Vice et Versa
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Matthew McGregor
Admin prétentieux
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 2775

MessageSujet: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Ven 30 Juin - 12:24

Le dossier claqua brusquement sur son bureau. Matthew n’eut pas besoin de relever le visage pour savoir qu’il s’agissait de son père qui –comme d’accoutumé- avait pénétré dans le bureau de son fils sans demander la permission. « Il faudrait que tu te charges rapidement de ce dossier avant de partir. » annonça-t-il froidement. L’auteur prit le temps de terminer la ligne qu’il était en train d’écrire avant de le relever son regard vers son père. Celui-ci l’observait d’un œil froid et sévère. Matthew ne s’en laissa pas décontenancé. Depuis plusieurs semaines déjà, il opérait de cette manière avec son fils. Il n’était pas du genre à s’émouvoir pour si peu, et sûrement pas face à l’irritation visible de son père. Concernant ce qu’il s’était passé à la remise des diplômes d’Héloïse, ni l’un, ni l’autre n’avait abordé le sujet. A quoi bon ? Matthew savait déjà que son père considérait cette relation comme pure folie ; et le père connaissait son fils trop entêté pour ne pas se perdre dans une dispute. Dès lors, il régnait une espèce de guerre froide entre les deux hommes. Ils ne détenaient plus que la barrière du professionnel pour s’accorder un brin de cordialité. Ils avaient à cœur les intérêts de l’entreprise, et un tel sujet ne viendrait pas entacher le devenir de la maison d’édition. Ils n’étaient pas assez fous pour cela. Néanmoins, leurs échanges étaient limités, ainsi que leurs rencontres. Matthew tombait rarement la porte de chez ses parents, mais il savait d’autorité qu’il le ferait encore moins souvent. Il ne s’en plaignait pas véritablement. Il se félicitait même d’avoir renouvelé le contrat d’Héloïse que pour la rentrée prochaine. Il n’aurait pas apprécié qu’elle vive dans une telle ambiance. Pour l’heure, elle profitait pleinement de ses vacances, terminant ses valises pour la France et planifiant leurs projets futurs. Car Matthew n’en démordait pas, il vivrait avec Héloïse d’ici peu. Uniquement ses sœurs étaient au courant pour l’instant et il se gardait bien d’en parler à son père. De toute façon, ils avaient arrêté de parler dans le cadre du personnel. Malgré tout, Matthew avait tenté une fois d’engager la conversation sur Ellana, afin de connaître l’avis et les projets de son père à ce sujet. Il ne sut faire que la sourde oreille, précisant ne pas vouloir parler à un fils qui venait de le trahir. Il le laissa à sa colère et sa bile, s’inquiétant plutôt auprès de sa mère de l’état de sa cadette. Pour l’instant, elle ne savait pas plus ce que le père McGregor avait derrière la tête concernant ses deux enfants, mais elle affirmait qu’il était d’une humeur exécrable. Matthew le devinait sans mal. Il ne digérait rien de ce qu’il s’était passé. Avec son voyage, il espérait que son absence apaiserait le courroux de son père et qu’il serait plus enclin à voir leur relation d’un œil meilleur. Il savait déjà que sa mère œuvrait en ce sens, mais elle se faisait rapidement renvoyer dans les cordes. Avec l’ambiance malsaine qui traînait depuis quelques temps, l’auteur n’était pas mécontent de dire adieu à l’Amérique pour s’envoler vers l’Europe. Lui-même avait besoin de se vider la tête, et surtout, de profiter d’un moment de répit dans les bras de sa belle. Depuis quelques temps, Matthew ne cessait de crouler sous les dossiers dont son père alourdissait le bureau. Par là, il savait très bien qu’il souhaitait se venger d’une quelconque manière. Il aurait été du tempérament de Matthew de ne pas se plier à la vengeance de son père, mais au nom d’un avenir plus propice, il s’y pliait sans rien dire. Il espérait prouver par son entêtement que sa relation avec sa stagiaire n’était aucunement une passade, et encore moins une amourette sans importance, ce qui son père ne croyait pas encore. Peu importe, il saurait remporter la victoire. Malheureusement, il ne se montrait plus très présent. Travaillant tôt, et finissant tard, débordant parfois sur ses week-ends. Toutefois, il avait la chance d’avoir avec lui la petite amie la plus compréhensive du monde. Bien qu’elle rouspète parfois contre cette injustice, elle savait faire la part des choses. Matthew lui assurait que c’était temporaire et qu’il ne valait mieux par s’attirer encore plus les foudres de son père. A la place, il préférait la voir s’extasier des plans qu’elle prévoyait pour la France, s’enthousiasmant de leur programme. Tout ceci lui donnait hâte de partir pour s’éloigner du vacarme de Los Angeles. De plus, il avait assuré à Héloïse qu’il souhaitait, dès leur retour, la présenter à ses parents comme étant officiellement sa petite amie. De cette manière, elle pourrait rencontrer sa mère qui s’affichait comme une alliée, et montrer à son père qu’il ne laisserait pas Héloïse sur le côté comme toutes les autres. Peut-être qu’il saurait ouvrir les yeux. Mais s’il ne l’avait pas fait pour Ellana, il avait peur qu’il en soit de même pour son fils. L’avenir leur dirait.
En tout cas, l’officialisation de leur relation avait au moins motivé la disparition de Jane. Celle-ci n’était plus dans leur paysage depuis un long moment, malgré toutes les menaces qu’elle avait pu proférer. Héloïse et Matthew en étaient soulagés. Leur véritable grand ennemi était le père McGregor, mais le fils ne le craignait pas. Même si sa belle s’inquiétait parfois que cette histoire puisse lui coûter sa place à la maison d’édition et son héritage, il s’en moquait éperdument. Il était prêt à tout perdre pour elle, même son rang et son affaire. Quand bien même, en-dehors de la maison d’édition, il gagnait correctement sa vie en tant qu’auteur de romans, de textes et en travaillant à l’adaptation de ses romans. Même s’il devrait changer de maison d’édition, il ne doutait pas que toutes les grandes éditions de l’Amérique allaient s’arracher son nom. Il ne se faisait aucun souci pour le reste. Il observa donc son père avec détachement, bien que sans malice. Cette attitude ne lui plut pas. « J’espère qu’à ton retour, tu auras entendu raison. » Et ce fut sur ses simples mots, résonnant presque comme une menace, qu’il quitta le bureau. Matthew ne prit pas en considération la portée de ses paroles, préférant se concentrer sur son travail. Il escomptait s’avancer suffisamment jusqu’à son départ demain avec Héloïse pour le France. Il poussa un long soupir désabusé avant de se remettre au travail.

« Si on loupe cet avion, je t’en tendrai pour unique responsable ! » menaça Matthew avec un sourire en coin. Il fallait admettre qu’au niveau du timing, ils étaient légèrement serrés. Ils auraient été parfaitement à l’heure si les adieux entre Panpan et Héloïse ne s’étaient pas éternisés à tel point que le jeune homme avait failli l’assommer pour l’emmener avec lui. Il n’aimait déjà par cette bestiole, mais il refusait que ce soit elle qui leur gâche leurs vacances. Il en avait besoin !! Il avait travaillé toute la nuit et il aspirait à se retrouver tranquillement dans l’avion en route pour la France. De son côté, il s’était assuré qu’Ellana était entre de bonnes mains. Il la trouvait encore fatiguée et amaigrie, sujette à des légers malaises. Il lui avait promis que dès son retour, ils auraient voir le médecin ensemble pour prévoir un traitement adapté, bien que son mal soit le chagrin. Ses sœurs et sa mère sauraient s’occuper d’elle le temps de son voyage. De plus, la blonde l’avait rassuré en lui affirmant qu’il ne devait pas s’en faire. Il était parti sur cette promesse. Quant à la maison d’édition, il s’était résolu à prendre un nouveau stagiaire qui gérerait une partie de ses affaires durant son absence. Il souhaitait être le moins disponible possible pour son travail. Il ne voulait être dérangé qu’en cas d’extrême urgence, et il inspirait une telle peur à sa nouvelle recrue qu’il savait qu’il ne commettrait pas d’impairs. Matthew agrippa un des sacs de sa petite amie pour qu’ils avancent plus vite dans l’aéroport. « Tu as les billets ? » lui demanda-t-il tandis qu’ils passaient la sécurité, se dépouillant dans une caisse de tout ce qui pourrait sonner au passage du rayon. Rapidement, ils furent inspectés et comme rien ne les retenait, ils purent s’engager vers leur hall d’embarquement après avoir consulté l’écran. Ils pressèrent le pas, présentant leurs billets avant de pouvoir embarquer dans l’avion. Quelques minutes plus tard, ils étaient dans l’avion. Il s’en était fallu de peu. Assis confortablement à leurs places en première classe parce qu’il ne faut pas déconner, Matthew jeta un regard faussement courroucé à Héloïse. « Tu vois bien que ce lapin n’apporte que du malheur. Je ne suis pas sûr qu’il va nous suivre. » Bien qu’il en pensait une grande partie, il disait surtout cela pour la taquiner. Il savait que s’il décidait de faire sa vie avec Héloïse, le lapin faisait partie du lot. Hélas. Ils furent bientôt parés au décollage. Ils attachèrent leurs ceintures comme indiqué. Sa main vint saisir cette de sa belle, un sourire apaisé sur le visage. Il se souvenait que la dernière fois qu’ils avaient pris l’avion ensemble, c’était en rentrant du Japon. Leur amour naissait tout juste. Discret et en cachette. Aujourd’hui, il avait éclaté au grand jour. « Du coup, on atterrit à Paris. Quel est le programme après, déjà ? » Il avait laissé les pleins pouvoirs à Héloïse. Il n’avait participé que lorsqu’elle lui demandait conseil. D’une certaine manière, il aurait surtout la surprise. Ainsi que sur sa carte bleue.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 4229

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Sam 1 Juil - 9:04

« Si on loupe cet avion. Je t’en tiendrai pour unique responsable » La menace de Matthew me pousse enfin à réagir, me rappelant que notre avion nous attend. Mais comment dire adieu à cet être que l’on chérit tant, que l’on sait seul et perdu au milieu de ce vaste monde empli de gens méchants ne voulant que sa peau ? Comment ne pas être triste à l’idée de dire au revoir à mon lapinou d’amour, tandis que je sens ses petites griffes s’agripper au tissu de ma robe alors que je suis occupée à le couvrir de bisous. « Oh mon Panpan, tu vas tellement, tellement, tellement me manquer. Mais promis, je penserai tous les jours à toi. Et je reviendrai très très très vite. » Bien sûr, je ne lui ai pas dit que nous partions pour deux semaines. Panpan est un être tellement sensible… Le connaissant, il serait capable de monter au mur, pour attraper le calendrier mural et le déchirer sous les yeux d’une Lullaby effrayée. Aussi, j’essaye de minimiser au mieux l’angoisse de mon animal de compagnie en me disant qu’il n’a pas trop bien compris que je partais pour une durée assez longue. A moins qu’il ne sache lire les billets… Ce dont je doute. Aussi, je finis par le détacher de moi, ignorant ses petits cris me fendant le cœur. Pour éviter qu’il ne fasse des bêtises, je finis par le mettre dans sa cage, essayant de ne pas trop me poser sur ce regard triste me fixant. Finalement, les adieux sont faits. J’ai déjà dit au revoir à Lulla avant qu’elle ne parte travailler. Et de ce fait, je suis seule avec Matthew. « C’est bon, me voilà toute prête, tortionnaire ! » Néanmoins, mes paroles contrastent avec le sourire figurant sur mon visage. « En plus, nous sommes largement en avance mais je vais prendre cela comme une impatience à t’en aller d’ici. Mais avant ça… Faut que tu fasses un bisou au lapin pour lui dire au revoir. La politesse avant tout… »  Cependant, face à l’air désabusé de Matthew me fixant comme si je venais de lui demander de se pendre, je finis par éclater d’un grand rire avant de me jeter à son cou pour l'embrassant. Une fois les derniers bagages pris, toute tentative de s’attarder dans l’appartement est vaine. Le reste de nos valises est déjà dans le coffre du taxi nous attendant en bas. Et il ne reste que mon sac à prendre et nous voilà partis. Les vacances peuvent commencer. Et autant dire que j’ai hâte. Durant ce temps ayant suivi ma remise des diplômes, j’ai été fort occupée à organiser nos vacances en France. Matthew m’a fait confiance sur l’organisation Et sa carte bleue aussi et de ce fait, le moment attendu est enfin là. J’ai eu l’impression que ça n’arriverait jamais, voyant les jours défiler doucement. En plus, le fait de ne pas travailler n'a pas aidé. J'ai tellement hâte de reprendre le travail quand bien même, je sais que ça sera compliqué. Matthew m'a fait comprendre combien c'était tendu avec son père, qu'il ne cessait de lui donner du travail en masse l'obligeant à travailler tard, et même le weekend. Autant dire que nous avons eu du mal à nous voir. Mais le résultat est là, nous allons pouvoir partir en vacances et j'ai tellement hâte à vrai dire. La France avec mon chéri. Et puis ces vacances sont une première pour nous deux. Ce sont des souvenirs à chérir, des photos à ajouter dans notre livre et nous serons loin de Los Angeles. Souffler un peu après tout cette pression nous fera du bien.

Cependant, la pression revient au galop parce que j'ai mal jugé l'heure. En vérité, nous ne sommes pas en avance. Bien au contraire. Et je prends donc la menace de Matthew très au sérieux, me disant que je ne tiens pas à être responsable de ces vacances gâchées. « L'avion ne partira pas sans nous. » Je dis au début du trajet. Sauf que dix minutes après, je suis encore plus angoissée « Ils font des rappels. L'avion aura un peu de retard mais ils vont pas laisser des passagers à l'abandon ! En plus, en première classe ! » J'essaye de faire bonne figure, mais dix minutes après, je me ronge les ongles en essayant de ne pas céder à la panique et de soudain hurler au chauffeur d'appuyer sur le champignon. Mais le pompom est décerné à Matthew qui me demande, comme une fleur s'éveillant au printemps, si j'ai les billets. La panique est à son comble. Je cherche pendant quelques secondes dans mon sac, sentant la crise de larmes arriver quand je finis par réaliser que je les tiens déjà en main sous l'œil ahuri de mon petit ami devant se dire que je suis irrécupérable. Mais notre bonne étoile est là. Et finalement, on passe la douane sans problème et nous voici dans la salle d'embarquement. Mais cette fois-ci, on n'attend pas, on entre directement dans l'avion, l'embarquement ayant commencé. On est les retardataires mais finalement nous finissons à l'intérieur du gigantesque appareil. Je m'attends presque à des sifflements et des huées, mais non le personnel est tout sourire et nous installe dans nos sièges, nous demandant meme si on veut du champagne. Est-ce le luxe d'être en première ? Sans doute, mais je refuse toute boisson préférant récupérer de mes émotions. « Mon dieu, j'ai bien cru mourir ... » Je finis par dire en posant ma tête contre l'appuie tête. Comme au Japon, je suis coincée entre le hublot et Matthew mais ça ne me dérange pas, me conférant un intense sentiment de sécurité. Cependant, la sensation de bien être est remplacée par du courroux quand mon petit ami évoque mon lapin. « Tu es cruel avec ce pauvre lapin ! » Je réponds avant de laisser un sourire apparaître sur mon visage tandis que j'ajoute « Et puis, tu crois vraiment que j'ai laissé Panpan à la maison ? En réalité, je ne t'ai pas tout dit mais j'ai loué un autre taxi venu récupérer la cage pour l'amener à l'aéroport et le déposer en soute. Panpan vient avec nouuuus !!   » Je finis par rire doucement, amusée par mes propres bêtises. « Je plaisante mon amour, il va me manquer c'est vrai. Mais nos vacances sont bien plus importantes. » Et je le pense sincèrement. Cette fois-ci, nous pouvons nous comporter comme un vrai couple, sans crainte, ni peur d'être pris sur le fait accompli. Laissant ma main se retrouver dans celle de Matthew, on finit par attendre que l'avion décolle quand mon chéri me questionne au sujet des vacances. « Oooh j'ai tellement planifié des choses ! Tu vas voir, on ne s'ennuiera pas du tout ! » Je souris de plus belle, me sentant de plus en plus impatiente à l'idée d'arriver. « A vrai dire, on ne restera pas qu'à Paris, on va bouger et parcourir de jolis coins visités, il y a longtemps, avec mes parents ! J'espère que ça te plaira. » Je suis d'ailleurs assez intimidée parce que je ne suis pas allée réserver des trucs hors de prix. Par exemple, l'appartement de mes parents étant bien situés dans Paris, j'ai préféré m'en servir plutôt que de dépenser inutilement dans une chambre d'hôtel. D'autant plus que sur Paris, c'est hors de prix et je crois que Matthew n'aurait pas apprécié de dormir dans une chambre moisie par les rats. Et moi non plus d'ailleurs. Posant ma tête sur l'épaule de mon chéri, j'ajoute « De toute façon, tu n'as jamais vraiment visité Paris de ce que j'ai compris, hein ? C'était juste des voyages express pour les affaires ? » Souriant de plus belle, je me blottis un peu plus contre l'amoureuse, heureuse de savourer cette joie inouïe d'être bientôt loin de tout. « Si tu savais combien je suis heureuse de partir avec toi... Nos premières vacances, c'est quelque chose quand même ! » Et puis, on sera loin de l'agitation de Los Angeles, des tentatives de son père à vouloir nous séparer. Aussi, suis-je donc toute excitée d'être ici et le voyage peut donc commencer. Aussi, pour l'instant, tout se passe sans encombre, et le moment est plus propice à la discussion sur tout et n'importe quoi. On a déjà regardé la liste des films à regarder et j'ai constaté avec une grande horreur qu'ils proposaient la suite de Cinquante Nuances de Grey. « Je ne comprends pas comment on peut mettre ce genre de chose dans un lieu tout public ! C'est érotiiique ! » Je pépie d'une voix aiguë faisant arriver une hôtesse qui m'observe d'un drôle d'air et me demande si je souhaite boire quelque chose. Mais je refuse poliment avant de me tasser contre mon siège gêné, essayant de me dire qu'il faut éviter de me faire remarquer. Aussi, je préfère changer de sujet « Ça n'a pas été trop dur hier à la maison d'édition ? » Je finis par demander d'une petite voix à mon petit ami. Je sais combien ça n'a pas été évident à vivre pour lui. Et j'espère sincèrement qu'un séjour en France saura lui apporter tout le réconfort dont il a besoin. J'y crois.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Matthew McGregor
Admin prétentieux
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 2775

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Dim 2 Juil - 19:34

Plus le temps passait, plus Matthew était conforté dans l’idée qu’il n’aimait pas Panpan. Cette créature de l’enfer n’existait que pour lui rendre la vie infernale. S’il le pouvait, il aurait déjà jeté la bête dans une puits, à moins qu’il ne se montre magnanime en le remettant en liberté. Plusieurs fois, il lui était venu à l’esprit qu’il pourrait le jeter par la fenêtre quand Héloïse se mettait à le câliner durant des heures. On pouvait peut-être le traiter de fou, mais l’auteur jurait que l’animal lui jetait un regard mauvais et belliqueux. Alors l’idée même de rater cet avion qui allait les emporter vers la France, loin des soucis et du travail qui pesaient sur ses épaules à cause du lapin, ça ne le mettait dans de mauvaises dispositions. Il aimait sa petite amie plus que tout au monde, mais il ne supportait pas ses excès de tendresse pour une créature semi-intelligente et sans aucun intérêt. Panpan était d’une inutilité affligeante. Il se gardait bien de partager ses réflexions avec la jeune femme qui prenait généralement le parti de son animal de compagnie. Cela aussi, ça l’agaçait énormément. Ainsi, il ne laissait transparaître ses sentiments que par de longs soupirs désemparés, des regards désabusés et une expression qui en disait plus long que la moindre parole. Par chance, Héloïse avait fini par entendre raison et ils s’étaient pressés vers l’aéroport. Pour une fois, il trouvait la jeune femme très confiante. D’ordinaire, elle était plutôt du genre à camper devant l’aéroport la veille pour être certaine de ne pas louper son vol. Cette fois, c’était différent. Depuis qu’elle avait obtenu son diplôme et que son avenir était tout tracé, elle se montrait bien plus confiante. Certainement l’évolution de leur relation y était pour beaucoup aussi. Il n’y avait guère de choses qu’ils devaient craindre désormais, hormis le courroux du père McGregor. Mais pour l’heure, ce mécontentement se soldait par des heures interminables à passer au bureau pour Matthew. Par chance, ce voyage lui permettait de souffler une bonne fois pour toute. Néanmoins, le naturel ne se chasse pas si aisément, et elle n’eut pas sitôt consulté l’heure qu’elle attesta de leur retard. Le jeune homme apposa le coup de grâce en demandant si elle possédait les billets. Le doute sembla s’emparer d’elle en même temps qu’une angoisse foudroyante. Elle se mit à chercher activement les dits-billets, tandis que l’auteur observait l’objet de sa recherche qui se trouvait déjà entre ses doigts. Mon dieu… Elle perdait la tête ! Il lui adressa un regard entre la consternation et l’incompréhension mais il n’en était plus à se demander ce qui pouvait parfois se passer dans la tête de sa petite brune. Visiblement, sa couleur blonde ne lui avait pas fait que du bien. Mais Matthew l’aimait ainsi, un peu étourdi et rêveuse ; ce qu’il ne savait pas être.

Heureusement pour eux, ils parvinrent à respecter leur timing. Il avait fallu qu’ils pressent le pas, que Matthew porte une bonne partie des bagages et qu’ils s’annoncent sans plus tarder à la porte d’embarquement. Comme si l’avion allait les attendre ! Héloïse ne doutait vraiment de rien. Mais après une bonne course dans tout l’aéroport, ils pouvaient souffler dans leurs confortables sièges de première classe. Il déclina le champagne proposé. Aussi tôt ? Ils étaient fous ! Une fois l’émotion redescendue, l’éditeur ne put qu’accuser Panpan d’avoir été la cause de leur coup de chaud. Sans surprise, Héloïse prit immédiatement sa défense, faisant ricaner le jeune homme. Mais quand elle se mit à lui parler du fait qu’elle avait emporté le lapin avec elle en secret, il ne riait plus du tout. Il n’était pas assez idiot pour ne pas comprendre la blague, mais une part de son esprit savait qu’elle était capable de cela. « Si c’est vraiment le cas, je descends de cet avion et tu iras faire la France en amoureux avec ton lapin. » Là aussi, il était très sérieux. Héloïse désamorça le conflit en affirmant que c’était une blague. « Je saurai te le faire oublier. » murmura-t-il chaudement à la jeune fille, guère subtil dans ses intentions. Hors de questions qu’il entende encore prononcer le nom de Panpan durant le voyage. Pour lui aussi, il voulait des vacances ! Enfin, il préféra se concentrer sur le devenir de leurs vacances et le beau programme qu’Héloïse avait peaufiné durant de longues semaines. Elle se montra assez évasive, bien que promettant un séjour inoubliable. Le poète attrapa la main de sa belle, la portant à ses lèvres pour y déposer un baiser tendre. « Je suis sûr que ce sera parfait. Je te fais confiance. Tout ce que j’espère, c’est ne plus entendre parler de la maison d’édition avant longtemps. » Des paroles inédites dans la bouche de Matthew, mais il estimait qu’il le méritait. Il rêvait aussi d’un endroit confortable où se poser, ayant presque passé toute la nuit au bureau. Mais là encore, il faisait confiance à Héloïse. « Oui, c’est vrai. Je ne l’ai jamais vraiment visitée. De temps à autre, je m’échappais pour éviter des réunions d’affaires ronflantes avec mon père quand j’étais enfant, mais je me faisais toujours vite rattraper. Puis avec le temps, tu me connais, je n’ai pas cherché à faire autre chose que travailler. » Bien qu’il se soit souvent rendu à la capitale française, il n’avait jamais eu l’occasion d’en profiter pleinement et il admettait sans honte qu’Héloïse s’y connaissait mieux que lui. Il aurait pu connaître Paris autrement que dans le cadre des affaires puisque c’était là qu’il avait projeté de passer sa lune de miel avec Jane, mais rien ne s’était passé ainsi. Il était content de donner une nouvelle signification à cette ville. Dans les bras d’Héloïse, tout prenait une toute autre dimension qu’il appréciait. De plus, il s’agirait de leurs premières vraies vacances. Jusqu’ici, il ne s’était agi que de déplacements d’affaires qui n’avaient aucun aspect romantique. Sa petite amie affichait son excitation que Matthew partageait avec plus de contenance. Ils finirent par décoller et leur discussion suivit. Matthew s’admettait fatigué. La jeune femme lui proposa un film et tandis qu’ils faisaient défiler la liste, un titre accrocha son regard. « Tiens, ça me rappelle quelque chose. » releva-t-il avec un sourire en coin. Cela suffit à la rendre aussi cramoisie qu’elle ne l’avait été la fois où il l’avait trouvée par accident devant ce film. « Calme-toi, ce n’est pas un porno non plus. » mesura-t-il avec amusement en l’entendant se choquer d’un tel film soit proposé. Elle était si innocente et prude, mais à ses yeux, cela la rendait attendrissante. « Oui, ça va, hormis que je suis crevé. Mais bon, il n’y a pas vraiment le choix. Si on veut qu’il nous lâche un peu, il va falloir faire profil bas le plus possible. » Il caressa tendrement sa main avec un sourire rassurant. « Mais ne t’en fais pas, cela finira par lui passer. De toute manière, il n’a pas d’autre choix que d’accepter. Je ne reviendrai pas sur ma décision. » Il ne laisserait pas tomber Héloïse, pour rien au monde. Si lui en était persuadé, il fallait désormais que son père le comprenne enfin. Mais Matthew ne se faisait pas de soucis pour cela. Il s’inquiétait plus de ce qu’Héloïse serait prête à endurer et durant combien de temps. « Enfin, ne pensons qu’à ce voyage, veux-tu ? » Il voulait en profiter pleinement. Ainsi, sur ses mots, ils poursuivirent le voyage. Ils continuèrent à discuter jusqu’à ce que Matthew ne puisse lutter plus longtemps contre la fatigue qui le gagnait. Il se laissa emporter dans un sommeil réparateur qui lui permit d’écourter considérablement le voyage. De nombreuses heures plus tard, ils débarquaient à la capitale de France.

