fur et à mesure, les discussions et les applaudissements s’interrompirent. Il n’osa pas regarder du côté d’Héloïse, à peine sûr de pouvoir affronter la foule. Matthew ne craignait pas de paraître devant une marée humaine, ni même de prendre la parole, ou d’être le centre de l’attention. Mais là, pour la première fois, il sentait ses entrailles se tordre. Il crut même perdre courage avant que son regard ne croise celui de la grand-mère d’Héloïse. Il ne sut jamais vraiment pourquoi, mais cela lui donna le courage nécessaire. « Bonjour tout le monde. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Matthew McGregor, et pendant plus d’un an, j’ai été le patron d’Héloïse Bennett. Et je voudrais dire quelque mot. » Il bénissait la brise légère qui se leva grâce à une cérémonie effectuée en plein air. Il ne s’était jamais senti aussi vulnérable, aussi peu maître de la situation. « Quiconque connaît un peu les histoires qui tournent aux éditions McGregor sait que ce n’est pas une mince affaire que de travailler pour moi. » Un léger sourire étira ses lèvres en repensant à son attitude du début, à cette volonté de lui faire regretter son choix, avant qu’il ne comprenne que c’était lui qui devait regretter son attitude. Quelques rires fusèrent de l’assistance tandis que tout faisait sens dans l’esprit de Matthew. Tout l’avait mené à cet instant précis. « Malgré tout, je suis tombé sur bien plus coriace que moi. Héloïse s’est révélée être une stagiaire extrêmement compétente, ayant soif d’apprendre et d’évoluer dans un monde aussi compliqué que celui de l’édition. Mais là encore, elle s’est accrochée. Et croyez-le ou non, mais j’ai aussi appris auprès d’elle. A retrouver l’entière passion de mon métier, à savoir reconnaître tout ce qui est beau autour de nous et ce qui est essentiel. Si bien qu’à force de m’ouvrir les yeux, j’ai fini par comprendre ce qui était essentiel pour moi. Elle m’était essentielle. » Son regard n’était plus sur la foule, mais observait ostensiblement le pupitre devant lui. Il se mordit les lèvres avant de poursuivre. « Avec toute mon honnêteté, je ne pense pas avoir jamais rencontré de personne à l’âme plus belle qu’elle. Elle est généreuse, intelligente, sensible, patiente, douce, tolérante, honnête… Elle est la femme la plus incroyable qu’il ne m’est jamais été donné de rencontrer. Et elle porte aussi des pulls lapin horribles. » Un léger rire fusa d’entre ses lèvres, faisant écho à ceux de l’assemblée. Il releva la tête pour les affronter tous. « Mais je l’aime. Je l’aime pour toutes ces choses qui la différencient autant de moi. » Il se tourna vers Héloïse, affrontant ses yeux pour la première fois depuis le début de son discours. « Je t’aime, Héloïse. Quoi que peuvent dire les gens. Quoi qu’ils puissent penser. Parce que je m’en moque, parce que c’est ainsi que les choses doivent être et parce que personne ne pourra jamais m’empêcher d’être fou amoureux de toi. » Un lourd silence plana sur l’assistance, perturbé uniquement par le vent qui soufflait, les oiseaux qui chantaient çà et là. Terriblement humble, Matthew s’approcha d’Héloïse, tournant le dos à cette foule que son esprit avait éclipsé. « Si tu veux bien de moi. »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Lun 1 Mai - 22:35

Et dire que cette journée m’a semblée si belle, si ensoleillée, pleine de belles choses à venir. Je me disais que rien ne serait plus beau que d’assister à cette remise de diplômes sous le regard fier de ma famille et de Matthew. Franchement, je me voyais déjà d’être applaudie pour mon discours, de pouvoir fêter tout cela dignement avec ma famille et puis, de profiter du fait que les études étaient désormais terminées. Plus de devoirs. Plus de révisions. Plus d’examens. Rien que de la certitude, de l’envie de travailler. Et franchement, j’en avais tellement envie dans le fond. Quand je discutais de l’avenir avec mes camarades de classes, je n’allais pas autant dans le vide qu’eux. Après tout, une place m’attendait au chaud au sein d’une Maison d’Edition très réputée. Je n’avais pas le souci de m’inquiéter quant à un boulot à trouver après la fin des études. Oh non… Bien au contraire, une vie heureuse m’attendait et bien souvent, avec Matthew, on s’idéalisait un avenir. Un bel avenir où on aurait pris un appartement ensemble, où on aurait vécu les joies premières de la vie à deux, de pouvoir s’éveiller chaque jour dans les bras l’un de l’autre, de pouvoir évoluer, voir de se marier un beau jour, d’avoir des enfants, un chien. Un avenir si beau, si plein de vie où nous aurions été ensemble, où la passion nous aurait liée jusqu’à la fin. Et pourtant, tout me semble être remis en question. Pourtant, lorsque je m’oppose à Jane, je suis habitée par cette force incommensurable, cette idée d’être follement et éperdument amoureuse de Matthew, de l’aimer au point de m’armer de courage, de rebrousser chemin et d’aller affronter celle qui se met en travers de notre chemin. Jane. Si ce prénom n’a été que le signe de l’inconnu, désormais, elle me semble être le pire des démons, capable de me faire exploser d’une colère que je n’ai jamais ressenti auparavant. A cette colère se mélange cette tristesse parce que j’ai l’impression de déceler dans ses paroles, une part de vérité quant au fait de ne jamais voir vu ce secret être révélé au grand jour. Peut-être est-ce parce que je stresse beaucoup aujourd’hui, que mon esprit n’est centré que sur le discours et le comportement à adopter… Aussi, j’ai l’impression que mon cœur réagit trop impulsivement. Trop sans doute, parce que j’en suis au point de m’en prendre à Matthew et de m’attaquer à lui sur le fait qu’il n’a jamais eu le cran de dire la vérité, que finalement ça risque de nous péter à la figure sans que nous puissions rien y changer. L’impuissance m’habite mais surtout je suis hors de moi et je rebrousse chemin bien décidée à m’en aller de chez lui, de me rendre à ma cérémonie. Le cœur est au bord des lèvres et j’ai mal au fond. Heureusement, je ne craque pas parce que je suis bien trop fébrile et excitée comme une puce. Si ce n’est dire, je mets du temps pour rassembler mes affaires, laissant à Matthew la possibilité de revenir et d’essayer de me calmer. Malheureusement, je ne suis pas du tout encline au dialogue, je veux juste m’en aller. Aussi, lorsqu’il me demande de me calmer, c’est un peu comme s’il jetait de l’huile sur le feu. « Non je ne me calmerai pas ! Je n’en peux plus Matt ! Vraiment ! Tout sauf aujourd’hui! Je n’avais pas besoin de ça!!! » Et je lui jette un regard noir comme s’il était le responsable de tous mes maux. Bien sûr, il a raison, je rejette ma colère contre le seul être se trouvant face à moi, et tenant suffisamment à moi pour me calmer. Mais ça… Je ne le vois plus. Et je vais le regretter, c’est certain, je vais culpabiliser d’être odieuse avec lui, même si pour l’instant, je ne ressens rien d’autre qu’une multitude de sentiments négatifs. Pourtant, il insiste, me saisissant par les épaules, sa voix s’échauffant autant que la mienne. Jane nous fait du mal. Constamment. « Je suis épuisée, tu comprends ça ?! J’en ai marre ! Pourquoi, ce n’est jamais simple !? Pourquoi faut-il toujours qu’elle soit là, qu’elle foute le bordel chez nous !? Il est temps que ça cesse, maintenant laisse-moi m’en aller. » Pourtant, il insiste me suppliant de ne pas croire en ce que Jane a dit mais c’est si difficile. Je continue de secouer la tête tandis qu’il me somme de l’écouter, raffermissant sa prise. Le fait qu’il élève la voix semble me faire sortir de mes gonds. « Dans ce cas-là, pourquoi tu ne lui dis rien à ton père hein ?! Je dois encore te faire confiance, c’est ça ?! » Et dans mon regard, la colère laisse place à la douleur intense et immense. J’ai l’impression de me retrouver dans ce jardin, vêtue de ma robe bleue au voile de tulle, et Matthew me disant de lui faire confiance… Tout en me cachant la vérité sur Jane. J’ai compris tant de choses, j’ai accepté tant de compromis. Mais aujourd’hui, je suis sans doute un peu bébête mais je ne suis prête à rien, si ce n’est de m’en aller d'ici. « Laisse-moi m’en aller Matthew… S’il te plait… » Et c’est suffisant pour qu’il me lâche. Les larmes aux yeux, je quitte l’appartement, allant vers ma voiture où j’entre et met le contact sans plus tarder. Le fait de conduire, de m’attarder sur la route que sur mes problèmes m’aident à ne pas fondre en larmes. Mes mains tremblent et je serre fort le volant. Je ne dois pas pleurer. Je dois retrouver ma famille, mes amis, et puis dire que Lullaby m’a si bien préparée ce matin. Je refuse de me laisser avoir par Jane et toute cette ignominie dont elle est capable. Alors, je serre les dents jusqu’à arriver à mon université. C’est maintenant qu’il faut si bien faire semblant.

Me garant, je finis par retrouver mes camarades de classe tous ravis de me revoir. Après tout, c’est la dernière fois que nous nous voyons entre ces murs. Autant dire que ça calme un peu mon stress. On discute de tout et de rien. Quelques amis me demandent si je suis prête au discours de fin d’année. Bien sûr, je hoche la tête avec une grande conviction même si au fond de moi, j’ai juste envie de me mettre à pleurer, de pouvoir retrouver Matthew et de lui dire combien je l’aime et je suis désolée de m’être emportée contre lui. Déjà je culpabilise, je m’en veux et je dois faire bonne figure. Mes amis n’ont pas à pâtir de mes états d’âmes, en plus je vais bientôt voir ma famille. Aussi, le reste du temps se consacre à l’habillage où j’enfile ma toge ainsi que le chapeau. Je l’enfile et une fois prête, je quitte le vestiaire retrouvant d’abord ma famille. Vient ensuite le moment des embrassades, des photos avec chaque membre de ma famille jusqu’à ce que les McGregor viennent. Matthew et son père. Mon cœur fait un saut périlleux et l’envie est plus que dévorante de lui sauter au cou et de lui demander pardon. Mais hélas, je ne peux rien faire si ce n’est que d’être polie avec les deux, de les présenter aux Bennett présents. Et puis, d’éviter de croiser le regard de cet être que je chéris tant. Je crois que je pourrai fondre en larmes. Alors je tiens bon, me contentant de faire semblant comme à l’époque où j’étais en froid avec mon patron. Et c’est un supplice, une agonie lente que le sourire dissimule. « J’espère qu’il plaira à tous alors... » Je réponds avec une bien grande politesse passant sous cape le compliment de Matthew au sujet de ce que j’écris. Et la torture dure, jusqu’à ce que tous les diplômés soient appelés pour qu’on puisse venir récupérer nos diplômes. « A tout à l’heure... » Je finis par dire avant de tourner les talons. L’attente commence en même temps que notre file diminue. Les étudiants recoivent leur  précieux sésame tandis que la foule applaudit. « Mademoiselle Héloïse Bennett. » Et sur ces mots, je m’arme d’un grand sourire, montant les quelques marches menant à l’estrade où je reçois mon diplôme après avoir serré la main du directeur de l’Université. Je finis par rejoindre la petite foule compacte d’étudiant et mon regard finit par se perdre dans la foule se trouvant en face de nous. Encore une fois, mon cœur fait une embardée croise le regard de Matthew et le sourire tend à disparaître même si je fais des efforts pour que l’inverse se produise. Je ne veux pas craquer. Je ne veux pas. Pas maintenant… « Et maintenant, nous allons applaudir notre étudiante chargée du discours de fin d’année. Elle est major de sa promotion. Elle a fait des études d’Edition et en alternance pendant sa dernière année. Merci d’accueillir Mademoiselle Héloïse Bennett. » Et c’est extrêmement mal à l’aise que je m’extirpe du groupe d’étudiants, que j’avance vers le pupitre, me trouvant face au micro. Sur le coup, je sens mon cœur s’emballer comme un fou furieux. Et le stress est juste immonde. Mais je tiens bon. « Je… Bonjour à tous et à toutes… Je me suis entraînée plusieurs fois… Mais visiblement, le stress est quand même là. Enfin… » Un rire gêné me saisit brièvement et je continue à parler. « Hum… Enfin, voilà, avant toute chose, je tiens à féliciter tous ces merveilleux étudiants que nous sommes, à avoir eu notre diplôme. C’est quand même quelque chose la fin des études… On se rend compte que ça signifie beaucoup. Un nouveau départ… De nouvelles ambitions… Un but inédit… Peut-être une remise en question aussi … Mais dans le fond, nous nous contentons simplement de grandir. » Je marque une pause mon regard venant se greffer à celui de Matthew. Il est cette force pour moi. Le voir me donne un semblant de courage. Et je finis par lui sourire parce que je ne peux rester fâchée contre lui, parce que je l’aime et qu’une fois le stress initial passé, je me rends compte que je tourne ma colère contre la mauvaise personne. « être étudiant reste une formidable étape de l’existence humaine. Finalement, on apprend à devenir adulte, à se préparer au monde extérieur, à prendre son envol avec la seule certitude de devenir quelqu’un de bien. Je vous dirai à tous et à toutes de toujours croire en vos rêves et de ne jamais, au grand jamais, abandonner. Vous ne devez en aucun cas vous laisser abattre par la foule se trouvant autour de vous… Soyez forts et tenaces, il n’y a que comme ça que vous réussirez. Encore une fois … Félicitations à tout le monde et aux diplômés de 2017 ! Nous avons vaincu !!! Et soyez heureux dans vos vies futures ! » Et à ses mots, le groupe d’étudiants se met à applaudir bruyamment, déclenchant mes rires et par la même occasion, la réaction du public. Mon discours étant fini, je n’ai d’autre choix que de rejoindre sagement mes autres camarades me complimentant sur ce que je viens de dire. C’est alors qu’au moment où je tourne le regard pour observer la foule et lui en particulier, j’ai la surprise de le voir arriver, vers l’estrade, montant les escaliers et venant échanger quelques mots avec l’une des organisatrices.

