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 « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]

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Héloïse Bennett
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DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2016
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MessageSujet: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Mar 12 Sep - 19:21

11. Ton personnage se prend d’amour pour les bananes et ne veut manger que ça.


« Non mais quel gougnafier ! » Je m'exclame d'une voix rageuse en jetant mon téléphone sur le canapé où je suis installée. Devant une corbeille de bananes, il faut savoir qu'en ce moment, je ne mange que de ça. J'avais presque oublié le goût de la banane et je l'ai redécouvert en France. Il faut dire qu'aux Etats-Unis, les fruits sont tellement toxiques et modifiés que d'ordinaire, j'essaye de manger des choses un peu saines mais elles coûtent chères. Alors, quand j'ai trouvé des bananes en France, je n'ai pas cessé d'en rêver à mon retour, écumant les agriculteurs bio pouvant en vendre et j'ai fini par trouver mon bonheur. Cependant, lors de ma commande, je me suis trompée. Et c'est fou ce qu'un zéro en trop peut causer comme désordre. Ma surprise a été grande en découvrant une vingtaine de kilos m'attendant devant chez moi. Ainsi, comme Bouba dans Forrest Gump avec ses crevettes, je ne cesse de manger des bananes de toutes les façons possibles. Mais je ne m'en plains pas. J'adore cela ceci dit. Je me régale, et j'en fais profiter mon entourage. Mon chéri a eu droit à tout sorte de gâteaux allant du simple gâteau au yahourt en passant par des compositions au goût étrange rappelant celui du fruit. Au moins, il est mon cobaye et ça me permet de me perfectionner pour le jour où déménagera ensemble. On cherche activement mais on a repris tous les deux le travail et le temps nous manque cruellement. Ceci dit, c'est un projet qui nous tient à coeur. Il faut juste ne pas se précipiter. Même si au vu des derniers sms, j'ai juste envie de l'ensevelir. Vivant.  Pourtant, mon sms est parti d'une bonne intention. Matthew m'avait promis, en France, de m'acheter un deuxième lapin. Et j'ai trouvé l'idée géniale parce que mon Panpan ne sera pas seule et s'il a un fiancé - oui mon lapin est gay - il ne voudra plus tuer Matthew. En soi, c'est l'idée la plus merveilleuse qu'il soit. Sauf que voilà, mon chéri fait preuve de mauvaise foi, refusant d'admettre qu'il m'a promis cela. Et surtout me parlant comme si j'étais une enfant. Or, du haut de mes vingt-quatre ans, enfin vingt cinq en octobre, j'estime que je sais encore ce que je dis et ce que j'entends. Et je sais que Matthew m'a promis cela. Cependant, sa haine des lapins est si grande qu'il refuse de dire oui. De même, je suis tout simplement choquée du ton avec lequel il me parle. Je suis sa petite amie Nom d'une pipe ! Aussi, c'est toute énervée que je me retrouve à bouder devant mon canapé, mangeant une nouvelle banane en guise de repas. J'ai arrêté de lui écrire et mon téléphone ne sonne pas. « Je n'en démordrai pas, je te préviens McGregor ! » Je déclare à mon portable sur un ton hargneux. « Tu m'as promis un lapin. Et ce sont des promesses ne s'oubliant pas. » Surtout un lapin bon sang ! Je jette un regard au lapinou dévorant sauvagement une banane dans sa cage. « Mon Panpan d'amour... Tu auras ton amoureux, je te le promets. » Ma voix est alors plus aiguë, plus tendre avant de redevenir froide comme un hachoir « Demain c'est la guerre ! Je ne compte pas me laisser faire!! » Finis-je par dire avant d'enfourner le reste de ma banane. Le geste peut paraître osé mais dans mon esprit, seule la rage innocente m'abîme.

***


Aussi, le lendemain, une fois réveillée et préparée, je me rends au travail. J'arrive super tôt parce que je désire arriver avant lui. Dans mon esprit, être le premier arrivé est déjà un signe de triomphe sur l'autre. De ce fait, mon esprit revanchard fulmine déjà tandis que je passe devant une Maddie stupéfaite. « Bonjour Héloïse, toi aussi tu es matinale on dirait ! » - « Bonjour Maddie, j'ai beaucoup de travail aujourd'hui hélas ! » Je lui souris mais me fige bien vite en percutant deux mots employés. « Attends ... « Toi aussi ?» » Je demande en fronçant les sourcils. Mais avant même qu'elle n'ait eu le temps de dire ouf, voilà que j'ai déjà tourné les talons pour aller vers mon bureau, se trouvant toujours à côté de celui de Matthew. Et je sens comme un vent d'injustice poindre dans ma poitrine lorsque je me rends compte qu'il est DÉJÀ ici. Genre lui, le roi du lève-tard et couche-tard, ici. Genre en chair et en os. Je le fixe d'un air outré, la bouche grande ouverte, furieuse de m'être faite avoir. Je le savais, j'aurais dû venir à cinq heures du matin ici. Au moins, j'aurais été la première. Cependant, l'idée de lui sortir une vacherie est forte. Surtout après ses messages pas forcément gentils. Après tout, il a dit que je foutais la merde alors qu'à la base, je ne pensais qu'au bien être de mon lapin indirectement lié à Matthew. Si Panpan n'est pas heureux, il va s'en prendre à mon chéri. CQFD. « Bonjour. tu es déjà là. » Je finis par dire en me tenant dans l'encadrement de la porte. Le ton est froid bien que je dois avouer que ce n'est absolument pas une attaque. « Ne crois pas que j'ai une envie de foutre la merde, maintenant mais ... Tu t'es fait attaquer par ton lit ou tu as cru te lever à l'heure française ? » Je suis froide. Très froide. Et surprise qu'il soit arrivé sitôt. Je compte même bouder pendant très longtemps encore. Après tout ce n'est pas juste. Il a tous les droits sur moi, comme si je n'étais pas en droit de dire quelque chose. Et ça me blesse quand même. J'ai envie que lorsque nous nous trouvons en dehors du boulot, j'ai envie qu'on soit juste Matthew et Héloïse, qu'il perde ce côté autoritaire de décider, d'exiger. J'ai aussi mon droit à la parole. Et je n'aime pas la façon dont il refuse les choses. Déjà que ce n'est pas évident ici, je prends sur moi pour beaucoup de choses, faisant fi de la froideur de son père, du fait qu'on essaye de rester discret au sein de l'entreprise. Je n'ai absolument pas envie d'être au coeur des ragots aussi je me comporte comme si de rien était au travail, évitant les démonstrations d'amour publiques. C'est frustrant mais tant que les choses ne seront pas claires avec son père, il vaut mieux rester silencieux. Sauf quand il s'agit de me refuser un deuxième lapin. Là, je suis prête à en découdre, à me battre et surtout à ne pas laisser tomber l'idée. Je veux Pinpin. Parce que oui... Je lui ai déjà trouvé un nom au numéro deux.


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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Mer 13 Sep - 22:26

Quelle chieuse ! fulminait intérieurement Matthew. Bien décidé à mettre un terme à cette conversation stérile et irritante, il lâcha un dernier message cinglant à sa petite amie avant de balancer son portable sur le canapé. Hors de question d’avoir un nouveau lapin ! Déjà que le premier était une catastrophe ambulante, il ne se risquerait pas à amener un deuxième monstre dans son appartement. Surtout s’ils vivaient ensemble ! Ces deux créatures du diable n’auraient de cesse de vouloir lui faire des misères, gâcher sa vie et de le tuer pour avoir Héloïse pour eux seuls. la psychose. Était-il le seul à se rendre compte de ce qu’il se passait réellement ? Le vice était même poussé au fait qu’ils parvenaient à rendre un moment heureux, soit leur perceptive d’emménagement, un enfer. Certes, il lui avait potentiellement promis ce fameux lapin en France. Sauf qu’ils étaient bourrés, plongés dans la vie paysanne jusqu’au cou et décidés à prendre des résolutions de merde. Après tout, ils avaient tout de même failli rester dans ce village pour élever des chèvres et devenir d’heureux agriculteurs. Alors la promesse d’un lapin, c’était bien superflu ! Il était d’autant plus énervé que, d’ordinaire, il avait juste à dire non pour qu’Héloïse se plie à sa volonté. Mais voilà qu’elle marchandait, suppliait, répliquait, râlait, puis boudait. Un comble ! Complètement hors de lui, il refusait d’être catalogué comme un petit dictateur prétentieux alors que c’était clairement elle qui voulait imposer un autre lapin. Il avait déjà eu suffisamment de mal à dire oui à une colocation avec Panpan pour ne pas s’encombrer d’un nouvel indésirable. Sinon, c’était la porte ouverte à toutes les fenêtres ! Il se trouvait déjà bien généreux pour le cas Panpan. Mais à croire qu’en donnant un bout de pain, elle s’envolait avec la baguette ! La France perdure De rage, il déposa un peu plus violement que les autres un carton par terre. « Eh calme-toi ! Je n’ai pas envie d’emménager dans une maison toute cabossée. » Ellana arriva derrière lui, portant un carton plus léger. Matthew n’était pas parvenu à la faire s’asseoir sagement, mais par chance, il avait obtenu qu’elle se ménage le plus possible au vue de son état. Sa grossesse ne se voyait pas encore complètement, mais quelques symptômes apparaissaient. A savoir, les hormones. Depuis qu’elle avait appris pour sa condition, beaucoup de choses avaient changé. Notamment son moral bien meilleur, sa vision des choses et sa vie actuelle. Finalement, cet enfant lui donnait l’envie de se battre. Elle avait même choisi une nouvelle qui lui ressemblait davantage. Matthew l’avait donc aidé dans ce déménagement, faisant appel à une société, mais voilà qu’ils finalisaient pour les dernières affaires. « Qu’est-ce qu’il t’arrive ? » Ellana possédait ce don pour lire son frère de manière limpide. Sachant qu’il n’y échapperait pas, il soupira. « Héloïse veut un autre lapin. » - « C’est géni-… ah oui. En effet. » Elle modula son enthousiasme en voyant le regard foudroyant de l’éditeur. « Pourquoi en veut-elle subitement un ? » - « Soit disant que je lui aurai promis en France. » Ellana haussa un sourcil. « T'as fait ça, toi ? » - « On était bourré ! » se récria-t-il, comme une excuse absolue. Il eut droit à un regard surpris et amusé en guise de réponse. Un nouveau soupir lui échappa et il s’affala sur le canapé. « Panpan est infernal. Il me mord dès qu’il le peut. Il me dévisage comme s’il sortait tout droit d’un film d’horreur. Quand Héloïse n’est pas là, il agite les barreaux de sa cage comme un fou furieux pour que je fuie. Pire encore, il veut ma mort en se mettant dans mes jambes. Imagine s’ils sont deux ! » La jeune femme dévisagea son frère, interdite. « Matthew… tu parles d’un lapin ! » Oui, ça paraissait fou, il s’en rendait compte. Il était un être incompris, hélas. Panpan était fourbe, s’octroyant la compassion de tout le monde et diaboliquement malin. « Laisse tomber. » Il resterait une éternelle victime… Sa cadette vint s’asseoir à côté de lui. « Un lapin ou deux, quelle différence ? Tu ne veux pas faire plaisir à Héloïse ? » Bien entendu que oui. Il l’aimait et il ne voulait que son bonheur. « Si, mais ce n’est pas la question ! Elle m’impose quelque chose. Je n’aime pas ça ! » Nouveau haussement de sourcil de sa sœur. « Parce que depuis le début de votre histoire, tu ne lui imposes rien peut-être ? » A commencer par leur relation secrète. De devoir supporter Jane. De faire semblant. De rester dans l’ombre. De n’être que sa stagiaire. D’accepter sa voiture. Ellana laissa échapper un rire en voyant le regard assassin de son frère. Ce dernier attrapa un coussin qu’il éclata sur la tête de sa sœur. « Eh ! » - « Tu m’emmerdes, Ella ! » Elle partit dans un éclat de rire tandis qu’il bondissait du canapé pour reprendre le déménagement.

