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 au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana

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Thomas Hudson
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MessageSujet: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Ven 24 Nov - 18:09

Dire qu’il était crevé était un euphémisme. Il venait de passer la semaine dans les aéroports – façon de parler, mais il avait parcouru cinq villes différentes en sept jours et avait l’impression de ne pas avoir quitté ces endroits bondés de monde et de touristes en tout genre. Non pas qu’il se plaigne de la foule, il aimait être entouré et rencontrer de nouvelles personnes. Mais il avait également besoin de stabilité et surtout de sommeil. Il n’était cependant pas prêt de profiter de son lit – pas comme il le faudrait du moins – puisqu’il avait prévu de passer la soirée en charmante compagnie. Plusieurs de ses « amis », pour ne pas dire « connaissances », l’avaient contacté afin de savoir s’il pensait organiser une fête dès son retour. Tom ne se considérait pas comme un « jet-setteur » et un fêtard hors pair, mais il aimait trop s’amuser et profiter de la vie pour ne pas offrir sa villa comme lieu de rendez-vous de tous les jet-setteurs et jet-setteuses du coin de temps en temps. Et cela faisait à présent une quinzaine de jours qu’il n’avait pas récidivé cette habitude – certains s’impatientaient et réclamaient leurs doses de Hudson Night. Il était plutôt fier qu’on réclame son attention quand il s’agissait de s’amuser. Depuis quasiment cinq années maintenant, il s’était promis de ne jamais se morfondre, de ne jamais baisser les bras et surtout de ne jamais perdre sa bonne humeur. Ainsi, il était un homme qui profitait de la vie dans tout ce qu’elle avait de meilleur à lui offrir – et peu importait s’il lui manquait des heures de sommeil. Clarisse, la jeune et magnifique banquière qu’il avait rencontré quelques mois plus tôt avait accepté de passer la soirée avec lui – enfin, après plusieurs mois de flirts et de tentatives sans cesse repoussées, bien qu’elle lui ait offert d’autres compensations dans ce laps de temps. Il ne pouvait fatalement pas refuser et décaler ce rendez-vous, qu’il savait par avance serait aussi mémorable que ce petit tête-à-tête qu’ils avaient déjà eu un mois plus tôt. Clarisse était une femme très « occupée », très discrète, très patiente et très exigeante. S’il ne s’était cependant pas comporté comme un ange en l’attendant – il était un homme libre après tout – il n’avait jamais cessé de persévérer. Si elle n’avait jamais cédé, ç’aurait été une perte pour elle et une légère déception pour lui, mais cela ne l’aurait pas empêché de vivre pleinement et librement. Certains et certaines l’imaginaient trop Don Juan et trop malhonnête envers ces femmes qu’il ne cessait de convoiter. D’autres le trouvaient charmant et séducteur, et ne voyaient pas le mal là-dedans. La vérité était que Thomas Hudson respectait les femmes, il était juste incapable d’en n’aimer qu’une seule. Et il ne le cachait pas. Il respirait la franchise et l’honnêteté – parfois trop. Et s’il n’avait pas l’intention de l’épouser et de faire de Clarisse la femme de sa vie, il avait bien l’intention de la traiter comme elle le méritait : avec respect et romantisme. Aussi avait-il décidé de s’arrêter en chemin pour lui acheter des fleurs – toutes les femmes aimaient les fleurs, n’est-ce pas ? Il n’aurait qu’à rentrer chez lui par la suite, prendre une bonne douche et préparer le dîner pour la soirée – et enfin il saurait ce qu’il y avait sous ce tailleur strict bien que sexy.

Vêtu d’un simple jean et d’un t-shirt blanc, sa tenue décontractée préférée – il était habitué à porter des costumes trop souvent – il pénétra dans le magasin et commença par regarder tous les bouquets existants. Compte-tenu de sa liste de conquêtes, on aurait pu penser que Thomas s’y connaisse un minimum en bouquets et aurait pu deviner quels seraient les goûts de la jeune banquière. Mais non. Il n’y connaissait pas grand-chose. A ses yeux, toutes les fleurs étaient jolies et belles et méritaient d’être appréciées. Mais dans cette petite boutique, le choix était si vaste, si étendu, si important qu’il hésita un long moment avant qu’une silhouette n’apparaissent devant lui, le forçant à relever les yeux. Aussitôt, il afficha son sourire le plus charmant. C’était naturel et comme une seconde nature pour lui que de sourire chaleureusement aux femmes – aux hommes aussi, pas de jaloux, mais Tom était un charmeur et un dragueur invétéré. « Bonjour, Mademoiselle la fleuriste, » qu’il la salue chaleureusement. Sa pensée suivante est qu’elle est belle. Sa pensée suivante est qu’elle est rayonnante. Sa pensée suivante est qu’elle est brisée. Sa pensée suivante est qu’elle est enceinte – ALERTE. Et sa pensée suivante est que son visage lui rappelle quelqu’un. Mais qui ? « J’imagine que vous avez l’habitude de voir des hommes entrer par ici, chercher des fleurs pendant des heures avant de se décider, n’y connaissant absolument rien et se sentant quelque peu ridicule à cause de ça, » qu’il plaisante gaiement. Son accent british est perceptible, tellement que l’on ne peut pas le rater – mais ça fait son charme et il ne le perdrait pour rien au monde. « C’est la première fois que je rentre dans une boutique de fleurs et qu’il existe autant de choix possibles, » qu’il avoue, surpris et fasciné et ébahi par cet état de fait. « Et j’ignore totalement ce qui pourrait être approprié pour la jeune femme que je vois ce soir, » qu’il avoue en grimaçant l’air faussement gêné – au fond, il ne l’est pas, il est content que la jolie fleuriste soit là pour le guider et l’aider à choisir THE bouquet. « Je n’y connais absolument rien non plus en grossesse, mais j’ai comme l’impression que vous devriez rester assise et pas qu’un peu, » qu’il ajoute en la regardant. Elle était sublime, certes, mais elle était très enceinte. Par conséquent, « prise » et il ressenti une légère déception. Charmeur un jour, charmeur toujours – mais jamais les femmes mariées. Il réalise plusieurs secondes plus tard qu’il l’observe intensément et se permet de rire légèrement pour éviter qu’un malaise ne s’installe et qu’elle ne le prenne pour un psychopathe. « Désolé, j’étais en train de me demander où j’avais pu vous voir… vous avez un visage qui m’est familier, » qu’il lui explique gêné de ne pas se souvenir. Avaient-ils déjà partagé un lit ? Non. Non. Ça, il s’en souviendrait. Un visage pareil, une beauté pareille, difficile à oublier. Sans compter que lui aussi serait difficile à oublier. Il a une idée catastrophique qui lui traverse l’esprit quand il l’imagine lui répondre qu’ils se sont rencontrés il y a maintenant presque neuf mois et que TADAM, voici le résultat.

Seigneur.


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Ellana McGregor
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MessageSujet: Re: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Mer 6 Déc - 21:12

Au bon endroit, au bon moment
Thomas ∞ Ellana
Cela fait plusieurs mois que je travaille maintenant dans la boutique. J'aime beaucoup la créativité à partir de chose qui existe déjà. La fleur est là, pouvant vivre par elle-même, mais lorsque nous les assemblons, couleurs, type de feuilles, de fleurs, le bouquet devient alors tout un art. Rapidement, Flora-Jade a remarqué que cela m'apaisé et que j'avais un certain don. Ce n'est pas pour me vanter, mais par moments, cela me rappelle la cuisine. Je me revois avec mes assiettes à dresser un plat avec ce que je voulais d'élégant et raffiné. La cuisine me manque par moments et je sais déjà que je retournerais dans une véritable cuisine un jour. Pour le moment, alors que je suis enceinte jusqu'aux yeux, le métier de fleuriste permet de me relever un peu plus chaque jour. Je vais accoucher dans peu de temps et je veux alors me consacrer à mon fils un bon moment. Je ne dis pas que cela sera pendant des années, mais plusieurs mois, voire une année, c'est certain. Et alors que je suis en train de composer un nouveau bouquet de fleurs, je ne cesse de regarder mon ventre et de sourire bêtement. Je pose une main dessus et sens un léger coup de pied par-ci, un coup de point par-là. Chaque fois que je sens qu'il bouge, cela me retourne l'estomac, mais pas dans le mauvais sens du terme, au contraire. Je porte la vie, sa vie et cela me rassure tellement de le savoir aussi vif.
- Moi aussi j'ai hâte de te rencontrer Jamie, mon petit cœur, je murmure alors que je sens un nouveau coup de poing, comme pour me dire que lui aussi il a hâte.
Je ris, complètement amoureuse et attendris alors que les clochettes de l'entrée se font entendre. Je tourne légèrement la tête pour regarder un homme entrer dans la boutique, mais je continue mon bouquet. Je vois bien qu'il regarde et je ne tiens pas à le déranger. Quand un homme choisit une fleur, c'est quelque chose d'important et il faut lui laisser le temps et la réflexion. Je continue mon bouquet, gardant un œil sur lui, mais me permettant de chantonner des petites berceuses, comme berçant déjà mon bébé alors qu'il n'est pas encore totalement là. Et puis, il faut avouer que cela me permet de rester assise. Je n'arrive plus vraiment à tenir debout toute la journée comme je pouvais le faire au début de ma formation. Je viens de terminer mon bouquet et l'homme ne semble toujours pas décidé. Alors je me redresse et marche vers lui afin de pouvoir l'aider et le guider. Mais une fois proche de lui, je me fige quelques secondes. Cet homme je le connais. Cet homme je l'admire. Cet homme a été mon chef durant des années. Cet homme est un Dieu de la cuisine et je me demande s'il se souvient de moi. Il a dû connaître tellement de commis, il a dû entraîner tellement de jeune à l'époque. Il est partie et j'ai fini mon apprentissage avec un autre chef. Quelle belle période. Au début j'étais complètement effrayé mais cet homme m'a aidé à m'élever dans le domaine de la cuisine et je sais que sans lui je n'aurais jamais été l'une des plus jeunes chefs étoilée d'Angleterre.
- Bonjour !
- Bonjour, Mademoiselle la fleuriste.
Le mademoiselle me fait légèrement tiquer, mais je fais tout pour le cacher et garde le sourire de professionnel. Moi qui voulais voir s'il me reconnaissait, il n'a même pas tiquer j'ai l'impression. Cela me fait un léger pincement au cœur. J'aurais bien voulu qu'il me reconnaisse, cela m'aurait permis de croire que j'avais laissé une trace dans sa vie tout comme lui a laissé une marque indélébile dans la mienne.
- J’imagine que vous avez l’habitude de voir des hommes entrer par ici, chercher des fleurs pendant des heures avant de se décider, n’y connaissant absolument rien et se sentant quelque peu ridicule à cause de ça
Cela me fait rire et j'hoche la tête.
- Il est vrai, il n'y a rien de ridicule là dedans mais je trouve cela charmant. Le fait est que je suis là pour vous aider dans ce choix si vous le souhaitez.
S'il ne m'a pas reconnu, il va pouvoir entendre que nous venons du même pays.
- C’est la première fois que je rentre dans une boutique de fleurs et qu’il existe autant de choix possibles. Et j’ignore totalement ce qui pourrait être approprié pour la jeune femme que je vois ce soir.
Nouveau rire avant que j'hausse les épaules.
- Nous faisons en sorte de pouvoir offrir une large gamme à nos clients. Chaque personne à sa préférence, chaque fleur à sa signification et chaque personnes à son histoire. Puis-je demander la votre, cela me permettra peut-être de vous aiguiller sur la bonne fleur.
Je connais son histoire mais ce que je veux surtout savoir pour qui il compte acheter ses fleurs. Pour une femme, il l'a dit, mais je ne sais pas si c'est sa femme, une copine, une amie, de la famille. Ce ne sont pas mes affaires vous direz, mais je fais tout simplement mon métier.
- Je n’y connais absolument rien non plus en grossesse, mais j’ai comme l’impression que vous devriez rester assise et pas qu’un peu.
Je pose naturellement une main sur mon ventre et hoche la tête.
- Il est vrai, mais je peux bien rester cinq minutes debout pour aider un homme en pleine détresse fleurale.
Je me retiens de rire alors qu'il m'observe. Alors le silence s'installe et je me sens un peu rougir alors qu'il m'observe. Je me demande bien ce qu'il pense et cela m'intimide grandement.
- Désolé, j’étais en train de me demander où j’avais pu vous voir… vous avez un visage qui m’est familier.
Sa réflexion me fait sourire, seulement j'ai envie de le faire mariner. Je me demande si inconsciemment je ne fais pas cela parce que je ne veux pas qu'il me voit en tant que fleuriste. Je n'ai pas honte de mon nouveau métier, mais je me protège aussi d'une certaine manière. Je ne me vois pas lui avouer ce qu'il a de neuf dans ma vie sans fondre en larmes. Alors je me contente d'hausser les épaules.
- J'ai un visage banal, ça doit être cela...
Je baisse la tête un peu intimidé avant de reprendre contenance.
- Vous voulez peut-être que je compose un bouquet de plusieurs fleurs au lieu d'une seule sorte ?
Peut-être qu'ainsi, le choix sera plus facile pour lui.
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Thomas Hudson
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MessageSujet: Re: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Sam 9 Déc - 13:29


