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 « Sometimes you love a person because of all the reasons they’re not like you. And sometimes you love a person just because they feel like home. » ∞ Alaric ♥

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Elinor Goldstein
Admin Mourante
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DATE D'INSCRIPTION : 19/08/2015
MESSAGES : 462

MessageSujet: « Sometimes you love a person because of all the reasons they’re not like you. And sometimes you love a person just because they feel like home. » ∞ Alaric ♥    Mer 9 Aoû - 1:00

Elinor avait l’estomac au bord des lèvres. Dans la voiture qui les ramenait chez eux, David et elle ne s’échangeaient pas un seul mot, ni même un seul regard. Ils restaient stoïques. L’un consultait son portable sans jamais s’en dévisser les yeux, l’autre observait ostensiblement à travers la vitre contre laquelle la pluie s’abattait drument. La nuit lui offrait à peine de visibilité, mais il y avait dans les yeux d’Elinor un besoin terrible de s’échapper d’ici et d’appartenir à ce décor d’encre où elle n’y voyait rien. Cela serait toujours préférable à sa situation actuelle. Son corps avait froid. Elle respirait à peine. Son cœur battait douloureusement dans sa poitrine. Ses entrailles se tordaient. A l’intérieur, elle avait l’impression d’être vide. Qu’un froid immense s’était installé. Et pour la première fois, ce n'était pas à cause de sa maladie. Elle retenait bravement les larmes qui menaçaient la lisière de ses yeux. Des larmes de colère. Des larmes de frustration. Des larmes d’amertume. Des larmes de chagrin. Des larmes d’injustice. Des larmes de honte. « Nous sommes arrivés. » annonça David sans un regard. Le chauffeur ouvrit la porte. Tout en tendant sa main à Elinor pour qu’elle s’extirpe du véhicule, il agrippait un parapluie de l’autre. Lorsqu’elle glissa momentanément ses doigts dans les siens pour sortir, elle vit briller l’éclat de cette bague hideuse à son annulaire gauche. Elle s’empressa de regagner la terre ferme pour échapper à cette vision. David suivit son chemin et ils arrivèrent tous les deux dans la demeure. Un domestique les débarrassa de leurs manteaux et Elinor retira ses gants. Les marques bleues sur ses poignets que son fiancé avait laissé en début de soirée apparaissaient déjà. David donna congés à tout le personnel qui était encore présent en ces lieux. La soirée était terminée. Ils arrivèrent dans le salon où il partit se servir directement un verre d’alcool. Il fit tourner plusieurs fois le liquide ambré avant d’en prendre une gorgée. D'ordinaire, elle partait se couche mais cette fois, Elinor ne le quittait pas du regard, comme s’il était responsable de toutes les atrocités de ce monde. « Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? » Sa voix tremblante était empreinte d’une colère retenue. Elle se souvenait de l’expression de Pyair quand ça s’était passé. De cette gêne qui l’avait éprise face à tous les regards qui se tournaient vers eux et qui croyaient à cette supercherie. De cette sensation d'être prise piège. David l’observa pour la première fois qu’ils avaient quitté le gala de charité. « Faire quoi ? Te demander en mariage ? La raison est plutôt évidente. » La jeune femme réprima un rire sarcastique. Elle se frictionna les bras, ayant froid dans sa robe de soirée. « Ce n’est pas évident du tout, David. Seulement, tu savais que je ne pourrai pas dire non devant tout ce monde. Tu ne m’en aurais pas laissé le choix ! » - « Tu inventes, Elinor. » Il se montrait d’un calme parfait tandis que l’émotion la submergeait. Cette situation était irréelle, surréaliste, cauchemardesque. « Allons, pourquoi jouer la comédie plus longtemps ?! Je ne t’aime pas et tu ne m’aimes pas. Tu passes ta vie ailleurs pour ta carrière ou dans les bras des autres. Et maintenant, un mariage ? Tout ça, ça n’a aucun sens ! » - « Alors si tu es aussi sûre de cela, pourquoi tu ne me quittes pas ? Pourquoi tu n’es pas encore