***

Le lendemain, Matthew s’était levé tôt, et d’encore plus mauvais poil que la veille. Enervé, il n’était pas parvenu à dormir, retournant la question du lapin dans sa tête à s’en rendre fou. il se pose de vraies questions dans sa vie. Aussi ne fut-il pas étonnant qu’il se soit extirpé tôt du lit et préparé tout aussi tôt. De plus, depuis son retour, son père ne montrait d’autant plus insupportable avec lui. Il n’eut pas une matinée plus flamboyante car il se tordit l’orteil en butant dans un meuble. Il dut repartir se doucher et changer de vêtements car il s’était renversé du café dessus et il avait égaré un dossier. Fatigué et irrité, il débarqua à la maison d’édition, grommelant tout juste un bonjour à Maddy. Elle peut bien aller se faire foutre ! qu’il songea assez gratuitement. Et outre le fait qu’il devait travailler toujours plus à cause de son père en dissimulant des dossiers à Héloïse pour qu’elle ne vive pas la même punition que lui, il semblait que les auteurs s’étaient donnés le mot pour l’emmerder, ainsi que les acteurs de la chaîne du livre. Il découvrit une montagne de mails qui l’attendaient sagement dans sa boîte. « Bande de cons. » grogna-t-il en commençant à détailler sa liste. Il avait grandement besoin d’un second café. Du moins, second café depuis qu’il était arrivé sur son lieu de travail. Ce fut ce moment où il prit sa décision que choisit Héloïse pour apparaître. Si d’ordinaire, elle ramenait le calme et la bonne humeur chez l’éditeur, ce ne fut pas le cas. « Bonjour. » répondit-il aussi sèchement qu’elle. Il était rare pour Matthew d’assister à un tel phénomène chez la jeune femme, mais sa petite amie arborait le regard caractéristique du « tiens aujourd’hui, je vais te faire chier jusqu’au bout. » Elle eut beau dire qu’elle ne voulait pas foutre la merde, c’était exactement ce qu’elle faisait. Il se garda de lui faire remarquer, mais la foudroya du regard. D’où elle lui parlait ainsi ? Sur leur lieu de travail ? Où il était le patron ? THE patron ?! Il aurait bien fait une remarque sur le décalage horaire qui avait déréglé son sommeil, mais il ne se manifesta pas de cette manière. « Ah ne commence pas, je ne suis pas d’humeur ! » Il se leva, quitta son bureau en l’embrassant brièvement ouais, parce qu’ils s’aiment quand même puis s’engagea vers la machine à café. Evidemment, elle le suivit tandis qu’il en faisait déjà couler un. « Tu en veux un ? » lui demanda-t-il comme s’il s’apprêtait à la buter si elle venait à dire non. D’office, il lui en prépara un qu’il lui tendit après. Sans sucre, mais avec une touillette parce qu’il s’était rendu compte qu’elle aimait jouer avec. Il prit une gorgée avant de s’accorder quelques paroles. « Bon, on est au boulot alors je ne compte pas reprendre cette dispute idiote. Je te rappelle que tu as déjà un lapin, ce n’est pas comme si je refusais Panpan. » Il était d’ailleurs bien gentil de le faire !! Il essayait de paraître calme, mais son impatience trahissait sa voix. « J’ai déposé le dossier Chester sur ton bureau. Réunion édito à dix heures avec l’équipe. » Sans plus de cérémonie, il repartit dans son propre bureau. Marre des emmerdeurs !
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Dim 17 Sep - 20:14

Je suis terriblement déçue et en colère contre moi-même. J’aurais dû arriver plus tôt. Ça m’aurait permis d’arriver avant Matthew. Là, j’ai l’impression que la guerre est déclarée et je ne compte pas en démordre de cela. Je trouve terriblement injuste qu’il me refuse mon petit lapin d’amour. Il n’a rien fait en plus. Et il rendrait Panpan heureux. Mais non, ce n’est pas possible pour Monsieur McGregor ! Lui, il s’achète des voitures hyper dangereuses et je ne dois rien dire. Pire même, si je me souviens bien, il trouvait ça terrible que je puisse considérer son achat dangereux et non pas génial. Mais ça, mon chéri ne le comprend pas. Il n’en fait qu’à sa tête et de surcroit, il est têtu. Et si d’ordinaire, j’ai toujours fait en sorte de m’incliner et de le laisser faire. Cette fois-ci, je refuse tout bonnement et simplement. Je veux ce deuxième lapin. Ce n’est pas comme si nous allions emménager dans un studio ! Après tout, connaissant les gouts de luxe de mon petit-ami, notre appartement sera grand. Très grand. J’ai même tenté de lui faire comprendre que le loyer de notre chez-nous serait impossible pour moi à financer avec mon salaire - forcément, je veux participer pour moitié - mais j’ai alors eu l’impression de lui avoir demandé de se couper la tête. J’ai presque eu le sentiment de ne dire que des bêtises et il faut savoir faire avec. Surtout quand l’amoureux est bien plus riche que moi, mais ça encore, je le comprends et je ne dis rien à ce sujet. En revanche, pour mon animal de compagnie, là oui, je m’insurge, je me révolte, je me rebelle. Je me sens telle une Katniss Everdeen face à un président Snow fort peu agréable qui m’accueille d’un bonjour fort froid. Ça m’enlève toute barrière et forcément, j’attaque déjà sur son réveil. Parce que oui, Matthew à sept heures du matin au bureau, je n’en reviens pas. J’en suis sûre que Maddie a dû être tout choquée. Cependant, c’est bien vite le cadet de mes soucis lorsqu’il me demande de ne pas commencer, affirmant que Lui n’est pas d’humeur. Je n’ai pas le temps de protester qu’il s’est déjà levé, venant m’embrasser furtivement avant de sortir du bureau. Le baiser me chamboule le cœur et je suis – presque – à deux doigts de me dire qu’après tout un seul lapin c’est amplement suffisant. Cependant, l’image de mes deux lapins côte à côté me vient en tête et me donne suffisamment de force pour secouer la tête légèrement et tourner les talons pour le suivre. Il se rend dans la machine à café où cette fois-ci, j’adopte une posture froide et un visage neutre. Il me demande si je veux un café. « Tu seras bien aimable. » Je lui réponds. Le gobelet fumant finit par rejoindre mes mains et je n’ai pas le temps de répondre qu’il enchaîne déjà sur le sujet brûlant et Panpantesque affirmant de nouveau son refus. Encore une fois, je n’ai pas le temps de répondre qu’il change carrément de sujet évoquant une réunion devant se dérouler à dix heures au sujet d’un dossier en cours. « Mais… Attends ! » Je proteste mais il a déjà fui dans son antre. Et je trottine donc jusqu’à son bureau. « Tu peux arrêter de t’enfuir à chaque fois que j’essaye de te parler !? » Je m’écris sur un ton agacé. « Je ne compte pas reprendre cette dispute non plus mais je ne tiens pas à faire comme si tout allait bien aussi. Je tenais juste à te dire une chose. Juste une seule. » J’aurais pu croiser les bras histoire d’avoir l’air impressionnante mais avec un café dans les mains, c’est peine perdue. Alors j’essaye d’avoir l’air bien digne et sûre de moi. « Dans un couple, les choses fonctionnent principalement à deux. Je le conçois bien. Cependant, parfois, il est bon aussi de savoir faire plaisir à l’autre sans prendre en compte ses propres intérêts. » Je fronce les sourcils et finit par ajouter « J’aurais très bien pu ne pas demander ton avis et l’acheter parce que je peux encore être libre de mes choix et de mes envies. » Et par ces mots, j’essaye de lui rappeler l’épisode de la voiture sans forcément le mentionner. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de rabâcher constamment ce qui s’est produit dans le passé. Pourtant, si je prenais le temps de bien réfléchir, je pourrais me rendre compte que Matthew a souvent imposé des décisions au sein de notre couple. Cependant, la naïveté et l’amour ont eu raison de moi et je suis incapable de voir au-delà de l’épisode Porsche-trop-puissante.

Sur ces mots, je tourne les talons avec mon café préférant alors me centrer sur le dossier à bosser avant la réunion. J’en profite pour décrocher immédiatement le téléphone afin d’avoir l’imprimeur au téléphone et pour éviter de continuer cette conversation avec Matthew. Du moins, pour avoir l’impression d’avoir eu le dernier mot. Finalement, arrive bien vite la réunion à dix heures et je n’ai pas été voir Matthew une seule fois de ce long matin. Pourtant, des collègues sont venus me voir pour le travail mais pas une seule fois, j’ai daigné regarder du côté du bureau de mon chéri. Et puis, vient l’heure de la réunion et tous ceux ayant participé se retrouvent, nous sommes quelques-uns assis autour de la table. Une fois encore, je préfère ignorer mon chéri car je veux qu’il comprenne bien que depuis hier, je boude et je compte bouder encore longtemps. Cependant, au sein du travail, c’est un peu difficile d’allier la vie privée à la vie professionnelle. Et pendant que la réunion commence, je me retrouve à devoir faire mon propre compte rendu à mon patron, aka mon chéri, aka celui qui ne veut pas de deuxième lapin. « J’ai eu les imprimeurs ce matin, Monsieur McGregor. Et je leur ai envoyé les dernières modifications que Monsieur Chester et vous aviez vu ensemble afin que tout concorde aux désirs de l’auteur. Je pense que nous trouverons ainsi un terrain d’entente » Finis-je par lui dire en tendant les dernières documents transmis par l’imprimeur ce matin, la voix nonchalante mais les yeux lançant tous les signaux d’un affrontement muet. Je ne lâcherai pas, je veux mon Pinpin.

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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Mer 27 Sep - 19:22

Matthew n’était pas spécialement habitué aux mésaventures. Généralement, sa journée se déroulait comme du papier à musique, sans aucune fausse note, dans cette perfection McGregorienne qui le caractérisait depuis toujours. Il se trouvait comme auréolé d’une chance suprême on oublie le râteau dans la gueule qui l’accompagnait dans ses moindres déplacements. Néanmoins, quand l’éditeur devait vivre une journée communément appelée « journée de merde » par le reste du péplum terrestre, il ne la vivait pas à moitié. Un peu comme le jour de son mariage raté, le moment de son accident, ou encore pour son anniversaire en France, et là, c’était aujourd’hui. Il avait passé une nuit de merde à ruminer tout ce qu’il avait à ruminer concernant cette histoire de lapin de merde. Il s’était réveillé avec la gueule de travers, grognon et râlant après tout. Notamment après la porte qu’il s’était pris en pleine figure, le café brûlant qu’il s’était renversé dessus, la portière de sa voiture dont il avait écaillé la peinture parce qu’il s’était garé trop près du bord, et en se prenant une réflexion de Maddie sur le fait qu’il était bien matinal. En soi, il n’y avait pas de raison de prendre la mouche pour une remarque qui n’était en rien une critique, mais si l’éthique ne lui avait pas défendu de s’en prendre à ses employés, il lui aurait volontiers éclaté la tête contre son ordinateur. Le fait était qu’il ne supportait pas l’entêtement d’Héloïse et de constater que personne ne lui donnait raison. Pas même Ellana ! Certes, la pugnacité était un trait de caractère de la brune qu’il aimait bien, et qui lui avait même permis de se rendre visible aux yeux de l’éditeur, mais il ne fallait pas trop abuser non plus. Il ne fallait pas qu’elle se montre têtue pour tout et n’importe quoi. Et le présent n’importe quoi de leur querelle, c’était Pinpin. Un Pinpin qui n’existait pas encore et qui n’existerait sûrement jamais. Matthew refusait de s’encombrer d’un deuxième lapin qui n’aurait de cesse de fomenter des plans plus machiavéliques les uns que les autres avec son acolyte pour l’éradiquer de la vie d’Héloïse. Ils en seraient capables les salopiaux ! Et pire encore, il ne supportait pas que quiconque puisse contester ses décisions. Surtout Héloïse qui aurait pu comprendre qu’un couple voulait dire qu’il fallait faire des concessions. D’ailleurs, cette dernière ne tarda pas à montrer le bout de son nez en se montrant à l’entrée de son bureau. Bien que de mauvaise humeur et moins enthousiaste de la voir que d’ordinaire, il ne pouvait s’empêcher d’être satisfait d’être arrivé avant elle. Une bête victoire qu’il dégustait au cœur de sa matinée chaotique. Cependant, un bon café ne se refusait pas, et après avoir envoyé paître sa petite amie, il se dirigea vers la petite cuisine de l’étage. Son café du matin, c’était sa petite douceur. Son câlin quand il se sentait seul. Son baume sur le cœur. Et là, il en avait bien besoin ! Évidemment, Héloïse ne l’avait pas lâché. Ainsi, il préféra mettre les points sur les i tant qu’ils se trouvaient ensemble. Pas de lapin. Pas de débat. Juste du professionnel pour une réunion qui aurait bientôt lieu. Il repartit dans son bureau sur ces mots sèchement jetés.

« Je ne m’enfuis pas, je me déplace. » grinça Matthew, pétri de mauvaise foi. Evidemment, elle le suivit, ne s’en arrêtant pas là dans ses revendications. Il avait la sensation d’être en présence d’un auteur qui venait râler après ses ouvrages alors que cet abruti avait signé tous les bons à tirer. De quoi lui donner envie de tuer des gens, mais bon… c’était quand même sa petite amie et il l’aimait malgré la haine qui le rongeait. Il se rassit à son bureau, commençant à jeter un œil dans sa paperasse pour s’empêcher de jeter un regard noir à la brune. « Encore heureux que tu n’aies pas fait ça ! » s’insurgea-t-il tandis qu’elle émettait l’idée qu’elle aurait pu acheter ce lapin sans lui demander son avis. Ils étaient un couple, nom d’une pipe ! Mais pire que tout, elle s’en va comme une princesse, laissant un Matthew frustré et agacé. Il était prêt à défoncer la tronche du premier qui se présenterait. Mais comme il était tôt le matin, ce moment n’arriva jamais. En désespoir de cause, l’éditeur attrapa son téléphone sitôt que huit heures sonna pour appeler un des imprimeurs qui ne respectait pas les délais de fabrication. Quelques jours plus tôt, heureux de son voyage, il ne s’était montré d’une incroyable magnanimité. Il n’avait fait aucun commentaire. Là, il allait le pourrir. Et ce fut ce qu’il fit. Le pauvre homme eut à peine le temps d’en placer une qu’il fut assailli par un Matthew sauvage. Lorsqu’il raccrocha, il se trouvait légèrement calmé. Il termina son café, prêt à entreprendre paisiblement son travail avant la réunion de dix heures quand Maddie frappa à sa porte pour lui porter des dossiers. Il aurait pu simplement l’ignorer si elle n’avait pas porté un tee-shirt à l’effigie d’un lapin. Il darda sur elle un regard noir et meurtrier. « Vous n’avez rien trouvé de mieux à vous mettre ? » dit-il, cinglant et cruel. La pauvre jeune femme parut décontenancée, balbutia avant que l’auteur ne l’expédie hors de son bureau. Non mais ce n’était pas possible ! Il allait devenir fou. A croire qu’Héloïse l’avait achetée pour qu’elle bourre le crâne de Matthew. Sauf qu’il ne cèderait pas !