Il est pourtant physionomiste. Il a pourtant une excellente mémoire. Mais plus il l’observe, plus il patauge. Plus il l’observe, plus il la met mal à l’aise. Et lui avec. Et pour désamorcer le tout, détendre l’atmosphère et la rassurer quant au fait qu’il n’est absolument pas un psychopathe, rien de mieux que de parler de fleurs et de femmes – un combiné romantique que ces demoiselles ne peuvent qu’aimer n’est-ce pas ? Et s’il en abuse souvent auprès des femmes qu’il courtise et qu’il convoite, il n’en reste pas moins vrai et sincère quand il le fait. Il n’a pas le temps de jouer, il n’a pas le temps de prétendre, et il n’a pas le temps de mentir – c’est gaspiller trop d’énergie pour pas grand-chose selon lui. Et il a suffisamment perdu de temps dans sa vie pour accorder de l’importance aux prétentions. Non, Thomas est peut-être un charmeur et un incorrigible flirteur, mais il est indéniablement le plus honnête des hommes. « Il est vrai, il n'y a rien de ridicule là-dedans mais je trouve cela charmant. Le fait est que je suis là pour vous aider dans ce choix si vous le souhaitez. » Oh, et il le souhaitait. Il désespérait de ne pouvoir trouver rapidement un bouquet susceptible de plaire à Clarisse – non pas parce qu’il voulait que ce soit parfait pour la femme parfaite, mais bien parce qu’il ne faisait jamais les choses à moitié. Ce n’était pas parce que la jeune femme succombait à ses charmes et ses attentes qu’il devait s’imaginer que tout était acquis et qu’elle ne méritait pas un minimum d’efforts, n’est-ce pas ? Non, Clarisse méritait une attention et un respect certains, attention et respect qu’il lui offrirait sans regret et sans attache. C’était ainsi qu’il aimait les choses – sans regret. Sans attache. « Vous me sauveriez la vie, et je n’exagère même pas, » qu’il lui répond en souriant sincèrement ravi et soulagé de la proposition de la jeune femme. « Nous faisons en sorte de pouvoir offrir une large gamme à nos clients. Chaque personne a sa préférence, chaque fleur a sa signification et chaque personne a son histoire. Puis-je demander la vôtre, cela me permettra peut-être de vous aiguiller sur la bonne fleur. » Seigneur, il n’avait absolument pas d’histoire. Absolument aucune pouvant correspondre à l’une de ces fleurs. Lui si arrogant et si souvent sûr de lui, de ses charmes et de son potentiel, se retrouvait réduit au silence par la jeune fleuriste au visage d’ange. Quelle étrange sensation. « Au risque de passer pour un goujat, j’ignore totalement les goûts de la jeune femme à qui je souhaite offrir des fleurs, » qu’il avoue néanmoins avec un énième sourire. « Elle est plutôt sophistiquée, elle travaille dans une banque et semble prendre soin d’elle dans toutes circonstances, » qu’il raconte l’histoire de Clarisse, à défaut de raconter la sienne. « C’est une femme à fort caractère, qui sait ce qu’elle veut mais qui sait se faire désirer, » qu’il raconte en se moquant que ce soit des détails que d’autres préféreraient ignorer. « Une magnifique brune qui peut aussi bien inspirer la jalousie des femmes que le désir des hommes, » qu’il rit de cette description idiote. « Je pourrais être tenté de dire, comme vous, mais ce serait mentir, » qu’il continue sur sa lancée en la regardant. Il est fasciné et subjugué, mais il réalise qu’il l’a sans doute froissée avec sa franchise légendaire. « Vous êtes tout aussi sublime, si ce n’est plus, » qu’il la rassure en plantant son regard dans le sien. Il n’y avait rien de pire que de blesser une femme enceinte, réalisait-il soudainement. « Vous inspirez tout simplement plus le respect et la gentillesse, » qu’il dit simplement et naturellement. A ses yeux, c’est une vérité simple et qui ne mérite pas forcément la gratitude, et pourtant le compliment est là. Tout comme sa prévenance envers la jeune femme, aussi naturelle et sincère que le reste. A ses yeux, toutes les femmes enceintes étaient fragiles et devaient restées au chaud chez elles, à être chouchoutées. « Il est vrai, mais je peux bien rester cinq minutes debout pour aider un homme en pleine détresse fleurale. » Il rit spontanément à sa remarque, charmé et charmeur. « Je dois être extrêmement chanceux d’être arrivé au bon moment et bon endroit, dans ce cas. Et vous savez quoi ? Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, mais j’ai une totale confiance en vous, » ce qui n’était pas peu dire car il n’avait jamais confiance qu’en lui-même. « Je vous défie de me préparer un bouquet garni splendide sans être trop tape à l’œil. Et je viendrais vous revoir pour vous dire si la magie a opéré, » qu’il lui lance un léger sourire, plutôt satisfait du deal qu’il lui propose. Cela lui donnerait peut-être bien l’occasion de la revoir et de se rappeler ENFIN d’où il la connaissait. « J'ai un visage banal, ça doit être cela... » Il la regarde un instant avant de sourire et lui répondre. « Vous avez absolument tout sauf un visage banal, Madame la fleuriste, » qu’il lui assure en se disant clairement que le père de cet enfant et l’époux de cet ange blond était un sacré chanceux. Non pas qu’il soit intéressé de devenir père ou d’épouser qui que ce soit. SEIGNEUR NON. On occulte. On oublie. « Vous voulez peut-être que je compose un bouquet de plusieurs fleurs au lieu d'une seule sorte ? » qu’elle finit par lui demander et l’idée lui plait énormément. « J’aime les variantes, » qu’il avoue simplement. « Alors, allons-y pour un bouquet de plusieurs fleurs différentes. Ce sera toujours plus original et appréciable qu’un banal bouquet de roses, hum ? » qu’il hausse les épaules, montrant clairement qu’il n’y connaissait rien.

Le bouquet est sublime. Le bouquet lui plait. « Vous êtes une incroyable fleuriste, » qu’il la complimente plus que satisfait devant son chef d’œuvre. « Vous travaillez ici depuis longtemps ? J’entends votre magnifique accent british – et je m’excuse de ma curiosité – mais vous n’auriez pas travaillé à Londres dans le passé ? » qu’il tente encore et toujours de la reconnaitre. Il ne repartirait pas sans avoir mis un nom sur ce joli visage. « Vous êtes déjà venue au Hudson’s ? » qu’il demande encore, déterminé. « Vous êtes une incroyable joueuse, Madame la fleuriste, » qu’il ajoute en souriant, voyant clairement qu’elle jouait avec ses nerfs. « Vous me reconnaissez, je peux le voir… et je vous reconnais, vous pouvez le voir… il me manque juste un petit coup de pouce… » qu’il lui dit, se penchant, et attendant qu’elle ne termine la phrase pour lui en lui révélant la vérité et le sortant de son agonie intérieure.

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Ellana McGregor
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MessageSujet: Re: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Sam 9 Déc - 23:35

Au bon endroit, au bon moment
Thomas ∞ Ellana
- Au risque de passer pour un goujat, j’ignore totalement les goûts de la jeune femme à qui je souhaite offrir des fleurs.
Sa réflexion me fait rire, mais j'aime bien sa franchise. Pas la peine de me faire croire que c'est l'amour fou si ça ne l'est pas, et je ne suis pas là pour juger de toute façon. Et puis, si c'est un premier rendez-vous aussi, il n'y a pas d'histoire, pas encore, tout est a construire et ce genre de moments est tellement émouvant. Je me souviens de nos débuts avec James, chaque fois il essayait de me séduire un peu plus. Et même après le mariage, même si on peut penser qu'une certaine routine s'était installée, ce n'était pas le cas. Car chaque fois il arrivait à me surprendre, me faisait des surprises, m'invitait au restaurant, faisait des pique-niques, m'offrait des fleurs différentes selon les saisons. J'espère que tout le monde trouveras ce bonheur et en vendant des fleurs je me dis que j'y participe un peu.
- Elle est plutôt sophistiquée, elle travaille dans une banque et semble prendre soin d’elle dans toutes circonstances. C’est une femme à fort caractère, qui sait ce qu’elle veut mais qui sait se faire désirer. Une magnifique brune qui peut aussi bien inspirer la jalousie des femmes que le désir des hommes.
J'écoute sa description et fait tout pour ne pas juger, mais clairement elle est le genre de femme que je n'aime pas du tout. On sent la personne qui vit pour l'argent, celle qui veut le pouvoir et qui veut le monde sans en voir la véritable beauté de celui-ci. Je me demande comment les hommes peuvent être séduits par ce genre de femmes qui semblent clairement ne pas vouloir une relation stable. Je sais que tous le monde ne cherche pas l'amour comme j'ai pu le faire, mais je trouve ça dommage. Enfin, le plus important est que j'ai vécu mon histoire d'amour et que chacun fasse comme ils veulent, tant qu'ils sont heureux.
- Je pourrais être tenté de dire, comme vous, mais ce serait mentir.
J'ai failli me courroucer de ce qu'il dit, mais le fait qu'il parle de mentir en disant cela me permet de garder un léger sourire.
- Vous êtes tout aussi sublime, si ce n’est plus. Vous inspirez tout simplement plus le respect et la gentillesse.
Je le regarde un peu surprise de sa façon de me dire cela avec une telle aisance et sans même flancher. Je me sens un peu décontenancée, depuis que mon mari est mort je me suis tellement laissé aller que je n'ai même pas eu droit à ce genre de compliment depuis si longtemps. Je ne sais même pas comment réagir, je voudrais lui dire merci mais je n'y arrive même pas. Je sais que ce qu'il dit me réchauffe le cœur, ce cœur brisé en mille morceaux, et je me mordille la lèvre inférieure, un peu nerveuse avant de baisser la tête. Comme sentant ma détresse il me parle de ma grossesse, pensant que je devrais être assise mais je sais que je peux tenir quelques minutes debout tout de même. Je suis enceinte, pas handicapée. Et puis j'ai un boulot à faire, je ne peux pas me contenter de rester assise à rien faire voyons.
- Je dois être extrêmement chanceux d’être arrivé au bon moment et bon endroit, dans ce cas. Et vous savez quoi ? Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, mais j’ai une totale confiance en vous. Je vous défie de me préparer un bouquet garni splendide sans être trop tape à l’œil. Et je viendrais vous revoir pour vous dire si la magie a opéré.
Un nouveau rire alors que je commence à bouger dans la boutique, essayant de préparer mentalement un bouquet. Cela me permet de laisser ma gêne aussi passer alors qu'il me dit reconnaître mon visage. Je ne veux pas lui répondre, je ne veux pas lui dire qui je suis et me contente de lui dire que j'ai un visage banal, une banalité qui se dit souvent dans ce genre de moments.
- Vous avez absolument tout sauf un visage banal, Madame la fleuriste.
Il est encore là, ce léger battement de cœur, plus fort, comme s'il essayait de se ranimer sans vraiment y parvenir, pas encore. Encore une fois, cela me laisse sans voix et je détourne l'attention de la conversation sur les fleurs et mon travail.
- J’aime les variantes. Alors, allons-y pour un bouquet de plusieurs fleurs différentes. Ce sera toujours plus original et appréciable qu’un banal bouquet de roses, hum ? 
Je marche rapidement dans la boutique, prenant plusieurs fleurs allant du blanc, beige et du rouge. Je m'installe finalement derrière le comptoir, m'asseyant à nouveau ce qui doit le rassurer et commence à m'atteler à ma tâche. Cela me rappelle par moments quand je devais dresser une assiette, me redonnant le sourire. Un jour je retournerais à la cuisine et j'ai déjà presque hâte.

