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 « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]

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Team Simba
Mia Hemingway
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MessageSujet: « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]   Sam 30 Sep - 8:11

Assise sur la banquette arrière, Mia peinait à respirer. Son cœur battait de façon désordonnée et son visage ne cessait de se contracter sous la proie d’une intense souffrance qu’elle ne maîtrisait plus. Ses yeux paraissaient être hagards, comme pris d’une folie. Elle avait l’apparence de quelqu’un ayant été traumatisé. Mais il n’était en aucun cas lié à toute forme d’agression. Il n’y avait rien en dehors d’une remise en cause lui faisant tordre ses entrailles. Elle ne savait que plus penser ou dire, en dehors de croire en la sécurité d’être dans ce taxi, qui la menait à la première qu’elle avait cru bon de dire. Le chauffeur l’avait regardé d’un air étrange mais avait démarré comme elle le souhaitait. Et dans ce silence pesant régnant dans l’habitacle, la brune ne cessait de repenser à tout ce qui venait de se dire. Entre elle et son mari. Jamais, elle n’aurait pu croire que son chemin rencontrerait le sien. Elle voulait l’oublier quand il voulait la voir. Elle cherchait l’oubli quand il croyait en la reconquête de l’autre. Pourtant Mia n’y tenait pas. Elle était intimement convaincue que leur histoire était finie. Du moins, le croyait-elle… Sa volonté était aussi molle que sa force. Et elle réalisait avec horreur qu’elle n’était pas prête à oublier. Que la force de ce baiser passionnel avait été aussi forte que l’amour brûlant en elle. Aimante de son propre bourreau, les cicatrices parlaient pour elle. Rien ne partirait, tout serait en place et ça la tuait. Ça la mettait dans un état lamentable, à deux doigts de défaillir et sans aucune autre possibilité de s’en défaire. Tout cela était si difficile. Et elle se retenait d’hurler, de gémir, de se demander si aller là où elle se rendait, était la meilleure des solutions ? A force, elle ne répondait plus d’aucune logique. Son cerveau était si fatigué à force d’une vie de trop longs combats. Ses démons la hantaient et n’étaient pas prêts de partir. « On fait bien d’aller à l’hôpital, je pense. » Osa dire le chauffeur en l’observant dans le rétroviseur extérieur. Son regard n’était pas suspicieux. Juste inquiet et n’ayant pas la force de parler, elle se contenta de hocher la tête et de la tourner vers la fenêtre n’ayant pas très envie de se donner en spectacle.
Tout ce dont elle avait besoin, c’était de Derek.

La vie était étrange quand même. Elle-même le réalisait, se tordant les doigts dans un geste d’apaisement et de douleur. Ça lui permettait de redescendre les pieds sur terre, de se rendre compte, aussi, qu’elle faisait aussi une énorme bêtise en allant retrouver son petit ami sur les lieux de son travail. Mais elle n’avait pas le choix. Le fardeau était trop important. Elle avait besoin de lui. Aussi, fut-elle heureuse de voir apparaître le bâtiment où il bossait. Fouillant dans sa poche, elle tendit le billet au chauffeur et sortit en murmurant un au revoir tellement inaudible qu’il la prendrait sans doute pour une passagère malpolie. Mais elle s’en moquait. Mia était dans un tel état de nerfs et de stress qu’elle se sentait capable de péter un câble sur le champ. Tout son corps entier hurlait contre cette rencontre. Et son esprit l’alertait sur les dangers d’aller voir Derek. Que lui dirait-elle ? Lui parlerait-elle du baiser ? De cette force avec laquelle, Mia le lui avait rendu ? Il ne lui pardonnerait pas alors que leur avenir leur paraissait si beau. C’était la première fois d’ailleurs, qu’elle allait le voir en plein travail. D’ordinaire, elle avait toujours respecté son temps pour lui, ne venant jamais intervertir dans sa vie professionnelle. Mais aujourd’hui, plus rien d’autre qu’elle-même ne comptait. Elle avait besoin de lui. Ce ne fut pas difficile d’arriver sur place. Ce matin même, il lui avait confirmé qu’il ne bossait pas aux urgences mais dans un service plus calme. Et elle ne le trouva pas de suite, déambulant parmi les chambres comme si elle venait voir un patient. L’esprit perdu, les yeux fous, elle semblait au bord de l’évanouissement. « Mademoiselle, peut-on vous aider ? » Demanda une infirmière au visage souriant. Sans doute pourrait-elle l’aider ? « O..Oui, je cherche… Derek. » Dit-elle d’une pauvre voix. Elle n’osa même pas se présenter comme Mia. Comme sa petite amie. A ce jour, elle ne se considérait comme rien d’autre qu’une personne ne le méritant pas. Les échos de leur dernière conversation passée lui revenait en tête. Dans le fond, le mieux était que lui la quitte. Après tout, il ne lui faisait pas subir toutes ces pensées contraires, toutes ces hésitations. Et finalement, n’était-elle pas en train de les gâcher, de réduire leur bonheur à néant ? Et tout ça pour quoi ? Un fantôme ne cessant de la hanter, ayant repris forme et lui demander de choisir. Entre ce passé fait de cendres et cet avenir si doux. Le choix aurait pu être si facile à faire. Et pourtant… Et pourtant… Elle se mit à fondre en larmes lorsqu’elle l’aperçut au loin, se mettant à courir dans sa direction et venant se blottir contre lui. Sa tête s’enfouit dans son torse comme pour se dissimuler du monde entier, dans la volonté de croire qu’elle n’était pas seule, que Derek était là et la protéger. Elle avait terriblement besoin de lui, peu importe si elle se trouvait sur les lieux de son travail, que son comportement pouvait déclencher toutes formes de questions mais elle s’en moquait.
A ce stade-là, le gouffre béant régnant dans son cœur l’empêchait de parler.

