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 feels like home - jon & ric

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Alaric Winchester
Admin Ours Brun
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DATE D'INSCRIPTION : 10/09/2016
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MessageSujet: feels like home - jon & ric   Mar 8 Aoû - 11:57


La vie pouvait être faite de surprises. Alaric en avait connu un certain nombre depuis plus de trente ans maintenant – des mauvaises et des bonnes, même s’il avait tendance à se rappeler particulièrement des mauvaises. Mais le destin pouvait être drôle parfois, curieux d’autres fois, désastreux certains moments et extraordinaire à d’autres. Il était le meilleur mécanicien de son coin – Venice Beach restait petit à côté de tout LA, mais beaucoup de l’extérieur de Venice venaient jusqu’à son garage pour être sûr de retrouver leurs voitures en état de marche. Il avait réussi à faire perdurer le nom de Dan depuis quasiment dix ans maintenant et il avait fort bien l’intention de continuer sur cette voie. Il n’avait plus besoin de faire ses preuves, elles étaient faites et le garage tournait à merveille. Beaucoup ignoraient ce qu’il abritait quelques fois le soir, et beaucoup continueraient d’ignorer ce qu’il s’y passait deux à trois fois par semaine environ. Alaric pouvait compter parmi ses clients diverses personnalités : des clients habituels, qui refusaient catégoriquement d’abandonner leurs vieilles bagnoles qui ne demandaient qu’à aller à la casse, des clients spontanés ou de passages qui se retrouvaient avec un pneu crevé ou un problème plus imposant qu’ils avaient ignoré jusqu’à lors. Et des clients renommés. Le genre de client qui paie pour être satisfait en temps et en heure. Bien sûr, ces clients étaient plutôt « rares » mais ils existaient bien. Et Ric s’occupait généralement toujours de ces clients-là. Non seulement parce que leurs bagnoles ne coûtaient que 1 000 dollars, mais aussi parce que le client exigeait que ce soit lui – le propriétaire et l’expérimenté – qui se charge de tout : de la réparation au retour du véhicule. Oui, parce que généralement ce client ne débarquait pas en plein Venice Beach pour récupérer sa caisse aux six, voire sept chiffres. « Monsieur Johnson ? » avait-il été alpagué quelques jours plus tôt par un homme en costard-cravate, qui ne semblait néanmoins pas préoccupé aux risques qu’il prenait à se balader dans un garage rempli de merdier, de saleté et d’autres choses qui auraient pu bousiller son costume à quatre ou cinq chiffres. Il avait même accepté de lui serrer la main. « Johnson était l’ancien patron, je suis son successeur. Je peux vous aider, Monsieur ? » « Mon client m’a demandé de vous apporter son bien le plus précieux, » lui avait-il annoncé en pointant la superbe chevrolet impala garée juste devant. « A vrai dire, il m’a demandé de trouver le meilleur du monde – à défaut le meilleur de Los Angeles. Et vous êtes le seul à avoir eu un sans-faute dans mes recherches, » l’avait-il complimenté. « Je vous remercie, ça fait toujours plaisir. Et que se passe-t-il pour cette merveille ? » parce qu’il était forcément fasciné par le bijou qu’elle représentait. « Un drôle de bruit lorsqu’elle roule, un bruit qui n’existait pas avant il y a deux jours. Mon client est prêt à vous payer le prix que vous désirez – pour la rapporter ce soir à 20h à cette adresse ». Le plus grand ring de LA – soit un combat de boxe que Ric avait eu l’intention de regarder le lendemain soir. « Mon client serait-il boxeur ? » avait-il osé demander – chose qu’il ne faisait habituellement jamais. Mais forcément, quand il s’agissait de la boxe, de sa passion, il ne pouvait pas s’en empêcher. « En effet. Est-ce que l’on peut compter sur vous ? » « Bien entendu, » avait-il répliqué du tac-o-tac. C’était toujours « bien entendu » qu’il répondait. Il laisserait ce qu’il était en train de faire à ses employés, et ne s’occuperait que de la chevrolet – seul. Dans ces moments-là, il avait le sentiment d’être un gosse devant un sapin de Noël. Ce n’était pas tous les jours qu’il avait l’occasion de bosser sur une merveille comme celle-ci, encore moins qu’il avait l’occasion d’en conduire une. Oh bien sûr, il pourrait fortement s’en payer une lui-même à présent. Le garage marchait bien, les affaires louches aussi. Mais foutre son argent dans la bagnole reviendrait à baisser le salaire de ses employés pendant un moment. Hors de question.

Cela lui prit quasiment plus de la demi-journée. Il en oublia même de grignoter un morceau entre midi et deux, et à quatre heures tapantes son ventre cria famine. Il s’accorda une petite pause pour un petit casse-croûte avant de s’y remettre. Peut-être aurait-il l’occasion de voir le combat en réel et non devant son écran télé. Peut-être pourrait-il le demander en compensation de son travail acharné et de sa ponctualité. Toujours est-il que la voiture ronronnait comme un chat satisfait et heureux quand il la rapporta à son propriétaire à l’adresse donnée. Il avait pris le temps de prendre une petite douche avant – au cas où – et bien que ses doigts paraissent sales, preuves d’un job acharné, il paraissait suffisamment propre pour pouvoir rentrer dans le bâtiment. « Bonjour, je viens rapporter une voiture pour Monsieur… Johnny. Reckless Johnny, » réalise-t-il soudain. Pourquoi ne l’avait-il pas lu plus tôt ? Peu lui importait en fait qui était le client. A présent, il allait rencontrer LE boxeur, celui qu’il ne manquait jamais sur un ring et celui qui lui faisait regretter chaque fois de ne plus pouvoir monter sur l’un d’entre eux un jour. Ric n’était pas un « fan » comme les autres, il ne faisait aucune recherche particulière sur son boxeur favori. Il se contentait de ne jamais manquer un combat, et quand il pariait – rarement – il pariait toujours sur lui. Mais cela s’arrêtait là. « Vous êtes Monsieur Johnson ? » demanda la jeune hôtesse, le sortant de sa rêverie. « Son fils, » répondit-il machinalement. « Je suis le successeur de Monsieur Johnson, » explique-t-il en la suivant d’un pas léger, les clés à la main. Elle l’accompagna jusqu’à diverses portes. Il finit par débarquer dans le vestiaire – un endroit réservé au staff du boxeur et au boxeur lui-même. Johnny enfilait ses gants et semblait concentré à 100 %. Personne ne vint vers lui, aussi prit-il la peine et le courage de s’avancer vers son client. Après tout, on l’avait amené ici, et après tout on lui avait demandé de ramener la voiture à 20h tapantes. « Excusez-moi, » dit-il simplement tandis que le rouquin relevait la tête vers lui. « Je vous rapporte votre Impala comme convenu, » lui dit-il simplement en lui tendant les clés de sa chevrolet. « Je suis désolé, je ne sais pas si j’ai le droit d’être là mais on m’a accompagné jusqu’à ici, alors… » s’excuse-t-il bêtement en plaçant ses mains dans les poches. « Si vous avez besoin de quoique ce soit, votre agent sait où me trouver. Mais a priori, vous n’aurez plus besoin de mon aide – elle roule à merveille, » se cantonne-t-il à la voiture, alors qu’il avait envie de parler de boxe. Comment se sentait-il avant ce combat ? Stress ? Adrénaline ? Il se rappelait tout ce que l’on ressentait avant de grimper – les enjeux, les risques, les applaudissements, les cris. « Je ne voudrais pas manquer le combat, je ferai mieux d’y aller, » lui avoue-t-il en reculant légèrement vers la sortie. Il n’osait pas demander une petite place dans les gradins.




