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 Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse ! [feat. Thomas]

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Team Esméralda
Naoko Yoshida
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MessageSujet: Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse ! [feat. Thomas]   Sam 25 Nov - 14:43


 


Thomas l'ananas et Naoko le bichoco

 Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse !


 
Hudson's. Dans la file d'attente d'un des restaurants les plus "in" de Los Angeles, je lève le nez en direction de l'enseigne illuminée qui trône au-dessus de la sacro-sainte porte d'entrée. Dehors, une foule comme on en voit que devant les restos les plus chics, et pour cause : ce soir, Thomas Hudson, le Chef étoilé et patron de la chaîne de restaurants à son nom est dans la place. Ce que je fiche ici, à faire la queue au milieu de ces pigeons qui vont probablement payer leur repas la peau du cul parce que c'est une soirée spéciale ? Ben je fais partie de ces pigeons. Ou pour être vraiment franche, j'ai été invitée par le producteur de la série sur laquelle je travaille en ce moment à manger avec le reste de l'équipe technique, ce soir. Enfin... Invitée... Disons que j'étais dans les parages quand il en a parlé à mon assistante, et comme j'ai entendu la proposition, il s'est dépêché de me la faire également. Mais vu sa tête, ce n'était pas son idée première à la base.

Il faut bien avouer que je ne fais pas grand chose pour être appréciée de mes collègues de boulot. Parce que s'ils ne m'aiment pas, je m'en carre comme de ma première couche-culotte. Tant qu'ils reconnaissent mon travail, je reste je m'en moque. Et c'est probablement pour leur casser les pieds que j'ai accepté l'invitation. Alors me voilà à faire la queue avec les autres, attendant que notre table se libère. Après une demi-heure d'attente, un serveur vient enfin nous chercher pour nous installer à notre table. J'observe la déco d'un oeil morne. C'est pas mal, à l'intérieur. Et les plats de la carte ont pas l'air mauvais, alors pourquoi pas ? Je me laisse tenter par un minestrone di verdure en entrée et des ravioles au parmesan en plat principal. Ça a intérêt à valoir le prix que ça coûte, en tout cas...

L'apéritif passé, le serveur apporte les plats. Chacun se régale de son entrée, mais je fais la moue en voyant mon assiette. Moi qui voulais quelque chose qui sorte de l'ordinaire, me voilà devant un plat de bouillon aux légumes. Et quand j'y goûte, ça me semble être une vaste blague. Aucun assaisonnement, à part un peu de sel. Des légumes, de l'eau et du sel. Non mais sérieux ? J'appelle le serveur, qui arrive rapidement.

"Dites, c'est une blague ? Je vais pas payer quinze dollars un bouillon de légumes sans aucun goût, vous vous foutez de moi ?"

Les autres convives autour de la table se regardent, mal à l'aise, gênés pour le pauvre serveur.

"goûtez, vous verrez. Allez-y, goûtez !" Je prends une cuillère de minestrone et la colle sous son nez. "De l'eau chaude et des légumes, franchement je fais ça chez moi pour moins de deux dollars, et c'est meilleur !"

Le pauvre ne sait plus où se mettre, mais j'en ai absolument rien à faire. Il me bredouille qu'il est désolé, qu'il va faire remonter l'information en cuisine et qu'il me ramène une nouvelle assiette.
Et le voilà donc parti rapidement vers les cuisines, emportant avec lui l'objet du délit de sale goût. Arrivé devant le Chef, il dépose l'assiette, penaud :

"Monsieur Hudson... Je suis désolé, une cliente trouve le minestrone trop fade à son goût..."

