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 « Oh darling, darling, what I have done ? Can I stop at one or have I just begun ? » + Judith ♥

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Raphaël Grimes
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MessageSujet: « Oh darling, darling, what I have done ? Can I stop at one or have I just begun ? » + Judith ♥   Dim 7 Mai - 19:13

Il y songeait depuis tellement longtemps sans parvenir à trouver le moment adéquate. Il avait laissé de longues semaines se passer avant de passer à l’acte. Il avait tout premièrement trouvé refuge chez sa sœur Becca. Cette dernière vivait déjà en colocation avec deux filles, mais il n’avait rien trouvé de mieux. Le motard avait dû reconnaître qu’il avait en besoin, et après plus de vingt ans d’absence, il s’était tourné vers sa famille. Un choix sans nul doute étrange… Mais il s’était rendu compte à quel point son retour n’avait pas été en vain. Il avait réalisé les dommages qu’autant d’années d’exil à Philadelphie avaient causés sur sa famille. Aurait-il pu empêcher le drame qui s’était produit chez les Swan s’il n’était pas parti ? Raphaël se plaisait à croire que oui, et sa culpabilité n’en était que plus grande. Ainsi, il s’était décidé à rester vivre à Los Angeles. Il n’appréciait pas cette ville. A peine y avait-il posé les pieds qu’il l’avait eue en horreur. Cette ville abritait sa femme, la lui dérobait. Cette ville était le témoin de ses infidélités. De plus, cette ville détenait des fous furieux en tant qu’habitants. S’il avait pu, il aurait déguerpi aussi vite que possible, mais il avait fait une promesse à Becca. Il pouvait continuer longtemps à se convaincre que sa sœur était l’unique moteur de sa volonté de rester, mais ce n’était pas tout. Raphaël ne se voyait pas encore baisser les armes. Il ne s’avouait pas encore vaincu. Sa vie à Philadelphie était terminée. Il s’était occupé de faire vendre la maison et de se débarrasser de tous les souvenirs dont elle regorgeait. Mais Raphaël ne souhaitait pas seulement s’affranchir de son passé, il voulait créer un nouveau présent. Et dans ce nouveau présent, Judith en faisait toujours parti.
N’ayant aucun désir de vivre plus longtemps au milieu d’autant de femmes, il avait obtenu finalement un travail dans un garage. Il n’était pas particulièrement satisfait de travailler sous les ordres de quiconque après avoir détenu son propre garage, mais il n’avait pas vraiment le choix. De plus, son patron n’était pas du genre chiant. Il s’en accommodait assez. Il avait commencé à travailler depuis et déjà, il s’était dégoté un appartement. Rien de bien reluisant. Rien qui ne fasse spécialement envie. Rien qui ne soit chaleureux ou démesurément grand. Mais cela convenait parfaitement au motard qui s’y était installé depuis quelques temps. Il y retrouvait ses habitudes de loup solitaire. Il n’avait plus besoin de se soucier de l’heure à laquelle il rentrait, Becca l’inondant de messages quand la soirée était trop avancée. Jusqu’ici, il avait géré l’ensemble de sa vie de son côté. Une nouvelle ville. Un nouveau travail. Un nouvel appartement. Sûrement un nouveau départ, mais jamais sans la personne qui continuait à compter terriblement à ses yeux. Il aurait pu se convaincre qu’il ne l’aimait pas vraiment, que sa trahison était trop grande pour mériter un quelconque pardon, mais le motard réalisait qu’il était prêt à tout pour l’avoir à ses côtés, même à changer s’il le fallait. Dans ces moments de lucidité, il comprenait à quel point il se leurrait depuis le début. Il s’était toujours persuadé que Mary avait été le plus grand amour de sa vie. Mais il n’avait pas changé pour Mary. Il avait uniquement fui. Pour Judith, c’était tout autre chose. Il ne faisait sûrement pas les choses bien, mais il agissait envers et contre tous. Il se moquait de ce que l’on pourrait penser. Il se moquait du passé. Il n’avait qu’une idée en tête.