Au bout d'une dizaine de minutes, je lui tends le bouquet qui semble le satisfaire.
- Vous êtes une incroyable fleuriste. Vous travaillez ici depuis longtemps ? J’entends votre magnifique accent british – et je m’excuse de ma curiosité – mais vous n’auriez pas travaillé à Londres dans le passé ? Vous êtes déjà venue au Hudson’s ?
- J'ai travaillé à Londres oui, et non, je ne suis ici que depuis quelques mois. Sinon je n'ai pas encore eu la chance d'aller au Hudson's non, ce qui peut le guider sur le fait que je sais parfaitement ce qu'est l'Hudson.
Comment ne pas savoir. Et puis, c'est amusant de lui parler de moi comme si j'étais une étrangère alors qu'il m'a déjà connu. Il sait ma passion, connaît mon savoir faire, il m'a aidé à m'élever dans sa cuisine et je n'en reviens toujours pas d'avoir eu la chance d'apprendre à ses côtés.
- Vous êtes une incroyable joueuse, Madame la fleuriste.
Je fronce les sourcils, pas certaine de bien comprendre.
- Que voulez-vous dire Monsieur ?
- Vous me reconnaissez, je peux le voir… et je vous reconnais, vous pouvez le voir… il me manque juste un petit coup de pouce…
Ainsi il sait que ce n'est pas juste un visage banal comme j'ai pu le dire, mais il me connaît vraiment. Je ne sais pas quoi lui répondre, je pourrais lui dire mais je n'en est pas envie. Même si je n'ai pas honte de mon nouveau métier, face à ce maître de la cuisine, tout comme je n'ai pas envie de fondre en larmes en parlant de moi. Je le regarde droit dans les yeux cherchant une réponse à lui dire sans qu'elle-ci ne viennent. Je reste totalement tétanisée avant de soudainement me sentir dans une situation complètement inconfortable. Je fronce les sourcils et baisse la tête pour voir que j'ai le bas de ma robe trempée, ainsi que les pieds dans l'eau. Je suis complètement surprise et me demande ce qu'il se passe avant qu'une contraction se fasse sentir. Je me recroqueville un peu et soudain je comprends. J'étais occupé à faire le bouquet, à discuté, à être perturbée... J'ai déjà eu des contractions avant mais je n'ai pas remarqué qu'elles étaient si rapprochées et voilà que mon corps me rappelle à l'ordre...
- Oh non... non non non... pas maintenant...
Je me redresse pour le regarder droit dans les yeux.
- Je viens de perdre les eaux... Emmenez moi à l'hôpital Thomas s'il vous plaît...
Je récupère ma veste et mon téléphone, main libre sur mon ventre alors qu'une nouvelle contraction se fait sentir... Le grand jour est là, et j'espère par-dessus tout pour que Matthew me réponde. Je ne voudrais pas accoucher toute seule...
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Thomas Hudson
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MessageSujet: Re: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Dim 10 Déc - 16:25


Rencontrer une anglaise à Los Angeles n’était pas quelque chose d’extraordinaire, même s’il n’en rencontrait pas tous les jours. C’était rafraichissant et cela lui rappelait les souvenirs de son enfance et de son adolescence. Les racines. Les origines. Son pays natal, qui malgré tout lui manquait bien plus qu’il ne saurait le dire. Il n’y allait pas aussi souvent qu’il l’aurait désiré. Ses grands-parents lui disaient souvent qu’il trouvait toujours la parfaite excuse pour ne plus revenir dans la belle Londres. Eux-mêmes ne pouvaient plus trop venir le voir sur la terre américaine, lui rappelant à chaque occasion qu’ils n’étaient plus tous jeunes. Il promettait souvent d’y retourner, et il le pensait sincèrement quand il le disait. Il prévoyait souvent d’y retourner, et il le pensait sincèrement quand il l’organisait. Pourtant, depuis plus de cinq ans il n’y parvenait jamais. Le boulot, le boulot, le boulot. Les femmes, les femmes, les femmes. Pour oublier. Pour avancer. Pour ne pas sombrer. Pour ne pas se laisser aller. Le boulot, le boulot, le boulot. C’était son travail qui occupait son temps et son énergie. C’était son travail qui le maintenait à flot. Et c’était son travail qui lui permettait de ne pas s’effondrer. Il le savait, il le niait simplement. Il le savait, il le camouflait simplement. La vie n’avait pas toujours été tendre avec le jeune cuisinier, et il avait choisi de rendre les coups, il avait choisi de se battre, il avait choisi de se relever et de ne pas laisser gagner la haine, la colère et la souffrance. A sa manière. Peut-être peu orthodoxe, et peut-être était-ce de la mauvaise des façons. Mais c’était ce qui lui permettait d’avancer droit. C’était ce qui lui permettait de garder le sourire. Ses grands-parents le comprenaient, lui disaient-ils, mais ses grands-parents ne prenaient jamais de pincettes pour lui dire ce qu’ils pensaient sincèrement – pour lui dire la vérité. « Mon chéri, tu crois seulement que tu as réussi à trouver ton équilibre. Tu crois seulement que tu as surmonté les épreuves. Mais tu te berces d’illusions, mon garçon. Tu vis dans le déni. Et tant que tu vivras dans le déni, sans affronter ce que tu ressens vraiment, tu n’auras pas ton équilibre, » que sa grand-mère lui répétait souvent. Ce à quoi il faisait la sourde oreille et se contentait de rire, comme si elle déblatérait des âneries et des sottises. Il allait parfaitement bien. Et sa vie était parfaitement équilibrée. « J'ai travaillé à Londres oui, et non, je ne suis ici que depuis quelques mois. Sinon je n'ai pas encore eu la chance d'aller au Hudson's non, » que la jeune fleuriste lui répond d’une voix douce, d’un accent qui rappelle le pays et qui lui fait chaud au cœur. Ainsi la jeune femme connait le Hudson, même si elle n’y est jamais allée. Ainsi, la jeune femme le reconnait aussi bien qu’il sait l’avoir déjà vue quelque part. « Tous deux britanniques, tous deux londoniens, et tous deux ayant quittés la belle Londres pour la chaleur de la Californie, » qu’il énumère en souriant malgré sa frustration de ne pas parvenir à remettre un nom sur ce visage angélique. Il n’aurait jamais pu oublier ce visage angélique. N’est-ce pas ? Jamais. La preuve étant qu’il SAVAIT l’avoir déjà rencontrée. « Vous n’y êtes jamais allée, mais vous en avez entendu parler… » qu’il répète pour lui-même, comme s’il mettait toutes les données dont il disposait en place dans sa tête afin de trouver la réponse à sa question. Le pire était qu’elle savait, mais qu’elle choisissait de se taire. Aussi y voyait-il une façon de jouer de la part de la jeune femme. Il ne se doutait pas un instant qu’elle puisse avoir honte de lui révéler la vérité, qu’elle puisse se taire pour se protéger. « Que voulez-vous dire Monsieur ? » Oh simplement qu’elle était une jeune femme charmante, pleine de ressources et que cela l’intriguait fortement. Elle respirait la beauté, la bonté et la générosité, certainement pas la manipulation et le machiavélisme. Et il l’observe. Et il ne la quitte pas des yeux. Et il scrute chaque trait, chaque mimique. Et il grave dans sa mémoire ces traits, ces mimiques. Et il a comme une révélation !