Le regard interrogateur, je l’observe venir se poser devant le pupitre, parlant dans le micro. Au début, mon cœur s’accélère bien vite et je ne comprends pas ce qu’il se trame. Pourquoi parle-t-il ? Il n’y avait pas de discours prévu le concernant ? Et pourtant, je ne peux m’empêcher de sentir mon être entier vibrer pour cet accent que je chéris plus que tout, pour cette chaleur régnant dans le ton de sa voix. Je me contente de l’écouter raconter notre rencontre, d’avoir travaillé avec lui pendant plus d’un an. Est-ce dans une volonté de me complimenter pour mon travail ? Non… Ses intentions sont bien plus nobles et c’est émue que je l’entends parler de moi, de mes pulls qui ne sont pas horribles d'abord, de ce que j’ai été pour lui au travail et puis dans notre vie privée. Sachant ce que cela implique de dire ce genre de choses, il y a son père ici après tout, je sens bien vite mes joues me brûler tout comme mon cœur battre si fort face à cette déclaration. Et quelle déclaration d’amour ! J’ai tant de fois imaginé le jour où Matthew révélerait notre histoire à son père. Et ça a toujours été un moment privé et solennel. Pas comme ça. Pas devant cette foule. Et pourtant, mon Matthew ose cela, avouant ainsi à la foule entière qu’il est tombée amoureux de moi. Et les larmes me montent aux yeux, je ne bouge plus, je ne respire plus. Ma vie entière ne dépend que d’un seul être se tournant pour faire face à moi, m’avouant qu’il m’aime, qu’il se moque de ce que peuvent penser les gens nous entourant. Le plus important c’est de s’aimer, le reste n’est que secondaire. Et lorsqu’il s’approche de moi, me demandant si je veux bien de lui, je reprends ma respiration, le fixant de ce regard tendre et immense où seul l’amour a sa place. « Matthew… » Je murmure doucement… J’ai l’impression de ne plus entendre de bruit, si ce n’est que je suis face à l’être que j’aime le plus au monde, que j’ai la gorge nouée. Et pourtant, je trouve la force d’ajouter : « Bien sûr que je te veux… Je t’aime tellement… » Et à ces mots, je m’approche de lui, venant l’enlacer avec force, écrasant mes lèvres contre les siennes. J’entends des mots au loin indistincts car je suis déjà ailleurs, mais je reconnais bien vite la voix de ma sœur, suivie d’applaudissements trônant autour de nous. Moi, je suis juste dans ma bulle de bonheur, dans les bras de l’homme que j’aime quand les étudiants à côté de moi s’exclament, me faisant me retourner et détacher mes lèvres de celles de Matthew pour les observer en train de jeter les chapeaux en l’air. Je fixe le ciel obscurci par le noir de ces objets jusqu’à rire doucement et croiser à nouveau le regard de Matthew, les yeux brillants caressant doucement ce visage aimé. « Le reste n’est qu’à nous… Et nous avons toute la vie pour écrire notre histoire…  » Et à ce mots, je me blottis un peu plus contre lui, souhaitant que ce moment ne s’arrête jamais. C’est sans doute l’un des plus beaux moments de mon existence.

***

« Je ne veux pas dire mais vous avez presque réussi à me mettre les larmes aux yeux. » Nous dit ma sœur lorsque nous avons fini par nous éparpiller de l’estrade, rejoignant les membres de nos familles respectives. Bien sûr, c’est le moment de partager un apéritif, le temps de se serrer une dernière fois dans les bras et de se dire au revoir. Forcément, l’émotion est là mais, c’est d’autant plus émouvant que la main de Matthew est greffée à la mienne. Devant tout le monde… Et c’est là quelque chose d’inédit, de presque surnaturel. À tout moment, je me dis que je vais finir par me réveiller et que rien ne sera réel, qu’il ne s’agit que d’un très beau rêve. Et pourtant, quand Molly me pince la joue en guise de geste affectueux, quand je sens la petite douleur du geste, je me dis que je n’ai pas rêvé. Tout est réel. « Mais c’est toi qui a crié tout à l’heure, non ? » Ce à quoi, Mamie répond : « Oh mais oui, elle a crié si fort cette bécasse ! Il faut toujours qu’elle se fasse remarquer. » Et forcément, je ne peux m’empêcher de rire tandis que Molly s’offusque « Avoue Mamie que c’était vraiment beau. J’ai un beau-frère qui sait si bien parler. » - « Ah c’est vrai que tu n’as pas tort. C’était si beau Matthew. Vraiment, j’ai trouvé que c’était une très belle preuve d’amour… » Et je suis tellement d’accord avec ma mamie. Mon regard se tourne vers Matthew, de ces yeux emplis d’amour et de cette confiance sans limite que je lui voue. Si Jane a réussi à nous faire du mal, elle n’a pas réussi cependant à ébranler ce que nous ressentons l’un pour l’autre. « Je crois que je n’oublierai jamais cette remise des diplômes... » Je finis par dire, souriant à Matthew, le cœur léger et l’âme en paix. Je me dis que désormais tout ira bien. Pourtant, la seule ombre au tableau, c’est que le père McGregor n’est plus là. Mamie m’a dit que suite au discours de Matthew, il s’est levé sans un mot et a quitté le lieu. Depuis, il demeure absent au tableau. C’est dommage dans un sens parce que le photographe passe et repasse parmi les familles prenant des photos officielles afin d’immortaliser le moment. Mais dans un sens, je peux le comprendre. « C’est dommage qu’il soit parti… » Je finis par murmurer doucement à l’attention de mon petit ami. Je ne sais pas ce qu’il en pense, mais cette attitude ne laisse rien présager de bon. Pire même, j’ai l’impression que le pire restera à venir quand il faudra se trouver face à lui à la maison d’édition.


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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Mar 2 Mai - 1:07

Matthew savait qu’un beau jour, il devrait avoir cette discussion à cœur ouvert avec son père. Il ne craignait absolument pas de l’affronter, ni même de revendiquer son amour pour Héloïse. S’il n’y avait que cela, l’auteur l’aurait fait depuis bien longtemps. Mais un tel acte aurait entraîné de lourdes conséquences, et c’était ces conséquences-là qu’il redoutait plus que tout au monde. Il ne voulait pas que la cruauté de son univers puisse se répercuter sur Héloïse qu’il aimait plus que toutes choses en ce monde. Lui, il avait toujours vécu dans ce monde de faux semblants où les regards servaient à juger, les mots à critiquer et l’intelligence à échauffer des plans terribles. Son monde n’était que luxe, richesse et beauté, mais Matthew avait été très vite peiné et déçu par la pauvreté d’âme et de cœur de ces gens qui n’avaient rien d’autres à faire que de se détruire les uns les autres. Il savait passer outre, s’étant endurci avec les années et après la trahison de Jane. De la famille McGregor, il était celui qui avait alimenté le plus de ragots peu élogieux à son encontre, le plus de paroles venimeuses, de théories abracadabrantesques contre lesquels il avait dû s’armer pour ne pas plonger. Mais il détenait un atout que tout le monde ne possédait pas : il se moquait incroyablement de ce que les gens pouvaient penser. Alors pourquoi taire sa relation ? Parce que pour la première fois, Matthew n’avait pas à réfléchir pour lui-même, mais aussi pour sa moitié. Pour Héloïse. Et il ne lui connaissait pas encore les épaules pour affronter un univers si perfide. Il l’avait vue évoluer au sein de sa famille. Le cocon réconfortant dans lequel elle avait grandi ne lui avait pas échappé. C’est pourquoi, il avait toujours eu autant de scrupules à devoir admettre qu’ils étaient ensembles. Bien qu’ils seraient ensemble pour affronter tout cela, il ne voulait pas les rumeurs médisantes viennent à bout de la délicatesse d’Héloïse. Il refusait que, par sa faute et par son univers, il perde cet éclat si précieux dans les prunelles de celle qu’il aimait.
Mais aujourd’hui, il se trouvait au pied du mur. Leur fragile équilibre était menacé par la perfidie de Jane et il ne trouvait pas d’autres issues à leur dilemme que celui de faire éclater la vérité au grand jour. Bien entendu, il savait que ce jour arriverait. Matthew l’avait prévu, et il s’était promis de révéler leur relation d’ici la fin de l’année, dès lors qu’Héloïse aurait son diplôme et sa place au sein de la maison d’édition car il souhaitait prendre toutes ces précautions. Depuis son accident, il réalisait à quel point la vie pouvait être tortueuse et qu’elle pouvait s’arrêter à tout instant. Il comptait bien en profiter tant qu’il était encore temps. Mais il ne savait pas encore de quelle manière il amènerait le sujet auprès de son père, les mots qu’il utiliserait et dans quelles circonstances. Matthew n’était pas homme à se faire mille scénarios, mais s’il avait dû en émettre un, il n’aurait jamais pensé qu’il se retrouverait devant cette foule immense, en train d’ouvrir son cœur comme il ne l’avait jamais fait auparavant. Paraître devant beaucoup de personnes, Matthew savait le faire. Le sens du discours et de la rhétorique, il les maniait à la perfection dans son cadre professionnel et quand il devait s'adresser à un public bien particulier. Mais là… c'était avouer son amour pour sa stagiaire lors de la remise des diplômes, mais surtout en sachant pertinemment que son père entendrait le moindre de ses mots. Et si la famille Bennett pouvait toujours s’en attendrir, ce ne serait certainement pas le cas de son père qui risquait de voir d’un très mauvais œil cette relation. Il s’était trop souvent entendu dire de la part de son paternel qu’il était grand temps pour lui songer à une union avantageuse. Il ne cessait de lui brandir Jane sous le nez, affirmant qu’elle serait le parti idéal afin de redorer le blason de la famille. Alors découvrir que son fils unique entretenait une relation avec l’une de ses stagiaires totalement quelconque à ses yeux, il savait d’avance que ce serait intolérable pour lui. D’ailleurs, il ne chercha pas une seule fois son regard dans l’assistance, prouvant par ce fait qu’il n’attendait aucune bénédiction, ou même approbation de sa part. Il faisait les choses à sa manière. A la Matthew McGregor. Et qu’importe ce que diraient les gens. Qu’importe ce qu’ils pourraient penser. Qu’importe qui voudraient se mettre en travers de leur route. Ils sauraient faire cela ensemble. Jane se trompait quand elle affirmant que leurs différences finiraient par les séparer. Il s’agissait de l’inverse. Leurs différences ne feraient que les rapprocher un peu plus, les souder et les renforcer comme à chaque épreuve qu’ils avaient dû surmonter. Les mots d’Héloïse l’avaient incroyablement blessé aujourd’hui. Plus qu’attaqué dans son orgueil, il avait ressenti cette pointe de honte de ne pas avoir pu éviter ce qu’il craignait depuis le début : qu’elle ne soit pas suffisamment patiente, qu’elle perdre courage et que cette situation l’use jusqu’à la perdre totalement. Ce n’était pas uniquement une déclaration d’amour qu’il lui faisait, mais il s’agissait d’une tentative désespérée pour ne pas la voir lui échapper, pour la reconquérir. Et quand il se tourna vers elle, croisant son regard, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Pourtant, il s’approcha malgré tout d’elle, lui demandant avec une humilité désarmante si elle voulait toujours de lui. Juste à son regard empli de larmes, il sut que c’était une bataille remportée. Ils se connaissaient désormais par cœur. Comme s’ils se déchiffraient depuis toujours. Deux parts d’une même entité qui fonctionnaient de concert. Autour d’eux, ce fut comme si plus rien d’autre n’existait. Il n’entendait pas les applaudissements et les cris d’allégresse qui succédaient à ce silence étrange. Il ne vivait que pour le doux regard d’Héloïse, ses larmes d’émotions et de joie, ce visage exempté de toute colère ou de toute souffrance. Il la retrouva contre lui, profitant de son étreinte et de ses lèvres fondant sur les siennes. Un baiser qu’ils pouvaient partager devant tout le monde. Un baiser dont il n’avait pas à avoir honte. Le premier baiser public dont il profitait avec délice. L’engouement des étudiants les ramena sur terre, avec les chapeaux lancés et les rires qui faisaient de toute part. Les mains d’Héloïse et de Matthew attrapèrent le chapeau de la diplômée, l’envoyant en l’air en même temps et d’un seul geste. La fin d’une ère qui s’ouvrait sur une nouvelle. Sans qu’il n’en prenne pleinement conscience, l’auteur était terriblement soulagé. Pour la première fois, il semblait que rien ne pouvait plus leur faire ombrage.

