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 « Goodbye my lover, goodbye my friend. You had been the one for me » ∞ Pyair ♥

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Elinor Goldstein
Admin Mourante
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DATE D'INSCRIPTION : 19/08/2015
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MessageSujet: « Goodbye my lover, goodbye my friend. You had been the one for me » ∞ Pyair ♥   Mar 8 Aoû - 13:18

Une migraine atroce lui vrillait le crâne depuis qu’elle s’était réveillée. Au départ, Elinor s’était contentée de prendre un cachet afin de faire taire sa douleur. Le temps de la matinée, cela la soulagea suffisamment pour qu’elle puisse répéter tranquillement. Elle se réfugiait généralement dans la grande bibliothèque de David afin de ne pas être dérangée par le va-et-vient des domestiques. Elle n’osait même pas soupçonner que son petit ami ait pu ouvrir un seul des ouvrages qui se trouvaient sur ces étagères. A se demander pourquoi il en possédait une. Mais elle ne s’en plaignait pas car elle pouvait en disposer comme d’un refuge. D’ailleurs, quand David la cherchait, il mettait souvent du temps à la trouver jusqu’à la bibliothèque. Pourtant, à force, il aurait dû s’en rendre compte, mais ce genre de préoccupations n’était pas son fort. Au moins, elle pouvait profiter d’un minimum de répit avant qu’il ne vienne l’embêter avec des conversations stériles ou lui raconter de nouveaux mensonges auxquels elle faisait semblant de croire. L’un et l’autre mimait une relation dont ils étaient des acteurs peu convaincants. Et dans cette farce grotesque, Elinor ne parvenait pas encore à déterminer qui était le plus hypocrite des deux. D’une certaine manière, ils se valaient dans cette comédie malsaine. Ce qui les faisait tenir encore, c’est que chacun y trouvait son compte. Du moins, pour l’instant. Et surtout l’un plus que l’autre.
Sa migraine revint l’assaillir l’après-midi. Elle partit s’allonger dans sa chambre, rideaux tirés afin de s’octroyer un peu de sérénité qui pourrait combattre le mal. Elinor n’aimait pas prendre trop de médicaments en plus du traitement qu’elle prenait tous les jours. Considérations complètement idiotes quand on savait qu’elle refusait de suivre la chimiothérapie qui s’imposait. Le traitement agissait encore mais ne se montrait plus aussi efficace. La sentence était tombée de la part du médecin : il fallait agir au plus vite. Combattre la leucémie, s’inscrire sur des listes de greffes, chercher un éventuel donneur parmi les proches. Mais la comédienne s’y était refusée. Ce combat, elle était fatiguée de le mener avant même de l’avoir débuté. Pourtant, à une époque, elle y croyait. Elle croyait à une potentielle guérison qui pourrait la ramener auprès de cet homme qu’elle avait quitté à cause de la maladie. Mais plus les années avaient passé, plus le découragement l’avait happée, enveloppée et étouffée. Dans ce stratagème -qu’elle pensait utile- où elle s’était éloignée du plus de gens possibles, elle s’était emmurée dans une telle solitude qu’il ne lui venait plus à l’esprit de se battre. Pour qui ? Pour quoi ? Pour quel avenir ? Peu à peu, elle avait détruit les derniers fils qui la retenaient à la vie, qui lui insufflaient cette vague d’espoir. Désormais, c’était comme si elle attendait patiemment l’heure fatale avec résignation. En accueillant la mort sans rancœur, ni amertume. Elle s’était préparée. Elle était prête. Sans s’en rendre compte, elle avait creusé sa propre tombe.

