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 « Scars to your beautiful » Derek & Mia

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Mia Hemingway
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MessageSujet: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Ven 14 Juil - 16:29

Le temps guérissait les blessures. Cette phrase était connue, employée mille fois. Combien de fois le commun des mortels s’employait à croire que le temps pouvait être une manière d’avancer, de renier, de faire le deuil. Et surtout d’oublier. Pourtant, cette idée était tronquée. Il ne suffisait pas simplement de contempler l’heure, d’y voir l’écoulement lent des minutes. L’oubli ne pouvait se faire que si l’âme le souhaitait, si elle faisait l’effort pour. Mais si difficile en soi, cette tâche nécessitait tant pour l’orgeuil. Et la volonté pouvait être si molle. Alors les trois quarts du temps, il suffisait de faire semblant. De sourire. De rire. De croire que tout allait bien quand tout allait si mal, de se dire qu’à force de se bercer d’illusions, elle deviendrait réalité, bercée d’un mensonge. Mais si c’était suffisant ? Ne valait-il mieux pas faire avec ?
Mia en doutait. Aujourd’hui, les choses avaient évolué. De sa vie d’avant, il ne lui restait plus rien. L’appartement restait vide, le nom figurant sur la boîte aux lettres lui semblait étranger. Grimes… Il lui paraissait être un fantôme, une relique qu’elle s’efforçait d’oublier. Et pourtant, au fond d’elle, la brune savait qu’elle ne pouvait tirer un trait, que tôt ou tard, il faudrait qu’elle accepte de prendre sur elle, d’arriver à passer outre la douleur, à en faire une force et surtout à assumer l’oubli. Elle devait oublier Raphaël, maintenant qu’elle était heureuse. Son existence paraissait être bien meilleure, beaucoup plus douce. Le sourire était là. Son rire retentissait à nouveau. Et surtout, elle savourait la douceur d’être amoureuse, de sentir son palpitant devenir fou dans sa cage thoracique lorsque la main de Derek la frôlait un peu trop, lorsque ses lèvres s’étiraient pour faire apparaître ce sourire la faisant tant craquer, lorsque le son de sa voix résonnait dans la maison comme la plus belle des mélodies. Et puis, il y avait la personnalité de l’infirmier, il était doux, drôle, attachant. Il était romantique et finalement, Mia avait trouvé un homme qui l’estimait pour ce qu’elle était. Il ne levait jamais la main sur elle. Jamais, il ne proférait des insultes ou la rabaissait. Il était juste parfait.

Et pourtant…
Il n’était pas Raphaël et en ça, Mia se sentait rongée de l’intérieur, comme pris dans l’étau d’un combat qu’elle devait livrer contre elle-même, contre ce qu’elle pouvait ressentir, prise dans les mailles de ce passé se rappelant à elle. Constamment. Inlassablement. C’était sans fin. Et elle avait du mal à faire fi de tout ça. Le plus souvent, elle gardait pour elle. Mia avait appris à garder ses émotions en elle, à rester neutre pour ne pas attiser les soupçons. La vie avec Raphaël avait eu des avantages. Au moins, elle évitait la souffrance, elle évitait les pleurs, elle évitait de penser à son mari en se concentrant sur son couple, se disant que la hanter la nuit pouvait être préférable à y penser de jour. Comme si elle était deux personnes. Celle du passé, la lune une fois levée et celle du présent, une fois le soleil haut dans le ciel. Telle était son existence depuis. Mais elle n’en demeurait pas moins heureuse. Elle avait l’impression de revivre malgré tout. Mais surtout, elle avait sa place. Derek la considérait comme son égale et en ça, c’était amplement suffisant. Elle appréciait cette attention, chérissant ce cœur si doux et si pur que celui de l’homme. D’ailleurs, elle se trouvait en sa compagnie. Ils étaient en train de marcher pour se rendre vers le quartier de Venice Beach. Ils cherchaient une maison. Encore et toujours. Ils prenaient leur temps et c’était bien mieux que de se précipiter. De toute façon, il avait fallu attendre que Mia trouve un travail et finalement, elle avait trouvé dans une petite école en tant qu’assistante dans une classe de maternelle. Lily était grande et de toute façon, Mia était là le matin et le soir pour s’occuper d’elle. Elle travaillait sérieusement à un concours visant à acquérir un diplôme dans la petite enfance. Ainsi, elle pourrait alors travailler dans l’école de façon quotidienne sans craindre de manquer de diplômes dans ce domaine.

Mais pour l’instant, c’était surtout la chasse à la maison de leurs rêves. Et c’était peu évident. Soit le quartier ne convenait pas, soit la maison ne répondait pas à leurs attentes. Aussi, les visites s’étaient écoulées et aujourd’hui, il y en avait une nouvelle. Marchant à côté de son petit-ami, la brune souriait, les cheveux volant dans la brise du volant. « J’espère de tout cœur qu’elle correspondra. J’ai remarqué bien trop souvent que leurs photos sont trompeuses. » Et du fait d’avoir été agent immobilier, Mia ne se laissait pas avoir facilement. Bien au contraire, elle avait l’œil, repérant les défauts, l’exposition et tout ce qu’un professionnel omettait de dire pour favoriser l’achat. Cependant, avec elle, ça marchait peu et à force le constat était là : les visites s’enchaînaient sans de réels coups de cœur. « D’après ce qui était indiqué dans l’annonce, normalement, elle a l’air vraiment bien. J’espère juste que le quartier te plaira. » Dit-elle tandis qu’ils étaient dans Venice Beach, rejoignant l’agent immobilier. La jeune femme avait appris du quartier qu’il était assez réputé, en dehors de la nuit. Mais cela concernait le bord de mer uniquement et Mia avait veillé à ne pas trop être près, surtout quand Derek travaillait de nuit. Il ne valait mieux pas qu’il se fasse agressé ou autre. Il avait suffisamment eu son quota de malchance pour ne pas encore plus s’enfoncer. « Tu as des amis à toi vivant dans ce quartier ? » Demanda-t-elle en le fixant. La ville était grande mais finalement, les rencontres se faisaient et les retrouvailles également. Il n’y avait que les montagnes qui ne se croisaient pas après tout. « J’ai lu pas mal de choses sur ce quartier d’ailleurs. Et il a l’air assez bien mine de rien. Ceci étant dit, je ne connaissais pas assez Los Angeles pour clairement te dire ce que j’en pense. » Souriant à l’homme, Mia vint se blottir doucement contre lui, appréciant l’odeur de son parfum l’envahissant tandis qu’elle ajouta d’une voix apaisée « Je m’en remettrai complètement à toi sur cette partie de la ville. »


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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Ven 14 Juil - 23:27


Une main douce. Une main chaude. Une main tendre. Une main qui semblait faite pour la sienne. Un regard. Un sourire. Elle était parfaite. Parfaite pour lui. Pour eux. Elle était un rayon de soleil. Un espoir. Un rêve. Un miracle. Elle avait connu l'obscurité. La douleur. L'humiliation. La haine. La peur. La colère. Elle avait perdu confiance. En elle. En l'humanité et plus particulièrement en l'homme. Elle avait parcouru du chemin depuis cette sombre époque, et même si elle avait encore beaucoup à surmonter et à apprendre, elle avait déjà fait énormément de progrès. Il ne pouvait que le constater. Elle ne tremblait plus quand Il approchait sa main de la sienne. Elle ne reculait plus instinctivement quand il l'approchait pour l'embrasser sur le front. Elle lui accordait une confiance aveugle et sincère, franche et infinie. Et s'il se sentait chanceux et heureux quand il l'avait compris, depuis quelques jours il se sentait malhonnête, ne méritant aucunement son affection et sa confiance. Elle avait déjà connu tellement de malheurs. Elle avait déjà connu tellement de maux. Elle avait déjà fait confiance dans le passé, pour se bercer d'illusions par la suite. Elle avait traversé tant d'obstacles et d'épreuves. Il était meurtri de l'intérieur à l'idée d'être capable de rajouter une blessure à son âme et à son coeur. Cela lui semblait impossible et inimaginable. Pourtant, chaque fois qu'il pensait à Angie - ou entre autre à Nekuia - il se sentait fautif et coupable. Pourquoi ? N'avait-il pas le droit de penser à sa femme, mère de sa fille et décédée trop brutalement ? N'était-ce pas naturel et normal qu'il pense à elle ? Il était certain que Mia comprendrait. Il était même certain qu'elle comprendrait qu'il puisse l'aimer jusqu'à la fin de sa vie. Elle lui avait été enlevée par le destin, tragique, et non par la fatalité d'un amour qui se fane au fil des années. Il n'y avait rien de comparable entre ce qu'ils avaient vécu l'un et l'autre, excepté le fait qu'ils avaient perdu quelqu'un qu'ils avaient aimé. L'un avec l'autre, ils apprenaient pas à pas à revivre. À croire. A être heureux. A aimer. Et bon sang qu'il l'aimait ! Il lui suffisait de la regarder. De voir son sourire. D'entendre son rire. De voir son amour dans son regard. De la voir en parfaite osmose avec sa fille. De la voir pleine de projets. Pleine d'espoir en leur avenir. Il l'aimait et il ne désirait rien d'autre que son bonheur.

Pourquoi ? Pourquoi diable pensait-il à elle ? Pourquoi attendait-il avec impatience de retourner à la galerie, récupérer son tableau et la voir ? Pourquoi était-il habité par tant d'émotions contradictoires ? Il aurait aimé pouvoir expliquer à Mia ce qui lui arrivait. Il aurait aimé pouvoir lui confier son désarroi et ses doutes. Pourquoi ne le faisait-il pas ? Pour la protéger ? Pour ne pas l'inquiéter ? Pour ne pas lui faire de peine inutilement ? Était-ce lâche ? Il savait au fond de lui que Nekuia - Angie - ne lui correspondait pas. Il savait que ce flot d'émotions partirait aussi vite qu'il était apparu. Il savait qu'il n'aimait pas la jeune artiste. Il savait qu'il ne la connaissait pas. Il savait qu'elle n'était pas sa femme. Mais quelque part dans sa tête, il ressentait le besoin de la voir. Le besoin de lui parler. Le besoin de savoir. Quelque part, il avait compris qu'il n'avait pas entièrement fait le deuil de sa femme. Et en cela, il était gêné et mal à l'aise envers Mia. Et quand il la voyait si joyeuse, si excitée à l'idée de visiter leur possible future maison, son cœur fondait comme neige au soleil et l'amour qu'il ressentait n'en était que décuplé. Il en était chaque fois étonné et agréablement surpris. " Je ne connais pas trop le quartier - que ce que l'on entend dire et faut reconnaître qu'on n'entend pas forcément des choses sympathiques, " dit-il en grimaçant. " Mais comme partout ailleurs j'ai envie de dire, " continue-t-il sur sa lancée. Après tout, n'avait-il pas été victime d'une attaque quelques semaines plus tôt en plein centre d'un quartier résidentiel plutôt tranquille ? " Puis, les vagues à proximité... Ça ne peut être que parfait à mes yeux. Et je serai pas étonné que tu y ai pensé en décidant de visiter cette maison, " sourit-il en se plaçant face à elle, sans cesser de marcher - à reculons pour lui, en avançant pour elle. Souriant et l'enlaçant, il lui offrir un léger baiser rempli de promesses. Le monstre au fond de lui grinçai des dents. Lui répétant inlassablement qu'il n'était pas digne de ses baisers. " Mais quoiqu'il arrive, on ne choisira que celle qui nous convienne à tous les deux. Sur tous les points. Sans doute. Sans hésitation. Deal ? " La bonne blague, Derek. La bonne blague. Te voilà rempli de doutes et de malaise et tu exiges qu'elle n'en ai pas ? " Oui je connais quelques personnes qui vivent par ici ou pas loin en tout cas. C'est grand, mais finalement pas assez pour s'y perdre. La journée, c'est animé et il y a pleins de choses à faire. La nuit par contre... mais encore une fois, " dit-il en se tournant vers elle, " comme partout ailleurs. J'aimerais que Lily puisse rester dans son école, histoire de ne pas trop la bousculer. Et c'est pas si loin d'ici. D'ailleurs, à bien y réfléchir... tu n'as cherché que dans des coins proches de son école, " réalise-t-il soudainement. Et cette idée le touchait plus que tout le reste. Il lui donna un baiser plus fougueux, rempli de cet amour qu'elle méritait et qu'il éprouvait. Dans ces moments, il ne voyait qu'elle et ne pensait qu'à elle. " Je t'aime. Peu importe où on vit. Tant qu'on est ensemble, " se contente-t-il de lui dire avant de grimper les marches qui menaient à leur possible future maison. Il n'avait pas souhaité voir les photos et n'avait pas eu envie d'être influencée par les propose de la jeune femme. Il voulait la surprise. Le coup de coeur. Le vrai. Comme celui qu'il avait eu avec elle. La maison semblait immense vue de dehors. Les murs étaient parsemés d'herbes et de fleurs, rendant le tout chaleureux et coloré. La première impression était donc bonne. La porte était en bois, mais de ce bois solide qui semblait invincible. Deux fenêtres de chaque côté de la porte étaient actuellement fermées. " Je ne sais pas toi... mais j'ai hâte de voir l'intérieur, " car il avait l'étrange sensation que cette fois, elle avait trouvé la perle rare. Comme elle.

