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 save the hero - nate&daisy

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Daisy Green
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DATE D'INSCRIPTION : 17/05/2017
MESSAGES : 409

MessageSujet: save the hero - nate&daisy   Dim 21 Mai - 9:28



« Coucou les filles ! » s’exclame-t-elle en entrant dans la salle de pause des infirmières. Il est dix-huit heures, ses collègues doivent normalement avoir terminé de ranger leurs affaires, prêtes à filer à toute vitesse dans le vestiaire pour se changer et laisser l’hôpital derrière elles. Mais pas ce soir. « T’as choisi le mauvais jour de repos, DeeDee ! » Sa curiosité s’aiguise en entendant ces mots. Les filles la regardent avec un sourire malicieux et elles ont toutes cette expression de celles qui détiennent un secret, un potin croustillant. Elle les regarde tour à tour, attendant qu’il y en ait une qui craque et lâche le morceau, mais aucune ne se décide à le faire ! « On a un beau spécimen, arrivé fraichement hier, là pour quelques jours… » - « Tout ça pour ça ?! Moi qui pensais qu’un truc extraordinaire était arrivé : genre Beyoncé qui est passée chanter des chansons aux gamins à l’étage en dessous. » - « Ah ouais, y a eu ça aussi, mais on préfère le patient de la chambre 322. » Daisy lève les yeux au plafond, mais ne peut s’empêcher de rire avec ses collègues. Maintenant sa curiosité se porte sur le fameux patient de la 322. Pourquoi est-ce qu’elle se trouve obligée de leur tirer les vers du nez ? Elles ne pourraient pas tout simplement lui exposer la situation, sans qu’elle n’ait besoin de se montrer légèrement intéressée à ce sujet, en posant les questions elle-même. Elle met la machine à café en route, et saisit un mug en le levant devant ses collègues pour savoir combien elle doit en préparer. « Pas pour moi, je file, je suis trop vieille et trop mariée pour ces choses-là ! » Lindsay se fait huer par ses amies avant de passer la porte en leur faisant signe de se taire et disparaît au coin du couloir. Daisy regarde le liquide brûlant couler dans les tasses, et jette un coup d’œil par-dessus son épaule pour regarder ses collègues qui ont le regard pétillant d’amusement. « Bon, très bien, qui me passe le dossier de l’Apollon qui vous fait retomber en adolescence ? » Ni une ni deux, le dossier lui est tendu juste sous son nez par une main pressée. La brune rit, avant de saisir le dossier et le poser à sa place sur la table. Elle distribue les cafés aux trois filles qui sont là. Si DeeDee est la seule de celles qui ont répondu présentes pour être de garde, à être ici, c’est tout simplement parce qu’elle a pris l’habitude d’arriver toujours un peu en avance, même lorsqu’elle fait des gardes pour améliorer les fins de mois parfois un peu difficiles. Elle dépose la boîte de sucre ainsi que quelques cuillères sur la table, puis vient rejoindre le comité féminin qui attend impatiemment qu’elle se mette à la lecture. Elle saisit le dossier et parcourt de ses yeux verts les informations qui lui sont données sur ce papier. « Oh je suis déçue, vous avez même pas mis une petite photo entourée de petits cœurs ! » constate-t-elle en tournant la première page. « Il va être avec nous pour un petit moment. Venu ici ce matin depuis la réa. Très bien. Trente-quatre ans. Ah, mais c’est pas un petit minet les filles ! » Ses collègues ronronnent en sirotant leur café. « Il faut que tu ailles le voir dès que tu commences ta tournée. » - « Oh mais non, garde-le pour la fin, comme ça tu restes un petit peu plus longtemps avec… » - « Wow, je vous arrête tout de suite ! Il est MA-RIÉ ! C’est écrit juuuste là. » - « Détail, détail… » Et toute la table se met à glousser. Malgré tout, elle replonge le nez dans la lecture pour en apprendre un peu plus au sujet de Nathaniel, James, Brady. Pompier. Jolie profession ; en plus, il doit être bien foutu. Elle lit les différentes blessures, et le traitement prescrit, puis repose le dossier sur la table, et termine son café. « C’est quel style physiquement ? » - « On te laisse imaginer, il est temps qu’on rentre. Mais envoie-nous un petit message dès que tu l’auras vu, tu nous diras ! » - « Si je croise sa femme, je vous dis aussi comment elle est ? » Et ses trois amies s’en vont dans un brouhaha de réponses négatives, lui souhaitant aussi bon courage pour la nuit.  

DeeDee jette un dernier coup d’œil au dossier posé sur la table puis le range avec les autres, sur la pile des dossiers des patients actuellement présents dans son service. Elle commence sa tournée, passant dans l’ordre qu’elle s’est établie. Et la chambre 322 ne sera ni la première, ni la dernière de sa liste, elle refuse de céder à la curiosité ou de céder à l’envie d’y rester plus que nécessaire comme l’ont suggéré les filles. Elle entre dans une première chambre : un adolescent qui a subi une appendicectomie, et qui, d’après le dossier déposé au pied de son lit, sortira le lendemain. Elle prend des nouvelles, savoir si aucune douleur n’est apparue, si l’appétit est bon. Le plateau-repas arrivera plus tard avec le passage des aides-soignants. Elle enchaîne ainsi plusieurs patients, ceux qui sont là depuis plusieurs jours et dont elle a pu suivre l’évolution, échanger aussi. Daisy aime établir un sentiment de confiance entre les patients et elle ; trop de gens seuls, éloignés de leurs familles passent par la case hôpital sans recevoir de visites, elle imagine donc qu’une petite discussion avec le personnel chargé de prendre soin d’eux n’est pas du luxe. Elle arrive devant la porte de la chambre 322, l’air amusé en repensant à tout ce que ses collègues lui ont dit. Elle frappe un petit coup sec, puis entrouvre la porte, prête à découvrir le fameux patient. Lorsqu’elle débarque, il y a un bien un homme dans le lit, plutôt charmant à vrai dire. Vraiment charmant, en  fait. Les filles n’ont pas menti. Et une tête brune se retourne vers elle. Un autre type, plutôt pas mal dans son genre. C’est rare, deux d’un coup. « Bonsoir, désolée de déranger, je contrôle juste tout ça. » Elle prend le dossier qui concerne le pompier. Puis elle se rapproche du lit, le dossier à la main, jette un œil aux annotations, puis à la perfusion à laquelle il est branché. Elle lui lance un regard en coin, et remarque tout de suite ses beaux yeux bleus. Et elle lui sourit. « On ne s’est pas encore vus, j’étais de repos hier, mais je suis de garde pour ce week-end. Je vais repasser pour vous… » Elle réalise seulement maintenant que le bruit qu’elle entendait derrière elle, ce sont les bips du moniteur qui ont un rythme ultra rapide. Elle se tourne vers la machine, ouvre grand les yeux en voyant le nombre qui s’affiche. « Détendez-vous, je sais que je fais souvent cet effet-là, c’est la profession qui le veut, mais je n’ai pas encore sorti une seule aiguille, tout va bien ! » plaisante-t-elle en se tournant vers lui. « D’ailleurs, je reviens, je vais chercher ce dont j’ai besoin, puis changer le pansement. » Elle s'adresse maintenant au visiteur : « Je vous demanderai de sortir cinq minutes, à mon retour, si ça ne vous dérange pas. » Il affiche un drôle de sourire à ces mots, regarde le patient, alors Daisy regarde à son tour le pompier, puis le type qui a toujours cette expression. « Non, pas de problème, il faut prendre soin de mon pote ! » La brune n’en rajoute pas, et sort rapidement de la chambre, en secouant la tête, ne comprenant pas vraiment ce qu’il vient de se passer.
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Dim 28 Mai - 17:02

Otto, mon meilleur ami, est venu me voir après l’accident. Il m’a appris avoir soutenu ma petite maman alors que j’étais sur la table d’opération. Parait que j’ai bien morflé, mais bon, je pense que ça aurait pu être bien pire, alors personnellement, je suis content d’être toujours parmi vous. Et puis en plus, j’ai réussi à sauver la vie du petit, Kellermann l’a sorti du bâtiment avant de revenir me secourir moi, son chef. Mes hommes ont fait un travail incroyable pour ce sauvetage. Le bâtiment a bien cramé, mais aucune victime grave, hormis moi, si vous pensez que je le suis. Mais pas moi. Même si je sais que le boulot va me manquer durant au moins deux bons mois, voire trois. Je pourrai peut-être revenir pour faire de l’administratif, je suis déjà en négociation. A vrai dire, reprendre le boulot sera ma motivation numéro une pour guérir au plus vite. En attendant, me voilà alité, la douleur dans le corps et mon meilleur ami à côté de moi qui me fait la conversation. On parle de ma mère à qui je dois expliquer pourquoi je porte une alliance alors qu’elle n’a pas été conviée à la cérémonie. Bon… l’histoire est longue, mais en gros, pour le bien d’une personne nommée Ellis – une espèce de blonde insupportable – j’ai dû l’épouser. Sinon elle se fait zigouiller par un gros méchant, alors bon, héros au grand cœur que je suis, me voilà dans de beaux draps concernant ma mère. Lorsque quelqu’un frappe à la porte, mon cœur s’emballe parce que j’ai peur que ce soit ma mère et que pour le moment, je n’ai aucune manière douce de lui annoncer tout ça. Je vais me prendre un de ces savons quand elle franchira le seuil de cette porte, je peux vous dire ! Mais je suis soulagé quand je vois qu’il s’agit d’une infirmière qui vient sûrement vérifier mon état. Je ne me rappelle pas si je l’ai déjà vue, ce soir je me suis réveillé vraiment conscient, mais hier, après l’opération, et lorsque mes collègues et ma mère étaient là, j’étais complètement dans le pâté. En tout cas, je trouve cette brunette très très à mon goût et je retiens un sourire en pensant au fantasme typique de l’infirmière sexy. Je me trouve super chanceux, tout d’un coup. Bonsoir, désolée de déranger, je contrôle juste tout ça. Bonsoir, je réponds par politesse. Mes yeux ne la quittent pas et elle s’approche de mon lit. Elle ouvre un dossier que je présume être le mien et je retiens une envie de sourire sortie de nulle part alors qu’elle est plongée dans sa lecture. Elle est jolie, vraiment jolie, on dirait un petit ange, il émane d’elle quelque chose de magique, de doux. J’en oublie ma douleur, mon fantasme sexuel de deux secondes plus tôt, et même Otto qui est à côté de moi, c’est comme s’il n’était plus dans la pièce. Elle vérifie la perf, et là, nos regards se croisent. Je crois que je lui souris, je me sens un peu perdu tout d’un coup, à vrai dire. Et puis j’ai un peu chaud. Alors je souris franchement, pour chasser mon malaise. On ne s’est pas encore vus, j’étais de repos hier, ah eh bien non, je ne l’avais encore jamais vue, elle donne la réponse à mon interrogation de tout à l’heure, mais je suis de garde pour ce week-end. Je vais repasser pour vous… Elle s’arrête de parler et je me sens un peu figé, hypnotisé par sa voix et son regard, et la température de la pièce est montée de quelques degrés en une minute, c’est certain. Elle a l’air surpris quand elle regarde la machine, celle qui émet des bips stridents. Et je reprends mes esprits en comprenant que ce sont les battements de mon cœur qu’on entend s’affoler comme ça. Je me redresse à nouveau, dans la douleur. Putain, je suis en train de mourir ou quoi ? Détendez-vous, je sais que je fais souvent cet effet-là, c’est la profession qui le veut, ah oui, jolie comme elle est, je l’imagine très bien au premier rôle d’un de mes fantasmes… mais je n’ai pas encore sorti une seule aiguille, tout va bien ! Je fronce les sourcils, ah, elle ne parlait pas de fantasme mais d’aiguille… Je n’ai rien compris à ce qu’elle vient de dire, perdu dans ses yeux verts magnifiques et mes pensées que je devrais faire taire. Je me demande de quelle origine elle est, son côté exotique me donne envie d’évasion. D’ailleurs, je reviens, je vais chercher ce dont j’ai besoin, puis changer le pansement. Je mets plusieurs secondes avant de percuter à sa remarque. Ah euh… Non, je… Je n’ai pas peur des aiguilles ! je dis avec retard pour essayer de me justifier quant à ces bips anormaux sur la machine. C’est… je sais pas… Merde, je fais peut-être une réaction allergique à un truc qu’ils m’ont filé ? Elle s’éloigne de moi pour aller chercher son matériel, et à l’intérieur, je suis tiraillé entre le désir qu’elle ne sorte plus jamais de cette pièce pour rester auprès de moi et celui de la voir disparaître pour que je puisse à nouveau être moi-même, parce que je le sens, il s’est passé quelques minutes de flottement sur lequel je n’avais plus aucun contrôle. Et ça, je ne supporte pas. Je vous demanderai de sortir cinq minutes, à mon retour, si ça ne vous dérange pas, dit-elle à Otto avant de quitter la pièce. Bon, heureusement qu’elle s’absente quelques instants, ça me permet de reprendre pied. Mon cœur reste toujours un peu affolé pour une raison que j’ignore. La chaleur de la pièce est toujours palpable elle aussi. Je me tourne vers Otto dont la présence me revient. Il fait chaud d’un coup, non ? Putain… J’espère que je fais pas une réaction à un médoc. Evidemment, tout ça a bien fait rigoler mon vieux pote qui ne s’est pas retenu de se foutre de moi. Il veut raconter ça à sa nana pour qu’ils en rigolent tous les deux. Pffff j’en suis même pas vexé. De toute façon, je sais que c’est l’un des médocs qui me rend comme ça. Même si, je suis d’accord avec Otto, l’infirmière est muy caliente. J’en ai vu des tonnes de jolies nanas, ça ne me fait pas cet effet, donc je sais que ce n’est pas à cause d’elle, mais bien d’un médicament. D’ailleurs les battements de mon cœur sont toujours un peu plus rapides. Ma jolie infirmière revient – ouiiiiii – et je vais pouvoir être en tête à tête sans avoir Otto qui me juge à côté puisque celui-ci est invité à dégager ces fesses de là. Mwahaha. Buh-bye Otto !!! La porte une fois fermée, mon attention est à nouveau monopolisée par la belle brune. Vous vous appelez comment ? je demande simplement. Je préfère demander parce qu’il me semble qu’on va devoir se supporter pendant de longues semaines, vous et moi… Et ça me ravit, tellement que j’en souris. Moi c’est Nathaniel, dit « l’estropié », j’ajoute en plaisantant. Mais vous pouvez m’appeler Nate. Un joli sourire charmeur étire mes lèvres alors que mes yeux sont toujours rivés dans les siens. Elle est magnifique, cette femme. J’imagine que tous ses patients doivent tomber amoureux d’elle, de sept à soixante-dix-sept ans. Hmmm dites-moi, c’est possible d’arrêter cette machine ? Parce que ce bruit est pénible. Ou la mettre en silencieux, je ne sais pas. Je regarde la machine qui émet toujours ces bips stridents au rythme élevé de mon cœur. J’observe les fils qui en tombent et je me dis qu’au pire, je les débrancherai tout seul quand elle sera partie. Enfin Otto le fera pour moi. C’est un chouette métier, ce que vous faites, mademoiselle Daisy, je lui dis alors qu’elle commence à me prodiguer ses soins. Vous l’exercez depuis longtemps ? Non, non… Ceci n’est pas un subterfuge pour connaître son âge. Détrompez-vous.  
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Mer 31 Mai - 20:40



Ah euh… Non, je… Je n’ai pas peur des aiguilles ! Venant tout juste de faire la rencontre du fameux patient dont ses collègues lui ont longuement parlé avant de l’abandonner à sa garde, elle n’ose pas lui lancer son célèbre regard sceptique quant à cette affirmation, qu’elle juge douteuse. Même elle, qui les manie tous les jours, en a un petit peu peur. C’est… je sais pas… Il a l’air un peu ailleurs quand il dit ça, et elle se retient de répondre. Elle aura le temps de lui parler à son retour, pour l’instant il a de la visite, et il n’est pas question qu’elle empiète sur le temps de son visiteur, alors qu’elle vient d’annoncer qu’il faudra qu’il quitte la chambre, quand elle sera de retour, justement. Elle range le dossier où elle l’a trouvé, après avoir pris quelques notes sur son calepin pour ne rien oublier pour tout à l’heure. Elle lui jette un dernier coup d’œil. C’est vrai qu’il est drôlement charmant. Et il n’a pas l’air trop embêtant comme patient, pas encore de plainte à la première visite, et en plus, il était souriant malgré les tracas dans lesquels il se trouve. C’est parfait, elle est gâtée sur ce coup-ci. Elle s’éclipse rapidement, en prenant soin de refermer la porte derrière elle, et reprend le cours de sa mission, à savoir contrôler chacune des chambres pour faire le point et savoir quels soins sont à prodiguer. Alors qu’elle s’apprête à entrer dans la chambre suivante, sa collègue pour la garde arrive à l’instant. Elle s’excuse pour son retard, elle avait ses enfants à amener à une activité, bref, les contretemps habituels, auxquels DeeDee ne prête pas attention. L’essentiel, c’est qu’elle soit arrivée, et prête à travailler et lui prêter main forte pour rester éveillée toute la nuit. Une fois qu’elle l’a rassurée, elle appuie sur la poignée d’un patient qui est là depuis une petite semaine, et du genre lunatique. Le genre qu’elle n’apprécie pas trop, car elle ne sait pas si elle sera accueillie par une montagne de reproches ou des compliments sur sa coiffure. Et c’est épuisant de devoir jongler avec les humeurs de chacun. Le plus dur, c’est de ne pas les laisser déteindre et en faire pâtir les autres, qui vont bien. Alors, lorsque ce patient-là commence à dire qu’elles en mettent du temps, les infirmières, à venir le voir, elle répond par des monosyllabes, et écourte son passage au possible. Celui-ci sera au sommet de sa liste pour ses retours, histoire d’en être débarrassée le plus tôt possible ! A bas l’ordre qu’elle s’est établie, elle veut vite se défaire des ondes négatives qu’il envoie partout autour de lui, ce vieil acariâtre.
Elle poursuit donc sa tournée, et est heureuse de constater que la soirée s’annonce légère en charges. Sa collègue arrivée en retard va sûrement proposer d’en prendre la plus grosse partie à sa charge, pour se dédouaner de son retard et la jolie brune ne dira certainement pas non. Elle aura assez de toute la nuit pour être occupée, entre ceux qui sont trop coincés dans leur lit pour se servir un simple verre d’eau, ceux qui appuient pour rien, juste pour se sentir moins seuls, et ceux qui lui réservent des peurs bleues avec leur cas qui empire sans prévenir. Elle passe dans la réserve chercher ce dont elle a besoin d’après les noms qu’elle a cochés sur son bloc-notes : les patients dont elle s’occupe. Sa collègue la rejoint, en profite pour refaire une queue de cheval moins éparpillée, avant d’emprunter le carnet de DeeDee pour se renseigner sur ce dont elle aura elle aussi besoin. Daisy l’aperçoit froncer les sourcils un court instant. « Je peux m’occuper de la 322, comme je m’occupe des patients autour de celle-ci… » - « Non, ça va aller, en fait le patient me parlait d’un truc… intéressant. Je lui ai promis qu’on continuerait la discussion. » Elle déglutit doucement. Piètre mensonge pour piètre menteuse. Mais ça a l’air de passer car l’infirmière ne rétorque rien et se contente de hausser les épaules. « Comme tu voudras ! » Daisy lui répond par un simple sourire plein de gratitude et s’en va avec son petit chariot rempli de tout ce qui lui faut. Comme prévu, elle se débarrasse rapidement du rabat-joie. En quelques minutes, son cas est plié et elle ne demande pas son reste. Elle enchaîne les autres patients, beaucoup plus sympathiques, pour lesquels un simple changement de perfusion est nécessaire. C’est rapide. La voilà devant la porte 322, celle du pompier mal en point. Elle repense un court instant à son petit mensonge et se trouve maintenant assez ridicule. Juste parce qu’il est… Beau ? Oh et puis zut, un peu de baume pour les yeux, loin des escarres et des fesses fripées des pépés. Elle frappe de nouveau à la porte, et à peine a-t-elle le temps d’apparaître, que quatre yeux se posent sur elle et une haute silhouette se redresse aussitôt. Le signal est donné et elle remercie rapidement le visiteur d’avoir été aussi prompt à lui laisser la place. Sans traîner, elle sort ce dont elle aura besoin pour le brun aux jolis yeux. Vous vous appelez comment ? La question lui fait relever le visage, l’air un peu surpris. Je préfère demander parce qu’il me semble qu’on va devoir se supporter pendant de longues semaines, vous et moi… Elle ne peut pas s’empêcher de lui retourner le sourire qu’il lui offre et de laisser échapper un petit rire amusé. Ca va, il a l’air de s’être fait à l’idée d’être coincé dans ce lit pour quelques temps. Moi c’est Nathaniel, dit « l’estropié », mais vous pouvez m’appeler Nate. Elle l’observe un court instant alors qu’il la gratifie toujours d’un sourire très charmant. « Bonne initiative. J’avais connaissance de votre prénom, mais merci de me fournir les deux surnoms. Il y en aura un pour les bons jours et l’autre pour les dures journées. Vous saurez définir mon humeur, ainsi. » Elle pose ses yeux sur ses mains qui tortillent un peu le sachet de compresses qu’elle vient de sortir, et arrête aussitôt de faire gesticuler ses fins doigts. « Et moi c’est Daisy. » Ajoute-t-elle avec un petit sourire amical. Inutile de préciser un surnom, ça ne ferait pas très professionnel de sa part. Elle se met à nouveau à la recherche de ce dont elle a besoin pour son cas. Hmmm dites-moi, c’est possible d’arrêter cette machine ? Parce que ce bruit est pénible. Ou la mettre en silencieux, je ne sais pas. Elle se retourne vers le moniteur, qui laisse une fois de plus savoir que le rythme cardiaque de son patient est un peu trop élevé. Sa question lui arrache un sourire amusé. « Vous allez devoir la supporter encore un peu, jusqu’à ce que les médecins décident de vous l’enlever. Je vais régler le son, essayer de le baisser un peu. Mais, vous verrez, on finit par ne plus y prêter attention, à ce bruit. » Sur ce, elle s’approche de la machine, et appuie sur différents boutons pour chercher le niveau sonore. Effectivement, elle peut légèrement baisser le son, c’est toujours ça. Alors qu’elle appuie de multiples fois sur un bouton, elle lui demande sans se retourner : « Vous êtes stressés par quelque chose ? Votre rythme cardiaque est un peu haut. Vous devriez essayer de respirer profondément pendant quelques minutes, ça vous détendra et ça pourrait calmer un peu votre cœur. » Elle retourne ensuite à ses petites affaires, et prépare la nouvelle perfusion pour lui aussi. Elle enlève la précédente, quasiment vide, et la remplace rapidement, d’un geste expert. C’est un chouette métier, ce que vous faites, mademoiselle Daisy. Vous l’exercez depuis longtemps ? Il a le don de lui dire des choses gentilles, ce Nate l’estropié. Sourire aux lèvres, elle jette la poche vide, puis elle s’équipe pour prendre la tension de Nathaniel. « C’est gentil. » Elle saisit doucement son bras et enroule la bande autour de son biceps. Elle lui jette un petit regard avant de lui répondre. « Ca fait cinq ans. Et je ne suis toujours pas lassée de mon travail. C’est sûrement bon signe. » La tension est bonne, elle se recule un peu pour la noter sur le dossier qu’elle avait récupéré en entrant. « Enfin, vous êtes pompier, ça fait partie des métiers les plus honorables, il me semble. » Elle se contente de l’observer un instant en essayant de l’imaginer dans son uniforme. Le rendu doit être plutôt réussi. DeeDee se laisserait bien aller à la contemplation, mais ça ne se fait pas. Alors, elle se reprend et se redresse sur le tabouret. « Je vais changer votre pansement, je remonte votre drap… » dit-elle en s’affairant, remontant le tissu jusqu'à son abdomen. Puis elle relève l’espèce de chemise de nuit universelle des patients, qu’il porte, jusqu’à ses pectoraux. « Hop. Désolée, j’ai les mains un peu fraîches. » L’infirmière frotte ses mains avec un antiseptique avant de s’atteler à sa tâche. Doucement, elle retire le sparadrap qui colle à la peau de son patient afin de ne pas lui faire mal. C’est ici qu’il a été opéré, alors qu’une côte créait un début de perforation du poumon, d’après les documents qu’elle a pu lire. La cicatrice a simplement besoin d’être un peu nettoyée et surveillée, puis recouverte d’un pansement propre. « Voilà une blessure de guerre ! » constate-t-elle tout en relevant ses yeux en amande sur le visage de Nathaniel. « Et vous, ça fait longtemps que vous êtes pompier ? C’est la première fois que ça tourne à la catastrophe pour vous, durant une intervention ? » Un peu curieuse à son tour, elle a envie de discuter avec lui, tout en le soignant, utilisant une compresse imbibée de désinfectant. « Vous vous souvenez de ce qui vous est arrivé, d’ailleurs ? » demande-t-elle en fronçant un petit peu les sourcils, mais gardant cet air doux qui ne la quittait que rarement. Puis elle se concentre à nouveau sur ce qu’elle est en train de faire, refaisant un pansement tout propre.
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Mer 7 Juin - 23:08

