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 We're all one step from grace - Daisy & Caro

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Caroline A. Brady
Admin masseuse coquine
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DATE D'INSCRIPTION : 12/08/2017
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MessageSujet: We're all one step from grace - Daisy & Caro   Jeu 17 Aoû - 21:19

Elle n’était pas spécialement de nature curieuse – en tout cas pas de manière intrusive et dérangeante. Elle s’intéressait à tout, et à tout le monde si tant est que vous faisiez partie de sa vie et qu’elle avait beaucoup d’estime pour vous. Elle n’était pas le genre de personne à se mêler de ce qui ne la regardait pas, car elle ne souhaitait pas voir quiconque se mêler de sa vie privée. C’était sans doute pour cela que, durant quatre années, elle avait fini par perdre de vue la plupart de ses proches. Ils avaient tous tenté – tant bien que mal – de lui ouvrir les yeux et de la protéger contre la relation malsaine dans laquelle elle s’était engagée, mais rien n’y avait fait. Elle avait voulu croire en l’homme qu’elle avait choisi. Elle avait voulu croire en eux. Elle avait préféré croire en leur jalousie. En leur étroitesse d’esprit. Bon sang, quelle idiote. Cette expérience avait été une leçon, et si elle se sentait honteuse et coupable auprès de ces mêmes proches, elle était suffisamment courageuse et réaliste pour s’excuser et gagner leur pardon. Nate ne lui avait jamais tourné le dos. Pas même lorsqu’elle l’envoyait balader. Pas même lorsqu’elle ne l’écoutait pas. Pas même lorsqu’elle persistait à vouloir croire en l’amour et en particulier à celui qu’elle pensait vivre. Pas même lorsqu’elle lui avait demandé de ne plus venir la voir, si c’était pour lui faire la morale ou parler en mal d’Eric. Contrairement à d’autres, il était resté dans sa vie – qu’elle le désire ou pas. Contrairement à d’autres, il avait été patient. Contrairement à d’autres, il avait su qu’elle finirait par comprendre. Contrairement à d’autres, il avait été cette épaule dont elle avait eu besoin à ce moment-là. Il avait su l’écouter. Il avait su ne pas lui dire ces mots fatidiques, « je te l’avais bien dit ». Il avait su lui ouvrir sa porte. Il avait su lui ouvrir ses bras. Il avait su faire une place dans sa vie, même si celle-ci semblait chaotique et compliquée. Pourrait-elle un jour le remercier dignement ? Elle savait qu’elle n’aurait jamais à le faire, car c’était ainsi entre eux. Ils ne se rendaient pas des services pour se rendre des services. Ils n’étaient pas là l’un pour l’autre juste pour être là l’un pour l’autre. Ils s’aimaient vraiment, tout simplement. Et quand on aimait une personne, on était là et on offrait de son temps à n’importe quel prix. Sans rien attendre en retour. Pourtant, une petite voix dans son cœur et dans sa tête ne cessait de lui répéter qu’elle ne méritait pas cet amour inconditionnel. Elle ne méritait pas son temps. Elle ne méritait pas sa générosité. Elle l’avait tellement repoussé. Elle avait tant de fois choisi de croire Eric plutôt que de croire Nate. Elle se sentait redevable et reconnaissante, aussi répondait-elle présente à chaque besoin. A chaque appel. A chaque problème. A chaque occasion. Qu’il lui dise d’arrêter, qu’il lui assure qu’elle n’avait pas à être à son service 24h/24 et 7j/7 n’y changeait rien. C’était sa façon à elle d’extérioriser sa colère et sa frustration. Sa façon à elle de s’excuser. Sa façon à elle de le remercier. De ce fait, elle avait appris à être plus attentive et plus observatrice concernant son cousin adoré. Comment aurait-elle pu manquer ce chamboulement hormonal un peu plus tôt dans la chambre quand la jeune infirmière était entrée ? Caroline n’était pas fine psychologue – bon Dieu, elle avait vécu avec un fou pendant quatre ans ! – mais elle était une romantique finie. Et s’il avait été plus difficile d’extirper des informations de la bouche de Nate, elle avait bien compris que durant son séjour certaines choses s’étaient passées. Nate ne tombait pas amoureux, pas facilement. Et Nate pouvait être un vrai tombeur, bien que très gentleman. Mais Nate avait connu certains déboires sentimentaux qui l’avaient amené à être plus… méfiant. Ou moins enclin à succomber à l’amour, tandis que sa chère cousine rêvait que de ça. Alors, de le voir si perturbé à cause d’une femme avait de quoi l’intriguer.