« Attends, je vais t’aider. » Il prit la valise des mains d’Héloïse, lui laissant à charge un sac. Sortis de l’avion, cela faisait du bien de délasser ses jambes. Il eut un soupir de soulagement. Dehors, la fin de matinée pointait tout juste. Ils venaient d’atterrir à Orly. Une fois dehors, Matthew héla un taxi. Il laissa à Héloïse le soin de donner l’adresse au chauffeur tandis qu’il mettait les affaires dans le coffre. Il rejoignit sa belle sur la banquette arrière. Sa main serra la sienne. « Le mieux serait qu’on dépose directement les affaires à l’hôtel pour ne pas être encombrés. Ensuite, on sortira se promener et manger quelque chose. Qu’en dis-tu ? A moins que tu aies déjà prévu notre journée ? » Il se rendait soudain compte qu’il venait vraiment en parfait touriste. Cette expression prenait tout son sens ici. Il ne savait pas où ils devaient dormir, ni même ce qu’ils devraient faire. Ce serait la découverte totale. Dans un sens, cela lui plaisait énormément. Héloïse lui avait redonné ce goût de l’imprévu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 4229

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Lun 3 Juil - 13:53

Cet homme est véritablement susceptible parfois. Voilà ce que je me dis tandis que je fixe Matthew d'un air amusé. La menace de Panpan m'a bien fait rire et pourtant, ce n'est pas le cas pour lui. Quand bien même, il finit par s'adoucir. Bien sûr qu'il est hors de question qu'il soit là ! Mon pauvre petit lapin risquerait de ne pas supporter l'avion et puis, je ne tiens pas à encore entendre ou voir les prémices d'une guerre sans pitié entre lui et Matthew. Je ne les comprendrais jamais tous deux. Qui plus est, je me demande comment ça se passera le jour où l'on vivra ensemble. Est-ce qu'ils vont réussir à s'aimer ou un jour, arrivera où je serai face à leurs cadavres déchiquetés dans une lutte sans pitié ? Je me pose sincèrement la question sans avoir eu de réponse. Ce pugilat est une énigme pour moi. Toutefois, je l'oublie bien vite lorsqu'il s'agit d'évoquer Paris. J'ai hâte de présenter à Matthew chaque coin choisi pour lui. Il y a tant de choses à voir et pourtant, j'ai fait en fonction de ce qu'il aime, de ce qui pourrait lui plaire. Aussi est-ce un énorme défi pour moi, mais je n'ai pas peur. Avec lui, jamais de toute façon. Je ne crains rien, pas même son propre père. Ce n'est pas évident pourtant, et je suis surprise de l'entendre parler d'oublier la Maison d'Edition pendant quelques temps. « Ne t'inquiète pas, j'y veillerai Monsieur je ne prends pas de vacances. » Je finis par lui répondre en déposant un baiser sur sa joue. La curiosité étant là, je ne peux m'empêcher de le questionner au sujet des rapports avec son père mais il n'y a pas eu de nouveau. Il le charge toujours autant de travail et ça m'attriste dans le fond. Je ne comprends pas une telle attitude. Mais on s'accommode et tout comme Matthew, je ne compte pas revenir sur ma décision. Heureusement que désormais, je suis libre de pouvoir me promener dans les rues de la ville à ses côtés, sans crainte d'être reconnue par un collègue de boulot ou autre. Et pourtant, ce détail avec son père me chagrine. J'aurais tellement aimé avoir sa bénédiction. C'est si important pour moi. Après tout, si j'ai rencontré Matthew, c'est bien grâce à son père, à sa confiance. Et désormais, plus rien ne sera comme avant. Heureusement, je sais que notre couple est fort et qu'il tiendra contre tous ceux qui se mettront devant notre chemin. Aussi, quand Matthew propose de se centrer sur nos vacances, je ne peux qu'acquiescer. « Tu as raison, parlons d'autre choses ! » Et la conversation dévie, devenant plus légère. Jusqu'à ce que Matthew n'en puisse plus et finit par s'offrir un peu de sommeil suite à une nuit bien courte. Aussi, je le laisse dormir, contemplant trop souvent ce visage si beau, ce visage à qui sont destinés tous mes sourires, tous mes états d'âmes et qui me le rend si bien. C'est dans ces moments de calme où je le trouve terriblement beau, que j'ai envie d'être présente pour lui, de le protéger en lui offrant de vivre dans ma bulle nébuleuse à mes côtés, où nous avons cette impression de ne partager ce temps qu'en étant ensemble. Et intérieurement, je me dis que le perdre serait la pire chose qui puisse m'arriver, je le vivrais si mal et je tiens tellement à lui, à ce que nous soyons ensemble quoi qu'il arrive. Je sais qu'on y arrivera, on franchira les étapes quoi qu'il arrive. On sera forts.

Mais en attendant, le reste du voyage se passe et se rythme entre quelques films, deux brins de siestes, des repas copieux et des discussions variées. On a pas le temps de s'ennuyer. Et finalement après onze heures de vol, on finit par arriver en fin de matinée à Paris. Le temps de récupérer nos bagages, on finit par entrer dans un taxi à laquelle je donne l'adresse de mes parents. Confortablement installée à l'arrière, ma main greffée à celle de Matthew, je savoure chaque instant, ravi de reconnaître le décor parisien quand bien même, nous sommes du côté de Orly. « Ce n'est pas un hôtel où on va. » Je finis par doucement dire, un peu tendue de sa réaction. « Tu sais, j'ai voulu prendre quelque chose près de tout ce qui est important à voir. Alors, l'appartement de mes parents m'a semblé être le meilleur endroit. C'est situé près de la Tour Eiffel dans un quartier tranquille et résidentiel. Je me dis que ce sera bien mieux que l'hôtel. » Me mettant à rire, j'ajoute : « Je pourrai même t'apporter le petit déjeuner au lit. » Bon d'accord, je le prends par les sentiments mais il faut bien amuser sa Seigneurie. Mais il y a surtout une autre raison m'ayant poussée à choisir cet endroit, que je finis par lui avouer « Et puis, tu vas pouvoir voir quelle était ma vie française quand j'avais tout juste dix-huit ans, ça me tient à coeur... » C'est toute une partie de ma vie ne ressemblant pas à celle de maintenant. Il y avait encore maman. Le taxi nous amène donc jusqu'à l'appartement. J'y suis retournée plusieurs fois avec mon père, avec Molly quand j'avais un peu de temps. Aussi, l'émotion est plus ténue. Nous déchargeons et prenons nos bagages tandis que nous entrons dans l'immeuble à l'architecture chic et ancienne des années parisiennes. Nous montons dans l'ascenseur qui se révèle être un modèle ancien avec les portes et la grille à fermer. « Il n'y a pas ça à Los Angeles. » Je déclare amusée, tandis que la vieille machine nous amène vers l'étage désiré. Nous sortons avant de nous rendre vers la porte que j'ouvre doucement. « Entre. » Et une fois, à l'intérieur, je suis saisi par le silence des lieux autrefois bien animés. Ici, la maison semble dormir n'attendant que le retour de ses maîtres. Et je finis par être prise par la joie de me retrouver ici. Ma main vient naturellement se greffer à celle de Matthew « Viens je te fais visiter ! » Et je lui montre ce grand appartement aux pièces hautes et décoré avec goût. Ma maman était vraiment douée pour ça. Et notamment le salon n'est qu'une vaste bibliothèque remplie de livres divers et variés. Et puis, il y a ce grand cadre où figure cette photo de famille où nous étions tous les quatre. Aussi brune que Molly était blonde, les traits d'aujourd'hui se retrouvent dans ceux de mes parents bien plus jeunes. Et puis, ma maman paraît si jeune, toute souriante se doutant pas qu'elle rejoindrait les anges si vite. « Sur cette photo, on ne dirait pas mais avec ma soeur, on était occupées à se pincer mutuellement les mains. » Et pourtant on était de formidables actrices parce que toutes les deux, nous sourions à pleines dents. Je lui montre les chambres de Molly, de mes parents, la cuisine (oui Matthew va cuisiner bien sûr !) et enfin je lui montre ma chambre. Fort heureusement, ça ne sera pas une chambre de petite fille avec des barbies ou un lit une place. La chambre est lumineuse, spacieuse. Seuls les posters trahissent les goûts d'une autre époque. Quand bien même, il s'agit surtout des séries que je suivais à l'époque. « Ça te convient ? » Je finis par demander d'une petite voix. « Sinon, on peut aller à l'hôtel si tu y tiens. Ça ne me dérange pas du tout... » Je finis par dire.

Sans doute est-il poli, ou alors ça lui convient vraiment mais finalement, on reste ici. C'est plus pratique je trouve. Et nous sommes à côté de tous les beaux coins de Paris. Et j'ai déjà hâte de pouvoir lui faire visiter tout ce que j'ai retenu. Mais en attendant « On sort un peu... Oh'u préfères-tu qu'on se repose encore un peu ? » Je finis par lui demander d'une voix tendre, observant son visage pour y déceler le moindre soupçon de fatigue. Mais il a l'air d'aller mieux. Alors me hissant sur la pointe des pieds, je dépose mes lèvres contre les siennes. « Bienvenue en France, Monsieur McGregor..: » Je lui murmure d'une voix tendre. Nos premières vacances... C'est tellement nouveau et nous en avons tellement besoin. Aussi, nous finissons par quitter l'appartement, et ça me fait tout drôle de me trouver dans Paris, dans ces rues familières au parfum de passé. La rue est calme au niveau du passage des voitures mais dans l'ensemble mais il y a surtout du monde piéton. Ce sont les vacances forcément, les touristes sont là. C'est tout naturellement que j'amène Matthew vers le Champ de Mars là où nous avons souvent été avec ma soeur, enfants. Chaque détail a son histoire que je me charge de raconter. « [...]On allait très souvent dans ce jardin. On s'y amusait comme des petits fous. À l'époque, je me souviens que c'était la mode des territoires, chacun avait une parcelle de terrain et personne n'avait le droit de venir sans autorisation. » Attendrie par le souvenir, j'ajoute « Les enfants sont parfois étranges non ? Et pourtant, nous étions si sérieux à cette époque. Le territoire c'était vital. » Il n'a, sans doute, pas connu cela, ayant eu une autre forme d'éducation. Mais une fois adulte, on finit par se rendre compte que ça n'a pas d'importance. Et puis, on est là pour visiter aussi. Car la marche nous amène vers la Tour Eiffel. « Première étape de ta visite parisienne ! J'espère que tu n'as pas le vertige ! » Je finis par dire en me collant contre lui et observant son visage afin d'y détecter la moindre réaction.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Matthew McGregor
Admin prétentieux
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 2775

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Lun 3 Juil - 20:04

Pour la première fois depuis longtemps, Matthew ne prenait pas l’avion avec lassitude et découragement. Généralement, les voyages étaient synonymes de déplacements d’affaires. Bien sûr, l’éditeur aimait son travail. Il s’y plongeait corps et âme sans jamais soupirer, tout très peu. Néanmoins, effectuer de longues distances seul pour passer plusieurs jours dans un pays étranger avec à la clef un partenariat, il n’était pas toujours enchanté. Ce qui le motivait, c’était le challenge. De plus, il appréciait énormément d’être celui qui gérait et représentait l’aspect international de la boîte. Cette fois-ci, les choses étaient autrement différentes. Tout premièrement, il était plus que satisfait de se rendre à l’aéroport et de prendre ce vol. Il avait même démontré de l’impatience. La présence d’Héloïse était le moteur de cette bonne humeur. Mais plus que tout, il ne s’agissait justement pas d’un déplacement pour les affaires. Le couple s’envolait désormais pour la capitale française afin de passer deux semaines où ils n’entendraient plus parler de la maison d’édition, où le père McGregor ne serait plus un souci, et où ils pourraient profiter d’un doux répit romantique. Certes, il n’était pas encore au courant du programme, mais peu importait tant qu’il se retrouvait avec la femme qu’il aimait. Plus rien ne venait assombrir leur relation désormais qu’ils n’avaient plus à se cacher. Ils étaient devenus plus forts, invincibles et terriblement amoureux. Il vouait une confiance sans faille à Héloïse qui avait tout prévu, tout minutieusement préparé. Pourtant, ce n’était pas dans le genre de Matthew de laisser quelqu’un gérer les choses à sa place. Que ce soit dans le professionnel ou le privé. Mais avec elle, c’était différent. Elle pouvait se targuer d’être l’une des rares personnes derrière laquelle il ne venait pas vérifier le travail. Elle était trop sérieuse et consciencieuse. De plus, il savait qu’elle ne cherchait qu’à leur faire plaire à tous les deux dans ce voyage, souhaitant faire plaisir autant à l’un qu’à l’autre. Et dans l’esprit du poète, si Héloïse était heureuse, alors cela suffisait pleinement à son bonheur. Le vol se passa sur cette douce pensée, enrubannée de la tendresse que se vouaient les deux amants. Enfin, la capitale fut à eux.

Matthew haussa les sourcils quand Héloïse affirma dans le taxi qu’ils ne se rendaient pas dans un hôtel. Où alors ? L’auteur n’en avait strictement aucune idée. Elle éclaircit sa pensée et évoqua l’appartement de ses parents. Il afficha une mine étonnée. « Je ne savais pas que ton père possédait encore cet appartement. » Il savait bien sûr que sa petite amie avait passé de nombreuses années à Paris, mais il ignorait qu’ils y avaient encore un pied-à-terre. Apparemment, le lieu était situé près de la Tour Eiffel. Il sourit quand elle parla de lui apporter le petit-déjeuner. « Voilà qui est intéressant. » nota-t-il en venant déposer un baiser sur sa main. Il n’y voyait aucune objection, bien qu’il s’était attendu plus à un hôtel qu’un appartement. Il se découvrit impatient de voir où sa belle demeurait quand ils ne se connaissaient pas encore et qu’elle n’avait pas rejoint l’Amérique. Sa vie devait être bien différente de celle-là. Déjà, il savait que sa mère était encore présente quand elle se trouvait en France. Il espérait que son souvenir n’hanterait pas trop l’appartement où ils se rendaient.
Le taxi ayant suivi les directives d’Héloïse, ils se retrouvèrent quelques temps plus tard devant une résidence. Payant le taxi et récupérant les affaires, il laissa la jeune femme pénétrer en premier dans l’appartement. Il sentait cette émotion qui le tiraillait légèrement, mais il conserva le silence. Sûrement n’avait-il rien à dire. En tout cas, tout paraissait ancien, mais pas délabré. La brune fit remarquer cette différence avec Los Angeles. « C’est vrai que ça change énormément. Enfin on a aussi nos appartements typiques à Londres. » L’architecture anglaise était plutôt étrange aussi. De plus, il s’agissait surtout de maisons avec cette brique noire et brillante. Il rentra dans l’appartement des Bennett avec cette sensation étrange de pénétrer dans un bout de la vie d’Héloïse. Un lieu intime où tout le monde n’avait pas accès. Il déposa les bagages dans l’entrée, emporté par l’élan d’enthousiasme de sa petite amie qui tenait à tout lui faire visiter. « C’est plutôt sympa. J’aime bien. » Il était sincère. Bien entendu, l’appartement était bien différent de celui qu’il possédait à Los Angeles, mais il n’était pas là pour faire la comparaison. Tout y était décoré avec goût. Le lieu dégageait une chaleur et une tendresse propre aux Bennett. « Ce lieu vous ressemble bien. » Et quand il rentra dans ce salon à la bibliothèque immense, il ne put qu’être grandement impressionné. « Whaou je suppose que tu as dû presque tous les lire. Je t'imagine bien en petit rat de bibliothèque » dit-il dans un rire tandis que son regard s’accrochait à un cadre photo. Il reconnut la frimousse de sa brune, ainsi que le regard malicieux de Molly. Le visage du père lui fut familier avant qu’il ne voie la mère. Une expression douce. Une femme belle et tendre. « Ta mère était très belle. Tu lui ressembles énormément. » Sûrement dans ce petit air rêveur qu’elle affichait sur la photo. Ces genres de regard qu’ont ceux qui préfèrent se dédier au monde de l’imaginaire. Il rit de la remarque d’Héloïse concernant les deux sœurs. « Décidément, la guerre date depuis longtemps ! » Il avait passé trop de repas chez les Bennett pour ne pas se rendre compte que les deux jeunes filles se chamaillaient autant qu’elles savaient se dire qu’elles s’aimaient. Cette relation avait quelque peu dérouté Matthew au départ, car elle était bien différente des relations qu’il entretenait avec ses sœurs. Ou bien que ses sœurs entretenaient entre elles tout court. Il n’avait jamais vu Rose, Ellana ou June venir se moquer les unes des autres. Avec le temps, il s’était rendu compte combien leur relation était solide et intense. Pour clore la visite, ce fut dans la chambre d’Héloïse qu’ils se retrouvèrent. Il ne savait pas à quoi s’attendre. Des posters de partout ? Des coussins lapin ? Un Panpan bis ? Des poupées et une couette de princesse ? Pourtant, il s’agissait d’une décoration très sobre avec une fenêtre qui offrait une lumière diffuse dans toute la pièce. Quelques posters témoignaient encore de son adolescence. Il aurait bien aimé se moquer de ses goûts de l’époque, mais il ignorait à quoi faisaient référence les affiches. « Je suis déçu. Il n’y a pas un portait de Panpan au-dessus de ton lit ? » se moqua-t-il gentiment en venant tendrement l’étreindre par la taille. Les paroles de sa petite amie lui firent secouer négativement la tête. « Non, c’est parfait ici. Ça me convient bien mieux qu’un hôtel, je t’assure. » Il ne mentait même pas pour lui faire plaisir. « Tu en caches d’autres des appartements au bout du monde ? » Sourire sur les lèvres, il vint cueillir un baiser sur celles d’Héloïse.

Ainsi, il fut décidé qu’ils resteraient dans l’appartement. Et aussi, qu’ils allaient partir se balader. Sa sieste dans l’avion lui avait permis de rattraper sa nuit trop courte et il était partant pour arpenter les rues de la capitale. Ils quittèrent l’appartement dès qu’ils eurent déposé les valises dans la chambre. Main dans la main, ils goûtaient à ce vent de liberté dans les rues de Paris. Il se laissait guider à travers la foule dense par sa petite amie jusqu’à ce qu’ils ne se retrouvent dans un grand parc. Il écouta avec attention les petits détails de sa vie d’avant qu’elle dispensait à chaque souvenir qu’il croisait. « C’est plutôt marrant. Je t’imagine en train de défendre ton bout de territoire face aux autres enfants. Tu ne devais pas être commode. J’aurai donné cher pour voir ça. » Il se mit à rire d’imaginer la scène. Une Héloïse pas plus haute que trois pommes, les mains sur les hanches. Il engloba le parc du regard. « C’est étrange. Cet endroit me dit quelque chose. J’ai déjà dû y venir gamin. Je m’enfuyais tellement souvent. » Ce qui lui avait fallu plusieurs corrections jusqu’à ce qu’il s’assagisse. Chez les McGregor, les rébellions ne duraient pas trop longtemps. A mesure qu’ils marchaient, ils se retrouvèrent au pied de la Tour Eiffel. Il eut un sourire. « Oui, forcément. » La grande étape parisienne. « Non, ça va. Je devrais arriver à survivre. » Il prit la main d’Héloïse et la guida vers l’entrée de la Tour. Ensembles, ils commencèrent à monter les marches. « Si j’avais su que tu m’avais amené ici pour me faire faire du sport, je me serai un peu entraîné avant. C'est un message subliminal ? » plaisanta l’auteur tandis qu’ils grimpaient depuis un long moment. Essoufflé, sa main ne quittait pas celle d’Héloïse pour aider à monter toutes les marches. Quitte à le faire, autant aller jusqu’au bout, ils gravirent encore jusqu’à un des points les plus hauts. De là, ils purent admirer tout Paris qui s’étendait sous leurs yeux. La jeune femme s’accouda à la barrière. Il vint l’enserrer contre lui, posant doucement son menton contre son épaule. Ainsi enlacés, ils contemplèrent la vue avec émerveillement. « C’est vraiment magnifique. Heureusement qu’aucun de nous n’a le vertige. » Un silence passa où il la serra plus fort contre lui. « Tu me vas me dire que c’est étrange, mais ce moment me rappelle cette conversation que nous avions eu au Japon. Sur ce pont où je te demandais de garder le secret. » Délicatement, il fit se retourner Héloïse vers lui, admirant son doux visage. Il recala une mèche de ses cheveux derrière son oreille. « Quand je réalise tout ce qu’on a traversé depuis, je trouve ça fou. Ça me paraît proche et si lointain à la fois. Enfin sache que, de tous ces mois à être caché, je ne regrette rien. Pas un seul évènement, bon ou mauvais, car ils nous ont menés à cet instant précis. » Malgré les difficultés qu’il rencontrait et qu’ils risquaient de rencontrer à deux quand elle viendrait travailler avec lui, il ne regrettait rien. Il lui vola un baiser, comme pour sceller cette promesse avant qu’ils ne se décident à quitter la Tour Eiffel.

Plus de midi venait de sonner et la faim les prit tous les deux. Ils se retrouvèrent donc dans un restaurant du Champs de Mars. Un verre chacun dans la main, Matthew porta un petit toast. « A notre merveilleux séjour en France ! » Qui promettait de s’embellir de jour en jour. « Dis-moi, c’est prévu qu’on reste toutes les vacances à Paris ou on va bouger ? » demanda-t-il en prenant une gorgée de son verre. Oui, il était complètement largué. En plus, Héloïse avait quand même dû lui glisser quelques informations. Il ne l’avait visiblement pas entendue… Il écoutait attentivement sa petite amie quand une silhouette s’approcha d’eux. L’auteur finit par relever son regard sur elle car elle détenait le sien braqué sur lui. Une jeune fille plutôt mignonne. « Oui ? » Il le voyait déjà à son regard, à sa manière de danser d’un pied sur l’autre, de sourire à la fois de gêne et d’excitation. Elle faisait partie de la race des fans. « Bonjour… vous êtes Matthew McGregor, pas vrai ? Je vous aime tellement, si vous saviez ! » Elle s’était mise à parler en français. D’ordinaire, il comprenait très bien cette langue, mais elle parlait avec un tel débit et une telle excitation qu’il ne fut pas sûr de comprendre. Il jeta un regard interrogateur à Héloïse. La fan en question prit soudain conscience de son étourderie. Elle se rattrapa en parlant dans un anglais encore plus médiocre qui fit rire Matthew sans le vouloir. Elle se mit à déblatérer un flot de propos dont il eut du mal à comprendre le sens, oscillant entre le français et l’anglais. Elle s’adressait parfois plus à Héloïse, ayant compris qu’elle parlait parfaitement les deux langues. Au bout d’un moment où elle ne leur lâchait pas la grappe, il crut bon d’intervenir pour ne pas que cela dure cent-sept ans. « Excusez-moi, c’est très intéressant, mais je suis avec ma fiancée en vacances. J’aimerais bien en profiter. » - « Vous avez une petite-amie ! » s’extasia-t-elle immédiatement, détaillant avec émerveillement Héloïse. Et c'était reparti pour un tour. « Soo cuuute ! » En même temps, elle était conne. Avec qui irait-il d’autre au restaurant à Paris ? Bon OK, ce n’était pas évident mais Matthew voulait être tranquille. Ils parvinrent à s’en tirer avec une photo où la demoiselle insista pour qu’Héloïse apparaisse. L’idée plut à l’éditeur. Après tout, ils n’avaient plus rien à cacher. Après d’autres effusions et beaucoup de merci dit dans toutes les langues, ils furent tranquilles. Matthew soupira de soulagement. « Si j’avais su qu’on connaissait ma tête même ici, j’aurai demandé à partir au Polynésie. » plaisanta-t-il avant d’attraper la main de sa belle Héloïse. « Enfin je suppose que cette photo aura pour don de te rendre encore plus officielle. » Car il n’en doutait pas, la photo allait tourner sur les réseaux sociaux. Oui, Matthew a des blogs de fans
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 4229

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Mer 5 Juil - 20:15

Finalement, je suis ravie que l'appartement plaise à Matthew et qu'il n'y voie aucune objection à ce que nous dormons là-bas le temps de notre séjour. Il a d'ailleurs beaucoup apprécié cet ancien lieu de vie et autant dire que je suis aux anges. J'avais tellement peur de me vautrer, et de rater le coche. Et pourtant, c'est important pour moi qu'il sache des détails de ma vie, qu'il puisse voir ce qu'était cette Héloïse enfant, vivant avec sa sœur et ses deux parents. J'en suis arrivée à un point que je souhaite lui dévoiler tous les détails de ma vie, qu'il me connaisse entièrement. Et le voir apprécier les lieux met du baume au cœur. Il a l'air conquis, et sa remarque sur l'immense bibliothèque. « Il y a beaucoup d'essais philosophiques appartenant à ma mère. Elle était la seule à lire ce genre de choses. Ça nous semblait si incompréhensible. » Je ris doucement tout en continuant la visite, jusqu'à ma chambre. Matthew semble déçu  de ne pas voir de Panpan, de poster ou autre. Me laissant être attirée par lui dans ses bras, je ne peux m'empêcher de rire à nouveau, sérieuse dans mes réponses « Panpan n'existait pas encore dans ma vie, mais j'ai de très beaux pyjamas encore plus sexy que jamais. » Bien sur c'est ironique. Mais il faisait si froid à Paris l'hiver, que j'avais toujours des trucs épais, rien de glamour à vrai dire. Le climat de Los Angeles m'a permis de ne plus avoir froid comme cela. Qu'importe, j'assume mes goûts vestimentaires et je les aime quand bien même ce n'est pas du goût de Matthew. Mais ce n'est pas le cadet des soucis de ce dernier, préférant me confirmer que tour est parfait pour lui et si je n'ai pas d'appartement caché au bout du monde. Ses propos me font sourire alors que je réponds à ses baisers. « Nous n'avons pas besoin d'appartement au bout du monde... » Je finis par lui murmurer tendrement. À vrai dire nous n'avons plus de raisons de nous enfuir si loin. C'est pourquoi, main dans la main, on arpente le Champ de Mars tandis que je raconte des détails me revenant en mémoire. Entre autre, la guerre des territoires. Apprenant que le lieu semble familier à Matthew, je ne peux m'empêcher de sourire de plus belle « On a dû jouer ensemble, c'est obligé ! Je t'imagine très bien m'avoir volé mon territoire, c'était ce que tous les enfants faisaient. » Ça paraît pitoyable mais ça se passait ainsi. Les enfants n'avaient pas de pitié entre eux. Au contraire. « Ou alors, tu as été le seul à me sauver la vie et je me suis languis de ton départ. » Cette seconde option est bien plus romantique à mes yeux. Pourtant, je n'ai pas souvenir d'avoir rencontré un Matthew enfant. Peut-être que ma mère a pris une photo. Elle passait son temps à nous mitrailler ma soeur et moi. Des albums il y en a des tas.

