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 cauchemar en cuisine - dean & caro

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TEAM BILL
Caroline Brady
TEAM BILL
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DATE D'INSCRIPTION : 12/08/2017
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MessageSujet: cauchemar en cuisine - dean & caro   Sam 16 Sep - 12:21

Que la vie était plus agréable depuis qu’elle avait retrouvé sa liberté. Que la vie était plus agréable depuis qu’elle était de nouveau célibataire. Que la vie était plus agréable depuis qu’elle avait retrouvé du boulot. Que la vie était plus agréable sans Eric. Sans. Un bien grand mot. Il ne cessait de l’appeler. Non. Il ne cessait de la harceler au téléphone. Elle avait beau ne jamais répondre, le banquier ne semblait pas comprendre ce que « terminé » voulait dire. Elle avait beau ne jamais répondre, le banquier ne semblait pas comprendre qu’il ne la reverrait jamais. Devait-elle répondre à ses appels et ses SMS ? Devait-elle lui répéter encore et encore que c’était fini entre eux, qu’elle ne reviendrait pas, qu’ils n’étaient pas faits pour vivre ensemble ? La vérité était qu’elle craignait de répondre. La vérité était qu’elle appréhendait d’entendre sa voix, d’écouter ce qu’il pourrait lui dire et se monter de nouveau naïve. Cette idée était pourtant absurde, elle le savait. Elle avait enfin pris conscience de la réalité des choses. Elle avait enfin compris qu’elle n’était pas une femme à ses yeux, mais un objet clinquant et malléable. Elle avait enfin compris qu’il ne l’aimait pas, pas telle qu’elle était, ni pour ce qu’elle était. Elle avait enfin compris qu’il était Maître en manipulation. Elle avait enfin compris qu’elle méritait mieux. Elle avait enfin compris qu’il était encore temps pour elle de le quitter pour vivre une vie meilleure. Et quelle vie ! Elle avait retrouvé certains amis – certains qui ne lui en voulaient pas d’avoir fait les mauvais choix. Elle avait retrouvé sa famille – même si sa sœur ne semblait pas prête à lui pardonner. Elle avait retrouvé du travail – seigneur que ça lui avait manqué ! Se sentir utile, aider les autres, exister. Elle avait rencontré de nouvelles personnes – Daisy était une femme merveilleuse qu’elle apprenait à connaitre non seulement parce qu’elle voulait absolument que Nate et son infirmière préférée vivent heureux et à jamais, mais aussi parce qu’elle avait trouvé une véritable amie pour la vie avec la jeune femme. La vie était plus agréable et plus belle depuis quelques semaines. Et s’il y avait une personne qu’elle n’avait pas manqué de revoir plus souvent, c’était bien Dean. A l’époque où elle vivait encore avec Eric, il ne l’avait pas lâchée non plus bien qu’ils ne se voyaient pas aussi souvent qu’avant. Ils se parlaient au téléphone – parce qu’ils partageaient une passion commune, la cuisine. Et qu’en bonne maîtresse de maison, Caroline se devait d’être une parfaite cuisinière. Elle aimait ça, ce n’était donc pas un problème en soi. Et quand elle avait besoin de se renouveler et d’essayer de nouvelles choses, il lui arrivait parfois de faire appel au spécialiste. Dean était second de cuisine dans un super restaurant gastronomique – et elle avait beau essayer de lui piquer ses recettes, jamais ses plats n’avaient ce goût exquis que l’on retrouvait dans ceux du jeune homme. De quoi la faire criser et la rendre folle. Parce qu’elle percevait cela comme une sorte de compétition entre eux – lui aussi d’ailleurs – mais loin de les éloigner et de les faire se détester, cette compétition les rapprochait et ils ne s’en adoraient que plus encore. Ils se connaissaient depuis tout petits, et même si Caroline avait déjà 5 ans de plus que lui – et elle n’hésitait pas à le lui rappeler quand il faisait son fier avec ses plats succulents, elle lui avait TOUT appris ! – leur amitié avait été immédiate. Pourtant, la fratrie Neverson était nombreuse, mais ces deux-là… c’était une évidence.

Elle était justement en train de cuisiner un truc « vite-fait » pour Nate et elle, la télévision allumée, quand elle s’arrêta net devant l’écran. « Le plus grand concours de cuisine de l’année », qu’elle entendit, « du jamais vu à Los Angeles, » qu’elle entendait de nouveau, « les meilleurs cuisiniers du monde en tant que jury, » qu’ils expliquaient encore, « les duos de chocs n’auront qu’à bien se tenir », qu’ils surenchérissaient, « les heureux vainqueurs repartiront avec la fierté d’être de grands cuisiniers reconnus, mais également un merveilleux voyage en Grèce où ils pourront profiter de cette merveilleuse cuisine exotique. » Il ne lui en faut pas bien plus pour que l’idée germe dans son esprit, et elle n’est pas du tout étonnée lorsque son téléphone sonne et qu’elle voit « deanouche » affiché. « Dis-moi que tu m’appelles parce que t’es devant ta télé, » qu’elle répond alors de façon absolument naturelle. « On est d’accord qu’il faut qu’on le fasse ? » Bien sûr qu’ils étaient d’accord. « Toi et moi, ce concours, c’est une évidence ! La compétition ? Deanou, je suis née pour la compétition – bien plus que toi et tu le sais. Tu as besoin de moi pour calmer tes nerfs et rester concentré, » qu’elle lui dit en faisant les cent pas. « On va leur montrer de quoi est capables. Rien ne peut nous arrêter, tu le sais bien, j’avais à peine 10 ans et toi 5 ans quand on s’est lancés dans notre premier défi cuisine. Oui, d’accord… c’était un petit fiasco, mais ce n’est pas ça le plus important. Le plus important, c’est qu’on est une équipe qui claque ! » qu’elle le convainc tout simplement de se lancer dans l’aventure. C’est déjanté, c’est fou, c’est drôle, c’est dingue. C’est parfait.


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Dean S. Neverson
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MessageSujet: Re: cauchemar en cuisine - dean & caro   Jeu 28 Sep - 15:10



Caroline & Dean



Cauchemar en cuisine.



Je tournais en rond, faisant les quatre cents pas. « Bordel de camembert, où ais-je foutu cette saloperie de moutarde ? » m’énervais-je seul dans la cuisine, mon poulet n’attendant que cette délicieuse sauce à la couleur jaune. Cela faisait au moins trois bonnes semaines que Layce n’arrêtait pas de répéter qu’elle voulait du poulet à la moutarde. J’aurais pu lui faire n’importe quel plat qui demandait un travail monstre, mais elle souhaitait ce plat fait en deux-deux, que j’aurais même pu faire les yeux fermés. Mais là, il m’était bien utile de les avoir grands ouverts pour trouver cette fichue moutarde ! Je déposais mes mains sur ma taille, pinçais les lèvres en agitant mes yeux dans tous les sens. « J’étais pourtant certain de l’avoir mise à côté de la plaque… » Ou alors, c’était moi qui étais totalement à côté de la plaque. Hm. Je me dirigeais sans grande conviction vers le réfrigérateur. Après tout, il fallait refaire le chemin emprunté pour voir où j’avais pu égarer le fameux pot. Ouverture des portes, il apparaissait pile sous mon nez. Quelle cruche j’étais ! « Le plus grand concours de cuisine de l’année, du jamais vu à Los Angeles. » Mes yeux se relevèrent immédiatement vers la télévision que je n’écoutais qu’à peine depuis une bonne heure, servant uniquement de bruit de fond. Mais là, elle obtenait mon attention. « Les meilleurs cuisiniers du monde en tant que jury. » disaient-ils ? Impossible, je n’étais pas dans le jury. « Les heureux vainqueurs repartiront avec la fierté d’être de grands cuisiniers reconnus, mais également un merveilleux voyage en Grèce où ils pourront profiter de cette merveilleuse cuisine exotique. » OH. MY. GOD. Je retirais mon tablier en trombe après avoir rapidement essuyé mes mains avec, afin d’attraper au plus vite mon téléphone portable. Instinctivement, j’appelais Caroline.

« CAROOOO ! » criais-je au téléphone, sans même penser aux oreilles sensibles de l’interlocutrice. « Dis-moi que tu m’appelles parce que t’es devant ta télé, On est d’accord qu’il faut qu’on le fasse ? » Elle était dans mon salon et je ne l’avais pas vu ou quoi ? Et comme un idiot, je la cherchais quand même du regard. On ne sait jamais ! « Non mais troooop, il faut qu’on le fasse ! Enfin… J’suis pas sûr que toi, la compétition, tout ça… » commençais-je déjà à la taquiner. Et voilà qu’elle commençait à se vanter de choses complètement fausses. Avais-je besoin d’elle pour me calmer ? Avais-je besoin d’elle pour rester concentré ? Hm. Oui et oui ? Certainement, mais j’étais bien trop fier pour confirmer ses dires. Et puis, qu’elle remette sur le feu le fait qu’elle a cinq ans de plus que moi, merci mais non merci quoi. Pourquoi ne cessait-elle jamais de le préciser ? J’étais bien au courant, rha. « En même temps, ce plat n’aurait pas été un fiasco si tu m’avais écouté, m’enfin… » finissais-je toutefois par préciser, elle semblait oublier ses mains maladroites qui n’arrivaient pas à casser un œuf sans mettre de la coquille dans la mixture. Ou alors, c’était moi. Ou alors, ma mémoire me faisait défaut. Et puis, comment pourrais-je me souvenir de détails comme ceux-ci alors que je n’avais que cinq ans à cette époque ? Quoi que, il me semble que je voulais juste tout mettre dans le récipient : du sucre, la boîte complète d’œufs, de la terre du jardin, du sirop de grenadine... Je l’entendais déjà penser qu’elle m’avait tout appris à travers le téléphone, je ne le connaissais que trop bien. « Par contre, tu devras bien m’écouter si tu veux gagner, hein ! J’te rappelle que c’est moi le chef cuisto, donc commence par à me dire qu’il faut écouter la plus grande. Cette technique ne fonctionne plus depuis belle lurette ! Et puis, je te rappelle également, au passage, que tu ne fais que des massages plantaires toi, ok ? » La compétition pour gagner le voyage en Grèce n’avait même pas commencée, que nous étions déjà à nous chamailler, style qui a la plus grosse courgette. « Bon, j’espère que je peux te faire confiance pour remporter ce concours. Si on le perd, de toute façon, c’est forcément de ta faute ! » Ça, en revanche, c’était véridique. Je tenais la cuisine d’un restaurant gastronomique, je ne pouvais échouer ! Enfin, je n’étais que second, mais ce n’est qu’un détail.

