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 « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥

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Naïa Argent
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MessageSujet: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Sam 6 Mai - 22:50

Je referme la porte derrière le policier sans véritablement réaliser ce qu’il venait de se passer. Notre discussion me revient de manière lointaine, comme un écho étrange qui vient sonner dans ma tête. Je me sens l’âme en vrac. Je ne sens plus mon corps, et pourtant, j’ai la sensation qu’il me fait atrocement souffrir. Par toutes ces douleurs du passé. Par ce crime à jamais étouffé. Oublié. Nié. Renié. Occulté. Mais il me revient en pleine figure alors que j’avais passé tant d’années à le jeter dans l’oubli. Ma main sur la poignée se met à trembler fortement, à l’instar de tout mon corps. De longues secondes doivent s’écouler avant que je ne réalise que mon souffle m’a quitté, comme en apnée. Je reprends subitement une grande goulée d’air, suffoquant presque. Je me retourne, dos à la porte et je me laisse tomber le long de celle-ci, mes jambes ne parvenant même plus à me tenir. Je voudrais disparaître dans ce vide qui s’ouvre sous moi et qui me donne le vertige. Je sens la chute sans voir venir l’atterrissage. Je crains que cela ne s’arrête jamais. Je repense à cette soirée et les souvenirs m’agressent. Sept ans auparavant, je ne m’étais pas souvenue tout de suite de cette soirée où je ne parvenais à retracer mon parcours que de la première heure. Tout s’était arrêté après que Sean m’ait offert gracieusement un verre. Mais si j’avais su, ce soir-là, je ne serai jamais allée à cette fête. Je ne me serai pas sentie suffisamment seule pour tolérer la compagnie de l’abruti populaire du lycée. Je n’aurai pas non plus accepté ce verre. Je n’aurai pas cru en ce sourire qui sonnait en une trêve entre nous deux alors qu’il ne cessait de me faire la misère au lycée à cause de ma chorale. Oui, rien de tout ceci ne se serait passé. Je serai restée tranquillement chez moi, et jamais, je n’aurai souffert comme j’ai pu souffrir les mois qui ont suivi. Les souvenirs s’étaient manifestés à moi au fur et à mesure. Au début, je n’avais que les marques que mon corps pouvait montrer. Le témoignage réel de que ce qu’il s’était passé. Puis les nuits, dans mes cauchemars, la scène m’apparaissait avec une clarté terrifiante. Je me souvenais des mots, des gestes, des soupirs, de la violence. Mais surtout, je me souviens de ma propre impuissance à ne pouvoir faire quoi que ce soit. Je n’avais pu être que la spectatrice et la victime sans même arriver à dire non ou à me défendre. C’était presque comme si j’étais enfermée dans mon propre corps… Je pouvais à peine bouger. A peine protester. Je n’avais été rien durant tout le temps qui s’était écoulé, et suite à cela, je n’avais rien été non plus. Il m’avait bafouée, humiliée, dégradée. Et le pire avait été de le recroiser presque tous les jours dans les couloirs de l’école, à voir son sourire narquois et ses clins d’œil évocateurs sans rien pouvoir faire d’autre. Parce que je n’étais pas sûre de ce qu’il s’était passé. Parce que je n’avais aucune preuve à montrer. Parce que j’avais bien trop honte. En mon for intérieur, je savais que rien de tout ceci ne se serait passé si je ne m’étais pas laissée tentée par Daisy qui voulait tant que je participe à cette fête. Fête où elle n’avait jamais pu venir d’ailleurs, ce pourquoi je m’étais retrouvée seule. Les fêtes étudiantes, ce n’était pas vraiment pour moi. C’était surtout le truc de mes amis qui m’y traînaient parfois. Mais ce soir-là, ils n’avaient pas pu être là non plus. Et tout ceci avait eu lieu… au mauvais endroit, au mauvais moment.

Mes entrailles se tordent avec violence. Tandis que je fais tout mon possible pour m’empêcher de craquer, je me demande bien ce qui m’a fait tenir durant toutes ces années. Je me souviens que les silences étaient insupportables, de la sensation insupportable de ne plus être soi-même et que notre corps n’est plus rien qu’une enveloppe souillée. Comment avais-je fait pour surmonter tout cela ? A quel moment la douleur était partie ? Mais je n’avais pas vraiment surmonté tout cela. La douleur n’était pas vraiment partie non plus. Elle restait là, tapie dans l’ombre. Elle était juste moins vive. Le temps n’avait fait qu’atténuer la souffrance, mais au fond de moi, les souvenirs restaient intacts. Je m’étais juste échinée à les éloigner. A les reléguer dans l’oubli. A me persuader que tout l’amour de ma famille parviendrait à me faire tenir bon. Cela avait été le cas. Qui sait ce qu’il serait advenu s’ils ne se montraient pas tous les jours aussi aimants. Certes, on se chamaille, on s’embête, mais il s’agit ni plus ni moins que de l’esprit de famille. Notre esprit de famille. Ils m’avaient permis de tirer un trait sur tout ça. Du moins, de le croire… La simple évocation de son nom aujourd’hui a suffi me bouleverser entièrement. Les sensations sont comme celles d'autrefois. La douleur est presque la même. La honte aussi… Et la simple idée que mon sort soit partagé avec d’autres femmes m’anéantit totalement. Est-ce que cela s’est passé de la même manière ? Ont-elles plus souffert ? Ont-elles trouvé un moyen d’oublier ? Pourquoi ces autres femmes se sont-elles montrées bien plus courageuses que moi ? Un violent haut-le-cœur me saisit, et c’est ce qui me donne la force nécessaire pour me relever. Je cours vers les toilettes, déversant tout ce que je peux avoir sur l’estomac. Puis soudain, j’éclate en sanglots. Je ne peux plus retentir cette souffrance qui se draine en moi comme un poison. Je ne peux pas faire reculer ce sentiment monstrueux de douleur et de honte qui m’envahit. Quand tout à coup, j’entends une voix derrière moi. Je me retourne brusquement. « Jahia ? » Et ça a l’effet de me remettre un instant les idées en place. Je me redresse légèrement, allant tirer la chasse. « Oh, tu rentres maintenant ? Je… je crois que j’ai mangé quelque chose qu’il ne fallait pas. Je vais aller me reposer un peu. » Je ne lui laisse pas vraiment le temps de poser plus de questions. Je quitte les toilettes, montant à l’étage. Je vais rapidement me réfugier dans ma chambre, pensant que ce serait un rempart suffisant. Pour l’heure, j’arrive à peine à penser. Je croise soudain mon reflet dans le miroir, et c’est comme si je revenais sept ans auparavant. Je revois ma mine défaite. Mes traits tirés pas une douleur inimaginable. La fatigue. La honte. Et je ne peux pas supporter cette vision. Je m’en détourne, allant me rouler en boule sous mon bureau comme je le faisais quand j’étais petite pour me cacher. Les sanglots m’assaillent à nouveau. Dès lors que je ferme les yeux, les images viennent me torturer. Encore et encore. comme un terrible cauchemar sans fin.
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Jahia M. Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Mer 24 Mai - 18:24



Naïa & Jahia



All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice.