« Oh non... non non non... pas maintenant... » qu’elle murmure d’une petite voix en alternant son regard du sol aux yeux de Thomas. Lui, il ne comprend pas sa panique soudaine. Lui, il ne saisit pas sa peur soudaine. Lui, il vient de la reconnaitre. Et lui, il ne comprend plus rien. C’était bien le dernier endroit où il s’imaginait revoir la jeune femme – un commerce de fleurs, certes un chouette commerce de fleurs, mais sa place n’était définitivement pas ici. Mais elle ne lui laisse pas le temps ni l’occasion de poser ces questions qui l’assaillent de toute part. « Je viens de perdre les eaux... Emmenez-moi à l'hôpital Thomas s'il vous plaît... » Quoi ? Pardon ? Comment ? Qu’est-ce qui se passe ? Il est là, le visage blême et l’air sans doute un peu idiot d’un homme qui ne saisit pas ce qui se passe tout de suite. Comme s’il avait reçu un coup de matraque sur la tête. « Les eaux ? L’Hôpital ? » qu’il répète stupidement. Puis, il baisse les yeux. Puis, il voit les eaux. Puis, il relève les yeux. Puis, il la voit souffrir. « Oh… Oh ! Oh ! » qu’il dit simplement, idiot qu’il est et novice qu’il est. Il n’a jamais été confronté à une femme enceinte auparavant, et il n’a surtout jamais été confronté à une femme sur le point d’accoucher. BORDEL DE MERDE. « Ok, je suppose qu’il faut respirer, respirer, inspirer, expirer, » qu’il lui dit alors en se remémorant certaines répliques de films – ça doit être pareil dans la vie, n’est-ce pas ? Puis, il inspire. Puis, il expire. Comme elle. « Je suis garé juste devant, » qu’il finit par lui dire alors qu’elle se tort de nouveau de douleur suite à une contraction intense. Il n’y comprend rien et il n’y connait rien, aussi dépose-t-il le bouquet qu’elle a joliment préparé pour Clarisse – dont il oublie absolument tout à cet instant – et lui offre son bras pour l’accompagner dehors et l’emmener dans un endroit plus adapté pour elle et l’enfant à naître. « On peut dire que je suis définitivement arrivé au bon moment, au bon endroit, hein ? » qu’il ose plaisanter en souriant alors qu’elle marche difficilement jusqu’à sa voiture. Si elle n’est pas loin, elle n’est pas totalement à côté non plus, et il réalise que le chemin risque d’être long – tellement long qu’elle serait capable d’accoucher dans la rue, avec lui aux premières loges. Et l’idée le terrifie. Alors il la soulève doucement dans ses bras, malgré le bébé qu’elle porte il est surpris de la sentir si légère. « Désolé, Ellana, mais je crois qu’on n’a pas le temps pour les bonnes manières, » qu’il s’excuse de la porter ainsi et de courir jusqu’à sa voiture garer de l’autre côté de la rue. Il crie à tue-tête qu’une femme enceinte sur le point d’accoucher est dans ses bras, pour que les voitures s’arrêtent et le laissent passer. Il parvient à l’installer aussi confortablement que faire se peut, et prend le volant les mains un peu tremblantes. Faut dire qu’il n’a pas souvent l’occasion de vivre pareil moment. « Heureusement, on n’est pas bien loin, inspires et expires comme elles le font dans les films, » qu’il la tutoie naturellement sans s’en rendre compte, avant de démarrer et de rouler aussi prudemment et rapidement que possible. Il ne manquerait plus qu’elle accouche dans sa voiture, ça serait le pompon. Il ne lui faut que quelques minutes pour débarquer devant l’Hôpital où des soignants arrivent déjà avec une chaise roulante. « Elle a perdu les eaux, je l’ai amenée aussi vite que j’ai pu, » qu’il leur explique vaguement sans qu’ils l’écoutent vraiment, aidant la jeune femme à s’installer et l’emmenant directement à l’intérieur. « Vous pouvez venir vous préparer, je vais vous montrer où… » « Me préparer ? » qu’il demande sans comprendre. « J’imagine que le papa ne veut pas rater la naissance de son bébé, » qu’on lui dit simplement et il en tombe des nues. Un regard à la jeune femme et la douleur qu’il y lit le cloue sur place. « Je suis désolé… je ne suis pas le papa… est-ce que tu veux que j’appelle quelqu’un, Ellana ? » qu’il s’agenouille devant elle et lui prend la main, comme s’il voulait lui enlever un peu de la douleur qu’elle éprouve – autant physique que morale. Il ignore ce qui l’a atteint aussi brutalement, mais il déteste ça. On le presse, on lui dit qu’il faut y aller. Alors il la relâche et l’observe disparaitre à travers une porte blindée. Il prend son téléphone et appelle le numéro qu’elle lui a donné, celui de son frère, afin qu’il vienne la rejoindre et l’aide à surmonter cette épreuve.

Il n’a pas vécu l’expérience, mais le peu qu’il a vécu l’a légèrement secoué. Tout s’est passé si vite. Un moment, elle était là à lui sourire, énigmatique et magnifique, et l’autre moment elle paniquait et souffrait le martyr. Bon sang qu’il fallait être fou et folle pour mettre au monde un enfant. Il était reparti une fois qu’il eut croisé Matthew McGregor et lui eut indiqué où se diriger. Le jeune homme l’avait à peine remercié avant de rejoindre sa petite sœur, mais Thomas ne lui en tenait pas rigueur. La situation était urgente et particulière après tout. Il était resté quelques minutes avant de reprendre son souffle et de réaliser qu’il n’avait strictement plus rien à faire dans les parages. Ce n’était qu’une fois chez lui qu’il s’était souvenu du bouquet, de la soirée, de Clarisse. Et une fois chez lui qu’il lui envoya un message pour annuler. Elle ne fut pas contente, mais cela lui importait peu. Ce n’était pas comme si la jeune banquière était la femme de sa vie, n’est-ce pas ? Il ne put penser qu’à Ellana, à celle qu’il avait connu, à celle qu’elle était aujourd’hui.

C’est un nouveau bouquet à la main qu’il débarque à l’hôpital deux jours plus tard. Il n’a prévenu personne, et il espère fortement que sa venue ne sera pas malvenue, mais après tout ils avaient un passé commun. Il avait été son supérieur, comme son mentor, et elle avait été une apprentie digne de ce nom. Il n’en revenait toujours pas de ne pas l’avoir reconnue immédiatement. A l’époque, elle était plus juvénile, plus délicate… différente. Elle était fiancée, s’était-il souvenu. Il se rappelait même avoir eu un léger pincement de jalousie à cette époque, futile et innocent mais tout de même présent. La jeune femme était talentueuse, douée, destinée à devenir une grande cuisinière si elle le désirait. Qu’elle ait pu finir dans les fleurs le dépassait – sans prétendre que c’était un mauvais métier. Mais à ses yeux, son talent était gaspillé. Lentement, il entra dans la chambre qu’on lui avait indiquée. Et lentement, il l’aperçue assise dans son lit, le regard rivé sur le bébé qui dormait dans ce qui lui servait de berceau ici. Il frappe légèrement, et elle se retourne vers lui. Il sourit alors. « J’espère que je ne dérange pas, » qu’il s’avance en montrant maladroitement le bouquet de fleurs. Des Lys. Il avait choisi par pur hasard. « J’ai attendu un peu avant de venir, je me suis dit que tu aurais peut-être besoin d’un peu de temps pour… te remettre de tes émotions, » qu’il explique naturellement. Son regard tombe sur le bébé endormi, et il ne peut s’empêcher de sourire. « Félicitations, maman Ellana, » qu’il lui dit en souriant. Avant de se tourner vers elle, le visage fier de lui faire savoir qu’il se rappelait d’elle. « J’étais sur le point de crier victoire quand tu m’as demandé de t’emmener à l’hôpital, » qu’il lui confie alors. « Pour ma défense, » qu’il continue en s’asseyant sur le fauteuil à côté d’elle, « un commerce de fleurs, c’était le dernier endroit où j’aurais pu m’attendre à te croiser. »

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MessageSujet: Re: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Dim 10 Déc - 18:01

Au bon endroit, au bon moment
Thomas ∞ Ellana
J'ai mal, j'ai mal et tout ce que je pense c'est que peut-être le bébé à mal aussi. Je sais que je panique pour « rien », j'ai suivi les exercices, les entraînements, mais c'est tellement rien comparé à la réalité. Une fois que nous sommes dans la voiture, je ne calcule pas ce qu'il fait, je ne réagis pas quand il hurle qu'une femme est sur le point d'accoucher, même si franchement j'ai envie de rire, et je ne réagis pas quand il dit mon prénom. J'ai appelé Matthew tout le long du trajet et il n'a pas répondu. J'ai laissé des messages et je me sens désespérée car je ne veux pas accoucher toute seule, mais si cela continue c'est ce qu'il va se passer bon sang...
Une fois à l'hôpital, je n'ai besoin de rien dire que Thomas annonce ce qu'il m'arrive. J'ai eu beaucoup de chance de l'avoir, comme il a dit, il est définitivement arrivé au bon endroit au bon moment. On m'installe sur un fauteuil et on commence à me guider dans une chambre afin de faire des examens, vérifier que le bébé va bien et puis regarder à combien je suis. C'est que le début du travail, je me dis qu'il doit rester un peu de temps encore, le temps que Matthew vienne. Mais alors qu'on est en train de me conduire dans la chambre, j'entends le dialogue entre l'infirmière et Thomas.
- Vous pouvez venir vous préparer, je vais vous montrer où…
- Me préparer ?
- J’imagine que le papa ne veut pas rater la naissance de son bébé.
Quand j'entends cela, je me tourne vers eux alors qu'un sanglot m'échappe. Je suis déjà épuisée, j'ai mal, je transpire et je ne retiens pas les larmes qui ont envie de couler. On pourrait croire que c'est l'excitation, la joie, mais c'est la profonde tristesse et la peur qui me tiraille le ventre. Ca et le fait que je vais avoir un bébé accessoirement.
- Je suis désolé… je ne suis pas le papa…
Nouveau sanglot alors que la non présence de James me donne envie d'hurler. Cependant la voix de Thomas me ramène à la réalité.
-… est-ce que tu veux que j’appelle quelqu’un, Ellana ?
Je serre doucement sa main et lui tend mon portable.
- Matthew... Appelle Matthew s'il te plaît... Il m'a promi qu'il serait là...
Une fois cela fait, tout semble se passer si vite. On m’amène dans ma chambre, on fait tous les tests qu'il faut, j'ai même le droit à la péridurale juste quand Matthew arrive enfin. Le grand jour est arrivé et je suis heureuse que mon frère soit présent avec moi car j'ai besoin de lui plus que tout au monde.


Deux jours.
Mon bébé a déjà quarante-huit heure et je ne cesse de tomber amoureuse chaque fois que je le vois. Toutes la famille est déjà venu à sa rencontre, même papa a fait le déplacement. Pourtant il n'a pas caché son mécontentement du nom de famille de son petit-fils, mais le simple fait de sa présence fait que je lui pardonne un peu sa mauvaise humeur. Aujourd'hui je suis restée au calme, j'ai beaucoup parlé à mon fils et ma voix semble l'apaisé. Je lui parle principalement de son père, je lui raconte déjà qui il était. Je sais que je me montre nostalgique mais comment ne pas l'être alors que mon fils ne rencontrera jamais son père. Assise sur le côté, je caresse doucement sa peau alors que celui-ci est endormi. Je murmure des chansons, cela a le don de m'apaiser certainement plus que lui. Un coup sur la porte me fait relever la tête et je suis surprise de voir le visage de Thomas Hudson. Même si je me doutais qu'on se reverrait, je ne pensais pas qu'il ferait le déplacement pour venir me voir à l'hôpital. Cette petite attention me touche.
- J’espère que je ne dérange pas.
Je secoue la tête avant de remarquer le bouquet. Des lys.
- Quelle délicate attention, mes fleurs favorites. Comment le savais-tu ? Je demande, surprise.
Il s'avance vers moi et je m'installe pour être un peu plus apprêtée, du moins comme il est possible de l'être après un accouchement.
- J’ai attendu un peu avant de venir, je me suis dit que tu aurais peut-être besoin d’un peu de temps pour… te remettre de tes émotions.
Encore une délicate attention et je souris doucement.
- Je me demande si on se remet vraiment de ce genre d'émotion. Donner la vie est quelque chose de si spécial, si fort. Difficile mais je le referais sans aucune hésitation.
Mais je perds de nouveau mon sourire en me rappelant que plus jamais je ne pourrais porter l'enfant de James. Mais je dois avant tout penser à notre fils qui est juste là, cette enfant que j'aime déjà plus que tout au monde.
- Félicitations, maman Ellana.
Je me tourne vers lui. En me rappelant du trajet jusqu'ici (oui j'ai eu le temps d'y repenser), je me suis souvenu qu'il avait déjà donné mon prénom. A sa manière, il me rappelle à nouveau qu'il se souvient de moi et cela me touche. Ainsi il s'est souvenu de la petite commis qu'il a entraîné il y a déjà plusieurs années.
- Merci Chef Hudson, je murmure, rentrant ainsi dans son jeu.
- J’étais sur le point de crier victoire quand tu m’as demandé de t’emmener à l’hôpital.
Cela me fait rire alors que je le regarde s'installer auprès de mon lit.
- Le bébé ne semblait pas d'accord avec ça et voulait déjà laisser sa maman gagner.
- Pour ma défense, un commerce de fleurs, c’était le dernier endroit où j’aurais pu m’attendre à te croiser. 
A nouveau je perds mon sourire et détourne le regard, me sentant rougir un peu. Il est vrai qu'il y a encore un an j'étais dans mon propre restaurant de cuisine de terroir, et me voilà en train de vendre des fleurs.
- C'est juste que... Dernièrement j'ai perdu goût en... tout.
Je pose le regard sur mon bébé pour me donner de la force, comme il a su toujours le faire depuis que je sais que je suis enceinte.
- Je tombais... Je ne me voyais pas cuisiner encore moins vu que j'étais enceinte... Flora-Jade, la propriétaire de la boutique m'a prise sous son aile. Disons simplement qu'elle a été ma bouée de sauvetage quand je me noyais...
Bon sang, comment avouer tout cela sans que ça devienne déprimant. Entre la perte de goût, la chute et maintenant la noyade, tout cela en évitant scrupuleusement de le regarder dans les yeux... Et bien, c'est merveilleux comme retrouvaille dis donc...
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MessageSujet: Re: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Lun 11 Déc - 17:35


