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 viva espanaaaa - jon & caro

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Caroline Brady
Admin masseuse coquine
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DATE D'INSCRIPTION : 12/08/2017
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MessageSujet: viva espanaaaa - jon & caro   Lun 18 Sep - 18:05

Il ne l’avait pas rattrapé. Il ne l’avait pas poursuivi pour lui demander ce qui l’avait fait fuir aussi soudainement. A sa façon, il l’avait laissé tranquille. A sa façon, il avait respecté sa vie privée et elle ne l’en remercierait jamais assez pour cela. Elle avait eu besoin de s’échapper, de s’éloigner. Elle avait eu besoin de solitude. Elle avait eu besoin de respirer. Elle avait eu besoin de s’évader, mettre de l’ordre dans ses idées. Après une longue balade en solitaire, elle avait atterri dans un magasin de téléphone et avait racheté un téléphone en plus de changer de numéro – changement radical. Elle avait pu garder ses contacts et les prévenir dans la foulée. Débarrassée. Libre. Elle pouvait enfin avancer dans sa vie sans l’ombre d’Eric qui la poursuivait. Elle avait franchi un autre cap dans sa reconstruction personnelle, et elle devait en remercier Nate et Jon pour cela. Sa discussion avec le boxer dans la matinée avait été riche en intensité. Elle n’avait pas du tout prévu de se livrer aussi facilement au jeune homme, non seulement parce qu’il était son patron avant d’être autre chose, mais également parce qu’ils ne se connaissaient pas véritablement – qu’ils aient l’impression de se connaitre depuis des années n’y changeait rien. Pourtant, il n’avait pas hésité à se confier lui-même. Et elle ne regrettait pas de lui avoir fait confiance. Aussi étrange que cela puisse paraitre, elle lui confierait sa vie les yeux fermés. Peu importait comment, peu importait pourquoi, Caroline avait décidé de sauter le pas et de mettre un terme aux appels incessants de son ex-amant. Cela devait cesser. Définitivement. Nate avait été ravi de l’apprendre le soir-même, et ils avaient sorti une bouteille de champagne pour fêter ça dignement. Sa journée avait été si chargée qu’elle ne l’avait pas vue passer. Et alors qu’elle prenait un bon bain en compagnie d’un verre de vin rouge, elle avait reçu un SMS de son patron lui proposant de jouer à un petit jeu. Pourquoi avait-elle accepté ? Parce qu’elle aimait les jeux. Pourquoi avait-elle continué ? Parce qu’elle aimait les jeux ? Pourquoi avait-elle laissé cette ambiguïté s’installer entre eux ? Parce qu’elle aimait les jeux. Il voulait apprendre à la connaitre. Elle voulait apprendre à le connaitre. C’était aussi simple que cela, et jusque-là elle ne voyait aucun problème particulier à ça. Il avait le droit de connaitre son employée. Elle avait le droit de connaitre son employeur. Elle n’en avait que trop peu parlé à Nate pour l’instant, car elle se convainquait aisément que ce n’était pas grand-chose, pas important, insignifiant. Pourtant, au fond d’elle, ce petit jeu de chat et la souris qui débutait entre Jon et elle n’était pas anodin, elle le savait. Il existait une attirance évidente. Un respect évident. La tension était palpable, même quand ils n’étaient pas dans la même pièce, et même si elle se persuadait qu’elle était suffisamment adulte et mature pour gérer cet état de fait, elle n’était pas certaine que cela ne l’emmène droit au mur à un moment donné. C’était mal de fantasmer sur son patron. C’était mal de fantasmer sur un homme qui n’était pas fait pour les relations sérieuses. En attendant, tant qu’elle trouvait cela drôle et flatteur, elle essayait de rester dans la limite du raisonnable. Et très franchement, on ne pouvait pas lui en vouloir, n’est-ce pas ?

« Bonjour, Mr Perkins, comment allez-vous aujourd’hui ? » qu’elle lance gaiement à son dernier client de la journée. Mr Perkins est un quadragénaire en pleine forme, hospitalisé pour un problème du genou droit. Opéré il y a une quinzaine de jours, il a débuté sa rééducation avec elle il y a seulement deux jours mais elle a l’impression de le connaitre depuis toujours cet énergumène. Mr Perkins, c’est le genre de patient que l’on rêve d’avoir tous les jours, toute la vie. « Oh, ça va beaucoup mieux depuis que vous êtes là, Caroline. Vous êtes un petit rayon de soleil, » qu’il l’accueille avec le sourire. Sa femme se tient à côté, tricotant sans doute une énième paire de chaussettes pour ses petits-enfants. Diable qu’elle désirerait connaitre cette parfaite osmose entre deux êtres. Ils étaient mariés depuis plus de soixante ans et ils semblaient s’aimer comme au premier jour. « Et vous êtes mon petit rayon de soleil, Mr Perkins. C’est d’ailleurs pour ça que je termine avec vous, » qu’elle lui dit gaiement – bien que cela ne soit pas entièrement vrai. C’était juste plus simple ainsi. Mais ça lui faisait terminer sa journée en beauté. « J’espère qu’il ne vous donne pas de fil à retordre, » que sa femme lui lance avec un demi-sourire. « N’hésitez pas à le faire travailler dur – il passe son temps à dire qu’il ne peut pas faire-ci, pas faire-ça mais moi je sais qu’il le peut, » qu’elle enchaîne sans jamais cesser de tricoter. « Elle est si machiavélique, ma Madeleine. Machiavélique, » mais c’est avec un sourire attendri qu’il le dit. Caroline adore ces moments-là, ces moments qui leur appartient mais dont elle peut être spectatrice. Ces moments de bonheur, qui lui prouvent chaque jour que c’est possible. Que la vie est belle. Que le bonheur existe. Que l’amour existe. Car elle a un peu oublié ces derniers mois. Car elle a un peu déchanté ces derniers mois. « Ne vous inquiétez pas, Mme Perkins, je ne cèderai pas à son charme dévastateur et serais impartiale, » qu’elle menace faussement avant de les entendre rire. « Appelez-moi Madeleine, jeune fille. Mme Perkins me donne l’impression d’être une vieille. Je t’ai à l’œil Arthur, si tu ne suis pas les consignes de Caroline, crois-moi que tu suivras les miennes ». Seigneur qu’elle adorait ce couple. « Ne vous levez pas tout de suite, Arthur, on va d’abord faire les exercices de l’autre fois, directement sur le lit. Vous vous rappelez, levez un peu la jambe en l’air au maximum que vous pouvez, tenez au maximum que vous pouvez. Parfait. C’est que ça m’a l’air d’être moins difficile que l’autre fois aujourd’hui, » qu’elle l’encourage vivement tandis qu’il sourit. « J’avoue que je commence à avoir moins mal – ou alors je m’habitue à la douleur, allez savoir. Je ne suis plus tout jeune, ma jolie. A votre âge, je pouvais mettre ma jambe derrière la nuque ! » qu’il lui dit tout fier. « Je vous promets que vous le pourrez de nouveau une fois que j’en aurais fini avec vous ! » qu’elle lui dit en les faisait rire. Elle lui fit répéter la manœuvre plusieurs fois d’affilée, une jambe à la fois. Puis l’aida à se lever pour parcourir quelques mètres dans la chambre, sans jamais le lâcher. Quand il se sentait trop fatigué, elle le faisait s’assoir pour reprendre des forces et massait sa jambe endolorie – autour de la cicatrice. « Votre fiancé a bien de la chance de vous avoir. Vous avez des mains magiques, » qu’il lui dit alors, la faisait sourire. « Il le serai sans doute s’il existait, » qu’elle plaisante. « Une aussi jolie fille comme vous, seule ? Impensable ! » Elle rit de bon cœur avant de grimacer l’air désolé de lui annoncer une telle nouvelle. « Et pourtant ! » mais ses pensées s’étaient perdues dans les yeux bleus d’un certain boxeur lorsque Arthur l’avait appelée « mains magiques ». « Je vois que votre téléphone sonne, Caroline, » la prévient Madeleine en lui tendant l’appareil. « Un certain Mr Winchester. Quoi ? » qu’elle dit à son mari qui la regarde les yeux ronds. « Je ne fouine pas, c’est écrit… » mais Caroline rit de nouveau, nullement gênée.

« Caroline Brady, aka les mains magiques, à votre écoute Mr Winchester, » qu’elle répond d’une voix amusée et détendue. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il l’appelle puisqu’ils devaient se voir un peu plus tard dans la soirée pour sa séance journalière – peut-être était-ce important. « Est-ce une bonne nouvelle ou une mauvaise nouvelle qui me vaut votre appel ? » qu’elle demande cependant. Sait-on jamais… peut-être avait-il décidé de la virer à cause de son départ trop rapide et intempestif la veille…


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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Ven 29 Sep - 22:00

viva espanaaaa
Caroline ∞ Jonnhy
- Caroline Brady, aka les mains magiques, à votre écoute Mr Winchester. Est-ce une bonne nouvelle ou une mauvaise nouvelle qui me vaut votre appel ? 
Je ne peux m'empêcher de rire.
- Zut, vous connaissez donc votre surnom sur mon portable. Je peux vous assurer que c'est une bonne nouvelle. Vous m'avez dit que vous vouliez voyager ?
Je laisse un petit temps histoire de créer le suspense.
- Préparez vos bagages, nous partons en Espagne dans une semaine.

Je suis dans la merde.
J'ai pas arrêté de le dire à Dimitri, mais plus le temps passe et plus je me dis que je suis en train de jouer à un jeu bien trop dangereux. Dès le premier jour, nous avons commencé à nous envoyer des sms avec Caroline, ma kiné, et le fait est que le feeling est tout de suite passé. Elle est drôle, amusante et a une repartie qui me plaît. Et puis cette photo dans son bain je crois que je ne m'en suis pas vraiment remis. Elle m'a même invité à une soirée où je connaissais personne. Je ne suis pas du genre à dire non, préférant les soirées plus simple il faut l'admettre. On dirait pas comme ça au vu du nombre de mes conquêtes, mais je les « récupère » plutôt en fin de combat. Mais voilà, je n'ai pas résisté parce que j'avais envie de la revoir. Et puis je suis arrivé plus tôt afin qu'on prépare les toasts ensemble et là, je n'avais jamais senti une telle électricité dans l'air. Nous nous lancions des regards, nous nous sommes souris comme des imbéciles et puis nos mains ce sont touchés ! Ouais je sais, Dimou m'a assez charrié sur ça, mais franchement, je me suis sentie tellement con. Je suis resté à regarder nos mains pendant quelques secondes avant de reprendre la confections des toasts.
Ouais, je me sens trop con parce que j'ai jamais été comme ça avec une fille et que je ne sais pas ce que cela peut donner. Dimou n'arrête pas de dire que je craque pour elle, et même si je nie, je craque complètement. J'ai toujours eu un faible pour les blondes et puis ses yeux bleus plus grands que n'importe quels yeux que j'avais vu avant, me sondant sans cesse comme si elle lisait en moi de manière si facile. Et puis voilà que nous allons partir en Espagne juste tous les deux. Enfin non, c'est faux, il y a aussi mon coach et sa femme. Mais franchement, comment cela va se passer alors qu'on sera face à un couple que j'adore tellement. Même si je fais genre je ne crois pas en l'amour, les voir tous les deux me rends parfois un peu jalou. J'étais présent lors de leur rencontre, j'ai été là aussi pendant le mariage en tant que témoin et bon sang, je me suis dit que c'était ça que j'aimerais trouver. Je me suis aussi dit que jamais je pourrais rencontrer cette personne qui nous rend meilleur chaque jours.
Je suis dans la merde.
Parce que voilà que j'ai envie de devenir meilleur pour qu'elle soit en quelque sorte fière de moi, pour qu'elle ne pense pas que je suis juste un boxeur, une brute ne voulant que frapper quelqu'un lors de combat. Je sais pas pourquoi, mais j'ai envie qu'elle voit le véritable moi, celui que je cache à tous.
Et voilà que je me retrouve sur la plage alors qu'elle m'a proposé de m'apprendre à faire du surf. Non mais franchement, si je veux me montrer sous un bon jour ce n'est clairement pas en faisant du surf. J'en ai jamais fait et je sens que je vais clairement me ridiculiser. Mais elle aime ça et j'ai bien envie de découvrir son monde d'une certaine façon. Je la repère déjà sur le sable et m'avance doucement.
- Mademoiselle mains magiques est-elle prête à apprendre à équilibre pourris sur l'eau à voler ? Je dis en riant, voulant la surprendre aussi.
- Par contre je n'ai pas la tenue adéquate mais, il paraît que nous allons rester sur le sable alors le maillot de bain devrait suffir, je dis en souriant alors que je commence à retirer mon T-shirt.
Il me faut moins d'une minute pour finalement être en short de bain avant de la regarder à nouveau.
- Et bien... Je suis prêt !
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Caroline Brady
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Lun 2 Oct - 18:17


Les mains magiques, qu’il la surnommait. Les mains magiques, son pseudo. Elle aimait bien l’idée. Elle était flattée. S’ils considéraient ses mains comme magiques, c’est qu’elle devait être excellente dans son job et qu’il était satisfait de ses services. S’ils considéraient ses mains comme magiques, il n’avait pas idée d’à quel point elles se voulaient baladeuses aussi. Non, Caro. Il ne fallait pas s’aventurer sur ce terrain-là, ni dans la réalité, ni dans les rêves. Quand il lui avait annoncé qu’ils partaient la semaine suivante en Espagne, elle avait bien failli en faire tomber son téléphone tellement la surprise et l’excitation l’avaient submergées. Elle avait sautillé comme une petite fille, avant de répondre sur un ton calme et posé qu’elle serait enchantée de l’accompagner. Elle avait partagé sa bonne humeur avec ses nouveaux amis et agréables patients, qui en avaient profité pour lui parler de l’Espagne et des choses à faire – une tonne ! – qu’elle n’aurait malheureusement sans doute pas l’occasion ni le temps de faire. C’était son premier grand voyage, et elle se félicitait d’avoir un passeport tout prêt pour ça – sans cela, elle aurait été dans la merde. Eric n’avait jamais voulu voyager, aussi n’avait-il jamais fait son passeport, mais Caroline avait été plus ambitieuse que lui. Elle allait en Europe. Elle allait découvrir d’autres horizons, comme elle en avait toujours eu envie. Elle allait voir du monde. Elle allait s’éloigner de sa ville natale – qu’elle aimait profondément, pas d’amalgame – mais elle était surexcitée à cette idée. Elle n’avait pas encore pris le temps de penser au voyage en lui-même. Au fait qu’elle serait avec Jon. Au fait qu’elle serait avec Jon, 24h/24 – ou presque. Au fait qu’elle serait avec Jon, dans le même hôtel. Au fait qu’elle serait avec Jon. Au fait qu’elle serait avec Jon. Oui, elle pouvait le faire. Oui, elle pouvait flirter avec lui par textos. Oui, elle pouvait flirter avec lui occasionnellement. Oui, elle pouvait être charmeuse. Oui, il pouvait être charmeur. Tant qu’ils savaient l’un et l’autre quelle limite il ne leur fallait pas dépasser et qu’ils furent d’accord sur ce point-là. Ils n’en parlaient pas – jamais – mais elle estimait qu’ils n’en avaient pas besoin. N’est-ce pas ? Ils étaient adultes. Et Jon avait des partenaires sexuelles assez régulières, après tout la timidité n’était pas du tout l’un de ses traits de caractère. S’il avait déjà imaginé la mettre dans son lit, et s’il en avait réellement eu envie, il le lui aurait fait savoir ouvertement et sans détour. Elle n’en doutait pas un instant. Non. Ils savaient l’un et l’autre quelle limite ne pas dépasser. Il était son patron. Elle était son employée. Ils pouvaient flirter, se charmer et rire de ça. Tant que ça n’influençait pas leurs comportements et qu’il n’y avait pas d’ambiguïté. Sauf qu’elle l’avait invité à la soirée de célibat de Nate. Sauf qu’elle l’avait invité à la rejoindre pour lui donner un coup de mains – passant plus de temps avec lui, apprenant à le connaitre un peu plus. Sauf qu’ils s’étaient lancé des regards, intenses. Sauf qu’il avait frôlé sa main. Sauf qu’elle avait ressenti une sacré décharge électrique dans tout le corps. Sauf qu’elle avait eu envie qu’il recommence. La tension avait été palpable toute la soirée. La tension avait été électrique toute la soirée. Et s’il n’y avait pas eu autant de monde autour d’eux ce soir-là, elle n’était pas certaine qu’elle eut trouvé le courage et la force de ne pas lui sauter dessus. Elle n’était pas le genre de femme à foncer tête baissée. Elle n’était pas le genre de femme à laisser libre court à ses fantasmes et assouvir ses pulsions sexuelles. Mais elle devait reconnaitre qu’être désirée et touchée par un homme qu’elle désirait et souhaitait touché lui manquait terriblement. N’était-ce pas naturel ? Or, elle ne pouvait nier être attirée à Jon Winchester. Le seul homme qu’elle ne devait certainement pas désirer – bravo Caroline ! Et si cela ne lui suffisait pas, elle ne pouvait pas s’empêcher de répondre à ses messages. Elle ne pouvait pas s’empêcher de flirter malgré elle. Elle ne parvenait pas à le fuir. Elle ne parvenait pas à l’évincer de sa mémoire. Elle en avait même parlé à Deedee. Elle en avait même parlé à Nate. Diable, quand apprendrait-elle à être plus discrète et secrète ? Si elle était un livre ouvert, le boxeur ne tarderait pas à comprendre et saisir les émotions torrentielles qu’il lui inspirait. Elle perdrait son job. Elle perdrait bien plus encore. Il lui fallait être plus prudente. Plus méfiante. Plus détachée. Plus forte. Plus… « Mademoiselle mains magiques est-elle prête à apprendre à équilibre pourris sur l'eau à voler ? » Elle se retourna, surprise car elle ne l’avait pas senti ni vu arriver. Elle portait un simple maillot une pièce noire, sa planche à ses côtés et celle qu’elle avait choisi pour Jon. Nate et lui avaient approximativement la même carrure, la même taille et elle pensait avoir fait le bon choix. Elle déglutit cependant, parce que si elle l’avait déjà vu en petite tenue, à l’époque aucune des émotions qui la tiraillaient aujourd’hui n’étaient pas présentes. Bordel de merde, Caroline. Ne bave pas. Ne mate pas. Ne reluque pas. Ne fantasme pas. Ça ne sert à rien. Souris. Plaisante. Mais ne frissonne pas. Easy, girl. « Monsieur Winchester, je suis ravie de voir que vous vous êtes remis de la soirée. J’ai eu peur un instant que vous n’oseriez pas venir me montrer vos talents de surfeur, » qu’elle rit légèrement, sachant pertinemment qu’il n’en a jamais fait. Cela dit, on pouvait n’avoir jamais fait et se trouver un don inné pour une chose nouvelle. Elle imaginait fort bien son corps élancé, puissant et sublime en équilibre sur la planche, surfant les vagues, caressant les vagues comme il caresserait… NON, CARO ! NON ! « Par contre je n'ai pas la tenue adéquate mais, il paraît que nous allons rester sur le sable alors le maillot de bain devrait suffire, » Good lord, pense-t-elle bêtement quand il ôte son t-shirt et se retrouve en simple maillot de bain. Tu l’as vu quasi-nu, Caro. Reprends-toi. Secoue-toi bon sang. Arrête de fangirler. Arrête. ARRÊTE ! « Ok, oui tout à fait, ça ira pour aujourd’hui. Même si on va dans l’eau, les vagues ici ne sont pas énormes et sont parfaites pour débuter. On va commencer par voir comment vous… est-ce que ça dérange si on se tutoie enfin ? » qu’elle demande alors en le regardant. « Je veux dire… je ne veux pas outrepasser la relation patron-employée, mais… ça me perturbe de plus en plus de vous vouvoyer, » qu’elle lui explique simplement. Elle avait le sentiment qu’ils avaient bien dépassé le stade de simple patron-employée, mais elle ne le tutoiera que s’il l’acceptait. « Et bien... Je suis prêt ! » Moi aussi, je suis prête, qu’elle pense intérieurement en le regardant. NON. NON. NON. Pas du tout, Caro. Elle se racle alors la gorge et se positionne à côté de sa propre planche. « Alors, allons-y. Déjà, avant de travailler l’équilibre sur ta planche, montre-moi comment tu te positionnes sur ta planche et comment tu rames, » et elle l’observe tandis qu’il obéit et qu’il s’allonge sur la planche, et qu’il mime ce qu’elle demande. Instinctivement, elle vient se positionner à côté de lui en riant et, posant une main sur son épaule lui dit : « c’est presque parfait, mais tu devrais remonter un peu plus sur la planche, il faut trouver l’équilibre parfait entre l’avant et l’arrière, pour que lorsque tu passes sous l’eau et passes les vagues, tu ne la perdes pas. Il ne faut jamais sous-estimer la force de l’eau, crois-moi. J’ai compris ma leçon quand j’étais gamine. » Elle se relève et vient se positionner sur sa planche, une jambe en avant une en arrière. « Le positionnement de tes jambes, c’est la base de tout. Chacun trouve son équilibre à sa manière. Il y en a qui vont devoir plier leurs jambes à fond, comme ça, » qu’elle imite en se baissant presque à fond. « Il y en a qui n’ont besoin que de plier légèrement, » qu’elle remonte son derrière pour lui montrer. « Et il y en a qui sont capables de tenir debout sans forcément plier les genoux – mais ça reste rare. Tu trouveras ton équilibre une fois que tu seras sur l’eau, » qu’elle continue en descendant et en le rejoignant. « Tu vas sans doute tomber, plusieurs fois même. Mais j’ai pu remarquer que les challenge ne te faisaient pas peur, et que tu étais plutôt persévérant comme homme, » qu’elle lui sourit. « Puis, je serais là pour te guider, ne t’en fais pas. Et quelque chose me dit que le fait que je t’ai promis ce que tu voulais si tu parvenais à tenir plus d’une minute debout sur la planche est une bonne motivation, » qu’elle ajoute taquine. Elle ignore encore concrètement ce qu’il pourrait lui demander, ce qu’il pourrait vouloir lui demander, mais l’idée lui plait. Demande-moi ce que tu veux, je serais bien incapable de dire non, qu’elle se dit intérieurement. IDIOTE. Les voilà l’un face à l’autre, à moitié dénudés, et le trouble la prend de nouveau. « Prêt pour tenter l’expérience ? » qu’elle lui dit d’une voix un peu grave avant de se reprendre. « Je veux dire, sur l’eau, le surf, la planche, tenir debout, tout ça… » Bien sûr, quoi d’autre Caroline ? Alors elle prend sa planche et court dans l’océan, y a que l’eau fraiche qui pouvait lui éclaircir les idées. Elle rame, doucement mais sûrement, elle attend la vague avant de tenir sa planche et de plonger pour la contourner. Elle le fait plusieurs fois avant de se retourner et de voir que Jon la suit de plus près qu’elle ne l’imagine. « C’est que tu te débrouilles aussi bien sur l’eau que sur le ring, » qu’elle lui lance et l’encourage. « La première chose, c’est observer. Voir la vague arriver, te lancer, ramer, et lorsqu’elle s’apprête à te dépasser complètement, te lever et te laisser bercer par elle… c’est plus simple à dire qu’à faire, je suis d’accord. Je te propose de me regarder faire, et d’essayer ensuite ? » C’était souvent mieux quand on observait. Elle observe. Elle attend. Elle se lance. Elle rame. Elle saisit l’instant. Elle tend ses bras pour se mettre debout. Et elle glisse comme elle sait si bien le faire depuis plus de vingt ans. Les vagues sont petites et faciles à surfer dans le coin, aussi n’a-t-elle pas fait de miracle, mais elle perçoit le regard admiratif de Jon quand elle se tourne vers lui une fois qu’elle revient, et ça lui plait.
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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Dim 15 Oct - 21:10

