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 Woops - Bucky & Ric

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Team Gru
Alaric Winchester
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MessageSujet: Woops - Bucky & Ric   Mer 16 Aoû - 13:33



Cela faisait plusieurs semaines qu'ils s'étaient rencontrés d'une drôle de façon, et cela faisait plusieurs semaines qu'ils se voyaient aussi régulièrement que possible. Alaric ne s'était jamais lié aussi rapidement et aussi aisément avec quelqu'un de toute sa vie, pourtant avec Bucky il avait le sentiment d'un naturel évident. Oui. Une évidence, c'était le bon mot. Il existait peu de personnes capables de pouvoir dire connaître une amitié hors du commun. Le genre d'amitié qui ne se décidait pas et ne devenait pas évidente au bout de plusieurs mois et années de soirées à rire et partager. Le genre d'amitié qui permettait de pouvoir tout de dire sans craindre la réaction de l'autre. Tout se dire sans craindre de perdre l'autre. Tout se dire sans craindre le jugement de l'autre. Le genre d'amitié qu'Alaric mettait habituellement des années à construire. Mais pas cette fois. Cette fois, il lui avait fallu une seule soirée. Une soirée pour être convaincu. Une seule soirée pour qu'elle entre dans sa vie et qu'il sache qu'elle n'en sortirait jamais. Et une seule soirée pour comprendre qu'il n'espérait pas qu'elle en sorte. Elle lui rappelait sa propre innocence plus jeune. Elle lui rappelait sa propre fragilité qu'il avait appris à camoufler au fil du temps. Elle lui rappelait ces jeunes qu'il rencontrait au refuge et au foyer, qu'il tentait tant bien que mal d'aider à survivre. Il avait envie de l'aider. Il avait envie de la protéger. Aussi simple que ça. A cet instant, il ignorait encore qu'elle était la soeur de son nouvel acolyte et employé  - Raphaël  - mais cela ne ferait sans doute qu'ajouter du respect à leurs relations. Une fois qu'ils auraient fait le lien. En attendant, les SMS fusaient. Les rires. Les plaisanteries. Les blagues. Jusqu'à ce qu'elle le harcèle pour la rejoindre au bal costumé organisé par la ville. Un bal. Costumé. Lui. Il avait ri. A gorge déployée. Il avait refusé. Elle avait insisté. Sérieuse. Et il avait cédé. Il ne cédait jamais. Il ne cédait pas facilement. Mais elle l'avait fait céder. Cela suffisait à prouver leur amitié unique et solide. Alors il avait choisi un costume des plus banals et des plus discrets  - Bane, l'homme au visage caché et ennemi de Batman. Il ignorait tout des comics et ne connaissait pas bien les films adaptés. Mais paraîtrait-il qu'il ressemblait au personnage. Il ne savait pas trop comment le prendre puisqu'on ne voyait jamais son visage, mais soit. Il serait camouflé et incognito. Façon de parler. Il était arrivé et avait passé la moitié de la soirée à chercher Bucky dans la foule. En vain. Il avait rencontré de charmantes personnes, mais il n'était pas forcément à l'aise en compagnie de charmantes personnes. Quand il avait compris que son amie n'était tout simplement pas venue - après l'avoir bassiné pour qu'il s'y pointe - la colère lui était monté au nez. Il n'aimait pas qu'on lui fasse perdre son temps, surtout pas pour ce genre de conneries, et il était naturel qu'il ose se pointer chez elle pour exiger des explications  - ou mieux... des excuses. Non ? Si. Ça lui semblait légitime. Ils n'étaient encore jamais allés l'un chez l'autre, jamais eu l'occasion et ça ne s'était jamais présenté, mais ils avaient chacun l'adresse de l'autre et depuis des semaines, il était convenu naturellement qu'aucun n'avait besoin de permission pour venir toquer à leur porte respective. Alors il tambourina le lendemain soir après la fin de son service. Quand elle lui ouvrit la porte, en parfaite santé et allant parfaitement bien de toute évidence, il fut plus colère encore. Il aurait pu espérer qu'elle soit si malade qu'elle aurait été bien incapable de se déplacer ou même de prendre la peine de le prévenir. Mais non. Il entra sans attendre qu'elle ne l'invite ou même qu'elle le salue. " Je suis ravi de voir que tu es debout et en pleine forme. J'ai bien cru que tu étais à l'article de la mort, " qu'il lance de façon nonchalante pour commencer mais la fumée sortait presque de ses oreilles. " C'est vrai, après tout quoi d'autre aurait pu t'empêcher de m'appeler ou de répondre à mes messages ? Non seulement ça pouvait être inquiétant, mais en plus je me suis retrouvé au milieu d'un groupe de personnes délurées et parmi lesquelles je n'étais pas vraiment à ma place... pourquoi déjà ? Ah oui. Parce que tu me l'as gentiment demandé. Non. Supplié. Exigé. Choisis, " qu'il lui dit agacé et irrité de s'être laissé embobiner aussi facilement par la blondinette. " Pourquoi tu m'as forcé à aller à cette soirée, alors que je ne voulais pas y aller tout court, si c'était pour ne pas te pointer ?! Pour m'énerver ? Parce que ça a marché, félicitations Mlle Swan, " qu'il lui reproche de nouveau sur un ton plus bourru et plus fort sans doute. Il allait enchaîné et il aurait sans doute enchaîné s'il n'avait pas aperçu un jeune homme dans le couloir du fond qui semblait intrigué, et sur le point d'intervenir comme s'il était convaincu qu'Alaric pouvait en venir aux mains. " Bucky ? " qu'il finit par demander à la jeune femme d'une voix plus douce et plus posée en ne quittant pas le couloir des yeux. Et si sa raison se trouvait là ? Il était un peu jeune pour elle quand même... et franchement, si c'était un petit-copain qui l'avait empêchée de répondre... il allait encore plus mal le prendre.




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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Woops - Bucky & Ric   Jeu 17 Aoû - 18:11

Woops
Alaric ∞ Bucky
Quand William vient à la maison, je deviens toute suite cette femme ultra protectrice qui veut passer le plus de temps avec son fils. Le fait est qu'il ne sait pas qu'il est mon fils. Depuis que je lui ai donné naissance, je me dois d'avoir un rôle de grande sœur que je n'ai jamais pleinement assumé. En effet, depuis toujours j'ai pris soin de lui comme l'aurait fait une véritable mère. Si on a toujours dit que maman était la sienne, il n'empêche que j'ai été celle qui s'occupait le plus de lui. J'étais jeune, très jeune, trop jeune, et pourtant cet enfant est la plus belle chose qui me soit arrivée dans cette vie de merde. Nous avons toujours eu ce lien unique, il me dit beaucoup de choses, me demande mon avis, me parle de ses études. Parce que William est brillant en plus ! C'est une véritable relation frère et sœur, mêlée à une maternité un peu (beaucoup) cachée de ma part. Je me dis que je ne dirais jamais tout ce qu'il peut me dire à ma mère, et d'un côté je bénis le fait qu'il ne le sache pas encore. Seulement je me suis toujours promis qu'à ses 18 ans je lui dirais la vérité. Au début cela paraissait si lointain, et maintenant ce n'est plus qu'une question de quelques mois. Je panique tout simplement en y pensant mais je ne veux pas lui montrer.
Hier soir il est venu me voir en pleure, me racontant alors que sa copine l'avait quitté pour le quaterback. Un classique, mais cette fille je la déteste de juger sur le physique alors que mon fils est non seulement beau mais en plus intelligent. Je sais, c'est mon fils et normalement je ne suis pas objective, mais en même temps il est beau, drôle et je suis tellement fière de lui. Alors je l'ai pris dans mes bras, je l'ai fait rentrer et j'ai écouté sa peine de cœur. Je l'ai consolé, on a mangé de la glace et on a fini par regarder un film. Il a fini par s'endormir, la tête sur mon épaule et moi, j'étais aux anges de partager cet instant avec mon fils.
Tellement que j'ai tout oublié autour de moi, j'ai oublié la soirée costumée, j'ai même pas regardé mon portable qui est en silencieux sur le plan de cuisine. Ce n'est que lorsque j'ouvre la porte sur un Alaric bien énergique, qui venait de tambouriner dessus, que tout me reviens en figure. J'ouvre de grands yeux, me sens rougir alors qu'il rentre dans l'appartement et je commence à vouloir m'excuser, mais je n'en ai tout simplement pas le temps.
- Je suis ravi de voir que tu es debout et en pleine forme. J'ai bien cru que tu étais à l'article de la mort.
Je l'ai mérité, seulement son ton me fait froncer les sourcils et je gonfle un peu mes joues alors que ma mâchoire se crispe.
- C'est vrai, après tout quoi d'autre aurait pu t'empêcher de m'appeler ou de répondre à mes messages ? Non seulement ça pouvait être inquiétant, mais en plus je me suis retrouvé au milieu d'un groupe de personnes délurées et parmi lesquelles je n'étais pas vraiment à ma place... pourquoi déjà ? Ah oui. Parce que tu me l'as gentiment demandé. Non. Supplié. Exigé. Choisis.
Je suis en train de penser à William qui est dans la chambre en train de préparer ses affaires alors qu'Alaric est en train de me crier dessus. Il doit arrêter tout de suite.
- Alaric...
- Pourquoi tu m'as forcé à aller à cette soirée, alors que je ne voulais pas y aller tout court, si c'était pour ne pas te pointer ?! Pour m'énerver ? Parce que ça a marché, félicitations Mlle Swan.
- ARRÊTE TOUT DE SUITE ALARIC !
Je vois alors son regard se glisser dans le couloir et je palis cette fois. Je tourne la tête et vois William qui serre le poing. Il ne supporte pas qu'on me traite mal, surtout depuis qu'il sait lui, et ma famille, pour papa. Il a toujours eu un rôle protecteur et s'est juré qu'il ne m'arriverait plus jamais rien. Comment ne pas aimer William quand je le vois comme ça, prêt à bondir sur Alaric, cet homme plein de muscle alors que lui est assez fétiche.
- Bucky ?
Je ne quitte pas William des yeux.
- Tout vas bien, tu as préparé tes affaires ?
Il hoche la tête.
- Je vais les chercher je reviens.
Quand il rentre dans le couloir je me tourne vers Alaric un peu en colère.
- Il est venu hier soir et je ne pouvais pas le laisser en dehors de la maison Alaric. Je ne ferais jamais ça à mon fils !
Soudain je me rends compte de ce que je viens de dire et je suis certaine que je suis sur le point de m'évanouir. Je quitte les yeux d'Alaric, fixe un point invisible sur son torse.
- Mon frère... Je ne ferais jamais ça à mon frère...
Oh bon sang, je n'ai pas dit ça à voix haute, pas à Alaric. Pourtant j'ai senti la colère monter de le voir si énervé, de croire que je l'ai tout simplement abandonné sans aucune raison valable. William réaparait et décide de faire comme s'il n'était pas là. Tant pis de ce qu'il pense en cet instant, je veux juste dire au revoir à William. Il lui lance d'ailleurs un regard noir qui me fait sourire avant de me faire un câlin.
- Merci Bucky, t'es la meilleure des sœurs tu sais.
Je souris, embrasse sa tempe avant d'ébouriffer ses cheveux.
- Comme si tu en doutais, et souviens-toi, tu vaux bien mieux que n'importe quel quaterback.
- Ca va aller, il me demande en regardant de nouveau Alaric.
Cela me fait sourire et j'hoche la tête.
- Oh oui, Alaric est quelqu'un de bien, j'ai une confiance totale en lui.
Une dernière accolade et je ferme la porte, le laissant partir et me rendant un peu morose. La main toujours sur la poignée, tournant le dos à Alaric je tente de reprendre mon souffle.
- Il est la plus belle chose que j'ai jamais faite... Ma fierté... Chaque fois qu'il vient j'en oublie tout le reste... Je sais ce n'est pas une excuse, j'aurais dû t'appeler, j'aurais dû t'envoyer un message... Je ne suis pas fière Alaric et je suis vraiment honteuse... Seulement, je ne m'excuserais jamais de le faire passer avant tout...
Je ferme les yeux, me sentant tellement exposée que je n'ose pas me retourner pour voir ce qu'il peut bien se passer dans ses yeux. Je pose mon front contre la porte et ferme les yeux, réprimant les larmes qui pourraient venir... Bon sang... Pourquoi il a fallu que je dise le mot tabou... Même Jahia n'est pas au courant que j'ai déjà un fils. Elle, elle connaît l'autre parti de mon secret, le père de cet enfant.
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Alaric Winchester
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MessageSujet: Re: Woops - Bucky & Ric   Sam 19 Aoû - 13:48


