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 The night we met [Alaric&Lou]

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Lou Morland
Admin Karaté Kid
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DATE D'INSCRIPTION : 16/08/2015
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MessageSujet: The night we met [Alaric&Lou]   Jeu 27 Avr - 21:33

« J'ai seize ans, j'écoute du Pink Floyd et j'emmerde le monde... Fuuuuckkk ! » L'adolescente lève son majeur en direction du miroir lui renvoyant son reflet. La cascade de cheveux bruns entourent son visage rond portant encore les traces de l'enfance. Elle est si jeune, pleine d'énergie et hélas en pleine crise d'adolescence. Toujours. Au grand dam de ses parents. Quand bien même, ils sont plutôt contents qu'elle ait abandonné le déguisement de gothique. C'est qu'il fut un temps où ses bracelets s'entouraient de piques, les corsets étaient sa marque de fabrique, et le khôl fonçait la couleur de ses adorables noisettes. Maintenant, c'est fini et elle est plutôt en mode j'emmerde-le-monde-car-je-suis-trop-une-dingue. Même qu'elle a eu seize ans. Forcément, elle a passé son permis, elle l'a eu haut la main et en cadeau, ses parents lui ont donc offert son magnifique cabriolet. Il y a même une capote qui s'enlève et forcément, rouler sur Venice Beach en décapotable, les cheveux dans le vent, c'est juste trop classe. Forcément, elle a changé afin de s'adapter. C'est ça l'âge d'or de l'enfance. Changer de style et de mentalité en un claquement de doigt. Maintenant, elle s'habille normalement, laissant voir qu'elle est issue d'une famille très aisée, qu'elle peut se permettre de se la péter en cabriolet. En plus, jouissant d'une totale liberté, l'adolescente sort assez souvent. Elle se contente de juste respecter le fait que ce soit uniquement en weekend avec un jour de repos le lendemain. Lou est une petite princesse à qui on ne refuse rien. Si innocente. Si enthousiaste. Et tellement timbrée d'ailleurs. Ça fait son charme tandis qu'elle se maquille tout en se dandinant. Ce soir, elle sort. Des amis l'attendent dans un bar branché. Toute heureuse d'y aller, elle est surtout décidée à en jeter à mort, à montrer que Papa Morland est super généreux et que sa voiture crache pas mal en puissance. Bref, là voici toute bien habillée, toute pimpante et toute belle. Elle ne ressemble plus en rien à ce qu'elle a été l'année dernière. Fini le look de sorcière à la Madonna dans son clip Frozen Maintenant Lou a la classe. C'est toute basse hurlante qu'elle se rend vers le lieu se trouvant sur Venice Beach. Et toute heureuse de retrouver ses copains et copine du même genre qu'elle : des ados qui se la pètent, la jeune fille laisse le temps s'écouler et passe une soirée à rire et à boire. L'insouciance. La jeunesse dorée. La musique rock du bar est génial et Lou se laisse aller à la danse de fifou, secouant sa tête dans tous les sens, laissant ses boucles brunes voler tout autour d'elle. Ils sont une grande tablée et chacun y va de son petit verre de bière. Ils ont tous le même âge, issue de la même école privée. Ils sont à son image. Un peu prétentieux mais pas méchant. Ce sont souvent des enfants à qui on laisse trop de liberté sous prétexte d'une vie aisée. Les jours rondes témoignent de l'absence de faim chez eux. Ils ne manquent de rien c'est certain. Le sourire n'en demeure pas moins le même. Grand et éclatant. D'apparence, ils ont l'air heureux, profitant de la vie à pleine dents. Et surtout, buvant plus que de raisons. Surtout quand la conduite doit se faire après. Qu'importe ! Ils sont à l'âge de croire à l'invincibilité et à l'immortalité. Pourtant, l'argent ne fait pas tout : il immunise de rien. En dehors de la faim et du froid. Mais sur la vie humaine ? Rien du tout. Seulement, les jeunes l'ignorent. Tout est si innocent, si agréable et tellement deux cent à l'heure. 

 Et finalement c'est vers deux heures du matin qu'ils se disent tous au revoir. La jeune femme est légèrement pétée comme un coing. Mais qu'importe, elle est trop heureuse. Elle a passé une super soirée. Elle a bien dansé et bien bu. À seize ans, l'envie est celle de faire la fête, de s'éclater, de créer de beaux souvenirs. Bien sûr, elle aimerait bien avoir un petit copain. C'est la base. Être jolie, populaire et avoir un chéri. Mais pour l'instant, elle ne trouve rien. C'est qu'elle est difficile dans ses critères. Elle veut un homme fort avant tout, qui saura la protéger à toute épreuve, grand aussi. Et barbu. Ouais, elle adore ça, quand bien même, à son âge c'est difficile. Les gars de sa classe sont si peu intéressants. Quant aux copains de soirée, c'est pas pareil. C'est différent. Eux on y touche pas. On danse. On fait la bringue. On boit. Mais rien d'autre. Quand bien même, Lou n'est pas pressée. Pour l'instant, elle veut juste passer son temps à vivre sa petite vie, à se focaliser sur son futur. Elle ne sait pas trop quoi faire. Elle bosse pas, se laissant vivre, bien trop occupée à écouter les ragots. Ça l'amuse bien plus que la trigonométrie. Pourtant, ça l'aiderait bien pour plus tard. Mais à quoi bon penser au futur quand le présent est juste génial. C'est une telle ineptie à ses yeux. Et c'est l'esprit embrumé qu'elle se dirige vers sa voiture. Elle n'a pas trouvé de place près du bar, aussi, marche t-elle d'un bon pas, prenant un raccourci qu'elle connaît bien. Venice Beach et ses rues n'ont plus aucun secret pour elle. Cependant, à trop se croire invincible, elle comprend bien vite que ce n'est pas le cas. À vrai dire, elle ne remarque pas la silhouette derrière elle. Lou chante à tue tête une de ses chansons favorites. Et tout se passe très vite. Le bras s'enroule autour de son cou en même temps qu'elle sent un poids sur son dos. Une fraction de seconde. Là voilà qu'elle est heurtée contre un mur avec violence. Elle pousse un cri de rage sentant qu'elle se fait immobilisée par un pickpocket en ayant après les quelques malheureux dollars qu'il doit lui rester après avoir tout dépensé dans la consommation excessive de verres. Ça et ses clefs de voiture. Mais hors de question qu'elle les donne ! Elle préfère les avaler plutôt que donner sa précieuse voiture adorée. « LACHE-MOI OÙ JE TE JURE QUE TE CASSE LES DENTS ! JE SUIS UNE FOLLE MOI !!! » Hurle t-elle en ruant du mieux qu'elle peut. Elle cherche une prise pour mieux riposter parce qu'il faut pas croire, mais c'est une enragée. Elle sait se battre. Et comme un mec. Cet agresseur lui fout la trouille mais elle est prête à tout contre le danger. Et pour ne pas donner ses clefs de voiture non plus. 


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Alaric Winchester
Admin Ours Brun
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Sam 29 Avr - 12:36


Qu’il les détestait. Qu’il les haïssait. Il n’y avait pas de mot pour exprimer sa colère, son dégoût et son écœurement quand il voyait la jeunesse dorée débarquer dans l’un de ses bars préférés. Il refusait de reconnaitre qu’il existait une grande part de jalousie – la jalousie, c’était pour les faibles – et pourtant… ne désirait-il pas bénéficier de la jouissance d’une vie similaire ? D’être à l’abri du besoin ? De pouvoir rouler dans une voiture qui a de l’allure ? De pouvoir dépenser plus de billets qu’il ne peut le faire actuellement ? Lui n’avait pas eu la chance de naître une cuillère en argent dans la bouche. Lui n’avait pas eu la chance d’avoir pour parents des gens pleins d’oseille, tellement qu’ils ne savaient pas trop quoi en faire. Lui n’avait pas eu la chance d’être élevé dans une famille. Lui n’avait pas eu la chance d’être secouru. Ce qu’il avait dans la vie, il l’obtenait tout seul depuis qu’il était en âge de marcher, de parler et de comprendre que la vie ne lui ferait pas de cadeaux. Lui s’était construit seul. Lui devait ne compter sur lui-même. Lui devait se battre pour survivre. A les regarder se pavaner ainsi, il avait envie de gerber. A les regarder rire, boire à plus soif et ne rien craindre de la vie, lui donnait envie de tout péter. Pourtant, il était plutôt ravi qu’ils soient là. Il était même comblé. Il était plutôt ravi qu’ils boivent comme des assoiffés. Il était plutôt ravi qu’ils se moquent de la vie, qu’ils se croient invincibles et immortels. Cela ne lui offrait que plus d’occasions de s’approprier leur fric – sous forme de billets ou autres d’ailleurs. Alors il passa la soirée à les observer. Il passa la soirée à les repérer. Il passa la soirée à les juger. Il passa la soirée à les maudire. Jusqu’à ce qu’ils décident que cette soirée était terminée – et il jeta son dévolu sur l’une d’entre elle. Non pas qu’il estimait que s’en prendre à une fille était plus simple – il faisait de la boxe depuis peu et il avait grandi dans la rue, personne ne lui faisait peur. Mais elle était clairement la plus riche et la plus fière de l’être à ses yeux. Il l’avait venue venir avec son bolide premier prix. Il l’avait venue venir avec ses yeux de biches et son visage de poupée. Il l’avait venue venir avec ses habits chics et son air hautain. Fille à papa. Fille de riches. Idiote. Naïve. Stupide. Ridicule. Il ne lui faudrait pas plus de dix secondes pour lui faire plier l’échine et obtenir ce qu’il désirait : son pognon. Qu’on n’aille pas s’imaginer qu’il chercherait plus. Alaric était un jeune homme instable, peu fréquentable, en colère et pouvant user de violence quand la situation l’exigeait – mais il n’était pas un violeur, encore moins un enfoiré qui oserait tabasser plus faible que lui. Cependant, ça ne faisait pas de mal de se faire secouer les puces de temps en temps. Aussi avait-il l’intention de lui secouer les puces à la jolie brunette au visage de poupée.

Il avait à peine vingt ans et il venait à peine de rencontrer Dan. Il ne lui faisait pas encore entièrement confiance, bien qu’il vivait avec lui depuis plus de deux mois maintenant. Il attendait patiemment que l’homme le vire de chez lui comme un malpropre, comme beaucoup d’autres l’avaient fait avant lui. Il attendait patiemment qu’il lui fasse comprendre qu’il ne valait rien – ni dans son garage, ni dans son appartement. Il attendait patiemment d’être déçu, comme il l’était généralement à chaque fois. Peu importait que Dan l’invite à aller voir un match des Yankees ou à aller voir un film à la Xmen. Peu importait qu’il lui demande son avis pour tout et pour rien. Peu importait qu’il prenne le temps de lui apprendre le métier chaque jour, sans lever la voix, sans le prendre de haut. Il en faudrait bien plus pour le jeune homme pour briser la glace et le mur qu’il avait mis tant d’années à bâtir. Quand on vivait échecs après échecs et déceptions après déceptions, il n’était pas anormal de se fermer et de s’isoler dans sa bulle, incapable de faire confiance à qui que ce soit. Un jour, il avait osé suivre Dan en cachette – du moins le pensait-il – jusqu’à une salle de sport, de boxe, et il l’avait observé pendant tout son entraînement, sans sortir de sa cachette. Il avait été plus que surpris d’entendre la voix de Dan lui demander de le rejoindre pour lui montrer de quoi il était fait. Depuis, il l’avait inscrit et ils y allaient ensemble chaque soir après la fermeture du garage. Il adorait cela. Non. C’était pire. Il en avait besoin. Il n’avait jamais éprouvé pareille liberté. Il n’avait jamais éprouvé pareille sérénité. Il n’avait jamais éprouvé pareille satisfaction que lorsqu’il boxait, sur un punching-ball autant que sur un adversaire avisé. Il avait appris l’art de la guerre des rues, et à présent il apprenait l’art de la boxe – un sport qui permettait d’exprimer une colère et une haine par les poings comme il en avait besoin, tout en étant dans la légalité.

Cependant, il n’avait pas l’intention d’user de ses poings pour effrayer la jeune fille. Elle n’était pas majeure – il n’avait pas besoin d’être un génie pour le deviner. Elle se plierait à ses volontés sans problème, pensait-il. Elle lui donnerait bijoux, billets et clés de voiture sans résistance, pensait-il. Jamais, pas une seconde, il n’aurait imaginé qu’elle puisse être mordante. Piquante. Affolante. Téméraire. Violente. Il la maintenait pourtant de tout son poids contre le mur en béton, et bien qu’il n’y mettait pas tout son cœur pour ne pas trop la blesser, elle aurait dû – entre la quantité d’alcool ingurgitée, la probable fatigue et l’innocence de son statut – être incapable de le repousser. Pourtant, elle tapait. Pourtant, elle injuriait. Pourtant, elle se débattait avec une force incroyable pour son âge et sa corpulence. Pourtant, elle résistait. « TIENS-TOI TRANQUILLE, PUTAIN, OU C’EST MOI QUI TE PETE LES CHICOS, PRINCESSE ! » qu’il rétorque en la maintenant plus fortement de sa main autour de son cou d’oie blanche, et de son torse contre sa poitrine. « Pas mal, je dois bien l’avouer. Je ne m’attendais pas à ce que tu gueules, à ce que tu joues ta tigresse, mais dis-toi bien que t’as aucune chance, ma belle. Alors, tu vas me donner ce qui te reste de fric, tes bijoux et les clés de ta jolie bagnole, » qu’il lui exige le visage si près d’elle qu’il pouvait lire dans son regard à quel point il avait eu tort de la sous-estimer. Elle était bien plus que ce qu’il avait imaginé. Elle était bien plus surprenante qu’il ne l’avait soupçonnée. Elle était bien plus qu’une simple fille de riches naïve et stupide. Mais maintenant qu’il était là, il devait aller jusqu’au bout. « Me force pas à te faire mal, princesse. On sait toi et moi que tu n’auras qu’à claquer des doigts pour retrouver ce que t’as perdu, » qu’il lui expose ses arguments pour qu’elle lâche prise et abandonne.

Mort. De. Rire.


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Lou Morland
Admin Karaté Kid
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Dim 14 Mai - 9:36

Bon ok, elle se demande si sa bonne étoile ne vient pas de lui foutre un vent royal. Elle se dit qu’elle a dû passer sous une échelle, ou croiser un chat noir. Car rien de tel ne lui est déjà arrivé. D’ordinaire, elle n’a jamais eu peur, elle n’a jamais craint qui que ce soit. Les rues de Venice Beach ne sont, certes, pas fréquentables de nuit. Mais quand même, elle n’a jamais rien eu auparavant. Pas d’agression. Pas de vol. Pas de gars venant la plaquer contre un mur avec une violence inouïe. Aussi, ne comprend-elle pas. Ses pensées, néanmoins, finissent par se taire et ne reste plus qu’à agir. Elle se démène. Elle bouge. Elle essaye de frapper tout en hurlant de colère face à l’agresseur. Elle a peur, c’est clair. Mais elle a plus peur pour sa bagnole que pour elle-même. Après tout, Lou sait se défendre. Lou sait se battre. Il suffit juste de se démener un peu plus pour enlever le bras gênant et ce torse se collant un peu trop contre elle. Ça va oui ?! Ça suffit le contact intime ! Ils n’ont pas élevé les cochons ensemble. Non parce qu’en plus, le voilà qu’il lui donne des ordres ce qui augmente un peu plus la rage de la demoiselle. Mais ce qu’il y a de pire, c’est qu’il ose l’appeler Princesse. « Princesse !? sérieusement PRINCESSE !? POUR QUI TU TE PRENDS CONNARD !? » Non mais d’où il l’appelle ainsi d’abord ? Il se prend pour son père ? Lou déteste les gens usant des sobriquets. Il y a beaucoup de choses qu’elle déteste. Et notamment les mecs appelant des filles « princess » ça lui donne envie de cracher par terre, de vomir ses entrailles. Ça fait tellement rappeur des années soixante qui croient encore avoir du charme mais qui finalement, n’a plus rien du tout. C’est mielleux et dégueulasse, ça la débecte un peu trop. Elle se débat encore un peu plus arrivant à pivoter pour observer l’agresseur mais il appuie un peu plus sa prise. Et cette fois-ci, Lou a mal. Elle pousse un grognement de douleur, bien décidée à ne pas lui dire qu’il est en train de lui rompre l’ensemble de ses os. Elle observe le visage aussi jeune qu’elle et tellement dangereux pourtant, lui ordonner de lui donner tout ce qu’elle possède y compris ses clefs de voiture. « Va te faire foutre Princesse ! » Réplique-t-elle avec hargne. Non parce qu’après Princesse, voilà que c’est « ma belle » sérieusement ?! Et puis quoi encore, « ma douce » bientôt ? D’ailleurs, elle y a encore droit tandis qu’il la menace de nouveau, lui rappelant que vu son statut, elle n’aura aucun mal à avoir une autre voiture. Dans un sens, il a raison. Un rictus apparaît sur ses lèvres tandis qu’elle ajoute « C’est pas faux. » Elle cesse de ricaner reprenant bien vite son sérieux. « Mais tu n’auras pas ma voiture Princesse. Je te la donnerai pas. » Elle est catégorique. Elle refuse. C’est sa voiture des seize ans. Ce n’est pas rien. A la rigueur, elle peut lui filer le collier que sa mère lui a offert pour une raison encore obscure. Il y a de l’or, des diamants. Il doit valoir plus cher que la voiture. Certes. Mais non, elle ne donne pas sa voiture. Elle refuse. Elle va faire comment pour aller au lycée et se la péter ? Bien sûr, il ne va pas l’écouter. Il ne l’écoutera pas. « Tu vas me lâcher gros plein de soupe… Je compte jusqu’à trois… » Forcément, il réplique bien vite mais elle sourit déjà « Un… » Son assurance, il va la perdre, ça c’est clair.

Parce que soudain, sans compter le deux et le trois, elle lui fout un violent coup de boule sentant son crâne craquer dans un bruit sinistre. « Désolée, Princesse, je ne sais pas être patiente. » La surprise et le temps d’être sonné lui suffit pour lui foutre un coup de genou dans l’entrejambe. « Et ça, c’est pour « ma belle » !!! » Elle pourrait s’enfuir bien sûr. Mais Lou ne s’enfuit pas quand elle casse la gueule. Lou, c’est peu la Buffy contre les vampires des temps modernes. Sans vampires. Et sans Spike C’est triste quand même Mais tout autant de courage pour ensuite se jeter contre le gars, se koalisant à lui et lui délivrant toute une série de coup de poings, de griffes. Même qu’elle le mord dans le cou. C’est une sauvage. Le gars va regretter de l’avoir prise pour cible, elle. Mais il se défend, il ne retient pas ses coups, l’enrageant un peu plus. Elle est encore plus furax, elle pousse des cris de hyènes encore plus aiguës. Elle ne lâchera pas l’affaire, ça c’est sûr ! Dans ce combat de coqs et poules, la main de l’homme finit par s’agripper à son collier. Elle sent bien vite qu’il cède sous la force de la poigne. Mais elle s’en fiche, c’est à ce moment-là qu’elle se dégage de l’homme, l’observant à deux mètres de distance. Même qu’elle fait sa position de Ninja prête au combat. Jackie Chan c’est son dieu ! Après Jean-Claude Van Damme bien sûr  #Payetesréférences. « A la rigueur, je te laisse le collier abruti ! ça ira parfaitement bien pour une princesse comme toi ! » Elle sourit, se sentant victorieuse quand bien même, elle sent ses membres meurtris, et sa joue la lance furieusement. Elle s’essuie le filet de sang coulant entre ses lèvres. Il n’a pas l’air en très bon état. « Tu avances d’un pas et je te jure que je te fais la technique de Jackie Chan dans le Combat des Maîtres Alors… Autant dire qu’il vaudrait mieux pour toi que t’enfuis Princesse. » Les mots sont crachés avec une haine terrible. Elle observe prête à riposter si jamais il fait le moindre pas vers elle. Comme chez les gladiateurs, elle ira jusqu’à la mort pour s’en sortir.