Et l’inquiéter. Parce qu’elle voulait son bonheur. Parce qu’elle voulait, pour une fois, qu’il craque sur quelqu’un de bien. Parce qu’elle ne voulait pas que ce soit une mannequin égocentrique et égoïste. Parce qu’elle ne voulait pas que ce soit une femme qui se joue de lui. Caroline n’était pas le genre de femme à se mêler de ce qui ne la regardait pas. Elle n’était pas une entremetteuse. Elle n’était pas une manipulatrice. Pourtant, elle avançait d’un pas décidé vers la salle de pause en espérant y trouver la jeune infirmière croisée plus tôt. Parce que si elle avait obtenu quelques réponses évasives de la part de Nate, elle espérait bien en apprendre un peu plus sur celle qui semblait avoir fait chavirer le cœur de l’un des hommes de sa vie. Contente, elle aperçue Daisy près de la machine à café, seule. « Salut, » lui lance-t-elle en souriant chaleureusement. « Je déteste le café, mais faut bien avouer que parfois il nous sauve la vie, » qu’elle dit sur le ton de la conversation, tout en se servant un dit-café. « Je m’excuse pour tout à l’heure, j’ignorais que Nate avait des heures précises de visites infirmières, » s’excuse-t-elle en grimaçant de gêne. « Je n’ai commencé ici que depuis deux semaines et j’avoue que je prends encore un peu mes marques. Et peut-être que, parce qu’il est mon cousin je me suis cru permise de venir le voir quand je voulais, » qu’elle ajoute en observant la jeune femme. Le petit éclat qu’elle perçoit dans son regard ne lui échappe pas, et confirme que Daisy avait mal jugé la situation. Elle en rigole légèrement. « Il a pensé que vous croiriez que j’étais « l’une de ses nombreuses conquêtes », et cette idée me semble tellement étrange. On a toujours été comme les cinq doigts de la main. Je l’adore, comme un frère. Et je vous remercie infiniment pour tous les soins que vous lui avez apportés, » dit-elle sincèrement contente de rencontrer celle qui s’était bien occupée de Nate – et qui lui avait même sauvé la vie. « Sans cet énergumène dans ma vie, je serais totalement perdue. Mais chut, faut pas lui dire sinon il me poursuivra à vie avec ça, » qu’elle ajoute en rigolant. « Avec tout ça et mon bavardage compulsif, je ne me suis pas présentée… Je suis Caroline Brady, la nouvelle masseuse-kinésithérapeute du service, » dit-elle fièrement – car s’il y a une chose dont elle peut être fière, c’est bien de son métier. « Je ne connais pas encore tout le monde dans le coin, ce n’est pas toujours facile de se faire une petite place quand tout le monde se connait, mais… je suis contente de faire ta connaissance, Daisy, » qu’elle ajoute en la nommant. Forcément. Nate lui avait dit. Nate lui avait beaucoup de choses, et pas assez en même temps. « Ça fait longtemps que tu travailles ici ? »



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Daisy Green
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MESSAGES : 448

MessageSujet: Re: We're all one step from grace - Daisy & Caro   Ven 18 Aoû - 11:46


Elle vient de terminer sa tournée : tous ses patients vont bien, les prises de sang ont été effectuées, tout a été transmis au laboratoire... Elle peut donc aller savourer une petite pause et se mettre à se renseigner sur sa formation supplémentaire qui l'obsède depuis des semaines maintenant. Elle prend le dossier d'inscription qui regroupe aussi un tas d'informations et le place sous son bras, alors qu'elle tapote sur l'écran de son téléphone portable. A la fin de cette pause, elle s'attaquera à la paperasse en retard. Ses collègues ont horreur de faire ça, alors que Daisy s'y colle sans problème, préférant ne pas accumuler trop de dossiers. Et puis ça change, c'est un peu plus reposant que de courir au milieu des couloirs. Alors aujourd'hui, ce sera son activité pour conclure sa journée. Ca lui prendra bien quelques heures tout ça.