« Allez ma chérie, lève-toi. Nous sortons ce soir. Nous avons un gala de charité. » David venait de rentrer brusquement dans la chambre. Sans plus de cérémonie, il ouvrit les rideaux et fit grimacer Elinor. Cette dernière venait de s’extirper d’un demi-sommeil habité de vers anciens et douloureux. Elle poussa un long soupir en se laissant retomber sur l’oreiller. « Pas ce soir. J’ai un mal de tête horrible. Je me sens fatiguée. » Et elle l’était. Totalement épuisée par cette maladie qui la dévorait entièrement sans que le traitement ne puisse stopper son avancée. Peu à peu, elle se mourait. David changea de ton. « Je fais partie des organisateurs de ce gala. Tu te dois d’y être. C’est important. » La comédienne se redressa lentement, s’approchant de son compagnon. « Une autre fois, je te le promets. Mais juste pas ce soir. Vraiment… » Elle voulut encadrer son visage entre ses mains, mais il agrippa fermement ses poignets. Elle grimaça de douleur. « J’ai dit que c’était important. Tu viens, il n’y a pas à discuter. » - « David, arrête. Calme-toi. Tu me fais mal… » Brutal, il l’était. Uniquement dans ses excès de colère qu’il contenait mal. A croire que toute la frustration qu’il accumulait au travail, il la rejetait sur les autres en privé. Elinor en faisait les frais. Elle n’était pas frappée, mais il arrivait qu’il se montre brutal dans ses gestes comme aujourd’hui. Sauf que la brune marquait vite et que la douleur se propageait plus vite dans son corps faible. Elle aurait pu en avoir peu mais elle était habituée. Il ne la lâcha que lorsque quelqu’un toqua à la porte de leur chambre. Il la relâcha brutalement quand la bonne rentra avec un paquet dans les bras. Elle fit mine de n’avoir rien vu, mais elle savait. Dans le fond, ils savaient tous. Les domestiques étaient discrets, mais ils avaient des yeux et des oreilles. « J’ai la robe pour Madame, Monsieur. » - « Bien, posez-là sur le lit. Elinor, je te veux prête dans moins d’une heure. Retrouve-moi en bas. »

***

Elle n’avait pas eu la force de lui résister plus longtemps. Cela aurait été vain et il s’était montré incroyablement insistant. Elle devait être là. Elle se prépara donc avec l’aide sa bonne pour enfiler la robe qu’il lui avait trouvée. Quelque chose de sobre et de terriblement élégant en même temps. Il fallait admettre que David avait du goût. Ensuite, elle s’essaya à maquiller la fatigue qui alourdissait ses traits, à atténuer la pâleur de son teint. Elle se coiffa d’un chignon simple d’où quelques mèches s’échappaient négligemment et enfila des gants pour masquer les marques qui apparaissaient déjà sur ses poignets. Enfin prête, elle l’avait retrouvée en bas comme prévu et ils partirent pour la soirée. Les flashs des photographes ne furent pas pour arranger sa migraine mais elle supporta sans sourciller, affichant un pâle sourire sur les photos. Elle se prendrait sûrement la remarque par David quand ça paraitrait dans les journaux, mais tant pis. Une fois à l’intérieur de la grande salle de réception, ce fut un florilège atterrant de discussions plus ennuyeuses les unes que les autres, d’échanges hypocrites et superficiels. Elinor détestait la politique pour cela. Tout le monde y était faux et sournois. David objectait souvent en soulevant le fait que le théâtre était pareil. Tout n’était que supercheries et faux-semblants, pourtant, il y avait quelque chose d’authentique et de sincère à jouer la comédie. Mais cela, il ne pourrait jamais le comprendre. « Je vais prendre l’air. » dit-elle au bout d’un moment où elle n’en tenait plus de rester debout à sourire à une foule d’imbéciles qui lui parlaient de pièces qu’ils n’avaient jamais lu juste pour donner l’illusion de s’intéresser à sa carrière. Elle avala la dernière gorgée de sa coupe de champagne avant de la déposer sur un plateau et de prendre la direction du balcon qui se trouvait non loin. Elle y trouva refuge pour aspirer l’air qui lui manquait désespéramment. Loin du brouhaha, il semblait que sa tête lui faisait moins mal. Un soupir de soulagement fila d’entre ses lèvres. Le calme de la nuit l’apaisait. Si elle avait pu, elle y serait restée plus longtemps, mais elle savait que David ne tolérerait pas une absence trop longue. Elle pivota, prenant le chemin vers l’intérieur avant de se cogner contre une poitrine massive. « Veuillez me pardonner, Monsieur. Je ne vous avais pas… » Elinor s’interrompit en voyant le visage de l’homme. Elle mit plus de temps qu’elle n’aurait dû à le reconnaître. Parce qu’il avait terriblement changé. Pas uniquement physiquement. Mais dans son regard. Ce visage qui était si doux autrefois. Son cœur se déchira dans sa poitrine. Pourtant, il continuait à battre comme un fou. « P-Pyair ? C’est… c’est bien toi ? » bredouilla-t-elle d’une voix éteinte, comme s’il pouvait y avoir un doute si le fait qu’il soit encore en vie. « Qu’est-ce que tu fais ici ? » Alors qu’elle avait toujours pris soin d’être éloignée de lui. Que leurs routes ne puissent plus se recroiser. Qu’il puisse définitivement l’oublier. Qu’ils ne soient plus que des étrangers dans la course du temps. Un vieux souvenir devenu moins douloureux. Mais malgré les années, la douleur persistait. Elle était restée intacte. « Excuse-moi. » dit-elle en faisant mine de le contourner pour lui échapper. Elle ne pourrait pas supporter d'être près de lui plus longtemps.