viva espanaaaa
Caroline ∞ Jonnhy
- Monsieur Winchester, je suis ravie de voir que vous vous êtes remis de la soirée. J’ai eu peur un instant que vous n’oseriez pas venir me montrer vos talents de surfeur.
Je ne peux m'empêcher de sourire grandement, désinvolte d'une certaine manière.
- Pourquoi aurais-je honte de cette soirée. Je l'ai beaucoup apprécié. Je ne vous ai pas remercié d'ailleurs de m'avoir invité.
Je la couve du regard alors que je me livre un peu à elle. Je ne suis pas du genre à me montrer aussi gentil, aussi ouvert et pourtant elle a le don de faire de moi quelqu'un d'autre. Ce n'est pas une mauvaise chose, au contraire elle fait ressortir en moi ce que j'ai pu être avant de perdre la personne la plus importante de ma vie. En perdant ma mère, j'ai forgé un mur que très peu de personnes ont osé escalader. Si certains sont dessus et le monte petit à petit, elle s'est retrouvé presque au sommet en un temps reccord, dépassant tous ceux que j'avais pu connaître auparavant. Je ne comprends pas pourquoi et cela me fout une trouille monstre. Pourquoi ? Parce qu'en me livrant ainsi j'ai l'impression d'être plus épanouis. Seulement en faisant ça, je lui donne les clés pour me détruire plus facilement aussi. Je sais qu'elle n'est pas de ce genre là, mais se rend-elle compte qu'un mot d'elle pourrait me détruire ?..
Je commence à me déshabiller pour me mettre en maillot de bain, prêt à avoir ma leçon. Je trouve ça amusant qu'elle puisse m'apprendre un sport. Ce n'est pas tant parce qu'elle est une femme, mais je suis le sportif et elle semble tellement fragile à côté de ma carrure. C'est certain qu'on doit offrir un tableau assez unique, et j'adore ça.
- Ok, oui tout à fait, ça ira pour aujourd’hui. Même si on va dans l’eau, les vagues ici ne sont pas énormes et sont parfaites pour débuter. On va commencer par voir comment vous… est-ce que ça dérange si on se tutoie enfin ? Je veux dire… je ne veux pas outrepasser la relation patron-employée, mais… ça me perturbe de plus en plus de vous vouvoyer.
Elle a raison, j'aimais bien ce côté respectueux entre nous. Cela me donnait l'impression d'avoir le droit de flirter avec elle, parce que j'étais prévenant et poli. Mais elle a raison, ça doit certainement être ridicule et j'hoche la tête.
- Je suis votre patron mais en cet instant, je suis ici en tant... Qu'ami ? Je demande, ne sachant pas trop si nous pouvions nous qualifier ainsi.
Je finis par lui dire que je suis prêt et elle se racle la gorge, comme pour se préparer elle aussi.
- Alors, allons-y. Déjà, avant de travailler l’équilibre sur ta planche, montre-moi comment tu te positionnes sur ta planche et comment tu rames.
Je l'écoute sagement, j'exécute ces gestes qu'elle me dit essentiel. Cela semble facile, je suis un sportif et ça ne me demande pas trop d'efforts.
- C’est presque parfait, mais tu devrais remonter un peu plus sur la planche, il faut trouver l’équilibre parfait entre l’avant et l’arrière, pour que lorsque tu passes sous l’eau et passes les vagues, tu ne la perdes pas. Il ne faut jamais sous-estimer la force de l’eau, crois-moi. J’ai compris ma leçon quand j’étais gamine.
Je fronce les sourcils. Moi qui pensais bien faire, je faire un « presque » parfait. Merde c'est naze. Seulement je cesse de râler net quand elle s'approche de moi et surtout au contact de sa main sur mon épaule. Elle la retire bien trop rapidement à mon goût et je la regarde fascinée alors qu'elle m'explique, tout en exécutant les gestes, ce que je dois faire. J'essaye de faire comme elle une fois, faisant bien attention à chacun de mes gestes.
- Tu vas sans doute tomber, plusieurs fois même. Mais j’ai pu remarquer que les challenge ne te faisaient pas peur, et que tu étais plutôt persévérant comme homme. Puis, je serais là pour te guider, ne t’en fais pas. Et quelque chose me dit que le fait que je t’ai promis ce que tu voulais si tu parvenais à tenir plus d’une minute debout sur la planche est une bonne motivation.
Je la regarde droit dans les yeux et je sens mon souffle se faire plus rapide sans vraiment savoir pourquoi. Mon regard se pose sur ses lèvres durant quelques secondes. Nous sommes si proches, je pourrais juste me pencher et...
- Prêt pour tenter l’expérience ?
Je la regarde de nouveau, un peu interdit. Est-ce qu'elle a compris à mon regard où je voulais en venir et qu'elle m'invite à le faire ou non ?
- Je veux dire, sur l’eau, le surf, la planche, tenir debout, tout ça…
Je ne sais pas si elle peut voir ma déception, mais je suis clairement déçu. Je souris timidement et hoche la tête.
- Je suis prêt, et puis, j'ai une excellente motivation effectivement.
On entre dans l'eau et on ne perd pas une minute. Il faut dire que c'est bien plus physique que je ne pouvais le croire. Je ne cesse de tomber mais le plus important est toujours de se relever. Je pense que je suis une vraie catastrophe mais elle se veut rassurante avec moi. J'aime bien.
- C’est que tu te débrouilles aussi bien sur l’eau que sur le ring. La première chose, c’est observer. Voir la vague arriver, te lancer, ramer, et lorsqu’elle s’apprête à te dépasser complètement, te lever et te laisser bercer par elle… c’est plus simple à dire qu’à faire, je suis d’accord. Je te propose de me regarder faire, et d’essayer ensuite ?
Je la regarde alors faire et tout ce que je me dis, c'est que je suis dans la merde.



Nous sommes dans l'avion en direction de l'Espagne. Mon plus grand plaisir est d'avoir réussi à tenir sur la planche et donc à pouvoir lui demander ce que je veux. Je me suis alors penché vers elle et j'ai murmuré que je me gardais le droit d'y réfléchir et de lui demander plus tard. Maintenant que je suis installé à côté de mon entraîneur, j'arrête pas de réfléchir à ce que je pourrais bien lui demander. Bien rapidement, cela part dans des idées un peu trop poussées, mais qui me font clairement fantasmer. Placé un peu plus devant nous, je ne cesse de regarder Claire, la femme de James, discuter avec Caroline. De quoi peuvent-elles parler ?
- Va la voir.
Je me tourne vers mon entraîneur en fronçant les sourcils.
- De quoi tu parles ?
Il rit.
- Arrête franchement. Ca fait trois heures qu'on est partie et t'as dû passer au moins une deux heures et cinquante minutes les yeux posés sur elle.
Je soupire, il a raison et je suis clairement pas discret.
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ?
- Elle est avec Claire, franchement je dis quoi pour aller à côté d'elle.
Le silence s'installe un peu mais il finit par sourire.
- Dis que j'ai envie de passer un peu de temps avec ma femme. Ce n'est pas totalement faux. Et je te jure que si je t'entends encore soupirer parce que tu n'es pas avec elle, je vais finir par te tuer dans ton sommeil.
- C'est d'une lâcheté.
- C'est le seul moment où j'aurais ma chance, qu'il dit alors qu'on éclate de rire.
Je finis par hocher la tête et me relever.
- Je te revaudrais ça.
- J'espère bien !
Je m'avance doucement dans l'avion et me retrouve un peu gêné (genre moi), alors que je pose une main sur l'épaule de Claire.
- Mesdames, je suis désolé de vous déranger mais James a demandé s'il était possible que je dégage mes grosses fesses parce qu'il en a marre de moi et qu'il veut être avec sa femme qui est, selon lui, bien plus plaisante que moi.
Claire sourit, s'excuse auprès de Caroline avant de me faire un clin d'oeil discret. Merde mais elle aussi est au courant ?! Je grogne un peu et m'installe.
- Je ne voulais pas déranger, vous parliez de quoi ? Si je suis en droit de demander bien sûr, je dis en souriant.
J'ai envie de lancer la conversation, et si j'ai pu être un peu plus bourru avec James, me voilà heureux à la perspective de passer les dix prochaines heures avec elle.
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Caroline Brady
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Lun 16 Oct - 20:22


Passer du temps en sa compagnie n’était peut-être une bonne idée. Passer du temps en sa compagnie n’était définitivement pas une bonne idée. Plus elle apprenait à le connaitre, plus elle se perdait. Plus elle apprenait à le connaitre, plus elle se noyait. Et si elle n’était pas le genre de femmes à avoir peur de tomber, et si elle était le genre de femme à vouloir désespérer tomber, elle n’était pas du tout prête à tomber à l’heure actuelle. Surtout pas pour Jon Winchester. Surtout pas pour le boxeur aux milles conquêtes. Surtout pas pour son patron. Surtout pas pour son ami. Pourtant, elle ne pouvait se résoudre à refuser ses demandes – non seulement parce que justement il était son patron et qu’elle devait bien aller là où il lui demandait d’aller, mais également et surtout parce qu’elle était faible. Elle l’avait toujours été. Certains appelaient ça de la faiblesse – comme elle de temps en temps – et d’autres appelaient ça de la gentillesse et de la générosité. Gentille ? Généreuse ? Elle était surtout dans une merde totale, parce qu’elle appréciait sa compagnie. Elle était surtout dans une merde totale, parce qu’elle ressentait quelques affres d’une jalousie qu’elle ne connaissait pas. Elle était surtout dans une merde totale, parce qu’il la regardait comme si elle était la 7ème merveille du monde et que ce regard, elle l’avait rêvé pendant longtemps. Eric la regardait le plus souvent comme une chose, comme un bijou qu’il aurait su s’offrir, comme un prix qu’il aurait gagné. Mais jamais comme une femme, et encore moins comme la femme qu’il aimait. Clay, lui, il l’avait aimée. Elle s’en rappelait comme si c’était hier, et elle était plus que ravie de l’avoir revu la dernière fois. Ce tête-à-tête lui avait rappelé qu’elle avait su avoir du goût, qu’elle avait aimé quelqu’un qui en valait la peine, et que ce quelqu’un l’avait aimée en retour. C’était parfois dur de se le rappeler, de se le dire, de se convaincre – après quatre années à entendre des choses si négatives sur elle par la bouche d’un homme qu’elle aurait dû aimer. Aujourd’hui, elle ignorait totalement ce que Jon réveillait en elle, et elle était terrifiée de le découvrir. Mais elle ignorait encore plus ce qu’elle réveillait en lui – et ça la terrifiait davantage. Un flirt, elle savait gérer. Mais parfois, il lui donnait l’impression d’être sur le point de l’embrasser comme jamais elle avait été embrassée dans sa vie, et ça la chamboulait des pieds à la tête. Mais parfois, il la regardait comme si elle était unique, spéciale, et elle s’imaginait que c’était peut-être le cas à ses yeux. Avant de se souvenir des quelques femmes avec qui elle l’avait déjà vu – toutes différentes, toutes superbes. Non, un homme comme Jon Winchester ne pouvait pas craquer et tomber sous son charme à elle. Et cet après-midi à la plage, bien que géniale et remplie de rires et de bons moments, n’était qu’une après-midi à la plage entre amis.

Du moins se le répétait-elle depuis. Inlassablement. Surtout lorsque son regard se posait sur Jon, dans la file d’attente pour entrer dans leur avion. Il était en compagnie de Jaimie, discutant et rigolant, et elle était en compagnie de Claire, la femme de ce dernier. Elles ne se connaissaient que depuis à peine une heure, mais le feeling était directement passé et elles avaient déjà échangé un sacré nombres d’anecdotes. « Je dois t’avouer que, habituellement, je n’accompagne jamais mon mari dans ses déplacements. Je ne suis pas une grande amoureuse du voyage – ou devrais-je dire de l’avion, » qu’elle lui confie en riant. « Mais je fais l’effort de temps en temps, pour lui. Puis, il m’a prévenu que tu serais là et je dois admettre que j’avais très envie de te rencontrer, » qu’elle lui confie de nouveau d’une voix légèrement adoucie – histoire que personne d’autre n’entende. Ah oui ? Pourquoi ? Mais elle n’a pas le temps de poser la question qu’on leur demande leur billet d’embarquement et qu’on les invite à avancer et s’installer. Les hommes ne sont pas loin d’elles, mais ils ne sont placés côte-côte tout de même. Le temps que le monde s’installe, qu’elle mette sa ceinture et que Claire en fasse de même, elle n’avait pas oublié sa dernière phrase. « Envie de me rencontrer alors ? Je serais connue comme le loup blanc ? » qu’elle plaisante en riant de sa bêtise. « Oh, je ne savais pas si Jaimie exagérait en disant que Jon avait eu un véritable coup de cœur pour une jolie blonde, du coup j’ai voulu voir par moi-même, » qu’elle rit de sa bêtise aussi. Mais Caro, ça ne la fait pas QUE rire. « C’est que je connais Jon depuis des années, c’est un peu comme le petit frère que je n’ai pas eu – dire que c’est le fils que je n’ai pas eu serait étrange. Je n’ai que 48 ans après tout, » qu’elle rit de nouveau. « J’ai eu le temps de me rendre compte que Jon avait des coups de cœurs multiples et variés, » qu’elle répond néanmoins en riant. La vérité c’est qu’elle aime bien ce qu’elle entend. NON. CARO. NON. Tu n’aimes pas. Tu n’y crois pas. Tu n’y prêtes pas attention. Claire ne répond pas, mais son regard en dit long sur ce qu’elle pense. « Mesdames, je suis désolé de vous déranger mais James a demandé s'il était possible que je dégage mes grosses fesses parce qu'il en a marre de moi et qu'il veut être avec sa femme qui est, selon lui, bien plus plaisante que moi. » Les deux femmes rient et Claire se détache pour aller rejoindre son mari. « Les hommes… ils seraient perdus sans nous, » qu’elle lance à Caroline d’un air appuyé avant de se tourner vers Jon. La proximité du boxeur lui provoque diverses sensations. Peur. Appréhension. Excitation. Joie. Elle se sentait aussi bien qu’aussi mal. « Je ne voulais pas déranger, vous parliez de quoi ? Si je suis en droit de demander bien sûr, » qu’il fait son curieux. Question à laquelle elle répond par un sourire énigmatique. « Secrets de femmes, Mr Winchester. J’adore Claire, c’est une femme merveilleuse. Et tu avais raison, ils sont adorables tous les deux, » qu’elle lui confirme avec un sourire attendri. Et envieux. Elle rêverait de connaitre pareille osmose et pareil amour. Naturel. Sincère. Réel. Puissant. « J’imagine que tu as déjà pris l’avion… » qu’elle commence à dire quand le commandant de bord leur annonce le décollage imminent, et que les hôtesses de l’air font leur job en leur montrant les gestes de secours. « J’espère que tu ne vas pas regretter d’être finalement à côté de moi… car c’est ma première fois et je dois reconnaitre que j’appréhende un peu, » qu’elle rit nerveusement en se tenant aux accoudoirs. D’un geste spontané et naturel, il vient lui prendre la main avec un sourire. Il n’a pas besoin de lui dire quoique ce soit, elle est reconnaissante. A sa façon, il lui offre son aide et sa sérénité. Il l’apaise comme il peut. Et Jon n’est pas un homme à parler. Jon est un homme d’action.

Pourquoi avoir peur ? Pourquoi une telle appréhension ? Elle est plus que ravie et émerveillée par son premier vol – du décollage à l’atterrissage. Bon, d’accord, le vol en lui-même était long et pas forcément super-agréable car on ne dormait pas très bien, mais c’était une merveilleuse sensation. Ils avaient parlé de tout, de rien. A plusieurs reprises, elle s’était perdue à le contempler – idiote. A plusieurs reprises, il s’était perdu à la contempler – seigneur. Puis elle s’était finalement endormie après quelques heures à papoter. Elle s’était doucement réveillée sur l’épaule de Jon, lui-même légèrement endormi contre elle. Seigneur. Elle s’était relevée le plus doucement possible, pour ne pas le réveiller et surtout pour ne pas se perdre plus encore. IDIOTE. Puis ils étaient sortis, enfin, et avaient récupéré leurs bagages, enfin, avant de prendre le taxi qui les emmenaient à leur hôtel pour les trois jours à venir. Il était à peine 7h du matin, aussi avaient-ils le temps de se poser, de prendre un petit-déjeuner, avant que Jon et Jaimie ne doivent s’éclipser pour l’entraînement. « Essaie de te reposer aussi un peu, tu ne sens peut-être pas encore le décalage horaire, mais crois-moi… » qu’elle lui lance avec un sourire, son sac à l’épaule, « tes muscles le sentent eux, » qu’elle lui rappelle avant de tourner les talons et de rejoindre Claire pour une première séance shopping, découverte de la ville et plage et farnieeeeeeeeente. Ils avaient fini par les rejoindre après leur entraînement intensif, non sans que Jon et Caro n’échangent quelques SMS durant tout ce temps passés loin l’un de l’autre. C’était ridicule. C’était enfantin. C’était stupide. C’était une erreur. Mais elle avait le sourire. « J’ai cru comprendre que ma femme affolait les cœurs des hommes, » que leur lance Jaimie en arrivant. « Mais seul le tien n’arrive à affoler le mien, » que rétorque sa femme – avec humour mais non pas sans sincérité. Le regard qu’ils échangent est beau. Le baiser qu’ils échangent est plein de tendresse. « Alors, tu aimes ? » qu’elle lance à Jon en tournant sur elle-même comme une petite fille le ferait pour montrer sa dernière acquisition, soit un superbe maillot de bain. Elle n’avait aucune idée de l’effet qu’elle pouvait produire, innocente et naïve qu’elle était. « On vous a pris des sandwichs au poulet, crudités avec des frites, » qu’elle leur annonce à tous les deux. « Je t’en ai pris deux, » qu’elle lance à Jon le regard malicieux. « Tu vois, je ne suis pas si horrible que ça finalement. Tu me pardonneras sans doute la torture d’après match, » qu’elle lui dit en riant légèrement. A sa demande, ils se verraient avant le combat et après le combat. Il lui avait donné l’impression de passer du temps avec elle plutôt que de travailler ses muscles. « Cela dit, si mes mains sont magiques je comprends que tu aies envie d’en profiter, » qu’elle plaisante en s’installer sur sa serviette afin qu’ils puissent profiter du « repas improvisé » tous ensemble. Jon n’ayant pas de serviette à lui lance un regard à Caro. Elle penche la tête sur le côté, souriante et amusée. « Je vous en prie, Mr Winchester. Promis, je ne vous mordrai pas, » qu’elle lui accorde une petite place sur sa petite serviette. Mais elle n’est pas du tout mécontente de la situation. DU TOUT DU TOUT. IDIOTE.



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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Jeu 19 Oct - 0:42

viva espanaaaa
Caroline ∞ Jonnhy
Je crois que je ne remercierais jamais assez Jaimie de m'avoir dit de m’asseoir à côté d'elle. Il a dû le remarquer mais j'arrêtais pas de me dandiner sur mon siège, ne voulant qu'une chose, la rejoindre. Et maintenant que je suis à côté d'elle j'ai l'impression de pouvoir respirer mieux.
- J’imagine que tu as déjà pris l’avion…
J'hoche la tête.
- Pas non plus souvent, mais plusieurs fois oui.
- J’espère que tu ne vas pas regretter d’être finalement à côté de moi… car c’est ma première fois et je dois reconnaître que j’appréhende un peu.
Je ne peux m'empêcher de sourire, attendri par la situation. Je me dis aussi que je devais être auprès d'elle pour cet instant si spécial. C'est quelque chose d'important de prendre l'avion pour la première fois, et oui ca a quelque chose de rassurant, mais le plus important c'est qu'elle n'est pas seule et que je serais là pour la rassurer si besoin.
- Je vais bien le vivre, et comme ça je si tu as besoin de soutien, je suis là.
Je ne sais pas pourquoi je me sens aussi protecteur avec elle. Peut-être qu'elle réveille en moi ce besoin que j'ai pu ressentir avec ma mère. Connaissant son histoire en plus, je ne sais pas si cela me donne encore plus envie d'être présent pour elle. Est-ce que j'aurais été ainsi sans connaître son histoire ? Certainement.