J’aime la voir s’affairer autour de moi. Je me sens vraiment chanceux d’être tombé sur l’infirmière la plus jolie de tout le service, de tout l’hôpital voire même de toute la ville. Je ne peux m’empêcher de la regarder faire, mes yeux sont scotchés à elle. Et lorsqu’elle me renvoie un sourire à faire fondre la banquise, eh bien je fonds. Et je sens le rouge me monter aux joues. La seule façon de m’en sortir, c’est de parler. Alors je me présente et j’en demande un peu plus sur elle. Ca a l’air de la faire rire et j’adore ça. Bonne initiative. J’avais connaissance de votre prénom, mais merci de me fournir les deux surnoms. Il y en aura un pour les bons jours et l’autre pour les dures journées. Vous saurez définir mon humeur, ainsi. Elle a l’air d’une femme intelligente, à me donner ce genre de réponse. Mentalement, je checke toutes les cases que cette pauvre Ellis est loin de remplir avec son QI d’huître. Cette infirmière est une vraie bouffée d’oxygène ! Je la vois triturer un pauvre sachet de compresses comme s’il lui avait fait quelque chose de mal, puis elle me regarde à nouveau pour répondre à ma question. Et moi c’est Daisy. Daisy, comme c’est joli. Le nom d’une fleur pour elle ne m’étonne même pas. Elle est aussi délicate et belle qu’une fleur. Eh bien, enchanté, Daisy. Et j’espère vous mettre dans de bons jours quand vous me verrez, et faire en sorte que vos dures journées finissent en joli coucher de soleil, promis. On m’a toujours dit que j’étais un patient idéal. Je ne fais que répéter… En toute humilité, bien sûr. Je rigole légèrement, le cœur toujours battant puisque cette satanée machine me le rappelle que trop bien. Hmmm dites-moi, c’est possible d’arrêter cette machine ? Parce que ce bruit est pénible. Ou la mettre en silencieux, je ne sais pas. On va m’épargner le malaise d’être surveillé au niveau des battements de mon cœur. Histoire que je paraisse pas complètement stupide à ses yeux. Remarque, c’est sûrement déjà fait. Elle doit penser qu’elle me stresse avec ses aiguilles et que j’ai une peur bleue de l’hôpital. Vous allez devoir la supporter encore un peu, jusqu’à ce que les médecins décident de vous l’enlever. Je vais régler le son, essayer de le baisser un peu. Mais, vous verrez, on finit par ne plus y prêter attention, à ce bruit. Je souris face à sa gentillesse et à son tact, au lieu de dire clairement ce qu’elle pense de moi, que je suis un tantinet angoissé. Honnêtement, je ne sais pas ce qu’il se passe. Je m’étonne que cette réaction soit seulement due à la présence de la jolie Daisy. Comme je disais à Otto, c’est pas la première fois que je vois une bombe sous mes yeux. Bon OK, y a peut-être pas tout le fantasme de l’infirmière d’habitude, mais quand même. D’accord, merci, je lui réponds alors qu’elle part trifouiller la machine à côté de moi. Elle se penche pour arriver à appuyer sur le bouton du son et je ne peux m’empêcher de reluquer son joli petit fessier bien rebondi. J’en ai un peu honte, d’ailleurs, mais j’y peux rien, c’est un réflexe de mâle. Cette vision m’arrache un sourire alors que je me force à détourner les yeux tant je me sens gêné de lui faire ça, c’est très déplacé. Vous êtes stressé par quelque chose ? Votre rythme cardiaque est un peu haut. Mmm oui tu m’étonnes, vos jolies courbes, mademoiselle, me donnent quelques palpitations… Non, du tout, j’affirme avec aplomb. Vous devriez essayer de respirer profondément pendant quelques minutes, ça vous détendra et ça pourrait calmer un peu votre cœur. Je souris gentiment. J’aimerais bien, mais avec mes côtes, je n’arrive pas bien à prendre de grandes inspirations. C’est douloureux. Ca vient sûrement de là, alors. Et… je refuse de prendre trop de morphine, je suis un grand garçon qui peut gérer la douleur. OK, je joue peut-être un peu trop au héros. Puis elle me change de perfusion et met un nouveau sachet au-dessus de ma tête. Je la regarde faire, hypnotisé par ses gestes sûrs. C’est un chouette métier, ce que vous faites, mademoiselle Daisy. Vous l’exercez depuis longtemps ? Elle continue son ballet au sein de la chambre et c’est avec un merveilleux sourire aux lèvres qu’elle me répond d’une voix toujours aussi douce et calme. C’est gentil. Mais de rien ma jolie. Et lorsqu’elle me prend le bras, sa main tiède électrise ma peau et fait se dresser mes poils. Des frissons viennent même parcourir ma colonne vertébrale et je pousse un soupir de satisfaction dans m’en rendre compte. Un geste anodin qui pourtant me fait un effet incroyable. Elle enroule le bande autour de mon bras et commence à prendre ma tension tout en me répondant. Ca fait cinq ans. Et je ne suis toujours pas lassée de mon travail. C’est sûrement bon signe. Je réponds à mon tour avec le sourire dans la voix. Oui ça l’est. Si vous avez choisi cette voie avec le cœur, elle devrait vous faire honneur. C’est mon cas. Enfin, vous êtes pompier, ça fait partie des métiers les plus honorables, il me semble, me dit-elle alors qu’elle s’éloigne un peu de moi. J’adore mon métier, mon père est pompier lui aussi, on a ça dans le sang. Quand j’avais dix-huit ans, j’ai failli me tourner vers le football, mais le cœur a choisi ce qui était réellement fait pour moi. J’ai rejoint les soldats du feu aussitôt le diplôme en poche. Et je ne changerais pour rien au monde. Parler de mon métier, de ma passion, me donne immédiatement le sourire. Mes yeux se mettent même à briller et je n’ai qu’une hâte, pouvoir rentrer à la caserne. Elle s’approche à nouveau de moi et retire la couverture qui était encore posée sur moi. Je vais changer votre pansement, je remonte votre drap… Je sens le froid me saisir avec cette épaisseur en moins. De nouveaux frissons parcourent mon corps et je me raidis, contractant mes muscles abdominaux. Cela s’accentue lorsque Daisy remonte ma chemise pour dévoiler mes pansements. J’ai froid et j’ai chaud, c’est incompréhensible. Je sens le froid me glacer et pourtant, je bouillonne à l’intérieur. Désolée, j’ai les mains un peu fraîches. Je souris poliment en regardant ses mains. Elles sont jolies elles aussi. De longs doigts fins, on voit qu’elle en prend soin. Maintenant que j’ai dit que j’étais un patient idéal, je n’ai plus le droit de me plaindre de quoi que ce soit, j’énonce avec amusement. Puis vient le douloureux moment du retirage de pansement. Aïe aïe aïe ! C’est plus angoissant qu’autre chose, en réalité, surtout que Miss Daisy est bien délicate et je ne sens rien, quasiment. Voilà une blessure de guerre ! s’exclame-t-elle tout en plongeant son regard dans le mien. Je sens à nouveau mon cœur s’emballer et je baisse immédiatement les yeux pour calmer ces ardeurs. J’ai vu mille fois pire… Si je vous racontais les horreurs que j’ai vues lors de mes sauvetages… Ah ça, j’en ai plein. Des fractures ouvertes, des bouts de membres détachés, des os plantés dans des personnes alors qu’ils ne leur appartiennent pas, de grands brûlés, tout un tas de trucs peu ragoûtants. Et j’imagine que vous aussi, je finis par dire. Etant infirmière ici, elle a dû en voir des vertes et des pas mûres.
C’est la première fois que ça tourne à la catastrophe pour vous, durant une intervention ? Je me remémore alors les événements de l’an dernier. A ce rythme-là, mon corps ne pas tenir bien longtemps… Non, l’an dernier une structure s’est effondrée sur moi. Je suis resté dans le coma plusieurs jours. Mais… mon infirmière était moins sympathique que vous, si ça peut vous mettre du baume au cœur. Je lui lance un joli sourire charmeur et je la regarde changer mon pansement. Lorsqu’elle pose une compresse imbibée sur ma blessure, je contracte immédiatement mes abdos par réflexe. Ca piiiiique. Mais je vais pas le lui dire, elle se moquerait de moi. Vous vous souvenez de ce qui vous est arrivé, d’ailleurs ? Je fronce les sourcils pour essayer de visualiser clairement les événements. Je crois, oui. Je sauvais un petit garçon, Jason, qui s’était enfermé dans la salle de bains. La maison était en feu sur plusieurs étages et le sol s’est effondré sous notre poids. J’ai réussi à me rattraper le temps que Jason passe dans les bras de mon collègue, mais le plancher a cédé pour de bon et je suis tombé. Après, je ne sais plus exactement les détails, mais je pense qu’il est facile d’imaginer. Mes hommes n’auraient jamais dû venir me secourir, c’était trop dangereux, un vrai brasier. J’ai hâte de rentrer à la caserne pour leur passer un sacré savon ! Si j’avais été dehors en train de les commander, je sais que je n’aurais pas pris le risque d’y retourner. Enfin de les envoyer à nouveau dans le bâtiment. Mais j’y serais sûrement allé, moi. C’est toujours difficile de laisser un homme à terre brûler dans un enfer de flammes. Mais parfois, il vaut mieux sacrifier un homme que plusieurs. Et c’est le genre de décisions qu’on déteste prendre en tant que chef. Mais je sais que je leur dois ma vie, à mes hommes. Sans leur décision qui va à l’encontre des ordres que j’aurais donnés, je ne serais plus là. Et je n’ai qu’une hâte : sortir d’ici. Je pousse un long soupir… Allez, plus que quelques mois et je pourrai reprendre le boulot. Et surtout, je pourrai retrouver l’océan sur ma planche. Je crois que c’est ça qui va me manquer le plus. Ce moyen de décompresser et de m’évader. Les vagues, me sentir bercé par elles, sentir le sel sur ma peau, la puissance des rouleaux… Aaaah… Sans vouloir vous offenser, je préfèrerais mille fois être sur ma planche qu’avec vous ici, Mademoiselle Daisy. Même si je commence à bien apprécier votre compagnie. Un autre sourire charmeur puis je ris. Et vous, vous faites quoi quand vous avez besoin de sortir de cet hôpital et de ses histoires ?
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Lun 12 Juin - 19:15



Eh bien, enchanté, Daisy. Et j’espère vous mettre dans de bons jours quand vous me verrez, et faire en sorte que vos dures journées finissent en joli coucher de soleil, promis. On m’a toujours dit que j’étais un patient idéal. Je ne fais que répéter… En toute humilité, bien sûr. Coucher de soleil ? Ah carrément. Elle le regarde, un peu surprise, mais agréablement et ne peut retenir une petite moue appréciative. Puis, il la fait sourire une nouvelle fois, avec ses commentaires à son propos. Plein d’humour, ce type. Mais marié. Elle se le répète tandis qu’elle s’efforce de ne pas trop l’observer, car il est plutôt plaisant à regarder. « Je compte sur vous, dans ce cas ! Attention, hein, si mes journées restent pluvieuses, j’enverrai une autre collègue à ma place ! Et comme vous êtes le patient idéal, vous ne vous en plaindrez même pas. » Le taquine-t-elle gentiment. C’est agréable de pouvoir discuter et plaisanter avec un patient après avoir subi la mauvaise humeur d’autres. Et surtout de commencer la garde ainsi. Intérieurement, elle se dit que le problème, c’est qu’elle ne sera pas la seule à remarquer que c’est la chambre dans laquelle se réfugier pour éviter la négativité des autres. Bref, celui-ci va devenir le chouchou du service, c’est couru d’avance. Et étant donné qu’il n’est pas pénible, l’autre problème est qu’il n’appellera que très peu avec sa petite sonnette. Donc, pas beaucoup d’excuses disponibles pour se retrouver dans la chambre 322. En attendant, Daisy s’occupe de sa demande et diminue le son des bips que produit le moniteur. Il semble quand même sacrément nerveux. L’ambiance de l’hôpital crée ça, souvent. C’est peut-être pour ça qu’il parle autant, au-delà du côté sympathique. Et lorsqu’elle lui pose quand même la question, il lui répond aussitôt par la négative. Mouais. DeeDee reste dubitative, mais ne dit rien. Elle lui donne quelques conseils sur une manière de se relaxer. Mais… J’aimerais bien, mais avec mes côtes, je n’arrive pas bien à prendre de grandes inspirations. C’est douloureux. Ca vient sûrement de là, alors. Et… je refuse de prendre trop de morphine, je suis un grand garçon qui peut gérer la douleur. Elle pose sa main sur sa bouche pour cacher son amusement, quelle idiote. « Je suis bête, j’avais déjà oublié. » Ses yeux verts se posent sur lui, tandis qu’elle s’apprête à reprendre, sur un ton un peu maternel. « Oui, je n’en doute pas. Mais vous pouvez y aller sur la morphine, quand la douleur devient trop présente. Surtout avant de dormir. » Et il n’hésite pas à relancer la conversation aussitôt. Décidemment, en voilà un bien bavard. Il faudra bien que ça cesse : Daisy, bien qu’elle l’aurait souhaité, ne peut pas s’éterniser dans cette chambre. D’autres l’attendent, et puis, sa collègue pourrait devenir étrangement soupçonneuse après le coup de son insistance pour être celle qui s’occuperait du cas du pompier. Elle continue de s’affairer auprès de lui, tout en continuant de lui répondre. « Ca fait cinq ans. Et je ne suis toujours pas lassée de mon travail. C’est sûrement bon signe. » - Oui ça l’est. Si vous avez choisi cette voie avec le cœur, elle devrait vous faire honneur. Elle relève un court instant ses yeux sur lui en arrêtant ses gestes par la même occasion et répond simplement par un hochement de tête avant de se reconcentrer. C’est ce qu’elle espère. Même si infirmière n’a pas été une véritable vocation rêvée durant toute sa jeunesse, aujourd’hui elle se sent très bien dans son travail. Être au contact des gens, pouvoir échanger, se rendre utile. Et heureusement qu’elle a des collègues adorables, elle sait que toutes les équipes ne sont pas aussi géniales que la sienne, alors elle s’estime plutôt chanceuse. Puis, elle souligne la profession de son charmant patient : pompier. Un métier qui sous-entend tant de qualités. Les pompiers, tout le monde les aime pour ce qu’ils représentent et ce qu’ils font au quotidien. J’adore mon métier, mon père est pompier lui aussi, on a ça dans le sang. Quand j’avais dix-huit ans, j’ai failli me tourner vers le football, mais le cœur a choisi ce qui était réellement fait pour moi. J’ai rejoint les soldats du feu aussitôt le diplôme en poche. Et je ne changerais pour rien au monde. L’enthousiasme dont il use pour en parler est presque contagieux, en tout cas, il fait plaisir à voir. Alors qu’il parle de football, DeeDee serait prête à parier qu’il était QB à l’époque : il a le profil pour. « Vous avez trempé là-dedans depuis toujours, alors. C’est le camion qui vous faisait rêver ? » demande-t-elle, l’amusement perceptible dans la voix. « Et le football est resté une passion que vous pratiquez à côté ? » Elle l’avertit sur ce qu’elle est en train de faire, en retirant la couverture et remontant le drap sur lui. Daisy a toujours été très prévenante, et est dotée d’une patience –presque- à toute épreuve : c’est ce qui lui sauve souvent la mise, et ce qui fait aussi que ses collègues, lorsqu’elles sont à bout, l’appellent au secours face à des patients qui mériteraient d’être traités de la même façon dont ils traitent le personnel soignant : mal. Mais là, en l’occurrence, elle veut surtout éviter tout malentendu avec Nathaniel. « Désolée, j’ai les mains un peu fraîches. » Ses yeux ont le loisir de profiter de la musculature du patient, tandis qu’elle relève sa blouse, mais elle évite soigneusement de trop y faire attention. Le problème c’est que lorsqu’elle relève le regard vers lui, elle tombe soit sur ses yeux bleus qui lui plaisent déjà trop, soit sur son joli sourire. Alors, ça ne l’arrange pas davantage. Maintenant que j’ai dit que j’étais un patient idéal, je n’ai plus le droit de me plaindre de quoi que ce soit. Elle sourit avec amusement, et lui répond du tac-au-tac : « Je ne vous en donnerai pas l’occasion. » Puis, une fois le pansement délicatement retiré –aucune plainte à signaler- voilà que la cicatrice toute fraîche apparaît sous ses yeux. L’infirmière y va de son petit commentaire, comme elle le ferait pour une simple écorchure sur le genou d’un gamin venu jouer sur le terrain de basket en même temps qu’elle. J’ai vu mille fois pire… Si je vous racontais les horreurs que j’ai vues lors de mes sauvetages… Et j’imagine que vous aussi. Elle esquisse automatiquement une petite moue. Lors de ses stages au cours de ses études, elle a pu assister à tout un tas de situations différentes. Notamment les urgences où on voit un peu tout et n’importe quoi : surtout des choses qu’on n’aimerait ne jamais voir. Et puis, dans les blocs opératoires aussi. Mais ça, ça a même tendance à lui plaire beaucoup. Si bien qu’elle est bientôt prête à se lancer dans une formation supplémentaire pour assister aux opérations les plus intéressantes, aux côtés des meilleurs chirurgiens de la ville. « Oui, on voit tout un tas de trucs pas jolis-jolis. » Et elle ne lui parle même pas de ce qui ne rentre pas dans le cadre de blessures ou d’opérations… A son tour de poser les questions : « C’est la première fois que ça tourne à la catastrophe pour vous, durant une intervention ? » - Non, l’an dernier une structure s’est effondrée sur moi. Je suis resté dans le coma plusieurs jours. Mais… mon infirmière était moins sympathique que vous, si ça peut vous mettre du baume au cœur. Elle ne le regarde qu’une petite demi-seconde, mais elle a le temps de voir ses yeux pétiller d’amusement. Beaucoup trop charmeur ce monsieur. Pourquoi faut-il qu’il soit son patient et non le type avec qui elle a eu un rencard arrangé l’autre soir ? C’est simple : il n’a pas besoin de rencard arrangé pour rencontrer quelqu’un, lui. Elle passe une compresse sur la blessure et remarque la réaction physique instantanée de son patient, mais ne le souligne pas. « Il va peut-être falloir penser à vous calmer, ça fait pas mal de passages à l’hôpital en un rien de temps ? Votre femme doit se faire un sang d’encre. » Elle la plaindrait presque. « Je sais très bien que vous dîtes ça pour que je sois gentille avec vous. » Elle jette la compresse. « Et ça fonctionne. » ajoute-t-elle avec amusement et une pointe de résignation. Elle enchaîne avec une nouvelle question, en s’armant cette fois-ci de ce qui lui faut pour un nouveau pansement. Je crois, oui. Je sauvais un petit garçon, Jason, qui s’était enfermé dans la salle de bains. La maison était en feu sur plusieurs étages et le sol s’est effondré sous notre poids. J’ai réussi à me rattraper le temps que Jason passe dans les bras de mon collègue, mais le plancher a cédé pour de bon et je suis tombé. Après, je ne sais plus exactement les détails, mais je pense qu’il est facile d’imaginer. Mes hommes n’auraient jamais dû venir me secourir, c’était trop dangereux, un vrai brasier. J’ai hâte de rentrer à la caserne pour leur passer un sacré savon ! Elle a essayé de continuer de faire ce qu’elle préparait, mais elle s’est bien vite arrêté dès lors qu’il a parlé d’un enfant. Pendue à ses lèvres, elle l’écoute, et un frisson la parcourt en imaginant ce qu’il a vécu là-dedans. Elle soupire légèrement. « Ah, ben c’est sympa ça, ils vous sauvent de là et vous voulez rouspéter ! Mais vous êtes une sorte de chef d’équipe dans la caserne, en fait ? » demande-t-elle, un peu curieuse. Cette fois-ci, elle se remet au travail, un peu plus sérieusement. C’est que les minutes passent, et elle perd un peu la notion du temps, à discuter, à profiter de la présence du pompier. Allez, plus que quelques mois et je pourrai reprendre le boulot. Et surtout, je pourrai retrouver l’océan sur ma planche. Je crois que c’est ça qui va me manquer le plus. Ce moyen de décompresser et de m’évader. Les vagues, me sentir bercé par elles, sentir le sel sur ma peau, la puissance des rouleaux… Aaaah… Sans vouloir vous offenser, je préfèrerais mille fois être sur ma planche qu’avec vous ici, Mademoiselle Daisy. Même si je commence à bien apprécier votre compagnie. Et vous, vous faites quoi quand vous avez besoin de sortir de cet hôpital et de ses histoires ? Elle l’écoute discuter, de l’océan. Mais aucun sourire ne vient étirer ses lèvres cette fois-ci. Si il y a un temps, elle aurait compris ce qu’il voulait dire par là, aujourd’hui, elle lui laisse avec plaisir son amour pour l’eau. Daisy se sent à l’étroit tout à coup, dans cette pièce. Mais le dernier commentaire à son égard réussi à percer la bulle asphyxiante dans laquelle elle s’est plongée quelques secondes et si le rire n’y est pas, elle réussit quand même à esquisser un sourire. Quant à sa question, elle la fait réfléchir quelques instants. « C’est drôle. Vous êtes pompier, vous côtoyez le feu tous les jours, et à côté de ça, vous adorez l’eau. Vous êtes en harmonie avec ces deux éléments si je comprends bien ? » Elle se redresse, attrape le dossier, sort son stylo et note son passage dans la chambre 322, qui se termine bientôt. « Je sors avec quelques copines, dans les clubs sympas de la ville. Et je fais pas mal de sport, de l’escalade, du basket… Et je dors. » finit-elle par ajouter avec un sourire coupable. Elle range la chaise contre le lit, appuyant ses deux mains dessus en jetant un regard au blessé. « Si vous avez besoin de quoi que ce soit… N’hésitez pas. » dit-elle en pointant du doigt le bouton de la sonnette. Puis, sur un dernier sourire, elle quitte la chambre, retrouvant le visiteur à l’extérieur, en train de faire les cent pas, téléphone à la main. « Vous pouvez y retourner, mais les visites sont bientôt finies. ».
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Mer 14 Juin - 12:23

Ce qu’elle est mignonne cette Daisy. A voir sa petite moue toute cute, je ne peux que lui répondre par un de mes sourires généreux. Elle a toutefois l’air surpris quand je lui promets de rendre ses jours meilleurs, du moins d’essayer. Je compte sur vous, dans ce cas ! Attention, hein, si mes journées restent pluvieuses, j’enverrai une autre collègue à ma place ! Et comme vous êtes le patient idéal, vous ne vous en plaindrez même pas. Je sais qu’elle me taquine, mais je peux pas m’empêcher d’être déçu. Non, vraiment, si quelqu’un la remplace, je sais que je vais m’ennuyer et puis je suis certain que ce quelqu’un sera bien moins joli à regarder. Alors je me languirai de son retour dans ma chambre, quand elle reprendra bien soin de moi. Malgré la déception, je ris. Je ris parce qu’elle me taquine et que ça me touche. Pris à mon propre piège ! J’admets bien volontiers. Le patient idéal ne se permet pas de se plaindre, c’est vrai. Cela dit… Je ne vous en donnerai pas l’occasion, hormis vos jours de repos, je suis certain que je serai assez docile pour vous garder ici. Et même que j’en fais la promesse, encore une fois. Je vais devoir me tenir à carreau, à présent. Mais c’est bien, ça me donne des objectifs au lieu de moisir ici sans rien faire.

Alors qu’elle diminue le volume du son de la machine, ce qui me laisse le privilège d’avoir une magnifique vue sur son derrière tout mignon lui aussi, j’ai bien conscience que les battements effrénés de mon cœur me trahissent. J’ose toutefois espérer qu’elle ne me prend pas pour une mauviette à avoir peur des aiguilles. Je ne sais pas trop à quoi est dû mon état, mais je sais que ce ne sont pas les aiguilles qui provoquent ce rythme anormal. Peut-être qu’Otto a raison, peut-être que non. Cette Daisy me plaît, c’est indéniable, mais comme plein d’autres femmes peuvent me plaire. Je crois que c’est toute cette situation que me donne des palpitations. Mon regain d’énergie, l’excitation d’être en vie, de ne pas avoir de trop graves traumatismes. Je m’en sors plutôt bien et je suis simplement heureux d’être là. Et d’avoir une charmante infirmière à mon chevet. Alors que je lui explique, suite à son conseil de respirer profondément, qu’il m’est malheureusement impossible de le faire à cause de mes côtes, Daisy a ce petit geste adorable de cacher son étourderie avec sa main, comme une enfant, et cela m’arrache un nouveau sourire, timide, celui-ci. Parce que ce geste anodin qu’elle vient d’avoir m’a fait un drôle d’effet. Je suis bête, j’avais déjà oublié. Oh mais non, elle n’est pas bête du tout Daisy. Etourdie, mais pas bête, je lui glisse doucement avec un clin d’œil à l’appui, alors que son regard magnétique envahit mes pensées. Il faudra que je lui demande un jour ses origines, ça m’interpelle, mais on se connaît à peine alors je voudrais pas qu’elle trouve ça bizarre. Je vais attendre encore un peu. Oui, je n’en doute pas, me répond-elle au sujet de la morphine dont je ne veux abuser. Mais vous pouvez y aller sur la morphine, quand la douleur devient trop présente. Surtout avant de dormir. Je ne sais pas. J’ai trop peur de devenir accro à ce truc, mais je ne le lui avoue pas et réponds sur le ton de l’humour. Ah parce que vous ne comptiez pas venir tous les soirs me chanter une berceuse pour que je fasse de beaux rêves ? Je souris en retenant mon rire, l’œil malicieux. En repensant à ce que je viens de dire, j’avoue que c’est quelque chose qui m’aurait plu. J’aurais même poussé jusqu’au petit câlin. Mais bon… Entre mes fantasmes et la réalité, il y a tout un monde.

Alors on parle de nos métiers respectifs, c’est un sujet que j’affectionne particulièrement. J’ai tendance à un peu trop m’étaler sur le sujet si je ne me freine pas. Vous avez trempé là-dedans depuis toujours, alors. C’est le camion qui vous faisait rêver ? Je souris, empli de nostalgie, à l’évocation de ce souvenir. Je hoche la tête mais j’ajoute Le camion, l’alarme, l’adrénaline, ce désir d’aller sauver des vies. J’adorais quand mon père me faisait monter dans le camion. Je suis allé plusieurs avoir avec lui sur des sauvetages, quand j’étais petit. Ca me fascinait littéralement. J’avais des palpitations dans le cœur, comme aujourd’hui avec cette satanée machine. Je crois que quand on aime vraiment quelque chose, ça vous prend aux tripes et au cœur. J’adore vraiment ce que je fais. Je pense que mon regard pétille tellement je me sens animé par la flamme des soldats du feu. Et la machine s’emballe aussi, c’est un signe. Un peu comme tout à l’heure, c’est un nouveau pic de battements incontrôlables. Et le football est resté une passion que vous pratiquez à côté ? me demande-t-elle alors. Oui, j’adore toujours autant le football, mais j’ai arrêté les entraînements de fou. Je joue encore avec les vieux copains du lycée, ceux qui sont encore par ici. Et j’aime bien assister aux matchs de mon ancien lycée, ça me rend nostalgique quand je m’imagine à leur place, sur le terrain. Mais je ne regrette pas la voie que j’ai choisie. Et il y a déjà un QB Brady connu, je voudrais pas lui piquer la vedette ! je plaisante en parlant de Tom Brady, le joueur des Patriots de la Nouvelle-Angleterre. J’imagine qu’elle le connait, les femmes le connaissent bien en général, vu son physique, et puis il est marié à un top model connu.

