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 "Love the way that you conquer your fear" [Daisy + Nate]

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Nathaniel Brady
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DATE D'INSCRIPTION : 03/02/2016
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MessageSujet: "Love the way that you conquer your fear" [Daisy + Nate]   Ven 22 Sep - 17:20

C’est la sonnerie d’un téléphone qui me sort du sommeil et je peux vous dire que ce matin, c’est dur… J’ai comme une barre dans le front, je me sens engourdi et j’ai du mal à me situer dans l’espace. Pourtant, je suis bien chez moi, dans ma chambre. Les yeux encore à moitié clos, je regarde vers la fenêtre où les persiennes laissent passer de puissants rayons de soleil qui m’éblouissent et accentuent mon mal de tête. Je me demande alors quelle heure il peut bien être, d’habitude le matin, le soleil n’est pas de ce côté-là. Puis c’est là que je réalise que je ne suis pas seul dans mon lit, je vois deux pieds et un bout de jambe sortir du drap, celui-là même qui voile délicatement le corps de… suspense… je remonte lentement les yeux vers la tête de la demoiselle et je vois une chevelure blonde. J’essaie tant bien que mal de me souvenir d’elle, mais impossible, c’est le trou noir. Je suis obligé de me pencher un peu au-dessus d’elle pour voir son visage tourné vers la fenêtre. Oh. Jessica. Je la reconnais. Mon regard dérive dans le vide et j’essaie encore une fois de me souvenir des événements de la veille. La veille, c’était ma grosse fête pour célébrer mon nouveau célibat, maintenant qu’Ellis est partie. Il ne reste plus que Caro à la maison et en pensant à elle, je me demande où elle est, la maison a l’air bien silencieuse. Et là je me demande dans quel état je vais la retrouver après la grosse fête d’hier. Bon, je décide de chercher mon téléphone pour regarder l’heure qu’il est et voir ce que j’ai loupé. Je pose d’habitude l’appareil sur la table de chevet, mais bien évidemment il n’y est pas. Alors je suis à la trace les vêtements, les miens et ceux de la demoiselle allongée à côté de moi, qui dessinent une ligne jusqu’à la porte restée entrouverte et même au-delà puisque mon pantalon se trouve à moitié dehors. Bon sang, c’est qu’on était pressés, je pense en rigolant presque. D’ailleurs, je vois mon téléphone sortir de l’une des poches, à moitié sur le sol. Alors je décide de me lever pour aller le chercher, mais comme prévu, ce n’est pas facile. J’ai mal partout, on dirait un petit vieux. Je me demande sérieusement ce que j’ai bien pu faire hier à la fête… et cette nuit. Un regard sur Jessica qui se met à bouger, elle a dû sentir que je me levais. Jessica, c’est une nana qui vient nous voir surfer de temps en temps. Je l’ai invitée, elle et ses copines, hier. Je n’ai aucun souvenir de la fête en question, mais j’ai bien dû m’amuser avec elles. Il faut dire qu’elles sont super bien foutues, ces nanas… Ca aurait été dommage de fêter mon célibat sans elles. Un sourire satisfait apparaît sur mon visage. Ah ça y est, elle ouvre les yeux. Je vais chercher mon téléphone par terre, j’en profite pour enfiler mon boxer et aussi pour me manger la porte dans le pied et je me mets à jurer. Bon OK, je ne me suis pas levé du bon pied, je sens la journée de merde arriver. J’allume mon téléphone et là c’est le choc quand je vois l’heure. Quinze heures ! Putain mais j’ai fait quoi hier ? A quelle heure je me suis couché ? Je dors jamais aussi tard, d’habitude, même quand je suis accompagné. D’ailleurs aucune fille ne reste jusqu’à cette heure-là d’habitude. Mes yeux se tournent immédiatement vers Jessica qui me regarde avec un sourire coquin. Bonjour bel Apollon… me dit-elle dans une pose lascive. Prêt pour un troisième round ? me demande-t-elle de sa voix ultra sexy, je l’admets. Mais quoi ? Troisième ? Et je me souviens même pas des deux premiers ? Quelque part, ça me fait quand même chier… J’avoue. Mais… maintenant que j’ai recouvré mes esprits, et que Daisy est bien parmi eux, je vais devoir décliner. Bizarrement, Jessica qui pourtant est une sacrée bombe ne me fait plus envie. Du tout. Ecoute Jess, j’ai un truc à faire dans une heure et je suis déjà à la bourre… Le troisième round sera pas pour tout de suite, malheureusement. Pour elle. Pour moi aussi ? Je ne sais pas trop. Elle se redresse alors, se mettant assise sur le lit, le drap la couvrant jusqu’alors tombant sur ses cuisses et dévoilant sa poitrine. Parfaite, la poitrine. Je soupire en me demandant ce qui cloche chez moi. Jess la bombasse est là, à poil sur mon lit, et moi ça me fait même pas envie. D'accord, donc on verra plus tard… me répond-elle doucement. En tout cas c’était sympa… finit-elle en se levant. Ses fesses sont tout aussi parfaites que ses seins. Caro a raison, je ne me tape jamais des laiderons. J’aime ce qui est beau, j’y peux rien. Haha. Oui, très sympa, je réponds alors que je n’en ai pas la moindre idée. Merci d’être venue. Elle rigole et s’approche de moi, nue, puis elle se penche pour ramasser ses vêtements un à un. La demoiselle n’est pas pudique, à ce que je vois. Merci de m’avoir fait venir me répond-elle doucement près de l’oreille de façon très suggestive alors qu’elle ouvre la porte, toujours son sourire coquin accroché à ses lèvres charnues. Elle dépose un baiser sur ma joue et s’éloigne de moi, enfilant ses quelques vêtements en marchant. Elle me fait un signe d’au revoir de la main et descend les escaliers. Et moi, je reste pantois. En fait, elle est pas si mal, cette Jess, je me dis alors.
Bon, réveille-toi Nate, fais quelque chose. Daisy va t’attendre, sinon. Alors je m’active. Je file à salle de bain où je saute dans la douche, enfin presque, ce que ma cheville me permet. Et je crois que je suis resté un peu trop longtemps sous l’eau car les miroirs de la salle de bain sont tous embués. Bon, de toute manière, pas le temps de me regarder et pour ce que j’ai sur le crâne, le coiffage sera rapide et je ferai sans. Je m’habille un peu en panique, ne sachant quoi choisir pour mon après-midi avec Daisy. Alors, déjà, choisir le bermuda qui va bien. Qui me moule le derrière juste ce qu’il faut. Je vais prendre le bleu, Charlie m’avait dit qu’il m’allait bien. Maintenant le t-shirt, même si je ne compte pas forcément le porter puisqu’on ira dans l’eau. Enfin j’espère. Parce que si Daisy panique de trop et que je n’arrive pas à la calmer, on va rester les pieds dans le sable. Il faut bien que j’aille jusqu’à la plage donc je n’y vais pas torse nu. Je reste quelques longues secondes à contempler mes tee-shirts, les faisant défiler sur leurs cintres dans mon armoire. Et puis je tombe sur ma chemise à fleurs que j’avais achetée à Hawaï. Un sourire se dessine alors sur mon visage et j’entreprends de la passer sur moi. Elle est en jean avec des fleurs roses et blanches mélangées aux feuilles. Allez, ça peut le faire. Petit clin d’œil à notre dernière conversation. Je boutonne la chemise, pas jusqu’en haut sinon je vais crever de chaud, et je prends mon portefeuille et mon téléphone pour vérifier l’état de la batterie. C’est bon, j’ai ce qu’il faut. Et c’est là que je vois des messages reçus, alors je clique. C’est peut-être Daisy qui décommande ? Mon cœur tape un peu plus fort à cette idée. Mais non, c’est Otto. Je vous les lis, parce que c’est quand même drôle. « Alors… heureux ? » avec des smileys qui rigolent, évidemment. Putain ça m’énerve de ne me souvenir de rien, je vous jure ! « Pas trop mal aux cheveux ? » Si, en fait, si. Je suis trop vieux pour ces conneries, il faut croire. « Si Daisy savait ça… Tu me donnes combien pour me faire taire ? » est son dernier message. Ma seule réponse à ça est un long reniflement suivi d’un encore plus long soupir. Oui, bon, elle ne le saura pas. Point final. Pourquoi se poser ce genre de questions ? Et puis je suis célibataire et je fais ce que je veux. Mais il faut quand même ne pas le lui dire, parce que j’essaie de jouer le mec sage pour qu’elle change d’avis sur moi. Argh ça m’énerve, je me sens coupable d’avoir couché avec Jessica. Mais pourquoi ?!! Je me secoue le visage en prenant une grande inspiration et je commence à descendre les marches tout en répondant à mon pote. « Sois pas jaloux parce que j’ai baisé et pas toi. Un jour ça t’arrivera… Enfin j’espère pour toi Smile ». Quand j’arrive en bas, c’est d’abord l’odeur de propre qui assaille mes narines, mais dans le bon sens. Je lève la tête de mon écran de téléphone pour constater que la maison est nickel. Rangée, nettoyée, comme s’il n’y avait jamais eu de fête ici cette nuit. Et c’est le bruit de l’eau qui coule qui attire mon regard. Caroline est en train de faire la vaisselle. Ah te voilà réveillé... Pendant un instant j'ai cru que tu avais oublié que tu avais un rendez-vous... me dit-elle avec un drôle d’air. T’as tout nettoyé ?! Mais t’es folle ! je m’étonne en m’approchant d’elle pour l’embrasser sur la joue. Tu n’aurais pas dû… Mais merci ! je lui dis gentiment. En fait je vais te garder à la maison pour toujours, je crois… je plaisante en voyant le résultat du travail de ma cousine dans l’égouttoir. Je regarde à nouveau l’heure sur mon téléphone et je soupire. Je vais peut-être être en retard… mais je n’ai pas oublié. Comment pourrais-je ? C’est pas comme si j’attendais cette heure depuis des jours ! J’étais limite à dessiner des petites croix sur mon mur de chambre. J'allais venir te réveiller mais j'ai entendu glousser... et j'en ai suffisamment entendu cette nuit. Je rigole, un peu gêné. Pardon pour ça. En fait, rigole pas, mais j’ai aucun souvenir de cette soirée. Et j'ai suuuuper mal au crâne… je fais en prenant un verre propre pour prendre un cachet. Et c’est un peu plus gêné encore que lui pose ma question. Dis, est-ce que tu peux garder ça pour toi et ne rien dire à Daisy ? J’ai pas trop envie qu’elle connaisse mes déboires de cette nuit, si tu vois ce que je veux dire. Et ne t’inquiète pas, Jess n’était que de passage. Enfin j’imagine. J’espère qu’elle ne compte pas revenir pour son fameux « troisième round ». Même si j’imagine que la nuit a été très plaisante pour elle et pour moi. Caroline finit par lever son pied pour me le coller dans le derrière en guise de punition, alors qu’elle est toujours en train de faire la vaisselle – c’est beau les femmes multitâches ! – et m’ordonne de filer voir Daisy avec l’un de ses sourires adorables. Alors je m’exécute et après l’avoir embrassé une dernière fois sur le dessus de la tête, je m’en vais dans ma voiture. Je vérifie encore une fois mon téléphone pour voir si Daisy n’a pas essayé de me contacter avant que je parte. Mais comme il n’y a rien, je mets le contact et l’autoradio s’enclenche immédiatement, faisant brailler une musique à travers les enceintes du pick-up. Je zappe immédiatement et je tombe sur la fin d’une chanson des Beach Boys. J’adore les Beach Boys, en fait, j’adore la musique des années cinquante et soixante. Je trouve qu’on fait rarement mieux aujourd’hui. Je mets mon clignotant et je déboîte dans la rue, et j’accélère pour arriver à temps à mon rendez-vous avec Daisy. Je ne peux pas m’empêcher de penser à elle, et je sens que ça remue de plus en plus dans mes tripes alors que l’heure tourne et que les aiguilles s’approchent du quatre heure pile. Je crois que je suis un peu stressé de la voir, je sais que je ne devrais pas prendre ce rendez-vous comme un rendez-vous galant, mais je ne peux pas m’en empêcher. Et puis elle sera en maillot de bain et je sais déjà que je vais la trouver sublime. Et voilà, maintenant, d’y penser, j’ai le cœur qui bat encore plus fort. Et en même temps, je suis tout excité à l’idée de la revoir, de pouvoir lui parler à nouveau, d’en apprendre plus sur sa vie et d’écrire un peu de son histoire aussi. C’est fou comme elle manque à ma vie depuis ma sortie d’hôpital.

C’est encore une belle journée à Los Angeles, aujourd’hui. Il fait très chaud, par contre, même s’il est déjà seize heures. J’ai miraculeusement trouvé une place de parking près de la plage et j’attends devant le camion du glacier, comme prévu. Et je suis le premier, hourra ! Ce n’était pas gagné, vu le réveil. Daisy ne devrait pas tarder. Je sens une petite angoisse s’amuser avec moi et je n’arrête pas de regarder mon téléphone, machinalement. J’observe tout ce qu’il se passe autour de moi en attendant la jolie brune, et je vois au loin des potes de surf que je salue, mais je reste planté où je suis, au point de rendez-vous avec ma Daisy, avec ma serviette à cheval sur mon épaule. D’ailleurs, en parlant du loup… La voilà, à vélo, dans une jolie tenue blanche et bleue plutôt large qui dévoile celles qui me font déjà fantasmer… Ses jambes dorées qui paraissent interminables, et le fait de pédaler fait ressortir sa musculature parfaite. Je soupire, épuisé d’être aussi sous le charme de l’infirmière. C’est avec le sourire que je l’accueille, en m’avançant vers elle alors qu’elle verrouille le cadenas de son vélo. Aloha ! je lui dis d’un ton joyeux. Comme je suis content de la voir ! A peine se redresse-t-elle pour me faire face que mon cœur fait un nouveau bond. Je suis soufflé par sa beauté et me voilà intimidé, ce qui n’est absolument pas dans mon habitude quand je suis avec de jolies femmes. Je pense que de la voir à nouveau dans une tenue de ville, qui contraste énormément avec son uniforme d’infirmière, ça me chamboule un peu. D’ailleurs je me sens un peu idiot en lui faisant face, ne sachant pas comment on doit se saluer. Juste un salut suffit ? On ne va quand même pas se serrer la main. Et puis même si j’en aurais bien envie, c’est peut-être trop tôt pour une accolade ? Alors je me contente d’entrer dans le vif du sujet. Ca va Daisy ? Prête à faire le grand saut ? je demande, plein d’entrain. Bon, le saut peut être petit, ça ne me dérange pas. D’ailleurs, je pense que ma cheville sera plutôt d’accord avec cette idée, je rectifie en plaisantant. Alors la bonne nouvelle, c’est que si tu travailles bien aujourd’hui, je t’offrirai une glace, je fais en pointant du pouce le camion derrière moi. Après l’effort, le réconfort, comme on dit. J’essaie de ne pas lui montrer mon léger stress, car je sais que tout ce dont elle a besoin, là, c’est de la confiance en moi car elle s’apprête à affronter sa plus grande peur et compte sur moi pour l’épauler. Ce n’est pas tant le fait de l’aider qui me stresse, évidemment. Ca, j’ai l’habitude avec le boulot. C’est simplement sa présence qui éveille toujours en moi des sensations un peu étranges. Alors je me tourne vers l’océan pour tenter de me relaxer un peu.
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: "Love the way that you conquer your fear" [Daisy + Nate]   Lun 2 Oct - 18:41





