Vice et Versa
 
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 « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥

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Kimia Turner
Admin Shelly ou Georgette ?
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MessageSujet: « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥    Lun 6 Nov - 10:20

Un gémissement suraigu file d’entre mes lèvres. Un mélange entre un dégoût atroce et une peur irraisonnée. Juchée sur l’une des commodes d’Otto, mon regard englobe toute la pièce. « Maman… » je geins une nouvelle fois, totalement pétrie par la terreur. Je suis au bord de la crise de nerfs. Je déteste tellement, tellement, tellement les… « AAAAAH ! » je hurle à plein poumons en voyant jaillir l’araignée de derrière l’une des étagères du salon de mon petit ami. Pourquoi n’était-il pas là d’ailleurs ? Il ne devrait pas tarder à rentrer, il me semble. Toutefois, je refuse une seule seconde de lâcher des yeux l’horrible créature afin de consulter ma montre de peur qu’elle ne s’échappe ailleurs. Les araignées sont des traîtresses qui n’hésitent pas à se faufiler n’importe où dès que nous avons le dos tourné et de jaillir aux moments où nous nous y attendons le moins. Oui, j’avais la phobie des araignées. Une frayeur bien handicapante en tant que jeune fille issue d’Australie et ayant vécu en Nouvelle-Zélande. Je n’avais cependant jamais pu la combattre et même lors de mes voyages, cette idée était restée ma hantise. Je me rappelle difficilement le nombre incalculable de fois où j’ai hurlé le prénom de mon frère dans toute la maison pour qu’il vienne occire la terrible créature qui s’était tapi dans notre logis. Aaron, c’était une force brute qui n’était guère impressionné. Généralement, il ne le tuait même pas. Il s’emparait d’elles pour les ramener dans leur état naturel. Ce fonctionnement me rendait folle. Je me figurais toujours qu’elles finiraient pas revenir d’une manière ou d’une autre. Elles étaient fourbes… Otto avait aussi écopé de cette tâche de nombreuses fois. Je récoltais constamment des mines exaspérées tandis que je tremblais de peur de la tête aux pieds. Jusqu’ici, j’avais toujours eu des valeureux sauveurs pour me venir en aide, mais ce soir, c’était une toute autre affaire.
Une fois n’était pas coutume, j’étais rentrée de mon week-end avec Aaron en me rendant directement chez Otto. C’était devenu ma maison principale, délaissant totalement mon appartement avec Mike. Après tout, ce dernier ne donnait même plus de signes de vie. Cela m’arrangeait d’une certaine manière, mais je n’en restais pas moins frustrée. Il était temps de mettre un terme à toute cette mascarade… Mais ce soir, je ne pensais qu’à mon bonheur de me retrouver dans les bras de l’homme que j’aimais. J’avais besoin de lui raconter ce qu’il s’était passé durant les quelques jours que j’avais passé avec mon frère. Bien entendu, je ne devais pas lui réveler de quoi il en retournait, mais je ne comptais pas rester muette sur le contenu de nos échanges. J’avais avoué à mon frère que mon mariage était annulé pour la simple et bonne raison que je me mettais avec Otto et que nous comptions aller nous installer à Berlin pour un temps. Autant dire que… sa réaction avait été quelque peu spéciale. Je n’avais qu’une hâte : en parler à mon petit ami. De même, ces quelques jours avaient suffi pour que mon homme me manque. Si bien que je m’étais empressée de préparer un bon apéro dinatoire pour nous deux parce que c’était à peu près la seule chose que je ne loupais pas en terme de cuisine. J’avais même mis des bougies pour le côté kitch parce que j’adore ça ! Et surtout, ça donnait une ambiance parfaite pour que nous puissions jouer à cache-cache plus tard ou se raconter des histoires qui font peur nous sommes de vrais gamins. Sauf que je n’avais pas pu mener ma mission à son terme… J’étais en train de verser du vin dans des coupes lorsque mon regard a été happé par le monstre. J’avais poussé un cri tout droit sorti des enfers, lâché la bouteille qui s’était renversé sur la table et qui avait éclaté un verre au passage. Quelques secondes plus tard, je jouais les équilibristes sur l’une des commodes du salon. J’aurai tant aimé que le chien soit au moins là pour m’aider, mais il gambadait tranquillement dans le jardin comme il aimait le faire à cette heure. J’étais seule… jusqu’à ce que…

«  Bouboule !! Minou minou… attaque ! » je m’exclame en voyant débarquer paresseusement mon chat. je suis tellement souvent ici que je l’ai emporté avec moi. Il me semble bien que les chats bouffent les araignées non ? Ou du moins, ils nous débarrassent. C’est pourquoi, je mets tous mes espoirs dans la possibilité que ma boule de poils me viendra en aide. Bouboule dédaigne royalement la créature. «  Allez, Bouboule, tue-là !! » Ma voix devient de plus en plus aiguë. Je perds patience… D’autant plus que je voie le chat se rapprocher dangereusement de l’araignée. Dans mon esprit, tous les scénarios sont possibles. Soit c’est le chat qui bouffe l’araignée, soit c’est l’araignée qui bouffe le chat. Dans les deux cas, c’est atroce. La queue du chat s’agit mollement d’un côté et de l’autre, frôlant fatalement la créature. Cette dernière se met en mouvement dans toutes ses pattes velues. Je pousse un hurlement de terreur, ne cherchant même pas à définir sa trajectoire. Je saute de mon abri de fortune, cours vers la cuisine où j’attrape la première chose qui me tombe sous la main –une planche à découper- et je pars me réfugier dans les méandres de la maison. Mon esprit paniqué ne trouve rien de mieux que partir dans la salle de bain et de me jeter dans la baignoire vide. «  Dieu me punie… » je bredouille. Je serre mon arme dans ma main de toutes mes forces. Après tout, je n’étais qu’une vilaine qui allait briser le cœur d’un homme. Je méritais que le Seigneur m’envoie ses sbires… Mon regard balaye toute la salle de bain des yeux, guettant la présence de la créature. Mais tout ce qui finit par arriver, c’est une silhouette qui passe l’entrebâillement de la porte. «  Ne reste pas là ! Tu es fou ! » je m’écrie en agrippant le bras d’Otto quand il est suffisamment proche de moi. Je le force à se terrer dans la baignoire en même temps que moi. Je lui tends le pommeau de douche. «  Tiens, tu en auras besoin… » A s’y méprendre, on pourrait croire que nous allons affronter des monstres provenus tout droit d’une autre dimension. Comme dans Stranger Things. Nous avions maté toute la saison ensemble, collés l’un contre l’autre parce que j’étais morte de peur face aux monstres qui bouffent les gens avec leur bouche pleine de dents. Je prends Otto à partie, n’osant pas décoller mon regard de tous les recoins de la pièce. «  Il y a quelque chose ici… quelque chose de terrible. Il faut que tu la trouves… et que tu la tues. » A m’entendre, la fin du monde est proche. Je parviens à détourner le regard vers lui et je lui remets solennellement mon arme. «  Tiens, tu en auras plus besoin que moi… Va, je t’aime. » Je me penche pour aller l’embrasser passionnément sur les lèvres. «  Au fait… il y a une araignée dans ton salon. » Je préfère préciser, ayant peur de ne pas m’être montrée très claire.
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Otto Winspire
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MessageSujet: Re: « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥    Mer 22 Nov - 23:21



