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 Way Down We Go ••• Alaric&&Alex

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Team Fluffy
Alex Regan
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MessageSujet: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Sam 15 Juil - 22:55


" REVENGE IS NOT A NOBLE SENTIMENT,
BUT IT IS A HUMAN ONE. "


Si tu veux partir en quête de vengeance, commence par creuser deux tombes.

Était-elle prête à damner son âme pour cela ? À creuser ses deux tombes dans l’espoir qu’un jour elle obtiendrait justice ? Sa justice. Alors que rien, strictement rien ne lui permettait d’être sûre que ce jour arriverait. Était-elle prête ?
Prête, elle l’ignorait. Elle ne le savait pas. En fait tout dépendrait de Lui. De la réponse qu’il lui donnerait.
Mais dans tous les cas, elle était déterminée. Oh... ça oui...

La nuit était tombée depuis plusieurs heures sur la ville de Los Angeles. Et aussi patiente que le prédateur auquel elle avait eu affaire, Alex attendait dans sa voiture, toutes lumières éteintes. Elle avait observé l’homme durant de longues heures, patientant calmement et immobile que les clients s’en aillent, que la tension de la journée et du travail s’apaise, que la chaleur laisse place à une fraicheur nocturne et estivale. Elle n’avait pas sommeil, elle n’était pas fatiguée. Son corps avait depuis longtemps été entrainé à la patience et l’immobilité ; et pas dans des conditions agréables.
De plus, sa détermination était à toute épreuve. Lorsque l’esprit a été brisé une fois, rien ne peut plus jamais l’atteindre. Lorsqu’on a dansé avec la Mort en Enfer, rien ne peut plus nous toucher.

Brutalement et sournoisement le doute s’installa en elle. Vulgaire et insidieux. Cette satanée petite voix, celle de la raison fébrile et lâche. Es-tu sûre de toi ? Sure de vouloir franchir cette ligne ? Savait-elle ce qu’elle faisait ? Non, pas vraiment. Voulait-elle vraiment aller dans cette direction ? Certainement. Son âme était déjà foutue de toute façon. Le dégout qu’elle s’inspirait déjà ne pourrait jamais être pire. Alors comme avait si bien dit Winston Churchill, "quitte a aller en enfer, autant y aller jusqu’au bout." Et l’Enfer elle y avait survécu, et d’ailleurs une part d’elle-même y était toujours. Alors autant en faire son terrain de jeu...

C’est avec une rage sourde et glaciale qu'elle ouvrit la portière, sorti du véhicule et verrouilla la voiture, un dossier sous le bras. Raide et déterminée, elle traversa la rue pour rejoindre le garage en face. Oui. Elle avait observé l’Homme. Durant plusieurs heures, plusieurs jours. Plusieurs semaines. Elle avait fait ses recherches, ses devoirs comme on dit. Elle avait prit des contacts, écouté des témoignages, posé des questions, et le tout aussi discrètement qu’une petite souris. Elle savait que dans son entourage, ses collègues, sa thérapeute… personne n’approuverait. C’était tellement évident. Elle s’apprêtait à prendre un aller direct pour le purgatoire. Mais elle ne pouvait pas continuer ainsi. Elle ne pouvait plus vivre comme ça. La terreur permanente qui l’habitait l’épuisait, lui faisant revivre et encore et encore les conditions de sa captivité. Mais elle était libre aujourd’hui ! Libre, dehors, en vie et en bonne santé, alors pourquoi ? Pourquoi vivre avec cette peur dégoutante ? Ça la débectait, elle se débectait. Elle était écœurée par la fatigue, la crainte. À ce rythme là, autant se tirer une balle dans la tête tout de suite. Mais elle n’avait pas survécu cinq ans pour en arriver là. Et elle était en colère aussi. Très en colère.

Silencieusement elle ouvrit la porte et pénétra dans le bâtiment. Le calme y était dominant. Des voitures, capots ouverts attendaient patiemment leur tour, et une lumière artificielle donnait au lieu une atmosphère intime, presque magique. L’odeur de saleté, du cambouis et de la sueur ajoutait au tableau. Quelque part au fond d’elle quelque chose s’agitait. Ce n’était pas de la peur, elle ne tolèrerait pas qu’on appelle cela "peur". C’était de l’appréhension. Elle venait ici avec une idée en tête, sans trop savoir à quoi s’attendre. Oh certes, oui, elle L’avait observé. Elle savait quel genre d’homme il était. Son instinct et la lecture du corps que lui avait appris le FBI l’avait bien formée. Mais les gens peuvent parfois vous surprendre… Elle avait longtemps hésité sur la démarche à suivre. Elle savait, assurément que c’était une mauvaise idée. Bien sur que c'était une mauvaise idée. Mais passé ce cap elle s’était questionnée sur la façon de l’aborder, comment lui présenter la chose. C’est ce soir, en observant ses allés et venues qu’elle s’était décidée. Une approche frontale et directe. Comme un bon uppercut dans la mâchoire. Elle saurait et verrait bien assez tôt comment il réagirait. Il n’y avait pas trente six milles options de toutes façons. Soit il acceptait, soit il refusait. Et s’il refusait : soit chacun retournait à son existence sans jamais évoquer ce qui se passerait ce soir, soit il la dénoncerait. Elle aurait alors des problèmes certainement... Bien sur qu’elle aurait des problèmes ! Mais dans le fond, quelque part… n’était-ce pas ce qu’elle recherchait les problèmes ? Et puis… Il n’était pas homme à balancer. Pas son genre. N’est-ce pas Ric ?

