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 this is what makes us girls - naïa&daisy

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Daisy Green
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DATE D'INSCRIPTION : 17/05/2017
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MessageSujet: this is what makes us girls - naïa&daisy    Lun 12 Juin - 18:52



Daisy en a plus que marre. Qu’est-ce que c’est que cette journée atroce dont elle a hérité durant les dix dernières heures ? Elle s’acharne sur le cadenas de son casier qui, pour une raison obscure, lui donne du fil à retordre pour être retiré. La brune souffle longuement et avec des gestes calmes et patients, finit par le retirer facilement.
Tout a été de travers aujourd’hui. Ca a commencé par ses pancakes qui ont tout simplement brûlé, parce que mademoiselle était en train de rêvasser sur un site internet de vêtements : les soldes approchant à grands pas, DeeDee commence le repérage pour que son panier soit prêt le jour J ! Et elle était tellement concentrée dans ce qu’elle faisait qu’elle n’a pas fait attention à son petit déjeuner sur le feu. Ce n’est que lorsqu’elle a senti l’odeur de pâte brûlée, devenue trop envahissante, qu’elle a réagi, mais bien trop tard. Par souci d’éviter de faire du gaspillage, elle n’avait fait de la pâte que pour une fournée. Si bien, qu’elle s’était retrouvée sans rien une fois que les quelques pancakes qui lui étaient réservés, étaient à présent immangeables. A moitié affamée par la simple pomme ingurgitée en quatrième vitesse, elle est arrivée presque en retard au travail. Soucieuse d’être réellement en retard, elle a regagné son service en préférant les escaliers aux ascenseurs déjà bondés de bon matin. Finalement, elle est arrivée avec cinq petites minutes d’avance, juste le temps de croiser l’équipe de nuit, qui attendait impatiemment d’en avoir fini avec son travail. L’infirmière a retrouvé ses collègues, mais très rapidement elle s’est aperçue qu’il en manquait une à l’appel. Soulignant ce fait, les autres filles lui ont résumé la situation : Suzie garde ses deux enfants, malades au point de ne pas pouvoir se passer de la présence maternelle. Il allait falloir faire sans elle, et ce n’était pas une véritable réjouissance, bien au contraire. C’était comme retirer un bras à l’équipe, qui se retrouvait amputée dans ses moyens pour la journée à venir.
Elles se sont réparties les différentes tâches à effectuer, avec la surcharge de travail laissée par Suzie. Daisy était bien partie pour contrer sa malchance du matin, mais… Ca n’allait pas s’arranger.
Elle a dû essuyer la mauvaise humeur de plusieurs patients : elle était trop longue à venir, pas assez à l’écoute, et puis ses questions étaient trop nombreuses. Et surtout, surtout, elle ne savait pas comme ils avaient mal et comme c’était dur pour eux d’être ici. Parce que bien sûr, pour elle, c’était une partie de plaisir. Elle a rêvé, secrètement, de leur coller une petite dose supplémentaire de calmant, histoire de les faire dormir et d’avoir la paix. Mais c’est évidemment interdit. Alors, ce sont ses épaules, et sa tête dure, qui ont tout pris. Et avec le sourire, s’il vous plaît. La pause déjeuner lui a donné un court répit dans ses aventures malheureuses du jour. Elle en a profité pour voir quelques collègues qu’elle apprécie, et qui ne sont pas dans son service. Comme Sam, ou Lizzie. Elle a même eu le temps d’apercevoir le docteur McCarthy, alors que ce dernier arpentait les couloirs en compagnie d’une interne. Depuis le temps qu’elle se dit qu’elle doit se lancer pour lui parler de ses projets, et savoir si elle peut compter sur son soutien. Argh. Ce ne sera pas aujourd’hui, elle ne le sent pas. Si Daisy réussit la plupart du temps à rester positive, elle reste humaine : face au sort qui s’acharne et qui s’emploie de toutes ses forces à lui faire passer une sale journée, elle ne va pas tendre la joue pour prendre un coup de plus. Elle se jure intérieurement qu’elle finira par aller lui parler, bientôt. Des promesses, DeeDee s’en fait tout un tas. Et en parlant de promesses… Après avoir subi le courroux d’un médecin qui a l’habitude de prendre de haut tout le personnel dit « inférieur », Daisy irait bien chercher le coucher de soleil que le patient de la 322 lui a promis lors des mauvais jours. Elle regarde l’heure affichée sur sa montre, et après une petite seconde d’hésitation, fait demi-tour pour aller écouter une anecdote ou juste se ressourcer auprès du sourire du pompier. Parce qu’il en a à revendre des sourires. Sauf qu’au moment où elle a une vue sur la chambre, c’est une grande blonde, élégante, maquillée à la perfection, coiffée comme si elle allait tourner le dernier film hollywoodien, qui en sort. Ca la stoppe nette dans son élan. Et quand elle voit une alliance à sa main gauche, elle n’a pas beaucoup de doutes sur la personne qui vient de sortir de la chambre. La fameuse madame Brady. Elle se sent encore plus misérable dans sa tenue informe, mal coiffée, pas maquillée parce que pas le temps, en ce jour pourri, sans coucher de soleil. Ca, c’est la petite goutte de trop. Alors elle rebrousse chemin, et elle accepte son sort. Mais, jusqu’à une certaine limite : la fin de sa journée.
Celle-ci finit par arriver, enfin. DeeDee ne traîne pas, elle prend une petite douche rapide, enfile des vêtements propres, use de son rouge à lèvres caché au fond de son sac à main, et s’offre une deuxième chance pour sauver la journée en écrivant à Naïa. Elle espère fortement que cette dernière sera prête à lui accorder quelques heures : pour se plaindre un petit peu, et pour l’aider à faire tourner la roue. Elle n’attend pas longtemps avant de recevoir une réponse positive de son amie. Rendez-vous au bar habituel. Quel soulagement, une fin de journée qui ne s’annonce pas catastrophique.