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MessageSujet: Re: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Dim 30 Juil - 10:16

Elle était tellement excitée à l’idée de visiter cette maison. Elle avait hâte de pouvoir quitter l’endroit où ils étaient actuellement. Le souvenir de son mari résidait encore. Et quand bien même il n’y avait plus trace d’une quelconque violence, Mia se souvenait de chaque seconde de violence qui s’était écoulée entre ces murs. Dire que cet endroit avait été un refuge pour elle, une tanière où elle avait pu se cacher pendant quelques mois, où elle avait appris à revivre, à faire confiance. Et surtout, à aimer. Elle aimait Derek. C’était une évidence. Malgré cela, le souvenir de son mari subsistait. Et pourtant, elle le mettait dans un coin. Elle se disait qu’aujourd’hui, il ne pouvait y avoir sa place alors qu’elle vivait un moment heureux, un moment de joie et de découverte où elle avait enfin avoir un coup de cœur ou non pour la maison qu’ils visiteraient. C’est qu’elle y avait mis tout son cœur. Elle avait cherché longtemps et cette fois-ci, l’intuition semblait parler pour elle. Peut-être que cette fois-ci, c’était la bonne. Elle l’espérait. Elle croisait les doigts très fort. Et puis, l’échange entre les deux semblaient motivés par la joie pure de pouvoir faire une nouvelle visite, de se poser les questions sur ce futur bien à voir. Mia était motivée, ne cessant de parler aux sujets des photos, évoquant d’ailleurs le positionnement de la maison. Elle ne connaissait pas beaucoup Los Angeles et fort heureusement pour elle, Derek sut se montrer encourageant. Visiblement, le quartier de Venice Beach semblait lui plaire. Ça rentrait dans le budget. Et de surcroit, comme il le disait, il y avait la proximité de la mer. Ces propos la firent rire. « C’est vrai que je n’ai pas pu m’empêcher de chercher quelque chose à proximité. Lily et toi aimaient tellement la mer. Et puis, au moins, tu pourras continuer à m’apprendre à surfer. » Elle faisait écho à cette première fois mémorable où Lily s’était débrouillée comme une pro, quand elle, s’était contentée de ramer comme jamais. Mais elle avait passé une bonne journée. Ce soir-là, Derek l’avait même embrassé pour la toute première fois. Alors autant dire que cette journée avait été mémorable du début à la fin. Et désormais, le temps s’était écoulé, ils en étaient là. Son petit-ami se plaça devant elle afin de l’embrasser et elle répondit à son baiser avec un bonheur fou. Il était loin le temps où elle sursautait lorsqu’il entrait dans la même pièce qu’elle. Maintenant, ils était amoureux et ils allaient avoir une maison ensemble. Un endroit pour eux trois. Et c’était tout ce dont elle avait besoin pour se sentir bien. « Deal. » Dit-il en souriant lorsqu’il insista sur le fait de choisir une maison qui leur plairait à tous les deux. Pourtant, Mia était prête à faire tant de concessions. C’était une habitude qu’elle avait prise avec Raph’ et pourtant, avec le nouvel homme de sa vie, elle s’efforçait de donner de la voix, de se faire entendre. De toute façon, il était prêt à l’entendre et à donner de l’importance à tout ce qu’elle pourrait dire. D’ailleurs, elle l’interrogea vis-vis du quartier et fut heureuse d’apprendre que quelques amis vivaient par ici. « C’est vraiment génial ! On pourra les inviter à venir manger à la maison. Imagine… Avec ce bout de jardin, on pourra installer un barbecue et à nous les soirées d’été ! » Elle avait décidemment hâte de la voir cette maison. Quelque chose lui disait qu’elle ne serait pas déçue. Et d’ailleurs, l’école de Lily se trouvait non loin. Ça aussi, elle y avait pensé par habitude professionnelle et surtout, parce qu’il était important que le lieu convienne à tout le monde.

Derek avait relevé chaque petite attention de la jeune femme et elle n’en fut que ravie. Répondant à sa tendresse, elle sentit son cœur s’envoler un peu plus à ses mots d’amour qu’elle adorait. Elle ne s’en lassait jamais. « Je suis du même avis que toi même nous aurons bientôt un chez-nous digne de ce nom. Et si ce n’est pas cette maison, on continuera à chercher encore et encore. » Déposant ses lèvres contre les siennes, elle savoura cette étreinte au beau milieu de la rue avant de chuchoter « Nous avons le temps devant nous de toute façon… » Et ça, elle y croyait. D’ailleurs, ils étaient arrivés et furent accueillis par l’agent immobilier. Déjà, la façade paraissait fidèle à la photo. Et l’entrée était douce et chaleureuse. Mia aima d’entrée la végétation aux alentours. Elle avait décidement hâte d’y entrer et de pouvoir voir l’intérieur. Aussi, après les civilités, la maison leur fut ouverte marquée par la remarque de Derek. Il avait hâte. « Moi aussi… » Dit-elle en se mordillant les lèvres trahissant son impatience. L’agent immobilier s’occupait à déblatérer les fonctionnalités de la maison mais elle écoutait à demi-mot. La maison était composée d’une entrée avec sur la droite une salle à manger et une cuisine et sur la gauche, un grand salon. Il y avait un escalier menant vers l’étage, des portes qui devaient certainement mener à la cave du sous-sol, tout comme mener au jardin. « C’est vraiment spacieux, j’adore… » Dit-elle en contemplant les pièces lumineuses tandis que le professionnel ouvrait les volets. « Ça ne manque de soleil en tout cas. » Ajouta-t-elle en fixant le tout d’un air émerveillé. Le salon lui plaisait et elle voyait déjà les meubles s’entreposer, prendre leur place. La cuisine était grande aussi. « Celui qui cuisinera aura de la place. » Et c’était bien mieux. Actuellement, ils étaient un peu serrés lorsqu’ils se trouvaient tous les trois. L’agent immobilier les mena vers l’étage avant de leur promettre d’aller au jardin. Les chambres étaient spacieuses et lumineuses. Elles répondaient au nombre de trois quand bien même, la chambre parentale paraissait bien plus grande. Mia n’envisageait pas d’avoir un enfant. Du moins, pas pour l’instant. Aussi, voyait-elle ici une chambre d’ami. « tu aimes bien ? » Dit-elle en fixant les yeux noisette de Derek. Elle paraissait si beau et si content. La suite leur fut donnée avec la découverte du jardin à l’arrière et comme il l’espérait, ce petit bon de pelouse était parfait. Il y avait une terrasse en bois et le reste n’était que de l’herbe où Lily pourrait courir. Le vis-à-vis n’était pas contraignant. De toute façon, il n’était plus question de cacher des bleus. La maison lui plaisait. Mais elle voulait l’avis de Derek avant de se prononcer. « Alors… Qu’est-ce que tu en penses… ? » Mia, elle était déjà amoureuse.
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MessageSujet: Re: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Mer 2 Aoû - 21:26