Daisy claque doucement sa porte d’entrée, et laisse tomber son sac d’affaires après avoir verrouillé la serrure de sa porte. La nuit lui a paru atrocement longue. Elle a été d’un calme plat, et les heures ne défilaient absolument pas au travail. Dans ces circonstances, Daisy en a profité pour sortir l’un des livres qu’elle a récemment commandé, qui lui serviront de base pour sa formation à venir. Elle a hâte de pouvoir réellement commencer, mais en attendant, elle tente de se mettre à jour sur un maximum de choses. Elle a bien essayé de se concentrer, mais une toute petite boule d’angoisse avait fini par s’installer au milieu de son ventre. Depuis que Nate lui avait proposé de l’aider à vaincre sa peur, elle avait hésité des centaines de fois à lui écrire pour lui dire qu’elle ne le ferait pas, que ce n’était pas une si bonne idée que ça, finalement, ou encore qu’elle ne se sentait pas prête. Mais une force intérieure venue de nulle part l’en avait empêchée. Si bien que lorsqu’il lui avait écrit pour fixer le rendez-vous de leur prochaine rencontre, qui se déroulerait donc à la plage, elle avait été incapable de refuser et avait décidé de l’heure avec lui.
Cette angoisse encore présente alors qu’elle déambule dans son appartement, est accompagnée d’autres pensées liées au pompier. Il l’avait invitée à une soirée, pour célébrer son célibat. Drôle d’idée, avait-elle pensé. Et puis, elle avait refusé puisqu’elle avait déjà posé sa garde pour cette nuit. DeeDee regarde l’heure : six heures passées. Elle se demande s’ils sont toujours debout à cette heure-ci, et si la fête était sympa. Puis elle hausse les épaules, comme pour chasser ses pensées et se concentre sur elle-même. C’est là qu’elle se rend compte qu’elle est passablement épuisée, et que plusieurs heures de sommeil ne seront pas de trop avant l’après-midi qui l’attend. Un petit détour par la salle de bains pour se démaquiller, prendre une douche chaude rapide, enfiler un pyjama confortable et ensuite, elle part se vautrer sur son grand lit, se recouvrant d’un drap, serrant contre elle un de ses oreillers dans une recherche de réconfort. L’angoisse est toujours là, alors elle ferme les yeux très fort, en espérant que le sommeil l’emportera en quelques secondes.

C’est ce qui a dû se passer, car Daisy se réveille reposée, toujours l’oreiller coincé entre ses bras, mais légèrement plus sereine. Elle se redresse dans son lit, en se passant une main dans ses cheveux, s’étirant tranquillement. Puis sa main glisse sur sa table de chevet jusqu’à saisir son téléphone. Aucun message, ni appel, et il est à peine quatorze heures. Il est temps de se lever pour déjeuner et ensuite se préparer. Elle ne sait pas si l’absence de signes de Nate est une bonne chose ou non. En un sens, elle craint qu’il ne s’en souvienne pas, ou qu’il se sente un peu mal après sa soirée, et qu’il l’oublie alors qu’elle l’attendra près de la plage. Comme si l’angoisse de se confronter de nouveau à sa peur de l’eau n’était pas suffisante, voilà qu’elle s’imagine se retrouver seule et oubliée comme une vieille chaussette. La brune soupire longuement en ouvrant son frigo, cherchant de quoi satisfaire son appétit. Elle pioche quelques ingrédients, afin de se faire une assiette pleine d’énergie, car même si l’effort n’apparaît pas particulièrement physique, il sera très éprouvant et elle aura besoin de tout ça, à coup sûr. Œufs brouillés, tartines d’avocat et tranches de saumon fumé, elle s’installe en tailleur sur son canapé, avec son assiette sur les genoux, et commence à réfléchir malgré sa volonté de garder un esprit tranquille. Impossible, tout tournicote. Elle hésite vraiment à écrire à Nate pour savoir si c’est toujours bon. Mais se ravise : au moins, elle saura s’il tenait réellement à la retrouver sur cette plage. Parce qu’elle s’en est posé des questions : pourquoi voudrait-il perdre son temps à l’aider pour cette peur ? Qu’a-t-il à y gagner après tout ? Croit-il pouvoir faire des miracles ? Au fond d’elle, une toute petite partie l’espère secrètement. Si seulement elle pouvait surpasser cette peur et le traumatisme qui l’accompagne… Elle pourrait à nouveau passer des étés agréables, en allant à la plage avec des amis, en s’offrant des soirées piscine lorsqu’elle est invitée, en retournant à Hawaï après tout ce temps… Son appétit se manifeste et elle engloutit rapidement son assiette pleine de bonnes calories. Puis, elle se redresse et se dépêche d’aller dans son coin chambre, où ses vêtements sont triés dans de petits paniers. Elle en sort un, et farfouille à l’intérieur à la recherche du maillot de bain adéquat. Elle en a plusieurs. Chaque année, elle en achète bêtement un nouveau, en se disant qu’elle le portera peut-être. Elle essaie de se servir de tout comme carotte, pour se faire avancer, mais le maillot de bain n’a jamais fait grand effet sur sa motivation. Et aujourd’hui, elle a le choix parmi tous ses maillots. Elle en sort plusieurs, les étendant devant elle. Il faut quelque chose de confortable, dans lequel elle se sentira à l’aise en présence du pompier. Elle hésite pendant quelques minutes, puis jette son dévolu sur le maillot de l’année dernière, favorisant le côté une pièce, plus sage selon elle. Rapidement, elle se glisse à l’intérieur, et s’observe dans le miroir de sa chambre : pas trop mal, il faudrait peut-être faire une bricole plus de sport mais… Ca ira bien pour aujourd’hui. Daisy s’empare d’un combishort léger : la chaleur, en plein mois d’août, est particulièrement étouffante en milieu d’après-midi.
Alors qu’elle enfourne une serviette de bain dans son sac de plage, avec son portefeuille, elle s’aperçoit qu’un léger tremblement l’a saisi, en observant ses mains qui n’agissent plus de façon aussi sûre qu’à leur habitude. Après les avoir frottées l’une contre l’autre pendant une vingtaine de secondes, elle s’empare à nouveau de son téléphone et constate qu’elle n’a toujours pas de nouvelles. Elle soupire, puis range son téléphone, et sort de chez elle après avoir correctement verrouillé la porte de son appartement.

La brune a décidé de prendre son vélo pour se rendre à la plage : ça fera un peu d’exercice, et ça peut aussi être assez pratique pour éviter les bouchons. Elle espère ne pas se mettre trop en retard, et s’inquiète de ne pouvoir surveiller son téléphone, avec les appels et les messages possiblement entrants, tandis qu’elle pédale. Son angoisse est doucement revenue, grattant à l’intérieur de son ventre pour se faire une petite place et grappiller de l’espace. Impossible de la chasser. Alors, elle pédale plus fort, en espérant sentir un peu moins cette sensation dérangeante. Puis, elle arrive au lieu de rendez-vous que lui a proposé le pompier, et l’aperçoit aussitôt. Un verrou se défait, intérieurement : il n’a pas oublié. Et elle se retient de sourire bêtement. Ce n’est pas le moment… Elle descend de vélo, le pose contre les grosses barrières en bois et glisse le cadenas autour de la roue. Et lorsqu’elle se redresse, Nate est beaucoup plus proche que quelques secondes auparavant. « Aloha ! » Un sourire se glisse sur son visage, presque amusé en l’entendant prononcer ce mot et en contemplant la jolie chemise hawaïenne qu’il a décidé de porter aujourd’hui. Elle répond à sa salutation de façon plus classique, en gardant une petite distance entre eux deux, après avoir observé le comportement de Nate, pour savoir ce qu’il s’apprêtait à faire : s’approcher, rester là où il était… Mais le côté sage les a emportés tous les deux, il faut croire, car ils gardent chacun leurs distances. « Ca va Daisy ? Prête à faire le grand saut ? » Elle se contente d’abord de le regarder d’un air curieux, sans répondre quoique ce soit dans un premier temps, puis elle retrouve son souffle et lui confie : « Pour être tout à fait sincère, je suis un peu stressée.. » - « Bon, le saut peut être petit, ça ne me dérange pas. D’ailleurs, je pense que ma cheville sera plutôt d’accord avec cette idée. » - « Alors je suis d’accord avec ta cheville ! » répond-elle sur le même ton de la plaisanterie, sans pour autant se priver de dire la vérité. « D’ailleurs comment elle va, celle-ci ? Tu as fini par l’assouplir un peu ces derniers jours ? » Ils avaient échangé quelques textos les jours précédents, et il s’était plaint d’avoir un peu trop forcé sur sa cheville nouvellement rétablie, après être allé faire une session surf. « Alors la bonne nouvelle, c’est que si tu travailles bien aujourd’hui, je t’offrirai une glace. Après l’effort, le réconfort, comme on dit. » Les yeux de Daisy suivent le pouce de Nate qui indique le camion de glace placé derrière lui. Elle esquisse une petite moue intéressée, avant de prendre un air un peu plus sérieux. « Tu testes la technique de la carotte sur moi ? » demande-t-elle avec un intérêt soudain pour comprendre un peu comment il compte s’y prendre pour l’amadouer, la motiver et la pousser à se remettre dans le bain. Elle n’ose pas lui dire qu’elle n’a jamais été très réceptive face à cette technique, peu importe l’enjeu en cours. Il regarde au loin, du côté de l’océan qu’elle entend ronronner non loin d’ici. La plage est en contre-bas. Un petit chemin équipé de marches en bois leur permettra de la rejoindre. « On y va ? » demande-t-elle pour les lancer dans le vif du sujet. Elle le laisse passer devant elle, et en profite pour lui parler par la même occasion. « Alors, bien remis de ta soirée ? Pas trop difficile le réveil ? » demande-t-elle en imaginant qu’il n’a pas dû dormir beaucoup d’heures. Au fond d’elle, elle se demande si c’était une si bonne idée de conserver cette date de rendez-vous, alors qu’il ne serait pas au meilleur de sa forme. Ca joue sur la confiance qu’elle lui accorde. Même si elle ne l’a pas encore vu tanguer, ce qui est déjà bon signe : soit il n’a pas trop bu, soit il décuve actuellement. Et à cette pensée, Daisy ressent à nouveau une pointe de panique. Une fois qu’ils rejoignent la plage, elle défait rapidement ses sandales plates, dans lesquelles le sable s’est infiltré aussitôt, et les tient à la main le temps de trouver un endroit où déposer leurs affaires. Par chance, il n’y a pas trop de monde aujourd’hui et cela lui retire déjà une part de stress. Nate s’arrête à un endroit, et Daisy devine qu’il a choisi l’endroit où s’installer. Elle dépose son sac à côté de la serviette qu’il vient d’étendre, et en sort à son tour la sienne, qu’elle déplie à côté. Puis elle se redresse, se tournant vers l’océan qui les nargue en lançant ses vagues qui viennent lécher le sable devant eux. Pendant un temps, elle ne respire plus, se contenant de regarder le spectacle que la nature lui offre, mais elle détourne le regard lorsqu’elle sent son cœur battre un peu trop fort. Elle se rend compte que Nate a quitté sa chemise, lorsqu’il la laisse tomber sur sa serviette. Elle le regarde pendant quelques petites secondes, ayant le temps d’apprécier la carrure du pompier, qu’elle avait déjà remarquée, mais aussi de réaliser à quel point son tatouage est imposant dans le dos : un ange. Alors, voyant qu’il est l’heure de se lancer, Daisy s’active, et défait le nœud au milieu de son buste qui resserre les pans de son combishort. Devenu lâche, elle le laisse glisser le long de ses bras, de son buste puis de ses jambes, dévoilant sa silhouette athlétique, nichée dans un maillot de bain une pièce, rouge orangé, au décolleté plongeant. Du bout des doigts, elle arrange son placement, réajustant les élastiques à divers endroits, puis ses yeux verts se déplacent jusqu’à Nate qui semble l’observer. Un peu gênée, elle croise les bras contre elle et s’approche d’un pas, pas plus. « J’espère qu’elle n’est pas trop froide... » confie-t-elle doucement. Lorsqu’elle s’aperçoit que son angoisse revient au galop alors qu’elle contemple les vagues qui s’échouent les unes après les autres, elle change complètement de sujet afin de tromper son esprit, en le forçant à se concentrer sur autre chose. « Alors, Kate Moss était de la partie hier soir ? » demande-t-elle avec amusement, en scrutant le visage de Nate, tout en se dandinant d’un pied sur l’autre. Puis, ses yeux sont attirés par autre chose sur le pompier, plus précisément à la base de son cou. « Oh. » Elle n’arrive pas à retenir sa légère surprise. Puis elle soupire pour elle-même en baissant le visage. Evidemment, une soirée pour fêter le célibat… A quoi s’attendait-elle, franchement ? « Dis voir… La nuit a été bonne ? Tu es certain d’être suffisamment reposé ? » demande-t-elle sur un ton innocent, malgré les étranges sensations qu’elle ressent en se rendant compte de ce qu’il a fait la veille. « Elle avait quel âge, la fille de Dracula, pour croire que les suçons sont encore acceptables sur un type à la trentaine passée ? » Ok. Peut-être qu’elle y est allé un peu fort, mais c’est bien de la déception qu’elle ressent à cet instant en ne pouvant s’empêcher de voir la trace violacée sur la peau de Nate alors qu’elle l’observe.
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: "Love the way that you conquer your fear" [Daisy + Nate]   Lun 2 Oct - 21:49