Ainsi, empli de conviction, il se présenta à la réunion de dix heures. Les assistants éditoriaux étaient présents, ainsi que les représentants du pôle graphique, fabrication, diffusion et presse. Il se montra d’autant plus professionnel qu’il souhaitait s’afficher en homme inflexible face à sa petite amie. Ainsi, dans la salle de réunion, il ne lui accorda qu’un bref regard. Toutefois, la réunion démarrait automatiquement par elle, service édito oblige. « Mademoiselle Bennett ? » Presque encore plus professionnel que lui –ce qui l’énerva- elle lui fit son rapport détaillé. Notamment sur l’envoi en fabrication. Il comptait rapidement changer de sujet et passer à autre chose, mais ce fut sans compter sur le ton insistant de sa petite amie. Si personne ne comprit autour de la table, Matthew était bien conscient de la pique lancée. Il lui lança un regard foudroyant, s’épargnant tout professionnalisme. « Dooonc. » appuya-t-il longuement. « Concernant le pôle graphique, vous avez pu avancer les couvertures de Monsieur Stuart et Madame Scoffield ? » Le chef graphique s’approcha, ayant en main les planches pré-imprimées qu’il mit sous les yeux de Matthew. « Pour Monsieur Stuart, on continue à bosser sur le projet. Quant à Madame Scoffield, on tient peut-être quelque chose ! » De quoi traitait son ouvrage déjà à celle-là ? Il avait l’esprit embrouillé. Malheureusement, il s’en souvint bien rapidement quand il eut les ébauches sur les yeux. Un putain de livre sur des dialogues de bêtes ouais genre Colette. « Non mais c'est quoi cette merde ?! » Il n’avait pu retenir son exclamation En soi, le visuel était très beau, très stylisé, mais ces gros connards du graphisme avaient eu la mauvaise idée de foutre un lapin en plein milieu de la couverture. Le monde entier se liguait contre lui ou quoi ?! Ce fut le silence plat dans la salle de réunion qui était soudain sous tension de se prendre une gueulante du boss. Il devenait complètement fou. Il aurait pu buter quelqu’un. Fort heureusement, il conserva un semblant de calme et de dignité. « Bon, réunion suspendue. On la reprendra cet après-midi. » Et il se leva sans un mot de plus pour quitter la salle de réunion, prêt à exploser. La Terre entière se liguait-elle contre lui ?! Il s’écrasa sur la chaise de son bureau, encore plus enragé que la matinée. Sans guère de surprise, Héloïse arriva dans son bureau quelques minutes plus tard. Il lâcha un long soupir de lassitude et de frustration. « Bon, ça te ferait vraiment si plaisir que ça d’avoir ce lapin ? » demanda-t-il, presque prêt à flancher pour ne pas finir totalement dément.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Mar 3 Oct - 20:24

J’aurais pu me dire pas mal de choses concernant cette promesse. Que j’ai rêvé. Que j’étais trop bourrée à ce moment-là. Que je prends la vie pour un kiwi. Que Matthew n’était, lui-même, pas dans son état normal pour répondre de tout ce qu’il a dit par la suite. Mais hélas, je n’ai pas envie de trouver des excuses. Je me dis qu’un deuxième lapin pourrait être une bonne idée. Après tout, mon lapin vit tout avec moi, mais il y a ma coloc et quand elle est à l’appartement pour retoucher ses photos, il a de la compagnie. Or, je sais que lorsque nous vivrons ensemble, les choses vont changer. Après tout, Matthew et moi auront les mêmes horaires. Et puis, il est fort à parier que les weekends, nous bougerons assez souvent. De même, que je n’ose même pas imaginer la tête de mon chéri si je me décidais à aller promener mon lapin ou à l’embarquer avec moi afin qu’il puisse profiter du jardin de Mamie et du plein air. Pauvre petite boule de poils ! J’ai un amoureux qui est parfois trop dur et qui doit faire face à une ténacité que je n’ai jamais autant maintenu. Non pas que je prenne la confiance désormais, mais j’ai envie d’être heureuse. Une nouvelle vie s’offre à moi et je compte en profiter. Avoir un deuxième lapin permettrait ainsi à Panpan de ne pas se sentir trop seul. Mais hélas, Matthew ne le voit pas ainsi. Et au contraire, il est énervé, insupportable. Et cette fois-ci, je ne me laisse pas intimider. Toutes les occasions sont bonnes afin de lui rappeler ce à quoi il s’est engagé, Que ce soit le matin dans son bureau, ou dans cette salle de réunion, mon attitude et mes regards envoient des signaux muets lui rappelant que « Pinpin sera notre second bébé » et je vois combien ça l’enrage, combien son regard est froid. A vrai dire, si Matthew McGregor ne sortait pas avec moi, il m’aurait déjà jeté dehors. Mais ce n’est pas le cas et pour une fois, je profite de ce rare privilège, constatant que tout le monde en prend pour son grade aujourd’hui, y compris l’ensemble du personnel et cette pauvre femme gérant le pôle graphique. Et dire que je me suis extasiée sur sa couverture trop mignonne et trop cute. Voilà que mon chéri vient de ruiner son travail en ayant une attitude fort peu diplomate. Le silence est pesant et même moi, je suis terriblement mal à l’aise. Je ne sais pas si je dois dire quelque chose ou s’il vaut mieux que je garde le silence. La seconde option me semble la mieux et finalement, Matthew préfère suspendre la réunion. Il s’en va et je préfère prendre la poudre d’escampette comme je peux, préférant ne pas m’engager dans une conversation avec les autres employées qui aurait alors pour but de critiquer l’attitude du fils McGregor. Ça va encore jaser. Et je crois qu’il vaut mieux que je m’épargne un aller vers la salle de pause. Ou quoi que. Si, j’y vais dans le seul but de faire couler un café. Je me contente de saluer tout le monde et me dirige vers le bureau de mon chéri. Heureusement, tout le monde ne vient pas le déranger. Et je crois qu’aujourd’hui, ce sera presque un no man's land, un terrain bourré de mines anti-personnel qui exploseront à n’importe quel moment. Pourtant, j’ose braver cela et j’entre. Dès lors que je croise son visage, je ne peux m’empêcher de lui sourire tendrement. Non pas parce que je me moque hein, mais parce que je l’aime plus que tout au monde et que bon… Je n’aime pas le voir comme ça non plus. « Tiens, je me suis dit que ça te ferait du bien. » De la caféine pour mieux exciter un homme déjà fébrile. Mais au moins, ça ouvre le champ pour une discussion plus pacifiste.

C’est d’ailleurs lui qui ouvre le bal en demandant si ce lapin me ferait véritablement plaisir. MAIS BIEN SUR QUE OUI ! Toutefois, je comprends aussi que répondre d’une façon empressée ne serait pas la solution, non plus. « Bien sûr que ça me ferait plaisir. » Je réponds d’une voix douce. « C’est juste que cet été, quand tu en as parlé, j’ai fini par me convaincre de l’idée. Ce serait une bonne chose. Je ne peux pas me débarrasser de Panpan alors si je lui offre un ami, je me dis qu’il se sentira moins seul. » Et je suis super sérieuse. Mon lapin est un être sensible. Il n’aime pas la solitude. Il fait des dépressions sinon. « De toute façon, on y est pas encore hein… On pourra s’en occuper uniquement quand on aura notre chez-nous. » Je suis prête à faire des concessions, et finalement le fait qu’il mette du sien me pousse à mettre du sien de mon côté. C’est aussi ça, l’amour. Accepter l’envie de l’autre au détriment de la sienne. « Je t’assure que tu ne verras pas que nous avons deux lapins. Je m’en occuperai et je ne te délaisserai jamais pour eux. Ce sera même plutôt l’inverse. » Enfin, la solution serait plutôt que je remette Panpan à mamie, mais ça, je ne suis pas prête. Je ne peux pas me séparer de mon lapin comme l’on se sépare d’une commode. « On fait la paix ? » Je demande d’une petite voix en venant vers lui. Déposant un baiser sur sa joue, je murmure alors : « Je n’aime pas quand on se dispute. » Et je dépose un second baiser, puis un autre, jusqu’à ce qu’il finisse par se dérider complètement. Non parce qu’il ne va pas me faire la gueule toute la journée non plus. Et que je préfère bien plus ses regards doux et sa chaleur plutôt que sa voix froide et ses piques savamment dosées de sarcasme et de froideur. Je préfère bien plus quand on est ce couple d’amoureux et qu’il n’y plus que lui et moi… Et son père. Gâcheur d’ambiance depuis 1940 C’est le raclement de gorge qui me fait sursauter alors que je venais de déposer un baiser furtif contre les lèvres de mon chéri. Je n’ai pas entendu de bruits de pas. Et c’est d’autant plus problématique que vu le visage pincé et austère, il a certainement dû tout voir et entendre. « Navré de vous déranger mais cet endroit a été bâti dans un but bien précis. » Son regard alterne entre son fils et moi tandis qu’il s’avance. « Ce qui n’est visiblement le cas pour vous. » Mon dieu, je me sens terriblement mal à l’aise. A vrai dire, il faudrait que je puisse m’en aller d’ici. Mais je suis comme tétanisée, son père est devant l’encadrement et ça serait malpoli de le snober ainsi. « Mademoiselle Bennett, il serait fort judicieux que vous retourniez dans votre bureau. J’ai à m’entretenir avec mon fils. Et bien entendu, cela ne vous regarde, absolument, pas. » Les mots me paraissent cruels et je ne sais comment réagir, si ce n’est que je hoche la tête, prête à me plier à sa volonté, le cœur s’effritant à l’idée de me dire que ce sera toujours ainsi. On a tant de projets pourtant… Me parlera-t-il toujours ainsi, me considérant comme la moins que rien, et faisant fi de ce que nous vivons, son fils et moi ?

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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Mer 4 Oct - 21:52

Si Matthew n’avait pas une pleine confiance en toutes ses facultés, il penserait qu’il devenait totalement dément. Des lapins, il en voyait partout. Sur les affiches publicitaires, à la télé, sur les pulls des gens, dans les maquettes des graphistes, et même derrière l’abyme de ses paupières. Il préféra à croire que c’était un complot de sa petite-amie. Un complot bien tordu qui avait pour vocation de le faire plier. Aux yeux d’Héloïse, Panpan devait avoir un compagnon de jeu. Il ne l’avait jamais connue aussi pugnace, aussi investie par un projet. A croire que la jeune femme prenait un peu trop la confiance. D’ordinaire, il suffisait qu’il dise non pour qu’elle se taise et que le débat soit clos. Il en était généralement ravi, n’acceptant pas que quiconque puisse le contredire parce qu’il aimait Héloïse plus que tout au monde, mais il n’en était pas moins marié à son orgueil. Il n’aurait jamais pu supporter une petite amie trop têtue, trop butée, à toujours s’engoncer dans le conflit pour trouver une occupation de couple. au hasard, Aaron/Anya Il s’était convaincu qu’Héloïse était bien différente de ce schéma qu’il détestait, mais il fallait croire que dès lors qu’il était question de lapin, elle changeait de nature. Aussi, elle se montrait intransigeante, et très insistante. Dans ce combat qu’elle menait, il la retrouvait un peu dans cette époque des premiers mois où elle était à la maison d’édition. Sans aucun scrupule, Matthew lui menait la vie dure. Il ne la ménageait pas, et pourtant, elle s’était accrochée sans rechigner. Au-delà du découragement qui voilait brièvement ses yeux, elle n’en perdait pas sa hargne. Elle possédait une telle volonté qu’elle s’était même un jour pointée chez lui pour travailler. psychopathe Dans le fond, il aurait dû se douter que sous une apparence discrète se cachait une femme plus têtue qu’une mule. Et surtout, bien plus têtue que lui. Un comble ! Suite à son coup d’éclat en pleine salle de réunion, Matthew avait pris la fuite dans son bureau. Il avait besoin de prendre l’air, de se recentrer, ou tout bêtement de s’affranchir de la moindre image d’un lapin dans les environs. Présentement, il lui venait une envie folle de retourner à l’appartement, d’attraper Panpan et d’aller le vendre dans une ferme coopérative. Autrefois, il ne se serait pas embarrassé de tant de sentiments. Il l’aurait peut-être lancé dans la poêle, ou jeté aux chats, mais il s’agissait de l’ancien Matthew. Le nouveau Matthew détenait un peu plus de cœur. Avec le recul, il réalisait effectivement qu’un tel sort serait bien cruel.