La porte de l’appartement s’ouvrait et une Layce sauvage apparaissait en reniflant l’odeur qui s’échappait de la poêle. « Mmm, ça sent bon. » Elle avait raison, ça sentait bon. « Ça sent l’odeur de la victoire ! » affirmais-je déjà, alors que Layce ne cherchait même plus à comprendre ce que je voulais dire. C’était d’ailleurs pour cela que je ne demandais pas à Layce de m’accompagner pour ce concours : parce qu’elle ne comprenait pas ce que je disais et préférais en faire qu’à sa tête. La vilaine. Et puis, aussi, et surtout d’ailleurs, parce qu’elle n’était pas très douée en cuisine. Ce qui était un point plutôt important de ce style de concours. #captainobvious. De toute façon, quand il y avait un rapport quelconque avec la nourriture, la cuisine, une nouvelle recette, je partageais cela avec Caroline. Caroline, la déesse des pêches melba.


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Caroline Brady
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MessageSujet: Re: cauchemar en cuisine - dean & caro   Lun 2 Oct - 17:11


« CAROOOO ! » qu’il hurlait dans le combiné, la faisant sourire en même temps que reculer le combiné de son oreille – histoire de ne pas se briser le tympan. Son enthousiasme et son excitation étaient partagés, ils avaient toujours été aussi passionnés l’un que l’autre quand ils faisaient quelque chose – et encore plus lorsqu’il s’agissait de cuisine. Si Caroline ne s’était pas lancée dans cette voie, c’était uniquement parce qu’elle était plus douée pour soulager la douleur des autres que d’être créative en cuisine. Elle adorait passer son temps en cuisine, elle adorait préparer des plats pour ceux qu’elle aimait, mais elle était bien incapable d’inventer quoique ce soit sur le plan culinaire. Elle recopiait juste des recettes, et elle en piquait à Dean quand l’occasion se présentait. Il était le roi des fourneaux, et il était suffisamment déjanté et excentrique pour surprendre n’importe qui lorsqu’il présentait un nouveau plat. Elle devait bien lui reconnaitre ce talent – même si très souvent, elle prenait à cœur la compétition. « Non mais troooop, il faut qu’on le fasse ! Enfin… J’suis pas sûr que toi, la compétition, tout ça… » Elle, ne pas tenir la compétition ? Bon, d’accord, elle pouvait perdre ses moyens quand la tension et le stress étaient en jeu, mais elle savait également faire preuve de détermination et de bonne volonté quand l’enjeu en valait la chandelle – et bordel un voyage en Grèce, ça en valait la peine ! Bon, d’accord, le stress pouvait lui faire perdre les pédales et la faire parler plus que de ne la faire bouger ses fesses, mais tout de même ! « Tu as besoin de moi, Dean. Je suis peut-être du genre à stresser et à parler quand je stress, mais je suis la plus patiente et la seule à pouvoir supporter tes critiques et tes accusations – et tu le sais parfaitement, » qu’elle lui rétorque fièrement en évoquant des souvenirs d’enfance que ni l’un, ni l’autre n’avaient pu oublier. « En même temps, ce plat n’aurait pas été un fiasco si tu m’avais écouté, m’enfin… » Ce qu’il ne fallait pas entendre, qu’elle se dit en ouvrant grand la bouche, outrée, mais elle ne rétorque rien à ce niveau-là – car au fond, sans doute a-t-il un peu raison. Elle avait toujours estimé que ses cinq années de plus lui apportaient l’expérience qu’il n’avait pas et qu’il devait donc l’écouter, elle, plutôt que l’inverse. Mais le reconnaitre ? Hors de question, Neverson ! « Par contre, tu devras bien m’écouter si tu veux gagner, hein ! J’te rappelle que c’est moi le chef cuisto, donc commence par à me dire qu’il faut écouter la plus grande. Cette technique ne fonctionne plus depuis belle lurette ! Et puis, je te rappelle également, au passage, que tu ne fais que des massages plantaires toi, ok ? » Bouche grande ouverte de nouveau, outrée. Le sale gosse ! Tête à claques ! Petit con ! Mais qu’elle l’adorait ce petit con ! « Je déteste quand tu as raison, Neverson, » qu’elle lui dit frustrée mais déterminée. « Mais encore une fois, je suis la seule à pouvoir supporter ton sale caractère en cuisine – la seule ! – et pour un voyage en Grèce, je suis prête à encaisser comme une grande, » qu’elle dit en sautillant sur place, comme si elle se préparait à un futur combat passionnant et éreintant. « Tu es le chef cuisto’, Neverson, et je serais ton bras droit comme dans le bon vieux temps. Ok, je te promets de ne pas t’emmêler les pinceaux, et je promets de fermer ma bouche au maximum – mais faut pas déconner, je ne peux pas changer du tout au tout non plus – et je vais te prouver que je ne sais pas QUE faire des massages plantaires ! Surtout que t’es bien content de me trouver quand tu en as besoin, sale gosse ! » qu’elle lui balance, mais non sans tendresse. Parce qu’elle l’adore vraiment ce sale mioche. « Bon, j’espère que je peux te faire confiance pour remporter ce concours. Si on le perd, de toute façon, c’est forcément de ta faute ! » FORCEMENT DE SA FAUTE ?! Bouche grande ouverte, outrée. « Ne commence pas à être défaitiste, Neverson. On ne va pas perdre, on ne peut pas perdre, ça n’existe pas perdre ! Déjà, faut qu’on court s’inscrire – après on pourra se mettre la pression mutuellement pour de bon ! » Et elle était déjà en train de noter le numéro de téléphone à appeler, histoire de ne pas perdre de temps. Perdre ne faisait pas partie de son vocabulaire – elle avait déjà suffisamment perdu de temps dans sa vie grâce à Eric. HORS DE QUESTION D’EN PERDRE DAVANTAGE. « Ça sent l’odeur de la victoire ! » qu’elle l’entend crier dans le combiné avant de comprendre que Layce devait sans doute être arrivée. Ils étaient tout excités et enthousiastes à l’idée de ce concours, et c’était cette passion commune et cet enthousiasme commun qui les liait aussi étroitement. Ils pouvaient se dire absolument tout – de la pire critique au plus beau compliment, sans que jamais ça n’entache leur amitié, sans que jamais l’un ne boude l’autre. Il n’y avait rien qu’il puisse lui dire pour qu’elle prenne la mouche, et vice et versa. Et ils s’en donnaient généralement à cœur joie. « T’as une sale tronche aujourd’hui, on t’a chié dessus ou quoi ? » « Tu pues la mort, depuis quand tu t’es pas douché ??? » « Si t’oses me dire que ça manque de quelque chose, je te scotche la bouche pendant une heure. » « Vas-y molo sur la mayo’, Caro, t’as pris du bide un peu. » « Enfoiré ». « Rageuse. » « Petit con ! » « Vieille peau ! » « Je t’adore, tu sais. » « Keur sur ta fesse gauche, ma préférée ».

Oui, ils avaient vraiment une relation spéciale. Tellement spéciale qu’ils étaient vraiment inscrits pour le concours – ils avaient plu, ils avaient fait rire et ils avaient gagné leur place dans la course. Sans compter que Dean était dans le métier – ça aide et ça compte mine de rien – et que Caroline était charmante – pas comme le sale gosse. « Bien, c’est du direct les jeunes, autant vous dire qu’il vous faut être spontanés, vifs et surtout vous-mêmes. Pas de chichi, pas de « oups, je me suis trompé on peut recommencer ? » parce que ça ne marche pas comme ça, ok ? Vous êtes trois groupes de deux. Faut respirer et rester concentrés surtout. On ne vous demande rien de plus que ce que vous faites déjà chez vous, » que le jury leur explique gentiment. Caroline ne s’attendait pas à être aussi stressée – le fait de passer à l’antenne, en direct, le fait de se retrouver en concurrence et en compétition, comme Dean le lui avait fait remarquer ? Elle l’ignorait, mais elle avait les mains moites. « Oh, bordel. Mais qu’est-ce qu’on fout là ? » qu’elle demande à Dean alors que tout se met en place autour d’eux. Plus que quelques minutes, quelques secondes, avant qu’ils ne soient lancés dans la gueule du loup. « Vous avez une heure pour préparer une entrée sur le thème qui sera annoncé – les ingrédients, on s’en est chargés pour vous, pas d’inquiétude. Dégustation et notes du jury. Vous aurez ensuite trois heures pour préparer le plat principal. Dégustation et notes du jury – et un groupe qui sort de la compétition. Enfin, c’est le dessert qui définira les heureux gagnants, » qu’on leur ré-explique à nouveau le déroulement du concours, bien qu’ils aient été briefés depuis des jours. « Bon courage à tous – amusez-vous surtout ! » Amusez-vous, amusez-vous mon cul ! « Je crois que mon cerveau n’avait pas capté qu’on passerait à la télévision en direct – en direct ! Genre tu vas péter un câble devant des millions de personnes. Ok, je respire. Ok, je me calme. Ok, tout va bien se passer. Positive-attitude, » qu’elle dit doucement en respirant calmement. « On est des warriors. On est des gagnants, Neverson. Insulte-moi ne serait-ce qu’une seule fois en direct, et je ferais de ta vie un enfer, capish ? » qu’elle le prévient tout sourire. Les lumières se mettaient en place, et le compteur était lancé. Leurs vies allaient changer du tout au tout quoiqu’il arrive, qu’ils perdent ou qu’ils gagnent, ils vivaient un moment spécial et intense, un moment drôle et inoubliable. Et il était hors de question que le stress l’empêche de profiter.

Combien de fois pourrait-elle vivre ça ? En direct à la télévision avec son ami d’enfance – un petit frère qu’elle n’avait pas eu – avec la possibilité de gagner un voyage magique à la clé ? C’était leur seule chance – son unique chance, Dean aurait sans doute d’autres occasions, après tout il baignait dans ce milieu-là et apprenait déjà des plus grands. « Salut, je m’appelle Caroline et je suis kinésithérapeute de métier – mais la cuisine n’a pas de secret pour moi, parce que je l’ai lui dans ma vie, » qu’elle se présente devant la caméra en poussant légèrement de son épaule Dean qui se tient à ses côtés, lui offrant l’occasion de se présenter à son tour – passage obligatoire sale mioche, mais t’es beau allez fais ton beau gosse !


