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 La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]

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Team Esméralda
Morgan Campbell
Team Esméralda
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MessageSujet: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Mer 11 Oct - 12:38






Derek Bullock - Morgan Campbell
“ La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! ”

Vivre à Los Angeles n’était pas la même chose que de vivre à Philadelphie ou à New York. Le climat était très différent. Los Angeles apportait une douce chaleur et c’était loin d’être désagréable... Et ce qui était moins désagréable était que désormais, il connaissait son origine, savait d’où il venait. Etant été kidnappé durant son enfance, tout lui avait été volé. Son enfance, son identité, sa famille... Rien ne pourrait lui rendre tout ça mais il fallait faire malheureusement avec. Mais une chose était sûre : ce qu’il avait vécu lui avait donné sa vocation. Il était fait pour être flic.

Installé à son bureau avec un café, le Lieutenant de Police avait reçu un nouveau dossier qu’il regardait minutieusement... Il s’agissait alors d’une agression par balle, ou plutôt précisément dans le bon jargon, d’une tentative d’homicide. La victime se nommait Derek Bullock. Selon son témoignage, il décrivit en grande ligne sa journée et qu’il ne connaissait absolument pas son agresseur. Cette histoire pouvait paraître un peu louche comme ça mais combien de fous furieux traînaient en ville et qui tiraient sur des gens pour leur bon plaisir ? Il n’y avait rien d’étonnant de nos jours. Parfois, il y avait bel et bien une raison dans ce cas-là pour être amené à tuer quelqu’un. De ces éléments, pour découvrir qui était le tireur, une analyse balistique avait été faite. Résultat ? Il n’y avait rien de concordant avec la base de données. Ce type n’était donc pas connu des services de police... Résumé une situation pareille, c’était le flou total, et ça pouvait être difficile à résoudre l’énigme.

Mais Morgan avait un tour de plus dans son sac. Il n’allait pas laisser tomber tant qu’il n’avait pas tout vu lui-même. Le gars ne pouvait pas blesser délibérément la victime. Peut-être était-ce une connaissance de l’entourage ? Un règlement de compte ? Morgan était prêt à suivre toutes les pistes qui s’offraient à lui. D’abord, qui était Derek Bullock ? Curieux comme il était, il regarda sa profession de base : infirmier. C’était un très beau métier qui généralement n’attirait pas les foudres... Excepté s’il y avait eu une erreur médicale qui avait entraînée la mort de quelqu’un ? Peut-être pas... Qui savait !

En plus, « Bullock, Bullock »... c’était un nom qui lui disait quelque chose. Où il l’avait vu ? En dehors du commissariat ? Ca ne lui disait rien ? Sur un quelconque uniforme ? Peut-être. Morgan n’était pas encore passé à l’hôpital pour voir l’uniforme d’infirmier. Non, c’était un autre uniforme. Le flic qu’il était avait une mémoire visuelle et qui savait si ce Bullock avait une famille, un frère dans la police. Qu’importait ! Morgan regarda où il pouvait joindre ce Derek Bullock pour que ce dernier puisse venir au commissariat au plus vite, histoire de discuter avec lui. Le fait de le rencontrer et de lui parler serait déjà un bon début. Morgan pourra visualiser qui il était et qui savait s’il y avait un élément nouveau dont il pouvait se rappeler. Alors, la magie du coup de fil faisait qu’ils avaient rendez-vous. Au bout du fil, la victime semblait être très ouvert et pouvait passer rapidement. Morgan n’allait pas rechigner là-dessus.

En attendant son rendez-vous, le Lieutenant de Police s’occupa. Ce n’était pas le boulot qui manquait. Puis, une ombre vint à lui à son bureau : son rendez-vous. Morgan lui donna alors son attention.

- Derek Bullock ? Lieutenant Campbell ! se présenta-t-il en lui tendant la main. Merci d’être venu.

Il n’empêche que... quelque chose le frappait évidemment. C’était ce Bullock qu’il avait déjà aperçu de loin. Il était un bleu. Reconversion, donc ? Il y avait donc des choses à mettre au clair. Le Lieutenant l’amena dans la salle de pause... Evidement, il n’était pas un suspect pour le mettre en salle d’interrogatoire lugubre.

- Un café ? proposa-t-il dans la salle de pause.

Parce que lui, il avait besoin de sa dose de café donc il n’allait pas se gêner pour se prendre une boisson chaude.

- Si je vous ai fait venir, comme je vous l’ai dit au téléphone, je suis en charge de votre dossier, lui annonça-t-il. Ce n’est qu’un entretien de routine, rassura-t-il. Je vous ai fait venir pour vous rencontrer d'abord et que personnellement, j’aimerais pouvoir en parler pour éclaircir certains points.

Et il y avait vraiment de quoi là pour avoir sous ses yeux une reconversion professionnelle qui attirait toute son attention. Non, Morgan n’était pas du tout curieux... La curiosité était tout à fait normale pour un flic, n’est-ce pas ?

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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Mer 11 Oct - 18:09


Depuis la mort d’Angie, sa vie semblait prendre des tournants différents à chaque seconde, chaque minute, chaque heure, chaque jour, chaque semaine, chaque mois. Il avait déménagé de Chicago – sa ville natale, cette ville que personne n’aurait jamais cru possible qu’il quitterait un jour. Il l’avait pourtant quittée, sans un regard en arrière et encore moins avec des regrets. Il avait choisi de s’éloigner des souvenirs – bons et mauvais, surtout mauvais – en promettant à sa fille un meilleur avenir. Lily était une petite fille facile à vivre, et si elle semblait être joyeuse, posée et équilibrée, il n’ignorait pas qu’elle avait subi plus de traumatisme dans sa jeune vie que n’importe quel autre enfant – et qu’elle en avait souffert, comme n’importe quel autre être humain. Quoi de plus naturel quand on perdait un parent aussi jeune ? Derek n’avait perdu aucun des siens, mais leurs relations avaient toujours été tendues et délicates – aussi ne ressentait-il aucun manque au fait de ne plus les voir. Lily elle-même ne semblait pas spécialement perturbée de ne plus les avoir dans sa vie, autrement qu’au téléphone. Il ne les empêcherait jamais de voir leur seule et unique petite-fille. Il était peut-être un fils indigne à leurs yeux, mais il n’était pas un monstre sans cœur. Depuis la mort d’Angie, qui avait bouleversé sa vie, il se forçait à se reconstruire. Pour elle, pour leur fille. Depuis la mort d’Angie, il avait vécu tellement de choses. Tellement de chamboulements. Il n’était pas certain qu’une journée entière suffirait à tout lui raconter s’il en avait la possibilité. Il avait emménagé dans une grande maison, qu’il n’avait pas pris le temps de décorer à leur image. Il avait rencontré un certain nombre de personnes et s’était fait un certain nombre d’amis – amis que personne n’aurait jamais cru un jour voir Derek côtoyer. Il avait surtout rencontré Mia. Mia. Qui lui avait ramené le sourire aux lèvres. Qui lui avait fait battre le cœur de nouveau. Qui lui avait fait réaliser qu’il était possible, oui possible, d’aimer plus encore quand lui s’imaginait plus capable de le faire. Mia. Délicate. Fragile. Et forte à la fois. Mia. Dépassée. Perdue. Craintive. Fuyante. Intrigante. Au fil des mois, il avait appris à la connaitre, à la cerner. Au fil des mois, il avait appris à l’aimer. Pour ce qu’elle était. Pour ce qu’elle lui faisait ressentir. Mia. Qui, malgré elle, avait apporté le chaos dans sa vie – aussi bien dans son cœur que dans sa tête. Aussi bien positivement que négativement. Car il n’y avait pas de Mia sans Raphaël. Et il en avait d’autant plus conscience maintenant, depuis qu’elle avait revu son mari, depuis qu’elle avait été ébranlée, déboussolée et paniquée suite à leur conversation. A leur baiser. Oui, Mia rendait sa vie plus explosive, plus difficile et meilleure à la fois. Avec Angie, les choses avaient toujours été simples, droites, organisées. Aucune faille, aucun écart. Avec Mia, ça pouvait être simple, naturel autant que compliqué et surprenant. Il n’était pas certain de comprendre et de savoir comment il parvenait à gérer la situation, car aimer une femme qui semblait l’aimer tout autant, sans pour autant être capable de se détacher de ce mari violent, cela relevait de la folie. Pure. Et pourtant. Il l’aimait. Aussi simplement et bêtement que ça. Et cela définissait sa vie.

