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 La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]

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Morgan Campbell
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DATE D'INSCRIPTION : 07/10/2017
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MessageSujet: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Mer 11 Oct - 12:38






Derek Bullock - Morgan Campbell
“ La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! ”

Vivre à Los Angeles n’était pas la même chose que de vivre à Philadelphie ou à New York. Le climat était très différent. Los Angeles apportait une douce chaleur et c’était loin d’être désagréable... Et ce qui était moins désagréable était que désormais, il connaissait son origine, savait d’où il venait. Etant été kidnappé durant son enfance, tout lui avait été volé. Son enfance, son identité, sa famille... Rien ne pourrait lui rendre tout ça mais il fallait faire malheureusement avec. Mais une chose était sûre : ce qu’il avait vécu lui avait donné sa vocation. Il était fait pour être flic.

Installé à son bureau avec un café, le Lieutenant de Police avait reçu un nouveau dossier qu’il regardait minutieusement... Il s’agissait alors d’une agression par balle, ou plutôt précisément dans le bon jargon, d’une tentative d’homicide. La victime se nommait Derek Bullock. Selon son témoignage, il décrivit en grande ligne sa journée et qu’il ne connaissait absolument pas son agresseur. Cette histoire pouvait paraître un peu louche comme ça mais combien de fous furieux traînaient en ville et qui tiraient sur des gens pour leur bon plaisir ? Il n’y avait rien d’étonnant de nos jours. Parfois, il y avait bel et bien une raison dans ce cas-là pour être amené à tuer quelqu’un. De ces éléments, pour découvrir qui était le tireur, une analyse balistique avait été faite. Résultat ? Il n’y avait rien de concordant avec la base de données. Ce type n’était donc pas connu des services de police... Résumé une situation pareille, c’était le flou total, et ça pouvait être difficile à résoudre l’énigme.

Mais Morgan avait un tour de plus dans son sac. Il n’allait pas laisser tomber tant qu’il n’avait pas tout vu lui-même. Le gars ne pouvait pas blesser délibérément la victime. Peut-être était-ce une connaissance de l’entourage ? Un règlement de compte ? Morgan était prêt à suivre toutes les pistes qui s’offraient à lui. D’abord, qui était Derek Bullock ? Curieux comme il était, il regarda sa profession de base : infirmier. C’était un très beau métier qui généralement n’attirait pas les foudres... Excepté s’il y avait eu une erreur médicale qui avait entraînée la mort de quelqu’un ? Peut-être pas... Qui savait !

En plus, « Bullock, Bullock »... c’était un nom qui lui disait quelque chose. Où il l’avait vu ? En dehors du commissariat ? Ca ne lui disait rien ? Sur un quelconque uniforme ? Peut-être. Morgan n’était pas encore passé à l’hôpital pour voir l’uniforme d’infirmier. Non, c’était un autre uniforme. Le flic qu’il était avait une mémoire visuelle et qui savait si ce Bullock avait une famille, un frère dans la police. Qu’importait ! Morgan regarda où il pouvait joindre ce Derek Bullock pour que ce dernier puisse venir au commissariat au plus vite, histoire de discuter avec lui. Le fait de le rencontrer et de lui parler serait déjà un bon début. Morgan pourra visualiser qui il était et qui savait s’il y avait un élément nouveau dont il pouvait se rappeler. Alors, la magie du coup de fil faisait qu’ils avaient rendez-vous. Au bout du fil, la victime semblait être très ouvert et pouvait passer rapidement. Morgan n’allait pas rechigner là-dessus.

En attendant son rendez-vous, le Lieutenant de Police s’occupa. Ce n’était pas le boulot qui manquait. Puis, une ombre vint à lui à son bureau : son rendez-vous. Morgan lui donna alors son attention.

- Derek Bullock ? Lieutenant Campbell ! se présenta-t-il en lui tendant la main. Merci d’être venu.

Il n’empêche que... quelque chose le frappait évidemment. C’était ce Bullock qu’il avait déjà aperçu de loin. Il était un bleu. Reconversion, donc ? Il y avait donc des choses à mettre au clair. Le Lieutenant l’amena dans la salle de pause... Evidement, il n’était pas un suspect pour le mettre en salle d’interrogatoire lugubre.