Le minois d’Héloïse apparut bientôt dans l’encadrement de la porte. Heureusement, il ne perçut plus aucune hostilité. Au contraire, il répondit à ce sourire qu’elle lui adressait. De plus, elle tenait deux cafés dans la main, ce qui induisait que l’un était destiné à lui. Ou alors, elle comptait lui envoyer dans la tronche au nom de toute la maison d’édition. Il n’était pas prêt à se faire brûler au visage… « Merci. » Manifestement, ses intentions n’étaient pas hostiles et il reçut le café avec beaucoup de gratitude. Il but une gorgée, et la caféine eut sûrement pour effet de le radoucit légèrement car il réengagea le sujet du lapin sur un ton différent de celui qu’il avait pu aborder jusqu’ici. La réponse d’Héloïse n’a rien d’étonnant. Bien sûr qu’elle voudrait et elle lui explique mieux pourquoi. Ses raisons, elle les avait déjà exposées, mais cette fois, Matthew était prêt à les entendre. « Personne ne te demande de te débarrasser de Panpan. » Bien que l’idée ne lui déplairait pas, il ne le voyait même pas comme une option. Certes, il en plaisantait de temps en temps, mais cela n’irait pas plus loin. Voilà que le temps des concessions s’annonce. Si Matthew se persuade d’adopter ce fameux Pinpin, elle accepte d’attendre le nouvel appartement. Il ne disait pas encore oui à ses désirs, mais il ne disait plus non ; ce qui était un grand pas pour l’humanité. Peut-être les baisers qu’elle déposait sur ses lèvres et son visage y étaient pour quelque chose. « Entendu, on fait la paix. » Lui non plus n’aimait pas quand ils se disputaient. D’autant plus qu’avec le recul, il réalisait combien l’objet de leurs disputes était souvent puéril. A mesure qu’elle poursuivait ses tendres assauts, un sourire naissait sur ses lèvres et il en oubliait sa mauvaise humeur, ainsi que sa matinée de merde. Ce moment de légèreté fut malheureusement vite oublié quand son père franchit la porte du bureau, les prenant sur le fait. Matthew se sentit instantanément honteux et en colère de ne pouvoir montrer à son père qu’ils sauraient se montrer professionnels malgré leur relation. Il ne sut que lui répliquer. Il se sentait idiot. Il se sentait con. Ce n’était vraiment pas sa journée. « C’est bon, va-s’y. » murmura-t-il à Héloïse à côté de lui qui paraissait tétanisée. Il semblait y avoir de quoi. Quelques secondes plus tard, la fine silhouette de sa petite amie avait disparu et son père referma la porte derrière lui. « Il faut que nous discutions. » - « Je ne demande pas mieux. » Les deux hommes ne départaient pas d’un ton amer et dur. Rien de ce qu’il se passerait ici risquait d’être plaisant. Le père s’avança, les mains ostensiblement dans les poches pour sûrement cacher que ses poings étaient serrés. « Cette comédie commence véritablement à être grotesque. Tout ça pour nourrir ton esprit de contradiction. » Matthew fronça les sourcils. Est-ce que son père croyait vraiment qu’il sortait avec Héloïse juste pour le faire chier ? Qu’il n’était pas affaire de sentiments ? Il allait le rendre fou de rage. Il s’empêcha au prix d’un incroyable effort de se montrer insultant. Ses dernières stratégies n’avaient eu aucun effet. « Je voudrais que vous la rencontriez tous les deux. Hors du travail, pour véritablement apprendre à la connaître. Tout ce que tu diras ne pourra pas me dissuader. » Le directeur conserva le silence un moment, s’approchant de la fenêtre par laquelle il observa l’agitation en contrebas. « Vous êtes bien trop différents, Matthew. Pour l’instant, tu penses que cela n’a aucune importance, mais il y en aura. En montant dans le tien, elle se perdra elle-même. Et si tu descends dans le sien, tu te perdras aussi. » A ses yeux, tout ceci n’était qu’un ramassis de paroles grotesques. Matthew eut un rire sans joie. « Parce que tu penses que c’est l’unique condition de l’amour ? Venir du même milieu social ? » Son père lui jeta un regard froid. « Pour l’instant, tu te penses intouchable mais ma patience à des limites, Matthew. Si tu t’obstines dans cette voie, cela aura des répercussions sur toi et sur elle. » Il ne laissa pas le choix à son fils de répondre. Il s’engagea vers la sortie. Juste avant de quitter le bureau, il se retourna une dernière fois vers Matthew. « N’oublie jamais que ce n’est pas toi qui as le pouvoir. C’est moi. » Il partit ainsi, abandonnant un Matthew empli de rage et d’amertume. Il aurait souhaité partir à sa rencontre, lui hurler au visage tout ce qu’il avait à lui dire, mais il ne le fit pas. Quelque chose l’en dissuadait. Une crainte qu’il ressentait malgré tout car il savait qu’une menace McGregor n’était pas vaine. Sa mauvaise humeur d’autrefois le regagna bien vite. Il poursuivit sa journée d’un air monotone. Néanmoins, plus personne n’assistait à ses grands coups d’éclat. En vérité, c’était comme s’il n’était pas là. Si bien que contrairement à la réunion éditoriale de ce matin, il dit oui à tout. Même au graphisme du lapin. Des millions d’idées tournaient dans sa tête. Des questionnements. Des doutes. Parfois, il regardait longuement Héloïse, s’embrumant dans le fil de ses pensées. Et quand il fut l’heure de partir, ce fut Héloïse qui lui rappela en venant toquer à sa porte. Il redressa sa tête de ses papiers. « J’arrive. On prend ma voiture. » dit-il très sobrement. Il la rejoignit dès qu’il eut terminé son ouvrage. Quelques minutes plus tard, ils étaient dans sa voiture et il mettait le contact. Un léger sourire sur les lèvres, il se tourna vers Héloïse. « Prête à faire rentrer Pinpin dans la famille ? » Ouais, acheter un lapin. Là maintenant, à la sortie du boulot. « Genre maintenant. »
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Ven 6 Oct - 20:59

J’aime Matthew plus que tout au monde. Depuis presque un an que nous sommes ensemble, je suis sur un nuage chaque jour, quand bien même ça n’a pas toujours été facile. Nous sommes partis de loin et il a fallu s’accommoder de toutes ces différences nous accompagnant tous les jours. A nous voir, on remarque bien vite que nous ne sommes pas issus du même milieu. Et quand bien même, nous ne vivons pas à l’ère de Jane Austen, je ne peux nier qu’aujourd’hui encore, avoir quelqu’un dont la vie a été différente de la mienne, est déroutant mais tellement enrichissant. Après tout, nous nous aimons d’un amour entier et sincère. Nous avons su faire de nos différences, une force incommensurable. Et aujourd’hui, nous restons forts et unis. Nous ne nous laissons pas abattre par la non-acceptation de notre histoire par son père. Il s’acharne, s’épuise mais finalement, nous sommes là et c’est le plus important. On tient bon face à ces tempêtes se déchaînant autour de nous. Pourtant, malgré cette certitude, je ne peux m’empêcher de me sentir mal à l’aise, gênée de me retrouver au milieu de ce conflit, de vouloir des solutions sans qu’elles puissent être entendues. Et son père qui, d’ordinaire, a toujours eu un comportement bienveillant à mon égard, ne cesse d’adopter une attitude froide. Qui me tétanise. Qui me glace à chaque fois. Au fond, je le sais, je suis juste effrayée par la peur de faire n’importe quoi, de perdre Matthew à cause de ce que je ne suis pas. Et quand bien même, il m’assure constamment qu’il m’aime, le doute prend sa place, s’insinue, effrite la confiance si durement acquise. Il nous faut être fort, je le sais. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Heureusement, nous pouvons compter sur le soutien de sa famille et de la mienne. Ses sœurs sont avec nous et c’est tellement bon pour le moral, pour tout. On sourit quand on devrait être en train de pleurer. Pourtant, actuellement, je ne suis point en train de sourire. Bien au contraire, je prends sur moi pour me taire, pour avoir un regard impassible que je masque difficilement face au ton condescendant employé. Hélas, si seulement il pouvait m’écouter, si seulement je pouvais avoir l’opportunité de lui parler, de lui expliquer à quel point j’aime son fils, combien je me moque de sa fortune, de son rang, combien j’aime l’homme qu’il est, cet humain que j’ai appris à connaître, à apprivoiser, donnant mon cœur et mon âme sans aucune retenue. Si seulement… Hélas, la seule issue est celle de m’en aller, de refermer la porte pour les laisser discuter entre eux. Lorsque le loquet émet un clic, je ne peux retenir un soupir désabusé. Il y a des gens, dans ce monde, qui ne savent pas vivre en paix. Et ça, c’est quelque chose qui me dépasse.

Aussi, le reste de la journée se passe avec le souvenir de cet échange. Je ne suis pas allée voir Matthew pour lui demander de quoi il a été question. Ce n’est pas mon rôle et il sait que je suis prête à l’entendre s’il en éprouve le besoin. Au moins, nous ne nous faisons plus la gueule. Mais je ne sais ce qui est le mieux… Bouder ou faire semblant que tout va bien. Il est ailleurs et je le remarque bien quand il faut l’observer parler. Cette fois-ci, il n’y a point de colère. J’ai l’impression qu’il est las. Las de cette éternelle guerre. Las de devoir affronter son père. Las parce que notre combat est celui de donner une place au plus admirable des sentiments. Est-ce que notre vie sera ainsi pour toujours ? J’espère bien que non. Et lorsque la journée touche à sa fin, je me décide à lui proposer de passer la soirée ensemble. Je n’ai pas encore d’idées de quoi ou de comment, mais il m’a manqué toute la journée et j’ai besoin d’être avec lui, j’ai besoin de me rassurer quant au fait que la visite impromptue de son père n’a eu aucune emprise sur nous. Aussi, c’est avec le sourire que je viens toquer à sa porte, lorsque les salariés sont partis et que, bien entendu, il est encore dans ses papiers. « Il est l’heure de s’arrêter Monsieur MCGregor… » Lorsqu’il m’indique qu’on rentrera avec sa voiture, je suis vraiment heureuse de savoir qu’il souhaite passer la soirée avec moi. Mon sourire est grand lorsque nous quittons le bureau et montons dans sa voiture. Je n’ai aucune idée de ce que l’on va faire. Mais il pourrait très bien me dire qu’on va se promener un peu, que cela me satisfera pleinement. Cependant, je suis loin de me douter qu’il me propose tout simplement d’aller acheter le deuxième lapin maintenant. « Tout de suite ? » Je finis par dire, le visage exprimant une surprise sincère. D’autant plus que ce n’était pas prévu ainsi. Mais j’admire là toute la volonté de mon chéri de mettre du sien. Et ma réaction ne se fait pas entendre, je poussais un cri avant de me jeter dans ses bras, me tortillant comme je peux avec la ceinture et profitant qu’on ne soit pas encore parti. « Ooooh Matthew, je suis trop contente ! Bien évidemment que je le souhaite !!! » Me détachant de lui légèrement, j’en profite pour l’embrasser avec fougue parce qu’il m’offre presque mon cadeau de Noël maintenant. Et forcément, durant le reste du trajet, je trépigne, je suis presque pareille à une gamine impatiente qui souhaite que sa rentrée arrive début aout et non pas début septembre. Je ne fais même pas attention à la vitesse ou autre, mon esprit est juste fixé sur Pinpin tandis que nous arrivons dans une grande animalerie. Sortant tous deux, ma main vient se greffer à celle de Matthew et j’ai déjà hâte de pouvoir choisir avec lui. En plus les animaux sont juste craquants quand ils sont bébés. Et je suis déjà en train de mourir d’amour tandis que nous arrivons devant  les chatons. « Haaaaaannn ! » Je m’extasie devant la vitrine où ils sont là, tout frêles, tout mince… Et tout aussi mignons que Lardon, le chat de ma sœur. « Ohalalala, ils sont tellement beauuuux ! » Je finis par m’exclamer, les yeux brillants juste au moment où j’entends « Reviens ici toi !! » Et là, je vois un petit Jack Russell qui court dans notre direction, suivie d’une employée. Visiblement, il a dû s’échapper parce qu’il court comme si sa vie en dépendait. Heureusement Matthew arrive à le saisir afin qu’il stoppe sa course. « Ooooh qu’est-ce qu’il est beau !!! » Je ne dirais que ça durant toute la visite je sens, mais j’avoue que le petit chien est vraiment chou et entreprend déjà d’essayer de lécher le visage de Matthew. « ça te va bien les chiens. » Je ris en venant caresser doucement le bébé. Celui-ci semble péter un câble et cherche la source du grattage en se tortillant dans tous les sens. « Voilà que nous n’avons pas encore vu les lapins que ma volonté faiblit déjà devant ces adorables bouilles. » Je crois aussi que nous ne sommes pas prêts à sortir vite de l’endroit.


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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Mar 10 Oct - 21:24

En l’espace de quelques minutes, l’esprit de Matthew n’était plus focalisé sur les lapins. A vrai dire, cette problématique lui semblait préférable aux paroles de son père. Il se retrouvait assailli par un doute qu’il souhaitait taire. Il aurait voulu qu’aucun de ses mots ne le heurtent, qu’il n’y songe pas avec angoisse, que le doute ne s’insinue pas si insidieusement en lui. Il était comme un poison qui envahissait son être, rendait son jugement malléable et sa volonté molle. Evidemment, l’aval de son père n’était pas indispensable à ses yeux pour s’accorder le droit de fréquenter Héloïse. Il était prêt à sacrifier tant de choses pour elle. Il avait toujours vécu dans la quête du succès pour obtenir toujours plus, pour vivre dans l’opulence et jouir de tout. Désormais, il était prêt à tout perdre juste pour rester éternellement avec elle. Sauf que tous ces sacrifices, il ne se les était toujours infligés qu’à lui. Qu’en était-il d’Héloïse ? A quoi devrait-elle renoncer pour avoir le droit de fréquenter le fils du patron ? A quels choix regrettables pourrait-elle être confrontée bien malgré elle ? Ô grand jamais, Matthew ne doutait de la force de l’amour de sa belle, ni même de la quantité de sacrifices qu’elle pourrait faire pour lui. Elle lui avait suffisamment prouvé l’ampleur de son attachement. Mais tout ceci était-il juste ? Il se sentait honteux de la contraindre à des épreuves qu’elle ne devrait pas vivre. Le jeune homme se souvenait parfaitement les raisons qui l’avaient contraint à repousser sa passion pour Héloïse quand elle n’était encore que sa stagiaire. Il ne voulait pas la projeter dans un monde sans pitié. A ses yeux, elle lui apparaissait comme une créature pure, délicate, naïve et tendre. Il ne voulait pas l’entacher avec la cruauté de son monde. Il avait toujours cherché à lui épargner des quelconques souffrances. Mais s’il l’avait toujours préservée, pourquoi la jeter en pâture à ces fauves aujourd’hui ? Serait-il devenu si égoïste pour ne pas comprendre qu’il ne serait pas le seul à perdre beaucoup dans cette affaire ? Il ne savait pas s’il aurait suffisamment de courage pour voir Héloïse perdre tout ce pour quoi elle avait œuvré. Dans le fond, ce n’était peut-être que justice que Matthew soit un jour déchu de son trône. Son pouvoir, il l’avait obtenu uniquement par son nom. Il n’avait pas eu à travailler fort, ni même à se battre pour obtenir sa place. Héloïse, c’était autrement différent. Sa pugnacité, ses efforts et son talent l’avaient propulsée à la place qu’elle possédait. Il n’aurait pas été juste qu’elle perde tout cela.