Les heures d'avion sont passées vite. Elle s'est endormie contre moi, je l'ai regardé, me permettant même de caresser la paume de sa main pour la rassurer sans qu'elle le sache vraiment. Je n'ai pas arrêté de me dire que j'étais dans la merde, mais plus le temps passait, plus je me disais que, peut-être, j'avais envie de tomber. Par moments je me tournais pour regarder Claire et Jaimie, et si j'avais pour habitude de les envier par moments, je ne les ai jamais plus enviés qu'en ce moment. Et alors qu'on est en Espagne, alors que je devrais m'entraîner avec plus de conviction, je n'ai pas pu m'empêcher de lui envoyer plusieurs sms durant l'après-midi, ressentant de la jalousie lorsqu'elle m'avoue que des garçons sont venus leur parler. Jaimie aussi est un peu jaloux, mais Claire est sienne, je n'ai rien à demander à Caroline, elle n'est pas mienne...
Alors qu'arrive le midi, on finit par rejoindre les filles sur la plage. Jaimie me laisse complètement en plan et fonce vers Claire, un sourire immense aux lèvres.
- J’ai cru comprendre que ma femme affolait les cœurs des hommes.
- Mais seul le tien n’arrive à affoler le mien.
Je souris un peu, attendri comme un con alors que plus le temps avance, plus je crève de jalousie et je meurs d'envie de connaître ce qu'ils ont...
- Alors, tu aimes ?
La voix de Caroline me tire de ma rêverie alors qu'elle tourne. Encore une fois, je reste à nouveau comme un con, le regard totalement figé sur elle. Un frisson parcourt mon corps alors que je me dis que c'est peut-être elle. Elle est peut-être ma Claire et en voyant son sourire je me dis que putain... J'ai envie que ce soit elle. Mais alors que je reste muet je me dis que je dois avoir l'air bien con alors qu'elle m'a posé une question. Claire et Jaimie n'en perde pas une miette et pour la première fois, j'ai envie de fuir tant ce que je ressens en cet instant me fait peur.
- C'est magnifique...
Et là je ne parle pas de son maillot, mais clairement d'elle tout entier.
- Je... Je reviens j'ai un coup de fil à passer.
Putain qu'elle excuse pourris qui doit pas échapper au couple qui nous fait face, mais qui, je l'espère, échappera à Caroline. Je marche vers le bord de l'eau où je sors mon portable. Quel con en train de faire semblant d'appeler je ne sais qui... Ridicule... Mais j'avais besoin de ce petit temps afin de reprendre mon souffle. Je n'ai jamais ressenti une telle chose pour quelqu'un. Oui, j'ai déjà eu des petites amies, oui j'ai connu beaucoup de femmes et de conquêtes, mais jamais je n'ai eu cette envie de protéger quelqu'un avec autant de force depuis ma mère, ce besoin d'être auprès de quelqu'un, parce que oui... Plus le temps avance plus cela devient un véritable besoin. Mais cette femme vient de quitter un homme, elle vient de vivre une relation si difficile... Comment vouloir lui demander de s'enfermer à nouveau dans un couple... Avec moi... L'homme au sang chaud et aux multiples conquêtes...
Impossible...
Je finis par revenir rapidement alors qu'elles sont en train d'étaler le repas. J'ai une faim de loup.
- On vous a pris des sandwichs au poulet, crudités avec des frites.
Je la regarde et elle me sourit... Putain... Je souris doucement, attendri avant d'hocher la tête.
- Je t’en ai pris deux. Tu vois, je ne suis pas si horrible que ça finalement. Tu me pardonneras sans doute la torture d’après match.
Loin d'être horrible, elle est tout le contraire. La lumière dans un cœur assombri, le phare quand la nuit semble être tombée... Merde...
- Cela dit, si mes mains sont magiques je comprends que tu aies envie d’en profiter.
J'ai envie de tellement plus, mais je me contente de racler la gorge alors que je suis toujours debout comme un con. Putain je ressemble vraiment à un débile et le couple marié n'en rate pas une miette quoi... Je vais le payer bien cher je le sens.
- Je vous en prie, Mr Winchester. Promis, je ne vous mordrai pas.
Aller faut se réveiller là, je n'ai jamais été aussi silencieux. D'habitude je réponds à ses joutes verbales avec espièglerie. Je crois que le fait d'avoir un public ne m'aide clairement pas. Je sais qu'ils me regardent, je sais qu'ils ont compris et que là, ca clignote clairement autour de moi. Je ne peux plus leur mentir tout comme je commence à ne pas me mentir.
Je m'installe à côté d'elle et commence à manger.
- Donc deux, tu as compris que j'étais un vrai morphale ?
Le couple ris alors que Jaimie prend la parole.
- Et encore, la prochaine fois prends-en trois !
Je lève les yeux au ciel alors que Claire tapote le ventre de son mari.
- C'est vrai que tu n'es pas un gros mangeur toi peut-être ! Caroline, pour conquérir un homme, il faut conquérir son ventre !
J'ouvre de grands yeux alors que j'aurais bien envie de donner un coup de pied à Claire, mais c'est impossible en cet instant. Bon sang, pourquoi elle dit ça ! Elle cherche pas à me séduire en remplissant mon ventre... Mais si eux rigolent de la situation, moi ça ne me fait pas vraiment rire. Ma mâchoire se crispe mais je ne dois pas m'énerver... Ca serait clairement ridicule. Je me contente alors de mordre dans mon sandwich et de piquer quelques frites.
Le couple commence à parler entre-eux et je me dis que c'est tant mieux d'une certaine manière. Je me tourne alors vers Caroline.
- Merci en tout cas... Pour les sandwish et d'être venue... T'imagines, passer une semaine avec ces deux là, j'aurais pété un plomb je crois, je dis en riant avant de prendre une frite.
Je finis par redevenir un peu sérieux et pose mon regard sur elle, murmurant un peu pour ne pas qu'ils m'entendent :
- Je suis heureux que tu sois là...
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Caroline Brady
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Sam 21 Oct - 12:26


« C'est magnifique... » Elle l’avait entendu un certain nombre de fois dans sa vie de femme. Elle l’avait entendu un certain nombre fois dans la bouche d’Eric. Elle l’avait entendu un certain nombre fois dans la bouche de ses amies. Mais aucune de ces fois-là ne la bouleversaient comme à cet instant. Peut-être parce que c’était dit de façon naturelle. Honnête. Sincère. Simple. Peut-être parce que c’était Lui. Elle aurait remercié n’importe qui lui disant qu’elle était magnifique, mais un regard seul suffirait à Jon pour comprendre qu’elle était touchée et ravie. Leur relation était quelque peu ambigüe depuis quasiment le début, mais Caroline s’était habituée à ce petit jeu du chat et de la souris, à ce petit flirt sympathique et rafraichissant. Et innocent. Parfois, elle devait reconnaitre qu’il était plus difficile de résister à la tentation. Mais elle réalisait au fil du temps qu’elle avait bien plus de force de caractère qu’elle ne l’aurait cru. Sans cela, elle serait déjà en pâmoison devant lui. Sans cela, sans doute aurait-elle déjà succombé à son charme et aurait déjà partagé son lit. Sans cela, il ne la regarderait pas comme la plus belle du monde aujourd’hui – du moins le pensait-elle sincèrement. « Je... Je reviens j'ai un coup de fil à passer.. » Elle ne perçut pas le malaise ou l’émotion que venait de ressentir Jon, se concentrant sur sa propre émotion et son propre malaise. Nate et Daisy lui avaient suffisamment répété d’être prudente. Et si elle savait l’être, elle avait également un cœur qu’elle ne pouvait pas contrôler. Au début, Jon était un homme. Un homme fort. Un homme charismatique. Un homme agréable à regarder. Mais elle apprenait à le connaitre. Chaque jour. Et il devenait un homme intéressant. Intelligent. Sensible. Attentionné. Ce n’était pas la brute épaisse qu’on évoquait dans les journaux, ou la brute épaisse que ses employés disaient qu’il était – bien qu’avec humour et une certaine tendresse. Jon était un homme à multiples facettes. Un homme qui avait souffert, et qui faisait en sorte de ne plus souffrir. Un homme qui avait travaillé dur pour en arriver là où il en était, mais qui n’en prenait aucun crédit. Un homme qui profitait de la vie, de ce qu’elle avait à lui offrir de meilleur. Un homme bon. Qu’il lui dise qu’il en l’était pas, qu’on lui dise qu’il ne l’était pas lui importait peu. Il lui suffisait de le voir avec Jaimie. Avec Claire. Avec son manager. Avec ses attachés de presse. Oh, il râlait souvent. Oh, il pouvait envoyer balader souvent. Mais dès que l’un rencontrait un problème – professionnel ou personnel – ils pouvaient compter sur leur patron pour être présent et aider. Peu de personnes pouvaient dire ça. Et c’était ces petites attentions, ces petits détails peut-être anodins qui rendaient la tâche difficile pour Caroline et ne pas tomber. « Alors, tu as été dur avec lui ? Ne me regarde pas ainsi, je te connais. Et je le connais. Vous ne seriez jamais venus nous rejoindre si vous n’aviez pas travaillé comme des forcenés, » que Claire engueule gentiment son mari. Jon semblait en pleine forme, mais il ne fallait pas toujours se fier aux apparences. Elle espérait qu’il le serait toujours pour son combat. Elle avait compris à quel point son métier, son sport et ses performances étaient importants pour lui. Elle avait compris que la boxe était son monde, son univers, et qu’il n’avait pas l’occasion de consacrer autant de temps et d’énergie pour autre chose ou pour quelqu’un. « Contrairement à vous, mesdames, nous ne sommes pas là pour prendre du bon temps, » que répond en souriant Jaimie. « On a bien bossé, mais tu connais Jon. Perfectionniste qu’il est, il ne sera jamais entièrement satisfait. Le jour où il sera à 100 % satisfait dans quoique ce soit, on sortira le champagne, » qu’il rit de bon cœur et avec affection en regard vers le boxeur qui terminait sa conversation téléphonique. Jon détestait l’à-peu-près et les imprévus. Il n’aimait pas les surprises. Il aimait que les choses soient à leur place, programmées et suivies à la lettre. Pourtant, avec elle il semblait plus enclin aux surprises et aux imprévus. Combien de fois avait-elle prévenu au dernier moment de son arrivée, ou de son retard ? Combien de fois l’avait-elle surprise depuis qu’ils se connaissaient ? Pourtant, elle ne l’avait jamais entendu râlé, grogné ou se mettre en colère.

Lorsqu’il revient et qu’il s’installe, elle oublie son cœur qui bat la chamade et lui adresse un sourire encourageant. « Donc deux, tu as compris que j'étais un vrai morphale ? » Rires. « Et encore, la prochaine fois prends-en trois ! » Et voilà qu’elle ouvre grands les yeux, comme pour dire qu’il ne fallait pas exagérer. Mais un regard vers Jon lui fait comprendre que trois n’auraient peut-être pas été de refus. « C'est vrai que tu n'es pas un gros mangeur toi peut-être ! Caroline, pour conquérir un homme, il faut conquérir son ventre ! » que lance gaiement Claire en riant. C’était dit de façon si naturelle et logique, sous-entendant pourtant que Caroline devait conquérir le cœur de Jon. Humhum. Non. Elle ne devait pas. Elle ne cherchait pas. Elle ne voulait pas. « C’est ce que j’ai toujours entendu dire, » qu’elle rétorque en riant légèrement et savourant sa salade. Faire comme si de rien n’était, c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Elle ne voulait pas que l’on s’imagine – et surtout pas Jon – qu’elle puisse être séduite par lui. Elle ne voulait pas que l’on voit le rouge à ses joues, trahissant bien plus qu’une gêne ou un malaise. Elle ne voulait pas qu’on entende son cœur battre la chamade. Elle ne voulait pas qu’on lise dans son regard tout ce qu’elle pensait, ressentait. Mais, sentimentale qu’elle est, innocente qu’elle est et honnête qu’elle est, elle ne peut s’empêcher de regarder Jon. Faut dire qu’il est bien trop agréable à regarder. Enfoiré. « Merci en tout cas... Pour les sandwichs et d'être venue... T'imagines, passer une semaine avec ces deux-là, j'aurais pété un plomb je crois. » qu’il les taquine de nouveau avec tendresse. Le couple est occupé à rire et papoter ensemble, les laissant tous deux faire de même. « Oh non, merci à toi de m’avoir invitée tu veux dire. Je suis en Espagne, je mange une merveilleuse salade sur la plage en compagnie de personnes géniales, » qu’elle énumère gaiement. « Je suis heureux que tu sois là... » qu’il lui dit spontanément, doucement et sincèrement, ce qui lui coupe littéralement le souffle. Merci Mr Winchester. Enfoiré. Alors elle lui sourit. Simplement. Tendrement. « Profitons-en alors, » qu’elle lance alors d’une voix douce. Non. Pas profiter, profiter… elle rougit. « Je veux dire, que tu sois heureux maintenant parce que ce soir je ne suis pas sûre que tu ne me maudisses pas, » qu’elle rit nerveusement et bêtement. Chaque fois qu’elle disait quelque chose sous-entendant d’autres choses, à consonance sexuelle entre autre, elle imaginait bien trop facilement les choses. Alors ils dévient la conversation et parlent de choses et d’autres. De sa séance shopping et découverte de la ville, de son entrainement intensif et du boxeur qu’il rencontre le soir-même. Un après-midi ordinaire mais qui rend le voyage extraordinaire.

***

Perdre faisait partie du jeu. Perdre faisait partie du sport. Perdre faisait partie de la compétition. Mais perdre n’était pas une option pour Jon, elle le savait. Il était trop impliqué. Il était trop passionné. Sans même l’avoir revu après le combat, elle savait qu’il serait enragé et en colère. Déçu et dépité. Elle savait qu’il ne voudrait voir personne, ne parler à personne. Mais ils avaient convenu de se voir après le combat, et elle ne laisserait pas la peur de le retrouver dans cet état l’empêcher d’entrer dans sa chambre. Façon de parler ! « J’aime ce garçon, mais ne le laisse surtout pas t’intimider ou mal te parler, d’accord ? » que lui dit sérieusement Claire, la faisant rire. « Jon est très exigeant avec lui-même, bien plus qu’on ne l’imagine. Crois-moi, il risque d’être bien plus en colère que tu ne l’as déjà vu, » qu’elle essaie de préparer Caroline avant le moment fatidique. « Claire, ne t’en fais pas. Je sais parfaitement à quoi m’attendre, » qu’elle la rassure à son tour. Elle était étrangement sereine quant à sa capacité à encaisser la colère et la frustration de Johnny Winchester. Elle était étrangement sereine quant à sa capacité à le calmer également. Aussi quand elle frappa à sa porte, elle l’entendit grogner et râler dans une langue étrangère – ohhhhhhhhh c’était donc ça le gaélique ? Quand il ouvrit et commença par chasser quiconque venu le déranger, elle lui adressa un sourire chaleureux et apaisant. « Puisque tu n’étais pas installé sur le divan comme prévu, je me suis dit que ça ne te dérangerait pas qu’on fasse notre séance dans ta chambre, » qu’elle lui dit naturellement. Encore une fois, Caroline. « Tu n’y échapperas pas, Mr Winchester. Mais je vais être gentille promis, » qu’elle lui dit plus doucement en entrant dans la chambre et en fermant la porte. La colère émanant de lui pouvait être impressionnante et effrayante, mais il lui avait dit un jour qu’elle n’avait pas à avoir peur de lui, et elle savait qu’elle n’avait pas à avoir peur de lui. Jamais. Elle mentirait si elle disait ne pas avoir le cœur battant, et elle mentirait si elle disait qu’elle ne craignait pas qu’il lui demande brutalement de dégager de sa chambre pour le laisser tranquille. Mais elle prend une bonne inspiration et lui attrape la main pour l’emmener vers le lit. Pas sûr que ce soit une bonne idée… elle le force à s’assoir et une fois qu’elle est sûre qu’il ne va pas la chasser, elle ôte ses sandales pour venir se placer derrière lui et débute un massage de ses épaules et de sa nuque tendus. La tension dans ses muscles est assez violente, mais elle ne s’avoue jamais vaincu. Elle laisse ses mains magiques faire leur boulot, et il finit par soupirer. « J’ai fini par t’entendre parler gaélique finalement, » qu’elle lui dit doucement en souriant bien qu’il ne puisse pas la voir. « Tu sais, je ne sais pas trop comment tu gères ce genre de choses habituellement, et je ne sais pas trop si je devrais la fermer et partir… Alors je vais choisir d’être moi-même, » qu’elle dit d’une voix douce mais rieuse pour détendre ses nerfs et ses muscles. Parfois, la douceur et l’humour étaient la clé pour se sentir mieux. « Je t’ai trouvé merveilleux sur le ring, ce soir. Peu importe le résultat, je t’ai trouvé merveilleux parce qu’après plus de dix heures d’avion et une journée d’entraînement intensif, j’estime que y a peu d’hommes qui auraient été capables d’être à la hauteur ce soir, » qu’elle le complimente sincèrement. « Alors, oui, je n’y connais pas grand-chose dans cet univers et je ne sais pas ce que ça implique pour toi ce combat, mais… » qu’elle continue en ne cessant pas de le masser, mais il l’interrompt brusquement en se retournant vers elle. Son visage est parsemé de quelques coupures, par-ci, par-là, et diable qu’elle a le cœur lourd de le voir si meurtri. Autant physiquement que moralement. Le silence s’installe plusieurs secondes entre eux, laissant place à pleins de choses qu’ils ne sont pas prêts à exprimer, à assumer, à accepter. « C’est peut-être pas le moment et l’endroit pour te dire que l’important, ce n’est pas de gagner… mais de jouer, » qu’elle finit par lui dire en espérant déclencher un rire et non pas un raz-de-marée de fureur. Sans cela, elle ne saurait pas quoi faire pour le calmer et soulager sa fureur. Du moins, elle préférait ne pas le faire. Car la seule idée qui lui venait en tête les foutrait dans un pétrin sans nom. Surtout elle.



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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Sam 21 Oct - 15:13