J’ai besoin d’une bonne douche. De manger. Et d’un câlin. C’est la conclusion qui se fait dans mon esprit alors que je suis en route pour la maison. J’ai passé une partie de la journée avec Lou, et les mômes qu’elle a pris sous son aile. On a joué au basket, au foot US et on s’est amusé à apprendre le haka à ces morveux. Grand moment. Ca m’a rappelé notre première soirée, où justement, je le lui avais appris sur sa demande. Puis, j’ai fini par faire un petit détour chez Nate, pour prendre un peu de ses nouvelles, et savoir où il en était avec sa brunette. Il m’en parle assez régulièrement dans ses messages et j’avais envie de voir à quel point il était également atteint physiquement. J’ai pas été déçu, le pauvre est déjà bien foutu avec cette nénette qui l’obsède littéralement. Selon moi, et comme je lui ai dit, il ne pourra pas tenir bien longtemps comme ça. Il va falloir qu’il lui en touche deux mots ou qu’il lui saute dessus. Ou l’un après l’autre, ça peut se faire aussi éventuellement.
Mais en parlant de brunette, je me dépêche de rentrer à la maison, où normalement, si tout va bien, je retrouve ma Kimia, qui s’est établie petit à petit, au fil de l’été, chez moi. Quand je passe dans ma salle de bains, je peux voir trôner sa brosse à dents à côté de la mienne. Et pas mal de crèmes pour le corps, le visage, les mains… Mais attention, elle insiste bien là-dessus : des produits non testés sur les animaux, et dont les contenants sont recyclables ou fait à partir de plastique recyclé. Bref, mon amoureuse de l’environnement est écolo jusqu’au bout des ongles.
Je me gare dans l’allée, et me rue sur la porte d’entrée, trop pressé de retrouver ma copine. Je remarque l’absence d’accueil de la part de Guapa. Kimia a dû la mettre dans le jardin, parce que selon elle, les chiens, c’est comme les enfants : ils ont besoin d’espace. Vert de préférence d’ailleurs ! Je commence à me diriger à travers la maison, à la recherche d’un signe de vie, mais c’est désespérément calme et vide. Je me demande si elle est ici, mais quand mon regard capte la bouteille de vin, et le vin renversé partout… Je me dis qu’elle doit sûrement être dans le coin. Je vais la chercher et je nettoierai une fois que je l’aurai trouvée. J’espère qu’elle ne s’est pas fait mal… Alors que je déambule dans la maison, je remarque à présent les traces un peu partout : Bouboule a marché dans le vin, et il y a des pattes de chats rouge violacé partout dans la maison. Je soupire longuement. Entre Kimia et Bouboule, niveau catastrophe ambulante, on se pose là. Je me demande bien où elle peut être et j’anticipe le fait qu’elle puisse s’être endormie. Si ça se trouve, c’est Bouboule qui a renversé cette bouteille de vin pendant que Kimi dormait. Alors je ne fais pas de bruit et je ne hurle pas son prénom, voire son surnom, à travers la maison et me déplace doucement, en furetant. Personne dans la chambre.. Puis je vois de la lumière dans la salle de bains, et je passe la tête dans l’entrebâillement de la porte. C’est là que je découvre Kimia, qui tient une planche à découper de ses deux mains. Ok… Qu’est-ce qui se passe ? Je fronce les sourcils, mais un sourire vient étirer mes lèvres dans le même temps alors que je me demande ce qu’elle fout assise dans la baignoire, avec cet ustensile. Je sens que je ne vais pas être déçu, une fois de plus. Je m’approche et je n’ai pas le temps de lui poser de question, qu’elle s’agrippe à mon bras en m’attirant à elle pour que je m’installe à ses côtés. « Ne reste pas là ! Tu es fou ! » Je commence à me marrer en la regardant, elle qui a l’air d’être très sérieuse. « A quoi tu joues ?! » Et je me retrouve ainsi avec le pommeau de douche entre les mains. Bon. Je regarde l’objet avec dépit et soupire en le posant sur mon ventre. Peut-être que Bouboule est ivre et est devenu agressif, donc si je l’asperge avec de l’eau, ça le fera fuir ? Je grimace à cette pensée. Quand je dis que Kimia a une imagination très fertile, je crois que finalement, je ne suis pas en reste de ce côté-là. « Il y a quelque chose ici… quelque chose de terrible. Il faut que tu la trouves… et que tu la tues. » Je la regarde avec curiosité, une fois de plus. « De quoi ?! » Honnêtement, je m’attends à peu près à tout à cet instant. « Tiens, tu en auras plus besoin que moi… Va, je t’aime. » Et elle me plante un baiser sur les lèvres. Je souris malgré moi, en la regardant puis lorgnant sur la planche à découper qu’elle vient de me remettre. « Moi aussi je t’aime, mais tu es certaine que c’est une arme appropriée pour la mission que tu viens de me confier ? » Je demande en secouant la planche sous son nez. Je m’appuie sur les rebords de la baignoire et me hisse pour en sortir, c’est à ce moment-là qu’elle décide enfin d’éclairer ma lanterne et me révéler ce qui l’a mise dans cet état. Et du coup, je sais que ce n’est pas Bouboule qui a renversé la bouteille de vin. Tout s’explique. Une foutue araignée. Je lui envoie un regard désabusé, puis me mets en route en lançant depuis le couloir : « Très bien l’amie des bêtes, je vais tuer cette araignée puisque tu penses que sa vie n’a aucune valeur ! En plus, avec une planche à découper, ça va pas être de la tarte. » Et je me marre tout seul en imaginant le désarroi de Kimia qui va commencer à se dire que c’est mal, et qu’il faudrait peut-être la laisser en vie malgré tout. Moi, je m’en tape, je vais me débarrasser de cette bestiole et le problème sera réglé ! « Aaah ! Bouboule, bordel, pousse-toi de là, gros sac ! » je gueule tandis que j’aperçois le chat en train de piétiner dans le vin, secouant le bout de ses pattes et les reposer dedans. En plus d’être fainéant, il est vraiment pas futé celui-ci. Dire que c’est moi qui ai lancé l’idée à Kimia pour qu’elle se prenne un animal de compagnie ! « KIMIA ! Ton chat est dégueulasse ! Et ivrogne par-dessus le marché ! » Et où est cette foutue araignée ? Je pousse les chaises, cherchant à créer du mouvement, puis j’aperçois une forme noire sur le mur blanc. Blanc immaculé. Je soupire. Bon, ok, je comprends que Kimi soit partie se réfugier dans la salle de bains, cette araignée est particulièrement grosse et je sens que je vais éclabousser le mur si je l’éclate. Du bout de la planche à découper, je l’invite à dégringoler sur le sol et ma chaussure la recouvre aussitôt. « C’est bon, Doudou, tu peux sortir, elle est morte. » Je quitte ma chaussure sur place, et quitte l’autre aussi tant qu’à faire. Il me faut du sopalin pour la retirer. Puis je vois Kimia qui arrive. Une fois à ma hauteur, je glisse un bras autour de sa taille, et au moment où je m’apprête à l’embrasser, je vois Bouboule qui recommence à aller dans la flaque de vin. Je ne dis rien, soupire, et finis par déposer un baiser sur les lèvres de ma chérie. « Tu voulais ouvrir une bonne bouteille ce soir ? » je demande en penchant la tête. « C’est pas grave, j’en ai d’autres. » Je dépose un autre baiser sur son front et relâche mon étreinte. « Je vais à la douche. Pose une serpillère là-dessus histoire que Bouboule arrête de faire n’importe quoi, et je nettoierai le reste après. »
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Kimia Turner
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MessageSujet: Re: « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥    Lun 27 Nov - 21:07

L’heure est grave. Une araignée se trouve présentement dans la maison d’Otto, et je ne réponds plus de moi-même. Je suis ce genre de fille qui joue les aventurières, qui vit des trucs incroyables, qui n’hésitent pas à prendre son sac à dos pour partir à l’autre bout du monde. Jamais je n’avais joué les chochottes quand les conditions n’étaient pas bonnes. J’avais déjà dormi sous des tentes de fortune, parfois même sans. Je m’étais élancée dans de grandes forêts, des jungles grouillantes. J’avais même croisé des bêtes étranges. J’avais rencontré de nombreuses populations, parfois pas toujours très accueillantes. Je m’étais battue pour un nombre incalculable de convictions sans en être effrayée. Depuis toute petite, Indiana Jones, c’est mon véritable idole. Certes, je n’avais pas vécu de telles aventures à finir par faire de la luge sur un bateau gonflable, mais j’avais vécu une grande épopée humaine. Et pourtant… pourtant, je m’enfuyais comme une fillette devant une araignée un peu trop grosse et je pouvais pleurer devant des films d’horreur qui n’en étaient pas vraiment. Je suis une contradiction à moi toute seule. Plusieurs fois, on m’avait déjà fait la remarque. Sans finesse de la part d’Aaron, et un peu plus en finesse de la part de mes proches. J’en perds toute notion des réalités, prête à me battre contre une créature maléfique. De plus, ma peur rend mes souvenirs confus et l’araignée prend des proportions gigantesques dans mon esprit. Si on devait me demander sa taille, je serai capable d’affirmer avec beaucoup d’aplomb qu’elle prenait la moitié du mur. Par chance, mon grand héros est arrivé pour me sauver la mise.

« Moi aussi je t’aime, mais tu es certaine que c’est une arme appropriée pour la mission que tu viens de me confier ? » Mon regard se baisse sur la planche à découper que je viens de lui donner. Il est bien vrai que j’aurai pu trouver mieux. J’affiche une mine désolée. « Certes… mais nous n’oublierons pas qu’Isildur a détruit une première fois Sauron avec une épée cassée. » Avec beaucoup d’espoir, j’attends que cet argument fasse mouche. Otto s’est déjà extirpé de la baignoire pour partir à la chasse à l’araignée. Je le regarde partir avec un pincement au cœur. Et s’il ne revient pas ? Mais c’est autre chose qui vient ébranler mon petit cœur tout mou. Mon petit ami joue sur mes sentiments et toutes mes convictions de protectrice de la nature. Je me récrie. « Eh c’est pas juste de me faire ça ! » Je quitte la salle de bain à mon tour, n’ayant pas oublié de prendre au passage une bouteille de gel douche comme arme de fortune. Ce n’est pas moi qui vais sauver l’humanité si elle vient à être menacée. Je trottine timidement dans le sillage qu’a laissé le parfum d’Otto, n’osant trop me précipiter vers le salon. Je tends l’oreille, attendant d’entendre le coup brut de la planche contre le mur. Je défendrai bien la petite bête, mais c’est au-dessus de mes forces. Des frissons me parcourent tout entière rien que d’y songer une seule seconde. « C’est fait ?! » je demande avant qu’Otto ne gueule après mon chat. « Parle pas mal de Bouboule ! » je m’insurge, suffisamment coupable du meurtre du terrible insecte pour me sentir concernée par la réputation de ma petite boule de poil. Finalement, je finis par entendre quelques bruits avant qu’Otto ne me prévienne que la bête est morte. Je réprime un soupir de soulagement. « Promiiiiis ? » Je m’avance prudemment dans le salon, retrouvant mon meilleur ami. Je m’apprête à lui courir dans les bras quand je remarque sa chaussure sur laquelle git le cadavre réduit en bouillie de l’horreur. Je m’arrête tout de suite dans mon élan. « Urgh… » Je ne recule quand même pas quand Otto vient vers moi, m’étreint dans le but de m’embrasser. « Mon grand héros… » je m’attendris, avant que nous soyons coupés par Bouboule. Ce dernier traîne les pattounes dans la flaque de vin. « Oui, je voulais qu’on passe une belle soirée tous les deux comme je n’étais pas là ce week-end… Je suis désolée, mais l’araignée m’a prise par surprise ! Elle est fourbe. » Je voulais uniquement profiter de mon homme après quelques jours passés avec mon frère. Par chance, il ne prend pas la mouche et prévoit une prochaine bouteille, mais après sa douche. Je suis presque tentée de lui dire que j’irai le rejoindre, mais je me retiens au dernier moment. J’oublie parfois que nous n’avons pas le droit. Son baiser sur le front permet de ne pas m’enflammer plus. « Non, t’en fais pas, je vais tout remettre en ordre. Prends ta douche mon Doudou d’amour !! » Je dépose un baiser sur ses lèvres et je m’élance pour récupérer une serpillière que j’étends sur la flaque de vin. Otto est déjà parti prendre sa douche. Je suis donc seule avec un chat qui me dévisage. « Toi, mon petit… » Avant qu’il n’ait pu réagir et ça prend généralement du temps je l’attrape par le col et je le soulève du sol. Du moins, je tente… quand je réalise que je vais avoir du mal, je le soulève comme un gros sac à patates. « A la douche, toi aussi ! » Malgré ses molles protestations, je l’amène dans le garage où se trouve un robinet. Cela ne me fait pas très plaisir, mais je fais couler l’eau et je nettoie ses petites papattes. Autant dire qu’il n’est pas très ravi, et quand j’ai fini, il s’échappe et part se cacher, dandinant ce cul si gros. Je reviens dans le salon, m’attelant à la tâche de tout nettoyer. Je ramène un seau rempli d’eau chaude et de produit pour nettoyer. Plusieurs fois, tandis que je nettoie, je dois réprimer des haut-le-cœur. « Il a une odeur horrible ton produit ! » je m’exclame tandis que j’entends Otto revenir. Rapidement, je termine de tout débarrasser, de remettre en ordre comme si rien ne s’était passé. « Taaadaaam ! » J’ouvre grands les bras, comme si j’étais l’assistante du magicien pour montrer la petite table que j’avais dressée. « Regarde, il n’y a que ce que tu aimes et… oh, il manque le vin ! » Je m’apprête à aller le chercher, mais il le fait avant moi. Quand il revient, on s’assoit sur le canapé et je me blottis dans ses bras. « Alors, je t’ai manqué ? Avoue, ça a été trop dur sans moi ! » je le taquine en pinçant légèrement sa hanche.
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Otto Winspire
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MessageSujet: Re: « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥    Dim 31 Déc - 19:14