Alors qu’elle me change le pansement, la douceur de Daisy me touche. Elle est prévenante, et c’est une qualité importante dans son métier. J’ai malheureusement eu droit à des infirmières qui n’en avaient un peu rien à faire de leurs patients. Je sais qu’il y a beaucoup de stress dans leur métier, et qu’elles n’ont pas forcément le temps de faire les choses comme elles l’entendraient, mais aujourd’hui Daisy me prouve que les choses peuvent être faites de façon naturellement douce. Et c’est fort appréciable. Elle m’avertit que ses mains sont fraîches alors je ne peux que sourire en répondant. Maintenant que j’ai dit que j’étais un patient idéal, je n’ai plus le droit de me plaindre de quoi que ce soit. Elle sourit à son tour et me répond du tac-au-tac. Je ne vous en donnerai pas l’occasion. Cette phrase m’arrache un nouveau sourire. A son contact, je ne peux m’empêcher de sourire, je vais finir par me trouver complètement idiot. J’y compte bien, je finis par répondre. Et j’ai étrangement beaucoup confiance en vous. Et c’est vrai. Et c’est étrange, en effet. Mais le contact passe si bien entre nous, ça en est presque déconcertant. J’ai envie de lui raconter ma vie, ça me vient naturellement. La pauvre, je dois la saouler avec mes récits sur moi-même. Quel égocentrique je suis ! Mais si elle arrête de me poser des questions, peut-être que je pourrais me calmer un peu.
Nous parlons de blessures que nous voyons quotidiennement dans nos métiers, et puis on parle à nouveau de moi. Moi, moi, moi. Oui, je pense qu’elle va finir par me trouver très imbus de moi-même, alors que moi, j’ai tellement envie d’en apprendre plus sur elle ! Alors on parle de mon accident de l’an dernier, celui où je suis tombé dans le coma pour quelques jours. Elle me regarde à peine, je pense que je suis réellement en train de la saouler et qu’elle pose toutes ces questions sur moi pour être polie. Il va peut-être falloir penser à vous calmer, ça fait pas mal de passages à l’hôpital en un rien de temps ? Votre femme doit se faire un sang d’encre. Et là, c’est la dégringolade. Mon visage se referme à l’énonciation de ma « femme ». Je m’en serais passé, merci bien. Je me râcle la gorge, regarde mon alliance qui me pèse encore un peu plus de trop et je termine par dissimuler ma main sous mon corps. Je n’étais pas marié à l’époque, ne vous en faites pas pour elle. De toute façon je pense qu’elle ne s’en fait pas trop pour moi, je réponds amèrement, avec un sourire complètement faux. Pas que j’aie envie que Ellis se fasse du souci pour moi, ça, je m’en contrefiche. Mais c’est la situation dans laquelle elle m’a piégé (je me suis pris au piège moi-même, j’avoue) qui me rend amer. Vivement la libération. Durant mon repos ici à l’hôpital, je pense que je vais avoir le temps d’harceler mon cousin pour un transfert. Il doit me débarrasser d’Ellis au plus vite.
Puis elle finit par réagir à mon compliment, quand j’annonce qu’elle est bien plus sympathique que l’infirmière qui m’a soigné la dernière fois. Je sais très bien que vous dîtes ça pour que je sois gentille avec vous. Non c’est pas vrai. Et ça fonctionne. Ah. Et là, je souris. C’est idiot, mais de savoir qu’elle me donne du pouvoir, ça donne un petit coup de boost à mon égo. Ce n’était pas mon intention, je vous promets. Et je sais pas pourquoi, mais lorsque nos regards se croisent, je ressens un drôle d’effet, un ange qui passe et qui me foudroie en même temps. Alors quand je suis mal à l’aise comme maintenant, je parle. Ca m’aide. Heureusement, Daisy me questionne à nouveau. Alors je lui raconte le récit de mon accident d’il y a deux jours. Et le regard passionnément intéressé qu’elle vient d’ancrer au mien m’encourage sur ma lancée. Je revois les images comme dans un film. Ces flammes infernales, cette chaleur écrasante, et la fumée qui étouffe. Je suis tellement heureux qu’on ait pu sauver le gamin, bon sang. Et la fin de mon récit est ponctué par le soupir de mon infirmière. Ah, ben c’est sympa ça, ils vous sauvent de là et vous voulez rouspéter ! Mais vous êtes une sorte de chef d’équipe dans la caserne, en fait ? J’éclate de rire. Elle a raison, je devrais leur être reconnaissant, et je le suis, mais si l’un d’entre eux y avait laissé sa vie, jamais j’aurais pu me le pardonner. Je suis effectivement capitaine de caserne, et croyez-moi Miss Daisy, je suis heureux d’être là, ne vous inquiétez pas, j’ai conscience que je leur dois ma vie. Mais… si la fin avait été différente, si l’un de mes hommes avait perdu la vie pour me sauver, c’est quelque chose avec laquelle j’aurais du mal à vivre. C’était l’enfer là-dedans, c’était trop dangereux. Nos anges gardiens ont fait du bon boulot, ce jour-là, je finis par dire d’une voix humble. Un autre ange passe, mon gardien ou peut-être un autre, mais je me laisse aller à la sérénité et au plaisir avoué d’être toujours en vie.

J’ai toujours eu le don de pouvoir lire les gens. Je sens quand une situation ne va pas, et alors que je parle de mon océan adoré et du surf qui va cruellement me manquer ces prochaines semaines, je ressens un malaise du côté de Daisy. Son visage est fermé et tendu. Elle ne sourit plus, elle n’exprime plus rien hormis de la nervosité. C’est comme ça en tout cas que je le ressens. Alors je lui demande ce qu’elle aime faire, peut-être que ça la détendra un peu, et puis je suis curieux, je dois bien l’avouer. Tout doucement, ses traits s’adoucissent. C’est drôle. Vous êtes pompier, vous côtoyez le feu tous les jours, et à côté de ça, vous adorez l’eau. Vous êtes en harmonie avec ces deux éléments si je comprends bien ? Je n’avais jamais réfléchis à ça comme ça, à vrai dire. Alors je prends quelques secondes pour y penser. Je pense que je suis en harmonie avec tous les éléments, je me dois de l’être, avec mon métier. Je dois être à l’aise n’importe où, que ce soit dans l’eau, dans les flammes, sur la terre ferme ou dans les airs. Mais… effectivement, l’eau m’a toujours attiré. Faut dire que j’ai passé une bonne partie de mon enfance – et encore aujourd’hui – à la plage. J’y ai énormément de souvenirs. Et vous alors ? Je la regarde noter quelque chose dans mon dossier, et j’ai ce pressentiment que notre entrevue va bientôt se terminer. Mon pansement est changé, j’imagine qu’elle a une multitude d’autres choses à faire plutôt que de m’écouter parler de moi. Je sors avec quelques copines, dans les clubs sympas de la ville. Et je fais pas mal de sport, de l’escalade, du basket… Et je dors. Son petit sourire alors qu’elle m’avoue ce dernier hobby me fait rire. Vous avez raison, il faut bien reprendre des forces pour vous occuper des patients plus ou moins parfaits qui vous prennent tout votre temps. Je la vois ranger la chaise contre le lit, signe qu’elle est sur le départ. Si vous avez besoin de quoi que ce soit… N’hésitez pas. Je lui envoie un sourire poli. J’y manquerai pas, Mademoiselle Daisy. Elle me renvoie un sourire, le dernier jusqu’à notre prochaine rencontre. Merci pour le pansement, je me sens comme neuf ! je dis tout heureux, ce qui peut peut-être me rendre niais. Mais je m’en fiche. J’étais content d’avoir fait sa connaissance et lorsqu’elle quitte la pièce pour de bon, je me rends compte que j’ai retenu mon souffle et j’expire enfin, bruyamment, et empli d’une béatitude certaine. Mes yeux fixent encore la porte et je souris.
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Ven 23 Juin - 10:22



Des patients comme ça, DeeDee adorerait en avoir toute la journée. Cependant, elle sait qu’elle serait toujours en retard, tout au long de la journée. Si elle aime accorder de son temps à chaque patient, et être à l’écoute, elle s’avoue intérieurement qu’elle prend plaisir à passer quelques minutes ici, à discuter et à grappiller quelques informations sur le beau pompier. Elle se rend compte qu’il la fait rire, la détend, et entretient une discussion intéressante. Il est taquin et ses yeux pétillent dès qu’il a de l’amusement dans la voix, ou qu’il évoque quelque chose qui lui tient à cœur. Elle le trouve plein de vie, alors qu’il est allongé dans un lit d’hôpital, en train de se remettre tout doucement de son accident tout frais. Ah parce que vous ne comptiez pas venir tous les soirs me chanter une berceuse pour que je fasse de beaux rêves ? Le voilà qui recommence à plaisanter. « Croyez-moi, pour votre bien, et celui de l’humanité, il ne vaut mieux pas me réclamer une berceuse. » répond-elle sur le même ton. Mais pourtant, c’est bien vrai. Naïa pourrait confirmer si elle était là, les souvenirs de la chorale du lycée sont impérissables.
Ce Brady l’interpelle. Déjà, ce n’est plus la peine de jouer l’innocente, Daisy reconnaît bien volontiers qu’il est bel homme. Mais, il est aussi intéressant, si bien que c’est sans se forcer à maintenir la discussion qu’elle se met à lui poser des questions sur ses passions, notamment son travail qui en fait partie, de toute évidence. Elle met l’accent sur le camion, c’est souvent ce qui retient l’attention des enfants, quand ils voient les pompiers arriver. Le camion, l’alarme, l’adrénaline, ce désir d’aller sauver des vies. J’adorais quand mon père me faisait monter dans le camion. Je suis allé plusieurs fois avec lui sur des sauvetages, quand j’étais petit. Ca me fascinait littéralement. J’avais des palpitations dans le cœur, comme aujourd’hui avec cette satanée machine. Je crois que quand on aime vraiment quelque chose, ça vous prend aux tripes et au cœur. J’adore vraiment ce que je fais. La brune ne peut s’empêcher de sourire en l’écoutant parler, et en voyant l’émotion animer son visage. Ses expressions sont touchantes, elle a l’impression qu’elle pourrait facilement imaginer le petit garçon qui monte pour la première fois dans le camion de son père. Quand il évoque la machine, elle s’aperçoit que les bips rapides sont de retour ; il vit ce qu’il dit ce beau monsieur. Elle se contente d’acquiescer d’un simple hochement de tête sans rien ajouter. Et le football est resté une passion que vous pratiquez à côté ? Elle enchaîne sur l’autre sujet venu sur le tapis, juste avant. Oui, j’adore toujours autant le football, mais j’ai arrêté les entraînements de fou. Je joue encore avec les vieux copains du lycée, ceux qui sont encore par ici. Et j’aime bien assister aux matchs de mon ancien lycée, ça me rend nostalgique quand je m’imagine à leur place, sur le terrain. Mais je ne regrette pas la voie que j’ai choisie. Et il y a déjà un QB Brady connu, je voudrais pas lui piquer la vedette ! – « C’est vrai qu’il y a déjà un Brady ! Vous étiez QB aussi, alors ? La star du lycée ? » Elle hausse un sourcil en le questionnant, amusée et curieuse d’en savoir davantage sur ses jeunes années.

Alors qu’elle commence à s’occuper du pansement, en échangeant quelques plaisanteries, il finit tout de même par lui confier avoir déjà confiance en elle. Daisy se sent à la fois fière de provoquer ce sentiment si rapidement auprès de son patient, et flattée qu’il lui dise quelque chose comme ça en si peu de temps. Si bien qu’elle n’ose plus relever les yeux vers lui, préférant fixer ce qu’elle est en train de faire. Puis, pour désamorcer un peu le moment qui pourrait devenir gênant alors qu’elle ne trouve rien à dire suite à ça, elle se relance dans les questions le concernant. Notamment ses antécédents niveau accidents. Il lui raconte ses mésaventures, et l’infirmière, de façon tout à fait innocente, après l’avoir à moitié sermonné, évoque sa femme et le tracas qu’il doit lui causer. Avoir un mari qui exerce cette profession doit être assez angoissant : selon les catastrophes annoncées, ce sont les premiers à aller affronter les difficultés, et ils n’ont pas l’occasion de rebrousser chemin. C’est leur métier qui veut ça. Mais elle perçoit le changement d’attitude, et le ton nettement moins enjoué lorsqu’il en parle. Je n’étais pas marié à l’époque, ne vous en faites pas pour elle. De toute façon je pense qu’elle ne s’en fait pas trop pour moi. Daisy est presque choquée par les propos qu’il tient à l’égard de son épouse. Tout de même, il a eu un grave accident, c’est certain qu’elle doit s’inquiéter. Mais les filles ne l’ont pas vue, c’est vrai. Peut-être est-elle en déplacement et n’a pas pu venir aussi vite qu’elle le souhaitait ? Il est impossible pour elle, qu’on ne s’inquiète pas du sort de l’être aimé. Ca n’a pas de sens. « Alors, elle doit avoir les nerfs sacrément solides si elle ne s’inquiète pas trop. » dit-elle sur un ton maternel, comme si elle cherchait à le rassurer au sujet de sa femme, alors que c’est davantage elle qui a besoin de croire ça. « C’est donc tout récent votre mariage ? » Bon… Là, elle abuse un petit peu. C’est la curiosité qui grimpe d’un cran, et elle cherche juste à en savoir un peu plus. Sa femme doit être super, c’est certain.
Les compliments reçus quant à ses qualités en tant qu’infirmière, la touchent une fois de plus, mais elle sent qu’il est un peu joueur. Il est bavard, sympathique, souriant et cherche à la faire parler. Elle l’a bien remarqué. Il essaie peut-être tout simplement de plaisanter et… Tester son pouvoir sur les infirmières qui s’occupent de lui. Il faudra qu’elle en parle avec ses collègues. « Je sais très bien que vous dîtes ça pour que je sois gentille avec vous. Et ça fonctionne. » - Ce n’était pas mon intention, je vous promets. Elle reste un petit peu sceptique, même si elle aimerait le croire. Enfin, c’est toujours bon à prendre pour gonfler son ego !
Ils continuent de discuter, sans réelle interruption, bondissant d’un sujet à l’autre avec une aisance fascinante, et naturelle. Elle écoute ses réponses à ses questions, le récit de son sauvetage. Quelle belle profession, c’est tellement beau ce qu’ils font, chacun de leurs actes rassemble tant de qualités humaines. Mais il a quand même un sacré caractère ce cher Nathaniel Brady, il pense déjà à leur remonter les bretelles alors qu’ils mériteraient davantage une tournée, ou quelque chose comme ça. Elle est ravie de l’entendre rire à sa réflexion, ça la fait d’ailleurs sourire, malgré le ton sérieux qu’elle a employé. Je suis effectivement capitaine de caserne, et croyez-moi Miss Daisy, je suis heureux d’être là, ne vous inquiétez pas, j’ai conscience que je leur dois ma vie. Mais… si la fin avait été différente, si l’un de mes hommes avait perdu la vie pour me sauver, c’est quelque chose avec laquelle j’aurais du mal à vivre. C’était l’enfer là-dedans, c’était trop dangereux. Nos anges gardiens ont fait du bon boulot, ce jour-là. – « Je comprends.. Mais je pense que quelques donuts à votre retour seront les bienvenus. Après un remontage de bretelles en règle, bien entendu. » dit-elle toute amusée, imaginant la stature du pompier dans son rôle de capitaine. En plus il détient l’autorité dans son travail. Intérieurement, elle se somme d’arrêter de lister chaque petit truc qui lui plaît chez lui. Même si selon lui sa femme se fiche de ce qui peut lui arriver, il est marié quoi qu’il arrive, c’est son patient, elle est son infirmière. Point barre.
C’est ensuite un sujet tout à fait différent qu’il aborde. Et celui-ci ne fait pas partie des sujets qui passionnent DeeDee, bien au contraire. L’océan et le traumatisme qu’elle en retient. Cependant, après avoir été gagnée par le trouble à l’évocation de cet élément, la jolie brune s’applique à continuer de discuter et souligne un fait intéressant et intriguant quelque part. Je pense que je suis en harmonie avec tous les éléments, je me dois de l’être, avec mon métier. Je dois être à l’aise n’importe où, que ce soit dans l’eau, dans les flammes, sur la terre ferme ou dans les airs. Mais… effectivement, l’eau m’a toujours attiré. Faut dire que j’ai passé une bonne partie de mon enfance – et encore aujourd’hui – à la plage. J’y ai énormément de souvenirs. Et vous alors ? – « Oui bien sûr, mais si vous devez être à l’aise dans les airs, ça ne veut pas dire que vous vouez une passion pour le deltaplane, ou ce genre de choses… Pas comme avec l’eau en tout cas, d’après ce que vous me dites.Je sors avec quelques copines, dans les clubs sympas de la ville. Et je fais pas mal de sport, de l’escalade, du basket… Et je dors. » C’est ce qu’elle confie dans un premier temps. « L’océan… J’ai quelques souvenirs aussi, oui, mais je suis mieux sur la terre ferme. » dit-elle en s’efforçant d’employer un ton léger. Ce n’est ni l’endroit, ni le moment pour évoquer d’autres choses, expliquer les sensations que lui provoque cette immensité bleue. Vous avez raison, il faut bien reprendre des forces pour vous occuper des patients plus ou moins parfaits qui vous prennent tout votre temps. Elle se contente d’esquisser un sourire et s’empêche de rajouter quoi que ce soit. Elle a encore du pain sur la planche, et plus vraiment d’excuse valable pour rester un peu plus longtemps dans la 322. Et il doit se reposer. Alors, gentiment elle lui rappelle qu’il peut appeler n’importe quand, si besoin est. J’y manquerai pas, Mademoiselle Daisy. Merci pour le pansement, je me sens comme neuf ! L’appellation qu’il utilise à son égard la fait sourire, et ses remerciements, encore plus. Elle se contente de ça, avant de quitter sa chambre et le laisser à son visiteur.

**

3 jours plus tard.

Daisy a pris le relais de ses collègues, il y a une petite heure. Il est à peine sept heures du matin, et la voilà active, dynamique dans le début de sa journée. Il fait un temps splendide, elle est reposée grâce à son jour de repos de la veille, qui a été pleinement savourée. Elle s’est chouchoutée : bain d’huile pour ses cheveux, masque pour le visage, gommage… Elle est en pleine forme ! Elle a même pris le temps de se maquiller légèrement et a réussi à tresser ses cheveux toute seule, non sans avoir bataillé. Elle croise quelques aides-soignantes qui poursuivent la tournée du petit-déjeuner. Tant qu’il est encore tôt, pour l’instant, elle n’a pas trop à s’occuper des patients : elle a le temps de s’occuper des papiers et papoter un peu avec ses collègues qui en sont au même point qu’elle, à savourer ce petit temps mort. Elle s’empare de sa tasse de thé, et c’est ce moment que choisit Ashley pour entamer un nouveau sujet de discussion. « Tu sais que Brady a demandé où tu étais hier ? Il avait l’air super déçu en apprenant que tu étais de repos. » - « C’est parce que je suis sa chouchoute. » Sa collègue hausse les sourcils d’un air suggestif avant de replonger dans sa lecture. DeeDee en fait de même, mais avec un bout de sourire satisfait qui tente de percer ses lèvres. Après quelques minutes de silence, où la concentration règne en maître, Daisy relève le nez vers son amie. « J’irai le voir après. » Sa collègue étouffe un rire, puis reprend sa lecture. Et sans crier gare, ni relever ses yeux, elle lui souffle discrètement. « Vas-y maintenant. » La brune referme doucement son dossier et après avoir jeté un regard coupable à Ashley, elle se lève et file rapidement à travers le couloir principal jusqu’à atteindre la bonne porte. Elle frappe un coup puis entre, en jetant un coup d’œil au pompier qui a meilleure mine. « Bien dormi ? » demande-t-elle en s’appuyant sur le bout du lit. Elle ne retient pas un petit sourire, en pensant à ce que sa collègue lui a dit, puis s’approche, et vérifie le niveau de la perfusion ainsi que le débit. « On va pouvoir vous enlever ça, je pense que c’est la dernière. »
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Ven 23 Juin - 11:39

Ah parce que vous ne comptiez pas venir tous les soirs me chanter une berceuse pour que je fasse de beaux rêves ? Je plaisante pour la faire sourire encore un peu. Je vous ai dit qu’elle avait un joli sourire ? Adorable, charmant, charmeur même… Enfin je suis personnellement sous le charme, mais je l’avouerai jamais à Otto pour son bien, sinon il va encore se la raconter, cet abruti. Malgré la douleur dans mon corps, Daisy, avec son exotisme, arrive à me transporter sur une jolie île paisible. Manque que le bikini, j’ai envie de suggérer. Un sourire étire mes lèvres à cette idée…  Croyez-moi, pour votre bien, et celui de l’humanité, il ne vaut mieux pas me réclamer une berceuse, me répond-elle, ce qui a le don de m’intriguer. Aurait-elle des défauts ? Oh ! Impossible ! Qui s’est octroyé le droit de venir casser mon fantasme, là ? Bon. Alors on va dire que les opposés s’attirent, restons pragmatiques. Un nouveau sourire apparaît sur mon visage. Alors vous ne vous plaindrez pas quand votre patient de la 322 aura une tête affreuse le matin à cause de ses insomnies. Je suis à deux doigts de porter réclamation à cet hôpital pour son personnel trop peu qualifié. Je dis tout ça en souriant à Daisy, le regard doux pour ne pas la froisser. Je plaisante, évidemment.

Dans la conversation, nous finissons par parler de nos métiers. Je parle du choix que j’ai eu à faire il y a maintenant plus de quinze ans, à savoir poursuivre ma carrière de footballeur déjà bien prometteuse, ou m’engager chez les soldats du feu pour suivre le chemin de mon père. Je n’ai jamais regretté le choix que j’ai fait, même si aujourd’hui, peut-être, j’aurais pu être richissime et marié à un mannequin – quelle ironie ! Je suis aujourd’hui marié à un mannequin… Sauver des vies a tellement plus de valeur que les billets verts et être un aimant à poulettes. Même si, de ce côté-là, les pompiers n’ont pas à se plaindre, je l’admets, et que même en n'étant pas une star du football, j’ai eu droit à mon quota de femmes. Alors Daisy me demande à quel poste j’étais. Je me suis dit qu’elle s’y connaissait peut-être en foot, mais non, elle veut simplement savoir si j’étais la star du lycée. Je hoche la tête, ni fier de l’avoir été, ni regrettant ce statut privilégié. Quarterback, en effet. Et… si vous voulez dire par là que j’ai été élu roi de la promo et que je sortais avec les cheerleaders, la réponse est oui. J’émets un léger rire en me rappelant cette époque. Je suis un vrai cliché ! Et je pense à Charlie, la seule fille du lycée qui me faisait complètement chavirer et qui n’a jamais mis les pieds dans mes filets. Il n’y a que les bancs de sardines qui s’y prenaient, mais pas les thons, hein. Oui, j’étais superficiel… Alors attendez, vous, au lycée… vous étiez… Je réfléchis en l’observant attentivement. Je me demande comment elle était quand elle était plus jeune. J’aurais grave craqué pour elle si elle avait été dans ma classe, c’est certain. … bonne élève, le genre que les profs adorent. Concentrée, assidue, mais un peu timide. Pas le genre à demander au quarterback de sortir avec elle. Et pourtant… je suis persuadé que vous aviez tout un tas de garçons à vos trousses ! Comment pourrait-il en être autrement ? Je pense même que vous étiez en couple à cette époque-là. Avec un gars bien et gentil, avec qui vous êtes restée longtemps. Vous êtes peut-être même encore avec lui aujourd’hui. Je plisse les yeux en haussant un sourcil. J’ai juste ? Po-po-poooo… Discrétos, ni vu ni connu, je vais savoir si elle est prise.

Mais la conversation va rapidement tomber dans le sérieux lorsqu’elle se met à parler de ma « femme ». Erk. Je lui avoue amèrement être certain qu’Ellis ne s’inquiète pas pour moi, puisqu’elle n’est même pas au courant que je suis cloué dans ce lit. Alors, elle doit avoir les nerfs sacrément solides si elle ne s’inquiète pas trop. Son ton est maternel, empli d’une gentillesse touchante, mais mon visage s’assombrit davantage et un rire ironique m’échappe. Oh pour ne pas s’inquiéter, on peut lui faire confiance. Il pourrait y avoir un tueur à ses trousses qu’elle ne s’en inquiéterait même pas ! True story. Je vois bien que Daisy est surprise par tout ce que je dis. J’imagine que les gens sont surpris, effectivement, quand ils entendent un nouveau marié parler comme ça de sa femme. Mais je n’arrive plus à faire semblant, Ellis me pompe l’air puissance quinze milliards, jamais j’ai été aussi mal assorti avec quelqu’un. Et je me demande même qui pourrait la supporter ! C’est donc tout récent votre mariage ? Je fais une petite moue et hoche la tête. Quelques mois seulement. C’était… inattendu. Peut-être un peu précipité, je pense. Je me racle la gorge, parce que je suis gêné de parler ça devant elle. Et si on parlait d’autre chose ? je suggère avec un sourire. Pas que ça la regarde pas, mais je voudrais pas qu’elle se mette à fouiner ou quoi, je ne voudrais pas l’embarquer dans cette histoire.

Daisy me suggère d’apporter des donuts à mon retour à la caserne au lieu de remonter les bretelles à mes hommes. Elle est prévenante, c’est touchant. Je souris, plein d’approbation. Vous avez raison, je leur apporterai des donuts. Je marque une légère pause avant de reprendre à toute allure Et après je les engueule ! Et je me mets à rire. Ils le prendront mieux avec un ventre bien rempli ! j’ajoute de bonne humeur. Ah comme j’ai hâte d’y être. Ces mois de convalescence vont me paraître très longs.