Dire qu’ils étaient amis était un étrange concept, quand on savait qu’ils ne se connaissaient que depuis trois semaines, un mois tout au plus. Pourtant, le lien qui s’était créé entre eux dès le premier soir ne pouvait être qu’évident aux yeux de tous. Qu’il soit inexplicable était une chose, qu’il soit réel en était une autre. Il s’était senti plus proche d’elle en un temps limité qu’il n’avait réussi à l’être auprès de quiconque après des années. Et il n’avait pas besoin qu’elle lui confirme ressentir la même chose. En cela, ils pouvaient parler d’une véritable amitié. Cela voulait-il pour autant dire qu’ils connaissaient tous leurs secrets ? Cela voulait-il dire qu’ils connaissaient leurs passés respectifs ? Non. Bucky ignorait que Ric avait grandi de foyer en foyer, sans jamais trouver de famille fixe. Bucky ignorait qu’il avait souffert – et qu’il souffrait encore – de ce manque d’affection et de reconnaissance. Bucky ignorait qu’il avait barricadé son cœur des années plus tôt pour éviter de souffrir. Bucky ignorait qu’il se considérait comme un homme avec des valeurs et des principes, mais surtout comme un homme qui n’en valait pas la peine. Bucky ignorait que son père de cœur, celui qui l’avait recueilli et élevé comme son fils, était gravement malade et sur le chemin de la mort. Bucky ignorait qu’il était incapable de s’installer sentimentalement parlant, incapable d’ouvrir son cœur et de faire confiance en qui que ce soit – parce que la vie ne lui avait pas fait de cadeaux et qu’il n’avait pas trouvé meilleur moyen de se protéger. Il en ignorait tout autant au sujet de sa nouvelle amie. Mais tel était le parcours que devait suivre une amitié, apprendre à se connaitre, apprendre les défauts et les qualités de l’un, de l’autre. Sans juger. Sans critiquer. L’amitié n’avait pas tant de différence avec l’amour. Elle exigeait autant d’une personne ou d’une autre. Fidélité. Loyauté. Attention. Présence. Confidence. Honnêteté. Confiance. « ARRÊTE TOUT DE SUITE ALARIC ! » Il n’avait pas réellement prêté attention à la jeune femme depuis qu’il était entré chez elle, trop énervé sans doute d’avoir été délaissé dans la cage aux lions, seul, la nuit dernière. A son cri et son exaspération, inhabituels, il s’arrêta net et la contempla un instant avant d’apercevoir un jeune homme – inconnu – dans le couloir situé derrière elle. « Il est venu hier soir et je ne pouvais pas le laisser en dehors de la maison Alaric. Je ne ferais jamais ça à mon fils ! » L’information percute, mais met un petit moment avant d’atteindre concrètement ses neurones. Car il n’aurait jamais pensé qu’elle puisse être mère. Car il lui semblait aberrant de croire qu’elle puisse être mère. D’un adolescent. Il reste muet comme une carpe. Il reste con, les mains dans les poches, la bouche ouverte. Un mélange de stupeur et d’incompréhension. « Mon frère... Je ne ferais jamais ça à mon frère... » qu’elle rectifie le visage blême et le doute dans la voix. A cet instant, il sait qu’il en a suffisamment dit pour la fermer, et il sait qu’elle en a suffisamment dit pour le calmer. Le temps de ravaler sa colère, qui semble disparaitre aussi soudainement qu’elle était apparue – à vrai dire, il a déjà oublié cette maudite soirée tout à coup – il ferme les yeux et prend une grande inspiration. Le jeune homme ne semble pas l’apprécier – tu m’étonnes ! – et le jeune homme semble être capable de s’interposer entre sa « sœur » et tout énergumène susceptible de lui faire du mal. Il respecte cela. Il honore cela. Il se pince les lèvres, dans un signe d’excuse maladroit. Il ne trouve pas les mots justes pour réussir à apaiser les pensées du jeune homme. Jamais il ne ferait de mal à Bucky – ni physiquement, ni psychologiquement d’ailleurs. Mais le gamin ne le connait pas, ne le devine pas. Alors il s’assure que tout va bien auprès de sa « sœur », et franchit le pas de la porte dans un dernier regard semi-menaçant vers l’intrus que Ric représente. Il a une tonne de questions qui trottent dans sa tête. Une tonne de questions qui se bousculent. Mais il semble pour l’instant incapable de dire quoique ce soit. Resté debout, il attend qu’elle reprenne elle aussi un peu contenance et lui face enfin face. « Il est la plus belle chose que j'ai jamais faite... Ma fierté... Chaque fois qu'il vient j'en oublie tout le reste... Je sais ce n'est pas une excuse, j'aurais dû t'appeler, j'aurais dû t'envoyer un message... Je ne suis pas fière Alaric et je suis vraiment honteuse... Seulement, je ne m'excuserais jamais de le faire passer avant tout... » Si elle était honteuse, il était pétrifié de honte. Certes, il n’aurait jamais pu croire ni penser qu’elle puisse avoir un « enfant » dans sa vie. Certes, il n’aurait jamais pu deviner qu’elle avait un adolescent comme « enfant ». Certes, ils ne se connaissaient pas encore entièrement, et il ignorait autant de choses d’elle qu’elle ignorait de lui. Mais cela ne lui donnait pas le droit de débarquer chez elle et de l’engueuler parce qu’elle l’avait fait poireauter à une soirée dont il ne voulait pas entendre parler à la base. Il avait été le roi des cons sur ce coup-là. Il pouvait le reconnaitre, même si cela était embarrassant et agaçant. « Tu es maman… » qu’il peut simplement dire dans un souffle. « Comment… » commence-t-il à demander, mais il a peur d’entendre les réponses. Car elle est jeune. Car elle est trop jeune. Car elle était bien trop jeune, s’il est son fils. « Je suis désolé, » finit-il par dire en s’installant sur le canapé, plaçant ses mains sur son visage pour le frotter – comme pour se réveiller d’un mauvais rêve. « Je n’aurais jamais imaginé que tu puisses être… maman. Mais même sans cela, je n’avais pas à venir chez toi sans prévenir et… te faire ces reproches. J’étais agacé, » dit-il comme un gosse capricieux qui sait qu’il a fait une bêtise. « Et inquiet, je reconnais. Y a trop peu de monde qui ont assez d’influence sur moi, Bucky. Que tu puisses en avoir sur moi me dépasse, mais c’est le cas puisque je me suis retrouvé déguisé en Bane le méchant chauve juste pour pouvoir te faire plaisir et aller à cette soirée… » qu’il lui raconte vite fait, en soupirant mais souriant de son ridicule. « Je hais ce genre de soirée, presque autant que je hais danser. Ça te donne une idée, » dit-il en souvenir de leur première soirée mi-chaotique, mi-délirante. « Comment peux-tu être maman ? » lui demande-t-il doucement alors, la regardant non pas comme une gamine insouciante et inconsciente. Il ne la regardait pas comme un monstre qui avait eu des rapports trop jeune. Il ne la regardait pas comme une fille qui avait commis une erreur. Mais comme une femme forte, qui avait vécu quelque chose que peu de jeunes filles de son âge vivaient. « Je veux dire… Il a quoi, 16 ans ? » qu’il demande de nouveau, perdu dans tous les scénarios terribles qu’il pouvait trotter dans sa tête.
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Bucky Swan
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MessageSujet: Re: Woops - Bucky & Ric   Sam 19 Aoû - 23:45

