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 « There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. » Anne-Evangeline ♥

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Elinor Goldstein
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MessageSujet: « There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. » Anne-Evangeline ♥   Mer 4 Oct - 22:00

Le cœur serré, elle n’osait franchir le seuil de sa propre maison. Enfin… Cette maison, elle ne s’y était jamais vraiment sentie chez elle. Trop grande. Trop impersonnelle. Trop froide. Et désespéramment vide. Elinor crevait de peur de mourir seule, et pourtant, elle s’emmurait obstinément dans une solitude atroce. Aujourd’hui, elle se retrouvait là. A appréhender de rentrer chez elle. Y trouverait-elle David ? Comment l’accueillerait-il ? Mais ce n’était pas encore ce qu’elle craignait le plus. Ce n’était pas ce qui lui faisait le plus de mal. Son âme n’était pas déchirée par son retour, elle était déchirée par son départ. Plusieurs jours qu’elle vivait à l’abri chez Alaric. Plusieurs jours qu’elle avait cette sensation de revivre, de renaître. Plusieurs jours qu’elle en oubliait presque qu’elle était malheureuse, que la vie était injuste, qu’elle était malade et qu’elle allait bientôt mourir. Des jours précieux qui avaient pris cruellement fin. En son for intérieur, elle voulait envoyer au diable sa morale pour courir à nouveau auprès du mécanicien. Peu importe quel chaos était sa vie. Peu importe que cette dernière ne serait plus très longue. Mais sa raison dominait envers et contre tout. Mettre ses sentiments de côté, elle commençait à avoir l’habitude. Tout comme de fuir. Elle était partie de la maison d’Alaric sans qu’il ne le sache, laissant tout juste un mot pour le remercier de tout ce qu’il avait pu faire pour elle. Jamais elle ne pourrait lui rendre tous les services qu’il avait pu lui rendre. Jamais elle n’aurait sûrement le temps de lui prouver l’ampleur de sa gratitude. Mais à sa façon, elle tentait de l’aider en s’en allant. Bien que conserver le silence avait été une épreuve terrible, elle avait tenu bon et elle avait épargné à Alaric la terrible vérité. Celle qu’elle était mourante et que la mort était son unique issue. Comment aurait-il pu réagir en le sachant ? Aurait-il fini par posséder le même discours que Pyair ou David ? Aurait-il fini par dire qu’il regrettait de l’avoir connue ? Aurait-il un jour reproché à Elinor de l’avoir emporté avec elle dans la mort ? Tous les mots qu’on lui avait servi ce dernier mot la frappaient comme des lames en plein cœur. Elle ne méritait pas qu’on mène le combat pour elle. Et qu’en serait-il alors qu’Alaric souffrait déjà de l’état de son père ? Dan devait mourir. Pourrait-il simplement supporter la mort d’une autre personne ? Elle n’avait pas assez de prétention pour croire qu’elle détenait une place spéciale dans le cœur de Ric malgré tout ce qu’il avait pu faire pour elle, mais elle ne pouvait pas lui infliger une telle souffrance. Ce n’était pas juste. Pas pour une fille qu’il avait accidentellement rencontré sur le bord de la route. Pas pour un croisement hasardeux de leur chemin. Ainsi, elle parvenait à se convaincre que c’était encore la meilleure solution. Dan avait raison. Elle ne devait pas faire partie de sa vie, si elle savait qu’elle la quitterait si tôt. Il pourrait lui en vouloir, la haïr un temps de s’être enfuie de la sorte, mais elle préférait encore cela à un deuil.

Elle franchit le seuil de la maison, le cœur aussi lourd que le sac qu’elle portait. Le silence et le vide l’accueillit dans un vacarme assourdissant. Elle monta à l’étage pour déposer ses affaires. Tout remettre en place comme si elle n’avait pas quitté une seule seconde le domicile conjugal. Comme si elle ne s’était jamais disputée avec David, qu’il ne l’avait pas frappée, qu’elle ne s’était pas enfuie, qu’elle n’avait pas eu cet accident et qu’elle ne s’était pas réfugiée chez Alaric durant plus d’une semaine. Une fois que tout fut en ordre, elle observa son reflet dans la glace. Les stigmates de sa précédente agression et de son accident ne se voyaient presque plus. Tout jute un mauvais souvenir. Lentement, elle tira un petit objet de sa poche. Sa bague de fiançailles. Elle l’étudia sous toutes les coutures, n’y voyant pas un bijou fabuleux, mais la représentation même de sa fin. Elle brillait d’un éclat fatal au creux de sa main. Elle la replaça à son annulaire gauche. « Tu es enfin rentrée ? » La voix de David provenait de l’entrée de la chambre. Étonnement, elle n’y décela aucune colère, aucun reproche, aucune amertume. Il paraissait presque soulagé, et elle y aurait cru si elle ne le connaissait pas aussi bien. « Où étais-tu ? » - « Chez une amie. » Il haussa un sourcil. S’il ne posait aucune question, Elinor pouvait clairement lire dans ses pensées. Il doutait du fait qu’elle puisse avoir le moindre ami. Dans le fond, il n’avait presque pas tort. Elle n’avait pas grand monde. « Je dois y aller. Je vois une amie. » Pour cette fois, elle ne mentait pas. Malgré le tumulte de sa vie, elle n’oubliait pas son rendez-vous avec Anne. Plus que jamais, elle sentait qu’elle en avait besoin. Ce petit bout de femme parvenait toujours à lui redonner le sourire et l’espoir. David se plaça entre elle et la sortit. « Pour la dernière fois… » - « Je sais. N’en parlons plus. » répondit-elle bien froidement. David semblait étrangement penaud. « Et le mariage ? » Elinor conserva le silence, évaluant le pour et le contre. Néanmoins, il n’y avait plus grand-chose à réfléchir. On prend des décisions concernant l’avenir. Pour se créer un futur prometteur. Le sien n’avait que la promesse de la mort. « Il aura lieu si ça t’amuse. » Elle le contourna et il ne chercha plus à la retenir. Il avait sûrement obtenu tout ce qu’il désirait pour l’instant.

