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 Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa

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Skylar Morgan
Admin en pleine crise d'ado
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MessageSujet: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Dim 12 Nov - 11:36

Je suis dans la merde et jusqu’au cou. Oh oui on peut dire qu’il est simple des fois de vendre de l’herbe à quelques coins de rue et de s’enfuir en voyant les flics arrivés au loin sauf que c’est bien plus complexe que cela n’y parait et je viens seulement de le comprendre. Deux types sont venus me voir début de semaine en m’expliquant que le terrain de l’université était déjà une chasse gardée par leur petit groupe et donc que je devais plutôt foutre le camp rapidement de l’endroit et ne plus y retourner vendre quoi que ce soit. Sauf que, manque de chance, j’y suis bien entendu retourné. On y vend bien, les étudiants ont tendances à vouloir quelque chose pour les relaxer pendant les cours pu alors quelque chose qui les booste pour pouvoir étudier toute la nuit. Il faut dire que tout ce que je gagne vient de ce que je peux vendre sur ce territoire gardé. J’ai donc été présente sur cet endroit tous les jours de la semaine sans jamais avoir peur des menaces qui m’ont été faites quelques jours plus tôt. J’aurais dû les prendre en compte car jusque-là je n’avais pas encore travaillé pour vendre de l’herbe et je pense que cette journée va marquer la dernière de mon petit commerce. Alors que j’étais sur le point de rentrer retrouver Edwin dans notre appartement, j’ai aperçu ce même petit groupe d’hommes qui étaient venus me voir pour me prévenir de foutre le camp de leur territoire. Je me pinçais déjà les lèvres d’avance en les voyant approcher de moi, je ralentissais même lorsqu’ils arrivaient à ma hauteur. « On t’avait bien prévenu connasse ! » Lança le premier, ils étaient trois et il était le plus grand le plus basé et surtout il avait l’air d’être à la tête du petit groupe. Je fis quelques pas en arrière alors qu’ils avançaient encore plus vite vers moi tout en hurlant des insultes à tout va qui me sont toutes destinées. Je sens la panique m’envahir d’un seul coup, dans quelle merdier est-ce que je viens de me fourrer … « Viens princesse tu vas voir ce qu’on va te faire ! » Vociféra un petit gros se situant derrière le « chef », il semblait plus rouler que marcher vers moi mais j’eu le temps d’observer le petit couteau qu’il sortit de sa poche. S’en était trop pour moi, je devais partir, courir le plus vite possible. Laissant tomber le sac en papier brun rempli de conserves en tout genre sur le sol avant de faire demi-tour et de partir en courant.

Je suis loin d’être bête pourtant, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas pris au sérieux de telles menaces lorsqu’ils sont venus me voir la première fois. C’est sûrement à cause de leur allure un peu débile voir complètement absurde que je n’ai pas cru leur propos directement. La menace est bien plus flippante lorsque l’on se retrouve face aux personnes en masse et au couteau qu’ils ont sortis. Par chance pour moi il ne s’agit pas d’armes et donc j’ai une chance de m’en sortir. Tout d’abord, courir. Bien qu’ils me suivent, je perds déjà de vue le petit gros qui ne possède pas assez de souffle que pour continuer la poursuite. Reste les deux autres, le fameux chef semble plus intelligent que ce qu’il ne montre, le deuxième ne faisant que de le suivre bêtement. Bien, il reste tout de même en avantage sur moi. Il me fallait du monde, quelque part d’assez grand et où je peux trouver une déferlante de personnes tous les jours. Simple, Rodeo Drive, en courant assez vite et en comptant un peu trop sur mon pauvre cardio que je n’ai plus travailler depuis un moment, je devrais pouvoir y arriver.

J’y arrive assez vite d’ailleurs, sûrement grâce à l’adrénaline et du fait auquel je compte beaucoup à ma propre vie que pour lâcher prise. Je me base essentiellement sur le fait que je suis plus intelligente qu’eux et que grâce à ça je devrais pouvoir me sortir d’affaire et seule. Sauf que j’arrive bien sur Rodeo Drive et malgré la foule de touriste présente je n’arrive pas à semer les deux qui me poursuivent inlassablement. Je suis vraiment dans la merde … Regardant autour de moi, je repère une petite ruelle dans le genre de celle où on peut trouver des escaliers pour monter sur les toits. Certes dangereux mais je sais très bien que je suis capable de sauter de toits en toits. On s’y amusait beaucoup avec Edwin lors de nos nombreux voyages. Un de nos passes temps favoris pour visiter les villes de nuit ou au lever du jour. Bref, je dois trouver un escalier, ils n’oseront jamais me suivre si j’arrive à atteindre un autre toit.

Je me faufile entre les personnes, le plus rapidement possible, bousculant plusieurs d’entre eux sur mon passage mais je m’en moquais bien, les deux étaient toujours sur mes talons et ne s’arrêtaient pas une seule seconde de hurler que ma mort est bien plus proche que ce que je peux penser. J’arrive alors dans la ruelle et là, c’est le drame. Aucun escalier de secours n’est présent, même pas une échelle me permettant de grimper rapidement, rien du tout … Je suis foutue et morte surtout. Je les vois alors arriver vers moi, à bout de souffle, mon cœur battant à tout rompre tellement je suis morte de peur. Je tente alors de prendre mon téléphone dans ma poche dans l’espoir de pouvoir contacter Edwin mais le « chef » m’en empêche, me frappant d’un bon coup dans le ventre, me faisant lâcher mon portable et me coupant le souffle. Il n’y avait plus qu’un miracle pour pouvoir me sortir d’affaire. « Tu as vraiment cru que tu allais pouvoir nous échapper la rousse ?! » L’autre derrière lui rigolait à s’en briser les côtes. Moi, je tente vainement de reprendre mon souffle encore coupé sous la force du premier coup qu’il venait de me donner. « T’es morte ! » Dit-il en riant de plus belle alors que le chef se tournait légèrement vers lui pour rire également.
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Mar 14 Nov - 20:33

Raphaël découvrait une réalité bien particulière : quand il ne travaillait pas, il se faisait singulièrement chier. Aujourd’hui était l’un de ses jours de repos. Bien rare depuis qu’il avait débuté au garage d’Alaric, mais certainement pas à cause d’un patron tyrannique. Raphaël tenait à avoir l’essentiel de son temps occupé par le travail. Premièrement parce que la mécanique était devenue une passion chez l’ancien soldat, mais deuxièmement parce que cela l’empêchait de réfléchir. Avec sa récente situation, il aurait pu se donner l’illusion d’avoir une existence bien plus stable qu’il ne l’avait jusqu’à ces derniers mois entre sa sortie de prison, la fuite de Judith, la pourchasse pour retrouver sa femme et cette soirée où il avait failli devenir un meurtrier. Qu’est-ce qui aurait pu être pire que cela ? Depuis, il semblait qu’il s’était rangé. Il avait retrouvé une partie de sa famille. Il s’était trouvé un emploi, un appartement en se basant à Los Angeles. Il avait pris un tout nouveau départ. Pourtant, son existence restait un véritable champ de ruines. Son cœur restait ravagé par sa tourmente. Son âme n’en souffrait pas moins. Judith le rejetait inlassablement. Il avait beau s’efforcer de prouver qu’il pouvait changer, il n’obtenait rien d’elle et elle s’enfuyait toujours dans les bras de cet abruti d’infirmier. Pour ce qu’il était de sa famille, il ne parvenait pas forcément a si bien s’entendre avec tous les membres de sa famille. La rancune restait tenace quant à son départ d’autrefois. Il y avait aussi le fouillis que la jeune Lyra créait dans sa vie, surtout en amenant Lou dans son sillage. Il n’avait clairement pas besoin qu’une gamine ravagée et qu’une hystérique viennent empiéter sur sa vie. Et puis il y avait Mary… Mary qui était morte, qui ne faisait plus partie de ce monde depuis si peu de temps. Les espoirs inconscients de Raphaël s’étaient étiolés. Il ne la reverrait plus jamais. Il ne pourrait jamais savoir si elle avait continué de l’aimer. Il ne pourrait jamais savoir si elle avait pu regretter ce jour où elle lui avait tourné le dos. Depuis qu’il avait appris pour son décès, il ne cessait d’être torturé par un océan de et si. Et si elle ne l’avait pas rejeté ? Et s’il s’était battu pour elle ? Et s’il n’était jamais parti au front ? Et s’ils s’étaient mariés avant ? Et si… et s’il avait appris pour l’enfant avant ? Car Mary avait laissé derrière elle une enfant. Cette petite rouquine au sourire flamboyant. Sa fille. Cette enfant qu’il n’avait jamais pu élever. Raphaël avait toujours voulu être père. Jusqu’ici, il s’était toujours figuré que Judith serait la mère de ses enfants. Il y était toujours résolu, mais ses convictions s’ébranlaient avec le temps. Il était presque résigné à terminer sans connaître la paternité sans même savoir qu’il était père depuis plus de vingt ans. Et cela, il y pensait chaque seconde de chaque jour. Constamment. Incessamment. Irrationnellement. Il ne s’ôtait pas de l’esprit qu’il était le père d’une gamine qu’il ne reverrait sûrement jamais. Qu’il n’était même pas sûr de vouloir dans sa vie. Aujourd’hui était une date spéciale. Ce jour-là, vingt et un ans plus tôt, Mary et lui se retrouvaient sur un quai de gare à se faire ce qui étaient –sans le savoir- leurs derniers adieux. Et la jeune femme savait pour sa grossesse ; Raphaël en était convaincu. Pourtant, elle n’avait rien dit. Pourquoi ? Pourquoi avait-elle décidé d’attendre ? Pourquoi ne lui avait-elle jamais rien dit ? Il en devenait fou. Il en devenait malade. Pire encore, pourrait-il jamais la revoir ? Cette fille qui était soi-disant la sienne. Était-elle partie ? Il n’était pas certain de vouloir être de nouveau confronté à elle pour autant.