- Un café ? proposa-t-il dans la salle de pause.

Parce que lui, il avait besoin de sa dose de café donc il n’allait pas se gêner pour se prendre une boisson chaude.

- Si je vous ai fait venir, comme je vous l’ai dit au téléphone, je suis en charge de votre dossier, lui annonça-t-il. Ce n’est qu’un entretien de routine, rassura-t-il. Je vous ai fait venir pour vous rencontrer d'abord et que personnellement, j’aimerais pouvoir en parler pour éclaircir certains points.

Et il y avait vraiment de quoi là pour avoir sous ses yeux une reconversion professionnelle qui attirait toute son attention. Non, Morgan n’était pas du tout curieux... La curiosité était tout à fait normale pour un flic, n’est-ce pas ?

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Derek Bullock
Admin papa-poule
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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Mer 11 Oct - 18:09


Depuis la mort d’Angie, sa vie semblait prendre des tournants différents à chaque seconde, chaque minute, chaque heure, chaque jour, chaque semaine, chaque mois. Il avait déménagé de Chicago – sa ville natale, cette ville que personne n’aurait jamais cru possible qu’il quitterait un jour. Il l’avait pourtant quittée, sans un regard en arrière et encore moins avec des regrets. Il avait choisi de s’éloigner des souvenirs – bons et mauvais, surtout mauvais – en promettant à sa fille un meilleur avenir. Lily était une petite fille facile à vivre, et si elle semblait être joyeuse, posée et équilibrée, il n’ignorait pas qu’elle avait subi plus de traumatisme dans sa jeune vie que n’importe quel autre enfant – et qu’elle en avait souffert, comme n’importe quel autre être humain. Quoi de plus naturel quand on perdait un parent aussi jeune ? Derek n’avait perdu aucun des siens, mais leurs relations avaient toujours été tendues et délicates – aussi ne ressentait-il aucun manque au fait de ne plus les voir. Lily elle-même ne semblait pas spécialement perturbée de ne plus les avoir dans sa vie, autrement qu’au téléphone. Il ne les empêcherait jamais de voir leur seule et unique petite-fille. Il était peut-être un fils indigne à leurs yeux, mais il n’était pas un monstre sans cœur. Depuis la mort d’Angie, qui avait bouleversé sa vie, il se forçait à se reconstruire. Pour elle, pour leur fille. Depuis la mort d’Angie, il avait vécu tellement de choses. Tellement de chamboulements. Il n’était pas certain qu’une journée entière suffirait à tout lui raconter s’il en avait la possibilité. Il avait emménagé dans une grande maison, qu’il n’avait pas pris le temps de décorer à leur image. Il avait rencontré un certain nombre de personnes et s’était fait un certain nombre d’amis – amis que personne n’aurait jamais cru un jour voir Derek côtoyer. Il avait surtout rencontré Mia. Mia. Qui lui avait ramené le sourire aux lèvres. Qui lui avait fait battre le cœur de nouveau. Qui lui avait fait réaliser qu’il était possible, oui possible, d’aimer plus encore quand lui s’imaginait plus capable de le faire. Mia. Délicate. Fragile. Et forte à la fois. Mia. Dépassée. Perdue. Craintive. Fuyante. Intrigante. Au fil des mois, il avait appris à la connaitre, à la cerner. Au fil des mois, il avait appris à l’aimer. Pour ce qu’elle était. Pour ce qu’elle lui faisait ressentir. Mia. Qui, malgré elle, avait apporté le chaos dans sa vie – aussi bien dans son cœur que dans sa tête. Aussi bien positivement que négativement. Car il n’y avait pas de Mia sans Raphaël. Et il en avait d’autant plus conscience maintenant, depuis qu’elle avait revu son mari, depuis qu’elle avait été ébranlée, déboussolée et paniquée suite à leur conversation. A leur baiser. Oui, Mia rendait sa vie plus explosive, plus difficile et meilleure à la fois. Avec Angie, les choses avaient toujours été simples, droites, organisées. Aucune faille, aucun écart. Avec Mia, ça pouvait être simple, naturel autant que compliqué et surprenant. Il n’était pas certain de comprendre et de savoir comment il parvenait à gérer la situation, car aimer une femme qui semblait l’aimer tout autant, sans pour autant être capable de se détacher de ce mari violent, cela relevait de la folie. Pure. Et pourtant. Il l’aimait. Aussi simplement et bêtement que ça. Et cela définissait sa vie.

