Vice et Versa
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 save the hero - nate&daisy

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Daisy Green
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 17/05/2017
MESSAGES : 214

MessageSujet: save the hero - nate&daisy   Dim 21 Mai - 9:28



« Coucou les filles ! » s’exclame-t-elle en entrant dans la salle de pause des infirmières. Il est dix-huit heures, ses collègues doivent normalement avoir terminé de ranger leurs affaires, prêtes à filer à toute vitesse dans le vestiaire pour se changer et laisser l’hôpital derrière elles. Mais pas ce soir. « T’as choisi le mauvais jour de repos, DeeDee ! » Sa curiosité s’aiguise en entendant ces mots. Les filles la regardent avec un sourire malicieux et elles ont toutes cette expression de celles qui détiennent un secret, un potin croustillant. Elle les regarde tour à tour, attendant qu’il y en ait une qui craque et lâche le morceau, mais aucune ne se décide à le faire ! « On a un beau spécimen, arrivé fraichement hier, là pour quelques jours… » - « Tout ça pour ça ?! Moi qui pensais qu’un truc extraordinaire était arrivé : genre Beyoncé qui est passée chanter des chansons aux gamins à l’étage en dessous. » - « Ah ouais, y a eu ça aussi, mais on préfère le patient de la chambre 322. » Daisy lève les yeux au plafond, mais ne peut s’empêcher de rire avec ses collègues. Maintenant sa curiosité se porte sur le fameux patient de la 322. Pourquoi est-ce qu’elle se trouve obligée de leur tirer les vers du nez ? Elles ne pourraient pas tout simplement lui exposer la situation, sans qu’elle n’ait besoin de se montrer légèrement intéressée à ce sujet, en posant les questions elle-même. Elle met la machine à café en route, et saisit un mug en le levant devant ses collègues pour savoir combien elle doit en préparer. « Pas pour moi, je file, je suis trop vieille et trop mariée pour ces choses-là ! » Lindsay se fait huer par ses amies avant de passer la porte en leur faisant signe de se taire et disparaît au coin du couloir. Daisy regarde le liquide brûlant couler dans les tasses, et jette un coup d’œil par-dessus son épaule pour regarder ses collègues qui ont le regard pétillant d’amusement. « Bon, très bien, qui me passe le dossier de l’Apollon qui vous fait retomber en adolescence ? » Ni une ni deux, le dossier lui est tendu juste sous son nez par une main pressée. La brune rit, avant de saisir le dossier et le poser à sa place sur la table. Elle distribue les cafés aux trois filles qui sont là. Si DeeDee est la seule de celles qui ont répondu présentes pour être de garde, à être ici, c’est tout simplement parce qu’elle a pris l’habitude d’arriver toujours un peu en avance, même lorsqu’elle fait des gardes pour améliorer les fins de mois parfois un peu difficiles. Elle dépose la boîte de sucre ainsi que quelques cuillères sur la table, puis vient rejoindre le comité féminin qui attend impatiemment qu’elle se mette à la lecture. Elle saisit le dossier et parcourt de ses yeux verts les informations qui lui sont données sur ce papier. « Oh je suis déçue, vous avez même pas mis une petite photo entourée de petits cœurs ! » constate-t-elle en tournant la première page. « Il va être avec nous pour un petit moment. Venu ici ce matin depuis la réa. Très bien. Trente-quatre ans. Ah, mais c’est pas un petit minet les filles ! » Ses collègues ronronnent en sirotant leur café. « Il faut que tu ailles le voir dès que tu commences ta tournée. » - « Oh mais non, garde-le pour la fin, comme ça tu restes un petit peu plus longtemps avec… » - « Wow, je vous arrête tout de suite ! Il est MA-RIÉ ! C’est écrit juuuste là. » - « Détail, détail… » Et toute la table se met à glousser. Malgré tout, elle replonge le nez dans la lecture pour en apprendre un peu plus au sujet de Nathaniel, James, Brady. Pompier. Jolie profession ; en plus, il doit être bien foutu. Elle lit les différentes blessures, et le traitement prescrit, puis repose le dossier sur la table, et termine son café. « C’est quel style physiquement ? » - « On te laisse imaginer, il est temps qu’on rentre. Mais envoie-nous un petit message dès que tu l’auras vu, tu nous diras ! » - « Si je croise sa femme, je vous dis aussi comment elle est ? » Et ses trois amies s’en vont dans un brouhaha de réponses négatives, lui souhaitant aussi bon courage pour la nuit.  

DeeDee jette un dernier coup d’œil au dossier posé sur la table puis le range avec les autres, sur la pile des dossiers des patients actuellement présents dans son service. Elle commence sa tournée, passant dans l’ordre qu’elle s’est établie. Et la chambre 322 ne sera ni la première, ni la dernière de sa liste, elle refuse de céder à la curiosité ou de céder à l’envie d’y rester plus que nécessaire comme l’ont suggéré les filles. Elle entre dans une première chambre : un adolescent qui a subi une appendicectomie, et qui, d’après le dossier déposé au pied de son lit, sortira le lendemain. Elle prend des nouvelles, savoir si aucune douleur n’est apparue, si l’appétit est bon. Le plateau-repas arrivera plus tard avec le passage des aides-soignants. Elle enchaîne ainsi plusieurs patients, ceux qui sont là depuis plusieurs jours et dont elle a pu suivre l’évolution, échanger aussi. Daisy aime établir un sentiment de confiance entre les patients et elle ; trop de gens seuls, éloignés de leurs familles passent par la case hôpital sans recevoir de visites, elle imagine donc qu’une petite discussion avec le personnel chargé de prendre soin d’eux n’est pas du luxe. Elle arrive devant la porte de la chambre 322, l’air amusé en repensant à tout ce que ses collègues lui ont dit. Elle frappe un petit coup sec, puis entrouvre la porte, prête à découvrir le fameux patient. Lorsqu’elle débarque, il y a un bien un homme dans le lit, plutôt charmant à vrai dire. Vraiment charmant, en  fait. Les filles n’ont pas menti. Et une tête brune se retourne vers elle. Un autre type, plutôt pas mal dans son genre. C’est rare, deux d’un coup. « Bonsoir, désolée de déranger, je contrôle juste tout ça. » Elle prend le dossier qui concerne le pompier. Puis elle se rapproche du lit, le dossier à la main, jette un œil aux annotations, puis à la perfusion à laquelle il est branché. Elle lui lance un regard en coin, et remarque tout de suite ses beaux yeux bleus. Et elle lui sourit. « On ne s’est pas encore vus, j’étais de repos hier, mais je suis de garde pour ce week-end. Je vais repasser pour vous… » Elle réalise seulement maintenant que le bruit qu’elle entendait derrière elle, ce sont les bips du moniteur qui ont un rythme ultra rapide. Elle se tourne vers la machine, ouvre grand les yeux en voyant le nombre qui s’affiche. « Détendez-vous, je sais que je fais souvent cet effet-là, c’est la profession qui le veut, mais je n’ai pas encore sorti une seule aiguille, tout va bien ! » plaisante-t-elle en se tournant vers lui. « D’ailleurs, je reviens, je vais chercher ce dont j’ai besoin, puis changer le pansement. » Elle s'adresse maintenant au visiteur : « Je vous demanderai de sortir cinq minutes, à mon retour, si ça ne vous dérange pas. » Il affiche un drôle de sourire à ces mots, regarde le patient, alors Daisy regarde à son tour le pompier, puis le type qui a toujours cette expression. « Non, pas de problème, il faut prendre soin de mon pote ! » La brune n’en rajoute pas, et sort rapidement de la chambre, en secouant la tête, ne comprenant pas vraiment ce qu’il vient de se passer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nathaniel Brady
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 03/02/2016
MESSAGES : 465

MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Dim 28 Mai - 17:02

Otto, mon meilleur ami, est venu me voir après l’accident. Il m’a appris avoir soutenu ma petite maman alors que j’étais sur la table d’opération. Parait que j’ai bien morflé, mais bon, je pense que ça aurait pu être bien pire, alors personnellement, je suis content d’être toujours parmi vous. Et puis en plus, j’ai réussi à sauver la vie du petit, Kellermann l’a sorti du bâtiment avant de revenir me secourir moi, son chef. Mes hommes ont fait un travail incroyable pour ce sauvetage. Le bâtiment a bien cramé, mais aucune victime grave, hormis moi, si vous pensez que je le suis. Mais pas moi. Même si je sais que le boulot va me manquer durant au moins deux bons mois, voire trois. Je pourrai peut-être revenir pour faire de l’administratif, je suis déjà en négociation. A vrai dire, reprendre le boulot sera ma motivation numéro une pour guérir au plus vite. En attendant, me voilà alité, la douleur dans le corps et mon meilleur ami à côté de moi qui me fait la conversation. On parle de ma mère à qui je dois expliquer pourquoi je porte une alliance alors qu’elle n’a pas été conviée à la cérémonie. Bon… l’histoire est longue, mais en gros, pour le bien d’une personne nommée Ellis – une espèce de blonde insupportable – j’ai dû l’épouser. Sinon elle se fait zigouiller par un gros méchant, alors bon, héros au grand cœur que je suis, me voilà dans de beaux draps concernant ma mère. Lorsque quelqu’un frappe à la porte, mon cœur s’emballe parce que j’ai peur que ce soit ma mère et que pour le moment, je n’ai aucune manière douce de lui annoncer tout ça. Je vais me prendre un de ces savons quand elle franchira le seuil de cette porte, je peux vous dire ! Mais je suis soulagé quand je vois qu’il s’agit d’une infirmière qui vient sûrement vérifier mon état. Je ne me rappelle pas si je l’ai déjà vue, ce soir je me suis réveillé vraiment conscient, mais hier, après l’opération, et lorsque mes collègues et ma mère étaient là, j’étais complètement dans le pâté. En tout cas, je trouve cette brunette très très à mon goût et je retiens un sourire en pensant au fantasme typique de l’infirmière sexy. Je me trouve super chanceux, tout d’un coup. Bonsoir, désolée de déranger, je contrôle juste tout ça. Bonsoir, je réponds par politesse. Mes yeux ne la quittent pas et elle s’approche de mon lit. Elle ouvre un dossier que je présume être le mien et je retiens une envie de sourire sortie de nulle part alors qu’elle est plongée dans sa lecture. Elle est jolie, vraiment jolie, on dirait un petit ange, il émane d’elle quelque chose de magique, de doux. J’en oublie ma douleur, mon fantasme sexuel de deux secondes plus tôt, et même Otto qui est à côté de moi, c’est comme s’il n’était plus dans la pièce. Elle vérifie la perf, et là, nos regards se croisent. Je crois que je lui souris, je me sens un peu perdu tout d’un coup, à vrai dire. Et puis j’ai un peu chaud. Alors je souris franchement, pour chasser mon malaise. On ne s’est pas encore vus, j’étais de repos hier, ah eh bien non, je ne l’avais encore jamais vue, elle donne la réponse à mon interrogation de tout à l’heure, mais je suis de garde pour ce week-end. Je vais repasser pour vous… Elle s’arrête de parler et je me sens un peu figé, hypnotisé par sa voix et son regard, et la température de la pièce est montée de quelques degrés en une minute, c’est certain. Elle a l’air surpris quand elle regarde la machine, celle qui émet des bips stridents. Et je reprends mes esprits en comprenant que ce sont les battements de mon cœur qu’on entend s’affoler comme ça. Je me redresse à nouveau, dans la douleur. Putain, je suis en train de mourir ou quoi ? Détendez-vous, je sais que je fais souvent cet effet-là, c’est la profession qui le veut, ah oui, jolie comme elle est, je l’imagine très bien au premier rôle d’un de mes fantasmes… mais je n’ai pas encore sorti une seule aiguille, tout va bien ! Je fronce les sourcils, ah, elle ne parlait pas de fantasme mais d’aiguille… Je n’ai rien compris à ce qu’elle vient de dire, perdu dans ses yeux verts magnifiques et mes pensées que je devrais faire taire. Je me demande de quelle origine elle est, son côté exotique me donne envie d’évasion. D’ailleurs, je reviens, je vais chercher ce dont j’ai besoin, puis changer le pansement. Je mets plusieurs secondes avant de percuter à sa remarque. Ah euh… Non, je… Je n’ai pas peur des aiguilles ! je dis avec retard pour essayer de me justifier quant à ces bips anormaux sur la machine. C’est… je sais pas… Merde, je fais peut-être une réaction allergique à un truc qu’ils m’ont filé ? Elle s’éloigne de moi pour aller chercher son matériel, et à l’intérieur, je suis tiraillé entre le désir qu’elle ne sorte plus jamais de cette pièce pour rester auprès de moi et celui de la voir disparaître pour que je puisse à nouveau être moi-même, parce que je le sens, il s’est passé quelques minutes de flottement sur lequel je n’avais plus aucun contrôle. Et ça, je ne supporte pas. Je vous demanderai de sortir cinq minutes, à mon retour, si ça ne vous dérange pas, dit-elle à Otto avant de quitter la pièce. Bon, heureusement qu’elle s’absente quelques instants, ça me permet de reprendre pied. Mon cœur reste toujours un peu affolé pour une raison que j’ignore. La chaleur de la pièce est toujours palpable elle aussi. Je me tourne vers Otto dont la présence me revient. Il fait chaud d’un coup, non ? Putain… J’espère que je fais pas une réaction à un médoc. Evidemment, tout ça a bien fait rigoler mon vieux pote qui ne s’est pas retenu de se foutre de moi. Il veut raconter ça à sa nana pour qu’ils en rigolent tous les deux. Pffff j’en suis même pas vexé. De toute façon, je sais que c’est l’un des médocs qui me rend comme ça. Même si, je suis d’accord avec Otto, l’infirmière est muy caliente. J’en ai vu des tonnes de jolies nanas, ça ne me fait pas cet effet, donc je sais que ce n’est pas à cause d’elle, mais bien d’un médicament. D’ailleurs les battements de mon cœur sont toujours un peu plus rapides. Ma jolie infirmière revient – ouiiiiii – et je vais pouvoir être en tête à tête sans avoir Otto qui me juge à côté puisque celui-ci est invité à dégager ces fesses de là. Mwahaha. Buh-bye Otto !!! La porte une fois fermée, mon attention est à nouveau monopolisée par la belle brune. Vous vous appelez comment ? je demande simplement. Je préfère demander parce qu’il me semble qu’on va devoir se supporter pendant de longues semaines, vous et moi… Et ça me ravit, tellement que j’en souris. Moi c’est Nathaniel, dit « l’estropié », j’ajoute en plaisantant. Mais vous pouvez m’appeler Nate. Un joli sourire charmeur étire mes lèvres alors que mes yeux sont toujours rivés dans les siens. Elle est magnifique, cette femme. J’imagine que tous ses patients doivent tomber amoureux d’elle, de sept à soixante-dix-sept ans. Hmmm dites-moi, c’est possible d’arrêter cette machine ? Parce que ce bruit est pénible. Ou la mettre en silencieux, je ne sais pas. Je regarde la machine qui émet toujours ces bips stridents au rythme élevé de mon cœur. J’observe les fils qui en tombent et je me dis qu’au pire, je les débrancherai tout seul quand elle sera partie. Enfin Otto le fera pour moi. C’est un chouette métier, ce que vous faites, mademoiselle Daisy, je lui dis alors qu’elle commence à me prodiguer ses soins. Vous l’exercez depuis longtemps ? Non, non… Ceci n’est pas un subterfuge pour connaître son âge. Détrompez-vous.  
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Daisy Green
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 17/05/2017
MESSAGES : 214

MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Mer 31 Mai - 20:40



Ah euh… Non, je… Je n’ai pas peur des aiguilles ! Venant tout juste de faire la rencontre du fameux patient dont ses collègues lui ont longuement parlé avant de l’abandonner à sa garde, elle n’ose pas lui lancer son célèbre regard sceptique quant à cette affirmation, qu’elle juge douteuse. Même elle, qui les manie tous les jours, en a un petit peu peur. C’est… je sais pas… Il a l’air un peu ailleurs quand il dit ça, et elle se retient de répondre. Elle aura le temps de lui parler à son retour, pour l’instant il a de la visite, et il n’est pas question qu’elle empiète sur le temps de son visiteur, alors qu’elle vient d’annoncer qu’il faudra qu’il quitte la chambre, quand elle sera de retour, justement. Elle range le dossier où elle l’a trouvé, après avoir pris quelques notes sur son calepin pour ne rien oublier pour tout à l’heure. Elle lui jette un dernier coup d’œil. C’est vrai qu’il est drôlement charmant. Et il n’a pas l’air trop embêtant comme patient, pas encore de plainte à la première visite, et en plus, il était souriant malgré les tracas dans lesquels il se trouve. C’est parfait, elle est gâtée sur ce coup-ci. Elle s’éclipse rapidement, en prenant soin de refermer la porte derrière elle, et reprend le cours de sa mission, à savoir contrôler chacune des chambres pour faire le point et savoir quels soins sont à prodiguer. Alors qu’elle s’apprête à entrer dans la chambre suivante, sa collègue pour la garde arrive à l’instant. Elle s’excuse pour son retard, elle avait ses enfants à amener à une activité, bref, les contretemps habituels, auxquels DeeDee ne prête pas attention. L’essentiel, c’est qu’elle soit arrivée, et prête à travailler et lui prêter main forte pour rester éveillée toute la nuit. Une fois qu’elle l’a rassurée, elle appuie sur la poignée d’un patient qui est là depuis une petite semaine, et du genre lunatique. Le genre qu’elle n’apprécie pas trop, car elle ne sait pas si elle sera accueillie par une montagne de reproches ou des compliments sur sa coiffure. Et c’est épuisant de devoir jongler avec les humeurs de chacun. Le plus dur, c’est de ne pas les laisser déteindre et en faire pâtir les autres, qui vont bien. Alors, lorsque ce patient-là commence à dire qu’elles en mettent du temps, les infirmières, à venir le voir, elle répond par des monosyllabes, et écourte son passage au possible. Celui-ci sera au sommet de sa liste pour ses retours, histoire d’en être débarrassée le plus tôt possible ! A bas l’ordre qu’elle s’est établie, elle veut vite se défaire des ondes négatives qu’il envoie partout autour de lui, ce vieil acariâtre.
Elle poursuit donc sa tournée, et est heureuse de constater que la soirée s’annonce légère en charges. Sa collègue arrivée en retard va sûrement proposer d’en prendre la plus grosse partie à sa charge, pour se dédouaner de son retard et la jolie brune ne dira certainement pas non. Elle aura assez de toute la nuit pour être occupée, entre ceux qui sont trop coincés dans leur lit pour se servir un simple verre d’eau, ceux qui appuient pour rien, juste pour se sentir moins seuls, et ceux qui lui réservent des peurs bleues avec leur cas qui empire sans prévenir. Elle passe dans la réserve chercher ce dont elle a besoin d’après les noms qu’elle a cochés sur son bloc-notes : les patients dont elle s’occupe. Sa collègue la rejoint, en profite pour refaire une queue de cheval moins éparpillée, avant d’emprunter le carnet de DeeDee pour se renseigner sur ce dont elle aura elle aussi besoin. Daisy l’aperçoit froncer les sourcils un court instant. « Je peux m’occuper de la 322, comme je m’occupe des patients autour de celle-ci… » - « Non, ça va aller, en fait le patient me parlait d’un truc… intéressant. Je lui ai promis qu’on continuerait la discussion. » Elle déglutit doucement. Piètre mensonge pour piètre menteuse. Mais ça a l’air de passer car l’infirmière ne rétorque rien et se contente de hausser les épaules. « Comme tu voudras ! » Daisy lui répond par un simple sourire plein de gratitude et s’en va avec son petit chariot rempli de tout ce qui lui faut. Comme prévu, elle se débarrasse rapidement du rabat-joie. En quelques minutes, son cas est plié et elle ne demande pas son reste. Elle enchaîne les autres patients, beaucoup plus sympathiques, pour lesquels un simple changement de perfusion est nécessaire. C’est rapide. La voilà devant la porte 322, celle du pompier mal en point. Elle repense un court instant à son petit mensonge et se trouve maintenant assez ridicule. Juste parce qu’il est… Beau ? Oh et puis zut, un peu de baume pour les yeux, loin des escarres et des fesses fripées des pépés. Elle frappe de nouveau à la porte, et à peine a-t-elle le temps d’apparaître, que quatre yeux se posent sur elle et une haute silhouette se redresse aussitôt. Le signal est donné et elle remercie rapidement le visiteur d’avoir été aussi prompt à lui laisser la place. Sans traîner, elle sort ce dont elle aura besoin pour le brun aux jolis yeux. Vous vous appelez comment ? La question lui fait relever le visage, l’air un peu surpris. Je préfère demander parce qu’il me semble qu’on va devoir se supporter pendant de longues semaines, vous et moi… Elle ne peut pas s’empêcher de lui retourner le sourire qu’il lui offre et de laisser échapper un petit rire amusé. Ca va, il a l’air de s’être fait à l’idée d’être coincé dans ce lit pour quelques temps. Moi c’est Nathaniel, dit « l’estropié », mais vous pouvez m’appeler Nate. Elle l’observe un court instant alors qu’il la gratifie toujours d’un sourire très charmant. « Bonne initiative. J’avais connaissance de votre prénom, mais merci de me fournir les deux surnoms. Il y en aura un pour les bons jours et l’autre pour les dures journées. Vous saurez définir mon humeur, ainsi. » Elle pose ses yeux sur ses mains qui tortillent un peu le sachet de compresses qu’elle vient de sortir, et arrête aussitôt de faire gesticuler ses fins doigts. « Et moi c’est Daisy. » Ajoute-t-elle avec un petit sourire amical. Inutile de préciser un surnom, ça ne ferait pas très professionnel de sa part. Elle se met à nouveau à la recherche de ce dont elle a besoin pour son cas. Hmmm dites-moi, c’est possible d’arrêter cette machine ? Parce que ce bruit est pénible. Ou la mettre en silencieux, je ne sais pas. Elle se retourne vers le moniteur, qui laisse une fois de plus savoir que le rythme cardiaque de son patient est un peu trop élevé. Sa question lui arrache un sourire amusé. « Vous allez devoir la supporter encore un peu, jusqu’à ce que les médecins décident de vous l’enlever. Je vais régler le son, essayer de le baisser un peu. Mais, vous verrez, on finit par ne plus y prêter attention, à ce bruit. » Sur ce, elle s’approche de la machine, et appuie sur différents boutons pour chercher le niveau sonore. Effectivement, elle peut légèrement baisser le son, c’est toujours ça. Alors qu’elle appuie de multiples fois sur un bouton, elle lui demande sans se retourner : « Vous êtes stressés par quelque chose ? Votre rythme cardiaque est un peu haut. Vous devriez essayer de respirer profondément pendant quelques minutes, ça vous détendra et ça pourrait calmer un peu votre cœur. » Elle retourne ensuite à ses petites affaires, et prépare la nouvelle perfusion pour lui aussi. Elle enlève la précédente, quasiment vide, et la remplace rapidement, d’un geste expert. C’est un chouette métier, ce que vous faites, mademoiselle Daisy. Vous l’exercez depuis longtemps ? Il a le don de lui dire des choses gentilles, ce Nate l’estropié. Sourire aux lèvres, elle jette la poche vide, puis elle s’équipe pour prendre la tension de Nathaniel. « C’est gentil. » Elle saisit doucement son bras et enroule la bande autour de son biceps. Elle lui jette un petit regard avant de lui répondre. « Ca fait cinq ans. Et je ne suis toujours pas lassée de mon travail. C’est sûrement bon signe. » La tension est bonne, elle se recule un peu pour la noter sur le dossier qu’elle avait récupéré en entrant. « Enfin, vous êtes pompier, ça fait partie des métiers les plus honorables, il me semble. » Elle se contente de l’observer un instant en essayant de l’imaginer dans son uniforme. Le rendu doit être plutôt réussi. DeeDee se laisserait bien aller à la contemplation, mais ça ne se fait pas. Alors, elle se reprend et se redresse sur le tabouret. « Je vais changer votre pansement, je remonte votre drap… » dit-elle en s’affairant, remontant le tissu jusqu'à son abdomen. Puis elle relève l’espèce de chemise de nuit universelle des patients, qu’il porte, jusqu’à ses pectoraux. « Hop. Désolée, j’ai les mains un peu fraîches. » L’infirmière frotte ses mains avec un antiseptique avant de s’atteler à sa tâche. Doucement, elle retire le sparadrap qui colle à la peau de son patient afin de ne pas lui faire mal. C’est ici qu’il a été opéré, alors qu’une côte créait un début de perforation du poumon, d’après les documents qu’elle a pu lire. La cicatrice a simplement besoin d’être un peu nettoyée et surveillée, puis recouverte d’un pansement propre. « Voilà une blessure de guerre ! » constate-t-elle tout en relevant ses yeux en amande sur le visage de Nathaniel. « Et vous, ça fait longtemps que vous êtes pompier ? C’est la première fois que ça tourne à la catastrophe pour vous, durant une intervention ? » Un peu curieuse à son tour, elle a envie de discuter avec lui, tout en le soignant, utilisant une compresse imbibée de désinfectant. « Vous vous souvenez de ce qui vous est arrivé, d’ailleurs ? » demande-t-elle en fronçant un petit peu les sourcils, mais gardant cet air doux qui ne la quittait que rarement. Puis elle se concentre à nouveau sur ce qu’elle est en train de faire, refaisant un pansement tout propre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nathaniel Brady
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 03/02/2016
MESSAGES : 465

MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Mer 7 Juin - 23:08

J’aime la voir s’affairer autour de moi. Je me sens vraiment chanceux d’être tombé sur l’infirmière la plus jolie de tout le service, de tout l’hôpital voire même de toute la ville. Je ne peux m’empêcher de la regarder faire, mes yeux sont scotchés à elle. Et lorsqu’elle me renvoie un sourire à faire fondre la banquise, eh bien je fonds. Et je sens le rouge me monter aux joues. La seule façon de m’en sortir, c’est de parler. Alors je me présente et j’en demande un peu plus sur elle. Ca a l’air de la faire rire et j’adore ça. Bonne initiative. J’avais connaissance de votre prénom, mais merci de me fournir les deux surnoms. Il y en aura un pour les bons jours et l’autre pour les dures journées. Vous saurez définir mon humeur, ainsi. Elle a l’air d’une femme intelligente, à me donner ce genre de réponse. Mentalement, je checke toutes les cases que cette pauvre Ellis est loin de remplir avec son QI d’huître. Cette infirmière est une vraie bouffée d’oxygène ! Je la vois triturer un pauvre sachet de compresses comme s’il lui avait fait quelque chose de mal, puis elle me regarde à nouveau pour répondre à ma question. Et moi c’est Daisy. Daisy, comme c’est joli. Le nom d’une fleur pour elle ne m’étonne même pas. Elle est aussi délicate et belle qu’une fleur. Eh bien, enchanté, Daisy. Et j’espère vous mettre dans de bons jours quand vous me verrez, et faire en sorte que vos dures journées finissent en joli coucher de soleil, promis. On m’a toujours dit que j’étais un patient idéal. Je ne fais que répéter… En toute humilité, bien sûr. Je rigole légèrement, le cœur toujours battant puisque cette satanée machine me le rappelle que trop bien. Hmmm dites-moi, c’est possible d’arrêter cette machine ? Parce que ce bruit est pénible. Ou la mettre en silencieux, je ne sais pas. On va m’épargner le malaise d’être surveillé au niveau des battements de mon cœur. Histoire que je paraisse pas complètement stupide à ses yeux. Remarque, c’est sûrement déjà fait. Elle doit penser qu’elle me stresse avec ses aiguilles et que j’ai une peur bleue de l’hôpital. Vous allez devoir la supporter encore un peu, jusqu’à ce que les médecins décident de vous l’enlever. Je vais régler le son, essayer de le baisser un peu. Mais, vous verrez, on finit par ne plus y prêter attention, à ce bruit. Je souris face à sa gentillesse et à son tact, au lieu de dire clairement ce qu’elle pense de moi, que je suis un tantinet angoissé. Honnêtement, je ne sais pas ce qu’il se passe. Je m’étonne que cette réaction soit seulement due à la présence de la jolie Daisy. Comme je disais à Otto, c’est pas la première fois que je vois une bombe sous mes yeux. Bon OK, y a peut-être pas tout le fantasme de l’infirmière d’habitude, mais quand même. D’accord, merci, je lui réponds alors qu’elle part trifouiller la machine à côté de moi. Elle se penche pour arriver à appuyer sur le bouton du son et je ne peux m’empêcher de reluquer son joli petit fessier bien rebondi. J’en ai un peu honte, d’ailleurs, mais j’y peux rien, c’est un réflexe de mâle. Cette vision m’arrache un sourire alors que je me force à détourner les yeux tant je me sens gêné de lui faire ça, c’est très déplacé. Vous êtes stressé par quelque chose ? Votre rythme cardiaque est un peu haut. Mmm oui tu m’étonnes, vos jolies courbes, mademoiselle, me donnent quelques palpitations… Non, du tout, j’affirme avec aplomb. Vous devriez essayer de respirer profondément pendant quelques minutes, ça vous détendra et ça pourrait calmer un peu votre cœur. Je souris gentiment. J’aimerais bien, mais avec mes côtes, je n’arrive pas bien à prendre de grandes inspirations. C’est douloureux. Ca vient sûrement de là, alors. Et… je refuse de prendre trop de morphine, je suis un grand garçon qui peut gérer la douleur. OK, je joue peut-être un peu trop au héros. Puis elle me change de perfusion et met un nouveau sachet au-dessus de ma tête. Je la regarde faire, hypnotisé par ses gestes sûrs. C’est un chouette métier, ce que vous faites, mademoiselle Daisy. Vous l’exercez depuis longtemps ? Elle continue son ballet au sein de la chambre et c’est avec un merveilleux sourire aux lèvres qu’elle me répond d’une voix toujours aussi douce et calme. C’est gentil. Mais de rien ma jolie. Et lorsqu’elle me prend le bras, sa main tiède électrise ma peau et fait se dresser mes poils. Des frissons viennent même parcourir ma colonne vertébrale et je pousse un soupir de satisfaction dans m’en rendre compte. Un geste anodin qui pourtant me fait un effet incroyable. Elle enroule le bande autour de mon bras et commence à prendre ma tension tout en me répondant. Ca fait cinq ans. Et je ne suis toujours pas lassée de mon travail. C’est sûrement bon signe. Je réponds à mon tour avec le sourire dans la voix. Oui ça l’est. Si vous avez choisi cette voie avec le cœur, elle devrait vous faire honneur. C’est mon cas. Enfin, vous êtes pompier, ça fait partie des métiers les plus honorables, il me semble, me dit-elle alors qu’elle s’éloigne un peu de moi. J’adore mon métier, mon père est pompier lui aussi, on a ça dans le sang. Quand j’avais dix-huit ans, j’ai failli me tourner vers le football, mais le cœur a choisi ce qui était réellement fait pour moi. J’ai rejoint les soldats du feu aussitôt le diplôme en poche. Et je ne changerais pour rien au monde. Parler de mon métier, de ma passion, me donne immédiatement le sourire. Mes yeux se mettent même à briller et je n’ai qu’une hâte, pouvoir rentrer à la caserne. Elle s’approche à nouveau de moi et retire la couverture qui était encore posée sur moi. Je vais changer votre pansement, je remonte votre drap… Je sens le froid me saisir avec cette épaisseur en moins. De nouveaux frissons parcourent mon corps et je me raidis, contractant mes muscles abdominaux. Cela s’accentue lorsque Daisy remonte ma chemise pour dévoiler mes pansements. J’ai froid et j’ai chaud, c’est incompréhensible. Je sens le froid me glacer et pourtant, je bouillonne à l’intérieur. Désolée, j’ai les mains un peu fraîches. Je souris poliment en regardant ses mains. Elles sont jolies elles aussi. De longs doigts fins, on voit qu’elle en prend soin. Maintenant que j’ai dit que j’étais un patient idéal, je n’ai plus le droit de me plaindre de quoi que ce soit, j’énonce avec amusement. Puis vient le douloureux moment du retirage de pansement. Aïe aïe aïe ! C’est plus angoissant qu’autre chose, en réalité, surtout que Miss Daisy est bien délicate et je ne sens rien, quasiment. Voilà une blessure de guerre ! s’exclame-t-elle tout en plongeant son regard dans le mien. Je sens à nouveau mon cœur s’emballer et je baisse immédiatement les yeux pour calmer ces ardeurs. J’ai vu mille fois pire… Si je vous racontais les horreurs que j’ai vues lors de mes sauvetages… Ah ça, j’en ai plein. Des fractures ouvertes, des bouts de membres détachés, des os plantés dans des personnes alors qu’ils ne leur appartiennent pas, de grands brûlés, tout un tas de trucs peu ragoûtants. Et j’imagine que vous aussi, je finis par dire. Etant infirmière ici, elle a dû en voir des vertes et des pas mûres.
C’est la première fois que ça tourne à la catastrophe pour vous, durant une intervention ? Je me remémore alors les événements de l’an dernier. A ce rythme-là, mon corps ne pas tenir bien longtemps… Non, l’an dernier une structure s’est effondrée sur moi. Je suis resté dans le coma plusieurs jours. Mais… mon infirmière était moins sympathique que vous, si ça peut vous mettre du baume au cœur. Je lui lance un joli sourire charmeur et je la regarde changer mon pansement. Lorsqu’elle pose une compresse imbibée sur ma blessure, je contracte immédiatement mes abdos par réflexe. Ca piiiiique. Mais je vais pas le lui dire, elle se moquerait de moi. Vous vous souvenez de ce qui vous est arrivé, d’ailleurs ? Je fronce les sourcils pour essayer de visualiser clairement les événements. Je crois, oui. Je sauvais un petit garçon, Jason, qui s’était enfermé dans la salle de bains. La maison était en feu sur plusieurs étages et le sol s’est effondré sous notre poids. J’ai réussi à me rattraper le temps que Jason passe dans les bras de mon collègue, mais le plancher a cédé pour de bon et je suis tombé. Après, je ne sais plus exactement les détails, mais je pense qu’il est facile d’imaginer. Mes hommes n’auraient jamais dû venir me secourir, c’était trop dangereux, un vrai brasier. J’ai hâte de rentrer à la caserne pour leur passer un sacré savon ! Si j’avais été dehors en train de les commander, je sais que je n’aurais pas pris le risque d’y retourner. Enfin de les envoyer à nouveau dans le bâtiment. Mais j’y serais sûrement allé, moi. C’est toujours difficile de laisser un homme à terre brûler dans un enfer de flammes. Mais parfois, il vaut mieux sacrifier un homme que plusieurs. Et c’est le genre de décisions qu’on déteste prendre en tant que chef. Mais je sais que je leur dois ma vie, à mes hommes. Sans leur décision qui va à l’encontre des ordres que j’aurais donnés, je ne serais plus là. Et je n’ai qu’une hâte : sortir d’ici. Je pousse un long soupir… Allez, plus que quelques mois et je pourrai reprendre le boulot. Et surtout, je pourrai retrouver l’océan sur ma planche. Je crois que c’est ça qui va me manquer le plus. Ce moyen de décompresser et de m’évader. Les vagues, me sentir bercé par elles, sentir le sel sur ma peau, la puissance des rouleaux… Aaaah… Sans vouloir vous offenser, je préfèrerais mille fois être sur ma planche qu’avec vous ici, Mademoiselle Daisy. Même si je commence à bien apprécier votre compagnie. Un autre sourire charmeur puis je ris. Et vous, vous faites quoi quand vous avez besoin de sortir de cet hôpital et de ses histoires ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Daisy Green
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 17/05/2017
MESSAGES : 214

MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Lun 12 Juin - 19:15



Eh bien, enchanté, Daisy. Et j’espère vous mettre dans de bons jours quand vous me verrez, et faire en sorte que vos dures journées finissent en joli coucher de soleil, promis. On m’a toujours dit que j’étais un patient idéal. Je ne fais que répéter… En toute humilité, bien sûr. Coucher de soleil ? Ah carrément. Elle le regarde, un peu surprise, mais agréablement et ne peut retenir une petite moue appréciative. Puis, il la fait sourire une nouvelle fois, avec ses commentaires à son propos. Plein d’humour, ce type. Mais marié. Elle se le répète tandis qu’elle s’efforce de ne pas trop l’observer, car il est plutôt plaisant à regarder. « Je compte sur vous, dans ce cas ! Attention, hein, si mes journées restent pluvieuses, j’enverrai une autre collègue à ma place ! Et comme vous êtes le patient idéal, vous ne vous en plaindrez même pas. » Le taquine-t-elle gentiment. C’est agréable de pouvoir discuter et plaisanter avec un patient après avoir subi la mauvaise humeur d’autres. Et surtout de commencer la garde ainsi. Intérieurement, elle se dit que le problème, c’est qu’elle ne sera pas la seule à remarquer que c’est la chambre dans laquelle se réfugier pour éviter la négativité des autres. Bref, celui-ci va devenir le chouchou du service, c’est couru d’avance. Et étant donné qu’il n’est pas pénible, l’autre problème est qu’il n’appellera que très peu avec sa petite sonnette. Donc, pas beaucoup d’excuses disponibles pour se retrouver dans la chambre 322. En attendant, Daisy s’occupe de sa demande et diminue le son des bips que produit le moniteur. Il semble quand même sacrément nerveux. L’ambiance de l’hôpital crée ça, souvent. C’est peut-être pour ça qu’il parle autant, au-delà du côté sympathique. Et lorsqu’elle lui pose quand même la question, il lui répond aussitôt par la négative. Mouais. DeeDee reste dubitative, mais ne dit rien. Elle lui donne quelques conseils sur une manière de se relaxer. Mais… J’aimerais bien, mais avec mes côtes, je n’arrive pas bien à prendre de grandes inspirations. C’est douloureux. Ca vient sûrement de là, alors. Et… je refuse de prendre trop de morphine, je suis un grand garçon qui peut gérer la douleur. Elle pose sa main sur sa bouche pour cacher son amusement, quelle idiote. « Je suis bête, j’avais déjà oublié. » Ses yeux verts se posent sur lui, tandis qu’elle s’apprête à reprendre, sur un ton un peu maternel. « Oui, je n’en doute pas. Mais vous pouvez y aller sur la morphine, quand la douleur devient trop présente. Surtout avant de dormir. » Et il n’hésite pas à relancer la conversation aussitôt. Décidemment, en voilà un bien bavard. Il faudra bien que ça cesse : Daisy, bien qu’elle l’aurait souhaité, ne peut pas s’éterniser dans cette chambre. D’autres l’attendent, et puis, sa collègue pourrait devenir étrangement soupçonneuse après le coup de son insistance pour être celle qui s’occuperait du cas du pompier. Elle continue de s’affairer auprès de lui, tout en continuant de lui répondre. « Ca fait cinq ans. Et je ne suis toujours pas lassée de mon travail. C’est sûrement bon signe. » - Oui ça l’est. Si vous avez choisi cette voie avec le cœur, elle devrait vous faire honneur. Elle relève un court instant ses yeux sur lui en arrêtant ses gestes par la même occasion et répond simplement par un hochement de tête avant de se reconcentrer. C’est ce qu’elle espère. Même si infirmière n’a pas été une véritable vocation rêvée durant toute sa jeunesse, aujourd’hui elle se sent très bien dans son travail. Être au contact des gens, pouvoir échanger, se rendre utile. Et heureusement qu’elle a des collègues adorables, elle sait que toutes les équipes ne sont pas aussi géniales que la sienne, alors elle s’estime plutôt chanceuse. Puis, elle souligne la profession de son charmant patient : pompier. Un métier qui sous-entend tant de qualités. Les pompiers, tout le monde les aime pour ce qu’ils représentent et ce qu’ils font au quotidien. J’adore mon métier, mon père est pompier lui aussi, on a ça dans le sang. Quand j’avais dix-huit ans, j’ai failli me tourner vers le football, mais le cœur a choisi ce qui était réellement fait pour moi. J’ai rejoint les soldats du feu aussitôt le diplôme en poche. Et je ne changerais pour rien au monde. L’enthousiasme dont il use pour en parler est presque contagieux, en tout cas, il fait plaisir à voir. Alors qu’il parle de football, DeeDee serait prête à parier qu’il était QB à l’époque : il a le profil pour. « Vous avez trempé là-dedans depuis toujours, alors. C’est le camion qui vous faisait rêver ? » demande-t-elle, l’amusement perceptible dans la voix. « Et le football est resté une passion que vous pratiquez à côté ? » Elle l’avertit sur ce qu’elle est en train de faire, en retirant la couverture et remontant le drap sur lui. Daisy a toujours été très prévenante, et est dotée d’une patience –presque- à toute épreuve : c’est ce qui lui sauve souvent la mise, et ce qui fait aussi que ses collègues, lorsqu’elles sont à bout, l’appellent au secours face à des patients qui mériteraient d’être traités de la même façon dont ils traitent le personnel soignant : mal. Mais là, en l’occurrence, elle veut surtout éviter tout malentendu avec Nathaniel. « Désolée, j’ai les mains un peu fraîches. » Ses yeux ont le loisir de profiter de la musculature du patient, tandis qu’elle relève sa blouse, mais elle évite soigneusement de trop y faire attention. Le problème c’est que lorsqu’elle relève le regard vers lui, elle tombe soit sur ses yeux bleus qui lui plaisent déjà trop, soit sur son joli sourire. Alors, ça ne l’arrange pas davantage. Maintenant que j’ai dit que j’étais un patient idéal, je n’ai plus le droit de me plaindre de quoi que ce soit. Elle sourit avec amusement, et lui répond du tac-au-tac : « Je ne vous en donnerai pas l’occasion. » Puis, une fois le pansement délicatement retiré –aucune plainte à signaler- voilà que la cicatrice toute fraîche apparaît sous ses yeux. L’infirmière y va de son petit commentaire, comme elle le ferait pour une simple écorchure sur le genou d’un gamin venu jouer sur le terrain de basket en même temps qu’elle. J’ai vu mille fois pire… Si je vous racontais les horreurs que j’ai vues lors de mes sauvetages… Et j’imagine que vous aussi. Elle esquisse automatiquement une petite moue. Lors de ses stages au cours de ses études, elle a pu assister à tout un tas de situations différentes. Notamment les urgences où on voit un peu tout et n’importe quoi : surtout des choses qu’on n’aimerait ne jamais voir. Et puis, dans les blocs opératoires aussi. Mais ça, ça a même tendance à lui plaire beaucoup. Si bien qu’elle est bientôt prête à se lancer dans une formation supplémentaire pour assister aux opérations les plus intéressantes, aux côtés des meilleurs chirurgiens de la ville. « Oui, on voit tout un tas de trucs pas jolis-jolis. » Et elle ne lui parle même pas de ce qui ne rentre pas dans le cadre de blessures ou d’opérations… A son tour de poser les questions : « C’est la première fois que ça tourne à la catastrophe pour vous, durant une intervention ? » - Non, l’an dernier une structure s’est effondrée sur moi. Je suis resté dans le coma plusieurs jours. Mais… mon infirmière était moins sympathique que vous, si ça peut vous mettre du baume au cœur. Elle ne le regarde qu’une petite demi-seconde, mais elle a le temps de voir ses yeux pétiller d’amusement. Beaucoup trop charmeur ce monsieur. Pourquoi faut-il qu’il soit son patient et non le type avec qui elle a eu un rencard arrangé l’autre soir ? C’est simple : il n’a pas besoin de rencard arrangé pour rencontrer quelqu’un, lui. Elle passe une compresse sur la blessure et remarque la réaction physique instantanée de son patient, mais ne le souligne pas. « Il va peut-être falloir penser à vous calmer, ça fait pas mal de passages à l’hôpital en un rien de temps ? Votre femme doit se faire un sang d’encre. » Elle la plaindrait presque. « Je sais très bien que vous dîtes ça pour que je sois gentille avec vous. » Elle jette la compresse. « Et ça fonctionne. » ajoute-t-elle avec amusement et une pointe de résignation. Elle enchaîne avec une nouvelle question, en s’armant cette fois-ci de ce qui lui faut pour un nouveau pansement. Je crois, oui. Je sauvais un petit garçon, Jason, qui s’était enfermé dans la salle de bains. La maison était en feu sur plusieurs étages et le sol s’est effondré sous notre poids. J’ai réussi à me rattraper le temps que Jason passe dans les bras de mon collègue, mais le plancher a cédé pour de bon et je suis tombé. Après, je ne sais plus exactement les détails, mais je pense qu’il est facile d’imaginer. Mes hommes n’auraient jamais dû venir me secourir, c’était trop dangereux, un vrai brasier. J’ai hâte de rentrer à la caserne pour leur passer un sacré savon ! Elle a essayé de continuer de faire ce qu’elle préparait, mais elle s’est bien vite arrêté dès lors qu’il a parlé d’un enfant. Pendue à ses lèvres, elle l’écoute, et un frisson la parcourt en imaginant ce qu’il a vécu là-dedans. Elle soupire légèrement. « Ah, ben c’est sympa ça, ils vous sauvent de là et vous voulez rouspéter ! Mais vous êtes une sorte de chef d’équipe dans la caserne, en fait ? » demande-t-elle, un peu curieuse. Cette fois-ci, elle se remet au travail, un peu plus sérieusement. C’est que les minutes passent, et elle perd un peu la notion du temps, à discuter, à profiter de la présence du pompier. Allez, plus que quelques mois et je pourrai reprendre le boulot. Et surtout, je pourrai retrouver l’océan sur ma planche. Je crois que c’est ça qui va me manquer le plus. Ce moyen de décompresser et de m’évader. Les vagues, me sentir bercé par elles, sentir le sel sur ma peau, la puissance des rouleaux… Aaaah… Sans vouloir vous offenser, je préfèrerais mille fois être sur ma planche qu’avec vous ici, Mademoiselle Daisy. Même si je commence à bien apprécier votre compagnie. Et vous, vous faites quoi quand vous avez besoin de sortir de cet hôpital et de ses histoires ? Elle l’écoute discuter, de l’océan. Mais aucun sourire ne vient étirer ses lèvres cette fois-ci. Si il y a un temps, elle aurait compris ce qu’il voulait dire par là, aujourd’hui, elle lui laisse avec plaisir son amour pour l’eau. Daisy se sent à l’étroit tout à coup, dans cette pièce. Mais le dernier commentaire à son égard réussi à percer la bulle asphyxiante dans laquelle elle s’est plongée quelques secondes et si le rire n’y est pas, elle réussit quand même à esquisser un sourire. Quant à sa question, elle la fait réfléchir quelques instants. « C’est drôle. Vous êtes pompier, vous côtoyez le feu tous les jours, et à côté de ça, vous adorez l’eau. Vous êtes en harmonie avec ces deux éléments si je comprends bien ? » Elle se redresse, attrape le dossier, sort son stylo et note son passage dans la chambre 322, qui se termine bientôt. « Je sors avec quelques copines, dans les clubs sympas de la ville. Et je fais pas mal de sport, de l’escalade, du basket… Et je dors. » finit-elle par ajouter avec un sourire coupable. Elle range la chaise contre le lit, appuyant ses deux mains dessus en jetant un regard au blessé. « Si vous avez besoin de quoi que ce soit… N’hésitez pas. » dit-elle en pointant du doigt le bouton de la sonnette. Puis, sur un dernier sourire, elle quitte la chambre, retrouvant le visiteur à l’extérieur, en train de faire les cent pas, téléphone à la main. « Vous pouvez y retourner, mais les visites sont bientôt finies. ».
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nathaniel Brady
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 03/02/2016
MESSAGES : 465

MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Mer 14 Juin - 12:23

Ce qu’elle est mignonne cette Daisy. A voir sa petite moue toute cute, je ne peux que lui répondre par un de mes sourires généreux. Elle a toutefois l’air surpris quand je lui promets de rendre ses jours meilleurs, du moins d’essayer. Je compte sur vous, dans ce cas ! Attention, hein, si mes journées restent pluvieuses, j’enverrai une autre collègue à ma place ! Et comme vous êtes le patient idéal, vous ne vous en plaindrez même pas. Je sais qu’elle me taquine, mais je peux pas m’empêcher d’être déçu. Non, vraiment, si quelqu’un la remplace, je sais que je vais m’ennuyer et puis je suis certain que ce quelqu’un sera bien moins joli à regarder. Alors je me languirai de son retour dans ma chambre, quand elle reprendra bien soin de moi. Malgré la déception, je ris. Je ris parce qu’elle me taquine et que ça me touche. Pris à mon propre piège ! J’admets bien volontiers. Le patient idéal ne se permet pas de se plaindre, c’est vrai. Cela dit… Je ne vous en donnerai pas l’occasion, hormis vos jours de repos, je suis certain que je serai assez docile pour vous garder ici. Et même que j’en fais la promesse, encore une fois. Je vais devoir me tenir à carreau, à présent. Mais c’est bien, ça me donne des objectifs au lieu de moisir ici sans rien faire.

Alors qu’elle diminue le volume du son de la machine, ce qui me laisse le privilège d’avoir une magnifique vue sur son derrière tout mignon lui aussi, j’ai bien conscience que les battements effrénés de mon cœur me trahissent. J’ose toutefois espérer qu’elle ne me prend pas pour une mauviette à avoir peur des aiguilles. Je ne sais pas trop à quoi est dû mon état, mais je sais que ce ne sont pas les aiguilles qui provoquent ce rythme anormal. Peut-être qu’Otto a raison, peut-être que non. Cette Daisy me plaît, c’est indéniable, mais comme plein d’autres femmes peuvent me plaire. Je crois que c’est toute cette situation que me donne des palpitations. Mon regain d’énergie, l’excitation d’être en vie, de ne pas avoir de trop graves traumatismes. Je m’en sors plutôt bien et je suis simplement heureux d’être là. Et d’avoir une charmante infirmière à mon chevet. Alors que je lui explique, suite à son conseil de respirer profondément, qu’il m’est malheureusement impossible de le faire à cause de mes côtes, Daisy a ce petit geste adorable de cacher son étourderie avec sa main, comme une enfant, et cela m’arrache un nouveau sourire, timide, celui-ci. Parce que ce geste anodin qu’elle vient d’avoir m’a fait un drôle d’effet. Je suis bête, j’avais déjà oublié. Oh mais non, elle n’est pas bête du tout Daisy. Etourdie, mais pas bête, je lui glisse doucement avec un clin d’œil à l’appui, alors que son regard magnétique envahit mes pensées. Il faudra que je lui demande un jour ses origines, ça m’interpelle, mais on se connaît à peine alors je voudrais pas qu’elle trouve ça bizarre. Je vais attendre encore un peu. Oui, je n’en doute pas, me répond-elle au sujet de la morphine dont je ne veux abuser. Mais vous pouvez y aller sur la morphine, quand la douleur devient trop présente. Surtout avant de dormir. Je ne sais pas. J’ai trop peur de devenir accro à ce truc, mais je ne le lui avoue pas et réponds sur le ton de l’humour. Ah parce que vous ne comptiez pas venir tous les soirs me chanter une berceuse pour que je fasse de beaux rêves ? Je souris en retenant mon rire, l’œil malicieux. En repensant à ce que je viens de dire, j’avoue que c’est quelque chose qui m’aurait plu. J’aurais même poussé jusqu’au petit câlin. Mais bon… Entre mes fantasmes et la réalité, il y a tout un monde.

Alors on parle de nos métiers respectifs, c’est un sujet que j’affectionne particulièrement. J’ai tendance à un peu trop m’étaler sur le sujet si je ne me freine pas. Vous avez trempé là-dedans depuis toujours, alors. C’est le camion qui vous faisait rêver ? Je souris, empli de nostalgie, à l’évocation de ce souvenir. Je hoche la tête mais j’ajoute Le camion, l’alarme, l’adrénaline, ce désir d’aller sauver des vies. J’adorais quand mon père me faisait monter dans le camion. Je suis allé plusieurs avoir avec lui sur des sauvetages, quand j’étais petit. Ca me fascinait littéralement. J’avais des palpitations dans le cœur, comme aujourd’hui avec cette satanée machine. Je crois que quand on aime vraiment quelque chose, ça vous prend aux tripes et au cœur. J’adore vraiment ce que je fais. Je pense que mon regard pétille tellement je me sens animé par la flamme des soldats du feu. Et la machine s’emballe aussi, c’est un signe. Un peu comme tout à l’heure, c’est un nouveau pic de battements incontrôlables. Et le football est resté une passion que vous pratiquez à côté ? me demande-t-elle alors. Oui, j’adore toujours autant le football, mais j’ai arrêté les entraînements de fou. Je joue encore avec les vieux copains du lycée, ceux qui sont encore par ici. Et j’aime bien assister aux matchs de mon ancien lycée, ça me rend nostalgique quand je m’imagine à leur place, sur le terrain. Mais je ne regrette pas la voie que j’ai choisie. Et il y a déjà un QB Brady connu, je voudrais pas lui piquer la vedette ! je plaisante en parlant de Tom Brady, le joueur des Patriots de la Nouvelle-Angleterre. J’imagine qu’elle le connait, les femmes le connaissent bien en général, vu son physique, et puis il est marié à un top model connu.