partie, Elinor ?! » Il venait de reposer brutalement son verre sur le buffet, faisant sursauter légèrement la comédienne. Il mimait le calme alors que des nuages noirs peuplaient ses yeux. Il s’approcha d’elle lentement en même temps qu’elle reculait. Elle savait reconnaître quand ses fureurs grondaient jusqu’à bientôt exploser. « Tu veux que je te dise Elinor ? Toute cette situation, elle t’arrange bien. Tu n’as pas envie d’être aimée. C’est pour ça que tu m’as choisie. Pour je ne te regrette pas. Et si tu restes avec moi, si tu joues la comédie aussi bien que moi, c’est uniquement parce que tu es terrorisée à l’idée de crever toute seule ! » Son dos venait de buter contre le mur. Il se tenait devant elle, grand et menaçant. Il s’emporta plus encore. « C’est toi qui as voulu tout ça ! Reconnais-le ! Ta vie est ainsi uniquement parce que tu l’as choisi. Et si tu m’as oui ce soir, c’est bien parce que tu le voulais aussi. Parce que tu as besoin de moi ! » Elle le repoussa violement, révoltée et bouleversée à la fois par ces vérités effrayantes. Il la rattrapa par le bras pour la plaquer contre le mur. Elle poussa un cri. « Lâche-moi ! » - « Admets-le ! Qu’est-ce que ça peut te faire d’être mariée ou non à moi puisque tu vas mourir ! » Cette fois, elle le repoussa plus fort. Sa main partit d’un seul coup pour le gifler. « Je ne vais pas mourir ! » s’écria-t-elle entre ses larmes dans un hurlement désespéré. Elle se condamnait, mais une autre part d’elle criait qu’elle voulait vivre. Pourquoi avait-il raison ? David passa sa main sur sa joue rougie. Il émit un rire effrayant. « Tu crois que je ne le sais pas, Elinor ? Tu penses vraiment que je ne suis pas au courant que le traitement ne fonctionne plus ? Que tu refuses d’être soignée ? » Sa poitrine se comprima. Elle le dévisagea en reculant d’un pas sous le poids de la révélation. Personne n’était au courant de sa décision, ni même encore de son état médical. Qui aurait pu le renseigner ? Mais pire encore, si David était au courant de la prochaine mort d’Elinor, pourquoi l’avoir demandée en mariage ? Les terribles projets de son fiancé se dessinèrent devant elle en quelques instants. Un mariage lui offrirait un soutien par le nom des Goldstein et une épouse magnifique qu’il pourrait exhiber avec fierté. Mais un éventuel veuvage ? La fortune des Goldstein, la réputation de cette famille et la sympathie des votants ou des partisans. La jeune femme se mit à trembler de la tête au pied. « Tu… tu n’as pas fait ça ? » bredouilla-t-elle tandis qu’il s’approchait de nouveau. Il vint caresser du bout des doigts l’angle délicat de la mâchoire d’Elinor. « Tu as décidé toi-même que ta vie n’en valait pas la peine. A ce titre, j’en dispose. Autant qu'elle me soit utile. Et si tu es assez intelligente pour ça, tu n'en parleras à personne parce que tu ne veux pas que ton secret soit découvert. » Elinor en perdit presque son souffle. Choquée. Effrondrée. Brisée. « Un jour, tout te retombera dessus. Tu n’auras que ce que tu mérites. » Elle le contemplait avec stupeur, comme si elle avait affaire à un monstre. « Peut-être bien. L’ironie, Elinor, c’est que tu ne seras plus là pour le voir. » Elle se dégagea d’un coup sec et asséna un gifle retentissante au politicien. Elle lui fut aussitôt rendue, mais avec une force d’homme qui l’envoya parterre et lui fendit la lèvre. Il la releva brutalement en l’empoignant par le bras. « Tu es parfaite pour jouer les victimes, mais est-ce que tu sais ce que ça fait que de vivre avec une morte ?! De vivre avec toi ? Je t’ai aimée, Elinor. Au début, je t’ai aimée, mais tu m’as bouffé en même temps que ta foutue maladie ! » rugit-il. Il était redevenu incontrôlable. Elle voulut se dégager de toutes ses forces mais il la retenait trop fermement par les deux bras. Elle se mit à crier mais il s’en moquait. « Tu t’es tuée toute seule avant même que la maladie ne le fasse ! Est-ce que tu crois que tu crois qu’on peut aimer quelqu’un qui est mort ?! » Il explosait