Les souvenirs de ce quelques mois à Londres passés avec Ellana McGregor affluaient à présent qu’il avait su remettre un nom sur ce visage. Il ne comprenait d’ailleurs toujours pas comment il avait pu ne pas la reconnaitre immédiatement – bon sang, elle était sa favorite ! Il avait connu un sacré nombre d’apprentis depuis ses quelques années d’expérience, mais Ellana sortait indéniablement du lot. Elle avait une touche à elle seule, ce je ne sais quoi qui la démarquait des autres. Elle avait du talent, un véritable cadeau du ciel. Il le lui avait répété souvent, et encore une fois lorsque leurs chemins s’étaient séparés quelques années plus tôt. S’il s’était parfois montré dur et ferme à ses côtés, ce n’était jamais par manque de respect et encore moins par arrogance. Il avait été plus ferme et plus ferme avec elle, tout simplement parce qu’il voyait en elle un potentiel incroyable, le genre de potentiel que l’on ne voyait que très peu dans une vie – le genre de potentiel que l’on avait perçu chez lui. Et s’il avait craint au départ qu’elle ne prenne la mouche et qu’elle soit trop sensible pour supporter sa fermeté, elle lui avait prouvé plus d’une fois qu’elle n’était pas qu’une jeune femme délicate au visage angélique. Non, derrière cette image adorable se cachait une battante et une femme déterminée. Il ne l’en avait apprécié que plus. Au fil des mois, une véritable complicité professionnelle et amicale s’était tissée entre eux. Cela aurait pu perdurer s’il n’était pas parti à l’autre bout du monde que très peu de temps après leur rencontre. Il avait eu envie de grandeur, il avait eu envie d’aventure, il avait eu envie de projets fabuleux – ainsi il s’était lancé dans la folie d’ouvrir un restaurant à son nom dans la Belle Amérique. Là encore, peu de gens croyaient en lui. Là encore, on lui avait assuré qu’il se planterait et qu’il rentrerait chez lui penaud. Aujourd’hui il avait trois restaurants ouverts aux USA, un à Londres, un à Madrid et un à Paris. Pour une réussite, il était plus que fier. Et il avait vraiment cru que la jolie Ellana McGregor marcherait à travers ses pas. Il lui était souvent arrivé de penser à elle au fil des années, se demandait ce que sa jeune apprentie était devenue. Il l’avait toujours imaginé comme il l’avait connue, dans une cuisine les mains enfarinées et les joues rosies par un travail acharné mais adoré. Certainement pas enceinte de neuf moi. Certainement pas entourée de fleurs – aussi jolies soient-elles. Il aurait dû s’en moquer après tout. La jeune femme n’était rien d’autre qu’une jeune femme adorable qu’il avait rencontré dans sa jeunesse – non pas qu’il soit vieux. Ce qu’elle faisait ou pas dans la vie, ça ne le regardait pas et ça n’aurait pas dû avoir d’importance. Pourtant, une petite voix dans sa tête lui répétait que si, ça avait de l’importance. Il ne pouvait pas rester sans rien faire quand un talent comme le sien était gaspillé, oublié et non reconnu. Aussi avait-il décidé de lui prendre un bouquet de fleurs – c’était non seulement de circonstance mais ça la ferait sans nul doute sourire puisqu’ils s’étaient revus dans ce contexte-là. « Quelle délicate attention, mes fleurs favorites. Comment le savais-tu ? » Il l’ignorait pour tout dire. « On va dire que c’est digne de nos retrouvailles : le hasard fait bien les choses, » qu’il répond en souriant. Il la trouve plutôt épanouie et reposée alors qu’il aurait imaginé la retrouver fatiguée et bouleversée. « Je me demande si on se remet vraiment de ce genre d'émotion. Donner la vie est quelque chose de si spécial, si fort. Difficile mais je le referais sans aucune hésitation. » Sa moue est très expressive, se demandant comment elle pourrait le refaire sans aucune hésitation quand la douleur semblait aussi intenable. Mais c’était une histoire de femmes, sans doute. Puis, il n’était pas papa lui-même, il ne pouvait pas comprendre. Il ne pourrait jamais le comprendre. Pourtant, en s’approchant il se passe quelque chose au niveau de son cœur. Il se passe quelque chose au niveau de sa poitrine. Oppressant. Douloureux. Dérangeant. Comme du regret. Mais il secoue la tête et oublie cette sensation étrange, prétendant qu’elle n’existe pas. Il sait si bien ignorer ses sentiments profonds. « Merci Chef Hudson » qu’elle rétorque en souriant. Ainsi, la vérité tombe et les dés sont lancés. « Le bébé ne semblait pas d'accord avec ça et voulait déjà laisser sa maman gagner. » Il rit légèrement à cette idée, bien que fausse évidemment. Encore une fois, le hasard. « Tu as dû penser que j’étais un véritable goujat que de ne pas me rappeler de toi dans la seconde, » qu’il dit en grimaçant, mi-gêné et mi-amusé, avant d’enchaîner sur le fait qu’il ne s’attendait pas à la trouver dans un endroit parfumé de la sorte. Aussitôt, son sourire s’estompe et un masque prend place, un masque qu’il n’aime pas et qui ne lui va pas. Un masque qu’il aimerait lui enlever. « C'est juste que... Dernièrement j'ai perdu goût en... tout. » Il se doute que tout cela a un rapport avec le père de l’enfant, car elle a cette même douleur dans le regard et sur les traits que lorsqu’on a cru qu’il était le papa en question. Il n’a pas envie de juger, il n’as pas envie de critiquer, mais bon sang une part de lui a envie d’incendier l’homme qui l’a abandonné à ce triste sort. « Je tombais... Je ne me voyais pas cuisiner encore moins vu que j'étais enceinte... » Cela il pouvait l’imaginer, enceinte et cuisiner n’allait pas forcément de pair – surtout quand cuisiner était notre métier. Etre debout constamment, courir à droite à gauche. On n’y pense pas forcément, mais c’est du sport ! « Flora-Jade, la propriétaire de la boutique m'a prise sous son aile. Disons simplement qu'elle a été ma bouée de sauvetage quand je me noyais... » Il n’est pas du tout à l’aise avec la mélancolie et le chagrin, il n’a jamais su gérer ces émotions-là pour lui-même, comment pourrait-il les gérer pour autrui ? Aussi a-t-il besoin de se sortir de ce pétrin et de lui changer les idées dans la seconde. « J’ai comme l’impression qu’il y a maintenant une autre personne qui va pouvoir te sauver, » qu’il lui répond en la regardant. « Bon, d’accord, je parlais évidemment de ton fils, mais si on y réfléchit bien… je peux te sauver moi aussi, » qu’il lui dit nonchalant. « Ce n’est peut-être pas un hasard finalement qui m’a placé sur ton chemin l’autre jour. Peut-être bien que le destin t’envoie un message subliminal, » qu’il continue l’air de rien, joueur et taquin néanmoins. « Les fleurs… c’est pour te laisser du temps et remonter la pente, ou c’est une véritable nouvelle passion ? Parce que si c’est le cas, je dois dire que la gastronomie est en deuil, » qu’il plaisante mais qu’il a l’air si sérieux.


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MessageSujet: Re: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Lun 11 Déc - 23:23