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Alaric Winchester
Admin Ours Brun
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Lun 29 Mai - 18:03


Surpris. Il était surpris. Choqué. Il était choqué. Abasourdi. Il était abasourdi. Énervé. Il était énervé. Son plan ne se passait pas du tout comme prévu. Elle aurait dû pleurnicher. Elle aurait dû le supplier de ne pas lui faire de mal. Elle aurait dû rendre les armes. Elle aurait dû tendre son fric, ses bijoux et ses clés de voiture. Elle était seule, dans une rue sombre, en compagnie d’un braqueur et d’un homme pesant le triple de son poids au moins. Était-elle complètement folle ? Était-elle totalement inconsciente ? Avait-elle bu autant pour se croire invincible ? Était-elle suicidaire ? Il l’ignorait, mais la jeune fille n’était pas du tout telle qu’il avait prévu qu’elle serait. Il était pourtant habitué aux gosses de riches, autant filles que garçons – et bon sang même le mec le plus bodybuildé de la Californie ne lui arrivait pas à la cheville. Quelques semaines auparavant, il en avait chopé un et il avait quasiment pissé dans son froc en lui tendant ses affaires. Mais pas la jolie brune. Non. La jolie brune mordait. La jolie brune répondait. La jolie brune ne suppliait pas. La jolie brune ne se pliait pas à ses exigences. La jolie brune était prête à sortir ses griffes pour défendre ce qui lui appartenait – et nul doute qu’elle ne le ferait que parce qu’elle refusait d’être le genre de personne qui abandonnait et laissait la peur la gagner, et non pas parce qu’elle craignait de perdre trop d’argent. Comme elle le lui confirmait, elle n’avait qu’à claquer des doigts pour se racheter ces conneries. Enfin non, la bagnole n’était pas une connerie, ou une connerie qu’il aimerait bien avoir. « Gros plein de soupe ? » qu’il demande en souriant, amusé de cette insulte et relâchant forcément un peu sa prise – grosse erreur. « T’es une vraie emmerdeuse toi, » qu’il a le temps de lui dire avant qu’elle ne passe à l’attaque sans crier gare. Il n’a pas vraiment le temps ni l’occasion de riposter avant qu’elle ne porte les coups, et au lieu de s’enfuir, elle persiste, elle insiste, elle hurle, elle mord, elle griffe, elle tape. Dire qu’il a mal lui fait honte, car oui la douleur est bien présente – elle a des ongles acérés et des dents pointues – mais il se sent surtout humilié d’être aussi secoué par une jeune fille, une jeune adolescente qui ne pèse pas plus de 50 kilos. Il n’ose pas au début, mais il finit par la repousser plus violemment, plus fortement, plus férocement – quitte à lui faire mal. Il n’a jamais levé la main sur une femme, mais sur une tigresse ? Doit-il hésiter ? Doit-il s’en vouloir ? Fuck. Alors il lui lance quelques baffes par-ci, par-là, sans réellement y mettre sa force mais tout de même. Il a le cou en sang. Il a le nez qui lui semble être devenu gros comme une pastèque. Mais quand il voit le sang aux lèvres de la jeune femme, il se sent satisfait. « T’es une véritable cinglée toi, tu le sais ? T’as de la chance d’être tombée sur moi, car y en a plus d’un qui t’aurait déjà égorgée ou criblée de balles sans la moindre hésitation, ni le moindre remord, » lui dit-il simplement en laissant pendre le collier qu’il était parvenue à récupérer dans la baston. « Pas mal, en effet, pour une princesse. Un peu trop clinquant, si tu veux mon avis. Ça te donnait un air de vieille connasse sans libido, » ajoute-t-il d’un ton neutre. Avant de rire à sa menace tellement surréaliste. « Jackie Chan, rien que ça ? Je suis boxeur, princesse. Je t’aurais mise KO avant que tu ne lèves la jambe – et cette fois je m’attends à tout venant de ta part. Tu ne m’y prendras pas deux fois. Mais parce que j’admire ta détermination à te défendre, je vais te laisser une marge d’avance. Je vais compter jusqu’à 3 à mon tour, le temps pour toi de courir jusqu’à ta voiture et démarrer. Et si je te rattrape avant cela, je n’hésiterai pas à t’assommer à la Rocky Balboa pour m’enfuir au bord de ta bagnole de luxe, » la menace-t-il très sérieusement. Cette fois, il n’hésiterait pas à user de ses poings – elle avait prouvé plus d’une fois ce soir qu’elle était capable de le supporter et de l’encaisser après tout.

Non ? Alors lentement, il s'approche à petits pas. « Un... »



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Lou Morland
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Dim 11 Juin - 10:03

Lou ne recule jamais devant rien si ce n’est que de se défendre contre un assaillant. Elle estime que prendre la fuite c’est pour les faibles, ou du moins pas avant d’y avoir laissé sa marque, sa carte de visite histoire de rendre le souvenir inoubliable. Non parce qu’elle a envie de rester, envie de lui faire mal, envie de lui casser les dents. Le « princesse » employé tout à l’heure résonne à ses oreilles. Et ça l’énerve encore plus. De quel droit ce gougnafier se permet-il d’être aussi familier avec elle ? C’est une Morland nom d’un chien ! Pas une moins que rien, ou quelque chose d’autre. Elle a une certaine classe à tenir et déteste toutes formes de familiarité. Ça tombe mal de ce fait. Parce que justement, il est tout ce qu’elle déteste. Et il n’en demeure pas moins désirable à cogner. Délestée de son collier, qualifiée d’emmerdeuse et de cinglée par ce type, elle l’observe tandis qu’il a l’air content. Oh oui, un gros débile content de faire pendre son butin avec fierté. Elle sourit de plus belle quand il évoque le fait d’être tombée sur le bon type. A l’inverse d’autres, il ne l’a pas égorgé ou fusillé. « Mais quel grand seigneur ! » Dit-elle en levant les yeux au ciel. Non parce qu’il espère quoi ? Qu’elle lui dise merci ? Il peut toujours courir. Il a son collier et c’est déjà bien qu’elle s’en tamponne royalement. D’ailleurs, la remarque sur le fait que ça lui donne l’air d’une connasse sans libido arrive à la faire éclater de rire. C’est tout ? Ce sont seulement ses réparties ? Et bah dis donc. « Trésor, je l’ai piqué à ta mère le collier. Elle avait la même gueule de con que toi ! » Dit-elle d’un ton sarcastique. Elle a parlé des mamans et ce n’est pas bien. Mais d’un côté en l’attaquant sur le fait que le collier fait vieux jeu, il a attaqué le cadeau de sa mère et ça lui donne une occasion de pouvoir encore se foutre de sa gueule, de se préparer à un combat dans laquelle, elle rappelle ses références et aptitudes au combat. Lui, elle va lui faire sauter les dents.

Et ça tombe bien, parce qu’il est près. Il a fait de la boxe qu’il dit. « Tu te bats comme une fillette, t’as dû t’arrêter à ta deuxième séance, chaton. » Le sourire est méprisant mais elle est prête. Il lui offre cependant une échappatoire. La possibilité de s’enfuir, sans se retourner sous un laps de temps de trois secondes. Passé ce temps-là, il la frappera plus fort s’il venait à la choper. Autrement dit, il doit croire qu’elle est faible, qu’elle a peur et qu’elle lui obéira. Le voilà qu’il compte tandis qu’elle se redresse et croise les bras. Le fixant d’un air moqueur, elle l’observe compter jusqu’à trois sans bouger d’un iota. « C’est bien mon petit cœur, tu sais compter jusqu’à trois. Tu as arrêté l’école quand sinon ? Au CP ? » Comme elle aime railler. Comme elle aime ressentir le sentiment de triomphe rugir en elle. « Tes poings ne me font pas peur. Sois juste… Violent, j’adore ça. » Bon OK. Elle est définitivement timbrée. C’est une psychopathe ayant pioché une absence totale de peur. Lou ne recule pas. Lou n’a pas peur. Lou se battra jusqu’au KO. Elle a une fierté nom d’un chien et des années d’entraînement à mettre en application. Cette fois-ci, elle ne retiendra pas ses coups. Sa technique n’est pas la force mais bien la défense. Elle est rapide. Lui, usera certainement de sa force mais encore faut-il qu’il attrape Lou. Et en hurlant comme une hyène, la jeune femme se jette alors sur lui, et le pugilat reprend de plus belle. Il n’a pas menti en disant qu’il frapperait plus fort. Mais elle tient bon, elle aussi, elle y met toute son âme, toutes ses forces. Ils finissent bien vite dans un sale état, amochés et le visage tuméfié à certains endroits. Dans l’instant où ces lignes sont écrites, ils sont occupés à rouler par terre comme des bêtes sauvages. Ça n’a rien à voir avec ces scènes de combat dignes des films. Non là, c’est plutôt de la chamaillerie, de la poussière et des insultes. « Ta mère était tellement grosse que quand elle tombait du lit, c’était des deux côtés ! » Ça vole haut chez la jeune Morland mais elle tient bon. Même si au sol, il est plus fort, plus robuste et finalement, il réussit à lui agripper les poignets et à les maintenir au dessus de sa tête. Oups, on dirait qu’elle est en train de perdre. Et d’emblée, la bagarre cesse tandis qu’elle le fixe d’un air meurtrier. « Tu vas faire quoi maintenant ? Me tuer ? » Elle sourit sentant sa lèvre la lançer furieusement. « Ou alors, tu vas me faire l’amour ? » La riposte par la surprise. Elle ne lui laisse pas un temps de répit. Et si elle n’a pas ses mains, elle a ses jambes et sa tête. D’un violent coup de boule, elle se sonne à moitié et réussit à le dégager d’un coup de genou. Cette fois-ci, elle se casse. Se relevant avec difficulté, elle braille comme une folle. « Même pas en rêve, je suis vierge d’abord ! » Hurle-t-elle en boitant et courant en même temps, sans même regarder en arrière. Elle cherche ses clefs de voiture et les trouve dans la poche intérieure de sa veste. Qu’il lui ait laissé la vie sauve ou non, elle n’en sait rien. Peut-être a-t-il essayé de courir derrière elle. L’adrénaline lui donne des ailes et finalement, elle monte vite fait dans sa cabriolet et démarre sans demander son reste. Bon dieu, elle a mal partout. Elle n’est pas bien.

***

Plusieurs jours sont passés après ce combat et la jeune femme n’a pas oublié. Son corps est meurtri, sa tête la lance et elle est encore plus de mauvais poil que jamais. Autant dire qu’il vaut mieux éviter de la faire chier. Elle serait capable de commettre un meurtre. Son père et sa mère ont été effarés de la voir revenir dans un sale état. Bien sûr, elle n’a pas dit s’être battue mais bien d’avoir dévalé un escalier en loupant une marche. C’est moins glorieux mais elle agit dans le seul but de ne pas voir sa liberté être bridée. Aussi, poursuit-elle sa petite vie. Forcément en soirée, ses copains sont affligés de la voir dans cet état, avec une lèvre amochée, des bleus sur les joues, un œil au beurre noir et une arcade pétée. Bien sûr, à ses amis, elle peut raconter son histoire, afin de susciter la fierté et un mélange de craintes. Effectivement, tout aurait pu être grave mais non. Elle est là. Elle est en vie. Et ce connard n’aura rien eu d’autres que quelques pastèques dans la tronche de sa part et son collier. Pourtant, même si elle ne le dit pas, Lou a mal partout. Ses muscles protestent et la douleur finit par être intolérable, elle se décide à sortir du bar où elle se trouve, sur Venice Beach, à deux pas de la mer. Le lieu est peu fréquenté, voir mal famé mais elle s’en fiche, elle veut prendre l’air et va s’asseoir sur un banc, observant et écoutant l’échouement des vagues sur le rivage. Elle se sent bien, la brise caressant son visage meurtri lorsqu’elle entend des pas venir à elle. D’ordinaire la vie des passants lui importent peu mais là, elle relève le regard et qu’elle n’ait pas sa surprise de voir le type en question. « Putain, Princesse ! » S’exclame-t-elle en esquissant un mouvement de recul. Seulement avec les membres en feu, elle ne pourra pas s’enfuir, elle ne pourra pas courir, ni se battre. A vrai dire, Lou est complètement à sa merci, trop éloignée de ses amis pour crier à l’aide. « Tu viens panser tes blessures avec l’eau salée de la mer ? » Raille-t-elle parce que finalement, c’est tout ce qu’il lui reste. Sa seule défense. Lui faire croire que le voir, maintenant, ne lui fait aucunement peur alors qu'en faite, elle se chie dessus et n'est, en aucun cas, capable de se battre. Pas dans cet état.

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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Mer 12 Juil - 19:02


Né dans la rue et baptisé par la violence dès des premiers pas, il devrait pourtant être paré à toutes les possibilités. Il ne devrait pas être surpris, ni même se laisser surprendre par quiconque. Il les a pourtant longuement observés, ces jeunes riches. Ce ne sont pourtant pas les premiers qu'il prend en grippe. Était-il possible qu'il puisse ne pas tout connaître d'eux ? Était-il possible qu'il est mal jugé ? Face à cette tigresse totalement inconsciente et fêlée, il doit se rendre à l'évidence : il a mal calculé son coup. Il l'a sous-estimée. Pour sa défense, la plupart des femmes se sentent faibles et craintives face à n'importe quelle attaque. Surtout la nuit. Surtout seules. Surtout si tard. Surtout dans des rues désertes. Mais la jeune dévergondée ne semble pas craintive. Elle ne semble pas faible. Elle ne semble pas fragile. Au contraire, elle rétorque. Elle attaque. Elle rend coups pour coups. Elle grogne. Elle griffe. Elle cogne. Elle mord. Elle se défend. Et même s'il est l'objet de sa colère et de sa folie passagère, il doit lui reconnaître du cran comme il en a rarement vu - même chez des hommes. Là où certains et certaines auraient tout donné pour échapper au pire, elle n'abandonnait pas. Quitte à être vulgaire, insultante et irritante. Il n'était absolument pas atteint par ses propos, tout simplement parce qu'il se moquait de ce qu'elle puisse penser de lui, mais il connaissait un certain nombre d'hommes qui n'auraient pas hésité à lui briser des dents à trop mal parler. Pendant plusieurs minutes il ne peut que se contenter de l'observer, fasciné, et être amusé bien qu'agacé. Les petites piques sur sa "mère" et sa vie scolaire font légèrement tilt dans sa tête et, bon sang, il n'aurait pas hésité à lui foutre son poing dans la gueule si elle avait été un homme. Il n'a pas de parent. Il n'a jamais eu de parent. Il n'a personne. Il est seul. Il doit se construire seul. Sans rien. Quand elle a tout. Mais plutôt crevé que de se dévoiler. " T'es plus cinglée que tu n'en as l'air, princesse. T'as plus de couilles que tous mes potes réunis, faut bien l'admettre, et rien que pour ça, je... " mais il n'a pas le temps de terminer, qu'elle le surprend de nouveau en fonçant sur lui. Décidément, il ne comprenait rien aux femmes. Quand il pensait parvenir à les cerner, elles arrivaient encore à lui prouver qu'il n'avait rien compris. S'il préférait ne jamais lever la main sur une femme - et dieu savait que plus d'une l'aurait mérité dans le passé - il ne lui fallut pas plus de 2 secondes avant de considérer la jeune femme comme un adversaire à sa taille. S'il ne frappa pas aussi fort que si elle avait mesuré 2 mètres et pesé 90 kgs, il la sentir encaisser les coups comme une grande. Il avait le dessus, sans surprise, mais elle ne l'avait certainement pas manqué non plus. Il pouvait déjà entendre ses potes rire et se foutre de sa gueule pendant des semaines, voire des mois. Agacé et sincèrement énervé de la situation, il parvint enfin la bloquer. Elle gigotait de plus belle, invaincue. " Tu continues de parler comme si j'avais une mère à insulter, " qu'il lui balance à la gueule pour lui faire comprendre qu'elle s'acharne pour rien. Il était orphelin, quand elle avait ses deux parents. Il était seul, quand elle était entourée. Il était pauvre, quand elle avait tout ce qu'elle désirait. Il n'avait rien à perdre, quand elle avait tout. Il ne peut s'empêcher de rire à l'idée de la tuer. " Tu serais déjà morte. Plusieurs fois, " qu'il rétorque la terrible vérité. " Désolé, mais t'es pas franchement mon genre. Par contre, ta bagnole... " qu'il ose la provoquer avec une petite mimique évocatrice. Mauvais plan. Qui lui permet de reprendre le dessus et de lui péter le nez par-dessus le marché. Il jure. Il crache le sang. Il la maudit. Il la hait. Il l'aperçoit qui court. Qui rentre dans sa voiture. Et qui fait crisser les pneus sur le béton - comme une furie qu'elle est.

Quelle femme !

***

Il n'aurait eu absolument aucun mal à la retrouver s'il l'avait désiré. Après tout, il connaissait les pires magouilleurs et malfaiteurs de la ville. Mais malgré ses diverses tentatives de vols et de méfaits, il était à un tournant de sa vie, duquel il n'était pas totalement préparé. Encore moins prêt. Dan l'avait recueilli sans rien exiger de lui, mais il n'était pas dupe. Tôt ou tard, il le laisserait tombé, comme tout le monde avant lui. Aussi devait-il penser à sa vie, à lui et et son avenir. Et quand il pensait au futur, il ne voyait rien d'autre qu'un bon pactole lui permettant de finir sur une plage aux Bahamas. Le fric lui ouvrirait plus de portes que ne pouvait le faire Dan ou quiconque. Il n'avait besoin de personne. Il se débrouillait depuis toujours et il n'y avait pas de raison que ça change. Ça ne changerait jamais. Il s'était fait à l'idée. Au diable tous ceux qui osaient le faire espérer. Lui faire croire. Aux possibilités. En attendant, il n'y avait rien de mal à en profiter. Il avait un lit. De quoi manger. C'était suffisant. Et sympa. Dan ne posait jamais de questions. Il ne lui demandait jamais ce qu'il faisait de ses journées, il lui proposait juste de l'aider à quelques travaux au garage. Il ne lui demandait jamais où il allait, juste qu'il ne fasse pas de bruit en rentrant et qu'il pense à donner ses croquettes au chien. Il ne lui demandait pas où il avait eu ces bleus, juste qu'il évite d'apporter ses ennuis à la maison. Ric devait bien l'avouer. Le vieux l'impressionnait. Et plus le temps passait, plus le respect s'installait.

Il aurait pu la retrouver facilement. Mais il avait choisi de ne pas donner suite. Le monde était suffisamment petit pour que leurs chemins se recroisent. Oui. Le monde était définitivement petit, pense-t-il alors qu'il l'aperçoit au loin, assise sur un banc et perdue dans ses pensées. La tentation est trop grande. Pourtant, elle pourrait crier. Elle pourrait lui refaire son numéro de folle échappée de l'asile psychiatrique. Mais il en doutait. Elle l'aurait également facilement retrouvé si elle avait voulu donner suite. Son visage n'était plus inconnu. Sa voix non plus. Le nez encore noir de son coup de tête et la joue encore marquée par ses griffes acérées, il s'installe lentement à ses côtés. Attendant pertinemment qu'elle daigne le regarder. Et le reconnaître. Il doit l'admettre, il adore percevoir la peur dans son mouvement de recul. Comme il apprécie sa répartie. Il ne sourit pas. Il ne rit pas. Il se contente de la regarder, intensément. Comme s'il tentait de sonder son âme ou de lire dans ses pensées. " En fait, " dit-il alors de sa voix grave, " je marchais tranquillement. Quand je t'ai aperçue. Je crois que le destin veut qu'on se fasse un round 2, toi et moi, " qu'il ose plaisanter ouvertement. Nullement gêné de l'avoir agressée quelques jours plus tôt. Leurs blessures se méritaient. " Alors, princesse, " qu'il continue en plantant son regard ténébreux dans le sien, " si je demande gentiment, tu me donnes les clés de ta voiture de luxe ? "

Il n'a plus aucune intention de la lui voler, réalise-t-il soudainement. Plus amusé par le hasard des choses. Cela dit... Il aurait vraiment envie de la conduire.


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Lou Morland
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Dim 30 Juil - 10:21

Elle adore se battre Lou. La baston ça la connaît. Et fort heureusement, papa Morland lui a dit oui lorsqu’il lui avait demandé ce qu’elle désirait faire comme activité annexe à l’école. A l’époque, il avait dû s’attendre à ce qu’elle lui dise du piano, du théâtre ou une activité de femmelette. Aussi, quelle ne fut la surprise du père lorsque l’enfant avait dit de sa voix enfantine qu’elle voulait faire de la boxe. Ou du krav-maga. Ou du karaté. Sa mère s’est exclamée dans un hurlement digne d’une actrice, effarée à l’idée que son unique fille, sa petite princesse chérie puisse vouloir faire un sport de garçons. Non non, Lou Morland devait faire quelque chose de précieux. Pourtant, la petite fille n’a pas lâché prise à ce moment-là, il était hors de question qu’elle se tape une activité de gonzesse. Elle voulait apprendre à se battre. Et au bout de quelques de négociations, après avoir vanté les mérites du self défense, Lou a été autorisée à pratiquer du karaté. Et du piano. Ça, malheureusement, elle n’a pas pu y déroger. Mais l’avantage, c’est que Lou sait autant jouer du piano en caressant les touches avec douceur que de latter son prof de karaté en utilisant tout un tas de technique apprise. Aussi, elle s’en donne à cœur joie avec ce type. Il est plus fort qu’elle et ses coups font mal. Mais Lou est une fille – si si je vous assure – et elle a, de ce fait, un cerveau machiavélique, usant de toutes les insultes dont elle est capable, apprenant sur le tas que les insultes motherfucker ne servent absolument à rien. Alors, elle utilise la technique du charme. Lui, avoue qu’elle n’est pas son genre. Ça la vexe profondément sur le coup mais ça lui donne suffisamment de force pour lui décocher un violent coup de boule où elle sent le craquement sinistre résonner. Elle a le temps de prendre la fuite, de courir comme elle peut. Malgré la douleur. Malgré les muscles endoloris. Malgré qu’elle n’a pas pu lui trancher la tête comme dans Highlander, c’est dommage, elle aurait aimé recevoir les éclairs. Mais hélas, c’est partie remise. Elle fuit, monte dans sa voiture et craint déjà de se faire remonter les bretelles par ses parents. Ce n’est pas grave, ceci dit, les excuses bidon, ça sert à ça.