viva espanaaaa
Caroline ∞ Jonnhy
J'ai perdu... Alors que j'avais fait un sans faute durant cette année voilà que j'ai perdu en Espagne contre un mec bien plus loin que moi dans le classement. Je me sens humilié et j'ai l'impression de ne pas avoir été assez concentré. Je me maudis d'avoir été à la plage avec tout le monde, j'aurais dû travailler un peu plus mon corps, j'aurais dû regarder plus de vidéos de ses mouvements pour apprendre à les éviter, j'aurais dû... Mais en même temps je n'arrive pas à regretter le temps que j'ai pu passer auprès d'elle.
Mon entraîneur est venu me voir, mais il n'a rien dit pendant que je balançais tout ce que je pouvais dans la loge. Il sait comment je suis, il sait à quel point je peux être perfectionniste. Il sait aussi que s'il dit un mot je risque de le frapper et de le regretter énormément. Il me connaît par cœur et décide de prendre ses affaires en silence avant de me laisser. Je ne me souviens même pas comment j'ai fait pour arriver jusqu'à la chambre d'hôtel. Je ne sais pas comment je fais pour ne pas tout casser dans cette pièce. Certainement par respect que j'ai pu apprendre de la part de ma mère. Pourtant j'ai tellement envie de balancer cette lampe, et puis ce verre ! A la place, je sors une bière du frigo que je bois rapidement, serrant le goulot un peu trop fort (sans casser le verre une chance on dira). Je ne fais même pas attention à mes blessures, je suis tellement en colère que je ne cherche même pas à me soigner.
On frappe à la porte soudainement ce qui a le don de me faire rager un peu plus. Comme si je voulais voir quelqu'un maintenant.
- Faigh dheth Tha mi airson duine fhaicinn*, que j'hurle en gaélique, jurant encore un peu en me redressant quand on frappe à nouveau à la porte.
Mais alors que je suis prêt à dégager la personne de la façon la moins polis possible, je me fige en tombant nez à nez avec Caroline. On avait prévu de se voir après mais je pensais qu'elle aurait compris le message en voyant ma défaite. J'aurais dû me contenter de tout à l'heure et ne pas demander à la revoir après putain.
- Puisque tu n’étais pas installé sur le divan comme prévu, je me suis dit que ça ne te dérangerait pas qu’on fasse notre séance dans ta chambre. Tu n’y échapperas pas, Mr Winchester. Mais je vais être gentille promis.
Elle me passe en dessous pour rentrer et moi je suis toujours figé dans l'entrée. Je finis par froncer le nez et claque la porte. Cette fille est tellement têtue que je sais que je pourrais plus la faire sortir maintenant.
- Seòrsa siùrsach !**
Je me tourne alors vers elle et me retiens de ne pas l'envoyer balader. Je ne veux pas être ainsi avec elle, mais elle a vraiment mal choisi son moment. Je commence à serrer le poing pour me retenir alors que je sens tout mon corps se crisper. Et alors qu'elle devrait avoir peur, alors qu'elle devrait fuir la voilà qui prend ma main dans la sienne. Je reste comme un con à la fixer, sans savoir quoi faire. Je sens mon souffle se faire un peu plus rapide alors que le silence s'est installé entre nous. Sans que je ne m'en rende vraiment compte, je la laisse me guider jusqu'au bord du lit où je m’assois. Je la regarde se mettre à l'aise en retirant ses chaussures avant qu'elle ne vienne se placer derrière moi. Je ne sais pas comment expliquer ce que je ressens, mais je ferme les yeux quand je sens ses mains se poser sur moi. Elle l'a déjà fait, bien sûr c'est son métier et je l'emploie pour ça, seulement c'est différent. Depuis cet après-midi tout semble plus intense, et puis je viens de perdre. Personne n'a fait ce qu'elle est en train de faire depuis que ma mère est morte. Elle est la seule que je ne pouvais pas envoyer balader et maintenant, il y a Caroline. Ses mains massent mes épaules et je baisse la tête alors que je me dis qu'elle est la seule à pouvoir me réduire au silence après une défaite...
- J’ai fini par t’entendre parler gaélique finalement.
Je fronce le nez. J'aurais préféré qu'elle ne l'entende jamais.
- Tu sais, je ne sais pas trop comment tu gères ce genre de choses habituellement, et je ne sais pas trop si je devrais la fermer et partir… Alors je vais choisir d’être moi-même.
Un léger sourire naît sur mon visage sans qu'elle puisse le voir. Je veux qu'elle soit elle parce que c'est ainsi que je l'adore... Plus que tout...
- Je t’ai trouvé merveilleux sur le ring, ce soir. Peu importe le résultat, je t’ai trouvé merveilleux parce qu’après plus de dix heures d’avion et une journée d’entraînement intensif, j’estime que y a peu d’hommes qui auraient été capables d’être à la hauteur ce soir.
Je rouvre les yeux pour écouter ce qu'elle me dit. Jaimie aurait pu me dire la même chose que je l'aurais envoyé bouler, violemment je pense c'est pour ça qu'il ne s'y risque pas. Pourquoi cela me touche plus lorsque cela vient d'elle. Ce n'est pas pour autant que je l'apprécie moins bien au contraire, c'est juste dans mon caractère. Chacun de ses mots me vont droit au cœur, j'ai l'impression d'être même transpercé droit au cœur. Je viens de perdre, et pourtant elle m'a trouvé merveilleux... Sa voix ne me trompe pas, elle est fière de moi...
- Alors, oui, je n’y connais pas grand-chose dans cet univers et je ne sais pas ce que ça implique pour toi ce combat, mais…
Je me tourne vers elle pour la regarder, voulant voir son regard, voulant puiser dans ses yeux afin de retrouver la force.
- C’est peut-être pas le moment et l’endroit pour te dire que l’important, ce n’est pas de gagner… mais de jouer.
Ses mains toujours sur mes épaules, je viens saisir sa main droite avec ma gauche alors que je souris un peu.
- Ma mère avait tendance à dire ça quand je perdais... La seule que j'écoutais... Jusqu'à aujourd'hui, je murmure en ne la lâchant pas des yeux.
Je tire un peu sur sa main sans la lâcher pour qu'elle vienne me faire face. Sans vraiment m'en rendre compte, je l'invite à s'installer à califourchon sur mes jambes et je pose sa main sur mon cœur. Sa proximité me trouble tout comme elle m'apaise.
- Je sais que tu as raison... Mais la boxe est toute ma vie... J'ai choisi le métier de sportif, un métier que je ne vais pas pouvoir faire toute ma vie comme les autres... Quand je perds, j'ai l'impression de m'approcher de la fin de ma carrière et... Je suis pas prêt à perdre la chose pour laquelle je donne tout chaque jour depuis tant d'années. C'est la seule chose qui me reste... Pour laquelle je suis faite... La boxe est toute ma vie...
Je ne l'ai pas lâché des yeux tout comme je n'ai pas lâché sa main quand j'ai dit tout cela. Encore une fois, je me livre à elle et elle est la seule qui peut faire ça, surtout après cette défaite. Pourquoi ? Je n'en sais rien, j'ai tout simplement l'impression que j'ai besoin d'elle plus que jamais. Je ne me suis pas senti aussi proche de quelqu'un depuis si longtemps, et je n'ai pas envie qu'elle parte...
- Je ne veux pas rester seul... Reste avec moi... S'il te plait...

* Dégagez je veux voir personne.
** Putain !
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Caroline Brady
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Sam 21 Oct - 17:23


Elle n’était pas mal à l’aise avec la proximité. Toucher, ça faisait partie de son métier. Elle était très tactile. Affective. Attentionnée. Gentille. A l’écoute. Elle ne saurait jamais tourner le dos à quiconque avait atteint son cœur. Elle était d’ailleurs incapable de tourner le dos à quiconque demandait de l’aide, proches ou pas. A une certaine époque, il arrivait à Clay de perdre un match contre l’équipe adverse. Et à cette même époque, c’était lui qu’elle venait réconforter et soulager de sa frustration. Clay était son petit ami à l’époque, et il était sans doute moins sanguin que Johnny Winchester. Mais elle avait compris au fil du temps qu’elle détenait non seulement le don de soulager les gens par ses mains magiques, mais également par sa simple présence. Folle ou pas, tenter sa chance avec Jon était un risque qu’elle était prête à prendre, qu’elle souhaitait prendre. Elle pouvait lui parler. Le rassurer. Le faire rire. Le faire sourire. Ou le faire pleurer. Tant qu’elle lui permettait de penser à autre chose, de respirer mieux, de se calmer, de relativiser. Elle pouvait le masser, détendre ses muscles, ses nerfs et lui faire réaliser que ce soir n’était qu’un soir comme les autres. Que cette défaite n’en était qu’une parmi tant d’autres. Que cette défaite n’enlevait rien à ses précédentes victoires et à celles à venir. Elle était prête pour l’apaiser tant qu’elle le pouvait, comme elle le pouvait. Peu importait que cela ne fasse pas partie de ses fonctions. Peu importait qu’elle ne soit qu’une kinésithérapeute et qu’elle ne doive se soucier que de ses muscles et de sa santé. Ils étaient bien plus que cela l’un pour l’autre, et il n’y avait pas de mal à l’admettre. Même si ce n’était pas verbalement. « Ma mère avait tendance à dire ça quand je perdais... La seule que j'écoutais... Jusqu'à aujourd'hui, » qu’il lui dit d’une voix bien plus douce que plus tôt lorsqu’il avait parlé en gaélique. Il semble plus apaisé. Plus calme. Plus posé. Et elle est plutôt fière d’être parvenue à affronter la bête. Elle est plutôt fière d’être parvenue à soulager l’homme. Lorsqu’il lui prend la main et qu’il la guide pour qu’elle s’installe confortablement contre lui – dans une position quelque peu équivoque et fortement intime – son cœur manque plusieurs battements. Mais dans son regard, cela semble naturel. Mais dans son regard, cela semble anodin. Mais dans son regard, cela semble rassurant. Alors, elle l’écoute. Alors, elle attend patiemment. « Je sais que tu as raison..., » qu’il commence doucement. Quelque part au fond d’elle, elle se doute que ses paroles auraient pu être dites d’une toute autre manière, d’une toute autre façon, sur un ton totalement différent. Claire et Jaimie le lui ont fait comprendre – Jon est indomptable et trop furieux quand il essuie une défaite. Alors qu’ils attendraient sans doute le lendemain pour affronter leur patron, Caroline avait choisi de ne pas attendre. Et elle recevait un tout autre accueil. Elle faisait face à un tout autre Jon Winchester que dépeint par les autres. « Mais la boxe est toute ma vie... » Sa main posée sur son cœur battant, elle acquiesce lentement. « J'ai choisi le métier de sportif, un métier que je ne vais pas pouvoir faire toute ma vie comme les autres... Quand je perds, j'ai l'impression de m'approcher de la fin de ma carrière et... Je suis pas prêt à perdre la chose pour laquelle je donne tout chaque jour depuis tant d'années. C'est la seule chose qui me reste... » qu’il lui avoue et ça l’attriste. Parce qu’il y a tellement plus qu’une carrière dans une vie. Il y a tellement plus qu’un sport dans une vie. Il mérite tellement plus que ça. « Pour laquelle je suis fait... La boxe est toute ma vie... » qu’il répète doucement en serrant plus fortement sa main contre son cœur. Cette proximité pourrait être dérangeante. Cette proximité pourrait être déstabilisante. Effrayante. Terrifiante. Gênante. Troublante. « Je ne veux pas rester seul... Reste avec moi... S'il te plait... » BORDEL DE MERDE. DAMN YOU. ENFOIRÉ. NON. BORDEL DE MERDE. Parce que cette proximité est bien plus que dérangeante. Bien plus que déstabilisante. Bien plus qu’effrayante. Bien plus que terrifiante. Bien plus que gênante. Bien plus que troublante.

Alors, elle passe une main sur son visage meurtri. Alors, elle lui sourit tendrement. Alors, elle pose son front sur le sien. Alors, son regard se perd dans la sien. Et plus rien d’autre ne compte. Et son souffle caresse sa peau. Et son souffle l’appelle. Et son souffle s’éteint à l’instant même où ses lèvres joignent les siennes. Alors, elle sent les mains de Jon. Dans sa chevelure. Dans son dos. Sur sa peau. Alors, elle sent sa langue chaude qui la réclame. Alors, sa main se perd dans ses cheveux roux. Alors, elle se perd elle-même parce qu’elle est incapable d’arrêter ce qui se produit. Leurs souffles mêlés. Leurs lèvres scellées. Leurs cœurs battant à l’unisson. Leurs peaux se réclamant l’une et l’autre. Alors, elle se sent femme. Alors, elle se sent vivante. Alors, elle se sent épanouie.

Et la réalité la rattrape. Elle est toujours installée à califourchon sur lui. Elle a toujours sa main posée sur son cœur. Elle a toujours son regard ancré dans le sien. Et il attend toujours sa réponse à sa demande. Seigneur. A-t-il perçu ce qu’elle pensait et imaginait une seconde avant ? Seigneur. A-t-il deviné ce qu’elle avait imaginé lui faire une seconde avant ? Seigneur. A-t-il perçu ce qu’elle l’imaginait lui faire une seconde avant ? Alors, elle soupire et lui adresse un sourire. « Ta carrière est loin d’être terminée, Mr Winchester, » qu’elle finit par dire d’une voix plus rauque qu’elle ne l’aurait cru. « J’ai cru voir quelques journalistes très impatients de te voir en bas. Et j’ai bien cru entendre certaines questions concernant tes futurs combats contre – ne me demande pas les noms exacts – et sur le comment tu appréhendais ces matchs-là. Cette défaite est déjà oubliée pour certains, » qu’elle le rassure à sa manière. Il avait peut-être perdu, mais elle n’avait pas besoin d’être un super connaisseur pour savoir qu’il avait vaillamment combattu. « Et ce n’est pas tout ce qu’il te reste, » qu’elle lui dit encore. « Tu ne perdras personne quand tu arriveras à la fin de ta carrière, tu sais, » qu’elle continue simplement. « Jaimie, Claire… moi. Ce n’est pas parce que tu ne boxeras plus qu’il faudra t’attendre à ce qu’on te tourne le dos et t’abandonne, » qu’elle lui assure parce qu’elle a l’impression quelque part que c’est quelque chose à laquelle il a pensé. Que sans son talent, sans son titre, sans cette carrière, il ne valait plus rien. Ni pour la boxe. Ni pour ceux qui l’entouraient. Elle réalise qu’elle est toujours installée sur lui d’une façon trop intime pour deux amis, et que cette proximité lui donne bien trop d’idées à ne pas avoir. Alors, doucement elle pose ses mains sur ses épaules et se relève en riant nerveusement. « Comment refuser ? » qu’elle lui dit gentiment en acceptant ainsi de rester avec lui. C’était une TRÈS MAUVAISE IDÉE. La PIRE DES IDÉES. Mais comment pouvait-elle refuser en effet ? « J’ai une faim de loup, » qu’elle dit alors pour briser la tension palpable dans toute la pièce. « Si je commandais quelque chose qu’on nous amène ici, pendant que tu prends une longue douche chaude et brûlante. Ça terminera de te relaxer ces muscles tendus, » qu’elle lui propose souriante. Et ça leur permettra de reprendre contenance et de calmer leurs ardeurs, n’est-ce pas ?

« C’est le service d’étage avec notre commande, » qu’elle lui dit alors qu’il sort de la douche – FHIBGHKFBGHBIDNB – et que l’on sonne à la porte. Elle lui a commandé une magnifique côte de bœuf avec des pommes de terre sautées en veux-tu, en voilà. De son côté, elle a opté pour un sublime saumon à la sauce groseille avec du riz nature. Elle en salive d’avance – et mieux vaut saliver sur son plat que sur l’homme qui venait de la rejoindre. Le jeune homme qui a apporté leurs plats lui adresse son plus beau sourire tandis qu’elle lui tend un billet pour le remercier. « Merci, ça a l’air délicieux ! » qu’elle se contente de lui dire. « C’est un choix délicieux, je peux vous le confirmer. Je vous souhaite un bon appétit, mademoiselle, » qu’il lui lance avant d’apercevoir Jon et de se racler la gorge en prenant la sortie. « Je crois que tu as effrayé ce pauvre maître d’hôtel… » qu’elle dit en se tournant vers Jon, mi-rieuse, mi-faussement-choquée. « Alors, on se dévore ? Je veux dire, nos plats ! » qu’elle propose maladroitement à Jon en s'installant à la seule table présente dans la chambre.

La nuit promettait d'être LONGUE.



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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Sam 21 Oct - 18:46

viva espanaaaa
Caroline ∞ Jonnhy
Main sur mon cœur, je suis certaine qu'elle peut le sentir aller plus vite alors que je me confie à elle. Elle reste silencieuse, un silence qui se pourrait gênant mais qui entre nous relève une tension des plus agréables. Nos regards restent encrés, le seul moment où je dévie est pour regarder ses lèvres quelques secondes. J'ai envie de me pencher un peu plus, j'ai envie de sentir son souffle un peu plus contre le mien, j'ai envie de sentir sa peau contre mes lèvres.
J'ai envie de l'embrasser.
- Ta carrière est loin d’être terminée, Mr Winchester.
Je cligne rapidement des yeux, comme pris sur le fait. Si cela avait été le cas, m'aurait-elle laissé faire ? Est-ce qu'elle ne m'aurait pas rejeté ? Je crois que je n'aurais pas supporté une seconde défaite ce soir, surtout une défaite auprès de Caroline. Ce n'est pas de la colère que je ressentirais, mais je sais déjà que je me sentirais détruit...
J'ai déjà dit que j'étais foutu ?
- J’ai cru voir quelques journalistes très impatients de te voir en bas. Et j’ai bien cru entendre certaines questions concernant tes futurs combats contre – ne me demande pas les noms exacts – et sur le comment tu appréhendais ces matchs-là. Cette défaite est déjà oubliée pour certains.
Je baisse la tête. Quel journaliste voudrait savoir ce que je vais faire après une défaite aussi lamentable... Je n'ai aucune envie de parler aux journalistes et je ne le fais pas, car je sais que je pourrais devenir violent et perdre la sympathie du public.
- Et ce n’est pas tout ce qu’il te reste. Tu ne perdras personne quand tu arriveras à la fin de ta carrière, tu sais. Jaimie, Claire… moi.
Je redresse à nouveau la tête pour la regarder de nouveau. Je nevais pas la perdre...
- Ce n’est pas parce que tu ne boxeras plus qu’il faudra t’attendre à ce qu’on te tourne le dos et t’abandonne.
C'est comme si elle pouvait lire en moi comme dans un livre ouvert. Comme si elle avait compris cette peur qui m'assaille chaque fois que je pense à la fin de ma carrière. En perdant mon métier, j'ai peur de tout simplement tout perdre. Une sensation que je ressens lorsque soudainement elle se redresse, s'éloignant de moi. Putain c'est normal ce vide que je ressens en cet instant ? J'ai presque envie de rattraper sa main pour qu'elle revienne contre moi, mais ce n'est pas d'actualité... J'ai peur qu'elle me fuit maintenant, qu'elle cherche à partir alors que je me suis ouvert, alors que je lui ai demandé si elle voulait rester avec moi. Je vois le moment où elle va me dire que cela serait trop tendancieux et elle aurait raison. J'attends l'instant où elle va me dire que je ne devrais pas la toucher ainsi et elle aurait raison. Je la vois me dire qu'elle ne peut pas car je suis son patron, et elle aura raison... Mais je pourrais la virer s'il le faut (d'un romantisme je sais)...
- Comment refuser ?
Je suis certaine qu'elle peut entendre le souffle de soulagement alors qu'elle reste. Pourtant ce vide ne me quitte pas. J'aurais tellement voulu qu'elle reste proche de moi.
- J’ai une faim de loup. Si je commandais quelque chose qu’on nous amène ici, pendant que tu prends une longue douche chaude et brûlante. Ça terminera de te relaxer ces muscles tendus.
Je regarde son sourire auquel je réponds timidement avant d'hocher la tête. Elle a tout simplement dompté la bête et je ne suis pas capable de lui dire non. Alors je me redresse en silence et me dirige vers la salle de bain. Je ne me suis pas vu à la fin du match et je grimace en remarquant les marque sur mon visage ainsi que le sans sécher. Une douche ne peut que faire du bien, et pas seulement pour les muscles. Je reste longtemps sous l'eau, me lavant de mon stress, me lavant de ma colère, laissant mon vide couler au rythme de l'eau afin de laisser le Jon normal prendre place. Depuis cet après-midi je ne cesse d'agir bizarrement avec elle, c'est étrange et je crois que je commence à perdre patience avec elle, parce que je crois que j'ai envie d'elle comme jamais je n'ai eu envie d'une femme avant. Je ne parle pas de tension sexuelle, je parle de sa personne tout entière, je parle de sa personnalité, de son regard, de son humour, de sa façon d'être elle-même. Je parle d'elle tout simplement.
- C’est le service d’étage avec notre commande.
Aller, je dois sortir. J'enfile une serviette autour de mes hanches et sort de la salle de bain, m'approchant de l'armoire afin de trouver de quoi m'habiller.
- Merci, ça a l’air délicieux !
- C’est un choix délicieux, je peux vous le confirmer. Je vous souhaite un bon appétit, mademoiselle.
Je fronce le nez et apparais dans le champ de vision du maître d'hôtel. Je grogne, marquant d'une certaine manière mon territoire, chose que je ne devrais pas faire normalement vu qu'elle est totalement libre. Je me dis aussi que ma nudité lui permet de croire que nous sommes ensemble et cela me ravit. Elle finit par fermer la porte et je peux retourner à mes affaires.
- Je crois que tu as effrayé ce pauvre maître d’hôtel…
Je lève les yeux au ciel.
- Il avait qu'à venir tout à l'heure, là je lui aurais fait peur, alors que toi tu as osé rentrer malgré tout, je dis sous le ton de l'admiration.
- Alors, on se dévore ?
Oh bon sang... J'aimerais bien...
- Je veux dire, nos plats !
Merde... Je souris, amusé par sa gêne en hochant la tête.
- J'enfile mon pyjama et j'arrive.
Je retourne rapidement dans la salle de bain pour enfiler un boxer et un pantalon avant de ressortir. Oui, pyjama petit mais bon, d'habitude je dors en boxer ou nu donc bon. On fait des efforts pour ne pas choquer mademoiselle Brady qui a gentiment accepté de rester auprès de moi cette nuit, après une défaite surtout.
Je m'installe sur le bord du lit alors que je découvre ce qu'elle m'a commandé, cela me fait rire.
- Tu as pris note que j'étais un véritable morphal et du coup tu m'as pris le plus gros morceaux de viande et plein de patate. Et tu as pris quelque chose de raffiné. Ca te ressemble, je dis sur le ton de la confidence.
C'est un compliment que je lui fais, je ne vois pas comment je pourrais faire autrement. Je commence à manger et souris, je me rends seulement compte à quel point j'avais une faim de loup moi aussi. J'ai tellement tout donné au match que j'ai utilisé beaucoup de calories.
- Tu vois... Si tu n'étais pas resté je n'aurais pas pensé à manger... J'aurais sûrement rien fait d'autre que détruire cette chambre...
Je baisse la tête, serrant le poing.
- Je n'aurais jamais dû perdre ce match... Ca me fait chier... J'aurais aimé terminer ce voyage en beauté et je sais que je vais être en colère... Je vais essayer de pas gâcher la fin de votre voyage...
On est encore là pendant 5 jours après tout...
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Caroline Brady
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Dim 22 Oct - 0:15


Si elle n’était pas Caroline, elle aurait caressé sa peau. Si elle n’était pas Caroline, elle aurait embrassé ses lèvres. Si elle n’était pas Caroline, elle l’aurait laissé ses mains parcourir son corps. Si elle n’était pas Caroline, elle aurait laissé Jon la posséder. Si elle n’était pas Caroline, elle se serait entièrement abandonné à lui. Et si son corps lui hurlait toutes ces choses, sa tête, elle, lui interdisait formellement d’y succomber. Ses principes aussi. Sa raison aussi. Ses valeurs aussi. Ils étaient tous deux vulnérables à cet instant. Tous deux émus. Tous deux fatigués. Il était trop énervé. Trop tendu. Trop déçu. Trop émotif. Elle était trop sensible. Trop à fleur de peau. Trop seule. Caresser sa peau aurait été une erreur. Embrasser ses lèvres aurait été une erreur. Ses mains sur son corps auraient été une erreur. Le laisser la posséder aurait été une erreur. S’abandonner à lui aurait été une erreur. Pas ici. Pas comme ça. Pas maintenant. S’éloigner de Jon avait été difficile et compliqué qu’elle ne l’aurait cru. S’éloigner de Jon lui avait demandé bien plus de force et de courage qu’elle ne l’aurait cru. Pourtant, s’éloigner était la bonne réponse. S’éloigner était la solution. S’éloigner était préférable. S’éloigner était adéquat. Tout autant que manger. « Bonsoir, j’aurais souhaité commander une côte de bœuf accompagnée de pommes de terre sautées – et si possible ne pas lésiner sur la quantité, Mr Winchester a un bon appétit et il en a bien besoin ce soir, » qu’elle commande tandis qu’elle entend la douche couler. Et que son imaginant débordante la laisser imaginer bien trop de choses peu avouables. « Ensuite ? Oui, bien sûr, ensuite je prendrais votre saumon avec du riz, » qu’elle continue de commander sans quitter des yeux la porte de la salle de bains. Caroline était la plus romantique des femmes, et certainement la plus romantique des deux personnes de cette chambre. Pourtant, à cet instant elle se sentait comme la plus dépravée et la plus perverse de toutes. Il n’y avait rien d’anormal à imaginer un homme nu. Il n’y avait rien d’extraordinaire à imaginer un homme nu. Il n’y avait rien de plus naturel que de désirer un homme. Il n’y avait rien de plus sain que de désirer un homme. A ce point cependant ? « Une panna cota et une mousse au chocolat, s’il vous plait, » qu’elle conclut leur repas pour la soirée. Il avait besoin d’un bon remontant. Il avait besoin de douceur et comme elle ne pourrait pas lui offrir celle qu’elle rêverait de lui offrir, la mousse au chocolat ferait le boulot pour elle. En attendant, elle fit les cents pas dans la chambre. Elle eut le temps de se demander ce qu’elle foutait ici exactement : dans cette chambre et en Espagne. Elle eut le temps de se répéter inlassablement que c’était une connerie monumentale que de passer la nuit ici, près de lui, juste parce qu’il le lui avait gentiment demandé. Elle eut le temps de se rassurer en se disant que le lit était suffisamment grand pour qu’ils dorment fort bien éloignés l’un de l’autre. Et elle eut le temps d’imaginer tout un tas de scénarios possibles qui l’amènerait à se rapprocher malgré tout. Quelle incorrigible romantique et quelle incorrigible petite idiote. Elle aurait presque sursauté lorsque la sonnette retentit, annonçant enfin l’arrivée du repas. Jon était resté un long moment sous la douche, et elle espérait que l’eau aura eu l’effet escompté : à savoir le calmer et l’apaiser. Mais son regard reste dur et impartial, tout comme son visage, quand le maître d’hôtel quitte la chambre. « Il avait qu'à venir tout à l'heure, là je lui aurais fait peur, alors que toi tu as osé rentrer malgré tout, » qu’il lui dit, mi-agacé et mi-fasciné. Elle hausse les épaules. « Je t’ai dit un jour que je n’avais pas peur de toi… et tu m’as dit un jour que je n’avais pas à avoir peur de toi, » et cela était suffisant pour qu’elle ose l’affronter sur tous les plans. Non. Pas tous les plans. Absolument pas tous les plans. Et il sourit en plus. Elle était foutue ? Elle était foutue, pas vrai ? Oui, elle était foutue. « J'enfile mon pyjama et j'arrive. » Un pyjama ? Bon sang, elle avait oublié ce détail ! Elle n’avait pas son pyjama avec elle. Elle était vêtue d’un jean et d’un haut rouge qui lui allait parfaitement au teint. Elle pouvait dormir ainsi, après tout ça leur éviterait de succomber à quoique ce soit… tous ses « pyjamas » étaient un peu trop « sexy » pour qu’elle ose les porter en sa présence.