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Thomas Hudson
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MessageSujet: Re: Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse ! [feat. Thomas]   Lun 27 Nov - 17:40


Ce soir-là, c’était une folie pure. Il le savait bien sûr, il l’avait su bien des heures avant, voire même des jours avant, mais cela n’empêchait que la soirée était une vraie folie. Forcément victime de son succès et de sa réputation légendaire – modestie mon amie ou pas – les réservations avaient été impressionnantes pour la soirée. Il était souvent derrière les fourneaux, mais il ne le précisait pas forcément TOUT LE TEMPS. Pas par orgueil, ni par vanité, mais surtout parce qu’il pouvait ne pas être là même quand il devait l’être. Il aimait pouvoir être libre de ses mouvements et de ses déplacements – l’avantage d’être son propre patron et d’être au sommet de sa carrière. Lorsqu’il avait décidé d’ouvrir son restaurant à Londres presque dix ans auparavant, le pari n’était pas tenu. Beaucoup avaient cru qu’il ferait faillite. Beaucoup avaient cru qu’il sombrerait et qu’il reviendrait bosser pour ses anciens patrons. Mais beaucoup s’étaient fourvoyé. Thomas Hudson n’était pas homme à reculer, encore moins homme à s’avouer vaincu. Il y avait eu des hauts, et des bas – beaucoup de bas, il ne saurait le nier – mais il avait toujours relevé la tête haute pour mieux rebondir et faire quelque chose de son nom. Personne ne pouvait nier son talent de cuisinier, ni sa créativité – et il ne pouvait jamais en manquer quand on se retrouvait sans tel ou tel ingrédient et qu’il fallait improviser – et diable, il adorait improviser ! Oui, Thomas Hudson était un chef étoilé. Oui, Thomas Hudson était un chef réputé. Oui, Thomas Hudson était un chef exigeant. Mais Thomas Hudson était loin d’être un Dieu – quoique ça dépendait dans quoi. Avec plus de dix ans dans le métier, il était habitué au stress et aux soirées comme celles-ci. Mais contrairement à certains de ses employés – chefs, sous-chefs et simples cuisiniers et apprentis, le stress ne faisait pas partie de son vocabulaire et de sa vie. Il était attentif. Il était observateur. Il était scrutateur. Aussi surveillait-il sa cuisine et ses plats, comme il surveillait ce que ses « employés » préparaient. Quand on venait dîner dans un restaurant deux étoiles, on exigeait de la qualité. Quand on venait dîner dans un restaurant deux étoiles, on exigeait de manger pour son argent. Et quand on était propriétaire d’un restaurant étoilé comme le sien, on devait être impartial et quelque peu intransigeant avec son personnel. Il donnait donc des ordres – jamais en hurlant, mais toujours d’une voix calme et ferme qui ne laissait pas d’autre option que l’obéissance. Quand il disait ceci, on faisait ceci. Quand il disait cela, on faisait cela. Point barre. Il n’était pas un tyran, juste un chef expérimenté et talentueux que l’on écoutait attentivement et de qui on apprenait pour prétendre un jour concrétiser un rêve similaire au sien. Alors quand on lui rapportait une assiette, mécontent, il le prenait très au sérieux. « Monsieur Hudson... Je suis désolé, une cliente trouve le minestrone trop fade à son goût... » Cependant, même si cela n’arrivait pas souvent ça arrivait – il existait toujours des cons et des enfoirés qui aimaient faire chier le monde juste pour faire chier le monde – il ne prenait jamais la mouche et ne s’emportait jamais. Il pouvait faire erreur parfois – on dit bien que l’erreur était humain, n’est-ce pas ? – mais c’était plus que rare. Il était même quasi-sûr que ça n’était encore jamais arrivé. Il se permit de goûter le minestrone en question et grimaça en confirmant les dires de la cliente. Cette chose immonde n’avait pas pu être préparée par lui – il était le roi du minestrone. Il se tourna vers son équipe, légèrement furibond – ce qui n’annonçait rien de bon, et aussitôt ses employés se firent tout petit et devinrent rouge pivoine. Il inspira et expira lentement pour ne pas être l’un de ces chefs craint et considéré comme un tyran – et ce même s’il pouvait se le permettre. Il ne désirait pas être craint et considéré comme un tyran. « Qui a préparé ce plat ? » qu’il demande simplement d’une voix calme – sachant pertinemment qui a pu préparer ce plat. Gerald et son snobisme légendaire. Gerald et son « je m’en foutisme » légendaire. Gerard qui était déjà sur la sellette. Thomas ne comprenait pas pourquoi il persistait à bosser en cuisine, lui qui ne semblait pas avoir de passion pour l’art culinaire. Il soupira, lançant des éclairs dans sa direction et ne récoltant qu’un haussement d’épaules et une impolitesse sans nom. Ce soir, il dirait tous adios à Gerald. Mais quelque part, le cuisinier sans passion devait bien s’y attendre et même l’espérer un petit peu. Thomas prit le temps de préparer un nouvel minestrone pour la cliente et prit la peine d’aller le lui apporter lui-même. La tablée semblait sincèrement gênée par l’audace de la jeune femme – il le comprit de suite face à leurs sourires embarrassés – alors que lui comprenait parfaitement qu’elle ait été mécontente. Et qu’elle ait osé le dire ! « Madame, je suis le chef Hudson, » qu’il se présente avec un sourire – charmeur et ravageur en temps normal, hum-hum – « je tenais à m’excuser pour le minestrone désastreux qui vous a été servi, vous avez très bien fait de le signaler à mon serveur. Pour la peine, il vous est offert par la maison, » qu’il se montre honnête et juste en lui déposant le nouveau plat – assaisonné à la perfection par ses soins. « Oh, ne vous en faites pas, » qu’il rassure sa tablée en souriant de nouveau. « Elle a eu tout à fait raison de renvoyer le plat qui lui a été servi, je ne supporte pas moi-même que l’on me serve un plat médiocre et dégueulasse, surtout pour des prix aussi exorbitants, » qu’il ose dire et prendre la défense de la jeune femme. « Tout le monde me prend pour un fou quand j’ose renvoyer mon assiette, » qu’il lui dit directement, social et familier, « mais si mes cuisiniers ne peuvent pas me satisfaire, j’estime qu’ils ne peuvent satisfaire personne, » qu’il lui confie. « J’espère que vous apprécierez le reste de votre dîner, Mademoiselle… » qu’il demande subtilement le nom de la charmante demoiselle. Charmeur un jour, charmeur toujours.