« Il est l’heure de s’arrêter Monsieur McGregor… » Il releva brusquement les yeux de ses dossiers. Plus aucune animosité n’habitait son regard tandis qu’il observait Héloïse. Bien au contraire, un sourire para ses lèvres. Leur réconciliation le soulageait. Et avec une impulsivité propre à un Matthew McGregor décidé, il affirma à sa belle qu’ils prendraient sa voiture pour aller chercher ce fameux lapin. Là. Maintenant. Tout de suite. « Oui, tout de suite. Et tu as intérêt à dire oui, je pourrai bien changer d’avis d’ici demain. » Evidemment, il plaisantait, mais c’était pour qu’Héloïse le prenne un peu au sérieux. Voir la joie envahir son visage lui prouva qu’il venait de prendre la bonne décision. « Whoo attention ! » la prévient-il en même temps qu’il riait face à cet éclatement de joie. Il fallait quand même qu’il conduise ! Bien qu’à l’allure où il allait à cause de son limitateur de vitesse, il ne risquait pas d’avoir le moindre accident. Appuyé un peu plus sur le champignon, ça le démangeait comme un fou. Sauf qu’il avait fait des promesses à Héloïse et qu’il les tenait. A chacun ses concessions. Ils débarquèrent finalement à l’animalerie avec une petite amie qui trépignait d’impatience. « Allez ma chérie, prends ma main et suis bien papa. Ne parle pas avec les inconnus. » se moqua-t-il alors qu’ils rentraient dans le magasin. Ils passèrent dans les rayons, croisant un nombre incalculable de boules de poils toutes plus adorables les unes que les autres. D’un peu plus loin, on pouvait entendre les oiseaux qui chantaient. Héloïse n’a pas le temps d’arriver aux lapins qu’elle s’extasie déjà sur les chats. « Je te rappelle pourquoi on est là ? » dit-il d’un ton faussement blasé. D’autant plus que les chats, ce n’était pas spécialement sa tasse de thé. Il les trouvait terriblement présomptueux. Il se pencha au-dessus des cages où les chatons jouaient. « Faut admettre qu’ils sont assez mignons… mais je te rappelle que tu as obtenu un coupon uniquement pour un seul animal ! » Faudrait pas que l’appartement devienne un zoo non plus ! Son regard fut attiré par un petit boulet de canon qui s’enfuyait. Matthew lâcha la main d’Héloïse pour attraper le fuyard, un Jack Russell. Un employé semblait lui courir après depuis un moment. Ce spectacle donna à sa petite amie une nouvelle occasion de s’extasier. Il fallait reconnaître que le chiot était craquant. Il se tortillait de tous les côtés pour obtenir des caresses, et essayer de lécher le visage de Matthew. Si Héloïse était déjà passée de l’autre côté, le jeune homme flanchait aussi. « Ou sinon, on oublie l’appartement et on emménage ici. On change de métier. » Tout ça, tout ça. Par chance, l’employé arriva et récupéra le chiot après des remerciements. Matthew profita de l’occasion pour enrouler son bras autour de sa hanche et la guider vers le secteur des lapins. « Allez, on ne perd pas de vue l’objectif ! » Il se sentait obligé de le rappeler, sachant pertinemment qu’elle pourrait être capable du pire. Ils passèrent d’abord pour l’endroit où il y avait les oiseaux. Désormais qu’ils y étaient, les chants étaient plus assourdissants que mélodieux. Ils se hâtèrent jusqu’à parvenir proche des fameux lapins. Si Matthew se montrait réticent au départ, il s’attendrit intérieurement de voir ces petites boules de poils se masser les unes contre les autres pour jouer, se réchauffer, ou simplement être ensembles. Ils étaient tous minuscules, à peine la taille de son poing. De l’extérieur, il affichait une mine imperturbable. « Fais ton choix ! Désigne donc le fameux Pinpin ! » Si ce n’était pas un nom de merde. Il laissa Héloïse s’extasier longuement sur les lapinous tout doux. Il fit quelques pas, regardant un peu autour de lui. Quand tout à coup, son regard s’arrêta sur une petite créature qui sautait de tous les côtés. Un beau Golden Retriever qui se mit à aboyer de joie quand Matthew s’approcha de lui. Il sauta de tous les côtés, le regard vif et joueur. Le cœur austère et froid de l’auteur fondit instantanément. Leurs regards se croisèrent et il se passa quelque chose entre eux. C'était fort. Il sentit la présence d’Héloïse à côté de lui. Sans même lui accorder un regard, il annonça. « On arrête tout. Je veux un chien. » CE chien !
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Ven 13 Oct - 13:16

Non mais les animaux sont absolument adorables. Tous. Perdue dans cet immense magasin, je prends conscience combien je les aime, combien j’ai raté ma vocation. J’aurais dû travailler dans un zoo ou dans une animalerie, j’aurais été encore plus heureuse. Bon ceci dit, j’aime ce que je fais actuellement et je dois avouer que nettoyer des litières tous les jours, ce n’est pas forcément la meilleure des choses. Mais les animaux sont tellement mignons que je suis occupée à pousser diverses onomatopées aigues tellement je gagate dans tous les sens. Heureusement que je suis avec mon chéri et que ce dernier me modère, me rappelant que je n’ai droit qu’à un seul animal. Ça change un peu la donne je dois dire. Parce que ça veut alors dire que je ne suis pas obligée de prendre un lapin. Mais pourquoi pas un chat, ou un hamster ? Il va de soi, en revanche, que je ne prendrais jamais quelque chose d’horrible comme une mygale ou un serpent. Les gens sont assez étranges mais pour mon cas, je dois reconnaître que ce qui me plait : ce sont surtout les poilus. Comme un Matthew sauvage par exemple Enfin, je suis donc pareille à une enfant perdue dans un immense magasin de jouet. Et je dois faire un choix. Mais quel choix cornélien à vrai dire ! Tous ces bébés sont trop mignons et je n’en peux plus de tant de beauté. Même Matthew me rappelle l’objectif premier de notre mission. « Hein ? Quoi ? » Je lui dis en relevant un regard niais dans sa direction, bien trop occupée à caresser les chatons. C’est là que le Jack Russel arrive et achève de me faire fondre un peu plus. Qu’est-ce qu’il est mignon ! Et encore plus quand il est dans les bras de Matthew. Ça lui va tellement bien les chiens. Et je suis encore plus amoureuse. Surtout quand il évoque une idée aussi brillante que tout plaquer et vivre ici. Vendre des chiens, des chats et des lapins.« Oh mon amour !! Ce serait une idée tellement merveilleuse ! On serait tout le temps ensemble et puis, il y aura pleins de bébés à dorloter ! » Et je nous imagine déjà, poussant le vice à imaginer l’amoureux dans une bassine remplie de bébé lapin. Bon ok. Je rêve mais laisse moi donc un peu de songes ! Verrais-je un jour Matthew être affectueux avec un lapin ? Pour l’instant, ce n’est pas gagné et seul le chien semble conquérir son coeur. Il y a trop de choses me plaisant ici. Aussi, lorsque le bébé chien est rendu à la vendeuse, je ne tiens plus en place, bien trop impatiente. Ceci dit, je garde quand même une certaine tenue, je suis avec un McGregor nom d’un animal de compagnie ! Ce n’est pas le moment de perdre toute dignité même si au fond de moi, je suis en train de sauter dans tous les sens et de gesticuler. Bien sûr, comme le dit Matthew, il ne faut pas perdre l’objectif de vue et je hoche la tête, le regard flamboyant. « Ouiii ! Le lapin avant tout ! » Aussi, nous esquivons assez rapidement le rayon des oiseaux qui se révèle être bruyant… Hors de question qu’on ramène un piaf à la maison. Et on arrive devant le Graal, devant mon péché mignon : les lapinous.

« Aaaaaaah ! » Je m’exclame en me détachant de Matthew pour aller voir tous ces petits bébés. Mon dieu, mais qu’est-ce qu’ils sont beaux. Je fonds, les observant avec tendresse et adoration tandis qu’une vendeuse s’approche de moi pour nous expliquer que les mâles et les femelles sont séparés pour éviter qu’ils se reproduisent entre eux. C’est bien pour ça qu’il y a des expressions à ce sujet. Les lapins sont connus pour ne faire aucune différence entre la famille et les amis. Ça me fait rire et je me lance dans une explication avec la vendeuse où je déclare fièrement appartenir au mouvement LGBT des lapins étant donné que Panpan n’aime que les mâles aussi. La vendeuse doit sans doute être une fan de lapins car elle partage bien vite mon enthousiasme et on se lance dans une conversation tandis que je regarde quel amour choisir. C’est si dur et ils sont si mignons d’ailleurs. « Rhooo j’aime beaucoup ce petit noir. Mais celui-ci avec ses petites pattes blanches est absolument à croquer… » Et je continue de m’attendrir, laissant mon doigt caresser doucement le dos fragile et tremblant d’un bébé. « Lequel te plaît mon amour ? » Je demande sans relever le regard. Ce n’est que lorsque je constate que personne ne me répond que j’ose enfin lever les yeux et m’aperçoit que mon chéri m’a faussé compagnie et se trouve non loin  de moi. Près des chiens. Ça doit certainement le gaver peut-être. Ce que je peux comprendre. Néanmoins, son avis est précieux et je m’approche de lui doucement jusqu’à ce qu’il remarque ma présence et me confirme vouloir un chien. Son regard plonge vers un chiot en particulier. Un magnifique Golden Retriever, bien occupée à sauter et à japper dans tous les sens. Et mon cœur fond comme un chocolat placé trop prêt du feu. « Oooooh comment il est trop beauuuuuuu ! » Je m’extasie, réalisant aussi que mon chéri semble comme amoureux de la bête. Découvrant une nouvelle facette de sa personnalité, je m’attendris un peu plus et à ce moment-là, plus aucun lapin n’accapare mon esprit. Non, il y a juste l’amour de ma vie qui voudrait ce bébé-là. J’oublie Pinpin. J’oublie la raison de notre visite. Et venant enrouler mon bras autour de sa taille, je m’exclame : « Et si à la place d’un lapin, on prenait CE chien ? »
Et on est vraiment parti avec ce chien. Si, je vous l’assure.

***

Le temps de payer. D’acheter tout ce qui est nécessaire pour lui. Le bébé chien s’est endormi dans mes bras et mon regard est aussi brillant que toutes les étoiles de la galaxie réunies dans un condensé de bonheur. Je vais mourir de gagatitude. Et je crois que mon chéri n’est visiblement pas très loin. J’en suis certaine que Panpan va adorer ce loulou sans nom. Mais pour l’instant, on va chez Matthew et durant le trajet, la merveilleuse boule de poils trouve refuge sur mes genoux, toujours en train de roupiller. « Va falloir qu’on lui trouve un super nom ! » Bien sûr, j’ai des tas d’idées. En plus, j’adore les noms d’animaux. Le jour où j’ai baptisé Panpan, j’étais trop fière de moi-même Et si on l’appelait Pinpin ? Mais cette fois-ci, on le choisira ensemble et j’ai déjà trop hâte. D’ailleurs, une fois qu’on arrive chez Matthew, je pose le chiot au sol quand la porte d’entrée se referme. « Et voilà ta nouvelle maison mon petit doudou !! » Et je ris parce que c’est adorable de voir ce bébé qui essaye de prendre ses repères, ses pattes glissant sur le parquet impeccablement ciré de chez Matthew McGregor. « Rhoooo, il est tellement mignon !!! » Me mettant à genoux, j’en profite pour caresser la boule de poils jappant à foison. Tu as déjà eu des chiens dans le passé ? » Dans son ancienne vie en Angleterre. Et tout à coup, j’ai la vision d’un McGregor se trouvant sur son pur sang de couleur noir, entouré de lévriers afghans, prêts à aller chasser. « Et tu as des idées de nom ? »
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Sam 21 Oct - 17:42

Matthew n’était pas toujours bien convaincu par le bien-fondé de s’embarrasser d’un nouvel animal de compagnie –d’autant plus qu’il s’agissait d’un lapin- néanmoins, c’est en voyant le sourire éclatant d’Héloïse qu’il comprenait qu’il avait fait le bon choix. Par le choix qui lui plaisait, mais le choix qui le satisfaisait malgré tout parce qu’il faisait naître cet étincelle dans le regard de sa petite amie. Tout à coup, il se sentait bien puéril et idiot de lui avoir refusé un geste si peu important. Après tout, elle s’occuperait de ce fameux animal tout comme elle le faisait avec Panpan. Ce n’était pas comme si c’était un chien qu’il fallait sortir, ou ce genre de chose. Bien que Matthew trouvait qu’Héloïse était bien trop impliquée dans sa relation avec son lapin. Là encore, il se convainquait qu’il s’agissait du bien commun. Du bien du couple. Après tout, ils allaient vivre ensemble et il était temps de faire des compromis. En son for intérieur, ce n’était pas uniquement à Héloïse qu’il prouvait qu’il était capable de prendre sur lui. D’une certaine manière, agir de la sorte lui permettait de balayer tous les doutes que son père pouvait disséminer dans son esprit. Non, il ne perdrait pas Héloïse parce qu’ils étaient trop différents, ou qu’ils ne provenaient pas du même monde. L’amour ne se mesurait pas à la classe sociale, pas plus qu’au nombre des ressemblances. Héloïse et Matthew n’avaient pas besoin de se ressembler. C’était même dans leurs différences qu’ils se retrouvaient le mieux, car ils étaient foncièrement complémentaires. Héloïse adoucissait l’orgueil de Matthew là où l’éditeur lui apprenait à gagner du caractère. De même qu’il lui ouvrait les portes d’un monde ambitieux tandis qu’elle lui offrait de l’amour et de la tendresse. Cette décision qu’il avait adopté lui permettait de se rassurer sur cet état de fait. Rien ne pourrait les séparer. Et surtout pas eux-mêmes.