La première fois qu’il avait investi dans une maison, c’était avec Angie. C’était il y a une dizaine d’années. C’était il y a fort longtemps. Et c’était très différent de ce qu’il était en train de vivre, pensait-il. Avec Angie, les choses avaient été plus que rapides et faciles, tout simplement parce que sa femme savait ce qu’elle voulait. Et qu’il était prêt à tout pour la satisfaire et la rendre heureuse. Ce qui lui plaisait et lui convenait, lui plaisait et lui convenait aussi. Une habitude prise au fil de son enfance : plaire à papa et faire ce qui le rend heureux. Jusqu’à ce qu’il décide de faire ce qui LE rendait heureux, LUI. Mais jamais il ne s’était senti mal à l’aise ou mis au pied du mur avec Angie. Ils avaient les mêmes goûts, fallait-il croire. Pourtant, à bien y repenser il détestait cette maison qui abritait leurs souvenirs. Trop superficielle. Trop moderne. Trop austère. Trop sophistiquée. Il avait besoin d’atypie. Il avait besoin de chaleur. Il avait besoin d’ancien. Il avait besoin de pierre. Il avait besoin de se sentir libre dans sa maison. Libre de marcher pieds nus. Libre de déambuler nu. Libre de ne débarrasser que le lendemain. Libre de mettre les pieds sur la table basse. Libre de prendre le petit déjeuner au lit. Libre. Et on ne pouvait pas se sentir libre dans une maison trop « stricte » et trop « BCBG ». Avec Mia, c’était différent. S’il voulait la rendre heureuse et la satisfaire, ils prenaient les décisions ensemble depuis le départ. Leur vie à deux – à trois – ils la vivaient ensemble. Leurs projets, ils les faisaient ensemble. Il ne se sentait pas exclu de son propre couple, et il savait que Mia ressentait la même chose. Chacun à leurs manières, ils avaient connu l’emprisonnement et avaient dû jouer un rôle dans leur vie sentimentale – et si Derek ne s’en était rendu compte que depuis quelques mois, force était de reconnaitre qu’il n’avait jamais porté la culotte avec Angie. Ces expériences les avaient d’autant plus rapprochés dernièrement, et il n’aurait pas pu être plus comblé qu’à l’heure actuelle. Que pouvait-il demander de plus ? Il était amoureux. D’une femme qui le lui rendait bien. D’une femme qui s’occupait et aimait sa fille comme la sienne. D’une femme que Lily adorait et aimait comme une mère – même si elle n’oublierait jamais sa vraie maman. Sa fille était un petit bijou dont chaque père devrait rêver d’avoir. Il avait un job qui lui plaisait même s’il rêvait parfois d’autre chose. Il avait des amis en or. Alors pour quelles raisons se sentait-il si morose et si déprimé ? Il le camouflait bien, bien sûr, mais il ne pouvait nier ce sentiment désagréable. Un sentiment qui ne semblait pas vouloir le quitter depuis que Raphaël Grimes lui avait tiré dessus à deux reprises, le laissant pour mort. Il n’y avait eu aucune suite. Il n’avait pas revu son agresseur. Il n’avait pas donné son nom, ni sa description aux flics qui étaient venus l’interroger – non seulement parce que Mia le lui avait demandé, mais également parce qu’il tenait à la protéger de son passé. Mais en agissant ainsi, il se renfermait dans une peur sans nom et dans une crainte indescriptible. Raphaël pouvait revenir n’importe quand, n’importe où. Il pouvait surgir à tout moment, décidé à terminer le travail – ou pire, s’en prendre à Lily. Après tout, n’était-il pas venu lui parler un jour à la sortie de l’école ? Qu’il ait osé approcher sa fille le rendait malade et n’avait fait qu’accroître ce sentiment désagréable qu’il n’agissait pas comme il le devait. Aurait-il dû en parler à la police ? L’aurait-il retrouvé ? Serait-il derrière les barreaux à présent ? Mia lui aurait-elle pardonné ? L’idée de le retrouver le premier ne cessait de le hanter – mais il ne parvenait pas à passer le cap. Peut-être un jour... En attendant, il avait d’autres projets qui attendaient – des projets plus gais et plus propices au sourire. « Si tu veux reprendre des cours de surf, je pourrais toujours demander à Otto ou Nate… je ne sais pas trop quand je pourrais remonter sur une planche, » répond-il d’une voix quasi-lointaine en lançant un regard au loin, vers l’océan qui lui manquait tant. « Quoique Lily serait capable de prendre la relève… » ajoute-t-il sur une note plus gaie en lui adressant un léger sourire. Sa fille avait ça dans le sang, tout comme lui – bon, il ne serait jamais parti pro’ et elle non plus, mais n’empêche qu’ils se débrouillaient plutôt bien et ce sans forcément avoir pris de cours. Il repensa à ce jour-là, quand il avait craint que Lily ne grimpe sur une planche et ne se fasse fatalement mal – alors qu’elle avait surfé comme si elle l’avait fait toute sa vie, et surtout au moment passé avec Mia. C’était ce jour-là plus qu’un autre jour qu’il avait compris que la jeune femme bouleverserait sa vie à jamais. Et c’était ce jour-là qu’il avait osé l’embrasser – bouleversant sa vie à elle. La vie était faite de merveilleuses surprises comme celles-ci, et il était heureux de s’en souvenir maintenant – cela lui remontait le moral et lui donnait du baume au cœur. Surtout qu’ils étaient réunis pour trouver leur maison, leur chez eux et leur foyer pour une nouvelle vie, remplie de bonheur, de joie et de rires – et non pas de cris, de douleur et d’amertume. « Tu imagines déjà des barbecues et des soirées à perpétuité ? Cette maison doit vendre du rêve alors, » qu’il plaisante en la voyant si joyeuse et excitée à ces diverses perspectives. Il aimait la voir ainsi, épanouie et radieuse grâce à lui. A lui. Pas à un autre. Il aimait être la cause de ce bonheur. Et il détesterait être la raison de son désarroi, de sa peine ou de ses doutes. Il avait parfaitement conscience que, depuis qu’il avait rencontré Nekuia, il était plus distant et plus « ailleurs » qu’en temps normal. Il avait conscience que son esprit était souvent plus tourné vers Angie ces temps-ci que vers Mia ou leur avenir commun. Le mieux aurait de lui en parler, elle l’aurait parfaitement compris il en était certain. Mais pour une raison quelconque ou personnelle, il préférait régler ce souci par lui-même. Il préférait éviter de lui causer du tort pour pas grand-chose. Après tout, n’avait-elle pas revu Raphaël pour signer les papiers du divorce ? Ne l’avait-elle pas revu pour régler les derniers détails ? Il s’en doutait, mais il ne posait pas de question, et elle ne lui racontait rien non plus – et il comprenait. C’était mieux ainsi, mieux d’éviter de parler de lui, mieux de l’oublier, mieux de ne pas lui consacrer d’importance. « Une vie entière, » lui confirme-t-il tendrement. Ce n’était pas un mensonge ni une promesse en l’air, même si cela en avait le goût amer. Il désirait cette vie avec elle, il le voulait du plus profond de son cœur. Mais ses doutes, les fantômes du passé et ce mal-être incontrôlable planaient au-dessus de leurs têtes comme une épée de Damoclès.

La maison était plus que spacieuse. Plus que lumineuse. Elle vendait bien plus de rêves qu’il ne l’aurait cru ou prétendu plus tôt. Il ne se prononça pas tout au long de la visite, jetant des regards un peu de partout – des finitions aux couleurs des murs. A l’extérieur d’un côté, on percevait un immense jardin où les barbecues rêvés de Mia pourraient se faire, quand de l’autre côté on apercevait l’un des canaux qui faisait la fierté de Venice Beach, et plus loin encore on pouvait facilement imaginer la mer qui les appelait. « Celui qui cuisinera ? » répète-t-il en se tournant vers elle un demi-sourire aux lèvres. « Tu sais à quel point j’aime ta cuisine, » la charme-t-il d’avance. Il n’avait pas à la supplier cependant, elle cuisinerait avec joie tout comme il le ferait également. Il n’était pas pour la répartition des tâches selon les préférences. Chacun y mettrait du sien, y compris Lily. Avant de se diriger vers le dit-jardin, qu’il s’impatientait de découvrir, l’agent immobilier les guida vers l’étage à la rencontre des chambres et de la salle d’eau – ou plutôt des salles d’eaux. La chambre parentale en aurait une pour eux, rien que ça. Il n’avait jamais eu sa propre salle de bain. De quoi le ravir car ça pouvait être problématique quand on partageait une maison avec deux femmes… L’espace était parfait, et il imaginait parfaitement leurs affaires à leurs places. Il avait le sentiment d’avoir trouvé L’ENDROIT parfait. Comme une évidence. Et le jardin termina d’achever cette évidence. Il prit le temps d’observer les environs une dernière fois avant de prendre Mia dans ses bras et de lui adresser un large sourire. « Je crois qu’on a trouvé notre chez-nous, » lui dit-il tandis qu’elle riait et qu’ils s’embrassaient pour fêter cet acheminement vers un futur heureux.

***

« J’ai acheté un tableau… » lui avoue-t-il en sortant le dit-tableau pour le lui montrer. Il l’avait depuis quelques jours déjà, qu’il n’avait pas pris la peine de sortir de son coffre. C’était absurde et risqué d’ailleurs, le tableau valait une petite fortune tout de même. Il avait eu la folie de l’acheter, non seulement parce qu’il l’adorait, mais également parce qu’il lui rappelait Angie. Nekuia. Tout s’emmêlait dans sa tête. Tout se confondait et c’était fortement perturbant. Tellement qu’entre le déménagement, ses séances de rééducation et sa reprise qui approchait à grands pas… ils n’avaient pas eu de réel moment à eux. « Je suis allé à un vernissage il y a quelques semaines, et j’ai… » craqué ? Pété les plombs ? Perdu l’esprit ? Paniqué ? « Je me suis dit que ça pourrait te plaire et que ça irait bien chez nous, » dit-il à défaut d’exprimer la vérité vraie. Il n’était pas stupide non plus et percevait bien le doute dans le regard de Mia, la crainte aussi et les questions sans réponse qui inondaient ses yeux. Il aurait souhaité s’arracher le cœur pour le lui offrir, il aurait souhaité se crever les yeux plutôt que de voir cette peur par sa faute. « Est-ce que ça te plait ? » demande-t-il simplement, s’enfonçant dans l’illusion et dans les apparences.

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MessageSujet: Re: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Mar 15 Aoû - 19:20

La maison paraissait les attendre, à croire qu’elle leur envoyait des signaux d’amour, des évidences frappantes. Mia avait l’impression de se sentir chez elle. Elle s’imaginait déjà marcher pieds nus sur ce parquet. Avec le soleil, il devait certainement emmagasiner de la chaleur et de la lumière. Elle avait déjà la sensation de ressentir une douce plénitude, un bien-être qu’elle n’avait pas connu du temps de sa vie avec Raphaël. C’est dans ces instants de comparaison où elle arrivait à admettre combien elle n’avait pas été totalement heureuse, combien elle avait manqué cruellement de ce que Derek lui donnait. Cet amour. Cette tendresse. Et surtout cette confiance absolue. Ses yeux parlaient pour lui. Il était si beau et il partageait ce qu’elle ressentait comme la plus parfaite des évidences, comme si toute cette histoire avait été écrite depuis toujours. Raphaël Grimes finissait toujours par apparaître comme l’erreur la plus évidente. La faute suivie de la culpabilité. Car il y avait toujours un moment ou un autre où Mia finissait par regretter de penser ainsi, un moment où les larmes lui brûlaient un peu trop les paupières parce qu’elle se sentait être un monstre de les comparer. Si différents. Si opposés. Si manichéens. Cette dichotomie ne subsistait que par son esprit ravagé par l’amour, la peur et l’idée folle de se retrouver seule. Parce qu’elle le connaissait, désormais… Ce prix à payer. Elle savait ce qui relier ces deux hommes, ce point commun : cet amour qu’ils partageaient pour la même femme. Pour elle, qui, pourtant, se savait si insignifiante. Et pourtant, ils étaient là pour elle. Entre un nouvel amour la faisant rêver et une histoire ancienne qu’elle n’arrivait pas à oublier. C’était trop difficile. Elle ne pouvait blâmer son mari sans se blâmer elle-même. Elle savait qu’elle n’avait pas été à la hauteur, que lui-même méritait mieux qu’une lâche, qu’une femme faible incapable de se défendre, incapable de faire sursoir sa position. Une soumise. Une peureuse comme elle se pensait être. Elle vivait si mal ces moments de doute. Mais heureusement, Derek était toujours là, capable de faire chasser les idées noires, le seul, avec Lily, pouvant faire naître un sourire sur ses lèvres encore tremblantes, rendre ses yeux rieurs alors qu’il y avait eu un torrent de larmes un peu avant. Et aujourd’hui, il lui faisait découvrir une nouvelle facette d’elle-même, l’envie de se surpasser et d’entreprendre quelque chose de bien dans sa vie. Aussi, le choix de la maison a été cornélien. Elle y a vraiment mis son cœur, son âme, elle espère trouver le meilleur pour ce père et cette fille. Et après de nombreuses années, elle se dit qu’elle touche enfin satisfaction. La maison est belle, spacieuse, elle semble être à leur image de ce qu’ils souhaitent. Là où ils s’imagineront pouvoir évoluer, dans cette cuisine où elle pourra concocter des petits plats, dans ce jardin où pieds nus elle s’amusera avec Lily. « La vie nous appartient désormais Derek Bullock. » Finit-elle par murmure alors qu’ils finissent dans les bras l’un de l’autre, bien trop heureux d’avoir trouvé une maison pour eux. « Et je t’aime de tout mon cœur. Merci de m’avoir sauvée, de m’avoir redonné foi en tant de choses. » Et tout sourire, ses lèvres se joignent aux siennes. C’est tendre. C’est beau. Et cette fois-ci, elle ne pense aucunement à son mari. En cet instant, il n’est qu’un souvenir. En cet instant, seul Derek compte.

