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 Soon or later God's gonna cut you down [Max]

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Ann Traur
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DATE D'INSCRIPTION : 06/06/2017
MESSAGES : 63

MessageSujet: Soon or later God's gonna cut you down [Max]   Mer 7 Juin - 17:02

" Je vois bien qu'elles sont neuves vos canalisations, ma petite dame.
Suspens. Inspection des tuyaux. Grognement circonspect. Angle droit sous l'évier. Grattage de barbe. Suspens.
" Ecoutez, moi je pense pas qu'il faille tout refaire. Le feu a abîmé que quelques tuyaux. J'ai un gars, en soudure, il bosse bien, il devrait pouvoir vous réparer ça. Et y aura qu'à poser les nouveaux éléments dessus. Ca vous irait ?
- Vous me faites marcher ? "

Qu'on se le dise, subir un incendie domestique n'est pas une partie de plaisir. Même quand on ne voit pas toute sa maison partir en cendres. Mais quand ce n'est qu'une question de cuisine américaine et de pièce à vivre. Ça reste aussi satisfaisant qu'une bonne vieille crise d'hémorroïde.
Il y a l'assurance qu'il faut contacter, avec laquelle évaluer, expertiser, négocier. Quand on est à jour dans ses biens assurés, c'est peut-être l'occasion de se féliciter une minute, mais le plaisir de l'acte s'arrête là. Tout le reste tient essentiellement de la crise de nerf. Les dégâts à nettoyer, leur ampleur à découvrir, les entrepreneurs à contacter, les devis à calculer, le minimum syndical de politesse à conserver, sans perdre le rythme qui nous attend ailleurs. Sans compter les pertes irremplaçables auxquelles on évite de penser, au risque d'abandonner; ou les innombrables potes auxquels on doit la tournée générale pour les heures de ménage, les allers retours à la déchetterie, le soutien moral.
Alors autant dire qu'au milieu de tout ça, une nouvelle un peu meilleure que les autres passe pour un rayon divin après quarante jours de déluge. D'ailleurs, si Ann n'était pas ce qu'elle est, elle se jetterait dans les bras de cet homme pour l'embrasser.

Mais bon.
La gratitude a ses limites.




Le jour du jugement arrive enfin. Celui qui déterminera la somme de zéros sur le chèque et la virulence de l'échange téléphonique avec son assurance. Dieu a choisi mardi, déjà celui qu'elle déteste le plus, par principe. Le mardi est un moment fade et sans saveur de l'existence, qui ne compense jamais l'amertume du lundi, et se laisse seulement désirer avant l'énergie retrouvée du mercredi. Celui-là n'a pour égayer sa monotonie, qu'une chaleur à faire rentrer les vaches, un ciel de plomb sans nuage. Ann plaint les pauvres ouvriers obligés de perdre toute l'eau de leur corps dans des conditions pareils, mais elle imagine que chacun doit porter sa croix d'une façon ou d'une autre.

Revenue en son antre à demi brûlée entre deux nuits à l'hôtel, elle s'est réfugiée dans son immense garage, dont la moitié qui n'héberge pas sa grosse jeep est consacrée à son atelier. C'est là qu'elle a entreposé les meubles qu'elle espère pouvoir retaper : un rocking chair dont les flammes ont juste léché la peinture, une étagère démembrée de quelques planches et une grosse table en métal forgé, déformée par la chaleur, qu'elle trouvera bien quelqu'un pour savoir reformer. Ann n'est pas une femme très matérialiste, a vrai dire elle se fiche bien de perdre ces meubles, mais elle a besoin de faire quelque chose de ses dix doigts pour améliorer la situation. Viscéralement indépendante et volontiers manuelle derrière ses airs de princesse, il lui faut un chantier sans assureur ni entrepreneur, quelque chose à elle, pour se remettre du désastre. Et puis, les seules choses qui lui importaient vraiment dans les pertes ne peuvent pas être reproduites ni réparées, alors ces meubles seront un maigre prix de consolation.

Assénée de canicule dans le four à l'ombre qu'a constitué sa propre chaleur corporelle, nageant dans un vieux T-shirt blanc et un jean épais, elle frotte une ponceuse électrique sur le fauteuil endommagé, dans un bruit de chevaux de l'enfer. D'enceintes à côté d'elle, Johnny Cash hurle sa guitare cynique et sa voix lancinante à pleins décibels, assez fort pour couvrir le bruit de l'engin et tous les autres alentours. Y compris celui de l'arrivée des ouvriers, qu'elle ne constate que quand l'entrepreneur auquel elle avait eu affaire est contraint de s'imposer à travers la porte ouverte du garage. Prise de cours, Ann doit poser gants et instrument, éteindre sa musique à la hâte, et s'excuser déjà de cet accueil déplorable, même si son coeur n'y est pas. Depuis une semaine, elle serait plutôt d'humeur à recevoir des excuses du monde entier, à commencer par son karma en papier mâché, et elle soupçonne ces hommes de ne pas se rendre compte des efforts qu'elle produit pour sourire. Derrière l'entrepreneur, un groupe de quatre ouvriers assiste aux salutations d'un oeil curieux, auquel Ann ne prête pas tellement attention avant d'être amenée devant eux. Poignées de main s'enchaînent dans des sourires charmants d'hôtesse idéale, stature impeccable malgré son T-shirt couvert de lasure et ses cheveux collés à son front par la sueur. Ouvrier, cariste, poseur, soudeur. Celui-là retient une phrase un peu moins formelle que les autres, une étincelle d'amusement légèrement renouvelée dans le regard.