Depuis Angie, il était donc habitué aux changements. Et s’il avait adoré son métier d’infirmier, il ne regrettait pas de s’être lancé dans cette formation policière. Devenir flic avait été un rêve d’enfant – comme on rêve d’être un jour astronaute ou architecte. Il n’y avait jamais véritablement réfléchi, et il n’avait jamais envisagé passer les examens pour entrer dans l’école de police. Et voilà qu’il portait l’uniforme. Et voilà qu’il était un bleu. Et voilà qu’il changeait radicalement de voie. Et voilà qu’il avait le sentiment de trouver justement sa place. Il avait été un excellent infirmier – et bon sang que cette expérience enrichissante pouvait lui être d’un excellent secours quand la situation l’exigerait, on le lui avait bien répété depuis qu’il était arrivé dans les locaux. Ils étaient cinq nouveaux, et ils se serraient les coudes, solidaires. Certains flics étaient pète-secs. D’autres étaient plus malléables et plus tolérants. Certains flics leur rendaient la tâche difficile, quand d’autres prenaient le temps de leur expliquer et de les guider. Comme tout un métier, il fallait du temps et de la pédagogie pour apprendre et devenir bon. Cela faisait à peine quinze jours qu’il avait commencés, mais il apprenait déjà de ses erreurs. Il avait l’impression d’avoir progressé comme jamais, et cette sensation de bien-être et de fierté lui avait terriblement manqué. L’appel dans l’après-midi d’un lieutenant de police – dans ces mêmes locaux – l’avait donc tout naturellement un peu déstabilisé. Pour quelles raisons serait-il convoqué ? Pour quelles raisons voudrait-on lui parler ? Lui poser des questions ? Il était nouveau, certes. Quelques petites erreurs avaient été commises, mais il avait déjà appris de celles-ci, et il avait déjà subi quelques discours bien complets et bien corsés. C’était naturel, lui avait-on dit alors. L’erreur est là pour qu’on progresse. On l’avait félicité depuis aussi. Alors pourquoi ? L’idée que cela puisse concerner son agression lui traversé l’esprit, mais cela remontait à des mois à présent et la police s’était bien cantonnée à ses réponses. Il n’y avait pas eu de poursuite. Il n’y avait pas eu de suite. Alors pourquoi maintenant ? Pourtant, Campbell lui avait bien confirmé qu’il s’agissait de son agression.

C’est pourtant le cœur un peu lourd qu’il entre dans le bureau du Lieutenant Campbell. « Derek Bullock ? Lieutenant Campbell ! » qu’il lui serre la main, avec un signe de tête. Il avait terminé sa journée, aussi ne portait-il plus son uniforme mais ses habits de ville – son sac à la main faisant clairement comprendre qu’il était de la maison. « Merci d’être venu. » Il acquiesce en souriant, évitant de dire que de toute façon il ne pouvait pas refuser. Il se donnait le temps de se relaxer et d’être serein – ironie. « Un café ? » « Non, merci. Si j’ose en boire un maintenant, je ne suis pas prêt de dormir, » qu’il rit légèrement. « Et j’avoue volontiers que j’en ai bien besoin », non seulement parce que le rythme est dense et intense, mais également parce que les cauchemars ne le quittent pas toujours. « Si je vous ai fait venir, comme je vous l’ai dit au téléphone, je suis en charge de votre dossier. » Acquiescement. « Ce n’est qu’un entretien de routine. Je vous ai fait venir pour vous rencontrer d'abord et que personnellement, j’aimerais pouvoir en parler pour éclaircir certains points. » Certains points. Certains points. Tels que ? Ah oui, qui lui a tiré dessus sans doute. Les souvenirs lui étaient peut-être revenus depuis le temps. Mentir n’était pas la spécialité de Derek. Il n’était pas à l’aise, surtout quand il s’agissait de la loi. Surtout quand il tentait depuis plusieurs semaines de devenir l’un d’entre eux. « Je dois avouer que je suis plutôt surpris, ça fait des mois que l’on ne m’a pas contacté à ce sujet. Après avoir tout dit à vos collègues, je croyais que cette affaire était close, » qu’il explique d’une voix neutre. « Enfin, on ne m’a pas vraiment tenu au courant, je dois le reconnaitre, » et cela l’avait arrangé. Mia lui avait fait promettre de ne rien dire, de ne pas dénoncer son mari. Il avait accepté, dans le seul et unique but de la protéger, Elle. « Si je peux vous aider en quoique ce soit, » qu’il dit alors en levant les mains, l’air de dire « je suis votre homme ». Vraiment ?
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Team Esméralda
Morgan Campbell
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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Dim 15 Oct - 11:43






Derek Bullock - Morgan Campbell
“ La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! ”

En convoquant la victime, Morgan pourrait peut-être en apprendre plus. Il aurait peut-être une vision plus claire : soit ils étaient réellement dans une impasse ou soit ça cachait quelque  chose. A part les fous (ou une balle perdue, ce qui n’était pas du tout le cas pour cette situation), personne n’allait s’amuser à tirer sur quelqu’un sans avoir un mobile... Alors, la victime avait de grande chance qu’il connaisse son agresseur et Morgan voulait avoir le cœur net. Il fallait bien qu’il fasse son propre avis sur la question.

Le flic qu’il était était bien content d’avoir Derek Bullock sous la main pour enfin lui poser des questions. Il lui proposa alors du café, naturellement, histoire de ne pas l’agresser directement en le fusillant de questionnements. Il refusa d’abord le café même s’il avouait en avoir bien besoin.