Au bon endroit, au bon moment
Thomas ∞ Ellana
- Tu as dû penser que j’étais un véritable goujat que de ne pas me rappeler de toi dans la seconde.
Je ris doucement.
- Il est vrai que je me suis senti un peu vexée, mais quand on est un aussi grand chef que vous, je me doute qu'une commis n'est pas réellement la personne dont on se souvient le plus.
Je ne me dénigre pas, je sais parfaitement que dans le fond nous avions une relation spéciale, seulement je peux comprendre que nous avons eu nos vies par la suite. Il est parti, j'ai vécu ma vie de famille et suis devenue chef dans un restaurant avant de devenir l'une des plus jeunes chefs étoilées. J'ai toujours eu la passion de la cuisine, je me suis battue pour cet amour tout comme j'ai pu le faire pour James. La cuisine a toujours eu le don de me faire sourire, de me détendre. J'ai toujours aimé pouvoir travailler des nouveaux plats, voir des sourires sur le visage des gens qui viennent me féliciter par la suite. Je sais que la période la plus importante de ma vie a été celle où j'étais sous l'aile du chef Hudson. Comment ne pas s'élever aux côtés d'un homme aussi talentueux que lui. Je ne suis pas encore allée à son restaurant ici même si j'en salive rien qu'en y pensant. Pourquoi ? Parce que je craignais de le rencontrer comme en cet instant. Moment gênant où j'annonce que je suis fleuriste et enceinte et où je semble plus triste et détruite que jamais. Oui, je viens de devenir mère et je ne doute pas que cela donne plus de couleur à mon visage, pourtant une partie de mon cœur reste meurtrie. Celle que j'ai donnée à James depuis notre rencontre, plus encore à notre mariage.
Cependant, depuis la naissance de mon fils, je sens l'autre partie de mon cœur gonfler encore et encore, comblant un vide qui creuse mon estomac. Regard posé sur lui, je sais que je suis plus forte que jamais et que je donnerais absolument tout pour que ce petit-être, pour que notre fils soit le plus heureux au monde. Son bonheur passe avant le mien, il passe avant moi, il passe avant tout.
Pourtant, je me dois d'expliquer à Thomas pourquoi je suis ainsi, pourquoi je ne cuisine plus, comment j'ai pu quitter l'Angleterre qui me tenait tant à cœur. Il ne me pose pas toutes ces questions, mais je le connais assez pour savoir qu'il doit se les poser depuis qu'il m'a reconnu. Mais pour le moment, je me contente de lui expliquer pourquoi il m'a retrouvé entouré de fleurs et non de commis que je gronderais à mon tour car ils ne feraient pas ce que je souhaite. Je lui raconte cette perte de motivation et le pire de tout pour un chef, la perte du goût. Le goût aux choses simples, aux choses qu'on aime, à la vie elle-même. Je lui raconte comment j'ai pu atterrir dans cette boutique de fleurs et le rôle que ma patronne a pu avoir dans cette nouvelle phase de ma vie. Je me dévoile un peu plus devant mon chef mais sans que je sache pourquoi, je sens qu'il peut comprendre mieux que personne la gravité de la situation quand un cuisinier perd tout simplement sa passion.
- J’ai comme l’impression qu’il y a maintenant une autre personne qui va pouvoir te sauver.
Je quitte mon fils du regard pour observer James, fronçant les sourcils alors que je cherche à comprendre ce qu'il est en train de me dire.
- Bon, d’accord, je parlais évidemment de ton fils, mais si on y réfléchit bien… je peux te sauver moi aussi.
Nouvelle pulsation du cœur, comme lorsqu'il était dans la boutique. Ce moment où je sens que je ne suis pas seule, où je sens que j'ai quelqu'un auprès de moi qui me tend la main afin de m'aider, ne supportant pas d'une certaine manière me voir au fond du trou. Un léger rire m'échappe et je porte ma main à la bouche, comme pour cacher mon étonnement.
- Tu veux me sauver ? J'ai l'air si désespérée que cela ?
Il n'a même pas besoin de répondre, je connais déjà la réponse. Oui j'ai l'air désespérée, oui je dois clairement être pathétique par moments aux regards des autres. Je garde le sourire, je me veux charmante et bien élevée comme on a pu m'apprendre, mais si on me regarde bien, si on prends le temps de me regarder droit dans les yeux, on sent, on sait même que je suis éperdue et inconsolable.
- Ce n’est peut-être pas un hasard finalement qui m’a placé sur ton chemin l’autre jour. Peut-être bien que le destin t’envoie un message subliminal.
Je sens bien qu'il veut me faire rire et il réussit. J'ai le sourire sur mon visage et je sens que mon regard est un peu plus pétillant.
- Et quel est ce message subliminal ? Je demande curieuse, voulant clairement savoir ce qu'il a dans la tête.
J'aime bien sa façon d'être avec moi, c'est naturel et même si j'inspire la pitié pour beaucoup, il ne change pas pour autant. Il ne cherche pas à me protéger mais seulement à me montrer que je ne suis pas seule et que je viens de me trouver un allié de taille dans cette nouvelle vie aux États-Unis.
- Les fleurs… c’est pour te laisser du temps et remonter la pente, ou c’est une véritable nouvelle passion ? Parce que si c’est le cas, je dois dire que la gastronomie est en deuil.
Je sens son réel intérêt, je sens aussi qu'il semble désespéré de savoir que je vends des fleurs. Je crois que si je lui annonce que c'est ma nouvelle vie, pour toujours, il va avoir une attaque. Au moins il est au bon endroit et on pourra prendre soin de lui rapidement. Mais son choix de mots me fait un peu tiquer et je me mordille la lèvre inférieure, un peu intimidée.
- Elle n'est pas la seule en deuil...
Il fallait que je lui dise, je pense qu'il faut qu'il comprenne pourquoi j'en suis là. Je baisse un peu la tête et me lance donc dans mon histoire, tragique.
- Tu dois te souvenir de James, mon fiancé ? Nous nous sommes mariés en Angleterre, nous avons vécu beaucoup de bonheur. Un homme de l'armée se battant pour son pays. Il y a sept mois, alors que je travaillais sur une nouvelle recette, ils ont frappé à ma porte, m'annonçant ainsi la mort de mon mari...
Je sens les larmes me monter aux yeux, incapable de rester insensible à ce souvenir si douloureux.
- Mon monde s'est tout simplement effondré et je me suis perdue. J'ai perdu l'homme de ma vie, et comment faire quelque chose que l'on aime par dessus-tout quand on ne sait même plus ce qu'est d'aimer...
Quelques larmes coulent sur mes joues et je les essuie rapidement avant de rire nerveusement.
- Je suis vraiment désolée de t'offrir ce spectacle, ce n'est pas vraiment très distinguée... Je reviendrais dans une cuisine, je retrouverais la passion... Mais avant je dois juste me reconstruire et apprendre à aimer cette nouvelle vie sans mon mari. Cela passe, oui, par ce nouveau métier qui m'apaise, et maintenant par mon fils... notre fils.
Je le regarde de nouveau endormi, plein de tendresse et de bienveillance alors que l'instinct maternel n'a jamais été aussi puissant qu'en cet instant.
- En tout cas j'ai hâte de pouvoir aller dans ton restaurant, je suis certaine que je ressortirais de là les papilles en extases, je murmure pour changer de sujet. Parle moi de toi aux Etats-Unis, j'ai entendu dire que ça marchait plutôt bien non ? Je suis certaine que ton histoire est plus joyeuse, je dis en riant.
Je monopolise bien trop la conversation avec mon histoire des plus tristes, je pense qu'un peu de bonheur de la part de cet homme que j'admire tant ne peut me faire que du bien.
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MessageSujet: Re: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Ven 15 Déc - 17:00


« Il est vrai que je me suis senti un peu vexée, mais quand on est un aussi grand chef que toi, je me doute qu'une commis n'est pas réellement la personne dont on se souvient le plus. » Au contraire, et il regrettait d’autant plus ne pas l’avoir reconnue dès l’instant où il l’avait vue. Il aurait aimé lui dire qu’elle était la meilleure qu’il n’eut jamais rencontrée jusque-là. Il aurait aimé lui dire qu’elle était son plus beau souvenir à Londres. Il aurait aimé lui dire qu’elle avait été sa favorite. Il aurait aimé lui dire l’espoir qu’il avait vu en elle. Le talent. Mais il se tait. La jeune femme vient de vivre un moment extrêmement important, aussi se moque-t-elle bien de tout ce qui peut lui traverser l’esprit et lui importer. De l’eau a coulé sous les ponts depuis la dernière fois qu’il s’étaient vu. Il avait persévéré dans ses projets, il avait réussi et était devenu plus étoilé encore. Elle avait persévéré dans ses projets et avait vécu un traumatisme suffisamment important pour l’éloigner de son talent et de sa passion. S’il ignorait encore ce dont il s’agissait, il se doutait que cela puisse avoir un rapport avec le père de cet enfant qu’elle regardait avec tout l’amour qu’elle était capable de donner. C’est-à-dire à l’infini. Il s’était souvent demandé comment aurait été sa vie si ses parents avaient survécu au terrible accident qui les emporta trop tôt. Serait-il l’homme qu’il était aujourd’hui ? Serait-il un passionné de la cuisine ? Serait-il un excellent businessman ? Aurait-il parcouru le monde ? Aurait-il découvert tant de richesses et de cultures ? Aurait-il rencontré tant de personnes ? Il aimait à croire que oui, qu’il était là où il devait être, que ses grands-parents avaient succédé à ses parents d’une main de maître. Mais peut-être était-il peu objectif. Peut-être les aimait-il trop pour être objectif. Ils l’avaient recueilli, ils l’avaient élevé et ne l’avaient jamais abandonné. Il n’avait jamais manqué d’affection. Il n’avait jamais manqué de rien. Pourtant, il avait toujours ressenti un vide, un manque immense à l’intérieur de lui-même. Peut-être que c’était ça, de perdre ses parents trop tôt et soudainement. « Tu veux me sauver ? J'ai l'air si désespérée que cela ? » qu’elle lui demande en gloussant légèrement. Et il ne peut s’empêcher de la trouver adorable, cette magnifique colombe perdue et démunie. Intouchable. Irrésistible. « Désespérée n’est définitivement pas le mot que j’aurais choisi, mais je veux te sauver, Mlle McGregor. Ou sauver ton talent, mais à mes yeux vous êtes indissociables, » qu’il lui sourit devant pareille évidence. « Je suis certain que tu es excellente dans les fleurs – j’en ai eu la preuve avec ce magnifique bouquet qui a dû se faner depuis le temps dans votre boutique, » qu’il réalise soudainement. « Mais tu es née pour la cuisine, Ellana, » qu’il lui dit simplement, naturellement, évidemment. « Et quel est ce message subliminal ? » Il lui adresse un large sourire, là encore comme si c’était évident. « C’est moi bien sûr ! Enfin, pour te rappeler ta passion, ton amour pour la cuisine, ton talent inné, ta vocation, » qu’il énumère sans jamais perdre son sourire. Lui-même est un passionné quand il évoque son métier. « Peut-être que moi tombant sur toi ce jour-là, c’est comme te dire qu’il est temps pour toi de renouer avec ta passion », qu’il ajoute en haussant les épaules. Il n’est pas très philosophe et il n’est pas spécialement du genre à croire au destin – mais c’est plutôt cool d’utiliser ce prétexte pour expliquer certains faits parfois, et obtenir satisfaction. Il pourrait enchaîner et lui proposer de renouer avec la cuisine grâce à lui – il venait de virer son chef cuisinier après tout – mais il ne voulait pas le brusquer. Sans compter qu’elle allait avoir un tout autre job à faire pendant les prochaines semaines, voire les prochains mois. Mais à présent qu’il l’avait retrouvée, ici contre toute attente, il n’était pas pressé de la perdre – ou de perdre son talent, mais encore une fois… les deux sont reliés n’est-ce pas ? Il avait besoin de quelqu’un de confiance, quelqu’un de passionné et passionnant, et Ellana était indéniablement la personne la plus passionnée et la plus passionnante qu’il eut connu. « Elle n'est pas la seule en deuil... » Et la plus triste à cet instant. Il n’aurait jamais imaginé que son fiance, James, ne fasse plus partie de sa vie de façon définitive. Il avait tout d’abord cru à une absence prolongée – pour une quelconque raison. Mais certainement pas à la mort de cet homme, trop jeune pour que ce soit vrai et acceptable. Tout comme ses parents. Il ne peut rien dire, à part perdre son sourire et poser une main qui se veut réconfortante sur celle de la jeune femme. Thomas n’a absolument aucun problème avec le toucher. Aucun problème de pudeur. Il peut vous prendre la main dans un geste réconfortant et chaleureux pour vous rassurer et vous apaiser, sans hésitation et sans gêne. Il peut vous prendre dans ses bras pour les mêmes raisons. « Mon monde s'est tout simplement effondré et je me suis perdue. J'ai perdu l'homme de ma vie, et comment faire quelque chose que l'on aime par dessus-tout quand on ne sait même plus ce qu'est d'aimer... » Il ne pouvait pas comprendre. Son monde à lui s’était effondré quand il avait surpris la femme qu’il aimait dans les bras d’un autre. S’il avait souffert et si cette image resterait gravée à jamais dans son esprit, il avait fini par comprendre que la jeune femme n’était pas faite pour lui. Il n’y avait rien de comparable avec les sentiments qu’éprouvaient Ellana pour son défunt époux. Pourtant, il n’imaginait pas possible qu’un amour comme le leur puisse disparaitre un jour. Qu’il soit là, qu’il ne soit pas là. Il devait être éternel, comme beaucoup de femmes le pensaient. Non ? « Je suis vraiment désolée de t'offrir ce spectacle, ce n'est pas vraiment très distinguée... » qu’elle rit en pleurant légèrement. Il lui adresse un sourire rassurant. Il se moque totalement de son côté distingué. Il se moque complètement qu’elle offre un spectacle quelconque. Ellana est une femme adorable, gentille et qui ne mérite définitivement pas de subir pareil traumatisme, pareil chagrin. La vie pouvait être cruelle parfois. « Ne t’excuse pas, » qu’il lui dit doucement en serrant sa main délicate. « J’aimerais trouver les mots justes, mais je dois avouer que je ne suis pas du tout la personne adaptée pour ça. Et… » qu’il commence à dire, hésitant, avant de choisir de continuer. « Ce n’est définitivement pas pareil, mais je sais ce que ce c’est que de perdre un être cher. Un être important. Vital. Je ne sais pas si ça pourra te rassurer, mais… le temps passe. Et le chagrin trouve la paix, » qu’il lui dit simplement à défaut de grands discours qu’il peut parfois offrir. Il n’est pas forcément à l’aise avec des sujets aussi sérieux et tristes. Thomas, c’est le roi de l’échappatoire, il n’affronte jamais ses peurs et ses douleurs. Il les cache et les enterre profondément. Comme si elles n’existaient pas. « Je reviendrais dans une cuisine, je retrouverais la passion... Mais avant je dois juste me reconstruire et apprendre à aimer cette nouvelle vie sans mon mari. Cela passe, oui, par ce nouveau métier qui m'apaise, et maintenant par mon fils... notre fils. » Encore une fois, il ne peut que l’écouter et lui serrer la main, mais il ne peut pas comprendre. Il n’a jamais aimé à ce point. Il n’a jamais eu à prendre pareille décision. Il n’avait que cinq ans quand la vie lui a dérobé les deux êtres les plus importants de sa vie – trop jeune pour comprendre, mais suffisamment vieux pour en souffrir. « En tout cas j'ai hâte de pouvoir aller dans ton restaurant, je suis certaine que je ressortirais de là les papilles en extases », qu’elle dévie le sujet et qu’elle tâche de reprendre contenance. Qui est-il pour l’en empêcher ? Alors il sourit, et choisit de lui changer les idées et de lui remonter le moral à sa façon. « Si j’étais modeste, je te dirais sans doute de ne pas t’attendre à de la fameuse cuisine… mais je ne suis pas modeste et je sais que tu ressortirais de là-bas les papilles en extase, » qu’il assure avec le plus charmant des sourires, la faisant rire et séchant les larmes de tristesse. Elle avait un visage fait pour rire et sourire, et non pour pleurer. « Parle-moi de toi aux Etats-Unis, j'ai entendu dire que ça marchait plutôt bien non ? Je suis certaine que ton histoire est plus joyeuse », qu’elle finit par lui demander. Thomas n’a jamais de mal à parler de lui. Il est plutôt fier, plutôt sûr de lui. Pourtant, face à Ellana McGregor il a l’impression d’être vulnérable. « Oh, il n’y a pas grand-chose à dire depuis cinq ans que l’on ne s’est pas vus, vraiment. Je voulais m’évader, et j’y suis parvenu. Je voulais découvrir le monde, et j’y suis parvenu. Je voulais relever le défi de répandre ma passion, et je l’ai relevé. Aujourd’hui, ça marche plutôt bien et j’ai bien l’intention que ça continue, mais j’ai toujours été un grand fervent du « vis l’instant présent », » qu’il lui rappelle gaiement. « J’avoue avoir eu du mal à me faire à la vie américaine. Tellement que je refuse de perdre mon accent, » qu’il ajoute en pointant sa bouche du doigt avant de rire légèrement. « Et toi ? Comment vis-tu le décalage horaire, le décalage climatique ? » qu’il lui demande puisqu’elle semble n’être arrivée que depuis quelques mois seulement en ville. « Je ne sais pas si mon histoire est plus joyeuse, mais elle sera sans doute plus… instable, » qu’il choisit comme terme. « Je voyage beaucoup, en Europe ou ici, pour m’assurer du bon fonctionnement de mes restaurants. Je forme toujours des apprentis dès que je le peux. On m’a même proposé il n’y a pas longtemps de reprendre le flambeau suite à Gordon Ramsay pour faire « cauchemar en cuisine », » qu’il lui avoue en riant. « Mais j’ai refusé. Je n’ai pas le temps pour ce genre de choses, » qu’il explique simplement. Sa vie était suffisamment mouvementée pour qu’il rajoute des caméras et des intrusions dans sa vie personnelle. « Tu as décidé de rester à Los Angeles ? Sur le long terme ? Ou espères-tu rentrer à Londres ? » qu’il lui demande gentiment, ni vu ni connu.