Alors qu’elle me change le pansement, la douceur de Daisy me touche. Elle est prévenante, et c’est une qualité importante dans son métier. J’ai malheureusement eu droit à des infirmières qui n’en avaient un peu rien à faire de leurs patients. Je sais qu’il y a beaucoup de stress dans leur métier, et qu’elles n’ont pas forcément le temps de faire les choses comme elles l’entendraient, mais aujourd’hui Daisy me prouve que les choses peuvent être faites de façon naturellement douce. Et c’est fort appréciable. Elle m’avertit que ses mains sont fraîches alors je ne peux que sourire en répondant. Maintenant que j’ai dit que j’étais un patient idéal, je n’ai plus le droit de me plaindre de quoi que ce soit. Elle sourit à son tour et me répond du tac-au-tac. Je ne vous en donnerai pas l’occasion. Cette phrase m’arrache un nouveau sourire. A son contact, je ne peux m’empêcher de sourire, je vais finir par me trouver complètement idiot. J’y compte bien, je finis par répondre. Et j’ai étrangement beaucoup confiance en vous. Et c’est vrai. Et c’est étrange, en effet. Mais le contact passe si bien entre nous, ça en est presque déconcertant. J’ai envie de lui raconter ma vie, ça me vient naturellement. La pauvre, je dois la saouler avec mes récits sur moi-même. Quel égocentrique je suis ! Mais si elle arrête de me poser des questions, peut-être que je pourrais me calmer un peu.
Nous parlons de blessures que nous voyons quotidiennement dans nos métiers, et puis on parle à nouveau de moi. Moi, moi, moi. Oui, je pense qu’elle va finir par me trouver très imbus de moi-même, alors que moi, j’ai tellement envie d’en apprendre plus sur elle ! Alors on parle de mon accident de l’an dernier, celui où je suis tombé dans le coma pour quelques jours. Elle me regarde à peine, je pense que je suis réellement en train de la saouler et qu’elle pose toutes ces questions sur moi pour être polie. Il va peut-être falloir penser à vous calmer, ça fait pas mal de passages à l’hôpital en un rien de temps ? Votre femme doit se faire un sang d’encre. Et là, c’est la dégringolade. Mon visage se referme à l’énonciation de ma « femme ». Je m’en serais passé, merci bien. Je me râcle la gorge, regarde mon alliance qui me pèse encore un peu plus de trop et je termine par dissimuler ma main sous mon corps. Je n’étais pas marié à l’époque, ne vous en faites pas pour elle. De toute façon je pense qu’elle ne s’en fait pas trop pour moi, je réponds amèrement, avec un sourire complètement faux. Pas que j’aie envie que Ellis se fasse du souci pour moi, ça, je m’en contrefiche. Mais c’est la situation dans laquelle elle m’a piégé (je me suis pris au piège moi-même, j’avoue) qui me rend amer. Vivement la libération. Durant mon repos ici à l’hôpital, je pense que je vais avoir le temps d’harceler mon cousin pour un transfert. Il doit me débarrasser d’Ellis au plus vite.
Puis elle finit par réagir à mon compliment, quand j’annonce qu’elle est bien plus sympathique que l’infirmière qui m’a soigné la dernière fois. Je sais très bien que vous dîtes ça pour que je sois gentille avec vous. Non c’est pas vrai. Et ça fonctionne. Ah. Et là, je souris. C’est idiot, mais de savoir qu’elle me donne du pouvoir, ça donne un petit coup de boost à mon égo. Ce n’était pas mon intention, je vous promets. Et je sais pas pourquoi, mais lorsque nos regards se croisent, je ressens un drôle d’effet, un ange qui passe et qui me foudroie en même temps. Alors quand je suis mal à l’aise comme maintenant, je parle. Ca m’aide. Heureusement, Daisy me questionne à nouveau. Alors je lui raconte le récit de mon accident d’il y a deux jours. Et le regard passionnément intéressé qu’elle vient d’ancrer au mien m’encourage sur ma lancée. Je revois les images comme dans un film. Ces flammes infernales, cette chaleur écrasante, et la fumée qui étouffe. Je suis tellement heureux qu’on ait pu sauver le gamin, bon sang. Et la fin de mon récit est ponctué par le soupir de mon infirmière. Ah, ben c’est sympa ça, ils vous sauvent de là et vous voulez rouspéter ! Mais vous êtes une sorte de chef d’équipe dans la caserne, en fait ? J’éclate de rire. Elle a raison, je devrais leur être reconnaissant, et je le suis, mais si l’un d’entre eux y avait laissé sa vie, jamais j’aurais pu me le pardonner. Je suis effectivement capitaine de caserne, et croyez-moi Miss Daisy, je suis heureux d’être là, ne vous inquiétez pas, j’ai conscience que je leur dois ma vie. Mais… si la fin avait été différente, si l’un de mes hommes avait perdu la vie pour me sauver, c’est quelque chose avec laquelle j’aurais du mal à vivre. C’était l’enfer là-dedans, c’était trop dangereux. Nos anges gardiens ont fait du bon boulot, ce jour-là, je finis par dire d’une voix humble. Un autre ange passe, mon gardien ou peut-être un autre, mais je me laisse aller à la sérénité et au plaisir avoué d’être toujours en vie.

J’ai toujours eu le don de pouvoir lire les gens. Je sens quand une situation ne va pas, et alors que je parle de mon océan adoré et du surf qui va cruellement me manquer ces prochaines semaines, je ressens un malaise du côté de Daisy. Son visage est fermé et tendu. Elle ne sourit plus, elle n’exprime plus rien hormis de la nervosité. C’est comme ça en tout cas que je le ressens. Alors je lui demande ce qu’elle aime faire, peut-être que ça la détendra un peu, et puis je suis curieux, je dois bien l’avouer. Tout doucement, ses traits s’adoucissent. C’est drôle. Vous êtes pompier, vous côtoyez le feu tous les jours, et à côté de ça, vous adorez l’eau. Vous êtes en harmonie avec ces deux éléments si je comprends bien ? Je n’avais jamais réfléchis à ça comme ça, à vrai dire. Alors je prends quelques secondes pour y penser. Je pense que je suis en harmonie avec tous les éléments, je me dois de l’être, avec mon métier. Je dois être à l’aise n’importe où, que ce soit dans l’eau, dans les flammes, sur la terre ferme ou dans les airs. Mais… effectivement, l’eau m’a toujours attiré. Faut dire que j’ai passé une bonne partie de mon enfance – et encore aujourd’hui – à la plage. J’y ai énormément de souvenirs. Et vous alors ? Je la regarde noter quelque chose dans mon dossier, et j’ai ce pressentiment que notre entrevue va bientôt se terminer. Mon pansement est changé, j’imagine qu’elle a une multitude d’autres choses à faire plutôt que de m’écouter parler de moi. Je sors avec quelques copines, dans les clubs sympas de la ville. Et je fais pas mal de sport, de l’escalade, du basket… Et je dors. Son petit sourire alors qu’elle m’avoue ce dernier hobby me fait rire. Vous avez raison, il faut bien reprendre des forces pour vous occuper des patients plus ou moins parfaits qui vous prennent tout votre temps. Je la vois ranger la chaise contre le lit, signe qu’elle est sur le départ. Si vous avez besoin de quoi que ce soit… N’hésitez pas. Je lui envoie un sourire poli. J’y manquerai pas, Mademoiselle Daisy. Elle me renvoie un sourire, le dernier jusqu’à notre prochaine rencontre. Merci pour le pansement, je me sens comme neuf ! je dis tout heureux, ce qui peut peut-être me rendre niais. Mais je m’en fiche. J’étais content d’avoir fait sa connaissance et lorsqu’elle quitte la pièce pour de bon, je me rends compte que j’ai retenu mon souffle et j’expire enfin, bruyamment, et empli d’une béatitude certaine. Mes yeux fixent encore la porte et je souris.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Daisy Green
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 17/05/2017
MESSAGES : 214

MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Ven 23 Juin - 10:22



Des patients comme ça, DeeDee adorerait en avoir toute la journée. Cependant, elle sait qu’elle serait toujours en retard, tout au long de la journée. Si elle aime accorder de son temps à chaque patient, et être à l’écoute, elle s’avoue intérieurement qu’elle prend plaisir à passer quelques minutes ici, à discuter et à grappiller quelques informations sur le beau pompier. Elle se rend compte qu’il la fait rire, la détend, et entretient une discussion intéressante. Il est taquin et ses yeux pétillent dès qu’il a de l’amusement dans la voix, ou qu’il évoque quelque chose qui lui tient à cœur. Elle le trouve plein de vie, alors qu’il est allongé dans un lit d’hôpital, en train de se remettre tout doucement de son accident tout frais. Ah parce que vous ne comptiez pas venir tous les soirs me chanter une berceuse pour que je fasse de beaux rêves ? Le voilà qui recommence à plaisanter. « Croyez-moi, pour votre bien, et celui de l’humanité, il ne vaut mieux pas me réclamer une berceuse. » répond-elle sur le même ton. Mais pourtant, c’est bien vrai. Naïa pourrait confirmer si elle était là, les souvenirs de la chorale du lycée sont impérissables.
Ce Brady l’interpelle. Déjà, ce n’est plus la peine de jouer l’innocente, Daisy reconnaît bien volontiers qu’il est bel homme. Mais, il est aussi intéressant, si bien que c’est sans se forcer à maintenir la discussion qu’elle se met à lui poser des questions sur ses passions, notamment son travail qui en fait partie, de toute évidence. Elle met l’accent sur le camion, c’est souvent ce qui retient l’attention des enfants, quand ils voient les pompiers arriver. Le camion, l’alarme, l’adrénaline, ce désir d’aller sauver des vies. J’adorais quand mon père me faisait monter dans le camion. Je suis allé plusieurs fois avec lui sur des sauvetages, quand j’étais petit. Ca me fascinait littéralement. J’avais des palpitations dans le cœur, comme aujourd’hui avec cette satanée machine. Je crois que quand on aime vraiment quelque chose, ça vous prend aux tripes et au cœur. J’adore vraiment ce que je fais. La brune ne peut s’empêcher de sourire en l’écoutant parler, et en voyant l’émotion animer son visage. Ses expressions sont touchantes, elle a l’impression qu’elle pourrait facilement imaginer le petit garçon qui monte pour la première fois dans le camion de son père. Quand il évoque la machine, elle s’aperçoit que les bips rapides sont de retour ; il vit ce qu’il dit ce beau monsieur. Elle se contente d’acquiescer d’un simple hochement de tête sans rien ajouter. Et le football est resté une passion que vous pratiquez à côté ? Elle enchaîne sur l’autre sujet venu sur le tapis, juste avant. Oui, j’adore toujours autant le football, mais j’ai arrêté les entraînements de fou. Je joue encore avec les vieux copains du lycée, ceux qui sont encore par ici. Et j’aime bien assister aux matchs de mon ancien lycée, ça me rend nostalgique quand je m’imagine à leur place, sur le terrain. Mais je ne regrette pas la voie que j’ai choisie. Et il y a déjà un QB Brady connu, je voudrais pas lui piquer la vedette ! – « C’est vrai qu’il y a déjà un Brady ! Vous étiez QB aussi, alors ? La star du lycée ? » Elle hausse un sourcil en le questionnant, amusée et curieuse d’en savoir davantage sur ses jeunes années.

