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 Cette force de penser que le plus beau reste à venir [Taylor&Mia]

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Mia Hemingway
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MessageSujet: Cette force de penser que le plus beau reste à venir [Taylor&Mia]   Mar 2 Mai - 20:47

Les choses avaient changé. Tout avait évolué vers du positif, vers une atmosphère bien plus sereine et plus douce. A croire que l’année nouvelle s’était présentée sous ses meilleurs hospices, que le bonheur lui souriait enfin. Mia se sentait rayonnante de joie, profitant d’une vie nouvelle s’offrant à elle. Elle revivait. Elle se sentait redevenir humaine, côtoyant le monde se trouvant autour d’elle avec une aisance qu’elle avait cru, fut un temps, oubliée. Le naturel revenait au galop. Il était facile de sourire. Il était facile de rire. Il était facile de tendre les bras pour laisser l’enfant ou l’homme s’y blottir. Mia avait redécouvert l’amour. Elle avait tant retrouvé… Tant de sensations. Tant d’émotions. Toutes si belles les unes des autres. Elle, qui pourtant ne croyait plus en rien. Elle se  redécouvrait être ce qu’elle avait été autrefois. D’un temps qu’elle avait cru révolu.  Quand Raphaël était encore là, quand il était encore ce mari exprimant l’amour par l’usage des poings. Désormais, tout cela était fini. Et maintenant, elle jouissait d’une existence paisible auprès de Derek et de sa fille. Elle était si heureuse, si naturelle, si belle dans cet halo de félicité. Elle appréciait chaque détail de sa nouvelle vie, appréciant de se réveiller blottie contre ce deuxième corps se trouvant contre le sien. Avec Derek, Mia avait redécouvert que la main se levant n’était pas forcément celle qui s’abattrait dans une claque humiliante et tellement dévastatrice. Bien au contraire, elle avait appris que la main pouvait effleurer la surface de son épiderme, provoquant d’intenses frissons dans la beauté d’une douce caresse. Dans un sens, elle avait redécouvert l’amour dans sa forme la plus pure et la plus innocente, apprenant de nouveau à avoir des amis, une famille. Tout ce en quoi Raphaël Grimes l’avait privé, la plongeant dans un monde de violence et de noirceur où elle avait atteint, parfois, des points de non-retour, à avoir envie de tout arrêter, à avoir la conviction ultime qu’elle n’avait définitivement pas sa place sur cette Terre désolée. Heureusement qu’elle avait cru en l’espoir d’une vie meilleure. Parce que désormais, le plus beau de l’existence humaine était devenu son quotidien.

Et ce matin, comme depuis quelques temps déjà, la brune s’était levée avec cet éternel sourire. Elle avait délicatement enlevé le bras entourant sa taille avant de se lever discrètement. Mais Derek avait le sommeil bien léger et forcément, il ouvrit un œil « Tu te lèves déjà ? » Parce qu’on était dimanche après tout. Un temps où ils pouvaient se reposer un peu, dormir plus sans craindre le réveil qui emmènerait Lily à l’école. « J’ai rendez-vous avec Taylor au parc. On va se faire une séance de sport entre filles. » Mia regarda l’homme s’éveiller doucement, et l’observer avec un sourire un brin… moqueur. « Derek Bullock, serais-tu en train de te moquer de ma comparse et moi-même… ? » Il se mit à rire et l’attira à lui pour la serrer doucement contre lui. « Je n’oserai jamais voyons… » Il était différent de Raphaël, si doux et si gentil. Finalement, elle avait eu raison de croire en lui, de choisir l’infirmier à la place du mécanicien. Le bonheur n’était plus le même. « Je serai de retour très vite. A tout à l’heure. » Elle déposa un baiser sur sa joue et se leva, allant se préparer dans la salle de bain. La douche lui fit du bien et la réveilla un peu plus. Puis, elle enfila un survet et un tshirt bien décidée à aller un peu souffrir en compagnie de Taylor.