- J’ai de la tisane si vous préférez !

Café ou tisane, qu’importait ! C’était royal, n’est-ce pas ? Même si Morgan ne l’avait pas convoqué pour qu’ils se fassent une boisson chaude, une bière ni une bouffe mais il n’était pas un mauvais bougre. En tout cas, c’était à se demander comment interpréter ses paroles. Après ce genre d’agression, c’était difficile de s’en remettre, psychologiquement. C’était à se demander s’il se faisait suivre par un psychologue... Mais ça, ce n’était pas vraiment le rôle de Morgan. Lui, son rôle, était de retrouver le tireur pour le mettre hors d’état de nuire. S’il avait agressé ce Bullock, il pourrait très bien recommencer ou agresser une autre victime... Si cela devait arriver, la personne n’aurait peut-être pas autant de chance que Derek qui en avait survécu.

Face à lui, ce très cher Bullock était surpris par cette convocation après plusieurs mois de silence radio... On ne lui avait tenu au courant de l’enquête et cela pouvait arriver qu’on laisse dans l’ignorance. En vrai, ce dossier avait été mis de côté car ça piétinait. Il n’y avait aucun élément matériel pour identifier le tireur. Ils n’avaient même pas l’arme du crime. Tout ce que la police avait comme pièces à conviction étaient les balles alors c’était maigre. Très maigre.

- Ce dossier m’est venu récemment sur mon bureau, lui dit-il. En l’étudiant, j’ai voulu revoir les choses avec vous et entendre votre version de mes propres oreilles. Pas la version de mes propres collègues. Je sais que ça peut être très difficile pour vous de ressasser cette histoire mais dès qu’on aura mis la main sur votre agresseur, ça sera une autre histoire, et vous pourrez dormir en paix.

N’était-ce pas son job ? De mettre cet enfoiré entre les mains de la justice pour qu’il se fasse juger ?

- Racontez-moi ! Peut-être qu’un autre élément qui pourrait nous aider vous reviendra en mémoire ? Il n’y en a pas un qui vous est revenu en mémoire après tous ces mois ?

Non, il ne reprenait pas « ses propos ». Et non, il ne fallait pas que la victime se considère comme un suspect mais si on lui cachait quelque chose, Morgan le saura très bien vite.

- Vous êtes infirmier, c'est ça ?

Après ce qu'il avait lu du dossier au moment des faits.

- Est-il possible que vous ayez énervé quelqu'un dans votre entourage ? questionna-t-il, aiguillant alors.

Enfin, c'était sans aucun doute des questions qu'on lui avait déjà posées.

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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Dim 15 Oct - 22:24


Lorsque Mia lui avait demandé – supplié – de ne rien dire au sujet de Raphaël, il avait accepté pour diverses raisons, raisons qui lui étaient propres. Il avait été interrogé – plusieurs fois – par la police. Il avait répété plusieurs fois la même chose. Il était resté à son histoire, banale, n’évoquant jamais le nom ou le visage de son agresseur. L’importance de l’agression et de ses blessures lui avaient d’ailleurs permis d’être plus crédible qu’en temps normal. Ses souvenirs étaient vagues. Et sa rééducation et son rétablissement avaient été longs, compliqués, douloureux. La police n’était pas revenu le voir, et il avait estimé ou imaginé que l’affaire était close – ou du moins close tant que Raphaël Grimes ne commettait pas d’autres crimes. Que le lieutenant Campbell puisse le convoquer aujourd’hui dans son bureau, pour lui poser de nouvelles questions – ou les mêmes qu’à l’époque – quant à ce jour funeste lui rappelait de bien difficiles souvenirs. « J’ai de la tisane si vous préférez ! » Diable non, il n’était pas fan de boissons chaudes. Il hocha la tête négativement pour répondre à son supérieur. Derek n’était pas un fin menteur. Derek n’était pas un fin manipulateur. Il était droit. Il était juste. Il était franc. Il était simple. Il l’avait toujours été. Jusqu’à ce qu’il croise le chemin de Mia Hemingway. L’arrivée de la jolie brune dans sa vie lui avait apporté divers bouleversements, aussi bons que mauvais. Aujourd’hui, il se sentait pris au piège. Aujourd’hui, il était mis devant le fait accompli de nouveau. Aujourd’hui, il lui fallait faire un choix. Aujourd’hui, il était dans l’académie de police. Aujourd’hui, il ne s’agissait plus de mentir pour protéger, mais de mentir et de risquer sa carrière. « Ce dossier m’est venu récemment sur mon bureau, » que lui explique Campbell. Nouveau dans les locaux et en ville, on lui avait sans doute refilé le dossier empoisonné et sans issue. « En l’étudiant, j’ai voulu revoir les choses avec vous et entendre votre version de mes propres oreilles. Pas la version de mes propres collègues. » Compréhensible sans doute. Même si la version de ses collègues ne pouvait vraiment différer de la sienne. Il écoute attentivement et attend patiemment que le lieutenant lui pose les questions auxquelles il a besoin de réponses – se laissant le temps de choisir ses mots avec soins. Se laissant le temps de choisir quel homme il voulait être. « Je sais que ça peut être très difficile pour vous de ressasser cette histoire mais dès qu’on aura mis la main sur votre agresseur, ça sera une autre histoire, et vous pourrez dormir en paix. » Comment savait-il qu’il dormait mal ? Comment savait-il qu’il accumulait les cauchemars ? C’était sans doute naturel, suite à une agression. Et Campbell était lieutenant, aussi en avait-il vu d’autres avant lui. C’était difficile de repenser à ce jour. C’était difficile de repenser à cette folie. C’était difficile de repenser à ce regard, rempli de haine, de colère, de douleur. C’était difficile de repenser à cette peur qui lui avait vrillé le ventre. Cette peur qui n’était pas pour lui. Mais pour Mia. Et Lily. C’était difficile de se rappeler l’image de sa fille devenant orpheline. C’était difficile de se rappeler le visage de Mia, perdue et forcée de suivre son bourreau pendant qu’il se vidait de son sang.