Je retirais ma clef USB de mon ordinateur. « Steve, tiens. » dis-je à mon supérieur en lui tendant cette fameuse clef. « Tu as toutes les photos du Népal dans un dossier intitulé de la même façon. Mais si tu as besoin de celles de l’Inde, j’en ai quelques dessus, mais elles n’y sont pas toutes. » ajoutais-je ensuite au brun qui récupérait en même temps la clef usb dans mes mains, l’insérant directement dans le port USB de son ordinateur. « Bon, ce n’est pas urgent dans la minute, mais je voudrais bien les autres de l’Inde avant la fin de la semaine si c’est possible. » me répondait-il de sa voix suave. « Bien sûr, je te donnerais ça. » répondais-je alors accompagné de mon charmant sourire, rangeant mon ordinateur portable dans ma housse, housse qui se retrouvait très vite sur mon épaule. « Alors à très vite ! » finissais-je par dire à Steve, alors que le bougre se contentait uniquement d’un geste de la main, trop focalisé sur les photos qui défilaient déjà sur l’écran de son ordinateur. Un Steve qui m’avait prévenu un peu plus tôt dans la journée que je serais certainement amenée à voyager un petit moment pour prendre de nouvelles photos. Bien sûr, j’avais été enthousiaste à cette idée. Je n’avais qu’une envie : repartir. Mais cela s’avérait plus compliqué dernièrement. Tout d’abord, il y avait cette comédie musicale, et je me devais d’être présente au cas où il avait besoin d’une photographe. Et étant la photographe officielle de la comédie musicale, je ne pouvais partir loin bien longtemps. Et puis, il y avait Bucky… Bucky, ma petite amie, que je n’avais pas vraiment envie de quitter bien longtemps. Bien sûr, je pouvais être accompagnée de quelqu’un, mais c’était bizarre de lui proposer. Et puis, elle était déjà occupée. Elle avait son travail, une réunion de famille de prévu et tout le toutim. Je ne savais pas quoi faire… Mais c’était encore hypothétique et j’avais encore un peu de temps devant moi pour donner une réponse. J’entrais dans l’ascenseur pour descendre au rez-de-chaussée et quitter le building dans laquelle se trouvait les bureaux inaccessibles aux visiteurs de l’agence de voyage où je travaillais.

Enfin chez soi… Je soufflais, posais la housse de mon ordinateur sur le canapé, et alors que je m’apprêtais à poser mon joli petit derrière sur celui-ci, j’entendais du bruit qui me stoppais immédiatement. Je me dirigeais alors vers les toilettes, suivant le bruit qui en provenait. Je retrouvais alors une Naïa au-dessus de la cuvette avec un visage recouvert de larmes. « Naïa ? » demandais-je alors, comme pour annoncer ma présence. « Jahia ? Oh, tu rentres maintenant ? Je… je crois que j’ai mangé quelque chose qu’il ne fallait pas. Je vais aller me reposer un peu. » répondait-elle en montant directement à l’étage. J’étais perturbée, ne comprenant pas trop ce qu’il se passait. Elle ne se serait pas mise dans un tel état, enchaînant une crise de larmes, pour si peu… Pas parce qu’elle avait mangé qui n’était pas bien passé. Il se passait quelque chose. Je la suivais alors de près. Sa façon d’avoir pris la fuite ne lui ressemblait pas, il s’était passé quelque chose, j’en mettrais ma main au feu. La brunette avait pris la direction de sa chambre, et c’est alors que je la retrouvais sous son bureau. Je savais ce que ça signifiait. Je savais pourquoi elle se cachait là-dessous. Cette cachette était la traduction qu’il se passait quelque chose, qu’elle essayait de fuir quelque chose ou quelqu’un… Je la rejoignais alors dessous son grand bureau où l’on pouvait loger à deux. Difficilement, mais on pouvait toutefois. On l’avait déjà fait de nombreuses fois quand on voulait se cacher de notre frère ou nos deux autres sœurs, ou bien de nos parents, ou alors d’une mauvaise nouvelle qu’on sentait proche. « Naïa… ? » demandais-je de ma petite voix en passant ma main sur sa joue pour lui retirer délicatement une mèche qui cachait son doux visage. « Que se passe-t-il ? » lui demandais-je inquiète, avant d’ajouter « Il s’est passé quelque chose ? » Je n’aimais pas voir ma sœur dans cet état. Il était déjà arrivé que je la vois pleurant de chaudes larmes, mais là, je sentais qu’il y avait quelque chose qui l’avait profondément touchée, atteinte. « C’est Gabriel Goldstein qui te fait encore la misère avec la comédie musicale ? » demandais-je à nouveau afin de trouver une raison à son chagrin.


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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Sam 27 Mai - 19:31

« Naïa ? » L’esprit totalement en ébullition, je me retourne brusquement pour tomber nez-à-nez avec ma jumelle. Mon cœur rate un battement. Désemparée d’avoir été trouvée dans cet état, je ne sais même pas quoi lui répondre. Je voudrais parvenir à sourire, à trouver une bêtise à dire pour la faire rire et effacer l’inquiétude qui prend place sur son visage. Je voudrais inventer une banalité qui endorme le moindre de ses soupçons. Mais j’en suis tout bonnement incapable. Aujourd’hui, je n’ai pas la force de faire semblant ou d’intérioriser cette souffrance que je garde de toute évidence depuis trop longtemps au fond de mon cœur. Alors j’invente un mensonge grossier qui peut expliquer mes vomissements mais pas mes larmes. La fatigue ? Pourquoi pas. Toujours est-il que je finis par prendre la poudre d’escampette à l’étage, ne laissant guère le temps à ma sœur de s’exprimer sur le sujet. Je ne pensais pas qu’elle rentrerait aussi tôt. A vrai dire, je ne prêtais même plus attention à l’heure. Combien de temps avait duré mon interrogatoire avec le policier ? Je n’en savais strictement aucune idée. Sûrement trop longtemps à mon goût.
Mes pas me mènent directement à ma chambre où je ferme la porte derrière moi. Sans prendre la peine d’y réfléchir, je me dissimule sous mon bureau. Une vieille habitude d’enfant que j’avais gardé malgré les années. Dès lors que quelque chose n’allait pas, je partais me cacher sous ce meuble. Pourquoi ? Parce que je devais certainement me sentir protégée et à l’abri. Ces manies-là ne s’expliquent pas vraiment. Je me recroqueville bien au fond, mordant mon pouce trop fort pour étouffer mes sanglots. Les larmes qui jaillissent de mes yeux me forcent à fermer mes paupières, mais c’est une torture à chaque fois. Dès que je ferme les yeux, les images d’autrefois m’assaillent. J’y retrouve les mêmes sensations. Les mots et cette voix qui me terrifient. L’engourdissement dû à la drogue. Son parfum. Ses gestes. Mes propres pleurs. Mes cris étouffés. Et plus que tout, cette sensation d’impuissance. Ce fait d’être tétanisée. Tandis que je me croyais libérer de mes vieux souvenirs, je me retrouve à nouveau emprisonnée par eux. Mon esprit ne m’épargne aucun détail et mon cœur se fend toujours un peu plus.