Depuis leur conversation à Noël, les choses avaient bien évolué entre elles. Elles étaient devenues des amies, proches autant pour  l’une que pour l’autre, elle était la seule amie pour Mia. Petit à petit, elle se laissait apprivoiser par le monde l’entourant mais il est vrai que Taylor, plus qu’une autre, avait réussi à atteindre cette muraille qu’elle avait construit autour d’elle au fil du temps. Elle était, par conséquent, la seule à avoir été au courant pour son mariage raté, pour les coups que l’homme lui avait porté tout au long de leur vie commune, de sa fuite, de son changement d’identité. Et bien plus tard, Mia lui avait appris qu’il l’avait retrouvé, qu’il avait été ignoble envers elle et Derek. Elle avait placé sa confiance en Taylor et c’était à un tel point que son amie avait été mise au courant de ce que Raph avait fait, de s’en prendre encore à elle physiquement, de tirer deux fois sur Derek. Un geste terrible lourd de conséquence et pourtant Mia n’avait pas su porter plainte, avait demandé à Derek de ne pas dénoncer son mari. Elle avait ses raisons. Elle était persuadée que la fautive dans cette histoire c’était aussi elle. Mia n’avait jamais su mettre le holà face aux coups, elle n’avait jamais, d’emblée, fait le nécessaire pour que tout cesse. Et puis, son mari l’avait laissée s’en aller et maintenant, c’était bien mieux sans lui. C’était une toute autre manière d’apprécier l’existence. Et Taylor avait été d’une aide précieuse, reboostée par le retour de son mari revenu d'entre les morts à la surprise générale. Cette dernière s’était proposée à lui apprendre quelques techniques d’autodéfense, non pas que Mia craignait le retour de Raph’. Mais il y avait des traumatismes qui ne partaient pas. Qui ne partiraient jamais d’ailleurs… « Salut Tay ! » S’exclama-t-elle lorsqu’elles se retrouvèrent dans le parc, s’étreignant brièvement. Tout avait changé depuis Noël, le sourire était bien plus grand, plus évident. Elles étaient comme métamorphosées. « J’ai bien cru que Derek ne me laisserait jamais partir. » Et elle se mit à rire, nullement convaincue par ses propres propos. Derek était si compréhensif et si aimant. Forcément, il lui laissait une grande liberté que la confiance maintenait. « Tu vas bien toi ? Prête pour transpirer ? » Parce que Mia elle, était d’attaque, décidée à devenir forte, à supprimer de sa mémoire tous ces instants où la faiblesse avait été sa façon d’exister. Pendant bien trop de temps d’ailleurs…
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Taylor Sullivan Argent
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MessageSujet: Re: Cette force de penser que le plus beau reste à venir [Taylor&Mia]   Sam 6 Mai - 18:18


" ABOUT TO BECOME A NUTS CRACKER "



Les choses avaient beau avoir changé, et la vie de Taylor avait beau s’être éclairée comme jamais, il y avait toujours des moments où de gros connards venaient vous prendre la tête. Et Madame Sullivan avait beau être la femme la plus heureuse du monde dernièrement elle n’en demeurait pas moins, comme tout le monde, une femme à la patience limitée mais surtout le genre de nana qu’il fallait pas faire chier.
Oui, oui, faire chier. Ce vocabulaire-ci, ne me pardonnent vos yeux chastes.

Alors qu’elle se trouvait joyeusement dans sa voiture et en route pour le parc, la brune respirait la joie. Sa vie avait pris un tournant nouveau et le soleil brillait intensément dans sa vie. Avec le retour de Seth, et malgré leurs soucis d’ajustement et les problèmes de couple qui allaient avec, Taylor savait, mieux que quiconque la chance qu’elle avait. Elle affrontait donc les problèmes et la situation avec force, courage, détermination et surtout bonheur. Elle était prête à souffrir tous les maux pour qu’elle et Seth puissent se retrouver. Et aucune dispute n’équivaudrait jamais à la souffrance qu’elle avait enduré lorsqu’elle l'avait cru mort. De plus, depuis quelques jours les choses allaient mieux, elle se prévoyait même un petit voyage avec son revenant de mari. Un voyage en amoureux, histoire de se retrouver. Bref tout allait pour le mieux et même la circulation exaspérante n’entravait rien à sa joie. Sauf que…

