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 Way Down We Go ••• Alaric&&Alex

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Alex Regan
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DATE D'INSCRIPTION : 09/07/2017
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MessageSujet: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Sam 15 Juil - 22:55


" REVENGE IS NOT A NOBLE SENTIMENT,
BUT IT IS A HUMAN ONE. "


Si tu veux partir en quête de vengeance, commence par creuser deux tombes.

Était-elle prête à damner son âme pour cela ? À creuser ses deux tombes dans l’espoir qu’un jour elle obtiendrait justice ? Sa justice. Alors que rien, strictement rien ne lui permettait d’être sûre que ce jour arriverait. Était-elle prête ?
Prête, elle l’ignorait. Elle ne le savait pas. En fait tout dépendrait de Lui. De la réponse qu’il lui donnerait.
Mais dans tous les cas, elle était déterminée. Oh... ça oui...

La nuit était tombée depuis plusieurs heures sur la ville de Los Angeles. Et aussi patiente que le prédateur auquel elle avait eu affaire, Alex attendait dans sa voiture, toutes lumières éteintes. Elle avait observé l’homme durant de longues heures, patientant calmement et immobile que les clients s’en aillent, que la tension de la journée et du travail s’apaise, que la chaleur laisse place à une fraicheur nocturne et estivale. Elle n’avait pas sommeil, elle n’était pas fatiguée. Son corps avait depuis longtemps été entrainé à la patience et l’immobilité ; et pas dans des conditions agréables.
De plus, sa détermination était à toute épreuve. Lorsque l’esprit a été brisé une fois, rien ne peut plus jamais l’atteindre. Lorsqu’on a dansé avec la Mort en Enfer, rien ne peut plus nous toucher.

Brutalement et sournoisement le doute s’installa en elle. Vulgaire et insidieux. Cette satanée petite voix, celle de la raison fébrile et lâche. Es-tu sûre de toi ? Sure de vouloir franchir cette ligne ? Savait-elle ce qu’elle faisait ? Non, pas vraiment. Voulait-elle vraiment aller dans cette direction ? Certainement. Son âme était déjà foutue de toute façon. Le dégout qu’elle s’inspirait déjà ne pourrait jamais être pire. Alors comme avait si bien dit Winston Churchill, "quitte a aller en enfer, autant y aller jusqu’au bout." Et l’Enfer elle y avait survécu, et d’ailleurs une part d’elle-même y était toujours. Alors autant en faire son terrain de jeu...

C’est avec une rage sourde et glaciale qu'elle ouvrit la portière, sorti du véhicule et verrouilla la voiture, un dossier sous le bras. Raide et déterminée, elle traversa la rue pour rejoindre le garage en face. Oui. Elle avait observé l’Homme. Durant plusieurs heures, plusieurs jours. Plusieurs semaines. Elle avait fait ses recherches, ses devoirs comme on dit. Elle avait prit des contacts, écouté des témoignages, posé des questions, et le tout aussi discrètement qu’une petite souris. Elle savait que dans son entourage, ses collègues, sa thérapeute… personne n’approuverait. C’était tellement évident. Elle s’apprêtait à prendre un aller direct pour le purgatoire. Mais elle ne pouvait pas continuer ainsi. Elle ne pouvait plus vivre comme ça. La terreur permanente qui l’habitait l’épuisait, lui faisant revivre et encore et encore les conditions de sa captivité. Mais elle était libre aujourd’hui ! Libre, dehors, en vie et en bonne santé, alors pourquoi ? Pourquoi vivre avec cette peur dégoutante ? Ça la débectait, elle se débectait. Elle était écœurée par la fatigue, la crainte. À ce rythme là, autant se tirer une balle dans la tête tout de suite. Mais elle n’avait pas survécu cinq ans pour en arriver là. Et elle était en colère aussi. Très en colère.

Silencieusement elle ouvrit la porte et pénétra dans le bâtiment. Le calme y était dominant. Des voitures, capots ouverts attendaient patiemment leur tour, et une lumière artificielle donnait au lieu une atmosphère intime, presque magique. L’odeur de saleté, du cambouis et de la sueur ajoutait au tableau. Quelque part au fond d’elle quelque chose s’agitait. Ce n’était pas de la peur, elle ne tolèrerait pas qu’on appelle cela "peur". C’était de l’appréhension. Elle venait ici avec une idée en tête, sans trop savoir à quoi s’attendre. Oh certes, oui, elle L’avait observé. Elle savait quel genre d’homme il était. Son instinct et la lecture du corps que lui avait appris le FBI l’avait bien formée. Mais les gens peuvent parfois vous surprendre… Elle avait longtemps hésité sur la démarche à suivre. Elle savait, assurément que c’était une mauvaise idée. Bien sur que c'était une mauvaise idée. Mais passé ce cap elle s’était questionnée sur la façon de l’aborder, comment lui présenter la chose. C’est ce soir, en observant ses allés et venues qu’elle s’était décidée. Une approche frontale et directe. Comme un bon uppercut dans la mâchoire. Elle saurait et verrait bien assez tôt comment il réagirait. Il n’y avait pas trente six milles options de toutes façons. Soit il acceptait, soit il refusait. Et s’il refusait : soit chacun retournait à son existence sans jamais évoquer ce qui se passerait ce soir, soit il la dénoncerait. Elle aurait alors des problèmes certainement... Bien sur qu’elle aurait des problèmes ! Mais dans le fond, quelque part… n’était-ce pas ce qu’elle recherchait les problèmes ? Et puis… Il n’était pas homme à balancer. Pas son genre. N’est-ce pas Ric ?

Attendant qu’il réalise que quelqu’un était entré, elle se planta fixement sur ses jambes et releva la tête en signe de défi. « Alaric Winchester ? » Elle attendit qu’il se tourne vers elle, confirmant son identité et planta un regard curieux dans le sien. « Alex Regan. FBI. »
D’un geste nonchalant elle jeta sur le capot d’une voiture le dossier qu’elle gardait sous le bras. Les lettres FEDERAL BUREAU of INVESTIGATION s’étalaient sur la couverture, agrémentées d’étoiles patriotes et d’une étiquette portant le nom de son interlocuteur.
Et voilà. C’était fait. Les dés étaient jetés et la partie lancée.
Là, elle saurait.

Une première tombe de creusée.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Lun 17 Juil - 14:00

Des jours qu'il ne l'avait pas vue. Des jours qu'il y pensait. Des jours qu'il ruminait. Des jours qu'il s'investissait plus encore dans le boulot, pour ne plus penser à elle. Des jours qu'il prétendait ne pas lui accorder la moindre pensée. Des jours à réparer des moteurs sous le regard moqueur et taquin de ses employés. Des jours à essayer de secouer Dan, comme à son habitude, alors que ce dernier ne cessait de poser des questions sur la mystérieuse jeune femme qui semblait l'avoir tant bouleversé. Des jours qu'il répétait que personne ne pouvait réussir à le bouleverser, et qu'il fallait mieux qu'ils arrêtent tous de venir l'emmerder. Pourtant, en son for intérieur il devait bien reconnaître que la jeune comédienne l'avait atteint. Comment pourrait-il penser à elle sinon ? Pourquoi, surtout ? Alors qu'ils n'avaient partagé qu'un demi-repas et quelques paroles sans réellement de livrer et se découvrir. Il était incapable de l'expliquer et à vrai dire, il n'avait pas envie de comprendre. Il n'avait pas envie de trouver des réponses à ces questions silencieuses. Il vivait seul depuis des années et se savait destiné à errer seul jusqu'à la fin de sa vie. Il avait connu suffisamment de déceptions - et pas seulement sentimentales - pour oser espérer pouvoir partager sa vie avec quelqu'un d'autre. La seule personne qu'il était parvenu à supporter et à accepter dans son environnement, c'était Dan. Et il mourrait. Petit à petit. L'abandonnant à son tour. Alaric Winchester était habitué à l'abandon. Habitué aux trahisons. Il avait compris depuis bien longtemps qu'il ne fallait jamais de fier à personne excepté soi-même. Bien évidemment, au fil des années quelques personnes étaient parvenues à briser sa carapace, et avaient gagné sa confiance et son respect. Mais ils les comptaient sur les doigts d'une main. Il fallait une sacré dose de patience et d'affection pour atteindre le mécanicien. Ce n'était certainement pas une jolie comédienne au visage d'ange qui allait changer le cours des choses. Certainement pas.

" Alaric Winchester ? " qu'il entend derrière lui tandis qu'il s'essuyait enfin les mains, prêt à stopper son travail pour une bonne douche, une bonne boisson fraîche et un bon match de boxe à la télévision. Pourtant, il sut au ton employé par l'intruse que la soirée ne se déroulerait pas ainsi. Lentement, il se retourne pour découvrir qui l'alpague ainsi à une heure aussi tardive et surtout aussi catégoriquement. Elle n'aurait pas eu besoin de préciser qu'elle était de la police, il avait appris à les repérer depuis quelques années qu'ils essayaient de le coincer et de lui mener la vie dure. Ah les petits criminels dans son genre qui passaient à travers le filet et semblaient s'être rachetés une conduite, ils n'aimaient pas du tout. Combien avaient frappé à sa porte dans l'espoir de pouvoir le coincer ? Combien avaient essayé de lui tirer les vers du nez à coup de questions pièges ? Il ne les comptait plus. Il mentirait s'il osait dire qu'il ne les craignait pas, après tout il était vraiment hors la loi quand il organisait ses combats illégaux - sans compter qu'il ne pouvait plus exercer la boxe lui-même. Mais il avait une certaine capacité à jouer l'innocent et camoufler la vérité d'une main de maître. Ce n'était pas sans danger cela dit, il pouvait toujours de faire avoir par l'un de ses participants. Une chance qu'il puisse y compter déjà des membres du gouvernement et de la police même pour le couvrir sous peine d'être pris la main dans le sac. Non. Décidément, elle ne l'impressionnait pas autant qu'elle l'aurait sans doute voulu. Il respectait ses tripes et son audace par ailleurs. " Lui-même, " répond-il simplement en terminant de s'essuyer, sans jeter un regard sur le dossier. " Je peux vous aider ? " qu'il demande avec un sourire aussi charmant sud professionnel. Si elle avait des choses à lui demander ou à lui reprocher, mieux valait qu'elle aille directement au but. Avec lui, il ne fallait jamais utiliser de gants. " Si c'est un problème mécanique, il faudra revenir demain matin. Mais comme cela fait plusieurs jours que vous hésitez à entrer, j'imagine que ce n'est pas un problème de mécanique, " ajoute-t-il en regardant le dossier avant de replonger son regard dans le sien. " Que me vaut la visite du FBI ? " finit-il par demander plus méfiant et plus fermé. S'il se moquait bien qu'on vienne l'emmerder depuis le temps, il n'en éprouvait pas non plus une grande satisfaction. Et quelque chose lui disait que cette visite serait plus pénible qu'elle n'y paraissait.




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Alex Regan
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Jeu 20 Juil - 10:57


" IF YOU WANNA FIGHT THE MONSTER, BECOME THE MONSTER. "


C’était un combat de chats. En cette douce soirée d’été, deux animaux s’observaient et se toisaient avec défi. Chacun dans l’attente que l’autre face le premier pas, le premier geste et détermine les enjeux de ce face à face farouche. Il y avait deux individus, abimés et trahis par la vie qui à la fois se reconnaissaient mais aussi se défiaient, ne sachant s’il devait considérer l’autre comme un ennemi ou comme un allié. Le pouvoir s’échangeait de mots en mots et passait de l’homme à la femme et de la femme à l’homme à chaque seconde. Aucun dominant, aucun dominé. Nul maitre du jeu. Seulement deux chats attendant que le premier coup de griffe ne vienne.

Était-elle là pour l’arrêter ? Pour en faire son indic’ ? Le menacer peut-être ? Alex imaginait très bien ce qui pouvait se passer dans la tête de l’homme. Elle était arrivée là, en conquérante, arguant avec défiance qu’elle était du FBI. Et le dossier portant le nom du mécanicien qu’elle avait négligemment jeté à sa vue avait imposé d’emblée quelque chose de désagréable. Elle savait qui il était et pas lui. Lui ignorait tout d’elle. Il ignorait son passé, ses blessures et ses cicatrices. Il ne voyait d’elle qu’un agent du FBI qui venait crânement l’emmerder dans sa tanière. À la limite, s’il était suffisamment observateur, et nul doute qu’il devait l’être, il pouvait noter la raideur de ses épaules, l’étincelle farouche dans son regard comme un animal affrontant la mort en face. Une légère appréhension qui faisait battre son coeur un peu plus vite. Mais il pourrait voir aussi sa détermination. Le pitbull qui ne lâcherait pas l’affaire. Ne lâcherait jamais, plus jamais, son morceau de viande et qui se battrait jusqu’au bout pour sa survie et obtenir ce qu’il veut. Il y avait en elle quelque chose de sauvage, d’animal, que seuls ceux ont bouffé la merde et le sang, généreusement offert par Monsieur Destin peuvent comprendre et reconnaitre.

Si il y a bien une chose qu’Alex avait appris de ses années de captivité, c’était qu’il n’existait nulles limites à la survie. Peu importe ce qui fallait faire ou dire, la moralité n’a pas sa place dans un esprit brisé. Que n’avait-elle fait pour éviter les tortures, ou dit pour éviter les coups. Où et en combien de temps avait-elle abandonné ses convictions, ses désirs et sa moralité pour survivre, simplement survivre. L’Homme l’avait tuée, brisée, annihilée, et chaque jour qui passait le miroir lui renvoyait l’image de cette jeune femme disparue. Alexia-Jane. Mais Alexia-Jane était morte au fond du puits. Humiliée. Assassinée.
Alex, elle, était sortie vivante, bien décidée à renaitre de ses cendres et surtout à nourrir le monstre qui avait grandit en elle et qui réclamant sang et vengeance.

Et parce que l’attente et la patience était devenue son arme la plus aiguisée, la jeune femme laissa gentiment l’homme s’exprimer. Elle avait fait le bon choix. Une approche frontale, directe. Elle avait bien reconnu en lui les contours des cicatrices données par la Vie. On dit que tout ce qui nous arrive, arrive pour une raison. Cette idée la laissait s’interroger pendant des heures. Et elle savait que nulle réponse n’arriverait jamais. Lui, il semblait avoir eu les mêmes questionnements. Une certaine haine de l’existence… Il fit semblant de ne pas s’intéresser à son dossier. Mâle dominant. Du moins en apparence. Il biaisa, glissant habilement qu’il avait repéré sa voiture les jours précédents. À moins que ce ne soit du bluff ? Impassible, elle l’observa. Bluffait-il ou l’avait-il vraiment vue ? Il était malin, intelligent, vif d’esprit. Elle le lisait sur son visage, et cela confirmait tout ce que ses recherches avaient révélé. Il y avait eu plusieurs types dans son genre, mais aucun ne l’avait attirée comme lui. Plus elle en apprenait sur lui et plus elle s’était sentie hypnotisée, comme le poisson qui s’approche trop près de la gueule du requin, cette souris qui frôle la langue du serpent. Elle avait alors jeté son dévolu sur lui. Quelque chose en lui lui avait fait peur, alors elle l’avait choisi. Que lui voulait donc le FBI ?

On y était. Alors tu feules, tu griffes, ou tu fais le dos rond mon chat ?
« Le FBI ne vous veut rien Monsieur Winchester. » Elle marqua une pause, et inspira, tendue. Elle se sentait comme au bord d’un précipice. Mais ce qui l’avait amené là était trop important pour qu’elle renonce. Elle savait les enjeux, et les risques. Elle connaissait le chemin sur lequel elle s’apprêtait à glisser. Volontairement. Mais de toute façon peu lui importait. Rien ne serait jamais pire. Pire que ce qu’elle avait vécu. « Ce qui m’amène à vous est d’ordre personnel. » Approche frontale hé ?

Inspiration. Croisée des chemins.
Son regard se perd brièvement, comme un tête à tête avec soi-même avant de se reposer sur le dossier qu’elle avait amené. Elle observe de nouveau l’homme, fait un pas en avant et caresse du bout des doigts la peinture métallisée d’un véhicule. Ce simple geste, ce doux contact, lui permet de s’ancrer dans la réalité. Elle a parfois du mal à accepter où elle est et ce qu’elle fait. Des moments lui paraissent fragiles, tendus, comme un rêve, comme des fils suspendus dans le vide. Dans ces moments là elle se rend compte qu’elle attend la chute brutale et sévère qui la rappellerait à l’ordre, à la réalité. Sa réalité. Le froid, l’obscurité et la douleur.
« Je veux que vous m’appreniez à me battre. » Ses yeux s’attardent avec avidité sur le visage de l’homme, cherchant un signe, une ébauche de réaction, d’une réponse. Alors elle se jette à l’eau aussi brutalement qu’un crochet s’abat sur un visage. 