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MessageSujet: Re: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Dim 17 Déc - 20:03

Au bon endroit, au bon moment
Thomas ∞ Ellana
- Désespérée n’est définitivement pas le mot que j’aurais choisi, mais je veux te sauver, Mlle McGregor. Ou sauver ton talent, mais à mes yeux vous êtes indissociables. Je suis certain que tu es excellente dans les fleurs – j’en ai eu la preuve avec ce magnifique bouquet qui a dû se faner depuis le temps dans votre boutique... Mais tu es née pour la cuisine, Ellana.
Je tique un peu au Mlle McGregor mais détourne rapidement mon regard pour lui cacher mon trouble, gardant au fond de mon cœur son compliment. Je suis née pour la cuisine et je l'ai renié pour le moment. Je le regarde de nouveau droit dans les yeux, lui demandant ce que peut bien être son message subliminal.
- C’est moi bien sûr ! Enfin, pour te rappeler ta passion, ton amour pour la cuisine, ton talent inné, ta vocation. Peut-être que moi tombant sur toi ce jour-là, c’est comme te dire qu’il est temps pour toi de renouer avec ta passion.
Il ne se rend pas compte à quel point ce qu'il me dit me réchauffe le cœur, je peux même me sentir rougir après tant de compliments, surtout venant de la part du chef Hudson. Seulement il ne possède pas les clés, il ne comprend pourquoi j'ai quitté les fourneaux et la cuisine, ma position de chef étoilée non plus afin de survivre d'une certaine manière. Alors je lui raconte, je lui explique pourquoi, je lui avoue ce qui me détruit tant, ce qui brise mon cœur toujours plus chaque jour, ce qui creuse un trou au fond de moi-même... Sa main vient naturellement trouver la mienne, me prouvant une fois de plus qu'il est présent et qu'il ne me lâchera pas.
- J’aimerais trouver les mots justes, mais je dois avouer que je ne suis pas du tout la personne adaptée pour ça.
Je secoue la tête l'excusant complètement.
- Tout le monde voudrait trouver des mots à dire, le fait est qu'il y en a aucun...
Chaque fois qu'un drame se passe dans la vie d'une personne, nous nous trouvons totalement démunies. Lui faire un câlin, lui laisser de l'espace, lui dire des mots réconfortant, lui mentir sur la suite de sa vie, lui dire la vérité sur ce qui l'attend, être présent de près, de loin... Il n'y a pas une seule manière de faire, mais autant de possibilités que de personnes sur cette Terre.
- Et... Ce n’est définitivement pas pareil, mais je sais ce que ce c’est que de perdre un être cher. Un être important. Vital. Je ne sais pas si ça pourra te rassurer, mais… le temps passe. Et le chagrin trouve la paix.
Je fronce les sourcils, penchant légèrement la tête afin de chercher à comprendre ce qu'il veut bien dire par cela. Sa façon de dire que ce n'est pas pareil mais qu'il sait ce qu'est de perdre une personne me fait penser que celle-ci n'est pas morte mais ne fait plus partie de sa vie. Un être qui a pu être aussi important dans sa vie semble l'avoir brisé. Je peux le voir dans son regard qui se voile légèrement, même si celui-ci ne semble pas s'en rendre compte. Je pense comprendre ce qu'il est en train de dire. Le chagrin est encore bien présent, peut-être plus avec la naissance de notre enfant et de son absence plus que pesante, mais je comprends. La Terre ne cesse pas de tourner, la vie continue et je vais vivre pour nous deux, vivre pour James Junior et si cette pointe de tristesse qui transperce mon cœur chaque fois que je pense à lui ne me quittera jamais, je finirais par trouver un semblant de paix. Seul le temps peut œuvrer dans ce genre de moment. Tout comme le temps me permettra de revenir à ma passion pour l'art culinaire, de revenir dans une cuisine et de reprendre ce métier pour lequel je me suis battu non seulement avec mon père mais aussi pour m'imposer dans un monde plutôt masculin. Mais pour le moment j'ai un nouveau métier qui n'est autre que celui de maman, et cela m'effraie, mais d'une façon positive. Je vais m'occuper de ce petit être et le faire grandir pour qu'il devienne un homme bon. Je dois avouer que faire cela seule me fait parfois peur, mais je sais que j'ai aussi ma famille avec moi pour me soutenir. Mais assez parlé de moi !
Je lui parle alors de son restaurant, lui avouant que je n'ai pas eu le temps encore de passer. Ce n'est pas vraiment un hasard, mais il est vrai que j'ai déjà eu envie d'aller au restaurant de mon chef afin de pouvoir avoir le plaisir de goûter à nouveau à sa cuisine.
- Si j’étais modeste, je te dirais sans doute de ne pas t’attendre à de la fameuse cuisine…
Je lève un sourcil, amusée, sachant pertinemment qu'il est tout sauf modeste.
- mais je ne suis pas modeste et je sais que tu ressortirais de là-bas les papilles en extase.
Voilà qui lui ressemble bien plus, et je sais qu'il ne se vante même pas pour rien, bien au contraire. Cet homme est mon chef préféré et ça a été tellement un honneur que d'avoir été accepté dans sa cuisine et de pouvoir évolué en tant que commis à ses côtés. Je sais que je risque d'y aller rapidement, enfin... D'ici quelques mois peut-être quand je serais capable de confier mon bébé à quelqu'un d'autre... Bon sang, en fait ça va me prendre des années avant de pouvoir aller dans son restaurant ! Mais bon au lieu de penser à cela je lui demande comment se passe sa vie aux Etats-Unis, car nous ne sommes pas de ce pays après tout et que celui-ci nous accueille malgré tout. Moi ce ne fut pas spécialement par choix, lui oui.
- Oh, il n’y a pas grand-chose à dire depuis cinq ans que l’on ne s’est pas vus, vraiment. Je voulais m’évader, et j’y suis parvenu. Je voulais découvrir le monde, et j’y suis parvenu. Je voulais relever le défi de répandre ma passion, et je l’ai relevé. Aujourd’hui, ça marche plutôt bien et j’ai bien l’intention que ça continue, mais j’ai toujours été un grand fervent du « vis l’instant présent »
Oui, je le sais bien. C'est assez incroyable de se dire que cet homme fougueux agissant parfois à l'instinct réussi aussi bien là où beaucoup échouent.
- Je n'ai jamais douté de toi. Tu as eu toujours un don incroyable pour vivre tes rêves de manière intense.
Je le jalouse un peu parfois car il a l'audace de partir à l'aventure sans même se soucier de ce qu'il pourrait se passer. Je n'aurais jamais le courage de faire cela, je suis organisée et j'ai besoin de faire les choses bien. Oui, il y a de la spontanéité à avoir, mais quand je pars en voyage tout est prévu des mois en avance, même ma valise !
- J’avoue avoir eu du mal à me faire à la vie américaine. Tellement que je refuse de perdre mon accent.
Je ris en même temps que lui, avouant à mon tour :
- Il ne faut pas perdre notre accent, il est tellement plus beau et chantant que celui des Américains ! Et puis tu dois avoir du succès auprès des femmes Américaines, je me trompe ?
Dès qu'une personne a un accent différent du notre, cela devient sexy, allez savoir pourquoi. Et puis avec son charme brut je ne doute pas un seul instant qu'il puisse séduire et avoir ce qu'il veut sans aucun problème.
- Et toi ? Comment vis-tu le décalage horaire, le décalage climatique ?
Sa question me surprends et me fait rire.
- Depuis tout ces mois j'ai eu le temps de me faire au décalage, tant qu'au climatique je ne vais pas me plaindre du fait qu'il fasse plus chaud. J'ai toujours été bien trop frileuse et j'ai du mal à me dire que nous sommes au mois de décembre.
Mais sa vie doit être bien plus intéressante que la mienne, parlant du fait que je sois frileuse et brisée. Passionnant...
- Je ne sais pas si mon histoire est plus joyeuse, mais elle sera sans doute plus… instable. Je voyage beaucoup, en Europe ou ici, pour m’assurer du bon fonctionnement de mes restaurants. Je forme toujours des apprentis dès que je le peux. On m’a même proposé il n’y a pas longtemps de reprendre le flambeau suite à Gordon Ramsay pour faire « cauchemar en cuisine ». Mais j’ai refusé. Je n’ai pas le temps pour ce genre de choses.
Je ne peux m'empêcher de rire en l'imaginant à la place de Gordon Ramsay. Il aurait été merveilleux mais je connais assez son côté introverti pour savoir qu'il n'aurait jamais supporté tous ces regards posés sur lui avec des caméras. Oui, il aime l'attention mais faut pas non plus aller trop loin. J'hoche la tête prenant ses informations pour moi, heureuse d'avoir des nouvelles de Thomas Hudson.
- Tu as décidé de rester à Los Angeles ? Sur le long terme ? Ou espères-tu rentrer à Londres ?
Je réfléchis un instant sérieusement à la question avant d'hausser les épaules.
- Je n'en sais rien... Je ne suis pas venu ici par choix... Mais par nécessité... J'ai retrouvé ma famille qui est venue vivre à Los Angeles, me laissant toute seule en Angleterre ce qui me convenait parfaitement tant qu'il était présent... Je pense encore rester un bon moment. Mon pays me manque, cruellement mais je ne me sens pas capable d'affronter la vie seule là-bas, j'ai besoin d'eux pour me soutenir et être présent pour mon fils maintenant. Tu comptes rester toi ?
J'ai envie qu'il me dise oui, car en lui je vois un allié, et puis il vient de me le dire : Il veut me sauver...
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MessageSujet: Re: au bon endroit, au bon moment - thomas & ellana   Lun 18 Déc - 18:33