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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]   Lun 2 Oct - 20:04


Ces dernières semaines avaient été difficiles. Ces derniers mois avaient été compliqués. Derek avait dû faire face à des pensées sombres et des doutes perturbants. Il n’avait jamais douté de Mia, ni de ce qu’il éprouvait pour elle. Il avait douté de lui. Il avait douté de sa faculté à surmonter la pente. Il avait douté de lui. Il avait douté de sa faculté à pardonner. Il avait douté de lui. Il avait douté de sa faculté à faire le deuil. De sa femme. De son passé. De son agression. Il avait douté de lui. De sa faculté à pardonner à Mia. Il avait fini par comprendre, au fil du temps, et à admettre la vérité qui était qu’une part de lui en voulait terriblement à la jeune femme. Une part de lui la blâmait pour ce qu’il avait enduré – et ce que Lily aurait pu endurer. Une part de lui reprochait à la jeune femme d’être entrée dans sa vie, sans crier gare, et d’avoir chamboulé son existence. A tel point, qu’en un temps limité il était tombé follement amoureux, avait découvert une vérité terrifiante, avait fait face à un homme violent et meurtri par la vie qui n’avait pas hésité à le cribler de balles et le laisser pour mort, avait échappé de justesse à cette mort certaine et avait été incapable de laisser partir cette femme qui bouleversait son quotidien. Il avait rencontré le fantôme de sa femme, remuant d’autant plus les douleurs et les peines du passé, le forçant à l’affronter pour de bon et à accepter le deuil - une bonne fois pour toutes. Il avait pu se libérer d’un poids en parlant de ces derniers évènements à Nate et Otto, ses meilleurs amis. Il avait pu parler librement. Il avait pu confier ses cauchemars. Ses doutes. Ses peurs. Son désir de vengeance. Qui ne le quittait pas. Qui le maintenait éveillé la nuit. Il était parvenu à se soulager d’un poids dont il n’était pas certain qu’il aurait pu le faire quelques jours plus tôt. Et dont il s’était retrouvé incapable d’en parler avec Mia. N’était-elle donc pas celle qui partageait sa vie ? N’était-elle donc pas celle à qui il aurait pu et dû confier ses troubles ? Ses doutes ? Ses peurs ? N’était-elle donc pas celle dont il était tombé amoureux, malgré lui, malgré le souvenir d’Angie ? N’était-elle pas celle qui devait le soulager de tout poids – peine, douleur et souffrance y compris – tout comme il lui avait promis de la soulager de tout poids ? Il s’en voulait énormément de ne pas avoir trouvé le courage de lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur. Il s’en voulait énormément de ne pas avoir trouvé la force de partager avec elle ce qui le tracassait, sous prétexte de vouloir la protéger, coûte que coûte. Il avait manqué à sa parole, et il l’avait abandonnée. Lâchement et involontairement, mais il l’avait abandonnée. Il lui avait promis de la traiter différemment. Il lui avait promis de la protéger. De tout. De la douleur et de la peine. Il avait promis de ne jamais lui mentir et d’être toujours sincère. Si ses intentions n’étaient pas mauvaises, le fait était là et le fait le blâmait. Totalement. Entièrement. Mais cette fois, il allait s’ouvrir. Cette fois, il allait tout lui dire. Cette fois, il allait tenir sa promesse. Jusqu’au bout. Il allait être sincère. Direct. Franc. Que la vérité soit douloureuse ou dure à entendre, il la lui devait. Il l’aimait, et il espérait sincèrement que ce fait-là serait suffisant pour qu’elle lui pardonne. Pour qu’elle le comprenne. Pour qu’elle lui fasse confiance malgré tout. Ils avaient pu parler de différentes choses depuis qu’ils avaient emménagé. De Lily. Du futur boulot qu’elle désirait exercer. De la reconversion professionnelle de Derek – et de ses prochains examens lui permettant de débuter sa formation dans la police. Aujourd’hui serait son dernier jour à l’Hôpital – et s’il était nostalgique et quelque peu triste de quitter les lieux et ses collègues, il était surtout excité à l’idée de débuter une nouvelle vie. Mia le soutenait, bien qu’il ait senti sa réserve et sa crainte. Être un infirmier était un métier sans « trop de risques ». Etre flic, c’était différent. Mais il en avait besoin, autant besoin que de l’air qu’il respirait. Elle le savait. Elle le comprenait.

« Mia… » qu’il prononce son nom tandis qu’il l’aperçoit et qu’elle accoure vers lui, les larmes aux yeux. Il ne s’attendait absolument pas à la voir débarquer, surtout dans cet état. Il ne peut que la prendre dans ses bras, la serrer fort comme pour la rassurer et la réconforter, d’une chose qu’il ne comprend pas encore. Il ne peut que la bercer doucement avant de l’emmener dans une chambre vide, tandis que les regards se faisaient curieux autour d’eux. « Mia, » qu’il lui dit de nouveau en lui caressant les cheveux. Elle s’accrochait à lui comme à une bouée, et il sut que quelque chose s’était passée, quelque chose d’important, quelque chose de perturbant, quelque chose d’inattendu. Son cœur se serra. Avait-elle encore été agressée ? Avait-elle été contrainte de voir Raphaël ? Avait-il osé lever la main sur elle ? Instinctivement, il la força à reculer pour l’observer, mais seules les larmes trahissaient son mal-être et son trouble. « Que se passe-t-il ? Tu as l’air si bouleversée… » qu’il lui dit gentiment. A dire vrai, elle avait l’air si bouleversée et si perturbée depuis des jours. Aussi s’imagina-t-il un instant que finalement, il était peut-être la source de ces larmes et de son malheur. « Je suis désolé, tellement désolé, » qu’il lui dit alors en la serrant contre lui. « Je déteste te voir pleurer, je déteste te voir si mal. Je ne veux pas être celui qui te fait pleurer, ni être celui qui te fait du mal. Mia, » qu’il lui dit en la forçant à le regarder. « Je sais que ces dernières semaines, j’ai été un peu absent et distant. Je ne peux qu’imaginer ce que tu as pu penser… que je te mentais, que je m’éloignais ou que je ne voulais plus être avec toi, mais… » qu’il commence à dire de façon plus confuse qu’il ne l’avait imaginé plus tôt. Mais son regard le stoppe dans son élan, car ce n’est pas vraiment ce qui la tracasse de toute évidence. « Dis-moi ce qui ne va pas… s’il te plait ? » qu’il la supplierait presque. Son ton est doux et patient. Comme un homme qui aime une femme, comme un homme qui aime une femme perdue et perturbée. Comme un homme qui comprend que l’amour n’est pas si simple.


