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 Way Down We Go ••• Alaric&&Alex

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Alex Regan
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DATE D'INSCRIPTION : 09/07/2017
MESSAGES : 211

MessageSujet: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Sam 15 Juil - 22:55


" REVENGE IS NOT A NOBLE SENTIMENT,
BUT IT IS A HUMAN ONE. "


Si tu veux partir en quête de vengeance, commence par creuser deux tombes.

Était-elle prête à damner son âme pour cela ? À creuser ses deux tombes dans l’espoir qu’un jour elle obtiendrait justice ? Sa justice. Alors que rien, strictement rien ne lui permettait d’être sûre que ce jour arriverait. Était-elle prête ?
Prête, elle l’ignorait. Elle ne le savait pas. En fait tout dépendrait de Lui. De la réponse qu’il lui donnerait.
Mais dans tous les cas, elle était déterminée. Oh... ça oui...

La nuit était tombée depuis plusieurs heures sur la ville de Los Angeles. Et aussi patiente que le prédateur auquel elle avait eu affaire, Alex attendait dans sa voiture, toutes lumières éteintes. Elle avait observé l’homme durant de longues heures, patientant calmement et immobile que les clients s’en aillent, que la tension de la journée et du travail s’apaise, que la chaleur laisse place à une fraicheur nocturne et estivale. Elle n’avait pas sommeil, elle n’était pas fatiguée. Son corps avait depuis longtemps été entrainé à la patience et l’immobilité ; et pas dans des conditions agréables.
De plus, sa détermination était à toute épreuve. Lorsque l’esprit a été brisé une fois, rien ne peut plus jamais l’atteindre. Lorsqu’on a dansé avec la Mort en Enfer, rien ne peut plus nous toucher.

Brutalement et sournoisement le doute s’installa en elle. Vulgaire et insidieux. Cette satanée petite voix, celle de la raison fébrile et lâche. Es-tu sûre de toi ? Sure de vouloir franchir cette ligne ? Savait-elle ce qu’elle faisait ? Non, pas vraiment. Voulait-elle vraiment aller dans cette direction ? Certainement. Son âme était déjà foutue de toute façon. Le dégout qu’elle s’inspirait déjà ne pourrait jamais être pire. Alors comme avait si bien dit Winston Churchill, "quitte a aller en enfer, autant y aller jusqu’au bout." Et l’Enfer elle y avait survécu, et d’ailleurs une part d’elle-même y était toujours. Alors autant en faire son terrain de jeu...

C’est avec une rage sourde et glaciale qu'elle ouvrit la portière, sorti du véhicule et verrouilla la voiture, un dossier sous le bras. Raide et déterminée, elle traversa la rue pour rejoindre le garage en face. Oui. Elle avait observé l’Homme. Durant plusieurs heures, plusieurs jours. Plusieurs semaines. Elle avait fait ses recherches, ses devoirs comme on dit. Elle avait prit des contacts, écouté des témoignages, posé des questions, et le tout aussi discrètement qu’une petite souris. Elle savait que dans son entourage, ses collègues, sa thérapeute… personne n’approuverait. C’était tellement évident. Elle s’apprêtait à prendre un aller direct pour le purgatoire. Mais elle ne pouvait pas continuer ainsi. Elle ne pouvait plus vivre comme ça. La terreur permanente qui l’habitait l’épuisait, lui faisant revivre et encore et encore les conditions de sa captivité. Mais elle était libre aujourd’hui ! Libre, dehors, en vie et en bonne santé, alors pourquoi ? Pourquoi vivre avec cette peur dégoutante ? Ça la débectait, elle se débectait. Elle était écœurée par la fatigue, la crainte. À ce rythme là, autant se tirer une balle dans la tête tout de suite. Mais elle n’avait pas survécu cinq ans pour en arriver là. Et elle était en colère aussi. Très en colère.