Enfin, il la rejoint et elle oublie ces détails – il n’était pas encore l’heure d’aller au lit. « Tu as pris note que j'étais un véritable morphal et du coup tu m'as pris le plus gros morceau de viande et pleins de patates. Et tu as pris quelque chose de raffiné. Ça te ressemble, » qu’il la complimente en la faisant sourire. « C’est surtout que je suis plus poissons que viandes, personnellement. Mais merci, » qu’elle lui sourit. La pièce n’est allumée que par les lampes de chevet, aussi cela donne un petit contexte intime et chaleureux. « Tu vois... Si tu n'étais pas restée je n'aurais pas pensé à manger... J'aurais sûrement rien fait d'autre que détruire cette chambre... » Elle lance un regard aux alentours, en imaginant ce qu’il aurait pu détruire et ce que cela aurait pu lui coûter. Ce détail n’était peut-être pas aussi important pour lui que pour elle cependant. Ils n’avaient pas le même compte en banque, et pas la même notoriété. « Ç’aurait été dommage. Elle est plutôt classe, ta chambre, » qu’elle rétorque avec malice. « Je n'aurais jamais dû perdre ce match... Ça me fait chier... J'aurais aimé terminer ce voyage en beauté et je sais que je vais être en colère... Je vais essayer de pas gâcher la fin de votre voyage... » qu’il enchaîne plus calmement néanmoins que lorsqu’elle était arrivée dans la chambre un peu plus tôt. « C’est normal d’être déçu et fâché. Mais comme disait Churchill, le succès c’est l’art d’aller d’un échec à un autre sans perdre son enthousiasme, » qu’elle lui dit en espérant le faire sourire. Et peut-être un peu à le faire relativiser. Il lui fallait avancer et penser à son futur combat, pas à celui-ci. Plus facile à dire qu’à faire, elle en était consciente. Lorsqu’elle avait décidé de quitter Eric, il lui avait fallu près d’un an avant de se lancer. Elle était mal placée pour juger Jon à ce sujet. « Claire et Jaimie m’avaient conseillé de te laisser tranquille… que je risquais un peu ma vie ne te rejoignant, » qu’elle lui avoue en grimaçant et souriant. « Je crois qu’ils m’ont cru un peu folle de tenter l’expérience quand même. Mais encore une fois, j’ai bien fait. Ça n’a rien à voir, mais quand je participais à des concours de danse et que je finissais dans le top 5 mais pas 1ère, j’étais vraiment mais vraiment énervée et déçue, » qu’elle lui raconte et qu’elle rit en le voyant hausser un sourcil, l’air sceptique. « Oui, Mr Winchester, je suis capable de m’énerver et de péter un câble moi aussi. C’est rare, je le reconnais… mais c’est pas impossible. Je ne suis pas un ange, » qu’elle continue en se donnant l’air fier et assuré. C’était dur de l’imaginer en colère, tellement en colère qu’elle casserait tout sur son passage et qu’elle jurerait comme un routier. Oui, très dur d’imaginer. « Je t’ai pris une mousse au chocolat – je savais pas si tu aimais, mais je me suis dit que tout le monde aime le chocolat. Sinon, ne t’en fais pas… il sera pas perdu, » qu’elle sourit avec un regard coquin tout en savourant sa panna cota. Ils avaient l’air si à l’aise ensemble. C’était d’un naturel que de lui parler. C’était d’un naturel que de l’écouter. C’était d’un naturel que de papoter de tout, de rien. C’était d’un naturel effrayant. Irritant. Intriguant. Évident. « Si j’avais su que je passerais la nuit avec toi, j’aurais pris mon pyjama, » qu’elle se rappelle de ce détail. « Enfin, la nuit avec toi… on se comprend bien sûr, » qu’elle se rattrape de nouveau. Mais il la regarde de nouveau, et il ne rit pas. Non, il ne la regarde pas. Il la contemple. « Et sinon… tu pensais à quoi pour finir ce voyage en beauté ? Je veux dire, il reste encore quelques jours avant qu’on ne reparte, je suis certaine qu’il y a tout un tas de choses à faire ? » Tout un tas de choses à faire qui ne nécessitent pas une chambre et un lit à coucher.


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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Mer 25 Oct - 18:15

viva espanaaaa
Caroline ∞ Jonnhy
- Je t’ai dit un jour que je n’avais pas peur de toi… et tu m’as dit un jour que je n’avais pas à avoir peur de toi.
Je m'approche d'elle jusqu'à lui faire face, jusqu'à ce que nos corps se frôlent, se touchant presque mais ne dépassant pas cette limite. Pourquoi ? Parce que je crois que je serais incapable d'y résister. Je me demande si maintenant c'est une bonne idée de passer la nuit avec elle. Je vais dormir dans le même lit qu'elle, je vais partager la même chambre et nous n'allons rien faire d'autre que de parler. Cela ne me déplaît pas, au contraire, seulement cette proximité entre nous est de plus en plus difficile parce que j'ai envie de la toucher, j'ai envie de caresser sa peau qui semble si douce, j'ai envie d'échanger les rôles que ce soit moi qui pose les mains sur elle. Et plus que tout, alors que mon regard dévie dangereusement sur ses lèvres, ces paroles s'encrent au plus profond de moi. Naturellement, je place délicatement une mèche de cheveux derrière son oreille en souriant.
- Tu es incroyable tu le sais ça ?
Je lui souris sans la lâcher des yeux.
- Tu as raison, tu n'as pas à avoir peur de moi... Jamais je ne te ferais de mal...
Je reste quelques secondes de plus à la regarder avant de m'éloigner à contre cœur, allant enfiler un pyjama histoire d'être un peu plus décent. Ok, j'enfile juste un pantalon mais c'est déjà plus de tissu que lorsque je boxe.
On s'installe et je ne peux m'empêcher de remarquer qu'elle a commandé beaucoup de nourriture. Mais après la fin d'un match aussi intense qui m'a demandé beaucoup d'énergie, cela ne peut être qu'une bonne idée. Je me permets alors de lui avouer que si elle n'avait pas été là, j'aurais certainement passé ma nuit à hurler en gaélique tout en détruisant ma chambre d'hôtel, si bien que l'hôtel aurait voulu me virer dès ce soir.
- Ç’aurait été dommage. Elle est plutôt classe, ta chambre.
Je lève les yeux au ciel en riant.
- Elle l'est plus maintenant c'est certain.
Je ne la regarde pas en disant cela, me maudissant d'être aussi ouvert envers elle. Bon sang, c'est comme si elle avait ouvert les vannes de mon cœur pour s'y encrée, et le pire, c'est que c'est une sensation si délicieuse...
- C’est normal d’être déçu et fâché. Mais comme disait Churchill, le succès c’est l’art d’aller d’un échec à un autre sans perdre son enthousiasme
Et voilà que je ris.
- Franchement, il n'y a que toi pour me citer du Churchill comme ça, tranquille alors qu'on mange un repas étoilé ! Tu me connais assez pour savoir que ce n'est pas cette défaite qui va me faire arrêter. Le prochain, il va souffrir, je dis en redevenant un peu sérieux.
Je n'ai plus le droit à l'erreur, je crois que je me le pardonnerais jamais sinon.
- laire et Jaimie m’avaient conseillé de te laisser tranquille… que je risquais un peu ma vie ne te rejoignant. Je crois qu’ils m’ont cru un peu folle de tenter l’expérience quand même. Mais encore une fois, j’ai bien fait. Ça n’a rien à voir, mais quand je participais à des concours de danse et que je finissais dans le top 5 mais pas 1ère, j’étais vraiment mais vraiment énervée et déçue.
J'hausse un sourcil, incapable de l'imaginer se mettre en colère.
- Oui, Mr Winchester, je suis capable de m’énerver et de péter un câble moi aussi. C’est rare, je le reconnais… mais c’est pas impossible. Je ne suis pas un ange.
Cela me fait rire tout en me faisant craquer un peu plus. Bon sang, elle a un sale caractère en fait ! Mais elle se trompe sur une chose, depuis qu'elle est arrivé dans ma vie elle a tout chamboulé, dans ma tête, c'est comme si elle était un ange, tout simplement tombée du ciel.
- Je t’ai pris une mousse au chocolat – je savais pas si tu aimais, mais je me suis dit que tout le monde aime le chocolat. Sinon, ne t’en fais pas… il sera pas perdu.
Je regarde le dessert assez fasciné.
- Je dois t'avouer que je n'ai pas mangé de dessert depuis des années !
Je prends tellement soin de mon corps que, si je me fais plaisir avec de l'alcool, j'ai dit adieu au dessert... Du moins le temps de ma carrière. Mais au vu de ce soir, je me dis qu'un peu de chocolat ne me fera certainement pas de mal.
- On partagera alors !
Le repas se déroule sur le même ton, sur le thème de la confidence mais nous nous rassurons aussi sans vraiment le vouloir. Mon regard se perd souvent dans le sien, et quand elle me prend en flagrant délit, sois je le soutien, soit je détourne la tête comme un adolescent. Je lui pose des questions sur elle, je lui demande si le match lui a plu, j'essaye de savoir si elle est heureuse d'être ici car même si c'est dans le contrat, je n'ai pas envie de forcer mes employés à faire quoi que ce soit qui ne leurs plaisent pas. Chaque minute passée avec elle me confirme ce que je sais déjà. Je suis en train de craquer complètement pour cette blonde aux grands yeux bleus.
- Si j’avais su que je passerais la nuit avec toi, j’aurais pris mon pyjama.
Cette fois je ne détourne pas le regard. Si elle passait la nuit avec moi telle que je le voudrais, elle n'aurait pas besoin de pyjama, et moi non plus d'ailleurs. Mais je n'ai pas le droit de penser ainsi, elle vaut tellement plus que ces femmes que je mets dans mon lit habituellement.
- Enfin, la nuit avec toi… on se comprend bien sûr.
Je lui souris, amusé, avant d'approcher mon visage du sien.
- Ce n'est pas totalement faux en soi. Mais oui, on se comprend.
Le repas est fini et je me permets donc de me redresser pour ouvrir mon placard. J'en sors un T-shirt et un short qui seront largement assez larges pour qu'elle puisse rentrer dedans. Elle semble tellement minuscule et fragile à côté de ma carrure, s'en est presque attendrissant. Je lui tends mes affaires et me rassois sur le lit.
- Et sinon… tu pensais à quoi pour finir ce voyage en beauté ? Je veux dire, il reste encore quelques jours avant qu’on ne reparte, je suis certaine qu’il y a tout un tas de choses à faire ?
J'hausse les épaules.
- A vrai dire je n'en sais rien. Techniquement on aurait pu partir dès demain, mais comme c'est ton premier voyage en Espagne, je voulais que tu puisses en profiter. Et puis cela nous fait un voyage, et Jaimie et Claire étaient ravis de savoir qu'on restait plus longtemps afin de visiter ou que sais-je encore. Viré shopping, musée, balade... J'ai pas pris de vacance depuis un moment... Enfin je vais devoir m'entraîner quand même, je ne dois pas me laisser aller.
Ba oui, je viens de perdre alors je ne dois pas lâcher un seul jour d'entraînement. Mais je pourrais faire cela le matin et comme ça, l'après-midi nous aurons le loisir de faire ce que les dames souhaitent. Je finis par m'installer dans le lit, le regard fixant le plafond.
- Merci de rester... Le lit est assez grand on n'aura pas à se coller, dommage.


Nous avons parlé encore un peu, au bout d'un moment je n'ai eu aucune réponse. Quand j'ai tourné la tête je l'ai vu, les yeux fermés, le visage paisible alors que son souffle était chaud et régulier. J'aurais dû éteindre la lumière, j'aurais dû me tourner pour lui laisser une certaine intimité et dormir aussi, mais à la place je l'ai regardé. Au fond de moi, j'ai senti mon cœur battre plus vite, au fond de moi, j'ai senti mon cœur grandir alors que plus je la regardais, plus je craquais pour elle. Et une évidence s'est offerte à moi, me laissant comme un con alors que ça n'arrivera probablement plus jamais : J'aimerais passer mes nuits avec elle, et je sais déjà que me réveiller à ses côtés risque d'être encore pire.
Alors qu'elle bouge un peu, une mèche vient se coller sur son visage ce qui a le don de me faire rire. Délicatement, afin de ne pas la réveiller, je replace cette mèche et me penche vers elle.
- Je te promets que... Si un jour j'ose te dire ce que je ressens, ce que mon cœur semble me dire... Je te promets que je te protégerais contre tous ceux qui te voudront du mal, je te promets que tu seras heureuse et que... Tu n'auras plus jamais peur.
J'ai murmuré cela d'une voix rauque juste avant d'embrasser son front, scellant cette promesse qu'elle n'a même pas entendue. Un dernier regard et finalement je m'installe sur le dos et éteins la lumière. Longue nuit en perspective, même si, finalement, je me laisse bercer par le son de sa respiration calme et douce.
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Caroline Brady
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Jeu 26 Oct - 13:18


« Tu es incroyable tu le sais ça ? » Non, elle ne le savait pas. Non, elle l’ignorait. Avant, elle était plutôt confiante. Avant, elle était plutôt sûre d’elle. Avant, elle vivait au jour le jour. Avant, elle profitait de chaque instant, sans se poser de questions. Avant, elle fonçait pour obtenir ce qu’elle voulait. Avant, elle était rayonnante. Courageuse. Puis, il y avait eu Eric. Puis, il y avait eu l’incompréhension. Puis, il y avait eu le doute. Puis, il y avait eu la peine. Puis, il y avait eu l’isolement. Puis, il y avait eu l’éloignement. Puis, il y avait eu des fissures. Puis, il y avait eu de la solitude. Puis, il y avait eu des regrets. Des remords. Petit à petit, elle avait perdu. Perdu confiance en elle. Perdu confiance en l’homme. Perdu espoir. Elle n’était plus rayonnante. Elle n’était plus courageuse. Elle était fautive. Elle était la « mauvaise fille ». Celle qui abandonnait. Celle qui tournait le dos. Celle qui échouait. Entendre Jon lui dire qu’elle était incroyable, et le voir clairement dans son regard qu’il le pensait était plus que bouleversant pour la jeune femme. Les mots restent coincés dans sa gorge, tant l’émotion est forte à cet instant. Aussi préfère-t-elle laisser le silence parler pour elle. « Tu as raison, tu n'as pas à avoir peur de moi... Jamais je ne te ferais de mal... » Oui, ça elle le savait. Oui, ça elle n’en doutait pas un instant. Il était brut. Il était bourru. Il était grincheux. Il était impassible. Il était imposant. Et la violence faisait aussi partie de son caractère, mais ce n’était pas de la mauvaise violence. Il ne lèverait jamais la main sur une femme, et pas seulement parce qu’il avait protégé sa mère des coups d’un père trop brutal. Il ne le ferait jamais car ça ne faisait pas partie de lui. Ça ne le définissait pas. Jamais. Elle aurait pouvoir lui dire. Elle aurait aimé pouvoir lui dire ce qu’elle pensait, ce qu’elle ressentait. Mais ce n’était ni le moment, ni l’endroit. Pour l’instant, elle était là pour lui. Pour l’instant, elle était là pour détendre ses muscles, soulager sa souffrance physique. Pour l’instant, elle était là pour lui faire oublier sa défaite. Après tout, ils étaient autant amis que patron-employée à présent. Elle fut soulagée de se retrouver seule quelques instants pendant qu’il partit prendre sa douche. Leurs corps avaient été trop proches. Leurs mains avaient été trop baladeuses. Leurs souffles avaient été trop distincts. Leurs regards remplis de trop de choses silencieuses. Ni l’un, ni l’autre n’étaient prêts à s’exprimer. A révéler l’inavouable. Ni même à se l’avouer à eux-mêmes. Elle n’était pas certaine que partager le même lit serait une excellente idée ce soir, mais il n’avait pas besoin de solitude. Il avait besoin d’une oreille attentive. D’une présence apaisante. Et elle aimait l’idée d’être celle qui l’apaisait. Aussi serait-elle capable de se comporter dignement. Il n’y avait rien de mieux que la nourriture pour détendre l’atmosphère et oublier les tensions sexuelles qui existaient depuis le début entre eux. Rien de mieux pour soulager tous les maux. Et rien de mieux pour fatiguer aussi – ce qui expliquait pourquoi elle avait choisi de bons plats bien garnis.
La chambre de Jon était plus spacieuse que la sienne – normal – et elle observa un instant comment il s’était approprié les lieux. Certains coussins étaient au sol, comme s’il les avait balancés de rage. Sans doute. Il ne laissait rien traîner qui puisse véritablement lui appartenir. Aucune trace de sa valise, aucune trace d’une quelconque affaire abandonnée dans un coin. Il était soigneux. Sa chambre à elle était quelque peu différente… il y avait des vêtements un peu partout. Lit, chaise, table, salle de bains… elle était bordélique. « Elle l'est plus maintenant c'est certain. » qu’il répond en rapport à sa chambre qui dégage une classe sans nom. Faut dire qu’elle a vu très peu d’hôtels aussi. Et faut dire qu’il a la notoriété adéquate et requise pour obtenir des places dans ce genre d’endroits. Mais elle entend le compliment, et elle l’accepte avec le sourire. « Qui dit chambre classe, dit plats copieux et délicieux. Et franchement, c’est super bon ! » qu’elle s’exclame gaiement en savourant son plat. Elle avait bien mangé le midi sur la plage, et elle s’était même fait la réflexion que le soir-même elle n’aurait sans doute pas faim. La bonne blague. Si elle ne faisait pas si attention, elle mangerait tout le temps et prendrait vingt kilos en même pas une semaine. Minimum. Son rire est magique quand elle ose lui citer Churchill, et elle se félicite intérieurement d’être parvenue aussi aisément à le détendre et à lui faire oublier sa colère et sa frustration. Elle méritait une médaille d’or, non ? Elle n’hésiterait pas à demander à Jaimie dès le lendemain. « Franchement, il n'y a que toi pour me citer du Churchill comme ça, tranquille alors qu'on mange un repas étoilé ! Tu me connais assez pour savoir que ce n'est pas cette défaite qui va me faire arrêter. Le prochain, il va souffrir, » qu’il lui dit nonchalamment. Elle n’aime pas la souffrance, mais elle comprend ce qu’il veut dire. « Pourquoi penses-tu que ça n’a été le cas ce soir ? Il était mieux entraîné ? Faute à pas de chance ? Parce que, je suis peut-être pas objective puisque je te soutiens à 100 %, tu me semblais au top de ta forme. Désolée, je suis trop curieuse… t’es pas obligé de répondre, » qu’elle grimace gentiment devant son regard. Elle l’a apaisé et calmé, cela ne veut pas dire qu’il a oublié et qu’il n’est plus énervé. Peut-être que le dessert achèvera le boulot pour elle. Le sucre avait ce quelque chose d’apaisant, que parfois rien d’autre ne pouvait apporter. « Je dois t'avouer que je n'ai pas mangé de dessert depuis des années ! » Elle ouvre grand la bouche, imitant la surprise et le choc. « Est-ce que j’ai commis une erreur en t’en prenant ? C’est vrai qu’en tant que sportif, tu dois sans doute avoir un régime strict… quelle idiote, » qu’elle se morigène en secouant la tête. Quelle idiote, en effet. « On partagera alors ! » Oh ça, pas de problème. Elle n’était pas au régime sec. Et elle ne disait jamais non à une petite friandise et un petit écart. Elle irait peut-être parcourir la ville à vélo le lendemain. Elle avait déjà visité quelques endroits de Barcelone en compagnie de Claire dans la journée, mais il y avait tant de choses à voir et à découvrir encore. Il leur fallait éviter d’aller se coucher trop tard de ce fait, ils en profiteraient un maximum pour finir le voyage en beauté. Lorsqu’elle évoque ne pas avoir pris son pyjama, il sourit et se lève pour aller lui chercher de quoi porter cette nuit. Non seulement c’est adorable, mais c’est mignon. Elle allait nager dans ce grand t-shirt et dans ce short – seigneur, est-ce qu’il n’aurait pas l’air d’un pantalon sur elle ? L’idée la fait sourire. La différence de gabarit est impressionnante. Et excitante. NON. PAS EXCITANTE. RIGOLOTE. « Ce n'est pas totalement faux en soi. Mais oui, on se comprend. » Oui, pas faux, ils allaient passer la nuit ensemble. Mais pas comme elle ne cessait de l’imaginer depuis des semaines. VILAINE FILLE. VILAINE. VILAINE. « A vrai dire je n'en sais rien. Techniquement on aurait pu partir dès demain, mais comme c'est ton premier voyage en Espagne, je voulais que tu puisses en profiter. Et puis cela nous fait un voyage, et Jaimie et Claire étaient ravis de savoir qu'on restait plus longtemps afin de visiter ou que sais-je encore. Viré shopping, musée, balade... J'ai pas pris de vacance depuis un moment... Enfin je vais devoir m'entraîner quand même, je ne dois pas me laisser aller. » Bien sûr. « C’est gentil. Je veux dire d’avoir pensé à moi et mon premier voyage pour que je puisse en profiter. Mais je ne voudrais pas abuser du temps, de l’argent… je ne sais pas comment ça fonctionne en règle générale. Bref, je ne veux pas être une profiteuse, » qu’elle lui dit d’une manière digne et rigolote. « Je pense que j’irais faire du vélo demain matin, si tu t’entraînes. Je ne sais pas si Claire voudra m’accompagner, je lui demanderais. Je… je vais me changer, » qu’elle finit par dire en souriant pour le remercier de ces précieux vêtements. « Merci de rester... Le lit est assez grand on n'aura pas à se coller, » qu’il lui dit. Ahah. « Hum, je ne parierai rien dessus. Je suis du genre collante la nuit parait-il – sans m’en rendre compte, » qu’elle rétorque avant de tourner les talons et d’aller s’enfermer dans la salle de bains. La nuit promettait d’être longue. TROP LONGUE.

