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 « One day, I’ll fly away » [Naïa]

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Gabriel Goldstein
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DATE D'INSCRIPTION : 19/09/2015
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MessageSujet: « One day, I’ll fly away » [Naïa]   Mer 8 Nov - 7:10

Les jours étaient devenus des semaines, s'étalant sur des mois. Beaucoup d'eau avait coulé sous le pont depuis que Gabriel Goldstein s'était lancé dans la formidable aventure de la comédie musicale. Le Moulin Rouge était maintenant lancé, ce n'était plus un secret pour personne et déjà, les premières interviews avaient été données. Le pianiste était satisfait de lui-même, du travail de son équipe. Les rumeurs allaient bon train, tout comme les journalistes ne manquaient pas d'évoquer la comédie musicale comme un évènement attendu. L'image en découlant n'en demeurait pas moins positive. Et malgré cela, Gabriel n'en perdait pas la tête. Il essayait de garder constamment les pieds sur terre, de ne pas s'emballer et de ne pas prendre pour acquis, les échos positifs en découlant. Il estimait que chaque acteur avait encore des efforts à faire, que chaque monteur-son avait encore du travail à faire sur la lumière. Les régisseurs devaient encore peaufiner les détails apparents sur chaque décort qui seraient amenés au fur et à mesure des scènes à interpréter. Gabriel ordonnait, criait, s'énervait, encourageait. Mais surtout il motivait. Il fallait que tout soit parfait, que tout ce travail puisse porter ses fruits. Gabriel voulait le succès. Il voulait un monde empli d'étoiles, de paillettes et d'éloges et surtout, il voulait la reconnaissance pour tous ces talens qu'il avait sélectionné avec un soin particulier. Ces talents aussi motivés que lui, qui se surpassaient chaque jour, pour sa plus grande joie. Ainsi, petit à petit, le Moulin Rouge prenait forme. Et il avait terriblement hâte d'être à la grande première. Il se disait que si sa comédie musicale fonctionnait, elle offrirait des résultats bien plus probants que son propre mariage. Tout semblait partir en fumée. Il y avait bien sûr cette douce parenthèse apparaissant comme une tâche lumineuse dans sa vie. Mais elle ne remplacait pas la vérité. Elle camouflait. Elle atténuait la douleur. Et Gabriel se dissimulait derrière tout ce qui était positif. Il n'avait que cette solution, surtout lorsqu'il préférait nier plutôt que d'admettre l'évidence.

« Il faudrait que l'on rejoue Your song. » Déclara-t-il ce jour-là. Il était avec Damien et Naïa, alias Christian et Satine, occupés à programmer les répétitions en duo. C'était important après tout. Ils étaient le couple phare et forcément, les regards seraient tournés vers eux. Gabriel attachait un soin particulier à répéter avec eux. Inlassablement. Il voulait que tout soit parfait. Et forcément, il ne tenait pas à les faire répéter avec le membre lambda de la troupe. Il n'avait pas besoin, pour l'instant, de la musique complète. Le piano de Gabriel aidait dans la mesure où il permettait de faire travailler la voix, d'accentuer sur tels sons ou telle partie de la chanson. « La dernière fois, nous avions dit qu'il fallait revoir les problèmes de justesse pour vous, Damien. Notamment quand vous montez dans les aigus vers la fin de la chanson. Je pense que vous avez dû voir cela avec Janet n'est-ce pas ? » Le regard acier vrilla celle du chanteur qui s'empressa d'acquiescer avec un grand sourire « Bien sûr, normalement, on a réglé les quelques soucis de justesse. Mais je suis prêt. » Cette fois-ci, le pianiste regarda Naïa  « Et vous Naïa ? Êtes-vous prête ? Je ne vous avais pas évoquer les problèmes de justesse pour vous. Mais au contraire, d'aller puiser votre voix au fond de vos tripes et de sortir de votre zone de confort. » Et il se souvenait très bien de cela, de la sensation agréable qu'il s'en était écoulé face à cette proximité troublante. Mais de cela, il en avait retenu que l'essentiel, Naïa faisait des progrès, qu'elle avait du travail de par un potentiel fou. « Vous avez dû voir le prof de danse aussi, non ? Pour la chorégraphie. Je dois admettre que j'ai hâte de vous voir chanter tout en appliquant la danse. Ca va être un spectacle magnifique. » Son sourire était grand. Gabriel avait terriblement hâte de voir cela, son visahe oscillant entre Damien et Naïa. Il n'était pas mécontent de son choix. Ses doigts pianotèrent sur le piano, tandis qu'il adresse un sourire confiant aux deux interprètes, prêt à les entendre, prêt à se laisser envahir par l'atmopshère du Moulin Rouge, si prenante, si belle, si intime, si douce le faisant sortir de son quotidien, la mélodie jaillissant d'entre ses doigts expérimentés tandis qu'il observait, d'un oeil avisé, le duo prêt à vendre du rêve.

