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 « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥

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Naïa Argent
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DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
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MessageSujet: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Sam 6 Mai - 22:50

Je referme la porte derrière le policier sans véritablement réaliser ce qu’il venait de se passer. Notre discussion me revient de manière lointaine, comme un écho étrange qui vient sonner dans ma tête. Je me sens l’âme en vrac. Je ne sens plus mon corps, et pourtant, j’ai la sensation qu’il me fait atrocement souffrir. Par toutes ces douleurs du passé. Par ce crime à jamais étouffé. Oublié. Nié. Renié. Occulté. Mais il me revient en pleine figure alors que j’avais passé tant d’années à le jeter dans l’oubli. Ma main sur la poignée se met à trembler fortement, à l’instar de tout mon corps. De longues secondes doivent s’écouler avant que je ne réalise que mon souffle m’a quitté, comme en apnée. Je reprends subitement une grande goulée d’air, suffoquant presque. Je me retourne, dos à la porte et je me laisse tomber le long de celle-ci, mes jambes ne parvenant même plus à me tenir. Je voudrais disparaître dans ce vide qui s’ouvre sous moi et qui me donne le vertige. Je sens la chute sans voir venir l’atterrissage. Je crains que cela ne s’arrête jamais. Je repense à cette soirée et les souvenirs m’agressent. Sept ans auparavant, je ne m’étais pas souvenue tout de suite de cette soirée où je ne parvenais à retracer mon parcours que de la première heure. Tout s’était arrêté après que Sean m’ait offert gracieusement un verre. Mais si j’avais su, ce soir-là, je ne serai jamais allée à cette fête. Je ne me serai pas sentie suffisamment seule pour tolérer la compagnie de l’abruti populaire du lycée. Je n’aurai pas non plus accepté ce verre. Je n’aurai pas cru en ce sourire qui sonnait en une trêve entre nous deux alors qu’il ne cessait de me faire la misère au lycée à cause de ma chorale. Oui, rien de tout ceci ne se serait passé. Je serai restée tranquillement chez moi, et jamais, je n’aurai souffert comme j’ai pu souffrir les mois qui ont suivi. Les souvenirs s’étaient manifestés à moi au fur et à mesure. Au début, je n’avais que les marques que mon corps pouvait montrer. Le témoignage réel de que ce qu’il s’était passé. Puis les nuits, dans mes cauchemars, la scène m’apparaissait avec une clarté terrifiante. Je me souvenais des mots, des gestes, des soupirs, de la violence. Mais surtout, je me souviens de ma propre impuissance à ne pouvoir faire quoi que ce soit. Je n’avais pu être que la spectatrice et la victime sans même arriver à dire non ou à me défendre. C’était presque comme si j’étais enfermée dans mon propre corps… Je pouvais à peine bouger. A peine protester. Je n’avais été rien durant tout le temps qui s’était écoulé, et suite à cela, je n’avais rien été non plus. Il m’avait bafouée, humiliée, dégradée. Et le pire avait été de le recroiser presque tous les jours dans les couloirs de l’école, à voir son sourire narquois et ses clins d’œil évocateurs sans rien pouvoir faire d’autre. Parce que je n’étais pas sûre de ce qu’il s’était passé. Parce que je n’avais aucune preuve à montrer. Parce que j’avais bien trop honte. En mon for intérieur, je savais que rien de tout ceci ne se serait passé si je ne m’étais pas laissée tentée par Daisy qui voulait tant que je participe à cette fête. Fête où elle n’avait jamais pu venir d’ailleurs, ce pourquoi je m’étais retrouvée seule. Les fêtes étudiantes, ce n’était pas vraiment pour moi. C’était surtout le truc de mes amis qui m’y traînaient parfois. Mais ce soir-là, ils n’avaient pas pu être là non plus. Et tout ceci avait eu lieu… au mauvais endroit, au mauvais moment.