Le feu passait enfin au vert. Après une attente interminable. Il passait enfin au vert ! Et tandis qu’elle s’apprêtait enfin à pouvoir avancer, une vieille dame traversa la route en compagnie de son bien aimé déambulateur. Des vieux qui traversent alors que c’est rouge pour eux… ça a de quoi foutre les boules. Certes. Mais que pouvait-elle bien y faire ? Écraser la vieille et finir en prison ? Non. Il y avait un voyage en amoureux à préparer. Prendre son mal en patience et attendre que mémé ait fini de traverser. Oui, voilà. Retentit alors le premier coups de klaxon, suivit rapidement d’un second, beaucoup plus long. Jetant un coup d’oeil dans son rétroviseur central, Taylor secoua la tête. Ce gros type à moustache avait l’air bien nerveux. « Calme-toi gros, je peux rien y faire. Ou alors chope-toi une batmobile… » Marmonna-t-elle pour elle-même.
Ah ! Enfin. Elle démarra puis continua sa route. Malheureusement, Magnum semblait aller dans la même direction, et considérant que Taylor allait décidément trop lentement pour lui, il cherchait par tous les moyens à la doubler. En vain, aux vues de la circulation actuelle, vraiment dense. Lentement mais surement, le type commençait à lui chauffer les oreilles. Autre feu, autre tentative pour la doubler, nouveaux coups de klaxon. Respire ma belle… respire… S’énerver ne sert à rien…

Soudain, le parc en vue et hourra ! Une place de parking. Allez, c’est parti, hop, on met son clignotant et…
D’un coup sec la jeune femme tira le frein à main. L’autre klaxonnait toujours comme un forcené.

« Bouge ton gros cul sale pute. » Ah ouais ?
AH OUAIS ???
Ni une ni deux, elle sortit de la voiture et se dirigea vers l’autre débile. Voyant ce petit bout de femme, habillé dans une jolie petite tenue de sport, il ne se doutait certainement pas de la furie qu’il venait de réveiller. Faisant attention à la circulation active qui ne ralentissait pas le moins du monde, elle se dirigea vers son excité du bipper.

« Qu’est-ce qu’il y a !?! Y a problème !?! T’es pressé et tu sais pas voler !?! »
Fier de son allure de gros lard macho, elle le regarda gonfler les épaules, et répliquer par la fenêtre ouverte.
« Mais bouge ton cul ou je te la pousse moi ta caisse, connasse. »
D’un coup rageur elle tapa du plat de la main sur le capot puis s’écarta au niveau de la portière en écartant les bras en signe d'invitation.
« Ah ouai ? Ben viens ! Viens la bouger ma caisse ! Sors donc que je puisse t’écraser les noix et en faire du beurre de cacahuète ! Allez ! Viens ! Viens bouger la caisse de la grosse pute ! »
Devant la colère de la jeune femme, et se rendant bien compte qu’elle n’était nullement impressionnée par son exaltante moustache, l’homme marmonna quelque chose comme « c’est bon… pas frapper une gonzesse… » Et misogyne avec ça...
Pour sa part, Taylor, toujours sur sa lancée, s’approcha un peu plus et lui glissa à travers la vitre ouverte un bien bel avertissement.
« Ecoute moi bien espèce de connard. Oui y a de la circulation, mais moi j’y peux rien d’accord. Alors c’est soit tu te la fermes, et tu me laisses me garer bien gentiment. Soit tu klaxonnes encore une fois, tu l’ouvres encore une fois, t’essaies de me doubler encore une fois, et je te jure que je t’arraches la moustache et te la fais bouffer avec tes couilles, et pas par la bouche. Est-ce que c’est clair ?! Entiendido !!! »
L’abandonnant là, elle lui déboita au passage le rétroviseur. Une furie on vous dit...

Une fois de retour devant son volant, elle enclencha calmement la marche arrière et se gara tranquillement. Mister Moustache attendant patiemment son tour pour démarrer. Bon chien.
Taylor était une fille gentille. Très gentille. Un peu fofolle, qui aimait rire, mais d’une écoute et d’une attention sans nom pour les autres. Réfléchie, amicale, c’était une perle. Mais comme toute créature de Dieu elle avait aussi son coté sombre. Un véritable petit scorpion près à vous distiller son venin si on venait trop lui chatouiller les oreilles. Ça a des oreilles un scorpion ? Et avant même d’avoir compris ce qui se passait, on se retrouvait avec une neurotoxine dans le corps et en train d’agoniser. Petite, mignonne, mais terriblement létale quand on l’énervait.