littéralement de rage. Il la repoussa brusquement, la faisant atterrir contre le buffet. Elle s’y écrasa maladroitement, peinant à reprendre ses esprits. Elle dévisagea longuement, autant assommée par ses propos que par ses gestes. Brusquement, son esprit se réveilla et elle se précipita hors du salon. « ELINOR ! » rugit-il. Elle fut malgré tout plus rapide. Elle courut vers l’entrée, attrapa son sac où ses clefs de voiture et son portable étaient et sortit de la demeure. La pluie s’abattit sur elle avec violence. Elle embarqua dans sa voiture, mit le moteur en marche et ne décéléra pas avant d’être à une distance raisonnable de la demeure de David. Au terme de dix minutes, l’adrénaline s’évapora peu à peu. Elle se mit à manquer d’air, à sentir son cœur devenir fou jusqu’à ce qu’elle crie dans sa voiture et qu’elle fonde en larmes. Elle ne réfléchissait plus un seul instant à ce qu’elle faisait. La raison ne dominait plus, mais laissait place à une souffrance atroce qui vrillait son âme. La pluie et ses larmes étaient si opaques qu’elle ne repéra l’animal sur la route qu’au dernier moment. Son cœur rata un battement quand elle l'aperçut. Elle donna un brusque coup de volant qui l’envoya hors de la route. Il s’agissait d’un chemin assez isolé qui s’éloignait des abords de Los Angeles, bordé d’une multitude d’arbres. Sa voiture termina sa route contre le tronc de l’un d’eux.

Le choc fut brutal. Elinor ne sut pas si elle perdit connaissance, mais quand elle émergea, ses oreilles bourdonnaient, une nausée atroce lui tiraillait les entrailles et un mal de tête horrible la prenait. Elle porta sa main au sommet de son front et reconnut le contact poisseux du sang. Tâtonnant dans le noir, elle trouva la poignée de la porte. Elle tomba plus de la voiture qu’elle n’en descendit. Sa tête tournait tant qu’elle peinait à conserver l’équilibre. Dehors, elle put attester que si elle était blessée, c’était bien son tacot qui avait pris le plus gros des dégâts. Elle n’était pas forte en mécanique, mais même pour le meilleur mécanicien du monde, c’était une cause perdue. Elle tituba loin de la voiture avant de tomber à genoux et de déverser tout le contenu de son estomac. Quand les spasmes se turent, elle se remit à pleurer en enroulant ses bras autour de ses épaules. Sur le fiasco qu’était sa vie. Sur l’insoutenable injustice de l’existence. Elle s’entendit même crier au milieu du vacarme du déluge. « Qu'est-ce que j'ai fait ?... » De sa vie. De ce qui lui restait de son existence. Elle ne sut combien de temps s’écoula avant qu’elle ne revienne vers la voiture. Tous ses membres tremblaient sous le choc et par le froid qui s’insinuait à travers la fine couche de ses vêtements à moitié en loque. Elle récupéra son portable et appela le seul numéro qui lui vint à l’esprit. Elle aurait pu appeler n’importe qui. Notamment son frère qui n’aurait pas hésité une seule seconde, mais contre tous ses principes, il n’y avait qu’une seule personne qu’elle voulait voir. « Alaric ?... » bredouilla-t-elle faiblement entre ses hoquets. « Je… j’ai besoin de toi… Je ne sais pas quoi faire… Je ne sais pas où je suis... » Elle éclata à nouveau en sanglots. De ces pleurs qu’elle ne s’était pas autorisée durant des années. Mais par le simple pouvoir de ses paroles, David l’avait brisée. Elle lui donna approximativement la localisation de l’endroit où il pourrait la trouver. « Je t’en supplie, viens… je ne savais pas qui appeler d’autre… » Et elle n’aurait pas voulu en appeler un autre. Son portable se coupa. Plus de batteries. Une boule vint la saisir au ventre. Et s’il ne venait pas ? S’il ne voulait pas après la dernière fois ? Et s'il lui en voulait ? Elle lâcha son portable qui tomba près des pédales. David l’avait déjà appelée une dizaine de fois sans succès. Elle sortit de la voiture, comme pour s’éloigner de son influence. Elle s’adossa à un arbre, se laissant tomber par terre. Puis elle attendit. Elle attendit sous la pluie. Elle attendit qu’il vienne.