Mes entrailles se tordent avec violence. Tandis que je fais tout mon possible pour m’empêcher de craquer, je me demande bien ce qui m’a fait tenir durant toutes ces années. Je me souviens que les silences étaient insupportables, de la sensation insupportable de ne plus être soi-même et que notre corps n’est plus rien qu’une enveloppe souillée. Comment avais-je fait pour surmonter tout cela ? A quel moment la douleur était partie ? Mais je n’avais pas vraiment surmonté tout cela. La douleur n’était pas vraiment partie non plus. Elle restait là, tapie dans l’ombre. Elle était juste moins vive. Le temps n’avait fait qu’atténuer la souffrance, mais au fond de moi, les souvenirs restaient intacts. Je m’étais juste échinée à les éloigner. A les reléguer dans l’oubli. A me persuader que tout l’amour de ma famille parviendrait à me faire tenir bon. Cela avait été le cas. Qui sait ce qu’il serait advenu s’ils ne se montraient pas tous les jours aussi aimants. Certes, on se chamaille, on s’embête, mais il s’agit ni plus ni moins que de l’esprit de famille. Notre esprit de famille. Ils m’avaient permis de tirer un trait sur tout ça. Du moins, de le croire… La simple évocation de son nom aujourd’hui a suffi me bouleverser entièrement. Les sensations sont comme celles d'autrefois. La douleur est presque la même. La honte aussi… Et la simple idée que mon sort soit partagé avec d’autres femmes m’anéantit totalement. Est-ce que cela s’est passé de la même manière ? Ont-elles plus souffert ? Ont-elles trouvé un moyen d’oublier ? Pourquoi ces autres femmes se sont-elles montrées bien plus courageuses que moi ? Un violent haut-le-cœur me saisit, et c’est ce qui me donne la force nécessaire pour me relever. Je cours vers les toilettes, déversant tout ce que je peux avoir sur l’estomac. Puis soudain, j’éclate en sanglots. Je ne peux plus retentir cette souffrance qui se draine en moi comme un poison. Je ne peux pas faire reculer ce sentiment monstrueux de douleur et de honte qui m’envahit. Quand tout à coup, j’entends une voix derrière moi. Je me retourne brusquement. « Jahia ? » Et ça a l’effet de me remettre un instant les idées en place. Je me redresse légèrement, allant tirer la chasse. « Oh, tu rentres maintenant ? Je… je crois que j’ai mangé quelque chose qu’il ne fallait pas. Je vais aller me reposer un peu. » Je ne lui laisse pas vraiment le temps de poser plus de questions. Je quitte les toilettes, montant à l’étage. Je vais rapidement me réfugier dans ma chambre, pensant que ce serait un rempart suffisant. Pour l’heure, j’arrive à peine à penser. Je croise soudain mon reflet dans le miroir, et c’est comme si je revenais sept ans auparavant. Je revois ma mine défaite. Mes traits tirés pas une douleur inimaginable. La fatigue. La honte. Et je ne peux pas supporter cette vision. Je m’en détourne, allant me rouler en boule sous mon bureau comme je le faisais quand j’étais petite pour me cacher. Les sanglots m’assaillent à nouveau. Dès lors que je ferme les yeux, les images viennent me torturer. Encore et encore. comme un terrible cauchemar sans fin.
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Jahia M. Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Mer 24 Mai - 18:24



Naïa & Jahia



All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice.