Pourtant, elle s’endormit comme un bébé. Ou presque. Pourtant, elle s’est laissé bercer par le son de sa voix et sa présence réconfortante. Pourtant, elle a sombré. Elle n’a pas senti son souffle sur sa peau. Elle n’a pas entendu ses gentilles paroles. Elle a dormi d’un sommeil de plomb. A tel point qu’au petit matin, elle s’est réveillée. En forme. Comme jamais elle ne l’avait été depuis des lustres. Et dans les bras d’un Jon endormi, paisible. Ses jambes étaient mêlées aux siennes. Sa tête était agréablement posée sur son torse et ses bras l’entouraient. C’était vrai qu’elle se collait comme une sangsue. Diable. MALHEUR. Lentement, elle libéra ses jambes. Lentement. Elle libéra son corps. Et lentement, elle s’éloigna. Elle espérait qu’il n’aurait pas remarqué qu’elle était venue se blottir contre lui comme s’ils étaient… comme s’ils étaient… comme s’ils étaient, voilà quoi. Ce n’était pas le moment de penser à ce que ça signifiait, se poser des questions existentielles et épiloguer pendant cent ans. Elle prit le temps de l’observer quelques instants. Elle ne se le permettait que trop rarement et furtivement en temps normal, parce qu’elle ne voulait pas qu’il la voit aussi vulnérable et attirée par lui. Mais là, c’était l’occasion. NON. LA, C’ETAIT MAL. C’ETAIT CATASTROPHIQUE. Parce qu’il était beau à couper le souffle. Et que son cœur n’était pas prêt à le supporter. Elle ravala sa salive avant de se décider à se lever et à aller prendre une douche. Il méritait de dormir encore un petit moment, aussi tenta-t-elle d’être invisible et délicate jusqu’à la douche. L’eau sur sa peau lui fit du bien et elle se sentit plus détendue et plus requinquée une fois séchée. Elle avait enfilé son boxer et s’apprêtait à enfiler son soutien-gorge quand la porte s’ouvrit. Instinctivement, elle plaça un bras sur sa poitrine à moitié nue. Bien sûr, il l’avait vue à la plage en maillot de bain – mais étrangement, c’était différent. Il s’écoula sans doute plusieurs secondes avant qu’elle n’attrape la serviette de douche qu’elle avait utilisée pour terminer de se couvrir avant d’affronter son regard. « Je… je suis désolée… je… je ne voulais pas te réveiller. J’ai… j’ai bientôt fini, » qu’elle essaie d’être nonchalante et naturelle, alors qu’elle est ultra-gênée. Bizarrement, ç’aurait été quelqu’un d’autre elle aurait ri. Sauf qu’elle n’a pas bien envie que Jon rit en la voyant à moitié nue. Non, son regard est bien plus important que celui des autres.

Une fois habillée, elle le rejoint dans la chambre et se permet de rire gauchement face à la situation. « Décidément, on a le chic pour se surprendre dans n’importe quelles circonstances, toi et moi, » qu’elle rigole doucement avant de se racler la gorge. « Si on allait prendre un petit déjeuner avec Jaimie et Claire ? Ils doivent être en bas à cette heure-ci. Et… j’ai faim, » qu’elle ajoute surprise de constater que c’est le cas. « Euh… tu me rejoins en bas ? » qu’elle propose en décidant qu’il était temps pour elle de quitter cette pièce avant que ça ne dérape férocement et inévitablement. Oui, une sortie en vélo avec Claire lui ferait le plus grand bien. Et un bon entraînement pour Jon ne serait sans doute pas de trop pour lui.



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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Sam 4 Nov - 22:49

viva espanaaaa
Caroline ∞ Jonnhy
Je l'ai regardé dormir, un peu. Je lui ai fait une promesse qu'elle n'a pas entendue. C'est certainement une chose étrange mais je crois que je n'aurais jamais eu le courage de lui dire à voix haute, pas encore. Certes, elle sait déjà que je serais capable de tout pour la protéger mais ce que je lui ai promis va bien au-delà. Je connais son histoire, je sais ce qu'elle a vécu et cela me donne encore plus envie de me battre pour elle. Comment un homme peut-il être capable d'enfermer une femme aussi douce, comment a-t-il pu tout faire pour la couper de tout lien afin de l'avoir que pour lui. C'est le genre d'homme qui n'a aucune confiance en lui, le genre d'homme que je serais capable de massacrer si je l'avais en face de moi. Pendant quelques instants je me demande ce que cela aurait été de ne pas la rencontrer. Rien n'aurait changé, j'aurais continué la boxe, les femmes sans jamais m'attacher. On se connaît depuis peu je sais, mais rien que d'imaginer son absence me rend fou. En si peu de temps, elle a pris une place particulière et l'avoir auprès de moi m'apaise.
En cette soirée de défaite, j'aurais dû rester en colère, grincheux, j'aurais certainement bu et tout massacré sur mon passage, mais elle est venue. On lui a dit de me laisser et pourtant, elle a frappé à ma porte, elle est entrée et en quelques mots, en certains regards, en certains gestes elle a su calmer la tempête en moi. Mais en la regardant si apaisé, je me demande si elle n'est pas en tarin d'éloigner complètement cet orage qui me caractérise. Elle est la lumière dans l'obscurité...
Dans la nuit, je l'ai senti se coller un peu à moi, je me suis réveillé en sursaut mais par chance, cela ne l'a pas réveillé elle. Je l'ai regardé à nouveau dans le noir, le clair de lune éclairant son visage et j'ai souri. Elle m'avait prévenu qu'elle se collait aux gens la nuit, et ce n'est clairement pas pour me déplaire. Naturellement, profitant aussi de cet instant qui n'arrivera probablement plus jamais, j'ai glissé ma main autour d'elle dans un geste protecteur et j'ai fermé les yeux à nouveau...

Je ne me souviens pas avoir dormi aussi bien depuis longtemps. Bon, je suis pas du genre à passer de sale nuit non plus, mais je me suis senti à ma place d'une certaine manière. Je plisse le nez, laissant ma main glisser sur le drap. Je sais que je ne devrais pas, mais je suis en train de la chercher. Seulement, même peu réveillé, je sais qu'elle n'est plus là. J'ouvre un peu les yeux et soupire en voyant que j'avais raison. Je me remets sur le dos et fixe le plafond quelques minutes. J'espère que je ne l'ai pas fait fuir. Je dois admettre que j'aurais voulu qu'elle reste et non qu'elle fuit comme une voleuse. Les femmes que j'amène chez moi habituellement auraient fait cela, j'aurais été comblé, mais pas avec Caroline.
Je souffle une dernière fois avant de me redresser pour aller prendre ma douche. Au vu de l'heure, je me dis que je vais sûrement la retrouver pour le petit-déjeuné avec Jaimie et Claire. J'ouvre la porte de la salle de bain et je me bloque sur une image des plus... Délicieuses... Caroline se cache et je détourne rapidement le regard par pudeur.
- Je… je suis désolée…
Je secoue la tête, toujours sans la regarder.
- Non... Non franchement, c'est à moi de m'excuser...
Qu'est-ce que je fous encore là d'ailleurs.
- Je croyais que tu étais partie...
- Je… je ne voulais pas te réveiller. J’ai… j’ai bientôt fini.
Je ris en ouvrant la porte prêt à sortir.
- Oh ne t'en fais pas, tu ne m'as pas réveillé... Je te laisse finir, prends ton temps.
Je sors rapidement et pose mon dos contre la porte pour reprendre mon souffle. Un sourire grandit sur mon visage alors qu'une seule pensée me traverse : Elle n'est pas partie.
Je m'installe sur le lit, observant l'extérieur de la fenêtre en attendant qu'elle termine, ce qui ne tarda pas. Je l'observe et ris avec elle de cette situation assez amusante.
- Décidément, on a le chic pour se surprendre dans n’importe quelles circonstances, toi et moi.
Je ne peux qu'être d'accord, mais serait-ce mal de dire que j'adore ça ?
- Cela va devenir notre marque de fabrique je crois, les situations les plus étranges et surprenantes qu'ils soient.
- Si on allait prendre un petit déjeuner avec Jaimie et Claire ? Ils doivent être en bas à cette heure-ci. Et… j’ai faim. Euh… tu me rejoins en bas ?
Je m'approche d'elle en hochant la tête.
- Je prends ma douche, observe les dégâts sur mon corps et je vous rejoins, je lui dis avec un clin d'oeil.
Je ne la lâche pas des yeux alors que, sans véritablement me rendre compte je laisse le bout de mes doigts caresser sa joue. Je me penche et embrasse délicatement sa joue dans un geste que je veux tendre.
- Merci de ne pas les avoirs écouté... D'être venue et surtout d'être restée...
Un dernier sourire et je me détourne finalement avant de faire une autre connerie.

Il me faut une dizaine de minutes avant de descendre dans la salle du petit-déjeuné. Il faut dire que j'ai pris une douche mais en plus j'ai dû mettre de la crème où je pouvais sur les bleus et autres. Je sais que pour mon dos, je vais encore devoir demander à Caroline de m'aider, j'espère que cela ne la dérangera pas. Je ne mets pas longtemps à trouver la table qu'on choisit Jaimie, Claire et Caroline. Je ne sais pas de quoi ils parlent, je pense secrètement que ca doit être de moi et de ma défaite. Je vais au buffet à volonté pour prendre un café, un jus d'orange et du pain avant de les rejoindre en silence.
Si j'ai été bavard avec Caroline, je n'ai plus très envie de parler de cette défaite. Je sens bien le regard que me portent Jaimie et Claire et cela ne m'aide pas vraiment à garder mon calme. Mon corps se tend un peu.
- Sérieusement, arrêtez de me regarder comme ça où je vais bouffer dans ma chambre.
Cela est tellement contradictoire comparé à ma façon d'agir avec Caroline il y a à peine vingt minutes. J'ai déjà envie de remonter et de me retrouver de nouveau seul. Je secoue la tête et me tais, ne voulant pas la décevoir d'être aussi con parfois.
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Caroline Brady
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Dim 5 Nov - 18:43


Ce n’était définitivement pas ainsi qu’elle avait imaginé se retrouver quasi-nue devant lui. Pas ici. Pas accidentellement. Pas maladroitement. Pas dans ces circonstances. Si elle était à l’aise dans son corps, elle n’en était pas moins pudique. Et même si Eric avait patiemment et sadiquement bafoué son image d’elle-même, la critiquant sur son poids ou sa façon de s’habiller, elle était parfaitement consciente de son potentiel. Pourtant, les yeux de Jon posés sur elle étaient perturbants. Perturbants car électrisants. Perturbants car importants. Il était le seul homme, après tout, à lui provoquer des sensations qu’elle s’imaginait incapable d’éprouver de nouveau un jour. Il était le seul homme, après tout, qui semblait la hanter la nuit. Il était le seul homme, après tout, à lui inspirer des sentiments contradictoires, forts, puissants et déstabilisants. Il était naturel qu’elle soit si chamboulée qu’il puisse la voir « nue ». Il était naturel qu’elle soit si bouleversée qu’il puisse la surprendre ainsi. Même s’ils se considéraient plus comme des amis que comme un patron et son employée aujourd’hui, il n’en était pas moins un homme qui l’attirait. Diverses pensées la traversèrent. Certaines affriolantes. Certaines affligeantes. Certaines déchirantes. Avait-il eu le temps de voir ce qu’il y avait à voir ? Avait-il apprécié ce qu’il avait vu ? Avait-il été déçu ? Seigneur, et s’il pensait lui aussi qu’elle était un peu trop grosse ? Ou trop squelettique, pourquoi pas ? Un peu trop pâle ? Ou peut-être n’était-il tout simplement pas suffisamment réveillé pour avoir remarqué quoique ce soit ? Oui. Peut-être. Ce serait mieux, même. « Non... Non franchement, c'est à moi de m'excuser... » Absolument pas. C’était à elle. Ou pas ? Elle était complètement perdue à cet instant. « Je croyais que tu étais partie... » Partie ? Partie où ? Ah, dans sa chambre peut-être pour récupérer des affaires. Elle aurait peut-être mieux fait de partir – loin, loin, loin – sous terre même. « Oh ne t'en fais pas, tu ne m'as pas réveillé... Je te laisse finir, prends ton temps. » A peine la porte est fermée qu’elle enfouit son visage dans la serviette et s’imagine hurler comme jamais dedans tant la honte est immense. La gêne est immense. Mais elle ne peut pas se poser trop de questions. Elle ne doit pas trop y penser. Sinon, elle va être incapable d’affronter son regard. Sinon, elle va être incapable de rire et de parler avec lui comme ils le font depuis un moment déjà. Alors elle termine de se rhabiller en se secouant les puces intérieurement. Non, elle n’avait pas à être gênée. Il l’avait vue en maillot de bain, et après tout beaucoup de femmes faisaient du top-less sur la plage n’est-ce pas ? Elle n’a qu’à imaginer qu’elle était top-less. Il n’y avait rien de mal à ça. Rien de dérangeant. Rien de perturbant. Elle passait son temps à le voir en short ou boxer après tout. En sueur par-dessus le marché. « Tu t’égares, Caro », qu’elle se rouspète devant le miroir avant de sortir le rejoindre. Assez de ces conneries, mieux valait en rire que pleurer. « Cela va devenir notre marque de fabrique je crois, les situations les plus étranges et surprenantes qu'ils soient. » Rires. Oui, ça on pouvait le dire, ils étaient les champions pour ça. Elle espérait fortement que ce serait la seule situation étrange et surprenante du séjour – mais se connaissant elle-même, elle craignait le pire. Surtout lorsqu’il s’avance à pas lents vers elle, le sourire en coin et le regard perçant. Bordel de merde. Elle était dans la merde la plus totale. « Je prends ma douche, observe les dégâts sur mon corps et je vous rejoins. » Les dégâts sur son corps ? Il n’y avait absolument AUCUN dégât sur son corps parfait. Ah, oui. Les bleus, les blessures de la veille. Elle réalise sans doute qu’elle contemple un peu trop et secoue la tête comme pour sortir d’un rêve interminable – idiote, idiote, idiote ! Elle croise son regard au moment où elle sent ses doigts lui caresser la joue dans un geste tendre. Trop tendre. Trop intime. Et cette joue, il l’embrasse. Frissons. L’impression d’avoir parcouru un marathon. Diable, elle le déteste à cet instant. « Ça marche, à tout de suite alors, » qu’elle dit avant de se déplacer comme si elle avait le feu aux fesses – c’est peut-être d’ailleurs pas faux. Il lui faut partir loin d’ici – loin de lui – au plus vite, avant qu’elle ne dérape pour de bon et qu’elle commette une grossière erreur.

« Tu es encore de ce monde ? » que lui lance Jaimie en souriant. Ils sont installés et semblent tout juste débuter leur petit déjeuner. Caroline est encore toute perturbée de cette nuit et de ce face-à-face matinal, mais la tension est redescendue et elle a une faim de loup. « Tu as finalement décidé de le laisser tranquille ? » que lui demande gentiment Claire. « Oh non, j’y suis allée. Il était furieux, hyper-tendu et sans doute qu’il aurait démoli la chambre entière si je n’y étais pas allée, mais… ça s’est plutôt bien passé, » qu’elle leur raconte tout en s’installant après avoir récupéré un chocolat chaud et quelques croissants – diable, elle adorait ça ! Elle avait également pris des toasts grillés et du beurre à tartiner. Ils avaient stoppé tout geste pour la contempler, et semblaient subjugués par elle. « Quoi ? » « Tu veux dire que tu es allée dans sa chambre, après un combat perdu, et qu’il s’est calmé ? Qu’il ne t’a pas crié dessus ? Qu’il n’a rien cassé ? Qu’il ne t’a pas demandé de partir ? » que Jaimie enchaîne comme si c’était une chose incroyable. « Hé bien… oui. Je vous l’ai dit, j’ai des mains magiques, » qu’elle leur dit en riant et plaisantant. Devait-elle-même avouer qu’elle avait passé la nuit dans sa chambre ? En tout bien tout honneur ? Elle choisit de ne rien dire. Quelques minutes plus tard, Jon les rejoignait. Sexy en diable, pensa-t-elle intérieurement. Je te hais, qu’elle pense en souriant quand il s’installe. Il se passe quelques secondes sans que personne n’ose parler, avant que Jon ne brise le silence. « Sérieusement, arrêtez de me regarder comme ça où je vais bouffer dans ma chambre. » Il est si différent de l’homme qu’elle a quitté quelques minutes plus tôt. Cela la surprend qu’à moitié pourtant. Il ne se livre pas facilement. Et bien qu’elle refuse encore de l’admettre, elle sait qu’elle a une place différente dans sa vie. Jaimie est son coach personnel, son entraîneur – ils doivent se disputer et se crier dessus plusieurs fois par jour. Claire est sa femme, et bien qu’il semble l’adorer et la porter en grande estime, elle n’est pas sa mère, ni sa sœur. « Hum hum, » qu’elle dit non de la tête en savourant son petit déjeuner de reine. « Fini la chambre, on n’y remonte plus. Aujourd’hui, on va profiter du soleil et de la ville. Claire, je pensais aller faire du vélo ce matin et faire quelques boutiques, ça te dit de m’accompagner pendant que Jaimie va entraîner Jon comme si sa vie en dépendait ? » qu’elle lance en souriant pour détendre l’atmosphère. Le pire, c’est qu’elle y parvient.