***

Matthew sentait des picotements sur sa peau à pouvoir tenir la main d’Héloïse dans la sienne en public. C’était libérateur. Dès qu’ils avaient quitté l’estrade, son regard s’était envolé vers la foule, découvrant avec une pointe d’appréhension que son père n’y était plus. C’était évidemment sans surprise. Il s’attendait dans les prochains jours à recevoir un sermon où son père ne manquerait pas de lui rappeler que ce genre d’attitude n’avait fait que le ridiculiser un peu plus et qu’il était grand temps qu’il cesse ses enfantillages. Qui sait même ce qu’il pourrait advenir dans sa colère, mais il préférait ne pas songer à cela. Se laissant guider par Héloïse, ils atterrirent auprès de la famille Bennett. Matthew retrouva leur bonne humeur avec une joie non dissimulée. Pourquoi sa famille ne pouvait-elle pas être la même ? Cela leur éviterait bien des ennuis. Il s’amusa donc des paroles de Molly qui aimait bien faire tourner sa sœur en bourrique et fut bien plus touché qu’il ne l’aurait pensé par les paroles de la grand-mère Bennett. « Oui, merci à vous Madame Bennett, même si cela n’a pas forcément été au goût de tout le monde… » Matthew ne put pas vraiment s’empêcher d’avoir un rictus triste. Il faisait cavalier seul depuis longtemps, mais la réaction de son père l’affectait malgré tout. Sa prise se raffermit sur la main d’Héloïse qui sourit. Il n’avait aucune envie de gâcher ce moment de fête. En tout cas, comme le soulignait si bien sa petite amie, ce jour serait mémorable. Il se plia à la petite séance photo qui suivit avant d’approuver les paroles d’Héloïse. Son regard s’attarda sur le siège vide de son père. « Oui, c’est dommage. Il fallait se douter qu’il aurait une telle réaction. » Il serra un peu plus sa belle contre lui. « Mais ne t’en fais pas. Rien ne pourra gâcher cette journée. » Il n’y aurait que le retour à la maison d’édition qui serait sûrement bien plus compliqué. Mais Héloïse aurait tout le temps de profiter de ses vacances d’été avant de revenir pour septembre. « En tout cas, c’était un merveilleux discours, mon amour. Je suis tellement fier de toi. » Ses lèvres se posèrent sur les siennes, sous le sifflement de Molly juste à côté d’eux. « N’en profitez pas trop non plus. On risque de sentir vos longs mois de frustration. » Matthew rit tandis que la brune regardait méchamment sa sœur. La grand-mère intervint. « Les filles, ce n’est pas le moment de vous chamailler ! C’est le jour d’Héloïse. » Et elle ne croyait pas si bien dire.

***

« Tu es vraiment sûre de toi ? Tu sais, on pourrait juste se faire un petit restau, se promener librement et profiter de la soirée… » la charma-t-il en la saisissant par la taille, la rapprochant de lui en frottant son nez contre le sien. Suite à la remise des prix, ils avaient d’abord pris la route de la maison des Bennett. Mamie Bennett avait insisté pour qu’ils viennent boire une coupe de champagne à la maison. Ils avaient donc commencé une partie de la fête chez eux, avant qu’Héloïse ne sonne le départ. Une fête étudiante était prévue par sa promotion et elle comptait bien y aller avec Matthew. Il aurait simplement pu dire qu’il ne voulait pas s’y rendre, n’étant pas très à l’aise avec des étudiants. Toutefois, il n’avait aucun désir de laisser sa petite amie au milieu de jeunes hommes ivres. Il tentait donc de détourner la situation tandis qu’ils étaient en chemin vers le lieu de la fête et de la séduire avec un restaurant en tête à tête et une fin de soirée prometteuse. Il usait de tous ses charmes. Il captura ses lèvres, n’ayant plus aucun scrupule à l’embrasser au beau milieu de la rue. Il vivait leur liberté avec un entrain nouveau. Il ne pensait pas que cela le soulagerait autant. La visite de Jane n’était même plus dans leurs esprits. « Tu n’avais pas dit que tu ne porterais cette robe pour être magnifique juste pour moi ? » Alerte gros jaloux. Mais il disait cela d’une voix tellement caressante que cela transparaissait à peine. Mais voilà, une soirée avec des jeunes, il n’était pas bien certain de vouloir s’y mêler. Il voulait profiter d’elle tout au long de la soirée. Il voulait lui parler de voyage, de projet, d’avenir. De tout ce qui leur était désormais possible.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Mar 2 Mai - 21:14

Je suis dans une bulle tellement merveilleuse et je m'y sens bien. Le sourire est là. Et je rayonne de bonheur. Il suffisait de rien finalement pour atteindre cette félicité, juste de dire la vérité. Elle a semblé si terrible, capable de tant de destruction. Mais finalement, ça n'a été qu'un moment chargé d'amour et de tendresse. Je découvre la joie de pouvoir lui tenir la main devant tout le monde, de pouvoir être enlacée contre lui sans craindre quoi que ce soit, de pouvoir l'embrasser, me retenir de rire parce que ma soeur proteste, quand bien même je lui lance un regard spécial « soeur pas contente ». Mais c'est tellement bouleversant, et en même temps, les larmes n'ont pas leur place. Quand bien même, elles ne sont que le symbole d'une joie terrible que nous partageons. La seule ombre au tableau est celle du père de Matthew, absent, crainte que je lui expose. Mon petit ami s'y attendait visiblement mais pas moi. Je crois que j'ai sans doute été trop innocente, trop brave, à croire que l'humain est bon et généreux. Sans doute, je me trompe quand bien même, c'est quelque chose qui m'attriste. « Ne t'inquiète pas mon coeur, pour l'instant, ça a dû lui faire un choc. Il ne pensait pas qu'une telle chose arriverait. Mais vous avez été forts, tous les deux. Vous méritez désormais d'être heureux... » Ma grand-mère me glisse un sourire aimant ainsi qu'à Matthew. « Et que diriez-vous d'aller à la maison et de boire une coupe de champagne pour célébrer tout ça !? » Finit par demander Mamie Bennett, ce à quoi Molly répond avec sa dégaine habituelle « Quelle bonne idée ! J'ai besoin de me bourrer la gueule pour pouvoir oublier Matthew et Héloïse qui se roule des patins devant tout le monde, je vais en faire des cauchemaaiiieuuuuh... » Proteste-t-elle quand je lui pince le bras la fixant d'un air se voulant menaçant. « Molly Bennett ! Fais attention à toi, je suis une diplômée maintenant d'abord ! » J'aurais pu être sérieuse mais mon sourire contraste avec ma fausse colère « Ooooh tu veux que je te fasse la courbette !? » S'exclame ma soeur en sautant dessus pour me décoiffer et m'embêter comme d'habitude. Heureusement que Mamie est encore là pour rétablir l'ordre et finalement, on finit par quitter les lieux. J'ai cependant un dernier regard pour cette estrade et je crois encore voir Matthew parler... Mon coeur se contracte doucement jusqu'à ce que la voix de l'être aimé me ramène à la réalité. C'est vraiment quelque chose que je n'oublierai jamais. Et souriant avec tendresse, je glisse sa main dans la sienne ravie de ce simple contact. Tout est si différent désormais... On finit donc par tous repartir dans nos voitures respectives, j'ai simplement demandé à Matthew de me suivre jusqu'à mon appartement histoire que je laisse ma coccinelle et que je monte avec lui jusqu'à la maison de mes grands parents. Sur le trajet, ma main se greffe à la sienne et je ne peux m'empêcher de sourire béatement. « Rholalalala... Je ne réalise toujours pas... Mais tu ne peux pas savoir combien je suis heureuse. Depuis tout à l'heure, j'ai pleins de papillons dans le ventre… Vous me surprendrez toujours Monsieur McGregor... » Je finis par lui murmurer doucement. C'est drôle comme les gestes d'antan sont toujours là. Je ne peux pas m'empêcher de regarder dehors comme si quelqu'un que nous connaissions pouvait nous voir à travers les vitres de la voiture. En plus, j'oublie que celle-ci a les vitres teintées alors c'est une raison de moins de s'inquiéter. Mais bon, si je ne m'inquiétais pas, je ne m'appellerai plus Héloïse Bennett. Durant le trajet, on discute de tout et de rien jusqu'à ce que je me rappelle d'un point que je tenais absolument à voir avec mon chéri : « Oh d'ailleurs ! J'ai des amis de ma classe qui m'ont dit que ce soir, il y avait la fameuse fête étudiante à la fac pour célébrer la fin de l'année. Ils m'ont dit que je devais venir parce que c'était notre dernière fois tous ensemble ... » Je me tais, et puis je pense utile d'apporter une explication « Disons que les années précédentes je n'y allais pas. Ça ne me disait rien, je trouvais qu'il y avait toujours trop de monde et la foule me mettait mal à l'aise.. Mais là... J'aimerai y aller avec toi. » Je finis par ajouter, un sourire s'étirant sur mes lèvres. Y aller avec Matthew, mon dieu mais oui ! Le rêve me semble être une réalité quotidienne. Et je tiens vraiment à vivre cette dernière fois avec lui. « J'aimerai vraiment être cette étudiante qui va à ce genre de fête avec son petit-ami sans aucune crainte, ni rien. Qui pourra se tenir contre lui, lui parler, le regarder et l'aimer sans avoir rien à se reprocher... » Sans avoir à nous cacher. Alors je sais pas s'il est d'accord mais au vu de sa mine, il n'a pas forcément  l'air enthousiaste. Je l'ai vu bien plus motivé dans d'autres circonstances. Or là. C'est pas encore ça. Souriant de plus belle, je préfère changer de sujet « Enfin nous en parlerons plus tard... » De toute façon, nous arrivons et de ce fait, je suis toute ravie de revoir ma famille. On prend place dans le jardin sous ce beau soleil. « Félicitations à toi ma chérie. » Me dit mon père avec sa timidité habituelle et sa réserve « Ta mère serait tellement fière de toi. Et de toi aussi, Molly. » Il sourit prévoyant la tornade Mollyiesque. « De toute façon, nous sommes fiers de vous les filles. Nous n'avons jamais eu de problèmes avec vous, vous êtes merveilleuses. Alors vraiment ... Bravo à toutes les deux pour ces deux jeunes femmes que vous devenez. » Mon petit papa, si réservé, si aimant. C'est en l'observant que je me rends compte combien il a vieilli, qu'il a plus de cheveux blancs, plus de rides, que son sourire est toujours aussi beau et grand. « Merci papa, ça me touche beaucoup... » Je me contente de répondre émue. C'est la seule chose dont je sois capable de dire à vrai dire. Mais bien vite, la conversation reprend dans ce cocon où nous sommes tous plongés.