Réentendre le son de sa voix, mêlé au bruit du trafic et des vagues derrière nous, c’est nouveau. Le contexte habituel de l’hôpital a bien changé et je dois avouer qu’il me plaît beaucoup plus ainsi. Nos salutations restent neutres, l’un n’approchant pas l’autre de trop près, je le regrette un peu. J’aurais peut-être dû tenter l’accolade. Elle m’avoue être un peu stressée, j’ose imaginer. La courageuse Daisy s’apprête quand même à affronter la plus grande peur de sa vie. Encore une fois, elle m’épate. Cette femme est pleine de force, de douceur et d’empathie. Il n’y a pas un défaut chez elle qui arriverait à ternir l’image que je me suis construite d’elle. En réalité, je l’admire. J’admire son courage aujourd’hui, et sa détermination, et j’admire le fait qu’elle me fasse confiance alors qu’elle me connaît à peine. Elle doit sûrement se dire « qui ne tente rien n’a rien » ? Elle tente sa chance, peut-être que je suis le bon pour la faire avancer face à cette phobie. Ca me met une grosse pression quand même, pourtant j’ai l’habitude. Mais s’il y a bien quelqu’un que je ne veux pas décevoir en ce moment, c’est bien elle. Je lui réponds alors par une petite plaisanterie et elle surenchérie, affirmant être d’accord avec ma cheville, comme si elle était la troisième personne de notre groupe aujourd’hui. D’ailleurs comment elle va, celle-ci ? Tu as fini par l’assouplir un peu ces derniers jours ? me demande-t-elle alors. Elle est gentille de prendre de mes nouvelles, continuant de jouer son rôle d’infirmière en dehors des murs de l’hôpital. Ca va, j’ai fait pas mal d’exercices en alternant avec de bonnes phases de repos. Plus de béquilles, je marche presque sans boiter aujourd’hui, mais pas encore très vite. Caro s’occupe bien d’elle, sois rassurée. Et c’est pratique d’avoir sa kiné à la maison. Pour tenter de faire de l’humour et de détendre Daisy, je lui affirme qu’elle aura droit à une glace après notre petite séance. C’est un peu comme quand on avait droit à une friandise chez le pédiatre lorsqu’on était enfant. Tu testes la technique de la carotte sur moi ? me demande-t-elle sans sourire vraiment. Je crois que j’ai loupé mon objectif, mais je vais persévérer. Oh non, tu n’es qu’une excuse pour que moi je m’achète une glace. Je meurs toujours de faim après mes après-midi ici, alors tu me donnais bonne conscience, je réponds en rigolant. Je note que la technique de la carotte n’est sûrement pas la bonne pour l’aider à mettre ses pieds dans l’eau. En réalité, je devrais faire attention à ce que je mange, Otto m’a dit que je devenais gros, l’enfoiré. Je rigole à nouveau en repensant à sa remarque, l’autre jour au surf. Le sport m’a manqué pendant ces deux derniers mois, et ça se voit… j’avoue alors que mes abdominaux s’effacent doucement de ma silhouette.
On y va ? propose-t-elle alors. C’est bien que ce soit elle qui lance les hostilités. Daisy s’en va en guerre contre ses démons, j’aime ça. Elle me laisse passer devant alors qu’on s’apprête à descendre le petit escalier en bois qui mène jusqu’au sable de la plage, en contrebas. Tout en descendant, j’essaie de ne pas me déconcentrer des marches. Ma cheville reste faible et un mauvais appui créerait une chute. J’aimerais ne pas m’étaler devant Daisy, même si je sais que je serais entre de bonnes mains. L’odeur de l’iode se fait plus présente et le bruit des vagues, pas trop grosses aujourd’hui, nous avons de la chance pour l’activité que nous nous apprêtons à faire, résonne à mes oreilles. C’est toujours un immense plaisir pour moi de venir près de l’océan. Il fait partie de moi, je ne saurai vivre sans, sincèrement. Ces mois à Minneapolis ont été difficiles et je sais que c’est en partie à cause de ça. Je n’avais plus mon bol d’air iodé quotidien. Alors, bien remis de ta soirée ? Pas trop difficile le réveil ? Heureusement qu’elle ne voit pas ma réaction, puisque je suis devant elle. Mes yeux s’agrandissent alors que mes sourcils montent, le tout garni d’une légère grimace. Si elle savait comment s’était terminée cette soirée… J’ai à peu près plus qu’une seconde et demie pour décider de la réponse à apporter à sa question. Est-ce que je reste vague ou est-ce que je dis franchement les choses ? Il parait que les relations qui commencent sur le mensonge tombent toujours à l’eau, sans mauvais jeu de mot. Si, le réveil a été quelque peu… compliqué. Bon, je lui passe les détails sur Jessica. Je me retourne alors pour finir ma réponse. Mais ne t’inquiète pas, je me suis réveillé il y a une heure à peine et mon mal de tête est déjà parti grâce au cachet que j’ai pris. Mon état ne devrait pas être un souci pour toi, je me sens suffisamment en forme pour assurer ta sécurité. Je lui précise tout ça parce que je pense que ce problème la tracasse. J’aurais vraiment aimé que tu sois là, hier, ça m’aurait fait plaisir, tu sais, je lui avoue alors que nous marchons côte à côté à présent pour trouver le spot parfait pour se poser. Ton frère était là, d’ailleurs. On était pas mal de surfeurs, hier, ça m’a fait plaisir de les revoir tous. Et toi, ta nuit n’a pas été trop éprouvante au travail ? je demande par politesse mais aussi par curiosité. J’installe alors ma serviette, ayant décidé que nous étions à une distance raisonnable du bord de l’eau tout en n’étant pas trop près des autres gens. Daisy fait de même et je me mets à sourire bêtement en voyant nos deux serviettes étendues l’une à côté de l’autre. J’aime cette vision et je me trouve idiot de l’aimer à ce point. Mais impossible de faire autrement. J’observe Daisy à présent et elle a l’air perdue face à cet océan qu’elle regarde avec appréhension. J’ôte ma chemise à fleurs et la laisse tomber sur ma serviette, puis je tourne la tête pour que mes yeux retrouvent Daisy. Et elle me regarde. Pas mes yeux, mon corps. Et ça me fait tout bizarre dans le creux des tripes, encore une fois. J’ai l’impression d’être nu face à elle, alors que d’habitude, je m’en fiche complètement, je ne suis pas quelqu’un de pudique. Peut-être que c’est à cause de mon corps qui se ramollit, peut-être que je commence en avoir honte. Ou peut-être que c’est autre chose de plus profond, comme cette faiblesse que je ressens quand je suis près d’elle parce qu’elle me plaît et que je veux paraître parfait à ses yeux. Un jour, je te raconterai l’histoire de ce tatouage, si tu veux la connaître, je lui dis alors que je voyais que ses yeux étaient posés dessus. Je me mets à présent face à elle. A mon tour de la contempler, même si j’hésite à lui laisser son intimité alors qu’elle se déplume devant moi. Mais la tentation est trop forte et surtout le spectacle tellement… hypnotisant. Voir le tissu de sa combinaison glisser sur sa peau, ça éveille en moi un certain désir. Et je le vois qui descend jusqu’en bas et vient s’échouer à ses pieds. Mes yeux remontent le long de son anatomie parfaite et je m’attarde un peu sur son décolleté ultra plongeant. Non mais sérieusement, elle aurait pu en prendre un moins… suggestif. Je vais faire comment, moi, pour rester concentré ? Lorsqu’elle se met à réajuster son maillot, j’arrive enfin à sortir de ma rêverie et mes yeux montent enfin pour rejoindre les siens. Je me sens coupable de l’avoir matée, et surtout elle m’a vu faire. Ca ne doit pas être agréable de se faire scruter comme ça. Ton maillot est très joli, je lui dis pour briser le malaise alors qu’elle commence à se cacher derrière ses bras croisés, accentuant les courbes de sa poitrine. Bien bien… Ca va pas être facile de me concentrer, mais allez, j’y crois ! Il te va comme un gant. C’est bien mieux que la tenue d’infirmière, je finis par plaisanter avant de regarder vers les vagues qui viennent s’échouer sur le sable non loin de nous. J’espère qu’elle n’est pas trop froide... Je tourne la tête vers elle avec un sourire rassurant. Elle l’est, mais nous resterons à une profondeur raisonnable, donc elle sera plus chaude où nous irons. Je préfère ne pas lui mentir. L’océan est frais, c’est ainsi. D’ailleurs je ne surfe jamais sans ma combinaison, je suis bien trop frileux au large. Alors, Kate Moss était de la partie hier soir ? C’est bien, elle arrive d’elle-même à détourner son attention de sa peur en me posant cette question, je n’ai même pas à trouver un sujet de conversation pour le faire. Je rigole à sa question. Non, Kate est trop vieille, c’était une soirée réservée aux moins de quarante ans, je réponds sur le ton de l’humour. Bon, je ne vous cache pas que ça ne m’aurait quand même pas déplu qu’elle soit là. Oh, fait-elle tout d’un coup. C’est en réponse à ce que je viens de dire sur Kate Moss ? Mais elle parait si surprise que j’ai des doutes. Je la vois soupirer tout en baissant le visage. Qu’est-ce qu’elle a tout d’un coup ? Alors elle finit par relever la tête pour me poser une question. Dis voir… La nuit a été bonne ? Tu es certain d’être suffisamment reposé ? Je fronce les sourcils face à cette étrange question sortie de nulle part. Je lui ai dit plus tôt que mon état était suffisamment bon pour qu’elle se sente en sécurité. Elle ne me croit pas ? Elle est si angoissée que ça ? Si tu as… je commence à dire, en même temps qu’elle reprend la parole. Elle avait quel âge, la fille de Dracula, pour croire que les suçons sont encore acceptables sur un type à la trentaine passée ? Mes sourcils s’élèvent, plissant mon front. Mes yeux s’arrondissent et je porte ma main à mon cou. Mais où se trouve ce satané suçon ? Aucune idée. Je déploie ma main pour couvrir un maximum de peau. Eh merde. Un quoi ? je fais, étonné. Putain de merde. Qu’est-ce qu’elle a fait, Jessica ? Pourquoi je ne me suis pas regardé dans un miroir ? Caroline n’a pas dû le voir car je me trouvais du mauvais côté, sinon elle me l’aurait dit. Je vais la tuer, je marmonne pour moi plutôt que pour Daisy. Erm… me voilà bien confus face à Daisy que j’essaie pourtant d’épater. Alors là, on peut dire que c’est complètement loupé. Sans déconner, je suis en colère contre Jess. Pourquoi a-t-elle fait ça ? Pour marquer son territoire ? Les mâchoires serrées, j’essaie de me calmer un peu avant de révéler à Daisy mon amnésie. Pour te dire la vérité, j’ai un peu abusé de l’alcool hier, et… et ce matin, quand je me suis réveillé, je n’avais plus aucun souvenir de la fin de la soirée. Je pose mes mains sur mon visage pour le frotter avec force. Et me cacher, aussi. J’ai honte. Mais je te promets que là, ça va, je me sens bien et tu peux avoir confiance en moi, j’ai les idées claires et je suis en possession de mes pleines capacités. Le manque de sommeil, j’y suis habitué, avec les gardes au boulot, quinze ans que je fais ça. Et là, aussi surprenant que cela puisse paraître, je me mets à rire, nerveusement, sûrement. Et dire que j’essaie de redorer l’image que tu as de moi, je crois que c’est loupé… je dis à Daisy, dépité. Je suis en colère. Contre Jessica et contre moi-même. Quel abruti. Evidemment, hier c’était couru d’avance que je fasse des conneries. En même temps, Daisy n’était pas là. Si elle avait été là, ça aurait été un tout autre scénario, j’en suis convaincu. Je n’aurais même pas laissé Jessica m’approcher. Je n’aurais pas bu autant, parce que j’aurais passé la soirée à discuter avec Daisy, à lui poser mille questions. Peut-être qu’elle aurait bu et qu’elle m’aurait révélé des petits secrets sur elle. Mais Daisy n’est peut-être même pas intéressée par moi, et je ne vois pas pourquoi je me restreindrais. Je la regarde alors pour tenter de la sonder, mais je n’arrive toujours pas à percer son armure. Alors je finis par baisser le regard, tout de même un peu honteux de moi. Il faut croire que je resterai pour toujours un homme à femmes à tes yeux. Mais si jamais tu peux quand même me faire un peu confiance, on peut tenter d’aller dompter l’océan. On est là pour ça, finalement. Et rien d’autre pour elle, peut-être, alors que pour moi, cet après-midi signifie beaucoup plus. A toi de voir… Parce que finalement, elle pourrait se dégonfler. Elle pourrait me trouver tellement minable avec les femmes, ou minable tout simplement, qu’elle pourrait prendre sa serviette et laisser la mienne seule sur le sable. Elle pourrait me laisser moi seul sur le sable. Pourtant, hier, j’ai passé mon après-midi à me renseigner sur les meilleures façons d’aider les personnes aquaphobes. J’ai fait des recherches, j’ai monté notre séance, je m’y suis mis à fond. Parce que l’océan est ma passion et que Daisy, ben… je l’aime bien. Je l’aime tout court, peut-être bien, j’en sais rien. Mais j’aimerais qu’elle puisse prendre autant de plaisir que moi quand je rencontre l’océan. C’est tout le bien que je lui souhaite.
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: "Love the way that you conquer your fear" [Daisy + Nate]   Mar 10 Oct - 8:06