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Naoko Yoshida
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MessageSujet: Re: Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse ! [feat. Thomas]   Lun 27 Nov - 20:59


 


Thomas l'ananas et Naoko le bichoco

 Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse !


 
Le serveur est reparti en cuisine, emportant avec lui le plat sans goût qu'il avait osé me servir. Autour de moi, à la table, la plupart des convives semblent gênés, mais je perçois également un ou deux regards désapprobateurs. Je fusille du regard ceux qui osent critiquer ma décision. C'est pas parce qu'on va manger dans un restaurant étoilé que je vais accepter de manger de la merde, sous prétexte qu'elle est vendue comme du caviar, quand même !
Quelques minutes à peine après le départ du serveur, j'entends des murmures autour de moi. Me retournant alors, je vois arriver le chef Hudson en personne. Bien sûr que je le reconnais, j'ai déjà vu sa photo dans le Times. Il m'apporte un nouveau minestrone et me présente platement ses excuses pour le précédent, allant même jusqu'à m'offrir l'entrée. Je hausse un sourcil surpris, ne m'attendant pas à tout ça. C'est rare qu'on me prenne de court, et je ne sais pas encore si j'apprécie ou pas l'effet que ça fait. Du coup, je le laisse parler, jusqu'à ce qu'il me demande mon nom.

"Yoshida." Je lui réponds un peu plus froidement que je ne l'aurais voulu. Il est charmeur, et charmant, mais ce charme ne semble pas opérer sur moi. "Tant que le cuisinier qui a fait mon premier minestrone ne s'occupe pas du reste de mon repas, ça devrait aller."

Puisqu'il est là, autant goûter le nouveau plat qu'il m'a apporté. Comme ça, si c'est aussi mauvais je pourrai le lui dire directement. Je prends donc ma cuillère, sous l'oeil attentif du chef Hudson, et goûte la soupe de légumes. Oh, mais ! Quel goût ! C'est tellement meilleur que le précédent, vraiment aucun rapport ! Après avoir avalé ma bouchée, je laisse échapper :

"La vache, c'est une tuerie..."