Nous continuons donc notre avancée jusqu'à la Tour Eiffel si immense et bondée. Je pensais à l'ascenseur mais finalement, l'escalier prend moins de temps d'attente. Aussi, nous choisissons ça sauf que nous sous estimons les marches à gravir. Tenant la main de Matthew, je le suis en essayant de garder mon souffle et mon calme. Mais là chaleur n'aide pas, ni le soleil. Et je m'étrangle de rire face à la remarque de Matthew. Lui pinçant le flanc, je ne peux que rétorquer « C'est vrai que tu as quelques kilos à perdre. » Et je plaisante parce qu'à mes yeux, il est juste magnifique et parfait et s'il y a bien quelqu'un qui devrait se prendre en main, c'est bien moi. Je ne suis pas une athlète. Ma chair est tendre comme un chamallow. Et les abdos ça n'existe pas. Et je souffre de cette montée mais nous finissons par y arriver à bout et enfin le sommet est là. D'abord j'observe le paysage avec émerveillement sentant Matthew se glisser contre mon dos. Je suis tellement heureuse en cet instant. « J'aimerais tant que le temps se fige... » Je souffle. Matthew confirme qu'il trouve ça magnifique avant de me serrer un peu plus fort contre lui. Ses mots me parviennent à l'oreille dans un murmure chaud et protecteur, me faisant sourire et me rappelant de cette fois là. Et je me laisse être retournée pour observer son visage, si lumineux face au soleil, à ce vent balayant ses cheveux, à ce sourire. L'écoutant me parlant, je ne peux qu'être d'accord avec lui. « C'est si loin et si près. On a appris. On en est ressorti plus fort, plus grandi. Le bonheur ne se gagne que dans la difficulté si l'on veut être certain qu'il tiendra contre vents et marées. Et nous avons réussi... » Et répondant à l'appel de ses lèvres, je laisse mes mains se poser sur sa nuque, laissant l'amour et la tendresse m'envahir. Je l'aime... Je l'aime tellement...

Dans cet océan de doux sentiments, je me sens heureuse et béate d'amour pour Matthew tandis que nous finissons par redescendre après avoir pris chaque coin de paysage en photos, des selfies de nous. Et puis, l'appel du ventre a été plus fort que tout. Nous voilà donc en train de revenir vers le Jardin et cherchant un restaurant où nous pouvons manger un peu. C'est que le décalage horaire chamboule mais ce n'est pas si grave dans le fond. Nous finissons par trouver notre bonheur, prenant place l'un en face de l'autre. Nous avons déjà commandé et le vin a été servi. « Normalement, je ne devrais plus boire mais je fais une exception pour toi mon amour ! » Et on trinque heureux d'être ici. Cependant, notre intimité est vite entrecoupée par l'arrivée d'une admiratrice de Matthew. Elle se met à débiter dans un français si rapide que je ne peux que comprendre l'incompréhension de mon petit ami. Cependant, elle semble vite le deviner et se lance dans un anglais approximatif. Souriant, je me contente de siroter une gorgée de mon vin, jusqu'à ce qu'elle me prenne à parti dans la conversation ayant besoin de moi pour l'aider. Mais Au bout d'un moment, Matthew finir par lui faire comprendre qu'il est occupé. De même, le fait qu'il me présente comme sa fiancée achève de me faire rougir assez fortement. Moi ? Sa fiancée ? Mon dieu... J'en ai le coeur qui palpite tellement je trouve ça juste merveilleux. Quand bien même, je ne dis mot, préférant laissant la fan s'extasier et demander une photo où j'y figure. Par réflexe, je me dis que ce n'est pas une bonne idée mais finalement, Matthew y tient et la photo est prise, nous permettant de reprendre un peu de calme. « Une île déserte aurait été parfait ! » Je ris avec lui parce qu'il est vrai qu'on était loin de se douter qu'on le reconnaîtrait ainsi. Mais qu'importe, ce n'est pas important et puis mon petit ami ajoute que l'idée était bonne de m'ajouter sur la photo. Après tout, j'apparaitrai sur les réseaux sociaux ou ces bêtises du genre. « Oh mon dieu... Je vais presque être célèbre. Tu me montreras comment il faudra se la jouer célébrité prétentieuse. Je ne sais pas faire... » Et je ris de plus belle me disant qu'il y un an de cela, j'étais la stagiaire et je ne disposais d'aucun privilège alors que maintenant, je peux savourer des moments pareils avec Matthew.

Notre repas se poursuit et je découvre combien nous sommes totalement différents en étant éloigné de tout. Par exemple, nous n’évoquons jamais le travail, à vrai dire, nous n’y pensons pas. Nous sommes bien occupés à parler de notre enfance, de l’avenir que nous entrevoyons. J’en arrive même à lui dire que j’ai un peu cherché des appartements mais qu’il faudra qu’on le fasse ensemble. Et c’est tellement libérateur. Cette fois-ci, il n’y a plus besoin de craindre le regard d’autrui, nous profitons en étant heureux. Et l’après-midi se poursuit dans cette bulle tandis que nous entreprenons de visiter la Capitale, en arpentant des rues pleines de monde. Ça ne change pas de Los Angeles mais c’est différent malgré tout, c’est français. Et j’entreprends de faire gouter à Matthew des tas de mets qu’il ne peut connaître parce qu’en Angleterre ou aux USA, ça n’est pas monnaie courante. « Tu aimes ? » Je finis par lui demander alors que nous sommes dans une boutique d’un traiteur, occupé à nous faire gouter du saucisson artisanal sur une tranche de vraie pain (avec le gluten, Matthew est le seul gouteur dans cette histoire). Et puis la magie continue encore et encore. A vrai dire, j’ai l’impression qu’il s’agit d’une journée sans fin, que nous avons une énergie inépuisable. Et quand nous rentrons à l’appartement pour nous reposer un peu, prendre une douche, je me dirige vers mon chéri, entrelace mes doigts dans les siens avant de venir me blottir contre lui. « Si tu te sens en forme pour ce soir… Alors l’aventure continue… » Je dépose un baiser furtif sur ses lèvres, souriant de plus belle… « Si tu veux savoir l’endroit… Il te suffit juste de te rappeler ces quelques paroles d’une chanson bien connue… » Pouffant légèrement de rire, je me mets à chantonner doucement « These rocks don’t lose their shape… Diamond are a girl’s best friend.. »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Matthew McGregor
Admin prétentieux
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 2775

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Jeu 6 Juil - 19:33

Malgré la fatigue que les avait menacés, le début de ce voyage se passait sous les meilleurs augures. A cause de son travail et parce qu’il faisait confiance à Héloïse, Matthew découvrait en totalité ce qui allait en retourner de ce voyage. De plus, ce n’était pas vraiment sa tasse de thé de prévoir l’organisation d’une escapade de deux semaines à l’étranger. Sa petite amie, à l’inverse, en était ravie et enchantée. Finalement, la formule était convenue à tous les deux et ils profitaient d’un doux répit dans la capitale de l’amour. Le jeune homme découvrait avec curiosité et tendresse la vie de celle dont il était éperdument amoureux. En passant par son adolescence où Panpan n’existait heureusement pas. Était-elle plus sexy à cette époque dans ses goûts vestimentaires ? Elle avait l’air de laisser planer le doute, mais Matthew n’y croyait pas une seule seconde. Et ils en arrivaient même jusqu’à sa tendre enfance qui avait été rythmée par les guerres de territoires. Grâce à la photo qu’il avait vue de sa brune enfant, il pouvait s’imaginer sans problème la gamine défendre sa terre, les poings sur les hanches et les joues échauffées. Un rire le prit de se figurer une telle scène aussi ridicule qu’amusante. Avec les années, elle avait dû transformer cette hargne dont elle faisait preuve en une détermination sans faille. Car si elle avait pu supporter le difficile Matthew McGregor et pousser l’audace jusqu’à en tomber amoureuse, c’était bien qu’elle était d’une volonté indéfectible. Du moins, l’auteur aimait à le croire. « Te voler ton territoire ? Qu’est-ce que j’en aurai fait ? Non, non. Tu m’aurais accueillie sur tes terres car tu aurais reconnu ma suprématie. » Un rire fusa d’entre ses lèvres quand il se fit rabrouer par Héloïse pour son attitude hautaine dont il aimait parfois jouer. Il n’était pas ignorant de la réputation qu’il se traînait et qu’il assumait pleinement. Et même si ça paraissait difficile à croire qu’il puisse faire pire que l’original, il aimait bien grossir un peu le trait. Ne serait-ce que pour vous voir l’expression offusquée de sa brune qui s’empressait aussitôt de le remettre à sa place. Il en riait davantage de voir sa bouche s’ouvrir grand d’indignation.

Ils laissèrent leurs enfantillages pour poursuivre leur visite de Paris. Forcément, ils atterrirent aux pieds de la Tour Eiffel qu’ils décidèrent de grimper par les escaliers pour s’épargner le monde. L’effort en valait la peine puisque la vue était imprenable sur la capitale. Ils se gorgèrent du calme que cette scène magique leur procurait. Au soleil couchant, ce spectacle devait être encore plus beau. Mais pour l’heure, Matthew songeait à ce Japon qui avait vu naître leur amour, mais aussi leur secret. Tout paraissait si loin, mais si proche à la fois. Presque une année, mais tout était passé à une vitesse effroyable. Néanmoins, il ne regrettait rien de ce qu’il s’était passé, sachant que n’importe quelle autre décision aurait pu les amener ailleurs qu’au sommet de la Tour Eiffel. Ils étaient victorieux. Contre toutes attentes et contre la morale de certains, ils étaient enfin ensemble et l’amour avait su triompher. Leur victoire leur procurait un sentiment de sérénité que Matthew n’avait encore jamais goûté. Pas même avec Jane quand il la croyait aussi éperdue d’amour qu’il ne l’était pour elle. Quelque chose était autrement différent dans leur relation et c’était tout ce qui en faisait la saveur. Leur balade se termina dans un restaurant car la faim se fit sentir. Le décalage horaire risquait d’être éprouvant mais ils avaient deux semaines pour en faire leur affaire. Malheureusement, il n’y avait pas que ça qui était à prendre en compte. La célébrité de Matthew était plus étendue qu’il ne le pensait et une admiratrice retint son attention un peu trop longtemps à son goût jusqu’à ce qu’il ne décide d’y mettre un terme. Il lui fut si naturel de présenter Héloïse comme sa fiancée qu’il s’étonna presque de la voir autant rougir. Après tout, ce serait sûrement la suite logique de leur histoire. Mais pas encore. Pas tout de suite. Même s’il vivait une idylle avec sa stagiaire, il n’était pas encore prêt à se jeter dans un nouveau mariage quand le premier avait aussi mal terminé. Pourtant, il savait qu’elle ne serait pas celle qui partirait pour un autre homme, mais il n’y songeait pas. Quand ils se retrouvèrent seuls, Héloïse proposa une île déserte pour se protéger du monde extérieur. Il rit en prenant une gorgée de son verre. Quoi qu’il advienne, une telle photo risquait de faire le tour des réseaux et une bonne partie de la planète apprendrait pour sa relation avec la brune. Loin de s’en formaliser, il en était plutôt fier et heureux. Et si la photo arrivait jusque devant les yeux de son père, c’était encore mieux ! « Une célébrité prétentieuse ? Comment oses-tu ? On m’a toujours dit que j’étais terriblement beau, mais pas prétentieux. » Ouais, rien que ça. Monsieur ne se mouchait pas du coude. Heureusement, il plaisantait. Enfin… presque.

L’après-midi suivit son cours avec de nouvelles visites de la capitale une fois le repas englouti. Au milieu de leurs pérégrinations, la discussion ne s’arrêtait jamais. Dessinant le passé, mais aussi un futur dont ils tenaient le crayon tous les deux. L’avenir s’écrirait à deux. Matthew en était convaincu, jugeant irréel qu’il puisse un jour être séparé de sa petite amie d’une manière ou d’une autre. Il ne pourrait y avoir qu’elle. Pour la première fois, ses pensées ne se dirigèrent non plus pas vers le travail. Ce fut tout l’inverse et ne pas penser à la maison d’édition lui fit un bien fou. Il se détendait totalement, ne cherchant même plus son portable dans sa poche pour vérifier un éventuel appel. Qu’ils se démerdent après tout ! Ainsi, ils se baladaient l’esprit léger. Et la France ne serait rien sans sa gastronomie. Héloïse, en fine connaisseuse, insista pour lui faire connaître un bon nombre de met de son pays natal. Déjà, il goûtait ce bon pain dont les Français se vantaient. Il fallait l’admettre, ça n’avait rien à voir avec ce qui était vendu ou servi en Amérique. Quant à la charcuterie… c’était tout simplement délicieux ! Matthew ne dérogeait pas à la règle des hommes qui aimaient surtout la viande et il se régalait chez un traiteur artisanal de la capitale. Cela faisait boutique paysanne, mais le tout avait son charme. « J’adore. Faudra vraiment ramener de la bouffe d’ici chez nous. » Car bientôt, ils auraient un chez eux. Un appartement qui serait leur foyer où personne ne pourrait venir les déranger. Matthew avait promis qu’il se pencherait un peu plus sur la question des appartements avec elle dès leur retour. En tout cas, dans leurs valises se trouveraient des spécialités françaises, l’Anglais n’en démordait pas.

Matthew poussa un grand soupir de soulagement en venant s’écraser dans le canapé du salon. La journée était terminée. Ils venaient de rentrer à l’appartement et l’auteur devait admettre qu’un tel lieu était plus accueillant qu’une chambre d’hôtel. Ils purent prendre une bonne douche et se changer. Il s’accorda un moment de répit tandis que sa petite amie se préparait avant qu’elle ne vienne tendrement glisser ses doigts dans les siens. Il l’attira contre lui, se sentant déjà grisé par sa présence. Son parfum. La douceur de sa peau. La chaleur de son corps blotti contre le sien. « Ah oui ? Quel genre d’aventure ? » Il pensait sûrement à quelque chose de bien différent, se laissant porter par l’attitude enjôleuse de la brunette. Il voulut prolonger le baiser, mais elle se déroba habilement à lui. Il fronça les sourcils quand il se fut agi d’une chanson. Il ne trouva la réponse que dans les paroles de la chanson qu’Héloïse se mit à fredonner. « Le Moulin Rouge ? » devina-t-il avec surprise et enthousiasme. Oui, il connaissait la comédie musicale et il l’adorait. Les chansons de ce film n’avaient aucun secret pour lui. « Je ne pensais pas vraiment à cela, mais je dois admettre que tu commences fort. » En même temps, il risquait de ne pas y rester durant les deux semaines et il fallait en profiter à fond. Le jeune homme ramena la taille de la jeune fille contre lui, venant capturer ses lèvres avec gourmandise. Il eut furieusement envie d’elle mais il fut se faire violence car l’heure était plus propice au départ qu’aux câlins. Il s'habilla plus présentablement et ils s’envolèrent donc pour le Moulin Rouge avec une Héloïse qui agita fièrement les billets devant lui. Il attrapa sa main, la guidant hors de la résidence pour héler un taxi dans la rue. Une fois à l’intérieur, direction le 9ème arrondissement. « Décidément, ces vacances sont de mieux en mieux. J’espère vraiment une promenade à dos d’éléphants pour la fin du séjour. » s’amusa-t-il en prenant la main de sa belle pour y déposer un baiser. Il lui venait soudain un agréable sentiment d’allégresse. Matthew tendit la main à Héloïse pour sortir du taxi une fois qu’ils furent arrivés. Sa belle robe du soir voleta légèrement dans la brise d’été. « Aurais-je oublié de mentionner que tu es splendide ce soir, Miss Bennett ? » dit-il en français avec son petit accent. Juste pour la faire craquer. Sa main se glissa autour de sa taille, la rapprochant de lui pour déposer un baiser sur ses lèvres. Serrés l’un contre l’autre, ils pénétrèrent dans le Moulin Rouge en présentant les billets. Ils furent accompagnés et placés autour d’une table ronde faite pour deux. L’intérieur de la salle était immense. Certainement une centaine de tables étaient disposées autour d’une grande scène. Tout en ce lieu respirait l’ambiance des cabarets parisiens. Une coupe de champagne leur fut amenée à l’un et à l’autre. Cadeau de la maison. Ils trinquèrent tous les deux à cette nouvelle soirée. « Au début d’un bel avenir. » murmura-t-il en prenant une gorgée de son verre. Il lui lança ensuite un regard malicieux. « Et comme dernière surprise de la journée, tu as prévu d’être le dernier numéro du show ? » Il riait encore de se l’imaginer sur cette scène, appliquant les mêmes chorégraphies que les danseuses et agitant son jupon de tous les côtés. Et d’un autre côté, cette idée ne lui déplaisait pas complètement. A condition qu’il soit le seul spectateur, bien entendu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 4229

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Ven 7 Juil - 13:58

Ces vacances sont merveilleuses. Nous en sommes qu’au premier jour et pourtant, j’ai l’impression d’avoir quitté Los Angeles depuis un mois. Loin de tout, j’en oublie ce que nous avons traversé, les derniers émois de ces semaines passées allant de la révélation de notre histoire d’amour en passant par l’ignorance du père de Matthew envers son propre fils. A Paris, j’ai l’impression d’y avoir laissé nos identités, que nous sommes juste Matthew et Héloïse. Rien de plus. Rien de moins. Et c’est si agréable. Je suis apaisée et ne cesse jamais de rire. Surtout quand je demande comment être une célébrité prétentieuse. Mes joues sont toujours aussi rouge d’avoir été présentée comme sa fiancée. Après tout, ce n’est pas anodin. Il aurait très bien pu dire que j’étais sa copine. Mais là, il est clair que si ça venait à apparaître sur les réseaux sociaux comme Matthew l’entend, ça voudrait donc dire que son père risquerait d’apprendre que nous allons nous marier ? Doux Jésus. J’espère qu’il ne frôlera pas la crise cardiaque si ce n’est que son fils semble très content de lui. Ça ne semble pas l’avoir mis dans tous ses états. Et de nature docile, je m’adapte donc sans sourciller. De toute façon, il est évident qu’un jour ou l’autre, je savourerai la joie de m’unir à lui, de pouvoir devenir un jour sa femme. Je crois que ce jour-là, j’aurai l’impression d’avoir tout gagné, que nous pourrons plus jamais être séparé par qui que ce soit en dehors de la mort. Ou d’un divorce. Mais ça, c’est impossible. Je l’aime tellement qu’à l’heure actuelle, et pour toujours, il ne pourra y avoir que lui. Et à jamais, lui. Même quand il se rebiffe quant au fait d’être accusé de prétentieux, lui qui se trouve si beau. « Mais je ne dis pas le contraire, Monsieur Je-suis-célèbre. Tu es très beau et je ne cesse jamais de le penser. Mais tes chevilles sont bien trop enflées cher enfant. » L’observant d’un air mutin, j’ajoute « Monsieur McGregor, je vous prierai de descendre de votre tabouret. » C’est comme si, ici, nous étions sur un pied d’égalité, ne souffrant d’aucune crainte d’être découvert, du reproche. C’est comme si nous étions retournés au Japon. Le sentiment de liberté s’est amplifié au fur et à mesure que les sentiments ont pris leur place. Fort et pur. L’amour ça se construit à deux.

Et je suis ravie de faire découvrir la France à Matthew, lui faisant découvrir des mets et saveurs qu’ils ne connaissaient pas avant. Pour moi, c’est un peu la redécouverte de mon enfance, des  gouts au parfum d’oubli, que le temps a sauvegardé dans un coin de ma mémoire. Telle la Madeleine de Proust, je m’éveille à ce passé, me rappelant des détails tendres que je peux lui rappeler avec une sincérité touchante. Nous sommes tellement heureux. Mon petit-ami me paraît métamorphosé, ayant moins de retenue, plus d’enthousiasme. Il est déjà prêt à revenir avec une valise entière de produits français, que l’on pourra manger chez nous. Comme pour le terme « fiancée » mon cœur s’emballe encore plus et je me sens rougir quand bien même, ça me paraît plus concret de vivre avec lui, que de me marier. « Je ne sais pas si on peut commander des produits du terroir. Peut—être que si mais ça doit être horriblement cher sans doute. » Prenant un autre morceau de saucisson, je lui pose délicatement entre ses lèvres, l’observant avec tendresse « Tiens, goute celui-là, c’est du saucisson aux cèpes. Il est savoureux je trouve. » Et la journée continue dans cette magie que l’on partage si bien. Le téléphone ne sonne pas une seule fois – bon d’accord, tout le monde dort à cette heure-ci – mais c’est agréable. Comme au Japon, le décalage horaire nous sauve un peu. Et c’est exténué que nous rentrons nous reposer avant que la suite ne reprenne. Emmener Matthew au Moulin Rouge m’a semblé être une idée géniale, d’autant plus que je n’avais jamais été, auparavant. Mes parents ont toujours trouvé cela trop affriolant pour mes dix-huit ans et mon air candide. La frustration a toujours été terrible, d’autant plus que je suis une fan du Moulin Rouge. Et puis, par la suite, lorsque je suis revenue en France accompagnée de Molly, j’ai toujours ressenti comme une gêne à m’y rendre seule. De la peur aussi. Or là, je serai avec mon petit ami et rien ne pourra m’effrayer. Si ce n’est que j’espère que ce cadeau lui plaira. Car là, les billets n’ont pas été pris avec la carte de crédit de Matt mais bien, la mienne. Et j’espère que ce cadeau lui plaira. Le voir deviner la chanson sans aucune difficulté me conforte dans le choix du lieu. Et quand il me questionne sur le Moulin Rouge, je suis plus que jamais enthousiaste « Ouiiiiii ! On va en prendre plein les yeux ! » L’excitation est à son comble et j’ai tellement hâte d’être dans le 9ème, de pouvoir voir un spectacle tout en m’imprégnant du décor du film. La remarque de Matthew me fait relever un sourcil « Tu t’attendais à quoi ? » Je demande avec de grands yeux innocents, me laissant être attiré par lui. Lorsqu’il m’embrasse, je sens comme des papillons me voler dans le ventre, jusqu’à me détacher avec un sourire en coin. « On devrait y aller ou on va être en retard… » Il y a des spectacles à plusieurs heures mais je n’ai pas pris le dernier en me disant qu’on serait trop fracassé pour tenir aussi longtemps. De ce fait, nous prenons bien vite un taxi après avoir quitté l’appartement et nous être changés. Une fois arrivés, je me laisse aider par Matthew afin de m’extirper du taxi. Et c’est là qu’il me dit que je suis ravissante… Mais en français. Avec cet accent. Mon dieu. Je lui sauterai presque dessus tellement, je le trouve encore plus sexy que jamais. « J’adore quand tu me parles en français. Cet accent anglais me donne tellement des idées fort peu catholiques. » Bon heureusement que je ne lui ai pas répondu en français, sinon le videur nous aurait regardé avec un drôle d’air. Il prend nos billets et nous invite à entrer dans les lieux. On nous installe et du champagne nous est servi. Je suis en admiration devant la beauté des lieux encore vide de musique. Ça nous laisse le temps de pouvoir trinquer et de savourer notre coupe. « A nous. » Je lui réponds simplement, toute souriante, buvant une petite gorgée quand Matthew émit l’idée d’une dernière surprise, demandant si je vais danser pour le dernier show. Forcément, surprise, je m’étouffe dans le verre, reprenant contenance tandis que je le fixe d’un air stupéfait « Mais je ne sais pas bien danser. En plus, danser aussi peu vêtue… Doux Jésus… Je ne pourrai jamais faire une telle chose ! » Je finis par dire en secouant la tête. Et mes craintes se confirment quand le spectacle arrive peu après. La musique arrive et le show commence. Cependant, je constate bien vite que les danseuses sont très peu vêtues. Il y a très peu de vêtements, beaucoup de brillants. Et surtout, les seins sont dénudés à la vue de tous. « Mais elles ont oublié leur soutien-gorge ! » Je m’exclame dans un chuchotement angoissé à mon petit ami. J’ai presque envie de me fermer les yeux tant je trouve ça osé. Je pensais qu’elles seraient habillées comme dans le film, pas de cette façon. Néanmoins, le spectacle est beau, quand bien même, je ne peux m’empêcher de secouer la tête et d’ajouter, dépitée « Les hommes doivent être contents. » Bah forcément, ils peuvent voir des femmes presque nues. Et ça me choque. Cependant, le charme des danses, des lumières et de la musique finissent bien vite par m’enthousiasmer. Et je finis bien vite par m’émerveiller en oubliant qu’on voit trop de seins et de fesses. C’est le Moulin Rouge.