« Je veux que vous m’appreniez à me défendre et à frapper aussi fort que possible. » La tension qui habite son corps devenant trop fébrile et insoutenable elle se met à errer entre les véhicules, laissant toujours ses doigts courir sur ces derniers. Ils sont témoins de sa crainte et de son désir impitoyable. Ils sont témoins de cette partie de poker au sommet.

« Pas à me défendre pour échapper à un mari violent ou pour me mettre à la boxe par effet de mode. Non. » Elle marque une pause, comme absorbée dans l’étude d’un moteur. Son moteur. Son esprit et son coeur. Pour quoi alors ? Sa voix diminue et se fait confidence. « Je veux pouvoir mettre un homme à genou pour plusieurs heures sans risque qu’il réplique. Je veux pouvoir encaisser des coups sans me mettre à pleurer. Je veux pouvoir dire que je suis là, dans un combat, d’égal à égal parce que j’ai le droit et la légitimité d’y être. Que ce n’est pas un fichu hasard ou une putain de chance. » Elle redresse lentement la tête, la réalité au bord des lèvres, et plante son regard dans celui de l’homme. « Je ne veux plus être la victime. » LA victime. Ses mots planent un moment dans le silence nocturne laissant les murs et les véhicules les absorber en silence. Alors, revenant vers lui elle pointe du doigt le misérable dossier. « J’ai lu votre dossier. Je sais qui vous êtes Monsieur Winchester. Apprenez-moi à boxer comme un putain d’Irlandais. Je vous paierai. Mal. Mais je vous paierai.»

Il y avait une rage sourde et meurtrière en elle. Quelque chose de noir, de profond et de dégoutant. Ça lui faisait horreur. La haine qu’elle s’inspirait lui faisait horreur. C’était comme si elle était spectatrice de sa propre descente aux enfers. Une part d’elle-même contemplait la jeune femme éplorée, nue et sale, terrifiée et blottie contre ce mur de glaise. Cette jeune fille faisait de la peine. Elle faisait pitié. Et de l’autre coté, elle voyait s’élever cette amazone remplie de colère et appelant le sang et la vengeance. La Justice des Dieux. Les deux se heurtaient avec violence et se vautraient dans la boue, la colère, et la terreur. Il fallait que l’une d’elles gagne. Qu’une d’elles l’emporte sur l’autre et annihile soit la pitié, soit la rancoeur. La victime, ou le bourreau.

Parce que malgré tout, Alex était sure d’une chose. Elle Le reverrait. Elle savait qu’elle Le reverrait. Qu’un jour viendrait où Il serait de nouveau là, face à elle, avec son bâton électrique et son sadisme pour seul bagage. Son regard étincelant et son sourire amusé. Et Alex était persuadée d’une chose. Que pour vaincre le monstre, il fallait qu’elle devienne un monstre.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Mar 1 Aoû - 13:39


Il ne s’était jamais imaginé être à la tête d’un quelconque trafic. Plus jeune, il avait commis des erreurs. Plus jeune, il s’était laissé aller au désespoir et ce qu’il pouvait vous amener à accomplir de plus terrible. Plus jeune, il avait usé de ses poings. Plus jeune, il avait volé. Plus jeune, il avait fait ce qu’il estimait devoir faire pour survivre. Plus jeune, il avait compris qu’il ne devait compter que sur lui-même. Plus jeune, il s’était toujours démerdé. Mais jamais, jamais, il ne s’était laissé embarqué dans un quelconque trafic – de drogue ou d’arme, voire même d’autres absurdités. S’il avait l’impression depuis toujours d’être de la mauvaise graine, il gardait des principes et des valeurs qu’il ne comprenait pas toujours. Ne jamais user de ses poings contre quelqu’un, excepté s’il était forcé. Ne jamais lever la main sur une femme, un enfant ou une personne âgée. Ne jamais abuser de la confiance des gens pour les trahir et les décevoir par la suite – n’était-il pas haineux contre tous ceux qui l’avaient trahi et abandonné durant toutes ces années ? Il abhorrait l’idée de prendre le même chemin. Pourtant, tout était bon à prendre. Des bijoux. Des diamants. Des billets. Des objets d’art. Des antiquités. Peu importait ce qu’il pouvait trouver, tant qu’il pouvait le faire sans avoir à utiliser la violence dont il était doté. Car il avait un don pour la violence. Un don pour la boxe. Un don pour se défendre. Un don pour la force. Il ne s’était jamais vraiment entraîné. Il avait juste été fasciné par ce sport. Il avait juste tenté. Et il s’était révélé doué. Extrêmement doué. Au point de se faire remarquer – par Dan, son mentor et père de cœur, mais pas seulement. Il avait connu son moment de gloire et, s’il avait su tempérer son caractère difficile, peut-être serait-il devenu professionnel. Il ne s’était jamais imaginé à la tête d’un quelconque trafic. Puis, un jour il s’était réveillé et avait pris une décision. Si on lui interdisait de boxer, il était foutu. Si on lui interdisait de s’épanouir dans ce qui lui avait permis de garder la tête hors de l’eau et d’extérioriser tout le mal qui sommeillait en lui, il était foutu. Alors, il fallait qu’il le fasse de manière discrète. Il fallait qu’il contourne les lois. Il fallait qu’il oublie la légalité. Il fallait qu’il fasse un choix et prenne une décision. Ce n’était pas venu du jour au lendemain, et son petit « commerce » ne s’était pas développé en un claquement de doigts. Il y avait beaucoup à penser, beaucoup à craindre. Beaucoup à anticiper. Beaucoup à prendre en considération. La confiance – le plus difficile pour Alaric – la confiance était primordiale. Comment organiser des combats de boxe dans son garage avec le peu de personnes qu’il connaissait et à qui il accordait son peu de confiance ? Il n’était pas étonnant qu’il garde pour lui ses petits secrets. Il n’était pas étonnant qu’il évite d’évoquer ces soirées atypiques à n’importe qui. Il n’était pas étonnant que très peu de personnes ne soient au courant de son existence. La confiance, c’était la clé de tout son business. Ça. Et le silence et la discrétion dont il faisait preuve en-dehors de ces quatre murs un ou deux soirs par semaine. Les boxeurs et autres parieurs n’étaient pas suffisamment fous pour vendre Alaric Winchester – car eux-mêmes risquaient énormément si l’on venait à apprendre leurs implications dans ce garage à des heures plus que tardives.

Alaric ne parlait pas de son activité extra-professionnelle. Alaric n’évoquait jamais la boxe. Alaric ne se permettrait jamais de déraper – pas avec n’importe qui, ni n’importe quand. Le dernier flic en date à avoir sonné à sa porte sous prétexte qu’il détenait des informations compromettantes le concernant était bien loin. Alaric n’étant cependant pas stupide. Ni naïf. Quand on goûtait à l’illégalité et au danger que cela représentait, on se savait sur la sellette à vie. Il n’y avait pas de moment de répit. Il n’y avait pas de souffle à reprendre. Il n’y avait pas de repos acceptable. Un moment d’égarement, un relâchement et il était mort. Sa chance ? On ne pouvait rien prouver – rien. Il avait des gants de boxe ? Et alors ? Ils lui appartenaient depuis ses jeunes années de boxeur – et il les gardait pour se rappeler le bon vieux temps. Nostalgique et sentimental. La bonne blague. Du sang dans son garage ? Et alors ? Parfois, la mécanique blesse – beaucoup ou peu. Tapages nocturnes ? Les portes du garage étaient insonorisées – merci Dan. Non. Ils n’avaient rien sur lui. Rien de concret. Rien de dangereux. Des rumeurs. Des on-dit. Et on n’allait nulle part avec ça. « Personnel ? » ose-t-il demander à voix haute, plus pour lui-même que pour obtenir une réponse plus poussée. Parce qu’elle débarquait sur le plan « personnel », elle s’imaginait qu’il s’ouvrirait plus facilement ? Ne venait-elle donc pas de se présenter avec son badge ? « Pourquoi me balancer un dossier à mon nom et me foutre votre badge tout neuf sous le nez, si ce n’est pas le FBI qui vous envoie ? » demande-t-il en se retournant pour aller se laver les mains – et en profiter pour reprendre contenance. Il était habitué, certes, et il savait mentir. Mais cela ne signifiait pas qu’il ne ressentait aucun stress. Quelques secondes. Quelques minutes. Respire. Inspire. Expire. Le temps de s’essuyer les mains et de lui refaire face, elle lui exposait les faits et les raisons de sa venue. « Je veux que vous m’appreniez à me battre. » Rien que ça. Stoïque. Il ne réagit pas. Aucun tic. Aucun tremblement. Rien. « Je veux que vous m’appreniez à me défendre et à frapper aussi fort que possible. Pas à me défendre pour échapper à un mari violent ou pour me mettre à la boxe par effet de mode. Non. Je veux pouvoir mettre un homme à genou pour plusieurs heures sans risque qu’il réplique. Je veux pouvoir encaisser des coups sans me mettre à pleurer. Je veux pouvoir dire que je suis là, dans un combat, d’égal à égal parce que j’ai le droit et la légitimité d’y être. Que ce n’est pas un fichu hasard ou une putain de chance. » Il devait lui reconnaitre une certaine rage. Un certain courage. A sa première demande, il avait compris qu’elle était diablement sérieuse. A sa première demande, il avait compris qu’elle était irrémédiablement impliquée et déterminée. Comment se défaire d’une telle détermination ? Plus que la rage, il avait perçu la peur. La peur qui semblait l’habiter dans tout le corps – crispé comme jamais – et dans son âme, son regard ne trompait pas. Cette femme avait dû vivre un putain de traumatisme pour oser lui balancer cette vérité et son désir sans prendre de pincettes. Compassion. Mais bordel, qu’est-ce qu’il en avait à foutre ? « Et qu’avez-vous lu au juste ? Que j’ai boxé il y a une dizaine d’années ? Que j’aurais pu être pro’ si je n’avais pas déconné sur le ring ? Que j’ai interdiction de remettre le pied sur un quelconque ring, justement, et de porter de nouveau des gants ? » choisit-il la pure vérité. « Je ne sais pas ce qui vous a fait croire que j’étais LA personne à venir voir pour vous aider, Mademoiselle Regan. Mais croyez-moi, » ajoute-t-il en plantant son regard dans le sien, sans ciller, sans crainte, « je ne suis pas celui que vous croyez, » conclut-il d’une voix rauque mais convaincante. Qu’imaginait-elle ? Qu’il lui ouvrirait les bras, en lui promettant de l’aider avec joie ? Qu’il lui avouerait tous ses sombres secrets en deux secondes, alors qu’il lui arrivait encore d’en dévoiler à Dan après quinze années à se connaitre ? Non. Alaric Winchester était bien plus compliqué et difficile à cerner, encore plus à apprivoiser. « Si vous voulez qu’on vous entraîne, il y a un certain nombres de bons clubs dans le coin. Je peux même vous donner le nom de celui qu’il vous faut… » tente-t-il de rectifier le fait qu’il refusait de lui apporter son aide. « Cela dit, je suis étonné que le FBI n’ai pas ses propres coach. Ils ne vous apprennent donc pas l’auto-défense dans ce trou à rats ? » qu’il demande, le sourire aux lèvres – persuadé qu’elle partirait bientôt.

Mais avait-il oublié ce que la détermination était capable de vous pousser à faire ?




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Alex Regan
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Dim 27 Aoû - 16:01


" IT'S A BEAUTIFUL LIE, IT'S A PERFECT DENIAL "


Personne ne savait avec exactitude ce qu’il s’était passé dans cette cave sombre et poussiéreuse. Les médecins avaient émis leur hypothèses, tirés leurs conclusions. Les marques de brulures, les cicatrices, les fractures mal ressoudées… Et puis la mémoire sensitive, comme un chien qui ferme les yeux et entre la tête dans les épaules pour encaisser le coup qui vient. Un réflexe. La préparation psychologique à une douleur devenue familière. Oui les médecins pensaient qu’ils savaient. Mais personne ne savait.
Oh bien sur certains psychiatres, psychologues et autre spécialistes de l’esprit avaient essayé de la faire parler. Certains avaient même réussi à obtenir des informations. Mais qui pouvait savoir ? Qui peut vraiment savoir ce qu’est un viol lorsqu’il n’en a pas vécu un ? Qui peut connaitre l’idée même de la torture tant qu’il n’a pas été torturé ? Qui peut parler de la mort ou donner son avis sur le suicide tant qu’il n’a pas expérimenté ce désir d’en finir ? Comment décrire la brulure d’une lame de rasoir qui doucement tranche les chairs ? Qui peut savoir ce que c’est que de se sentir plus bas que le chien errant le plus misérable ? Certains ont vécu des choses atroces, ont affrontés des situations et des peines terribles. D’autres parlent de combat à mener chaque jour. Mais d’aucun ne peut savoir.

Il n’y avait qu’elle. Et son tortionnaire.

Un secret entre eux jalousement gardé. Mais quelque chose en était ressorti de ce secret. Quelque chose était né. Une chose noire, sombre, mauvaise et puissante. Et la jeune femme avait besoin de l’expulser. Elle ne parvenait pas à la contrôler, à la garder en cage. Toutes ces émotions, ces traumatismes. Du temps. Il faut du temps qu’on lui disait. N’en avait-elle pas suffisamment perdu du temps ? Cinq ans à survivre dans le froid et la saleté. Non. Il fallait que cette chose sorte. Il fallait qu’elle se sente si non plus pure, au moins un peu moins sale…

Voilà pourquoi elle était venue trouver Alaric Winchester. Cet homme touchait à l’illégal. Cet homme connaissait le gout du sang et de la défaite. Cet homme n’était pas le chien qui encaisse les coups en remuant la queue. Non. Il était celui qui mord en retour et qui ne lâche plus le bras coupable. Et elle ? Dans cette métaphore imagée, elle avait été le chaton qui sert aux chiens. Elle ne voulait plus être le chaton.
Elle ne voulait même pas être le loup. Pas même un lion. Elle voulait être le Cerbère, ou la Chimère, ou encore le maitre du chien qui tient la laisse. Elle voulait être hors catégorie.
Une étrange émotion la dominait. Un mélange de peur et d’excitation, le tout arrosé copieusement de dégout. Du dégout envers elle, pour ce qu’elle était en train de faire : lécher les bottes d’une petite frappe arrogante. Et du dégout envers lui. Plus elle l’écoutait parler plus elle le haïssait. Que voulait-il ? Qu’elle le plaigne peut-être ? Le pauvre avait manqué à son devoir, il n’avait que faillit devenir pro. Il exposait ce qu’il avait pu être, aurait pu être et ce qu’elle aurait pu lire sur lui. Mais dans quel but ? La pitié ? Elle n’en avait pas. Plus il parlait et plus il exposait les raisons exactes pour lesquelles elle était venu le voir Lui. Parce que dans le même temps, sa certitude grandissait. Elle en était persuadée, elle ne s’était pas trompée. C’était lui. Lui seul pouvait lui permettre d’accéder à l’arène, et de lui fournir les armes pour ne plus trembler. « Que vous aviez plus de couilles. » Voilà ce qu’elle avait lu sur lui.