Depuis Angie, il était donc habitué aux changements. Et s’il avait adoré son métier d’infirmier, il ne regrettait pas de s’être lancé dans cette formation policière. Devenir flic avait été un rêve d’enfant – comme on rêve d’être un jour astronaute ou architecte. Il n’y avait jamais véritablement réfléchi, et il n’avait jamais envisagé passer les examens pour entrer dans l’école de police. Et voilà qu’il portait l’uniforme. Et voilà qu’il était un bleu. Et voilà qu’il changeait radicalement de voie. Et voilà qu’il avait le sentiment de trouver justement sa place. Il avait été un excellent infirmier – et bon sang que cette expérience enrichissante pouvait lui être d’un excellent secours quand la situation l’exigerait, on le lui avait bien répété depuis qu’il était arrivé dans les locaux. Ils étaient cinq nouveaux, et ils se serraient les coudes, solidaires. Certains flics étaient pète-secs. D’autres étaient plus malléables et plus tolérants. Certains flics leur rendaient la tâche difficile, quand d’autres prenaient le temps de leur expliquer et de les guider. Comme tout un métier, il fallait du temps et de la pédagogie pour apprendre et devenir bon. Cela faisait à peine quinze jours qu’il avait commencés, mais il apprenait déjà de ses erreurs. Il avait l’impression d’avoir progressé comme jamais, et cette sensation de bien-être et de fierté lui avait terriblement manqué. L’appel dans l’après-midi d’un lieutenant de police – dans ces mêmes locaux – l’avait donc tout naturellement un peu déstabilisé. Pour quelles raisons serait-il convoqué ? Pour quelles raisons voudrait-on lui parler ? Lui poser des questions ? Il était nouveau, certes. Quelques petites erreurs avaient été commises, mais il avait déjà appris de celles-ci, et il avait déjà subi quelques discours bien complets et bien corsés. C’était naturel, lui avait-on dit alors. L’erreur est là pour qu’on progresse. On l’avait félicité depuis aussi. Alors pourquoi ? L’idée que cela puisse concerner son agression lui traversé l’esprit, mais cela remontait à des mois à présent et la police s’était bien cantonnée à ses réponses. Il n’y avait pas eu de poursuite. Il n’y avait pas eu de suite. Alors pourquoi maintenant ? Pourtant, Campbell lui avait bien confirmé qu’il s’agissait de son agression.

C’est pourtant le cœur un peu lourd qu’il entre dans le bureau du Lieutenant Campbell. « Derek Bullock ? Lieutenant Campbell ! » qu’il lui serre la main, avec un signe de tête. Il avait terminé sa journée, aussi ne portait-il plus son uniforme mais ses habits de ville – son sac à la main faisant clairement comprendre qu’il était de la maison. « Merci d’être venu. » Il acquiesce en souriant, évitant de dire que de toute façon il ne pouvait pas refuser. Il se donnait le temps de se relaxer et d’être serein – ironie. « Un café ? » « Non, merci. Si j’ose en boire un maintenant, je ne suis pas prêt de dormir, » qu’il rit légèrement. « Et j’avoue volontiers que j’en ai bien besoin », non seulement parce que le rythme est dense et intense, mais également parce que les cauchemars ne le quittent pas toujours. « Si je vous ai fait venir, comme je vous l’ai dit au téléphone, je suis en charge de votre dossier. » Acquiescement. « Ce n’est qu’un entretien de routine. Je vous ai fait venir pour vous rencontrer d'abord et que personnellement, j’aimerais pouvoir en parler pour éclaircir certains points. » Certains points. Certains points. Tels que ? Ah oui, qui lui a tiré dessus sans doute. Les souvenirs lui étaient peut-être revenus depuis le temps. Mentir n’était pas la spécialité de Derek. Il n’était pas à l’aise, surtout quand il s’agissait de la loi. Surtout quand il tentait depuis plusieurs semaines de devenir l’un d’entre eux. « Je dois avouer que je suis plutôt surpris, ça fait des mois que l’on ne m’a pas contacté à ce sujet. Après avoir tout dit à vos collègues, je croyais que cette affaire était close, » qu’il explique d’une voix neutre. « Enfin, on ne m’a pas vraiment tenu au courant, je dois le reconnaitre, » et cela l’avait arrangé. Mia lui avait fait promettre de ne rien dire, de ne pas dénoncer son mari. Il avait accepté, dans le seul et unique but de la protéger, Elle. « Si je peux vous aider en quoique ce soit, » qu’il dit alors en levant les mains, l’air de dire « je suis votre homme ». Vraiment ?
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Morgan Campbell
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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Dim 15 Oct - 11:43