***

Le temps s’écoula à une allure folle. Le reste avait été une paperasse monstrueuse pour acheter la maison. Et puis, il avait fallu déménage. L’impatience avait été grande. Mia voulait à tout prix quitter cette maison. Elle y avait vécu de bons moments, elle avait appris à se reconstruire mais le souvenir de Raphaël subsistait trop. Elle avait besoin de se sentir ailleurs. Là, où son aura ne serait pas aussi forte. Alors, elle s’était jetée corps et âme dans l’organisation du déménagement, dans les appels pour faire venir les déménageurs, pour emballer dans les cartons en compagnie de Derek, convalescent. Lily avait été une aide précieuse et le jour J avait fini par arriver. Accompagnés d’amis, ils avaient ainsi pu être chez eux, pouvoir arpenter les pièces de cette maison en toute sécurité, sans crainte qu’un homme puisse roder à l’intérieur et leur vouloir du mal. C’était le passé. Mais un passé qui la hantait. Et trop souvent, la nuit, elle finissait par se lever, trouvant comme prétexte d’aller aux toilettes pour laisser s’écouler un désarroi intense. La sensation était étrange : elle se sentait coupable d’être heureuse. Et ça la bouffait constamment. Heureusement, elle avait beaucoup à penser et à faire. Elle s’était dit que se lancer dans sa formation pour travailler avec des enfants étaient une bonne idée. Ça accaparait son esprit au moins. Pourtant, parfois, alors qu’elle révisait, son esprit partait au loin, vagabondant vers des idées interdites, vers cette tentation grande d’aller trouver dans sa table de chevet, son alliance qu’elle avait planquée. Elle n’avait pas réussi à la jeter, pas réussi à entamer la procédure de divorce. Elle était lâche. Et la voix de Derek la fit sursauter tandis qu’assise dans le canapé, Mia mordillait son stylo avec lequel, elle était censée écrire. Il avait acheté un tableau et à le voir afficher cet air coupable, elle ne put s’empêcher de sourire. Il était si mignon. « Montre donc. » Dit-elle avec une voix amusée. Elle reprit bien vite une expression légère, effaçant les tourments du passé tandis que Derek lui montra le tableau, expliquant être allé à un vernissage et visiblement, le tableau lui avait tapé dans l’œil. Naïve, elle ne comprit pas que cela faisait quelques temps que ce tableau traînait dans la voiture. Elle ne se doutait de rien. Et pourtant, le tableau lui plut. « Il est vraiment très beau. » Elle adorait, ce noir, ce lion, ces esquisses. Cependant, pour connaître son chéri, elle se disait que ça ne représentait pas vraiment ses gouts habituels. Derek aimait le pur, le lumineux. Et ça ressemblait difficilement à ses gouts habituels. « Je ne savais pas que tu aimais ce genre de peintures. » ajouta-t-elle, tout en observant l’œuvre. « Mais ça sera très beau sur l’un de nos murs. Nous avons encore de la place pour cette pièce. En tout cas, elle me plaît beaucoup. » Elle sourit de plus belle en relevant le regard vers l’homme. Son regard paraissait trop fuyant à ses yeux. Beaucoup trop. Et le doute s’insinua en elle. Trop rapidement. Mia restait méfiante envers les autres et envers elle-même et son intuition semblait tirer la sonnette d’alarme. « Tout va bien ? » Finit-elle par dire en fronçant les sourcils, mi-sérieuse, mi-amusée. « Je vais finir par croire que tu as dérobé cette œuvre. » Le rire se joignit à ses paroles. Mais déjà, le doute subsistait déjà. Derek semblait avoir l’attitude de quelqu’un ne disant pas toute la vérité.
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MessageSujet: Re: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Mer 16 Aoû - 8:02


S'il ne voyait plus ses parents et qu'il regrettait souvent comment les choses s'étaient terminées entre eux - particulièrement avec son paternel - il devait reconnaître qu'il avait appris certaines valeurs à leurs côtés. Il s'était également bercé d'illusions, réalisait-il, puisque la vie ne semblait pas aussi simple et aussi ordinaire comme ils lui avaient fait croire. Sa mère avait tout accepté de son père, de son sale caractère à son entêtement rempli de fierté. Elle l'avait choisi et n'aurait jamais avoué regretter son choix et sa vie même s'il pouvait être évident qu'elle ne soit pas heureuse - Derek l'avait finalement compris en grandissant. Il avait grandi en pensant que l'amour pouvait être solide mais compliqué. Il avait grandi en pensant que lorsque l'on s'engageait, on le faisait à 100 %. Sans hésitation. Sans regret. Sans abandonner. Il était donc tombé amoureux de la belle Angelina. Et il s'était senti chanceux qu'elle puisse l'aimer en retour. De là, comment aurait-il pu penser que l'amour n'était pas un cadeau ? Comment aurait-il pu penser qu'il ne méritait pas toute son attention et sa fidélité ? Il l'avait aimée. Il l'aimerait toujours. C'était un fait qu'il pensait accompli. Un fait qu'il savait que Mia comprenait. Un fait qui le dérangeait pourtant. Car en son vivant, il lui aurait été incapable de penser à une autre qu'Angie. Il était difficile de penser à une autre en étant avec Mia. Oui. Oui, il était normal qu'il aime sa femme décédée trop tôt. Oui, il était normal qu'il pense toujours à la mère de sa fille. Oui, c'était normal qu'il y pense jusqu'à la fin de ses jours. Non. Non, il n'avait pas à se sentir coupable. Non, il n'avait pas à s'en vouloir et à le cacher à la femme qui partageait à présent sa vie. Mia avait aimé aussi. Mia avait suffisamment souffert à cause d'un homme à qui elle avait confié sa vie et son bonheur. Un avenir heureux. Et qui l'avait piétinée. Qui avait détruit ce bonheur par des coups. Par des mots durs. Qui n'avait pas su l'aimer à sa juste valeur. Vallait-il mieux ? Parce qu'il était doux, attentionné, tendre et patient, vallait-il mieux ? En lui cachant ses pensées, en se renfermant dans sa culpabilité, vallait-il mieux ? La rendait-il plus heureuse ? Lui apporterait-il lz paix et la joie qu'elle méritait ? Il n'en était pas si certain. La méritait-il ? Bon sang, quelques semaines plus tôt, oui il le pensait sincèrement. Le méritait-elle ? Bon sang, depuis le début elle méritait mieux. Elle méritait l'inconditionnel. Elle méritait l'extraordinaire. Elle méritait l'éternité. Elle méritait plus encore. Il avait envie de le lui donner, plus encore qu'il n'avait voulu offrir à Angie. Il avait envie de se reveiller le matin et la voir à ses côtés. Il avait envie d'aller se coucher le soir, et qu'elle soit à ses côtés. Il avait envie de la voir sourire, de l'entendre rire. De voir ce regard rempli d'amour et non d'une reconnaissance inégalée. L'aimait-elle lui, ou le fait qu'il lui ai offert une nouvelle vie ? Elle le remerciait tellement. Elle lui exprimait souvent sa gratitude. Elle évoquait souvent qu'il lui avait permis de croire en l'humain, en l'homme, de l'avoir sortie des ténèbres et de la peur. Il était heureux qu'elle puisse ressentir de nouveau cette lumière et ce bonheur grâce à lui - car il n'en ressentait pas moins la concernant. La vérité, cuisante et puissante, était qu'il aimait Mia d'un amour plus profond et plus intense qu'il n'avait aimé Angie. Et de ça aussi, il se sentait coupable. Depuis des semaines Derek était envahi de pensées aussi idiotes que réelles. Depuis des semaines, Derek accumulant cauchemars et remises en question. Peut-être aurait-il finalement eu besoin de cette thérapie qu'il avait refusée, pendant être suffisamment fort et solide pour surmonter le traumatisme de son agression et ce que cela engendrerait. Peut-être n'était-il pas aussi fort et aussi solide qu'il l'aurait tout d'abord cru. Peut-être ne serait-il pas là, empli d'une culpabilité qu'il n'assumait pas, avec un tableau qui ne lui ressemblait pas habituellement mais dont il se sentait proche. Il n'aurait su dire ce qui l'avait attiré dans ce tableau, il n'aurait su dire ce qui l'avait poussé à l'acheter. Peut-être était-ce ce pourquoi il avait mis autant de temps à en parler à la jeune femme. Ça. Et le fait qu'il l'eut acqui auprès d'une femme lui rappelant Angie et lui faisant ressasser tout un tas d'émotions et de souvenirs. " Quel con tu fais. Ressaisis-toi bon sang, " qu'il se morigénait seul dans son bain, seul avec ses pensées et ses idées noires. Il ne pouvait pas continuer ainsi. Il ne pouvait pas s'enfoncer plus dans le mensonge et l'illusion. Il ne pouvait pas construire un avenir heureux avec Mia s'il n'était pas honnête et franc avec elle. Et elle ne pourrait pas être heureuse s'il persistait à être distant et perdu. Il fallait qu'il trouve la solution, il fallait qu'il s'ouvre aussi sûrement qu'elle s'était ouverte à lui en lui dévoilant ses secrets les plus sombres. Et s'il n'était pas encore prêt à passer le cap, si cela lui faisait peur, il devait faire un premier pas vers elle. Un premier pas vers la vérité. Un premier pas vers la rédemption. Le tableau lui avait paru être un bon début. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle soit souriante et contente de compter un nouveau tableau à leur décoration intérieure. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle soit si belle. Si détendue. Si perspicace. Il ne s'attendait à pas grand chose à vrai dire, n'ayant pas réfléchi aux questions que cela pouvait soulever et au fait qu'il devrait y répondre. Au fait qu'il éviterait les vraies réponses. Au fait qu'il serait incapable de se livrer. De se confier. De lui faire de la peine. Au fait qu'il l'isolerait de sa vie malgré lui. " Je ne suis pas spécialement fin connaisseur en matière de peintures, " rit-il légèrement. " C'était le domaine de... d'Angie, " se rattrape-t-il avant de dire "ma femme". Il se pince de les lèvres et observe Mia. Magnifique. Heureuse. Métamorphosée. Pour lui. Grâce à lui ? " C'est l'animal préfère de Lily, je pense que je n'ai vu que ça, " déclare-t-il à demi-mot. C'était une vérité. Mais pas entièrement. Minable. La croyait-il si naïve ? La croyait-il incapable de discerner son humeur ? Il était un piètre menteur, non seulement parce qu'il haïssait le mensonge mais également parce qu'il le bannissait de sa vie. Il rit lorsqu'elle insinue qu'il a peut-être dérobé le tableau - si encore ce n'était que cela... " Je vais bien, " ment-il alors. " Je suis un peu fatigué, " ment-il encore. " Je dois appréhender un peu plus que prévu le retour au boulot, " choisit-il alors. Une autre vérité pour cacher l'évidente et dérangeante vérité. " Puis, la sortie de surf a été plus rude et plus mouvementée que je l'aurais cru, " lui avoue-t-il également. Il était plus simple de lui parler de Nate et d'Otto. Du surf. De sa journée. De choses extrêmement banales. Ne pas évoquer les tracas et les soucis. Faire comme s'ils n'existaient pas. Se fourvoyer. Se bercer d'illusions. Et foncer droit dans le mur. " Et vous ? Votre journée entre filles a été bonne ? Des achats compulsifs ? " dérive-t-il la conversation sur elle pour éloigner le doute qui persiste dans son regard et le doute qui plane au-dessus de lui. " Elle n'a pas encore appelé pour dire bonne nuit, " ajoute-t-il en regardant l'heure. " Dormir chez des amies devient une habitude... ma fille grandit, et ça me perturbe, " qu'il conclu les sourcils froncés de façon comique. Ils ont la maison pour eux. Et ils sont seuls pour la première fois depuis leur emménagement. Et cela aussi le perturbe. Il ne l'a pas touchée depuis plusieurs jours. Il ne l'a pas prise dans ses bras depuis plusieurs jours. Pas parce qu'elle le rebute - seigneur non. Pas parce qu'il ne l'aime pas - seigneur non. Mais parce qu'il n'est pas digne d'elle ces temps-ci. Pas digne de son corps. Pas digne de son amour.