« Certes… mais nous n’oublierons pas qu’Isildur a détruit une première fois Sauron avec une épée cassée. » Je la regarde d’un air curieux en me demandant comment ce petit bout de femme peut autant avoir réponse à tout. Et j’adore ça ! Chaque jour, je me fais la réflexion que le hasard fait bien les choses. Quand je repense à ce jour où on a fini par se retrouver dans un supermarché. Et qu’elle essayait encore de s’enfuir, la diablesse. Mais, cette fois-ci, elle n’a pas réussi et je n’avais pas vraiment prévu de me retrouver ici aujourd’hui, avec elle, dans ces circonstances. Je dois dire que je suis plutôt heureux de la tournure des événements. Comme si j’avais trouvé un certain équilibre dans ma vie, une fois qu’elle y était entrée à nouveau. Je finis par capituler malgré tout, pour accepter la mission qu’elle m’a confiée : tuer une araignée pour lui permettre de sortir de la baignoire. J’accepte, mais tout en lui lançant une petite réflexion qui me fait sourire à l’avance, quand j’imagine sa tête outrée juste avant de me répondre. « Eh c’est pas juste de me faire ça ! » Un léger rire m’échappe. A vrai dire, je la charrie un peu, mais Kimia est certainement la personne qui respecte le plus l’environnement que je connaisse. Toujours à donner des conseils et avoir des petites solutions écolos, et ça depuis toute joute. Je me rappelle de ses petites affiches qu’elle distribuait pour essayer d’attirer les gens à ses mini-conférences au lycée. Alors, si je dois la débarrasser d’une araignée de temps en temps… Ce n’est pas bien grave. Avant de voir l’araignée, c’est Bouboule qui capte mon attention. Ce chat est un désastre. « Parle pas mal de Bouboule ! » Ah ! Et la voilà à défendre l’indéfendable ! Je soupire, je ne peux rien dire de plus, Bouboule, c’était mon idée… Enfin l’idée d’avoir un chat, pour elle. Pas Bouboule lui-même. « Mais il fait des conneries ! » Je me retrouve en face de l’araignée et lui règle son compte. Kimia peut donc apparaître à présent, et je la vois débouler sans tarder, apparemment rassurée et plus à l’aise pour se déplacer dans la maison. « Mon grand héros… » Ca me fait rire et en même temps j’aime bien quand elle flatte mon égo comme ça. C’est appréciable. Surtout après quelques jours de séparation. Je lui envoie un sourire un brin satisfait, juste avant que Bouboule ne recommence à faire des siennes. Ce chat… « Oui, je voulais qu’on passe une belle soirée tous les deux comme je n’étais pas là ce week-end… Je suis désolée, mais l’araignée m’a prise par surprise ! Elle est fourbe. » Je grimace comme pour lui signifier que je compatis à son désarroi face à la bestiole qui lui a fait peur. « Mais on va en passer une très bonne, puisqu’on est tous les deux, ne t’en fais pas. Ni une araignée, ni Bouboule ne va changer le cours de la soirée. » Je lui expose ensuite mon souhait d’aller prendre une petite douche pour être tout propre et me délasser un peu, et puis je m’occuperai de nettoyer ensuite. Ca m’embête pour Kimi, qui avait tout préparé, et qui se retrouve avec la bouteille éclater, une frayeur, et un chat à moitié alcoolisé par les pattes ! Mais elle me devance et préfère s’en occuper elle-même pendant que je serai à la douche. Je hausse les épaules, comme elle voudra dans ce cas alors, et je la vois se hisser sur la pointe des pieds pour me planter un baiser sur les lèvres. Un sourire en coin me vient, alors que je la regarde s’en aller vers le placard où sont rangés tous les trucs pour nettoyer la maison. Je me retourne et prends le chemin de la salle de bains, pour aller prendre une douche bien chaude. Je me retrouve alors face à trois nouvelles sortes de gels douche et tout autant de shampoings. J’appellerais bien Kimia pour en savoir un peu plus sur l’utilité d’avoir tout ce choix, mais je décide de les sentir les uns après les autres afin de faire mon choix à présent. Une fois tout propre, je sors de la salle de bains, une serviette nouée autour de la taille, les cheveux dégoulinants d’eau, pour aller ensuite grimper les marches quatre à quatre afin d’aller chercher un vieux jogging et un t-shirt. Je retrouve ensuite Kimia, qui peste contre le produit nettoyant. « Tu trouves ? Ca sent le propre pourtant ! Et… les fleurs blanches ! » dis-je après avoir regardé l’illustration du bidon de produit. Je le repose et vois ma douce tournoyer devant la table qu’elle a remise en ordre. Un sourire amusé me vient quand elle s’exclame à nouveau pour me la présenter. « On ne croirait pas qu’une araignée et un chat obèse sont passés par là il y a quelques temps… » Le ton est innocent, mais je guette sa réaction. « Regarde, il n’y a que ce que tu aimes et… oh, il manque le vin ! » Je regarde ce qui est présenté sur la table, et effectivement, elle n’a préparé que des petites choses qui me font plaisir. Des soirées comme ça, je n’en ai pas eu depuis… Toujours, en réalité. Dire qu’avec mes conquêtes de quelques semaines, à la moindre attention, je trouvais que c’était un peu trop et ne tardais pas à les renvoyer quelques jours plus tard, d’où elles venaient. Et je suis ravi quand c’est Kimi qui me fait ce genre de surprise. Tout simplement parce qu’elle n’a rien à voir avec les autres. Aucune comparaison possible. « Bouge pas, je vais le chercher, tu t’es donné assez de mal comme ça ! » Et c’est la vérité, je sais que pour elle, comme pour moi, cuisiner n’est pas une passion. Or, je vois que ce sont ses petits doigts qui sont à l’œuvre de tout ce qui est présenté sur la table. Je me déplace jusqu’à la cuisine, où se trouvent quelques bouteilles de bon vin rouge californien. J’en choisis un en relisant l’étiquette tandis que mes pas me ramènent à Kimi, dans le salon. Je dépose la bouteille sur la table, puis on s’installe dans le canapé. Ma copine se colle à moi, et je m’empare de ses jambes pour les étendre sur les miennes, tandis que mon autre bras l’enserre contre moi. Ca fait un bien fou ! C’est rien, et pourtant… « Alors, je t’ai manqué ? Avoue, ça a été trop dur sans moi ! » Je me tortille légèrement quand elle vient m’embêter du bout des doigts. J’hésite un instant sur la réponse à donner, puis je mise sur la carte de la taquinerie, puisque le ton est donné. « Bof… J’ai pu faire la fête, inviter des copains, des copines, me mettre une race… » Je tourne les yeux vers elle, et un sourire de sale gosse s’affiche sur ma tronche. Avant qu’elle n’ait le temps de rétorquer quoi que ce soit, je fourre mon nez dans son cou, en profitant pour déposer des bisous sur sa peau. « Je te raconte des conneries. Je m’ennuie quand t’es pas là. C’est vide. » La stricte vérité. Je glisse une main sur son visage, et arrange ses cheveux, en plaçant une mèche derrière son oreille, et je me surprends à sourire bêtement en la contemplant. Parfois, je me dis que j’étais vraiment con quand j’étais plus jeune en ne me rendant pas compte de ce que je laissais passer. « J’ai vu Nate, et j’ai passé un peu de temps avec Lou, et les gamins à son centre, aujourd’hui, pour m’occuper. Et les jours avant j’ai traîné un peu avec Cody, on a bricolé des trucs. » Avec mon cousin qui est toujours un peu étonné de me voir me caser tranquillement, sans faire de vagues, en supportant les conditions actuelles. Parce qu’évidemment, je ne lui ai pas caché que Kimia devait se débarrasser d’un petit détail nommé Mike, qui a le titre de fiancé. « C’était comment ton week-end avec ton frère ? » Je demande plein de curiosité. Aaron c’est… Aaron. On se connaît depuis gamins, et je crois qu’il aimait bien quand j’étais juste un ami pour Kimi. Je pense même qu’il me félicitait silencieusement de faire comme si je ne comprenais pas ce que sa sœur voulait de moi, à l’époque. « Tu lui as dit qu’on… était ensemble ? » je grimace un peu en posant la question. Je me demande bien ce qu’il a pu en penser. « Tu sais quoi ? Tu me raconteras ça en mangeant, je suis en train de mourir de faim depuis que j’ai vu cette petite table toute bien préparée ! » Je tapote sur ses cuisses pour qu’elle les décale, puis on quitte le canapé et quelques pas plus loin, on s’installe autour de la table. Je m’empare de la bouteille pour l’ouvrir et une fois que c’est fait, je sers Kimia, puis moi. « Aaron était ravi d’apprendre qu’il avait changé de beau-frère ? » Au fond, j’ai un léger espoir pour qu’il me préfère à Mike. Quand même, on se connaît !
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Kimia Turner
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MessageSujet: Re: « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥    Dim 25 Fév - 19:56

La bête est morte. Le monstre n’est plus. Il a été occis avec bravoure par l’homme qui se trouve en face de moi et qui n’est nul autre que mon petit ami. « Mon grand héros… » Je m’en vais gratifier mon preux chevalier d’un baiser sur les lèvres. D’autant plus qu’il m’avait énormément manqué durant ces derniers jours. Quand je pense que j’avais passé plusieurs années sans lui, résignée à ne plus le voir, et que maintenant, une journée loin de lui me paraît être un calvaire. Toutefois, je reste satisfaite de mon weekend avec mon frère Aaron. Je n’ai pas l’occasion de le voir aussi souvent que je le voudrais avec son emploi « spécial » qui lui prend tout son temps. La sphère privée n’a plus sa place, hormis si tout est bien organisé et millimétré. Je pouvais comprendre tout cela, mais les années passaient et il était toujours tourné vers la même affaire. Impossible de lui demander des détails, de savoir si cela avançait et s’il serait enfin libéré de sa couverture. Il fallait donc se montrer patient… Mais concernant Otto, je ne voulais pas l’être. Pour cette soirée de retrouvailles, j’avais prévu un apéro en amoureux, à défaut de ne pas savoir cuisiner correctement. Tout ceci aurait pu bien se dérouler si la bête n’était pas apparue, velue, imposante et terrifiante. Conclusion : une grosse frayeur, des verres renversés et de la saleté. C’est pourquoi, j’envoie mon petit ami à la douche le temps de réparer tout ce bazar. Face à mon insistance, ce dernier ne se fait pas prier. Je me retrouve donc à farfouiller dans les produits ménagers, faisant le propre avant qu’il ne revienne. Je ne peux réprimer des haut-le-cœur qui me tenaillent en sentant l’odeur entêtante des produits chimiques. Otto revient lorsque j’ai terminé, mais il a beau dire que cela sent bon, je réprime difficilement le dégoût qui déforme mon visage. Par chance, tout est rapidement en ordre et il ne manque plus qu’à ce nous nous mettions autour de… le vin ! Je m’exclame que ce dernier manque à l’appel, et cette fois, c’est mon petit ami qui se propose pour aller le chercher. Je plante un baiser sur ses lèvres pour le remercier. A sa proximité, l’odeur du shampoing vient chatouiller mes narines et me provoque cette même sensation dérangeante. Je me retiens toutefois de faire le moindre commentaire au sujet de son odeur. Qu’est-ce qu’il m’arrive à la fin ? J’espère que je ne suis pas malade ! Mais en le voyant s’éloigner, les cheveux encore humides de sa douche, je ne peux pas m’empêcher de le trouver terriblement sexy. Et dire que nous sommes enfin ensembles…

