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 Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle

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Ann Traur
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DATE D'INSCRIPTION : 06/06/2017
MESSAGES : 63

MessageSujet: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 17:45




Annika Eli Traur

❖ Nom Traur. C'est allemand, au cas où il serait besoin de le préciser. ❖ Prénom(s) Annika (Ann). Elle refuse catégoriquement qu'on l'appelle par son nom complet, d'ailleurs le raccourci est devenu si courant que la plupart des gens ne savent même pas qu'il n'est qu'une amputation du nom original. ❖ Date et lieu de naissance 19 Octobre 1980 à Berlin ❖ Nationalité Allemande ❖ Orientation sexuelle Hétérosexuelle, avec dérogations occasionnelles. ❖ Statut civil Célibataire ❖ Profession Mannequin, depuis l'âge de 18 ans, trop vieille pour s'entêter. Aujourd'hui elle est arrivée à écœurement de ce monde et il le lui rend bien. Sa carrière tient sur le fil de sa célébrité iconique, et sa persévération dans cette voie n'est due qu'à sa certitude de ne pas savoir faire autre chose de ses dix doigts. Elle rêve de tout lâcher pour reprendre un bar de vieux habitués alcooliques, loin du reste du monde. ❖ Décris ton personnage en quelques adjectifs Intelligente - Cultivée - Élégante - Cynique - Joueuse - Paumée - Distante - Décadente - Impertinente - Bourrée d'insécurité ❖Avatar Diane Kruger. ❖ Groupe La question sinusoïdale ❖ Crédits Gif : a hiding place for gifs


L'hémorragie de tes désirs s'est éclipsée sous la joue bleue dérisoire


Tu es trop intelligente pour ce métier. C'est ce qu'on lui a toujours répété, qu'elle n'a jamais voulu entendre, un peu par envie de paillettes, un peu par contradiction, beaucoup parce qu'elle n'y croyait pas. Aujourd'hui, elle est bien forcée de l'admettre. Et même s'il aura fallu attendre quinze ans de métier pour être fatiguée de jouer les plantes vertes, mieux vaut tard que jamais, comme dirait l'autre.
Ann est trop vieille pour son âge, à bien des égards. Elle a vu les faces les plus étincelantes et les plus laides de l'humanité, a déjà vécu l'amour de sa vie, ou du moins elle en est persuadée. Il y a chez elle une telle fatigue de sa propre existence, une telle envie de se mettre à la retraite au vert dans un champs d'oignons, que tout son discours sonne parfois comme celui d'une vieille dame. Et puis, quand on est mannequin, on est assez jeune puis on devient trop vieille, il n'y a pas d'entre deux. On passe de vingt à trente ans sans aucune année au milieu. Un jour elle courait entre deux avions avec une bande de copines écervelées, le lendemain elle ouvrait les yeux sur sa situation. Elle n'a jamais eu le temps de guérir de ses insécurités, de se livrer, de grandir normalement. La beauté, c'est une chose ingrate, un instant elle vous ouvre toutes les portes et l'autre elle vous rit à la gueule parce que vous avez une ride au front. Ann a une image complètement détériorée d'elle-même, dépendante à l'extrême du regard de l'autre, et c'est ce qui la rend bien incapable de quitter l'oeil de l'objectif comme de dire non aux hommes qui la courtisent. Tout pourvu qu'elle reste belle, inconsciemment, viscéralement. Depuis qu'elle a 18 ans, on lui régurgite que c'est le plus important, et malgré toute l'énergie qu'elle met à s'en défaire, ce discours est ancré en elle comme le code d'un algorithme. C'est son identité, que ça lui plaise ou non.
Mais paradoxalement, Ann a gagné de tout ça, une certaine force à ne plus en avoir rien à foutre. Elle est extrême, décadente, sait jouer des codes sociaux comme d'une main au poker et mentir comme un arracheur de dents sur sa nature profonde. Personne ne sait qu'elle est ravagée de l'intérieur et ses beaux rêves elle les garde précieusement pour elle. Ann finira patronne d'un bar qui pue la bière et la pisse, dès que le monde aura le dos tourné. Elle y boit déjà, dans ce bar, elle y renoue avec elle-même, et se débarrasse dans un humour caustique, une décadence parfaite, de l'insécurité qui lui colle à la peau. Ann est en recherche de laideur, d'indécence, de brut, de cru, de vrai. Parce qu'on ne peut pas rattraper le passé mais il ne faut jamais s'arrêter d'essayer.