***

Pour attendre la jolie blonde, Elinor s’était assise face à la mer, contemplant l’horizon comme un prisonnier regarderait le ciel par la fenêtre de sa cellule. Le vent léger s’engouffrait dans ses cheveux et gonflait ses boucles brunes et chaudes. Elle savait qu’elle était arrivée en avance, ne souhaitant pas s’attarder plus longtemps en présence de son fiancé. Finalement, son amie la rejoignit et un tendre sourire se dessina sur ses lèvres. « Bonjour Anne, ça me fait tellement plaisir de te voir. » Et cela faisait longtemps. La dernière fois remontait au moment où elle lui était venue en aide lors de sa journée galère. Beaucoup de choses avaient changé. L’éventualité de sa mort avait pris un tournant concret. Et elle s’était fiancée. Rien qui n’avait le moindre sens en définitive. « Comment vas-tu ? J’espère que la bonne chance t’a souri depuis. » Le regard de la comédienne tomba sur ce qu’elle portait autour du cou. « Tu as amené ton appareil photo ? »
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Anne-Evangeline Baker
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MessageSujet: Re: « There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. » Anne-Evangeline ♥   Dim 8 Oct - 17:15






Elinor Goldstein - Anne-Evangeline Baker
“ There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. ”

La vie pouvait être à la fois injuste et cruelle... Vraiment. Oui, de base, la vie était belle. Anne était la première à s’en extasier, à croquer la vie à pleines dents, à rire de n’importe quelle connerie... et elle était aussi la première à faire la conne... Mais parfois, elle pouvait face à cette cruauté qui était déchirante. Côtoyant les enfants malades à l’hôpital, Anne s’attachait à ces petits êtres. Malheureusement, tout le monde connaissait plus ou moins l’issue de certaines maladies : la mort. Ce fut le cas pour la petite Clara ces derniers temps. La blondinette ne pensait pas que ça puisse l’affecter ainsi. Pourtant, ce n’était pas sa fille, ni sa sœur... mais comment ne pas être insensible à ces choses-là ? C’était une enfant. Anne pouvait se réconforter en se disant qu’elle était mieux là où elle était. Elle ne souffrait plus... et puis de son vivant, elle avait bien vécu, avait souri, avait ri à ses côtés. C’était ce qu’il fallait retenir... En tout cas, ces enfants qui combattaient la maladie étaient une vraie leçon de vie. Cela donnait à Anne l'envie de continuer à vivre et d’en profiter au maximum. On ne dirait pas comme ça mais la vie était si courte. Les journées ne se contrôlaient pas, défilaient les unes après les autres comme les grains de sable dans le sablier. Personne avait la main dessus, sinon ça serait bien trop facile si les Hommes pouvaient contrôler le temps. La seule chose dont Anne pouvait faire était de le capturer ce temps à travers sa photographie. Il fallait bien croire que c’était une passion qui ne la quitterait jamais... et c’était bien plus que ça puisqu’elle rêverait en faire son métier.

Depuis le temps, Anne eut des nouvelles d’Elinor. Oh, évidemment, elle ne l’avait pas oublié. Cela faisait un moment qu’elles ne s’étaient pas revues. Après tout, chacune avait une vie bien remplie. Ce n’étaient pas les occupations qui manquaient. Il n’empêche que ça lui faisait plaisir de revoir Elinor, que celle-ci apprécie sa compagnie... et ce sentiment était bien réciproque. Anne avait fortement bien apprécié le service que son amie lui avait donné lorsqu’elle était tombée en panne de voiture. Pour sûr, cette panne avait été problématique pour aller au centre de Downtown, et Elinor n’avait pas été obligée de jouer les WonderWoman.

Se donnant rendez-vous alors, elles allaient se retrouver à Beach &  Pier sur Venice Beach. Anne espérait ne pas trop faire sa blonde et se perdre. Oh, il ne devrait pas y avoir de soucis, n’est-ce pas ? Arrivant sur les lieux, la photographe finit par trouver son amie assise, regardant l’horizon. Un léger vent soufflait dans ses cheveux. C’était parfait pour faire des photos. Evidement, c’était si elle acceptait de se faire photographier. En approchant d’elle, elle finit par manifester sa présence :

- Salut Elinor !

Le sourire à ses lèvres ne la quittait pas. Cela lui fit plaisir de la revoir également. De ce fait, Anne s’assit à côté d’elle, passa son bras autour de son cou et lui fit une bise pour la saluer. Elle n’avait pas froid aux yeux, non... Il n’y avait pas plus tactile qu’elle et elle l’était avec les gens qu’elle appréciait.

- Ca va très bien. On peut dire que la chance me sourit parce que je continue à vivre. positivait Anne.

Très philosophique, n’est-ce pas ? Même si elle n’était pas encore au bout de ses projets... mais elle ne désespère pas. Ce qui pouvait lui manquer pour ouvrir une boutique où elle serait indépendante, c’était l’argent... Et l’idée de se mettre en colocation pouvait régler ce petit souci. En partie, du moins. C’était une idée parmi tant d’autres pour faire des économies.

- Et toi comment vas-tu ?

Et ce, c’était avant qu’Elinor ne remarque son appareil photo...

- Et comme tu vois, j’ai apporté mon appareil. Je ne peux aller nulle part sans... Surtout quand on va sur une plage. Ce ne sont pas les paysages qui manquent. En tant que photographe, je ne peux pas louper ça... Alors je fais une pierre deux coups en venant ici. Peut-être, devrais-je t’utiliser comme modèle un jour ? lâcha-t-elle.

Même si c’était dit sous la plaisanterie, elle tâta le terrain. Cela faisait toujours plaisir à la belle Anne-Evangeline de photographier les gens. Les utiliser comme modèles, quand ils acceptaient, les aidait parfois à prendre confiance en eux.

- Viens, on marche ! invita-t-elle à se lever.