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Dean S. Neverson
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MessageSujet: Re: cauchemar en cuisine - dean & caro   Jeu 16 Nov - 17:49



Caroline & Dean



Cauchemar en cuisine.



Nous n’étions pas encore au concours, que nous étions déjà la compétition. Et pas contre d’autres adversaires, non non, mais l’un contre l’autre. Nous étions dans notre petite guerre du « qui a le plus besoin de l’autre ? ». Une vraie guéguerre comme on savait les créer, un brin puéril, mais tellement hilarante. Bien sûr, tout cela était dans un humour détectable. J’aimais la Brady plus que tout, et je savais que, toutefois, j’avais besoin d’elle. Seule Caroline pouvait me calmer quand je partais dans une totale panique en cuisine. Si je foirais la moindre recette, on pouvait m’entendre hurler comme un babouin pendant des jours, voire des semaines entières. La blonde, elle, savait toujours trouver les mots justes qui me calmaient instantanément. Et quand ça ne fonctionnait pas, elle savait également me mettre une bonne gifle qui remettait les idées en place. Pas violente, mais efficace la Caro. « Tu as besoin de moi, Dean. Je suis peut-être du genre à stresser et à parler quand je stress, mais je suis la plus patiente et la seule à pouvoir supporter tes critiques et tes accusations – et tu le sais parfaitement. » Comment elle en rajoute, ohlala… Mes critiques et mes accusations ? What ? Non mais de quoi pouvait-elle bien parler ? Faisait-elle référence à cette recette carrément ratée par ses soins des années auparavant ? En même temps, si elle n’arrive pas à admettre que c’est de sa faute, je ne peux plus rien faire pour elle… Enfin, soit. Fallait tout de même que je fasse ma petite remarque désagréable de chef cuisto, tout en insistant bien sur le fait qu’elle n’était que masseuse. Je pouvais déjà entendre sa bouche s’ouvrir en grand derrière le combiné, carrément outrée. Oui, elle était totalement prévisible. Et j’avoue que, comme un filou, ça me faisait bien rire, en arborant un grand sourire de fierté absolue. D’autant plus quand elle me disait que j’avais raison. Mon dieu, mon ego adorait ça, et je me sentais comme le maître du monde. « Mais encore une fois, je suis la seule à pouvoir supporter ton sale caractère en cuisine – la seule ! – et pour un voyage en Grèce, je suis prête à encaisser comme une grande. » Mon… Mon sale caractère ? Ne réplique pas Dean, laisse passer. « Mon sale caractère te fait caca dessus ! » répliquais-je comme un idiot, ayant tenté de m’auto-convaincre de ne rien répondre. Mais je ne pouvais pas rien dire face à une Caroline qui croyait avoir un meilleur caractère que le mien. La nana, si on lui disait quoique ce soit, elle pouvait monter dans les tours en prétextant qu’elle faisait tout bien, qu’elle remaniait la recette. Mon cul, elle n’arrêtait pas de dire qu’elle suivait à la lettre les recettes. Elle n’assumait aucunement ses erreurs. Mais bon, je l’aimais aussi pour ça. Nous étions semblables, dans un sens. De vraies têtes de mule en cuisine. Au moins, on ne s’ennuyait jamais ensemble. Jamais, ô grand jamais. Nous deux, en cuisine, ça donnait toujours des situations rocambolesques, toutes plus folles les unes que les autres. C’est également pour cela que j’aimais partager mon terrain de jeu avec elle. Je savais que, malgré qu’elle n’en ait pas fait son métier, elle était douée. Douée pour suivre les recettes, certes, mais elle apprenait également vite. Et point non-négligeable, elle était toujours preneuse de bons conseils. Nonobstant, elle ne dépassait pas encore le maître en la matière, fallait pas déconner.

***

C’était le jour J. Le fameux jour du concours. Ce concours qui se disait être le plus grand concours de cuisine, du jamais vu à Los Angeles. Celui qui vendait clairement du rêve, nous faisait déjà bouillir d’impatience, celui qui nous mettait des éclairs au chocolat plein les yeux. On y était. Nous étions présents sur le plateau de tournage à Hollywood. Ils nous expliquaient à nouveau les règles, le déroulement des différentes épreuves, les divers critères, et tout le tintouin. Mais le pire du pire du pire… C’est que c’était du direct ! Du direct, boudiou de boudiou ! Vous me direz, la cuisine c’est constamment du direct. Mais je n’avais pas peur au niveau de la cuisine, non. J’avais juste peur au niveau comportemental. Il faut savoir que je jouais également ma carrière. Oui, étant du métier, ce concours était également une sorte de vitrine. Il fallait que je fasse mes preuves. Après tout, ça pouvait être un tremplin pour ma carrière. Au-dessus de second de cuisine, il y a le grand chef, place que je convoite depuis fort longtemps. Ainsi, cela me rajoutait une pression supplémentaire. Il fallait que je me détente, sinon je courrais tout droit à la catastrophe avec mon stress. Je me penchais vers la blonde qui m’accompagnait. « Tu as pris ton plus beau tablier, j’espère ! » dis-je tout bas en souriant. Eh bien oui, nous allions passer à la télévision. Il ne fallait surtout pas prendre le tablier avec de faux abdos ou avec une fausse paire de sens que les potes t’offrent à ton dernier anniversaire, fiers de leur cadeau qui laisse à désirer. Faites pas semblant, on a tous un tablier comme celui-ci dans notre armoire ! « On est des warriors. On est des gagnants, Neverson. Insulte-moi ne serait-ce qu’une seule fois en direct, et je ferais de ta vie un enfer, capish ? » me menaçait-elle, accompagné toutefois de son sourire angélique. Ainsi, mon sourire disparaissait à nouveau et j’étais à nouveau stressais par la compétition qui allait suivre. Cette femme me faisait peur des fois, souvent même. Je déglutissais. « Capish. » Mon dieu, j’étais presque obéissant. « Mais t’as intérêt à écouter mes conseils, ou alors à carrément gérer sans mes instructions. Mais fais un truc de travers, qui ruine la recette, et c’est moi qui ferais de ta vie un enfer. » me reprenais-je toutefois, - parce que bon, faut pas pousser mémé dans les orties, - mais avec le sourire. Toujours sourire !

Ainsi, avant de passer à la vraie compétition, nous allions passer aux présentations. A ma plus grande surprise, Caroline semblait totalement à l’aise devant la caméra, on aurait dit qu’elle avait fait toute sa vie. Contrairement à moi qui devait tirer une tête de six pieds de long. Un coup d’épaule en plein dans les côtes, bah voyons ! Oui, dans les côtes parce que bon, elle mesure quand même dix-neuf centimètres de moi que moi. Alors quand elle dit encaisser "comme une grande", je n’avais pas répliqué, mais je n’en pensais pas moins… Elle qui se vantait tellement d’être la plus grande d’entre nous, niveau âge, on peut dire que ce n’était pas la même chose côté taille et qu’elle ne faisait clairement pas le poids face à moi. « Euh… Bonjour à tous. Moi c’est Dean Neverson, second de cuisine dans un restaurant gastronomique. Et donc c’est grâce à moi que Caro sait faire une bonne dinde au citron, miel et romarin. Je lui ai tout appris. » me présentais-je alors à mon tour, fier de passer l’information que Caroline a tout appris de ma personne. Presque sans exagération. « Notre premier binôme sera alors composé de Caroline et de Dean ! » exclama le présentateur de l’émission en nous pointant de sa main à la caméra. « Vous allez pouvoir prendre place derrière le premier plan de travail. » nous indiqua-t-il ensuite, nous montrant toujours le chemin de sa fichue main aux ongles fichtrement bien limés. Lui, il ne devait pas faire la cuisine ! Tu parles d’un présentateur pour un concours de cuisine… Et tandis que le présentateur passait à la présentation du duo suivant, nous prenions place derrière notre espace de travail. « Caro… On va avoir du pain sur la planche. Il ne faut pas que ça tourne en eau de boudin, donc n’appuyons pas trop sur le champignon. » lui dis-je, comme pour me convaincre moi-même, alors que, clairement, je me mettais la rate au court-bouillon.


© Ludi.
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TEAM BILL
Caroline Brady
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MessageSujet: Re: cauchemar en cuisine - dean & caro   Lun 4 Déc - 17:39


Il n’y avait que lui avec qui elle pouvait se lancer dans une folie pareille et ne pas le regretter. Il n’y avait que lui avec qui elle pouvait se lancer dans une folie pareille, sans réaliser quelle pure folie c’était. Elle n’avait jamais aspiré à devenir une actrice ou une icône de la télévision – jamais elle n’aurait même imaginé passer dans une émission de télévision ! Et voilà qu’elle se retrouvait devant des caméras pour la première fois de sa vie, en compagnie de son ami d’enfance complètement déluré et stressé compulsif. La journée promettait d’être à la fois longue, éreintante mais également enrichissante, inoubliable et… il y avait un magnifique voyage à gagner à la fin : autant dire que ça en valait la peine. Caroline n’avait jamais voyagé, n’avait jamais quitté Los Angeles – par manque de temps, par manque d’occasion, et surtout parce que ce n’était pas « le délire d’Eric ». Aujourd’hui, elle avait déjà l’occasion de voyager aux côtés de Jon – mais elle devait bien reconnaitre qu’un petit séjour en Grèce, à manger comme pas possible, à apprendre la cuisine et en compagnie de son poto’ de bouffe ? Y avait de quoi la motiver ! Même s’il se montrait pire qu’un goujat et un tyran. « Tu as pris ton plus beau tablier, j’espère !! » Comme si elle pouvait l’avoir oublié, et d’ailleurs elle le mit de suite et simula un petit défilé de mode rien que pour lui, rieuse et rayonnante – le stress ne l’habitait pas encore mais cela ne saurait tarder. « Parce que tu croyais que je ne l’amènerais pas j’en suis sûre ! » qu’elle lui lance joueuse et taquine. Ce tablier, il lui avait offert quelques années plus tôt, principalement pour rire car il ne la considérait certainement pas comme une professionnelle de la cuisine – même si il admettait dans ses bons jours qu’elle était « potable ». Mais aujourd’hui, elle l’avait amené et le porterait car elle avait besoin de courage et de force pour : le supporter, et supporter les caméras. Alors, dans un ultime espoir dérisoire, elle lui demande – elle exige – qu’il ne l’insulte pas en direct devant l’Amérique entière sous peine de lui rendre la vie infernale. Leur face à face rappelle un peu les boxeurs sur le ring avant qu’ils ne jouent des poings. « Capish. » Satisfaite, elle hoche la tête mais elle sait qu’il n’a pas terminé et qu’il va enchaîner. « Mais t’as intérêt à écouter mes conseils, ou alors à carrément gérer sans mes instructions. Mais fais un truc de travers, qui ruine la recette, et c’est moi qui ferais de ta vie un enfer. » Grrr. Elle fait la moue, mi-agacée, mi-amusée, mais au final c’est toujours pareil et elle doit bien reconnaitre qu’il lui est arrivé plus d’une fois de merder une recette en sa compagnie : fait exprès. « Capish, » qu’elle lui répond également et dans une dernière claque des mains, ils font finalement face aux présentateurs, au public endiablé, et aux compétiteurs de la journée.

