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 Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]

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N. Saphyr Vilkas
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DATE D'INSCRIPTION : 22/05/2017
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MessageSujet: Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]   Dim 28 Mai - 15:03




Nykolas Saphyr Vilkas

❖ Nom Vilkas ❖ Prénom(s) Mon prénom c'est Nykolas, mais depuis que je suis arrivé aux Etats-Unis, je me fais appelé Saphyr. ❖ Date et lieu de naissance Je suis né le 28 Septembre 1990, à Vilnius en Lituanie. Je vais faire mes 27 ans. ❖ Nationalité Je suis Lituanien ❖ Orientation sexuelle Je suis Zoeysexuel. La seule et unique femme de ma vie... (En dehors de ma meilleure amie, mais ça c'est une autre histoire) ❖ Statut civil En couple depuis quatre ans ❖ Profession et/ou études Je suis gérant d'un bar, appelé "Le Vilkas", mais je suis aussi mannequin dans une grande agence, même si ça devient de plus en plus rare. ❖ Décris ton personnage en quelques adjectifs Impulsif + Spontané + Colérique + Excessif + Aimant + Attentionné + Contradictoire + Attachant + Souriant + Malicieux + Borné + Taquin + Amusant + Fêtard + Généreux mais égoïste à la fois + Bagarreur + Provocateur + Fragile + Instable + Fidèle + Franc ❖Avatar Mariano Di Vaio ❖ Groupe Anachorète Hypocondriaque ❖ Crédits Tumblr


L'hémorragie de tes désirs s'est éclipsée sous la joue bleue dérisoire


Je suis passionné par la photographie ♪ Je ne le montre pas, mais je sais très bien danser, et j'ai un bon sens du rythme ♪ J'ai perdu ma fille il y a deux ans ♪ Je suis à la fois amoureux de ma petite-amie,
et de ma meilleure-amie ♪ Je suis influençable ♪ Je suis un ancien toxico ♪ J'ai ouvert deux bars dans ma vie, un à San Francisco, et un à L.A. ♪ J'adore le bon vin rouge ♪ Quand je suis en colère, je crie en Lituanien ♪ Je déteste la lecture ♪ Je suis fan des petits yaourts Nesquik ♪ Je suis bricoleur ♪ Je fais extrêmement attention à ma ligne ♪ J'adore les brocolis ♪ Je râle beaucoup, pour tout et rien ♪ J'ai toujours des papillons dans le ventre quand je regarde Zoey ♪ Je fais des bisous péteurs ♪ Je ne suis parfois pas très classe ♪ J'adore emmerdé le monde aussi ♪ On dirait que je suis au bord de la mort quand je suis malade, même si j'ai un petit rhume des foins ♪ Je suis fan de Marvel et DC comics ♪ Le matin, je repasse mes chemises en regardant les dessins animés d'Avengers ♪ Je suis toujours le relou qui prend tout et n'importe quoi en photos ♪ Je me déplace souvent en LongBoard ♪ J'achète toujours la nouvelle console en vogue ♪ Je suis capricieux ♪ J'adore les Mustangs.

Que penses-tu de la ville de Los Angeles ? Je n'ai jamais réellement été attiré par Los Angeles. J'y suis venu parce que Zoey avait déménagé là-bas. C'était encore à l'époque où j'allais à peu-près bien. C'était avant que je ne parte littéralement en couilles en fait. Mais j'aime bien cette ville, elle a toujours un peu signifié un nouveau départ. Je m'y sens bien. Nous avons juste changé de maison à notre retour récent, histoire de laissé les vieux souvenirs derrière nous. Concernant ton groupe choisi, pourquoi avoir choisi celui-ci ? J'ai choisi ce groupe, parce que c'est celui qui correspond le mieux à Saphyr. Il a beau être gentil, il a beau avoir changé, il ne faut pas non plus trop le cherché. Saphyr a un fort caractère. C'est de loin de ce qui lui correspond le mieux ! Quel est ton petit secret ? Depuis tout petit, j'ai vécu pas mal d'horreurs. J'ai été abusé physiquement par mon beau-père, Lyarick. Quand j'ai quitté la Lituanie, je me suis prostitué pour essayer de vivre avec ma soeur, et essayer de lui assurer des études convenables. Rares sont les personnes qui étaient au courant de ça. Ah, et j'ai aussi été héroïnomane.


Du temps qui se passe contre duquel on ne peut rien...


Parce que nous sommes curieuses, forcément, nous allons te demander touuuuut un tas d'informations bien croustillantes à ton sujet. Ton prénom/pseudo Alexys Ton petit âge 24 ans Ce que tu fais dans la vie à part tuer des gens Serveuse & Barmaid ! ** Personnage inventé ou scénario Inventé, mais de base un vieux scenario qui date d'il y a 4 ans ! Où as-tu connu le forum? Longue histoire d'amour ! Un dernier petit mot J'ai refait ma fiche, non pas parce que je n'aime pas vos mots d'amour, au contraire  heart3
Mais parce que j'ai une histoire un peu to much longue !  Ouaaaaaah  



Être ou ne pas être, telle est la question sinusoïdale de l'anachorète hypochondriaque


Code:
[b]Mariano Di Vaio :[/b][i][url=http://vice-et-versa.forumactif.org/t2758-toi-t-es-tellement-con-que-tu-crois-que-speculos-c-est-le-roi-des-grec-saphyr-vilkas-18#70964] N. Saphyr Vilkas[/url][/i]
[b]N. Saphyr Vilkas : [/b][i]Venice Beach[/i]
[b]N. Saphyr Vilkas : [/b][i]Mannequin et gérant d'un bar[/i]


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N. Saphyr Vilkas
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MessageSujet: Re: Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]   Dim 28 Mai - 15:03


Story of my life : Part 1.




28 Septembre 1992

« Nykolas ! Viens me voir mon trésor ! » Ca, c’est la voix de ma mère, plutôt joyeuse, comme d’habitude à chaque fois qu’elle s’adresse à moi. Toujours prévenante, toujours pleine d’amour et de câlin. Je suis son trésor comme elle m’appelle, je suis son tout. Je ne connais pas mon père, je ne l’ai jamais connu. Maman dit qu’il est partit dès qu’il a su pour la grossesse. Donc comment dire que c’est homme est un lâche ? Laisser une femme seule pour s’occuper de son enfant. Mais rapidement je suis devenu l’homme de sa vie, elle me dit souvent qu’elle tuerait pour moi s’il m’arrivait malheur. Je ne comprends pas trop ce qu’elle entend par là, mais ne général je me contente d’attraper son visage avec mes petits mains et me penche en avant pour lui faire donner un bisou sur les lèvres. Je relève alors la tête et lâche mes jouets pour les laisser traîner sur le sol comme d’habitude. Je cours d’un pas peu assuré, les bras écartés alors que j’arrive dans la cuisine où se trouve ma mère et son joli ventre rond. « C’est l’heure de goûter, maman t’a préparé un super gâteau, tu veux voir ? » Je tape dans les mains, mes lèvres s’élargissent. « Ouiiiii !! » Ma mère me sourit et je m’empresse de grimper sur une des chaises de la cuisine pour m’asseoir comme il faut. Je la regarde fixement, posant un coude sur la table, mon menton dans ma main. « Maman. Bientôt bébé ? » Je souffle sans quitter son ventre des yeux. Elle est seulement enceinte de cinq mois, mais la pauvre a encore une fois été abandonner. C’est un peu comme si la vie n’arrêtait pas de s’acharner sur elle, genre « Non tu n’auras pas de pères pour tes mômes ! » Ma petite-sœur ne connaitra que nous deux. Alors je serais bien obligé de la protéger comme il faut, surtout à l’école. « Dans quatre mois trésor. Mais en attendant… » Elle pose le gâteau devant moi alors que deux bougies trônent fièrement dessus. Je relève les yeux vers ma mère, la bouche ouverte par la surprise. « Joyeux anniversaire mon Nykolas ! » Sans plus attendre, je souffle sur mes deux bougies alors que ma mère applaudit juste après. Je me mords la lèvre et m’enfonce dans la chaise en secouant la tête de haut en bas, gêné. Je sens les bras protecteur de ma maman qui me serrent contre elle, et je ferme les yeux quelques secondes avant de m’enlever de son étreinte. « Maman, pues ! » Je lâche en toussotant alors que je me bouche le nez. Oui, ma mère a cette fâcheuse tendance à mettre un peu trop de parfum, mais j’aime quand même son odeur. Parfois, je lui demande d’en mettre sur mon doudou, alors elle compte avec moi. Un pshitt, deux pshitt, et trois pshitt. « Je le prends comme un compliment Monsieur Vilkas ! » Lance ma mère taquine en m’ébouriffant les cheveux. Ma mère part quelques secondes et revient avec un gros paquet. Je souris, content. Il est rare quand elle revient avec un cadeau, ses moyens ne le permettent pas. Malheureusement, on vit seulement sur son chômage, et si elle ne trouve pas de travail d’ici peu, elle ne gagnera plus d’argents. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui lui manque de me faire plaisirs. « Quoi ça ? » Je fronce les sourcils en descendant de la chaise et me rapproche. Le paquet est presque aussi grand que moi. J’attrape le papier entre deux doigts et le tire vers moi en inspirant, comme si c’était un effort insurmontable. « Aah… » Je lâche victorieux en donnant le morceau de papier à ma mère. Je glisse ma main dans la fente et tire plus fort pour en arracher une grosse partie alors que je découvre un somptueux vélo à roulette. « Ouaaaah !! Beau !! » Je tape dans les mains en sautant sur place et continue d’arracher le papier pour vite découvrir mon nouveau bolide. Ma mère a dû économiser pendant des années pour m’offrir ce vélo de grand. Enfin de grand… Pour moi c’est un super vélo de grand en tout cas. Sans réfléchir plus, je lâche le papier et file dans les jambes de la jeune femme pour les prendre entre mes bras. « L’est beau ! » Je lève la tête pour la regarder, et elle me caresse le visage dans un magnifique sourire. Je ne me lasse pas de la voir comme ça, je ne m’en lasserai jamais même.
2 Janvier 1993

Voilà un mois que maman a rencontré un monsieur, un mois qu’il vit à la maison, et passe ses journées dans le canapé alors que maman est très enceinte à présent. Un mois qu’il essaie de se montrer attentionné, qu’à chaque disputes avec maman il revient avec un bouquet de fleurs, et ils s’en vont ensuite dans la chambre pendant des heures. Je ne l’aimais pas trop au début, je n’aimais pas son sourire hypocrite, ses petits yeux ronds, et la manière dont il tape les fesses de maman quand elle passe devant lui. Moi j’ai voulu le faire aussi, mais je me suis juste ramassé une gifle énorme, et j’ai fini au coin. Mais aujourd’hui, c’est un jour spécial. Aujourd’hui, le monsieur (oui parce que je dois l’appeler monsieur) a dû emmené maman à l’hôpital parce qu’elle avait très mal au ventre. Elle pleurait même, et il disait que « Le bébé arrive. Le bébé arrive. » Alors ils sont partit tous les deux, en me laissant tout seul dans la maison. Je ne comprends pas pourquoi maman n’a pas fait attention à moi, qu’elle ne m’a pas pris avec elle. Avant, elle ne m’aurait jamais laissé tout seul, mais pourtant aujourd’hui elle l’a fait. Alors je me suis résigné, et je suis allé m’asseoir sur le canapé. J’ai attendu pendant des heures entières, je crois même que je me suis endormi. C’est long quand maman n’est pas à la maison pour me cajoler. Le téléphone se mit à sonner, et je m’approche de lui en posant la main sur le combiné. « Ayo ? » Je demande, hésitant. « Nykolas ? C’est maman mon cœur. Ca va ? Tu es sage à la maison ? » « Oui. Mais m’ennuie moi. Et puis dodo, et hop joué. Et resté sage moi ! » J’entends ma mère pouffer de rire, elle a pourtant l’air si faible à l’autre bout du téléphone. J’entends la voix du monsieur qui raisonne en lui disant de raccrocher, mais moi je ne veux pas. « Manque maman. T’aime ! » J’espérai avoir autre chose comme répondre que le bip signalant qu’elle a raccroché. Je repose le téléphone et retourne sur le canapé, les larmes aux yeux. Maman me manque, et je ne sais pas jusqu’à quand elle est partie. Ni si le monsieur va rentrer à la maison, et en plus je commence à avoir faim. Je finis par me lever d’un bond et file à la porte d’entrée, celle-ci est ouverte alors je peux au moins aller jouer dehors comme maman me l’autorise souvent. Je cours chercher mon ballon et shoot dedans avec le peu de forces que j’ai. Le ballon roule alors vers la route, et je cours jusqu’à lui pour le rattraper. Je pose un pied sur la route, sans faire attention à la voiture qui est en train d’arriver, c’est alors que je sens une main m’attraper l’épaule et me tirer en arrière sur le trottoir. « Eh dis donc toi ! Faut regarder où tu vas ! » Je relève les yeux, c’est notre voisin. Une fois je l’ai vu à la maison, il jouait avec maman dans leur chambre. Maman riait beaucoup. Je hoche la tête en déglutissant. « Où est ta mère ? » D’ordinaire, je suis toujours surveillé, mais là je suis tout seul à la maison, comme un grand. « Sais pas. » Je hausse les épaules et l’homme me soulève du sol pour me prendre dans ses bras, il est gentil. Je regarde la porte de chez moi qui s’éloigne sous mes yeux et fronce les sourcils pour le regarder lui. « Va où Ny’o ? » « Chez moi, on va attendre ta maman. » Au fond je suis content, il a deux filles, dont une qui a un an de plus que moi. Je pourrais au moins avoir des copines de jeu pour aujourd’hui. On finit par arriver chez le monsieur, et il m’assoit sur le canapé. Je le fixe attentivement, jouant avec mes doigts. « Bon, tu vas rester ici jusqu’à ce que maman revienne. Tu as bien comprit ? » Je hoche la tête sans le quitter des yeux, et ses filles débarquent. Je leur adresse un mince sourire et m’enfonce dans le canapé. J’ai toujours cet air un peu renfermé quand je ne suis pas avec maman, et que je ne connais pas les gens. Je me mords la lèvre en haussant les épaules. « Maman partie ! » Je lance. « Maman y’a dit bébé arrive. » Je vois l’homme blêmir sous mes aveux et il caresse ma joue. Je crois qu’il a compris que maman ne reviendrai pas avant longtemps encore, ou je ne sais pas.

