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 « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]

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Mia Hemingway
Admin indécise
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DATE D'INSCRIPTION : 02/06/2016
MESSAGES : 553

MessageSujet: « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]   Sam 30 Sep - 8:11

Assise sur la banquette arrière, Mia peinait à respirer. Son cœur battait de façon désordonnée et son visage ne cessait de se contracter sous la proie d’une intense souffrance qu’elle ne maîtrisait plus. Ses yeux paraissaient être hagards, comme pris d’une folie. Elle avait l’apparence de quelqu’un ayant été traumatisé. Mais il n’était en aucun cas lié à toute forme d’agression. Il n’y avait rien en dehors d’une remise en cause lui faisant tordre ses entrailles. Elle ne savait que plus penser ou dire, en dehors de croire en la sécurité d’être dans ce taxi, qui la menait à la première qu’elle avait cru bon de dire. Le chauffeur l’avait regardé d’un air étrange mais avait démarré comme elle le souhaitait. Et dans ce silence pesant régnant dans l’habitacle, la brune ne cessait de repenser à tout ce qui venait de se dire. Entre elle et son mari. Jamais, elle n’aurait pu croire que son chemin rencontrerait le sien. Elle voulait l’oublier quand il voulait la voir. Elle cherchait l’oubli quand il croyait en la reconquête de l’autre. Pourtant Mia n’y tenait pas. Elle était intimement convaincue que leur histoire était finie. Du moins, le croyait-elle… Sa volonté était aussi molle que sa force. Et elle réalisait avec horreur qu’elle n’était pas prête à oublier. Que la force de ce baiser passionnel avait été aussi forte que l’amour brûlant en elle. Aimante de son propre bourreau, les cicatrices parlaient pour elle. Rien ne partirait, tout serait en place et ça la tuait. Ça la mettait dans un état lamentable, à deux doigts de défaillir et sans aucune autre possibilité de s’en défaire. Tout cela était si difficile. Et elle se retenait d’hurler, de gémir, de se demander si aller là où elle se rendait, était la meilleure des solutions ? A force, elle ne répondait plus d’aucune logique. Son cerveau était si fatigué à force d’une vie de trop longs combats. Ses démons la hantaient et n’étaient pas prêts de partir. « On fait bien d’aller à l’hôpital, je pense. » Osa dire le chauffeur en l’observant dans le rétroviseur extérieur. Son regard n’était pas suspicieux. Juste inquiet et n’ayant pas la force de parler, elle se contenta de hocher la tête et de la tourner vers la fenêtre n’ayant pas très envie de se donner en spectacle.
Tout ce dont elle avait besoin, c’était de Derek.