Toutefois, il n’eut guère le choix. Tandis qu’il remontait Beverly Hills de sa lourde démarche, une chevelure rousse jaillit de la foule, bousculant des passants. Il aurait pu se méprendre, mais quelque chose au fond de lui lui indiquait qu’il s’agissait bien d’elle. Il aurait pu passer son chemin sans se soucier d’elle si deux autres silhouettes n’avaient pas attiré son regard. Deux hommes à l’allure plus que déplaisante et ils paraissaient en avoir après la jeune fille. Ce fut à son tour de jouer des épaules pour se faufiler dans la foule compacte, ne détachant pas son regard du duo. La chevelure de la rousse avait déjà disparu dans une ruelle. Quelle idée de merde ! Elle aurait dû rester au milieu de la foule plutôt que de s’isoler. Quelle idiote ! Il ne mit pas longtemps à les rejoindre, mais suffisamment pour qu’ils aient déjà commencé à s’en prendre à elle. Son sang ne fit qu’un tour. Il n’était pourtant pas véritablement investi dans les galères des autres, mais là, c’était différent. Dire que c’était uniquement parce qu’il s’agissait de sa fille aurait été trop simple. « Essaye un peu pour voir ! » rugit-il, couvrant les rires des deux agresseurs. Il eut le premier par surprise, l’attirant en arrière par le col. Il lui décrocha un même coup dans les côtes qu’il avait pu infliger à la jeune fille. Lorsqu’il se courba, il lui attrapa le crâne qu’il abattit contre le mur. Il fut sonné sur le coup. « T’aurais jamais dû faire ça. » grinça l’autre assaillant en sortant un couteau de sa manche. Ce n’était pas suffisant pour impressionner Raphaël qui avait connu bien plus terrifiant à la guerre. Ce n’était que deux gamins pour lui. Il esquiva un premier coup donné maladroitement. Le second lui entailla la manche. Au troisième, il attrapa le bras de l’autre au moment où il lui donnait l’estocade. D’un geste habile, il lui tordit violement le bras, lui faisant lâcher sa lame. Puis il ne se retint pas pour lui envoyer plusieurs coups au visage jusqu’à ce qu’il perde l’équilibre et qu’il tombe sous la masse de ses coups. Raphaël avait besoin de se défouler. Les combats auxquels Alaric lui faisait participer ne lui suffisaient plus. « Touchez-la encore une fois, et vous serez des hommes morts. » menaça-t-il avant de se tourner vers sa fille. Il lui attrapa le bras sans douceur et la tira derrière lui. « Amène-toi. Faut pas rester là. » Il la conduisit hors de la ruelle, marchant sur plusieurs mètres au milieu de la foule avant de s’arrêter sur le côté. « Où est-ce qu’ils t’ont frappée ? » Il jetait les mots abruptement, avec de la colère dans le regard. Tout à coup, il réalisa qu’il ne connaissait même pas son prénom. Il ne savait pas comment s’appeler sa fille. « Qu’est-ce qu’ils te voulaient ces types ? T’as des emmerdes ? » Si elle avait pris de son père, elle détiendrait sûrement une grande propension à se foutre dans la merde rapidement. Il préférait encore que non.
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Skylar Morgan
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Mer 6 Déc - 21:38

Les quelques spectateurs de ma fuite ont bien pu penser qu’il était terriblement idiot de ma part de m’élancer à toutes jambes dans une ruelle sans issue mais ils n’avaient pas cette notion que je possède, j’aurais pu m’enfuir s’il y avait eu un escalier, un muret ou quelque chose me permettant de me hisser vers les toits surplombant la ville. De là, j’aurais pu observer mes adversaires avec le sourire triomphant de celle qui n’a peur de rien et qui réussit à semer ses ennemis. Non, je suis bel et bien l’idiote que les passants ont pu observer l’espace d’un court instant. Sans faille, cette ruelle devient le piège cruel de mes deux agresseurs dont le sourire ne me donnait pas envie de rester là plus longtemps. Mais je n’eux pas à faire le choix car je n’en avais pas. Alors, résolue à subir mon triste sort, je me suis laissé frapper laissant ainsi mon portable s’échapper de mes mains. Le souffle coupé sous la force du poing que je reçu en plein dans le ventre, me pliant en deux en espérant de cette manière retrouver plus rapidement une respiration normale. Mais à quoi bon ? Je suis seule face à eux et personne ne va s’occuper d’une pauvre fille qui s’attire des ennuis.
J’étais résolue lorsque sa voix se fit entendre, résonnant contre les murs et surtout dans ma tête. Je ne l’avais pourtant entendue qu’une seule fois lors d’une brève rencontre mais il y a de ces voix que l’on ne peut pas effacé de nos mémoires aussi aisément que l’on ne le souhaite. Il s’agissait bel et bien de lui pourtant malgré le fait que mes yeux souhaitaient voir une autre personne. Le premier de mes deux agresseurs fut tiré vers l’arrière avec une force qui m’effraya, l’observant avec de grands yeux ronds je n’osais faire aucuns gestes de peur d’être entrainée dans cette nouvelle bagarre. Je réussi à récupérer mon portable non loin de moi lorsque la menace fusa. Non, peut-être n’aurait-il jamais dû me venir en aide aujourd’hui. Je ne sais pas par quel pitié cela lui ai venu de me prêter main forte et me sortir d’affaire, bien que je n’en sois pas fâchée, tout au contraire ! Je suis simplement étonnée de voir l’homme qui m’a rejeté me venir en aide.

La lame du petit couteau brilla dans mon champ de vision, mais rien ne semblait effrayer cet homme. Était-ce bien l’image de l’homme brave dont je m’étais faite au cours de mes recherches ? Il en avait bel et bien le courage mais certes pas le même caractère. Toujours à l’écart, je vis la fin de la scène avant qu’i ne m’agrippe violemment le bras. « Aïe ! » Je proteste sans grande réponse de sa part, il se contenta de m’entrainer avec lui avec pour seule explication qu’il ne fallait pas rester ici. Nous avons marché quelques mètres de cette manière mais à vrai dire nous aurions pu marcher deux kilomètres sans que je ne m’en aperçoive vraiment. Je ne pensais déjà plus à ma désastreuse rencontre, au coup que j’ai pu recevoir ni même à l’intervention de mon père biologique dans cette histoire. Non, j’étais à mille lieux de me poser des questions sur ce qu’il venait de se passer. Tout mon esprit était concentré sur un seul et unique objectif : que pouvais-je bien avoir de lui ? Qu’est-ce qu’il fait que je suis sa fille ? Est-ce d’un trait de caractère ? D’un comportement, d’un tic ou une petite manie ? D’un trait physique ? Ne le voyant marcher que de dos, je n’avais pas vraiment l’occasion de répondre à cette question, une chose est sûre : le roux ne vient pas de ce côté de la famille. Puis il s’arrêta net, m’attirant sur le côté.