Et ce fut cette idée qui le mena à se trouver à une heure matinale en face de l’école de l’enfant que gardait Judith. Plusieurs semaines s’étaient écoulées avant qu’il ne juge que ce choix était prudent. Suite à l’agression de Derek, il avait craint une plainte, mais aucun flic n’avait montré le bout de son nez. Aucune plainte n’avait été déposée. Il avait vu cela comme un signe. Une preuve de plus que rien n’était totalement fini. Raphaël n’était pas un fin penseur, mais cette idée avait fini par lui traverser l’esprit. Il se devait d’en avoir le cœur net. Il s’était certainement pointé bien trop tôt. Il n’y avait que peu de parents qui venaient déposer leurs enfants. Assis sur sa moto, il observait de loin l’agitation, quand tout à coup, la vue de toute cette marmaille le fit penser à la gamine étrange du foyer dirigé par l’autre tarée. Il se surprit à s’interroger sur son histoire, sur ce qui l’avait poussée à prendre ses jambes à son cou pour se casser de là où elle était. Visiblement, rien ne l’attendait dehors. De plus, -bien que Raphaël se refuserait toujours à l’admettre- la karaté kid paraissait soucieuse du bien-être de ses enfants perdus. Qu’est-ce qui clochait pour qu’elle décide de mettre les voiles à chaque fois ? Surtout pour venir le faire chier lui. Toutefois, le cours de ses pensées s’interrompit bien vite quand il reconnut la silhouette de Judith et de la petite fille qu’elle tenait par la main. Par chance, l’autre connard n’était pas avec eux. Il resta en retrait, observant sa femme prendre soin de cette enfant qui n’était pas la leur et il crut encore se revoir, plusieurs années auparavant, face à Mary qui rajustait l’écharpe de cette enfant qui n’était pas la sienne. De loin, il n’était pas certain de discerner tous les détails, mais Judith lui paraissait en bonne santé. Elle ne portait plus les marques de ce qu’il lui avait fait subir. Quand la petite fut partie et que son épouse prit le chemin du retour, Raphaël descendit de sa moto. Sûr de lui, il s’avança vers elle, totalement à découvert cette fois. Sa manière de procéder serait différente. « Judith ! » appela-t-il alors qu’elle était dos à lui. Dès lors qu’elle se retourna, il cerna la crainte sur son visage. Il enfouit ses mains dans les poches de son blouson. « Je ne vais rien te faire. » annonça-t-il d’un ton un peu trop dur, mais il se sentait terriblement maladroit. Etait-ce si dur de se parler désormais ? Il resta un instant silencieux, regardant autour de lui comme si quelqu’un pouvait les épier en ce moment même. « Il faut que je te parle » En voyant la réticence de la jeune femme et en signe de bonne foi, il ajouta. « Dans un café, si tu préfères. Juste toi et moi. »
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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: « Oh darling, darling, what I have done ? Can I stop at one or have I just begun ? » + Judith ♥   Dim 14 Mai - 9:50

C'était une belle journée de mois de mai qui commençait. Mia s'était levée, blottie dans les bras de Derek. Délicatement, elle avait essayé de ne pas réveiller l'homme encore convalescent. La reprise du travail ne se faisait pas encore tant que les séances de kiné n'étaient pas finies. Il avait encore pas mal de rééducation à faire si ce n'était qu'il n'était pas encore guéri. Les blessures restaient fragiles. Il fallait du temps et pourtant, ils en avaient énormément. Leur vie avait pris un nouveau tournant, une nouvelle histoire s'écrivait chaque jour. Et l'amour était là. Pur et beau. Doux et innocent. Elle ne craignait plus rien. Elle savait que jamais il ne poserait la main sur elle. Aussi, elle revivait. Elle avait enterré la fin de son histoire avec Raphaël. Elle s'était convaincue que Judith était bel et bien morte. Le passé n'existait plus à ses yeux. Judith n'en