Une fois garée, il lui fallut quand même un temps pour retrouver ses esprits, et se calmer. Incroyable comme il est difficile de redescendre quand on monte trop en pression. Vous savez que pour une minute d’énervement, le corps met une heure à supprimer la substance chimique (cortisol) que le cerveau a produit durant cet énervement. Une heure !!! Imaginez si on s'énerve pendant dix minutes...
Une fois garée, la jeune femme se saisit de son sac de sport puis traversa la rue afin de gagner le parc. Ce n’est qu’une fois qu’elle aperçut Mia, que la brunette se calma complètement et en oublia sa mésaventure moustachue.
« Mia ! Coucou ! Comment tu vas ? » Répondant à son étreinte, elle se mit à rire. Ah ! Le fameux Derek. Que d’histoires et d’aventures depuis Noël dernier. La vie des deux jeunes femmes avait tellement changé, évoluée et les avait balayées comme un ouragan balaye une pousse de roseau. Mais comme ces plantes, les demoiselles avait flanché, plié, mais ne s’étaient pas rompues. Et l’ouragan avait laissé place au soleil.
Taylor s’était beaucoup inquiétée pour Mia et Derek lorsque l’ex-mari de son amie avait refait surface, détruisant ce petit cocon de bonheur. Et si elle n’avait pas elle-même été accaparée par le retour de Seth, autre qu’elle s’en serait mêlée ! Elle lui aurait bien péter les dents à se cogneur de femmes ! Mais eu lieu de ça elle s’était contentée d’envoyer des fleurs et des gâteaux à l’hôpital et appeler régulièrement Mia.
Aujourd’hui, pour les jeunes femmes, la vie avait un gout plus suave. Mais elles n’en oubliaient pas moins les blessures du passé, leur amitié et ce qui les avait rapprochées. Ce parc, leur histoire respective, leur peine respective. Alors aujourd’hui chacune avait besoin de se reconstruire, que ce soit du deuil ou de la violence. Taylor se reconstruisait avec ces moments à elle, où elle pouvait aider Mia. Et pour Mia.. s’était peut-être se laisser aider. Et apprendre à rendre coups pour coups.

« Oui ça va. J’ai déjà transpiré en fait. Un connard m’a fait chier sur la route. J’ai cru que j’allais lui exploser la moustache dans son volant. » Elle se mit à rire tout en posant son sac et en y sortant quelques affaires pour la séance d’aujourd’hui. « Bon si tu es prête on fait comme la dernière fois. Un petit échauffement puis ensuite on passe à la pratique. Aujourd’hui j’ai prit des pattes d’ours. C’est ça. » Elle lui montra. « Avec les gants, t’apprends à frapper et à esquiver. En positionnant bien tes épaules comme on a vu la semaine dernière. Et ensuite, on reverra la prise de self défense. Mais priorité : apprendre à frapper et parer. Le programme vous convient Miss Oh-mon-dieu-Derek-ne-voulait-pas-me-laisser-partir. Genre ce kidnapping là serait tellement terrifiant. »
Elle se mit à rire franchement.
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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: Cette force de penser que le plus beau reste à venir [Taylor&Mia]   Ven 19 Mai - 18:36

Elle était heureuse de voir Taylor. A vrai dire, Mia était contente pour beaucoup de choses. Elle avait l’enthousiasme d’un enfant s’émerveillant de la beauté de l’existence. Elle paraissait découvrir la chance inouïe de vivre comme si soudain, elle s’était éveillée, sortant d’une hibernation forcée. Elle avait tant souffert cela dit. Et les séances de sport avec son amie lui faisait du bien. A vrai dire, la toute première fois, elle avait eu des courbatures atroces. Le lendemain, Derek s’était gentiment moqué d’elle face à ses grimaces lorsqu’il fallait tendre la jambe. Elle n’avait jamais eu une grande forme physique. Le sport avait toujours été sa bête noire au temps de ses études et le corps entier de la jeune femme n’était composée que de chair tendre et de peau laiteuse. Elle s’appréciait tel qu’elle était. De toute façon, Mia n’avait jamais été quelqu’un de coquet. Elle avait toujours été simple, n’affichant pas de personnalité ou de caractère bien à elle. Le monde l’avait englouti dans cette indifférence morne, dans ce moule auquel elle avait adhéré avec tant de facilité, malmenée et humiliée trop de fois. Désormais, toute cette mascarade était en train de cesser. Elle faisait tout pour d’ailleurs. Et les entraînements avec Taylor l’aidaient dans ce sens. L’idée venait de son amie. Et forcément, elle avait accepté lorsque cette dernière lui en avait parlé. Tout s’était déroulé bien après la visite de Raphaël chez Derek, bien après ces deux coups de feu ayant failli ôter la vie de cet homme qu’elle considérait comme son sauveur. Mia avait eu le courage de parler, de trouver les mots pour raconter ces retrouvailles effroyables. Et dire que le drame aurait pu bien vite arriver. Heureusement, la mort n’avait pas pris sa place, la vie avait continué, et ce, avec ce quotidien. Et puis, tout était bien plus facile désormais. Il était loin le temps où il fallait axer son existence qu’autour d’un seul être, elle pouvait jouir de sa liberté, de la possibilité d’aller et venir, auréolée de cette confiance que l’infirmier lui portait. Ça et tout cet amour, Mia en avait cruellement besoin.