Mais si je pouvais mentir à Jahia, cette dernière me connaissait trop bien pour ne pas en croire un mot. J’entends la porte de ma chambre qui s’ouvre et elle ne tarde pas à me trouver. Sûrement parce qu’elle sait où chercher. Plusieurs fois, elle s’est déjà retrouvée sous ce bureau avec moi. Pour me consoler d’une petite peine, d’un chagrin d’amour, de moments de découragement. Elle avait toujours su trouver une raison à ce qui n’allait pas. Elle lisait en moi comme un livre ouvert. Et de la même manière qu’elle trouvait les problèmes, elle en trouvait aussi les solutions. C’est pour cette raison qu’un malaise immense né en moi. Jamais elle ne pourra trouver ce qui ne va pas en moi car je n’ai jamais eu le courage d’en parler à quiconque. Je voulais emporter mon secret dans la tombe. Après tout, si je ne le disais pas, cela devenait bien moins important. Malheureusement, le secret avait été déterré et j’étais trop peureuse pour y faire face. M’en voudrait-elle de n’avoir jamais rien dit ? « Naïa… ? » Je ne réponds pas forcément, laissant juste sa main venir décaler une mèche de cheveux qui barre mon visage et masque le flot de mes larmes. Je me recroqueville un peu plus quand elle me demande ce qui ne va pas. Est-ce que je pouvais lui raconter la venue de ce policier à la maison ? Est-ce que je pouvais lui donner les raisons de sa présence ? Comment lui expliquer quelque chose qui s’était passé il y a aussi longtemps ? Je réprime un sanglot qui remonte de ma gorge, n’ayant pas la force de répondre quoi que ce soit. Même mon silence me déchire l’âme, moi qui ai l’habitude de tout raconter à ma jumelle. Si je fais parfois des cachotteries à mes sœurs et à mon frère, ce n’est pas le cas pour Jahia. De moi, elle sait tout, tout comme nous partageons tout. Nous avons une relation fusionnelle et indicible. Mais là, tout devient bien plus compliqué. « C’est Gabriel Goldstein qui te fait encore la misère avec la comédie musicale ? » Je secoue vivement la tête, ayant à cœur de tenir mon producteur hors de la moindre critique. Il est vrai que je me plains souvent de lui et du rythme qu’il m’impose depuis ces dernières semaines, mais il n’est pas à l’origine de mon chagrin. « Non, ce n’est pas lui… il n’a rien fait. C’est autre chose… » je bredouille, la gorge serrée par mes pleurs. Comment est-ton censé expliquer ce genre de choses ? Il me faut encore quelques instants pour reprendre un semblant de calme bien fragile. « Juste… juste avant que tu arrives, il y avait un policier. Il mène une enquête sur… des agressions. » Je n’ose pas regarder ma sœur. Je me triture les mains tant que je peux, comme cela pouvait m’aider à faire sortir plus facilement les mots de ma bouche. « Il est venu ici pour me voir… parce qu’il pense que je sais des choses. Parce que des gens ont prétendu que je pouvais avoir un lien avec toutes ces histoires. » Je tourne bêtement autour du pot, n’ayant pas le courage d’avouer quoi que ce soit. Ce serait bien trop dur de le reconnaître. Bien trop douloureux. Un sanglot m’échappe encore. « Mais je ne veux pas être mêlée à tout ça. Je ne veux pas qu’on me pose des questions. Je ne veux pas me souvenir de tout ça. » Les larmes abondent le long de mes joues. « Jaja, je n’ai pas envie de revivre ça… » je bredouille en enfouissant mon visage dans mes genoux.
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Jahia M. Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Ven 16 Juin - 1:55



Naïa & Jahia



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Je savais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Je connaissais parfaitement ma sœur. Ainsi, je savais qu’elle ne me disait pas la vérité. Manger quelque chose de pas frais ? Après tout, pourquoi pas, cela expliquerait sa présence au-dessus des toilettes. Mais des larmes… Non, un repas pas frais ne pouvait pas être la raison de telles larmes. Je n’étais pas bête, d’autant plus que j’étais sa sœur jumelle et que je ressentais toute sa peine de la même intensité. Malheureusement, le lien de jumelles ne donnait pas le super pouvoir de lire dans les pensées pour autant. J’aurais tellement souhaité à ce moment-même que ce pouvoir soit fourni dans le kit « spécial jumelles », cela m’aurait évité de poser des questions sans avoir une réelle réponse de la part de la belle brune, alors que je la rejoignais dans sa chambre quand elle m’avait fuie depuis le rez-de-chaussée. Pas de chance pour elle, je savais où la trouvais. Après tout, c’était ma sœur. Le fameux bureau sous lequel elle s’était cachée, je m’y étais cachée un bon nombre de fois avec elle par le passé. C’est là-dessous qu’elle s’exilait, croyant être certainement coupée de tout, et particulièrement des problèmes, afin d’avoir un moment rien qu’à elle. Puis j’étais là, apportant mon épaule pour qu’elle pleure dessus quand cela était nécessaire. Naïa avait mouillé tellement de mes tee-shirts sous ce bureau, que je ne comptais même plus. Toute sa vie, je la connaissais. Je pourrais la raconter comme s’il s’agissait de la mienne, de ma propre vie. Et pour cause, on se disait tout. Spécialement sous ce bureau, sous ce bureau avec lequel je manquais de me cogner la tête. C’est que plus ça allait, plus j’étais à l’étroit là-dessous. Il avait beau être large et assez haut, j’avais l’impression de grandir toujours un peu plus. Bien que ma croissance était arrêtée depuis des années en matière de taille, mais bon, c’est un détail dont on se tape un peu la coquillette. Chaque peine de cœur, chaque querelle… Tout devenait clair sous ce meuble, tout était expliqué. J’avais connaissance de chaque chose qui se passait dans la vie de ma jumelle. Nous nous l’étions promis : on se dirait tout, tout le temps, pour toujours. Aucun secret entre nous. Enfin… C’est ce que je croyais.