demeurait que la figure de l'ombre, une ancienne âme déchue et brisée qu'elle s'efforçait d'oublier. Ce n'était pas toujours évident mais elle se forçait. Les procédures pour changer d'identité avaient déjà été entamées. Le divorce n'était pas une fin en soi à ses yeux. Elle préférait fuir en devenant définitivement une autre. De toute façon, il aurait été hors de question qu'elle revoit Raphaël pour lui faire signer un quelconque papier. Elle espérait qu'il soit parti. Si loin d'elle, pour ne plus jamais revenir. Elle y croyait dur comme fer, se rappelant l'instant où il lui avait dit de s'en aller, alors qu'ils venaient de percuter un poteau. Elle n'avait pas oublié la voix. Tellement chargée de douleur. Tellement difficile à entendre. Souvent, la nuit, elle revenait dans un écho glacial où elle se réveillait en sursaut, extirpant l'homme se trouvant a côté d'elle, de son propre sommeil. Mia pansait ses plaies. Petit à petit. La douleur n'était pas physique mais bien morale. Il fallait oublier celui qui avait tant compté pour elle. Malgré la violence. Malgré les coups. Malgré tout ce qu'il avait emporté sur son passage en étant trop cruel, trop brutal aussi. C'était difficile car il représentait une partie de sa vie mais Mia y croyait. Elle se disait qu'il fallait donner du temps au temps. Et puis, elle avait une famille désormais. Elle était heureuse et amoureuse. Rien d'autre ne comptait en dehors de Lily et de Derek. D'ailleurs, elle entreprit de réveiller la petite : il y avait l'école aujourd'hui quand bien même c'était la fin de l'année. Elles descendirent au rez-de-chaussée où la brune prépara le petit déjeuner pour elle et la petite. Elle écouta la petite poupée lui racontait un de ses rêves. C'était si mignon et empli d'innocence, Mia s'en attendrissait. Elle apprenait à être présente pour Lily. Voilà plus d'un an qu'elle avait fait irruption dans la vie des deux Bullock et autant dire qu'elle était heureuse de les avoir croisé. Ils lui avaient sauvé la vie par leur façon d'être, par le sourire et leur affection. Mia redevenait celle qu'elle avait toujours été. Bien avant la rencontre avec le biker, quand tout était plus innocent, plus enthousiaste. Et puis, elle avait le sentiment d'être une mère pour Lily. Elle savait très bien qu'elle ne remplacerait pas Angie. Mais elle ne voulait pas que Lily puisse souffrir d'un quelconque manque. Elle était si merveilleuse. Et bavarde. « Puce, mange tes céréales ou on va finir par être en retard. Je vais aller préparer tes affaires. Je reviens. » Elle déposa un baiser sur la petite tête puis monta à l'étage où elle aéra la chambre de l'enfant, fit son lit et sortit quelques affaires à mettre. Le temps de, Lily monta et fila dans à la salle de bain pour se doucher et se préparer. Pendant ce temps, la brune prit quelques affaires pour elle. Et une fois prêtes et propres, les deux quittèrent la maison silencieuse non sans avoir dit au revoir à Derek. Mia lui rappela qu'elle devait faire quelques courses. Durant le trajet, la petite et la grande avancèrent main dans la main, occupées à parler d'un dessin animé que Lily aimait beaucoup, qu'elle avait vu hier soir avant d'aller au lit. Le temps de l'écouter attentivement, elles arrivèrent bien vite à l'école. Tendrement, Mia vérifia que le gilet de Lily était bien mis en place, que sa queue de cheval tiendrait. Des petits gestes affectueux agrémentant leur quotidien. Un dernier baiser et la petite la quitta pour entrer dans l'enceinte de l'école. Elle suivit sa silhouette avec un petit sourire avant de reprendre le chemin inverse. Elle devait juste s'arrêter faire quelques courses dans la petite épicerie se trouvant non loin de chez eux. Pour l'instant, ils n'avaient pas encore trouvé de nouveau domicile mais ils prenaient leur temps. Rien ne pressait.