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Mia Hemingway
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MessageSujet: Re: « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]   Jeu 19 Oct - 21:56

Son coeur était recouvert de glace. Elle peinait à reprendre son souffle. Elle paraissait avoir couru un marathon tant l’air manquait, tant le coeur battait. Ce poids lui comprimait la poitrine et elle se sentait mal. Elle avait besoin de lui en ce moment même. Et bien qu’il se trouvait au travail, Mia ne pouvait imaginer aller voir quelqu’un d’autre que Derek. Bien sûr, elle aurait pu penser à Taylor mais c’était autre chose. Elle était une amie très proche mais cet homme contre lequel elle se réfugiait, était bien au delà de ça. Il était la lumière brillant dans l’obscurité, la seule possibilité de s’en sortir, de croire et d’espérer. Elle avait conscience que sa venue pouvait le gêner, mais c’était au delà de ses forces de pouvoir se retrouver seule. Lily était à l’école et ça enlevait un poids. Au moins, elle était en sécurité songeait Mia. Car tous les souvenirs revenaient au galop, de cette fois là où Raphael avait tiré sur Derek, de cette nuit là où le cauchemar avait pris forme, que le dormeur s’était extirpé de son sommeil pour narguer ses rêves et briser toute espérance d’une vie meilleure. Il aurait pu en mourir et pourtant, elle le serrait contre lui. Il y avait sa chaleur, ses bras. Elle était dans un brouillard et se laissa guider vers une seconde pièce, plus intime que le couloir de l’hôpital. Elle avait honte de l’embêter ainsi. Elle savait qu’il terminait son travail actuel pour en endosser un nouveau. De cette formation qu’il espérait effectuer. Celle d’être flic. Elle n’approuvait pas forcément l’idée mais des années avec Raphaël lui avait appris à toujours accepté ce que l’autre voulait. Aussi, Mia l’avait faire. Qui était-elle pour s’opposer à une envie ? Après tout, il la laissait bien suivre sa reconversion : elle voulait travailler avec les enfants et suivait cette vocation découverte en s’occupant de Lily. Mia voulait vraiment être utile et puis Derek l’encourageait sur ça. Il était donc normal qu’elle en fasse de même. Qu’elle accepte. Et puis, surtout, si elle avait été réticente ces jours ci, elle admettait désormais que c’était une bonne chose. Il avait juste fallu attendre qu’elle se retrouve face à son mari, qu’elle prenne conscience que tant qu’il ne la lâcherait pas, Mia ne pourrait en faire de même. Et en cela, elle avait besoin de Derek.

Cependant, elle devait admettre qu’elle ne s’était pas attendu à ce qu’il prononce de telles paroles, qu’il soit désolé alors qu’elle se trouvait face à lui, le visage baignant de larmes. Il croyait qu’elle était dans cet état uniquement par son propre fait, ce que Mia ne lui reprochait aucunement. Bien sûr, il y avait cette période de flottement entre eux, leur dernière conversation remontait à celle du tableau avec le lion, et depuis, ils n’avaient plus vraiment parlé. Pourtant, ce n’était pas ça même si le trouble de Mia en était liée. Elle ne pouvait dire qu’elle allait bien. C’était faux. Et depuis longtemps déjà, son coeur n’était pas en paix. Il pleurait depuis trop longtemps. « Ce n’est pas toi Derek... » Réussit-elle à bredouiller difficilement. « C’est Raphaël... » Elle avait conscience du poids de ses mots, de ce qu’elle avouait sans détour. « Je l’ai vu. À vrai dire, je pense qu’il s’agissait du hasard, que lui-même ne s’attendait pas à me voir. Il a voulu qu’on aille boire un café pour parler... » Sans doute aurait-elle dû fuir plutôt que d’accepter. Elle se croyait si forte pour l’affronter et oser lui demander le divorce. Mais c’était sans compter la ténacité de son mari, de ce qu’il avait fini par lui dire. « Et j’ai accepté. Je me suis dit qu’au moins, je pouvais clairement lui faire part de mon intention de divorcer. Et puis, il voulait me parler de ce qui s’était passé aussi... » Son visage se tordit et elle plaqua doucement sa main sur sa bouche comme s’il valait mieux qu’elle se taise. Elle avait même du mal à voir Derek, les yeux dans les yeux. Mais quelques secondes après, sa main s’abaissa. « Mais il a refusé de divorcer. Il a dit que je n’avais pas le droit de l’abandonner, que j’étais sa femme. » Elle s’efforça de taire le gémissement montant au creux de sa gorge. C’était terrible de se sentir ainsi. Démunie. Seule. « C’était terrible... J’ai l’impression qu’il ne laissera jamais tomber. » Elle préféra taire la suite. Notamment, le baiser, empli de fièvre et d’une histoire qui n’était pas finie. C’était difficile à admettre. Mais elle était entre deux et ça, en revanche, elle n’était pas capable de le dire. « Je ne sais plus ce que je dois faire... » Finit-elle par bredouiller, « Je ne sais plus si je dois encore m’enfuir, faire en sorte qu’il ne me retrouve jamais. Mais je ne peux plus me considérer comme entre deux chaises. Je veux juste vivre... Je veux juste être heureuse ... Je veux juste ne plus à être celle qui subit... » Elle voulait tant mais elle savait ce par quoi elle devait commencer. « Je veux juste être avec toi... » C’était aussi simple que ça, à la condition qu’elle cesse de penser à son mari.
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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]   Sam 21 Oct - 14:44