Dès lors que le vin est parmi nous, nous pouvons nous asseoir confortablement sur le canapé. Je viens me blottir tout contre lui. D’être contre lui, dans cette intimité tendre, je sens mon cœur qui mollit de bonheur. Dire que j’en ai tant rêvé… aujourd’hui, nous ne sommes plus qu’à quelques pas de notre bonheur complet. En lui demandant si je lui ai manqué ce weekend, je reçois une réponse nonchalante qui me fait me redresser et le dévisager, mi choquée, mi amusée. Je n’ai pas le temps de m’insurger plus qu’il revient sur ses paroles. Un rire né dans ma gorge tandis que je me serre plus contre lui. Je peux sentir son souffle dans mon cou, sa chaleur sur ma peau et que ça me provoque des milliers de frissons. Mes prunelles inondées d’amour plongent dans les siennes. Mon dieu… il me semble parfois que c’est un rêve et que je vais me réveiller. J’ai souhaité si longtemps qu’Otto m’aime… et voilà qu’il me prend dans ses bras, qu’il m’embrasse, qu’il m’offre des regards tendres que je ne l’ai jamais vu adresser à personne. Je me sens si spéciale dans ses yeux. Je l’écoute me raconter son weekend. « Oh c’est un chouette weekend que tu as eu là alors. » A se partager entre les amis et la famille. Mais rapidement, cela dérive vers mon frère. Forcément, comme on ne se voit pas souvent, il faut se dire principalement l’essentiel. Puis nous avions une relation fusionnelle. Je ne lui cachais que peu de choses. Otto devait se douter que je lui avais parlé. Enfin pour le moment, il se montrait évasif. « Oui, c’était très bien ! Il m’avait manqué. Ça faisait plaisir de le voir. » Je ne lui explique pas tout de suite que tout ne s’était pas bien passé du début à la fin. Certes, nous avions beaucoup profité, mais il avait fallu passer par une discussion plutôt tendue. Visiblement, c’était aussi dans l’esprit d’Otto qui s’intéresse à ce sujet plus particulier. J’esquisse un sourire gêné. « Hmm… plus ou moins. » Je ne suis pas encore très motivée à l’idée d’aborder ce passage du weekend. C’est pourquoi, quand il propose de se mettre à table, je ne dis pas non. « Très bonne idée ! » Je le suis pour que nous puissions nous attabler. Le vin est débouché et je me dis que je ne serai pas contre un verre. Ou plusieurs. « Aaron était ravi d’apprendre qu’il avait changé de beau-frère ? » Un rire un peu trop appuyé franchit la barrière de mes lèvres. Un lèvre qui signifie que la réponse n’est pas bonne à dire. Otto me connait trop bien pour ne pas le comprendre. « Eh bien… disons que… il était content que je ne sois plus fiancée à Mike. » Une pure vérité. Bien qu’il se soit montré très surpris, son sourire satisfait ne m’avait pas échappé. Je m’empresse de prendre une première gorgée de vin, sentant l’insistance d’Otto malgré tout. « Après… disons que… je suppose que s’il devait choisir entre toi et Mike… il te préférerait toi ? Enfin… il ne s’est pas montré très spécifique. Quoi qu’il l’a laissé sous-entendre, c’est un bon point. Après, il était bien trop occupé à… » gueuler. M’engueuler à vrai dire. Je reprends de nouveau une gorgée d’alcool. Je ressens que j’en ai grandement besoin. En vérité, je devrais cacher tout ce qu’il a pu être dire entre mon frère et moi, mais je suis désespéramment honnête avec Otto. Parce que ce n’est pas uniquement mon petit ami, c’est mon ami d’enfance, mon meilleur ami. « Pour être honnête, il n’est très enthousiaste… Il pense que… enfin que j’agis un peu précipitamment juste parce que c’est toi. Que je fous en l’air ma vie et… » Je comprends que je suis allée trop loin en voyant la tête d’Otto. Je vais poser ma main sur la sienne. « Mais il a tort. Toi et moi, nous le savons, pas vrai ? Enfin il s’est surtout énervé quand il a su que je n’en avais pas parlé à maman. Allez, on oublie. On devrait manger plutôt ! » Je n’avais pas de doute concernant notre histoire. Otto en avait ? Il ne me semblait pas non plus. Mais une part de mon esprit ne s’ôtait pas les paroles de mon frère. Est-ce qu’Otto n’avait pas agi sur un coup de tête ? Est-ce qu’il serait stable et constant ? J’aimais à croire que oui. Je ne pouvais pas en faire autrement. « Tu aimes ? » je demande avec un sourire énamouré concernant les quelques bricoles que j’avais pu acheter pour notre petit dîner improvisé. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était fait avec amour. La sonnerie de mon téléphone se fait soudain entendre. Je secoue la tête. « Je regarderai plus tard. » Après tout, ce repas était bien plus important. Sauf qu’une fois que la première sonnerie de l’appel est passée, ça sonne une deuxième fois. Je fronce les sourcils, et après un regard échangé avec Otto, je vais voir. Après tout, ça pourrait être important. Je me dirige vers le canapé où j’ai laissé ma veste et tire mon portable de ma poche. Je sursaute en voyant le nom du correspondant. « Oh mon dieu, c’est Mike ! » je me tourne vers mon petit ami, paniquée. Il ne m’a plus appelée depuis… je ne sais même plus ! Il se contentait de brefs textos. Mon cœur se met à battre à cent à l’heure. Et s’il était rentré ? « Qu’est-ce que je fais ? Je réponds ? » je panique, ne sachant plus quoi faire.
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MessageSujet: Re: « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥    Dim 11 Mar - 17:35



« Oh c’est un chouette weekend que tu as eu là alors. » Je hoche simplement d’un signe de tête pour le confirmer. Je peux aisément avouer à moi-même que j’aime autant l’idée de passer un week-end en amoureux à la maison. En vérité, j’ai hâte que tout soit réglé et que l’on puisse profiter des moments à deux comme bon nous semble. Sans qu’elle pense à un autre, ou à ce qui est bien, ce qui ne l’est pas. Que nos envies puissent être libres d’être réalisées, que je n’ai plus à m’inquiéter de la voir partir un jour. Enfin, si, je ne dois pas considérer une relation comme acquise alors que nous n’en sommes qu’à ses débuts, mais disons que le fait qu’il y ait un autre homme dans l’équation complique grandement les choses, ou les rend plus inquiétantes. Mais une fois que j’ai grossièrement expliqué mes activités en attendant son retour, je m’intéresse à ce qu’elle a fait elle, revoir son frère, entre autres. Et si elle lui a parlé de nous. Ca m’intrigue. « Oui, c’était très bien ! Il m’avait manqué. Ça faisait plaisir de le voir. » Puis elle répond à ma question d’un air un peu évasif. Je me demande si c’est bon signe ou non. Peut-être pas, sinon elle m’aurait dit direct qu’il était super content pour elle, nous… Ou peut-être que si parce qu’elle n’a pas écarquillé les yeux en me disant qu’il venait dans la soirée pour me casser la figure. Je reste dans l’incertitude la plus totale et je suggère qu’on passe à table pour en discuter tout en se remplissant le ventre. On s’installe et je relance donc la discussion en entrant dans le vif du sujet pour être sûr de ce qui s’est dit entre eux deux. Et le rire qui échappe à Kimia veut tout dire. Je ne me fais plus d’idées sur la réaction d’Aaron : il ne l’a pas bien pris, et je risque sûrement d’entendre parler de lui. Il va probablement vouloir me remonter les bretelles ou me conseiller de laisser Kimi tranquille tant qu’il en est encore temps. Mais je n’ai pas envie de la laisser tranquille, et je n’ai plus l’âge pour me faire remettre en place par le frangin de ma copine. « Eh bien… disons que… il était content que je ne sois plus fiancée à Mike. » Un rire un peu amer m’échappe mais je demeure silencieux ensuite, en ne quittant pas Kimia des yeux, alors qu’elle s’empare de son verre de vin. J’attrape un petit bout de concombre que je trempe dans une sauce blanche, en attendant la suite. Je sens que ça va me plaire. Mais il faut que je sache, je l’ai demandé moi-même. Et il faudra certainement que je fasse mes preuves auprès d’Aaron lorsqu’il viendra probablement faire des comptes rendus, à savoir si je traite bien sa sœur ou non. Elle continue ses explications et je ne l’interromps pas, écoutant avec presque un peu d’amusement le moment où elle me dit que la préférence me revient. Ah, quand même ! « Tout n’est pas perdu alors. » je commente en lui envoyant un clin d’œil que je veux être rassurant à son égard, tout en étant complices. Je ne suis pas dupe, ce ne sera pas une partie facile de jongler avec sa famille. « Pour être honnête, il n’est très enthousiaste… Il pense que… enfin que j’agis un peu précipitamment juste parce que c’est toi. Que je fous en l’air ma vie et… » Je me laisse tomber contre le dossier de ma chaise en accusant les mots qui viennent de sortir de sa bouche. Ce sont ceux d’Aaron mais l’entendre les répéter me prouve à quel point je suis loin d’être un choix idéal. Je n’étais qu’un adolescent lorsque Kimia était amoureuse de moi, à l’époque où Aaron était encore témoin de ce qui se déroulait entre nous. Mais est-il au courant que je l’avais retrouvée dans son périple ? Qu’on avait alors passé une nuit d’amour et qu’elle avait à nouveau fui ? Sait-il que déjà à ce moment, je vivais mal sans elle, sa présence qui m’a toujours été essentielle. Je ne blâme pas Kimi, à aucun moment, mais c’est dur d’être jugé sur une attitude qui remonte à une dizaine d’années. Je n’ai pas été un moine depuis, et personne n’était là pour en témoigner, et Kimia était avec un autre, alors pourquoi suis-je si mal jugé directement ? Sa main sur la mienne me sort de mes pensées. « Mais il a tort. Toi et moi, nous le savons, pas vrai ? Enfin il s’est surtout énervé quand il a su que je n’en avais pas parlé à maman. Allez, on oublie. On devrait manger plutôt ! » Je resserre mes doigts autour des siens, lui donnant une légère pression. Je hoche d’abord simplement la tête pour lui répondre, puis je reprends un peu de contenance, en pensant que je dois profiter de l’instant présent, et que je serai apte à gagner la confiance d’Aaron, de sa mère, au fil du temps. Et puis, du moment que nous deux sommes heureux, n’est-ce pas là l’essentiel ?! Je lui offre un sourire avant de lui répondre plus franchement : « Tu lui en parleras plus tard, comme tu me l’avais dit. Et je sais où on en est, tous les deux, je sais ce que je veux. » je finis par conclure en allant piocher à l’aide d’un cure-dent dans un petit bol, où des fruits de mer baignent dans une marinade. Je pioche à nouveau, savourant ce petit repas improvisé par ma douce. Lorsqu’elle me questionne, je ne peux que sourire en la voyant attendre mon avis. « Oui mon doudou, c’est super bon, j’adore ces trucs, là ! Goûte, toi aussi, avant que je ne finisse le petit plat ! » Et je pique un morceau en le tendant dans sa direction. Elle a à peine le temps de l’engloutir qu’on entend son téléphone sonner. Mais elle laisse sonner alors je m’en contente et hausse les épaules. Après tout, on n’est pas censé pouvoir répondre à tout instant ! Mais à peine le silence est-il revenu que la sonnerie retentit à nouveau. Je l’imite en fronçant les sourcils à mon tour, puis elle se lève pour voir qui peut bien insister comme ça. « Oh mon dieu, c’est Mike ! » Je laisse tomber le morceau de carotte que je tenais dans le pot de sauce, et regarde Kimi avec surprise. Ca.. Je ne m’y attendais plus. Elle a l’air d’être paniquée et je me lève de table pour m’approcher d’elle. « Qu’est-ce que je fais ? Je réponds ? » Sur le coup, la première idée qui me vient est d’éteindre ce téléphone. Mais ce n’est pas la bonne solution, je le sais et elle le sait probablement. Alors je lui dis simplement : « Décroche, ça doit être urgent pour qu’il insiste comme ça. » Et je caresse son bras en m’éloignant à présent, préférant lui laisser une sorte d’intimité, comme si soudainement ça ne me regardait plus. Mais je retourne à la table, et je sens que tout mon ventre se resserre sur lui-même, le stress m’envahissant tout à coup. Au fond, c’est stupide, avoir des nouvelles de Mike, ça veut dire que Kimia pourra lui expliquer qu’elle annule leur mariage, qu’elle a changé d’avis et ils pourront donc s’expliquer et, elle et moi, on pourra enfin commencer notre petite vie en Europe. Un mot, et je réserve les billets d’avion ! J’essaie de me rassurer intérieurement, alors que je la vois tourner en rond, le téléphone collé à son oreille, me lançant des regards de temps à autre, auxquels je réponds par un sourire encourageant. Je la vois raccrocher et j’arrête tout, la voyant approcher pour s’asseoir de nouveau à table en face de moi. J’ai du mal à traduire l’expression de son visage, qui navigue entre l’inquiétude, la perplexité et d’autres choses. « Alors ? Qu’est-ce qu’il voulait ? » je demande en fronçant les sourcils. « Il va rentrer bientôt ? » J’essaie de ne pas trop l’envahir de questions, à présent j’aimerais tellement être resté à côté d’elle, avoir enclenché le haut parleur pour savoir ce qu’ils se sont dit. Pourvu que cette situation ne dure plus longtemps.
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Kimia Turner
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MessageSujet: Re: « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥    Jeu 15 Mar - 17:28