Les voix ne se firent pas attendre et résonnèrent dans la pièce où ils se trouvaient. Dans cette salle de répétition qui servait aussi de salle de concert au besoin. Pour l’heure, Gabriel en avait réservé l’endroit tant que la comédie musicale n’était pas sur scène. Son ancienneté jouait sur cet avantage. Heureusement, car l’endroit était suffisamment spacieux pour s’y entraîner et pour entendre les deux artistes lier leurs voix avec brio. Il devait admettre qu’il régnait une parfaite symbiose entre les deux. Naïa paraissait être dominée par Satine et le regard que lui lançait Damien était équivalent. Lui-même se sentait être Christian visiblement et Gabriel aimait ce qu’il voyait tandis qu’il jouait, imperturbable, la version piano de la chanson. Il ne perdait pas une miette de ce qu’il regardait. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher de ressentir des émotions contraires à la fierté. C’était une impression indéfinissable qui le prenait aux tripes, le broyant un peu trop fort. Devenait-il un être empli de mauvais sentiments ? C’était étrange et cette pensée ne le quitta jusqu’à ce qu’il entendit un bruyant « Papaaaaaaaaaaa ! » Il cessa de jouer reconnaissant la voix d’entre mille. Sa petite fille. Forcément, le fait qu’il stoppa de jouer arrêta tout tandis que la tornade blonde marcha tranquillement entre les sièges, descendant les escaliers menant vers la scène avec la classe folle d’une Goldstein. Puis sans un mot, elle grimpa sur la scène et fonça vers son père dont elle se jetta avec l’amour du monde au creux des bras. « Je voulais tellement te voir alors maman m’a emmené ici. Elle a dit qu’elle viendrait me chercher dans deux heures. Tu jouais quoi morceau ? » Puis son visage devenant rond, elle posa sa main sur sa bouche et se mit à rire avant de se redresser pour venir se poster devant Naïa et Damien. Avec toute la grâce de son éducation, et du haut de ses cinq ans, Mélodie leur sourit et ajouta « Bonjour à vous. Je m’appelle Mélodie et je suis venue voir mon papa. Vous savez qu’il joue vraiment bien du piano. Parfois, il en joue pour m’aider à m’endormir. C’est vraiment le meilleur papa du monde ! Vous vous appelez comment ? »


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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « One day, I’ll fly away » [Naïa]   Lun 27 Nov - 21:03

« Je n’en peux plus… » gémis-je en m’écroulant sur le parquet reluisant de la salle de danse. Voilà des heures que nous répétions et j’étais en sueur, à bout de souffle et complètement épuisée. A mesure que les semaines passaient, les répétitions devenaient de plus en plus intenses. Toute l’équipe pouvait le ressentir. Toute la troupe était au complet, les détails étaient peaufinés, la production se précisait et la première approchait à grands pas. Il n’était pas uniquement question de s’entraîner pour le chant. Désormais, nous nous attelions à l’apprentissage des chorégraphies. Pour l’heure, nous en étions aux prémices. J’étais persuadée que la danse serait bien plus simple que tous les entraînements de Goldstein, toutefois, je devais revoir mon jugement. Lorsque je voyais les danseurs à la télévision, cela me paraissait si simple, les mouvements étaient si fluides que je ne me figurais pas que j’aurai tant de mal à les reproduire. De plus, même si professeur de danse était moins tortionnaire que Goldstein, elle n’en était pas moins exigeante et perfectionniste. Désormais, je n’avais plus une minute à moi entre les cours de chant, les premières répétitions avec la troupe, la conception des costumes, les séances de promotion, ainsi que les cours de danse. Tout ceci était terriblement épuisant, mais tout aussi exaltant. L’excitation supplantait de loin ma fatigue. Le soir, rentrée chez moi, je m’endormais comme une masse, mais le sourire aux lèvres. En soi, tout me souriait actuellement dans mon existence. Je vivais l’une des plus incroyables expériences professionnelles, ne pouvant m’empêcher d’espérer un succès retentissant. A mesure que la pièce prenait forme, j’en devinais la pensée de Goldstein. C’était fabuleux. La nouvelle adaptation du Moulin Rouge serait éblouissante à bien des niveaux. Cela mettait une pression supplémentaire car je faisais partie des pièces maîtresses, mais ce n’en était que plus grisant. Puis il y avait aussi ma vie personnelle qui se déroulait si bien. Mes sœurs étaient heureuses. Et pour la première fois depuis longtemps, je pouvais me targuer d’être heureuse en amour. Depuis que j’étais avec Caleb, je filais le parfait amour. Honnêtement, je n’aurai pu rêver présentement. Rien ne me paraissait impossible, portée par l’amour. et je ne savais pas très bien s’il s’agissait d’un des effets du bonheur, il me semblait que Goldstein s’était étrangement radouci. Bref, hormis le fait que tous mes muscles hurlaient clémence, je n’avais rien à redire. « Allez, on se remet en place ! » dit la professeure de danse en tapant dans ses mains. Et merde…

***

Plongée dans mon scripte, je me l’appropriai dans chaque ligne à côté de Damien. En soi, je connaissais déjà les paroles par cœur, mais il me fallait repérer les mouvements, les jeux de scène. Ce ne fut que l’arrivée de Goldstein qui m’interrompit dans mes répétitions personnelles. Aujourd’hui, Damien et moi devions nous entraîner en présence du directeur artistique. Pour l’heure, nous n’avions pas encore le droit de répéter avec les autres membres de la troupe, hormis quand il s’agissait du Duc, mais pour l’instant, toutes les scènes avec lui n’étaient pas finalisées. « Oui, je suis prête. » Le rouge me prit aux joues et je louai le ciel d’avoir la peau suffisamment mate pour que cela ne se voie pas. L’une de nos dernières répétitions me revenait en mémoire. Cette fois où notre proximité était si intime que j’en avais été troublée. Je ne m’expliquais pas encore bien tous les sentiments étranges qui s’étaient agités en moi. A vrai dire, je n’osais même pas y penser. « Oui, nous avons déjà commencé les répétitions. Mais il faut encore du travail. » J’échangeai un regard entendu et amusé avec Damien. Effectivement, que ce soit l’un ou l’autre, nous n’étions pas encore au meilleur de notre performance. Il nous faudrait travailler plus encore. Mais aujourd’hui, l’entraînement était dédié au chant. Se pliant au souhait de Goldstein, nous interprétâmes Your song de la comédie musicale. Nous y intégrâmes les quelques éléments de jeu d’acteurs qu’ils possédaient par les scriptes. Nous nous entendions bien avec Damien, mais dès lors que nous chantions, c’était une alchimie toute particulière qui s’opérait entre nous. La musique nous habitait autant que nos personnages, nous plongeant dans une transe musicale délicieuse.