Que penses-tu de la ville de Los Angeles ? Los Angeles est son berceau depuis ses vingt ans, la ville dans laquelle elle revient toujours inexorablement, celle où elle se fera enterrer. Les caméras d'Hollywood, les collines, la décadence qui ne dort jamais, les lotissements à l'écart du monde, sans toute la frénésie indigeste des capitales. Jusque là elle n'y était que de passage, elle y revient d'ailleurs sous les derniers conseils de son agent pour une campagne pour Prada. C'est là qu'elle compte mettre fin à sa carrière, si toutefois elle en trouve la force, et ne se jette pas finalement dans le premier avion pour un autre shooting, rattrapée par ses peurs de l'échec. Concernant ton groupe choisi, pourquoi avoir choisi celui-ci ? Personnage travaillé par des questions existentielles sur fond de barrières infranchissables, ça me semblait être le bon choix. J'ai hésité avec les fêtards mais elle n'en est quand-même pas là, elle reste introvertie dans la majeure partie de ses échanges. Et elle est trop cynique pour être impulsive, encore moins romantique. Quel est ton petit secret ? Elle adore la bière, les cigarettes et le whisky sans glace. Des passions récentes dont elle ne se lasse pas.


Du temps qui se passe contre duquel on ne peut rien...


Parce que nous sommes curieuses, forcément, nous allons te demander touuuuut un tas d'informations bien croustillantes à ton sujet. Ton prénom/pseudo Clem'. Ton petit âge Entre 16 et 77 ans - elle court, elle court Ce que tu fais dans la vie à part tuer des gens J'essaye de les soigner, en fait. Je crois pas en avoir encore tué... Où as-tu connu le forum? Forumactif Un dernier petit mot Vous m'avez collé cette chanson dans la tête jusqu'à la fin des temps What a Face .



Être ou ne pas être, telle est la question sinusoïdale de l'anachorète hypochondriaque


Code:
[b]Diane Kruger :[/b][i][url=http://vice-et-versa.forumactif.org/t2155-il-n-y-a-que-kate-moss-qui-est-eternelle] Ann Traur[/url][/i]
[b]Ann Traur : [/b][i]Venice[/i]
[b]Ann Traur : [/b][i]Mannequin[/i]


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Ann Traur
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MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 17:46


" Comment se fait-il qu’aucun mec ne comprenne que dans chaque femme, qu’elle ait 16 ou 60 ans, il reste toujours cette étrange, fragile, adolescente angoissée qu’elle était à 15 ans ? "



Vogue, le 18 août 1998 : Une nouvelle étoile est-elle née ?
La question est sur toutes les bouches depuis que Ann Traur a fait son apparition lors d'une fashion week, juillet dernier. Fraîche, belle comme un ange et pleine d'une sensualité charmante, la jeune allemande a ravi le cœur des caméras autant que de ceux qui assistaient aux évènements. Douée d'un don pour fasciner l'objectif et ses spectateurs, ce mannequin en herbe n'a pas fini de faire parler d'elle. En page 6, quelques unes de ses prestations.

La carrière d'Ann Traur a commencé, à bien des égards, comme un véritable conte de fée. - comme dans toutes les séries d'adolescente, les films romantiques que l'on taxera pourtant d'improbables.

Repérée à dix huit ans par une agence de mannequin pendant un stage d'été, des parents trop modestes et trop fiers de voir leur enfant se faire offrir cette chance pour en saisir les dangers, elle n'avait pas passé son examen final de lycée qu'elle montait déjà dans un avion en direction de son premier shooting à l'autre bout du monde. Ainsi commencèrent des années surréalistes, de succès et de paillettes, de restrictions alimentaires et de pesées, de courses aux agences des plus beaux pays du monde sur fond de compétition impitoyable entre des jeunes femmes qui n'étaient, à bien des égards, encore que des enfants. Ann était belle, elle capturait tous les objectifs et fascinait tous les regards, elle avait ce quelque chose d'indescriptible qui ne s'apprend jamais mais se travaille toujours, avec acharnement, à en bousiller sa jeunesse sans le savoir.