Après s’être débattue dans la circulation au volant de sa voiture, la jolie brune arrive enfin à Venice Beach, où se trouve l’Underground. Elle rêve de son mojito depuis une bonne demi-heure à présent ! Alors, c’est d’un pas décidé qu’elle se dirige vers la terrasse après avoir salué les barmen, qui la reconnaissent, à force. En un clin d’œil elle repère la jolie tête de son amie, déjà installée à une table à l’ombre, pleine vue sur l’océan. Elle pose une main sur l’épaule de Naïa, et dépose une bise sur sa joue, avant de presque courir s’affaler sur la chaise libre et de pousser un long soupir de soulagement. « Comment était ta journée ? La mienne, atroce ! Alors… » Et elle lève aussitôt le bras pour faire signe à Ryan qui passe à proximité. « Salut ! Deux mojitos, comme d’hab’ ! » annonce-t-elle, tout sourire à l’idée du moment de détente qu’elle touche du bout des doigts. « Il faut bannir les jeudis. Surtout ce jeudi. Les gens sont infects, ma bouffe était infecte. Heureusement que t’es là, toi ! T’es le rayon de soleil de ma journée ! » plaisante-t-elle. A défaut d’avoir eu le coucher de soleil de Brady, elle a le visage rayonnant de la jeune femme qui se tient en face d’elle. « Merci d’avoir pu te libérer, tu n’imagines pas comme je suis contente de te voir. J’aime beaucoup ta coiffure ! » confie la brune en scrutant la jolie tresse de Naïa.
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: this is what makes us girls - naïa&daisy    Ven 30 Juin - 12:45

Je me traîne tant bien que mal pour m’extirper de mon lit. Je râle d’une voix si peu féminine que je me reconnais à peine. Tout mon corps est rompu de douleur à cause de l’entraîneur de psychopathe que me fait suivre Gabriel Goldstein. Etant donné que je vais incarner sa Satine dans la comédie musicale du Moulin Rouge, il s’est mis en tête de me faire faire du sport pour augmenter mon endurance. Soit, ce n’était en rien une mauvaise idée. C’était même nécessaire. Après tout, j’allais passer mon temps à danser sur scène tout en chantant. Je me devais de tenir le rythme des représentations et des tournées, sinon, j’allais faire une crise cardiaque avant la fin. Mon cœur était jeune, mais fragile ! Toutefois, en commençant les entraînements, je ne m’attendais pas à ce que le producteur de cette comédie musicale devienne un gros-psychopathe-sadique. Tous les jours, j’avais droit à mes tours de terrain quotidiens. Au départ, je m’étais enchantée du fait qu’il coure à mes côtés, mais j’avais bien vite révisé mon jugement. Monsieur ne ralentissait pas l’allure pour moi, ou bien, il ne le faisait pas suffisamment. Il est clair que nous n’avons même la même longueur de jambes et je dois accélérer deux fois plus pour rester à sa hauteur, sinon, il se permet de rouspéter. Si j’avais su qu’obtenir le rôle principal dans une comédie musicale à gros budget relèverait de la torture quotidienne, je n’aurai peut-être pas tenté le coup. Ou alors, j’aurai pris des cours de fitness et je n’aurai pas terminé deux pots de Ben&Cherries en l’espace d’un mois. Parce qu’après la course, je dois subir les pompes, les poids, les abdominaux, et j’en passe. Quelquefois, j’ai la sensation d’être dans une télé-réalité où mon coach, c’est Gordon Ramsey. Plus il me dira des trucs méchants, plus ça fera d’audience. Eh bien là, c’est exactement pareil. Cet homme s’amuse à me soumettre à une torture morale quotidienne. De plus, il ne mâche pas ses mots pour me dire que je suis une incapable, qu’à ce rythme-là je n’arriverai à rien et que mes joues étaient bien trop gonflées. En somme, je me fais traiter d’obèse tous les jours alors que je me fais emporter par le moindre coup de vent. Heureusement, quand j’arrive à la partie excitante de ma journée où je peux m’adonner au chant, je reçois les compliments que je mérite. Au fil du temps, on parvient à mieux converser concernant les arrangements qu’il fait. De ce côté-là, je suis aux anges et j’en oublie mes tracas du moment. De plus, Jahia me soutient dans mon épreuve. Comme toujours. Je redoublais surtout d’efforts pour montrer que j’étais la véritable Satine. Et je ne laisserai personne prendre ma place.

C’est donc pétrie de courbatures que je m’extirpe difficilement de mon lit pour gagner la salle de bain. Aujourd’hui, exceptionnellement, je n’ai pas de répétitions au Conservatoire. Je crois que je n’aurai jamais pu être aussi heureuse d’une telle nouvelle. Apparemment, Goldstein avait été appelé pour une affaire urgente et il m’avait permis de souffler l’espace d’une journée. Cette nouvelle avait eu pour don de me faire croire aux miracles. Pas de course. Pas de pompes. Pas d’abdos. Mon petit corps endolori allait pouvoir vivre un pur instant de sérénité.