***

Cependant, elle ne s’attend pas à revoir le type. Encore moins qu’il vienne s’asseoir à côté d’elle. Si Lou avait été prise en train de manger un burrito, elle l’aurait immédiatement recraché de surprise. Non mais il fout quoi lui ? Le mouvement de recul a été plus fort qu’elle. Stoïque. Elle aurait dû rester stoïque. Mais non, il a fallu qu’elle bouge. Et il a dû le remarquer. Il a l’air assez content de lui ce gougnafier. Alors, elle raille. C’est tout ce qu’elle peut faire. Elle attend la mort avec élégance, elle sait qu’il va lui faire la peau. Alors autant user de bagout encore une fois. Le « princesse » ressort à l’attention du type. Ça lui va bien de l’appeler ainsi et puis, elle l’attaque au niveau de ses blessures, de son nez ayant pris un sacré coup. Elle est satisfaites Lou. Elle s’est battue comme une diablesse. Ils sont donc assis l’un à côté de l’autre, tandis qu’il explique qu’il marchait tranquillement et qu’il l’a aperçue. « Mais quel magnifique hasard chaton ! » S’exclama-t-elle avec un rictus méprisant. Sinon, elle est carrément dans la merde. Elle ne peut s’enfuir qu’en courant sur les mains, tellement ses jambes crient et protestent depuis quelques jours déjà. Le round 2. Elle ne se sent pas prête du tout, ok ? Seulement, elle préférerait se faire arracher toutes les dents sans anesthésie plutôt que de l’avouer. Il est hors de question. De toute façon, elle s’insurge déjà lorsqu’il l’appelle princesse, demandant si elle est prête à lui filer ses clefs de voiture. La voilà qui pivote, oubliant ses côtes endolories : « ARRÊTE DE M’AAARRRGHH… » Braille-t-elle en se tenant une côté, se pliant légèrement et gémissant ensuite « Bobo… » Dans la posture de son corps, elle s’est voutée, sa tête étant appuyée sur le bras du type. C’est qu’elle peut paraître mignonne ainsi. Mais là, c’est douloureux, elle s’est tournée trop vite et putain, ça l’énerve. « Je… Ne te passerai pas mes clefs de voiture !!! » Finit-elle par dire en relevant un regard noir vers le gars et en se redressant doucement comme si elle était âgée de quatre-vingt-dix ans. « Et je continuerai à me battre… Jusqu’à la mort ! » Finit-elle par dire. Elle n’abandonnera pas. Jamais. D’ailleurs, elle en profite pour secouer légèrement la tête tout en essayant de reprendre une posture adéquate pour que concorde les mots s’ensuivant « Je te montrerai comment meurt une reine, idiot ! » Elle pousse un soupir blasé. Non mais cette situation ça l’agace profondément. Elle n’aurait pas cru imaginer se retrouver ainsi. C’est là qu’elle se rend compte qu’elle se croit un peu trop souvent invincible, qu’elle aurait dû rester entourée de monde plutôt que de s’adonner au plaisir solitaire de s’asseoir sur un banc dans un quartier qui craint la nuit. « Ty serais un sacré enfoiré de t’en prendre à une nana blessée. Tu n’as pas lésiné tes coups Princesse ! » Finit-elle par dire, tout en jetant un œil à côté d’elle. Peut-être que si elle s’enfuit en claudiquant ? Mauvaise idée. Le mieux est d’attendre qu’un passant arrive et qu’elle hurle mais l’allée est déserte, putain ! ça la soule et le premier qu’elle rencontre, il se peut qu’elle le morde plutôt qu’elle réclame son aide. Pour l’instant, elle se contente de le faire parler afin de gagner du temps. Il ne lui reste que ça. Parler. « Et sinon, tu t’appelles comment sac à chiasse ? » Demande-t-elle d’un ton mi-curieux, mi-méprisant. Sa présence ne lui déplaît pas pour ainsi dire. « Moi c’est Lou, mais tu peux m’appeler Dieu ou Maître. C’est comme tu veux ! »
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Lun 7 Aoû - 15:46


Aussi étonnant que cela paraissait – et il était le premier surpris – elle le fascinait. Elle l’amusait. Beaucoup. Il ne pouvait s’empêcher de l’observer, dans chaque mimique. Dans chaque geste. Dans chaque réplique. Elle était extraordinaire, et ce fut tout ce qu’il put penser. Elle était blessée – et il se fouettait intérieurement d’être à l’origine de ces blessures, même si elle l’avait forcé à user de ses poings – mais elle usait de des mots aussi habilement qu’elle avait utilisé ses griffes et ses jambes l’autre soir. Elle ne semblait pas prête à abdiquer. Elle ne semblait pas prête à se soumettre. Elle ne semblait pas prête à abandonner. Et bien que cela l’eut arrangé, il devait admettre que c’était extraordinairement fascinant à voir. Jusque-là, il n’avait rencontré que des personnes craintives, tellement qu’elles abandonnaient toutes leurs biens tant que cela leur permettait de ne pas avoir mal. Mais la jeune étudiante excentrique ? Non. Elle se moquait bien d’avoir mal, tant qu’elle ne lui offrait pas ce qui le satisferait. Elle se moquait bien de souffrir, tant qu’elle ne cédait pas. Elle se moquait bien qu’il recommence à user de ses poings sur elle, tant qu’il ne repartait pas avec le sourire aux lèvres et les clés de sa bagnole. Et ça, il ne pouvait que l’admirer. Il n’était pas là pour la frapper de nouveau – même si l’idée pouvait le démanger quand elle le titillait de ces petits surnoms stupides et de son regard provocateur. Il n’était pas là pour véritablement terminer le travail – même si l’idée de repartir au volant d’une superbe caisse de riche était alléchante. Le hasard l’avait placé sur sa route, et le hasard faisait bien les choses : n’avait-il pas droit de rigoler un peu ? N’avait-il pas droit de l’effrayer un peu ? N’avait-il pas droit d’une revanche ? Un peu ? Beaucoup ? Après tout, elle lui avait pété le nez – les couleurs violettes en étaient la preuve – et il pouvait exhiber quelques coups de griffes bien placés également. Alors il l’observa. Longuement. Alors, il l’écouta. Longuement. Jouer la forte. Jouer la guerrière. Jouer le sarcasme. Jouer les tigresses. Il la laissa l’appeler « chaton », et il la laissa s’appuyer contre lui quand la douleur se rappela à elle – et à lui, car même s’il rêvait de la remettre à sa place en la secouant de tous les côtés, il détestait l’idée d’être à l’origine de ce mal-là. Il s’empêcha de rire lorsqu’elle lui dit qu’elle allait lui montrer comment mourrait une reine – rien que ça ? – et il se mordit l’intérieur des joues lorsqu’elle admit qu’il n’avait pas lésiné ses coups et qu’il devrait avoir honte de frapper une femme blessée. A chacune de ses attaques, il aurait pu rétorquer avec joie et avec autant de sarcasme dans la voix, mais il avait préféré jouer la carte du silence et de l’attention – parce que c’était fascinant à voir. « Pour une gonzesse qui a peur de recevoir de nouveaux coups, t’as la langue bien pendue, princesse, » qu’il finit par lui dire après qu’elle l’eut appelé – osé l’appeler ! – sac à chiasse. « Détends-toi et sors-nous ce truc raide que t’as dans l’cul, tu veux, » qu’il lui balance tout aussi naturellement et crument – ils l’étaient plus à un détail près. « J’suis pas là pour te fracasser le crâne ou de défigurer – ce serait tellement dommage d’abîmer cette gueule de princesse, pas vrai ? Alors, Princesse – parce que tu peux toujours rêver, jamais – JAMAIS – tu ne m’entendras t’appeler autrement, puisque tu refuses de me donner les clés de ta caisse de luxe que tu pourrais retrouver en un claquement de doigts, » dit-il en claquant les dits-doigts, « viens donc me payer un coup à boire, » dit-il en se relevant et lui tendant une main, tel un gentleman qu’il n’était pas. D’ailleurs, une fois qu’elle l’eut prise ce n’est sans aucune délicatesse qu’il la fit se lever – rappelant à l’ordre la douleur sourde de ses côtes. Il sourit. Oui. Il sourit. Il aime qu’elle ait mal. « Et si jamais tu oses me rappeler sac à chiasse ou tout autre nom de merdes dans ce goût-là, je te fous la gueule dans les chiottes, ok ? C’est le seul trône digne de toi, Princesse, » qu’il lui dit avec un sourire en coin – plus amusé qu’agacé à présent.

Quelques minutes plus tard, les voilà assis l’un en face de l’autre à siroter leurs boissons respectives. Il y a quelque chose d’étrange dans le fait de partager un coup à boire avec une femme qui vous a rendu coups pour coups. Il y a quelque chose d’étrange à se retrouver dans un lieu public avec la personne qu’on a tenté de volé et qu’on a quelque peu agressé. Il y a quelque chose d’étrange à l’observer les yeux lançant des éclairs. « Si t’avais les yeux revolver, Princesse, tu m’aurais déjà tué plusieurs fois. Je vais vraiment finir par croire que tu es qu’une petite fille pourrie gâtée, pas contente parce qu’on lui a confisqué son jouet fétiche… allez, fais-moi un sourire. Un vrai, » dit-il quand elle lui en adresse un digne d’un film d’horreur. « Hum. C’est moi qui t’ai pété la moitié de la dent, ou bien… ? » demande-t-il avant de rire en la voyant presque affolée à l’idée d’être si « défigurée ». Ils étaient partis pour se faire la guerre dans la joie et la bonne humeur pendant un long moment – et l’idée ne lui paraissait pas si mal en fin de compte.



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Lou Morland
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Dim 20 Aoû - 20:41

Si on devait résumer Lou en un seul mot, ce serait psychopathe. A croire qu’elle a été adoptée mais elle ne ressemble en rien au standing que le nom impose. La faute à des parents ayant été trop laxistes avec elle. Ils lui ont laissé faire ce qu’elle voulait, depuis toute petite. Quand ils auraient dû la recadrer, ils se sont contentés de la regarder avec des yeux emplis de fierté et d’amour face à l’enfant, meilleure actrice de sa génération. Ils ont préféré croire leur fille plutôt que la préceptrice lorsqu’un conflit les opposaient toutes les deux – et en général, elle finissait renvoyée sur le champ. Ça, allié à un amour du combat, à un entraînement acharné et une absence de peur de ce fait… Oui, on peut dire que Lou est une psychopathe, qu’elle ne ressemble en rien aux gens normaux, surtout, quand il s’agit de gens censés avoir une éducation, un train de vie aisée. Bien sûr, elle ne manque jamais de le montrer. Lou adore montrer qu’elle est riche. Voiture tapageuse, marques sur les vêtements, et surtout l’attitude de la richou qu’on aime détester. Mais sinon, elle a un bon fond. Mais genre, vraiment tout au fond. Même qu’elle n’est pas si invincible parce qu’elle a compris que désormais, la merde l’enlise, qu’elle devrait se méfier de ce gars. Lou n’est plus en état de se battre et il ne lui reste que la parole. Juste ça pour gagner du temps. C’est pas terrible. Mais c’est tout ce qu’elle a. « Je n’ai pas peur d’abord. » La voix est détachée et elle le fixe d’un air meurtrier lorsqu’il lui conseille de se détendre, confirmant qu’il n’est pas là pour lui casser la gueule, et que jamais, il ne cessera de l’appeler Princesse. Du moins, tant que les clefs de voiture n’auront pas changé de propriétaire. Levant les yeux au ciel, elle ne peut s’empêcher d’ajouter d’une voix blasée. « Appelle-moi donc Princesse et cours toujours, tête de cul ! » Se contente-t-elle de dire d’une voix reprenant un peu contenance. Non mais c’est qu’il ne va pas la faire chier indéfiniment non plus ?! Il ne peut pas dégager ?! Il faut croire que non. Il souhaite même qu’elle lui paye un coup à boire. A ses mots, elle s’étrangle à moitié déjà parce qu’elle le trouve culotté de lui demander de payer un verre et d’autre part, elle a tu une réplique cinglante car finalement, il lui offre la possibilité de s’enfuir en retournant dans un bar bondé. Aussi, saisit-elle sa main sans broncher, en dehors d’une réplique acerbe « Maintenant, tu te fais inviter par des filles. T’es tombé bien bas sac à chiaaaaaiiiieuuuuuuh ! » Rouspète-t-elle au moment où il tire sur son bras, réveillant les membres endoloris. Visiblement, il n’aime pas son surnom. Et il la menace de représailles. « T’as tellement une gueule de paumé que tu dois chier dehors, alors je suis surprise que tu saches ce que sont des chiottes, sac à fientes !! » Et là, elle prend un air innocent ajoutant d’une voix sarcastique « Quoi ? Tu as dit que je ne devais pas dire sac à chiasses ! Pas le reste ! »
Elle le sait, elle est insupportable

***

Et pourtant, c’est face à son pire ennemi qu’elle se trouve, en train de boire un verre, ne pouvant s’empêcher de le fusiller du regard, par moment. C’est drôle, tout autour, les gens s’amusent et elle se contente de l’observer avec une envie de meurtre, qu’il remarque forcément. Il ne peut s’empêcher de demander un sourire qu’elle lui rend de façon ironique. Et là, il ne manque pas une seconde pour lui faire peur lorsqu’il évoque un bout de dent manquante. « Tu mens ! » Dit-elle tout en venant vérifier les dires. Elle vient de se faire avoir, car tout est encore en place. « Ça t’amuse espèce d’enclume !? » Lui crache-t-elle à la figure. Lou, c’est vraiment le genre à s’énerver pour un rien, et à rentrer dans le jeu de la provocation. Sans doute, est-elle un peu naïve. Néanmoins, elle préfère secouer sa chevelure brune avec classe avant d’aspirer un peu de cocktail par le biais de sa paille. « Bon, tu ne m’as toujours pas dit comment tu t’appelais ! Je vais vraiment finir par croire que tu t’appelles Jean-Rodolphe ou alors que tu t’appelles Janice ? Remarque… ça te va comme un gant. » Et pour montrer sa bonne foi, et parce qu’elle ne compte pas passer sa soirée à le dévisager, elle ajoute alors « Je m’appelle Lou. » Ajoute-t-elle d’une voix prétentieuse. « Et arrête de me dévisager, je sais que tu rêves grave de sortir avec une fille dans mon genre. Mais que veux-tu, Princesse, on ne mélange pas les torchons et les serviettes. » Et elle boit au goulot de sa paille dans un bruit de succion se voulant classe tandis qu’elle le fixe d’un œil ironique. « Bon, parle-moi de toi maintenant. Tu fais dans la vie, à part agresser les gens ? » Ouais parce qu’il faut pas oublier que c’est ainsi qu’ils se sont rencontrés.

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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Lun 21 Aoû - 7:42


Tout était préparé. Tout était anticipé. Comme sa son habitude. Il n'était pas extrêmement fier de voler son prochain, mais avait-il le choix pour survivre ? Certes, les familles d'accueil auxquelles il avait eu l'occasion de grandir - un bien grand mot - auraient pu l'aider à survivre. Sans voler. Sans violence. Sans partir à la dérive. Si seulement elles étaient parvenues à le comprendre. A l'entendre. A lui montrer qu'il méritait. Qu'il en valait la peine. Mais Alaric était un jeune garçon qui n'accordait pas sa confiance aussi facilement. Il n'était pas un jeune garçon qui se laissait apprivoiser aisément. Il n'était pas le jeune bambin que toute famille rêvait d'accueillir dans leur foyer. Et Alaric avait été maintes fois déçu. Maintes fois abandonné. Il traînait alors avec les mauvaises personnes. Les mauvaises têtes. Les délinquants. La mauvaise graine. On lui avait appris comment voler sans se faire attraper. Et si de plus vieux que lui avaient proposé de lui offrir une place dans leur rang s'il bossait pour eux, il n'avait jamais accepté, n'accordant sa confiance qu'en lui-même. Il avait volé des personnes au hasard au début. Dans la rue. Dans les transports en commun. Dans les cuisines des restaurants ou fast food. Bientôt les familles lui avaient fermé la porte au nez, ne désirant pas un gamin qui leur apporte des problèmes. Et s'il en avait souffert de ce rejet, il l'avait accueilli à bras ouverts car cela rimait avec indépendance. Quelque part, il avait bien cherché à être rejeté. Mais cette idée lui était alors impossible d'accepter. Il préférait penser qu'on l'abandonnait. Lâchement. Il préférait croire qu'il n'en valait pas la peine aux yeux du monde entier, car après tout il n'en valait vraiment pas la peine. Il avait été laissé à la naissance. Il n'avait été désiré par aucune famille. Il ne trouvait sa place nulle part. Alors il devait bien être arrivé sur cette planète par erreur. Voler était devenu une nécessité. Un besoin. La seule activité pour laquelle il se trouvait un talent inné. Et un moyen de survivre digne de lui. Mais Il ne volait plus dans les transports. Il ne volait plus les personnes qu'il croisait au hasard. Quel mal pouvait-il y avoir à voler un riche ? N'aurait-il pas juste à claquer des doigts pour retrouver ce qu'il perdait ? Voler un riche était moins grave, c'était ainsi qu'il se convainquait lui-même. Il ne faisait rien de bien méchant. Rien d'irréparable. Il avait déjà volé des riches. Simple comme bonjour, sans doute parce qu'ils s'imaginaient intouchables et inébranlables. Et cette nuit, cette nuit il avait jeté son dévolu sur Elle. Pourquoi ? Pourquoi pas ses amis ? Non. Elle semblait plus riche encore. Plus capricieuse. Plus gosse de riche. Alors il avait patienté. Il avait attendu. Et il l'avait approchée tandis qu'elle sortait, seule, pour rejoindre sa voiture. " Donne-moi ton sac et tes clés, " qu'il la menaça de sa voix rauque et neutre. On en lâchait ses affaires pour moins que ça encore parfois. Souvent. Effrayée, elle recula contre le mur du bâtiment qu'elle venait de quitter, hésitant à faire demi-tour et appeler à l'aide. Normal. Instinctif. Mais il lui barra le chemin avant qu'elle n'ai pu esquisser le moindre mouvement. " J'ai dit, ton sac. Tes clés. Tout de suite. " Il avait travaillé son regard de serial killer un nombre incalculable de fois pour savoir qu'il faisait son effet. Qu'il ne lui ferait aucun réel mal, lui seul le savait. Elle, elle devait avoir peur. Elle devait le craindre. Elle devait imaginer qu'il serait capable de tout. Du pire. Alors, la panique dans le regard et la peur dans la voix, elle lui tendis son sac. " Les clés sont dedans, " qu'elle dit d'une voix tremblante. " Prenez ce que vous voulez, ne me faite pas de mal, " qu'elle supplia dans un léger sanglot. Il prit le sac et lui adressa un dernier regard avant de lui tourner le dos et repartir avec son butin.

***

Du moins était-ce ainsi que cela devait se passer. Du moins était-ce ainsi qu'elle aurait dû réagir. Du moins était-ce ainsi qu'il avait imaginé et anticipé la scène. Mais il n'avait eu affaire à une petite fille de riche comme les autres. Il n'avait pas eu affaire à une petite écervelée, trop craintive pour sa vie. Lou était sans nul doute la fille la plus déjantée et la plus tarée qu'il n'ai jamais rencontrée. Et pourtant, il en avait rencontré des pas mal atteintes. La folie, il connaissait. Mais la jeune femme parvenait encore à le surprendre, ce qui n'était pas une mince affaire. " Maintenant, tu te fais inviter par des filles. T’es tombé bien bas sac à chiaaaaaiiiieuuuuuuh ! " qu'elle le malmène encore et toujours, qu'elle rétorque encore et toujours, qu'elle l'insulte encore et toujours. " T’as tellement une gueule de paumé que tu dois chier dehors, alors je suis surprise que tu saches ce que sont des chiottes, sac à fientes !! " Pourquoi ne se sent-il pas du tout offensé ? Pourquoi ses piques le font-ils sourire ? Pourquoi cela l'amuse-t-il ? Il l'ignore, mais c'est le cas. Il ne parvient pas à prendre la mouche face à ses insultes et ses injures. Au contraire. Il trouve ça presque charmant. " Quoi ? Tu as dit que je ne devais pas dire sac à chiasses ! Pas le reste ! " Comme si elle se serait abstenue de le traiter de quoique ce soit s'il le lui demandait. Il se contente de la regarder, un demi-sourire aux lèvres. Pas menaçant du tout. Pas menaçant pour un sou. Mais ils n'en sont plus là, n'est-ce pas ? " Une si jolie bouche pour de vilains mots, " qu'il ironise malgré tout. " Ça fait mauvais genre, même pour toi Princesse. Les rôles sont inversés, on dirait. JE devrais t'appeler sac à chiasse et merdeuse à papa. TU devrais m'appeler ton Maître et ton Dieu. Après tout, j'aurais toujours le dessus sur toi - quoique ça dépend dans quelle position on se situe, " qu'il continue de la provoquer et de la charrier, non sans un regard équivoque laissant sous-entendre pas mal de choses. C'est qu'elle n'était pas dégueulasse à regarder la Princesse.