Lorsque le spectacle est fini, on en profite pour aller grignoter un bout avant de rentrer à l’appartement en taxi. Autant dire que nous sommes esquintés, harassés par le transport, la visite de Paris. Et demain, nous attend un programme tout autant chargé. On se reposera bien sûr. Mais pas tout de suite même si actuellement, je ne rêve que de m’endormir. Le trajet est plus rapide et finalement, nous arrivons dans l’appartement. Me changeant dans la salle de bain, j’ouvre alors ma valise et cherche mon pyjama. Mais je ne les trouve pas. « J’aurais juré les avoir pris… » Je murmure alors, seule dans la pièce. A vrai dire, je repère bien vite un paquet avec un mot portant l’écriture de ma sœur qui dit « Tu me remercieras. (Et Matthew aussi) » Ayant un mauvais pressentiment, j’ouvre le paquet et là, c’est un défilé de nuisettes en dentelle, en flanelle. Très … osés… Trop osés d’ailleurs. J’en sors un, le tenant à deux doigts comme si j’allais me brûler, constatant que c’est presque bon pour aller danser au Moulin Rouge. J’ai envie de tuer ma sœur mais aussi loin, je n’ai d’autre choix que garder ma colère pour moi. Je ne vais pas dormir toute nue quand même ! Alors, je n’ai d’autre choix que de l’enfiler et c’est… court. C’est court de partout. C’est décolleté, j’ai l’impression de n’avoir rien sur moi. Je n’ai même pas de pull qui pourrait couvrir ça. J’ai rien et je n’ai d’autres solutions que d’aller me jeter dans la gueule du loup de Matthew. Et je vais lui raconter quoi ? Lui dire que c’est un coup de ma sœur ? Il va me rire au nez. Et je n’ai pas envie d’être ridicule. C’est donc rouge comme une tomate, l’air détaché que je sors de la salle de bain pour me rendre dans ma chambre, retrouvant mon chéri. Essayant de ne pas regarder sa réaction, je me contente de dire en seule réponse «  J’avais envie de changer un peu. » Alors qu’en vérité, non non et non, j’aime mes pyjamas. J’ai même acheté un pyjama licorne trop cute bon sang ! Le pire c’est quand je m’allonge à côté de Matthew, j’ai l’impression que tout remonte. Et je n’en puis plus, finissant par lui dire la vérité « En vérité, ma sœur m’a fait un sale coup. Elle a échangé tout ce que j’avais pris par ça… Elle a dû faire ça en venant me dire au revoir, et moi… Je n’ai vu que du feu.. » Un sourire finit par apparaître sur mon visage tandis que je ris franchement, me couvrant le visage « Je te jure que quand on rentrera, je vais tuer ma sœur ! C’est de la trahison enfin… J’espère, au moins, que tu aimes… » Et j'espère bien qu'il aime, sinon je le tue !
Bien plus tard dans la nuit, alors que nous sommes endormis, blottis l’un contre l’autre, un bruit résonne dans la chambre. Bien distinct, reconnaissable d’entre mille car il sonne à côté de nous. Le portable de Matthew s’est allumé et alors que je m’extirpe d’un sommeil bienfaiteur, je me redresse pour voir le téléphone posé sur la table de chevet. « Maison d’Edition » apparaît alors tandis que ça vibre, que ça sonne et que ça nous réveille tout à fait. Fronçant les sourcils,  je ne peux m’empêcher de pester doucement « Ils ne sont pas au courant que tu es en vacances ? » Je finis par dire, faisant mon calcul dans ma tête, qu’entre le décalage horaire, le J+1 de l’arrivée en France, nous sommes donc arrivés Dimanche, que nous sommes dans la nuit de dimanche à lundi, que de ce fait, il ne peut y avoir qu’une seule personne capable de nous appeler à un jour pareil. Son père. Posant ma main sur son poignet, je murmure doucement. « Ne réponds pas…Toi aussi, tu as le droit déconnecter un peu… » Venant me blottir contre lui, j’espère de tout mon cœur qu’il ne répondra, sentant mon cœur battre un peu plus fort. Je prends ce coup de téléphone comme une menace destinée à nous pourrir la vie. « S’il te plait… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Matthew McGregor
Admin prétentieux
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 2775

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Lun 24 Juil - 16:42

Ce voyage à Paris se révélait bien plus paradisiaque qu’il n’aurait pu le penser. Pour la toute première fois depuis des mois, et même depuis des années, Matthew profitait d’un véritable moment de paix. D’une existence où la maison d’édition n’avait plus sa place. Pour la première fois, il décidait d’accueillir pleinement autre chose dans son cœur que l’ambition qu’il nourrissait pour son entreprise. Il n’aurait jamais pu penser éprouver cela, ou même s’imaginer agir de la sorte. Jusqu’ici, l’idée même de laisser la chaise de son bureau vide lui était inconcevable. Il fallait qu’il travaille. Il fallait qu’il pense à autre chose qu’au passé et à l’avenir. Aujourd’hui, il n’avait plus peur. Et ce miracle, il le devait à Héloïse qui savait redonner une saveur à l’existence, qui teintait sa vie de mille couleurs plus chatoyantes les unes que les autres. Mais sans artifices, sans étourdissement. Elle usait de sa simplicité et de sa tendresse comme elle savait si bien le faire pour recréer un monde fait de douceur où l’auteur ne craignait pas de se plonger. Ici, à Paris, dans le sillage de celle qu’il aimait plus que tout au monde, Matthew était heureux.
Il avait même le désir d’emporter un bout de la France avec lui quand ils seraient de retour à Los Angeles. Peu importait le prix pour lui, il ne cessait de s’enthousiasmer un peu plus pour la gastronomie française. Déjà, il se rappelait combien il avait aimé manger dans ce restaurant où il s’était trouvé la première fois avec Héloïse. Mais là, cela dépassait le niveau de ce qu’il avait déjà connu. « On en fera venir quand même. Je ne vais plus pouvoir m’en passer là. » répondit Matthew à la rétorque de sa petite amie qui craignait que cela soit trop cher. Mais rien n’était suffisamment grand pour ne pas exaucer les caprices de Monsieur McGregor. Après tout, quitte à avoir de l’argent, autant qu’il soit dépensé et qu’il serve. De cette manière, il aidait l’économie mondiale. CQFD. Leur tour en ville s’acheva finalement et ils regagnèrent l’appartement d’Héloïse. Matthew profita d’un instant de répit avant que sa belle ne lui fasse comprendre que cette soirée était loin d’être terminée. Si au départ, il songea plus à une soirée entre amoureux pour se retrouver pleinement, il fut malgré tout heureux d’apprendre qu’ils allaient se diriger vers le Moulin Rouge. L’innocence d’Héloïse ne cessa de la surprendre. Quelquefois, il se demandait si elle ne le faisait pas exprès, mais tout ceci était dit avec tellement de naturel qu’il avait fini par rejeter l’idée. Cette enfant était définitivement naïve. « Tu ne vois vraiment pas ? » demanda-t-il d’une voix chaude et intense avant de l’attirer à lui. Des gestes étaient parfois plus évocateurs que des mots. Sa bouche captura la sienne, mais guère pour longtemps. L’heure tournait et il lui faudrait ranger ses envies de la poche.

« Vraiment ? Des idées pas catholiques ? » Ils venaient tout juste d’arriver devant le Moulin Rouge et Matthew s’était permis de glisser quelques mots en français pour noter la tenue exquise de sa petite amie. Certes, il était certain de son effet, mais les propos d’Héloïse le firent rire autant qu’elles lui plurent. « Il faudra que tu me parles de tout cela plus en détail alors. » lui murmura-t-il à l’oreille tandis qu’ils rentraient dans le bâtiment après avoir présenté les billets. Ils ne tardèrent pas à être placés à une table non loin de la scène. Le cadre était typiquement celui d’un cabaret français. Le jeune auteur appréciait énormément. Du champagne leur fut apporté et ils trinquèrent à cette soirée qui s’annonçait merveilleuse, et à des vacances qui commençaient en beauté. De tout cœur, il espérait que les deux semaines restantes seraient tout autant paradisiaques.
Il se retint de rire en la voyant s’étouffer dans son verre quand il proposa qu’elle fasse la dernière partie du spectacle. Dans son esprit, il se mit à imaginer Héloïse dans la tenue du French cancan en train de lever la jambe de tous les côtés. Il ne savait pas encore si c’était comique ou étrangement excitant. « Pourtant, tu ne dansais pas trop mal à la fête de ton université. » Certes, ce n’était pas vraiment la danse des cabarets, mais elle ne pouvait pas prétendre ne pas savoir danser. Enfin de toute manière, il était évident qu’elle ne pourrait pas monter sur scène. Et tant mieux d’ailleurs, puisqu’il n’aurait pas supporté que quiconque la regarde. A moins qu’il ne fasse sortir toute la salle, bien entendu. psychopathe Les lumières se tamisèrent brusquement et la musique s’éleva. Le spectacle débutait tout juste. Mais à peine les filles entrèrent sur scène qu’il entendit Héloïse étouffait un jappement choqué. Il haussa les sourcils, toujours plus surpris de l’innocence presque Marie-Thérèsienne de sa petite amie. « Evidemment qu’elles sont ainsi. Tu t’attendais à quoi ? A la parade de Winny l’Ourson ? » se moqua ouvertement Matthew en éclatant de rire. Mon dieu, elle vivait dans un monde de conte de fées et de bisounours. « Les femmes aussi doivent aimer. » lui glissa-t-il juste pour le plaisir de la choquer un peu plus. De voir ses joues s’embrasser et sa mine être déconfite, il en riait davantage. Néanmoins, tout comme lui, elle se laissa bien vite emporter par la magie du spectacle. Quand il serait de retour en France, il pourrait bien faire râler Dimitri et Zackary d’avoir vu autant de fesses et de seins en une seule soirée.

De retour à l’appartement après avoir mangé un bout quelque part, la musique bourdonnait encore aux oreilles de Matthew. Le spectacle avait été grandiose, et heureusement, même Héloïse y avait pris du plaisir. Ce fut à ce moment-là que Matthew sentit véritablement la fatigue de leur voyage et de cette journée bien remplie. Il n’aspirait plus qu’à une chose : dormir. Et même les idées fort peu catholiques de sa petite amie ne paraissaient plus aussi attrayantes que tout à l’heure. Matthew fut rapidement en pyjama, allant s’éteindre sur le lit. Il attrapa son portable par réflexe, et pour la première fois depuis leur arrivée en France, il se risqua à vérifier si la maison d’édition n’avait pas eu besoin de lui ou qu’une affaire urgente n’était pas en cours. Apparemment, rien de grave. Il avait uniquement reçu quelques mails qu’il transféra à son stagiaire actuel avec pour mission de s’en charger. Hors de questions qu’il réponde à quoi que ce soit. Il se contenta simplement de répondre de lui-même à des gens importants ou à des personnes qui n’avaient rien à voir avec la maison d’édition. « J’avais envie de changer un peu. » Changer quoi ? Il n’avait pas entendu Héloïse arriver, comme si elle était devenue une petite souris. Il releva le nez de son téléphone pour… tomber sur une demoiselle en nuisette ?! Un instant, il se demanda si c’était la bonne petite amie qui avait franchi le seuil de cette porte. « Waaah… » souffla-t-il. Bêtement. « Je dois admettre que j'apprécie grandement le changement. » Il n’avait jamais vu Héloïse ainsi, mais il savait déjà qu’il aimait cela bien plus que ses pyjamas sans forme et anti-sexy. Comment faisait-il pour avoir envie d’elle dans ses tenues ridicules ? Là, pour le coup, ça changeait totalement la donne. Toutefois, quelque chose clochait puisqu’elle n’avait pas l’attitude sexy qui allait avec. En vérité, si elle avait pu se cacher dans un trou, elle l’aurait fait. Elle vint s’allonger à côté de lui. Il observa d’un œil appréciateur le tissu remonter le long de ses cuisses. « Héloïse ? » Oui, parce que ça allait bien deux secondes, mais il n’y croyait pas vraiment à sa théorie. C’est là qu’elle lui déballa toute la machination de sa sœur Molly. Il se mit à rire d’entendre une telle histoire à laquelle il avait goût. Décidément, il l’aimait beaucoup cette sœur Bennett. « Cela reste plutôt une jolie trahison. » dit-il avant de se rapprocher d’elle pour venir enlacer sa taille. Il la ramena contre lui, tous les sens en ébullition. « J’aime bien plus que cela. » Et il le lui prouva… ardemment.
Blottis l’un contre l’autre, il crut d’abord que c’était un rêve avant d’entendre distinctement la sonnerie du téléphone. Matthew grogna de mécontentement. Si c’était son stagiaire, il reviendrait en Amérique pour le tuer et jeter son corps à la mer avant de revenir à Paris pour terminer ses vacances. Un aller-retour, vite fait, bien fait. Mais lorsqu’il vit qu’il s’agissait d’un appel qui venait tout droit de la maison d’édition et que le jour ne correspondait pas à un moment où l’entreprise était ouverte, il sut qu’il ne pouvait s’agir que de son père. « Ce ne sont pas eux qui m’appellent. » souffla-t-il de dépit à sa petite amie. Son doigt allait se poser sur « répondre » quand la main délicate d’Héloïse se posa sur son poignet. Il fronça les sourcils avant qu’elle ne lui dise qu’elle ne souhaitait pas qu’il réponde. Il tourna son visage avec elle, observant sa mine de supplique. Que faire ? Il regarda à nouveau cet écran qui réclamait cet appel. Si son père l’appelait, ce ne pouvait être que pour le contrarier. Avait-il vu la photo ? A moins que cela ne soit à cause d’une de ses sœurs ? Non, si cela avait été le cas, il aurait été prévenu en premier par ses mères ou ses sœurs. Ce ne pouvait être rien de grave. Poussant un soupir impuissant, il déclina l’appel avant d’éteindre définitivement son portable. « OK, je déconnecte. » Il retourna s’enfouir dans les draps, venant serrer la taille d’Héloïse tout contre lui avant que le sommeil ne les rattrape tous les deux.

Totalement reposé, Matthew s’extirpa de son sommeil avec une sensation de plénitude qu’il redécouvrait. Décliner ce coup de téléphone était sûrement la meilleure chose qu’il pouvait faire. Il chercha la chaleur du corps d’Héloïse à côté de lui, mais ne la trouva pas. C’est alors qu’il entendit du bruit dans la cuisine. Il sortit des draps, rejoignant sa petite amie dans la cuisine. Il fut ravi de voir un merveilleux petit déjeuner présenté sur la table. Et d’autant plus ravi de constater que la nuisette existait encore. « Bonjour sexy nuisette. » Il vint déposer un baiser sur ses lèvres, enlaçant sa taille avec tendresse. « Dis donc, c’est bien mieux qu’à l’hôtel. » Décidemment, venir dans cet appartement était bien plus qu’une bonne idée. Il ne cesserait de féliciter cette initiative. Ils prirent donc leur petit déjeuner tranquillement, profitant simplement d’être ensemble avant d’aller se préparer. Loin de Los Angeles, tout paraissait plus naturel et paisible. Même Héloïse semblait quelque peu différente ici. Peut-être un peu plus confiante d’évoluer dans les paysages de son enfance. Quoi qu’il en soit, elle était radieuse.
De nouveau, ce fut une journée de visite dans la capitale. Il fallait bien sûr plusieurs jours pour pouvoir en faire un peu le tour. Ce matin, il s’agissait du musée du Louvres. Le grand débat fut de savoir ce qui devait être vu en priorité. Après tout, ce musée ne se faisait pas en un jour. Matthew s’admit principalement intéressé par la partie égyptienne, ainsi que les sculptures de la romanité. « Et toi, qu’est-ce que tu veux faire ? » s’enquit le jeune homme, tandis qu’ils étaient tous les deux penchés sur le plan. Elle donna son avis et il fut décidé qu’ils débuteraient avec l’art romain. Après un bon nombre d’escaliers à monter et de couloirs à parcourir, ils furent sur place. Matthew glissa sa main autour de la taille de sa belle alors qu’ils déambulaient. « La plupart de ces sculptures sont des nues, j’espère que ça ne te choque pas trop. Est-ce que tu veux te cacher les yeux et je te guide ? » se moqua gentiment l’auteur auprès d’Héloïse. Il allait se faire frapper mais il s’en foutait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 4229

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Ven 4 Aoû - 12:21

Je vous assure, vraiment, je ne pensais pas qu'il y aurait autant de fesses et de poitrines dénudées pendant le cabaret. Les costumes n'en demeure, pas moins, magnifiques. Mais voilà, c'est assez ouvert et ça gigote de partout. Et j'en suis effarée, encore plus que lorsque Matthew évoque mes danses à l'université. « Je n'étais pas dans mon état normal ce soir-là ! » Comprendre que j'étais un poil trop pompette et heureuse d'avoir réussi mon diplôme. En plus, je me suis contentée de danser, je ne suis pas déshabillée pour m'exhiber fièrement comme le font ces femmes. Quand bien même, je comprends que mon amoureux ne serait pas contre face à un tel spectacle. Les hommes ! Ils sont tous les mêmes. Et je me retiens de lever les yeux au ciel. Que puis-je dire ? À la seule chose que je le fusille du regard en l'entendant se moquer de moi. « Mais je sais très bien que ce n'est pas la parade de Winnie. Mais admets que c'est ... échancré... » Et j'en repère une qui a une tenue encore plus osée que d'autre. Si elle n'avait pas ce string, et ces diamants, elle serait nue. « Je voulais t'emmener dans un carabet pas une boite de striptease ! » Et me rappelant d'un détail capital, j'entreprends de le faire partager, toujours à voix basse. « En plus, Naïa a vu le costumier et apparemment, elle sera couverte un peu comme dans le film. Dieu Merci ! Je me serais sentie gênée d'aller voir ma meilleure amie, les seins nues. Quelle horreur ! » Je déclare un peu plus effarée avant que l'une des danseuses se mettent à chanter. Et ça achève de me faire taire tandis que je m'extasie du timbre de voix de la demoiselle. C'est qu'elle chante bien - quand bien même, la meilleure c'est Naïa - et je finis par me taire, me laissant envahir par la musique, les lumières et les costumes. Il y a trop de seins à l'air mais j'oublie. Le Moulin Rouge c'est magique quand même. Et une fois que le spectacle est fini, on finit par rentrer à la maison où cette fois ci, le show continue mais sans que je le veuille. C'est de la faute de Molly et vêtue dans cette nuisette, j'essaye de garder toute la dignité dont je suis capable en lui avouant que je ne m'y attendais pas, qu'il s'agit d'un coup de ma soeur. J'ai l'impression d'être dénudée, offerte comme un appât a un poisson qui n'en est que plus heureux. Et pourtant, ça me gêne terriblement. Ça ne me ressemble pas. Matthew lui, avoue que ça lui plaît et il ne perd pas le nord pour me le montrer... Ardemment. Entre deux baisers enflammés, je ne peux m'empêcher de sourire contre ses lèvres et d'ajouter « Je tuerais, quand même Molly à notre retour. » Ma sœur mérite que je me venge Et encore je n'ai pas vérifié au fond de ma valise mais il y en a encore des choses.

Entre le voyage, la journée à cavaler, le Moulin Rouge et la nuisette, je finis par être franchement crevée et la nuit de sommeil nous fait plus que de bien. Enlacés l'un contre l'autre, on dort paisiblement lorsque le téléphone de Matthew sonne. Il faut un temps pour s'éveiller, réagir, pour se rendre compte de qui il s'agit, et de comprendre pourquoi il appelle, maintenant, au beau milieu de la nuit. Est-ce les photos ou la seule volonté de ne pas foutre la paix à Matthew ? Une bouffée de colère s'empare doucement de moi. Je suis véritablement en colère contre son père, ne comprenant pas comment il peut s'évertuer à gâcher la vie à son fils. Après tout, quel mal peut bien avoir fait Matthew en dehors de m'aimer. Aucun... Et pourtant, c'est au plus beau et au plus noble des sentiments qu'il s'oppose, vient nous pourrir la vie alors que nous sommes en vacances. Que nous avons enfin un moment à nous deux. Alors, je n'attends pas plus pour réagir, pour oser. Ma main se pose sur son poignet et je le supplie de ne pas répondre. Ma voix tremble légèrement et je ne cesse d'alterner mon regard entre le téléphone et Matthew. J'espère qu'il ne répondra pas. Ça voudra tant dire et pas forcément, en bien. Je sais que ça cassera toute cette magie qu'il y a depuis notre arrivée, cette alchimie et cette faculté à pouvoir oublier qu’en Amérique, un seul homme s’oppose à notre couple et c’est un frein assez important parce qu’il n’est autre que le père de mon petit-ami. Ma voix est suppliante et je pourrais bien me mettre à pleurer. Pourtant, c’est le cœur au bord des lèvres que je le vois raccrocher et reposer le portable. Poussant un infime soupir de soulagement, je lui tends les bras pour qu’il vienne se blottir contre moi. J’ai plus que jamais besoin de son contact, de son odeur. C’est tout ce dont nous avons besoin. « Je t’aime. » Je finis par doucement murmurer en nichant mon nez au creux de son cou, petite et protégée auprès de l’homme dont je suis amoureuse. Et finalement, le sommeil nous gagne et on finit notre nuit en oubliant bien vite.

***

Etant en vacances bien avant de décoller, je finis par me réveiller la première, me sentant en pleine forme et laissant Matthew dormir encore. Il doit en avoir bien besoin. Aussi, c’est armée de ma courte nuisette que je me dirige vers la cuisine pour préparer le petit-déjeuner de champion. Bon, j’aurais pu aller farfouiller dans mes placards. Peut-être que j’aurais pu dénicher de vieux vêtements que l’on aurait gardés. Mais Matthew dormant, je n’ai pas envie de le réveiller. Aussi, je me contente de rester si peu vêtue mais n’en demeurant pas moins très mal à l’aise. Vivement que je suis puisse tuer, sereinement et avec le sourire, ma sœur. Même si pour l’instant, je me perds bien vite dans les préparatifs. Heureusement qu’on a fait les courses hier pour remplir le frigo. C’est un repas de gala et ça me plaît. Mon esprit romantique s’imagine déjà notre futur lorsque nous habiterons ensemble. Aussi, le sourire est grand tandis que je prépare la table, étalant amoureusement les serviettes bien comme il faut. L’amour ça rend gâteux et quand l’amoureux finit par se réveiller, arrivant dans ma direction, je ne peux que me sentir encore plus heureuse, venant me blottir contre lui et ne pouvant m’empêcher de rire – et rougissant par la même occasion – sur le surnom donné. Je me tortille juste assez pour espérer que ça ne soit pas trop court même si ça n’a pas l’air de déplaire et que nous sommes tous les deux. « Bonjour toi… » Je lui dis, déposant un baiser sur ses lèvres. Le fait qu’il puisse encore plus se plaire qu’à l’hôtel me conforte un peu plus dans le choix du lieu pour Paris. J’ai eu une bonne idée ! « Et puis, au moins, je peux m’entraîner pour quand on vivra ensemble. Tu auras des petits déjeuners comme ça, tous les jours. » Enfin, pour l’instant, je dis ça. Mais je crois que ça va bien vite me sembler impossible lorsque ce sera tous les jours et avec le boulot en prime. Mais c’est bien de rêver d’abord. J’ai tellement hâte.
Mais pour l’instant, il y a encore beaucoup de choses à faire et notamment, aller au Musée du Louvres. La base de toute personne aimant la culture et l’art. Aussi, une fois douchés et préparés, on n’a pas trop attendu pour décoller, d’autant plus qu’il y a du monde. Une fois à l’intérieur, nous cherchons le plan afin de savoir ce que nous pouvons voir en premier et finalement, notre choix se porte sur l’art romain. J’ai vraiment hâte quand bien même, Matthew entreprend déjà de m’embêter en évoquant les statues nues. « Tsss ! T’auras plus de petits déjeuners si t’es un vilain avec moi ! » Cependant, je ne peux contenir mon sourire plus longtemps, ajoutant « De toute façon, je te surveillerai histoire que tu ne regardes pas trop les nues non plus. Les hommes, vous êtes des vicieux d’abord ! » Mon rire résonne dans la pièce avant de poser mes mains sur ses joues et de tirer dessus légèrement « Je pense que je devrais arriver à survivre devant ces figures outrageuses ! » Et puis, c’est le musée du Louvres et il y a tant à voir, tant à visiter. Le lieu est empli de monde, c'est fou. Et pourtant, ce n'est que le matin. Aussi, nous commençons bien vite notre visite quand bien même, nous sommes lents. En effet, chaque statue a son histoire et se raconte, alors nous prenons le temps de nous arrêter devant chacune. « Oh mon dieu ! Ses seins sont à l'air ! » Je finis par dire en plaquant mes mains sur les yeux de Matthew. Cependant, elles ne restant pas longtemps et je finis par en rire « Je rigole ! Mais c'est vrai que les romains ont une approche de la nudité plus libérée que nous. » Je finis par déclarer en me disant qu'ils avaient l'air, beaucoup moins, pudiques que moi. Et sur ces mots, nous continuons, passant dans une autre salle et traitant d'un art venu d'un autre temps. Et ça dure jusqu'à midi où nous finissons par nous octroyer une pause repas. Le temps de reposer les pieds, pour mieux repartir à l'intérieur l'après-midi. Nous n'avons pas encore tout fait et nous tenons à tout faire. Forcément, Matthew aime l'art et c'est tout autant quelque chose qui nous plait. « On sera cuits ce soir. Heureusement je n'avais rien prévu. » Je me suis dit qu'il serait préférable de se reposer, parce qu'effectivement le Musée nous achève bien vite. À la fin de la journée, je suis au bout de ma vie. « J'ai trop marché... » Je gémis. « Ces vacances sont trop épuisantes... » Et nous n'en sommes qu'au deuxième jour. Je crois que j'ai mal calculé le programme en y incluant le poste fatigue. Heureusement, ce soir, il n'y a pas de concert prévu. Il y aura juste nous deux. À l'appartement. Et la nuisette de l'enfer.

***

Fort heureusement, nous sommes restés à la maison et le lendemain, je me sens en pleine forme. Même que je m'extirpe du lit doucement pour ne pas réveiller l'Endormi. Me dirigeant vers le salon, je récupère ma valise et entreprend de farfouiller l'intérieur avant d'extirper ce que je cherche. Puis, revenant dans le lit, je me glisse sous les draps, me rapprochant de l'amoureux. Lui tapotant le nez, je constate qu'il dort bien. Alors je réessaye et je le vois qui fronce les sourcils. Délicatement, mes lèvres se posent contre les siennes, puis continue leur route sur ses joues, son nez. Mon dieu, mais qu'est-ce qu'il est beau... « Mon amour, aujourd'hui tu vieillis... Alors je te souhaite un joyeux anniversaire à toi qui illumine mes journées et mes nuits. Si tu savais combien je suis contente de partager cette journée spéciale rien qu'avec toi... » J'aurais pu dire qu'il devient un papi pour rire, mais je ne suis pas certaine que ça l'aurait fait rire. Alors je préfère, continuer, les papouilles. « Vingt-neuf ans, ça se fête Monsieur Matthew McGregor... »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Matthew McGregor
Admin prétentieux
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 2775

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Mar 8 Aoû - 13:00

Matthew peinait grandement à stopper son hilarité face à la gêne de sa petite amie. Héloïse se cachait les yeux depuis le début du spectacle du Moulin Rouge, supportant mal la vision de seins et de fesses nus. Elle rougissait, bafouillait. Un véritable spectacle à elle toute seule, mais dans une veine moins sensuelle. Il s'agissait plutôt d'un numéro comique qui lui rappelait que sa belle était encore un oiseau fragile et innocent. Elle s'était attendue à une représentation des plus normale mais elle déchantait bien vite sous le rire de Matthew. Dans le fond, il était attendri par sa naïveté. Il aurait pu en être agacé comme beaucoup d'autres hommes à sa place l'auraient été, mais il se souvenait que c'était ce qui lui avait plu en premier lieu chez Héloïse. Son innocence déconcertante. Dite innocente qu'il avait d'abord pris pour de la stupidité lors du premier entretien. Forcé de constater que la belle cachait bien son jeu. Il s'étonnait de cette nature à la fois délicate et imprévisible. Elle avait su prouver qu’elle avait un esprit tenace. « C’est même plus qu’échancré. » rit-il en ne se lassant pas de voir sa tête choquée. « Crois-moi, le striptease, ça ne ressemble pas à ça. » se crut-il obligé de préciser, son expérience provenant de ses soirées avec Dimitri et Zack. En voyant la tête de sa petite amie, il haussa les épaules. « Je dis juste ça comme ça. » Pas forcément qu’il y avait assisté. Il ne valait mieux pas qu’Héloïse puisse se douter de quoi que ce soit. Heureusement, elle enchaîna sur son amie Naïa qui effectuait justement le fameux spectacle du Moulin Rouge. En comédie musicale, donc c’était dans un autre ton. « Tant mieux pour elle, mais ici, tu es en France. Les mœurs sont plus… étranges. » Les Français étaient des dépravés, c’était bien connu. Encore une fois, en voyant la tête d’Héloïse, il dut se raviser. « Enfin, je ne parle pas pour toi, bien sûr. » Il faudrait sûrement qu’il se taise. Ce fut d’ailleurs ce qu’il fit pour profiter pleinement du spectacle et éviter tout nouvel incident diplomatique. Même sa petite amie finit par se laisser happer par la magie de la représentation. Elle ne se cacha plus les yeux et elle n’eut plus rien à objecter. Après un repas avalé rapidement, ils furent bien heureux de regagner l’appartement pour se reposer. Et cette fois, Matthew ne s’attendait pas à une nouvelle surprise. D’ailleurs, Héloïse non plus parce qu’elle était morte de honte en petite tenue. Il haussa un sourcil, à la fois d’étonnement et d’intérêt. Elle s’offrait un nouveau look pour la France ? Visiblement, Molly avait concocté ce petit tour pour le plus grand plaisir de l’auteur. « Et moi, je la remercierai. » affirma-t-il en venant capturer les lèvres de sa petite amie. Molly était peut-être intrusive pour sa petite sœur, mais il fallait lui reconnaître de bonnes idées !