Woops
Alaric ∞ Bucky
Je me souviens encore quand j'ai dû annoncer ma grossesse. En vérité je ne savais pas ce qu'il m'arrivait, j'ai eu mes règles assez jeune et puis, un mois, puis le second je n'ai rien eu. J'en ai parlé à ma maman qui m'a alors conduit j'ai le médecin, pas seulement parce que je n'avais plus mes règles, mais que j'avais ces fameuses nausées matinales. Je me souviens d'avoir déçu ma mère qui ne comprenait pas comment à 11 ans on pouvait être enceinte. Mon père lui, est resté stoïque, mais lorsqu'il venait me voir le soir, il était plus gentil avec moi, moins violent. J'ai su apprécier cette période de libération tout comme je me suis sentie plus seule que jamais. Je n'ai jamais avoué qui était le père à cette époque, même mes grands frères et sœurs ne comprenaient pas comment j'avais pu être aussi irresponsable et surtout pourquoi je voulais garder le bébé. Je ne me voyais pas tuer une vie, il était mon âme, vitale alors que je me sentais mourir à petit feu chaque jour auprès de lui. Je ne sais pas si ma mère a ressenti alors ma solitude, même si maintenant je sais ce que cela fait d'être mère. Elle le savait j'en suis certaine et elle s'est montré plus présente. Elle m'a épaulé, elle m'a déscolarisé afin de me protéger du regard des autres et m'a alors proposé de faire croire aux gens que c'était mon petit frère. J'ai tout de suite accepté, car si pour le moment tout allait bien, quand il allait naître, quand je ne le porterais plus en moi, je savais que papa allait recommencer à me faire du mal. Lui, il était heureux de pouvoir dire que c'était son fils, personne ne savait qu'il disait la vérité à cette époque.
Je me souviens de quand je l'ai mis au monde. Cela a été la chose la plus difficile à faire, ca et juste après le laisser au bras de ma maman pour ne prendre que le rôle de la grande sœur. Mais par chance, maman avait tout compris. J'ai pris soin de mon fils comme je le pouvais à cet âge, du mieux que je pouvais quand on entre à peine dans l'adolescence. Elle m'a tout montré, elle a fait chaque geste lentement pour que j'apprenne à devenir une bonne maman. Pour ce qui était d'être une sœur, je pense que j'ai fait mes preuves, surtout auprès de Fiona. Mais je n'ai pas fait ça pour une quelconque gloire. Je l'ai fait parce que je les aime, et que je voulais la protéger par-dessus tout.
Tout cela me revient en mémoire comme un violent coup de poing alors que je tourne le dos à Alaric, lui avouant a demi-mot qu'il est vraiment mon fils (même si la gaffe que j'ai faite tout à l'heure ne laisse nulle place au doute). Je m'excuse de l'avoir laissé hier soir mais lui confis que William passe avant absolument tout, même Jahia.
- Tu es maman... Comment...
Je ferme les yeux, sentant une larme couler sur ma joue. Si je lui dis, comment va-t-il me voir ? Je sais que je n'ai pas mérité ce qui m'est arrivé, que je n'aurais jamais dû vivre ça, mais lorsque j'avoue, je redeviens cette pauvre fille. Je redeviens cette fillette faible, objet, moins que rien...
- Je suis désolé...
C'est comme s'il comprenait, en même temps il doit avoir tellement de scénarios en tête après une telle révélation. Je l'entends s'installer sur le canapé, essuie mes larmes sur les joues rapidement avant de me tourner vers lui, enfin. Je me mordille la lèvre inférieure nerveuse.
- Je n’aurais jamais imaginé que tu puisses être… maman.
Personne le peut.
- Je suis sa sœur, je murmure.
Ce n'est pas pour qu'il me croit, ce n'est plus la peine il a parfaitement compris. C'est seulement pour le rassurer dans ses dires d'une certaine manière. Comment pouvait-il savoir alors que je le fais passer auprès de tous pour mon petit frère.
-  Mais même sans cela, je n’avais pas à venir chez toi sans prévenir et… te faire ces reproches. J’étais agacé, et inquiet, je reconnais. Y a trop peu de monde qui ont assez d’influence sur moi, Bucky. Que tu puisses en avoir sur moi me dépasse, mais c’est le cas puisque je me suis retrouvé déguisé en Bane le méchant chauve juste pour pouvoir te faire plaisir et aller à cette soirée…
Je l'écoute sans rien dire, me rendant compte de sa certaine vulnérabilité. Je le connais depuis peu et pourtant j'ai l'impression de le connaître depuis tellement longtemps.
- Je hais ce genre de soirée, presque autant que je hais danser. Ça te donne une idée.
Un rire m'échappe alors que je secoue la tête. J'imagine parfaitement, et pourtant il l'a fait pour moi. Comment ne pas tout simplement être attendri par cet homme qui est sans aucun doute (et en un temps record) devenu mon meilleur ami.
- Comment peux-tu être maman ?
Le malaise se réinstalle en moi et je perds tout de suite mon sourire. Je soupire un peu avant d'aller dans la cuisine attraper deux bières. Il est encore tôt mais on va en avoir clairement besoin. Je reviens m'installer à côté de lui, lui tendant une bière alors que je prends une gorgée de la mienne.
Je secoue la tête.
- 17 ans... Je me suis toujours promise qu'à ses 18 ans je lui dirais tout...
Je fixe un point invisible devant moi, reprends une gorgée et ferme les yeux un instant avant de les rouvrir.
- Seulement... Alors que je suis si proche de lui dire... J'ai peur que cela le détruise... J'ai peur que lorsqu'il apprendra qui est son père... Il m'en veuille, il s'en veuille... J'ai une peur bleue qu'il puisse s'imagine être comme lui, qu'il regrette d'être dans cette famille... Qu'il regrette de m'avoir pour mère.
Je sais que je tourne autour du pot et qu'il ne doit rien comprendre, seulement c'est tellement difficile à avouer... Je n'ai jamais eu à le dire si ce n'est à mes 16 ans quand mon père est mort. Et voilà que ces derniers mois je me suis retrouvée à le dire à Jahia, mais aussi à mon frère Raphaël. Et voilà que je vais recommencer... Malgré tout ce temps, c'est toujours aussi difficile...
- Mon père abusait de moi depuis mes 9 ans... Je suis tombée enceinte à 11 et ma famille n'a jamais su qui était le père... Jusqu'à mes 16 ans où ma mère l'a surpris et l'a tué...
Simple... Clair... Rapide... Mais j'ai l'impression de tout revivre. J'ai la chair de poule, j'ai soudainement si froid et si honte. Encore une fois je ne veux pas le regarder et je bois presque la moitié de ma bière en une fois, comme pour me donner du courage d'une certaine manière.
- C'est pour ça que... Plus j'y pense et plus je me dis que la vérité va le détruire... Même si je meurs d'envie de lui dire que je suis sa mère, qu'il est mon fils et que je suis fière... Je préfère mourir de cette envie folle que de lui faire du mal... Il est très protecteur envers moi... Toute ma famille mais lui en particulier, parce qu'ils savent ce qui m'est arrivé... Ils connaissent mon histoire... Et il a beau être jeune, il m'a toujours promis que plus jamais personne ne me ferait de mal...
Une larme coule à nouveau sur ma joue et je me pince les lèvres, finissant par sourire tendrement. Il doit comprendre maintenant pourquoi le contact humain m’effraie, pourquoi mon agression lors de notre rencontre m'a rendu si vulnérable, me rappelant de mauvais souvenir. Je viens de lui avouer mon plus sombre secret, et même si cela ne fait qu'un mois, j'ai peur qu'il me plante là, me disant que c'est trop pour lui et que je ne le revois plus... Injustifié je sais, mais cela ne me quitte pas vraiment...
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MessageSujet: Re: Woops - Bucky & Ric   Dim 20 Aoû - 17:15