« Ca va, j’ai fait pas mal d’exercices en alternant avec de bonnes phases de repos. Plus de béquilles, je marche presque sans boiter aujourd’hui, mais pas encore très vite. Caro s’occupe bien d’elle, sois rassurée. » Elle sourit, en entendant les progrès que son ancien patient réalise très rapidement. En ayant une kiné à la maison, c’est vrai que ça facilite les choses. Et puis comme elle lui avait dit la dernière fois qu’ils s’étaient vus à la cafétéria : il avait l’air motivé pour récupérer ses capacités le plus vite possible. « C’est super, tu progresses super vite, j’ai l’impression. Je n’en doute pas, pour Caro, son travail est très apprécié à l’hôpital, déjà ! » lui dit-elle avec un nouveau sourire. Caroline, la cousine de Nate, est devenue une nouvelle amie pour Daisy. Très, très vite les deux jeunes femmes se sont bien entendues, Caro étant une bonne vivante et heureuse de rencontrer de nouveaux visages, et Daisy, toujours partante pour ouvrir ses bras aux bonnes personnes. « Oh non, tu n’es qu’une excuse pour que moi je m’achète une glace. Je meurs toujours de faim après mes après-midi ici, alors tu me donnais bonne conscience. En réalité, je devrais faire attention à ce que je mange, Otto m’a dit que je devenais gros, l’enfoiré. Le sport m’a manqué pendant ces deux derniers mois, et ça se voit… » Elle ne peut s’empêcher de rire en l’entendant parler, et raconter ce que son ami lui a dit au sujet de sa forme physique. Dans le même temps, ses yeux font un bref aller-retour sur la silhouette de Nate, et elle ne trouve rien de choquant. Il n’a certainement pas pris autant de poids qu’il le croit, ou que son pote lui fait croire. « Vous êtes pas tendres entre vous ! J’suis sûre que ça va être la même chose que pour la cheville, tout va rentrer dans l’ordre. Faut juste être patient. » dit-elle en haussant les épaules. Elle verra les « dégâts » dans quelques instants, une fois qu’ils seront à la plage, de toute façon. Elle a eu l’occasion de voir « l’avant » puisqu’elle avait changé les pansements de Nate à l’hôpital, juste après son accident. Il était clair qu’il était parfaitement musclé, le physique du mec qui fait pas mal de sport et qui s’entretient au quotidien. Elle avait à peu près tout vu de lui, enfin presque. Et cette pensée lui ferait presque monter le rose aux joues à cet instant, mais elle se recentre sur le moment présent et sa gêne se dissipe aussitôt, et ils se mettent en route pour rejoindre la plage en contrebas. Daisy lance alors la conversation sur la petite fête qu’il avait organisée la veille, à laquelle elle était invitée mais n’avait pu se rendre, puisqu’elle travaillait. Caroline lui avait d’ailleurs clamé son désarroi en apprenant qu’elle ne viendrait pas. DeeDee a été elle-même assez déçue de ne pouvoir être présente, mais d’un autre côté, elle ne connaissait que très peu de personnes sur place. Caro et Nate, quoi. « Si, le réveil a été quelque peu… compliqué. Mais ne t’inquiète pas, je me suis réveillé il y a une heure à peine et mon mal de tête est déjà parti grâce au cachet que j’ai pris. Mon état ne devrait pas être un souci pour toi, je me sens suffisamment en forme pour assurer ta sécurité. » Elle esquisse un sourire alors qu’il se retourne vers elle. Bon c’est une bonne chose s’il se sent bien. « J’aurais vraiment aimé que tu sois là, hier, ça m’aurait fait plaisir, tu sais. Ton frère était là, d’ailleurs. On était pas mal de surfeurs, hier, ça m’a fait plaisir de les revoir tous. Et toi, ta nuit n’a pas été trop éprouvante au travail ? » Elle hoche d’abord un peu sa tête, puis la relève en tournant son regard vers Nate, lorsqu’il mentionne son frère. Il ne lui a rien dit à ce propos ! « J’aurais bien aimé aussi ! Peut-être que tu célébreras une deuxième fois ton célibat ? » demande-t-elle avec amusement avant de reprendre. « Vince ne m’a rien dit… Finalement j’aurais peut-être connu quelques personnes s’il y avait quelques uns de ses copains, aussi. Greg ? Anton ? » questionne-t-elle avec intérêt. Ce sont ceux qu’elle croise régulièrement près de la boutique de son frère, lorsqu’elle lui rend visite, de temps en temps. Notamment quand il est surchargé et qu’elle a un peu de temps libre. « Bof, c’était assez calme cette nuit, du coup ça m’a semblé plus long, mais j’ai l’habitude. » Et elle aime son travail, ça aide. Daisy enchaîne énormément de gardes, pour grossir sa paye, ou tout simplement pour augmenter son nombre de jours de repos et pouvoir prendre davantage de vacances lorsque le besoin se fait ressentir. Pour l’heure, c’est sur une des plages de Los Angeles qu’elle étend sa serviette de bain, se préparant à tenter, encore, de vaincre sa peur de l’eau. Son trouble est dissipé par un spectacle assez intéressant : Nate qui fait tomber la chemise ! Et malgré elle et sa bonne volonté, ses yeux se promènent sur son physique, pas déplaisant pour un sou, puis se posent sur ce tatouage qu’il possède. « Un jour, je te raconterai l’histoire de ce tatouage, si tu veux la connaître. » Ses yeux quittent aussitôt sa peau encrée pour tomber sur ses jolis yeux bleus. Elle acquiesce d'un hochement de tête pour répondre à sa proposition. « Je ne me rappelais pas qu’il était si grand… » se contente-t-elle de dire, un peu gênée d’avoir été vue, le scrutant. Une autre gêne s’empare d’elle, intérieurement, en repensant au moment où elle avait aperçu ce tatouage dans son dos : la fois où la mère de son patient était entrée dans la chambre sans bruit, alors que la brune lorgnait sur le postérieur de ce même patient. Puis, elle se ressaisit et c’est à son tour de se retrouver en maillot de bain, sous les yeux de Nate justement. Ce n’est pas qu’une impression, il l’a bien observée, et par réflexe, elle cherche à se recouvrir de ses bras. « Ton maillot est très joli. Il te va comme un gant. C’est bien mieux que la tenue d’infirmière. » Un sourire amusé glisse sur ses lèvres et elle se détend un tout petit peu. « Merci, c’est gentil. Ce n’est pas comparable ! Et puis, si on était dans cette tenue à l’hôpital, les patients feraient tout pour rester. Ca deviendrait ingérable. » dit-elle, le regard rieur. Elle est quasiment sûre qu’il ne va pas lui donner tort sur ce coup-ci. Malgré les plaisanteries, DeeDee a du mal à se défaire de son angoisse grandissante à l’approche de la confrontation avec sa peur. Alors, elle en parle, un peu, elle amène le sujet sans trop s’aventurer plus loin. « Elle l’est, mais nous resterons à une profondeur raisonnable, donc elle sera plus chaude où nous irons. » Elle sourit, encore. « Tu as le mérite d’être honnête. » Elle le regarde du coin de l’œil, rassurée par sa présence, et le fait qu’il vienne de lui prouver qu’il ne ment pas bêtement pour la rassurer. Ca la détend, et elle oublie pour quelques secondes le malaise qu’elle venait d’éprouver, se mettant à plaisanter, le charriant légèrement par rapport à sa fête et ses invités. « Non, Kate est trop vieille, c’était une soirée réservée aux moins de quarante ans. » Un rire lui échappe en retour. Elle aime son humour, elle l’apprécie vraiment bien, ce pompier. Daisy aime bien le voir rire aussi, il a un beau sourire et ses yeux se plissent mais laissent paraître l’éclat dans ses iris bleus. Mais c’est là qu’il se tourne un peu plus vers elle et que le charme du moment se brise lorsqu’elle voit les traces laissées par une nuit sûrement mouvementée. Et sans trop savoir pourquoi, peut-être pour le taquiner, pour le piquer, ou pour se ressaisir, la réflexion acide sort sans trop de pincettes. Au moment où elle s’entend parler, Daisy sait que c’est déjà trop tard. Et elle s’en veut, elle aurait préféré se taire. Ou alors, plaisanter à ce sujet, en le charriant, simplement, plutôt que de le prendre ainsi. Mais elle a écouté Caroline, il y a quelques jours, alors qu’elles passaient une soirée ensemble. Elles ont eu l’occasion de parler de Nate, justement. Et la cousine de ce dernier a laissé savoir à Daisy, qu’il semblait bien l’aimer. Peut-être que c’était un peu plus que juste sembler, quand elle lui en a parlé. Mais aujourd’hui, DeeDee se sent bête. Stupide d’avoir senti une espèce de joie, de ravissement, en l’apprenant. Idiote d’avoir cru qu’il était différent de ce qu’elle s’était imaginé après avoir vu la scène à l’hôpital en compagnie des femmes de sa vie à cette époque. « Un quoi ? » Sa question la sort de ses pensées. Elle efface toute la rancœur, tout ce que Caro a pu lui dire et répond sur un ton plus neutre. « Un suçon, tu sais, les tâches violacées sur la peau, ce qui arrive quand quelqu'un fait effet ventouse avec sa bouche… » Elle se moque un peu de lui, mais c’est mérité, tandis qu’elle le voit essayer de recouvrir son cou de ses mains. « Je vais la tuer. » C'est un peu extrême, pour un suçon... Daisy se met à regarder ses orteils qui remuent dans le sable, sans rien ajouter. « Pour te dire la vérité, j’ai un peu abusé de l’alcool hier, et… et ce matin, quand je me suis réveillé, je n’avais plus aucun souvenir de la fin de la soirée. Mais je te promets que là, ça va, je me sens bien et tu peux avoir confiance en moi, j’ai les idées claires et je suis en possession de mes pleines capacités. » Plus aucun souvenir ? Il ne se rappelle vraiment pas avoir hérité d’un suçon et de sûrement tout le reste qui va avec. Daisy le regarde, un peu interloquée par ce qu’il vient de lui dire. Pourtant, ce n’est pas le premier gars qu’elle connaît qui se comporte ainsi. Mais les discours de Caroline ont sûrement plus affaibli que ce qu’elle ne croyait, les défenses mises en place, pour se protéger. Pour se protéger des types comme Nate, par exemple. Quant à ses capacités, elle aimerait pouvoir émettre un petit doute là-dessus, mais elle s’en sent incapable. La nouvelle lui a coupé le sifflet. « Et dire que j’essaie de redorer l’image que tu as de moi, je crois que c’est loupé… » Elle hausse les épaules, l’air de dire que ce n’est pas grave, et trouve même la force, au milieu de sa déception, de lui envoyer un petit sourire contrit en guise de réponse. Il la contemple et elle est bien décidée à ne pas lui laisser savoir le fond de sa pensée. Alors elle fait comme lui : elle le sonde jusqu’à ce qu’il en éprouve une gêne et détourne le regard. « Il faut croire que je resterai pour toujours un homme à femmes à tes yeux. Mais si jamais tu peux quand même me faire un peu confiance, on peut tenter d’aller dompter l’océan. On est là pour ça, finalement. A toi de voir… » DeeDee reste silencieuse pendant quelques secondes en l’observant, sentant toujours cette pointe de déception au creux d’elle, qu’elle essaie de faire taire pour la renier ensuite plus facilement. Après quelques seconds de silence entre eux deux, elle soupire. « Ca n’a rien à voir. Tes nuits t’appartiennent, je veux juste être certaine que tout ira bien pour la journée où tu dois assurer ma sécurité. » dit-elle en lui envoyant un sourire mesuré. Elle se passe une main dans les cheveux, l’air soucieux, sentant une boule de stress grimper en elle. Puis elle se penche et saisit son sac en pensant soudainement à quelque chose. « J’ai pris des anxiolytiques, au cas où je fais une crise d’angoisse trop forte. Je dois prendre un cachet, je range la boîte dans la petite poche de mon sac, ici. Je… Au moindre signe de crise devenant ingérable… Si c’est trop tard, il faut que tu me donnes ça. » annonce-t-elle, un peu honteuse. Elle espère sincèrement ne pas en arriver là aujourd’hui. Le spectacle n’est pas joli-joli, pense-t-elle et elle n’a pas envie de s’épuiser ainsi. Lorsque ça lui arrive, elle n’est plus bonne à rien pour des heures, et passe son temps à se reposer en sentant l’angoisse retomber de façon très lente. Elle baisse le regard sur ses pieds recouverts de sable et ferme les yeux un instant en essayant de maîtriser sa respiration pendant quelques secondes. La déception, et l’angoisse se mélangent ; les pensées de Daisy sont confuses. Elle pense à ce que Caroline lui avait dit au sujet de son cousin, durant leur soirée, et la brune l’avait bêtement crue sur parole, se sentant presque comme une adolescente qui apprend que le type populaire du lycée n’a d’yeux que pour elle. Elle avait la sensation qu’on venait de lui faire une mauvaise blague. Et à côté de ça, elle allait devoir compter sur Nate pour l’aider à vaincre sa peur, ou du moins, maîtriser au mieux son appréhension. Ca la trouble incroyablement et elle ne sait même pas comment se sortir de cette douce torpeur. C’est son corps qui reprend le contrôle, son visage se redressant vers le pompier qui se tient à ses côtés. Elle s’avance doucement vers l’océan, dont les petites vagues viennent s’échouer à ses pieds, lui faisant goûter sa fraîcheur. Un frisson la parcourt au moment où l’eau entre en contact avec elle, coupant son souffle. « Alors, par quoi on commence ? » Elle se retourne vers Nate, étrangement, c’est en posant ses yeux sur lui que sa respiration reprend un rythme normal.
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: "Love the way that you conquer your fear" [Daisy + Nate]   Dim 22 Oct - 1:02

Nous parlons de ma soirée de célébration de mon récent célibat. Il fallait bien ça pour fêter le départ de l’ignoble Ellis. J’informe Daisy que j’aurais aimé la voir la veille, chez moi. Mais elle était au travail, auprès de ses patients que j’envie un peu, du coup. J’aurais bien aimé aussi ! Peut-être que tu célébreras une deuxième fois ton célibat ? Je souris à sa proposition pleine d’ironie. Si elle savait la vérité, elle saurait que ça se célèbre vraiment. J’ai regagné ma liberté et ça fait tellement de bien. Vas-y, moque-toi. Eh ben la fête était très réussie ! Et… mon célibat n’était qu’un prétexte pour se retrouver, avec les amis. Et célébrer le fait que je suis toujours en vie. Grâce à toi, notamment. J’aurais bien porté un toast à ma sauveuse, mais tant pis pour toi, tu n’étais pas là. Contrairement à son frère qui était de la partie. Un sourire en coin vient s’afficher sur mon visage alors que je la dévore des yeux, encore et toujours. Vince ne m’a rien dit… Finalement j’aurais peut-être connu quelques personnes s’il y avait quelques-uns de ses copains, aussi. Greg ? Anton ? Je dois chercher dans mes souvenirs vagues de la soirée pour lui assurer une réponse. Ils étaient là, oui. Il y avait Liam aussi, je ne sais pas si tu le connais, celui-là. Ca me fait encore tout drôle de connaître des gens en commun avec elle. Jamais de la vie j’avais fait le rapprochement entre Vince et Daisy, pas avant qu’Otto ne mette les pieds dans le plat quelques jours plus tôt alors que nous surfions tous ensemble. C’est un peu comme si Daisy faisait déjà partie de ma vie depuis quelques années alors que je n’en savais rien. Comme si elle avait été cachée, tel un trésor, un trésor que j’ai découvert il y a deux mois seulement.

Nous finissons par nous installer et nous déshabiller pour aller se mettre à l’eau dans quelques minutes. Voyant les yeux de Daisy s’attarder sur mon tatouage dans le dos, un ange couvrant une bonne partie de mon dos, je lui propose de lui en dire plus si elle est intéressée. Je ne me rappelais pas qu’il était si grand… Je me mets à sourire à sa remarque, me souvenant très clairement du moment où elle l’avait vu, dans l’entrebâillement de ma blouse d’hôpital, alors qu’elle me reluquait le derrière. Elle n’a pas fait attention qu’elle se trahissait dans le miroir de la salle de bain, trônant en face de moi. Il faut dire que la blouse en cachait une bonne partie, à ce moment-là. Et par ce moment-là, elle sait très bien duquel je veux parler. Ma mère avait débarqué à l'improviste pile quand Daisy avait ses yeux posés sur mes fesses, nous mettant mal à l’aise tous les deux. Je m’étais réfugié dans la salle de bains pour une pause pipi, laissant Daisy aux griffes de Maman Brady. Et je n’en suis pas fier. Quoi qu’il en soit, évoquer ce moment devant Daisy me donne envie de rire. Eh oui, ma Daisy, je t’ai grillée ! De quoi lui faire monter le rouge aux joues et mon dieu, j’adore tellement la faire rougir comme ça !
Au tour de la jolie brunette de se déplumer pour se mettre en conditions de barbotage dans l’eau. Tout comme elle l’a fait avec moi, je l’observe, rêvant, à certains moments, partant dans mes fantasmes. Et je ne le lui dirai pas, mais j’en ai déjà pas mal la concernant, que j’ai eu le temps de travailler durant ces deux mois passés à ses côtés dans ma chambre d’hôpital. Et, honnête, je la complimente sur son maillot de bain ultra sexy qui lui va à ravir, le comparant à sa tenue peu sexy d’infirmière. Merci, c’est gentil. Ce n’est pas comparable ! Et puis, si on était dans cette tenue à l’hôpital, les patients feraient tout pour rester. Ca deviendrait ingérable. Je rigole puis je me mets à grimacer tout en réfléchissant. Ca dépend… Franchement, il y en a, les voir en maillot de bain est bien le dernier de mes fantasmes ! j’avoue en pensant à certaines infirmières que je ne trouve pas à mon goût. Et il y en a beaucoup.