Je me traîne péniblement jusqu’à la salle de bain, comme un hébreu qui trouverait la terre promise. J’ai terriblement envie d’un bain, si bien que je pourrai tuer le premier qui se met sur ma route. Ma main se jette sur la poignée de la porte, mais le loquet ne s’actionne pas. Diantre ! Je reproduis une deuxième l’expérience avant d’abattre violement mon poing sur la porte. « Qui est là ?! » La voix de mon frère me répond. Bon sang, Konan… je lève les yeux au ciel, allant complètement m’avachir contre le battant de la porte. « Konaaan, ouvre. Il faut que je prenne un baiiiin ! Mon corps le réclame ! » - « Oui oui, deux secondes. Je termine de me préparer. Tu sais, y’a cette nana super canon au taff. J’peux pas me permettre d’être mal foutu ! » Un grognement s’échappe de ma gorge. Que sont devenus les hommes aujourd’hui ? Désormais, ils passent plus de temps dans la salle de bain que les filles. Et pour faire quoi ? Je vous le demande ! Ils ne se maquillent même pas. Mais il faut croire que plastronner ses cheveux de gel est un exercice bien plus complexe qu’il n’y paraît. Conclusion, la salle de bain ne serait pas à moi avant un bon moment. Le corps trop douloureux pour tenter d’aller prendre mon petit-déjeuner en bas, je me laisse tomber le long du mur à côté de la salle de bain et j’attends comme une gueuse. Les minutes s’étalent où Konan me sert tout son répertoire musical du moment. Les chansons de la radio quoi. Je soupire, songeant à ce beau merveilleux qui m’attend. Une bonne demi-heure plus tard, la porte s’ouvre enfin. « Bah qu’est-ce que tu fous là ? » Je relève un regard sauvage vers lui. Du moins, je tente. Avec ma tête de bisounours, je n’ai jamais beaucoup de poids, surtout avec mon jumeau. « J’attends ! » D’autant plus que j’ai fait un effort. Je ne me suis levée la dernière de la petite fratrie oui, c’est un effort afin que personne ne se bouscule à la salle de bain. Sam s’est levée en première pour préparer sa petite fille et l’emmener à la crèche. Jahia a suivi peu de temps après. Désormais, c’est au tour de Konan. Et le grand prince prend toutes ses aises. « Ah… eh bien, c’est libre. Je dois y aller, j’suis en retard. » En même temps, si tu ne passais pas trois plombes dans la salle de bain ! Je me redresse difficilement. Il dépose un baiser sur mon front avant de prendre la poudre d’escampette. Juste avant que la porte ne claque, j’entends son cri. « Au fait, y’a plus d’eau chaude ! » - « Konaaaan !!! » Je hurle comme une furie, mais le gredin a mis les voiles. Je suis deux doigts de m’effondrer en pleurs, mais je pense brusquement qu’il a des choses plus dures dans la vie. Après tout, hier, ma nièce a fait tomber sa glace par terre et elle ne s’est toujours remise de ce chagrin. Je dis donc adieu à mon bain, serrant les dents pour prendre cette fameuse douche froide. Je chante à tue-tête pour oublier que je suis frigorifiée. L’eau glacée a au moins pour bénéfice de me faire me laver en quatrième vitesse en faisant fi de la douleur qui envahissait mes membres.

Heureusement, le reste de la journée a été légèrement plus réjouissant que le début. Une fois totalement prête, j’étais ragaillardie. Seule à la maison, je n’ai eu aucun problème pour m’entraîner au chant, suivant scrupuleusement les notes que Goldstein avait gribouillées sur les partitions. Et l’après-midi, pour mon plaisir personnel, je m’étais mise au piano. Depuis le début de mes répétitions pour le spectacle, mes cours au Conservatoire étaient passés plus ou moins à la trappe. Notamment le piano. C’était un véritable plaisir de pouvoir en jouer de nouveau. J’étais toute à l’interprétation de ma partition quand mon portable se mit à sonner. Je fronce les sourcils avant de le consulter et de réaliser qu’il s’agissait de mon alarme. En gros sur l’écran s’affichait le prénom de Daisy. « Saint Antoine ! » je m’écrie soudain en quittant mes touches noires et blanches. J’avais rendez-vous avec elle ce soir et je ne comptais pas lui poser un lapin. Je me mis à courir dans tous les sens pour récupérer une veste, mon sac et mes clefs de voiture. Je me jette à mon volant, le pied sur l’accélérateur jusqu’à me trouver au bar où nous nous étions données rendez-vous. Pour cette fois, je peux être soulagée de me rendre à l’Underground sans avoir besoin de jouer les serveuses. D’ailleurs, quand j’avise ma collègue Bucky, je vais lui faire un gros câlin avant de la laisser reprendre son service. Je vais m’installer à une table, satisfaite de voir que je ne suis pas la dernière. De toute manière, Daisy avait bien précisé qu’elle ne serait pas avance. Que cela ne tienne, ça changerait pour une fois ! J’attends à peine depuis un quart d’heure que la voilà qui arrive. Un large sourire s’affiche sur mes lèvres tandis qu’elle vient déposer un baiser sur ma joue. « Coucou Daisy ! Je vais super bien ! Une journée de repos, il n’y a que ça de vrai. » Surtout avec l’entraînement qui est le mien en ce moment ! Elle vient s’asseoir en face de moi et commence à râler de sa journée. « Oh mince, qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? » Apparemment, des gens infects, ainsi que la bouffe. Un sourire s’étale sur mes lèvres quand elle m’annonce comme son rayon de soleil. Sa remarque fait s’envoler tous les soucis du moment. « Oooh merci ! J’ai failli ne jamais la faire, dis-toi. Konan a monopolisé la salle de bain durant des heuuures ! Les hommes, ce n’est plus ce que c’était. » je ris en me moquant de mon jumeau. Je triture ma tresse. « J’ai vu un tuto sur internet. Je t’apprendrai si tu veux ! Mais si tu as passé une journée affreuse, ne t’en fais pas, tu restes sublime ! » J’étais sincère. De toute manière, je l’étais toujours. Je ne cherchais pas à gagner l’affection des gens. « Eh oui, j’ai eu une bonne journée de libre. Goldstein était occupé à je-ne-sais-pas-quoi et j’ai pu profiter d’un jour sans entraînement de la mort. Même si j’ai chanté dans mon coin. Je ne voudrais pas me faire taper sur les doigts. » je dis avec un rire en coin. Les mojitos arrivent devant nos frimousses. Je remercie Bucky avant de lever mon verre. « A cette journée de merde ! » j’ironise en entrechoquant mon verre avec le sien. « Maintenant, raconte-moi tout ! Qu’est-ce qui s’est passé dans ta journée pour qu’elle devienne si atroce ? Tu es ici au bureau des plaintes. Tu as le droit de déballer tout ce que tu as sur le cœur ! »
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: this is what makes us girls - naïa&daisy    Dim 16 Juil - 15:50



Le mojito est grandement attendu. Daisy sait très bien que siroter son cocktail ne résoudra pas les problèmes importants, mais pour oublier les tracas de sa journée, elle estime que cela sera suffisant. En plus de ça, son amie Naïa fait part de sa présence en cette fin de journée. Il n’y a plus aucune excuse pour que celle-ci se termine sur une fausse note. Et puis, ce bar est en endroit où il fait bon vivre et où les gens sont sympas. La brune n’y a fait que de bonnes rencontres : pas forcément concluantes, certes, mais toujours intéressantes ou du moins, pas dérangeantes. Et leurs mojitos sont excellents, et ça, c’est un point essentiel.