" C'est vous le héros du jour, alors. " elle lâche avec un entrain parfaitement simulé avant de conduire tout ce petit monde au chantier en cours.
Si l'entrée blanche et moderne de la maison fait encore illusion, elle mène rapidement vers la cuisine et la salle de séjour en prolongement, où il semble littéralement s'être déroulé une guerre. Plafond noirci par les flammes emmanché de murs délités,  pour encadrer un vrai no mans land de tuyaux dénudés, de meubles absents, de fils apparents et d'îlot central démonté. L'entièreté de la cuisine et une partie de la tuyauterie ont été détruits, l'incendie s'est prolongé presque jusqu'au fond de la pièce à vivre, emportant avec lui la quasi-totalité des meubles. A regarder la pièce, on jurerait que la maison est encore en pleine construction, par des personnes ni bien compétentes ni très regardantes. " Le chantier est là mais vous pourrez utiliser le garage pour stocker votre matériel une fois que je serais partie avec la jeep. Il n'y a plus d'eau ni d'électricité mais il y a réchaud sur la table, du café déjà prêt dans la cafetière italienne et un bidon d'eau dans l'évier si vous en avez besoin. " Docte, Ann s'interrompt une seconde pour les parcourir du regard, s'arrêtant naturellement plus longtemps sur le soudeur que sur les autres, qui déterminera si oui ou non elle doit refaire toute la plomberie encore neuve de  " Je vous laisse constater les dégâts, je vais me rafraîchir dans la salle de bain et je suis toute à vous. Je partirai après. "

Un sourire de faible femme et quelques mots bien choisis pour caresser l'ego de ces hommes, après quoi Ann s'efface humblement vers l'étage. Elle a bien conscience de ce dont elle a l'air quand elle sourit, même sale, en transe; de ce à quoi pense un homme quand une femme comme elle sous-entend avoir besoin de lui, être toute à lui, ou encore devoir se rafraîchir à la salle de bain. Une stratégie vieille comme Érode, qui compense à peine tous les emmerdements qu'il y a à être une femme en ce bas monde.
Ainsi ils donneront le meilleur d'eux-mêmes, elle redescendra pleine de gratitude, et tout le monde pourra retourner à ses affaires bien content.
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Max V. Korolenko
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DATE D'INSCRIPTION : 29/05/2017
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MessageSujet: Re: Soon or later God's gonna cut you down [Max]   Jeu 8 Juin - 14:55

Mardi. Soleil. Boulot. Cherchez l'erreur. En vrai, le plus étonnant n'est pas que je travaille. C'est que je suis à l'heure. C'est à cause du trou dans les volets, faut vraiment que je les change. Se lever à l'aube, c'est vraiment pas une vie d'adulte. Je vous le dis, moi. Maintenant je me retrouve dans une sale galère, avec quelques collègues, dans une salopette très propre car très neuve, devant une maison brûlée. Sérieusement, le propriétaire était obligé de faire brûler sa maison en plein été ? Maintenant c'est à nous de tout réparer, je vous jure ! Heureusement, j'ai eu le temps de prendre ma petite douche, de me toucher un peu aussi, d'enfiler ma petite salopette dont je ne suis pas peu fier, sans déconner j'ai fier allure là-dedans, je fais vraiment professionnel et puis surtout on entend du Johnny Cash alors je suis heureux. Je ne sais pas trop si je dors encore ou quoi, mais moi j'aime bien ! Pis les collègues ont l'air étonnés donc je suppose que la guitare n'arrive pas qu'à mes oreilles, c'est rassurant. Je commence à peine à taper du pied d'un sourire idiot d'un type pas du matin qu'une charmante jeune femme vient nous ouvrir. Bonté divine, mais que demande le peuple ?

D'une élégance à vous réveiller les neurones malgré l'horaire, la petite dame assène les futilités en saluant le petit peuple ouvrier que nous sommes. Nous voici devant une magnifique paire d…'yeux que les autres ne trouvent rien de mieux qu'un petit « bonjour ». Non mais sérieux les mecs ? Faut lui montrer à la petite dame qu'on va faire du bon boulot et que personnellement, elle me paiera comme elle veut !