Aaaaahh ! Mais en fait c’était donc ça ! Elle s’était trompée. Et oui ! Mademoiselle n’avait pas tout bien compris… Il n’était pas ce qu’elle croyait. Et non… Et oui c’est ça… De la bile plein de la bouche elle se détourna de lui et cracha un : « Les gens ne sont jamais ce qu’on croit. » Elle était bien placée pour le savoir. Qui pourrait penser que l’homme qui l’avait séquestrée pouvait être si beau ? Elle avait été surprise et choquée en découvrant son visage. Elle n’avait jamais accepté de faire son portrait robot outrant. Mais jamais elle n’oublierait la beauté de ce visage. Rien qu’à l’idée de ce moment un frisson la parcourut et elle se dirigea d’un pas assuré vers la sortie. Si ce type continuait à la prendre de haut, très bien. Elle l’avait en effet mal jugé alors. Elle avait cru pensable qu’entre animaux blessés ils auraient pu se reconnaitre. Au final peut-être n’était-il qu’un homme comme les autres…

Passant près de la voiture où elle avait lâché son dossier elle tendit la main pour le récupérer. C’est à ce moment là qu’Alaric l’attaqua sur le FBI. Doucement elle se retourna vers lui, lui décochant un regard presque désolé pour lui. « Vous ai-je dis que je voulais apprendre l’auto-défense ? » Elle chercha dans sa mémoire à quel moment elle avait pu dire ça. Non… « Vous avez du mal comprendre. Et en effet j’ai du me tromper sur votre compte. » Elle ne se priva pas pour le détailler de la tête au pied. Critique. Puis instinctivement ce fut l’idée du siècle. Psychologie inversée.
« Pauvre Regie… il voulait tellement m’aider… » Un rire semi-moqueur, et personnel. « J’ai été idiote de le croire quand il m’a parlé de vous. Tord de croire une petite frappe. Un dealer de bas étage. Au final vous êtes tous les même non ? » Elle tapota son dossier. « Je prends bonne note du conseil. Peut-être irais-je chercher un club, voir votre frère, qui sait… Histoire d’apprendre à boxer et me défendre comme une petite souris. »
Mais qui était-il pour traiter le FBI de trou à rats, et qu'y connaissait-il aux rats. « Une dernière chose Monsieur Winchester. Si l’envie vous prend de faire un tour dans un vrai trou à rats, vous vous apercevrez vite d’une chose : je ne suis pas un rongeur. Régie m’a parlé de vous parce que j’ai besoin d’aide. J’ai au moins ce courage de le reconnaitre. Mais je ne vous supplierai pas. J’ai dépassé depuis longtemps le stade de la supplication. Vous voulez jouer les buté ? Okay.. J’en ai rien à foutre. Ni de vous, ni de votre petit business à la con. Alors bonne soirée Monsieur Winchester. »

Là-dessus elle se détourna de lui et se fit un chemin entre les voitures. La rage qui bouillonnait en elle était divine. Elle se sentait sur le point d’éclater en sanglot ou de tuer quelqu’un. Mais à quoi avait-elle pensé en venant ici ? Que ce pauvre type lui dirait « Okay, enfile des gants ! » Quelle idiote. Et pauvre con ce Regie ! Tout ça parce qu’elle lui avait malencontreusement sauvé la vie… Alex n’avait pas le droit d’aller sur le terrain, mais ce jour là, bizarrement elle était entrée dans la maison. Le pauvre gars s’était retrouvé au milieu d’un feu croisé, et bien que non armé, elle s’était mise entre lui et le danger et avait assuré leur sécurité. Plus tard dans la salle d’interrogatoire il avait senti un truc en elle. Pas compliqué de voir qu’elle avait parfois l’air d’un junkie en manque de came. Il avait été le premier à lui conseiller d’expulser toute cette rage. Et quand elle l’avait remercié en lui disant que faire affaire avec un dealer ne l’intéressait pas il avait alors demandé « Mais qui a parlé de drogue ? » C’est là qu’elle avait appris pour Alaric et son petit traffic. Là qu’elle s’était renseignée sur lui, son passé, son présent, son business. Et là que l’idée de mettre la bête en elle sous contrôle l’avait titillée. Pourquoi mettre la bête en cage ? Pourquoi ne pas lui donner ce qu’elle veut et ainsi gagner son affection ? Elle s’était fait des films. Elle avait été idiote.

Comme l’idiote qui avait cessé de se débattre, pensant que les tortures arrêteraient, avant de finir enfermée dans un puits au coeur de l’hiver. Condamnée à mort.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Mer 30 Aoû - 16:31


« Que vous aviez plus de couilles. » Il en avait. Parce qu’il n’avait rien à perdre. Rien à perdre, sauf sa liberté. Rien à perdre, sauf son honneur. Il se contenta de l’observer un long moment. Comme il avait l’habitude d’observer quiconque dépassait les limites de la barrière qu’il avait mis des années à ériger autour de lui. Il observe. Il analyse. Il imagine les motivations et les pensées de ceux qui tentent de le cerner également. Il avait été habitué à observer, car on l’avait longtemps considéré comme étant invisible. Qui pouvait bien s’intéresser à un gamin que personne ne voulait et que les parents avaient abandonné à peine né ? Qui pouvait bien se demander ce qu’un gamin foutait à tel endroit, à telle heure quand personne ne le cherchait ni le surveillait ? Il avait été livré à lui-même bien trop tôt, et il avait appris à survivre par lui-même bien trop tôt. « Les gens ne sont jamais ce qu’on croit. » Oh, cela il ne pouvait pas le nier. Personne ne se méfiait du monde qui l’entourait plus qu’Alaric Winchester. Il ne se livrait jamais. Il n’accordait sa confiance qu’à très peu de gens. Trop peu de gens. Beaucoup tentaient de percer sa carapace – femmes et hommes. Beaucoup tentaient d’amadouer la bête. Mais peu y parvenaient – il fallait de la patience, de la détermination et de la volonté pour ça. En était-il de même pour la jeune femme ? Etait-elle secrète ? Avait-elle un passé lourd et rempli de colère, de haine et d’injustice ? Avait-elle souffert pour oser venir le trouver et lui demander de l’aide, à lui ? Que savait-elle exactement le concernant ? Une série de questions sans réponses, car il ne parvenait pas à la cerner – grande première. Non. Pas grande première. Seules les femmes qui avaient une place particulière dans sa vie avaient su l’intriguer et l’épater. Lou. A présent, Elinor. Et qui était cette grande brune au regard déterminé et apeuré à la fois ? « Vous ai-je dis que je voulais apprendre l’auto-défense ? Vous avez du mal comprendre. Et en effet j’ai dû me tromper sur votre compte. » Elle mordait. Elle attaquait. Elle piquait. La colère était un bon moteur pour faire mal et atteindre, mais il n’y avait absolument aucune raison qu’elles ne l’atteignent lui aujourd’hui. Il ne la connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. Il n’avait pas besoin de son approbation ou de sa compassion. Il n’avait pas besoin qu’elle voit en lui un héros. Il n’avait pas besoin qu’elle voit en lui L’Homme susceptible de l’aider. « Quand on veut boxer, à ce point, c’est forcément pour apprendre à se défendre, » qu’il lui dit simplement. La boxe avait été pour lui une révélation, mais la première fois qu’il avait été tenté il devait bien reconnaitre que sa principale motivation était d’apprendre à se défendre. Il vivait dans la rue la plupart du temps. Il rencontrait des gangsters la plupart du temps. La sécurité, il avait dû se la procurer seul, comme un grand. Par chance, il avait toujours un physique imposant et intimidant – cela lui avait valu une certaine tranquillité, autant au lycée que lorsqu’il avait décidé de subvenir à ses besoins sans famille d’accueil, sans orphelinat, sans foyer. On avait plus cherché à le recruter dans des affaires louches qu’à lui mettre des bâtons dans les roues. Il avait trouvé dans la boxe un réconfort que personne n’avait su lui apporter dans sa vie. Il avait trouvé dans la boxe un refuge qu’il refusait de quitter – l’unique raison pour laquelle il désobéissait à la loi. « Pauvre Regie… il voulait tellement m’aider… » qu’elle finit par lui dire, l’air désolé et triste, mais il perçu clairement que ses paroles étaient bien choisies. Regie était son ami d’enfance. Regie était un des rares hommes auquel Alaric avait accordé sa confiance. Sans faille. Sans hésitation. Sans possibilité de retour. Les deux hommes se connaissaient depuis toujours et pouvaient prétendre avoir connu le même parcours – à quelques détails près. Alaric avait sauvé la mise de Regie – si ce n’était pas la vie – à plusieurs reprises. Regie avait sauvé la mise – si ce n’était pas la vie – à Alaric à plusieurs reprises. Et Regie ne semblait pas capable de rester bien loin des problèmes. Contrairement à Ric’, il n’avait pas rencontré de Dan. Contrairement à Ric’, il n’avait pas eu la chance qu’on lui offre un choix à faire : la drogue ou la liberté. Il avait choisi la drogue, parce qu’il était piètre voleur et que ça payait bien. Il avait choisi la drogue parce qu’il ne pouvait s’empêcher d’en consommer. Il avait choisi la drogue parce qu’elle lui donnait l’impression d’être important et d’avoir trouvé sa place dans ce bas-monde. Peu importait les paroles de Ric’, il ne semblait pas capable d’en sortir. Et si Ric’ savait qu’il pouvait être un indic’ auprès de la police, il savait qu’il était contacté principalement par la brigade anti-drogue. « J’ai été idiote de le croire quand il m’a parlé de vous. Tort de croire une petite frappe. Un dealer de bas étage. Au final vous êtes tous les même non ? Je prends bonne note du conseil. Peut-être irais-je chercher un club, voir votre frère, qui sait… Histoire d’apprendre à boxer et me défendre comme une petite souris. » A présent, il était plus que toute ouïe. Elle savait bien trop de choses le concernant, bien trop de choses qu’il estimait bien confidentielles et personnelles. Bien gardées. Il n’avait appris l’existence de Jon que depuis une semaine à peine et n’en avait parlé à personne – absolument personne, pas même à Dan. Pourtant, Elle, elle savait. Il ignorait quelles raisons avaient poussé Regie à lui parler de lui. Il ignorait quelles raisons avaient poussé Regie à l’orienter vers lui – voire même par lui avouer toute la vérité alors qu’il ne l’aurait jamais fait en temps normal. Mais il l’avait fait. « Une dernière chose Monsieur Winchester. Si l’envie vous prend de faire un tour dans un vrai trou à rats, vous vous apercevrez vite d’une chose : je ne suis pas un rongeur. Régie m’a parlé de vous parce que j’ai besoin d’aide. J’ai au moins ce courage de le reconnaitre. Mais je ne vous supplierai pas. J’ai dépassé depuis longtemps le stade de la supplication. Vous voulez jouer les buté ? Okay.. J’en ai rien à foutre. Ni de vous, ni de votre petit business à la con. Alors bonne soirée Monsieur Winchester. » Elle lui avait rabattu le clapet en deux temps, trois mouvements, sans qu’il n’ait rien vu venir. Il aurait pu la laisser partir. Il aurait pu prendre le risque de la laisser partir pour mieux revenir avec une équipe spécialisée, prendre le risque de perdre plus que sa liberté. Il aurait pu croire qu’elle bluffait. Mais son instinct lui assurait qu’il n’y avait là aucun bluff. Et elle avait évoqué le nom de Regie. Toutes personnes évoquant ce nom obtenaient généralement une réponse favorable auprès de Ric’. Ils étaient amis, ils étaient comme des frères et c’était Regie qui savait recruter les hommes susceptibles d’être intéressés par les combats, susceptibles surtout de fermer sa gueule. Mais une flic ? Le FBI ? A quoi avait-il pensé ? « Alex, » qu’il l’appelle directement par son prénom. S’ils devaient parler, vraiment parler, il n’y aurait pas d’agent Regan. S’ils devaient parler, vraiment parler, il n’y aurait pas de FBI. Elle s’arrête dans son élan quelques mètres plus loin, et il ignore si elle jubile à cet instant ou si elle a le cœur battant – rempli d’espoir ou de doute ? – mais il ne peut tout bonnement pas la laisser partir à présent. « Il y a très peu de personnes qui ont gagné ma confiance. Je ne suis pas facilement approchable, pas facilement manipulable et encore moins appréciable, » qu’il commence à lui dire en s’approchant d’elle afin de refermer la porte qu’elle avait commencé à entrouvrir. De ce fait, il se retrouve face à elle. Assez proche pour percevoir son regard et cette détermination qu’il avait perçue plus tôt. Assez proche pour percevoir son pouls, palpitant dans son cou. Le silence s’impose quelques secondes, temps pour eux de s’observer de plus près. « Comment connaissez-vous Regie, et que vous a-t-il dit au juste ? Pas besoin d’utiliser des gants et de tourner autour du pot. Si vous voulez de mon aide, si vous la voulez vraiment, va falloir jouer cartes sur table avec moi, » qu’il lui indique d’entrée les règles Winchester. Il détestait les sous-entendus, principalement parce qu’il ne les saisissait pas toujours facilement. Il préférait de loin la franchise, l’honnêteté et la vérité – qu’elle soit dure à entendre ou pas. « Pourquoi vouloir à ce point à vous défendre et à frapper aussi fort que possible ? Pourquoi avoir besoin d’apprendre à mettre un homme à genoux pour plusieurs heures sans risquer qu’il réplique ? Pourquoi vouloir encaisser les coups sans pleurer ? » qu’il finit par lui demander d’une voix plus basse, mais ferme. S’ils devaient collaborer, s’ils devaient être francs et directs l’un envers l’autre, il ne tolérerait aucune échappatoire, aucune hésitation, aucun secret. Il lui fallait des années pour accorder sa confiance. Il lui fallait des années pour être approché et apprivoisé. Elle avait là l’occasion et la possibilité de gagner tout ça en quelques minutes.

Chanceuse. Ou pas.




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Alex Regan
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Dim 24 Sep - 20:46


" THIS HURRICANE IS CHASING US ALL UNDERGROUND "


La tension qui l’habitait était vibrante, perceptible à des lieues. C’était comme la corde sensible d’un violon, grave et sourde qui ne cesse de vibrer, faisant ainsi résonner ses soeurs et donnant une ambiance tendue et dramatique à la scène. Ce garage, doucement éclairé par des lumières jaunes, son atmosphère poussiéreuse avec son odeur d’huile et de cambouis, étaient en totale contradiction avec la glaciale froideur que ressentait Alex. Voilà longtemps qu’elle ne s’était pas retrouvée aussi tendue et aussi sujette à ses émotions. Depuis sa sortie du puits, et à force d’être le sujet de toutes les attentions elle avait appris à les dominer. Certes il y avait ce syndrome post-traumatique qui la suivait depuis deux ans. Mais elle avait progressé. Progressé jusqu’à devenir assez douée pour contrôler ses émotions. Du moins le croyait-elle. D’ordinaire, elle parvenait à se calmer, ou fuyait l’objet de son malaise. Mais pas ce soir. Ce soir avait été hors de contrôle. Totalement hors de contrôle. Mais pourquoi était-elle venue ici ? Pourquoi lui avait-elle parlé ? Avoit-elle exigé des choses de lui ? Pourquoi se montrer si agressive, mordante et sensible ? Car oui, une part d’elle même avait conscience de l’image qu’elle donnait. L’image d’une femme en pleine perdition. Quel bel agent du FBI faisait-elle !
L’image d’une femme pathétique. Faible.
Une victime.

Réalisant cela et devant la résistance qu’il lui offrait, elle avait tout bonnement résolu de l’envoyer péter et de se barrer. Après tout elle ne pouvait pas forcer quelqu’un à l’aider. Elle ne pouvait pas exiger quelque chose de quelqu’un. Certaines personnes certes le font, mais pas elle. De plus, se sentant sur la brèche c’était peut-être mieux comme ça. Elle trouverait un autre moyen d’extérioriser la Bête. La Bête. Cette chose intenable qui avait grandit en elle et se révoltait. Pourquoi se révolter maintenant d’ailleurs ? N’avait-elle pas pu être présente lorsqu’elle était aux mains du Collectionneur ? Non… À ce temps là, la Bête n’existait pas. Car c’était LUI qui l’avait créé. Et maintenant elle devait apprendre à vivre avec. Comme si son traumatisme ne suffisait pas, il fallait qu’une colère dévastatrice s’impose.
Mais tant pis. Elle trouverait un moyen. Peut-être finirait-elle par boire. Boire et devenir alcoolique et un jour, dans un moment de démence, elle se mettrait une balle dans la tête. Histoire de ne plus penser. De ne plus subir. Elle LE laisserait gagner.
Tu le laisserai gagner ? IL te voulait morte. On t’a sauvée, sortie du puits. Et tu voudrais LE laisser gagner ?

Non !
De nouveau la colère, la haine, et la bile qui monte et s’installe dans sa bouche.