Lui. Et juste lui.
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Alaric Winchester
Admin Ours Brun
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DATE D'INSCRIPTION : 10/09/2016
MESSAGES : 378

MessageSujet: Re: « Sometimes you love a person because of all the reasons they’re not like you. And sometimes you love a person just because they feel like home. » ∞ Alaric ♥    Mer 9 Aoû - 19:21


Alaric ne s'intéressait jamais vraiment à la vie des autres. Pas même à celle de ses proches - à quelques détails près. Il n'était pas de nature curieuse. Il n'était pas homme à se mêler de ce qui ne le regardait pas. S'il voyait une personne en difficultés, seule, démunie et dans le besoin il ne se demandait s'il serait plus juste d'intervenir et d'aider, il le faisait. Naturellement. Aussi naturellement que lorsque le foyer avait besoin de lui, financièrement autant que physiquement. Il ne tournerait jamais le dos à ces jeunes défavorisés qui ne trouvaient pas de maison digne de ce nom - tout simplement parce qu'il savait ce que cela faisait. Il savait ce que cela pouvait détruire. Il ne s'intéressait pas à ce qui les avait amenés à débarquer ici. Il ne posait pas de question. Il respectait l'intimité et la vie privée. Il respectait le silence. Tout comme il souhaitait qu'on respecte son intimité. Sa vie privée. Son silence. Il pouvait passe une soirée entière en compagnie de ces jeunes ou même un seul d'entre eux sans parler une seule fois. Juste en partageant un bon repas, une bonne bière ou en regardant un mauvais film. Très souvent, cela était suffisant pour ces jeunes délinquants qui, au fond, ne demandaient rien d'autre que de l'attention. De l'intérêt. De l'affection. Pourquoi en seraient-ils démunis ? Pourquoi en seraient-ils dépourvus ? Pourquoi ne mériteraient-ils pas d'exister aux yeux de quelqu'un ? A défaut d'avoir une vraie famille, une vrai maison et un vrai foyer, ils avaient ce lieu où ils pouvaient se sentir à l'abri. En sécurité. Aimés. Après tout, n'était-ce pas ce que tout le monde désirait dans la vie ? Exister. Vivre. Être aimé. Être important pour quelqu'un. Alaric lui-même n'avait pas su ce que cela représentait avant de rencontrer Dan. Il n'était qu'un adolescent perdu et sur le mauvais chemin. Parfois, il se demandait ce qu'il serait advenu de lui s'il n'avait pas croisé la route de ce mécanicien passionné de boxe. Il s'imaginait sans mal derrière les barreaux pour vol ou autre connerie du genre. S'il semblait droit et en règle avec la justice, il n'ignorait pas que la prison l'attendait toujours au coin de la rue. Les flics ne le lâcheraient pas aussi facilement, persuadés qu'il baignait dans des affaires louches. Peut-être avaient-ils des informations concernant des activités extra-professionnelles. Peut-être existait-il une taupe dans l'entourage de Ric. Quoiqu'il en soit, ils ne semblaient pas suffisamment renseignés pour le surprendre en flagrant délit - fort heureusement. Par prudence, Alaric avait espacé ces soirées illégales et se montrait plus restreint et méfiant quant à qui prévenir et inviter. Avec pareille attitude et pareil risque permanent, avait-il le droit de se considérer comme une personne honnête et bonne ? Personne n'avait jamais réellement pris le temps de lui expliquer les véritables notions de bien et de mal. Personne ne l'avait jamais réellement rassuré quant à ses qualités. Sans doute pensaient-ils tous qu'il n'en avait pas besoin. Et pourtant. Alaric avait un besoin viscéral d'être rassuré. Il ne le disait tout simplement pas.