Je m’en veux terriblement de m’être autant épanchée sur ma discussion avec Aaron auprès d’Otto. Il faut dire que mon frère est tout particulièrement protecteur, quitte à avoir des jugements quelque peu arbitraire. De plus, il est d’une franchise certaine qui le rend presque cruel dans ses propos. Sauf que moi, je le connais. Je sais qu’il ne cherche jamais à me blesser, mais toujours à me protéger. Son désir a toujours été que je sois heureuse et épanouie, en sécurité et aimée. Voilà pourquoi il avait marqué son contentement d’apprendre que mes fiançailles avaient été rompues. Mais il n’avait pas être aussi enthousiaste de savoir mes projets avec Otto. Devenir sa petite amie. Quitter mon travail. Partir à l’aventure. En gros, tout plaquer pour l’homme que j’aimais. Dans le fond, c’était un peu la manière dont je fonctionnais depuis toujours. C’était d’ailleurs ce qui m’avait motivé à quitter la Nouvelle-Zélande. A la différence que je ne fuyais plus Otto. Je m’envolais avec lui. Aaron pouvait s’interroger sur la force de mes convictions et la maturité de mes sentiments, mais je crois que nous nous étions suffisamment rendu compte que nous ne pouvions vivre l’un sans l’autre pour arrêter d’attendre. Cependant, je m’en veux de ne pas édulcorer un peu mon propos à mon petit-ami. Bien que je sois certaine des sentiments d’Otto, je ne peux pas m’empêcher de douter quelquefois. Ne va-t-il pas un jour se rendre compte qu’il a agi sous le coup d’une impulsion ? Que c’est uniquement la jalousie qui l’a poussé à agir ainsi. Mais à mesure que nous évoluons comme un couple, même si nous nous cachons, mes angoisses s’envolent. Mes convictions s’affermissent. Je ne doute plus de rien. Hormis du retour de Mike. « Tu lui en parleras plus tard, comme tu me l’avais dit. Et je sais où on en est, tous les deux, je sais ce que je veux. » Un sourire né sur mes lèvres sans que je puisse le réfréner. Je n’en ai pas non plus envie. Bien au contraire, je suis aux anges de le cerner aussi sûr de lui et de l’affirmer. Mon cœur s’embrase dans ma poitrine et toutes mes inquiétudes s’apaisent. L’avenir s’annonce sous un jour radieux. Il ne reste… qu’un léger bémol. Sauf que je n’ai pas envie d’y songer. Je vais piocher une tomate cerise que j’enfourne dans ma bouche. Depuis quelques temps, j’en ai une envie terrible, sans pouvoir me l’expliquer. Alors quand je suis passée dans les rayons, je n’ai pas pu me retenir d’en acheter. Si je n’en ai mis d’un bol à table, il faut savoir qu’il en reste trois barquettes dans le frigo. Mon obsession.

Nos retrouvailles se déroulent à merveille. Si je demeure plutôt à fleur de peau en ce moment, je me sens sereine ce soir. Rien ne pourrait le gâcher. Quoi que… Mon portable sonne une première fois. Si je ne m’en préoccupe pas, l’insistance de mon correspondant inconnu m’intrigue. Un bref instant, je me demande s’il ne s’agit pas d’Aaron pour me dire que j’ai oublié quelque chose dans sa valise, ou simplement pour me raconter une blague débile qu’il aurait pu entendre et qu’il l’avait fait rire pendant des heures. Je déchante quand je réalise qu’il s’agit de Mike. Si Otto est surpris, moi, je panique considérablement. Je n’ose lui répondre, ayant la sensation d’être une grande coupable. Pourtant, la situation est simple : je dois le quitter. Et cette rupture aurait pu être bien plus rapide si monsieur n’avait pas décidé d’aller bouder à l’autre bout de l’état. Finalement, c’est Otto qui me convint de répondre. Après tout, cela ne rime à rien de faire le mort. Le cœur serré, je hoche la tête et je décroche. J’aurai presque préféré que mon petit ami reste avec moi, mais je peux comprendre qu’il s’éloigne. Je laisse Mike parler en premier. Sa voix est plutôt froide dans un premier temps, puis elle s’incline vers un soupçon de lassitude. Durant cet échange, je n’ai pas grand-chose à dire. A mes questions, il ne répond pas forcément. A croire que nous avons perdu l’habitude de nous parler. « Je rentre demain… tu seras là ? » Mon cœur rate un battement. A ce moment-là, mon regard croise celui d’Otto de l’autre côté du salon. « Oui, bien sûr. Je serai là après l’école. » J’entends un soupir soulagé dans le micro. Mon expression grimace. « A demain alors. Je t’aime, mon cœur. » Je me mords la lèvre inférieure, malheureuse de cet échange où je ne peux rien dire avec sincérité. « A demain… » Je relâche la pression dès lors que je raccroche, mais cela n’éclipse pas mon malaise. Je pousse un long soupir, passant ma main dans mes cheveux avant tout en revenant vers la table. J’y jette mon portable avant de m’attabler, m’asseyant sur ma chaise en repliant les jambes contre ma poitrine. Je suis inquiète, indécise… J’attrape mon verre dont je bois une première gorgée. Otto demande à en savoir plus. Je lui affiche une moue déprimée. « Il rentre demain. » je réponds dans une bouderie enfantine. En vérité, il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle. Je vais enfin pouvoir avoir cette discussion avec lui, rompre mes fiançailles et officialiser ma relation avec Otto. ET CONSOMMER ! Je manque de préciser à mon meilleur ami que Mike m’a dit « je t’aime » et que je me sens d’autant plus coupable, mais je me retiens. Cela pourrait être mal venue et je ne veux pas être plus maladroite que je n’ai pu l’être jusqu’ici. Je prends ma tête entre mes mains. « Rhaaa je ne sais pas quoi faiiire ! » Je secoue frénétiquement la tête. Je m’embourbe déjà. « Enfin si, je sais ce que je dois faire. Mais ça me fait peur ! Imagine, il le prend mal ? » Mon regard croise celui d’Otto et je n’ai pas besoin de sa réponse pour savoir ce qu’il en pense. « Oui… certes. Il va forcément mal le prendre. » Je m’avachis à moitié sur la table, tendant mon bras jusqu’à l’autre bout de la table pour saisir la main d’Otto. « Viens, on s’enfuit maintenant. On n’a besoin que d’une petite valise ! » Kimia la fuyarde, le retour ! Pitié qu'Otto soit plus courageux que moi.
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Otto Winspire
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MessageSujet: Re: « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥    Dim 8 Avr - 19:07