***

Malgré une interruption dans leur nuit à cause d’un coup de téléphone, Matthew s’était réveillé en pleine forme et épanoui. Sans doute parce qu’il n’avait pas répondu. Un court instant, il l’avait regretté, mais en voyant la lueur de reconnaissance dans les prunelles d’Héloïse, il sut qu’il avait fait le bon choix. Pour ces vacances, il devait laisser la maison d’édition de côté. Et surtout, son père. Peu importait ce qui l’attendrait en rentrant. Quitte à en prendre plein la tête, mieux valait qu’il profite pleinement en France. La place à côté de lui était encore chaude du corps d’Héloïse, mais elle ne se trouvait plus dans le lit. Il entendit du bruit revenir de la cuisine. Il se leva et rejoignit sa belle qui préparait le petit déjeuner. Pour son plus grand plaisir, elle portait encore la nuisette sexy de la vieille. Cela lui donna l’idée d’un nouveau surnom tandis qu’il l’embrassait en guise de bonjour. « Je n’en demande pas tant. » s’amusa-t-il quand elle lui certifia que cette matinée ressemblerait aux autres lorsqu’ils vivraient ensemble. Il aimait quand Héloïse se mettait à rêver leur vie, à l’imaginer dans ses moindres détails. Elle le faisait avec tant de précision qu’il s’y croyait aussi. Ils prirent le petit déjeuner dans ce bonheur presque irréel. Le poète en venait à ne plus vouloir partir de la France grâce au pouvoir qu’elle exerçait sur leur relation. Il se croyait un peu comme au Japon, quand ils n’avaient pas besoin de se cacher. Pourtant, leur liaison était rendue publique désormais, mais ce n’était pas pareil à Los Angeles. Le poids des obligations pesait encore sur eux. Ici, ils pouvaient tout oublier. Dans cette même insouciance doucereuse, ils décidèrent de partir pour le Louvres. Tous les deux amoureux des arts, c’était la destination incontournable pour leur couple. Après de nombreuses délibérations, leur choix se posa en premier sur l’art romain, ce qui donna matière à se moquer d’Héloïse. Effectivement, la plupart des statues étaient des nus. Il rit de se faire traiter de vilain. Son bras s’enroula autour de sa taille pour la ramener contre lui et glisser un baiser sur sa nuque. « C’est de l’art, il n’y a rien de vicieux là-dedans. » Ensemble, ils prirent le temps de visiter cette aile qui n’en finissait plus, se gorgeant de ce savoir si ancien. Tout à coup, Matthew fut surpris par la réaction de sa petite amie qui colla ses mains sur son visage, prétextant la vision de seins nus. Il l’attrapa délicatement par les poignets pour éloigner ses mains de ses yeux. « Pff t’es bête, Miss Bennett. » Il captura ses lèvres pour l’empêcher de balancer une nouvelle énormité. « Et n’y avait pas que la nudité qui était libérée chez eux. » Mais il était encore un peu tôt pour parler d’orgie. Elle était encore si jeune et innocente. Pauvre enfant. Ils continuèrent leur visite qui occupa toute leur journée. Le Louvres était si grand, et encore, ils durent sélectionner ce qui les intéressait en priorité. Ils ne pouvaient pas tout faire. Le soir venu, ils étaient complètement crevés en rentrant à l’appartement. « Je crois que même si tu avais prévu un saut en parachute, je me serai endormi avant d’atterrir. » Malgré tout, c’était une bonne fatigue qui ressource et apaise. Ils s’endormirent paisiblement dans les bras l’un de l’autre.

***

Après trois jours, Matthew était totalement déconnecté de la réalité. Si bien que lorsqu’il fut réveillé de manière plus douce que les autres ce matin-là, il ne comprit pas tout de suite pourquoi. Il se disait juste qu’il avait incroyablement de la chance. Il ne s’éveilla pas tout de suite, prenant le temps de froncer les sourcils, de grogner un peu avant d’émerger complètement. Il ouvrit les yeux sur une Héloïse radieuse. « Bonjour toi… » dit-il en caressant sa joue. C’est là qu’il entendit dire joyeux anniversaire. Il fronça les sourcils avant de réaliser, qu’effectivement, ils étaient le 11 juillet. Son premier anniversaire avec Héloïse. Dire qu’une année auparavant, elle n'était que sa stagiaire et sa vie n’avait guère de sens. Une année auparavant, il s’était fait enlever par ses potes Dimitri et Zack pour passer une journée qu’il n’oublierait pas. Mais cet anniversaire-là promettait d’éclipser tous les autres. « J’espère que tu ne vis pas trop mal le fait d’être avec un homme si vieux. » Vingt-neuf ans. Bientôt la trentaine. En soi, avancer en âge ne le dérangeait pas. Au contraire, il mûrissait. Cela ne faisait que témoigner du fait que le temps passait, et parfois à vive allure. « En effet, ça se fête… » dit-il d’une voix chaude et évocatrice. Ses bras encerclèrent la taille d’Héloïse. Il la fit tomber à la renverse sur le lit et échangea leurs positions, si bien qu’il se retrouva au-dessus d’elle. Il la dévora de baisers ardents sans lui laisser aucune chance de s’échapper. De toute manière, elle ne paraissait pas le désirer d’une quelconque manière.

« Je t’aime, Miss Héloïse Bennett. » murmura-t-il au creux de son oreille tandis qu’ils étaient blottis l’un contre l’autre, encore essoufflés et repus d’amour. « Une année auparavant, je n'étions presque rien l'un pour l'autre, et pourtant, j’ai cette sensation de te connaître depuis toujours. Mais à aucun moment, je n’aurai pu me figurer que je me retrouverai dans tes bras un an plus tard… je n’échangerai ma place pour rien au monde. » S’il le pouvait, il changerait même le cours du temps. Il n’aurait jamais demandé à Jane de l’épouser. Il aurait cherché Héloïse pour qu’ils puissent se rencontrer plus tôt. Il ne lui aurait montré que ses bons côtés pour qu’elle tombe éperdument amoureuse de lui. Pour qu’ils ne perdent pas autant d’années et qu’ils puissent s’aimer plus longtemps encore. S’il avait su, il aurait avancé l’heure de leur rendez-vous… Ils finirent par se lever, se préparer et prendre ce magnifique petit-déjeuner qui les attendait sur la table. Alors qu’Héloïse s’arrangeait devant le miroir de la salle de bain, Matthew arriva par derrière et enlaça délicatement sa taille. Il la serra contre lui, venant parsemer des baisers le long de sa nuque. « Un programme spécial pour aujourd’hui ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 4229

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Mar 8 Aoû - 22:54

Devant le spectacle, je me sens à la fois fascinée et horrifiée. Bien sûr, quand le chant s’y met, je ne peux m’empêcher de me taire, de fixer avec émerveillement le spectacle se profilant sous mes yeux. Or, quand le décor change, quand d’autres danseuses arrivent, que le moment est propice à la danse, je ne peux m’empêcher de me sentir toute honteuse de profiter d’une telle nudité. Mais visiblement, il n’y a qu’à moi que cela pose problème. Et j’explique donc mon point de vue à Matthew qui ne cesse de rire à mon sujet. « Mais arrête de rire toi ! » Je le morigène un peu, quand bien même, mon sourire me trahit. Je ne peux nier que je suis innocente. Pourtant, je ne suis pas sourde et je lève de grands yeux innocents quand mon petit-ami me contredit au sujet du déroulement d’un strip-tease. « Tu as déjà vu un strip-tease ? » Ma petite voix n’en demeure pas moins suspicieuse. Après tout, ça ne m’étonnerait pas. Pourtant, mon petit-ami semble dire le contraire, expliquant qu’en France, les mœurs sont plus étranges qu’aux Etats-Unis. Et bien sûr, je fronce les sourcils cherchant une explication qu’il ne me donne pas vraiment. Il me confirme ne pas parler de moi. « Je me doute bien, je ne pratique pas le strip-tease. Enfin… » Voilà que je me mets à rougir. « Je n’ai jamais essayé. » Doux Jésus, il me serait jamais venu en tête d’oser faire une telle chose. Mais maintenant que nous en parlons, ceci me travaille. J’y réfléchis en même temps que je cogite à ce que je vois, à ce que j’entends. « Ça doit être joli à voir quand même. » Sainte Marie Héloïse. Si ça continue, Matthew va finir par m’interner dans un couvent En compagnie d’Elinor et même que je finis par me demander ce qu’il trouve de désirable chez moi face à ces femmes si belles et si … Oh mon dieu, un autre téton, faut que je me cache les yeux !!

***

Ces vacances me semblent tellement merveilleuses. Je suis sur un nuage et je profite de chaque instant. On en fait des choses. Et je tiens à ce que Matthew puisse ne jamais oublier ces vacances. C'est sans doute ses premières depuis le début de sa vie. Et c'est primordial pour moi. Je veux garder ces détails précieux de ces instants passés ensemble, ces moments d'amour où nous ne sommes plus que deux humains s'aimant à la folie, où il n'y a pas de contrainte, plus de secrets, et une vie entière à prévoir. J'aime tellement la simplicité de nos échanges, je savoure quand le téléphone n'est pas en train de sonner en permanence, nous dérangeant sans cesse. Et puis, nous passons notre temps à rire de tout et de rien, à nous chamailler pour accaparer l'attention de l'autre. Et c'est bouleversant. La nuit, il m'arrive même de me réveiller, de contempler son doux visage, si beau, si paisible, de me dire que j'ai une chance inouïe de le connaître, de partager sa vie et de pouvoir l'aimer entièrement. Même quand il me fait son Prince capricieux, même quand il joue de ma naïveté et de mon innocence. Je l'aime pour ce qu'il est, pour ce qu'il m'apporter et je ne tiens pas à ce qu'il change. Il est tel qu'il est et je l'aime pour ça. Même quand il se moque de moi au Moulin Rouge ou au Musée du Louvre par exemple. Face à ses statues de nues que nous observons tandis que nous déambulons tranquillement. Bien sûr, je tente vainement de m'insurger mais c'est peine perdue. Pourtant, je suis convaincue de moi lorsque j'explique que les hommes sont tous des vicieux, y compris mon bien aimé. « Si, vous êtes des vicieux. Votre regard vous trahit. » Déposant un baiser sur sa joue, nous continuons notre traversée jusqu'à ce que je me décide, à mon tour, de le taquiner. Il ne s'en sortira de façon sereine ! Et lui masquer les yeux m'amuse grandement tandis que je fais mine de m'offusquer face à la vision de cette poitrine dénudée. Bien sûr, Matthew ne manque pas de faire savoir qu'à cette époque, tout était bien plus libéré. « Je n'aurais jamais pu vivre à une telle époque. Ou alors, on m'aurait prise pour une folle ! » Ça aurait été si étrange d'ailleurs, de devoir s'exhiber, de vivre de façon aussi libre... Et dire que je travaille tellement sur moi pour prendre un peu plus de confiance, pour oser être plus sûre de moi dans ma façon d'être et de faire. Ça pourrait lui plaire à Matthew, et même si c'est assez difficile pour quelqu'un d'aussi réservé que moi, j'essaye de faire des efforts. C'est important, c'est comme ça qu'on avance. « Tu aurais été un empereur romain, j'en suis sûr. Je te vois être impitoyable, Maximus Octavius. » Imaginer Matthew avec une couronne d'oliviers sur la tête me fait rire, qu'il soit autoritaire ne me semble guère changeant. Restant blottie contre lui, je continue par énoncer mes idées loufoques. « J'aurais été ta troisième épouse et tu m'aurais tué parce que je ne te donnais que des filles ! » Lui pinçant le flanc, j'ajoute d'une voix hilare « Un vrai gougnafier, monsieur l'empereur. »

***

C'est qu'en plus, l'empereur vieillit. Et après quelques jours dans la capitale, je suis super excitée d'arriver à ce jour si important à mes yeux. Je me sens tellement honorée de pouvoir fêter son anniversaire à ses côtés. Forcément, tout a été prévu dans mon planning super chargé. Ce jour sera inoubliable. Enfin, je l’espère du moins. Mais en attendant de voir le déroulement de notre journée, je prends le temps de réveiller mon amour, d’être la première à lui souhaiter un bon anniversaire. Voir son sourire est si important pour moi et je ne peux m’empêcher de sourire lorsqu’il évoque le fait d’être devenu plus vieux que moi. « Ohlala… Je ne sais pas si je vais m’en remettre… » Je murmure en déposant un baiser sur son nez, le fixant amoureusement. Je trouve que c’est un âge tellement merveilleux et le ton enjôleur qu’use mon petit ami, a raison de moi. De ses baisers, de ses caresses, je finis bien vite par succomber comme à chaque fois. « Voilà une belle façon de commencer sa vingt-neuvième année, Monsieur McGregor… » La fièvre me saisit déjà et pourtant, j’ose poser délicatement mes doigts sur ses lèvres interrompant notre baiser, rougissant un peu et murmurant « J’aimerais… J’aimerais que tu me laisses le faire pour toi, cette fois-ci. » Être celle qui dirige, et il saura combien c’est important pour moi, combien ça me donne un peu plus de confiance. « Je t’aime.. » Je finis par ajouter jusqu’à ce que mes lèvres soient prises d’assaut par les siennes, que mon cœur s’emballe comme un fou furieux dans cet élan d’amour et de tendresse, à en perdre le souffle, à en perdre la raison, jusqu’à l’excès. Et rien n’est plus reposant que cet après où je suis dans ses bras, l’esprit en ébullition et le cœur gavé de cet amour que nous savons si bien nous partager. L’entendre me murmurer qu’il m’aime élargit ce sourire béat régnant sur mon visage. « Et moi je t’aime bien plus encore… » Je lui réponds en caressant doucement sa joue. Il est si beau aujourd’hui, ses cheveux en bataille, avec cette expression bien à lui lorsqu’il me contemple. Cette expression me rappelant que rien n’est plus beau que d’être aimée et d’aimer en retour. Encore plus, quand il rappelle qu’une année auparavant, tout était si différent encore. « Je t’aimais déjà il y a un an… » Je finis par lui dire doucement « Tu allais bientôt me proposer d’aller à cette remise de prix, j’allais bientôt fondre en larmes parce que je ne me sentais pas à la hauteur, que je ne me croyais pas être digne de toi… Mais au moins, ça nous aura mené jusqu’au Japon et je ne regrette rien non plus. » On est si bien ensemble, encore plus que nous évoluons dans notre bulle de bonheur, à partager notre petit-déjeuner ensemble, nous préparant tranquillement. Jusqu’à ce Matthew demande si un programme nous attend. Pivotant pour enrouler mes bras autour de son cou, je l’embrasse tendrement « Et bien dans une enveloppe posée sur la table dans le salon, il y a une prochaine direction nous attendant. Nous quittons Paris aujourd’hui et une voiture nous attend pour que nous nous rendions à la prochaine étape, je suis sûre que ça te plaira ! » Et je suis super enthousiaste. Je tiens à ce que ce jour soit inoubliable. Alors, je n’y tiens plus et finis par aller chercher l’enveloppe ou dedans se trouve la photo de notre prochain endroit, cette fois-ci en pleine campagne, un hôtel de luxe avec de la nourriture gastronomique, la piscine, le jacuzzi, le spa, tout ce qu’un riche se respectant aime. Donc Matthew aimera.

***

« Mais non, vous ne pouvez pas me faire ça ! Je n’avais pas commandé ce modèle ! » Je suis en train de pialler en français à l’attention de la secrétait occupée à donner les clefs des voitures de location. Il y a eu un cafouillage dans les véhicules et visiblement, ma commande n’a pas été prise en compte. De ce fait, on me donne le seul véhicule potable restant. Et c’est …« Une Twingo !! Je n’ai rien à faire dans une Twingo ! » Je proteste d’une voix se voulant assurée. Mais la fille se contente de lever un sourcil, d’ajouter qu’on me remboursera le trop plein versé pour le véhicule initial, qu’en raison des vacances, il n’y a pas d’autres solutions. Et je suis dépitée. Comment expliquer à Matthew qu’on va faire cinq cent kilomètres dans une citadine. « Il y a la clim n’est-ce pas ? » Je finis par dire d’une voix dépitée, abdiquant. Maintenant, il faut expliquer cela à mon chéri. Cette fois-ci, je ne cherche pas d’excuses comme pour la nuisette et j’explique tout bonnement la bande d’incapable que peut être le loueur de véhicules. Je suis remontée et je ne dois mon salut uniquement parce que Matthew n’a pas l’air de connaître la marque française. Il déchantera bien vite quand il la verra, qu’il faudra mettre nos bagages.
Et encore, nous sommes bien innocents, nous ne savons pas encore que nous allons tomber en panne au bout de trois cent kilomètres, en pleine campagne, sans réseau. Joyeux anniversaire ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Matthew McGregor
Admin prétentieux
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 2775

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Mer 9 Aoû - 0:31

Matthew parvenait difficilement à garder son sérieux face à la mine déconfite d’Héloïse. Si elle s’était attendue à un spectacle innocent, elle devait revoir ses estimations à la baisse. En effet, l’esprit du Moulin Rouge était plus libéré qu’elle ne se l’était figurée. Si la méprise était comique, c’était surtout de la voir rougir, se choquer et fermer les yeux qui l’amusait au plus haut point. Comment avait-il fait pour ne pas remarquer qu’elle était aussi coincée ?! Et en même temps, il ne pouvait pas s’empêcher de trouver ça adorable. Lui aussi, dans le fond, était un peu dérangé. Il chercha à dédramatiser le spectacle auprès d’Héloïse, mais il ne réussit qu’à s’embourber un peu plus. Pourquoi lui parlait-il de strip-tease comme d’une expérience ? Certes, c’était le cas, mais elle n’était pas obligée de savoir. « Euh non, bien sûr. Dim et Zack m’ont raconté. » D’ordinaire, il mentait bien, mais là, c’était assez lamentable. Il comptait si la crédulité de sa petite amie pour s’en sortir cette fois-là. Il n’eut pas besoin de se justifier plus longtemps que la brune se mit à réfléchir toute seule. Il haussa un sourcil. « Si tu m’avais avoué le contraire, j’aurai été choqué et obligé de te demander pour qui tu as fait un strip-tease. » Afin de le tuer et de l’enterrer au fond de son jardin. Personne ne posait les yeux sur Héloïse sous peine d’être zigouillé sur l’heure. Il lança une œillade à sa petite amie. « Ça vaudrait le coup d’essayer. Juste pour voir. » Il l’imaginait mal faire un numéro de strip-tease. Hormis dans le noir complet, à la rigueur. Il l’entendrait juste se prendre tous les meubles. Cela n’aurait rien de bien sexy. Il rit encore, plus de ce qu’il imaginait que de la tête d’Héloïse. Et en même temps… ce serait incroyablement sexy…

***

A croire que la France était un terrain hostile pour l’âme chaste de la demoiselle Bennett. Désormais qu’ils étaient au Louvres, ce fut contre les statues de la romanité qu’elle dut s’insurger. De la nudité artistique de ces œuvres de marbre. Matthew devait reconnaître que cela n’avait rien de bien affriolant même s’il fallait reconnaître des courbes alléchantes à ces demoiselles de l’Antiquité. Il leva les yeux au ciel quand Héloïse affirma que tous les hommes étaient des vicieux, lui y comprit. Il aurait pu se défendre bec et ongle, mais croyez-le ou non, Matthew était un homme comme les autres. Mieux que cela, un humain. Avec des fantasmes et des besoins. Il était éperdument amoureux de sa belle, mais il n’en demeurait pas aveugle pour autant. Un comportement des plus sains d’ailleurs. Et c’est justement parmi cette foule de jolies femmes qu’il pouvait être fier de n’aimer qu’Héloïse. « Tu te serais retrouvée dans les couvents de l’époque. » Même s’il était difficile de l’imaginer à cette époque. Pauvre Héloïse… Elle serait morte d’une crise cardiaque avant la fin. « Quoi que tu aurais pu avoir des mœurs différentes aussi. Si ça se trouve, tu aurais été une imminente personnalité et tu aurais organisé des orgies chez toi pour ton unique plaisir. » Il risquait d’en avoir trop dit. Il le voyait à la mine d’Héloïse. Il tenta de ne pas rire trop fort tout en pinçant la hanche de la demoiselle. « Ne fais pas cette tête, je plaisante ! » Et comme une revanche, elle se mit à imaginer ce que lui aurait pu être. Un empereur. Pour le coup, il admettait qu’il n’était pas déçu de l’association. « Et j’aurai fait décapiter beaucoup de gens ! » C’est là qu’elle entrait en scène, en tant que troisième épouse qu’il aurait tué pour n’avoir eu que des filles avec elle. Il fallut mettre sa main sur sa bouche. « Tu racontes n’impooorte quoi ! Je ne t’aurai pas tué pour ça. » se défendit-il dignement avant qu’un sourire goguenard ne craque son visage. « Je t’aurai tué que lorsque tu serais devenue trop vieille pour moi. » Il allait se faire tuer.

***

Heureusement, il y avait la trêve d’anniversaire pour le grand empereur Maximus Octavius. Vingt-neuf ans déjà. Il y avait cette ambivalence qui résidait en lui. Cette sensation que tout était allé si vite, et en même temps, qu’il vivait depuis une éternité. Pourtant, sa vie n’avait véritablement démarré que depuis que sa route avait croisé celle d’Héloïse. Cette dernière le réveillait en douceur, ce qui eut pour don d’éveiller tous ses sens. Oui, les hommes étaient peut-être tous des vicieux en définitive. Il la séduisit par ses caresses et ses baisers, mais avant qu’il ne puisse continuer plus loin leurs jeux amoureux, elle l’interrompit. Il fronça les sourcils avant que la demande de sa petite amie rende les choses plus sérieuses. Il n’eut pas à lui répondre. Il la couva juste d’un tendre regard avant de capturer ses lèvres. Par ce simple geste, il lui donnait toutes les permissions. La jeune femme était encore réservée, mais elle gagnait au fur et à mesure en audace. Matthew le voyait et il lui laissait tout le temps qu’elle désirait. Après tout, ils avaient toute la vie pour apprendre.
Totalement repus d’amour, ils demeuraient tendrement dans les bras l’un de l’autre. L’écrivain caressait doucement la peau découverte de sa petite amie tout en la contemplant. Elle était si belle, si radieuse. Quelque chose avait changé depuis qu’il avait rendu leur relation publique. Une étincelle dans le regard qui ne lui faisait pas regretter son geste une seule seconde. Ils s’aimaient avec la prétention de croire que nuls autres amants n’avaient pu s’aimer aussi fort dans l’Histoire. Un an auparavant, aurait-il pu s’imaginer qu’il serait en France avec Héloïse ? Sûrement pas. Ou alors, pour un déplacement professionnel. Il était à mille lieux de se figurer qu’il tombait sous le charme de sa petite stagiaire. Elle détailla cette époque et l’évoqua de la remise de prix le fit sourire. « Je me souviens de cette journée. Quand tu t’es mise à pleurer, j’étais complètement paniqué. » Même si ça ne s’était pas vu. Matthew cachait très bien ses émotions. « Je crois que c’est à ce moment où, pour la première fois, j’ai eu l’envie foudroyante de t’embrasser. » Il lui pinça la hanche. « Toi qui me pensais gay, ça t’aurait fait un choc ! » Il la retenait celle-là ! Mais elle était bien la seule à s’être imaginé un tel scénario. Matthew gay, quelle ineptie !

***

Héloïse avait définitivement tout prévu dans les moindres détails pour son anniversaire. Aujourd’hui, ils quittaient la capitale pour migrer à cinq cent bornes. Matthew n’avait pas pu jeter un coup d’œil à l’enveloppe. Sa petite amie souhaitait faire une surprise. Ils s’étaient donc contentés de faire rapidement les bagages avant de récupérer la voiture qu’elle avait prévu de louer. Il l’attendait d’ailleurs patiemment avec les bagages. Elle finit par sortir du centre de location, des clefs en main mais la mine dépitée. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » Totalement énervée, elle se mit à déverser un long flot de paroles. Ce qui amusait beaucoup Matthew quand Héloïse était en colère, c’était qu’elle parlait à la fois en anglais et en français. Cela se voyait encore plus en France. Apparemment, ils n’auraient pas la voiture prévue mais une autre marque qu’il ne connaissait pas. Il haussa les épaules. « Ce n’est pas grave, on va faire avec. » Rien n’était dramatique. « Tant que ce n’est pas une Smart ! » plaisanta-t-il en prenant les clefs des mains d’Héloïse. Ils se trouvaient sur le parking où de nombreuses voitures de location étaient garées. Il appuya sur le bouton pour ouvrir leur fameuse voiture et des lumières clignotèrent un peu plus loin. Sur une voiture. Petite. Toute petite. Il afficha une mine déconfite, s’approchant de l’objet du délit. « C’est quoi cette mer… » Il s’interrompit à temps pour ne pas trop en dire. Après tout, il ne voulait pas qu’Héloïse soit déçue de ses plans qui tombent à l’eau. Il se racla la gorge. « Cette charmante petite voiture…. Voiturette. » Il aurait bien tenté de retourner à l’intérieur pour taper un scandale, mais la brune avait l’air suffisamment triste comme ça. « Bon bah… on n'a pas le choix. » Il balança les bagages dans le coffre, forçant comme un fou pour tout faire rentrer et jurant de temps en temps. Finalement, ils embarquèrent dans la voiture. Matthew se mit au volant. « Sérieusement, on les met où les jambes ?! » s’insurgea-t-il alors qu’il se sentait recroquevillé sur lui-même. Comme sa porsche lui manquait… Et comble, il fallait que ce soit une manuelle. Heureusement qu’il en avait conduites en Angleterre. Il fila son portable à Héloïse. « Tu mets le GPS, mon amour ? » Question qu’en plus, ils ne se perdent pas ! Il se retint de râler durant bien la première heure de trajet. Par chance, la climatisation était là pour les calmer un peu. Sauf que Matthew, il avait mal à sa fierté. Sur l’autoroute, au milieu de toutes ces voitures, il se sentait ridicule et minable. Jamais encore, il n’avait multiplié autant d’insultes à l’encontre des autres conducteurs ou de gestes furieux. Notamment contre les camions. « Les Français conduisent vraiment comme des pieds ! Vous obtenez votre permis dans une boîte de céréales ?! » Il fallait le reconnaître. Heureusement, au bout de deux bonnes heures, ils quittèrent l’autoroute pour les routes de campagne. L’air devenait beaucoup plus chaud et ils bénissaient la clim. Une heure plus tard, il n’y avait que des champs à perte de vue, des pâturages et une nature que Matthew n’avait encore jamais vu ailleurs. C’était reposant. Si reposant qu’il ne fit pas attention au plein. Il était habitué à des moteurs de grandes envergures, alors quand la voiture commença à décélérer, il ne comprit pas tout de suite. « Qu’est-ce que… » Et ce fut fatal. La panne. En pleine campagne. Sans réseau. Sans internet. « Non mais c'est une blague ?! Joyeux anniversaire… c’est ça ? » dit-il en se tournant vers Héloïse, carrément dépité. Il n’avait même pas la force d’être énervé. Il sortit de la voiture, désespéramment à la recherche de réseau. « On doit bien pouvoir contacter une dépanneuse dans ce trou paumé ?! » Mais rien, nada. Tout juste le temps de balancer quelques jurons avant de comprendre que la situation était désespérée. Il tourna sur lui-même, constatant qu’ils étaient entourés de champs et de pâturages où des vaches les dévisageaient intensivement. « Viens, apparemment, le prochain village est à cinq kilomètres. On va le faire à pied. » Il récupéra les bagages, verrouilla la voiture et ils partirent tous les deux sous le cagnard main dans la main. Franchement, rien de paradisiaque mais il ne voulait pas trop montrer qu’il avait les boules pour ne pas qu’Héloïse puisse être triste. Ils parcourent un kilomètre quand une chèvre surgit brusquement sur la route. Ils sursautèrent en même temps et eurent un mouvement de recul. « Attention ! » s’écria Matthew sans vraiment réfléchir au caractère inoffensif de la bestiole en faisant barrage de son corps à Héloïse. Mais à mieux la regarder, il fallait reconnaître qu’elle avait l’œil mauvais. « La regarde pas dans les yeux, ça les énerve. » A moins que ce soit pour un autre animal… Merde, c’était un homme de la ville ! Un riche ! Qu’est-ce qu’il y connaissait aux chèvres ? Il leva sa main vers elle. « Tout doux… » - « Oooh qu’est-ce que ça fait-il dans le coin les deux jeunots ?! » Ils pivotèrent vers ce qui était visiblement un paysan avec tout son troupeau de chèvres. Un paysan qui ressemblait plus à une boule qu'à un homme, avec une moustache plus large que son visage, un teint rougeaud et un béret vissé sur la tête Whoopitain ! Ils s’écartèrent tous les deux sous les rires du fermier. « Ah, vous, z’êtes d’la ville, hé ?! » Avec son accent à couper au couteau, Matthew ne comprenait pas un traître mot de ce qu’il racontait. Il laissa la charge à Héloïse de répondre pour lui. De toute manière, Matthew ne savait pas converser avec les pauvres. « Ah j’vois que z’avez trouvé ma p’tite Chouquette ! Quelle coquine, celle-la ! » dit-il en s’approchant de la chèvre abandonnée. Elle se mit furieusement à bêler et Matthew recula. « Qu’est-ce qu’il vous arrive-t-il donc que vous traînez vos bagages ? » Le jeune homme se tourna complètement vers sa petite amie. « Sérieux, je comprends rien. Je parle pas le bouseux. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 4229