Elle n'était pas malheureuse - bien au contraire. La tragédie grotesque d'Annika est d'avoir, en un sens, toujours été faite pour ce métier, quoiqu'on pût en dire. Elle avait cet amour de l'existence, cette conscience absolue de sa propre chance, cet éclat de vie dans les yeux qui la rendait unique aux yeux des appareils. Mais en même temps, une certaine capacité à la limite, à ne pas se brûler les ailes aux feux des projecteurs. Pudique, modeste, elle nourrissait sans le vouloir son voile de mystère, simplement parce qu'elle ne glissait pas comme bien d'autres sur les pentes faciles du succès. Et si aujourd'hui, Ann n'éprouve pas la moindre nostalgie pour ses jeunes années, elle ne peut décemment pas prétendre avoir été malheureuse.
Elle aurait juste aimé que quelqu'un l'avertisse, de la chute qui vous attend après de tels sommets.

Et puis, il y avait Manek. Manek était son tout, son amour, son soutien, son confident, son meilleur ami. Ils s'étaient rencontrés à quinze ans, bien avant la gloire et les paillettes. Quand elle fut repérée comme mannequin, lui parvint à faire valoir quelques unes de ses oeuvres photographiques à une agence, des portraits d'elle pour la plupart. Ils furent engagés ensemble, menèrent beaucoup de campagnes ensemble, vécurent leur conte de fée ensemble. Un cliché à tous les étages, de chambres d'hôtel à travers le monde, des draps qui y recueillaient leur passion. Annika en était aveuglée, de ce bonheur. Aveuglée de lui, aveuglée des soleils qu'ils contemplaient depuis les différents coins du globe, assourdie par le bruit des grandes villes et la rumeur de leur vie en décalage. Elle n'envisageait même pas la vieillesse, sauf quand elle l'imaginait à ses côtés. Ce furent les sept plus belles années de sa vie et même, les plus beaux jours dont une jeune femme eut pu rêver, du fond de ses émois adolescents. Pas de quotidien, nulle contrainte, aucune routine, un amour destiné à durer réduit dans le cliché d'un feu superficiel.

Public, le 03 Octobre 2005 :
Le couple le plus sensuel de la capitale allemande bat de l'aile. Ann Traur, mannequin dont la carrière et la popularité ne sont plus à prouver, et Manek Kirschnen, ce photographe avant-gardiste qui fait tourner toutes les têtes, rencontrent des difficultés devenues aussi célèbre que les stars elles mêmes. Samedi dernier, une dispute explosait en plein gala de charité entre les amants les plus élégants du monde de la mode. (...) Ci dessous, des photos de Ann entrant dans un hôtel, la nuit dernière. Est ce la fin du Romantisme version haute couture ?

Car comme dans bien d'autres domaines, en amour, une telle vie vous fait voir des monts et merveilles, juste pour aveugler le temps que la réalité vous rattrape comme un poing dans la gueule. Les voyages endiablés laissèrent place à la lassitude de ne jamais se poser, le monde sulfureux de la gloire céda à la paranoïa de ne jamais être seuls à seuls; avec l'envie de se construire vint la rancoeur de voir cette chance vous être arrachée des mains.

Le quotidien qu'ils n'avaient pas eu à affronter au début se révéla finalement sous une forme déjà trop souillée pour être combattue. Quand leurs disputes n'étaient pas photographiées, elles étaient avortées par une séance photo, un défilé à Milan, une autre fille à capturer sous l'oeil de son appareil. Annika traversait la foule d'Edith Piaf à chaque heure de son existence, encore et encore, jusqu'à se retrouver sur les pavés, dénuée de force pour se relever et la combattre encore, cette maudite foule. Elle en vint à le haïr, ce métier, tout comme elle se haïssait, ou même le monde entier, comme elle haïssait Manek. Parce qu'il n'était pas capable de se battre pour elle, ni elle pour lui, mais qu'il n'avait pas non plus le courage de la quitter. Il en vint à la tromper. Elle fit semblant de ne pas savoir, quelques mois, tant qu'il avait la décence de s'en cacher. Aucun d'entre eux ne pouvait mettre fin à l'amour de sa vie, quand bien même il le rendait malheureux comme une pierre - ça revenait à s'arracher sciemment le coeur qu'ils avaient toujours entendu battre, dans chacun de leurs esprits.
Jusqu'au jour où Manek se fit surprendre. Un peu volontairement, sans doute. Un peu inconsciemment. Pour faire sauter le monde chimérique dans lequel ils auraient dû être heureux.


There's no happy ending, so they say
Not for me anyway


La porte de sa suite est franchie violemment. Sans même se donner la peine de la refermer, Ann laisse choir ses affaires et se précipite vers son bar privé. Elle a besoin d'un verre. Un vrai verre. Et d'une tonne d'anti-dépresseurs. Tremblante, la belle renverse la moitié d'une bouteille cognac en voulant le remplir, boit d'une traite l'une des boissons les plus chères du marché. Trop choquée pour pleurer, hurler ou même respirer, elle pose deux doigts incrédules sur ses paupières. Son cœur semble vouloir lui broyer les entrailles, sa douleur fait remonter un flot de bile jusque dans sa gorge. Elle tremble.