Derek Bullock - Morgan Campbell
“ La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! ”

En convoquant la victime, Morgan pourrait peut-être en apprendre plus. Il aurait peut-être une vision plus claire : soit ils étaient réellement dans une impasse ou soit ça cachait quelque  chose. A part les fous (ou une balle perdue, ce qui n’était pas du tout le cas pour cette situation), personne n’allait s’amuser à tirer sur quelqu’un sans avoir un mobile... Alors, la victime avait de grande chance qu’il connaisse son agresseur et Morgan voulait avoir le cœur net. Il fallait bien qu’il fasse son propre avis sur la question.

Le flic qu’il était était bien content d’avoir Derek Bullock sous la main pour enfin lui poser des questions. Il lui proposa alors du café, naturellement, histoire de ne pas l’agresser directement en le fusillant de questionnements. Il refusa d’abord le café même s’il avouait en avoir bien besoin.

- J’ai de la tisane si vous préférez !

Café ou tisane, qu’importait ! C’était royal, n’est-ce pas ? Même si Morgan ne l’avait pas convoqué pour qu’ils se fassent une boisson chaude, une bière ni une bouffe mais il n’était pas un mauvais bougre. En tout cas, c’était à se demander comment interpréter ses paroles. Après ce genre d’agression, c’était difficile de s’en remettre, psychologiquement. C’était à se demander s’il se faisait suivre par un psychologue... Mais ça, ce n’était pas vraiment le rôle de Morgan. Lui, son rôle, était de retrouver le tireur pour le mettre hors d’état de nuire. S’il avait agressé ce Bullock, il pourrait très bien recommencer ou agresser une autre victime... Si cela devait arriver, la personne n’aurait peut-être pas autant de chance que Derek qui en avait survécu.

Face à lui, ce très cher Bullock était surpris par cette convocation après plusieurs mois de silence radio... On ne lui avait tenu au courant de l’enquête et cela pouvait arriver qu’on laisse dans l’ignorance. En vrai, ce dossier avait été mis de côté car ça piétinait. Il n’y avait aucun élément matériel pour identifier le tireur. Ils n’avaient même pas l’arme du crime. Tout ce que la police avait comme pièces à conviction étaient les balles alors c’était maigre. Très maigre.

- Ce dossier m’est venu récemment sur mon bureau, lui dit-il. En l’étudiant, j’ai voulu revoir les choses avec vous et entendre votre version de mes propres oreilles. Pas la version de mes propres collègues. Je sais que ça peut être très difficile pour vous de ressasser cette histoire mais dès qu’on aura mis la main sur votre agresseur, ça sera une autre histoire, et vous pourrez dormir en paix.

N’était-ce pas son job ? De mettre cet enfoiré entre les mains de la justice pour qu’il se fasse juger ?

- Racontez-moi ! Peut-être qu’un autre élément qui pourrait nous aider vous reviendra en mémoire ? Il n’y en a pas un qui vous est revenu en mémoire après tous ces mois ?