C’est étrange, notre conversation oscille entre des moments d’humour et de détente et des moments où l’angoisse prend le dessus sur Daisy. Elle sait que l’instant T se rapproche inexorablement et que dans quelques minutes, elle va devoir rentrer en contact avec l’eau salée. Heureusement, la belle infirmière sait comment se changer les idées et elle m’interroge à nouveau sur ma soirée. Seulement… la découverte d’un suçon dans mon cou va tout faire basculer et je me retrouve à cacher cette marque comme je peux alors que Daisy me fait quelques remarques pas très tendres mais méritées. La fautive, c’est Jessica. Et le fautif, c’est moi qui ai trop bu hier soir et qui ne me rappelle de rien, sinon j’aurais pu l’empêcher de marquer son territoire comme ça. La garce. Un suçon, tu sais, les tâches violacées sur la peau, ce qui arrive quand quelqu'un fait effet ventouse avec sa bouche… Oui, merci pour la définition, Daisy… Mon visage est toujours crispé par l’agacement et la honte. Je comprends mieux ta question sur son âge, maintenant, je réponds, un peu bougon. Et en réalité, je ne sais même pas l’âge qu’a Jessica, mais elle est plus jeune que Daisy, à coup sûr. Alors j’annonce l’abominable vérité sur mon amnésie post-cuite d’hier. J’en ai honte, bien évidemment. Et j’ai honte de ce qu’il m’est arrivé aussi, avec Jessica. Ca fait désordre, tout de même, alors que j’essaie d’être clean aux yeux de Daisy. Mais quel bouffon je fais ! Je vous jure, je m’en veux énormément. Avec Daisy, j’ai l’impression d’avancer d’un pas pour mieux reculer de trois ensuite. A ce rythme-là, je ne suis pas prêt de la conquérir ! Ca n’a rien à voir. Tes nuits t’appartiennent, je veux juste être certaine que tout ira bien pour la journée où tu dois assurer ma sécurité. Ses mots résonnent encore dans ma tête quelques secondes plus tard. « Tes nuits t’appartiennent »… Si elle savait qu’elle en faisait souvent partie… dans mon imaginaire, dans mes rêves, ceux qui sont tout doux et que j’aime avoir. Le mieux c’est quand elle apparaît un peu avant mon réveil, car je me souviens d’elle durant le petit-déjeuner et ça ensoleille ma journée. Je comprends, c’est normal. Ne t’inquiète pas pour ta sécurité, je vais bien et tout se passera bien, je réponds pour la rassurer, sans évoquer mes nuits pour ne pas en rajouter une couche. Puis je la vois se pencher en avant pour fouiller dans son sac. J’ai pris des anxiolytiques, au cas où je fais une crise d’angoisse trop forte. Je dois prendre un cachet, je range la boîte dans la petite poche de mon sac, ici. Je… Au moindre signe de crise devenant ingérable… Si c’est trop tard, il faut que tu me donnes ça. Comme si son stress était contagieux, je ressens à présent une boule au creux du ventre. Mes yeux dérivent du flacon de pilules qu’elle me montre à ses yeux. Un sourire rassurant perce sur mon visage et ma main se pose sur la sienne, couvrant le flacon, et l’abaissant. Tu n’en auras pas besoin, Daisy. Déjà parce que je saurai arrêter avant que tu fasses une crise d’angoisse, et surtout parce que tu peux me faire entièrement confiance et que jamais je ne te mettrai en danger. Tu peux compter sur moi. En réalité, j’ai juste envie de la prendre dans mes bras en disant ces paroles, mais je me fais violence et je ne bouge pas. Voir Daisy dans un tel état me rend malade. Je reste convaincu que ce travail est nécessaire, parce que clairement elle ne peut pas continuer d’avoir aussi peur de l’océan en habitant à Los Angeles et étant à moitié hawaïenne, mais j’ai peur de ne pas réussir ma tâche et de la décevoir. Et de me décevoir par la même occasion. Je la vois qui se concentre et qui prend une grande respiration, et puis ses pieds avancent dans le sable pour aller rencontrer l’océan. Je la suis silencieusement à côté d’elle, pour ne pas la déconcentrer. Nous marchons à présent sur le sable mouillé que les vagues viennent lécher. Et une petite vague déboule gentiment sur ses pieds. Je lève les yeux pour voir sa réaction et je vois Daisy qui se tend. Alors, par quoi on commence ? me demande-t-elle avant de se retourner vers moi. Je lui souris à nouveau, pour la rassurer, mais aussi parce que dès que je la vois, j’ai envie de sourire. Suis-moi, on va rentrer dans quelques centimètres d’eau, là où le niveau reste à peu près constant malgré le va et vient des vagues. Ce n’est pas profond, ne t’inquiète pas, ça recouvrira à peine nos chevilles. Et sans trop réfléchir, je lui prends la main pour que nous nous avancions tous les deux. Et ce geste réchauffe mes entrailles instantanément. Comme j’aime son contact… Je dois être quand même bien atteint pour que le moindre geste ou contact avec elle me mette dans un état pareil. Arrivés au niveau désiré, je me tourne vers elle, me plaçant entre elle et l’océan, en face à face. Ma deuxième main vient chercher sa main libre et je tiens Daisy fermement. Je plante mon regard dans le sien et je reprends la parole avec un calme olympien. Comment tu te sens ? Tu me fais confiance ? Détends-toi, je fais en secouant ses bras doucement. La pauvre est complètement crispée. Alors… je reprends, alors que mes pouces viennent caresser sa peau pour lui prodiguer des gestes inspirant le calme. Si tu es d’accord, on va s’asseoir. L’eau est peu profonde, comme tu le vois, et je reste en face de toi. Regarde-moi plutôt que l’océan, ou tu peux fermer les yeux. Le but ici est de te reconnecter avec les sensations que l’eau te procure sur ton corps. Est-ce que tu te sens capable de le faire ? je demande tout aussi calmement qu’avant. Et par miracle, nous finissons par nous asseoir. Je commence par m’agenouiller, mais la position est très inconfortable pour ma cheville qui supporte alors le poids de mon corps. Je finis par me mettre en tailleur. Je sens les vagues me pousser un petit peu vers Daisy lorsque chacune d’elle vient s’échouer sur la plage, mais je ne les regarde pas, mes yeux sont fixés sur le visage de Daisy. Ce qu’elle est belle, même dans la peur comme ça. Qu’est-ce qui t’a poussée à accepter ce challenge avec moi ? je lui demande, plein de curiosité. Je veux dire… Avec l’image que tu as de moi… J’ai conscience de ne pas paraître l’homme le plus stable de la planète à tes yeux. Et quels jolis yeux, soit dit en passant… Pourtant… j’annonce sans trop réfléchir, guidé par le désir d’en révéler un peu plus sur moi. Je suis quelqu’un de posé et je tiens à dire que je n’ai jamais trompé qui que ce soit ni fait de mal à quiconque, ou peut-être à Athénaïs, mais j’étais vraiment coincé, à ce moment-là. En réalité, c’est même plutôt le contraire, si tu me connaissais vraiment, tu saurais que je fais de mon mieux pour venir en aide aux gens, quitte à sacrifier un peu de moi ou de mon bonheur. Une douleur se ravive dans mon cœur alors que je pense à Maddy. Et un sourire un peu triste étire maintenant mes lèvres. Je me racle la gorge pour évoquer le Minnesota. D’ailleurs je ne t’ai pas vraiment répondu, l’autre jour, à la cafétéria, quand tu m’as posé ta question sur le Minnesota. Je ne sais plus ce que j’avais répondu, mais je sais que j’étais resté énigmatique. C’est un peu étrange de parler de mes ex avec toi, je fais avec un léger rire, cette fois, mais bon, autant mettre les pieds dans le plat directement. Un nouveau sourire, gêné, cette fois. Je suis parti m’exiler dans le nord du pays pour que ma petite amie à l’époque n’ait plus à hésiter entre moi et celui qu’elle a toujours considéré comme l’amour de sa vie – son meilleur ami qui venait de réapparaître dans sa vie. Dans notre vie. Elle avait juste peur de se lancer et restait accrochée à moi parce que… je hausse les épaules en me remémorant toute cette histoire. Parce que je l’aimais et qu’elle ne voulait pas me faire de mal, j’imagine. C’était plus simple pour elle, je pense. Et… La rupture a été assez violente… J’ai dû lui faire croire que je la trompais pour qu’elle se détourne de moi. Un rire nerveux sort de mes lèvres. Tu dois te dire que je suis le dernier des abrutis, d’avoir fait ça. De ne pas m’être battu pour elle ou je ne sais quoi. Et je baisse les yeux, de peur de voir dans ses yeux la confirmation de ce que je viens de dire. Je lâche même ses mains pour poser les miennes dans l’eau. Puis finalement, je la regarde à nouveau. Mais j’ai bien fait de suivre mon instinct puisqu’elle est avec lui maintenant, et très heureuse. Alors… c’était un mal pour un bien. Heureusement parce que me geler le cul là-haut pour que ça n’aboutisse à rien, ça m’aurait foutu les boules, je finis sur le ton de la plaisanterie, un sourire timide mais amusé sur les lèvres. Tu vois, je sais avoir le sens du sacrifice. Et puis ainsi j’ai pu aider Ellis, aussi. Ah, zut, je ne savais pas si je devais lui en parler. C’est sorti tout seul. Est-ce judicieux de tout lui révéler ?
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: "Love the way that you conquer your fear" [Daisy + Nate]   Dim 29 Oct - 22:36