Une petite voix jaillit dans la salle. Je n’avais même pas pris conscience qu’une tête blonde s’était frayée un chemin parmi nous. Il ne fallut pas beaucoup de temps pour apprendre qu’il s’agissait de la fille de Goldstein. Certainement aurai-je pu ignorer qu’il avait une fille, mais nous en avions parlé dans sa voiture, et Bucky me l’avait appris par hasard. Mais surtout, c’était son minois charmant qui rappelait celui de son père. Moins autoritaire, bien entendu. Avec bien plus de classe que je n’aurai pu le faire même avec de l’entraînement, elle descendit les marches jusqu’à la scène pour foncer dans les bras de son père. Mon cœur se mit à fondre dans ma poitrine d’adoration. Tellement adoooorable ! J’observai la scène avec des yeux brillant jusqu’à ce que la petite n’évoque sa mère. Pour une raison encore plus étrange, j’eus comme une petite pique en plein cœur. Qu’est-ce qui m’arrivait au juste ? Je repris bien vite contenance quand son doux regard se porta sur nous. J’avais la sensation d’être face à une petite princesse. D’imaginer Goldstein jouer du piano pour endormir sa fille me fit sourire avec tendresse. Cet aspect lui conférait une humanité qui lui manquait parfois. « Bonjour Mélodie, lui, c’est Damien. Il chante et il danse pour la comédie musicale de ton papa. Moi aussi, et je m’appelle Naïa. » Un léger rire cristallin franchit les lèvres de la petite fille. « Oh tu es Satine alors ! » Mon dieu, j’adorais les enfants !! Je m’accroupis pour être à sa hauteur. « Oui, c’est moi. Et j’espère que je serai aussi bonne que l’originale. » Mon regard s’égara un moment vers Goldstein. Je souris, rougis et détournai le regard. Mélodie tapa une fois dans ses mains d’excitation en revenant vers son père. « Dis papa, est-ce qu’ils peuvent chanter ? Je voudrais les entendre !! » Elle semblait si enthousiaste que j’osais prendre les devants. « Peut-être pourrions-nous jouer Come what may ? Nous l’avons répété avec Damien juste avant que vous arriviez. Cela sera une occasion d’entendre votre avis. » Parce qu’il s’agissait aussi de parfaire ce que nous travaillions tous les deux de notre propre initiative.
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Gabriel Goldstein
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MessageSujet: Re: « One day, I’ll fly away » [Naïa]   Mer 20 Déc - 15:00

Sa fille venait de faire irruption mais elle ne déclencha nullement la colère du pianiste. Bien au contraire, c’était toujours un bienfait pour l’âme et le cœur que de voir arriver cette petite blonde sortie de nulle part, ses cheveux bouclés volant tout autour d’elle, la démarche chaloupée, les habits laissant apparaître une condition de vie très luxueuse et un sourire plus qu’éclatant. Rien ne laissait penser qu’à l’intérieur de ce petit corps, se jouait un combat de tous les jours entre un corps sain et un cœur déjà fatigué, abruti par les médicaments qu’elle prenait à outrance le matin pour s’assurer que tout irait bien pour le reste de la journée. Ainsi, était sa petite fille tandis qu’il l’observait venir à lui, avec ce regard empli d’amour. Il y régnait tant de jolis sentiments : Gabriel ressentait cette sorte de fierté alliée à une bouffée de tendresse tellement puissante qu’elle en était presque assourdissante. Dire qu’il n’aimait pas sa petite fille n’était que pur mensonge. Pour elle, il était prêt à donner sa vie entière, son cœur si c’était suffisant pour qu’elle vive. Mais hélas, les choses ne se passaient pas ainsi. Il fallait un cœur d’enfant pas un cœur d’adulte. Et cela rendait le combat encore plus difficile, plus vain hélas. Il y avait si peu de parents capables d’un tel sacrifice quand le malheur s’abattait sur eux. Pourtant, ce geste aurait suffi à sauver la vie d’une petite fille. En lieu et place de ça, la vie demeurait tout simplement fragile dans le corps de Mélodie. Et pourtant, ses parents essayaient par tous les moyens de lui donner une vie normale. C’était la seule solution. Et il était donc ravi de la voir faire irruption dans cette salle, interrompant les répétitions sans que cela ne déclenche le quelconque courroux du pianiste. Bien au contraire, il était plus qu’attendri devant l’attitude de la petite, polie mais envoyant de la prestance par la même occasion. Si quelqu’un avait douté du lien de sang entre le père et la fille, nul doute que toute confusion était alors dissipée. Le regard clair et brillant, elle rappelait son père par sa façon de s’imposer, s’exprimant clairement. Elle n’en demeurait pas moins adorable. Et il ne put s’empêcher de rire en l’entendant faire, se lançant dans un véritable monologue. Il en était gaga et elle était plus que jamais adorable. « Grâce à toi, je sais que tous mes secrets sont bien gardés.  » Ses paroles déclenchèrent les rires de l’adorable fillette, tandis que Naïa s’empressa de la saluer, se présentant et en faisant de même pour Damien. La conversation se poursuivit entre les deux, et Mélodie fit bien vite le rapprochement entre Satine et la personne face à elle. Il était ravi de voir qu’elle l’écoutait toujours avec attention lui parler de la comédie musicale. Si le regard de Naïa paraissait gênée, Gabriel lui, était radieux, le regard empli d’une fierté manifeste non pas pour la chanteuse mais bien pour l’enfant. « Tu peux enfin la rencontrer en chair et en os. » Déclara-t-il sachant que cette héroïne était plus qu’importante aux yeux de la petite blondinette. Après tout, il dépeignait le personnage comme une véritable princesse. Alors forcément, pour Mélodie, Satine avait autant d’importance et d’attrait à ses yeux que n’importe quelle héroïne Disney ou autre.