Attendant qu’il réalise que quelqu’un était entré, elle se planta fixement sur ses jambes et releva la tête en signe de défi. « Alaric Winchester ? » Elle attendit qu’il se tourne vers elle, confirmant son identité et planta un regard curieux dans le sien. « Alex Regan. FBI. »
D’un geste nonchalant elle jeta sur le capot d’une voiture le dossier qu’elle gardait sous le bras. Les lettres FEDERAL BUREAU of INVESTIGATION s’étalaient sur la couverture, agrémentées d’étoiles patriotes et d’une étiquette portant le nom de son interlocuteur.
Et voilà. C’était fait. Les dés étaient jetés et la partie lancée.
Là, elle saurait.

Une première tombe de creusée.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Lun 17 Juil - 14:00

Des jours qu'il ne l'avait pas vue. Des jours qu'il y pensait. Des jours qu'il ruminait. Des jours qu'il s'investissait plus encore dans le boulot, pour ne plus penser à elle. Des jours qu'il prétendait ne pas lui accorder la moindre pensée. Des jours à réparer des moteurs sous le regard moqueur et taquin de ses employés. Des jours à essayer de secouer Dan, comme à son habitude, alors que ce dernier ne cessait de poser des questions sur la mystérieuse jeune femme qui semblait l'avoir tant bouleversé. Des jours qu'il répétait que personne ne pouvait réussir à le bouleverser, et qu'il fallait mieux qu'ils arrêtent tous de venir l'emmerder. Pourtant, en son for intérieur il devait bien reconnaître que la jeune comédienne l'avait atteint. Comment pourrait-il penser à elle sinon ? Pourquoi, surtout ? Alors qu'ils n'avaient partagé qu'un demi-repas et quelques paroles sans réellement de livrer et se découvrir. Il était incapable de l'expliquer et à vrai dire, il n'avait pas envie de comprendre. Il n'avait pas envie de trouver des réponses à ces questions silencieuses. Il vivait seul depuis des années et se savait destiné à errer seul jusqu'à la fin de sa vie. Il avait connu suffisamment de déceptions - et pas seulement sentimentales - pour oser espérer pouvoir partager sa vie avec quelqu'un d'autre. La seule personne qu'il était parvenu à supporter et à accepter dans son environnement, c'était Dan. Et il mourrait. Petit à petit. L'abandonnant à son tour. Alaric Winchester était habitué à l'abandon. Habitué aux trahisons. Il avait compris depuis bien longtemps qu'il ne fallait jamais de fier à personne excepté soi-même. Bien évidemment, au fil des années quelques personnes étaient parvenues à briser sa carapace, et avaient gagné sa confiance et son respect. Mais ils les comptaient sur les doigts d'une main. Il fallait une sacré dose de patience et d'affection pour atteindre le mécanicien. Ce n'était certainement pas une jolie comédienne au visage d'ange qui allait changer le cours des choses. Certainement pas.

" Alaric Winchester ? " qu'il entend derrière lui tandis qu'il s'essuyait enfin les mains, prêt à stopper son travail pour une bonne douche, une bonne boisson fraîche et un bon match de boxe à la télévision. Pourtant, il sut au ton employé par l'intruse que la soirée ne se déroulerait pas ainsi. Lentement, il se retourne pour découvrir qui l'alpague ainsi à une heure aussi tardive et surtout aussi catégoriquement. Elle n'aurait pas eu besoin de préciser qu'elle était de la police, il avait appris à les repérer depuis quelques années qu'ils essayaient de le coincer et de lui mener la vie dure. Ah les petits criminels dans son genre qui passaient à travers le filet et semblaient s'être rachetés une conduite, ils n'aimaient pas du tout. Combien avaient frappé à sa porte dans l'espoir de pouvoir le coincer ? Combien avaient essayé de lui tirer les vers du nez à coup de questions pièges ? Il ne les comptait plus. Il mentirait s'il osait dire qu'il ne les craignait pas, après tout il était vraiment hors la loi quand il organisait ses combats illégaux - sans compter qu'il ne pouvait plus exercer la boxe lui-même. Mais il avait une certaine capacité à jouer l'innocent et camoufler la vérité d'une main de maître. Ce n'était pas sans danger cela dit, il pouvait toujours de faire avoir par l'un de ses participants. Une chance qu'il puisse y compter déjà des membres du gouvernement et de la police même pour le couvrir sous peine d'être pris la main dans le sac. Non. Décidément, elle ne l'impressionnait pas autant qu'elle l'aurait sans doute voulu. Il respectait ses tripes et son audace par ailleurs. " Lui-même, " répond-il simplement en terminant de s'essuyer, sans jeter un regard sur le dossier. " Je peux vous aider ? " qu'il demande avec un sourire aussi charmant sud professionnel. Si elle avait des choses à lui demander ou à lui reprocher, mieux valait qu'elle aille directement au but. Avec lui, il ne fallait jamais utiliser de gants. " Si c'est un problème mécanique, il faudra revenir demain matin. Mais comme cela fait plusieurs jours que vous hésitez à entrer, j'imagine que ce n'est pas un problème de mécanique, " ajoute-t-il en regardant le dossier avant de replonger son regard dans le sien. " Que me vaut la visite du FBI ? " finit-il par demander plus méfiant et plus fermé. S'il se moquait bien qu'on vienne l'emmerder depuis le temps, il n'en éprouvait pas non plus une grande satisfaction. Et quelque chose lui disait que cette visite serait plus pénible qu'elle n'y paraissait.




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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Jeu 20 Juil - 10:57


" IF YOU WANNA FIGHT THE MONSTER, BECOME THE MONSTER. "


C’était un combat de chats. En cette douce soirée d’été, deux animaux s’observaient et se toisaient avec défi. Chacun dans l’attente que l’autre face le premier pas, le premier geste et détermine les enjeux de ce face à face farouche. Il y avait deux individus, abimés et trahis par la vie qui à la fois se reconnaissaient mais aussi se défiaient, ne sachant s’il devait considérer l’autre comme un ennemi ou comme un allié. Le pouvoir s’échangeait de mots en mots et passait de l’homme à la femme et de la femme à l’homme à chaque seconde. Aucun dominant, aucun dominé. Nul maitre du jeu. Seulement deux chats attendant que le premier coup de griffe ne vienne.