Et le stress, il apparait là. Et le stress, il est soudain et intense. Le cœur battant, les mains moites – ah non, ça c’est lui ! – et la gorge nouée. Mais allez, elle garde le sourire et sa bonne humeur, c’est ce qui fait habituellement son charme et elle gagne toujours le cœur des gens. Pourquoi serait-ce différent aujourd’hui ? Et Dean – bien que tête de mule et chieur à temps plein – était le meilleur dans son domaine, de son jeune âge il avait grimpé des échelons plus vite que l’éclair. Avec tout ça, ils n’avaient aucune raison de merder, n’est-ce pas ? « Euh… Bonjour à tous. Moi c’est Dean Neverson, second de cuisine dans un restaurant gastronomique. Et donc c’est grâce à moi que Caro sait faire une bonne dinde au citron, miel et romarin. Je lui ai tout appris. » Elle ne peut s’empêcher d’effacer son sourire pour lui lancer un regard noir rempli de sous-entendus – et l’effet est immédiat : la foule rit et les présentateurs aussi. Un point de marqué, pense-t-elle. elle retrouve son sourire et lève les yeux au ciel à la caméra, comme pour dire « s’il a envie de se faire des illusions, laissons-le faire… » et le rire est encore présent. Le temps de présenter les autres candidats, Dean se tourne finalement vers elle. « Caro… On va avoir du pain sur la planche. Il ne faut pas que ça tourne en eau de boudin, donc n’appuyons pas trop sur le champignon. » Elle rit de sa connerie malgré elle, parce qu’il est drôle le con ! « Je suis concentrée à fond, déterminée comme jamais. Ne partons pas sur du COMPLIQUE, restons dans le simple tout en innovant dans l’originalité – okay ? » qu’elle lui conseille avant qu’ils ne lancent le défi de chacun. Elle connaissait le 2nd de cuisine par cœur et savait qu’il serait capable de vouloir se lancer dans une revisite du plat qu’on leur demanderait, juste pour montrer qu’il sait inventer et créer, et si c’était le cas ils n’auraient sans doute pas le temps et l’occasion de bosser comme il le fallait pour y parvenir. « Chaque duo aura donc une mission chacune : réaliser un plat désigné par le jury en un temps réparti – pas une seconde de plus, pas une seconde de moins. Restez vigilants, constants, efficaces et tout ira bien, » qu’ils leur sourient de ce sourire machiavélique qu’un homme offrait à ses proies avant de les lancer dans l’arène. Vicieux ! « Jack & Rose, vous serez chargés de faire ris de veau au sauternes, carottes, oignons et asperges caramélisées, » qu’on annonce au premier couple – bouches grandes ouvertes sous l’effet du choc avant de se regarder et de se souhaiter bonne chance. BORDEL DE MERDE, que se dit Caro, innocente et ignorante. « Jane & Gray, » vous serez chargés de faire des nids de pâtes aux truffes et homard, » qu’il enchaîne en gardant son sourire vicieux. Le jury semble aussi ravi de les voir se demander dans quoi ils s’étaient tous fourrés. Et pourtant, chaque couple avait un « cuisto’ » à ses côtés. BORDEL DE MERDE. Il se tourna enfin vers Dean et elle, et elle retint son souffle et sentit que Dean faisait de même. « Dean & Caro, quant à vous, vous serez chargés de faire une poularde rôtie aux truffes noires, » que tombe le verdict. Ah ouais QUAND MÊME. Elle n’ose pas se tourner vers son ami de toujours, de peur de lire dans ses yeux une panique quelconque – elle n’avait pas besoin de paniquer plus ! « Vous avez chacun trois heures pour revisiter ces plats comme bon vous semble – le jury passera vous voir, posant des questions, suggérant des choses et d’autres – pour vous épauler ou vous perturber, ils sont les seuls à le savoir, » qu’il plaisante gaiement. « Vous avez tout le matériel et les ingrédients à votre disposition – il n’y a plus qu’à comme on dit ! » qu’il conclut en lançant le top chrono.

« Dis-moi que tu as une idée de comment on fait une poularde rôtie aux truffes noires, » qu’elle murmure à Dean, une caméra se rapprochant d’eux pendant que d’autres rejoignaient les deux autres couples. BORDEL DE MERDE. « Je ne savais pas qu’on devrait préparer un repas de luxe, » qu’elle enchaîne – heureusement, Dean bossait dans un restaurant de luxe. Il devrait être capable de gérer ça d’une main de maître, n’est-ce pas ? « Alors, cette fois tu as toute mon attention : ordonne, j’exécute sans broncher, » qu’elle lui dit pour la première fois de sa vie.


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MessageSujet: Re: cauchemar en cuisine - dean & caro   Sam 6 Jan - 12:46



Caroline & Dean



Cauchemar en cuisine.



Cette journée représentait de nombreuses choses, de nombreux sentiments, de nombreux souvenirs. Tous aux côtés de Caroline. Caroline, ma pote de toujours, ma meilleure coéquipière en cuisine. J’avais beau la taquiner sans arrêt, elle était douée. Même très douée. Bien trop fier pour lui avouer, bien sûr. Il faut dire que c’était mon domaine, j’étais un peu possessif, non prêteur, là-dessus. Mais elle cuisinait bien, même carrément bien. Tellement que ne craignais pas l’intoxication alimentaire en allant manger chez elle. Ce qui est plutôt un bon point. Ainsi, tout avait semblait logique, naturel, de me lancer dans une telle aventure avec elle. La compétition, on connaissait. On en faisait déjà assez entre nous, pour pouvoir s’affronter à d’autres adversaires. La compétition avait beau être rude, je n’avais pas peur. Tout cela, parce que je croyais en nos talents. Je n’étais pas arrivée dans un restaurant gastronomique par hasard, et elle, avait un talent reconnu de cuisinière par ma simple personne. Ce qui était amplement suffisant, non ? Quand bien même, nous étions là, à ce concours passant à la télévision. Là, il fallait que je gère. Ce qui me mettait la pression n’était pas spécialement la compétition, mais bel et bien le fait que ma carrière pouvait être en jeu. Imaginez toutes les propositions qui pourraient suivre, toutes les portes qui pourraient s’ouvrir après ça. Affolant, non ? Mais ce n’était pas le moment de craquer, nous n’étions qu’au début. Aux simples présentations. Et déjà là, il fallait faire le show. De nature taquine, j’allais jouer sur quelques notes d’humour. Au dépit de Caroline, certes, mais elle comprendrait. Ou alors, elle ne comprendrait et me passerait un savon par la suite, souriant simplement devant la caméra pour ne pas faire un scandale. Elle m’avait pourtant prévenu : ne pas la ridiculiser devant les Etats-Unis entiers. J’allais bien agir ! Juste une petite taquinerie, ça ne fait de mal à personne. J’avais pourtant senti son regard, son regard noir qu’elle sait tant faire, juste pour me lancer un message. Heureusement pour moi, elle s’était vite ravisée en souriant, après les rires de l’assemblée. Ouf, j’avais échappé à une bonne remarque du genre « je suis la plus grande, c’est MOI qui t’ai tout appris, c’est grâce à MOI que t’en es là aujourd’hui ! ». Mais bien sûr… Je feinterais l’accord pour lui faire plaisir et la mettre en confiance sur la suite. Au moins, si on ne gagne pas le concours, on pourra certainement passer dans un des nombreux zappings de la télévision, présentés comme un duo comique. Toujours voir le positif ! Ok, les présentations avaient été faites, tout avait été dit. Je me retournais vers la jolie blonde, juste pour énoncer une fois de plus les difficultés qui allaient suivre. Au moins, cela la faisait rire. « Je suis concentrée à fond, déterminée comme jamais. Ne partons pas sur du COMPLIQUE, restons dans le simple tout en innovant dans l’originalité – okay ? » répondait-elle, accompagné d’un petit conseil. J’aurais voulu riposter. J’aurais voulu lui répondre. Lui répondre que c’était par l’originalité qu’on se démarquait. Lui répondre que faire simple ne servait à rien, qu’il fallait directement viser le compliqué pour arrivés premiers. Mais le MC surenchérissait pour annoncer les missions. Des missions différentes pour chacun des groupes. Là était aussi la complexité du concours. En effet, nous aurions tous eu le même plat à présenter, la comparaison aurait été plus simple, plus rapide, plus facile. Nous aurions forcément été proclamés les meilleurs – cela va de soi. Mais non, nous avions tous des plats différents, ne permettant pas une comparaison directe et simplifiée. Et en termes de plats, il y avait du level. Ris de veau au sauternes, carottes, oignons et asperges caramélisées… Nids de pâtes aux truffes et homard… Ok. Ce n’était clairement pas des plats simples à réaliser. A leurs regards, on voyait clairement qu’ils n’étaient pas rassurés. On sentait de la panique, de la peur. La Rose semblait carrément terrifiée, à la limite de la syncope. On comprenait directement que c’était Jack le cuisinier du duo. Puis venait notre tour, l’annonce de notre plat. Je serrais les fesses, malgré tout, je n’étais pas totalement rassuré. Même étant second de cuisine, j’ai toujours une appréhension avant la réalisation d’un plat, ô combien facile soit-il. « Dean & Caro, quant à vous, vous serez chargés de faire une poularde rôtie aux truffes noires. » annonçait le présentateur, faisant ainsi taire le suspens. Ok. Réfléchie Dean, en as-tu déjà préparée une ? Ou alors, est-ce que tu sais au moins comment la préparer ? Oui, j’avais certainement dû le faire au moins une fois dans ma vie, voire même plusieurs. Pourquoi avais-je un trou de mémoire PILE aujourd’hui ? Réfléchie Dean, réfléchie… Je devais certainement montrer un air peu rassuré à la caméra.