Mars 1994

Je regarde fixement Lyarik alors qu’il s’approche de moi tandis ce que je suis au lit. Lyarik c’est le fameux monsieur qui vit à la maison depuis la naissance de Zara. Lyarik c’est l’amoureux de maman. Mais je ne l’aime toujours pas. Il est méchant maintenant, et je vois bien qu’il a emmené maman vers le mal, avant elle n’était pas comme ça. Maintenant, elle pleure souvent quand Zara fait des caprices, elle n’est plus aussi patiente qu’avant, et ne s’occupe pas trop d’elle. Pourtant, Zara elle a seulement un an, elle est encore bébé. « Tu veux jouer à un jeu Nykolas ? » Lyarik chuchote en s’approchant de moi, et j’esquisse un sourire alors qu’il s’assoit. Jamais il ne m’a proposé à l’époque de jouer avec lui, et pour une fois je me sens heureux. Il fait enfin attention à moi, donc mes efforts ont fini par payer alors. « OUI ! » Il pose un doigt sur les lèvres alors qu’il me fusille du regard. « Ne parles pas trop fort. On ne doit pas nous entendre. » Je hoche la tête silencieux alors qu’il rapproche son visage du miens et m’embrasse le front en inspirant. Je me laisse faire, tout sourire. « Faut pas faire de bruits pour ce jeu, tu comprends ? » Je recule ma tête, et souffle un léger « Oui… » « C’est notre secret. » J’aime les secrets, mais des fois je n’arrive pas à les garder. Alors je ferais de mon mieux. Doucement, il embrasse mon nez, puis mes joues, je sens sa respiration qui me frôle le visage, le bout de sa langue humide. Je ferme les yeux et recule encore un peu. « C’est dégoûtant. » Il sourit, visiblement je crois que je l’amuse, mais ce n’est pas forcément drôle comme jeu ça. Alors il m’attrape et m’allonge sur le lit pour reprendre ses bisous alors qu’il s’attarde sur mes lèvres, comme je fais avec maman. Plus le temps passe, plus il s’écrase sur moi, et je crois manquer d’air. Il me déshabille sous prétexte d’être obligé de mettre un autre pyjama, mais il me laisse comme ça sur le lit, mais moi j’ai froid. « C’est pas drôle. » Je souffle boudeur. Son jeu est vraiment nul, je ne veux pas le faire, en plus il n’arrête pas de me faire des bisous de partout sur le corps, et j’ai horreur de ça, moi. Je finis par couiner un peu, mais il me bloque, et je ne peux pas bouger. Bon sang, il est fort. Je ne sais pas combien de temps de son écoulées, mais je sens alors une douleur atroce, m’arrachant un cri épouvantable que Lyarik s’empresse d’étouffer avec ma main. « Tais-toi je t’ai dit ! » Mais là c’est dur. Son jeu me fait mal, très mal. Je ferme les yeux et serre les draps entre mes doigts alors que je sens les larmes couler sur mes joues. Lui, il plaque toujours sa main sur mes lèvres, je prie intérieurement pour qu’il arrête de me faire mal, mais c’est trop. La douleur est tellement insupportable que j’ai dû mal à entendre mon beau-père, puis sans comprendre, c’est le trou noir, plus rien. […] J’ouvre les yeux doucement, et grogne en découvrant la lumière du jour, je crois que je me suis endormi longtemps. Hier, je n’ai visiblement pas prit le temps de me glisser sous la couverture, et ni-même de mettre mon pyjama. Je m’assois sur le lit et une grimace tiraille mon visage. J’ai mal bordel. Je me lève de mon lit, mais mes jambes semblent ne plus vouloir me tenir alors que je m’effondre lamentablement sur le sol. Les larmes me montent aux yeux, j’ai vraiment mal, et je ne peux rien dire je crois. C’est un secret. Je finis par attraper mon pyjama et l’enfile tant bien que mal avant de finalement pouvoir me diriger jusque vers la porte. En ouvrant la porte, je tombe nez à nez avec ma mère, ou plutôt son cadavre amorphe, je lui souris en venant embrassé sa joue et me serrer dans ses bras. « Dégages de là. » Je sursaute à ses mots et me recule. Maman ne m’a jamais parlé comme ça. « DEGAGES ! » Je regarde attentivement ma mère, la suppliant du regard. Je n’aime pas quand elle crie. Les traces blanches fusent sous ses narines, elle a dû s’amuser avec Lyarik hier soir, ou ce matin, je ne sais pas. Je regarde l’homme qui entre dans le couloir en entendant ma mère crié. « Tu fous quoi là ? Tu vois pas que tu l’emmerdes ? » Il me saisit par le bras et me pousse plus loin dans le couloir. Je manque de tombé, impuissant, je fixe celle qui fut à l’époque ma mère, et tourne les talons, la vue brouillée par les larmes.

2 Septembre 1994

Je cours dans toute la maison, les bras écartés alors que je fais, ce qui semble être le bruit de l’avion, avec ma bouche. Zara me regarde faire et rit en même temps que moi, applaudissant mes exploits. Je m’arrête devant elle et lui embrasse le front en la serrant dans mes bras, malheureusement on trébuche et elle tombe sur la couche. « Pardon Zara ! » Je souffle alors que la petite fille éclate de rire. Je l’aide à se relever et me mets accroupis à ses coter, caressant ses petits cheveux. Aujourd’hui, c’est mon premier jour d’école, et je n’ai pas vraiment envie de laisser ma petite-sœur à Lyarik et maman, qui sait ce qu’il peut lui arriver ? Je relève les yeux quand maman entre dans le salon, elle est toute belle, et pour une fois elle a l’air normal. Je la regarde prendre Zara dans ses bras, et elle me tend la main. Je crois que maman est contente aujourd’hui, elle a l’air d’aller mieux. Sur le chemin de l’école, je regarde un peu tout ce qui nous entoure à la demande de la jeune femme. « Regardes bien tout mon cœur, d’accord. Tu iras comme un grand plus tard. » Je hoche la tête, je suis déjà grand à ses yeux. Lyarik n’arrête pas de me dire que je suis un grand garçon, alors on doit faire des jeux de grands, mais juste tous les deux. Maman elle, ne sait pas ce qu’il se passe le soir dans ma chambre, heureusement pas tous les soirs. Hier, il n’est pas venu jouer par exemple. Je regarde ma petite-sœur et lui tire la langue. « Elle va à l’école aussi Zara ? » Ma mère secoue la tête dans un petit rire. « Non, elle est trop jeune encore. » Ah.. Et donc pourquoi est-ce qu’elle l’a pris ? Je me pince les lèvres sans en ajouter d’avantage.

La récréation à sonner, et la maitresse nous emmène jusque dans la cours. Je regarde tous les enfants qui jouent les chacun ensemble, visiblement quelque uns se connaissent. J’aimerais tellement pouvoir retrouver les filles du voisin, mais maman dit qu’ils ont déménagés, apparemment depuis la naissance de Zara. D’après Lyarik, il serait le père de ma sœur, et maman ne cherche même pas à le contredire. Assis sur un banc, les pieds ballants, un garçon s’approche de moi, je crois qu’il est dans ma classe. « Salut. » Je tourne les yeux vers lui dans un petit sourire. Il n’a pas vraiment l’air d’être très gentil celui-là. Ses cheveux noirs coiffés en pique, et ses yeux noirs me font presque peur. Je hausse les épaules sans rien répondre et me reporte sur la cours de récréation. « T’es puni ? Moi c’est Emyl. » « Non ! Je suis pas puni ! » Je lance agacé à l’égard de l’enfant. Qu’est-ce qu’il me fatigue avec ses questions. Est-ce que j’ai une tête à être puni sur un banc ? « Nykolas. » Le petit garçon descend du banc et vient se mettre face à moi pour me regarder, les bras croisés sur son torse. « Quoi ? » Il sourit, et moi ça m’énerve. « Arrêtes de me regarder ! Laisses moi tranquille ! » Et sans plus attendre, je lui bondis dessus, tout poings fermés pour le frapper. J’ai vu Lyarik faire avec maman des fois, et apparemment ça fait mal puisqu’elle le supplie toujours d’arrêter. Alors je frappe aussi fort que je peux avant de me faire soulever par un homme. « Viens par ici toi ! » Je bats des jambes dans le vide alors que je suis emmené directement dans le bureau du directeur, pour un premier jour je commence bien. Je baisse les yeux alors qu’il me regarde au travers de ses lunettes ovales. « Eh bien.. Monsieur Vilkas. Qu’est-ce que ça signifiait cette bagarre ? » Je hausse les épaules silencieux. « Je vais devoir appelé ta maman. » Je me toise et m’enfonce dans le fauteuil en grommelant. « Il m’a embêté. N’appelez pas ma maman. Lyarik va me punir très fort. » L’homme se penche par-dessus le bureau et je déglutis. « Et bien, s’il te puni c’est que tu as fait quelque chose de mal, alors il aura raison de le faire. Tu n’as pas le droit de te battre, Nykolas. Il aura raison de te punir. » Alors c’est normal ? Sa punition est normale ? Mais je fais rarement des bêtises pourtant à la maison…

17 Novembre 1999

« NYKOLAS VILKAS VIENS ICI DE SUITE ! » Je sursaute en entendant la voix de Lyarik qui rugit dans toute la maison. Zara s’arrête de rire de suite à ma blague, et elle me fixe, inquiète. Elle aussi subit les même punitions que moi, mais beaucoup moins parce qu’il l’aime moins que moi, c’est ce qu’il me dit à chaque fois à l’oreille. Je la regarde attentivement et me rapproche d’elle pour embrasser sa joue avant de partir dans le salon d’un pas hésitant. Je me doute bien qu’il a dû recevoir mon super bulletin, et que donc monsieur se sent festif. J’ai dit festif ? Je doute que ça soit le bon terme, sa main le démange sûrement. Je me cache dans l’angle du mur, le dos appuyé sur celui-ci alors que mes yeux se ferment. « Si t’es pas là dans cinq secondes, tu vas voir ce qu’il va t’arriver petit con ! » Je déglutis et me décide enfin à me décoller du mur pour venir faire face à l’homme qui se tient debout, une feuille de papier en main. « O.. Oui, Lyarik ? » J’ai envie de tombé dans les pommes, je sais très bien le savon que je vais me recevoir. Et il le sait aussi, ses yeux brillent comme à chaque fois qu’il me punit, comme à chaque fois qu’il se réjouit de pouvoir me faire subir ça, mais ce jour-là, j’ai l’impression que ça va être d’autant plus pire. « Tu m’expliques ces notes de merde ? » Je reste silencieux et il se rapproche pour saisir ma gorge entre ses gros doigts. « Je ne t’ai pas éduqué comme ça, Vilkas. T’es qu’une pauvre merde, un moins que rien. Après tout ce que j’ai fait pour toi, tu me remercies avec des notes de merde ? » Je pose mes mains sur la sienne mais il est bien trop fort. L’air me manque en cet instant, et j’ai juste envie de pleuré. « Non… » Je lance d’une petite voix étranglée alors qu’il resserre sa poigne sur ma gorge. Je jette un coup d’œil à ma mère, mais elle dort affalée sur la table. Je me déteste de ne pas avoir su la protéger de cet homme. Lyarik finit enfin par me lâcher et je retombe en reprenant doucement ma respiration, malgré la toux qui s’empare de moi. « J’ai pas fait exprès Lyarik, c’était pas voulu. J’ai pas révisé comme il fallait. Pardon, me frappe pas. » Je me surprend à le supplier, mais il se met à ma hauteur en saisissant mes cheveux pour me tirer la tête en arrière. Je me sens faible à coter de lui, complétement faible. En même temps, il doit peser une tonne, alors comme m’en échapper ? […] Je regarde Zara tandis ce que je suis allongé sur le lit, Lyarik ferme la porte à clef et me déshabille ensuite devant ma sœur, je vais être puni. Je ferme les yeux, et fronce les sourcils en entendant les contestations de celle-ci. Elle aussi finit nue, et allongée à coter de moi. Je prends sa main en douceur, lui signifiant ainsi qu’elle n’a rien à craindre. « Tu sais que tu es punis Nykolas ? » Je hoche la tête. « Alors maintenant, tu t’assois sur le lit, et tu embrasses ta sœur, sur la bouche. » Je déglutis et m’exécute. Je mets pourtant quelques secondes à embrasser la bouche de Zara, dégoûté. Un coup d’œil vers Lyarik, il s’est déshabillé, et se frotte l’entre-jambe comme il me demande de faire parfois. « Allé ! » Je souffle et m’exécute pour de bon, craignant les représailles. Je me détache du visage de Zara, les larmes aux yeux en murmurant. « Je suis désolé… » J’ai l’impression que tout est en train de durer des heures entières, les demandes de mon beau-père sont de plus en plus difficiles à exécuter, et j’entends Zara qui pleures puisque je lui fais mal. Le temps passe, et Lyarik en a profité pour ajouter encore une fois de plus son grain de sel. Quand je fus enfin seul avec Zara, je me suis contenté de la prendre contre moi, comme pour essayer de la protéger de tout, et nous avons pleuré ensemble, l’un contre l’autre. « Je te promets, on partira bientôt. C’est promis. » Je dois seulement trouvé de quelle manière, mais je ne compte pas laisser Zara ici trop longtemps. Elle hoche la tête, mais ne réponds pas, trop affaiblit par ma punition.