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Elinor Goldstein
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MessageSujet: Re: « There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. » Anne-Evangeline ♥   Jeu 12 Oct - 18:13

Le cœur d’Elinor était un champ de ruines. Plus elle tentait de s’en sortir, plus elle s’enfonçait dans une spirale infernale. Elle ne parvenait à démêler le chaos de son existence, le tiraillement des sentiments qui se livraient bataille dans son âme. Elle ne savait plus à quoi se raccrocher. Elle ne savait plus qui croire. A ses yeux, Pyair avait toujours été l’homme dont elle avait été véritablement amoureuse. C’était au nom de cet amour qu’elle l’avait quitté afin de lui épargner le calvaire de sa maladie. En se mettant avec David, elle savait qu’elle ne pourrait pas aimer de nouveau. Elle n’en avait pas le désir. Pas l’espoir. Au départ, elle avait éprouvé des sentiments pour l’homme, mais le temps avait épuisé ce semblant d’amour. Avec le recul, la comédienne réalisait que David l’avait plus sincèrement aimée qu’elle n’avait pu l’aimer en retour. Cet amour unilatéral avait détruit progressivement son affection. Aujourd’hui, il se vengeait d’avoir été pris pour un tel idiot, de n’avoir été que l’instrument des peurs d’Elinor, et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle avait choisi David car il avait une personnalité réconfortante et par angoisse de se retrouver seule. Puis elle le savait suffisamment ambitieux pour faire passer sa carrière avant sa femme, et suffisamment fort pour ne pas s’effondrer à la mort d’Elinor. Ce choix n’était pas juste, mais il était le plus sécurisant. Deux hommes dans sa vie. Deux hommes qu’elle avait détruits. Elle ne se sentait plus capable de ressentir quoi que ce soit, ni même le courage de pouvoir éprouver un quelconque sentiment. Et pourtant, Alaric avait débarqué dans sa vie. Rien ne l’avait préparée à cette rencontre, à ce trouble qui l’habitait à chaque fois qu’elle se tenait loin de lui, à la contradiction de ses sentiments. Elle voulait le fuir autant qu’être lovée dans ses bras. Elle voulait autant disparaître de sa vie que se réveiller tous les jours à ses côtés. Elle culpabilisait de ressentir cela pour un autre, de s’autoriser des sentiments qui ne pourraient jamais aboutir. Leur histoire ne les mènerait à rien, hormis à faire encore plus de mal à Alaric. Dan le lui avait bien expliqué. A quoi le soumettre à une souffrance de plus s’il devait déjà subir la mort de son père ? Quel but d’entrer dans la vie d’Alaric si c’était pour en sortir si vite ? Tout ceci était bien injuste, mais en partant ce matin, elle avait sûrement pris la meilleure décision pour le mécanicien.

Face à l’océan, les visages des trois hommes se superposaient dans son esprit, créant des sentiments confus. Un immense chagrin en visualisant Pyair. Une profonde amertume en imaginant David. Et un déchirement atroce en voyant Alaric. Il lui manquait déjà. L’arrivée d’Anne adoucit sa douleur. Un sourire se dessina sur ses lèvres en voyant approcher la silhouette de la jeune femme. Lors de leur dernière rencontre, Elinor avait envahi l’esprit de la blonde de questions. Elle s’était présentée, le corps parcouru de blessures, demandant des vêtements sans fournir la moindre explication. Elinor s’en était voulu, mais en en disant le moins à Anne, elle espérait la protéger de son fiancé qui se serait sûrement lancé à sa poursuite. Aujourd’hui, elle pouvait la revoir sans crainte. Elle apprécia la tendresse dont la blonde fit preuve pour la saluer. Son positivisme, sa bonne humeur lui réchauffèrent le cœur. Elle se rendait compte combien elle en avait besoin en l’entendant parler. Justement, puisqu’elle vivait encore, à quoi bon détruire un peu plus son existence ? Sauf qu’elle ne pouvait pas se résoudre à être égoïste. « Je ne sais pas trop… la vie est un peu étrange en ce moment. » lui dit-elle dans un sourire triste. Elle ne pouvait pas se résoudre à lui mentir. Pas à elle qui connaissait un peu l’histoire de la brune. Du moins, son secret sur sa maladie. Elinor remarqua l’appareil photo au cou d’Anne. Elle lui connaissait cette passion qu’elle possédait comme un talent. La jeune femme aimait la sensibilité qui ressortait de ses clichés. La justesse dans les émotions, tout en conservant une certaine pudeur. Elinor fut surprise qu’elle ne lui propose d’être son modèle. Ses blessures étaient moins visibles que la semaine passée, mais elle trouvait sa mine affreuse. Toujours plus pâle et fatiguée. « Je ne suis pas certaine que je serai ton meilleur modèle, tu sais. » Ce n’était pas histoire de faire de la fausse modestie. Elinor n’aimait pas ces manières-là. Néanmoins, elle ne voyait pas l’intérêt d’être son modèle avec une telle mine. Elle se redressa à l’invitation d’Anne, commençant à faire quelques pas sur le sable avec elle. Le ressac des vagues combla le silence durant plusieurs minutes, jusqu’à ce que la brune prenne la parole. « Je voulais te remercier pour la dernière fois. Ce que tu as fait m’a vraiment été d’une grande d’aide. Je ne savais pas trop vers qui me tourner. » dit-elle en faisant référence à sa visite d’il y a quelques jours. « Tes vêtements sont dans mon coffre. Ils sont propres et pliés. Tu n’auras plus qu’à les mettre dans ton armoire. » Elle lui offrit un sourire reconnaissant. « Vraiment, je ne sais pas comment te remercier pour ce que tu as fait pour moi. Je suis désolée de m’être imposée de la sorte. » Sans lui donner la moindre explication. D’ordinaire, elle n’agissait pas ainsi, mais comment lui expliquer de quoi il en retournait vraiment ?
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Anne-Evangeline Baker
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MessageSujet: Re: « There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. » Anne-Evangeline ♥   Lun 16 Oct - 17:12






Elinor Goldstein - Anne-Evangeline Baker
“ There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. ”

Etrange. C’était un très bon mot... et si joliment bien exprimé quand il était associé à la « vie ». La vie pouvait paraître si longue mais était à la fois si courte. Il y avait tellement de choses à vivre, il y avait tellement de joie mais également de la peine. Parfois, on se cherchait, en plus de chercher un sens à la vie. Pourquoi c’était comme ça ? Pourquoi c’était comme ci ? Personne ne pouvait répondre à la question. Seule la réponse « c’est la vie ! » viendrait sur le bout des lèvres. « C’est comme ça et un point, c’est tout ! ».