Alors lorsque la jeune infirmière s’installe à une table très bien exposée, elle arrive enfin à soupirer enfin, et à savourer le moment qui s’annonce. Elle en a besoin. « Coucou Daisy ! Je vais super bien ! Une journée de repos, il n’y a que ça de vrai. » Daisy esquisse un sourire, comprenant parfaitement de ce que la jeune femme veut parler. Du repos, un lit, de la farniente, des bains de soleil, de la lecture… Bref, de quoi occuper décemment une journée, vouée à ne rien faire de productif. Ca, elle adore. « La mienne est demain ! J’ai hâte !» s’exclame-t-elle, sentant presque ses yeux pétiller rien qu’à l’idée de la grasse matinée à venir. Avec les journées à plus de dix heures de travail, et les gardes qu’elle s’obstine à enchaîner pour pouvoir mettre quelques économies de côté, elle ne fait jamais la grimace devant une journée de repos. Celle-ci sera sûrement plus appréciée que la moyenne, d’ailleurs. Puis, elle lui avoue que sa journée a été horrible, pour plusieurs raisons. « Oh mince, qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? » Elle soulève une de ses mains en l’air, l’air de dire « laisse tomber, trop de trucs » et son amie enchaîne rapidement : « Oooh merci ! J’ai failli ne jamais la faire, dis-toi. Konan a monopolisé la salle de bain durant des heuuures ! Les hommes, ce n’est plus ce que c’était. » DeeDee se joint au rire de Naïa, qui parle de son frère jumeau. La famille Argent est une grande famille, et il est le seul garçon parmi toutes ces filles. A force de les voir se pomponner ça lui a sûrement donné quelques idées. Ce n’était pas pareil pour Daisy, elle était la cadette, et ses deux aînés étaient des garçons qui l’avaient traitée tantôt comme leur égal, tantôt comme cette petite chose fragile qu’il fallait protéger contre tout, coûte que coûte. Ca avait principalement commencé lorsque la puberté l’avait atteinte et avait commencé à la transformer en jeune femme. Les deux grands frères s’étaient affairés à éloigner les garçons qui tournaient autour d’elle comme des vautours. Daisy n’y avait vu que du feu, et voyant ses amies enchaîner les amourettes, et elle, ne trouvant pas une seule petite histoire niaise, elle avait commencé à avoir une mauvaise estime d’elle. Heureusement, une fois au lycée, ses frères étaient loin, à l’université, et sans leur barrière protectrice, elle avait enfin pu connaître ses premiers chagrins d’amour. Alors, oui, des frères qui ne lui laissent pas la place dans la salle de bains, ça, elle ne connaissait pas. « J’ai vu un tuto sur internet. Je t’apprendrai si tu veux ! Mais si tu as passé une journée affreuse, ne t’en fais pas, tu restes sublime ! » Elle hausse les épaules, pleine de gratitude quant au compliment offert par son amie et ne peut retenir un sourire. Ca fait du bien de se faire complimenter après une journée pareille. Quelle perle, cette Naïa ! « Oui, mais il va te falloir de la patience, je suis assez nulle en terme de coiffure ! Et merci, t’es trop chou ! » Il faut dire que Daisy ne prenait pas vraiment le temps de se coiffer joliment tous les jours. La plupart du temps, elle se contentait d’une queue de cheval toute simple ou d’un chignon. Si bien que lorsqu’il était question de sortir avec des amies, se faire toute belle, elle se retrouvait rapidement perdue avec ses longueurs à tresser, boucler, coiffer. Et il n’était pas rare qu’elle appelle Naïa au secours, pour qu’elle lui vienne en aide et la rende un peu plus présentable pour l’occasion. Son amie répond ensuite à sa question posée un peu plus tôt : « Eh oui, j’ai eu une bonne journée de libre. Goldstein était occupé à je-ne-sais-pas-quoi et j’ai pu profiter d’un jour sans entraînement de la mort. Même si j’ai chanté dans mon coin. Je ne voudrais pas me faire taper sur les doigts. » La chanteuse lui avait déjà parlé de ce Goldstein qui avait l’air hyper strict et casse-pieds. Pour le coup, elle ne l’envie pas du tout. Même si elle a son lot de chirurgiens prétentieux qui gravitent autour de son service. Au moins, ils ne sont pas toujours à lui donner des ordres. Mais leurs métiers respectifs sont difficilement comparables. « Ah, il t’a enfin lâché la grappe pour une toute petite journée ! J’espère que tu as apprécié ! Il te reste combien de temps d’entraînement avant de commencer tes représentations ? Il doit te coller une pression de folie ! » Daisy soupire rien que d’imaginer le type d’entraînement qu’elle devait subir, les reproches, les répétitions à n’en plus finir… Elle préfère largement se trouver au milieu de ses patients, même ceux qui sont exécrables et qui mériteraient d’être mis dans le noir pour toute une journée, histoire de les calmer ! Les mojitos sont déposés devant elles, elles remercient la serveuse, puis attrapent chacune leur cocktail entre leurs doigts. « A cette journée de merde ! » DeeDee trinque avec entrain et amusement, le toast porté par son amie ne pouvant être mieux choisi. Enfin, pour sa part. « Maintenant, raconte-moi tout ! Qu’est-ce qui s’est passé dans ta journée pour qu’elle devienne si atroce ? Tu es ici