On en vient à parler de ma passion pour l’océan et de nos loisirs. Mon amour pour l’océan est infini, je dois bien l’admettre, même si je me sens à l’aise dans n’importe quel élément. Oui bien sûr, mais si vous devez être à l’aise dans les airs, ça ne veut pas dire que vous vouez une passion pour le deltaplane, ou ce genre de choses… J’acquiesce, elle a tout à fait raison. Même si j’aime bien les sauts à l’élastique. Pas comme avec l’eau en tout cas, d’après ce que vous me dites. L’océan… J’ai quelques souvenirs aussi, oui, mais je suis mieux sur la terre ferme. Elle éveille mon intérêt soudainement. Son ton sonnait faux, elle le voulait enjoué, mais je pense qu’elle parle de mauvais souvenirs. Mais je n’ai pas envie de lui faire revivre ça maintenant, alors je me tais et ne lui pose pas davantage de questions là-dessus. De toute façon, notre entrevue est sur le point de s’achever, malheureusement. Otto va remplacer Daisy à mes côtés. Je l’aime bien aussi, mais c’est pas pareil. Sans rancune, Otto !

Alors il rentre dans la chambre quand Daisy l’a quittée, et il peut pas s’empêcher de se foutre de moi encore une fois. Ben dis donc, je t’aurais sacrément manqué, vieux, si j’y étais resté ! Bon, il lui reste Kimi, parce que Kimi, quand tu lui fais des blagues, elle marche pas, elle court. Et c’est tordant.


**

3 jours plus tard.

Hier ma mère est passée m’apporter un pyjama pour pas que je me balade dans ma blouse trop révélatrice à son goût. Bon perso, j’en ai un peu rien à faire si on voit mes fesses, parce qu’elles sont jolies. Non je déconne. Enfin peut-être, disons que mes conquêtes ne s’en sont jamais plaintes. Maman vient tous les jours. J’ai eu du mal à lui expliquer la situation concernant mon mariage avec Ellis. Je ne lui ai rien dit sur la vérité, je ne veux pas la mêler à tout ça. J’essaie de tenir encore un peu, et puis j’ai appelé Strockis à Minneapolis, il m’a assuré qu’ils s’occuperaient de son cas dans les prochains jours. Quel soulagement ! Vraiment, l’idée de me débarrasser de cette blondasse m’a mis du baume au cœur. Et m’a donné encore quelques forces pour continuer cet odieux mensonge. Athénaïs est passée hier aussi, quand ma mère n’était plus là, heureusement. Les imaginer dans la même pièce me donne des sueurs froides, même si entre elle et moi, ça reste un peu trop platonique à mon goût. Bon là, elle a de la chance, je peux pas trop bouger de mon lit, alors elle a ce qu’elle veut : qu’on avance lentement mais sûrement. Alors j’essaie. Quelque part, c’est pas plus mal, vu la situation dans laquelle je me trouve avec Ellis.
Ca fait déjà plus d’une heure que je suis réveillé, j’ai très mal dormi. Je commence à m’ennuyer ici, c’est terrible, en plus hier Daisy n’était pas là, c’était son jour de repos. Dégoûté. Enfin elle en a bien besoin, la pauvre, mais il n’y a qu’avec elle que j’ai bien accroché. Je vois bien que les autres infirmières sont aux petits soins avec moi, mais c’est pas pareil. Je leur ai même demandé si Daisy était là, j’étais surpris de ne pas la voir. Elle m’avait même pas prévenu ! En tout cas j’espère qu’elle s’est bien reposée hier et qu’aujourd’hui elle sera là. Je consulte mes mails et autres messages en attendant que le temps passe. J’ai mis les informations en fond, à la télé. Mon petit-déjeuner est terminé, mon assiette est vide. Je meurs de faim ici, en fait. J’ai demandé à ma mère de me rapporter quelque chose à manger tout à l’heure. Et quelqu’un toque à la porte et mon cœur bondit d’un seul coup. J’ai l’impression que le temps s’arrête, le temps que la porte s’ouvre et que je puisse découvrir le visage de la personne qui va s’occuper de moi aujourd’hui. Et un grand sourire étire mes lèvres. Enfin, la voilà. Je ne la quitte pas du regard alors que mon cœur prend son rythme de croisière "spéciale Daisy". Heureusement, les docteurs m’ont enlevé cette satanée machine, la traitresse. Oh ! Jolie Daisy est maquillée, ce matin. Encore plus radieuse que d’habitude, j’en ai le souffle coupé. Bien dormi ? me demande-t-elle en s’appuyant sur le bout du lit. Mon rayon de soleil ! je clame tout haut, d’un ton enjoué, tout en lui souriant. Je la suis du regard alors qu’elle commence son ballet autour de moi. Dossier, perfusion… On va pouvoir vous enlever ça, quand elle sera terminée, je pense que c’est la dernière. Cool. Je souris toujours. Bien, …je fais d’un ton qui annonce un discours. … vous avez intérêt à me donner une bonne excuse de m’avoir lâchement abandonné hier, sans me prévenir, qui plus est. J’espère que vous êtes reposée et que vous avez mis votre temps à profit, hier, pour prendre soin de vous. Comment allez-vous ce matin ? je demande, réellement curieux. Ma question n’est en rien rhétorique ni polie, je veux simplement savoir ce que j’ai manqué. Alors ici, vous avez manqué, oh surprise, ma mère ! Et puis Otto est passé, et j’ai regardé un super film gnan-gnan à la télé, et oh, je dois vous donner le menu succulent auquel j’ai eu droit, c’était un régal ! je mens en rigolant. Puis je m’arrête subitement… Je vous ennuie peut-être avec mes histoires ? je demande avant de la saouler pour de bon. La pauvre, je l’assaillis d’entrée de jeu, elle va finir par me détester.
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Lun 26 Juin - 19:14



Quarterback, en effet. Et… si vous voulez dire par là que j’ai été élu roi de la promo et que je sortais avec les cheerleaders, la réponse est oui. Je suis un vrai cliché ! Elle l’écoute tout en le regardant du coin de l’œil, en essayant de ne pas avoir le regard empli de jugement. Elle n’a aucun droit là-dessus, et puis, ce n’est pas vraiment étonnant en le voyant : il a tout pour lui, ce monsieur. « Je vois. » dit-elle simplement sur un ton un peu amusé après qu’il se soit lui-même traité de cliché. Elle n’aurait pas osé, même si elle l’a pensé très fort. Alors attendez, vous, au lycée… vous étiez… Daisy hausse un sourcil curieux en entendant le début de sa phrase. Elle attend la suite, un peu inquiète sur ce qu’il va s’imaginer d’elle, après l’avoir aperçue dans sa chambre durant quelques minutes. Bonne élève, le genre que les profs adorent. Concentrée, assidue, mais un peu timide. Pas le genre à demander au quarterback de sortir avec elle. Et pourtant… je suis persuadé que vous aviez tout un tas de garçons à vos trousses ! C’est quoi ce petit coup de charme, en l’imaginant pleine de prétendants, lorsqu’elle était adolescente ?! Ce Brady n’a pas froid aux yeux. Bon, c’est dit sur le ton de la détente, et puis, elle se dit qu’il est peut-être tout simplement heureux d’être en vie, et donc il s’emballe un peu, c’est sûrement ça. Je pense même que vous étiez en couple à cette époque-là. Avec un gars bien et gentil, avec qui vous êtes restée longtemps. Vous êtes peut-être même encore avec lui aujourd’hui. J’ai juste ? Une légère grimace apparaît sur le visage de Daisy, qui ne peut la retenir. Les gars bien et gentils, elle n’arrive pas à les trouver, s’il savait comme c’est compliqué. « Les quarterbacks ne sortent qu’avec des blondes, c’est bien connu. » dit-elle, le rire dans la voix. « Alors non, je n’allais pas leur courir après. Moi, je courrais après les ballons de basket. J’étais capitaine de mon équipe. Et j’étais bonne élève, effectivement. Si c’est pour vous rassurer et confirmer que vous êtes entre de bonnes mains. » Elle hausse les épaules, d’un air détendu tout en s’affirmant un peu plus à son contact. « Et pour le petit-ami du lycée, ça s’est arrêté au lycée, justement. » finit-elle par conclure, sans laisser une porte ouverte à d’autres questions sur ce sujet. Si les types du lycée n’étaient pas les plus méchants, ce qu’elle a connu par la suite lui a donné une petite idée de ce à quoi on peut être confronté dans une relation, et elle n’a pas très envie de replonger dans ces souvenirs-là.
Oh pour ne pas s’inquiéter, on peut lui faire confiance. Il pourrait y avoir un tueur à ses trousses qu’elle ne s’en inquiéterait même pas ! Elle étouffe un rire moqueur, trouvant qu’il abuse sincèrement en parlant ainsi de sa femme. Ils ont dû se froisser avant qu’il ne lui arrive cet accident, et c’est la rancœur qui parle. Ca ira mieux plus tard. Daisy aime beaucoup voir les autres réussir là où elle n’a connu que des échecs : en l’occurrence, ici, c’est niveau amour. Il est marié et dooonc, elle estime qu’il a plutôt bien réussi. Il a quelqu’un avec qui c’est sérieux. D’ailleurs, elle le questionne un petit peu sur le sujet, histoire d’en savoir plus et peut-être le dérider un peu. Quelques mois seulement. C’était… inattendu. Peut-être un peu précipité, je pense. Bon… Daisy ne sait plus vraiment quoi dire, tant elle est perplexe devant ce genre de propos, et son regard exprime sa curiosité déconcertée. Et si on parlait d’autre chose ? Elle répond d’abord par un hochement vigoureux de la tête avant d’ajouter, avec une mine contrite : « Bien sûr. Chapitre clos. ».
Du coup, ils parlent boulot. Et Daisy en profite pour creuser sur son accident, puisque ça s’est passé durant une intervention. Dans le même temps, ça lui permet de contrôler un peu le traumatisme de son patient, voir s’il n’oublie rien, si tout est clair dans son esprit. Ca l’intéresse aussi, d’en savoir un peu plus sur lui. Son métier doit être passionnant, avec des cas différents chaque jour, des gens à sauver dans des situations délicates. Elle trouve le métier d’infirmière tout à fait épanouissant, mais les pompiers ont un autre statut à ses yeux : ils risquent eux-mêmes leur vie, tandis qu’elle, elle essaie simplement de prodiguer des soins de qualité. Et alors qu’elle lui explique que son plan de remonter les bretelles à ses hommes après lui avoir sauvé la vie, ne lui semble pas très représentatif de la reconnaissance qu’il leur porte, il la fait rire en lui donnant raison tout en ajoutant qu’il les sermonnera tout de même. Ils le prendront mieux avec un ventre bien rempli ! – « Très bien, Capitaine, si vous le dites ! ».
La visite du soir se termine sur une discussion qui la déstabilise un peu, et par chance, elle a fait le tour de ce dont il avait besoin. Elle peut donc annoncer son départ et s’éclipser face à des questions qu’il pourrait lui poser, puisqu’il a l’air d’être assez curieux et perspicace.


**


Elle sait que c’est stupide de faire ça, mais elle ne peut pas s’en empêcher. Daisy se rassure en disant qu’elle ne fait rien de mal, si ce n’est aller discuter quelques instants avec son patient préféré du moment. Elle n’envisage absolument rien, il est marié, et même si il ne lui a pas semblé particulièrement enjoué lorsqu’ils ont abordé le sujet la première fois qu’ils se sont vus, elle sait bien qu’un homme marié est un homme intouchable. En plus, elle a pu apercevoir Madame Brady, et elle s’est fait la réflexion qu’il avait oublié de lui dire qu’elle était mannequin. Elle l’a déjà vue dans les magazines, et elle est restée très surprise en la voyant passer dans son couloir. C’était la journée qui précédait son jour de repos, et depuis elle n’a pas revu le pompier. Alors, elle corrige le tir tôt ce matin, en allant se présenter près de son lit d’hôpital. Il l’attend avec son joli sourire, et elle ne peut nier que ça lui fait un petit quelque chose : il lui plaît beaucoup. Mais ça s’arrête là. C’est ce qu’elle martèle dans son crâne, afin de ne pas s’éparpiller n’importe comment. « Bien dormi ? » - Mon rayon de soleil ! DeeDee affiche un sourire timide, sous la surprise de l’exclamation de Nathaniel, et alors qu’elle s’en rend compte, elle se sent rougir et ça ne passera pas pour un blush rosé qui soulignerait son hâle naturel. La honte. Mais pourquoi celui-ci se met à lui dire des trucs comme ça dès son arrivée ? Il va falloir qu’il arrête. Et qu’elle se reprenne ! Elle récupère machinalement son dossier, alors qu’elle n’est pas vraiment venue pour ça. Il est encore tôt pour s’en préoccuper, les derniers soins prodigués sont encore trop récents. Si bien qu’elle se retrouve avec le dossier entre les mains, mais qui reste clos. Elle lui dit alors qu’ils vont pouvoir lui retirer la perfusion, sous peu, en tout cas dans la journée, si il n’y a pas eu de complications cette nuit, en fait. Le beau pompier semble satisfait, à en voir sa mine réjouie. Bien … vous avez intérêt à me donner une bonne excuse de m’avoir lâchement abandonné hier, sans me prévenir, qui plus est. J’espère que vous êtes reposée et que vous avez mis votre temps à profit, hier, pour prendre soin de vous. Comment allez-vous ce matin ? Daisy l’écoute avec un air intrigué et amusé à la fois. Elle a intérêt d’avoir une bonne excuse à lui fournir pour avoir déserté. Ah oui, et depuis quand les patients sont devenus aussi exigeants ? C’est bien la première fois qu’on lui fait ce coup-là. Sa posture s’adapte à ses pensées et elle glisse une main sur sa taille, en surplombant son patient alité. « Est-ce que l’excuse des quelques soixante heures hebdomadaires justifie mon absence ? » demande-t-elle sur un ton innocent, sans attendre vraiment de réponse à sa question. « Oui, j’ai pu me reposer, merci de demander. Et ce matin, ça va bien, ça fait à peine une heure que je suis arrivée, et je fais un petit arrêt ici pour voir si vous avez survécu au cours des dernières trente-six heures. Paraît que je vous ai manqué ? » dit-elle tout en consultant innocemment sa montre.
Alors ici, vous avez manqué, oh surprise, ma mère ! Et puis Otto est passé, et j’ai regardé un super film gnan-gnan à la télé, et oh, je dois vous donner le menu succulent auquel j’ai eu droit, c’était un régal ! Elle l’écoute attentivement lui raconter sa journée de la veille, et ne peut s’empêcher d’afficher un sourire attendri en sentant la lassitude dans sa voix. Il commence déjà à en avoir marre d’être dans ce lit, c’est certain. Je vous ennuie peut-être avec mes histoires ? Elle écarquille légèrement les yeux. « Non pas du tout, c’est plaisant de vous sentir en forme. Enfin j’imagine que ça va de mieux en mieux ? Alors votre mère est encore venue ? Vous en avez de la chance. Et je ne peux que compatir pour le menu, c’est vrai que ce n’est pas terrible. » Sa bouche se tord légèrement en repensant à la dernière fois où elle avait eu la flemme de se préparer à manger pour le travail. Cela fait plusieurs mois en arrière, et pourtant elle peut encore sentir la texture et le goût infâme de la purée de pommes de terre qui était servie ce jour-là. La brune pose ses yeux verts sur le visage de son patient qui paraît bien moins fatigué par rapport à son arrivée. Peut-être l’effet de la petite barbe de quelques jours qui a eu le temps de pousser. « Je ne peux pas m’éterniser, je repasserai un petit peu plus tard, de façon un peu plus.. officielle ? » Très bien, Daisy vient de se rendre compte qu’elle s’est un petit peu vendue : sa petite visite matinale n’a rien à voir avec son rôle d’infirmière. « Le petit-déjeuner n’était pas trop mal au moins ? » enchaîne-t-elle rapidement, tout en reculant de quelques pas, se rapprochant de la sortie. Puis, tout à coup, ça lui revient, et elle se rapproche à nouveau, le regard malicieux. « Vous êtes un petit cachottier au fait. J’ai vu un mannequin sortir de votre chambre, avant-hier avant de finir mon service. Je sais qui c’est. » dit-elle sur le ton de la confidence, alors que celle-ci aurait dû venir de son patient.
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Mar 27 Juin - 1:54

C’est fou comme la présence mon infirmière préférée – on peut l’appeler comme ça maintenant – me met tout de suite du baume au cœur. Un jour que je ne la vois pas et hop, ça y est, mon petit monde hospitalier s’écroule. D’où mon enthousiasme peut-être un peu trop démonstratif quand elle arrive. Et j’adore, J’A-DO-RE la voir revêtir ce petit sourire timide. J’en serais presque intimidé moi-même. Et mon petit speech sur le fait qu’elle a osé m’abandonner sans me prévenir la fait sourire encore. Si je pouvais, je ne m’arrêterais jamais de parler pour la faire sourire encore et encore… Est-ce que l’excuse des quelques soixante heures hebdomadaires justifie mon absence ? me répond-elle, avec un air déterminé. Je souris, je ris, même. Elle doit voir au fond de mes yeux que je la trouve amusante. Oui, j’ai pu me reposer, merci de demander. Et ce matin, ça va bien, ça fait à peine une heure que je suis arrivée, et je fais un petit arrêt ici pour voir si vous avez survécu au cours des dernières trente-six heures. Paraît que je vous ai manqué ? Oups. C’est que les nouvelles vont vite, par ici ! Alors je joue la franchise absolue. Oui, beaucoup. Je marque une légère pause avant de poursuivre. Vos collègues ne sont pas aussi gracieuses que vous. Et… on n’a pas vraiment accroché, elles et moi. Enfin pas qu’elles ne sont pas sympas, mais c’est pas pareil qu’avec vous, vous voyez... Et ça me demande trop d’énergie d’être le patient idéal de tout le monde. Je lui souris malicieusement, avant de reprendre plus sérieusement. Je suis content que vous ayez pu vous reposer, vous avez bonne mine ce matin. Et ce maquillage léger vous va à ravir ! Ca fait ressortir vos yeux. Je me garde bien de trop la complimenter en disant « beaux yeux » même si c’est la pure vérité. Alors je lui raconte ce qu’elle a loupé durant la journée d’hier, à savoir pas grand-chose, le train train quotidien et ultra-monotone d’un patient à l’hôpital, emprisonné dans son lit. Mais comme ça la fait sourire, j’ai l’impression que mon quotidien n’est pas aussi monotone, finalement. Je m’assure tout de même de ne pas l’ennuyer avec #vismaviealhopital. Et c’est les yeux agrandis qu’elle me répond. Non pas du tout, c’est plaisant de vous sentir en forme. Enfin j’imagine que ça va de mieux en mieux ? Alors votre mère est encore venue ? Vous en avez de la chance. Et je ne peux que compatir pour le menu, c’est vrai que ce n’est pas terrible. Petite grimace de sa part sur l’épineux sujet de la nourriture d’hôpital. Oui, je ressens le même dégoût. Ca va mieux, oui, je peux respirer un peu mieux maintenant. Mais si j’ai le malheur de bouger, je douille. J’ai l’impression que mon corps fait exprès de m’enquiquiner, pour se venger de ce que je lui ai fait subir. Heureusement que ma mère est venue, oui, elle me tient un peu compagnie. Et surtout, elle m’apporte de bons petits plats en cachette. Promettez-moi que vous ne direz rien ! je lui demande avec un sourire complice. Malheureusement, Daisy m’annonce qu’elle doit partir. Je ne peux pas m’éterniser, je repasserai un petit peu plus tard, de façon un peu plus.. officielle ? J’ai un moment d’hésitation, le temps de comprendre. Comment ça « plus officielle » ? Je pense que Daisy peut lire l’incompréhension sur mon visage. Elle est passagère, mais bien là. Officielle genre je dois vous envoyer un carton d’invitation la prochaine fois ? je plaisante alors. Je pense qu’elle essaie de se rattraper avec son histoire de petit-déjeuner, mais je pense avoir compris qu’elle venait me voir en dehors de sa liste de choses à faire ce matin. Mon cœur s’emballe à l’idée que je puisse lui manquer un peu, c’est bon d’être son chouchou. Mais j’efface cette idée de ma tête aussitôt. Je me fais sûrement des idées, et puis bon, … Je ne sais pas pourquoi je m’emballe toujours quand il s’agit de Daisy. A croire qu’elle commence sérieusement à me faire tourner la tête. Mais ma situation est déjà bien compliquée, je ne vais pas en rajouter une couche, aussi belle soit-elle. Et puis je le dois bien à Athénaïs.
Et alors que ma charmante infirmière commence à s’éclipser vers la porte de ma chambre, elle revient finalement vers moi avec un regard qui ne me dit rien qui vaille. Vous êtes un petit cachottier au fait. Elle est penchée vers moi, presque à chuchoter. Je fronce les sourcils tant tout cela me parait bizarre. J’ai vu un mannequin sortir de votre chambre, avant-hier avant de finir mon service. Je sais qui c’est. Et mon inquiétude se transforme en grimace. Je mets quelques secondes avant de pouvoir répondre, d’un air faussement détendu. Je vais vous donner un bon point pour connaître la bonne réponse, alors… j’ironise. Je vous l’aurais bien présentée, vous savez, vu que vous avez l’air d’en être fan, mais elle est passée en coup de vent. Vous voulez la vérité ? Cette ****** est passée seulement pour me faire signer un chèque ! Parce que bon… vous voyez, ma santé l’importe peu. Au contraire, j’imagine que ça lui fait plaisir que je ne sois plus à la maison, dans ses pattes. J’ose espérer qu’elle n’enchaine pas les conneries avec son amie insupportable, parce que je ne suis pas en état de la protéger, actuellement. Et il est hors de question qu’il lui arrive quoi que ce soit alors que je suis cloué à ce lit d’hôpital. J’ai pas supporté deux mois en sa compagnie pour rien, quand même ! Vous lisez la presse féminine, alors ? je demande à Daisy. Je n’avais jamais entendu parler d’elle avant de la rencontrer, personnellement. C’est rare qu’on la reconnaisse dans la rue, d’ailleurs. Est-ce ironique que la seule personne qui la reconnaisse soit l’infirmière qui me fait tourner la tête ? Oui, un peu quand même… Bien, au lieu de parler d’elle, et avant que vous ne me quittiez encore une fois, je dis ces derniers mots sur un ton faussement accusateur, avec un léger sourire, pourriez-vous brancher mon chargeur de téléphone à la prise, s’il vous plaît ? Ca me ferait économiser quelques efforts. Je lui tends le fil posé sur ma table de chevet que j’ai déjà eu du mal à attraper. Alors, quand est-ce que vous allez revenir « officiellement » cette fois ? Mon regard est rempli de malice et je me retiens de sourire. Ma mère viendra sûrement dans la matinée, en attendant, si je me rendors, le temps passera plus vite et le retour de Daisy ici sera plus rapide aussi.