Ashley passe devant elle en lui faisant un petit signe de la main, et un clin d'oeil entendu. En réalité, c'était au tour d'Ashley de faire la paperasse. Mais un peu plus tôt dans la journée, alors que Daisy allait recueillir un peu de sang auprès de ses patients pour effectuer quelques bilans, elle avait fait un stop dans la chambre de Nathaniel, pour cette raison précisément. A peine avait-elle eu le temps d'entrer qu'elle remarqua une présence féminine, une nouvelle, dans une posture un peu étrange avec son patient. Elle était restée un peu surprise et s'était même excusée de les interrompre. C'était bien ce qu'elle avait fait, si elle se référait à la mine qu'avait affiché son patient, pris la main dans le sac avec une nouvelle jeune femme. Elle était ressortie quelques instants plus tard, se jurant au fond d'elle-même qu'elle ne devait absolument pas juger, mais c'était vraiment difficile. Elle avait alors croisé Ashley, et lui avait demandé de s'en occuper, d'ici une heure puisque la jeune femme blonde avait réclamé ce temps avec lui. Ashley lui avait rétorqué naturellement que les visiteurs devaient laisser la place à l'équipe médicale, peu importe ce qui se déroulait dans la chambre. Mais elle avait eu un petit sourire moqueur et avait taquiné Daisy en voyant sa mine dépitée.

Alors, Daisy se retrouve à cet instant devant la machine à café, vide, évidemment. Elle soupire en préparant de quoi faire un litre de café, qui servira à tous ceux qui s'arrêteront dans leur salle de pause. Elle attend un peu, puis une fois prêt, elle s'empare d'une tasse et la remplit de liquide noir. « Salut ! » Avec surprise elle se retourne et tombe nez-a-nez avec la jeune femme qui était dans la chambre de Nathaniel un peu plus tôt dans la journée. « Salut ! » finit-elle par lui répondre en ne pouvant s'empêcher de lui adresser un sourire, vue l'expression de son interlocutrice. Elle ramène la tasse près de ses lèvres et commence à souffler sur le breuvage brûlant. « Je déteste le café, mais faut bien avouer que parfois il nous sauve la vie ». L'infirmière esquisse un sourire, puis en retirant la tasse de devant son visage, elle tend la main vers une bouilloire un peu plus loin sur le plan de travail, mais c'est trop tard, la jeune femme se sert un café. « Il y a du thé, sinon. » ajoute-t-elle en haussant les épaules. Puis tout à coup, elle réagit : qu'est-ce qu'elle fait ici dans leur salle de pause ? Elle fronce un instant les sourcils en se faisant cette remarque intérieure, puis hausse les épaules pour elle-même : elle ne va pas la virer d'ici quand même. « Je m’excuse pour tout à l’heure, j’ignorais que Nate avait des heures précises de visites infirmières » Daisy répond d'abord par un geste de la main, qui traduit la suite de ce qu'elle va dire : « Oh, ce n'est rien, ma collègue est passée une heure plus tard, c'était juste une prise de sang, pour un dernier bilan. » répond-elle avec un petit sourire, tout en étudiant le visage de la jeune femme. Il a vraiment un faible pour les blondes, ce pompier. Est-ce que celle-ci sait qu'il est marié ? Ou alors elle est dans l'ignorance la plus totale et ne sait pas quel rôle elle joue dans sa vie ? Est-ce qu'elle doit mentionner sa femme innocemment ? Elle est sortie de ses pensées lorsque son interlocutrice reprend la parole. « Je n’ai commencé ici que depuis deux semaines et j’avoue que je prends encore un peu mes marques. Et peut-être que, parce qu’il est mon cousin je me suis cru permise de venir le voir quand je voulais, » Elle essaie de ne pas laisser transparaître sa surprise et se sent sacrément bête d'un seul coup. Son cousin. Elle baisse un instant les yeux vers le sol, un peu honteuse des conclusions hâtives qu'elle avait faites. Incapable d'ajouter quoi que ce soit sur le moment, la blonde poursuit