Les yeux de l’enfant brillaient d’un regard énamouré envers Naïa. Damien n’obtenait pas le même intérêt parce qu’il n’était qu’un homme, et elle était encore trop petite pour comprendre les discernements de l’amour. Dans son univers, seul son père et sa mère s’aimaient pour aller au-delà de toute princesse amoureuse. Aussi, dans son esprit, seule Satine paraissait être suffisamment importante. Et elle demanda bien vite une chanson. Forcément… L’enfant baignait dans la musique tout le temps, la télé n’était que très peu allumée. Et Delilah préférait, le plus souvent, faire résonner un brin de musique classique dans la grande maison. Aussi, la petite fille ne pouvait vouloir que ça : entendre des morceaux. Et la chanteuse se proposa alors de lui chanter « Come What May » étant donné qu’elle et Damien avaient bossé dessus avant qu’ils n’arrivent. « Ooooh c’est la chanson que tu me chantes souvent, papa ? Dis on peut l’entendre s’il te plaît ? » Demanda l’enfant avec un grand sourire, toujours en sautillant légèrement de partout. Ils se retrouvèrent bien vite à leur place. Gabriel s’installa au piano et Mélodie se trouvait à côté de Naïa et Damien, prête à ouvrir grand ses oreilles. Sans plus tarder, il commença donc à jouer le morceau tandis que les artistes commencèrent la chanson. Ce fut sans compter Mélodie. « Seasoooons may chaaaaaangeeee, wiiinteeeeer tooooo spriiiiiinnnng…. » S’exclama à pleins poumons la petite fille, venant se poster carrément entre Satine et Christian et leur volant la vedette. Si d’ordinaire, ce genre de comportement aurait énervé le pianiste. Là, ce ne fut pas le cas et seul un grand éclat de rire le prit, fixant ce petit bout de femme capable d’interrompre une répétition si importante. Il y avait des enjeux mais rien était trop beau, ou plus important que cette petite fille prête à s’amuser par tous les moyens. D’un mouvement de tête, il encouragea Naïa et Damien à continuer, tandis que Mélodie, envoutée par les deux, leur avait saisi la main et continué à chanter jusqu’à ce que la chanson prit fin. Forcément, l’enfant était aux anges. « Comment étions-nous papa ? Tu as aimé ? » Comment ne pas fondre devant pareil bout de femme ? « Et bien, je pense que tu pourras être une Satine toi aussi un jour… » Il marqua une pause, jetant un coup d’œil à Naïa. «  Seulement quand tu auras assez mangé de soupe et que tu auras dépassé Naïa. Pour l’instant, elle te gardera la place au chaud. » Bien sûr, il n’avait pas perdu une miette de la prestation des deux artistes et il en avait été enchanté. « Vous avez bien travaillé, je trouve. Votre prestation était plus qu’honorable. » Et il était loin encore le temps où toute chanson chantée avait le mérité de n’être que seulement « potable ».


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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « One day, I’ll fly away » [Naïa]   Lun 5 Mar - 20:14

« Grâce à toi, je sais que tous mes secrets sont bien gardés. » Je reste totalement stupéfaite. Si quiconque m’avait dit un jour que Gabriel Goldstein était un papa gâteau, je n’y aurais pas cru une seule seconde. A bien y réfléchir, Bucky l’avait laissé plus ou moins laissé sous-entendre la fois où nous avions parlé de la générosité de l’artiste. Décidément, j’allais de surprise en surprise avec lui… Il ne faisait que me surprendre. Et là, son regard débordant d’amour pour sa fille ne trompe pas. Il l’aime plus que toute chose sur terre. Si d’ordinaire, son regard est implacable, là, il ne demeure que douceur et tendresse. Cette enfant doit se sentir sûrement si spéciale à travers son regard… Face à une telle vision, j’en perdais moi-même tous mes moyens. Mais si le père n’a d’yeux que pour sa fille, cette dernière braque toute son attention sur moi. Enfin du moins, sur le personnage de Satine que j’incarne. Mon cœur s’embrase dans ma poitrine d’une telle reconnaissance en tant qu’actrice, même s’il s’agit d’une petite fille. J’ai l’impression me revoir, lorsque je n’étais qu’une enfant, admirer les chanteuses et les actrices à la télévision ou dans les magazines, rêvant moi-même d’en devenir une. De plus, même si les images promotionnelles commencent à être diffusées et que l’enjeu de la comédie musicale prend de plus en plus d’ampleur à l’approche de la première, je demeure toujours une illustre inconnue. Je peux me faire klaxonner en voiture, bousculer dans la rue ou aller acheter mon lait sans que quiconque s’excuse platement, ne me dévisage dans la rue ou que je ne sois assaillie pour des autographes à tout bout de champ. Si mes rêves d’enfant me rendaient terriblement impatiente d’arriver à une certaine notoriété et une véritable reconnaissance, j’avais conscience qu’il fallait que je profite de cette période où je pouvais encore jouir pleinement de mon anonymat. Pour l’heure, ma première fan s’avançait vers moi.