En ce qui concernait la vie de sa nouvelle amie Elinor, Anne-Evangeline ignorait beaucoup de choses... alors qu’à la fois, elle ignorait qu’elle en savait beaucoup plus que la moyenne. Sa maladie n’était pas un secret pour elle mais la blondinette ne cherchait pas à faire sa curieuse à ce sujet. Pourtant, Dieu savait à quel point la curiosité était un fort trait par chez elle mais elle savait se tenir en fonction de certaines situations. Peut-être, dans le  cas contraire, n’aurait-elle pas eu la confiance d’Elinor envers sa personne ces derniers temps ? Anne-Evangeline ne l’avait pas jugé, ni regardé avec peine, et cela, inconsciemment, jouait énormément l’air de rien. Sacrebleu qu’Anne se posait des questions en ce moment même. Elinor était un mystère et quelque part, au fond de la blonde, celle-ci craignait que son amie ait de graves problèmes, encore pire que sa maladie. C’était loufoque, n’est-ce pas ?

- T’ai-je déjà dit que j’étais magicienne dans une autre vie ? fit Anne, malicieuse.

Avec un simple bouton, Anne faisait de la magie... Oh. Ne vous en faites pas. Elle n’était pas aussi folle pour forcer quoique ce soit. Si la personne n’en avait pas envie, elle n’était pas au point débile pour prendre un cliché contre son gré. En fait, tout dépendait de la personne avec qui elle trainait. Sa meilleure amie, Victoire, par exemple, Anne ne se serait pas gênée à la prendre pour la faire chier.

- Je ne forcerai jamais. Si ce n’est pas aujourd’hui, ça sera... quand tu seras resplendissante sur scène.

Là, Elinor ne pourrait pas lui dire « non ». Sur ce, la blondinette l’invita alors à marcher sur la plage. Cela leur ferait du bien de prendre un bon bol d’air frais en admirant le paysage. A la vue de celle-ci, Anne y perdit ses pensées jusqu’à ce que son amie l’y sorte en la remerciant pour le service rendu, tout en restant évasive. Encore un peu, Elinor devait se justifier à la minute, à tout prix... Bon, c’était vrai que cette histoire était un peu chelou et intrigante. La blonde était dans le noir le plus total. Devait-elle s’inquiéter ? Que s’était-il passé ? Etait-elle une femme battue, en plus ? Peut-être qu’Anne devrait réagir et appeler la Police ? Est-ce qu’elle devait aller voir la Police quand son intuition était basée seulement sur des suspicions ? En fait, elle n’en savait strictement rien. Elle n’avait aucune preuve, ni aucune explication à tout ça. Si ça se trouvait, c'était un accident de ... elle ne savait quoi! Il y avait mille et un scénarios et Elinor semblait aller très bien là, mais qui savait si c’était tout autre chose ? Si « autre chose » – le pire qu’elle était en train de penser – s’était réellement passé et que pour le coup, Anne n’avait rien pu faire... ? Oh, rien que de penser au décès d’Elinor lui retournait l’estomac. C’était vraiment une position très désagréable.

- Je t’en prie... lui fit-elle seulement avec un sourire timide. Tu aurais sans doute fait la même chose pour moi. Je n’en sais rien... enfin je suppose que oui, comme tu as pu me rendre service en m’emmenant au bar. Je n’ai pas oublié... et je t’avoue que je suis plutôt ravie que tu te sois tournée vers moi.

Non seulement, la blonde n’avait pas oublié son service mais oui, elle avait été plutôt flattée qu’Elinor pense à elle pour qu’elle puisse la secourir même si elle restait totalement dans le flou.

- En fait, rien ne me regarde mais j’espère seulement que tu ne t’es pas fourrée dans une sale histoire ! avouait-elle, démontrant une once d’inquiétude.

Vraiment. Anne-Evangeline ignorait quoi penser, sérieusement. Comment Elinor pouvait la remercier ?

- Tu pourrais m’offrir un café un jour... Pour commencer ! lâcha-t-elle spontanément car c’était la première chose idiote à laquelle elle pensa. Ta visite a été inattendue mais je préfère ça plutôt que tu te retrouves toute seule ... ou que sais-je !

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MessageSujet: Re: « There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. » Anne-Evangeline ♥   Lun 6 Nov - 11:49

Le cœur de la brune était sans dessus-dessous. Où qu’elle se tourne, elle ne trouvait guère d’apaisement. Et à mesure que l’échéance approchait, elle se sentait comme emprisonnée dans une cage dont les barreaux se refermaient autour d’elle. Bientôt, elle étoufferait, mais déjà, elle suffoquait de cette vie qui ne lui apportait plus aucune once de bonheur. Tous ses instants de tendresse qui lui étaient dérobés égoïstement. Dès lors qu’il lui semblait entrevoir un rayon de lumière, il s’échappait dans les ténèbres… Mais dans son obscurité, Elinor se demandait parfois si ce n’était pas elle qui se vouait elle-même aux abysses. Si ce n’était pas elle, au fond, qui refusait cette lumière rare qui venait doucement la caresser ? En se trouvant avec Anne, elle éprouvait un semblant de plénitude auquel elle n’osait guère s’abandonner, de peur qu’il ne lui soit sitôt dérobé. Au contraire, elle éprouvait une réserve à ressentir quoi que ce soit d’éventuellement positif. Elle ne pouvait cependant dissimuler sa joie de se trouver avec elle. Son esprit était tant dans la tourmente que le sourire de la blonde lui apparaissait comme un port auquel s’attacher pour ne pas faire naufrage. Elle n’en éprouvait pas moins une gêne suite au comportement qu’elle avait eu vis-à-vis de la jeune femme. Elle ne lui avait pas fourni la moindre explication, lui demandant une aide qu’elle avait reçu. Aujourd’hui, elle devrait sûrement répondre de ce qu’elle avait fait. Pas qu’Anne-Evangeline était une terrible tortionnaire qui réclamait des réponses, mais bien parce qu’elle lisait de l’inquiétude dans son regard. Le reste de ses blessures n’avaient pas encore cicatrisé… des restes de sa lutte avec David et de son accident de voiture. Cela exigeait très probablement des explications. De plus, la blonde était l’une des rares personnes à en savoir plus que n’importe qui d’autre sur elle. Elle était au courant de sa maladie. Cela démêlait déjà beaucoup de mystères concernant son comportement…