N'est-ce pas ?



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MessageSujet: Re: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Ven 25 Aoû - 19:39

Mia n'était pas un esprit vindicatif. Elle ne se posait pas de questions. En général, elle prenait ce que les gens lui donnaient sans jamais chercher à avoir plus. Elle s'accommodait avec une facilité déconcertante. Son mariage avait eu du bon de ce côté là. Mia était une personne qui s'adaptait, une éponge qui absorbait le bon comme le mauvais. Et c'était une qualité mais à la fois un défaut. Parce qu'elle n'avait pas compris toutes ces erreurs, parce que passé le premier attachement, elle avait réussi à faire de nouveau confiance à quelqu'un. Mais aussi, elle s'adaptait encore une fois. Pourtant, Derek lui disait toujours de faire comme bon lui semblait, qu'il serait derrière elle. Mais c'était un travail sur soi difficile. Il était plus facile de se ranger derrière ce qu'elle était déjà. Une petite boule a émotions qui ne semblaient pas réaliser que le comportement de l'homme était changé, que la peinture cachait un secret bien plus lourd. Au contraire, Mia en dépeignait une positivité déconcertante, se disant que si Derek achetait des peintures, c'est parce qu'il tenait à faire un geste pour sa nouvelle maison, pour avoir une touche personnelle dans leur demeure. Ce qu'elle comprenait en dehors du fait, qu'il paraissait fuyant. Et c'était là le véritable problème. Si Mia était capable de s'adapter au caractère de Derek, elle ne comprenait pas pourquoi il était ainsi, pourquoi il paraissait si loin d'elle. C'était bien la première fois qu'un homme agissait ainsi. Avec Raph, c'était différent et elle n'avait que cette comparaison possible. De plus, elle s'était habitué a un comportement moins étrange chez l'infirmier. Elle l'aimait pour sa gentillesse. Elle l'aimait pour sa simplicité. Elle l'aimait pour tout ce que son mari n'avait jamais été. Mais ce soir, elle en doutait. Elle ne comprenait pas. Pourquoi était-il si lointain ? Et cette question l'obsédait. Aussi les questions furent posées. Avec détachement pour mieux dissimuler l'anxiété. L'humour et le sourire pour ne plus trembler. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui dise ça, que la peinture n'était pas son domaine. Mais celui de sa femme. « Oh... Je. ne savais pas... » Bien sur qu'elle ne pouvait pas savoir. Derek n'avait jamais vraiment parlé de sa femme. En tant que mère oui. Elle avait été une mère parfaite pour Lily et Mia lui en avait reconnu tout le bon travail. Mais en tant qu'épouse, elle n'avait jamais rien su. Parce qu'il n'y avait jamais eu le temps pour, parce que Mia savait quelle pouvait être la douleur d'un coeur brisé par l'abandon. « Elle devait avoir un œil artistique fabuleux. Et visiblement, elle t'a transmis cela. Parce que c'est beau. » En dépit du fait qu'elle masquait difficilement le rythme cardiaque s'accélérant, Mia essayait de faire bonne figure. Derek avait du goût et malgré le doute, l'œuvre était magnifique. La brune le reconnaissait quand bien même, elle avait l'impression que quelque chose continuait à clocher. L'explication du lion parut être la seule explication rationnelle. « Elle va aimer alors ! On pourrait le mettre dans sa chambre si elle le souhaite. » Pourtant, Mia avait deja placardé les murs de posters que la petite avait réclamé. Des autocollants par ci, et par là. Et une excuse pour ne pas avoir ce tableau devant elle. Mia avait l'impression que ce lion l'observait avec défi, qu'il semblait lui faire comprendre qu'elle n'aurait sa place nulle part, qu'elle n'avait pas de talent, ni de goût particulier, qu'elle était fade et sans saveur. Tout à coup, le manque cruel de confiance la frappa, lui faisant réaliser qu'elle se cachait derrière des illusions, qu'elle ne serait jamais mieux qu'Angie, que peut être Derek l'aimait par pitié pour l'âme brisée qu'elle était et non pas pour ce qu'elle était véritablement. 

Tout apparaissait comme confus. 

Et en fixant l'œuvre, son sourire demeurait. L'arme du faire semblant. Elle souriait tout en se sentant démunie. Les paroles de Derek résonnaient en écho. Il était fatigué. La reprise approchait et Mia comprenait que cela puisse être stressant pour lui. « Ça se passera bien... Ton médecin t’a dit que tu étais apte et puis, ça te changera de rester à la maison. » Dit-elle machinalement, son regard ne délogeant pas du tableau qu'il avait posé non loin. Attentive mais lointaine. Souriante mais triste de l'intérieur. Elle veillait à paraître bien, allant jusqu'à rire quand il évoqua la journée avec Otto et Nate. « C’est ça de faire les fous comme Lily dans l’eau, tu n’es plus tout jeune. » Elle le taquinait parce que sa fille était encore capable d’avoir une telle énergie, de se dépenser sans jamais éprouver une seule sensation de fatigue. « Nous, c’était plus calme même si nous avons cavalé. Lily a trouvé de quoi décorer sa chambre, elle est super contente. » Et sa chambre aux murs nus prenait une belle forme désormais, faisant que la petite fille se sentait comme chez elle. D’ailleurs, elle n’était pas là, dormant chez une amie. « Tant mieux si elle peut profiter. Et puis, ça nous permet de pouvoir profiter tous les deux. » Elle arriva à décrocher son regard du tableau pour venir observer les prunelles de Derek. Il n’avait pas l’air dans son assiette. Ça la perturbait. Ça la tenaillait dans une angoisse qu’elle avait besoin d’enfouir. Sans doute s’inquiétait-elle pour rien. Son esprit devait lui jouer des tours, ça ne pouvait être que ça. Derek l’aimait pour ce qu’elle était, il ne l’insulterait pas, il ne la frapperait. Mais était-elle vraiment digne de lui ? Mia s’en posait, aujourd’hui, la question se disant qu’elle était sans doute trop fade, trop peu intéressante. Et puis, la jalousie était là, apparaissant dans ce pire moment de doute. Elle trouvait cela normale que la présence d’Angie soit encore là. Elle n’avait jamais contesté. Mais allié au doute que Derek créait, Mia avait soudain l’impression de ne plus avoir sa place, d’être à côté de la plaque, de se dire que vis-à-vis de lui, elle ne serait jamais à la hauteur. Sans doute, s’était-il lassé d’elle. « Elle devait être une femme extraordinaire. » Finit-elle par dire dans un aveu lui paraissant douloureux. « Lily m’en parle souvent alors je sais qu’elle était une maman formidable. Mais là… Je parle en tant que femme… » Elle marqua une pause, hésitante. « En tant qu’épouse… » En tant que cet être humain qui avait su faire chavirer le cœur de cet homme, cette personne dont le destin avait brisé la vie d’un père et d’un enfant. « Je dis ça parce que jamais tu n’en parles. Et … » Elle se tut, il allait forcément finir par se douter de quelque chose, c’était une évidence. Et pourtant, c’était plus fort qu’elle. « J’aurais aimé la connaître. » Mais pas pure sympathie, la connaître dans ses détails, la connaître dans ce qu’elle avait été. Savoir la vie d’avant, motivée par un instinct primaire, celui d’avoir sa place dans un monde qu’elle avait trop fui. Derek lui avait tant offert et elle ne tenait pas à perdre ce qu’il lui avait donné. Pas comme ça. Pas dans ce monde où elle se sentait si seule, si pas en harmonie avec l’extérieur. Elle avait besoin de savoir que ce qui se cachait derrière ce tableau lui permettrait un jour de pouvoir se sentir être une femme aimée d’un homme, à part entière, sans peur, sans crainte. Juste un amour pur et sincère.
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MessageSujet: Re: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Mar 29 Aoû - 7:36


Parler d’Angie n’était pas chose aisée. Il ne parlait jamais d’elle, tellement que c’en était devenu une habitude. Lily n’abordait elle-même que trop rarement le sujet – elle ne l’avait fait que deux fois en quasiment deux ans depuis que sa mère les avait quittés. La première, c’était lors du déménagement pour Los Angeles. La seconde, lorsqu’elle lui avait rendu visite à l’Hôpital. Il avait senti à quel point elle avait eu peur, à quel point elle se serait sentie démunie si elle avait dû perdre son dernier parent. Il s’en était voulu d’avoir joué au héros avec Raphaël, d’avoir essayé de calmer le jeu, d’avoir essayé de le raisonner. Mais les choses étaient faites, et il fallait avancer avec le passé. Il ne parlait jamais d’Angie, à qui que ce soit, et il ne parlait pas de son agression – il lui avait fallu plus de trois mois avant d’oser aborder le sujet avec Otto et Nate, avant de leur révéler la vérité. Il avait une entière confiance en eux, et il avait eu besoin de parler. Juste de parler. Parce qu’il n’était pas facile de parler à Mia. Il n’était pas facile de lui dire qu’il ne pensait qu’à son ex-mari. Pas facile de lui dire qu’il le revoyait face à lui, arme à la main. Pas facile de lui dire qu’il n’y avait pas un jour où il n’appréhendait pas son grand retour dans leurs vies, bien décidé à achever ce qu’il avait commencé. Peu importait qu’elle lui ait assuré qu’il ne reviendrait pas. Peu importait que Raphaël Grimes ait une conscience après son pétage de plomb. Il avait menacé. Il avait violenté. Il avait tiré. Pas facile de dire à Mia qu’une part de lui regrettait de ne pas pouvoir dire la vérité, de ne pas pouvoir le dénoncer, de ne pas pouvoir lui faire payer ce qu’il avait fait : pas seulement de l’avoir grièvement blessé, mais d’être allé trouver Lily et avoir tenté de la rendre orpheline. Pas facile de dire à Mia qu’une part de lui lui en voulait. Il avait beaucoup de choses à régler avec lui-même, dans sa tête comme dans son cœur. Trop de choses qui s’accumulaient d’un coup sans qu’il ne parvienne à tout mettre en ordre. Alors il s’absentait souvent. Un long moment. Il se baladait le long de l’Océan, à défaut de pouvoir le surfer. Il allait à sa rééducation et terminait souvent dans un café pour traîner et reculer le moment de rentrer à la maison. Il n’y avait a priori rien d’anormal à son attitude, il essayait de vivre et de ne pas rester enfermé à ruminer – bien qu’il le fasse si bien à l’extérieur. Il savait très bien que le moment venu, il devrait parler à la femme qu’il aimait. Il savait très bien qu’il ne pouvait pas y échapper s’il voulait avoir une chance d’être heureux et de la rendre heureuse. Il savait très bien qu’il ne fallait pas qu’il tarde avant de faire plus de mal que de bien. « C’était l’une de ses grandes passions, » qu’il répond naturellement, mais non sans une pointe de culpabilité et de gêne. Il ne parlait jamais d’elle. Tellement, que c’en était devenu une habitude. « Je suis content s’il te plait, » qu’il lui sourit tendrement en sentant un grand soulagement s’emparer de lui. Il avait craint qu’elle ne comprenne pas vraiment, il avait craint qu’elle se pose trop de questions sur le pourquoi du comment. Mais Mia n’était une femme comme les autres. Son passé et son vécu la forçaient à être discrète, patiente et à encaisser ce qui pouvait lui arriver. Il détestait cette dernière idée, parce qu’il tenait à ce qu’elle comprenne qu’elle n’aurait jamais à se forcer avec lui, qu’elle n’aurait jamais à encaisser, qu’elle n’aurait jamais à se soumettre ni à lui obéir. Il tenait à ce qu’elle lui dise merde quand elle en avait envie, qu’elle explose de colère quand elle en avait besoin, qu’elle s’isole si elle ressentait la nécessité d’être seule, qu’elle pleure si elle le désirait, qu’elle lui raconte sa journée si elle en avait envie. Qu’elle soit libre. « On lui demandera demain, alors. Je pense en effet qu’il collerait bien dans sa chambre – ce sera toujours mieux que des posters de célébrités du moment… » qu’il ajoute en fronçant un peu les sourcils. Lily grandissait, et Lily devenait une jeune adolescente. L’autre jour, il l’avait entendue poser des questions sur du « maquillage ». Il ne lui avait rien dit, car il n’était pas « concerné », mais elle pourrait attendre un long moment avant de se tartiner le visage – voire même toute une vie. « Ça se passera bien... Ton médecin t’a dit que tu étais apte et puis, ça te changera de rester à la maison, » que lui rappelle Mia pour le rassurer sur son grand retour au boulot. Elle avait raison bien sûr, mais il avait déjà eu du mal à tenir sur la planche cet après-midi. Quelle frustration extrême, bien qu’il fut satisfait de ce contact avec l’eau qui lui avait tant manqué. « C’est ça de faire les fous comme Lily dans l’eau, tu n’es plus tout jeune. » Il rit et dépose le tableau sur le côté pour se rapprocher d’elle. Quand elle le fait rire ainsi, pour si peu et avec si peu, une boule d’affection l’envahit à chaque fois. « Je ne te le fais pas dire. Tenir debout encore, j’ai pu à peu près gérer. C’est mon épaule le problème, » qu’il lui explique car la douleur avait été intense, à tel point qu’il avait eu du mal à « se mettre debout » sur le planche. Mais il avait persévéré et avait encaissé la douleur. « Puis, nous avions un public intéressant que nous n’avions pas vraiment envie de décevoir, » qu’il ajoute d’une petite voix taquine et amusée. Des filles. Des prédatrices. Qu’il avait déjà oublié, mais c’était toujours amusant de percevoir une once de jalousie dans le regard et l’attitude de la personne que l’on aimait. Et flatteur. Et agréable. « J’aurais aimé que vous soyez là, » qu’il se rattrape néanmoins en disant la vérité. « Otto pourrait me remplacer et te donner des cours si tu le voulais, le temps que je retrouve ma forme d’avant, » qu’il lui propose tout en sachant qu’il risquait de ne jamais retrouver « sa forme d’avant ».