« Qu’est-ce que ça peut bien te faire ?! » Les mots jaillirent avec une colère dont je ne connaissais pas l’origine. La surprise dû se lire un moment sur mon visage car je ne m’attendais pas à lui répondre sur ce ton même s’il l’avait bien cherché finalement. Il y avait comme de la colère dans sa question et il faut dire que le ton qu’il a employé ne m’a pas paru des plus agréables. Mais bon, il s’agit tout de même de mon père alors qu’il veuille de moi ou non je me dois tout de même d’être un minimum correcte avec lui ou du moins en sa présence. « J’ai vendu accidentellement quelques herbes aromatiques sur leur territoire. Je n’avais pas cru à leurs menaces la semaine dernière et j’y suis retournée. C’est tout. » Je m’explique brièvement avec un petit air hautain de l’adolescente rebelle qui sommeille toujours en moi. Vous avez, le petit air de « je connais mieux les choses que toi alors ne me fait pas chier par la suite cordialement la bise » et bien c’est celui-là que j’ai utilisé et je n’en éprouve aucuns regrets. « Pourquoi tu es venu m’aider ? » Je lui demande sur le même ton que lui juste avant. « Je pensais que tu ne voulais pas moi alors pourquoi est-ce que tu étais là ? » Je le questionne tout en plantant mes yeux dans les siens, j’avais envie d’une réponse non pire, j’avais vraiment besoin de cette réponse. Peut-être avais-je toujours une chance avec lui.
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Dim 4 Mar - 22:27

Cela en demeurait presque un comble, mais Raphaël en venait à penser que les emmerdes, c'était quelque chose d'assez familial. Il n'avait pas eu besoin d'élever sa fille pour qu'elle se noue naturellement dans les problèmes. Comment se faisait-il qu'il la retrouve courant à travers la ville afin d'échapper à des hommes à ses trousses ? D'autant qu'il fallait voir la gueule des types en question. Le motard avait suffisamment croisé de délinquants en tout genre au cours de sa vie pour savoir que ces deux-là n'étaient pas des enfants de chœur ; mais plutôt des malfrats qui n'auraient aucun scrupule à faire mauvais parti à la rouquine. Pire encore, elle était belle et le sang de Raphaël ne faisait qu'un tour. Pourquoi d'ailleurs ? Il ne faisait pas parti de ces hommes qui partaient secourir la veuve et l'orphelin. Il était un égoïste cynique. Nul ne l'obligeait à voler au secours de la belle. Pas plus qu'à se mettre en danger pour elle. Et encore moins prendre des coups pour elle. À croire qu'il n'était pas si mauvais qu'il souhaitait le laisser entendre… À moins que cela ne provienne de sa ressemblance dérangeante avec sa mère. Ah sa mère ! Un pincement au cœur surgit au fond de sa poitrine à sa simple pensée. Il refoula rapidement cet égarement douloureux au profit de la colère. Comment avait-elle élevé sa gamine ? Est-ce qu'elle la laissait entretenir de pareilles fréquentations par le passé ? Avait-elle élevé une délinquante ? Pas qu'il se découvrait de soudains instincts de paternité, mais s'il avait dû savoir que cela se terminerait ainsi, il n’aurait peut-être pas jugé bon de partir en laissant un illustre inconnu devenir le père de son enfant. Bon sang… s'il avait su à ce moment-là ! Tout aurait pu être si différent.

Il n'eut guère de mal à mettre les deux hommes hors d'état de nuire. S'ils étaient dépourvus de pitié, Raphaël en possédait moins encore quand on s'en prenait à ce qui était important pour lui. Car même s'il ne le savait pas encore, sa fille n'était pas comme les autres. Il n’en était pas désintéressé comme il se plaisait à le montrer. Il y avait une voix au fond de lui qui lui murmurait qu'il était tout ce qu'il lui restait ; qu'autrement elle était seule. Mary n'aurait jamais voulu que son enfant soit livrée à elle-même. Sûrement était-ce pour cela que son testament révélait la véritable identité de son père. Il était juste étonné que Mary puisse penser qu'il possédait l'étoffe d'un père. Hélas, elle ne devait pas se douter une seule seconde que l'existence le verrait dépérir au lieu de se reconstruire comme elle avait su le faire. Il n'était qu'un déchet de la guerre. Une âme écorchée par le temps et ses pertes. Comment pourrait-il aider cette fille au cœur brisé ? Il n'était même pas capable de réparer le sien après vingt ans de souffrance. Sa fille l'effrayait… Que quelqu'un puisse avoir besoin de lui, lui faisait peur. Il ne savait pas s'il pourrait être la hauteur. Pire encore, que désirait-elle vraiment en parcourant les états pour retrouver son père ? Quel genre d'homme espérait-elle trouver à Los Angeles ? Sûrement pas la brute qu'il était. Mais pour l'heure, la colère avait chassé momentanément la peur. Il l'avait tirée sans douceur de la ruelle malgré ses protestations. S'éloigner était primordial. Premièrement pour se mettre en sécurité. Et deuxièmement, parce que marcher un peu lui permettait de se remettre les idées en place. Quand il jugea qu'ils s'étaient suffisamment noyés dans la foule, il s'arrêta. Trop brusquement pour que cela puisse paraître sincère, il s'inquiéta de son état. Elle lui répondit sur un ton tout aussi abrupt qui attisa son énervement. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire ? Très bonne question. Il était tenté de répondre qu'il n'en avait rien à foutre, mais cela aurait été mentir. Toutefois, il possédait son orgueil et il ne réitéra pas sa question. Il eut un rare éclat de sagesse en conservant le silence afin d'épargner une parole malencontreuse à l'égard de la jeune femme. Il préféra l'interroger sur les raisons qui l'avaient forcé à intervenir. Pourquoi deux types lui couraient après ? Qu'est-ce qu'ils voulaient lui faire payer ? La réponse de la rouquine manqua de le faire sortir de ses gongs. « Des herbes aromatiques ? Tu te fous de ma gueule en plus ?! » jeta-t-il sur un ton acerbe. Au regard noir qu'il darda sur elle, elle avait tout intérêt à ne pas jouer à la plus maligne avec lui. Son insolence le mettait à bout. Même pas un peu de gratitude ! Elle pensait peut-être qu'il parcourait tous les jours toutes les ruelles sombres de Los Angeles pour sauver des demoiselles en détresse ? « T'as sérieusement cru que tu pourrais faire le poids devant ces gars-là ? Tu t'es regardée deux secondes ? » Il ne savait pas pourquoi il se trouvait si en colère. Il aurait pu accuser son insolence, mais au fond, il avait eu peur. Et en même temps, il s'en voulait sûrement qu'elle en soit là. Est-ce qu'elle faisait ça pour dépit ? En attendant, ce n'étaient pas ces petits bras et son mètre soixante qui allaient lui éviter les ennuis. « Pourquoi tu es venu m'aider ? » Très bonne question qui ne plut pas à Raphaël. Il la dévisagea avec la troublante sensation de revoir Mary devant lui vingt ans plus tôt quand elle était en colère. Avec ces mêmes sourcils froncés. Ce regard mécontent. Cette expression de défi. En effet, pourquoi était-il allé chercher plus d'emmerdes qu'il n'en avait déjà ? « Tu aurais peut-être préféré que je te laisse te faire tabasser par ces deux autres connards ? Je t'y ramène si tu n'es pas contente. » Il ne le ferait pas. C'était une évidence. Mais il était irrité par son attitude, puis cela était une jolie parade pour ne pas répondre à sa question. Encore moins quand elle ajouta qu'elle croyait qu'il ne voulait pas d'elle. Sa mâchoire se crispa et détourna le regard vers la foule, donnant l'illusion qu'il vérifiait qu'ils n'étaient pas suivis alors qu'il n'en était rien. « Dis pas de conneries. » bougonna-t-il sur un ton de reproche. Qu'elle l'interprète comme elle veut. Lui n'avait jamais véritablement formulé qu'il ne voulait pas d'elle. De même qu'il ne pouvait pas encore affirmer qu'il voulait d'elle. Il était juste paumé. Presque autant que la rouquine en face de lui. « Même pas quelques semaines que tu es là et ça se prend déjà pour Pablo Escobar. Va falloir réviser ta copie ma grande. T'as rien trouvé de mieux à faire ?! » Tout à coup, une idée au combien dérangeante lui vint à l'esprit. Il lui agrippa à nouveau le bras. « Tu ne te prostitues pas en plus ?! » Non parce que là, même s'il ne possédait pas la fibre paternelle, il interviendrait quoi qu'elle puisse en dire et même s'il y avait un mac à dégommer. Cela ne l'effrayait pas. Hors de question que sa fille fasse le trottoir et qu'elle se choppe toutes les MST du monde !

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Skylar Morgan
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Ven 16 Mar - 15:00

Il faut avouer que le ton utiliser pour alimenter la conversation n’est pas des plus sympathiques, il serait même légèrement sarcastique et agaçant. Alors oui, d’accord, il vient de débarquer de nul part en me tirant d’un mauvais pas. Oui, d’accord mais ça ne fait pas de lui mon père pour autant. Ce n’est pas parce qu’il me sauve d’une mauvaise action que j’ai pu réaliser plus tôt que maintenant je dois l’appeler papa et lui crier toute la joie que je ressens de l’avoir retrouvé. Non. Ce type était absent depuis ma naissance et c’est uniquement parce que ma mère est morte que j’ai eu connaissance de ce gars absolument chiant et qui n’en a vraiment rien à faire de ce que je peux devenir. Alors oui, j’ai bien le droit d’être sarcastique et de me foutre de sa gueule autant que je le souhaite. « Des herbes … ça et d’autres. » Un léger sourire apparaît sur mon visage, bien entendu que je me fou carrément de sa gueule. Qu’est-ce que je pourrais bien faire de plus ? J’aurais très bien pu me sortir toute seule de cette impasse. Ou pas. Je le sais, j’en ai parfaitement conscience en réalité mais bon … Je ne vais pas lui faire le plaisir d’avouer mes conneries. Vendre sur un territoire déjà prit était une mauvaise idée, je lui accorde mais pas question de dire oui à mon cher « papa ». « J’aurais très bien pu faire le poids, un coup dans les couilles et c’est terminé de ce genre de crétins ! » J’abuse, je le sais, une nouvelle fois je tente de lui clouer le bec en pensant que je peux avoir raison alors qu’il n’en est rien. Heureusement qu’il est arrivé sinon je serais déjà en charpie dans le fond d’une ruelle située sur Rodeo Drive. Mais dans cette discussion de sourd je fini tout de même par lui demander pourquoi il est venu m’aider alors qu’il aurait très bien pu passer son chemin comme toutes les personnes qui ont pu m’observer courir et poursuive. Il aurait bien pu foutre le camp et me laisser disparaître, au moins il n’aurait pas eu d’autre problème que de se soucier de quelle bouteille il va se siffler le soir même pour fêter ça. Parce que je l’imagine très bien en gros alcoolique devant sa télévision le soir. Une idée comme ça.