29 Octobre 2005.

Appuyé contre mon dossier, les bras croisés je souris à Emyl qui s’appuie à coter de moi. A notre première rencontre, c’est-à-dire à la maternelle, j’étais loin de m’imaginer que je serais aussi proche de lui à présent. Il est devenu beau, mais il fait toujours aussi peur ! Il s’est même tatoué je crois, d’après lui c’était en prison, mais tout le monde sait qu’il est seulement partit quelques jours en colonie, et qu’il s’est fait tatoué là-bas. Et puis, connaissant ses parents ça ne m’étonnerait même pas que ça soit son père qui se soit entraîné sur la peau de son fils. Il tourne la tête, et je suis son regard pour tomber sur le petit intello de notre classe. Mr le rapporteur, et j’en passe encore comme surnoms. Notre souffre-douleur préféré ! « Tiens ! Regardes là-bas ! » Mes lèvres s’étirent et j’envoie une main victorieuse en l’air. « C’est mon tour ! » Puis, sans attendre je frappe dans la main de mon meilleur ami et me dirige vers le jeune homme. Je pose ma main de la porte de son casier et la referme brusquement pour coincer ses doigts dedans. « Tobias. J’t’ai manqué ? » Je souris de nouveau et passe ma main dans ses cheveux en l’attirant contre moi. « Beh alors, on a perdu sa langue mon gros loulou ? » Je ris. Tobby me regarde suppliant alors qu’il se frotte les doigts. « Laisses moi tranquille Nykolas, je t’en prie. » Je me mords la lèvre, et prends une voix aiguë. « Laisses moi tranquilles Nykolas, gnagnagna. J’t’en supplie Nykolas, gnagnagna… T’en as pas marre de me supplier ? » Moi, j’en ai pas marre par contre. J’aime quand il m’implore à genoux des fois, mais il sait bien que ça sera la même. Je caresse l’arrière de sa tête dans un petit sourire avant de l’envoyer droit dans les casiers, éclatant son nez au passage. « Beh alors, on saigne rapidement aujourd’hui. » J’éclate de rire en voyant le sang sur moi et lui donne un coup de pied au niveau du ventre qui l’agenouille au sol. Je le suis, tenant son épaule et caresse ensuite sa joue. « Chuuuut… Ca va aller. » Je lance doucement alors qu’il commence à pleurer. Je passe ma main libre entre ses jambes et saisit ses parties que je serre aussi fort que possible. « Chut. Ne dis rien. » Je me rapproche de lui et le serre dans mes bras, comme s’il allait me pardonner. Je relâche ma main au niveau de ses jambes et prends son visage pour le regarder attentivement pour ensuite lui rentrer de nouveau la tête dans le casier et me relever en le laissant tomber au sol. « T’es qu’une merde Tobby. » Je lui crache dessus et lui envoie un coup de pied dans le ventre, puis un au visage et l’enjambe pour rejoindre Emyl. « Tu es le meilleur Vilkas. » Je me pince les lèvres, fier de moi et tape de nouveau dans sa main. « J’ai les mains pleines de sang. Regardes comme ça sent bon. » Je lance en lui faisant passer mes doigts sous le nez. Emyl se calme et une main s’abat sur moi. Ca, ce sont les ennuies qui arrivent. Je me retourne et souris poliment au directeur du lycée, lui ne semble pas aussi ravit que moi. « Ca faisait longtemps Vilkas. » « Vous me manquiez monsieur. » La provocation a toujours été mon fort au lycée, certes pas à la maison. […] Trois jours d’exclusion, trois jours. Je reste sur le pas de la porte, portant mon joint à mes lèvres alors que Zara ne tarde pas à arriver. Je lui lance un mince sourire et la laisse entrer. J’espère qu’elle ne subira pas une nouvelle fois ma punition. Je rentre à ma suite, Lyarik m’attend en tapant du pied. Ma mère quant à elle est penchée sur la table en train d’absorber sa trace de coke. « Trois jours d’exclusions. Félicitations. » Je hausse les épaules. « Merci. » Je file dans ma chambre, presque comme un automatisme alors qu’il me suit de près,  refermant la porte derrière lui. Je le fixe quelques secondes et me déshabille avant de me rapprocher de lui pour me laisser tomber à genoux. Je défais sa ceinture, puis son pantalon et ferme les yeux, imaginant ce dont j’ai toujours rêvé. Je sens sa main s’abattre sur ma tête, mais je ne dis rien, me contentant de le satisfaire comme à chaque fois. Je sais pertinemment que je me prendrais quand même une rouste, ce n’est qu’une question de temps.

6 Août 2005.

« C’est encore loin ? » « La ferme Zara. Si t’es pas contente tu peux encore faire demi-tour. » Je regarde Emyl avec attention et le rattrape par l’épaule pour le retourner. « N’oublies pas que tu parles à ma sœur. » Je peste, haineux. J’ai horreur qu’on touche à ma sœur, j’ai horreur qu’on lui parle mal. Le jeune homme se dégage de mon emprise et reprend sa marche en râlant. Ca a toujours été comme ça avec lui, on peut se haïr comme on peut s’aimer. C’est avec lui que j’ai fait toutes mes conneries. Mon premier joint, ma première trace, etc. Merci Lyarik et toutes les merdes que tu refiles à ma mère. On arrive enfin au milieu d’une forêt, et Emyl se poste devant un cabanon, les bras écartés. « Madame et messieurs ! Nous voici aujourd’hui réunit en l’honneur que notre cher Nykolas ! » Je fronce les sourcils alors que deux de nos amis applaudissent comme des gros débiles. Je vois le jeune homme partir fouiller dans des buissons et en sortir deux bidons d’essences. « Qu’est-ce que tu fous, Emyl ? » Je me rapproche de lui alors qu’il tend un bras en ma direction. « Ne t’approches pas de moi Nyko. » Il se tourne alors vers les deux autres. « Si vous voulez bien vous donner la peine ? » Et ils s’exécutent. Je crois que dans les délires nous partons un peu loin, je jette un coup d’œil à Zara qui se colle inconsciemment contre moi, et je passe un bras autour de ses épaules. « Tout va bien se passer, c’est pour rire. » « Eh Emyl. Y’a un type dedans. » Mais il ne prête aucunes attention aux paroles du jeune homme et me fixe avec un grand sourire. « Mets y le feu. » Il m’envoie alors une boite d’allumettes, et je la fais passer entre mes doigts. Il a perdu la tête. « Y’a un mec dedans, Emyl ! » Il est hors de question que je mette la vie de quelqu’un en danger. Pourtant, Zara me prend les allumettes des mains et s’avance. « Je vais le faire. » OK ! Là, c’est juste en train de partir en gros délire psychopathe, non ? J’attrape la main de ma petite-sœur pour l’empêcher d’avancer plus. « Fais pas ça, tu vas finir tes jours en taules. » « C’est toujours mieux qu’être à la maison. » Je n’aime pas quand elle prend ses airs de garces avec moi. Je serre son poignets entre mes doigts, l’obligeant à lâcher ses foutues allumettes. « C’est à moi de le faire. » J’attrape mon zippo et allume la flamme. Emyl se pousse, ainsi que les deux autres, et j’envoie le briquet sur la maison. A peine tombe-t-il au sol qu’un brasier immense se déclenche. Soudainement, j’entends le rire de mon meilleur ami qui est déjà bien loin. J’attrape alors la main de la jeune femme et l’entraîne avec moi dans ma course. « T’arrêtes surtout pas Zara. Cours. » « NYKOLAS ! » Je me retourne, ma sœur est au sol, un mec dessus. Sûrement le type du cabanon. Je retourne vers eux et me jette sur lui mais il ne la lâche pas. J’attrape alors un piquet de grillage abandonné, et l’arrache pour l’envoyer dans son dos avec le plus de forces possible. « LACHES MA SŒUR CONNARD ! » L’homme finit par la relâcher un peu, et Zara en profite pour se relever et se mettre à courir. Je frappe encore l’homme, au visage cette fois-ci, et jette la barre de fer pour prendre la course avec ma petite-sœur. « T’arrêtes surtout pas. Cours Zara. COURS ! » Trahit. C’est le sentiment que je ressens à ce moment précis. Emyl a osé nous laisser là, nous n’avions jamais fait ça à l’époque, au grand jamais. T’es qu’un connard, un foutu connard qui mérite de crevé. Il a osé nous abandonner, il a osé abandonner Zara. Je me retourne pour voir si l’homme nous suit, mais visiblement il a arrêté. Je rattrape la jeune femme et lui prends la main à nouveau pour qu’elle me suive. « J’en peux plus. » « Tu peux le faire.. Cours. » J’ai juste l’impression d’être en plein rêve. La respiration me manque, mais l’adrénaline me fait tenir. Qu’est-ce que c’est bon cette merde.

18 Juin 2009.

« Qu’est-ce que tu fiches ici, Nykolas ? » Je regarde Zara qui sort à peine de son lycée, sac sur l’épaule. J’esquisse un mince sourire et lui montre une liasse de billets. « Ca, ma chère. C’est la liberté. » Elle fronce les sourcils et je me rapproche d’elle pour embrasser son front. « On s’en va. On se tire de Vilnius. » Je sais bien qu’elle me prend pour un taré, mais je ne supporte pas de savoir la jeune femme chez nous plus longtemps encore. Lyarik est de moins ne moins vivable, et ne parlons pas du déchet qu’est devenu notre mère. « T’es complétement fou. » Elle saute néanmoins sur moi et je tourne sur moi-même, heureux. « Allé, dépêches toi. On a intérêt de quitter Vilnius avant que Lyarik ne se rende compte que j’ai niqué sa thune. » Je prends la main de Zara et on se met à courir, sans même savoir où est-ce qu’on va. Mais ce qui est sûr, c’est que nous devons partir d’ici le plus rapidement possible. Je me sens libre, le sourire aux lèvres je ne peux m’empêcher de rire avec ma petite-sœur. Nous avons toujours été complices, malgré tout ce que j’ai pu lui faire subir, ce que nous avons subi ensemble. « L’aéroport ! Là-bas ! » Je tourne la tête vers l’aéroport que me montre Zara, évidemment que là, nous serons sûr de quitter le pays. […] « Oh mon dieu, tu as vu la tête de la femme quand on a fait un pierre feuille ciseaux ? » Ma sœur éclate de rire à bord de l’avion, et je la regarde attendrit. Je suis tellement heureux de la voir comme ça, de voir qu’elle retrouve son innocence. « Je pense que les passagers qui ne savent pas où aller sont rare. » Je hausse les épaules et m’attache bien comme il faut avant de m’enfoncer tranquillement dans mon fauteuil, les yeux clos. « C’est encore plus confortable qu’à la maison. » Je murmure. « On va où déjà ? » « San Francisco ma chère. On va aux States ! » Je lance enthousiaste. Le seul hic c’est que je ne parle que très peu anglais, pas du tout même. Mais au pire je m’en fous. C’est ça la grande aventure, non ? San Francisco, j’ai déjà entendu cette ville, mais que très rarement. Ca va nous changer, il paraît que c’est immense, mais moins grand que New York, et en bien moins froid. Là-bas, il n’y a pas de neiges je crois. Je ferme les yeux et me laisse aller au sommeil.

Je prends le sac de cours de Zara et le pose sur mon épaule, elle doit être écroulée la pauvre. Et le décalage horaire n’aide pas. J’entre ouvre la bouche, émerveillé par tous ces buildings qui s’offrent à nous, cette vie active. C’est juste, grandiose. « Ouah. T’as vu comme c’est beau ? » Elle hoche la tête avant de s’arrêter brusquement. « Euh. Tu sais où on va dormir ? » Je blêmis. Je n’en ai aucunes idées, et ce qui nous reste comme argent n’est malheureusement pas assez pour pouvoir se permettre même le plus petit des hôtels. « Absolument pas. Mais… On va trouver. » Je suis confiant, enfin j’essaie de l’être. Tout ce qui compte c’est que nous soyons loin de Vilnius, et loin de notre beau-père. Là j’avoue, que je n’ai quand même pas l’air vraiment très malin. « Il nous reste juste un peu pour pouvoir manger. Mais je trouverai un travail, c’est juré. » Zara semble perplexe, mais j’ai l’impression qu’elle me fait confiance. Je passe ma main dans son dos et l’attire vers moi. « On va s’en sortir, je te le promets. » Je murmure doucement pour la rassurer alors que nous reprenions notre marche en direction du centre-ville, bien plus loin. J’avoue qu’on est un peu partit à l’aventure, mais il en était à présent de notre sécurité. « Merci. » « De quoi ? » Je fronce les sourcils sans quitter le sol des yeux. « Merci de ne pas m’avoir laissé là-bas. » Je me mord l’intérieur des joues alors que ma vue se trouble légèrement. « Oublions tout ça, tu veux ? » Je lance faiblement. « Très bien. » Pour moi, quand j’ai pris cette décision, il était impensable de la laisser seule avec notre beau-père. Impossible. […] « Ca me paraît plutôt pas si mal ici, tu en penses quoi ? » Je regarde Zara, elle semble sceptique à l’idée de dormir dans une des ruelles de la ville. « Ca pue. » Je hausse les épaules dans un soupire. « C’est que pour cette nuit, d’accord ? » Je prends son visage entre mes doigts et lui embrasse le front alors que je m’allonge sur le béton froid du trottoir. Jamais je n’ai dormi dehors, j’ai toujours réussi à me débrouiller à rentrer avant Lyarik, ou après ça dépendait. Je ferme les yeux, mais je sais pertinemment que c’est peine perdue. « Je trouverais un truc demain, promis » Je tourne la tête vers Zara, mais je crois qu’elle s’est assoupie déjà. Tendrement, je caresse ses cheveux, et reste là, à guetter la moindre personne qui s’approcherait un peu trop près de nous.



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N. Saphyr Vilkas
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MessageSujet: Re: Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]   Dim 28 Mai - 15:03


Story of my life : Part 2.




Juillet 2009.

Adossé sur le mur d’un immeuble délabré, je regarde attentivement les gens qui passent devant moi. J’étais loin d’imaginer que je serais amené à faire un métier aussi dégradant. Plusieurs fois j’avais manqué de me faire défoncer la gueule, ou tuer parce que je faisais de l’ombre aux autres garçons dans le même cas que moi, sauf que eux le faisaient de façons conforme, mais moi non. Je suis mon propre patron, le moindre argent me revient. J’esquisse un mince sourire quand une jeune femme, légèrement plus vieille que moi sans doute, se rapproche. Elle est plutôt mignonne je dois dire, un vrai bijou, qu’est-ce qu’elle fait ici ? Seule surtout ? Je la fixe avec attention, mais elle ne démord pas et se rapproche encore. Je fronce alors les sourcils, elle marche rapidement, mais je vois bien qu’elle n’est pas prête à reculer face à moi. « Bonsoir. » Je lance-t-elle du haut de son mètre moins vingt. Je baisse les yeux sur elle. « Le cunit c’est 50$ ma belle. Après, si tu veux plus faut monter. » Je croise les bras sur mon torse, elle n’a pas vraiment l’air du même avis. « Vous me prenez pour qui ? Une cliente ? » Ah, parce qu’elle vient seulement taper la discute ? « Alors tirez-vous. J’ai du boulot, et vous m’empêchez de le faire. » D’un geste je la décale pour pouvoir passer alors qu’une voiture s’arrête. Je m’approche quand la vitre se baisse et souris à l’homme. « Elle prend combien pour la pipe la p’tite dame ? » « Elle prend rien, c’est gratuit. » L’homme sourit, et la siffle pour qu’elle se retourne. Je me relève et fixe la blondinette face à moi. « Démerdes-toi maintenant. » Un sourire, un clin d’œil, et je tourne les talons pour rentrer chez moi. Enfin chez moi, mon petit appartement miteux, complétement aux oubliettes depuis le temps. On s’est installés ici avec Zara en attendant que je puisse ramener un peu plus pour vivre. Pour l’instant, on n’est pas trop mal, je nous ai achetés de nouveaux vêtements, et de quoi manger. Puis pour les jours de pluie nous avons un toit sur la tête, ce n’est pas si mal. Je passe par la fenêtre et m’approche de ma petite-sœur. « T’as trouvé quoi ? » « Rien. Aucuns clients. Une femme m’a fait de l’ombre. » Je grimace et m’assois sur le vieux matelas moisi trouvé dans la rue quelques mois plus tôt. « J’ai vu un autre matelas. Ca nous en fera deux. On ira le chercher, ça te va ? » Ma sœur secoue la tête. Nous manquons de confort certes, mais je crois qu’on ne le vit pas si mal. Je me penche et attrape un sachet de weed pour me rouler un joint. « Tu vas la payer comment ta came ? » Je ne réponds rien, elle n’a pas à savoir. Zara est bien trop jeune pour ça. Je hausse les épaules. En réalité, j’ai un client plutôt bien placer qui me ramène tout ce dont je désire si j’accomplis la moindre de ses envies, certes parfois ce n’est pas très drôle, mais il paye bien et m’offre des petits suppléments comme ce sachet de weed, ou parfois des bonbons ou de la coke. J’avoue que sur ce point, je ne m’en sors pas si mal que ça.