Remettant ses cheveux en place, je cherchais désespérément une raison à ces pleurs. Elle pleurait à chaudes larmes, ce n’était vraiment pas habituel et c’était signe qu’il s’était passé quelque chose de grave. Gabriel Goldstein ? Ma foi, c’était une piste. Piste plausible, puisqu’elle n’avait cessé d’en parler depuis des semaines sur sa presque "maltraitance" envers la star de sa comédie musicale. Parce que, oui, Naïa jouant Satine devenait ainsi la star de sa comédie musicale, notifions-le. Cependant, j’avais échoué sur cette hypothèse. Gabriel Goldstein n’était pas à l’origine d’une telle crise de larmes. Qui aurait donc pu mettre ma sœur dans cet état ? J’étais à la foi triste de la voir comme cela, ressentant immédiatement la peine qu’elle avait au plus profond de mon cœur, et en colère, en colère qu’une personne ou quelque chose ait pu la mettre dans un état de tristesse intense. Parce que là, on était loin des larmes de crocodiles. « Juste… juste avant que tu arrives, il y avait un policier. Il mène une enquête sur… des agressions. » Elle évitait mon regard, cela voulait tout dire. Elle était particulièrement touchée par cette venue surprise. Parce que, oui, cette venue semblait être une véritable surprise pour que ça la mette dans un tel état. Sinon il y aurait eu un minimum de préparation, ou… Je ne sais pas. J’essayais de comprendre rapidement alors qu’il me manquait encore tout un tas d’informations pour réellement comprendre la situation et la raison de son état. « Un policier qui mène une enquête sur des agressions ? Pourquoi il serait venu à la maison ? » demandais-je alors afin d’en savoir plus sur la visite du flic chez nous. Car je ne comprenais pas pourquoi cette enquête l’aurait mené jusqu’ici. « Il est venu ici pour me voir… parce qu’il pense que je sais des choses. Parce que des gens ont prétendu que je pouvais avoir un lien avec toutes ces histoires. » Naïa… Un lien dans cette histoire d’agression… Mais enfin, c’est ridicule ! Je ne comprenais absolument pas ce qu’elle avait à voir là-dedans. Jamais Naïa aurait agressé quelqu’un… Mais jamais je n’aurais cru qu’elle fût agressée non plus… « Jaja, je n’ai pas envie de revivre ça… » Revivre ça… Agression… Lien avec cette histoire… « Naïa, je ne comprends pas… Je… Il s’est passé quelque chose que tu ne m’as pas dit ? » demandais-je alors d’une petite voix. Je ne voulais pas la brusquer. Et puis, je ne voulais pas insister de trop, je ne voulais en rien l’obliger. Juste que je pensais que le dire lui ferait du bien, que je pourrais ainsi la consoler au mieux, comme une sœur le ferait. Elle pleurait, transmettait sa tristesse et je devenais à fleur de peau. En réalité, j’avais peur de comprendre ce qu’elle tentait de me dire entre deux sanglots. « Naïa… S’il te plait, dis-moi tout… » ajoutais-je en lui caressant le bras, histoire de la rassurer, qu’elle se sente en sécurité en ma compagnie et qu’elle se dévoile sur toute cette histoire qui semblait la traumatiser.


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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Ven 30 Juin - 12:42

Je pensais que toute cette histoire était derrière moi. J’avais cru, avec les années, que les souvenirs s’étaient dissipés, que la douleur n’était plus, et que ce qui était un cauchemar n’était plus qu’un mauvais rêve lointain. Seulement, je m’étais fourvoyée. Un tel traumatisme ne pouvait pas s’effacer avec le temps. Surtout pas quand il n’avait jamais été raconté. Ni même accepté. La honte m’avait envahie de telle sorte que je n’avais osé admettre l’effroyable vérité. Puis une idée insidieuse s’était frayée un chemin dans mon esprit, me convaincant que j’étais l’unique fautive de ce qui était arrivée. Je me portais en coupable. Comment aurai-je pu en parler ? Porter plainte ? Admettre ce qu’il s’était passé ? Qui m'aurait crue ? Je préférais reléguer ces événements au passé. J’aurai préféré que cela se passe ainsi… Mais la vie est telle qu’elle n’a aucun scrupule à faire ressentir nos plus violents démons. Je le découvrais aujourd’hui avec la venue de ce policier qui faisait ressurgir des souvenirs d’une douleur atroce. Moi qui pensais avoir tout oublié, voilà que je me retrouvais à vivre les scènes d’autrefois comme si j’y étais encore. Dans les bras de ma jumelle, je ne pouvais pas mimer que j’allais bien. La souffrance accumulée durant toutes ces années de souffrance venait me submerger comme un raz de marée, rejetant mon corps pantelant et souillé sur les rivages de mes sanglots. J’en tremblais de sentir encore son souffle contre ma peau, de sentir sa poigne, d’entendre sa voix qui grondait au fond de moi comme le tonnerre et qui couvrait mes plaintes et mes sanglots. Une fois encore, je me sentais dépossédée de mon corps par le simple pouvoir de ces souvenirs terrifiants. Je me blottis un peu plus dans les bras que m’offrait Jahia pour sentir sa chaleur rassurante et son doux parfum afin d’éloigner l’odeur pestilentiel d’alcool de Sean. Plus que tout la culpabilité m’assaillait. Je savais que je ne pourrai pas dissimuler la vérité plus longtemps, et je craignais le jugement de Jahia. Puis celui de ma famille… Que diraient-ils en apprenant que j’avais menti toutes ces années ? Que penserait Jahia, elle à qui je disais tout ? J’avais la sensation de l’avoir trahie, mais parler avait été au-dessus de mes forces. Pourtant, j’avais bien failli lui dire un jour. Suite à cet événement, je n’avais plus été que l’ombre de moi-même. Elle n’y avait pas été indifférente. Jahia était mon alter-ego. Ce que je ressentais, elle le ressentait et vice-versa. Nous n’avions aucun secret l’une pour l’autre, hormis un seul. Malgré ses questions, j’avais dû mentir. Consciemment ou inconsciemment, je ne savais plus. Je me souvenais seulement avoir prétexté un méchant chagrin d’amour. J’avais dû désigner au hasard un gars de notre promotion pour endormir momentanément ses soupçons. Sur le coup, cela ne paraissait pas étrange. J’étais du genre à réagir avec émotions à ce qu’il m’arrivait, dans le bon comme dans le mauvais. Finalement, je m’étais résolue à mettre cette histoire derrière moi grâce à mon amour pour ma famille et la musique. Peu à peu, je m’étais reconstruite. Plus rien ne devait me ramener à ce genre terrible. Sauf aujourd’hui…