« Si je comprends bien, je ne t’échapperai jamais. » dit-elle dans un rire quand Anne affirma que si elle ne la prenait pas en photo aujourd’hui, ce serait lors de sa première. Cette remarque se révélait plutôt flatteuse. Ce qu’Elinor n’osait se dire, c’était qu’elle ne serait sûrement pas en état d’assurer sa première sur scène. Son état se détériorait grandement. C’était alarmant… Elle en vint à s’excuser de son comportement et remerciait surtout la jeune femme pour son dévouement. Elle n’avait pas rechigné une seule seconde à lui apporter son aide. C’était quelque chose de précieux pour Elinor. La preuve d’un lien qui était bien plus puissant que ce qu’elle s’accordait depuis quelques années. Cela aurait dû l’effrayait, mais cette idée apaisait son cœur meurtri. Anne se montra très humble dans sa réaction, faisant sourire la brune. De même que cela prouvait effectivement que la blonde méritait sa confiance. Elle ne s’était pas posé la question une seule seconde en se demandant si elle accepterait de l’aider. Elle savait qu’elle le ferait quoi qu’il advienne. D’un optimisme débordant, Anne déstabilisa légèrement Elinor. Elle l’écouta sans mot dire, mais face à l’inquiétude grandissante de son amie, elle détourna le regard. Bien entendu qu’elle s’était fourrée dans une sale histoire. Cela faisait de nombreuses années que ça durait. Elle y prenait presque un malin plaisir à saccager sa vie chaque jour un peu plus. Cette situation ne connaissait pas d’issue.
Si bien qu’Elinor ne comprit pas comment, mais ses yeux s’embrumèrent et son nez se mit à la piquer. La lèvre tremblante, elle releva un regard déchirant vers son amie. « Oh Anne… » bredouilla-t-elle en étouffant un sanglot. C’était la première fois qu’elle perdait la face ainsi devant quelqu’un. Bien sûr, elle avait perdu contenance devant Alaric, mais tout ceci lui paraissait bien lointain. Elle s’était résolue à le rayer complètement de sa vie. Pour son bien. « Je suis perdue… » Qu’avait-elle de plus à dire ? C’était la stricte vérité. Aujourd’hui, elle ne savait plus où elle en était dans sa vie. Tout ce qu’elle connaissait, c’était l’échéance fatale. Elle s’arrêta de marcher sur la plage. Heureusement, à cette heure, il n’y avait pas encore grand monde. Instinctivement, elle se retrouva dans les bras d’Anne. « Je croyais que je pourrai y arriver… à ne rien ressentir. A me tenir éloignée de tout le monde, mais c’est trop dur. » S’enfermer dans sa solitude pour faire le moins de mal aux gens. Tout comme elle avait décidé de couper les ponts avec ses amis, de rompre ses fiançailles avec Pyair et de ne s’accorder qu’une relation dépourvue de sens avec David. « Je crois que je suis tombée amoureuse… je n’aurai jamais dû… » Le visage d’Alaric s’imprima dans son esprit. Evidemment, ce ne pouvait être que lui. Lui et personne d’autre. Dès le premier instant, c’était apparu comme une évidence. Cette attraction troublante, ce destin qui les rapprochait constamment, ce désir d’être auprès de lui, dans la chaleur de ses bras et de sa voix. Dès le premier regard, elle aurait dû se douter qu’elle serait ensorcelée par lui. Il y avait eu plus que des murmures, plus que des signes… Pourquoi n’avait-elle pas fui tant qu’il était encore temps ? Mais pour Anne, il lui apparaîtrait qu’elle parlerait probablement de David. Tout ceci était bien loin de la réalité. « Mon traitement ne fonctionne plus… je vais mourir. Alors à quoi bon ? » Elle lui demanda, sachant pertinemment qu’elle n’aurait sûrement pas plus la réponse que moi. Mais elle n’en pouvait plus de garder inclusivement ça pour elle. Voilà depuis trop longtemps qu’elle arpentait cette longue route toute seule…
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Anne-Evangeline Baker
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MessageSujet: Re: « There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. » Anne-Evangeline ♥   Mer 15 Nov - 12:39






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“ There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. ”

Personne ne pouvait refuser face au sourire de la blonde, ni à sa bouille. N’était-elle pas adorable ? Ou bien convaincante ? Personne ne l’échapperait. Si Anne ne prenait pas de photos d’elle en ce jour, elle la prendrait alors sur scène. Là, Elinor n’aura pas d’excuses car étant sous les projecteurs, elle ne pourrait qu’être magnifique ? Non ? Anne partait sur le principe que ça pouvait toujours se négocier. Elle avait toujours une solution, un joli petit tour dans son sac. Sérieusement, si elle pouvait paraître faire du forcing, Anne ne forcerait pas en vrai.

Enfin, cette histoire de photo n’était pas la plus importante... Mais plutôt autre chose en ce moment. Après tout, la photographe avait eu une visite inattendue la dernière fois. Elle avait son amie sans broncher, ni poser de questions. Peut-être qu’elle aurait dû. Peut-être aurait-elle pu faire mieux ? Mille et un scénarios avaient pu traverser l’esprit. Et elle espérait qu’Elinor ne se soit pas fait violer ou un truc dans le genre. C’était peut-être le scénario le plus plausible. Lorsqu’Anne l’avait aidé ce jour-là, c’était à se demander si elle la reverrait un jour. Maintenant, elles étaient là toutes les deux sur la plage alors la question ne se posait plus... Et qui savait, peut-être aurait-elle enfin les réponses à ses questions ou peut-être jamais. Anne ne pouvait s’empêcher d’exprimer son inquiétude, et à raison. A côté d’elle, Elinor commençait à craquer... et instinctivement, elle retrouva refuge dans ses petits bras. Si d’abord, Anne était surprise et décontenancée, elle referma timidement ses bras autour d’Elinor qui semblerait bien avoir besoin de réconfort.