Devenir parent lui était une idée plutôt confuse. Il ne l’avait jamais envisagé. Ne l’envisageait pas. Ne l’envisagerait jamais. Il avait été mis au monde et abandonné à la seconde même où il avait poussé son premier cri. Et les années de souffrance et de rejet qui avaient suivi n’avaient pas amélioré l’image du monde qu’il avait. Comment pourrait-il être meilleur que ces parents qui lui avaient tourné le dos ? Comment pourrait-il être un père quand il n’en avait quasiment jamais connu ? Dan avait été une figure paternelle remarquable, et Ric’ lui serait éternellement reconnaissant. Pour autant, pouvait-il être capable d’apporter le même confort, le même amour et la même confiance en un autre être humain ? Il ne le concevait pas. Tout comme il était difficile de concevoir que Bucky pouvait être une mère. « Je suis sa sœur », lui répète-t-elle doucement, mais sans essayer de le convaincre. Il n’avait pas besoin d’être Einstein pour comprendre qu’elle était sa sœur aux yeux de tous. Il n’avait pas besoin d’être Einstein pour comprendre qu’il avait sans doute été plus simple d’être sa sœur qu’être sa mère. Bon sang, elle n’avait pas trente ans aujourd’hui, il en mettrait sa main à couper. Elle était mineure et bien trop jeune pour élever un enfant à l’époque où elle l’avait eu. Et lui, aurait-il été capable d’élever un enfant aussi jeune ? Bordel. Il volait à cette époque. Il agressait à cette époque. Il survivait à cette époque. Il était haineux à cette époque. Jamais. Jamais il n’aurait pu être père à cette époque. Pas plus qu’il ne pourrait l’être aujourd’hui. Pas plus qu’il ne pourrait l’être demain. « 17 ans... Je me suis toujours promis qu'à ses 18 ans je lui dirais tout... Seulement... Alors que je suis si proche de lui dire... J'ai peur que cela le détruise... » qu’elle se confie alors. Cela ne semble pas difficile de lui parler, mais évoquer le sujet est délicat et sa souffrance et ses doutes sont palpables. « J'ai peur que lorsqu'il apprendra qui est son père... Il m'en veuille, il s'en veuille... J'ai une peur bleue qu'il puisse s'imagine être comme lui, qu'il regrette d'être dans cette famille... Qu'il regrette de m'avoir pour mère. » Il écoute, attentivement. Il essaie de comprendre. Il essaie d’imaginer. Il en est incapable, évidemment. On ne peut comprendre que lorsque l’on vit la même chose. Qui est CE père ? Qui a osé l’être ? Qui l’effraie-t-elle à ce point ? La réponse ne tarde pas et lui glace le sang. « Mon père abusait de moi depuis mes 9 ans... Je suis tombée enceinte à 11 et ma famille n'a jamais su qui était le père... Jusqu'à mes 16 ans où ma mère l'a surpris et l'a tué... » Comment réagir ? Quel geste effectuer ? Quel mot exprimer ? Quoi faire ? Il ne peut pas. Il se tait. Il écoute. Il sert les poings et les places devant sa bouche où ses mâchoires se contractent d’horreur et de colère, les coudes posés sur ses genoux. Il ne peut qu’écouter Bucky, le cœur battant d’horreur et d’indignation. Comment ne pas être en colère ? Comment ne pas être haineux ? Comment ne pas désirer tuer cet homme, de nouveau ? Comment un père peut-il abuser de sa petite fille ? Comment un homme peut-il avoir envie d’abuser d’un enfant ? Son enfant ? « C'est pour ça que... Plus j'y pense et plus je me dis que la vérité va le détruire... Même si je meurs d'envie de lui dire que je suis sa mère, qu'il est mon fils et que je suis fière... Je préfère mourir de cette envie folle que de lui faire du mal... Il est très protecteur envers moi... Toute ma famille mais lui en particulier, parce qu'ils savent ce qui m'est arrivé... Ils connaissent mon histoire... Et il a beau être jeune, il m'a toujours promis que plus jamais personne ne me ferait de mal... » Et bon sang, il se le promettait aussi. Si lui avait connu l’abandon, la solitude et le rejet, elle avait connu l’abus, la douleur et l’horreur d’avoir un père vicieux et criminel. Ils avaient tous deux un passé compliqué, un passé difficile et un passé qui les affectait. Cela ne faisait que renforcer le lien qui les unissait depuis plus d’un mois. Cela ne faisait que renforcer son envie de la protéger. Pourtant, elle n’osait pas le regarder. Pourtant, elle n’osait pas le confronter. Pourtant, elle semblait craindre sa colère ou son dégoût. Pourtant, elle semblait s’imaginer qu’elle venait de détruire quelque chose. Pourtant, il était là et ne bougeait pas. Pourtant, il était là et ne bougerait pas. Pourtant, la colère et la haine qu’il ressentait ne lui étaient pas destinées. « Toute ma vie, j’ai été déçu de l’être humain, » lui dit-il alors. Il ne sait pas comment exprimer ce qu’il ressent, dire les choses comme il les pense. Mais il essaie. A sa façon. « J’ai été abandonné à ma naissance, placé dans un orphelinat sans aucun prénom – on me l’a donné au hasard. Je n’avais qu’un nom de famille. J’ai été adopté quatre fois par différentes familles avant d’être placé en orphelinat. Toute ma vie, je me suis senti rejeté, indésirable. Comme une erreur de la nature, une erreur irréparable, » qu’il lui explique. « Je ne sais pas pourquoi le monde est rempli de tant d’horreurs. Je ne sais pas pourquoi toi, comme moi, nous avons eu à subir toutes ces choses. Ce que je sais, là tout de suite, c’est que s’il n’était pas déjà mort, j’irais sans doute le tuer de mes propres mains, » qu’il ajoute d’une voix totalement neutre et posée. « Sans aucune hésitation, » qu’il insiste. A sa manière, il lui fait comprendre qu’il prendrait cette décision pour elle, qu’il n’hésiterait pas pour elle, qu’elle pouvait compter sur lui – même pour le pire. « Un père ne devrait pas faire ça à sa fille. Je n’ai pas de mot pour dire à quel point je suis désolé que tu aies dû vivre ça pendant si longtemps… » Huit années. Bordel de merde. Huit années d’abus. Huit années de souffrance. Huit années de haine et de colère. Pas étonnant qu’elle ait été en état de choc lors de leur rencontre. Pas étonnant qu’elle n’accepte pas qu’on la touche aussi facilement. Il espérait fortement que cet homme pourrissait en enfer. « Je peux pas te dire que je comprends tes peurs, je ne suis pas un parent et je ne le serai jamais. Pourtant, ce que j’ai vu tout à l’heure c’est un gamin prêt à tout pour toi. Il aurait été même capable de me flanquer un coup de pied aux fesses pour me faire sortir d’ici – rien à foutre que je fasse deux fois sa taille et sans doute quatre fois son poids, » qu’il plaisante légèrement. « J’y connais rien, je veux dire à tout ce qui touche les parents, la famille, mais… à ce qu’il parait « on sait ». C’est ce que j’ai toujours entendu dire. C’est ce que Dan m’a toujours dit, chaque fois que je lui demandais pourquoi il m’avait choisi moi, pourquoi il m’avait aidé, moi. Il savait. Peut-être bien qu’il sait, » ajoute-t-il en évoquant son fils et en la regardant dans les yeux. « Peut-être bien qu’au fond, il a toujours su. Peut-être bien qu’il le prendra pas mal, peut-être bien qu’il attend que tu lui avoues. Peut-être bien qu’il en sera heureux. Et même si ce n’était pas le cas, même s’il ne sait pas et qu’il reste sur le cul en l’apprenant… c’est pas possible que ça gâche ce que vous avez, » lui dit-il, non pas pour la rassurer mais parce qu’il n’a pas envie de le concevoir. Il n’a pas envie de croire que tout peut partir en fumée et tout peut se détruire quand c’est aussi fort, aussi beau. Peut-être bien que lui, qui a tant souffert de ne pas avoir de famille, a envie de croire en cette unité. Peut-être bien qu’au fond, il espère fortement que ça existe. « Tu croyais que j’allais claquer la porte en l’apprenant ? » lui demande-t-il en regardant ses doigts crispés sur ses cuisses. « Que j’allais te juger ? Te critiquer ? » qu’il continue doucement. « Bucky, j’ai commencé à volé j’avais à peine huit ans. J’ai fugué de chez mes familles d’accueil un nombre incalculable de fois. J’ai agressé des gens verbalement, parfois même d’une arme pour leur argent et leurs bijoux. Par chance, je n’ai jamais eu à utiliser ces armes, » ajoute-t-il cependant. Il n’avait pas envie de lui donner une image totalement glauque de son passé et ce qu’il avait été, même s’il n’était pas bien fier de ce qu’il avait fait. « J’ai volé mon père adoptif. J’ai pensé le voler plus encore pour m’enfuir aux Bahamas, alors qu’il m’avait ouvert sa porte sans rien attendre en retour. Je ne suis pas celui qui se permettra de te juger ou de te tourner le dos parce qu’un enfoiré a gâché ton enfance, ton adolescence et sans doute un peu ta vie, » qu’il ajoute d’une voix ferme. « Que tu le veuilles ou non, je suis celui qui est venu t’emmerder et te faire faire des trucs que tu détestes faire. Danser en public. Aller à des soirées déguisées. Sans doute te reprocher de le laisser tomber dans ces soirées horribles… et celui qui va ramer à se faire apprécier de l’homme de ta vie, » qu’il ajoute en pointant du doigt la porte d’entrée que son fils venait de franchir.



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MessageSujet: Re: Woops - Bucky & Ric   Dim 20 Aoû - 21:50

Woops
Alaric ∞ Bucky
Cela n'a jamais été facile d'avouer ce que j'avais vécu. Par moments, lorsque j’énonçais les faits à la police, j'avais l'impression de raconter l'histoire d'une autre personne. Et pourtant c'est moi qui ai vécu cette horreur pendant des années. On m'a demandé pourquoi je n'avais rien dit, moi je voulais seulement protéger ma famille. Bien sûr que je voulais qu'il arrête, mais j'avais beau lui demander il n'a jamais arrêté. Cinq minutes avant son dernier souffle, il abusait encore de moi... Je ne pouvais pas dire que je ne savais pas que ce qu'il me faisait était mal, je savais juste que c'était moindre comparé à ce qu'il aurait pu faire à la famille entière si j'avais parlé avant. Peut-être que j'aurais dû, peut-être que les choses auraient été différentes. Il aurait été en prison, je ne serais peut-être pas tombé enceinte mais alors je n'aurais jamais connu William... Je ne sais pas si je peux regretter cette période, car elle fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Je sais que je ne suis pas la fille la plus forte, la plus sociable, la plus enjouée... Je sais que je suis parfois étrange, lunatique, que j'ai parfois des réactions d'enfants... Mais dans le fond je suis moi et c'est certainement ce qui est le plus important.
Cependant, chaque fois que je dois le dire, je me sens plus vulnérable que jamais. J'avoue que je suis faible, j'avoue que mon corps est souillé, pourri, j'avoue que je suis une poubelle depuis mes neuf ans, j'avoue que je n'ai rien été de plus qu'un objet sexuel... Comment peut-on se sentir bien en racontant une telle chose...
Je ne sais pas ce que j'attends d'Alaric dans le fond... Qu'il se mette en colère, qu'il rit, qu'il pleure, qu'il parte... Non je ne sais pas, mais je ne m'attends surtout pas à ce qu'il me raconte son enfance, tout aussi sombre que la mienne. Il a connu l'abandon, la peur je suis certaine, la violence et, s'il ne s'en rend pas compte, je suis certaine que ces vols n'étaient qu'un appel au secours.
- Je ne sais pas pourquoi le monde est rempli de tant d’horreurs. Je ne sais pas pourquoi toi, comme moi, nous avons eu à subir toutes ces choses. Ce que je sais, là tout de suite, c’est que s’il n’était pas déjà mort, j’irais sans doute le tuer de mes propres mains, sans aucune hésitation.
Je me sens frissonner un peu, mais un sourire naît sur mon visage. Je sais que je viens de trouver un nouvel ange gardien et je ne me suis jamais senti aussi rassurée qu'en cet instant.
- Tu n'es pas le premier sur la liste, je dis en souriant, repensant à mon frère, Raphaël.
Je suis certaine que Mickey, Peter, et même William voudrait faire de même. Mais il est mort, et tout ce qu'on peut faire maintenant, c'est cracher sur sa tombe.
- Un père ne devrait pas faire ça à sa fille. Je n’ai pas de mot pour dire à quel point je suis désolé que tu aies dû vivre ça pendant si longtemps…
Je sais ça... On me l'a souvent dit... Pour ce qui est du temps, ma famille s'en veut de n'avoir rien vu, je m'en veux parce qu'ils s'en veulent...
- Ce n'est pas à toi d'être désolée... je murmure.
- Je peux pas te dire que je comprends tes peurs, je ne suis pas un parent et je ne le serai jamais. Pourtant, ce que j’ai vu tout à l’heure c’est un gamin prêt à tout pour toi. Il aurait été même capable de me flanquer un coup de pied aux fesses pour me faire sortir d’ici – rien à foutre que je fasse deux fois sa taille et sans doute quatre fois son poids. J’y connais rien, je veux dire à tout ce qui touche les parents, la famille, mais… à ce qu’il parait « on sait ». C’est ce que j’ai toujours entendu dire. C’est ce que Dan m’a toujours dit, chaque fois que je lui demandais pourquoi il m’avait choisi moi, pourquoi il m’avait aidé, moi. Il savait. Peut-être bien qu’il sait. Peut-être bien qu’au fond, il a toujours su. Peut-être bien qu’il le prendra pas mal, peut-être bien qu’il attend que tu lui avoues. Peut-être bien qu’il en sera heureux. Et même si ce n’était pas le cas, même s’il ne sait pas et qu’il reste sur le cul en l’apprenant… c’est pas possible que ça gâche ce que vous avez.
Je plonge mon regard dans le sien, légèrement embué par les larmes qui ne cessent de menacer de couler. Ces paroles me rassurent comme jamais. En si peu de temps, c'est comme s'il avait su lire en nous et me permette de croire que si je lui dis la vérité, il ne va pas fuir.
- Tu crois qu'il sait ? je lui demande, alors qu'il vient de me le dire.
Je me surprends à aimer cette possibilité, le fait qu'il sait que notre lien va au-delà de frère et sœur.
- Ce qui me fait surtout peur, c'est de lui dire que son père était un monstre... J'ai peur que cela le détruise... On voit tellement d'histoire affreuse avec un père encore plus affreux...
C'est ca ma plus grande peur. Franchement, comment réagir quand on apprend que notre père est aussi notre grand-père, et ce parce qu'il abusait d'une petite fille...
- Tu croyais que j’allais claquer la porte en l’apprenant ? Que j’allais te juger ? Te critiquer ?
Je secoue la tête.
- Je ne sais pas... C'est juste difficile d'avouer à voix haute notre plus grande faiblesse... Celle qui fait que je deviens une femme faible, violentée, au corps souillé, au cœur détruit, à l'âme blessée... Parfois j'ai l'impression de ne même pas être humaine et de n'être qu'un objet... Cela arrive moins souvent aujourd'hui, mais lorsque je fais des cauchemars, cette sensation revient en force, j'avoue.
- Bucky, j’ai commencé à volé j’avais à peine huit ans. J’ai fugué de chez mes familles d’accueil un nombre incalculable de fois. J’ai agressé des gens verbalement, parfois même d’une arme pour leur argent et leurs bijoux. Par chance, je n’ai jamais eu à utiliser ces armes. J’ai volé mon père adoptif. J’ai pensé le voler plus encore pour m’enfuir aux Bahamas, alors qu’il m’avait ouvert sa porte sans rien attendre en retour. Je ne suis pas celui qui se permettra de te juger ou de te tourner le dos parce qu’un enfoiré a gâché ton enfance, ton adolescence et sans doute un peu ta vie.
Bien ce que je pensais, des appels au secours que personne n'a su voir, et cela me serre le cœur. Il pense être une mauvaise personne, je le sens dans ses paroles, mais ce n'est pas le cas. Et pour lui prouver que moi aussi je suis là, que notre amitié bien que naissante compte déjà beaucoup pour moi, je m'approche et pose ma tête contre son épaule. Sa force me donne du courage et je me sens presque apaisée.
- Que tu le veuilles ou non, je suis celui qui est venu t’emmerder et te faire faire des trucs que tu détestes faire. Danser en public. Aller à des soirées déguisées. Sans doute te reprocher de le laisser tomber dans ces soirées horribles… et celui qui va ramer à se faire apprécier de l’homme de ta vie.
Je regarde son doigt me montrer la porte et ne peux m'empêcher de sourire alors que les larmes coulent finalement sur mes joues. Il a raison, William est l'homme de ma vie, mon petit bébé, mon fils, ma fierté.
- Tu sais ce que je me demande... C'est comment j'ai fait sans toi jusqu'à maintenant, je lui avoue doucement.
Je redresse ma tête et embrasse sa joue tendrement.
- Je veux que tu saches que moi aussi je serais toujours là... Je ne suis peut-être pas la plus forte, la plus intelligente non plus... Mais dès que tu appelleras j'arriverais dans la seconde qui suit... Même si William est présent, je dis avant de rire.
Et je me fais la promesse d'être toujours là pour cet homme qui semble lui aussi brisé et en cruel manque d'affection.
- Je te le promets Alaric...
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MessageSujet: Re: Woops - Bucky & Ric   Mar 22 Aoû - 7:30