« Ce n’est pas toi Derek... » Oh non, elle n’allait pas lui sortir l’éternelle réplique du « ce n’est pas toi, c’est moi » tout de même ? Non, elle n’était pas là pour le quitter et lui dire qu’il était le dernier des vauriens comme il l’aurait attendu et mérité. Elle était venue car elle était bouleversée et voulait partager avec lui. Ce qu’il pouvait faire à ce stade, c’était l’écouter. Être là. La rassurer. La protéger. « C’est Raphaël... » Il s’arrête net dans ses gestes tant la violence de cet aveu le cloue sur place et lui coupe le souffle. Ce prénom hantait ses nuits depuis des mois, comme il devait hanter les siennes depuis des mois – et même des années. Ce prénom planait au-dessus de leurs têtes comme une épée de Damoclès, prête à les blesser à tout moment. Une fois qu’il est sûr de pouvoir rester calme et garder son sang-froid, il lui caresse les bras de nouveau et déglutit lentement avant de reculer et de la regarder. Parler de Raphaël en soi n’était pas un problème. Ils avaient déjà pu l’évoquer, ils avaient déjà pu parler de lui. Mais quelque chose dans la voix et l’émotion de Mia le perturbait, quelque chose d’indescriptible, quelque chose de difficilement acceptable. Quelque chose de difficilement imaginable. Alors il s’assoit sur le bord du lit vide – qui le serait certainement plus dans très longtemps comme d’habitude – et il attend patiemment qu’elle lui explique ce qui lui arrive. Ce qui la chagrine. Ce qui la bouleverse. Ce qui la panique. « Je l’ai vu. À vrai dire, je pense qu’il s’agissait du hasard, que lui-même ne s’attendait pas à me voir. Il a voulu qu’on aille boire un café pour parler... » Il y a quelque chose de dérangeant dans son estomac. Quelque chose qui se tord. Quelque chose qui a envie de hurler. Quelque chose de désagréable. La jalousie, mêlée à la peur. La colère, mêlée à la peine. « Et j’ai accepté. Je me suis dit qu’au moins, je pouvais clairement lui faire part de mon intention de divorcer. Et puis, il voulait me parler de ce qui s’était passé aussi... » Parler de ce qui s’était passé… Parler de ce qui s’était passé… Il craignait que ce soit une mauvaise blague. Il aurait voulu éclater de rire à cet instant, tellement c’était absurde. Raphaël Grimes voulait parler de ce qui s’était passé, tandis que tous deux essayaient d’oublier tant bien que mal ce qui s’était passé. Tandis que Derek s’efforçait de vivre avec ce qui s’était passé. Tandis qu’il essayait de toutes ses forces de garder la tête haute et hors de l’eau. Et son bourreau voulait parler de ce qui s’était passé avec sa femme ? Diable qu’il aurait aimé l’avoir face à lui à cet instant. Il n’aurait sans doute pas craint la violence qui l’envahissait à cet instant envers cet homme qui n’en était plus un à ses yeux. Derek pouvait faire preuve de compassion et d’amitié envers n’importe qui – même le plus désagréable des personnages – mais il ne le pourrait certainement plus jamais l’être avec Raphaël Grimes. « Mais il a refusé de divorcer. Il a dit que je n’avais pas le droit de l’abandonner, que j’étais sa femme. » Derek sert les poings tant l’envie de frapper son mari est forte. Oh, il pouvait comprendre son refus d’abandonner. Oh, il pouvait comprendre l’injustice ressentie car elle était légalement encore sa femme, encore sienne. Oh, il pouvait comprendre son acharnement. Lui-même se serait sans doute battu becs et ongles pour Angie dans une situation similaire – sauf que Derek n’avait jamais levé la main sur sa femme. Sauf que Derek ne lèverait jamais la main sur sa femme. Sauf que Derek n’était pas violent, sadique et manipulateur. « Je vois… » qu’il commence à dire d’une voix calme et douce. « C’était terrible... J’ai l’impression qu’il ne laissera jamais tomber. » Il ne sait pas si elle souhaite qu’il laisse tomber ou pas. La seule chose qu’il sait, c’est que Mia aime Derek. La seule chose qu’il sait, c’est que Mia aime Lily. La seule chose qu’il sait, c’est que Mia aime Raphaël. Malgré tout, malgré la violence, malgré la douleur, malgré la souffrance, malgré la brutalité de son mari. Elle l’aime. Il a compris depuis longtemps qu’elle l’aimerait toujours. Tout comme il aimerait toujours Angie. Sauf qu’Angie était morte. Et que Raphaël était vivant. La vie était parfois injuste, pense-t-il amèrement. « Je ne sais plus ce que je dois faire... » qu’elle se confie et qu’elle réclame son aide, son attention, sa force. Il aimerait la prendre dans ses bras et la rassurer, la protéger comme il a toujours voulu le faire. Il aimerait lui dire les mots qu’elle attend, qu’elle a tant besoin d’entendre, qu’elle a tant besoin qu’il lui dise. Mais il en est incapable à cet instant, pas après pareil aveu. La colère et la haine pour cet homme est trop vivace et trop importante pour qu’il sache taire ses émotions et prétende que tout va bien. « Je ne sais plus si je dois encore m’enfuir, faire en sorte qu’il ne me retrouve jamais. Mais je ne peux plus me considérer comme entre deux chaises. Je veux juste vivre... Je veux juste être heureuse ... Je veux juste ne plus à être celle qui subit... » Oui, elle voulait changer, elle voulait évoluer, elle voulait avancer. « Je veux juste être avec toi... » Et il voulait juste être avec elle. Mais cela suffisait-il ? Mais cela suffisait-il à Mia ? Cela suffisait-il à Derek ? S’aimer était-il suffisant ? A une époque, il aurait juré que oui. Aujourd’hui, il n’était plus sûr de rien. Derek n’avait pas d’autre choix que de faire son deuil d’Angie. Elle ne reviendrait pas. Elle ne pouvait être là pour qu’il demande le divorce et le laisse vivre sa vie avec une autre. Lui n’avait pas les fesses entre deux chaises. Lui n’avait pas à choisir. Lui n’avait pas le cœur brisé en deux. Il croyait tellement l’avoir blessée et l’avoir trop délaissée ces derniers temps, à tel point qu’elle en était dévastée et bouleversée comme à cet instant. Mais ce n’était pas lui qui la mettait dans cet état, c’était Raphaël. Et quelque part, égoïstement et de façon malsaine, il aurait préféré être l’Homme capable de l’atteindre à ce point. Le silence les envahit de longues secondes avant qu’il ne se décide de le briser. Elle semble craindre de l’approcher, comme si elle ne le méritait plus. Elle semble craindre sa réaction, comme si le moindre de ses gestes seraient fatidiques et décisifs. Elle semble encore tellement être Judith, mais elle est tellement plus Mia. Ces quelques minutes silencieuses lui permettent de ne pas réagir de manière impulsive. De ne pas s’énerver. De ne pas s’emporter. « J’étais tellement sûr que tu m’en voulais pour ces dernières semaines, que je ne m’attendais pas à ça, » qu’il finit par lui dire en riant légèrement, mi-jaune, mi-nerveux. « Je n’ai pas été honnête avec toi non plus, » qu’il lui avoue alors. Elle avait été sincère et honnête et ne lui avait rien caché. Il était temps qu’il fasse de même. « Tu sais… il y a quelques semaines je suis allé à un vernissage. Il se trouve que l’artiste ressemble trait pour trait à Angie, » qu’il lui raconte doucement. Il y a une histoire derrière tout ça, il y a une leçon derrière tout ça, il y a un but derrière son récit. « Quand je l’ai vue, j’ai été comme foudroyé. Pas comme un coup de foudre. Ce n’était pas merveilleux, ce n’était pas beau et ce n’était pas électrisant. C’était brutal. Violent. Douloureux. Parce que j’ai réalisé que je n’avais pas véritablement dit au revoir à ma femme. Je n’ai pas eu la chance ni l’occasion de faire le deuil d’Angie, » qu’il lui explique patiemment. Il était incroyable de penser que quelques jours plus tôt il ignorait comment lui expliquer les choses, quels mots utilisés, alors qu’aujourd’hui ils semblaient venir d’eux-mêmes. « Je m’en suis terriblement voulu, parce que j’avais l’impression qu’en pensait à elle je te trahissais. Et j’avais l’impression qu’en t’en parlant, je la trahirais, elle. Je m’en suis terriblement voulu parce que je ne savais pas comment t’en parler. Et aussi parce que je voulais surmonter cela seul, » qu’il lui avoue finalement. Il voulait traverser cette épreuve à sa façon. Il voulait clore le chapitre seul, car il s’agissait d’Angie et de lui. Et personne d’autre. « Je devais le faire seul. Et je devais le faire. Pour toi. Pour nous, » qu’il achève doucement en lui prenant les mains. Il parvient à planter son regard dans le sien et les mots viennent naturellement encore. « Si je te dis tout ça, c’est parce que je te le dois. La vérité. L’honnêteté. Et parce que je veux que tu saches que… je comprends. Je comprends qu’il est difficile d’oublier le passé. Je comprends qu’il est difficile d’oublier ce qu’on a ressenti pour quelqu’un, surtout quand ça a été aussi fort et puissant. Je ne comprendrais sans doute jamais comment un homme comme lui a pu être aimé d’une femme comme toi – ni d’une femme tout court, » qu’il admet volontiers. Il a le droit. Il est le seul à avoir le droit de le penser très fort. « Cet homme m’a pris beaucoup de choses ce jour-là, Mia. Beaucoup plus que je ne l’imaginais, et beaucoup plus que je ne le laisse paraitre, » qu’il confie encore la voix durement émotive. « Je n’ai pas envie qu’il m’arrache ce qui compte le plus pour moi », qu’il lui dit en la désignant elle sans avoir à le dire à voix haute.
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MessageSujet: Re: « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]   Sam 18 Nov - 19:54