La vie était dure pour elle... Du moins, sa maladie qui la bouffait et qui la poussait à s’isoler, ne voulant sans aucun doute se blesser ou blesser les autres de sa perte. C’était dur. Très dur. Anne pouvait le voir avec les enfants à l’hôpital qui vivaient avec ces maladies de merde. Certains n’étaient pas idiots et étaient très lucides sur leur état. Ils étaient conscients qu’ils n’atteindraient sans doute pas leur majorité, ni auraient une vie normale comme tout jeune de leur âge.

- Tu es humaine, Elinor ! rappela Anne, compatissante. Tu ne peux pas être une pierre !

Si c’était plus dur, c’était qu’Elinor était tombée amoureuse. Ah, l’amour. Etait-ce la question de la vie ? Elle ne pourrait pas vivre cet amour si... Son traitement ne fonctionnait plus. Anne serra un peu plus Elinor dans ses bras.

- Je suis désolée, ma chérie ! compatissait Anne.

Ce n’était peut-être pas la chose dont elle souhaiterait entendre. Combien de personnes avaient déjà pu lui dire ces mots ? Qu’ils étaient désolés ? Ca ne changeait rien à son état. Anne était réellement désolée et ignorait quoi dire d’autres. Vraiment. De savoir ça et de la voir dans cet état la peinait et la touchait. Anne n’était pas insensible. Encore un peu, c’était elle qui allait pleurer. Elle serait capable de pleurer avec Elinor dans ses bras.

- Je suis là ! continua-t-elle à souffler pour la rassurer et calmer ses pleurs.

Il fallait laisser passer l’émotion pour parler calmement et tranquillement.

- Tu ne voudras peut-être pas l’entendre ce que je vais dire... Il y a sûrement des gens qui tiennent à toi, qui sont là pour toi et qui veuillent être là à tes côtés face à ce combat, qui veuillent être près de toi pour profiter de toi. C’est très important le soutien.

Peut-être quelqu’un l’avait déjà dit. Peut-être qu’elle l’avait trop entendu. Anne se détacha d’Elinor pour être face à elle, elle lui fit un petit sourire.

- Qui est cet homme ? Ou peut-être est-ce une femme ? questionna-t-elle avec un peu d’humour.

Ca passait peut-être sous un trait d’humour... mais qui savait ? Anne ignorait son orientation sexuelle, peut-être qu’Elinor était attirée par les deux sexes. Pour la blonde, c’était quelque chose dont elle se fichait éperdument. Les gens faisaient ce qu’ils voulaient de leur propre vie. Le plus important était d’être heureux avec la personne désirée : homme ou femme.

- Racontes-moi ! invita-t-elle à parler.

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MessageSujet: Re: « There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. » Anne-Evangeline ♥   Jeu 16 Nov - 20:40

Elinor s’était toujours efforcée de ne pas craquer. Elle devait prouver qu’elle serait suffisamment forte pour affronter une telle épreuve. Mais plus que le prouver aux autres, elle voulait se prouver à elle-même qu’elle pourrait tenir le coup. Lorsqu’elle avait appris sa maladie, le contrecoup lui avait fait presque perdre l’esprit. La peur de la mort la hantait autant que de savoir que Pyair serait le témoin de son déclin. Un déclin dans lequel elle l’emportait. C’était la volonté de protéger ceux qu’elle aimait qui lui avait donné la force nécessaire de se reprendre en mains. Au jour où elle avait quitté Pyair, elle s’était résolue sans faiblir à l’idée qu’elle ne devrait jamais flancher. Ainsi, elle s’était promis de ne jamais se plaindre, de ne pas s’étendre sur son malheur, de ne pas raconter, de ne pas montrer. Elle s’était forcée à traverser cela seule et vaillamment. Elle pensait sincèrement qu’elle aurait la force nécessaire. Aujourd’hui, elle commençait à en douter. Trop de fois, elle avait failli révéler ce secret qu’elle gardait jalousement. Elle avait manqué de tout raconter à Alaric, juste pour ne plus cerner l’hébétude dans son regard, ni sa colère, sa frustration ou sa déception. Elle se rendait bien compte qu’elle lui avait fait vivre en calvaire en restant muette à ses interrogations. De la même manière qu’elle commençait à lire le doute dans les yeux de son frère. Il ignorait tout de ce qu’il se passait, mais il n’était pas un idiot. Si cela continuait à empirer, il devinerait à coup sûr. De toute façon, elle ne pourrait pas le cacher jusqu’à la fin. Tout ce qu’elle espérait, c’était qu’il l’apprenne le plus tard possible. Actuellement, il devait s’occuper de l’état de sa fille, de son couple et se vouer à cette comédie musicale qui semblait tant représenter pour lui. Alors elle se retenait. Elle se cachait pour pleurer. Elle gardait sa bouche cousue. Elle prenait sur elle. Elle tentait d’être brave.