- Si vous vouliez me rencontrer il n'y avait pas besoin de mettre le feu à la maison. Je serai venu suer chez vous autrement. Si vous payez en cash, ça me va, j'aime bien la musique.

Petit clin d'œil, elle me sert la main, je pense qu'elle a compris qui je suis. Et j'espère le petit jeu de mot aussi, j'y ai réfléchi tout le temps qu'elle serrait la main aux autres. Le héros du jour ? Exactement ! Elle nous invite gentiment à traverser la pièce jusqu'à l'endroit où le feu a pris et franchement de vous à moi je n'ai aucune idée d'à quoi ressemble la maison. Quand elle marche devant moi comme ça, je n'ai d'yeux que pour ses fesses. Du coup imaginez-vous quelque chose d'assez élégant et riche, ce qu'elle a l'air d'être quand il ne fait pas 50° et qu'elle ne sue pas comme maintenant. Avouez, vous avez cru que je dirais comme un porc ! Jamais je ne me serais permis, je garderais ça pour les collègues. Personnellement j'aime le côté sauvage, ça ne me dérange pas trop. Bon d'accord, on arrive à l'endroit des dégâts. C'est vrai c'est assez désolant comme paysage. Heureusement qu'ils sont trois pour réparer tout ça. Comment ça quatre ? Vous me comptez sérieusement ? Ce n'est pas son petit discours qui va me motiver davantage croyez-moi, les blablas c'est pas trop mon truc. Ce n'est pas si mal pourtant, on sent bien qu'elle sait qu'elle est belle et qu'elle joue là-dessus. En même temps, c'est écrit sur son front et celui du peuple ouvrier qui la guette, la bouche en cœur. Mais comme toutes les femmes, elle s'attarde sur moi. Parce que je suis le plus beau, le plus fort, le plus sexy et peut-être éventuellement parce que oui, je suis aussi le héros du jour. Les canalisations nécessitent des réparations dont je suis le maître. JE décide aujourd'hui. Donc, ce n'est pas si mal de travailler un mardi matin finalement.

Bon par contre, j'étais obligé même si je n'écoutais que d'une oreille : c'est quoi cette manie de préciser cafetière italienne ? Quoi, elle te chante « l'asciatemie cantare » quand tu en prends une tasse ? Ok je n'aime pas le café, je suis un enfant moi encore, mais tout de même. Dès qu'elle s'en va se pouponner, je me dis que je vais attendre un peu pour la rejoindre. Faire semblant de travailler. Non je rigole, j'ai besoin d'argent. Du coup je suis là, à m'imaginer les combats de catch (admirez-moi une fois de plus ce jeu de mot… mais si, Cash, catch ? Non, bon d'accord) qui ont dû avoir lieu et j'ai déjà envie d'en fumer une. Mais je résiste à la tentation d'une fumée réconfortante et mortelle dans mes poumons en me rendant compte que ce n'est pas si grave. Une fois le ménage et les peintures refaites, ça ne doit pas être si horrible. Je vois facilement de mon œil expert -si, si- que je vais pouvoir réparer la majorité de la tôle en faisant de bonnes soudures dont seul Max Korolenko a le secret. Moi, pour ceux qui n'auraient pas compris. Je laisse Robert 1, 2 et 3 s'occuper de plus gros en entassant les plaques de tôles que j'ai sélectionnées dans la voiture, car je vais cependant avoir besoin de faire des soudures à l'arc qui nécessite mon retour à l'atelier. Oui, ils s'appellent tous Robert. En vrai non, mais comme je ne connais pas leur prénom et que je m'en fiche, vous aussi. C'est comme ça que ça fonctionne, de voir le monde à travers mes petits yeux charmeurs. On ne s'intéresse qu'aux longs cheveux, aux jolies courbes et au t-shirt ruisselant d'une sueur féminine. Ni une ni deux, la demoiselle m'a assez attendue, j'en suis sûr ! Du coup je reprends les affaires poser sur ce qu'il reste d'un meuble cuisine en vitesse, caisse à outil, gant, paquet de clope -très important- et je m'empresse de partir à la recherche de notre protégée le temps de ces travaux pour lui annoncer la nouvelle.

Je trouve facilement la salle de bain, parce qu'entre nous j'ai l'habitude de me lever chez pas mal de filles, du coup je repère facilement les pensées des architectes. La porte est à demi-ouverte j'en déduis qu'elle n'est pas nue. Mince… Par respect, ce qui est assez rare chez moi, je parle sans regarder. Pourtant, j'ai hésité à donner un coup de boite à outil par inadvertance puis bon, elle a l'air d'être le genre de femme à remarquer les petites attentions. Bien que rester là pendant qu'une femme fait je ne sais quoi dans la salle de bain, c'est un gros effort pour moi.