Peu importait ce qu’elle faisait, son mari la hantait constamment. Son souvenir était alimenté par leur mariage, toujours en cours. Cruelles chaînes encerclant ses poignets, Mia ne connaissait pas la solution pour s’en défaire. Elle était naïve. Elle pensait que tout se ferait facilement, qu’il accepterait de voir le mot divorce prendre la place de ce qu’ils avaient été durant des années. Un mari, une femme. Deux cœurs s’aimant passionnément. A la fin, l’amour avait fini par devenir autre chose. Il s’était transformé en une prison dorée que le devoir et l’engagement dissimulaient. Le temps de belles choses n’était plus qu’un souvenir, le passé s’effaçait face à un avenir sombre. Elle ne pouvait pas rester. Elle devait fuir. C’était ça ou mourir. Et il lui avait fallu du temps pour comprendre, pour oser se lever et affronter l’inconnu. Elle avait eu si peur à chaque fois, les questions subsistaient éternellement. Faisait-elle le bon choix ? N’était-elle pas mieux auprès de son mari ? Ne se rendait-elle pas compte qu’elle avait renoncé à tant de choses au profit du vide, du néant et de l’obscurité. Qu’allait-elle découvrir une fois éloignée de Raphaël ? Elle avait été à mille lieux de réaliser ce sur quoi elle tomberait. Sur Derek. Sur Lily. Sur la possibilité d’aimer à nouveau, de croire de nouveau en l’humain, de comprendre que pas tous n’étaient comme Raphaël, qu’il y avait encore des gens biens, des gens capables de l’aimer, des gens pouvant l’élever et la soutenir, acceptant qu’elle soit couverte de cicatrices, qu’elle puisse être parfois instable et légèrement sauvage. Derek avait tout accepté d’elle, il l’aimait comme on aimait un objet cassé, fait d’imperfections mais beau dans ce qu’il demeurait. Et Mia était semblable à cela, trouvant en cet homme le réconfort dont elle pouvait avoir besoin, du moins elle le croyait. S’était-elle trompée ? Avait-elle fait fausse route ? S’était-elle encore une fois fourvoyée ? Elle n’en savait rien, Mia était complètement perdue, prise dans l’incompréhension de ce qu’elle entendait. Que voulait dire Derek ? Elle s’était presque attendue à ce qu’il la réconforte, la prenne dans ses bras et lui confirme qu’il était là pour elle. Mais pas ça. Pourquoi se sentait-elle devenir de glace face à son air chargé d’excuses, face aux mots prononcés où il disait ne pas avoir été complètement honnête avec elle ? La jeune femme sentait son ventre se contracter, devenir dur au point de se sentir nauséeuse, de n’avoir qu’une seule envie : celle de fuir. De partir très loin. La sensation que son monde s’écroulait était si forte. « Derek… » Fut le seul mot qu’elle réussit à prononcer alors qu’il évoquait un vernissage, une femme ressemblant à sa défunte épouse. Et l’incompréhension était encore plus totale. Pourquoi lui disait-il cela ? Quel était le rapport avec Raphaël ? Les yeux s’emplissaient un peu plus de larmes tandis qu’elle dévisageait le visage tant aimé. Finalement, se révèlerait-il être comme les autres ? Mia était plongée dans un doute qu’elle ne comprenait pas. Il n’utilisait pas les bons mots non plus. Etre rassurant et rassurer l’être aimé, Derek s’y prenait difficilement face à l’esprit perdu de la brune. Il évoquait son deuil. Il évoquait Angie et le fait de ne jamais pu lui avoir dit au revoir. Que voulait-il dire par la suite ? La peur la tenaillait. Peut-être qu’il estimait que leur histoire était un trop lourd fardeau, qu’il n’était, sans doute, pas prêt à se remettre avec quelqu’un d’autre. Autant qu’elle-même, se rendait compte qu’elle demeurait la Judith de Raphaël. Encore. Et toujours. Et à jamais.