Tout comme de ces séances de sport avec Taylor. Ça lui faisait du bien, ça lui permettait de s’aérer la tête, allié à une véritable volonté de savoir se défendre. Elle ne voulait plus vivre sous les coups, elle ne voulait plus se sentir aussi faible et misérable. Elle voulait aller de l’avant. « Je vais bien ! Je suis en pleine forme ! » répondit-elle à l’attention de Taylor. Forcément, elle ne perdit pas son temps pour raconter ce que le commun des mortels appelait « un potin de filles », à savoir que Derek n’avait pas voulu la laisser quitter la maison. Ça n’avait rien de dénigrant, au contraire. C’était de paroles si innocentes et jamais, elle n’aurait pu croire qu’elle se retrouverait à le dire avec autant de légèreté et de nonchalance. Elle s’enquit de l’état de Taylor et ne put s’empêcher de grimacer lorsqu’elle apprit toutes ses mésaventures sur le chemin. « Les gens sont parfois tendus, j’ai l’impression. » Songeuse, elle ne savait que trop dire d’autre si ce n’était que son trajet à elle s’était bien passé. « Mais au moins, tu es déjà échauffée. » Et ça c’était toujours un plus. Mia était prête cependant. Prête pour souffrir. Prête pour sentir ses muscles protester. Et attentive, elle écouta les consignes de Taylor. L’échauffement, et puis ensuite les gants de boxes. « Tout me va. » Dit-elle avec un sourire. Mia n’était pas quelqu’un de contrariant. Au contraire, elle s’adaptait avec une facilité déconcertante. Et puis, elle ne put s’empêcher de rire face à l’emploi du surnom. Quand bien même, les paroles de son amie étaient véridiques. « On en demanderait tout le temps ce genre de kidnapping. Quand bien même, ça a été dur de se motiver parce que la dernière fois, j’ai eu de ces courbatures. J’ai eu du mal à m’asseoir le lendemain. Mais ça… C’est de ma faute, je n’ai jamais été une grande sportive. J’étais plutôt « Miss-j’ai-mal-au-ventre » quand il fallait aller en cours de sport. Et puis comme mes parents ne me disaient jamais rien… Bah voilà, maintenant je souffre. » Elle plaisantait bien sûr. Elle était vraiment ravie de ces séances, de ces instants entre filles. Elle découvrait ou plutôt redécouvrait la joie d’avoir une amie sur qui comptait, en qui elle pouvait se confier sans problème. Et avec qui partager un petit peu de souffrance, comme en ce moment-même. Elles se mirent en place, commençant par un peu de course à pieds. Rien de bien méchant. Elles ne s’entraînaient pas au marathon de New York. Mais suffisamment pour que les muscles puissent être chauffés, prêts à la suite. Cela se traduisit par une série d’échauffements permettant à la brune de reprendre son souffle. Elle en manquait terriblement. Son cœur cognait dans sa poitrine et pourtant, elle n’avait pas couru longtemps. L’habitude n’y était pas. Quand bien même, Mia n’avait ni le panache, ni l’endurance de Taylor qui devait être habituée à bien plus de sport qu’elle. « Je n’en peux déjà plus. » Le rire franchit ses lèvres tandis qu’elle essayait d’atteindre ses pieds en pliant son corps en deux, au maximum. Peine perdue, Mia n’était pas souple. Au contraire, elle paraissait être raide comme un manche à balai. Ce qui était plus difficile. Au moins, cette série d’échauffements lui permit, certes, de grincer des dents, mais également de prendre des nouvelles de la jeune femme. Un peu de répit avant d’entrer dans le vif du sujet. « Et comme va ton cher mari ? Il s’accommode à son retour ici ? » Demanda-t-elle d’une voix curieuse. Elle se mettait à sa place, se disant que ça n’avait rien d’évident hélas. « Tout doit lui paraître étrange… Enfin, plus maintenant sans doute... Mais au moment d’arriver, de franchir le territoire américain et de se dire « ça y est, je suis à la maison. », ça devait être tellement bouleversant et en même temps un intense soulagement. »
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Taylor Sullivan Argent
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MessageSujet: Re: Cette force de penser que le plus beau reste à venir [Taylor&Mia]   Lun 5 Juin - 14:40