Mais il se pince les lèvres doucement, et il attend encore. Retrouver son agresseur ? Si seulement… il espérait secrètement le retrouver, Lui. Il espérait secrètement pouvoir affronter son pire cauchemar. Il espérait secrètement lui faire face, lui infliger cette même peur, lui infliger ce même traumatisme. Qu’il en soit capable ou pas, ce n’était pas la question à l’heure actuelle. A l’heure actuelle, Derek ne pensait qu’à la confrontation. La vengeance. Mais il ne pouvait décemment pas en parler à Campbell. Ni à qui que ce soit. Pas même à Mia. Pas même à Otto ou Nate. « Racontez-moi ! Peut-être qu’un autre élément qui pourrait nous aider vous reviendra en mémoire ? Il n’y en a pas un qui vous est revenu en mémoire après tous ces mois ? » Il prend une grande inspiration, naturellement puisqu’il doit replonger dans ce cauchemar une nouvelle fois. « Pour dire la vérité, j’ai surtout fait mon possible pour oublier et avancer, » qu’il répond sincèrement. Ce n’est pas un mensonge. Oui. On peut détourner la vérité. Oui, on peut omettre de dire la vérité, sans forcément mentir. « Comme j’ai pu le dire à vos collègues, tout s’est passé si vite… » qu’il continue en essayant de se remémorer, paradoxalement en essayant de ne pas y penser. « Nous sommes rentrés, ma compagne et moi, à la maison et je suis monté à l’étage pour récupérer quelques affaires comme nous restions dormir chez des amis pour le week-end, » qu’il ne ment pas, mais qu’il ne dit pas la vérité. « quand je suis redescendu, je me suis retrouvé avec une arme pointée sur la tempe, » qu’il répète son scénario. Pas faux, mais pas vrai. Il avait une arme sur la tempe. Il ne voyait pas le visage de son agresseur, mais il savait parfaitement de qui il s’agissait. « La nuit commençait à tomber, et il faisait très sombre, » qu’il enchaîne. « Honteusement, je dois avouer que mon regard était focalisé sur l’arme, pas sur l’homme, » qu’il conclut d’un air désolé et fataliste.

« Vous êtes infirmier, c'est ça ? » Il respire un peu mieux. Passé cette étape, il se dit que le plus dur est fait. Mais il ne sait pas s’il a réussi à berner le lieutenant. Ils ont le chic pour vous faire dire des choses sans que vous vous en rendiez compte, aussi reste-t-il sur ses gardes et se concentre. « Je l’étais jusqu’à il y a une quinzaine de jours. Je fais partie de vos locaux maintenant, » qu’il lui apprend avec un léger sourire. « Enfin, j’ai réussi les tests. Je suis en formation. Un rookie blue, comme vous nous appelez communément, » qu’il plaisante de ce surnom tellement répandu. Il en est fier à vrai dire. « Reconversion professionnelle, » qu’il justifie. « Est-il possible que vous ayez énervé quelqu'un dans votre entourage ? » Derek, énervé quelqu’un ? Derek ? Derek était un homme sans histoire. Derek était un gentleman. Derek était veuf. Derek débarquait de Chicago. Derek n’était pas le genre de personnes que l’on détestait. Jamais au point de vouloir lui faire du mal. Excepté le mari de sa compagne. « Vous pourriez interroger chaque membre de ma famille ou mes amis, même mes anciens collègues, lieutenant… je suis persuadé qu’ils vous répondront tous la même chose. Je suis un homme sans histoire. Je ne suis pas parfait, et on ne peut pas plaire à tout le monde, mais… sincèrement, je ne connais personne susceptible de vouloir me cribler de balles, » qu’il conclut doucement. Sauf Raphaël Grimes.

Et il revenait chaque soir pour achever le travail.

« Est-ce qu’il y a eu une avancée dans l’affaire depuis des mois que je n’ai pas eu de nouvelle ? Ou est-ce que vous reprenez tout depuis le début ? » qu’il s’intéresse malgré tout.


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Team Esméralda
Morgan Campbell
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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Lun 23 Oct - 19:13






Derek Bullock - Morgan Campbell
“ La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! ”

Ce n’était pas parce que son interlocuteur refusait une boisson chaude que Morgan allait s’en priver. Il avait besoin de sa dose de caféine. C’était un réflexe, une habitude... ou tout simplement une drogue. Comme un fumeur qui avait besoin de sentir une cigarette entre ses doigts, lui avait besoin de sentir une tasse de café au creux de sa main. Tout en préparant sa boisson, il alla alors droit au but en ce qui concernait cette convocation : Morgan voulait tout savoir de sa propre bouche. Oui, de répéter son histoire pouvait être agaçant... mais qui savait après tout ce temps, il se souvenait d’un nouvel élément ou bien, qui savait si Morgan décélérait de quelque chose qui lui paresserait très louche. Il fallait qu’il entende lui-même les choses et fasse son propre avis, voilà tout.

Son café en main, Morgan écouta alors attentivement le récit de ce très cher Derek. Ce dernier avouait même qu’il avait fait son possible pour oublier et avancer... C’était assez difficile à croire, en réalité. Certes, ça se comprenait très bien qu’il voulait passer à autre chose, évoluer, c’était tout en son honneur. Mais son intuition lui disait toujours que ça cachait quelque chose. L’être humain était du genre à avoir de réponses. Aux yeux de Morgan, on ne pouvait pas se faire tirer dessus sans chercher à connaître le coupable ou savoir au moins pourquoi... Pourquoi autant de haine ? Ce n’était pas possible autrement. On ne s’amusait pas avec la vie comme ça tout en le prenant très bien, n’est-ce pas ? Selon son histoire, Derek rentrait chez lui avec sa compagne et s’était fait agresser là avec une arme sur la tempe. Il n’avait alors vu son agresseur et ne s’était pas focalisé sur lui. Il s’en excusait même.

- Avait-il dit quelque chose ? Il n’y a pas une parole qui vous revient à l’esprit ? questionna-t-il curieux pour l’aider à se remémorer. Peut-être avait-il un tatouage sur sa main ou sur son bras ? s’imaginait-il. Ou peut-être une autre marque caractéristique ? Une cicatrice ? Tout peut être utile.

Oui. Morgan avait de l’imagination mais ça pouvait être un élément très important. C’était bien le genre de truc qu’on remarquait, non ? Même s’il faisait très sombre... Même de savoir qu’il pouvait porter des gants pouvait paraître anodin mais était un élément important. Ca pouvait en dire long sur la personnalité de l’agresseur. Enfin, déjà, le fait de savoir qu’il avait criblé de balles sa victime en disait beaucoup. Personne ne se réveillait un jour en se disant qu’il allait dégommer comme ça sans une raison apparente, en n’ayant pas un compte à rendre avec la ladite victime.

Si la victime avait été infirmier au moment des faits, désormais, il ne l’était plus. « En reconversion professionnelle », disait-il. Et pour une reconversion professionnelle, ce n’était pas du n’importe quoi. Ca aurait pu être pompier comme paysagiste, n’importe quoi dans le style mais ce n’était pas le cas. En fait, c’était plutôt drôle les raisons qui pouvaient pousser un individu de choisir un métier, une voie particulière. Chaque raison pouvait définir la voie empruntée, bonne ou mauvaise. Si c’était lié à cet incident qui avait un impact,... pour Morgan, lui, c’était lorsqu’il avait appris que sa vie avait été un mensonge qui l’avait poussé à se diriger vers le droit. Il aurait pu devenir avocat, juge, huissier ou autre, il y avait tant de métiers variés dans ce domaine... En tout cas, Morgan espérait dans le fond que cette reconversion était pour une bonne raison et non pour une vengeance personnelle parce que ce n’était pas une bonne idée. Etre infirmier ou policier : l’un des buts communs entre les deux était de venir en aide aux personnes. Et d’ailleurs, pas besoin de devenir flic pour se venger. Après tout, posséder une arme de manière légale était un droit dans ce pays... et il y avait mille et une façons de tuer quelqu’un.