« Qu’essayes-tu de me dire… » Finit-elle par dire, complètement lasse. Elle avait soudain envie de partir très loin, d’être seule. La sensation de s’être trompée sur toute la ligne la dévorait tel un cancer. A cela, elle culpabilisait aussi. Elle se disait qu’elle n’avait jamais été là pour comprendre à quel point Derek pouvait encore souffrir de la mort de sa femme. Après tout, il avait été là pour Mia, du début jusqu’à maintenant. Et jamais une seule fois, il n’avait parlé de lui. Pas une seule fois. Jusqu’à la fois où il avait amené ce tableau accroché, désormais, dans la chambre de Lily. Ce tableau qui n’avait fait irruption que parce qu’il y avait eu son mari, qu’il avait essayé de détruire leur vie paisible. Qu’à ce jour, il était encore là et que malgré cela, Derek comprenait ce que Mia ressentait. Oui, il comprenait comme il le lui disait en ce moment. Elle resta silencieuse, cependant. Les larmes avaient fini par dévaler ses joues à nouveau. La tristesse s’alliait à la culpabilité. Les démons revenaient au galop. Elle se sentait encore une fois indigne de lui, tout comme elle se sentait si faible face à son mari. Elle avait l’impression de jouer sur deux tableaux, d’attiser l’amour de deux hommes tout en s’apercevant qu’il fallait qu’elle fasse un choix. Face aux yeux de Derek, elle pouvait sentir combien il était bon, combien malgré toutes ces souffrances causées, il tenait à elle. Et qu’il la rassurait. Il n’avait juste pas utilisé les bons mots au tout début, même si elle comprenait ce qu’il expliquait avec ce vernissage. A l’heure actuelle, elle ne pensait même pas à cette question typiquement féminine : comptait-il revoir cette femme ? Pour l’instant, elle se voulait juste rassurante. Autant qu’il le faisait avec elle. « Tu ne me perdras pas Derek… C’est toi que je désire le plus. C’est juste que… C’est difficile…  » Elle baissa les yeux, sentant ses entrailles se tordre à nouveau. « J’ai tellement peur. A vrai dire, j’ai peur tout le temps. Je me dis qu’un jour ou l’autre, tu ne voudras plus d’un tel fardeau tel que moi. J’ai l’impression de n’avoir apporté que le malheur dans ta vie… Regarde-nous… » Elle eut un rire sans joie, osant relever le regard pour observer le paysage au travers des fenêtres. « Nous étions heureux avant que Raphaël ne revienne… On apprenait à se défaire de nos démons. Et maintenant qu’il est revenu, j’ai l’impression que les jours s’écoulent et que nous nous éloignons… » Les yeux dorés vinrent se loger dans ceux de l’homme, air désespéré comprimé par la douleur. « Quelle est la solution Derek… ? Car je ne l’ai pas… Car j’ai l’impression que plus le temps passe et plus, nous devenons si différents. Et pourtant… Je désire tellement être cette personne, celle qui pourra te faire oublier ton passé, qui pourra t’apporter un avenir meilleur. Seulement voilà… J’ai l’impression de n’être que l’unique cause de ton malheur, c’est vrai … Si nos routes ne s’étaient pas croisées, jamais tu n’aurais rencontré Raphaël, jamais tu n’aurais autant souffert par sa faute, par la mienne aussi… Tu serais, à ce jour, bien plus heureux, sans tourments, sans avoir l’impression que ton monde s’écroule alors qu’il devrait être auréolé de lumière. » Les sanglots revinrent à nouveau et elle a ajouta, si frêle et misérable. « A force Derek, je me dis qu’un être aussi sombre que moi ne peut être capable que de t’emmener dans un monde fait de noirceur… J’ai l’impression que je suis pas faite pour rendre heureux qui que ce soit. » Elle n'avait pas su faire pour son mari, comment pourrait-elle le faire pour quelqu'un d'aussi doux que l'infirmier ?


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MessageSujet: Re: « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]   Lun 27 Nov - 17:10