La vie était étrange quand même. Elle-même le réalisait, se tordant les doigts dans un geste d’apaisement et de douleur. Ça lui permettait de redescendre les pieds sur terre, de se rendre compte, aussi, qu’elle faisait aussi une énorme bêtise en allant retrouver son petit ami sur les lieux de son travail. Mais elle n’avait pas le choix. Le fardeau était trop important. Elle avait besoin de lui. Aussi, fut-elle heureuse de voir apparaître le bâtiment où il bossait. Fouillant dans sa poche, elle tendit le billet au chauffeur et sortit en murmurant un au revoir tellement inaudible qu’il la prendrait sans doute pour une passagère malpolie. Mais elle s’en moquait. Mia était dans un tel état de nerfs et de stress qu’elle se sentait capable de péter un câble sur le champ. Tout son corps entier hurlait contre cette rencontre. Et son esprit l’alertait sur les dangers d’aller voir Derek. Que lui dirait-elle ? Lui parlerait-elle du baiser ? De cette force avec laquelle, Mia le lui avait rendu ? Il ne lui pardonnerait pas alors que leur avenir leur paraissait si beau. C’était la première fois d’ailleurs, qu’elle allait le voir en plein travail. D’ordinaire, elle avait toujours respecté son temps pour lui, ne venant jamais intervertir dans sa vie professionnelle. Mais aujourd’hui, plus rien d’autre qu’elle-même ne comptait. Elle avait besoin de lui. Ce ne fut pas difficile d’arriver sur place. Ce matin même, il lui avait confirmé qu’il ne bossait pas aux urgences mais dans un service plus calme. Et elle ne le trouva pas de suite, déambulant parmi les chambres comme si elle venait voir un patient. L’esprit perdu, les yeux fous, elle semblait au bord de l’évanouissement. « Mademoiselle, peut-on vous aider ? » Demanda une infirmière au visage souriant. Sans doute pourrait-elle l’aider ? « O..Oui, je cherche… Derek. » Dit-elle d’une pauvre voix. Elle n’osa même pas se présenter comme Mia. Comme sa petite amie. A ce jour, elle ne se considérait comme rien d’autre qu’une personne ne le méritant pas. Les échos de leur dernière conversation passée lui revenait en tête. Dans le fond, le mieux était que lui la quitte. Après tout, il ne lui faisait pas subir toutes ces pensées contraires, toutes ces hésitations. Et finalement, n’était-elle pas en train de les gâcher, de réduire leur bonheur à néant ? Et tout ça pour quoi ? Un fantôme ne cessant de la hanter, ayant repris forme et lui demander de choisir. Entre ce passé fait de cendres et cet avenir si doux. Le choix aurait pu être si facile à faire. Et pourtant… Et pourtant… Elle se mit à fondre en larmes lorsqu’elle l’aperçut au loin, se mettant à courir dans sa direction et venant se blottir contre lui. Sa tête s’enfouit dans son torse comme pour se dissimuler du monde entier, dans la volonté de croire qu’elle n’était pas seule, que Derek était là et la protéger. Elle avait terriblement besoin de lui, peu importe si elle se trouvait sur les lieux de son travail, que son comportement pouvait déclencher toutes formes de questions mais elle s’en moquait.
A ce stade-là, le gouffre béant régnant dans son cœur l’empêchait de parler.

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Derek Bullock
Admin papa-poule
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DATE D'INSCRIPTION : 08/02/2016
MESSAGES : 780

MessageSujet: Re: « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]   Lun 2 Oct - 20:04


Ces dernières semaines avaient été difficiles. Ces derniers mois avaient été compliqués. Derek avait dû faire face à des pensées sombres et des doutes perturbants. Il n’avait jamais douté de Mia, ni de ce qu’il éprouvait pour elle. Il avait douté de lui. Il avait douté de sa faculté à surmonter la pente. Il avait douté de lui. Il avait douté de sa faculté à pardonner. Il avait douté de lui. Il avait douté de sa faculté à faire le deuil. De sa femme. De son passé. De son agression. Il avait douté de lui. De sa faculté à pardonner à Mia. Il avait fini par comprendre, au fil du temps, et à admettre la vérité qui était qu’une part de lui en voulait terriblement à la jeune femme. Une part de lui la blâmait pour ce qu’il avait enduré – et ce que Lily aurait pu endurer. Une part de lui reprochait à la jeune femme d’être entrée dans sa vie, sans crier gare, et d’avoir chamboulé son existence. A tel point, qu’en un temps limité il était tombé follement amoureux, avait découvert une vérité terrifiante, avait fait face à un homme violent et meurtri par la vie qui n’avait pas hésité à le cribler de balles et le laisser pour mort, avait échappé de justesse à cette mort certaine et avait été incapable de laisser partir cette femme qui bouleversait son quotidien. Il avait rencontré le fantôme de sa femme, remuant d’autant plus les douleurs et les peines du passé, le forçant à l’affronter pour de bon et à accepter le deuil - une bonne fois pour toutes. Il avait pu se libérer d’un poids en parlant de ces derniers évènements à Nate et Otto, ses meilleurs amis. Il avait pu parler librement. Il avait pu confier ses cauchemars. Ses doutes. Ses peurs. Son désir de vengeance. Qui ne le quittait pas. Qui le maintenait éveillé la nuit. Il était parvenu à se soulager d’un poids dont il n’était pas certain qu’il aurait pu le faire quelques jours plus tôt. Et dont il s’était retrouvé incapable d’en parler avec Mia. N’était-elle donc pas celle qui partageait sa vie ? N’était-elle donc pas celle à qui il aurait pu et dû confier ses troubles ? Ses doutes ? Ses peurs ? N’était-elle donc pas celle dont il était tombé amoureux, malgré lui, malgré le souvenir d’Angie ? N’était-elle pas celle qui devait le soulager de tout poids – peine, douleur et souffrance y compris – tout comme il lui avait promis de la soulager de tout poids ? Il s’en voulait énormément de ne pas avoir trouvé le courage de lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur. Il s’en voulait énormément de ne pas avoir trouvé la force de partager avec elle ce qui le tracassait, sous prétexte de vouloir la protéger, coûte que coûte. Il avait manqué à sa parole, et il l’avait abandonnée. Lâchement et involontairement, mais il l’avait abandonnée. Il lui avait promis de la traiter différemment. Il lui avait promis de la protéger. De tout. De la douleur et de la peine. Il avait promis de ne jamais lui mentir et d’être toujours sincère. Si ses intentions n’étaient pas mauvaises, le fait était là et le fait le blâmait. Totalement. Entièrement. Mais cette fois, il allait s’ouvrir. Cette fois, il allait tout lui dire. Cette fois, il allait tenir sa promesse. Jusqu’au bout. Il allait être sincère. Direct. Franc. Que la vérité soit douloureuse ou dure à entendre, il la lui devait. Il l’aimait, et il espérait sincèrement que ce fait-là serait suffisant pour qu’elle lui pardonne. Pour qu’elle le comprenne. Pour qu’elle lui fasse confiance malgré tout. Ils avaient pu parler de différentes choses depuis qu’ils avaient emménagé. De Lily. Du futur boulot qu’elle désirait exercer. De la reconversion professionnelle de Derek – et de ses prochains examens lui permettant de débuter sa formation dans la police. Aujourd’hui serait son dernier jour à l’Hôpital – et s’il était nostalgique et quelque peu triste de quitter les lieux et ses collègues, il était surtout excité à l’idée de débuter une nouvelle vie. Mia le soutenait, bien qu’il ait senti sa réserve et sa crainte. Être un infirmier était un métier sans « trop de risques ». Etre flic, c’était différent. Mais il en avait besoin, autant besoin que de l’air qu’il respirait. Elle le savait. Elle le comprenait.