« Nous, c’était plus calme même si nous avons cavalé. Lily a trouvé de quoi décorer sa chambre, elle est super contente. » Il n’en doutait pas. Elle avait toujours su ce qu’elle voulait, et ce qu’elle ne voulait pas, comme sa mère. Penser à Angie le pousse à reculer légèrement, et lui rappelle la situation actuelle, sa honte, sa culpabilité et son désarroi quant à comment aborder le sujet avec la jeune femme. « Tant mieux si elle peut profiter. Et puis, ça nous permet de pouvoir profiter tous les deux. » Tant de promesses. Qu’il aimerait pouvoir l’embrasser là tout de suite, comme jamais il ne l’avait embrassée. Comme il aimerait la soulever dans ses bras, et laisser sa passion pour elle le consumer. Comme il aimerait la plaquer contre le mur, là, et lui prouver qu’il l’aime et qu’elle n’a pas à craindre de le perdre ou de ne pas le mériter. Comme il aimerait la déshabiller et parcourir son corps de ses mains, de ses lèvres pour qu’elle sache à quel point elle comptait. Comme il aimerait qu’elle comprenne que c’était LUI qui ne LA méritait pas. Mais il se tient là, à lui tenir la main, à lui sourire comme avec regret et remord. La fatigue, elle est toujours salvatrice des situations embarrassantes. « Elle devait être une femme extraordinaire. » Elle. Angie. Une boule dans le ventre. Un pieu dans le cœur. Mais pas parce que sa femme lui manque. Pas parce que sa femme est sa femme. « Lily m’en parle souvent alors je sais qu’elle était une maman formidable. Mais là… Je parle en tant que femme… En tant qu’épouse », qu’elle ajoute timide et hésitante. Il était naturel qu’elle ait envie de connaître la mère de Lily, qu’elle aimait profondément. Il était naturel qu’elle ait envie de connaître la femme qui avait partagé sa vie et qui l’avait quitté bien trop tôt. Naturel qu’elle pose des questions. Naturel qu’elle ait envie d’en parler. Était-ce le moment ? Était-ce le moment de lui dire, de se confier ? « Angie était beaucoup de choses, » qu’il commence doucement avant de se rendre dans le salon pour s’asseoir dans le canapé. S’il ne parvenait pas à se dévoiler entièrement ce soir, il pouvait au moins lui offrir quelques réponses. « C’était une femme qui aimait diriger, tout contrôler – si elle ne pouvait pas contrôler, elle devenait folle, » qu’il dit avec une certaine émotion dans la voix et un sourire à ce souvenir. « Du coup, c’était très facile de la laisser faire. Je n’ai pas forcément une nature de leader, même si je suis plutôt fier et surpris d’y être plutôt bien parvenu depuis qu’elle est partie… Elle était drôle. Elle débordait d’énergie, parfois je me demandais où est-ce qu’elle parvenait à la trouver tellement elle n’arrêtait jamais. Elle adorait l’art, mais ne savait pas dessiner – pas même un peu. Mais elle avait un certain goût, et elle était plutôt appréciée dans son boulot de décoratrice d’intérieure et d’agent immobilier, » qu’il lui raconte, mais ne se livrant pas entièrement sur l’épouse, plus sur la femme. Devait-il parler de l’épouse ? Souhaitait-elle qu’il compare ? Il se mord la lèvre inférieure, pensif, avant de la regarder et de lui prendre la main pour la caresser. « Que souhaites-tu savoir ? » lui demande-t-il gentiment, prêt à répondre à ses questions si elle en avait. « Vous vous seriez très bien entendues, je l’ai su dès le départ. Je pense qu’elle aurait lu en toi bien plus vite que je n’ai pu le faire. Elle t’aurait sans doute fait des leçons de morale, pour te booster et te répéter que tu valais mieux que cette vie que tu avais eu. Oui, elle aurait été celle qui te sortait de cet enfer, » lui dit-il avec conviction, ravi d’être celui qui puisse le faire. « Je ne sais pas si je t’ai vraiment sortie de cet enfer, Mia. Mais je suis heureux d’être celui qui essaie, » lui dit-il en ne la quittant pas du regard. Car il sent qu’elle hésite, il sent son malaise. Il entend ses interrogations même si elle ne les dit pas. « J’aurais aimé pouvoir te dire que j’aurais voulu connaître ton mari, mais… » dit-il en faisant la grimace, utilisant cette situation macabre et moche pour détendre l’atmosphère. Il fallait bien commencer quelque part pour avancer et accepter le passé, non ? L’humour était souvent parfait pour ça. « Je ne t’ai pas demandé, mais… Je ne sais pas si tu as envie d’en parler, c’est pour ça que je ne t’ai pas posé la question… Est-ce que tu l’as revu ? Est-ce que… tu es totalement libre ? » Car sans cela, ils ne vivaient pas comme ils le devraient. Sans cela, il était seul bénéficiaire de la maison. Or, ils l’avaient choisie. Ils vivaient ensemble. Ils construisaient un avenir ensemble.

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MessageSujet: Re: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Mar 5 Sep - 7:24

Parler de la femme de Derek lui offrait un goût d'interdit. Elle avait l'impression de franchir une ligne invisible, de commettre un acte ignoble. Elle se disait que se taire aurait été mieux que de s'ouvrir à lui. Pourtant, Mia lui faisait confiance. Et quand bien même, le doute subsistait, la brune savait ce qu'elle pouvait avoir de lui, ce qu'il pouvait lui offrir. Et c'était inestimable pour elle. C'était un renouveau. Une possibilité d'un nouveau départ. Une nouvelle vie. Dans un chez eux. Avec une petite fille qu'elle aimait tendrement. Et pourtant, elle avait l'impression de trop en dire. Ne valait-il mieux pas laisser sa femme dans l'oubli d'un deuil ? Ne valait-il mieux pas qu'elle se taise, qu'elle se contente d'acquiescer, de sourire discrètement comme elle le faisait toujours ? Et pourtant, si elle regrettait, Mia ne pouvait s'empêcher de se sentir curieuse. Le tableau avait éveillé cette part d'elle-même, une envie alliée à un besoin de savoir. Le comportement de Derek avait il à voir avec ce tableau ? Avec un manque ? La jeune femme n'en savait rien, elle avait juste l'impression que son coeur se meurtrissait, qu'elle avait cru rendre un homme heureux. Alors que dans le fond... Peut-être n'était -elle pas à la hauteur de qui que ce soit ? Souvent, elle avait réfléchi aux paroles et actes de son mari, elle avait souvent cherché les raisons d'un tel changement de comportement. Quand elle se remémorait les premiers instants, elle ne se rappelait pas des gestes brutaux, de cette main se levant. Au contraire, il avait été lui-même mais sans le besoin de frapper, ni de blesser. Et à force, elle s'était souvent dit que la source du mal venait d'elle. Le manque de confiance favorisait cela. Et en même temps qu'elle s'engouffrait dans cette spirale infernale de noirceur, Mia se disait qu'elle ne savait pas aimer les gens, qu'elle devait faire pitié au point d'être celle qui frustre, d'être celle qui ne rend pas heureux. Avec Derek, elle avait su changer cela. Elle s'était dit que tout était différent parce que lui-même différait de Raph. Mais finalement... N'avait-elle pas eu raison depuis le départ ? N'était-elle pas en train de tout foutre en l'air. Le tableau paraissait en être les prémices. Et pour couronner le tout, son mariage restait dans son esprit. Raphael ne partait pas dans les méandres de l'oubli. Comme si une part d'elle-même s'y accrochait. C'était étrange. 
C'était dévastateur. 

