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 « Pride and Prejudice » ♥ Matthew & Héloïse ♥

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Matthew McGregor
Admin cuniculophobe
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DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 3390

MessageSujet: Re: « Pride and Prejudice » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Ven 23 Mar - 14:36

Le Duc ne parvenait à s’expliquer pourquoi les larmes de la Lady ébranlaient autant son âme. D’ordinaire, il n’était pas célèbre pour des excès d’une quelconque sensiblerie ; ce qui ne l’éloignait pas pour autant d’une certaine empathie. Il savait tendre la main vers son prochain quand il le jugeait nécessaire et juste. Cependant, il était rare que les sentiments d’une autre personne viennent moduler les siens d’une manière aussi profonde. Comment un petit bout de femme comme Héloïse Bennett parvenait-elle à créer une telle tempête dans sa poitrine ? Il se sentait désœuvré et impuissant face à la détresse de la jeune femme. Les larmes des dames l’avaient toujours pris au dépourvu, quand bien même elles appartenaient à ses sœurs qu’ils chérissaient tant. Cette douleur qui enflait dans les veines d’Héloïse se communiquait à lui d’une manière inédite. De ce brusque chagrin, le Duc y voyait l’écho d’un épisode précédent. L’inquiétude alourdissait les traits si fins de ce visage gracieux, tout comme ce fameux soir à l’opéra. Quelque chose l’avait fait fuir, pourchassée par un monstre menaçant dont il ne parvenait à définir les contours. Aujourd’hui, ce n’était plus le théâtre dont elle voulait s’échapper, mais bien de Northanger Abbey. Il n’était pas homme à se froisser d’un prompt départ. Son orgueil ne souffrait que de peu d’insultes. Mais présentement, nulle question d’égo. Quand Héloïse annonça son malheur d’être ici, ce fut son cœur qui cria. « Ne bridez pas vos paroles. Je vous en prie, parlez. » Mais la gêne l’envahissait déjà et il ne put tirer plus d’informations. L’ignorance brûlait ses entrailles. Il aurait voulu la forcer à la parole, juste pour l’entendre dire qu’il n’était pas en tort, ou confirmer ce qu’il soupçonnait en son for intérieur. Ses pensées se heurtèrent à une réalité plus effrayante. Le Comte s’était-il enhardi dans ses désirs ? S’était-il épanché de ses élans amoureux auprès de la Lady ? Le Duc jugeait que c’était encore bien trop tôt pour parler de sentiments qu’il estimait peu mûris, mais il n’était pas le meilleur rempart pour refreiner les ardeurs de Boldwood. Ce dernier était un passionné, un sanguin. Cette possibilité ne résonnait pourtant pas avec autant de vérité dans l’esprit du lord. A la place, le visage de Jane s’inscrivit en lui. Le Duc n’ignorait pas qu’elle était une amie chère du Comte et qu’elle avait à cœur ses intérêts. De plus, elle se proclamait adroite entremetteuse, bien que la formule ne soit pas vraie. Aurait-elle fait germer l’idée d’une union dans l’esprit de la jeune femme ? Sûrement aurait-elle appuyé ses arguments en insistant sur le fait qu’il s’agirait probablement du mariage le plus avantageux qu’elle pourrait faire. Pour une simple Lady, devenir Comtesse était un grand honneur et une rapide ascension sociale. En cela, Jane ne pouvait être portée en faux. Rien que McGregor ne cautionnait cependant.