- Annika.

Elle sursaute. Manek est dans l'encadrement de la porte, déconfit, mal rhabillé. Aussitôt qu'elle le voit, le choc s'évapore, remplacée par une telle violence qu'elle doit se retenir de lui jeter sa bouteille à la figure. Elle le toise, révulsée, haineuse.

- Écoute, je peux tout expliquer...
- Ann.
- Quoi?
- C'est Ann maintenant. Je m'appelle Ann.

Sa voix est glaciale, placide. Elle la contrôle frénétiquement, certaine de pouvoir le tuer si elle laisse place au moindre débordement.
- Alison est...
- Une pute. Et toi tu es une ordure. Maintenant si c'est tout ce que tu voulais me dire, sors de cette chambre.
- Ne dis pas ça.
- Quoi ? Pute ? Tu préfères salope ? ... Non parce que moi j'ai quand même un gros faible pour pute.
- Annika...
- C'EST ANN BON DIEU DE MERDE !!

Elle fracasse la bouteille au sol. Une arme du crime en moins.
Écrasée par la douleur, elle se compresse nerveusement le visage; " Comment tu as pu ? " gémit elle, à peine audible. Son cœur est en miettes. Dans la chambre d'à côté. Assez fort pour qu'elle les entende. Et comme si ça ne suffisait pas, cette pute est à peine majeure.
- COMMENT T'AS PU !! Est-ce que tu sais combien de temps j'ai mis à te chercher ?! Et tu n'as même pas eu la politesse élémentaire de m'envoyer une note pour me dire que tu en sautais une autre juste à côté !
- Ce n'était pas prévu...
- Dehors... Elle se fige à nouveau, glaciale.
- S'il te plaît.
- Dehors dehors DEHORS ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS ENTENDRE PARLER DE TOI !!

Il baisse le visage. Et il s'en va. Ruinée, elle s'effondre à genoux, au milieu du cognac renversé.


Should I stop pretending ?
Take a chance for a brand new day.


- Ma chérie ?

La suite est plongée dans le noir. Assise dans le même fauteuil depuis des heures, Ann laisse paisiblement son corps mourir. Quand son agent allume les lumières, elle grimace, détourne plutôt le regard vers son verre de cognac, qu'elle vide, à la même manière que les six derniers : sans respect ni considération. Elle renifle pour refouler les larmes qui ont tendance à couler toutes seules et s'enfonce plus avant dans les coussins. Son agent, une quadragénaire implacable, embauchée par sa directrice pour lui faire toucher le sommet, s'arrache un sourire faussement tendre. Elle aussi, elle lui donne envie de gerber. Elle et tous les autres. Ann lâche un soupir méprisant, elle se penche pour chercher mollement sa bouteille. Mais la fourbe est plus rapide et s'en empare avant.

- Non ça suffit avec l'alcool. Tu vas grossir, avoir des rides et les vaisseaux sanguins éclatés. Très mauvais.
- Rends moi ça avant que je ne traîne en justice pour violation de vie privée.

Son agent se gausse. Ann lui jette un regard vide, de tout. Elle récupère sa bouteille.

- Je comprends que tu sois malheureuse. Mais tu ne peux pas te laisser aller comme ça.
- Et pourquoi donc ? réplique la belle, mielleuse, à moitié saoule. L'amour de ma vie est entrain d'en baiser une autre à l'heure qu'il est. Ma carrière ne peut que retomber. Je n'ai pas d'ami, rien qu'une bande de vautours hypocrites. Et j'ai assez de fric pour être alcoolique jusqu'à la fin de mes jours. Alors tu sais quoi ? Merde.

Elle se remplit un huitième verre. Madame le lui arrache des mains. Cette fois ci, ça va vraiment barder.
Mais avant qu'elle n'ait pu dire quoique ce soit, Ann voit le visage de son agent se rapprocher dangereusement d'elle. Elle sent ses mains étreindre son doux visage. La nausée la reprend.

- Écoute moi bien ma petite. Tu n'as pas d'ami parce que ce n'est pas ton travail. Personne ne te demande d'avoir des sentiments ici. Ton corps est sous contrat, je ne sais pas ce qui te fait penser que tu as le droit de le ravager, ça n'a jamais été le cas. Et puis, si tu continues à couler, tu vas perdre la seule chose qui te reste.
- Et qu'est ce doooonc ?
- La gloire. C'est tout ce que tu peux encore espérer.