Et ça la rongeait au point de se retrouver à parler d'Angie, à poser des questions. Elle voulait la connaître en dehors de son rôle de mère. Elle voulait savoir quelle femme avait-elle pu être ? Ce qui avait fait que Derek l'avait aimé au point de l'épouser, de lui faire un enfant. D’être ce qu’il était maintenant, de démarrer une vie avec une autre tout en se rappelant de ce que l’ancienne faisait. Dans un sens, c’était malsain, et ça lui faisait mal. Ça lui donnait l’impression de ne pas être à la hauteur, de ne rien mériter de lui. Et pourtant, de ses grands yeux sombres, Mia l’observait dans l’espoir d’y effacer tous ces doutes, d’y voir autre chose que de la peur. Elle y croyait. Tellement. Tout en l’écoutant évoquer le caractère dont elle était dotée, de cette force qu’elle semblait avoir. A chaque trait de caractère, elle ne pouvait s’empêcher de penser le contraire pour elle-même. Quelque part, elle était peut-être un peu maso. Après tout, elle questionnait Derek sur une partie qui la blesserait forcément. Comme si le doute aliénait toutes pensées raisonnées. Comme si la confiance s’était envolée, fragile espoir d’une vie meilleure. Elle ne pouvait s’empêcher de se sentir minable, gardant le silence et un visage impassible. Ça, elle était forte dans ce domaine. Savoir se replier. Elle l’avait fait tant de fois avec Raphaël, quand il fallait être enjouée alors qu’elle avait terriblement envie de pleurer. « C’était une belle personne. » Finit-elle par dire lorsqu’il avoua qu’Angie l’aurait certainement mieux aidé que lui-même lorsqu’il avait fallu la sortir de son enfer. « Mais elle n’aurait rien pu faire. Toi non plus d’ailleurs. A l’époque, j’étais prisonnière de mon mariage. Seule moi-même était en état de me sauver. » Et elle avait su le faire, mais au périple de sa propre vie, au point de croire qu’elle ne reverrait plus la lumière du jour. La main de Derek, dans la sienne, lui faisait du bien. C’était apaisant quand les mots procuraient l’effet inverse. Celui d’une douche froide. « Ne doute jamais de ce que tu as fait pour moi Derek. Tu as tant fait. Et quand je te dis que tu m’as sauvée la vie, tu l’as fait. Angie n’aurait rien pu faire d’autre… De toute façon, je ne laissais plus approcher qui que ce soit. » Elle sourit tristement, ajoutant avec une pointe de tremblement dans la voix « Enfin c’est surtout Lily qui a su m’éveiller un peu plus, me faire ouvrir aux autres. » Et Mia le lui rendait bien. Elle éprouvait un tel amour pour cet enfant. Après tout, ce n’était pas sa fille mais c’était comme si. La remarque de Derek aurait pu la faire sourire, lui faire comprendre l’ironie de ses propos. Mais Mia se sentait gelée au fond de son cœur. L’entendre prononcer ce prénom lui paraissait être semblable à la réouverture de ses plaies, la ramenant à son propre malheur, à son impossibilité à guérir des affres d’une vie terrible. « Je me doute bien.. » Se contenta-t-elle de dire, ne pouvant pas en dire plus. Sans le vouloir, son visage s’était assombri, marqué par les souvenirs anciens. Mais ce n’était pas fini, forcément, il s’inquiéta à son sujet. Avait-elle revu Raphaël ? Parlait-il au nom de l’inquiétude de se retrouver dans son chemin ou de sa propre jalousie ? Elle n’en savait rien. Tout était confus dans sa tête mais elle était certaine d’une seule chose. « Je ne l’ai pas vu et je ne compte pas le revoir. Je l’espère ardemment. » Se contentant-elle de dire en se défaisant de l’emprise de la main de Derek, s’en servant pour passer une main dans ses cheveux de couleur noir de jais, jouant alors avec une de ses mèches. Le repli se faisait encore. Regard devant elle, Mia était si loin. « Tout comme je sais que maintenant, je veux une vie avec toi. Et qu’ici, elle me plaît. Je veux divorcer, ôter toute trace de mon existence en tant que son épouse. Mais c’est dur… » Et au fond d’elle, son estomac se tordit. C’était atroce même. Elle n’y arrivait pas. Ses cauchemars peuplaient trop souvent ses songes. Parfois, elle se réveillait en ayant l’impression qu’elle était en Louisiane. Mais les odeurs d’antan n’assaillaient pas ses narines. Au contraire, elle comprenait bien vite que la couche était occupée par un homme gentil et bon. « Comme toi avec Angie, je comprends, petit à petit, qu’on ne peut effacer ce que l’on a été, il faut simplement vivre avec. Alors, je vis avec ce traumatisme. Parfois, je me dis qu’il vaut mieux que j’aille voir quelqu’un. Mais là encore, je me dis que le travail à faire sur soi, moi seule peut le faire. » Elle inspira doucement, essayant de refouler au mieux les larmes menaçant d’arriver. C’était difficile quand même. « J’espère que tu es heureux ici. J’espère que je t’apporte le bonheur suffisant pour ne jamais m’abandonner. » Cette fois-ci, elle osa tourner la tête vers Derek, dévoilant toutes ces cicatrices qu’elle possédait. Pas physiques mais dans son cœur, dans son âme. Mia avait terriblement besoin d’être rassurée. En permanence. « Ne me laisse jamais tomber, je t’en prie. Et n’hésite jamais à me le dire quand je ferai quelque chose qui ne te plaira pas. » Cette fois-ci, elle ne put l’éviter et silencieuse, discrète, la larme glissa le long de sa joue. « Tu sais Derek, si j’ai mis tant de temps à comprendre qu’il fallait que je quitte l’enfer dans lequel je me trouvais, c’était bien parce qu’au dehors, une vie de solitude m’attendait. Et ça me semblait être pire que tout. Je préférais essuyer les coups plutôt que de m’enfermer dans la solitude. » Et pourtant, elle y avait réussi au seul prix d’avoir failli y passer. Mais ça, elle ne le voyait plus, prise dans l’étau de sa propre douleur.

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MessageSujet: Re: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Mar 5 Sep - 21:26


« C’était une belle personne. » Oui, c’était une belle personne. Oui, c’était une belle maman. Oui, c’était une belle épouse. Oui, ils avaient été heureux. Oui, ils l’auraient peut-être été toute la vie si le destin en avait décidé autrement. Oui, peut-être bien qu’ils seraient encore mariés, et peut-être bien qu’ils vivraient encore à Chicago. L’important dans tout ça n’était pas le sujet dont il était question, mais le verbe conjugué au passé. Parler d’Angie lui avait paru plus naturel qu’il ne l’aurai cru, comme s’il l’avait déjà fait plusieurs fois, et en particulier avec Mia. Comme s’il aurait dû et pu lui en parler depuis toujours. N’était-il pas celui qui avait émis des réserves ? N’était-il pas celui qui hésitait à parler de sa défunte femme ? N’était-il pas celui qui mettait une certaine distance entre son passé, lui et la femme avec qui il partageait sa vie actuelle ? « Mais elle n’aurait rien pu faire. Toi non plus d’ailleurs. A l’époque, j’étais prisonnière de mon mariage. Seule moi-même était en état de me sauver. » Il comprenait ce qu’elle voulait dire. C’était comme dire à un dépressif qu’il pourrait obtenir de l’aide près d’un psychiatre. Tant que la personne n’était pas prête à s’en sortir, personne ne pouvait rien pour elle. Il détestait cette idée, et il était quelque part très rassuré et soulagé d’avoir connu Mia à cette époque de sa vie. Il n’aurait sans doute en effet rien pu faire pour l’aider à s’en sortir. On ne le saurait jamais. Ce qui était certain, c’était qu’aujourd’hui il était là et qu’il ne la laisserait pas tomber. Il était perdu, bouleversé, perturbé et décontenancé par diverses émotions et sentiments dont il ne comprenait pas encore toute l’ampleur et l’importance. Mais il était là. Mais il l’aimait. Mais il voulait son bonheur. Mais il voulait qu’elle se sente désirée, aimée. « Ne doute jamais de ce que tu as fait pour moi Derek. Tu as tant fait. Et quand je te dis que tu m’as sauvée la vie, tu l’as fait. Angie n’aurait rien pu faire d’autre… De toute façon, je ne laissais plus approcher qui que ce soit. » Lui avait-il sauvé la vie ? L’avait-il protégée comme il avait promis de le faire ? Avait-il été à la hauteur ? Avait-il fait un sans-faute ? Lui avait-il évité d’autres coups ? D’autres blessures ? Il la regardait, et elle était si belle. Si belle. Si fragile. Si délicate. Si forte à la fois. Si courageuse, sans s’en rendre compte elle-même. Elle s’était sauvée toute seule pour commencer, et il s’était trouvé sur son passage. La vie était aussi simple que ça parfois. « Enfin c’est surtout Lily qui a su m’éveiller un peu plus, me faire ouvrir aux autres. » Il ne peut s’empêcher de sourire – parce que Lily a ce don d’apaiser les gens. Parce que Lily a ce don d’attendrir les cœurs. Parce que Lily a ce don de ramener le sourire sur un visage triste. Il n’est pas étonné que sa fille ait pu aider Mia – comme il ne doutait pas qu’elle aiderait d’autres âmes perdues dans sa vie. Il serre la main de la jeune femme plus fort, comme pour lui prouver qu’il comprend et qu’il est heureux que ce fut le cas. Il aurait aimé lui dire qu’elle leur avait tant apportés, elle aussi. Il aurait aimé lui dire qu’elle avait été une bouffée d’oxygène, un espoir de renouveau, un miracle. Mais l’émotion est là et l’empêche de parler, tant sa gorge est nouée. Nouée de parler d’un femme qu’il a aimé, qu’il aime sans doute encore et qu’il ne cessera sans aucun doute d’aimer toute sa vie. Nouée pour la femme qu’il aime à présent. De tout ce qu’elle a pu vivre et traverser, mais de la force mentale dont elle a fait preuve pour s’en sortir. Savait-elle combien de femmes étaient victimes de violences conjugales dans le monde ? Savaient-elles combien osaient partir ? Trop peu. Raphaël avait été son bourreau, autant qu’il avait été son agresseur quelques semaines plus tôt. Et à ce titre, il n’était pas certain de comprendre le comportement de la jeune femme envers son mari. Il n’était pas certain de comprendre comment et pourquoi elle avait souhaité qu’il se taise et ne lui fasse pas payer le mal fait. Il n’était pas certain de comprendre un jour les raisons qui l’ont poussée à agir ainsi. « Je ne l’ai pas vu et je ne compte pas le revoir. Je l’espère ardemment. » Il ne doutait pas qu’elle fut sincère. Il doutait juste que ce soit l’entière vérité. On ne pardonnait pas un homme capable d’une telle violence, sans avoir un minimum de sentiment pour lui. « Tout comme je sais que maintenant, je veux une vie avec toi. Et qu’ici, elle me plaît. Je veux divorcer, ôter toute trace de mon existence en tant que son épouse. Mais c’est dur…. » C’est dur. C’est dur. C’est dur. C’est dur, qu’il se répète en fermant un instant les yeux. Dur d’entendre le doute dans sa voix. Dur d’entendre l’écho de Raphaël dans sa voix. Dur de réaliser qu’il est là, toujours, et qu’il le sera sans doute toujours. Tout comme Angie, ils sont les spectres de leurs âmes. Excepté que l’une est morte – sans le mériter – et que l’un vit, méritant une punition. Oh, non. Il ne lui souhaiterait pas la mort. Il ne le souhaiterait pas à son pire ennemi. Mais ne méritait-il pas d’être puni pour ses crimes ? « Comme toi avec Angie, je comprends, petit à petit, qu’on ne peut effacer ce que l’on a été, il faut simplement vivre avec. Alors, je vis avec ce traumatisme. Parfois, je me dis qu’il vaut mieux que j’aille voir quelqu’un. Mais là encore, je me dis que le travail à faire sur soi, moi seule peut le faire. » Oui, il comprenait ça aussi. Pourtant, parfois parler aidait tellement. Parfois, parler était libérateur. Parfois, parler offrait la paix. Parfois, parler évitait des malentendus, des disputes inutiles et des erreurs stupides. Alors, s’il était aussi simple de parler, s’il était aussi simple de se livrer, s’il était aussi simple de se libérer… pourquoi ne lui parlait-il pas ouvertement ? Pourquoi ne se livrait-il pas entièrement ? « J’espère que tu es heureux ici. J’espère que je t’apporte le bonheur suffisant pour ne jamais m’abandonner. » Il relève le visage lentement vers le sien, afin de croiser son regard. Il est surpris et choqué de cet aveu, de cette hésitation. Pourtant, n’a-t-elle pas le droit de douter ? Ne lui en donne-t-il pas les raisons ? « Ne me laisse jamais tomber, je t’en prie. Et n’hésite jamais à me le dire quand je ferai quelque chose qui ne te plaira pas. » Bon sang, mais c’était lui qui agissait comme un con, lui qui fuyait, lui qui évitait, lui qui ne comprenait pas, lui qui était lâche, lui qui était minable. Et la voir se sentir coupable, craintive et hésitante lui fendait le cœur. « Tu sais Derek, si j’ai mis tant de temps à comprendre qu’il fallait que je quitte l’enfer dans lequel je me trouvais, c’était bien parce qu’au dehors, une vie de solitude m’attendait. Et ça me semblait être pire que tout. Je préférais essuyer les coups plutôt que de m’enfermer dans la solitude. » L’idée qu’elle puisse supporter une nouvelle fois une vie avec lui sans être entièrement comblée, sans être entièrement satisfaite, juste pour ne pas se retrouver seul l’anéanti.