***

Elle se sentait tout à coup plus à l'aise. Pas étonnant puisqu'ils se trouvaient dans un lieu public, plutôt rempli de monde, et qu'à tout moment elle pouvait être libre. Il trouvait inutile de lui dire que de toute manière, il ne comptait en faire sa prisonnière. Voir son regard défilé tout autour d'elle, à la recherche de la première échappatoire possible, était amusant. " T'emmerder au possible ? Oui, ça m'amuse énormément. Plus que je ne l'aurais cru d'ailleurs, " qu'il lui dit en souriant. " Bon, tu ne m’as toujours pas dit comment tu t’appelais ! Je vais vraiment finir par croire que tu t’appelles Jean-Rodolphe ou alors que tu t’appelles Janice ? Remarque… ça te va comme un gant. " Il hausse un sourcil, l'air de dire "sérieusement ?" et finit par secouer la tête, désespéré par tant de conneries. " Je m'appelle Alaric. Mais tu peux m'appeler Mon Dieu ou Mon Maître, à ta guise. Les deux sonneraient bien dans cette petite bouche de Princesse, " qu'il ajoute en avalant une gorgée de son poison, sans la quitter des yeux. " Et arrête de me dévisager, je sais que tu rêves grave de sortir avec une fille dans mon genre. Mais que veux-tu, Princesse, on ne mélange pas les torchons et les serviettes, " qu'elle lui balance à la gueule. Il manque de s'étouffer en éclatant de rire. " Princesse, ne prends pas tes rêves pour la réalité. Je ne te regarde pas en espérant secrètement que tu me sautes dessus et qu'on s'envoie en l'air sur cette table, " bien que si, il y pensait fortement. C'était un homme après tout. " J'essaie de comprendre comment j'ai pu manquer ce caractère de merde que tu as. Habituellement, je suis plutôt bon pour cerner les gens. Surtout ceux que je vole, " qu'il ajoute sans aucune gêne. Ils n'en sont plus là, n'est-ce pas ? Il est un voleur, elle une emmerdeuse de fille de riche. Acceptons les choses telles qu'elles sont. " Tiens donc, tu veux que je te parle de moi maintenant ? Ne sais-tu déjà pas tout ? T'as l'air d'avoir la science infuse, non ? " qu'il la charrie de nouveau, sarcastique. " Tiens, jouons à un jeu. Tu devines qui je suis, ce que je fais. Je devine qui tu es et ce que tu fais. D'après toi, que ferait l'homme qui a tenté de te voler dans la vie ? " A vrai dire, il s'intéressait vraiment à l'idée qu'elle pouvait avoir de lui. Elles étaient si souvent fausses en général. " Toi par exemple... tu es la vraie fille à papa. Tu as vraiment besoin de juste claquer des doigts pour obtenir ce que tu veux. Tu n'as jamais manqué de rien, et tu n'en as pas honte, " et il respectait cela, elle avait bien raison. " T'es étudiante - t'as toi, 19-20 ans ? " qu'il demande à tout hasard. " Je ne sais pas ce que tu étudies, mais j'ai bien envie de miser sur l'Art. L'Art d'être une emmerdeuse. L'Art d'être une Princesse qui parle comme un marchand de poissons, " qu'il continue d'énumérer en riant dès qu'elle réagit. Au quart de tour. Bordel qu'il adorait ça. Finalement, elle était bien plus fascinante et intéressante qu'il ne l'aurait cru.



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Lou Morland
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Dim 27 Aoû - 10:56

Il l’agace mon dieu, mais qu’il l’agace. Lou sait, de base, qu’elle est chiante, insupportable, qu’elle est bien élevée même si elle montre le contraire, qu’elle est capricieuse et autoritaire, qu’elle ne supporte pas qu’on outrepasse ses exigences. Et pourtant, face à cet homme, elle se dit qu’elle a trouvé pire qu’elle, qu’il est autant chiant qu’elle, qu’il se bat aussi bien qu’elle. A la différence qu’il vole, qu’il pille sans pitié, qu’il ne doit pas jouir du confort dont elle bénéficie par sa famille. Qui plus est, ils se sont mutuellement cassés la figure et maintenant, Lou a mal, Lou veut fuir. Mais elle ne le fait pas. Pourtant, ils sont dans un lieu public, elle n’aurait qu’à se mettre à hurler, de dire que cet homme l’a forcé à venir ici, qu’il lui a intimé l’ordre d’avoir une relation sexuelle après. Elle a seize ans après tout. Elle est une Morland quand lui n’est rien ; Elle a tout ce qu’elle désire quand lui a souhaité lui dérober ses clefs de voiture et son couteux collier de perles. Il n’a pas eu la voiture mais le collier de perles oui. Dans un sens, elle préfère ça. Elle pourrait fuir, et il y a tellement de façon de le faire. Et pourtant, elle reste ici. Elle ne bouge pas. Ça l’emmerde d’être ici, face à Alaric, et pourtant, ses fesses refusent de quitter l’assise où elle se trouve. C’est plus plaisant de parler, de lui balancer des vacheries dans la figure. Après tout, il y répond si bien. Ça la vexe autant que ça l’amuse. Ça l’enrage autant que ça l’attire. Ce mec, il a quelque chose en plus. Pas son compte en banque en tout cas ! Mais il a un truc ! Et Lou, intriguée, reste, continuant à l’attaquer, essayant d’en apprendre un peu plus sur lui. Il s’appelle Alaric et l’idée de lui sortir une vacherie est forte, surtout lorsqu’il évoque la possibilité de l’appeler « mon dieu » ou « mon maître ». « Bwaah ! Prends pas tes rêves pour une réalité, Princesse Richou ! » Lui dit-elle avant d’enchaîner sur le fait qu’incontestablement, il doit être attiré par elle. Ce qui est fort possible. Lou sait qu’elle est mignonne. Les Morland sont beaux de base. Elle n’a jamais cherché à nier le contraire. Pourtant, elle ne peut s’empêcher de rire lorsqu’il dit le contraire. Bien sûr, elle aurait aimé que ce soit vrai. Et ça l’agace un peu, tout comme ça la rassure. Ils n’ont rien en commun, elle n’a rien à attendre d’un mec comme lui. Pourtant, ses mots la font sourire. Il n’a pas su la cerner dans l’immédiat. « Il faut un cerveau pour cerner les gens. C’est triste pour toi… » Elle lui lance un regard narquois, cependant elle souhaite en apprendre plus sur lui. C’est un sentiment frustrant autant que contradictoire. Mais il accepte à la seule condition qu’elle doit deviner pour lui et vice et versa. Ce qui est intéressant et puis, Lou aime le challenge. « Marché conclu Princesse ! Honneur à toi, commence donc. » Elle est trop curieuse, elle veut savoir comment il la voit, dressant un portrait de fille à papa, étudiante d’ailleurs. Pensant qu’elle vient juste d’avoir vingt ans. Chaque mot qu’il dit achève de la faire sourire. Sa façon de la voir n’est que la vérité. Il a raison dans un sens et Lou ne s’en cache pas. Ceci étant, ce qu’il devine et facilement. Quant au domaine des études, voilà que c’est une étrange vision. Elle dans l’art ? A-t-il déjà vu comment elle dessinait. Elle en est encore au stade où un bonhomme se dessine avec des traits et des ronds. Lou est une quiche en dessin. Mais le sarcasme en ressortant ne manque pas de la faire rire.
Finalement, ce jeu est drôle. Ça lui donne encore moins envie de fuir.

« Je dois dire que tu réfléchis bien, Richie. » Dit-elle en balayant une miette imaginaire sur le bout d’un ongle. « Mais c’est facile ce que tu as deviné. » Finit-elle par ajouter, un sourire moqueur s’étalant sur son visage. « Après tout, rien qu’en ayant essayé de voler ma voiture et mon collier, il était facile de deviner que je suis une fille à papa. Mais tu as raison, c’est vrai… Je ne m’en cache pas. Pourquoi le faire ?! » Buvant une nouvelle gorgée de son verre, elle ajoute « Mais tu as faux sur l’âge et sur ce que je fais dans ma vie. Essaye-donc encore. » Il va cracher dans son verre lorsqu’elle lui dira qu’elle va au lycée. « A mon tour ! » Elle observe son visage sans ciller, si jeune et pourtant marqué par la vie. « T’as dû avoir une enfance de merde. Un peu comme ces héros dramatiques. Des parents morts ou partis. Tu as dû te débrouiller tout seul. Voler, c’est mieux qu’aller à l’école je pense. » Elle se met à rire « Je pense que tu sais lire et écrire quand même. Mais pour ce qui est de te battre. On a forcément dû t’apprendre. Tu fais partie d’un gang ? » Finit-elle par demander. Elle n’a pas peur pour autant. Ce gars ne l’effraie pas. Elle sait qu’elle ne va pas mourir ce soir. Peut-être demain. Mais il n’aura pas sa voiture quoi qu’il en soit. « Dans ma grande mansuétude, je veux bien te donner une information que tu ne trouveras jamais. Mon âge. Je n’ai pas vingt-ans, je ne vais pas à l’université. A vrai dire, je vais à l’école. Mais j’ai seize ans et je suis encore lycéenne. » Finit-elle par dire avant d’ajouter son point de vue concernant l’âge d’Alaric. « Toi tu dois avoir vingt-cinq ans je pense. Et tu es le genre de type solitaire. Tu es célibataire parce que tu ne dois pas laisser les gens t’approcher. » Finit-elle par dire, laissant un sourire fleurir sur son visage rond tandis qu’elle ajoute « Les gens doivent avoir peur de toi de toute façon. Moi je trouve que tu n’as rien d’effrayant. Ok ! Tu cognes bien mais après ? T’as rien d’effrayant. L’hamster que mon frère avait, petit, paraissait bien patibulaire que toi. » Finit-elle par dire avant de trinquer son verre contre le sien. « A la tienne Princesse Richie ! »

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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Dim 27 Aoû - 22:22


Il n’avait pas prévu que le jeu se retourne contre lui. Il n’avait pas spécialement prévu qu’elle en rit, qu’elle en profite ou qu’elle en joue. Mais cette idée lui plaisait autant qu’elle l’irritait. Son caractère trempé lui plaisait autant qu’il l’irritait. Sa répartie lui plaisait autant qu’elle l’irritait. Le fait qu’elle ne plie pas l’échine et qu’elle ne le craigne pas malgré les coups qu’ils s’étaient offerts lui plaisait autant que ça l’irritait. Lou était une femme pleine de ressources et de surprises, il le découvrait à ses dépens, et ça lui plaisait autant que ça l’irritait. Il ne pensait pas vraiment avoir pointé juste sur toute la ligne la concernant, après tout elle lui avait prouvé plus d’une fois en deux rencontres qu’elle était bien différente de ce qu’il avait imaginé. Mais Lou était une femme qui assumait les grandes vérités de sa vie, elle n’avait pas honte d’être une fille de riches et n’avait pas honte de profiter de la richesse de sa famille. Il pouvait respecter cela – car il ne doutait pas qu’il n’en aurait pas eu honte non plus. Pourquoi avoir honte ? Avait-il honte de ne pas avoir connu sa famille ? Avait-il honte de ne pas avoir été adopté par une famille aimante ? Avait-il honte d’avoir été abandonné à la naissance ? Avait-il honte d’avoir été rejeté un certain nombre de fois ? Avait-il honte de voler ? Avait-il honte de la vie qu’il choisissait depuis plusieurs années ? Non. En souffrait-il intérieurement ? Désirait-il une autre vie, intérieurement ? Aurait-il aimé avoir une autre vie, un autre destin ? Oui. Mais ces détails étaient bien trop personnels pour les dévoiler à une inconnue – surtout quand l’inconnue en question était Lou. Elle n’hésiterait pas à utiliser ces détails sur lui, à jouer avec les mots et à atteindre le cœur et l’âme – ils étaient bons l’un comme l’autre pour ce jeu-là. Sauf que si elle osait l’attaquer sur le sujet, il n’était pas sûr d’être capable d’en rire. Il n’était pas sûr d’être capable de ne pas rétorquer, voire même d’être virulent. Il était jeune et canaliser ses émotions n’était pas toujours aisé. Il était jeune, meurtri et seul. Un cocktail explosif qu’il ne fallait pas trop titiller – certains en savaient quelque chose. « Je dois dire que tu réfléchis bien, Richie, » qu’elle lui dit une fois son analyse terminée, bien que son sourire et ses mimiques furent suffisantes pour lui confirmer qu’il visait plutôt juste. « Mais c’est facile ce que tu as deviné. » Certes. Peut-être. Peut-être pas. « Après tout, rien qu’en ayant essayé de voler ma voiture et mon collier, il était facile de deviner que je suis une fille à papa. Mais tu as raison, c’est vrai… Je ne m’en cache pas. Pourquoi le faire ?! » Oui, pourquoi le faire ? Il lui sourit et hausse les épaules, comme pour lui dire « t’as bien raison ». « Peut-être pour éviter qu’on vienne t’agresser un soir en sortant de boîte avec une bande de copains. Peut-être pour éviter qu’un inconnu malveillant et aux mauvaises intentions ne viennent se poser à côté de toi, soudainement, et te fassent payer un coup à boire, » qu’il rétorque néanmoins avec un sourire satisfait. Oui, il l’avait agressé. Oui, il l’avait volé. Oui, il l’avait frappé. Oui, il s’était posé à côté d’elle sur un banc un après-midi ensoleillé. Oui, il lui ferait payer la consommation. « Mais tu as faux sur l’âge et sur ce que je fais dans ma vie. Essaye-donc encore. » Il hausse un sourcil légèrement, étonné de s’être trompé sur ce détail-là. Certes, deviner ce que faisaient les gens dans la vie n’était pas forcément quelque chose de simple et il n’était pas entièrement surpris de s’être fourvoyé. « Quoi ? Tu aurais donc 30 ans, tu vivrais encore chez papa et ne profiterait que de son argent, sans rien faire à côté ? » qu’il provoque et taquine plus qu’il ne devine. « C’est plutôt triste, » qu’il accentue son air grave et choqué par ce genre de comportement plutôt typique de gosses de riches – du moins dans son univers à lui. Les pauvres voyaient souvent les riches d’une certaine façon et pas autrement, et vice et versa. Et à cet instant, il était plutôt sûr de lui et de son savoir. Elle pouvait fort bien être capable de vivre aux crochets de son papounet, sans rien faire d’autres que de la manucure et du shopping chaque jour. Non ?

« A mon tour ! » qu’elle annonce alors, prête à faire son analyse le concernant. Elle semblait fort à son aise et fort sûre d’elle, tout comme lui. Penser qu’ils n’étaient pas si différents l’un de l’autre l’attirait autant que ça l’irritait. Ils n’avaient absolument aucun point en commun. Absolument AUCUN. « T’as dû avoir une enfance de merde, » qu’elle commence et qu’il écoute attentivement. Cela aussi était facile à deviner, on ne volait pas autrui en ayant eu une vie plutôt banale et bien construite, n’est-ce pas ? « Un peu comme ces héros dramatiques. Des parents morts ou partis. Tu as dû te débrouiller tout seul. Voler, c’est mieux qu’aller à l’école je pense. » Voler, c’est tout ce qu’il avait. Voler, c’est tout ce en quoi il excellait. Voler, c’était la seule chose qu’on lui offrait. « Je pense que tu sais lire et écrire quand même, » ce qui le fait sourire. « Mais pour ce qui est de te battre. On a forcément dû t’apprendre. Tu fais partie d’un gang ? » Il aurait pu. Ce n’était pas les occasions qui avaient manqué. Ce n’était pas les propositions qui avaient manqué. Il se contente de la regarder, impassible et sans émotion, sans se dévoiler. Impressionné par sa faculté à poser les mots justes, à cerner les vérités silencieuses. « Dans ma grande mansuétude, je veux bien te donner une information que tu ne trouveras jamais. Mon âge. Je n’ai pas vingt-ans, je ne vais pas à l’université. A vrai dire, je vais à l’école. Mais j’ai seize ans et je suis encore lycéenne. » Pour le coup, il ne peut pas rester impassible et camoufler sa surprise. « Tu as seize ans ? Toi ? » qu’il répète bêtement, en l’observant plus attentivement, en discernant un détail qui aurait pu le mettre sur la voie, mais n’en trouvant aucun. La jeune fille faisait bien plus que son âge. La jeune fille menait une vie bien peu adaptée pour son âge – selon lui. A cet instant, tout un tas de choses lui traversent l’esprit : il a agressé une mineure et une fille de riches, il a montré son visage à cette mineure et cette fille de riches et il risque bien plus gros qu’il ne l’aurait cru. Pourtant, il n’a pas envie de partir. Pourtant, il n’a pas spécialement peur. « Toi tu dois avoir vingt-cinq ans je pense. Et tu es le genre de type solitaire. Tu es célibataire parce que tu ne dois pas laisser les gens t’approcher. » PAM. Ca va droit au cœur, ça pique droit dans la vérité. Il la déteste. Il la déteste. Il la déteste. Elle le fascine. « Les gens doivent avoir peur de toi de toute façon. Moi je trouve que tu n’as rien d’effrayant, » Vraiment ? qu’il pense en la regardant tout en retenant sa respiration, cette respiration qui pourrait en effrayer plus d’un habituellement. « Ok ! Tu cognes bien mais après ? T’as rien d’effrayant. L’hamster que mon frère avait, petit, paraissait bien plus patibulaire que toi. » Être comparé à un hamster. Quelle honte. Quel déshonneur. « A la tienne Princesse Richie ! » qu’elle trinque à sa vérité et son analyse plus que juste. Peut-il le lui cacher ? Peut-il en rire ? Peut-il rester impassible ? A-t-il le choix ? Il avale son verre d’une traite, sans la quitter du regard. Le temps pour lui de reprendre contenance. Le temps pour lui de calmer ses battements de cœur. Le temps pour lui d’encaisser la triste réalité. « Tu as seize ans ? » qu’il choisit de répéter et de rester centré sur elle. Après tout, elle s’aimait bien. Après tout, elle semblait plutôt à l’aise de parler d’elle. « Qui t’a appris à frapper comme ça, aussi jeune ? Tu es un bébé, » qu’il ajoute en fronçant les sourcils, légèrement choqué qu’on puisse la laisser sortir seule le soir ainsi à son âge. Bordel, heureusement qu’il ne serait jamais papa – il serait terrible avec une fille dans les pattes. « Tu frappes plutôt bien pour ton âge, mais tu manques d’entraînement, » qu’il ajoute en souriant. Il savait de quoi il parlait, étant boxeur lui-même. « T’as visé juste sur mon âge, mais tu te fourres le doigt dans l’œil pour ce que je fais dans la vie. Je vole, ça c’est un fait que je ne peux pas nier avec toi, Princesse, » qu’il ajoute avec évidence et sans gêne. « Mais je ne fais partie d’aucun gang. Je n’ai confiance qu’en moi-même – en personne d’autre, » même si Dan avait déjà pris une grande place dans sa vie et qu’il lui accordait sa confiance à 70 %. « Je suis boxeur, » qu’il ajoute en s’adossant contre son siège tout en l’observant. « Et non. Je n’ai pas utilisé toute la force que je pouvais utiliser sur toi, » qu’il ajoute avec un sourire en coin. Parce qu’il était un connard, un voleur, une erreur de la nature – mais qu’il n’était pas un véritable salaud. « J’aurais peut-être dû, » qu’il continue en la regardant comme s’il considérait encore cette possibilité. « Je pourrais sans doute être en train de conduire ton carrosse à l’heure qu’il est, tout en me moquant bien de ton état, » qu’il continue en laissant cette idée faire son bonhomme de chemin dans sa petite tête de furie furieuse. « Certains n’ont pas eu ta chance, Princesse. Quand je veux quelque chose, je l’obtiens par tous les moyens en règle générale. Mais tu sais quoi ? J’admire ta folie, je la respecte même, » qu’il ajoute en riant légèrement. « C’est vrai, je n’en connais pas beaucoup qui – à seize ans – oserait tenir tête à son agresseur, à le juger, le critiquer, » qu’il énumère en se penchant lentement sur la table pour se rapprocher d’elle. « le charrier, le provoquer, sans craindre qu’il ne réagisse un peu trop violemment, » qu’il lui dit naturellement, mais d’une voix rauque remplie de promesses douloureuses. Bien sûr, il n’en ferait rien. Bien sûr, il n’en aurait jamais eu l’intention. Mais ça, elle n’est pas obligée de le savoir. Il laisse le silence s’installer, pesant et lourd. Puis, il le rompt brusquement. « S’ils pouvaient tous être comme toi, je m’éclaterai bien plus souvent, » qu’il lui balance tout sourire. Cela dit, il ne volerait plus grand-chose… « Allez, viens, » qu’il lui dit alors en se préparant à se lever. « Je vais te montrer comment on cogne vraiment, » qu’il lui propose en lui tendant de nouveau la main. « Pas te cogner toi, Princesse, » qu’il sourit alors. « Mais le prochain qui pourrait avoir envie de te voler pourrait ne pas être aussi charmant que moi, » qu’il conclut d’un sourire provoquant et carnassier.