Je marche rapidement dans la rue, tête baissée alors que j’essaie d’être discret. Si l’épicier se rend compte que j’ai choppé de la bouche, il risque de m’en mettre plein la gueule, et je n’ai aucune envies de finir au poste aujourd’hui. Je me retourne pour voir si quelqu’un me suit, personnes. Ce n’était pas sans compter la personne que je pris en pleins fouet. « Putain. » Je me surprends à lâcher en Lituanien lorsque je me reportant sur la jeune femme. Encore elle ? Je m’apprête à la détourner mais elle m’arrête par le bras. « Une minute. » Je me mords la lèvre, pourquoi a-t-il fallu que je tombe sur elle ? Elle m’attire dans une petite rue sans me donner aucunes explications et se poste en face de moi. « Bien joué pour hier. » J’esquisse un sourire. « Tu faisais quoi ? Tu te prostituais ? » Qu’elle est pertinente. Je baisse les yeux en soupirant. J’ai horreur d’utiliser le mot « prostitution. » La blondinette croise les bras, et je m’appuie contre un mur, ce n’est pas que je suis pressé mais quand même. « Tu as quel âge ? » Silence radio, je ne vois pas pourquoi je lui parlerai. « Réponds-moi, t’as rien à craindre. » Je tapote sur pied sur le sol alors que je plante mon regard dans celui de la jeune femme. « Dix-neuf ans. » Elle hausse les sourcils, visiblement surprise. Je me mords la lèvre dans un soupire. J’ai seulement dix-neuf ans et je me retrouve à faire la prostituée pour pouvoir nourrir ma petite-sœur. « Tu vis où ? » « Nulle part. » Elle commence à m’agacer un peu avec ses questions. Je ne la lâche plus du regard à présent, la défiant presque alors qu’un sourire s’affiche légèrement sur ses lèvres magnifique. « Nulle part… J’peux t’avoir du boulot si tu veux. » Je hausse les sourcils et finis par rigoler. « Toi ? Oublies. » Je souffle en me décalant pour la contourner et sortir de la ruelle. Malheureusement elle me rattrape, perspicace en plus. « Attends. T’as l’air sérieux, et je le suis aussi. Crois-moi, la rue ce n’est pas toujours simple. Laisses moi t’aider. » Je fronce les sourcils et me défais de son emprise. J’ai bien envie de lui balancer tout à la gueule, mais je ne trouve même pas les mots, ça ne fait pas vraiment longtemps que j’habite ici, et mon vocabulaire me joue des tours. « Casses-toi. J’ai pas besoin de toi. » Je tourne à nouveau les talons, resserrant la nourriture contre moi, Zara m’attend, elle doit avoir les crocs à l’heure qu’il est. « JE PEUX FAIRE DE TOI UN MEC RICHE ! » Je m’arrête net et me retourne. Un homme riche ? Elle est sérieuse ? Et puis, pourquoi moi ? Je soupire et hausse les épaules alors qu’elle se rapproche. « T’es qui ? » « Elena Blueberry. Je suis agent à l’agence de Pub ECBG. » Je me frotte l’arrière de la tête alors que je la vois grimacer. « J’aurais pu me doucher hier, si t’avais pas été là. » J’esquisse un sourire mi taquin, mi moqueur. « Je connais pas ton agence. » Oui, je ne suis pas sur San Francisco depuis des lustres non plus. « Je te raccompagne ? » Je fronce le nez et finis par capituler, cette femme est capable de me suivre. Je l’incite alors à me suivre, et esquive les gens qui ne semblent pas faire attention à moi. Après-tout, je suis un simple Monsieur Tout le monde. « Tu viens d’où ? » « T’es flic ? » Elle fait semblant de rire pour se foutre de moi j’ai l’impression. Je ne prends même pas la peine de la regarder jusqu’à ce que l’on arrive devant mon immeuble. « Je vis ici. Tu as vu ma misère, t’es heureuse ? » Je m’agace de nouveau et lui tapote l’épaule. « Bon, merci pour tes blagues hein. A la prochaine. » « Tu vis dans cet immeuble ? Mais il est abandonné, et y’a une obligation de le raser. » Alors c’était ça l’écriteau ? Je hausse les épaules. « Je changerai dans ce cas. » Je crois qu’à sa tête, je la désespère. « Je peux partir maintenant ? » Elle hoche la tête et je tourne les talons pour rentrer dans l’immeuble. Lorsque je me retourne, elle est là aussi. « Ma carte de visite. » Je prends le papier qu’elle me tend en haussant les sourcils alors que je l’inspecte. Bon, au moins elle ne m’a pas menti sur ce point. « Passes me voir quand tu peux. » Je n’y manquerai pas. Je lui affiche un simple sourire en guise de réponse et la regarde partir comme si de rien était. Je secoue la tête et remonte pour rejoindre Zara. « C’était qui ? » « Une fille qui veut me faire bosser dans un agence… de pub je crois. » Je murmure en rangeant la carte dans ma poche. « Tiens, du pain et des tomates. J’ai pu choper que ça. » Je tends la marchandise à la jeune fille et m’assois sur le matelas pour me préparer un petit joint. J’ai presque plus rien, il faudrait que j’essaie de revoir mon client favoris.

Je regarde la grande porte vitrée sans grandes convictions. Zara m’a poussé à aller me renseigner, après-tout, si cette fille peut nous aider à avoir une vie meilleure, pourquoi ne pas essayer ? Je passe les portes de l’agence et tous les regards se tournent vers moi. Il est vrai que je ne suis pas vraiment des plus présentables pour me rendre dans un tel endroit, je dois même sentir mauvais. Et j’ai une tête à faire peur à la peur. Je tombe sur le secrétariat général et m’appuie sur le comptoir où une jeune femme me regarde par-dessus ses lunettes. « Je peux vous aider ? » Je hausse les épaules, peu convaincant. « J’aimerais voir Elena Blueberry. » Elle esquisse un bref sourire en me jaugeant de la tête aux pieds. « Au bout du couloir, à droite. » Je la remercie d’un signe de tête et traverse le couloir indiqué où je tombe sur un petit bureau. Je regarde la petite plaque où est inscrit son nom. Je frappe doucement. « Entrez. » J’ouvre alors la porte et regarde la jeune femme qui m’adresse sans doutes un de ses plus beaux sourire commerciales. « Honnêtement, je savais pas si tu allais venir. » Je me pince les lèvres et referme la porte derrière moi. Elle me fait signe de m’installer sur la chaise, et c’est donc hésitant que je me rapproche d’elle. « On aurait pu parié. » J’esquisse un bref sourire et croise les bras sur mon torse. « Mh… il va falloir te rafraichir un peu, tu sais ? » Je fronce les sourcils. « Si tu veux intégrer ECBG, il faut que tu sois au meilleur de ta forme, tu saisis ? Genre… irréprochable. Habillé comme ça, tu rentreras jamais. Et l’odeur… » Je me lève brusquement en posant mes mains sur le bureaux de la jeune femme. « Si c’est pour me juger comme ça. Je me casse. » Je me retourne pour prendre la direction de la porte, mais les talons de la demoiselle tapent rapidement sur le sol et elle se met en travers de mon chemin. « Fais-moi confiance. S’il te plait. Elle me prend la main et ouvre la porte pour m’emmener dans les vestiaires homme. « Prends une douche, je vais te chercher des fringues. » Je sais pas trop quoi dire. J’enlève alors mon tee-shirt et elle me reluque sans aucunes gênes. « Un peu trop maigre, mais ça va le faire. Puis voilà qu’elle tourne les talons en me laissant seul. Je glisse dans la douche et allume l’eau. Mon dieu ce que ça fait du bien… Je me sens bien là, la chaleur de la douche qui caresse ma peau. J’entends la porte s’ouvrir, c’est sans doute la jeune femme. Je reste tranquillement à profiter encore un peu, puis elle ouvre le rideau et me tend une serviette. « Dépêches toi quand même. » Je me cache les parties en attrapant la serviette, et commence à me frotter. « Retournes toi. » Elle rit et s’exécute. Je termine alors et noue la serviette autour de ma taille pour sortir de la douche. « J’ai réussi à te choper des vêtements. Dieu ce que tu es bien plus sexy sans crasse. » Je grimace et la contourne pour attraper mes fringues. « Y’a une bonne lumière, mets-toi là. Pas de tee-shirt. » Je me place devant un mur bleu et la regarde attentivement alors qu’elle sort son téléphone pour me filmer. J’arque un sourcil et écarte les bras. « Tu fous quoi ? » « Je te film. Maintenant, répète. Je m’appelle.. Tu t’appelles comment ? » « Saphyr. » C’est sorti tout seul. C’est le pseudo que je sortais à mes clients. « Je m’appelle Saphyr, je viens de ? » « Lituanie. » Elle me regarde et termine en m’encourageant pour répéter la phrase. « Super, maintenant tu tournes sur toi-même doucement. Faut que tu marques une pose, tu piges ? » Je m’exécute alors qu’elle film, reprenant encore et encore la prise puisque j’ai du mal. Quand ça finit par être dans la boite, elle m’autorise à regarder le résultat et me félicite ensuite. « Ca me va. » Je souffle, content. « Bon, maintenant on va aller signer quelques papiers. Je serais ton agent. Le moindre problème, la moindre connerie ou quoi. T’es un homme mort. Ca te va ? » Sympathique non ?

Mars 2012.

Les gémissements se font entendre dans le petit bureau. Mes coups de reins sont plutôt rapide mais délicats, je serre les hanches de la jeune femme entre mes doigts alors que ses ongles se plantent dans sa peau. « Ouais. Continues. » Je glisse mes lèvres de long de sa mâchoire puis viens embrassé son cou doucement. Mon cœur loupe un battement à cette proximité, ma respiration se fait haletante. Je relève les yeux rapidement sur l’heure et me stop d’un coup. « Putain, j’suis à la bourre. » Je regarde la jeune femme dans les yeux. « J’te préviens Vilkas que si c’est pas moi que tu bourres à cet instant, j’te tue. Et n’espère même plus mettre un pied à l’agence. » Au moins c’est clair comme message, non ? Je penche la tête sur le coter, parfois elle sait se faire menaçante. « Mais Elena ! » Elle pose son index sur mes lèvres avant de m’embrasser langoureusement. Sa langue caresse la mienne, et je suis bien obligé de rester encore un peu. Au moins jusqu’à l’orgasme après je détalerai aussi vite que mon ombre.

Je me gare en trombe devant mon appartement et croise Zara, elle a l’air furax. « Tu foutais quoi ? Je hausse les épaules et la regarde avec attention alors qu’elle charge les premiers cartons dans ma voiture. Je me rapproche d’elle pour lui filer un coup de main. « J’avais un rendez-vous à l’agence. » « C’est pour ça que t’as du rouge à lèvre de partout ? » Hein ? Je me regarde dans le rétroviseur et m’essuie brièvement la commissure des lèvres, ainsi que le rouge que j’ai un peu partout. C’est peine perdue puisque j’étale le maquillage au lieu de le retirer. « Bon, tant pis, files moi un coup de main. » Ma petite sœur est des plus autoritaires, je pose mes mains sur les hanches, taquin avant de monter vers mon appartement. Dans les escaliers je tombe nez à nez avec une petite brune, cartons en mains. « Salut. » Je me décale pour la laisser passer. « Salut. » Puis voilà qu’elle continue de descendre sans plus trop faire attention à moi. Je hausse les épaules et retourne à l’appartement pour récupérer deux cartons et les descendre. Arrivé devant la voiture, je les poses comme il faut, veillant à ne rien casser. « Zoey, j’te présente mon frère, Nykolas. » Je fronce les sourcils et tends la main à la jeune femme. « Saphyr ça sera parfait. » Elle esquisse à peine un sourire, et je me reporte sur ma jeune sœur, elle au moins, elle est plus bavarde. « Tu as tout ? » « Il me semble. » Au pire, ce n’est pas perdu hein ? Je tape dans mes mains pour les joindre et fini par faire le tour de la voiture. « J’vous suis. » Les filles acceptent et j’attends qu’elles démarrent pour pouvoir leur emboiter le pas. Elle a l’air toute mignonne cette petite brune, sauvage, mais mignonne.

« Je suis désolé, je ne parle pas.... bien anglais ! » Je lance à travers la musique en fixant la jolie blondinette en face de moi. Je m'appuie sur la table, me rapprochant d'elle de quelques centimètres alors qu'elle fait de même. Bon, cette approche ne semble pas trop la dérangé, et puis vu comme elle me dévore des yeux, j'ai juste toutes mes chances. « Non. Ne t'en fais pas, c'est trop craquant. Et ça te donne un coté sexy ! » J'esquisse un large sourire. Elena ne cesse de me le répéter à chaque fois que je lui parle. Elle craque complètement sur mon accent, et parfois même me saute dessus quand j'essaie de lui expliquer quelque chose. Je me mordille la lèvre alors qu'elle tend une main vers moi pour essayer d'avoir un minimum de contact. « Nykolas, j'y vais ! » Je relève les yeux vers ma soeur et hoche la tête en la regardant ensuite partir. J'ai l'habiude de finir les soirées sans elle, mais ça ne me dérange pas. Je me raidis en sentant son amie Zoey s'asseoir à coter de moi et m'appuie contre le dossier de ma chaise dans un soupire. La blondinette se lève en récupérant son verre et je la laisse partir totalement impuissant. « Je te déteste. J'avais une sacré opportunité là. » « Sa poitrine, elle était refaites de toute façon. » Je baisse les yeux sur le décolleté de la jeune femme et esquisse un mince sourire. Les siens sont réels au moins. « Tu sais… » Je me lève finalement et la contourne pour me poster face à elle, une main dans le dos, l'autre tendue vers la demoiselle. « Je suis un bon cavalier pour danser moi aussi. » Elle prend ma main et je la tire jusque sur la piste. Je l'attire contre moi sans aucunes gênes, bougeant mes hanches au rythme de la chanson. Une main dans sa nuque, l'autre sur ses hanches, j'esquisse un léger sourire auquel elle répond avant de s'éloigner pour revenir. Dos à moi, je pose mes mains sur son ventre, collant mon bassin au sien et plante mon visage dans sa nuque quelques secondes avant qu'elle se me refasse face. Elle danse plutôt très bien, et ce n'est que du bonheur. « Je vais nous chercher un verre. » Je hoche la tête et la laisse partir. La blonde revient à la charge et je reprends à danser avec elle. Elle rapproche ses lèvres de mon oreille pour murmurer. « J'ai envie de toi. » Je me mords la lèvre et lui prends la main pour l'emmener aux toilettes avec moi. Sans plus attendre, on entre dans une des cabines, et je me rues sur la jeune femme, l'embrassant à pleine bouche alors qu'elle retire son haut en rigolant. Je me raidis en entendant marteler contre la porte et pose un doigt sur la bouche de la blondinette. « VILKAS ! OUVRES CETTE PORTE ! » J'essaie de faire le moins de bruits possible, mais en vue du degré d'alcoolémie de ma partenaire, je doute que ça soit gagné d'avance. « Je te préviens je la défoncerais s’il le faut ! » Je soupire et me retourne pour ouvrir la porte. Non mais pour qui elle se prend celle-là ? « Mais t’es complètement cinglée ma parole ! » Je vois le poing de Zoey passer à coter de moi pour se planté dans le nez de la jeune femme et fronce les sourcils, non mais elle est sérieuse là ? La jeune femme part en courant, les larmes aux yeux. « Je suis pas le genre de nana qu’on plante comme ça dès qu’elle a le dos tourné ! Plus jamais tu me fais un truc pareil ! » Je lève les yeux au ciel et attrape la nuque de la jeune femme pour l'embrasser langoureusement. Quelle se taise bordel. Sans réfléchir, je rentre dans la cabine et referme la porte. Mon coeur s'emballe à cette subite proximité, et je relève sa jupe légèrement pour pouvoir y glisser ma main alors qu'elle écarte les jambes. Les mains de Zoey s'activent sur mon jeans pour l'ouvrir et je le laisse tomber à mes pieds, je glisse mes mains sur ses cuisses et la soulève pour pouvoir la pénétrer comme il se doit. Ses ongles s'enfoncent dans ma nuque et je mords ses lèvres avant envie. Ca lui apprendra à me briser mes coups.