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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: feels like home - jon & ric   Mar 8 Aoû - 19:41

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Alaric ∞ Jonnhy
Comme chaque jour de grand match, il ne faut pas me parler. Mon coach me surveille, mais il n'a même plus besoin de me donner des ordres. Je me lève tôt, débute mon entraînement sans trop forcer non plus, cela serait dommage de se blesser stupidement le jour J. Corde à sauter, course, abdo, enchaînement de différentes prises afin de surprendre l'adversaire. Je mange ce qu'il faut afin que mon corps soit prêt, je me concentre comme jamais profitant de mes moments de pause afin de regarder des matchs de mon adversaire. Il est bon, très bon et cela risque d'être un peu plus compliqué que d'habitude. Il n'empêche que je vais quand même gagner. Il a une faille au niveau de sa défense, je la brise, je ne le lâche plus et je le mets KO.
C'est toujours dans cette optique que je me retrouve dans le vestiaire, le coach fixant mes gants pendant que je fixe un point. La concentration est à son maximum alors que je sais qu'il ne reste qu'une vingtaine de minutes avant le début du combat.
- Excusez-moi.
Je ne réponds pas tout de suite avant de redresser la tête. J'observe cet homme robuste que j'ai presque envie d'envoyer balader. Mais je ne suis pas boxer pour frapper les gens n'importe comment (je sais, c'est mignon de dire ça alors que je suis du genre impulsif). Seulement le fait qu'il vienne me parler, à un moment aussi intense me fait serrer la mâchoire. Sérieusement, surtout si c'est un fan je crois que je vais le perdre.
- Je vous rapporte votre Impala comme convenu.
Ok, donc en plus c'est le mécano.
- Je suis désolé, je ne sais pas si j’ai le droit d’être là mais on m’a accompagné jusqu’à ici, alors…
J'hausse un sourcil avant de fixer l'homme qui l'a accompagné. Il est nouveau dans le staff et rien qu'à mon regard il a compris qu'il allait être viré.
- Etonnant quand ils savent qu'il ne faut surtout pas me déconcentrer avant un combat...
Un regard vers mon coach qui comprend et fait sortir l'homme de la pièce. Même si je peux avoir le sang chaud je sais reconnaître quand ce n'est pas la faute de quelqu'un. Ce n'est pas sa faute si on l'a conduit jusqu'à moi. Et puis je vois bien une certaine gêne dans sa gestuelle ce qui me calme un peu.
- Si vous avez besoin de quoique ce soit, votre agent sait où me trouver. Mais a priori, vous n’aurez plus besoin de mon aide, elle roule à merveille.
- Je prends note Monsieur ?
Je demande, ne sachant même pas à qui j'ai à faire.
- Je ne voudrais pas manquer le combat, je ferai mieux d’y aller.
Manquer le match... C'est un amateur de boxe ? Au vu de sa carrure cela ne m'étonne même pas. Je me demande s'il a déjà pratiqué. Si ce n'est pas le cas, je trouve ça vraiment dommage au vu de ce potentiel. Pendant un instant je me demande s'il a des places pour le match, mais je sais que ce soir au vu de l'affiche les places n'étaient vraiment pas données.
- Comment voulez vous le manquer vu que vous êtes sur place.
Un nouveau regard à mon coach qui vient de rentrer de nouveau dans la pièce.
- Je suis certain qu'on a moyen de trouver une place au premier rang.
On me demande toujours si j'invite des gens, ce n'est pas le cas. Pour une fois, je suis certain qu'il fera des miracles pour moi.
- Bien sûr Johnny. Suivez-moi.
Les deux hommes sortent de la pièce et je me tourne vers ceux qui sont encore présents.
- La prochaine fois que vous m'emmenez quelqu'un dans mon vestiaire, vous êtes tous dehors.
Au moins le message est clair. Je me concentre maintenant à nouveau sur mon combat. Le coach revient, ne dit rien car il me connaît alors que j'enfile ma veste floquée à mon nom de boxe.
- Tu lui as trouvé une bonne place.
- La meilleure.
- Parfait.
Simple, clair, conçit.
On quitte le vestiaire jusqu'à arriver au niveau de l'entrée alors que les lumières commencent à s'éteindre. Je n'écoute pas le discours de l'arbitre, je ne fais pas attention aux hurlements ou encore à l'ambiance électrique qui m'entoure.
- RECKLEEEESSS JOHNNYYYYYYY !
Me voilà lancé, levant les bras en l'air d'un signe déjà victorieux. De toute façon il n'y a pas d'autre choix que la victoire.
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Alaric Winchester
Admin Ours Brun
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MessageSujet: Re: feels like home - jon & ric   Mer 9 Aoû - 19:18


Il ne pouvait que comprendre le challenger. A l’époque où il pouvait encore pratiquer la boxe, tout le monde le connaissant savait qu’il valait mieux lui foutre la paix avant un combat. Il y avait d’ailleurs moins de monde à ses côtés dans ces moments-là. Mais Alaric n’avait pas eu le temps de passer professionnel et de bénéficier d’autant de monde pour gérer sa carrière. Il avait connu son moment de gloire – vif et intense, rapide et fulgurant – et il avait vu son rêve s’envoler comme une vitre éclatée en mille morceaux. Il avait fini par accepter cette fatalité, et les combats qu’il organisait lui permettaient tout de même de libérer cette colère et cette frustration accumulées depuis qu’il n’avait plus le droit de poser le pied sur un ring. Oui. Il comprenait Johnny. Il comprenait ce besoin de se retrouver seul. Ce besoin de se concentrer intégralement sur le combat qu’il allait mener. Le besoin de se retrouver dans sa bulle, sans personne pour venir l’emmerder ou lui faire perdre de vue son objectif. « J’avoue que j’ai été surpris moi aussi qu’on me fasse entrer dans votre espace, » répond Alaric en grimaçant légèrement, gêné. « Je m’appelle Alaric, » se présente-t-il quand il le boxeur lui fait signe de demander son nom. Il ne souhaitait pas le déranger plus longtemps, plus que nécessaire, aussi rebroussait-il chemin pas à pas sans réellement être certain de parvenir à la sortie – partagé entre l’envie d’être courtois et professionnel et celle d’être solidaire et lui foutre la paix. « Je ne suis pas vraiment doué pour ce qu’il y ait d’obtenir des places pour les combats que je veux voir – c’est-à-dire tous, » plaisante-t-il néanmoins. A l’idée d’être au premier rang, comme ça, en un claquement de doigt, son cœur fit un bond. Il n’aurait pas osé rêver autant. « C’est super sympa, mais je ne voudrais pas abuser de votre temps, ni de votre générosité, » dit-il bêtement et inutilement, car la place semblait lui être automatiquement attribuée – comme si la salle n’allait pas être déjà pleine à craquer. « Merci, Johnny, » se trouve-t-il seulement capable de dire. Il ne trouvait jamais les mots quand il fallait remercier dans ces moments-là. Aussi se contentait-il du minimum – ce qui convenait la plupart du temps à la plupart des gens. Sans le connaitre réellement, il était persuadé que le boxeur le comprendrait et n’en attendait pas plus de la part d’un amateur de boxe. Une façon peut-être pour lui également de le remercier d’avoir bien bossé sur sa voiture. Il ne réalisait pas vraiment qu’il était en train de se diriger vers une place de luxe – au premier rang, au premier plan. Combien de fois s’était-il retrouvé ici ? Dans les gradins, jamais. Sur le ring. Il ne comptait plus. Combien de fois avait-il connu ce sentiment ? Cette folie ? Cette adrénaline ? Cette peur mélangée à l’excitation ? Combien de fois par jour regrettait-il de ne plus avoir ce droit et ce privilège ? Mais aujourd’hui ne serait pas un jour de regret. Il allait profiter d’un match qu’il espérait bien voir devant son écran et la vie lui offrait l’occasion de le voir en direct live – de quoi lui donner la pêche et le rendre heureux jusqu’à la Saint Glinglin. Non ? Bon, peut-être pas – Ric était un grincheux et un éternel râleur, mais tout de même. Ce petit plaisir personnel le suivrait un long moment. Il ne connaissait pas les personnes l’entourant, et peu lui importait. Il ne prit pas le temps d’envoyer un quelconque message à qui que ce soit pour prévenir où il était et ce qu’il faisait – pas même à Dan. Toute personne le connaissant bien saurait qu’il serait devant le match – chez lui ou ailleurs. Non, il allait profiter de cette soirée et de cette chance comme tout bon être humain, tout bon passionné de boxe.