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Lou Morland
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Mar 29 Aoû - 6:58

Il a raison dans un sens. Peut être qu'elle s'exhibe trop. Peut-être qu'elle vit trop dans l'opulence. Mais Lou est ainsi. Elle ne s'en cache pas. Elle n'a pas honte de ce qu'elle est. Sa richesse, elle ne la doit qu'à des parents lui disant oui à tout. Aussi, elle ne se refuse rien. À seize ans, elle a une villa sur Beverly Hills. Elle a un magnifique bolide comme voiture. Elle a des fringues griffées. Et elle a tout pour être heureuse. Le matériel à défaut d'un semblant d'amour. Parce que Lou en souffre. Ses parents l'aiment mais ce n'est pas suffisant. Ils en ont beaucoup après son grand frère, lui c'est le repreneur de la société, le garçon de la famille, l'héritier. Lou ne sert qu'à agrémenter un peu de loisir dans leur quotidien, l'enfant chéri qu'il faut féliciter. Mais de quoi ? De ses bleus sur le visage ? De sa voiture dont elle ne prend pas forcément soin ? De l'école qu'elle loupe parfois parce qu'elle préfére flâner dans les rues de la ville ? Tout ce qu'elle fait, c'est pour les tester, leur faire comprendre qu'en réalité Lou s'en fiche du matériel. Ce qu'elle veut, c'est être aimée et se sentir moins seule. Mais c'est là une pensée secrète. Il est plus facile de se la péter, de faire croire aux autres qu'être riche c'est génial. Alors que non. Gérer une affaire, c'est revenir tard le soir et ne pas voir ses enfants. Et Lou en souffre. Elle aimerait faire des choses avec son père. Combien de fois a-t-elle attendu un signe de sa part où il apparaîtrait et lui dirait qu'il l'emmène à un match ? Au lieu de cela, elle l'a regardé sur le grand écran familial. Seule. Sans son père. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. À bien des égards, Lou souffre autant qu'une personne normale. Cependant, elle le cache bien. Elle préfère en rire et se moquer d'Alaric dont elle essaye à son tour de deviner ce qu'il peut être. C'est fou comme ça paraît simple parce qu'en essayant de se comparer à lui, Lou arrive à trouver des points communs. Du moins le pense t-elle. Il ne vole pas pour le fun comme elle ne fait pas la rebelle par figure de style. Elle le fait pour combler la misère régnant dans son coeur. Jusqu'à avouer son âge, Lou n'a pas peur de le dire. Elle est mineure et Lui semble surpris de le savoir. Le triomphe règne déjà dans son regard. Et oui, elle a seize ans, le monde à ses pieds et pourtant, la vie lui paraît si fade. Si peu savoureuse. Si terne et ennuyeuse. Alors que là, elle s'amuse de parler avec ce gars qu'elle ne connaît pas. Elle rit alors qu'ils se sont battus. Elle lui paiera à boire parce que de toute façon, elle est en train de se faire avoir par son sourire, par ses réserves, par le fait qu'à seize ans, elle a appris à détester sa famille mais pas à résister à un homme se battant comme un dieu, qui sourit à s'en damner, qui a un prénom avec lequel créer les meilleurs surnoms. Et déjà son cœur palpite trop fort.
Elle est foutue. Dans la merde. Il est temps d'être comme Frodon et de s'enfuir.

Mais non, elle reste continuant son analyse de ce garçon. Il est plus vieux qu'elle c'est vrai. Mais pas trop. Pas assez âgé pour se ranger, et moins jeune qu'elle. Elle se base par rapport aux poils au menton. Il en a beaucoup plus que les jeunes de sa classe : eux sont tous des puceaux attendant leur première fois avec impatience. Alors que lui... il fait plus viril. Et il semble choqué de son âge qu'il répète encore une fois. « Remets toi en. » Lui dit-elle en levant les yeux au ciel. Bon ok, elle fait plus vieille et c'est flatteur mais quand même !! Sa remarque le fait sourire, d'autant plus qu'il note qu'elle se bat bien, et déjà, son corps se tord dans une posture fière mais se fige quand il confirme qu'elle manque d'entraînement. « Bruce Lee n'est pas devenu le meilleur en un claquement de doigt ! » S'offusque t-elle. En plus, avec ses côtes en miette comme en ce moment. Alors il va pas faire chier le Mohammed Ali. Elle est même prête à lui jeter le contenu de son verre à la figure. Mais elle reste sage parce qu'il parle de lui et que ça l'intéresse. Beaucoup même. Elle s'est trompée parce qu'il n'est pas si voyou que ça, il ne fait pas partie d'un gang. Et il est boxeur avouant qu'il n'a pas utilisé toute se force contre elle. « Ben voyons ! On est pareil. J'ai fait la même chose. Je n'aurais pas voulu te défigurer. » Pourtant c'est le cas. Et qui plus est, Lou a utilisé toute sa force, sa rage. Faire plus aurait été impossible. Et ça la frustre quand bien même, elle ne montre rien. Elle ne veut pas. « Et donc si je comprends bien... Tu boxes et le vol à l'étalage, c'est quoi ? La passion du dimanche après la messe ? Noooon attends je sais ! » Son visage s'éclaire tandis qu'elle point un doigt sur lui. « Tu voles les riches pour nourrir les pauvres ! Tu es Robin Wood !!! Oh putain ! » Elle tape du poing sur la table avant d'éclater d'un rire jovial. « Putain que je suis drôle ! » Elle est hilare. « J't'aime bien Princesse Richie, tu me fais rire tu sais !? » Même quand il ajoute qu'il aurait pu être en train de conduire sa voiture à cette heure là. Posant ses coudes sur la table, Lou vient poser ses joues contre ses paumes, l'observant d'un air amusé. Son petit coeur bat fort quand il avoue aimer sa folie, récapitulant tout ce qu'elle lui a fait depuis le début de leur rencontre. Et Lou en est fière. Très fière quand bien même, elle sent ses joues la brûler quand il s'approche un peu plus d'elle. Trop près, il rentre dans son périmètre de sécurité et pour une jeune fille, c'est beaucoup. Elle ne dit plus rien, se contentant de le dévisager. Même qu'elle approche sa bouche de la paille pour aspirer un peu de sa boisson sans jamais baisser les yeux. Ah ça non ! Baisser les yeux c'est pour les faibles et les incultes de la vie. Hors de question ! Cependant, Alaric est plein de surprises, ajoutant qu'il aurait aimé avoir des adversaires comme elle. « Je suis un modèle unique ! Si tu me tues, la lignée s'éteindra ! » Dit-elle pour seule repartie. Elle en profite pour se redresser légèrement histoire de mettre plus de distances. Là, ça va mieux et elle est prête à un tas d'autres questions. Pourtant, elles n'arrivent pas. Il se contente de lui dire de venir avec lui. « Hein !? » Elle l'observe d'un air surpris tandis qu'elle se retrouve avec sa main devant elle tandis qu'il lui propose de montrer comment cogner. Et ses prunelles chocolat se voilent d'une inquiétude. Elle n'est pas en état de se battre. Pourtant, lui dire non semble être pire que tout. Heureusement, ce n'est pas pour la cogner elle. Mais bien, pour lui montrer comment frapper. Pour une prochaine fois. « On verra qui est le patron Jackie Chan. » Dit-elle avec un sourire néanmoins disparaissant très vite quand elle se redresse. Les côtes putain. Elle va crever. Pourtant, elle serre les dents, sort un billet pour payer et finalement, elle prend la main d'Alaric qu'elle sert non pas pour lui faire mal, mais pour ne jamais avoir à la lâcher. Déjà elle sourit, sentant les cales, la peau rugueuse. Des mains d'hommes quoi. Et ça fait tout drôle mais elle suit sans broncher. « Ma voiture est garée pas loin. J'te laisserai la conduire. » Finit-elle par lâcher sur un ton détaché alors qu'ils sont en dehors du bar. Il pourrait lui arriver tant de merdes, il pourrait vraiment se barrer avec mais Lou est conne sur ça. Elle semble prête à lui faire confiance. À vrai dire, Elle lui fait déjà confiance Il l'aurait tuée sinon. Et il ne l'a pas fait. Et puis, sa main reste rivée à la sienne. Et ce contact est si agréable. Les paumes réchauffent les âmes gelées et esseulées et sans un mot, elle lui indique le chemin. Elle ne dit plus rien de peur que ça brise ce lien si fragile. Enfin si, elle préfère aborder la question médicale. « Je préfère prévenir mais touche pas à mes côtes. » C'est qu'elle a encore mal nom d'un chien. Elle pourrait même le frapper à l'instant pour lui faire comprendre qu'elle a mal. Mais la main est prise et c'est trop bête de se battre à une main. Non, elle n'a pas envie de toute façon. Et finalement, ils arrivent à sa voiture. Sans un mot, Lou sort ses clés et les tend à Alaric « Tiens Princesse. Je sais que t'en rêves depuis notre première rencontre. » Elle finit par sourire même si sa main quitte la sienne à regret. Lou entre du côté passager et attend qu'il prenne le volant et qu'il l'emmène lui montrer comment cogner. « J'espère que ta conduite est sportive... »

***

Les gens diront qu'elle est folle tout simplement. Qu'elle va regretter ça. Mais Lou s'en moque. Au pire ce n'est qu'une voiture. Elle est plus attentive à la suite et espère qu'il va vraiment lui montrer comme on boxe. Peut-être qu'il a menti sur toute la ligne, qu'il fait parti d'un gang, et qu'ils l'attendent pour la kidnapper et demander une rançon. Pourtant, elle fait confiance. L'erreur de la jeunesse. L'innocence de l'enfance. À ne pas avoir peur, c'est parfois un danger. Pourtant, Lou est tranquille quand ils arrivent devant un bâtiment. Une salle d'entraînement apparemment. Et déjà Lou se félicite de l'avoir suivi. De lui avoir accordé sa confiance. Car elle découvre la salle. Les sacs pour taper. Les objets pour s'entraîner et les rings. Pour avoir fait du karaté, Lou n'a connu que les tatamis dans un donjon. Rien d'autre. « J'ai appris le judo et le karaté. » Finit-elle par dire, répondant à sa question de tout à l'heure, concernant son entraînement à elle. « C'est pas pareil disons même si ça se rejoint. On bosse avec notre tête. Ceci étant, je suis une fille, je l'utilise un peu plus que toi. » Cependant, elle sourit continuant à regarder le lieu. Elle aime bien cet endroit. Ça sent la virilité. Ça sent la force. « Alors par quoi on commence ? »
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Jeu 31 Aoû - 16:15


« Remets toi en, » qu’elle lui dit comme s’il la dévisageait pour la première fois, surpris et peut-être même choqué par son jeune âge. Il aurait juré qu’elle était à l’Université – non seulement parce qu’elle sortait le soir tard dans des endroits réservés à des jeunes adultes, mais également parce qu’elle ne paraissait pas cet âge si jeune. Était-ce la richesse qui la vieillissait ? Le pouvoir ? Impossible à dire, il ignorait la vie véritable de ces gones de riches – et il s’en moquait comme de l’an quarante. Habituellement. La jeune femme face à lui l’intriguait, et pour la première fois de sa vie il se demandait ce que pouvait être sa vie. A ses yeux, elle ne devait manquer de rien. A ses yeux, elle était libre. A ses yeux, elle pouvait tout avoir en claquant des doigts. Ou juste en demandant. A ses yeux, elle devait être blasée par tant de facilité à obtenir ce qu’elle désirait. A ses yeux, elle ne devait pas comprendre ni savoir que le reste du monde galérait à ne serait-ce que combler les fins de mois difficiles. A ses yeux, elle était une enfant, pourrie gâtée, capricieuse et ignorante – les riches ne l’étaient-ils tous pas ? « Bruce Lee n'est pas devenu le meilleur en un claquement de doigt ! » qu’elle rétorque offusquée, ce qui le fait sourire de plus bel. Il adore quand elle part au quart de tour. Il adore comme elle réagit à ses attaques. Il adore le feu qu’il voit briller dans son regard. Le rouge à ses joues quand elle est gênée, énervée ou juste flattée. « T’as sans doute raison, mais Bruce ne serait pas assis ici, les côtes en vrac pour avoir joué au plus malin, » qu’il réplique pour enfoncer le couteau dans la plaie et lui rappeler que, si elle avait été coopérative, elle n’en serait sans doute pas là – et eux non plus. Cela dit, dans son malheur elle avait eu la chance – véritable chance – de tomber sur lui et non sur un pur malfrat. Le genre qui n’aurait pas hésité à lui couper des doigts. Le genre qui n’aurait pas hésité à lui arracher les ongles. Le genre qui n’aurait pas hésité à la cogner fort – jusqu’à lui péter les dents, le nez ou la mâchoire. Le genre qui n’aurait pas hésité à profiter de son corps svelte et… Ma foi, fort tentant, qu’il conclut mentalement en l’observant intégralement, sans gêne. Le genre qui n’aurait pas hésité à utiliser une arme. Le genre qui n’aurait pas hésité à tuer. Oui, elle avait eu une chance inouïe de tomber sur Lui. « Ben voyons ! On est pareil. J'ai fait la même chose. Je n'aurais pas voulu te défigurer. » Il la regarde longuement, sans vraiment réagir. Il pourrait se vanter et lui assurer qu’elle n’aurait jamais eu l’occasion de le faire. Il pourrait se vanter et lui assurer que, s’il l’avait véritablement voulu, elle ne serait pas là. Elle avait sa folie pour elle, et elle avait son courage ou sa stupidité – aux choix. Il fallait lui reconnaitre. Mais elle ne faisait pas le poids face à lui, concrètement. « Je suppose que je devrais te remercier d’avoir épargné mon visage démoniaque ? » et non pas angélique comme les gens avaient tendance à dire habituellement. « Enfin, épargné est un bien grand mot, » qu’il ajoute en pointant du doigt ce nez qu’elle avait cassé par surprise. Un moment d’hésitation, un moment d’inattention et elle avait réussi à lui échapper. Il avait plus de dix ans de pratique, et une adolescente de seize ans avait réussi à le désarçonner, l’humilier et lui échapper. Pas sa plus grande fierté. « Et donc si je comprends bien... Tu boxes et le vol à l'étalage, c'est quoi ? La passion du dimanche après la messe ? » Il sourit. « Noooon attends je sais ! Tu voles les riches pour nourrir les pauvres ! Tu es Robin Wood !!! Oh putain ! » Hilarant. Et elle est hilare en plus. Elle rigole comme une folle. Elle est fière de sa blague. Et il ne peut pas s’empêcher de rire aussi. « Putain que je suis drôle ! » Non. Si. Non. Bon, d’accord. Un peu. Il cesse de rire mais ne cesse pas de la regarder – autant pour la mettre mal à l’aise que par véritable fascination. Il n’avait jamais rencontré de fille comme elle avant. Toutes celles qui avaient un jour croisé son chemin étaient soit potiches, soit droguées, soit flambeuses. « Ça sonne un peu comme un super héros, ça, non ? Et si je te disais que je ne suis pas le héros. Si je te disais que je suis le méchant, » qu’il réplique d’une voix rauque, autant pour la faire réfléchir que pour citer la mauvaise ligne d’Edward Cullen dans ce film débile dont il avait tant entendu parler. La vérité était qu’il était persuadé d’être le méchant. « J't'aime bien Princesse Richie, tu me fais rire tu sais !? » Lui aussi, il l’aimait bien. Elle aussi le faisait rire. Il y avait quelque chose d’étrange à être assis l’un en face de l’autre, à boire un coup ensemble alors que quelques jours plus tôt, ils se cognaient comme des gougnafiers pour obtenir ce qu’ils désiraient : lui sa voiture, elle sa liberté. C’était bien la première fois qu’il tapait la causette avec l’une de ses « victimes ». « Je suis un modèle unique ! Si tu me tues, la lignée s'éteindra ! » « Quelle terrible perte, » qu’il ironise mais en riant tout de même à son humour de merde. Alaric est plutôt taciturne, solitaire et ne se familiarise pas aisément avec les autres. Pourtant, au contact de la jeune femme, il est totalement différent. Il parle. Il sourit. Il rit même. Il écoute. Il plaisante. Ce n’est pas anodin, n’est-ce pas ? Alors du haut de ses 24 ans, il n’a pas envie de quitter cette table. Il n’a pas envie de laisser cette sale merdeuse de 16 ans sortir de sa vie aussi soudainement qu’elle y entrait. Puisque leur relation avait débuté par une bagarre, il lui semblait presque évident et poétique d’utiliser ce procédé pour prolonger ce moment qu’ils partageaient. Et peut-être bien qu’à la fin de cette journée, elle ne souhaiterait pas le voir partir non plus ? Ce qui était sûr, c’est qu’elle ne reculait pas. Ce qui était sûr, c’est qu’elle ne le fuyait pas. Ce qui était sûr, c’est qu’elle avait le goût de l’aventure, puisqu’elle accepta sa main et de le suivre – malgré la douleur qui semblait lui vriller les côtes. D’accord, il devait le reconnaitre. Il s’en voulait un peu. Juste un peu. Un chuya. Quand sa main fut dans la sienne, il ne la tira pas brusquement comme un peu plus tôt, mais il ne la lâcha pas. Ainsi, ils sortirent comme un drôle de couple pas comme les autres du café. « Ma voiture est garée pas loin. J'te laisserai la conduire. » Il hausse les sourcils, l’air narquois. « Quoi, tu es déjà amoureuse de moi ? » qu’il plaisante devant cet élan de générosité et de confiance. A vrai dire, il apprécie le geste. A vrai dire, il a hâte de conduire son petit bijou. A vrai dire, il serait bête de refuser. « Je préfère prévenir mais touche pas à mes côtes. » Il s’arrête un instant, le temps de lui faire face et de planter son regard dans le sien tandis qu’elle grimaçait à cause de cette douleur lancinante qui ne semblait pas lui foutre la paix. Il lui adresse un léger sourire, avant de de caresser sa joue du doigt, lentement. Le moment parait romantique. Le moment parait suspendu. Le moment parait idéal. « Est-ce que ça veut dire que je peux toucher d’autres endroits ? » qu’il brise l’instant magique avant de rire légèrement devant son air ahuri. C’est qu’elle en avait retenu sa respiration, il l’avait vu. C’est que lui-même aurait bien apprécié goûter à cette bouche de princesse pour voir si elle avait le goût du danger et de la folie. « Tiens Princesse. Je sais que t'en rêves depuis notre première rencontre. » Qu’elle puisse lui faire confiance dépassait l’entendement. Ce petit geste de rien du tout avait bien plus d’importance aux yeux d’Alaric qu’elle ne comprendrait jamais. Il se contente de prendre les clés et de lui sourire avant de la rejoindre, côté conducteur. L’effet est immédiat, et il regretterait presque de ne pas pouvoir fuir avec. Presque. « Je savais qu’elle était faite pour moi », qu’il murmure avec regret. « J'espère que ta conduite est sportive... » Il met la clé, tourne la tête vers elle l’air de dire « tu vas regretter d’avoir dit ça », avant de démarrer le moteur et de jouer avec comme un sale gosse qu’il était. Oui. Il avait la conduite sportive. Sans doute trop pour le papa de la jeune femme. Sans doute trop pour la majorité des personnes qui roulaient à Los Angeles. Mais clairement à la perfection aux yeux de la jeune adolescente qui riait aux éclats à chaque virage et qui se la jouait Jack Dawson dans Titanic.