Silencieusement elle ouvrit la porte et pénétra dans le bâtiment. Le calme y était dominant. Des voitures, capots ouverts attendaient patiemment leur tour, et une lumière artificielle donnait au lieu une atmosphère intime, presque magique. L’odeur de saleté, du cambouis et de la sueur ajoutait au tableau. Quelque part au fond d’elle quelque chose s’agitait. Ce n’était pas de la peur, elle ne tolèrerait pas qu’on appelle cela "peur". C’était de l’appréhension. Elle venait ici avec une idée en tête, sans trop savoir à quoi s’attendre. Oh certes, oui, elle L’avait observé. Elle savait quel genre d’homme il était. Son instinct et la lecture du corps que lui avait appris le FBI l’avait bien formée. Mais les gens peuvent parfois vous surprendre… Elle avait longtemps hésité sur la démarche à suivre. Elle savait, assurément que c’était une mauvaise idée. Bien sur que c'était une mauvaise idée. Mais passé ce cap elle s’était questionnée sur la façon de l’aborder, comment lui présenter la chose. C’est ce soir, en observant ses allés et venues qu’elle s’était décidée. Une approche frontale et directe. Comme un bon uppercut dans la mâchoire. Elle saurait et verrait bien assez tôt comment il réagirait. Il n’y avait pas trente six milles options de toutes façons. Soit il acceptait, soit il refusait. Et s’il refusait : soit chacun retournait à son existence sans jamais évoquer ce qui se passerait ce soir, soit il la dénoncerait. Elle aurait alors des problèmes certainement... Bien sur qu’elle aurait des problèmes ! Mais dans le fond, quelque part… n’était-ce pas ce qu’elle recherchait les problèmes ? Et puis… Il n’était pas homme à balancer. Pas son genre. N’est-ce pas Ric ?

Attendant qu’il réalise que quelqu’un était entré, elle se planta fixement sur ses jambes et releva la tête en signe de défi. « Alaric Winchester ? » Elle attendit qu’il se tourne vers elle, confirmant son identité et planta un regard curieux dans le sien. « Alex Regan. FBI. »
D’un geste nonchalant elle jeta sur le capot d’une voiture le dossier qu’elle gardait sous le bras. Les lettres FEDERAL BUREAU of INVESTIGATION s’étalaient sur la couverture, agrémentées d’étoiles patriotes et d’une étiquette portant le nom de son interlocuteur.
Et voilà. C’était fait. Les dés étaient jetés et la partie lancée.
Là, elle saurait.

Une première tombe de creusée.
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Alaric Winchester
Admin Ours Brun
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DATE D'INSCRIPTION : 10/09/2016
MESSAGES : 275

MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Lun 17 Juil - 14:00

Des jours qu'il ne l'avait pas vue. Des jours qu'il y pensait. Des jours qu'il ruminait. Des jours qu'il s'investissait plus encore dans le boulot, pour ne plus penser à elle. Des jours qu'il prétendait ne pas lui accorder la moindre pensée. Des jours à réparer des moteurs sous le regard moqueur et taquin de ses employés. Des jours à essayer de secouer Dan, comme à son habitude, alors que ce dernier ne cessait de poser des questions sur la mystérieuse jeune femme qui semblait l'avoir tant bouleversé. Des jours qu'il répétait que personne ne pouvait réussir à le bouleverser, et qu'il fallait mieux qu'ils arrêtent tous de venir l'emmerder. Pourtant, en son for intérieur il devait bien reconnaître que la jeune comédienne l'avait atteint. Comment pourrait-il penser à elle sinon ? Pourquoi, surtout ? Alors qu'ils n'avaient partagé qu'un demi-repas et quelques paroles sans réellement de livrer et se découvrir. Il était incapable de l'expliquer et à vrai dire, il n'avait pas envie de comprendre. Il n'avait pas envie de trouver des réponses à ces questions silencieuses. Il vivait seul depuis des années et se savait destiné à errer seul jusqu'à la fin de sa vie. Il avait connu suffisamment de déceptions - et pas seulement sentimentales - pour oser espérer pouvoir partager sa vie avec quelqu'un d'autre. La seule personne qu'il était parvenu à supporter et à accepter dans son environnement, c'était Dan. Et il mourrait. Petit à petit. L'abandonnant à son tour. Alaric Winchester était habitué à l'abandon. Habitué aux trahisons. Il avait compris depuis bien longtemps qu'il ne fallait jamais de fier à personne excepté soi-même. Bien évidemment, au fil des années quelques personnes étaient parvenues à briser sa carapace, et avaient gagné sa confiance et son respect. Mais ils les comptaient sur les doigts d'une main. Il fallait une sacré dose de patience et d'affection pour atteindre le mécanicien. Ce n'était certainement pas une jolie comédienne au visage d'ange qui allait changer le cours des choses. Certainement pas.