- Pardonnez le dérangement, je voulais juste vous dire que du coup en ce qui me concerne il n'y a rien de grave. Vu que c'était assez récent avant, il n'y a pas eu trop de dégât donc il n'y a rien d'important ou de cher à changer. Je vais consolider le tout par des plaques soudées pour que sa redevienne comme neuf mais j'ai besoin d'un matériel plus sophistiqué que ce que je peux transporter donc je vais devoir retourner à l'atelier. Les Roberts vont s'occuper du reste ici. Et si vous êtes trop triste de mon départ, vous pourrez toujours me rejoindre !

Admirez le professionnalisme. Juste la petite touche d'humour à la fin mais j'ai fais de mon mieux. Je suis sûre qu'elle a au moins souris en comprenant ! Pour peu qu'elle comprenne. Je n'attends pas forcément de réponse, de toute façon je n'ai pas le choix je dois retourner à l'atelier pour lui réparer sa tôle donc bon, logiquement elle ne devrait pas m'en empêcher. Du coup je m'en vais nonchalamment. Ça me fait un peu chier de quitter la belle mais il faut aussi que je fasse mon boulot et avec un peu de chance, je vais bien le faire et du coup elle me tombera dans mes bras vu que nous sommes dans un film romantique. Au volant de la voiture de fonction je m'imagine déjà la scène, surtout la meilleure si vous voyez ce que je veux dire, tout en fumant ma cigarette – et dieu c'est que c'est bon !. J'arrive à l'endroit où je vais devoir enfiler mon masque de soudure et des gants de 20 cm - c'est bien la première fois qu'on me voit penser à cette taille de façon purement innocente - d'épaisseur sous cette chaleur qui ne donne envie que de se baigner. Et à poil la baignade. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour l'argent. Et contenter les femmes….

J'empile les morceaux de tôle que j'ai -hum,hum- récupéré chez la madame à côté du poste à souder. Pas le petit hein, non non, un vrai poste à souder de professionnel. Je nettoie la tôle avec du papier abrasif parce que je connais mon boulot. Je refume une cigarette parce que j'en ai envie. Et c'est parti, on branche les électrodes, on mets le casque de Robocop, les gants et tout et tout. Tellement tout que je ne vois pas la furie qui débarque en face de moi.
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Ann Traur
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MessageSujet: Re: Soon or later God's gonna cut you down [Max]   Ven 9 Juin - 10:55

Force est d'admettre que derrière la porte, une scène digne d'une publicité pour un déodorant masculin est entrain de se jouer : de celles où une femme en tenue légère se sent contrainte d'interrompre tout ce qu'elle fait, pour se précipiter sur le tas d'hormones non odorant qui fait l'objet de ses désirs, dans une compréhension pointue de la nature humaine comme féminine.

Sans rien que des morceaux de coton blanc pour dissimuler ses endroits les plus pudiques, une serviette trempée dans un seau rempli avec laquelle elle se tamponne la nuque et la gorge, à faire rouler des gouttes le long de sa poitrine et de son dos. Ann n'a pas fermé la porte par habitude, parce qu'elle vit seule depuis dix ans et que quand un homme se trouve chez elle, c'est généralement dans le but de la surprendre à ce genre d'activités. Et parce qu'elle a eu la naïveté de croire qu'aucun de ces hommes ne serait audacieux au point de monter les escaliers de sa propre maison pour se rendre à l'un des endroits les plus intimes d'un foyer. Pas même ce garçon à l'accent français à couper au couteau - qui est-elle pour juger, il y a de cela dix ans on ne pouvait même pas comprendre les mots sortis de sa bouche tant ils chantaient les contrées teutonnes - aux jeux de mots méritoires quand ils se cognent à la barrière de la langue mais, surtout, à l'audace un peu trop sidérante pour ne pas être remarquable.

Séduisant, l'honnêteté force l'aveu. Des traits expressifs, atypiques, mutins, pour ponctuer ses élans d'impudence; d'un visage dont on ne saurait dire s'il a quinze ou trente ans. L'assurance de savoir qu'il peut plaire ajoute au charme d'un accent exotique, pour une présence un peu plus forte que la moyenne, un charisme indéniable, même noyé dans une salopette en plein caniard. Le hic qui pose une ombre sur ce malchanceux, c'est qu'Ann est mannequin depuis dix huit ans, les hommes qui peuvent être certains de leurs atouts, elle en a vus par centaines et s'en lasse facilement. Même si face à la longue liste de ses relations, elle ne peut nier sans se couvrir de honte, une certaine inclinaison pour les mâles dominants. Mais celui-là est un peu jeune pour jouer les alphas, encore, et régner sur une cour de bac à sable perd en allure pour qui en a vu d'autres imposer aux plus grands. Trop accessible, somme toute; tellement certain de gagner en orgueil en lui plaisant qu'il en oublie qu'elle obtiendrait exactement ce qu'elle veut dans le combat à son tour, et ce beaucoup trop facilement. Les hommes pensent toujours à tort avoir l'apanage de l'amour du jeu mais pour certaines femmes, dont Ann est la première élue, l'ego d'une séduction difficile est la plus satisfaisante des récompenses, plus que les caresses ou la petite mort elle-même. A l'inverse il y a peu d'intérêt à courir derrière ce qui se trouve déjà dans sa main.