Comprenant qu’il n’obtiendrait rien de Lady Bennett, il interrompit son interrogatoire. Il lui trouva des excuses. Celle de la fatigue, du voyage et de la marche. Autant de mensonges auxquels elle opina. Ses yeux se posèrent par hasard sur le mouchoir qu’Héloïse sortit de sa manche. Il ne reconnut le tissu qu’au blason dont il était frappé. Celui de sa maison et ses initiales. Il ne comprit pas le sentiment de satisfaction qui enroba son être. Elle avait conservé son mouchoir. Etait-ce le signe d’une quelconque inclination ? Il se racla la gorge pour reprendre contenance, niant ce signe du hasard. Sa proximité le troublait à bien des égards. Devaient-ils réellement songer à un départ ? Le Duc ne put empêcher sa question qui le torturait. Voulait-elle s’en aller ? Son âme se conforta de l’entendre se rebeller contre cette idée avec véhémence. Ce fut cet égarement dans ses mots qui provoqua enfin sa sincérité. Elle évoqua en premier des personnalités fortes qui demeuraient entre ces murs. Face à la nature douce et délicate d’Héloïse, il pouvait déjà les désigner tous trois. Ils envahissaient l’espace, étouffant la présence de la jeune femme. Ah ! Et pourtant, comme elle brillait au milieu de ces esprits extravagants, frivoles et assumés. Sa douceur emportait d’un seul coup de vent les fantaisies de la Marquise. De sa réserve, elle ne devait pas rougir. Car, contrairement à ce que Matthew avait pu penser à leur première rencontre, elle était loin d’être sotte. Entre ses doigts, tout s’inondait de lumières et devenait merveille. Et autant qu’il était troublé par son contact léger contre son buste, autant il se sentait serein. Elle détenait un étrange pouvoir sur lui qu’il ne comprenait pas encore très bien. « Je serai le gardien de vos secrets, Miss Bennett. » Il souriait déjà de ce qu’elle allait bien pouvoir lui révéler. Non pas qu’il se moquait. Il la trouvait singulièrement adorable. Matthew ne parvint pas tenir sa promesse de ne pas rire quand il apprit qu’elle était effrayée par la Marquise. Forcément, cela prêtait à rire. Il n’y avait rien de moqueur dans son rire, mais il s’amusait qu’elle provoque cette émotion chez des natures plus sensibles. Lui, il n’était guère impressionné des moindres fantaisies de Jane, ou de ses excès qui en déstabilisaient plus d’un. Il était habitué à ses frasques. « Veuillez m’excuser. Croyez bien que je ne ris pas de vous. Je ne me le permettrais pas. » Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas ri. De manière franche et spontanée. « N’ayez aucune crainte, Miss Bennett. Dewitt est mon amie, mais je ne me fais aucune illusion sur sa nature et son caractère. Elle fait partie de ces choses extravagantes en ce monde. » C’était plutôt lui qui aurait dû se trouver affreux en formulant cette pensée, toutefois, l’image qu’il avait d’elle était bien claire. Jane s’affichait par ce qu’elle renvoyait, brillant par sa toilette, la beauté de son visage et de son port altier. A ne vouloir que se distinguer par son apparence, le Duc ne voyait aucune différence avec un objet. Elle s’exhibait comme une chose jolie. « Vous ne devriez pas rougir de prendre moins de place que la Marquise. Elle envahit l’espace par pure vanité. Que lui reste-t-il après quelques répliques bien senties et une toilette chatoyante ? Vous brillez par votre intelligence et la discrétion du cœur si bon qui est le vôtre. Vous existez, Miss Bennett. D’une autre manière, mais vous existez. » Elle existait en lui. Dans chaque fibre de son être. Dans chacune de ses pensées. Dans chacun de ses instants. Dans son cœur. Dans son âme. Dans ses veines. Et dans ses souffles. Elle était présente partout, comme des projections démultipliées au travers d’un diamant brut. Tirant sur les rennes de sa monture, il détourna la trajectoire de son cheval, éloignant l’imposante demeure. « Nous n’allons pas rentrer immédiatement. Je ne voudrais pas vous perdre au milieu de ces personnalités si fortes. » Il lui adressa un sourire complice. L’idée avait germé dans l’esprit du Duc. Il désirait lui montrer un lieu bien particulier. « Accrochez-vous mieux à moi. » Il accéléra l’allure de la chevauchée, forçant la demoiselle à se rapprocher de lui. Il pouvait sentir la chaleur de son corps au travers de ses vêtements, humer les délicates fragrances de sa chevelure et de sa peau. Son cœur battait au rythme de la cavalcade légère, camouflant son émoi. Leur course les enfonçait sous le couvert des arbres, masquant le temps qui s’ombrageait. Après quelques temps, il ralentit l’allure. Les troncs s’effaçaient, dégageant le paysage vers le bord d’une petite falaise. Arrivés tout proches, ils pouvaient contempler l’étendue du domaine, les paysages qui s’étalaient au loin, verdoyants, riches… Ces champs, ces plaines et ces fleurs se dessinaient dans un tableau époustouflant. « Cela vous plaît ? » Il l’avait presque murmuré, son souffle si proche de son oreille. Il descendit de sa monture quand il l’eut immobilisé, portant assistance à la Lady pour lui faire regagner terre. De la tenir brièvement dans ses bras, il lui vint la pulsion de ne pas la lâcher, de la garder contre soi. Il lui rendit pourtant sa liberté, s’accrochant aux beautés de l’horizon. Un silence contemplatif les cueillit. Il semblait que rien ne pourrait troubler ce moment de grâce. Jamais il n’avait partagé cette vue avec quiconque. Egaré dans ses pensées, il perça la quiétude du silence. « Vous êtes une bien étrange personne, Miss Bennett. Quelquefois, je me dis que vous n’êtes pas taillée pour ce monde… » Ses prunelles quittèrent la beauté du paysage pour trouver un doux rivage sur le visage d’Héloïse. Nulle comparaison avec cette vision époustouflante. Elle était si belle. « Et en même temps, vous lui faites du bien. »
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Héloïse Bennett
Admin lapin sectaire
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MESSAGES : 4845