Dès l’instant où Johnny est entré dans la salle jusqu’à sa sortie victorieuse – bien qu’acharnée, son adversaire n’était pas un débutant ni un moins que rien – la salle n’avait pas cessé de hurler son nom, ni de hurler tout court. Alaric ne faisait pas partie de ces gens qui « hurlent » leur joie ou leur mécontentement, non il gardait tout intérieurement, et ce depuis toujours. Il s’était contenté de sourire par moment, de rire parfois et d’applaudir quand il le jugeait nécessaire. Il était plutôt fier de son « boxeur » et il été encore plus fier d’avoir pu assister à un combat digne de ce nom. Il ne partit pas tout de suite, décidé à profiter de chaque seconde et de chaque minute. C’était un moment à lui, un moment à repenser au passé et à ces années de bonheur qu’il avait connu sur un ring. Il ne pensait pas aux regrets qui l’habitaient et ne le quittaient plus depuis ce jour funeste, mais bien aux meilleurs moments de cette vie-là. Il ne se rendit pas compte du temps qui passait et de l’horloge qui tournait. Il prit conscience que la salle était vide lorsque Johnny vint se placer face à lui. Il avait eu le temps de prendre une douche et de soigner les quelques blessures de la soirée, et il portait son sac de sport à l’épaule gauche, prêt à partir. « Wow, je n’avais pas réalisé qu’il s’était déjà écoulé autant de temps, » s’excuse-t-il naturellement en souriant légèrement et se relevant pour prendre la sortie. « Perdu dans des souvenirs bien lointains. Quand on a quitté le ring et qu’on ne peut plus y revenir, ça arrive souvent, » explique-t-il inutilement. Qu’est-ce qu’il en avait à foutre, sérieusement ? Il devait bien se moquer de ces amateurs qui n’y connaissaient rien – même s’il s’y connaissait. Beaucoup. « C’était un super match, vraiment. Je suis content d’avoir pu y assister. Je vous remercie encore une fois, » lui dit-il en lui tendant une main. « Mon garage vous sera éternellement ouvert pour ça – au moindre problème, n’hésitez surtout pas. Vous demandez Alaric Winchester, et on saura où me trouver, » termine-t-il avec un dernier sourire, un geste de la main et il tourna les talons pour laisser son boxeur fétiche partir en paix se reposer ou fêter sa victoire à sa manière. Le reste, ça n’appartenait qu’à lui. Pas vrai ?



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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: feels like home - jon & ric   Lun 14 Aoû - 23:07

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Alaric ∞ Jonnhy
Quand je suis sur le ring, j'essaye de m’abstenir de tout. Que ce soit dans le regard avec toutes ces personnes qui bougent autour de nous, agitant aussi des pancartes et autres affiches spécifiques à la boxe. Je fais aussi abstraction du bruit. C'est quelque chose de spécial, technique aussi. On peut difficilement occulter tout le bruit, mais je fais ce que je peux avec une concentration immense. Le secret ? Se concentrer sur la respiration. Plus le combat avance, plus le cœur bat vite, plus la respiration se fait présente. A un tel point qu'elle englobe tout, elle devient mon mouvement, mes coups, ma stratégie. C'est comme ça que j'enchaîne les coups, me mouvant selon l'inclinaison de mon adversaire, évitant du mieux que je peux ses coups, où en prenant certains par stratégie afin de lui donner un coup qui le sonne assez longtemps pour continuer. C'est ce que je fais avant de lui donner le coup final. J'ai la bouche un peu enflée, le goût du sang dans la bouche mais je reste vainqueur. Ainsi je peux relâcher la pression, la concentration aussi. C'est ainsi que tout le son semble soudainement s'amplifier, laissant place à des hurlements de joie. Je souris comme un gosse, levant les bras au ciel, saluant mes supporteurs. Il n'y a rien de plus grisant qu'une victoire dans ce sport.

Après avoir pris une douche, avoir soigné du mieux que je pouvais les blessures (se résumant principalement à nettoyer le sang) et avoir signé des autographes, je reviens dans la salle, voulant me trouver un instant avec le ring. Comme un moment de nostalgie pour ce soir, déjà un souvenir. C'est toujours un moyen aussi de garder en mémoire le terrain. Oui, un ring est un ring, mais un terrain de foot aussi. Pourtant il est important de toujours savoir où on va, et comment le ring est véritablement. Je suis alors étonné de voir que quelqu'un à la même idée que moi. Du moins peut-être pas les mêmes raisons, mais il flotte cette nostalgie certaine autour du ring. Je m'avance jusuqu'à aller à côté de mon nouveau garagiste.
- Wow, je n’avais pas réalisé qu’il s’était déjà écoulé autant de temps.
Je souris avant de laisser mon regard se perdre sur le ring.
- Perdu dans des souvenirs bien lointains. Quand on a quitté le ring et qu’on ne peut plus y revenir, ça arrive souvent.
Je réfléchis un instant à ses paroles, les laissant en suspens, n'osant pas trop poser des questions. Je ressens sa nostalgie et réfléchis un instant au moment où je devrais quitter le ring. A 34 ans, certaines personnes me pensent déjà vieux, mais gagnant encore des combats je tiens presque du miracle. N'importe quoi. Après, je pense que je serais entraîneur. Je ne suis bon qu'à ça de toute façon, je n'ai jamais fait de grandes études, j'ai toujours été un élève moyen. S je perds la boxe, je perds tout. Seulement ma curiosité prend le dessus.
- Si catégorique... Qu'avez- vous fait pour être ainsi bannit du ring ?
Ce n'est pas souvent qu'on peut partager avec quelqu'un qui pratique. On pourrait croire qu'on se connaît, qu'on discute et qu'on fait la bringue. Le fait est que je reste un homme assez solitaire. Quand je parle de boxe, c'est avec mon équipe et pour savoir comment améliorer encore ma technique. C'est différent cette fois, intriguant, et aussi plaisant de pouvoir ainsi en parler.
- C’était un super match, vraiment. Je suis content d’avoir pu y assister. Je vous remercie encore une fois.
J'hausse les épaules.
- Ah... Vous savez les boxeurs ont souvent des places libres au premier rang pour la famille, amis, petite ami... Je n'ai plus de famille, peu d'amis et absolument aucune petite amie alors, si je peux faire profiter la place à un passionné qui en plus a prit soin de mon Impala, c'est une bonne chose.
- Mon garage vous sera éternellement ouvert pour ça – au moindre problème, n’hésitez surtout pas. Vous demandez Alaric Winchester, et on saura où me trouver.
Winchester... Alaric Winchester... Je me tourne vers lui alors qu'il est en train de monter les marches pour quitter la salle. Serait-il possible que ? Après la mort de son père, il voulait le retrouver, seulement la vie ne m'en a jamais vraiment laissé le temps. Je me suis concentré sur ma carrière tous les jours, la nuit je rêvais boxe, et puis ma mère est tombé malade. En plus d'un emploi du temps consacré à mon entraînement, je me suis aussi consacré à ma mère et à prendre soin d'elle. La boxe rapporte beaucoup d'argent, plus que ce que j'avais pensé, et j'ai pu offrir à ma mère des soins que je n'aurais pas spécialement pu sans ce métier. Je dois absolument en avoir le cœur net et me mets à courir après lui.
- ATTENDEZ ?!
Je le rattrape et reprends mon souffle. C'est étrange d'être essoufflé pour une si petite course, mais il faut dire que j'ai utilisé beaucoup d'énergie ce soir et le simple fait d'avoir entendu son nom de famille m'a retourné.
- Est-ce que je peux demander votre âge ?.. Cette question est étrange je sais mais... J'ai besoin de savoir s'il vous plaît...
Mon père m'a dit sur son lit de mort qu'il avait mon âge, que j'avais un frère... Un ancien boxeur, ne serait-ce pas une drôle d'ironie ?..
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: feels like home - jon & ric   Mar 15 Aoû - 13:43