Zara se rapproche de moi et se laisse tomber dans le canapé en posant ses jambes par dessus les miennes. « Je trouve que t'es souvent ici, toi. » Je fronce les sourcils en la regardant. « Et ça t'emmerde ? » Elle sourit et pose sa main sur mon épaule. Je me mords la lèvre et me reporte sur la télé en tirant sur mon joint. Zoey rentre dans le salon et je la suis du regard attentivement. Un petit clin d’œil et elle disparaît vers sa chambre. « Bon allé, moi j'y vais. Je dois bosser ! » Elle se relève en m'embrassant la joue. Je lui souhaite brièvement bon courage et me lève également pour m'étirer. Un geste de main et ma sœur referme la porte. « Elle est partie ? » Je regarde sa coloc avec elle large sourire, puis elle s'approche en me sautant dessus, me faisant ainsi tomber à la renverse. Ses lèvres s'écrasent sur les miennes avec envie, et mes mains glissent à l'intérieur de son jeans pour aller caresser ses fesses. C'est devenu ça notre vie un peu. Dès que Zara tourne le dos, je m'empresse de faire l'amour avec Zoey, ou seulement de passer un petit moment dans les bras l'un de l'autre. J'ai bien peur de la réaction de ma jeune sœur si jamais elle était au courant, bien qu'elle doit s'en douter.

Septembre 2012.

Je fais les cents pas dans mon appartement, attendant de pied ferme l'arrivée de Zoey. Voilà quelques jours que je ne l'ai pas vu, et de la savoir avec d'autres mecs me rend plutôt dingue. Un peu trop dingue à mon goût et je n'aime pas ça. Je regarde attentivement mon téléphone, rien. Est-ce qu'elle va vraiment venir au moins ? Je me stop quelques secondes et Le Chien se rapproche de moi, tout fou. Je me baisse pour le câliner. « Et toi alors, t'en penses quoi hein ? » Je souffle et mon téléphone sonne. C'est Elena qui me rappelle notre rendez-vous de demain, elle joint un clin d’œil à son texto qui veut tout dire. Elle espère surtout que je sois en forme demain, comme à chaque fois. Bien que ça fait un petit moment qu'on a rien fait elle et moi.
Zoey finit par rentrer dans l'appartement, comme à son habitude à présent. Le Chien l'accueil en lui tournant autour, résistant à l'envie de lui sauter dessus, comme il sait que je n'aime pas ça. Assis dans le canapé, je souris à la jeune femme, qui ne tarde pas à se mettre à mes cotés, me dérobant ma cigarette au passage. Voilà quelques temps que je réfléchis à comment lui faire part de mes sentiments. Je sais que je vais droit dans un mur, mais qui ne tente rien n'a rien, non ? « ... J’ai passé un super week-end. » Evidemment, un excellent week-end, avec ses amis garçons. Mon visage se ferme, et je détourne le regard, agacé. « Justement. A propos de ça… Il faudrait que je te parle de quelque chose. » Je murmure, d'une voix presque inaudible. « Je suis jaloux. Des autres mecs sur qui tu peux poser les yeux ou fréquenter. Je crois… que j’aimerais être le seul dans ta vie. Et que je t’aime. » Je t'aime. Il me semble que c'est la première fois que je le dis à quelqu'un d'autre que ma petite-soeur, et ça pourrait presque me faire peur, mais à ce stade, je trouve important de le dire à la jeune femme.
Un lourd silence s'impose, et je crois passer intérieurement par toutes les émotions du monde, et qui sait, par toutes les couleurs ? « Mais depuis quand ? » C'est quoi cette question complètement bidon ? C'était une mauvaise idée en fait. Je reprends ma clope, et tire dessus rapidement, comme pour essayer de combler le blanc gênant qui s'installe. « Ecoutes… Je t’apprécie vraiment. Et même ça va au-delà de ça. Je sais que je suis pas super démonstrative comme nana mais je t’assure que tu représentes beaucoup pour moi. Seulement… pas de la façon dont tu voudrais. Je suis pas faîtes pour l’amour, ce genre de trucs c’est pas pour moi et je ne suis pas amoureuse de toi. » C'est beau, elle y met les formes. [i]Débile. Débile. Débile.[/color] Je suis un gros débile. Pourquoi j'ai cru que lui avouer tout ça me soulagerait ? J'esquisse un large sourire, que je m'efforce de ne pas rendre ironique, ce serait fâcheux que ça soit le cas. « T’inquiètes. C’est pas grand-chose. » Je me penche pour écraser ma clope, avant de me retourner vers Zoey, en posant ma main sur sa taille, mes lèvres prenant possession des siennes, langoureusement. Oublions tout ça, oublions ce grand moment de solitude. C'est tout ce que je veux. « T’en fais pas d’accord ? » Je plante mon regard dans le sien, et la fait doucement basculer sur le canapé, en me mettant au dessus d'elle. Je finis par l'embrasser bien plus franchement, tandis qu'une de mes mains passe sous son haut, pour frôler sa peau de mes doigts tremblants. « Restes dormir ici cette nuit. » Je me redresse à genoux, et lui retire son T-shirt en reluquant son buste encore couvert de son magnifique soutien-gorges rouge à dentelle. « Je sais pas Saphyr… Comment ça va se passer maintenant ? Je ne veux pas encourager quoi que ce soit. » Je retire mon haut, et reviens me coller tout contre le corps de la jeune femme, reprenant délicatement mes caresses. « On va oublier tout ça, ok ? Je ne t'ai rien dit ce soir, on va zapper cette histoire et tout sera comme avant. » Comme pour l'empêcher de répondre, je reviens l'embrasser, dans la même ardeur que le dernier baiser. Je ne veux pas que tout s'arrête, je le vivrais bien trop mal... Je descends une de mes mains sur son pantalon, et lui déboutonne pour laisser ma main s'introduire à l'intérieur.


Cher Journal,

Cette année fut éprouvante, je pense que j'aurais préféré rayer la période entre Septembre 2013, et Septembre 2014, sincèrement. Rappelons-nous de ces quelques petits points capitaux, tu veux bien ?

♦ Numéro 1. Dépôt de plainte pour coups et blessures aggravés sur mineur de sexe féminin. N'est-ce pas là une grosse blague, Journal ? J'ai essayé d'en rire, je te jure. J'ai essayé de penser que ce n'était qu'une boutade et rien d'autres, mais quand j'ai vu les barreaux se refermés sur moi, j'ai comprit que rien était faux. La parole d'une adolescente contre la mienne, encourageant. Sans compter les nombreux coups, et viols que j'ai subit lors de mon court séjour en prison. Mais le plus dur a été de se reconstruire ensuite, de retrouver un travail, de retrouver une vie convenable.

♦ Numéro 2. Comportement des plus chaotiques. J'aurais pu mettre ça sur le coup de la prison, mais le diagnostique était tout autre chose. J'ai commencé à parler à mon subconscient, comme si quelqu'un me voulait constamment du mal. Un véritable schizophrène. Des voix ne cessaient de me murmurer de me tuer, que je ne méritais pas de vivre. Ces mêmes voix qui me murmuraient de faire du mal aux personnes que j'aimais. Il y a eu ce jour, au Golden Gates. Ce jour où Zoey n'a pas cessé de me convaincre de redescendre, qu'elle m'aiderait dans tout ça, ce jour où j'ai combattu corps et âmes les voix dans ma tête, pour au final me faire renverser lamentablement par une voiture, en ayant enfin toucher la terre ferme. Ce même jour, où ma petite-amie a apprit qu'une tumeur me dévorait littéralement le cerveau, et où j'ai été opérer d'urgence. Je m'en souviendrai à tout jamais, je crois.

♦ Numéro 3. Et enfin, pour terminer. Ce voyage en Australie, où j'ai prétendu tomber amoureux du pays, où j'ai quitté Zoey pour mener ma vie avec ma petite soeur, Zara. Trois longs mois, restés sur le sol Australien, à surfer parmi les vagues, sauter des falaises les unes plus hautes que les autres. Sauter en parachute, sauter à l'élastique, dépasser mes limites dans les moindres détails. Ces moments où j'ai recommencer à retoucher à la drogue, à l'alcool. Ces trous noirs, mais ce manque grandissant dans ma poitrine. Le manque de l'être aimé. Alors, je suis rentré. Ma soeur a comprit la cause de mon départ, et ne m'en a jamais voulu. Bien qu'aujourd'hui, nous ne soyons plus trop en contact, elle et moi. Nous ne sommes plus aussi proche qu'à l'époque.

Nykolas-Saphyr.

Septembre 2013.

Longtemps j'avais rêvé des retrouvailles à venir avec Zoey, mon départ de l'Australie était prévu depuis un peu moins d'une semaine, et je crois que Zara n'a jamais était aussi horrifiée de me voir si mal, je crois que je ne l'avais pas été autant depuis tout petit. Je voyais souvent Zoey dans mes rêves, me réveillant quasiment tout le temps en sursaut en prononçant son nom... Ce nom... Zoey... Jamais je n'aurais pensé être aussi atteint par tant de chagrin, par tant de manque. Je crois que jamais je n'aurais pensé pouvoir lâcher mes conquêtes pour une fille, et pourtant... J'avais encore une fois tout plaquer pour revenir près d'une personne, mes choix avaient été durs, et je ne pensais pas avoir su faire le mauvais en rejoignant ma soeur. Nous n'étions plus des gamins Zara et moi, nous devions prendre part chacun de notre coté, avancer quoi qu'il arrive, et rester néanmoins soudés même avec la distance. J'avais à peine eu le temps de louer cette chambre à l'hotel que j'avais demandé à Zoey de la voir pour lui parler, j'avais besoin de la voir, de la sentir dans mes bras. J'espérai sans doutes trop de ces retrouvailles, de cette discussion.

« Bonsoir. Comment tu vas ? » Je la trouvais enfin face à moi, je souris malgré tout en me laissant faire lorsqu'elle me prit dans ses bras, je passai les miens autour de sa taille en prenant soin de placer ma tête contre la sienne. Ca me faisait un bien fou de l'avoir de nouveau contre moi. Je ferme les yeux quelques instants, heureux. Elle avait au moins la gentillesse de me demander comment j'allais. Peut-être ne m'en voulait-elle plus ? « On fait allé. Et toi ? » Je ne peux m'empêcher de sourire cette fois-ci. « C’est comment l’Australie ? » Je déglutis légèrement alors que Zoey se sépare de moi, automatiquement j'enfouis mes mains dans les poches pour la regarder quelques instants. Que répondre à cela ? L'Australie c'est le rêve mais à deux ? C'est fabuleux avec la personne qu'on aime ? Ou simplement enrichissant et superbe ? « Alors c’est quoi cette nouvelle que tu voulais m’annoncer et qui ne pouvait pas attendre demain ? » Par chance Zoey change de sujet ? Avait-elle sentit que j'étais embarrassé avec cette question ? Je souris de nouveau en haussant les épaules. J'ignorai comment lui annoncer que je revenais sur San Francisco définitivement, que je ne comptais plus partir et rester ici, près d'elle. « Eh bien... C'est pas vraiment facile à annoncer comme ça, mais je ne vais pas y aller par quatre chemins. Nous sommes adultes après tout. » Je marquai une petite pause, inspirant discrètement comme pour me donner le courage d'affronter le regard déçu qu'aurait Zoey après tout ça, après tous ces aveux. « Je vais rester... Je veux dire, je reste définitivement à San Francisco.. » « Définitivement ? » Je hochai lamentablement la tête alors qu'un silence gênant s'installe entre nous. « Pourquoi ?! » Je m'étais préparé à cette éventuelle question. Je réfléchis quelques instants à la meilleure façon de lui avouer que c'était pour elle, sans qu'elle ne le prenne mal. « J'ai été totalement con. Je n'aurais pas dû partir loin de toi, mais il a fallu ça pour que je réalise combien je t'aimais et que tu étais importante dans ma vie. C'est pour toi, que je suis de retour ici. Uniquement pour toi... » Je sens soudainement une forte douleur sur ma joue alors que ma tête dévie sèchement sur le coté. Je serre les dents pour encaisser le coup et ne pas m'énerver. Zoey avait raison après-tout. J'osai revenir vers elle et lui dire que je revenais pour elle. Je finis par baisser la tête, honteux. « Je m'en veux de t'avoir abandonné mon amour. Mais la distance n'était pas supportable. C'est pas avec Zara que je ferais mon avenir. C'est avec toi... C'est avec toi que je veux passer ma vie. Tu l'as dit toi-même; avec Zara on est grand, on doit savoir prendre des chemins différents elle et moi... »