Résolue, et après l’avoir poliment, en somme, traité de connard, elle se dirige vers la porte, bien décidée à laisser ce misérable à ses bagnoles pourries et son traffic à deux balles. Alors il ouvre la bouche.
Son prénom. Enfin… son nouveau prénom, résonne. Alex. Il l’appelle. Elle se fige, la main sur la poignée. Il tombe les civilités et se montre enfin franc et direct. Fini les esquives, fini les fuites. Il semble enfin lui faire face, faire un pas vers elle.
Implacable il lui annonce qu’il ne fait confiance à personne, qu’on ne peut pas le manipuler et qu’il n’est pas très sympa. Ça, on ne l’avait pas remarqué tiens… Mon gars… si tu savais comme elle s’en tamponne le coquillart. Tu t’es même pas dit que c’était pour ces raisons précises que c’est toi qu’elle venait voir ?

Alors une nouvelle fois le monde bascule. Ça fait trop de retournement et de tension en une soirée !
Un bras passe au dessus de son épaule et ferme la porte qu’elle était en train d’ouvrir. Un puissant frisson teinté de terreur la submerge, frisson qu’elle réprime aussi sec en serrant une mâchoire carrée. Et dans sa gorge, le gout de la bile se fait plus présent. La proximité de l’homme fait remonter trop de choses et un tremblement glacial lui déchire le dos. Elle a, pourtant, depuis son entrée au FBI été en contact avec d’autres hommes. Elle a travaillé justement sur la proximité, le corps à corps, le self défense. Ça fait même partie de sa thérapie, et les réactions d’angoisses sont passées depuis longtemps. Ses partenaires masculins savent lorsqu’ils doivent lui donner de l’espace. Elle a réussi à surmonter ça. Tu as réussi à surmonter ça. Alex !
Mais pas dans un garage miteux et poussiéreux. Pas au milieu d’une nuit noire. Pas seule face à un homme. Il va se saisir d’elle, la frapper, encore et encore, la ligoter comme un animal à l’abattoir et la violer. Alex !
L’émotion qui monte est animale, violente, bestiale. Elle voudrait hurler, grogner et se jeter tout crocs dehors à la gorge de cet agresseur, lui arracher la jugulaire et se repaitre de la douce chaleur de son sang. Alexia-Jane !
La mâchoire se sert un peu plus et elle ferme les yeux, réprimant tremblements et sanglots. Par chance, par miracle, rien ne sort. Elle se dégoute, se déteste et se maudit. Mais dans un dernier élan d’humanité elle garde le contrôle sur la Bête et se concentre sur la voix d’Alaric. Il lui parle de Régie. Régie, c’est tangible, c’est réel, c’est présent. Présent. Pas le passé. Le présent.

Le self-control dont elle fait preuve est une victoire en soit. Il est surhumain pour une victime de son acabit. Elle est une mer tout juste agitée contenant un ouragan de catégorie cinq. Dommage qu’elle n’en ait pas conscience en cet instant. Elle aurait pourtant de quoi être fière.

Dans un élan de courage qui ne lui appartient pas, elle lève vers lui des yeux meurtriers et brillants.

« Je ne veux plus être une victime. Je vous l’ai dit. Plus jamais. » Elle mord avec une force éblouissante. Invaincue. Survivante. Pourquoi diriger tant de colère vers lui ? Doit-elle réellement mettre carte sur table ? Lui avouer… tout ? L’animal grogne et gronde sourdement.
« Ce qu’on m’a fait… » Elle ne peut pas. Son incapacité à aller plus loin la fait rire. Ce n’est pas normal. Ni de pouvoir en parler, ni de trouver cela ironique. Il faudra qu’elle en parle à son psy. Elle ferme une seconde les yeux et se mord la langue. Alors elle reprend, calmement. « Ça n’a rien à voir avec un mari ou un père violent. Et encore moins avec une agression. C’est une histoire de croquemitaine. Le genre de monstre qui cache des cadavres dans son placard… Et même dans son lit. » Elle a du mal, même elle, a évoquer le monstre. « Je vous montrerai pas mes cicatrices. Vous les verrez bien assez tôt. » Elle observe l’homme farouchement. Sont-ils en train de conclure un accord ? Peut-il se satisfaire de ces explications là ? S’il s’en satisfait, en effet, il devinera bien assez tôt ce qu’elle a pu traverser. Son corps, ses réflexes, parlent pour elle. Tout comme les poils dressés sur ses bras et sa nuque actuellement, les marques de brulures et d’incisions parleront de son histoire. « Et je ne veux pas de votre confiance, ou même votre amitié. Ce dont j’ai besoin c’est de vos poings. Et de votre enseignement pour m’en servir. »

Elle lache alors la porte, recule de quelques pas mais lui fait face franchement.
« Pour être franche je ne suis pas autorisée à aller sur le terrain. Syndrome de stress post-traumatise qu’ils disent. Mais malgré tout j’y ai mis les pieds et j’ai sauvé la vie de votre ami. Sauf que j’y arrive pas. » Elle pointe alors un doigt rageur vers la porte. «  Ce type, ce.. croquemitaine. Il est toujours là, dehors, et je sais… Un jour je sais que… J’y arrive pas d’accord !?! » Elle ne sait pas comment lui faire comprendre que l’idée même que ce monstre coure toujours les rues et puisse s’amuser avec d’autres femmes la rend folle. L’idée qu’un jour il puisse la retrouver, parce qu’elle sait, elle sait qu’un jour il la retrouvera, la terrifie. « Alors c’est soit, vous m’apprenez à… me défendre. » C’est tellement nul comme verbe. C’est tellement plus pour elle. Pas seulement se défendre, mais rendre les coups au centuple… « Soit c’est Régie qui m’aide. Mais on sait très bien comment ça peut se finir. »

Ça finira par une overdose et au final IL aura gagné, laissant son empreinte sur un esprit brisé. Comme si elle était toujours sa captive. Alors autant apprendre à contrôler la Bête, et expulser sa haine le plus "sainement" possible non ?
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Lun 2 Oct - 13:26


« Je ne veux plus être une victime. Je vous l’ai dit. Plus jamais. » Oui, elle l’avait dit. Il n’était pas de nature curieuse, aussi ne s’intéressait-il pas véritablement aux raisons qui poussaient la jeune femme à venir quémander son aide. A lui. Et lui seul. Elle pouvait bien avoir été agressée – sauvagement ou pas. Elle pouvait bien avoir été harcelée. Elle pouvait bien avoir été séquestrée. Elle pouvait bien avoir été menacée – à l’arme ou verbalement. Peu importait finalement, tout ce qui comptait c’était la férocité de son regard, la férocité de sa détermination. Il aurait pu lui refuser tout ce qu’elle demandait. Il aurait pu lui tourner le dos. Il aurait pu jouer la carte de l’indifférence. Mais Alaric n’était pas homme à tourner le dos à une âme en détresse – et il lui était clair et évident que l’agent Alex était une âme en détresse. « Ce qu’on m’a fait…. » qu’elle continue doucement, lentement, silencieusement. En si peu de mots, il comprend que le pire est arrivé. En si peu de mots, il comprend qu’il préfère ne jamais connaitre son histoire. En si peu de mots, il comprend qu’elle n’est pas qu’une âme en détresse, mais une âme meurtrie. « Ça n’a rien à voir avec un mari ou un père violent. Et encore moins avec une agression. C’est une histoire de croquemitaine. Le genre de monstre qui cache des cadavres dans son placard… Et même dans son lit. Je vous montrerai pas mes cicatrices. Vous les verrez bien assez tôt. » Il n’était pas certain d’avoir l’envie, encore moins le besoin, de les voir. Mais il se tait et se contente de l’observer en l’écoutant patiemment. Il s’était approché d’elle, sans aucune intention, sans aucune menace. Mais plus elle parlait, plus il percevait sa peur, sa crainte, ses doutes qui la tiraillaient. Et plus elle relevait la tête pour faire face à son regard, plus il comprenait que cette peur, c’était lui qui la lui infligeait malgré lui. Lentement, il fit deux pas en arrière pour la laisser respirer, sans la quitter du regard. « Et je ne veux pas de votre confiance, ou même votre amitié. Ce dont j’ai besoin c’est de vos poings. Et de votre enseignement pour m’en servir. » Ce qu’elle voulait, c’était son savoir, son expérience, sa force, sa confiance, sa férocité. Alaric avait été un excellent boxeur, le genre de boxeur que rien n’arrêtait. Le genre de boxeur qui rimait avec terreur. Le genre de boxeur qui était né pour gagner. Le genre de boxeur qui donnait l’illusion aux spectateurs que la boxe, c’était facile. C’était un don, c’était inné chez lui. Beaucoup avaient déjà franchi les portes de son garage pour lui demander cette faveur : entraîne-moi. Forme-moi. Montre-moi. Rend-moi fort. Mais il avait fermé beaucoup de portes. Il n’avait plus le droit de porter des gants. Il n’avait plus le droit d’entrer dans un club de boxe. Il n’avait plus le droit de monter sur un ring. Il n’avait définitivement plus le droit de former qui que ce soit dans ces conditions. Alex Regan serait-elle la première à parvenir à le convaincre ? Avait-il seulement le choix ? Quand on était animé par une telle force, une telle rage et une telle détermination, rien n’était trop moche, rien n’était trop absurde, rien n’était trop malsain pour parvenir à ses fins. Elle n’hésiterait donc pas à toucher son point faible, à frapper là où ça ferait mal. Et Alaric n’avait pas envie qu’elle touche son point faible ni le frappe là où ça faisait mal. Il avait appris à apprécier sa vie telle qu’elle était et il tenait férocement à ce qu’elle reste ainsi. « Pour être franche je ne suis pas autorisée à aller sur le terrain. Syndrome de stress post-traumatise qu’ils disent. Mais malgré tout j’y ai mis les pieds et j’ai sauvé la vie de votre ami. Sauf que j’y arrive pas. Ce type, ce.. croquemitaine. Il est toujours là, dehors, et je sais… Un jour je sais que… J’y arrive pas d’accord !?! » Oui. D’accord. Il entendait. Il ne pouvait pas comprendre, mais il entendait. Il comprenait son désarroi. Il comprenait sa frustration. Il comprenait sa peur. Il comprenait sa soif de vengeance. Il comprenait sa détermination. Il comprenait sa rage. « Alors c’est soit, vous m’apprenez à… me défendre. Soit c’est Régie qui m’aide. Mais on sait très bien comment ça peut se finir. »

Régie n’était pas un homme de terrain. Régie n’était pas un boxeur. Régie n’était pas un homme fiable quand il s’agissait de se montrer fort. Régie ne saurait être à la hauteur, et si Alex prendrait un risque considérable à faire appel à lui, Régie prendrait plus de risques encore à essayer de l’aider. Et Alaric ne laisserait jamais tomber Régie. Il ne lui permettrait jamais de se mettre plus en danger qu’il ne se mettait déjà lui-même chaque jour. Il l’observe longuement, plusieurs secondes, voire même plusieurs minutes. Pendant ce laps de temps, le silence s’impose et seules leurs respirations respectives le brisent. Il pense à Régie. Il pense à Dan. Il pense à Bucky. Il pense à Elinor. Il pense à Daisy. Il pense à Jon, ce frère sorti de nulle part. Il pense à toutes ces personnes qui ont su prendre une place dans sa vie, dans son cœur. Il pense au risque énorme que cet accord lui fait prendre. Alors il soupire avant de se retourner pour aller ranger ses affaires. A-t-il seulement le choix ? « Je me fiche des raisons qui te poussent à vouloir apprendre à te défendre. Je n’ai pas besoin de voir tes blessures – physiques ou morales, » qu’il lui dit en se tournant vers elle. « Je n’ai pas besoin de connaitre ton histoire pour comprendre ce qui t’anime. Je n’ai pas besoin de connaitre les détails pour t’apprendre ce que tu veux apprendre. Si j’accepte, » et ils le savaient déjà tous les deux, il acceptait, « ce que je veux en retour c’est uniquement la certitude – écrite et orale – que je ne finirais pas entre quatre murs. Si j’accepte, je ne te ferais aucune faveur. Si j’accepte, je ne te ferais aucun cadeau. Si j’accepte, » qu’il continue en se rapprochant un peu d’elle, « tu vas devoir affronter bien plus que de l’endurance physique et des coups. Je n’entraîne jamais personne, Alex Regan. Jamais. Parce que je n’ai pas le droit, mais aussi et surtout parce que je suis impartial, perfectionniste et un véritable tyran quand il s’agit de boxe. Si tu te sens fatiguée, j’exigerai le double de toi. Si tu te sens incapable de supporter ma présence, ma proximité, » qu’il insiste en se rapprochant encore d’elle, « si tu te sens oppressée, incapable de frapper un homme ou de laisser un autre homme te frapper, tournes les talons et oublies tout. Parce que te former, ce n’est pas seulement t’indiquer comment te positionner, comment frapper, quand frapper. Te former, c’est te mettre en condition. Tu n’auras pas affaire qu’à un punchingball, » qu’il insiste encore pour qu’elle comprenne que si elle désirait ardemment son aide, il lui fallait être prête à tout. Et surtout au pire. « Et quand je te jugerai prête, quand je le déciderai, peut-être bien que tu comprendras exactement qui je suis, ce que je fais et pourquoi je le fais, » qu’il conclut en évoquant ses activités illégales. Il ne prononcerait jamais les mots – certainement pas au bout de quelques minutes de rencontre. Mais en acceptait de devenir son entraîneur, il lui accorde une confiance qu’il n’accorde habituellement à personne. « Je ferme à 18h demain. Si tu es prête, sois là à 18h15, » qu’il lui donne rendez-vous pour leur premier round. Cela lui laisse la soirée et une journée entière pour être sûre avant de se lancer dans un parcours du combattant. Et cela lui laisse, à lui, le temps de se remettre de ses émotions. Ça en faisait pas mal en peu de temps, tout de même.

***

Il s’était demandé toute la journée si elle se présenterait. Il avait imaginé divers scénarios. Attendre des heures pour rien. Attendre des heures pour la voir débarquer trop tard. Attendre des heures, des jours, avant qu’elle ne se décide. Ou la voir apparaitre pile à 18h15, décidée et déterminée qu’elle était. A dire vrai, il n’avait pas vraiment douté qu’elle viendrait. Cette force et cette rage de vaincre étaient palpables à souhait. Il sentit sa présence bien avoir de la voir apparaitre sur le pas de la porte. « Ponctuelle, » qu’il dit simplement en se retournant. « C’est un bon début, je hais poireauter. » Il détestait toute forme de retard à vrai dire. « Ferme la porte à clé derrière toi. Et suis-moi, » qu’il lui dit alors en se dirigeant vers une porte au fond du garage, la porte menant au sous-sol. La porte menant à un stock de mécanique impressionnant, et une porte menant à une vaste pièce où il était assez facile d’imaginer des combats illégaux avoir lieu. Au centre, il avait installé un seul punchingball. « Il y a divers gants, tu peux choisir ceux qui te conviennent. Il ne faut pas que tu nages dedans, mais il ne faut pas qu’ils te coupent la circulation non plus, » qu’il lui explique en enfilant les siens. « Respire. Relaxe-toi. Détends-toi. Remue tes épaules, si ça peut te faire du bien. Je ne vais pas t’enfermer. Je ne vais pas te garder prisonnière ici. Je ne vais pas te frapper non plus – pas aujourd’hui en tout cas, » qu’il ajoute une fois les gants enfilés. « Pour commencer, tu vas me montrer ce que ça signifie pour toi, la boxe. Montre-moi comment tu frappes. Montre-moi comment tu imagines que ça se passe. »



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Alex Regan
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Lun 30 Oct - 15:50


" I LET THE BULLETS FLY, OH LET THEM RAIN "


« Soit c’est Régie qui m’aide. Mais on sait très bien comment ça peut se finir. »

L’image est saisissante de vérité et de brutalité. Elle sait très bien comment ça se termine si Régie lui vient en aide. Non que l’idée ne la fasse pas frémir d’envie. Une envie de lâcher prise, se laisser aller. Se laisser glisser dans un monde sans peine, sans peur et sans douleur. Et tout ça grâce à quoi ? Un peu de came. Bon sang oui ce que ça peut-être tentant. Elle le sait. Elle l’a déjà tenté. Une porte qui se fracasse et une amie qui entre en trombe arme au poing. Une désespérée qui git sur le sol, trop saoule pour réagir, trop fatiguée pour pleurer, et un gout de vomi dans la bouche avant qu’une claque ne l’assomme. Des cris, de la colère, puis le froid. De l’eau qui coule. Des tremblements, de la chaleur et quand la conscience fait son retour, des pleurs et encore des pleurs devant les cendres de son existence.
Il y a eu cette petite heure. Une petit heure où rien n’importait, tout était doux et brumeux, agréable. Une pièce qui danse, la saveur piquante d’un alcool. Mais bien vite la chute, le désespoir, et le corps qui rejette violemment le poison. Puis la culpabilité qui suit. Celle d’être un échec pour soit, pour les autres. Une merde puante et insignifiante. Une plaie béante et suppurante. Une victime. Mais une victime faible qui, trop apeurée par son Croquemitaine préfère se laisser bercer par les ténèbres plutôt que de s’y adapter. Les ténèbres, elle connaissait. Elle y avait vécu pendant cinq ans. Alors plutôt que de les subir, peut-être qu’apprendre à les dominer pourrait lui permettre d’un jour se retrouver devant le Croquemitaine. Sans peur.