« J'ai appris le judo et le karaté. C'est pas pareil disons même si ça se rejoint. On bosse avec notre tête. Ceci étant, je suis une fille, je l'utilise un peu plus que toi. » Elle a l’air plus petite et plus fragile dans son univers. Elle a l’air plus délicate et plus vulnérable dans son univers. Et il aime bien. Il vient se positionner près d’un punchingball. « Ceci explique cela. Je me demandais comment t’avais pu réussir à m’échapper l’autre soir – personne ne m’échappe en temps normal, » qu’il lui dit avec toute la modestie dont il était capable. « Je ne connais pas le karaté, et encore moins le judo. Je ne connais que la boxe. Y a que sur un ring que je me sens… » il cherche le mot juste. « Vivant, » explique-t-il à défaut d’autre chose. « J’en fais depuis environ sept ans. Quand je t’ai dit que e boxais, c’était vrai. Mais ça ne paie pas encore les factures, » qu’il lui avoue. « Je ne suis pas encore professionnel, mais je pourrais bien l’être un jour, » qu’il ajoute en haussant les épaules, sans vraiment croire à cette possibilité et cette chance. « La boxe, c’est pas qu’un sport violent. Si je te disais qu’on ne frappe pas aussi fort qu’on veut nous le faire croire dans Rocky, me croirais-tu ? Pourtant… ce ne sont pas les coups qui comptent, ce n’est pas la force qu’on y met qui compte, » qu’il lui explique en tournant autour d’elle et autour du punchingball. « Non, tout est une question de technique. Tout est une question de contrôle. Tout est une question de force, là-dedans, » qu’il pointe son doigt sur son front. « Toi, t’es une véritable tigresse. Une furie. Une folle, même, » qu’il lui dit en souriant. « C’est mignon, mais ça ne peut pas te sauver, encore moins te protéger. T’as pas trop utilisé ton savoir de karaté et de judo l’autre soir – ce qui t’a sauvé la mise, c’est que j’ai été surpris par ton sale caractère, » qu’il la complimente. « Quand tu frappes, » qu’il continue en se positionnant derrière elle pour la placer face au punchingball. Il pose ses mains sur ses hanches pour commencer, la positionner comme il le faut. Une jambe un peu plus en avant de l’autre. Légèrement pliée, mais pas trop. Il remonte ses mains sur ses bras pour les positionner également. L’atmosphère est palpable, il ne pourrait le nier, et pourtant il ne tente pas de la séduire. Non seulement parce qu’elle a que 16 ans, mais qu’en plus il se rappelle bien qu’elle lui a crié à la gueule qu’elle était vierge. C’était un voleur, pas un enfoiré. « Faut que t’en aies envie, » qu’il continue sur sa lancée. « La boxe, c’est pas plus différent que n’importe quel art ou n’importe quel autre sport, » qu’il lui dit en revenant face à elle et s’éloignant de cette attraction sexuelle qu’il ressent comme jamais il l’avait ressenti encore. « C’est un moyen comme un autre de se défouler, de s’exprimer, de décompresser. Moi, il m’a sauvé la vie, » qu’il conclut simplement pour qu’elle puisse cogner enfin, afin qu’il voit comment elle s’en sortait.
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Lou Morland
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Mar 12 Sep - 19:15

C’est un mélange de sentiments contradictoires. A vrai dire, elle ne sait pas comment l’expliquer, ni trouver les mots. Ce type, il lui cause des remous dans l’estomac, il chamboule son esprit, et surtout, il lui donne autant des envies de meurtre, que de douceur. Pourtant, la douceur chez Lou, ça n’existe pas. Notion abstraite qu’elle n’a pas connu au sein de son foyer. Elle a eu la sécurité, l’argent, le sentiment d’être choyée. Mais de l’amour ? C’est plus compliqué. Entre un père absent et une mère se souciant plus de ce que le voisin dira plutôt que de ses enfants, forcément, ça y joue. Elle est solitaire dans le fond. Entourée d’amis en tout genre mais beaucoup n’ont pas de sincérité. L’amitié, à tout âge, est intéressée. Alors forcément, ce soir, tout est si différent. Ce type l’énerve mais elle reste. Il la menace mais elle n’a pas peur. Et surtout il dit de la merde. Voilà déjà qu’elle s’indigne. « Comment tu prends la vie pour un kiwi toi ?! » Rage-t-elle lorsqu’il ose émettre l’idée qu’elle puisse être amoureuse de lui. « Plutôt crever par terre ! » Peste-t-elle non sans jamais lâcher sa main pour autant. Elle pourrait lui faire plein de choses. Comme un croche pattes. Comme mordre dans sa main pour qu’il lâche et qu’il fuit. Comme hurler qu’il essaye d’enlever une mineure innocente. Oh oui, elle peut faire plein de choses. Mais au lieu de cela, elle préfère se calmer et demander d’avoir sa clémence au niveau des côtes. Elle ne tient pas à avoir encore plus mal, déjà qu’elles sont en miettes. Cependant, si elle s’attend à une vacherie, elle s’attend encore moins à ça, à ce qu’il arrête de marcher pour pivoter, pour venir caresser sa joue. Et il faut la voir, surprise mais docile. Elle ne bronche pas. Enfin, jusqu’à ce qu’il demande s’il pourra toucher une autre partie de son corps. C’est là que son cerveau prend vie à nouveau, bien qu’elle s’insurge autant qu’elle essaye de masque la rougeur apparaissant sur ses joues. Elle a tout à coup très chaud aux plumes. « Essaye un peu et tu verras que je t’arracherai ton doigt d’un claquement de dents ! » La réplique est dite avec pleine de harge mais face à ce visage rouge par la gêne, Lou en paraît encore plus mignonne. La crédibilité est partie ailleurs depuis très longtemps et sa seule arme est de le tourner vers sa voiture, en lui tendant les clefs, en lui faisant confiance, en lui montrant qu’à ses côtés, la jeune brune est nullement effrayée.

***


Et la soirée se poursuit dans cette salle d'entraînement. Lou adore l'endroit. Il y règne quelque chose de brut, de mâle, ça sent la virilité. L'absence de peur est toujours là. Elle aurait pu flipper de se voir traîner ici par un mec dont elle a cassé la figure. Et lui aussi d'ailleurs. Mais non, elle explique ce qu'elle sait faire tandis que lui l'explique de son côté. La boxe c'est une grande histoire et une question de technique. Elle a tout faux sur ce qu'elle croit. Il y a une règle à appliquer et ce n'est pas de cogner mais de réfléchir. Un peu comme au karaté. Ou au judo. Ça l'agace dans un sens, étant persuadée que son sport à elle est le meilleur. Mais visiblement, la boxe a tout autant à prouver. D'ailleurs, le fait qu'il ait été plus surpris par son caractère plutôt que sa force, la fait froncer des sourcils. « Tu dis ça pour m'énerver ! » La voix est boudeuse mais dans un sens, elle se dit qu'il a peut-être raison. Après tout, il a plus de pratiques qu'elle et ça s'en ressent. Ça se voit aussi. Elle l'admet petit à petit mais c'est parce que son coeur est toujours en train de fondre. Un vrai petit glacier en plein soleil la Lou. Comme si face à lui, elle avait soudain envie d'exhiber le meilleur d'elle-même. Lui plaire aussi. Quelque chose ne tourne pas rond. Et ça l'énerve. Pourtant, elle garde le silence se contentant de sourire lorsqu'il vient vers elle, qu'il lui se positionne derrière elle. Déjà sa respiration s'accélère et le souffle est plus court. Elle se laisse être touchée, positionnée pour faire face au punching-ball de façon à pouvoir taper tandis qu'il donne les derniers conseils. Elle écoute presque à moitié, son esprit embrumé par trop de proximité et par le challenge de bien réussir. Cependant, les derniers mots la font redresser le visage sans pour autant qu'elle se retourne lorsqu'il avoue que ce sport lui a sauvé la vie. Un peu comme Lou avec ses sports de combat. Ça a été un bon exutoire, une façon de se délivrer de la rage avec laquelle, elle cohabite tout le temps. Sans fin. Elle ne sait pas comment s'en débarrasser. Avec le recul, elle a appris à vivre avec. À faire semblant souvent. Ça marche mieux que de ne pas être écoutée. Secouant doucement la tête, elle prend une voix assurée « Fais attention à ce que je ne te fasse pas mal. » Et sans attendre, elle frappe. Elle est surprise de voir que le punching-ball est aussi dur. Mais elle continue de frapper encore. Et encore. À vrai dire, c'est comme si la boxe avait un pouvoir plus fort que le karaté. Ce dernier apprend la stratégie et l'harmonie avec soi. Or la boxe paraît plus être un moyen de se défouler. Et elle la sent s'en aller. Toute cette rage. Toute cette colère tandis qu'elle frappe comme s'il fallait mettre à mort ce sac de sable. Quelque chose est en train de se briser en elle alors qu'elle hurle soudain d'une rage démesurée. Lou est énervée depuis si longtemps. Elle en oublie presque Alaric trop occupée à frapper encore. À s'en faire mal. À presque s'en briser les phalanges. Elle frappe parce qu'elle a trop de haine envers elle, parce qu'elle est née Morland, parce que dans tout cet univers, l'adolescente se sent incroyablement seule. Un dernier feulement de rage, elle décroche un violent coup de pied dans le sac, sentant que tout se rompt en elle. « Je me sens... Tellement... tellement... Seule... » Finit-elle par bredouiller d'une petite voix, sentant que son visage est trempé de sueur, mais par les pleurs aussi. Elle a pleuré comme une tapette et ça lui a fait autant de bien que de mal. Elle ne sait pas comment expliquer. Tout à coup, la brune se sent trop vulnérable et ça en est trop pour elle. Parce qu'elle ne sait pas gérer ce genre d'émotions. La rage, ça elle sait y faire. Mais le reste. La tristesse. La solitude. L'attirance de l'autre. Elle finit par pivoter, observant Alaric d'un air furieux « La boxe c'est un sport de mauviettes !! » Hurle t-elle soudainement d'une voix que les pleurs font trembler. « C'est nul !!! Tu es nul !!! T'as vraiment cru que j'allais tomber amoureuse de toi !? Sérieux !? » Elle bouillonne. Elle rage de s'être fait avoir tandis qu'en une jambe enjambée, elle est face à lui. Et son poing part aussitôt mais s'arrête près de son visage, qu'elle fixe avec hargne. « Je te déteste. » Et sur ses mots, la furie se met à courir, prenant ses affaires et se cassant le plus vite possible. Le besoin de pleurer est fort et elle n'a pas envie de fondre en larmes devant lui. C'est plus facile de démarrer comme une folle. De ne pas faire attention à la vitesse. De s'arrêter bien plus loin et de laisser libre cours à son chagrin. Elle est si similaire à lui pourtant...

***


Et alors que le soir-même, elle s'est promis de ne pas chercher à le revoir. L'envie l'a taraudée durant quelques jours. Elle n'a pas cessé d'y penser, écoutant à peine les profs, se demandant si elle n'a pas été trop cruelle avec lui. Après tout, elle aurait pu être plus clémente. Lou est un démon. Menaçant d'exploser à n'importe quel moment. C'est sa marque de fabrique, c'est tel qu'on l'a façonné. Mais lui arrive à tant avec elle. La calmer. L'enrager. La faire rire. Et elle ne cesse de songer à Lui. Au point de finir par sécher une après midi de cours, prenant sa voiture et se rendant au club de boxe. Son sac de cours avec elle, Lou sort de sa voiture de luxe, ignorant les regards du tiers monde se trouvant ici. La tête haute, elle pousse la porte surprise d'y voir tant de monde. Mais elle s'en moque, elle n'en cherche qu'un seul. Et son coeur fait un petit bond lorsqu'elle LE voit. Déjà il bat comme un fou tandis qu'elle inspire et se dirige vers l'imposante silhouette. Quand elle arrive à sa hauteur, elle ne cherche pas à savoir s'il est occupé ou non, s'il est avec quelqu'un ou non, elle prend une grande inspiration et parle avec sa franchise Morlandienne habituelle « Salut. J'suis là parce que j'avais envie de te voir. » Dit-elle sans rougir, sans ciller. Elle a eu envie de le retrouver. Et puis, c'est tout. Pour Lou, c'est une envie à combler.
Pour d'autre, ce sont les prémices d'un attachement sincère pour cet homme.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Jeu 14 Sep - 16:34


C’est un mélange de sentiments contradictoires. A vrai dire, IL ne sait pas comment l’expliquer, ni trouver les mots. Cette fille, elle lui cause des remous dans l’estomac, elle chamboule son esprit, et surtout, elle lui donne autant des envies de meurtre, que de douceur. Pourtant, la douceur chez Ric, ça n’existe pas. Notion abstraite qu’il n’a pas connu dans son enfance. Il n’a pas eu la sécurité. Il n’a pas eu l’argent. Il n’a pas connu ce sentiment d’être choyé. Il n’a connu que l’instabilité. L’abandon. L’injustice. Le mensonge. Le rejet. L’indifférence. On ne lui a pas appris à aimer son prochain. On ne lui a pas appris à aider son prochain. On ne lui a pas appris à se construire. Il a grandi seul, il a compris seul, il a accompli seul, il a appris seul. On ne peut pas dire qu’il n’ait pas « de copains », mais combien peuvent se vanter d’avoir sa confiance ? Trop peu. Alors forcément, ce soir, c’est différent. Parce qu’elle arrive à détruire ses barrières. Parce qu’elle arrive à détruire son mur. Parce qu’elle arrive à l’atteindre. Parce qu’elle l’énerve, mais qu’elle le fait rire. Parce qu’elle l’exaspère, mais qu’elle le touche. Et surtout parce qu’elle part au quart de tour, qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche et qu’elle explose facilement – aux yeux du jeune homme, rebelle et rempli de colère depuis des années, c’est un trait de caractère fortement séduisant et fascinant. « Comment tu prends la vie pour un kiwi toi ?! » Voilà qu’elle s’emporte, qu’elle part, qu’elle court, qu’elle vole. Et voilà qu’il sourit, qu’il rit. En vérité, elle ne le sait peut-être pas encore mais elle est FOUTUE – qu’il pense en son for intérieur. Car déjà à cet instant, il sait qu’il n’a pas l’intention de la laisser partir. Il sait qu’il n’a pas l’intention de l’oublier. Il sait qu’il n’a pas l’intention de lui foutre la paix. Il sait qu’il n’a pas l’intention de lui rendre la vie facile. Peu importe, tant qu’il est dans sa vie, et qu’elle est dans la sienne. « Plutôt crever par terre ! » qu’elle peste sans lâcher pour autant sa main, qu’elle tient même plutôt fort pour quelqu’un qui s’indigne de ses allusions. Elle est pleine de contraste, pleine de fougue, pleine de folie, pleine de rage. Elle est lui. Il est elle. Diable que plus il passe du temps avec, plus il l’entend, plus il l’écoute et plus il a envie de mordre cette bouche capricieuse, rebelle et provocatrice. « Essaye un peu et tu verras que je t’arracherai ton doigt d’un claquement de dents ! » Il éclate alors d’un rire intense et rauque, le genre qui en fait frissonner plus d’une – paraitrait-il. « Tu apprendras vite que me menacer de me mordre est loin d’être une chose qui me fait reculer. Au contraire… » qu’il ajoute en se penchant légèrement vers elle, « j’adore ça, » qu’il conclut dans un souffle avant de se retourner et de prendre les commandes de sa superbe caisse – une fille au caractère de merde, explosive et déjantée, et la possibilité de conduire une merveille. Finalement, la journée était plus que parfaite – et ça faisait longtemps qu’il n’avait pas été aussi satisfait.

***

Il n’amenait personne dans son antre. Personne dans son univers. Personne dans ce qu’il considérait comme son cocon. Son exutoire. Son monde. Pourquoi l’avait-il amenée ici ? Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi sans aucune hésitation ? Peu importait. Il avait envie de lui montrer qui il était vraiment. Il avait envie de lui montrer son univers, son monde. Il avait envie de lui apprendre. Il avait qu’elle comprenne. Il avait envie qu’elle s’y intéresse. Elle ne le lui dirait sans doute jamais, pas avec des mots du moins car elle était mordante, piquante et qu’envoyer bouler son monde était sa marque de fabrique – il l’avait compris, mais il parvenait à lire dans son regard bien plus facilement qu’il ne parvenait à comprendre ses propres émotions. Pourtant, elle l’écoutait. Pourtant, elle prêtait attention. Pourtant, elle ne ricanait plus. Pourtant, elle ne se rebellait plus. Pourtant, elle ne s’offusquait plus. Elle semblait captivée, fascinée, concentrée, excitée. Il aurait pouvoir lire dans ses pensées pour voir. Pour voir si elle ressentait cette adrénaline et cette force indescriptible qui l’avaient envahi la première fois qu’il avait frappé un punchingball. Pour voir si la colère qui l’habitait était la même que le sienne. Pour voir si la rage qu’elle exposait en frappant de toutes ses forces à cet instant était la même que la sienne. Pour voir si la douleur était aussi intense et puissante que la sienne. Elle avait su renvoyer une image d’elle, une image faussée, une image destinée à rassurer certaines personnes, une image à en énerver quelques autres. Il réalisait à quel point il avait eu tout faux la première fois qu’il l’avait vue. « Fais attention à ce que je ne te fasse pas mal. » Sa voix n’est plus cassante. Sa voix n’est plus mordante. Le calme avant la tempête. Un coup. Deux coups. Trois coups. Quatre coups. Et elle enchaîne sans s’arrêter – sans en être capable. Comme si elle avait retenu trop de choses, trop longtemps. Comme si elle avait gardé trop de choses, trop longtemps. Elle frappe. Frappe. Frappe. Cogne. Cogne. Cogne. Jusqu’à craquer complètement. Il perçoit sa colère. Il perçoit sa haine. Il perçoit sa rage. Il perçoit sa peine. Il perçoit sa fureur. Il perçoit son désarroi. Son mal-être. Echo aux siens. « Je me sens... Tellement... tellement... Seule... » L’idée lui parait aberrante et absurde. Elle, seule ? Comment ? Pourquoi ? Quand ? Elle avait une famille. Elle avait la sécurité. L’argent. Elle était entourée. Elle ne manquait de rien. Seule ? Il s’avança vers elle doucement, prêt à lui poser une main sur l’épaule – autant pour la réconforter que pour la stimuler, mais c’était sans compter sur le tempérament de feu de la jeune femme, instable et déchirant. « La boxe c'est un sport de mauviettes !! C'est nul !!! Tu es nul !!! T'as vraiment cru que j'allais tomber amoureuse de toi !? Sérieux !? » Oui. Oui, il le croit. Plus que jamais d’ailleurs. Oui. Oui, il le croit. Mais il ne dit rien. Il l’observe. Rouge. De colère, de frustration, de douleur. Il ne dit rien. Il l’observe. Il attend. Qu’elle se libère. « Je te déteste. » Et tel un ouragan, elle tourne les talons et quitte le club. Et tel un tsunami, elle tourne les talons et le quitte. Il comprend tellement sa réaction. Il entend tellement sa rage. Alors il préfère la laisser partir. Il préfère ne pas la poursuivre, ne pas la retenir. Il sait, mieux que quiconque, à quel point ça ne servirait à rien. Elle avait gardé trop de rancœur et de mal en elle, tellement qu’il lui fallait du temps pour encaisser ce venait de se passer. Tellement qu’il lui faudrait du temps pour revenir.

Et elle reviendrait.

***

Dire qu’il avait beaucoup pensé à elle était un euphémisme. Dire qu’il avait eu envie d’aller la retrouver pour lui choper la peau des fesses et la secouer comme un pruneau était un euphémisme. Dire qu’il avait fait preuve de patience était un euphémisme. Il n’était pourtant pas le genre de personne à harceler une autre personne. Il n’était pourtant pas le genre de personne à s’imposer. Il n’était pourtant pas le genre de personne à insister. Les gens venaient et allaient dans sa vie – il avait grandi avec cette habitude. Et il avait appris à ne plus y accorder la moindre importance. Pourtant, il avait dû serrer les poings pour ne pas s’imposer. Pourtant, il avait dû serrer les mâchoires pour ne pas insister. « Salut. J'suis là parce que j'avais envie de te voir. » Et il avait bien fait de serrer les poings. Il avait bien de serrer les mâchoires. Il avait bien fait de patienter. Il avait bien fait de verser toute sa frustration dans les coups qu’il avait portés à ses adversaires – à l’entraînement autant que sur un vrai ring. En sueur, crevé, les membres douloureux, les cheveux en bataille et ne rêvant que d’une douche, il ne tourna pas tout de suite son regard vers elle – restant tout de même concentré sur les intentions de son adversaire du jour. Un coup tenté. Deux coups tentés. Au troisième coup que l’autre tente de lui assainir, il lui en offre un plus sourd, plus violent, plus efficace, plus catégorique. Son adversaire se tortille sur le tapis, et Ric sait qu’il a gagné. Ce qui ne l’empêche pas de lui tendre une main et de s’assurer qu’il ne lui ait pas arraché quelques dents au passage. Ce n’est qu’un entrainement après tout. Il recule enfin et marche en direction de la jeune femme, ôtant ses gants sans la quitter du regard. « Je savais que je finirais par te manquer, » qu’il sourit lentement, carnassier et sûr de lui. Il attendit patiemment qu’elle parte au quart de tour – parce que ça lui avait sacrément manqué bordel ! Il finit par descendre pour se retrouver face à elle. « Toi, tu m’as manqué, » qu’il lui dit un demi-sourire aux lèvres tandis qu’un doigt passe délicatement sur la joue de la jeune femme. « Tu me détestes toujours autant ? » qu’il demande alors, toujours aussi à l’aise et parfaitement content de voir qu’elle est revenue. Seule. Comme une grande. De son plein gré. Il s’approche de nouveau d’elle, d’une proximité troublante, dérangeante. « J’aime bien ta façon de me détester. J’aime bien ta colère. J’aime bien ta rage. J’aime bien ta fougue. J’aime bien ta sale tronche, » qu’il lui dit sans sourire, juste parce que c’est la vérité. « Tu sais pourquoi ? » qu’il ajoute. « Parce que je te déteste de la même manière. Parce que ta rage est la mienne. Ta colère est la mienne. Toi et moi, » qu’il conclut en en la pointant du doigt, et en se pointant du doigt, « on se comprend bien plus qu’on ne le croit ».