au bureau des plaintes. Tu as le droit de déballer tout ce que tu as sur le cœur ! » Elle boit une petite gorgée avant de se lancer dans son récit. Le verre posé devant elle, elle se passe une main dans les cheveux en les rejetant en arrière, et s’enfonce au fond de sa chaise. « Alors, tu sais, j’aimerais suivre une formation pour pouvoir exercer en bloc opératoire. Avant de me lancer, je voudrais être sûre d’avoir l’appui de quelques chirurgiens. Bref, aujourd’hui, ils ont été exécrables. Ils ne nous prennent pas toujours au sérieux. Alors je doute. Je me demande si j’aurais bien ma place à leurs côtés... » finit-il par confier du bout des lèvres. Elle hésite un bref instant, puis se lance sur un autre sujet. « Et puis il y a ce patient. Beau comme un prince, gentil, drôle.. Bref, le mec idéal. » Elle hausse les épaules, avant de reprendre : « Il est marié, évidemment. Mais aujourd’hui, à la fin de cette journée moisie, je croise sa femme qui n’est autre que le mannequin Ellis machin, avec le nom italien là. La nana, c’est une bombe, même en vrai comme ça. Pas besoin de photoshop. » Elle reprend le verre dans sa main et sirote à nouveau son cocktail. « Bref, ça m’a mis un coup au moral, j’étais dans ma tenue moche d’infirmière, pas maquillée, coiffée n’importe comment, humiliée par les chirurgiens... C’était le pompom. » Elle en rit à moitié en y repensant. Comme elle s’est sentie ridicule et toute petite à côté de la femme du pompier. « Ah oui, et j’ai oublié le moment marrant de ma journée, atrocement gênant, mais marrant. J’ai un petit papy dans mon service ces derniers temps, il se remet d’une opération. Il fallait que je le redresse dans son lit, du coup je lui demande de bien vouloir passer ses bras dans mon dos et se tenir fort à moi. Le coquin, il a mis les mains plus bas ! Alors, je lui ai demandé de les remonter. Tu sais ce qu’il me dit ? « Désolée mademoiselle ! Mais c’est la chose la plus ferme que j’ai touchée depuis bien longtemps ! » Daisy finit de raconter ça, à moitié morte de rire, à moitié outrée par la réponse que lui avait fourni ce monsieur. « Je te jure, c’est vraiment pas de tout repos ce métier. »
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: this is what makes us girls - naïa&daisy    Dim 20 Aoû - 21:00

Il n’y avait rien de plus réconfortant qu’un petit verre en fin de journée. Bien que je ne pouvais pas me plaindre d’une journée harassante puisqu’il s’agissait d’un de mes jours de repos. Je n’avais pas eu à me lever pour affronter un Goldstein sadique qui aimait me faire faire des tours de terrain, des pompes et des abdominaux jusqu’à ce que je crie à la mort avant de m’envoyer au chant. Et je n’avais pas eu non plus à devoir servir des idiots au bar qui pensaient que les serveuses faisaient aussi les rencontres Meetic. Merci bien mais non ! Donc par pur bonheur, ce fut une journée tranquille pour moi où j’ai pu me reposer, prendre soin de moi malgré l’éternité que Konan avait pu passer dans la salle de bain. Je m’étais même octroyée du temps pour m’entraîner au piano et parfaire mes nouvelles partitions. Depuis le début de mes répétitions pour la comédie musicale, je n’avais pu plus suivre les cours de Monsieur Hamilton, au grand damne d’Héloïse qui appréciait nos retrouvailles hebdomadaires. Généralement, c’était Monsieur Goldstein qui s’en chargeait, s’étant engagé à me donner mes leçons à la place de mon professeur habituel. Toutefois, il souhaitait privilégier les répétitions pour la représentation plutôt que ma pratique du piano. Donc je ne jouais pas autant que je le voulais. Aujourd’hui avait été une merveilleuse occasion de m’exercer à nouveau. En soi, j’avais passé une merveilleuse journée qui se terminait divinement bien au bar en compagnie de mon amie Daisy. Cette dernière ne pouvait malheureusement pas en dire autant puisqu’elle avait passé une journée atroce. Déjà, je devais admettre qu’elle se montrait bien courageuse d’évoluer dans le médical. J’aimais venir en aide aux gens, mais je crois bien que je n’aurai pas la force nécessaire pour effectuer un tel travail. Je l’admirais pleinement, tout comme ceux qui travaillaient avec elle. Heureusement, elle pouvait souffler ce soir car demain était son jour de repos. Je ne pourrai pas en dire autant, mais je n’avais pas le droit de me plaindre. Je vivais de ma passion. Je lui racontais donc brièvement ma journée qui s’était articulée autour de mes répétitions au chant et de mon entraînement au piano. « Ouiii j’étais si heureuse de pouvoir passer une journée tranquille. C’est vrai que je suis heureuse de mener ces répétitions, mais Goldstein est éééépuisant ! C’est un véritable perfectionniste qui ne laisse rien au hasard. La première risque de ne pas avoir lieu avant plusieurs mois. Tout est encore à faire ! » Bien que l’ensemble des comédiens était déjà présent, que les décors étaient en train de se faire et que les scripts étaient presque finalisés. Il m’arrivait souvent de faire des répétitions avec mon partenaire Damien qui incarnerait le fameux Christian du Moulin Rouge.