***

« Toi, tu essayes de me dissuader... » Je marmonne à l'attention de Matthew dont les gestes affectueux n'ébranlent en rien ma conviction. Outre le fait que j’ai l’impression de sortir avec un jeune homme qui se prend pour un vieux dans sa tête, je compte bien profiter de ces dernières fois en tant qu’étudiante. C'est qu'il a dit oui aussi pour venir avec moi à la fête. Bon j'avoue, je n'ai pas forcément été très honnête avec lui. Chez ma mamie, j'ai un peu fait le forcing en usant de mon charme - oui ça m'arrive des fois - et en étant un peu plus tactile que d'ordinaire et en promettant le Graal à la fin de la soirée. Alors, forcément a-t-il cédé par faiblesse ou non ? Je n'en sais rien. Mais en tout cas, je suis surprise de la vision archaïque que peut avoir Matthew de ce genre de fête. D'après lui, il n'y a que des garçons alcoolisés. Alors que bon, je ne pense pas. Enfin j'espère. C'est là qu'on voit que j'ai évité toutes les soirées étudiantes et que Matthew n'a pas connu ce genre de choses en Angleterre. Ou alors il devait y en avoir mais façon anglaise... « Vos fêtes étudiantes, elles étaient comment en Angleterre ? C'était genre un salon de thé où  vous buviez le petit doigt en l'air rigolant d'une blague fondée sur un passage d'un bouquin d'Aristote ? » J'observe Matthew avant de pouffer de rire et de me serrer un peu plus contre lui tandis que nous marchons enlacés vers la fête. C'est qu'il n'est pas à court d'arguments le gougnafier. Le restaurant. La balade dehors. « Mais on peut le faire demain après tout ! » On a tout le temps devant nous désormais. Et je savoure de pouvoir être embrassée de la sorte, enlacée contre lui sans craindre le regard de quiconque. La dernière tentative de Matthew échoue comme toutes les autres. Je tiens à aller à cette fête étudiante avec lui, il n'emportera pas la partie et je peux me montrer très têtue quand je le veux surtout quand il évoque l'argument de la robe. « Mais c'est toujours pour toi. Quand bien même, il y aura du monde autour de nous, il n'y aura rien que toi... » Je dépose un baiser sur sa joue l'observant d'un air mutin. « Tu vas voir ce sera bien. En plus, comme je t'ai dit c'est à mon université. Ce n'est pas une orgie dans une maison glauque ou un truc vraiment bizarre... Je n'irai pas dans ce genre d'endroit quand même ! » Est-ce que j'ai eu raison de lui avoir proposé de venir avec moi ? Je n’en sais rien, j’espère qu’il pourra profiter. Après tout, il est encore jeune, il a tout à fait sa place. « Mon amour… Tu es un papi dans ta tête… » Je finis par dire en secouant la tête d’un air faussement blasée Dixit la fille la plus vieux jeu du monde hein…

Pourtant, lorsque nous entrons dans le lieu, je suis immédiatement prise par l’ambiance survoltée. Il y a du monde. Et c’est étrange parce qu’en présence de Matthew, c’est comme si je ne craignais pas la foule autour de nous. Il y a beaucoup d’étudiants. Et j’en reconnais pas mal de ma classe se trouvant au loin. Durant l’espace de quelques secondes, malgré tout, je finis par me demander ce que je fous ici. L’habitude de n’y être jamais allé. Et pourtant, une de mes amies de classe vient dans notre direction. « Héloooooo ! C’est carrément perturbant de te voir ici ! C’est une grande première ! » Me dit-elle tout en me serrant brièvement contre elle. « Ah et vous… Vous avez tellement bien parlé ! J’avais le cœur qui battait la chamade ! Vous savez parler aux femmes et devant un micro ! » Dit-elle en riant et pivotant vers Matthew. J’ai l’impression étrange que mes amies de classes se comportent bien plus normalement que mes amies intimes. C’est curieux comme sensation, mais en tout cas, elle se montre vraiment charmante. Et d’ailleurs, elle en profite pour attraper trois coupes de champagne qu’elle distribue à chacun. « Il faut bien trinquer à notre réussite ! et puis, je vous souhaite beaucoup de bonheur. » - « C’est tellement adorable à toi ! Alors à nous tous ! » Le champagne est délicieux et passe vraiment bien. Il faut dire qu’ayant déjà bu celui de mes grands-parents, tout passe comme une lettre à la poste. Et une fois que mon amie part, je prends Matthew par main « Viens, je vais te présenter aux gens de ma classe ! Ils vont t’adorer ! » C’est que je suis fière de lui présenter tout le monde. Et d’ailleurs, en passionné de l’édition, ils ont des mots très gentils pour Matthew, pour ce qu’il fait. Quand bien même, ils l’ont déjà rencontré une fois. Aujourd’hui, ce n’est pas pareil, je ne le présente pas comme mon patron mais bien comme mon petit-ami. Et mon sourire est si grand d’ailleurs, je ne suis pas stressée comme j’ai pu l’être avec Elsa, parce que finalement, de ces gens avec qui nous discutons, ils font tout autant parti de notre univers, de cette passion que nous partageons tous. Aussi, après pas mal de discussions, de verres entrechoqués, je propose à Matthew de danser. La musique est douce, ce n’est pas encore le moment où ça se déchaînera d’après ce que m’a dit une de mes amies. Et de ce fait, c’est toute rougissante et tellement heureuse que j’enroule mes bras autour de ses épaules, venant coller ma tempe contre sa mâchoire… Et tout le bruit autour de nous se coupe. J’ai l’impression qu’il n’y a que nous dans cet Univers « Et sinon, ça va, tu survis ? » Je demande d’une voix amusée. « Merci d’avoir dit oui encore une fois… Je suis vraiment trop contente de me dire qu’un jour, j’ai été à une soirée de fin d’année, que j’ai dansé avec l’amour de ma vie… » Enfouissant mon nez dans son cou, j’hume son parfum si enivrant, oubliant tout ce qu’il y a autour de nous. « Et je voulais m’excuser pour tout à l’heure quand je me suis énervée contre toi… Tu avais tellement raison, je retournais ma colère contre la mauvaise personne. » M’écartant de lui juste pour pouvoir regarder son visage, je pose mes mains sur ses joues, les caressant doucement. « Je t’aime et je t’aimerai tout le temps Matthew McGregor… » Et je l’embrasse tendrement, tellement heureuse de pouvoir me laisser aller sur l’expression de mes sentiments. C’est vrai que Molly n’a pas tort dans un sens, il y a toute cette frustration à évacuer, des habitudes nouvelles à prendre. Je pourrai rester indéfiniment comme ça, blottie dans ses bras, à sentir la douceur de ses lèvres bougeant à l’unisson avec les miennes. Mais la musique cesse et là… Tout devient extrêmement bruyant, survolté. Un seul regard suffit à nous faire comprendre, l’un à l’autre, que ce n’est absolument pas notre tassé de thé ce genre de musique. « Viens, j’ai quelque chose pour toi… » Ma main trouve refuge dans la sienne et finalement, je m’extirpe tant bien que mal de la foule, sortant du gymnase pour me retrouver dans le couloir désert, sauf quelques étudiants qui ont certainement dû aller aux toilettes. Je le dirige vers un lieu bien précis, l’amenant vers la salle de musique où je le fais entrer avant de refermer la porte. La pièce coupe le bruit extérieur « Aaaan ça va mieux ! Je ne suis décidément pas fan de la musique électro… ça bouge trop, c'est bruyant. » Je suis plutôt classique moi, mais je ne suis pas ici pour refaire la critique de la playlist de ce soir. Aussi, je m'avance vers l'être aimé et vient lui prendre les deux mains dans les miennes. « Nous n’avons pas forcément eu de beaux souvenirs ici… Alors, je voulais, pour cette dernière fois, te jouait quelque chose en particulier. » Venant me blottir contre lui, je le fixe avec tendresse « J’espère que ça te plaira… » Et doucement, je l’amène vers le piano où on s’installe tous deux. Je me sens déjà rougir et être gênée mais je tiens bon, me raclant la gorge doucement. Et puis, je commence à jouer cette musique. A la base, il n’y a pas vraiment eu de version au piano bien qu’elle ait été jouée de différentes manières mais je la trouve si belle et je la veux la jouer à Matthew, je veux qu’il sache toute l’étendue de ce que je ressens pour lui. « Never knew i could feel like this… Like i never see the sky before… » Mes doigts bougent en même temps que j’essaye d’être juste avec ma petite voix. « I want to vanish inside your kiss… Everyday, i’m loving you more and more… » Et je continue à chanter dans la plus belle des mélodies, dans cet instant bouleversant effaçant la première fois où nous nous sommes trouvés ici. Désormais, je me dis que nous avons parcouru du chemin, que nous avons grandi, bravé tant de difficultés et finalement… « Listen to my heart, can you hear, it sings ! »



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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Jeu 4 Mai - 18:28

