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 Father tell me, do we get what we deserve ? || Raphaël

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Delilah Goldstein
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DATE D'INSCRIPTION : 01/03/2017
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MessageSujet: Father tell me, do we get what we deserve ? || Raphaël    Jeu 4 Mai - 2:02


Delilah & Raphaël

Father tell me, do we get what we deserve ?


Les yeux rivés sur son GPS, Delilah tente tant bien que mal de trouver son chemin. Au regard de son histoire commune avec ce quartier, ça en deviendrait presque insultant. Surtout pour les souvenirs que ces rues abritent. A son arrivée à Los Angeles, elle n’avait pas un rond en poche et logeait dans un logement étudiant non loin de là. Elle en a passé du temps à la bibliothèque publique à travailler ses compositions, dans les bars les rares fois où elle s’autorisait un peu de distraction, dans les parcs à défaut de pouvoir s’offrir des vacances à l’étranger. Il faut croire qu’elle était juste de passage. Réminiscences d’une vie antérieure. Aujourd’hui c’est dans les rues coquettes de Beverly Hills qu’elle flâne les yeux fermés. A sa décharge, elle ne sait pas exactement où elle va. Un bar dont elle n’a pas relevé le nom, dans une ruelle sombre qu’elle a emprunté il y a deux semaines de cela. La violoniste venait de quitter une énième récolte de fonds et se dirigeait vers sa voiture lorsqu’un sans domicile fixe l’aborda. Culpabilité de riche oblige, elle donne toujours quelques pièces sauf que cette fois-ci elle n’avait pas d’argent liquide en sa possession. C’est à quel ordre le chèque ? Qu’elle a répété toute la soirée. Le besoin de se justifier se faisant de plus en plus pressant, elle se mit en quête d’un papier et d’un crayon pour noter des adresses de foyers qui pourraient lui venir en aide. Auxquels elle aurait évidemment passé un coup de fil au préalable afin de s’assurer qu’il trouverait bien une place à son arrivée. Depuis le temps, son petit numéro était rodé. Toutefois le principal concerné ne semblait pas satisfait de cette alternative et a préféré suggérer d’autres manières beaucoup plus grivoises de lui venir en aide. Consciente qu’elle avait à faire à quelqu’un de désorienté et fortement alcoolisé, Delilah n’a pas cherché à entamer une discussion et a préféré continuer sa route. Lui, ne l’entendait pas de cette oreille. Très distinctement elle entendait ses pas précédés les siens et sa voix éraillée l’interpellée. Elle s’est rendue compte alors que du haut de sa tour d’ivoire elle avait oublié que le quotidien n’était pas toujours aussi pétillant qu’une coupe de champagne. Complètement désemparée, la conscience du danger qui la guette et surtout son incapacité à s’en protéger, lui fait accélérer le rythme. Quelques mètres plus loin, qui lui ont paru semblables à une traversée du désert, Delilah a aperçu ledit bar. La source de lumière dans l’obscurité du passage lui est apparue comme salvatrice et elle a choisit de s’arrêter devant. Pour éviter de s’enfoncer seule dans la pénombre et pour envoyer un signal, pas trop agressif mais un signal quand même. Instaurer une communication non verbale avec un auditeur dans un état aussi second relevait du fantasme et ses actions ne faisaient que le confirmer. Toujours à proximité d’elle, il continuait à beugler des insultes et des moqueries tout en s’agitant dans tous les sens. Complètement sonnée et figée par la peur, Delilah n’entendait même plus ce qu’il disait et s’était retranchée en soi-même, son corps servant d’ultime rempart face à l’agression. Elle aurait fermé les yeux si ça lui avait permis de disparaître. A défaut, elle a attendu que ça se passe. Pour le meilleur ou pour le pire. Puis une main sur son bras, une voix roque l’a sorti de son confinement. Le retour à la réalité l’a faite sursauter, elle a fait un pas en arrière avant de ramener ses bras sur sa poitrine en serrant la lanière de son sac. Elle a croisé son regard un instant, un regard meurtri mais bienveillant. Elle avait balayé les alentours du regard pour constater qu’ils n’étaient que tous les deux et qu’elle avait aussi une tâche, qui semblait être une tâche de vin, sur son manteau. Dans l’euphorie de ses gestes, peut-être l’avait-il éclaboussé. Dans la cohue de son départ, peut-être l’avait-il éclaboussé. Elle ne savait pas, plus. Delilah reprenait peu à peu conscience et un sentiment profond de honte croissait furieusement en elle. La honte de ne pas avoir su se débrouiller toute seule, de ne pas avoir su surmonter sa peur, de n’être qu’une façade complètement vide à l’intérieur. Elle balbutia alors quelques remerciements avant de fuir à toute vitesse vers sa voiture. La maison était déjà endormie lorsqu’elle était rentrée. Elle a laissé son manteau dans la buanderie avant de prendre un long bain, suivi d’un cachet pour l’aider à s’endormir et n’a jamais évoqué l’incident avec qui que ce soit.  
       