- C’est un sacré changement ! remarquait-il donc.

Peut-être que ce changement était tout simplement noble et qu’il n’y avait rien derrière. Peut-être que Morgan se faisait des idées mais il ne pouvait le négliger ou ne pas y penser... D’autant plus qu’il ignorait qui aurait pu se venger sur lui. Enfin, selon ses propos... et sa manière de le dire était plutôt drôle. « Allez vérifier. Ils diraient tous la même chose ! ». Oh, Morgan serait bien tenté d’aller tous les interroger pour vérifier. Il en était même capable.

- Alors dans ce cas, ça serait un fou furieux ? D’après vous ? demandait-il dans le vide pour voir la réaction de ce type et sa capacité à répondre à ça.

Après tout, il devenait flic. Il fallait savoir poser les bonnes questions et avoir suffisamment de jugeote. Morgan pouvait le croire s’il était du style sans histoire. Il semblait être quelqu’un de posé mais... Mais il y avait un truc qui le tiquait vraiment.

- Je vous avoue que votre affaire est une impasse
, déclara-t-il. Du moins, du point de vue matériel...

En disant cela, encore une fois, c’était calculé car Morgan analysait ses réactions, son regard, ses gestes. Intérieurement, il s’était déjà fait une idée.

- Et vous savez autant que moi qu'avec peu d'informations, on ne peut pas aller bien loin, enchaînait-il.

Il ignorait si Derek voyait où il voulait en venir et sous-entendait.

- J'imagine que vous avez appris lors de votre cursus ce qu'est une obstruction de la justice !

Le choix de ces mots n'était pas un hasard, et tout était entre les mains de Derek.

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Team Belle
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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Jeu 2 Nov - 15:30


Depuis qu’il avait commencé sa formation quelques jours plus tôt, certains aspects de sa vie et sa personnalité semblaient se découvrir une nouvelle facette. Il apprenait la minutie. Il apprenait la justice. Il apprenait le maniement des armes. Il apprenait l’auto-défense. Il apprenait la patience. Il apprenait l’observation. Il apprenait le décryptage du comportement humain. Il apprenait la finesse. Il apprenait la discrétion. Il apprenait les aléas comme les bienfaits de la loi. Il était loin d’être capable de devenir lieutenant, commissaire ou encore capitaine, mais il respectait ses supérieurs au-delà ce qu’il aurait pu imaginer. C’était un sacré boulot que de se lever tous les matins avec les horreurs qu’ils côtoyaient chaque jour. C’était un sacré boulot que de rentrer tard le soir après une journée éreintante, choquante et bouleversante. Bien sûr, certaines journées étaient plus calmes et plus banales que d’autres. Mais en à peine quinze jours, Derek avait suffisamment été témoin de scènes inquiétantes et stupéfiantes pour comprendre que cette fois il ne jouait plus et ne prétendait plus – il était dedans. A 100 %. Aussi comprenait-il facilement la frustration. Aussi comprenait-il facilement le désarroi. Aussi comprenait-il facilement le doute et le soupçon. « Avait-il dit quelque chose ? Il n’y a pas une parole qui vous revient à l’esprit ? » Oh, Raphaël avait dit tout un tas de choses. Tout un tas de conneries. Oh, Raphaël avait parlé. Insulté. Engueulé. Malmené. Menacé. « Peut-être avait-il un tatouage sur sa main ou sur son bras ? Ou peut-être une autre marque caractéristique ? Une cicatrice ? Tout peut être utile. » Il n’avait pas remarqué de tatouage – mais cela ne voulait absolument pas dire qu’il ignorait s’il en avait un. L’odeur de l’alcool serait sans doute un point important à soulever. La bibine à vous décrocher la mâchoire. La bibine à vous donner envie de gerber. Ah, ça oui, Raphaël était un amoureux de la bouteille. « Je ne peux pas évoquer de signes distinctifs particuliers, » qu’il répond en grimaçant l’air désolé, « mais je me souviens d’une forte odeur d’alcool. Du whiskey, sans doute. Je ne suis pas quelqu’un qui boit beaucoup moi-même, je ne pourrais pas assurer que c’était ça, » qu’il s’excuse du peu d’informations qu’il peut donner. Qu’il veut donner. A cet instant, il ne pense qu’à Mia. A cet instant, il ne pense qu’à la femme qu’il aime. A cet instant, il ne pense qu’à la protéger. « C’est un sacré changement ! » que le détective lui fait remarquer quant à sa reconversion professionnelle. Pour un changement, c’en était un en effet. Il avait appris la patience à l’Hôpital. Il avait appris la force mentale et le courage. Il avait appris un certain nombres de choses au cours de son expérience en tant qu’infirmer – des choses qui lui étaient utiles dans cette formation de flic, et qui lui permettaient d’avancer sans doute plus facilement et rapidement que d’autre bleus avec lui. « C’est sans doute le seul point positif de mon agression. On ne ressort jamais véritablement indemne de ce genre d’attaque… ça a changé ma vision des choses, de la vie, et j’ai eu un besoin de renouveau. De changement, » qu’il explique naturellement au policier. Il espère que cette vérité cachera tous les possibles mensonges ou omissions qu’il ose lui donner. « Je vous avoue que votre affaire est une impasse. Du moins, du point de vue matériel... » Il le savait. Il en avait conscience. Il avait également conscience que, même s’il osait parler maintenant, il perdrait sa chance de terminer cette formation et devenir un vrai flic, comme il perdrait Mia. Comme il perdrait peut-être Lily ? L’idée lui était insupportable. Il avait trop attendu pour vendre Raphaël. Il avait trop attendu pour oser le pointer du doigt maintenant. Pourtant, diable qu’il en avait envie. « Et vous savez autant que moi qu'avec peu d'informations, on ne peut pas aller bien loin, » qu’enchaîne Campbell. Ce dernier l’observe et le regard de façon intense, comme s’il essayait de le sonder et de lire dans ses pensées. Comme s’il percevait ses doutes et ses interrogations mentales. Comme s’il lisait en lui comme dans un livre ouvert. Derek ne baisse pas le regard cependant. Il ne cligne pas des yeux. Ne se dérobe pas. Il parvient à rester neutre. « J'imagine que vous avez appris lors de votre cursus ce qu'est une obstruction de la justice ! » Il fronce les sourcils, l’air surpris par ses paroles quelques peu menaçantes. Non. Pas menaçantes. Le flic n’essayait pas de le mettre au pied du mur et de le mettre mal à l’aise, mais bien de lui faire comprendre qu’il avait là une chance de tout dire, de tout déballer, de faire sortir la vérité. D’être libre. « Écoutez… je suis sincèrement désolé du peu d’informations que je peux vous donner, » qu’il répète néanmoins sur un ton neutre. « J’aimerais vraiment pouvoir en dire davantage, croyez-moi… il n’y a pas un jour où je n’y pense pas, où je n’en rêve pas, » qu’il lui raconte. « Il n’y a pas plus désireux que moi de le voir derrière les barreaux et hors d’état de nuire, » qu’il continue légèrement mélodramatique mais sincère. « Mais au risque de me répéter, je n’ai que trop peu de choses à vous donner : il étant plutôt grand, mais plus que moi – peut-être 1m80. Il devait être brun, car je n’ai vu aucun reflet quelconque. Il avait une voix très grave, comme s’il fumait beaucoup, une voix particulière… je la reconnaitrais entre toutes. Et cette odeur d’alcool… » qu’il conclut simplement. « Tout ce qu’il a dit était que je ne devais pas faire de gestes brusques, sinon il s’en prendrait à ma compagne… et vice et versa, » qu’il lui raconte yeux dans les yeux. Ce n’était pas entièrement faux. Il avait répondu aux questions, en disant une vérité tout en en cachant d’autres. Ainsi, il ne trahissait personne.