Ce type la dégoute à un point qu’il ne mesure même pas. Il lui a fait tout un cinéma pour qu’elle le convainc de l’aider. Il l’a poussée dans ses questions, ses idées noires et les raisons qui la pousse à venir le trouver ici en pleine lui. Et le voilà qui crache son venin en mode Rambo. "Et p’tit, j’me fous pas mal de ta p’tit’ vie." Connard ! Menteur ! Elle imagine aisément son nez se fracassant sur la porte qu’elle s’apprêtait à ouvrir un peu plus tôt. Problème de gestion de la colère, réactions émotionnelles névrotiques… Muai…
Mais elle sait. Elle sait, que sans lui elle ne parviendra à rien. C’est un choix qu’elle a fait. Alors si tu choisis la place de l’élève, du padawan… Tais-toi et apprend. Elle lâche la porte, écoute, et accepte. Il fixe les règles. C’est normal. Comme deux chiens qui viennent de finir de se sentir le cul, lui il pisse sur les murs et marque son territoire.

Un contrat oral et écrit. Il craint pour sa liberté. Normal. Ça se tient. Il explique alors qu’il ne lui fera aucun cadeau. Qu’il exigera toujours plus d’elle. Qu’elle souffrira, qu’elle ne râlera pas, qu’elle endurera. Et à chaque énonciation de ce qu’il l’attend, il se rapproche. Le froid s’insinue en elle et à chaque pas qu’il fait le frisson monte d’un cran. Son dos lui fait mal à force de se crisper. Ses ongles entrent dans ses poings serrés, mais elle ne bouge pas. Pas d’un iota, pas d’un pouce. Elle ne bronche pas. Seulement son regard déterminé planté dans celui de l’alpha. Si elle pouvait elle retrousserait une babine pour montrer les crocs. Mais elle ne peut pas. Il est l’alpha et elle l’omega. Car voilà ce qu’elle sera. Le loup oméga qui à force de s’en prendre plein dans la gueule arrivera peut-être un jour en chef de meute. Du moins tel est l’objectif.

Il lui promet de la souffrance, à endurer sans se plaindre. Ouais… Elle connait. À encaisser sans rien dire. Elle connait aussi. À supporter sa proximité, son contact. Elle a déjà vécu pire, elle fera avec. Ça ne va pas être une partie plaisir, voilà la promesse qui vient de lui faire. Mais alors vraiment pas une partie de plaisir. Il va la faire souffrir, lui hurler dessus, et la mettre plus bas que terre. La panique s’empare d’elle. Réfléchit. Réfléchit vite. Ta souffrance et ta terreur t’ont conduite jusqu’ici. Tu vas faire quoi maintenant ? Demi tour ? Parce que le vilain monsieur de promet crimes et châtiments ? C’est donc ça le choix de ta vie ? Retourner te blottir en boule, pleurer, et attendre que ton heure vienne ? Dis moi, tu crois que tu hurleras quand cette fois il te tranchera la gorge au lieu de te laisser au fond d’un puits ?

Soudain il éloigne d’elle, rompant brutalement le charme. Retrouvant sa respiration elle l’entend lui dire qu’il ferme à 18h et que si elle est toujours suicidaire faut qu’elle soit là à 18h15. Elle prend son temps pour observer l’homme une dernière fois avant de finalement ouvrir la porte et s’enfuir dans la nuit. Sans un mot.



" MY LOVE, MY LUCK, MY GOD, THEY CAME FROM... PAIN! "

« PUTAIN ALEX !!!! C’est moi ! » Eddie l’attrapa brutalement par les épaules tandis que Charlie reculait une main sur son nez. D’un geste rapide elle se dégagea et s’éloigna de quelques pas. Ils la lâchèrent, sachant pertinemment que la toucher maintenant la ferait vriller complètement. Une fois rassuré que son nez n’était pas cassé, Charlie attrapa une bouteille d’eau pour faire couler de l’eau sur son visage douloureux.
« T’es malade ou quoi ? Qu’est-ce qui t’arrive ? »
« Désolée. J’ai passé une sale nuit. » À vrai dire elle n’avait pas dormi. Mais comment expliquer à ses coéquipiers qu’elle avait du mal à gérer tout ça. Ils le savaient, et l’acceptaient mais…
« Oh et tu te reposes donc en me pétant la gueule. »
Plusieurs rires résonnèrent. Voilà qui mettait définitivement un terme à leur entrainement matinal.
« Je suis désolée. » Elle était sincère. Réellement sincère. Elle ne voulait pas lui faire du mal. Mais emportée par les prises elle avait perdu son calme, sa concentration et s’était un peu trop emballée au point de ne pas accepter la défaite et de répliquer par une droite monumentale. Le soucis c’est que ça lui arrivait de plus en plus, dernièrement. Passé le stade de la frayeur pour un rien, et de la torpeur, elle devenait de plus en plus incontrôlable. C’était comme vouloir courir avant de savoir bien marcher et du coup avoir des jambes qui partent dans tous les sens. Un peu plus tard, Charlie revenait gentiment à la charge pour lui demander si ça allait. Il ne lui en voulait pas. Elle lui en était reconnaissante pour ça. 

« T’as songé à reprendre un peu le traitement du Doc ? »
« J’en ai assez des drogues. »

Quelques heures plus tard, négligemment installée au volant de sa voiture, elle re songeait à ce que Charlie lui avait dit. Reprendre les médocs ? Non elle ne voulait pas. Cela faisait deux ans qu’elle était sortie de ce puits. Elle avait arrêté les médicaments récemment, sous ordre du médecin. Elle ne pouvait pas éternellement se reposer sur ces pilules qui lui abrutissaient le cerveau et les émotions. Ce n’était pas ça guérir. Guérir c’était apprendre à se maitriser. Trouver une façon saine de se fatiguer, et se maitriser. Voilà pourquoi elle fixait attentivement l’horloge de sa voiture.

18h11.
Ça faisait facile quinze minute qu’elle était là. Elle avait vu les derniers clients partir. La porte se fermer. Il avait dit à quinze. Elle avait passé sa nuit à réfléchir à l’idée, se demandant si elle ne commettait pas une connerie. Bien sur qu’elle en commettait une. Mais l’épisode du matin l’avait convaincue qu’il fallait qu’elle fasse quelque chose. Elle avait bien trop souvent du mal à contrôler ce qu’elle ressentait. Et si ça lui arrivait devant un autre suspect. Qu’elle ne pouvait pas s’arrêter ? Si ça lui arrivait devant Manek ? Elle ne se remettrait jamais de s’humilier ainsi ou encore de tuer quelqu’un. Le seul qui méritait de mourir c’était celui qui l’avait rendue comme ça. Mais si elle dérapait sérieusement… Sa vie serait une nouvelle fois brisée et cette fois elle en serait l’investigateur. Non.

18h14.
C’est parti.
D’un geste rapide elle éteint la radio, attrape son sac et sort de la voiture.
Alaric l’accueille avec une remarque sur sa ponctualité. C’est bien, tu es une bonne élève ma chérie. Puis il lui demande de fermer la porte à clé et de la suivre. Elle obéit. Jusque là, elle n’a toujours pas sorti un mot. Ce type est un dominant. Quoiqu’elle dira ou fera ce ne sera pas bien, donc autant se taire… Ses années de captivité ont fait d’elle une experte du silence. En le suivant une voix lui rappelle à quel point cette idée est stupide. Un sous sol, une pièce, une porte, une autre pièce. Inconsciemment son rythme cardiaque s’est accéléré, et lorsque ses yeux se posent sur la dernière pièce l’idée que les choses ne se passent pas comme prévu s’impose. C’est à ce moment là qu’il lui dit d’enfiler des gants avant de se mettre à palabrer sur le fait qu’il ne la séquestrera pas ici. Merci de la rassurer. Très efficace.
Elle arbore alors un banc, posé là. Un regard de défi à l’homme avant qu’elle n’attrape le banc et ne le tire jusqu’à la porte qu’elle bloque ainsi, ouverte. D’un geste déterminé elle pose son sac dessus et y sort sa plaque fédérale qu’elle pose à coté. Voilà, que les choses soient claires aussi pour lui.

« La porte. Toujours ouverte. Pas de plaque, pas de FBI. Et le contrat ? On le signe avec notre sang ? »
Il veut son contrat, la certitude qu’elle ne lui tombera pas dessus en tant qu’agent fédéral ? Elle est prête à le lui donner, et même de faire un contrat de sang, à l’ancienne si ça peut le rassurer. Quant à la porte.. ça, ça reste non négociable et le banc est bien là pour le prouver.

Une fois ses conditions posées elle va se servir et choisir des gants de boxe. Les siens, personnels, sont dans son sac, mais il a dit de choisir et elle veut pas jouer les élèves gâtés. Son arrogance a déjà montré le bout de son nez, pas besoin d’en rajouter.
Une fois enfilés elle s’approche du punching-ball en échauffant ses bras et ses épaules. Le truc c’est que les bases elle les a.

« On m’a appris à me défendre et à neutraliser un suspect. » Car oui c’est ça. ON lui apprit. Le FBI lui a apprit. On ne frappe que pour arrêter un suspect, et esquiver des coups. Pas pour en donner. Et encore moins pour gagner par KO.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Mar 7 Nov - 17:02


Alaric n’est pas un entraîneur. Il n’a jamais été professeur. Il n’a jamais eu une âme pour ça. Dire qu’il improvise à cet instant, c’est un euphémisme. Dire qu’il patauge à cet instant est un euphémisme. Pourtant, il ne se sent pas encore mal à l’aise. Il ne se sent pas encore dépassé par les évènements. S’il a été tenté d’obtenir des informations sur elle – par Régie ou un autre – il n’a rien entrepris et ignore encore tout de son passé trouble et des raisons qui la poussent à lui demander son aide. Et à bien y réfléchir, il s’en moque totalement. Sa détermination était suffisante. Son regard était suffisant. « La porte. Toujours ouverte. Pas de plaque, pas de FBI. Et le contrat ? On le signe avec notre sang ? » S’il fut surpris qu’elle exige que la porte reste ouverte, il n’en montra rien. Qu’elle se sente suffoquer et qu’elle se montre claustrophobe, ça ne le gênait pas. Qu’elle ne se sente pas en sécurité à ses côtés, ça ne le gênait pas. Elle aurait été fortement stupide de se croire sans danger et de lui accorder son entière confiance. Et Alex Regan semblait être tout sauf stupide – et il était rare qu’il pense ainsi d’un agent de police. Il lui adresse un sourire énigmatique à l’évocation de leur « contrat », qu’ils pourraient signer de leur sang respectif – et il ne doutait pas un instant qu’elle aurait signé ce pacte avec le diable en personne. Elle semblait persuadée et certaine qu’il allait l’aider et lui apporter les pièces manquantes pour sa vendetta. Lui, il n’en était pas encore aussi certain. « Un papier et un stylo seront amplement suffisants, » qu’il répond simplement en attendant qu’elle enfile ses gants. Le contrat était déjà préparé depuis la veille – à la Winchester, soit à la main et quelque peu malhabile. Mais cela rendait la chose plus authentique, plus vraie, moins formelle et certainement plus sérieuse que dactylographiée. Si elle lui avait promis – ou juré – que le flic en elle ne serait jamais présente lors de leurs séances et qu’elle ne l’utiliserait jamais pour le faire inculper, il ne la connaissait ni d’Eve ni d’Adam pour accepter aveuglément de lui faire confiance et ne pas prendre des mesures nécessaires. Aussi avait-il installé une caméra dans chaque recoin – mais ça, c’était fait depuis bien avant son arrivée dans son garage. Aujourd’hui, cela lui servirait de plus-value. « Je te propose de me montrer ce que tu sais faire, » qu’il répète doucement une fois qu’elle est fin prête. « Ensuite, on parle contrat. » Si cela ne lui convenait pas, elle pourrait toujours partir d’ici sans un regard en arrière – furax ou pas. Si cela lui convenait, il n’y aurait plus qu’à. C’était toujours ainsi que cela se passait avec les participants de ces petits combats illégaux. Il ne se contentait pas de leur ouvrir son garage et de les laisser s’exprimer comme ils en avaient envie – il y avait des feuilles à signer, des promesses à tenir, des risques à prendre. Tous ceux et celles qui posaient le pied au sous-sol connaissaient les enjeux encourus. Il en irait de même pour l’agent du FBI. « [color=#006666On m’a appris à me défendre et à neutraliser un suspect. [/color] » C’était bien. C’était normal. C’était attendu. Il l’observe et acquiesce en penchant la tête sur le côté. « Montre-moi, » qu’il dit simplement. La jeune femme est peu bavarde et ça lui convient fort bien. Il avait des souvenirs plus irritants et plus fatigants d’une jeune fille qui désirait apprendre mais qui ne pouvait s’empêcher d’ouvrir sa gueule. Lou, si tu m’entends. Lentement mais sûrement, elle s’exécuta et il se contenta de l’observer pendant plusieurs secondes, voire minutes. Elle avait du potentiel, sans nul doute. Il ignorait si elle pouvait devenir une véritable boxeuse hors-pair, mais elle avait de bonnes bases comme elle l’avait prévenu – et pour la première fois de sa vie, il pensa qu’il n’y avait pas que des incapables chez les poulets. Il se mit à aller et venir devant elle, évitant soigneusement de tourner autour d’elle. Quelque chose lui disait clairement que ce n’était pas l’attitude à avoir avec la jeune flic à fleur de peau. « Ok, je vois, » qu’il dit au bout de plusieurs minutes à la regarder frapper comme un diable contre le punchingball. Il voyait clairement la haine. Il voyait clairement la peur. Et l’entraînement qu’elle avait bénéficié. Clairement, elle n’avait pas besoin de « lui ». Clairement, elle avait besoin d’extérioriser, d’une manière peu orthodoxe. Violente. Brutale. A l’état pur. « Tu sais clairement te défendre, » qu’il continue en la regardant. « Tu sais clairement comment appréhender ton adversaire, » qu’il enchaîne. « Ce qu’il te manque, c’est la confiance en toi. Quand tu frappes, même si tu le fais avec toute la haine que t’as là, » qu’il lui dit en indiquant son ventre, « tu hésites », qu’il lui fait comprendre. Peut-être ne l’a-t-elle pas réalisé. Peut-être n’est-elle pas d’accord. Pourtant, elle hésite. Elle ne se sent pas à la hauteur. « Quand tu frappes, » qu’il continue en s’avançant vers le punchingball, « faut que ça vienne du cœur. Faut que tu en aies envie comme tu n’as jamais eu envie dans ta vie. Quand tu frappes, » qu’il dit en plantant son regard dans le sien, « faut que t’aie envie de gagner, » qu’il conclut en accentuant ses dires par quelques coups portés au punchingball. Les coups résonnent. Les coups sont durs. Les coups sont nets. Les coups sont précis. Les coups semblent assourdissants. Intolérables. Douloureux. « Combien de fois par semaine t’entraînes-tu ? Du sport ? De l’endurance ? Combien de fois par jour ? » qu’il lui demande, car il a bien l’intention de la pousser à bout, de la pousser au maximum de ses capacités, de la mettre à l’épreuve. Il n’y a que comme ça qu’elle parviendra à atteindre le niveau qu’elle recherche. Il n’y a que comme ça qu’il parviendra à l’aider à prendre confiance. A se sentir complète. A se sentir prête. A avoir confiance. En elle. En son pouvoir. En sa force. En sa capacité à vaincre. « Enlève tes gants, » qu’il lui dit soudainement en ôtant les siens par la même occasion. Il n’avait pas prévu de débuter ainsi, mais il se rend compte que son entraînement va devoir être différent qu’un entraînement lambda. Une fois les mains libérées, il attrape une corde à sauter et la lui apporte. Elle semble sceptique et… déçue ? « Je vais te demander de sauter. A un rythme régulier, si tu le peux. Sinon, tu vas t’essouffler trop rapidement, et tu ne pourras pas tenir la cadence, » qu’il lui explique avec un demi-sourire en coin. Quelque part, il ne doute pas un instant que c’est ainsi que ça va se passer – ça se passe toujours ainsi la première fois. Champion ou pas. Une fois qu’elle attrape la corde, il se retourne pour aller s’assoir sur une chaise, s’installant confortablement en sortant son téléphone. « Trente minutes, » qu’il lance le chronomètre. Et il est gentil.