Il avait laissé Héloïse s’extasier de son côté sur les lapins qui se blottissaient les uns contre les autres. Surtout pour s’empêcher de faire remarquer que c’était plutôt mignon ces petites créatures. Et puis… le coup de foudre. L’unique. Comme on en vit qu’un seul dans toute son existence. Un petit chiot qui se tortillait de tous les côtés dans sa caisse avec les autres. Il jappait, courait de tous les côtés en bousculant les autres, dérapait et repartait de plus belle sans jamais lâcher Matthew du regard, comme s’il lui faisait une petite démonstration d’affection. Le cœur d’homme viril de l’éditeur fondit d’une tendresse masculine. Ce chien était l’élu. Il ne pouvait en être autrement. Si bien que lorsqu’il sentit la présence d’Héloïse à côté de lui, il lui décréta d’une passion absente qu’il désirait ce chien. Ce n’était pas un caprice. C’était un besoin profond d’avoir cette boule de poil dans sa vie avec Héloïse. Il ne fallut guère plus longtemps pour que sa petite amie s’extasie sur le chiot qui saute d’autant plus en voyant ses prunelles sombres s’illuminer. Elle était tombée amoureuse elle aussi. Matthew se contenta de hocher la tête. Oui, il était beau. Trop mignon. Trop adorable. Bordel, j’suis un homme ! Il n’y avait cependant pas que cet animal qui représentait la perfection. Héloïse était la perfection. SA perfection. Intuitive et tendre, elle lui proposa de prendre le chien à la place du lapin. Au départ, juste par réflexe, il protesta. « Non, je t’ai promis un lapin. Ce ne serait pas… » Mais comme s’il comprenait tout ce qui était en train de se dire, le chiot laissa échapper un grognement triste qui acheva l’éditeur. « Ok, on le prend. » trancha-t-il, ne laissant plus la place au doute.
Et ils repartirent avec le fameux chiot.

***

Matthew s’était toujours figuré qu’il aurait à nouveau un chien un jour, mais il n’avait vraiment pris la peine de s’y intéresser pour l’instant. Désormais, c’était chose faite et dans la voiture, il était le plus heureux des hommes à côté d’une jeune femme attendrie. Héloïse tenait le bébé tout endormi dans ses bras. Ça, c’était mignon. Ça, c’était beau. Pas comme avec un lapin qui n’a aucune notion de ce qui l’entoure ou de sa relation avec son maître. Sa petite amie émit l’idée de lui trouver un nom. « On n’a qu’à l’appeler Pinpin. » se moqua-t-il dans un rire. Mais quand il cerna l’éclat dans le regard d’Héloïse, il comprit qu’il aurait mieux fait de fermer sa gueule. « Non, jamais. Je n’autoriserai pas ce nom. » Il était catégorique. Un nom de merde pour un lapin dont il se fichait, ce n’était pas un problème. En revanche, pour SON chien, c’était hors de question. Ils arrivèrent finalement à l’appartement. Le chiot fut tiré de son sommeil, et retrouva bien vite son entrain de partant à l’exploration de la demeure du fils McGregor. Il était assez mignon de la voir tenter de s’aventurer dans certains recoins avant de juger que c’était trop dangereux pour lui et de revenir vers eux en patinant sur le parquet. « Il est parfait. Je préfère nettement avoir choisi un chien. » Cette petite boule de poil était un appel à la tendresse. Héloïse et Matthew s’accroupirent tous les deux pour lui faire des caresses. Immédiatement, il se roula sur le dos en jappant de contentement. « Oui, nous avions quelques chiens dans notre maison en Angleterre. Ils appartenaient tous à mon père. Mais quand j’ai eu dix, il m’en a offert un. Un beau berger allemand. » Il se souvenait de ce chien qui avait traversé une partie de son enfance. Il s’amusait souvent avec lui, ainsi que ses sœurs. « Ne te moque pas, mais je l’avais appelé Victor. Parce qu’à cette époque, je lisais du Victor Hugo et j’étais en admiration. » En soi, ce n’était pas un nom si terrible pour un chien, mais bonjour l’hommage. Il attrapa la boule de poil dans ses bras et le déposa sur le canapé. Etonné par la consistance duveteuse du sofa, il osa à peine bouger mais se calma bien vite aux caresses de ses deux maîtres qui étaient venus s’asseoir à côté de lui. « Je ne l’ai pas emporté avec moi en quittant l’Angleterre. Il était trop vieux, mais d’après Niels, il se porte bien. » Niels, le domestique attitré de la grande demeure des McGregor en Angleterre. Rien que ça. En attendant, il fallait trouver un nom. « Je n’en sais rien… je n’y ai même pas pensé. » Un sourire mutin s’inscrivit sur son visage. « Que dirais-tu de Didier ? Ou Mauricette ? Momo ! » Le chiot se mit à grogner, comme s’il marquait sa désapprobation. « OK, il n’aime pas. Tu as des idées toi ? Je te rappelle que Pinpin n’est pas valide, et Panpan est pris. » Puis assuré sur ses appuis, le bébé chien se mit à sautiller de partout sur le canapé, alternant entre les genoux d’Héloïse et de Matthew. « Je crois que ça va être un chien surexcité… Il va falloir que tu prépares psychologiquement ton Panpan à une future colocation. » Un souvenir rejaillit soudain des entrailles de la mémoire de Matthew. Il se redressa prestement. « Au fait, il fallait que je te montre quelque chose. Avec toutes ces histoires, j’avais oublié. » En soi, leur dispute idiote. Il partit chercher son ordinateur portable un Mac qui se la pète. et le posa sur la table basse en face d’eux. Il l’alluma et après avoir récupéré sa page internet, il tourna l’écran vers sa petite amie. « J’ai trouvé cet appartement. Il est vraiment magnifique et il répond à tous nos critères. J’ai prévu une visite pour demain à notre pause déjeuner. Qu’est-ce que tu en dis ? » Il était McGregoriennenment parfait.
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Sam 28 Oct - 8:05

Je suis réellement enchantée de ce nouvel achat. Un mignon petit chien qui agrémentera notre existence. Ça a de quoi mettre du baume au cœur. On en oublie les petits tracas qui sont survenus aujourd’hui au travail. Et finalement, moi qui croyait que j’allais me retrouver avec un bébé lapin, nous voici donc avec ce chiot. Il est assurément la plus belle chose sur terre et j’en suis toute gaga, l’observant prendre ses aises dans cet appartement qui sera temporairement sa maison avant que nous ne trouvions autre chose. Pour l’instant, on cherche encore et je dois dire qu’avec ce petit chien, je n’y pense même plus. Je suis dans un autre monde, cherchant déjà comment on peut l’appeler, comment on s’organisera. Je suis même en train de prévoir un emploi du temps où je pourrais venir squatter chez mon petit ami, après le travail, histoire de profiter du chien. Les animaux, c’est toute ma vie et je les aime à folie. Même si je n’ai jamais eu de chien. En dehors d’un chat à Paris. Et puis après Panpan. Ma mamie a des chats mais ce n’est pas pareil. Alors que là, un chien ! En plus un golden retriever, là on m’aura perdu complètement là. Et c’est d’ailleurs ce qu’il se passe tandis que nous évoquons les noms. Au début, mon visage s’éclaire quand Matthew parle d’appeler le chien Pinpin. Cependant, je me trompe complètement, il plaisantait et aussitôt ma joie redescend. Fort heureusement, le chiot me permet de ne pas rouspéter. Il aura un très bon nom que nous aurons choisi ensemble. Comme un véritable couple et cela me conforte complètement. Je gagate déjà. Et alors, je questionne mon amoureux au sujet des animaux. Je veux savoir s’il a déjà eu des chiens, comment il a vécu cela. Accroupi par terre, nous discutons tout en caressant le chiot qui n’en peut plus de toutes ces caresses. Sa queue remue et il a l’air vraiment content d’être là. Il jappe de contentement tandis que j’écoute les histoires de Seigneur Mcgregor qui m’explique que son père a eu pas mal de chiens mais finalement, lui en a offert un. Cependant, je ne me moque pas du choix nom. Victor me paraît être le plus beau prénom du monde. « Tu sais, je ne peux me moquer. Victor est un nom magnifique, surtout quand on sait à quoi il s’apparente. Si je t’avais  rencontrée, enfant, avec ton chien nommé ainsi, je t’aurais demandé de te marier avec moi plus tard. Pas sûre que tu aurais dit oui ! » Je ris de ma bêtise, m’imaginant très bien à l’époque d’avoir le courage pour demander une telle chose. Tandis qu’on s’assoit, je questionne mon chéri au sujet du nom. Il n’a aucune idée et les seules évoquées me font rire. « Momo ! Quelle idée saugrenue, je ne pourrais pas l’appeler ainsi, pauvre bébé ! Il est d’accord même ! » Le chien s’est mis à grogner avant de se mettre à galoper sur le canapé dans tous les sens ! Matthew l’imagine déjà surexcité et je ne peux qu’être d’accord. « Comme toi ce matin.... » Je pouffe légèrement de rire, me rappelant comment il a refroidi l’ambiance dans la salle de réunion. Du McGregor tout craché. « Et Panpan s’adaptera ! Ils seront les meilleurs amis du monde ! Faudra que demain soir, après le boulot, je l’amène ici. On fera le test de les faire se découvrir. » Qui plus est, l’amour animal est universel. Aussi, ai-je aucune crainte. Heureusement, le sujet se clôt vite et finalement, Matthew m’annonce une autre nouvelle : il aurait trouvé un appartement rentrant dans ses critères. Oui parce que je l’ai laissé choisir. Il n’aurait pas toléré qu’il y ait au moins deux salles de bain et trois toilettes. Cependant, je dois admettre qu’il est beau. C’est lumineux. Et nous le visitons demain. « Mon dieu !! Je vais être impatiente d’être demain midi ! » Et en guise de signe de joie, je me blottis contre Matthew entourant mes bras autour de son cou, tandis que le chien entreprend de nous barder de coups de langues. Ça me fait rire tandis que j’essaye de l’éviter. « Aaaah non ! On ne lèche pas le visage de maman ! » Oui ce chien est mon fils. #psychopathe.
 
***

Le matin je suis complètement défoncée. Matthew s’est mis en tête d’éduquer le chien dès le début de sa venue ici. Aussi, il lui semblait hors de question de le faire dormir dans la chambre. Cependant, il a jappé toute la nuit, pleurant et gémissant, nous laissant du répit quand il s’endormait avant de se réveiller et de reprendre de plus belle. Toute la nuit. Non stop. Autant dire que quand le réveil a sonné, j’ai eu du mal à m’extirper des draps. Pourtant, c’est un jour de semaine alors autant se motiver. Et puis, surtout qu’elle merveilleuse vision que de voir un Matthew McGregor tout beau, tout sexy en train d’allumer la machine à café, cet homme est capable de faire grimper la température rien qu’en ouvrant un placard. Mais surtout, il y a ... « Mon ninouuuuuuuuu !!! » Que je m’exclame bruyamment en voyant le chiot courir à ma rencontre, venant me faire la fête et visiblement en pleine forme. Il s’est reposé quand celui là !? D’où il a la pêche ? Mais il demeure trop mignon et je ne peux m’empêcher d’être attendrie, snobant même mon copain jusqu’à me redresser dix minutes plus tard pour venir déposer un baiser sur la joue de mon chéri « T’as une tête affreuse ! » Je déclare avec un petit sourire amusé. « J’espère qu’il prendra vite l’habitude de dormir seul et pas dans ta chambre ! » Non parce que sinon,  ça va être difficile de tenir. « Tu vas l’emmener au travail ou le laisser ici ? » Que je demande, parce que ouais, on ne se pose jamais ces questions quand on achète un chien. Et maintenant, il apparaît comme évident qu’on ne peut le laisser ici tout seul. Mais je n’ai jamais eu de chien, aussi, je ne sais pas trop ce qui est le mieux. Je laisse Matthew décider parce qu’après tout, c’est dans son entreprise que le chien ira, qu’il va faire pipi de partout et je ne parle pas du reste... Ça peut vite devenir l’apocalypse je sens. « Et si on l’appelait Eddie ? » Je finis par dire comme mue par une inspiration divine.
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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Mer 1 Nov - 17:33