Personne, sauf lui-même.


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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Mar 14 Nov - 17:33






Derek Bullock - Morgan Campbell
“ La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! ”

Evidement, Morgan n’était pas du tout là pour enfoncer. Non. Il était là pour aider. S’il avait choisi ce métier, c’était parce que personne ne méritait d’être une victime. Lui-même refusait l’idée d’avoir été une « victime » toute sa vie suite à son kidnapping mais ça, il l’avait ignoré durant toutes ces années d’enfance. Pendant longtemps, il avait cru à une vie normale – comme tout le monde – à Philadelphie avec deux parents. La justice avait été faite. Morgan avait fini par découvrir sa véritable identité après tant d’années de recherche. C’étaient des années qui avaient, certes, abouti à un résultat, mais elles avaient été gâchées. C’était une victoire qui pouvait laisser un goût amer. Il pouvait se dire qu’il aurait pu vivre et grandir avec sa vraie famille au lieu d’avoir vécu loin d’eux. Enfin, c’était son histoire. Son propre vécu. C’était une chose dont il ne souhaitait à personne... et c’était une raison qui l’avait poussé à être ce qu’il était, aujourd’hui.

S’il était là pour rendre service et résoudre cette affaire, Derek ne l’aidait pas du tout, mais vraiment pas du tout. Le fait de savoir que ce type pouvait être un buveur de Whisky ou de café, ce n’était pas forcément l’information du siècle. Cette histoire était une impasse. Morgan estimait que cet homme face à lui n’était pas stupide pour savoir qu’avec ce peu d’informations, cela allait aboutir à quelque chose, excepté si la police se serait retrouvée chanceuse en ayant dans leur fichier balistique la balle utilisée pour blesser Derek... Enfin ils auraient pu savoir si cette arme avait été mêlée dans une autre affaire. Avoir l’arme et l’identité du propriétaire de l’arme étaient encore autre chose et un niveau supérieur. Bref, cela, pour ces détails, ils n’avaient rien. Strictement rien...

Le scrutant, Morgan ne pouvait s’empêcher de le sonder du regard. Derek ne cillait pas, gardait un ton neutre et s’accrochait à sa version de l’histoire. Il ne révélait que des détails sur la personne mais c’était comme chercher une aiguille dans une meute de foin. Combien fumait dans cette ville ? Combien buvait ? Combien en était alcoolisé ? Combien, d’ailleurs, possédait une arme ?  Encore mieux : combien possédait une arme de manière légale ? C’était totalement du délire ! Morgan avait pris tout de même quelques notes de ce que Derek lui révélait et son petit doigt lui disait toujours qu’ l ne lui disait pas tout. Pourtant, Derek ne lui paraissait pas du tout être un mauvais bougre mais... il y avait toujours un mais. En lui demandant ce qu’était une obstruction de justice, Morgan poussait déjà une porte pour voir comment Derek réagissait, en plus de tendre une perche. Il avait encore le moyen de lui parler, de tout lui dire... En vain.

- Hum. Je vois ! dit-il seulement.

Puisqu’en poussant cette première porte, Morgan n’aboutissait à rien, il allait devoir passer au niveau supérieur... Il n’avait rien à perdre à tenter.

- Hum. Je récapitule votre histoire. Un individu traine chez vous... Sans rien voler. Il est là et vous met une arme à la tempe. Il vous menace... Vous. Au risque de s’en prendre à votre petite amie si vous ne coopérez pas... et il vous blesse vous, en vous laissant pour mort ! résumait-il.

C’était la vision qu’il pouvait percevoir de l’extérieur. Cette histoire pouvait laisser perplexe l’air de rien, n’est-ce pas ? Le flic n’était pas sur les lieux, n’était pas là au moment des faits... Mais il avait des faits sous les yeux. Il avait quelques éléments par la balistique, le témoignage... et c’était à lui de faire le puzzle. C’était son job.

- Personnellement, je n’irai pas chez une personne avec une arme et ensuite la laisser pour morte sans raisons, du moins sans raisons personnelles, conclut-il, guettant à la réaction de Derek. Il s'agit de votre conscience. Si vous m'avez tout dit, tant mieux pour vous... Sinon dans le cas contraire, j'espère ne pas le découvrir par moi-même, en vous découvrant avec du sang sur les mains. Ca serait idiot de vous arrêter vous... D'autant plus, autant faire une reconversion professionnelle, autant que ce soit pour de bonnes raisons.

Il n’y avait que Derek, ici présent, qui pouvait lui dire qu’il faisait fausse route.

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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Jeu 23 Nov - 12:27