Dans dix ans, peut-être. Quand la lassitude aura tempéré ses ardeurs devant les courbes féminines, s'il revient la voir, il aura ses chances.

Mais elle l'a sous-estimé - son audace, du moins. C'est ce qu'Ann constate en reconnaissant cet accent difficilement oubliable qui s'élève de juste derrière la porte. A demie nue dans son refuge mal refermé, la belle hausse un sourcils circonspect , sans véritable inquiétude pourtant. Le mannequinat assassine tout ce qu'il peut y avoir de pudeur devant la nudité en nous, qu'on la voie en tenue d'Eve la dérange moins que d'être surprise sans maquillage. Elle vérifie la présence de son téléphone à portée malgré tout, que l'impudeur ne frôle pas l'imprudence, face à un homme inconnu assez dénué de limites pour venir jusque devant la porte de sa salle de bain, avec la même aisance que si c'était chez lui. Il annonce la bonne nouvelle sans la moindre once d'hésitation dans la voix, s'adonne même à un nouveau trait d'humour qui l'aurait fait sourire s'il n'était pas là, derrière la porte, alors qu'elle a clairement signifié en premier lieu qu'elle allait revenir, en deuxième lieu surtout qu'elle partait rejoindre une intimité à laquelle il n'était pas convié.

Toi mon chéri, tu viens de gagner une méfiance totale et une position privilégiée dans mes radars.
Je ne sais pas si c'est ce que tu cherchais mais tu n'auras qu'à voir ça comme un prix de consolation.

" Je croyais que c'était vous, Robert. " rétorque la belle d'une voix chantante pour assassiner ses ardeurs, tandis qu'elle passe enfin une robe légère sur sa pudeur. Agacée, Ann le laisse rejoindre un lieu plus décent, glisse ses pieds dans des sandales nues et lâche les cheveux qu'elle avait emprisonnés le temps de travailler. Elle enferme ses affaires sales dans un sac en toile avec lequel elle redescend les marches d'un pas leste, accueillant le sourire chaleureux de l'entrepreneur d'une moue polie.
Alors, se réjouit monsieur, avec une simplicité qu'elle apprécie. Vous avez entendu la bonne nouvelle ?

" Oui. Je suis ravie... Si vous pouviez juste dire à vos employés de ne pas dépasser le cadre du chantier à l'avenir, je préférerais. " Un instant, Ann retient du mieux qu'elle peut toutes ses envies de jouer les pétasses endimanchées, juste pour divertir fatigue et frustration dans un coup de théâtre. Elle déborde, l'envie, il faut croire, car malgré la neutralité aimable à laquelle elle se cantonne, sa réponse semble froisser la susceptibilité de monsieur. Un mur est dressé dans l'échange, qu'elle regrette un peu, mais si jouer les bons copains doit amener des lapins chauds comme la braise devant les portes de sa salle de bain, elle aime autant la distance professionnelle. " Oh c'est un bon petit gars vous savez. Il a commis quelques erreurs mais on a pas tous reçu la meilleure éducation. " Ann balaye l'allusion sans la relever, nullement atteinte. Aux dernières nouvelles, les bases de son éducation à elle consistaient à savoir ramasser des oeufs et éviter les oies en colère, ce n'est pas pour autant qu'elle se ballade dans les chaumières pour lancer des allusions sexuelles aux oreilles les plus attentives. Et ce jeune homme n'a pas non plus l'air de souffrir de l'inanition de la pauvreté ou des cicatrices multiples d'une enfance dans la rue. La mauvaise foi a ses limites.

L'autre sous-entendu, en revanche, ne tombe clairement pas dans l'oreille d'un sourd : cet individu n'est pas clair et elle en a la preuve, ce dont s'aperçoit l'entrepreneur dans une moue gênée, à voir son regard inquisiteur. Conflits au travail peut-être; au mieux c'est carrément le casier judiciaire et elle aura tout gagné. Alors vue sa notion très personnelle de l'espace privé et ses filtres inexistants avec les femmes, entre vol et agression sexuelle, son coeur balance. Elle reste impassible, pourtant. Radoucit l'échange dans un sourire de bonne volonté, fusse t'il par soucis de ne pas devoir trouver une autre équipe capable de faire sa cuisine sans tout détruire. " Il n'y a pas mort d'homme. En général, je préfère ne pas être à moitié nue quand on me parle de tuyauterie, c'est tout. Ca évite les confusions. "