Le coup de téléphone trop attendu. Ca commence par me tétaniser, parce qu'on finissait presque par l'oublier, ce bon vieux Mike, non ? Ah non. Parce qu'à cause de sa présence qui n'en est pas vraiment une dans la vie de Kimia, j'ai l'impression d'être un ado, qui tente de mettre une main sur les fesses de sa copine, mais qui a peur d'être vu par le père de cette dernière. Et accessoirement, il bloque quelques projets chers pour notre futur. Alors, tout à coup, quand j'entends qu'il réapparaît dans notre petite vie, ça me fait tout drôle. C'est flippant, et ça provoque une espèce de soulagement en même temps. Comme si, ça y est, on allait pouvoir vivre enfin normalement, Kimi et moi. Et c'est tout ce à quoi j'aspire depuis quelques temps. Elle me donne envie d'être meilleur qu'hier, de lui donner envie d'avoir suffisamment confiance en moi pour envisager plus avec moi, d'être quelqu'un de bien, à son écoute, attentif. De mon côté, je sens tout un tas de choses changer. Et j'aime bien ça, j'aime bien penser souvent à elle, réfléchir pour deux et plus juste pour ma p'tite gueule, j'apprends à me remettre en question quand elle semble contrariée, et surtout, j'aime sa présence à mes côtés. J'ai qu'une envie quand je rentre chez moi : la trouver ici pour la serrer fort contre moi. Aujourd'hui, je voudrais que ce soit un quotidien normal, et pas quelque chose qu'on fait en douce, dans le dos de quelqu'un, Mike en l'occurrence. Alors, avec ce coup de téléphone, peut-être que tout va rapidement se terminer, et qu'elle pourra piquer de la place dans mon armoire, étaler ses pots de crèmes bio dans la salle de bains, faire des catastrophes dans la maison, qui sera la sienne aussi. J'attends que ça. M'afficher avec elle en la nommant sous un titre réel, ma copine, qu'elle ne craigne plus de croiser un collaborateur de Mike alors que je lui tiens la main dans la rue. Il faut que ça évolue, et là, maintenant, alors que je la laisse avec son fiancé à l'autre bout du téléphone, je me plais à penser à tout ça, pour me rassurer. C'est pas évident, de la savoir tout à coup en contact avec lui. Peut-être même qu'entendre à nouveau sa voix va lui plaire ? Ou qu'elle va se rendre compte qu'il lui a manqué ? Je commence à sombrer dans un questionnement d'une noirceur qui ne me ressemble pas. Et pourtant...
Lorsque je l'aperçois retirer son téléphone de son oreille, je deviens encore plus observateur. Son air las alors qu'elle se passe la main dans les cheveux, m'inquiète un peu. Elle semble plus démotivée que jamais. Mais je ne l'interpelle pas tout de suite, lui laissant le temps de revenir s'installer à table pour qu'on puisse en parler plus facilement. Lorsqu'elle s'approche, elle dépose son portable sur la table, que je regarde presque d'un œil mauvais à l'idée qu'il se remette à sonner. Puis je la regarde, elle, qui se recroqueville sur sa chaise, et la panique grandit en moi sans prévenir. Alors quelques questions m'échappent, je n'y peux rien, j'ai envie de savoir maintenant, en voyant sa mine un peu inquiète. « Il rentre demain. » Elle semble déprimée à cette idée, et je ne sais plus quoi en penser. Au fond, je sais qu'elle ira le voir dès demain, et ça m'inquiète de la savoir auprès de lui. Les sentiments, et les belles paroles, et ce genre de choses... J'ai tellement peur qu'elle décide de faire machine arrière. Ou se donner davantage de temps pour réfléchir à ce qu'elle va faire, finalement. Mais, c'est aussi le seul moyen de pouvoir se libérer de cette entrave. Alors, dans un sourire réconfortant, je lui dis simplement : « Il était temps, après toutes ces semaines loin d'ici... » Puis, je la vois prendre son visage entre ses mains, d'une façon désespérée, et me dire : « Rhaaa je ne sais pas quoi faiiire ! » Comment ça, elle ne sait pas quoi faire ?! J'écarquille un peu les yeux, alors que je commence sérieusement à flipper devant ce qu'elle me dit. Honnêtement, si ça part dans cette direction, ça ne sent pas très bon pour moi. S'il joue sur le fait qu'ils ont un engagement l'un envers l'autre, qu'il a suffi que je réapparaisse pour tout remettre en question.. Mais justement, heureusement que c'est arrivé ! Elle est tellement différente de lui. « Enfin si, je sais ce que je dois faire. Mais ça me fait peur ! Imagine, il le prend mal ? » Je soupire un peu lorsqu'elle finit par se corriger, et me passe une main sur le visage en collant le dos à ma chaise et la fixant, en espérant l'obliger à penser à ce qu'elle vient de dire. « Oui… certes. Il va forcément mal le prendre. » Je ne peux qu'esquisser un sourire en l'entendant se raisonner. « Tu veux que je vienne avec toi ? Si ça te fait peur ? Je pourrais juste être un peu plus loin, et si ça se passe mal... Il vaut mieux qu'il passe ses nerfs sur moi, plutôt qu'il te fasse te sentir mal, qu'il te culpabilise... » Et que toi, Kimia, avec ton grand cœur, tu te laisses attendrir. Ca m'inquiète, ça, c'est fou. Elle a tellement d'empathie, qu'elle serait capable de bêtement lui proposer de venir avec nous en Europe, si ça se trouve ! Et je suis pas du tout chaud pour ça. Et lui non plus, à mon avis. En la voyant s'allonger à moitié sur la table, en saisissant ma main, un léger froncement de sourcils ponctue mon expression. « Viens, on s’enfuit maintenant. On n’a besoin que d’une petite valise ! » Je ne peux pas m'empêcher de rire un peu en l'entendant me proposer la fuite. « Kimi.. » Je commence, tout attendri par sa panique et sa mauvaise gestion des événements. « Même si c'est tentant.. Ce n'est pas une bonne idée. Et tu le sais. » Je caresse sa main avec mon pouce, dans un geste rassurant. « Au moins, maintenant on sait que tu vas pouvoir lui expliquer ton choix, il saura la vérité, et nous, on va pouvoir vivre notre petite vie. » Je me lève et contourne la table pour m'accroupir à côté d'elle, le regard levé vers son visage. « Je sais que ça te met dans une position délicate. Et que tu n'aimes pas faire du mal aux gens, et que tu vas sans doute avoir mal au cœur en le quittant réellement. Et peut-être que tu voudras même rester un peu seule pendant quelques jours, et je le comprendrai. » Je marque une petite pause, en posant une main sur sa cuisse, la pressant légèrement. « Mais on sait tous les deux que tu dois lui parler, pour qu'on puisse vraiment être ensemble. » Je cherche dans son regard son accord avec ce que je dis avant de poursuivre. « En attendant, on peut profiter de cette petite soirée tous les deux. Tu peux me parler de ce que tu veux, de tes doutes, de tes inquiétudes. » Je me redresse et dépose un baiser sur ses lèvres. « Je suis ton meilleur ami, et presque ton amant. » je dis avec un sourire empreint de malice avant de reprendre : « Tu peux tout me raconter, même si ça le concerne lui, d'accord ? Ou alors de quelle couleur seront nos murs dans notre prochain chez-nous. » Et je retourne à ma place, après avoir déposé un baiser sur son front.
Je me saisis du bout de carotte que j'ai laissé tomber dans le pot de sauce tout à l'heure, et sous mes airs rassurants et les paroles que je lui ai dites, une boule de stress grossit au creux de mon ventre à l'idée qu'elle soit confrontée à lui demain.
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MessageSujet: Re: « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥    Jeu 12 Avr - 21:28

Je ne sais pas ce qu’il se trame dans ma tête pour que toutes mes pensées se métamorphosent en un tel chaos. A chaque fois que je pense mes convictions ferment et inébranlables, elles se délitent sous le fracas de mes doutes et de mes peurs. Ma volonté demeure toujours inchangée : je veux quitter Mike pour afin n’appartenir qu’Otto. Ce désir, je le possède depuis si longtemps déjà. Autrefois, il était un rêve que je chérissais de tout mon être, que je conservais jalousement au creux de mes mains, que je cachais pour que personne ne puisse lui faire du mal, le montrer du doigt ou s’en moquer. Je m’imaginais des mondes où mon meilleur ami porterait un autre regard que celui de l’amitié sur moi, où il n’y aurait pas d’autres filles pour détourner son attention, qu’ils n’y auraient que nous pour profiter de ces plages infinies et du calme de notre petit village, pour faire les quatre-cents coups et laisser la nuit s’emparer de nos rêves d’avenir. Cet univers modelé à partir de chimères et d’illusions n’en est plus un désormais. Bien que je peine encore parfois à y croire, Otto m’aime. De la manière dont je l’ai toujours souhaité. Et je repense à toutes les fois où j’ai souhaité que son regard sur moi soit semblable à tous les regards qu’il avait pour les autres. Je me fais violence et je me morigène. Oh non… aujourd’hui, je ne voudrais pas que son regard change pour devenir comme ceux qu’il accordait à Lizzy, ou à ces nombreuses Shelly. L’intensité qui brille dans ses prunelles va bien au-delà de cela. Je me sens aimée, désirée, protégée, spéciale, unique… tout cela à la fois dans ces yeux que je chérie depuis si longtemps. Alors non, je n’ai pas le moindre doute sur la force de mes sentiments, pas plus qu’en ceux d’Otto. Au fond de moi, je sais que nous méritons ce bonheur qui sera bientôt le nôtre, que nous vivrons heureux à deux et que l’Allemagne sera une merveilleuse aventure. Toutefois, cela n’éclipse pas en totalité mes craintes et mes angoisses. J’ai le cœur trop tendre pour ne pas ressentir de la tristesse pour Mike. Je devais tout de même marier avec lui… Et même s’il possède ses défauts, il n’en reste pas moins un homme généreux, gentil et attentionné. Je ne l’ai juste pas aimée comme il aurait fallu. Je redoute la réaction qui sera la sienne. Je n’ai jamais aimé provoqué la tristesse des gens. Et pire encore, je crains sa colère. Je m’épanche auprès d’Otto qui me propose aussitôt d’être présent. Bien que l’idée soit –ô combien- tentante, je ne peux m’y résigner. « Non, ce ne serait vraiment pas correct vis-à-vis de Mike… Puis je n’ai pas envie qu’il s’en prenne à toi justement. Ta présence ne ferait qu’envenimer les choses… » Il n’y avait qu’à voir toutes les fois où ils se sont retrouvés tous les deux dans la même pièce. Les regards haineux qu’ils se lançaient et l’électricité qui régnait entre eux aurait pu faire sauter n’importe quel endroit pourvu qu’il y ait de la poudre ou du gaz. Non, très mauvaise idée. A la place, je préfère proposer la fuite. C’est au tour de mon petit ami d’éconduire mon idée. Je grimace, mais je suis déjà convaincue par le bienfondé de ses paroles. Il vaut mieux dire toute la vérité, même si c’est un sale moment à passer. Ses mots finissent par faire naître un sourire sur mes lèvres, balayant les larmes qui me montaient déjà aux yeux. Je suis si émotive en ce moment… « Rhaaa j’ai honte. Je ne suis tellement pas courageuse ! » je bougonne en me redressant, non sans garder la main d’Otto dans la mienne. Je lui adresse un regard tendre et admiratif. « Heureusement que tu es là. Tu as raison, c’est plus juste de lui dire la vérité. Et demain soir, on pourra se dire que ce n’est plus qu’un mauvais souvenir. » L’avenir et l’Allemagne nous tendent les bras. Aussi, le reste de la soirée, mes angoisses s’éclipsent quelque peu. Je préfère parler de nos plans d’avenir, de savoir comment sera notre maison là-bas, nos habitudes, comment on va se débrouiller pour communiquer en allemand plutôt que constamment en anglais. Je vois notre futur se dessiner avec des couleurs chatoyantes et merveilleuses. Je l’aime tellement… Et tant que nous sommes réunis, rien ne pourra nous arriver. Telle est ma certitude.