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Pyair Lucky
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MessageSujet: Re: « Goodbye my lover, goodbye my friend. You had been the one for me » ∞ Pyair ♥   Mar 8 Aoû - 19:52

« Goodbye my lover, goodbye my friend. You had been the one for me »
Elinor ∞ Pyair
Je n'ai pas de tournage pour le moment et cela me rassure presque. Je suis pleinement remis de ma blessure mais il reste un problème que je n'arrive pas pour le moment à laisser passer : la morphine. Je ne sors plus autant qu'avant et je vois bien que dans les journaux il s'inquiète de me savoir enfermé dans ma tour d'ivoire. Enfin ils s'inquiètent parce qu'ils n'ont plus rien à se mettre sous la dent, mais le fait est que mon image est en train d'en prendre un coup. Mon manager ne cesse de me dire que cela me donne un côté mystérieux et mon accident me rend plus sympathique auprès des gens, chose que je ne comprends pas réellement. C'est pour ça que ce soir j'ai décidé de répondre à l'invitation d'un gala de charité. Je suis certain que me faire voir fera du bien à ma carrière et puis j'aime ce genre d’événement. J'ai de l'argent et de quoi faire changer le monde d'une certaine manière.
Je me prépare de façon assez simple. Il faut avouer que je me suis négligé ces derniers temps au niveau de mon visage principalement. Mes cheveux ont poussé ainsi que ma barbe. Je devrais peut-être modifier cela mais j'ai l'impression que ça me donne une carapace dont j'ai besoin en ce moment. Certes c'est clairement illusoire mais bon, être acteur ne veut pas dire qu'on a une totale confiance en soi. J'ai confiance en mon jeu, en mon métier mais en ce moment, je ne miserais clairement pas sur moi.
Je suis rapidement prêt et vais au gala en voiture. Pas besoin de conducteur et puis si je bois trop, je pourrais toujours rentrer à pied puisque je ne suis pas si loin que cela du lieu de gala. Quand j'arrive, le voiturier s'occupe de ma voiture, me lance un sourire presque désolé que je n'essaye pas d’interpréter.
- Heureux de vous revoir Monsieur Lucky...
Je ne réponds rien, me contentant d'un simple signe de tête. J'ai l'impression d'être dans le film de Spiderman, ou celui-ci s'offre une convalescence avant de revenir et que les hommes sont tout simplement heureux de le revoir. Mais c'est un héros, il sauve des vies. Qu'ai-je fait si ce n'est m'enfermer dans une sorte de bulle suite à l'accident. Je n'ai rien d'un héros, mais malgré tous, ces mots me font sourire.
Même si je ne sors plus vraiment, je reprends les vieilles habitudes. Je souris aux gens, les saluts, je ris à leurs blagues, bonnes et mauvaises, je me montre intelligent, pertinent et aussi rassurant quand on me demande comment je vais. Je dois avouer que je n'aime pas cette sollicitude que je perçois dans chaque regard, ils semblent tous désolés de quelque chose, surpris, ou alors ils s'attendent à ce que je m'écroule à chaque instant. Je n'y tiens plus et m'excuse auprès du groupe avec lequel je discute pour aller prendre l'air. Je n'aurais peut-être pas dû sortir en fait, rester chez moi à regarder un film dans la simplicité.
Mais alors que je sors je n'ai pas le temps de dire ouf que quelqu'un me percute. Je cligne rapidement des yeux en posant naturellement mes mains sur les bras de la personne en face de moi pour ne pas qu'elle tombe.