Mais assez parlé de moi ! Dès que nous finissons de trinquer, j’en demandai plus à mon amie sur sa journée de l’enfer. Elle débute en parlant de ses aspirations et des chirurgiens qui écrasent ses rêves par leur manque de considération. Je ne connaissais pas grand-chose au monde médical, mais j’avais déjà entendu dire que les chirurgiens se prenaient pour des dieux. Pas étonnant que ma belle brune soit dédaignée. J’affichai une moue désapprobatrice. « Les gougnafiers ! Ne les laisse surtout pas te décourage, ma Deedee. Tu es tellement douée, tu mérites ta place. Je te confierai ma vie sans aucun souci ! » Une infirmière de bloc n’était certainement pas capable de me sauver la vie à elle toute seule, mais peu importe si ça pouvait lui donner du courage. Je continuai de l’écouter tout en sirotant mon verre. Ce fut à ce moment que les choses commencèrent à devenir intéressantes. Mon regard se mit à briller d’intérêt à l’évocation d’un beau patient dont elle s’occupait. « Ouuuh… raconte ! » Mais je perds bien vite mon enthousiasme quand elle annonce que le beau dieu était marié. A une mannequin visiblement. Je n’en connaissais pas des masses et son nom m’était inconnu, mais pas pour Daisy apparemment. « Oh mince… mais tu sais, s’il est marié à une mannequin, c’est peut-être qu’il est superficiel. Il doit cacher sa véritable nature sous ses côtés aimables. Franchement, tu ne loupes rien ma Deedee. Tu vaux carrément mieux que ça ! » Je l’encourage tout en reprenant une gorgée de mon verre. « Puis tu veux que je te dise ? Elle, elle est arrivée avec ses fesses bien moulées dans une robe, sa poitrine découverte, des cheveux revenus de chez le coiffeur et une tête qui est plus maquillée que les poupées Barbie. Alors que toi… regarde-toi ! Même dans ta tenue d’infirmière, pas maquillée et pas coiffée, tu es magnifique. La beauté, c’est naturel chez toi. Pas besoin de photoshop toi non plus. » Je suis emplie de conviction tandis que je lui dis ça. Hors de questions que mon amie puisse penser ça. Mais il restait encore le dernier coup de grâce avec un patient lubrique et vieux. Néanmoins, j’explose de rire à l’anecdote. « Je l’admets, tu as sacrément de courage. Bien qu’on a notre joli lot de pervers au bar. Sauf qu’eux, ils sont complètement bourrés la plupart du temps, c’est moins charmant. C’est Carl qui les vire constamment. » Eh oui, non content de bosser toute la semaine au conservatoire, je me tape la restauration le weekend pour me faire de l’argent. La vie d’artiste, quel calvaire ! « Heureusement qu’on s’est vue ce soir. Un bon cocktail, c’est ce qui te remettra d’aplomb, ma belle. » Ma main vint serrer un instant la sienne et je lui souris. Quand tout à coup, une idée germe dans mon esprit. Je me mets à rougir intensément. « Au fait… je ne t’ai pas dit ! Je crois que j’ai rencontré quelqu’un. » Et je me mets à rougir plus encore. Je me mets à songer à mon beau Caleb et ça me rend toute chose. « Un soir, je chantais dans un bar. J’avais fini et je voulais regagner les vestiaires puis j’ai percuté un gars et j’ai renversé son whisky. Comme dans les films ! J’étais trop mal ! Mais qu’est-ce qu’il était beau. Un grand brun, au regard doux… et son souriiire. » Je me retiens de ne pas laisser échapper un soupir énamouré. Je suis complètement transie par cet homme. « Alors il m’a invitée à boire un verre. Il s’appelle Caleb et il est professeur de sport dans des clubs. Du coup, il est super musclé. C’est super impressionnant ! » Je ne l’avais pas vraiment vu, mais dans ma maladresse, ma main s’était échouée sur son torse et j’avais pu en attester à travers le tissu. « Et je crois qu’il m’aime bien aussi… Il me dit que je suis belle et j’ai du talent. Il est même venu me voir directement sur mon lieu de travail le week-end dernier. Dire que je croyais qu’il m’avait oubliée ! Après mon service, on est allé se promener sur le bord de la mer. C’était tellement bien… » Là, je ne peux pas m’en empêcher. Un soupir tout tendre m’échappe. Je pose mes coudes sur la table et supporte ma tête comme une princesse qui rêve. « Je crois que je suis amoureuse, Deedee. Et cette fois, je n’ai pas peur. » Sans en connaître la véritable raison, Daisy avait toujours su que je n’étais pas à l’aise avec les garçons. Plusieurs me tournaient autour, mais je finissais toujours par tout faire capoter car j’étais pétrie de peur. Moi, je savais bien pourquoi sans oser me l’avouer. Depuis le lycée, je n’avais jamais eu véritablement de petit ami. Cette fois, les choses pourraient peut-être être différentes. Livrer mon secret à Jahia semblait m’avoir permis d’avancer un peu.
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: this is what makes us girls - naïa&daisy    Jeu 7 Sep - 19:45



Même si Daisy n’est pas du genre à finir par danser sur les tables avec plusieurs grammes d’alcool dans le sang chaque week-end, elle sait apprécier un petit verre. Et après une journée comme ça, c’est amplement mérité. Surtout quand le verre est partagé en bonne compagnie, comme aujourd’hui. « Ouiii j’étais si heureuse de pouvoir passer une journée tranquille. C’est vrai que je suis heureuse de mener ces répétitions, mais Goldstein est éééépuisant ! C’est un véritable perfectionniste qui ne laisse rien au hasard. La première risque de ne pas avoir lieu avant plusieurs mois. Tout est encore à faire ! » Daisy ne retient pas son soupir. Ca doit être épuisant de côtoyer quelqu’un comme ce Goldstein au travail. Quelqu’un qui a toujours quelque chose à redire, jamais satisfait… Ce doit être un brin décourageant et carrément pesant. En ce sens, Daisy se trouve chanceuse d’évoluer au sein d’un groupe d’infirmières très soudé : les filles et elle s’entendent à merveille. Cela serait beaucoup moins plaisant d’aller au travail, se coltiner la mauvaise humeur des patients, la mauvaise foi des familles et en plus une ambiance pesante. Au contraire, grâce à ses collègues, la brune arrivait facilement à retrouver le sourire, la plupart du temps. « Ohlala, ce doit être exténuant de travailler avec quelqu’un comme ça. Tu dois tellement avoir envie de le remballer quand tout te semble parfait et qu’il vient te dire que non. J’espère que vous arriverez quand même, un jour peut-être, à lancer une première ! » Cela fait déjà un petit moment que Daisy entend parler de ce type, et toujours rien de concret. Enfin si, un peu, mais pas une représentation, quoi. Et son amie travaille tous les jours d’arrache pied ! Il faudrait qu’elle finisse par être récompensée pour tous ses efforts.