« Il faut dire que la blouse en cachait une bonne partie, à ce moment-là. » Les sourcils de Daisy se lèvent tout doucement, lui donnant un air à moitié surpris, à moitié choqué. Elle reste interdite pendant une ou deux secondes… Il a osé. Puis, son regard se tourne vers ses pieds, alors qu’un petit rire lui échappe, et d’un geste de la main, elle balaie le sujet, juste avant de le conclure verbalement, ne lui laissant aucune chance de rebondir sur ce moment atrocement gênant. Et encore, elle ignorait jusque là qu’il l’avait vue lorgner sur son postérieur. « Oui, effectivement. » Malgré tout, elle sent ses joues la brûler à cet-instant précis et imagine déjà que ses pommettes ont viré au rose foncé sous son hâle. Ca commence bien ! Et il est temps de se déshabiller pour être dans une tenue plus adéquate, bien qu’elle n’imagine pas vraiment avoir besoin de son maillot de bain, elle sait très bien qu’elle ne rentrera pas entièrement dans l’eau, si l’eau touche ses cuisses, ce sera déjà pas mal…
Elle a à peine le temps de reprendre des couleurs normales, qu’il se met à la complimenter alors qu’elle se retrouve dans son maillot une pièce, joliment taillé. Mais, ce coup-ci, elle arrive à mieux se maîtriser et plaisante même avec lui. « Ca dépend… Franchement, il y en a, les voir en maillot de bain est bien le dernier de mes fantasmes ! » Elle ne peut s’empêcher de rire à sa réflexion, imaginant les plus vieilles infirmières du service en bikini… Bon, elle lui accorde un point. « Je ne ferai aucun commentaire ! »
Puis, il y a la découverte d’un suçon, et des explications liées à ça. Ca refroidit DeeDee, elle ne s’y était pas trop préparée à ce coup là. Pas après ce qu’elle avait appris de la bouche de Caroline, au sujet de l’intérêt que lui porte Nate. Elle n’en est pas à sa première déception concernant les hommes, et chasse tout ça d’un haussement d’épaules, préférant se concentrer sur la raison de leur venue ici, au bord de l’océan. C’est ce qu’elle lui explique, calmement, en remettant les choses à leur place, pour lui et à la fois pour elle, comme pour se rappeler à l’ordre et ne pas se laisser berner. Pas encore une fois. « Je comprends, c’est normal. Ne t’inquiète pas pour ta sécurité, je vais bien et tout se passera bien. » En guise de réponse, elle lui offre un petit sourire, elle n’est pas convaincue à cent pour cent, et ça déclenche cette petite boule de stress au creux de ses entrailles. D’ailleurs, elle se décide à lui montrer et lui parler des médicaments qu’elle doit prendre, en cas de crise trop forte. Il y a de fortes chances qu’elle y ait recours aujourd’hui. Cela fait longtemps qu’elle ne s’est pas testée face à sa peur, et elle sait très bien que la crise est toujours prête à se déclencher, ses angoisses prêtes à se délivrer et lui faire vivre un cauchemar. Mais alors qu’elle lui montre la boîte de ses anxiolytiques, ses yeux décèlent cette expression qu’il arbore de temps en temps avec elle, et à cet instant elle a la sensation qu’il peut réellement la protéger. Elle baisse le regard, honteuse de lever le rideau sur ses faiblesses, ses tares, et voit alors la main de Nate qui vient se poser sur la sienne, juste avant qu’il ne lui parle « Tu n’en auras pas besoin, Daisy. Déjà parce que je saurai arrêter avant que tu fasses une crise d’angoisse, et surtout parce que tu peux me faire entièrement confiance et que jamais je ne te mettrai en danger. Tu peux compter sur moi. » Elle relève son visage vers le pompier et ses yeux mordorés essaient de lire en lui, comme pour s’assurer qu’il est bien en train de lui dire la vérité. Peut-elle le croire totalement, lorsqu’il lui dit qu’elle n’en aura pas besoin, et espérer qu’il s’apercevra des premiers signes de sa crise d’angoisse naissante ? Peut-elle compter sur lui, comme il vient de lui assurer ? Après tout… Elle ne le connaît que très peu, lui ne la connaît pas davantage, et elle ne sait rien de ses capacités à gérer ce type de situation. La brune finit par hocher la tête, signe qu’elle a intégré ses paroles, mais juste avant de ranger le médicament, elle précise quand même. « Ils sont quand même là, au cas où. » Au cas où ça devient trop moche, trop difficile, trop ingérable. Daisy se concentre et se tourne vers cet élément qui représente tant de choses à ses yeux. A la fois de merveilleux souvenirs, de ses vacances passées en famille, des après-midis avec ses amis sur les plages de Los Angeles alors qu’elle était encore adolescente, et à la fois de souvenirs terribles, difficiles à revivre et qui pourtant sont les plus présents dans son esprit, à cet instant. Elle respire profondément, essayant d’appliquer ce qu’on lui a longtemps appris comme des techniques de relaxation. Ca marche plus ou moins bien, à vrai dire. Au début, oui, mais ensuite quand la peur prend le dessus, c’est plus compliqué à mettre en place. Elle se lance d’elle-même, faisant quelques pas en direction de cet horizon face à elle, et au bout de quelques secondes, l’eau vient lui rafraîchir les pieds. Ses épaules se raidissent mais sa tête pivote vers Nate, qui n’est pas loin. Elle attend qu’il la guide. « Suis-moi, on va rentrer dans quelques centimètres d’eau, là où le niveau reste à peu près constant malgré le va et vient des vagues. Ce n’est pas profond, ne t’inquiète pas, ça recouvrira à peine nos chevilles. » Elle ne rétorque rien et lorsqu’elle sent sa main saisir la sienne, elle referme ses doigts dessus, donnant une grande pression, comme pour évacuer une part de son stress. Elle se laisse faire, en regardant ses pieds qui se dirigent vers l’eau, et ses yeux s’agrandissent sans qu’elle ne puisse rien y faire, alors qu’une nouvelle vague lui monte jusqu’à la cheville cette fois-ci. Mais ses yeux quittent bien vite cette vision, qui lui fait monter une bouffée d’angoisse, lorsque la carrure de Nate lui fait de l’ombre en se dressant en face d’elle. Il saisit sa seconde main et la tient fermement aussi. « Comment tu te sens ? Tu me fais confiance ? Détends-toi. » Alors qu’il secoue doucement ses bras, elle ne peut s’empêcher de sourire, gênée, se sentant incroyablement bête en réalisant qu’il la voit se raidir instantanément, au tout début de leur « séance » de réapprivoisement de l’eau. « Angoissée et pas à ma place. Oui, ça va, j’ai confiance en toi. » Et comme pour confirmer ce qu’elle vient de dire, elle resserre sa prise sur ses mains, alors qu’elle sent qu’il caresse sa peau de ses doigts. Si le geste aurait pu la troubler dans un autre contexte, ici, elle le trouve naturel et rassurant. « Alors… Si tu es d’accord, on va s’asseoir. L’eau est peu profonde, comme tu le vois, et je reste en face de toi. Regarde-moi plutôt que l’océan, ou tu peux fermer les yeux. Le but ici est de te reconnecter avec les sensations que l’eau te procure sur ton corps. Est-ce que tu te sens capable de le faire ? » Sa tête fait non dès qu’il parle de s’asseoir. L’idée lui paraît irréalisable. Se positionner en proie face à l’eau la terrorise d’avance. Mais elle écoute la suite, arrêtant de signer la négation pendant quelques secondes. Puis quand il lui pose la question, elle se remet à secouer la tête doucement pendant une dizaine de secondes, en fermant les yeux, avant de soupirer longuement et de lui répondre : « D’accord, on le fait. » On. Parce qu’à cet instant, à ses yeux, ils forment une équipe et un équilibre dans cette épreuve, et sans lui, elle ne serait pas là, prête à s’asseoir dans l’eau, à sa demande. Ne lâchant pas ses mains, ils se baissent ensemble, et Daisy opte pour une position assise qui lui permettra de se lever facilement à tout instant, dès qu’elle se sentira incapable de poursuivre. Elle pose ses fesses sur le sable, ramène une jambe en tailleur et tend l’autre vers l’extérieur. DeeDee regarde Nate changer de position en face d’elle, se mettant en tailleur finalement. Le fait qu’il se place ici, permet à Daisy de moins ressentir les vagues lui venir dessus, et d’avoir davantage la sensation de tremper dans l’eau, simplement. Et pour commencer, ça l’arrange grandement. Elle respire profondément, profitant du léger calme qui réussit à garder un peu de terrain face à la panique régnant en elle. Ses doigts gigotent à l’intérieur des mains de Nate, cherchant une prise plus solide autour d’elles. En prenant une grande inspiration, elle lui confie : « Ca va, c’est gérable pour l’instant, ça me fait bizarre, quand même… » Ses yeux se baladent entre le visage de Nate, et l’eau qui l’entoure. « Qu’est-ce qui t’a poussée à accepter ce challenge avec moi ? Je veux dire… Avec l’image que tu as de moi… J’ai conscience de ne pas paraître l’homme le plus stable de la planète à tes yeux. » Excellente question, qui détourne l’attention de Daisy de son environnement pendant un instant. La réflexion qu’il fait à son propre sujet la fait même sourire. « Pourtant je suis quelqu’un de posé et je tiens à dire que je n’ai jamais trompé qui que ce soit ni fait de mal à quiconque, ou peut-être à Athénaïs, mais j’étais vraiment coincé, à ce moment-là. En réalité, c’est même plutôt le contraire, si tu me connaissais vraiment, tu saurais que je fais de mon mieux pour venir en aide aux gens, quitte à sacrifier un peu de moi ou de mon bonheur. » Daisy fronce légèrement les sourcils lorsqu’elle entend le début de sa phrase. Pourquoi se défend-il ainsi soudainement ? Elle ne l’interrompt pas et son visage se détend, reprenant une expression neutre alors qu’elle écoute la suite. Ces mots lui rappellent ceux employés par Caroline. « D’ailleurs je ne t’ai pas vraiment répondu, l’autre jour, à la cafétéria, quand tu m’as posé ta question sur le Minnesota. » Elle acquiesce d’un hochement de tête, en restant silencieuse, pour confirmer ses dires tout en le laissant poursuivre. Si elles avaient abordé le sujet avec Caro, Daisy est néanmoins curieuse d’en savoir plus aujourd’hui, de la bouche du principal intéressé. « C’est un peu étrange de parler de mes ex avec toi, mais bon, autant mettre les pieds dans le plat directement. » Elle a envie de lui dire qu’il n’est pas obligé, qu’elle ne souhaite pas qu’il se force à tout lui raconter alors qu’elle n’a encore rien osé demander. Mais la curiosité l’emporte et elle préfère le laisser faire, pour en savoir un peu plus sur l’énigme qu’il représente. Elle a tellement de mal à le cerner, à savoir s’il est quelqu’un de sérieux, s’il ne s’est pas simplement amusé pendant de longues semaines à l’hôpital, à la draguer gentiment, parce que ça lui servait de distraction. Alors s’il se décide à lui révéler une part vraie de lui, elle va ouvrir grand ses oreilles. « Je suis parti m’exiler dans le nord du pays pour que ma petite amie à l’époque n’ait plus à hésiter entre moi et celui qu’elle a toujours considéré comme l’amour de sa vie – son meilleur ami qui venait de réapparaître dans sa vie. Dans notre vie. Elle avait juste peur de se lancer et restait accrochée à moi parce que… Parce que je l’aimais et qu’elle ne voulait pas me faire de mal, j’imagine. C’était plus simple pour elle, je pense. Et… La rupture a été assez violente… J’ai dû lui faire croire que je la trompais pour qu’elle se détourne de moi. Tu dois te dire que je suis le dernier des abrutis, d’avoir fait ça. De ne pas m’être battu pour elle ou je ne sais quoi. » Le voyant si mal à l’aise, Daisy a l’impression de voir une facette qu’elle n’a jamais aperçue chez lui depuis qu’elle le connaît. Elle l’observe alors qu’il parle de son histoire qui l’a envoyé dans le Minnesota. Elle est si attentive que son environnement devient secondaire, et son angoisse a baissé d’un cran, lui permettant de retrouver une respiration normale, sans réellement s’en apercevoir. Et quand il lui explique la fin de leur histoire, elle reste interdite, naviguant entre l’envie de le contredire, et celle de le consoler contre elle, car elle imagine bien la difficulté qu’a dû représenter cette décision, pour lui. Mais, elle revient au moment présent lorsqu’il lâche ses mains, et la concentration de Daisy s’enfuit aussitôt. Son regard se promène autour d’elle et elle commence à déglutir avec difficulté en respirant bien plus vite tout à coup, rejoignant la réalité. « Mais j’ai bien fait de suivre mon instinct puisqu’elle est avec lui maintenant, et très heureuse. Alors… c’était un mal pour un bien. Heureusement parce que me geler le cul là-haut pour que ça n’aboutisse à rien, ça m’aurait foutu les boules. Tu vois, je sais avoir le sens du sacrifice. Et puis ainsi j’ai pu aider Ellis, aussi. » Elle cherche un nouvel appui pour ses mains et essaie de les poser sur le sable mais le contact avec l’eau la dérange, elle essaie ensuite de croiser les bras puis finalement elle pose ses mains sur ses cuisses. Elle essaie de se concentrer sur ce qu’il dit, mais son attention se porte sur deux choses à la fois à présent. « C’est vraiment triste, cette histoire avec ton ex. Tu as pu lui expliquer, que c’était faux, ton infidélité ? Et lui dire les raisons qui t’ont poussé à faire ça ? » L’histoire n’est pas similaire, mais elle fait écho à celle qu’elle a vécue avec Alaric. Quand on se sent bien avec quelqu’un, mais qu’il n’est jamais vraiment entièrement avec nous. Pour Daisy, c’était pire que ça, il ne lui a jamais permis d’entrer dans son monde, de lire en lui, et toucher son cœur. Elle avait rapidement compris tout ça, et si elle s’était attachée à lui, elle avait su se protéger et abandonner. « L’aider à ? Sortir d'une mauvaise passe ? » demande-t-elle innocemment, alors que Caroline lui avait révélé que toute cette histoire était un faux mariage, pour d’excellentes raisons. Elle le regarde, en se questionnant sur la personnalité de Nathaniel, qui envoie tellement d’images différentes de lui, qu’elle s’y perd complètement. Une vague plus forte que les autres passe autour de la silhouette du pompier, et remonte jusqu’à Daisy, lui mouillant la moitié du ventre. « Ho ! » s’exclame-t-elle, le haut de son corps basculant en arrière, ses jambes prêtes à la faire décamper d’ici sur le champ. L’infirmière ferme les yeux en essayant de calmer sa respiration qui a commencé à faire n’importe quoi, et les battements de son cœur résonnent partout dans son corps. Comme si le geste allait l’apaiser, elle pose une main contre sa poitrine en expirant longuement. Puis elle rouvre les yeux, sachant pertinemment que Nate aura la même expression que ceux qui s’y sont essayé et ont découvert à quel point elle avait peur. « Désolée, je suis désolée… J’ai paniqué, je… » Elle se pince les lèvres, et une subite envie de pleurer monte en elle. Elle se sent ridicule au possible. « Est-ce que je peux récupérer tes mains ? » finit-elle par demander, penaude. Daisy se concentre à nouveau sur sa respiration, préférant ne pas affronter le regard de Nate, et fermant donc les yeux. Au bout d’une petite minute, elle a l’impression de se maîtriser à nouveau et ses yeux se rouvrent. « Je vais peut-être répondre à ta question de départ. » dit-elle, un faible sourire aux lèvres. « Je ne sais pas ce qui m’a précisément poussée à accepter. Peut-être ton intérêt soudain pour m’aider, ça a été tellement spontané et rapide de ta part, j’ai eu l’impression que tu avais vraiment envie de faire quelque chose. J’ai essayé avec mes frères, avec mon père. Ils ont du mal à comprendre à quel point je suis flippée. Et le fait de les connaître trop bien, je crois que ça nous dessert. Ils ont l’image de moi à l’aise dans l’océan, je pense que ça les frustre. Alors que toi, tu découvres mon… gros problème. » C’est à peu près l’explication la plus rationnelle qu’elle puisse lui fournir à ce moment précis. Seulement, elle ne s’arrête pas là. « Et tu dégages un truc, un sentiment de sécurité, je sais pas d’où ça vient, mais… ça marche sur moi. » Sur ses derniers mots, elle resserre son emprise sur lui, et ce drôle de sentiment apparaît une nouvelle fois : sa respiration se calme.
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Nathaniel Brady
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MessageSujet: Re: "Love the way that you conquer your fear" [Daisy + Nate]   Ven 3 Nov - 21:13

Evoquer ce petit moment peu glorieux pour Daisy lorsqu’elle m’avait maté le derrière à travers ma blouse dans ma chambre d’hôpital me fait sourire. Un petit sourire coquin, dans tous les sens du terme. Et je ne peux vous mentir, je me délecte du malaise de la jeune infirmière. Ce qu’elle est mignonne quand elle s’empourpre… Elle me fait complètement craquer quand elle est comme ça, toute fragile à cause d’un petit et simple malaise. Je sens mon cœur qui s’emballe et cela s’accentue quand elle pose les yeux sur moi. Je lui renvoie un sourire, un peu rêveur, le sourire, d’ailleurs, parce que Daisy, c’est le genre de nana qui m’envoie direct sur un nuage. Je soupire tout en me mordillant les lèvres alors qu’elle se met en maillot de bain. C’est ultra tentant de la regarder s’effeuiller, et comme dirait Oscar Wilde, le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder, alors je l’observe du coin de l’œil au début, puis franchement vers la fin. Autant faire ça de façon honnête. Et le résultat n’arrange pas l’état de mon pauvre petit cœur. Elle est tout simplement magnifique. Sexy. Classe. Elle me vend du rêve… Alors je la complimente, comme à mon habitude. Pas dans une tentative de séduction, non, non, j’ai simplement besoin d’exprimer ce que je ressens et là, j’en ai le souffle coupé. Alors nous blaguons sur les tenues d’infirmières beaucoup moins sexy que ce maillot de bain. Et ça a le mérite de la détendre un peu avant le grand saut. J’aurais tendance à oublier la raison pour laquelle nous sommes ici, à la plage, quand je vois Daisy si peu vêtue et si bien mise à son avantage, malheureusement, ce qui nous attend ne va pas être facile à digérer. Daisy finit par me montrer sa cachette secrète pour les médicaments à prendre en cas de panique de sa part et elle a l’air honteuse de m’avouer qu’elle a recours à ça lorsqu’elle fait des tentatives de dompter sa peur de l’eau. J’essaie de la rassurer tant bien que mal, et je pense chaque mot que je dis : elle peut me faire confiance. Cette femme compte bien trop pour moi pour que je la laisse paniquer et lui faire vivre un horrible moment. Je ne me sens pas obligé de passer par là pour arriver à mon but, à savoir lui réapprendre à apprécier l’océan. Je pense avoir capté son attention suffisamment et lorsqu’elle plonge ses yeux aux iris éblouissants dans les miens, j’ai la sensation de m’y perdre un peu. Un sourire vient me redonner un peu de contenance et appuyer mes paroles. Je me rends compte que ma main est toujours posée sur la sienne, et comme si je venais de me prendre un coup de jus, je la retire d’un geste un peu trop brusque. J’ai surtout peur de la gêner, à la toucher comme ça. Evidemment, j’ai envie de la toucher dès que je la vois, je suis quelqu’un de tactile à la base, mais je respecte trop Daisy pour m’imposer dans son espace, surtout après cette histoire de suçon qui a complètement refroidi nos rapports. Je m’en veux terriblement… Et j’ai mérité cette mise au point, je passe vraiment pour le derniers des abrutis. Ils sont quand même là, au cas où, me dit-elle en rangeant ses cachets dans son sac. D’accord, je réponds tout bêtement. Mais je reste persuadé qu’elle n’en aura pas besoin. Je ne sais pas si j’ai réussi à l’en convaincre… J’imagine que me faire confiance ne doit pas être chose facile, après tout ce qu’elle a vu de moi.