« J’aurais préféré ouais. » Je réponds du tac au tac alors qu’il me demande si j’aurais préféré me faire tabasser par ces idiots. Mais je me comporte également comme l’une de ces gamines idiotes en pleine crise existentielle. Et pourtant je n’arrive pas à me retirer de ce jeu stupide que je suis en train de mettre en place avec Raphael. C’est bien plus fort que moi, je veux le provoquer encore et encore et l’énerver comme il m’a énervé la dernière fois que je l’ai vu. Il ne voulait pas de moi, c’est ce qu’il m’a très clairement fait comprendre. C’est vrai que reprendre une gamine dont on ne connaît rien du tout et qui se retrouve orpheline c’est débile, c’est dangereux, ça risquerait même de lui couper un bras et casser une jambe voir même lui arracher les dents une par une. Il me répond alors de ne pas dire de connerie, je ne relève même pas vu que je lui en sors à la pelle depuis un bon moment. « Faut bien gagner sa croute, je n’ai pas vraiment le choix vu que mon coloc à un boulot de merde et qu’on doit se payer un appartement qui coûte la peau du cul. Ce n’est pas comme si ma mère m’avait laissé une fortune après l’accident. » Je peste, me serrant un peu le cœur alors que j’évoque le souvenir de ma mère. Jamais je ne pourrais trainer son nom dans la boue, c’était une femme remarquable et aimante qui a toujours tout fait pour mon petit frère et moi. Alors de parler d’elle de cette manière me blesse même si je n’avoue toujours pas mes tords. Mais alors qu’il m’agrippe le bras en me demandant si je me prostitue, c’est le pompon ! « Mais déjà tu ne me touches pas ! » Je m’énerve en me débattant plus fort que la dernière fois, me dégageant de sa prise et frottant mn bras endolori. Plus parce que je me suis dégagée que parce qu’il m’a attrapée. « Mais sérieusement ça peu te faire quoi ?! Tu veux pas de moi, tu veux pas me voir, tu te casses comme un gros blaireau et après tu ramènes ta fraise l’air de rien pour me sortir d’une situation de merde ! » Je m’emporte, je ne devrais pas mais une fois de plus c’est plus fort que moi. « Je suis ta fille et la seule chose que ma mère voulait lorsqu’elle est morte c’était de me faire connaître mon vrai père ! Bah maintenant je sais très bien pourquoi elle me l’a caché maintenant ! » Bon, je vais trop loin et là, c’est certainement de trop. « Pardon, je le pensais pas en faite … » Et ça ce sont les seules excuses qu’il pourra avoir.
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Ven 23 Mar - 14:48

Raphaël n’avait jamais pu jouir de sa paternité, mais apparemment, il avait le droit de profiter de la période « crise d’adolescence ». Manifestement, il n’était pas fait pour gérer les gamins rebelles. Il n’y avait qu’à voir avec Lyra. Cette dernière, bien qu’attachante, n’était pas un ange. Elle faisait ce qu’elle voulait, quand elle le voulait. Elle dictait sa petite loi, ce qui n’était pas pour plaire au tempérament indépendant du motard. Entre eux, cela faisait des étincelles et il n’était pas toujours des plus diplomates. Toutefois, leur attachement tacite arrangeait les choses. Ce qui n’était pas le cas en face de la rouquine. Son insolence lui donnait envie de lui coller la tronche contre le mur, bien qu’elle soit sa progéniture. De plus, il se plaignait de Lyra, mais il pouvait encore s’estimer heureux qu’elle ne fasse pas de la contrebande de drogue dans la cour de récré du foyer, entre la marelle et la corde à sauter. Comment avait-elle été élevée pour se retrouver à faire ça, comme un Pablo Escobar pour les enfants ? Il songea à Mary qui n’aurait sûrement pas accepté ce genre de comportement. Pour ce qu’il en était du « père », quel genre d’homme était-il ? Au même moment où cette question se formula dans son esprit, il se morigéna intérieurement. Qu’est-ce qu’il en avait à foutre de cette merdeuse ? Pourquoi vouloir en savoir plus sur un homme qui lui avait ôté, non seulement sa femme, mais aussi son enfant ? Son sang bouillonnait dans ses veines, entre colère et injustice. Tous les sentiments se mêlaient en lui sans qu’il ne puisse pleinement les décrypter. Incapable de gérer ces émotions qui ne se massaient jamais aussi nombreuses dans sa poitrine, il ne savait répondre que par la colère. D’autant que sa fille ne faisait rien pour apaiser son humeur. A croire qu’elle prenait un malin plaisir à le faire sortir de ses gongs. Des herbes aromatiques… elle se foutait clairement de sa gueule ! Que n’aurait-il pas donné pour faire disparaître ce sourire stupide de ce visage devenant subitement si différent de celui de Mary. Et en même temps… la flamme qui brillait dans ses prunelles était si semblable à celle qui luisait dans le regard de sa fille. « Oui, tu avais l’air de sacrément bien te démerder. Et dis-moi, tu comptais lui donner un coup dans les couilles avant ou après qu’ils t’aient bien pété la gueule ? » Qu’est-ce qu’elle croyait cette idiote ?! Elle ne faisait évidemment pas le poids. Lorsqu’il était intervenu, elle n’était pas en bonne posture, et rien, hormis la venue d’une aide extérieure, n’aurait pu la tirer de sa merde. Il en était convaincu.

Jouant lui aussi au plus con, alors qu’il avait voulu adresser une main tendue pour apaiser leur relation, il ne fit qu’aggraver les choses. Aurait-elle préféré se faire tabasser par ces gars ? Bien sûr que non, contrairement à ce qu’elle pouvait prétendre. Apparemment, même si Raphaël n’avait jamais eu entre ses mains son éducation, elle détenait autant d’orgueil que lui. Cela lui jouerait des tours. Mais n’avait-elle pas trouvé mieux à faire ? Elle se justifia en disant qu’elle n’avait pas vraiment le choix. Il fallait bien qu’elle gagne de l’argent, évoquant sa mère presque sur un ton de reproche. Raphaël fronça les sourcils de réprobation. Il lui aurait bien fait remarquer son insolence, forte mal à propos avec le décès de sa mère, mais une idée plus terrible encore lui vint. Elle était plutôt jolie, même si ce n’était pas simple à imaginer pour un père. Faisait-elle le trottoir ? Car même s’il ne la portait pas dans son cœur, il l’empêcherait de continuer et de se traîner dans la boue. Pas sa fille. Il lui attrapa le bras malgré les protestations de la jeune femme. Elle se dégagea, ne répondant même pas à la question en déblatérant un fleuve de propos où il ne put placer un mot. « Je suis ta fille et la seule chose que ma mère voulait lorsqu’elle est morte c’était de me faire connaître mon vrai père ! Bah maintenant je sais très bien pourquoi elle me l’a caché maintenant ! » Elle eut tout juste le temps de formuler une excuse que Raphaël leva le bras dans le but de la frapper. Il ne sut ce qui le retint au dernier moment. Le souvenir de Mary sur son visage. Cette expression si similaire à celle de Judith quand il allait la frapper. Le fait qu’elle soit sa fille ou qu’ils soient en public. Il agrippa plutôt son bras, et au regard qu’il lui lança, elle serait avisée de ne pas s’en défaire. Ses paroles avaient été des armes plantées désormais dans son cœur. Pourquoi Mary ne lui avait jamais dit que cette fille était la sienne ? Cette question, elle le torturait jour et nuit. Avait-elle honte ? Avait-elle définitivement renoncé à lui ? Ne voulait-elle pas de lui pour père ? Elle en avait choisi un autre. Il plongea son regard dans le sien, comme un torrent de lave qui se déversait sur elle. « Qu’est-ce que tu peux bien savoir de ce qu’elle voulait ? Comment est-ce que tu oses penser pour elle ? Comment est-ce que tu peux comprendre ce qu’il s’est passé entre nous y’a vingt ans ? Tu n’as même pas idée de ce que notre histoire a été ! » Alors pourquoi n’avait-elle pas voulu la reprendre là où elle s’était finie ? Pourquoi annoncer si tard que Raphaël était le père de cette gamine ? « Je t’ai vue autrefois. Tu n’étais qu’une gamine et tu étais avec ta mère. Si je suis parti, c’est parce qu’elle me l’a demandé. J’ai respecté son souhait. J’ai cru qu’elle avait refait sa vie et que je n’y avais plus ma place. Si j’avais su que tu étais… » ma fille. S’il avait su que cette fille était la sienne, il n’aurait jamais laissé Mary et l’enfant. Il se serait battu pour être ce père. Il relâcha la jeune femme, faisant un pas en arrière. « Je n’ai jamais demandé à ce que quelqu’un prenne ma place. » Et cet homme, ce « père », il le détestait du plus profond de son être. Tout à coup, en la contemplant, il réalisa qu’il ne savait poser un prénom sur ce visage. Mais comment démarrer une relation à partir des cachotteries et des mensonges, le tout auréolé de la mort d’êtres chers ? Le mécanicien n’y arrivait pas. « Arrête de faire des conneries maintenant. Ta mère n’aurait pas voulu te voir faire ça. » lâcha-t-il d’une voix dure et moralisatrice. Maintenant, il lui fallait partir. Il ne voulait pas rester plus longtemps auprès d’une fille qui ne voulait pas le connaître et qu’il n’était pas sûr de vouloir connaître non plus…
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Skylar Morgan
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Mar 3 Avr - 16:09