" Tu as le choix, fiston, " qu'il lui dit. Avec une once de déception dans la voix, perceptible. Il peut être déçu. Il a le droit d'être déçu. Il doit être déçu. Alaric comprend qu'il doit déçu. Lui-même est fort déçu de ce qu'il a fait et voulu faire. Lui-même a été fort déçu d'avoir eu l'idée de ce qu'il comptait faire. Voler son prochain était devenu une habitude, une nécessité. Voler des inconnus. Voler des riches. Voler ceux qui avaient tout. Il ne se prenait pas pour un Robin des bois, car il volait pour lui et pour survivre. Mais quelles raisons l'avaient poussé à tenter de voler l'homme qui l'hébergeait depuis plusieurs mois maintenant ? Depuis 6 mois, il vivait sous son toit. Depuis 6 mois, il mangeait à sa table et à sa faim. Depuis 6 mois, il n'avait plus besoin de voler pour survivre. Depuis 6 mois, cet homme lui offrait l'hospitalité sans rien attendre en retour, excepté le respect et le travail à la maison ainsi qu'un coup de mains au garage. Quelles raisons le pousseraient à voler cet homme, le seul qui lui ai ouvert sa maison et même son cœur ? Il avait honte. Il n'avait aucune excuse valable. Excepté qu'il n'était pas aussi facile pour lui de se laisser apprivoiser. De faire confiance. De croire. D'espérer. Il avait appris très tôt qu'il ne fallait compter que sur lui-même. Il n'avait pas imaginé un jour rencontrer Dan. Il n'avait pas pensé un jour avoir la chance d'être accepté et reconnu en tant que personne, en tant qu'homme. Et pourtant, cet homme l'avait accepté. Cet homme lui avait pardonné. Cet homme ne lui avait pas tourné le dos. Cet homme lui avait laissé le choix. " Tu peux prendre ce que tu voulais prendre. Tu peux partir. Tu peux continuer ainsi, " qu'il lui avait dit calmement et simplement. " Ou tu peux prendre ce tournevis et m'aider à réparer cette vieille bécane pour que je puisse la rendre à son propriétaire à la première heure, " qu'il avait proposé avant de retourner sur la dite-bécane. Il ignorait quel déclic avait opéré en lui ce jour-là ni pourquoi, mais il avait choisi le tournevis. Il avait choisi Dan. Il avait choisi de croire. Il avait choisi la famille. Parce que tout au fond de lui, c'était tout ce qu'il avait toujours désiré ardemment. Être accepté. Être aimé. Être quelqu'un. Être important. N'était-ce pas ce que tout le monde souhaitait finalement ?

***

" Tu crois qu'il sait ? " A vrai dire, il n'en avait aucune idée. Pouvait-on savoir ce genre de choses ? Pouvait-on imaginer avoir aussi peu d'écart avec sa propre mère ? Pouvait-on croire en l'horreur de l'humanité ? Pourtant, il avait envie d'y croire autant qu'il avait eu envie de croire en Dan. En eux. Ne méritait-elle pas d'être aimée et d'être acceptée telle qu'elle était aussi ? Quant à l'adolescent - William - ne désirait-il pas au fond être aimé et désiré ? N'était-ce pas le plus important, finalement ? Aux yeux d'Alaric, ça le serait. Mais il n'était pas William. Il n'était pas Bucky. Il ne pouvait parler que pour lui-même. Alors il hausse les épaules, ne désirant pas non plus lui faire de faux espoirs et l'emmerder avec ses idées à la con. " Ce qui me fait surtout peur, c'est de lui dire que son père était un monstre... J'ai peur que cela le détruise... On voit tellement d'histoire affreuse avec un père encore plus affreux... " Cela par contre, il le comprenait parfaitement. Cela par contre, il ne pourrait jamais prétendre que ça n'arriverait pas. Etait-il possible que le fils ne devienne pas comme le père ? Bordel que oui. Etait-il possible qu'il se pose des questions et que ça le chagrine plus que nécessaire ? Bordel que oui. Ric n'avait qu'à imaginer rencontrer un jour ce paternel qui lui avait tourné le dos pour savoir à quel point il en serait bouleversé - il ne le dirait jamais, mais il le penserait très fort. Pour autant, jamais il ne tournerait le dos à son gosse s'il devait en avoir un jour. Jamais. Jamais il ne reproduirait ce que l'on lui avait fait. Jamais il ne reproduirait ce que ses géniteurs lui avaient fait. " Je ne le connais pas, je ne peux pas t'assurer qu'il ne réagirait pas de cette manière. Je ne peux pas t'assurer qu'il ne pètera pas un plomb - surtout qu'il a l'air hyper-protecteur avec toi. Le peu que j'ai vu me fait penser que c'est un gars bien, un gars fort parce qu'il est prêt à tout pour toi. Pas besoin d'être devin pour le voir, " qu'il ajoute en lui souriant en coin. Il aurait eu la raclée de sa vie s'il avait osé continuer de s'emporter contre elle un peu plus tôt. " Je ne sais pas... C'est juste difficile d'avouer à voix haute notre plus grande faiblesse... Celle qui fait que je deviens une femme faible, violentée, au corps souillé, au cœur détruit, à l'âme blessée... " Il crispe les doigts à l'idée qu'elle puisse se voir ainsi, se sentir si sale et si faible alors qu'elle est tout le contraire. Ne s'en rend-elle pas compte ? Ne réalise-t-elle pas à quel point elle est forte au contraire ? " Parfois j'ai l'impression de ne même pas être humaine et de n'être qu'un objet... Cela arrive moins souvent aujourd'hui, mais lorsque je fais des cauchemars, cette sensation revient en force, " et ça lui fait mal pour elle. Parce qu'il n'a aucun pouvoir contre cette sensation. Il ne peut pas li enlever ces cauchemars. Il ne peut pas lui faire oublier ce passé. Non seulement parce qu'il n'a pas le pouvoir, mais aussi et surtout parce qu'il sait à quel point il est important de ne jamais oublier le passé. Aussi dur et atroce qu'il soit. Il fait ce qu'ils sont aujourd'hui - et même s'il se considère comme de la mauvaise graine et pas quelqu'un de bien, il ne désirerait pas être ailleurs ni être quelqu'un d'autre. " Je suis plus vieux que toi, " qu'il dit alors. " Je peux pas te promettre que les cauchemars partent et que le passé s'efface. Mais ça s'estompe, " qu'il la rassure simplement. " Avec le temps, avec les bonnes personnes, ça s'estompe, " qu'il ajoute en lui serrant doucement la main comme pour lui dire que lui aussi, sa vie était meilleure depuis qu'elle y était entrée en plus. Il sourit quand elle lui confie ne pas savoir comment elle avait fait tout ce temps sans lui. " Tu t'en es merveilleusement sortie apparemment, parce que le gamin que j'ai croisé - même s'il m'aurait achevé - m'a l'air plutôt sympathique et bien élevé, " qu'il préfère orienter la conversation sur une note plus douce, plus gaie, plus joyeuse. Un comble, venant de lui. Mais il déteste la voir triste, les larmes aux yeux. " Je veux que tu saches que moi aussi je serais toujours là... Je ne suis peut-être pas la plus forte, la plus intelligente non plus... Mais dès que tu appelleras j'arriverais dans la seconde qui suit... Même si William est présent, " qu'elle lui promet. Il recule légèrement pour lui faire face, car il tient à ce qu'elle le regarde dans les yeux pour comprendre ce qu'il va dire. " Je ne veux pas que tu me promettes ça. Que tu sois là pour moi, ça me touche énormément - même plus que tu ne peux l'imaginer, " il avait été trop souvent abandonné dans sa vie pour ne pas y accorder son importance. " Mais je ne veux pas que tu me promettes que tu seras là au dépens de ton fils. Jamais. Il est ta priorité, comme un enfant devrait l'être aux yeux de ses parents, " qu'il dit dans un souffle, plus ébranlé et plus secoué qu'il ne le pensait devant cette terrible vérité. Elle n'avait pas idée d'à quel point c'était important pour lui. Il se sentait vulnérable, et de façon inhabituelle et soudaine il savait que les larmes montaient. Alors il prend une grande inspiration et se relève pour marcher un peu. Puis lui adresser un sourire une fois qu'il est certain d'être "calmé". " Puisque j'ai débarqué sans prévenir, que je me suis invité chez toi comme si j'y étais invité et que j'ai fait fuir ton fils... si on commandait à bouffer ? J'invite, " qu'il ajoute pour se faire pardonner. A défaut de lui passer le savon qu'il avait eu l'intention de lui passer, ils passeraient une soirée sympathique entre amis. A parler de tout, de rien, à mater des séries ou des films - dont il ignorait l'existence mais qu'elle s'évertuerait de lui faire connaitre. Ils oublieraient le temps. Ils oublieraient le passé. Ils oublieraient la cruauté de l'humanité.