Sauf qu’elle n’y arrivait plus. Jour après jour, elle se sentait fatiguée, harassée. Physiquement. Psychologiquement. Sa vie l’usait en même temps que sa maladie. Face à Anne, elle craqua complètement et fondit en larmes. La blonde la prit dans ses bras, tentant de lui apporter du réconfort. Son cœur était en miette. La situation aurait pu être si simple si elle n’était jamais tombée malade. Elle serait sûrement encore avec Pyair, mariée et peut-être même enceinte. Qui sait ! Ou si elle avait eu une chance de guérison, peut-être aurait-elle eu le courage d’avouer à Alaric ce qu’elle ressentait pour lui. Car la vérité lui éclatait au visage : elle était amoureuse. Elle qui s’était interdit tout type de sentiments. Pire encore, elle craignait que ce ne puisse être réciproque. En même temps que le sien, elle avait brisé le cœur du mécanicien. « Je suis désolée, ma chérie ! » Que dire de plus après tout ? Qu’est-ce que pouvait faire Anne face à cette maladie qui ne voulait pas disparaître ? Rien du tout hormis être cette amie présente qu’elle était déjà. Elle avait déjà appris à Pyair qu’elle allait mourir et que la fin était inéluctable, mais le dire encore la fit frissonner. Poser des mots sur les choses les rendaient plus violentes. Elle écouta les paroles d’Anne qui évoquait le fait qu’elle avait besoin de soutien, qu’elle ne devait pas être seule et qu’elle devait laisser la chance à ses proches de profiter d’elle s’il s’agissait de ses derniers instants. Tout cela, elle l’entendait mais elle ne parvenait pas à s’y résoudre. « Je ne veux pas qu’ils me voient mourir… » bredouilla-t-elle alors que ses pleurs s’étaient légèrement calmés. Elle resta encore un peu dans les bras de la blonde jusqu’à ce qu’elle l’assaille à nouveau de question. Un léger sourire étira ses lèvres à l’idée qu’il puisse s’agir d’une femme. Elle se détacha de son amie, s’asseyant sur le sable. Ses jambes la tenaient difficilement sous le flot de ses sentiments. Anne vint se poser à côté d’elle. Elle resta un moment silencieuse, se mordant la lèvre inférieure avec inquiétude. « Il ne s’agit pas de David. » débuta-t-elle. « Je sais que je ne devrais pas, mais c’est ainsi. C’était un total hasard. Un soir, ma voiture m’a joué un mauvais tour. Nos routes se sont croisées et il est venu m’aider. Il est mécanicien alors il a dit qu’il se chargerait de la réparation. Il m’a ramenée chez moi. Tout simplement. » Elle se souvenait de la générosité avec laquelle il était venu à son aide alors qu’elle se montrait si méfiante. « Je ne l’ai revu qu’en venant au garage. Cela aurait dû s’arrêter juste là… mais je ne sais pas, il y a cette force étrange qui nous pousse l’un vers l’autre. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à lui, de vouloir être avec lui, de le connaître… Il a quelque chose de tellement rassurant. Tout à coup, j’ai eu besoin de lui. J’ai fait l’idiote… j’ai cru que je pourrai contrôler mes sentiments. » Mais cela n’avait pas été le cas. Elle s’était montrée bien trop inconsciente. A croire qu’elle se cherchait plus de problèmes qu’elle n’en avait déjà. « David m’a demandée en mariage. Je n’ai pas su dire non. Dans le fond, c’est la meilleure solution… » annonça-t-elle comme si elle signait son arrêt de mort par la même occasion. Elle n’évoqua pas les raisons pour lesquelles son fiancé lui avait fait une telle demande. Inutile d’exposer sa véritable nature, d’autant qu’elle pensait que c’était en parti de sa faute. « Quand je suis venue te voir la dernière fois… il s’était passé quelque chose la veille. Quelque chose qui m’a fait quitter la maison précipitamment. Dans la confusion, j’ai eu un accident de voiture. Et je l’ai appelé lui… » dit-elle d’un ton désespéré en regardant son amie. Des larmes se remirent à couler le long de ses joues. « Je suis tellement cruelle avec lui… je ne pourrai jamais lui offrir ce qu’il veut en retour. Et pourtant, il a pris soin de moi durant la semaine qui s’est écoulée. Il m’a permis de me cacher chez lui. Il m’a protégée. Il ne m’a rien demandé en retour. Et je suis partie… je suis partie comme une moins que rien. » Elle n’avait pu rester plus longtemps. Elle savait que si elle restait un jour de plus, elle ne partirait plus jamais. Elle l’aimait trop. Elle l’avait dans la peau. « J’ai failli gâcher un homme bien… j’ai failli lui faire subir ce que je vis tous les jours. Je n’ai pas le droit de me montrer aussi égoïste. Quoi qu’il advienne, il m’aurait perdue d’une manière ou d’une autre. » Elle ramena ses jambes contre elle, enfouissant son visage dans ses genoux. « Je suis fatiguée, Anne… je voudrais mourir maintenant. C’est bien trop long. Je n’en peux plus de mentir à tout le monde… »
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MessageSujet: Re: « There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. » Anne-Evangeline ♥   Jeu 30 Nov - 16:39






Elinor Goldstein - Anne-Evangeline Baker
“ There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. ”

Il se pourrait qu’Anne soit un ange tombé du ciel pour apporter du soutien à Elinor. Ne ressentez-vous pas parfois que rien n’était laissé au hasard ? Que vous êtes là au bon moment, tout simplement ? Qu’à la base, quelque chose vous pousse à faire quelque chose, vous ouvrez une porte et tout s’émerveillait ? Vous faites de nouvelles rencontres, vous souriez, sympathisez et vous ne vous rendez pas compte de tout le bien que vous faites ? Certains parleraient de destin, d’autres de coïncidences. Qu’importe le nom qu’on donnerait à ce genre de choses ! Anne-Evangeline avait croisé par hasard la route d’Elinor dans les couloirs de l’hôpital. La blonde avait toujours trouvé ces couloirs étranges. Ils étaient blancs. C’était une couleur neutre et pourtant respirait la pureté, quelque chose d’innocent, quelque chose de beau ? Pourtant, ça paraissait à la fois si sombre... comme la mort. Un sentiment de lourdeur étouffait comme un parfum. Si la blonde y allait, c’était évidemment pour égayer la journée de ces gamins et il fallait croire que sa présence ne faisait pas également du bien qu’aux petits mais également aux grands... Anne-Evangeline ne réalisait pas toujours le bien qu’elle faisait auprès des infirmières lorsqu’elle en croisait pour en discuter ou bien là, à Elinor. La blonde pouvait le réaliser qu’elle la marquait, lui donnait confiance. Ce n’était peut-être pas un hasard qu’elle croisait sa route, non.

- C’est un choix ! lui fit la blonde lorsqu’Elinor lui déclarait qu’elle ne voulait pas que ses proches la voient mourir.

Elle pouvait compatir, tenter de comprendre. Anne ignorait comment elle réagirait si c’était elle qui était malade, si c’était elle qui était dans la situation d’Elinor... Et ce n’était pas le cas.

- Je trouve ça triste... il n’y a rien de plus de triste de mourir seule.