Était-elle là pour l’arrêter ? Pour en faire son indic’ ? Le menacer peut-être ? Alex imaginait très bien ce qui pouvait se passer dans la tête de l’homme. Elle était arrivée là, en conquérante, arguant avec défiance qu’elle était du FBI. Et le dossier portant le nom du mécanicien qu’elle avait négligemment jeté à sa vue avait imposé d’emblée quelque chose de désagréable. Elle savait qui il était et pas lui. Lui ignorait tout d’elle. Il ignorait son passé, ses blessures et ses cicatrices. Il ne voyait d’elle qu’un agent du FBI qui venait crânement l’emmerder dans sa tanière. À la limite, s’il était suffisamment observateur, et nul doute qu’il devait l’être, il pouvait noter la raideur de ses épaules, l’étincelle farouche dans son regard comme un animal affrontant la mort en face. Une légère appréhension qui faisait battre son coeur un peu plus vite. Mais il pourrait voir aussi sa détermination. Le pitbull qui ne lâcherait pas l’affaire. Ne lâcherait jamais, plus jamais, son morceau de viande et qui se battrait jusqu’au bout pour sa survie et obtenir ce qu’il veut. Il y avait en elle quelque chose de sauvage, d’animal, que seuls ceux ont bouffé la merde et le sang, généreusement offert par Monsieur Destin peuvent comprendre et reconnaitre.

Si il y a bien une chose qu’Alex avait appris de ses années de captivité, c’était qu’il n’existait nulles limites à la survie. Peu importe ce qui fallait faire ou dire, la moralité n’a pas sa place dans un esprit brisé. Que n’avait-elle fait pour éviter les tortures, ou dit pour éviter les coups. Où et en combien de temps avait-elle abandonné ses convictions, ses désirs et sa moralité pour survivre, simplement survivre. L’Homme l’avait tuée, brisée, annihilée, et chaque jour qui passait le miroir lui renvoyait l’image de cette jeune femme disparue. Alexia-Jane. Mais Alexia-Jane était morte au fond du puits. Humiliée. Assassinée.
Alex, elle, était sortie vivante, bien décidée à renaitre de ses cendres et surtout à nourrir le monstre qui avait grandit en elle et qui réclamant sang et vengeance.

Et parce que l’attente et la patience était devenue son arme la plus aiguisée, la jeune femme laissa gentiment l’homme s’exprimer. Elle avait fait le bon choix. Une approche frontale, directe. Elle avait bien reconnu en lui les contours des cicatrices données par la Vie. On dit que tout ce qui nous arrive, arrive pour une raison. Cette idée la laissait s’interroger pendant des heures. Et elle savait que nulle réponse n’arriverait jamais. Lui, il semblait avoir eu les mêmes questionnements. Une certaine haine de l’existence… Il fit semblant de ne pas s’intéresser à son dossier. Mâle dominant. Du moins en apparence. Il biaisa, glissant habilement qu’il avait repéré sa voiture les jours précédents. À moins que ce ne soit du bluff ? Impassible, elle l’observa. Bluffait-il ou l’avait-il vraiment vue ? Il était malin, intelligent, vif d’esprit. Elle le lisait sur son visage, et cela confirmait tout ce que ses recherches avaient révélé. Il y avait eu plusieurs types dans son genre, mais aucun ne l’avait attirée comme lui. Plus elle en apprenait sur lui et plus elle s’était sentie hypnotisée, comme le poisson qui s’approche trop près de la gueule du requin, cette souris qui frôle la langue du serpent. Elle avait alors jeté son dévolu sur lui. Quelque chose en lui lui avait fait peur, alors elle l’avait choisi. Que lui voulait donc le FBI ?

On y était. Alors tu feules, tu griffes, ou tu fais le dos rond mon chat ?
« Le FBI ne vous veut rien Monsieur Winchester. » Elle marqua une pause, et inspira, tendue. Elle se sentait comme au bord d’un précipice. Mais ce qui l’avait amené là était trop important pour qu’elle renonce. Elle savait les enjeux, et les risques. Elle connaissait le chemin sur lequel elle s’apprêtait à glisser. Volontairement. Mais de toute façon peu lui importait. Rien ne serait jamais pire. Pire que ce qu’elle avait vécu. « Ce qui m’amène à vous est d’ordre personnel. » Approche frontale hé ?

Inspiration. Croisée des chemins.
Son regard se perd brièvement, comme un tête à tête avec soi-même avant de se reposer sur le dossier qu’elle avait amené. Elle observe de nouveau l’homme, fait un pas en avant et caresse du bout des doigts la peinture métallisée d’un véhicule. Ce simple geste, ce doux contact, lui permet de s’ancrer dans la réalité. Elle a parfois du mal à accepter où elle est et ce qu’elle fait. Des moments lui paraissent fragiles, tendus, comme un rêve, comme des fils suspendus dans le vide. Dans ces moments là elle se rend compte qu’elle attend la chute brutale et sévère qui la rappellerait à l’ordre, à la réalité. Sa réalité. Le froid, l’obscurité et la douleur.
« Je veux que vous m’appreniez à me battre. » Ses yeux s’attardent avec avidité sur le visage de l’homme, cherchant un signe, une ébauche de réaction, d’une réponse. Alors elle se jette à l’eau aussi brutalement qu’un crochet s’abat sur un visage. 

« Je veux que vous m’appreniez à me défendre et à frapper aussi fort que possible. » La tension qui habite son corps devenant trop fébrile et insoutenable elle se met à errer entre les véhicules, laissant toujours ses doigts courir sur ces derniers. Ils sont témoins de sa crainte et de son désir impitoyable. Ils sont témoins de cette partie de poker au sommet.