Dans son beau regard innocent brille deux perles étincelantes. Comment ne pas tomber amoureux de cette petite merveille aux soyeuses boucles blondes ? Moi-même, j’admire Mélodie qui se comporte telle une petite dame. Je n’en suis que plus attendrie, même si je réalise qu’il s’agit bien d’une enfant Goldstein. Elle porte bien plus de grâce et de prestance que moi du haut de ses jeunes années. Il me vient la curiosité soudaine de savoir à quoi pouvait bien ressembler la mère. Je ne doute pas qu’elle devait être une personne raffinée, belle, classe et accomplie. De manière surprenante, un pincement se fait sentir dans ma poitrine, comme si cela me dérangeait inconsciemment. Par chance, les questions de Mélodie me tirent de mes réflexions. Ainsi, Damien et moi nous nous présentons. Forcément, la demande finit par fuser. Elle veut nous entendre chanter. Je propose naturellement Come What May puisque nous étions en train de la travailler. Je dois me retenir de rire d’imaginer Goldstein chanter cette chanson pour sa fille. Je me souviens de l’audition où nous avions chanté à deux voix. Son accent français avait été terrible. Toutefois, il fallait le reconnaître : il ne chantait jamais faux. Ainsi, sur ordre de l’enfant Goldstein et avec l’approbation du père, nous étions prêts à chanter. Les premières notes de piano s’envolent dans l’immense salle quand je je prends ma respiration pour démarrer. Sauf que la vedette m’est rapidement volé par Mélodie qui chante par-dessus nos voix. Décontenancée en premier lieu, je croise le regard de Damien et nous manquons d’exploser de rire en observant cette petite star qui né. Notre directeur de comédie musicale ne s’en prive pas. Je me surprends à l’observer à la dérobée. Il est quand même beau quand il sourit. Le rire lui va bien. Je sors de ma contemplation quand il nous enjoint à poursuivre. Nous commençons à chanter, partageant l’interprétation avec Mélodie. Si elle ne chante pas forcément très juste, la passion qu’elle met dans son interprétation nous porte. Si bien que les dissonances ne se font presque pas attendre. A vrai dire, l’émotion du moment occulte toutes les imperfections. Ses petites mains échouèrent dans celles des deux interprètes. Dès lors que ce fut fini, nous nous inclinons comme si nous étions au soir de la grande représentation. « C’était merveilleux, Mélodie ! » je m’émerveille. L’enfant est aux anges, attendant la sentence de son père. Ce dernier ne tarit pas d’éloge pour sa fille. Elle, il ne lui dira jamais qu’elle est potable. Je m’accroupis à sa hauteur, remettant en place une boucle derrière son oreille. On dirait tellement une poupée ! « Ton papa a raison, tu feras une merveilleuse Satine. Le secret, c’est de ne pas jamais perdre espoir et de toujours croire en tes rêves. » Une véritable réplique Disney, mais c’était la vérité. Depuis mon enfance, je savais ce que je voulais faire. La musique et le chant étaient devenus ma grande passion et je m’étais battue toute ma vie pour atteindre mon objectif. Obtenir la célébrité, pouvoir participer à de grandes comédies musicales, travailler avec les plus grands… Aujourd’hui, j’étais à l’aube de mon rêve. Il se réaliserait bientôt. Mélodie m’offre un regard grandiose, comme si je venais de lui réciter la Sainte Bible. Et tout à coup, c’est à moi d’adresser ce même regard à Goldstein. Honorable ?! Quelques mois auparavant, j’aurai pu m’insurger de recevoir une telle remarque. Je n’aurai pas été satisfaite. Mais à force de travailler avec cet homme exigeant, j’avais fini par décrypter son langage. Nous avions été très bons. D’ailleurs, Damien semble le comprendre lui aussi car nous échangeons un regard empli d'excitation. Décidément, si sa fille le mettait d’aussi bonne humeur, elle devrait venir constamment ici ! « Tu plaisantes, papa ! C’était maaaagnifiiiique ! » s’extasia Mélodie en ouvrant grand les bras. Je ris de plus belle. Quelle joie de vivre ! « Comme j’ai hâte de voir le spectacle en entier ! » Et moi donc ! « Ton papa a fait un merveilleux travail. Tu ne seras pas déçue, crois-moi. Le soir du spectacle, tu auras des étoiles plein les yeux. » Elle espérait que l’enfant adorerait ce qu’elle verrait. Mélodie trépignait d’excitation. Comme j’étais à la hauteur de l’enfant, cette dernière s’approcha de moi. « Je vais te dire un secret. » chuchota-t-elle avant de s’approcher de mon oreille. Je l’écoute attentivement. « Papa, il dit que tu feras une Satine exceptionnelle. » Je réprime difficilement le sourire qui étire mes lèvres. La petite se recule, une moue mutine sur les lèvres. Mon dieu, elle est trop craquante ! A croire qu’elle sait ce qu’il faut dire pour motiver les troupes. Je dépose un baiser sur son front avant de me relever. Mélodie gambade jusqu’à son père. « Papaaa je peux voir les costumes ?! » Ces derniers n’étaient pas tous finalisés, mais il y en avait une grande partie. D’ailleurs, d’après Goldstein, nous allions prochainement démarrer les répétitions en costume. Face à la bouille de sa fille, il ne put dire non bien longtemps. Naturellement, Mélodie prit la main de Damien et la mienne pour nous embarquer avec elle. En marchant dans les couloirs, je me retrouvais à côté de Goldstein. Un sourire aux lèvres, je lui adresse un regard. « Vous avez une petite fille étonnante. Elle est exceptionnelle. » Et si différente de lui d’une certaine manière. Elle possédait l’innocence et l’entrain de la jeunesse. Moi, en tout cas, j’étais conquise…
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Gabriel Goldstein
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MessageSujet: Re: « One day, I’ll fly away » [Naïa]   Dim 1 Avr - 10:08