Je retirais ma clef USB de mon ordinateur. « Steve, tiens. » dis-je à mon supérieur en lui tendant cette fameuse clef. « Tu as toutes les photos du Népal dans un dossier intitulé de la même façon. Mais si tu as besoin de celles de l’Inde, j’en ai quelques dessus, mais elles n’y sont pas toutes. » ajoutais-je ensuite au brun qui récupérait en même temps la clef usb dans mes mains, l’insérant directement dans le port USB de son ordinateur. « Bon, ce n’est pas urgent dans la minute, mais je voudrais bien les autres de l’Inde avant la fin de la semaine si c’est possible. » me répondait-il de sa voix suave. « Bien sûr, je te donnerais ça. » répondais-je alors accompagné de mon charmant sourire, rangeant mon ordinateur portable dans ma housse, housse qui se retrouvait très vite sur mon épaule. « Alors à très vite ! » finissais-je par dire à Steve, alors que le bougre se contentait uniquement d’un geste de la main, trop focalisé sur les photos qui défilaient déjà sur l’écran de son ordinateur. Un Steve qui m’avait prévenu un peu plus tôt dans la journée que je serais certainement amenée à voyager un petit moment pour prendre de nouvelles photos. Bien sûr, j’avais été enthousiaste à cette idée. Je n’avais qu’une envie : repartir. Mais cela s’avérait plus compliqué dernièrement. Tout d’abord, il y avait cette comédie musicale, et je me devais d’être présente au cas où il avait besoin d’une photographe. Et étant la photographe officielle de la comédie musicale, je ne pouvais partir loin bien longtemps. Et puis, il y avait Bucky… Bucky, ma petite amie, que je n’avais pas vraiment envie de quitter bien longtemps. Bien sûr, je pouvais être accompagnée de quelqu’un, mais c’était bizarre de lui proposer. Et puis, elle était déjà occupée. Elle avait son travail, une réunion de famille de prévu et tout le toutim. Je ne savais pas quoi faire… Mais c’était encore hypothétique et j’avais encore un peu de temps devant moi pour donner une réponse. J’entrais dans l’ascenseur pour descendre au rez-de-chaussée et quitter le building dans laquelle se trouvait les bureaux inaccessibles aux visiteurs de l’agence de voyage où je travaillais.

Enfin chez soi… Je soufflais, posais la housse de mon ordinateur sur le canapé, et alors que je m’apprêtais à poser mon joli petit derrière sur celui-ci, j’entendais du bruit qui me stoppais immédiatement. Je me dirigeais alors vers les toilettes, suivant le bruit qui en provenait. Je retrouvais alors une Naïa au-dessus de la cuvette avec un visage recouvert de larmes. « Naïa ? » demandais-je alors, comme pour annoncer ma présence. « Jahia ? Oh, tu rentres maintenant ? Je… je crois que j’ai mangé quelque chose qu’il ne fallait pas. Je vais aller me reposer un peu. » répondait-elle en montant directement à l’étage. J’étais perturbée, ne comprenant pas trop ce qu’il se passait. Elle ne se serait pas mise dans un tel état, enchaînant une crise de larmes, pour si peu… Pas parce qu’elle avait mangé qui n’était pas bien passé. Il se passait quelque chose. Je la suivais alors de près. Sa façon d’avoir pris la fuite ne lui ressemblait pas, il s’était passé quelque chose, j’en mettrais ma main au feu. La brunette avait pris la direction de sa chambre, et c’est alors que je la retrouvais sous son bureau. Je savais ce que ça signifiait. Je savais pourquoi elle se cachait là-dessous. Cette cachette était la traduction qu’il se passait quelque chose, qu’elle essayait de fuir quelque chose ou quelqu’un… Je la rejoignais alors dessous son grand bureau où l’on pouvait loger à deux. Difficilement, mais on pouvait toutefois. On l’avait déjà fait de nombreuses fois quand on voulait se cacher de notre frère ou nos deux autres sœurs, ou bien de nos parents, ou alors d’une mauvaise nouvelle qu’on sentait proche. « Naïa… ? » demandais-je de ma petite voix en passant ma main sur sa joue pour lui retirer délicatement une mèche qui cachait son doux visage. « Que se passe-t-il ? » lui demandais-je inquiète, avant d’ajouter « Il s’est passé quelque chose ? » Je n’aimais pas voir ma sœur dans cet état. Il était déjà arrivé que je la vois pleurant de chaudes larmes, mais là, je sentais qu’il y avait quelque chose qui l’avait profondément touchée, atteinte. « C’est Gabriel Goldstein qui te fait encore la misère avec la comédie musicale ? » demandais-je à nouveau afin de trouver une raison à son chagrin.