Effectivement, c’est ce qu’il se passe, hourra. C’est la présence de Daisy qui me réveille. J’étais en train de rêver d’elle, justement. Elle était à la caserne et m’apportait des muffins encore chauds. Tous les collègues étaient fous de jalousie. Mais ça va, je suis grand prince, j’ai partagé avec eux. Les muffins. Pas Daisy. Je papillonne un peu des yeux pour me réveiller et je me redresse en baillant. Pardon, je me suis assoupi. Comment va mon rayon de soleil ? je demande tout sourire, encore à moitié endormi. Je tends le bras pour atteindre mon téléphone afin de voir l’heure qu’il est. Ma mère ne va pas tarder à arriver, et avec quelques vivres. Je vais pouvoir prendre un deuxième petit-déjeuner digne de ce nom. Je me passe les mains sur le visage et dans les cheveux. La barbe qui commence à pousser depuis quelques jours me gratouille les paumes. Mademoiselle Daisy, pourriez-vous m’accompagner jusqu’à la salle de bains ? J’aimerais me passer un peu d’eau sur le visage, et éventuellement aller au petit coin. J’enlève la couverture posée sur moi d’un geste rapide, mais le reste met plus de temps à se réaliser. Ma jambe valide sort facilement du lit, l’autre traîne et ce n’est pas sans douleur que j’arrive à m’extirper du couchage. Je suis encore dans ma blouse, ma mère va me faire une réflexion, c’est sûr. Mais pas eu le courage de me changer. Peut-être que Daisy peut m’aider à enfiler le pyjama que ma mère m'a apporté, je lui demanderai tout à l’heure. Une fois sur mes deux pieds, je préfère me tenir à mon infirmière pour m’assurer de ne pas tomber, de toute façon, je n’ai pas de béquilles. Vous permettez ? je demande alors en me rapprochant de son bras. Et alors que nous avançons, je sens le petit courant d’air par derrière. C’est quand même pas très esthétique ni pratique pour nous, patients, ces petites blouses.
J’aime bien être à côté d’elle, comme ça. Sauf que j’ai l’impression d’avoir quarante ans de plus qu’elle. Ca, c’est moins agréable. Vous êtes grande, en fait, je dis à Daisy. Je ne m’étais jamais retrouvé debout à côté d’elle auparavant. Et pour une femme, elle est grande. Je comprends mieux pourquoi vous étiez basketteuse, à présent. Vous savez que vous pourriez être mannequin ? Vous n’avez rien à envier à ma femme. Et je sais pas trop pourquoi je lui dis ça, mais avec elle, je peux pas m’empêcher de bavarder. Ellis est plus grande qu’elle, mais pas de beaucoup. Et puis honnêtement, Daisy est toute aussi jolie. Et au moins, elle, elle est jolie de l’intérieur. La porte de la salle de bain est grande ouverte et un grand miroir nous fait face. Bien, je vais devoir vous abandonner quelques minutes, j’espère que ça va aller sans moi… je fais en souriant pour la taquiner. Je la regarde à travers le miroir puisqu’elle se trouve derrière moi et oh ! Je la surprends en train de mater… mes fesses ? Je ne relève pas mais à l’intérieur, je souris. Et c’est ce moment-là que ma mère a choisi pour faire son entrée dans ma chambre, en catimini, comme d’habitude. C’est lorsqu’elle se met à se racler la gorge que Daisy et moi prenons conscience de sa présence. Maman ! je m’exclame un peu trop fort sûrement. Je sais pas, c’était un peu comme si elle avait choisi le mauvais moment pour intervenir et ça m’a rappelé quand j’étais jeune ado et que j’avais invité Jessica à la maison et qu’on s’était embrassés dans ma chambre pile au moment où ma mère avait fait irruption dans mon antre. Bien, je vous laisse quelques minutes, alors, je m’empresse de dire en m’enfermant à toute allure dans la salle de bain pour faire ce que j’ai à faire.
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Sam 1 Juil - 19:29


Elle ose lui dire que ses collègues l’ont balancé. Daisy le dit plus pour le fait qu’elle trouve que c’est attendrissant et amusant à la fois. Elle s’avoue à elle-même seulement que c’est assez flatteur, également. Oui, beaucoup. Il ne nie absolument pas, et ça lui arrache un petit rire nerveux et trop aigu à son goût. Il l’a eue par la surprise. Nathaniel poursuit même en expliquant qu’il n’a pas les mêmes rapports avec les autres infirmières. Au fond, elle s’en doute. Ses collègues sont adorables, mais pour la plupart plus vieilles, avec plus d’années de carrière, et sûrement une lassitude au bout du compte. Mais elle sait qu’elles traitent très bien les patients. Seulement, Daisy prend davantage le temps avec eux. Et puis, ce patient de la 322, elle l’apprécie beaucoup. Elle sait très bien qu’une fois qu’il sera rétabli, il sortira de cet hôpital et ça s’arrêtera là, mais elle ne peut pas s’empêcher de le trouver agréable dans sa façon d’être, et agréable à regarder qui plus est. Alors, elle n’ajoute rien, et se contente d’accepter le compliment déguisé là-dessous. Je suis content que vous ayez pu vous reposer, vous avez bonne mine ce matin. Et ce maquillage léger vous va à ravir ! Ca fait ressortir vos yeux. Encore des flatteries. Elle a dû beaucoup lui manquer, c’est certain. Elle se persuade qu’il lui dit tout ça pour s’attirer sa gentillesse et qu’elle soit celle qui s’occupera de lui aujourd’hui. « Ne vous y habituez pas trop, je n’ai pas toujours la motivation de me maquiller tôt le matin. » confie-t-elle avec amusement. C’est la stricte vérité : plutôt que de prendre quinze bonnes minutes pour se pomponner, Daisy préfère les passer dans son lit. Si on dort bien, on a la mine reposée et donc… Pas besoin de se maquiller ! Il lui raconte un peu ce qui a alimenté sa journée hier, et c’est sûr que ce n’est pas très palpitant, mais elle a déjà eu des patients qui n’avaient pas de visites, et le temps leur a semblé sûrement beaucoup plus long encore. Ca va mieux, oui, je peux respirer un peu mieux maintenant. Mais si j’ai le malheur de bouger, je douille. J’ai l’impression que mon corps fait exprès de m’enquiquiner, pour se venger de ce que je lui ai fait subir. Heureusement que ma mère est venue, oui, elle me tient un peu compagnie. Et surtout, elle m’apporte de bons petits plats en cachette. Promettez-moi que vous ne direz rien ! Elle place ses mains sur les hanches, l’air de dire « ça va la belle vie ? », tandis que son visage arbore un sourire amusé. « Vous avez vraiment beaucoup de chance ! Elle doit vous aimer très fort, votre maman. Mais c’est promis, je ne dirai rien. Et concernant les douleurs, il faudra prendre votre mal en patience. Et rester tranquille, le plus possible. » Puis, elle enchaîne en lui expliquant qu’elle n’était que de passage, en réalité. Sous-entendu, aucun motif professionnel à faire valoir. Officielle genre je dois vous envoyer un carton d’invitation la prochaine fois ? Un petit sourire crispé naît sur ses lèvres, alors qu’une légère gêne s’empare d’elle. « Quelque chose comme ça, oui. » marmonne-t-elle, en tripotant le bas de sa blouse d’infirmière. Elle profite de l’instant pour se diriger vers la porte mais une pensée lui revient en tête et il faut qu’elle lui en parle. Rapidement. Je vais vous donner un bon point pour connaître la bonne réponse, alors… Je vous l’aurais bien présentée, vous savez, vu que vous avez l’air d’en être fan, mais elle est passée en coup de vent. Elle sent le ton un peu froissé de son patient et se renfrogne elle-même, puisqu’il le prend ainsi. « Non, non, je ne suis pas une fan ou quoi que ce soit, je l’ai juste reconnue. » se contente-t-elle de répliquer rapidement. Vous lisez la presse féminine, alors ? Je n’avais jamais entendu parler d’elle avant de la rencontrer, personnellement. C’est rare qu’on la reconnaisse dans la rue, d’ailleurs. Ses yeux s’agrandissent légèrement. C’est étrange, des filles comme ça, resplendissantes et pleine d’assurance, même avec une casquette et des lunettes de soleil, on les remarque. « Les magazines de mode, histoire de ne pas louper les dernières tendances. » Elle hausse les épaules. « C’est curieux. Ou alors même si les gens ne la reconnaissent pas, ils se retournent sur son passage. Je suis sûre que c’est ce que vous avez fait quand vous l’avez vue la première fois ! » dit-elle après avoir retrouvé son sourire. Pour une raison assez stupide, Daisy n’éprouve aucune forme d’envie ou de jalousie. Elle aurait pu être envieuse de sa femme, d’être sa femme et jalouse d’elle, pour sa beauté renversante. Mais, au contraire, elle les trouvait physiquement très bien assortis. Et puis, ils étaient mariés après tout, c’est que leur couple en valait la peine. Bien, au lieu de parler d’elle, et avant que vous ne me quittiez encore une fois. Décidément, c’est un sujet qui ne l’enchante vraiment pas. DeeDee n’insistera plus. Peut-être qu’elle le questionne trop sur sa vie privée sans s’en rendre compte. Mais la fin de sa phrase la fait sourire. … Pourriez-vous brancher mon chargeur de téléphone à la prise, s’il vous plaît ? Ca me ferait économiser quelques efforts. Elle acquiesce et s’exécute immédiatement, comprenant que cet exercice le fait se tortiller dans son lit. Alors, quand est-ce que vous allez revenir « officiellement » cette fois ? – « D’ici deux heures environ. J’espère que vous n’allez pas trop vous ennuyer. » finit-elle par ajouter avec un sourire moqueur, en s’éloignant vers la porte avant de quitter sa chambre.

Comme prévu, la voilà de retour auprès de Nathaniel, qui dort paisiblement. Sans bruit, Daisy récupère son dossier puis s’approche du lit et reste quelques instants sans bouger, à l’observer. Elle soupire doucement, s’en voulant à l’avance de devoir le réveiller. En plus, tant qu’il dort, il ne souffre pas. Mais elle n’a pas vraiment le choix. Elle tente tout de même de commencer à décrocher le sachet de la perfusion qui est maintenant vide et au même instant, du coin de l’œil, elle le voit bouger dans son lit et s’arrête net dans ce qu’elle est en train de faire. Pardon, je me suis assoupi. Comment va mon rayon de soleil ? Et un sourire avec ça. Il a le regard tout endormi, ses yeux déjà petits le sont davantage et ça la fait sourire. Il est complètement craquant. « La journée est bien lancée, je suis de retour dans la chambre du patient le plus sympathique du moment, tout va bien. » répond-elle avec dynamisme. Mademoiselle Daisy, pourriez-vous m’accompagner jusqu’à la salle de bains ? J’aimerais me passer un peu d’eau sur le visage, et éventuellement aller au petit coin. Elle voit se relever dans le lit sans avoir attendu sa réponse et le laisse s’asseoir au bord. « Très bien, attendez juste une seconde, je vais enlever la perfusion, vous n’en avez plus besoin, inutile de s’en encombrer. » D’un geste doux mais expert, elle retire le sparadrap qui recouvrait l’aiguille plantée dans son bras, et dans le même temps, en profite pour l’enlever aussi, et pose un petit morceau de coton afin de faire pression à l’endroit où l’aiguille se trouvait. Elle appuie fort pendant quelques secondes, avant de constater que tout va bien. Maintenant elle peut l’aider à se déplacer. Vous permettez ? – « Evidemment, reposez-vous sur moi. » précise-t-elle en lui servant de tuteur et d’appui pour se déplacer plus aisément jusqu’à la salle de bains, tout doucement. Vous êtes grande, en fait. Je comprends mieux pourquoi vous étiez basketteuse, à présent. Vous savez que vous pourriez être mannequin ? Vous n’avez rien à envier à ma femme. Le fait qu’elle l’ait pour mari peut-être ? Elle ne peut s’empêcher de rire à ce qu’il dit, car elle trouve qu’il exagère, et aussi face à la première pensée qui lui est venue. « Les autres étaient plus grandes que moi, en réalité. Ca ne m’intéresse pas trop, ce monde-là. Le côté voyage peut-être, mais suivre un régime, être sous les objectifs… » Elle soupire. « Et arrêtez de me flatter comme ça, surtout en me comparant à votre femme. » dit-elle avec amusement, tant elle trouve que c’est exagéré. Elle pousse la porte de la salle de bains, afin qu’il puisse y accéder plus facilement, et le laisse se tenir à l’encadrement de la porte pour s’en servir de nouvel appui. Il s’avance doucement devant elle. Bien, je vais devoir vous abandonner quelques minutes, j’espère que ça va aller sans moi… Elle a compris ce qu’il lui a dit mais elle est incapable de réagir ou de répondre. Elle sait qu’elle devrait dire quelque chose à cet instant, mais ses yeux se sont posés sur l’espace fendu de la blouse de son patient, qui laisse entrevoir ses fesses musclées. Et Daisy a du mal à s’en détacher, jusqu’à ce qu’elle fasse un mouvement de sursaut en entendant un bruit dans la pièce. Un raclement de gorge. Nate se retourne à son tour en posant les yeux sur la personne qui se tient maintenant à leurs côtés. Maman ! Daisy l’a reconnue et Nate semble aussi surpris qu’elle. Peut-être un peu moins. L’infirmière est légèrement morte de honte à l’intérieur, mais elle essaie d’afficher un sourire chaleureux malgré tout. Bien, je vous laisse quelques minutes, alors. Et il referme aussitôt la porte derrière lui, les laissant toutes deux, avec les yeux de sa mère braqués sur la brune. « Bonjour madame Brady ! Vous allez bien ? » demande-t-elle en s’éloignant légèrement de la porte pour avoir plus d’espace autour d’elle. « Bonjour mademoiselle, bien, bien, si ce n’est mon fils qui me cause du tracas. » ajoute-t-elle en s’approchant de la table pour déposer les sacs qu’elle tient entre ses mains. « Je lui avais apporté un pyjama, mais évidemment, il ne l’a pas enfilé, il préfère rester… ainsi. » Daisy se sent toujours un peu honteuse. La mère de Nathaniel a-t-elle réellement vu qu’elle était en train de regarder le postérieur de son fils ? Sûrement, sinon elle n’aurait pas fait cette réflexion… La honte. « Ah… Je n’étais pas au courant. Il n’a peut-être pas osé demander. En tout cas, tout rentre dans l’ordre. Je lui ai retiré la perfusion à l’instant, puisqu’il peut se nourrir et s’hydrater normalement à présent, donc prendre ses médicaments plus facilement. » - « Oh très bien, c’est une bonne nouvelle ! D’ailleurs, je lui ai amené quelques gâteaux, ce n’est pas gênant ? » demande-t-elle presque en murmurant. « Non, il m’a dit que vous lui apportiez de quoi manger correctement, ne vous en faites pas, je ne le répèterai pas. » Elle voit un sourire satisfait s’afficher sur le visage de la sexagénaire. Elle est bien habillée, légèrement maquillée et elle semble tenir la forme et la ligne. Un léger silence s’installe, on ne perçoit que les bruits provenant de la salle de bains, l’eau qui coule, entre autres. « Je finirai simplement de vérifier que tout va bien, et ensuite je vous laisserai tranquilles. » ajoute Daisy afin de pouvoir s’éclipser rapidement. Elle a bien fait de venir le voir plus tôt ce matin. La porte s’ouvre alors et l’infirmière se rapproche, afin de soutenir à nouveau Nathaniel jusqu’à son lit. Une fois que c’est fait, qu’il est à nouveau confortablement installé, elle commence à s’activer pour prendre sa tension. Elle profite du fait de tourner le dos à la mère de son patient pour lui lancer un regard courroucé. « C’est parfait, comme d’habitude. » Elle passe ensuite à autre chose après avoir noté les informations dans le dossier. « Vous avez mal quelque part, de façon inhabituelle par rapport à ces derniers jours, ou tout va bien ? » Ayant terminé et ne pouvant pas rester autant qu’elle le souhaiterait, elle se redresse, range le dossier, récupère son gros bloc notes avant de se tourner vers Nathaniel et sa mère. « Je vous laisse, si il y a besoin de quoi que… » Mais au même instant, une jolie blonde entre dans la pièce, tout sourire. Daisy ne l’avait jamais vue et se contente de répondre à son bonjour tout en se décalant pour la laisser passer. Médusée et curieuse, elle la regarde saluer timidement la mère du pompier qui semble aussi curieuse que Daisy, au vu de son expression, puis se pencher et déposer un baiser au coin des lèvres de Nathaniel. « Nate, c’est ta … » Le regard de la brune se déplace entre les trois individus présents dans la chambre, puis se fixe sur son patient, alors qu’elle croise les bras. Les idées se bousculent dans sa tête : sa mère ne sait pas qui est cette fille, ce n’est pas sa femme et elle a l’air d’être très proche de lui. Une pensée surplombe les autres : le pompier est un enfoiré.
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Mer 5 Juil - 1:04

Est-ce que je la mets mal à l'aise ? Ma Daisy a soudainement un rire aigu que j'estime tout de même un peu nerveux. Et ça m'arrache un sourire, pas peu fier de la mettre dans l'embarras, mais de façon tout à fait gentille. Je pense qu'elle ne s'attendait pas à ma franchise, mais pourquoi je lui cacherais qu'elle m'a manqué ? Je me suis habitué à elle au fil des jours ici et nous partageons toujours un brin de conversation, toujours trop court à mon goût, et lorsqu'elle quitte ma chambre, j'espère toujours que les heures passeront vite jusqu'à son retour. Parce que dès qu'elle revient, j'en apprends un peu plus sur elle. Et elle sur moi, parce qu'elle me pose autant de questions que je lui en pose. Je ne sais pas si c'est simplement par politesse ou par véritable intérêt, mais je trouve cela plaisant. Et puis avec elle, j'ai l'impression de devenir incontinent verbal, je ne sais pas pourquoi je ressens toujours le besoin de m'exprimer auprès d'elle. Elle me lance sur un sujet et je me sens de lui en parler pendant des heures. Sauf quand elle aborde le sujet Ellis où là mon estomac se noue et je me referme comme une huître. Je préfère que nous parlions d'autres choses, comme de son léger maquillage ce matin. Je lui fais spontanément la remarque, ne pouvant me retenir, comme si elle avait le super pouvoir de faire sortir la vérité de la bouche de ses patients. Ne vous y habituez pas trop, je n’ai pas toujours la motivation de me maquiller tôt le matin. Sa remarque m'arrache un nouveau sourire. Comme je vous comprends ! Un bon sommeil vaut tous les maquillages du monde, n'est-ce pas ? Je suis heureux d'être un homme et de ne pas avoir à passer autant de temps devant le miroir de la salle de bain. Vous verriez le temps que mets Ellis dans la salle de bain lorsqu'elle s'apprête à sortir en soirée avec sa copine insupportable, c'est à s'arracher les cheveux de la tête. Et elle en ressort ultra maquillée, comme si elle s'apprêtait à fouler le tapis rouge d'une grande cérémonie. Alors que moi, je préfère clairement les filles plus naturelles, du style surfeuse qui passe sa vie dans l'eau et non devant le miroir de sa salle de bains. L'absence de maquillage et les cheveux en bataille, c'est ça que je trouve sexy chez une femme. Une femme qui s'assume telle qu'elle est. Et c'est sûrement ça qui m'attire autant chez Daisy. Sa beauté naturelle m'hypnotise tous les jours que je la vois. Aujourd'hui, elle a simplement souligné son regard déjà magnifique, sans mettre quatre couches de machins sur sa figure. Une femme de style, ma Daisy ! Si je puis me permettre, vous êtes jolie également au naturel. Sans vouloir vous draguer, bien sûr, ceci n'étant que la pure vérité. Je lui renvoie un nouveau sourire qui se veut rassurant. Elle doit croire qu'avec tous ces compliments, mon but est de la séduire, mais pas du tout. Et je suis toujours d'avis de complimenter quelqu'un lorsque cela s'avère vrai, c'est bien de dire aux gens ce qu'on aime chez eux. Et je pourrais tellement en dire, déjà, sur mon infirmière préférée.
J'en viens ensuite à lui avouer que ma mère fait de la contrebande de bons petits plats pour nourrir son fils adoré, alors je demande à Daisy de bien vouloir garder le secret. Vous avez vraiment beaucoup de chance ! Elle doit vous aimer très fort, votre maman. Je souris de satisfaction. Privilège de fils unique, que voulez-vous ! Mais c’est promis, je ne dirai rien. Et concernant les douleurs, il faudra prendre votre mal en patience. Et rester tranquille, le plus possible. Je soupire... déjà impatient de mettre les pieds en dehors de cet hôpital. Et pourtant, je sais à quoi m'attendre durant ma convalescence. La kinésithérapie, les efforts et les douleurs seront mes fardeaux durant de longues semaines.  Heureusement, Daisy me fait regagner le sourire quand je comprends qu'elle est venue me voir ce matin pour le plaisir. Je la questionne de façon à ne pas la mettre mal à l'aise, mais la véritable question me brûle les lèvres. Quelque chose comme ça, oui, marmonne-t-elle en guise de réponse, en tripotant le bas de sa blouse, clairement mal à l'aise alors que ce n'était pas le but, au contraire, j'avais pris des pincettes. Mais puisqu'elle est déjà mal à l'aise, autant en profiter. Je vous ai manqué aussi, avouez ! Je fais en rigolant.  Ce petit rose sur ses joues lui va à ravir.
Mais voilà qu'elle ramène le sujet d'Ellis sur le tapis. À croire que ce sujet l'intéresse vraiment. Alors mon visage se ferme automatiquement, bien malgré moi. Je souhaite rester agréable et enjoué face à Daisy, mais ce n'est pas en abordant ce genre de sujets qui va m'aider. Alors je lui parle vaguement d'Ellis, qu'elle a reconnue. Vous savez, moi, les mannequins, je les connais pas vraiment. Certaines sont agréables à regarder, d'autres pas du tout tant il s'agit de sacs d'os, mais je suis bien incapable de vous dire qui est qui. Je ne lis pas les magazines de filles. Et je lance Daisy là-dessus, et elle m’avoue en lire quelques uns. Les magazines de mode, histoire de ne pas louper les dernières tendances. Je hausse un sourcil. Ah, elle est comme ça, ma Daisy ? Une fashionista ? Déception. Mmmh... Je ne vous imaginais pas comme ça, voyez-vous. Mais bon, il faut dire que je ne vous vois que dans votre tenue d'infirmière, alors j'étais loin de vous imaginer mordue de mode, à chasser les dernières tendances. Puis on reparle d'Ellis et du fait qu'elle soit reconnue au quotidien. C’est curieux. Ou alors même si les gens ne la reconnaissent pas, ils se retournent sur son passage. Je suis sûre que c’est ce que vous avez fait quand vous l’avez vue la première fois ! J'aimerais tant pouvoir être de celui qui répondrait non, mais je reste un homme et Ellis est simplement ultra canon, ce qui m'a mis dans le pétrin, d'ailleurs. Je plaide coupable, votre honneur ! Je lui réponds en rigolant. Ellis est une belle femme, à n'en pas douter. Mais… Ne négligeons pas la beauté intérieure, s’il vous plaît. Et ma femme en manque cruellement.
Le sujet Ellis à présent clos, il est temps pour Daisy de partir commencer sa journée de travail, puisque sa visite n'était pas "officielle". Je finis par me rendormir rapidement, le ventre plein et le cœur encore palpitant de cette visite impromptue.

Ce n'est que quelques heures plus tard que je suis réveillé par la sensation d'avoir quelqu'un a côté de moi. Et je découvre ma jolie infirmière. Cela me fait sourire, j’aime beaucoup ce genre de réveils. Alors je m'excuse auprès de Daisy de m'être rendormi, ma voix est légèrement enrouée et je me redresse un peu pour être plus présentable. Je lui demande des nouvelles, en espérant qu'elle ait bien commencé sa journée. La journée est bien lancée, je suis de retour dans la chambre du patient le plus sympathique du moment, tout va bien. Je ne cache pas ma joie en entendant ses mots, même si je pense qu'elle dit ça à tous ses patients par compassion. Elle m'enlève ensuite la perfusion avec sa délicatesse habituelle. Enfin ! C’est une petite victoire et je sais que petit à petit, tout ira mieux.

Daisy accepte de m’accompagner jusqu’à la salle de bains. Je me repose sur elle, comme elle m’invite à faire. Et je remarque qu’elle est en réalité plutôt grande. Je n’avais pas encore eu l’occasion de me tenir debout à côté d’elle, quand elle est là, je suis toujours dans mon lit. Elle devait également ignorer ma taille, sauf si celle-ci est inscrite dans mon dossier. Alors je ne retiens pas ce qui me passe par la tête lorsque je me tiens à ses côtés. Et ça la fait rire. J’aime bien la faire rire, sauf que là, en l’occurrence, ce n’était pas voulu. Les autres étaient plus grandes que moi, en réalité. Oui, j’imagine qu’il y a plus grande qu’elle dans une équipe de basket, même féminin. Ca ne m’intéresse pas trop, ce monde-là. Le côté voyage peut-être, mais suivre un régime, être sous les objectifs… Et arrêtez de me flatter comme ça, surtout en me comparant à votre femme. Je ne comprends pas bien pourquoi je ne pourrais pas la comparer à ma femme. Non, vraiment, vous n’avez rien à lui envier. Je crois que vous avez raison, cependant, au sujet du régime et tout ça. C’est pas vraiment une vie que j’aimerais. Un jour, j’ai supervisé la sécurité d’un shooting photo un peu risqué, alors j’ai pu voir comment ça se passait. Les souvenirs de ma rencontre avec Ann Traur – le mannequin - refont surface. Ann que j’ai croisée il n’y a pas longtemps quand sa maison a brûlé. Des retrouvailles assez électriques… mais finalement on a réussi à retrouver un semblant d’amitié entre elle et moi. Et je plains ces pauvres créatures… C’est pas une vie. Et je suis bien placé pour le savoir. C’est-à-dire ma rupture avec Ann. Et clairement, à part complexer les autres filles… je vois pas trop ce qu’elles apportent à l’humanité. Au moins, vous, vous aidez des gens à guérir, c’est quand même plus utile ! je fais en rigolant avant d’entrer dans la salle de bains. Et je retiens de dire quoi que ce soit lorsque je surprends Daisy en train de loucher sur mon postérieur. Qu’elle en profite ! Mais ça me fait quand même sourire, j’avoue. Sauf que ce court moment de contemplation est interrompu par… ma mère ! Alors pas courageux pour un sou, je m’enferme dans la salle de bains en laissant Daisy l’affronter. Remarque, j’ai rien à me reprocher, moi. Je fais couler l’eau du lavabo, mais je m’empresse de revenir vers la porte pour coller l’oreille à celle-ci et écouter ce qu’elles se disent.

- Bonjour madame Brady ! Vous allez bien ?
- Bonjour mademoiselle, bien, bien, si ce n’est mon fils qui me cause du tracas. Awwww c’est trop mignon. Ma petite maman qui se fait du souci pour moi. Je lui avais apporté un pyjama, mais évidemment, il ne l’a pas enfilé, il préfère rester… ainsi. Oups. Désolé Daisy, tu me sers de bouclier, ma jolie. Mais avoue que cette absence de pyjama nous arrange tous les deux…
- Ah… Je n’étais pas au courant. Il n’a peut-être pas osé demander. En tout cas, tout rentre dans l’ordre. Je lui ai retiré la perfusion à l’instant, puisqu’il peut se nourrir et s’hydrater normalement à présent, donc prendre ses médicaments plus facilement. Je souris, Daisy s’en sort bien. Je peux aller faire pipi, maintenant. Et c’est tellement la galère, je peux vous dire ! J’ai mal de partout, je peux à peine poser la jambe plâtrée sur le sol, je me tiens comme je peux alors que je fais ma petite affaire. Je me lance à moitié à cloche pied du côté du lavabo, mais mes côtes me font un mal de chien. Je termine et j’ouvre enfin la porte.