MessageSujet: Re: « Pride and Prejudice » ♥ Matthew & Héloïse ♥    Dim 22 Avr - 22:42

Elle était confuse de parler ainsi. Gênée d’oser émettre de tels propos à l’encontre de la Marquise. Après tout, cette dernière avait eu le cœur bon à son égard. Elle avait preuve de courtoisie et de générosité en la laissant entrer dans cet univers londonien, d’ordinaire assez fermé. Aussi, se sentait-elle être une personne affreuse en avouant qu’elle était effrayée de Jane. Pourtant, c’était bien le sentiment qu’elle ressentait. Héloïse étouffait un peu plus, prise par l’étau d’une emprise qu’elle ne savait gérer. L’épée de Damoclès résidait au-dessus d’elle, prête à tomber et ça, elle en avait terriblement peur. Que pourrait-elle répondre lorsque le Comte ferait sa demande ? Il était certain qu’elle ne voulait pas d’une vie sans amour, si fade et tellement peu chaleureuse. Elle ne voulait pas vivre aux côtés de la sympathie. Au contraire, elle souhaitait connaître le battement d’un cœur désordonné, la frénésie du désir de l’autre. Ces choses qu’elle découvrait au gré de sa lecture. La Lady était si naïve, si pure dans ses pensées. L’amour devait se ressentir avec une passion démesurée. Et pourtant, elle savait qu’elle ne pouvait se refuser la main tendue du Comte. Si détestable qu’elle paraissait être, cette vérité lui faisait comprendre qu’elle ne pouvait lutter contre ces conventions, contre ce statut d’être une femme. Et par-dessus tout, elle ne souhaitait pas déshonorer sa famille. Les ragots auraient vite atteints les contrées de son village, laissant entendre que la fille Bennett avait refusé la plus prestigieuse des demandes en mariage. Il était certain que Monsieur Bennett en serait fort contrarié. Aussi, la situation était là. Difficile à admettre. Difficile à raconter aussi. D’autant plus qu’elle était sincère en avouant être effrayée de Jane. La réaction du Duc ne l’étonna guère. « Vous riez ! » S’insurgea-t-elle gentiment, son sourire contredisant cette réaction première. Il était surpris et amusé d’un tel aveu. C’était ridicule en soi, elle avait conscience. Mais dans son esprit innocent, elle ne pouvait pas lui masquer complètement la vérité. Et elle s’évertua à expliquer en quoi la Marquise pouvait se montrer ô combien envahissante et exigeante. Son visage était envahi par cette rougeur délicate commune aux filles Bennett. Elle pouvait presque se mettre à bégayer, cependant, tant les mots avaient ce besoin impérieux de franchir ses lèvres. Il fallait qu’elle le dise. Il fallait qu’elle sache. Et au fond d’elle, Héloïse s’en sentie soulagée. Parce qu’il fut gentil à son encontre. Parce qu’il employa des mots qui la firent se troubler un peu plus. Il fallait qu’elle existe… Que pouvait-elle y comprendre ? Tant de choses à vrai dire. Il y avait une part de vérité. Elle pouvait le faire et au travers des yeux d’un autre. Mais il pouvait y en avoir qu’un seul. Ce n’était pas le Comte. Ça ne le serait jamais. Pourtant, elle savait aussi que d’une manière ou d’une autre, sa place devrait se trouver. Au côté du Comte. D’un autre. Ou bien de… « Votre Grâce… Ces mots me sont si réconfortants. Ils sont emplis de vérité également. Parce qu’au-delà de ce domaine, notre monde est ainsi… Telle la pièce que nous allons voir, il y a une place dans laquelle s’asseoir… » Elle secoua doucement la tête se perdant dans le fil incessant de ses pensées. « Je suis juste incapable de savoir où est la mienne. » Finit-elle par dire, son esprit se centrant sur la Marquise et sa faculté à évanouir tout ce qui se trouvait autour d’elle. Et dire qu'elle aurait aimé que sa place fut à côté de la sienne.