« Allez, viens Princesse, » qu’il lance soudainement alors que leurs deux corps est proches et au comble de la tension. « Puisque tu avais tellement envie de me voir, on va aller se manger un morceau. Je prends juste une douche, » qu’il ajoute en se tournant vers elle, sourire carnassier de nouveau. « Tu aurais envie de me frotter le dos ? » qu’il lui lance. Large sourire. « Oui. Je sais que t’as envie, » qu’il affirme avant de la laisser là. Ou était-ce lui qui en avait très envie ?

« Je t’imagine bien bouffer comme un ogre. Ouais, je t’imagine bien manger comme un bonhomme, » qu’il lui lance de nouveau une fois qu’ils se retrouvent au kebab du coin. Une fois leur commande passée – sacré commande – ils se posent dans un coin et se font de nouveau face. Depuis qu’ils ont quitté le club, il semble incapable de lui lâcher la main. Pourtant, il la fait à contrecœur. « Pourquoi t’as mis tout ce temps avant de débarquer ? » qu’il lui demande, sur un ton de léger reproche.



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Lou Morland
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Ven 22 Sep - 19:34

Elle est revenue le voir. Elle a lutté pourtant mais l'envie a dépassé la raison. Et Lou n'a pas cherché à comprendre plus, écoutant son coeur, palpitant un peu trop fort à ce moment-là. Elle a l'impression de jouer sa vie, de foncer droit dans un mur. L'inconnu lui tend les bras et elle ne sait comment il va réagir quand il la verra. Avec son attitude de la dernière fois, elle se dit que forcément, il va l'envoyer chier, la foutre dehors. Et ça lui fait mal rien que d'y penser. Peut-être se fourvoie-t-elle ? Peut-être souhaite-t-elle qu'il puisse lui pardonner son comportement de la dernière fois ? Lou est plongée dans un océan d'incertitudes. Plus grande que lorsqu'elle lui a fait face à la deuxième rencontre. Cette fois-ci, ce n'est pas du domaine des coups mais bien du coeur. De ce qu'elle ressent. De ces papillons grouillant dans son ventre à la seule pensée de l'homme. Quand elle le voit, tout en elle se contracte. Il est sur le ring et pourtant, elle se dirige vers lui, attendant qu'il finisse de frapper le mec. Ça ne dure que quelques coups et pourtant, Lou n'en perd pas une miette, surprise par la force d'Alaric. Quand on est au combat et quand on observe, le constat n'est pas le même. Or là, elle est subjuguée par tant de beauté, bien qu'elle ne le montre pas. Se contentant de prendre la parole quand il termine et s'approche d'elle, Lou avoue d'un ton plein de vérité qu'elle voulait le voir. Le ton est détaché, la mine sérieuse. Et pourtant, elle stresse à mort, fixant l'homme encore sur son ring évoquait le fait qu'il ait pu lui manquer. « Et prends pas la vie pour un kiwi !!! J'ai dit que je voulais te voir c'est tout !! » Rugit-elle en rougissant. Bien sûr qu'il lui manque mais en l'espèce, Lou préfère se couper la langue plutôt que de lui avouer. « Ta face de cul ne m'a ABSOLUMENT pas manqué ! » Il doit déconner. Il doit faire ça pour l'enrager et pourtant, quelque part, elle aime ça. Elle aime l'entendre le dire. Ça lui procure un bonheur intense, lui donnant moins l'impression qu'elle n'est pas venue pour rien, qu'il ne lui en veut pas d'avoir pris la fuite la dernière fois après avoir chialé comme une fillette. Pour ça, Lou s'en veut beaucoup. Elle lui a donné l'occasion de montrer qu'elle a un point faible, qu'elle a beau tout avoir, elle se sent terriblement seule. Seule dans sa tour d'ivoire. Seule dans une famille unie pourtant. Seule parce qu'elle a souvent l'impression d'être incomprise des autres. Pourtant lui paraît être le contraire. Il est le vent nouveau soufflant dans sa chevelure brune, il est une nouvelle façon d'espérer et il est tout ce que Lou n'a jamais connu en autrui. La même rage. La même colère. Une âme plus détruire que la sienne, plus noire également. Et ça l'attire. Ce petit côté bad boy a raison d'elle, surtout quand il énumère tout ce qu'il peut aimer chez elle alors qu'il est descendu du ring et qu'il s'est approché d'elle. Un peu trop près sans doute. Elle est au bout de sa vie Lou. Elle pourrait reculer pour mieux lui faire face mais elle tient bon, le laissant s'approcher de sa zone de sécurité. À cette distance, elle se serait mise à ruer, à mordre et à frapper, afin de mieux éloigner. Mais non, elle reste figée ainsi. Droite, digne, forte et une putain d'âme d'adolescente qui flanche un peu trop fort. Surtout quand il demande si elle le déteste toujours. « BIEN SÛR ! » Elle a rien à faire d'être bruyante, et elle lâche un grognement quand il effleure sa joue. Pourtant, elle n'esquisse aucun geste pour l'envoyer chier. C'est devenue une guimauve la petite Lou. Surtout quand il énumère tout ce qu'il aime chez elle, s'approchant encore plus. Lou le fixe en fronçant les sourcils mais ne rompant pas la distance. Elle n'a pas peur de lui mais plutôt d'elle-même, de ce qu'elle se met soudain à désirer un peu trop fort. La proximité de l'autre, chose qu'elle n'a jamais connu auparavant. « Nous sommes peut-être pareils mais tu n'en demeures pas moins débile. » Pourtant elle est là, le jaugeant. La pique pour masquer la vérité de ses propos. Jusqu'à ce qu'il finisse par lui dire de venir, évoquant d'aller manger un morceau. Encore à nouveau, son coeur s'emballe. Elle a beau être une furie, elle ne demeure pas moins une jeune fille se proposant un rendez-vous. « C'est un rencard c'est ça ? » Qu'elle finit par demander sur un ton hargneux. Elle sait pas être aimable. Elle s'est trop habituée à le traiter de con. « Parce que si ça en est pas un, je rentre chez moi !! » Bien sur que c'est du pipeau. Elle crève d'envie de rester même quand il évoque la douche et le fait qu'elle vienne lui savonner le dos. L'idée est alléchante mais Lou a une fierté, a un amour de soi assez costaud. Alors pour seule réponse, elle préfère le pousser de toutes ses forces « Arrête de prendre tes désirs pour de la réalité princesse !! Et va te laver tu pues les égouts !! » Néanmoins, si elle s'indigne, le sourire est apparu pour la première fois depuis qu'elle est arrivée. Ses conneries la font sourire et Lou ne peut s'en empêcher. C'est plus fort qu'elle. Si elle s'était écoutée, elle l'aurait accompagné, elle l'aurait sans doute menacé de lui frotter le dos avec la brosse à chiottes. Mais l'inverse aurait été drôle : Lou se découvre de nouvelles envies. Celle de faire plaisir à l'autre, de profiter d'un temps de répit. Un temps de paix. L'épisode de la rencontre paraît si lointain.

Et finalement, ils se retrouvent face à face. Dans ce snack où elle a d'abord levé un sourcil de bourgeoise en se demandant s'il la prenait pour une pauvre. Mais le fait qu'elle lui tient la main a suffi à taire la démone. Lou ne dit rien se contentant de garder sa paume liée à la sienne tandis qu'elle commande avec nonchalance. « J'hésite. Alors je vais prendre un burger triple fromage taille XXL avec des onions rings et des frites. Est-ce qu'il est possible d'avoir des nuggets, au cas où j'ai un petit creux pendant le repas ? » Dit-elle, avec un air sérieux. Quand elle a faim, elle mange. Elle ne compte pas ruiner Alaric mais elle a besoin de bien grandir, aussi la nourriture est primordiale même quand elle est avec un garçon, qu'il l'observe d'un air voulant tout dire. « Quoi !? T'as cru que je mangeais de la salade comme une vache ? » Elle exhibe un biceps finement musclé de son bras libre. « Faut entretenir ces petits bijoux ! » Dit-elle avant de déposer amoureusement un baiser sur le haut de son bras finement taillé par des années de sport. Elle en est fière mais elle ne s'en vante pas trop. Elle est quand même stressée d'être avec Princesse Richie surtout quand ils prennent place, qu'il s'attend à ce qu'elle mange comme un ogre. Ça lui vaut un regard noir tandis qu'elle prend délicatement une nugget et entreprend de la manger le petit doigt en l'air. « Je suis une lady ! Je fracasse des nez au calme mais je mange convenablement ! Tu devrais en faire de même, t'as la sauce qui dégouline ! » Lui dit-elle alors qu'ils ont commencé à manger. « J'te préviens ! Je mange lentement. L'élégance demande d'être patient ! » Continue-t-elle à dire en mangeant un morceau de hamburger délicatement. Ce qui contraste avec la fougue incontrôlée habituelle de la jeune fille. Là c'est une autre facette d'elle-même. Elle est bien silencieuse d'ailleurs ce soir. Elle a faim mais surtout elle est timide. Elle n'est pas habituée à tout cela. Encore moins les questions qu'il lui pose. Bien sûr que trop de temps s'est écoulé. Elle s'est languie de lui. Elle a rêvé de lui. Elle s'est promis de lui faire péter les dents un soir. Et puis l'autre soir, elle s'est imaginé qu'il la coincerait contre un mur, caressant ses cheveux avant de l'embrasser. Des tas et des tas de scénarios qu'elle a imaginé avec force et rougeur. Mais ça elle ne peut pas le dire « J'attendais de ne plus avoir mal aux côtes pour venir te casser la gueule encore une fois ! » Finit-elle par dire en souriant. Mais cette fois ci point de moqueries, ou de faux, juste un vrai sourire parce que ses propos l'amusent. Elle mange une nouvelle bouchée de son burger prenant le temps de mastiquer pour reprendre de nouveau. « En vérité, j'ai eu un peu peur de me montrer. J'me disais que t'avais plus envie de me voir après la dernière fois. Après tout, j'ai chialé comme une tapette. J'étais fatiguée, je pense, d'avoir écouté tes conneries toute la soirée. » Nouveau sourire. Elle ne parlera pas de ce qu'elle a dit, de sa solitude. De ce qu'elle ressent parce qu'elle se sent seule au monde. C'est mieux de manger des frites. C'est bon les frites d'ailleurs. Et elle en mange pas mal avec délicatesse.  « M'enfin, je suis là. Et c'est le plus important. » Elle l'observe sans rien dire et finit par ajouter  « T'étais sincère quand t'as dit que je t'avais manqué ? » Elle marque une pause, sans manger, sans boire, sans réagir autre que trouver les mots pour dire  « Parce que tu m'as manqué. Et je suis sincère quand j'dis ça. » Au cas où il viendrait à douter d'elle et de sa parole. Lou n'a pas envie qu'il pense qu'elle ment. Oui c'est vrai qu'elle dit toujours le contraire de ce qu'elle pense réellement mais pour une fois, elle dit la vérité. Alaric lui donné comme l'envie de se confier, d'en dire plus. Quelque part, elle se braque un peu toute seule.  « Enfin ça doit te faire rire tout ça. Qu'une fille riche comme moi, puisse se sentir esseulée. Tu dois te dire que c'est pitoyable, que j'ai tout et pourtant... » Elle finit par se taire mordant un morceau plus gros de son burger et ajoutant d'une voix accusatrice  « Vas-y moque toi] maintenant !!! » Déjà sa voix s'échauffer, elle passe vraiment son temps à démarrer au quart de tour.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Sam 23 Sep - 16:16


« Et prends pas la vie pour un kiwi !!! J'ai dit que je voulais te voir c'est tout !! » Diable qu’il adorait quand elle partait au quart de tour. Diable qu’il adorait quand elle s’enflammait. Diable qu’il adorait quand elle s’énervait. Diable qu’il adorait quand elle lui parlait sur ce ton. Elle était sans aucun doute la seule personne au monde à être autorisée à le faire d’ailleurs – quiconque s’aventurerait à le rabaisser, l’insulter, le frapper ou même lui manquer de respect risquait bien plus que des dents pétées et des yeux au beurre noir. Mais elle ? Elle, elle pouvait. Elle, elle avait le droit. Parce que ça l’amusait. Parce que ça le faisait sourire. Parce que ça lui plaisait. Pourquoi ? Il se moquait de savoir pourquoi, c’était un fait. Point barre. « Ta face de cul ne m'a ABSOLUMENT pas manqué ! » Mais oui, bien sûr. Il sourit tout en l’observant. Il ne lui a pas du tout manqué, qu’elle dit. Alors que tout son corps crie le contraire. « Ta voix mélodieuse m’a manqué, moi, » qu’il la taquine. Non, il n’entre pas dans son jeu. Il ne l’insulte pas. Il ne lui crie pas dessus. Il ne l’agresse pas – ce temps-là est révolu, n’est-ce pas. Mais il la cherche, il la charrie, il la charme, il la travaille au corps parce que clairement, c’est ce qui la fait rager, c’est ce qui la fait réagir. « Nous sommes peut-être pareils mais tu n'en demeures pas moins débile. » Débile, vraiment ? Peut-être bien. Après tout, seul un débile peut accepter qu’une femme lui parle ainsi. Seul un débile peut accepter qu’elle le traite de sac à chiasse et de tête de cul. Seul un débile peut se sentir attirer par une femme qui jure comme un bonhomme. Diable qu’il a envie de l’embrasser quand elle jure, quand elle crie, quand elle ronchonne et quand elle cache ses vrais sentiments à travers ce comportement. Elle est sans doute une énigme aux yeux de beaucoup de personnes, et sans doute que peu de ses proches ne discernent véritablement la vraie Lou. Pourtant, lui il a le sentiment de l’avoir cernée – suffisamment pour la supporter et encaisser les coups. Diable qu’il a envie de la soulever et de l’emmener à la douche avec lui, la dépoiler et lui montrer qui c’est le bonhomme. Mais il n’en fait rien. Quand même. C’est un voyou, mais c’est un gentleman. Faut pas déconner. « C'est un rencard c'est ça ? Parce que si ça en est pas un, je rentre chez moi !! » Diable qu’il adore l’avoir près de lui. Diable qu’il adore l’écouter. Diable qu’il adore percevoir sa douceur à travers sa brutalité. « C’est un rencard, Princesse. Puisque tu sembles être incapable d’être loin de moi, et que je semble incapable de résister à cette bouche, » qu’il ajoute en posant son regard sur la dite-bouche tout en se mordant les lèvres. « Arrête de prendre tes désirs pour de la réalité princesse !! Et va te laver tu pues les égouts !! » Il éclate de rire avant de tourner les talons. Car, c’est plutôt vrai. Après trois heures d’entraînement intensif, il peut sentir le chacal, signe qu’il a bien bossé. Sous la douche, il ne pense qu’à elle. Sous la douche, il pense à sa vulnérabilité, autant qu’à sa force. Sous la douche, il pense à sa douleur, autant qu’à cette lueur d’espoir qu’il perçoit dans son regard quand il y plonge le sien. Il n’est pas un homme romantique, et il n’est certainement pas un homme capable de comprendre les femmes. Mais Lou, il arrive à la comprendre. Car au fond, ils sont exactement pareils. Des blessures. Des plaies. Une souffrance qui ne les quitte pas. Sous la douche, il pense à Lou. Sous la douche, il pense à elle. Sous la douche, il comprend que cette gamine de seize ans, qu’il a choisi pour cible un soir de pleine lune, qui lui a foutu une sacrée raclée, va bouleverser sa vie bien plus qu’il ne le voudrait.


« J'hésite. Alors je vais prendre un burger triple fromage taille XXL avec des onions rings et des frites. Est-ce qu'il est possible d'avoir des nuggets, au cas où j'ai un petit creux pendant le repas ? » « Je t’imagine bien bouffer comme un ogre. Ouais, je t’imagine bien manger comme un bonhomme. » « Quoi !? T'as cru que je mangeais de la salade comme une vache ? Faut entretenir ces petits bijoux ! » qu’elle lui dit en embrassant l’un de ses petits bijoux en question – à savoir ses biceps. Ce à quoi il répond en lui montrant le sien. Non, ils ne jouent pas dans la même catégorie et c’est avec un large sourire qu’il lui cloue le bec. Mais c’est sans compter sur la délicatesse de Princesse Lou – une princesse qui jure comme un bonhomme, une princesse qui doit cracher comme un bonhomme et une princesse qui doit lâcher des pets digne d’un bonhomme. Le coup qu’elle lui administre sous la table le surprend, et il doit bien admettre que PAF ça fait mal. Il relève la tête vers le serveur et d’une voix mal assurée – où es-tu passé VIRILITE ???? – il commande. « Euhhhh, du poulet tikka masala… MASALA ! » qu’il répète plus fort mais ça sonne étrange. Il la regarde, furibond et vexé mais diable il a toujours envie de l’embrasser et de lui ôter ce sourire satisfait. Au lieu de cela, il attend patiemment que leurs commandes débarquent et un jeu de regard qui tue débute entre eux. Ni l’un ni l’autre n’a envie de baisser le regard, et ni l’un ni l’autre n’a envie de se rabaisser. Trop fiers. Trop têtus. Enfin, la bouffe arrive – sinon il allait lui ôter ce sourire pour de bon et lui faire grimper la tension en deux temps trois mouvements. « Je suis une lady ! Je fracasse des nez au calme mais je mange convenablement ! Tu devrais en faire de même, t'as la sauce qui dégouline ! J'te préviens ! Je mange lentement. L'élégance demande d'être patient ! » « L’élégance, toi ? » qu’il réplique en avalant une grosse part de son plat – en effet, la sauce dégouline mais ça fait son charme et il n’en a rien à foutre. « Quand je te regarde, c’est franchement pas le mot qui me vient à l’esprit. Non. Vraiment pas. Mais prend ton temps, Princesse. J’adooooore te regarder manger, » qu’il ajoute en ne la quittant pas une seule fois du regard. Charmeur encore, charmeur toujours. Quand elle mange, il peut voir ces lèvres qu’il rêve de dévorer en action – et aussi taré que ça puisse être, ça l’émoustille. « J'attendais de ne plus avoir mal aux côtes pour venir te casser la gueule encore une fois ! » Il continue de dévorer son propre repas tout en acquiesçant comme si elle venait de lui sortir un truc normal. « T’as bien raison. Faut muscler ces petits bijoux, parce que là… tu ne vas pas aller bien loin, Princesse. T’es partie avant que je ne te montre comment faire l’autre fois. Mais tu sais, ma proposition tient toujours, » qu’il lui dit avec un clin d’œil. « Je ne te promets pas que tu pourrais me péter la gueule de nouveau, mais au moins le prochain qui essaiera de te voler tu sauras l’accueillir, » et quelque part au fond de lui il espérait qu’elle n’aurait jamais à croiser un autre voleur que lui. « En vérité, j'ai eu un peu peur de me montrer. J'me disais que t'avais plus envie de me voir après la dernière fois. Après tout, j'ai chialé comme une tapette. J'étais fatiguée, je pense, d'avoir écouté tes conneries toute la soirée. » Il rit de bon cœur. Quelle baragouineuse. « M'enfin, je suis là. Et c'est le plus important. » Ouais, c’est vrai. Elle est là, elle bouffe comme une princesse et lui comme un affamé. Tout est bien qui finit bien. « T'étais sincère quand t'as dit que je t'avais manqué ? » Ouais. Mais il se contente de la regarder la bouche pleine. « Parce que tu m'as manqué. Et je suis sincère quand j'dis ça. » Oui, elle l’est. Il le sait. Depuis qu’elle a ouvert la bouche tout à l’heure en fait. « Enfin ça doit te faire rire tout ça. Qu'une fille riche comme moi, puisse se sentir esseulée. Tu dois te dire que c'est pitoyable, que j'ai tout et pourtant... » N’importe quoi. « Vas-y moque toi maintenant !!! » Il avale enfin son repas et a la galanterie de s’essuyer la bouche avant de parler – quand même. « Pète un coup, Princesse. Souffle. Respire. Sérieusement… je n’ai pas envie de me moquer de toi, là. Je sais que je t’ai manqué – je l’ai su dès que t’as ouvert cette bouche malpolie. Et oui, j’étais sincère quand je t’ai dit que tu m’avais manqué aussi, » qu’il ajoute en se penchant plus vers elle. « Ta petite bouche insolente. Ton regard de tueuse. Cette voix si délicate. Ces mots d’amour que tu me balances à la gueule. Comment pourrais-tu ne pas me manquer ? » qu’il continue en lui capturant la main, l’empêchant clairement de faire le moindre mouvement brusque – comme le gifler par exemple, elle en aurait été capable, la tigresse. « La violence te rend incroyable sexy, Lou Morland. La fragilité aussi, » qu’il ajoute sur un ton plus sérieux. Parce qu’elle est brute de décoffrage, mais que sa peur est tout aussi palpable que sa colère. « T’es pas la seule à te sentir seule. T’es pas la seule à être en colère. T’es pas la seule à jouer des poings pour cacher tes émotions. T’es pas toute seule, » qu’il insiste sur ces mots. « Et puisque tu as l’impression de t’être livrée un peu à moi, je vais te rendre la pareille. Un peu. Mes parents m’ont abandonné à la naissance. Et aucune famille n’a jamais voulu m’adopter. Pas mal comme solitude, non ? » qu’il termine en riant légèrement. Il ne l’a pas dit pour obtenir sa pitié ou sa peine, mais pour qu’elle comprenne qu’elle n’était pas seule, plus seule. Qu’elle comprenne qu’ils n’étaient pas si différents. Qu’elle comprenne qui il était. Pour la première fois de sa vie, il avait envie qu’une personne le connaissance, qu’une personne le voit tel qu’il était.