Pour le coup, je suis conquise, rien à redire. Moi, l'éternelle râleuse, je ne trouve absolument rien à critiquer dans ce plat. Les légumes sont cuits à la perfection, l'assaisonnement est parfait, on sent tous les goûts indépendamment les uns des autres... Mes yeux brillent de plaisir.

"Je pourrais presque vous demander en mariage." Je lui lance en plaisantant. "Vous avez conquis une cliente difficile, bravo monsieur Hudson."

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MessageSujet: Re: Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse ! [feat. Thomas]   Ven 8 Déc - 19:01


Il aime l’effet qu’il fait aux femmes. Aux hommes. Au monde en général. Il aime être surprenant. Imprévisible. Apprécié. Craint. Détesté. Tout est bon à prendre, tant que l’on fait son effet selon Thomas Hudson. Peut-être est-ce parce qu’il a été bafoué et humilié un jour dans sa vie. Peut-être parce qu’il est fier et arrogant. A ses yeux, il aime tout simplement la vie et ce qu’elle lui offre, et il en profite chaque instant. A ses yeux, il aime tout simplement la vie et sa devise qui est de vivre pleinement sans regret, sans remord, sans peur. Profiter de l’instant présent, sans se soucier du lendemain. Il aime l’effet qu’il fait aux femmes et aux hommes. Tout comme il aime l’effet de surprise qu’il lit clairement dans le regard de la jolie Mlle… « Yoshida ». Sublime, comme la plupart des femmes selon Thomas Hudson, son assurance et son caractère bien trempé – il n’en doute pas – la rendent plus merveilleuse à ses yeux encore. Certes, il n’en faut pas beaucoup pour être appréciée par Thomas à sa juste valeur, mais il en fallait beaucoup pour retenir son attention un soir comme celui-là. Il ignore qui sont ces personnes – politiciens, avocats, banquiers, comptables, acteurs… mais son petit doigt lui dit qu’il s’agit là d’un repas entre collègue. Pas difficile, puisqu’il n’y a absolument aucune ressemblance entre les uns et les autres, et qu’ils semblent tous COINCES à l’exception de la jeune femme. « Enchanté, Thomas Hudson pour vous servir, » qu’il lui sourit de nouveau et la charme façon british. What else, pas vrai ? « Tant que le cuisinier qui a fait mon premier minestrone ne s'occupe pas du reste de mon repas, ça devrait aller. » Oh qu’il adore sa répartie, son ton piquant digne d’une tigresse qui n’a pas l’intention de se faire avoir. Il apprécie la franchise, et il a le droit à la reine en la matière ce soir. Il lui offre un regard silencieux – un comble venant de lui – et un sourire en coin l’air de dire « goûte moi-ça et on en reparle ». Il sait qu’elle va adorer, il sait que ce minestrone est délicieux et parfait. Parce qu’il l’a fait lui-même. Et que Thomas aime trop la cuisine pour oser détruire un plat sous prétexte qu’un client est ingérable. Et il attend qu’elle goûte. Et il attend qu’elle en prenne pleins les mirettes. Et il attend qu’elle s’extasie. Et il attend sa franchise. « La vache, c'est une tuerie... » Et il sourit, tout simplement. Il n’y a aucune arrogance dans le fait de se savoir le meilleur dans son domaine, n’est-ce pas ? Il est vrai que dans le monde de la gastronomie, quelques restaurants étoilés trichaient et ne méritaient pas forcément leurs étoiles. Mais qu’on lui coupe la main dès maintenant s’il ne méritait pas les siennes. « Vous m’en voyez ravi, » qu’il lui dit alors satisfait de l’avoir satisfaite. « Je pourrais presque vous demander en mariage. » Et il rit franchement en jetant des regards rieurs au reste de la tablée – mais rien, COINCES et gênés, ce qui calme son hilarité mais n’efface pas son sourire pour autant. « Ce serait dramatique pour vous, si je suis le roi en cuisine mais je peux vous assurer être piètrement terrible en matière d’engagement, » qu’il avoue sans gêne aucune, toujours le sourire aux lèvres. Il n’est pas malheureux ainsi. Il n’a pas le sentiment que quelque chose lui manque ou qu’il rate la plus grande étape de sa vie – bien que beaucoup dans son entourage lui assurent le contraire. Il est comme il est, et il le vit plutôt bien. Peut-être parce qu’il s’évertue à ne jamais affronter les problèmes. Peut-être parce qu’il s’évertue à se voiler la face. « Vous avez conquis une cliente difficile, bravo monsieur Hudson. » Il retrouve ses esprits grâce à la charmante jeune femme et lui offre de nouveau son plus beau sourire. « Serait-ce arrogant d’avouer que je n’en ai jamais douté ? » Rires. Non suivis par les collègues de la jeune femme. GOD BLESS THE QUEEN – les américains pouvaient être d’un barbant ! « Je vais m’assurer que vos plats soient dignes de ce nom – histoire de ne pas les rendre plus grognons qu’ils ne le sont déjà, » qu’il ajoute en se penchant vers la jeune femme, l’air complice et surtout pour que les autres ne l’entendent pas nécessairement.