" Alaric Winchester ? " qu'il entend derrière lui tandis qu'il s'essuyait enfin les mains, prêt à stopper son travail pour une bonne douche, une bonne boisson fraîche et un bon match de boxe à la télévision. Pourtant, il sut au ton employé par l'intruse que la soirée ne se déroulerait pas ainsi. Lentement, il se retourne pour découvrir qui l'alpague ainsi à une heure aussi tardive et surtout aussi catégoriquement. Elle n'aurait pas eu besoin de préciser qu'elle était de la police, il avait appris à les repérer depuis quelques années qu'ils essayaient de le coincer et de lui mener la vie dure. Ah les petits criminels dans son genre qui passaient à travers le filet et semblaient s'être rachetés une conduite, ils n'aimaient pas du tout. Combien avaient frappé à sa porte dans l'espoir de pouvoir le coincer ? Combien avaient essayé de lui tirer les vers du nez à coup de questions pièges ? Il ne les comptait plus. Il mentirait s'il osait dire qu'il ne les craignait pas, après tout il était vraiment hors la loi quand il organisait ses combats illégaux - sans compter qu'il ne pouvait plus exercer la boxe lui-même. Mais il avait une certaine capacité à jouer l'innocent et camoufler la vérité d'une main de maître. Ce n'était pas sans danger cela dit, il pouvait toujours de faire avoir par l'un de ses participants. Une chance qu'il puisse y compter déjà des membres du gouvernement et de la police même pour le couvrir sous peine d'être pris la main dans le sac. Non. Décidément, elle ne l'impressionnait pas autant qu'elle l'aurait sans doute voulu. Il respectait ses tripes et son audace par ailleurs. " Lui-même, " répond-il simplement en terminant de s'essuyer, sans jeter un regard sur le dossier. " Je peux vous aider ? " qu'il demande avec un sourire aussi charmant sud professionnel. Si elle avait des choses à lui demander ou à lui reprocher, mieux valait qu'elle aille directement au but. Avec lui, il ne fallait jamais utiliser de gants. " Si c'est un problème mécanique, il faudra revenir demain matin. Mais comme cela fait plusieurs jours que vous hésitez à entrer, j'imagine que ce n'est pas un problème de mécanique, " ajoute-t-il en regardant le dossier avant de replonger son regard dans le sien. " Que me vaut la visite du FBI ? " finit-il par demander plus méfiant et plus fermé. S'il se moquait bien qu'on vienne l'emmerder depuis le temps, il n'en éprouvait pas non plus une grande satisfaction. Et quelque chose lui disait que cette visite serait plus pénible qu'elle n'y paraissait.




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Alex Regan
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Jeu 20 Juil - 10:57


" IF YOU WANNA FIGHT THE MONSTER, BECOME THE MONSTER. "


C’était un combat de chats. En cette douce soirée d’été, deux animaux s’observaient et se toisaient avec défi. Chacun dans l’attente que l’autre face le premier pas, le premier geste et détermine les enjeux de ce face à face farouche. Il y avait deux individus, abimés et trahis par la vie qui à la fois se reconnaissaient mais aussi se défiaient, ne sachant s’il devait considérer l’autre comme un ennemi ou comme un allié. Le pouvoir s’échangeait de mots en mots et passait de l’homme à la femme et de la femme à l’homme à chaque seconde. Aucun dominant, aucun dominé. Nul maitre du jeu. Seulement deux chats attendant que le premier coup de griffe ne vienne.