« Mia… » qu’il prononce son nom tandis qu’il l’aperçoit et qu’elle accoure vers lui, les larmes aux yeux. Il ne s’attendait absolument pas à la voir débarquer, surtout dans cet état. Il ne peut que la prendre dans ses bras, la serrer fort comme pour la rassurer et la réconforter, d’une chose qu’il ne comprend pas encore. Il ne peut que la bercer doucement avant de l’emmener dans une chambre vide, tandis que les regards se faisaient curieux autour d’eux. « Mia, » qu’il lui dit de nouveau en lui caressant les cheveux. Elle s’accrochait à lui comme à une bouée, et il sut que quelque chose s’était passée, quelque chose d’important, quelque chose de perturbant, quelque chose d’inattendu. Son cœur se serra. Avait-elle encore été agressée ? Avait-elle été contrainte de voir Raphaël ? Avait-il osé lever la main sur elle ? Instinctivement, il la força à reculer pour l’observer, mais seules les larmes trahissaient son mal-être et son trouble. « Que se passe-t-il ? Tu as l’air si bouleversée… » qu’il lui dit gentiment. A dire vrai, elle avait l’air si bouleversée et si perturbée depuis des jours. Aussi s’imagina-t-il un instant que finalement, il était peut-être la source de ces larmes et de son malheur. « Je suis désolé, tellement désolé, » qu’il lui dit alors en la serrant contre lui. « Je déteste te voir pleurer, je déteste te voir si mal. Je ne veux pas être celui qui te fait pleurer, ni être celui qui te fait du mal. Mia, » qu’il lui dit en la forçant à le regarder. « Je sais que ces dernières semaines, j’ai été un peu absent et distant. Je ne peux qu’imaginer ce que tu as pu penser… que je te mentais, que je m’éloignais ou que je ne voulais plus être avec toi, mais… » qu’il commence à dire de façon plus confuse qu’il ne l’avait imaginé plus tôt. Mais son regard le stoppe dans son élan, car ce n’est pas vraiment ce qui la tracasse de toute évidence. « Dis-moi ce qui ne va pas… s’il te plait ? » qu’il la supplierait presque. Son ton est doux et patient. Comme un homme qui aime une femme, comme un homme qui aime une femme perdue et perturbée. Comme un homme qui comprend que l’amour n’est pas si simple.


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