Elle le laisse sur ces bonnes paroles, se remettre seul de la bombe qu'elle vient de lancer. La décence sociale d'Ann fatigue à vue d'oeil et son cynisme décadent commence à lui gerber par les lèvres. Chassez le naturel... Autant quitter ce chantier avant d'être prise d'une envie farouche de voir jusqu'où elle peut se faire détester par une équipe d'ouvriers qui pense déjà qu'elle les méprise - alors qu'elle se fout d'eux comme du reste de l'humanité en général, il n'y a vraiment aucune distinction sociale ou raciale dans son indifférence latente.
Quand elle gagne le garage, à nouveau perlée de sueur rien que d'avoir traversé son allée, Arsène Larcin est déjà penché sur ses soudures - au moins c'est un bosseur. Là encore, ce serait s'étouffer avec sa mauvaise foi que de prétendre le spectacle désagréable à regarder. Le masque de soudeur, les muscles contractés et en sueur, peintes de juste ce qu'il faut des rejets de métal noirs : Ann est à peu près sûre que des bébés ont été conçus et des films pornos inspirés par ce genre de cinématographie. Mais en ce qui la concerne et au vu de son comportement, il a joué à touche pipi avec une camarade de classe au collège, affaire classée sans suite, jusqu'à preuve du contraire.

Et comme si ça ne suffisait pas à refroidir ses ardeurs. Quand au moment de partir, d'un geste machinal, Ann tend la main vers une étagère pour récupérer ses bijoux, une seule bague en l'occurrence, qu'elle porte chaque fois qu'elle en a le loisir, c'est la surface parfaitement lisse du bois vide qui répond à la pulpe de ses doigts.
...
Non.
Sérieusement ?
Elle l'interpelle. Pas de réponse. Le masque rend aveugle et la soudure rend sourd, il faut croire. Ann fait un deuxième essai, avec plus de vigueur et l'agacement qui grimpe a vue d'oeil, secoue sa main devant l'oeuvre de monsieur pour le sortir de sa torpeur.

" Oh ?! " Il s'aperçoit enfin de sa présence. Retire ses atours pour lui jeter un regard étonné, d'un assurance autrefois séduisante, désormais bonne à lui donner des envies de meurtre supplémentaires. " Ca aurait été plus malin d'attendre que je parte, non ? " Regard étonné, on frôle le papillonnement de sourcils incompréhensif. Bientôt il va lui dire que tout à coup il ne comprend plus l'anglais. Moi pauvre français sans éducation, moi pas savoir, quoi vous dire ?
" Il y avait une bague sur cette étagère. " Non, toujours pas ? Elle doit lui reconnaître une chose, il joue l'effarement avec un talent de cérémonie d'oscars. " Arrêtez. " un sourire acide s'échappe de ses lèvres,
sur cette ponctuation abasourdie, déjà fatiguée de ce petit jeu. " Ne me prenez pas pour un lapin de trois semaines. L'intelligence a été assez insultée pour aujourd'hui. "

Mais non. Toujours pas. Ann se contient, de toutes ses forces. Elle n'a pas l'énergie de jouer à ça, frôle la rupture nerveuse depuis déjà plus longtemps qu'un cerveau humain ne peut le supporter. Si elle lâche la barre maintenant, elle est incapable de prédire jusqu'où elle pourrait aller, tant ses nerfs ne tiennent plus qu'à un fil sur le point de céder.

" Ecoutez. elle soupire, dans un effort qu'il ne mesure sans doute pas. " Je suis beaucoup trop fatiguée pour faire un scandale. Mais je tiens à cette bague. Alors vous me la rendez, vous dites aux autres que vous avez une urgence, vous partez, et j'oublie ce qui vient de se passer. "

Et je m'estime extrêmement généreuse de te proposer ça, alors si j'étais toi je saisirais cette opportunité pour m'en sortir dignement.
Parce que La générosité, après coup, ça se paye très cher.
Et je te soupçonne de sous-estimer de quoi je suis capable juste parce que j'ai une paire de seins.
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Max V. Korolenko
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MessageSujet: Re: Soon or later God's gonna cut you down [Max]   Jeu 15 Juin - 15:27