C’est après plusieurs secondes, voire minutes, de silence qu’il décide de le briser, la voix plus posée et plus certaine que lorsque sa gorge était nouée. « Je t’ai laissée parler, parce que je n’en étais pas capable plus tôt… parler d’Angie, ce n’est pas quelque chose que je fais souvent, et quand je le fais l’émotion est forcément là. Je n’ai pas divorcé d’elle, » qu’il lui dit en ne la quittant pas des yeux. « Je ne l’ai pas quittée. Elle m’a été enlevée. De ce fait, je ne peux pas te dire que je ne l’aime plus, que je ne l’aimerais plus. Elle fait partie de mon passé, de ma vie, et grâce à Lily, de mon futur, » qu’il tente d’expliquer même si les mots font mal – il n’en doute pas, les siens concernant Raphaël et l’évidence de ses sentiments persistants pour lui l’ont été tout autant. Mais ils se doivent la vérité. « Mia… je ne peux pas te dire qu’elle ne fera plus partie de ma vie. Ce que je peux te dire, et ce que je peux te promettre, » ajoute-t-il en se rapprochant d’elle pour lui faire face et planter son regard dans le sien. « C’est que tu es ma vie aujourd’hui. Mon présent. Mon futur, » qu’il dit simplement parce que c’est la vérité. « Quand je suis avec toi, je ne pense pas à Angie. Quand je te regarde, je ne pense pas à Angie. Quand on parle, je ne pense pas à Angie. Quand je te fais l’amour, je ne pense pas à Angie. On a chacun un passé, et un passé qui ne nous quittera pas… » qu’il ajoute d’une petite voix, car il regrette qu’elle ne puisse oublier le sien. Égoïste sans doute. Pourtant, il est certain qu’il serait moins triste et moins irrité si son passé avait été moins douloureux auprès de l’homme qu’elle avait épousé. Si Raphaël avait été un homme charmant, attentionné et respectueux envers sa femme. « Mais le présent et le futur, ils nous appartiennent. Je vois bien ton regard, Mia, » qu’il lui dit en prenant son menton dans sa main pour rattraper qu’elle ne le quitte pas du regard malgré les larmes qui coulent et qu’il essuie. « Je déteste que tu doutes, je déteste être la raison de ce doute… je ne sais pas ce que j’ai en ce moment. Je n’arrive pas à le comprendre, et tant que je ne le comprends pas, tant que je n’ai pas les mots justes pour l’exprimer… je ne peux pas te l’expliquer. Mais s’il te plait, s’il te plait, » qu’il dit en posant son front contre le sien comme une supplique. « Ne doute pas que je suis là où je veux être, avec qui je veux être. Lily et toi êtes les seules choses dont je sois sûr dans ma vie. Je ne te dirais pas que je ne quitterais jamais, Mia. Parce que crois-moi, si un jour l’un de nous doit quitter l’autre… ce sera toi, » qu’il termine dans un souffle. Parce qu’il sait qu’elle en est capable, bien plus qu’elle ne le croit. Parce qu’il sait qu’elle a déjà pris des décisions aussi importantes et difficiles dans sa vie. Parce qu’il sait qu’il ne peut plus imaginer sa vie sans elle. Parce qu’il sait qu’il l’aime. Irrémédiablement. Incontestablement.







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MessageSujet: Re: « Scars to your beautiful » Derek & Mia   Hier à 19:38

C'était difficile pour elle de se confier, d'oser prononcer les mots tant redoutés. Vivre avec la peur de voir s'en aller était tout simplement terrible. Elle avait mis du temps à s'en faire avec son mari, croyant se délier des chaînes et de ses doutes. Mais finalement, il subsistait encore. Ce doute terrible. Ce manque de confiance en soi. Elle était un objet qu'on avait trop souvent malmené. Et elle ne tenait plus à ce que cela recommence. Cependant au fur et à mesure que le temps s'écoulait, elle prenait conscience que le scénario revenait. De nouveau, elle se faisait envahir par ses vieux demons. De nouveau, elle ne se croyait plus en elle. Au contraire, c'était plus facile d'écouter Derek parler d'Angie en sentant le coeur souffrir et ressentir une jalousie nouvelle. Elle aurait été aimé être cette personne là. Mais Mia avait été celle se prenant une claque dans la figure, celle qu'on avait aimé en rabaissant. Alors aimer avec le doute, Mia savait le faire. Elle le faisait avec Derek. Et ce n'était pas bien. Ainsi, elle progressait ayant le courage de dire les choses, sentant les larmes venir et écouter les paroles qu'il lui répondit après un trop long silence lui faisant peur. Avait-elle touché un point sensible ? Avait-elle parlé de ce qu'il ne fallait jamais nommer ? Ce fantôme résidant de partout où elle se trouvait ? Le souvenir dans le visage de l'enfant, dans les yeux du père, et surtout dans ce tableau qui rappelait qu'à l'inverse d'elle-même, cette femme avait été forte. Plus forte qu'elle. Et ça, ça faisait mal.  « Ça a dû être une épreuve si terrible... » Répondit-elle lorsque Derek reprit la parole, évoquant la mort de sa femme. Mia l'observait de ses yeux tristes, de cette évidence qu'elle n'avait eu Derek uniquement parce que la place était libre. C'était terrible mais la vie était faite ainsi, de ces cases libres et occupées, de ce que les gens avaient comme disponibilité pour celui se trouvant dehors. Derek n'aurait pas eu besoin d'elle si sa femme était là. Elle aurait sans doute encore erré, encore plus que ce qu'elle ne le faisait déjà.Ça et douter de sa belle vie de maintenant. Pourtant, Derek semblait en mettre tous les maux de la terre sur son compte. Il semblait remarquer combien les deux femmes qu'il aimait se trouvaient entre lui. Et ses mots lui firent du bien, qu'il puisse penser à Angie mais tout autant à Mia. L'idée d'appartenir au futur de quelqu'un lui semblait si doux, si agréable à l'oreille. Elle aimait l'entendre dire cela. C'était bien plus réparateur que l'insulte gratuite visant à la rabaisser. De par son passé, elle était cet être dans son doute permanent, cet être ne sachant jamais comment s'y prendre pour oser dire. Et là, c'était un effort immense, de lui faire comprendre ce qu'elle ressentait. Les mots paraissaient brouillons, le ressenti bourré d'illusions, le mensonge dissimulé derrière la tristesse. Elle disait tout omettant son mari. Elle ne voulait pas que Raphaël puisse avoir une place dans cette conversation. Surtout pas quand Derek s'en voulait de la faire douter ainsi, qu'il le lui disait en usant de paroles rassurantes et de gestes tendres. Elle ferma les yeux brièvement quand il posa la main sur son visage, relevant son menton et essuyant ses larmes. Voilà que maintenant Derek s'en voulait de la faire douter ainsi. « Tu n'as pas à dire ce genre de choses .. » Et elle paraissait tellement sincère le fixant de son air perdu, de ses yeux ayant rencontré trop de malheur dans son existence. Les choses auraient pu être plus douces. Mais elles étaient ainsi. Ils étaient des êtres détruits par la vie. Et au milieu de cela, Derek lui offrait de beaux mots de réconfort, faisant du bien au coeur, lui confirmant qu'elle n'avait sans doute rien à craindre. Il l'aimait. Il la voulait. Et ça c'était un baume réparateur pour l'âme quand bien même, il avouait ne pas être dans son état normal. Pourtant, elle pensait à rien d'autre qu'au fait d'avoir saccager sa vie en laissant son mari faire irruption il y a quelques mois de cela. Mia ne pensait pas qu'il pouvait y avoir quelque chose d'autre, que le problème était autre. En l'occurrence, le souci c'était elle. C'était l'évidence la plus parfaite. « Et moi je suis tellement convaincue que je ne te mérite pas.... » Elle poussa un gémissement, son visage se tordit sous l'effet des pleurs nouveaux et pourtant, elle sentait si protégée, son visage si proche de celui de Derek. Front contre front, les yeux dans les yeux. Elle ne pouvait croire qu'elle puisse un jour le quitter. C'était impossible à ses yeux. « Je ne pourrai jamais faire une telle chose. Derek, je tiens bien trop à toi. » Il y avait juste des démons à exorciser, des souvenirs à enterrer et un divorce à entériner. Tant de projets qui paraissaient impossibles pour elle. Heureusement l'amour de Derek lui paraissait être une bouée de sauvetage. Ici, c'était son nouveau foyer. Elle devait sans doute laisser du temps à toutes ces cicatrices. « On a a juste besoin de savoir que nous tenons l'un à l'autre et que quoi qu'il arrive, nous serons là quand nous en aurons besoin. » Elle posa ses mains sur les joues de l'homme et caressa doucement, le visage encore si triste. Son souffle se posait sur le visage de l'autre par cette proximité, le besoin de ressentir qu'il était là.  « S'il y a bien quelque chose que je ne souhaite pas perdre, c'est bien cette vie là. Avec Lily et toi... J'y tiens plus que tout. Finit-elle par lui dire. En aucun cas, Mia souhaitait perdre ce qu'elle avait entrepris.  « Tu fais de moi quelqu'un de meilleur, n'en doute jamais. » Elle avait tant parcouru, du chemin, un travail sur soi. La route paraissait si longue. Et elle se sentait tellement lasse. Elle avait aussi besoin de s'isoler et elle déposa un baiser tendre sur ses lèvres mais bien trop furtif pour laisser entrevoir une issue plus douce à cette conversation.  « Allez ! Je vais aller prendre une douche ! » Elle essaya de paraître enjouée, de laisser un sourire fleurir sur son visage mais c'était crispé. C'était le signe qu'elle avait besoin de se retrouver seule, que les larmes guettaient mais que face à Derek, elle ne pouvait justifier de rien. Elle était triste. Et pourtant, elle se força à se lever du canapé, à ne pas essayer de capter l'attention du lion peint sur cette toile. Au contraire, elle préféra monter à l'étage, préparant un bain chaud. À la lumière des néons blafards, elle vit son visage ravagé par la peine et ça en fut trop. Les larmes arrivèrent et elle pivota pour entrer dans la baignoire encore peu remplie. Au moins, le bruit du jet couvrait les sanglots. Cette conversation avait tant réveillé en elle.
Des souvenirs.
Il lui manquait tellement...
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« Scars to your beautiful » Derek & Mia
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