« Pas à me défendre pour échapper à un mari violent ou pour me mettre à la boxe par effet de mode. Non. » Elle marque une pause, comme absorbée dans l’étude d’un moteur. Son moteur. Son esprit et son coeur. Pour quoi alors ? Sa voix diminue et se fait confidence. « Je veux pouvoir mettre un homme à genou pour plusieurs heures sans risque qu’il réplique. Je veux pouvoir encaisser des coups sans me mettre à pleurer. Je veux pouvoir dire que je suis là, dans un combat, d’égal à égal parce que j’ai le droit et la légitimité d’y être. Que ce n’est pas un fichu hasard ou une putain de chance. » Elle redresse lentement la tête, la réalité au bord des lèvres, et plante son regard dans celui de l’homme. « Je ne veux plus être la victime. » LA victime. Ses mots planent un moment dans le silence nocturne laissant les murs et les véhicules les absorber en silence. Alors, revenant vers lui elle pointe du doigt le misérable dossier. « J’ai lu votre dossier. Je sais qui vous êtes Monsieur Winchester. Apprenez-moi à boxer comme un putain d’Irlandais. Je vous paierai. Mal. Mais je vous paierai.»

Il y avait une rage sourde et meurtrière en elle. Quelque chose de noir, de profond et de dégoutant. Ça lui faisait horreur. La haine qu’elle s’inspirait lui faisait horreur. C’était comme si elle était spectatrice de sa propre descente aux enfers. Une part d’elle-même contemplait la jeune femme éplorée, nue et sale, terrifiée et blottie contre ce mur de glaise. Cette jeune fille faisait de la peine. Elle faisait pitié. Et de l’autre coté, elle voyait s’élever cette amazone remplie de colère et appelant le sang et la vengeance. La Justice des Dieux. Les deux se heurtaient avec violence et se vautraient dans la boue, la colère, et la terreur. Il fallait que l’une d’elles gagne. Qu’une d’elles l’emporte sur l’autre et annihile soit la pitié, soit la rancoeur. La victime, ou le bourreau.

Parce que malgré tout, Alex était sure d’une chose. Elle Le reverrait. Elle savait qu’elle Le reverrait. Qu’un jour viendrait où Il serait de nouveau là, face à elle, avec son bâton électrique et son sadisme pour seul bagage. Son regard étincelant et son sourire amusé. Et Alex était persuadée d’une chose. Que pour vaincre le monstre, il fallait qu’elle devienne un monstre.
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Team Gru
Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Mar 1 Aoû - 13:39


Il ne s’était jamais imaginé être à la tête d’un quelconque trafic. Plus jeune, il avait commis des erreurs. Plus jeune, il s’était laissé aller au désespoir et ce qu’il pouvait vous amener à accomplir de plus terrible. Plus jeune, il avait usé de ses poings. Plus jeune, il avait volé. Plus jeune, il avait fait ce qu’il estimait devoir faire pour survivre. Plus jeune, il avait compris qu’il ne devait compter que sur lui-même. Plus jeune, il s’était toujours démerdé. Mais jamais, jamais, il ne s’était laissé embarqué dans un quelconque trafic – de drogue ou d’arme, voire même d’autres absurdités. S’il avait l’impression depuis toujours d’être de la mauvaise graine, il gardait des principes et des valeurs qu’il ne comprenait pas toujours. Ne jamais user de ses poings contre quelqu’un, excepté s’il était forcé. Ne jamais lever la main sur une femme, un enfant ou une personne âgée. Ne jamais abuser de la confiance des gens pour les trahir et les décevoir par la suite – n’était-il pas haineux contre tous ceux qui l’avaient trahi et abandonné durant toutes ces années ? Il abhorrait l’idée de prendre le même chemin. Pourtant, tout était bon à prendre. Des bijoux. Des diamants. Des billets. Des objets d’art. Des antiquités. Peu importait ce qu’il pouvait trouver, tant qu’il pouvait le faire sans avoir à utiliser la violence dont il était doté. Car il avait un don pour la violence. Un don pour la boxe. Un don pour se défendre. Un don pour la force. Il ne s’était jamais vraiment entraîné. Il avait juste été fasciné par ce sport. Il avait juste tenté. Et il s’était révélé doué. Extrêmement doué. Au point de se faire remarquer – par Dan, son mentor et père de cœur, mais pas seulement. Il avait connu son moment de gloire et, s’il avait su tempérer son caractère difficile, peut-être serait-il devenu professionnel. Il ne s’était jamais imaginé à la tête d’un quelconque trafic. Puis, un jour il s’était réveillé et avait pris une décision. Si on lui interdisait de boxer, il était foutu. Si on lui interdisait de s’épanouir dans ce qui lui avait permis de garder la tête hors de l’eau et d’extérioriser tout le mal qui sommeillait en lui, il était foutu. Alors, il fallait qu’il le fasse de manière discrète. Il fallait qu’il contourne les lois. Il fallait qu’il oublie la légalité. Il fallait qu’il fasse un choix et prenne une décision. Ce n’était pas venu du jour au lendemain, et son petit « commerce » ne s’était pas développé en un claquement de doigts. Il y avait beaucoup à penser, beaucoup à craindre. Beaucoup à anticiper. Beaucoup à prendre en considération. La confiance – le plus difficile pour Alaric – la confiance était primordiale. Comment organiser des combats de boxe dans son garage avec le peu de personnes qu’il connaissait et à qui il accordait son peu de confiance ? Il n’était pas étonnant qu’il garde pour lui ses petits secrets. Il n’était pas étonnant qu’il évite d’évoquer ces soirées atypiques à n’importe qui. Il n’était pas étonnant que très peu de personnes ne soient au courant de son existence. La confiance, c’était la clé de tout son business. Ça. Et le silence et la discrétion dont il faisait preuve en-dehors de ces quatre murs un ou deux soirs par semaine. Les boxeurs et autres parieurs n’étaient pas suffisamment fous pour vendre Alaric Winchester – car eux-mêmes risquaient énormément si l’on venait à apprendre leurs implications dans ce garage à des heures plus que tardives.