Sanglotant dans les bras de Jahia, je ne pouvais éluder ses questions plus longtemps. Elle ne serait pas dupe et j’étais fatiguée de lui mentir. Bien que la vérité me coûtait énormément, j’étais incapable de l’éconduire une fois encore ou de ne pas me montrer honnête. Elle avait le droit de savoir, quoi que m’en coûte la vérité. Malheureusement, elle n’était pas aussi simple à formuler… Je ne parlais qu’à demi-mot, amenant une vérité qui m’effrayait comme jamais rien encore en ce monde. J’évoquais la venue de ce policier qui désirait parler des agressions. Je figurais dans la liste des victimes potentielles. Il fallait mon témoignage pour mettre sous les verrous ce criminel notoire. Mais je n’avais pas pu admettre que j’appartenais au rang des victimes. J’avais préféré tout nier à la police. Il n’y avait pas uniquement ma peur et ma honte que je traînais comme un fardeau. Je pensais aussi à ma carrière, à la comédie musicale. Que diraient les gens en apprenant que la chanteuse vedette était mêlée à une telle affaire ? Tous les ragots se porteraient sur ça. Goldstein me virerait probablement de la comédie musicale et une autre Satine prendrait ma place. Tout ce pour quoi j’avais œuvré serait réduit à néant. Je ne pouvais pas détruire ma carrière à cause d’un seul homme qui m’avait brisé l’âme. Jahia nageait dans le flou. Mes explications n’étaient pas claires, perdues dans mes hoquets. Je m’astreignais à moduler mes pleurs pour pouvoir parler mieux, mais je ne disais toujours pas vraiment les choses. Je finis par m’effondrer contre elle, anéantie. Je ne voulais plus revivre tout ça. Le cauchemar avait assez duré… « Naïa, je ne comprends pas… Je… Il s’est passé quelque chose que tu ne m’as pas dit ? » La gorge étranglée de sanglots, je me contentais de hocher la tête contre son épaule sans pouvoir parler. Oui, je ne lui avais pas tout dit et j’en ressentais une honte terrible. Une fois encore, elle me suppliait de tout lui raconter. Après quelques secondes à rassembler mes esprits, je relevai mon visage baigné de larmes vers elle. « Tu te souviens les fêtes chez Alison ? Elle en faisait tous les weekends chez elle. Ses parents n’étaient pas là. D’habitude, je n’y allais pas, mais je m’étais laissé convaincre par Betty, sauf que finalement, elle n’est pas venue. Je voulais partir… à part elle, je ne connaissais personne. Puis un gars m’a offert un verre… » Au lycée, je n’avais pas beaucoup d’amis au cause de la chorale que j’avais créé. Ça fait un peu cliché Glee mais c’était la vérité. Nous étions les ringards et je ne sortais pas beaucoup. Sans Betty, je n’avais pas le cœur à rester, sauf que Sean s’était approché de moi. Je taisais le nom à ma sœur. Ma gorge se serra et je détournai le regard. « Je ne me suis pas souvenue tout de suite… tout juste des bribes. Je crois… je crois qu’il avait mis quelque chose dans mon verre. Puis avec les jours… je me suis rappelée. Par flashs et dans mes rêves. Il m’avait emmenée dans une chambre. J’ai essayé de lui résister, mais je n’y suis pas arrivée. Il m’a tellement fait mal… » Physiquement, moralement… Je me souvenais m’être débattue tant que j’avais pu, mais il était trop fort pour moi. Mes lèvres se mirent à trembler. J’enfouis mon visage dans mes mains. « Il m’a dit des choses horribles… je me souviens de tout. De sa voix, de son odeur, de la douleur, de sa peau contre la mienne… ça me dégoûte tellement… » Et plus encore, je me dégoûtais. Je m’étais fait horreur durant longtemps. Peut-être même encore aujourd’hui. Mes yeux accrochèrent ceux de ma sœur, douloureux. « Je suis tellement désolée… je n’ai jamais osé le dire. J’avais trop peur… » je me mis à bredouiller, tremblante. Je cherchais maladroitement sa main pour me réconforter. « M’en veux pas, Jaja… »
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Jahia M. Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Dim 13 Aoû - 19:24



Naïa & Jahia



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Je m’efforçais de rester calme. Et je peux vous dire que, venant de moi, c’était très rare. Généralement, je pétais les plombs, hurlais à la mort, et faisais une bonne crise des familles jusqu’à ce que j’obtienne des réponses à mes questions ou alors l’objet de mes convoitises. Mais à l’intérieur, je bouillais. Je bouillais sous l’impatience. Voir ma sœur dans un tel état n’était pas un très beau spectacle. Je comprenais directement que ce qu’elle avait à annonçait n’était pas joyeux, voir complètement destructeur. Le genre de souvenir dont tu ne veux pas te rappeler, que tu veux enterrer à tout jamais au fin fond de ton esprit, n’en parler à personne car tu ne souhaites le garder qu’à toi, que personne ne sache. Le genre de souvenir que tu tentes d’oublier, que tu te convaincs que tu y as arrivé, mais qui revient toujours à la surface quand tu y penses le moins. Le genre de souvenir à détruire entièrement une personne, s’enfermant dans une camisole de ce déchirant rappel. Le genre de souvenir que j’ai toujours souhaité que Naïa évite. Et que je pensais qu’elle avait évité jusqu’à ce moment. Mais il s’avérait que la vérité était toute autre. En effet, alors que je pensais tout partager avec elle, il semblait qu’elle m’avait caché quelque chose toutes ces années. Une chose affreuse. Une chose terrible qui n’aurait pas dû rester impunie. Une chose que j’aurais dû apprendre il y a un bon moment. J’étais suspendue à ses lèvres. Mes oreilles étaient bien ouvertes et je ne souhaitais pas en louper une seule miette pour ensuite la réconforter au mieux. Je n’avais beau pas comprendre la situation, je savais qu’il fallait que je la console ensuite, que je lui caresse les cheveux, que je la laisse déverser un torrent de larmes sur mon tee-shirt, que je lui chante une petite chanson, notre petite chanson qu’on avait créée quand nous n’étions que des gamines, même si c’est elle la chanteuse et que j’ai un talent similaire à celui d’un âne.

Elle commença par remettre le contexte, les fêtes chez Alison. Je hochais la tête pour lui montrer que je me souvenais de ces soirées-là. Il fallait dire que c’étaient des fêtes exceptionnelles où tous les étudiants étaient invités et ne manquaient jamais l’occasion d’y aller. C’étaient des fêtes sujettes à tous les débordements, et c’est d’ailleurs cela qui m’effrayait. Généralement, quand quelqu’un pleurait et nommait les fêtes d’Ali, ce n’était jamais bon. Combien d’histoires avais-je entendues sur ces soirées ? Nombreuses étaient les tragédies arrivées là-bas. Elle aurait dû me dire qu’elle y était allée, que Betty n’était jamais arrivée et j’aurais dû venir, venir la rejoindre là-bas. « Puis un gars m’a offert un verre… » Ma gorge se serrait déjà, alors que rien n’était encore dit. Après tout, un verre lui avait simplement offert un verre, rien d’exceptionnel pour le moment. Mais je ne disais rien, restais en suspens. « Je ne me suis pas souvenue tout de suite… tout juste des bribes. Je crois… je crois qu’il avait mis quelque chose dans mon verre. Puis avec les jours… je me suis rappelée. Par flashs et dans mes rêves. Il m’avait emmenée dans une chambre. J’ai essayé de lui résister, mais je n’y suis pas arrivée. Il m’a tellement fait mal… » J’eu un arrêt. Mon cœur ratait un battement. Mes mains commençaient à trembler de rage, de tristesse, d’effroi. J’étais du genre protectrice envers la personne qui comptait le plus à mes yeux : ma jumelle. Dès qu’on s’en prenait à quelqu’un de ma famille, je sortais les poings. Combien de fois, Taylor et moi-même sommes allées casser des nez à ceux qui embêtaient ma jumelle ? Tellement de fois. Cette-fois de plus, j’avais envie d’attraper mon téléphone, appeler Tay et partir au front. J’avais envie d’un combat à la West Side Story.  « Je suis tellement désolée… je n’ai jamais osé le dire. J’avais trop peur… M’en veux pas, Jaja… » J’attrapais sa main dans la mienne, caressais le dos de celle-ci à l’aide de mon pouce. « Ne dis pas n’importe quoi… Comment pourrais-je t’en vouloir ? » demandais-je directement, la coupant presque dans ses paroles. « C’est plutôt à toi de m’en vouloir… J’aurais dû être là, avec toi ce soir-là. J’aurais dû être présente, mais je ne me doutais pas une seule seconde de ce qu’il se passait alors que… Je… » J’aurais dû être là pour elle, j’aurais dû être avec elle à cette soirée. J’aurais dû, mais où étais-je ? J’avais cette impression d’avoir laissé ma jumelle à l’abandon, que c’était arrivé par ma faute. Je culpabilisais. J’étais enragée envers ce type, tellement que j’avais envie de casser des murs. Mais également triste, totalement ravagée par une telle confidence. Cela avait beau daté, la douleur était encore si présente en Naïa. Comment pourrait-elle se remettre d’une telle chose ? C’était impossible, elle sera marquée à vie. Le mieux que je pouvais faire, c’était de l’écouter, la consoler, et trouver ce type pour faire ce qui aurait dû être fait depuis longtemps. « Naïa, je veux que tu me dises qui c’est. Qui est le type qui t’a fait ça ? »