" Oh ?! " Ha ? Enfin, elle vient me remercier. Tout de même, je suis celui qui lui fait économiser suffisamment d'argent pour l'une de ces choses que les femmes aiment acheter. Elles vous diront des bijoux et du parfum. Je préférerais des menottes et des godes. D'ailleurs elle en aurait bien besoin, la petite dame. C'est qu'elle a l'air assez frustrée en fait. Comme elle ne m'a pas envoyé le script de la scène torride que j'aimerais beaucoup tourner, j'avoue que je suis un peu perdu. Je me dis que ça doit être l'effet recherché. Un homme timide et maladroit qui soudainement retire ces vêtements pour se transformer en bête torride assoiffée de sexe. De ce fait je lui facilite la tâche et retire mes atouts (j'ai toujours dit comme ça, c'est plutôt classe). Pas les principale comme mes abdos, mes fesses ou mes pieds (je vous jure, mes pieds sont magnifiques) mais plutôt le casque et les gants. De toute façon le décor est posé : garage, dispute, chaleur, transpiration… A vos mouchoirs, messieurs. Mesdames aussi, ne faites pas les mijaurées. " Il y avait une bague sur cette étagère. " Ha ? Apparemment mes fantasmes ne sont que des fantasmes justement. Non c'est vrai, je suis juste un voleur. Ceci dit, en tapant bien, ça doit bien se trouver aussi ce genre de scène : le voleur et la volée, acte 1. Excitation garantie.

Il y a de ça quelques mois je vous aurais dit ok, j'avoue, je vous la rends la bague. Et encore, très franchement j'ai une tête à m'emmerder à revendre des bijoux ? Non j'étais plutôt du genre à voler l'argent directement ou la nourriture. Je n'ai pas que ça à faire non plus, je suis un éternel enfant impatient et je veux tout, tout de suite. Et les bagues, c'pas trop mon truc. Deux choses surprenantes. D'abord, c'est forcément moi. Genre vu la tête, elle en est persuadée au plus intime d'elle-même et c'est peu dire. Donc, un des Robert lui a parlé de moi. Celui-là se prendra une droite. Ensuite, ce n'est pas moi."Ne me prenez pas pour un lapin de trois semaines. L'intelligence a été assez insultée pour aujourd'hui." J'explose de rire parce que c'est ce que je fais quand les situations deviennent étranges et presque intimidantes. Malheureusement, c'est vrai que ça a plutôt tendance à agacer l'entourage vivant les mêmes oppressions du moment. Bordel de cul, que ce monde est mal foutu. On devrait tous rire de tout.

Mais j'y suis ! Lueur d'intelligence dans mon regard, attention : je pense avoir la réponse à LA question ultime de ma vie. Celle que les femmes posent toujours après le matin, quand je m'en vais discrètement. Pourquoi suis-je devenu un salaud ? Devenir oui, car on part rarement du principe que les enfants sont des petits cons du plus profond de leur âme. Et pourtant je vous le dis moi, rien n'est plus méchant qu'un enfant. Sérieusement, ils ne connaissent pas le bien et le mal. Comme les psychopathes, ils tuent mais c'est pas si terrible. Ils ne s'en rendent pas vraiment compte. Enfin bref, je m'égare ! Revenons à nos moutons. C'est une putain d'évidence en fait, j'ai simplement le profil de l'emploi. C'est vrai quoi, je suis le coupable idéal. La carrure et la gueule de charmant connard, comment ne pas jouer ? J'ai toujours aimé jouer. Je vois qu'elle s'énerve de mon immaturité et je la comprends un peu. Ceci dit, j'ai sincèrement besoin de ce boulot pour garder mon appartement et la colocataire qui va avec dont on finira tôt ou tard par vendre le lit faute d'en avoir besoin. Et puis merde quoi, il y aurait 10000 raisons valables de me virer, je ne vais quand même pas partir sur une putain de coïncidence de malentendu ou m'affubler d'une erreur qui n'est pas la mienne. J'assume ce que je fais, je ne vais pas non plus assumer ce que je fais pas.

" Je suis beaucoup trop fatiguée pour faire un scandale. Mais je tiens à cette bague. Alors vous me la rendez, vous dites aux autres que vous avez une urgence, vous partez, et j'oublie ce qui vient de se passer. "

Si elle voulait me voir énervé parce que ça l'excite, elle aurait pu prétexter le fait que je n'aurais pas dû aller dans la salle de bain ou que sais-je, les femmes sont assez douées pour trouver les détails qui les énervent. Apparemment pas elle. Non, non, il faut que ce soit une histoire tordue de vol. Un truc illégal évidemment. Et dans lequel il est difficile de me croire innocent. Je sais bien, je m'auto-crois difficilement dans cette histoire. Mais je ne suis pas fou, si ? Genre je le saurais si j'avais pris sa bague, je me serais déjà barré. Supposons que je sois son voleur, elle m'insulte aussi d'idiot. Quand on vole on ne reste pas sur place hein, c'est un conseil. Et j'ai de l'expérience, écoutez-moi.

- A vous de m'écouter. Je n'ai pas pris votre bague.