En attendant, tout ce à quoi Naïa a droit, ce sont les plaintes de DeeDee. Son amie lui ayant donné le feu vert pour s’étendre sur ce qui ne va pas, elle ne se fait pas prier et balance tout. « Les gougnafiers ! Ne les laisse surtout pas te décourage, ma Deedee. Tu es tellement douée, tu mérites ta place. Je te confierai ma vie sans aucun souci ! » La brune ne peut retenir un rire. « C’est très gentil, ma Naïa, merci pour ton soutien sans faille ! » Ca avait toujours été ainsi entre les deux filles : un soutien mutuel au fil des années, quels que soient les troubles. Elle finit par évoquer Nate, et le dernier petit coup en douce du destin pour lui noircir davantage le tableau. La réponse de son amie est toujours aussi positive, et pleine de gentillesse à son égard. Daisy était sûre de pouvoir retrouver le sourire aux côtés de Naïa. Cette dernière a toujours été adorable, et en l’occurrence, aujourd’hui, elle arrive à faire remonter un peu l’estime que DeeDee a d’elle-même. Elle lui rappelle un peu les bases, et à quel point il est facile pour certaines de se pomponner et passer pour de véritables bombes sans être elles-mêmes, sans être aperçues au naturel. La jeune infirmière ne peut que lui donner raison et se sent revigorée. Elle imite son amie en saisissant son mojito frais entre ses mains pour commencer à faire descendre le niveau du cocktail dans le verre. Et tandis que Naïa reprend la parole, la complimentant davantage, Daisy continue de siroter sa boisson, jusqu’à ce que son sourire ne devienne trop grand, l’empêchant de se servir correctement de sa paille. « T’es un amour, toi ! Toujours les bons mots. Je suis arrivée abattue, je vais repartir en me sentant comme une déesse ! » dit-elle en souriant d’amusement.
Elle lui fait part d’un épisode trépidant de sa journée, où le contact avec des personnes âgées peut être assez déroutant ! Notamment avec ce vieux Eddy, prêt à tout pour profiter de toutes les bonnes choses qui passent à sa portée. Dont le postérieur de Daisy. Elle grimace de dégoût lorsque Naïa évoque les vieux types bourrés qui ne se sentent plus et prennent les serveuses du bar pour des morceaux de viande. « Ca me dégoûte, franchement ! Ils se croient tout permis. Un papy, à côté, c’est assez innocent ! » dit-elle en roulant des yeux, essayant de se trouver crédible. Elle ne peut qu’être d’accord avec l’affirmation suivante ! « Oh oui, noyons nos problèmes dans un mojito ! » dit-elle en riant, le regard pétillant, serrant la main qui vient rencontrer la sienne, dans un geste d’affection qui leur a toujours été propre. Puis, Daisy voit l’expression de son amie changer et ses joues prendre une délicieuse couleur rosée. « Au fait… je ne t’ai pas dit ! Je crois que j’ai rencontré quelqu’un. » La surprise peut se lire sur son visage et elle se redresse sur sa chaise, en s’approchant franchement de la table pour réduire l’espace entre elles deux. Le temps des confidences ! « Raconte-moi tout, je veux tout savoir ma Naïa ! » dit-elle avec une pointe d’excitation qui fait monter sa voix dans les aigus. Les histoires de cœur, ça a toujours fait vibrer Daisy. L’amour, dans toutes ses formes, elle adore. Et encore plus quand ça concerne ce petit bout de femme qui se tient devant elle, et qui ne lui a jamais vraiment parlé de ce genre de choses, depuis le lycée, à vrai dire. « Un soir, je chantais dans un bar. J’avais fini et je voulais regagner les vestiaires puis j’ai percuté un gars et j’ai renversé son whisky. Comme dans les films ! J’étais trop mal ! Mais qu’est-ce qu’il était beau. Un grand brun, au regard doux… et son souriiire. » Elle sourit de toutes ses dents, écoutant avec une attention toute particulière. La rencontre trop mignonne ! « Haaaan, il était pile sur ton chemin alors ! Pas de place pour le hasard ! Continue, continue ! » dit-elle en se forçant à se taire pour en apprendre plus. « Alors il m’a invitée à boire un verre. Il s’appelle Caleb et il est professeur de sport dans des clubs. Du coup, il est super musclé. C’est super impressionnant ! » Daisy hausse les sourcils d’un air suggestif, trouvant tout cela particulièrement intéressant. Il a l’air d’être plutôt pas mal d’après cette description. En tout cas, il a l’air de beaucoup plaire à Naïa, qui « Et je crois qu’il m’aime bien aussi… Il me dit que je suis belle et j’ai du talent. Il est même venu me voir directement sur mon lieu de travail le week-end dernier. Dire que je croyais qu’il m’avait oubliée ! Après mon service, on est allé se promener sur le bord de la mer. C’était tellement bien… » Entendre ces mots dans la bouche de la jeune chanteuse ne peut que ravir DeeDee. Cette dernière tapote doucement ses mains l’une contre l’autre, sous l’effet de l’excitation. Rohlala. Cette histoire est beaucoup trop mignonne. Ca la fait doucement rêver tout ça. Même la promenade au bord de la mer lui paraît agréable et de bon goût à cet instant. « Il a l’air d’être très intéressé par toi, en tout cas ! C’est trop chou ça ! » Et comme pour appuyer ses dires, voilà que Naïa prend naturellement la pose de la rêveuse. « Je crois que je suis amoureuse, Deedee. Et cette fois, je n’ai pas peur. » Daisy se mord la lèvre, trouvant son amie tellement touchante alors qu’elle se livre, toute pleine de sentiments pour ce jeune homme. Instinctivement, Daisy rapproche sa chaise de celle de Naïa, et passe ses bras autour d’elle, pleine d’enthousiasme pour lui donner un câlin. « C’est merveilleux ! Alors, maintenant je veux en savoir plus sur ce beau monsieur aux muscles saillants ! » dit-elle avec son éternel sourire pendu aux lèvres, en relâchant son amie. « Comment s’appelle-t-il ? Il a quel âge ? » Elle boit une gorgée de son cocktail, lui laissant le temps de répondre puis elle enchaîne. « Et alors, vous allez vous revoir quand ? Vous restez bien en contact, messages, appels ? » Tellement de questions se bousculent dans sa tête, si bien qu’elle a du mal à choisir celles qu’elle va poser. « Et vous vous êtes embrassés déjà ? Ou ce sont les prémices d’une belle histoire que vous êtes en train de vivre ? » Elle contemple son amie un instant, la trouvant si jolie, toute fraîche et pétillante. Ouh que ça lui fait du bien d’être amoureuse ! Daisy aimerait tellement que ça lui retombe dessus, avec quelqu’un de gentil, d’attentionné, pour oublier son passé. « Je suis tellement contente pour toi, que tu aies enfin rencontré quelqu’un qui a su t’amadouer naturellement, pour qu’ensuite tu t’ouvres à lui ! J’ai hâte de le rencontrer un jour, ce jeune homme ! » finit-elle par dire en soupirant, mais pleine d’enthousiasme à la fois.