« Si catégorique... Qu'avez- vous fait pour être ainsi bannit du ring ? » Seigneur. Qu’avait-il fait ? Qu’avait-il bien pu commettre comme erreur pour le bannir du ring à vie ? Avait-il pu perdre son sang-froid ? Avait-il tué par erreur son adversaire ? Avait-il abusé de son pouvoir et de sa force ? Avait-il triché ? Qu’avait-il bien pu faire pour mériter pareille sentence ? Beaucoup avaient posé la question, et beaucoup n’avaient jamais reçu de réponse. Seuls les spectateurs de cette soirée, la justice, Dan et lui savaient le pourquoi du comment. Pour quelle raisons sentait-il qu’il pouvait en parler à Johnny Reckless ? Il l’ignorait, mais pour une fois il n’avait pas envie de mentir, pas envie d’esquiver et savait qu’il ne serait pas mal juger par un boxeur qui – à tout moment dans sa carrière – pouvait malheureusement connaitre le même destin que lui. « Un accident. Involontaire, mais perçu comme volontaire. Un mauvais coup. Une mauvaise manipulation. Et mon adversaire a fini dans une chaise roulante à vie, » conclut-il d’une voix posée mais où le souvenir douloureux et la culpabilité persistante se ressentait. Il serait toujours coupable aux yeux de la justice, mais il le serait toujours également à ses propres yeux. Peu importait que ce fut accidentel, peu importait que ce ne fut pas prémédité. Ce potentiel champion avait eu sa carrière brisée à cause de lui – et pire encore, il avait sa vie brisée à cause de lui. Cela arrivait bien sûr. D’autres boxeurs avant lui avaient connu cette mauvaise chute, et d’autres avaient eu « la chance » d’être considérés comme innocents. Ric avait été jugé et avait été banni du ring pour coups et blessures volontaires. Là encore, la vie s’était acharnée sur lui et lui avait ôtée ce qu’il aimait le plus dans ce bas-monde. A sa manière, il n’avait jamais quitté le ring. A sa manière, il ne saurait jamais le quitter. A sa manière, il défiait les lois et prenait les risques que n’importe quel véritable boxeur prendrait s’il était dans sa situation. Il en était certain. « La faute à pas de chance, dirons-nous, » ajoute-t-il en haussant les épaules. C’était il y a plus de dix ans maintenant – le temps passait et il fallait bien accepter de vivre avec. Aujourd’hui, il profitait des combats à la télévision. Aujourd’hui, il suivait la carrière de boxeurs dont il aurait faire partie et qu’il aurait pu combattre dans une autre vie. Aujourd’hui, il réparait des impala de boxeurs renommés et obtenait des places gratuites au premier rang pour un match important. « Ah... Vous savez les boxeurs ont souvent des places libres au premier rang pour la famille, amis, petite-amie... Je n'ai plus de famille, peu d'amis et absolument aucune petite-amie alors, si je peux faire profiter la place à un passionné qui en plus a pris soin de mon Impala, c'est une bonne chose », lui dit-il plus détendu qu’avant le match – compréhensible. Alaric lui adresse un simple sourire reconnaissant pour le remercier, avant de laisser le sportif profiter de sa soirée comme il l’entend. Il se sentait suffisamment chanceux pour ce soir et n’était pas le genre d’hommes à abuser des bonnes choses, des bonnes personnes et du temps précieux des autres – car il ne supportait pas qu’on lui fasse perdre son temps précieux, qu’on profite de lui et qu’on abuse de ce qu’il avait à offrir – même si c’était fort peu de choses.

« ATTENDEZ, » qu’il entend alors derrière-lui d’une voix forte. Il ignorait ce qui le surprenait le plus, la panique, le désespoir ou la surprise qui se ressentaient dans ce cri de Johnny, ou le fait qu’il l’appelle lui, finalement, pour le retenir et non l’inverse. Après tout, c’était Ric’ qui admirait le boxeur et aurait pu vouloir lui demander photo et autographe – heureusement, ce n’était pas son dada. « Un problème ? » qu’il demande simplement en plaçant ses mains dans les poches. Il n’aurait pas été plus surpris si le boxeur l’avait invité à aller boire un verre avec lui et ses potes. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire l’âge qu’il avait ? Il fronça légèrement les sourcils, plus surpris que gêné ou même outré. « Je peux vous jurer que j’ai l’âge légal pour assister à un combat et l’expérience nécessaire pour que votre impala roule comme sur des roulettes, » commence-t-il par répondre sur le ton de l’humour. Cela dit, pourquoi serait-il plus sérieux face à une telle question absurde ? Pourquoi comprendrait-il la véritable signification de cette interrogation ? Pourtant, il perçoit bien dans le regard du boxeur que la réponse est plus importante qu’il ne l’imagine. « J’ai 34 ans. Un peu comme vous, je crois, » ajoute-t-il naturellement. « Mais je ne crois pas faire moins, et j’espère bien ne pas faire plus, » qu’il rigole légèrement de sa connerie. « Est-ce que ça va ? » finit-il par demande cependant, trouvant tout à coup Johnny quelque peu… pâle. Avait-il vu un fantôme ? Avait-il pris un mauvais coup, plus mauvais qu’on n’aurait pu le croire ? « Vous devriez rentrer pour vous reposer, j’ai l’impression que ce combat a été plus rude que ça en a eu l’air… » conseille-t-il simplement, à l’ouest de ce qui peut se tramer dans la petite tête du rouquin.
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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: feels like home - jon & ric   Dim 20 Aoû - 22:34

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Alaric ∞ Jonnhy
Quand il me raconte ce qui lui est arrivé, je dois avouer qu'un frisson me parcourt. En même temps, c'est le genre d'accident qui peut arriver à n'importe lequel d'entre nous. Un coup mal placé, une mauvaise chute et c'est le drame. On l'a tous vu dans ce film notamment de Clint Eastwood. Triste réalité, encore plus triste lorsqu'on est accusé aux yeux de la justice d'avoir fait exprès. Je me demande comment on peut croire qu'il a fait exprès, comme on peut accuser un homme d'avoir volontairement envoyé au tapis quelqu'un, et ceux de façon un peu plus permanente si j'ose dire.
- La faute à pas de chance, dirons-nous.
Je sens sa résignation. De toute façon, que pouvons-nous faire si la justice n'est pas avec nous. Le voir regarder le ring comme ceci me pince un peu le cœur. Si cela devait m'arriver, je crois que je m'en relèverais tout simplement pas. Je décide de ne pas retourner le couteau dans la plais et le remercie à ma façon de prendre soin de ma voiture. Seulement, je me prends une claque quand celui-ci me donne son nom de famille. Quand il part, je me sens tout simplement démuni, je ne peux pas le laisser disparaître alors que c'est peut-être lui... Je lui cours alors après et je vois bien sa surprise quand il se retourne.
- Un problème ?
Alors je lui demande son âge, le seul indice que j'ai de la part de mon père. Il ne m'a laissé rien d'autre que cela.
- Je peux vous jurer que j’ai l’âge légal pour assister à un combat et l’expérience nécessaire pour que votre impala roule comme sur des roulettes.
Normalement, cela me ferait rire, je dois avouer que j'ai un petit sourire mais j'ai beaucoup trop de pression pour le laisser continuer sur cette voie. Je pense qu'il voit que je ne suis pas trop d'humeur à plaisanter.
- J’ai 34 ans. Un peu comme vous, je crois.
J'ai l'impression que toute la pression s'envole, me laissant complètement sur le cul. Je l'observe, semblant reconnaître le nez et les yeux de mon père. Enfin, je crois qu'à ce stade et vu ma fatigue je pourrais presque y voir le sourire de ma mère alors que ce n'est pas la sienne. Je dois devenir barge, mais les Winchester, il y en a pas tant que ça...
- Est-ce que ça va ?
Je crois que je suis pas aussi non transparent que je le croyais. Ce mec semble lire en moi comme dans un livre ouvert. Je me sens un peu pâlir en me disant que c'est peut-être lui qui est en face de moi. Je ne l'ai pas cherché et voilà que maintenant que je n'ai plus de famille le destin me l'envoi. Cela serait une sorte d'ironie... tête rapidement.
- Vous devriez rentrer pour vous reposer, j’ai l’impression que ce combat a été plus rude que ça en a eu l’air…
Il a raison sur ce point, j'ai eu quelques difficultés et j'ai les côtes en miettes, mais la raison qui me fait faiblir va l'étonner, ça c'est certain.
- Est-ce que vous avez connu votre père ?.. Le mien m'a annoncé sur son lit de mort que j'avais un demi-frère quelque part... De mon âge...
Là encore, il doit se demander pourquoi je lui raconte tout cela. J'ai envie d'en apprendre plus sur lui, seulement je ne peux pas le laisser m'échapper... Ok, dis comme cela c'est encore plus flippant. Il va finir par croire sinon que j'ai un crush sur lui. Bon sang je dois mettre les choses au clair maintenant !
- Je ne le dis jamais aux journaux mais mon véritable nom est Jean-Neige Winchester.
Je l'observe pour voir sa réaction, savoir s'il va autant pâlir que moi d'apprendre que nous sommes probablement frère. Peut-être va-t-il me contredire, me dire qu'il n'a pas de frère, qu'il a connu son père et qu'il a grandi dans une famille heureuse. Cependant une chose me dit que nous sommes finalement plus proches que ce que je n'aurais jamais cru. Comment on aurait pu penser qu'en appelant ce garagiste ça allait tout simplement transformer ma soirée.
- Cela vous dirait de sortir aller boire un verre quelque part ? Je crois qu'on va avoir besoin d'une bonne bière avec une bonne discussion avec.
Boire nous fera du bien, et puis cela me détendra. Je pense aussi au fait que demain je vais revoir mon kiné bedonnant, en espérant qu'il retirera mes courbatures parce que, en plus du combat, la vie m'offre une sacrée tension !
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: feels like home - jon & ric   Lun 21 Aoû - 8:16