Aussi assurément qu’il savait qu’Héloïse était la femme de sa vie, il était persuadé d’avoir pris la bonne décision en adoptant ce chien oui paye ta comparaison Si au départ –la mort dans l’âme- il s’était décidé à aller à l’animalerie avec Héloïse pour acheter un lapin, il revenait les yeux plein d’étoiles avec un chiot dans les bras. Un merveilleux Golden Retriever au regard vif et qui sautait de tous les côtés comme un fou. Le cœur qui l’écrivain ne flanchait pas souvent, mais il devait admettre que c’était un véritable coup de foudre. Si bien qu’en rentrant à la maison ce soir-là, il était de bien meilleure humeur que ce matin. Au début de la journée, il aurait pu tuer le premier qui se mettait sur son passage sans aucune once de regret. Désormais, il n’était qu’amour grâce à cette petite boule de poil. Mais ce n’est pas le tout d’avoir un chien, il faut aussi songer à un nom à lui donner. Matthew n’avait jamais été très bon pour ce genre d’exercice. Et même lorsqu’il écrivait ses romans, trouver des prénoms pour ses personnages relevait du pur casse-tête. Heureusement, sa petite amie était là pour l’épauler dans cette tâche. De plus, elle ne trouvait pas ridicule que son premier chien ait pu s’appeler Victor. Evidemment, en amoureuse de la littérature, elle comprenait cette référence au symbole même de la littérature française que pouvait être Victor Hugo. Il sourit de s’imaginer enfant, rencontrant une Héloïse bien plus jeune que lui. Comment était-elle ? D’après les récits de sa famille, elle ne manquait pas de caractère de pugnacité. Mais si son caractère enflammé s’était modulé avec le temps, il n’en restait pas moins une jeune femme très résolue dans ses choix. « On aurait gagné du temps, comme cela. » dit-il en souriant, songeant qu’il ne se serait pas fait prier pour lui dire oui. Mais ils n’avaient pas été destinés à se rencontrer si tôt. Leur rendez-vous avait lieu bien plus tard. A un moment bien précis où il avait eu besoin d’elle pour regagner son humanité et une part de lui-même. Elle était sa lumière, sa raison d’exister et d’être ce qu’il était devenu aujourd’hui. « Oui, bon… ce matin a été un peu merdique. » grogna-t-il, ne souhaitant pas s’attarder sur le sujet. Il avait eu un comportement assez odieux. En soi, il ne le regrettait pas vraiment. Ses employés étaient habitués à d’éventuelles sautes d’humeur. Ce qui l’emmerdait le plus, c’était que ce soit un lapin qui lui ait fait perdre tous ses moyens. Les choses étaient heureusement rentrées dans l’ordre des choses. « Je te parie que ton lapin va nous faire une crise cardiaque. » Pas qu’il ne voulait sa mort, bien entendu. Matthew n’était pas si cruel dans ses intentions. Néanmoins, il avait bien hâte d’être à demain pour voir comment tout ceci allait se dérouler. D’ailleurs, en parlant de demain, l’éditeur avait une nouvelle toute particulière à annoncer à la jeune femme. Ils iraient visiter un appartement qui correspondait à leurs critères surtout mcgregorien « Oui demain promet d’être une sacrée journée. » Entre la rencontre entre le chien et Panpan, ainsi que la visite…

***

Matthew n’était pas vraiment du matin, mais encore moins celui-là… La veille, malgré les récriminations d’Héloïse, il avait insisté pour que le chien ne dorme pas avec eux. Il restait de prendre de mauvaises habitudes sinon. L’éducation devait débuter maintenant ! Sauf qu’ils s’étaient retrouvés avec un chiot jappant toute la nuit sans discontinuer. Autant dire que la nuit avait été courte, et pas pour des raisons qui plaisaient à l’éditeur. Donc forcément… il avait une sale gueule au réveil. Il était en train de faire couler les cafés quand sa petite amie lui fit remarquer. Il s’était résolu à faire la gueule au chien pour lui faire comprendre qu’il n’était pas content de son comportement, mais il n’avait suffi que de faire sa bouille courir vers lui pour qu’il lui pardonne instantanément. Hélas, cet armistice ne fut que de courte durée quand il vit la scène qui se joua entre Héloïse et le chiot. Il se sentait délaisser. Abandonné. Son bisou du matin avait été destiné à un autre. « Il apprendra. » dit Matthew en grognant. Il avait intérêt à prendre vite l’habitude de se plier aux règles des McGregor. Mais ce qu’il craignait le plus, c’était que sa petite amie ne tienne pas aussi bien que lui. C’était assez connu… Son cœur fondait pour un rien. Et même Panpan qui ne faisait pas le moindre bruit pourtant, parvenait à l’émouvoir d’un simple mouvement de museau. Elle était d’une volonté faible. Il lui servit le premier café qu’il avait versé. « Non, je ne peux pas l’emmener. Il pourrait me perturber dans mon travail. J’ai trop de choses à faire pour m’occuper d’un chiot. » Il croisa le regard d’Héloïse et ajouta. « Et toi aussi. » Hors de question qu’elle ne faiblisse et qu’elle décide de s’en charger pour lui. « De plus, nous ne pouvons pas faire la visite avec lui non plus. » Ce serait un peu trop compliqué. Surtout s’il venait à faire une bêtise. « Mais on le retrouvera ce soir. » dit-il en venant caresser tendrement le dos de sa compagne. Il déposa un baiser sur son front avant de se baisser pour caresser le chien. Ce dernier s’agrippait à sa jambe depuis tout à l’heure. Un prénom jaillit subitement de l’esprit d’Héloïse et cela lui rappela que ce pauvre chien n’avait effectivement pas l’honneur d’avoir un nom. Il attrapa le chiot tel Rafiki avec Simba et le souleva dans leurs yeux. « Tu crois qu’il a une tête à s’appeler Eddie ? » Si Matthew n’en était pas encore certain, le chien semblait résolu car il se mit à japper de contentement dans tous les sens. Le jeune homme rit. « Bon très bien, alors ce sera Eddie ! » Et ainsi le chien fut nommé !

Moins de deux heures plus tard, ils étaient au travail. Il n’avait pas été simple pour eux de quitter le nouveau nommé Eddie, mais à grand renfort de courage, ils s’en allèrent pour une longue journée qui les attendait. Matthew prit soin de modérer son tempérament aujourd’hui pour faire comprendre au reste de son équipe qu’il s’était calmé depuis la veille et qu’il était ouvert à d’éventuelles propositions. D’ailleurs, il organisa une nouvelle réunion qui se déroula sans heurt cette fois. Il n’eut aucune nouvelle confrontation avec son père, mais il était assez résolu à imposer Héloïse quoi qu’il advienne pour un prochain repas et un prochain RP. Le soir venu, ils partirent ensemble pour voir l’appartement qui se trouvait bien entendu dans le quartier de Beverly Hills. « Déjà, le quartier est chouette… pour promener Eddie. » fit-il remarquer en trouvant une place où se garer proche de la résidence. Tout était bon pour vendre le truc à Héloïse. Ils furent à l’heure pour la visite, reçus par un agent immobilier qui leur détailla tout en détail. Même si Matthew était sous le charme de cet appartement, il n’en restait pas moins terre-à-terre. Il n’hésitait pas à poser des questions, soulever des problèmes et pinailler sur des détails afin d’être certain de ne pas avoir de mauvaises surprises si jamais. « La chambre de Panpan et Eddie. » plaisanta Matthew tandis qu’ils découvraient une nouvelle chambre. Sauf qu’Héloïse le prit très au sérieux. Elle s’emballa tellement, des étoiles scintillant dans ses yeux, qu’il n’eut pas le cœur à lui dire qu’il se foutait d’elle. Il venait de se griller une chambre d’amis tout seul… Au terme de la visite, ils retournèrent à la voiture. « Alors, qu’est-ce que tu en as pensé ? Faut admettre qu’il en jette ! » A savoir aussi que dans la résidence, il y avait une piscine et plein d’autres services proposés paye tes charges. Il alluma le contact. « Bon, on passe chez toi récupérer Panpan et on rentre à la maison, c’est ça ? » Question que les deux loustiques fassent connaissance. Ça promettait…
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Héloïse Bennett
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Jeu 16 Nov - 22:16

Ainsi, ma vie prend une tournure qui me plait bien. Je ne m’en plains pas d’ailleurs. Bien au contraire, je suis pleinement heureuse de tout ce qui m’arrive, me disant que le destin ne m’offre que de belles choses depuis quelques temps déjà. Entre la réussite de mes études, mon travail qui me plait, ces vacances d’été, ma relation officialisée avec l’écrivain de mon cœur, je me dis que j’ai tout ce qu’il me faut pour vivre paisiblement. Et pourtant, je sais que la vie me réserve encore bien des surprises. Et ce chiot et la perspective d’habiter avec Matthew, me comblent encore plus de joie. C’est fou à mes yeux, je suis dans un rêve éveillé et parfois, je me dis que le bonheur se gagne dans la difficulté, que l’on en sort grandi. Et c’est cette image que j’ai quand j’observe notre relation entre ce qu’elle a été il y a un an et ce qu’elle est devenue. Nous avons triomphé, nous sommes forts ensembles et rien ne peut nous abattre. Pas même, la nuit courte passée à cause de notre bébé chien. Au contraire, je le trouve tellement adorable que je ne peux nullement lui en vouloir. C’est impossible, et ma joie de le voir venir à moi, en jappant et en remuant la queue obstrue toute pensée négative. La journée commence bien d’ailleurs ! Entre ce réveil à base de léchouilles et puis, le rendez-vous prévu pour aller visiter l’appartement ne peuvent que me conforter de joie. Si ce n’est qu’avant ça, et pendant que nous déjeunons, je réfléchis très sérieusement au nom que nous donnerons au chiot. J’ai bien compris que Matthew ne voulait pas de Pinpin et je trouve cela terriblement dommage parce que ce prénom, il claque quand même. Mais je respecte les désirs de mon chéri car après tout, c’est lui qui a fini par trouver cet adorable toutou. Pourtant, en l’observant faire, que ce soit le chien ou le maître, mon raisonnement finit par me pousser à trouver quelque chose d’un peu plus classe et distingué. Après tout, ce chien va être sous le joug d’un McGregor et ce n’est pas le moment de lui trouver un sobriquet du style Nini ou Obi-Wan. Alors, finalement, je finis par proposer Eddie. C’est presque instinctif. Pourtant, la réaction première de l’amoureux me fait penser qu’il n’aime pas trop. « Il a une tête pour porter un nom classe, qui pète le feu et la classe McGregor. » Je me mets à rire en voyant alors le chien se tortiller et aboyer un peu plus. « Je crois qu’il aime bien… » Et c’est bien mieux que Pinpin je dois l’admettre !

Ainsi, nous finissons par prendre la route du travail, le cœur un peu lourd. Laisser le chien à la maison n’a pas été une mince affaire. Il était assis dans le vestibule à nous regarder comme si nous étions en train de l’abandonner. Et forcément, ça a atteint mon petit cœur. « J’avais tellement l’impression d’être dans un remake de Rox & Rouky quand la mamie abandonne Rox dans une forêt. Je me souviens quand j’étais petite, je m’enfuyais quand la scène passait. A chaque fois, Molly rembobinait la cassette pour revoir ce passage. Elle disait que c’était son préféré. » Je lui déclare tandis que nous arrivons à la Maison d’Edition. Sauvegarde des apparences oblige, je finis par me taire et cesse donc de raconter les épisodes de mon enfance traumatisée par ma sœur. Et la matinée se passe. Je dois admettre qu’elle se passe mieux qu’hier, une réunion a lieu à nouveau mais cette fois-ci, Matthew est détendu. Dans ma tête, je ne cesse de penser à ce petit chiot tout plein d’amour et je dois dire que j’ai terriblement hâte de le revoir, de pouvoir le voir grandir, de jouer avec. J’en viens aussi à prier pour qu’il ne fasse pas de l’appartement, un chantier sans nom. Après tout, on ne lui a rien encore appris si ce n’est qu’il s’appelle Eddie. Aussi, espérons que mon chéri n’aura pas la désagréable surprise de voir son appartement complètement envahi de salissures. Priez avec moi !
Et la journée se passe sans encombre, je bosse comme une dingue jusqu’à ce qu’il soit l’heure d’aller visiter notre futur chez-nous. J’ai bien en mémoire les photos montrées par Matthew mais quand même, j’ai un peu peur que ce soit grand ou trop onéreux quand bien même, j’ai bien compris que financièrement je n’avais pas mon mot à dire. #copinesoumise. Aussi, je n’en perds pas ma bonne humeur, constatant que le quartier se trouve en plein Beverly Hills. « C’est… Chic. » Je finis par simplement dire en voyant les grands portails immenses et protecteurs abritant sans doute des maisons de stars. « Olala… Imagine que notre voisine c’est une chanteuse super connue. Ça pourrait être drôle ! » Tournant la tête vers Matthew qui conduit, j’ajoute d’une voix espiègle. « Imagine, on tombe sur Ewan McGregor qui sort son chien aussi. » Je me fais déjà des plans sur la comète, trouvant l’argument de Matthew convainquant malgré tout. « Il faut voir l’appartement. » Et son prix aussi. Parce qu’il est vrai que l’endroit est calme et paisible, mais quand même, il va falloir que je change toute ma garde-robe, que je vende ma voiture aussi. Je risquerais de foutre la honte à Matthew si j’affichais tant de pauvreté dans un quartier aussi riche. Mais je ne dis rien, gardant mes craintes pour moi, tant je ne veux pas gâcher ce soir unique. Notre première visite d’appartement nom d’un Eddie ! Et il s’avère être très beau, très grand. Vraiment spacieux. Rien à voir avec mon appartement actuel où je ne cesse de me rentrer dedans avec ma coloc parce qu’il est petit. Néanmoins, l’immense bien garde un aspect chaleureux, qui plus est, Matthew m’expose l’une des pièces comme la chambre d’Eddie et Panpan. « Haaaaan, quelle bonne idée ! Je pourrais aménager un petit coin pour l’un et un petit coin pour l’autre ! Ce sera trop choupinouuuu ! » Je finis par dire en hochant la tête comme convaincue par mes propos. « Nous avons un chien et un lapin ! Ils sont trop mignons ! » Dans mon esprit innocent, je me dis que l’agent immobilier doit être un passionné car il nous complimente. Je suis loin de penser qu’il doit royalement s’en taper le coquillard, ne souhaitant que la signature de son bail. Il faut dire que l’appartement a énormément de charme mais il est très grand. Et bien qu’il possède de nombreux services comme la piscine, le spa, le hammam, la salle de sport, la salle de fitness, trois terrains de tennis, une salle de squash, un terrain de foot et un immense domaine pour la course à pieds, je suis encore un peu indécise. Et lorsque Matthew me demande mon avis, je finis par lui dire franchement. « Il est vraiment très beau. Je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi luxueux. Mais avons-nous besoin de toutes ces chambres ? Je veux dire… Tu comptes inviter du monde à dormir à la maison ? » « maison » ce terme me fait presque frissonner. Il emballe mon petit cœur tout mou et me voici prête à flancher sans avoir eu besoin d’écouter un seul argumentaire du chéri. « Enfin, sinon elle me plait beaucoup. Elle a tout ce qu’il faut. » Je souris à mon amour bien décidée à lui faire plaisir. J’aurais l’occasion de m’évanouir plus souvent lorsque nous recevrons les factures à payer pour le loyer. Mais pour l’heure, nous sommes là dans cette voiture à apercevoir notre vie de couple pour plus tard, à planifier un détail aussi simple comme de prévoir l’achat d’un lave-linge. Et ça, c’est juste le bonheur à l’infini.