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MessageSujet: Re: Woops - Bucky & Ric   Mar 5 Sep - 23:22

Woops
Alaric ∞ Bucky
J'ai l'impression que cela fait une éternité que je n'ai pas parlé de William comme étant mon fils et non mon petit frère. Ma famille est certes au courant, mais je leur fait rarement la remarque. Je pense que parfois ils discernent mon mal être, ils voient la façon dont je le regarde, la manière dont j'ai d'être tendre et protectrice avec lui. Pourtant je ne leur dit jamais ce que j'ai au fond du cœur, je ne parle jamais de cette envie si pressente de lui dire afin qu'il comprenne et que je devienne sa mère, je ne parle pas de cette peur qui me ronge le ventre de lui avouer la vérité sur moi, mais surtout sur son père.
En fait, je crois que c'est la première fois que je m'ouvre vraiment sur ce que je peux ressentir pour William, mais en plus sur mes craintes. Même si c'est angoissant, je ressens presque un soulagement de pouvoir en parler à quelqu'un. Tout le monde sait qu'il doit se confier à un moment ou un autre, qu'on a besoin de l'avis de l'autre pour nous aiguiller ou alors tout simplement pour nous écouter, nous rassurer... Ce n'est qu'à cet instant que je me rend compte à quel point j'avais besoin d'ouvrir mon cœur à quelqu'un. Même si cela s'est fait complètement au hasard, je sus heureuse que ce soit Alaric.
- Je ne le connais pas, je ne peux pas t'assurer qu'il ne réagirait pas de cette manière. Je ne peux pas t'assurer qu'il ne pétera pas un plomb - surtout qu'il a l'air hyper-protecteur avec toi. Le peu que j'ai vu me fait penser que c'est un gars bien, un gars fort parce qu'il est prêt à tout pour toi. Pas besoin d'être devin pour le voir.
Je vois son sourire, son regard presque admiratif en parlant de mon fils et je suis comme toute les mères, dès qu'on complimente notre enfant, on devient gaga. Je peux clairement sentir du baume au cœur, juste là où il est fissuré ou encore où il tremble de peur. Malgré cela, c'est difficile d'entendre qu'on est quelqu'un de fort quand je me sens tout simplement misérable par moments. Maintenant que je lui ai ouvert mon cœur, je n'hésite pas à lui dire ce que je ressens dans le fond. Encore une fois, c'est une chose que je dis à si peu de personnes. Comment avouer aux gens que je me sens parfois comme une femme objet. C'est tellement difficile de se rabaisser au yeux du monde quand on se sent déjà minable. Mais avec Alaric je sais que je trouve une oreille attentive. Je ne connais pas toute son histoire, mais je vois dans son regard que lui aussi à souffert. Ce n'est pas le même genre de souffrance mais il sait ce que c'est, il me comprend à sa manière et en ca, je me sens égoïstement moins seule.
- Je suis plus vieux que toi. Je peux pas te promettre que les cauchemars partent et que le passé s'efface. Mais ça s'estompe. Avec le temps, avec les bonnes personnes, ça s'estompe
Je souris doucement. Il a raison, quand je dors seule, ils ont tendance à revenir, seulement quand je dors avec Jahia je me sens tout de suite sereine et je m'endors sans aucune crainte. Jusqu'à présent, je n'ai jamais fait de cauchemar en sa présence, comme si elle me protégeait de ceux-ci sans même le savoir.
- Tu t'en es merveilleusement sortie apparemment, parce que le gamin que j'ai croisé - même s'il m'aurait achevé - m'a l'air plutôt sympathique et bien élevé.
Je rougis, souriant timidement face à son compliment.
- J'ai toujours tout fait pour l'élever moi, même si maman était toujours derrière moi pour être certaine que je ne faisais pas les choses mal... Elle a toujours su me donner mon rôle de mère, même s'il était caché, je ne la remercierais jamais assez pour cela... C'est un garçon formidable et si intelligent... J'ai parfois du mal à croire que c'est moi qui ai fat une telle merveille, je murmure songeuse, adorant parler de mon fils avec autant d'adoration.
Nous ne sommes plus dans la tristesse et je le remercie d'être assez douée pour me sortir de cette torpeur. Je me fais alors la promesse, et à lui aussi, que je serais toujours présente pour lui, même en présence de William.
- Je ne veux pas que tu me promettes ça. Que tu sois là pour moi, ça me touche énormément - même plus que tu ne peux l'imaginer. Mais je ne veux pas que tu me promettes que tu seras là aux dépens de ton fils. Jamais. Il est ta priorité, comme un enfant devrait l'être aux yeux de ses parents.
Je vois bien qu'il est soudainement vulnérable et je glisse ma main dans la sienne dans un geste protecteur. Mais je n'ai pas vraiment le temps de garder sa main qu'il se lève, comme pour reprendre contenance. Je ne peux pas lui en vouloir.
- J'étais sérieuse tout à l'heure, je le ferais toujours passer en premier... Mais je peux au moins faire l'effort de regarder mon portable la prochaine fois, je lui dis avec un clin d'oeil.
Je pourrais comme ça au moins surveiller mes sms et lui éviter de passer toute une soirée horrible à me chercher.
- Puisque j'ai débarqué sans prévenir, que je me suis invité chez toi comme si j'y étais invité et que j'ai fait fuir ton fils... si on commandait à bouffer ? J'invite.
Son sourire me fait sourire moi aussi. Je me redresse à mon tour et me dirige vers le frigo où se trouve plusieurs cartes de restaurant livrant à domicile.
- On se fait quoi, sushis, chinois, pizza ou burger ? Je dois t'avouer que j'ai une faim de loup !
Je lui laisse carrément le choix, et puis je suis heureuse de finalement passer la soirée avec lui. Qui sait, on pourrait encore jouer de la confidence afin de se connaître un peu mieux et se montrer qu'on est là, toujours présent l'un pour l'autre.
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MessageSujet: Re: Woops - Bucky & Ric   Jeu 7 Sep - 16:26


« J'ai toujours tout fait pour l'élever moi, même si maman était toujours derrière moi pour être certaine que je ne faisais pas les choses mal... Elle a toujours su me donner mon rôle de mère, même s'il était caché, je ne la remercierais jamais assez pour cela... C'est un garçon formidable et si intelligent... J'ai parfois du mal à croire que c'est moi qui ai fait une telle merveille, » qu’elle lui raconte sans aucune gêne, sans aucune barrière, sans aucune honte – comme elle devrait le faire pour le restant de sa vie. Ils ne se connaissent pas depuis toujours, mais il a cerné son mal-être assez rapidement – et plus il apprend à la connaitre, plus il comprend d’où vient ce mal-être. Pourquoi. Comment. A cause de qui. A cause de quoi. Et parce qu’elle se confie, plus sans gêne, plus sans crainte, il s’autorise des questions. Des questions sans doute douloureuses. Des questions sans doute malvenues – mais ils ont passé un stade dans leur relation, ils le savent tous les deux, qui brise toutes les barrières et tous les non-dits. « Est-ce qu’elle a toujours su ? Qui était le père ? » qu’il demande doucement. Il ne jugerait jamais sa mère – parce qu’elle était sa mère et que Bucky semblait lui porter un véritable amour, et parce que ce n’était pas son rôle. Mais il savait par avance que si cette dernière avait su ce que subissait sa fille mais n’avait rien dit, il ne pourrait jamais la porter en haute estime – quoiqu’elle ait pu faire pour l’aider avec William. « J’ai l’impression que tu n’as pas beaucoup l’occasion de parler de lui ainsi… Pourtant, tu m’as dit que ta famille connaissait ton histoire, ils sont donc au courant ? Tu n’arrives pas à leur en parler ? » qu’il demande doucement de nouveau. Elle a toujours été entourée, semble-t-il, et il a toujours imaginé qu’il aurait été tellement plus simple pour lui s’il avait eu des personnes autour de lui – gamin, adolescent et jeune adulte – pour parler, pour se livrer, pour se confier. « Je ne te dis pas ça parce que je ne veux pas que tu m’en parles, » qu’il ajoute en lui adressant un léger sourire. « Au contraire, je suis… content que tu l’aies fait. Ça prouve la confiance que tu as en moi. Ça me touche, » qu’il ajoute sincère. « Parce que j’ai tout autant confiance en toi. Et crois-moi… c’est plutôt difficile de l’obtenir en règle générale, » et ce n’était pas si peu dire. « J’ai toujours eu du mal à me confier aux autres, » qu’il raconte alors en peu de mots, mais efficacement. « Toujours eu du mal à accorder ma confiance. Peut-être parce que j’ai été déçu tout au long de ma vie. Jamais personne ne s’est suffisamment intéressé à moi pour daigner rester dans ma vie, » qu’il ajoute, réaliste mais sarcastique. « J’ai été abandonné à la naissance, embarqué de famille en famille – aucune décidée à m’adopter. J’ai grandi dans un foyer, puis de familles d’accueil en familles d’accueil. La stabilité, je ne connais pas trop. L’amour, je ne connais pas trop. L’amitié, je ne connaissais pas trop. J’ai appris très tôt à ne compter que sur moi, et il me faut en général des années avant d’être certain de pouvoir faire confiance en quelqu’un. Alors… » qu’il dit en la regardant, souriant, « tu peux te considérer comme chanceuse et VIP – quoique, c’est vite dit quand on me connait – parce que tu es parvenue à la gagner en une soirée. » C’était drôle la vie parfois, comme ça. « Alors, si tu t’avises de me quitter je te préviens tout de suite… je ne te laisserai pas faire, » qu’il plaisante légèrement, néanmoins on sent la sincérité et la crainte qui s’y cache. La crainte d’un homme qui a été trop déçu, trop abusé, qui a trop attendu, qui a trop voulu sans obtenir. « J'étais sérieuse tout à l'heure, je le ferais toujours passer en premier... Mais je peux au moins faire l'effort de regarder mon portable la prochaine fois, » ce qui le fait sourire derrière sa barbe. Oui, la prochaine fois ça serait plutôt cool… ça éviterait pas mal de mauvaises situations. Ça éviterait pas mal d’étranges situations. « Oui, ça je veux bien l’accepter. Parce que cette soirée de bal masqué, Bucky… je ne suis pas sûr que j’ai bien fait d’y aller, » qu’il lui avoue, avec l’agaçante impression d’avoir commis une erreur, d’avoir fait une grosse connerie, sans savoir quoi ni se rappeler de quoique ce soit. « Je t’ai d’abord prise pour une lapine, » qu’il lui raconte en faisant illusion à la jolie blonde qu’il avait pris pour Bucky de dos. « Ensuite, j’ai dû taper la discute avec deux inconnues – la lapine en question et une Catwoman. J’ai dû voir une bande de superhéros débarquer, des princesses et des fanfreluches de partout… Avec toi, cette soirée aurait plus supportable, c’est certain… » qu’il ajoute en soupirant, comme s’il avait vécu un calvaire et la pire soirée de sa vie. Hilarant. Exagéré. Non. Vraiment. Il avait traversé l’enfer. Et pour cela, il méritait une bonne bouffe et une bonne soirée pépère en bonne compagnie. Elinor ne donnant pas signe de vie depuis leur soirée achevée trop rapidement, trop soudainement et trop… étrangement, il ne pouvait pas envisager de la contacter. Voir Dan lui était difficile, bien qu’il sache pertinemment qu’il lui faudrait en profiter un maximum. Bucky était la seule à lui apporter la paix, la sérénité. A le faire sourire, le faire rire en faisait peu de choses. A l’apaiser. N’était-ce pas ça finalement l’amitié ? « On se fait quoi, sushis, chinois, pizza ou burger ? Je dois t'avouer que j'ai une faim de loup ! » Et ils n’étaient pas amis pour rien ! « Je serais tenté de te dire de prendre tout ce que tu viens de citer, » qu’il dit très sérieux. « Mais j’ai envie d’un bon chinois – des nems, une tonne de riz, du poulet pimenté, du poulet curry aussi, et des brochettes de crevettes comme ils savent si bien les faire, » qu’il énumère très rapidement – non, il n’avait absolument pas l’habitude de manger chinois, ni de manger autant… la bonne blague. « Et puis, si tu as envie de faire ma culture cinématographique… ou ma culture série… » qu’il lui dit comme ça, sur le ton de la conversation, s’intéressant soudainement à cet art dont il ignore quand même pas mal de choses. On se demande pourquoi. « J’ai peut-être une place pour une pièce de théâtre dans deux mois… je sais pas si tu aimes le théâtre, mais… si tu veux m’accompagner… » qu’il lui propose innocemment. Il n’est même pas sûr que Elinor lui obtienne ces fameuses places demandées lors de leur dernière rencontre, mais si c’était le cas, il ne se verrait pas y aller avec quelqu’un d’autre que Bucky. Elle allait se demander ce qui pouvait le pousser à aller au théâtre, à s’intéresser au cinéma ou aux séries télévisées qui pouvaient exister… il n’était clairement pas calé sur les sujets et ça elle le savait.