Et le dragon esquisse un sourire monstrueux. Choquée, Ann sent toute sa conviction s'effondrer. Les larmes lui brouillent de nouveau la vue. " Et tu as des contrats à honorer. "
Elle lui gerbe sur les chaussures.

Vogue, le 15 Avril 2007 :
La carrière d'Ann Traur est à l'apogée de sa gloire. Élégante, rafraîchissante, cette égérie de la mode ravit désormais le coeur de toutes les foules et bien loin dans le monde. L'été dernier, la collection Prada utilisait presque exclusivement l'image absolument pure signée " Traur ". D'ici quelques mois, un défilé est prévu pour le printemps, dont mademoiselle sera le visage principal. En couverture de tous les magasines, Ann a conquis l'âme de la France entière.
Mais elle n'est pas seulement un mannequin exceptionnel. C'est aussi une femme pleine de bon sens et d'humanisme dont nous vous peignons le portrait en page 4. Entre autres, les clichés pris aux Restos du Coeur, dont Ann a suivi le travail tout l'hiver, en posant pour leur fond et en mettant la main à la pâte. Désormais en vacances pour se remettre de ces longs mois, la belle s'est laissée séduire par les plages de Miami. L'attente de son retour est dans tous les esprits de la mode. (...)


Contre toute attente, Ann écouta les conseils de son horrible bonne fée. Elle abandonna les océans éplorés des femmes trompées pour plonger corps et âme dans sa carrière, et redoubler de succès, encore quelques années de plus. Un poète dirait que cette rupture avait brisé assez d'innocence en elle pour la rendre à sa profondeur mais le cynisme vers lequel elle se dirigeait lentement prônait d'avantage les derniers kilos entre ses os et sa peau, perdus dans la rupture. Obsédée par sa réussite, Ann frôla plusieurs fois l'anorexie mentale, fit des malaises hypoglycémiques son quotidien, et ne fut jamais autant demandée qu'en cette funeste période de destruction corporelle. Rigide, amère et remplie de regrets, elle avait des rapports sexuels pour combler sa faille narcissique avec des individus dont elle ne se donnait pas la peine de retenir le prénom, à part de rares privilégiés assez attendrissants pour se voir conviés à y revenir, mais éternellement sans amour. Blessée jusqu'au plus profond de son âme par la façon dont les choses s'étaient terminées, elle jura sur sa jolie tête de ne plus s'y laisser prendre, un très long moment.

La trentaine bien tassée lui fit passer un peu le goût de ce genre de choses. Il lui fallut attendre de vieillir pour avoir la maturité de fermer le livre. Quelques tentatives de bonne volonté, moins d'aventures de passages, mais autant d'échecs au compteur désastreux de sa vie sentimentale. Ceux qui étaient du milieu étaient aussi pourris de l'intérieur qu'elle d'y avoir consacré leur vie ou alors encore aveuglés par les projecteurs, une attitude qu'elle accueillait avec une angoisse lasse et involontaire. Quant à ceux qui n'en étaient pas, ils ne pouvaient pas supporter qu'un corps, une âme qui aurait dû leur être consacrée, soit autant partagée, scindée en autant de clichés de magazines et de membres défilant sur les podiums.
Elle persévéra, malgré tout, de bonne volonté. Un temps.

Ironiquement, c'est peu de temps après qu'elle eut décidé d'adopter une vie plus saine, que sa vie lui envoya un nouveau bras d'honneur.

Cosmopolitain, le 18 Octobre 2016 :
" Cette nouvelle année voit naître un nombre étourdissant de nouvelles étoiles dans le monde de la mode. L'agence " Models " connaît une renommée encore rarement égalée depuis la découverte des inoubliables, tels que Ann Traur. En parlant du loup, la belle allemande honorera cette année de nouveaux contrats, pour des lignes toujours plus sombres et élégantes. Mais la question commence à naître sur toutes les bouches : y a t'il un âge limite pour le mannequinat ? Mademoiselle Traur, qui fêtera cette année ses trente six ans, ne devrait elle pas se résoudre à prendre sa retraite ? Elle qu'on qu'on a autrefois connu si professionnelle et raisonnable, elle fait au moins preuve d'une persévérance méritoire. "

Et bon anniversaire, chérie.