03 Décembre 2013.

Je sentis la main de ma petite-amie serrer la mienne lorsque nous passions les portes de l'hôpital. Tendrement, je lui caressai le dos de la sienne avec le pouce avant de finalement l'attraper par la taille. Je murmurai tendrement à son oreille des mots qui se valaient réconfortants. Je n'aimais pas la laisser seule lors des examens, mais je n'en avais malheureusement pas le choix. Je la serrai contre moi, embrassant son front puis ses lèvres, comme si je n'allais plus jamais la revoir.  « Ca va aller, courage mon coeur. » Je souris brièvement et lui vole un nouveau baiser en caressant ses joues légèrement rosies par tant d'affection.  « T'es la meilleure, je t'aime. » C'est le cœur lourd que j'accepte enfin de la laisser partir alors que je m'installe dans la salle d'attente. J'étais angoissé à cause de mes aprioris de ce matin, et je l'avais trop épuisé à faire l'amour ? Et si je l'avais trop épuisé à la pousser à danser ? Je ferme les yeux quelques secondes (minutes ou heures je ne sais plus) avant de les rouvrir quand l'infirmière m'appelait.  « Monsieur Vilkas ? Suivez-moi je vous pris. » Je fronçais les sourcils et me levai enfin de mon fauteuil en un bond, inquiet? L'infirmière m'emmenait dans la salle où je trouvai Zoey, je sentis alors mon coeur battre à tout rompre tandis que je vois ma copine allongée là, seule. Que va-t-il se passer ? « J’ai pensé que votre compagnon devrait être là pour ce que j’ai à vous annoncer. » Je me rapproche instinctivement de la jeune femme pour lui prendre la main après avoir embrassé délicatement son front. « Vous êtes enceinte mademoiselle. » Et là, grand moment de solitude, fou rire de Zoey que je regarde sans broncher, sous le choc. C'était impossible. Je jette un oeil à l'infirmière alors que toutes deux parlent. « C’est impossible j’ai eu mes règles il y a à peine une semaine et je prends la pilule. » « Vous faîtes ce qu’on appelle un déni de grossesse. C’est un phénomène qui consiste à nier que l’on attend un enfant. Vous êtes en réalité enceinte depuis…  environ quatre mois je dirais même si votre ventre n’a pas grossi et que vous continuez à avoir vos menstruations. En fait… si vous voulez j’ai même devant moi sur cet écran des images de votre bébé. » Là c'est à mon tour de rire, mais Zoey me ramène très vite à la réalité en se relevant et serrant brusquement ma main. « JE NE SUIS PAS ENCEINTE PUTAIN ! » Je regarde ma petite-amie en posant ma deuxième main sur elle pour essayer de la calmer. En fait, j'ignorai comment réagir avec elle, comment les hommes devaient faire dans ce genre de situation. Quatre mois... Je me penchai légèrement alors que la femme tournait l'écran pour nous montrer les images qu'elle avait capturé du bébé. Je reste ébahis devant les photos, les sourcils froncés. « Vous voyez là ? C'est votre bébé. On distingue bien ses doigts, ses pieds et sa tête. Vous voulez savoir le sexe ? » Je souffle légèrement, j'ai l'impression de partir en arrière. Je regarde Zoey puis la femme et hoche la tête. « Je pense qu'au point où en est... » « C'est une petite fille. » J'attrape une chaise non loin et m'assois en prenant soin de garder la main de ma petite-amie dans la mienne. Je ne cessai de la caresser pour essayer de la rassurer alors qu'une vague de culpabilité montait en moi. Je souffle une nouvelle fois doucement, fermant les yeux quelques instants. Finalement, ce n'était pas une si bonne journée que ça. J'aurais été ravi de voir ce bébé à l'écran si ma chère et tendre partageait les mêmes envies que moi. Mais qu'allait devenir cet enfant ? Je relève les yeux vers l'infirmière. « Est-ce que... l'avortement est... possible à ce stade là ? » « Malheureusement non. Le délais maximum pour un avortement est de trois mois seulement... » Un coup d'oeil rapide pour voir si Zoey est encore parmi nous ou non. [...]

L'air frais me fis un bien fou, j'étais blanc comme un linge suite à cette nouvelle. C'était trop rapide à mon goût également, et je comprenais pourquoi elle avait fuit aussi rapidement. Je me tourne pour l'apercevoir enfin et me dirige vers la femme que j'aime. Elle avait l'air complétement paumée, tout comme moi. Je lui pose doucement la veste sur ses épaules et lui embrasse rapidement tempe. J'étais dégouté de moi-même, de ne pas pouvoir la rassurer comme je le voudrais. « Comment est-ce qu’on a pu se rendre compte de rien ? » Je sortis mon paquet de cigarette et en tendis une à Zoey. Au diable les interdictions de femmes enceinte, je pense qu'elle en avait bien besoin là, et c'était pas le moment qu'elle me fasse un infarctus entre les doigts. « Je n’en veux pas. Je veux me débarrasser de cet enfant. » Je relevais brusquement les yeux vers la jeune femme, tirant sur ma cigarette à ce moment là je manquai de m'étouffer sous la gifle fictive qu'elle venait de me donner. « On peut pas se débarrasser comme ça d'un bébé. C'est pas un animal, ou une chose dont on peut se permettre ça... C'est pas comme ça que ça se passe. » Je secoue la tête, j'étais sidéré qu'elle puisse pensé ça de ce bébé, au fond c'était quand même notre enfant, nous deux réunis dans ce foetus qui allait grandir encore. « Mais je suppose que ce n’est pas ce que toi tu souhaites. » « Non. » J'avais répondu au tac au tac. Je sens que cet enfant allait nous créer bien des disputes, ça allait être difficile ces prochains mois, je le sens. « Tu connais mon avis sur les enfants et sur le fait d'être parent. Alors je ferais un mauvais père de ne pas essayer de te convaincre au moins une fois de le garder. Après tout, c'est une partie de nous deux, de notre amour. » J'essaye de sourire malgré le dramatisme de la situation. Je jetai un oeil autour de moi avant de me reporter à nouveau sur ma petite-amie, je n'osai même plus poser la main sur elle, j'avais peur qu'elle me remballe. Je passe rapidement ma main sur mon visage puis dans mes cheveux en soupirant, je me mordis la lèvre légèrement de culpabilité. « Je suis désolé... J'aurais dû prendre plus de précautions. Je te jure de racheter des boites de capotes, que tu le veuilles ou non. » « Tu connais mon avis aussi ! On pourrait réfléchir à une adoption... Ce que j'ai dans mon ventre ce n'est pas le fruit de notre amour pour moi sinon il ne se serait pas caché comme ça pendant quatre mois, il ne nous ferait pas autant de mal en cet instant ! » Je fouille dans ma poche pour sortir les clefs de la voiture, et tend la main à la jeune femme en face de moi. « Allé. Viens, on rentre à la maison... Je pense que t'as besoin d'un peu de repos là... » J'étais inquiet pour l'état de santé de Zoey. Je baisse légèrement les yeux en commençant à avancer vers la voiture. Je marchai sans vraiment faire attention, repensant aux paroles de l'infirmière qui nous annonçait fièrement la grossesse de ma copine. « Attends une seconde. » Je regarde la jeune femme qui se poste en face de moi, me serrant contre elle. « Les prochains mois ne vont pas être faciles à vivre que ce soit pour toi ou pour moi. Mais quoi qu’il arrive, quelle que soit la décision qu’on prendra, je t’aime Saphyr et je veux qu’on continue à être aussi soudés qu’on l’est d’habitude. Dans ce bureau tout à l’heure, je t’ai senti complètement ailleurs. Je comprends que c’est parce que t’étais probablement sous le choc, je ne t’en veux pas. Mais à l’avenir je vais avoir besoin de toi et de tout le soutien que tu seras capable de m’apporter. Encore plus que d’habitude. Ne me laisses surtout pas tomber en cours de route parce que je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. »

24 Décembre 2013.

J'adorai voir Zoey aussi heureuse en un tel jour, si insouciante. Finalement, j'aurais aimé que ça soit Noël tous les jours, c'était tellement plaisant de la voir ainsi.. Je me surpris à sourire alors que je regardai ses moindres fais et gestes, elle me tendit la photo et je la regardai à mon tour, même au réveil la jeune femme restait magnifique à mes yeux. « Tiens. A ajouter à ta collection. » En effet, j'avais un album presque complet des photos que j'avais fait de ma petite-amie durant cette dernière année, on la voyait rire, parfois une larme perlait le long de ses joues, ce qui m'avait valu beaucoup d'insultes ce jour-là d'ailleurs. Je me penchai vers elle et la remerciait d'un baiser avant de sortir cet album pour ranger la photo.

« Si ça ne tenait qu'à moi, je serais déjà en train de te faire l'amour. » « Ah oui? Alors je devrais te faire des cadeaux plus souvent ! » Je ris tendrement à ses paroles et tendis le bras pour lui caresser la joue. J'aimais tellement Zoey, je l'aimais d'un amour inconditionnel. Elle était mon tout, ma moitié, mon alter-égo, mon âme-sœur. Je suis sûr qu'après elle jamais je ne pourrais retomber amoureux, je n'en aurais même pas la force ni l'envie. « En réalité j’ai une autre petite chose pour toi encore. » Je haussai un sourcil à ses paroles. Je ne voulais pas qu'elle me couvre de cadeaux, un c'était déjà trop à mes yeux. Mais pourtant je la laissai faire avec attention, observant sa main sur la mienne, puis ses lèvres. Qu'allait-elle me dire ? Elle comptait me sortir le grand jeu ou comment ça se passe ? « Une petite fille va venir au monde dans un peu plus de quatre mois. Et je suis fatiguée de toute cette rancœur, de toute cette colère que j’ai en moi. » Je sentis mon cœur battre à tout rompre dans ma poitrine, devenant légèrement pâle. Avait-elle prit complétement sa décision ? Je secouai la tête légèrement et un sourire traversait mon visage alors que je sentis son petit ventre rebondis sous mes doigts. Je relevai alors les yeux vers elle, ne pouvant retirer cet air complétement débile du visage. « Je ne peux pas t’interdire de lui donner un peu d’amour et d’être présent pour ce bébé qui sera peut-être le tien un jour. » Je sentis les larmes me monter aux yeux, Zoey me redonnait totalement espoir. Sans réfléchir je la pris contre moi et l'embrassai tendrement, caressant son petit ventre en douceur, il m'avait tellement manqué. Je me reculai quelques secondes de son joli minois, lui caressant cette fois-ci la joue. « Ca, c'est le plus beau cadeau de Noël qu'un homme puisse avoir. » Je souris, ce que je ressentais en cet instant était tout simplement indescriptible. Je pouvais enfin avoir un premier contact avec notre bébé, depuis l'annonce de la grossesse quelques semaines avant, Zoey m'interdisait de toucher son ventre, ce que je respectai même durant nos ébats.




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N. Saphyr Vilkas
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MessageSujet: Re: Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]   Dim 28 Mai - 15:04


Story of my life : Part 3.




6 Février 2014.

Cher journal,

J'ai encore fait ce rêve cette nuit, celui où je suis enfermé dans ma chambre, Zara dans mes bras. Elle était encore si petite, si fragile comparé à ce qu'elle est devenue aujourd'hui, du moins je le suppose... Cette nuit, elle a réussit à passer sous ses jambes, j'étais encore au fond du lit quand je l'ai vu partir, j'étais si fier d'elle. Mais il est retombé sur moi, c'était tellement douloureux, j'en ressens encore la douleur même si elle n'était que fictive. La douleur morale est pire que la physique. Je n'ai pas réussir à m'enfuir, il avait ce sourire pervers... Ecoeurant ! Je ne sais plus comment faire pour retiré les vieux démons de ma tête, mes vieux souvenirs. Je vais être père dans un mois, et je ne peux pas encore faire ce genre de cauchemar.. Suis-je destiné à ça toute ma vie ? Quand je ne rêve pas de lui, je suis lui... J'ai peur de l'avenir, je ne veux pas faire de mal à ma fille, je ne veux pas être comme cette ordure, mais j'ai peur... Et si j'étais comme lui ? Si j'aimais voir les gens souffrir ? Je préfèrerai me tiré une balle si c'était le cas. Peut-être suis-je complétement taré ? Au fond, ils ont tous raison... Je ne suis qu'un moins que rien. Une foutue merde dont personnes ne voudrait. Mais alors pourquoi Zoey accepte de rester dans ma vie ? Pourquoi a-t-elle était d'accord pour me donner cet enfant ? Je crains que l'amour l'ai trop rendue aveugle.. J'aimerai pouvoir tout arrangé. Parfois, j'ai envie de disparaître de San Francisco, mais ils me manqueraient tous. Je veux juste, prendre mon sac à dos, et partir. Partir loin de tout ça, emporté mes démons avec moi. Et ne faire de mal à personnes... J'ai essayé d'aller voir des psy, du moins j'en ai contacté un, mais je n'y suis jamais allé. Zoey n'est pas au courant de ça. Devrais-je lui dire ?

Aš tik abejonių, brangūs leidinys. Lietuva praleisti, bet Zoey praleisti jį labiau nei bet kas pasaulyje. Aš taip baisu ... Norėčiau Zara atgal šalia manęs rasti savo šeimą ... Ir žmonės palikti mane ..
 

Nykolas-Saphyr.

Vendredi 17 Avril 2014.

« Qu’est-ce que tu foutais bordel !? » Super accueil, mais je n'en tiens pas compte, me ruant sur ma petite amie. « Oh mon coeur. Pardonnes moi. J'aurais dû rester là. Respires. Tout va bien se passer... » Je passe tendrement une de mes mains dans ses cheveux, l'autre prenant une des siennes. Je détestai voir Zoey comme ça, souffrir ainsi, mais là c'était pour la bonne cause. « C’était horrible sans toi. Ne me laisse pas s’il te plaît. » Je secoue la tête et pose tendrement mon front contre le sien, fermant les yeux quelques secondes avant de me redresser. « On l'a fait à deux. Alors on va la faire sortir à deux. » Je suis tellement déterminé que me ferais presque peur. « J’ai littéralement l’impression qu’on me déchire l’utérus ! » Je fronce les sourcils, je crois que je ne préfère même pas imaginer cette sensation. Et je jure solennellement de ne pas me pencher pour vérifié ce qu'il se passe à l'intérieur de l'utérus de ma petite-amie. « T’as pas intérêt à tomber dans les pommes je te préviens. » Je hoche rapidement la tête, je vais tenir, je me dois de tenir ! « C’est le moment ! » C'est ce moment là où il faut être fort, et à cent pourcent avec elle, la soutenir, l'aider, la poussé ! J'entre-ouvre la bouche en sentant la pression que fait Zoey sur ma main mais ne bronche pas pour autant, l'encourageant à pousser plus fort. Je voyais pourtant qu'elle commençait à être à bout de forces, à tout les coups elle devait être en train de faire de l'exercice quand le travail à commencer. « Allé mon ange. Courage. Vas y pousse ma puce. Pousse ! » Je ne la quitte pas des yeux, accompagnant le moindre de ses mouvements. Je suis si fier d'elle, je la trouve tellement courageuse allongée là, sur cette table de travail plutôt glauque. Je relève rapidement les yeux vers les infirmiers à la sage-femme, tout le monde se concentre autour du vagin de Zoey, seule une s'occupe de la jeune femme, essuyant son front de temps en temps alors qu'elle transpire à grosses gouttes. Le temps défile à une vitesse impressionnante, et je comprend aux regards du personnel soignant que ça commence à sentir mauvais. Je me tourne vers Zoey qui me regarde et lui sourit pour la rassuré. « Je vais pas y arriver, s’il te plaît fais quelque chose. Fais les sortir toi ! » Je secoue la tête en reprenant mes caresses sur ses joues puis le haut de son crâne. « Tu vas y arrivé mon coeur. T'es la plus forte, ok ? Tu peux le faire. Penses à nous, à Emily. » Je murmure en me rapprochant de son oreille pour qu'elle seule ne puisse m'entendre. Je ne veux pas la perdre, et elle commence à mettre trop de temps pour pousser. « La tête est sortie, encore un petit effort. » Je ne lâche de nouveau plus Zoey des yeux, l'encourageant une dernière fois alors que je la vois inspiré profondément. « Vas y ! » Et elle pousse, encore et encore. Je desserre les dents en entendant les premiers cris de notre fille et ne peux contenir mes émotions. Je me penche de nouveau sur ma petite-amie, tout sourire, les yeux larmoyants bien que certaines s'échappent alors que je les essuie rapidement. « Tu as réussi mon coeur. Elle est magnifique. » Je lâche, heureux en embrassant tendrement son front pour ensuite relevé la tête vers notre petite fille. « J’ai pas réussi. On a réussi. » Pour une fois, je ne dis rien. Ce n'est pas le moment de contredire la nouvelle maman ! L'infirmière l'essuie un peu avant de la posé sur le ventre de Zoey et je penche la tête sur le coté pour la regarder attentivement. Elle est toute petite, et pourtant elle a déjà tellement de voix. « Ca crie toujours comme ça ? » Je demande en fixant l'infirmière. « Oh non ! Rassurez-vous ! Dès demain, elle aura beaucoup plus de voix. » Hein ? De quoi ? Ah non, je refuse qu'elle crie encore plus fort que ça ! Je suis pas prêt. Je jette un coup d'oeil à Zoey qui semble, elle aussi émerveillée par le bébé et souris de nouveau. Nous étions là, tous les trois enfin réunit. Ma famille. « On est parents. Je t’aime tellement. » Je me pince les lèvres en entendant la jeune femme, je crois que j'ai encore du mal à réaliser, mais oui, nous sommes parents. « Je t'aime aussi. » Je regarde la plus belle maman du monde avec un large sourire et embrasse ses lèvres d'un doux baiser avant qu'ils nous enlève notre bébé. Je fronce les sourcils et relève la tête pour essayer de les voir faire. Apparemment, et aux vus des protestations du bébé, ils sont en train de la lavés, et lui faire tous les examens nécessaires. « Vous savez déjà quel prénom vous allez donner à ce petit ange ? » « Emily. Emily Alexys Vilkas. » Emily, notre petite princesse, notre nous. Mon sourire ne me quitte plus à présent, je me sens comblé. Tendrement je lâche la main de la femme que j'aime pour la poser sur sa joue et l'embrasser à nouveau.