- Veuillez me pardonner, Monsieur. Je ne vous avais pas…
Quand j’aperçois son visage je retire mes mains de sa peau, comme si je venais d'être tout simplement brûlé. Je la regarde droit dans les yeux alors que j'ai l'impression de tomber encore plus bas. Moi qui pensais avoir touché le fond, la voir ce soir est pire que tout. Je remarque tout de suite qu'elle a perdu du poids, que son sourire n'est pas présent et que cet éclat que j'aimais tant dans ses yeux n'est plus. J'ai presque envie de pleurer en la voyant ainsi devant moi dans une robe élégante. Pendant quelques secondes, j'imagine si ont été venu en tant que mari et femme ce soir, main dans la main. Mais je me prends vite une claque en me disant que ce n'est pas le cas, qu'elle m'a abandonné à l'autel.
- P-Pyair ? C’est… c’est bien toi ?
Est-ce vraiment moi...
- Ce que tu en as laissé oui, je m'entends dire, ne me reconnaissant pas vraiment dans mes propos.
- Qu’est-ce que tu fais ici ?
Je ne sais pas ce que je fais ici. Je suis ici parce que je devais prendre l'air ne supportant plus les regards sur moi, je suis ici en train de sentir mon cœur battre plus vite que jamais tout comme je souffre comme jamais de la revoir en face de moi.
- C'est un gala de charité... Il se trouve que j'ai beaucoup d'argent à dépenser.
Que dire de plus franchement...
- Et toi ?
Même si je pense qu'elle est là aussi pour dépenser de l'argent, c'est un réflexe de demander ce que l'autre fait, une manière de s'intéresser à l'autre aussi.
- Excuse-moi.
Elle essaye de me contourner et moi, je sens les larmes me monter aux yeux. Ma main vient agripper son poignet pour la retenir, je ne serre pas, c'est plutôt un geste tendre comme j'ai pu lui en offrir il y a longtemps. Je ne la regarde pas d'abord avant de finalement tourner mon visage vers elle.
- Tu ne crois pas que je mérite bien plus qu'un "qu'est-ce que tu fais ici ?"...
En vérité je ne sais pas vraiment ce que je mérite. J'ai tout fait pour ne plus jamais entendre parler d'elle, que ce soit par mes amis ou encore dans les journaux avec sa carrière. Je n'ai jamais cherché à savoir ce qu'elle devenait parce que c'était tout simplement trop douloureux. Seulement l'avoir en face de moi fait remonter tellement de souffrance, d'incompréhension, un peu de haine aussi.
- Parce que je crois que je mérite bien plus... Plus que cette souffrance que tu as laissée en me quittant... Plus que quelques mots quand tu avais dit oui à ma demande de fiançailles... Plus que ce regard quand tu as eu des regards plus doux envers moi... Plus que ce vide que tu as laissé dans mon cœur ainsi que dans ma vie... Et je crois que tu me dois bien ça, je murmure, ma voix se brisant légèrement sur la fin.
Je ne dis pas ça sur le ton de la menace, ni du reproche. Je crois que la voir vivante est un tel choc affectif que j'ai besoin de plus, que la voir fuir me ferait plus mal que jamais et que, d'un côté j'ai besoin d'elle... Mais elle n'a pas besoin de moi dans le fond. Je me rends compte en fait que si je veux la retenir c'est parce que je sais qu'elle est la seule qui pourrait me sortir de cette sombre période que je suis en train de vivre. Seulement je ne peux pas...
- Mais je n'ai pas le droit de te demander ça, je dis en relâchant son poignet.
Sans un mot de plus, je m'éloigne pour venir m'accouder au balcon comme je voulais le faire à la base. Je crois que c'est beaucoup trop pour un soir et que prendre l'air ne suffira pas, mais c'est au moins un début.