Daisy s’élance seule contre sa peur et je finis par la rejoindre. Je la sens tellement tendue et concentrée, ça me fait trop de peine. Je vois bien qu’elle essaie de rester calme, mais ses traits sont tirés et sa respiration est forcée. Je suis tellement fier d’elle, en même temps… Ce n’est pas rien que d’affronter sa plus grande peur. Et instinctivement, je mets ma main dans la sienne alors que nous nous avançons vers l’eau. Je ne sais pas lequel des deux en a le plus besoin, mais cela me fait un bien fou, même si son contact me chamboule un peu. Ce geste est amical lorsqu’on est enfant, mais cela peut signifier bien plus à l’âge adulte, et pour moi, il signifie tellement. Mais je me sens bien, même si mon cœur s’emballe à nouveau à son contact. Tout me paraît tellement… naturel.

Ca y est, nos pieds sont à présent dans l’eau, et la pression s’accentue dans ma main. Je me retourne pour faire face à Daisy et, sentant qu’elle a encore plus besoin de moi en cet instant, je saisis son autre main. Nos corps forment ainsi une boucle et j’apprécie ce moment en silence, plantant mon regard dans celui de Daisy. Personnellement, je me sens très bien. Mais ce n’est pas son cas et si je pouvais transférer un peu de mon bien-être jusqu’à elle, à travers mes mains, ce serait avec joie. Je lui demande alors comment elle se sent, suivi de gestes pour tenter de détendre ses muscles des bras. Cela la fait sourire et me rassure. Je souris à mon tour, heureux de la sentir légèrement plus détendue. Angoissée et pas à ma place. Oui, ça va, j’ai confiance en toi. Mon sourire s’accentue à sa dernière remarque et une montée de fierté vient regonfler mon thorax. J’approuve de la tête. Bien. Tu peux. Daisy s’agrippe à mes mains un peu plus fermement et toujours dans une volonté de la rassurer, mes pouces viennent par automatisme parcourir sa peau, sur le dos de ses mains. Elle est douce, évidemment, et lorsque je me rends compte de ce geste, je souris, légèrement gêné. Mais je ne m’arrête pas pour autant, laissant mes doigts libres de tout geste, comme si mon corps était en pilotage automatique pour le restant de la journée. Mon esprit, quant à lui, reste concentré sur Daisy et ce qu’elle peut bien ressentir. Je dois être alerte pour prévenir toute crise de panique. Je commence à lui expliquer alors, tout aussi calmement que tout à l’heure, ce que j’ai prévu de faire avec elle. Elle m’a dit avoir confiance en moi, alors j’imagine qu’elle essaiera, au moins. Seulement au fur et à mesure que je parle, elle me montre son désaccord en secouant sa tête en signe de négation. Bon, ce n’est pas gagné, mais je continue. Je ne la force à rien et je finis par lui demander si elle s’en sent capable. Un silence prolonge mes explications comme un point d’orgue, puis Daisy finit par réagir. D’accord, on le fait. Un sourire étire mes lèvres en signe de victoire. Petit à petit, on va y arriver, ne t’inquiète pas, on a tout notre temps. Je réutilise le « on » qu’elle a amené, toujours imiter les autres pour mieux les mettre en confiance. Et c’est tranquillement que nous nous installons dans les quelques centimètres d’eau de profondeur. Pas de panique pour le moment, tout va bien. Les doigts de Daisy gigotent dans mes mains et cela me fait sourire. A mon tour, j’agrippe ses mains avec plus de force, sans trop de pression, mais pour que Daisy sente bien la stabilité à travers ses mains. Ca va, c’est gérable pour l’instant, ça me fait bizarre, quand même… Je souris à sa remarque, sincèrement heureux qu’elle soit arrivée jusque-là. Oui, c’est normal que ça te fasse bizarre. En tout cas je suis vraiment fier de toi, Daisy, je dis d’un ton toujours aussi calme et plat. Je te félicite, c’est déjà énorme qu’on soit là. Et ça me fait drôlement de bien, personnellement. D’être là, dans l’océan. Avec toi… Mon sourire vient éclairer mon visage lorsque cette vérité éclate. L’océan et Daisy, les deux étant très importants pour moi. Et je la vois regarder autour de nous, comme si elle surveillait l’eau. Alors je me lance dans une nouvelle conversation, pour détourner son attention de l’étendue autour de nous. Je lui demande ce qui l’a poussée à accepter mon challenge et puis je décide de lui parler de moi. Parce que j’ai le désir d’effacer mon ardoise une bonne fois pour toutes à propos de certains sujets, pour qu’elle puisse me voir d’un nouvel œil. Je sais que Caroline lui a parlé de Maddy et d’Ellis, mais je ne sais pas ce qu’elle a révélé sur moi. Alors autant qu’elle l’entende de ma bouche. Je lui raconte pour le Minnesota, je lui montre que je ne suis pas qu’un homme qui profite des femmes. Parce que je ne suis vraiment pas comme ça, et lorsque j’aime quelqu’un, cette personne vaut tous les sacrifices. Cependant, évoquer tout ça me rend vulnérable, parce que la douleur qui s’appelle Maddy vient à nouveau de se ranimer au creux de mes entrailles, mais elle s’efface vite et j’arrive à terminer mon récit sur une note plus légère, bien qu’Ellis clôt le sujet Minnesota. Pour en rouvrir un nouveau à Los Angeles. Je ne sais pas si je dois tout lui dire, peut-être posera-t-elle la question. Dans ce cas, j’y répondrai. N’y a-t-il pas prescription aujourd’hui ? Alors que mon récit se termine, je vois Daisy qui s’agite de plus en plus. C’est vraiment triste, cette histoire avec ton ex. Tu as pu lui expliquer, que c’était faux, ton infidélité ? Et lui dire les raisons qui t’ont poussé à faire ça ? Je réponds par un signe de tête, appuyant ma réponse. Oui. Quelques semaines après mon départ, je lui ai écrit une lettre où je lui ai tout expliqué. Je ne lui ai pas dit que j’étais rentré, mais je l’ai aperçue au loin, elle était avec lui et ils avaient l’air heureux. Et puis un jour elle m’a laissé un message vocal, pour me dire qu’elle partait vivre sur la côte Est et qu’elle me remerciait pour ce que j’avais fait. Et… elle me souhaitait de trouver quelqu’un qui pourra m’aimer entièrement et de façon inconditionnelle comme je l’ai aimé elle. En disant ces paroles, c’est comme si la voix de Maddy résonnait à nouveau dans ma tête, et une vague d’émotions me submerge, car ses paroles ont tellement de sens aujourd’hui. Et j’ai peur, tellement peur de ressentir à nouveau ce chagrin et ce poids aussi lourd qu’un fardeau, si jamais la femme que j’aime me brise à nouveau. Alors la gorge serrée, les yeux légèrement plus luisants, je me mets à rire nerveusement. J’aimerais que ce soit possible… Mais je ne sais pas si ça arrivera un jour. J’ai toujours pensé être maudit.Et je baisse le regard derrière la brune, sur le sable que viennent lécher les vagues. On en revient à parler d’Ellis, ce qui me redonne une contenance. L’aider à ? Sortir d'une mauvaise passe ? Je lève les sourcils, en prévision de ma révélation sur elle, et je prends une grande inspiration avant de parler. Oui on peut appeler ça comme ça… Une très mauvaise passe, même. Je ne sais pas trop par quoi commencer, à vrai dire. Par lui avouer que mon mariage était faux ou parler d’abord d’Ellis et de ses problèmes ? Ellis a été témoin d’un meurtre alors qu’elle était en couple avec un magnat de la drogue. Elle a fini par le dénoncer à la police, à Minneapolis, ce qui a valu à ce criminel une belle condamnation. Elle a témoigné contre lui et ça ne lui a pas plu. Il l’a menacée, ce qui a fait tomber Ellis dans le programme de protection des témoins. Mon cousin était en charge de tout ça et je crois qu’au départ c’était parti d’une blague, mais au final, je me suis proposé pour aider Ellis à se protéger, et pour la protéger directement. C’était la planque parfaite pour elle et moi ça me faisait revenir en Californie. J’avais très envie de revenir, mes amis me manquaient et niveau climat, j’ai vraiment pas supporté. Alors Gabby m’a fait transférer ici, il s’est démené pour me trouver un poste à mon niveau. J’aurais pas rêvé mieux, d’ailleurs, pour le boulot. Mais j’aurais rêvé mieux pour Ellis, parce qu’au final, elle s’est comportée en égoïste et en irresponsable. Je n’ai pas pu la protéger comme je le voulais et ça se passait très mal entre nous. Durant mon hospitalisation, j’ai fait des pieds et des mains pour que Gabby la transfère ailleurs. Et heureusement, ça a marché. Elle est partie juste après mon retour à la maison. Je me racle la gorge et je regarde Daisy dans les yeux, les traits sérieux. Je suis vraiment désolé de t’avoir menti à ce sujet. A vrai dire, même ma mère ne savait pas pour Ellis. Imagine, elle a découvert que j’étais marié quand j’ai eu mon accident, parce que je portais une alliance. La lose totale. Et ce fiasco avec Athénaïs… Je me couvre le visage avec mes mains, les laissant glisser ensuite le long de celui-ci. Pauvre Athénaïs… J’étais vraiment coincé, je ne pouvais pas vous dire la vérité, étant donné que tout ça était confidentiel. Je m’en veux tellement de lui avoir fait du mal comme ça… Je n’ai pas réparé ça, je ne sais pas si je devrais aller lui parler et m’expliquer. J’ai peur qu’elle prenne ça pour une seconde chance pour nous, alors que clairement, je suis amoureux d’une autre. Je crois que je préfère qu’elle garde ce mauvais souvenir de moi plutôt que lui donner de faux espoirs.

Soudain, une vague plus important que les autres a décidé de venir interrompre notre discussion. Discussion au cours de laquelle, d’ailleurs, Daisy a arrêté de s’agiter. Sa concentration était fixée sur moi et non sur l’objet de sa plus grande peur. Mais là, c’en est fini de la tranquillité. Lorsqu’elle s’exclame gentiment de surprise alors que la vague la pousse vers le sable, je me redresse sur mes genoux, quittant ma position en tailleur, pour faire barrière entre les vagues et ma Daisy. Tant pis si ma cheville me fait mal dans cette position, je serre les dents et je préfère que Daisy ne panique pas. Je suis alerte au moindre signe de crise. Je la regarde essayer de se maîtriser et de se calmer toute seule, et mon visage est déformé par mon inquiétude dissimulée transformée en concentration. Dans mes yeux, c’est de l’amour que peut lire Daisy à son égard. Elle peut y arriver, elle peut se redresser elle aussi et revenir à son état d’il y a même pas une minute. Désolée, je suis désolée… J’ai paniqué, je… Je nie de la tête. Ne t’excuse pas, je comprends. On va tranquillement se remettre en position, cette vague est taquine, mais tu vois, tu es toujours là et c’est une nouvelle victoire pour toi. Pour nous. Je souris alors, tentant de la rassurer et de la détendre, malgré la douleur qui se diffuse dans ma cheville. Daisy fait à présent une petite moue adorable et presque intimidée, comme une enfant ferait en demandant un biscuit perché dans un placard. Est-ce que je peux récupérer tes mains ? Je rigole franchement, séduit par sa demande. Bien sûr, je réponds aussitôt en reprenant ses mains au creux des miennes. Mon corps reprend son pilotage automatique et mes doigts font à nouveau de petits cercles sur sa peau. Daisy, elle, a fermé les yeux pour reprendre le contrôle sur elle-même. Ce qui me laisse tout le loisir de l’observer, contempler ses traits si particuliers et si beaux. L’interstice entre ses paupières dessine une vague longue et fine, un comble pour quelqu’un qui a peur de l’océan. Elle l’a même dans ses traits, si c’est pas fabuleux… Et ce qui ne me fait que l’aimer davantage. Puis elle rouvre les yeux et nos regards sont à nouveaux vissés l’un à l’autre. Je vais peut-être répondre à ta question de départ. Je ne sais pas ce qui m’a précisément poussée à accepter. Peut-être ton intérêt soudain pour m’aider, ça a été tellement spontané et rapide de ta part, j’ai eu l’impression que tu avais vraiment envie de faire quelque chose. J’ai essayé avec mes frères, avec mon père. Ils ont du mal à comprendre à quel point je suis flippée. Et le fait de les connaître trop bien, je crois que ça nous dessert. Ils ont l’image de moi à l’aise dans l’océan, je pense que ça les frustre. Alors que toi, tu découvres mon… gros problème. Et tu dégages un truc, un sentiment de sécurité, je sais pas d’où ça vient, mais… ça marche sur moi. Plus elle parle et plus mon sourire s’élargit. Mes yeux n’ont pas quitté les siens et mon cœur s’est mis à tambouriner sauvagement dans ma poitrine en même temps que Daisy m’affirme sa confiance en moi. Je resserre un peu la pression de mes miens dans les siennes, je suis heureux de cette belle preuve de confiance. Merci, c’est gentil de me faire confiance comme ça. Et tu peux, franchement, tu peux. Tu sais, avec le boulot que je fais, j’espère bien inspirer la confiance aux gens qui ont justement besoin de moi pour sortir d’une situation difficile. C’est ce que je fais quotidiennement. C’est sûrement ça que tu peux ressentir. Quoi d’autre ? Tu n’avais pas besoin d’un frère ou d’un père, mais d’un pompier. Je rigole doucement. Quant à mon intérêt soudain… Tu connais ma passion pour l’eau. Je ne pouvais décemment pas te laisser comme ça, Daisy, soyons réalistes ! Et tu sais quoi ? Un jour, je t’emmènerai surfer, je fais en pointant le menton vers le large, et je sais que ce jour arrivera. Quand, on ne sait pas, mais on y arrivera. Un sourire rassurant et encourageant se dessine sur mes lèvres alors que je me mets à moitié debout. Alors question : est-ce que tu préfères rester en face de ce magnifique beau gosse… et là je lui renvoie un sourire ravageur en en faisant des tonnes, haussant frénétiquement les sourcils en signe de drague peu subtile, ou est-ce que tu veux tenter de te mettre face à l’océan lui-même ? Je te laisse le choix, et il n’y a pas de mauvais choix. C’est toi qui sens, et il faut s’écouter. Si elle consent, je m’assiérais à côté d’elle et nous seront tous les deux face à l’étendue sombre et bosselée devant nous. Et je ne pourrai malheureusement plus la contempler comme maintenant, mais ce n’est pas grave. Bon, comme d’habitude, je parle trop de moi, alors et toi? Tu as aussi des histoires tragiques qui pourraient inspirer quelques films pour faire pleurer les filles ? Je rigole à ma remarque, me moquant clairement des filles qui adorent chouiner devant les films à l’eau de rose. Puis je me rends compte qu’elle souhaite peut-être garder ses histoires secrètes. Enfin… si tu as envie d’en parler, bien entendu. Ou sinon, est-ce qu’il y a une face cachée à Daisy Green ? Est-ce que… par exemple… les nuits de pleine lune, tu te transformes en loup-garou ? OK, comparaison débile, mais c’est tout ce qui m’est venu à l’esprit.
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Daisy Green
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MessageSujet: Re: "Love the way that you conquer your fear" [Daisy + Nate]   Mer 15 Nov - 21:07