Ainsi c'est à ça qu'elle songeait tandis qu'elle marchait d'un pas tranquille, les mains dans les poches de son gilet. L'esprit voguait au loin et la mine était sereine quand soudain, un froid terrible la prit, traversant sa colonne vertébrale. Elle ne sur comment réagir si ce n'était qu'elle était choquée, tétanisée. Un seul être l'appelait Judith et puis de toute façon, elle avait déjà reconnu la voix. Elle ne sut pas vraiment ce qu'elle devait faire. À savoir de se retourner ou non. L'envie de prendre la fuite demeurait forte. Elle se disait que c'était sans doute la meilleure des solutions. Et pourtant, ses jambes semblaient paralysées. Elle ne bougeait plus. Et puis, la raison l'emporta. Mia se retourna, sentant son coeur battre plus fort alors qu'elle faisait face à son mari. Combien de temps s'était écoulé depuis leur dernière rencontre ? De trop longues semaines devenues des mois désormais. Elle esquissa un mouvement de recul infime, motivée par la crainte. Tout son être tremblait par la peur. Que lui voulait-il ? Elle n'en savait rien. Pourtant, il lui indiqua qu'il lui ne lui ferait aucun mal. Elle voulait le croire. Elle voudrait essayer de lui faire confiance mais les images de leur dernière fois lui revenait en tête. Trop souvent hélas. Il voulait lui parler. Son esprit lui hurlait qu'il ne s'agissait pas d'une bonne idée. Que pouvait-il avoir à lui dire ? Le message avait été clair pourtant. Il l'avait laissé s'enfuir, commencer une nouvelle vie où il n'avait plus sa place. « Ce... Je crois que ce n'est pas une bonne idée... » Sa voix était faible. Peu assurée. Elle avait peur. Elle était terrifiée d'être face à lui. Pourtant, il insista proposant que la conversation se déroule dans un café. L'argument tint la route, emportant toute volonté de lui refuser quoi que ce soit. « Ok. » Dit-elle dans un soupir. Elle ne se sentait pas de taille à refuser quoi que ce soit. D'une certaine, il restait son mari. Elle l'avait aimé. Follement. Passionnément. Pour toujours. Pour le meilleur et pour le pire. Maintenant il y avait Derek mais Raph... C'était Raph... C'était le tout, l'univers, beaucoup de choses. Elle le suivit vers un café se trouvant non loin, respectant une distance de sécurité pour elle. Ses doutes et ses peurs n'étaient pas dissipés. Et pourtant, elle avait l'impression d'entrevoir les gestes d'antan, de le suivre. Se trouvant derrière lui en entrant dans le lieu, elle prit le temps d'observer la carrure qu'elle chérissait, lui ayant conféré un tel sentiment de sécurité avant de devenir une figure de crainte et de violence. Ils prirent place s'asseyant l'un en face de l'autre dans un silence, tandis qu'elle entendait encore cette voix l'appeler par son ancienne identité. Il fallait qu'elle en profite pour mettre les choses au clair, elle lui en voulait. Elle n'avait pas porté plainte contre lui. Elle avait supplié Derek de ne pas en faire de même. Et pourtant, il se trouvait ici. Avait-il su d'emblée qu'elle ne le dénoncerait pas ? « Tout à l'heure, tu m'as appelé Judith mais Ici, je ne m'appelle plus ainsi. C'est juste Mia. » Les papiers avaient été faits. Heureusement que dans ce pays, il était encore possible de divorcer sans l'accord de l'autre, de changer d'identité assez facilement. Il ne devait plus rien rester de Judith Grimes. De ce fait, elle restait liée à Raph en se masquant derrière un autre nom. Le serveur vint prendre leur commande et Mia choisit un café. Elle avait presque oublié qu'elle devait faire des courses, qu'il y avait Derek à la maison. Obnubilée par la présence de Raph, elle se sentait perdre pied. « Pourquoi veux-tu me parler ? Qu'as-tu à me dire ? » Dit-elle d'une voix neutre sans froideur, ni chaleur. Elle ne savait pas comment se comporter. Elle lui voulait, ça c'était évident mais elle ne pouvait se montrer cruelle. Ce n'était pas dans sa nature. Elle était une bonne vivante du moins, elle l'avait été.
Il avait tout saccagé...
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: « Oh darling, darling, what I have done ? Can I stop at one or have I just begun ? » + Judith ♥   Dim 18 Juin - 0:26