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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Dim 20 Aoû - 20:49

J’étais rentrée dans la maison sans que quiconque ne me remarque vraiment. La soirée était déjà bien entamée. La musique s’entendait depuis le bout du quartier et les rires des différents groupes dispersés devant fusaient. Les fêtes chez Alison étaient à peu toujours les mêmes. La moitié du lycée était invitée, ramenant de quoi s’amuser, à manger, et surtout, à boire. Il y en avait presque tous les weekends chez elle. Encore une gosse de riche dont les parents n’étaient jamais à la maison. D’ordinaire, je ne m’y rendais pas trop. La réputation des soirées d’Alison était aussi bonne que mauvaise. Puis je ne faisais pas partie des gens cotés à l’école à cause de la chorale que j’avais décidé de monter. A dire vrai, nous étions la risée de tous, mais je m’en moquais éperdument. Je vivais ma passion à fond et j’étais persuadée d’être la plus intelligente dans cette histoire. Puis si un jour je venais à être célèbre, je pourrai me retourner en me disant que je n’ai aucun regret. De ce fait, je n’étais pas souvent à ce genre de soirées, mais pour une fois, j’avais écouté Betty qui rêvait que je m’amuse au moins pour un soir. Et justement, elle privilégiait le fait que je pourrai me faire des amis. Alors une fois dans la maison, je m’étais activée à trouver mon amie. Il y avait une foule immense dans toutes les pièces, des groupes qui riaient et buvaient, des couples qui se pelotaient dans les coins. Je n’étais pas coincée, mais je n’étais pas à mon aise non plus. Très rapidement, j’avais croisé Alison qui m’avait accueillie avec un grand sourire. « Tu ne sais pas où est Betty ? » je criai pour qu’elle m’entende. Elle haussa les épaules, m’indiquant simplement la grande baie vitrée qui donnait sur la terrasse. Je décidai de mener mon enquête par là. Il y avait la piscine autour de laquelle tout le monde était attroupé. D’autres sautaient dedans ou s’amusaient à y jeter des potes. Je détaillai tous les visages mais aucune trace de Betty. Un soupir franchit mes lèvres et je vins me mettre dans un coin pour envoyer un message à Betty. Qu’est-ce qu’elle foutait ? Je tentai même de l’appeler, mais rien du tout. « Je rêve ou c’est Madonna que je voie là ? » Je levai les yeux au ciel, reconnaissant immédiatement Sean Parker qui s’avançait vers moi avec sa tête d’idiot. Il était le capitaine de l’équipe de football du lycée et s’octroyait le droit d’être le plus insupportable de tous dans son harcèlement. Tout était bon pour qu’il vienne se moquer de moi, m’emmerder ou quoi que ce soit. Souvent, il se confrontait à Jahia qui prenait ma défense dès qu’elle était présente. Taylor venait même lui prêter main forte quand il le fallait. « Va embêter quelqu’un d’autre. Il y a suffisamment de gens à cette fête pour que tu ne viennes pas me voir. » Je lui jetai mon regard le plus noir, ce qui n’était pas très convaincant, provoquant un rire de sa part. « Oh allez, c’est la fête, souris un peu. Promis, ce soir, c’est trêve. » Je l’observai d’un air suspicieux. Il semblait déjà plutôt éméché, mais moins pernicieux qu’il ne pouvait apparaître d’ordinaire. « T’aurais pas vu Betty ? » - « Non, mais elle devrait arriver sûrement. Viens, je t’offre un verre en attendant. » Je ne pouvais qu’être étonnée d’un tel comportement, mais à aucun moment, je n’avais pensé à une malice de sa part. Bêtement, il m’était venu à l’esprit qu’en dehors du lycée, il pouvait être quelqu’un de bien. Je lui suivis parmi les gens, le laissais s’occuper des boissons tandis que je continuai d’observer la foule à la recherche de mon amie. Le verre arriva subitement sous mon nez. « A la trêve, jolie petite Argent ? » J’esquissai un léger sourire, levant mon verre avec le sien. Une fois encore, je l’avais suivi pour retourner dans le jardin où nous nous étions assis sur un canapé de jardin. Il m’avait paru étonnement gentil jusqu’à ce que je sente une fatigue immense m’envahir. « Tout va bien ? » Son expression était étrange. Je secouai mollement la tête. « Non… je ne sais pas… je suis fatiguée… » Ma tête vint presque s’écraser contre son torse. Il me soutint, m’emportant avec lui tandis qu’il se levait. « Tu devrais sûrement aller t’allonger un peu. » Il m’avait emmené avec lui sans que je ne puisse rien dire, ni même rien faire. Je n’étais plus maîtresse de mes pensées, et encore moins de mon corps, comme si une brume opaque m’engourdissait toute entière. J’étais impuissante…