Matthew ne réalisait sûrement pas encore très bien ce qui était en train de leur arriver. Il s’était vu monter sur cette estrade, uniquement dirigé par son instinct et cette volonté de mettre un terme à toute cette supercherie, de ne plus jamais revoir les larmes d’Héloïse poindre au coin de ses yeux à cause de sa lâcheté. Ce fut comme l’évidence. Il n’avait pas préparé de discours. Il n’avait rien prévu du tout à vrai dire. Cela n’était pas vraiment dans les habitudes de l’éditeur, lui qui s’exprimait généralement avec des paroles toujours bien millimétrées, tel du papier à musique. Mais pour tout ce qu’il avait à dire, il n’avait pas besoin de mots couchés sur le papier. Le poète n’avait fait que parler avec son cœur, avec son âme. Il n’avait pas besoin de réfléchir pour savoir ce qu’il pensait d’Héloïse Bennett, pour donner un sens à tout ce qu’il pouvait ressentir pour elle, pour exprimer toutes les sensations qui le traversaient dès lors qu’elle se trouvait devant ses yeux. Si Matthew n’avait pas été aussi aveuglé par sa douleur et son amertume au jour de leur rencontre, il aurait compris dès le début, comme une évidence pure, qu’elle était cette femme qu’il connaissait depuis toujours, dont il venait de tomber amoureux et qu’il aimerait pour toujours. Il n’y avait pas d’usure, pas de dates butoirs, mais uniquement un grand infini qui s’étendait devant eux. Ils n’en parlaient pas trop, mais cette même certitude les enrobait, celle qu’ils seraient toujours ensembles. Il n’y avait aucune pudeur à évoquer le futur. Ce même futur qui s’annonçait radieux pour eux.
Main dans la main avec sa moitié après la remise des diplômes, Matthew voyait surgir une ombre noire au tableau. Son père s’était retiré des réjouissances, apparemment sans un mot. Bien qu’il se moquait totalement de l’avis de son père, il n’était pas spécialement confiant. Toutefois, l’auteur trouvait du réconfort dans la chaleur de la main d’Héloïse, dans ses sourires radieux et dans ses regards amoureux qui valaient bien plus que n’importe quel mot. Il se laissait bercer par la douceur de sa voix affranchie de toute peine et de toute anxiété. Elle semblait juste heureuse, emplie de certitude et de confiance. Il aimait la voir ainsi. Il n’aimait la voir que heureuse et cela lui suffisait. Alors sur le chemin de la maison des Bennett, la voir excitée à ce point lui arracha un tendre sourire. « Et je ne cesserai jamais de te surprendre. » lui murmura-t-il en venant capturer ses lèvres. Chaque jour de sa vie ne serait dédiée qu’à elle, à alimenter sa joie, à faire de sa vie un cocon de bonheur et d’amour. Il se promettait que rien ne pourrait plus obscurcir leur avenir. Il était prêt à tout accepter, même cette histoire de fête étudiante. Pour être honnête, Matthew n’était pas très motivé pour se retrouver au milieu d’un groupe d’étudiants. Certes, il n’était pas un vieux, mais cela faisait bien longtemps qu’il avait quitté les bancs de l’université. Il ne voulait pas faire tâche dans le paysage. De plus, avec le tolet qu’il avait provoqué à la remise des prix, il risquait d’être vite remarqué. Pas qu’il n’appréciait pas d’être le centre de l’attention, mais il aurait aimé dédier cette soirée à lui et Héloïse. Toutefois, elle parut si enthousiaste à l’idée de se rendre à cette fête de fin d’études qu’il ne sut pas trop dire non sur le moment. Il était déjà très soulagé d’apprendre qu’elle n’y était encore jamais allée. Au moins, cette fête-là se ferait sous sa surveillance. #papy Il ne s’en montrait pas moins un peu réticent. Il n’eut pas le temps d’objecter quoi que ce soit qu’ils furent happés par l’animation qui régnait chez la famille Bennett. Il décida de laisser cette affaire de côté pour le moment. Ils auraient tout le temps ce soir.

***

Et voilà que l’heure de la fête était finalement arrivée. Matthew n’avait eu de cesse de tenter de séduire Héloïse avec un tête-à-tête romantique, une balade sous les étoiles avant de rentrer et de célébrer tout cela dignement. Il usait de ses charmes pour faire fondre la belle, mais elle se montrait bien plus résolue que ça et beaucoup moins dupe qu’il n’aurait pu l’espérer. Il ne put obtenir gain de cause, malgré tous ses efforts pour éviter la fameuse fête. Il leva les yeux au ciel quand sa petite amie émit une hypothèse sur la manière dont il s’amusait avec ses amis. Il fallait savoir une chose sur le refus de Matthew : c’est justement parce qu’il connaissait les fêtes étudiantes et la manière dont elles pouvaient tourner qu’il n’était pas certain qu’il veuille qu’Héloïse soit témoin de tout ça. Et il se risquerait encore moins à décrire le style de fête qu’il faisait à l’époque en Angleterre quand il était plus jeune. Les universités américaines fonctionnaient par sororités, mais en Angleterre, il s’agissait de clubs. Matthew appartenait à l’un de ceux-là. A vrai dire, il appartenait au club le plus populaire de son université, et les fêtes ne ressemblaient en rien à une réunion salon de thé. Mais tout ça, il ne l’admettrait jamais. Il n’avait pas trop envie que sa belle puisse penser qu’il faisait partie de ces étudiants prétentieux, faisant la fête tout le temps et se gratifiant de leur popularité. Oui, pendant ces années d’études, Matthew était un con. Mais il avait aimé ces années-là malgré tout. Ainsi, il se laissa convaincre par une Héloïse aguicheuse. « OK, très bien. Je te suis, miss Bennett ! » Ils reprirent le chemin de la fête et il lui pinça la taille. « Et je ne suis pas un papi. »

Il se fit traîner à la fête avec beaucoup d’appréhensions, mais finalement, ce fut moins pire qu’il se l’était figuré au départ. Premièrement, il découvrit à quel point Héloïse était appréciée et il fut pris à parti pour le féliciter de son discours très éloquent. Il ne sut que répondre en riant en voyant les jeunes demoiselles en émoi dès qu’elles prenaient conscience de sa présence ou que l’une d’elles se rappelait ses mots. Dans le fond, ce fut une situation assez étrange où Héloïse ne réalisait pas vraiment l’engouement qui se crée autour de leur couple et de ce qu’il s’était passé cet après-midi. Son bras s’enroula autour de la taille de sa belle et il la rapprocha de lui. Juste au cas où. Finalement, ils trinquèrent tous à leur réussite avant que sa belle ne l’entraîne avec elle pour le présenter à tout le monde. Bien qu’il ait fait une présentation une fois en classe, il ne pouvait pas prétendre que les visages en face de lui étaient familiers. Peut-être quelques-uns à la rigueur. Mais ce jour-là, après ce qu’il s’était passé quelques jours auparavant, il n’avait d’yeux que pour Héloïse. Une Héloïse qui avait quitté la salle de cours bien trop rapidement, lui donnant la sensation que sa présentation avait duré une éternité avant de pouvoir la rejoindre. La suite n’était pas plus brillante, mais peu importe, puisqu’ils étaient là aujourd’hui et qu’elle le présentait fièrement comme étant son petit ami. Il ne se pensait pas aussi apprécié. Apparemment, personne ne l’avait oublié et sa célébrité d’auteur était connue parmi les rangs de ces étudiants en édition. Ce qui était plutôt rassurant d’une certaine manière puisque les éditions McGregor faisaient partie des plus grosses maisons du pays. Héloïse semblait ne pas savoir où tourner la tête, étant happée de tous les côtés, surexcitée autant que ses camarades. L’auteur aimait la voir ainsi, l’observant aussi radieuse tandis qu’il buvait tranquillement le reste de sa coupe. Certainement pas la première puisqu’ils passaient leur temps à trinquer. Cela ressemblait presque aux réceptions où il assistait, mais sans le côté guindé. Finalement, il se retrouva sur la piste de danse avec Héloïse. Par chance, les musiques étaient encore douces et ne nécessitaient de s’agiter comme un fou. Il profitait uniquement d’un moment de bonheur et de tendresse avec Héloïse sans qu’ils aient besoin de se cacher. Un sourire étira les lèvres de Matthew. « Je pense avoir vécu déjà pire. » Ne serait-ce que toutes les réceptions chiantes où il devait se rendre. En écoutant ses paroles, il ne regretta pas son choix d’être venu ici ce soir. Après tout, c’est vrai, ils pouvaient toujours fêter cette journée une autre fois. Maintenant, ils avaient tout leur temps devant eux. « Ce n’est pas grave. Finalement, ce qui est arrivé n’était pas si mal. C’est ce qui nous permet d’être là ce soir. Sans ne plus avoir besoin de nous cacher encore. » Le temps du Japon où il lui expliquait que leur relation devait rester secrète paraissait si loin désormais. Il la serra un peu plus contre lui, humant son parfum si enivrant. « Je t’aime aussi Héloïse Bennett. Pour toujours. » Leurs lèvres se lièrent pour un de ces baisers si intense qu’ils savaient partager. Le monde autour d’eux n’excitait plus. C’est à peine si le son de la musique parvenait à leurs oreilles. Rien ne pourrait faire éclater la bulle de bonheur dans laquelle ils se trouvaient. Enfin… presque. La musique douce changea du tout au tout. Les amants échangèrent un regard, puis un sourire qui valait mieux que toutes les paroles du monde. Sa main s’engouffra dans la sienne et il la suivit sans poser plus de questions. « Tu es bien mystérieuse, miss Bennett. » s’amusa-t-il tandis que leurs pas les menaient dans les couloirs de l’université jusqu’à la salle de musique. Une fois à l’intérieur, la musique leur sembla si lointaine. Il se contenta de la regarder tendrement tandis qu’ils s’asseyaient tous les deux devant le piano. Il conserva le silence dont elle avait besoin, jusqu’à ce que les premières notes au piano ne tintent et que sa voix prenne le dessus. Il reconnut là le titre chanté pour le film du Moulin Rouge. Leur histoire n’était heureusement pas la même, mais dès qu’il était question d’amour, il n’y avait aucune différence. Il contempla son expression si sérieuse et intense à la fois tandis qu’elle se concentrait sur sa voix et ses doigts, en même temps qu’elle se laissait envahir par la portée de ces paroles. Il s’enivra de cette voix claire et douce qui la caractérisait complètement. Tous les mauvais souvenirs s’estompaient à mesure que la chanson se poursuivait. Il ne l’interrompit pas, la laissant aller jusqu’au bout sans la perturber de quelque manière que ce soit. Quand la musique s’éteignit, il se permit de prendre la parole. « C’était magnifique, Héloïse. » Sa main glissa tendrement sur sa joue, la rapprochant de lui pour lui voler un tendre baiser. Lèvres contre lèvres, il lui rendit toute l’intensité dont il était habité, enfiévrant leur baiser. Leurs corps se collèrent l’un à l’autre, comme électrisés. Ils n’existaient plus que pour se fondre l’un dans l’autre, quand tout à coup, la porte s’ouvrit brutalement. « Ah vous êtes là tous les deux ! » Un des élèves venait de débarquer, suivi d’une autre étudiante que Matthew se souvenait avoir vu un peu plus tôt. Ils semblaient être bien joyeux et ils mirent à rire. « Je crois qu’on interrompt quelque chose ! » - « Eh bien il va falloir l’interrompre. Avec la prom, il a été décidé qu’on ne laissait pas partir Héloïse sans l’avoir vu une fois faire un jeu d’alcool ! Matthew, t’es de la partie ici. » Bah oui, forcément. Et après avoir été sollicités plusieurs fois et être menacés d’être interrompus tout le reste de la soirée, ils rejoignirent la troupe dans la salle. Une bonne partie était en train de danser sur la musique survoltée. Et d’autres étaient autour de tables disposées un peu partout. « Bière-pong pour commencer ! » Tous les verres avaient été arrangés pour. Enfin, pas tout à fait comme il fallait. Alors quand un des gars se mit à expliquer les règles, Matthew intervint brièvement pour corriger rapidement l’erreur. Il en vint à expliquer lui-même les règles sous le regard surpris d’Héloïse. « Quoi ? Tu ne croyais pas réellement qu’on buvait du thé en philosophant ?! » se défendit-il tandis que la partie commençait. Et le problème de ce genre de jeux, c’est que plus on se loupe, plus on boit. Et plus on boit, plus on se loupe. Le grand principe des jeux d’alcool. Ils ne tardèrent pas à être tous bien éméchés, à rire pour rien et inventer des règles toujours plus absurdes les unes que les autres pour rendre le jeu plus dur. D'ailleurs, Héloïse était vivement acclamée à chaque verre qu'elle buvait. L’auteur tenait assez bien l’alcool, mais l’allégresse du moment le saisissait tout autant que le reste des autres étudiants. « OK, tu avais raison mon amour. Cette soirée est vraiment super ! » Il la rapprocha de lui, n’ayant aucune honte à échanger un baiser avec elle au milieu de la foule. Il sentait déjà sa petite Héloïse pompette, mais heureusement, ce n’était pas encore l’heure de la Dark Héloïse. « Miss Bennett, avant que ta jumelle maléfique ne débarque, que dirais-tu d’une danse ? » dit-il en lui tendant la main. Pour le coup, l’éditeur avait appris beaucoup de danse, mais il serait incapable de reproduire ce que les autres faisaient sur la piste de danse. Toutefois, il se trouvait dans un tel état qu’il lui offrit un rock approximatif où ils rirent toutes les trente secondes des bêtises de l’un et de l’autre. La tête d’Héloïse devait tant tourner qu’elle ne saisissait pas toujours sa main au bon moment et qu’elle se retrouvait à valser dans le décor ou sur des gens. Il s’empressait d’aller la récupérer, ne pouvant s’empêcher d’être crevé de rire. oui, c’est possible. C’était une soirée complètement folle. C’était une soirée assez inattendue. Mais c’était surtout une soirée dont ils se souviendraient durant longtemps car ils étaient parfaitement heureux.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Sam 6 Mai - 18:52