Il avait envie d’être quelqu’un, pour quelqu’un. Et si c’était Elle ?


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Lou Morland
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Mar 3 Oct - 20:06

Elle ne fait pas dans la délicatesse. À vrai dire, elle ne connaît pas ce mot. Lou sait se comporter comme une Lady. Elle a appris à savoir manger dans un restaurant gastronomique tout en sachant s'empiffrer dans un mcdo gras à souhait. Mais le plus important est qu'elle garde une certaine classe, cet aspect digne de tout Morland qu'elle veut pourtant éradiquer. Hélas, elle ne peut nier ses origines et son vécu. Et face à Alaric, elle ne peut qu'être un mélange de Princesse et de Bûcheronne. Surtout dans sa façon de manger et dans sa façon de parler. Car oui, elle est toujours aussi brut de décoffrage et ne peut pas s'empêcher de malmener comme elle le peut ce mec. Il l'énerve. C'est bien simple, elle a envie de lui casser la figure, de réduire ce visage en miettes pour faire disparaître ce sourire goguenard. Cependant, il l'attire tout autant et ça l'enrage encore plus. Ça la ramène à tant d'émotions diverses, à sa solitude et au fait qu'elle a besoin de lui. C'est aussi simple que ça. À l'inverse de ses amis, de sa famille, Lou s'est découvert cette envie, ce besoin de le revoir, de retourner là où elle a fait preuve de fragilité, de se montrer un peu trop en ayant l'impression de ne pas en avoir fait assez. Ce mec... C'est terrible mais il lui procure tant de sentiments contradictoires. C'est aussi un sentiment agréable comme un sentiment de peur. Celle de l'abandon et de se tromper. Et s'il voulait carrément la racketter comme il le voulait initialement ? Les possibilités sont nombreuses mais seule la jeunesse lui offre un avenir plus doré, effaçant toute crainte en se étant la même durant ce repas singulier. Lou elle insulte, elle mange, elle jette des regards noirs, elle mange, elle donne des coups sous la table, elle mange, elle est insupportable et insulte quand il ose contester son élégance quand elle est à table, elle mange encore, elle rit d'entendre Alaric perdre toute virilité en prenant sa commande. « Tu aimes bien le tikka masala toi... » Qu'elle lui murmure d'une voix amusée tandis qu'elle enfonce ses dents dans son hamburger. C'est d'ailleurs très bon par ici. C'est même mieux que le restaurant gastronomique où vont souvent ses parents. Mais ça doit être parce qu'elle est en bonne compagnie. Quand bien même, il ne cesse de l'enrager surtout quand elle explique pourquoi elle est revenue. Sa réponse la fait sourire de plus belle « Je te signale que je t'ai mis la race sans avoir été préparée. J'aurais pu te faire mal. » Et c'est étrange de se dire qu'elle parle avec celui qui a osé vouloir la voler. « Mais je dis pas non à un nouveau cours. » Ça veut dire le revoir. Et ça, elle en a très envie. Aussi jeune qu'elle est, l'insouciance réside dans son regard. Elle est parfois un peu trop innocente mais n'en demeure pas moins attachante. On aime Lou pour ce qu'elle est, pas pour ce que l'on aimerait qu'elle soit. « Je te ferai pleurer comme une fillette, Princesse. » Finit-elle par dire en se mettant à rire et en mimant des gestes de kung-fu et en poussant un cri de ninja. Voilà qu'elle s'imagine déjà. En plus avec les gants de boxe. La seule chose qu'elle n'utilisera pas c'est le sac de boxe. Elle trouve que ce machin, c'est mauvais. Ça a libéré trop de mauvaises émotions, elle a évacué de la rage. Mais dans un sens, c'est pas plus mal, ça lui permet de se rendre compte que si elle est venue, c'est parce qu'elle en pince pour lui, qu'elle n'arrive pas à se l'ôter de l'esprit. Lou est ici et elle tient à l'expliquer, finissant par avouer qu'il lui a manqué. À vrai dire, si elle devait être honnête, la jeune fille ajouterait qu'Alaric lui a terriblement manqué, que son absence a été aussi forte que l'envie dévorante de retourner au seul endroit où elle était susceptible de le trouver.

Et elle l'avait trouvé. Voilà que maintenant, Lou n'avait plus envie de partir.

Cependant, si elle arrive à franchir le cap de l'aveu, elle se retranche trop vite derrière sa muraille aussi longue et grande que celle se trouvant en Chine, là où elle ne laisse personne la franchir. Le calme du boxeur l'apaise sur le champ. Même si ses paroles lui donnent envie de lui balancer son soda en pleine poire. Cependant, la proximité régnant entre eux lui donne encore cette fameuse sensation de papillon dans le ventre. Elle ne se sent plus et devient guimauve à chaque propos. Comment ne pas résister d’ailleurs ? Y compris quand il lui attrape la main de façon fort peu romantique. Mais sentir la paume chaude contre ses doigts suffit à rendre les battements de son cœur complètement désordonnés. Lou ne sait plus où donner de la tête, si ce n’est qu’elle se sent rougir, presque être bouleversée par ses propos. Après tout, il paraît tellement bien la comprendre. La même rage. La même solitude. La même envie d’en découdre avec le monde extérieur. Et pourtant, d’en arriver à éprouver le besoin de l’autre. Lou a envie d’avoir quelqu’un. Juste une seule personne en qui croire et espérer, qui verra en elle la simple Lou et non pas la fille de riche, celle qui a une belle voiture, celle qui est la fille de mais n’appartient, finalement, à rien. Elle en apprend un peu plus sur Alaric. C’est triste finalement et la brune mâchouille ses frites en l’observant. Ça lui fout la haine envers les autres, envers ceux n’ayant pas été capable de l’aimer, de savoir regarder au-delà de l’apparence. « Ce sont des connards. » Finit-elle par dire, sa main prise dans l’étau de celle d’Alaric et l’autre occupé à finir son repas. « Tous. On n’abandonne pas un enfant. On ne choisit pas la vie d’un autre comme si c’était un chien ou un chat dans un refuge. » Elle fait preuve d’une certaine maturité dans ses propos, se retrouvant un peu dans le sentiment de n’appartenir à rien. « Je peux comprendre ce que tu ressens. D’une certaine façon, même si nos vies sont peu similaires, nous sommes dominés par le besoin de ne pas être seuls. » Et ça, c’est bienfaiteur pour le cœur. Elle observe leurs mains liées, éprouvant une douce chaleur. « Et pour qu’on se casse la figure tout le temps. » Elle finit par rire, mais cette fois-ci, ce n’est point de la moquerie, juste de la joie pure et dure. Le bonheur d’être là. Elle finit par poser son autre main sur celle d’Alaric, la serrant doucement. « Si je le voulais, il me suffirait de saisir ta main, de me redresser et de faire en sorte que tu t’écrases au sol, par dessus mon épaule. » Ok, c’est vraiment une psychopathe. « Mais t’es gentil avec moi… Et puis, j’sais pas comment expliquer. Quand je suis assise là, j’ai cette sensation se glissant en moi, c’est doux… J’me sens heureuse, tu vois ? » Elle a même baissé les yeux en disant cela, rougissant à l’extrême. Elle est mignonne quand elle le veut. Mais Lou ne le reste pas éternellement. Ses yeux se froncent et elle finit par brailler d'une voix de stentor « Et t’as pas intérêt à me dire que t’es déjà casé. Parce que je te jure que je t’égorge sur le champ !!! » A croire qu’elle n’a rien écouté de ce qu’il lui a dit tout le long..
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Alaric Winchester
Admin Ours Brun
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MessageSujet: Re: The night we met [Alaric&Lou]   Mer 4 Oct - 19:01


Lou, c’est la fille pleine de surprises. Lou, c’est la fille pleine de contradictions. Lou, c’est la fille qui peut te casser la gueule et t’embrasser en l’espace de cinq secondes. Lou, c’est le feu. Lou, c’est l’air. Lou, c’est la terre. Lou, c’est la fille qui te donne l’impression d’être dans un boomerang 24h/24. Lou, c’est une boule de feu. Lou, c’est une chose fragile. Lou, c’est la fille qui te pète les dents, avant de t’emmener chez le dentiste. Lou, c’est la fille qui te pète les rotules, avant de t’emmener à l’Hôpital et de te tenir la main. Plus il l’écoute et l’observe, plus il la découvre et plus elle le subjugue. Plus il l’écoute et l’observe, plus il la découvre et se demande ce qu’il fout ici avec elle. Plus il l’écoute et l’observe, plus il la découvre et plus il se dit qu’il est foutu. Elle est trop jeune, trop instable, trop folle, trop délurée, trop perdue, trop perturbée. Il est trop solitaire, trop violent, trop indépendant, trop vieux, trop indélicat, trop imprévisible. A cet instant, il le sait et il le comprend comme il n’en doute pas elle le sait et le comprend, ils sont capables de s’embrasser à perdre haleine aussi sûrement qu’ils sont capables de se foutre sur la courge. Et Dieu sait à quel point il exècre la violence envers les femmes. Mais Lou, elle réveille ses instincts primaires. Lou, elle lui donne envie de tout casser comme elle lui donne envie de la rendre folle. Lou, elle lui donne envie de faire les pires conneries, juste pour la voir sourire et l’entendre rire. Lou, elle lui donne envie de devenir meilleur. Lou, elle lui donne envie de commettre des erreurs. Lou, elle ajoute de la folie dans sa vie. Lou, c’est une source de problèmes aussi assurément qu’elle est source de bonheur. Capable de le rabaisser et de l’insulter, et capable de le regarder les yeux rieurs et fascinés. Lou, elle est déjà accroc à lui, comme Alaric est accroc à elle. Lou, elle est déjà perdue, comme Alaric est déjà foutu. Lou, elle est déjà folle de lui, comme Alaric se laisse emporter par des émotions qu’il ne connait pas encore. Lou, elle prend sa place dans sa tête et dans son cœur, ni vu ni connu. Comme Alaric prend sa place dans sa tête et dans son cœur, ni vu ni connu – si tant est qu’elle en ait un. « Je te signale que je t'ai mis la race sans avoir été préparée. J'aurais pu te faire mal. Mais je dis pas non à un nouveau cours. » Oh, il ne doutait pas qu’elle puisse lui faire « mal » comme elle dit. Elle avait les ongles aiguisés, elle avait des dents de vampire et elle avait la folie nécessaire pour y parvenir. « Je te ferai pleurer comme une fillette, Princesse. » Ça, il en doutait plus. Alaric n’était pas un homme à pleurer – pas facilement en tout cas. Combien de fois cela lui était-il arrivé ? Une ? Deux ? A vrai dire, il ne s’en rappelait même pas… Non pas qu’il fut insensible – quoique – mais on savait s’endurcir comme il le fallait quand on grandissait seul. « Autant je ne doute pas que tu puisses faire mal quand tu en as envie – vraiment envie – autant je doute que tu puisses faire pleurer qui que ce soit, » qu’il lui dit en souriant, narquois et sûr de lui. Qu’elle essaie seulement, et elle aurait mal. Et elle pleurerait. Elle le haïrait. Elle le maudirait. Elle lui arracherait les yeux. Elle lui arracherait les couilles. Ouais, elle était bien capable de l’étriper et de faire passer ça pour un simple accident. Fout qu’il était.

« Ce sont des connards. » En effet. Des connards. Le monde entier était des connards. « Tous. On n’abandonne pas un enfant. On ne choisit pas la vie d’un autre comme si c’était un chien ou un chat dans un refuge. » Tiens, ils avaient un nouveau point commun – la vache ! – et ce n’en était pas un petit. Alaric allait souvent au « refuge » pour jeunes, un endroit qui n’existait pas quelques années plus tôt, mais un endroit important et salvateur pour ces jeunes qui n’avaient plus de maison, plus de famille, plus personne, plus rien. Si lui avait trouvé Dan – un homme qui lui avait ouvert les bras comme les portes de chez lui – d’autres n’avaient pas eu cette chance. Et à ses yeux, c’était toujours trop injuste. A sa manière, il essayait d’aider comme il le pouvait ceux qu’il rencontrait au refuge. Voler, c’était aussi gagner l’argent nécessaire pour eux. « Je peux comprendre ce que tu ressens. D’une certaine façon, même si nos vies sont peu similaires, nous sommes dominés par le besoin de ne pas être seuls. » Ne pas être seul. Il faisait absolument TOUT ce qu’il pouvait pour rester seul. Il estimait devoir rester seul. Il estimait être mieux seul. Il estimait être plus heureux seul. Vraiment ? La solitude, il y était habitué. La solitude, il l’avait accepté. La solitude, c’était la certitude de ne pas être déçu. Mais la solitude, elle lui avait fait du mal. La solitude, il l’avait haï. « Et pour qu’on se casse la figure tout le temps. » Sourire. Oui, ça, ça lui parlait plus. Se casser la figure, c’était quasiment son gagne-pain. Recevoir les coups. Donner les coups. Il n’éprouvait pas de plaisir dans le fait de faire mal à autrui, il éprouvait du plaisir dans le fait de déverser toute la colère, toute la rancœur, toute la haine qu’il avait accumulé depuis sa naissance. La boxe était un exutoire et un excellent exercice pour Alaric – ainsi, il travaillait sur lui-même et il apprenait beaucoup de choses sur la vie. Par contre, les rixes verbales et le corps à corps avec Lou… ça lui procurait des frissons d’anticipation qu’il n’aurait jamais soupçonné connaitre un jour. Non, il ne voulait pas lui « faire mal ». Non, il ne voulait pas « la battre ». Mais elle éveillait ses instincts primaires et sauvages. Tant mieux, il n’avait jamais été doux. Il n’était pas né pour être doux. Il n’était pas constitué pour être doux. « Si je le voulais, il me suffirait de saisir ta main, de me redresser et de faire en sorte que tu t’écrases au sol, par-dessus mon épaule. » « Prends pas la vie pour un kiwi ! » qu’il lui balance à la gueule l’air outré, avant de sourire. « J’ai dit que je te croyais capable de faire mal, mais de là à pouvoir me faire passer par-dessus ton épaule… » qu’il lui dit en regardant ses bras – musclés certes, mais la bonne blague à côté des siens. « Mais t’es gentil avec moi… Et puis, j’sais pas comment expliquer. Quand je suis assise là, j’ai cette sensation se glissant en moi, c’est doux… J’me sens heureuse, tu vois ? » Ouais, il voit. C’est con. C’est stupide. C’est ridicule. C’est incompréhensible. C’est de la merde. Mais il voit. « Et t’as pas intérêt à me dire que t’es déjà casé. Parce que je te jure que je t’égorge sur le champ !!! » Il éclate de rire, non seulement parce qu’elle est méga sérieuse, qu’elle change de voix et qu’elle lui offre son regard le plus sombre. Et qu’elle est adorable, la petite peste. « Juste pour ça, là, ton regard de feu, tes joues rouges et cette folie qui t’anime quand tu t’enflamme… j’adorerais te dire que je suis casé. Mais je suis pas de ce genre-là, moi. L’amour, je connais pas trop tu vois. Mais si je suis avec quelqu’un, je suis avec personne d’autre. Je suis pas du genre partageur, » qu’il lui explique naturellement. Pas même la bouffe. Pas même sa moto. « Par exemple, ça ne me plairait pas trop de te partager, tu vois. Quand tu t’enflammes comme ça, je veux que ça soit pour moi. Tes yeux de tueuse, je les veux pour moi. Tes mots d’amour, je les veux pour moi. Tes menaces bidons, je les veux pour moi. Cette sensation qui se glisse en toi et que t’appelle le bonheur, je veux être le seul à te faire cet effet, tu vois. Ça te va ? » qu’il lui dit simplement en caressant l’intérieur de son poignet à l’aide de son pouce, c’était étrange à quel point le pouls pouvait être fortement perceptible à cet endroit. Surtout en ce moment. Oui, il adorait l’effet qu’il avait sur elle – bon et mauvais. Oui, il voulait être le seul à avoir ce pouvoir. Oui, elle réveillait sa possessivité. Oui, elle réveillait beaucoup d’autres choses. Un silence s’installe, le temps qu’ils savourent la caresse qu’il lui offre. Le temps qu’ils savourent le regard qu’ils échangent. « Tu manges vraiment comme une Princesse. T’as l’intention de finir, ou bien ? Histoire qu’on s’en aille. Quelque part. Où tu veux. Quand tu veux, » qu’il ajoute, charmeur et taquin. « A moins que t’aies un couvre-feu ? » qu’il lui demande encore taquin – après tout, elle a 16 ans. Et il était déjà quasiment vingt heures. « Je t‘aurais bien ramenée. Mais j’ai eu un petit problème de voiture ces derniers jours. Y a une Princesse qui a refusé de me prêter la sienne, » qu’il plaisante l’air de rien. Il avait bien repéré la petite moto – mobylette ? – garée juste devant le resto’. Partir avec serait un jeu d’enfant. Partir avec, Lou derrière lui, serait plus excitant.

Une fois qu’elle eut fini son repas – alléluia – il dépose les billets sur la table et lui attrape la main, la tirant sans ménagement de là. Elle râle, elle mord, elle s’enflamme comme il adore, mais il est un trop costaud et trop ferme pour elle. Hé ouais. « J’espère que t’aimes l’adrénaline, Princesse. Parce que je vais t’en offrir une bonne dose, » qu’il lui promet d’une voix douce avant de sortir et de se pointer vers la mobylette – ouais, une moto de vieux sérieusement, mais peu importait, ce n’était pas le but, ce n’était pas ce qui l’attirait. Non, c’était exaltant de prendre quelque chose qui ne lui appartenait pas, de se l’accaparer, de le posséder et d’enfreindre un peu la loi. En deux secondes, il parvient à la faire démarrer. Il s’installe et perçoit déjà le « vieux » en question qui court dans le resto’. « Alors, tu te dégonfles ? Ou tu me suis ? » qu’il adresse un sourire à Lou. Le temps qu’elle se décide et qu’elle grimpe derrière lui, le « vieux » a presque le temps de lui tirer les cheveux avant qu’ils ne démarrent en trombe et dégagent de là – aussi vite que la mobylette le permet, c’est-à-dire… la bonne blague. « Je crois que j’ai trouvé mon nouveau moyen de transport pour le reste de ma vie, » qu’il plaisante en riant légèrement, bêtement heureux et fier de lui, Lou derrière lui qui s’accroche comme si sa vie en dépendait, et ses cheveux au vent. Ouais, il était heureux le con, pour la première fois depuis bien longtemps.

« Bon, d’accord. C’était pas LA balade de ta vie. Celle-ci, je te l’offrirai peut-être sur MA moto. Mais je te défie de me dire dans les yeux que ça t’a pas plu… » qu’il lui dit tandis qu’il descend de la mobylette pour lui faire face. Il s’est arrêté près de la plage, vers Venice Beach, vers chez lui, et vers un endroit tranquille. Parce qu’il avait envie d’être tranquille. Parce qu’il avait envie d’être avec elle. Seul. Seuls. Ensemble.

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