« Vous avez chacun trois heures pour revisiter ces plats comme bon vous semble – le jury passera vous voir, posant des questions, suggérant des choses et d’autres – pour vous épauler ou vous perturber, ils sont les seuls à le savoir. » plaisantait-il, n’arrivant aucunement à me faire décrocher un rire, ni même un sourire. « Vous avez tout le matériel et les ingrédients à votre disposition – il n’y a plus qu’à comme on dit ! » Ok. Trois heures… ça devrait le faire, voire même largement. En voyant les ingrédients, je saurais. Oui, je saurais comment la préparer. « Dis-moi que tu as une idée de comment on fait une poularde rôtie aux truffes noires. » me chuchotait Caroline, me coupant dans mes pensées. Mon regard venait finalement se poser sur elle. Directement, je comprenais qu’elle ne savait pas comment la préparer. On était dans le caca. On allait patauger dans la semoule, c’est moi qui vous le dit ! « Ouais, facile, tranquille. Détends-toi. » que je répondais, me stressant moi-même. « Je ne savais pas qu’on devrait préparer un repas de luxe. » ajoutait-elle, me stressant davantage. Elle n’était pas sereine, je le ressentais, et ça se transmettait. « Ne t’en fais pas, c’est mon domaine. » répondais-je, prenant l’entière responsabilité sur mes épaules. La caméra, rivée sur nos personnes, me donnait un petit élan, cette adrénaline qui me manquait et me fallait. C’est bon, rien n’allait pouvoir m’arrêter désormais. Et là, ce qu’il fallait finalement pour que tout soit parfait, pour me mettre dans les meilleures conditions qu’ils soient, arriva « Alors, cette fois tu as toute mon attention : ordonne, j’exécute sans broncher. » ALLÉLUIA ! « Mon dieu, je ne pensais jamais entendre ça de ta bouche ! » m’exclamais-je d’un coup, venant même lui plaquer un baiser sur son front, sous le coup de la joie. « Ok. Alors, tout d’abord, préchauffe le four à 200 degrés, thermostat 7. » demandais-je, ou alors ordonnais-je tout dépend comment on le voit, à Caroline. « T’as déjà cuisiné des truffes ? Ou alors… Tu préfères peut-être te charger d’enlever la peau de la poularde ? … Ouais, tu vas plutôt faire ça ! » demandais-je d’abord pour finalement choisir moi-même. La base. Je me disais simplement qu’elle avait au moins déjà enlever la peau d’un poulet, tandis que la truffe n’était pas vraiment le champignon le plus facile à travailler. Au moins, les rondelles que j’en ferais seront toutes égales, j’en doutais plus de la part de Caroline. « T’façon, t’es plus à même de retirer les poils d’une poulette, ça te rappellera quand tu t’épiles ! » lui dis-je finalement sur un ton rieur. Juste histoire de détendre l’atmosphère. « Et il faut que ce soit fait avec PRÉCAUTION, hein ! » hurlais-je presque en la voyant prendre la poularde dans les mains, commençant presque à s’atteler à la tâche. En tant que masseuse-kinésithérapeute, elle devait gérer la précaution, non ?


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MessageSujet: Re: cauchemar en cuisine - dean & caro   Lun 8 Jan - 18:58


Ils en avaient cuisiné des plats dans le passé. Ils en avaient cuisiné des plats depuis leurs dix ans. Ils avaient pétri de la pâte. Ils avaient pétri de la barbaque. Ils avaient pétri du poiscaille. Ils avaient mis la main dans la farine, dans le beurre, dans l’huile et dans les œufs. Ah que oui, ils en avaient préparé des plats ensemble durant leur jeunesse. Pas plus tard que le mois dernier, ils avaient préparé un plat de lasagnes revisité à la perfection. De ce fait, ils avaient cru innocemment et naïvement que ce concours serait du gâteau tout cuit ! De ce fait, ils avaient imaginé stupidement qu’ils seraient forcément vainqueurs de ce concours de cuisine ! Plus le temps passait, plus l’énoncé des plats défilait, et plus Caroline réalisait à quel point elle ignorait dans quelle aventure catastrophique elle s’était engagée avec ami d’enfance. Et ce n’était certainement pas l’air sceptique et profondément concentré de ce dernier qui allait la rassurer. C’est qu’elle avait l’impression qu’il avait avalé une mouche – ou pire ! Et les téléspectateurs devaient penser pareil puisqu’ils étaient hilares quand la caméra se fixait sur le jeune cuistot en herbe. Elle tenta de lui asséner un coup de coude pour le réveiller, mais digne de lui-même, il ne broncha pas. Oh qu’ils étaient mal barrés. Et encore, si ce n’était que cela ils pourraient juste prétendre à la fin de la journée que c’était une superbe aventure, rigolote et remplie de souvenirs mémorables… mais leurs familles respectives devaient les regarder – hilares – et peut-être même que Jon Winchester regarderait ces images. GOD HELP ME, qu’elle prie silencieusement. Parce que bon, se foutre la honte devant sa famille était une chose, se foutre la honte devant le mec qui hante ses nuits c’en était une autre. « Ouais, facile, tranquille. Détends-toi, » qu’il lui répond l’air détendu alors que son visage et son corps exprimaient clairement un doute infini et un stress palpable – parce qu’elle le connaissait fort bien ce rigolo. « C’est que, quand je te vois aussi tendu comme un string et cet air ahuri, j’ai du mal à me détendre, » qu’elle rétorque le plus doucement possible – mais face à une caméra et des micros qui ne vous offrent pas d’intimité, c’est illusoire que de se faire discrets. Hilarité générale. Au moins, ils auront fait rire le public, se rassure-t-elle à défaut d’être rassurée par Dean. « Ne t’en fais pas, c’est mon domaine, » qu’il lui rappelle comme pour se le rappeler lui-même. Elle le regarde et acquiesce, sceptique un demi-sourire aux lèvres. C’est qu’il faut bien rendre face à la caméra quand même, non ? Alors elle décide de lui faire confiance – GOD HELP ME – et de l’écouter et d’obéir à ses ordres. Pour le coup, elle n’a pas le choix, elle n’a jamais cuisiné de la sorte. Elle n’a jamais bossé avec des truffes – quelle idée d’appeler des champignons des truffes, sérieusement ? – et elle n’a jamais manipulé de poularde. Ou bien si ? Elle en doute… Bam, un bisou sur le front et une joie évidente de la part de son ami qui se réveille soudain et retrouve sa dynamique habituelle en cuisine. « Mon dieu, je ne pensais jamais entendre ça de ta bouche ! » OUF ! « Puisque ça a l’air de te réveiller et de te donner des ailes, c’est sans doute la meilleure chose que je puisse faire aujourd’hui de t’obéir aux doigts et à l’œil – enfin, prends pas la confiance non plus, » qu’elle ne peut s’empêcher de rétorquer tout de même. « Ok. Alors, tout d’abord, préchauffe le four à 200 degrés, thermostat 7. » Et elle s’exécute, parce que bon jusque-là ça va, elle s’en sort et elle gère. Elle se demande cela dit si c’est pas trop tôt pour préchauffer, mais elle a promis. Elle a promis. « T’as déjà cuisiné des truffes ? Ou alors… Tu préfères peut-être te charger d’enlever la peau de la poularde ? … Ouais, tu vas plutôt faire ça !. » Ouais, elle allait plutôt se charger de la poularde, parce que les truffes… cela dit, elle n’était pas sûre de ce qui la répugnerait le plus. La poularde glissante et gluante ou les champignons qu’elle détestait ? Ouais, il était gagnant sur ce coup, mais bref. La voilà qui fait face à la bête, et elle a une petite pensée pour tous ces animaux malheureux que l’homme chassait et tuait pour son propre intérêt – qu’elle appréciait certes dans son assiette, mais n’empêche qu’elle en avait le cœur pleureur. « T’façon, t’es plus à même de retirer les poils d’une poulette, ça te rappellera quand tu t’épiles ! » Hilarité générale quand elle ouvre grand la bouche, outrée comme jamais, avant de lui asséner une claque derrière la nuque. « Je suis blonde d’abord ! » qu’elle réplique inutilement et stupidement. Seigneur, qu’il avait le don de faire ressortir la gaminerie chez elle. Cela dit, elle s’attelle à sa tâche et de ses petits doigts délicats, commence à détacher la peau de la poularde – dégueulasse – sous le regard attentif de Dean, tandis qu’il coupait en lamelle les dites-truffes. Elle se dit que ce n’est pas plus mal, car elle ne savait pas couper en lamelles. A vrai dire, elle détestait s’appliquer à découper en lamelles. Elle coupait grossièrement souvent. Tout le temps. « Et il faut que ce soit fait avec PRÉCAUTION, hein ! » qu’il lui balance d’un coup alors qu’elle s’applique, l’air concentré comme jamais. C’est-à-dire les sourcils froncés, le regard rivé sur sa poularde gluante et se mordant la lèvre inférieure quasiment jusqu’au sang. « Concentre-toi plutôt donc sur tes truffes, Neverson, » qu’elle grogne plus qu’autre chose. Hilarité générale. « Vous êtes des petits rigolos, » que vient les voir le présentateur – affichant toujours son sourire irritant et agaçant, accompagné des chefs cuisiniers étoilés. BORDEL DE MERDE. « On aura au moins fait rire les américains, à défaut de les régaler, » qu’elle réplique en essayant de sourire tandis que la peau se détachait plutôt facilement de la bête à manger. « C’est un de mes plats préférés. J’ai bien hâte de goûter votre version, » qu’on leur met encore plus la pression. BORDEL DE MERDE, qu’elle se dit en tournant la tête vers Dean l’air de dire « vaut mieux pas se gourer ».