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Alex Regan
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Mer 27 Déc - 12:44


" A ROPE? DON'T YOU WANT TO HANG YOURSELF WITH IT? "

Ce rendez-vous, cette idée d’entraînement était une des plus grandes bêtises qu’elle n’eut jamais faite. Du moins le pensait-elle en cet instant où elle se retrouvait seule, dans un sous-sol, en compagnie d’un homme qui prétendait vouloir lui apprendre à boxer. Mais Seigneur Dieu, qu’est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ?!
Après ce qu’elle avait vécu, qui voudrait aller s’enfermer dans un sous-sol avec un inconnu ?
Après ce qu’elle avait vécu, qui voudrait se mettre dans une position pouvant lui rappeler que trop bien son traumatisme ?
Après ce qu’elle avait vécu, qui voudrait se positionner devant le danger ?

Elle.
Elle, elle avait fait un choix. Un choix vital. Là-bas, dans le noir, l’humidité et la puanteur de cette cave.
Elle, cette nuit quand elle se remémorait les conditions de ces entrainements.
Elle, qui avait choisi la lutte et le combat plutôt que l’abnégation, la peur et la mort.

Alors si cela signifiait affronter ses démons, vivre avec ses cauchemars, okay.
Alex était arrivée en avance, ponctuelle, la peur au ventre certes, mais silencieuse comme la mort. Elle avait suivi l’homme, échangé deux mots sur leur contrat, déposé sa plaque puis avait promptement obéit. Il avait voulu voir ce qu’elle savait faire, elle avait montré ce qu’on lui avait enseigné. Le FBI l’avait formée, oui. En phase de devenir un agent de terrain, après 2 ans d’écoute et d’observation, il lui fallait apprendre les techniques de défenses propres à ses collègues. Elle avait donc intégré tout ça, malgré son horreur du contact, sa mauvaise gestion des émotions. Car c’était bien là que le bas blessait. Alex ne savait pas se contrôler. Lorsque la rage, ou la peur lui sciait les entrailles, quelque chose s’allumait dans son cerveau et elle perdait pieds. La seule façon qu’elle avait trouvé, bien malgré elle, pour redescendre, c’était d’expulser toute cette rage, de frapper, encore et encore jusqu’à ce qu’elle ait mal, jusqu’à ce qu’elle fatigue.
La douleur, et la fatigue, elle connaissait. Elle connaissait parfaitement, elle avait vécu cinq longues années avec. Alors c’est sur, cela elle savait gérer. Mais si elle voulait devenir agent de terrain pour de bon, et être utile aux victimes de rapt, il lui était nécessaire d’apprendre à contenir sa rage, à maitriser sa peur. Et la voilà donc…

Après avoir passé plusieurs minutes à lui faire la démonstration de ses talents, Alaric fit tomber le verdict. Sans un mot, quelque peu taciturne, elle écoutait. Après tout ce type s’y connaissait en boxe, elle le savait. Il lui annonça qu’elle savait clairement se défendre. La jeune fille kidnappée en elle réfutait complètement cette idée. Chut ! C’était avant ça. C’est alors qu’il lui annonça qu’elle manquait de confiance en elle. Malgré la rage, malgré la volonté, elle manquait cruellement de confiance en elle. Ça tombait comme un couperet. Elle ne s’attendait certainement pas à cette réponse. Et pourtant, malgré sa surprise ça prenait tout son sens. Elle vivait avec la peur depuis tellement longtemps qu’il était normal que celle-ci transparaisse dans le moindre de ses gestes, le moindre de ses actes. Pitoyable. Ça lui faisait mal, mais elle en encaissa, furieuse et dévastée d’être si faible, mais avide de corriger le tir. Avoir envie de gagner. C’est contre elle-même qu’elle avait envie de gagner. Plus facile à dire qu’à faire. Dans le fond, quelque part elle doutait que cela soit possible.
Il la questionna alors sur le nombre de fois par semaine elle faisait du sport, de l’endurance, tout ça. Bizarrement, elle se sent soudain comme une petit fille en faute qui n’aurait pas fait ses devoirs. C’est dur à admettre mais…

« Jamais. » Elle le lui jette à la figure comme un défi. « Je fais rien. En… dehors des entrainements obligatoires au Bureau… Jamais. J’ai euh… Je… répugne à sortir de chez moi. »

Elle ne savait pas comment lui dire que mettre le nez dehors c’était juste inconcevable pour elle. Un collègue venait la chercher le matin, un collègue la ramenait le soir. Cela ne faisait que quelques semaines qu’elle acceptait parfois de prendre la voiture par elle-même. Elle s’était martelée la tête contre le mur pour avoir le courage de venir ici la veille, et ce soir. Alors prendre la régularité d’entrainement sportifs, et ainsi montrer des habitudes de vie, c’était se mettre une cible dans le dos et crier “ Tuez moi !!!! Je suis une femme, seule, frêle, avec des habitudes pour mieux me faire avoir !!“
C’était juste hors de question, inconcevable, niet !
Elle sentit que trop durement le regard réprobateur d’Alaric. Et elle se doutait parfaitement de ce qu’il pouvait se dire. Comment une nana qui branle rien de son temps libre, ne s’entraine pas peut-elle vouloir accéder à des compétences sportives supérieures !! Gna gna gna. Il lui demanda alors d’enlever les gants, et pleine de défi elle obéit jusqu’à ce qu’il lui glisse une corde à sauter dans les mains.

La corde au bout des doigts elle jetait un regard à la fois déconcerté et assassin à son entraîneur. Il était sérieux là ? La bouche entrouverte, prête à répondre, la langue coincée entre les dents comme pour s’intimer au silence, elle se faisait violence. Elle n’était pas venue ici pour faire de la corde à sauter ou jouer à la marelle ! - [Je suis pas venue ici pour souffrir okayyyy] - Mais le regard de l’homme était si déterminé qu’elle révisa rapidement son jugement. Endurance. Il voulait la tester sur son endurance. La tester sur sa motivation. Et bien il verrait ! Il verrait qu’elle avait enduré bien pire qu’un essoufflement. Car même si elle avait eu du mal à l’admettre, Alex ne se méprenait pas sur ses capacités physiques. Elle ne faisait pas de sport en dehors des entraînements obligatoires du FBI, oui et alors ?! Elle avait trop peur de sortir, trop peur de s’exposer. Oui et alors ?! Elle restait chez elle, cloîtrée, oui et alors ?! Peu importait. Elle avait passé tant d’années à souffrir que son corps possédait au moins cette endurance là ! Inspirant profondément, elle baissa le regard et posa la corde sur le banc pour retirer sa veste. Ce sont des bras fin où couraient quelques minces cicatrices qu’elle laissa apparaître. Sans plus y réfléchir elle échangea la place de la corde à sauter avec sa veste et déplia l’engin. Puis inspirant calmement tout en assassinant Alaric du regard elle fit tourner la corde une première fois. Un claquement. Un saut. Un claquement, un saut. Au bout de quelques bondissement elle ralentit intelligemment l’allure et la puissance. Endurance. Pas rapidité. Endurance. Et bercée par sa détermination elle ferma les yeux et dressa les murs.

Alex avait passé beaucoup de temps dans le noir. L’obscurité était devenue son amie, sa seule compagne. Et là où certaines personnes perdaient l’équilibre lorsque les yeux étaient fermés, elle, à force de se déplacer dans le noir, de lutter et chercher une issue dans les ténèbres, son équilibre s’était fait tout autre. Le son de la corde percutant le sol à un rythme régulier devenait une musique apaisante. De temps en temps elle rouvrait les yeux pour voir ce qu’Alaric faisait ou pour se convaincre qu’elle était en sécurité, dans un lieu différent de ses propres cauchemars. Bien vite son souffle se fit plus rare et la douleur dans ses avant bras bien présente. Mais peu importait. Elle ne céderait pas. Elle n’avait pas cédé devant LUI alors elle ne céderait pas pour un garagiste hors la loi. Elle ne montrerait sa douleur, n’exposerait pas ses faiblesses. Alors, comptant les minutes dans sa tête, régulant son souffle et taisant la douleur de ses muscles, elle continua, saut après saut, la tête droite. Et saut après saut, doucement, comme du pue s’écoulant d’une plaie trop longtemps ouverte, sa rage s’apaisa pour laisser son esprit se concentrer seulement sur les sauts.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Sam 6 Jan - 16:07


Il avait cru avoir vécu des moments difficiles. Il avait cru avoir rencontré des obstacles insurmontables dans la vie – contrairement à d’autres. Il avait cru avoir été abandonné, et que cet abandon était ce qui pouvait arriver de plus terrible à un enfant. A une personne. Il avait cru que la vie lui avait mis des bâtons dans les jambes. Il avait cru que la vie ne lui avait pas fait de cadeau. Il avait cru que la vie avait été ingrate avec lui. Il avait cru avoir eu une enfance difficile – dénuée d’amour, dénuée de tendresse, dénuée d’affection quelconque, dénuée de famille et d’amis. Il avait cru avoir eu une adolescence compliquée. Remplie de haine, remplie de colère, remplie d’injustice, remplie de rancœur, remplie de doutes, remplie de mauvaises fréquentations, remplie de mauvais choix. Il avait cru avoir été témoin d’atrocités sans nom. Il avait touché à la drogue, il avait touché au tabac, il avait touché à l’alcool et il avait affronté les démons qui nageaient dans cet univers sordide. Dans cet enfer. Il aurait pu s’investir plus encore, il aurait pu mal finir comme eux, il aurait pu gâcher sa vie plus que nécessaire, il aurait pu finir dans un caniveau. Il avait bien cru qu’il finirait dans un caniveau un jour. Il avait cru bien des choses, bien des horreurs. Il réalisait aujourd’hui à quel point il s’était fourvoyé. A quel point il s’était longtemps focalisé sur sa propre vie, son propre enfer, ses propres doutes, son propre désarroi. A quel point il était encore loin de savoir, de connaitre et de comprendre la perversité humaine. L’enfer sur terre. Jusque-là, il n’avait jamais rencontré d’êtres humains aussi démunis et aussi dévastés que lui-même l’avait été – ou peut-être n’en avait-il pas rencontrés de ceux qui le regrettaient et désiraient sortir de cet enfer. Peut-être était-ce déjà trop tard pour eux. Peut-être n’était-ce pas trop tard pour elle. Il n’avait pas besoin qu’elle lui raconte son histoire, son passé, son présent et le futur qu’elle convoitait. Il n’avait pas besoin d’apprendre à la connaitre. Il n’avait pas besoin de savoir quels démons l’avaient amené à être si terrifiée, si incertaine, si paniquée, si effrayée, si démunie, si vulnérable et en même temps si forte. Il n’avait pas besoin de savoir quel démon l’avait attaqué et lui avait infligé ces cicatrices sur les bras, sur son âme. Il n’avait pas besoin de l’entendre lui expliquer. Imaginer était un pouvoir à la portée de tout le monde, et imaginer suffisait à lui glacer le sang. Au point de vouloir cogner, jusqu’à avoir mal aux poignets et aux articulations. Au point d’imaginer, encore ce pouvoir puissant, se retrouver face à ce démon et lui infliger les pires sévices. Désirer infliger des horreurs aux démons comme celui qui avait brisé l’âme et le corps de la jeune femme n’avait absolument rien d’anormal. Il avait appris la différence entre vouloir et pouvoir, entre vouloir et savoir. Il avait appris la différence entre penser et agir, imaginer et pratiquer. L’avait-elle appris ? Savait-elle faire la différence ? Était-elle capable de faire cette différence ? Espérait-elle acquérir suffisamment de force et d’endurance pour encaisser les coups et la perversité du monde ? Espérait-elle acquérir suffisamment de force et d’endurance pour affronter ses démons ? Au fond, il se moque bien de ses motivations – bonnes ou mauvaises, légales ou illégales. Il n’a pas son mot à dire là-dedans, sans compter que lui-même a tiré la carte de l’illégalité il y a bien longtemps.

Elle ne sort pas de chez elle, pas plus que nécessaire. Elle ne sort pas de chez elle, excepté pour le travail. Ou pour s’entraîner dans les tréfonds d’un garage témoin de combats illégaux. Elle ne sort pas de chez elle. Elle ne sort pas de chez elle. Cette information résonne dans ses oreilles, désagréable et insupportable. Il ne la trouve pas faible. Il ne la trouve pas délicate. Il ne la trouve pas inutile. Ce n’est pas elle qui rend cette information désagréable et insupportable, mais bien l’homme responsable de cette peur et cette rage sourde. Ric est abîmé lui aussi, à sa façon, mais Ric ne peut concevoir qu’un être humain puisse infliger des sévices dignes de l’enfer à un autre être humain. Savoir qu’elle a vécu un traumatisme plus terrible que le sien, plus insoutenable et plus destructible l’enrage profondément. Elle ne s’entraîne donc pas, excepté aux cours de défense que chaque agent du FBI est contraint de suivre tout au long de sa vie professionnelle. Et même s’il ne doutait pas qu’ils soient tous formés « dans les normes et comme il le faut, » il ne doutait pas non plus que cela soit insuffisant. Si elle voulait s’améliorer, si elle voulait se perfectionner, si elle voulait être indestructible, il lui faudrait passer par l’endurance. Et la confiance en soi. S’il savait quoi faire pour la première, il n’était pas certain d’être celui qui l’aiderait à avancer sur le second point. Après tout, avait-il lui-même confiance en lui ? Il était certain de pouvoir dire « oui ». Pourtant, le doute persistait dans sa tête. Lui tendre la corde, l’obliger à l’utiliser, l’obliger à travailler, l’obliger à encaisser, l’obliger à tenir la cadence pendant trente minutes, c’était aussi une façon de prendre le recul nécessaire. Pour se calmer. Pour l’observer. Et il se calme. Et il l’observe. Il l’observe, déterminée. Il l’observe, têtue. Il l’observe, forte. Il l’observe, focalisée. Il l’observe, détendue. Il l’observe, concentrée. La première fois que Dan lui a passé la corde à sauter, il a ri. Avant de la lui rendre, prétextant que c’était un truc de fillette. Il a fait sans pendant une quinzaine de jours. Jusqu’à ce qu’il comprenne que son endurance était au point zéro et qu’il ne tiendrait jamais plus de cinq minutes sur un ring. Jusqu’à ce qu’il comprenne l’intérêt de cette pratique et l’importance de bosser sa respiration, sa concentration et son endurance. Sans cela, il n’aurait jamais pu envisager une carrière de boxeur. Et sans cela, il n’aurait jamais pu l’aider, elle, à l’apprendre. Il ne sait pas pourquoi, mais il se découvre l’envie et le besoin de l’aider. Et pas seulement parce qu’elle a clairement menacé son ami d’enfance. Et pas seulement parce qu’elle a clairement menacé de le dévoiler au grand jour. Mais bien parce qu’elle lui rappelle une partie de son âme à lui. Et bien parce qu’il a envie de croire au possible. Au possible de la rédemption. Au possible de la guérison. Au possible de la paix de l’esprit et du corps. Au possible d’une vie meilleure.