Si ce n’était pas un hasard qu’elle soit sur la route d’Elinor, l’inverse pouvait également marcher. Anne avait peut-être une leçon à apprendre de la part de son amie. Si elle était au bord du gouffre,... pour sûr, la photographe ne voudra pas être seule durant ce moment. Elle voulait mourir entourée. Elle voulait se sentir aimée dans ces derniers instants... et elle était encore bien trop jeune pour penser à mourir.

S’installant sur le sable, Anne écouta alors son amie d’une oreille attentive. Elle avait besoin de parler. Elle avait besoin d’être épaulé... Pour sûr, elle ne pouvait pas tout garder en elle. C’était mauvais. Lorsqu’elle lui avait annoncé qu’elle était tombée amoureuse, Anne ne pouvait s’empêcher de faire de l’humour pour détendre un peu l’atmosphère, mais elle était aussi à la fois sérieuse. Pour elle, que les gens soient amoureux d’un homme ou d’une femme, Anne s’en battait les cacahuètes. C’était une affaire personnelle et chacun faisait de ce qu’il voulait. Si c’était une femme qui faisait le bonheur d’Elinor, et bien soit ! Cela dit, il y avait bien une ombre sur le tableau : David. Anne n’ignorait pas qu’Elinor avait déjà un petit ami... et ce n’était pas elle qui allait juger le fait qu’elle soit tombée amoureuse d’un autre ou d’une autre. A combien de personnes cela arrivait-il ? Est-ce qu’on pouvait être certain que la personne avec qui on sort soit la bonne personne ? Et puis Anne ne pouvait pas tout savoir, non plus. Ne faisant pas sa curieuse – et pourtant Dieu savait à quel point elle l’était de base – la blonde n’avait jamais demandé comment sa relation avec ce David se passait. Comme elles n’étaient pas suffisamment proches, Anne avait considéré que ce n’était pas ses oignons. Elle ne connaissait pas ce David, ni à quoi il ressemblait... et au milieu de tout ça, il y avait cet autre homme qui était venu perturber le destin d’Elinor. Cet autre homme qu’elle nommait pas la troublait. Cet autre homme était venu à sa rescousse. En parallèle, David lui avait demandé sa main et Elinor n’avait su refuser. Encore un peu, Anne se retrouvait dans une magnifique série romancée. Enfin, la blonde avait ses réponses à ses questions en ce qui concernait les blessures de son amie : un accident de voiture.

- Un accident ? Mon dieu ! Heureusement, tu t’en es sortie... Moi qui avais pu penser que... J’avais pensé qu’il avait osé poser ta main sur toi ! En tout cas, je ne l’espère pas !

Anne-Evangeline serait presque honteuse de penser à ce genre de choses mais peut-être était-ce vrai ? Etait-ce ça qui lui avait fait quitter domicile ? Etait-ce ce « quelque chose » dont elle parlait... Il n’empêche que oui, ça lui faisait comme un choc. Elinor aurait pu y rester mais elle était encore en vie, et c’était pour mieux culpabiliser. Culpabiliser d’avoir des sentiments pour ce Monsieur Inconnu ? Qu’elle avait eu peur et avait pris ses jambes à son cou ? Dans tout ça, c’était à elle qu’elle se faisait du mal ! Elle était partie sans crier gare pour éviter de faire de la peine... juste parce qu’elle était fatiguée de vivre avec cette maladie ? Lorsqu’Elinor se recroquevilla sur elle-même, Anne déposait sa main sur le dos de son amie comme signe de réconfort.

- Ca fait mal de se dire que tu te prives de beaucoup de choses pour les autres, Elinor, même si je comprends les raisons qui te poussent à agir comme ça. Ca me fait de la peine de voir que tu perds espoir et que tu baisses les bras... Tu sais. Les petits à l’hôpital me font réaliser que... la vie est tellement belle et cruelle à la fois. Elle est si courte mais on a tant de belles choses à vivre... Comme ce beau mécano dont je ne sais pas le nom. Je sais que tu veux l’épargner mais peut-être qu’en passant des moments avec lui, tu lui offriras les plus merveilleux cadeaux que la vie peut offrir.


C’était tout à fait Anne-Evangeline de voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide.

- Je sais que je ne suis pas à ta place et que c’est facile à dire qu’à faire, continua Anne.

Après tout, elle ne pouvait pas la forcer à vivre une histoire d’amour ou faire autre chose si elle ne le souhaitait pas. Elle était maîtresse de ses actions, mais Anne était là. Elinor était venue à elle et elle craquait, car elle n’en pouvait plus. C’était qu’il y avait une raison à tout ça, n’est-ce pas ?

- Mais tu ne peux pas t’infliger ça, ajouta-t-elle à sa tirade. L’entourage, le soutien, l’amour... c’est très important. Ca peut t’aider à tenir, à t’encourager pour la guérison. Tu n’es pas seule face à ce combat. Tu ne peux pas porter toute seule ce lourd fardeau sur tes épaules. Tu te prives non seulement beaucoup de choses pour les autres mais tu prives beaucoup de choses aux autres. Tu ne peux pas t’excuser d’exister. Tu ne peux pas empêcher les gens de t’aimer. Tu ne peux pas empêcher les gens à vouloir t’apporter du soutien face à tout ça, t’apporter de la force quand tu n’as plus car Dieu sait qu’il en faut... et la preuve aujourd’hui. Et puis, en ce qui concerne David, dis-toi que... dis-toi que peut-être, tu rendras service à David en le laissant dans la nature, non ? Lui dire oui à sa demande en mariage n’est pas la meilleure solution. Si tu ne l’aimes pas... si tu ne le désires pas... Tu penses aussi à lui ? Ne te forces pas à vivre quelque chose comme ça, ça serait te faire autant de mal !

En fait, Elinor était totalement sado-maso. Elle était seule. Elle s’isolait à sa manière... parce qu’elle avait cette souffrance... et elle l’exprimait à sa manière. Elle faisait des choses pour éviter le moindre mal mais c’était à elle qu’elle en faisait le plus.

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MessageSujet: Re: « There is nothing I would not do for those who are really my friends. I have no notion of loving people by halves, it is not my nature. » Anne-Evangeline ♥   

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