« Tout le monde voudrait trouver des mots à dire, le fait est qu'il y en a aucun... » Même si concrètement, il ne peut pas comprendre son chagrin, il comprend le sens de ses paroles. Quand il nous arrive quelque chose d’horrible, de terrible et d’inacceptable dans la vie, rien de ce que l’on peut nous dire ne peut apaiser l’âme. La peine. La souffrance. Le chagrin. Rien. Il n’avait pas perdu Alice. Il n’avait pas perdu la femme qu’il aimait. Elle vivait toujours. Elle respirait toujours. Elle était en parfaite santé – du moins dans ses souvenirs. Il avait été trahi par Alice. Il avait été trahi par la femme qu’il aimait, la seule qui lui eut donné envie de s’installer, de se marier, de se poser, d’avoir des enfants. D’être stupidement heureux pour toujours. De vieillir côte-à-côtes comme deux imbéciles heureux. Oh qu’il y avait cru. Oh qu’il l’avait espéré. Oh qu’il l’avait tant désiré. Si le chagrin n’était pas le même, ce jour-là, ce jour où il l’avait surpris avec son mentor entre ses cuisses, il avait eu la certitude qu’on lui arrachait le cœur à mains nues pour le réduire en bouillie. Et si l’image était peu ragoutante, elle était réelle pour lui. Le choc avait été tel qu’il n’avait pas su s’énerver, il n’avait pas su exprimer sa frustration et sa colère. Il n’avait pas su frapper cet homme qu’il respectait et qu’il admirait. Il n’avait pas su exprimer sa déception, sa rancœur, sa haine. Il n’avait su que tourner les talons, inerte et complète vide. Il n’avait su que prendre ses valises et partir, partir toujours plus loin. Il n’avait su que fermer la porte sur son cœur et son âme, s’assurant quoiqu’il arrive que plus personne ne puisse les entrouvrir. Il n’avait su que rebondir, en se promettant de ne jamais plus laisser personne l’atteindre de la sorte, de ne plus jamais offrir ces armes à qui que ce soit, de ne jamais offrir ce pouvoir à qui que ce soit. Et jusque-là, il y parvenait plutôt bien. Face au chagrin et à la souffrance d’Ellana, il se retrouvait confronté à ses propres démons et ses propres déceptions. Il déglutit difficilement en lui serrant la main, et ce n’est pas seulement pour lui changer les idées qu’il se décide à changer de sujet, mais bien pour ne plus penser à son passé à lui, à cette souffrance tue et enfouie au plus profond de son être. Thomas n’avait pas été capable de faire ce deuil, et Thomas n’en serait sans doute jamais capable. Aussi était-il plus simple d’oublier et de prétendre qu’il n’existait pas, ce deuil. Qu’elle n’existait pas, Alice.

« Je n'ai jamais douté de toi. Tu as eu toujours un don incroyable pour vivre tes rêves de manière intense. » L’effet « je vis à fond pour ne pas penser, pour ne pas avoir mal », mais ça il le garde pour lui, mais ça c’est son illusion. « N’est-ce pas la meilleure façon de vivre ? » qu’il demande le plus sérieux du monde. Quelque part au fond de lui, une petite voix lui répond « pas toujours », mais il l’ignore comme il sait si bien le faire. Vivre à fond, c’est éviter les regrets. Vivre à fond, c’est éviter les déceptions. Pourtant, lorsqu'il était parti à la découverte du monde, tout n'avait pas été magique, tout n'avait pas été facile, tout n'avait pas été idyllique. Plus d'une fois, en parcourant les rues new-yorkaises et californiennes, il avait eu le sentiment et l'étrange impression de ne croiser que des sauvages - des sauvages capables de le scalper ou de le renvoyer chez lui illico-presto. Les américains étaient si différents d'eux, la culture américaine était si différente de la leur. C'était déroutant et perturbant - aussi avait-il cru devenir fou à les regarder comme des monstres qu'ils étaient probablement. « Il ne faut pas perdre notre accent, il est tellement plus beau et chantant que celui des Américains ! Et puis tu dois avoir du succès auprès des femmes Américaines, je me trompe ? » Non, elle ne se trompait pas. L’accent faisait le plus gros du travail, c’était vrai. « Je dois bien reconnaitre que je n’ai pas à me plaindre – et qu’en effet, notre accent chantant a un certain pouvoir dans le coin, » qu’il lui avoue en souriant. « Cela dit, c’est un peu tout ou rien avec nos chers américains – ils peuvent adorer ton accent comme ils peuvent le maudire. Il n’y a pas si longtemps, une femme m’a dit que j’avais l’air trop coincé et trop aristocrate pour être un chef cuisinier, » qu’il lui raconte sans même être irrité par cette anecdote. Il avait juste ri, trouvant étrange que son air distingué et courtois soit interprété de façon si… snobe et absurde. Mais il fallait de tout pour faire un monde, n’est-ce pas ? « Depuis tous ces mois j'ai eu le temps de me faire au décalage, tant qu'au climatique je ne vais pas me plaindre du fait qu'il fasse plus chaud. J'ai toujours été bien trop frileuse et j'ai du mal à me dire que nous sommes au mois de décembre. » C’était tout le contraire pour lui, il avait du mal à se faire à la chaleur et l’hiver typique londonien lui manquait terriblement. La période de Noël était une période qu’il n’avait jamais véritablement apprécié, mais l’hiver était un temps qu’il adorait. Chaque année, ses grands-parents et lui-même se rendaient sur la tombe de ses parents pour leur rendre hommage et ils finissaient toujours par construire un bonhomme de neige près de leurs tombes. C’était sans doute glauque pour certains. Mais c’était quelque chose d’important et de significatif pour lui. Depuis plusieurs années, il ne le faisait plus. Et c’était douloureux, il fallait bien le reconnaitre. « C’est sûr que si l’on a envie d’un hiver et d’un Noël digne de ce nom, ce n’est pas à Los Angeles qu’il faut vivre, » qu’il plaisante gaiement malgré ses pensées quelque peu moroses. « Je ne vais pas te mentir, j’ai eu plus de mal que toi à m’habituer au climat et à la vie américaine… mais bon, en cinq ans faut croire que je m’y suis finalement fait puisque je passe le plus clair de mon année ici », qu’il conclut en haussant les épaules de manière nonchalante. A vrai dire, il ne s’était même jamais posé la question. Pourquoi il la lui pose, à elle, c’est une toute autre question. « Je n'en sais rien... Je ne suis pas venue ici par choix... Mais par nécessité... J'ai retrouvé ma famille qui est venue vivre à Los Angeles, me laissant toute seule en Angleterre ce qui me convenait parfaitement tant qu'il était présent.. » Tout comme il avait laissé ses grands-parents sans trop de mal puisqu’ils étaient ensemble, tous les deux. Qu’en serait-il le jour où l’un d’eux disparaitrait ? Seigneur, il refusait d’y penser ne serait-ce qu’un instant. « Je pense encore rester un bon moment. Mon pays me manque, cruellement mais je ne me sens pas capable d'affronter la vie seule là-bas, j'ai besoin d'eux pour me soutenir et être présents pour mon fils maintenant. Tu comptes rester toi ? » Il était plutôt heureux et satisfait de l’entendre dire qu’elle comptait rester, aussi égoïste que cela puisse paraitre. Surtout lorsqu’elle évoquait les raisons qui la poussaient à rester. « J’adore Londres, et j’adore mon pays, comme toi. Il me manque par moments, mais… je ne crois pas que je serais capable d’y retourner un jour. Pour y vivre en tout cas. J’ai trouvé une place qui me plait ici, une vie qui me plait et je n’ai pas l’envie de partir pour l’instant. Je dis ça, parce que je me suis toujours qu’il ne fallait jamais dire jamais, » qu’il lui dit en souriant, taquin. « La vie est faite de surprises. Constamment. La preuve, la vie t’a placé sur ma route, et la vie m’a placé sur ta route. Pour une surprise, c’en était une, » qu’il la complimente et la charme naturellement. « Je ne vais pas te mentir, Ellana. Je suis très heureux de cette surprise. J’aurais préféré te croiser… plus heureuse et plus épanouie, » qu’il lui dit tendrement, « mais j’ai pu t’accompagner le jour de ton accouchement, et franchement on peut dire ce qu’on veut… ça restera mémorable, » qu’il plaisante de nouveau et la faire rire lui fait plaisir. « Je ne vais pas te déranger plus longtemps. Tu dois être exténuée et, tu as besoin de repos – les infirmières me l’ont dit avant que je n’entre, » et il les avait charmées toutes autant qu’elles étaient. « Est-ce que… tiens, » qu’il lui dit finalement en lui tendant sa carte personnelle. « Ça me ferait très plaisir de te revoir, Ellana, » qu’il lui dit simplement, yeux dans les yeux et sourire sincère aux lèvres. Puis sur cet aveu, il tourne les talons et la laisse dans les bras de Morphée ou en simple compagne de son fils. Aussi imbu de lui-même qu’il est et aussi égoïste qu’il soit, il ne saurait s’interposer entre cet ange et ce petit être qui représente le monde à ses yeux.


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