Alaric ne parlait pas de son activité extra-professionnelle. Alaric n’évoquait jamais la boxe. Alaric ne se permettrait jamais de déraper – pas avec n’importe qui, ni n’importe quand. Le dernier flic en date à avoir sonné à sa porte sous prétexte qu’il détenait des informations compromettantes le concernant était bien loin. Alaric n’étant cependant pas stupide. Ni naïf. Quand on goûtait à l’illégalité et au danger que cela représentait, on se savait sur la sellette à vie. Il n’y avait pas de moment de répit. Il n’y avait pas de souffle à reprendre. Il n’y avait pas de repos acceptable. Un moment d’égarement, un relâchement et il était mort. Sa chance ? On ne pouvait rien prouver – rien. Il avait des gants de boxe ? Et alors ? Ils lui appartenaient depuis ses jeunes années de boxeur – et il les gardait pour se rappeler le bon vieux temps. Nostalgique et sentimental. La bonne blague. Du sang dans son garage ? Et alors ? Parfois, la mécanique blesse – beaucoup ou peu. Tapages nocturnes ? Les portes du garage étaient insonorisées – merci Dan. Non. Ils n’avaient rien sur lui. Rien de concret. Rien de dangereux. Des rumeurs. Des on-dit. Et on n’allait nulle part avec ça. « Personnel ? » ose-t-il demander à voix haute, plus pour lui-même que pour obtenir une réponse plus poussée. Parce qu’elle débarquait sur le plan « personnel », elle s’imaginait qu’il s’ouvrirait plus facilement ? Ne venait-elle donc pas de se présenter avec son badge ? « Pourquoi me balancer un dossier à mon nom et me foutre votre badge tout neuf sous le nez, si ce n’est pas le FBI qui vous envoie ? » demande-t-il en se retournant pour aller se laver les mains – et en profiter pour reprendre contenance. Il était habitué, certes, et il savait mentir. Mais cela ne signifiait pas qu’il ne ressentait aucun stress. Quelques secondes. Quelques minutes. Respire. Inspire. Expire. Le temps de s’essuyer les mains et de lui refaire face, elle lui exposait les faits et les raisons de sa venue. « Je veux que vous m’appreniez à me battre. » Rien que ça. Stoïque. Il ne réagit pas. Aucun tic. Aucun tremblement. Rien. « Je veux que vous m’appreniez à me défendre et à frapper aussi fort que possible. Pas à me défendre pour échapper à un mari violent ou pour me mettre à la boxe par effet de mode. Non. Je veux pouvoir mettre un homme à genou pour plusieurs heures sans risque qu’il réplique. Je veux pouvoir encaisser des coups sans me mettre à pleurer. Je veux pouvoir dire que je suis là, dans un combat, d’égal à égal parce que j’ai le droit et la légitimité d’y être. Que ce n’est pas un fichu hasard ou une putain de chance. » Il devait lui reconnaitre une certaine rage. Un certain courage. A sa première demande, il avait compris qu’elle était diablement sérieuse. A sa première demande, il avait compris qu’elle était irrémédiablement impliquée et déterminée. Comment se défaire d’une telle détermination ? Plus que la rage, il avait perçu la peur. La peur qui semblait l’habiter dans tout le corps – crispé comme jamais – et dans son âme, son regard ne trompait pas. Cette femme avait dû vivre un putain de traumatisme pour oser lui balancer cette vérité et son désir sans prendre de pincettes. Compassion. Mais bordel, qu’est-ce qu’il en avait à foutre ? « Et qu’avez-vous lu au juste ? Que j’ai boxé il y a une dizaine d’années ? Que j’aurais pu être pro’ si je n’avais pas déconné sur le ring ? Que j’ai interdiction de remettre le pied sur un quelconque ring, justement, et de porter de nouveau des gants ? » choisit-il la pure vérité. « Je ne sais pas ce qui vous a fait croire que j’étais LA personne à venir voir pour vous aider, Mademoiselle Regan. Mais croyez-moi, » ajoute-t-il en plantant son regard dans le sien, sans ciller, sans crainte, « je ne suis pas celui que vous croyez, » conclut-il d’une voix rauque mais convaincante. Qu’imaginait-elle ? Qu’il lui ouvrirait les bras, en lui promettant de l’aider avec joie ? Qu’il lui avouerait tous ses sombres secrets en deux secondes, alors qu’il lui arrivait encore d’en dévoiler à Dan après quinze années à se connaitre ? Non. Alaric Winchester était bien plus compliqué et difficile à cerner, encore plus à apprivoiser. « Si vous voulez qu’on vous entraîne, il y a un certain nombres de bons clubs dans le coin. Je peux même vous donner le nom de celui qu’il vous faut… » tente-t-il de rectifier le fait qu’il refusait de lui apporter son aide. « Cela dit, je suis étonné que le FBI n’ai pas ses propres coach. Ils ne vous apprennent donc pas l’auto-défense dans ce trou à rats ? » qu’il demande, le sourire aux lèvres – persuadé qu’elle partirait bientôt.

Mais avait-il oublié ce que la détermination était capable de vous pousser à faire ?