***

« Noooon ! Quelle idiote ! Quelle idiote ! Quelle idiote ! » Je me démène dans la chambre, récoltant des affaires par-ci, par-là pour m’habiller. A côté, Otto dort toujours paisiblement dans le lit, bougonne, se retourne et se rendort un peu. Moi, j’ai découvert que j’avais mal réglé mon réveil, mais en plus, j’ai oublié mes affaires de cours à mon appartement. Hors de questions que j’improvise quoi que ce soit. Je suis au bord des larmes, mais trop excitée à courir de tous les côtés pour rassembler mes affaires. Alors je fourre tout dans mon sac, je m’habille n’importe comment, si bien que mon haut est à l’envers. « Faut que j’y aille ! Je suis à la bouuuurre ! » Voilà que mon amoureux émerge quelque peu. Je saute sur le lit pour venir parsemer son visage de baiser. « Je t’aime, je t’aime, je t’aime. A ce soir ! » Et soudain, je stresse à nouveau pour ma confrontation de la journée. J’aurai bien aimé en discuter encore une dernière fois avec Otto, mais je n’ai pas le temps. Je file donc de la maison à toute vitesse, enfourche mon vélo écolo jusqu’au bout et je pédale plus vite que la lumière pour arriver à mon appartement. La merveilleuse chance que j’aie, c’est que mon école est à deux pas de là où j’habite avec Mike. Aussi je peux me permettre ce détour pour récupérer mes précieux cours. Durant ce fameux crochet par l’appartement, je balance mon sac sur le canapé négligemment, ne voyant pas que mon portable s’enfuit de celui-ci. Deux minutes plus tard, je suis à nouveau en dehors de mon appartement, direction l’école.

***

J’ai la gorge nouée. Les mains moites. Mon cœur bat à cent à l’heure. Toute la journée, je n’ai fait qu’y penser. Ça m’a tourmenté. La tête ailleurs, je n’ai dit que des bêtises à mes élèves. Attendre jusqu’à 17h m’a paru interminable et rapide à la fois. Je me trouve devant la porte de l’appartement, n’osant pas ouvrir la porte. En plus, comme une pauvre cruche, je me suis rendue compte que j’avais perdu mon portable. Sans doute chez Otto… Du coup, je n’ai pas pu bénéficier de son éventuel soutien, ni le prévenir de quoi que ce soit. Je me retrouve confrontée à moi-même… Enfin plutôt à la porte qui me défit depuis plusieurs minutes. Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à ouvrir cette fichue porte ?! Pourquoi je ne parviens pas à être aussi courageuse qu’Otto ou Aaron ? Je songe souvent à eux. Eux qui n’ont pas peur de dire ce qu’ils pensent constamment. Qui ne font pas de détour. Qui ne tournent pas cent ans autour du pot. Je voudrais brusquement être comme eux, entrer dans l’appartement, tout déballer à Mike et partir sans demander mon reste. Je réalise la monstruosité de ma pensée au moment même où je la formule, ainsi que de ce que je m’apprête à faire. Finalement, je prends une grande inspiration et je rentre dans l’appartement. Dans le vestibule, je vois son manteau et je sens tout mon courage m’abandonner. Il est là. « C’est moi… » Ma voix est moins forte que je le voudrais. J’ai la gorge sèche et mon ton pue la culpabilité à plein nez. Lorsque je rentre dans le salon, je suis étonnée de voir une valise qui n’a jamais été rangée, une bouteille d’alcool bien entamée sur la table basse et un Mike dans le canapé absorbé par son portable. « Ah ! Tu es là. » Je grimace un sourire que je ne parviens pas à être sincère. Mon fiancé remarque finalement ma présence. Quelque chose dans son regard me glace le sang, mais sur le moment, je mets ça sur le fait que nous ne sommes pas vraiment quittés en bons termes. « Oui, je suis là. Mais peut-être que je n’aurai pas dû revenir. Qu’est-ce que tu en dis, Kimia ? » Je suis prise au dépourvu de son ton si agressif. Mon cœur se serre dans ma poitrine, et je regrette brusquement d’avoir refusé l’offre d’Otto de m’accompagner. « Non… ne dis pas de bêtises. » je bredouille, ne sachant comment réagir et restant figée comme un piquet au milieu du salon. « Tu ne viens pas m’embrasser ? » Je ne bouge pas. Mes mains se malmènent l’une et l’autre. Je ne me débarrasse pas de cette atroce impression qu’il sait tout. « Quoi que tu n’es pas vraiment là pour ça, pas vrai ? » Il jette son portable sur la table basse, et c’est là que je peux me rendre compte qu’il s’agit du mien depuis le début. Je plaque ma main contre ma bouche face à l’horreur de la situation. De mes discussions avec Otto, il a dû tout voir, et probablement des messages qu’il a pu m’envoyer aussi dans la journée. Bref, rien qu’il ne lui soit caché. Mes yeux s’embrument de larmes. « Je suis désolée… tu ne devais pas l’apprendre comme ça… » Je voudrais m’échapper, m’enfuir dans un trou et ne plus jamais en ressortir. C’est pire que tous les scénarios que j’avais pu m’imaginer. Mike se redresse d’un seul coup. « Pas l’apprendre comme ça ?! Depuis quand tu sais que tu dois me planter pour cet autre con ? Depuis quand tu me laisses espérer comme un abruti ?! » Je recule d’un pas. Je me sens coupable, honteuse et je ne peux empêcher les larmes de couler. Je bafouille. « Oui mais… enfin tu sais, avec Otto, on se connait depuis toujours… et je l’aimais déjà avant et puis… on s’est retrouvé et… tu n’étais jamais là. Et tu ne revenais pas non plus, je ne pouvais pas te parler… » Rien que je ne pouvais véritablement expliquer dans le détail. Je le vois qui se décompose à mesure que je parle. « Ce… ce n’est pas de ta faute ! C’est juste plus fort que nous ! Je ne voulais pas te faire de la peine, je te le jure… C’est que… on s’ai- » - « Tais-toi ! Bon sang, tais-toi ! » hurla-t-il à plein poumons, venir me saisir par les épaules. Je parle trop. Je le sais. Trop souvent, les mots s’enfuient de ma bouche avant que je les réfléchisse, particulièrement dans ce genre de situations. Proche de lui, je peux sentir son haleine qui sent l’alcool. Je n’entends plus que des cris et je me fais toute petite car j’ai bien conscience que je n’ai pas d’excuses, hormis que j’aime Otto plus que tout. Rien ne justifie que je puisse faire du mal à Mike, que je lui brise son cœur. Il me reproche de ne lui avoir rien dit en me secouant comme un poirier. Toutes ces choses que je me reproche à moi-même. Et je m’en veux, c’est terrible. « … tu crois peut-être qu’il t’aime, mais la vérité, c’est juste qu’il est jaloux et qu’il veut uniquement te sauter ! » Je réagis brusquement. Sûrement trop. Je le repousse de toutes mes forces, et portée par la colère qui enfle dans ma poitrine, je lui assène une gifle qui m’est aussitôt renvoyée. Comme par réflexe. Sauf qu’il détient bien plus de force que moi. C’est d’abord une vive douleur, mon visage qui vire sur le côté, puis le sang qui se met à pulser dans ma joue, qui la meurtrit. La douleur ou le choc, mes yeux s’emplissent à nouveau de larmes et je dévisage un Mike aussi bouleversé que moi par son geste. « Kimia… oh mon dieu, Kimia, je suis désolé ! » Je ne veux même plus l’écouter. J’ai le cœur fendu en deux, ma joue qui me lance et l’impression de m’être trompée sur toute la ligne. Je repousse Mike qui veut me prendre dans ses bras. Totalement démuni et malheureux, il n’ose pas esquisser un geste de plus. Sans un mot, je récupère mon sac, mon portable et quitte les lieux en dépit des excuses, des supplications de Mike qui voudrait que je reste, que je lui pardonne, qu’on discute de toute cette histoire, qu’il est prêt à tirer un trait sur tout ça. Tout ce qu’il veut, c’est que je ne parte pas. Sauf que j’ai déjà claqué la porte derrière moi. Je dévale les escaliers à toute vitesse, étouffant difficilement des sanglots. Je compose le numéro d’Otto, mais impossible de le joindre. Je suis immédiatement renvoyée sur la messagerie. Alors je rappelle. Une fois, deux fois, trois fois. Et à chaque fois, je laisse un message désespéré où je veux qu’il me rappelle, qu’on se voie, qu’il me dise que nous serons bientôt ensembles. Sauf que je me heurte à un répondeur. De dépit, je m’apprête à lui envoyer un texto, et c’est là que je me rends compte du dernier message envoyé. Un message qui n’est certainement pas le mien car il informe Otto que je ne compte pas partir avec lui et que tout est fini entre nous. Je me fige dans la rue. Mon cœur s’arrête brusquement de battre dans ma poitrine et frisson glacé me parcourt toute la colonne. Est-ce que… est-ce qu’il n’aurait pas cru que… « Quoi ? Mais non ! » je m’exclame en plein milieu du trottoir. Mes pensées s’emmêlent et je ne parviens plus à formuler une idée concrète. Je peine à croire qu’Otto ait pu croire un seul mot de ce qui était écrit dans ce message, mais je ne peux empêcher la peur de venir tordre mes entrailles. N’attendant pas une seconde de plus, j’enfourche mon vélo et je fonce en direction de la maison d’Otto. Et si je ne le trouve pas là-bas, tant pis j’irai à son travail, ou je reviendrai l’attendre chez lui. Ou j’irai chez Nate, ou Lou. Je parviendrai à le trouver coûte que coûte. Le cœur au bord des lèvres, je pédale comme une folle, les yeux embrumés de larmes. Ça m’empêche de réfléchir, de me rappeler des derniers événements et… Tout à coup, un coup de klaxon retentit. Il m’assourdit, me fait sursauter. Je détourne la tête pour voir une voiture prête à me heurter. Immédiatement, je braque le guidon, change de trajectoire, ne regarde même pas où je vais. Je parviens à éviter de justesse le véhicule, mais je m’encastre dans une voiture à l’arrêt. Projetée du vélo, je roule sur le capot, tombe tête la première, juste le temps de sentir une vive douleur dans mon crâne avant de perdre connaissance. Tout devint noir.
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Otto Winspire
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MessageSujet: Re: « But if you love me, why'd you leave me » + Otto ♥    Mar 17 Avr - 18:30



Je la sens s’agiter dans le lit tout contre moi, puis se mettre à pester contre elle-même dans quelques murmures qui me paraissent lointains. Je marmonne et tire la couette contre moi, faisant une boule entre mes mains que je serre, à défaut de ne plus avoir ma copine dans le lit qui me sert clairement de doudou à chaque nuit passée ensemble. C’est dingue comme on s’habitue vite à la présence de quelqu’un la nuit. Je n’aime plus dormir seul, même si ça fait plus de place dans le lit. Maintenant, les rares fois où elle ne dort pas à la maison, je me réveille dans le milieu de la nuit, et je la cherche dans le lit, inconsciemment, avant de me souvenir qu’elle n’est pas là et que c’est normal. Mais ce matin elle est bien là, et je crois que d’après ce que j’entends tout ne se passe pas comme prévu, en terme de début de journée. Je l’entends farfouiller partout.. alors j’ouvre doucement un œil, me cramant la rétine avec la lumière qui perce entre les rideaux. Je grogne et me redresse en appui sur mon coude pour voir ce qu’elle fait, mais je n’ai pas le temps de constater quoi que ce soit : elle m’arrive dessus et me couvre le visage de baisers en m’annonçant qu’elle m’aime et qu’elle est en retard. Je la regarde passer la porte avec un petit sourire et lorsque ce petit tourbillon descend les escaliers à une vitesse affolante (le bruit de ses pas en témoigne), je me relaisse tomber dans le lit et me mets à fixer mon plafond en lâchant un profond soupir. Elle le voit plus tard dans la journée, Mike, et je sens que les prochaines heures vont être longues, à être dans l’expectative. Je remonte la couette sur mon visage, pensant que si je dors encore un peu, ça me rapprochera de la fin de journée et de nos retrouvailles qui marqueront le début de nos plans. Et la consommation de notre relation ? Un léger sourire naît sur mes lèvres à cette idée, alors que je récupère l’oreiller sur lequel a dormi Kimia pour le serrer contre moi et sentir son odeur. Oui, je suis complètement dingue d’elle, niais à en vomir, et je m’en balance : personne ne me voit faire mon petit manège.