alors : « Il a pensé que vous croiriez que j’étais « l’une de ses nombreuses conquêtes », et cette idée me semble tellement étrange. On a toujours été comme les cinq doigts de la main. Je l’adore, comme un frère. Et je vous remercie infiniment pour tous les soins que vous lui avez apportés. » Daisy ne peut retenir son rire et son embarras à la fois lorsque la jeune femme évoque les pensées qu'elle a bien eu. Ainsi Nate avait deviné qu'elle allait se faire des idées dans ce goût-là. Il avait bien compris au changement d'attitude de Daisy il y a quelques semaines, qu'elle n'avait pas du tout apprécier de le voir à l'oeuvre en brisant le cœur d'une jeune femme qui était venue le voir. « Je l'ignorais totalement. Je suis désolée, c'est vrai, cette idée m'a traversé l'esprit. J'ai été témoin de quelques.. scènes un peu chaotiques sentimentalement parlant, dans sa chambre. » Elle se pince les lèvres, de peur d'en dire un peu trop. Surtout face à cette cousine qui avait l'air d'adorer tout particulièrement Nathaniel. Si Daisy livrait ouvertement ce qu'elle pensait de son attitude, elle risquerait de se confronter à une belle avocate, juste en face d'elle. « Ne me remerciez pas, je fais juste mon travail. » dit-elle simplement en haussant les épaules.  « Sans cet énergumène dans ma vie, je serais totalement perdue. Mais chut, faut pas lui dire sinon il me poursuivra à vie avec ça » - « Le secret sera bien gardé ! » dit-elle sur un ton amusé. Elle comprend parfaitement que ce soit toujours difficile et inquiétant lorsqu'un membre de leur famille a quelques complications. On a toujours peur. « Avec tout ça et mon bavardage compulsif, je ne me suis pas présentée… Je suis Caroline Brady, la nouvelle masseuse-kinésithérapeute du service. Je ne connais pas encore tout le monde dans le coin, ce n’est pas toujours facile de se faire une petite place quand tout le monde se connait, mais… je suis contente de faire ta connaissance, Daisy.  » Un large sourire apparaît sur le visage de la brune, entre son contentement de rencontrer la nouvelle recrue du service, et l'amusement d'entendre déjà son prénom dans la bouche de Caroline, donc. « Enchantée, Caroline. Je n'ai même plus besoin de me présenter, je vois que tu es déjà renseignée. » dit-elle en riant doucement. « Oh, ne t'inquiètes pas, on a une très une bonne ambiance dans le service. Et tu es la bienvenue pour te joindre à nous, les infirmières. Les filles sont adorables, vraiment. En tout cas, celles de mon équipe. Pour les autres, je ne jurerai de rien ! » finit-elle par dire, l'amusement dans sa voix. « Si tu veux, je peux te présenter moi-même à ma petite équipe, à l'occasion ? Enfin, c'est toi qui vois. » Le café ayant eu le temps de refroidir un peu, elle en profite pour en boire une longue gorgée. « Ça fait longtemps que tu travailles ici ? » Elle réfléchit quelques secondes, avant de donner sa réponse : « Ca fait cinq ans, déjà. J'aime toujours autant travailler ici. Les médecins sont bons, on a pas mal de moyens, c'est un bon hôpital, je pense. Et toi, tu travaillais où avant d'arriver ici ? » Elle déplace son dossier sur la table qui se trouve à côté d'elle, et d'un geste de la main, invite Caroline à s'y installer pour poursuivre leur discussion. « Nathaniel ne m'a pas dit que sa cousine venait travailler ici. Tu lui as fait la surprise ou il cache juste des choses ? » demande-t-elle par-dessus sa tasse. Puis elle ajoute en voyant que Caroline n'avait pas touché à son café : « Tu peux le jeter et te faire un thé, n'hésite pas surtout. Ca fait plaisir d'avoir un nouveau visage par ici, en tout cas. L'ancien kiné n'était pas très loquace, il n'aimait pas trop se mélanger à nous. Bon, je ne lui en veux pas, supporter une bande d'infirmières... C'est quelque chose. » confesse-t-elle le rire dans les yeux.