Je regrette de parler de ma mère à l’instant même où j’ose la mentionner. Jamais je ne pourrais juger celle qui m’a donné la vie, qui m’a donné tout ce qu’elle pouvait m’offrir pour que je sois dans une famille aussi douce et aimante que dans celle dans laquelle je me trouvais jusqu’à ce que l’accident nous sépare. Je me rends compte que je vais trop loin au moment même où je vois le bras de mon père biologique se lever pour pouvoir me gifler. Je n’ai que le temps de formuler de brèves excuses pour pouvoir le calmer et je le vois bien, je le vois dans ses yeux que la colère est presque palpable, que je suis juste une gosse trop chiante et énervante dont il ne voulait pas, je sens aussi plus que je ne vois la déception de ma mère qui me regarde depuis une destination lointaine. J’ai autant le cœur brisé que celui de mon père, ce que je suppose bien évidemment. Mais après mes excuses je n’ose pas du tout prendre la parole car je sais que peu importe ce que je vais pouvoir dire ce serait décevant une nouvelle fois aux yeux de cet homme qui n’a jamais eu connaissance de ma naissance. Mon bras se retrouva prisonnier de sa force et je ne cherchais pas à m’en défaire cette fois, préférant alors faire profil bas, ne connaissant également rien de cet homme qui, un rien plus tôt, avait eu terriblement envie de m’en foutre une. Je le comprends, je pense que j’aurais réagi de la même manière pour quiconque parlant de ma mère de cette manière, choisissant à sa place ce qu’elle n’a jamais pu dire véritablement. Et c’est ce que Raphaël m’expliqua en s’énervant sur moi et pour une fois je n’avais tout simplement rien à redire sur le sujet. Parce qu’il avait parfaitement raison dessus et qu’ajouter quelque chose ne ferait que renforcer la haine qu’il éprouve déjà envers moi. Mes yeux restaient plantés dans les siens sans broncher, pour une fois depuis plus d’un an j’acceptais que quelqu’un ait de l’autorité sur moi. C’est là qu’il continua de m’expliquer, qu’il me dit qu’il m’avait vu quand j’étais petite et que lui était dans la plus parfaite des ignorances alors que sa fille se trouvait juste sous ses yeux. Que maman lui avait demandé de partir et que c’était ce qu’il avait fait. Il s’arrêta avant d’avouer à voix haute que j’étais sa fille, cela rendait les choses trop vraies, trop réelles … Et je le comprenais.

Mon père avait remplacé mon père biologique sous la demande de ma mère mais il me manquait certains épisodes pour mieux comprendre, pourquoi ma mère avait-elle refait sa vie, pourquoi avait-elle réussi à retrouver cet air de bien être alors qu’elle avait perdu le père de son premier enfant … J’avais beau être jeune ce n’était pas les questions qui me manquaient. Mais ce n’était pas Raphaël qui serait capable d’y répondre, la seule personne qui serait douée pour y répondre n’est plus de ce monde et je ne saurais certainement jamais ce qu’il a bien pu se passer autrefois.

Il me dit d’arrêter de faire des conneries, que maman n’aurait jamais voulu ça … Je souris, oui elle n’aurait certainement jamais voulu ça mais une petite chose m’empêchait de lui répliquer une nouvelle fois quelque chose. « Comment peux-tu penser à sa place ? » Dis-je en essayant d’esquisser un léger sourire. Au lieu de nous acharner l’un sur l’autre, n’était-il pas mieux d’essayer de se comprendre ? Je ne savais pas ce que j’avais réellement envie maintenant, partagée entre vouloir le connaître et le laisser moisir dans un coin après avoir été repoussé de sa part. Je fini tout de même par me dégager de son emprise même si son regard me lançant des éclairs me le déconseillait avec une grande force. Planté devant lui, je me rendis alors compte qu’il ne connaissait rien de moi, pas même mon prénom. « Si l’envie te prend de me trouver un nom pourri, ma mère l’a fait avant toi. Si jamais ça t’intéresse du moins. » Car je n’avais pas envie de lui donner la tâche facile, car il avait été capable de me repousser alors je me sentais parfaitement capable de jouer avec ses nerfs. « Je n’ai jamais fait la rue, j’ai toujours bien vécu. Je ne me prostitue pas et je me contente de trouver des petits boulots comme je peux. » Au lieu de lui donner mon prénom je me contente de répondre à l’une de ses questions auxquelles je n’avais pas juger bon d’y répondre. « Je te cherche depuis plus d’un an je crois, faut dire que j’ai perdu la notion du temps à Las Vegas. » Je lui avoue, espérant l’énerver un peu tout de même. Parce que les gens qui s’énervent sont des gens qui tiennent à toi, pas vrai ?
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Jeu 12 Avr - 23:25

Si être père se résumait à cela, Raphaël songea qu’il n’en voulait pas. Devoir veiller constamment sur une gamine inconséquente, répondre à ses provocations, conserver son calme et la remettre dans le droit chemin… Très peu pour lui. Dans le fond, il était évident que le père et la fille affichaient une ressemblance certaine dans leur caractère. Aussi têtus, orgueilleux et rebelles l’un que l’autre ; avec cette force tendance à ne pas savoir communiquer correctement. Si le motard s’était posé deux secondes pour reprendre son calme, et trouver les mots adéquates pour s’adresser à une jeune fille qui venait simplement de voir tout son monde s’écrouler, peut-être les échanges auraient connu une meilleure tournure. Hélas, ce n’était pas le cas, aucun des deux ne voulant céder un bout de terrain à l’autre. Ils étaient comme des félins se battant une part de territoire. Ils ne voulaient pas se laisser atteindre par l’autre, et à se repousser, ils se déchiraient bêtement. Les mots étaient encore les meilleures armes dont ils pouvaient user l’un contre l’autre. Elle les manipulait aussi bien que lui. Aiguisés, tranchants, blessants. Pourquoi Mary ne lui avait jamais confié sa paternité ? Elle aurait pu lui dire le jour où elle s’était rendue compte que Raphaël n’était pas mort à l’étranger. Qu’est-ce qui s’était passé dans sa tête pour qu’elle jette cet amour au feu ? Quelle idée avait pu germer dans son esprit chamboulé ? En premier, il voulut se figurer uniquement la peur pour se consoler d’une telle décision. La peur de devoir abandonner cette vie qu’elle s’était reconstruite après un deuil qui l’avait laissée avec un enfant sur les bras. La peur de remettre en cause tout l’univers de son enfant. Raphaël avait voulu faire une belle histoire d’un champ de ruines, mais Mary ne l’avait pas désiré ainsi. Alors il n’avait jamais su pour sa fille. Il était parti comme elle le lui avait demandé, s’arrachant à cette existence qui aurait pu être bien meilleure que celle qu’il s’était offerte par la suite. Aurait-il moins souffert auprès de Mary ? Aurait-il été un autre homme à ses côtés ? N’aurait-il pas sombré dans la boisson, la violence et la médiocrité si elle avait accompagné son existence ? N’aurait-il pas voulu être meilleur pour cette enfant qui étaient le leur ? Le mécanicien se plaisait à penser que si. Mais il ne voulait pas l’admettre. Le reconnaitre aurait été bien trop douloureux pour lui.