" KEEP CALM AND CARRY ON "



La journée avait déjà difficilement démarrée. Un type lui avait pris la tête en voiture, l’obligeant à se transformer en furie démoniaque et menaçante. Par chance, l’activité qu’elle prévoyait et la compagnie qu’elle avait était supposée la détendre. Et cela fonctionnait relativement bien. À peine avait-elle aperçut son amie que Taylor s’était sentie déjà plus détendue. Elle adorait Mia !! Elle adorait la jeune femme et tout ce qui allait avec. Son passé, sa vulnérabilité qu’elle avait vu transformée en force, son courage, sa détermination, son gentillesse. Non réellement, elle adorait Mia, et le temps passé à se rencontrer au parc leur avait permis de forger une belle et profonde amitié. Tandis qu’elle exposait le programme de la matinée, Mia lui répondit que tout lui convenait, elle était prête. Depuis qu’elle avait su pour les violences dont son amie avait été la victime, Taylor s’était proposée pour lui apprendre le self-defense. Ce n’était peut-être pas grand chose, et Taylor n’était pas une experte, mais elle savait au moins se défendre. Elle estimait qu’au delà de l’aspect vital de pouvoir sauver sa vie, cela renforcerait aussi la confiance que Mia pouvait avoir en elle. Et ça leur permettait aussi de renforcer leur lien et de passer du temps ensemble. « C’est parfait alors !! »
Et tandis que Mia exprimait sa pensée sur le stress des gens, Taylor lui jeta un regard d’approbation tout en réorganisant un peu leur spot d’activité. Barres de céréales de sorties en cas de coup de mou, fruits secs, eau, serviette, le tout posé soigneusement à coté du sac de sport contenant les gants de boxe et autres accessoires de torture. Elle se mit à rire. Échauffée ! Pour ça oui elle était échauffée ! Ce type l’avait tellement mise en rogne sur le moment. Il est clair qu’une bonne séance de sport la détendrait. Son rire s’accentua lorsque son amie se confia sur les courbatures de la dernière fois. Il était vrai que si Mia n’avait jamais fait de sport de sa vie… « Bah t’inquiètes pas, c’est normal et avec le temps tu en auras de moins en moins. Je te donnerais des ficelles pour moins souffrir le lendemain. Un bon bain chaud, beaucoup t’hydrater, s’étirer aussi… ce genre de choses. Mais ne t’en fais pas, ça va venir. Et après tu seras même toute fière de sentir tes muscles râler. » Du moins pour elle c’était toujours le cas. Sentir des douleurs dans les épaules le lendemain d’un entrainement, il n’y avait rein de plus agréable. Une fatigue saine.