Alors qu’elle commence à s’occuper du pansement, en échangeant quelques plaisanteries, il finit tout de même par lui confier avoir déjà confiance en elle. Daisy se sent à la fois fière de provoquer ce sentiment si rapidement auprès de son patient, et flattée qu’il lui dise quelque chose comme ça en si peu de temps. Si bien qu’elle n’ose plus relever les yeux vers lui, préférant fixer ce qu’elle est en train de faire. Puis, pour désamorcer un peu le moment qui pourrait devenir gênant alors qu’elle ne trouve rien à dire suite à ça, elle se relance dans les questions le concernant. Notamment ses antécédents niveau accidents. Il lui raconte ses mésaventures, et l’infirmière, de façon tout à fait innocente, après l’avoir à moitié sermonné, évoque sa femme et le tracas qu’il doit lui causer. Avoir un mari qui exerce cette profession doit être assez angoissant : selon les catastrophes annoncées, ce sont les premiers à aller affronter les difficultés, et ils n’ont pas l’occasion de rebrousser chemin. C’est leur métier qui veut ça. Mais elle perçoit le changement d’attitude, et le ton nettement moins enjoué lorsqu’il en parle. Je n’étais pas marié à l’époque, ne vous en faites pas pour elle. De toute façon je pense qu’elle ne s’en fait pas trop pour moi. Daisy est presque choquée par les propos qu’il tient à l’égard de son épouse. Tout de même, il a eu un grave accident, c’est certain qu’elle doit s’inquiéter. Mais les filles ne l’ont pas vue, c’est vrai. Peut-être est-elle en déplacement et n’a pas pu venir aussi vite qu’elle le souhaitait ? Il est impossible pour elle, qu’on ne s’inquiète pas du sort de l’être aimé. Ca n’a pas de sens. « Alors, elle doit avoir les nerfs sacrément solides si elle ne s’inquiète pas trop. » dit-elle sur un ton maternel, comme si elle cherchait à le rassurer au sujet de sa femme, alors que c’est davantage elle qui a besoin de croire ça. « C’est donc tout récent votre mariage ? » Bon… Là, elle abuse un petit peu. C’est la curiosité qui grimpe d’un cran, et elle cherche juste à en savoir un peu plus. Sa femme doit être super, c’est certain.
Les compliments reçus quant à ses qualités en tant qu’infirmière, la touchent une fois de plus, mais elle sent qu’il est un peu joueur. Il est bavard, sympathique, souriant et cherche à la faire parler. Elle l’a bien remarqué. Il essaie peut-être tout simplement de plaisanter et… Tester son pouvoir sur les infirmières qui s’occupent de lui. Il faudra qu’elle en parle avec ses collègues. « Je sais très bien que vous dîtes ça pour que je sois gentille avec vous. Et ça fonctionne. » - Ce n’était pas mon intention, je vous promets. Elle reste un petit peu sceptique, même si elle aimerait le croire. Enfin, c’est toujours bon à prendre pour gonfler son ego !
Ils continuent de discuter, sans réelle interruption, bondissant d’un sujet à l’autre avec une aisance fascinante, et naturelle. Elle écoute ses réponses à ses questions, le récit de son sauvetage. Quelle belle profession, c’est tellement beau ce qu’ils font, chacun de leurs actes rassemble tant de qualités humaines. Mais il a quand même un sacré caractère ce cher Nathaniel Brady, il pense déjà à leur remonter les bretelles alors qu’ils mériteraient davantage une tournée, ou quelque chose comme ça. Elle est ravie de l’entendre rire à sa réflexion, ça la fait d’ailleurs sourire, malgré le ton sérieux qu’elle a employé. Je suis effectivement capitaine de caserne, et croyez-moi Miss Daisy, je suis heureux d’être là, ne vous inquiétez pas, j’ai conscience que je leur dois ma vie. Mais… si la fin avait été différente, si l’un de mes hommes avait perdu la vie pour me sauver, c’est quelque chose avec laquelle j’aurais du mal à vivre. C’était l’enfer là-dedans, c’était trop dangereux. Nos anges gardiens ont fait du bon boulot, ce jour-là. – « Je comprends.. Mais je pense que quelques donuts à votre retour seront les bienvenus. Après un remontage de bretelles en règle, bien entendu. » dit-elle toute amusée, imaginant la stature du pompier dans son rôle de capitaine. En plus il détient l’autorité dans son travail. Intérieurement, elle se somme d’arrêter de lister chaque petit truc qui lui plaît chez lui. Même si selon lui sa femme se fiche de ce qui peut lui arriver, il est marié quoi qu’il arrive, c’est son patient, elle est son infirmière. Point barre.
C’est ensuite un sujet tout à fait différent qu’il aborde. Et celui-ci ne fait pas partie des sujets qui passionnent DeeDee, bien au contraire. L’océan et le traumatisme qu’elle en retient. Cependant, après avoir été gagnée par le trouble à l’évocation de cet élément, la jolie brune s’applique à continuer de discuter et souligne un fait intéressant et intriguant quelque part. Je pense que je suis en harmonie avec tous les éléments, je me dois de l’être, avec mon métier. Je dois être à l’aise n’importe où, que ce soit dans l’eau, dans les flammes, sur la terre ferme ou dans les airs. Mais… effectivement, l’eau m’a toujours attiré. Faut dire que j’ai passé une bonne partie de mon enfance – et encore aujourd’hui – à la plage. J’y ai énormément de souvenirs. Et vous alors ? – « Oui bien sûr, mais si vous devez être à l’aise dans les airs, ça ne veut pas dire que vous vouez une passion pour le deltaplane, ou ce genre de choses… Pas comme avec l’eau en tout cas, d’après ce que vous me dites.Je sors avec quelques copines, dans les clubs sympas de la ville. Et je fais pas mal de sport, de l’escalade, du basket… Et je dors. » C’est ce qu’elle confie dans un premier temps. « L’océan… J’ai quelques souvenirs aussi, oui, mais je suis mieux sur la terre ferme. » dit-elle en s’efforçant d’employer un ton léger. Ce n’est ni l’endroit, ni le moment pour évoquer d’autres choses, expliquer les sensations que lui provoque cette immensité bleue. Vous avez raison, il faut bien reprendre des forces pour vous occuper des patients plus ou moins parfaits qui vous prennent tout votre temps. Elle se contente d’esquisser un sourire et s’empêche de rajouter quoi que ce soit. Elle a encore du pain sur la planche, et plus vraiment d’excuse valable pour rester un peu plus longtemps dans la 322. Et il doit se reposer. Alors, gentiment elle lui rappelle qu’il peut appeler n’importe quand, si besoin est. J’y manquerai pas, Mademoiselle Daisy. Merci pour le pansement, je me sens comme neuf ! L’appellation qu’il utilise à son égard la fait sourire, et ses remerciements, encore plus. Elle se contente de ça, avant de quitter sa chambre et le laisser à son visiteur.

**

3 jours plus tard.

Daisy a pris le relais de ses collègues, il y a une petite heure. Il est à peine sept heures du matin, et la voilà active, dynamique dans le début de sa journée. Il fait un temps splendide, elle est reposée grâce à son jour de repos de la veille, qui a été pleinement savourée. Elle s’est chouchoutée : bain d’huile pour ses cheveux, masque pour le visage, gommage… Elle est en pleine forme ! Elle a même pris le temps de se maquiller légèrement et a réussi à tresser ses cheveux toute seule, non sans avoir bataillé. Elle croise quelques aides-soignantes qui poursuivent la tournée du petit-déjeuner. Tant qu’il est encore tôt, pour l’instant, elle n’a pas trop à s’occuper des patients : elle a le temps de s’occuper des papiers et papoter un peu avec ses collègues qui en sont au même point qu’elle, à savourer ce petit temps mort. Elle s’empare de sa tasse de thé, et c’est ce moment que choisit Ashley pour entamer un nouveau sujet de discussion. « Tu sais que Brady a demandé où tu étais hier ? Il avait l’air super déçu en apprenant que tu étais de repos. » - « C’est parce que je suis sa chouchoute. » Sa collègue hausse les sourcils d’un air suggestif avant de replonger dans sa lecture. DeeDee en fait de même, mais avec un bout de sourire satisfait qui tente de percer ses lèvres. Après quelques minutes de silence, où la concentration règne en maître, Daisy relève le nez vers son amie. « J’irai le voir après. » Sa collègue étouffe un rire, puis reprend sa lecture. Et sans crier gare, ni relever ses yeux, elle lui souffle discrètement. « Vas-y maintenant. » La brune referme doucement son dossier et après avoir jeté un regard coupable à Ashley, elle se lève et file rapidement à travers le couloir principal jusqu’à atteindre la bonne porte. Elle frappe un coup puis entre, en jetant un coup d’œil au pompier qui a meilleure mine. « Bien dormi ? » demande-t-elle en s’appuyant sur le bout du lit. Elle ne retient pas un petit sourire, en pensant à ce que sa collègue lui a dit, puis s’approche, et vérifie le niveau de la perfusion ainsi que le débit. « On va pouvoir vous enlever ça, je pense que c’est la dernière. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nathaniel Brady
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 03/02/2016
MESSAGES : 465

MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Ven 23 Juin - 11:39

Ah parce que vous ne comptiez pas venir tous les soirs me chanter une berceuse pour que je fasse de beaux rêves ? Je plaisante pour la faire sourire encore un peu. Je vous ai dit qu’elle avait un joli sourire ? Adorable, charmant, charmeur même… Enfin je suis personnellement sous le charme, mais je l’avouerai jamais à Otto pour son bien, sinon il va encore se la raconter, cet abruti. Malgré la douleur dans mon corps, Daisy, avec son exotisme, arrive à me transporter sur une jolie île paisible. Manque que le bikini, j’ai envie de suggérer. Un sourire étire mes lèvres à cette idée…  Croyez-moi, pour votre bien, et celui de l’humanité, il ne vaut mieux pas me réclamer une berceuse, me répond-elle, ce qui a le don de m’intriguer. Aurait-elle des défauts ? Oh ! Impossible ! Qui s’est octroyé le droit de venir casser mon fantasme, là ? Bon. Alors on va dire que les opposés s’attirent, restons pragmatiques. Un nouveau sourire apparaît sur mon visage. Alors vous ne vous plaindrez pas quand votre patient de la 322 aura une tête affreuse le matin à cause de ses insomnies. Je suis à deux doigts de porter réclamation à cet hôpital pour son personnel trop peu qualifié. Je dis tout ça en souriant à Daisy, le regard doux pour ne pas la froisser. Je plaisante, évidemment.

Dans la conversation, nous finissons par parler de nos métiers. Je parle du choix que j’ai eu à faire il y a maintenant plus de quinze ans, à savoir poursuivre ma carrière de footballeur déjà bien prometteuse, ou m’engager chez les soldats du feu pour suivre le chemin de mon père. Je n’ai jamais regretté le choix que j’ai fait, même si aujourd’hui, peut-être, j’aurais pu être richissime et marié à un mannequin – quelle ironie ! Je suis aujourd’hui marié à un mannequin… Sauver des vies a tellement plus de valeur que les billets verts et être un aimant à poulettes. Même si, de ce côté-là, les pompiers n’ont pas à se plaindre, je l’admets, et que même en n'étant pas une star du football, j’ai eu droit à mon quota de femmes. Alors Daisy me demande à quel poste j’étais. Je me suis dit qu’elle s’y connaissait peut-être en foot, mais non, elle veut simplement savoir si j’étais la star du lycée. Je hoche la tête, ni fier de l’avoir été, ni regrettant ce statut privilégié. Quarterback, en effet. Et… si vous voulez dire par là que j’ai été élu roi de la promo et que je sortais avec les cheerleaders, la réponse est oui. J’émets un léger rire en me rappelant cette époque. Je suis un vrai cliché ! Et je pense à Charlie, la seule fille du lycée qui me faisait complètement chavirer et qui n’a jamais mis les pieds dans mes filets. Il n’y a que les bancs de sardines qui s’y prenaient, mais pas les thons, hein. Oui, j’étais superficiel… Alors attendez, vous, au lycée… vous étiez… Je réfléchis en l’observant attentivement. Je me demande comment elle était quand elle était plus jeune. J’aurais grave craqué pour elle si elle avait été dans ma classe, c’est certain. … bonne élève, le genre que les profs adorent. Concentrée, assidue, mais un peu timide. Pas le genre à demander au quarterback de sortir avec elle. Et pourtant… je suis persuadé que vous aviez tout un tas de garçons à vos trousses ! Comment pourrait-il en être autrement ? Je pense même que vous étiez en couple à cette époque-là. Avec un gars bien et gentil, avec qui vous êtes restée longtemps. Vous êtes peut-être même encore avec lui aujourd’hui. Je plisse les yeux en haussant un sourcil. J’ai juste ? Po-po-poooo… Discrétos, ni vu ni connu, je vais savoir si elle est prise.

Mais la conversation va rapidement tomber dans le sérieux lorsqu’elle se met à parler de ma « femme ». Erk. Je lui avoue amèrement être certain qu’Ellis ne s’inquiète pas pour moi, puisqu’elle n’est même pas au courant que je suis cloué dans ce lit. Alors, elle doit avoir les nerfs sacrément solides si elle ne s’inquiète pas trop. Son ton est maternel, empli d’une gentillesse touchante, mais mon visage s’assombrit davantage et un rire ironique m’échappe. Oh pour ne pas s’inquiéter, on peut lui faire confiance. Il pourrait y avoir un tueur à ses trousses qu’elle ne s’en inquiéterait même pas ! True story. Je vois bien que Daisy est surprise par tout ce que je dis. J’imagine que les gens sont surpris, effectivement, quand ils entendent un nouveau marié parler comme ça de sa femme. Mais je n’arrive plus à faire semblant, Ellis me pompe l’air puissance quinze milliards, jamais j’ai été aussi mal assorti avec quelqu’un. Et je me demande même qui pourrait la supporter ! C’est donc tout récent votre mariage ? Je fais une petite moue et hoche la tête. Quelques mois seulement. C’était… inattendu. Peut-être un peu précipité, je pense. Je me racle la gorge, parce que je suis gêné de parler ça devant elle. Et si on parlait d’autre chose ? je suggère avec un sourire. Pas que ça la regarde pas, mais je voudrais pas qu’elle se mette à fouiner ou quoi, je ne voudrais pas l’embarquer dans cette histoire.

Daisy me suggère d’apporter des donuts à mon retour à la caserne au lieu de remonter les bretelles à mes hommes. Elle est prévenante, c’est touchant. Je souris, plein d’approbation. Vous avez raison, je leur apporterai des donuts. Je marque une légère pause avant de reprendre à toute allure Et après je les engueule ! Et je me mets à rire. Ils le prendront mieux avec un ventre bien rempli ! j’ajoute de bonne humeur. Ah comme j’ai hâte d’y être. Ces mois de convalescence vont me paraître très longs.