Raphaël ne savait pas encore vraiment ce qu’il allait lui dire. Le motard n’était pas habitué à planifier grand-chose. Il fonctionnait à l’improvisation, à l’impulsion. Cela lui valait au moins de se montrer constamment franc, mais de l’autre, de dire parfois des mauvaises choses. Quelquefois, il avait songé à ce qu’il pourrait dire malgré tout à Judith. Trouver les bons mots serait compliqué. Il n’était pas un grand penseur, mais il n’était pas suffisamment idiot pour ne pas savoir que sa conduite aurait du mal à s’expliquer d’une manière ou d’une autre. Quoi qu’il advienne, il ne se présentait pas devant sa femme dans l’optique de lui offrir un grand mea culpa, ni même de quémander sa pitié. Pas uniquement par orgueil, mais bien parce qu’il considérait qu’il n’était pas le seul fautif dans cette histoire. Il avait déconné le jour où il l’avait enlevée, mais tout ceci ne serait jamais arrivé si sa femme n’avait pas décidé de prendre son envol pour Los Angeles. Quand bien même, Raphaël n’était pas doué pour les excuses ou les pardons. Il l’avait prouvé déjà face à sa petite sœur Becca à qui il aurait dû demander mille fois pardon pour s’être enfui de la sorte, la laissant aux griffes d’un beau-père pervers. Malheureusement, il ne pouvait pas changer le passé. Pas plus qu’il ne pourrait effacer ce qu’il s’était passé quelques semaines auparavant. Néanmoins, il ne s’avouait pas vaincu pour autant. Il comprenait qu’il avait perdu une bataille, mais pas la guerre pour regagner le cœur de son épouse. Il n’avait pas réalisé à quel point ses sentiments pour lui s’étaient estompés et qu’il lui faudrait plus que quelques mots pour la faire revenir vers lui. Qu’il faudrait autre chose que cette violence qui l’avait fait fuir. Ce jour-là, plus qu’un autre, il avait fait terriblement peur à Judith. Et pour la première fois de sa vie, il s’était fait peur à lui-même. Aujourd’hui, en se présentant à son épouse, il arrivait plus enclin à parler qu’il ne l’avait jamais été. Il ne montrait plus aucun signe de rage ou même de violence. Il se souvenait encore de ces premiers mois idylliques qu’ils avaient passés ensemble avant qu’ils n’emménagent tous les deux et que tout bascule. Il n’avait pas eu besoin de coups pour qu’elle tombe amoureuse de lui. Alors pourquoi avoir changé à ce point ? Il n’en était pas à se remettre en question, mais parfois, il se demandait si son attitude aurait fini par être la même auprès de Mary. L’aurait-il frappée si elle était rentrée trop tard sur le soir ? S’il avait soupçonné un parfum d’homme sur ses vêtements ? S’il l’entendait lui parler d’une manière qui ne lui plaisait pas ? Il aimait à croire que non. Pas forcément parce qu’il aimait Mary d’un amour plus fort et plus insouciant, mais bien parce que toutes ces années de guerre, de violence et d’abomination n’auraient pas achevé de le gâcher entièrement. Il n’était qu’une âme bonne à jeter aux ordures sans aucune autre forme de procès.

La frayeur qu’il lut sur le visage de son épouse était justifiée, mais il ne l’aima pas. Pourtant, ce n’était pas la première fois qu’il croisait ces yeux apeurés, mais cette fois, ça le frappait de plein fouet. Jusqu’où avait-il déconné pour que son amour se voile de crainte ? Dans le fond, il le savait… Parler, elle n’en avait pas envie. Pas de manière vindicative, mais avec peu d’assurance. Il privilégia le cadre d’un café pour la rassurer. Il se doutait bien qu’elle n’accepterait pas d’un claquement de doigt après tout ce qu’il s’était passé. Il n’était pas stupide. Son argument sembla faire mouche car elle accepta. Dans un silence de plomb, ils se mirent à marcher dans les rues de Los Angeles. Ne faisant pas les difficiles, ils s’engouffrèrent dans le premier bar qu’ils trouvèrent où il y avait suffisamment de monde pour rassurer Judith, mais où ils auraient assez d’intimité pour plaire à Raphaël. Ils s’assirent l’un en face de l’autre. Il se sentit brutalement gauche et maladroit. Il ne savait plus que lui dire désormais qu’ils n’étaient que tous les deux. Les poings étaient-ils finalement plus simples que les mots ? Il ne pouvait plus s’y résoudre. Sa femme prit les devants avant qu’il ne puisse amorcer le moindre semblant de conversation, lui interdisant de l’appeler Judith. Dorénavant, elle était Mia. Il eut un rire bref et sarcastique. « C’est quoi encore cette nouvelle connerie ? » Il trouvait cela totalement idiot, comme si elle souhaitait renier son identité. Il aurait pu comprendre, mais il ne le fit pas. Il se mit regarder tout autour de lui les tables qui conversaient dans l’insouciance la plus totale. Quand le serveur vint prendre les commandes, il se retint de commander une bière et prit un café comme Judith. Il voulait vraiment lui prouver qu’il n’était plus tout à fait le même. Ou qu’il avait encore le désir de changer un peu. Le motard fut presque choqué de la neutralité derrière laquelle se cacha son épouse. Il sentait bien qu’elle était bouleversée. Il l’avait aimée trop passionnément pour ne pas le pressentir. Aujourd’hui encore, il l’aimait plus que jamais. Il ne pouvait nier une telle vérité. Il n’était pas là pour ça. Face à ses questions, il ne sut pas tout de suite quoi dire. Parler parut une épreuve intrigante et effrayante. Il