C'est simple et translucide. D'abord, parce que je suis assez mauvais en anglais et ensuite parce que je vois bien qu'elle est énervée. Après on sait tous que pour nous, les hommes, rien de plus excitant qu'une femme en colère. Mais comme je doute difficilement d'une réconciliation dans une intimité paradisiaque, je vais tout de même essayer de la calmer. Je lui souris honnêtement, comme les enfants. Avec mes yeux de merlan frit qui est d'ailleurs un poisson mort donc c'est assez horrible comme expression. Evidemment, elle ne se contentera jamais d'une simple phrase alors je lui tends mes gants qu'elle puisse fouiller ma sueur si cela l'enchante. Je vais chercher ma caisse à outil me disant que je vais la vider devant elle, même si c'est très frustrant car il va falloir ranger en fait. Et là c'est le drame. Quand je m'apprête à poser la caisse sous ses yeux en me doutant qu'elle a compris, un petit bijou brille sous un marteau. Rouge. Le marteau. Le bijou c'est une bague.

Je reste impassible tellement les émotions se bousculent. Puis je regarde dans les quatre coins du garage pensant à une caméra cachée. Je ne sais pas si elle a vu la bague et sincèrement je ne le pense pas. Plusieurs solutions. Je m'accuse du vol comme elle dit et je m'en vais de ce chantier. Mais bordel de cul, je l'ai vraiment pas volée. Deuxième option, quelqu'un a voulu m'affubler du vol en mettant la bague dans ma caisse. Robert 1, Robert 2 ou Robert 3 ? Franchement j'ai du mal à y croire. Quatrième option, je lui tends la bague je m'excuse profondément et l'a persuade de mon innocence par je ne sais quel moyen. Cinquième option, je suis fou (d'ailleurs, c'est la quatrième option car il n'y a pas de troisième, complétement oublié : preuve de folie). Non c'est vrai, depuis que je suis arrivé dans cette ville je n'ai pas eu besoin de voler. Comme c'est quelque chose que je fais depuis un moment, peut être que je ne m'en suis même pas rendu compte, que ça y est, je le suis pour toujours que ça ne me quittera jamais comme la cigarette. Non mais sérieux c'est pas drôle, c'est horrible. C'est d'ailleurs pour ça que je rigole un peu. Enfin, dernière option probable : j'ai rangé mes affaires en vitesse et la bague est tombée car c'est le genre de chose complétement folle et improbable qui pourrait m'arriver. Même incroyable, dans le sens français : on ne peut pas y croire. Pas dans le sens super méga génial, mais vous aurez compris. Finalement, je lui tends sa bague parce que de toute façon j'allais pas la garder et je suis planté dans mes rêveries depuis un petit moment à transpirer dont elle doit se poser des questions.

- Je suis sérieux et c'est assez rare. Je ne l'ai pas volée. J'ai volé des choses, mais pas cette bague.

J'attends. J'attends qu'elle s'énerve et que je puisse trouver la faille qui me rendrait mon innocence. Je ne me cherche pas d'excuse parce que j'en ai pas besoin déjà et je suis sûr que ça l'énerverait davantage. Seulement il faut bien que je me défende, histoire que son idée de scandale tout ça tout ça ne gagne pas trop de terrain. Donc en attendant de trouver la corde sensible, je fais au mieux. J'auto-défends le diable.

- Je suis un joueur vous l'avez remarqué. Quand on joue on accepte de perdre et j'ai déjà volé c'est vrai, je me suis fais prendre et j'ai toujours trouvé ça amusant et j'ai toujours avoué.

Je lui laisse le temps entre chacun de mes arguments de m'insulter un peu, de faire ce qui lui chante, histoire de faire comme si la parole était repartie. Comme les débats politiques où ils se gueulent dessus, vous situez l'idée à peu près.

- Elle était sur le meuble de la cuisine où j'ai posé mes affaires en analysant les canalisation ? Je pense qu'elle est tombée, sincèrement.

Je garde mon regard sincère. Le vrai de vrai. D'ailleurs en toute honnêteté je le pense assez convaincant pour qu'elle puisse prendre en compte ce que je dis si elle a une lueur d'intelligence. En fait, je compte plus sur la sincérité de mon regard sérieux que me propres paroles pour me sauver au début de chaque répartie. Je ne souris plus particulièrement parce que mes rires lui mettaient vraiment les nerfs et je comprends. Puis j'ai vraiment besoin de ce job.

- Très honnêtement, si je l'avais volé je serais ici ? J'ai l'air comme ça, mais je ne suis pas si bête que ça. En plein jour, sur mon lieu de travail, travail dont j'ai besoin pour justement arrêter de voler, je prendrais votre bague ? Et je vous la rendrais comme ça, sans l'avoir cachée ? Ok, c'est super, je fais un parfait coupable, mais un peu trop parfait justement non ? Vous devez savoir qu'il ne faut pas se fier aux apparences.

Bingo. Il est là le truc. Elle est jolie, elle le sait et tout le monde le sait ! C'est que ça doit être chiant au bout d'un moment de croire que c'est la seule raison qui fait ce que l'on est. On est beau et puis rien d'autre. Je vais lui faire comprendre, qu'elle n'est pas que ça.
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