Il avait bien conscience de s’emmêler les pinceaux. Il avait bien conscience de ne pas lui donner les réponses qu’elle attendait. Il avait bien conscience qu’elle ne comprenait pas où il voulait en venir. Il avait bien conscience qu’elle ne comprenait pas pourquoi il lui racontait toute cette vérité, maintenant, alors qu’elle lui parlait d’elle et de ses émotions troublées. Il avait décidé de tout lui révéler, d’être sincère, d’être honnête et de faire table rase de ces dernières semaines, et sans doute avait-il été trop empressé de parler pour être compréhensible et logique. Il voulait qu’elle comprenne qu’il était là. Il voulait qu’elle comprenne qu’il ne partait pas. Il voulait qu’elle comprenne qu’il n’avait pas l’intention de l’abandonner comme certains l’avaient fait dans le passé. Il voulait qu’elle comprenne qu’il l’acceptait, telle qu’elle était. Entièrement. Il voulait qu’elle comprenne à quel point il tenait à elle, il l’aimait et à quel point il appréciait sa vie avec elle. Leur couple avait beau s’être construit sur des mensonges, cela ne changeait rien aux sentiments qu’ils éprouvaient. Leur couple avait beau s’être construit rapidement, sans doute trop rapidement, cela ne changeait rien aux sentiments qu’ils éprouvaient. « Qu’essayes-tu de me dire… » Il ferme les yeux un instant pour reprendre contenance et essayer de mettre de l’ordre dans ses pensées. Mais avant qu’il ne puisse s’expliquer, elle enchaîne. « Tu ne me perdras pas Derek… C’est toi que je désire le plus. C’est juste que… C’est difficile… » Et si quelques jours auparavant, il n’aurait pas compris ce qu’elle voulait dire et pourquoi c’était si difficile, aujourd’hui il le saisissait pleinement. « J’ai tellement peur. A vrai dire, j’ai peur tout le temps. Je me dis qu’un jour ou l’autre, tu ne voudras plus d’un tel fardeau tel que moi. J’ai l’impression de n’avoir apporté que le malheur dans ta vie… Regarde-nous… » Et sa détresse lui fend le cœur. Et sa peur lui fend le cœur. Et ses doutes lui fendent le cœur. Et son désarroi lui fend le cœur. La voir se flageller ainsi lui fend le cœur. Comment peut-elle imaginer une seule seconde qu’elle ne lui a apportée que du malheur ? Comment peut-elle imaginer une seconde qu’elle puisse être un fardeau pour lui ? « Nous étions heureux avant que Raphaël ne revienne… On apprenait à se défaire de nos démons. Et maintenant qu’il est revenu, j’ai l’impression que les jours s’écoulent et que nous nous éloignons… » Elle avait raison de ressentir ce trou béant, raison de ressentir ce fossé. Il n’avait rien fait pour l’empêcher de ne pas ressentir ça. Il n’avait pas été à la hauteur de sa tâche, il l’avait délaissée et elle éprouvait à juste titre les conséquences de ces actions. « Quelle est la solution Derek… ? Car je ne l’ai pas… Car j’ai l’impression que plus le temps passe et plus, nous devenons si différents. Et pourtant… Je désire tellement être cette personne, celle qui pourra te faire oublier ton passé, qui pourra t’apporter un avenir meilleur. Seulement voilà… J’ai l’impression de n’être que l’unique cause de ton malheur, c’est vrai … » Il s’en voulait tellement de l’avoir poussée à trop penser, à trop se poser de questions, à trop douter, à trop s’auto-flageller. Si elle en était là aujourd’hui, à éprouver des remords, des regrets et des doutes, c’était entièrement sa faute. Il ne pouvait même pas renvoyer la faute sur son ex-mari – non, ce qu’il reprochait à Raphaël Grimes resterait les deux balles qui lui avaient perforé le corps. Non, les paroles de Mia et ses émotions négatives, il les devait à lui tout seul. « A force Derek, je me dis qu’un être aussi sombre que moi ne peut être capable que de t’emmener dans un monde fait de noirceur… J’ai l’impression que je suis pas faite pour rendre heureux qui que ce soit. » Elle a tellement tort, et il compte bien le lui faire comprendre. Il compte bien se racheter, sa vie entière s’il le faut. Il compte bien lui prouver le contraire. Peu importe qu’il soit en plein travail et que ce soit son dernier jour, il prend le temps pour elle, pour eux. Peu importe qu’il ait des patients à voir, il prend le temps, pour elle, pour eux. Il serre ses mains dans les siennes et la force à le regarder dans les yeux. « J’ai toujours été considéré comme un homme bon, juste et honnête. Quelqu’un de bien, » qu’il commence par dire avec un sourire désabusé. « Pourtant, ces dernières semaines j’ai été le roi des idiots, même le roi des connards, si j’ose dire. Oui, je peux sortir des mots vulgaires… j’ai mes moments, » qu’il rit légèrement pour atténuer la tension et le malaise de la femme qu’il aime. « Je me suis renfermé dans ma bulle et je n’ai pensé qu’à mes problèmes, sans penser aux tiens. Sans penser que ça pouvait te faire du mal. Je t’avais promis que jamais tu n’aurais à craindre de me perdre, que jamais je ne te tournerai le dos ou ne t’abandonnerai, et j’ai failli à ma promesse en agissant comme je l’ai fait. Pour ça, je te demande pardon. Sincèrement, » qu’il accentue en ne la quittant pas des yeux pour qu’elle sache à quel point il était sincère. « Je ne peux pas te dire que je comprends tes sentiments pour Raphaël, mais je comprends que ton passé te retienne et soit encore trop présent pour toi, pour que tu lâches prise, sans crainte et sans doute. Ce qui m’est arrivé Mia, ce n’est pas ta faute. C’est uniquement la sienne. Tu n’es pas responsable de ce qu’il est devenu, et tu n’es pas responsable de ses actions – c’est lui qui a appuyé sur la gâchette, pas toi », il tenait à ce qu’elle comprenne qu’elle ne pouvait pas se sentir responsable, qu’elle n’était pas la cause des choix pris par cet homme. Que cet homme était devenu celui qu’il était par ses simples choix, ses simples actions. Pas à cause d’elle, mais malgré elle. « Te rencontrer est la meilleure chose qui me soit arrivé, Mia, » qu’il lui dit simplement d’une voix brisée par l’émotion. « Avant toi, j’étais un robot. Présent pour Lily, mais qu’à moitié. Elle te le dirait si elle était là. Je n’étais plus moi-même, je n’étais plus… complètement là, complètement vivant. Je croyais l’être, je croyais être un roc pour ma fille… mais quand tu es arrivée, j’ai réalisé à quel point j’étais brisé, à quel point j’étais… vide, » il ne saurait l’expliquer autrement. « C’est sans doute cliché, et c’est sans doute idiot de dire ça, mais je n’ai pas honte de dire que tu m’as ramené à la vie. Lily me l’a fait remarquer il y a quelques jours… » qu’il avoue à la jeune femme, le sourire aux lèvres. Sa fille pouvait être perspicace et observatrice, parfois bien plus que lui et c’était souvent flippant. « Je veux que tu saches que, peu importe le temps dont tu as besoin, je suis là. Je veux que tu saches que je ne te laisserais pas. Je ne t’abandonnerais pas. Je serais là à chaque étape. A chaque fois que tu te sentiras mal, à chaque fois que tu te sentiras paniquée, à chaque fois que tu craindras de sombrer ou de tomber. Je serais là, » qu’il lui assure en la prenant dans ses bras. « Si tu me laisses une chance de te prouver que toi et moi, c’est possible, c’est réel et c’est pour toujours… je ne laisserai plus jamais rien ni personne te faire croire le contraire, » qu’il lui promet et qu’il compte bien tenir cette promesse. Elle avait eu le courage de tout quitter pour une nouvelle vie, de tout quitter pour s’en sortir. Il aurait le courage et la force de l’épauler dans ce long chemin qu’était la guérison de l’âme, l’aider à retrouver confiance en elle et en l’être humain en général. Car si elle était en bonne voie, l’ombre de Raphaël et de leur passé planait encore sur elle comme une marque indélébile. Peut-être ne partirait-elle jamais, comme Angie et son passé ne partiraient jamais de lui, mais il pouvait faire en sorte qu’ils ne lui gâchent plus la vie et ne l’empêchent plus d’être tout simplement heureuse.