Le chronomètre bipe, indiquant la fin des trente minutes. Elle a tenu. Essoufflée, en sueur et en difficulté. Mais elle a tenu. Elle a persisté. Elle n’a pas abandonné. Elle n’a pas rechigné. Elle a enduré. La douleur, la souffrance et l’appel du soulagement, de la libération. C’est bien plus que beaucoup sont capables de supporter en règle générale. « Tu peux être fière de toi, » qu’il lui dit simplement alors qu’elle reprend son souffle, qu’elle garde les yeux fermés, qu’elle reprend contact avec le monde réel. « Tu as mal maintenant. Aux côtes, aux poumons. Tu sens ce goût de sang dans la bouche, amer et révoltant. Ça veut dire que tu as bossé, ça veut dire que tu n’as pas abandonné, et ça veut dire que tu vas y arriver, » qu’il l’encourage à sa façon, bourrue et franche. « Et ça veut dire que tu en as dans le pantalon, bien plus que la plupart de tes collègues, » qu’il ajoute avant de se relever pour ranger les gants. « Je crois que ça suffit pour ce soir, » qu’il enchaîne en se tournant vers elle. « Je voulais voir ce que tu avais dans le ventre, savoir ce qu’il fallait qu’on travaille. J’ai vu. Je sais. Tu as vu. Tu sais, » qu’il lui dit tout simplement. Il n’avait pas besoin d’épiloguer et de lui faire un roman. Elle comprendrait aisément. « Demain soir, même heure, » qu’il lui propose sans attendre forcément de réponse. Et parce qu’il est passé par des difficultés lui aussi, peut-être pas similaires mais tout aussi fragiles et intenses, il décide de s’éloigner et de la laisser seule. Avec elle-même. Il décide de s’éloigner et de la laisser reprendre son souffle. Il décide de s’éloigner pour lui laisser cette paix qu’elle semble ne pas avoir retrouvé. Les jours qui suivraient, il l’entraînerait. Les jours qui suivraient, il se montrerait plus strict, plus exigeant, plus expectatif. Les jours qui suivraient, elle sera plus déterminée, plus décidée, plus irritée, plus fatiguée, plus hargneuse sans doute. Le souffle sera plus régulier. La respiration moins saccadée, moins essoufflée. Les trente minutes ressembleront à des secondes. L’endurance sera gagnée. Et avec elle, il l’espérait, la confiance en elle-même.

***

« Est-ce que tu te sens prête ? » qu’il lui demande plusieurs semaines plus tard. Ils n’ont pas lésiné sur les séances en sous-sol depuis qu’elle a débarqué dans son garage en exigeant son aide. Il a même délaissé ses petites affaires personnelles pour pouvoir l’aider, elle. Naturellement, on le réclame. Naturellement, on le harcèle. Les participants réguliers, les participants occasionnels, les nouveaux participants – tous se demandent quand ils vont pouvoir combattre, quand ils vont pouvoir envahir son garage. Pour jouer. Pour gagner. Pour parier. Alors, se sent-elle prête à affronter quelqu’un d’autre que le punching-ball ou un Alaric passif ? Se sent-elle prête à mettre à exécution son savoir de ces dernières semaines ?





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Alex Regan
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Dim 18 Mar - 15:49


" I'M A SURVIVOR I'M NOT GON' GIVE UP "


Elle était arrivée ici avec la haine au fond des yeux. Ce genre de haine qui vous transperce et vous cloue sur place. Ce genre de haine qui cri tout son dégout de l’humanité et refuse toute sympathie, ou toute pitié. Ce genre de haine qui vous met au défi de lui parler ou ne serait ce la regarder. Elle était arrivée ici avec ce genre de haine au fond des yeux. Cachant sa détresse, sa douleur, et son désespoir derrière tout le dégout d’elle-même qu’elle pouvait concevoir. Elle se haïssait tellement. Elle se haïssait d’avoir ce traumatisme, cette tristesse dans le regard, ces cicatrices sur son corps. Elle se haïssait pour garder en permanence ces tortueux souvenirs à l’esprit, regarder toujours par dessus son épaule. Elle se haïssait de ne pas oser sortir de chez elle, de peur, de cette peur accablante qui la suivait à chaque seconde. Elle se haïssait de ne pas vivre, simplement vivre. Elle se haïssait de se laisser aller à ces sentiments de terreur, à cette colère sourde et purulente. Elle se haïssait d’être une survivante.
Parce que voilà ce qu’elle était, une survivante. Et par dessus tout, elle haïssait ce regard que les gens portaient sur elle quand ils savaient…

Elle était restée surprise, plus que surprise même, lorsque Alaric lui avait qu’elle pouvait-être fière d’elle. Toute une avalanche de compliments qu’elle n’était pas habituée à entendre. Il ne la connaissait pas. Il ne la connaissait ni d’Adam ni d’Eve, et pourtant il l’avait jugée apte. Apte à survivre, apte à s’en sortir. Pas par pitié, ou compassion, mais par son simple regard de juge. Son simple regard de survivant.
Devant ses mots elle était restée interdite, à le contempler un moment, et se demandant si l’homme ne savait pas. S’il ne savait pas réellement qui elle était. Se jouait-il d’elle ? Avant de réaliser que depuis sa sortie de cet enfer, personne ne lui avait parlé comme ça. Personne ne s’était montré encourageant tout en n’hésitant pas à la faire souffrir si nécessaire. C’est pourquoi, le coeur battant de cette course effrénée qu’elle avait fait pendant trente minutes, elle crut enfin ce qu’on lui disait. C’est donc le coeur au bord des lèvres qu’elle avait remballé ses affaires, remis sa veste, repris sa plaque et qu’elle était sortit avec en tête le prochain rendez-vous. Arrivée à sa voiture elle avait laissé échapper quelques larmes puis avec une détermination assassine elle était rentrée se terrer chez elle. Le lendemain avait été accueilli avec des courbatures et une fatigue ordinaire, mais avec dans l’esprit la certitude qu’elle serait de nouveau dans les sous-sols de ce garage le soir même. Et les jours avaient passé. Et les semaines avaient passé.

Les semaines qui suivirent avaient vu en elle une évolution notable. Alex s’en était trouvée dans un premier temps plus fatiguée mais aussi plus en paix avec elle même. Chaque entrainement réveillait son lot de douleurs et de terreur, mais son travail s’en était amélioré. Même ses collègues avaient noté sa progression. Bien plus endurante, elle avait même fini par s’acheter une corde à sauter pour elle-même. Et les nuits où elle ne dormait pas, en proie aux terreurs nocturnes, elle se mettait à sauter. A défaut de courir, ce qui la forcerait à s’aventurer de nuit à l’extérieur, elle travaillait son endurance des heures durant dans son salon. Aussi, courser un suspect ou non ne relevait guère plus de ses capacités physiques. Echanger des coups avec un sac de frappe ou Alaric lui avait aussi permit de focaliser sa rage et sa frustration sur une cible bien particulière. Il y avait des soirs où le garagiste prenait plus de coups que nécessaire, parce qu’elle avait passé une mauvaise journée, ou parce que l’affaire sur laquelle elle travaillait ramenait son esprit en un lieu froid et sombre. Toutefois, là encore, dans son travail ses capacités de concentration et de réaction s’étaient changées en quelque chose de plus posé. Elle parvenait à mieux contrôler ses émotions, ses excès de rage et son habituel terreur. Elle se montrait aussi plus hargneuse. Comme si la confiance qu’elle acquérait la muait en prédateur. Une confiance bien mal acquise. Mais ainsi, au rythme de ses enquêtes et de ses entrainements, le mental d’Alex s’était modifié, et l’intérêt qu’elle portait à l’origine à Alaric, s’était mu en un respect silencieux mais éternel.

« Est-ce que tu te sens prête ? » C’est un regard farouche qu’elle lui lance. Etait-elle prête ? Question ridicule voyons.
« Non. »

Bien sur qu’elle ne l’était pas. Nul ne pouvait l’être. Pas comme ça, pas à ça, pas dans ces conditions. Et elle le savait. Si sa rage avait trouvé une laisse à laquelle se rattacher, elle n’en avait pas moins été éduquée. Alex n’avait pas appris à la travailler, la réfléchir et la dresser. Elle avait seulement compris comment la tenir au bout d’une corde, pour que ça ne morde de trop, pour pouvoir lui donner une cible ou un os à ronger. Mais pour le reste. Non. Non elle n’était pas prête. Non elle ne se sentait pas prête. Son regard arpente la salle et observe les gens en face d’elle, et surtout son adversaire. Une part d’elle même se dit qu’elle devrait faire confiance à Alaric. Après tout il est le maitre, et elle l’élève. Elle pourrait croire en lui aveuglément et le laisser seul juge de ses capacités et de son potentiel. Elle pourrait lui faire confiance.
Comme on fait confiance à la sécurité dans une gare. Une gare avec ses vigiles et ses caméras.

L’homme qu’elle doit affronter ce soir n’est pas Alaric. L’homme qu’elle doit affronter ce soir ne se moque pas d’elle. Simplement interloqué certainement d’avoir à faire face à ce petit bout de femme à l’oeil farouche. A l’air inquiet. Car oui, elle est inquiète. Elle n’a pas découvert ses bras, son dos, son ventre. Elle laisse cela à celui seul qui ne la juge pas. Personne ne sait. Personne ne sait qu’elle se répète inlassablement dans la tête. Son adverse ne sait pas. Il ne sait pas la peur qui l’habite. Il ne sait pas ce que ce combat peut représenter pour elle. Il ne sait rien de son dégout et de sa rage. Alaric non plus d’ailleurs. En y repensant, et en l’observant, elle réalise soudain qu’il l’a menée jusque là sans savoir la moindre chose sur elle. Oui elle a laissé filtré des choses. Sur son boulot, sur sa connaissance des monstres. Mais rien sur son expérience ni sur le monstre lui-même. Et si le garagiste a deviné quoique ce soit, il n’en a jamais rien montré. Alors pourquoi ? Pourquoi, au final, a-t-il accepté de la conduire jusqu’ici ? Pourquoi a-t-il mit son petit business minable en stand bye simplement pour lui permettre de s’entrainer les soirs et les weekends ? Qu’est-ce qui lui a donné l’envie de croire en elle, de croire qu’il pouvait la former et lui apprendre à maitriser certaines blessures de la vie ? Pourquoi ?

Alex secoue la tête. Elle sait qu’elle se pose bien trop de questions. Bien trop de questions où elle n’obtiendra jamais les réponses. Pourquoi est-ce à elle que ce tueur s’en est prit. Pourquoi a-t-elle survécu. Pourquoi Manek a-t-il décidé de soulever cette trappe pour voir ce qui se cachait à l’intérieur de ce puits. Pourquoi tenait-il tant à ce qu’elle fasse ces cours de cuisine. Pourquoi le FBI était venu la chercher. Pourquoi Alaric avait-il tenu à l’entrainer ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi…
Parce que. Parce que c’était comme ça et pas autrement. Parce que la vie ne prévient pas, elle décide, comme un uppercut sur la gueule que ce sera comme ça et pas autrement. Parce que c’est à elle de s’ajuster à ce qui se passe. Est-elle prête ?
Non. Définitivement non. Mais…

« Hey, c’est bon. J’étais pas prête non plus à me faire kidnapper et torturer pendant cinq ans. Mais aujourd’hui je suis là non ? »

Par cette simple phrase elle se redonne du courage. Par cette simple phrase elle se livre un peu à celui qui lui a fait suffisamment confiance pour l’amener ici. Par cette simple phrase elle décide qu’elle peut elle aussi lui faire confiance. Et par cette simple phrase c’est comme si elle prenait la décision d’accepter ce qui s’est passé, enfin, et d’affronter un peu le monde extérieur. Enfin.
Alors, loin d’être sûre d’elle, ses gants bien fixés sur ses poings, elle s’avance… face à l'adversité.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Dim 29 Avr - 16:52


Connaitre son passé le met moins mal à l’aise qu’au départ. Connaitre ses failles le met moins mal à l’aise qu’au départ. Connaitre ses peurs le met moins mal à l’aise qu’au départ. Connaitre ses doutes le met moins à l’aise qu’au départ. Plus il apprend à la connaitre, plus il s’habitue à elle. Plus il apprend à la connaitre, plus il la respecte. Plus il apprend à la connaitre, plus il lui fait confiance. Plus il apprend à la connaitre, plus il croit en elle. Des élèves, il en a vu passés dans ce garage – des rebelles, des accrocs à l’adrénaline, des bouc-émissaires dans le besoin d’apprendre à se défendre comme il se doit, des voyous de bas étages, ou même la vraie gangrène qui rôde en ville. Mais jamais il ne s’est senti réellement investi dans leur entraînement. Jamais il ne s’est senti réellement investi dans leur compétition. Avec Alex, il a l’impression de faire quelque chose de bien, en même temps que de faire quelque chose d’interdit. Elle avait le pouvoir de le ruiner en un claquement de doigts, le pouvoir de l’enfermer pour le restant de ses jours si elle le voulait, mais quelque part au fond de lui, étrangement et indescriptiblement, il savait qu’elle n’en ferait jamais rien. Ce soir, le grand soir, il avait donc l’impression forte de faire monter son petit poulain sur le ring – cette chance qu’il n’avait jamais eu et n’aurait jamais malheureusement, que de voir l’un de ses élèves mettre en pratique ce qu’il lui avait enseigné. Alaric ne porterait plus jamais de gants dignement. Alaric ne monterait jamais plus sur un ring fièrement. Alaric ne combattrait plus jamais adversaires à sa taille. Il trouvait du réconfort dans l’idée que son petit frère, concept étrange dans son esprit encore, puisse vivre ce rêve commun pour deux. Mais avec Alex, encore une fois, il avait la sensation et le sentiment de faire quelque chose d’utile. De vital. D’important. De primordial. De nécessaire. De significatif. D’apporter quelque chose. D’être quelqu’un. Pour quelqu’un. D’être utile. D’être nécessaire. C’était sans doute idiot, étrange et ridicule car il avait compté pour un certain nombre de personnes – et il comptait encore – mais c’était l’immense et l’éternelle solitude d’Alaric qui prenait toujours le dessus, à chaque occasion. Il était tout aussi meurtri et blessé que la jeune femme, à différents niveaux. Aussi l’avait-il entraîné. Dur. Avec acharnement. Avec patience. Avec colère. Avec rigueur. Avec force. Avec détermination. Avec rage. Tout ce qu’elle avait en elle, tout ce qu’elle avait d’enfoui, il en avait eu besoin pour qu’elle se libère enfin. Le chemin était loin d’être terminé, et elle mettrait du temps avant de trouver cette paix intérieure qu’elle recherchait désespérément. Mais elle y parviendrait. Et pour cela, il lui fallait affronter le concret. « Non ». Bien sûr que non. Bien sûr que non, elle n’était pas prête. Bien sûr que non, elle ne serait sans doute jamais prête. On ne l’était jamais. Jamais vraiment. Lui-même n’avait jamais été prêt à affronter cette vie. Lui-même n’avait jamais été prêt à connaitre l’abandon et l’échec. Lui-même n’avait jamais été prêt à être orphelin. Lui-même n’avait jamais été prêt à grandir de familles d’accueil en familles d’accueil. Lui-même n’avait jamais été prêt à grandir seul. Lui-même n’avait jamais été prêt à se débrouiller par ses propres moyens, et ce même si ces moyens étaient glauques et terrifiants. Lui-même jamais n’avait été prêt à rendre coups pour coups. Pourtant, il les avait rendus, ces coups. Parce qu’il n’avait pas eu le choix. Et quand on n’a pas le choix, tous nos sens sont éveillés et toutes nos capacités sont blindées.

Ce soir, c’est ce qu’il recherche. Ce soir, c’est ce qu’il veut pour elle. Ce soir, c’est qu’il espère fortement. Ce soir, c’est ce qu’il attend patiemment. Qu’elle ait peur. Qu’elle soit en colère. Qu’elle soit en rage. Qu’elle soit concentrée. Qu’elle soit effrayée. Qu’elle soit tétanisée, s’il le faut. Mais qu’elle fonce, quoiqu’il lui en coûte. Elle n’avait pas le choix. Elle n’avait plus le choix. « Hey, c’est bon. J’étais pas prête non plus à me faire kidnapper et torturer pendant cinq ans. Mais aujourd’hui’, je suis là non ? » En effet, c’était exactement cet état d’esprit qu’il recherchait, qu’il désirait. Mais il ne le dit pas. Il n’a pas besoin de lui dire. Il n’a besoin de rien lui dire pour qu’elle comprenne, rien besoin de lui dire pour qu’elle saisisse ce qu’il attend d’elle, et ce depuis plusieurs jours. C’est ce qui arrive quand on se côtoie chaque jour. C’est ce qui arrive quand on n’a pas d’autre choix que de se livrer, entièrement. Et la boxe, la boxe c’est se livrer, entièrement. Totalement. Intégralement. C’est mettre son cœur à nu. C’est mettre ses soucis au placard. C’est verser sa rage. Sa haine. Sa peur. Et c’est bien la raison qui a poussé Alex à venir le trouver, lui, pour l’aider à exorciser ses démons. Ses démons étaient féroces et tenaces, il en avait conscience. Mais elle avait choisi. Elle avait pris une décision. Elle était venue d’elle-même, et en soi, c’était déjà gagné. « C’est une femme que tu vas rencontrer, » qu’il lui annonce – naturellement, il n’avait pas envie qu’elle rencontre un homme. Pas encore. Chaque chose en son temps. Etape par étape. Il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin non plus. « Enfin, une femme… » qu’il ajoute, car s’il fallait qualifier « Queen B », et non pas la chanteuse mais bien la boxeuse hargneuse que la jeune femme allait voir d’ici quelques minutes, ce n’était certainement pas de « femme ». « Disons qu’elle est très masculine, » qu’il finit par dire, pour ne pas non plus dénigrer la combattante qui venait dans son garage depuis des mois maintenant. « Ne te fie pas aux apparences, si elle a le physique pour te détruire, tu as la vitesse pour esquiver. Si son regard lance des éclairs, tu as ta rage et ta colère pour toi. Si elle a un certain nombre de combats derrière elle – dont peu perdus, je te l’avoue – tu m’as moi pour t’entraîner, » et il n’était pas modeste car c’était un fait, il était le meilleur dans son domaine.