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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: this is what makes us girls - naïa&daisy    Jeu 12 Oct - 18:05

Depuis que j’ai été enrôlée dans la comédie musicale de Gabriel Goldstein, je ne savais plus où donner de la tête. Mes répétitions me prenaient un temps fou, sans compter mes weekends qui étaient pris par mon travail au bar. Entre, il fallait encore que j’aie un peu une vie, bien que je ne pouvais pas m’empêcher de m’entraîner entre les séances, et de travailler aussi mon piano. J’aurai été en manque autrement ! Concernant ma vie sociale, elle était un peu morte en ce moment. Bien que j’arrivais à voir ma belle Daisy ce soir. Tout était plus simple, plus vivant et plus doux en sa compagnie. Ainsi, je me trouvais détendue en sa présence. Je pris même le temps de m’épancher sur mes déboires vis-à-vis de Goldstein. Car si c’était un génie, c’était principalement un perfectionniste psychopathe. Mon amie partagea mon désarroi. « C’est vrai qu’il rend fou à ne jamais être satisfait, mais je pense aussi qu’il s’agit des raisons de son succès. Il ne serait pas si célèbre et talentueux autrement. » Avec cet homme, j’étais partagée entre admiration et rage. Je pouvais tout autant le considérer comme un génie et m’émerveiller des idées qui fusaient d’un coup d’un seul de son esprit, et la seconde d’après, j’étais prête à le battre à mort tant il m’excédait. Aucun doute que je n’étais pas la seule à ressentir un tel chaos dans mon esprit. La tension était souvent palpable dans toute la troupe quand il lui prenait ses caprices de diva.

Mais je n’étais pas l’unique à ne pas toujours m’épanouir dans mon travail à cause de mes collègues. A l’hôpital, Deedee en voyait des vertes et des pas mûres. Ces médecins se croyaient décidément tout permis. J’en étais révoltée et je cherchais à remonter le moral de la brune. Son rire fut ma récompense. Avec Daisy, nous nous connaissions depuis longtemps. Je l’avais rencontrée au lycée, unique période où j’avais suivi les cours dans une véritable institution. Jusqu’ici, c’était notre mère qui nous donnait les cours à domicile. Le lycée, c’était rentrer dans un nouveau monde attrayant où j’avais rencontré une foule de gens. Des bons, et des mauvais aussi, hélas. Daisy faisait partie de mes plus belles rencontres et j’étais heureuse que nous ayons pu continuer à nous voir même si nous avions pris des chemins différents. Après tout, ce n’était pas ce qui définissait l’amitié. Au nom de cette amitié, je ne pus m’empêcher d’être débordante de curiosité et d’enthousiasme à l’évocation de ce fameux Nate, un patient charmant. Sauf que l’histoire n’était pas si simple. Il était marié à une soi-disant bombe sexuelle et Deedee ne s’était pas montrée sous son meilleur jour. Je ne pouvais que me récrier. Daisy faisait partie de ces femmes qui restaient magnifiques même avec un sac plastique sur la tête. La beauté, c’était innée chez elle. Comme un don. Parfois, je me prenais à l’envier et à souhaiter être aussi belle qu’elle. Je m’employai à lui remonter le moral, et une fois encore, je fus satisfaite de parvenir à mon but. Hors de question qu’elle se dénigre face à une nana qui était forgée à soixante-quinze pourcent de plastique.

Et puisque nous en étions à parler d’histoires de cœur, je ne pouvais pas faire l’impasse sur Caleb. Les yeux emplis d’étoiles, je me mis à lui conter en détails toute notre rencontre, le coup de foudre que j’avais pu avoir jusqu’au moment où il était revenu me voir au bar où je travaillais. Nous nous étions allés nous promener le long de la plage. C’était tellement bien… Rougissante, je finis par lui avouer que je suis amoureuse. Sans doute vais-je un peu vite, mais je suis un vrai cœur d’artichaut. Néanmoins, si je tombais vite amoureuse, je me lançais rarement dans l’aventure. J’avais bien trop peur. Daisy se montra des plus enthousiaste et heureuse pour moi. Je n’arrêtai pas de sourire comme une idiote. « Il s’appelle Caleb et il va bientôt avoir trente ans. » J’en étais toute chamboulée. Mon beau sportif oui… j’avais peur de trop m’emballer. Surtout quand elle m’envahit de questions. « Oui, on s’envoie des messages de temps en temps. Et j’avais prévu de lui faire une surprise pour son anniversaire… tu crois que ça ferait trop si je lui faisais une petite fête surprise ? Juste tous les deux. J’ose à peine lui envoyer le message. Imagine il me trouve trop entreprenante ? Ou il n’est pas intéressé du tout ? » Je m’angoissai comme une folle. Parce que j’étais une professionnelle pour m’emballer avant de reculer aussitôt. Une vraie bipolaire de l’amour. Je rougis violement. « Non, on ne s’est pas encore embrassé… il y a eu des moments mais… rien de tout cela. Mon dieu, j’ai le cœur qui bat si fort. Cette histoire me rend aussi heureuse qu’elle ne m’angoisse. » Mais j’avais vraiment la sensation de ne parler que de moi. Je m’accordai une gorgée de mon verre avant de poser ma main sur son bras. « Et toi, tu n’as rien de croustillant à me raconter ? Hormis ton beau patient qui est marié à une poupée Barbie ? » Je plaisantai pour porter en dérision cette histoire. « Tu ne vas pas me faire croire que tu n’as personne qui te court après. Je suis certaine que tu as une horde derrière toi ! »
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