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Caroline A. Brady
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MessageSujet: Re: We're all one step from grace - Daisy & Caro   Sam 19 Aoû - 16:14


Sociabiliser n’était pas une épreuve pour elle. Ni un problème. Souriante et toujours aimable, même quand on ne l’était pas forcément en retour avec elle, elle inspirait la sympathie de tous en règle générale. Ainsi, elle ne prétendrait pas avoir un millier d’amis – les véritables amis se comptaient sur les doigts d’une seule main – mais elle savait gagner le cœur de tout un chacun par son naturel et sa gentillesse. Certes, elle n’approchait pas Daisy QUE dans l’unique but de faire connaissance et de sympathiser. Certes, elle avait une idée derrière la tête et était curieuse de connaitre la jeune femme qui était parvenue à faire accélérer les battements de cœur de son cher cousin. Cela n’enlevait absolument pas sa véritable envie d’apprendre à connaitre les personnes travaillant dans le même service qu’elle – pour ne pas dire le même Hôpital qu’elle. Elle allait passer le plus clair de son temps dans ces locaux, en compagnie de ces mêmes personnes. Il était bien plus agréable d’apprendre à connaitre tout le monde – ou presque – et de forger des liens amicaux, ou tout simplement cordiaux. Elle n’était pas utopiste et savait fort bien qu’il n’était pas toujours possible de s’entendre avec tout le monde. Pourtant, elle ne doutait pas un instant que Daisy et elle s’entendraient à merveille. Elles n’exerçaient pas le même métier, mais sans nul doute leurs vocations se rejoignaient. Aider les gens. Apaiser leurs souffrances. Soigner son prochain. Beaucoup avaient sympathisé pour moins que ça. « Il y a du thé, sinon, » lui indique la jeune femme tandis qu’elle se servait déjà sa tasse de café. Elle la remercia d’un sourire en hochant négativement la tête. « Je n’aime pas le thé non plus… Je sais, je suis étrange, » dit-elle en grimaçant légèrement en avalant sa gorgée de poison noir. « Je n’aime pas le café, mais il a tendance à me donner une force que je n’ai pas toujours sans lui, » rit-elle pour expliquer les raisons qui la poussaient à en boire tout de même. « Je ne sais pas vraiment pourquoi. J’adore les glaces au café, j’adore les gâteaux au café… mais la boisson ? » raconte-t-elle en pointant du doigt sa tasse et soupirant. « Rien à faire, je ne le bois pas par plaisir, mais par nécessité. Pour dire vrai, la seule boisson chaude que j’arrive à avaler, c’est le chocolat chaud. Mais je me garde ce petit plaisir quand je suis malade – du genre malade au fond de mon lit, sous la couette avec un bon film ou une bonne série à regarder, » continue-t-elle en se confiant comme si elle l’avait toujours à l’infirmière. C’était extrêmement facile d’ailleurs, que de discuter avec elle autour d’un café. Extrêmement facile d’observer les mimiques et les expressions qu’elle tentait malgré tout de camoufler. Caroline était exactement pareille, et échouait à chaque fois d’ailleurs à cet exercice. Elle était un livre ouvert. Si elle était