Entre boxeurs, il existait un certain respect que l’on ne retrouvait pas partout ailleurs. Beaucoup se trompaient sur ce sport. Beaucoup se fourvoyaient quant à ceux qui l’exerçaient. Certains s’imaginaient que c’était de la violence à l’état pur. Certains pensaient qu’ils n’étaient qu’une bande de sauvages, ne désirant qu’une chose : frapper et battre un autre. Certains pensaient que c’était une sorte de punition. Peu savaient que c’était un moyen de canaliser la colère, la haine, la frustration. Peu savaient qu’ils ne donnaient pas des coups pour donner des coups. Peu savaient qu’ils ne recevaient pas des coups pour recevoir des coups. Peu savaient l’investissement que cela représentait. Peu savaient l’engagement que cela méritait et réclamait. Mais Johnny savait, et Alaric se sentait compris pour la première fois en dix ans. Dan aimait bien la boxe, mais il n’en était pas passionné. Il l’aimait bien car Ric’ l’aimait bien. Il l’aimait bien parce que ça représentait quelque chose pour son fils adoptif. En parler avec son père de cœur ne revenait pas au même que d’en parler à un connaisseur, à un vrai boxeur. Et malheureusement, cela lui arrivait trop peu souvent. Même lors de ces soirées organisées dans son garage, il ne se permettait pas de parler Boxe. Il ne se permettait pas de parler des matchs en cours. Il était là pour organiser, pour surveiller, pour combattre. Illégalement. Et illégalement nécessitait forcément toute son attention et sa concentration. Cela faisait quelques semaines qu’il n’avait pas combattu, d’ailleurs. Ses poings commençaient à le démanger, et il avait hâte d’être à la semaine d’après. Mais cela, il n’avait pas à en parler à Reckless Johnny. Il ne l’inviterait jamais à ce genre de soirées illégales et inadaptées. Il n’avait pas à se cacher pour boxer. Il n’avait pas à éviter qui que ce soit pour monter sur un ring. Alors ils se contentèrent de parler du combat de ce soir, et de l’Impala qui était comme neuve. Si Ric’ ne pouvait plus porter de gants, il savait au moins faire des miracles avec ses mains. « Vous avez une superbe voiture, en tout cas. C’était un plaisir et un honneur que de la conduire – je n’en vois pas souvent, je dois l’admettre. Je peux vous assurer qu’il n’y a que moi qui l’ai approchée, » ajoute-t-il en lui souriant. Son agent lui avait bien fait comprendre qu’il valait mieux qu’il n’y ai que lui qui l’approche et la touche. Il voulait le meilleur. Le seul. Il l’avait eu. Dans un dernier au revoir, il lui tourna le dos pour retrouver la réalité. Cette petite parenthèse lui avait fait du bien et lui avait plu, mais à présent il devait retourner à son gagne-pain. Et comme il n’avait pas de voiture pour rentrer, il allait devoir prendre le métro – ou avoir le courage de marcher un long moment. Il avait opté pour la marche dans sa tête quand Johnny le rappela. Ses questions étaient étranges, mais tout comme l’était son visage pâle. Alaric eut l’impression qu’il venait de voir un fantôme. Le boxeur le dévisageait de façon prononcée et insistante, ce qui était aussi dérangeant que malsain. Non ? « Est-ce que vous avez connu votre père ?.. » qu’il lui demande alors. Ric s’immobilise net sous l’effet du choc. A-t-il connu son père ? Non. A-t-il envie de le connaître ? Certainement pas. Pourquoi cette question ? « Le mien m'a annoncé sur son lit de mort que j'avais un demi-frère quelque part... De mon âge... » Et ? Et alors ? Où voulait-il en venir exactement ? Ric continuait de le dévisager silencieusement, fixe comme s’il avait été pétrifié sur place. S’imaginait-il qu’il était ce demi-frère ? « Je ne le dis jamais aux journaux mais mon véritable nom est Jean-Neige Winchester. » En temps normal, il aurait eu une réaction plutôt déplacée et comique. En temps normal, il aurait ri malgré lui. En temps normal, il aurait ri à cette plaisanterie. Quel genre de parents appelaient leur fils « Jean-Neige » ? Il ignorait même que ça existait. Il haussa les sourcils, l’air de dire « t’es sérieux là ? » avant de pouvoir réellement réagir. « Cela vous dirait de sortir aller boire un verre quelque part ? Je crois qu'on va avoir besoin d'une bonne bière avec une bonne discussion avec. » Une bonne bière et une bonne discussion. Le boxeur venait de passer de héros à fou sorti de l’asile aux yeux de Ric, en une fraction de secondes. Pourtant, l’idée trottait dans sa tête et le perturbait, comme s’il pouvait y avoir une once de vérité. De possibilité. Mais l’idée d’avoir un frère, un demi-frère, était bouleversante et terrifiante. L’idée d’avoir une « famille » était bouleversante et terrifiante. « Je n’ai pas de père. Je n’ai pas de mère. Je ne peux pas avoir de frère, » qu’il énumère lentement et logiquement. Froidement. Il était seul. Il avait toujours été seul. Pourquoi cela changerait-il maintenant ? Pourquoi cela aurait-il pu être autrement ? Cette idée le remplissait d’autant plus de colère. Il n’avait jamais cherché à retrouver son père, ni sa mère. Il n’avait jamais cherché dans le passé. Il n’avait jamais voulu connaître les réponses. Car il savait que cela ferait sans doute plus de mal que de bien. Pourtant, ne s’appelaient-ils pas tous deux Winchester ? N’y avait-il pas là de quoi se poser des questions ? Ne devaient-ils pas aller boire cette bière et discuter ? Obtenir des réponses ? Même s’il n’avait jamais voulu les connaître. « Une bière ne me ferait pas de mal, là tout de suite, » qu’il finit par dire aussi pâle et perturbé que le boxeur dont il regardait les combats depuis plusieurs années. La vie était extrêmement étrange, pensait-il.

Une fois installés au bar le plus proche – et le moins peuplé, au moins ils étaient certains de ne pas être trop dérangés par des fans – un silence s’installa plusieurs secondes. « Je ne sais pas si Winchester est mon véritable nom de famille, » qu’il commence à dire, mais en sachant pertinemment que c’est la seule et unique chose qu’il détient de sa véritable identité. « Je n’ai jamais cherché à savoir qui était mon père, ou ma mère. Je n’ai jamais voulu savoir… » qu’il essaie d’expliquer à cet homme, à ce frère ? L’idée était encore bien trop étrange et trop absurde pour qu’il ne le dise pas sans scepticisme. « Désolé, j’ai encore du mal à concevoir… » qu’il dit en le regardant. « Pourquoi t’a-t-il dit ça sur son lit de mort ? » finit-il par demander simplement. Pour quelles raisons ce père inconnu avait-il décidé d’avouer sa faute à son fils ?