Sa petite fille était son monde, son univers. Là où brillaient les étoiles et le soleil. Il en était fou. Son regard n’était qu’amour et tendresse pour elle. Mélodie était une merveilleuse enfant dont il était complètement gaga. Parce qu’elle était forte. Parce qu’elle se battait contre sa maladie. Parce qu’elle faisait de ses faiblesses, une force incommensurable. Parfois, il se disait qu’il aimerait avoir ce trait de caractère, cette ténacité lui permettant d’être vaillant, de croire en l’espoir quand tout semblait si sombre autour de lui. Heureusement qu’elle était là. D’une certaine façon, si elle était telle que maintenant, ça lui permettait de se lancer dans des projets. Le Moulin Rouge n’avait vu le jour uniquement parce que sa fille le lui permettait, parce qu’elle était la joie de vivre incarnée. D’ailleurs, elle arrivait à conquérir le cœur de tout le monde. En l’espace de quelques secondes, elle avait ravi les sourires tendres à son égard. Et pourtant, elle n’usait d’aucun artifice : elle se contentait d’être elle-même. Et ça fonctionnait. Durant la prestation, le pianiste ne cessa de rire et de sourire. Il n’avait d’yeux que pour l’enfant, si belle et si innocente, si enthousiaste tant que la vie le lui permettait encore. Il y avait tant de choses à faire et à découvrir pour elle. C’était trop tôt si le destin se décidait à l’amener au Paradis. En grande conversation avec Naïa, il les laissait parler, ne pouvant s’empêcher de sourire béatement. Il se sentait terriblement fier, appréciant les compliments que sa chanteuse évoquait à son égard. « Je vous en remercie. » Dit-il simplement en la fixant durant quelques secondes. Puis, il détourna le regard ressentant une sensation d’engourdissement au niveau de l’extrémité de ses doigts. Si elle était une chanteuse et comédienne extraordinaires, voilà qu’elle se débrouillait bien avec Mélodie. De toute façon, sa fille était un être chaleureux doté d’une telle joie de vivre. Elle ne tenait pas en place et naturellement, il se plia à sa nouvelle exigence : celle de voir les costumes. Elle embarqua Satine et Christian sans qu’il pût leur intimer l’ordre de continuer à s’entraîner. La date de la première allait bientôt arriver, il n’y avait pas de temps à perdre. Pourtant sa volonté mollit face à l’impétueuse Mélodie. Elle les guida vers la salle arrière où se trouvait les costumes. Durant leur traversée, Naïa le complimenta et ça lui alla droit au cœur. « Vous êtes vraiment gentille, Naïa. » Et il s’en voulait presque d’être dure avec elle. Pourtant, il savait aussi que c’était pour le bien de tous. Il ne pouvait tolérer le à peu près. « C’est vrai qu’elle est étonnante. Avec sa mère, nous veillons toujours à ce qu’elle soit autonome, qu’elle puisse entreprendre seule et non sans notre aide. Elle se débrouille bien. » Et son regard alla vers la petite blonde, le visage concentré. Sans doute, devait-elle penser à ce qu’elle allait essayer ? « Elle vous aime bien. » Finit-il par dire, « Enfin, elle aime tout le monde de toute manière. Elle n’est pas difficile. »

Et malgré cela, elle vivait avec une bombe à retardement dans son petit cœur. Pourquoi la vie était-elle si injuste ? Heureusement, il y avait des instants d’innocence. Dans la pièce des costumes, tout ne fut qu’émerveillement. Il faut dire que les pièces étaient tout simplement magnifiques, lumineuses et légères. Et bien évidemment, Mélodie exigea d’en essayer une : celle de Satine bien sûr. Son personnage préféré semblait tout être défini. Christian partit quelques instants et Gabriel se retrouve seul avec sa fille et Naïa. Tous deux étaient accroupis et aidaient Mélodie à enlever sa robe afin de pouvoir porter une tenue rouge brillant, parsemée de petits éclats de diamants. Une tenue prévue pour Naïa mais inaugurée par l’enfant. « Tu vas être sublime ma chérie. » Son sourire s’étira mais il finit par se figer assez vite. Mélodie semblait plus silencieuse, sa respiration plus sifflante. La mine était presque fatiguée, et les cernes semblaient plus que jamais apparentes. « Mélodie ? » Son cœur commençait déjà à battre fou d’inquiétude. Et puis, soudain, tout se passa très vite. La petite se mit à hoqueter comme si elle n’arrivait plus à respirer. Un râle sortir d’entre ses lèvres, témoin de cette foutue gêne respiratoire, comme si le cœur s’emballait et n’arrivait pas à se calmer. Les réflexes de Gabriel se mirent immédiatement en place. « Naïa ! Pouvez-vous aller dans mon bureau, premier tiroir du haut, il y a une trousse médicale. Trouvez-là et apportez-là moi ! Faites vite s’il vous plait. » L’ordre fut fusé mais il était vital. Il comptait sur Naïa pour qu’elle puisse lui apporter l’inhalateur dont Mélodie avait besoin. Durant ce temps, il prit sa fille dans ses bras, continuant de s’étouffer doucement, lui proférant des mots tendres dans le but qu’elle se calme, qu’elle ne panique pas. ça risquerait de s’aggraver un peu plus sinon. Et quelques temps après, Naïa fut là et Gabriel ouvrait la trousse et en sortit ce dont il avait besoin. Il flanqua l’appareil dans la bouche de la petite et appuya plusieurs fois. Petit à petit, les râles cessèrent doucement. La respiration était toujours aussi haletante mais déjà, Mélodie paraissait plus apaisée bien qu’elle se mit à pleurer. Elle avait eu très peur. « Ce n’est rien mon tout petit… Ce n’est rien… » Murmura-t-il en la gardant près de lui, assis par terre, Naïa à ses côtés. « C’est fini maintenant… » Et il serrait fort ce petit corps chaud contre lui, tremblant encore. « Je suis là… Tu n’as plus rien à craindre… » Et pourtant, Mélodie était inconsolable, elle pleurait sans s’arrêter. Il leva les yeux vers Naïa et dans ce silence marqué par les sanglots de l’enfant, la vérité fut énoncée. Froide et terrible. Elle pouvait mourir à tout instant. « Elle… Elle est gravement malade… » Et il réussit juste à dire cela, être désemparé perdu dans la spirale de cet enfer qu’il vivait. S’il avait pu, il lui aurait donné son cœur si cela lui avait permis de vivre un peu plus.