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MessageSujet: Re: Woops - Bucky & Ric   Lun 11 Sep - 22:48

Woops
Alaric ∞ Bucky

- Est-ce qu’elle a toujours su ? Qui était le père ?
Je secoue la tête.
- Non, elle a cherché à savoir, mais devant mon silence elle n'a pas voulu insister. Je pense qu'elle a vu aussi que j'avais peur et elle a compris qu'elle ne devait pas me forcer sous peine de me perdre un peu plus. A la place, elle a voulu tout faire pour être présente pour moi... Comme je te disais, quand elle a découvert l'histoire à mes 16 ans, il y a eu une grosse dispute. Ils ont hurlé, il a voulu la frapper... Elle l'a repoussé et en tombant son crâne a frappé directement sur le coin de ma table de nuit. Quand elle a compris de qui était William elle a pleuré... Elle m'a prise dans ses bras et a pleuré énormément. Elle s'est beaucoup excusé de n'avoir rien vu... Je ne lui en ai jamais voulu. Je m'en voulais surtout à moi... D'avoir été aussi faible, de ne pas avoir eu le courage de parler... Je m'en suis surtout voulu de lui avoir fait de la peine... Je sais qu'elle aimait cet homme, peut-être que si je n'avais pas été là, il n'aurait pas fait tout cela...
Je me recroqueville un peu sur moi-même. Il m'est déjà arrivée de penser que je pouvais mettre fin à cela de manière définitive. Je n'ai cependant jamais pu car je devais protéger ma petite sœur. Pourtant cela aurait été tellement facile, libérateur même...
- J’ai l’impression que tu n’as pas beaucoup l’occasion de parler de lui ainsi… Pourtant, tu m’as dit que ta famille connaissait ton histoire, ils sont donc au courant ? Tu n’arrives pas à leur en parler ?
J'hausse les épaules.
- C'est difficile... Cet homme est aussi leur père... Bien sûr qu'ils me soutiennent et que savoir ça les a choqué... Mais ils ont d'autres souvenirs que moi avec cet homme... Il était quelqu'un de prévenant, de tendre avec les autres... Il aurait pu être un bon père... Mais pas avec moi... C'est difficile de se livrer quand il l'ont si bien connu... Je ne sais pas vraiment commet expliquer, je murmure.
Pourtant je suis certaine qu'il comprend. Ils sont d'une certaine manière trop impliqué. Et parler de notre père est une sorte de sujet tabou entre nous. Je ne sais pas vraiment si c'est eux, ou surtout moi qui ne veux pas en parler.
- Je ne te dis pas ça parce que je ne veux pas que tu m’en parles. Au contraire, je suis… content que tu l’aies fait. Ça prouve la confiance que tu as en moi. Ça me touche. Parce que j’ai tout autant confiance en toi. Et crois-moi… c’est plutôt difficile de l’obtenir en règle générale. J’ai toujours eu du mal à me confier aux autres. Toujours eu du mal à accorder ma confiance. Peut-être parce que j’ai été déçu tout au long de ma vie. Jamais personne ne s’est suffisamment intéressé à moi pour daigner rester dans ma vie. J’ai été abandonné à la naissance, embarqué de famille en famille – aucune décidée à m’adopter. J’ai grandi dans un foyer, puis de familles d’accueil en familles d’accueil. La stabilité, je ne connais pas trop. L’amour, je ne connais pas trop. L’amitié, je ne connaissais pas trop. J’ai appris très tôt à ne compter que sur moi, et il me faut en général des années avant d’être certain de pouvoir faire confiance en quelqu’un.
Je l'écoute se confier à moi avec attention. Après m'être livré, voilà qu'il me raconte son histoire. Abandonné... Quel parent peut abandonner son enfant. C'est une notion que je ne comprends pas, mais ce que je comprends mieux c'est cette méfiance. Elle ne vient pas de la même expérience, mais nous avons vu le pire dans l'espèce humaine, nous avons vu la face cachée si bien que chaque personne est considérée comme un ennemie avant d'être un ami.
- Alors… tu peux te considérer comme chanceuse et VIP – quoique, c’est vite dit quand on me connait – parce que tu es parvenue à la gagner en une soirée. Alors, si tu t’avises de me quitter je te préviens tout de suite… je ne te laisserai pas faire.
Des larmes de joie me montent aux yeux et je ris grandement.
- Merci d'exister Alaric, je dis d'une voix pleine de sincérité. Et j'espère que tu ne me laisseras pas partir... Parce que je tiens à toi et que tu me connais mieux que personne... Même Jahia ne sait pas... Pour William, je ne sais pas comment lui avouer... Je sais que je vais devoir le faire mais j'ai peur de sa réaction.
En effet, si elle a déjà encaissé la nouvelle concernant mon père je ne sais pas ce que la nouvelle de mon fils lui fera. Bien sûr j'ai confiance mais ce n'est jamais vraiment le bon moment pour annoncer ce genre de nouvelle. Mais je suis bien heureuse de savoir qu'il ne me laissera pas partir si un jour je prends peur. Il est ce genre d'amitié rare qu'on ne peut pas se permettre de perdre.
Et voilà le moment où il me parle de la soirée. Je ne peux m'empêcher de rire. Bon sang cette soirée a eu l'air d'être bien drôle. Je suis presque triste de l'avoir raté, mais avoir passé la soirée avec William était bien plus importante.
- Avec toi, cette soirée aurait été plus supportable, c'est certain...
- Tu sais quoi ? Pour me faire pardonner tu choisis la prochaine soirée et je viens, peu importe ce que tu choisis !
Il peut même choisir un truc affreux mais bon, s'il pouvait éviter...
On décide alors de se commander du chinois et je dois avouer que j'ai une faim de loup...
- Et puis, si tu as envie de faire ma culture cinématographique... ou ma culture série...
Je tape dans mes mains comme une enfant, il doit pas me le dire deux fois ça.
- SUPER ! Je vais te montrer une série alors, merveilleuse avec un roux là-dedans, je te jure je vais en mouiller ma culotte, je dis avant d'éclater de rire.
- J’ai peut-être une place pour une pièce de théâtre dans deux mois… je sais pas si tu aimes le théâtre, mais… si tu veux m’accompagner…
Je cligne des yeux rapidement.
- C'est cette soirée que tu veux pour te venger, je dis en souriant. J'aime bien le monde du spectacle, t'imagines bien. Je t'accompagnerais avec plaisir !
Franchement, c'est le genre d'endroit où je n'aurais pas cru le voir aller mais il est surprenant ce petit. Et alors qu'il me dit ça, ça sonne (oui, ils sont rapides pour la nourriture chinoise.) Je vais ouvrir, récupère les victuailles et m'installe sur le canapé où je lance la série. Je distribue la nourriture et muni de mes baguettes je commence à manger.
- Bon sang j'avais une faim de loup !
Je suis proche de lui, pas dans le sens amoureux bien sûr, mais purement amical. Cet homme me donne de sa force, de son courage aussi. J'aime bien partager ce genre de moment, simple, surtout après les révélations que nous avons pu nous faire ensemble.
Ensemble.
C'est le mot qu'il faut surtout retenir. Nous avons tous les deux soufferts et pourtant nous sommes là, debout et nous mangeons nos nems et autres bobun devant une série où je gagate devant l'acteur principal. Si ce moment n'est pas tout simplement parfait, je ne m'y connais pas du tout.
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MessageSujet: Re: Woops - Bucky & Ric   Mar 12 Sep - 21:53