Et la suite ne changeait pas à chaque fois que je faisais le cauchemar de cette soirée-là, de ce qu’il s’était passé dans cette chambre de la maison d’Alison ou que ce souvenir s’imposait simplement à ma mémoire. Je vivais chaque instant avec une clarté terrifiante comme si j’y étais encore, mais j’étais enfermée dans mon propre corps. Je n’avais pu que subir, me défendre à peine, crier un peu et pleurer. A mesure que je racontais mon histoire à Jahia, je sentais mon âme se déchirer un peu plus sous le poids de l’aveu. En parler rendait la chose bien trop réelle pour moi. Et j’avais peur. Peur qu’elle puisse m’en vouloir, qu’elle puisse avoir honte de moi, qu’elle puisse être en colère d’apprendre tout ceci que maintenant. Et quand elle me demande pourquoi elle devrait m’en vouloir, je balbutiai. « Parce qu’on s’était promis de toujours tout se dire… » Avec des gestes doux et tendres, elle parvint à soulager mon cœur. Mais je n’aimais pas qu’elle puisse s’en vouloir de de ne pas avoir été là. Je me souvenais qu’elle n’avait pas pu être présente. A cause d’une autre soirée ? Elle était fatiguée ? Elle avait un petit copain ou une petite copine à l’époque ? Je ne me souvenais plus très bien. Je secouai la tête pour éloigner cette idée et serrai plus fort ses doigts dans les miens. « Non, il ne faut pas t’en vouloir… je ne suis même pas sûre de t’en avoir parlé. Ou à peine. Betty devait me rejoindre… et… je devais partir puisqu’elle ne venait pas. » Et le lendemain, j’avais appris qu’elle s’était endormie avant d’avoir décollé de chez elle. Honnêtement, je lui en avais voulu sans pouvoir rien dire. « Naïa, je veux que tu me dises qui c’est. Qui est le type qui t’a fait ça ? » Je sentis un frisson me parcourir toute entière. Jahia le connaissait. Même un peu trop et elle ne serait pas forcément surprise d’entendre qu’il s’agissait de Sean. Je secouai la tête. « Non, non, je ne peux pas le dire. » je bredouillai en emprisonnant les mains de ma sœur dans ma mienne comme si ça pouvait l’empêcher d’agir. « Je ne peux pas en parler. Pas maintenant… pas maintenant que je peux avoir la chance d’avoir une carrière, d’être célèbre. Tu comprends, pas vrai ? » Enfin, après des années à suer sang et os pour obtenir des bonnes auditions, j’avais décroché un rôle pour la comédie musicale de Gabriel Goldstein. C’était mon ticket pour la célébrité, pour des productions encore plus importantes. J’aurai enfin un nom dans ce monde, mais je refusais qu’il puisse être entaché par une histoire aussi sordide. « Tu imagines si Goldstein l’apprenait ? Il me virerait à coup sûr… qui pourrait vouloir de moi et de ça ? » Ça, c’est ce qu’il s’est passé. Ça, c’est ce qui me définit un peu aujourd’hui. Ça, c’est mon fardeau. « Je ne veux pas que tu saches qui c’est… je ne veux pas que tu ailles le voir. Promets-moi que tu ne vas pas chercher à savoir qui c’est… »
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Jahia M. Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Dim 24 Sep - 2:20



Naïa & Jahia



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Où étais-je à ce moment-là, pendant que Naïa était seule, espérant l’arrivée de son amie Betty qui ne désignait pas pointer le bout de son nez ? Où étais-je ? Pourquoi n’avais-je pas été là-bas, avec elle ? Je devais certainement regarder une série sur mon ordinateur, tranquillement posée dans mon lit, ne me doutant absolument pas de ce qu’il se tramait chez Alison. Ou bien, j’étais barrée ailleurs, ayant trouvé mieux à faire ce soir-là. Peut-être avec mon crush de l’époque… Très probable, d’ailleurs. Ah, Alison… La reine des fiestas de nos années lycée. Une fille sympa, bien qu’un poil trop exubérante, n’hésitant pas à se vanter de ses dernières trouvailles shopping, du poney nommé « orchidée » que son père lui avait offert pour sa dernière bonne note, ou encore de sa belle décapotable au cuir couleur crème. Ce qui était sûr, c’est qu’elle avait de l’argent et le faisait savoir. De la jalousie, certainement, s’exprimait à l’intérieur de moi. C’était peut-être pour cette raison que j’avais refusé de venir à cette fameuse soirée, en ayant déjà beaucoup trop vu de sa superbe baraque qui pouvait accueillir tout le lycée entier. Il y avait toujours du monde, de l’alcool à gogo et des nanas complètement saoulent à moitié à poil dans sa piscine creusée. Les garçons étaient plutôt ravis et venaient en masse lors de ces soirées. Naïa, elle, n’y allait jamais. Alors, pourquoi cette fois-ci, y était-elle allée ? Un encouragement stupide d’une Betty finalement absente.

J’avais la haine. La haine envers une Alison complètement incompétente dans le rôle de maîtresse de maison et organisatrice de soirée, ne sachant aucunement gérer ladite soirée et ses invités. La haine envers une Betty absente alors qu’elle avait poussé ma jumelle à se déplacer jusque là-bas, prétextant déjà que cela allait être la soirée du siècle alors qu’elle n’y avait pas assisté. La haine envers un type dont j’ignorais totalement le prénom et qui avait créé le pire des souvenirs à Naïa. Un souvenir qu’elle n’avait pu oublier toutes ces années et qui la rongeait encore au point de se retrouver sous ce bureau, ce bureau qui nous suivait toutes ces années, en boule et pleurant à flot. Mais j’avais surtout la haine envers moi-même. La haine de ne pas avoir été présente. La haine de ne pas avoir su détecter ce traumatisme depuis toutes ces années alors qu’il s’agissait de ma jumelle. La haine de ne pas savoir la réconforter correctement, car je n’avais jamais été très douée pour cela. Et le pire dans toute cette histoire, c’est qu’elle avait peur que je lui en veuille… Mais, bon sang, où avait-elle la tête ? Comment pouvais-je lui en vouloir ? Cette petite tête n’avait aucune idée de ce qu’elle pouvait bien dire… « Parce qu’on s’était promis de toujours tout se dire… » Ma gorge se resserrait alors que mon étreinte faisait de même. Se promettre de tout se dire… Si seulement c’était si simple… Oui, nous avions promis de tout nous dire. Mais comment avouer si facilement un traumatisme vécu aussi puissant ? Je pouvais comprendre qu’elle n’ait rien dit. Après tout, si ça m’était arrivé… Est-ce que j’aurais pu lui en parler ? Je pouvais comprendre qu’elle n’en ait pas eu le courage. Il faut dire que ce ne devait pas être facile. Mais elle n’aurait pas dû garder ça pour elle. Plus facile à dire qu’à faire, je le conçois. Elle aurait dû m’en parler, mais je ne pouvais pas lui en vouloir de ne pas l’avoir fait. Au lieu de ça, elle l’avait gardé pour elle seule, s’était reformée avec ce souvenir plus que douleur en elle. Et moi, je n’avais aucune idée de ce qu’il y avait à l’intérieur, ce traumatisme…

Il fallait que je retrouve ce mec. Il fallait que je retrouve celui qui lui avait fait ça. Il fallait que je lui rende visite. Il fallait que je lui parle. Et encore, la conversation ne serait que de très courte durée avant que mon poing termine dans son joli minois. Un petit demi-tour vers le commissariat serait certainement utile. J’avais de grands projets désormais. Mais elle ne semblait pas vouloir sortir un prénom. Et ce, pour une simple raison de… Gabriel Goldstein ? La comédie musicale ? Elle s’inquiétait à cause de ça ? Bordel… « Je ne veux pas que tu saches qui c’est… je ne veux pas que tu ailles le voir. Promets-moi que tu ne vas pas chercher à savoir qui c’est… » Je ne pouvais pas lui promettre ça. Comment voulait-elle que je lui promette de ne pas chercher à savoir qui c’est ? « Enfin, Naïa… Tu te rends compte que ce que tu me demandes est compliqué ? » lui demandais-je avant d’ajouter « Tu m’expliques tout ce qu’il t’a fait, et tu souhaiterais que je passe à autre chose ? Que je ne sache pas qui t’a fait tout ça ? » C’était clairement impossible. Je ne pouvais pas passer à autre chose en un claquement de doigts, lui promettre que j’allais oublier toute cette histoire et ne pas chercher à savoir qui était ce type. C’était totalement impensable. « Tu n’es pas obligée de me dire son prénom si tu ne veux pas, je ne peux pas t’obliger après tout. » dis-je alors en lui carrément le dos de sa main avec mon pouce, tentant de la rassurer sur cette partie. « Mais tu ne peux pas m’empêcher de rechercher qui a fait du mal à ma sœur. »