La journée a été intense et bien remplie. Elle se sent ultra-fatiguée alors qu’elle se prépare pour sortir de nouveau le soir, mais elle sait qu’elle ne reviendra sans doute pas avant un bon moment et elle a envie d’en profiter. Le vélo de la matinée lui a brisé un peu les jambes mais bon sang que ça lui avait manqué ! C’était décidé, en rentrant à LA, elle sortirait sa bicyclette du placard et irait au boulot avec. Elles avaient fait un nombre incroyable de boutiques, et elle était fière d’elle car elle n’avait acheté qu’un petit cadeau pour Nate et Daisy – un souvenir banal mais ça faisait toujours plaisir. L’après-midi, ils avaient enchaîné quelques activités sur l’eau telle que des bouées et du jet ski. Ils avaient ri. Ils n’avaient pas évoqué la défaite de la veille, car elle était derrière eux et qu’il fallait penser au prochain match. Ce soir, ils avaient convenu de sortir manger un morceau dehors et de boire un coup avant d’aller danser. Sauf qu’elle n’avait pas imaginé que Jon ne serait pas de la partie. Ils étaient là tous les quatre après tout, non ? Pour quelle raison n’était-il pas venu avec eux ? Apparemment, il avait un « entretien » de prévu avec une journaliste. Il ne lui en avait pas parlé. Et bien que cela ne la regarde pas, elle en fut extrêmement touchée. Idiote. Idiote. Idiote. Elle n’osa pas demander plus à Claire ou Jaimie, mais bon sang ça la démangeait. Parce qu’il passait la soirée avec UNE journaliste. UNE. UNE. UNE. Une femme, quoi. Et on savait fort bien que les femmes succombaient au charme du boxeur. Et on savait fort bien que le boxeur aimait les femmes. Elle passa donc la soirée envahit par des scénarios en tout genre – impliquant forcément Jon en train de forniquer avec une blondasse aux gros seins. Oui, peu importe qu’elle en soit une aussi. Elle abusa un peu de l’alcool, en oubliant malheureusement qu’elle ne tenait pas vraiment cet élixir qui semblait apaisant sur le moment. « Je comprends pas pourquoi il ne nous rejoint pas, » qu’elle lance une fois assez pompette au couple qui l’accompagne. « Je veux dire, c’était pas un entretien d’embauche, ça dure pas des heures, il pouvait bien nous rejoindre, pas vrai ? » ce à quoi ils ne peuvent répondre qu’en souriant. Et merde ! Sa petite descente alcoolique lui vaut de rentrer finalement pas si tard que ça, le couple ayant décidé qu’elle avait suffisamment abusé pour la nuit. Bien sûr, elle n’est pas complètement bourrée puisqu’elle arrive à marcher plutôt droit – ou pas. Elle est lucide. Elle est alerte. Elle est surtout désinhibée. Il ne faudrait pas qu’elle croise Jon à cet instant. Absolument pas. Alors pourquoi se retrouve-t-elle devant sa porte quelques minutes plus tard ? Allez savoir. En tout cas, elle frappe. Comme une jeune délinquante saoule, elle frappe. Diable qu’il est beau l’enfoiré, qu’elle se dit quand il ouvre finalement. « Heyyyyy, » qu’elle dit en souriant et en rentrant comme si elle était chez elle. Elle se met à zieuter de partout, à regarder à droite, à gauche. « Alors, comme ça on préfère passer la soirée en compagnie de LA journaliste plutôt qu’avec nous ? » qu’elle dit sans le regarder mais sur un ton quelque peu humoristique. Elle serait malvenue de l’engueuler, n’est-ce pas ? « Elle est où ? » qu’elle demande encore en allant dans la salle de bain, mais ne trouvant personne nulle part. Elle finit par lui faire face. « T’as déjà fini ? » qu’elle conclut avant de placer une main devant la bouche et d’éviter d’éclater de rire.



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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Dim 5 Nov - 22:51

viva espanaaaa
Caroline ∞ Jonnhy
Lendemain de ma défaite, mâtiné en entraînement afin de vider mon énergie mais j'ai dit à Jaimie que j'allais rentrer à l'hôtel. Il m'a cependant demandé de rester avec eux et je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai dit oui... Si, je le sais parfaitement, je l'ai fait pour elle... Je sais que je devrais profiter à fond de ce voyage, mais la date ne me le permet pas. Je savais parfaitement que celle-ci tomberait durant notre voyage, mais je voulais tellement faire plaisir à Caroline que je me suis dit que je pouvais faire une exception. J'ai ri, sans vraiment le vouloir, j'ai souri, sans vraiment le ressentir... Le soir, j'aurais pu sortir avec eux, seulement je n'ai pas eu la force de descendre pour sortir encore, tenter de sourire et tenter de faire comme si tout allait bien alors que c'est l'anniversaire du jour le plus funeste de ma vie. Je n'ai plus envie de faire semblant, pas avec elle.
Claire et Jaimie connaissent parfaitement cette date et je sais qu'ils couvriront mon absence. C'est dingue comme dans ce genre de moment je me rends compte qu'ils me connaissent par cœur, tout comme ils savaient qu'il ne fallait pas venir me voir suite à ma défaite. Cependant, pour une fois, je suis heureuse qu'elle ne les ait pas écouté. J'espère juste que, pour ce soir, elle ne posera pas trop de questions et qu'elle se laissera aller à l'air Espagnol si j'ose dire. Jaimie se permet même de m'envoyer un message pour dire que je suis normalement avec une « journaliste » et cela me fait presque rire. Comment peut-elle croire à ce genre de chose si je ne l'ait même pas prévenu. Je pourrais toujours dire demain matin que j'avais totalement oublié et que j'avais tellement oublié que je suis arrivé en retard. Donc ca arrive en pleine nuit. Normal.

J'ai passé toute ma journée à penser à elle, je lui ai parlé dans mon esprit comme je peux le faire presque tous les jours, mais je ne peux m'empêcher d'être triste, de me dire qu'il y a quelques années je la perdais et que depuis, je n'ai jamais pu réellement me reconstruire. J'aurais dû normalement, je me suis promis de me battre pour elle... Seulement plus les années avancent et plus je me dis qu'elle ne serait pas fière de moi, de me voir enchaîner les conquêtes et de ne pas construire ma vie. Je songe soudainement à si j'avais été père, elle aurait été une grand-mère fabuleuse, mais la vie en a décidé autrement. Ma mère est morte de la maladie, je suis toujours seul, sans aucune femme pour prendre soin de moi. Je me souviens sur son lit de mort elle m'a demandé de m'ouvrir, de ne pas rester aussi grincheux car je mérite bien plus que je ne le pense... Quand elle le disait cela semblait si simple, si vrai, mais dès que j'ose à peine le songer je peine à y croire. Mais aujourd'hui il y a quelque chose de différent. Les mots de Caroline suite à ma défaite me reviennent :
Je t’ai trouvé merveilleux sur le ring, ce soir... Tu ne perdras personne quand tu arriveras à la fin de ta carrière, tu sais. Jaimie, Claire… moi. Ce n’est pas parce que tu ne boxeras plus qu’il faudra t’attendre à ce qu’on te tourne le dos et t’abandonne
J'ai une famille avec cette équipe, je le sais que j'ai de la chance d'avoir des personnes pour me soutenir et je ne cesse de me dire que si je n'avais pas ma carrière je ne les aurais pas auprès de moi. Elle a lu cela en moi comme ça, si rapidement que mon cœur en a été touché. Bon sang je me suis ouvert à elle en si peu de temps, et cela me semble tellement naturel. J'aurais pu lui expliquer pour aujourd'hui, je le ferais certainement, un jour, mais pour le moment je broie du noir, verre de whisky à la main alors que le soir a déjà clairement pointé le bout de son nez. C'est ainsi, les jours passent malgré tout, même lorsque notre monde s'effondre.

Je ne sais pas combien de verre j'ai bu, je ne sais pas combien d'heures sont passées, je ne sais pas combien de larmes ont coulé, tout ce que je sais, c'est que j'ai l'impression de revivre ce jour funeste comme pour la première fois. Je pense que l'alcool ne m'aide clairement pas, mais le fait d'être seul me rassure.
On frappe à la porte et je me retourne. Bon sang qui peut frapper avec tant de force. Je baisse la tête, passe une main sur mon visage pour effacer les larmes sur mes joues et m'approche de la porte. Quand je l'ouvre, je me retrouve totalement interdit devant une Caroline que je ne connaissais pas vraiment.
- Heyyyyy
Sa voix est pâteuse et, j'aurais presque envie de rire. Seulement je reste comme un con alors que je me braque. Bon sang, je refuse qu'elle me voit dans état.
- Caroline... Va-t-en s'il te plaît ce n'est pas le bon moment...
- Alors, comme ça on préfère passer la soirée en compagnie de LA journaliste plutôt qu’avec nous ?
Elle dit cela en rentrant comme si cela était normal, son regard scrutant la chambre comme si elle était à la recherche de quelque chose. Moi, j'essaye de comprendre son charabia alcoolisé.
- Elle est où ? T'as déjà fini ?
Mon cœur se serre alors que je comprends. Jaimie lui a parlé d'une interview et là, elle cherche à savoir si j'en ai fait ma conquête et si c'est pour cela que je ne suis pas venu ce soir. Je me sens soudainement déçu qu'elle ait pu croire cela de moi, mais franchement, comment il en aurait pu être autrement. Je ne cesse d'enchaîner les conquêtes, qu'aurait-elle pu croire d'autre ? Pourtant je pensais que je changeais avec elle, non, je change avec elle, je le sais, je le sens. Je pensais qu'elle le voyait aussi mais il faut croire que non. Ma mâchoire se crispe un peu, je sais que je vais regretter ce que je vais dire, mais je me sens tellement déçue, humilié d'une certaine manière, que j'ai envie de pleurer à nouveau, plus encore.
- Ouais, j'ai déjà fini ! Déçue ? Parce que je vais aller la rechercher sinon, mais vaut mieux pas que tu restes Caroline...
Je l'ai dit sur le ton du sarcasme mais le comprendra-t-elle vraiment ?Je ferme les yeux un peu et soupire avant d'aller me rasseoir. Je récupère mon verre que je bois cul sec et laisse mon regard se perdre dans les étoiles, la cherchant, elle.
- Je ne suis pas un homme bon, je ne le serais jamais, que je confie, non seulement à ma mère mais à Carolline aussi d'une certaine manière. Preuve est que tu ne me fais pas confiance... Comment le pourrais-tu après tout...
Je passe une main rapide sur mon visage, essayant de chasser toute trace de tristesse et de déception, en vain.
- Tu peux rejoindre les autres, ils ne te décevrons jamais, eux..., je murmure, ma voix se brisant sur la fin.
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Caroline Brady
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Lun 6 Nov - 18:36


« Caroline... Va-t-en s'il te plaît ce n'est pas le bon moment... » Elle aurait été plus lucide et plus alerte, sans doute l’aurait-elle entendu. Elle aurait été plus elle-même et aurait eu moins d’alcool dans le sang, sans doute aurait-elle perçu la terrible vérité. Mais elle n’entend pas – ni les paroles, ni le sens, ni l’importance des mots. Trop obnubilée par la jalousie, sans doute. Trop égoïste. Trop habituée à être traitée comme une princesse. Trop habituée à être « sa protégée ». Elle ne s’imagine pas un instant dans quels tourments il se trouve. Elle ne s’imagine pas un instant dans quelle tristesse il baigne. Elle ne s’imagine pas un instant avoir dépassé des limites à ne pas franchir. Après tout, n’avait-elle pas surmonté sa colère et sa frustration l’autre soir ? N’était-elle pas parvenue, elle, à le calmer et à l’apaiser ? N’avait-elle pas cette faculté qu’aucune autre n’avait pour gérer les diverses émotions du boxeur ? Mais à cet instant, elle ne pense pas à tout ça. A cet instant, elle ne pense à rien d’autre qu’au fait qu’il n’est pas venu. A cet instant, elle ne pense à rien d’autre qu’au fait qu’il a passé la soirée avec UNE autre. A cet instant, elle ne pense à rien d’autre qu’à l’extrême contrariété que cela lui a procuré toute la soirée. Elle se sent idiote d’ailleurs. Elle se sent coupable aussi. Elle se sent stupide. Elle se sent ridicule. Elle se sent minable. Mais elle n’a pas su s’empêcher de le rejoindre pour « vérifier ». Elle n’a pas su s’empêcher de le rejoindre pour exprimer sa contrariété. Elle n’a pas su se rappeler qu’il valait mieux qu’elle reste loin – très loin – de lui et qu’elle ne dise rien, absolument rien. « Ouais, j'ai déjà fini ! » qu’il lui dit alors sèchement alors qu’elle ne peut contenir un rire nerveux. Elle ne comprend pas de suite qu’il n’est pas d’humeur à rire. Elle ne comprend pas de suite qu’il est en colère. Elle ne comprend pas de suite qu’il est déçu. Elle ne comprend pas de suite qu’il est triste. Elle ne comprend rien. « Déçue ? » qu’il lance en plissant des yeux, d’une voix dangereusement douce. Son visage est si prêt qu’il la toucherait presque. Ainsi, elle parvient à comprendre dans le flou de ses idées et de ses capacités mentales qu’elle a commis une regrettable erreur. Son sourire s’éteint alors et elle déglutit. Parce qu’il dégage une force difficilement contenue, et qu’il respire le danger à plein nez. Elle a beau savoir qu’il ne lui ferait jamais de mal, elle commence à comprendre ce que son adversaire peut ressentir quand il lui fait face sur un ring. « Parce que je vais aller la rechercher sinon, mais vaut mieux pas que tu restes Caroline... » Pourquoi tant de haine ? Pourtant tant de colère ? Pourtant tant d’amertume ? Il détourne son regard et s’éloigne d’elle en soupirant, la laissant clouée sur place, incapable d’esquisser le moindre geste, le moindre mouvement. Elle a été foudroyée. « Je ne suis pas un homme bon, je ne le serais jamais, » qu’il dit machinalement en avalant son verre. Elle ferme les yeux un instant, histoire de reprendre contenance et de s’éclaircir les idées. Elle a la tête qui tourne à présent et elle se sent vaseuse, tout autant qu’elle se sent minable et ridicule. A bien y réfléchir, elle avait été persuadée qu’il aurait ri de son attitude et de son ébriété. Mais il ne riait pas. Mais il ne la regardait pas. Mais il ne la calculait pas. Mais il n’était pas là. C’était une véritable douche glacée, une véritable gifle. C’était un véritable carnage. Qu’elle puisse l’avoir déçu lui transperce le cœur, plus que n’importe quoi d’autre au monde. Parce qu’elle n’a pas su lire ne lui, parce qu’elle n’a pas su le comprendre, parce qu’elle a mal jugé. Elle n’est pas sûre de tout comprendre cela dit, l’alcool l’empêchant d’être au maximum de ses capacités physiques et mentales. « Preuve est que tu ne me fais pas confiance... Comment le pourrais-tu après tout... » Quoi ? Comment ? Merde. « Tu peux rejoindre les autres, ils ne te décevrons jamais, eux… » Quoi ? Comment ? Merde. Elle ferme les yeux de nouveau, s’imaginant ainsi que son mal de crâne soudain va cesser et qu’elle va pouvoir faire comme si elle n’avait rien bu de la soirée. Il lui fallait absolument arrêter de boire. Même un seul verre. ABSOLUMENT.

Lentement, elle s’installe sur la chaise qui se trouve derrière elle. Elle réalise qu’elle tremble, de peur ou de honte, elle ne sait pas trop. Le silence s’installe, infernal et pesant pour la première fois entre eux. Elle ne sait pas quoi dire, elle ne sait pas quoi faire. La dernière fois qu’elle s’est sentie aussi nulle et aussi humiliée, c’était il y a plusieurs mois. Sauf que Jon n’était pas Eric. Jon ne l’humiliait pas. C’était elle qui s’humiliait comme une grande. « Je… » qu’elle commence d’une petite voix, mais qu’elle s’interrompt tant l’émotion l’empêche de parler. Elle ne comprend pas ce que traverse Jon, mais elle comprend que ce n’est pas rien. Elle ne comprend pas ce qui a pu se passer, mais elle comprend qu’il a besoin de solitude et de tranquillité. Alors elle se relève dans le but de quitter la chambre et de lui offrir ce qu’il demande, ce dont il a besoin. Elle décide que son intérêt à elle, son bien-être à elle ne compte pas ce soir. Sauf qu’elle se prend les pieds dans la table basse et qu’elle s’étale de tout son long au sol sans avoir le réflexe de se retenir. Sa tête tape légèrement contre la porte de la chambre, accentuant le mal de crâne, et c’est le trou noir.

Elle ignore combien de temps il s’est écoulé quand elle rouvre les yeux, mais la chambre est plongée dans le noir complet – seule la lune éclaire la pièce, suffisamment pour qu’elle aperçoive Jon près de la fenêtre, le regard perdu. Elle est allongée, un gant froid sur le front. C’est idiot, mais elle se sent plus nulle encore. « Je suis désolée, » qu’elle murmure doucement le forçant à tourner le visage vers elle. Il a le regard perdu. Un regard qu’elle ne lui a jamais connu, et ça la bouleverse un peu trop. « Je ne voulais pas venir t’embêter, » qu’elle continue doucement. Elle a l’impression de voir des étoiles et qu’un marteau piqueur a élu résidence dans son crâne, mais elle est plus lucide que lorsqu’elle a débarqué. « Je ne sais pas pourquoi je suis venue… je crois… je crois bêtement que je me suis laissée emporter par… » quoi ? La jalousie ? Peut-être vraiment le lui avouer ? « Je n’aurais pas dû, » qu’elle conclut simplement en essayant de se rapprocher du bord du lit. Elle attend cependant plusieurs secondes parce que la tête tourne et qu’elle n’est pas sûre de tenir debout. « Tu es un homme bon, » qu’elle lui dit alors. « Je suis désolée si je t’ai donné l’impression de croire le contraire. J’ai sans doute du mal à accorder ma confiance depuis… » pas besoin de prononcer son nom, elle n’a pas envie de parler de lui. « Mais je n’ai eu aucun problème à te l’accorder, » qu’elle lui avoue. « Jamais je ne t’aurais suivi jusqu’en Espagne, loin des miens, si ce n’était pas le cas, » qu’elle tente de le convaincre et de lui faire comprendre. « J’ai bien trop bu ce soir… ça n’excuse pas ma jalousie déplacée, mais malheureusement l’alcool a un effet plutôt dévastateur sur moi, » qu’elle lui explique sans se rendre compte qu’elle vient de lui avouer être jalouse des potentiels femmes dans sa vie. Elle soupire en fermant les yeux, ne l’ayant pas du tout regardé tout le long de son speech. « Je vais te laisser tranquille, » qu’elle dit finalement en essayant de se relever pour rejoindre sa propre chambre. « Je suis désolée encore, sincèrement, » qu’elle s’excuse encore une fois avant de rencontrer un bloc de muscles. Elle ne l’avait pas vu se relever et venir à sa rencontre. A vrai dire, elle faisait son maximum pour éviter son regard. Elle ne voulait pas y voir la déception et la colère, surtout pas envers elle. Elle savait que ça l’anéantirait plus que tout le reste. « Ca va aller, ne t’en fais pas, je suis pas bien loin… » qu’elle dit d’une petite voix, fixant son torse imposant sans jamais relever les yeux.



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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Lun 6 Nov - 21:47

viva espanaaaa
Caroline ∞ Jonnhy
Assis sur le rebord du lit, voilà que je la regarde de nouveau. Je me demande bien ce qu'il lui est passé par la tête pour venir et qu'elle était cette soif de recherche envers cette fausse journaliste. Si Jaimie avait parlé d'un journaliste au lieu d'une femme, serait-elle aussi venu inspecter ? Non. Bien sûr que non. Je devrais être flatté d'une certaine manière, c'est une maque de jalousie, il me semble. D'un côté, cela devrait me donner l'espoir alors que mes sentiments grandissent envers elle. Mais d'un autre côté, je me dis que cette image qu'elle a de moi ne me plaît pas. C'est l'image que je me suis toujours donné dans le fond depuis que je suis boxeur. J'ai déjà été romantique, j'ai eu des petites amies mais depuis que j'ai commencé une véritable carrière je n'ai jamais eu d'attache. Je ne voulais pas me livrer, je n'aimais pas cela et en plus je ne voulais pas m'encombrer, voulant tout donner à ma carrière. Mais avec Caroline s'est différent, tout est différent. Je ne veux pas la décevoir, je ne veux pas voir dans ses yeux cette jalousie car mon côté Don Juan lui fait du mal, je ne veux pas qu'elle pense être comme les autres femmes alors qu'elle est bien au-dessus de celle-ci. Je veux devenir meilleur pour elle, je veux qu'elle soit fière de moi, je veux qu'elle se rende compte que je suis pas seulement un homme qui aime faire l'amour à n'importe qui. Bon sang... Si je pouvais toucher son corps, le sentir frissonner contre le mien... mais je ne dois pas penser à ca, surtout alors qu'elle est endormie dans mon lit.
Quand je l'ai entendu tomber je me suis redressé vivement, je n'ai jamais eu peur de toute ma vie. J'ai regardé si elle respirait, j'ai vérifié que tout allait bien pour elle, mais je ne suis pas médecin. J'ai donc appelé Jaimie qui a l'habitude avec moi qui tombe sur le ring. Je l'ai porté dans mon lit, il est venu et m'a assuré qu'elle allait bien mais qu'elle devait se reposer. Je lui ai donc promis que je veillerais sur elle et j'ai posé un gant frais sur son front afin de l'apaiser. Je crois que Jaimie ne m'a jamais vu aussi inquiet qu'en cet instant. Il m'a dit qu'elle a pas mal bu et qu'elle semblait bouder car je n'étais pas là. Cette information m'a fait sourire, et je crois que, même si j'ai été blessé et déçu, je l'ai pardonné la seconde d'après sans véritablement m'en rendre compte.