Alaric n'était pas d'une nature curieuse. Alaric respectait la vie privée d'autrui. Alaric ne s'intéressait pas spécialement aux autres. Alors pourquoi ne cessait-il pas de penser à elle ? Pourquoi ne semblait-il pas capable d'oublier cette soirée ? Pourquoi se demandait-il constamment qui était cet homme venu interrompre leur soirée ? Pourquoi avait-elle tout simplement suivi ? N'était-elle pas libre de ses mouvements et de ses choix ? N'était-elle pas libre tout court ? Qu'elle soit en couple ne lui avait pas traversé une seule fois l'esprit - et pourtant, pourquoi pas ? Pourquoi serait-elle venue à ses rendez-vous ? Pourquoi aurait-il senti une quelconque attirance s'il n'y en avait aucune ? Alaric n'était pas homme à se poser des questions existentielles. Alaric n'était pas homme à s'attarder sur l'impossible et le compliqué. Ceci expliquait qu'il soit si énervé et si peu bavard depuis quasiment plus d'une semaine maintenant. Personne n'osait l'approcher ou le titiller. Même Raphaël évitait de venir lui propose de manger un morceau, Ric se contentait de le rejoindre à table ou de le suivre quand il le voyait prendre ses affaires. Ils ne parlaient quasiment pas ou peu et ça leur convenait bien, tous deux grincheux et peu expansifs. Mais s'il ne parlait pas, Ric n'en pensait pas moins. S'ils savaient tous que le grand Alaric Winchester était perdu dans des millions de pensées liées à une femme, il n'en aurait pas fini d'en entendre parler. Et de le charrier. Le pire dans tout ça était qu'il n'en voulait pas à la jeune femme. Il ne lui en voulait pas d'avoir garde des secrets et de s'être limitée au strict nécessaire avec lui. Il avait fait de même. Au fond, ils ne se devaient rien et elle avait bien droit de mener sa vie comme bon lui semblait. Il s'en voulait plus à lui-même. De ne pas réussir à la zapper de sa mémoire. De ne pas réussir à se dévoiler, ne serait-ce qu'un peu. Étaient-ils si différents ? Sur bien des points, oui. Sur bien d'autres points, non. Ils étaient discrets sur leurs vies l'un avec l'autre, pour des raisons qui leur étaient propres. Il pouvait respecter cela et l'accepter. De toute façon, il n'avait pas le choix. Il se refusait catégoriquement de sombrer dans la bêtise en l'appelant pour avoir des nouvelles. Pire, pour poser des questions. Dieu qu'il détestait ces gens incapables de se mêler de ce qui les regardait et de foutre la paix à ceux qui préféraient rester tranquilles. Pour rien au monde il ne sauterait le pas et deviendrait l'une de ces personnes. Et pourtant, son coeur battait légèrement plus fort lorsqu'il aperçut le nom d'Elinor sur son téléphone. Elle l'appelait. Il eut un instant d'hésitation, pensant que ses pensées obsessionnelles lui jouaient des tours. Mais c'était bien elle. A plus d'une heure du matin. " Allo ? " répondit-il doucement en décrochant, hésitant entre se la jouer cool et détaché ou inquiet et concerné. Mais toute pensée de ce jour fut oubliée aussi rapidement une fois qu'il entendit ses sanglots et sa détresse. Tout en lui se mit en alerte et prêt à dégainer, comme s'il était fin prêt à affronter toutes les tempêtes du monde et non pas