La soirée se passe bien. Matthew est très vite intégré au sein des gens de ma classe. Ils se montrent charmants avec lui, un brin, intimidés sans doute mais le charme naturel de mon petit ami finit par rompre les barrières. C'est là que je m'aperçois que je n'ai jamais vraiment pris le temps de les connaître mieux. J'ai souvent été dans mon coin, sans doute déçue par l'ambiance du lycée parisien, et puis cette année avec l'alternance, je n'avais le temps de rien de toute façon. Aussi, j'ai l'impression de clore des années d'études de la plus belle des manières. Car après la discussion, nous finissons par danser. Et bon sang ! Je savoure de pouvoir être dans ses bras, d'avoir la foule autour de moi que je ne crains absolument pas. Pouvoir lui parler. Être embrassée. Ce sont tant de sensations dont je ne peux me défaire tant j'en suis émue et heureuse. Le cœur palpite si fort jusqu'à ce que la playlist change et que nous nous trouvons avec un autre style de musique. À ce moment-là, je me décide à l'amener en salle de musique où finalement, je prends place à ses côtés sur le piano, jouant une mélodie que j'ai retravaillé à ma manière afin qu'elle d'accorde à ma voix. Parce que pour lui, tout spécialement, je mets à chanter cette ode à l'amour. Au vrai. Au véritable. Celui que nous vivons depuis le mois d'octobre. Avec des hauts et des bas comme dans toutes les histoires. Mais bon sang, comme je suis heureuse, comme je l'aime ! Je m'imagine déjà notre avenir, travaillant ensemble comme on sait si bien le faire. Je ne recherche, de toute façon, ni la gloire, ni la richesse, je veux juste son amour. Je veux l'aimer et être aimée en retour. C'est amplement suffisant à mes yeux. Alors pour lui, je chante, je me laisse envahir par ces mots prenant tout leur sens entre mes lippes. Mes doigts sont agiles et bougent entre chaque touche que j'effleure délicatement. Et je me sens renaître. La terre semble pourtant s'arrêter de tourner, la course folle contre le soleil diminue mais pas le doux battement de mon cœur, pas l'amour me faisant irradier. Je me sens tellement vivante et heureuse jusqu'à ce que la dernière note finisse par arriver doucement, j'arrête de jouer, finissant par tourner le regard vers Matthew avec un petit sourire. Je ne peux m'empêcher d'être aux anges lorsqu'il me dit avoir trouvé cela magnifique. « C'est tout ce que je ressens pour toi... De l'amour pur et véritable... Mais tu le sais déjà…  » Je murmure avant que nos lèvres ne se rejoignent. D'abord dans un baiser tendre qui, finalement, prend toute son intensité. Forcément, je me sens m'embraser quand nos corps se frôlent doucement jusqu'à s'unir par l'attraction nous liant. Et puis soudain, la porte s'ouvre et deux de mes amis nous interrompent afin de nous proposer un jeu à boire enfin... Surtout à moi. « Et bien... C'est avec grand plaisir ! Viens Matthew, ça va être super drôle ! » Je finis par dire d'une voix enthousiaste et finalement, nous finissons par retrouver notre groupe se trouvant autour d'une table rempli de verres. Ils m'expliquent que je vais jouer au Bière-Pong. Je fronce les sourcils, très concentrée, par ce que mon pote m'explique quand Matthew s'interpose alors. Visiblement mon ami a fait une erreur au niveau de l’explication des règles et les explications de mon petit ami sont bien plus fournies et logiques. Cependant, je l'observe d'un œil interrogateur. Mon chéri jouer à ce genre de jeu ? Mais quand a-t-il fait ça !? La réponse ne tarde pas à arriver quand il m'explique qu'en Angleterre, les soirées étaient un peu comme en Amérique. À travers le monde, les jeux à boire se trouvent être similaires. « Je te trouve bien plus séduisant en t’imaginant boire le thé. » Je finis par dire avec un sourire en coin quand la partie commence. Je dois dire que je n'ai pas beaucoup d'adresse alors forcément, je me plante royalement ce qui me vaut de boire. Mais à chaque fois, mes amis m'acclament et je me sens presque flattée par leur attention quand bien même, on y passe tous. Le truc c'est que ce jeu finit par avoir raison de notre agilité, de notre prévision. De ce fait, vers la fin lorsque tout le monde applaudit, je fais des courbettes, je lève mes bras en l'air comme si j'avais gagné quelque chose alors qu'il n'en est rien. Je me contente juste de profiter jusqu'à revenir dans les bras de Matthew. « Ooooh j'adore de ce jeu ! » Je m'exclame avec un sourire rayonnant, acquiesçant de plus belle quand il me propose de danser à nouveau. « Ouiiiiiii ! Et c'est faux, je n'ai pas de jumelle maléfique d'abord ! » Je m'exclame quand il me prend la main et m'emmène vers la piste. C'est un rock. Je ne sais pas danser mais qu'importe, je sens que j'arrive à tout ce soir. Aussi, je me laisse emporter par la cadence et la main de Matthew. Même si dans le fond... On fait n'importe quoi. Ça part dans tous les sens. Je ne cesse de rire à chaque fois qu'on ne calque pas nos mouvements ensemble, qu'il me fait tourner mais que je vais dans la mauvaise direction, que je pousse des petits cris de surprise, percutant des gens, se transformant bien en grands éclats de rire. Pourtant ça ne nous choque pas. Au contraire, nous rigolons à chaque fois. Et tout autour de nous, notre comportement semble normal. Il n'y a plus de règles. Plus de postures à avoir. Rien que de la certitude d'être aimée au point de se laisser aller, de laisser tomber les barrières. 

Je ne l'ai jamais vu être ainsi. Rire ainsi. Se lâcher et être cet étudiant un peu fou de l'époque, celui qui était ce qu'il devient petit à petit. Ce merveilleux poète plein de romantisme et d'attention pour moi. Cet homme capable de gravir tant de montagnes pour moi. Je n'ai plus l'impression d'être sa stagiaire et lui, mon patron. Au contraire, j'ai juste l'impression d'être son égale, d'être cette humaine qui l'aime autant qu'il m'aime. Et c'est tellement beau que je pourrais en pleurer si je n'étais pas occupée à rire à gorge déployée. Et je le fixe d'un regard tendre et amoureux jusqu'à ce qu'on s'accorde une pause. « Diantre comment il fait chaud ! » Je soulève mes cheveux afin de m'aérer le cou et m'agite la main devant le visage comme un éventail. Le front est brillant de sueur. C'est que ça demande tant d'énergie et d'effort. « C'était catastrophique... Mais bon sang, c'était tellement drôle ! C'est clair qu'on aura aucune chance dans Danse avec les Stars ! » Sur ces mots, je me contente de nous prendre deux verres se trouvant non loin d'un buffet. « Tiens, c'est du jus d'orange ! » Et je le bois à grandes lampées parce que je crève de soif sauf que mon visage se tord d'une grimace quand je termine le verre, qu'il y a cette arrière-goût me restant « Aaaaaaaan mais il y a de l'alcool dedans !? » #innocente. « Je vais finir complètement bourrée si ça continue. Ma jumelle maléfique va venir si ça continue. » Oui, bon j'admets j'ai l'alcool joyeux quand je m'y mets. Alors il n'a pas tort de dire qu'une fois alcoolisée, je deviens quelqu'un d'autre.  « Si c'est le cas, qu'elle vient... » Mes mains s'agrippent à sa chemise et je le tire à moi, lui parlant d'un ton grave « Sache que je t'ai aimé et que je t'aime... Profondément ! » Je déclare d'une voix super sérieuse, puis mes lèvres se fondent contre les siennes. Cette pause nous fait du bien parce que le temps de se ressourcer, une nouvelle musique commence. « Ooooh de la salsa ! J'ai toujours rêvé d'en danser ! Viens on danse ! » Et sans aucune forme de cérémonie, je le tire vers la piste de danse où on se rapproche l'un de l'autre. Observant les autres faire, je comprends bien vite que le but c'est de suivre la musique - non sans blague !? - et de coller son partenaire. Heureusement, Matthew danse vraiment bien. Il bouge bien et sa main autour de ma taille m'immobilise de façon à ce que je suive ses pas, me laissant guider sans que je cherche à me poser des questions. C'est simple dans un sens quand bien même, nous faisons les mêmes pas. « Mais tu bouges trop bien !! » Je m'exclame d'un air émerveillé. Alors que moi, bah heureusement qu'il me dirige, parce que j'ai un balai dans le derrière. Je suis raide comme une pique et pourtant, j'essaye de faire comme je peux regardant par-dessus l'épaule et observant des étudiants qui se débrouillent bien mieux que nous, dont une... Ah ouais quand même... Matthew finit par me faire tourner sur moi-même avant de venir plaquer mon dos contre mon torse, enlacée par ses bras autour de moi. Je finis par rougir de cette danse si caliente dans le fond. Mais je n'ai pas peur pour autant. Je n'ai aucune crainte et finalement, je me colle un peu plus contre lui, entamant un déhanché lascif et au rythme de la musique. Dark Héloïse vous salue bien bas. Elle est trop occupée à se frotter langoureusement contre son petit ami. 

« J'adooooooore la salsaaaa ! » Je gazouille en buvant un nouveau verre parce que dans la salle, il fait une chaleur à péter, qu'après la danse caliente, mes copines ont voulu danser avec moi. Je me suis laissée faire, et finalement, j'ai bien vite retrouvé Matthew une fois la chanson finie. « Franchemet, faudrait trop qu'on prenne des cours ! » Et je suis méga sérieuse ! Franchement, c'est de la bombe. Je ne sais pas si j'ai bien dansé ou non finalement. Je sais juste que j'ai adoré être dans les bras de mon chéri, de sentir son corps se mouvoir contre le mien. « Et si on allait se promener un peu !? » Je propose parce que mine de rien je suis en nage. Bouger comme ça me tue et quand bien même, je me désaltère, je sens ma peau bien moite. Heureusement l'université est bien grande et dispose d'un grand parc. Il faut dire que beaucoup d'études sont proposées par ici. Ça n'a rien d'une université prestigieuse comme Harvard. Mais au moins, j'ai pu être acceptée en venant directement de la France. Aussi, je n'ai pas à me plaindre et puis, j'ai passé de moments tellement sympas, surtout ce soir. Main dans la main, on profite de l'air nocturne et ça fait du bien remarquant qu'il y a foule d'élèves dehors. Tout le monde doit crever de chaud à coup sûr. Quand bien même, l’air frais nous fait du bien. Et puis la nuit est si belle, il n’y a pas un seul nuage. Les étoiles nous contemplent, silencieuses et observatrices. « C’est vraiment une trooop bonne soirée ! Je suis vraiment contente que nous soyons venus ! Finalement, l’Université va me manquer un petit peu. » Me blottissant contre lui pendant que nous marchons toujours, je murmure « Mais je serai tous les jours avec toi, ce sera encore mieux… Même s’il va falloir attendre Septembre.. »  Une petite moue apparaît sur mon visage. Je dois sans doute être la seule à regretter de ne pas pouvoir bosser. C’est triste quand même. « Il n’y a vraiment pas moyen que tu m’embauches comme stagiaire de l’été ? » Je gazouille de rire parce que le terme me fait rire, quand soudain j’ai eu une idée de génie. Et uniquement parce que je suis bourrée, je me détache de Matthew pour venir me planter devant lui, lui agrippant la chemise comme une forcenée « Mamouuuur je saiiiis, j'ai une idééééée, on pourrait partir en vacances !!! Juste toi et moi… On pourrait aller en France que je te montre la France profonde » Genre les vaches, le fromage et tout le bordel. Caressant alors son torse délicatement, imbibée par le bière-pong, je le fixe d’un air sensuel. « Et on pourra profiter l’un de l’autre. Tous les jours… » Et parce que je n’ai pas envie d’entendre du « non » ou du « je peux pas, j’ai du taf » ou autre, j’enroule mes bras autour de son cou tout me hissant sur la pointe des pieds pour déposer de multiples baisers sur son visage dans le but d’arriver à mes fins. Dark Héloïse ne recule devant rien pour obtenir ce qu’elle désire. « Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! Dis oui ! Dis oui !  »