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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: feels like home - jon & ric   Lun 11 Sep - 20:56

feels like home
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- Je n’ai pas de père. Je n’ai pas de mère. Je ne peux pas avoir de frère.
Son constat semble tellement net, et me donne aussi de l'espoir. D'un côté je me dis que peut-être il veut dire par là qu'il a perdu ses parents qui étaient aussi des Winchester... D'un autre je me dis qu'il dit ça car je sais que mon père l'a abandonné. Seulement son ton froid me fais frissonner doucement, comme s'il disait clairement qu'il n'avait pas de frère et qu'il pouvait en être autrement. C'est vrai que cela aurait été trop beau, et pourtant je ne cesse de vouloir y croire. Je ne l'ai pas vraiment cherché depuis la mort de mon père, j'étais trop occupé à m'occuper de ma carrière et surtout de ma mère. Et voilà que le destin ferait en sorte que, après avoir aussi perdu ma famille, je retrouve ce frère dont mon père m'a fait la confession sur son lit de mort. Et alors que je me dis qu'il doit clairement me prendre pour un fou, que je me dis que moi aussi je suis complètement fou, voilà qu'il me dit :
- Je ne sais pas si Winchester est mon véritable nom de famille.

Je le laisse me guider vers le bar le plus proche et on s'installe dans un coin comme si c'était propice à la conversation. Je dois avouer que je me sens maintenant intimidé face à cet homme qui pourrait se retrouver faire partie de ma famille. Je ne sais même pas par quoi commencer, comment savoir si c'est vraiment lui vu que mon père l'a abandonné à la naissance. Tout ce que j'ai c'est le nom de famille et l'âge... Très utile.
- Je ne sais pas si Winchester est mon véritable nom de famille.
Et voilà qui réduit à néant un de mes indices, et bien, ca ne laisse qu'une solution mais bon, on en parlera peut-être plus tard.
- Qui te l'aurais donné sinon, je demande par curiosité.
Je cherche le moindre petit indice pouvant me permettre de savoir s'il est vraiment cette personne, cette famille que j'ai perdu moi aussi ou non.
- Je n’ai jamais cherché à savoir qui était mon père, ou ma mère. Je n’ai jamais voulu savoir…
J'essaye de penser à sa situation, à ce que cela fait d'avoir pas de parents. Certes je connais cette situation aujourd'hui, mais j'ai quand même eu la chance de grandir auprès de deux parents. Certes ce n'était pas parfait, mais je sais que c'était une chance. Je n'imagine même pas ce que cela fait de grandir en se disant que ses parents n'ont pas eu envie de lui et l'ont laissé à l'abandon. Comment grandir avec une telle estime de soi dès le début. Je me sens triste pour Alaric et je comprends sa décision de ne pas en savoir plus. Je pense que j'aurais fait la même chose. A quoi bon chercher des gens qui ne veulent même pas savoir qui on est. Comment se présenter à des gens qui ont même pas participer à nous façonner... Personnellement j'ai beaucoup de mal à comprendre ceux qui veulent retrouver leurs parents. Oui ca aide à comprendre, mais franchement, je comprends juste qu'Alaric a grandi seul, il n'y a rien de plus à savoir...
- Désolé, j’ai encore du mal à concevoir…
Je secoue la tête en riant.
- C'est à moi de m'excuser d'être arrivé comme ça... Quand j'ai entendu ton nom de famille je sais pas... J'ai eu besoin de savoir. Mais c'est vrai que c'est compliqué comme situation...
Je prends une gorgée de ma bière et tente de remettre de l'ordre dans cette histoire, mais je ne crois pas vraiment que ce soit possible.
- Pourquoi t’a-t-il dit ça sur son lit de mort ?
Je ne peux m'empêcher de lâcher un rire amer.
- Malcolm était un homme fier, mais aussi croyant. Partir avec un tel secret aurait été mal vu par notre seigneur. Il voulait aussi faire amende honorable... Il m'a demandé de retrouver mon frère et de lui dire qu'il était désolé... J'ai ri...
Je redresse la tête et fixe un point invisible alors que je reprends une gorgée.
- Je lui ai alors dit que si je le retrouvais je lui dirais surtout à quel point il a été chanceux de ne pas le connaître... Il n'était pas un homme bon... Il n'a jamais respecté ma mère, sa dernière confession n'a fait que le confirmer un peu plus. Je n'imagine pas ce que tu as vécu, je ne te connais pas et je ne connais pas ta vie... Mais tu dois me croire quant au fait que tu n'as rien raté de son côté.
Ma mâchoire se crispe quand je repense à ces moments où il battait ma mère, à ces moments où j'essayais de la défendre mais qu'elle me lançais un regard, me suppliant d'aller au loin. Il m'a battu peu de fois grasse à elle, mais cela à suffit a forgé mon caractère. Et je souris légèrement en repensant à cette journée où je l'ai foutu dehors.
- Si tu dois te sentir chanceux pour une chose, c'est de ne pas avoir connu ce salaud...
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: feels like home - jon & ric   Ven 15 Sep - 16:36