aurait pu demander si Derek était toujours vivant, mais il s’en foutait bien pas mal. Il avait déjà sa réponse car aucune plainte n’avait été déposée contre lui. Il ne doutait pas, si Derek était mort, que Judith n’aurait pas hésité à le dénoncer quoi qu’il advienne. Prendre de ses nouvelles ? Plutôt crever. « J’en sais rien. Je voulais juste qu’on parle, c’est tout. » Il s’embourbait, incapable de savoir les mots qu’il voulait poser dans cette conversation. Il s’adossa contre le dos de sa chaise, mal à l’aise. « Je crois que je voulais juste te dire que… je peux faire mieux. Je peux… je ne sais pas, changer peut-être. » Il se trouvait de plus en plus maladroit. Jamais encore, il ne lui avait parlé avec si peu d’assurance. Il n’avait jamais pris l’habitude de mettre son orgueil de côté. Il se redressa un peu mieux sur sa chaise pour s’accouder sur la table. Son regard se greffa au sien. « Ecoute, j’ai merdé. Complètement. Je le reconnais et je suis désolé. Je n’ai jamais voulu que tu partes. Pas comme ça. » Il marqua une pause, regardant autour de lui. Il s’était plié au café, mais il détestait que quiconque puisse les entendre. « Je n’aurai pas voulu que tu reviennes non plus. Pas comme ça. Pas de la manière dont ça a failli se passer. » En la forçant. En la faisant pleurer. En la rendant malheureuse. « Je ne veux plus l’ombre de ma femme. Je veux que tu reviennes. Et toutes ces histoires de Mia, j’en ai rien à battre. Tu resteras toujours Judith pour moi parce que c’est Judith que j’aime. Pas une autre version de toi. » Il s’arrêta, les cafés étant servi sur la table. Quand le serveur fut suffisamment loin, il reprit. « Je vais vendre la maison de Philadelphie. On pourrait prendre un nouveau départ ailleurs si c’est ce que tu veux... »
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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: « Oh darling, darling, what I have done ? Can I stop at one or have I just begun ? » + Judith ♥   Dim 30 Juil - 10:08

Face à lui, elle retenait son souffle. Face à lui, elle ne pouvait nier le battement effréné de son cœur. Face à lui, elle croyait encore revoir le monstre. Celui ayant pointé cette arme et ayant appuyé sur la détente. Deux fois. Deux possibilités d’ôter la vie à celui qui comptait tant pour elle. Il aurait pu y arriver. Et qu’aurait-il pu arriver alors ? L’aurait-elle suivi en sachant qu’il avait tué, qu’il avait rendu orpheline une petite fille ? La brune s’était posée la question tant de fois lorsque la nuit, l’éveil forcé par le cauchemar la tirait hors d’un sommeil agité. Elle se nourrissait du visage endormi se trouvant à côté d’elle, se convainquant qu’il ne l’avait pas tué. Il était encore là. Chaud. Vivant. Avec tant d’amour à lui donner. Raphaël ne l’avait pas tué. La chance avait été avec lui autant qu’elle avait été avec Derek. Elle les avait épargnés. Mais à quel prix ? Aujourd’hui, elle se trouvait dans ce bar en face de son mari, sans trop savoir si c’était une bonne idée ou non d’avoir accepté. Mia n’en savait rien. Elle était perdue mais elle était convaincue d’une seule chose : il devait comprendre qu’elle n’avait plus rien à voir avec Judith. Cette femme-là était morte à Philadelphie. Elle ne se relèverait plus. Et de ce fait, elle essayait de masquer le tremblement de sa voix, de se montrer plus ferme. Elle était Mia, juste Mia. Et lorsqu’ils seront enfin installés, lorsqu’elle aura sa nouvelle vie se démarrant concrètement avec Derek, elle ferait alors toutes les démarches nécessaires pour que le changement d’identité ait lieu. Parfois, elle envisageait de divorcer, mais pour cela, il en aurait fallu de la force, et elle n’en avait pas. Elle ne se voyait même pas dire à son mari qu’elle souhaitait annuler ce mariage, qu’elle ne croyait plus en cette fidélité qu’ils s’étaient jurés, un beau jour, devant Dieu. Alors, elle lui laissait entrevoir une partie de sa vie qu’il n’avait pas connu durant cette année. Judith avait laissé place à Mia. Et le motard ne le comprit pas trop. A ses mots, elle sentit son cœur battre un peu plus fort, réalisant avec du recul et le palpitant esquinté, combien il était si intimidant. « Ce ne sont pas des conneries. Ce n’est que le résultat de ce que tu m’as fait. » Les coups. Les blessures. Les insultes. Les humiliations. Chroniques. Constantes. Journalières. Tout le temps. Chaque seconde. Chaque minute. Chaque heure. Rappelant combien elle n’était qu’une moins que rien. Avec le temps, cette idée s’était greffée en elle, dans chaque centimètre de chair. Elle ne voulait plus vivre cela. Et répondre ainsi lui donna un peu de courage pour lui demander ce qu’il pouvait bien lui vouloir après tout.