triste, on le savait. Si elle était heureuse, on le savait. Si elle était en colère, on le savait. Si elle était perturbée, on le savait. Elle avait beau tenté de toute ses forces de cacher ses sentiments, il n’y avait pas toujours besoin de la connaitre par cœur pour comprendre ce qu’elle ressentait. En était-il de même pour Daisy ? Elle l’ignorait, mais peu importait. Elle n’essayait pas de percer ses émotions à jour, mais juste à savoir s’il existait un quelconque intérêt chez elle pour Nate. « Je l'ignorais totalement. Je suis désolée, c'est vrai, cette idée m'a traversé l'esprit. J'ai été témoin de quelques.. scènes un peu chaotiques sentimentalement parlant, dans sa chambre. » Caroline pince ses lèvres en souriant et en hochant la tête l’air de dire « je comprends et j’imagine ». Elle ne pouvait pas en vouloir à Daisy d’imaginer que Nate pouvait être un bourreau des cœurs – il en donnait tellement facilement l’impression. Pourtant, elle connaissait ce cœur meurtri par cœur et il n’y avait pas homme plus respectueux des femmes que Nathaniel Brady. Il avait connu des déceptions et avait eu son cœur brisé deux fois de trop. Pouvait-on lui en vouloir d’avoir envie de s’amuser ? Pouvait-on lui en vouloir de s’être barricadé ? Pouvait-on lui en vouloir d’essayer tout de même ? Peut-être était-elle trop romantique. Peut-être était-elle trop sentimentale. Pourtant, elle savait que Nate ne désirait pas moins que ce qu’elle désirait aussi : un amour sincère, un amour vrai. Une vie à partager. Une vie à construire. C’était juste plus compliqué d’y croire quand on avait accumulé les déceptions et les peines de cœur, sans doute. Caroline elle-même en avait aujourd’hui conscience. Son cœur avait été malmené et elle n’était pas certaine de pouvoir refaire confiance en un homme un jour. Mais aujourd’hui, ce n’était pas le sujet. « Oui, il m’a raconté. C’est dommage pour Athénaïs, elle avait l’air d’être une femme bien – je ne l’avais pas encore rencontrée, mais il m’en avait parlé bien sûr. Je lui avais dit qu’il ne fallait pas qu’il tarde trop à lui confier la vérité. Mais parfois, la vérité est plus dure à expliquer qu’on ne l’imagine, » dit-elle en haussant les épaules. Cette vérité ne lui appartenait pas de révéler. Pourtant, qu’elle aimerait pouvoir dire à la brunette que son mariage est fictif. Que son mariage ne représente rien. Que son mariage est voué à l’échec et ne peut se terminer qu’en divorce. Que sa femme n’est pas sa femme. Que sa femme ne le mérite pas. Qu’il n’a pas à s’empêcher de vivre et tomber amoureux d’une autre. Mais elle se tait. « Quant à Ellis, ce sera un sujet que je jugerai inutile d’aborder – c’est son histoire. C’est à lui de la raconter à qui il veut s’il le désire, » dit-elle simplement avant qu’elles ne changent radicalement de sujet. Avec ce petit interlude, elle avait pu cerner les détails qu’elle désirait connaitre : l’intérêt, le regret qu’il ne soit peut-être pas libre ou qu’il ne soit qu’un goujat sans doute, et son désir d’en apprendre plus sur le jeune homme. Cela suffisait pour l’instant, jugeait-elle.