Comment interpréta-t-il ses paroles ? Elle ne le sut. Mais elle n’eut pas le temps de réagir que le Duc l’éloigna déjà de l’immense maison. Elle eut juste le temps d’apercevoir un éclat orangé devant l’entrée de la demeure. Un reflet du soleil sans doute. Elle ne le sut guère et ce halo s’éteignit au passage d’un nuage, tandis que le Duc éperonnait sa monture, lui faisant faire demi-tour, partant au grand galop. Elle n’eut même pas le temps de mesurer la portée de ses paroles lorsqu’il la convia à mieux s’accrocher. De toute façon, ce fut instinctif face à la nouvelle vitesse. Elle s’agrippa du mieux qu’elle put, troublée par l’odeur du Duc, le battement de son palpitant qu’elle sentait contre sa peau. La rougeur était plus que présente, son cœur battant la chamade. Néanmoins, elle en demeurait ravie de pouvoir encore profiter de sa compagnie. Et la chevauchée lui parut si courte lorsqu’il s’arrêta au pied d’une falaise, surplombant le domaine et des champs à perte de vue. N’apercevant pas combien le ciel se couvrait, la Lady fut émerveillée par la beauté de ce qu’elle voyait, frissonnant lorsqu’il murmura à son oreille si ceci lui plaisait. Tournant le visage vers la source de la voix, elle n’eut guère la possibilité de s’apercevoir qu’ils étaient si proches l’un de l’autre. Le Duc descendit agilement de son cheval, et l’aida à en faire de même. Encore une fois, la proximité de son être augmenta toute l’affection qu’elle lui portait, lui qui paraissait si froid et renfermé. Héloïse ne savait plus trop où donner de la tête, se décider à savoir ce qui était le plus beau à regarder. Le paysage ou cet homme, qui observait la beauté de ce monde, révélant ce qu’il pensait d’elle, de ce qu’elle pouvait lui apporter. La Lady en fut émue, n’osant rien dire et observant le Duc de ses yeux brillants. Si elle avait pu laisser libre à ses sentiments, elle se serait probablement blottie au creux de ses bras, écoutant le battement si doux de son cœur. Mais elle avait tant de réserves qu’elle resta immobile, les mots dépassant alors ses pensées. « Vous usez de tant de gentillesse à mon égard… Que je me sens en confiance à vos côtés. Il y aurait tant de choses à vous dire… Et c’est là tout ce que je ne ressens pas avec… » Elle se tut, prenant une inspiration osant révéler ce qui la tourmentait tant. « La Marquise m’a laissé comprendre que le Comte souhaitait demander ma main… » Elle inspira profondément, baissant alors les yeux et observant ses mains liées entre elles, destiné à faire taire le tremblement dont elle était traversée de parts et d’autres. « Mais je ne sais que penser à vrai dire…C’est si obscure pour moi, et pourtant ce sont nos mœurs actuelles… Mais une vie entière sans aucune forme d’amour est pour moi quelque chose d’impossible… Je ne pourrais jamais accepter une telle chose. » Et pourtant, elle le devait, pour éviter toute honte portée à sa famille. A moins que l’amour même puisse être le sauveur de son propre destin. Hélas, elle s’aventurait dans un terrain bien trop glissant pour s’imaginer que tout sentiment puisse être partagé. Elle osa lever son regard clair pour observer le visage du Duc. Que pouvait-il comprendre dans ce qu’elle lui disait ? « Et il me sera aussi impossible de vivre sans être auprès de celui que mon cœur a choisi, son absence me sera ô combien difficile, et jamais le Comte ne pourra réussir à combler un tel vide. Parce qu’il me sera impossible d’oublier ce que le regard peut avoir à contempler dans son sillage… » Parce que d’une certaine manière, si elle disait oui au Comte, elle le verrait constamment. Elle n’aurait alors que les yeux pour pleurer, les souvenirs pour se remémorer le courage qu’elle n’avait pas eu lorsqu’il avait fallu dire explicitement cette terrible vérité.
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