Et toutes ces interrogations qui torturaient Raphaël, il les voyait passer à la vitesse de la lumière dans les iris de sa fille. Elle ressemblait tellement à sa mère… C’était si troublant. Ne pourraient-ils pas trouver la solution ensemble ? Malheureusement, aucun des deux ne paraissaient enclin à s’associer. Comment pouvait-il penser à sa place ? En effet, il ne le pouvait pas vraiment. Vingt ans plus tard, il ne le comprenait pas. Pourquoi ces décisions ? Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce secret ? Toutefois, il avait encore la prétention de se dire qu’elle cherchait uniquement à protéger son enfant et qu’elle n’aurait pas voulu qu’elle se glisse dans de mauvaises affaires. Tout comme Raphaël ne le désirait pas. Il ne le savait pas encore, mais il voulait la protéger, que ce soit du monde, de lui, ou d’elle-même. Elle dégagea son bras de sa poigne. Elle souligna qu’il ne connaissait toujours pas son prénom. Cette constatation le frappa de plein fouet. Il ne lui avait jamais demandé. Tout comme il avait toujours remballé Becca quand elle avait tenté d’aborder le sujet. Cette fois, il ne répliqua pas. Le silence devait être une bonne tactique, car il obtint les informations qu’il désirait. Elle ne se prostituait pas. C’était déjà au moins ça. Toutefois, un rire sarcastique fusa de sa gorge. « Des petits boulots, ouais… » Comme vendre de l’herbe à la sortie des lycées. Chouette boulot… Il apprit avec un choc certain qu’elle le cherchait depuis presque un an. « Un an ? » Mais la seconde information chassa la première. « Las Vegas ? Qu’est-ce que tu fout… » Bordel, elle allait le rendre fou ! De nouveau, son esprit s’emballa à imaginer des milliers des scénarios. Est-ce qu’elle n’aurait pas pu rester sagement chez elle ?! Il menaça d’exploser, mais à la place, il jeta un œil autour de lui. Ils se disputaient au milieu de la foule de Rodeo Drive. Les gens passaient, entendaient, bousculaient. C’était chiant. « Viens par-là. » Il attrapa à nouveau son bras, cette fois-ci avec plus de douceur et ils s’éloignèrent du pullulement humain. Il trouva une place en retrait et fit asseoir la jeune fille sur un banc. « Qu’est-ce qui t’a pris tant de temps à Las Vegas ? Qu’est-ce que t’as foutu là-bas ? Ce n’était pourtant pas écrit sur le guide du Routard que j’avais posé mes fesses là-bas ! » Après tout, c’était bien lui qu’elle cherchait non ? Il souffla de dépit, passant une main dans ses cheveux. Dire qu’il avait décidé qu’il n’en avait rien à foutre de cette gamine. Elle avait de quoi le faire devenir dément. « T’aurais pas juste pu rester chez toi ? T’avais pas un restant de la famille là où t’étais ?! » Mauvaise question, puisqu’elle semblait avoir tout perdu. Réalisant sa maladresse, il se racla la gorge, étouffa un désolé à peine audible et vint se poser à côté d’elle sur le banc. « Bon… comment elle t’a appelée ta mère ? » demanda-t-il, ENFIN.
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Sam 5 Mai - 17:54

Il s’énerve et je fini par me calmer. Un peu le rôle du père qu’il n’a jamais pu tenir depuis toute ses années, il ne s’en sort pas si mal pour le moment. Il gueule, s’énerve, m’agace et me tape sur le système. Il manque seulement un lien maintenant, un lien complice qui peu faire comprendre à n’importe qui nous voyons que nous sommes du même sang. Qu’il est mon père malgré ses airs d’homme des cavernes qui se fou du monde entier et qui serait capable d’en coller une au premier qui oserait lui marcher sur le pied. C’est vrai que physiquement nous n’avons pas grand chose de commun, seul le caractère pourrait laisser à penser que nous sommes bel et bien de la même famille, cette capacité à agacer les autres autour de nous en l’espace de seulement quelques secondes. Il a réussi à m’énerve en trente seconde le premier jour où je l’ai vu, passant de l’émotion le plus pure à de la colère instantanément puis aujourd’hui c’est mon tour au final, l’énervant fortement alors que je me suis foutue dans de sales affaires et pourtant malgré les mots blessants que je peux avoir il se trouve toujours debout devant moi. J’ai bien failli m’en prendre une bonne dans les dents mais non, non parce qu’il est mon père et que je suis sa fille qui dépasse les bornes, celle qui doit s’excuser avant de finir fracasser dans la rue.
J’en venais aussi à me demander pourquoi ma mère n’avait jamais parlé de lui. Etait-il comme ça lorsqu’elle l’avait rencontré ou avait-il changé à un point inimaginable qu’elle avait dû refuser de le revoir par la suite ? D’après ce que Raphaël disait ce n’était pas le cas elle n’avait jamais chercher à le retrouver, à lui expliquer qu’il était père et tout le reste … Ce qui ne ressemblais pas du tout à l’image que j’avais d’elle : une femme droite et claire avec tout le monde, sachant toujours où elle allait et vers qui se diriger pour que tout se passe pour le mieux. Je n’avais pas eu cette image de la femme menteuse, cachant un secret bien enfui à ses enfants … Tout cela me semblait irréel bien que j’y ai réfléchi souvent avant d’arriver ici.

Je fini par me calmer, baisser les armes et lui dire que je faisais des petits boulots que je trouvais par ci ou par là, cachant bien que j’avais presque dépenser toute la somme laisser par mes parents lors de leur mort. Lui, ça a l’air de leur faire assez rire et je hausse les sourcils en le fixant mais l’annonce que cela fait un peu près un an que je le cherche le calme aussitôt et c’est à moi de rire. Las Vegas a l’air de le choquer aussi et j’en souris encore plus. De gamine bien carrée je suis devenue une vraie aventurière, ce qui pourrait en épater plus d’un dans mon ancienne école. L’enfant sage partie aussi loin … Raph m’emmena plus loin, loin des gens écoutant nos conversations et c’était bien plus intelligent que de parler de deal en plein milieu de la rue, un flic en civil pourrait me choper, ce qui serait assez embêtant. Une fois sagement assise sur le banc désigné par Raphaël, je l’écoute en souriant, il aurait presque l’air d’un père inquiet pour sa fille et c’est assez drôle.

« J’ai bougé mon cul là-bas parce que j’avais envie d’y aller ! Puis j’aurais très bien pu fouiller les listes noires des casinos pour voir si ton nom n’apparaissait pas. Ce qui ne serait même pas étonnant … » Je tente une mauvaise plaisanterie, je risque de nouveau gros mais je trouve ça bien trop drôle. « Le Routard oserait même pas parler de toi en plus. » J’ajoute avec un sourire en croisant les bras, j’étais bien plus à l’aise à présent voir amusée de cette situation complètement stupide. « Rester chez moi pourquoi ? Ma mère est morte, celui qui devait être mon père ne l’était pas et mon petit frère est mort aussi. Je n’avais personne là-bas, t’es le seul membre de ma famille que je connais et qui n’est pas mort maintenant. » Je lui réponds un peu sèchement mais tant pis. Ce qui est surprend c’est qu’il me semble avoir entendu un semblant de désolé juste après, un truc vraiment pas compréhensible où j’avais terriblement envie de lui demander de répéter mais je n’ai gentiment rien dit et rien fait. Puis ce fut le tour de LA question, le truc que j’attendais depuis le début de notre rencontre, pouvoir lui dire mon prénom. « Je ne sais pas trop, les rousses ont une gueule à s’appeler comment d’habitude ? » Je demande à mon tour en lui servant un petit sourire en tentant de plaisanter un peu sauf que là, le cœur n’y était plus du tout. Le souvenir de maman était si douloureux à présent, une blessure trop vive dans mon cœur. « Skylar. Et ne me demande pas de t’appeler papa, t’en a pas l’air. » Je respire un bon coup, m’appuyant contre le dossier du banc tout en fixant la petite foule un peu plus loin devant nous. « On va faire quoi maintenant ? » Je murmure. « Parce que t’as clairement l’air de pas avoir envie de galérer avec une gosse dans les pattes. » Je joue carte sur table, tentant à le fois de savoir ce qu’il va en devenir et savoir s’il désire en connaître un peu plus de moi.
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Dim 13 Mai - 22:35