« La peau est détachée, » qu’elle annonce fièrement à son acolyte qui termine au même instant le découpage des truffes. Si seulement c’était suffisant et qu’il ne restait plus qu’à tout mettre au four. Sauf que non. Le chemin est encore long à parcourir. « Je sais, j’épluche les légumes – tâche facile à accomplir, et tu gère les cuissons, » qu’elle lui lance avant qu’il ne lui ordonne de le faire. C’est qu’elle le connait le spécimen. En temps normal, elle aurait râlé d’être obligée de ne faire qu’éplucher des légumes quand elle adorait faire le plus gros et le plus important du travail. Mais allez, la Grèce l’appelait et puis, ils passaient devant l’Amérique entière. Y avait pas le temps de faire la mauvaise bouille. Par contre, y avait le temps de faire sa maladroite légendaire, puisqu’en se déplaçant, elle fit tomber tous les légumes au sol – carottes et navets à volonté. Immobile, elle attend plusieurs secondes l’air un peu bécasse, espérant que tout cela n’aura pas été vu. Espérance illusoire. Alors elle sourit et rit jaune, avant de tout ramasser sous l’œil noir de son chef cuisto’ du jour.


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MessageSujet: Re: cauchemar en cuisine - dean & caro   Sam 10 Fév - 19:14



Caroline & Dean



Cauchemar en cuisine.



Ferme la bouche Dean, ne montre pas ta surprise, ne montre pas que tu es clairement dans la mouise. Ok, il fallait honnêtement annoncer que ce n’était pas de la tarte. D’apparence, Caroline n’avait pas l’air plus rassurée que moi, ce qui n’était pas pour aider. Bien au contraire, je sentais que ça allait être compliqué, qu’on allait suer des litres et des litres sous la pression. C’est moi ou il fait chaud tout d’un coup ? Non, ce devait être moi. A bien y réfléchir, je devais déjà avoir fait un plat comme celui-ci. Oui, très certainement. Mais si je ne m’en souvenais point, c’est qu’il avait dû en résulter un vrai fiasco, que je l’avais complètement extirpé de ma mémoire. Mémoire sélective, j’avoue. Ni-même les rires des caméramans ou le coup de coude de Caroline ne pouvait me retirer de mes pensées sombres d’une catastrophe culinaire en approche. En toute franchise, j’aurais voulu avoir foi en le talent indéniable de ma camarade de galères en cuisine, mais la peur m’envahissait totalement. Je ne croyais plus en rien. Ni en elle, ni en moi, ni au Dieu de la cuisine toujours penché au-dessus de nos fourneaux. Ils n’avaient pas annoncé dans la publicité télévisée que les plats seraient hautement compliqués, d’une technique incroyable, d’une qualité importante. Bref, je ne m’attendais clairement pas à cela. Déjà, en soi, il était difficile de réaliser un bon rizotto, et là, ils demandaient carrément un plat improbable que seuls les bobos demandaient au restaurant. Sérieusement, un bon gratin de pâtes ne suffisait pas pour se régaler ? Voyons, les papilles auraient forcément été en ébullition avec ça ! Mais non. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, me direz-vous… Quand je prétendais à Caroline que c’était les doigts dans le nez, lui disant même de se détendre… C’était surtout à moi que je me le disais ! Je fixais la caméra, d’un regard très peu serein sur l’épreuve qui annonçait le top départ. Arrête de regarder cette fichue caméra, bon sang de bonsoir ! Secouage de tête, cogitation intense, cerveau en surchauffe. Je me retroussais les manches, il fallait désormais passer à l’action. C’était bien d’avoir fait le malin lors des présentations face cam, mais là, je déchantais. Et voilà que la blonde rétorquait que j’avais l’air tendu comme un string. Bah voyons ! Un regard mi-colère mi-vexé mi-cuit s’abattait sur elle. Ne dis rien, laisse couler. Mon dieu, les carottes sont cuites, on va pédaler dans la semoule, c’est moi qui vous le dit ! Et si ces paroles, que j’avais tant espéré entendre, me faisait chaudement plaisir, elle m’effrayait plus que tout également. Voilà que j’étais aux commandes de l’opération. Caroline serait mon commis. J’suis dans le caca. Mais au moins, ça me redonnait une certaine dynamique, une envie de bien faire, un élan de motivation. Ce qui était bien avec Caro, c’est qu’on se complétait parfaitement, on savait se pousser vers le haut, s’entre-aider, se motiver mutuellement. Il était sans dire que de la motivation, il m’en fallait des tonnes. Ma carrière était en jeu les gars, attention ! « Enfin, prends pas la confiance non plus. » ajoutait-elle, dans le plus grand des calmes, sans la moindre pression, aucune. What ? Comment peut-elle autant me motiver la seconde d’avant pour faire redescendre la sauce la seconde d’après ? C’est elle qui prenait grave la confiance en me faisant une telle remarque, hého. Elle parle à un chef ! « Tss… Cuisinière au rabais. » bredouillais-je dans ma barbe – enfin, dans mes deux poils qui se battent en duel, prétendant être à eux-deux une barbe bien fournie. Précipitation soudaine, voilà qu’il commençait à donner les premiers ordres. Primo, on s’occupe de préchauffer le four, quitte à ce que ce soit un peu trop tôt. Au moins, on n’aurait pas à attendre dix plombes qu’il chauffe. Prévoir à l’avance ne pouvait qu’être bénéfique. De ce fait, on pourrait peut-être gagner des points sur la cuisson express. Si je savais comment cuire une poularde ? Ha. Ha. Ha. Attendez deux secondes, je me marre un bon coup… Non, je ne savais. J’y allais total freestyle. Ce que je me disais, c’est que Caroline ne sachant pas plus que moi, elle ne pourrait pas me remettre la faute dessus. Ainsi, je pourrais prétendre que tout est de sa faute, à elle seule, si tout foire. Ouais, j’suis comme ça moi. Aucune pitié. MON JOB EST EN JEU, VOUS DIS-JE ! « Je suis blonde d’abord ! » répliquait-elle, accompagné d’une petite tape dans ma nuque, au milieu des rires qui nous entouraient. Sans déconner. « HÉ ! S’il y a bien une chose que je sais, c’est que t’es blonde, très chère ! Gourdasse comme t’es, difficile de se tromper... Maintenant, tes mains, sur la poularde. Fais-en ta meilleure amie, on ressentira l’amour dans notre cuisine ! » répondais-je d’un aplomb incroyable, me permettant totalement gratuitement un petit cliché sur les blondes. Tacle passé, on s’attelait chacun à notre tâche définie par mes soins. A savoir, j’adorais couper. Genre technique spéciale de chef, vous connaissez. La ciboulette, les carottes… Tout cela était un jeu d’enfant et un vrai plaisir à faire. Mais là, j’avais affaire à un autre délire. Des truffes. Bordel, des lamelles bien fines il fallait. Bien sûr, ils n’avaient pas choisi un ingrédient facile. FORCÉMENT ! Bande de sadiques. La truffe étant un champignon fort prononcé en saveur, il ne fallait pas en faire des trop grosses lamelles pour ne pas envahir les autres goûts. Traduction : pression intense sur les épaules et sueurs froides à chaque coupe. Je regardais, en même temps, l’application de Caroline sur la poularde qu’elle semblait détester à cet instant présent. J’aurais pu lui dire qu’elle s’en sortait bien. J’aurais pu… A l’inverse, je préférais insister sur le fait que tout cela devait être fait avec la plus grande des précautions. Oui, j’aimais mettre une pression supplémentaire inutile. C’était mon petit péché mignon.