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Sam 12 Aoû - 8:26

Tout à coup, j’ai l’impression qu’il y a un fossé énorme dans ces vacances. Il y a le rêve. Et le cauchemar. La beauté. Et la mocheté. Le merveilleux. Et l’horreur. L’espoir. Et la déception. J’ai l’impression que nous avons pris l’avion depuis quatre-vingt-quatre ans et qu’il n’y a plus d’odeur de peinture fraîche. La partie triste de l’histoire semble s’enclencher et je suis face à mon destin, subissant plus que je ne peux le vivre. Sereinement et entièrement. J’ai l’impression qu’une éternité s’est écoulée depuis notre soirée au Moulin Rouge – où Matthew a, plus ou moins, vainement tenté de m’expliquer que non, il n’avait jamais vu un striptease, que je me suis mise, moi-même à penser à lui en faire un. La visite dans le Musée du Louvre aussi, surtout lorsque j’aurais appris que l’empereur Maximus Octavius m’aurait tué, non pas par abus de naissances féminines, mais bien parce que j’étais trop vieille. Ou alors, ce début de journée d’anniversaire ayant commencé dans un élan de tendresse et d’amour aux soupirs appuyés. Non, là, j’ai l’impression que tout cela, c’était l’année dernière, que désormais, ma vie n’est qu’un immense chaos. Et pourtant, face à Matthew, la mine dépitée, je me dois d’admettre que cette journée d’anniversaire est en train de tomber à l’eau. Et ça me rend triste, quand bien même, j’essaye de prendre un air enjoué, j’essaye de sourire, de me motiver à me dire que mon petit-ami va adorer rouler dans une voiture dont il exècrera, forcément, les dimensions et l’absence de confort. En plus, nous avons nos bagages… Mon dieu, comment allons-nous faire ? Je suis terriblement dégoutée. Et je me dirige donc vers mon amoureux, clefs en mains et la boule au ventre. Il va péter un câble, c’est sûr et j’ai l’impression que c’était hier encore que nous nous disputions parce qu’il venait de s’acheter une voiture trop rapide. Pour le coup, elle n’est rien de tout cela. Et c’est hyper… Mais genre… hyper chiant. A peine devant lui, j’inspire un grand coup afin de déverser toute cette frustration ressentie « Je suis vraiment désolée mon amour. Il n’y a que des incapables dans cette boite. J’avais loué une berline assez grande et spacieuse et voilà, qu’ils ont soi-disant eu un putain de problème. Et … nous n’avons pas cette voiture. Nous en avons une autre ! Et c’est un comble, je suis au bord de moi-même là !!! » Mon discours mi anglais, mi français a le mérite d’être compris par mon chéri. Il me prend les clefs et c’est toute remontée que je le suis, jusqu’à la … voiture. Elle est blanche. Et elle est petite. La remarque de Matthew me contrarie encore plus. Une voiturette ? Je le savais. Il n’aime pas. J’aurais dû taper du poing sur le table au secrétariat mais d’un autre côté, je me dis que le temps perdu à batailler contre l’incompétence des autres, est un temps avec lequel je ne profite pas de Matthew. Et c’est son anniversaire. Aussi, j’essaye de me calmer, essayant de prendre une voix enjouée « Mais elle devrait être spacieuse à l'intérieur, je pense. On aura la clim dedans paraît-il. » Ma petite voix fait autant peine que mon regard de chien battu. Si ça continue, je vais me rouler en boule près de la voiture et pleurer toutes les larmes de mon corps. Cependant, Matthew abdique bien plus vite que moi, et finalement, nous finissons par monter. Étrangement, l'intérieur me plait. C'est petit. C'est beau. C'est coquet. Mais je garde ces idées pour moi, surtout quand je vois le conducteur râlait contre l'absence de place pour ses jambes. « Attends, tu dois avoir une molette pour tirer les jambes. Si ma mémoire française est bonne, c'est sous ton siège. Tu veux que je t'aide à la trouver ? » 

Ne reste plus qu'à mettre le GPS, et nous voilà partis. Ça fait tout drôle de voir Matthew conduire une voiture si petite, dont le hurlement de l'accélérateur jure horriblement avec sa propre voiture. On sent que les chevaux manquent ainsi que la puissance. Pourtant, elle est confortable mais je me garde de le dire, occupée à fixer le GPS afin que nous puissions sortir de Paris. Ce n'est pas une mince affaire et je n'ai jamais vu autant de circulation. C'est abusé. Toutefois, nous finissons bien vite par y arriver après des bouchons, des accidents ayant failli arriver. Et nous voici donc sur l'autoroute. Mais le répit ne vient pas. Il n'existe pas non plus. Parce que Matthew s'énerve tout le temps après les automobilistes français. Il roule n'importe comment et je n'ose pas lui dire que dépasser par la droite, c'est très mal vu pour les français. Mais à ce stade d'énervement, je n'ose pas le contrarier me disant que nous serons bientôt sur les routes de campagne. Ce qui arrive fort vite car j'ai senti que mon chéri allait finir par s'arrêter en travers de l'autoroute et casser la figure de tout le monde. Je n'ai pas osé répondre à sa remarque sur la conduite des français mais je sais que les américains sont bien plus respectueux. De toute façon, le paysage s'offrant à nous, achève bien de faire oublier ces mésaventures. C'est magnifique et je suis émerveillée devant la beauté de ces terres, de ces champs. Ça me donne envie de me prendre pour une Catherine Morland dans Northanger Abbey et de courir en riant et en jetant ma capeline en l'air. Je pourrais sauter dans les bras d'un Matthew courant au ralenti dans ma direction. Il me ferait voltiger dans les airs avant de m'allonger délicatement dans l'herbe chaude et sucrée, m'embrassant passionnément et ... 
 « Quoi ? » Je finis par émerger de mes rêveries Austenique quand Matthew peste à nouveau. Mais cette fois-ci, il y a un problème. Nous sommes en panne d'essence. La voiture ne démarre plus et face à l'air contrarié de mon chéri, je ne peux me dire que c'est un formidable acteur. « Ah là tu ne m'auras pas ! » Je lui dis d'un air triomphant. « Le coup de la panne, je l'ai déjà vu dans un film. En plus, nous sommes en pleine campagne. Imagine que quelqu'un nous voit ! » Et en l'occurrence, le seul quelqu'un, c'est une vache occupée à brouter l'herbe au calme. Cependant, force est de constater que non, ce n'est pas une plaisanterie ou un coup monté. Nous sommes véritablement en panne. « Mais... » Que puis-je dire mis à part que je me sens mortifiée. Pourquoi ce genre de choses m'arrive donc ? Pourquoi sommes-nous en panne ? « Mais tu ne surveilles pas ta jauge quand tu roules !? » Ma voix est déjà en train de devenir aiguë, tellement je sens que c'est la catastrophe comme je n'en ai jamais connu. Pourquoi, ça se passe ainsi ? Et si on n’arrive pas à temps à l'hôtel ? Comment allons-nous faire ?! « On devrait pouvoir appeler l'assistance je pense ? Il doit y avoir un truc comme ça. Attends je regarde les papiers. » Cependant, Matthew m'annonce bien vite la mauvaise nouvelle lorsque sortant de la voiture, il me confirme l'absence de réseau. L’absence de villages et d’humains. L’absence de station d’essence. L’impossibilité de repartir. « Oh mon dieu… Turlututu chapeau pointu, nous sommes foutus ! » Je gémis doucement tandis que je sors en me tenant la tête entre mes mains. C’est quoi ce karma pourri d’abord ? Depuis quand ce genre de choses nous arrive ? Pendant nos vacances en plus ! Je prends mon téléphone et essaye de capter le moindre réseau mais c’est peine perdue, je ne vois aucun câble électrique quelque part. Il n’y a que des champs et le seul espoir consiste en la présence d’un village à cinq kilomètres. Alors, nous prenons nos bagages et main dans la main, nous marchons sous un soleil de plomb et une chaleur harassante. J’ai hâte d’arriver. Ma gorge est sèche et j’ai soif.

Mais la chèvre en décide autrement. Sans crier gare, elle surgit nous faisant sursauter. Et si Matthew semble me prévenir, moi je suis déjà en mode bisounours « Ooooh qu’est-ce qu’elle est mignooooonnne !! Regarde mon cœur, elle est toute blanche ! » Mais Matthew semble voir le mal incarné dans cette bête. Soi disant, il ne faut pas les regarder dans les yeux. « Ah bon ? » Mais je connaîtrai pas le fin mot de l’histoire car c’est en français que nous entendons une voix nous faisant pivoter. C’est un paysan tout gros, tout petit, avec le béret qui vient vers nous. Il n’a pas l’air méchant. « Bonjour Monsieur. » Je lui dis avec l’espoir renaissant dans mon cœur quand il se met à rire. S’il rit, c’est qu’il n’est pas dangereux. CQFD. Et d’ailleurs, il remarque bien vite que nous sommes de la ville. En même, ça se remarque un peu trop. Si je suis classique, Matthew lui est entouré de signaux lumineux confirmant qu’il est riche en passant par la brillance de sa montre, allant sur la marque figurant sur ses vêtements et en passant par la valise reconnaissable aux petits carreaux marrons. #RalphLauren #LouisVuitton #Rolex #Placementdeproduits « Oui, nous venons de Paris. » Je lui dis mais il nous écoute même pas, s’extasiant que nous ayons retrouvé sa chèvre. « Oooooh elle s’appelle comme ma voiture ! » Et je ne peux que rire quand la chèvre bêle face à un Matthew pas forcément rassuré. Pourtant, l’homme a l’air gentil et nous demande ce que nous faisons avec nos bagages. La remarque de l’amoureux lui vaut de se prendre un coup de coude dans les côtes de ma part et un regard qui en dit long sur la condescendance des mots. Ce n’est pas le moment de se mettre à dos notre ultime sauveur. Voici donc comment se passe l’échange tout en français:
«  Qu’est-ce qu’il vous arrive-t-il donc que vous traînez vos bagages ?
- Et bien nous descendons de Paris, mais nous avons eu un « léger souci » Notre voiture est en panne d’essence et nous cherchons une station pour l’approvisionner. Nous avons essayé d’appeler une dépanneuse. 
- Vous avez bien fait de v’nir ‘ci, y a une station d’essence et mon cousin Jean-Yves a une d’panneuse ! 
- Quelle merveilleuse nouvelle ? Avez-vous un numéro où nous pouvons le joindre ? 
- B’ien sûr, mais vous l’aurez pas.
- Pourquoi ?  
- Parce que Jean- Yves l’après m’di, il bosse pas. Il fait la sieste et après, la p’tite binouze chez René l’attend. 
- Mais… Il n’y a personne d’autre ? »

Je suis interloquée. Je ne comprends pas comment fonctionne ce village. Mais visiblement, il représente notre seule chance. Je finis par obtenir du monsieur qu’il appelle son frère pour voir s’il ne peut pas nous dépanner. En attendant, le monsieur – se nommant Didier – nous propose de venir nous désaltérer chez lui afin d’attendre Jean-Yves. C’est ce que j’explique au chéri tandis que nous reprenons la marche suivie du paysan et de sa chèvre venant, souvent, frotter sa tête contre Matthew en bêlant furieusement. « Je crois qu’elle t’aime bien. » Je déclare avec un sourire à l’amoureux. « On va trouver une solution, j’en suis certaine. Son cousin nous dépannera. Et nous allons pouvoir repartir. Si tu savais ce que je te réserve après… » Mon air malicieux contraste avec ma mine dépitée de tout à l’heure. Je suis déjà, dans ma tête, en train de repartir la voiture pleine d’essence. « Y’a un festin ce soir dans n’tre v’llage. Faut participer. C’st pas t’les jours qu’y a des étrangers ici ! » Me dit le paysan en venant foutre une claque amicale dans le dos d’un Matthew McGregor ne devant pas trop être habitué à ce genre de familiarité. Doux Jésus !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Matthew McGregor
Admin prétentieux
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 2775

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Dim 20 Aoû - 20:26

Le début de ces vacances en France était plus que prometteur. Matthew qui, d’ordinaire était plutôt difficile, n’avait rien à redire. Comment pourrait-il trouver à objecter à un séjour organisé par Héloïse où il se retrouverait seul avec sa belle Héloïse ? Sans que son père ne vienne mettre son grain de sel dans leur relation. Sans qu’il n’ait à penser à Panpan qui pourrait les épier. Sans qu’il ne se casse la tête à savoir si sa sœur allait rentrer le soir. Sans qu’il ait à éviter soigneusement la présence de Dimitri et de Zackary. Paris était presque une terre d’exile où ils pouvaient vivre leur romance sans ombrage. Du moins… c’est ce qu’il pensait jusqu’à ce qu’il ne voie l’horrible rafiot dans lequel ils allaient embarquer. Le gros tort de Matthew, c’était de ne pas suffisamment connaître les marques des voitures destinées à la plèbe. Sinon, il aurait compris ce qu’il en était de cette Clio. Il serait allé taper du poing sur la table, usant de son regard de Christian Grey pour obtenir ce qu’il désirait. Mais à voir Héloïse aussi au bord d’elle-même, partagée entre colère, tristesse et dégoût, il n’eut pas le cœur de faire un esclandre. Non, à la place, il rangea sagement les bagages dans le coffre –trop petit soit-dit en passant- et embarqua à bord de l’engin de la mort. Sa première constatation, c’était de ne pas avoir de place pour ces jambes. Tous Français étaient des nains peut-être ?! Il avait tout le mal du monde à ne pas démontrer son irritation. Malgré tout, il fit un effort surhumain pour garder un calme difficilement maîtrisé. Sur la route, les conducteurs eurent raison de lui en le poussant à bout. Il n’eut de cesse de pester, de râler et même d’injurier de façon très peu McGregorienne les automobilistes. Heureusement, Héloïse proposa d’emprunter les routes de campagne. Il y aurait moins de monde, mais surtout, moins de camions pour irriter l’éditeur Anglais. Il ne se fit pas prier pour quitter l’autoroute et s’engager dans la campagne française. Si l’Amérique comportait de longues routes avec l’horizon à perte de vue, ce n’était pas le cas de la France. La campagne était une succession de villages tous plus paumés et morts les uns que les autres, séparés par des champs où paissaient des troupes de vaches, de chèvres, de moutons ou d’autres bestioles de la campagne. Tout ce que Matthew détestait dans ce monde. En voyant ces plaines verdoyantes, il regretta un bref instant de ne pas avoir pris Panpan avec lui pour lui rendre sa liberté. Dans le fond, ce n’était pas juste de l’enfermer dans une cage alors qu’il devrait gambader dans les prés. Il fut bien vite détourné de ses réflexions quand la voiture perdit de la vitesse. Il fronça les sourcils, jeta un coup d’œil à la jauge d’essence et… PLUS D’ESSENCE ?! C’était quoi cette voiture de merde qui ne tenait pas la distance ?! Habitué aux voitures avec des moteurs de folie, Matthew devait admettre ne pas s’être attendu à celle-là. Complètement hébété, il fut le spectateur impuissant de sa panne.
« Ah là tu ne m’auras pas ! » Il se tourna vers Héloïse. Qu’est-ce qu’elle lui faisait là ? Il écarquilla les yeux quand elle évoqua le coup de la panne. Il était vrai que c’était bien son genre de faire ça, mais là, ce n’était pas le cas. « Mon amour, je suis sérieux. » Il accompagna ses paroles d’un regard encore plus sérieux qui fit perdre son sourire à sa petite amie. Ils sortirent de la voiture. La remarque de sa compagne le fit presque rugir d’énervement. « Une vraie voiture, elle n’a pas besoin d’essence au bout de trois heures de trajet ! » s’énerva-t-il en omettant la partie où il aurait précisé que d’ordinaire, la voiture émettait un petit bip pour prévenir du niveau d’essence. Mais il n’y avait ça que dans les voitures que Matthew s’achetait. Alors pour éviter un nouveau débat, il préféra ne pas en parler. A la place, il tenta de joindre des services de dépannage. Mais bien entendu, pas de réseau, pas d’internet, pas d’humain, hormis un troupeau de vaches qui les observait avec attention. C’était assez dérangeant. « Bon, on n’a pas le choix. Il va falloir marcher jusqu’au prochain village. » affirma Matthew, calmant la colère dans sa voix afin qu’Héloïse ne vienne pas à paniquer plus. Il attrapa juste une valise avec le strict nécessaire et la main de sa petite amie dans l’autre avant de s’engager sur la route. Le soleil était au plus haut, et la chaleur horrible. Anniversaire de merde…

Quand Matthew songea que ça ne pouvait être pire, le destin lui envoya une nouvelle preuve que si. Une chèvre sauvage apparut au beau milieu de la route. Si Héloïse s’extasiait, l’éditeur était sur ses gardes. Il se méfiait constamment du caractère imprévisible des animaux. Il tenait cela de sa petite enfance où il s’était fait un jour courser par un troupeau de mouton juste parce qu’il voulait en dessiner un comme le Petit Prince. On ne l’y avait plus jamais repris. Tout à coup, un paysan se ramena auprès d’eux, parlant un dialecte à peine compréhensible. Matthew parvenait à discerner des bribes, mais heureusement, Héloïse était là pour comprendre et s’entretenir avec le paysan pur produit français. Ils eurent une longue conversation où l’éditeur crut comprendre qu’ils ne seraient pas tirés d’affaire avant longtemps. Il réprima un soupir excédé avant de reculer pour s’éloigner de la chèvre qui le prenait soudainement en affection. Ils reprirent la marche avec l’homme au béret. « Alors, qu’est-ce qu’il a dit ? » Héloïse lui expliqua tout en passant de Jean-Yves, au petit pastis avant d’apprendre qu’ils allaient terminer chez le fameux Didier. Oh bordel… Et pire que tout, la chèvre ne cessait de se coller à lui. Il lui donnait parfois des légers coups de valise pour l’éloigner, mais il en fallait plus pour décourager l’animal. « Quelle plaie, cette bestiole ! » râla-t-il tandis que sa brune se moquait gentiment. Néanmoins, elle sut ramener l’intérêt de Matthew en lui faisant miroiter des projets plus alléchants. Une étincelle brilla dans le regard du poète. « J’ai hâte de voir ça alors. » Il glissa sa main sur sa taille pour la rapprocher de lui et déposa un baiser sur son front. Didier se retourna vers eux, offrant une claque magistrale dans le dos de Matthew. Ce dernier accusa le choc. « Le con… il m’a décollé le plexus ! » suffoqua l’éditeur à côté de sa petite amie tandis que le rire gras de Didier envahissait l’espace. De tout son être, il se mit à espérer que la voiture serait réparée bien avant qu’ils n’aient à apparaître dans une fête de bouseux. Il la voyait venir leur fête ! Une place minuscule avec des poivrots puant l’alcool à qui il manquait des dents, des femmes de la taille de trois barriques et des cochons tout autour pour leur tenir chaud. Il était persuadé qu’ils devaient sacrifier des enfants après minuit. « Et v’là l’p’tit chez nous ! J’vous présente ma p’tite femme Mauricette, mais appelez-la Momo, hé ! » Une femme surgit d’une vieille maison attenante à une grange. Ça sentait la ferme. Ça sentait les bêtes. Ça sentait la mort. Matthew grimaça. En s’approchant, il put voir une femme aux formes généreuses, semblables à celles d’un tonneau et sentant aussi fort l’oignon et l’ail que le tonneau sentait l’alcool. « Eh qu’est-ce tu nous ramènes là ? » - « Deux p’tits loupiots qu’sont tombés en panne. M’faut le téléphone pour appeler Yves ! Donne-leur à boire, tiens, avant qu'ils meurent d'soif. » Ils emboîtèrent le pas du couple pour pénétrer dans la maison. Tout y paraissait ancien, avec de vieux meubles en bois. Ils furent conduits dans la cuisine où ils s’attablèrent tous les deux. Didier était parti appeler son frère. Momo servit deux verres d’eau. Quand Matthew dit merci, elle tiqua. « Z’êtes pas d’ici, vous ! » Tout premièrement, avec l’accent. Et deuxièmement, avec la dégaine de richou qu’il se traînait. « Je suis Anglais. » précisa Matthew. « Mais ma petite amie est Française. » Il sourit à Héloïse, mais il perdit vite son sourire quand il vit la mine offusquée de la femme. « Z’êtes donc pô encore mariés ? » Elle dit cela sur un tel ton qu’il se mit tout à coup à flipper pour sa vie et celle d’Héloïse. En soi, elle ne paraissait pas effrayante, mais son accent français rendait tout plus virulent. « Si si ! Je voulais dire femme. Je ne maîtrise pas encore trop bien le français. » dut-il mentir un peu précipitamment. Son regard croisa celui d’Héloïse. « C’est ma femme. » Il se plut à le dire. A se l’entendre dire. Héloïse, sa femme… « J’viens d’avoir l’frérot ! I’pourra pas s’occuper d’la voiture avec d’main. » apprit Didier en entrant dans la cuisine. Il donna une nouvelle claque dans le dos de Matthew. L'éditeur accusa difficilement le choc. « Bah on va vous trouver une p’tite chambre chez nous pour ce soir, hein ! Puis vous pourrez profiter de la fête ! Z'allez voir, après un verre, la p’tite Momo l’est déchaînée à danser sur les tables. » La concernée s’offusqua et tapa l’épaule de son mari avec la force d’un mammouth. Mais le paysan était robuste, riant plus fort encore. « Merveilleux… » souffla Matthew à l’attention de sa femm… oups, petite amie !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 4229

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Mar 22 Aoû - 13:00

Normalement, je devrais être dans tous mes états, sidérée de la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. C'est bien notre veine d'être tombée en panne en pleine campagne. Mais heureusement, dans notre malheur nous avons de la chance car le paysan a vraiment l'air gentil si ce n'est qu'il se comporte de façon rustique avec Matthew. Il se mange des claques dans le dos. Une chèvre lui a déclaré sa flamme. Mon chéri ne devait sans doute pas s'attendre à ça pour ses vingt-neuf ans. Et dans un sens, je ne peux m'empêcher de sourire, amusée par la situation. Personnellement, ça ne me dérange pas de me trouver au milieu de ces gens de la campagne. Souvent avec mes parents, nous avons fait des weekends à la nature et de ce fait, il nous est arrivé de tomber sur des gens de cet acabit. Mais ils n'ont rien de méchant. Bien au contraire, ils ont le coeur sur la main et nous offre donc de nous désaltérer. Je meurs de soif alors le verre d'eau est bienvenu si ce n'est que l'habitation sent la ferme et le fumier, que la femme de Didier est aussi énorme que lui mais a le visage bienveillant. Elle s'empresse de questionner son mari au sujet de notre visite et je suis, silencieuse, l'échange entre elle et mon petit ami. Ce sont vraiment deux mondes différents qui se parlent, je me dis tandis que je les observe communiquer. Matthew arrivera-t-il à s'en remettre ? Je me mords la lèvre inférieure pour ne pas sourire franchement tant il me fait rire à parler français avec son petit accent british. Il est trop mignon et je l'observe attendrie, jusqu'à ce que Mauricette soit surprise d'apprendre que nous ne sommes pas encore mariés. Voila déjà que je rougis, encore plus quand Matthew se reprend confirmant s'être trompé et que je suis sa femme. Le regard qu'il me lance alors. Mon dieu, je meurs d'amour pour cet homme, ne pouvant qu'apprécier qu'ici, je suis sa femme. Une Madame McGregor comme je peux l'imaginer dans mes rêves. « Et mon merveilleux... Mari, aujourd'hui, fête ses vingt-neuf ans ! Nous n'avons pas eu de chance hélas mais on pourra se rattraper quand la voiture sera pleine d'essence ! » Et que l'on pourra enfin repartir, en paix et serein. Même si je ne délogerai plus le regard de la jauge à essence. Hors de question qu'on recommence d'ailleurs. Merci bien. C'est à ce moment-là que Didier revient. Sa bonne humeur est contagieuse même s'il n'annonce pas forcément une bonne nouvelle. Son frère ne pourra pas s'occuper de notre voiture avant demain. Ce qui est chiant. En plus la twingo est sur une route, il y a le reste de nos bagages. « Didier, ce n'est pas dangereux de laisser notre voiture sur cette route ? » Ce qui vaut au paysan de rire à nouveau. « Pas du tout ! Vous n'avez pas même pas pris la route principale. Vous étiez sur une route jamais empruntée alors vous ne risquez rien. À part qu'une vache décide de dormir que le toit. » Je suis à moitié rassurée guère motivée à l'idée de voir une vache sur le toit d'une voiture ne nous appartenant pas. Mais Didier assagie mes doutes en nous proposant alors de nous héberger pour la nuit. Il nous invite à la fête du village ayant lieu ce soir non sans claquer le dos à Matthew. D'ailleurs, l'idée de voir Mauricette danser sur une table attaque mon calme et je dois faire un effort pour ne pas rire alors que mon chéri a l'air d'être au bout de sa vie le pauvre ! Je lui saisis la main que je caresse doucement « Ça va bien se passer ! Tu verras... »
C'est qu'il a vraiment l'air traumatisé, le pauvre !