Si Raphaël avait dû savoir qu’être père représentait une telle source d’ennuis et d’énervement, sûrement aurait-il passé son tour. Il songeait quelquefois qu’il y avait voulu des enfants avec Judith. Longtemps, il avait caressé ce désir qui s’éteignait en même temps que la flamme de sa femme. Comment auraient été leurs enfants ? Posséderaient-ils ce même répondant que détenait la rouquine ? Seraient-ils aussi insolents ? Détesteraient-ils autant Raphaël que sa propre fille semblait le détester ? Il se plaisait à croire que non. Que s’il avait eu des fils, ils auraient suivi ses traces, son exemple et qu’ils l’auraient admiré. Que s’il avait eu des filles, il les aurait protégées en dépit de tout, qu’elles auraient vu en lui un protecteur et un père aimant. Car sous cette épaisse couche d’un caractère bourru, bougon, maladroit et têtu, trônait un cœur qui savait aimer, choyer, protéger et chérir. Sauf que les chemins de la vie ne lui avaient laissé aucun répit. Sur la route, il avait été malmené, trahi, rompu de coups, aimé, détesté, abandonné, battu. De ce périple trop long et trop solitaire, il en ressortait avec une carcasse toute cabossée, des mains calleuses, un cœur asséché, une âme rêche, et un esprit tourmenté. Cette attention qu’il n’osait pas donner à sa fille, par pudeur et par manque d’habitude, aurait-il pu lui donner quelques années plus tôt ? Peut-être bien. Arriverait-il, à force d’insistance et de temps, à éveiller cette conscience paternelle qu’il détenait sans le savoir ? Raphaël était un homme pudique et orgueilleux. Son amour, il fallait presque le quémander, le solliciter, mais une fois qu’il était acquis, cela était pour toujours, sans condition et de manière absolue. Il lui fallait des gens, un peu comme Lyra ou Lou, pour le bousculer, le travailler au corps, ne pas lui laisser le choix jusqu’à susciter son affection. Pour l’instant, il en était loin, mais les filles étaient sur un meilleur chemin qu’il ne pouvait le croire. Mais qu’en était-il de la rouquine ? En l’observant plus attentivement, assise sur ce banc où il l’avait posée, elle lui donna la sensation d’être complètement paumée sous ses airs revêches et défiants. Quelle meilleure arme que l’attaque quand on se sent démuni ? Raphaël en savait quelque chose, et cette attitude provoqua un regain d’affection chez lui, vite chassé par les impertinences de la jeune fille.

Il lui fallait savoir. Savoir quel avait été son périple durant une année à traverser les USA. Pourquoi était-elle allée se paumer jusqu’à Las Vegas et y rester aussi longtemps ? Il eut une réponse qui ne lui plut pas mais il se garda de s’insurger. Il préféra bougonner, conscient que la jeune femme n’avait pas totalement tort. Son nom apparaissait, en effet, sur l’une de ses fameuses listes. Cela remontait à plusieurs années, lorsqu’ils étaient partis se marier avec Judith à Las Vegas. Il s’était accroché avec un homme un peu insistant avec sa femme dans un casino. Suite à cette bagarre, il avait été placé sur liste noire. Piqué dans son orgueil, il ne rata pas l’occasion de poser une question stupide. Il s’en voulut au moment où elle sortit de sa bouche, mais sa fille fut moins virulente à répondre qu’il ne le pensa. En effet, aucune raison de rester. Tout le monde était mort dans sa famille : sa mère, son petit frère et celui qu’elle croyait être ce père depuis si longtemps. Rien de sa situation n’était enviable. Pas plus que de savoir que l’unique membre de sa famille encore vivant, c’était lui. « J’sais pas. J’connais pas de rousse. » grommela-t-il à la pique de sa fille. Néanmoins, il ne s’en tirerait pas avec cette réponse. Il avait besoin de savoir comment elle s’appelait maintenant. Elle fit étonnement moins d’histoire qu’il ne le crut.

Skylar.

Son cœur rata un battement en entendant ce prénom. « Skylar… » mumura-t-il. Ça jaillissait de sa mémoire comme un fantôme du passé. Ça éveillait en lui ce passé endormi. Ça ramenait des souvenirs étranges à sa mémoire. Il l’avait presque oublié. Skylar. Skylar. Skylar. Son nom faisait des ricochets dans sa tête, se heurtait aux frontières de sa mémoire, battait son cœur violement. Ce prénom, c’était celui qu’il avait choisi avec Mary, dans les nombreuses fantaisies qu’ils s’étaient créés, les mondes qu’ils avaient tissés de leurs rêves et de leurs mots pour nommer leur premier enfant. L’ironie de la chose saisit Raphaël abruptement. Il émit un léger rire, plus de tristesse et d’amertume. Alors oui… qu’est-ce qu’ils allaient faire maintenant ? Qu’allaient-ils devenir, le père et la fille, deux inconnus que tout opposait ? « Tu vas commencer par arrêter de faire de la merde. Tu vas te trouver un vrai métier, ou reprendre des études. Bref, faire autre chose que tes histoires d’herbes aromatiques. T’es pas là pour foutre ta vie en l’air. » Pas comme lui l’avait fait. Dans le fond, ça lui importait. Ça lui importait d’autant plus que ce prénom résonnait dans son cœur comme le témoignage d’un amour qui n’était jamais mort. Sinon, Mary ne l’aurait pas appelée Skylar. « Puis t’habite où ? Qu’est-ce que tu fais du reste de tes journées ? Je parie que tu t’es trouvée un truc pourri. Alors va falloir te trouver autre chose. » Et après ? Après, il n’en savait strictement rien. Cette vérité s’abattit sur ses épaules, le faisant se tasser un peu plus sur lui-même. Il enfouit ses mains dans ses poches, observa la foule comme s’il y trouverait une vérité cachée, avant d’aller s’affaler sur le banc à côté de sa fille. « Après… pour le reste, j’en sais rien. » Quel avenir pour tous les deux ? Il resta de longues secondes silencieux. L’agitation de la foule les engloba jusqu’à ce qu’il ne s’agite un peu, mal à l’aise. Il grommela d’abord dans sa barbe, regarda un peu ailleurs, fit mine que la réponse ne l’intéresserait pas, et se lança finalement en observant ailleurs. « De toute manière, ça t’intéresserait vraiment de m’avoir dans ta vie ? » Parce que lui, il n’était pas certain d’arriver à la laisser partir aussi aisément maintenant.
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Dim 27 Mai - 15:36

Il faut dire que, finalement, je ne suis pas aussi à l’aise que ce que je pensais devant lui. Je ne m’attendais pas à trouver un homme blasé et aigri ou du moins c’est de cette manière que je le vois en ce moment. Un homme rempli de colère qu’il n’arrive pas à faire ressortir. Oui, oui je dois avouer qu’une part de moi se retrouve déçue de voir cette personne fermée mais peut-être qu’avec du temps, de la patiente et un peu de communication les choses devraient s’arranger pour un meilleur ? Du moins je l’espère. Je continue de le détailler alors qu’il me force à m’asseoir, ce que j’accepte tout de même. Je dois avouer que mes jambes commençaient à trembler un peu trop sous l’effet des récents évènements, j’ai eu une chance infinie que Raphaël passe dans le coin pour me sortir d’affaire, de ce mauvais pas catastrophique. Je ne suis pas prête de recommencer ou alors pas de vendre dans la même rue en tout cas. La conversation reprend, un peu difficilement tout de même, j’abaisse mes barrières, j’arrête de porter des coups en espérant le blesser et lui faire payer ce qu’il m’avait fait vivre le premier soir de notre rencontre. Il en vient finalement par me demander mon prénom, après tout ce temps ça semblerait presque irréel. Mais oui, oui il fini tout de même par le demander et c’est là que je compris que mon sens de l’humour et ma joie de vivre ne devait certainement pas venir de lui. Il n’avait pas d’humour, il n’avait pas de blague sur les rousses comme ma mère aimait parfois m’en faire amicalement. Non, ce genre de blague, je n’étais pas prête d’en entendre venant de sa part … Et ça allait terriblement me manquer. Je ressentais ce manque, cette lourde absence que ma mère laissait derrière elle, j’étais seule avec un inconnu. Les présentations faites, enfin, ma présentation plutôt vu que je le connaissais depuis bien plus longtemps. Et l’annonce de mon prénom semble éveiller chez lui un truc. Je sais pas quoi, du dégoût, de la joie, des émotions, je n’en sais rien mais en tout cas il y a quelque chose qui se passe même si je n’arrive pas à déchiffrer son visage, celui de maman était bien plus expressif.

Il le murmure, comme pour l’intégrer vraiment, complètement et je dois dire que c’est un peu flippant tout de même. « Euh … Ca va ? » Je demande tout de même en voyant que quelque chose se passait sous mes yeux mais dont je n’arrivais pas à comprendre le sens. Il allait falloir m’habituer à son comportement et le temps sera long avant de s’apprivoiser totalement. Sauf qu’une fois le léger problème partit ou peut-être que ce n’était pas un souci après tout … C’est la tempête qui débarque ! Et le voilà en train de me faire la leçon sur la merde que je peux faire. Ok, ce n’est pas parce que je me retrouve piégée une fois que ça va arriver tout le temps, je sais ce que je fais et je ne suis pas débile ! Je ne réponds pas, me contentant simplement de croiser les bras et de soupirer pour lui faire comprendre qu’il est vraiment lourd à ramener le sujet et que je ferais surtout ce que je veux. Et après le voilà qui me demande où je vis et qu’il serait temps de me trouver autre chose ! « Non mais ça va tu sais ! Je vivais avec Edwin, mon meilleur ami, mais ça devenait un peu trop compliqué, il était jaloux enfin … Là, je dois vivre avec quelqu’un d’autre bientôt alors tout va bien ! » Je m’emporte un peu en ouvrant grand les bras pour montrer mon désaccord avec ce qu’il disait. « Et je ne sais pas ce que je veux faire ! Alors on verra, en attendant j’ai des factures à payer alors je dois bien travailler, du coup je vais continuer de vendre ! » Et même s’il ne savait pas ce qu’il allait en devenir par la suite, je ne le savais pas non plus ! Je croise une nouvelle fois mes bras tout en regardant ailleurs, laissant mon agacement se dissiper doucement. Mais une fois le calme légèrement retombé, les paroles de Raphaël m’ont totalement chamboulée. Je restais là, les bras croisé et l’air con, ne sachant absolument pas ce que je devais répondre, si c’était un piège ou non.