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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Sam 27 Mai - 19:31

« Naïa ? » L’esprit totalement en ébullition, je me retourne brusquement pour tomber nez-à-nez avec ma jumelle. Mon cœur rate un battement. Désemparée d’avoir été trouvée dans cet état, je ne sais même pas quoi lui répondre. Je voudrais parvenir à sourire, à trouver une bêtise à dire pour la faire rire et effacer l’inquiétude qui prend place sur son visage. Je voudrais inventer une banalité qui endorme le moindre de ses soupçons. Mais j’en suis tout bonnement incapable. Aujourd’hui, je n’ai pas la force de faire semblant ou d’intérioriser cette souffrance que je garde de toute évidence depuis trop longtemps au fond de mon cœur. Alors j’invente un mensonge grossier qui peut expliquer mes vomissements mais pas mes larmes. La fatigue ? Pourquoi pas. Toujours est-il que je finis par prendre la poudre d’escampette à l’étage, ne laissant guère le temps à ma sœur de s’exprimer sur le sujet. Je ne pensais pas qu’elle rentrerait aussi tôt. A vrai dire, je ne prêtais même plus attention à l’heure. Combien de temps avait duré mon interrogatoire avec le policier ? Je n’en savais strictement aucune idée. Sûrement trop longtemps à mon goût.
Mes pas me mènent directement à ma chambre où je ferme la porte derrière moi. Sans prendre la peine d’y réfléchir, je me dissimule sous mon bureau. Une vieille habitude d’enfant que j’avais gardé malgré les années. Dès lors que quelque chose n’allait pas, je partais me cacher sous ce meuble. Pourquoi ? Parce que je devais certainement me sentir protégée et à l’abri. Ces manies-là ne s’expliquent pas vraiment. Je me recroqueville bien au fond, mordant mon pouce trop fort pour étouffer mes sanglots. Les larmes qui jaillissent de mes yeux me forcent à fermer mes paupières, mais c’est une torture à chaque fois. Dès que je ferme les yeux, les images d’autrefois m’assaillent. J’y retrouve les mêmes sensations. Les mots et cette voix qui me terrifient. L’engourdissement dû à la drogue. Son parfum. Ses gestes. Mes propres pleurs. Mes cris étouffés. Et plus que tout, cette sensation d’impuissance. Ce fait d’être tétanisée. Tandis que je me croyais libérer de mes vieux souvenirs, je me retrouve à nouveau emprisonnée par eux. Mon esprit ne m’épargne aucun détail et mon cœur se fend toujours un peu plus.