« Oui, c’est normal que ça te fasse bizarre. En tout cas je suis vraiment fier de toi, Daisy. Je te félicite, c’est déjà énorme qu’on soit là. Et ça me fait drôlement de bien, personnellement. D’être là, dans l’océan. Avec toi… » Elle aimerait pouvoir lui rendre son sourire, mais le fait est qu’elle est bien trop stressée pour communiquer et exprimer autre chose que son angoisse grandissante à cet instant. Elle essaie de se concentrer du mieux qu’elle peut, en se rappelant bien qu’elle est en sécurité, en se répétant qu’elle peut arrêter tout ça à tout instant. Qu’elle n’est pas prise au piège. Nate se met à parler de lui et de ses précédentes relations avec des femmes. Si le sujet interpelle Daisy, sa curiosité, elle, est satisfaite et la pousse à se concentrer principalement sur ce qu’il est en train de dire, afin de récupérer toutes les informations. En dehors du fait qu’elle aimerait connaître la vérité sur tout ce qu’elle s’est imaginé à son sujet, Daisy est toujours pleine d’intérêt pour les histoires de cœur, bonnes ou mauvaises, étant sensible au drama comme au happy ending. Et en l’occurrence, c’est une romance pleine de drame dont il lui fait part. Sans s’en apercevoir, l’eau devient secondaire dans son esprit, tant elle est focalisée sur ce que lui raconte Nate. Jusqu’au moment où il ne la tient plus par les mains, et que cela crée un déséquilibre total dans sa concentration. La panique revient au galop, et elle ne sait plus comment se tenir, et la sensation de l’eau sur son corps devient trop présente tout à coup. Malgré tout, elle pose la question qui lui brûlait les lèvres. « Oui. Quelques semaines après mon départ, je lui ai écrit une lettre où je lui ai tout expliqué. Je ne lui ai pas dit que j’étais rentré, mais je l’ai aperçue au loin, elle était avec lui et ils avaient l’air heureux. Et puis un jour elle m’a laissé un message vocal, pour me dire qu’elle partait vivre sur la côte Est et qu’elle me remerciait pour ce que j’avais fait. Et… elle me souhaitait de trouver quelqu’un qui pourra m’aimer entièrement et de façon inconditionnelle comme je l’ai aimé elle. » La tête légèrement penchée sur le côté, Daisy écoute la fin de cette histoire en soupirant. Elle ne sait pas ce qu’elle doit ressentir par rapport à ça. C’est triste pour Nate, parce qu’il aimait cette fille. Mais si elle était toujours attachée à un autre, il n’aurait été qu’un lot de consolation, et son ex aurait toujours eu l’esprit tourné vers l’autre homme. L’histoire est jolie, sauf pour le perdant au grand cœur. « J’aimerais que ce soit possible… Mais je ne sais pas si ça arrivera un jour. J’ai toujours pensé être maudit. » DeeDee hausse légèrement les sourcils face à cette confidence à laquelle elle ne s’attendait pas du tout. Et elle ne sait pas trop quoi dire, à vrai dire. « Faut pas dire des trucs comme ça. C’est super négatif ! » Elle-même n’a pas été particulièrement chanceuse, côté cœur, mais jamais elle ne s’est dit qu’elle finirait seule, trop persuadée qu’elle l’aura, sa belle histoire, un jour. Puis ils parlent de son ex-femme. Enfin, Daisy avait récupéré quelques infos à ce sujet, de la bouche de Caro, lors de leur soirée fille, et elle avait halluciné, pour cette histoire de faux mariage. Elle joue la carte de l’innocence, préférant ne pas vendre Caroline en disant qu’elle a eu vent de cette histoire. Et puis, peut-être qu’il y a des nuances qu’il peut apporter, lui. Alors il lui raconte tout. Les raisons qui ont mis en danger Ellis, pourquoi il est devenu son sauve-conduit, ce qu’il y gagnait… Et les problèmes que ça a engendré. Caroline lui avait elle-même confié ne jamais avoir apprécié Ellis. Et puis son départ, tout récent. Avec toutes ces informations en main, Daisy ne sait plus ce qu’elle ressent à présent. Il a gagné son retour à Los Angeles, mais au prix de devoir supporter un sacré cas, et une pression certaine, puisqu’il y avait quand même des risques dans cette histoire. Elle n’a pas le temps de lui exprimer ses excuses, qu’il se remet à parler : « Je suis vraiment désolé de t’avoir menti à ce sujet. A vrai dire, même ma mère ne savait pas pour Ellis. Imagine, elle a découvert que j’étais marié quand j’ai eu mon accident, parce que je portais une alliance. La lose totale. Et ce fiasco avec Athénaïs… ». Daisy se pince les lèvres, elle ne s’attendait pas à ce qu’il s’excuse auprès d’elle. C’est elle qui l’avait jugé à l’hôpital, et il avait subi sa mauvaise humeur, ou sa déception, traduite par une absence prononcée à son chevet. Quant au fait que sa mère avait découvert tout ça, alors qu’il était en convalescence… Tu parles d’une nouvelle ! Elle se remémore encore la façon dont sa mère s’était alors adressée à lui, lui rejetant entièrement la faute dessus, en voyant Athénaïs complètement bouleversée et blessée. Daisy avait eu mal au cœur pour elle, à cette occasion. La déception s’était lue sur le visage de la jolie blonde. Tout comme sur celui de maman Brady. « Pauvre Athénaïs… J’étais vraiment coincé, je ne pouvais pas vous dire la vérité, étant donné que tout ça était confidentiel. Je m’en veux tellement de lui avoir fait du mal comme ça… » - « Tu pouvais rien faire d’autre, tu le reconnais toi-même. C’est dommage qu’Ellis ait été imbuvable alors que tu cherchais à l’aider. Tu aurais pu briser le cœur d’une fille pour quelqu’un de bien, mais du coup… Ca marche pas dans ce cas-là. » Mentalement, elle s’apprête à lui présenter ses excuses, celles dont elle avait parlé à Caroline. Mais, un léger contretemps survient, alors qu’une vague, plus grosse que le mouvement tranquille des vagues qui s’échouaient sur la plage jusqu’à présent, atteint Daisy, la surprenant et la faisant paniquer. Elle parvient, miraculeusement, à se calmer après de gros efforts, et si elle s’écoutait, si elle était seule, elle prendrait ses affaires et s’en irait sur le champ. Cependant, aujourd’hui elle est avec Nate, et elle n’a pas envie de faire n’importe quoi en sa compagnie, il lui inspire davantage le calme, comme s’il représentait une force tranquille. D’ailleurs, il essaie de la rassurer, mais ce n’est pas encore gagné. « Ne t’excuse pas, je comprends. On va tranquillement se remettre en position, cette vague est taquine, mais tu vois, tu es toujours là et c’est une nouvelle victoire pour toi. Pour nous. » Sans réfléchir, elle répond aussitôt : « Si tu savais comme je lutte pour ne pas déguerpir maintenant. ». Elle sait qu’il ne peut pas comprendre à quel point cette peur est grande et que chaque seconde passée dans l’eau représente un combat. D’ailleurs, afin de reprendre un peu de contenance, elle quémande son appui physique, qu’il lui a retiré un peu plus tôt. Elle le voit rire et se sent un peu idiote, comme si c’était stupide de lui réclamer ça, alors que pour elle, à ce moment-là, c’est essentiel. Mais aussitôt, il s’empare à nouveau de ses mains, et ce contact la rassure instantanément. Elle se sent plus en sécurité. Et elle lui dit, pour répondre à sa question avant sa longue tirade. Daisy est sincère dans chacun de ses mots à son égard. « Merci, c’est gentil de me faire confiance comme ça. Et tu peux, franchement, tu peux. Tu sais, avec le boulot que je fais, j’espère bien inspirer la confiance aux gens qui ont justement besoin de moi pour sortir d’une situation difficile. C’est ce que je fais quotidiennement. C’est sûrement ça que tu peux ressentir. Tu n’avais pas besoin d’un frère ou d’un père, mais d’un pompier. Quant à mon intérêt soudain… Tu connais ma passion pour l’eau. Je ne pouvais décemment pas te laisser comme ça, Daisy, soyons réalistes ! Et tu sais quoi ? Un jour, je t’emmènerai surfer, et je sais que ce jour arrivera. Quand, on ne sait pas, mais on y arrivera. » Elle l’imite en riant un peu à son tour lorsqu’il affirme qu’elle avait besoin d’un pompier. Peut-être bien, au fond. Peut-être bien que c’est de lui dont elle avait besoin pour surmonter tout ça. Cette idée la fait frissonner à l’intérieur, et elle baisse les yeux pour quitter la contemplation du visage de Nate. Si elle est honnête avec elle-même, elle aime beaucoup trop son sourire à cet instant, et ça la dérange. Enfin, ce qui la dérange le plus actuellement, c’est ce maudit suçon. Elle le regarde de nouveau quand il parle d’aller surfer un jour, et ses yeux s’écarquillent aussitôt avant qu’un sourire maladroit n’étire ses lèvres. « Tu places beaucoup d’espoir en moi, c’est gentil ou un brin rêveur. Je crois que c’est un peu prématuré pour parler de surf, alors que je panique quand une vague m’éclabousse… » La triste réalité la rattrape. « J’aimerais bien refaire du paddle, un jour, aussi. » Son regard se perd derrière l’épaule de Nate, où elle discerne une vaste étendue d’eau, qui s’étale jusqu’à l’horizon. Elle a tellement de souvenirs liés à ces activités aquatiques qu’elle chérissait quand la peur lui était inconnue. « Alors question : est-ce que tu préfères rester en face de ce magnifique beau gosse… » DeeDee ne peut s’empêcher de rire et sourire à la fois alors qu’il se dénomme ainsi et en fait des tonnes. « Ou est-ce que tu veux tenter de te mettre face à l’océan lui-même ? Je te laisse le choix, et il n’y a pas de mauvais choix. C’est toi qui sens, et il faut s’écouter. » La brune reste silencieuse en pesant le pour et le contre. Elle soupire, ne sachant pas quoi faire. Puis elle regarde Nate, comme s’il détenait la réponse à cet instant, et esquisse un maigre sourire en pensant à sa réplique. « Ce n’est pas pour flinguer ton égo, mais on peut essayer de faire sans barrage ? Sans toi devant moi ? » Pour autant alors qu’il se déplace pour s’installer à côté d’elle sur le sable, elle ne lui lâche pas une main, conservant ce précieux contact, mais trempant les deux mains liées dans l’eau cette fois-ci. Sa cage thoracique se gonfle plus qu’à la normale alors qu’elle voit le mouvement des vagues remonter jusqu’à elle. Par pur réflexe, elle ramène ses jambes contre elle, comme pour se protéger de ce mouvement incessant. « Bon, comme d’habitude, je parle trop de moi, alors et toi ? Tu as aussi des histoires tragiques qui pourraient inspirer quelques films pour faire pleurer les filles ? » Sa reprise de parole la déconcentre et elle quitte du regard le mouvement hypnotique des vagues. Elle a envie de lui répondre qu’elle le bat certainement à plates coutures côté cœur, niveau histoires dramatiques, mais se retient. Livrer cette part de son histoire à elle ne l’enchante pas et ne fait pas partie de ses plans. « Tu as quelque chose contre les films qui font pleurer les filles, qu’elles regardent d’ailleurs de leur plein gré ? Comme moi, par exemple, je fais ça ! » dit-elle pour éviter de répondre tout de suite. Mais sentant son regard sur elle, elle s’apprête à lui dire qu’il n’a rien à lui envier. « Enfin… si tu as envie d’en parler, bien entendu. Ou sinon, est-ce qu’il y a une face cachée à Daisy Green ? Est-ce que… par exemple… les nuits de pleine lune, tu te transformes en loup-garou ? » Ses yeux se tournent vers le pompier et l’observent d’un air curieux. « Dis-moi, tu parles de films cucul, et ensuite de loup-garou… Tu serais pas en train de me lancer sur Twilight, toi ? » Un sourire craque son visage en deux avant qu’elle détourne le regard vers son ventre, où elle voit l’eau grimper un peu plus. La marée qui monte tout doucement… Et sa respiration qui devient plus saccadée. Elle ferme doucement les yeux un petit moment. « Je peux te faire un résumé, si ça t’intéresse. » Puisqu’il t'a posé la question, c’est bien qu’il s’intéresse à ça, idiote. Elle grimace un petit peu avant de se lancer, ne sachant pas quoi révéler précisément. Elle sait déjà ce qui n’a pas besoin d’être mentionné. « J’ai connu une jolie relation, au lycée, en dernière année. Ca s’est terminé quelques mois après notre entrée dans nos universités respectives. Il partait trop loin, et moi je suis restée ici. » Son premier amour, dont elle ne garde aucun mauvais souvenir, juste des regrets pour cette histoire qui marchait bien, mais qui est arrivée trop tôt. « Pour le reste, je crois que ça ne mérite même pas d’être mentionné. Des histoires qui m’ont fait perdre du temps. La dernière en date s’est terminée tranquillement, je me suis trouvée face à un mur imperméable aux sentiments. Mais il était très gentil avec moi. » dit-elle en riant à moitié, en pensant à Alaric. Ils sont restés amis, bons amis, mais lorsqu’ils étaient ensemble, elle était totalement désarmée face à lui et ses réactions, ou plutôt son manque de réaction… Son regard posé sur l’eau se tourne un instant vers Nate qui a l’air de l’écouter attentivement. « Tu vois, c’est pas flamboyant non plus de mon côté. Mais j’y crois. Et Caroline m’a dit que je n’étais pas faite pour terminer seule, alors j’ai tendance à la croire aussi. » finit-elle par dire sur un ton malicieux. Puis elle pense à la face cachée dont il parlait juste avant. Est-ce qu’elle en a seulement une ? Ca la fait réfléchir quelques instants tandis qu’elle se raccroche à la main de Nate alors qu’une nouvelle vague vient de monter plus haut que précédemment. « On peut reculer un peu ? » et sans attendre sa réponse, elle se déplace en arrière, en prenant appui sur ses longues jambes pour s’étirer et poser ses fesses plus haut, lâchant sa main un instant, et la reprenant jalousement l’instant suivant. « J’ai pas de face cachée. J'ai pas de talent particulier... Il n’y a pas grand chose d’hors du commun à dire à mon sujet. Si c’était le cas, j’aurais un peu honte de l’avouer, ça fait pas très modeste. » dit-elle sur un ton amusé, un peu plus à l’aise maintenant que l’eau l’oppresse légèrement moins. D’ailleurs elle en profite pour étaler ses jambes devant elle, faisant monter et descendre ses pieds hors de l’eau. Puis elle arrête et tourne son visage dans la direction de Nate. « Je voulais te dire que j’étais désolée d’avoir porté un jugement sur toi, à l’hôpital, après la scène, tu sais. C’était vraiment pas professionnel. Et injuste en plus de ça. Et ne dis pas que je ne pouvais pas savoir, etc, je n’avais pas à faire ça, c’est tout. » Elle hoche la tête comme pour appuyer ses dires et ne pas lui laisser l’occasion de rétorquer quoi que ce soit à ce sujet.
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"Love the way that you conquer your fear" [Daisy + Nate]
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