« Non, elle a cherché à savoir, mais devant mon silence elle n'a pas voulu insister. » Elle n’avait pas voulu brusquer sa fille, son enfant. Elle n’avait pas voulu la perdre plus qu’elle ne semblait l’avoir perdue alors. Il essayait de comprendre – mais comment comprendre une mère ? Comment comprendre un parent ? Lui-même n’avait connu ses parents. Lui-même n’avait pas connu la parentalité. Lui-même n’avait pas compris ce que devenir parent signifiait. Ce que cela impliquait. Il n’avait fait que l’imaginer. Il n’avait fait que le désirer. ]« Je pense qu'elle a vu aussi que j'avais peur et elle a compris qu'elle ne devait pas me forcer sous peine de me perdre un peu plus. A la place, elle a voulu tout faire pour être présente pour moi... Comme je te disais, quand elle a découvert l'histoire à mes 16 ans, il y a eu une grosse dispute. Ils ont hurlé, il a voulu la frapper... » Il haïssait ce genre d’homme, aussi sûrement qu’il aimait la boxe – ça en disait long. « Elle l'a repoussé et en tombant son crâne a frappé directement sur le coin de ma table de nuit. Quand elle a compris de qui était William elle a pleuré... Elle m'a prise dans ses bras et a pleuré énormément. Elle s'est beaucoup excusée de n'avoir rien vu... Je ne lui en ai jamais voulu. Je m'en voulais surtout à moi... D'avoir été aussi faible, de ne pas avoir eu le courage de parler... Je m'en suis surtout voulu de lui avoir fait de la peine... Je sais qu'elle aimait cet homme, peut-être que si je n'avais pas été là, il n'aurait pas fait tout cela... » Qu’elle puisse insinuer une chose pareille le révoltait. Qu’elle puisse imaginer une chose pareille le rendait furieux. Furieux contre la vie, furieux contre l’injustice, furieux contre ce père qui n’avait pas su être un père pour elle, ce père qui avait bafoué l’innocence de son enfant en lui ôtant toute estime de soi. BORDEL DE MERDE, qu’il aimerait pouvoir lui écraser la gueule à cet instant. Il fulmine intérieurement. « Elle a pleuré parce qu’elle n’a rien vu. Elle a pleuré parce que, qu’elle l’ait aimé ou pas, elle s’est sentie coupable de ce qu’il t’a fait. Elle l’a choisi. Elle l’a épousé. Elle a eu ses enfants avec cet homme. Elle n’a pas pu pleurer parce qu’elle le regrettait, Bucky. Je ne peux pas croire ça. Elle a pleuré parce qu’elle a choisi l’homme qui t’a fait du mal, à toi, » qu’il essaie de lui expliquer son point de vue – n’était-ce pas plus logique ? N’était-ce pas ce qu’une mère aurait dû ressentir ? De la haine pure et dure pour cet homme qui avait sans doute détruit à jamais la confiance en soi de sa propre fille. Il ne pouvait pas le concevoir autrement, et bon sang IL N’ÉTAIT PAS PARENT. S’il l’avait connue à l’époque, il n’aurait pas hésité un instant. Mais il ne la connaissait pas alors, et il survivait de son propre enfer. « C'est difficile... Cet homme est aussi leur père... Bien sûr qu'ils me soutiennent et de savoir ça les a choqués... Mais ils ont d'autres souvenirs que moi avec cet homme... Il était quelqu'un de prévenant, de tendre avec les autres... Il aurait pu être un bon père... Mais pas avec moi... C'est difficile de se livrer quand ils l'ont si bien connu... Je ne sais pas vraiment comment expliquer.. » « Tu n’as pas à le faire. Surtout que quoique tu dises, je n’arriverai pas à comprendre… un homme qui abuse de son enfant ne peut pas être un bon père. Pour qui que ce soit. Je ne peux pas le croire. Dan m’a adopté, j’étais un adolescent mal luné, rebelle et violent. Il n’a jamais eu d’enfant, il n’avait pas l’âme d’un parent, il ne savait pas comment faire. Pourtant, c’est le meilleur père que je connaisse, » qu’il tente de lui expliquer. A côté de ça, son père biologique avait eu un enfant et n’avait pas été capable de l’assumer jusqu’au bout. Couilles molles. « Finalement, je suis plutôt content d’avoir débarqué à l’improviste et de t’avoir soufflé dans les bronches… la vérité a éclaté et tu as l’occasion de pouvoir en parler à quelqu’un, » qu’il lui sourit malgré la noirceur et l’atrocité du sujet. « Merci d'exister Alaric. Et j'espère que tu ne me laisseras pas partir... Parce que je tiens à toi et que tu me connais mieux que personne... Même Jahia ne sait pas... Pour William, je ne sais pas comment lui avouer... Je sais que je vais devoir le faire mais j'ai peur de sa réaction. » Comme chaque fois qu’on le complimente ou qu’on lui adresse de l’affection, Alaric est gêné. Maladroit. Légèrement bourru, tel un ours mal léché – mais un ours sympathique tout de même. « Deal. Je ne te laisse pas partir, tu ne me laisses pas partir. On se botte le cul comme jamais si l’un ose briser le deal, » qu’il plaisante au lieu de lui dire qu’il tient à elle, lui aussi, qu’elle a pris une importance dans sa vie, une importance qu’il n’attendait pas mais qu’il n’a pas su contrôler. Il se faisait vieux bon sang, pour oser briser le mur qu’il avait mis des années à bâtir autour de lui. « J’ai envie de te dire que si elle ne comprend pas et qu’elle n’accepte pas… elle n’en vaut pas la peine, » qu’il répond simplement. L’amour, il n’y connaissait pas grand-chose. Fallait bien le reconnaitre, il avait aimé une fois une sale gosse au caractère de merde qui ne savait pas lui parler sans l’insulter. Il avait essayé d’aimer d’autres femmes après elle – sans y parvenir, trop méfiant, trop secret, trop distant, trop froid. Daisy aurait pu y parvenir, mais même avec elle il n’était pas arrivé à se livrer, à être totalement ouvert. Aujourd’hui, il était obnubilé par une femme instable – je te veux, je te veux plus, je t’aime, je t’aime plus. Pourtant, il était sûr de ce point : quand on aime, on aime intégralement, sans concession, sans restriction, sans hésitation. Quand on aime, tout est possible. Quand on aime, rien n’est impossible. Non ? Il n’y connait tellement rien… « Si elle t’aime, comme tu sembles tenir à elle, elle comprendra et elle sera aussi haineuse que moi, » qu’il ajoute en lui souriant. Il ne connaissait pas la jeune femme qui rendait heureuse Bucky, mais sans la connaitre il l’aimait bien – bah ouais, elle la faisait sourire et semblait lui apporter que du bonheur. Pourtant, la vérité était primordiale et Bucky devrait forcément se livrer. « Ne fais pas la même erreur que moi, Bucky. Ne te renferme pas. Ne laisse pas la peur guider tes choix. Pour moi, ça a marché et ça marche bien, » qu’il ose dire alors qu’il sait que c’est de la merde. « Mais pour toi, je ne suis pas d’accord. Tu mérites mieux que ça, » qu’il termine simplement sur le sujet. Il ne pouvait pas le dire mieux que ça de toute façon.

« Tu sais quoi ? Pour me faire pardonner tu choisis la prochaine soirée et je viens, peu importe ce que tu choisis ! » Lentement, il se tourne vers elle l’air de dire « tu prends de gros risques là, ma belle ». « Ce n’est pas rentré dans l’oreille d’un sourd, je tiens à te le dire, » qu’il lui dit simplement laissant planer la menace… jusqu’à la prochaine soirée en question. Il avait même hâte que ça arrive. Dent pour dent. Œil pour œil. Même s’il l’aimait. « SUPER ! Je vais te montrer une série alors, merveilleuse avec un roux là-dedans, je te jure je vais en mouiller ma culotte, » qu’elle lui balance dans son enthousiasme. « Je ne suis pas sûr d’avoir très envie de regarder un roux qui te fait mouiller ta petite culotte, » qu’il lui répond les sourcils froncés. « C’est un truc de gonzesse ? Parce que, au cas où tu aurais un doute, je suis un mec et je suis pas le genre à mater ce genre de conneries… » qu’il grimace d’horreur à l’idée de regarder un truc à l’eau de rose ou dans ce goût-là. Comédie, avec joie. Second degré, avec joie. Horreur, avec joie. Policier, avec joie. Thriller, avec joie. Science-fiction, avec joie. « Ça parle de quoi ton truc ? » qu’il demande néanmoins, lui laissant le bénéfice du doute.

« C'est cette soirée que tu veux pour te venger. J'aime bien le monde du spectacle, t'imagines bien. Je t'accompagnerais avec plaisir ! » qu’elle s’exclame lorsqu’il l’invite à l’accompagner au théâtre. Voir Elinor. Cette fois, il est vraiment gêné. S’il n’avait pas sa barbe pour le camoufler, elle le verrait sans doute rougir. Il n’était pas à l’aise pour exprimer ses sentiments – aucun – et il l’était encore moins pour exprimer ce qu’il ne comprenait pas. « La soirée que je choisirais pour me venger sera tout sauf merveilleuse pour toi, » qu’il lui promet en souriant. « Non… j’ai une amie qui fait du théâtre, et la première est dans un peu moins de deux mois maintenant. Mais je n’y connais pas grand-chose, et j’avoue qu’y aller seul ne me rassure pas, » qu’il grimace de nouveau. Il avait aussi très envie que Bucky connaisse Elinor – pour plusieurs raisons qu’il préférait taire. « Enfin, je t’en reparlerai parce que je n’ai plus trop de nouvelles et je n’ai pas eu les places en mains… » qu’il avoue légèrement penaud. A vrai dire, il a comme l’impression que ça lui ferait du bien de parler de ça avec son amie. « Elle est un peu… comment dire… complexe. Je n’arrive pas trop à la cerner. Un coup j’ai l’impression de la comprendre, la fois suivante je suis dans le brouillard, » qu’il lui raconte simplement en exprimant absolument toute cette frustration que cela apporte. Et l’agacement. « T’es une fille, » qu’il dit alors en la regardant – idiot. « Ouais, d’accord ne t’embête pas à me répondre là-dessus. Peut-être que tu pourrais m’expliquer pourquoi vous êtes si compliquées parfois ? » qu’il demande sans vraiment demander, mais comme un homme dépassé par les évènements.
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