Mais si je pouvais mentir à Jahia, cette dernière me connaissait trop bien pour ne pas en croire un mot. J’entends la porte de ma chambre qui s’ouvre et elle ne tarde pas à me trouver. Sûrement parce qu’elle sait où chercher. Plusieurs fois, elle s’est déjà retrouvée sous ce bureau avec moi. Pour me consoler d’une petite peine, d’un chagrin d’amour, de moments de découragement. Elle avait toujours su trouver une raison à ce qui n’allait pas. Elle lisait en moi comme un livre ouvert. Et de la même manière qu’elle trouvait les problèmes, elle en trouvait aussi les solutions. C’est pour cette raison qu’un malaise immense né en moi. Jamais elle ne pourra trouver ce qui ne va pas en moi car je n’ai jamais eu le courage d’en parler à quiconque. Je voulais emporter mon secret dans la tombe. Après tout, si je ne le disais pas, cela devenait bien moins important. Malheureusement, le secret avait été déterré et j’étais trop peureuse pour y faire face. M’en voudrait-elle de n’avoir jamais rien dit ? « Naïa… ? » Je ne réponds pas forcément, laissant juste sa main venir décaler une mèche de cheveux qui barre mon visage et masque le flot de mes larmes. Je me recroqueville un peu plus quand elle me demande ce qui ne va pas. Est-ce que je pouvais lui raconter la venue de ce policier à la maison ? Est-ce que je pouvais lui donner les raisons de sa présence ? Comment lui expliquer quelque chose qui s’était passé il y a aussi longtemps ? Je réprime un sanglot qui remonte de ma gorge, n’ayant pas la force de répondre quoi que ce soit. Même mon silence me déchire l’âme, moi qui ai l’habitude de tout raconter à ma jumelle. Si je fais parfois des cachotteries à mes sœurs et à mon frère, ce n’est pas le cas pour Jahia. De moi, elle sait tout, tout comme nous partageons tout. Nous avons une relation fusionnelle et indicible. Mais là, tout devient bien plus compliqué. « C’est Gabriel Goldstein qui te fait encore la misère avec la comédie musicale ? » Je secoue vivement la tête, ayant à cœur de tenir mon producteur hors de la moindre critique. Il est vrai que je me plains souvent de lui et du rythme qu’il m’impose depuis ces dernières semaines, mais il n’est pas à l’origine de mon chagrin. « Non, ce n’est pas lui… il n’a rien fait. C’est autre chose… » je bredouille, la gorge serrée par mes pleurs. Comment est-ton censé expliquer ce genre de choses ? Il me faut encore quelques instants pour reprendre un semblant de calme bien fragile. « Juste… juste avant que tu arrives, il y avait un policier. Il mène une enquête sur… des agressions. » Je n’ose pas regarder ma sœur. Je me triture les mains tant que je peux, comme cela pouvait m’aider à faire sortir plus facilement les mots de ma bouche. « Il est venu ici pour me voir… parce qu’il pense que je sais des choses. Parce que des gens ont prétendu que je pouvais avoir un lien avec toutes ces histoires. » Je tourne bêtement autour du pot, n’ayant pas le courage d’avouer quoi que ce soit. Ce serait bien trop dur de le reconnaître. Bien trop douloureux. Un sanglot m’échappe encore. « Mais je ne veux pas être mêlée à tout ça. Je ne veux pas qu’on me pose des questions. Je ne veux pas me souvenir de tout ça. » Les larmes abondent le long de mes joues. « Jaja, je n’ai pas envie de revivre ça… » je bredouille en enfouissant mon visage dans mes genoux.
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Jahia M. Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Ven 16 Juin - 1:55



Naïa & Jahia



All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice.




Je savais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Je connaissais parfaitement ma sœur. Ainsi, je savais qu’elle ne me disait pas la vérité. Manger quelque chose de pas frais ? Après tout, pourquoi pas, cela expliquerait sa présence au-dessus des toilettes. Mais des larmes… Non, un repas pas frais ne pouvait pas être la raison de telles larmes. Je n’étais pas bête, d’autant plus que j’étais sa sœur jumelle et que je ressentais toute sa peine de la même intensité. Malheureusement, le lien de jumelles ne donnait pas le super pouvoir de lire dans les pensées pour autant. J’aurais tellement souhaité à ce moment-même que ce pouvoir soit fourni dans le kit « spécial jumelles », cela m’aurait évité de poser des questions sans avoir une réelle réponse de la part de la belle brune, alors que je la rejoignais dans sa chambre quand elle m’avait fuie depuis le rez-de-chaussée. Pas de chance pour elle, je savais où la trouvais. Après tout, c’était ma sœur. Le fameux bureau sous lequel elle s’était cachée, je m’y étais cachée un bon nombre de fois avec elle par le passé. C’est là-dessous qu’elle s’exilait, croyant être certainement coupée de tout, et particulièrement des problèmes, afin d’avoir un moment rien qu’à elle. Puis j’étais là, apportant mon épaule pour qu’elle pleure dessus quand cela était nécessaire. Naïa avait mouillé tellement de mes tee-shirts sous ce bureau, que je ne comptais même plus. Toute sa vie, je la connaissais. Je pourrais la raconter comme s’il s’agissait de la mienne, de ma propre vie. Et pour cause, on se disait tout. Spécialement sous ce bureau, sous ce bureau avec lequel je manquais de me cogner la tête. C’est que plus ça allait, plus j’étais à l’étroit là-dessous. Il avait beau être large et assez haut, j’avais l’impression de grandir toujours un peu plus. Bien que ma croissance était arrêtée depuis des années en matière de taille, mais bon, c’est un détail dont on se tape un peu la coquillette. Chaque peine de cœur, chaque querelle… Tout devenait clair sous ce meuble, tout était expliqué. J’avais connaissance de chaque chose qui se passait dans la vie de ma jumelle. Nous nous l’étions promis : on se dirait tout, tout le temps, pour toujours. Aucun secret entre nous. Enfin… C’est ce que je croyais.