***

Après un bref passage chez moi, nous nous rendons chez Matthew mais cette fois-ci, Panpan nous accompagne. La rencontre entre le chien et le lapin va avoir lieu et autant dire que nous sommes fébriles. Enfin surtout moi, sans doute Matthew est-il en train de rire intérieurement parce qu’il pense que Panpan va avoir peur d’Eddie. « J’en suis certaine que ça se passera bien ! » Ma voix est un peu tremblante et je me tourne alors vers Panpan dans son panier et lui dit « Tu verras, mon Panpan, Eddie est adorable. » Cependant, la seule réponse que j’ai, c’est que le lapin saute et fait un demi tour, faisant que je me retrouve à contempler son derrière au lieu de sa tête. Je ne sais pas si je dois y voir un signe… En tout cas, nous arrivons bien vite à l’appartement où à mon grand soulagement, le lieu est clean. J’en viens presque à soupçonner Matthew d’avoir harcelé sa femme de ménage pour qu’elle vienne passer un coup de serpillière toutes les heures. Mais je n’ose pas demander, mon esprit étant, de toute manière, accaparé par la future rencontre. Et elle vaut le détour. A vrai dire, quand nous entrons, j’ouvre alors le panier et laisse Panpan prendre ses aises et renifler quelque chose d’invisible au sol, quand soudain, il se redresse, les oreilles levées, son museau remuant comme s’il était en train de mesurer le danger l’attendant. « Peut-être devrions-nous… » Mais je n’ai pas le temps d’en dire plus que finalement, c’est un boulet de canon tout hurlant qui se rue vers le lapin. Ce dernier se met alors à crier comme je n’ai jamais entendu un lapin crier tout en cavalant pour échapper à un Eddie prêt à jouer avec lui ou le bouffer Je me demande si c’est une bonne idée tandis que je regarde médusée, Panpan courir dans tous les sens en hurlant tandis qu’Eddie aboie joyeusement. Il finit d’ailleurs par choper le lapin qui s’immobilise, tremblant comme une feuille tandis que le chien commence alors à le lécher dans tous les sens. « Bon, je pense qu’ils vont devenir amis ! » Ma voix n’est pas du tout convaincue. Je pense que mon lapin a eu la peur de sa vie. Mais bon, je ne peux pas dire à Matthew que nous ne pouvons pas garder Eddie. Et puis de toute façon, je ne le souhaite pas. Il est tellement mignon. « Il faut leur laisser le temps. » Je dis au moment où je vois Eddie donner des coups de museau à mon lapin toujours aussi tremblant. Pinçant la hanche de mon chéri, je finis par lui dire « Ne sois pas content de le voir être traumatisé, hein. »
La soirée s’est passée sans de trop grands évènements si ce n’est que Panpan et Eddie ont joué ensemble. Enfin, disons que le chiot a surtout joué avec le lapin. Et ce dernier n’en mène pas large, c’est assez drôle et je suis partagée entre mon cœur de maman lapin et l’amour que je voue au chiot. Mais comme le dit si bien Matthew, il faut leur laisser le temps de s’habituer l’un à l’autre. Et finalement, on finit par aller se coucher, veillant à bien fermer la porte pour ne pas que le lapin ou le chien n’entrent dans la chambre à coucher. Cependant, au matin, lorsque je me réveille avant Matthew, je constate qu’à côté de lui, à quelques centimètres de son visage, se trouve Eddie allongé sur le ventre et regardant le visage endormi de Matthew. Sur sa tête se trouve Panpan, tout autant observateur. Mon sang se glace et j’espère que mon amoureux ne va pas se réveiller à ce moment-là, surtout que la question principale subsiste : comment ont-ils ouvert la porte ?
Et c’est alors que le réveil du grand chef se met à vibrer, autant dire qu’il ne va pas aimer son réveil…


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Matthew McGregor
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MessageSujet: Re: « Moon so bright night so fine keep your heart here with mine » [Matthew]   Hier à 11:05

Très souvent, Matthew fonctionnait au coup de cœur. Il lui suffisait généralement d’un bref regard pour juger si quelque chose lui plaisait ou non. Il fonctionnait ainsi dans son métier. Lorsque des manuscrits arrivaient sur son bureau, si l’ouvrage ne l’avait pas conquis dans les premières pages, il ne lui accordait plus le moindre intérêt. Il en était de même avec les gens. Il se faisait vite une idée d’eux, bien qu’à de nombreuses reprises, il avait réalisé que son jugement pouvait se moduler avec le temps. En ensuite, pour toutes les choses du quotidien. Il avait acheté sa voiture et sa moto sur un coup de cœur aussi oui ce sont des petits objets du quotidien comme tu rachèterais du PQ. Et aujourd’hui, avec ce même élan passionné, il avait adopté ce petit chien adorable. Après de nombreux débats, il avait été prénommé Eddie, pour le plus grand bonheur de la petite boule de poils qui en avait jappé de contentement. Il ne s’était pas imaginé un tel nom pour un animal, mais au moins, il échappait au surnom de Pinpin. Là, il aurait jeté Héloïse à la porte. Ce qui aurait été bien malheureux puisqu’ils ne vivaient pas encore ensembles…
Mais cela allait changer bien vite puisqu’ils partaient à la recherche de nombreux appartements. Justement, Matthew en avait trouvé un à Beverly Hills qui lui avait plu –du premier coup d’œil, toujours- et il avait prévu une visite après le boulot avec sa petite amie. Ce qui l’attirait, outre la superficie impressionnante, c’était tous les avantages dont disposait la résidence. La vraie baraque de richou ! D’aucun aurait trouvé cela extravagant, mais l’éditeur n’était pas de cette étoffe. Pour lui, il était tout à fait naturel de jouir d’un tel luxe quand on en avait les moyens. D’autant plus qu’il devait reconnaître une certaine différence des mœurs entre l’Angleterre et l’Amérique dans leur rapport à l’argent. Là où les Britishs préféraient voiler leurs richesses, les Américains n’avaient aucune honte à l’étaler au grand jour. Etre riche, cela était bien vu car cela voulait dire qu’ils avaient réussi. Matthew considérait qu’il avait réussi. Ainsi, il fut d’autant plus enchanté de découvrir la splendeur de l’appartement. Il en manquait de remarquer qu’Héloïse n’était peut-être pas aussi enthousiaste que lui. Hormis lorsqu’il plaisanta sur l’idée de faire une chambre pour le lapin et le chien. Il n’eut pas le cœur de lui expliquer qu’il ne faisait que blaguer. Ils auraient donc une chambre en plus… Une fois dans la voiture, il lui demanda ce qu’elle en avait pensé. « Pourquoi pas ? » dit Matthew tandis qu’elle lui faisait une remarque sur la multitude de chambres. « Il faut se projeter dans l’avenir. Il y aura bien un moment où ces chambres seront occupées. » Il lui jeta un sourire en coin. Dans l’esprit de Matthew, il ne ferait pas l’ombre d’un doute qu’Héloïse serait sa femme et la mère de ses enfants. Si leur avenir devait se dessiner dans leur nouvel appartement, autant qu’il soit au top dès le départ. Evidemment, ils n’auraient pas une vie de famille avant bien longtemps mais il y songeait malgré tout. Une grande première !

***

Suite à la visite, ils passèrent rapidement chez Héloïse pour récupérer Panpan. L’heure était à la rencontre entre les deux animaux. Secrètement, Matthew espérait que le lapin aurait une telle frousse en voyant débarquer ce chiot fou qu’il se taperait la crise cardiaque de sa vie. Evidemment, il n’en parlait pas à sa petite amie, au risque de frôler l’erreur diplomatique. Il se retint de rire quand il la vit parler à son lapin. Est-ce qu’elle réalisait qu’il ne comprenait rien et qu’il n’en avait rien à foutre ? C’EST UN LAPIN ! Finalement, ils arrivèrent à l’appartement. Matthew partit de son côté pour déposer ses affaires et consulter son portable tandis que sa petite amie libérait la bête de sa cage. Cette dernière s’avança prudemment dans l’appartement, tâtant le terrain. L’éditeur ne quitta pas tout de suite le salon, trop curieux de savoir ce qui allait pouvoir se passer. Ce qui arriva ne le déçut pas. Quelques secondes plus tard, les aboiements de fou d’Eddie se firent entendre dans l’appartement et un boulet de canon débarqua, effrayant Panpan. Le lapin poussa un hurlement terrifiant. Ça crie en plus ces merdes ?! Car le seul avantage à ces bestioles pour Matthew, c’était qu’elles n’émettaient aucun bruit. Pour le coup, il était déçu : c’était définitivement inutile. FAIS UNE CRISE CARDIAQUE DEMON DE L’ENFER ! pensa Matthew de toutes ses forces en voyant la bestiole déguerpir à toute vitesse, coursée par Eddie. Mort de rire, il observait la scène tandis que sa petite amie était mortifiée. Enfin, le chien parvint à attraper le lapin qui s’immobilisa, prêt à craquer. Il avait le regard fou. Bien fait pour ta gueule, p’tite merde. Matthew prenait sa délicieuse revanche. Il vint s’accroupir près des deux bêtes, caressant affectueusement la tête d’Eddie. « C’est biiien mon chien ! » Il était grand temps de lui apprendre le respect. En se relevant, il se prit un pincement à la hanche de la part de sa petite amie. « Eh ! Ce n’est pas mon genre. Pour qui me prends-tu ?! » fit-il, faussement offusqué. Dans le fond, il était terriblement déçu. Il aurait bien voulu voir ce Panpan raide mort. Matthew est un monstre. La soirée se déroula tranquillement. Panpan et Eddie s’apprivoisaient l’un et l’autre, le chien ayant conquis le lapin à coup de câlins et de léchouilles. Le spectacle était trop beau pour Matthew de voir la tronche apeurée du lapin. Ce soir-là, il partit se coucher empli de contentement et satisfait dans son esprit de revanche. Cela ne durera pas…

***

L’esprit embrumé, Matthew grogna lorsque son réveil sonna. Il aurait aimé dormir un peu plus longtemps. Le matin, l’éditeur aimait avoir le temps de se réveiller tranquillement. Sinon, il était exécrable le reste de la journée. Ce serait le cas aujourd’hui… Il ouvrit un premier œil… Puis un deuxième… et là… « OH BORDEL ! » hurla-t-il à plein poumons, se réveillant en sursaut. A un cheveu de son visage se tenait Eddie, avec Panpan sur sa tête. Dans un malheureux réflexe, il envoya son bras en avant. Si Eddie ne fit que tomber du lit dans un jappement, Panpan fut éjecté contre le mur avant de retomber comme une merde sur le sol. « Oh merde ! » L’éditeur s’extirpa des draps, mais déjà, le lapin s’était enfoui sous le lit. « Putain mais c’est pas vrai ! » Quelques secondes à peine après son réveil, il était déjà terriblement excédé. Définitivement, les bêtes, ce n’était pas son truc. Et pire encore, il risquait de se faire démonter par Héloïse pour avoir envoyé balader sa boule de poil à l’autre bout de la chambre. Mais là, ce n’était pas son premier souci. Il se retourna vers une Héloïse parfaitement réveillée. Au contraire, il avait un regard accusateur. « Je peux savoir comment ils sont parvenus à rentrer ici ? On avait des règles, jeune fille ! » Mais une fois encore, son cœur tendre avait dû faiblir face à ces deux bêtes.
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