Alors, qu’est-ce que j’ai manqué ? je fais, tout triomphant, le sourire aux lèvres. Daisy vient à mon secours, dieu merci. Déjà que c’était la galère dans la minuscule salle de bain, je me voyais mal traverser toute la chambre seul. Merci, je fais doucement à Daisy. Je serre les dents pour contrer la douleur alors que mon corps se remet à l’horizontal, et je laisse l’infirmière faire ce qu’elle a à faire. Je me retourne vers ma mère. Tu m’as apporté quoi de bon aujourd’hui ? je demande, impatient de manger quelque chose de décent. Mon regard croise celui de Daisy qui me scrute bizarrement. C’est parfait, comme d’habitude, dit-elle en parlant de ma tension. J’imagine qu’elle ne parle pas de la situation, vu qu’il a l’air d’y avoir la guerre froide au sein de cette chambre d’hôpital. Je t’ai fait des cookies à la banane et au chocolat, mon chéri. Tes préférés ! me répond ma mère avec un sourire adorable. Ah ma petite maman, que ferais-je sans elle ? Elle semble me pardonner un peu plus chaque jour pour sa non-invitation à mon mariage avec Ellis. Vous avez mal quelque part, de façon inhabituelle par rapport à ces derniers jours, ou tout va bien ? me demande Daisy, d’un ton professionnel, un peu trop pour être crédible. En plus, elle sait très bien comment je vais. Je fronce les sourcils en la regardant, tant ça me fait bizarre de la voir comme ça. Mmm non ça va, comme d’habitude, je vous remercie, je lui réponds sur le même temps froid que le sien. C’est totalement étrange, cette ambiance. Alors elle range mon dossier et se retourne vers ma mère et moi alors qu’elle se trouve vers la porte. Je vous laisse, si il y a besoin de quoi que… J’écoute Daisy avec attention, déchiffrant son visage pour essayer de lire ce qu’il peut bien se passer dans sa tête en cet instant, mais lorsqu’elle s’arrête, je bug. La suite ? Non, pas de suite. Parce que Daisy se retourne pour voir la personne qui vient d’entrer dans la chambre. Je n’avais même pas fait attention à elle et là, j’ai l’impression que le ciel me tombe sur la tête. Ca-ta-strophe. Mes yeux s’écarquillent lorsque je vois Athénaïs rentrer d’un pas gai et léger et venir jusqu’à moi. J’ai envie de me cacher sous les draps, de me fondre dans le matelas. Pouf, disparition ! Malheureusement, ça ne peut se passer comme ça, et devant ma mère et Daisy, Athénaïs se penche au-dessus de moi pour me laisser un baiser au coin des lèvres. Tout s’est passé trop vite. Nate, c’est ta… La voix de ma mère résonne plein tube dans ma tête. Oh la la… Je suis dans la merde. Que dois-je répondre à ma mère ? Que dois-je dire à Athénaïs ? Pour Daisy, qui clairement a l’air de me juger puisqu’elle sait qu’Athénaïs n’est pas ma femme… c’est presque moins grave. Même si ça me fait clairement chier, je le reconnais. Je regarde Athénaïs, l’air crispé, et je lui envoie un petit sourire. Elle n’a pas l’air de comprendre la situation, puisqu’elle ne sait pas encore que je suis marié à une autre. Avec elle, c’est tout nouveau, on essaie, on avance lentement, et elle est assez gentille pour venir me rendre visite ici et ne pas me laisser tomber parce que je suis handicapé et je le serai pour de longues semaines. Prenant mon courage à deux mains, j’en viens à la conclusion que la vérité doit sortir. Non maman, ce n’est pas elle. Les yeux de ma mère deviennent durs et sévères, et s’ils pouvaient lancer des éclairs, sachez que je serais déjà mort. Ce n’est pas elle, qui ? me demande Athénaïs, dans son innocence adorable. Je ferme les yeux, prends une grande inspiration, lentement pour ne pas trop me faire souffrir au niveau des côtes, et je me lance. Ce n’est pas ce que tu crois, maman. Je lance un petit regard vers Daisy, presque implorant. Ce n’est pas ce que vous croyez, je corrige. Athénaïs sent le traquenard à des kilomètres et recule d’un pas. Ca me peine de la voir comme ça, ça me peine de lui faire du mal comme ça, sachant qu’elle a déjà assez souffert des hommes. Je m’adresse alors à elle. Athénaïs, ma mère a cru que tu étais ma femme. Son visage change en un point d’interrogation. Ta femme ? Mais pourqu… et ses yeux se posent sur ma main gauche. Ils s’agrandissent et elle recule encore d’un pas. Tu es marié ?! Tu… et moi qui te faisais confiance ! Le ton monte, et je la comprends. Athénaïs, ce n’est pas ce que tu crois ! Mes yeux roulent, j’en ai marre de cette situation. Manquerait plus qu’Ellis débarque, tiens ! Mais oui, c’est ça ! Vous dites tous la même chose. Nate, je… J’attends la sentence qu’elle a gardée pour moi, je baisse le regard en attendant le couperet. Tu me dégoûtes. Je fais une petite moue et je soupire. D’accord, c’est mérité, mais vraiment, ce n’est pas ce que vous croyez, VRAIMENT. Ma mère se lève et s’approche dangereusement de moi. J’aimerais pouvoir appeler Daisy à l’aide, mais je sais qu’elle est dans son camp. Kirsten Brady est une femme qui sait s’imposer quand elle en a besoin. Elle peut paraître douce et accueillante comme elle sait très bien taper du poing quand il le faut. Alors elle prend la même posture que Daisy, à savoir les bras croisés, le regard fusillant, et sa voix est faussement douce. Méfiez-vous de l’eau qui dort… Nate, mon chéri, tu as intérêt à avoir une sacrée bonne explication pour ce que tu es en train de faire à cette pauvre enfant. Je parle d’Athénaïs. Quant à ta femme, nous en parlerons peut-être quand elle sera là ? Dois-je la convier, d’ailleurs ? Autant qu’elle soit là quand tu nous délivreras les raisons de ton comportement déplorable. Tu me déçois, je ne pensais pas avoir élevé un fils comme ça. A chacune de ses phrases, j’ai eu l’envie de me terrer encore un peu plus profondément. Le pire étant que leur révéler la vérité les mettrait en danger. Dois-je vraiment leur expliquer pourquoi ? Ou ai-je encore un peu de courage pour affronter les injures et les remarques comme celles qu’elles viennent de me faire ? Je me sens acculé, c’est pire que de me retrouver pris au piège dans un feu. Je ne peux rien dire, pas pour le moment. Je suis désolé, je finis par sortir d’une voix ferme.  Simplement, croyez-moi quand je vous dis que ce n’est pas ce que vous croyez. La situation n’est pas aussi simple. J’entends Athénaïs souffler à côté de moi. Ah mais je vais la simplifier pour toi, Nate, je ne veux plus jamais te voir ! Et sur ce, elle me tourne les talons et se dirige vers la porte. Ma mère la suit du regard. Athénaïs, je suis désolée que ça se soit passé ainsi, vous méritez bien mieux que mon fils, et je ne pensais pas pouvoir dire ça un jour. Et ça me brise le cœur. Décevoir ma mère est l’une des pires choses qui puissent arriver. Je me pince les lèvres pour ravaler mon envie de clamer mon innocence en racontant la vérité. Voilà, il faut croire que je suis célibataire, à présent. J’espère simplement que quand toute cette affaire sera derrière moi, Athénaïs me croira, m’écoutera et acceptera mes excuses. J’ose à peine regarder les deux femmes qui sont restées près de moi. Quand je vais dire ça à ton père… fait ma mère en pensant tout haut. Mon regard se lève sur Daisy. Elle a assisté à tout ça et doit penser que je suis le dernier des cons. Ou le premier des salauds, à voir. Je suis désolé, je fais, tout penaud. Vous n’aviez pas à assister à tout ça, je suis vraiment navré. Je ne sais pas quoi dire d’autre. Je suis dans une situation plus que délicate. Après ça, je peux dire adieu aux bons gâteaux de ma mère et à mes visites surprises non officielles de Daisy. Oh mon dieu… Ca va être l’ennui total ici. Je veux sortir de là ! Strockis, sors-moi de là, je t’en supplie ! Sors Ellis de ma putain de vie ! J’en peux plus…
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Mer 19 Juil - 0:27



Comme je vous comprends ! Un bon sommeil vaut tous les maquillages du monde, n'est-ce pas ? Est-ce que cet homme sait lire dans les pensées ? Elle lui répond par un simple sourire afin de démontrer son accord sur la question. Si je puis me permettre, vous êtes jolie également au naturel. Sans vouloir vous draguer, bien sûr, ceci n'étant que la pure vérité. L’infirmière tourne à nouveau son regard vers le pompier et ressent encore cette petite chaleur qui envahit son visage. Décidément, elle est sensible à ses compliments ce matin. Il va falloir qu’elle se reprenne un peu. « C’est gentil ! J’en profite tant que je suis encore jeune, d’ici quelques années, il faudra peut-être faire quelques efforts supplémentaires ! » plaisante-t-elle pour faire passer sa légère gêne.
Le sujet varie, et il lui avoue profiter des bons traitements de sa mère, qui le chouchoute en lui amenant des plats qu’il affectionne. Ou du moins, des plats pour éviter ceux de l’hôpital, qui n’ont jamais eu la réputation d’être bons. C’est là qu’il lui donne une information supplémentaire sur lui : il est fils unique. Daisy comprend mieux le caractère mère poule adopté par Madame Brady. Il fait un métier risqué, et elle est sans doute morte de peur à l’idée qu’il ne lui arrive quelque chose. Plutôt légitime comme attitude. Ils parlent, encore, beaucoup, plus qu’avec les autres patients en tout cas. Et ce n’est pas pour déplaire à Daisy, sauf lorsque celle-ci se vend un peu sur les vraies raisons ou du moins celles qu’elle cache un peu pour justifier sa présence si tôt ici. Je vous ai manqué aussi, avouez ! Elle sent le rose monter à ses joues une nouvelle fois, et se contente de sourire, à la fois gênée et amusée. S’il lui a manqué ? Elle ne saurait dire. Et elle ne lui confirmera rien du tout, pas plus qu’elle n’est capable d’infirmer. Puis, elle ramène inlassablement le sujet portant sur sa femme. Elle est curieuse, que voulez-vous. Mais ça finit par dériver sur elle, malin ce Nathaniel. Mmmh... Je ne vous imaginais pas comme ça, voyez-vous. Mais bon, il faut dire que je ne vous vois que dans votre tenue d'infirmière, alors j'étais loin de vous imaginer mordue de mode, à chasser les dernières tendances. Elle le regarde d’un air curieux, puis hausse les épaules avant de donner sa réponse : « Oui, on ne peut pas dire que ça reflète mes tenues habituelles. N’allez pas imaginer que je porte n’importe quoi, juste… Ce qui s’apparente à mon style. » Voilà qui est bien résumé. Je plaide coupable, votre honneur ! Ellis est une belle femme, à n'en pas douter. Mais… Ne négligeons pas la beauté intérieure, s’il vous plaît. Elle en était sûre ! Et elle affiche un petit sourire satisfait. Elle avait vu juste. Elle s’apprête à partir et juste avant de quitter la chambre, elle lui rétorque : « Ca m’étonnerait que vous l’ayez épousée juste pour son joli minois. » Fin de la discussion, la voilà partie pour mieux revenir ensuite.

Elle fait son retour, et son patient a besoin d’un petit coup de main pour aller jusqu’à la salle de bains. Elle est bien contente qu’il soit si volontaire pour commencer à bouger de nouveau, au moins elle n’aura pas à se battre avec lui par la suite. Daisy le soutient du mieux qu’elle le peut, il faut dire que le pompier a gardé sa carrure d’ancien joueur de football. Daisy se sent à nouveau gênée lorsqu’il la compare gentiment à sa femme. Elle préférerait qu’il évite, alors elle le lui signale. Non, vraiment, vous n’avez rien à lui envier. Je crois que vous avez raison, cependant, au sujet du régime et tout ça. C’est pas vraiment une vie que j’aimerais. Un jour, j’ai supervisé la sécurité d’un shooting photo un peu risqué, alors j’ai pu voir comment ça se passait. Mais il en rajoute. Et lui explique davantage les conditions de vie des mannequins. Et je plains ces pauvres créatures… C’est pas une vie. Et je suis bien placé pour le savoir. Et clairement, à part complexer les autres filles… je vois pas trop ce qu’elles apportent à l’humanité. Au moins, vous, vous aidez des gens à guérir, c’est quand même plus utile ! Sa dernière réflexion lui arrache un sourire. Elle relève le visage vers lui, alors qu’il la toise de quelques centimètres. Une fois rétabli, il se tiendra plus droit et lui apparaîtra sûrement plus grand que ça. « Il faut bien des jolies femmes sur papier glacé pour faire rêver les hommes qui n’ont pas la chance d’en avoir une chez eux ! Mais ça, vous ne savez pas ce que c’est ! » dit-elle sur un ton rieur en le menant à bon port, lui ouvrant la porte. « Et il en faut des comme moi pour aider les estropiés. » finit-elle par dire avec amusement, juste avant d’apercevoir quelque chose qui la déconcentre fortement et qui l’incite à avoir une attitude pas du tout professionnelle. Elle est d’ailleurs prise la main dans le sac par la mère de son patient, qui s’est introduite sans bruit, et DeeDee a très envie de creuser un trou dans le mur pour s’enfuir et se cacher loin d’ici, à l’abri du regard de madame Brady. D’ailleurs, Nathaniel a vite fait de refermer la porte, la laissant en face à face. Sympa le type. Elle se sent tout à coup très nerveuse, alors que ça ne lui arrive jamais face à de simples visiteurs. Mais disons que le contexte et le fait d’être prise sur le fait l’ont un peu déstabilisée. Il va falloir qu’elle se ressaisisse rapidement. Cependant, cette venue signifie aussi qu’elle ne pourra pas rester aussi longtemps à discuter avec le beau pompier, comme elle l’avait prévu. Et cela paraîtra vraiment très suspect si elle passe encore une fois, plus tard, dans la même journée. Sauf si il appelle. Peut-être qu’il appellera… La voilà à espérer un coup de sonnette maintenant. Elle a envie de se mettre une claque pour se réveiller, mais la femme ici présente la prendrait sûrement pour une aliénée, alors elle se contente de lui adresser un sourire aimable après leur petite discussion, puis de soupirer dès qu’elle lui a tourné le dos pour évacuer cette tension. Pourquoi ce monsieur lui fait autant d’effet, et pourquoi faut-il qu’elle ait tant envie de passer du temps auprès de lui ? Elle ne fait pas exprès, mais elle les choisit mal, DeeDee. Il faut qu’elle se reprenne au plus vite. Et très étrangement, elle se renfrogne, comme si c’était le seul moyen d’agir inversement. Alors, qu’est-ce que j’ai manqué ? Il sort innocemment de la salle de bains, et l’infirmière se déplace jusqu’à lui pour lui faciliter la tâche sur le chemin du retour. « Pas grand chose. » se contente-t-elle de répondre pour éluder rapidement la question. Sans s’en rendre véritablement compte, Daisy conserve son air renfrogné alors qu’elle prend la tension de Nathaniel, si bien que les regards qu’elle lui envoie n’ont rien d’amicaux, par rapport à quelques minutes auparavant. Elle se sent perturbée et a hâte de quitter la pièce, à présent. Elle lui parle de façon étrange, et elle le ressent elle-même, mais elle n’arrive pas à faire différemment : c’est le même sentiment que lorsque quelqu’un est là pour juger de ses capacités, même réaction. Et son patient lui répond sur le même ton ; elle s’aperçoit à ce moment-là qu’elle est restée trop longtemps dans ses pensées, à ruminer le fait d’avoir été très peu professionnelle quelques minutes plus tôt.
Alors qu’elle annonce son départ, un peu précipité, elle se retrouve à scruter une jolie blonde qui s’ajoute aux personnes présentes dans la pièce. Elle lit la surprise sur le visage du pompier, qui a l’air de chercher une sortie de secours lorsque la jeune femme lui a déposé un baiser au coin des lèvres. Dans l’esprit de Daisy, un schéma se dessine très rapidement et elle est un peu sous le choc. Elle ne s’attendait pas à un coup comme celui-ci de la part de son patient préféré qui, en plus, est marié à une femme absolument magnifique. Cette fille est mignonne mais quand même, à côté de Ellis De Lucca, c’est un cran en dessous.
Le drame démarre sous les yeux de l’infirmière, qui n’arrive pas à quitter la pièce tant elle se trouve sous l’effet de la surprise quant à cette information. Ses yeux se déplacent entre les trois protagonistes et elle se sent complètement extérieure à la situation. Elle capte les émotions de chacun d’entre eux, entre la panique et la frustration qu’elle peut lire sur le visage de son patient, qui se débat entre les deux femmes autour de lui, sa mère qui semble déçue au plus haut point et dans l’incompréhension la plus totale, et la dernière arrivée qui semble perdue, outrée et dégoûtée par son… petit-ami ? Daisy quant à elle assiste à tout ça, les sourcils froncés, le visage fermé, et lorsqu’elle pose ses yeux sur son patient qui semblait si idéal jusque là, elle ressent une profonde déception, et presque une forme de trahison. Elle qui l’imaginait parfait en tout point, si bien assorti à sa femme, gentil, bien élevé… Voilà qu’en réalité il fait partie de ces goujats qui trompent, jouent sur deux tableaux, mentent… Il ne cesse de répéter que ce n’est pas ce qu’elles croient, mais ça semble pourtant assez clair. Il a joué, et il a perdu. Devant sa mère en plus. Daisy ne ressent plus de gêne comme précédemment, elle imagine que les soucis de madame Brady se sont bien éloignés de l’infirmière qui a jeté un coup d’œil sur les fesses de son fils. Lorsqu’il jette des regards dans sa direction, appelant presque à l’aide, Daisy ne prend pas son parti, et reste stoïque : des types dans son genre, elle en a côtoyé, et elle a même été à la place de la jeune femme qui se sent trahie au plus haut point. Alors, elle ne peut que compatir avec elle, et maudire le pompier de traiter ainsi les femmes. Au moment où la blonde prend congés, claquant un peu trop fort la porte alors que cela se passe dans un hôpital, cela fait réagir Daisy, qui se rend compte qu’elle a assisté à une scène qu’elle n’aurait ni souhaité, ni dû voir. Reprenant ses esprits, elle s’active et vérifie autour d’elle si elle n’a rien oublié. Je suis désolé. Vous n’aviez pas à assister à tout ça, je suis vraiment navré. Il affiche un air de chien battu, mais Daisy ne ressent aucune pitié à son égard et se contente de le regarder de la même façon, sachant pertinemment qu’elle ne peut pas camoufler le jugement dans son regard. « C’est moi qui suis navrée. » finit-elle par dire, en tournant à son tour les talons, le laissant aux explications avec sa génitrice.


**

Une semaine plus tard



Toute cette histoire autour de Nathaniel Brady et des femmes a bien fait réfléchir DeeDee. Elle était tellement fâchée contre lui, d’être ainsi, et contre elle-même, d’avoir cru qu’il était un prince des temps modernes, qu’elle a préféré éviter le plus possible ses passages auprès de ce patient. Elle a laissé ses collègues s’en occuper lorsqu’il le fallait, n’est jamais retournée spontanément dans la chambre du pompier, sans aucune raison valable. Elle avait eu très envie de lui dire ce qu’elle pensait de ses agissements auprès de la gente féminine, mais s’était retenue : ça ne la regardait pas du tout. Mais étrangement, elle se sentait un peu trahie. Il lui a présenté une facette parfaite de lui, agréable à souhait, adorable avec elle, avec toujours un petit mot sympathique quand elle se présentait à son chevet. Pour finir par être découvert, avec ses vices. Elle a été tellement déçue. En plus, quelque part, ça lui manquait de discuter avec lui, de plaisanter, et se réfugier dans cette chambre aux ondes positives quand rien n’allait plus au cours de ses journées difficiles. Dorénavant, elle compose sans, préférant accorder davantage de temps à des personnes qui ne l’ont pas déçue, ou qui n’ont jamais vraiment chercher à la connaître, à se faire apprécier auprès d’elle, et donc qui ne risquent pas de la décevoir.
Elle s’en veut de s’être laissée amadouer par le beau pompier, aussi facilement. Et en même temps, elle sait que tout cela ne la regarde pas, ne la concerne pas. Il n’a jamais été incorrect envers elle, et c’est ce qui devrait lui importer. C’est ce à quoi elle pense cette après-midi, alors qu’elle termine sa tournée dans les chambres, pour vérifier que tout va bien, et qu’il ne lui reste plus que cette chambre qu’elle a évité jusqu’à présent. Elle soupire, un peu résignée à arrêter de lui faire la tête, car elle sait que ce n’est pas une partie de plaisir pour lui d’être ici. Alors si le personnel hospitalier n’y met pas du sien… Mais ! Elle s’en méfie à présent. Alors, c’est décidé, toujours pas de traitement de faveur, mais une mine un peu plus souriante à son approche, et quelques mots à échanger. Moins qu’avant, c’est certain.
Il s’en passe des choses dans la jolie tête brune de Daisy, alors qu’elle frappe à la porte et entre dans la chambre 322. Quand ses yeux se posent sur la silhouette du pompier, posée au sol au lieu d’être dans le lit, tout cesse de tourner et elle se hâte à le rejoindre, s’agenouillant à côté de lui, alors qu’elle remarque tout ce qui ne va pas. Que fait-il par terre ? Pourquoi respire-t-il si difficilement, avec son torse qui monte et descend trop rapidement, tandis qu’aucun souffle n’est expiré ? « Qu’est-ce que vous me faites ?! » s’écrie-t-elle en contrôlant son pouls, comptant ses respirations. Elle voit les yeux écarquillés du pompier, braqués sur elle, alors qu’il cherche de plus en plus d’air. Elle se redresse rapidement et se jette sur l’ouverture de la porte, en appelant à l’aide, appelant un médecin, demandant à ses collègues de ramener une injection d’anticoagulant : pour elle, c’est une embolie pulmonaire, qui devra être confirmée en urgence par un médecin, ou un scanner fait très rapidement. Une fois son appel à l’aide fait, elle retourne auprès de son patient, dans l’idée de le calmer. « Ca va aller, ça va aller, Nate, restez tranquille. » Elle voit qu’il ne réagit pas aussi bien qu’elle le voudrait à ses mots pour le calmer. Elle pose alors une main sur sa joue, tandis qu’il continue à chercher de l’air. Le spectacle lui fait mal au cœur, mais tant qu’un médecin n’est pas là, elle ne peut rien faire, n’ayant rien sous la main. « Calmez-vous, le médecin arrive, tout ira bien, calmez-vous. » dit-elle sur un ton qu’elle veut rassurant et calme, alors qu’elle entend les bruits de pas qui arrivent en courant jusqu’à la chambre. Elle retire sa main de son visage, et saisit l’avant-bras du pompier en le serrant fort. Elle donne rapidement les signes qu’elle a repérés pour faciliter le diagnostic à établir et accélérer les prises de décision pour le traitement. Le médecin sur place décide de l’emmener au scanner rapidement, par précaution, et préparer une perfusion avec des anticoagulants. Daisy et un infirmier venu en renfort se chargent de mettre Nathaniel sur son lit, afin d’être rapidement transporté jusqu’à la salle du scanner. Le lit chargé du patient s’en va rapidement, tandis que Daisy reste dans la chambre, ne sachant plus quoi faire, encore sous le choc. Depuis combien de temps était-il dans cet état ? Pourquoi n’a-t-il pas appelé ? Un tas de questions se bouscule dans son esprit alors qu’elle sort de la chambre, penaude, ne sachant plus comment redémarrer au milieu de sa journée.
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Ven 4 Aoû - 0:27

Il faut bien des jolies femmes sur papier glacé pour faire rêver les hommes qui n’ont pas la chance d’en avoir une chez eux ! Mais ça, vous ne savez pas ce que c’est ! Nous parlons d’Ellis, du fait que je sois marié à un top model. Forcément, Daisy porte un jugement sur moi qui est totalement faux. Ca me laisse d’ailleurs pensif et je ne réagis pas vraiment à son intervention. Seule la phrase qu’elle ajoute arrive à m’arracher un sourire. Et il en faut des comme moi pour aider les estropiés. Vous le faites très bien, en plus de ça, je termine, un demi-sourire sur les lèvres. Mais mes pensées sont parties du côté de Charlie. Les jolies filles couchées sur papier glacé n’est pas quelque chose qui me faisait rêver quand j’étais ado, je n’avais d’yeux que pour ma meilleure amie. Les jolies filles, j’en avais une ribambelle qui me couraient après au lycée. Mais mon style à moi, ça n’a jamais été les anorexiques écervelées. La simplicité, c’est ça qui me touche. Charlie était un garçon manqué, celle qui s’en fichait complètement des dernières tendances de la mode, celle qui jouait aux jeux de mecs, qui allait faire les quatre cents coups. Celle qui n’avait pas peur de se salir, de tomber. J’ai pris l’habitude de sortir avec des canons, le genre de filles dont Daisy parle dans les magazines, mais elles sont bien loin de mon idéal. Et je me demande si Daisy, hors de ces murs d’hôpital, fait partie de ces filles. J’ai le pressentiment que non, vu comment elle a l’air naturel, mais je peux être surpris. Et ce serait une bien mauvaise surprise. Tout en réfléchissant, je ne cesse de scruter Daisy et de l’imaginer dans la vraie vie, enfin en dehors d’ici. Je l’imagine sortir avec ses amies, se faire draguer dans les bars. Je crois qu’elle n’a pas de petit ami, en tout cas elle n’en a jamais parlé. Je me demande si elle a un chien ou un chat. Je l’imagine bien avec un chat, à cause de son côté félin qui me séduit beaucoup, je dois bien l’avouer. Vous savez, Mademoiselle Daisy, vous seriez surprise si je vous montrais la face cachée de Nathaniel Brady, j’énonce doucement, plein de mystère. Agréablement surprise, j’ose espérer. Mais elle verrait que je ne peux être catalogué comme homme superficiel qui n’aime que les top models.

Sauf que ce qui se passe ensuite dans ma chambre d’hôpital va définitivement me cataloguer dans cette grande part d’hommes qu’on peut qualifier de « gros connards ». Je ne pensais pas qu’un jour cela m’arriverait. Je ne pensais pas devoir faire face à la fameuse solidarité féminine. Forcément, si on se base sur un mensonge, il y a de gros risques que ça finisse comme ça. Et ça me désespère. Subir les foudres d’Athénaïs, de ma mère puis de Daisy qui ne dit rien mais n’en pense pas moins, c’est loin d’être agréable. Et je me sens comme un pauvre mec, même si j’aimerais que quelqu’un vienne à mon secours.