Remettant ses cheveux en place, je cherchais désespérément une raison à ces pleurs. Elle pleurait à chaudes larmes, ce n’était vraiment pas habituel et c’était signe qu’il s’était passé quelque chose de grave. Gabriel Goldstein ? Ma foi, c’était une piste. Piste plausible, puisqu’elle n’avait cessé d’en parler depuis des semaines sur sa presque "maltraitance" envers la star de sa comédie musicale. Parce que, oui, Naïa jouant Satine devenait ainsi la star de sa comédie musicale, notifions-le. Cependant, j’avais échoué sur cette hypothèse. Gabriel Goldstein n’était pas à l’origine d’une telle crise de larmes. Qui aurait donc pu mettre ma sœur dans cet état ? J’étais à la foi triste de la voir comme cela, ressentant immédiatement la peine qu’elle avait au plus profond de mon cœur, et en colère, en colère qu’une personne ou quelque chose ait pu la mettre dans un état de tristesse intense. Parce que là, on était loin des larmes de crocodiles. « Juste… juste avant que tu arrives, il y avait un policier. Il mène une enquête sur… des agressions. » Elle évitait mon regard, cela voulait tout dire. Elle était particulièrement touchée par cette venue surprise. Parce que, oui, cette venue semblait être une véritable surprise pour que ça la mette dans un tel état. Sinon il y aurait eu un minimum de préparation, ou… Je ne sais pas. J’essayais de comprendre rapidement alors qu’il me manquait encore tout un tas d’informations pour réellement comprendre la situation et la raison de son état. « Un policier qui mène une enquête sur des agressions ? Pourquoi il serait venu à la maison ? » demandais-je alors afin d’en savoir plus sur la visite du flic chez nous. Car je ne comprenais pas pourquoi cette enquête l’aurait mené jusqu’ici. « Il est venu ici pour me voir… parce qu’il pense que je sais des choses. Parce que des gens ont prétendu que je pouvais avoir un lien avec toutes ces histoires. » Naïa… Un lien dans cette histoire d’agression… Mais enfin, c’est ridicule ! Je ne comprenais absolument pas ce qu’elle avait à voir là-dedans. Jamais Naïa aurait agressé quelqu’un… Mais jamais je n’aurais cru qu’elle fût agressée non plus… « Jaja, je n’ai pas envie de revivre ça… » Revivre ça… Agression… Lien avec cette histoire… « Naïa, je ne comprends pas… Je… Il s’est passé quelque chose que tu ne m’as pas dit ? » demandais-je alors d’une petite voix. Je ne voulais pas la brusquer. Et puis, je ne voulais pas insister de trop, je ne voulais en rien l’obliger. Juste que je pensais que le dire lui ferait du bien, que je pourrais ainsi la consoler au mieux, comme une sœur le ferait. Elle pleurait, transmettait sa tristesse et je devenais à fleur de peau. En réalité, j’avais peur de comprendre ce qu’elle tentait de me dire entre deux sanglots. « Naïa… S’il te plait, dis-moi tout… » ajoutais-je en lui caressant le bras, histoire de la rassurer, qu’elle se sente en sécurité en ma compagnie et qu’elle se dévoile sur toute cette histoire qui semblait la traumatiser.


© Ludi.
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