A cet instant, le présentateur ainsi que les chefs étoilés arrivaient à côté de nous. Juste histoire d’encombrer un peu plus l’espace minime derrière notre plan de travail, venir jeter un coup d’œil au-dessus de nos épaules, sentant jusqu’à leurs souffles dans la nuque. Malaise. Ils ne pouvaient pas aller emmerder les autres candidats ? Je plissais les sourcils, mécontent. J’aimais travailler sans un juge derrière moi. Pire que tout, voilà qu’ils nous causaient. Cela aurait été trop gentil de se taire, non, fallait qu’ils en rajoutent une couche. Caroline, l’as des relations sociales, répondait en affichant un sourire, ou une tentative de sourire du moins. C’est bien, qu’elle fasse la causette à ma place, moi j’étais bien trop concentré sur la découpe des truffes, manquant de me couper un doigt par la même occasion. Pourquoi nous sommes-nous fourré dans une telle aventure, persuadé de remporter haut la main ? Damn. « C’est un de mes plats préférés. J’ai bien hâte de goûter votre version. » Oh boudiou de boudiou. Mon regard se relevait directement vers le chef d’où sortait ces propos, les yeux grands écarquillés. Puis coup d’œil vers Caro. Je n’aurais pas dû la regarder, non, je n’aurais pas dû. Ses yeux transcrivaient un message que je n’aurais jamais voulu voir. Dire qu’on était dans le pétrin ne serait que minimiser la situation. « Vous savez, moi, mon plat préféré c’est le cassoulet. J’attends de goûter votre revisite de ce plat autour d’une bouffe la prochaine fois qu’on se verra ! » répondais-je du tac-au-tac avec un large sourire, pas moins idiot, pensant limite parler à un pote. Pense que tu parles à un potentiel futur patron. Genre, s’il veut t’engager pour gérer l’un de ses restaurants… Oh, shit. Pourquoi je réfléchis après faire ? Directement, je me rebaisser le regard vers mes truffes, priant pour que ce soit passé à la trappe ou que j’ai simplement pensé intérieurement ses paroles. Kill me. « La peau est détachée. » annonçait mon acolyte. Intérieurement, je la remerciais, je la bénissais de me sortir de mon malaise interne. Quelques secondes ensuite, je terminais ces satanées truffes de malheur. Rappelez-moi que je déteste les truffes. On devrait introduire une date spéciale dans le calendrier "l’anti-fête des truffes, condamnez-les à tout jamais". « Je sais, j’épluche les légumes – tâche facile à accomplir, et tu gère les cuissons. » cheffait-elle, attirant automatiquement vers elle. « Forcément, tu choisies la tâche la plus facile, hein ! » m’exclamais-je d’un air indigné. Ouais ouais, j’allais me coltiner la tâche la plus difficile. « Tu gères les cuissons qu’elle dit… Genre je sais comment cuire une poularde. Bah oui, ça coule de source voyons, Dean. Moi, je m’occuperais des légumes, hein… » murmurais-je de mon côté, sortant une cocotte du meuble. Je bougonnais, je râlais, je pestais, et j’assumais tout ça. Bon, ok, on n’était jamais d’accord. Généralement, on se battait pour faire le plus gros du travail. Mais là, j’avais clairement envie de l’éviter. Il avait fallu d’une seconde… UNE SECONDE d’inattention vers Caroline pour que la catastrophe n’arrive. Une avalanche de légume. Des légumes jonchant partout sur le sol. J’avais même réussi à écraser une carotte en retournant vers le plan de travail après être allé chercher la cocotte. Là, la cocotte, c’était moi. Je sifflais. « MAIS BORDEL CARO ! Il suffit que je parte deux secondes et voilà que tu renverses tout ? Mais t’as deux mains gauche ma parole ! » hurlais-je, ne me contenant plus. Pour ma défense, c’était la pression qui s’évacuait en même temps. Si elle voulait passer incognito, j’avais carrément fait échouer son plan. Automatiquement, toutes les caméras se braquaient à nouveau sur nous. Nous avions même eu quelques regards interrogateurs de nos adversaires, avant qu’ils s’esclaffent de rire. Personnellement, j’étais loin de rire, contrairement à tous les autres. Même Caroline riait. Jaune, certes, mais elle riait. « Mais rigole pas en plus, ce n’est pas drôle ! J’espère qu’il y en a d’autres ! » m’énervais-je, tentant toutefois de me calmer. Parce que bon, on passait à la télévision, il ne fallait pas l’oublier. Mais ça, elle devait déjà savoir qu’elle en entendrait parler pendant les dix années à venir. « TÂCHE FACILE A ACCOMPLIR TU AS DIT, EN PLUS ! Mais quelle sotte. Pas fichue de tenir trois carottes et deux navets dans ses mains. » ajoutais-je, me rappelant de ses dites paroles, en levant les yeux au ciel. Calm down, Dean. « Franchement, j’te le dis : si on a plus de légumes, tu vas les chercher chez les concurrents ou directement au marché du coin ! » finissais-je par dire, catégorique. Franchement, c’était la fête de Caroline à cet instant-même, tandis que de mon côté, je glissais "tranquillement" quelques lamelles de truffes sous la peau de la poularde avant de la déposer dans la cocotte. La prochaine fois, c’est moi qui dit qui fait quoi ! On avait vu des chefs plus tolérants, certes. Mais c’était Caro, et si on avait été dans notre propre cuisine, ça aurait été pire et tourné à la troisième guerre mondiale.


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MessageSujet: Re: cauchemar en cuisine - dean & caro   Mar 29 Mai - 21:25

NEVERSON Deanle cuisto' fouuuuu !
Cauchemar en cuisine


Tous les deux, ils avaient toujours été solidaires. Amis. Copains comme cochon. Comme les deux doigts de la main. Rivaux. Frangins. Cousins. Complémentaires. Similaires. C’était sans doute pour cela qu’ils pouvaient tout se dire – bon ou mauvais, tout passait et rien ne les séparait. Oh, bien sûr qu’ils s’engueulaient. Bien sûr qu’ils criaient. Bien sûr qu’ils hurlaient. Bien sûr qu’ils cassaient des choses. Bien sûr qu’ils boudaient. Mais ils finissaient toujours par se réconcilier – toujours. Aussi ne prenait-elle jamais véritablement mal les paroles qu’il pouvait lui déverser – surtout pas quand le stress était en jeu. Et Dean était le roi du stress. Genre, si le mot n’existait pas, il aurait été inventé pour lui. Le problème était, et Dean ne le comprenait pas ou ne le percevait pas – Caroline était plutôt discrète à ce sujet faut dire – que la jeune femme qu’il connaissait depuis toujours avait perdu de sa merveille et de sa positivité ces dernières années. Elle le devait à un homme qui savait jouer la carte de l’illusion, qui savait charmer son public, qui savait manipuler son prochain avec brio. Un homme qu’elle avait cru aimer – vraiment cru – pour réaliser qu’il était plus que mauvais et nocif pour elle. Pour quiconque osait l’approcher à vrai dire. Aussi avait-elle trouvé la force de le quitter, de s’éloigner, de partir loin – enfin, loin, façon de parler – et reprendre les rennes de sa vie. Mais le mal était fait. Il avait anéanti la gaieté et la joie de vivre de Caroline. Il avait détruit sa confiance en elle, il avait brisé son estime de soi, il avait brisé tant de choses et elle en avait tellement honte qu’elle tentait coûte que coûte de le camoufler, de donner l’illusion à son tour. Personne ne verrait la différence. Elle le ressentirait juste dans son cœur, dans sa tête. Elle en était certaine, en d’autres circonstances, en d’autres temps, dans une autre vie sans le passage d’Eric dans la sienne, ce concours se serait déroulé différemment.  Au lieu de cela, elle avait le cœur qui faisait le marathon, les mains qui auraient pu être moites au lieu de baigner dans la graisse de la poularde – elle n’en cuisinerait plus jamais de sa vie, elle se le jurait ! et un cuisto’ – second s’vous plait ! – qui lui parlait comme à son commis – soit comme une meeeeeeerde ! Devant les caméras en plus, devant des millions de gens ! Et elle aurait pu vachement mal le prendre, Caroline, si le public ne riait pas sans cesse quand ils ouvraient la bouche tous les deux.

Ils étaient dans la merde.

Mais ils étaient drôles. Mais ils faisaient rire. Mais ils étaient appréciés par le public.

C’était plus génial encore ! Non ? A voir la gueule de son acolyte et ami de toujours – mon dieu Dean, fais quelque chose, essuies-toi la face ça dégouliiiiiine de partout et ça va être dégueuuuuuulasse ! qu’elle dit intérieurement, mais qu’elle tente de faire clairement comprendre d’un regard au jeune homme. Première erreur – un homme ne comprend jamais rien aux regards, il a besoin de mots – de MOTS, Caroline. Puis elle lui tend une serviette – dont ils ne manquent pas dans le coin – pour qu’il puisse s’essuyer. Mais il comprend rien et en râlant repose le torchon à côté. Genre, qu’est-ce que tu me donnes ça, j’ai l’air d’en avoir besoin ? OUI. Mais elle se remet à sa poularde – qu’elle lui donne de l’amour, qu’il dit. De l’amour. De l’amour. Elle va lui en donner de l’amour – l’amour vache ! Dean Neverson, tu vas en baver, je t’en fais la promesse, qu’elle se promet mentalement. Promesse qu’elle a dû faire un million de fois pour ne jamais la tenir. Maudit Neverson ! « J’épluche les légumes – tâche la plus facile, et tu gères la cuisson, » qu’elle  propose avant même qu’il ne le lui ordonne. Sauf qu’il râle, le vilain ! « Forcément, tu choisies la tâche la plus facile, hein ! » Comment ça ?! qu’elle se dit en le regardant les yeux ronds, choquée qu’il le prenne aussi négativement. Ohé, moussaillon, tu as décidé que tu gérais, que t’étais le big boss et le professionnel de la soirée – ça te donne le rôle de t’occuper du plus dur, ehhhhhh ouais, claquement de langue et moue fière de celle qui cloue le bec à son prochain. Sauf qu’elle ne le dit pas, elle le pense très fort. « Tu gères les cuissons qu’elle dit… Genre je sais comment cuire une poularde. Bah oui, ça coule de source voyons, Dean. Moi, je m’occuperais des légumes, hein… » qu’il continue de ruminer dans sa barbe – invisible – pendant qu’elle part récupérer les dits-légumes et se mettre à la LOUUUUURDE tâche qui est de les éplucher. Tous. Et il y en a beaucoup, alors qu’on ne vienne pas lui dire que c’est facile ! Et BAM ! Stress et vexation futile, ça fait pas bon ménage. Bourde. Gourde. Aie. Aie. Aie. Rires. Jaunes. Rires. Du public. « Whoops, » qu’elle sort doucement une fois qu’elle a compris que personne n’avait raté le spectacle.  « MAIS BORDEL CARO ! Il suffit que je parte deux secondes et voilà que tu renverses tout ? Mais t’as deux mains gauches ma parole ! » que bien entendu il râle de plus beeeeeeeeelle. « Si tu arrêtais un peu de me crier dessus, de grogner à tout va comme un cochon, peut-être que je me concentrerais plus et paniquerais moins, » qu’elle murmure façon ventriloque – genre, que personne ne comprenne ce qu’elle dit sauf lui. LOL. Elle rit devant la caméra et offre son plus beau FAUX sourire. Peut-être bien qu’ils en rigoleraient plus tard. Peut-être bien. Là, de suite, ils étaient tous deux trop surmenés et angoissés pour trouver tout ça… drôle.  « Mais rigole pas en plus, ce n’est pas drôle ! J’espère qu’il y en a d’autres ! » OF COURSE GRIIIIIIIIINCH ! et elle se dépêche de récupérer les légumes au sol, de les jeter et d’en prendre de nouveaux. Allez, ni une ni deux, elle attrape l’éplucheur et se met au travail, non pas sans trembler. « Tu m’as donné la tremblote, t’es content, j’espère ? « tu devras bien m’écouter si tu veux gagner, hein ! J’te rappelle que c’est moi le chef cuisto, donc commence par à me dire qu’il faut écouter la plus grande », que tu disais. « Ça sent l’odeur de la victoire » que tu disais. J’aurais dû savoir, j’aurais dû savoir que ça finirait en eau de boudin – tout finit en eau de boudin quand on fait un truc ensemble, » qu’elle lui rappelle en se calmant un peu les nerfs finalement. Après tout, c’était vrai. Ils étaient potes et copains comme cochon, mais ils étaient les rois de la connerie réunis.  « TÂCHE FACILE A ACCOMPLIR TU AS DIT, EN PLUS ! Mais quelle sotte. Pas fichue de tenir trois carottes et deux navets dans ses mains. » Là, elle lui lance un regard mi-furieux, mi-désabusée. « Ohé, tu pètes un coup ! J’ai choisi cette tâche facile parce que Monsieur est le cuisto’ et le futur chef, Monsieur s’y connait mieux que moi – c’est pas moi qui l’ai dit, c’est toi ! Aurais-tu changer d’avis ? » qu’elle le taquine, le nargue, tout pour qu’il s’enlève le balai qu’il a dans le cul ce soir et qu’il respiiiiiiiiiiiire !