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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « All I want is nothing more to touch your hand and hear your voice » + Jahia ♥    Jeu 12 Oct - 18:17

Il était atrocement douloureux de se souvenir. Durant tant d’années, cet épisode avait gâché mes nuits, mes relations avec les garçons, et ma vie. Parfois, je me rejouais les scènes en m’imaginant ce que ma vie aurait pu être si j’avais fait les choses autrement. Si je n’avais pas décidé d’écouter Betty et de la suivre à cette soirée. Si j’avais demandé à une de mes sœurs de m’accompagner, par peur de me retrouver toute seule chez Alison. Si j’étais partie sitôt que j’avais découvert que Betty était absente de la soirée. Si je n’avais pas parlé à Sean, que je ne l’avais pas écouté, que je n’avais pas accepté son verre. Si je n’avais pas été aussi naïve et idiote, que serait-il arrivé ? Je m’étais longtemps figurée que tout était entièrement de ma faute. J’en portais la culpabilité car je n’aurai jamais dû être là, au mauvais endroit, au mauvais moment. Sans doute le pensais-je encore maintenant. Sauf que j’avais décidé de ne pas le laisser gagner. Je m’étais battue pour ne pas être l’esclave et la victime de ce souvenir. Bien qu’elle était ignorante de ce qu’il s’était passé, ma famille s’était révélée être d’un grand soutien. Au travers de leur amour, je m’étais convaincue que cela n’avait pas d’importance, que je devais oublier et avancer. Aujourd’hui, j’avais la chance de propulser ma carrière, de participer à l’une des grandes œuvres musicales de notre temps aux côtés du grand Gabriel Goldstein et de devenir célèbre en vivant de ma passion. Ma pugnacité était ma revanche sur la vie, sur ce qu’il m’était arrivé. Inconsciemment, je m’étais battue pour gagner. Contre qui ? Contre quoi ? Je n’en avais pas vraiment d’idée. Je luttais simplement. Et je pensais être victorieuse.

Sauf que cette histoire n’était pas véritablement terminée. Même si j’en faisais parfois des cauchemars, le souvenir devenait rare. Je l’oubliais. Je lui faisais perdre en importance pour lui en retirer la gravité et la souffrance qu’elle me procurait. Désormais, je me rendais compte que mes efforts ne valaient rien. Il avait suffi que de la visite de ce policier pour que je m’effondre. La peur, en premier, m’avait écrasée. Celle que quiconque puisse découvrir ce qu’il s’était passé, ou bien que cette histoire ne puisse être dangereuse. La honte était venue ensuite, m’accablant. Que penserait-on de moi ? Comment pourrai-je seulement formuler ce qui avait pu se dérouler ce soir-là ? Admettre que je n’avais été qu’une idiote ? Et puis l’angoisse. Celle que l’histoire s’ébruite et que ma célébrité ne soit due qu’à cette histoire d’abus. Moi qui voulais être connue pour mon talent, je ne serai que Naïa Argent, l’une des nombreuses victimes d’un sociopathe. Je ne pouvais pas m’y résoudre. Cela aurait fait trop mal et ce que je tentais d’expliquer à ma jumelle. Mon point de vue pouvait paraître terriblement idiot, mais je n’étais pas prête à gâcher ma carrière pour une histoire qui datait autant. La justice n’avait pas été rendue, mais elle pouvait bien aller au diable si je perdrais mon rôle. Gabriel Goldstein était un homme étrange et imprévisible qui ne me mettait pas à l’aise. Comment réagirait-il en apprenant à quelle histoire sa vedette était mêlée ? La presse s’emparerait de l’affaire. La comédie musicale serait éclipsée. C’était inconcevable. « Je ne veux pas que tu saches qui c’est… je ne veux pas que tu ailles le voir. Promets-moi que tu ne vas pas chercher à savoir qui c’est… » Outre cette histoire, je ne voulais pas que ma famille soit mêlée à cela. Je connaissais ma jumelle. Elle n’hésiterait pas une seule seconde en apprenant que c’était Sean pour aller le trouver et lui régler son compte. Sûrement serait-elle accompagnée de Taylor, ou de Konan comme c’était le cas autrefois. Toujours, ils m’avaient protégée de ceux qui s’en prenaient à moi. Mais là, les circonstances étaient différentes. C’était grave. je ne voulais pas qu’ils puissent se trouver mêler à une telle histoire, ou qu’il puisse y avoir des représailles de Sean. Je ne savais pas ce qu’il était devenu. Qui il était de ce monde après le lycée, néanmoins, il m’apparaissait toujours comme étant une ombre menaçante, un monstre qui serait impossible à vaincre. Jahia ne le comprenait pas. Evidemment, je lui en demandais trop. J’en avais conscience. A sa place, je n’aurai pas pu rester dans l’ignorance. J’aurai voulu connaître l’identité de cet homme pour que justice soit faite. Je n’aurai pas pu rester les bras croisés. Tout comme ma jumelle ne pouvait pas rester indifférente et reprendre calmement son existence. Au travers de ses gestes rassurants et de ses paroles, je le comprenais. Une larme coula le long de ma joue. « Sean Parker. C’était Sean Parker. » je confessai piteusement. A l’époque, il était le quaterback de l’équipe de football. Il faisait partie de ces grandes vedettes du lycée qui étaient adulés et qui jouaient de leur célébrité. Sans doute n’étais-je pas la seule à avoir subi un tel sort à cette période et avoir décidé de me taire. Après tout, je n’étais pas très populaire. De plus, Sean s’amusait souvent à me dénigrer ou à saper mon travail. Jahia le connaissait forcément. Elle s’était même déjà interposée en voyant Sean embêter sa sœur. J’attrapai les mains de ma jumelle. « Mais il faut que tu comprennes que je ne peux rien dire. Tu imagines si je ne suis célèbre qu’à travers cette histoire ? Que ma carrière ne décolle jamais à cause de lui ? Il aura gagné. Il aura définitivement réussi à gâcher ma vie. Je ne veux pas qu’il gâche ma vie ! » Les larmes remontèrent à mes yeux, mais je les retins bravement. « Ne dis rien. Ne fais rien. Ne le dis pas non plus aux autres… je veux que ce soit notre secret à nous. Et je ne veux pas que tu ailles le voir non plus. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose. »
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