Alors que j’avais envie de lui hurler dessus que oui, j’avais vraiment envie qu’il fasse partie de ma vie, que j’avais envie de le connaître et de savoir ce qu’il aimait ou détestait. De savoir s’il avait quelqu’un dans sa vie actuellement où s’il était seul … Je voulais connaître cette famille que je n’avais jamais vue mais qui faisait pourtant partie de moi. Mais au lieu de crier et d’envoyer tout valser à nouveau, je me calme, respire à fond avant de me sentir capable de lui répondre. « Oui, j’ai envie de te connaître même si t’en a pas envie. » Je me mors l’intérieur de la joue en l’avouant, je me trouve débile à lui dire de cette manière. « Je comprendrais que t’aurais pas envie mais voilà, t’es mon père à ce qu’il paraît et vu que t’es tout ce qu’il me reste, ouais, ouais j’aimerais bien t’avoir dans ma vie. » Même s’il n’avait pas la bonne humeur de maman, qu’il n’avait pas son humour ni ses petites attentions envers moi. Je sais à quel point il est différent de tout ce que j’ai pu connaître à la maison, qu’il est également différent de ce que j’imaginais mais il est mon père. Et je dois bien apprendre à le connaitre s’il fait partie de ma famille.
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Raphaël Grimes
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MessageSujet: Re: Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa   Jeu 12 Juil - 9:50

Raphaël était une forte tête, aussi têtu qu’une mule, cruellement indépendant et un véritable misanthrope. Notamment après la guerre, il ne supportait pas que quiconque vienne lui expliquer ce qu’il devait faire, ou se mêler de ses affaires. A tel point qu’il se passait généralement de lire les moindres notices d’utilisation, quitte à se passer des heures à ronchonner, pester, râler pour finalement jeter le tout en tempêtant que c’était de la merde. Pourtant, maintenant qu’il se retrouvait devant ce petit bout de femme qui se disait être sa fille, il aurait bien voulu qu’un mode d’emploi soit fourni avec le colis. Plus encore en réalisant que le modèle n’était pas des plus commodes. En vérité, elle lui ressemblait cruellement. Aussi butée que lui, orgueilleuse et impertinente. Une petite rebelle dans l’âme qui n’aimait pas se faire dicter sa conduite. Sûrement aurait-il pu en ressentir un brin de fierté si toute cette insolence n’était pas dirigée pleinement contre lui. Il lui était difficile de reconnaître qu’il n’avait pas eu la bonne réaction lors de leur première rencontre, bien qu’une part de son esprit en était consciente. Mais assimiler une telle nouvelle… Raphaël n’était pas assez généreux, assez altruiste et bienveillant pour avoir fait passer les sentiments d’une gamine paumée et orpheline avant les siens. Il ne voyait que sa propre peine. Un deuil auquel il pensait réchapper en disparaissant de la vie de Mary comme elle avait pu lui demander plus de quinze ans auparavant. Sauf que cette fille à l’âme déguenillée s’était présentée à lui. Sa fille à lui… en quête d’un repère, d’une famille, d’un refuge. Tout ce qu’elle ne pourrait pas trouver auprès du motard. Il n’était pas un homme bon. Il pourrait difficilement être un bon père… Il le savait. Et à défaut de l’énerver comme il le montrait, cette gamine le terrifiait. Elle débarquait dans son univers, défonçant les dernières fondations branlantes de son existence, comme l’ultime ouragan qui venait recouvrir de sable les ruines encore enrobées d’un nuage de fumée. Il n’était pas encore prêt à la faire rentrer dans sa vie, quand lui-même n’était pas bien certain de la maîtriser et d’y trouver un sens quelconque. Elle représentait cette période du passé, cet unique sacrifice qu’il avait eu le courage de faire. Voilà la belle preuve d’amour que Raphaël avait su donner à une femme… se retirer pour ne pas détruire ce qu’elle avait bâti. Un sacrifice qu’il avait chèrement payé toutes ces années… Et aujourd’hui, que découvrait-il ? Qu’il aurait dû se battre pour élever cette enfant qui était le sienne, qu’il s’était effacé pour céder une place qui lui revenait de droit. Mary et ses secrets. Mary et ses non-dits.

Pourquoi ?
Pourquoi lui avoir dit de partir ?
Pourquoi Skylar ?


Il était bourru, impatient, pas aimable. Son orgueil lui dictait de montrer qu’il s’en foutait car cela était son désir véritable, mais il ne pouvait pas s’empêcher de lui poser des questions, de l’engueuler un peu, alors qu’il aurait dû passer son chemin. Ainsi, en dépit de leur échange houleux, il avait pu en apprendre davantage sur cette année de recherches qui s’était écoulée. La mention d’un meilleur ami lui fit hausser un sourcil. « Jaloux ? » répéta-t-il, suspicieux. Puis Edwin, qu’est-ce que c’était que ce nom ? « Vous êtes ensembles ? » Il faillit se mordre la langue. Pourquoi posait-il encore une telle question ? Pourquoi ce besoin de savoir ? La nouvelle réplique de sa fille l’arracha à l’ébauche de ses considérations de père protecteur. « Y’a des tas de métiers plus honnêtes pour payer des factures. T’as deux bras et deux jambes, t’as une tête sur tes épaules. Et même si elle est vide, tu peux encore t’en servir pour servir des cafés. » Le ton était peu aimable et ses yeux, braqués sur la rouquine, étaient comme deux lames parfaitement aiguisées. « Alors t’es gentille, tu me fous toutes tes merdes dans les chiottes et tu ne traînes plus dans ces histoires. Tu ne sais pas ce que c’est que d’avoir des ennuis avec les flics, ou pire, les gangs. » Et pour le coup, il savait parfaitement de quoi il parlait, puisqu’il avait déjà eu à se frotter aux deux. Raphaël était un homme fort, intimidant et inflexible. Il ne se démontait pas facilement, surtout après avoir vécu l’horreur des champs de bataille, mais que pourrait bien une gamine qui avait des mikados à la place des bras et des jambes ? Il n’aimait pas ça.

Le silence retomba entre eux, assassinant leur irritation comme un soufflé qui se dégonfle. S’ils n’étaient guère à l’aise l’un et l’autre, ce fut au moins propice à la réflexion pour le motard. Tout son esprit était en vrac, ses sentiments se démêlaient avec difficulté. Il ne parvenait à trouver aucun sens à cette situation, aussi, les mots sortirent maladroitement de sa bouche, mal fagotés, hésitant et pudiques. Si la question était jetée sans considération, il n’en était pas de même des attentes qu’il nourrissait face à cette réponse. Il s’étonna d’un rythme cardiaque troublé et de ses entrailles qui se nouèrent. Les paroles de Skylar résonnèrent avec un même malaise, mais elles furent plus honnêtes que celles de Raphaël. Ce dernier ne parvint qu’à émettre un léger reniflement en l’entendant, puis un grognement à peine audible où il ronchonnait après elle. Non, ce n’était pas vrai qu’il ne la voulait pas dans sa vie. C’était juste trop compliqué à admettre. « J’suis pas commode. Et je suis chiant. Puis je n’aime pas les gens, je n’aime pas les marques d’affection, et je déteste quand on vient mettre son grain de sel dans ma vie. » Contrairement à ce qui semblait être, il ne tentait en rien de la dissuader. Il lui annonçait juste la couleur. « J’suis colérique, borné. J’aime boire, qu’on me fasse pas chier et je réponds presque jamais au téléphone, ça m’emmerde. J’suis pas affectueux, et je ne te préparerai pas des tartes aux pommes pour le goûter. » Puis il se releva nonchalamment, mains dans les poches. Il observa l’animation autour d’eux qui s’amoindrissait, le soleil qui commençait à se coucher. Il se tourna vers Skylar. « Faut que je me casse. » Il amorça un mouvement de départ, avant de se reprendre, songeur. Il sortit un vieux papier de sa poche, ticket de caisse délavé et griffonna rapidement quelque chose dessus avant de le tendre à la rouquine. « C’est mon numéro. Si t’as besoin, t’appelle. » Il ne lui accorda qu’un bref regard, gêné, maladroit et bougon. Il ne put partir sans être un minimum plus clair dans ses intentions. « Ou appelle tout court. A la prochaine. » Parce qu’il comptait bien la revoir.
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Il est étonnant de voir que l'être humain est pourvu de sentiments ♥ Raphaël, papa
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