sur le point de s'endormir. " Que se passe-t-il ? Où es-tu ? " Il fut étonné du calme de sa propre voix, alors qu'intérieurement il bouillonnait. Il fut difficile de la faire parler, plus encore de comprendre où elle se trouvait. Heureusement qu'il connaissait Los Angeles comme sa poche, sans cela, il n'aurait pas pu aller bien loin. Et la folie l'aurait gagné. " J'arrive tout de suite, " eut-il le temps de la rassurer avant que la communication ne coupe - sans doute n'avait-elle plus de batterie. Que diable faisait-elle dehors à cette heure-ci, seule et complètement perdue ? Concentré, il parcouru le long chemin qui le séparait de l'endroit qu'elle lui avait faiblement indiqué. Arrivé sur les lieux plusieurs minutes après son appel - LA était une grande ville - il aperçut sa vieille voiture dans le fossé, contre un tronc d'arbre. Son sang ne fit qu'un tour et il avait envie de la secouer comme un pruneau. A peine garé sur le bas côté, il sortit en trombe comme un dératé et la peur prit le dessus quand il ne l'aperçut pas tout de suite. " Elinor ? " l'appela-t-il d'une voix calme et posée, ce qui le surprit grandement compte-tenu de sa panique. Il la vit enfin, assise au pied d'un arbre un peu plus loin du tas de ferrailles qui partirait à la casse cette fois pour de bon - cette idée le calma légèrement, aussi fut-il plus doux et plus délicat quand il parvint enfin jusqu'à elle. " Elinor, regarde-moi, " lui demande-t-il doucement en prenant son visage dans ses mains pour voir ses blessures. Il manipulait le plus lentement possible afin de ne pas causer de tort, et quand il fut certain de ne rien briser, il la souleva dans ses bras comme si elle n'avait pas peser plus lourd qu'une plume. Mi-sonnée et mi-choquée, elle se laissa faire sans émettre la moindre plainte. Il l'installa le plus confortablement possible au siège avant, comme il l'aurait fait avec n'importe quel pote ayant trop abusé de l'alcool. Sauf que ce n'était pas un pote. Sauf que ce n'était pas l'alcool. Elle ne sentait rien d'autre qu'un parfum enivrant et voluptueux, et l'herbe fraiche qu'elle venait de quitter. Et le sang. Poisseux et sec, la blessure ne semblait pas extrêmement profonde, cela dit il n'était pas médecin. Et s'il avait réussi à stopper l'hémorragie de Bucky le soir de leur rencontre, il préférait ne pas prendre de risque avec la tête de la jeune femme. "Je vais t'emmener aux urgences. J'ignore si ta blessure est profonde, mieux vaut qu'un médecin voit ça de plus près, et j'en profiterai pour prévenir que ta voiture est ici. L'un de mes hommes va venir la remorquer jusqu'au garage, " et il ne précisa pas qu'elle ne la reverrai jamais. De toute façon a cet instant, le plus urgent était sa blessure. Le reste attendrait. " Ensuite, je te raccompagnerai où tu veux. Mais cette fois, va falloir m'expliquer ce qu'il s'est passé, " ajoute-t-il doucement en la regardant, avant d'allumer de nouveau le moteur. Il allait finalement poser ces questions qu'il avait tenté d'oublier. Elle l'avait appelé. Lui. Ce n'était pas anodin. Ce n'était pas rien. Il méritait de savoir.






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