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MessageSujet: Re: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Mer 24 Mai - 18:42

Matthew n’appréciait pas du tout de passer pour un vieux, mais en se retrouvant au milieu d’une fête universitaire, il devait bien admettre que ces temps-là étaient lointains. Comme l’Angleterre et ses années d’études lui semblaient perdues dans le passé. Malgré tout, il ne regrettait pas cette période révolue, appréciant trop de vivre chaque minute auprès d’Héloïse. Plus comme des amants contraints à se cacher, mais bien comme un couple n’ayant plus aucune honte à s’aimer. Ce soir, il en oubliait l’éventuel courroux de son père, le moindre de ses sermons ou bien les sentences qui pourraient tomber. Matthew s’était montré très clair à ce sujet auprès de sa petite amie. Peu importe les conséquences, uniquement leur amour importait. Ils sauraient affronter toutes les situations main dans la main. Avec le recul, il reconnaissait que la visite de Jane ce matin-même était un mal pour un bien. Grâce à son intervention qui avait échauffé l’esprit d’Héloïse, il était parvenu à trouver le courage nécessaire pour tout dire à son père. Mieux encore, pour l’assumer devant une foule pleine. Beaucoup aurait pu le traiter de fou, en particulier les personnes de son rang, mais la femme qu’il aimait en valait suffisamment la peine. Même Jane se serait bien moquée de lui en le voyant agir de la sorte, mais il s’en fichait éperdument. Il appréciait désormais de ne plus avoir le poids de ce secret qui pesait sur ses épaules. De ne plus sentir cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête. De plus, l’échéance était désormais atteinte. Héloïse avait obtenu son diplôme. Matthew avait négocié les papiers pour qu’elle intègre l’entreprise à la rentrée. Plus rien ne pourrait venir enrayer leurs plans. Ils n’avaient plus que le futur pour horizon, et il s’annonçait des plus radieux pour le couple. L’éditeur se montrerait sûrement des plus sincères en affirmant qu’il ne s’était jamais autant amusé que ce soir. Pourtant, il se retrouvait au milieu d’étudiants bien plus jeunes que lui. Et même s’ils n’étaient plus des adolescents, une légère frontière s’immisçait entre eux. Matthew était presque un chef d’entreprise à part entière alors qu’ils débutaient à peine dans la vie active. Mais toutes ces considérations s’évanouissaient au profit de l’allégresse et de cet esprit de fête. Il n’avait aucun mal à rentrer dans les jeux organisés, ni même à se joindre aux danseurs. L’alcool coulant dans ses veines y était pour beaucoup dans ses attitudes. Néanmoins, il retrouvait un bout de lui-même dans cet entrain naissant. Une empreinte de son passé qui prouvait une fois encore qu’il n’y avait qu’Héloïse pour faire rejaillir le meilleur de lui. Et même à le faire danser au milieu de la foule des étudiants. Matthew n’était pas un mauvais danseur. Son éducation avait été soigneusement parfaite. Toutefois, il n’avait que peu d’occasions de s’exercer car il refusait généralement de faire danser qui que ce soit. Un vrai têtu pour le plus grand damne de ces femmes. A croire qu’il n’avait réservé toutes ses danses qu’à Héloïse. Il s’amusait de la voir tournoyer à son bras en riant, aucune once de chagrin ou d’angoisse venant assombrir son si beau visage comme ce matin. Elle irradiait de ce bonheur simple que procurent l’amour et la présence de l’être aimé. Ce soir, ils étaient plus invincibles que jamais.

Après un long moment de danse, une pause fut de rigueur. Le couple s’éloigna de la piste, échauffé par l’effort. « Je meurs de soif ! » Ils s’approchèrent des buffets tandis qu’Héloïse parlait de leur piètre performance. Matthew se mit à rire. « Qui sait, si on s’entraîne… » En même temps, la boisson ne les aidait en aucune manière. Il reçut avec bonheur le verre que sa petite-amie lui tendit, la remerciant au passage. A la première gorgée, il reconnut le goût du jus d’orange et de la vodka. Il haussa un sourcil quand Héloïse s’exclama soudain que c’était alcoolisé. Quelquefois, il s’étonnait encore de ses excès d’innocence. « T’es mignonne. » décréta-t-il en déposant un baiser sur son front. Quand elle évoqua la jumelle maléfique, Matthew lui accorda un clin d’œil malicieux alors qu’elle s’agrippait à lui telle une Phèdre sur le point de se sacrifier. « Ne t’en fais pas, si elle revient, j’ai toujours ma baignoire chez moi. » Il la voyait déjà s’offusquer contre ses paroles. Il captura plutôt ses lèvres pour éteindre son indignation. Heureusement, la musique était de son côté et quand les premières notes de salsa fusèrent, Héloïse n’eut plus d’yeux que pour la danse. Il eut à peine le temps de terminer son verre qu’il fut embarqué sur la piste de danse. Il s’amusa de la voir observer les autres pour savoir comment s’y prendre. Il décida de prendre les devants, agrippant la taille de sa petite-amie pour la rapprocher de la sienne. Même la salsa n’avait aucun secret pour lui. « Suis juste le rythme de la musique et le mien. » murmura-t-il à son oreille tout en se mettant à bouger. Il ne savait pas trop si c’était parce qu’elle était moins imbibée que lui, mais elle ne bougeait pas aussi bien. Il la fit alors tourner, collant son torse contre son dos pour faciliter leurs mouvements et lui donner un peu plus d’assurance. Effectivement, cela fonctionna et ils débutèrent un déhanché sensuel et lascif sur le rythme enivrant de la musique. Il ne l’avait jamais vraiment comme ça, et plusieurs fois, il fut tenté de la tourner vers lui pour s’assurer qu’il s’agissait encore d’Héloïse Bennett. Mais la femme de ses rêves était bien là, en chair et en os tout contre lui.

Sur l’estrade, Matthew observait de loin sa petite-amie qui se déchaînait sur la piste de danse avec certaines de ses amies. L’auteur avait abandonné la danse, préférant siroter tranquillement un verre. Il en avait profité pour vérifier rapidement son portable. Apparemment, son père avait décidé de faire le mort. Ce qui n’était pas plus mal en soi. Néanmoins, il n’était pas aveugle, ni idiot et il sentait la prochaine tempête arriver. Il se laissa distraire par des étudiants qui venaient lui parler, désinhibés par l’alcool pour se lancer dans de grandes discussions sur l’édition, sur son travail d’auteur, ou simplement sur son intervention de cet après-midi. Il fut assez surpris de remarquer l’entière curiosité qui lui était consacré. Héloïse l’avait-il décrit comme un monstre auprès de ses camarades ? Mais il se pliait à toutes ces conversations de bonne grâce, constatant que le reste des élèves était tout aussi intéressant. Comment se faisait-il qu’il se soit tapé autant de stagiaires débiles alors qu’il y avait des étudiants compétentes ici-même dans cette université ? Bien entendu, personne ne pourrait véritablement rivaliser avec le travail d’Héloïse, mais ils étaient toujours meilleurs que tous les idiots qu’il avait eu auparavant. Il ne s’arracha à ses discussions que lorsque sa petite amie revint vers lui, toute essoufflée et rouge de s’être autant agitée. Il ne dit pas non à la proposition d’aller dehors. Avec la foule et la fête, la salle en devenait étouffante. Ils quittèrent les locaux pour se retrouver dans un parc immense déjà occupés par une foule d’étudiants tout autant en recherche de fraîcheur. Il accueillit la brise légère avec un plaisir non dissimulé. Ils se mirent à déambuler tranquillement dans le grand domaine, les mains liées l’une à l’autre. « Oui, c’était une bonne soirée. Ça m’a presque rappelé mes années à l’université. » Il ne se rendait pas compte à quel point il parlait comme un vieux. Il passa sans bras autour de l’épaule d’Héloïse, la rapprochant de lui. « Malheureusement, il va falloir attendre septembre. Mais ne t’en fais pas, ce n’est pas comme si on se disait au revoir pour tout l’été. » Après tout, il comptait bien la voir souvent, d’autant plus que leur relation était exposée au grand jour. La tendresse d’Héloïse s’évanouit aussitôt au profit d’une excitation nouvelle où elle lui agrippa la chemise en décrétant avoir la meilleure idée du monde. « J’admets que la proposition est alléchante. » En revanche, il tiquait légèrement sur l’histoire de cette France profonde, mais ils pourraient revenir sur le sujet plus tard. Les attitudes sensuelles d’Héloïse lui firent bien vite oublier ce détail. Ses mains partirent à l’exploration de ses courbes tandis qu’elle lui vendait son beau projet d’été. « Après tu sais, cet été, je vais être… » Il n’eut pas le temps de finir son objection qu’il était couvert de baisers et qu’elle le noyait sous un flot de paroles. Il se mit à rire, ne parvenant pas en placer une face à une Héloïse déchaînée. Il n’eut d’autre choix pour la faire taire que d’attraper brusquement son visage en coupe et de déposer ses lèvres contre les siennes. Il ne s’écarta que dès lors qu’il la sentit sa détendre entre ses bras. De ses pouces, il caressa doucement ses joues. « Ça risque d’être un peu compliqué… » Et comme il sentait venir les répliques, il enchaîna directement. « Je te promets que je vais essayer de trouver un moyen de prendre une ou deux semaines de congés cet été. » Il n’aimait pas lui vendre du rêve, qu’elle puisse s’extasier pour que l’émerveillement retombe aussitôt parce qu’il n’avait pas pu trouver du temps à lui consacrer. Néanmoins, il se promettait qu’il ferait tout son possible. Il tablait notamment sur le fait que son père ne voudrait certainement plus réellement le voir dans le paysage prochainement. Quand bien même, il saurait faire ce qu’il désirait comme il l’avait toujours fait. Il rit en voyant la mine dépitée d’Héloïse et lui pinça tendrement le nez. « Fais pas la gueule, mon cœur. Je t’ai dit que j’allais trouver une solution. Tu sais bien que Matthew McGregor obtient toujours tout ce qu’il désire ! » L’intonation de sa voix se fit plus pédante à la fin. L’avait-il fait exprès ou non ? Dieu seul le sait. et la joueuse Il revint lui voler un baiser avant qu’ils ne poursuivent leur petite balade main dans la main. La nuit les couvait du regard tandis que la lune était leur unique lumière. Mais ce soir, elle brillait plus intensément. La journée avait été radieuse. Ils s’accordèrent une pause, venant s’asseoir sur le rebord d’une fontaine qui se trouvait là. « Je ne pensais vraiment pas qu’une soirée étudiante serait aussi amusante. Je suppose que je dois te remercier pour m’avoir convaincu de venir finalement. » dit-il sur le ton de la plaisanterie. Il redevint ensuite légèrement plus sérieux, attrapant la main d’Héloïse, jouant un peu avec sa bague comme il aimait à le faire souvent. « J’ai un petit marché à te proposer, ma blonde. » Il se moquait encore légèrement de cette époque où elle s’était ramenée avec sa crinière blonde. Et croyez-le ou non, mais c’était plus joli qu’il n’y paraissait. « Je t’accompagne en France si tu viens emménager avec moi à la rentrée. » annonça-t-il tout d’un coup, comme il avait l’habitude de le faire. « Nous trouverions un appartement rien que pour nous deux. Mes sœurs n’ont plus vraiment besoin de moi. » Il releva un regard malicieux sur Héloïse. « Dis oui ? »
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]   Mar 30 Mai - 20:16