La notion de famille était un concept étranger pour Alaric. La seule personne qu’il avait considéré comme tel était Dan – et peut-être Lou à une certaine époque, une époque lointaine, une époque où tout était différent, une époque révolue. Il n’avait jamais cherché à savoir qui il était, d’où il venait, ni s’il existait dans ce bas-monde une famille prête à l’accueillir les bras ouverts. A ses yeux, si cela avait été le cas, jamais – JAMAIS – on ne l’aurait abandonné dès son premier cri. Il avait été bercé dans divers bras. On l’avait nourri dans divers biberons et diverses cuillères. Il avait été trimballé de familles en familles, les unes à la suite des autres, sans qu’aucune ne puisse lui accorder une petite place. Il n’avait jamais trouvé d’endroit chaleureux, d’endroit où il aurait pu se sentir chez lui. Jusqu’à ce qu’il rencontre Dan. Et Dan lui avait amplement suffit. Il avait joué le rôle de père. De mère. De frère. Il avait toujours su comment lui parler, comment l’éduquer, comment le remettre à sa place sans jamais qu’il ait à craindre d’être abandonné. Il lui avait appris la politesse, le respect et la droiture. Sans lui, il n’aurait jamais pu être un homme intègre, il en avait conscience. Et même si le chemin était encore long vers la paix intérieure, il savait qu’il était parvenu à sortir des sentiers battus. « Qui te l'aurais donné sinon ? » Oui, qui le lui aurait donné, sinon ? Son nom de famille. Il sortait bien de quelque part. Et s’il existait bien une chose de vraie et de concrète concernant son passé, c’était bien son nom de famille. On le lui avait certifié. Il avait vu le papier signé. C’était la seule et unique chose qu’il avait « possédé » qui puisse avoir appartenu à son père. A sa mère. Deux signatures. Alors il souffle. Alors il boit. Alors il encaisse. « J’aurais pu m’appeler Doe – comme tous les John Doe. Quelque part, j’aurais presque préféré, » qu’il lui dit d’une voix lasse. « Mais en effet, mes parents ont signé un document quand ils m’ont laissé sur le pas de la porte de l’orphelinat. Winchester était le nom de famille de mon père, si le document est vrai… » qu’il ajoute malgré lui, parce qu’il a l’infime espoir de croire encore que tout ça n’est pas réel. Ce n’est pas qu’il n’est pas heureux de rencontrer Johnny. Ce n’est d’ailleurs pas contre lui. Mais se découvrir un frère à l’âge de 34 ans était quelque peu déstabilisant et le forçait à penser à la vie qu’il aurait pu avoir s’il avait su plus tôt… s’il n’avait pas été lâchement abandonné. C’était douloureux, même encore aujourd’hui, de penser à cette famille tant attendue mais toujours invisible. Etait-il normal qu’il soit si perturbé et si chamboulé ? Sans doute que non. Il était sans doute plus anormal qu’il ne tourne pas les talons, là tout de suite. Il était sans doute plus anormal qu’il se tape une discussion avec ce frangin sorti de nulle part en début de nuit. « C'est à moi de m'excuser d'être arrivé comme ça... Quand j'ai entendu ton nom de famille je sais pas... J'ai eu besoin de savoir. Mais c'est vrai que c'est compliqué comme situation... » Compliqué était un euphémisme – du moins dans la tête et le cœur du mécanicien, et sans nul doute dans la tête et dans le cœur du boxeur. En soi, il n’y avait rien de bien compliqué. Ils partageaient le même sang – à moitié. Ils avaient eu le même père. Présent pour l’un, absent pour l’autre. « J’imagine que ça se comprend… ce n’est pas non plus un nom forcément courant, Winchester. Pourtant, je n’ai jamais cherché à retrouver qui que ce soit… » qu’il lui confie simplement. « Dès l’instant où j’ai compris que j’avais été abandonné, je n’ai jamais cherché à retrouver la moindre trace de mes parents. La colère. La déception. La peur, peut-être aussi… Je me suis dit que s’ils m’avaient laissé, ils n’avaient sans doute pas envie que je les retrouve, » et il n’en avait pas eu envie lui non plus. Avait-il imaginé comment pouvait être son père ? Sa mère ? Avait-il imaginé ce qui avait pu les pousser à le laisser ? Avait-il imaginé ce que sa vie aurait pu être si les choses avaient été différentes ? Sans mentir, bien évidemment qu’il y avait pensé. Gamin. Quand on est en âge de comprendre. Quand on est en âge de découvrir. « Malcolm était un homme fier, mais aussi croyant. Partir avec un tel secret aurait été mal vu par notre seigneur. Il voulait aussi faire amende honorable... » Faire amende honorable ? Cet aveu lui coupe le souffle. La haine et la colère accumulées contre cet homme qui aurait dû être présent dans sa vie – COUTE QUE COUTE – l’envahissent soudainement et il ne peut que serrer les mâchoires pour ne pas se laisser exploser. Johnny n’y était pour rien, pas vrai ? « Il m'a demandé de retrouver mon frère et de lui dire qu'il était désolé... J'ai ri... » Désolé ? Désolé ? DÉSOLÉ ? Ah, bah tout va bien alors. Tout est pardonné. On oublie tout. On passe à autre chose. Ce n’est pas grave. Puisqu’il était DÉSOLÉ. « Je lui ai alors dit que si je le retrouvais je lui dirais surtout à quel point il a été chanceux de ne pas le connaître... » Ce dernier aveu le force à se tourner vers le boxeur. Pour quelles raisons pouvait-il être chanceux ? Lui ? Certes, il n’y avait rien de bon à attendre d’un homme capable de tourner le dos à son fils, sans jamais refaire surface. Mais de là à le considérer chanceux ? « Il n'était pas un homme bon... Il n'a jamais respecté ma mère, sa dernière confession n'a fait que le confirmer un peu plus. Je n'imagine pas ce que tu as vécu, je ne te connais pas et je ne connais pas ta vie... Mais tu dois me croire quant au fait que tu n'as rien raté de son côté. » Le manque de respect était une chose qu’il abhorrait. Il réalisait soudain qu’il ignorait tout de l’histoire de cet homme qui fut son père. Il ignorait qui il était, ce qu’il avait fait – surtout pour gagner la haine de son fils. « Si tu dois te sentir chanceux pour une chose, c'est de ne pas avoir connu ce salaud... » Mais de toute évidence, ça allait bien plus loin qu’une simple trahison. Et bien qu’il ne regrettait absolument pas de ne pas l’avoir connu – absolument pas – et qu’il aurait préféré tout ignorer, ne jamais poser de question et faire comme si de rien n’était... Il a face à lui son petit frère. Et cette idée, même minime et bien que soudaine, lui plait un peu trop. Il tente tant bien que mal de réfréner ce petit frisson que l’on nomme « espoir » et « joie », mais il ne peut pas ignorer qu’une part de lui est plutôt contente. « Sans remettre ta parole en question… pourquoi aurais-je eu plus de chance ? Être abandonné dans un orphelinat à sa naissance n’a vraiment rien de bien glorieux non plus, crois-moi. Jour après jour, se dire qu’on n’a pas été désiré par ses parents, entendre les autres ricaner et se moquer de toi parce que tu es seul, aller de famille en famille sans trouver sa place nulle part… l’abandon » qu’il termine en le regardant. « L’abandon, ça peut détruire une vie, » qu’il lui dit simplement. Sans reproche, sans haine, sans colère. Juste, simplement. Peut-être que Malcolm – connaitre le prénom de ce père absent lui fait bizarre – avait été un psychopathe, un fou furieux, un malade mental, un dégénéré… A vrai dire, tout était possible. « Et la boxe… » qu’il finit par lancer finalement. « Une coïncidence qu’on aime tous les deux ça ? » qu’il demande avec un demi-sourire. La coïncidence et le hasard feraient extrêmement bien les choses dans ce cas.




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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: feels like home - jon & ric   Ven 29 Sep - 21:55

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Alaric ∞ Jonnhy
C'est vraiment incroyable ce qui nous arrive ce soir. Il faut dire que je n'avais pas vraiment cherché mon frère depuis que mon père avait avoué son existence. J'y ai songé, mais je me suis occupé de ma mère enceinte qui, il faut l'admettre, était une priorité à cette époque. Mais alors que j'ai perdu toute ma famille, le voilà qui débarque dans ma vie. Est-ce que lui avait besoin de moi pour que le destin nous mène l'un à l'autre ? Je ne suis pas spécialement du genre à croire au destin, je pense plutôt que nous forgeons notre propre histoire... Mais là c'est tellement incroyable que je pourrais y songer sérieusement. Alors qu'il m'avoue qu'il ne sait pas si Winchester est son véritable nom de famille, je lui demande qui aurait pu lui donner ce nom si particulier.
- J’aurais pu m’appeler Doe – comme tous les John Doe. Quelque part, j’aurais presque préféré. Mais en effet, mes parents ont signé un document quand ils m’ont laissé sur le pas de la porte de l’orphelinat. Winchester était le nom de famille de mon père, si le document est vrai…
J'hoche la tête en comprenant. Malgré tout, cela semble peu probable que ce soit un faux nom.
- J’imagine que ça se comprend… ce n’est pas non plus un nom forcément courant, Winchester. Pourtant, je n’ai jamais cherché à retrouver qui que ce soit… Dès l’instant où j’ai compris que j’avais été abandonné, je n’ai jamais cherché à retrouver la moindre trace de mes parents. La colère. La déception. La peur, peut-être aussi… Je me suis dit que s’ils m’avaient laissé, ils n’avaient sans doute pas envie que je les retrouve.
Je ne le regarde pas dans les yeux mais je peux comprendre. De part mon caractère bien trempé, je pense que j'aurais agi de la même façon que lui. A quoi bon chercher des personnes qui n'ont pas voulu de nous. Autant se concentrer sur ceux qui compte et qui deviennent une famille de cœur. J'ai eu la chance de grandir auprès d'une mère si forte qui m'a montré la tendresse et aussi le respect d’autrui. Je suis triste qu'il n'ait pu connaître cet amour. Alors je lui parle de Malcom, notre géniteur. Je lui parle de cet homme qui n'en valait clairement pas la peine, cherchant peut-être à lui montrer qu'il n'a clairement rien manqué de ce côté-là, et qu'il a parfaitement bien fait de ne pas le chercher. A quoi bon rencontrer un salaud quand celui-ci nous a fait grâce de ne pas entrer dans notre vie. Je lui parle alors de nos révélations, de sa volonté de dire pardon quant à l'abandon. Je lui parle de mon rire, du fait qu'il n'a rien manqué parce que cet homme était un véritable salaud. Le plus beau jour de ma vie est certainement le jour où je l'ai foutu à la porte. Je sens son regard sur moi quand je l'insulte, me disant clairement que je suis bien trop gentil dans mes propos. Mais bon, cela ne sert à rien que je l'insulte encore et encore, je le fais assez comme ça quand je pense à lui, ou alors le jour de sa mort, parce que même si je le hais, je pense toujours à lui sur son lit de mort.
- Sans remettre ta parole en question… pourquoi aurais-je eu plus de chance ?
C'est à mon tour de me tourner vers lui, fronçant les sourcils en me demandant où il veut en venir.
- Être abandonné dans un orphelinat à sa naissance n’a vraiment rien de bien glorieux non plus, crois-moi. Jour après jour, se dire qu’on n’a pas été désiré par ses parents, entendre les autres ricaner et se moquer de toi parce que tu es seul, aller de famille en famille sans trouver sa place nulle part… l’abandon.
Je me sens comme un con face à ce discours... Voilà à quoi ressemble la vie de cet homme durant son enfance. Malgré une enfance compliquée de mon côté aussi, j'ai eu la chance de toujours pouvoir compter sur ma mère.
- Je suis désolé... J'ai pas vécu une enfance facile mais... Il y a toujours pire que soit n'est-ce pas ?
Je ne suis pas du genre à me plaindre de mon enfance, très peu de personnes sont au courant de mon histoire, les journaux ne le savent pas et la seule personne à qui je l'ai avoué dernièrement n'est autre que Caroline. Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée, mais je sentais que c'était le moment des confidences, pour elle comme pour moi.
- Et la boxe... Une coïncidence qu'on aime tous les deux ça ?
Je ne peux m'empêcher de rire en prenant une nouvelle gorgée de ma bière.
- Là, concrètement c'est un très bel hasard ! Par contre je dois admettre un truc, je suis véritablement nul en mécanique. Pour ça que j'ai donné mon Impala au meilleur mécano de la ville !
Je ne peux m'empêcher de sourire.
- Je sais qu'on se connaît à peine mais... Je suis heureux de trouver à nouveau une... Famille, je dis en soupirant un peu.
Depuis la mort de ma mère il y a deux ans, je ne me suis jamais senti aussi seul que lorsqu'elle a donné son dernier souffle. Et voilà que je me retrouve un frère et que j'ai la chance d'avoir une famille à nouveau. Tout le monde n'a pas cette chance.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: feels like home - jon & ric   Lun 2 Oct - 13:56