Delilah s’était mis en tête de retrouver son mystérieux bienfaiteur. Bienséance obsessionnelle oblige, il lui fallait absolument le remercier convenablement. Mettre de côté la honte pour laisser place à la représentation de Delilah Goldstein. Car même une pauvre âme anonyme rencontrée dans un bar lambda ne devait rester sur une impression aussi négative. Une impression somme toute humaine mais une impression négative, donc une impression discordante avec l’image qui lui incombe de projeter. Pour cela, il lui suffisait d’être mieux préparé que la dernière fois. Elle avait bien retenu la leçon donc elle savait qu’elle devait opter pour une tenue plus quotidienne, moins tape à l’œil. La violoniste avait donc passé des heures dans son dressing à la recherche de vêtements plus ordinaires. Oui, paraître naturel et décontracté lui a demandé beaucoup de travail et elle semble bien être la seule à ne pas saisir l’ironie de la situation. Puis il lui a fallu un cadeau, un geste pour illustrer sa gratitude. La tâche c’était encore compliquée. A une femme elle aurait offert un bouquet de fleurs, une pièce de haute couture, un parfum,… La liste des possibilités est longue alors que pour un homme qu’elle ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, le choix était beaucoup plus restreint. Une montre semblait un peu démesuré, les fleurs restent encore peu conventionnel, du coup elle s’était inspiré de son mari et des cadeaux qu’il avait l’habitude d’offrir à ses différents associés. Sur le siège passager, elle avait donc déposé une boîte de cigares cubains ainsi qu’une bonne bouteille de vin dans un joli petit sac. Piochés dans le stock personnel de monsieur Gabriel Goldstein, bien sûr. Vu la taille de sa réserve, elle était presque sûr qu’il ne s’en rendrait pas compte. Finalement Delilah croît reconnaître le lieu et gare sa voiture plus ou moins au même endroit que la dernière fois.  Munie de ses offrandes, elle revient sur ses pas et malgré leur brève rencontre, elle a le sentiment qu’il n’était pas vraiment attendu ailleurs et qu’elle le trouverait là où elle l’avait laissé. Le soleil n’est pas encore couché, les rues n’ont pas totalement désemplis mais Delilah ne préfère pas trop s’attarder et avance d’un pas décidé dans la crainte d’attirer une nouvelle fois l’attention sur elle. Après quelques minutes d’errance hasardeuse, elle finit par tomber sur le fameux bar. Sans plus attendre elle franchit la porte.

Il y a peu de monde, sans surprise pour un après-midi en pleine semaine. Au première abord, la clientèle se différencie très clairement de Delilah ; de part leur âge, leur classe sociale. Pourtant leur cœur sont aussi meurtries les uns que les autres. Abattus par la cruauté que le sort réserve à certains, eux, comme elle, sont à la rechercher d’une échappatoire, d’un moment suspendu où le corps et l’esprit son trop engourdis pour ressentir quoi que ce soit. Tant d’appréhension pour rien puisque personne ne semble la remarquer. Son regard à elle s’arrête sur une silhouette assise au bar. C’est le son de sa voix qui vient confirmer qu’il s’agit bien de la personne qu’elle cherche. Elle hésite un instant, l’adrénaline du saut dans le vide s’estompe pour inviter la peur de s’écraser par terre. Et s’il n’avait aucun souvenir de leur rencontre ? Pire, et s’il s’en souvenait précisément et qu’il avait mal pris son départ précipité ? Il lui faudra le découvrir par elle-même. "Bonjour… Excusez-moi… ?" Un regard curieusement très clair pour la noirceur qui s’en dégage, se tourne vers elle. Craignant d’expirer tout son courage, Delilah se lance d’une traite. "Je ne sais pas si vous vous rappelez de moi, sans doute pas, mais nous nous sommes croisés devant ce même bar il y a environ deux semaines. Vous m’êtes venu en aide alors que j’étais en très mauvaise posture et je suis partie en catastrophe sans même un regard pour vous ou un remerciement. Si vous vous en souvenez vous avec sûrement dû me trouver très ingrate et irrespectueuse !" Un rire nerveux se faufile entre ses lèvres avant de s’heurter à un mur. D’accord… La gêne la pousse à replacer une mèche derrière l’oreille tout en se raclant la gorge. "Donc je tenais absolument à vous retrouver et je suis ravie de pouvoir vous témoigner personnellement ma gratitude. Porter secours à une parfaite inconnue vous honore, vraiment. Je regrette sincèrement de pas avoir été à la hauteur de votre geste et j’espère que vous accepterez ce petit quelque chose en guise de ma bonne foi." Elle pose doucement le sac avec les cadeaux qu’elle veut lui offrir coûte que coûte et guette la moindre réaction comme une enfant guette l’arrivée du Père Noël. Pour l’un comme pour l’autre, l’attente est vaine. Néanmoins elle ne désespère pas. Il finira par l’apprécier, ce n’est pas possible autrement, ça n’a jamais été possible autrement. "Et dire que je ne me suis même pas présentée ! Je fais tout à l’envers décidemment ! Je m’appelle Delilah Goldstein et je suis vraiment ravie de vous rencontrer … ?" Dit-elle la main tendue vers lui et le sourire un peu trop forcé.  


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