Bientôt elles se mirent en route et commencèrent par faire le tour du parc en trottant. Un petit trot tranquille histoire d’échauffer les muscles et surtout le coeur. Toutefois Mia ne tarda pas être au bout de sa vie. Permettant à son amie de reprendre son souffle, Taylor s’arrêta et étira ses jambes. « C’est pas grave. Au début c’est toujours difficile, puis ça s’acquiert avec la pratique. C’est déjà un quart de tour de plus que la semaine dernière » Elle regarda sa montre pour confirmer les temps. Taylor s’étirait les bras quand la question sur Seth débarqua.
« Ça va. Ça va mieux disons. Au début oui ça n’a été facile du tout. » Elle marqua une pause tout en faisant signe à son amie de repartir, mais au pas cette fois. Non ça n’avait pas été facile. « Tu sais… Je sais pas ce qui s’est passé là-bas. Il en parle pas, et je comprends, je respecte ça. Mais… c’est difficile d’être compréhensive et tolérante quand on ne comprend pas et qu’on ne sait ce qu’à vécu l’autre. Et sans dire que c’est sa faute j’ai… je veux dire… en dix-huit mois où il était, pour moi, mort, j’ai eu le temps aussi de me renfermer et… »
Arrivée sur zone elle se pencha pour attraper une bouteille d’eau qu’elle tendit à Mia. « De petites gorgées. Non ça n’a pas été simple. Mais par chance le temps fait son affaire, et entre les séances de thérapie, nos engueulades et notre amour on arrive à avancer tout de même. Enfin je crois. » J’espère voulait-elle ajouter. Mais oser le dire à voix haute serait avouer les doutes qu’elle avait, et elle ne voulait pas avoir de doutes. Elle aimait Seth. Elle l’aimait plus que tout au monde et elle ne voulait pas croire que leur amour échouerait. Surtout pas à cause d’un manque de communication et de compréhension. « Ce qu’on a pu vivre ce temps là est en complet décalage avec ce qu’on avait avant. Et encore plus pour lui. Le pays, le climat, la langue, les privations… et tout le reste. C’est clair que j’ai du mal à me mettre dans sa tête dans ces moments là. Ça parait tellement insensé. Même son retour parait insensé. Comment peut-on être mort pendant des mois et d’un coup revenir à la vie. J’ai encore parfois du mal à y croire. » Non tout cela n’avait aucun sens. Elle aussi avait parfois ses terreurs nocturnes. Se réveillant en pleine nuit alors qu’elle revivait l’annonce de sa mort, voir un corps étendu prêt d’elle. Elle prenait peur et s’enfuyait dans la cuisine assaillit par les doutes. D’un air contrit elle haussa les épaules et sourit à son amie. Elle ne voulait pas se donner l’impression de se plaindre. Le Ciel l’avait bénie d’une seconde chance avec l’amour de sa vie, elle ne voulait pas passer pour l’ingrate du coin. Oui la situation n’était pas facile mais elle était toujours mille fois mieux que d’être la veuve éplorée de service.

« Bon ! Échauffement fait. Tu te sens prête pour le reste ? » Souriant à son amie elle décida alors de se mettre en parfaite condition. Pour cela elle retira sa veste. C’est alors que le cauchemar se produisit. Son téléphone glissa malencontreusement de la poche de sa veste et atterrit dans l’herbe. Mais au lieu de s’arrêter là, tout simplement, il décida qu’il était temps de se faire une petite virée. C’est pourquoi, sous le regard médusé de Taylor, le sauvage téléphone rebondit une fois, deux fois, trois fois et glissa avec grâce dans… une bouche d’égout. « Merde !!! Non !!!! »
Sous le choc et ne sachant comment réagir sur la seconde, Taylor jeta un coup d’oeil choqué à son amie. « Mais quelle conne !! » Décidément cette journée n’était pas des plus parfaite. Le Destin avait décidé de la faire chier. Entre un connard en voiture et un téléphone de perdu… Incrédule, la jeune femme s’approcha de la bouche d’égout.
Là, fier de lui, son téléphone lui faisait les yeux doux. Connard…
La jeune femme inspira profondément. Il ne servirait à rien de s’énerver. Non il ne servirait à rien de s’énerver. Le mal était fait, et en y regardant de plus prêt tout n’était pas perdu. L’archéologue en elle se réveilla. « Tu me crois si je te dis que dans cette galère y a peut-être de l’espoir ? » Elle regarda Mia et se mit à rire d’un rire jaune et nerveux. « Cette journée est vraiment merdique. Ceci dit y a pas d’eau. Et le téléphone est à un mètre à peu prêt. Si je pouvais soulever la grille… » Elle jeta un regard triomphant à son amie. « Nouvelle phase d’entrainement… Pour muscler les petits bras. Ça te dit des fouilles archéologiques ? »
C’est-y pas beau ça ?! Une séance de sport mélangée à la passion du métier au nom d’une cause virale. Après "À la recherche de l’arche perdue" nous voilà dans "À la recherche du téléphone rebelle." 
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