Un dernier sourire et le revoilà repartit en cuisine pour satisfaire la salle entière. Les plats fusent, les commandes se suivent et s’enchaînent, c’est l’effervescence et c’est intense. Ça n’arrête pas. Et il adore ça. Il sait qu’il va être crevé. Il sait qu’il va se coucher à point d’heure. Il sait qu’il va se lever trop tôt. Mais peu importe, c’est ainsi qu’il aime sa vie. Inoubliable. Passionnante. Grisante. Surprenante. « Mademoiselle Yoshida, comme on se retrouve, » qu’il lui lance alors qu’elle s’approche pour régler son repas gastronomique. Il note que ses collègues ne sont pas plus gentlemen que drôles et il la plaint. « J’espère que le reste du repas vous a plu – en tout cas, je ne crois pas avoir eu de retour d’assiette de votre part, » qu’il taquine en acceptant sa carte de crédit. « Naoko, » qu’il commente naturellement, « c’est un bien joli prénom pour un joli visage, est-ce que je peux vous demander l’origine de votre prénom ? » qu’il flirte et qu’il charme comme toujours. « Je me suis demandé toute la soirée quel pouvait être votre métier – mais j’ai beau me creuser les méninges, pour la première fois je ne suis pas sûr de moi… Vous avez l’air tellement différente de vos collègues, que vous ne pouvez pas être comptable ou banquière, » qu’il lui dit en riant légèrement à cette idée. Puis il attend patiemment qu’elle réponde. Finalement, elle est la seule cliente avec qui il aura échangé plus de quelques mots, la seule qu’il l’ait suffisamment intéressé.

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MessageSujet: Re: Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse ! [feat. Thomas]   Sam 9 Déc - 13:24


 


Thomas l'ananas et Naoko le bichoco

 Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse !


 
"Ce serait dramatique pour vous, si je suis le roi en cuisine mais je peux vous assurer être piètrement terrible en matière d’engagement."

Je ne peux m'empêcher de rire à cette remarque. Finalement, on se ressemble pas mal, lui et moi. On est les meilleurs chacun dans notre domaine, et on le sait. Et l'un comme l'autre on est pas doué pour s'engager. Par contre, il est plus avenant que moi, plus souriant dans sa vie quotidienne, on dirait. En même temps, quand on bosse avec une clientèle, ça me paraît logique. Moi au moins, je peux me permettre de faire la gueule quand je veux, on me paye pas pour avoir le sourire.

"Nous sommes deux, dans ce cas." Je réplique avec un sourire amusé.