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Team Fluffy
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Dim 27 Aoû - 16:01


" IT'S A BEAUTIFUL LIE, IT'S A PERFECT DENIAL "


Personne ne savait avec exactitude ce qu’il s’était passé dans cette cave sombre et poussiéreuse. Les médecins avaient émis leur hypothèses, tirés leurs conclusions. Les marques de brulures, les cicatrices, les fractures mal ressoudées… Et puis la mémoire sensitive, comme un chien qui ferme les yeux et entre la tête dans les épaules pour encaisser le coup qui vient. Un réflexe. La préparation psychologique à une douleur devenue familière. Oui les médecins pensaient qu’ils savaient. Mais personne ne savait.
Oh bien sur certains psychiatres, psychologues et autre spécialistes de l’esprit avaient essayé de la faire parler. Certains avaient même réussi à obtenir des informations. Mais qui pouvait savoir ? Qui peut vraiment savoir ce qu’est un viol lorsqu’il n’en a pas vécu un ? Qui peut connaitre l’idée même de la torture tant qu’il n’a pas été torturé ? Qui peut parler de la mort ou donner son avis sur le suicide tant qu’il n’a pas expérimenté ce désir d’en finir ? Comment décrire la brulure d’une lame de rasoir qui doucement tranche les chairs ? Qui peut savoir ce que c’est que de se sentir plus bas que le chien errant le plus misérable ? Certains ont vécu des choses atroces, ont affrontés des situations et des peines terribles. D’autres parlent de combat à mener chaque jour. Mais d’aucun ne peut savoir.

Il n’y avait qu’elle. Et son tortionnaire.

Un secret entre eux jalousement gardé. Mais quelque chose en était ressorti de ce secret. Quelque chose était né. Une chose noire, sombre, mauvaise et puissante. Et la jeune femme avait besoin de l’expulser. Elle ne parvenait pas à la contrôler, à la garder en cage. Toutes ces émotions, ces traumatismes. Du temps. Il faut du temps qu’on lui disait. N’en avait-elle pas suffisamment perdu du temps ? Cinq ans à survivre dans le froid et la saleté. Non. Il fallait que cette chose sorte. Il fallait qu’elle se sente si non plus pure, au moins un peu moins sale…

Voilà pourquoi elle était venue trouver Alaric Winchester. Cet homme touchait à l’illégal. Cet homme connaissait le gout du sang et de la défaite. Cet homme n’était pas le chien qui encaisse les coups en remuant la queue. Non. Il était celui qui mord en retour et qui ne lâche plus le bras coupable. Et elle ? Dans cette métaphore imagée, elle avait été le chaton qui sert aux chiens. Elle ne voulait plus être le chaton.
Elle ne voulait même pas être le loup. Pas même un lion. Elle voulait être le Cerbère, ou la Chimère, ou encore le maitre du chien qui tient la laisse. Elle voulait être hors catégorie.
Une étrange émotion la dominait. Un mélange de peur et d’excitation, le tout arrosé copieusement de dégout. Du dégout envers elle, pour ce qu’elle était en train de faire : lécher les bottes d’une petite frappe arrogante. Et du dégout envers lui. Plus elle l’écoutait parler plus elle le haïssait. Que voulait-il ? Qu’elle le plaigne peut-être ? Le pauvre avait manqué à son devoir, il n’avait que faillit devenir pro. Il exposait ce qu’il avait pu être, aurait pu être et ce qu’elle aurait pu lire sur lui. Mais dans quel but ? La pitié ? Elle n’en avait pas. Plus il parlait et plus il exposait les raisons exactes pour lesquelles elle était venu le voir Lui. Parce que dans le même temps, sa certitude grandissait. Elle en était persuadée, elle ne s’était pas trompée. C’était lui. Lui seul pouvait lui permettre d’accéder à l’arène, et de lui fournir les armes pour ne plus trembler. « Que vous aviez plus de couilles. » Voilà ce qu’elle avait lu sur lui.

Aaaaahh ! Mais en fait c’était donc ça ! Elle s’était trompée. Et oui ! Mademoiselle n’avait pas tout bien compris… Il n’était pas ce qu’elle croyait. Et non… Et oui c’est ça… De la bile plein de la bouche elle se détourna de lui et cracha un : « Les gens ne sont jamais ce qu’on croit. » Elle était bien placée pour le savoir. Qui pourrait penser que l’homme qui l’avait séquestrée pouvait être si beau ? Elle avait été surprise et choquée en découvrant son visage. Elle n’avait jamais accepté de faire son portrait robot outrant. Mais jamais elle n’oublierait la beauté de ce visage. Rien qu’à l’idée de ce moment un frisson la parcourut et elle se dirigea d’un pas assuré vers la sortie. Si ce type continuait à la prendre de haut, très bien. Elle l’avait en effet mal jugé alors. Elle avait cru pensable qu’entre animaux blessés ils auraient pu se reconnaitre. Au final peut-être n’était-il qu’un homme comme les autres…

Passant près de la voiture où elle avait lâché son dossier elle tendit la main pour le récupérer. C’est à ce moment là qu’Alaric l’attaqua sur le FBI. Doucement elle se retourna vers lui, lui décochant un regard presque désolé pour lui. « Vous ai-je dis que je voulais apprendre l’auto-défense ? » Elle chercha dans sa mémoire à quel moment elle avait pu dire ça. Non… « Vous avez du mal comprendre. Et en effet j’ai du me tromper sur votre compte. » Elle ne se priva pas pour le détailler de la tête au pied. Critique. Puis instinctivement ce fut l’idée du siècle. Psychologie inversée.
« Pauvre Regie… il voulait tellement m’aider… » Un rire semi-moqueur, et personnel. « J’ai été idiote de le croire quand il m’a parlé de vous. Tord de croire une petite frappe. Un dealer de bas étage. Au final vous êtes tous les même non ? » Elle tapota son dossier. « Je prends bonne note du conseil. Peut-être irais-je chercher un club, voir votre frère, qui sait… Histoire d’apprendre à boxer et me défendre comme une petite souris. »
Mais qui était-il pour traiter le FBI de trou à rats, et qu'y connaissait-il aux rats. « Une dernière chose Monsieur Winchester. Si l’envie vous prend de faire un tour dans un vrai trou à rats, vous vous apercevrez vite d’une chose : je ne suis pas un rongeur. Régie m’a parlé de vous parce que j’ai besoin d’aide. J’ai au moins ce courage de le reconnaitre. Mais je ne vous supplierai pas. J’ai dépassé depuis longtemps le stade de la supplication. Vous voulez jouer les buté ? Okay.. J’en ai rien à foutre. Ni de vous, ni de votre petit business à la con. Alors bonne soirée Monsieur Winchester. »