Était-elle là pour l’arrêter ? Pour en faire son indic’ ? Le menacer peut-être ? Alex imaginait très bien ce qui pouvait se passer dans la tête de l’homme. Elle était arrivée là, en conquérante, arguant avec défiance qu’elle était du FBI. Et le dossier portant le nom du mécanicien qu’elle avait négligemment jeté à sa vue avait imposé d’emblée quelque chose de désagréable. Elle savait qui il était et pas lui. Lui ignorait tout d’elle. Il ignorait son passé, ses blessures et ses cicatrices. Il ne voyait d’elle qu’un agent du FBI qui venait crânement l’emmerder dans sa tanière. À la limite, s’il était suffisamment observateur, et nul doute qu’il devait l’être, il pouvait noter la raideur de ses épaules, l’étincelle farouche dans son regard comme un animal affrontant la mort en face. Une légère appréhension qui faisait battre son coeur un peu plus vite. Mais il pourrait voir aussi sa détermination. Le pitbull qui ne lâcherait pas l’affaire. Ne lâcherait jamais, plus jamais, son morceau de viande et qui se battrait jusqu’au bout pour sa survie et obtenir ce qu’il veut. Il y avait en elle quelque chose de sauvage, d’animal, que seuls ceux ont bouffé la merde et le sang, généreusement offert par Monsieur Destin peuvent comprendre et reconnaitre.

Si il y a bien une chose qu’Alex avait appris de ses années de captivité, c’était qu’il n’existait nulles limites à la survie. Peu importe ce qui fallait faire ou dire, la moralité n’a pas sa place dans un esprit brisé. Que n’avait-elle fait pour éviter les tortures, ou dit pour éviter les coups. Où et en combien de temps avait-elle abandonné ses convictions, ses désirs et sa moralité pour survivre, simplement survivre. L’Homme l’avait tuée, brisée, annihilée, et chaque jour qui passait le miroir lui renvoyait l’image de cette jeune femme disparue. Alexia-Jane. Mais Alexia-Jane était morte au fond du puits. Humiliée. Assassinée.
Alex, elle, était sortie vivante, bien décidée à renaitre de ses cendres et surtout à nourrir le monstre qui avait grandit en elle et qui réclamant sang et vengeance.

Et parce que l’attente et la patience était devenue son arme la plus aiguisée, la jeune femme laissa gentiment l’homme s’exprimer. Elle avait fait le bon choix. Une approche frontale, directe. Elle avait bien reconnu en elle les contours des cicatrices données par la Vie. On dit que tout ce qui nous arrive, arrive pour une raison. Cette idée la laissait s’interroger pendant des heures. Et elle savait que nulle réponse n’arriverait jamais. Lui, il semblait avoir eu les mêmes questionnements. Une certaine haine de l’existence… Il fit semblant de ne pas s’intéresser à son dossier. Mâle dominant. Du moins en apparence. Il biaisa, glissant habilement qu’il avait repéré sa voiture les jours précédents. À moins que ce ne soit du bluff ? Impassible, elle l’observa. Bluffait-il ou l’avait-il vraiment vue ? Il était malin, intelligent, vif d’esprit. Elle le lisait sur son visage, et cela confirmait tout ce que ses recherches avaient révélé. Il y avait eu plusieurs types dans son genre, mais aucun ne l’avait attirée comme lui. Plus elle en apprenait sur lui et plus elle s’était sentie hypnotisée, comme le poisson qui s’approche trop près de la gueule du requin, cette souris qui frôle la langue du serpent. Elle avait alors jeté son dévolu sur lui. Quelque chose en lui lui avait fait peur, alors elle l’avait choisi. Que lui voulait donc le FBI ?

On y était. Alors tu feules, tu griffes, ou tu fais le dos rond mon chat ?
« Le FBI ne vous veut rien Monsieur Winchester. » Elle marqua une pause, et inspira, tendue. Elle se sentait comme au bord d’un précipice. Mais ce qui l’avait amené là était trop important pour qu’elle renonce. Elle savait les enjeux, et les risques. Elle connaissait le chemin sur lequel elle s’apprêtait à glisser. Volontairement. Mais de toute façon peu lui importait. Rien ne serait jamais pire. Pire que ce qu’elle avait vécu. « Ce qui m’amène à vous est d’ordre personnel. » Approche frontale hé ?