Non, il ne reprenait pas « ses propos ». Et non, il ne fallait pas que la victime se considère comme un suspect mais si on lui cachait quelque chose, Morgan le saura très bien vite.

- Vous êtes infirmier, c'est ça ?

Après ce qu'il avait lu du dossier au moment des faits.

- Est-il possible que vous ayez énervé quelqu'un dans votre entourage ? questionna-t-il, aiguillant alors.

Enfin, c'était sans aucun doute des questions qu'on lui avait déjà posées.

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Derek Bullock
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MessageSujet: Re: La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]   Dim 15 Oct - 22:24


Lorsque Mia lui avait demandé – supplié – de ne rien dire au sujet de Raphaël, il avait accepté pour diverses raisons, raisons qui lui étaient propres. Il avait été interrogé – plusieurs fois – par la police. Il avait répété plusieurs fois la même chose. Il était resté à son histoire, banale, n’évoquant jamais le nom ou le visage de son agresseur. L’importance de l’agression et de ses blessures lui avaient d’ailleurs permis d’être plus crédible qu’en temps normal. Ses souvenirs étaient vagues. Et sa rééducation et son rétablissement avaient été longs, compliqués, douloureux. La police n’était pas revenu le voir, et il avait estimé ou imaginé que l’affaire était close – ou du moins close tant que Raphaël Grimes ne commettait pas d’autres crimes. Que le lieutenant Campbell puisse le convoquer aujourd’hui dans son bureau, pour lui poser de nouvelles questions – ou les mêmes qu’à l’époque – quant à ce jour funeste lui rappelait de bien difficiles souvenirs. « J’ai de la tisane si vous préférez ! » Diable non, il n’était pas fan de boissons chaudes. Il hocha la tête négativement pour répondre à son supérieur. Derek n’était pas un fin menteur. Derek n’était pas un fin manipulateur. Il était droit. Il était juste. Il était franc. Il était simple. Il l’avait toujours été. Jusqu’à ce qu’il croise le chemin de Mia Hemingway. L’arrivée de la jolie brune dans sa vie lui avait apporté divers bouleversements, aussi bons que mauvais. Aujourd’hui, il se sentait pris au piège. Aujourd’hui, il était mis devant le fait accompli de nouveau. Aujourd’hui, il lui fallait faire un choix. Aujourd’hui, il était dans l’académie de police. Aujourd’hui, il ne s’agissait plus de mentir pour protéger, mais de mentir et de risquer sa carrière. « Ce dossier m’est venu récemment sur mon bureau, » que lui explique Campbell. Nouveau dans les locaux et en ville, on lui avait sans doute refilé le dossier empoisonné et sans issue. « En l’étudiant, j’ai voulu revoir les choses avec vous et entendre votre version de mes propres oreilles. Pas la version de mes propres collègues. » Compréhensible sans doute. Même si la version de ses collègues ne pouvait vraiment différer de la sienne. Il écoute attentivement et attend patiemment que le lieutenant lui pose les questions auxquelles il a besoin de réponses – se laissant le temps de choisir ses mots avec soins. Se laissant le temps de choisir quel homme il voulait être. « Je sais que ça peut être très difficile pour vous de ressasser cette histoire mais dès qu’on aura mis la main sur votre agresseur, ça sera une autre histoire, et vous pourrez dormir en paix. » Comment savait-il qu’il dormait mal ? Comment savait-il qu’il accumulait les cauchemars ? C’était sans doute naturel, suite à une agression. Et Campbell était lieutenant, aussi en avait-il vu d’autres avant lui. C’était difficile de repenser à ce jour. C’était difficile de repenser à cette folie. C’était difficile de repenser à ce regard, rempli de haine, de colère, de douleur. C’était difficile de repenser à cette peur qui lui avait vrillé le ventre. Cette peur qui n’était pas pour lui. Mais pour Mia. Et Lily. C’était difficile de se rappeler l’image de sa fille devenant orpheline. C’était difficile de se rappeler le visage de Mia, perdue et forcée de suivre son bourreau pendant qu’il se vidait de son sang.