Mais Dean ? Respirer ? Se sortir le balai du cul ?

C’est utopique. « En fait, on est tellement stressés que c’est pour ça qu’on est en train de foirer. Pourquoi on stresse ? Ce n’est qu’un concours après tout… un jeu. Pour toi, l’occasion de montrer tes talents innés, et tu vas le montrer ton fichu talent ! Parce que tu es talentueux en cuisine, Neverson. Alors, souffle, pète, sors ce que tu veux par tous les trous possibles – oui, c’est moi qui te le dis – et montre au monde entier ce que tu sais faire bordel de merde ! » qu’elle lui dit dans un élan de force retrouvée. Ils n’avaient pas besoin de faire un plat ORIGINAL, mais juste de traiter les ingrédients offerts comme ils le faisaient à chaque fois, suivre la recette, et tout irait bien.

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MessageSujet: Re: cauchemar en cuisine - dean & caro   Mer 12 Sep - 17:41



Caroline & Dean



Cauchemar en cuisine.



Tout aurait pu se passer dans le calme, dans une concentration extrême amenant forcément à la victoire. Oui, tout aurait pu se passer ainsi. Mais il avait suffi d’un simple intitulé de plat pour tout chambouler. J’avais l’impression que le monde était contre nous à cet instant-là. Le plus drôle dans l’histoire avait été que nous étions partis si sereins, qu’on pensait déjà remporter la victoire. Quelle blague. Je ne m’attendais pas du tout à cela. Je ne m’attendais pas à ce que les plats soient si compliqués à faire. Disons que ce n’était pas dit dans la publicité à la télévision. Mais soit. Nous avions été retenus lors des castings, donc nous étions présents et prêts à se donner pour remporter ce concours. Les concurrents avaient l’air d’être des passionnés, tout comme nous, mais certainement avec moins de maîtrise. Oui, clairement, je ne nous prenais pas pour de la merde. Honnêtement, ô combien était difficile ce plat, il était évident qu’on le réussirait. Ainsi, j’en rassurais même ma camarade d’émission et meilleure alliée en cuisine depuis tous petits. Rien n’était moins sûr, alors que nous commencions l’épreuve. Finalement, je perdais le sourire pour en venir à trouver la motivation pour me lancer dans une telle épreuve, me concentrant au maximum. Il faut dire qu’on le voulait ce voyage ! Cependant, tout tournait au vinaigre. Tellement que je montais en pression à une vitesse phénoménale, et que la belle Caroline prenait considérablement pour son grade. La pauvre. Une minute de silence pour Caroline, s’il vous plait. Mais il faut dire qu’elle ne facilitait pas non plus la tâche dans le genre. Des fois, Caroline pouvait être une vraie gourde. Je l’aimais comme ça, j’avoue. Mais là, pour l’heure, il fallait qu’elle gère, que ce soit la meilleure de tous. Mais mademoiselle préférait donner des ordres, m’expliquant qu’elle s’occuperait de la tâche la plus facile pour me délaisser la tâche la plus difficile. De base, ça ne m’aurait pas dérangé, loin de là. Mais là, j’étais dans une phase "râlage intense". Je pestais comme jamais, ne manquant pas de faire remarquer à la blonde qu’elle se dirigeait automatiquement vers une tâche simple parce que le plat était d’une complexité digne d’un restaurant gastronomique. Attends… Ne serais-je pas second de cuisine dans un tel restaurant ? Si, exactement. En soi, c’était un choix stratégique, on ne pouvait pas le nier. Et puis, j’étais plus à même de gérer la cuisson d’un tel animal. Une attention toute particulière devrait être apportée à la poularde qui se dore la pilule au soleil dans le four. Soit, je m’occuperais de la cuisson, et Caroline de l’épluchage de légumes. Je lui faisais confiance là-dessus, elle gérait parfaitement. Enfin… Jusqu’alors.


C’était la fin des haricots.


« Whoops. » entendais-je derrière moi, après un gros fracas faisant penser à des dizaines de choses tombant sur le sol. Ne me dites pas que c’est ce que je crois, pitié. Je me retournais, apercevant une masse de légumes jonchant sur le sol, et une Caroline souriant comme une idiote après avoir fait une bêtise. Il ne fallait pas deux secondes pour que je vire au rouge et hurle tout ce que j’avais sur le cœur. Directement, j’étais monté dans les tours, déjà que j’étais énervé tout seul depuis le départ de cette course. Là, c’était l’occasion en or de gueuler tout ce que je pouvais. Caméra ou non, ça m’était complétement égal et je n’y faisais même plus attention. Elles étaient totalement sorties de mon esprit. A ce moment-là, j’avais simplement la haine contre Caroline qui riait jaune, et je lui faisais comprendre à ma manière. « Si tu arrêtais un peu de me crier dessus, de grogner à tout va comme un cochon, peut-être que je me concentrerais plus et paniquerais moins. » me répondait-elle presque silencieusement pour que moi-seul puisse l’entendre ou le lire sur ses lèvres. Ouais, bon, c’est que tout le monde s’était ramené autour de nous avec cette histoire. Je sentais les caméras revenir au galop, les rires des personnes derrière, les regards pesant des chefs étoilés. Bref, tout y était. Mais je ne pouvais pas redescendre, j’étais bien trop sous la pression. Et vous me connaissez quand j’ai la pression – ce qui arrive bien trop souvent, tellement que je finirais par faire un arrêt cardiaque sous cette pression de dingue et que je mourrais bien trop jeune – je suis très difficile à côtoyer. Disons qu’il ne faut pas se mettre contre moi, ou alors je vous rhabillais pour l’hiver. Ce qui est sûr, c’est que Caroline ne mourrait pas de froid quand on partira en voyage suite à notre victoire. Oui, j’espérais encore qu’on s’en sorte ! Finalement, la blonde se remettait à l’œuvre, prenant d’autres légumes pour les éplucher plutôt que de les admirer rouler sur le sol. Je jetais un coup d’œil vers mon acolyte, tremblante après cette chute de légumes. Je pariais déjà intérieurement qu’elle allait se couper un doigt et que le plat serait fichu pour cause de sang sur des légumes à moitié épluchés. Et en plus, elle râlait à son tour, citant certaines de mes paroles. C’était la poêle qui se foutait du chaudron, sérieusement. La citation devait être tellement comique d’un œil extérieur. Voir deux amis dans un concours, se déchirant après maintes idioties faites, râlant et engueulant l’autre, ne se parlant plus en continuant d’effectuer leur tâche l’un à côté de l’autre. Bref, un vrai duo comique que l’équipe de tournage avait l’air d’adorer, ceci étant dit ! Je ne manquais pas de lui faire remarquer qu’elle avait également dit qu’elle choisissait cette tâche parce qu’elle était "plus facile". Si elle voulait jouer au con, j’étais son adversaire. On savait très bien faire ça tous les deux. S’engueuler, jouer à celui qui pisse le plus loin, que l’un se vante pendant qu’un est vexé, puis se rabibocher peu après. Peu après, parce qu’on était comme ça. On savait qu’on avait besoin de l’autre après toutes ces années de chamailleries enfantines et de délire tous plus barrés les uns que les autres. Elle était essentielle à ma vie, il fallait l’avouer. « Ohé, tu pètes un coup ! J’ai choisi cette tâche facile parce que Monsieur est le cuisto’ et le futur chef, Monsieur s’y connait mieux que moi – c’est pas moi qui l’ai dit, c’est toi ! Aurais-tu changer d’avis ? » ajoutait-elle, faisant la maline en me rappelant l’évidence. Non, je n’aurais pas changé d’avis. Non, elle avait eu raison. Mais non, j’étais décidément borné et je n’avais pas envie de l’avouer. Putain, ce que j’étais fier des fois. En temps normal, j’aurais certainement répondu par un pet, comme elle le demandait. Oui, j’étais un gosse et j’aurais été très fier de mon coup. Mais là, la situation était totalement différente des dernières. Nous étions à la télévision et une certaine image était à garder nette. « Ça m’écorche la bouche de l’avouer mais… Ok, tu avais raison. J’aurais proposé la même chose. » admettais-je finalement, et surtout difficilement. Même pas un regard vers elle, ni vers les caméras ; juste un regard plongé dans celui de la poularde en train de cuire. Parce que je n’assumais pas de me rendre à l’évidence. « Enfin, ceci étant dit, tu as toutefois merdé sec. » insistais-je à nouveau, lui rappelant une fois de plus son erreur. Erreur pourtant en train d’être réparée, mais je ne démordais pas. Fier comme un coq.

Pour passer à autre chose, je retournais à mes truffes, tout en attrapant la mandoline non loin. Inutile de gâcher le reste de truffes. Pour le prix que ça coûte… Quelques coupes de truffes avec la mandoline pour les ajouter au plat finalisé ne serait pas du luxe. Cependant, je ne desserrais toujours pas les fesses, nous n’étions pas à l’abris d’une nouvelle idiotie. Mais Caroline savait toujours trouver les mots. Les mots justes, bons. Oui, ce n’était qu’un concours, alors pourquoi nous prenions autant la tête ? C’était ridicule. J’essayais de faire redescendre la pression. Ce qui est dingue, c’est que c’était pareil que dans notre cuisine. Les mêmes instruments, les mêmes produits – ou presque – mais tout y ressemblait. Quand nous étions que tous les deux dans notre cuisine, tout se passait absolument à la perfection. Alors pourquoi pas ici ? Oui, tout allait très bien se passer si on agissait calmement et avec dextérité. Oui, tout se passerait absolument… « ET MERDE ! » criais-je, claquant ma main contre mon front. « J’ai oublié de saler et poivrer la poularde avant de l’enfourner. » annonçais-je comme si c’était la catastrophe du siècle. Alors que non, au fond, je le savais bien. J’étais conscient qu’il y avait un après cuisson et que je pourrais aromatiser à ce moment-là, ce n’était pas bien grave. Mais disons que ça ne m’aidait toujours pas à me calmer. Forcément.


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