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Elinor Goldstein
Admin Mourante
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MessageSujet: Re: « Goodbye my lover, goodbye my friend. You had been the one for me » ∞ Pyair ♥   Dim 20 Aoû - 22:33

Depuis le début, Elinor sentait que ce n’était pas une bonne idée de se rendre à cette fête. Pour de multiples raisons, son être entier pressentait comme une menace dans son insistance à vouloir la faire venir à cette réception. D’ordinaire, David savait très bien se passer d’elle, pourquoi pas ce soir ? Les ravages de sa maladie étant de plus en plus visibles, elle ne tenait pas à faire apparaître publiquement ses faiblesses. Mais puisque son compagnon n’était pas au courant de l’avancée de sa leucémie, elle ne pouvait pas totalement le blâmer. Toutefois, quelque chose n’allait pas. Toutes les fibres de son être lui criaient, mais elle ne pouvait qu’attendre la chute avec impuissance. Elle eut la confirmation définitive que se rendre à cette réception était une mauvaise chose quand sa route croisa celle de Pyair. Au départ, elle n’osa pas y croire, comme une illusion de son esprit, une chimère malfaisante qui viendrait la transpercer de regrets. Elle ne put se voiler la face plus longtemps. Devant elle, cet homme à la mine fatiguée et triste englobée d’une épaisse barbe et à la longue chevelure était bien celui qui aurait pu être son mari à cette heure. Elle le dévisagea comme on rencontrerait un fantôme. Comme on retrouverait un souvenir perdu dans le temps. Le souffle lui manqua. Ses pensées s’embrouillèrent. Aurait-elle dû être aussi choquée de le découvrir dans un tel état ? Après tout, ne lisait-elle pas les journaux ? Ne s’intéressait-elle pas à sa vie, même de loin ? Malgré son absence et son silence, elle n’avait jamais cessé de l’observer de loin. Elle l’avait vu poursuivre sa carrière comme il l’aurait fait si elle n’avait pas été dans sa vie pour tout gâcher. Elle l’avait vu devenir un peu plus célèbre chaque jour. Elle l’avait vu être reconnu pour son talent et gagner un Oscar. Elle l’avait vu devenir cet homme adulé par tous. Elle l’avait vu se battre pour laisser derrière lui le scandale de ce mariage avorté. Puis elle l’avait vu être plus bas que terre, être blessé, détruit… Mais aujourd’hui, qu’est-ce qui lui faisait afficher une mine si basse ? Son accident ou une douleur ancienne et lancinante qui ne l’avait jamais quittée ? De même qu’Elinor ressentait toujours ce terrible effroi quand elle voyait son visage dans les journaux, ou qu’un film où il apparaissait passait à la télé. Souvent, quand elle était avec David, elle faisait mine de lire un bouquin tout en observant l’acteur à la dérobée. Elle tentait de se convaincre qu’il était mieux ainsi. Que sans elle, il avait pu accomplir tout ce qu’il n’aurait pas pu faire s’il avait dû se battre avec elle contre la maladie. Pour finalement quoi ? Que la maladie l’emporte quand même. Elle se rappelait les paroles de l’homme… J’aurai souhaité ne jamais la connaître… Etait-ce vrai aussi pour Pyair ? Etait-il finalement soulagé qu’elle ait pu prendre la décision à sa place ? Qu’il ne soit pas pétri par la culpabilité de ne lui être venue en aide ? Elle aimait à le croire. Oh oui… elle voulait le croire de tout son cœur.

Mais une seule phrase de Pyair lui prouva le contraire. Ce qu’elle avait laissé de lui… Après autant d’années, ne s’était-il pas reconstruit ? Elle avait la faiblesse de le croire, alors qu’elle-même, elle n’était qu’une âme et un corps en lambeaux. Les premières questions lui vinrent furent idiotes. Que faisait-il ici ? Il était une grande célébrité à un gala de charité. Quoi de plus normal. Elle se pinça les lèvres, totalement tiraillée entre le soulagement de le revoir et la douleur que cela lui procurait. Et elle ? Elle releva son regard vers lui, le dévisageant. La souffrance qui se reflétait dans ses prunelles la transperça en plein cœur. Elle n’eut pas la force de répondre et préféra se défiler. Elle n’eut même pas le temps de contourner Pyair qu’il lui attrapa le poignet. Un geste tout en délicatesse qui eut le don de la faire grimacer. Non pas à cause de l’acteur, mais parce que ses poignets étaient encore endoloris de la marque de David avait laissé