On en vient à parler de ma passion pour l’océan et de nos loisirs. Mon amour pour l’océan est infini, je dois bien l’admettre, même si je me sens à l’aise dans n’importe quel élément. Oui bien sûr, mais si vous devez être à l’aise dans les airs, ça ne veut pas dire que vous vouez une passion pour le deltaplane, ou ce genre de choses… J’acquiesce, elle a tout à fait raison. Même si j’aime bien les sauts à l’élastique. Pas comme avec l’eau en tout cas, d’après ce que vous me dites. L’océan… J’ai quelques souvenirs aussi, oui, mais je suis mieux sur la terre ferme. Elle éveille mon intérêt soudainement. Son ton sonnait faux, elle le voulait enjoué, mais je pense qu’elle parle de mauvais souvenirs. Mais je n’ai pas envie de lui faire revivre ça maintenant, alors je me tais et ne lui pose pas davantage de questions là-dessus. De toute façon, notre entrevue est sur le point de s’achever, malheureusement. Otto va remplacer Daisy à mes côtés. Je l’aime bien aussi, mais c’est pas pareil. Sans rancune, Otto !

Alors il rentre dans la chambre quand Daisy l’a quittée, et il peut pas s’empêcher de se foutre de moi encore une fois. Ben dis donc, je t’aurais sacrément manqué, vieux, si j’y étais resté ! Bon, il lui reste Kimi, parce que Kimi, quand tu lui fais des blagues, elle marche pas, elle court. Et c’est tordant.


**

3 jours plus tard.

Hier ma mère est passée m’apporter un pyjama pour pas que je me balade dans ma blouse trop révélatrice à son goût. Bon perso, j’en ai un peu rien à faire si on voit mes fesses, parce qu’elles sont jolies. Non je déconne. Enfin peut-être, disons que mes conquêtes ne s’en sont jamais plaintes. Maman vient tous les jours. J’ai eu du mal à lui expliquer la situation concernant mon mariage avec Ellis. Je ne lui ai rien dit sur la vérité, je ne veux pas la mêler à tout ça. J’essaie de tenir encore un peu, et puis j’ai appelé Strockis à Minneapolis, il m’a assuré qu’ils s’occuperaient de son cas dans les prochains jours. Quel soulagement ! Vraiment, l’idée de me débarrasser de cette blondasse m’a mis du baume au cœur. Et m’a donné encore quelques forces pour continuer cet odieux mensonge. Athénaïs est passée hier aussi, quand ma mère n’était plus là, heureusement. Les imaginer dans la même pièce me donne des sueurs froides, même si entre elle et moi, ça reste un peu trop platonique à mon goût. Bon là, elle a de la chance, je peux pas trop bouger de mon lit, alors elle a ce qu’elle veut : qu’on avance lentement mais sûrement. Alors j’essaie. Quelque part, c’est pas plus mal, vu la situation dans laquelle je me trouve avec Ellis.
Ca fait déjà plus d’une heure que je suis réveillé, j’ai très mal dormi. Je commence à m’ennuyer ici, c’est terrible, en plus hier Daisy n’était pas là, c’était son jour de repos. Dégoûté. Enfin elle en a bien besoin, la pauvre, mais il n’y a qu’avec elle que j’ai bien accroché. Je vois bien que les autres infirmières sont aux petits soins avec moi, mais c’est pas pareil. Je leur ai même demandé si Daisy était là, j’étais surpris de ne pas la voir. Elle m’avait même pas prévenu ! En tout cas j’espère qu’elle s’est bien reposée hier et qu’aujourd’hui elle sera là. Je consulte mes mails et autres messages en attendant que le temps passe. J’ai mis les informations en fond, à la télé. Mon petit-déjeuner est terminé, mon assiette est vide. Je meurs de faim ici, en fait. J’ai demandé à ma mère de me rapporter quelque chose à manger tout à l’heure. Et quelqu’un toque à la porte et mon cœur bondit d’un seul coup. J’ai l’impression que le temps s’arrête, le temps que la porte s’ouvre et que je puisse découvrir le visage de la personne qui va s’occuper de moi aujourd’hui. Et un grand sourire étire mes lèvres. Enfin, la voilà. Je ne la quitte pas du regard alors que mon cœur prend son rythme de croisière "spéciale Daisy". Heureusement, les docteurs m’ont enlevé cette satanée machine, la traitresse. Oh ! Jolie Daisy est maquillée, ce matin. Encore plus radieuse que d’habitude, j’en ai le souffle coupé. Bien dormi ? me demande-t-elle en s’appuyant sur le bout du lit. Mon rayon de soleil ! je clame tout haut, d’un ton enjoué, tout en lui souriant. Je la suis du regard alors qu’elle commence son ballet autour de moi. Dossier, perfusion… On va pouvoir vous enlever ça, quand elle sera terminée, je pense que c’est la dernière. Cool. Je souris toujours. Bien, …je fais d’un ton qui annonce un discours. … vous avez intérêt à me donner une bonne excuse de m’avoir lâchement abandonné hier, sans me prévenir, qui plus est. J’espère que vous êtes reposée et que vous avez mis votre temps à profit, hier, pour prendre soin de vous. Comment allez-vous ce matin ? je demande, réellement curieux. Ma question n’est en rien rhétorique ni polie, je veux simplement savoir ce que j’ai manqué. Alors ici, vous avez manqué, oh surprise, ma mère ! Et puis Otto est passé, et j’ai regardé un super film gnan-gnan à la télé, et oh, je dois vous donner le menu succulent auquel j’ai eu droit, c’était un régal ! je mens en rigolant. Puis je m’arrête subitement… Je vous ennuie peut-être avec mes histoires ? je demande avant de la saouler pour de bon. La pauvre, je l’assaillis d’entrée de jeu, elle va finir par me détester.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Daisy Green
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 17/05/2017
MESSAGES : 214

MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Hier à 19:14



Quarterback, en effet. Et… si vous voulez dire par là que j’ai été élu roi de la promo et que je sortais avec les cheerleaders, la réponse est oui. Je suis un vrai cliché ! Elle l’écoute tout en le regardant du coin de l’œil, en essayant de ne pas avoir le regard empli de jugement. Elle n’a aucun droit là-dessus, et puis, ce n’est pas vraiment étonnant en le voyant : il a tout pour lui, ce monsieur. « Je vois. » dit-elle simplement sur un ton un peu amusé après qu’il se soit lui-même traité de cliché. Elle n’aurait pas osé, même si elle l’a pensé très fort. Alors attendez, vous, au lycée… vous étiez… Daisy hausse un sourcil curieux en entendant le début de sa phrase. Elle attend la suite, un peu inquiète sur ce qu’il va s’imaginer d’elle, après l’avoir aperçue dans sa chambre durant quelques minutes. Bonne élève, le genre que les profs adorent. Concentrée, assidue, mais un peu timide. Pas le genre à demander au quarterback de sortir avec elle. Et pourtant… je suis persuadé que vous aviez tout un tas de garçons à vos trousses ! C’est quoi ce petit coup de charme, en l’imaginant pleine de prétendants, lorsqu’elle était adolescente ?! Ce Brady n’a pas froid aux yeux. Bon, c’est dit sur le ton de la détente, et puis, elle se dit qu’il est peut-être tout simplement heureux d’être en vie, et donc il s’emballe un peu, c’est sûrement ça. Je pense même que vous étiez en couple à cette époque-là. Avec un gars bien et gentil, avec qui vous êtes restée longtemps. Vous êtes peut-être même encore avec lui aujourd’hui. J’ai juste ? Une légère grimace apparaît sur le visage de Daisy, qui ne peut la retenir. Les gars bien et gentils, elle n’arrive pas à les trouver, s’il savait comme c’est compliqué. « Les quarterbacks ne sortent qu’avec des blondes, c’est bien connu. » dit-elle, le rire dans la voix. « Alors non, je n’allais pas leur courir après. Moi, je courrais après les ballons de basket. J’étais capitaine de mon équipe. Et j’étais bonne élève, effectivement. Si c’est pour vous rassurer et confirmer que vous êtes entre de bonnes mains. » Elle hausse les épaules, d’un air détendu tout en s’affirmant un peu plus à son contact. « Et pour le petit-ami du lycée, ça s’est arrêté au lycée, justement. » finit-elle par conclure, sans laisser une porte ouverte à d’autres questions sur ce sujet. Si les types du lycée n’étaient pas les plus méchants, ce qu’elle a connu par la suite lui a donné une petite idée de ce à quoi on peut être confronté dans une relation, et elle n’a pas très envie de replonger dans ces souvenirs-là.
Oh pour ne pas s’inquiéter, on peut lui faire confiance. Il pourrait y avoir un tueur à ses trousses qu’elle ne s’en inquiéterait même pas ! Elle étouffe un rire moqueur, trouvant qu’il abuse sincèrement en parlant ainsi de sa femme. Ils ont dû se froisser avant qu’il ne lui arrive cet accident, et c’est la rancœur qui parle. Ca ira mieux plus tard. Daisy aime beaucoup voir les autres réussir là où elle n’a connu que des échecs : en l’occurrence, ici, c’est niveau amour. Il est marié et dooonc, elle estime qu’il a plutôt bien réussi. Il a quelqu’un avec qui c’est sérieux. D’ailleurs, elle le questionne un petit peu sur le sujet, histoire d’en savoir plus et peut-être le dérider un peu. Quelques mois seulement. C’était… inattendu. Peut-être un peu précipité, je pense. Bon… Daisy ne sait plus vraiment quoi dire, tant elle est perplexe devant ce genre de propos, et son regard exprime sa curiosité déconcertée. Et si on parlait d’autre chose ? Elle répond d’abord par un hochement vigoureux de la tête avant d’ajouter, avec une mine contrite : « Bien sûr. Chapitre clos. ».
Du coup, ils parlent boulot. Et Daisy en profite pour creuser sur son accident, puisque ça s’est passé durant une intervention. Dans le même temps, ça lui permet de contrôler un peu le traumatisme de son patient, voir s’il n’oublie rien, si tout est clair dans son esprit. Ca l’intéresse aussi, d’en savoir un peu plus sur lui. Son métier doit être passionnant, avec des cas différents chaque jour, des gens à sauver dans des situations délicates. Elle trouve le métier d’infirmière tout à fait épanouissant, mais les pompiers ont un autre statut à ses yeux : ils risquent eux-mêmes leur vie, tandis qu’elle, elle essaie simplement de prodiguer des soins de qualité. Et alors qu’elle lui explique que son plan de remonter les bretelles à ses hommes après lui avoir sauvé la vie, ne lui semble pas très représentatif de la reconnaissance qu’il leur porte, il la fait rire en lui donnant raison tout en ajoutant qu’il les sermonnera tout de même. Ils le prendront mieux avec un ventre bien rempli ! – « Très bien, Capitaine, si vous le dites ! ».
La visite du soir se termine sur une discussion qui la déstabilise un peu, et par chance, elle a fait le tour de ce dont il avait besoin. Elle peut donc annoncer son départ et s’éclipser face à des questions qu’il pourrait lui poser, puisqu’il a l’air d’être assez curieux et perspicace.


**


Elle sait que c’est stupide de faire ça, mais elle ne peut pas s’en empêcher. Daisy se rassure en disant qu’elle ne fait rien de mal, si ce n’est aller discuter quelques instants avec son patient préféré du moment. Elle n’envisage absolument rien, il est marié, et même si il ne lui a pas semblé particulièrement enjoué lorsqu’ils ont abordé le sujet la première fois qu’ils se sont vus, elle sait bien qu’un homme marié est un homme intouchable. En plus, elle a pu apercevoir Madame Brady, et elle s’est fait la réflexion qu’il avait oublié de lui dire qu’elle était mannequin. Elle l’a déjà vue dans les magazines, et elle est restée très surprise en la voyant passer dans son couloir. C’était la journée qui précédait son jour de repos, et depuis elle n’a pas revu le pompier. Alors, elle corrige le tir tôt ce matin, en allant se présenter près de son lit d’hôpital. Il l’attend avec son joli sourire, et elle ne peut nier que ça lui fait un petit quelque chose : il lui plaît beaucoup. Mais ça s’arrête là. C’est ce qu’elle martèle dans son crâne, afin de ne pas s’éparpiller n’importe comment. « Bien dormi ? » - Mon rayon de soleil ! DeeDee affiche un sourire timide, sous la surprise de l’exclamation de Nathaniel, et alors qu’elle s’en rend compte, elle se sent rougir et ça ne passera pas pour un blush rosé qui soulignerait son hâle naturel. La honte. Mais pourquoi celui-ci se met à lui dire des trucs comme ça dès son arrivée ? Il va falloir qu’il arrête. Et qu’elle se reprenne ! Elle récupère machinalement son dossier, alors qu’elle n’est pas vraiment venue pour ça. Il est encore tôt pour s’en préoccuper, les derniers soins prodigués sont encore trop récents. Si bien qu’elle se retrouve avec le dossier entre les mains, mais qui reste clos. Elle lui dit alors qu’ils vont pouvoir lui retirer la perfusion, sous peu, en tout cas dans la journée, si il n’y a pas eu de complications cette nuit, en fait. Le beau pompier semble satisfait, à en voir sa mine réjouie. Bien … vous avez intérêt à me donner une bonne excuse de m’avoir lâchement abandonné hier, sans me prévenir, qui plus est. J’espère que vous êtes reposée et que vous avez mis votre temps à profit, hier, pour prendre soin de vous. Comment allez-vous ce matin ? Daisy l’écoute avec un air intrigué et amusé à la fois. Elle a intérêt d’avoir une bonne excuse à lui fournir pour avoir déserté. Ah oui, et depuis quand les patients sont devenus aussi exigeants ? C’est bien la première fois qu’on lui fait ce coup-là. Sa posture s’adapte à ses pensées et elle glisse une main sur sa taille, en surplombant son patient alité. « Est-ce que l’excuse des quelques soixante heures hebdomadaires justifie mon absence ? » demande-t-elle sur un ton innocent, sans attendre vraiment de réponse à sa question. « Oui, j’ai pu me reposer, merci de demander. Et ce matin, ça va bien, ça fait à peine une heure que je suis arrivée, et je fais un petit arrêt ici pour voir si vous avez survécu au cours des dernières trente-six heures. Paraît que je vous ai manqué ? » dit-elle tout en consultant innocemment sa montre.
Alors ici, vous avez manqué, oh surprise, ma mère ! Et puis Otto est passé, et j’ai regardé un super film gnan-gnan à la télé, et oh, je dois vous donner le menu succulent auquel j’ai eu droit, c’était un régal ! Elle l’écoute attentivement lui raconter sa journée de la veille, et ne peut s’empêcher d’afficher un sourire attendri en sentant la lassitude dans sa voix. Il commence déjà à en avoir marre d’être dans ce lit, c’est certain. Je vous ennuie peut-être avec mes histoires ? Elle écarquille légèrement les yeux. « Non pas du tout, c’est plaisant de vous sentir en forme. Enfin j’imagine que ça va de mieux en mieux ? Alors votre mère est encore venue ? Vous en avez de la chance. Et je ne peux que compatir pour le menu, c’est vrai que ce n’est pas terrible. » Sa bouche se tord légèrement en repensant à la dernière fois où elle avait eu la flemme de se préparer à manger pour le travail. Cela fait plusieurs mois en arrière, et pourtant elle peut encore sentir la texture et le goût infâme de la purée de pommes de terre qui était servie ce jour-là. La brune pose ses yeux verts sur le visage de son patient qui paraît bien moins fatigué par rapport à son arrivée. Peut-être l’effet de la petite barbe de quelques jours qui a eu le temps de pousser. « Je ne peux pas m’éterniser, je repasserai un petit peu plus tard, de façon un peu plus.. officielle ? » Très bien, Daisy vient de se rendre compte qu’elle s’est un petit peu vendue : sa petite visite matinale n’a rien à voir avec son rôle d’infirmière. « Le petit-déjeuner n’était pas trop mal au moins ? » enchaîne-t-elle rapidement, tout en reculant de quelques pas, se rapprochant de la sortie. Puis, tout à coup, ça lui revient, et elle se rapproche à nouveau, le regard malicieux. « Vous êtes un petit cachottier au fait. J’ai vu un mannequin sortir de votre chambre, avant-hier avant de finir mon service. Je sais qui c’est. » dit-elle sur le ton de la confidence, alors que celle-ci aurait dû venir de son patient.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nathaniel Brady
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 03/02/2016
MESSAGES : 465

MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Aujourd'hui à 1:54

C’est fou comme la présence mon infirmière préférée – on peut l’appeler comme ça maintenant – me met tout de suite du baume au cœur. Un jour que je ne la vois pas et hop, ça y est, mon petit monde hospitalier s’écroule. D’où mon enthousiasme peut-être un peu trop démonstratif quand elle arrive. Et j’adore, J’A-DO-RE la voir revêtir ce petit sourire timide. J’en serais presque intimidé moi-même. Et mon petit speech sur le fait qu’elle a osé m’abandonner sans me prévenir la fait sourire encore. Si je pouvais, je ne m’arrêterais jamais de parler pour la faire sourire encore et encore… Est-ce que l’excuse des quelques soixante heures hebdomadaires justifie mon absence ? me répond-elle, avec un air déterminé. Je souris, je ris, même. Elle doit voir au fond de mes yeux que je la trouve amusante. Oui, j’ai pu me reposer, merci de demander. Et ce matin, ça va bien, ça fait à peine une heure que je suis arrivée, et je fais un petit arrêt ici pour voir si vous avez survécu au cours des dernières trente-six heures. Paraît que je vous ai manqué ? Oups. C’est que les nouvelles vont vite, par ici ! Alors je joue la franchise absolue. Oui, beaucoup. Je marque une légère pause avant de poursuivre. Vos collègues ne sont pas aussi gracieuses que vous. Et… on n’a pas vraiment accroché, elles et moi. Enfin pas qu’elles ne sont pas sympas, mais c’est pas pareil qu’avec vous, vous voyez... Et ça me demande trop d’énergie d’être le patient idéal de tout le monde. Je lui souris malicieusement, avant de reprendre plus sérieusement. Je suis content que vous ayez pu vous reposer, vous avez bonne mine ce matin. Et ce maquillage léger vous va à ravir ! Ca fait ressortir vos yeux. Je me garde bien de trop la complimenter en disant « beaux yeux » même si c’est la pure vérité. Alors je lui raconte ce qu’elle a loupé durant la journée d’hier, à savoir pas grand-chose, le train train quotidien et ultra-monotone d’un patient à l’hôpital, emprisonné dans son lit. Mais comme ça la fait sourire, j’ai l’impression que mon quotidien n’est pas aussi monotone, finalement. Je m’assure tout de même de ne pas l’ennuyer avec #vismaviealhopital. Et c’est les yeux agrandis qu’elle me répond. Non pas du tout, c’est plaisant de vous sentir en forme. Enfin j’imagine que ça va de mieux en mieux ? Alors votre mère est encore venue ? Vous en avez de la chance. Et je ne peux que compatir pour le menu, c’est vrai que ce n’est pas terrible. Petite grimace de sa part sur l’épineux sujet de la nourriture d’hôpital. Oui, je ressens le même dégoût. Ca va mieux, oui, je peux respirer un peu mieux maintenant. Mais si j’ai le malheur de bouger, je douille. J’ai l’impression que mon corps fait exprès de m’enquiquiner, pour se venger de ce que je lui ai fait subir. Heureusement que ma mère est venue, oui, elle me tient un peu compagnie. Et surtout, elle m’apporte de bons petits plats en cachette. Promettez-moi que vous ne direz rien ! je lui demande avec un sourire complice. Malheureusement, Daisy m’annonce qu’elle doit partir. Je ne peux pas m’éterniser, je repasserai un petit peu plus tard, de façon un peu plus.. officielle ? J’ai un moment d’hésitation, le temps de comprendre. Comment ça « plus officielle » ? Je pense que Daisy peut lire l’incompréhension sur mon visage. Elle est passagère, mais bien là. Officielle genre je dois vous envoyer un carton d’invitation la prochaine fois ? je plaisante alors. Je pense qu’elle essaie de se rattraper avec son histoire de petit-déjeuner, mais je pense avoir compris qu’elle venait me voir en dehors de sa liste de choses à faire ce matin. Mon cœur s’emballe à l’idée que je puisse lui manquer un peu, c’est bon d’être son chouchou. Mais j’efface cette idée de ma tête aussitôt. Je me fais sûrement des idées, et puis bon, … Je ne sais pas pourquoi je m’emballe toujours quand il s’agit de Daisy. A croire qu’elle commence sérieusement à me faire tourner la tête. Mais ma situation est déjà bien compliquée, je ne vais pas en rajouter une couche, aussi belle soit-elle. Et puis je le dois bien à Athénaïs.
Et alors que ma charmante infirmière commence à s’éclipser vers la porte de ma chambre, elle revient finalement vers moi avec un regard qui ne me dit rien qui vaille. Vous êtes un petit cachottier au fait. Elle est penchée vers moi, presque à chuchoter. Je fronce les sourcils tant tout cela me parait bizarre. J’ai vu un mannequin sortir de votre chambre, avant-hier avant de finir mon service. Je sais qui c’est. Et mon inquiétude se transforme en grimace. Je mets quelques secondes avant de pouvoir répondre, d’un air faussement détendu. Je vais vous donner un bon point pour connaître la bonne réponse, alors… j’ironise. Je vous l’aurais bien présentée, vous savez, vu que vous avez l’air d’en être fan, mais elle est passée en coup de vent. Vous voulez la vérité ? Cette ****** est passée seulement pour me faire signer un chèque ! Parce que bon… vous voyez, ma santé l’importe peu. Au contraire, j’imagine que ça lui fait plaisir que je ne sois plus à la maison, dans ses pattes. J’ose espérer qu’elle n’enchaine pas les conneries avec son amie insupportable, parce que je ne suis pas en état de la protéger, actuellement. Et il est hors de question qu’il lui arrive quoi que ce soit alors que je suis cloué à ce lit d’hôpital. J’ai pas supporté deux mois en sa compagnie pour rien, quand même ! Vous lisez la presse féminine, alors ? je demande à Daisy. Je n’avais jamais entendu parler d’elle avant de la rencontrer, personnellement. C’est rare qu’on la reconnaisse dans la rue, d’ailleurs. Est-ce ironique que la seule personne qui la reconnaisse soit l’infirmière qui me fait tourner la tête ? Oui, un peu quand même… Bien, au lieu de parler d’elle, et avant que vous ne me quittiez encore une fois, je dis ces derniers mots sur un ton faussement accusateur, avec un léger sourire, pourriez-vous brancher mon chargeur de téléphone à la prise, s’il vous plaît ? Ca me ferait économiser quelques efforts. Je lui tends le fil posé sur ma table de chevet que j’ai déjà eu du mal à attraper. Alors, quand est-ce que vous allez revenir « officiellement » cette fois ? Mon regard est rempli de malice et je me retiens de sourire. Ma mère viendra sûrement dans la matinée, en attendant, si je me rendors, le temps passera plus vite et le retour de Daisy ici sera plus rapide aussi.

Effectivement, c’est ce qu’il se passe, hourra. C’est la présence de Daisy qui me réveille. J’étais en train de rêver d’elle, justement. Elle était à la caserne et m’apportait des muffins encore chauds. Tous les collègues étaient fous de jalousie. Mais ça va, je suis grand prince, j’ai partagé avec eux. Les muffins. Pas Daisy. Je papillonne un peu des yeux pour me réveiller et je me redresse en baillant. Pardon, je me suis assoupi. Comment va mon rayon de soleil ? je demande tout sourire, encore à moitié endormi. Je tends le bras pour atteindre mon téléphone afin de voir l’heure qu’il est. Ma mère ne va pas tarder à arriver, et avec quelques vivres. Je vais pouvoir prendre un deuxième petit-déjeuner digne de ce nom. Je me passe les mains sur le visage et dans les cheveux. La barbe qui commence à pousser depuis quelques jours me gratouille les paumes. Mademoiselle Daisy, pourriez-vous m’accompagner jusqu’à la salle de bains ? J’aimerais me passer un peu d’eau sur le visage, et éventuellement aller au petit coin. J’enlève la couverture posée sur moi d’un geste rapide, mais le reste met plus de temps à se réaliser. Ma jambe valide sort facilement du lit, l’autre traîne et ce n’est pas sans douleur que j’arrive à m’extirper du couchage. Je suis encore dans ma blouse, ma mère va me faire une réflexion, c’est sûr. Mais pas eu le courage de me changer. Peut-être que Daisy peut m’aider à enfiler le pyjama que ma mère m'a apporté, je lui demanderai tout à l’heure. Une fois sur mes deux pieds, je préfère me tenir à mon infirmière pour m’assurer de ne pas tomber, de toute façon, je n’ai pas de béquilles. Vous permettez ? je demande alors en me rapprochant de son bras. Et alors que nous avançons, je sens le petit courant d’air par derrière. C’est quand même pas très esthétique ni pratique pour nous, patients, ces petites blouses.
J’aime bien être à côté d’elle, comme ça. Sauf que j’ai l’impression d’avoir quarante ans de plus qu’elle. Ca, c’est moins agréable. Vous êtes grande, en fait, je dis à Daisy. Je ne m’étais jamais retrouvé debout à côté d’elle auparavant. Et pour une femme, elle est grande. Je comprends mieux pourquoi vous étiez basketteuse, à présent. Vous savez que vous pourriez être mannequin ? Vous n’avez rien à envier à ma femme. Et je sais pas trop pourquoi je lui dis ça, mais avec elle, je peux pas m’empêcher de bavarder. Ellis est plus grande qu’elle, mais pas de beaucoup. Et puis honnêtement, Daisy est toute aussi jolie. Et au moins, elle, elle est jolie de l’intérieur. La porte de la salle de bain est grande ouverte et un grand miroir nous fait face. Bien, je vais devoir vous abandonner quelques minutes, j’espère que ça va aller sans moi… je fais en souriant pour la taquiner. Je la regarde à travers le miroir puisqu’elle se trouve derrière moi et oh ! Je la surprends en train de mater… mes fesses ? Je ne relève pas mais à l’intérieur, je souris. Et c’est ce moment-là que ma mère a choisi pour faire son entrée dans ma chambre, en catimini, comme d’habitude. C’est lorsqu’elle se met à se racler la gorge que Daisy et moi prenons conscience de sa présence. Maman ! je m’exclame un peu trop fort sûrement. Je sais pas, c’était un peu comme si elle avait choisi le mauvais moment pour intervenir et ça m’a rappelé quand j’étais jeune ado et que j’avais invité Jessica à la maison et qu’on s’était embrassés dans ma chambre pile au moment où ma mère avait fait irruption dans mon antre. Bien, je vous laisse quelques minutes, alors, je m’empresse de dire en m’enfermant à toute allure dans la salle de bain pour faire ce que j’ai à faire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
save the hero - nate&daisy
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Save The human right to food: International mission to Haiti
» Lena& Carmelia ♦ save me ~
» Tell me would you kill to save a life. || Esprit d'Enfant.
» hero system
» Nate Yassine Taylor || Finished

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vice et Versa :: Où allons nous? :: Downtown :: Los Angeles General Hospital-