Inspiration. Croisée des chemins.
Son regard se perd brièvement, comme un tête à tête avec soi-même avant de se reposer sur le dossier qu’elle avait amené. Elle observe de nouveau l’homme, fait un pas en avant et caresse du bout des doigts la peinture métallisée d’un véhicule. Ce simple geste, ce doux contact, lui permet de s’ancrer dans la réalité. Elle a parfois du mal à accepter où elle est et ce qu’elle fait. Des moments lui paraissent fragiles, tendus, comme un rêve, comme des fils suspendus dans le vide. Dans ces moments là elle se rend compte qu’elle attend la chute brutale et sévère qui la rappellerait à l’ordre, à la réalité. Sa réalité. Le froid, l’obscurité et la douleur.
« Je veux que vous m’appreniez à me battre. » Ses yeux s’attardent avec avidité sur le visage de l’homme, cherchant un signe, une ébauche de réaction, d’une réponse. Alors elle se jette à l’eau aussi brutalement qu’un crochet s’abat sur un visage. 

« Je veux que vous m’appreniez à me défendre et à frapper aussi fort que possible. » La tension qui habite son corps devenant trop fébrile et insoutenable elle se met à errer entre les véhicules, laissant toujours ses doigts courir sur ces derniers. Ils sont témoins de sa crainte et de son désir impitoyable. Ils sont témoins de cette partie de poker au sommet.

« Pas à me défendre pour échapper à un mari violent ou pour me mettre à la boxe par effet de mode. Non. » Elle marque une pause, comme absorbée dans l’étude d’un moteur. Son moteur. Son esprit et son coeur. Pour quoi alors ? Sa voix diminue et se fait confidence. « Je veux pouvoir mettre un homme à genou pour plusieurs heures sans risque qu’il réplique. Je veux pouvoir encaisser des coups sans me mettre à pleurer. Je veux pouvoir dire que je suis là, dans un combat, d’égal à égal parce que j’ai le droit et la légitimité d’y être. Que ce n’est pas un fichu hasard ou une putain de chance. » Elle redresse lentement la tête, la réalité au bord des lèvres, et plante son regard dans celui de l’homme. « Je ne veux plus être la victime. » LA victime. Ses mots planent un moment dans le silence nocturne laissant les murs et les véhicules les absorber en silence. Alors, revenant vers lui elle pointe du doigt le misérable dossier. « J’ai lu votre dossier. Je sais qui vous êtes Monsieur Winchester. Apprenez-moi à boxer comme un putain d’Irlandais. Je vous paierai. Mal. Mais je vous paierai.»

Il y avait une rage sourde et meurtrière en elle. Quelque chose de noir, de profond et de dégoutant. Ça lui faisait horreur. La haine qu’elle s’inspirait lui faisait horreur. C’était comme si elle était spectatrice de sa propre descente aux enfers. Une part d’elle-même contemplait la jeune femme éplorée, nue et sale, terrifiée et blottie contre ce mur de glaise. Cette jeune fille faisait de la peine. Elle faisait pitié. Et de l’autre coté, elle voyait s’élever cette amazone remplie de colère et appelant le sang et la vengeance. La Justice des Dieux. Les deux se heurtaient avec violence et se vautraient dans la boue, la colère, et la terreur. Il fallait que l’une d’elles gagne. Qu’une d’elles l’emporte sur l’autre et annihile soit la pitié, soit la rancoeur. La victime, ou le bourreau.

Parce que malgré tout, Alex était sure d’une chose. Elle Le reverrait. Elle savait qu’elle Le reverrait. Qu’un jour viendrait où Il serait de nouveau là, face à elle, avec son bâton électrique et son sadisme pour seul bagage. Son regard étincelant et son sourire amusé. Et Alex était persuadée d’une chose. Que pour vaincre le monstre, il fallait qu’elle devienne un monstre.
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