Maman Beckett, check. Papa Beckett, check. Parrain, check. Penny, Check. Loucian, check. Messagerie de Zara, check. Contemplation du téléphone au nom de Maman, check. Loki, check. Le Vilkas, check. « Allô ? Marraine ? Ta filleul est en bonne santé, elle pèse 2,750kg, c'est une petite crevette. Elle a de la vocalise, je pense qu'elle fera une excellente chanteuse d'opéra. » Elena, check. Je fixe attentivement mon téléphone en regardant si je n'ai oublié personnes, mais pas à ma connaissance, au pire, ils seront bien assez vite au courant, puisqu'une fabuleuse photo d'Emily traine déjà sur Facebook, à peine est-elle née. Je regarde une infirmière et lui adresse un bref signe de main avant de retourné dans la chambre, où se retrouve la femme de ma vie, complétement gaga en train de caresser les cheveux de notre fille. « Tiens le voilà qui arrive justement. Coucou papa. » Je me mord la lèvre pour ne pas rire, et souris bêtement. « Coucou mes amours ! » Je lance en me rapprochant du berceau pour caresser doucement la petite main toute fragile d'Emily. « Ca y est ? Tout le monde est au courant ? » Je hoche la tête en récupérant mon appareil photo pour commencer à faire la mise au point sur le bébé. « Je parie que ma mère a fondu en larmes. » Je relève les yeux vers Zoey dans un petit rire. Elle a tout juste. « Et figures-toi que même ton père a versé sa petite larme ! Je l'ai entendu reniflé ! Peut-être même Elena, je crois. » Je me rapproche du lit de la jeune femme pour lui voler un baiser avant de récupéré le doudou qui traîne dans mon sac, et le donner à la petite avant de commencer à prendre des photos. « Oulà, il te plait ce doudou, hein ? » Moi, Saphyr Vilkas, papa gâteau, et je vous emmerde. Bon, certes, je crois qu'Emily en a en fait un peu rien à faire de son doudou, mais ça viendra avec le temps. « Elle est magnifique.. » Et c'est peut dire, je trouve. Moi qui avais peur qu'elle fasse partie des bébés moches de San Francisco, je suis plutôt soulagé, et ravi de voir que ce n'est pas le cas. « Le plus beau bébé que j’ai jamais vu. Et j’avais raison. Regarde la sourire. On dirait toi. » Zoey m'enlève l'appareil des mains, et je suis bien contraint de laissé tomber. Et puis, c'est déjà pas mal de photos donc ça devrait allé. Je me préserve pour plus tard, et demain, et après-demain, et pour les dix-huit prochaines années à venir. Tendrement, je glisse mes mains sous son petit corps pour la soulever. Tout ça est nouveau pour moi, et je crois que je crains le moindre spasme ou autre qui pourrait lui coûter la vie tellement elle paraît si fragile. Elle est si belle, là dans son petit pyjama, et avec sa sucette qui prend la moitié de son visage ! Doucement, et peu rassuré, je m'assois sur le lit pour au final m'allonger aux cotés de maman. Je ne quitte pas ma fille des yeux qui ouvre enfin les siens et souris en apercevant cette magnifique paire de yeux bleus. « Et regardes moi ces yeux... » Bon, je crois qu'il va falloir renégocier l'autorisation de sortie, et la reporter encore à quelques années. Egalement prévenir Lucas Reeves qu'il ne touchera pas à ma fille avant ses trente ans. « Elle est toute petite... » J'avoue que j'aurais du mal à m'y faire à ça. Je crois bien que j'ai dû le répété une bonne dizaine de fois déjà. « Tu t’en sors très bien mon ange. » Je tourne la tête vers la femme de ma vie, et lui souris tendrement avant de l'embrasser, veillant à ne pas faire basculer le bébé. Tout va être différent, toute notre vie va prendre une tournure différente à présent. Je m'écarte un peu de la jeune femme en me pinçant les lèvres. Finalement, je prend enfin mon courage à deux mains et la bouge un peu de position, glissant mon bras entier sous son corps pour la maintenir, alors que ma main à présent libre vient se portée vers son visage, déposant un doigt dans le creux de la tétine en douceur, les autres caressant sa petite joue rosie. « Je suis si fier de toi, mon cœur. Tu as été parfaite. » Lentement je berce Emily qui semble se rendormir. Bah oui, ça a été fatiguant aussi pour elle de crier. « Tu as été tout aussi merveilleux tu sais ? Et très courageux. Je suis désolée de t’avoir crié dessus. » Je secoue la tête, je n'ai pas été aussi merveilleux qu'elle ne le prétend, et je le sais. « Non. J'ai été en retard. J'ai même pas été capable d'être là pour la péridurale. Et ni-même pour t'emmener à l'hôpital. Si j'avais été là, cinq minutes en retard, t'aurais poussé seule. » Et je m'en serais entièrement voulu de louper ainsi la naissance de notre premier enfant. « Vous êtes ce que j’ai de plus cher au monde. Je n’ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie. » Ca, je crois que c'est la révélation la plus magnifique. Zoey Beckett, annonce être heureuse à la suite d'un accouchement. Je me reporte à nouveau sur la jeune femme, me mordant une nouvelle fois la lèvre. Je ne pensais pas qu'un jour nous puissions en arrivés là, et pourtant. Nous sommes parents à présent, depuis un peu plus d'une heure je crois. « Notre petite famille, à nous. Les deux femmes de ma vie. » Je lâche en murmurant. Doucement, j'enlève ma main du visage du bébé afin de passer mon bras autour des épaules de Zoey et la serrer contre moi. Qu'est-ce que je peux demander de plus ? Il n'y a rien. Nous étions simplement là, tous les deux, à profiter des premiers instants d'existence de notre petite Emily. « Tu fais de moi un homme comblé, Zoey. Et toi, ma princesse, un papa plus que comblé. » Bah ouais, maintenant faut pas oublié la petite !

19 - 20 Avril 2014.

Emily, Alexys Vilkas
Née le 17/04/2015
Décédée le 20/04/2015.

Cher journal,
Je ne sais même pas quoi écrire en fait..


Emily, Ma princesse,

Je suis tellement désolé de ne pas avoir pu te protégé comme je l'aurais souhaité, de ne pas avoir vu que quelque chose clochait, que tu souffrais pendant ces trois jours. J'espère qu'un jour tu me pardonneras, mon bébé. Je ne vais pas te lâcher, je peux te le juré, tu seras toujours dans mon coeur, quoi qu'il arrive, quoi qu'il advienne. Tu m'as offert le bonheur d'être père quelques heures, quelques jours. Je t'aime d'un amour inconditionnel ma beauté. Je ne pensais pas qu'il était possible d'aimé aussi fort en aussi peu de temps.

Je revois ton joli sourire et tes beaux yeux bleus mon amour, je suis tellement fier de toi, tu as été forte. Et je suis sûr que tu as essayé de te battre comme tu le pouvais dans ton petit corps. Il n'avait pas le droit de t'enlever la vie aussi rapidement, sans même se préoccupé de quoi que ça soit. D'accord il n'était pas forcément au courant de ta venue, et nous non plus. Mais est-ce une raison de mal soigné un patient ? Tu es d'accord que non. J'espère en tout cas, ma princesse. Que tu veilleras sur nous, là où tu es. Je ne crois pas en Dieu, je ne crois pas aux anges, mais je crois en toi, Ma Fille.

Je te promet de t'écrire continuellement, je te promet de ne jamais t'oublier. Et je te promet d'essayé d'avancer quand je me sentirais prêt. Je te promet aussi de veiller sur maman, tu sais, elle t'aime très fort elle aussi... Il faut que je prépare tes obsèques mon coeur, je te mettrais la jolie robe de Marraine, avec son joli bandeau. Si tu veux, je te donnerai aussi ton doudou, comme ça tu l'auras près de toi si jamais tu es effrayée.



Je t'aime plus que ma propre vie,
Papa.

23 Avril 2014.

« Saphyr ! Regardes c'que je t'ai préparé ! » Je me penche sur la table, l'air complètement endormi alors que mon ami me sourit, pointant la longue trace de coke sur le verre. Je relève les yeux vers lui, peinant à tenir droit. « Tu veux que je prenne ça ? » C'est presque au dessus de mes limites. Mais pourtant, je me laisse glisser à genoux, saisissant ma paille pour la porter à mon nez et aspirant toute la poudre blanche. J'envoie ma tête en arrière, les yeux clos. Ca fait un bien fou bordel. Je regarde mon ami, et finis par rire. « Ca fait tellement de bien. » Le jeune homme me fixe droit dans les yeux en croisant les bras, je sais qu'il m'en veut de m'être mis en couple, mais il finira par s'y faire, j'en suis sûr. « T'aurais jamais dû arrêter pour elle. C'est totalement con. » Je hoche la tête et porte une main dans sa nuque, me trainant jusqu'à lui pour coller mon front au sien. J'adore ce type, je l'ai toujours adoré. Mais lui et moi n'avons décidément pas la même façon d'être, la même manière de vivre. Parfois, il faut savoir changé pour les personnes que l'on aime.

Emily,

Je suis désolé de ne pas t'avoir écrit hier et avant-hier mais je n'avais pas vraiment le coeur. J'ai essayé d'aller te chercher à l'hôpital mais ils n'ont pas voulu que je te ramène à la maison. Maman n'était pas d'accord non plus pour que je te ramène, elle me disait qu'on ne pouvait pas te garder près de nous, même si je sais qu'au fond elle aurait aimé que tu sois là.

Hier nous t'avons dit au revoir pour la toute dernière fois. Nous t'avons dit au revoir pour de bon. Papi et mamie étaient là pour soutenir maman, et tata Zara aussi, elle est revenue pour toi. Ca m'a fait un choc de la voir venir au cimetière, je ne pensais pas qu'elle avait reçu mes messages ! Elle m'a promit de resté et de ne plus partir loin de moi, elle m'a dit qu'elle était désolée pour tout, et qu'elle aurait tellement aimé te serrer dans ses bras. Hier, j'ai aussi comprit que je n'aurais jamais pu te réveiller, que tu ne serais jamais revenue à toi. J'ai comprit que depuis lundi, je me voilais la face, que je n'arrivai pas à accepter ta mort. Mais je ne l'accepte toujours pas. Bien sûr, je n'ai à présent plus d'espoirs, mais je sais que je pourrais toujours venir te voir. D'ailleurs, je viendrai tout les jours pour te parler un peu. J'espère que ton doudou veille sur toi ? Si tu as peur, tu n'as qu'à le serrer très fort dans tes bras, et tes peurs s'en iront.

J'espère que tu ne t'ennuies pas trop, là haut. Et que tout le monde est gentil avec toi. Est-ce que tu as des ailes ? Non, c'est une question idiote, bien sûr que tu en as, c'est elles qui t'ont aidés à t'envoler. Je suis désolé si je peux paraître égoïste, Emily, mais j'aurais préféré que tu n'en aies pas pour resté avec nous. Dors-tu dans des nuages ? Comment c'est là-haut ? J'aimerais savoir. J'espère que des fois, tu prendras le temps de penser à nous, et que tu viendras nous rendre visite. Si jamais l'envie t'en prend, ou que tu n'es pas bien, tu pourras venir te serrer dans mes bras. Certes, je ne suis pas sûr de sentir quoi que ça soit, mais tu auras au moins cette satisfaction, tu n'es pas toute seule mon bel amour, Papa est là.

J'aurais tellement aimé pouvoir te serrer encore et encore contre moi, mon bébé. Mais malheureusement, je ne pourrais jamais venir te border et t'embrasser avant que tu ne t'endormes. Je ne pourrais jamais plus de te lire d'histoires, te chanter des comptines. Et ça me rend malade de me dire que je ne t'entendrais jamais dire tes premiers mots, ton premier "papa" ou ton premier "maman". Je ne pourrais pas non plus te soutenir quand tu feras des premiers pas, et être à ton bras le jour de ton mariage. Tu aurais dû avoir une semaine aujourd'hui. Une semaine que j'ai vu ton joli visage, que j'ai vu tes jolis yeux. Ca passe tellement vite, mais pourtant j'ai l'impression que chaque jours est un nouveau combat. Pourquoi ne t'es-tu pas montrée plus tôt ? Peut-être que ça aurait tout changé. Peut-être que le dentiste aurait mieux soigné maman si on avait su que tu étais avec nous. Pleins de questions auxquelles je n'aurais jamais de réponses. J'en ai tellement marre de tout ça, on était enfin heureux mais tout a basculé une nouvelle fois. Sommes-nous destinés à souffrir continuellement ? Maman aimerait que j'avance, que je relève la tête mais je n'y arrive pas. C'est trop tôt, et bien trop douloureux. Ce n'est pas ça la suite logique, ça aurait dû être toi qui aurais dû nous enterrés, et pas l'inverse. Tant d'injustices.