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Naïa Argent
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MessageSujet: Re: « One day, I’ll fly away » [Naïa]   Jeu 12 Avr - 23:18

Bien qu’il ne me serait pas venu à l’idée que Goldstein appartienne à la catégorie des papas gâteau, je dois admettre que le voir agir avec sa fille est attendrissant. Pour la première fois, je peux assister à ses sourires, à ses rires qui sont francs et libérés. D’ordinaire, nous n’avons droit qu’à quelques brèves esquisses qui sont rapidement éclipsées par son ton exigeant. Il n’est pas un homme mauvais ou particulièrement affable, mais il n’inspire pas immédiatement les bons sentiments. A mesure que nous répétons, j’apprends à le connaître et je m’habitue à cette personnalité particulière, toutefois, je sais bien que je ne suis pas au bout de mes surprises. Tout comme aujourd’hui avec l’arrivée surprise de son enfant. Mélodie est une petite fille débordante de joie et de malice. Elle me rappelle mon enfance auprès de mes sœurs et de mon frère, tout particulièrement avec Jahia et Konan. Les triplés de la famille. Nous étions toujours fourrés ensembles, à faire les quatre-cents coups, à nous chamailler, et l’instant d’après, nous étions dans les bras les uns des autres. Cette merveilleuse petite blonde porte avec elle l’insouciance de l’enfance, ses rêves et sa beauté. Plus que jamais attendrie, je l’observe charmer son monde autour d’elle, et moi en premier. Tandis que nous nous dirigeons vers les vestiaires où sont les costumes, elle tient fermement ma main dans la sienne. L’enfant me permettait de découvrir un nouvel aspect de cet homme aux allures austères et implacables. Son regard n’exprimait plus que tendresse, si bien que je m’enhardis à lui faire un compliment. Je sens que cela le touche sincèrement. J’interprète toutefois difficilement le pincement au cœur qui me saisit quand il évoque sa vie de famille. Je préfère mettre cela sur le compte du fait qu’il a failli me faire un compliment qu’il a aussitôt détourné. Cela aurait été trop beau pour être vrai.

Nous arrivons dans la salle où les costumes sont entreposés. Je dois admettre que depuis qu’ils sont enfin arrivés au Conservatoire, je rêve de pouvoir les essayer, de voir tout le monde en costumes et que la représentation se déroule enfin. Des étoiles illuminent les yeux de Mélodie qui les contemple les unes après les autres. Forcément, elle n’a d’yeux que pour les tenues de Satine. Ces dernières ont été cousues spécialement à ma taille. Un couturier était venu prendre les mesures de chacun des acteurs principaux. Cela m’avait valu un sympathique commentaire de Goldstein qui m’avait comprendre que je n’avais pas intérêt à prendre du poids, ou à en perdre de quelque manière que ce soit. Un coup de téléphone force Damien a quitté la salle, et nous voilà tous les trois réunis. Avec mon directeur de comédie musicale, nous nous employons à aider la petite à retirer sa robe pour enfiler une des tenues. Une somptueuse robe rouge sertie de pierres précieuses qui brillaient de mille feux. L’enthousiasme me cueille face à une telle situation. Nous n’avons droit à guère de pause sous les directives de Goldstein, alors je m’en donne à cœur joie. Ma bonne humeur s’envole toutefois bien vite quand je cerne l’inquiétude qui envahit Goldstein. Mélodie se met à avoir une respiration sifflante, jusqu’à ne plus détenir de souffle. Elle cherchait un souffle qu’elle ne parvenait à prendre. Mortifiée, j’observe la scène sans parvenir à faire quoi que ce soit. Je ne comprends même pas ce qu’il se passe. Je ne réagis qu’à l’ordre de Gabriel. Aussitôt, je me précipite hors de la salle des costumes, cours jusqu’à son bureau et récupère la fameuse trousse médicale à l’endroit indiqué. Je mets encore moins de temps à revenir à mon point de départ. Mon cœur bat à cent à l’heure. Mes membres sont engourdis par la crainte. Qu’est-il en train de se passer ?! Goldstein s’empara d’un appareil dans la trousse, et d’un geste expert, l’enfouit dans la bouche de la petite. Après plus pressions, Mélodie n’émettait plus de râles douloureux. Même si sa respiration semble douloureuse, elle s’apaise et s’arrange progressivement. A genoux à côté d’eux, la tension se relâche et je me laisse tomber sur les fesses. Des milliers de questions pullulent dans mon esprit, mais je suis incapable d’en poser aucune. Finalement, la solution vient d’elle-même. Le père m’annonce que Mélodie est gravement malade. C’est à mon tour d’avoir le souffle coupé. Mes prunelles se posent sur ce corps frêle qui porte encore la souffrance de sa privation d’oxygène. Quelle maladie peut bien la ronger ? « Qu’est-ce qu’elle a ? » je demande d’une voix blanche. Ai-je seulement le droit de poser une telle question ? Les pleurs de la petite fille me déchirent le cœur en pièces. Moi-même, je voudrais ôter ce mal qui la meurtrit de l’intérieur. « Je… je vais chercher un verre d’eau. » Sans doute avait-elle la gorge sèche et devait-elle boire. Engourdie par la frayeur et l’annonce d’une nouvelle qui accablait tant le père, je me redresse et quitte la salle. Tout le chemin, je songe à ce que doit être la vie de cet homme que j’ai si vite jugé. Un talent illustre, une forte personnalité qui vit prisonnier de cette tourmente de la maladie de son enfant. A cet instant, je lui excuse toutes les fois où il s’est montré trop dur, trop sévère et trop impartial. Finalement, je reviens avec le verre d’eau. Goldstein s’est assis sur un banc de la pièce, la petite dans ses bras dont la respiration et les pleurs se sont apaisée. Elle prend quelques gorgées d’eau avant se laisser retomber sa tête sur le torse de son père. En si peu de temps, elle semble épuisée. « Est-ce… est-ce qu’elle va guérir ? » Je me hasarde, craignant déjà la réponse à cette question.
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Gabriel Goldstein
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MessageSujet: Re: « One day, I’ll fly away » [Naïa]   Hier à 8:12