La promenade m’apparaît comme libératrice. Il faut dire qu’à force de bouger, j’ai franchement chaud et la brise me fait du bien. Et puis, c’est plaisant de se retrouver au calme, la musique paraissant un peu plus étouffée. Le son semble s’éloigner au fur et à mesure de notre avancée, la mine rouge mais le regard brillant. Je suis forcément ravie de savoir que Matthew s’éclate ici. Et dire qu’il ne voulait pas venir. Je me sens très fière d’avoir insisté et de ne pas avoir failli dans ma volonté de me rendre à ma dernière soirée étudiante. Maintenant, c’est une toute autre vie qui s’offre à moi. Et j’ai hâte. Terriblement hâte. Pourtant, on m’a toujours dit qu’il fallait profiter des années étudiantes, de savourer la liberté et l’absence de contrainte. C’est vrai qu’il suffit de ne pas vouloir aller en cours, et c’est réalisable. Personne ne viendra s’opposer à cela. Alors qu’en bossant comme j’ai pu le faire à la Maison d’Édition, c’est complètement différent. Dépendre d’un patron, d’un horaire bien précis, devoir justifier de ses absences et ne prendre des congés que lorsqu’untel ou untel dit oui, forcément, c’est complètement différent de la fac. Mais j’aime ça. J’aime mon travail. J’aime mon métier et finalement, par le biais de ce stage, j’ai appris à apprécier l’édition bien plus que le travail d’écrivain. Et dire que je rêvais d’écrire mon livre. Voilà que les choses ont bien changé. Je n’ai jamais vraiment eu le temps de me plonger dans l’écriture. J’ai toujours préféré me centrer sur mes études et encourager Matthew à continuer son ouvrage. Et dans un sens, je ne le regrette pas du tout. Bien au contraire, je suis terriblement fière de moi, de pouvoir l’aider, de pouvoir le soutenir et de voir petit à petit son œuvre prendre forme. C’est sans doute l’une des autres formes de l’amour. Si belle et si pure. Celle de se donner à l’autre sans se prendre en considération soi-même. Je n’en ressens nullement la frustration ou le manque. Au contraire, je vis dans un rêve éveillé. Et depuis ce jour, j’ai l’impression que tout s’est amplifié, tout est devenu bien plus beau. Me dire que je peux enfin marcher dans la rue, main dans la main avec Matthew est juste quelque chose de terriblement salvateur, de merveilleux. Je me dis, trop souvent, que je vais finir par me réveiller. Mais le plus beau est là : je suis déjà sur Terre, dans cette réalité si belle et si émouvante, réalisant, avec une force presque effrayante, que nous avons gagné, que notre patience a été récompensée et que désormais, nous savourons la douce félicité de s’aimer sans craindre d’être reconnu, d’être épié, d’avoir cette peur immense à l’idée que notre couple soit révélé au grand jour. Il est loin le temps du Japon, perdu sur ce pont de couleur rouge où j’entends sa voix me murmurer que nous allons devoir nous cacher. Désormais, tout est tellement différent.
Et tellement merveilleux.

Durant cette promenade, je me plais à imaginer ce que va être ce futur, gardant le fantasque et le romantique dans ma tête et évoquant la réalité à voix haute. Il est vrai que le stage s’est fini dans un sens, que je suis en vacances. Mais ça ne me semble pas suffisant. Bien au contraire, j’aurais aimé pouvoir continuer à travailler. J’ai encore une foule de dossiers à travailler et quand bien même, Matthew va les récupérer, tout cela va me manquer. Même si c’est temporaire. A vrai dire, j’aime les Éditions, j’aime cette odeur si particulière. Ce mélange d’encres, de papier et de café. Une odeur rassurante qui veut tant dire au milieu duquel il y a ce parfum bien spécifique, celui que je reconnais d’entre mille, tel ce phare perdu au milieu de la tempête. Mon phare, à moi… Mon chéri que j’aime pour ses sourires, pour ses apparitions discrètes ou pour ce regard sérieux qu’il possède quand j’entre doucement dans son bureau. Surtout ça, me manquera. Bien sûr, cela ne fait aucun doute que l’on se verra en dehors de ses journées de boulot. Je ne pourrais pas passer tout un été sans pouvoir profiter de lui, surtout quand notre relation a franchi un nouveau cap. Alors, j’émets l’idée de partir en vacances, de pouvoir profiter l’un de l’autre. Après tout, c’est à ça que servent les vacances d’été. De plus, j’ai suffisamment économisé durant toute l’année pour pouvoir m’octroyer un repos salvateur. D’ordinaire, mes vacances se sont toujours traduites par un job d’été et puis souvent, des vacances à Paris avec ma sœur. Nous apprécions toujours de nous retrouver au milieu de nos terres chéries alliées à tous ces souvenirs d’enfance. Mais cette année, c’est différent. J’ai un petit-ami dont je suis folle amoureuse et forcément, je souhaite profiter d’un voyage à ses côtés. Cette fois-ci, tout serait différent des voyages d’affaires, je veux juste visiter, déguster de nouvelles saveurs, me promener en sa compagnie, se créer des souvenirs encore plus beaux que précédemment. Aussi, de par mon état bien éméché, je me sens encore plus enthousiaste, fondant sur son visage afin de l’amadouer au mieux. Parce que bon, je sais que je suis parfois, un peu trop, innocente, je ne suis pas, pourtant, dupe ou stupide. Le travail lui prend un temps de dingue et j’y mets toute mon énergie à le convaincre en faisant taire une quelconque protestation. Cependant, il finit bien vite par me faire taire en attrapant tendrement les lèvres avec les siennes. Ce baiser tendre me calme et je me perds bien vite dans cette douce étreinte. Lorsqu’il se détache moins, je le fixe avec tendresse. Mais c’est temporaire lorsqu’il annonce que ce sera compliqué. Je sens rugir en moi une vague de protestation lorsqu’il me promet de m’accorder une semaine ou deux, qu’il essaiera du moins. « À peine ? » Je demande, le visage s’affaissant petit à petit, en même temps que je sens un poids me couler dans l’estomac. Je ne sais pas si je dois protester ou non. L’euphorie du moment semble redescendre comme une flèche. Jusqu’à ce Matthew me pince le nez en me rassurant quant au fait de trouver une solution. Sa façon de faire m’arrache finalement un sourire contrit et je hausse un sourcil « Et sinon tes chevilles de McGregor, elles n’enflent pas trop ? » Un petit rire franchit mes lèvres. Au moins, il m’a rassurée à moitié. Quand bien même, j’espère de tout mon cœur ne pas être déçue. Je tiens tellement à lui que saurais m’y plier sachant qu’il aura fait son maximum. Néanmoins, j’ai en moi cette sensation désagréable qu’il me faudra sans doute lutter un peu trop souvent contre son travail. Répondant à son baiser, je préfère simplement mettre mes doutes de côté, lui murmurant doucement : « Je te fais confiance de toute manière. » Je finis par dire tandis que nous nous remettons en marche. J’oublie bien vite le sujet des vacances bien trop occupée à parler de mes années d’études. Je suis trop curieuse de savoir celles de Matthew parce que visiblement, en plus d’être le genre à réviser une heure avant le partiel, il semblait être l’incorrigible fêtard. Et ça m’amuse grandement à l’imaginer ainsi, surtout en le voyant tel qu’il est là désormais. Si beau, si mature, si parfait en somme.

On finit par s’asseoir près d’une fontaine. Et en étant seule avec lui, je réalise combien le retour dans la fête m’importe guère. Quand bien même, je souris lorsque Matthew m’avoue qu’il a trouvé la soirée amusante. « Je suis tellement contente que cette soirée t’ait plu. On a créé encore de beaux souvenirs, toi et moi. » Je finis par dire, le laissant saisir ma main et jouant avec ma bague. Elle ne me quitte jamais d’ailleurs. Même quand il faut prendre ma douche ou faire la vaisselle. Je conserve le silence, parce que parfois, ça fait du bien de l’entendre, de savourer la douceur de la brise nocturne, de s’enivrer de ce mutisme voulant parfois tout dire. Quand bien même, je suis déjà en train de réfléchir à ce que je vais bien pouvoir faire cette semaine, sachant que je ne travaille plus quand la voix de Matthew m’arrache à mes pensées calendaires. Relevant le regard vers lui, je l’écoute me proposer un marché. Je ris légèrement quand il évoque mon ancienne blondeur, jusqu’à ce qu’il m’annonce ce qu’il a en tête. Et là, je suis sans voix lorsqu’il me propose de partir en vacances avec moi à la seule condition que j’accepte d’emménager avec lui. Mes yeux s’écarquillent sous l’effet de la surprise et de l’incompréhension. « Tu veux dire qu’on vivrait ensemble… Tout le temps ? » Je finis par demander d’une voix hésitante. Mon cœur s’est emballé comme un fou furieux. Et j’ai du mal à réaliser ce qui est en train de se tramer. Après tout, j’aime Matthew du plus profond de mon cœur, sincèrement et entièrement. Alors m’imaginer ne serait-ce que pouvoir vivre à ses côtés, chaque jour et chaque seconde… C’est juste inespéré. Et je fixe son regard, cet air malicieux avec lequel il me fixe en ce moment tandis qu’il me demande de lui dire oui. J’ai presque un peu trop chaud et pourtant, nous sommes dehors. C’est que je ne pensais qu’une telle chose puisse nous arriver un jour. A force, je me suis habituée à vivre cachée, à ce que nous ayons notre indépendance. Mais là… « Je pourrai me réveiller à tes côtés… Tout le temps. » Ces trois petits mots trottent dans ma tête. Tout le temps Ils ont une telle beauté, une telle dimension à mes yeux et finalement, je pousse un petit cri de joie, entourant son cou de mes bras frêles. « Oh Matthew… Bien sûr que j’accepte ! Ce serait tellement merveilleux ! » Et je le serre fort contre moi, mon sourire étant tellement large. « Je souhaite vraiment que ce jour ne s’arrête jamais. J’ai l’impression qu’il se passe de si belles choses !!! D’abord toi, et puis cette soirée et maintenant, cette perspective d’habiter ensemble. » Forcément, je suis déjà toute motivée à l’idée de me dire qu’un jour, on vivra chez nous. Chez Monsieur McGregor et Mademoiselle Bennett. Et tout à coup, je me fige me rappelant d’un détail pas si anodin. « Mais attends, tu vas accepter d’avoir un lapin chez toi ? » Je finis par demander d’une petite voix. Non parce qu’il est hors de question que je me débarrasse de mon lapin d’amour. « Il a une cage bien sûr. » J’annonce d’un ton détaché quand bien même, je me sais peu convaincante. Après tout, Panpan n’est jamais dans sa cage, il se balade de partout ayant compris qu’il ne faut pas mordre les meubles et les fils électriques. Mais j’ai l’impression qu’avec Matthew, il s’agit d’une guerre sans fin. Quand bien même, je me dis qu’il faudra forcément qu’ils fassent la paix un beau jour. « Enfin, nous verrons ce détail plus tard. » Je finis par dire d’un geste de la main comme si je souhaitais balayer ce « détail ». Aussi, bien vite, je préfère enchaîner sur cette première part du marché. Qu’il parte en vacances avec moi. « De toute façon, avant que tu n'emménages avec Panpan, il faut d'abord que nous nous octroyons de belles vacances ! Ça t’irait d’aller en France cet été ? A moins que tu ne souhaites aller autre part ? D’ordinaire, tu voyages vers où quand tu te prends des jours de repos ? » Il doit forcément s’octroyer des vacances haut de gamme. Je l’imagine bien entre deux cocotiers se pâmer sur son transat en train de siroter sa coupe de champagne, à se la jouer McGregor dans toute sa splendeur.
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« There she goes, in front of me. Take my life, and set me free again, we'll make memory out of it » [Matthew&Héloïse]
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