sur elle. Par chance, ses gants étaient là pour dissimuler le mal. A son contact, elle se tétanisa, mortifiée malgré elle. Bien sûr qu’il méritait mieux que de brèves paroles jetées maladroitement. Elle sentait déjà les larmes venir piquer ses yeux, mais elle les retint bravement. « Pyair… » murmura-t-elle douloureusement, mais il poursuivit. Son discours lui déchira les entrailles. Il la mettait en face de ce qu’elle avait créé plusieurs années plus tôt, du massacre qu’elle avait pu créer dans sa vie. « Je suis désolée… » bredouilla-t-elle faiblement. Mais déjà, il lui avait lâché le poignet, prenant ses distances à son tour. Il vint s’accouder au balcon. A ce moment-là, elle eut deux choix. Rentrer ou rester auprès de lui. Un coup d’œil sur la salle et elle eut rapidement pris sa décision. Elle s’avança d’un pas hésitant vers Pyair, ne sachant pas si elle serait rejetée ou non. « Je suis désolée, Pyair… désolée pour ce que je t’ai fait. Désolée de ne pas être restée malgré tout ce que tu m’as dit… » Elle croyait mal en ses arguments. Il n’y avait aucune bonne excuse à donner à un cœur brisé. Toutefois, elle ne cherchait pas à obtenir la rédemption. « Je ne te demande pas de me comprendre, mais sache que j’ai fait ça pour toi. Pour toi seul… je sais que ça te paraît cruel, mais c’était la meilleure chose à faire. » Il ne le voyait sûrement pas aujourd’hui, mais avec le temps, quand elle serait morte, il comprenait que la peine serait moins grande. Il n’aurait qu’à pleurer un souvenir d’autrefois, pas l’amour de sa vie. Du moins, c’est ce qu’elle croyait. Une larme muette glissa le long de sa joue. « Je vais mourir, Pyair. Je suis en train de mourir. Le traitement ne peut plus rien faire… les médecins non plus. » Sa main vint timidement se poser sur la sienne. La gorge serrée, elle poursuivit. « N’aie aucun regret pour nous. Tu n’aurais pas voulu vivre cela… Je n’aurai pas voulu que tu le vives. »
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Pyair Lucky
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MessageSujet: Re: « Goodbye my lover, goodbye my friend. You had been the one for me » ∞ Pyair ♥   Aujourd'hui à 12:48

« Goodbye my lover, goodbye my friend. You had been the one for me »
Elinor ∞ Pyair
La revoir m'ouvre simplement le cœur à vif. Je pensais qu'il avait guéri avec le temps, pas complètement, mais qu'au moins les bandages avaient disparu pour laisser place à un cœur plus meurtri, mais guéri. Et là, je ressens ce besoin de le soigner de nouveau car là, il souffre plus que jamais. Je me souviens lorsqu'elle m'a quitté, j'ai disparu pendant un petit moment. Chaque sortie pourtant des paparazzi m'attendait afin d'avoir le scoop, pour pouvoir étaler mon malheur sur le papier. Je m'étais donc un peu plus renfermé jusqu'à finalement me jeter corps et âme dans ma carrière. Cela a été la bonne décision au vu de ma notoriété aujourd'hui. L'apothéose fut lorsque j'ai eu mon oscar cela va s'en dire.
Pourtant, alors que je suis en face d'Elinor, je ne peux m'empêcher de me dire que je plaquerais tout si cela pouvait me permettre d'être à notre mariage, si cela pouvait faire en sorte qu'elle me dise oui et qu'elle devienne Madame Lucky. Se rend-elle compte à quel point je donnerais absolument tout pour qu'on revienne à ce fameux jour et oublier tout ce que j'ai pu vivre ces dernières années. Seulement ce n'est pas le cas, seulement elle a choisi de me quitter, de me laisser seul pour une raison que je ne supporte tout simplement pas. La maladie était son excuse, moi elle était une preuve que je l'aimais par-dessus tout... Elle est vivante en face de moi, elle est bien présente, à murmurer mon prénom alors que je laisse mon cœur déballer ce que j'ai gardé en moi depuis si longtemps.
Mais alors que j'avais commencé à la retenir, je me suis finalement éloigné. Je n'ai pas à lui demander quoi que ce soit. Elle m'a quitté et je n'ai plus le droit de lui demander quoi que ce soit. Je m'éloigne et m'accoude, laissant mon regard se perdre dans l'obscurité. Je me dis que sortir était une mauvaise idée et là, j'ai juste envie de disparaître dans la nuit...
Je ne tourne pas mon regard lorsque je sens une présence à côté de moi. Je n'ai pas besoin de tourner la tête pour savoir que c'est elle.