Quand je lui dis qu'il a réussi à me conquérir alors que je suis habituellement une cliente difficile, il me demande si c'est arrogant de sa part de ne pas en avoir douté. Je secoue négativement la tête. Non, ce n'est pas arrogant, au contraire c'est qu'il connaît ses capacités et qu'il les estime à leur juste valeur, ce qui est une qualité à mes yeux.

Mes collègues tirent toujours une tronche de dix pieds de long. Franchement, la prochaine fois qu'ils m'invitent, je refuse. Encore que cette soirée m'aura permis de rencontrer le Chef Hudson, dont la réputation n'est pas usurpée. Et ça c'est quand même pas mal. Je le remercie et le repas se poursuit, le reste de mes plats était tout aussi délicieux que le minestrone qu'il m'a apporté un peu plus tôt.

Arrive finalement le moment de l'addition. Et c'est le chef lui-même qui est à la caisse. Je laisse payer mes collègues et les laisse aller se griller une clope sur le parking pendant que je paye ma part.

"C'était parfait, merci." Je lui réponds en lui tendant ma carte bleue. Il note mon prénom et m'en demande l'origine. Intérieurement, je me dis que c'est certainement pour continuer à me parler, parce que quand même, Naoko Yoshida, faut pas avoir fait Harvard pour se douter que c'est "Japonais. Je suis de Tokyo." Je souris à sa remarque sur mes collègues et le fait que je ne leur ressemble pas un brin. "Je suis maquilleuse d'effets spéciaux. La meilleure dans mon domaine."

Non, je ne me la pète pas, je suis comme lui : consciente de mon talent. Mais je n'ai pas envie d'étaler la liste des films sur lesquels j'ai travaillé, à moins qu'il ne me pose la question. Mon assistante viens me demander si j'en ai encore pour longtemps, et je la fusille du regard.

"J'ai ma bagnole, partez sans moi. A demain !"

Elle me salue à son tour et s'en va porter la nouvelle aux autres. De mon côté, me voilà de nouveau seule face à Thomas Hudson. Enfin, seule. C'est vite dit vu la foule attablée derrière moi.

"Vous finissez à quelle heure ?" Je lui demande cash. Bah quoi ? Il me plaît bien, j'ai l'impression que c'est réciproque, et on est tous les deux des adultes, non ?

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Thomas Hudson
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MessageSujet: Re: Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse ! [feat. Thomas]   Dim 10 Déc - 14:36


Il aimait toutes les femmes. Sans exception. Les brunes. Les blondes. Les rousses. Les châtains. Les formes. Les longilignes. Peut-être était-ce dû à son cœur malmené et son cœur brisé en mille morceaux quelques années plus tôt, peut-être pas. Il ne se posait jamais la question, refusait de se la poser, refusait d’y apporter des réponses. C’était mieux de profiter de la vie. C’était mieux d’apprécier la vie. Et il en profitait comme un roi. Et il l’appréciait comme un roi. Il était un businessman respecté, un cuisinier réputé et apprécié, un homme charmant dont on appréciait généralement la compagnie et il ne pouvait pas se plaindre sur le plan « sentimental » puisque sa vie était déserte d’amour mais remplie d’instants coquins et malicieux. Que demande le peuple, vous dirait-il. Que peut désirer de plus un homme ? Une vie dénuée de responsabilités barbantes, une vie dénuée de peine sentimentale dévastatrice, et une vie remplie de moments délicieux. Non, vraiment, il ne pouvait pas s’imaginer et se considérer plus chanceux qu’il ne l’était dans sa vie actuellement. Pas même une cliente insatisfaite et mécontente de son plat dans son propre restaurant – après tout elle lui offrait sur un plateau d’argent l’occasion de renvoyer ce cuisinier en manque d’inspiration et de créativité. Il devait la remercier dignement pour cela. « Nous sommes deux, dans ce cas, » qu’elle lui confie naturellement. Il avait trouvé son double. Il avait trouvé Thomas Hudson, version féminine. Que Dieu pouvait être généreux parfois. Que la vie pouvait être généreuse parfois. Il eut un flash furtif d’une Luce assise à cette table – elle aurait très bien pu lui renvoyer son plat en jouant les mécontentes juste pour l’emmerder et lui rendre la vie difficile pour une soirée. Diable que la blondasse lui manquait, raison de plus pour la sortir de sa cachette et aller la trouver dès qu’il en aurait l’occasion. Elle ne perdait rien pour attendre, la jeune Kane boudeuse. En attendant, il avait une salle entière à maintenir satisfaite. En attendant, il avait des ventres à n’en plus finir qu’il lui fallait remplir de façon correcte et parfaite. On n’en demandait pas plus, pas moins dans un restaurant tel que le sien. Parfois, il regrettait son petit restaurant sympathique et modeste à Londres. Parfois, il regrettait son petit restaurant non étoilé mais fortement réputé à Londres. Mais il n’avait pas gravit les échelons aussi durement et aussi fièrement pour abandonner maintenant. Plus tard sans doute, il garderait le projet de vendre ses restaurants au meilleur acheteur, au meilleur homme, pour pouvoir ouvrir un seul et unique restaurant à son image finalement : sobre, simple, charmant, naturel. Il hésitait encore sur le terme modeste car il lui fallait être honnête avec lui-même… la modestie ne faisait pas partie de son vocabulaire. Thomas était un homme plus fier, arrogant et sûr de lui. Ce qui pouvait inspirer le respect autant que la haine. Soit, il était capable d’encaisser l’un comme l’autre.