« Hum. Je récapitule votre histoire. Un individu traine chez vous... Sans rien voler. Il est là et vous met une arme à la tempe. Il vous menace... Vous. Au risque de s’en prendre à votre petite amie si vous ne coopérez pas... et il vous blesse vous, en vous laissant pour mort ! » Ouais. C’était une façon de voir les choses. C’était la seule façon de voir les choses. Et vu comme ça, ça sonnait creux. Et vu comme ça, ça sonnait faux. Il ne montre rien, mais il déglutit. Il ne connait pas le lieutenant, mais il comprend à cet instant que ce n’est pas un homme – et encore moins un flic – avec qui il faut merder et plaisanter. Il ne le connait pas, mais il comprend à cet instant que ce n’est pas un débutant et encore moins le genre de flic à abandonner aux moindres obstacles. Le genre de flic qui creuse. Le genre de flic qui rend justice. Le genre de flic qui persiste jusqu’à trouver satisfaction. Et à cet instant, il se dit qu’il aurait peut-être dû dire la vérité. Qu’il aurait peut-être dû se fier à son instinct. Qu’il aurait peut-être dû se libérer d’un poids. « Personnellement, je n’irai pas chez une personne avec une arme et ensuite la laisser pour morte sans raisons, du moins sans raisons personnelles, » qu’il enchaîne et qu’il rend le témoignage de Derek plus ridicule et absurde encore. L’ancien infirmier sent l’étau qui se resserre autour de lui et il mentirait s’il osait dire qu’il n’a pas peur à cet instant. La peur semble faire partie de sa vie depuis quelques mois, et ne semble pas décidée à en sortir. « Il s'agit de votre conscience. Si vous m'avez tout dit, tant mieux pour vous... Sinon dans le cas contraire, j'espère ne pas le découvrir par moi-même, en vous découvrant avec du sang sur les mains. Ça serait idiot de vous arrêter vous... D'autant plus, autant faire une reconversion professionnelle, autant que ce soit pour de bonnes raisons. » Et bam, un coup droit. Et bam, un coup gauche. Le lieutenant magnait les mots aussi parfaitement qu’il devait magner son arme. Sans se démonter, physiquement du moins car intérieurement c’était le chaos, Derek lui adresse un signe de tête courtois. « Je ne sais pas ce qui vous fait croire que j’ai du sang sur les mains, Lieutenant… je n’avais jamais utilisé d’arme avant il y a quinze jours. Je n’ai jamais frappé qui que ce soit de ma vie, » qu’il explique en se relevant car c’est la fin de leur « entretien ». « J’ai changé mon orientation professionnelle car il est hors de question que je revive un jour ce que j’ai vécu, que je me sente inférieur, que je me sente démuni, que je me sente faible et sans défense. Et qu’il me semble juste d’aider ceux et celles qui pourraient être dans le même besoin, » qu’il lui dit simplement avant de le saluer et de quitter le bureau. Il ignore si la vérité sortira un jour, et il ignore s’il en paiera le prix cher. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il est à sa place. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il se sent utile et qu’il aime ce qu’il devient ici. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il n’apprend pas simplement un nouveau métier, mais il apprend à faire la paix avec lui-même.

« Agent Bullock, le lieutenant Campbell a demandé – ou exigé – de vous avoir à ses côtés aujourd’hui. Il est de nature courante qu’un lieutenant ou un détective requiert l’aide et l’assistance d’une nouvelle recrue – histoire de vous mettre dans le bain, de tester vos performances et votre savoir-faire. Il est temps pour vous d’affronter la jungle, » que lui annonce un beau matin le capitaine. Affronter la jungle, soit être confronté au vrai crime. A la dure réalité. Cela fait bien quasiment quinze jours que Derek et le lieutenant se sont parlés, et s’ils se sont croisés et ont échangé quelques mots par-ci, par-là, aucun n’est revenu sur leur conversation. Aujourd’hui, se retrouver à ses côtés pour apprendre et devenir le flic qu’il souhaite devenir allait être aussi effrayant que fascinant. Il n’était pas certain de pouvoir se laisser aller à être lui-même avec le lieutenant. En partie parce qu’il semblait être capable de lire les gens comme on lisait un livre, et en partie parce qu’il craignait de trop se dévoiler. Il ne pouvait cependant pas refuser un ordre de son capitaine et n’avait pas d’autre choix que d’accepter et d’obéir. Il retrouva donc le lieutenant à son bureau, qui enfilait un gilet par balles et mettait en place son holster et son arme. « Lieutenant, » qu’il annonce sa présence simplement, ce dernier lui pointant du doigt un autre gilet par balles. Sans poser de questions, il défait sa chemise pour imiter son supérieur, tout en se demandant ce qui les attendait. Excitation. Peur. Adrénaline. Bienvenue dans le monde réel de la police, Derek.


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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Jeu 30 Nov - 19:17






Derek Bullock - Morgan Campbell
“ La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! ”

Ce qu’il avait horreur, c’était qu’on le prenne pour un con. Morgan était peut-être monté en grade récemment mais il n’était pas stupide. Avec les éléments qu’il avait sous la main, il résuma alors les faits tout en les interprétant à sa manière. En réalité, il n’y avait qu’une seule interprétation possible et c’était clair dans sa tête. Tout ne tenait pas debout... Il n’y avait que Derek, lui seul pour le moment, qui pouvait éclairer sa lanterne. Ca, Morgan en mettait sa main à couper. Il y avait des choses dont Derek ne disait point. Pourquoi ? Par peur ? Pour protéger quelqu’un ? Dans ce cas, qu’on le laisse faire son travail. Derek devait lui faire confiance pour ça. Cela dit, oui, Derek avait probablement ses raisons de se taire... Morgan n’aimait pas ça. Oh oui qu’il n’aimait pas ça. De ce fait, il ne put s’empêcher de le mettre en garde. Si ses doutes se confirmaient, si Derek faisait cette reconversion professionnelle pour en faire une affaire personnelle, Morgan n’allait pas le louper. Face à lui, Derek continuait sur la même voie. Il ne faisait rien de mal, il avait la conscience tranquille et faisait cette reconversion pour aider les gens dans le besoin et éviter que d’autres vivent ce qu’il avait pu vivre. C’était tout en son honneur. Vraiment. Et Morgan ne pouvait que le féliciter et le soutenir pour ça. Il en fallait des hommes bons comme ça, ambitieux, avec des convictions... Mais il ne pouvait s’empêcher d’être déçu de cette entrevue. Oui, il était déçu. A part de le mettre en garde, Morgan n’avait pas réussi à récolter une information supplémentaire qui l’aiderait à avancer dans cette enquête. Cela dit, il espérait que Derek change d’avis et puisse revenir sur sa décision. C’était sa dernière chance. Il fallait sans aucun doute qu’il gagne sa confiance pour que ce bleu se dévoile.

Une quinzaine de jours passèrent, et aucun signe de la part de ce bleu. Plutôt, Morgan le croisait au sein du commissariat, évidemment, mais il semblerait, vu les jours passant, qu’il n’aurait pas le retournement de situation attendu. Néanmoins, ce n’était pas pour autant que le lieutenant de Police allait abandonner. Ce n’était absolument pas son style. Que devait-il faire ? Peut-être devait-il l’embarquer lors d’une prochaine intervention ? Chercher à le titiller à l’occasion ? L’occasion en or se présentait en ce jour avec une prise d’otage dans un appartement. Un voisin aurait vu sa voisine rentrer chez elle avec un inconnu qui pointait une arme sur elle.

Dans son bureau, Morgan enfilait son gilet par balle, puis se préoccupa de son pistolet de service qu’il inséra par la suite dans son holster. Au même moment, le petit nouveau fit son apparition.

- Bullock. Je vous laisse récupérer le gilet par balle. Nous partons en intervention et nous n’avons aucune minute à perdre.

Non, le Lieutenant de Police ne le laissait pas une minute à perdre... Qu’il puisse mettre ce gilet dans la voiture, qu’importait, et qu’importait si Derek était stressé ou non mais il fallait qu’ils y aillent. Morgan espérait seulement qu'il soit à la hauteur.