On finit donc par retourner à la voiture afin de récupérer les affaires et ne rien laisser dans la voiture. Didier s'est proposé de nous prêter un moyen de locomotion mais quand il nous a montré son tracteur, on s'est dit que le plus sage était d'utiliser nos jambes. Le soleil paraît moins fort et le retour se fait plus vite. Pour ma part, j'ai hâte de voir ce que sera la fête ayant eu des bons souvenirs de fête de village. « On en faisait souvent quand j'étais petite. » Mais pour Matthew, il est évident que ses parents n'ont jamais osé aller dans un tel endroit. Pourtant, maintenant que la fin d'après midi a sonné, la place est en train de fourmiller par les préparations et beaucoup nous saluent à base de Salut les loupiots ou bonjour les mariés. Ce dont je réponds avec enthousiasme. J'ai presque l'impression d'être la reine d'Angleterre. Ils ne doivent pas voir du monde souvent, les pauvres ce qui gonfle encore plus mon coeur d'amour et de tendresse y compris envers la chèvre blanche ne cessant de nous suivre constamment, bêlant furieusement quand nous ne la caressons pas. Et finalement, nous retournons chez nos hôtes nous faisant monter à l'étage et découvrir notre chambre pour la nuit. Elle est rustique mais elle a l'avantage de ne pas sentir le foin ou le fumier. Juste une vieille odeur de pot pourri mais ça a son charme. « Ce n'était pas exactement ce que j'avais prévu. Mais ça fera l'affaire. » Je finis par dire en venant me coller contre mon chéri, enroulant mes bras autour de mon cou pour l'embrasser tendrement.« Bienvenue dans le tiers-monde... » J'en ris avant de taire une quelconque protestation par un baiser passionné. Cependant, nous sommes vite interrompus par Mauricette ouvrant la porte sans même toquer et s'extasiant de voir des amoureux « Z'avez vu c'mment elle est grande ? C'était celle d'Jimmy mon fils. Mais maint'nant, il vit dans sa ferme ! Allez vous pr'mener dans la ferme si vous v'lez. Les bébés s'font la nuit sacrebleu ! » Et elle part en rigolant apparemment ravie d'avoir du monde chez elle. Et nous n'avons d'autres choix que de descendre et de retrouver la ferme, les odeurs diverses et la chèvre... « Tu as déjà visité une ferme ? » Je finis par demander à Matthew d'une voix amusée avant de prendre une fausse mine interrogatrice et d'ajouter d'une voix innocente « As-tu déjà vu un cochon en vrai ? » Bon, ce n'est pas bien de se moquer de lui mais je ne peux m'en empêcher ! Sa tête n'a pas de prix et avant qu'il ne puisse se rétracter, je lui saisis la main et l'emmène du côté des granges où Didier est en train de donner le foin aux cochons. Et mon dieu, qu'est ce qu'ils sont énormes ! Et puis, il y a des poules, les vaches broutant dans l'herbe, des chèvres. On peut même aller voir les chevaux, leur donner un morceau de sucre tandis que notre hôte nous invite à les monter si on veut. « Je... Je suis ne suis pas très rassurée quand je n'ai pas les deux pieds sur terre. » Et puis, c'est grand et les sabots ... Mon dieu, c'est comme les roues d'un camion, ça me terrifie. Ce qui ne manque pas de faire rire Didier qui ajoute « Il y a un poney sinon ! » Mais il m'a déjà perdu que je repère bien vite l'objet de toute mon attention. « OH MON DIEU ! ILS SONT TROP MIGNOOOOOONS ! JE MEURS !! » Je braille soudain en m'approchant des lapins se trouvant à côté. Il y en a de toutes les couleurs. Ils sont magnifiques et je suis en extase. Didier nous explique alors que Mauricette adore les lapins, qu'elle a gagné des concours et nous sors le lapin, triple champion du monde du plus beau lapin. Et il est magnifique, je suis sans voix quand il me le dépose dans mes bras. Les yeux ronds et brillants comme une héroïne de manga. Je suis foutue. On m'a perdu. Tandis que je caresse le lapin toute contente d'avoir un autre Panpan a cajoler. C'est qu'il me manque mon lapinou ! J'espère que ma coloc s'en occupe bien. « Tu veux le caresser ? » Je demandé à mon cuniculophobe de faux mari.

***

La visite de la ferme, c'est long et ça épuise. Qui plus est, nous sentons le foin, que Didier a absolument voulu tester la force de Matthew en lui faisant soulever une botte de foin avec une fourche. Ce qui lui a valu une nouvelle claque amicale. Le pauvre, il va aller tout droit chez l'ostéopathe quand on va rentrer je sens. Mais finalement, je dois dire que j'adore le séjour ici. Didier et Mauricette, passé les premières impressions, sont juste adorables et très contents de nous avoir parmi eux. Et puis, le soir arrive bien vite tandis que nous nous rendons sur la place du village pour assister à la fête où nous sommes présentés à d'autres personnes. Une délicieuse odeur flotte dans l'air et je dois dire que ça ouvre l'appétit. Il y a même un orchestre. C'est vraiment chouette et nous rencontrons enfin le fameux Jean-Yves qui me claque la bise agrémenté d'une accolade bourrue et tape dans le dos de Matthew ajoutant de sa grosse voix tonitruante « Alors comme ça, t'sais pas qu'on vérifie l'jauge à essence ? D'où t'sors toi ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Matthew McGregor
Admin prétentieux
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 2775

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Lun 28 Aoû - 17:49

D’ordinaire, la panne était un concept un peu plus engageant que ce qui était en train de se produire aujourd’hui. Il n’aurait pas forcément été étonnant que Matthew fasse le coup à Héloïse en plein milieu de cette nature où les seuls spectateurs avertis auraient été des vaches mâchant mollement leur herbe grasse. Hélas pour l’éditeur et la Française, ce n’était pas le cas. Aussi se retrouvèrent-ils à devoir quémander de l’aide auprès du prochain village. Si la question devait être posée présentement à l’auteur, il dirait que la France se résumait à une vaste étendue de champs jonchés de villages de bouseux à la moustache fournie et au ventre bedonnant. Didier en était un exemple parfait et il ne doutait pas une seule seconde que son frère Jean-Yves serait du même acabit. Pas plus qu’il ne fut réellement surprise de constater que sa femme possédait presque autant de ventre que lui, ainsi qu’un épais duvet au-dessus des lèvres. Il préférait encore ne pas y penser, et surtout ne pas trop regarder non plus. Contrairement à lui, Héloïse semblait prendre la situation de manière plus légère et s’amusait du comportement atypique de ces gens. Dans le fond, elle ne devait pas être tant dépaysée que cela. La France était son pays et elle n’était pas née avec une cuillère en argent dans la bouche comme la fratrie McGregor. Il tentait donc de suivre son exemple et de paraître plus détendu qu’il ne l’était. Premièrement, il s’irritait de ne pas avoir tenu un œil plus vigilant sur sa jauge d’essence et de se prendre des remarques désobligeantes par des pauvres qui ne connaissaient pas les incroyables performances de ses voitures de sport. Il se retenait, ne souhaitant pas s’afficher en homme plus présomptueux qu’il ne l’était, mais tout ceci bouillait au fond de lui. Puis il s’énervait d’avoir dû se paumer dans un endroit où ils vivaient tous encore avec le champ du coq et le cadran solaire ! A tous les coups, la voiture ne serait pas prête avant des lustres. Il eut la pleine et entière confirmation qu’ils se trouvaient dans le trou de la France profonde quand la charmante Mauricette s’indigna de ne pas entendre parler de mariage. En soi, elle n’avait pas l’air bien choqué, mais Matthew interpréta si mal son accent qu’il se sentit le besoin exprès de préciser qu’Héloïse était sa femme. Hors de question qu’ils se retrouvent balancés dans le bûcher lors de la fête parce qu’ils avaient fauté avant le mariage. Néanmoins, ce fut une douce perspective que d’émettre l’idée que la belle brune à ses côtés n’était autre que sa femme. Héloïse McGregor… cela sonnait si bien et résonnait avec une telle évidence aux yeux de Matthew. Bien qu’il souhaitait prendre son temps et qu’il était partisan de l’idée qu’il ne fallait rien précipiter, il possédait cette conviction qu’Héloïse était et serait la dernière femme qu’il connaîtrait et qu'il aimerait. Qu’il l’épouserait et qu’elle serait la mère de ses enfants. Tout son avenir se dessinait à travers elle, et peu importait les possibles incertitudes, tant qu’il savait qu’Héloïse était sa certitude principale et nécessaire. Sa main se glissa dans celle de sa petite amie quand son regard amoureux plongea dans le sien. Elle évoqua l’anniversaire de Matthew en jouant le jeu avec tendresse. Tout à coup, perdu dans son regard, il lui sembla qu’être perdu au milieu de la campagne n’avait plus aucune importance. Il n’y eut que Didier pour briser ce moment si précieux. Son frère ne pourrait pas s’occuper de la voiture avant de main, forçant les deux amants à dormir chez leur sauveteur. Matthew masqua son agacement, à la fois de devoir rester, mais aussi de se prendre une nouvelle claque dans le dos qui lui arracha une plainte. Heureusement, la main d’Héloïse se glissant la sienne lui permit de retrouver un semblant de sérénité. Il lui sourit, sachant combien il était important pour la jeune femme qu’elle ne pense pas que cette journée d’anniversaire soit un véritable fiasco.

Après un bon verre d’eau, ils repartirent tous les trois pour récupérer les bagages, dédaignant la possibilité de se déplacer en tracteur. Très naturellement, Matthew avait failli s’exclamer qu’ils n’étaient quand même pas des pec’naux, mais la brunette s’était interposée à propos pour l’empêcher de dire des bêtises. De toute manière, il aurait parlé en anglais, n’ayant pas un vocabulaire très fourni en la matière. Ainsi, ils partirent à pied. Avec la fête de ce soir, ils risquaient d’avoir les jambes en compote, mais peu importait. « Des fêtes de village ? Je vois d’où tu tiens ton côté beauvin. » se moqua-t-il gentiment quand sa petite amie lui confessa qu’elle faisait souvent des fêtes semblables étant petite. Dans le fond, il aurait certainement préféré se retrouver dans des fêtes de village étant enfant qu’à des soirées pompeuses organisées par ses parents ou d’autres aristocrates. Il se serait plus amusé qu’en devant travailler sa posture et sa diction. De retour au village, ils purent constater de toute l’émulsion que cela provoquait sur la place. « Dis donc, ils ne font pas les choses à moitié. » remarqua Matthew tandis qu’ils arrivaient bientôt chez Didier. Une fois sur place, ils purent déposer les valises dans la chambre qui leur était assignée. « Au moins, on ne dort pas dans la grange. » Il n’en aurait presque pas été étonné si tel avait été le cas. Mais Matthew exagérait sûrement un peu les choses. Une fois encore, ses préjugés furent éclipsés par les sourires d’Héloïse et sa tendresse. Il rit à sa bêtise et laissa ses lèvres être capturées par les siennes. Il aurait bien fait durer les choses, mais Mauricette choisit ce moment pour débarquer dans la chambre, agrémentant d’un flot de paroles qui s’avéra gênant. Elle repartit aussi vite qu’elle était venue, un sourire plus grand que la lune et ils furent seuls de nouveau. Héloïse lui demanda s’il avait déjà visité une ferme. « A ton avis ? » dit-il avec une pointe d’amusement. « Mais quelque chose me dit que je ne pourrai plus dire ça et que ma petite femme va me traîner dehors. » Et effectivement, sa petite amie s’empressa de saisir sa main pour l’emmener du côté de la ferme. Première constatation : ça puait la mort. Matthew esquissa une grimace de dégoût. Deuxième constatation : les cochons étaient monstrueusement sales. Le ballet de la ferme commença entre les poules, les cochons, les chèvres, etc. Héloïse ne cessait de s’extasier de toutes ces bêtes sous le regard à la fois amusé et réticent de Matthew. Il se sentit plus en confiance quand ils furent près des chevaux. Ça, il maîtrisait bien, ayant souvent fait le tour du domaine sur leur dos. Ce ne fut pas le cas d’Héloïse. « Tu pourrais monter avec moi, si tu veux. » Mais sa proposition fut bien vite expulsée au profit d’une bête terrifiante. Une bête qu’il pensait avoir laissé au loin. Les lapins. En moins d’une seconde, elle fut près des lapins, totalement en extase. Matthew et Didier s’approchèrent, le rire gras du paysan résonnant de partout. Visiblement, c'étaient des lapins de compétition, durement entraînés par Mauricette. Mon dieu… Héloïse ne voudra plus jamais partir. « Mmh… ouais. » répondit-il à la dégoûtée quand elle lui proposa d’en caresser un. Il avança à peine sa main, posa son index sur le front d’un lapin, resta un quart de seconde avant de l’enlever. C’en était déjà trop pour lui. « Z’en avez d’autres qu’sont de l’ôtre côté de la grange. D’beaux lapereaux qu’Mauricette cuisine avec amour ! V’pourrez en avoir d’main midi ! » L’expression d’Héloïse passa de l’enchantement au traumatisme. En moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire, ses yeux s’emplirent de larmes et Matthew se sentit obligé d’intervenir au plus vite. « Oui, non mais… pas de lapins pour nous. Euh… ma femme est allergique. » Didier ouvrit de grands yeux. « C’est qu’c’est fâcheux tou’ça ! M’enfin si vous z’avez le courage, faudrait que vous m’attrapiez une belle p’tite poulette pour’que Mauricette commence à la plumer pour demain. » Eh merde… Matthew jeta le regard le plus désespéré du monde à Héloïse, mais face à la détresse de cette dernière, il n’eut pas le cœur de dire autre chose que oui. « Je te préviens, je ne le fais pas seul. » Et quelques minutes plus tard, ils furent comme deux idiots dans le poulailler à courir après des poulettes qui caquetaient tous les côtés pour les attraper. « Sur le côté, coince-là ! » s’écria Matthew. Si au départ, il y était venu sans grande conviction et en pensant qu’il n’aurait qu’à se pencher pour en attraper une, il avait dû se rendre compte qu’il se fourrait le doigt dans l’œil. Avec leurs pattes minuscules, elles cavalaient de tous les côtés en hurlant. Ils se retrouvèrent à les pourchasser sans relâche, trébuchant parfois, dérapant et se cognant contre les cabanes. Finalement, à force d’ingéniosité, Héloïse parvint à en coincer une dans un coin où Matthew s’empressa de la chopper après une bonne heure de lutte. « J’ai ! » cria-t-il comme s’il jouait une partie endiablée de volley. Il tenait la poule telle un trophée, libérant un instant sa main pour taper victorieusement dans celle d’Héloïse. Devant le poulailler, Mauricette et Didier tapaient des mains en riant. Le couple les rejoignit. « V’là une bonne poule qui nou’fera assez pour d’main. » A peine Matthew eut-il remis la bête dans les mains de Mauricette que cette dernière l’attrapa par le cou et le tordit avec une telle force qu’il se brisa d’un coup sec. Héloïse étouffa un glapissement en se cachant dans les bras de Matthew tandis que ce dernier s’admettait tout particulièrement choqué. « V’nez m’aider pour donner le foin aux ch’vaux maintenant Matthew ? » La campagne, ce n’était vraiment pas son truc…

***

Complètement épuisés, Héloïse et Matthew arrivèrent sur les lieux de la fête du village. Didier et Mauricette semblaient ravis de présenter les deux invités surprises qui affichaient des cernes terribles. Les muscles de l’auteur le faisaient même souffrir. Chienne de vie… Malgré tout, il devait admettre que ce couple était adorable et très prévenant. Désormais, tout le décor de la fête était en place, avec des longues rangées de tables, des estrades, des buffets où l’alcool et de la nourriture se trouvaient pour nourrir tout un régiment. D’ailleurs, l’odeur était tout particulièrement alléchante. Puis des guirlandes de fleurs et de lumières étaient suspendues de toute part. La musique d’un orchestre emplissait la place. Une fois encore, Matthew reçut une claque violente, cette fois-ci du fameux Jean-Yves. « Je connais mal les voitures françaises… » Il ne trouva pas de meilleures excuses qui lui apparut assez ridicule même pour lui. Le garagiste partit d’un rire tonitruant. « Ah les p’tits jeunes n’sont plus aussi dégourdis qu’avant ! » Par chance, Matthew ne comprit pas tout car il se serait vite récrié contre cette injustice. A la place, Didier revint avec de nombreux verres remplis d’alcool. « Goutez-moi donc ça ! V’m’en direz des nouvelles ! » A l’aspect, l’éditeur ne sut pas bien s’il s’agissait d’une liqueur de fruits rouges ou d’un vin rouge qui cognait très fort. Il eut la réponse à la première gorgée qui lui arracha la gueule et il en recracha une partie. Il posa aussitôt sa main sur le verre de sa petite amie pour qu’elle ne goûte pas. Il ne voulait pas qu’elle danse sur les tables comme Mauricette, non plus ! Les hommes eurent un rire gras et résonnant. « Un p’tit alcool de c’rises ! L’est bon hein ?! En revanche, n’en parlez pas trop hein. Pas trop le droit normalement !  » En même temps, l’alcool qui dépassait plus de quatre-vingt-dix degrés, ce n’était plus très légal. « C’est plutôt costaud. » nota Matthew d'une voix étranglée. Un peu oui ! Son larynx était en train de prendre feu ! Il attrapa un bout de saucisson sur une des tables pour faire passer le goût. Mauricette s’approcha après s’être éloignée un temps. Elle s’adressa à Héloïse après lui avoir mis une couronne de fleurs sur la tête. Matthew sourit, se disant que c’était véritablement champêtre. « Ah c’est de l’alcool d’hommes tout ça. Prenez donc ça plutôt ! » Elle lui tendit un verre où le liquide était bien plus clair. Peut-être un peu d’hydromel ? Ce serait sûrement moins violent que ce qu’il buvait. Il leva son verre pour trinquer avec sa femme de la soirée. « A ta santé, Heidi. » Il reprit une gorgée de son breuvage, et dut admettre qu’après la violence de l’alcool, il restait un goût assez agréable de cerises noires. Tout en buvant et en grignotant ce qui se trouvait, ils conversèrent sur beaucoup de choses et ils furent présentés à toute la population du village. Plusieurs fois, et à mesure que les verres se resservaient, Matthew avait dû demander la traduction de sa petite amie pour comprendre ce qui se disait. Et plus il buvait, plus il trouvait tous ces gens sympathiques. La musique se poursuivait, les danses s’actionnaient autour de la place. « T’fais pas danser ta p’tite femme ? » s’étonna Jean-Yves. Il n’eut pas le temps d’objecter quoi que ce soit, que son verre lui soit retiré des mains et qu’il se retrouve sur la piste de danse. Héloïse suivit le même chemin. « Je ne sais pas danser ça, moi ! » dit-il en observant d'un œil catastrophé les chorégraphies totalement incongrues.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 4229

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Mer 30 Aoû - 12:08

Un séjour à la ferme ! C'est vrai que je n'imaginais pas nos vacances ainsi. J'ai fait en sorte d'organiser mes vacances en fonction de ce que Matthew aime. De ce fait, il ne m'est même pas venue à l'idée de l'emmener explorer les chemins de la campagne profonde, là où les gens pensent que Vuitton est le nom du cochon du voisin. Et non pas un fabricant d'accessoires de luxe. Autant dire que c'est une découverte pour lui et heureusement, il ne semble pas mal le prendre. Au contraire, il répond à mes sourires, à mes baisers, allant jusqu'à rire de ma connaissance de ce genre de village ou de fêtes. Bien sûr, j'en ris avec lui. Et il faut dire que nos hôtes sont vraiment gentils. Si Matthew n'est pas habitué, moi je les trouve accueillants et ça fait vraiment du bien de se retrouver au milieu de gens que l'on ne connaît pas, jouant le jeu d'être mariée à mon chéri le temps de ce petit séjour. Je sais que ça ne sera pas indéfini, que nous reprendrons bien vite la route pour poursuivre notre séjour mais j'en savoure chaque seconde, acquiesçant à l'idée de rejoindre Didier et Mauricette dans la ferme et de pouvoir tous les animaux. Forcément, je suis un peu craintive que l'être aimé puisse refuser mais au contraire, sa remarque me contente un peu plus. « Tu n'as pas le choix, tu me l'as promis quand on s'est dit oui ! » Je déclare, hilare avant de tirer sur sa main. Une fois sur place, je peux alors voir tous les animaux de la ferme. Y compris les lapins où là tout le monde me perd tant je suis heureuse de ma vie. Encore plus quand mon chéri « caresse » le lapin. « Il ne va pas te mordre mon amour. » Je lui dis en dissimulant mal mon sourire amusé. Néanmoins, il disparaît bien vite quand Didier rompt le charme en évoquant les lapins qu'ils tuent. « Mais... Mais les pauvres... » Je proteste tandis qu'ils proposent de nous en cuisiner un pour demain, ce qui me semble inacceptable. Déjà, mon visage se terre et je ne dois mon salut qu'à Matthew confirmant que je ne mange pas de lapin. Qu'à ce n'en tienne, il propose alors que nous attrapions une poule. Et je dois dire que sur l'instant, je ne pense pas au destin de cette petite bête, j'en oublie les lapins bien plus motivée à l'idée d'essayer avec Matthew d'en attraper une. Rien que de me dire que je vais voir mon chéri courir derrière une bête. Mon dieu.... Ça efface tout et je me demande si à la maison d'édition, les gens me croiront quand je leur raconterai ça - enfin non je ne le dirai pas, je crois que mon merveilleux mari risquerait de mal le prendre - et puis, je me laisse prendre au jeu. Courant, sautant, riant, me prenant le coin de la cabane de la poule. « Matt ! Celle là !! » Je hurle en pointant du doigt une victime ayant commis l'erreur de se caler dans un coin. Elle est alors  capturée par un anglais fort victorieux, me checkant la main. On est trop fort et puis la poule est super belle « T'es trop belle ma poule ! » Je déclare hilare, forçant l'humour sur les jeux de mot ! Et nous amenons donc la bête prise au piège à une Mauricette toute heureuse, qui la prend... Et lui brise le coup d'un geste sec. Mon hurlement résonne et effraie les autres poules braillant tandis que je me jette dans les bras de mon chéri. « Mais elle avait rien demandé ... » Je murmure alors que Mauricette range le cadavre dans son épais tablier et me demande alors « Minette ma chatte a des p'tits ! Tu veux les voir ? » Et de nouveau, le monde entier me perd y compris quand Matthew doit aller s'occuper du foin. Les chatons c'est comme les lapins, c'est trop mignon. Et j'en profite jusqu'à ce que ce soit l'heure d'aller prendre une douche, de se changer et de pouvoir aller à la fête du village.

C'est intimidée que j'arrive avec Matthew, constatant que beaucoup nous observe. Heureusement Didier et Mauricette nous présentent à du monde et nous rencontrons le fameux Jean-Yves ayant la claque facile comme l'ensemble de cette population. Mais ils sont gentils. Le festin a l'air sympathique. Et déjà, on nous propose à boire. Ce dont on accepte, cependant avant de boire, je renifle la liqueur. C'est de la cerise semble-t-il. Matthew a déjà bu et je m'apprête à en faire de même. Sauf que la main de mon chéri m'en empêche. Au vu de sa tête congestionnée, j'en déduis que ça doit sacrément arracher. Et je me félicite donc de ne pas avoir goûté, préférant prendre le verre que me rend Mauricette, moins fort. « C'est très bon ! » Je finis en dégustant petit à petit et ainsi, en délaissant le premier verre se trouvant devant moi. Le repas finit par commencer et les mets sont savoureux. Il n'y a pas à dire : la nourriture française est la meilleure et puis les villageois sont adorables. On mange, on discute et je sens Matthew bien plus ouvert aux autres. Cette fois-ci il accepte plus facilement les claques affectueuses. Et la soirée se poursuit quand une pause musicale survient. C'est l'heure d'un entre deux suivi de danse à laquelle Didier s'insurge de ne pas nous voir danser. Mon chéri confirme ne pas savoir danser ce que les villageois font. « Attends ! Tu ne sais pas danser la macarena !? » Je le fixe d'un air choqué comme si je le découvrais pour la première fois. Mais imbibée par l'alcool de Mauricette, je lui prends la main et tire pour qu'il vienne vers la piste de danse. « C'est très facile Mamour ! » Je déclare en lui montrant les gestes avec les mains, on pose, on retourne, on met sur la tête, sur les hanches, un petit mouvement des coudes et hop on saute sur le côté. Mon dieu ... Je ris tellement avec lui. C'est juste incroyable comme on paraît métamorphosé en cet instant. Deux êtres que tout oppose pourtant. Deux mondes différents. En train de danser la macarena, de se tromper de côté, de se bousculer mais d'en rire davantage.
Il n'y a pas à dire l'alcool de cerise achève, surtout lorsque pour me désaltérer, je bois le premier verre m’ayant été initialement servi. Le fameux verre qui arrache. J’ai soif et je suis pressée de retourner vers Matthew pour rire encore plus avec lui.

Plus tard, après une autre partie du repas consommé et même pas encore au dessert, je suis partie chez Didier et Mauricette pour aller aux toilettes victime d'une vessie trop pleine. Le temps de me soulager, je fredonne doucement redescendant dans la maison vide. Je n'ai pas peur, seule Minette vient se frotter contre moi. « Haaaaaan ma Minette, tu veux me montrer tes bébés ?? » Je demande d'une voix complètement euphorique. Et sur ces mots, je suis le chat comme s'il comprenait ce que je disais. Peut-être que je suis un peu trop bourrée. Qu'importe, je tombe en amour pour les chatons se laissant caresser. Je ne fais pas attention au temps qui s'écoule. Jusqu'à entendre un bruit de pas, un peu plus loin. Des pas me semblant un peu lourd. Je redresse un regard effrayé mais demeure silencieuse. Si le tueur à la fourche est là, ce n'est pas le moment de me faire choper. Aussi, je reste silencieuse, me déplaçant tout doucement pour me calfeutrer un peu plus dans la grange. Si je peux prendre un râteau, sans doute cela me sauvera la vie. Encore faut-il que je sache où ils sont. Je crois que les chevaux sont sur la gauche et plus loin, il y a les cochons. Et les chèvres aussi. Chouquette bêle déjà et s’approche de moi tandis que j’essaye de fuir ses bruits de pas. J’en suis sûre, on a dû me suivre. Et mon esprit fantasque s’embarque déjà dans un récit palpitant où je m’imagine être poursuivie, devant semer le méchant. Il faut que je retrouve bien vite Matthew pour lui annoncer que j’ai semé un gros vilain. Cependant, dans la grange et en pleine nuit, je n’y vois pas grand-chose. En plus, j’essaye d’être discrète mais je ne peux m’empêcher de rire, d’autant plus que la chèvre bêle et me suit toujours. Hop on enjambe des monticules de botte de foins, et je repère bien vite un objet long. Un râteau ! Parfait ! Je peux me défendre ainsi. Alors je continue à avancer en espérant que je pourrais m’échapper par l’autre entrée de la grange. Mes yeux se sont habitués à l’obscurité jusqu’à ce que j’arrive devant l’entrée, la repérant cette silhouette plus grande que moi. Il m’a trouvée !! Le hurlement résonne aussi vite que je lâche le râteau ! C’est malin, j’ai perdu ma seule arme de défense mais heureusement, je finis bien vite par comprendre que celui qui est en face de moi n’est autre que Matthew. « Ah c’est toi !! » Mon cœur bat comme un fou mais déjà j’éclate de rire comme une démente. « Tu m’as fait peur ! J’étais allée voir le chat mais j’ai vite entendu un bruit de pas ! » Agrippant le haut du chéri, je prends soudain un air dramatique tandis que j’ajoute « Je crois que j’étais suivie ! » Bon en vrai, j’étais suivie par mon copain qui devait sans doute s’inquiéter de ne pas me voir revenir. Mais la vie est une aventure d’accord !? Et je crois que l’alcool de cerise m’est trop vite monté à la tête. Voilà déjà que je ris à nouveau. « C’était donc toi !! Tu voulais que je meure d’une crise cardiaque ? C’est pas gentiiiil ! »  Et je me blottis contre lui, toujours hilare. Durant un court instant, j’ai même un semblant de lucidité me demandant si je suis bien en train de faire un câlin à Matthew. Il ne manquerait plus que je sois tellement bourrée que je serais incapable de discerner Didier de Mauricette. Mais c’est bien lui, avec ses bras protecteurs, avec son parfum rassurant ! « Mais j’ai une bonne idée de la façon dont tu te feras pardonner … » Ma voix enjôleuse se perd dans un murmure évocateur lorsque je l’embrasse fougueusement reculant et l’attirant à moi pour que l’on s’enfonce dans l’obscurité de la grange. Au calme. Juste avec la chèvre continuant à bêler de temps en temps. La musique en fond sonore.
Sobre, je sais que je ne regarderai plus une grange de la même manière, j’en rougirai fortement.