Là-dessus elle se détourna de lui et se fit un chemin entre les voitures. La rage qui bouillonnait en elle était divine. Elle se sentait sur le point d’éclater en sanglot ou de tuer quelqu’un. Mais à quoi avait-elle pensé en venant ici ? Que ce pauvre type lui dirait « Okay, enfile des gants ! » Quelle idiote. Et pauvre con ce Regie ! Tout ça parce qu’elle lui avait malencontreusement sauvé la vie… Alex n’avait pas le droit d’aller sur le terrain, mais ce jour là, bizarrement elle était entrée dans la maison. Le pauvre gars s’était retrouvé au milieu d’un feu croisé, et bien que non armé, elle s’était mise entre lui et le danger et avait assuré leur sécurité. Plus tard dans la salle d’interrogatoire il avait senti un truc en elle. Pas compliqué de voir qu’elle avait parfois l’air d’un junkie en manque de came. Il avait été le premier à lui conseiller d’expulser toute cette rage. Et quand elle l’avait remercié en lui disant que faire affaire avec un dealer ne l’intéressait pas il avait alors demandé « Mais qui a parlé de drogue ? » C’est là qu’elle avait appris pour Alaric et son petit traffic. Là qu’elle s’était renseignée sur lui, son passé, son présent, son business. Et là que l’idée de mettre la bête en elle sous contrôle l’avait titillée. Pourquoi mettre la bête en cage ? Pourquoi ne pas lui donner ce qu’elle veut et ainsi gagner son affection ? Elle s’était fait des films. Elle avait été idiote.

Comme l’idiote qui avait cessé de se débattre, pensant que les tortures arrêteraient, avant de finir enfermée dans un puits au coeur de l’hiver. Condamnée à mort.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Way Down We Go ••• Alaric&&Alex   Mer 30 Aoû - 16:31