Accoudée au comptoir collant d'un vieux bar d'habitués, dans un quartier peu fréquenté de L.A, dans lequel elle n'a échoué que par certitude d'y être anonyme, Ann contemple le souvenir de ses quelques lignes dans le liquide infime d'un petit shooter commandé, puis dûment posé devant elle. Elle le regarde depuis de longues minutes, ce verre, refrénée malgré elle par le conditionnement de ses habitudes alimentaires. Elle s'est autorisé un écart, ce soir, bien mérité après une telle humiliation sur la place publique. C'était ça, un verre de vin, une crème glacée ou une portion de frites. Elle a choisi ça, parce que ça fait une éternité qu'elle n'en a pas bu, que ça lui rappelle un temps qu'elle ne traverse plus depuis longtemps. Mais après tout, à quoi bon se restreindre, tant dans l'alimentaire, que dans les conduites puériles ? Dans un frisson, Ann s'empare du verre minuscule, le renifle avec scepticisme. Ca sent le white spirit, ça pique les yeux, elle s'étonne même qu'il soit légal d'en vendre.

A côté d'elle, un inconnu se marre. Vexée, elle est à deux doigts de lui dire de se mêler de son oignon, pour voir, mais il est plus rapide qu'elle. C'est plus facile à boire plongé dans un grand verre de bière, explique t'il en professionnel évident de white spirit. Et puisqu'elle se fiche bien de son opinion, quitte à passer pour une gourde, Ann lui explique, le coup de l'écart autorisé.
A quoi bon faire un écart, si on doit se limier, argumente l'homme, dans un sourire charmant à crever, un sourire qui se fout bien de ne pas être un modèle de beauté, ni un modèle de quoi que ce soit d'ailleurs.

Ann ne se souvient pas vraiment de cette soirée - ou alors, vaguement. Le lendemain, elle s'est réveillée nue dans le lit de cet homme. L'a remercié d'un mot sur le comptoir bordélique de sa cuisine à l'hygiène un peu discutable, et s'est évadée comme un fantôme.

Mais elle a appris une leçon essentielle, une leçon qu'elle s'efforce de suivre depuis, avec comme tout le monde, ses réussites et ses échecs : il vaut mieux s'aimer soi-même plutôt qu'attendre que le monde le fasse. Parce que le monde est une pute - il te caressera pas si t'as pas de quoi payer d'abord.




❖ ❖ ❖
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Crystal J. De Angelis
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DATE D'INSCRIPTION : 25/05/2017
MESSAGES : 81

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 18:17

Bienvenue !! Super choix de vava, elle est ravissante Kruger cute heart3
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Taylor Sullivan Argent
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DATE D'INSCRIPTION : 20/12/2016
MESSAGES : 1157

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 18:26

Re bienvenue ma Ann hug
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Orane O'Mallay
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DATE D'INSCRIPTION : 08/04/2017
MESSAGES : 126

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 18:36

Bienvenue ici Very Happy
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N. Megan Neverson
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DATE D'INSCRIPTION : 21/09/2016
MESSAGES : 1484

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 18:38

Bon retour parmi nous. amour
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Derek Bullock
Admin papa-poule
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DATE D'INSCRIPTION : 08/02/2016
MESSAGES : 479

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 19:05

Bon retour ma jolie hug
Du coup c'est terminé j imagine ? cute
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Ann Traur
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DATE D'INSCRIPTION : 06/06/2017
MESSAGES : 63

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 19:29

Merci beaucoup les filles ! amour

Oui, chef ! La fiche est encore plutôt à jour et cohérente, j'ai préféré éviter d'y toucher.
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Derek Bullock
Admin papa-poule
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DATE D'INSCRIPTION : 08/02/2016
MESSAGES : 479

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 19:34

Alors je te valide ma belle hug
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Héloïse Bennett
Admin bisounours
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DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 3119

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 19:43

Du love et des câlins cute
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Ann Traur
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DATE D'INSCRIPTION : 06/06/2017
MESSAGES : 63

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mar 6 Juin - 19:45

Keur keur keur, love love love !
Merciiiiiiiiiiiiiiiiii heart3 heart3
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Matthew McGregor
Admin prétentieux
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DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 1799

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mer 7 Juin - 15:18

Re bienvenue à la maison amour coeur
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Ann Traur
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DATE D'INSCRIPTION : 06/06/2017
MESSAGES : 63

MessageSujet: Re: Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle   Mer 7 Juin - 16:46

Merci beaucoup ! cute Contente de te revouar coeur coeur
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Il n'y a que Kate Moss qui est éternelle
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