Alors ça s’est terminé comme ça, ma petite amie m’a quitté, je l’ai blessée alors que ce n’était pas mon intention. Ma mère s’est faite plus rare à l’hôpital. Avant-hier j’ai tout de même réussi à lui faire entendre raison, et elle me fait confiance quand je dis qu’il y a quelque chose que je ne peux pas révéler et qui est à l’origine de toutes ces histoires. Elle garde ses doutes, mais ça s’est amélioré et la tension entre nous s’est envolée. Mon père est même venu me faire la morale. Mais il a compris que quelque chose se tramait là-dessous et je pense d’ailleurs que c’est lui qui a réussi à convaincre ma mère de me laisser une chance. Quant à Daisy… Ce fut une longue semaine. Une très longue semaine où ses venues se sont comptées sur les doigts d’une main. J’ai eu droit à toutes les infirmières du service, je crois. Sauf elle. Et lorsqu’elle était obligée de venir, son ton était froid. Ses regards fuyants. Ses gestes machinaux. Où était partie ma Daisy et sa douceur légendaire ? Sa joie de vivre ? Ma chambre était devenue l’une de ces chambres ternes et sans vie. Heureusement, Otto est venu me voir, Charlie aussi. Je leur ai expliqué le froid polaire qui soufflait dans ma vie, et même s’ils aiment beaucoup se moquer de moi, ils ont été assez compatissants. Ce qui m’a fait chaud au cœur.
Aujourd’hui, pas de visite en vue. Je suis donc seul depuis le début de cet après-midi tristounet, regardant désespérément en alternance l’écran de télévision et celui de mon téléphone. Je finis par soupirer et m’enfoncer dans les oreillers plus trop moelleux de mon lit. Je suis coincé dans ce lit depuis seulement quelques semaines et je m’ennuie déjà. Dire que je n’ai même pas fait la moitié de mon séjour ici… Je vais mourir d’ennui, c’est horrible. Ce matin, j’ai eu un peu mal à la jambe, comme si elle était un peu engourdie. J’imagine que c’est parce que je bouge moins. Les visites de Daisy se faisant plus rare, je n’ai pas envie de trop déranger les autres. Et mon derrière n’a le droit d’être maté que par Daisy. Alors que mes yeux sont fixés sur le néon qui s’étire au plafond, je me mets à ressentir une compression dans mon thorax. Puis alors que je souhaite reprendre mon souffle, c’est là que je commence à tousser et à chercher de l’air comme si j’étais en train d’asphyxier. Mon corps se raidit, je serre les poings et les yeux pour mieux endurer la douleur. L’étau qui enserre ma poitrine se fait plus fort et tout se contracte dans mon corps, au point que mon abdomen commence lui aussi à me faire mal. Je me rends compte que j’hyperventile, ce qui n’est pas du tout bon. Je décide alors d’appeler les infirmières, tout ça n’est pas normal, et j’essaie tant bien que mal de ne pas paniquer. La tête me tourne, surtout le manque d’oxygène et la ventilation trop rapide et difficile. La vision légèrement troublée, je tends le bras vers la tablette à côté de moi pour attraper la télécommande d’appel, mais elle est trop loin. Je dois rouler et me pencher pour pouvoir l’atteindre, alors je puise dans le restants de mes forces pour tendre le bras plus loin. Mes doigts touchent la tablette que je tente de rapprocher, comme elle est sur roulettes. Mais je perds l’équilibre et en un rien de temps, je me retrouve à plat ventre par terre, et l’atterrissage me fait pousser un cri étouffé. Mes côtes cassées n’ont pas du tout apprécier et je sens mes forces me quitter. Mais je ne suis pas loin, je dois me relever, encore quelques petits efforts et j’y suis presque. Je me mets à tousser frénétiquement, je peine à reprendre mon souffle et je commence à transpirer plus que de raison. Tout tourne autour de moi, mais je lève le bras pour m’accrocher à la tablette et essayer de me relever, mais mes muscles ont décidé de ne plus répondre à mes ordres et je finis par m’écrouler, à bout de forces. Je reste là, inanimé, allongé sur le côté et sur le lino clair du sol, la porte de ma chambre en ligne de mire. Je peux peut-être me trainer jusqu’à elle… Mais je sens que je vais finir par m’étouffer si jamais j’essaie de faire le moindre effort. Alors je reste là, les yeux clos, me concentrant sur la respiration que je dois trouver pour survivre. J’essaie de me calmer le plus possible, ralentir mon cœur que je sens battre à tout va dans ma poitrine serrée. Est-ce que c’est comme ça que je vais mourir ? Peut-être. Moi qui me suis toujours imaginer mourir soit de vieillesse, soit dans les flammes. Dieu m’a donné un court répit après mon accident, j’en ai profité. J’ai rencontré l’un de ses anges, Daisy, même si aujourd’hui j’ai la sensation qu’elle m’a bien laissé tomber. Mais je ne lui en veux pas. C’est serein que je souhaite partir. Et si cela doit arriver aujourd’hui, je préfère penser à ses sourires et à sa douceur que sa froideur des derniers jours. Je ne sais pas combien de temps il me reste, alors je ferme les yeux, pour revoir les personnes que j’aime dans mes souvenirs. Ils s’agitent, là, et ça arrive à me faire sourire. J’entends ma douleur dans le sifflement de ma respiration, mais j’essaie de ne pas y prêter attention. Ces minutes d’agonie me paraissent une éternité et peut-être que je vais bientôt voir ma vie défiler sous mes yeux… En attendant, je vais me reposer… Et je me sens partir à moitié, toujours luttant pour inspirer un peu d’air. Vous savez ce qui me fait le plus mal ? C’est de partir ainsi en laissant une mauvaise image à ma mère, à Athénaïs et à Daisy. Vous parlez d’un héros… Je suis loin d’en être un, à leurs yeux. Mais je n’ai pas la force de vouloir me défendre, c’est ainsi qu’elles se souviendront de moi, tant pis. Mes lèvres sont à présent asséchées, ma bouche grande ouverte pour chercher un brin d’air. Toutes mes forces restantes sont mises à contribution, pour ce simple geste qu’est de respirer. Si je me voyais dans un miroir, je pourrais voir que mon visage tire à présent vers le bleu, comme tout le reste de mon corps. Heureusement qu’aucun objet alentour ne peux me renvoyer cette image qui me ferait trop peur.
Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé depuis ma chute, mais j’entends quelqu’un qui frappe à ma porte. Ou est-ce mon imagination ? Je rouvre les yeux avec peine, je suis incapable de bouger à présent. Ma respiration est bruyante mais je m’y suis habitué. La silhouette de Daisy apparait dans la chambre et je me demande si je suis déjà mort ou pas. Si son apparition a quelque chose de divin, ou si elle se trouve réellement dans ma chambre. Sans réagir, je la regarde s’agenouiller près de moi. Qu’est-ce que vous me faites ?! Je ne peux répondre, mais mes yeux se plantent dans les siens et étrangement, la peur s’empare de moi, d’un seul coup. Je ne sais pas si Daisy va pouvoir me sauver, mais je n’ai pas envie qu’elle me voie mourir sous ses yeux. Peut-être que je devrais faire confiance à Dieu et laisser son ange faire son travail… Dai… sy… j’arrive à prononcer dans un souffle, ce qui m’a déjà épuisé et refait partir une quinte de toux. Mon infirmière se relève et me laisse seul, j’imagine pour chercher de l’aide alors que moi, je continue de chercher de l’air. Je suis épuisé et si je ne luttais pas, je me laisserais partir. La jolie brune revient près de moi et je tente un sourire, parce que ça me fait plaisir qu’elle soit là, à présent. J’ai regagné espoir et je vais sûrement m’en sortir. Ca va aller, ça va aller, Nate, restez tranquille. Sa voix est douce et apaisante et je me sens glisser. Et elle pose sa main sur ma joue et là, bien que ce geste soit empreint d'une extrême douceur, ça me fait comme une décharge, une subite envie de revenir à moi. Je rouvre les yeux pour les plonger dans ceux de Daisy, ces yeux qui me charment depuis l’instant où je l’ai vue. Par le regard que je lui lance, je la supplie de faire de son mieux pour me sauver. J’ignore ce que j’ai. Calmez-vous, le médecin arrive, tout ira bien, calmez-vous. L’air me manque, je peine terriblement à respirer, j’ai l’impression d’étouffer. Elle finit par retirer sa main et j’ai à nouveau envie de me laisser glisser dans les limbes. Mais, les yeux à présents clos, je sens une chaleur irradier au niveau de mon avant-bras, lorsque Daisy y pose sa main. Elle reste près de moi, et cela me rassure. Mon cœur tambourine à tout rompre, mais cela ne m’inquiète plus. Je laisse la machine du corps faire son travail, peut-être rendra-t-elle son dernier souffle dans peu de temps, je n’ai plus la force de lutter à présent, et je me sens bien, près de mon infirmière, peu importe si elle arrivera à me sauver. Je suis en train de lâcher prise et je me sens transporté, bousculé. Puis emporté. Et je ne sens plus la pression sur mon bras, ce qui me contrarie. Je rouvre péniblement les yeux pour tenter de comprendre ce qu’il se passe et je vois Daisy qui s’éloigne de moi, je n’ai même pas eu le temps de déchiffrer l’expression de son visage, ce qui habituellement m’occupe quand elle est près de moi. Je n’ai même pas assez de force pour dire quoi que ce soit, mais cela ne me plaît pas du tout. Pourquoi ne vient-elle pas ? Où m’emmènent-ils ? Le sifflement de ma respiration s’intensifie encore et je manque de m’étouffer en toussant. Mon corps subit quelques spasmes alors que je tente de respirer. C’est vraiment trop difficile. Je suis à nouveau transporté quelque part et j’entends le bruit d’une machine. Un filet d’air arrive encore à passer entre mes lèvres et je me concentre là-dessus. Daisy n’est pas là, je ne veux pas mourir ici. Un nouvel assaut de courage m’envahit et je lutte de plus bel. Inspirer… Expirer… Inspirer… Expirer… Je suis ensuite transporté dans une salle où je suis mis sous respirateur et j’ai dû recevoir un traitement  car ma respiration s’améliore comme par magie, et cessant ainsi de lutter, je finis par m’endormir. Cependant, c’est dans ma chambre que je me réveille, il fait nuit à présent, plus de rayons de soleil qui percent les stores. Une simple lampe de chevet éclaire la pièce. Comme à mon réveil après mon accident, je porte un masque et je me sens épuisé. Mes yeux observent les alentours et la silhouette postée à côté de moi m’est familière. Daisy est assise sur le fauteuil à côté de mon lit, sa tête posée sur son avant-bras, elle est assoupie. Ma main cherche la sienne et la trouve, je ne sais pas comment la remercier de m’avoir trouvé suffisamment tôt pour me sauver. Mon pouce caresse machinalement sa peau et je referme les yeux pour me rendormir, je me sais à présent en sécurité. Quand je rouvre les yeux, le soleil a refait son apparition. Bien perché dans le ciel, la luminosité de la pièce est éblouissante. Je m’attends à retrouver Daisy à mon chevet, la dernière fois que j’ai ouvert les yeux, elle était là. Mais aujourd’hui, ma mère occupe le fauteuil. Je me sens nul de ressentir ça, mais c’est bien la déception qui m’envahit. Ma pauvre maman, elle qui est toujours là pour moi, je suis un fils ingrat. Mais je dois bien reconnaître aujourd’hui que Daisy occupe à présent la plus grande partie de mes pensées. Et je comprends bien ce qu’il se passe, et ça sent pas bon pour moi, ça. Parce que je sais bien comment ça va se passer, ce sera des illusions, de la déception, et un cœur brisé. Comment pourrait-elle envisager d’être avec quelqu’un comme moi alors que je suis un homme marié qui trompe sa femme avec une autre qui ignorait la situation tout en flirtant avec sa belle infirmière ? J’ai l’impression d’être retourné à l’époque du lycée où je n’avais que faire des états d’âme de mes « proies ». Je comprends pourquoi je n’ai personne qui m’aime aujourd’hui, que je n’ai pas réussi à construire de famille, voici ma pénitence. Alors je regarde à nouveau le plafond de ma chambre que je connais maintenant par cœur et je soupire dans mon masque. La machine familière émet son son discret pour me fournir l’oxygène nécessaire. Je me sens fatigué, mais il m’est impossible de dormir à nouveau. Je me demande ce que fait Daisy, est-elle ici à l’hôpital ou bien chez elle ? Elle ne me donne plus de nouvelles, maintenant. Elle me méprise et je ne peux la blâmer pour ça. Même si elle se trompe sur mon compte, les apparences sont trompeuses. Mais elle est restée, cette nuit, à mes côtés. Est-ce par pur professionnalisme ou pour une autre raison ? Penser à elle commence à devenir de la torture… Mais quelle douce torture… En tout cas, aujourd'hui, je lui dois la vie. Daisy m'a sauvé, si je suis en vie, c'est tout bonnement grâce à elle. Comment pourrai-je un jour la remercier pour ce service incommensurable ?
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Jeu 10 Aoû - 14:11


Le voir ainsi l’a profondément bouleversée. Depuis que ses collègues l’ont emmené au scanner, Daisy a du mal à décrocher ses pensées du pompier qu’elle boudait depuis plusieurs jours. Elle a poursuivi sa journée de travail, côtoyant ses autres patients auprès desquels elle a redoublé d’attention, de peur de rater le moindre symptôme suspect ou de manquer simplement de présence d’esprit, de présence tout court. Tandis qu’elle change des sachets pour les perfusions, qu’elle s’enquit de savoir si tout va bien, dans un coin de sa tête, une petite phrase tournoie : et si je n’étais pas passée ? Elle se sermonne en se rappelant qu’il n’y a pas eu de conséquence désastreuse. Nathaniel Brady a bien fait une embolie pulmonaire, c’est ce qu’a confirmé le scanner et ce que lui ont dit ses collègues pour la mettre au courant au sujet de son patient. A sa pause, ses collègues l’ont rejointe, pour discuter et lui changer les idées. Mais aussi, la connaissant, pour la rassurer et lui faire comprendre qu’il a eu de la chance qu’elle décide de passer voir comment il se portait. Elle leur avait raconté la scène à laquelle elle avait assisté une semaine plus tôt, et la déception qui en avait découlé au sujet de ce pompier qui semblait parfait sous toutes les coutures. Par la même occasion, ses collègues avaient remarqué que DeeDee n’allait plus lui rendre autant visite. Cette dernière regrette un peu à présent, de s’être laissée avoir et d’avoir accordé si vite autant d’attention à cet homme, marié qui plus est. Pourquoi s’était-elle si vite attachée à ce personnage ? Parce qu’il représentait un peu ce qu’elle cherchait et ne trouvait pas, finalement. Mais les masques étaient tombés, comme d’habitude.
Daisy boit son café sans rien ajouter, écoutant simplement ses collègues discuter autour d’elle, puis abandonner le sujet et passer à autre chose. De son côté, elle réfléchit, puis se lève et se dirige vers le secrétariat. Là, elle demande à la secrétaire de lui fournir le numéro de la mère du patient de la 322. C’est la personne à prévenir en cas de problème, et en l’occurrence, elle doit apprendre ce qui s’est passé. Daisy emprunte le téléphone puis va se mettre dans un coin du couloir pour donner son appel. Avec des mots rassurants, elle explique ce qui est arrivé à Nathaniel, insistant sur le fait que maintenant tout va bien, qu’il a juste une aide respiratoire temporaire le temps de retrouver des forces, ainsi que quelques examens supplémentaires pour surveiller sa coagulation. Au vue de l’heure tardive, la mère de son patient lui explique sur un ton coupable qu’elle ne pourra passer que le lendemain, et qu’elle la remercie. Daisy lui explique qu’elle n’a pas à s’en vouloir, puisqu’il va sûrement dormir jusqu’au lendemain, après l’épuisement ressenti au cours de l’après-midi. Mais Madame Brady ajoute ensuite qu’elle est bien embêtée qu’il lui soit arrivé cela, car à l’occasion du 4 juillet, de la fête nationale, elle et son mari avaient réservé une soirée qu’ils ne peuvent annuler et Nathaniel va se retrouver seul après l’épreuve qu’il a subi. L’infirmière s’emploie à nouveau à la rassurer en expliquant que le personnel médical redoublera d’attention à son égard. Après quelques remerciements, la conversation se termine là.
Il est presque l’heure de quitter l’hôpital, et DeeDee traîne dans le bureau, à ranger les dossiers de la journée qui sont complètement déclassés. Elle est passée deux fois, discrètement, cet après-midi pour voir comment allait Nathaniel, en restant près de la porte afin de ne pas déranger son sommeil. Elle est tellement soulagée qu’il aille bien à présent. Les images ont du mal à s’effacer dans son esprit. « Allez DeeDee, rentre te reposer et profiter de cette pause en milieu de semaine. Tu as fait du bon travail aujourd’hui ! » C’est Ashley qui vient lui tapoter l’épaule en posant ensuite son visage dessus pour lui faire un câlin. « Oui, je ne vais pas tarder, je finis juste de ranger tout ça, histoire de. » Histoire de s’occuper les mains, l’esprit et de reculer le moment où elle devra s’en aller et le laisser aux mains de ses collègues. Ca l’agace de s’inquiéter autant. Elle soupire longuement en regardant la silhouette d’Ashley qui file au fond du couloir en direction de la sortie. Daisy termine enfin de tout ranger, et au moment de se diriger à son tour vers la sortie, son regard se tourne vers la 322. Elle sent les clés de son casier dans sa main plongée dans sa poche. Finalement, sa main se retrouve posée sur la poignée de porte et la voilà qui s’installe dans le fauteuil posé à côté du lit de son patient. Un faible sourire s’inscrit sur ses lèvres quand elle pense qu’elle a permis de le sauver en le trouvant au bon moment. Elle s’enfonce un peu plus dans le fauteuil, sans le quitter des yeux. Elle pense à sa mère, qui aurait pu perdre son fils unique. Elle pense à toutes les personnes qu’il a dû sauver au cours de ces dernières années, et à celles qu’il a sauvées plus récemment, le faisant atterrir ici. La brune se redresse un peu, vérifiant les appareils qui sont branchés, la perfusion qui continue de lui fournir un anticoagulant. Tout a l’air d’aller bien. Ses yeux se posent sur l’heure qu’indique sa montre, et elle décide de rester encore un petit peu, après tout, elle est en congés à l’heure qu’il est, pour les deux prochains jours : elle a du temps devant elle. Sans le sentir, après avoir feuilleté les magasines qui se trouvaient sur la table de chevet, la fatigue l’emporte et doucement Daisy se recroqueville sur le fauteuil, posant sa tête sur son avant-bras, et gardant une main sur le lit de Nathaniel, sans s’en rendre compte.
Lorsqu’elle se réveille, elle sent sa main coincée et ses yeux se posent sur les doigts de Nathaniel qui enserrent sa main. Il s’est réveillé alors ? Elle relève le visage et l’observe : il dort paisiblement. L’heure affichée sur sa montre la surprend, elle se passe une main dans les cheveux et sur son visage endormi, puis tout doucement, elle retire sa main, en veillant à ne pas le réveiller et se lève pour enfin rentrer chez elle, non sans regarder une dernière fois le pompier qui dort profondément.


4 juillet.

Daisy avait réussi à obtenir le quatre ainsi que le cinq juillet en jours de congé, afin de profiter de la fête nationale pour s’amuser avec ses amis et s’en remettre tranquillement le lendemain. Si elle n’était pas du genre à sortir tous les weekends et boire à outrance, elle s’était toujours réservée l’excès pour cette soirée en particulier. L’ambiance qui règne partout en ville à cette date est enivrante, tout le monde est heureux et fier d’être Américain. Les drapeaux flottent derrière les voitures qui roulent à toute vitesse dans les rues, les gens rient aux éclats, les voisins font leur propre feu d’artifice, les maisons avec piscine sont les meilleurs endroits pour faire dignement la fête, soi-disant. Alors, aujourd’hui DeeDee décide de prendre soin d’elle. Elle commence sa journée en appliquant des huiles sur ses cheveux pour les chouchouter, puis ce sont les gommages, le bain, la crème hydratante, le vernis à ongles… Bref, elle passe sa journée à penser à elle, tout en regardant ses séries préférées. Elle appelle aussi ses amies, pour savoir quelles tenues elles ont choisi, histoire de ne pas être totalement dépareillée. Daisy n’aime pas se démarquer énormément et préfère se fondre dans la masse, ça la rassure. D’après ce que les filles lui ont dit, ça varie largement pour lui laisser carte blanche finalement. Alors elle se tient devant son mini-dressing que son frère lui a monté et elle observe longuement ses vêtements. Elle sort plusieurs tenues, les essaie et ne sait pas quoi choisir. Elle consulte la météo, les prévisions pour la soirée. Grand beau temps, des températures agréables. Ca lui laisse encore toujours autant le choix. Elle soupire en regardant son téléphone. Puis elle cède à la tentation : elle appelle l’hôpital. « Ashley ? C’est DeeDee. Comment ça se passe sans moi aujourd’hui ? » - « Nous sommes perdues sans toi ma belle ! » lui répond-elle sur un ton rieur qui met du baume au cœur à la brune. « J’te crois même pas. Dis-moi, comment va notre pompier ? » - « Ton pompier tu veux dire ? Il va bien, il reprend du poil de la bête, il est sage, il garde bien son masque. Sa mère est passée tout à l’heure. » - « Surveillez-le bien, il nous fait des sales coups celui-là. Bon courage Ash, bisous. » Et elle raccroche, avec un petit sourire. Bon alors, quelle tenue ?

Elle n’a pas prévu ça. L’idée lui a traversé l’esprit alors qu’elle prenait un taxi pour aller rejoindre une amie. Elle s’y est rendue, elle est restée un moment. Mais l’idée ne la lâchait plus, et elle ne savait plus quoi en penser. Au moment où elles étaient prêtes à partir pour rejoindre leur groupe et se rendre sur le port pour observer les feux d’artifice avant d’aller faire la fête en ville, elle s’était excusée, éclipsée, promettant de revenir un peu après. Elle les appellerait. Daisy a pris un nouveau taxi et s’est retrouvée juste ici, devant l’hôpital.
Elle se sent un peu bête en marchant dans ce couloir, en poussant une chaise roulante vide. Habillée d’un short en jean et d’un petit haut ample rose clair, avec des sandales plates, elle n’a rien de l’infirmière qui déambule ici toute la semaine. La belle en a profité pour laisser ses cheveux détachés, et une fois devant la porte de la chambre 322, elle les arrange une dernière fois avant de souffler un coup. Qu’est-ce qu’il va penser de son intervention ? Si ça se trouve, il sera tellement fatigué qu’elle aura fait ça pour rien. Elle s’encourage mentalement, toque à la porte et entre, en poussant devant elle le fauteuil roulant. « Bonsoir ! » lance-t-elle joyeusement. Le pompier est cloué dans son lit, la télé allumée, pile sur la chaîne programmée pour diffuser les feux. Elle lâche le fauteuil roulant pour s’approcher de lui, et tend la main dans sa direction afin de réclamer la télécommande de la télé. Elle la dirige ensuite vers l’écran et le met en veille. « Allez, assez de télé pour aujourd’hui, ça suffit. » Elle s’écarte et ramène plus près la chaise roulante. « Je vous ai trouvé un carrosse, pas mal non ? Je vous emmène faire un tour. » Face à la mine surprise qu’il affiche, elle ajoute rapidement : « Pas très loin, toujours à l’hôpital, je ne vous kidnappe pas, rassurez-vous. » Le voir éveillé et dans un état normal lui fait plaisir, sûrement un peu trop. Il faut dire qu’il lui a fait une peur bleue. Elle regarde un peu sa perfusion, pour voir comment elle peut installer tout ça avec le fauteuil. Elle peut l’attacher là, si elle trouve une petite serviette ou un petit torchon, peut-être dans la salle de bains… Daisy s’arrête un instant dans ses réflexions et regarde son patient. « Comment vous vous sentez aujourd’hui ? Un peu fatigué ? » Elle se rend compte qu’elle va peut-être l’épuiser avec son idée, en fait, c’est peut-être pas si bien. Mais ça ne lui ferait pas de mal de prendre l’air quand même. Alors elle va simplement le motiver s’il en a besoin. Elle s’éclipse un instant tout en se retournant vers lui pour lui signifier qu’elle l’écoute, avant de rentrer dans la salle de bains à la recherche d’un bout de tissu. Elle revient et manipule la chaise roulante pour la rapprocher du lit et laisser le passage pour la perfusion et son tuteur qu’elle va tout simplement ligoter à la chaise roulante afin que tout se déplace en même temps. Lorsque c’est fait, elle est plutôt satisfaite de son travail. « Je n’ai plus qu’à vous installer là-dedans. Donnez-moi votre main et prenez appui sur moi. » Elle le laisse faire, se mettre au bord du lit, en faisant attention que sa jambe plâtrée ne touche pas le sol, puis elle lui sert d’appui lorsqu’il finit par se laisser tomber doucement dans le fauteuil. « Parfait. » commente-t-elle, son regard à la recherche d’un petit plaid. Elle ouvre un des placards et trouve une petite couverture. « Tenez, comme vous êtes affaibli, mieux vaut prévenir que guérir. » Elle lui pose sur ses genoux et le laisse la déplier. « C’est tout bon, je vous emmène ! » Elle va ouvrir la porte préalablement puis pousse le fauteuil jusque dans le couloir avant de refermer derrière eux. Daisy se sent toute bizarre en se trouvant ici, mais sans sa tenue d’infirmière et toutes ses responsabilités. Elle regarde autour d’elle, à la recherche de la silhouette de ses collègues pour les éviter au mieux. Elle n’a aucune envie d’être aperçue ici avec… « DeeDee ! Qu’est-ce que tu fais là ? » Grillée. Elle se retourne, un peu gênée, puis reprend de la contenance. « Je suis là en tant que visiteuse aujourd’hui ! Je lui fais faire une petite balade. » Elle hausse les épaules, afin de se donner un air décontracté, genre tout est normal. Sa collègue lui envoie un petit regard suspicieux ainsi qu’un sourire qui promet qu’elle sera cuisinée en temps voulu. « D’acc, alors bonne soirée. » Daisy lui renvoie la politesse et pousse à nouveau le fauteuil roulant jusqu’au bout du couloir où se trouve un balcon bien exposé.
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Dim 13 Aoû - 1:29