« C’était parfait, merci, » et il n’aurait pu espérer meilleur compliment de la part d’une cliente difficile et exigeante. Charmante et délicieux, se dit-il également. Il se doute bien qu’elle est originaire du Japon – même s’il n’a jamais eu l’occasion de visiter ce pays. Il se doute bien qu’elle n’est pas d’ici. Mais quel meilleur moyen de la faire parler que de lui poser ces questions banales, n’est-ce pas ? S’intéresser à elle, c’était un bon moyen aussi de charmer. Il n’attendait absolument rien de la soirée ni de la jeune femme, il était juste digne de lui-même. « Japonais. Je suis de Tokyo, » qu’elle lui répond alors. « Je suis maquilleuse d’effets spéciaux. La meilleure dans mon domaine. » Définitivement son alter-ego. « Ça veut dire que si je voulais que vous me transformiez en Freddy, vous en seriez capable ? Hum, l’idée me plait et ça me donne même des idées rigolotes et terrifiantes, » qu’il lui dit en imaginant tout un tas de scénarios, notamment celui de servir ses clients un soir transformé en monstre sanguinaire. Bah quoi, ça pouvait être drôle et original non ? Il fait payer ses collègues, avec le sourire bien qu’il soit ironique. La jeune femme n’est pas partie, pour sa plus grande surprise. « Vous finissez à quelle heure ? » Et la jeune femme n’a pas froid aux yeux, digne alter-ego de Thomas Hudson. Il lui offre un sourire évocateur et charmeur. Quel homme était-il pour refuser pareille invitation silencieuse ? La salle était encore sacrément bondée, mais les derniers plats étaient déjà fins prêts. « C’est que vous aimeriez déjà travailler sur moi, Mlle Yoshida, hum ? » qu’il évoque ses talents de maquilleuse. « Je ne serais pas un bon patron si j’osais partir maintenant en plein rush, si vous êtes toujours déterminée à me transformer en monstre sanglant, je serais dehors d’ici une petite heure, » qu’il lui répond avec un dernier sourire avant de retourner en cuisine.

C’est qu’elle a attendu, pour son plus grand plaisir. « Je dois admettre que je n’étais pas sûr de vous voir en sortant, » qu’il lui avoue. Après tout, ç’aurait été une belle revanche sur son premier plat dégueulasse. « C’est le minestrone offert par la maison qui a fait changer la balance, pas vrai ? » qu’il sourit simplement et naturellement.


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MessageSujet: Re: Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse ! [feat. Thomas]   

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Apprends à cuisiner, ta bouffe est dégueulasse ! [feat. Thomas]
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