Désormais en voiture, le Lieutenant Campbell mit le gyrophare en route en direction de l’adresse donnée, prêt à intervenir. Arrivant sur les lieux, le voisin qui avait appelé leur indiquait le numéro de l’appartement et l’étage. Apparemment, il n’avait pas revu le suspect ressortir. Suivi par d’autres policiers, il monta les escaliers presque une marche sur deux, puis rapidement, arrivait devant la bonne porte. Soit les flics signalaient leur présence au risque qu’ils tuent leur otage ou bien, fallait-il jouer sur l’effet de surprise ? C’était à double tranchant. Sans crier gare, il donna un coup de pied dans la porte, celle-ci vola en éclat.

- Police !

Chacun s’infiltra dans l’appartement, chacun leur tour, en pointant leur arme de service devant eux. Pour le moment, Morgan avait personne en vue.

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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Sam 9 Déc - 15:52


Depuis plusieurs semaines maintenant qu’il patrouillait aux côtés de ses supérieurs, il découvrait un nouveau monde. Il découvrait la peur constante. Il découvrait que cette peur, elle ne le quitterait sans doute jamais. Il découvrait que cette peur, il lui fallait l’accepter et la dompter. Il découvrait que le risque faisait partie de sa vie à présent, non-stop. Il découvrait le courage de ces héros en uniforme, dont il ignorait absolument tout à l’époque où il était infirmier. Il découvrait que le courage, ce n’était pas d’avoir peur, mais de ne pas la laisser gagner. Quoiqu’il arrive. Il découvrait qu’un petit vol à l’étalage pouvait vite dégénérer, quand on gérait la situation comme si de rien n’était, comme si ce n’était pas grave, comme si ce n’était pas important. Il découvrait qu’une prise d’otages pouvait fort bien être un malentendu. Il découvrait qu’il ne fallait jamais se fier aux apparences. Qu’il fallait observer, constamment. Qu’il fallait apprendre, constamment. Et il découvrait qu’il aimait énormément cette nouvelle vie, ces nouvelles perspectives. C’était comme s’il réalisait qu’avant ces chamboulements dans sa vie, celle-ci était plutôt morne, banale et sans réel goût pour l’aventure. C’est comme s’il s’était réveillé d’un long rêve paisible et serein, pour nager dans des eaux troubles mais tellement fascinantes et excitantes. « Bullock. Je vous laisse récupérer le gilet par balle. Nous partons en intervention et nous n’avons aucune minute à perdre. » L’ordre était simple, clair, net et précis. Et il n’allait pas ronchonner, râler ou ralentir la cadence sous prétexte qu’il n’avait pas l’habitude de partir ainsi en mission. Comme tout bleu qui se respectait, il se devait d’être à l’écoute, attentif et efficace. Bien sûr, comme tout bleu qui se respectait, on ne pouvait pas attendre de lui la perfection et le sans faute. L’erreur était humaine, disait-on, mais l’erreur pouvait être fatale selon le métier que l’on faisait. Aussi s’efforce-t-il de se calmer, de calmer sa peur, ses doutes et ses appréhensions. Il respire calmement et enfile le gilet qui le protégera au moindre chaos – si petit, si fin, si peu de choses finalement entre lui et la mort. Chaque personne présente est concentrée, focalisée, déterminée. Chaque personne présente sait pourquoi elle est là, et ce que l’on attend d’elle. Derek n’a pas besoin de poser de question, on lui a dit de suivre les pas du lieutenant, d’apprendre et d’encaisser – aussi apprend-il et encaisse-t-il. Arme à la main, il a la sensation d’être un James Bond des temps modernes, mais avec beaucoup de lacunes. Arme à la main, il n’est pas encore habitué à s’en servir et à dégainer au moindre danger. Pourtant, tous sont équipés et tous pointent leurs armes devant eux. Anticiper. Toujours anticiper. Contrôler, toujours contrôler. Si Mia le voyait à cet instant, elle paniquerait sans pouvoir s’en empêcher. Les armes, le danger, ce n’était plus du tout fait pour elle. Heureusement, elle ne risquait pas de le voir en pleine action. Quelques mois auparavant, s’il avait eu le déclic avant le drame, peut-être aurait-elle assisté à cette scène. Peut-être n’aurait-il pas été blessé ? Peut-être n’aurait-elle pas subi un énième choc ? Peut-être que Raphaël Grimes serait définitivement en prison – ou pire, mort. Mais le fait était que l’homme parcourait les rues de LA comme si de rien n’était. Mais le fait est que l’homme fait toujours partie du tableau, quoiqu’il arrive. Qu’il ferait toujours partie du tableau, quoiqu’il arrive. Dure réalité à encaisser pour le jeune flic en herbe. Nul homme ne désire partager la femme de sa vie avec un autre, surtout quand il s’agissait d’un gros psychopathe tel que Raphaël Grimes.

Derek suit le patron et le reste de la troupe. Si les sirènes de la police ne l’ont pas alerté, ils n’ont pas le temps d’attendre d’être découverts. Campbell se décide et n’attend donc pas pour ouvrir la porte d’un coup de pied bien placé, porte qui cède sans hésitation sous l’effet de la violence. Personne en vue quand ils pénètrent les lieux, mais des pleurs se font vite entendre et tous ont l’instinct de se diriger vers eux. La pièce est dans la pénombre et l’on distingue difficilement les personnes qui s’y trouvent. Une femme recroquevillée au sol, se cachant le visage en essayant d’échapper à l’arme pointée sur elle. un enfant sous elle, qui semble tétanisé, au point de ne plus pouvoir bouger. Et un homme, à la carrure imposante. Et un homme, à l’odeur nauséabonde. Et un homme qui pourrait rappeler des souvenirs douloureux à Derek. Sauf que la situation n’est pas du tout la même que la sienne. Sauf que l’homme n’est pas Raphaël et il le sait. Il le sait car, même s’il le traite de psychopathe, l’ex de Mia ne tue pas par plaisir et ne tue pas pour tuer. C’était Derek qu’il voulait, personne d’autre. C’était Mia qu’il voulait, et personne d’autre. Aussi ne tremble-t-il pas, aussi ne flanche-t-il pas. Aussi ne se rend-il pas compte que Campbell l’observe du coin de l’œil, observe chaque mouvement, chaque expression, chaque posture, chaque élément le concernant. « Baissez votre arme, » qu’ose demander Derek l’arme au poing et le regard fixé sur l’agresseur. « Vous êtes encerclé, » qu’il prévient doucement l’homme. « Baissez votre arme, » qu’il réitère sa demande. L’homme hésite, l’homme ferme les yeux, l’homme est déçu. De ne pas pouvoir mener à bien sa mission. Et l’homme est indécis. L’homme est instable. L’homme est un criminel. L’homme est imprévisible. Derek se tourne quelques instants vers le lieutenant, comme s’il recherchait la solution dans ses prunelles : que faire, que dire ? Et cet espace de quelques secondes, l’homme en profite pour se tourner vers eux.


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