Maman est partie vers dix-sept heures, elle est restée avec moi tout l’après-midi, mais ce soir, pour ce quatre juillet, elle était attendue avec mon père à une soirée organisée par les pompiers. La présence de mon père, haut gradé, est obligatoire et sa belle à ses côtés également. Alors au lieu d’être avec eux et mes collègues, me voici seul, abandonné dans cette chambre d’hôpital. Je me remets doucement de mon embolie pulmonaire. J’ai pour ordre de garder mon masque qui m’aide à respirer, mais évidemment, je l’ai retiré dès que ma mère a franchi le seuil de la porte en partant. Sérieusement, je n’en ai plus besoin, je respire normalement à présent. Mais je suis toujours sous perfusion et on m’a dit qu’il s’agissait d’anticoagulant, vu ce que j’ai eu, c’est vraiment nécessaire. Et je dois marcher le plus possible, alors j’ai déambulé dans les couloirs, aujourd’hui, avec ma paire de béquilles. J'ai guetté si Daisy ne se trouvait pas par là, mais on m’a dit qu’elle était de repos. Cela m’a déçu, même si je suis heureux qu’elle puisse profiter de ces jours de repos pour célébrer le jour de l’indépendance, surtout qu’il s’agit de ma seconde fête préférée après Noël. Mais j’ai été déçue de ne pas pouvoir la remercier comme il se doit. Elle m’a sauvé la vie, elle est arrivée au bon moment dans ma chambre alors que j’étais sur le point de rendre l’âme. Elle est mon ange gardien, je pense que Dieu a mis Daisy sur mon chemin pour cette raison. J’ai drôlement envie de la voir et je ne sais pas comment faire pour la remercier comme il se doit. Elle va me répondre que c’est son job, comme c’est le mien, de sauver des gens, mais vraiment, j’ai été si proche de la mort que je me sens tellement redevable envers elle. Il est dix-neuf heures, mon dîner a été servi un peu plus tôt et je n’ai quasiment rien mangé. Cette nourriture m’écœure vraiment. Maman m’a apporté des muffins et je suis en train d’en dévorer un quand Otto m’appelle. Nous discutons un peu au téléphone, il s’excuse de ne pas être disponible ce soir et regrette mon absence à notre soirée annuelle du quatre juillet. Ce soir, j’aurais dû être en train de faire un bon barbecue avec les copains, et on serait allés sur Long Beach pour voir le feu d’artifice. Au lieu de ça, me voilà toujours coincé sur mon lit d’hôpital. Il y a de quoi devenir fou ici. J’ai allumé la télé, histoire de voir le spectacle, même si c’est à travers un écran. Je n’ai jamais manqué cette célébration de toute ma vie, hormis lorsque j’étais en intervention ce soir-là, et ce n’est pas aujourd’hui que ça va changer. En attendant, comme Otto m’a rapporté ma guitare, je gratte un peu. Le personnel revient pour me retirer mon plateau repas quasi intact. J’ai dû leur préciser que je n’avais pas faim ce soir. Puis à nouveau le silence dans la chambre et les minutes qui s’égrainent lentement. Je joue quelques ballades d’Elvis, j’adore Elvis. Et je finis par reposer ma guitare, lassé. Je me remets dans mon lit, pour m’y asseoir. Et je regarde la télé. Il y a peut-être une rediffusion d’un match de football sur l’une des chaînes… Je zappe, mais je m’ennuie. Les feux d’artifice vont bientôt commencer, mais ce n’est pas encore pour tout de suite. Je soupire. Puis je souris quand quelqu’un frappe à la porte. Il n’y qu’une personne qui frappe comme ça, et tout d’un coup, le monde paraît plus léger. Daisy fait son apparition dans ma chambre, habillée en civile, c’est la première fois que je la vois sans sa tenue d'infirmière. Petit short en jean et un haut large et rose, une couleur qui lui va sublimement bien au teint, elle est toute jolie. Ses cheveux sont lâchés et tombent sur ses épaules dénudés. Wow, ce qu’elle est belle. Je sens mon cœur qui s’affole, comme à son habitude quand elle est dans les parages, et je ne peux m’empêcher de sourire en la voyant, le regard pétillant et plein de vie. Quel contraste avec tout ce que je pouvais ressentir quelques secondes plus tôt, avant son entrée ici. Je prends conscience que la vie a une saveur toute particulière lorsqu’elle est là. C’est délicieux. Tout simplement délicieux. Bonsoir ! me dit-elle d’un ton enjoué. Bonsoir Mademoiselle Daisy ! Vous venez me chanter ma berceuse ? je demande en plaisantant, un énorme sourire affiché sur mon visage. Je la vois qui rentre franchement dans la chambre, poussant un fauteuil roulant vide. Viendrait-elle me kidnapper ? L’idée me séduit carrément. Je ne peux m’empêcher d’observer ses moindres faits et gestes. J’aime tellement sa grâce lorsqu’elle se déplace. Et lorsqu’elle s’approche de moi pour me demander de lui céder la télécommande de la télévision, je sens son parfum enivrant. Mais quel délice, vraiment ! Je suis tout excité de la voir ainsi, dans sa tenue civile. Mes yeux descendent le long de ses longues jambes fines qui vont à présent hanter mes rêves, et je vois qu’elle porte des sandales plates. Elle est parfaite, cette Daisy. Juste ce qu’il faut de coquetterie et de féminité. Ca me change de ma greluche qui serait forcément perchée sur au moins dix bons centimètres de talons, portant des robes à paillettes, elle se croit sans cesse sur des tapis rouges. Pour la discrétion, on repassera. Alors que Daisy… Bref, je ne vais pas vous faire un dessin, tout de même. Allez, assez de télé pour aujourd’hui, ça suffit. Mais dites donc, c’est qu’elle donne des ordres maintenant ! Et je ne sais pas pourquoi, mais cela m’excite encore plus. Je vous ai trouvé un carrosse, pas mal non ? Je vous emmène faire un tour, m’annonce-t-elle en rapprochant le fauteuil. Je la regarde de manière un peu suspicieuse. Pas très loin, toujours à l’hôpital, je ne vous kidnappe pas, rassurez-vous. Je rigole et je réponds illico. Dommage, je serais allé au bout du monde avec vous, vous savez ! Ce sera peut-être pour une prochaine fois… j’informe ma belle infirmière avec un petit sourire coquin. Et puis Daisy bouge dans tous les sens, elle s’affaire à vérifier des trucs, et je la laisse faire en silence, mais je l’observe, toujours captivé par ses mouvements et sa gestuelle. Comment vous vous sentez aujourd’hui ? Un peu fatigué ? me demande-t-elle alors avant de partir dans la salle de bains puis de revenir. Eh bien si vous voulez tout savoir, vous avez brillé par votre absence aujourd’hui, et je voudrais d’abord vous remercier de m’avoir juste sauver la vie hier. Je sais, ce n’est qu’une broutille, mais tout de même. Nos regards se croisent et je me sens à nouveau comme dans une bulle avec elle. Et j’ai chaud tout d’un coup. Alors merci, Daisy. Sans vous, je pense que je ne serai plus là… Elle trifouille le fauteuil, j’ignore ce qu’elle fait, et je m’en fiche. Je la regarde et elle est là, c’est tout ce qui compte. Et ça va, je me suis bien reposé aujourd’hui, je dis pour répondre véritablement à sa question. Je n’ai plus qu’à vous installer là-dedans. Donnez-moi votre main et prenez appui sur moi. Elle est sérieuse ? Je la regarde d’un air dubitatif puis je comprends qu’elle est réellement sérieuse. Okay. Parfait, c’est parti ! Je me hisse dans le fauteuil en faisant attention à ma jambe plâtrée, et je me laisse tomber dans l’assise. Parfait, commente-t-elle, son regard à la recherche de quelque chose dans la pièce, encore. Elle ouvre l’un des placards et en sort une couverture. Tenez, comme vous êtes affaibli, mieux vaut prévenir que guérir. Est-ce que c’est bizarre que j’aime autant quand elle me donne des ordres ? J’aime ça, quand elle est déterminée ainsi. Ca la rend terriblement sexy. C’est tout bon, je vous emmène ! m’annonce-t-elle joyeusement. Euuuh d’accord, mais où ? je demande tranquillement. Je lui fais confiance, mais c’est juste pour savoir. Elle part ouvrir la porte pour laisser passer le fauteuil qu’elle vient pousser. J’ai des bras, je pourrais m’en servir pour le faire rouler, mais c’est tellement mieux quand elle me pousse… Je me retourne pour la regarder alors qu’on commence à déambuler dans le couloir. Elle a l’air soucieuse de croiser quelqu’un qu’elle connait. Oh, oh… je fais, amusé. Ne me dites pas que vous n’avez pas le droit d’être là et de kidnapper un patient ! Dites donc, Miss Daisy, je ne vous savais pas aussi intrépide ! Et je rigole. Le pire, c’est que ça lui va bien, ce petit côté délirant. Et puis tout d’un coup, l’une des infirmières que je connais et avec qui je m’entends bien et je plaisante de temps en temps se poste sur notre chemin. Nous la dépassons à toute allure mais Daisy ralentit la cadence. Un sourire étire alors mes lèvres à l’idée que Daisy se fasse disputer gentiment par elle. La femme est imposante et plus âgée qu’elle, je sais que Daisy perdrait contre elle. DeeDee ! Qu’est-ce que tu fais là ? On se retourne et on fait à présent face à l’infirmière de garde. Je suis là en tant que visiteuse aujourd’hui ! Je lui fais faire une petite balade. Je ne vois pas Daisy étant donné qu’elle est derrière moi, mais j’entends au son de sa voix qu’elle ne sait absolument pas mentir. Et c’est tout à son honneur. L’infirmière lui envoie un regard suspicieux puis un sourire entendu. De mon côté, pour plaisanter, alors qu’elle me regarde à mon tour, je lui parle sans prononcer les mots et je lui dis Au secours ! Elle me kidnappe ! Apparemment, l’infirmière sait parfaitement lire sur les lèvres puisqu’elle me répond par un drôle de sourire. D’acc, alors bonne soirée. Elle me regarde plus intensément. Je suis sûre que vous l’appréciez déjà… Faites bien attention à vous. A vous deux. Pas de bêtises, les jeunes ! Un clin d’œil puis elle s’éclipse d’un air entendu. Je rigole franchement. Quelle soirée ! Moi qui pensais m’ennuyer comme un rat mort ce soir, c’est tout l’inverse ! Daisy, c’est officiel, je vous aime ! je lâche spontanément, le cœur léger et l’excitation dans la tête, alors qu’on a repris notre course vers… une terrasse. Nous voilà à présent à l’air libre et effectivement, la couverture n’est pas de trop. Nous sommes bien haut dans l’immeuble et l’air y est frais et venteux. Mais quelle vue fantastique sur la ville ! J’ai compris pourquoi Daisy m’a emmené ici, nous serons aux premières loges pour les feux d’artifices de la ville. Avec une vue panoramique comme celle-ci, impossible de les rater. Quelques personnes se trouvent déjà là. Il y a même quelques couples en blouses blanches, blottis l’un contre l’autre. Dites donc, Mademoiselle Daisy, vous m’emmenez dans ce spot romantique spécial couples… Auriez-vous quelque chose derrière la tête ? je plaisante pour la mettre dans l’embarras. Mais au fond de moi, j’entends ces deux mots : si seulement… Je rigole, ne prenez pas peur et ne m’abandonnez pas là tout seul, je vous en prie. Je fais rouler le fauteuil à la force de mes bras et bon dieu que c’est lourd ! Je ne sais pas si c’est parce que j’ai perdu beaucoup de muscles, ou si le fauteuil est lourd, ou s’il faut que j’arrête de me baffrer de muffins, mais je galère. Je m’approche du bord, juste ce qu’il faut pour voir le mieux possible. Je me retourne pour voir si Daisy me suit. C’est fantastique ici ! je lui annonce. Pourquoi m’avoir caché cet endroit depuis des semaines ? C’est une véritable bouffée d’oxygène ! Comme vous ! j’ose lui avouer. Merci d’être là ce soir. Vous n’aviez pas de plans avec des amis ou votre petit ami ou je ne sais quoi ? J’ai du mal à croire que son seul plan est de passer son quatre juillet avec son patient à qui elle fait la tête parce que je suis quelqu’un de méprisable selon le comportement que j’ai envers les femmes, même si elle se trompe sur moi. Vous avez perdu un pari, peut-être ? je demande à tout hasard. J’essaie de comprendre, pardonnez-moi. Je lève la tête vers elle, alors qu’elle est postée à côté de moi, le vent soulève légèrement son haut pour dévoiler sa peau au niveau de sa taille. Il vaut mieux que je ne regarde pas, cela a tendance à me donner des bouffées de chaleur. Ses cheveux bougent avec la brise et c’est un joli spectacle. Avant même que les feux ne commencent, je me régale. La lumière est tamisée, c’est une ambiance spéciale et je comprends pourquoi il y a tant de couples sur cette terrasse. Les premiers feux retentissent au loin. Mon regard se tourne vers la ville devant nous, mais je ne peux m’empêcher d’observer Daisy du coin de l’œil. Le vent souffle toujours et je vois qu’elle a la chair de poule sur ses jambes et ses bras. Venez donc par ici, je fais en tapotant l’accoudoir du fauteuil sur lequel je l’invite à s’asseoir. Je prends la couverture et la déplie sur mes cuisses, laissant un bout libre pour qu’elle se couvre à son tour. Nos voisins lancent des « wooooh ! waaaah » d’admiration alors que les feux éclatent les uns après les autres. N’ayez pas peur, je ne vais pas vous manger, dis-je en souriant. Mais j’espère qu’elle s’approchera suffisamment de moi pour que je puisse la sentir contre moi. Un peu. Ca me plairait beaucoup… Le cœur battant comme à son habitude, je la regarde avec un sourire maintenant intimidé à l’idée du plaisir que ça pourrait me procurer. J’espère simplement ne pas la faire fuir. Mais si Daisy se trouve ici ce soir, c’est qu’elle l’a choisi. Et quelque part… je sais pourquoi, et cela m’apporte une énorme satisfaction.
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: save the hero - nate&daisy   Mer 16 Aoû - 21:17


Cette petite, toute petite sensation au creux de l’estomac. Elle la sent à l’instant où le visage de son patient s’illumine en l’apercevant entrer dans sa chambre. Elle n’a absolument rien à faire ici, elle devrait être en route pour la plage, avec ses amis, et pourtant, la voilà, de retour à l’hôpital. A croire qu’elle n’en a jamais assez. « Bonsoir Mademoiselle Daisy ! Vous venez me chanter ma berceuse ? » La réflexion qu’il lui lance la fait sourire malgré elle. « Je vous ai pourtant déjà dit qu’il n’y aurait pas de berceuse… » rétorque-t-elle sur un ton amusé. Elle s’approche et elle sent le regard de Nathaniel sur elle, curieux, d’une part parce qu’elle ne devrait pas être là, et d’autre part, parce qu’elle n’est pas dans sa tenue habituelle. Et s'il croit qu’elle n’a pas remarqué qu’il était en train de la détailler… Elle lui réclame la télécommande de la télévision, qu’elle obtient assez facilement. Elle a quelque chose de mieux à lui proposer. D’ailleurs, Daisy saisit le moment pour lui expliquer pourquoi elle est venue avec un fauteuil roulant, enfin en partie. Elle ne va pas gâcher la surprise. Même si elle se questionne s’il la mérite vraiment. Son bon cœur la perdra, elle en est certaine. Dans le même temps, elle tue dans l’œuf les idées qu’il pouvait se faire. « Dommage, je serais allé au bout du monde avec vous, vous savez ! Ce sera peut-être pour une prochaine fois… » Cette réplique la scie pendant quelques secondes, tandis qu’un sourire se glisse sur ses lèvres, trop amusée pour le cacher. Elle ne résiste pas à la tentation de lui répliquer. « Recommencez d’abord à marcher. Vous ne croyez pas que je vais vous pousser là-dedans sur des milliers de kilomètres ?! » Elle place les mains sur les hanches, de façon à appuyer ses propos. Elle s’aperçoit qu’il arrive très facilement à briser la glace qu’elle avait créée entre eux, suite aux révélations peu flatteuses au sujet des relations du beau pompier, alias le bourreau des cœurs. Elle sait au fond d’elle que la peur qu’elle a ressentie lorsqu’il a fait l’embolie a bien aidé à pardonner son comportement auprès de la gente féminine. Ou oublier un peu. Parce que pardonner, c’est insensé, il ne lui a rien fait, à elle. Elle n’aurait même pas dû changer son comportement vis-à-vis de lui. Mais peut-être n’aurait-elle pas dû commencer par avoir cette espèce d’affection pour lui. Daisy est sensible face à un bel homme, doublé d’une personnalité de héros : elle avait succombé au charme et au bagout de son patient, bien trop rapidement. Elle s’était reprise. Pour mieux revenir vers lui aujourd’hui. Elle en aurait soupiré après avoir fait ce constat. Ce qu’elle pouvait être faible parfois. Elle chasse ses pensées et s’inquiète à présent de l’état dans lequel il se sent. « Eh bien si vous voulez tout savoir, vous avez brillé par votre absence aujourd’hui, et je voudrais d’abord vous remercier de m’avoir juste sauver la vie hier. Je sais, ce n’est qu’une broutille, mais tout de même. » C’est ce qu’il lui dit lorsqu’elle ressort de la salle de bains, armée d’un bout de tissu. Elle s’arrête un instant en le regardant, fronçant légèrement les sourcils au mot « broutille ». Elle s’applique à ignorer sa réflexion sur son absence, préférant prendre de la distance et ne pas rebondir trop vite sur tout ce qu’il dit. Elle se baisse sans rien dire, s’accroupissant, tout en réfléchissant aux mots qu’elle choisira. « Alors merci, Daisy. Sans vous, je pense que je ne serai plus là… » - « Ne dites pas broutille, j’ai été traitée en véritable héroïne toute la journée grâce à vous. » Elle essaie de dédramatiser un peu la situation. Elle n’est pas très à l’aise avec les remerciements qu’il lui offre. C’était assez dramatique sur le moment, elle préfère ne plus trop y penser. « Et ça va, je me suis bien reposé aujourd’hui. » La brune se redresse pour constater que tout est bien maintenu. Elle pose ses yeux ambrés sur son patient. « Assez pour vous passer de l’oxygène.. ? » demande-t-elle doucement. Quand elle est rentrée dans la chambre, il ne portait plus le masque et il n’a pas essayé de faire croire qu’il allait le remettre. Pourquoi ça ne l’étonne pas… Peu importe, elle n’aura qu’à insister un peu plus tard pour qu’il le porte durant la nuit, et s'il ne veut pas, elle ne peut, de toute évidence, pas le forcer. Il a l’air surpris lorsqu’elle lui dit de monter dans la chaise roulante, mais il ne se fait pas prier davantage. « Euuuh d’accord, mais où ? » - « Vous le saurez bien assez tôt. » Il verra par lui-même, ça fera une petite surprise de plus. Elle se sermonne intérieurement : pourquoi s’appliquer à lui créer des surprises, comme ça ? Elle secoue la tête pour elle-même et commence à pousser le fauteuil dans le couloir, ses yeux guettant les alentours. « Oh, oh… Ne me dites pas que vous n’avez pas le droit d’être là et de kidnapper un patient ! Dites donc, Miss Daisy, je ne vous savais pas aussi intrépide ! » Un sourire d’enfant s’affiche sur son visage en écoutant Nathaniel et elle a une envie irrépressible de glousser, mais elle se contient du mieux qu’elle peut et mord sa lèvre pour retenir son rire. « J’ai le droit d’être là, vous balader, sûrement un peu moins. » Ce qui est la vérité. Mais la belle Daisy brave les interdits telle une adolescente rebelle, celle qu’elle n’a jamais été. Attendre vingt-six ans pour agir ainsi… Ridicule. Mais tant pis !
Forcément, une collègue passe par ici, et arrête l’infirmière dans sa course jusqu’à l’endroit voulu. Malgré tout, elle les laisse tranquillement passer, tout en prononçant une sorte d’avertissement un peu étrange. Daisy hausse les épaules en repartant, et finit par amener Nathaniel à bon port. « Quelle soirée ! Moi qui pensais m’ennuyer comme un rat mort ce soir, c’est tout l’inverse ! Daisy, c’est officiel, je vous aime ! » Cette fois-ci, les joues de Daisy s’empourprent pour de bon pendant quelques secondes, avant qu’elle ne reprenne ses esprits en se rappelant qu’elle a un véritable Don Juan en face d’elle, qui ne sait certainement plus ce qu’il dit. Ou qui ne pèse pas du tout ses mots. « Finalement, c’est pas si mal l’hôpital, n'est-ce pas ? » répond-elle par une question, ne relevant rien du tout de ses paroles suspectes. Daisy laisse son regard se perdre sur la ville qui s’étend devant eux, jusqu’à l’océan. Avec la hauteur, une brise les atteint, fraîche par cette chaude nuit d’été. Et le contraste la saisit tout de suite, habillée ainsi. Elle sera mieux dans la rue coupée du vent, tout à l’heure, lorsqu’elle repartira. « Dites donc, Mademoiselle Daisy, vous m’emmenez dans ce spot romantique spécial couples… Auriez-vous quelque chose derrière la tête ? » Elle le regarde avec des yeux arrondis par la surprise. Mais, mais.. pas du tout ! « Je rigole, ne prenez pas peur et ne m’abandonnez pas là tout seul, je vous en prie. » - « Continuez à raconter des bêtises et je vous ramène dans votre chambre. » marmonne-t-elle en croisant les bras contre sa poitrine, un air boudeur sur le visage. N’allait-il jamais arrêter de la chercher ainsi ? Elle pensait pourtant que suite à la démonstration vieille d’une semaine, terminée en carnage pour le cœur de sa maîtresse, il serait un peu moins… taquin. Et rien du tout, il est toujours le même, comme s’il n’avait rien à se reprocher.
Mais maintenant, Daisy est prête à râler contre elle-même : pas de jugement. Alors elle arrête instantanément et soupire doucement en profitant de la vue, tandis que Nate fait doucement avancer le fauteuil. Il a l’air de galérer un peu, et l’infirmière a un petit sourire moqueur qui vient étirer ses lèvres. « C’est fantastique ici ! Pourquoi m’avoir caché cet endroit depuis des semaines ? C’est une véritable bouffée d’oxygène ! Comme vous ! » Elle hausse les épaules face au compliment qu’il vient de lui glisser, mais au fond d’elle, un petit quelque chose vient de remuer à nouveau. Elle chasse la sensation du mieux qu’elle le peut. « Seuls les patients qui ont fait une embolie pulmonaire y ont accès. Vous êtes chanceux. » Elle glisse un regard amusé vers lui, puis se reconcentre sur le paysage qui s’offre devant eux. Toutes ces lumières. « Merci d’être là ce soir. Vous n’aviez pas de plans avec des amis ou votre petit ami ou je ne sais quoi ? Vous avez perdu un pari, peut-être ? » Que de questions. « J’essaie de comprendre, pardonnez-moi. » Comprendre ? Ce qu’elle fait là ? Dans un certain sens, Daisy aimerait bien comprendre elle aussi. Mais elle a une réponse à lui donner, toute faite. « J’ai l’impression que vous avez passé la soirée à me remercier. Et si je suis là, c’est juste pour avoir ma dose de compliments journaliers. » dit-elle en riant doucement. « Plus sérieusement, je rejoins mes amis plus tard, après les feux. » Elle précise pour ne pas lui laisser croire qu’elle était en réalité un être asocial. « J’avais appelé votre mère hier, pour la prévenir de votre état. Et elle a eu le temps de me dire que vous alliez être délaissé ce soir. J’ai trouvé ça triste, que quelqu’un qui sert son pays et ses citoyens toute l’année, regarde les feux du 4 juillet à la télé. Alors me voilà. » Elle lui jette un coup d’œil avant de se concentrer à nouveau sur le spectacle qui vient tout juste de commencer, et s’aperçoit qu’il l’observe. Un peu gênée, un sourire timide étire ses lèvres puis son regard se pose sur les feux qui commencent à embraser le ciel. Un frisson la parcourt lorsque la brise souffle légèrement plus fort. « Venez donc par ici. » Daisy l’observe d’un œil curieux tandis qu’il tapote l’accoudoir de sa chaise roulante et elle secoue doucement la tête alors qu’il déplie la couverture sur lui. « N’ayez pas peur, je ne vais pas vous manger. » La brune fronce légèrement les sourcils, et son regard se porte autour d’elle. « Je n’ai pas peur de… vous ou de m’asseoir ici. Mais je reste une employée de l’hôpital, et vous êtes mon patient, je ne vais pas m’asseoir ici. Les ragots… » lui glisse-t-elle doucement en jetant un coup d’œil d’ensemble autour d’eux. « Mais merci, c’est gentil de proposer. » finit-elle par dire en glissant une main sur son épaule dans un geste réconfortant. Elle la retire ensuite, de façon à recroiser ses bras sur elle. Ses yeux suivent les feux qui illuminent le ciel, et elle ne peut retenir un sourire ou deux de venir craquer son visage alors que le ciel devient bleu, rouge, doré… C’est sublime, et comme une enfant elle s’émerveille du spectacle qui leur est offert. Puis Nate interrompt sa concentration, en insistant pour qu’elle prenne la couverture. Elle refuse en repoussant la couverture tendue vers elle, mais il insiste encore. « Et vous alors ? C’est vous le malade ici. » s’amuse-t-elle à lui rappeler. Il ne veut rien entendre et elle se retrouve avec la couverture entre les mains. « Très bien. » finit-elle par dire en soupirant. Puis elle le regarde, et une idée germe dans son esprit. La couverture est assez grande… Elle vient se placer derrière lui, passe la couverture dans son dos, et en étant collée au fauteuil, les pans peuvent retomber sur Nathaniel. Elle s’exécute et place correctement la couverture sur lui. « Voilààà ! » dit-elle, fière d’elle. Et cette fois-ci, une de ses mains reste placée sur l’épaule de son patient. C’est mal, pense-t-elle un instant. Mais elle se rend compte d’une chose : le geste est innocent, c’est juste elle, qui se sent troublée. Et le trouble reste tandis que les feux d’artifice continuent d’enflammer le ciel, retentissant partout dans la ville dans le même temps. Mine de rien, elle apprécie davantage le moment avec cette couverture sur le dos. Il a peut-être bien fait d’insister, finalement. Elle penche légèrement la tête sur le côté, pour avoir une petite vue sur lui, et quand elle voit le sourire qui s’est glissé sur son visage, c’est son cœur qui fait un bond dans sa poitrine. Elle sourit à son tour et se penche un peu vers lui : « Ils sont vraiment jolis cette année, non ? »
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