Dire qu’il se sentait perdu, c’était un euphémisme. Il ressentait trop d’émotions à la fois – aussi contradictoires les unes que les autres. Il était surpris. Abasourdi. Curieux. Heureux. Soulagé. En colère. Irrité. Déçu. Perturbé. Tout cela n’avait rien à voir avec Johnny, ou bien tout avait avoir avec Johnny, il n’en était pas certain. Un frère qui vous tombait du ciel, c’était assez atypique et bouleversant. Il n’avait pas du tout prévu ça dans sa vie – mais qui le prévoyait un jour ? Il était déçu et perturbé, car beaucoup d’années s’étaient écoulées sans qu’il ne sache qu’il avait un frère. Il était en colère et irrité, car beaucoup d’années s’étaient écoulées sans qu’il n’ait cette famille tant désirée. Il était heureux et soulagé, car il n’était pas SEUL. Il était beaucoup de choses et leurs contraires, et tout devenait confus dans sa tête, dans son cœur. Il n’était pas certain d’être capable d’analyser tout ce qui lui arrivait. « Je suis désolé... J'ai pas vécu une enfance facile mais... Il y a toujours pire que soit n'est-ce pas ? » Il y a toujours pire dans la vie, c’est ce que Dan dit toujours. Il y a toujours pire dans la vie. Il ne faut pas se plaindre. Jamais. On fait avec ce que l’on a. Pas vrai ? Oui. On fait avec ce que l’on. Et qu’avait-il aujourd’hui ? Un père adoptif mourant. Une sœur de cœur sortie de nulle part. Une femme qui le rendait fou par sa simple présence. Et un frère inattendu et inespéré qui se trouvait être l’un des plus grands boxeurs de sa génération. « Ça aide en effet, de penser qu’il y a toujours pire que ce qu’on a vécu. Je t’avouerai que je suis comme dans un autre univers-là. Comme si on m’avait assommé. Si on m’avait dit que j’allais rencontrer mon demi-frère ce soir, par le plus grand des hasards, j’aurais éclaté de rire. Et pourtant, te voilà, » qu’il dit en terminant son verre d’une traite. Un frère qui ne lui ressemblait pas au premier regard, mais quand on y regardait de plus près… sans compter une passion commune assez surprenante : la boxe. « Là, concrètement c'est un très bel hasard ! Par contre je dois admettre un truc, je suis véritablement nul en mécanique. Pour ça que j'ai donné mon Impala au meilleur mécano de la ville ! » Rires. « Je serais à ta place aujourd’hui dans d’autres circonstances et je n’y connaitrais pas plus que toi en mécanique dans une autre vie. Cela dit, j’apprécie le compliment, même si c’est ton manager qui est venu me trouver, » qu’il ajoute amusé. « [color=#006699Je sais qu'on se connaît à peine mais... Je suis heureux de trouver à nouveau une... Famille. [/color] » Famille. Famille. Famille. Ce mot résonne dans sa tête comme un coup de marteau. Famille. Famille. Famille. Ce mot résonne dans sa tête comme un écho lointain. Johnny semblait plus enclin à accepter cette idée. Il lui semblait si simple et si facile d’accepter les faits tels qu’ils étaient. Alaric aurait aimé pouvoir lui dire la même chose. Parce qu’il était vraiment content de connaitre Johnny. Vraiment content de se dire qu’il avait un « frère » dans ce bas-monde qui l’avait si longtemps délaissé. Mais il ne parvenait pas encore à assimiler cette idée, à véritablement comprendre ce que tout cela signifiait. Il avait une tonne de questions à poser, et il avait en même temps l’envie de fuir au loin pour ne jamais rien savoir. Il avait envie de poser la main sur l’épaule de Johnny, un sourire et lui dire qu’il était heureux lui aussi. Et en même temps, il avait envie de courir comme un déjanté loin de lui. « La famille, je ne sais pas trop ce que ça signifie, » qu’il lui dit simplement. « J’ai été abandonné et déçu trop souvent, » qu’il continue sur sa lancée. « J’ai envie de te dire à quel point je suis heureux moi aussi, à quel point je suis soulagé aussi. J’ai envie de te dire que… j’ai envie de te dire pleins de choses, et j’ai envie de fuir en même temps. Pour éviter d’y croire trop longtemps. Pour éviter d’avoir mal. Pour éviter l’abandon. Pour éviter la déception, » qu’il tente de lui expliquer. « J’ai besoin de temps, je crois, pour assimiler tout ça… pour… m’habituer, je suppose, » qu’il conclut simplement en payant leurs consommations et de se lever. Il avait envie de rester et parler pendant des heures avec Johnny. Mais il avait envie de s’éloigner et de remettre ses idées en place. Il avait envie de rire avec lui. Mais il avait envie de pleurer en même temps. Trop de contradictions d’un coup. « Je t’appelle, d’accord ? » qu’il lui promet en le regardant dans les yeux. Avant de tourner les talons et de partir le cœur lourd – lourd de tristesse et lourd d’un bonheur longtemps attendu.

***

Il avait attendu quasiment une semaine avant de rappeler ce frère inattendu. Non seulement parce qu’il avait eu besoin de temps pour s’adapter à cette nouvelle assourdissante, mais également parce que beaucoup de choses s’étaient passées en une semaine. Il hébergeait Elinor depuis quelques jours à présent, et vivre avec une autre personne – une femme par-dessus le marché – ce n’était pas si simple. Surtout lorsque cette femme était mystérieuse à souhait, fiancée à un autre homme qui semblait la battre, et qui semblait indécise quant à son envie de l’avoir dans sa vie ou pas. Ajoutons à cela l’agent du FBI qui était venue lui demander – exiger plutôt – son aide, et vous aviez une semaine assez étonnante dans la vie d’Alaric Winchester. Mais pas une seconde il n’avait pas pensé à Johnny. « Salut, » qu’il avait dit au téléphone. « C’est Ric’… je, je voulais savoir si tu étais libre pour qu’on se voit ? Tu peux passer au garage si tu veux, j’ai de la bière… et je peux commander des pizzas. J’ai une télé’, on peut se regarder le match de basket de ce soir, si tu veux ? » qu’il demande maladroitement. Il avait envie de le voir et de partager un moment avec lui, d’apprendre à le connaitre. Il avait envie de passer une soirée avec son frère – son frère, il n’était pas habitué – et pourquoi pas se dévoiler lui aussi ?



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feels like home - jon & ric
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