« Que vous aviez plus de couilles. » Il en avait. Parce qu’il n’avait rien à perdre. Rien à perdre, sauf sa liberté. Rien à perdre, sauf son honneur. Il se contenta de l’observer un long moment. Comme il avait l’habitude d’observer quiconque dépassait les limites de la barrière qu’il avait mis des années à ériger autour de lui. Il observe. Il analyse. Il imagine les motivations et les pensées de ceux qui tentent de le cerner également. Il avait été habitué à observer, car on l’avait longtemps considéré comme étant invisible. Qui pouvait bien s’intéresser à un gamin que personne ne voulait et que les parents avaient abandonné à peine né ? Qui pouvait bien se demander ce qu’un gamin foutait à tel endroit, à telle heure quand personne ne le cherchait ni le surveillait ? Il avait été livré à lui-même bien trop tôt, et il avait appris à survivre par lui-même bien trop tôt. « Les gens ne sont jamais ce qu’on croit. » Oh, cela il ne pouvait pas le nier. Personne ne se méfiait du monde qui l’entourait plus qu’Alaric Winchester. Il ne se livrait jamais. Il n’accordait sa confiance qu’à très peu de gens. Trop peu de gens. Beaucoup tentaient de percer sa carapace – femmes et hommes. Beaucoup tentaient d’amadouer la bête. Mais peu y parvenaient – il fallait de la patience, de la détermination et de la volonté pour ça. En était-il de même pour la jeune femme ? Etait-elle secrète ? Avait-elle un passé lourd et rempli de colère, de haine et d’injustice ? Avait-elle souffert pour oser venir le trouver et lui demander de l’aide, à lui ? Que savait-elle exactement le concernant ? Une série de questions sans réponses, car il ne parvenait pas à la cerner – grande première. Non. Pas grande première. Seules les femmes qui avaient une place particulière dans sa vie avaient su l’intriguer et l’épater. Lou. A présent, Elinor. Et qui était cette grande brune au regard déterminé et apeuré à la fois ? « Vous ai-je dis que je voulais apprendre l’auto-défense ? Vous avez du mal comprendre. Et en effet j’ai dû me tromper sur votre compte. » Elle mordait. Elle attaquait. Elle piquait. La colère était un bon moteur pour faire mal et atteindre, mais il n’y avait absolument aucune raison qu’elles ne l’atteignent lui aujourd’hui. Il ne la connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. Il n’avait pas besoin de son approbation ou de sa compassion. Il n’avait pas besoin qu’elle voit en lui un héros. Il n’avait pas besoin qu’elle voit en lui L’Homme susceptible de l’aider. « Quand on veut boxer, à ce point, c’est forcément pour apprendre à se défendre, » qu’il lui dit simplement. La boxe avait été pour lui une révélation, mais la première fois qu’il avait été tenté il devait bien reconnaitre que sa principale motivation était d’apprendre à se défendre. Il vivait dans la rue la plupart du temps. Il rencontrait des gangsters la plupart du temps. La sécurité, il avait dû se la procurer seul, comme un grand. Par chance, il avait toujours un physique imposant et intimidant – cela lui avait valu une certaine tranquillité, autant au lycée que lorsqu’il avait décidé de subvenir à ses besoins sans famille d’accueil, sans orphelinat, sans foyer. On avait plus cherché à le recruter dans des affaires louches qu’à lui mettre des bâtons dans les roues. Il avait trouvé dans la boxe un réconfort que personne n’avait su lui apporter dans sa vie. Il avait trouvé dans la boxe un refuge qu’il refusait de quitter – l’unique raison pour laquelle il désobéissait à la loi. « Pauvre Regie… il voulait tellement m’aider… » qu’elle finit par lui dire, l’air désolé et triste, mais il perçu clairement que ses paroles étaient bien choisies. Regie était son ami d’enfance. Regie était un des rares hommes auquel Alaric avait accordé sa confiance. Sans faille. Sans hésitation. Sans possibilité de retour. Les deux hommes se connaissaient depuis toujours et pouvaient prétendre avoir connu le même parcours – à quelques détails près. Alaric avait sauvé la mise de Regie – si ce n’était pas la vie – à plusieurs reprises. Regie avait sauvé la mise – si ce n’était pas la vie – à Alaric à plusieurs reprises. Et Regie ne semblait pas capable de rester bien loin des problèmes. Contrairement à Ric’, il n’avait pas rencontré de Dan. Contrairement à Ric’, il n’avait pas eu la chance qu’on lui offre un choix à faire : la drogue ou la liberté. Il avait choisi la drogue, parce qu’il était piètre voleur et que ça payait bien. Il avait choisi la drogue parce qu’il ne pouvait s’empêcher d’en consommer. Il avait choisi la drogue parce qu’elle lui donnait l’impression d’être important et d’avoir trouvé sa place dans ce bas-monde. Peu importait les paroles de Ric’, il ne semblait pas capable d’en sortir. Et si Ric’ savait qu’il pouvait être un indic’ auprès de la police, il savait qu’il était contacté principalement par la brigade anti-drogue. « J’ai été idiote de le croire quand il m’a parlé de vous. Tort de croire une petite frappe. Un dealer de bas étage. Au final vous êtes tous les même non ? Je prends bonne note du conseil. Peut-être irais-je chercher un club, voir votre frère, qui sait… Histoire d’apprendre à boxer et me défendre comme une petite souris. » A présent, il était plus que toute ouïe. Elle savait bien trop de choses le concernant, bien trop de choses qu’il estimait bien confidentielles et personnelles. Bien gardées. Il n’avait appris l’existence de Jon que depuis une semaine à peine et n’en avait parlé à personne – absolument personne, pas même à Dan. Pourtant, Elle, elle savait. Il ignorait quelles raisons avaient poussé Regie à lui parler de lui. Il ignorait quelles raisons avaient poussé Regie à l’orienter vers lui – voire même par lui avouer toute la vérité alors qu’il ne l’aurait jamais fait en temps normal. Mais il l’avait fait. « Une dernière chose Monsieur Winchester. Si l’envie vous prend de faire un tour dans un vrai trou à rats, vous vous apercevrez vite d’une chose : je ne suis pas un rongeur. Régie m’a parlé de vous parce que j’ai besoin d’aide. J’ai au moins ce courage de le reconnaitre. Mais je ne vous supplierai pas. J’ai dépassé depuis longtemps le stade de la supplication. Vous voulez jouer les buté ? Okay.. J’en ai rien à foutre. Ni de vous, ni de votre petit business à la con. Alors bonne soirée Monsieur Winchester. » Elle lui avait rabattu le clapet en deux temps, trois mouvements, sans qu’il n’ait rien vu venir. Il aurait pu la laisser partir. Il aurait pu prendre le risque de la laisser partir pour mieux revenir avec une équipe spécialisée, prendre le risque de perdre plus que sa liberté. Il aurait pu croire qu’elle bluffait. Mais son instinct lui assurait qu’il n’y avait là aucun bluff. Et elle avait évoqué le nom de Regie. Toutes personnes évoquant ce nom obtenaient généralement une réponse favorable auprès de Ric’. Ils étaient amis, ils étaient comme des frères et c’était Regie qui savait recruter les hommes susceptibles d’être intéressés par les combats, susceptibles surtout de fermer sa gueule. Mais une flic ? Le FBI ? A quoi avait-il pensé ? « Alex, » qu’il l’appelle directement par son prénom. S’ils devaient parler, vraiment parler, il n’y aurait pas d’agent Regan. S’ils devaient parler, vraiment parler, il n’y aurait pas de FBI. Elle s’arrête dans son élan quelques mètres plus loin, et il ignore si elle jubile à cet instant ou si elle a le cœur battant – rempli d’espoir ou de doute ? – mais il ne peut tout bonnement pas la laisser partir à présent. « Il y a très peu de personnes qui ont gagné ma confiance. Je ne suis pas facilement approchable, pas facilement manipulable et encore moins appréciable, » qu’il commence à lui dire en s’approchant d’elle afin de refermer la porte qu’elle avait commencé à entrouvrir. De ce fait, il se retrouve face à elle. Assez proche pour percevoir son regard et cette détermination qu’il avait perçue plus tôt. Assez proche pour percevoir son pouls, palpitant dans son cou. Le silence s’impose quelques secondes, temps pour eux de s’observer de plus près. « Comment connaissez-vous Regie, et que vous a-t-il dit au juste ? Pas besoin d’utiliser des gants et de tourner autour du pot. Si vous voulez de mon aide, si vous la voulez vraiment, va falloir jouer cartes sur table avec moi, » qu’il lui indique d’entrée les règles Winchester. Il détestait les sous-entendus, principalement parce qu’il ne les saisissait pas toujours facilement. Il préférait de loin la franchise, l’honnêteté et la vérité – qu’elle soit dure à entendre ou pas. « Pourquoi vouloir à ce point à vous défendre et à frapper aussi fort que possible ? Pourquoi avoir besoin d’apprendre à mettre un homme à genoux pour plusieurs heures sans risquer qu’il réplique ? Pourquoi vouloir encaisser les coups sans pleurer ? » qu’il finit par lui demander d’une voix plus basse, mais ferme. S’ils devaient collaborer, s’ils devaient être francs et directs l’un envers l’autre, il ne tolérerait aucune échappatoire, aucune hésitation, aucun secret. Il lui fallait des années pour accorder sa confiance. Il lui fallait des années pour être approché et apprivoisé. Elle avait là l’occasion et la possibilité de gagner tout ça en quelques minutes.

Chanceuse. Ou pas.




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