Mais il se pince les lèvres doucement, et il attend encore. Retrouver son agresseur ? Si seulement… il espérait secrètement le retrouver, Lui. Il espérait secrètement pouvoir affronter son pire cauchemar. Il espérait secrètement lui faire face, lui infliger cette même peur, lui infliger ce même traumatisme. Qu’il en soit capable ou pas, ce n’était pas la question à l’heure actuelle. A l’heure actuelle, Derek ne pensait qu’à la confrontation. La vengeance. Mais il ne pouvait décemment pas en parler à Campbell. Ni à qui que ce soit. Pas même à Mia. Pas même à Otto ou Nate. « Racontez-moi ! Peut-être qu’un autre élément qui pourrait nous aider vous reviendra en mémoire ? Il n’y en a pas un qui vous est revenu en mémoire après tous ces mois ? » Il prend une grande inspiration, naturellement puisqu’il doit replonger dans ce cauchemar une nouvelle fois. « Pour dire la vérité, j’ai surtout fait mon possible pour oublier et avancer, » qu’il répond sincèrement. Ce n’est pas un mensonge. Oui. On peut détourner la vérité. Oui, on peut omettre de dire la vérité, sans forcément mentir. « Comme j’ai pu le dire à vos collègues, tout s’est passé si vite… » qu’il continue en essayant de se remémorer, paradoxalement en essayant de ne pas y penser. « Nous sommes rentrés, ma compagne et moi, à la maison et je suis monté à l’étage pour récupérer quelques affaires comme nous restions dormir chez des amis pour le week-end, » qu’il ne ment pas, mais qu’il ne dit pas la vérité. « quand je suis redescendu, je me suis retrouvé avec une arme pointée sur la tempe, » qu’il répète son scénario. Pas faux, mais pas vrai. Il avait une arme sur la tempe. Il ne voyait pas le visage de son agresseur, mais il savait parfaitement de qui il s’agissait. « La nuit commençait à tomber, et il faisait très sombre, » qu’il enchaîne. « Honteusement, je dois avouer que mon regard était focalisé sur l’arme, pas sur l’homme, » qu’il conclut d’un air désolé et fataliste.

« Vous êtes infirmier, c'est ça ? » Il respire un peu mieux. Passé cette étape, il se dit que le plus dur est fait. Mais il ne sait pas s’il a réussi à berner le lieutenant. Ils ont le chic pour vous faire dire des choses sans que vous vous en rendiez compte, aussi reste-t-il sur ses gardes et se concentre. « Je l’étais jusqu’à il y a une quinzaine de jours. Je fais partie de vos locaux maintenant, » qu’il lui apprend avec un léger sourire. « Enfin, j’ai réussi les tests. Je suis en formation. Un rookie blue, comme vous nous appelez communément, » qu’il plaisante de ce surnom tellement répandu. Il en est fier à vrai dire. « Reconversion professionnelle, » qu’il justifie. « Est-il possible que vous ayez énervé quelqu'un dans votre entourage ? » Derek, énervé quelqu’un ? Derek ? Derek était un homme sans histoire. Derek était un gentleman. Derek était veuf. Derek débarquait de Chicago. Derek n’était pas le genre de personnes que l’on détestait. Jamais au point de vouloir lui faire du mal. Excepté le mari de sa compagne. « Vous pourriez interroger chaque membre de ma famille ou mes amis, même mes anciens collègues, lieutenant… je suis persuadé qu’ils vous répondront tous la même chose. Je suis un homme sans histoire. Je ne suis pas parfait, et on ne peut pas plaire à tout le monde, mais… sincèrement, je ne connais personne susceptible de vouloir me cribler de balles, » qu’il conclut doucement. Sauf Raphaël Grimes.

Et il revenait chaque soir pour achever le travail.

« Est-ce qu’il y a eu une avancée dans l’affaire depuis des mois que je n’ai pas eu de nouvelle ? Ou est-ce que vous reprenez tout depuis le début ? » qu’il s’intéresse malgré tout.


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La vengeance est un plat qui se mange froid... Apparemment ! [Derek]
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