- Je suis désolée, Pyair… désolée pour ce que je t’ai fait. Désolée de ne pas être restée malgré tout ce que tu m’as dit…
Pourtant, ces excuses ne me font absolument rien. Je me suis toujours demandé ce que je voudrais encore si je la revoyais. Certes, désolé en faisait partie, mais je me rend compte que ce n'est tellement pas suffisant...
- Je ne te demande pas de me comprendre, mais sache que j’ai fait ça pour toi. Pour toi seul…
Là, je ne tiens plus...
- Pour moi ?!
Je me tourne vers elle.
- Pour moi vraiment ? Je me souviens pas avoir mentionné le fait que je voulais que tu me quittes ! Non en fait, je me souviens parfaitement t'avoir demandé de devenir ma femme, dans la santé comme dans la maladie, jusqu'à ce que la mort nous sépare. Alors n'ose pas me dire que c'était pour moi...
- Je sais que ça te paraît cruel, mais c’était la meilleure chose à faire.
Je détourne le regard pour regarder de nouveau au loin.
- T'as raison... J'ai adoré rentrer et découvrir ton mot... Adoré sombrer de jour en jour dans une solitude qui ne me quitte jamais vraiment aujourd'hui... J'ai adoré voir les paparazzis ainsi que les journaux se battre afin de parler de mon histoire, d'étaler la façon dont on m'a plaqué, de se demander en quoi j'étais si mauvais pour que tu partes... Tu as raison...
Je sais que je suis mauvais, mais bon sang... Elle ne sait pas ce que j'ai pu ressentir, elle ne sait pas ce que j'ai vécu seul... Elle a vécu une certaine solitude de son côté, je n'en doute pas... Mais ce qui est différent c'est qu'elle, elle a choisi cette solitude. Moi, je l'ai subi.
- Je vais mourir, Pyair.
Je me tourne vers elle... Je sais cela, dans le fond on est tous en train de mourir... Seulement voir cette larme sur sa joue me serre le cœur et j'ai tout de suite envie de la prendre dans mes bras...
- Je suis en train de mourir. Le traitement ne peut plus rien faire… les médecins non plus.
Ainsi on arrive au moment où elle doit commencer la chimiothérapie.
- N’aie aucun regret pour nous. Tu n’aurais pas voulu vivre cela… Je n’aurai pas voulu que tu le vives.
Je secoue la tête, sentant sa main sur la mienne. J'ai envie de la serrer mais à la place, c'est mon cœur qui se serre.
- Arrête de parler pour moi... Je voulais vivre avec toi... Je voulais partager des bons moments, mais aussi les douloureux... Je voulais être présent pour toi quand les médecins t'auraient annoncé que tu commences ta chimio... Je voulais être là quand tu souffrais pour te rappeler que tu n'es pas seule... Oui, j'aurais voulu vivre ça, parce que cela signifiait que je les vivais avec toi... Je voulais juste vivre avec toi et t'aimer... T'aimer jusqu'au bout... t'aimer jusqu'à ma propre mort...
Finalement ma main vient serrer la sienne.
- J'ai failli mourir moi aussi il y a peu...
Je me sens frissonner à ce souvenir, sentant la douleur là où la balle m'a frappé comme se réveiller à mon bon souvenir. J'ai failli mourir, seul... Je me suis réveillée de mon coma seul... Et j'aurais tout donné pour que la femme que j'aime soit présente... Mais elle n'existe pas... Elle n'existe plus...
- Et je ne suis pas malade... La mort peut toucher n'importe qui, n'importe quand...
Je me tourne de nouveau vers elle pour lui faire face, laissant mon regard plonger dans le sien.
- Je t'aime Elinor... Je n'ai jamais cessé de t'aimer... Oui j'ai été malheureux et triste... Mais cela est tellement rien comparé à l'amour que je te porte... Je n'ai jamais cessé de t'aimer parce que tu es la femme de ma vie... Tu crois pas qu'on pourrait se laisser une dernière chance... On était heureux ensemble... Amoureux... Reviens-moi Elinor...
Je la supplie presque alors que je pose une main tendre sur sa joue. J'ai envie de l'embrasser, j'ai envie de lui dire encore à quel point je l'aime. Oui, je la déteste de m'avoir rendu aussi malheureux, mais le fait est que je l'aime bien plus...
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