***


Mes joues sont toujours aussi rouges lorsque je reviens, marquées par plusieurs facteurs : la chaleur, les émotions encore bien fortes de nos instants d’amour et l’alcool de cerise qui colore la vie en rouge et les joues avec. Tout le monde est occupé à rire et à profiter de la fête. Et pourtant, j’ai l’impression d’avoir été prise en flagrant délit. D’ailleurs, je sursaute quand Mauricette vient à moi accompagné d’une femme aussi forte qu’elle. « Donne ta main m’n cœur, Madeleine s’y connait en lignes d’la main ! Elle va p’voir prédire ton av’nir ! Un bébé tiens ! » Et confiante, je tends alors ma main, murmurant à mon chéri « Elle va prédire un bel avenir pour toi et moi… » Je dépose un baiser sur sa joue, toute contente de l’attention qui m’est accordée pendant que Madeleine observa ma main sans rien dire, souriant avant de froncer les sourcils et d’ajouter sobrement « C’est étrange… Je ne vois que de la souffrance… Un chagrin d’amour apparemment… » Elle lève le regard vers nous deux, se mettant à rire et ajoutant « J’ai trop bu, Momo, la prochaine fois… Dose mieux ta gnôle ! » Tandis que je fronce les sourcils et m’exclame « Mais il ne peut pas y avoir de chagrin d’amour, Matthew et moi c’est pour la vie ! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Matthew McGregor
Admin prétentieux
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 13/03/2016
MESSAGES : 2775

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Jeu 31 Aoû - 22:52

Plus le temps passait, plus Matthew était entièrement convaincu que la vie à la campagne, ce n’était définitivement pas son truc. Tout premièrement, l’absence totale de connexion avec le monde extérieur. Une bombe pourrait s’abattre dans le village d’à côté que ces pec’nos n’en sauraient rien. Il était d’ailleurs étonné qu’ils aient déjà le téléphone fixe et qu’ils ne communiquent pas par pigeons voyageurs. Il y avait aussi leur mode de vie moyenâgeux, la barbarie de leur méthode et… bordel, ça puait ! A l’intérieur de la maison, ça sentait le renfermé et le chou bouilli. Et quand on voulait prendre un grand bol d’air frais dehors, les odeurs de la ferme venaient vous assaillir le museau. Un cocktail détonant entre la puanteur des animaux, une farandole d’excréments en tout genre et ce foin qui diffusait le tout dans un magma ragoûtant. Non, vraiment, il n’y avait rien qui pouvait faire admettre à Matthew McGregor que la vie à la campagne était meilleure que celle à la ville. Jamais. Néanmoins, dans toute cette histoire, il semblait qu’il y en avait une qui s’amusait bien. Héloïse. Se retrouver au milieu de la populace paysanne devait lui évoquer des choses car un sourire léger flottait sur ses lèvres. De même qu’elle ne peinait pas à comprendre le langage approximatif de ce couple. Certes, Matthew avait pour handicap la barrière de la langue, mais il n’était pas une buse non plus. Surtout qu’ils n’utilisaient pas forcément des mots très recherchés. Non… c’était surtout l’accent qui était terrible. Malgré tout, la légèreté d’Héloïse parvenait à le contaminer. Il ne pouvait s’empêcher de s’attendrir en la voyant s’extasier de tous les animaux de la ferme. De son côté, il se tenait à une distance acceptable pour ne pas être sali. Au prix où il payait ses fringues, ça l’aurait bien fait chier de se retrouver avec de la bouse de chèvre sous le pied. Il faut d’autant plus heureux de son excuse quand il fut question des lapins. Hélas, il ne put échapper à la course aux poules. En vérité, l’activité n’était pas si déplaisante, si bien qu’ils en oublièrent presque le sort destiné à la pauvre poulette. Mauricette eut le bon goût de leur rappeler en brisant le cou de l’animal devant leurs yeux. « Vous avez fini de traumatiser ma copine, bande de bouseux ?! » enragea Matthew, hors de lui.

Mais ce n’est pas ce qu’il dit. A la place, il fut envoyé au foin, et abandonna Héloïse aux bras de petits chatons. Un court instant, il hésita à demander si ces monstres comptaient noyer la portée, mais il se retint. Intérieurement, il pria très fort le petit Jésus auquel il n’avait jamais cru avant de partir à son labeur. Les muscles en compote, il s’étala sur le lit en fin de journée. « Je ne veux pas y aller. » lâcha l’éditeur avec désespoir mais les arguments et la douceur d’Héloïse eurent raison de lui. Une demi-heure plus tard, lavés et habillés, ils descendirent pour rejoindre Mauricette et Didier dans le salon. « Z’êtes bien bô t’les deux ! Un joli couple. Vou’me rappelez ma p’tite Mauricette et moi au même âge ! » Si Matthew avait été en train de boire, sûrement se serait-il étouffé. Il observa du coin de l’œil sa belle Héloïse, la comparant ensuite à Mauricette. Et lui-même se compara à Didier. Non mais il était fou le type ? Hors de question qu’il devienne un gros bedonnant et qu’Héloïse vide l’Atlantique à chaque fois qu’elle ferait une bombe. Merde ! « Bien heureux de le savoir… » Dans cette bonne humeur, ils prirent le chemin de la fête. Il fallait admettre que c’était plutôt bien fait et festif. Rien qui ne ressemblaient à ses réceptions habituelles, mais au moins, ça changeait un peu. Il n’aurait pas besoin de se creuser les méninges pour savoir de quoi il allait parler. Personne ne s’intéresserait au cours de la bourse sur le marché des savonnettes en 2013. Au contraire, ce furent des discussions assez animées et bon enfant autour d’alcools forts. Ce n’était pas de l’alcool de femme. D’ailleurs, il prit bien soin qu’Héloïse n’en avale pas une gorgée. Déjà qu’elle était intenable avec les alcools normaux, il n’allait pas tenter le diable. Enfin il n’avait plus le loisir de penser à la boisson. En quelques secondes, il fut projeté sur la piste de danse. « La macaquoi ?! » Ils se dévisagèrent l’un et l’autre, choqués. Lui parce qu’il ne comprenait rien, elle parce qu’il ne connaissait pas cette danse. Mais sûrement parce que l’alcool circulait en grosse dose dans ses veines, il n’eut aucun mal à se bouger au rythme de la musique, suivant scrupuleusement les mouvements d’Héloïse. On notera quelques ratés où ils se rentrèrent dedans comme des idiots, ou à partir du mauvais côté tout en riant aux éclats. Quand enfin la musique s’arrêta, tout le monde se mit à applaudir et à s’exclamer pour la foule des danseurs. Matthew en profita pour attraper Héloïse pour la taille et coller son front au sien. « Tu sais combien je t’aime toi ? » lui murmura-t-il en français avant de l’embrasser passionnément sous les acclamations de certains alentours.

« Oh allez, Jean-Etienne, tu ne vas pas te faire avoir par un gamin ! » Le visage crispé, Matthew forçait de toutes ses forces face à son adversaire au bras de fer. Il en faisait suffisamment avec Dimitri et Zackary (généralement pour savoir qui allait payer la prochaine tournée ou récupérer la fille facile) pour être entraîné concernant le sujet. Il fallait tout de fois admettre que le Jean-Etienne était un coriace. « Oh allez mon p’tit ! » Didier balança une claque amicale dans le dos de Matthew pour l’encourager, mais l’asséna avec une telle force que l’auteur perdit contenance. Il fut aussitôt battu sous les récriminations de tous ceux qui se trouvaient autour. Une importante dispute s’enclencha entre les paysans sur l’éventualité d’une tricherie. Matthew éclata de rire en prenant une nouvelle gorgée de sa liqueur. C’est vrai qu’à force d’en boire, on finissait par deviner le goût de la cerise ! « Elle est où Héloïse ? » demanda-t-il à Mauricette après l’avoir longtemps cherchée des yeux. Heureusement, elle n’avait pas vu sa défaite. La fermière lui pointa du doigt la maison tout en criant des paroles qu’il ne comprit pas par-dessus le brouhaha. Il se contenta de se lever pour rejoindre sa petite amie, quittant l’agitation de la fête. « Héloïse ?! » appela-t-il quand il fut devant la bâtisse mais il ne voyait rien. Pas même un brin de lumière, hormis celui de la lune. C’était très étrange. Il fit le tour de la maison, se trouvant tout près de la grange. Ce fut là que la silhouette d’Héloïse se découpa dans l’obscurité. Il s’approcha, mais fut surpris par son hurlement. Il sursauta jusqu’à comprendre qu’elle l’avait pris pour un autre. « Evidemment que c’est moi ! » se mit-il à rire. Il fit mine de vouloir la prendre dans ses bras, mais elle prit les devants en l’agrippant. Ouhla… elle était dans sa phase bourrée. Mais il s’en foutait, il était aussi défoncé qu’elle ! « T’es partie sans prévenir et tu m’as laissé seul avec eux, vilaine. » En guise de punition, il vint lui voler un baiser. wesh trop violent le mec. Riant de ses bêtises, il l’enroba de ses bras protecteurs, profitant de cet instant précieux où ils n’étaient que tous les deux. Tant qu’il était avec Héloïse, il pouvait bien être perdu n’importe où. La voix enjôleuse de sa petite amie éveilla son intérêt et ses paroles, son désir. « Ah oui ? J’adore toujours tes idées. » Sauf celle de partir en Twingo dans la campagne française, mais passons ! Il lui rendit son baiser passionné, enflammé par la fougue d’Héloïse. Il l’accula au fond de la grange, plein d’ardeur. « Si Madame McGregor veut bien se donner la peine… » souffla-t-il avant de la laisser tomber délicatement dans un tas de foin. Il la rejoignit bien vite, décuplant ses baisers et ses caresses.

***

De retour à la fête, ils firent comme si de rien n’était, bien que les joues d’Héloïse étaient encore rosies de leur délit amoureux. Ils échangeaient des coups d’œil équivoques, riaient aux éclats, puis faisaient mine d’observer ailleurs avec une tendre complicité. Une voyante s’ajouta à la bande. Matthew ne croyait absolument pas à ses histoires occultes mais Héloïse était bien trop enthousiaste. Il s’attendait à des prédictions style horoscope avec des phrases qui ne voulaient rien dire, mais il déchanta un peu. « Connerie… » souffla-t-il en buvant un coup mais il ne garda pas son amertume bien longtemps. Il se contenta de rire. Il approcha Héloïse de lui en l’attirant par la hanche et déposa un baiser sur sa tempe. Brusquement, il fut gratifié d’une claque dans le dos. « Bon, c’est pas qu’l’ennui s’fait sentir, mais faudrait p’t-être commencer les jeux ! » - « Les jeux ? » Tous rivèrent des yeux interloqués vers l’éditeur. Hormis Héloïse, bien sûr. « Ben ‘videment ! Tu crois qu’l’est pour qui l’gros cochon ?! » Et effectivement, au centre de la place trônait un gros cocon. Vivant. « Allez, en piste ! » Ils n’eurent pas le choix de dire non ou de trouver une excuse comme pour ne pas aller à la piscine de l’école. Ils furent emportés dans le flot. Ils auraient plusieurs jeux et celui qui en remportait le plus aurait gagné le fameux cochon. Heureusement, cela fonctionnait pas équipe de deux, et le couple se mit d’office ensemble. « C’est quoi la première épreuve ? » Il se rendit bien vite compte que des marques avaient été tracées au sol. Apparemment, il fallait porter son partenaire sur le dos, s’élancer depuis la ligne de départ jusqu’à la ligne d'arrivée sans oublier de récupérer un des nombreux pompoms qui s’agitaient en haut d’une branche. Forcément, Héloïse monta sur le dos de Matthew, prêt au top départ. Il leva un bref instant sa main pour que sa petite amie tape dedans. « Team édition, on est les plus forts. Je sais que t’as pas tes lunettes, mais attrape-moi ce pompom et je t’offre un deuxième lapin. » L’esprit de compétition, Matthew l’avait. Un peu trop sûrement, exacerbé par le fait qu’il en tenait une grosse couche avec la gnôle française. En même temps, ça fracassait ce truc ! « TOP ! » Toutes les équipes partirent à toute vitesse. Matthew n’était pas forcément un grand sportif, mais il fallait admettre qu’il avait un avantage de taille : Héloïse ne pesait pas plus lourd qu’une plume. Il fut facile de prendre un peu de distance et quand ils furent sous le fameux arbre, il ralentit un instant l’allure. « ATTRAPE ! » s’écria-t-il comme si le Vif d’Or venait de lui passer sous le nez. Elle ne l’attrapa enfin après plusieurs essaie où Matthew dut sauter sur place. Finalement, ils atteignirent la ligne d’arrivée en premier. Il fit descendre sa belle brune de son dos, dégustant sa victoire l’embrassant passionnément. « On a trop de talent en nous ! » Mais ce n’était pas encore terminé. Pour la deuxième épreuve, il s’agissait d’une épreuve de lutte. Chaque membre d’une équipe devait affronter un adversaire d’une autre équipe avec un bâton. Plusieurs duos passèrent, permettant à Matthew de recharger ses batteries en buvant toujours plus d’alcool de cerises. Ce fut bientôt son tour. Il s’avança assez confiant tandis que les autres riaient légèrement de sa carrure frêle. Ce que les gens ne savaient pas, c’était que l’éditeur avait fait de l’escrime durant longtemps paye ta vie de riche. Ainsi, lorsqu’il se retrouva face à Gilbert le mécanicien, il n’eut aucun mal à esquiver les attaques, parer les coups de bâton et lui en asséner de plus forts. Au terme de cinq touches, le combat s’arrêtait. Alors quand Matthew arriva à quatre touches, il s’accorda une petite fantaisie pour la dernière. Il attendit une attaque frontale pour s’accroupir, avancer et faucher les jambes avec son arme de son adversaire qui s’étala sur le sol. Matthew leva son bâton en l’air comme un Achille ayant tué Hector. « OUAIS C’EST QUI LE PATRON ?! » beugla-t-il en guise de cri de victoire face aux acclamations du reste du village. Wesh, il était chaud Matthew ce soiiir ! Désormais, ça allait être le tour d’Héloïse. La chanson ne serait peut-être pas la même.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héloïse Bennett
Admin bisounours
avatar
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
MESSAGES : 4229

MessageSujet: Re: « I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew   Dim 3 Sep - 20:35

Heureusement que j’ai insisté pour que Matthew vienne à la fête car au départ, il n’était pas forcément motivé. Il faut dire que Didier n’a cessé de le faire participer à diverses tâches à la ferme, et si pour moi, ça a été un moment de pur bonheur et de découverte – en dehors de la mort tragique de cette poule – ça n’a pas été le cas pour mon tendre amour. Je me dis que pour ses vingt-neuf ans, il devait, certainement, s’attendre à autre chose que de devoir soulever du foin avec une fourche, attraper une poule pour qu’elle ait le cou tordu et de se prendre des claques constamment. Heureusement, dans tous ces instants tourbillonnants, on en profite pour savourer le bonheur d’être à deux, de trouver du réconfort dans l’imprévu. Et quel imprévu d’ailleurs ! Parce que je n’ai, en aucun cas, imaginé fêter son anniversaire dans un endroit pareil. On devait être dans un hôtel charmant, classe. Pas dans une ferme. On devait être attablé dans un restaurant gastronomique. Et pas dans une fête de village où pourtant, tout le monde nous accueille avec le sourire. Et ces sensations-là n’ont pas de prix. Je me sens si sereine, si heureuse que bien vite, je me laisse envahir par l’ivresse de l’instant, buvant un peu trop, mangeant beaucoup. Mais ne cessant jamais de rire. Surtout quand je découvre que mon tendre chéri ne sait pas danser la macarena. Quel comble ! C’est comme s’il me disait ne pas connaître le coca. J’en suis choquée et je décide de bien vite changer cette bourde monumentale. La macarena c’est la base de toute fête française. Et c’est ainsi que Matthew McGregor découvre cette danse. Au fond de moi, je songe que Matthew, sobre et à Los Angeles, ne se serait jamais laissé aller à une telle… débauche. Ici, en Amérique, j’ai l’impression qu’il est un tout autre personnage, la véritable personne qu’il dissimule derrière toute cette pression familiale, derrière ce statut de chef d’entreprise, derrière cet être meurtri par tant d’évènements. Finalement, je ne l’en aime que davantage surtout lorsque la fin de la danse, on finit dans les bras l’un de l’autre, en riant, en étant perdu dans ce bonheur total d’être en vacances, si loin de tout. Et l’entendre me parler en français me crée toujours des papillons aussi merveilleux. « Je ne vais jamais vouloir partir d’ici… » Je souffle doucement, son regard ancré au mien. Le cœur palpite déjà comme un fou avant que nos lèvres se rejoignent, comme attirées l’une par l’autre. « Et je t’aime à la folie… » Je finis par dire me laissant aller à la sensation de bonheur me traversant lorsque je suis dans ses bras. « Et tu as dansé la macarena, tu m’épates ! » Forcément, je me mets à pouffer de rire parce que ça, je ne l’oublierai jamais.

***


Et la fête se poursuit. J’ai oublié, en revanche, que les repas français sont connus pour leur longueur, leur quantité aussi. Car on mange bien et beaucoup. J’en suis choquée mais la surprise s’efface bien vite tant nos hôtes sont adorables. Nos assiettes sont toujours remplies et nos verres également. Nous ne mourrons pas de faim, ni de soif. Il y a juste le besoin de libérer la vessie par un trop plein de liquide ingéré. Elle va presque explosée et j’attends le dernier moment pour aller chez Mauricette me soulager. Cependant, soûle, je préfère bien vite retrouver la compagnie des chatons, croyant ensuite que je suis suivie par le tueur en série à la fourche. Mais pourtant ce n’est que Matthew et autant dire qu’il m’a fait une belle frayeur. J’ai cru ma dernière heure arriver et pourtant, non, ce n’est que mon chéri. Inhibée, je me jette alors dans ses bras, peu prête à retourner à la fête et plutôt encline à avoir des idées fort peu chastes. Sans doute, la macarena a su captiver mon cœur et mon désir, je n’en sais rien. Mais pour une fois, je me découvre très réceptive. Et puis, Matthew n’est pas quelqu’un qui refuse ce genre de choses. A moins d’être furax ce qui est fort peu probable ce soir. On a juste l’alcool joyeux, juste envie de profiter et nous voilà déjà en train de reculer dans la grange et l’obscurité apaisante en train d’échanger des baisers passionnés. Ses mots me font sourire tandis qu’on se retrouve au fond de l’immense bâtisse. « Monsieur McGregor sait que son épouse ne peut rien lui refuser… » Ça m’amuse qu’ici les gens puissent nous croire mariés. Et pourtant, il n’en est rien. On vit un moment dangereux presque dangereux, mais terriblement excitant. Il va de soi que seule la gnôle de Mauricette peut arriver à me rendre aussi entreprenante. « Oooh je tombe.. » Dis-je en gloussant tandis que j’attéris en douceur dans un tas de foin. Heureusement qu’il a l’air plutôt solide. J’ai connu des tas bien plus mou dans mon passé – Avec Molly, on ne cessait de s’y engouffrer dedans petite – Mais là, c’est parfait et bien vite, je me laisse envahir par cette sensation grisante qu’est le désir pour l’autre quand Matthew se penche pour m’embrasser avec cet amour, cette passion dont seul un McGregor comme lui, a le secret. Mes mains se glissent discrètement sous son haut quand soudain « BEEEEEEEEEEEEEEEEEH !! » Autant dire que je fais un bon quand je réalise que la chèvre est là, nous observant en mastiquant un brin d’herbe. « Oh mon dieu ! J’ai eu peur.. » Je me mets franchement à rire agitant la main à l’attention de la bête afin qu’elle dégage, je suis occupée d’abord « Je préfère que ce soit la chèvre plutôt que Mauricette ou Didier. » Mon dieu, ça aurait viré dans une ambiance malsaine. J’aurais eu tellement honte que probablement, la fuite aurait été la meilleure solution que d’affronter les rires moqueurs et les blagues salaces d’un village entier. Quelque chose me dit que nos hôtes auront été particulièrement bavard. « Où en étions nous Monsieur McGregor ? » Je finis par dire en déposant des baisers tendres le long de sa gorge.

***


En tout cas, dans ce village, on ne peut nier qu’ils savent faire la fête. Car entre les danses, le repas, voilà que les jeux apparaissent et forcément, avec Matthew, nous sommes motivés pour y participer.  Ce sont des défis fonctionnant par équipe de deux. Et visiblement, il y a un cochon vivant à gagner. Durant un infime moment de lucidité, je finis par me demander si mon chéri a compris que s’il gagnait, on aurait un cochon à mettre dans le coffre, car il est chaud comme la braise pour que l’on gagne. Forcément, en époux que nous sommes, nous concourons ensemble et je n’ai jamais vu mon amour aussi motivé. Nous tapons dans nos mains et nous présentons comme la team édition. « On va leur péter les dents !! » Je m’exclame avec hargne, bien décidée à leur montrer que les américains vont tout péter. Même si je suis française. Mais je joue l’honneur de Matthew. Alors il est hors de question de perdre. Aussi, dès que le top départ est lancé, Matthew se met à courir comme un damné tandis que je lui vocifère des paroles d’encouragement jusqu’à ce que nous arrivions devant le fameux arbre où l’un des pompoms doivent nous revenir. Pendant que les autres équipes sont en train d’arriver à l’arbre, je suis occupée à essayer d’en attraper un mais ce n’est pas évident. Heureusement, mon chéri m’aide. « J’AIIIII ! » Je hurle quand le précieux sésame me revient dans les mains. Aussi, nous repartons très vite rejoindre la ligne d’arrivée que nous franchissons comme si notre vie en dépendait. « C’était troop eaaasy !!! » Je braille avant de me jeter dans les bras de mon amoureux. C’est qu’il faut nous voir en action et nous sommes plus que déchaînés. D’ailleurs, Matthew montre un talent indéniable durant la deuxième épreuve, celle à l’escrime. Moi je l’observe d’abord d’un œil craintif, parce que je ne tiens pas à ce qu’il soit blessé. Mais je me fourre le doigt dans l’œil : cet homme se révèle être incroyablement sexy. Il est à tomber et je suis amoureuse devant tant de beauté surtout lorsqu’il est proclamé vainqueur. « OUIIIIIIII !!!!! » Ma voix suraiguë outrepasse les cris et les applaudissements des villageois. Et je vais me jeter dans ses bras afin de le féliciter. Un baiser passionné avant que Mauricette ne nous sépare annonçant la prochaine épreuve. Cette fois-ci, mes yeux sont bandés et on me fait tourner sur moi-même. Avec la voix de mon partenaire, je dois donc me diriger vers un totem se trouvant non loin de nous. Heureusement, nous avons un atout incommensurable, surtout de parler anglais au milieu des français. Et Matthew beugle comme un putois. Cependant, ce n’est pas évident et plusieurs fois, je me cogne dans quelqu’un. Mais à force, je finis par arriver bien vite, attrapant alors l’objet désiré et le hissant comme si j’étais dans une épreuve de koh-lanta. Cependant, je finis bien vite par le jeter à une Mauricette ne s’y attendant pas, et je mets à courir vers mon chéri afin de sauter carrément dans ses bras, enroulant bras et jambes contre lui. « Je t’aime mon amour ! Je veux faire ma vie avec toi et faire des enfants, et gagner des cochons à tes côtés ! » Je lui déclare d’un œil vitreux avant de l’embrasser fougueusement. Cette épreuve nous proclame ainsi vainqueurs. Et nous montons donc sur l’estrade tandis que Jean-Yves nous présente notre cadeau : Rodolphe le cochon. « On vous m’trera comm’nt le tuer pour en faire du bon jambon ! » Mais je ne fais franchement pas attention à ce qu’il dit, bien trop occupée à m’incliner parce que je suis fière de nous, à être acclamée par la petite foule hilare. La liesse m’enivre encore plus « LE COCHON PARTIRAAA EN AMERIIIIQUE !! » Je ne cesse de rire, jusqu’à me taire comme prise par une vision à la Trelawney tandis que mon visage s’éclaire d’un sourire joyeux. Agrippant la chemise de mon chéri, je beugle alors « Mamour ! Tu sais quoi ?! Plaquons tout et vivons ici !! Je m’occuperai de baratter le lait et d’étendre la lessive et toi, tu couperas du bois parce que les hivers seront rudes. Et quand on aura bien froid, on fera l’amour sur le tapis peau d’ours que tu auras tué parce que tu seras un chasseur ! » L’idée me semble tellement géniale alors tandis que je finis par dire d’une voix enthousiaste « T’en penses quoiiii ? »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
« I want to spend my lifetime loving you » ♥ Héloïse & Matthew
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» ❝ I want to spend my lifetime loving you ❞ Olivia & Timothy
» Rebekah Mikaelson ▲ I`ve spend my whole life hating and loving my brother with equal measure.
» 05_ i just can't stop loving you
» Yeah, you show me good loving make it alright need a little sweetness in my life (elya)
» ≈ loving her was red.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vice et Versa :: J'ignore de le savoir :: Laveur de carreau de père en fils, fils de boulanger. :: Le Reste du Monde-