Il avait eu terriblement peur. Chaque fois, la rengaine était la même. Le souffle se coupait, le cœur s’emballait, le cerveau réfléchissait très vite. Il fallait agir et ne pas se laisser abattre par le couperet leur tombant dessus. C’était ainsi. Et on ne pouvait reprocher à Mélodie de vouloir être une enfant normale, courant et riant comme elle le faisait. De toute manière, Gabriel et Delilah avaient toujours voulu l’éduquer ainsi, lui montrer que sa maladie ne devait pas être une faiblesse mais bien une force. Et pendant que la petite s’enhardissait, devenait l’enfant le plus heureux de la terre, les parents tentaient de ne pas s’écrouler. La vie pouvait parfois se révéler si triste et cruelle. Et Gabriel ne tenait pas à vivre cette perte tragique. Il avait peur qu’elle puisse s’éteindre en même temps que celle de sa fille. Leur mariage survivrait-il alors ? Il n’avait pas de réponse. Rien que le néant et un enfant à calmer et à apaiser. Il était avec Naïa et devant l’angoisse de cette situation, les mots lui semblèrent libérateurs. Ça faisait du bien de parler un peu. Il n’était pas uniquement le père de Mélodie Goldstein. Mais bien, le papa d’une petite fille malade. Et c’était autre chose. Ô comme il jalousait ces familles avec ces enfants en pleine santé. Il aimait tellement croire que les choses auraient été différentes. Mais elle ne l’était pas. Et dépit de tout, il souffrait. « Mélodie souffre d’une malformation cardiaque. » Il n’osa pas finir sa phrase en présence de sa fille. Il passait son temps justement à cacher cela. Il fallait simplement dire que son cœur se fatiguait plus vite que la moyenne. « Mon cœur est fatigué, Naïa. Alors quand je fais trop d’efforts, il a besoin qu’on l’aide à se calmer. » Ajouta Mélodie d’une voix haletante, la sueur perlant sur son front. Gabriel y passa sa main, d’un geste tendre et empli d’amour. C’était encore plus difficile d’entendre sa petite fille l’expliquer. Elle avait compris. De toute façon, elle était extraordinaire. Incroyablement humaine aussi. Elle était un peu à l’image de ce que sa mère avait été au début de leur rencontre. Quelqu’un qui n’abandonnait pas. Quelqu’un de tenace. Mélodie était si merveilleuse, si belle, si enjouée. Et voilà qu’elle était épuisée. Naïa partit lui chercher un verre d’eau et Gabriel en apprécia le geste. Après tout, il n’avait pas été tendre avec elle. Mais c’était pour son bien. Heureusement qu’elle comprenait que tout ceci était pour son bien.

L’eau calma un peu plus l’enfant. Elle s’endormit dans les bras de son père, assis sur ce banc et durant un temps, le silence perdura. Jusqu’au moment où Naïa le brisa pour lui poser des questions au sujet de la maladie de Mélodie. Si c’était guérissable ? La question restait sans réponse confirmée. Il n’y en avait pas. Il fallait juste attendre. Le remède était compliqué. « Elle peut guérir. Mais pour cela, il faudrait un nouveau cœur. » Il soupira, comme harassé par le poids de cette révélation. « Le problème, c’est de trouver un donneur compatible. Et surtout que Mélodie n’est pas prioritaire sur la liste d’attente. Elle ne présente pas de symptômes nécessitant un remplacement urgent de son organe. » Ils avaient tant pleuré à cette annonce, tant remis en doute ce système complètement fou. Le parent d’un enfant malade devenait égoïste, il fallait que SON petit soit guéri. L’autre n’avait alors aucune valeur. Et on ne pouvait nullement lui en vouloir. « En gros, il faudrait qu’elle soit en train de mourir pour espérer une opération. Toutefois, il faut aussi trouver le bon donneur. C’est … Compliqué. » Il sourit. D’un air triste. De toute façon, c’était toujours ainsi. Dès lors qu’il enlevait son masque, Gabriel était si mélancolique. « Si j’avais pu, je lui aurais donné mille fois mon cœur si ça suffisait à la maintenir en vie. Mais ce n’est pas aussi simple, hélas. » Il caressa doucement la tête blonde et ajouta « Alors, on fait avec avec. On montre à Mélodie ce que l’espoir peut apporter dans une vie. » Il se tut, conscient de ne plus être très gai. La répétition était suspendue, tout le monde devait sans doute les attendre. Mais il n’avait plus cœur à faire quoi que ce soit. Pour cette fois, sa fille était le centre de son univers. Il ne voulait pas que ça s’aggrave. Il ne se le pardonnerait jamais. « Naïa, pensez-vous pouvoir revenir aux répétitions, expliquer que je suis rentrée et tout superviser ? Vous connaissez la pièce par cœur ? » Cette fois-ci, il délaissait son costume de metteur en scène pour revêtir celui de papa. Et il déléguait sa fonction à Naïa pour cette fois. De toute façon, elle connaissait la pièce par cœur. « Je ne me fais aucun souci pour vous, vous connaissez la pièce du bout des doigts. »


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