Je me suis rendormi pour quelques heures supplémentaires, et lorsque je quitte enfin mon lit, c’est pour me glisser sous la douche afin de me réveiller complètement. Une serviette nouée autour de la taille, je m’installe devant la porte du frigo, grande ouverte, à contempler ce que j’ai là-dedans qui pourrait convenir pour un déjeuner. Je finis par sortir quelques bricoles à faire réchauffer. Je n’ai pas très faim : depuis que je suis debout, toutes mes pensées vont vers Kimi et sa confrontation avec son fiancé. Une boule de stress s’est logée dans mon ventre, et me coupe l’appétit. Guapa s’assoit gentiment à mes pieds, dans l’attente d’une friandise, qu’elle obtient sans trop insister cette fois-ci. Je m’installe sur la terrasse avec une assiette à moitié remplie, et mon portable dans l’autre main et je ferme les yeux face au soleil. Dans ma tête, ça commence à être l’angoisse aussi. Pourtant ça ne devrait pas, on a bien discuté hier soir, et elle semblait assez sereine, une fois que je l’avais rassurée. Donc… Ca devrait aller. Ca va aller. Je lance en l’air une tomate cerise avant de la rattraper. Kimi a rempli tout un étage du frigo avec ça, elle a dû voir une promo. Ou alors, elle se met au régime. D’ailleurs, ça me fait penser que j’ai oublié de lui dire qu’elle avait repris les formes là où il fallait. Moi qui m’inquiétais au début de l’été de sa perte de poids. Il faut croire que j’ai réussi à la remplumer en quelques semaines. Elle a bien meilleure mine d’ailleurs. Et juste en imaginant son visage devant moi, je me mets à sourire. Complètement atteint. Allez, je vais lui écrire pour savoir si sa matinée s’est bien passée, avec ses petits monstres.

Je bricole dans mon garage depuis le début de l’après-midi, et alors que je m’apprête à attraper une clé à molette, je fronce légèrement les sourcils en lorgnant sur mon téléphone qui ne signale aucun message ou appel. Elle ne m’a toujours pas répondu. Peut-être qu’elle n’a pas une minute à elle avec sa classe, même à la récré… Elle doit sûrement profiter de sa pause pour discuter avec ses collègues. Peut-être même qu’elle leur pose des questions ou attend des conseils de leur part pour sa discussion toute prochaine avec Mike. Dans le doute, j’essuie mes mains pleines de cambouis sur un vieux chiffon, puis me saisis de mon téléphone pour lui envoyer un message de plus, juste pour lui dire que je pense à elle, et qu’elle n’hésite pas à m’appeler si elle a besoin de quoi que ce soit. Et qu’elle m’appelle dès qu’elle a fini de discuter avec Mike, si elle veut venir à la maison ou voir ses copines, ou aller se promener pour se changer les idées. Je sais qu’en prenant la décision de le quitter, c’est une grande page qui se tourne pour elle. Elle l’a aimé, peut-être qu’au fond elle l’aime toujours un peu. Quand on envisage de se marier avec quelqu’un, c’est pour faire sa vie avec, non ? Je soupire, puis repose mon téléphone. Et s’ils avaient une vraie conversation, où ils aligneraient tous les plus et les moins, et que Mike récolte davantage de points positifs que moi ? Est-ce que l’avoir en face d’elle va lui faire oublier nos projets ? Peut-être que ses sentiments avaient diminué avec la distance qui s’était installée entre eux… Et si le simple fait de le revoir allait remettre en question toutes ses décisions, en particulier celles qui me concernent ? Sans compter que ces derniers temps… Kimi réagit avec excès, et pour pas grand chose. Et puis elle a un grand cœur, elle déteste faire du mal aux gens. Je secoue la tête en essayant de sortir toutes ces pensées négatives, en vain. En plus elle ne me répond pas. Je lève les yeux au ciel, et finis par abandonner cette attente insoutenable les yeux rivés sur le téléphone, en reprenant des outils en main. Il n’y a que dans la mécanique et ce qui en découle que j’arrive à me libérer l’esprit. Je poursuis donc la remonte du moteur après l’avoir complètement décrassé, minutieusement, au fil des jours. J’avais acheté cette vieille bécane juste pour m’amuser un peu à la bidouiller et finalement je me suis bien pris au jeu, la remontant totalement. Alors que je revisse quelques boulons, j’entends la sonnerie de mon téléphone, c’est un message. Un léger sourire vient détendre mon visage à l’idée que cela puisse être Kimi. Je pose mes outils, récupère le chiffon utilisé tout à l’heure, et une fois les mains à peu près propres, je m’empresse de lire le message. C’est bien Kimia. Je lis les premiers mots et mes sourcils se froncent doucement jusqu’à ce qu’une grimace remplace le sourire qui m’était venu. J’ai de la peine à déglutir en poursuivant la lecture du message et je ne me rends même pas compte que la main qui tient mon téléphone se met à trembler. Instinctivement, je m’accroupis, et d’un geste lent, je verrouille l’écran et reste de longues minutes, atterré, sans aucune réaction : mes peurs étaient fondées, elle a décidé de rester avec lui et d’oublier nos projets, et moi. Sans le vouloir, les mots tournent dans mon esprit, et le regard perdu, je me retrouve comme un con dans mon garage, sans savoir quoi faire maintenant. Comme si elle venait de retirer le sens dans lequel ma vie avançait depuis de longues semaines. Je suis paumé, abandonné, encore. Une énorme douleur me serre l’intérieur, ma mâchoire se crispe alors que mes yeux me brûlent. J’ai envie de pleurer comme un gamin. Et alors que je refoule tout ça et que je me force à reprendre un peu de contenance, un rire nerveux s’empare de moi : peut-être ont-ils tous raison ? Peut-être que je suis seulement ce pauvre mec qui enchaîne les nanas, qui a retrouvé la fille qui le voyait autrement, qui en était amoureuse, et celle-ci avait refait sa vie. Et ce même pauvre type lui a presque saccagé son avenir tout lisse. Presque, parce qu’elle vient de reprendre les rênes, et j’ai même pas mon mot à dire. Je dois juste fermer ma gueule, et avaler la pilule. Lorsque les yeux brûlent à nouveau, d’un seul geste je renverse la vieille bécane qui était postée à côté de moi. « Merde, merde, merde ! Quel con, putain ! Abruti… » Quel con d’y avoir cru et d’avoir pensé que cette proposition un peu folle de partir loin d’ici, à deux, était de taille face à une demande en mariage et plusieurs années de relation avant ça.
Je retourne dans la maison, et je regarde autour de moi, complètement hébété. Comment c’est possible.. ? Hier soir encore, elle me disait vouloir se sauver avec moi, sans rien dire et là… Peut-être qu’elle voulait fuir sans le revoir car elle se doutait que ça allait tout remettre en question. Peut-être que c’est aussi pour ça qu’elle ne voulait pas que je sois là. Je ferme les yeux en soupirant, passant une main lasse sur mon visage. Tout vient de partir en vrille, et je me retrouve comme un con tout seul, avec mes plans sur la comète, qu’elle a décidé de laisser passer finalement… Je reprends mon téléphone et je commence à taper son numéro puis, à peine l’appel lancé, je le coupe. Guapa s’approche doucement, l’air penaud, comme si elle avait déjà tout compris à la situation. Je déglutis difficilement, et lui donne une caresse sur le haut de sa tête. « On va rentrer à la maison, ma grande. » Sur ces paroles, je monte dans ma chambre, attrape un sac de voyage, fourre quelques affaires dedans, sans trier précisément. Puis, j’envoie un sms à Nate, et un autre à Lou, en leur disant de ne pas s’inquiéter, que je suis parti pour quelques temps. Je n’ajoute aucune précision sur la destination. Et j’éteins mon téléphone, puis d’une main je récupère mon sac qui ne pèse que quelques kilos. Et je reçois un coup au cœur en pensant qu’il aurait dû être bien plus gros, pour notre nouvelle vie en Allemagne. Je déglutis avec difficulté et après un long soupir, je claque des doigts pour que Guapa me suive jusqu’au garage, où je charge sa caisse de voyage dans la voiture. Elle comprend et grimpe à l’arrière. Et sans attendre plus longtemps, je mets le contact et prends la direction de l’aéroport.

Quelques heures plus tard, un billet d’avion en main, je passe les contrôles de la sécurité et je rejoins ma porte d’embarquement. Je n’arrête pas de penser à ce message, et à son comportement d’hier, de ce matin… Je ne comprends plus rien. Est-ce qu’elle avait des doutes sur moi et les a cachés tout ce temps ? Son frère les a soulevés en tout cas, et peut-être que ça l’a confortée dans son insécurité. Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est qu’il est temps de mettre de la distance, de respecter sa décision, car c’est son bonheur qui prime. J’aurais aimé être celui qu’elle aurait choisi pour le lui apporter, ce bonheur, mais elle a tranché. Et je ne peux rien y faire. L’idée de me pointer chez eux pour lui parler une dernière fois m’est venue, mais à quoi bon ? J’aurais l’air de quoi à lui demander des explications, à la supplier de revenir ? Quitter Los Angeles pour un temps m’est apparu comme la meilleure chose à faire, alors je l’applique.
Un peu plus tard, je suis installé dans mon siège, près du hublot, en regardant l’horizon se profiler au fond des nuages que survole l’avion. On survole le Pacifique, je rentre à la maison dans quelques heures. Je sais pertinemment que je ne pourrai pas cacher grand chose à ma mère lorsque je passerai la porte, mais qu’importe. Elle comprendra ma venue et mon besoin de revenir auprès de mon chez-moi. Mon regard se perd au loin, alors que le visage de Kimi hante mes pensées.
Qu’est-ce que je vais faire maintenant ? Je viens de perdre l’amour de ma vie.
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