Et maintenant, elle ajuste ses gants. Et maintenant, il se place face à elle et l’observe. Et maintenant, il devrait lui sortir un discours digne de ce nom, un discours qu’un coach se doit d’offrir à son combattant. Mais Alex et Alaric ne sont pas comme les autres. Ils ne l’ont jamais été. Ils ne le seront jamais. « T’es pas venue ici pour devenir pro’. T’es venue ici pour une seule raison. Ne l’oublie jamais, » qu’il finit par conclure, estimant que ces mots suffisent pour qu’elle n’oublie pas son objectif. Pour qu’elle s’y accroche. De toutes ses forces.

Car concrètement, il ne sait pas du tout ce qui l’attend de l’autre côté de la porte.



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Alex Regan
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Ven 8 Juin - 15:28


" I NEED BLOOD INSTEAD OF TEARS "

Non elle n’est pas prête. Elle n’a jamais été prête. En même temps qui pourrait l’être ? Qui choisit un jour de se lever un matin en se disant ”aujourd’hui je décide de me préparer à toutes les horreurs que la vie peut éventuellement me faire subir.”
On n’est jamais prêt. On n’est pas prêt à vivre notre premier chagrin d’amour, et cette sensation de désastre qui en résulte. On est pas prêt à voir un parent, un père, une mère, une soeur, disparaitre, happé par la maladie ou la mort. On est pas prêt à subir notre premier licenciement. Ou notre premier accident de voiture, qui même sans gravité nous laisse sur les rotules. Non. On est pas prêt. Alors déjà que rien ne nous prépare à ces petites difficultés de la vie, plus ou moins grave, comment être prêt à subir un kidnapping, une séquestration, des viols et des tortures ? On ne peut pas.

Elle est là, les gants fixés sur les poings et sur le départ pour un combat dont elle ne veut pas vraiment. Elle a la trouille. Bien sur qu’elle a la trouille. En venant quelques mois plus tôt dans ce garage, chercher l’enseignement d’un boxeur dans le déclin, elle n’avait pas prévu qu’un jour elle devrait affronter quelqu’un. Sérieusement ? Mais alors pourquoi choisir la boxe alors ? En même n’est-ce pas se mentir à soit même ? Si elle n’a jamais envisagé affronter quelqu’un sur le ring, n’a-t-elle pas choisi Alaric pour lui fournir les armes afin d’un jour affronter son démon ? En quoi affronter cet adversaire serait pire que d’affronter son tyran ? Ici il n’y a ni enjeux de vie ou de mort ? Quand bien même elle perdrait qu’est-ce que cela impliquerait ? L’échec ne fait-il pas parti de l’apprentissage ?

Lorsque les portes s’ouvrent, elle se demande subitement ce qui lui a bien prit que d’avouer à Alaric qu’elle avait passé cinq ans enfermée et torturée. Jusque là elle ne l’avait dit. Jusque là, elle a gardé cette distance bestiales d’un animal effarouché qui apprend à montrer les crocs. Elle n’a pas caché ses bras couverts de cicatrices, elle n’a pas caché son dégout du contact physique ou sa résignation déterminée à encaisser sans piper mot. Mais elle n’a rien dit. L’homme n’est pas bête. Il a bien sait, et ce certainement depuis le premier jour qu’un profond traumatisme hante la jeun femme. Mais même elle l’ayant compris, il ne lui a jamais fait part ni de pitié, ni de curiosité. Il n’a rien montré. Et c’est alors que comme mue par un soudaine confiance, elle lui lâche une info, encore une fois, il ne relève pas. Par respect ? Par indifférence ? Peu importe. Son admiration pour l’homme grimpe d’un cran et c’est donc avec attention qu’elle écoute ses derniers conseils. Une femme. Enfin… Deux mondes différents oui. Mais là où elle a l’expérience des combats, Alex elle, a l’expérience de la survie. Qu’elle n’oublie pas. Elle ne doit surtout pas oublier. La porte s’ouvre et elle entre dans l’arène.

Il y a de la lumière, il y a des gens, et elle se sent soudain comme un chien prit dans une foule. Tout tourne trop vite, tout l’aveugle, tout l’assourdit. Elle se retrouve bien vite, trop vite, submergée par ce tout. Malgré tout elle tente de faire face, appréhende son adversaire du regard, ceux qui coordonnent le tout, puis quelques secondes semblent se suspendre. Enfin le signal est lancé et c’est à peine si elle comprend ce qui lui arrive. Si elle comprend le premier crochet. Si elle comprend la première vague de douleur.

Il y avait des périodes d’accalmie. Et c’était bizarrement ces périodes là qui étaient les plus effrayantes. Il y avait des moment de calme. Où seul le son régulier et répétitifs d’une goutte d’eau atteignant la flaque où ses consoeurs avaient déjà atterries retentissait. Un reniflement parfois venait troubler cette paix précaire, et silencieuse. Au début elle pensait apprécier ces moments là. Ces moments où elle pouvait se poser, songer à des choses douces et belles. A la chaleur du soleil caressant son visage, aux bras réconfortant d’une mère. Au début oui, elle les appréciait. Puis elle avait appris à les redouter. Car chaque accalmie déchainait un torrent de terreur et d’infamie. Les caresses dégoutantes et le poids de leur maitre sur son corps frêle. Les rires, les murmures et les râles de satisfaction accompagnant les mouvements d’un corps esclave et près à se briser. Les lumières dansantes devant ces yeux tandis que le souffle lui manquait, et le nombre de fois où elle avait prié pour ne jamais se réveiller de ces évanouissements. Les hurlements de douleur et de terreur, puis le silence qui s’ensuivait lorsque la chaleur d’un tisonnier ou la morsure d’une lame mordait sa chair. Et toujours ces caresses, comme on caresse un chien. Et toujours, toujours, ce froid, cette odeur de moisissure, cette humidité, et le gout du métal dans la bouche.

Elle avait tenté de se débattre, de se défendre. Mais chaque sursaut de rébellion s’était soldé par un puissant coup. Sur le haut de sa tête, sur le coin de sa joue. Et toujours cette douleur lancinante et imposante qui lui vrillait les tympans, brouillait sa vue, annihilait ses pensées et faisait battre en retraite toute esquisse d’espoir. Et encore, toujours, ce gout de métal dans la bouche. Le gout du sang.
C’est ce dernier qui la re bascula brutalement à l’instant présent. Combien de coup avait-elle encaissé ? Combien en avait-elle donné ? Peu, si on en jugé le visage peu marqué de l’adversaire. Depuis combien de temps était-elle sur ce ring, bras blottis devant son visage, cherchant à protéger le peu d’humanité physique qui lui restait ? Tout son corps hurlait de douleur, ses flancs, ses bras, sa tête, ses oreilles. Mais c’est ce gout, ce gout de sang dans sa bouche qui raviva en elle la bête. La bête qui depuis trop longtemps attendait son heure. L’heure d’accomplir enfin sa promesse.
Ne. Plus. Jamais. Être. Une. Proie.

Une puissante colère tintée de terreur la submergea, faisant trembler tout l’édifice de son être. L’avant, l’après, la cave, le ring, Lui, Elle. Et ces coups, et ce gout. Alors la bête se jeta au devant d’Alex, tout crocs dehors, lui déchiqueta l’âme puis se rua sur l’adversaire. Baissant soudainement sa garde tandis qu’un poings venait s’abattre pour la énième fois sur son visage, elle plongea, renvoyant en droit qui fendit l’air et s’écrasa sur la joue de la jeune femme en face d’elle. Ne prenant pas le temps de respirer Alex se redressa et comme une furie abattit une pluie de coups sur son adversaire. Rouge. Elle voyait rouge. Rouge, le sang dans sa bouche. Rouge, le visage de la combattante. Rouge, sa colère. C’était l’attaque brutale et désespérée d’un animal en proie au cauchemar. C’était un déchainement de violence et de rage sourde. Seul le gong lui vrillant les oreilles permit a ses bras de stopper leur fuite en avant. La femme en fasse d’elle reculait, sonnée, et fatiguée. Quelqu’un lui saisit le bras, la déclarant vainqueur. Le coeur au bord des lèvres, un tambour cognant dans sa tête, Alex embrassa ce qui l’entourait du regard. Croisant le regard flou d’Alaric, elle fut soudain prit de nausée, et prit la fuite. Seule, elle avait besoin d’être seule. De comprendre ce qui venait de se passer. Une seconde elle était aux mains de son ravisseur et la seconde d’après elle se trouvait au milieu d’inconnus à taper comme un démon sur une pauvre fille. De nouveau les nausées, un haut le coeur tandis qu’elle ouvre brutalement une porte. Elle voudrait se toucher le visage, vérifier l’ampleur des dégâts, essuyer ses larmes, mais les gants l’y en empêchent. Alors prise de sanglots elle tente frénétiquement de les enlever, mais n’y parvint pas. Pas sans l’aide de quelqu’un.
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Lun 11 Juin - 19:35


Des combats, il avait l’habitude d’en voir. Des combats, il avait eu l’habitude d’en faire. D’en gagner. D’en perdre. Des combats, il en avait connu toute sa vie. Le sang, il l’avait vu couler plus d’une fois. Le sang, il l’avait fait couler plus d’une fois. Le sang, il en avait perdu plus d’une fois. Des cicatrices, il en était parsemé – physiques et psychiques. La douleur, il l’avait subi. La douleur, il l’avait infligé. La douleur, elle l’avait maintenu en vie. La douleur, elle l’avait fait se sentir vivant. A ses yeux, les combats étaient éternels et inévitables. Que ce soit pour se défouler, se venger, survivre ou sombrer. Et quand il évoquait les combats, il ne parlait pas seulement de ceux qu’il organisait depuis des années dans son garage. Non. Il évoquait tous les combats. Les silencieux. Les bruyants. Les douloureux. Les fatigants. Les insurmontables. Les interminables. Les succès. Les doutes. Les espoirs. Les rêves. Les réussites. Absolument tous. Des combats, il en avait vu. Mais celui-ci, celui-ci lui semblait différent. Pour la première fois depuis des années, il éprouvait un réel intérêt à regarder, à observer. Pour la première fois depuis des années, il était concentré, non sur la douleur infligée mais sur le comportement de son élève. Il n’avait jamais accepté personne dans son antre jusque-là, personne à former, personne à aider. Jamais. Pas même ses amis d’enfance, pas même les amis de ses amis d’enfance. Personne. Jamais. Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Le destin a parfois une drôle de manière de jouer avec vous. Elle détenait des informations le concernant, certes, des informations qui pourraient lui bousiller la vie et l’envoyer par la case prison pour le reste de ses jours. Elle avait de quoi le faire chanter, de quoi le faire payer. Pourtant, ce n’était pas les véritables raisons qui l’avaient poussé à accepter la demande de la brunette. Non. C’était son regard. Sa détermination. Sa rage. Sa colère. Sa haine. Sa rancœur. Ce mal qui persistait, qui se répandait dans ses veines et qui ne demandait qu’à en sortir. Il avait senti et perçu le potentiel, comme il avait senti et perçu sa souffrance. Entre être déchirés, ils s’étaient reconnus sans même le savoir. Alors il prenait à cœur. Qu’elle ne baisse pas les bras. Qu’elle s’engage. Qu’elle fonce. Qu’elle cogne. Qu’elle extériorise tout ce mal qui l’empêche clairement de vivre. Il prenait à cœur qu’elle se libère. Qu’elle aille au bout de sa mission.

Il prenait à cœur.

A quelques détails près, ce combat lui rappelait son premier combat. La rage. La colère. La haine. La solitude. Le désarroi. La peur. Un cocktail d’émotions trop longtemps refoulé. Un cocktail d’émotions qui ne le quittait pas. Lui aussi avait tout d’abord subi. Lui aussi avait tout d’abord reçu. Lui aussi avait tout d’abord eu peur. Puis le monstre avait grogné. Il l’avait libéré de ses chaines et après cela, plus rien ne s’était trouvé sur son passage. La douleur ne l’avait pas stoppé. La douleur ne l’avait pas ralenti. Au contraire. La douleur l’avait emporté. La douleur l’avait encouragé. Le sang ne l’avait pas effrayé. Il l’avait stimulé. Rien n’aurait pu l’empêcher de gagner ce jour-là. Rien. Ni personne. Et rien ne l’empêcherait de gagner ce jour-là. Rien. Ni personne. Les coups, elle en encaissait. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Une dizaine, sans répit. Et elle encaisse. Et elle n’est pas là. Pas là. Plus là. A travers ses bras et ses mains gantées, il perçoit son regard perdu dans le néant, perdu dans le passé. Et alors qu’il s’apprête à grimper pour lui hurler dessus histoire de la sortir de cette torpeur malsaine, elle se réveille seule.

Et elle rétorque. Au centuple. Les cris se font plus forts et plus soutenus autour d’elles, car elle a changé la donne en une énième de secondes. Personne ne s’attendait à ce qu’elle soit à la hauteur. Personne ne s’attendait à ce qu’elle réplique. Tout le monde l’imaginait déjà inerte sur le ring. Elle est la surprise de la soirée. La surprise de l’année. Combien de secondes s’écoulent-ils jusqu’à ce que la cloche sonne, l’annonçant vainqueur de la lutte ? Il ne les a pas comptées. Un regard flou échangé, il comprend qu’elle à cran, à bout, et elle ne reste pas pour profiter de cette victoire pourtant méritée. Ici, ils ne sont pas sur un ring habituel. Ici, on se bat par plaisir et par besoin. Par passion. Pour le sport. Pour le jeu. Pour l’argent. Mais ici, rien n’est officiel et rien, excepté le combat, ne se fait dans les règles. Il salut quelques connaissances avant de laisser Régie se charger de gérer la suite. Ce soir, ce soir il ne gère qu’elle.

Il la trouve paniquée, sanglotant. Fragile. Dépassée. Perdue. Il sait ce qu’elle éprouve, car il a vécu la même chose des années auparavant. Le fait de relâcher. Les muscles. La tension. Les nerfs. Les souvenirs qui défilent, à toute vitesse, qui vous explosent à la gueule et qui vous donnent envie de disparaitre. Mais c’est le processus nécessaire à la guérison. Affronter. Surmonter. Subir. Et se relever. Il se positionne devant elle, calme et décidé. Les mains levées en signe de paix, il attend. Qu’elle le frappe, si elle ressent le besoin. Qu’elle le cogne avec autant de rage qu’elle a cogné cette femme. Qu’elle pleure plus encore. Qu’elle se calme. Qu’elle hurle. Qu’elle s’exprime. Peu importe comment. Tant qu’elle extériorise ce qu’elle a gardé au plus profond d’elle-même depuis trop longtemps.

« Cogne. Crie. Pleure. Casse. Je suis là pour ça, pour encaisser, si t’as besoin. Ne t’avise pas de refouler et de ralentir ce que tu ressens, » qu’il l’avertit. Puis il baisse les mains lentement pour les déposer sur les siennes toujours en mouvement pour essayer de les enlever. « Tu n’y arriveras pas toute seule, » qu’il lui fait savoir inutilement, tout comme elle ne parviendrait pas toute seule à affronter sa peur et ses démons.



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