« Oh, ne t'inquiètes pas, on a une très une bonne ambiance dans le service. Et tu es la bienvenue pour te joindre à nous, les infirmières. Les filles sont adorables, vraiment. En tout cas, celles de mon équipe. Pour les autres, je ne jurerai de rien ! Si tu veux, je peux te présenter moi-même à ma petite équipe, à l'occasion ? Enfin, c'est toi qui vois, » qu’elle lui propose gentiment, amenant un sourire sincère aux lèvres de la blondinette. « Oh, c’est adorable de ta part, j’adorerai ça ! J’adore mon job, mais je l’adore encore plus quand je sais que je vais passer ma journée en compagnie de personnes adorables, » rit-elle en sirotant son café – non sans grimacer. « Ça fait cinq ans, déjà. J'aime toujours autant travailler ici. Les médecins sont bons, on a pas mal de moyens, c'est un bon hôpital, je pense. Et toi, tu travaillais où avant d'arriver ici ? » Oh. Elle ne travaillait pas. Son petit copain lui avait suggéré – oui, suggéré – de quitter son poste deux ans plus tôt. Son petit copain estimait qu’elle était mieux à la maison. « J’ai fait mes stages ici, il y a environ six ans. Après, j’ai travaillé dans un cabinet privé pendant deux ans. J’avais commencé à travailler ici il y a deux ans, mais je n’ai pas pu continuer, » dit-elle simplement. Il y avait des limites à ce que l’on pouvait raconter et confier aux personnes que l’on rencontrait – aussi adorables et sympathiques qu’elles semblaient être. « J’ai une chance inouïe qu’ils aient accepté de me reprendre. L’Hôpital est très réputé et je sais que beaucoup d’autres kinésithérapeutes ont envoyé leur candidature. C’est un honneur et une charge sur les épaules que je suis prête à accepter, » ajoute-t-elle en riant de nouveau. Elle n’était pas toujours sûre d’elle, mais quand il s’agissait de son travail elle n’avait jamais aucun doute. Cela s’appelait un don, ou un talent. « Nathaniel ne m'a pas dit que sa cousine venait travailler ici. Tu lui as fait la surprise ou il cache juste des choses ? » Caroline sourit tout en prenant un petit biscuit pour faire passer le goût désagréable du café dans sa bouche. « Je le lui ai annoncé officiellement il y a deux jours, quand je suis venue le faire travailler un peu ses muscles. Je le connais, aussitôt sorti et aussitôt « remis sur pieds », il va avoir du mal à attendre avant de retourner bosser. Alors, je mets la barre haute avec lui et je n’attends pas une seconde avant de le faire travailler. Mais logiquement, on ne devait commencer que la semaine prochaine… » avoue-t-elle doucement, comme si elle enfreignait les règles imposées. « Tu peux le jeter et te faire un thé, n'hésite pas surtout. Ça fait plaisir d'avoir un nouveau visage par ici, en tout cas. L'ancien kiné n'était pas très loquace, il n'aimait pas trop se mélanger à nous. Bon, je ne lui en veux pas, supporter une bande d'infirmières... C'est quelque chose. » Ah bon ? Elle n’aurait absolument aucun problème à fréquenter une bande d’infirmières, surtout si elles étaient toutes comme Daisy. Mais Caroline n’était pas un homme, et Caroline était plutôt loquace et aimait la compagnie des gens. « J’ai cru comprendre en effet que j’allais être comme un souffle nouveau et une… comment m’ont-ils dit… une bouffée d’air frais, » rapporte-t-elle en riant à cette idée. « Je ne suis pas forcément un cadeau cela dit, » ajoute-t-elle en grimaçant de nouveau. Elle n’était pas forcément à l’aise face aux qualités qu’on lui donnait. « Je peux être trop bavarde, trop souriante et trop joyeuse – on me l’a souvent répété. Cela dit, on passe un deal tout de suite : si je te saoule, si je t’embête ou si je dis et fais un truc qui te déplait, tu me le dis directement et honnêtement, et j’en ferai de même. Je te promets de ne jamais mal le prendre, car je suis pas rancunière pour un sou, » rit-elle pour clore le deal qu’elle propose à la jeune femme. « Je ne voudrais pas te mettre plus en retard, et… je vais devoir y aller de toute façon, mon premier vrai rendez-vous débute dans cinq minutes. Mais, si tu es libre un de ces soirs pour aller boire un verre, ça serait super sympa. On pourra rire et se plaindre comme on veut de ces jérémiades que l’on entend à longueur de journée, » plaisante-t-elle évidemment. « Tu pourras me raconter quel genre de patient a été mon charmant cousin, et en contrepartie je pourrais te raconter quelques anecdotes le concernant… il y en a certaines qui en valent la peine, » dit-elle avec un clin d’œil et un sourire. Notamment pourquoi elle l’avait toujours surnommé Dino. C’est en parlant du jeune homme que Caroline parviendrait à attendrir Daisy et à la faire craquer, n’est-ce pas ? Peut-être même n’en aurait-elle pas besoin après tout…


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