Devant leurs deux cafés, il avoua vouloir lui parler, lui disant alors qu’il souhaitait faire mieux pour eux, qu’il pouvait changer. Alors qu’elle était en train de tourner sa cuillère dans son café, n’osant pas le regarder pour ne pas se laisser intimider, la jeune femme releva la tête pour l’observer en fronçant les sourcils. Elle pouvait voir combien il semblait mal à l’aise, combien il cherchait des mots qu’il ne voulait pas maladroit. Raphaël s’excusait d’avoir merdé, il n’avait jamais désiré son départ. Mais au fond, qu’avait-il vraiment désiré ? La battre encore plus ? Vouloir son retour pour encore plus lui faire subir cet affront qu’elle avait osé lui faire ? Il s’était excusé tant de fois lorsqu’il prenait conscience de ce qu’il avait fait. Et toi, t’avais tant de fois pardonné aussi… Elle avait vécu un cercle vicieux infernal où les bleus s’amoncelaient un peu plus. Il voulait qu’elle revienne pourtant. C’était ce qu’il désirait, voulant retrouver cette Judith Grimes qu’il avait épousé un beau jour, à qui il avait prêté serment lui jurant fidélité et protection. Et pourtant, il ne l’avait jamais protégé. Contre les autres oui… Mais finalement, le pire danger dans leur mariage n’avait été que lui-même. Lui et ses poings serrés. Lui et son regard capable d’y faire apparaître la pire folie meurtrière. Lui qu’elle avait tant aimé et qu’elle aimait encore. Malgré tout ce qu’elle avait subi. Malgré ce qu’il s’était passé l’année dernière. Et pourtant, il voulait qu’elle revienne, il voulait vendre leur maison et acheter autre chose. Ensemble. Ailleurs. Loin de la Louisiane et de ses souvenirs houleux. Et ô combien douloureux. « Je suis désolée… » Finit-elle par murmurer doucement. Il fallait qu’elle le dise, il fallait que ces mots sortent d’entre ses lippes fermées. « Judith Grimes est morte… » Ajouta-t-elle d’une voix dont elle ne maîtrisa pas le tremblement. Les larmes apparurent au coin de ses yeux et elle fit un effort immense pour ne pas se mettre à pleurer, pour rester digne et forte. Au moins, pour cette fois-là. « À mes yeux, dès lors que tu l’as laissée inerte sur le sol de sa maison, dès lors que tu l’as frappée parce qu’elle n’était pas venue te voir en prison... Quand j’ai eu le courage et la force de me relever et de partir, j’ai pris conscience que Judith Grimes ne pouvait plus vivre une telle vie, qu’il valait mieux laisser les souvenirs. Tu aurais fini par me tuer… » Elle continua de le dévisager sans ciller, son cœur battait douloureusement, il lui en coutait de lui dire de telles choses. « Je ne peux pas… » La voix se brisa dans un murmure douloureux. Elle avait si mal. Si mal au fond d’elle. « Je t’aimais Raphaël. » Et tu l’aimes encore. Après tout ce temps… Et pour toujours… « Tu étais l’homme de ma vie. Tu sais je voyais en toi tant de choses… Ce héros.. Ce soldat… Celui qui me protègerait, avec qui j’aurais eu des enfants… » Elle se tut, inspirant profondément et balayant une traîtresse apparue sur sa joue d’un geste rapide de la paume. « Mais tu n’as pas été ça. Tu t’es contenté d’être ignoble, de me rabaisser alors que je t'aimais, que je ne voyais que par toi… » Et ça, elle ne le voulait plus. Elle ne désirait que Derek et cette vie s’annonçant. « Notre histoire est finie Raph’ … Il est bien trop tard pour recoller les morceaux… »
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