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MessageSujet: Re: « Ce vagabond, ce disparu, voilà qu’il m’était revenu » [Derek]   Sam 9 Déc - 21:38

Mia était un être détruit par les aléas de la vie. Elle s’était fissurée au gré du temps et des années sans parvenir à se reconstruire durant un temps bien long, le temps où elle était encore mariée, qu’il lui était difficile d’admettre que l’échec n’était pas forcément d’admettre qu’elle s’était trompée, mais bien d’agir seule, d’être égoïste. Partir avait été la meilleure des solutions. La seule possibilité de rester en vie. Il aurait fini par la tuer. C’était cette vérité irréfutable, sinistre, terrible. Et affreuse. Mia avait eu besoin de comprendre ça. Elle avait eu besoin de se prendre une gifle suffisamment forte pour comprendre qu’il fallait changer, que le meilleur restait à venir. Et pourtant, elle avait l’impression de n’avoir rien compris, que l’enseignement pris de ses erreurs n’avait servi à rien, qu’à ce jour encore, elle était l’ignorante, la petite fille essayant de comprendre là où tout avait merdé. Et face à Derek, elle se repliait, croyant encore que le schéma infernal se renouvelait, qu’une fois encore, elle avait tout faux.  Elle était convaincue de ne créer que le chaos et le malheur autour d’elle et ça, c’était si triste. Elle se sentait alors si petite, si frêle, si fragile. Le poids de ses épaules – autrefois libéré par la présence de Derek dans sa vie – semblait être revenu au grand galop et finalement, que lui restait-il pour comprendre qu’elle ne pouvait rester ainsi. Que lui restait-il pour admettre qu’elle était en train de le rendre malheureux, qu’en l’étouffant de sa présence, elle l’emmenait dans une spirale de désillusions et de malheur. Mia se croyait être un chat noir, porteur de gages de sombres desseins. Finalement, était-ce Judith le problème ? Sans doute que non. C’était elle-même, c’était tout ce qu’elle était censée être, censée donner et recevoir en retour. Elle se dénigrait si facilement, ayant si peu de confiance en elle. Le doute subsistait au point qu’elle n’arrivait même plus à comprendre les mots de Derek. Là où il y avait de l’espoir, elle croyait entendre le contraire. Là où il était aimant, elle croyait y voir le rejet, la désillusion cruelle. Ainsi, elle avait raison..

Et pourtant, il n’en était rien et chaque mot prononcé lui permit de réaliser combien elle se trompait, combien elle avait tout faux à son sujet, combien elle avait si peu réalisé l’ampleur des sentiments de l’homme envers elle. A un point immense, à la hauteur de siens. Son cœur battait la chamade, les yeux sombres luisaient de ces larmes qu’elle laissait couler sans retenue. Et pour la première fois, Mia se sentait être autre chose qu’une moins que rien, son regard ne quittait pas celui de Derek, tellement sincère et avouant tout ce qu’elle avait su lui donner, tout ce qu’elle avait su lui redonner. Comme la foi en la vie même, à être présente pour lui et pour Lily. Pourtant, elle n’avait jamais cherché cela. Mia avait agi avec le cœur, parce qu’elle les aimait, tous les deux. Parce qu’elle se sentait si bien en leur présence, qu’à chaque fois qu’elle s’était donnée à fond pour eux, ce n’était pas pour chercher une quelconque gratitude mais bien parce qu’ils la maintenaient en vie, parce qu’elle était heureuse au milieu de ces deux êtres frappés par le malheur. Et Derek le lui faisait comprendre alors qu’elle demeurait silencieuse, qu’il témoignait de cette gratitude d’avoir été là pour lui et sa fille. Cette fois-ci, c’était à son tour de compter sur cette famille. Elle n’était pas seule. Elle avait une épaule sur laquelle s’appuyer, et pour sentir mieux et entourée. « J’ai été si … Stupide… » Finit-elle par bredouiller en secouant la tête alors qu’elle se trouvait dans ses bras entourée par une douce chaleur, comme libérée par un poids ayant été trop immense. « A chaque fois, je doute de tout. C’est comme si j’avais cette peur de me retrouver seule, de croire que tu vas me laisser tomber. C’est ancré en moi et je n’arrive pas à m’en défaire. J’ai peur… J’ai si peur de tout Derek. Mais surtout… » Elle enfouit sa tête dans son torse, se laissant aller au chagrin mais aussi au soulagement. « J’ai peur de te perdre. Et seul le temps m’aidera à outrepasser ça. » Et puis, il était là quoi qu’il arrive. Il comprenait même s’il le lui avait déjà dit. Cependant, les choses ne se comprenaient pas si facilement, ne s’adaptaient pas en un claquement de doigt. Il fallait du temps. Et ça, Derek était tout aussi disposé à lui donner. Il l’aimait pour ça, parce qu’il serait là pour elle. Quoi qu’il arrive. « Je te promets d’être forte pour toi… » Finit-elle par dire dégageant sa tête pour l’observer de cet air malheureux, seule la lueur, brillant dans ses prunelles sombres, semblait changer. « On sera fort. Et je finirais par obtenir le divorce. Je le souhaite de tout mon cœur. Car c’est évident que c’est toi que je désire. Même si la cicatrice est encore là, que le souvenir subsiste malgré tout, je sais que mon avenir… C’est avec toi. Il ne peut en être autrement.  » Le temps était un atout précieux. Comme elle avait su lui laisser le temps pour faire le deuil, pour prendre conscience de ce qu’elle apportait, il en ferait de même.
Il le lui avait promis. « Je t’aime tellement. » Finit-elle par dire en se jetant à son cou, déposant ses lèvres avec fougue, ses joues s’entrechoquant sur les siennes, dans un frôlement maladroit mais si empli de passion et d’amour. La route leur serait longue mais elle savait qu’elle pouvait avoir confiance en lui.-

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