Je vais te laissé ma puce, je viendrais te voir tout à l'heure pour déposer la lettre sur ta tombe, et je resterai près de toi quelques heures. Tu es d'accord ? Je t'aime tellement ma fille, je t'embrasse très fort !
 

Papa.

Appuyé sur le comptoir du Vilkas, j'ai chassé tout le monde. Les clients, ainsi que les employés. Je voulais être seul, et loin de Zoey. Loin de toute cette foutue vie merdique. La perte d'un enfant est la douleur la plus horrible qui soit. J'ai passé cinq mois à essayer de convaincre ma petite-amie, cette foutus longs mois pour qu'on garde notre enfant. Et voilà qu'elle est partie, juste après sa naissance. Alors c'est ça ma vie ? Je suis condamné à souffrir éternellement ? A chaque fois qu'un peu de bonheur arrive, je me retrouve totalement dépourvu, et abattu au plus bas. Jamais je ne réussirai à remonter cette pente, n'est-ce pas ? Tout le monde s'acharne sur moi apparemment. Je regarde attentivement mon journal. J'arrache la page pour la mettre dans ma poche, comme promis j'irais la poser sur sa tombe. Des promesses, encore des promesses que je ne tiens jamais. Ma vue se brouille, et je finis par éclater bruyamment en sanglots, le corps secoué de spasmes incessants. Emily me manque atrocement, mais je n'en parle à personnes. J'ai voulu faire semblant que tout aille bien, ça n'a pas marché. Lentement, je marche jusqu'à mon bureau, à l'étage, et m'assois sur la chaise. Je fixe le porte droit devant moi, comme si ma fille allait apparaître comme ça, d'un coup. « Pardonnes moi mon coeur... » J'ouvre alors un tiroir lorsqu'une idée me vient en tête. Pourquoi ne pas la rejoindre ? Ca m'éviterai de me morfondre, et je serais potentiellement épargné par l'avenir. Sans réfléchir, je retire mon tee-shirt et pose la lame des ciseaux sur ma peau. Un coup sec, et je tire, m'arrachant un cri effroyable tandis que mon avant bras saigne. Je recommence avec l'autre, le corps tremblant. Bordel ce que ça fait mal. L’affût de drogues commence enfin à faire effet. M'envoyant dans un état lamentable. J'ignore si je dois dormir ou me mettre debout. Je me sens pâlir, et tanguer de chaque coter de la chaise. L'angoisse me saisit les tripes, mon sang se vide. J'attrape mon téléphone et compose le numéro d'Elena a une vitesse folle, le coeur palpitant. « Je... J. J'ai fais... Une connerie. » Ma voix tremble, et je pose ma tête sur le dossier du fauteuil, déglutissant difficilement. J'ai juste l'impression de manquer d'air. « T'es où Saphyr ? » La voix de ma meilleure-amie me semble lointaine. « Au.. V. Vilkas. » J'ai froid bordel. J'entends le bip qui me signal qu'elle a raccroché. Je laisse mon bras retombé, lâchant le téléphone alors que mes yeux se ferment doucement, je lute, je lute aussi fort que possible.

Des bruits de pas me parviennent, et la porte de mon bureau s'ouvre. J'entre-ouvre les yeux, essouffler sans pourtant avoir fait le moindre effort. « Oh mon dieu ! » La jeune femme porte une main à la bouche, se précipitant pour venir sur moi. Je sens ses mains me prendre le visage, et je la regarde vaguement. Elle compose alors le numéro des secours. J'ai juste envie qu'elle me prenne contre elle. D'être apaisé. Je me penche pour me rapprocher, et ma tête s'écrase sur son ventre. « Je suis là Saphyr... Ca va aller. T'endors pas. » Elle me caresse les cheveux. Et je reste là, sans bouger, savourant juste ce moment. Je me sens partir, loin de tout. La paix arrive enfin à moi. Elena semble si forte, je l'ai toujours admiré pour sa force de caractère. La manière dont elle arrive à gérer les choses. « M... » J'essaie de parler mais rien ne sort en vérité. Ma respiration se fait difficile, et ma meilleure-amie me reprend le visage pour s'agenouiller devant moi et me prendre contre elle. J'ai froid et je claque des dents, pourtant physiquement je transpire. J'ai effroyablement peur, mais je ne veux qu'elle à mes coter. Je veux pouvoir partir sereinement entre ses bras. « Shht... Ne parles pas. Je vais pas te lâcher Saphyr. Jamais. » Je ferme les yeux, déglutissant difficilement. C'est juste ça ma réponse. Je ne veux pas qu'elle me lâche, je veux juste rester dans ses bras, et m'endormir paisiblement. « Je... J'ai... sommeil... » Mes yeux s'ouvrent et se ferment sans arrêts. Elena me bouge la tête, mais je ne la tient même plus. Elle me fait descendre de la chaise et me garde contre elle, assis entre ses jambes. Elle me berce lentement. [...]

J'ouvre lentement les yeux, grimaçant alors que mes bras me brûlent. La lumière de la chambre m'agresse les yeux, et je les referme instantanément. J'ignore ce qu'il m'arrive vraiment. Tout est tellement flou. Je sens une main se posée sur mon épaule. Une main protectrice et réconfortante. « Eh... » La voix de Zoey me revient, et je tourne la tête vers elle. J'ai honte. Le sort s’abat à nouveau sur moi en cet instant précis. Mes yeux se remplissent à nouveau de larmes, alors que je réalise que je me suis foiré même en essayant de me donner la mort. Ma petite-amie m'embrasse le front, mais j'ai un léger mouvement de recul. « J'voulais mourir Zoey, je voulais mourir moi aussi... La rejoindre. » Et que tout s'arrête. J'en ai marre de cette douleur constante qui ne se termine jamais. J'en ai simplement ras le bol. J'ai bien conscience que mes mots risquent de lui faire mal, mais elle a le droit de savoir pourquoi j'ai fait ça. Sa main dans la mienne, c'est presque le seul contact que j'accepte d'avoir de sa part pour l'instant. « J’en peux tout simplement plus. » Je relève les yeux vers elle. « Je suis là pour t’aider. Tu aurais dû te confier à moi. » Je secoue la tête, un léger soupire s'échappe de mes lèvres. Je détourne de nouveau le regard, lâchant sa main. « Je voulais pas que tu saches. Et j'ai pas très envie de parler… Rentres à la maison, je vais essayer de dormir. » A bout de forces, je me concentre pour lui parler anglais, et non Lituanien. On ne dirait pas comme ça, mais je produis un effort surhumain pour me faire comprendre. Je ferme les yeux, et plisse le front alors que j'entends la porte de ma chambre se refermée. Les larmes ruissellent de nouveau sur mes joues, et je pleure, silencieux.

03 Mai 2014.


30 Mai 2017.

Je passe les grandes portes du cimetière de San Francisco. La tête baissée, un bouquet de fleurs en main, j'avance presque les yeux fermés jusque sur la tombe de ma fille. Je dépose doucement le bouquet à mes côtés, et chasse les feuilles sèches sur la pierre rendues brûlante par le soleil. Aujourd'hui, je n'ai pas le même état d'esprit qu'à l'époque. Je suis bien plus sain. Bien plus clean. J'ai les idées claires. Je dépose le nouveau bouquet de roses blanches, et m'assois à côté, déposant mon dos sur la pierre tombale. Doucement, je passe mes doigts à l'emplacement où est censé être ma fille. « Bonjour Emily... » Je murmure doucement. « Ca fait longtemps que je ne suis pas venu... Excuses moi. Mais je me suis soigné. Ca y est, je me suis soigné. » J'esquisse un petit sourire. J'ai eu énormément de mal à passer tout ça. Les souvenirs de ma cure sont encore douloureux, et proches. Mais je suis un autre homme à présent. Je suis un homme bien plus posé qu'à l'époque. Je me sens frais, et nouveau. J'ai eu beaucoup de soutiens de la part de Zoey. Zoey ma petite-amie à qui j'ai mené la vie dure... Elle s'est accrochée, encore et encore. Je n'ai jamais vu quelqu'un avec un tempérament aussi fort que le sien. Une soif de vaincre encore plus puissante que la mienne. Elle ne m'a jamais laissé tomber, elle m'a toujours remonté vers le haut, au détriment de son bien-être. Je l'ai épuisé. Je l'ai blessé, humiliée. Mais je l'aime... Je l'aime comme ce n'est pas permis. Je l'aime bien plus que je ne saurais le décrire. Il est évident que ma vie sera à ses côtés. Qu'un jour elle sera mienne, et je serais sien. Elle m'a sauvé, tout comme Elena m'a sauvé. J'ai apprit grâce à elles, ce qu'était le véritable bonheur depuis le décès de mon enfant. J'ai apprit à revivre, et non pas à survivre grâce à la drogue. « Ces dernières années... Papa est partit en couilles... Et je le reconnais. A ton décès, je me suis rendu en Lituanie, j'ai tout plaqué. Et je regrette d'y être retourné, parce que le cauchemar avait reprit. Toute mon enfance est remontée à la surface. Mais j'ai fini par rentré. » Je ferme les yeux, et repose ma tête contre la pierre. Je ne sais pas où est Emily, mais je sais qu'elle m'entend. Du moins je l'espère. « J'ai vécu beaucoup de choses... J'ai mit du temps à me remettre avec ta maman. Beaucoup... J'ai d'ailleurs vécu une relation amoureuse, et malsaine avec une autre femme. Mais elle n'était pas méchante, tu sais ? Elle était juste comme moi, fragile à l'appel de la drogue. Notre relation n'a pas duré, mais elle a suffisamment duré pour faire du mal à Zoey... Et je regrette ça aussi. Je regrette mes deux dernières années. » Une légère brise me caresse le visage, et je secoue la tête. Qu'est-ce ? Un signe de ma fille pour me dire qu'elle est présente ? Ou juste mon hallucination ? Je me passe une main dans les cheveux, restant quelques temps silencieux. Je ne sais pas si je suis vraiment censé tout lui dire. Est-ce qu'elle l'a vu ? Peut-être m'a-t-elle aidé à surmonter tout ça ? A tenir bon ?

« Je suis allé en France. Quelques jours. C'était pour aidé ta marraine. Tu sais... Les vieux démons qui remontent à la surface... D'ailleurs ta maman m'a rejoint là-bas pour m'aider avec les enfants. Je suis sûr que tu aurais aimé cette ville ma chérie. J'espère que tu es fière de moi ? » Je m'étire et finis par me levé, mes fesses commençant à s'engourdir. « Je suis parti en cure aussi... Loin de Los Angeles. Ca m'a fait énormément de bien. Ca a vraiment été dur, et j'ai failli baissé les bras plus d'une fois, mais j'ai tenu bon. Maman m'a aidé encore. J'ai beaucoup souffert, mais maintenant, je suis devenu un autre homme. La drogue ne me tente plus. Je suis sain. Je peux recommencer à aller en soirée sans avoir la gorge qui me brûle, sans transpiré par le manque. Je peux boire de l'alcool l'esprit serein. Maman peut dormir sur ses deux oreilles... » L'arrêt de la drogue m'a aidé. J'ai toujours voulu réussir, mais je n'ai jamais eu le cran de tenir, mais maintenant toutes ces histoires sont derrière moi. Avec Zoey, nous avons décidés de revenir à Los Angeles, et nous avons reprit le bar que nous avions ouverts. Bar que j'avais laissé sous les ordres d’Esméralda.
Je pose une main sur la pierre de nouveau, et la caresse lentement. « J'ai autre chose à t'annoncer aussi... » Inconsciemment, les larmes me montent aux yeux, alors que je sors une photo de ma poche. Je la dépose sous le bouquet de fleurs, et pose une petite pierre pour la tenir. « Tu vas avoir un petit frère... Un tout petit frère... Je ne sais pas si tu le vois, mais je te laisse l'échographie... Je te promets de lui parler de toi. De lui dire combien nous t'aimions, et que lui non plus ne doit pas t'oublier... Je lui dirai combien tu nous as rendu heureux lorsque tu es venue au monde... » J'esquisse un nouveau sourire. C'était un genre de deal avec Zoey. « Je viendrai avec lui... Je suis sûr qu'il voudra te rencontré. J'hésite encore avec son prénom, mais nous avons encore cinq mois pour y songer. » Je hausse les épaules, pensif. « Je vais te laissé ma chérie. Mon avion est bientôt, je dois filer. Mais je viens te revoir très vite ! » Je souris, et fixe une dernière fois la tombe de ma fille. Elle me manque, terriblement. Mais à présent je suis capable de parler d'elle sans pleurer. Je colle mon front contre la pierre et ferme les yeux, avant de me décoller, et sortir du cimetière. J'ai le coeur à la fois lourd, et léger. Ce soir, je retrouve Zoey, et son petit ventre. J'ai hâte de la serrer dans mes bras.
Arrivé devant la voiture du taxi, je grimpe dedans. Direction Los Angeles.




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Esmeralda C. Martinez
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DATE D'INSCRIPTION : 22/05/2017
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MessageSujet: Re: Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]   Mar 30 Mai - 11:08

fuck fuck fuck
ce smiley te va bien je trouve Arrow  
Lourd Lourd heart2 c'est tout ce que j'ai à dire. Ouaaaaaah
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N. Saphyr Vilkas
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DATE D'INSCRIPTION : 22/05/2017
MESSAGES : 40

MessageSujet: Re: Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]   Mar 30 Mai - 11:10

Pute. Fuck 1
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Billie Sullivan
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DATE D'INSCRIPTION : 12/11/2015
MESSAGES : 895

MessageSujet: Re: Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]   Mar 30 Mai - 12:16

héhé héhé héhé
cute love shower
heart2 heart2 heart2

Je t'aime **
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N. Saphyr Vilkas
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DATE D'INSCRIPTION : 22/05/2017
MESSAGES : 40

MessageSujet: Re: Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]   Mar 30 Mai - 12:26

JE T'AIME AUSSI !
heart3 heart3 heart3
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Héloïse Bennett
Admin bisounours
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DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 3125

MessageSujet: Re: Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]   Mar 30 Mai - 12:59

Cette fiche est toujours aussi traumatisante et horrible à lire fall
Sinon je te valide avec amour coeur
Tu connais la maison Razz
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N. Saphyr Vilkas
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DATE D'INSCRIPTION : 22/05/2017
MESSAGES : 40

MessageSujet: Re: Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]   Mar 30 Mai - 13:01

MERCI BEAUCOUUUUUUUP !!!

Je t'aime ! **

heart3 heart3 heart3
heart3 heart3
heart3

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Toi, t'es tellement con que tu crois que spéculos c'est le roi des Grec ♦ Saphyr Vilkas [- 18]
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