J'ai fini par me relever, éteindre la lumière pour la laisser tranquille et arrêter d'être un psychopathe qui la regarde dormir. Je sais qu'il est tôt dans la nuit, ou tard (débat bonjour), mais me voilà de nouveau accoudé  à la fenêtre à regarder les étoiles. Nouveau verre à la main, je laisse le liquide ambré tourner dans mon verre et je soupire. Je ne suis pas un homme bon et bon sang, je crois que je donnerais tout pour pouvoir être un homme bien pour elle...
- Je suis désolée.
Je ferme les yeux un instant, laissant sa voix s'engouffrer en moi.
- Je ne voulais pas venir t'embêter.
Bien sûr que tu le voulais, l'alcool t'as juste donné le courage de le faire...
- Je ne sais pas pourquoi je suis venue...
Encore une fois, tu le sais parfaitement...
- Je crois... je crois bêtement que je me suis laissée emporter par...
Je tourne ma tête, curieux. L'alcool, la jalousie, l'envie de me voir peut-être. Seulement rien ne vient... Je regarde de nouveau le ciel, pensant qu'elle s'est peut-être rendormie. Seulement sa voix reprend place dans la chambre et je l'écoute avec attention.
- Tu es un homme bon.
Je ferme les yeux, sentant les larmes me monter aux yeux. Pourquoi quatre mots peuvent-ils me toucher autant ? Un frisson parcourt mon corps et je ne sais pas quoi dire. J'ai envie qu'elle croit en cela, et pourtant je me dis que je ne le mérite pas.
- Je suis désolée si je t’ai donné l’impression de croire le contraire. J’ai sans doute du mal à accorder ma confiance depuis…
Je sens ma main serrer mon verre de whisky alors que je rêve de lui fracasser la gueule. Je ne veux pas qu'elle me compare à cet homme, j'espère qu'elle sait que je ne suis pas comme lui, je pense qu'elle le sait et j'espère surtout qu'elle le croit de tout son cœur.
- Mais je n’ai eu aucun problème à te l’accorder. Jamais je ne t’aurais suivi jusqu’en Espagne, loin des miens, si ce n’était pas le cas. J’ai bien trop bu ce soir… ça n’excuse pas ma jalousie déplacée, mais malheureusement l’alcool a un effet plutôt dévastateur sur moi.
Elle l'a dit alors, elle était jalouse d'une femme qui n'existe pas. Je tourne alors le dos aux étoiles pour lui faire face d'une certaine manière. Le clair de lune l'éclaire un peu et j'ai presque envie de sourire. Pourtant ce n'est toujours pas un bon moment pour moi.
- Je vais te laisser tranquille. Je suis désolée encore, sincèrement.
Certainement pas !! Je m'approche du lit alors que je la vois essayer de se relever. Je me place devant elle et soupire.
- Tu ne vas nulle part Caroline.
Ma voix est plus autoritaire que je ne l'aurais voulu, mais là, il est clair que je ne la laisse pas partir.
- Ca va aller, ne t’en fais pas, je suis pas bien loin…
Je n'aime pas sa façon d'éviter mon regard, je devrais me montrer plus doux. Je pose une main tendre sur son épaule et, sans vraiment faire d'effort je la fais se recoucher dans le lit. Je m'installe à ses côtés, assis sur le rebord du lit. Je passe une main dans mes cheveux, prenant mon souffle alors que c'est à mon tour d'éviter son regard.
- Je ne voulais pas venir aujourd'hui, mais je voulais te voir sourire... Je voulais voir cette petite lueur que tu as quand tu es... Tout simplement heureuse. Mais la soirée j'avais besoin de l'avoir pour moi... Jaimie et Caroline me connaissent parfaitement et ils ont inventé une excuse... Il n'y a jamais eu de journaliste... J'aurais dû t'en parler avant, j'ai voulu mais... Je ne me sentais pas prêt...
Verre toujours à la main, je le bois à nouveau cul sec et le pose sur la table de nuit.
- Ils me connaissent tellement qu'ils savent qu'aujourd'hui est un jour où je ne dois pas être dérangé... D'habitude je ne sors même pas, je vois personne mais... Pour toi...
Je soupire alors que je tourne ma tête doucement vers elle.
- Tous les ans, depuis quelques années maintenant, aujourd'hui est un jour de deuil... J'ai perdu ma mère, d'un cancer... Elle était tout pour moi, mon plus beau combat, ma plus belle fierté...
Les larmes montent plus vite aux yeux que je ne le pensais et les larmes commencent déjà à couler sur mes joues.
- Chaque année je sens le trou béant qu'elle a laissé s’agrandir. A vrai dire je le ressens chaque jour mais... Plus que tout lorsque j'ai besoin d'elle, lorsque j'ai envie qu'elle me conseille, lorsque je veux juste l'avoir auprès de moi cinq minutes... Cinq toutes petites minutes pour savoir si j'ai fait les bons choix, si je suis le bon chemin... Pour savoir si elle est fière de moi ou non...
Je penche la tête en avant, éclatant presque en sanglots, comme un petit garçon qui a tout simplement perdu sa maman.
- Elle me manque tellement...
Je passe une main sur mon visage, mais cela n'empêche pas celui-ci d'être encré par la tristesse. Je reste silencieux un instant, comme pour reprendre mon souffle avant de reprendre la parole.
- J'ai eu peur pour toi... Lorsque tu es tombée... Tu n'as rien, mais s'il te plaît... Reste allongée, reste là cette nuit...
Une nouvelle supplique, cela va devenir une habitude pour ce voyage je crois, mais pour le coup je refuse qu'elle ne fasse qu'un seul pas. Je lui demande gentiment, je n'ai pas envie de me battre, mais si jamais elle me force, je la clouerais sur le lit s'il le faut. Impossible qu'elle dorme seule après sa chute, je dois prendre soin d'elle (ou doit-elle prendre soin de moi...)
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Caroline Brady
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Mar 7 Nov - 20:28


« Tu ne vas nulle part Caroline. » Il a une façon de prononcer son prénom qui la fait frissonner. Il a une façon de lui demander les choses, parfois cela sonne comme un ordre, parfois cela sonne une promesse. Elle devrait partir pourtant, elle le sait. Elle devrait le contourner et rejoindre sa chambre. Mais il est une montagne de muscles et, qu’elle le veuille ou pas, elle se sent en sécurité avec lui. Et la sécurité, elle ne l’a pas ressentie depuis des lustres. Et c’est réconfortant. Et c’est plaisant. Et c’est électrisant. Et c’est dangereux. Tout comme il est dangereux quand il s’approche d’elle et qu’il pose les mains sur elle. Tout comme il est dangereux de le laisser la rallonger sur un lit – son lit. Tout comme il est dangereux de poser les yeux sur lui, enfin, et de comprendre qu’il souffre. Elle ignore ce qu’il est en train de traverser, mais ça lui fend le cœur instantanément. Elle l’a déjà vu irrité. Elle l’a déjà vu en colère. Elle l’a déjà vu furieux. Elle l’a déjà vu plutôt content, voire même vraiment content. Elle l’a déjà vu sourire. Elle l’a déjà entendu rire. Mais jamais elle ne l’avait vu pleurer. Et jamais elle ne l’avait vu démuni, vulnérable et anéanti. Pourtant, c’était ce qu’elle ressentait en le regardant. Comment avait-elle pu le manquer à ce point en arrivant un peu plus tôt ? Ah oui. Tequila mon ami. « Je ne voulais pas venir aujourd'hui, mais je voulais te voir sourire... Je voulais voir cette petite lueur que tu as quand tu es... Tout simplement heureuse. » Il lui raconte ça de façon si naturelle, comme s’il ne révélait pas des choses en la complimentant et lui accordant autant d’importance. Pourtant, dans ces paroles il existait bien plus que du réconfort et de la tendresse. Pourtant, elle en avait la gorge nouée. « Mais la soirée j'avais besoin de l'avoir pour moi.... » C’était vrai qu’il avait été légèrement absent la matinée. Elle avait mis cela sur le compte de la fatigue, du stress et de la colère toujours présente quant à sa défaite. Elle ne s’en était pas formalisée et avait fait son maximum pour qu’il pense à autre chose la moitié de la journée. A présent, il lui révélait qu’il avait fait un effort pour elle, mais que le cœur ne pouvait pas être suivre. Voulait-il la soirée pour lui ? Loin d’elle ? Loin de ce qui semblait exister entre eux ? Avait-il eu besoin de passer du temps avec une autre femme ? « Jaimie et Claire me connaissent parfaitement et ils ont inventé une excuse... Il n'y a jamais eu de journaliste... J'aurais dû t'en parler avant, j'ai voulu mais... Je ne me sentais pas prêt.... » Cette fois, elle fut plus qu’intriguée. Si Jaimie et Claire s’étaient permis de lui mentir – alors qu’ils semblaient si honnêtes – ce devait être bien plus important qu’une simple et possible coucherie pour l’oublier, elle. « Ils me connaissent tellement qu'ils savent qu'aujourd'hui est un jour où je ne dois pas être dérangé... D'habitude je ne sors même pas, je vois personne mais... Pour toi... » Pour elle, encore une fois. Cette voix. Ce ton. Cet aveu silencieux quand il lui dit « toi ». Elle en a le cœur qui bat à chaque fois, comme une idiote. Pourtant, elle ne dit rien et ne réagit pas, parce qu’elle a peur. Parce qu’elle n’est pas prête. Parce qu’ils ne peuvent pas se dire ces choses. Parce qu’ils ne le pourront sans doute jamais. « Tous les ans, depuis quelques années maintenant, aujourd'hui est un jour de deuil... J'ai perdu ma mère, d'un cancer... Elle était tout pour moi, mon plus beau combat, ma plus belle fierté.... » Seigneur. Elle commençait à avoir une idée de la raison de cette souffrance. Et la culpabilité et la honte s’intensifient au fur et à mesure qu’il parle et se confie. « Chaque année je sens le trou béant qu'elle a laissé s’agrandir. A vrai dire je le ressens chaque jour mais.... » L’émotion dans sa voix est palpable, puissante et violente, à tel point qu’elle en a les larmes aux yeux et qu’elle ressent presque sa douleur. Elle en oublie son propre mal de tête, se concentrant sur son mal à lui. Elle en oublie la journaliste, sa jalousie débile et tout ce qui peut lui avoir trotté dans la tête depuis qu’ils se sont quittés plus tôt. « Plus que tout lorsque j'ai besoin d'elle, lorsque j'ai envie qu'elle me conseille, lorsque je veux juste l'avoir auprès de moi cinq minutes... Cinq toutes petites minutes pour savoir si j'ai fait les bons choix, si je suis le bon chemin... Pour savoir si elle est fière de moi ou non.... » Elle n’ose pas bouger, elle n’ose pas l’approcher et elle n’ose pas parler. « Elle me manque tellement.... » qu’il avoue à demi-mots en laissant couler les larmes qu’il avait jusque-là retenu devant elle. Quelle femme oserait se montrer insensible à cet instant ? Elle en est incapable, elle en serait d’ailleurs toujours incapable, et elle n’a qu’une envie, le serrer fort dans ses bras. Alors difficilement mais sûrement, elle vient se caler dans son dos et l’entoure de ses bras pour lui apporter un réconfort qu’elle se sait incapable de lui apporter entièrement. Jamais personne ne remplace une mère. Jamais personne ne le peut. Jamais personne ne le veut. Il s’écoule plusieurs secondes, où elle le tient, où elle lui caresse machinalement les cheveux et où elle le laisse pleurer sa mère perdue. « J'ai eu peur pour toi.... » qu’il lui confie, brisant un silence apaisant et réconfortant. Il a tourné la tête pour lui faire face, et ses yeux rougis lui brisent le cœur. « Lorsque tu es tombée... Tu n'as rien, mais s'il te plaît.... » Elle ne pouvait pas lui promettre de ne plus être maladroite. C’était son second prénom. « Reste allongée, reste là cette nuit.... » A ce rythme, ils allaient passé chaque nuit ensemble. Et si l’idée la rendait folle, l’idée était mauvaise, TRÈS MAUVAISE. Elle soupire légèrement et lui adresse un petit sourire. « Je me sens terriblement stupide… » qu’elle commence par lui dire. « Je suis tellement désolée, Jon, » qu’elle s’excuse de nouveau en réalisant qu’elle ne l’a toujours pas lâché, et qu’elle n’a pas envie de le lâcher. Lui non plus d’ailleurs, son toucher et sa proximité semble l’apaiser un petit peu. « Si j’avais su, j’aurais respecté ton besoin de solitude au lieu de débarquer à moitié éméchée, à chercher avec qui tu passais la soirée et… » à faire l’idiote quoi. « Je ne la connaissais pas, » qu’elle enchaîne en le regardant, « mais je ne doute pas un instant qu’elle serait plus que fière de toi. Vraiment, tu n’as rien à envier à personne. Tu excelles dans ce que tu fais, tu t’engages toujours à 100 % et tu n’abandonnes jamais. Tu es loyal. Tu es fort, » qu’elle ajoute d’une voix légèrement rauque en palpant ses biceps – ERREUR CARO ! « Tu es intelligent. Tu es courageux. Bon… tu as tes défauts, je ne suis pas en train de dire que tu es parfait, » QUOIQUE. Elle rit doucement de sa connerie. « Mais je n’en doute pas un instant, elle serait fière de toi. Je ne saurais pas quoi te dire d’autre, Jon… parce que je ne connais pas ta douleur, » qu’elle lui avoue en étant désolée de ne pas pouvoir comprendre. Elle n’avait perdu personne. Pas encore. Et elle n’était pas prête pour ça. Elle finit par rire de nouveau, doucement. « Tu ne veux plus que je parte ? » qu’elle demande doucement en plaisantant, souvenir de sa première demande quelques heures plus tôt alors qu’elle cherchait la journaliste qui n’avait jamais existé. Elle finit par reprendre son sérieux. Il leur faudrait avoir cette conversation tôt ou tard. Il leur faudrait mettre cartes sur table, tôt ou tard, n’est-ce pas ? Alors que leurs mains sont enlacées – à quel moment est-ce arrivé ? – leurs regards se croisent de nouveau. « Je n’ai toujours pas mon pyjama, » qu’elle finit par dire cependant, lâche et incapable de dire clairement qu’il ne peut rien se passer entre eux, qu’il ne pourra jamais rien se passer entre eux, que c’était impossible et qu’il fallait qu’ils se mettent d’accord sur le sujet. Peut-être bien qu’elle n’avait pas envie de l’entendre lui confirmer ces dires. Lâche. Mais quelle amie serait-elle si elle le laissait ainsi, seul et triste ? Mais bien sûr, Caro.

Le temps de s’absenter pour se changer et se brosser les dents – la tequila c’est le mal – elle finit par le rejoindre comme ce premier soir. Elle se rend compte qu’elle aime bien l’idée de le rejoindre pour dormir. Il ne leur faudrait pas prendre cette habitude. Le retour à LA serait étrange, elle n’en doutait pas un instant. Une fois allongée, cette fois elle se tourne pour lui faire face et il en fait de même. « Tu as envie de parler d’elle ? De ce qu’elle aimait faire ? De ce qu’elle détestait faire ? » qu’elle lui propose de partager son deuil avec elle. De ne plus être seul. De ne plus le vivre seul. « Tu réalises que ça va faire drôle quand on va rentrer et ne plus dormir dans le même lit, » qu'elle plaisante pour le faire sourire. C'était son rôle après tout.

Amis, pas vrai ?

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Jean-Neige Winchester
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MessageSujet: Re: viva espanaaaa - jon & caro   Mer 8 Nov - 19:17

viva espanaaaa
Caroline ∞ Jonnhy
Je ne me montre jamais ainsi, vulnérable au possible, la chair à vif. Je fais toujours tout pour être un homme puissant que l’ont respecté, qu’on craint parfois. Seulement je n’arrive plus à jouer avec elle, je ne peux pas lui mentir. Pourquoi ? Je ne saurais lui dire. J’ai l’impression qu’elle le saurait, que ça la rendrait triste et qu’elle penserait que je ne crois pas en elle. C’est tellement faux, et elle compte tellement pour moi que j’ouvre mon cœur à vif, que je laisse parler mes émotions comme jamais et que je lui avoue ce qui me rend tout simplement malheureux aujourd’hui en particulier. J’ai perdu la personne que j’aimais le plus au monde, que je vénérais même. Ma maman.
Et voilà que j’éclate, que tout ce que je tente de cacher au monde vole en éclats auprès d’elle. Je ne saurais dire si elle a un don avec moi, ou si c’est une vulnérabilité. Le fait est qu’en peu de temps, il se trouve qu’elle me connaît mieux que personne. Parfois je me demande même si elle ne me connaît pas mieux que Jaimie. Je me fige un peu lorsque je la sens se coller à mon dos et me serrer contre elle. Un cœur à vif auprès d’un cœur fragile, cela donne quelque chose de si beau, plus fort aussi. Je ferme les yeux alors que ses doigts glissent naturellement dans mes cheveux. Un frisson me parcourt, d’apaisement, de bien-être, deux choses que je n’aurais jamais cru ressentir en ce jour particulier. Mais Voila, Caroline a plus que des doigts magiques comme j’aime à lui dire, elle est magique, tout entière. On peut presque m’entendre soupirer d’aise mais la tristesse ne me quitte pas vraiment. On ne peut arrêter de pleurer une mère.
C’est dans cette position, une nouvelle fois des plus équivoques que je reprends la parole, la regardant droit dans les yeux et la suppliant de rester ici cette nuit. Non seulement elle doit rester couchée mais en plus je sais qu’ainsi je pourrais veiller sur elle. Bon sang après ce voyage, le retour à la routine va être compliqué...
- Je me sens terriblement stupide… Je suis tellement désolée, Jon.
Un léger sourire se dessine sur mes lèvres quand je repense à sa jalousie envers cette fausse journaliste. Plus j’y pense, et plus cela me touche en fait.
- Si j’avais su, j’aurais respecté ton besoin de solitude au lieu de débarquer à moitié éméchée, à chercher avec qui tu passais la soirée et… Je ne la connaissais pas, mais je ne doute pas un instant qu’elle serait plus que fière de toi. Vraiment, tu n’as rien à envier à personne. Tu excelles dans ce que tu fais, tu t’engages toujours à 100 % et tu n’abandonnes jamais. Tu es loyal. Tu es fort.
Sa main a glissé de ma nuque vers mon torse qu’elle touche plus fermement, une manière de marquer ce qu’elle dit. Je l’écoute sans rien dire, voulant la croire, aimant ce qu’elle me dit. Naturellement je soulève ma main et vais la glisser dans la sienne contre mon torse, une nouvelle fois contre mon cœur.
Pourquoi nier l’évidence. Nous sommes encore l’un contre l’autre, nos mains unis dans un moment particulier, qui nous appartient. Je ne suis pas foutu, je suis carrément en train de tomber...
- Tu es intelligent. Tu es courageux. Bon… tu as tes défauts, je ne suis pas en train de dire que tu es parfait. Mais je n’en doute pas un instant, elle serait fière de toi. Je ne saurais pas quoi te dire d’autre, Jon… parce que je ne connais pas ta douleur.
Ainsi j’apprends qu’elle n’a perdu aucun parent. Est-ce idiot de se dire que je viens d’en apprendre plus sur elle et que j’adore ça ?
Mes larmes se tarissent et un léger sourire se dessine sur mes lèvres. Ma main serre un peu plus la sienne, comme une bouée de sauvetage.
- En quelques secondes, tu me fais me rendre compte qu’essayer de surmonter ça seul est... impossible... Comment je faisais avant toi Caroline, je murmure, mon regard perdu dans le sien.
C’est la question du moment. Comment je faisais sans elle, comment fait-elle pour que, chaque situation que je crois insurmontable, elle les rend moins douloureux et plus acceptables...
Son rire finit par remplir l’habitacle, son si merveilleux après celui de mes larmes. Je la regarde sans comprendre sa soudaine crise d’humour.
- Tu ne veux plus que je parte ?
Je secoue la tête.
- Non... je veux que tu restes avec moi...
L’ambiguïté de cette phrase n’est pas due au hasard. Je veux qu’elle reste non seulement cette nuit, mais pourquoi pas d’autres nuits à venir... note à moi-même, prévoir un nouveau voyage, pourquoi pas au Japon ou quelque chose dans le genre.
Si elle riait un peu avant, cela redevient sérieux et le silence en est presque pesant. Nos souffles se mêlent presque, mon visage se rapproche un peu du sien, comme appelé, attiré tandis que mon regard passe de ses yeux à ses lèvres. C’est comme si nous attendions quelque chose, quelque chose qui ne viendra pas, car sa voix rompt le silence.
- Je n’ai toujours pas mon pyjama.
Je me mordille la lèvre inférieure, un peu déçu. Mais qu’attendais-je dans le fond... à contre cœur, je lâche sa main et me redresse pour attraper le T-shirt qu’elle portait déjà la nuit dernière.
- Menteuse, tu as un pyjama, je dis en lui tendant le vêtement, sourire aux lèvres.

Alors qu’elle est en train de se changer, je me glisse dans les draps en simple pantalon de pyjama. Mon regard se perd sur le plafond que je discerne à peine et je soupire, mes doigts tapotant sur mon ventre. Je vais encore dormir avec elle, et cette perspective me rend bien trop content je crois. Le fait est que je m’inquiète tellement au vu de sa chute tout à l’heure. Elle finit par me rejoindre et je me tourne vers elle. On ne se discerne pas vraiment, mais cela me suffit. J’ai presque envie de poser ma main sur sa joue, mais franchement je crois que ça craindrait...
- Tu as envie de parler d’elle ? De ce qu’elle aimait faire ? De ce qu’elle détestait faire ?
J’hausse d’abord les épaules avant de me prêter à son jeu.
- Elle adorait chanter, elle avait une voix un peu grave et lorsqu’elle chantait en gaélique c’était merveilleux. Elle aimait le rose, mais elle m’a toujours soutenu que le orange de mes cheveux était sa couleur préférée. Elle n’aimait pas faire la vaisselle ou encore repasser, mais ce qu’elle détestait le plus était Halloween, ça lui a toujours fichue une trouille bleue. Elle était douce, aimante... même lorsqu’elle était malheureuse avec mon père, elle me souriait... elle était si forte bon sang, bien plus que je ne le serais jamais.
Je souris, nostalgique de ce genre de moment. Et alors que je pensais que j’allais me remettre à pleurer, voilà que parler d’elle me fait un bien fou.
- Et ce don je suis certain, c’est qu’elle t’aurait adoré, je lui confie en souriant (est-ce qu’elle peut au moins le voir ?..)
- Tu réalises que ça va faire drôle quand on va rentrer et ne plus dormir dans le même lit.
Je fronce le nez, elle a raison, ça va faire drôle. Mais je suis content de savoir que je ne suis pas le seul à penser ainsi.
- Qui sait, on pourra toujours s’organiser Des pyjama party, je dis avant de rire.
Je reprends finalement mon sérieux.
- Comment tu vas ?
Question qui peut sembler basique, mais qui englobe tellement de choses. Comment va sa tête, sa jalousie, est-ce qu’elle se sent en sécurité avec moi, heureuse ? Tant de question qui trottent dans ma tête. Je me suis tellement livré, je me dis que c’est à son tour d’ouvrir un peu son cœur, un tout petit peu, à moi...
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